Le passe-temps, 1 janvier 1949, v. 55, no 921
REVUE ARTISTIQUE FONDEE EN 1895 Première édition complète des oeuvres de Chopin BIEN que les oeuvrei de Frédéric Chopin aient été publiée* dana presque tous les pays, il n'existe toutelois aucune édition complète, authentique, incontestée, motivée, élaborée avee une exactitude scientifique.Dans les oeuvres publiées jusqu'à présent, on rencontre des divergences d'une importance capitale et même des fautes sérieuses.Cet étonnant état de choses est d'autant plus renversant que Bach.Beethoven.Motart et autres grands musiciens ont vu depuis longtemps les éditions parfaites de leurs oeuvres complètes.Lo comité exécutif de l'Année-Chopin à Varsovie a décidé de publier en 1949 une édition complète et modèle des oeuvres du maître.La compilation de cette édition définitive constituo le fruit de plusieurs année de travail, du grand Ignacy J.Paderewski.du célèbre musicographe le Dr Ludwik Bronarskl, auteur du fameux livre monumental sur l'harmonie dans les oeuvres de Chopin et du pianiste et pédagogue, Joseph Turczynski.ancien professeur au Conservatoire de Varsovie.La guerre de 1939 en til différer la publication.Au cours de la guerre, ces compilateurs se trouvaient à l'étranger.Craignant la destruction de leurs matériaux par l'ennemi, ils ont repris la rédaction de tous les textes des oeuvres de Chopin, et Paderewski a signé un document garantissant l'authenticité de ces textes.Ce dernier est décédé en 1941 aux Etats-Unis et le professeur Witold Malistewski.en 1939.Les occupants allemands ont assassiné les membres de la commission de rédaction, le professeur Leopold Bin entai et le professeur Miecxysaw Kotar-binski.Dès la libération de la Pologne, en 1945.l'Institut Frédéric Chopin a repris ses activités ; il a retiré, heureusement indemnes, les précieux documenta de leur cachette et il a renoué contact avec les rédacteurs survivants.Dans chaque fascicule seront insérés des facsimile de manuscrits de Chopin ou de ses portraits.On y indiquera avec force détails en quatre langues (français, anglais, russe et polouais) toutes les variantes du texte de musique et la version juste sera enfin établie irréfutablement.Ce sera un document d'un haute valeur historique et artistique.Le programme dos manifestations du centenaire de Chopin s'étend sur une période do huit mois : Onte concerts par des pianistes polonais qui seront irradiés dans plusieurs pays dXurope : des concerts historiques en commémoration des dates importantes de la vie du maître, simultanément en Pologne, en France, en Autriche, en Angleterre ; en Pologne, des concerts symphoniques.22 récitals de pianos.150 concerts dans les petites villes et des manifestations spéciales dans toutes les écoles ; le 17 octobre, une messe solennelle à Paris et une autre dans l'église de la Sainto-Croix, à Varsovie, où on conserve le coeur de Chopin ; un concours d'interprétation à Varsovie ; un concours de sculpteurs pour un monument à Chopin ; une section Chopin permanente au Musée national de Varsovie et une exposition mobile ; la publication de livres, écrits, anthologies et albums sur Chopin.Mentionnons aussi les importantes et multiples manifestations qui auront lieu en Argentine, au Brésil, en Czéchoslovakie.en France* en Angleterre, en Italie, en Suisse, en Russie, au Mexique, aux Etats-Unis, en plus des modestes hommages du Canada.SOMMAIRE Janvier-Février 1949 — No 921 • THEMES ET VARIATIONS .2 & 3 LE CENTENAIRE DE CHOPIN I.ERNEST-CHARLES .4 CHOPIN, le poète du piano Robert CHAUMONT .5 LETTRE DE NEW-YORK — Gieseking indésirable — Igor Stravinsky — La Musique guérit-elle les fous ?par G.G.DEMOMBYNES.D.Mus.6 MADELEINE RAYMOND, compositeur et improvisatrice par Maurice DELA .7 LE FESTIVAL D'EDIMBOURG .9 L'UNION MUSICALE DE SHERBROOKE.8 L'ENSEMBLE VOCAL EUPHONIA et M.Roger FILIATRAULT .9 POT-POURRI.10 ACCOUREZ, poème inédit de Gabrielle RAIZENNE .10 ALBUM MUSICAL .11 à 16 LE FORUM PIANISTIQUE Maurice DUMESNIL.D.Mus.17 J'ENTENDS DANS LE SOIR, poème inédit de J.-J.GAGNIER, D.Mus.17 WAGNER.18 MARIE BIZET et ANDRE DASSARY.19 FLEURS ET CHARDONS, revue des disques français, par Robert JOUGLET.21 LES MOTS CROISES.22 IL Y A 50 ANS DANS LE "PASSLvTEMPS" .23 BILLETS DE CONCERT .24 Autorisé comme matière de seconde classe par le Ministère des Postes.Ottawa."LE PASSE-TEMPS" est publié mensuellement par les Editions du Passe-Temps, fine.;.219 ouest, rue Notre-Dame.Montreal 1.— Téléphone : MArquerte 990S.Il est imprimé par l'Imprimerie Mercantile, Limitée.Les manuscrits, publiés ou noa ne sont pas rendus.—Direction : Eddy PREVOST: rédaction : Roland PREVOST; publicité: Paul PREVOST.ABONNEMENTS: Canada: $2.00 pour 12 mol»; $3.75 pour 24 mois.Etats-Unis: $2.25 pour 12 mois.Autres pays: $2.50 pour 12 mois.Le numéro: vingt cents.L'abonnement est payable d'avance par mandat-poste ou chèque affranchi, accepté et payable au pair à MontréaL — CHANGEMENT D'ADRESSE : tout changement d'adresse doit être accompagné de l'ancienne.Avis doit nous parvenir au moins trente jours avant le numéro d'où le changement sera effectif.Pour discontinuer de recevoir cette revue.U faut avoir acquitté tous les arrérages.— te Passe-Temps publie aussi de la musique en feuilles.MONTREAL, JANVIEB-FEVRIER 1949 PAGE UN Un grand festival à Montréal Du vingt-cinq juillet au douze du mois d'août, les Festivals de Montréal présenteront 'équivalent sur notre continent du célèbre Festival International musical de dramatique d'Edimbourg Le programme comprend des représentations de grand opéra, opéra comique, des concerts de musique symphonique, des représentations théâtrales anglaises et françaises, des spectacles chorégraphiques et divers récitals.C'est la première fois qu'une série de déàmonstrations artistiques de cet ordre sera présentée à Montréal.Alin de pourvoir aux londs indispensables à pareille manilfestation, la Société des Festivals de Montréal sollicite des dons de tous les mélomanes et de tous ceux qui veulent garder la réputation de Montréal commo un des grands centres artistiques de l'Amérique.Vous pouvez adresser votre souscription à Les Festivals de Montréal.Chambre 14.Hôtel Windsor, à Montréal.Cette campagne de souscription est sous la présidence de Mme J.-O.Asselln.Les orgues d'autrefois Le temple de Jérusalem renfermait un instrument ayant dix note3.avec dix tuyaux pour chaque note.Ctésibus inventa un système d'orgue à touches dont les tuyaux étaient actionnés par l'eau : ce fut l'hydrauie.D'après Vitruve, l'invention de l'hydraule serait due à Archimède.Cet instruemnt était très répandu à Rome, surtout sous le règne de Néron.Les premières orgues pneumatiques firent leur apparition à Rome au IVe siècle après Jésus-Christ, mais l'emploi n'en lut consacré dans les églises qu'en 660 par un brel du pape Vitalien Le premier orgue qui entra en France fut offert par Constantin Copronyme à Pépin le Brel vers 760.Installé dans l'église Saint-Corneille de Compiègne, cel instrument charma les Iidèle3 à tel point qu'une lemme, dit-on, mrurut de plaisir en l'entendant pour la première lois.En 811.on commença à conslruire des orgues en France.Au Xe siècle, les hydraules avaient définitivement cédé la place aux orgues pneumatiques.L'orgue de Winchester, constuil en 951, était composé de 400 tuyaux et 26 souillais, pour le fonctionnement desquels 70 hommes vigoureux étalent nécessaires; les touches avaient 76 pouces de long sur 6 de large; on les frappait à coups de poing.D'autres perfectionnements lurent apportés à l'orgue en 1471, par le facteur allemand Bernard, qui inventa le clavier et les pédales.Aujourd'hui, ces perfectionnements ont éaté portés plus loin encore, grâce aux habiles Iravaux des Cavaillé-Coll et de leurs successeurs.C'est à une maison canadienne, les lacteurs d'orgue Casavant Frères, de Saint-Hyacinthe, que l'on doil l'application très poussée de l'électricité à cet instrument séculaire ; d'ailleurs, bien d'autres inventions et les traditions de haute qualité des orgues Casavant contribuent à leur réputation mondiale el à l'honneur qui en rejaillit sur notre pays L'influence de la technique allemande sur le style de Chopin Sous ce titre, notre collaborateur Jean Gaudefroy-Demombynes, membre de la Société française de musicologie, a publié dans le numéro de novembre 1948 de la "Revue de l'Université Laval" (Québec) un article très documenté, qu'a reproduit "Le Digeste français" (Montréal) dans son numéro de février 1919.L'auteur étudie l'influence de Moscheles et de Josef Eisner sur l'utilisation, par Chopin, des danses folkloriques polonaises ; il relate ses séjours à Berlin el à Vienne avant de se fixer à Paris, et conclut : "Son instrument de travail inséparable, c'était le "Clavecin bien tempéré" de Bach, et lorsqu'il s'éteignit à Paris en 1849, ses dernières paroles à la comtesse Potocka lurenl : "Vous jouerez du Mozart en souvenir de moi".Notes pointées e M.Alphonse Legault vient d'être nommé maitre de chapelle à l'église Notre-Dame à Montréal ; il est remplacé à l'église Saint-Pierre-Apôtre par M.Emile Rochelorl.• M.Gilbert Hill a reçu la médaille d'or "Joseph Bonnet" à la classe d'orgue du Conservatoire de Musique de la Province de Québec e Les Concerts Willis du dimanche à une heure quinze à CKAC connaissent une faveur sans cesse croissante, à en juger par les commentaires qui s'accumulent, e Mlle Pierrette Champoux et M.Louis Bourdon sont parmi les artistes invités àun spectacle musical, le 24 mars à Saint-Jean d'ïbervllle.• Voeux sincères de rétablissement à M.J.-J.Gagnier, retenu chez lui par une indisposition.(Photo Armour Landry) M.Maurico LANDRY.Jeune pianiste de Montréal dont la carrière s'annonce brillante, élève des professeurs Marcel et Georges Savaria.Aussitôt ses études terminées, il se destine au concert La lamille de M.Landry a fourni des artistes qui ont lait leur marque lant au Canada qu'aux Etals-Unis : bon sang ne saurait mentir.Toujours de l'avant En plus des oeuvres musicales inédites de nos compositeurs canadiens, comme celle de Mme Madeleine Raymond, ce mois-ci, Le Passe-Temps est toujours heureux de présenter à ses lecteurs des oeuvres nouvelles de compositeurs contemporains de l'étranger, telle la pièce de M.A.Honegger.Dans le domaine de la chanson, Le Patte-Temps n'a cessé depuis sa rénovation en 1945 d'oflrir des pièces nouvelles de compositeurs professionnels.Plusieurs chanteurs en ont prolité pour varier et enrlclilr leur répertoire, pour le plus grand plaisir des auditeurs passablement fatigués en général des rengaines usées et chantées par tout le monde.Pour les chanteurs qui voudraient se monter un répertoire exclusif, nous tenons en réserve — pour publication éventuelle — un grand nombre de manuscrits de chansons très jolies et de genre varié, entre autres des oeuvres du parolier M.Gaston MONTHO.auteur de plus de 500 chansons, el de M.Roger DUMAS, qui accompagna Fernandel l'an dernier, compositeur de musique de lilms, dont Ignace.Barnabe, Le Roi des sports.Berlingot & Cie, Simplet, etc., et d'un grand nombre de chansons à succès, du répertoire courant de Rossl, Georgel, Préjean, Andrex.Guy Berry.Jean Lumière, Grandini et autres vedettes.PAGE DEUX LE PASSE TEMPS (Photo LaRosel Mlle Gabriolle RA1ZENNE.la dévouée publiciile de la Société Lee Amis de l'Art, auteur de nombreux poèmes parus dans Le Canada.Le Clairon.Le Passe-Temps, et collaboratrice à la Revue Dominicaine.Lee poèmes et les articles de Mlle Raixenne sur la musique et les arts en particulier s'inspirent d'un idéal élevé et d'un grand amour du beau.Un de ses poèmes a été mis en musique par M.Jean-Paul Jean-notte.et un autre intitulé : Printemps, tu peux venir.mis en musique par le maitre Albed Laliberté.paraîtra bientôt dans Le Passe-Temps."Québec-Wallonie" Le Passe-Temps est heureux de signaler à ses lecteurs l'existence d'un mouvement de liaison entre toutes les "France extérieures", qui sont nombreuses : Wallonie.Canada Irançais, Louisiane.Acadie, Suisse irançaise, nord de l'Halle, Iles Normandes.Iles Séchelles et Maurice, etc.Cetorganisme hautement estimable s'emploie à dilfuser et à faciliter les échanges de renseignements sur ces pays, particulièrement sur le plan culturel.Le secrétaire-général, Monsieur Maurice Silberstein, sera à Québec sous peu pour parfaire les relations et compléter sa documentation sur le Canada français.Pour renseignements et adhésions, s'adresser à "Québec-Wallonie", 110, rue Hullos, LIEGE, Wallonie, Belgique.Soirée Bach-Mozart Le 5 avril prochain, la Société Casavant donnera une soirée mémorable au cours de laquelle seront rendus le Requiem de Mozart et le Chorale de Bach, en l'église Notre Notre-Dame.Les principaux interprètes sont : Mina Grant, soprano, Armonte Davis, contralto, Ken McAdam, ténor, et Harry Maude, basse.Le centenaire de Chopin au Canada irançais Au nombre des manifestations qui ont marqué cet Important événement dans la province de Québec, mentionnons les récitals Malcyzynski, en janvier, ceux do Loyonnet, en mars, des émissions de Radio-Canada, de nombreux articles dans la plupart de nos quotidiens : La Presse.Le Devoir.Le Canada, et autres, et même des hebdos, dont La Gazelle du Word (Amos) avec une remarquable élude; un numéro spécial de Mes Fiche»; ainsi que des articles dans la plupart de nos revues.Soulignons aussi l'exposition et le Concert de l'Ecole de Musiquo du couvent Mont-Royal el l'ingénieux diagramme des interprètes de Chopin conçu par la directrice de cette institution A Québec, concert par plusieurs artistes de la capitale et conférence préparée par le prolesseur Roland-G.Gingras, intitulé : Chopin et la Pologne, manifestation rehaussée par la présence de personnalilés du monde musical et diplomatique ; et un documentaire paru dans la Revue de l'Université Laval sur "L'influence de la technique allemande sur le style de Chopin" el signé de M.J -G.Demembynes, D.Mus.Et nous en oublions.La fameuse Ecole littéraire de Montréal A cause du rôle important joué par la suite par les personnages en cause, il esl intéressant de citer au long une nouvelle qui paraissail dans "Le Passe-Temps" du 7 janvier 1899 "Jeudi, le 29 décembre dernier, à une séance de l'Ecole littéraire, au château de Ramezay, eut lieu devant un public très nombreux la première lecture de la Veronica de M.Louis Frechette.L'auleur lui-même lisait le drame.Nous ne pouvons disposer d'assez d'espace pour en laire une analyse ou même une courte appréciation.Qu'il nous soil permis cependant de lormuler un regret : celui de ne pouvoir entendre ce magnifique drame sur une scène canadienne."M.Jean Charbonneau a récité trois poésies de sa composition : Sur un vase grec.Les deux majestés et Les saisons de l'amour."Entre le deuxième et le troisième acte de Veronica, MM.E-Z.Massicotte et A.de Bussières ont récité, le premier La Valse cl Rondel à l'aimée, le second.Soirées allemandes et Xifa-No-fendJi."Entre les deux autres actes, M.Emile Nelligan a dit ses pièces : Un réve de Wafteau, Le Récital des Anges c! L'Idiote aux cloches."MM.Albert Ferland et Gonzalve Desaulniers ont également récité des vers do leur composition.Tous ont été très applaudis.L'Ecole littéraire de Montréal devrait donner plus souvent d'aussi belles séances publiques." Publications intéressantes Pour les amateurs de disques qui lisent l'italien Musica e Dischi.publiée spécialisée en Italie ($2 pour 10 numéros) ; pour 1er.organisateurs de spectacles à la recherche de monologues, chansonneltes.saynètes, nous reecom-mandons Les Cahiers Chansonniers, revue mensuelle publiée à Ambérieu, France ($2)75 pour 12 numéros) ; pour qui veut se tenir au courant dos découvertes et des sciences : la revue Sciences et Aventures, publiée mensuellement à Montréal ($2.50 pour 12 numéros) ; pour connaître les dessous du régime soviétique, il faut lire le dernier livre de Michel Koriakoll, intitulé : le me mets hors la loi.publié ces jours-ci à Montréal ($1.10 Iranco) ; vous cherchez un recueil illustré en couleurs gaies de chansons pour enfants, procurez-vous les Chansons de THerbe et de la Rosée ($1.75 Iranco) — Et pour qui aime la musique, la revue qui s'impose, c'est, bien entendu.Le Passe-Temps ($2 00 pour 12 numéros).Pour toutes ces publications, commandez par l'entremise du Passe-Temps.PARTICIPEZ A NOTRE CONCOURS Chaque mois deux abonnements gratuits au Passe-Temps sont lires au sort parmi les bonnes réponses à trois questions.En outre, les concurrents doivent dire en quelques mots quels genres d'articles ou de musique leur plaisent le plus.On trouvera les réponses en lisant les articles el les chroniques du présent numéro.Abonné ou non.vous avez droit do participer au concours ; les gagnants déjà abonnés recevront un prolongement de douze numéros à leur abonnement.Adressez comme suit ; Concours du Passe-Temps.218 ouest, rue Notre-Dame, Montréal 1, P.Q.J.- Comment Schumann résuma t-tl la carrière d» Chopin ?— 2.— Que/ compositeur canadien écrivit Scènes d'enfants ?(que le Passe-Temps publiera sous peu).— 3.— Qui dirige l'Ensemble vocal Euphonla ?Les gagnants du concours précédent : Milo Annolle Pelletier.Pelletier Mills, N.B.; el Mlle Jeanne d'Arc Doucet, Saint-Léonard d'Aston, Co.de Nicolet.Nos félicitations.MONTREAL.JANVIER FEVRIER 1949 PAGE TROIS LE CENTENAIRE DE CHOPIN "L'âme de la musique a passé sur le monde"-Schumann Un article inédit de J.ERNEST-CHARLES On pouf dire que sa musique apparaît comme la résonance même de l'âme du piano ol quelle n'eût été possible avec raide d'aucun autre.pouJ DUKAS.L'homme est rarement heureux.S'il ne lui est destiné que de courtes heures de lélicité.pourquoi renoncerai! il à ses illusions qui sont, elles aussi, tuqitives ?CHOPIN U ne se servait plus de l'art que pour se donner à lui-même sa propre traqédle.Chopin a passé parmi nous comme un lantôme.LISZT."L'Amitié franco-polonaise" que préside M.Joliot-Curie, a pris l'ini.iative de former "Le Comité national du centenaire de Chopin" et elle a organisé, pour ce centenaire, de nobles manifestations au cours de l'année 1949.Rien mieux que les diverses commémorations en l'honneur de Frédéric Chopin, personnification toujours admirée et toujours aimée de la musique, ne peut développer, selon les voeux de M.Joliot-Curie, entre les deux peuples, un enthousiasme Iraternel.Chopin, grand compositeur, grand artiste, élait en ellet voué à l'art dans sa beauté et dans sa splendeur.Il vivait au sein des régions supérieures.I) planait le plus naturellement du monde.C'était sa laçon de vivre — et d'agir.A huil ans, il jouait au piano devant le grand-duc Constantin, gouverneur de Varsovie, une marche de sa composition.— "Petil," lui dit le Irère du tsar, "pourquoi regardes-tu constamment en l'air ?".Le poète enfant Une chose que le Irère du tsar était malhabile à comprendre ! Le "petit" lui ne savait pas pourquoi.11 aurait été fondé à répondre que les poètes regardent toujours en haul.Mais, si jeune, il ignorait encore qu'il était poète.Or, il l'était déjà magniliquement, essentiellement ! Les circonstances l'avaient lait naître en 1810 — il devait mourir en 1849 — près de Varsovie, d'une mère polonaise et d'un père Irançais, le bon, l'excellent Nicolas Chopin, professeur de mérite, le plus brave homme qui lut sur lerre, et le plus tendre des pères de lamille.Et la "maman" si vigilante en son affection suave ! Plus tard, Marie Vodzinska, qui aima, ou crul aimer Frédéric Chopin, lequel était si bien sûr de l'aimer inliniment.lui écrivail : "Nous ne cessons de regretter que vous ne vous appeliez pas Choplnski, ou, enlin, qu'il n'y ail pas d'autre marque que vous êtes polonais, car, de cette manière, les Français ne pourraient nous disputer la gloire d'être vos compatriotes".Polonais d'inspiration Chopin, — presque Chopinskl, en somme, — dans l'élan incessant de son inspiration, se sentait immanquablement polonais.Français également.Et comme son coeur le portait partout où la musique exerçait son empire, il se sentait, en outre, européen L'insurrection, la révolution de Pologne en 1830, lit d'ailleurs de nombre de Polonais des Européens.Et peut-être qu'on aurait déjà le droll d'appliquer à Chopin l'idée de Paul Valéry : "Il est devenu impossible (pour l'homme moderne) d'être l'homme d'un seul point de vue, d'appartenir réellement ¦ La Mort do Chopin, célèbre tableau de Joseph-Félix Barrias.à une seule langue, une seule nation, une seule confession, une seule physique" 1 Ainsi Chopin ! Et sa vie éclatante se répandait sur l'Europe entière.Mais exalté par son génie, ne .vivait-il pas à l'accoutumée dans des sphères qu'aucune frontière ne sépare jamais ! Chopin peut être revendiqué fièrement par les uns ou les autres.Artiste mélancolique et doux, voué par la maladie qui devail l'emporter à 39 ans, aux Iristesses, aux angoisses, aux douleurs, il était prodigieusement attachant.En sa simplicité si élégante, en sa douceur proionde, il rayonne la sympathie.Il a de telles vertus spirituelles et morales que chaque pays se rend hommage à soi-même en voulant se retrouver on lui.Certes il vécut surtout en France, et l'éclat de sa fameuse aventure sentimentale avec la quasi maternelle George Sand parait le relier étroitement à ce pays.Mais c'est bien de lui, de lui seul, de son âme immense et accueillante qu'il tirait toules les richesses de son génie musical.Il était Frédéric Chopin exclusivement, entièrement, dans toute son activité et dans toules ses oeuvres.Il était l'art.Il était la musique même.Il eut la fortune inestimable d'ailleurs de n'être jamais méconnu.Et son père, sa mère, alors qu'il n'était qu'un enfant, conspirèrent délicieusement pour que ses aptitudes naturelles de grand artiste étonnamment précoce lussent à même de s'épanouir et de donner libéralement, spontanément, leurs fleurs et leurs fruits.Elles les donnèrent.Elles les prodiguèrent.Et, en dépit des difficultés matérielles des débuts, elles les répandirent à prolusion dans une atmosphère de succès et de gloire.Car Chopin était un génie fécond.En 1833, il publie cinq Mazurkas, le Trio pour piano, violon et violoncelle, trois Nocturnes, les douze grandes Etudes dédiées à Liszt, le Concerto en mi mineur.En 1834, la Grande lanlaisie sur des airs polonais, la Krahowiak pour piano et orchestre, trois Nocturnes, le Rondeau ert mi bémol majeur, quatre Mazurxas, la Grande Valse en mi bémol majeur.Jeunesse perpétuelle de Chopin Chopin épanche comme naturellement sa munificence infatigable d'artiste inspiré.Et par delà les années, son oeuvre qui s'élève plus haut pour pénétrer plus avant, non seulement lui recrute toujours de nouvelles cohortes d'admirateurs, mais elle a le prestige, en son Inaltérable jeunesse, de laire incessamment des adeptes à l'art musical.Oui, Chopin se donnait pour romantique.Il se réclamait pourtant de deux maîtres extérieurs au romantisme : Bach et Mozart.Mais il était d'abord Chopin.Berlioz avait sans doute raison lorsqu'il écrivail sans apprél : "Chopin, comme exécutant et comme compositeur, est un artiste à part, il n'a pas un point de ressemblance avec un autre musicien de ma connaissance".Les ans n'ont pas atteint cette musique qui, dans son harmonieuse pureté, était nécessairement, inévitablement l'effusion d'une sensibilité merveilleuse.Souveraine de la sorte, et dominant toules les virtuosités Lorsque Chopin mourut.Schumann éprouve de "la mort du cygne" des sentiments de désolation, el il écrivit : "L'âme de la musique a passé sur le monde".Mais les échos en retentissent encore en une exquise mélodie.Les manifestations du Centenaire les raviveront en les prolongeant.PAGE QUATRE LE PASSE-TEMPS 22 FEVRIER 1810—17 OCTOBRE 1849 CHOPIN, le poète du piano Collaboration spéciale de Robert CHAUMONT "/"tHOPIN ¦oullrit peut être, parfois, d'être privé des suffrages v»s de la foule : mais la nature même de son génie le tenait enchaîné loin d'ollo el il ne pul certes accuser personne d'une disproportion, fût-elle minime, entre son oeuvre et sa renommée.A la vérité, il fui martyr de la vie bien plus que de l'art : les souffrances qu'elle n'épargne à aucun hommo revêtirent pour lui.en raison do leur acuité et de la délicatesse de son être moral el physique, un caractère particulier qui poétise sa physionomie et auréole son oeuvre d'un douloureux prestige." _ Paul DUKAS.¦ypREDERIC-FRANÇOIS CHOPIN est né dans le petit village de " Zelazowa Wola, près de Varsovie, le 22 février 1810.d'un père français et d'une mère polonaise.Nicolas Chopin, ancien complable, esl précepteur du lils de la comtesse Sharbek Quelques mois plus tard, ll devienl prolesseur de Irançais au lycée de Varsovie, où II amènne sa famille.L'enfance de Frédéric se déroule dans l'atmosphère calme, un peu besogneuse, d'un foyer où fleurissent le3 plus belles vertus familiales Nicolas Chopin s'aperçoit bien vile des grandes aptitudes de son lils pour la musique et il s'efforce de lui laciliter les études nécessaires.Car lc teune Frédéric est de santé délicate.Très attaché à ses trois soeurs Louise, Isabelle et Emilie, il organisa avec elles des scénettes amusantes.Frédéric n'a que huit ans lorsqu'il joue pour la première fois en public Déjà l'enfant possède une bonne formation musicale, ayant été élève de l'excellent Zywny.Tout de suite, il est choyé par l'aristocratie et on l'appelle un second Mozart.Frédéric compose une marche, qu'il dédie au grand-duc Constantin, gouverneur de Varsovie.A l'âge de 12 ans, Chopin abandonne ses éludes musicalos chez Zywny, qui lui a inculqué son admiration pour Bach.Toute sa vie, Frédéric n'oubliera pas ces enseignements, et avant chacun de ses concerts II se préparera on jouant du Bach Voilà une méthode que beaucoup de pianistes leraient bien d'adopter.En 1824.Nicolas Chopin présente son fils à Eisner, directeur du Conservatoire de Varsovie, qui devint son professeur d'harmonie et de contrepoint.En même temps, le jeune musicien étudie au lycée, avec de bons succès malgré la faiblesse de sa santé Dès l'année suivante.1825, il a l'honneur de jouer devant l'empereur Alexandre de Russie.Et c'est cette année-là également que pour la première fois une do ses oeuvres est publiée : c'est le Premier Rondo en do minour.Le prince Radzlwlll s'intéresse beaucoup au jeune artiste et il l'invite en son château Chopin y est choyé par les jeunes princesses, et il apparaît dès son jeune âge avoir exercé sur les lemmes une véritable séduction.- il lui sullit de paraître : son naturel distingué, ses manières vraiment aristocratiques, son apparence délicate, son jeu extrêmement raffiné et d'une douceur presque éthérée en font le poète romantique du piano.En 1827, il fait entendre chez des amis une oeuvre nouvelle : des variations sur la La ci dorera, dc Mozarl, qui révèlent à Schumann le génie si personnel de Chopin.Dès ses premières apparitions en public ou dans les salons, Frédéric Chopin est appelé à improviser En cet art si difficile el si rare, il esl un maitre incontesté.Il laisse alors parler son coeur nostalgique, avec une prolondeur dans l'expression que l'on retrouve dans tout son oeuvre.Car les compositions de Chopin, aussi bien que sos improvisations, seront le fruit d'une culture musicale vraiment sérieuse et d'un souci extraordinaire de la perlection AfANT quitté le lycée à dix-sept ans.Chopin se consacre uniquement à la musique, du consentement de son père Un vieux piano Installé dans une sorte de grenier ; voilà désormais Chopin heureux de pouvoir composer à son aise.Mais le papa réve à mieux pour son fils unique.II racle ses maigres économies et il l'envoie à Vienne, l'un des pâles de l'Europe musicale.Muni de quelques lettres d'Introduction, Chopin réussit à donner, mais sans honoraires, un concert au Théâtre Impérial, el devant le succès remporté, il en donne un autre.Les journaux viennois parlent de "grand génie".Puis il va à Prague, où il rencontre Czemy.à Dresde, où II esl reçu au château du prince Clary.De retour à Varsovie, 11 donne presque coup sur coup trois concerts qui sont de véritables triomphe:! Chopin est d'autant plus enchanté qu'il est amoureux — il n'a que vingt ans — d'une jolie chanteuse.Constance Gladkowska Celle-ci lui causera sa première déception en épousant, deux ans plus lard, un noble des environs do Varsovie ; encore jeune, elle devint aveugle.Frédéric entreprend une tournée dans les principales villes allemandes et autrichiennes, en même temps qu'il compose Le 8 septembre 1831, il esl à Stuttgart lorsqu'il apprend l'écrasement de l'insurrection polonaise et la chute de Varsovie."Sous le choc de l'affreuse nouvelle", écrit Guy de Pourlalès, "il se mil au piano et sa douleur éclata en une improvisation déchirante.Ce lut le premier jet de l'Etude en ut mineur (no 12 de l'opus 10) qu'on appelle La Révolutionnaire.Chopin était en roule pour Paris.11 y arrive au milieu d'une grande manifestation de sympathie pour la Pologne malheureuse.Il se trouve perdu dans cette grande ville, malgré l'accueil bienveillant que lui lon! quelques musiciens.Kalkbrenner, — l'un des plus illustres planistes du temps — veut lui donner des leçons de technique .pendant trois ans Mais le père de Frédéric, ainsi que sa soeur Louise, l'en dissuadent, appuyés qu'ils sont par le bon viel Eisner.D'ailleurs Chopin, à ce moment comme toujours, ne joue vraiment bien que ses propres oeuvres, e! là il est inimitable.SON premier concert à Paris a lieu le 26 février 1832.à la salle Pleyel.Chopin joue en compagnie de plusieurs pianistes et chanteurs.Salle à moitié vide, mais où se trouve au premier rang Liszt lui-même, qui exprime bruyamment son enthousiasme en entendanl Chopin exécuter son Concerto en lo mineur el ses Variations."J'y vis, écrira-t-il, la révélation d'une nouvelle phase dans le sentiment poétique à côté d'heureuses innovations dans la torme de l'art." Mais le pauvre Chopin n'est guère plus avancé.Il n'a presque plus d'argent, et il écrit à ses parents qu'il compte partir pour l'Amérique.C'est à ce moment qu'il rencontre de nouveau le prince Valentin Radziwill.Celui-ci l'Invite à une soirée chez lui Chopin y joue.Tout de suite ces aristocrates sont conquis.Les élèves du grand monde sollicitent des leçons, au cachet fort.Chopin esl en demande dans tous les salons et on réclame des concerts Mais cela ne lui plaît que médiocrement."Je ne suis point propre à donner des concerts," dit-Il à Liszt."La foule m'intimide ; |e me sens asphyxié par ces haleines précipitées, paralysé par ces regards curieux, muet devant ces visages étrangers".Cependant, il doit se dépenser sans compter : leçons, concerts, réceptions.Et 11 compose beaucoup, avec minutie, avec acharnement.Dans la seule année 1833 paraissent les oeuvres suivantes : cinq Mazurkas, le Trio pour piano, violon et violoncelle, trois Nocturnes, les douze grandes Eludes dédiées à Liszt, le Concerto en mi mineur.(Suite â la page vingt-quatre} Le piano de Chopin, au musée Chopin, à Zelazowa Wola.dans la banlieue de Varsovie.— Fragment de la maquette d'un projet de monument soumis par le sculpteur W.Sxymanowski, qui obtint le premier prix au grand concours international.(Photos Polish Pholo News et Service d'Information Polonais au Canada!.MONTREAL.|ANVIERFEVR 1ER 1949 PAGE CINQ LETTRE DE NEW-YORK Gieseking indésirable par J.G.DEMOMBYNES, D.Mus.Correspondant du "Passe-Temps" à New-York.Les esprits sont loin d'être apaisés après l'émotion suscitée dans le monde musical américain par l'ostracisme de l'Immigration à l'égard du célèbre pianiste allemand, ot par son retour immédiat en Europe.T 'AVENTURE se passait lin janvier, mais les journaux publient encore des lettres — contradictoires — de lecteurs passionnés par l'allaire Gieseking.Les uns.plus musiciens que bellicistes, déplorent hautement l'allront dont le grand artiste a élé victime ; les autres, qui font passer la haine chauviniste, les préjugés populaires, ou leur rancune juive assez explicable du reste avant l'amour de la musique, estiment que l'ancien nazi était indésirable sur ce continenl.Qu'y a-t-il de vrai là-dedans, et que doit en penser le critique impartial ?En 1945, Gieseking a été inscrit sur la liste noire des nazis, dressée par les autorités américaiens d'occupation ; mais en février 1947, ces mêmes autorités, en l'occurrence un tribunal allemand de denazification, dont les décisions sont en principe avalisées par l'armée américaine, l'ont déclaré blanc comme neige.En conséquence, le consulat des Etats-Unis à Paris lui a accordé un visa.Mais il laut croire qu'un visa ne suffit pas, et qu'il est loisible aux autorités de permettre à un Européen de traverser l'Atlantique d'est en ouest pour lui donner le plaisir de le retraverser immédiatement d'ouest en est, simplement pour jouir de la vie de bord et du spectacle des vagues.C'est une mésaventure désagréable pour tout simple mortel, et mortiliante pour un virtuose de classe internationale qui avait de gros engagements pour plonger les mélomanes des Etats-Unis et du Canada dans le royaume enchanté des sons.L'imagination du public a été éveillée par le mystère dont le ministère de la justice des Etats-Unis a enveloppé se décision : un de ses fonctionnaires porte-paroles a déclaré à la presse que le relus d'accueillir Gieseking sur le sol américain était étayé sur des laits éprouvés, mais qu'on ne pouvait les rendre publics, parce qu'ils étaient confidentiels.N'essayons pas d'échalauder un roman-feuilleton sur une affaire des plus limpides : Gieseking a continué à jouer du piano sous le gouvernement de M.Adoll Hitler comme Alfred Cortot l'a lait sous celui de M.Philippe Pétain ; il est dillicile de demander à des pianistes vétérans d'abandonner le clavier sous prétexte que le régime de leur pays a changé sans leur consentement, et de les croire moralement obligés d'aller manier la charrue ou le métier à tisser.S'ils ne l'ont pas lait, ce n'est pas une raison pour les rendre complices des massacres de Juifs, de communistes et do mauvais garçons.En continuant à servir la cause de la musique, ces artistes ont travaillé à maintenir le niveau le plus élevé de la culture, pendant que des millions d'hommes n'avaient d'au- tre souci que la guerre et le massacre, et la destruction de toute culture.Cette dernière réflexion peut servir de conclusion à cette pénible allaire.qui prouve à tout le moins qu'en dépit du généreux esprit de coopération internationale qui est de règle aux Etats-Unis, il y règne encore, après quatre ans, une sorte de psychose de guerre dans certains milieux On y accueille volontiers les célébrités européennes et on leur accorde le statut de citoyen pour "donner du lustre au Nouveau-Monde ; mais on ignore encore que l'art n'a point de patrie IGOR STRAWINSKY L'homme aux trois nationalités LE mois de lévrier 1949 aura vu l'apothéose de Strawinsky aux Etats-Unis : quatre festivals de ses oeuvres, dirigés par l'autour, trois fois avoc la Boston Symphony Orchestra (au Carnegie Hall 2 fols, à Brooklyn une lois) et le quatrième au Town Hall par les soins de la Chamber Art Society.Des oeuvres déjà connues — du moins à Paris, où il vécut un quart de siècle — : Octuor pour instruments à vent (1923).Pater Noster, choeurs (1926), Cappriccio pour piano et orchestre (1929), Credo (1932), Ave Maria 1934).Concerto pour 2 pianos soli (1935).lo ballet Orphée, etc.D'autres moins connues, ou même inconnues ici.comme sa MESSE (1945), dont la première audition eut lieu à Milan par les soins du chel genevois Ansermet, l'un des premiers et iidèles admirateurs du compositeur russe.Les doux premières parties de cette Messe exigont un choeur de 30 hommes et 10 instruments à vent.Strawinsky y a déployé ses talents de calli-graphe, et affirmé sa conception hautaine de la musiquo, qui se reluse à traduire des émotions ou des secrets intérieurs, et prétend que la musique "pure" se sulfil à elle-même.Curieux homme que cet esprit concentré et distant, qu'on peut ne pas aimer, mais dont il est impossible de ne pas reconnaître le génie créateur.Fils d'une basse chantante à l'Opéra impérial de St-Peters-bourg, improvisateur étonnant au piano dès l'âge de 10 ans.et compositeur quasi-autodidacte, il sentit sa vocation se lixer par le contact avec Pierné, Dubussy, Ravel et Erik Satie avant la première guerre mondiale (U est né en 1882).Il prit, comme le groupe Irançais des "Six", une position Iranchemenl anti-wagnérlenne.Sa fougue, sa violence slave s'affina et se clarifia dans le milieu musical parisien où régnait alors un esthétisme transcendant.Et c'est un chel Irançais, Pierre Monteux, qui monta sa première oeuvre en 1913, PETROUCH-KA.On sait que ce morceau célèbre lut composé sous forme de musique pure, comme une sorte de concerto où le piano jouait dans l'orchestre un râle prépondérant ; et c'est après coup que le livret lui lut suggéré.C'est du moins ce qu'il a raconté lui-même, mais son récit est sujet à caution, car il avait déjà rencontré Diaghilew, le créateur du ballet russe moderne, et il avait déjà commencé LE SACRE DU PRINTEMPS, ce lamoux ballet dont la liberté d'écriture, tant au point de vue tonal que rythmique, allait frayer une voie nouvelle C'est à lui, sans aucun doute, que la majeure partie de la musique française contemporaine doit son élan dynamique ; et cela, c'est l'apport de son ascendance russe.Puis, sous l'influence française, il devient de plus en plus ami de l'ordre el de la clarté ; ce sauvage veut être un classique ; naturalisé Français en 1934, il est candidat à l'Académie des Beaux-Arts.Mais l'Académie lui préfère Florent Schmitt — un très grand musicien aussi —, et Strawinsky lurieux change de nationalité une deuxième lois : prolesseur à Harvard en 1939, il obtient la citoyenneté américaine en 1941.et l'on voit que son succès sur ce continent ne cesse de grandir.A-t-il atteint son maximum, et le prestige de l'auteur d'OEDIPUS REX est-il près de décliner au Nouveau-Monde ?L'avenir le dira.J GAUDEFROY-DEMOMBYNES.La musique guérit-elle les fous?A propos de la publicité que se fait le pianiste danois Victor Scholer, psychiatre amateur, à l'occasion de sa tournée de récitals aux Etats-Unis.VOUS souvenez-vous de cette histoire, il y a deux ans, de ce fameux Horace P.qui avait été "miraculeusement guéri" d'une démence présumée incurable, grâce à la magie de la musique ?Cela se passait à Détroit, et les Américains, avec ce génie de la publicité qui les caractérise, avaient monté un gigantesque bluff autour de cette affaire, au plus grand avantage de certains médecins, psychiatres ou soi-disant tels ; des professeurs de musique avaient été convoqués au Wayne County General Hospital pour voir le malade, et la radio avait émis de par le monde, à son programme "We the people".une exécution par Horace P.d'un concerto de Mozart pour piano.Guérison miraculeuse, en ellet, si la musique avait pour effet, non seulement, de rendre la raison aux fous, mais aussi de (Suite à la page neuf) PAGE SIX LE PASSETEMPS Madeleine Raymond,compositeur, improvisatrice par Maurice DELA Madeleine Raymond ! Voilà un nom que devront retenir tous ceux qu'intéresse la musique canadienne.Douée d'un tempérament musical infiniment riche, cette jeune artiste a conquis l'enthousiasme ët l'admiration du public dès ses premières apparitions en concert ou à la radio.Apeine âgée de deux ans.elle s'amuse déjà à pianoter sur la bavette de sa chaise haute.Un peu plus tard, c'est à un véritable piano qu'elle conlie ses impressions d'enfant et ceux qui l'entendent alors se demandent, étonnés, co que deviendra un jour une enfant si douée.Une oreille précoce lui permet de répéter de mémoire les morceaux entendus ailleurs ; mais son plus grand plaisir, elle le trouve à improviser une musique à elle, celle qui chante dans son coeur Cette grande lacl-lité d'improvisation laillit la détourner des études musicales qu'elle commença pour de bon vers la vingtaine.Capable d'exécuter lout ce qu'elle entend, il ne lui vient pas à l'idée de passer des heures et des heures à marteler le clavier de gammes asséchantes, d'exercices techniques diamétralement opposés au lyrisme de son inspiration.A 16 ans, après trois mois d'études avec M.Dominique Fortier, elle se présente aux examens de l'Académie de musique de Québec qui lui décerne un diplôme supérieur avec mention "grande distinction".Quatre ans plus tard, sur les instances de ses parent.-,, elle (ail son apparition à l'Ecole Supérieure de Musique d'Outremont.C'est toul ce qui lui manquait : l'atmosphère des grands maîtres de la littérature musicale.Elle se soumet volontiers à toutes les disciplines de cette école et suit avec un intérêt particulier les cours de composition de M.Claude Champagne.Après sept années d'études sérieuses, elle était devenue la pianiste-compositeur que nous connaissons et une improvisatrice de grande classe.Les toutes premières oeuvres écrites de Madeleine Raymond sont de très curieux documents.En regard de quelques notes, on y lit des indications comme celles-ci : louez deux octaves plu3 haut ; répétez deux fois cet accord ; les deux mains jouent exactement les mêmes notes ; comptez quatre temps, etc., etc.Ce n'est là évidemment, qu'un système provisoire que remplacera bientôt l'orthographe musical olliclel.¦ ¦ ¦ MAURICE DELA est un Jeune compositeur canadien dont les oeuvres ont été maintes fois entendues en concert et à la radio.11 a été élève de M.Claude Champagne et de M.J.-J.Gagnier.Ses oeuvres déjà nombreuses comprennent une Pelite suite maritime pour quintette, une Symphonie en ré.uno Ballade pour piano et orchestre, une Sonate pour violon et piano, et plusieurs chansons.TDYLLE, publiée dans le présent numéro i du Passe-Temps, est la première composition de Madeleine Raymond.C'est une oeuvre spontanée et pleine de charme.Il ne s'agit pas ici d'un travail enfantin, de la simple imitation d'un bruit transposé comme le rythme d'un train en marche, lo trille des oiseaux ou le chant du vent dans le feuillage C'est une véritable composition où se retrouvent les éléments lorme et harmonie.L'oeuvre est construite sur deux thèmes et comprend une exposition régulière, une partie médiane qui lait entendre le second thème par deux lois, uno réexposition binaire comme l'exposition, enlin, uno codetta L'idiome harmonique de cette Idylle est un peu lauréen avec des accents déjà très personnels.A ce moment, Madeleine Raymond n'a encore reçu aucune leçon d'harmonie et le nom même de Fauré lui est étranger.Rien d'étonnant à cela puisque toute mélodie suppose une harmonie sous jacente.imposée par cette mélodie même Mais l'auteur, pour qui la musique est un jeu instinctil, trouve tout naturellement le langage harmonique qui s'Impose.QUOIQUE bien jeune encore, Madeleine Raymond a déjà produit plusieurs oeuvres dont la liste s'allonge avec les années.Les habitués des concerts de l'Ecole Supérieure de musique d'Outremont ont eu l'occasion d'entendre les principales .Printemps.Ballade sur Teau.Danse marionnette.Danse sauvage.Scènes d'entants.trois Etudes.Thème et variations, le Noël des entants pauvres.Pastorales.Automne (variations).Idylle no 2.La Danse sauvage, une pièce descriptive, échappe à toute analyse.En sous-titre, l'auteur a ajouté : Donnacona, grand chef, conduisant une troupe huronne.Au début, sans doute pour évoquer la harangue du grand chel.c'est un récitatif grandiloquent, conforme à la dialectique huronne.Puis, la danse s'engage et c'esl une véritable frénésie jusqu'à la lin.Scènes d"entants est une petite suite comprenant : La Mère près du berceau, /oyeux Réveil.Danse de la poupée.Jeux aux soldais.C'est peut-être l'oeuvre la plus personnelle de Madeleine Raymond.Les trois Eludes pour piano ont £eci de commun avec celles de Chopin, qu'elles ne sont pas exclusivement des oeuvres cérébrales.Elles renferment évidemment des difficultés techniques, autrement quelle serait l'idée d'un pareil litre ?Ces oeuvres chantent, comme dirait Valéry, ot leur lyrisme n'a rien d'ampoulé.Avec une légère teinte impressionniste, le Noèl des enfants pauvres évoque la tristesse de ces pauvres gamins dont les yeux ne brilleront pas aux lueurs d'un arbre de Photo des Parois Noël llambayont et qui n'osent même pas pendre leurs bas à la cheminée, assurés qu'ils sont de les trouver vlde3, le lendemain.L'ART do l'improvisation n'est généralement pas le lait des musiciens canadiens.Sans doute, 11 arrivera à nos artistes d'improviser; mais très peu consentiraient à signor leurs élucubrations qui sont, le plus souvent, des séries de cadences entremêlées de marches harmoniques conventionnelles Avec Madeleine Raymond, c'est différent : trois ou quatre notes comme point de départ, c'est tout ce qu'il lui laut pour exécuter une improvisation d'un tempo Impeccable.Après quelques secondes de réllexion.elle expose le thème qu'elle développe ensuite.Des modulations choisies la ramènent à la tonalité initiale el préparent une péroraison digne des grands improvisateurs.Toute la théorie des couleurs harmoniques y passe: accords de 9e, de lie.avec toutes les altérations possibles, chromatis-me, accords en tons, archaisme des modes anciens.Qu'on n'aille pas croire que c'est là un jeu lacile.11 faut, pour y réussir, une imagination active, une maîtrise absolue de soi, une technique avancée, un goût très sûr.Madeleine Raymond n'a sûrement pas donné, à date, sa pleine mesure : nous attendons d'elle des oeuvres orchestrales Certaines de ses compositions pour piano laissent prévoir qu'elle s'engagera dans cette voie.Elle s'y est d'ailleurs aventurée avec une iantaisie pour harmonica et orchestre à cordes intitulée : Amours villageoises.Actuellement, elle étudie l'orchestration sous la direction du Dr I -J.Gagnier.Nous attendons beaucoup de ses talents ; un poème symphonique, un concerto, une symphonie, que sais-je ?Nous le souhaitons ardemment pour l'enrichissement du répertoire de la musique canadienne.Son dernier mot n'est pas encore dit, il ne devrait pas tarder à venir.Maurice DELA.MONTREAL.JANVIER-FEVRIER 1941 PAGE SEPT ¦ Quelques-uns des artistes du Festival : de gauche à droite : Rafael Kubelik ; la sortie des dignitaires après la cérémonie d'ouverture à la Cathédrale St-Giles.à.Edimbourg, l'an dernier ; deux harpistes de l'Orchestre Symphonique d?la BBC, Jeanne Chevreau et Sidonie Goossens ; Ljuba Welitsch, qui vient de laire ses débuts à New-York dans Aïda et Salomé ; et Paul Beard, chel de l'Orchestre symphonique de la BBC.Le Festival d'Edimbourg du 21 août au 11 sept.1949 Un événement musical d'importance Il semble bien que le Festival d'Edimbourg, la capitale de l'Ecosse, deviendra un des plus grands spectacles musicaux annuels du monde.Rien n'ost épargné par les organisateurs pour que 1949 éclipse le succès phénoménal de 1948.Le progra-nme délinitii n'est pas encore disponible, mais le premier communiqué nous apprend que déjà trois grands orchestres sont engagés : celui de la Suisse Romande, la Philharmonique de Londres avec Raphaël Kubelik el la Philharmonique Royale avec Sir Thomas Beecham.La musique de chambre esl représentée par le Qualuor Busch, le Quatuor Griller et l'orchestre lacques.Au programme également, des solistes aussi éminents que William Primrose.Rudolph Serkin, Aulikki Taulawarra.le soprano linlandais el Aksel Shoitz.le ténor danois.La troupe d'opéra Glyndebourne donnera Un ballo in maschera de Verdi, et Cos! Fan Tutti de Mozart ; la compagnie d'Opéra Du3Seldorl et Gustave Grundgens représentera Faust do Goethe pour commémorer le deuxième centenaire de la naissance de Goethe.Un nombre considérable de Canadions el d'Américains se proposent d'assister au Festival d'Edim-bours.A Montréal, les dél-guées sont Mlles A.Cook el K.Gallery, 400, avenue Elm, Montréal, qui seront heureuses de lournir tous les renseignements désirés.Une oeuvre magnifique d'éducation musicale L'Union Musicale de Sherbrooke M' TADAME Louis-Edouard Codère*, • (Joséphine Doherty), est née dans les Cantons de l'Est et y a toujours vécu.Elle est alliée à l'une des plus anciennes familles de cette région, qui a fait sa marcjue surtout dans le commerce.En épousant vers les 1896, Louis-Edouard Codère", elle fondait un foyer où parfois la musique eut la prépondérance, car son mari devait devenir organiste et improvisateur de grande réputation.Tout en élevant une nombreuse lamille, Madame Codère a consacré une grande partie de sa vie à l'art musical et à la composition.Dans l'accompagnement elle s'est fait une réputation probablement sans égale.Au cours des années écoulées, le "Passe-Temps" a publié plusieurs de ses compositions.En 1829 fut fondée à Sherbrooke une société qui prit le nom d'Union Musicale de Sherbrooke, dont Monsieur et Madame Codère furent membres.Cette Union Musicale cessa ses activités en 1896, mais elle ressuscita en 1921.Puis en 1924 Madame Codère en est élue présidente, char- ge qu'elle remplit sans interruption depuis cette date.Il y aura 25 ans le 25 novembre prochain, qu'elle en occupe la présidence.Cette société devait devenir une fédération de groupements culturels.C'est elle qui introduisit dans les Cantons de l'Est, l'enseignement public du solfège, puis elle y joignit l'enseignement de la diction.Elle monta des oeuvres de grande envergure, telles que Faust, Le Roi dYs, Mireille, Roméo et Juliette, Mignon, etc., qu'elle donna au cours de son existence avec un souci de perfection rarement égalé.Cette société s'affilia à l'Alliance Française en 1930 et depuis elle fait, sous ce nom, entendre à Sherbrooke tous les grands écrivains de France de passage en notre pays.Plus tard en 1938, lors de la visite du Duc de Levis, celui-ci reconnut le groupe de Sherbrooke de la Société des Amis de Maria Chapdelaine.A l'automne 1948, le siège central de ce groupe s'est transporté de Montréal à Sherbrooke.En 1939, l'Union Musicale s'adjoignait L'Union Latine dont le siège central est à Paris, Depuis les 28 ans de son existence L'Union Musicale a été un centre musical et littéraire dont l'exemple a été suivi en plus d'un endroit de notre province.Elle s'est particulièrement donnée à la diffusion de la pensée française sous toutes ses formes et célébrait son 25e anniversaire le 4 décembre 1946 par une série de fêtes échelonnées sur une période de deux ans, comportant concerts, conférences, banquets.Le plus grand événement fut l'oratorio de Masse-net : Marie-Magdefeine.Plusieurs des membres de l'Union Musicale et de ses groupes ont reçu des décorations françaises.La présidente générale.Madame Louis-Edouard Codère est officier de l'Académie, officier de l'Ordre-Latin, et médaillée de l'Alliance Française.• Mme Codère a élé élèvo de Dominique Ducharme.M.L.-E.Codère a élé élève de Romain-Octave Pelletier.PAGE HUIT LE PASSETr.MPS Photos Barbier L'ensemble vocal Euphonia et son directeur M.Roger Filiatrault AU récital d'orgue de la Société Casavant.donné le 25 janvier dernier à l'église Notre-Dame, par Bernard Piché.un groupement choral était présenté pour la première fois au grand public.Il s'agit de l'ensemble vocal Euphonia.dirigé par son fondateur.M.Roger Filiatrault.professeur de chant bien connu à Montréal et dans la province.La critique anglaise comme ïrançaise lut unanime à reconnaître à cet ensemble, composé surtout de Jeunes, des qualités extraordinaires de souplesse et d'homogénéité.Un toi succès n'est pas loin de la consécration.Pourtant.Roger Filiatrault sait qu'il faut aller plus loin dans le chomin du perlectionnemont el que ce n'est qu'avec un travail soutenu qu'on arrive au grand succès.Cette idée, il l'a inculquée à tous ses élèves avec le résultat que ceux-ci travaillent avec le même enthousiasme et la même terreur que lui.Roger Filiatrault transmet a ses élèves une formation qu'il a acquise avec les maîtres les plus réputés.Au Canada.11 commença sos études avec Salvator Issaurel.Plus tard, il se rendit on Europe pour se porlectionnor.A Paris, il étudia l'opéra avec Madame Samoin.Au Conservatoire de Bruxelles, il suivit des cours spéciaux sous la direction de Désiré Demesl.Il revint ensuite dans la capitale française pour étudier à la Sorbonne et au Conservatoire avec Paulet et Guillamat.Do retour au Canada.Roger Filiatrault fut vite reconnu uno autorité dans l'art vocal.En 1930.il fut l'un des fonda-tours du Quatuor Alouette qui.sous la direction d'Oscar O'Brien, dovint bientôt le groupement artistique le plus en vuo du Canada.Avec cet onsomble.il fit des tournées au Canada, on France, aux Etats-Unis, en Belgique ot en Amérique du Sud.Disciple du Docteur Wicart de Paris.Roger Filiatrault a ouvert un studia d'art vocal et il base son enseignement sur l'émission physiologique.En plus de ses nombreux élèves actuels, il dlrigo dos cours à l'Ecole Supérieure do Musique d'Outremont.à l'Université d'Ottawa et à l'Institut Pédagogique.Quant au répertoire de l'ensemble vocal Euphonia.il s'on tient strictement aux oeuvres écrites a capella.On ne saurait trop louer cette initiative, car bien rares sont les occasions d'entendre les oeuvres chorales des vieux maîtres.Ainsi, au concert du 25 janvier, le choeur faisait entendre des pages do Palestrina, Vittoria.Bach et Samosa.Les choeurs chantés sans accompagnement constituent l'une des formes los plus pures de toute la musique.Les maîtres de la Ronaissance ont utilisé cotto formo avec une perfection que peu d'entre nous connaissent et apprécient La formation d'un choeur a capella à Montréal nous donne lieu d'espérer que bientôt nous pourrons entendre ces chefs-d'oeuvre qui ne demandent qu'à être ressuscites et interprétés par des artistes véritables.A l'exemplo d'un Marcel Couraud.qui avec son cnsemblo vocal a remis à la mode en France des compositeurs comme Jannequin ct Josquin dos Prés.Roger Filiatrault se fait l'apôtre de cotto musique sublime des maîtres des XVe et XVIe siècles.Animé de cet esprit l'ensemble vocal Euphonia et son directeur sont appelés à Jouer un rôle de premier plan dans le développement de la musique au Canada.Gilles POTVIN.Lettre de New-York (Suite de la page six) les rendre capables d'exécuter un concerto de Mozart au piano ! ! ! Le malheur, c'est que ce blull éhonté reposait sur un contresens.Horace P.était en ellet un musicien professionnel : ce n'est pas la musique qui lui avait rendu l'équilibre nécessaire pour exécuter un concerto radiodillusé ; c'était lo repos dont il jouissait à l'hôpital qui l'avait rendu de nouveau capable de toucher un piano, et de Jouer un concorto qu'il connaissait par coeur.Rien du tout d'extraordinaire dans ce cas : de très nombreux musiciens, souffrant de schizophrénie ou atteints de démence Incurable, peuvent, en des instants de lucidité, se remettre à leur instrument et en jouer comme des êtres parfaitement sains L'exemple le plus célèbre en est Robert Schumann, qui ne cessa de composer et de jouer jusqu'à sa mort, dans la maison de santé où il passait par des alternatives de vilalité et de dépression D'ailleurs le lait qu'un musicien soit encore capable de composer ou de jouer de son instrument ne prouve aucunement qu'il soit sain d'esprit ; un lou musicien peut continuer à s'exprimer dans son langage particulier, la musique, tout en continuant à être lou dès qu'il sort de son domaine propre Certains psychiatres estiment même qu'un grain de folie assaisonne de laçon heureuse l'inspiration musicale Laissons donc lo cas d'Horace P.tout en louant les médecins et les inlirmières de l'hôpital Wayne, à Eloise, d'avoir su réveiller chez un musicien son intérêt d'antan pour la musique.La question serait mieux posée si l'on considérait la possibilité d'une cure mentale chez des malades non musiciens.Je pense que dans ce domaine il laut examiner avec une extrême prudence les récits plus ou moins iantastiques dont on délraie la chronique.Le cas le plus fameux de muslcothérapie est celui de ce courtisan de Versailles, au début du XlIIe siècle, qui lut guéri non seulement de son incurable mélancolie, mais aussi do sa paralysie, par le jeu miraculeux du violoniste Marais 11 esl clair que certaino musique, judicieusement adaptée au caractère particulier d'un malade déterminé, peut aider à une cure mentale.Elle peut, notamment, tirer un malade déprimé do son prolond abattement, l'aldor à se dégager du monde fermé où il se complaît et s'éteint, et à reprendre goût à la vie l'ai connu un hommo qui.poursuivi par un sort injuste et accablé de chagrins, lut souvent arrêté au bord du suicide par la beauté do la musique, en particulier par colle de César Franck, où il puisait, dans ses moments les plus désespérés, le courage et la Foi.Mais il y a un autre genre de musique qui peut être un martyre pour dos malades mentaux, car il en est qui ont besoin de calme, et même de silence : ce serait alors un contresens que de leur iniliger les gigotemenls tonitruants du dynamisme musical contemporain, dont la radio nous ollre tant d'exemples quotidiens.I.GAUDEFROY-DEMOMBYNES.MONTREAL.IANV1ER FEVRIER 1949 PAGE NEUF ¦ Haendel était très généreux pour les déshérités du sort et un grand nombre d'institutions de bienfaisance bénéficièrent de ses faveurs.Un an, presque jour pour jour, avant sa mort, on relève sur les registres de l'Hôpital des Enfants assistés le nom d'une petite Maria Aug us/a Haendel, née le 15 avril 1758.C'était une enfant trouvée, à qui il avait donné son nom.¦ Les musiciens pro/essionneis sont plus nombreux que les membres du clergé ou les avocats ; ils sont trois fois plus nombreux que les dentistes ou les acteurs, cinq fois plus nombreux que les journalistes.¦ On fait campagne en ce moment chez nos voisins au Sud pour changer au moins les paroles de "Star-Spangled Banner" qu'on trouve insignifiantes.La musique aussi est un peu vieillote.On prétend que "America the Beautiful" possède une mélodie plus élevée et que les paroles reflètent de hautes et nobles aspirations.Les Américains auraient donc déjà "usé" un hymne national, alors que le nôtre n'a pas encore servi officiellement.¦ Un savant établit une échelle de longévité pour les divers instrumentistes.Ses calculs accordent une moyenne de 67 ans aux "cuivres" et seulement 62 aux cordes.Aux autres : flûtistes.61 ; hautboïstes 63 ; cornistes, 64 ; clarinettistes, 65 ; trompettes, trombone et pistons, 69 ; ophicléides, 80.Mais ce dernier est devenu rarissime.Et le tuba qui le remplace maintenant procure-t-il les mêmes avantages ?Combien à"années un "joueur de radio" peut-il endurer certaines cacophonies?¦ Il fut un temps où l'art du piano était une espèce de religion.Au lit de mort d'un vieux musicien, ses amis ne savaient à quel ministre du culte s'adresser pour le préparer à son dernier passage."Etes-vous papiste ou calviniste 7 " lui demandèrent-ils.— "Je suis .forte-pianiste ! " répondit Fartiste mourant.¦ Si sainte Cécile est considérée comme la patronne des musiciens pris dans leur ensemble, certaines catégories parmi ceux-ci invoquaient un saint particulier.Les luthistes vénéraient saint Armould, le 15 juillet, parce qu'il jouait du luth ; les flûtistes, saint Philemon, qui éfaif joueur de flûte.¦ Que faut-il penser des prédictions ?En 1947.un chroniqueur français déplorait que, faute de compréhension des auteurs, paroliers et chansonniers.Les Compagnons de la Chanson étaient un succès mort-né et "que cet ensemble vocal aurait pu devenir une des meilleures attractions mondiales".Malgré cela, leur succès fut grand en Amérique.¦ A leur début, les fameux Ballets des Champs-Elysées ont été financés par un restaurateur de Paris.Dès après la deuxième saison, ce prêt a été remboursé et maintenant la Compagnie possède son propre capital.Comme quoi, les entreprises artistiques peuvent être de meilleurs placements qu'on ne s'imagine en certains milieux I ¦ Le premier festival national des fanfares des Etats-Unis réunissait en 1926 seulement 13 fanfares ; au festival de 1946, les 436 fanfares comprenant 41,256 musiciens durent être réparties en 13 concours régionaux préliminaires.•¦ On estime à trois millions le nombre d'écoliers qui étudient un instrument de musique dans les écoles publiques des Etats-Unis ; en 1941, il y avait 30.000 fanfares et 45,000 orchestres dans ces mêmes écoles.INEDIT ACCOUREZ jours traversés de soleil par le printemps.et vous leuilles coquettes ivres du vent qui passe ! Venez charmer Tâme Indomptable et dites-lui de vivre jusqu'à Tardante fécondité .' ACCOUREZ.nuages Irinqants et vaporeux reflets des lieux qui nous sont Jnconnus.ef vous, beaux oiseaux qui fêles le matin en buvant fa rosée .' Venez charmer l'âme indomptable et dltes-lul de vivre jusqu'à la limite de toute possibilité I ACCOUREZ.parlums de Heurs échappés aux vallons, aux ravins et aux prés, et vous Ilots du silence enveloppant 1 Venez charmer Tàme indomptable et dites-lui de vivre hardiment jusqu'à la mort dernier enchantement t Gabrielle RAIZENNE.¦ A l'occasion du centenaire Chopin, deux dramaturges argentins.MM.Vidal et Smuchliz, écrivirent "Chopin, su musica y sus amores", une pièce qui connut au delà de deux cents représentations en une seule saison à Buenos-Aires.¦ On a souvent ri des annonces curieusement rédigées.En voici deux assez originales: Une dame désire vendre son piano, pour cause de dé part dans une housse.Ef cette autre : On demande un organiste et un jeune homme pour le souiller.¦ Et votre tils, chère madame, que comptez-vous en taire ?— Un violoniste.— Et avec qui prend-il des leçons ?— Oh / pas encore.Pour le moment .nous nous contentons de laisser pousser ses cheveux.¦ Un annonceur de la radio de l'Utah sera plus circonspect à l'avenir.Afin d'activer les souscriptions d'une campagne contre la polio, il s'engagea à laver la vaisselle pour une journée à toute personne qui souscrirait $25.Parmi te grand nombre de réponses, il en choisit une au hasard et se rendit chez le souscripteur.Hélas I celui-ci tenait un restaurant des plus achalandés.¦ Une grande marque de disques "nouveau modèle" otlrira bientôt ses disques aux couleurs variées pour chaque catégorie de musique : musique classique, rubis ; semi-classique, bleu nuit ; populaire, noire ; enfantine, jaune clair ; tolklore, cerise ; la musique internationale, bleu ciel, ef celle dite "western", vert gazon.Commode et joli, parait-il.¦ Dans certaines parties de l'Angleterre.c1 est un signe de malchance que de jouer la "Marche Nuptiale" de "Lohengrin", parce que Lohengrin aurait quitté son épouse le jour même de son mariage.¦ Aux Etats-Unis, il y a plus d'un million d'appareils de télévision en usage, et il s'en produit 130,000 chaque mois; cinquante postes émetteurs dans une trentaine de villes atteignent des millions de spectateurs.L'an dernier, le réseau NBC dittusa durant 7,648 heures.¦ Cette année, le Festival d'Edin-bourg éclipsera tous les précédents.Ce sera, semble-t-il, un grand événement musical annuel qui attirera des centaines de mille mélomanes du monde entier.PAGE DIX LE PASSE-TEMPS dLBUM MUSICdL DU >asse-J>i J r .' i pp /HP g» t.JJ.MONTREAL.JANVIER-FEVRIER 1919 PAGE QUINZE TOUT SIMPLEMENT CHANSON VECUE Paroles et Musique de J.- I.PAQUET MODERATO PIANO IJ iJ__i \\ i f 'f 'Iff 1 a U-U-4 Hag E llarcarollt M P F (j p P' g Par un beau soir je t'ai con - nu mm V-"—F e, Puis quel - que - fois je t'ai re • 1ÉÉHÉ Harcarotle iJ.la -rr ^==y—r -^ K7" r r vu - - e, > J 1 F I De • *J 1 _t-j p h/ ja je t'ai - mais fol • le -fff f—-=lfc= ir L-LJ r-1 t- t ft 11 r =£H -n-r-»r-— ' J_' '-i 1 j 7 T 7 l IV V Moi, je croyais en la caresse, fa lèvre était alors menteuse : L'ivresse que tu m'as donnée Tu m'as quitté sans espérance.Pour loi j'étais plein de tendresse ; Mrs aveux te rendaient rieuse.N'aura duré qu'une journée : Brisant mon coeur par la soulirance : Hélas ! tu me trompais pourtant Tu te moquais de mes serments D'aimer on se lasse souvent Et je pleure seul en t'aimant Tout simplement.Tout simplement.Tout simplement.Tout simplement.Copyright 1949 — U.S.A.— Tous droits réservés, les Editions du PasseTemps Inc., Montréal International Copyright secured.Tous droits d'exécution publique, de reproduction el d'arrangement réservés pour lous pays.PAGE SEIZE LE PASSE-TEMPS Forum pianistique et GUIDE D'INTERPRETATION par Maurice DUMESNIL, D.Mus.Question — Une de mes élèves qui est la fille d'un fermier et a dix-sept ans, est très forte physiquement ot travaille beaucoup dans tes champs.Quand elle joue du piano, elle se sert beaucoup trop de ses épaules, surtout si elle exécute un passage en accords.Je vous serais reconnaissant de me dire ce que je dois faire pour éliminer ce défaut.Y a-t-il des exercices qui auraient une influence bienfaisante ?— A.G.Québec.Réponse — Sans aucun doute, cet abus du jeu des épaules provient de l'habitude de courber la partie supérieure du corps au cours des travaux agricoles.Je ne saurais recommander aucun exercice spécial, el dans un cas pareil le remède efficace est : une grande concentration de la part de votre élève Conseillez-lui de travailler ses gammes et exercices en donnant toute son attention à l'immobilité des épaules.Cela ne pourra que lui faire un grand bien, car on se sert extrêmement peu de cette partie du corps au cours de l'exécution, exception faite de certains passages en accords massifs qui doivent être joués lortlsslmo.Kn lin de comple, ce défaut de votre élève a peu d'imporlance, ot je suis sûr qu'en la surveillant et en lui faisant les observations nécessaires, elle le corrigera sans difficulté.Question.— Pourriez-vous me donner quelques indications au sujet de l'enseignement des gammes ù mes élèves ?Je les fais commencer après trois mois d'étude et si l'élève est intelligent il doit les jouer en noires, croches, et doubles croches.Il me semble aussi qu'il est aussi facile de jouer une gamme sur quatre octaves que sur deux, quand on a acquis le passage du pouce.Cependant je me demande parfois si je ne vais pas trop vite.Voudriez-vous aussi me dire si on doit tenir le poignet haut ou bas quand on joue des arpèges et des accords ?Merci beaucoup d'avance.— J.S.Montréal.Réponse.— Vous avez parfaitement raison de faire travailler des gammes à vos élèves aussi tôt que possible et sur quatre octaves.le suis très heureux que vons m'ayez envoyé cette question, car il y a trop de professeurs qui par timidité naturelle attendent trop tard pour commencer l'étude des gammes et qui croient néces- AVEZ-VOUS DES PROBLEMES PIANISTIQUES ?Soumettez clairement et brièvement une question à la fois ; si votre problème concerne plusieurs mesures, ayes la bonté do les copier au lieu de les indiquer par le nom de l'oeuvre.Voire réponse paraîtra dans cette rubrique.Adressez votre lettre au "Passe-Temps.saire de les enseigner sur un octave ou deux seulement Ceci est une grave erreur Ici il est inutile d'agir graduellement, c'est-à-dire d'étudier sur un octave, puis sur deux, trois, et enfin quatre.Servons-nous tout de suite de toute la longueur du clavier alin de développer chez les enlants le sens de la distance el la facilité de jouer avec la main gauche dans la position haute, el la main droite dans la position basse Chez les jeunes élèves, les muscles el les articulations sont d'une grande souplesse ; c'est donc le moment pour les exercer de telle façon que cette souplesse soit conservée el même augmenté plus tard par la régularité du travail technique.Quand un adulte commence l'étude du piano — c'est souvent le cas de nos jours et il existe une quantité d'ouvrages spécialisés — il se trouve handi-cappé par un certain manque de flexibilité des bras el des doigts qui sont définitivement "lormés".Donc, n'ayez aucune inquiétude : vous êtes dans le bonne voia.Continuez, et vos élèves seront satisfaits de leurs progrès, comme vous-même.Le îeu lié des arpèges demande une position du poignet plutôt élevée, el le coude lui aussi doit être extrêmement souple alin d' "accompagner" — et de faciliter — le passage du pouce.Comment pourrait-on jouer convenablement le moindre arpège si le poignet s'aflaisse au moment du passage du pouce ?Il faut donc chercher la position la plus favorable à chaque main ; une fois trouvée pour chaque élève, on devra l'observer avec soin dans le travail quotidien.Pour les accords, il est impossible de répondre avec précision, car la façon de tenir le poignel — haut, à niveau, ou bas —dépend du texte musical et de l'effet que vous voulez obtenir.C'est à vous d'expérimenter, d'essayer différentes positions, etde choisir celle qui vous satisfait le plus, musicalement parlant.dans certains pianos verticaux c'est une simple sourdine agissant sur une bande de feutre qui s'interpose entre les marteaux et les cordes.Ceci est très utile si on a des voisins grincheux, ou si on ne peut étudier que le soir, et lard.Mais le plus souvent cette pédale s'appelle "sosle-nulo" el sert 6 prolonger certaines notes ou accords, le plus souvent à la basse C'est en 1862 que ce système fui inventé par un petit facteur de pianos nommé Montai, à Paris.Mais son invention demeura en léthargie pendant de longues années, jusqu au moment où les maisons américaines l'adoptèrent unanimement Cependant, je considère son usage comme dangereux, ot voici pourquoi si vous vous y habituez, vous pourrez difficilement vous en passer.Or admettez que vous deviez jouer sur un piano où cette pédale ne fonctionne pas (ce qui arrive souvent, je le sais par expérience) Et puis suppo-sont que vous alliez en France donner un récital chez Gaveau.Erard, ou Pleyel.Ces maisons ne construisent pas de pédale semblable et il vous faudra re-travailler tous vos effets ! Habituez-vous donc à d'obtenir un "sostenulo" par un emploi "fragmentaire", si j'ose dire, de la pédalo forte.Calculez la façon dont vous levez le pied.— hauteur, et vitesse — el vous pourrez ainsi donner aux basses, donl les cordes sont longues, uno vibration qui persistera même quand le registre supérieur sera effacé.Se servir bien des pédales esl un art en lui-même, et un 1res grand art.car c'esl lui qui donne au jeu des pianistes un caractère de perfection absolue, sans lequel il serait difficile de s'élever au-dessus d'une médiocrité correcte et "primaire".Maurice DUMESNIL.Question.— Je vous serais très obligée si vous vouliez bien me donner des explications au sujet des trois pédales du piano et de leur emploi.— M.M.G.A m os-Réponse — La pédale droite, qu'on appelle généralement la pédale forte — soulève les étouffoirs et permet aux cordes de vibrer aussi longtemps qu'on la maintient abaissée.La pédale gauche — ou pédale douce — agit de laçon différente selon qu'il s'agit d'un piano droit ou à vous en passer II y a bien des manières queue.Dans le premier cas.les marteaux sont simplement rapprochés du niveau des cordes, ce qui diminue la force de l'attaque et le volume du son.Dans le second cas, le clavier el les marteaux se déplacent latéralement, de sorte qu'au lieu de trois cordes il n'y en a que deux qui sont frappées.Quant à la pédale du milieu, attention : J'ENTENDS DANS LE SOIR Le Jong de la mer.ce soir, comme venant de l'abime — t'entends, liisic et doux, un hymne harmonisé au bruit des Ilots noirs.Est-ce un chanl de ferveur, pieusemenf enrôlé des lèvres de nonnes cloîtrées, dont la prière me parvient à cette heure ?Est-ce un chant d'amour exhalé des coeurs opprimés, incompris, s'élcignnnf sans retour dans téther azuré ?Est-ce un chant d'espérance, exprimant la soullrance des miséreux, qui dans f adversité, implorent la pitié ?Est-ce un chant de désespoir qui se répand sur les Ilots ?Des sinistrés.Ja plainte ef les râles venant des profondeurs de l'eau ?Sera.f-ce d'un tamento.l'oraison funèbre, pleurant dans les ténèbres de mon coeur endeuillé, dont je perçois les sanglots ?le long des flots noirs.— me venant de tabime.- ;'enïends un hymne frisfe et doux, dans le soir.1,1.GAGNIER, D.Mus.Extrait d' Harmonique»" en préparation.MONTREAL.JANVIER-FEVRIER 1949 PAGE DIXSEPT WA G N E R COLLABORATION PARTICVUERE DE .Robert CHAUMONT .(Surïe du numéro précédent De l'été 18S7 à celui de 1859.laissant de coté le monde des dieux pour le monde plus profond des âmes, il écrivit ce qu'il considère un monument à cet Amour dont il n'a jamais connu le bonheur : la musique et le poème lyrique de Tristan et Iseult.Encouragé par la la faveur grandissante de ses opéras, il veut tenter de nouveau la fortune en France.Au début de 1859, il arrive à Paris, où il devait rester jusqu'en 1862.En 1861, il organise une série de concerts hebdomadaires.- le premier de ces concert» suscita des manifestations violentes de proportions vraiment colossales — on aurait dit réunis ensemble une Bourse en délire, une émeute, une tour de Babel, un tohu-bohu dont on ne saurait avoir même une faible idée de nos jours, où les auditoires sont en général placides et peu enclins à des agitations fiévreuses.Wagner avait tout de même réussi à passionner Paris.A la requête de la princesse de Metternich, Napoléon III ordonne de monter Tannhauser.en dépit de l'accueil froid que cet opéra avait reçu en Allemagne.On ne lésine pas sur la dépense : appointements élevés aux meilleurs artistes de l'heure, décors et costumes grandioses, cent soixante-quatre répétitions, dont soixante-quinze au piano, quarante-cinq du choeur, vingt-sept sur le théâtre sans orchestre, quatre pour le réglage des décors, quatorze répétitions générales, en scène avec l'orchestre, les costumes et les décors.Bref, rien ne fut épargné.L'agitation du public, le refus du chef d'orchestre, Dietsche, de céder sa place à Wagner qui revendiquait le droit de conduire seul son ouvrage et les représentations tumultueuses amenèrent le maître, d'accord avec le ministre, à retirer l'ouvrage.Malgré cet épisode parisien, en dépit des fâcheux écrits et propos de confrères français et allemands : Mendelssohn, Spohr, Schumann, Berlioz et autres, Wagner gagna a Paris ce que l'Allemagne lui avait jusque-là marchandé, à l'exception de Listz et Bulow : le respect.Une élite d'hommes distingués et indépendants, champions déterminés de Wagner, lui manifesta une approbation enthousiaste et sympathique, à l'intelligence de laquelle le maître rendit témoignage plus tard dans ses écrits.• Il faut avouer que les violences de caractère de Wagner, son immense vanité, ses manques de goût, de tact et de délicatesse, ses attaques betes vouées à la France, ses injures accablantes a l'Allemagne et ses autres excès —- tous violents et formidables à la mesure de son puissant et éclatant génie — lui aliénèrent bien des amitiés, bien des concours.L'énergie même de son caractère devait donner plus de relief à ses défauts.Même certains de ses admirateurs passionnés dépassèrent parfois singulièrement la mesure, telle l'anecdote suivante : il paraît qu'un de ces fanatiques avait fait et publié un petit calendrier — éphéméride, imprimé à Leipzig, qui était intitule: Calendrier Wagner.Les trois cent soixante-cinq feuillets correspondant aux jours de l'année rappelaient, au-dessous de la date, un anniversaire de la vie de Wagner.Il y en avait d'étranges ; car enfin — fût-on Wagner — il y a des semaines où l'on n'a pas étonné le monde.Mais l'éditeur ne s'était pas arrêté à cette difficulté ; de la part de Wogner, il n'y avait pas d'actes indifférents, — et il avait enregistré gravement les jours où le maître avait acheté une ramette de papier à musique ou avait eu la migraine 1 • Fait curieux : l'effondrement du Tannhauser allait marquer la lin des épreuves du compositeur ; mais il lui fallut encore lutter à Vienne, où il fut un séjour assez vain, dans un isolement presque complet ; et à Munich, où il passa dix-huit mois, de mai 1864 à décembre 1865.Malgré la représentation éclatante, le 10 juin 1865, dans cette ville, de Tristan et Yseult, bien que le roi Louis II, de Bavière, l'eût chargé de la création d'une école de musique, il arriva que cette époque de sa vie fut une des plus amères, qu'envenimèrent les assauts violents et vulgaires des journaux et les vives contestations du public.Là se joua le troisième et dernier acte de la tragédie qu'on pourrait appeler : Paris, Vienne, Munich.Mais voici qu'approche le dénouement heureux.Le 10 décembre 1865, Wagner quittait Munich et se rendait en Suisse, à Tribschen, où il louait une maison isolée près du lac des Qualre-Cantons.Les six années qu'il y passa, du printemps de 1866 au printemps de 1872, furent les plus heureuses de sa vie.Celle qui avait été une compagne à la fois dévouée et sans accord moral avec son mari, Wilhelmine "Minna" Planner, était morte à Dresde où elle s'était retirée, empêchée par une maladie de coeur de pouvoir suivre l'existence agitée de Wagner.Il semble alors que le bonheur complet allait sourire à cet homme tant éprouvé ! Il épousa, en secondes noces, Mme Hans de Bulow, fille de Listz : Cosima Listz, dont il avait pu apprécier depuis longtemps les qualités exceptionnelles de coeur et d'intelligence.Elle devait être une collaboratrice fervente et, à la mort de Wagner, la vestale du culte voué à son génie.De cette union POUR L'EXAMEN DE VOTRE VUE Diplômé de Çt i^lK/>r PRESCRIPTION l'université 1 IdlD^S DES ¦i Montréal 4 Y'".""") VERRES SPECIALISTE OPTOMETRISTRE-OPTICIEN I7B1, SAINT-HUBERT 330, RUE SAINT-GEORGES CA.7SII ST-JEROME — TEL 171 éfiMfo OSWALD MICHAUD Accordeur de pianos pour l'élite des musiciens — Professeur d'acoustique à l'Université de Montréal — Accordeur à Radio-Canada — Inventeur du piano magnétique SONOBEL PIANOS REMIS A NEUF 3818 Girouard MONTREAL WA.6423 PAGE DIX-HUIT LE PASSE-TEMPS ¦ La bon gout «t la fantaisie s'allient Ici d* laçon fort hmiieujio.On y volt la chanteuse fantaisiste_française Mari* BIZET «n train de "créer" un* cravate originale pour André DASSARY à men* la superb* collection de soieries Algoud.d* Lyon, que présente, à Montréal.Monsieur Raymond Rombeau.Incidemment.Marie Biset enregistre en ce moment des disques dentines au Canada Irançais.où son trop court séjour lui suscita de nombreux admirateurs.Il esl question d'un retour prochain, où elle présentera au complet son répertoire si personnel.Le récent passage triomphal d'André Das-sary.en particulier aux spectacles des Variétés Lyriques, n'a lait que confirmer une fois de plus l'admiration de no* tro population pour cet artiste cultivé et infiniment sympathique.naquit, en 1870.un fils.Siegfried, qui est devenu un bon musicien et compositeur.Ce fut à Tribschen qu'il écrivit les Moitiés Chanteurs, qu'il toi mina Siegfried et qu'il composa la plus grand* partie de Crépuscule des Dieux- ïl y prépara trois de ses ouvrages les plus remarquables : De la direction musicale, du But de ropéra et Beethoven, de même qu'une seconde édition de Opéra et Drame et du Judaïsme dans ia musique.Son activité créatrice esl fébrile.C'est l'aurore du triomphe ! Ses oeuvres conlinuent leur route aventureuse ; à Paris.Pasdeloup ser uine en montant Rienii, lundis que les Allemands acclament ce qu'ils avaient sifllé jadis.A partir de 1872, Wagner écrira moins cependant, étant tout à son projet grandiose de construire à Bayreuth.dans un paysage riant et champêtre, une salle consacrée exclusivement à ses oeuvres.Le roi Louis, qui l'honorait toujours de sa protection vigilante, lui fit don de l'emplacement.Dans toutes les villes se formèrent des sociétés wagnérJennes.afin de recueillir les sommes nécessaires.En présence des sommités musicales accourues de tous les pays el avec le concours des artistes les pluscélèbres.le théâtre de Bayreuth fut inauguré le 16 aoùi 1876.avec la première d'une oeuvre composée en exil, l'Anneau du Nibelung, tétralogie comprenant quatre suites : l'Or du flhin, la Valkyrie.Siegfried et le Crépuscule des Dieux.Le succès en fut éclatant, el l'entreprise assurée ; on organisa des représentations régulières qui eurent lieu et ont encore lieu tous les deux ans.Wagner dirigea lui-même, tantôt sur la scène, lanlût au pupitre du chef d'orchestre, ayant l'oeil partout pour que rien ne manquât à cet ensemble merveilleux.En 1882.à Palerme, il terrain* l'orchestration de Parsifal, le dernier élan génial et aussi le donner effort vital de Wagner, et.peut-êtro le plus noble, le plus élevé do ses drames.Les seize représenta tions qu'on en donna en 1876 et une nouvelle série donnée l'année suivante épuisèrent beaucoup Wagner.De plus, une maladie de coeur le minait lentement.Sur l'avis de se* médecins, il alla passer l'hiver 1882-1883 à Venise, où il s'installa avec les siens au palais Vendraminl.sur le Grand Canal.Le 13 février 1883.alors que quittant son piano.U s'apprêlail à mentor en gondole pour sa promenade quotidienne.U fut pris d'une violonte colère à la suite d'un mot déplaisant échappé à une personne de son entourage.Une congestion s'ensuivit et une crise le terrassa quelques heures après.Le monde entier prit part aux funérailles du regretté maître.Sa dépouille, rapporté* en grande pompe â Bayreuth.lut conduite, aux accents de la marche funèbre de Siegfried, jusqu'au jardin même de sa lvlla.Wahnlrled, à l'autre bout de la ville.Ses cendres reposent sous une simple pierre sans Inscription, gardées par son chien fidèle et par les arbres séculaires du parc qui forment un dais de verdure, non loin do ce théâtre qui semble concrétiser l'aspiration de toute la vie de ce Titan de la musique : la transformation du drame musical.Cest là qu'il a trouvé la paix que son âme ardente avait cherchée à travers tant d'obstacles.Malgré ses écarts.l'Immortel génie de cet homm* exceptionnel brillera dans les siècles futurs et prendra place auprès des maîtres les plus célèbres qui ont charmé l'humanité.SATISFACTION DEPUIS 1871 Le "Spencerwood" Donnez dès le début un instrument convenable à votre enfant — un instrument de belle qualité sonore et d'aspect attrayant.Nom vou» recommandons le "Spencerwood" reproduit ld en acajou ou en noyer Voyex aussi les autres modèles à notre magasin Le piano Willi's s'achète tacitement grâce au Plan Budgétaire Willis HUILLI5 & CO.LIHIITEI 1220 ouest, rue Sainte-Catherine Montréal QUEBEC TROIS-RIVIERES HALIFAX, N.-E.JONQUIERE MONTREAL.JANVIER-FEVRIER 1949 PAGE DIX-NEUF • Ce n'est pas d'aujourd'hui que la margarine est le sujet de controverses, car elle date de 1869.alors qu'une déclaration de Napoléon III, à l'effet que le beurre était trop coûteux, détermina un chimiste français à pousser ses recherches, et il inventa un substitut à base de gras de boeuf.Aujourd'hui, la margarine est surtout faite d'huiles de graines de coton et de fèves soya.• Il y a trois ans, deux vétérans de la marine américaine retrouvent leurs vêtements civils rongés par les mites ; pour se venger, l'un d'eux découvre un procédé pour rendre les lainages parfaitement à l'épreuve des mites.Les deux amis empruntent mille dollars pour lancer leur découverte qui a subi avec grand succès les tests de laboratoires gouvernementaux et industriels ; aujourd'hui leur chiffre d'affaires dépasse le million de dollars.Un de leurs clients est le gouvernement de la Suède ; incidemment, dans ce pays, tous les lainages sont traités contre les mites — excellente idée qui pour-îait être pratiquée ici.SOLUTION DU PROBLEME No 29 I ?3 4 S (.7 e 9 10 II 12 HlOlNlTll IClElLlLlOHCI A / 2 3 1 S 7 & 9 "lOlclAlMMClAlMlElM Il/M j3h hhdi3e ms na rgraras eus tMI ù U AA E E N ¦ L;0 kb œile BEI did BraBRH sure nra CARNET PROFESSIONNEL • ACCORDEURS DE PIANOS R.L.BRUNETTE Spécialité : Piano automatique: Vingt-cinq ans avec Nordheimer & Layton Bros., Ltd Ouvrage garanti.Membre, Canadian Piano Tuners' Asa.Buieau : Tél.: LAncaster 0109 10'J A.rue Deslauriers.Ste-Rose.Laval RAY MARCOUX Le seul musicien professionnel accordeur de piano.Membre de l'American Society oi Piano Tuner-Technicians.2296 ruo Panel Tél.: AM.S58S Montréal • DIVERS Modèles—Outils et Accessoires pour Cuirs ouvrés e Cours par correspondance Demandez circulaires MARGUERITE LEMIEUX S201 ave Brillon, N.D.G.Montréal • LOCATION DE ROBES Robes et voiles de mariées Toilettes du Soir ou de Fille d'honneur Fourrures SALON BLANC Mlle .1 Ashby, prop., 6824, rue St-Hubert.CA.8087 MULTIPLIEZ VOS CHANCES DE GAGNER DES PRIX ALLECHANTS ! — AUX CONCOURS PRESENTES DANS LES JOURNAUX.LES REVUES ET A LA RADIO.Voulez-vous connaître les secrets, les règles et le but des concours ?Il faut vous procurer san.-> tarder la seule brochure traitant à fond ce sujet et écrite par des experts qui ont été eux-mêmes juges "COMMENT GAGNER AUX CONCOURS" Cette brochure sérieuse, remplie de conseils pratiques et d'Indications détaillées, vous sera expédiée contre l'envoi d'un dollar (Il 00) seulement Brochure indispensable ù qui veut gagner aux concours — elle peut être la clef de votre succès GRATIS — UN SUPPLEMENT DE 500 REPONSES JUSTES "aux questions généralement posées aux concours sera envoyé GRATIS à tous ceux qui commanderont tout de suite l'édition d'hiver de "COMMENT GAGNER AUX CONCOURS".Envoyez un dollar, aujourd'hui même, avec votre nom et adresse à SERVICES D'INFORMATIONS PRATIQUES.Division P, Case postale 90.Station B.Montréal.CHANT ALBERT VIAU Technique vocale.Solfège.Interprétation de la chansonnette française.F.nreqistrement gratuit de la voix deB élèves.31 rue Cardinal, Ville St-Laurent.BYwater 2129.Mlle CECILE PERRAULT Professeur de chant et piano, classique et populaire — 2075 rue Papineau.Montréal.Tél.résidence.CHerrier 4377.Mme ADELINA CZAPSKA Professeur de chant — 3641 avenue Oxenden, Montréal.Tél.: PLateau 6508.• PIANO_ Ecole de Musique de Verdun sous la direction de Mlle M.-Jeanne Fortier, — 3288 rue Joseph, à VERDUN — TRemnore 5406.Mlle HENRIETTE TARDIF Professeur de piano, répertoire classique et populaire.— 6428 rue Bordeaux.Montréal.Tél.DOllard 1888.• Madeleine Raymond PIANISTE COMPOSITEUR IMPROVISATRICE Rendez-vous lixés par correspondance : 3360 ave Barclay.Apt.2 Montréal • RELIEURS_ VIANNEY BELANGER Reliure d'art et de bibliothèque.Spécialités : Reliure de cahiers de musique et de collections du "PASSE-TEMPS".Prix raisonnables.2801, rue de Beaujeu.CRescenl 1958 Reliure d'Art Française Reliure de luxe Spécialité : Bibliothèques 1121 est.rue Dorchester Montréal.Tél.: CHerrier 8409.• PHOTOS DE TEXTES REPRODUCTIONS OU FAC-SIMILES de dessins, manuscrits de musique, musique, plans, documents légaux, lettres, rapports, etc.Agrandis ou réduits.Attention particulière aux commandes postales.Appelez LAncaster 521S et nous vous dirons ce qui peut être fait MONTREAL BLUE PRINT INC.1226.rue Université.MONTREAL 2 PAGE VINGT LE PASSE-TEMPS Jacques HEUAN Dany ROBIN Luis MARIANO Eliane CELIS Georges ULMER BOUR VIL FLEURS et CHARDONS - Revue des disques français par Robert JOUGLET DU POSTE CKAC "Nous avons relevé les disques de trois fleurs, c'est-à-diro los meillours de la série du mois dernier et nous pensons qu'il serait agréable aux discophiles de se les procurer." "SOPHIE" — interprété par Edith Pial — Musique do Glandsberg — Paroles de "Edith Piaf".— Arrangement musical et direction Raymond Le grand.C'est un grand disque de quatre minutes enregistré chex DECCA par l'admirable chanteuse qu'est Edith Piaf.Non seulement l'ébo-nite ou la cire de cher DECCA est luisante et légère, mais elle est d'une sensibilité prono-génique inégalée.C'est un disque de qualité au point de vue de l'enregistrement et de la cire.Mais, noir est aussi l'esprit de fatalité désespérée qui préside au choix des chansons d'Edith Piaf et à leur interprétation."Sophie" est une complainte déchirante dont Edith a écrit elle-même les paroles sur uno musique "slow" américaine qui fait penser aux "negro spirituals".Tous les "torch-singers" américains ne peuvent égaler à mon avis Edith Piaf dans "Sophie".La musique de Glandsberg.avec ses pas-sagos syncopés, ajoute aux accents quo seule Edith Piaf peut donner à la chanson qui.à certains moments, irrite tellement la sensibili'é que l'auditeur peut grincer des dents.C'est ptodigloux 1.prodlgieusemont émouvant I I C'est un disque de trois fleurs.'SCENE DE BAL" — interprété par Armand Bernard et sonorchestre d'instruments à cordes — Enregistré au théâtre des Champs-Elysées.Ce disque n'est pas exactement dans le domaine de la chansonnette, puisqu'il s'agit de trois minutes et demie de l'orchestre d'ins-trunents à cordes.Nous venons de recevoir co disque qui donne au corps de l'orchestre, l'occasion de démontrer une étonnante virtuosité.Le tout est très élégant, gracieux, exécuté avec beaucoup de légèreté.L'orchestre d'Armand Bornard est très homogène, plein, composé d'excellents musiciens qui nuancent admirablement.En dépit de l'importance de l'orchestre, l'enregistrement est doux et de bonne qualité.Exécution remarquable de trois fleurs."POUR VIVRE HEUREUX" — interprété par Maurice Chevalier — Arrangement musical et direction d'orchostre.Raymond Legrand."Pour vivre heuroux".Un fox chanté dont la musique est d'Alstone el les paroles de Maurice Chevalier.Orchestre de Raymond Legrand.Avec Alstone, c'esl un rythme américain et.celle fols, le grand Maurico nous donne un excellent conseil, une bonne leçon de morale ol do vie simple, On ne conçoit pas Maurico Chevalier sans un large sourire et de l'optimisme à toute épreuve.C'est une recelte de bonne humeur.Nous vous conseillons, mesdames et messieurs, de lo fredonner souvent pour chasser les petits ennuis passagers ou les querelles éphémères do menage.Une fleur à Chevalier, une Hour à Alstone et une fleur à Raymond Legrand, ce qui fait un disque de trots fleurs."SOUVIENS-TOI" — interprété par Léo Marjane — Mélodie — slow — (Waî-Berg.L.Amade) — Arrangement musical et direction d'orchestre.Raymond Legrand.Voici un bon texte de Louis Amade.Raymond Legrand et son orchestre au complet sur ce dlsquo nous donne une introduction très dramatique, grâce à uno superbe orchestration et arrangement.Beaucoup d'atmosphèie dès le début.Léo Marjane.intelligente Interprète, diseuse réaliste, exprime des sentiments profonds puis des regrets qui prennent leur pleine force dans des cresc© n dos exprimant nettement la soulfrance.C'est une belle réussite.Léo Marjane se sert adtoitement de son joli grave, de ses accents justes et de sa belle diction.Elle impose des nuances de bon goût et développe des oppositions qui rendent le disque fort intéressant.Devant tant de qualités, on excuse les accents rauques.un peu "à la Damla d'autrefois", car Ils sont sincères et profondément humains."Souviens-toi" est un disquo à posséder dans sa discothèque et vaut trois fleurs."C'EST ENCORE EN FRANCE" — Interprété par Maurice Chevalier — Alstone — M.Chevalier — Arrangement musical et direction d'orchestre Raymond Legrand.Maurice est typiquement français, mais cependant il a beaucoup voyagé, il a été fêté et choyé partout.Chevalier est doué d'un esprit d'observation qui se manifosto dans beaucoup do ses chansons.Lo texte est donc 1res bon et tl esl juste.La musiquo d'Alstone y apporte un caractère de marche populaire et de refrain facile.Cependant.les deux combinés forment une chanson difficile à Interpréter.Chevalier réussit en donnant trois genres différents qui sont du meilleur Chevalier.L'orcheslro do Legrand sali bien tenir le rythme, soutient la mélodie tout en laissant à Chevalier les libertés nécessaires à l'expression, l'ai peut-être élé sévère déjà pour certains disques do Chevalier, mais je suis heureux d'accorder trois fleurs à "C'est encore en France"."CHANSON D'AUTOMNE" — Interprété par lean Clément — Paroles ot musique de Maurice Rollinat — Orchestre dirigé par Pierre Chagnon.Je suis 1res heuroux de présenter un disque de lean Clément.Les chanteurs de charme, modernes, sont à l'honneur.On oublie vite les anciens (la vie et son rythme accéléré de nos jours nous y force un peu) 1 Ce disque de lean Clément nous ramène ce véritable chanteur de charme, à la belle diction, aux acconts prenants.Sa voix possède une tonalité chaude et pleine de mélancolie.Jean Clément ressent profondément ce qu'il Interprèle et., ce qui est rare, il aime chanter ! Grand, bon garçon.Clément chois H des chansons simples qui ne passent pas de mode.II chante avec goût.L'orcheslro de qualité dirigé par Pierre Chagnon sail créer avec discernement l'ambiance qui convient à la "Chanson d'aulomno".Trois Heurs.Touf ce qui esf ;o/i ef nouveau en MUSIQUE et BRODERIE se trouve dans la revue RAOUL VENNAT Enrg.3770 - 3772, rue Saint-Denis MONTREAL Prix: Canada: 12c par an.Etals-Unis : 25c par an.Un p a i I u m Joyeur à l'arôme ] discret mats per.sistant.C'est l'Indispensable auxiliaire du char- | me féminin.TULIPE NvïRE LA a» CANADA DRUG.MONTREAL MONTREAL.JANVIER-FEVRIER 1948 PAGE VINGT-ET-UN Les mots croisés du "Passe-Temps" 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 cm du GINGER ALE KING'S COURT de L'EAU MINERALE MONTCLAIR RICHELIEU Type Vichy des FROMAGES FINS vendus par des spécialistes en fromages YE OLDE ENGLISH CHEESE Toutes lel marquai renommées I 1218 rue Stanley.Montréal | Tél.! LA.9932 BONBONS ^du a, e du PATE DE FOIE GRAS "Cordon Bleu" e de la MAYONNAISE "Blue Ribbon" e du FROMAGE "Borden'i Bluefort" l.-RENE OUTMET.Ltée.Montréal des CANAPES qui sortent de l'ordinaire arec le FOLE DE MORUE G ASP AIR Ichet DUPUIS FRERES .t aux MAGASINS DIONNE LES PRODUITS MARINS GASPESIENS.Liée.Montréal PROBLEME No 30 HORIZONTALEMENT : 1.—Chanson de grenadier vénitien.2.—Dieu grec.Mars des Romains.— Un des douze prophètes hébreux.3—Grossier violon à deux cordes employé en Algérie, en Tunisie, au Maroc.— Instrument de musique japonais.4—Infinitif.— Langue du ghetto.— Note de musique.5.—Initiales d'un romancier anglais, auteur du "Grillon du Foyer".— Symbole chimique de l'azote.— Messagère des dieux, changée par Junon en arc-en-ciel.6.—Note de musique.— Théologien et cardinal Irançais.légat d'Avignon, 1350-1420.— Voyelles jumelles 7.—Division de l'année solaire.— Musicien Irançais.inventeur d'une méthode d'enseignement musical, remplaçant les signes par dos chillres dans la notation musicale.8.—Pronom personnel masculin pluriel.— Adjectif possessif.— Fils de Dédale, dont la mer Egée prit le nom.9.—Ecrivit un livre satirique ou diffamatoire.10.—Comme de l'Indre.— Compositeur français, auteur de l'opéra : "Si j'étais roi".11.—Dans orne.— Instrument à vent composé de deux tubes recourbés entrant l'un dans l'autre.12.—Petite voile supplémentaire que l'on met pour activer la marche des bateaux.VERTICALEMENT 1.—Caractère de la poésie et de la musique des bardes.— Titre donné à certains religieux bénédictins.2.—Mesure agraire — Chanter à la manière tyrolienne.3.—Sorte de violon dont jouaient les ménestrels.— Héros Ihessalien.roi des Papithes.ancêtres des Centaures.4.—Danses nationales de la Hongrie.— Initiales d'un poète canadien, chantre de la Gaspésie.5.—En musique, triste et plaintif.6.—Note de musique.— Tumulus de terro et de cailloux, renfermant une crypte.— Initiales d'un compositeur de musique français, auteur de l'opéra : "Le Père Gaillard" (1807-1880).7.—Instrument de musique, usité chez les peuples Dalmates.— Capitale du Laonnois.8.—Deux points cardinaux.— Substance terreuse qui provinent de la décomposition de certaines laves — Pronom personnel.9—Compositeur de musique italien (1667-1740).— Initiales d'un membre du gouvernement de la Défense Nationale, en 1870.— Dans abstrait, 10.—Point cardinal.— Médecin français, londateur de la Gazelle de Fiance.1585-1653.11.—Contrée de l'Asie Mineure, entre la Troade et l'Ionie.— Mammilère soli-pède.12.—Note de musique.— Symbole chimique de l'arsenic.— Dieu romain, protecteur des limites.LE PASSE-TEMPS Chronique du temps passé 7 JANVIER 1899 — No 99 — La Silhouette Artistique de ce numéro était consacrée à Mlle Elise Chapdelaine, comédienne du Monument National, dont Gustave Comte faisait les plus beaux éloges.Dans sa chronique de la quinzaine, Silvio annonce la construction, rue Sainte-Catherine entre Saint-Laurent et Saint-Denis, du théâtre Eldorado, où se donnèrent monologues, saynètes, chansons, etc.Théâtres, concerts, etc.— Au Monument National, le 18 décembre, La Grammaire, de Labiche, interprétée par Mlle Chapdelaine.MM.Eugène Morin, R.Duhamel, etc Elzéar Roy, Arthur Laramée, Thibaudeau-Rlnlret, Eugène Morin ot Mlle Blanche Payette ont élé applaudis dans la comédio Embrassons-nous Follerille.Le 26 décembre, soirée lamille au Monument National Le Voyage de M.Perrlchon.avec Arthur Laramée, Elzéar Hoy, H Senécal.Eugène Morin, Mme Brousseau.H.Arnoldi, violoniste, élait accompagné au piano par Mlle Hardy.M Thibaudeau-Riniret a récité la Conscience, de Victor Hugo, et M.Mendoza Langlois (alors gérant du magasin de musique 1-A.Hurteau, coin Saint-Denis et Sainte-Catherine) a chanté I Arioso, de Bomberg, accompagné au piano par M.Ernest Langlois.Le 25 décembre, concert du Symphony Orchestra, à la salle Windsor.Au programme.Mlle L.Lavigne, lille d'Emery Lavigne.a Joué au piano, accompagnée par l'orchestre, le Caprice brillant, de Mendelssohn.On a aussi entendu une sérénade pour llûte et violoncelle, par MM.Boucher el Charbonneau.— Agé de 82 ans, le père de Calixa Lavallée el du luthier Charles Lavallée est malade.— Dans une autre page, nous reproduisons une note historique sur une soirée au Château de Rame-zay.— Le Passe-Temps annonçait la parution à Québec d'un quadrille pour piano par Mlle Anna Blondeau, dédié à Mme Georges Tessier.— E.-Z.Massicotte et L.-J.Béliveau ont publié un almanach canadien illustré, contenant 40 portraits de personnalités.M.C.-O.Lamontagne venait d'ouvrir à 161S rue Notre-Dame un bureau de concerts.Ce même numéro contenait deux autres Silhouettes Artistiques, celles de M.et Mme Van der Biest, deux artistes lyriques récemment établis au Canada.On parlait aussi des succès de deux des nôtres, MM.Mercier et Plamondon.à Paris, et Emiliano Renaud, en Allemagne.Dans l'Album Musical Chanl : En ce chateau que cherchez-vous?(Les Huguenots) par G.Meyerbeer.Piano: Vire la Prance/ (marche solennelle) par A.Charbonnier.Mandoline: Avec toi.par Paul Lamoureux.21 JANVIER 1899 — No 100.— L'artiste en vedette élait Mlle Aline Blanche Payelte, un soprano léger qu'un charme tout particulier et d'une grâce mignarde qui plaisait énormément ; elle était aussi une artiste dramatique lorl applaudie.On annonçait l'ouverture prochaine d'un calé-concert Irançais à Montréal ; le chroniqueur décrivait les types caractéristiques de ce genre d'établissement : la diseuse, le gommeux, le troupier, la gommeuse, le pochard, la chanteuse cosmopolite, le chanteur-danseur, les duettistes.Le 2 Janvier, au Monument National, Les vlvacifés du capitaine Tic, de Eugène Labiche, remportaient une franc et légitime succès; le spectacle suivant lut Les Boulinard, une comédie à succès.Le corps do musique de Tempérance Saint-Pierre venait de changer son nom en celui du Corps de Musique de Tempérance de Montréal el d'élire ses olliciers.Comme quoi les temps n'ont pas changé tant que cela : ce même numéro de la revue citait une définition de Henri Talrte : "On se fréquente trois semaines, on s'aime trois mois, on so tolère trente ans, et les enfants recommencent." Dans l'Album musical du mois : Cherchez, réminiscence, de D.Taglialico ; Embarques-vous.que venait de chanter M.Plan-çon au "Her Majesty's", musique de Benjamin Godard; O Salutaris, de Samuel Rousseau ; Piano : Al a Georgia Campmeeting.cake walk, par Kerry Mills.4 FEVRIER 1899 — No 101.— En première page, biographie lorl élogieuse d'une jeune diseuse et chanteuse de talent : Mllo Yvonne Jacques, qui se faisait applaudir aux Soirées de lamille, dirigées par M.Elzéar Roy La vie théâtrale était tort active : une comédie : La meunière du Moulin /oli.et deux opérettes : La Prima Donna et Une Tasse de thé, puis Les Boulinard, un drame : Le proscrit, etc.Vie sociale active aussi : mascarade du Montagnard, réception ici et là.mariages en grand nombre Au bal des musiciens, le 9 février, un orchestre de 40 musiciens sous la direction de MM G.Couture, H Reiner, G.Gruenwald el Edmond Hardy jouait l'introduction de chaque valse comme la chose se laisait en Europe M.L.-E.Beauregard, avocat, de Saint-Dama3e, est arTivé à Montréal où il a l'intention de s'établir.Très |olie soirée de gala chez M L-O.Grothé, rue Esplanade, à l'occasion du début de Mlle Célina Grothé Dans l'Album musical : Berceuse de locelyn.de B.Godard ; Sérénade aux Mariés, mélodie de Jules Massenet ; Ireos.marche, de Maestro Lodovico Selmi, et Barcarole, pour piano, de C.Saint-Saëns.18 FEVRIER 1899 — No 102 — En première page.Gustave Comte résumait la carrière à Paris et à Montréal d'un jeune caricaturiste canadien.M Raoul Barré, doublé d'un talent dramatique remarquable La Chronique de la Quinzaine vaut une mention.Il était question de l'idée de paix universelle récemment émiBe par l'empereur de Russie, laquelle contrastait avec les menaces belliqueuses et terrifiantes prolérées ou inspirées par le "hideux militarisme et la repoussante diplomatie compliqées de politique." ."Au lieu de mettre bas les armes", commuait le chroniqueur, "on invente au contraire de nouveaux engins, dont le dernier est tout bonnement épouvantable C'est une torpilleur sous-marin qui appartient à la marine ïrançaise.Ce terrible plongeur réalise la liction de Jules Verne Au lieu de l'ancienne torpille, dangereuse mais inerte, on est maintenant menacé par un monstre invisible, mû par l'électricité et dirigé par l'intelligence implacable de trois hommes abrités dans sa coque d'acier." Et l'on décrivait tous les ravages lantastiques de ce démon, cet épouvantable engin qui permettrra à "la France de braver l'Angleterre et se rire des discours provocants de M.Chamberlain, qui ne seront plus désormais que de puériles bravades ".Heureux temps qui ne connaissaient pas le spectre de la bombe atomique ! Le théâtre allait toujours rondement : A l'affiche pour le mois : la Grammaire, de Labiche, aux Soirées de lamille, ainsi que Les deux sourds, les deux aveugles et tes deux timides, deux jolies comédies, Le Proscrit, drame en 3 actes, par le Cercle Saint-Louis A une conlérence donnée sous la présidence du Consul de France, M.AH Kleczkoski.M.l'abbé René Labelle parla avec éloquence de Louis Niedermeyer.Eugène Gigoût, César Franck et Léon Boëllmann.et un choeur sous la direction de M.G.Couture rendit de3 oeuvres de ces compositeurs M.F.-X.Mercier, un Canadien, vient d'être engagé à l'opéra-comique de Paris pour 5 ans avec un traitement annuel de 5,000 francs.On notait aussi que M.G.Couture était maitre de chapelle à la cathédrale.Mlle V.Cartier, organiste à Saint-Louis-de-France ; M D Ducharme.organiste du Gésu, M J -D Dussaull.à Notre-Dame, M.J.-A.Fowler, à Saint-Patrice.M.A Letondal.chez les PP.du Saint-Sacrement, M.R.-O Pelletier, à la cathédrale.Comme musique, Le Passe-Temps olfrait pour le chant : Quand l'oiseau chante, de D.Tagliafico, La Berceuse du violoneux.chanson de Bretagne par Théodore Botrel, musique de Gaston Perducet ; Dans les Prison de Nantes, à trois voix égales, harmonisée par l'abbé G.Dugas ; Lettre à Ninon, poésie de Henri Maigrot, musique de Paul Delmet ; pour le piano : Bons souhaits par A.Robert ; Elrennes-Polka, par G.Roy.MONTREAL JANVIER-FEVRIER 1949 PAGE VINGT-TROIS CHOPIN, le poète du piano (Suite de la page cinq) EN 183S.il va rencontrer ses parents en vacances à Carlsbad.A cette joie s'en mile bientôt une autre, qui laissera des traces dans le coeur de Chopin, pour la vie.Invité à Dresde chez ses trois arms Wodzinski.il y retrouve leur soeur Marte, âgée de dix-neul ans.qu'il avait connue dans son onlance à Varsovie C'est, tout de suite, le grand choc émotif.Ils font de la musique ensemble et les jours s'écoulent dans un enchantement mutuel.Mais U faut repartir pour Paris.Chopin est seul dans lo grand salon avec Mario.Pâlo.très ému, il se met au piano et il improvise une valae.Il l'écrit le jour même et l'envoie à la jeune fille : "Pour Mlle Marie, Dresde, septembre 1835".C'est la Valse en fa mineur, opus 69, No I, que Marie appellera L'Adieu.Puis Frédéric reprend son travail à Paris.Les jeunes amoureux s'écrivent des lettres tendres.Pour Marie encore, il compose la Ballade en sol mineur, le monument de son amour".Au mois d'août de l'année suivante, nouvelle rencontre, à Dresde, de Frédéric el de Marie.Cette fois, il prend la résolution dc la demander en mariago Elle accepte.Mais quelques mois plus tard, la volage Marie rompt les fiançailles : l'existence précaire d'un artiste maladif lui faisait peur.COMME CADEAU I No serait-ce pas une belle habitude à prendre — et un excellent moyen de faire plaisir à quelqu'un qui aime la musique ?Vous avex presque rembarras du choix — tellement les concerts et spectacles sont nombreux partout.C'eut un cadeau de bon goût certain.-NOUS PRECHONS D'EXEMPLE____ Grace à la généreuse coopération des impersarii.Le Passe-Temps fora tirer au sort, chaque mois, un certain nombre de billot» de concert, de théâtre ou autre spectacle parmi ses abonnés seulement.Deux billots gratuits seront donc envoyés à chacun dea heureux gagnante et gagnantes, et leurs noma paraîtront dana le numéro suivunt de notre revue.A mesure que lea arrangomonts aeront complétée avec lea organiaalions locales, lea tirages ao feront par région.Voici les gagnants Orchestre Symphonique des Jounes.II mars, au Plateau Fernand Graton).Deux billets à Mlle Bernadette Harvoy, 908 est.rue Dorchester, Montréal.Briser la Statue.16 mars, (les Compagnons, à leur théâtre).Deux billets à M.Chs Morel.10573.Grande Allée, Ahuntsic.Récital d'orgue Walter Baker.8 mas.église Notre-Dame (Société Casavant.M Geo Robert, directeur).Deux billets à M.Julien Chevalier, 450 Handland, Montréal-Sud, Co.Chambly.Récital Zola Polewaka.violoncelliste, 23 mars, au Plateau M.Geo.Robert, imprésario).Deux billets à Mlle Hélène Deniger, 2497 ouest, boul.Gouin.Cartierville ; et deux à Mlle Rolande Morrissette.1102 est.rue Mont-Royal.Montréal Récital d'orgue E.Power Blgga.22 mars, église Notre-Dame (Société Casavant).Deux billets à Mlle Lucille Mallette.3514.rue Gertrude.Verdun.Récital d'orgue par le Gagnant du Prix Casavant, 25 avril, église Notre-Dame (Société Casavant).Deux billets à Mme Arthur Thlboutôt.28, rue Morris, Ste-Thérèse, Co.Terrebonne.Peu après, Chopin entre dans une période fort troublée de sa vie.Son ami Liszt lui présente, au début do 1837, la romancière George Sand (Mme Aurore Dudevant).Le jeune musicien a peu goûté lea manières un peu trop viriles de cette femme célèbre autant par ses escapades avec Musaet que par ses romans Au printemps de 1838, ils se revoient à Paris.Tous deux ont le coeur libre à ce moment.George Sand invite Chopin on son domaine de Nohant, et ses instincts maternels trouvent à se satisfaire dans la sorte de protection qu'elle accorde à ce pianiste de santé Irêle.LEUR liaison dure sept années.En novembre 1838, ils partent pour Majorque en compagnie des deux entants de la romancière.Chopin veut prendre un repos bien mérité.Ils s'installent dans un monastère désaffecté.C'est l'hiver el ses pluies froides.Chopin est malade.Il crache le sang et II a des accès de fièvre.Cest pendant son séjour dans l'Ile qu'il termine ses admirables Préludes, qui sont peut-être ses oeuvres les plus parfaites.Puis la petite caravane, fatiguée ot transie, revient en France par Marseille.Il faut tout de suite (aire soigner Frédéric.Quelques semaines plus tard, de Nohant.Chopin écrit à son ami Fontana : "le compose ici une Sonate en si bémol mineur, dans laquelle sera la Marche funèbre que tu as déjà.Il y a un allegro en mi bémol mineur, la Marche, et un court finale de trois pages environ.Après la Marche, la main gauche babille unisono avec la main droite.T'ai un nouvoau Nocturne on sol majeur qui accompagnera le Nocturne en col mineur, si tu t'en souviens.Tu sais que j'ai quatre nouvelles mazurkas : une de Palma en mi mineur, trois d'ici en si majeur, la bémol majeur, et ut dièze mineur.Elles me paraissent jolies comme les plus jeunes enfants le semblent aux parents qui vieillissent".Ainsi.Chopin ne cesse de produire, car 11 sent bien que ses forces baissent constamment.Revenu à Paris, il reçoit des élèves, et il s'acharne à composer.Pendant des heures, il écrit, rature, reprend maintes fois telle et telle mesure, n'est jamais satisfait.Mais, comme l'écrivait Georgo Sand, "il passait six somainos sur une page pour en revenir à l'écrire telle qu'il l'avait tracée au premier jet".Apartir de 1842, Chopin semble avoir douté de Ba guérison.Celle année-là, son ami Matuszlnski meurt tuberculeux.Deux ans après, c'est Nicolas Chopin qui succombe, lui aussi, à la tuberculose.Frédéric veut revoir les siens : sa soeur chérie, Louise, accompagnée de son mari, vient passer quelque temps en France.Mais cette éclaircie heureuse ne dure guère.Toujours cette sensation intense de fatigue, d'affaissement.Et les cracheemnts de sang recommencent Pendant ses séjours à Nohant, il s'efforce de cacher ses souffrances à son entourage.Mais, bien vite, il se lasse de la campagne, des enfants de Sand, Maurice et Solange, deux êtres bizarres, lantasques, difficiles.La campagne, surtout, lui devient insupportable : il lui faut le conlort de la ville, un certain luxe, et les visites fréquentes de ses amis.Les années 1846, 1847, marquent le déclin constant de ses relations avec Goorge Sand.Celle-ci s'est lassée de cet amoureux chétil, qui a plus besoin des soins d'uno mère que des tendresses d'une amante.Chopin lui-mêmo le sent bien et.plus que jamais, si possible.U se raccroche à sa famille : à sa mère, à sa bonne soeur Louise, il écrit des lettres affectueuses et il réclame sans cesse leur présence.Ces années-là, elles marquent la mort de Chopin comme compositeur.U ne produira plus rien.A Paris, on se rend bien compte que Chopin n'a que peu d'années à vivre.II a besoin d'argent, comme toujours, et on le convainc de donner un concert.Ce devrait être son dernier en France.Soirée d'un éclat extraordinaire : lo dessus du panier de la haute Boclété parisienne.Chopin fait un tel effort pour se rendre jusqu'au bout qu'il perd connaissance après le concert.Dans cet état d'épuisement physique, il part pour Londres, où 11 débarque lc 20 avril 1848.Invité d'une de ses élèves, Miss Stirling, Chopin est Introduit dans l'aristocratie anglaise.Il Joue devant la reine et devant des auditoires de princes, de barons et de ducs cousus de décorations.Il est reçu dans des châteaux somptueux, en Angleterre el en Ecosse.Mais tout cela l'ennuie, parce qu'il est loin de Paris, et plus loin encore de Varsovie.Et surtout il craint de mourir sur cette Ile froide, où tout lui est étranger, la langue, les usages, la vénération pour les chiens et les chevaux, et jusqu'au snobisme compassé.PAGE VINGT-QUATRE LE PASSE-TEMPS Apres chaque concert, il est d'une faiblesse extrême, malgré les bons soins qu'on lui prodigue.Faisant allusion à des rumeurs de mariage, il écrit à son ami Gutmann : "fe suis plus proche du cercueil que du lit nuptial.Mon âme est en paix.le suis résigné".T e voilà enlin, en Janvier 1848, de retour à Paris Ses amis ¦*—• s'ingénient à lui procurer quelque argent, sans qu'il s'en aperçoive, car Chopin n'a absolument aucune idée de l'état de ses linances.En juin, il rassemble ses dernières forces pour écrire à sa mère, à «a soeur Louise, pour réclamer leur présence : SI vous le pouvez, arrivez.Je suis malade, et aucun médecin ne m'aidera cornr ¦ Elles ie '.âtént ¦ ©trouvent leur pauvre Chopin Sans un élat lamentable 11 est si iaible qu'il passe de longnBsJieures assis, sans pouvoir Labbé Jolowiclci un ami d'enfant», vien' !•• voir plusieurs lois.Le 13 octobre, il décide le malade à se onlesser, à communier, à recevoir I '•xtreme-onetfoti.'"Merci .lui murmure Chopin avec un triste sourire, "grâce à toi |e ne ¦., i.cochon" Dans la nuit du 16 au 17 octobre, c'est la lin.Pendant que les assistants récitent les prières des agonisants, U s'éteint doucement, à 2 heures du matin.Le plus grand poète du piano était mort.Les lunérailles de Chopin lurent grandioses Le 30 octobre 1849.une loule immense emplissait l'église de la Madeleine, et Ion chante le /requiem de Mozart.Et pendant que le corbillard s'en allait vers le cimetière du Père-Lachalse, on entendit pour la première fois la Marche lunabre que Chopin avait composée à Malorque.On éleva sur sa tombe un socle portant ces simples mots : A Frédéric Chopin, ses amis.Chose curieuse, tl fallut attendre 1900 pour que Paris se résolût à lui dédier un monumenl.qui lut placé dans le iordln du Luxembourg.Robert CHAUMONT Le restaurant français qui domine à Montréal 1422, rue Stanley LA TOUR EIFFEL U domine parce qu'on r sen l'au-.hentique cuisine française et que l'accueil y est si sympathique, si Irançais 1 SPECIALITES DEJA FAMEUSES LAncaster 6575 PROPOS DE LA TABLE Non.le vin n'est pas la perte de l'homme.Un amaleur de bon vin faisait jadis ce joyeux raisonnement à son confesseur, qui le gourmendait sur son penchant à boire, en lui annonçant qu'il ne ferait fdtnais son salut, s'il ne se corrigeait de cette passion : "Mon père, le bon vin fait du bon sang ; le bon sang produit la bonne humeur ; la bonne humeur fait naître les bonnes pensées ; les bonnes pensées produisent les bonnes oeuvres ; et les bonnes oeuvres conduisent l'homme dans le ciel." Ainsi soit-il, répondit le pasteur, converti à son tour par son pénilenL Les grandes MAISONS D'ALIMENTATION La maison spécialisée dans LES CAFES DE CHOIX * A.L.VAN HOUTTE, Enrg.Calés rôtis chaque jour dans notre magasin.Nouveau magasin ultra moderne : HA.6370 458 EST, RUE SAINTE-CATHERINE LES PLUS GRANDS SPECIALISTES DE PRODUITS DE BASES POUR INSTITUTIONS ET RESTAURANTS ¦ Bases pour Soupes ¦ Les Sauces ¦ Bases pour Consommés ¦ Bases pour Desserts ¦ Les Crèmes ou Bisques ¦ Les Jel-O ¦ Les Bouillons ¦ Puddings et garnitures DEMANDEZ NOS LISTES Les Produits Alimentaires "Supereme"ENRG.630 ouest, ruo Dorchester, Montréal — BEIair 1687 Pâtisseries de choix — Viandes froides — Pains de régime L'INCOMPARABLE Jj EXCELLENCE DE V LA BOULANGERIE FRANÇAISE ET DE LA CHARCUTERIE FRANÇAISE • on la trouve a l'enseigne de ENRG.L.COUSIN, Raison renommée depuis 1921 BOUVET, propriétaire 1267-77 rue Labelle — près Ste-Catherine MONTREAL — Tél.HArbour 5890 Quanti vou» mangez du «nm.ai «oui Ir trouva i>arlH-iilirrrrnriii «quia rt savoureux, il y a liirn dr» .lu.que ce aoit du potato n de la rivirre I r.-ir ou dr l'un ,|.- nomiireus rôtira il'rau ipii HÎIIniiuriit I.- niuntauurs dr In coté canadionne «lu l'acifiuur.p /y/¦///////////'/refait $m ded //letetfetctob u'AàlÂpé- d/r mvnrfè Le Canada rs[M>rtr dan* mit trnia paya l'un tirn iii.iii» ur« wbUkyi du monde, le Srasraoi V.O.D'une saveur unique, Ir ul.ii.ky cans, dirn Scagrum \ .t >.est reconnu daim Ir monde entier comme un hmivagr doux, à la foi* riche el léger, au bouquet délicat.Si vous rhrrtbrz le whisky Ir iiltM léger, le pin* -co, Ir plus pur uu poûler, .-smi.cz lr \*lii^ky canadirn Seagram Y.O.( \'c*t aujourd'hui le w h ink v tic» "lu mi mes qni pensent ;i demain".VOICI POURQUOI SKACHAM CHANTE D'ABORD LES GLOIRES DU CANADA 'rM locsrvf m dtwmlsw* sort*" frwtw* m aftaj'mj t uimhi tm OMdWrMi uHkMtMM dim ont n» ft** * mm anu-rom M in 6cr-»^e II» '4JHO a i ™~ itn.remote I M»«H.«l IIS'.OTOZT'M ACTIF .> lUMIUU ON****., dn «ouv—f*4*r>l »t 115 MUSS ¦ otMM mai im»inp«ta.« ntara mwilmni .u r»» s«i si Au".w*TO*«.*
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