Rapport de l'Archiviste de la province de Québec, 1 janvier 1927, 1927-1928
[" RAPPORT de L'ARCHIVISTE de la PROVINCE DE QUÉBEC pour 1927-1928 L.-AMABLE PROULX Imprimeur de Sa Majesté le Roi 1928 Province de Québec BUREAU DU SECRÉTAIRE Québec, 30 décembre 1928 A l'honorable M.Narcisse Pérodeau, Lieutenant-gouverneur de la province de Québec Monsieur le lieutenant-gouverneur, J'ai l'honneur de vous soumettre le rapport de l'archiviste de la province de Québec pour 1927-1928.J'ai l'honneur d'être, Monsieur, Votre très dévoué serviteur, Athanase David, Secrétaire de la Province Québec, 27 décembre 1928 A l'honorable M.Athanase David, Secrétaire de la Province Monsieur le ministre, J'ai l'honneur de vous soumettre mon huitième rapport sur les Archives de la province de Québec (année 1927-1928).J'espère que les amateurs d'histoire seront satisfaits des pièces qui forment la matière du présent recueil.Je ne sais si je me fais illusion mais il me semble qu'elles sont intéressantes et renferment beaucoup de détails inédits et peu connus.La correspondance échangée entre la cour de France et le gouverneur de Frontenac, pendant sa première administration au Canada (1672-1682), publiée dans le Rapport de 1926-1927 a été reçue partout avec faveur.Frontenac est un des héros les plus populaires de notre histoire.Il semble être aussi connu aux États-Unis qu'au Canada.J'ai reçu de nos amis américains bon nombre de lettres au sujet de sa correspondance.Les ouvrages de Francis Parkman sont encore en vogue aux États-Unis.C'est lui, je crois, qui a popularisé l'histoire de Frontenac parmi les amateurs de langue anglaise.Les lecteurs deviennent de plus en plus exigeants.La beauté du style et le charme des descriptions ne leur suffisent plus.Après avoir lu les pages si attachantes de Parkman, ils veulent sans doute s'assurer, en scrutant les lettres mêmes de Frontenac, si le héros admiré dans leurs lectures, mérite la sympathie qu'ils lui ont accordée.On trouvera dans ce Rapport la première partie de la correspondance échangée entre la cour de France et le gouverneur de VI archives de québec Frontenac pendant sa seconde administration (1689-1694).Le reste (1694-1699) sera publié dans le Rapport de l'année prochaine.Si M.de Frontenac a été un des personnages les plus populaires du régime français au Canada, on peut dire que Mgr Pies-sis, qui succéda à Mgr Denaut sur le trône episcopal de Québec, a été une des grandes figures du régime anglais.M.l'abbé Fer-land, l'honorable M.L.-O.David et Mgr Henri Têtu ont publié des biographies de Mgr Plessis qu'on lit encore avec un vif intérêt.M.l'abbé Ivanhoë Caron commence dans le présent Rapport un inventaire de la volumineuse correspondance de Mgr Plessis.Ces lettres adressées à la cour de Rome, à ses prêtres et à des centaines de personnages politiques et autres nous font voir le grand évêque sous un aspect peut-être pas assez mis en lumière dans les ouvrages que je viens de mentionner.Les historiens de Mgr Plessis ont noté la position délicate, extrêmement difficile parfois, dans laquelle il se trouvait vis-à-vis d'un pouvoir civil très mal disposé envers l'Église catholique.Laissé à lui-même puisqu'il fut des années entières sans pouvoir communiquer avec Rome, Mgr Plessis ne prenait jamais une décision importante sans consulter ses prêtresses plus expérimentés.Les lettres de Mgr Plessis ont donc une importance capitale pour étudier à fond l'histoire de l'église canadienne pendant son long épiscopat.La seconde et dernière partie de l'inventaire des lettres de Mgr Plessis sera publiée dans un prochain Rapport.Les postes militaires ou de commerce dans la Nouvelle-France avaient pour but de maintenir les différentes nations sauvages dans l'amitié de la France et de les empêcher d'aller commercer avec les Anglais.L'histoire de ces différents postes est peu connue.Les historiens Garneau et Ferland mentionnent' incidemment les principaux sans donner de détails sur leur raison d'être, leur organisation, etc.etc.Le Mémoire sur les postes du Canada du chevalier de Raymond que M.Aegidius Fauteux a bien voulu nous communiquer est un document plein d'aperçus nouveaux sur ce point.Comme l'écrit M.Fauteux, il faut faire la part des exagérations et de l'in- archives de québec vii térêt personnel dans les dires du chevalier de Raymond, mais, tout de même, son mémoire avec ses détails précis pourra être utilisé avec profit par ceux qui voudront étudier l'histoire du commerce et des relations des autorités de la colonie de la Nouvelle-France avec les nations sauvages disséminées dans toute l'Amérique Septentrionale.Le Journal des allées et venues de Joseph-Gaspard Chàusse-gros de Léry, officier dans les troupes du détachement de la marine, au cours des années 1754 et 1755, n'est pas un morceau littéraire.M.de Léry, comme la plupart de ses contemporains, à commencer par notre dernier gouverneur de Vaudreuil, n'était pas très fort sur l'orthographe ni habile dans l'art de faire de belles phrases.On ne saisit pas toujours du premier coup ce qu'il veut dire.Mais les détails curieux qu'on trouve dans ce journal sur les pays d'en haut et princ paiement sur Détroit compensent amplement pour la peine qu'on a à le lire.Nous continuerons dans nos prochains Rapports la publication des Journaux de M.Chaussegros de Léry.Je réitère ici mes sincères remerciements à Mgr Amédée Gosselin pour avoir mis à notre disposition la série complète des Journaux de Léry conservés aux archives du séminaire de Québec.Ces cahiers écrits au jour le jour, au hasard des campements et des rencontres avec les Sauvages, n'étaient pas destinés au public.M.de Léry notait ses impressions pour lui-même et sa famille.Elles acquièrent, de ce fait, une importance plus grande, me semble-t-il.Celui qui écrit pour le public a intérêt à ménager les susceptibilités des supérieurs et des confrères d'armes qui peuvent lui aider ou lui nuire, suivant le cas.M.de Léry tenait un journal personnel, presque secret.N'avons-nous pas raison de présumer qu'il écrivait ce qu'il pensait, honnêtement, sans fard et sans déguisement ?Nous avons déjà une vingtaine de journaux et de mémoires sur l'invasion américaine de 1775.Aucun, je crois, n'a l'intérêt et l'importance du Journal de MM.Baby, Taschereau et Williams que nous devons à M.Aegidius Fauteux, bibliothécaire de Saint-Sulpice.Nous avons dans ce journal inédit et très peu connu un miroir absolument fidèle de l'état des-esprits dans nos viii archives de québec campagnes pendant l'invasion des Bostonais, comme on disait alors.Ce Journal sera une addition précieuse à la documentation déjà publiée sur l'invasion de 1775.* * Pendant l'année 1927-1928, les Archives ont reçu les dons suivants: Adams, M.Randolph-G., Ann Arbor, Michigan: British Headquarters Maps and Sketches used by Sir Henry Clinton while in command of the British Forces operating in North America during the war for Independence, 1775-1782 (don de l'auteur).Appleton, M.Jean, Lyon: Évangéline, poème en trois actes, en vers, d'après le poème de Longfellow (don de l'auteur).Auvray, M.le baron Raymond, Tours: Photographie d'un portrait gravé du Père Taschereau de Linières.Beauchesne, M., Paris: Table annotée du volume deuxième de Nova Francia.Biggar, M.H.-P., Londres, Angleterre: Histoire et historiens depuis cinquante ans (don de l'auteur).Blanchet, Monsieur le chanoine, Québec: J Souvenir paroissial de Saint-Étienne de Beaumont.Boisvert, M.Maurice, Québec: Un voyage en yacht.Lettres de hautes latitudes, par lord Duffe-rin (traduction de T.-P.Bédard).Bonnault, M.Claude de, Les Murs-par-Vierzon (Cher) : Plusieurs livres et brochures ayant rapport au Canada.Borden, Sir Robert-L., Ottawa: Livres sur le Canada.Bouvier, M.André, Orléans, France: Genabum et Geneva (don de l'auteur). archives de québec IX Bouzanquet, M.Gaston, Nimes, France: Montcalm et le Canada français, conférence donnée aux \"Cinq à Six Nimois\" le 12 janvier 1928 (don de l'auteur).Braibant, M.Charles, Paris, France: Arrêté ministériel du 25 décembre 1920 portant règlement général sur les Archives de la Marine.Répertoire numérique des Archives de l'arrondissement maritime de Brest.Répertoire des Archives Centrales de la Marine.Répertoire numérique des Archives du 4e arrondissement maritime.Répertoire numérique des Archives de l'arrondissement maritime de Rochefort, séries E., L., O., P., R.Candide de Nant, R.P., capucin, Paris, France: Pages glorieuses de l'épopée canadienne: une mission capucine en Acadie (don de l'auteur).Caron, M.l'abbé Ivanhoë, Québec: Plusieurs brochures canadiennes.Chambert, M.Etienne, Tours, France: La famille de la Vénérable Marie de V Incarnation (extrait du Bulletin de la Société Archéologique de Touraine).Charlesbois, R.P.Guillaume, Ville La Salle:.En missionnant: essai sur les missions des Pères Oblats de Marie Immaculée à la Baie James, par le Père Emile Saindon, O.M.I.Churchill, M.le major Sidney, Mané-ty Gouard, Morbihan: Réimpression de l'Etat militaire de France pour 1789 (don de l'auteur).Clouthier, M.Raoul, Montréal: Canadian Scenes\u2014July-August 1927 (don de l'auteur).Couillard, M.Orner, L'Islet: Photographie du manoir des Aubert de Gaspé à St-Jean-Port-Joli incendié le 30 avril 1909. X archives de québec Crèvecœur, M.P.-B., Montréal: Forty-ninth annual Report of the Fraser Library (free public library), Montreal, 1926-1927.Rapports annuels de l'Institut Fraser (1879 à 1928).David, L'honorable M.Athanase, Montréal: Plusieurs livres et brochures canadiennes.Decencière-Ferrandière, Mme, née Rameau de Saint-Père, Bourges (Cher), France: Grandeur, décadence et renaissance de la grande propriété en France, par Ernest Rameau de Saint-Père.Démanche, M.Georges, Paris, France: Cinquante années de peuplement: Canada (don de l'auteur).Denault, M.Amédée, Québec: Projet de colonisation, par le R.P.Marcel Martineau, S.J.Ligue de la presse catholique de langue française.Le ralliement catholique et français en Amérique.La ligue nationale de colonisation (constitution et règlements).Mémoire sur une croisade de colonisation intensive libre et systématique.Pour aider à la solution de questions qui s'agitent aux Etats-Unis et au Canada.Département des Terres et Forêts, Québec: Plusieurs centaines de documents originaux.Desjàrdins, M.Joseph, Québec: Rapport du bibliothécaire de la législature de Québec, janvier à décembre 1927 (don de l'auteur).Doughty, M.A.G., Ottawa: Collection Northclijfe.Volume souvenir de la Confédération.L'évolution du gouvernement en Canada.Duchesne, M.le chanoine, Chicoutimi: Cinquantenaire de l'Académie Saint-François de Sales du Séminaire de Chicoutimi, 1877-1927. archives de québec XI Dugas, M.Louis, château du Colombier, par Saint-Maurice de l'Exil (Isère), France: Etude sur quelques monuments celtiques du Mont-Pilat (don de l'auteur).Dumont, M.Jean, Lévis: The Treaty of Peace between the Allied and Associated Powers and Germany signed at Versailles, June 28th, 1919.Fafard, M.F.-X., Québec: Série complète des Annuaires de la Corporation dès Arpenteurs géomètres de Québec.Fleury, M.l'abbé, principal, école normale Laval, Québec: Manuel des bienséances de Mgr T.G.Rouleau.Notice biographique sur M.l'abbé Mayrand, curé de 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général, par le Père Jésuite Pierre-Joseph de La Chasse.Hôtel-Dieu de Québec: La Mère Saint-Eugène.Hough, M.J.H., Montréal: Photographie du vieux moulin banal de l'île Perrot.Huard, M.le chanoine, Québec: Faune entomologique de la province de Québec: les lépidoptères (don de l'auteur).James, M.J.-W., Toronto: Les ports de France.Joyal, R.P.Arthur, Cap-de-la-Madeleine: Album souvenir du pèlerinage national de la Sainte Vierge au Canada, Cap-de-la-Madeleine, Canada.Julien, Sa Grandeur Mgr, Arras, France: Panégyrique de Bossuet (don de l'auteur).Bossuet, troisième centenaire de sa naissance (don de l'auteur).Oraison funèbre de S.G.Mgr Lemonnier (don de l'auteur).Le retour à l'esprit chrétien (don de l'auteur).La Bruère, M.Montarville de, Montréal: La naissance des Trois-Rivières (don de l'auteur).La Roncière, M.Charles de, Paris, France: Bulletin des acquisitions étrangères de la Bibliothèque Nationale (1926).Lemasle, M.Victor, Paris, France: Description d'anciens manuscrits réunis par 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Barbacanes aux Emondats (don de l'auteur).Gravure magdalénienne à contours de copies (don de l'auteur).Le tumulus hallstatien de Puiselet le Marais (don de l'auteur).Le solutréen supérieur de la grotte des Harpons à Lespugue (don de l'auteur).Lésions osseuses d'un squelette d'enfant trouvé dans un milieu gallo romain (don de l'auteur).Pendeloques fausses en schiste (don de l'auteur).Quelques pièces inédites de la grotte des Harpons à Lespugue (don de l'auteur).Soc.d'excursion scientif.St Yon, St Sulpice de Favières, Souzy la Briche.1912 (don de l'auteur).Les gravures quaternaires du mammouth (don de l'auteur).Autour d'une énigme généalogique (don de l'auteur).Lampe magdalénienne provenant de la grotte des Harpons à Lespugue (don de l'auteur).Saint-Saud, M.le comte de, château de la Valouze (Dordo-gne), France: Le missionnaire indien.Annales des Oblats de Marie Immaculée.Sandwell, M.B-K., Ottawa: L'industrie forestière dans la province de Québec. archives de québec xv Simard, M.C.-J., Québec: 350 livres canadiens.Simard, R.P.Georges, O.M.I., Ottawa: Saint-Augustin, éducateur idéal; saint Thomas d'Aquin, sa mission intellectuelle (don de l'auteur).Discours prononcé lors de l'inauguration du nouveau séminaire diocésain d'Ottawa (don de l'auteur).Le Père Tabaret, O.M.I., et son œuvre d'éducation (don de l'auteur).La physionomie de saint François d'Assise (don de l'auteur).Qu'est-ce que l'histoire de l'église du Canada (don de l'auteur).Tradition et évolution dans l'enseignement classique (don de l'auteur).L'université d'Ottawa (don de l'auteur).Taché, M.J.de L., Ottawa: Supplément annuel au catalogue de la bibliothèque du Parlement.Liste classified de tous les livres et brochures ajoutés à la bibliothèque du 1er janvier au 31 décembre 1927.Extrait du Supplément annuel au Catalogue de la Bibliothèque du Parlement\u20141927.Tanghe, M.Raymond, Montréal: La canalisation du Saint-Laurent (don de l'auteur).Tiersonnier, M.Philippe, Moulins (Allier), France: Cachets aux armes des Migeon.XXIe excursion de la Société d'Emulation dans la région d'Eschassières-Belleaves (1923).Tourneur-Aumont, M., Poitiers, France: Au sujet de la protestation de La Rochelle contre l'abandon du Canada.Tramond, M.Joannés, Paris, France: Revue des colonies françaises (1928).Traquair, M.Ramsay, Montréal: The Church of the Visitation, Sault-au-Rêcollet, Québec (don de l'auteur). xvi archives de québec Turgeon, Hon.M.Adélard, Québec: Table of distances from Quebec to Halifax by river St.John, New Brunswick.Bon nombre de livres et brochures.Vigon, M.le docteur Charles, Monlieu (Charente-Inférieure), France: Notice sur les Callières de Normandie et leurs rapports avec ceux de Saintonge.Villiers, M.le baron Marc de, Paris, France: Extrait d'un journal de voyage en Louisiane du Père Paul de Ru (1700).Webster, M.John Clarence, Shédiac, N.B.: Journal of William Amherst in America, 1758-1760 (don de l'éditeur).John Montrésor (don de l'auteur).Young, M.A.H., Toronto: The Revd George OKill Stuart, M.A., L.L.D.(don de l'auteur).Je vous prie de me croire, Monsieur le Ministre, Votre très dévoué serviteur, L'archiviste de la Province, Pierre-Georges Roy ORDONNANCE DE M.DE FRONTENAC PORTANT DÉFENSE AUX HABITANTS DE S'ASSEMBLER SANS PERMISSION (23 MARS 1677) De par le Roy.,.Et Monseigneur Le Comte de Frontenac conseiller du Roy en ses conseils Gouverneur et Lieutenant general pour sa Majesté en Canada, Acadie, Isle de terre Neuve et autres pays de la France Septentrionale.Comme II n'y a rien de plus étroitement deffendu par toutes les Ordonnances que les assemblées et conventicules qui se font sans permission ny qui puisse fournir plus facilement de prétexte pour tous les Monopoles.Cabales, et Intrigues, que des particuliers mal intentionnel auraient dessein de former, Il n'y a rien aussy que sa Majesté nous ait plus expressément ordonné d'empescher dans un pays ou par l'eloignement qu'il a de la fronce, ces sortes de choses pourroient avoir encores des suittes plus dangereuses, nous ayant mesme envoyé de nouveaux ordres pour abolir les fondions des scindics généraux et particuliers, qui dans ce pays comme en fronce estaient en droit de faire signer des Requesles aux habitons des lieux, lorsqu'il s'agissoit d'un Interest commun.Voulant sa Majesté que tous ses sujets ayant en particulier la faculté de représenter leurs raisons et leurs plaintes, Mais qu'un seul ne le puisse pas faire pour tous, C'est Pourquoy pour obéir aux ordres qui luy a plû de nous donner sur ce sujet et remédier a un abus qui s'est glissé il y a fort longtemps en ce pays, ou l'on n'est que trop accoutumé sur la moindre affaire, qui souvent regarde plustost 1'interest d'un particulier que Lavantage du public, de prendre des signatures de plusieurs habitons, et ensuitle de presenter des Requesles sans en avoir eu la permission Nous Faisons 1res expresses Inhibitions et deffences a toutes personnes de quelque qualité et condition quelles soient de faire a l'avenir aucunes assemblées, conventicules, et signatures communes, de quelque nature et pour quelque cause que ce puisse estre sans nostre expersse permission.N'entendant pas toutefois oster par la aux particuliers La faculté et les moyens de se pouvoir plaindre et faire entendre leurs raisons sur Les choses dans lesquelles ils croiront estre Intéressez.Mais leur enjoignant quand il s'agira d'un Interest qui regardera plusieurs personnes de Nous en parler ou escrire auparavant séparément, et de n'en point faire de Requeste commune quits ne nous en ayent demandé la permission, et Montré le projet quils en auront dressé.Le tout sur telles peines que «oms aviserons bon estrt.Mandons au Sieur de Boyvinel Lieutenant general des trois Rivieres de tenir exactement la main a l'exécution de la présente quil fera Lire, publier, Registrer et afficher tant en la ditte ville des trois Rivieres que dans toutes les seigneuries de son ressort A ce quaucun n'en ignore.Donné a Quebec Le vingt troisiesme Mars Mil six cent soixante dix sept.Frontenac.Par Monseigneur Lechasseur.Publié aux trois rivieres le quatriesme avril Dimanche issue de grande Messe.(l) (1) Archives de la province de Québec.- t .r r LA SECONDE ADMINISTRATION DE M.DE FRONTENAC Le roi de France écrivait à M.de Frontenac, le 9 mai 1682: \"Monsieur le comte de Frontenac, estant satisfait des serr vices que vous m'avez rendus dans le commandement que je vous ay confié de mon pays de la Nouvelle-France, je vous fais cette lettre pour vous dire que vous ayez à vous rendre auprès de moy sur le premier vaisseau qui partira de Québec, pour revenir en France.Ceci n'était qu'une formule de politesse puisque le comte de Frontenac fut rappelé en France en 1682 précisément parce que le roi n'était pas satisfait de sa conduite.Pendant les sept années que M.de Frontenac passa en France entre ses deux administrations, il fut presque tout le temps l'hôte du maréchal de Bellefonds, à Versailles.Celui-ci lui obtint, en 1685, une pension de 3500 livres.C'est le voyage en France de M.de Gallières, gouverneur de Montréal, qui amena la seconde nomination de M.de Frontenac au gouvernement de la Nouvelle-France.On sait qu'à l'automne de 1688 M.de Callières fut envoyé en France par le gouverneur Denonville pour faire connaître au roi l'état de la colonie et ses besoins.Il devait en même temps lui proposer la conquête de la Nouvelle-York comme l'unique moyen de prévenir l'entière destruction de la Nouvelle-France.Le voyage de M.de Callières eut d'heureux résultats pour la Nouvelle-France puisque le roi, informé de la politique malheureuse de Denonville, décida de le rappeler et de renvoyer M.de Frontenac pour prendre le gouvernement du pays.Le Père Goyer, qui devait tenir ses renseignements de M.de Frontenac lui-même, nous dit dans l'oraison funèbre du grand gouverneur, au sujet de sa seconde nomination au gouvernement de la Nouvelle-France: \"C'est ici, Messieurs, où je demande votre réflexion pour entrer dans les sentiments d'un homme d'honneur qui sent sa conduite irréprochable et ne peut la justifier.La bienséance et l'habitude et plus encore les devoirs de bienséance de sa condition le retiennent à la cour: mais il la regarde comme le lieu de son 2 archives de québec exil, quand il pense qu'il est où il ne devrait pas être.La prévention avait mis une espèce de barrière entre le roi et le sujet qu'il fut longtemps impossible de franchir.En vain, Mardochéé se présente-t-il souvent à la porte d'Assuérus, le jour de la gloire et de la joie que la Providence a marqué n'est pas encore arrivé.Sept ans se passent après lesquels M.de Frontenac qui avait toujours compté sur la bonté de sa cause et l'équité de son juge, trouva enfin un de ces précieux moments que le prince dérobe aux affaires de son état pour donner à celles des particuliers.Jamais moment ne fut plus attendu et jamais moment ne fut plus heureux.Le comte de Frontenac parle efficacement pour sa justification et le roi dont les paroles sont autant d'oracles, lui répond: \"Je vous renvoie en Canada, où je compte que vous me servirez aussi bien que vous avez fait ci-devant, je ne vous en demande pas davantage.\" .Les choses se passèrent-elles absolument comme le rapporte le Père Goyer dans son enthousiaste oraison funèbre ?Quoi qu'il en soit, le comte de Frontenac revint au pays en même temps que M.de Callières et débarqua à Québec le 15 octobre 1689.Le Père Goyer dit encore dans l'oraison funèbre que nous venons de citer: \"Quelle joie quand on aperçut ce navire ou, pour mieux dire,' ce char de triomphe flottant qui ramenait le désiré des nations.Les illuminations dissipèrent les ténèbres de la nuit, tandis que les acclamations troublèrent son silence et sa tranquillité.Les rochers qui bordent ce vaste fleuve en retentirent et leurs échos par une succession et fidèle répétition prévinrent dans les lieux éloignés la diligence de ceux qui portaient une si agréable nouvelle.\" Il est certain que les Canadiens français, si inquiets sur le sort de la colonie, virent revenir M.de Frontenac avec plaisir.Ils le considéraient comme le seul homme capable de les sauver du péril qui les menaçait.Nous donnons ici la première partie des lettres échangées entre la Cour et M.de Frontenac pendant sa seconde administration.Le reste sera publié dans un prochain rapport. CORRESPONDANCE ÉCHANGÉE ENTRE LA COUR DE FRANCE ET LE GOUVERNEUR DE FRONTENAC, PENDANT SA SECONDE ADMINISTRATION (1689-1699) INSTRUCTION POUR LE SIEUR COMTE DE FRONTENAC, GOUVERNEUR ET LIEUTENANT GÉNÉRAL POUR LE ROY DANS LES PAYS DE LA DOMINATION DE SA MAJESTÉ EN L'AMÉRIQUE SEPTENTRIONALE (7 JUIN 1689) Quoyque ledit S* de Frontenac doive estre suffisamment informé de Testât présent des lieux où il doit commander par la communication qui luy a esté donnée des dépêches venues de Canada et des ordres que Sa Majesté y a envoyés depuis les quatre dernières années, Elle est bien aise de luy expliquer ses intentions sur la conduite qu'il doit tenir en ce pays, et avant que d'entrer en matière à cet esgard, Elle a jugé à propos de luy recommander sur toutes choses d'oublier tout ce qui s'est passé cy devant en ce pays, d'éviter avec soin de tesmoigner aucune animosité contre ceux qu'il a cru autrefois dans des interests contraires aux siens, et d'avoir uniquement en veue que Sa Ma1* ne l'envoyé en ce pays que pour procurer à ses habitans la protection; le repos et la tranquillité dont Elle désire que tous ses sujets jouissent.Elle veut qu'il gouverne les esprits de manière en se servant à propos de la connaissance qu'il a du caractère des gens de ce pays qui puisse conserver parmyeux l'union qui est si nécessaire pour le maintien de cette colonie.Et quoyqu'Elle soit persuadée qu'il se conformera à ce qu'Elle désire à cet esgard, Elle est bien aise de luy expliquer que rien ne serait plus capable de rendre ses services désagréables à Sa Majesté qu'une conduite opposée.Il sçait que le devoir principal et essentiel est de satisfaire à ce qui regarde la religion, et que de là depend la bénédiction qu'on doit attendre du Ciel sans laquelle rien ne peut avoir un heureux succez, Et Sa Majesté veut que ledit Sr de Frontenac employe principalement l'autorité qui luy est commise à contribuer autant qu'il sera en son pouvoir à ce que Dieu soit bény dans toute la colonie, et que la religion chrestienne s'estende parmy les Sauvages voisins, il doit pour cet effet donner toute sorte de secours aux Jésuites,, aux missionnaires et aux religieux qui travaillent au salut des âmes en se conduisant à cet esgard de manière qu'il évite de leur donner aucune jalousie.Sa Majesté veut aussy qu'il conserve en toutes choses une bonne intelligence avec l'évesque de Québec, qu'il luy donne pareillement toute sorte de secours et de protection en tout ce qui regarde ses fonctions, et qu'il contribue de ses soins et de son application à tout ce qui peut regarder le bien spirituel de la colonie sans néanmoins aller en rien au delà de ses fonctions à cet esgard, ny faire rien de son chef et 4 ARCHIVES DE QUÉBEC sans la participation dudit Sr évesque; et il luy sera d'autant d1,us facile de concourir avec luy au bien spirituel de la colonie que ledit évesque estant d'une pieté exemplaire sera très aise d'agir de concert avec un gouverneur qu'il trouvera bien disposé pour tout ce qui regarde le culte divin.Les Pères Jésuites ayant un establissement considérable audit pays, et ayant beaucoup contribué par leur vertu et par leur piété à estendre les lumières de la foy et de l'Évangile, Sa Majesté désire qu'il les assiste de son autorité, sans néanmoins souffrir qu'ils portent l'authorité ecclésiastique plus loin qu'elle ne doit aller.La colonie de Montréal scittuée au-dessus de Québec recevant beaucoup de secours des ecclésiastiques du séminaire S1 Sulpice quy y sont establis, il faut que ledit Sr de Frontenac leur donne toute la protection qui dépendra de luy, et comme les Jésuites et ceux du dit séminaire se sont appliquez depuis plusieurs années à attirer des Sauvages dans des habitations françaises, qu'il y en a mesme deux villages considérables establis, l'un à la prairie de la Magdelaine et l'autre à la montagne de Montréal, Sa Ma'* veut qu'il donne tous ses soins et son application à maintenir et fortifier un establissement aussy avantageux qui fortifiera considérablement la colonie, establira solidement la religion chrestienne parmy les Sauvages et pourra donner moyen à l'advenir d'appeller tous les Iroquois à la foy et de les soumettre entièrement à l'obéissance de Sa Majesté, c'est pourquoy il doit exciter fortement les Jésuites et ceux dudit séminaire à augmenter le nombre de ces habitations sauvages parmy les Français, chercher avec eux les moyens de les attirer et s'informer tous les six mois si le nombre des Sauvages augmente en chaque habitation afin qu'il puisse en envoyer tous les ans un rescensement exact à Sa Majesté.Elle veut pareillement qu'il donne protection aux Rêcolets establis à Québec, et s'il leur arrivait de manquer en quelque chose au respect qu'ils doivent audit Sr évesque, il doit avec prudence leur faire connaistre qu'ils doivent se soumettre à ses ordres; mais Sa Majesté espère que cela n'arrivera pas leur ayant fait expliquer de sa part qu'une pareille conduitte ne pouvant que luy estre désagréable les priverait de la continuation de ses grâces, et d'ailleurs ledit Sr évesque estant dans le sentiment de se servir de tous ceux qu'il trouvera propres à veiller au salut de ses diocézains et considérant ces religieux comme très nécessaires dans le pays pour supléer au manque de prestres, et servir à l'instruction des habitans.Sa Majesté veut qu'il s'applique à bien connaistre le nombre des ecclésiastiques qui sont à présent en Canada, celuy des églises et la manière dont elles sont basties, combien il y a de paroisses et d'estendue en chacune, si les habitans ont les secours spirituels qui leur sont nécessaires, et généralement qu'il entre dans la connaissance de tout ce qui regarde le culte et le service divin et la manière dont il se fait pour, du tout, en dresser des mémoires exacts qu'il envoyera à Sa Majesté.Il doit estre informé à cet esgard que Sa Majesté connaissant de quelle importance il est que les colonies se soutiennent par elles mesmes pour le spirituel et fournissent aux curez la subsistance qui leur est nécessaire, Elle a envoyé plusieurs fois ses ordres pour establir les dixmes en sorte qu'elles pussent suffire pour l'entretien des dits curez, mais comme jusqu'à present cela n'a pu se faire à cause de la guerre qui est survenue contre les Iroquois, Sa Majesté a bien voulu accorder huit mil livres par an depuis l'année 1686 pour suppléer à ce que le pays donne pour l'entretien desdits curez.Cependant comme il sera difficile à l'avenir qu'EUe continue à donner ce secours, attendu lès immenses dépenses dans lesquelles Elle est engagée, Elle désire qu'il travaille conjointement avec ledit S1 évesque et l'intendant à trouver les moyens de descharger Sa Majesté de cette dépense. ARCHIVES DE QUÉBEC 5 Il est informé que les dixmes qui se recevaient autrefois sur le pied du treisiesme ont esté réduites depuis 18 à 20 ans au vingt sixiesme, et comme le moyen le plus naturel pour remplacer le fonds que Sa Majesté a bien voulu donner par le passé serait de restablir les choses à cet esgard.comme elles estaient cy devant, il est nécessaire qu'il examine si l'on ne pourrait pas remettre les dixmes sur pied du treisiesme sans trop charger les habitans et sans nuire à la culture des terres.Sa Majesté veut qu'il examine s'il n'y a aucun habitant en estât de faire bastir des églises de pierre pour obtenir le patronage que Sa Majesté accorderait à ceux qui feraient la dépense du bastiment et Elle désire d'autant plus exciter ceux qui seront le plus en estât de le faire qu'EUe est informée que les églises sont fort esloi-gnées et que plusieurs habitans sont privez des secours spirituels.Le Sr Talon avait cy devant proposé d'establir en Canada un hospital général prétendant que la colonie en tirerait de grands avantages, tant par la subsistance qui serait donnée aux pauvres invalides que par l'establissement qu'on pourrait faire des manufactures utiles au pays et quoy que cette proposition paraisse spécieuse Sa Ma1* n'a pas voulu qu'elle fust exécutée qu'après avoir fait examiner plusieurs inconvéniens qui paraissent contribuer à cet establissement.Le premier et le principal est que la facilité et la certitude que les habitans auraient de trouver une subsistance asseurée dans ledit hospital pourrait augmenter la fénéantise parmy eux, qu'il n'y a pas d'apparence que dans un aussy petit nombre que celuy qui compose la colonie il y ayt assez de pauvres invalides pour rendre cet hospital nécessaire, et que l'establissement des manufactures peut bien estre utile à un pays déjà estably, mais il faut dans un pays nouveau commancer par la culture de la terre qui doit estre regardée comme le point essentiel de l'establissement de la colonie.Sa Majesté veut qu'il examine toutes ces raisons avec l'intendant, et qu'ils en envoyent un mémoire concerté entr'eux pour prendre à cet esgard des résolutions convenables lorsque le pays ne sera pjus en guerre.Il est informé que l'ancien éves-que de Québec ayant prétendu pendant plusieurs années défendre que les Français ne vendissent aux Sauvages des boissons ennyvrantes, et en ayant mes me fait un cas réservé, cette prétention avait fait une difficulté très considérable qui a enfin esté réglée par ordonnance de Sa Majesté du 24 may 1679 à l'exécution de laquelle il a promis de restraindre le cas réservé qu'il avait fait général pour tous ceux qui vendraient des boissons aux dits Sauvages et comme cette matière a esté réglée avec grande connaissance Sa Majesté veut qu'il tienne la main à l'exécution ponctuelle de ladite ordonnance sans souffrir qu'il y soit fait aucun changement pour quelque cause et sous quelque prétexte que ce puisse estre et Elle est bien aise de l'advertir qu'EUe fait escrire à l'évesque d'à present, qu'EUe désire qu'il empesche les ecclésiastiques de troubler les consciences sur ce sujet et qu'EUe a estimé de son service de conserver à ses sujets de France et de Canada le commerce dè l'eau-de-vie qui passerait autrement entre les mains des Anglais.Cependant, comme il est nécessaire d'empescher autant qu'il se pourra les abus et les désordres qui peuvent venir de l'usage de l'eau-de-yie, Sa Majesté désire que ledit Sr de Frontenac fasse chastier sévèrement ceux qui tomberont par là dans des violences.Après luy avoir expliqué les intentions de Sa Majesté sur tout ce qui araport à la religion, il doit estre informé de tout ce qui regarde la deffense du pays par les .armes qui doit estre sa fonction principalis Comme ledit Sr de Frontenac a une parfaite connaissance de ce pays, Sa Majesté ne luy parlera .ny de sa scituatiqn ny des interests de la colonie par r a port 6 ARCHIVES DE QUÉBEC aux nations voisines, soit de l'Europe, soit de l'Amérique, et Elle se contentera de luy expliquer ce qui regarde Testât présent où elle se trouve par raport à la guerre des Iroquois, et pour cela il doit estre informé que le Sr de Denon ville ayant eu ordre de faire la guerre aux nations iroquoises entra dans le quartier des Sonontouans en l'année 1687 avec un corps considérable de troupes, une partie des milices du pays et plusieurs Sauvages alliez des Français, il ravagea toutes leurs cabanes, brusla leurs bleds et les obligea de se réfugier chez les autres nations.Cet exploit quoyque considérable n'ayant pu mettre ces Sauvages à la raison et ledit Sr de Denonville voyant combien la guerre estait nuisible à la colonie trouva moyen de leur faire persuader de demander la paix, pour cet effet des députez de trois de ces nations le vinrent trouver à Montréal et luy promirent de revenir incessamment avec ceux des deux autres et de la demander tous ensemble.Et, en effet, ces cinq nations députèrent peu après, et la paix aurait esté conclue sans qu'un party des Hurons les ayant enlevez en chemin, la négociation ne put s'achever.En ce mesme temps le chevalier Andros estant arrivé dans la Nouvelle-York pour relever le colonel Dongan il fit sçavoir aux Iroquois qu'il les prenait sous sa protection, leur deffendit de faire la paix sans sa participation et en escrivit en mesmes termes audit Sr de Denonville.Les choses estaient en cet estât lors du départ des dernières lettres, et comme la révolution arrivée depuis en Angleterre aura encore aigry les choses, Sa Majesté a résolu pour terminer une guerre si dommageable à la colonie de faire attaquer la Nouvelle-York ainsy qu'Elle a plus amplement expliqué ses intentions sur ce sujet audit Sr de Frontenac et Elle est persuadée que lorsque les troupes iroquoises ne recevront plus de secours des Anglais elles seront obligées d'en passer par où Sa Majesté voudra.Sa Majesté ne s'estendra pas davantage sur la nécessité de procurer la paix à cette colonie, le dit Sr de Frontenac estant informé comme il est de la situation du pays, que toutes les habitations sont dispersées de manière à ne pouvoir s'entrese-courir, et que l'occupation que la guerre donne aux habitans les empesche de vaquer à la culture des terres et au commerce, ainsy il doit avoir en yeue particulièrement d'establir solidement la paix avec toutes les nations voisines, et prendre tous les meilleurs moyens qu'il pourra trouver pour la maintenir.Le Sr de Denonville avait fait bastir au commancement de Cette guerre un fort au passage de Niagara prétendant par là empescher les Iroquois de passer au nord et donner envye aux Islinois et autres nations esloignées de leur venir faire la guerre ayant une retraitte asseurée dans ce fort; mais y estant mort un nombre de soldats, d'ailleurs le ravitaillement de ce fort estant d'une dépense immense, et les nations ennemies n'ayant jusqu'à présent point profitté de cette retraite, le dit Sr de Denonville a trouvé à propos de le desmolir et de ne conserver que Cataracouy, Sa Majesté luy a fait sçavoir qu'Elle avait approuvé ce qu'il a fait à l'esgard dudit fort de Niagara, et Elle luy a mesme permis d'abandonner celuy de Cataracouy s'il le jugeait nécessaire.Elle donne audit Sr de Frontenac le mesme pouvoir sur ce sujet, et Elle est bien aise de lui faire observer seulement qu'il ne doit prendre aucune résolution à cet esgard qu'après un examen fait avec toute l'application nécessaire de l'utilité ou de l'inutilité de ce fort.Il est informé que les Anglais ayant par le moyen d'un nommé Radisson, français fugitif, envahy un fort et quelques habitaions que la compagnie du Nord de Canada avait estably dans la baye sur les rivières nommées de Bourbon et de ARCHIVES DE QUÉBEC 7 Ste-Thérèse, les intéressez en cette compagnie envoyèrent cent hommes en 1686 qui se rendirent maistres desdits forts que les Anglais avoient estably dans le fond de cette baye.La nouvelle de cette invasion réciproque donna lieu à une assemblée, qui se fit à Londres, de commissaires de la part de Sa Majesté et de celle du roy d'Angleterre dans laquelle ces commissaires n'ayant pu convenir des faits ils demeurèrent d'accord de remettre la négociation au premier du mois de janvier de cette année, ce qui n'a pu estre exécuté par la révolution arrivée en Angleterre, et comme dans la conjoncture présente des troubles de ce royaume, les Anglais n'auront apparemment pas pris de grandes précautions de ce costé, Sa Majesté désire qu'il donne à cette compagnie la protection dont elle aura besoin, tant pour chasser les Anglais des ports qu'ils ont occupez sur elle, que pour la continuation de son commerce.Il fust traitté dans cette mesme conférence d'une irruption faite par les Anglais à Pentagouet, les commissaires anglais convinrent que Pentagouet appartenait aux Français et remirent à faire raison de la violence qui avait esté faite lorsque la négociation serait reprise.Sa Majesté veut que ledit Sr de Frontenac prenne avec le Sr de Menneval, qui est à present gouverneur de l'Acadie, les mesures nécessaires pour empescher de pareilles irruptions des ennemis et pour les contenir dans leurs limites en cas qu'on ne soit pas en estât de faire des entreprises sur eux.Dans cette assemblée les commissaires anglais donnèrent un mémoire pour esta-blir leur possession sur les Iroquois, ceux de Sa Majesté y répondirent par celuy dont il trouvera coppie cy-jointe, et il est certain, n'ayant aucune raison de leur costé qu'ils auraient reconnu l'authorité de Sa Majesté sur ces nations si la négociation avait pu estre reprise.Il verra par la dernière reveue des troupes que Sa Majesté entretient en Canada qu'elles sont composées de trente-cinq compagnies, mais comme elles sont réduites à 1418 hommes en tout, Sa Ma\" ne voulant pas y en envoyer de nouvelles a jugé à propos de les réduire aussy à 28 compagnies et Elle a envoyé pour cet effet audit Sr de Denonville les ordres nécessaires pour faire cette réduction, Sa Majesté est bien aise de luy expliquer que son intention est qu'il pourvoye aux employs qui viendront à vacquer dans ces compagnies en attendant que Sa Majesté le puisse faire sur le compte qu'il luy rendra du mérite des officiers, en observant cependant que Sa Majesté estant satisfaite des services du chevalier de Vaudreuil, Elle désire qu'il luy donne la première compagnie qui viendra à vacquer.Le danger dans lequel se trouverait la colonie en cas qu'il vînt, faute du gouverneur général, ayant fait prendre la résolution à Sa Majesté d'y pourvoir, Elle a fait choix du Sr chevalier de Callières pour commander en son absence et sous son authorité en sa présence, et Elle désire qu'il le fasse reconnaistre en la dite qualité.Sa Majesté est persuadée que le Sr de Denonville aura exécuté les ordres qu'EUe luy a donné de diviser les habitans par compagnie, de les exercer au maniement des armes et de leur faire faire de fréquentes revues afin de les rendre capables de deff endre le pays dans le besoin, Elle désire que ledit Sr de Frontenac suive cet ordre et qu'il considère cet establissement comme un des plus utiles pour la cont servation de la colonie, d'autant plus que Sa Majesté fait estât de retirer leplustos-qu'il se pourra les troupes qui sont en ce pays.Sa Majesté veut qu'aussytost après son arrivée il fasse faire un recensement général de la colonie qui contienne le nombre de bourgs, d'habitations, d'hommes capables de porter les armes, de vieillards et d'enfants, de femmes et filles de tous 8 archives de québec âges, du nombre de bestiaux, des armes et généralement de tout ce qui compose la colonie, et qu'il l'envoyé à Sa Majesté pour luy donner une connaissance entière et véritable de Testât auquel elle est à présent.Il doit se mettre en estât de faire le plustost qu'il pourra un voyage dans tous les ports occupez par les Français afin d'estre informé de Testât auquel ils sont et de pourvoir à leur besoin suivant les occurences, et comme Missilimakinac est d'une dernière importance pour le bien du commerce.Sa Majesté veut que ne pouvant y aller il donne tous les ordres qu'il estimera nécessaires pour la conservation de ce poste.Sa Majesté veut qu'il examine aussy en quel estât est le château de Québec, et comme le dit Sr de Denonville y a fait faire plusieurs réparations depuis qu'il est en Canada, Sa Majesté ne doute pas qu'il ne soit en bon estât, et qu'il ne soit aussy foumy des munitions nécessaires pour sa deffense.Quoyque Sa Majesté soit persuadée que ledit S1\" de Frontenac est instruit de la manière dont la justice se doit administrer en ce pays, Elle est bien aise de luy expliquer que son intention est que l'intendant et, en son absence, le plus ancien du Conseil Souverain fasse les fonctions de président dudit conseil, comme de recueillir les voix, prononcer les arrests et faire généralement tout ce que les premiers présidents des compagnies du Royaume ont accoustumé de faire.Sa Majesté ne doute pas que ledit Sr de Frontenac ne se conforme à ce qui est en cela de sa volonté, et qu'il ne laisse la libre administration de la justice aux officiers qui sont commis pour la rendre, ne voulant pas qu'il se mesle à cet esgard que de donner pour l'exécution de ce qui sera ordonné par ledit Conseil toute l'assistance dont il sera requis en agissant sur ce fait comme en tout autre de concert avec l'intendant qui aura ordre de sa part de conserver pour luy tout le respect et la déférence deue à sa qualité de gouverneur.Sa Majesté n'estime pas nécessaire de l'avertir qu'il doit se contenter, lorsqu'il assistera au conseil, dans la première place qu'il doit occuper, de ne se servir que de sa raison et jamais d'autorité pour porter les officiers qui le composent à donner leurs voix.Si la justice qui doit régner parmy les habitans du Canada est un des moyens principaux de leur faire gouster les douceurs et le repos nécessaire pour le maintien et la conservation de cette colonie, Testablissement et l'augmentation du commerce est un autre moyen qui n'est pas moins utile, et auquel il doit fortement s'appliquer.Une des choses la plus opposée à l'augmentation de ce commerce a esté la liberté que plusieurs habitans se sont donnée nonobstant les deffenses expresses portées par les ordonnances de Sa Majesté d'aller dans la profondeur des bois porter de l'eau-de-vie aux Sauvages dans leurs habitations et tirer d'eux les pelleteries qu'ils avaient accoustumé de faire; ce désordre avait esté si loin que la plus part des habitans ayant laissé le soin de la culture de leurs terres, excitez par le mauvais exemple et par le proffit que faisaient les coureurs de bois, avaient pris le mesme party, en sorte que les habitations demeuraient abandonnées, et la terre n'estant pas cultivée retournait dans le mesme estât auquel elle estait avant que d'avoir esté deffrichée.C'est ce qui a porté Sa Majesté pour les rapeller à leur devoir, de leur accorder une amnistie avec permission au gouverneur et à l'intendant de donner conjointement des passeports à vingt-cinq canots par an pour aller dans les habitations des Sauvages faire le mesme commerce que faisaient autrefois les coureurs de bois.Sa Majesté veut donc qu'il employe toute son authorité à l'exécution de ce qui ARCHIVES DE QUÉBEC 9 est en cela de ses intentions, qu'il agisse de concert avec l'intendant pour empescher le désordre de ces coureurs, qu'il se serve de ses gardes et des archers de la prévosté pour arrester ceux qui seront allez dans la profondeur des bois sans permission, et qu'il observe que celle qui a esté donnée d'accorder des passeports est plustost une tolérance qu'une chose que Sa Majesté ait estimé utile au bien de la colonie, ainsy il doit examiner, avec l'intendant, s'il est nécessaire d'accorder ces passeports, en réduire le nombre autant qu'il se pourra, et observer en les donnant de préférer dans les premières années ceux qui n'ont point fait par le passé le mestier de coureur de bois, et surtout de garder une telle équité dans la distribution de ces passeports que chacun y vienne à son tour et qu'il ne se laisse point aller à la recommandation ny à aucune raison pour donner des préférences dont les habitans eussent lieu dé se plaindre.Sa Majesté est bien persuadée qu'il sera uniquement occupé de ce qui regarde le bien de son service et du bon exemple qu'il doit donner à ses sujets de Canada, en sorte qu'il ne souffrira pas que ses domestiques fassent aucun commerce deffendu ny qu'on se serve de son nom ou de canotz qu'il pourrait dêpescher pour porter des ordres concernant la guerre pour prendre par préférence les pelleteries des Sauvages, et Sa Majesté luy recommande seulement à l'esgard du commerce de laisser une liberté entière à ceux qui le font n'y ayant que cette liberté qui puisse contribuer à le faire fleurir au bien et à l'avantage de la colonie et de ses fermes.Sa Majesté ayant toujours regardé comme un des plus grands maux de la colonie d'estre dispersée comme Elle est en plusieurs habitations fort esloignées les unes des autres, Elle a toujours recommandé à ceux qu'Elle a envoyés en ce pays de faire tout ce qui pouvait dépendre d'eux pour rassembler ces habitations, et quoyque ce projet luy semble le plus avantageux qui se puisse faire pour la colonie, Elle est bien aise de luy expliquer que ce serait?la ruyner que de trop presser, c'est pourquoy il est nécessaire d'agir en cela avec beaucoup de prudence, et bien que Sa Majesté ayt fait expédier des ordres pour obliger le Conseil Souverain à donner les arrests nécessaires pour parvenir à cette réunion.Elle désire cependant que ledit Sf de Frontenac de concert avec l'intendant dispose les habitans à ce qui est en cela de leur seureté et de leur avantage, et qu'ils fassent ensemble un projet général du nombre de villages.qui pourront estrè establis, des lieux convenables pour ces establissemens et qu'ils travaillent à l'un après l'autre, sans rien forcer, commençant par ceux qui se soumettront volontairement à cet ordre et faisant en sorte que l'exemple des premiers et les avantages qu'ils y trouveront excitent les autres à désirer la mesme chose.Sa Majesté veut que ledit S1, de Frontenac tienne correspondance avec le S1, comte de Blenac, gouverneur et son lieutenant général dans les Isles de l'Amérique, tant pour le bien commun de l'une et de l'autre colonie, par le moyen du commerce et de l'envoy des denrées et marchandises dont elles auront réciproquement besoin ou qui y seront d'un débit avantageux, que pour se donner des assistances mutuelles, suivant la disposition du temps et des occasions qui se pourront rencontrer.Il excitera autant qu'il luy sera possible les habitans de là Nouvelle-France à l'augmentation dudit commerce avec lesdites isles et fera sçavoir chaque année à Sa Majesté ce qu'aura produit son application à cet esgard.Il doit porter le Conseil Souverain de concert avec l'intendant à travailler avec grande application à tout ce qui regarde la police qui est une des bases les plus solides 10 ARCHIVES DE QUÉBEC des nouvelles colonies, et comme c'est par le moyen de la police que tous les désordres contraires aux nouveaux establissemans viennent à cesser, et qu'elle est la source de l'abondance par le bon usage du travail et de l'occupation des hommes, ledit S1 de Frontenac doit de sa part se faire une application principale de la maintenir dans les lieux où il la trouvera establie et de l'establir dans ceux où elle aura esté négligée jusqu'à présent, et comme les foires et marchez peuvent augmenter considérablement le commerce et la colonie, il travaillera à en establir autant qu'il sera possible de concert avec l'intendant et le Conseil Souverain.L'establissement des pesches sédentaires dans la rivière de St-Laurent, et dans les mers voisines pouvant aussy apporter une très grande utilité aux habitans du Canada par la facilité du débit qu'ils en peuvent avoir, soit aux Antilles de l'Amérique, soit en France, il les excitera fortement à s'y appl.quer et leur fera connaistre en mesme temps que portant auxdites Antilles du poisson, des viandes et du merrein ils pourraient en tirer un avantage considérable par le retour des sucres qu'ils apporteraient ensuitte en Canada et pour cet effet il les portera autant qu'il pourra à bastir des vaisseaux, ce qui se peut faire en Canada à peu de frais veu la grande quantité de bois qu'il y a.Pour donner commancement à ces pesches, Sa Majesté a fait engager un particulier nommé Riverin à en entreprendre une de saumons et de balaines à l'entrée du fleuve de St-Laurent et Elle a mesme ordonné au commissaire de la Marine à Bayonne de luy envoyer quelques harponniers et d'autres matelots basques pour commancer cet establissement et aprendre la manière de faire la pesche aux gens du pays.Sa Majesté désire qu'il donne à cet homme toute la protection dont il aura besoin pour pouvoir exécuter les projets qu'ils a faits à cet esgard.Elle est aussy bien aise de l'avertir qu'EUe a fait envoyer en Canada les années dernières de la graine de lin et de chanvre, espérant que cette culture pourrait multiplier dans la suitte et mettre les habitans en estât de faire dans le pays les toilles nécessaires pour leur usage, mais comme Sa Majesté n'a pas esté informée du succez que cela a eu il est bien aise que ledit Sr de Frontenac luy en rende compte et qu'il réveille l'application des habitans à cet esgard en leur faisant bien connaistre l'avantage qu'ils retireront de cette culture.Sa Majesté est aussy bien aise de l'avertir qu'EUe a donné ordre au S- Lombard/commissaire de la Marine à Bordeaux, d'envoyer en Canada deux tuilliers, deux briquetiers et deux potiers de terre, et Elle désire que ledit Sr de Frontenac tienne la main à ce que les ouvriers fassent en ce pays les establissemens nécessaires pour les besoins de la colonie et qu'ils apprennent aux habitans la manière de faire des tuilles, des briques et des pots de terre.Il doit aussy estre averty qu'il s'est estably l'année dernière trois moulins à scie, et il doit tenir la main à ce qu'il s'y débite la plus grande quantité de planches qu'il se pourra, veu qu'elles seront d'un très bon débit en France à present «jù'il en doit moins revenir du nord que par le passé.Il faut encore qu'il examine si on ne pourrait pas en tirer des masts pour le service des vaisseaux de Sa Majesté et pour cet effet il est nécessaire qu'il envoyé le plustost qu'il pourra un mémoire sur les moyens de faire débiter ces masts dans le pays, et de les faire voiturer sur le bord de la mer et qu'il y marque les longueurs et grosseurs dont il croira qu'on pourra se servir; il serait mesme fort à désirer qu'il pût en envoyer quelques-uns par le retour des.premiers vaisseaux afin qu'on pût connaistre la nature des bois, et voir si l'usage en peut estre bon. ARCHIVES DE QUÉBEC 11 Sa Majesté veut qu'il examine avec soin la proposition qui a esté faite par quelques habitans de Canada qui voudraient y faire venir des noirs pour les employer à la culture de leurs terres et aux défrichemens, sur quoy il doit observer qu'en cas que lesdits habitans se résolvent à faire cet establissement, il ne doit pas souffrir qu'ils fassent d'abord une dépense considérable pour l'achat de ces noirs, de peur que venant à les perdre, ce qui peut arriver par la différence du climat de ces noirs à celuy de Canada, ils ne fassent des pertes très considérables; mais il peut leur en laisser achepter peu à peu, et en augmenter l'achapt à mesure qu'ils verront que cela réussira, si l'establissement de ces noirs pouvait réussir, il est certain que la colonie en tirerait un grand avantage pour la culture des terres et pour les défrichemens, et par conséquent pour son augmentation et comme pour encourager les habitans à ces défrichemens il est nécessaire de leur faire connaistre les cultures qui peuvent leur estre les plus avantageuses, il faut que ledit Sr de Frontenac s'aplique à examiner en quoy les terres sont plus propres dans chaque quartier, et qu'il porte les habitans à faire en chaque endroit les semences qui conviendront le mieux.Sa Majesté ayant esté informée que plusieurs habitans avaient obtenu des concessions fort estendues au défrichement desquelles ils avaient négligé de travailler, en sorte qu'après plusieurs années inutilement passées il se trouvait à peine une très petite partie de ces terres cultivées, Elle estima nécessaire d'y remédier comme Elle fist par l'arrest de son Conseil du 4 juin 1675 par lequel Elle ordonna, qu'à la diligence de l'intendant, il serait fait une déclaration exacte et précise de toutes les concessions des terres qui avaient esté faites jusqu'alors en Canada, pour estre réduites sur le pied de la culture qui en aurait esté faite ou de celles que les peuples pourraient faire à l'advenir.Elle ordonna ensuitte par ses lettres patentes du 20 may 1676 que les concessions se feraient à l'avenir par le gouverneur et l'intendant conjointement, aux clauses et conditions portées par lesdites lettres patentes.Son intention est qu'il tienne-la main à son exécution et des arrests rendus sur ce sujet, en observant sur toutes choses de n'accorder des concessions que de proche en proche et contiguës à celles qui ont esté faites cy devant.Elle excitera fortement les chefs de famille d'avoir le plus grand nombre de bestiaux qu'il leur sera possible, en sorte que le pays ne soit point obligé d'avoir recours aux bestiaux du royaume pour sa subsistance et pour la culture des terres, et comme Sa Majesté a deffendu dans son royaume par ses déclarations des mois de janvier 1671 et 1678 que les bestiaux ne pussent estre saisis pour dettes, Elle estime très nécessaire de faire observer la mesme chose en Canada, ce qu'il pourra faire non de son autorité, mais par la voye du Conseil Souverain.Quoyque Sa Majesté soit bien persuadée que le dit Sf de Frontenac se contiendra dans les fonctions de sa charge et qu'ainsy il ne se meslera point d'ordonner des fonds qu'EUe pourra envoyer audit pays pour l'entretenement des troupes et pour d'autres dépenses, néanmoins Elle veut bien l'avertir que cela n'est point de son fait mais que l'intendant a ordre de prendre son advis et recevoir ses ordres sur l'employ des fonds dont la dépense doit estre faite sur les ordonnances de l'intendant et sur les estats justificatifs dressez par luy.Elle aprouve que ledit S1 de Frontenac se fasse rendre compte par les capitaines de navires qui viendront mouiller dans le fleuve St-Laurent des lieux dont ils sont partis et des marchandises dont ils seront chargez, mais Elle ne veut pas qu'il s'en fasse payer aucuns droits d'admirauté ny qu'il se mesle de leur donner des 12 ARCHIVES DE QUÉBEC congez ny de la visite que les commis des fermiers du Domaine sont en droit de faire desdits vaisseaux, si ce n'est pour les protéger en cas de besoin, et pour la conservation des droits de Sa Majesté (1).MÉMOIRE POUR SERVIR D'INSTRUCTION A MONSIEUR LE COMTE DE FRONTENAC SUR L'ENTREPRISE DE LA NOUVELLE-YORK (7 JUIN 1689) Le Roy ayant fait examiner la proposition qui luy a esté faite par le S* chevalier de Callières, gouverneur de Montréal, de faire attaquer la Nouvelle-York par les troupes que Sa Majesté entretient en Canada avec un nombre des habitans de ce pays, Elle y a d'autant plus consenty qu'Elle sçait que les Anglais qui habitent cette contrée se sont avisez depuis les dernières années de soulever les nations iroquoises sujettes de Sa Ma1* pour les obliger à faire la guerre aux Français, qu'ils leur ont fourny pour cet effet des armes et des munitions, et cherché par tous moyens, mesme au préjudice des ordres du roy d'Angleterre, et de la foy des traittez, à usurper le commerce des Français dans les pays dont ils sont en possession de tout temps.Pour parvenir à l'exécution de ce dessein.Sa Majesté a donné ordre au S1 Begon de préparer les munitions nécessaires pour cette entreprise, et a fait armer deux de ses vaisseaux de guerre au port de Rochefort sous le commandement du S1, de la Caffinière auquel Elle a ordonné de suivre exactement les ordres que ledit Sf de Frontenac luy donnera sur cette expédition.Il partira en toute diligence pour aller s'embarquer à la Rochelle sur l'un des vaisseaux et mettre à la voille sans perdre aucun temps pour se rendre à l'entrée du golfe de St-Laurent et à la baye de Campseaux où il s'embarquera sur le meilleur des vaisseaux marchands qui l'auront suivy pour se rendre à Quebeck, Avant de quitter les vaisseaux de Sa Majesté, il donnera ordre audit Sr de la Caffinière d'attendre de ses nouvelles et luy prescrira ce qu'il aura à faire jusques à ce qu'il les ayt reçeues, et le lieu où il devra les recevoir, et il luy donnera ordre de prendre tous les bastimens anglais et autres ennemys qu'il pourra trouver pendant son séjour à cette coste.Aussytost que le temps et l'occasion le pourront permettre, il détachera dez l'entrée de la rivière de St-Laurens, le Sr chevalier de Callières pour arriver devant luy à Quebeck afin de gagner du temps et de faire préparer les choses nécessaires pour l'entreprise de la Nouvelle-York, de concert et sous les ordres du S* marquis de Denonville auquel Sa Majesté mande de luy donner créance et à ce qui luy sera mandé à cet esgard par ledit Sr de Frontenac surtout de garder le secret de ladite entreprise et d'en couvrir les préparatifs sous les prétextes qu'il jugera les plus convenables pour la cacher et pour engager les habitans et les troupes à s'y porter plus volontiers, s Ledit S1, de Frontenac doit garder de sa part ce secret autant qu'il sera possible et avoir en veue de faire particulièrement toute la diligence imaginable pour l'exécution, Sa Ma'* estant persuadée qu'elle ne se pourrait pas faire dans un autre temps que celuy de l'automne prochain comme Elle l'a résolu.(1) Archives du Canada; Archive» de la province de Quebec ARCHIVES DE QUÉBEC 13 Ainsy dez qu'il sera arrivé à Quebeck il doit profiiter de Testât auquel il aura trouvé les choses pour achever de les mettre dans la disposition convenable pour partir avec lesdits batteaux, canots et tout Tesquipage nécessaire pour cette expédition et avec le chevalier de Callières qui commandera les troupes sous ses ordres.Il envoyera aussytost par terre et par mer, comme il le jugera plus seur, audit S1 de la Cafiïnière au lieu qu'il luy aura marqué Tordre et une instruction de ce qu'il aura à faire pour se rendre à Manathe, en se servant du chiffre qu'il luy aura laissé.Il luy ordonnera de faire sa navigation directement et sans rien entreprendre dans sa route en rangeant la coste de TAcadie jusqu'audit Manathe, où il laissera en passant ce qu'il aura pour ladite coste de TAcadie, et luy ordonnera de mouiller le plus seurement qu'il pourra et de bien observer les endroits où il pourra faire son débarquement lorsque ledit S1 de Frontenac y sera arrivé.Il donnera ordre audit S1 de la Caffinière de prendre les bastimens qu'il trouvera dans la baye du dit Manathe, sans s'exposer à aucune avanture qui pust la mettre hors d'estat de servir à cette entreprise.Comme il ne paraist pas possible de prendre un rendé-vous certain pour faire arriver lesdits vaisseaux à Manathe dans le mesme temps que ledit S\"1 de Frontenac y arrivera avec les troupes, et sans donner Tallarme à ceux de ce lieu il faut que les deux vaisseaux de guerre aillent droit dans la baye et d'autant mieux que l'attaque des premiers postes de la Nouvelle-York avertira ceux de Manathe, et qu'ainsy les vaisseaux y arrivant devant les troupes de terre ils y causeront une diversion.Ledit S\"\" de Frontenac estant informé de la conduitte et des moyens qui ont esté proposez d'un détachement de 900 à mil hommes des troupes de Canada et de 600 habitans il doit concerter avant son départ avec ledit de Denonville les mesures qu'il y aura à prendre pour la seureté de la colonie et pour y employer les troupes, et les habitans qui y resteront pour se garentir des courses des Iroquois, afin d'en donner Tordre au Sr chevalier de Vaudreuil que Sa Majesté veut qui commande en Canada pendant ^'expédition du Sf de Frontenac et après le depart du Sr de Denonville.Il laissera pour cet effet les instructions nécessaires au dit S1 de Vaudreuil et luy indiquera les personnes du conseil desquelles il aura à se servir, le tout aussy de concert avec le dit S1, de Denonville, avec lequel il examinera si l'expédition de la Nouvelle-York ne se peut pas asseurer avec un moindre nombre d'hommes que les seize cens qui ont esté proposez, afin, en ce cas, d'en laisser davantage pour la garde du pays.Ledit S1 de Frontenac estant informé de la route qu'on doit tenir, et pour laquelle il prendra de plus particulières connaissances quand il sera sur les lieux, pour la commodité et la seureté des troupes, et pour la diligence.Sa Majesté n'entrera pas icy dans un plus grand destail sur ce sujet, ny pour l'attaque d'Orange et de Manathe ny pour tout ce qu'il a à faire sur cela.Elle luy recommandera seulement de faire en sorte, autant qu'il sera possible, que ceux d'Orange ne puissent estre avertis de sa marche, afin qu'il puisse surprendre ce premier poste et faire couper au dessous d'Orange pour s'asseurer du nombre des bastimens dont il aura besoin pour descendre à Manathe, et pour mettre les choses en estât de ne pouvoir estré inquiété quand il en partira pour ledit Manathe, et qu'il y sera attaché.Pour cet effet il doit mettre un officier de confiance à Orange avec le détachement qu'il trouvera à propos d'y laisser, avec ordre d'y estre sur ses gardes et de s'y fortiffier et prendre toutes les instructions qu'il pourra pour le succez de l'entreprise de Manathe.Il doit aussy faire désarmer tous les habitans et s'en assurer ensemble de leurs effets en leur laissant espérer tout le bon traittement dont ils 14 ARCHIVES DE QUÉBEC se pourront flatter jusqu'à ce qu'il soit en estât de n'en rien appréhender, après quoy Sa Majesté veut qu'il exécute ce qu'Elle a cy après à luy prescrire.Elle veut qu'il prenne un soin très particulier pour empescher qu'il ne soit fait aucun dégast des vivres, marchandises, munitions, effets, bestiaux, ustencilles et principaux meubles des habitans, Et comme il doit avoir pour but de mettre les forts d'Orange et de Manathe en estât de deffense, et de faire subsister les Français qui y demeureront il doit non seulement faire ravitailler les forts, pour le plus long temps qu'il sera possible, mais encore y assembler tout ce qu'il pourra de vivres et au deffaut d'une quantité suffisante de magazins dans lesdits forts, il en fera serrer dans les bourgs, en observant de ne point toucher à ceux qu'il aura fait mettre dans lesdits forts qu'à l'extrémité.Sa Majesté ne veut pas qu'il laisse dans toute cette colonie aucuns des habitans qui pourraient y estre suspects, son intention est aussy qu'il fasse faire des inventaires exacts dans les habitations et dépendances par le commissaire Gaillard, que Sa Maté veut qu'il mène avec luy, de tout ce qui se trouvera en bestiaux, grains, marchandises, meubles, effets et ustencilles, dans chacune desdites habitations et qu'il choisisse parmy les habitans de Canada, et parmy les officiers et soldats des troupes, ceux qui se trouveront propres à les maintenir et mettre en valeur, qu'il leur en donne des concessions au nom de Sa Majesté, en leur laissant des vivres qui s'y trouveront autant qu'il sera nécessaire pour subsister jusques à ce qu'ils en ayent pu faire et il examinera le fort et le faible de ceux à qui il jugera à propos d'accorder lesdites concessions pour distribuer les plus considérables à proportion de leur sçavoir faire et de leurs forces, en observant d'en associer plusieurs pour une mesme habitation lorsqu'il l'estimera nécessaire.Il informera Sa Majesté de tout ce qu'il aura fait à cet esgard en luy envoyant les inventaires de tout ce qui aura esté laissé en chacune de ces habitations, et luy donnera son advis sur la redevance qu'ils seront en estât de luy faire.Après avoir résolu ce qu'il aura jugé absolument nécessaire de laisser ceux à qui il aura fait ces concessions, il fera mettre à couvert tout le surplus, comme grains, huiles de baleine et toute sorte de marchandises et autres principaux effets dont il sera aussy fait des inventaires qui seront pareillement envoyez à Sa Majesté.Il examinera les moyens de débiter lesdits effets afin que sur ce qui.s'en retirera.Sa Majesté puisse ordonner sur ses advis les gratifications qu'Elle trouvera à propos de faire ausdits habitans, aux officiers de terre et de mer, et aux soldats et matelots qui se seront distinguez et luy donner en son particulier des marques de la satisfaction qu'Elle attend de son zèle et de son application en cette occasion.Comme parmy les dits effets et les marchandises il y en aura dont le débit ne se peut faire qu'en France, il pourra faire charger sur les deux vaisseaux de guerre ce qu'il y aura de plus considérable, et qu'ils pourront prendre sans nuire à leur navigation, même sur quelqu'un de ceux des bastimens qui se trouveront audit Manathe en les faisant équiper pour cet effet.Si parmy les habitans de la Nouvelle-York, soit anglais ou hollandais il se trouve des catholiques, de la fidélité desquels il croye se pouvoir asseurer.il pourra les laisser dans leurs habitations après leur avoir fait prester serment de fidélité à Sa Majesté, bien entendu qu'il n'y en ait pas un trop grand nombre, et en sorte qu'ils ne puissent donner aucun soupçon n'ayant à regarder en cela que ce qui conviendra le mieux pour le maintien et pour l'avantage de la colonie et en mesme temps pour sa seureté et pour celle des Français.Il pourra aussy garder s'il le juge à propos des artisans et autres gens de service ARCHIVES DE QUÉBEC 15 nécessaires pour l'a culture des terres ou pour travailler aux fortiffications en qualité de prisonniers, en les distribuant aux habitans français qui en auront besoin jusques à ce que les choses estant en Testât d'une assurance entière on leur puisse donner la liberté.Il faut retenir en prison les officiers et les principaux habitans desquels on pourra retirer des rançons.A Tesgard de tous les autres estrangers, hommes, femmes et enfans, Sa Majesté trouve à propos qu'ils soient mis hors de la colonie et envoyez à la Nouvelle Angleterre, à la Pensilvanie ou en d'autres endroits qu'il jugera à propos par mer ou par terre, ensemble ou séparément, le tout suivant qu'il trouvera plus seur pour les dissiper, et empescher qu'en se réunissant, ils ne puissent donner occasion à des entreprises de la part des ennemis contre cette colonie.Il envoyera en France les Français fugitifs qu'il y pourra trouver et particulièrement ceux de la Religion P.R.Lorsqu'il aura pris les forts et assujety cette colonie il doit penser particulièrement à son retour en Canada pour y ramener les habitans et les soldats qu'il y jugera nécessaires pour le service du Roy, selon la disposition o,ù il trouvera les choses, tant à Tesgard des Iroquois du costé du dit Canada que de la Nouvelle-York et à proportion de ce qu'il estimera devoir laisser de troupes pour garder les forts et le pays.Et comme après son expédition rien ne parait plus important que de proffiter de la saison pour son retour en Canada, il faut qu'en cas qu'il n'eust pas pu exécuter tout ce qui est contenu cy dessus il en confie l'exécution au S1, chevalier de Callières en luy donnant ses ordres en conformité et suivant qu'il jugera plus convenable au service du Roy, Sa Ma1* ayant résolu de donner au dit S1 de Callières le gouvernement de la Nouvelle-York et de la ville et du fort de Manathe en particulier, sous Tau-thorité du lieutenant général de Sa Majesté dans la Nouvelle-France.Il choisira avant son départ les officiers et les soldats qu'il trouvera à propos de laisser à la Nouvelle-York et mettra dans les postes les officiers les plus propres à les maintenir et à les fortiffier.En cas qu'après avoir pourveu suffisamment de troupes la Nouvelle-York et concerté le nombre des soldats qu'il estimera nécessaires pour le service de Sa Majesté en Canada, il trouvast qu'il y en eust d'inutiles il pourrait en renvoyer en France, par les vaisseaux du Roy, et garder jusqu'au nombre de trente-cinq à 40 hommes pour les envoyer dans la suitte à TAcadie.Sa Majesté est bien aise de luy faire observer à cet esgard qu'il doit se régler pour le nombre des hommes qu'il laissera à la Nouvelle-York, sur les moyens qu'il aura de les y faire subsister et sur la nécessité de la garde du pays, et considérer aussy que son retour en Canada sera plus commode à ceux qu'il y doit ramener quand ils ne seront pas en plus grand nombre.En cas que contre toutes les apparences la saison se trouvast trop avancée pour son retour en Canada pendant le reste de l'automne, il y donnera avis de son expédition et de son séjour jusqu'au printemps, et il s'employera pendant l'hiver à mettre sa conqueste en seureté et à faire la guerre aux ennemis.De quelque façon que ce soit, il doit par luy-mesme, s'il est obligé de rester, ou par le chevalier de Callières, si cela est convenable, proffiter de Testât où seront lés choses pour faire une paix solide et avantageuse avec les Iroquois qu'il trouvera sans doute disposez à la demander, estant privez des secours et de la communication des Anglais.Pour oster aux Anglais la facilité des entreprises par terre contre la Nouvelle- 16 ARCHIVES DE QUÉBEC York du costé de la Nouvelle Angleterre, Sa Majesté veut qu'il détruise les habitations des Anglais qui sont proches de Manathe, et le plus avant qu'il sera possible, et mettre sous contribution les plus esloignées.Il envoyera un mémoire exact de toutes les observations qu'il pourra faire pour le commerce des nouveaux habitans de la Nouvelle-York, pour la seureté de la navigation de là en France, et pour la communication avec le Canada afin que sur cela Sa Majesté puisse luy donner les ordres nécessaires pour tirer de cette conqueste tous les avantages qu'on en doit espérer; mais en cas que contre toute apparence, et par les raisons que Sa Majesté ne peut prévoir, cette entreprise ne se peut exécuter, il envoyera ses ordres audit Sr de la Caffmière de faire la guerre aux Anglais et de ranger même les costes de la Nouvelle-Angleterre et de la Nouvelle-York pour y faire le plus de prises qu'il pourra, et y demeurer jusqu'à ce qu'il ne luy reste de vivres que pour revenir en France (1).LETTRE DU MINISTRE AU GOUVERNEUR DE FRONTENAC (7 JUIN 1689) 7 juin 1689 Monsieur, Vous trouverez cy joint un ordre pour donner au S1 chevalier de Vaudreuil le commandement de Canada pendant que vous et M.le chevalier de Callières serez occupez à l'entreprise de la Nouvelle-York, mais comme Sa Majesté désire que M.de Denonville continue de commander dans le dit pays après vostre depart, l'intention de Sa Majesté est que vous luy remetiez cet ordre et je luy marque qu'EUe veut qu'il le garde jusqu'à ce qu'il soit sur le point de s'embarquer pour repasser en France, et qu'en ce temps il fasse reconnaisse ledit S1\" chevalier de Vaudreuil.Je suis (2) LETTRE DU ROI AU GOUVERNEUR DE FRONTENAC POUR ACCOMPAGNER LA DÉCLARATION DE LA GUERRE AU PRINCE D'ORANGE, AUX ANGLAIS ET ÉCOSSAIS, FAUTEURS DE SON USURPATION (30 JUIN 1689) A VersaUles, le 30 juin 1689 Monsieur le comte de Frontenac, Ayant résolu de déclarer la guerre au prince d'Orange et aux Anglais et Écossais, fauteurs de son usurpation, comme vous verrez plus amplement par l'ordonnance (1) Archives de la province de Québec.(2) Archives de la province de Québec V ACTE DE CONCESSION D'UNE TERRE EN ROTURE PAR L'INTENDANT DUCHESNEAU A MARIE-GUIL-LEMETTE HÉBERT, VEUVE DE GUILLAUME COUILLARD Jacques Duchestieau chevallier Seigneur de la Doussinière et D'Ambrault, conseiller du Roy en ses conseils deslal, et privé.Intendant de la Justice police Et finances: en Canada Acadie Terreneuve, et autres pays de la fronce septentrionale A Tous ceux qui ces présentes Lettres Verront Salut, Scavoir faisons que sur La requesle à nous présentée par Marie guillemette heberl veuve du Sr Couillard, a ce qu'il nous plust Luy vouloir accorder, Les terres qui se trouveront entre Le nommé Belavance, et celles du Sr fournier, consistant En quatre ou cinq arpens ou environ de face.Le Long du fleuve Si Laurent vis a vis L'isle aux oyes, et une Lieue de profondeur Lesquelles terres elle desireroit.pouvoir a nous donné par sa Majesté conjointement avec Monsieur Le comte de Frontenac, conseiller du Roy en ses conseils, gouverneur et Lieutenant général pour sa Ma1^, en ce pays avons donné, accordé, et concédé, donnons accordons, et concédons, par ces présentes, à La dite Veuve Couillard, Les terres qui se trouveront entre Le nommé Belavance, et celle du Sr fournier, consistant.de face Le Long du fleuve S'.Laurent, vis a vis L'isle aux oyes, et une Lieue de profondeur, pour iouir par La dite Veuve Couillard, ses hoirs, et ayons cause à l'avenir des dites terres en roture, et en faire, et disposer comme bon Luy semblera, a la charge de payer par elle et ses successeurs, à la recepte des droits du Roy, six deniers de cens par arpent de front par chacun an, Les dits cens portons Lots et ventes, saisines, et amandes, suivant La coutume de La prévosté et vicomte de paris, et de conserver Les bois de chesnes qui se trouverronl propres, pour La construction des vaisseaux, dans Lestendue des dits lieux, comme aussy de donner avis au Roy ou a nous, des mines, miniers, ou minéraux, si aucuns sy trouvent, et de prendre de sa Maiestê La confirmation des présentes dans un an.En témoin dequoy nous avons signé Les présentes, a Icellesfait.par notre Secrétaire, Donné à Québec Le Xbre May gb soixante dix sept.Duchesne au Par Monseigneur Ri verin (1) (1) Archives de la province de Québec. ARCHIVES DE QUÉBEC 17 cy-jointe, je vous fais cette lettre pour vous dire que mon intention est que vous la fassiez publier et afficher dans tous les ports et autres lieux de vostre gouvernement, Et la présente n'estant à autre fin, je prie Dieu qu'il vous ait, monsieur le comte de Frontenac, en sa sainte garde.¦ ¦ Escrit à etc.(1).LETTRE DU MINISTRE AU GOUVERNEUR DE FRONTENAC (30 JUIN 1689) A Versailles, le 30 juin 1689 Monsieur, Vous verrez par la dépesche du Roy cy-jointe quelles sont les intentions de Sa Majesté sur la publication de l'ordonnance qu'EUe a fait expédier pour déclarer la guerre au prince d'Orange et aux Anglais et Escossais, et il ne me reste qu'à vous asseurer que je suis etc.(2).LETTRE DU GOUVERNEUR DE FRONTENAC AU MINISTRE (15 NOVEMBRE 1689) Québec, le 15 novembre 1689 Monseigneur, Il nous est arrivé ce que j'avais toujours appréhendé et ce que je m'étais donné l'honneur de vous écrire de la Rochelle qui est qu'en partant aussi tard que nous faisions, la saison se trouverait si avancée lorsque nous arriverions en Canada que je ne pourrais exécuter les ordres que j'avais reçus.En effet, quelque soin que M.de la Caffinière ait pu prendre pour diligenter notre navigation et celle des vaisseaux marchands sur lesquels les munitions du Roi étaient embarquées, les vents ont été si peu favorables qu'il n'a pu arriver à la baye de Chedabouctou, où j'avais donné le rendez-vous, que le 12 de septembre, après 52 jours de route.Nous avions été de conserve avec tous les vaisseaux et les avions toujours gardés à vue jusque sur le grand banc où les brumes continuelles qu'il fit pendant huit jours nous séparèrent malgré toutes les précautions et les signaux qu'on s'était donnés et furent cause que le Fourgon et les autres vaisseaux marchands ne purent arriver en cette rade que le 15 du même mois; le 18, ils firent de l'eau et du bois et je quittai le vais- (1) Archives de la province de Québec (2) Archives de la province de Québec 2 18 ARCHIVES DE QUÉBEC seau l'Embuscade pour monter le St François-Xavier après avoir laissé au Sf de la Camnière une instruction fort ample de ce qu'il avait à faire pour l'exécution de l'entreprise projettée et dans laquelle j'avais changé quelque chose du premier projet pouf le rendez-vous, comme vous le verrez par la copie que j'en envoyé, parce qu'il aurait été impossible de lui donner assez à temps de mes nouvelles de Québec par les voies qu'on s'était proposées.J'omettais de vous dire qu'en entrant dans cette rade, nous rencontrâmes une caiche anglaise commandée par un nommé Isaac Moreau qui demeure à Boston et qui est un Français originaire de la Rochelle et relaps.Cette caiche appartenait au S1 de Nelson, l'un des principaux marchands de Boston, et avait fait à diverses reprises la traite avec nos Sauvages et autres pirateries le long de cette côte, elle n'était chargée que de charbon de terre que M.de la Caffinière fit renverser dans son vaisseau après l'avoir prise, et embarquer sur son bord deux ou trois matelots anglais qui étaient dessus.Comme il était dans le dessein de brûler le corps du bâtiment de crainte que s'il le laissait à Chedabouctou, il n'y fût pas en sûreté et que les Anglais ne vinssent l'y reprendre, je lui proposai de l'emmener à Québec, à quoi il donna les mains, après l'avoir fait estimer avec les agrès qui se sont trouvé monter à 6 ou 700 livres au plus, le corps du bâtiment étant fort vieux.Si vous avez agréable de nous le laisser il nous sera utile en mille rencontres, le Roi n'ayant ici aucun bâtiment, sinon on essayera de le renvoyer en France aussitôt que vous l'aurez ordonné.Pour continuer, Monseigneur, à vous rendre compte de notre navigation, je partis de Chedabouctou le 19 de septembre avec tous les autres vaisseaux et vins mouiller à l'entrée du petit Passage de Fronsac que nous traversâmes le lendemain heureusement, mais les vents contraires furent cause que nous ne pûmes gagner l'Ile Percée que le 26 septembre.Je ne voulus point qu'on y mouillât de peur de quelque retardement et ayant fait mettre en panne j'attendis sous voiles que quelqu'un vint à bord de qui je pusse savoir des nouvelles de l'Acadie et du Canada.Les Pères Récollets qui demeurent à l'Ile Percée étant venus, j'appris d'eux qu'ils n'avaient aucunes nouvelles de l'Acadie, mais seulement qu'un forban de ce côté là avait pris sept ou huit bâtiments sur le Grand Banc qui étaient d'Olonne, Nantes et autres lieux et que pour le Canada, je le trouverais dans une grande désolation par l'irruption que les Iroquois avaient faite dans l'Ile de Montréal où ils avaient brûlé plus de trois lieues de pays, saccagé toutes les maisons jusqu'aux portes de la ville et fait des cruautés inouies.Ces mauvaises nouvelles m'avaient obligé de chercher encore avec plus d'empressement les moyens d'envoyer devant à Québec Mr le Chev* de Callières pour y diligenter les préparatifs des choses qui nous étaient nécessaires, mais je ne trouvai nulle commodité, ne restant à la rade de l'Ile Percée que deux vaisseaux pêcheurs qui devaient partir au premier beau temps pour s'en retourner en France et n'y ayant d'ailleurs aucune barque, chaloupe, ou autre bâtiment dont je me pusse servir.Il fallut donc continuer notre route comme nous l'avions commencée et nous fûmes si contrariés par le mauvais temps que je ne pus arriver à Québec que le 12 octobre sur le soir, et les vaisseaux qui portaient les vivres et munitions du Roi, que le 14 du même mois.Je n'y trouvai point M.le marquis de Denonville ni M.de Champigny, qui étaient tous deux à Montréal, de sorte que je ne songeai plus qu'à les y aller joindre.Dès le lendemain on travailla au débarquement de ce qui était sur les vaisseaux ARCHIVES DE QUÉBEC et je fis disposer des barques pour charger et porter à Montréal ce qui était nécessaire.Je donnai ordre aussi qu'on calfatât quelques bateaux pour transporter un détachement d'habitants que je commandai pour mon escorte et pour s'en servir à Montréal si l'occasion s'en offrait, les mauvais temps et les pluies continuelles furent cause que je ne pus partir que le 20 d'octobre à midi et arriver à Montréal que le 27.Il serait difficile de vous représenter, Monseigneur, la consternation générale que je trouvai parmi tous les peuples et l'abattement qui était dans la troupe, les premiers n'étaient pas encore revenus de la frayeur qu'ils avaient eue, de voir à leurs portes brûler toutes les granges et maisons qui étaient en plus de trois lieues de pays dans le canton qu'on appelle la Chine et enlever plus de six vingt personnes tant hommes que femmes et enfants, après en avoir massacré plus de 200 dont ils avaient cassé H tête aux uns, brûlé, rôti et mangé les autres, ouvert le ventre des femmes grosses pour en arracher les enfants et fait des cruautés inouies et sans exemple.Les troupes, de leur côté, étaient fort fatiguées des alarmes qu'on avait à tous moments depuis ce funeste coup, y ayant toujours des partis dans l'Ile et autour, et beaucoup plus encore de ce que, pendant plus de six semaines après cette irruption qui était arrivée le 5 d'août, on les avait uniquement employées à Montréal à transporter tous les bleds d'Inde des Sauvages de la mission du Sault qui en était éloignée de trois lieues et à leur y bâtir un fort au lieu de celui qu'ils y avaient où l'on a voulu qu'ils se soyent retirés, par des raisons qui me sont encore inconnues, ce qui avait tellement mis les soldats sur les dents, et si fore usé tous les bateaux et les canots dont on s'était servi pour ce transport, qu'il aurait été très difficile de faire faire quelque nouveau mouvement aux.troupes sans leur donner du repos et qu'on n'aurait pas trouvé vingt bateaux en état de faire aucun voyage.C'est ce qui obligea, sans doute, M.le marquis de Denonville et M.de Cham-pigny, lorsque je leur fis part du dessein qu'on avait projette, de me dire que l'exécution en était impossible dans la conjoncture où je trouvais les choses et dans une saison aussi avancée qui ne l'était pas tout à fait assez pour pouvoir marcher sur les glaces, mais qui l'était trop pour espérer se pouvoir servir de la navigation avant qu'elles fussent venues, de sorte qu'il convinrent tous deux qu'il n'y avait autre chose à faire que de suivre le dessein que M.le marquis de Denonville avait formé qui était d'envoyer cent cinquante hommes dans des canots allèges pour recevoir la garnison du fort de Frontenac qu'il avait résolu d'abandonner, ayant dépêché par terre, le 24 septembre, le S1 S1 Pierre de Repentigny au & de Valrenne qui y commandait, avec ordre, s'il ne lui arrivait point de convoi, dans les premiers jours de novembre, de faire sauter le fort avec toutes les munitions qui étaient dedans, comme vous verrez par la copie de sa lettre que je vous envoyé.J'avoue, Monseigneur, que cette déclaration me surprit et que je ne puis comprendre qu'une personne qui, depuis quatre ans qu'il est dans ce pays, le doit connaître, ne fût pas persuadée de l'importance de ce poste dont L'expérience de dix années m'a fait voir la conséquence et les avantages qu'on en peut tirer pour la conservation du commerce avec nos alliés qui sans cela, se seraient donnés aux Anglais il y a longtemps.Mais ce qui m'étonna davantage fut qu'il eût pris cette résolution sans avoir reçu sur cela les ordres du Roi qu'il avait demandés et immédiatement après les propositions insolentes que les Iroquois lui avaient fait faire par des colliers qu'ils lui avaient envoyés par l'un desquels, comme vous verrez par la copie ci-jointe, ils lui demandaient en des termes pleins d'ironie la démolition de ce fort, ce qui seul 20 ARCHIVES DE QUÉBEC aurait dû Ct re capable de l'empêcher d'y donner jamais les mains, pour ne pas augmenter leur fierté et leur faire un aveu si authentique de notre faiblesse.Je ne pus m'empêcher de combattre ce sentiment par beaucoup de raisons qui seraient d'un trop long détail et que l'inspection seule de la carte vous fera aisément connaître et de me résoudre, en suivant une partie de son projet, de tenter si je ne pourrais pas empêcher la perte de ce poste que j'appréhende nous devoir ruiner de réputation dans l'esprit de nos alliés, quand ils verront qu'il n'y a plus de lieu où ils puissent espérer de trouver une retraite, et dans celui aussi des Iroquois, lesquels, suivant leur naturel arrogant, en seront bien moins disposés à la paix.Comme il y avait un article dans la lettre que M.de Denonville écrivait à M.de Valrennes par lequel il semblait lui vouloir insinuer d'attendre, s'il le pouvait, tout le mois de novembre et que les eaux fussent plus hautes pour lui faciliter sa retraite, j'espérai avoir le temps de jeter un convoi dans ce fort en joignant vingt-cinq canots de vivres et de munitions à ceux qui devaient porter le détachement qu'on avait résolu d'envoyer, et de me servir en même temps de cette occasion pour renvoyer trois des Sauvages qui sont venus de France pour annoncer à toutes les nations iroquoises que Sa Majesté leur avait fait la grâce de leur rendre la liberté et de les renvoyer tous avec leurs chefs qui attendaient qu'ils les vinssent quérir et ramener.J'ai donc fait préparer avec le plus de diligence que j'ai pu ce qui était nécessaire pour cette expédition, mais les pluies continuelles qui ont rendu la voiture des vivres et munitions plus fâcheuse, la difficulté de ramasser 50 canots dont on avait besoin et le peu de discipline qu'on a laissé glisser parmi les habitants, dont il faut nécessairement se servir pour la conduite des canots et surtout dans les rapides a fait que malgré tous mes soins, je n'ai pu faire faire cet embarquement à la Chine que le 6° de ce mois après y avoir été trois jours entiers.Il n'y avait pas deux heures que j'étais de retour à Montréal et le convoi n'avait pas encore fait deux lieues, lorsque le dit Sr de Valrennes parut dans ses bateaux avec sa garnison.Un retour si prompt surprit tout le monde, mais il s'en est défendu sur les ordres qu'il avait, il a rapporté qu'il avait brûlé ou jeté dans l'eau tout ce qu'il avait pu, qu'il avait enfoncé trois barques et jeté leurs ancres dans le bassin après avoir brûlé leurs cables; qu'il avait fait prendre à chacun des soldats deux ou trois fusils; qu'il avait jeté dans l'eau tous les canons de fer; que pour les deux de fonte, il les avait portés jusqu'au lac St-François où il les avait encore jetés dans un lieu où il serait aisé de les retrouver et qu'il avait fait plusieurs mines sous les bastions et murailles du fort sous des tours qu'il y avait, dont l'une servait de magasin aux poudres, et sous tous les bâtiments et qu'étant éloigné de cinq lieues du dit fort, il avait entendu un si grand bruit qu'il ne doutait point que les mines n'eussent fait un grand effet et que le fort ne fût tout renversé.J'essayerai de trouver l'expédient d'en sçavoir la vérité et si les Iroquois ou Anglais ne songent point à occuper ce poste qui les peut rendre maîtres absolu des Outaouacs et de toutes les autres nations du Nord qui nous sont alliées et par conséquent de tout notre commerce.Toute la garnison est revenue au nombre de 45 hommes, n'y en ayant que six de noyés par l'accident d'un bateau qui se renversa dans un rapide.Ils n'ont trouvé personne sur leur route, ce qui aurait rendu la conduite du convoi fort aisée.On compte qu'en armes, munitions et autres choses qui étaient dans le fort, il y en avait pour vingt mille ecus, ce qui n'est pas une petite perte. ARCHIVES DE QUÉBEC 21 Aussitôt que je fus arrivé à Montréal, je priai M.le marquis de Denonville que je pusse voir les troupes, elles furent sous les armes le 30 de l'autre mois au nombre de sept à huit cents hommes.Les autres, à ce qu'on m'a dit, étant dispersées en tant de postes différents et si éloignés qu'on ne les pouvait faire quitter; mais il y avait peu de jours qu'il avait fait faire une revue fort exacte qu'il vous portera sans doute et qui, compris les officiers, monte à près de quatorze cents hommes; il m'a paru quantité de bons soldats et beaucoup de bonne volonté parmi les officiers que je ne saurais encore bien connaitre et dont je ne puis juger que sur le rapport de M.de Denonville et de M.l'intendant.On fit le même jour la réforme des sept dernières compagnies dont on a incorporé les soldats dans les vingt-huit qui restent, à la réserve de 5 ou six qui étaient hors d'état de servir; on en fera de même des officiers n'ayant donné congé à pas un qu'à ceux à qui M.l'intendant m'a dit qu'il était à propos de le faire.Je n'ai été occupé depuis mon retour de la Chine qu'à faire la distribution des quartiers d'hyver et qu'à mettre les troupes dans les lieux que j'ai cru les plus exposés, n'ayant pu les aller visiter à cause de la saison qui est trop avancée et qui me permettra à peine de me rendre à Québec pour en faire partir les vaisseaux pour France et me donner l'honneur de vous écrire ce que j'ai désespéré une fois de pouvoir faire.Je ne dois pas oublier, Monseigneur, de vous informer d'une petite action qui s'est passée dans le temps que je montais à Montréal et qui est la seule depuis l'ex-péditicn des Sonnontouans où l'on ait eu un favorable succès parce que, peut-être, on a été trop réservé à laisser aller notre jeunesse canadienne en parti.Celui que M.de Denonville avait envoyé dans le lac des Deux-Montagnes commandé par les S™ Du Luth et de Mantet rencontrèrent 22 Iroquois en deux canots qui les vinrent charger dès qu'ils les eurent apperçus avec beaucoup de fierté, mais les nôtres ayant essuyé leurs décharges sans tirer un coup les abordèrent, ensuite en tuèrent dix huit et prirent trois prisonniers que l'on abandonna depuis à nos Sauvages pour les brûler, de sorte qu'il ne s'en sauva qu'un pour porter la nouvelle aux autres.Nous n'y avons perdu personne n'y ayant eu qu'un Français qui a eu le bras percé d'une hache.¦ Si nous avions souvent de pareils avantages, cela donnerait de la vigueur à nos troupes et rabattrait un peu la fierté des Iroquois qui s'était beaucoup augmentée par la défaite du Sr de la Rabeyre, lieutenant, qu'on avait envoyé lord de l'irruption de la Chine pour se jeter dans un fort mais qui tomba dans le gros des ennemis avec les gens qu'il commandait, dont il ne se put developer, quoiqu'il fit des merveilles de sa personne, ayant été blessé en plusieurs endroits et emmené prisonnier sans qu'on sache encore s'ils l'auront fait brûler et qu'il ait presque perdu tous les gens qui étaient avec lui et qui se firent tuer sur place.C'est, Monseigneur, tout le compte qu'il m'est possible de vous rendre des choses que j'ai vues et remarquées depuis le peu de temps que je suis arrivé, remettant à l'année prochaine à vous informer plus amplement de ce qui viendra à ma connaissance.J'ai appris qu'il était descendu cette année par la rivière des Outaouacs pour plus de huit cent mille livres de castor et de pelleteries que cent Iroquois auraient pris facilement avec tous les hommes s'ils avaient songé à aller de ce côté-là.Cette abondance ne réjouit que quelques marchands et un petit nombre de particuliers qui y ont part, niais pour le gros de la colonie elle n'en est ni plus riche ni plus contente.La compagnie du Nord a fait aussi des merveilles de son côté et le Sr d'Iberville qui commandait à la baie d'Hudson y a fait des prises considérables 22 ARCHIVES DE QUÉBEC sur les Anglais et d'une manière fort extraordinaire.M.de Champigny vous en mandera le détail et vous informera de ce que je ne puis encore savoir, sur quoi vous jugerez mieux de l'état où ce pays est réduit et du besoin qu'il a de troupes et d'argent, non seulement pour exécuter ce que vous avez projeté cette année, mais encore pour se soutenir et se défendre contre les Iroquois des mains desquels un de nos Sauvages qui avait été pris dans la déroute de la Chine, étant échappé après avoir eu dans leur village les ongles arrachés et quelques doigts brûlés et mangés, nous a rapporté le 2 novembre, qu'il arriva à Montréal dans un état pitoyable, que le premier dessein des Iroquois était de descendre par la rivière des Prairies en prenant l'Ile de Montréal par un bord, la ravager en remontant comme ils ont fait la Chine et qu'ils devaient bientôt se mettre en marche et venir l'hyver sur les neiges tuer les Français qui feraient du bois, qu'ensuite ils se proposaient au printemps de se rendre maîtres de Montréal en se joignant aux Loups et aux Anglais qui devaient pour lors nous déclarer la guerre; que de là ils prétendaient passer aux Trois-Rivières et descendre à Quebec où les Anglais se rendraient par mer.Quoique je n'ajoute pas tout à fait créance à ces avis, on peut toujours, juger par là de la liaison qu'il y a entre les Anglais et les Iroquois et de leurs mauvaises intentions, ce qui m'engagera à prendre toutes les précautions que je pourrai avec le peu de troupes qui me restent et la quantité de postes qu'il faut garnir et à presser par toutes les voies possibles les négociations de la paix dont le succès est fort incertain et le mépris qu'ils ont de nous dans l'état où l'on a laissé réduire les choses.Après cela, Monseigneur, j'espère que vous me ferez la justice de ne me pas imputer les suites fâcheuses qui pourraient arriver, puisque vous n'avez jamais cru que je sçusse faire des miracles et qu'il en faut presque un pour faire la paix et un autre encore plus grand pour soutenir la guerre sans de nouveaux secours.J'ose encore me flatter, après toutes les bontés que vous m'avez témoignées et la puissante protection que vous m'avez fait l'honneur de me promettre, que vous vous employerez volontiers auprès de Sa Majesté pour les obtenir si le bonheur des armes a, comme je l'espère, humilié ses ennemis et si les affaires de l'Europe lui permettent de songer à celles de ce pays qui ne laisserait pas de se rendre considérable si l'on réduisait les Iroquois et qu'on se rendit maitres de ce que les Anglais ont près d'eux.J'attendrai avec impatience ce que vous résoudrez sur ce dernier article dont nous ne saurions être informés de trop bonne heure afin d'avoir le temps de faire de notre côté tous les préparatifs nécessaires pour ne pas tomber dans l'inconvénient de cette année.Quoique je sois parti de Montréal avec M.l'intendant le 10 de ce mois, nous n'avons pu nous rendre à Québec qu'hier au soir et assez à temps pour donner nos lettres aux vaisseaux qui n'étaient pas encore tout à fait prêts à partir.Je ne saurais fermer celle-ci sans vous témoigner encore avec quel soin et quelle vigilance M.de la Cafftnière nous a conduits jusques à Chedabouctou et les manières honnêtes dont il en a usé à mon égard, aussi bien que M.de Gros-Bois et tous ses officiers qui étaient sous eux.M.de la Caffmière a un lieutenant nommé Bour-beau à qui je souhaiterais que tous les nouveaux convertis ressemblassent car, dans toute sa conduite que j'ai fort observée et par son assiduité et ferveur à faire tout ce qu'un bon catholique doit pratiquer, il parait que sa conversion est véritable.Je ne me donne point l'honneur d'écrire cette année à Sa Majesté ainsi que j'ai toujours fait par le passé ni à vous, Monseigneur, conjointement avec M.de Champigny comme on m'a dit que faisait M.de Denonville, parce que je n'aurais seul rien mander de ce que je ne puis encore connaître, mais l'année prochaine je ferai ce ARCHIVES DE QUÉBEC 23 ¦ -*& qu'il vous plaira me prescrire là dessus et je vous supplierai cependant d'être bien persuadé du zèle et du soin avec lesquels j'exécuterai tous vos ordres et de l'attachement inviolable avec lequel je serai toute ma vie, Monseigneur, Votre très humble, et très obéissant serviteur, Frontenac A Québec le 15 novembre 1689 (1).LETTRE DU GOUVERNEUR DE FRONTENAC AU MINISTRE (17 NOVEMBRE 1689) Québec, 17 novembre 1689 Les vaisseaux allaient mettre à la voile, Monsieur, quand j'ai reçu des nouvelles de Montréal du 14 par lesquelles M.le Cher de Callières me mande que le 13, les Iroquois au nombre d'environ cent cinquante étaient descendus à la Ches-naye et à l'isle Jésus, qui sont des lieux vis à vis le bout de l'isle de Montréal, du côté d'en bas, et qu'ils y avaient presque brûlé toutes les habitations jusques auprès des forts, pris, saccagé et tué tous tes habitants dont il ne savait encore d'autres détails que ce que M.Seguenot, curé de la Pointe-aux-Trembles, lui mandait, qui était qu'il ne s'était sauvé que deux habitants de la Chesnaye, qu'aussitôt il avait envoyé deux compagnies de renfort à la Rivière-des-Prairies et détaché un parti d'environ 170 Sauvages pour aller dans le lac des Deux-Montagnes essayer de les couper sur leur retraite.Vous voyez, Monsieur, à quoi nous allons être exposés tous les jours et en quel état nous serons eh ce pays si l'on n'y envoyé l'année prochaine des secours assez considérables pour pouvoir réprimer tout d'un coup la fierté et la hardiesse dans laquelle ces maudits Sauvages sont maintenant, ce qu'il y a de troupes en ce pays n'étant pas suffisant pour garnir les postes que nous avons à défendre, et pour faire quelqu'entreprise de conséquence contre eux.Je n'ai point voulu décacheter la dépêche de M.le marquis de Seignelay pour y joindre ces avis, croyant qu'il suffisait de les mettre dans la vôtre pour qu'il le pût apprendre.Je suis Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur, Frontenac M.l'Intendant vous doit mander qu'il y a eu de la méprise dans l'état qu'on a envoyé pour le payement des officiers, puisqu'on n'y a fait fonds que pour 24 lieute- (1) Archives de la province de Québec. 24 ARCHIVES DE QUÉBEC nants au lieu de 28 qui y ont toujours été et qui y sont actuellement, et qu'on a aussi oublié un lieutenant réformé.Il me reste, Monseigneur, à vous dire, pour répondre exactement à tous les articles de vos dépêches qu'on a exécuté à l'égard du Sr Riverin, ce qui était ordonné; il est parti pour sa pêche et témoigne une grande envie d'y réussir.Les vaisseaux du Sr Cazaux, la Joyeuse et le Déguise, ne sont point venus ici et il faut qu'on ait chargé depuis dans d'autres navires les effets que vous marquiez devoir l'être dans ceux-là.Ce serait un avantage pour ce pays que les marchands de Nantes et de St-Malo s'accoutumassent à y venir trafiquer et que nous ne fussions plus à la discrétion de ceux de la Rochelle dont la plupart sont des tyrans et des corsaires.Comme les gens de St-Malo sont de grands armateurs hardis et entreprenants, ne pourrait-on point joindre leurs vaisseaux à ceux du Roi pour entreprendre quelque chose sur Boston et Manathe ?Le pillage de cette première ville qui ne serait pas peut-être fort difficile vaudrait bien ce qu'ils pourraient espérer dans leurs autres courses sans compter les prises qu'ils feraient immanquablement ou sur ces côtes ou sur celles de l'Ile de Plaisance.On a exécuté, autant que lion a pu, ce que Sa Majesté ordonnait pour la construction des villages, mais ce n'est pas une chose si aisée qu'on se l'imagine et elle ne se peut faire qu'avec le temps.J'ai envoyé au fort Frontenac pour en savoir l'état et les plans que j'en envoyé vous feront connaître comme il était et comme il est présentement, ce ne sera pas une chose mal.aisée de le rétablir quand la conjoncture sera favorable et c'est un poste d'une si grande conséquence, soit dans un temps de guerre, soit dans un temps de paix, qu'il ne la faut pas perdre quand elle se rencontrera.M.l'intendant qui avait connaissance des vivres et munitions qui étaient dedans, peut rendre meilleur compte que moi de ce qu'elles sont devenues, parce que je ne suis arrivé en ce pays que dans le moment qu'il a été abandonné, ce que je puis dire c'est qu'il n'a pas tenu au sieur de Vallerennes qu'il ne l'ait conservé plus longtemps, puisqu'il ne l'a abandonné qu'avec regret et que dans tout ce qu'il a fait, il a suivi de point en point les ordres que M.de Denonville lui avait envoyés sur ce sujet.J'ai vu avec bien de la joye que Sa Majesté avait agréé ce que j'avais fait pour trouver moyen d'engager dans le service quelques-unes des principales familles canadiennes, ayant toujours estimé qu'ils étaient plus propres à cette guerre que d'autres officiers qu'on pourrait envoyer de France et qui ne seraient de longtemps accoutumés à l'air et aux manières du pays.Je vous remercie des lettres de noblesse que vous avez bien voulu faire accorder aux S» Hertel et de St-Denis et de la confirmation que vous m'avez envoyée des concessions et des commissions que j'avais données.Je vous supplie de me continuer la même grâce pour ceux que j'ai pourvus depuis et dont je vous envoyé le rôle ; il ne pouvait y avoir rien de mieux employé que la gratification que vous avez accordée au Sr Sarrazin, chirurgien-major, par ce qu'on ne saurait mieux s'acquitter de son emploi avec plus de soin et de charité.J'ai donné au sieur de Louvigny la compagnie de St-Cirque qui a été tué à l'affaire de la Prairie et trouvé moyen par les autres emplois qui ont vaqué, de placer le Sr de la Mothe Cadillac, lequel, outre les pertes qu'il avait déjà faites, a encore eu le malheur, il y a trois mois, d'avoir perdu tout ce qui lui restait en ramenant sa femme et ses enfants à Québec dans une barque qui fut prise à l'entrée de notre rivière par un corsaire de Boston.Je tiendrai la main pour que les officiers ARCHIVES DE QUÉBEC 25 ne fassent point dorénavant de mariage qui ne soyent sortables et où ils ne trouvent leur avantage; on ne saurait m'imputer d'avoir par le passé contribué à aucun qui fût de cette nature.La guerre et le peu de sûreté qu'il y a dans notre rivière empêchent le progrès des pêches et des autres entreprise qu'on pourrait faire pour le commerce, et c'est une des principales raisons qui m'oblige de vous représenter l'utilité qu'il y aurait d'y avoir un vaisseau qui pût y croiser et la nettoyer de tous ces forbans, cela n'a pas empêché que le S1 Riverin, le S* de Vitré et quelques autres n'y soyent allés, mais le Sr de la Chesnaye y a perdu, depuis trois mois, une barque qu'il envoyait vers l'Ile Percée, où il y avait pour dix mille francs de marchandises.MM.les fermiers ne se plaindront pas, je crois, qu'on manque à leur donner toutes les assistances dont leurs commis témoignent avoir besoin.Le S\"1 Destats a embarqué sur son vaisseau ce qu'il a pu emporter de leurs castors, mais le Soleil d'Afrique n'en a pu prendre à cause des vivres dont il fallait qu'il se chargeât pour la subsistance de ceux qu'on a envoyés avec le sieur de Villebon et leur receveur général ne s'en est pas soucié parce qu'il y a d'autres vaisseaux dans lesquels il chargera ce qui lui en reste.Pour ce qui regarde l'union qu'on me recomande d'avoir avec M.l'évêque et les ecclésiastiques, il n'y a rien que je n'aye fait et que je ne fasse tous les jours pour la maintenir; ils sont tous remplis de beaucoup de vertus et de piété, et si leur zèle n'était pas si véhément et un peu plus modéré, ils réussiraient peut-être mieux dans ce qu'ils entreprennent pour la conversion des âmes, mais ils usent souvent pour en venir à bout, de moyens si extraordinaires et si peu usités dans le royaume, qu'ils rebutent la plupart des gens au lieu de les persuader et c'est sur quoi je leur dis quelquefois mes sentiments avec franchise et avec le plus de douceur que je puis, sachant les murmures que cela cause et recevant très souvent des plaintes de la gêne où ils mettent les consciences, surtout MM.les ecclésiastiques de Montréal où il y a un curé franc-comtois qui voudrait établir une espèce d'inquisition pire que celle d'Espagne et tout cela par un excès de zèle.J'en ai touché quelque chose à M.Tronson à qui M.l'évêque en doit aussi parler parce qu'il n'a pu y apporter tout l'ordre qu'il aurait souhaité, il est parti d'ici fort brouillé avec l'ancien évêque et le séminaire de Québec dans la pensée de faire régler en France tous leurs différends.Je n'ai point eu de curiosité d'en apprendre tout le détail; M.l'intendant y est entré beaucoup plus avant, parce qu'il est fort ami et allié même de l'ancien évêque, mais par le peu que j'en ai pu savoir, il me parait qu'il y a des gens ici qui n'ont pas plus d'envie de voir l'autorité d'un évêque bien établie que celle d'un gouverneur et que la condition du nouvel évêque serait fort méchante s'il n'avait pas plus de pouvoir qu'ils le prétendent sur les ecclésiastiques de son séminaire, qui est établi d'une manière fort singulière et extraordinaire, comme vous pourrez l'apprendre de ceux qui en sont encore mieux informés que moi et par ce que j'en écrivais à feu M.le marquis de Seignelay dans ma dernière dépêche que je vous supplie de vous faire représenter.Vous y verrez ce que je lui marquais aussi pour l'établissement des cures fixes qu'on diffère toujours d'année en année, tantôt sous un prétexte, tantôt sous un autre.Cependant il est constant qu'elles sont d'une nécessité indispensable et qu'autrement les peuples ne seront jamais assistés comme ils le doivent être, ni l'église du Canada établie comme il faut.C'est pourquoi il serait bon, pendant que M.l'évêque est en France qu'on réglât la chose si fortement qu'il n'y eût plus à y revenir, quelque prétexte plausible qu'on pût chercher; les expédients que je pro- 26 ARCHIVES DE QUÉBEC pose dans ma lettre ne seraient pas peut-être des moins méchants qu'on pourrait prendre et qui apporteraient d'ailleurs d'autres avantages aux habitants du pays.Je ne vous parle point de l'intelligence que Sa Majesté nous recommande si particulièrement dans tous les ordres d'avoir ensemble M.l'intendant et moi; quand le bien de son service, le repos des habitants et l'avantage de la colonie ne le demanderaient pas, l'inclination naturelle que j'ai pour lui m'y engagerait; aussi n'ai-je rien oublié depuis que je suis ici pour le gagner et plût à Dieu que les conseils qu'il reçoit trop librement de certaines gens qui n'ont jamais été amis de la paix et de l'union, ne l'en éloignassent pas quelquefois; mais je ferme les yeux à tout et ne me rebuterai point.Je souhaiterais bien que vous ne le fussiez pas de n'avoir point trouvé dans l'esprit du Roi de la disposition à accorder au S1 Provost la lieutenance de Roi de cette ville et que vous voulussiez bien encore une fois lui représenter qu'étant obligé d'en sortir souvent, il est expédient qu'il y reste plus d'un officier pour y commander, un major ne pouvant pas tout faire, surtout quand il est attaqué souvent de la goutte et de la gravelle comme est le Sr Provost.Quoique le Sr de Ramezay ne soit pas de même aux Trois-Rivières, il est certain qu'un major lui serait bien nécessaire et que le Sr Boucher de Grandpré, qui en a toujours fait les fonctions avant même mon arrivée en ce pays, sans aucuns émoluments, s'en est aquitté très dignement, ce qui lui pourrait faire espérer une commission avec trois ou quatre cents livres d'appointements, qui est une somme bien modique, mais qui ne laisserait pas de lui augmenter l'envie de faire encore mieux.I.a modicité de ceux de M.de Ramezay l'obligera sans doute de vous supplier de les vouloir égaler à ceux du gouverneur de Montréal, puisque sa place est aussi considérable et importante, qu'elle est de Domaine du Roi, et sur un passage qui épuise un gouverneur par les dépenses qu'on ne saurait éviter de faire, celui-ci d'ailleurs est un fort galant homme et qui mériterait quelque chose de meilleur.II y a longtemps que j'ai une estime et une amitié particulières pour M.de Repentigny et pour toute sa famille, c'est une des plus anciennes et la première noble qui soit venue s'établir en Canada où ils avaient apporté beaucoup de bien.Diverses disgrâces et malheurs qui lui sont arrivés et dont le grand attachement qu'il a toujours eu pour les personnes qui avaient ici l'autorité du Roi entre les mains ont pu causer une partie, font qu'il est présentement incommodé et chargé d'une nombreuse famille ayant onze garçons dont il y en a six ou sept dans le service, tous fort braves et bien intentionnés; le S1 de St-Pierre, que j'ai déjà fait lieutenant, est du nombre et fort joli garçon qui a même fait des actions de distinction et qui mérite qu'on fasse quelque chose pour lui, c'est à quoi je vous assure que je ne manquerai pas quand l'occasion s'en offrira; mais si vous aviez la bonté de procurer quelque gratification au père, comme on en accordait autrefois à ceux qui avaient un aussi grand nombre d'enfants qu'il en a, elle lui aiderait à subsister et à l'entretenir, ce qu'il a de la peine à faire.Je vous envoyé plusieurs placets de personnes qui m'ont prié de vous les recommander et qui méritent assurément qu'on ait quelqu'égard à leurs services.Je ne saurais m'empêcher de vous représenter que le Sr de Muy, capitaine dans ce détachement, est un de ceux qui le méritent plutôt, parce que c'est un très bon officier qui s'est distingué dans le siège de Québec, comme je le mandais à feu M.le marquis de Seignelay, et que s'il jugeait à propos de l'avancer dans les premières promotions qu'il ferait des charges de la marine et ayant plus de treize ans qu'il est enseigne de vaisseau, cela donnerait une grande émulation à tous les officiers, qui sont ici et qui ARCHIVES DE QUÉBEC 27 ont servi aussi dans le même corps, de faire encore mieux leur devoir voyant que pour être éloignés ils ne seraient pas oubliés.Vous en trouverez quelques-uns parmi ces placets, qui ne regardent que mes intérêts particuliers comme le payement d'un secrétaire, d'un aumônier et d'un chirurgien que je vous demande.Il n'y a point de gouverneur de province dont le secrétaire et l'aumônier ne soyent payés et qui ayant un état-major à leur compagnie des gardes, n'y ait aussi un chirurgien compris.M.l'intendant a son secrétaire payé, qui n'a pas assurément, tant d'affaires que le mien et qui trouve d'autres douceurs que l'autre, lequel, par conséquent, est tout sur mes coffres, l'aumônier y est de même et celui qu'on a donné au Conseil à qui il ne faut qu'une messe par semaine, servant tous les jours à M.l'intendant, il est exempt de cette dépense; quand il n'y aurait que la considération de la garnison du château de Québec qui se trouve la seule qui soit sans aumônier, je croirais qu'on voudrait bien faire une dépense de trois cents livres qui suffirait pour cela.Ainsi, Monseigneur, j'espère que vous ne trouverez pas mauvais que je vous supplie d'y faire quelqu'attention et de considérer que les appointements que le Roi me donne sont si médiocres et exposés, toutes les années, à tant de risques et d'avaries par le danger que courent les vaisseaux qui nous apportent les provisions que nous sommes obligés de faire venir de France, que quelque ménage que j'apporte, et quelque règle que je m'impose, il m'est très difficile de pouvoir subsister, ce que je ne pourrai absolument faire si, comme je le mandais à feu M.le marquis de Seignelay et que je m'étais donné l'honneur de vous l'écrire, vous n'avez la bonté de me faire payer toutes les années mes appointements par avance et dès le mois d'avril et de mai avant le départ des vaisseaux, ainsi que je l'ai toujours été pendant les dix années de mon premier gouvernement quoique la guerre ne fût guère moins forte qu'elle l'est présentement, M.Colbert ayant toujours jugé que sans cela, il me serait impossible de faire venir les provisions qui m'étaient nécessaires et qu'il faut acheter au quadruple, quand on est nécessité de les prendre sur les lieux.Je ne vous parle point de l'état où est le château de Québec, parce que je l'ai expliqué assez amplement dans mes dernières dépêches, ayant envoyé la visite que M.l'intendant et moi en avons fait faire par où vous connaîtrez le péril évident où il est et que je serai bien heureux si j'y puis passer encore cet hyver sans être accablé sous ces ruines, ce que je suis assuré que vous ne voudriez pas.I.a gratification que vous m'avez procurée cette année m'a beaucoup servi à réparer une partie des grandes dépenses que la conjoncture des affaires et l'excessive cherté où toutes choses sont ici pour la vie m'ont causées.Quoique j'aie reçu avec tout le respect et la reconnaissance possibles les marques que Sa Majesté m'a données de sa bonne volonté en ce rencontre, je vous avoue que je suis bien autrement pénétré de la satisfaction qu'elle a bien voulu me marquer, de sa propre main, avoir de ma conduite et de mes services.Ceux que j'avais rendus dans la levée du siège de Québec ne méritaient pas toute l'attention que j'ai appris qu'elle y avait donnée parmi un si grand nombre d'heureux et de considérables événements auxquels elle devait être beaucoup plus sensible, et je ne le puis attribuer qu'à la bonté que vous avez eue de les faire valoir, ce qui ne m'a pas surpris, connaissant votre humeur toujours bienfaisante et portée à favoriser principalement les personnes qui ont l'honneur de vous appartenir d'aussi près que je fais, ce que vous marquez bien dans les enfants de M.d'Herbault qui me mande ne pouvoir jamais assez se louer de tous les bons traitements que vous leur faites. 28 ARCHIVES DE QUÉBEC C'est ce qui me fait espérer que vous voudrez bien les étendre jusques sur moi et quand il s'offrira quelques charges et établissements solides ou quelques dignités et marques de distinction, me mettre sur les rangs comme les autres, puisqu'il me serait bien douloureux de me voir oublié parce que je suis dans un pays éloigné où les services sont plus difficiles et plus périlleux que dans les autres.Je dois être assez mortifié de voir tant de personnes au-dessus de ma tête, qui n'en ont pas plus rendu que moi et qui n'y ont pas mangé tout leur bien, comme j'ai fait le mien.Il ne me reste plus que celui que le Roi me donne et je suis dans un âge où, quoique la bonne volonté et les forces ne me manquent pas encore, je me vois à la veille de perdre les unes si je conserve l'autre qui ne m'abandonnera qu'avec la vie; ainsi un poste un peu plus solide et plus tranquille que celui du Canada me conviendra bientôt et si je puis être assuré de votre protection je ne désespérerai pas de l'obtenir, pour peu que vous vouliez faire souvenir Sa Majesté dans les occasions.Vous ne voudriez pas que je tombasse dans la décrépitude, sans bien, sans dignité, et sans distinction, et vous avez le cœur trop bien placé pour que vous ne vous en fissiez pas le premier quelques reproches.Trouvez donc bon, s'il vous plaît, que ma femme et mes amis vous en rafraîchissent de temps en temps la mémoire, et vous assurent, comme je fais, que vous ne vous attacherez jamais personne qui ait pour vous un dévouement plus entier, plus sincère et plus respectueux que, Monseigneur, Votre très humble et très obéissant serviteur, Frontenac P.S.J'avais écrit, Monseigneur, à M.le marquis de Seignelay, par le Sr Gaillard qui servait ici de comm' et je lui mandais que c'était un homme qui aurait fait ici sa charge avec beaucoup de zèle et d'exactitude et que s'il voulait le questionner sur l'état et sur les affaires de ce pays, personne ne pouvait lui en rendre meilleur compte; je crois devoir vous répéter la même chose, parce qu'il en a une parfaite connaissance, qu'il est fort intelligent et capable de tous les emplois qu'on lui voudra donner.M.l'intendant vous rendra compte des raisons qui l'ont obligé de me proposer de faire l'ordonnance pour faire prendre au commis du Sr Lubert, trésorier de la marine, deux cent mille livres des particuliers de ce pays pour subvenir aux dépenses du payement des officiers et subsistance des troupes depuis le premier janvier 1692, jusqu'à ce que les fonds soyent arrivés, sans avoir recours à faire des cartes comme nous y avons été obligés les autres années.J'y ai donné les mains et l'ai signé conjointement avec lui.Je suis obligé, Monseigneur, de vous représenter qu'il y a ici un grand abus que les marchands de la Rochelle ont introduit eux-mêmes, qui ne se pratique que pour ce pays et dont tout le public souffre beaucoup, qui est de se faire payer par avance le fret de toutes les boissons et marchandises qu'ils y apportent; cela donne lieu à mille friponneries qui se font, les capitaines et les bourgeois de navires ne prenant pas le soin qu'il faut pour faire bien arriver les barriques et autres ballots de marchandises qui viennent souvent si mal conditionnés que beaucoup des premières arrivent toutes vuides et les autres fort viciées causent, par conséquent, une perte très considérable à ceux qui les reçoivent, outre qu'ils se mettent peu en peine ARCHIVES DE QUÉBEC 29 d'être pris par les corsaires, parce qu'ayant pour l'ordinaire assuré le corps de leur vaisseau et ayant été payés du fret à l'avance il se trouve qu'ils gagnent au lieu de perdre en se laissant prendre.Si vous avez la bonté d'y remédier, il faudrait un ordre si exprès qu'ils n'osassent pas y manquer sans craindre d'être châtiés.Vous aurez appris la misérable destinée du &¦ Perrot qui après avoir été traité d'une manière inouie et extraordinaire par les forbans qui l'avaient pris, a enfin perdu la vie à la Martinique après avoir été dépouillé de beaucoup d'effets qu'il avait dans son vaisseau et d'autres qui étaient restés à Port-Royal lorsque les Anglais s'en emparèrent l'année dernière.Je vous envoyé, Monseigneur, une lettre pour Sa Majesté que je prends la liberté de vous supplier de lui présenter.Frontenac (1) LETTRE DU GOUVERNEUR DE FRONTENAC AU MINISTRE (30 AVRIL 1690) Québec, 30 avril 1690 Monseigneur, La grande disette de farine et de blé où l'on se trouve ici cette année et l'appréhension que l'on y peut avoir, avec fondement, d'être troublé dans les semences et les récoltes, par de nouvelles incursions d'Iroquois, font que nous avons cru, M.l'intendant et moi, qu'il était d'une nécessité indispensable de vous dépêcher un bâtiment pour vous en donner avis, afin qu'il vous plût pourvoir aux grands besoins dans lesquels nous sommes et nous faire envoyer, le plus promptement possible, les farines nécessaires pour les troupes suivant le mémoire que Mr l'intendant vous envoie, sans lesquelles il lui serait comme impossible de trouver les moyens de les faire subsister.Le bled qui dans les années les moins abondantes ne valait au plus que 3 livres le minot, qui n'est que la 4e partie du setier de Paris, commence à valoir sept francs, et ceux qui ont de l'argent n'en trouvent pas encore à emporter.Je me servirai de cette même occasion pour vous rendre un compte succinct de ce qui s'est passé depuis le départ des derniers vaisseaux, n'osant pas m'étendre beaucoup, à cause du peu de sûreté qu'il y a dans ce bâtiment, et remettant à le faire plus au long par les navires qui retourneront.Je vous dirai seulement, Monseigneur, que les suites que j'avais prévues de l'abandonnement qu'on a fait ou fort Frontenac sont arrivées comme je vous le marquais, puisque les lettres que les Pères Jésuites, missionnaires à Missilimakinac, écrivaient au gouverneur qui devait relever Mr le marquis de Denonville et dont ils ne savaient pas encore le nom, portent que les démarches basses et honteuses dont on s'est servi du côté des Iroquois, ont fait connaître aux nations d'en haut notre faiblesse, l'appréhension que nous avons d'eux et l'impuissance dans laquelle nous étions par conséquent de les soutenir et de les protéger, ce qui les obligeait à chercher les voies de s'accommoder sans notre entreprise pour ne pas rater, exposés à leur (1) Archives de la province de Québec. 30 ARCHIVES DE QUÉBEC furie et à leur cruauté, et vous verrez par la copie de celle du Père Carheil où il a plus de détails que dans les autres, que ces nations quoique sauvages, ne laissent pas de bien connaître leurs intérêts.Dans le temps que je recevais cet avis, la saison ne permettait pas de chercher les voies de remédier à ce mal, et d'essayer de conserver le poste de Missilimakinac lequel entraînerait par sa perte la ruine totale de notre commerce avec les nations d'en haut si les Anglais avaient fait les maîtres, mais je résolus d'envoyer un détachement de cent hommes pour se jeter dedans aussitôt que la navigation serait libre, commandé par des personnes qui connaissent l'esprit public et les manières des Sauvages et qui, par le crédit qu'ils se sont acquis parmi eux et les présents qu'ils leur portaient de toutes choses qu'ils aiment le mieux, seraient peut-être capables de ramener leur esprit et d'empêcher la conclusion de leur craité avec les Iroquois qui ne se devait tout à fait terminer qu'à la fin du mois de juin, qui est le temps auquel ils se sont donnée rendez-vous pour s'aboucher derechef; je le ferai partir au premier jour.Cependant j'ai cru qu'il serait bon d'occuper de telle manière les Anglais chez eux, qu'ils le fussent plus du soin de ces différends que de celui de nous venir attaquer avec les Iroquois par plusieurs endroits comme ils se vantaient de le faire et que nous avons avis qu'ils en sollicitaient ces derniers.J'envoyai donc cet hiver trois différents partis composés de quelques soldats des troupes, de Canadiens et de Sauvages l'un du côté d'Orange, l'autre plus à gauche, vers Boston, et le 3e le long des côtes de Boston et de Pentagouée.Le premier est revenu il y a un mois et a enlevé un grand bourg près d'Orange, appelé Corlar, qu'ils ont brûlé et saccagé entièrement avec un parti de trois ou quatre cents personnes, quantité de bestiaux et d'autres effets; ils ont emmené seulement quarante prisonniers sans avoir perdu qu'un seul homme et quelques traineurs qui, pour être restés derrière dans leur retraite et n'avoir pas suivi le corps, ont été enlevés à cinq lieues seulement de Montréal par un parti qui les avait suivis en guerre.Vous ne sauriez croire.Monseigneur, la joie que ce léger succès a causé dans le pays et dans les esprits et combien il contribue à les relever de la consternation et de l'abattement où ils étaient et dont ils ont de la peine à revenir.Je ne doute pas qu'il ne produise aussi de bons effets parmi les Anglais et les Iroquois, et si le Sr de la Caffinière a fait encore quelques prises sur la route de Manathe, comme j'ai déjà su qu'il en avait fait sept ou huit avant que d'arriver à Port-Royal après m'avoir quitté à Chedabouctou, ils connaîtront par là que nous ne sommes pas tous morts, comme ces derniers le publiaient, ni résolus de demeurer dans une inaction pareille à celle qu'ils nous reprochaient, notre réputation pourra même se rétablir un peu dans les esprits de nos alliés quand ils sauront que nous tenons présentement une conduite opposée à celle des années précédentes et que nous voulons en quelque façon faire la guerre à leur mode qui est la véritable méthode qu'on doit garder en ce pays, et que je continuerai, si vous l'avez pour agréable, en harcelant par de fréquents partis les nations auxquelles nous avons à faire.J'attends aux premiers jours des nouvelles du second que je vous marque avoir détaché et il y a lieu de penser qu'il n'aura pas moins bien réussi que le premier.Pour le troisième, je n'en saurai rien apprendre que dans la fin de juin parce qu'il est allé bien plus loin que les autres.Tous ces différents mouvements n'ont pas empêché que je n'aie fait entamer la négociation de paix avec les Iroquois par les soins de ce chef que j'ai ramené de ARCHIVES DE QUÉBEC 31 France, en leur faisant dire de sa part que ce n'est point à eux qu'on en veut, quelques choses qu'ils aient faites parce que l'on les regarde comme des enfants à qui on a retourné l'esprit, mais aux Anglais qui en sont la cause et qui les ont engagés à sortir de l'obéissance d'un père qui les a toujours aimés et qui ne les a jamais trompés, que leur chef était en pleine liberté de les aller trouver quand ils voudraient le redemander de la manière dont les enfants doivent parler à un père et non pas comme ils avaient fait ci-devant, et ils s'y seraient peut-être déjà portés si quelques particuliers qui ne devraient point se mêler de ces sortes d'affaires n'y eussent envoyé des Sauvages sans ma participation, soit par imprudence ou par d'autres intérêts, avec des colliers sous terre qui est la manière dont on se sert pour faire dire quelque chose en secret aux Sauvages, ce qui a troublé et embarrassé leurs esprits.On peut maintenant juger par le rapport qu'ont fait les envoyés de ce chef qu'ils appellent Oreaoué, qu'ils ne sont pas si indisposés pour la paix qu'on se l'imaginait et qu'ils remettent à résoudre toutes choses quand il sera de retour dans leur pays, mais comme il parait toujours dans de bons sentiments et résolu de ne point quitter qu'il n'y ait de l'acheminement à la paix et qu'on ne vienne le quérir solennellement en lui envoyant des anciens et des considérables en qui on puisse avoir confiance et traiter d'affaires, il s'est déterminé de lui-même à leur envoyer une seconde fois ses gens quoique je lui offrisse aller avec eux, ce qui l'a plus retenu que tous les cachots dans lesquels j'aurais pu le faire enfermer.Il faut attendre ce que produira ce second pourparler pour pouvoir vous mander quelque chose de certain et cependant se tenir sur ses gardes afin de n'être point surpris, n'y ayant pas beaucoup de confiance à prendre en ces sortes d'esprits.Mr l'intendant vous a fait savoir les raisons pressantes qui l'ont obligé à me proposer de faire faire conjointement des cartes pour le paiement des troupes, c'est pourquoi je ne vous en parlerai point, parce que vous verrez la nécessité qu'il y avait de se servir de ce moyen et l'état où nous allons être réduits, si vous n'avez la bonté de nous procurer de nouveaux secours d'hommes et de munitions, au cas que les affaires du Roi le puissent permettre.L'incendie qui, par malheur, est arrivé au magasin du Roi qui est à Montréal et où tout ce que nous avions de farines, lards, biscuits et autres munitions ont été consumés à la réserve de si peu de choses qu'on a sauvé, augmente encore beaucoup nos besoins, comme Mr l'intendant vous le doit mander.Vous recevrez, Monseigneur, par les vaisseaux de l'automne le détail de ce qu'on a fait pour la réforme des troupes et des biais que j'ai trouvés pour contenter, par quelques marques d'honneur et sans qu'il en coûte rien au Roi, des personnes qui avaient rendu des services considérables et à qui on avait promis de grandes récompenses.J'espère que vous les approuverez et que vous serez persuadé, puisqu'ils m'étaient inconnus, que je n'ai eu en cela d'autre but et d'autre application qu'à bien servir Sa Majesté et faire les choses qui pourront vous être agréables.L'appréhension que j'ai eue que ce bâtiment pût être rencontré en mer par les ennemis, et qu'ils interceptassent les dépêches, m'a obligé d'en charger un officier aux ordres d'y attacher du plomb et de les jeter à la mer en cas qu'il fût pressé; s'il n'est pas assez heureux pour vous les remettre entre les mains, il pourra au moins vous informer de l'extrême besoin que nous avons de farines et autres munitions et vous rendre compte de l'état où il a laissé ici toutes choses.Si vous voulez bien, Monseigneur, nous gratifier de quelques corps de bâtiments, soit de celui sur lequel vous ordonnerez qu'on nous apporte nos provisions ou de quelque autre petit, pour rester toujours ici, cela, nous serait d'une grande 32 ARCHIVES DE QUÉBEC utilité pour envoyer à l'Ile Percée, Acadie, Terreneuve et même en France quand le service du Roi le demandera; nous ne serions plus exposés par ce moyen à la merci des marchands qui n'ont ici que de méchants bâtiments et auxquels nous sommes forcés d'en donner un prix excessif lorsqu'il les faut fréter; trois ou quatre hommes suffiraient pour les garder pendant l'hiver et nous en trouverions ici d'autres quand il faudra l'équiper.M.l'intendant m'a dit qu'il vous ferait la même prière en vous en démontrant la nécessité.Il n'y a rien que je ne fasse pour vivre avec lui dans l'union et bonne correspondance que vous m'avez recommandées, agissant toujours de concert et ne faisant rien que je ne lui communique et dont il demeure d'accord.Je garde la même conduite avec Mr l'évêque et j'apporterai toujours tous mes soins pour qu'ils n'aient jamais à se plaindre de moi.' C'est pourquoi je vous supplie d'être entièrement convaincu aussi bien que du profond respect et de la parfaite reconnaissance auxquels je serai toute ma vie.Monseigneur, Votre très humble, très obéissant et très obligé serviteur, Frontenac (1) MÉMOIRE DU ROI AU GOUVERNEUR DE FRONTENAC ET A L'INTENDANT BOCHART CHAMPIGNY (14 JUILLET 1690) A Versailles, le 14« juillet 1690 Le Roy a veu par les lettres et par le rapport qui a esté fait par le Sr marquis de Denonville et par celuy du lieutenant envoyé par le & comte de Frontenac de Testât des affaires de Canada, et Sa Majesté a esté informée des irruptions que les Iroquois ont faites dans l'île de Montréal et des soins dudit S1\"de Frontenac pour essayer de traitter de la paix avec ces Sauvages par le moyen de ceux qui ont esté envoyez de France.Les affaires considérables que Sa Majesté a à soutenir à présent ne luy permettent pas d'envoyer en Canada de nouveaux secours de trouppes ny de penser à l'entreprise qui avait esté proposée Tannée dernière sur la Nouvelle-York.C'est pourquoy ayant examiné ce qui s'est passé pour le party qu'il y a à prendre ou de se tenir sur la deffensive ou d'attaquer les ennemis.Sa Majesté estime qu'une forte et vigoureuse deffensive est plus convenable présentement à son service et à la sûreté de la colonie.Elle ne laisse pas d'espérer que si ledit Sr de Frontenac peut attaquer les ennemis avec avantage, il ne perdra pas l'occasion de les réduire de vive force à la paix: mais entre la nécessité d'estre sur la deffensive et la négociation pour la paix, Sa Majesté veut bien qu'il se serve pour la faire, de la créance qu'il (1) Archives de la province de Québec \\ ACTE DE CONCESSION D'UN FIEF PAR LE GOUVERNEUR D'AVAUGOUR A CHARLES CREVIER DIT LA MESLÉE / Pierre d'Avaugour Mareschal de Camp des armées du Roy Lieutenant gnat pour sa Majesté en la Nouvelle france estendue du fleuve S'.Laurent A tous ceux que ces présentes lettres verront Salut Sçavoir faisons Qu'en vertu du pouvoir a Nous donné par la Compagnye des Seigneurs de ce pays Nous avons donné et concédé par ces présentes a Charles Crevier Sr de la Meslée, Quarante arpens de front sur led fleuve du Costé du sud commancant au bout des grands caps en montant, sur deux lieues de profondeur le tout en fief sans toutesfois aucun droit de Justice.A la charge du Relief, quint, et requint quant le Cas y écherra suivant la Coutume de paris, qui seront payés à la recepte des d.Seigneurs, de leur faire ratiffier les présentes, et d'y tenir feu et lieu dans l'an et jour Donné à Québecq ce quatriesme jour de juin gby* soixante deux.Dubois Davaugour Peronne De ma?é (1) (1) Archives de la province de Quebec. ARCHIVES DE QUÉBEC 33 s'est acquise avec les Iroquois en conservant l'honneur de ses armes par tous les rnénagemens possibles.Les entreprises faites par les Iroquois obligent Sa Majesté de recommander audit S1 de Frontenac de prendre de plus justes mesures que par le passé pour les empescher et de tenir la main à ce que tous ceux qui occupent des postes soient tousjours sur leurs gardes, mesme qu'ils envoyent des partys pour avoir connaissance de leur marche et parle moyen des batteaux armez qu'il peut mettre dans le« endroits où ils doivent passer, sous le commandement d'officiers vigilans et qui ayent l'expérience nécessaire pour pouvoir pénétrer les précautions avec lesquelles ces Sauvages ont coutume de marcher affin de les esloignerde la colonie et qu'ils ne la puissent entamer.Rien ne paraist plus nécessaire pour cet effet que d'exécuter les ordres que Sa Majesté a desjà donnés pour la réunion des habitations en villages et particulièrement au-dessus des Trois-Rivières, affin que les habitans soient mieux en estât de se dcffendre; il faut mesme qu'il les oblige à fermer ces villages de palissades et se mettre par ce moyen hors d'insulte.Il faut aussy qu'il fasse en sorte que les habitans ne puissent estre insultez dans le temps des semences et des récoltes, en mettant quelques officiers et des soldats aux endroits où les ennemis pourraient venir pour prendre avantage de la nécessité où les habitans sont d'estre pour lors à la campagne.Quoyqu'il doive faire son capital de conserver le pays et d'y employer particulièrement les trouppes.Sa Majesté est aussy persuadée qu'il peut faire attaquer les Anglais et les Iroquois par les Sauvages alliez comme Elle apprend qu'il a commencé.Elle luy recommande pareillement de donner du secours aux S» de la Forest et Tonty auxquels Elle a accordé l'establissement qu'avait le feu Sr de la Salle aux Illinois pour les mettre en estât d'attaquer de leur part les Iroquois.Il pourra encore faire agir les Iroquois alliez et pour cet effet il paraist convenable de renvoyer au lieu nommé le Sault ceux qui en avaient esté tirez pour les faire venir à Montreal et de leur donner touttes les assistances qui seront nécessaires tant pour la subsistance que pour la garde de leurs familles et les engager à faire une forte guerre aux Iroquois ennemis.Sa Majesté estime que comme l'establissement des Canibas est particulièrement du costé de l'Acadie et dans le voisinage des habitations de la Nouvelle-Angleterre, où ils ont enlevé le fort de Femquit et plusieurs postes fortifiiez, ils doivent estre excités d'y continuer la guerre et pour cet effet ledit Sr de Frontenac entretiendra correspondance avec ledit Sr de Menneval qui commande à l'Acadie auquel ils ont beaucoup de confiance, et pour luy donner moyen d'y concourir.Sa.Majesté luy ordonne de faire aux chefs de cette nation les mesmes presens que l'année dernière.Elle espère que la négociation qu'il a commencée avec les Outaouacs, sur l'avis qu'il a eu de la paix qu'ils ont faite avec les Iroquois, aura le succès qu'il en a attendu et qu'il les aura engagez à leur renouveler la guerre, ce qu'il doit procurer par tous les moyens possibles même en leur faisant faire quelques présents.Sa Majesté est bien aise de luy dire à cette occasion que n'estant plus obligé aux extraordinaires despences qu'il a fallu faire cy-devant pour attaquer les Iroquois, il trouvera dans les fonds qui seront faits cette année de quoy assister tous ces Sauvages pour en tirer les services auxquels il jugera à propos de les employer.3 34 ARCHIVES DE QUÉBEC Il doit profiter des dispositions des intéressez en la compagnie du Nord pour le dessein qu'ils ont formé de faire attaquer le fort dé Nelson par le S1\" d'Iberville et les ayder de son authorité dans les choses où ils en auront besoin pour les mettre en estât de chasser les Anglais de ce poste, qui est le seul qui leur reste dans la baye d'Hudson.Quelques veues que Sa Majesté donne au dit Sr de Frontenac pour le maintien de la colonie et réduire les Iroquois à désirer la paix, cependant par la confiance qu'Elle a.en son zèle et en son application.Elle se remet à luy d'y adjouster et de faire en cette occasion ce qu'il estimera de plus convenable à son service ne douttant point que par la connaissance qu'il a des manières des Sauvages, de ses forces et du pays il ne soit en estât de prendre le meilleur party.Sa Majesté ayant appris que les habitans de Québec ont fait préparer les palissades pour fermer cette ville, il faut qu'il les oblige à y travailler sans retardement et en cas qu'ils ne se puissent absolument passer de quelque secours pour achever cet ouvrage, lesdits S11 de Frontenac et de Champigny examineront les moyens d'y pourvoir et de leur faire donner ce qui sera indispensablement nécessaire.Le Sr de Denonville ayant fait remarquer que dans l'abandon du fort de Cata-rakouy celuy qui y commandait n'en avait pas fait saper les fortifications suivant son ordre et qu'ainsy si les Anglais ou les Iroquois occupaient à present ce poste ils y seraient bientost en estât de deffense, il est très nécessaire que ledit Sr de Frontenac y envoyé aussytost qu'il sera possible pour achever de le destruire, s'il ne l'a pas encore fait, et qu'il fasse aussy rechercher les deux canons de fonte qui ont esté tirez de ce fort et laissez au lac St-Françqis.La despense faitte pour les forts de Missilimakinac et du lac Erié devant estre remboursée sur les premiers congez qui seront délivrez pour la traitte suivant l'ordre de Sa Ma1* du 8e mars 1688, Elle ne veut pas qu'il en soit donné aucun que cette despense ne soit entièrement acquittée.Ledit Sr de Denonville a représenté la nécessité qu'il y a d'occuper la jeunesse des familles nobles de Canada et a proposé de les faire passer en France pour servir dans les trouppes ou de les employer dans celles de Canada à mesure qu'il vacquera des places.Sa Majesté avant de se déterminer est bien aise d'avoir l'avis desdits S*» de Frontenac et de Champigny sur ce qui peut estre de plus à propos pour son service à cet esgard.Sa Majesté après avoir expliqué auxdits S1* Frontenac et de Champigny ses intentions sur ce qui regarde la guerre, estime nécessaire de leur dire qu'Elle agrée que le dit Sr de Frontenac continue à se servir du moyen qu'il a commencé d'employer pour obliger les Iroquois à la paix, en observant de ne rien faire qui leur fasse connaistre qu'il la désire par la crainte de la continuation de la guerre ny dont ils puissent prendre aucun avantage, Elle est néanmoins persuadée que dans Testât où est à present la colonie, il est d'une extrême importance pour sa conservation qu'il puisse parvenir bientost à conclure un traitté avec ces Sauvages et à finir cette guerre dans laquelle par l'événement il se trouve qu'il y a beaucoup à perdre et rien à gagner.Elle recommande fortement auxdits Sr» de Frontenac et de Champigny de seconder avec toutte l'attention possible le zèle du Sr évesque de Québec pour l'avancement de la religion et pour secourir les ecclésiastiques dans les occasions où ils auront besoin de leur authorité, s'asseurant que les ecclésiastiques de leur part feront ARCHIVES DE QUÉBEC 35 tout ce qui dépendra d'eux pour contribuer dans cette conjoncture à maintenir les habitans dans une bonne union et dans la bonne volonté d'employer leurs biens et leurs personnes pour son service et pour leur propre conservation.Les S\" de Denonville et de Champigny ayant trouvé à propos de promettre six congez pour la traitte aux religieuses et à l'Hospital de Montréal, Sa Mate veut qu'elles en jouissent et que ledit Sr de Frontenac donne lesdits congez affin qu'elles puissent subvenir à la subsistance des malades et à la réparation de leurs bastimens.Sa Majesté a esté bien aise d'apprendre la facilité que ses sujets ont encore trouvée l'année dernière pour leur traitte avec les Outaouacs ayant apporté pour 800,000 1.de pelleteries.L'importance de ce commerce doit engager lesdits S« de Frontenac et de Champigny à ne rien oublier pour entretenir une bonne correspondance avec ces Sauvages et pour asseurer le retour des effets des Français.Le Sr de Denonville ayant rendu compte du progrez des entreprises du S1 Riverin pour la pesche des baleines et de la molue, lesdits S\" de Frontenac et de Champigny doivent l'exciter à les continuer et à accoutumer les habitans à ces pes-ches et l'asseurer que Sa Majesté fera attention à ses soins et aux despenses et pertes qu'il a souffert.Elle désire cependant qu'ils le fassent jouir des congez qu'Elle luy a cy-devant accordés quand il aura occasion et qu'ils donnent leur avis sur la demande qu'il fait du privilège de la traitte avec les Sauvages du lac de Thémis-caming.Sa Majesté a esté informée des plaintes des intéressez en la compagnie du Nord sur les difficultez que l'agent des fermiers a fait d'accepter les castors de leurs traittes et prises dans la baye d'Hudson quand ils les ont fait apporter à Quebec et de leur en payer le prix; et son intention est que lesdits S\" de Frontenac et de Champigny obligent cet agent à satisfaire ponctuellement en ce qui concerne ladite compagnie à cet esgard à la condition du bail des fermes par laquelle les fermiers se sont soumis au payement du castor.Quoyque Sa Matt veuille que son ordonnance du 24 may 1689 soit exécutée pour la deffense de la traitte de l'eau-de-vie avec les Sauvages dans leurs villages et lieux esloignez des habitations, Elle est pourtant bien aise de dire auxdits S™ de Frontenac et de Champigny, sur les plaintes des habitans et des négotians du trouble qu'ils reçoivent dans le commerce de l'eau-de-vie mesme du vin, qu'il faut leur laisser la liberté d'en faire le débit dans la manière portée par les règlemens, affin que ses sujets ne se trouvent pas privez de l'avantage qu'il ont sur les Sauvages par ce commerce.Sa Majesté ayant accordé au Sr de Ramezay le gouvernement des Trois-Rivières, vaccant par la mort du Sr de Varennes, Elle en fait joindre les provisions à cette lettre et Elle recommande audit Sr de Frontenac de tenir la main à ce qu'il paye à la veuve dudit de Varennes les mil escus qu'il s'est engagé de luy donner pour l'ayder à faire subsister sa famille et à l'esgard de la compagnie dudit Sr de Ramezay, Elle en a disposé en faveur du &\" de Noyan, suivant Tordre qui est pareille ment cy-joint.Elle a pareillement accordé aux S™ de Longueuil et du Crusel les congez qu'ils ont demandés pour venir restablir leur santé en France (1).(1) Archives du Canada; Archives de la province de Québec 36 ARCHIVES DE QUÉBEC LETTRE DU GOUVERNEUR DE FRONTENAC AU MINISTRE (12 NOVEMBRE 1690) Monseigneur, Quoique le Sr de Simonet vous ait rendu de bouche, cet été, un compte assez exact des choses dont je l'avais chargé, j'ai cru devoir vous envoyer un duplicata de la dépêche qu'il a été obligé de jeter dans la mer, afin que vous fussiez encore mieux instruit de tous nos besoins et de la suite des affaires de ce pays, lors de son départ.Vous y verrez avec combien de raison et de fondement j'appréhendais que les Outaouas n'achevassent de conclure leur traité avec 1'Iroquois, et les précautions que je prenais pour empêcher ce coup; elles ont heureusement réussi, car ayant fait partir dans le mois de mai le Sr de Louvigny de la Porte, capitaine réformé, dont la valeur et la prudence m'étaient connues, avec un détachement de 170 hommes, tant Canadiens que Sauvages, et lui ayant joint, avec des présents considérables, le Sr Nicolas Perrot, habitant de ce pays, lequel par la longue pratique et connaissance qu'il a de l'humeur, des manières, de la langue de toutes ces nations d'en haut, s'est acquis beaucoup de crédit parmi elles, ils arrivèrent si à propos à Missilimaki-nac que si ils eussent encore tardé huit jours, les ambassadeurs des Outaouas fussent partis pour aller trouver 1'Iroquois, lui ramenant tous les esclaves prisonniers qu'ils avaient, et mettre la dernière main à leur traité et à leur alliance.Les choses changèrent bientôt de face, et ils n'eurent pas plustôt appris que leur ancien père était revenu avec les mêmes sentiments d'amitié qu'il avait toujours eus pour eux qu'ils s'écrièrent qu'ils voulaient descendre le recevoir encore une fois, étant assurés qu'il ne les abandonnerait pas et ne les laisserait point en proie et à la discrétion de l'ennemi.Les menées et les intrigues de ceux qui étaient le plus portés pour l'Anglais et 1'Iroquois furent promptement dissipées et ils se préparèrent à descendre en grand nombre, et avec beaucoup de pelleteries, comme vous l'apprendrez par la suite.Il était arrivé une chose dans la marche de nos gens, dont le Sr de Louvigny se servit fort habilement pour faire connaître à toutes ces nations que les Français n'étaient'pas aussi abattus qu'on leur avait persuadé, et qu'il était résolu d'avoir une conduite bien opposée à celle qu'on avait tenue dans les années précédentes.Car ayant rencontré 13 canots d'Iroquois à 60 lieues de Montréal, qui voulaient s'opposer à son passage, il en prit neuf, tua plus de 30 hommes et en blessa autant, et fit quatre prisonniers, deux femmes et deux hommes, dont l'un fut mené à Missilimakinac, et donné aux Outaouas, qui l'ont brûlé et mangé pour faire voir qu'ils ne voulaient point de paix avec 1'Iroquois.L'autre m'a été donné et je l'ai remis entre les mains de ce chef que j'ai ramené de France, appelle Oneaori, pour en disposer comme il voudrait; on ne saurait croire combien cette confiance lui a gagné le cœur.Vous verrez, Monseigneur, tout le détail de cette action dans une relation fort exacte et circonstanciée que j'ai fait faire de tout ce qui s'est passé ici depuis le départ des vaisseaux de l'année dernière.Les sieurs de Louvigny, d'Hosta et la Gemmeraie s'y sont fort distingués.Le Sr Hertel et ses enfants ont fait de même dans un autre parti qu'il commandait et a ruiné beaucoup de maisons du côté où il était allé, tué un grand nom- ARCHIVES DE QUÉBEC 37 bre de bestiaux et emmené des prisonniers, mais ayant appris en s'en retournant que les sieurs de Portneuf et de Courtemanche que j'avais envoyés du côté de Boston n'étaient qu'à deux journées de lui, il les alla rejoindre et assista à la prise de cinq forts dans l'un desquels il y avait huit pièces de canon, et que l'on fut obligé d'attaquer par tranchée et à la sape.Nos Canadiens et surtout les sieurs de Portneuf et de Courtemanche y ont fait des choses surprenantes, et qui passent la vraisemblance; ils ont brûlé tous ces forts et quantité de maisons et bestiaux, et amené toute la garnison prisonnière avec le gouverneur que j'ai fait mettre ici au château, et qui m'a paru un bon homme.Le sieur Hertel, que je connais depuis très longtemps avoir eu beaucoup de zèle pour le service du Roi et de promptitude à exécuter tous les ordres qu'on lui donne, demanderait des lettres d'annoblissement, et si j'osais, je vous dirais, Monseigneur, qu'il les pourrait espérer, et par sa grande bravoure, en quoi ses trois enfants lui ressemblent beaucoup, et par ce qu'il n'y a guère d'hommes en ce pays à qui l'on puisse plustôt confier l'exécution de pareilles entreprises; son fils atné avait été considérablement blessé à la cuisse au premier parti qu'il avait fait.Voilà, Monseigneur, le succès des trois partis que j'avais projetés dès l'hiver, il s'en est fait depuis plusieurs autres moins considérables, où quoique nous ayons perdu quelques officiers et soldats, nous avons toujours eu plus d'avantage que les ennemis qui sont venus nous harceler en plusieurs endroits, mais qui n'ont pu empêcher qu'on ait fait les semences et les récoltes avec assez de tranquillité par le moyen des troupes que j'avais distribuées de tous les côtés, pour aider aux habitants, et par la précaution que j'ai eue d'avoir toujours des détachements et par terre et par eau pour croiser la rivière, et découvrir ceux qui voudraient descendre.Tous ces soins nous ont occupé tout l'été, et principalement depuis que j'ai été à Montréal, où je ne me suis rendu que le 31 juillet, parce que par un pressentiment qui par la suite ne s'est pas trouvé inutile, je voulais voir achever la clôture de la ville de Québec, qui a été faite de pieux et de petites, redoutes de pierres de distance en distance en moins de six semaines.Mr l'intendant vous rendra compte des moyens dont nous nous sommes servis pour cela, et du peu que les habitants y ont pu contribuer.Cependant, Monseigneur, il vous sera aisé de juger de ce qui est déjà arrivé, et par ce qui peut encore arriver au premier jour, de quelle importance il est de mettre cette ville en un meilleur état, et pour ses fortifications et pour toutes les autres munitions d'artillerie dont elle a besoin, puisque de sa seule conservation dépend absolument celle de tout le pays et de la colonie.Nous essayerons, Mr l'intendant et moi, en attendant vos ordres et les secours qu'il plaira au Roi de nous envoyer, d'accommoder.les choses du mieux qu'il nous sera possible et d'empêcher les Anglais, s'ils voulaient nous rendre une seconde visite, d'y réussir mieux qu'ils n'ont fait.Nous avions raison d'appréhender tous les jours à Montréal, que les Iroquois ne vinssent nous y rendre quelqu'une lorsque le capitaine, qui était dans le poste le plus avancé de l'Ile, m'envoya un homme, en toute diligence, m'avertir que le lac était tout couvert de canots.Personne ne douta qu'ils ne fussent ennemis et comme j'avais déjà donné les ordres de faire les signaux pour rassembler les troupes, qui étaient dans différents postes de l'Ile et des lieux circonvoisins, notre alarme fut changée en une nouvelle qu'il n'y avait pas lieu d'espérer, puisqu'on apprit que tous ces canots étaient Outaouacs, et chargés de beaucoup de pelleteries. 38 ARCHIVES DE QUÉBEC En effet, le lendemain ils arrivèrent au nombre de cent dix, dans lesquels il y avait plus de cinq cents Sauvages outaouacs, hurons, cristinàux, nipissins et de toutes les autres nations d'en haut, et pour près de cent mille écus de castor; on ne saurait comprendre la joie que tous les habitants et les marchands eurent d'une chose si peu attendue et elle augmenta encore lorsque dans l'audience que je donnai à ces Sauvages, ils apprirent de leur bouche qu'ils n'étaient descendus que pour voir leur ancien père et écouter sa voix, qu'ils étaient persuadés qu'ils ne les voulait pas abandonner comme on avait fait, ni s'amuser à de basses et honteuses négociations de paix, qu'ils venaient lui demander, s'il n'était pas résolu de faire la guerre tout de bon à l'Iroquois, jusqu'à ce qu'il fût humilié et de ne plus tenir en suspens le casse tête qu'on leur avait une fois mis à la main, mais de leur permettre de continuer la guerre, et que c'était la seule chose sur laquelle ils me priaient de m'expli-quer clairement.Je le fis dans un autre conseil que nous tînmes d'une manière qui les satisfit pleinement, en leur mettant moi-même la hache à la main et chantant la chanson de guerre pour m'accommoder à leurs façons de faire, je les assurai que je ne discontinuerais point la guerre que les Iroquois ne me vinssent demander la paix, et que ¦ si elle venait à se conclure, ce ne serait jamais sans leur participation, et sans prendre autant de-précautions pour leur sûreté que pour celle des Français mêmes, puisqu'ils étaient également mes enfants.Je leur expliquai ensuite de quelle façon j'avais permis à Oneaori, ce chef que j'ai ramené de France, de renvoyer ses gens à Onontagué, et de consentir que le chevalier d'Aux les accompagnât afin de leur ôter tous les soupçons qu'ils auraient pu prendre qu'on leur voulut cacher quelque chose.Enfin, après plusieurs régals et présents qu'on leur a faits et en particulier et en général, y ayant eu des festins publics où des bœufs tout entiers ont été mis dans des chaudières et les pièces de vin défoncées, ils s'en sont retournés si contents qu'il y a lieu d'espérer qu'ils persévéreront dans les bons sentiments qu'ils ont témoignés et harcèleront l'Iroquois l'hiver et le printemps, par de continuels partis, comme je les ai exhortés et qu'ils me l'ont promis.Ce qui marque encore mieux leurs bonnes dispositions, c'est d'avoir consenti à faire un aussi long séjour qu'ils ont fait à Montréal, eux qui dans la plus profonde paix n'y ont jamais voulu demeiuer que cinq ou six jours, c'est-à-dire, deux ou trois jours après leur traite finie,qui se fait toujours en deux fois vingt-quatre heures, tant ils ont de hâte de retourner dans leur pays.Cependant, j'ai trouvé moyen de les arrêter vingt-deux jours entiers, ce qui m'a beaucoup servi pour la facilité de nos récoltes, qui se faisaient de tous cotes, puisque c'était un renfort de cinq cents bons hommes que je pouvais opposer à l'Iroquois.J'en pourrai faire l'épreuve, car ayant eu avis qu'il descendait un fort gros parti d'Iroquois et d'Anglais par le lac Champlain qui pouvait tomber sur les côtes du Sud qui sont vis-à-vis de l'Ile de Montréal, je pris résolution de traverser la rivière moi-même avec toutes les troupes, et de combattre les ennemis, s'ils venaient à portée.Les Outaouas ne me virent pas plutôt faire ce mouvement, que quoique je leur eusse exprès laissé la liberté de rester à Montréal, pour y garder les marchandises qu'ils avaient déjà traitées, ils voulurent tous me suivre et vinrent camper avec moi à la Prairie de la Madelaine où nous fûmes trois jours, mais ayant su par des partis que j'avais détachés que ce corps d'ennemis n'était pas aussi considérable ARCHIVES DE QUÉBEC 39 qu'on avait cru d'abord, et que même il n'avait pas passé le fort de Chambly, je crus ne devoir pas tenir plus longtemps les troupes ensemble, et qu'il fallait les envoyer dans les lieux où elles étaient auparavant pour achever les récoltes, de sorte que je m'en revins à Montréal avec les Outaouas, où je les retins encore quelque temps, en leur disant que, puisqu'ils étaient résolus de faire la guerre à l'Iroquois, il ne fallait pas attendre qu'ils fussent retournés chez eux puisqu'ils trouveraient apparemment l'occasion de la commencer dès ici.Nous avons eu des nouvelles qu'ils doivent être arrivés à Missilimakinac fort heureusement, parce que nos Français, qui en sont venus pour apporter les pelleteries qui y étaient restées des années précédentes, au nombre de 55 canots et de plus de deux cent mille livres de castor, nous ont dit qu'ils les avaient rencontrés dans le lac Huron d'où ils pouvaient se rendre à Missilimakinac sans danger, de sorte que dans une année aussi pleine de troubles et d'alarmes et de périls qu'est celle-ci, on verra le commerce fleurir autant que dans la plus profonde paix, n'y ayant jamais eu, pendant dix ans que j'ai été en ce pays, de flotte de canots qui soit descendue en une seule fois plus nombreuse ni plus chargée de castors.C'est un pur miracle qui n'a pu venir que de la main de Dieu, ceux qui voudraient croire y avoir contribué n'étant que de faibles instruments qui n'y ont pas beaucoup servi et qu'il n'a employés que pour mieux faire éclater sa puissance, comme il a paru encore visiblement dans ce qui est arrivé à Québec.J'étais près de m'embarquer pour y descendre de Montréal à Québec après avoir expédié toutes les affaires de Montréal et avoir même fait la distribution des quartiers d'hiver pour les troupes qui devaient rester dans ce gouvernement, lorsque je reçus, le 10 octobre, à 3 heures après-midi, une lettre du major de Québec, par laquelle il me donnait avis qu'un Abénaquis considérable du côté de l'Acadie était venu exprès par ordre dé sa nation, pour m'avertir qu'il y avait plus d'un mois, qu'il était parti de Boston une flotte très nombreuse avec beaucoup de troupes dessus, dans le dessein de venir attaquer et prendre Québec.Vous pouvez croire.Monseigneur, que cet avis auquel je n'ajoutais pas une entière croyance, ne me fit pas différer mon départ, mais le bâtiment sur lequel je m'embarquai ayant pensé couler bas par une voie d'eau, qu'on n'avait pas aperçue, nous fûmes sur le point de périr, Mr l'intendant et moi, avec tout ce qui était dedans, de sorte que nous fûmes obligés de prendre des canots, et nous ne pûmes aller coucher qu'à 4 ou 5 lieues de Montréal dont nous repartîmes le lendemain à la pointe du jour; nous ne fûmes pas à six lieues du lieu où nous avions passélanuit que je reçus un second avis qui m'apprenait que la flotte des ennemis était vers Tadoussac, c'est-à-dire à 30 lieues de Québec.Je ne balançai plus alors d'envoyer en toute diligence un ordre à Mr de Callières de descendre le plus promptement qu'il pourrait avec toutes les troupes qu'il avait, en laissant seulement quelques compagnies dans la ville de Montréal, et de prendre en passant le plus d'habitants qu'il lui serait possible.Je marchai ensuite jour et nuit, et malgré un furieux coup de vent que nous essuyâmes, et les mauvais temps qu'il fit, je ne laissai pas d'arriver à Québec le 14 octobre, à 10 heures du matin, où j'appris que les ennemis avaient fait la traverse, c'est-à-dire qu'ils étaient à sept lieues de Québec.Ce qui me consola un peu fut de voir la résolution et la gaieté qui paraissaient sur les visages des habitants de la ville et des lieux circonvoisins que le sr Provost, major, avait fait jeter dedans.Je fus aussi fort content des batteries et de tous les autres retranchements qu'il avait fait faire, et qu'on n'aurait pas dû croire se pouvoir achever en quatre ou cinq jours de temps qu'il avait eus seulement, ce qui mar- 40 ARCHIVES DE QUÉBEC quait son soin, son application et sa vigilance; il fit ajouter ce que je crus le plus nécessaire et confirma l'ordre qu'il avait très judicieusement donné aux capitaines des milices de Beaupré, Beauport, l'Ile d'Orléans, et de la coste de Lauzon, de ne pas quitter leur côtes et de ne se point jeter dans Québec, qu'ils ne vissent les ennemis descendre à terre et déterminés à vouloir attaquer la ville, de peur qu'ils ne voulussent faire des descentes dans quelqu'un de ces endroits, ce qu'ils pourraient empêcher en côtoyant leurs vaisseaux d'un bord et de l'autre de la rivière, et s'opposant aux chaloupes qui voudraient mettre quelques gens à terre, comme ils ont fait effectivement.Les ennemis vinrent le dimanche mouiller à l'Arbre Sec, quatre lieues d'ici, et, le lundi, à l'aube du jour, ils doublèrent la pointe de Lévy et parurent à notre vue et dans notre rade au nombre de 34 voiles, dont il y avait 4 gros vaisseaux, quelques autres moindres et le reste cutters et autres petits bâtiments, sur lesquels on nous a dit qu'il y avait au moins 3,000 hommes.Je ne vous particulariserai point ici.Monseigneur, ce qui s'est passé pendant le temps qu'ils nous ont tenus investis, les divers mouvements qu'ils ont faits et par mer et par terre où ils avaient débarqué près de 2,000 hommes et du canon, leurs canonnades, les différentes escarmouches qu'il y a eu pendant 3 ou 4 jours, et dans lesquelles ils ont assurément perdu plus de cinq cents hommes morts ou blessés, parce que la relation que j'en ai fait faire vous en apprendra tout le détail.Je vous dirai seulement que mon principal dessein était de les engager à traverser une petite rivière qu'il fallait qu'ils passassent pour venir à la ville (s'ils n'avaient voulu l'aborder du côté de la grande rade) ce qu'il n'y avait pas d'appa-rance qu'ils dussent faire, parce que cette petite rivière ne se traversant qu'à marée basse, je la leur mettais à dos, et sans trop hasarder, je pouvais aller à eux en pleine bataille et les culbuter dedans, sans que jamais ils eussent pu regagner leurs chaloupes qu'il fallait qu'ils laissassent à plus d'une demi-lieue de leur passage, et qu'ils marchassent dans la vase jusqu'aux genoux pour s'y embarquer, au lieu que les faisant attaquer par toutes les troupes dans le lieu où ils s'étaient campés, je leur donnais le même avantage que je voulais conserver, me mettant cette rivière et la marée à dos, et rendant ma retraite fort difficile, outre que le chemin pour aller à eux était impraticable pour de grands corps à cause des bois, des rochers et des vases par où il fallait marcher et propre seulement pour divers petits pelotons qui escarmcuchas-sent à la manière des Sauvages, ce que tous nos soldats ne sont pas capables de faire et ce que nos officiers canadiens et les autres volontaires et habitants du pays, avec ceux des officiers et soldats français qui sont déjà accoutumés à ce manège, ont fait admirablement bien et avec autant de succès; qu'enfin la nuit du samedi au dimanche, 22 octobre, les ennemis voyant tous les jours de nouvelles escarmouches et appréhendant d'être attaqués dans leur camp, parce qu'ils avaient vu défiler dès le soir quelques troupes que j'avais envoyées pour soutenir ces divers petits détachements, prirent si fort l'épouvante qu'ils se rembarquèrent dans la plus grande confusion du monde et avec tant de désordre qu'ils abandonnèrent leur canon.Il fit une si horrible pluie pendant toute la nuit et elle était si obscure que nos gens les plus avancés ne purent s'apercevoir de ce qui se passait parmi eux, mais les ayant reconnus un peu avant le jour, ils trouvèrent cinq pièces de canon qui étaient à basse marée et que les chaloupes des ennemis ne pouvaient embarquer qu'elle ne fût plus haut.Aussitôt qu'il fit clair les ennemis amenèrent trois de leurs chaloupes pour essayer d'avoir leur canon, mais les nôtres s'en étaient déjà rendus maîtres et ARCHIVES DE QUÉBEC empêchèrent par leur grand feu que ces 3 chaloupes ne pussent mettre à terre, ce que leur amiral voyant, il détacha toutes ses chaloupes, au nombre de plus de trente, pour les soutenir, mais après avoir tenu conseil toutes ensemble pendant près d'une heure, se tenant pourtant toujours hors de la portée du fusil, ils n'osèrent tenter une descente et regagnèrent leurs navires sans se mettre davantage en peine de leur canon que les nôtres amenèrent.Ils ne songèrent plus qu'à se mettre en état de s'en aller et enfin disparurent tous le mardi et allèrent mouiller à quatre lieues de Québec.J'omettais de vous dire.Monseigneur, qu'une des choses en quoi ils ont été le plus trompés a été de voir que le concert qu'ils avaient fait avec les Iroquois n'a pas réussi comme ils l'espéraient, parce que j'apprends par tous les avis que j'ai reçus, que ceux de Manathe et d'Orange devaient, dans le temps que leur Hotte paraîtrait devant Québec, se rendre au nombre de 3,000 hommes, Anglais, Loups et Iroquois, pour nous investir et se rendre devant la ville du coté du haut de la rivière pendant que les autres feraient par le bas; l'affaire aurait été très embarrassante si Dieu n'y avait mis la main, mais les mêmes avis portant que les Anglais et les Loups ayant été attaqués de la petite vérole, ils envoyèrent des gens qui en étaient encore tout rouges, ce qui fâcha beaucoup les Iroquois qui leur dirent qu'ils leur apportaient la peste, comme en effet on m'écrit que cette maladie s'est mise parmi eux et en a fait mourir plus de trois cents, et qu'ensuite les mécontentements s'étant augmentés entr'eux, les Iroquois s'étaient retirés dans leurs villages, après avoir pillé quelques Anglais; ce qui peut confirmer cet avis est qu'un parti de 60 hommes que j'avais détaché de Montréal, sous la conduite du S1 de Mantet peu de jours avant que je descendisse à Québec pour connaître le véritable état où était le fort Frontenac abandonné en 1689 avec toutes les munitions, vivres, usten-ciles et armes, m'a rapporté qu'il n'y avait pas d'apparence qu'il y ait eu un Sauvage en ce lieu-là depuis plus de quatre mois, l'herbe étant dans l'enceinte du fort jusqu'à la ceinture et n'y ayant aux environs ni dans la route qu'ils ont faite depuis Montréal jusqu'au dit lieu, qui est de plus de 80 lieues, aucune piste ni cabànage de Sauvages, quoique ce soit les endroits où ils ont coutume d'aller à la chasse et à la pêche.J'ai reçu des lettres depuis peu de jours que d'autres partis de Sauvages qui étaient allés vers Onontaguê et dans les lieux qui ne sont jamais sans chasseurs, n'ont aussi rien trouvé, de sorte que je suis en peine desavoir ce que les Iroquois peuvent être devenus, et j'en attends tous les jours des nouvelles.Pour l'état du fort, le sieur de Mantet m'a assuré qu'il n'y avait que quelques brèches aux murailles qui ne seraient pas difficiles à réparer, mais que pour les bâtiments ils étaient tous détruits, c'est une affaire à laquelle je crois toujours qu'il faudra songer avec le temps, étant plus persuadé que jamais que c'est un poste aussi utile si la guerre continue que je le crois absolument nécessaire pour maintenir la paix, si nous sommes assez heureux pour la conclure.Mais pour revenir aux Anglais, quand ils eurent mouillé l'ancre à l'Arbre Sec, la Délie de la Lande qui était une de celles qui avait été prise dans la barque que les ennemis avaient rencontrée en arrivant, proposa au général Phipps de demander quelques échanges, il accepta et l'envoya elle-même pour savoir si j'y voulais entendre.La proposition venant d'eux je crus ne la devoir pas refuser, outre que j'étais bien aise de retirer principalement le Sr de Granville qui avait été envoyé avant mon arrivée par ordre du Sr Provost, major de Québec, pour reconnaître les ennemis et un ecclésiastique qu'ils avaient pris à Port-Royal appelé Mr Trouvé et qu'ils avaient 42 ARCHIVES DE QUÉBEC amené avec eux sans qu'il ait su à quel dessein.Je donnai au S» de la Vallière, capitaine de mes gardes, la commission de faire cet échange, dont il s'est si bien acquitté que nous avons eu plus de Français qu'il n'a rendu d'Anglais qui n'étaient que des femmes, filles et enfants à la réserve de ce capitae Davis qui avait été pris par le S1 de Portneuf, qu'il a fallu donner pour le Sf de Granville et pour recevoir notre ecclésiastique; si par adresse, le Sr de la Vallière n'avait attiré le principal ministre de ce général à venir négocier avec lui et qu'il ne lui eût déclaré qu'il l'amènerait à Québec, si on ne lui voulait rendre le S* Trouvé au lieu d'une petite fille que Made l'intendante avait achetée des Sauvages et qu'elle offrait de rendre, il ne l'aurait jamais eu.Je suis obligé, Monseigneur, de vous marquer le zèle et la bravoure avec laquelle toutes les milices des côtes de l'Ile d'Orléans, Lauzon et principalement celles de Beauport et de Beaupré se sont comportées dans toutes les actions qui se sont passées, ce sont ces derniers qui se sont rendus maîtres du canon des ennemis, le & de St-Denis, cap1 de la milice de Beauport, a eu le bras cassé dans les premières escarmouches; c'est un homme de plus de 60 ans et d'une des principales et plus anciennes familles de ce pays où il est des premiers établis.II demanderait fort des lettres de noblesse, et ce qu'il a fait semble le mériter, c'est pourquoi j'ose joindre mes très humbles prières aux siennes.Quantité d'officiers s'y sont aussi fort distingués, le S1 de Clermont, captne réformé, y a été tué, les sieurs de Longueuil et de Ste-Heleine, frères, tous deux lieutenants, se sont trouvés aux deux premières escarmouches, le 1er a reçu une contusion au côté, il a eu l'année dernière un bras cassé au combat de la Chine, et le dernier a eu une jambe cassée; il était cet hiver un des deux command1\" du parti Villieu qui fut à Corlar; le S* de Villiers, lieutenant réformé, a parfaitement bien fait son devoir dans le dernier combat, qui a duré trois heures, et la perte que les ennemis y ont faite les a obligés de s'embarquer la nuit suivante.Le mauvais état où la pluspart des vaisseaux ennemis ont été réduits par notre canon a fait qu'ils n'ont pu s'en aller aussi promptement qu'ils auraient, je crois, souhaité.Nous avons su que leur amiral a été obligé de mettre des jumelles à son grand mat, qu'il a pensé se perdre à la Traverse et pendant deux jours qu'il a été sans le pouvoir faire, on l'a vu plusieurs fois sur le côté, des charpentiers autour qui travaillaient jour et nuit à deux bâtimens à ses côtés qui ne l'ont pas abandonné, depuis qu'il a quitté notre rade.Il aura de la peine à regagner celle de Boston et s'il en vient à bout, il arrivera avec un cable et une ancre de moins qu'on a retirés, cinq canons, son grand pavillon qui nous est demeuré et ne remportera le second qu'il remit en sa place que percé d'un coup de canon tout au milieu.11 aurait été à souhaiter qu'ils fussent sortis de Port-Royal aussi honteusement, mais il n'en a pas été de même, car il s'en sont rendus maîtres, sans aucune résis- tance, comme vous verrez par le paquet que M' de Menneval m'adresse pour vous le faire Parvenir; ils ont envoyé ensuite à Chedabouctou où l'officier qui y commandait, nommé Montorgueil a fait une fort jolie action, n'ayant jamais voulu entendre à aucune capitulation quoique le feu fût déjà à deux faces de son fort d'où il avait Zt t'irw88 ennemis' qu'on ne lui promlt de le laisser sortir armes et baga-garnison ' mèChe a\"Un,ée * QU'0n ne le conauislt à aisance avec sa.et ils%lonPteDriReHtnt0UteS 168 h?b,!tations oui y \"aient ont été brûlées et saccagées et us y ont pns cinq navires pêcheurs.Maintenant.Monseigneur, que le Roi a triomphé de ses ennemis et par mer ARCHIVES DE QUÉBEC 43 et par terre, et qu'il est le maître de la mer, croirait-il mal employer quelques-unes de ses escadres de vaisseaux à punir l'insolence de ces véritables et vieux parlementaires de Boston, de les foudroyer aussi bien que ceux de Manathe dans leur tanière et de se rendre maître de ces deux villes, qui mettraient en sûreté toutes ces côtes et les pêches du Grand Banc dont la conservation n'est pas d'une petite importance ni d'une médiocre utilité.Ce serait aussi le véritable et peut-être unique moyen de finir les guerres du Canada, puisqu'après cela on pourrait sans peine soumettre entièrement l'Iroquois en allant à la source du mal et couper tout à fait la racine.Cette entreprise ne paraissant ne se pouvoir former ni exécuter que du côté seul de la mer, puisque je crois comme impossible, ainsi que je me donnai l'honneur de vous le dire en partant de Paris, de pouvoir prendre d'ici des mesures certaines et assurées avec ceux qui viendraient par mer, la distance des lieux, l'incertitude des temps, la difficulté de faire conduire si loin des vivres et des munitions nécessaires pour la subsistance des troupes dont on aurait besoin, sans aucun entrepôt où l'on pût auparavant en faire un magasin; et l'opposition que les Iroquois y pourraient apporter étant, ce me semble, des obstacles insurmontables et capables de déconcerter tout ce qu'on aurait projette.La seule chose qui serait à notre portée quand nous aurons ici assez de troupes pour l'entreprendre et que nous aurons eu le temps de faire tous nos préparatifs, ce serait Orange et encore, faudrait-il prendre des précautions, la chose n'étant pas si aisée que ceux qui l'avaient proposée se l'imaginaient, comme vous verrez par le plan que je vous en envoie auquel j'ai fait ajouter celui de Manathe et de Corlar.J'ai eu avis qu'ils travaillent incessament à Orange et qu'ils ont fortifié la garnison, mais si Manathe était une fois entre nos mains il faudrait nécessairement qu'Orange et tout le pays de la Nouvelle-York tombât, comme il serait arrivé du Canada si les Anglais se fussent rendus maîtres de Québec, qui est toute la communication de ce pays, comme Manathe l'est de l'autre.Le Sf de Villebon qui a été sur les lieux pourra vous en donner encore plus de connaissance, il en a une parfaite de ce qui s'est passé à l'Acadie où il arriva peu de temps après la prise du fort Royal dans le V»» de la Compagnie qu'il ne pût empêcher de tomber entre les mains des ennemis et duquel il eut de la peine à se sauver pour se rendre ici; il a été présent à tout ce qui s'y est fait depuis le mois d'août qu'il y est arrivé et y a eu sa part.Il vous pourra dire l'embarras et l'extrémité dans laquelle nous nous sommes trouvés non seulement du côté des Anglais dont les forces étaient assez redoutables, mais principalement du côté de la subsistance et des vivres contre quoi je ne voyais presque point de différence ni de remède.Et, en effet, je ne sais pas comment Mr l'intendant y en a pu apporter ni comment il pourra faire à l'avenir s'il ne nous arrive point de vaisseaux, et qu'ils aient relâché, nous espérons qu'il doit néanmoins y en avoir trois qui se sont jetés dans le Saguenay pour y attendre que la flotte anglaise l'eût dépassé parce que ceux par qui je leur en ai envoyé l'ordre ne sont pas encore de retour, mais il est aujourd'hui le 11 novembre qui est une époque terrible pour la navigation d'une rivière, qui comme la nôtre, gèle quelquefois d'une nuit à l'autre dans cette saison, quoique les blés parussent les plus beaux du monde les pluies et les brumes qui survinrent huit ou dix jours avant qu'on les pût couper, les ont tellement rouilles et gâtés, que la récolte a été fort médiocre de sorte que personne n'ayant eu de blé vieux à manger, comme on avait coutume de faire, du moins jusques à Noël, on a été obligé d'avoir recours au nouveau et d'en faire 44 ARCHIVES DE QUÉBEC battre aussitôt qu'il a été serré dans les granges, ce qui a fait que n'étant pas sec, il rend beaucoup moins qu'à l'ordinaire et que si les farines que vous nous avez envoyées n'arrivent pas, il sera si cher et si rare qu'on n'en trouvera pas pour de l'argent.Toutes les autres choses manquèrent de même, n'y ayant ici ni vin ni eau-de-vie ni autres marchandises et raffraichissements de quelque nature qu'elles pussent être, tous les magasins en étant épuisés.Je serai moi-même, avant qu'il soit huit jours, réduit à boire de l'eau, tous mes domestiques y étant il y a déjà du temps.Mais dans quelque extrémité que nous puissions être réduits, nous ne perdrons pas pour cela courage et attendant avec patience les secours que je ne doute point que vous n'avez la bonté de nous envoyer l'année prochaine dès la fin de mars, et le plus promptement qu'il se pourra.Vous voyez, Monseigneur, que nous avons besoin de tout, soit vivres, munitions, argent et troupes car étant presque indubitable que nous aurons à l'avenir à faire non seulement à 1'Iroquois, mais aussi à l'Anglais qui voudra, sans doute, comme il nous en a menacés en partant, avoir sa revanche de l'affront et de la perte qu'il a faite ici cette année, nous sommes nécessités d'avoir de quoi opposer aux uns et aux autres pour se tenir même sur une simple défense, ce qu'on ne pourrait pas faire avec les compagnies qui sont ici quand même vous enverriez les recrues nécessaires pour les rendre complètes.Elles sont notablement diminuées, étant impossible qu'on ne perde toujours du monde dans les mouvements continuels qui se sont faits ici depuis un an et les fatigues que les soldats ont eues.Ayez donc la bonté.Monseigneur, de faire considération sur les mémoires que Mr l'intendant et moi vous envoyons et de voir si vous ne jugerez pas à propos, en cas que Sa Majesté voulût augmenter le nombre des compagnies qui sont ici, de laisser à remplir une bonne partie des places des officiers afin de les pouvoir faire occuper par la jeunesse des familles nobles de ce pays, qui, selon mon sentiment, sont bien plus propres pour la guerre que l'on a à y faire que ceux qui viendront de France.Je vous envoie l'état des officiers que j'ai remplacés depuis la réforme de l'année dernière, comme je ne pouvais pas encore les connaître, je n'ai agi en cela que par les lumières que Mr l'intendant m'en a données.11 avait jugé à propos aussi bien que moi qu'on trouvât des biais, de contenter, par ces quelques marques d'honneur et sans qu'il en coûtât rien au Roi, des personnes qui avaient fort bien servi dans les campagnes précédentes et à qui Mr de Denonville avait promis des récompenses, ce qui m'obligea d'ajouter quelques commissions, à celles qui étaient fixées, de capitaines, lieutenants et enseignes réformés, mais ad honores seulement dans l'espérance que vous ne le désapprouviez pas présentement.Il y aura lieu d'en remplacer la plus grande partie parla mort des officiers que nous avons perdus depuis, ou de ceux qui repassent en France.Il y en a quelques-uns à qui je n'ai pu m'empêcher d'accorder le congé à cause des affaires pressantes de famille qu'ils m'ont fait connaître qu'ils avaient, et d'autres qui m'ont remis leur commission et qui ne sont peut être pas trop à regretter.Le chevalier d'Aux ne serait pas de ce nombre; quelque destinée qu'il ait pu avoir, car il est plein de mérite, de courage et de prudence, on ne saurait en être plus en peine que je ne le suis, n'ayant eu aucune de ses nouvelles depuis son départ.J'ai appris seulement par l'ecclésiastique que nous avons retiré dans les Anglais, qu'il a su que les Iroquois l'avaient envoyé à Manathe pour marquer aux Anglais qu'ils ne voulaient entendre à aucune proposition d'accommodement avec nous, et qu'il y était bien traité, il ne serait peut-être pas impossible que les Iroquois, de ARCHIVES DE QUÉBEC 45 l'humeur dont ils sont, sachant le mauvais succès qu'ont eu les Anglais, ne le retirassent de leurs mains et n'envoyassent proposer quelque accommodement.Il faut attendre un peu et voir les démarches qu'ils feront, car j'ai toujours été fort résolu, comme le Roi me l'ordonne, quelque nécessité qu'il y ait d'avoir s'il se peut la paix, ën n'en point faire qui soit honteuse ni qui puisse marquer que nous la souhaitons trop.Vous verrez, Monseigneur, par tout ce que je me suis donné l'honneur de vous dire, que j'ai en quelque façon prévenu les ordres de Sa Majesté sur le parti de la défensive des négociations de paix, des soins des semences et des récoltes et des différents détachements pour harceler les ennemis et être averti de leurs mouvements.Présentement que ses intentions me sont connues, je m'y appliquerai encore davantage, comme aussi à la réduction des villages à laquelle il y a de la peine à obliger les habitants par la difficulté qu'ils ont d'y subsister sans leurs bestiaux, qu'on ne saurait en beaucoup d'endroits mettre dans l'enclos des forts, sans les rendre si spacieux qu'il faudrait trop de monde pour les garder; on a fait néanmoins sur cela tout ce qu'on a pu et principalement dans les lieux où il y avait le plus à craindre.Les Sauvages du Sault y sont retournés et y ont fait un fort par l'assistance qu'on leur a donnée; quelque difficulté qu'il y ait présentement à avoir de la correspondance avec ceux de la rivière St Jean à cause de la perte de l'Acadie, j'espère trouver le moyen de les assister de munitions et armes et de les entretenir dans la bonne volonté où ils sont.Je n'ai garde de manquer aussi aux combats et principalement aux Abénaquis qui ont rendu le plus grand service qu'on pouvait jamais attendre d'eux, en avertissant, comme ils ont fait, de l'approche de la Motte anglaise, puisque sans eux elle serait arrivée dans notre rade avant que nous en eussions eu aucune nouvelle.Vous avez su par le retranchement du vaisseau que commandait Mr de Bonna-vanture ce qui l'a empêché de pouvoir exécuter les desseins que le S1 d'Iberville et lui avaient dans la baie d'Hudson, je leur avais fait donner en partant d'ici ce qu'ils avaient pu souhaiter et dans la suite ils recevront toujours de ma part toute l'assistance que je leur pourrai rendre.J'en userai de même à l'égard des sieurs de I.aforest et Riverin.Le premier est de mes anciennes connaissances et sait bien que dans mon premier voyage en ce pays, j'ai eu occasion de lui faire plaisir; quand les vaisseaux seront repartis et que j'aurai plus de loisir, j'examinerai avec lui ses projets sur la Virginie et yous en manderai ensuite mes sentiments suivants vos ordres; je vous dirai seulement par avance que le temps où nous sommes n'est guère propre pour de pareilles entreprises.L'année avant que je partisse de ce pays, je vous demandai une commission en faveur du Sr Bizard, major de la ville de Montréal, pour y commander en l'absence du gouverneur et quand je fus arrivé en France je vous renouvellai mes instances et vous eûtes la bonté de me l'accorder et de l'envoyer à Mr le marquis de Denonville qui ne la lui a point délivrée par des raisons que je ne sais pas et peut-être parce que c'était moi qui lui avais procuré cette grâce auprès de vous, de sorte que depuis ce temps-là il a été privé de cet avantage comme il le sera toujours, jusqu'à ce qu'il vous plaise me faire renvoyer une seconde expédition de sa commission comme je vous en supplie très humblement.Etant nécessaire de prendre présentement un peu plus de précaution pour la 46 ARCHIVES DË QUÉBEC conservation de la ville de Québec, qu'on n'a fait par le passé et n'y ayant en mon absence qu'un seul officier pour y commander, qui est le major, je ne sais, Monseigneur, si vous ne jugeriez pas à propos d'y créer un lieutenant de Roi pour y commander avec plus d'autorité, en ce cas je ne crois pas que vous puissiez jetter les yeux sur personne qui s'en acquitte mieux que le Sr Provost, major, qui par les soins et la vigilance qu'il a apportés en cette dernière occasion peut espérer asuré-ment quelque récompense et quelque marque de distinction.En cas que vous lui procurassiez cette grâce, je vous demanderai la place de major pour le sieur de la Vallière, capitaine de mes gardes, qui sans préoccupation est assurément le gentilhomme de tout le pays qui est le plus capable de s'acquitter des choses qu'on lui voudra confier, de quelque nature qu'elles puissent être, et si vous daignez vous en informer, il n'y a personne à qui vous le demandiez qui ne lui rende le même avantage.Je joins à cette lettre un mémoire de ceux qui m'ont prié de vous recommander leurs intérêts, et l'on vous présentera un placet pour le sieur et la Denis, sur lequel je vous demande en dernière grâce de faire quelque réflexion.Vous m'avez, Monseigneur, trop recommandé de vivre en bonne intelligence avec Mr l'évêque et Mr l'intendant pour que je ne sacrifie pas toutes choses pour en venir à bout, et il ne tiendra jamais à moi que cela ne soit dans la dernière union et cordialité parce que je ferai toujours sur cela les trois quarts du chemin.Ce n'est pas qu'il n'y ait ici des gens qui seraient bien aises que l'intelligence ne fût pas si grande, mais je les connais trop bien et suis trop en garde contre eux pour qu'ils puissent en venir à bout de mon côté et c'est à Mr l'intendant d'apporter du sien autant de soin pour s'en défendre.Le grand zèle de Mr l'évêque lui fait avoir quelquefois du chagrin quand il voit que l'ordre du Roi, touchant les besoins, s'exécute, mais je lui laisse passer sa mauvaise humeur contre moi et ne laisse pas de l'obliger ensuite à m'embrasser aussi étroitement qu'à son ordinaire.Ses ecclésiastiques et principalement ceux à Montréal gênent aussi beaucoup les consciences sur cet article et sur d'autres bagatelles de coiffures et de dentelles qui sont si extraordinaires qu'elles font beaucoup murmurer les peuples.Je ne saurais, Monseigneur, finir cette lettre sans vous féliciter sur les grands avantages que Sa M.a remportés par terre et par mer sur ses ennemis et auxquels vous avez tant de part par les soins et les ordres que vous avez donnés pour fournir cette prodigieuse et formidable armée navale.Je prends la liberté de lui faire mes très humbles compliments et de mettre dans votre paquet la lettre à cachet volant que je me donne l'honneur de lui écrire, afin de vous supplier de la lui présenter si vous le jugez à propos.Ces victoires vous ont à la vérité coûté des larmes par la perte que vous y avez faite de MM.vos frères, à laquelle j'ai pris toute la part qu'une personne aussi attachée que je- le serai toujours à tous vos intérêts devait prendre.Je ne me suis pas moins intéressé dans l'indisposition qu'on m'a dit que vous avez eue, et mes inquiétudes ne seraient pas finies si Mr de Mendras et ma femme ne m'assuraient par leurs lettres que vous vous portez beaucoup mieux.Il ne me reste donc plus, Monseigneur, qu'à vous demander la continuation de votre protection et de vouloir bien songer à moi dans la distribution des grâces et des hommes que le Roi pourra faire, si vous jugez que j'en aie mérité par quelque chose qui lui aye pu plaire.Il est assez ordinaire à regarder ce qui se passe dans un pays aussi éloigné qui ARCHIVES DE QUÉBEC 47 est celui-ci avec beaucoup moins d'attention que ce qui est plus proche et plus important, mais je ne laisse pas d'espérer de la bonté que vous avez pour moi, que vous ne saurez bien l'employer en ma faveur quand vous en trouverez l'occasion.Je n'en perdrai jamais aucune de vous donner des marques du profond respect et du véritable attachement avec lequel je suis, Monseigneur, Votre très humble, très obéissant et très obligé serviteur, Frontenac Je prends la liberté de vous envoyer, Monseigneur, un mémoire sur quelques petites choses qui me regardent en mon particulier sur lequel je vous supplie de faire quelque consideration.Le Sr de la Chesnaye, ci-devant fermier général de ce pays, vous en fera présenter un par ses amis; il mérite asurément quelque grâce qui lui donne de la distinction par les services qu'il a rendus et les établissements qu'il y possède.J'oubliais, Monseigneur, de vous faire savoir qu'il y a un nommé Dumont, lieutenant de la Compie de marine, qui a tué un habitant fort mal à propos, mais il s'est sauvé ensuite sans que jusqu'ici on l'ait pu attraper.Il est arrivé un pareil accident au Sr Bosson, capitaine réformé, qui étant ivre donna un coup d'êpée dans la jambe du Sr Dubocage, enseigne, qui passait dans la rue, sans songer à lui et dont il est mort quatre jours après; je l'ai fait arrêter mais comme c'était la veille que je suis.parti de Montréal et que nous avons été depuis ce temps dans de grands embarras, il n'y a pas eu moyen de le faire descendre à Québec pour l'envoyer en.France avec les informations.Je ne saurais m'empêcher.Monseigneur, de vous témoigner le déplaisir que j'ai que vous avez rappelle le sieur Gaillard, commissaire, c'est une perte que nous faisons qu'il y aura de la peine à réparer, parce qu'il sera difficile de trouver un homme qui aye autant de zèle pour le service du Roi et d'exactitude pour les fonctions de sa charge.Enfin, Monseigneur, les trois navires que nous attendons se sont rendus à notre rade le 15, le 16 et le 17e de ce mois, ceux que j'ai dépêchés au devant d'eux les ayant fait entrer dans la rivière du Saguenay et par ce moyen fait éviter les ennemis.Nous espérons d'en renvoyer deux, quoique la saison soit extrêmement avancée pour pouvoir vous donner de nos nouvelles et des avis de la nécessité qu'il y a que nous recevions un prompt secours l'année prochaine et ce que les vaisseaux nous apportent pouvait un peu diminuer l'extrémité dans laquelle nous étions réduits, mais non pas remédier à tous nos besoins.Je viens de recevoir par ces vaisseaux une lettre de Mr de Pontchartrain dont je vous envoie copie par laquelle vous connaîtrez ce que MM.les fermiers souhaiteraient que l'on fit ici pour leurs intérêts; comme cela regarde plus Mr l'intendant que moi, je le remets à ce qui lui en est écrit et lui mande seulement que je m'étonne qu'ils se puissent plaindre de la trop grande quantité de castors qu'on leur envoie, puisque c'est une marque que la guerre n'empêche pas que le commerce ne fleurisse.Qu'ils ne doivent pas présentement appréhender qu'il se fasse de fraude pour le transport des castors dans les pays étra ngers du côté de Montréal et l'Ile Percée, parce que personne n'ose sortir hors de son habitation à cause de la guerre et que 48 ARCHIVES DE QUÉBEC le règlement qu'ils demandaient qu'on fit pour obliger les voyageurs à porter directement leur castor au magasin à Québec serait une contrainte qui les désolerait, parce que les uns veulent le garder pour établir leurs enfans, les autres faire des acquisitions de terre ou payer quelques dettes personnelles et s'en servir pour acheter des marchands les hardes qui leur sont nécessaires et toutes autres dont ils ont besoin, ce qu'ils ne pourraient pas faire par les lettres de change qu'on leur donnerait et qui ne se peuvent pas détailler en petites parties.Ces propositions ne sont fondées que sur des méchants mémoires que MM.les fermiers reçoivent de gens qui ne connaissent ni le pays ni leur véritable intérêt.J'ajoute à Mr le contrôleur général que n'ayant reçu sa lettre que le 16 de ce mois et les vaisseaux devant partir incessamment, nous avons remis, Mr l'intendant et moi, à examiner le surplus des articles de sa lettre après leur départ, en attendant je vous supplie, Monseigneur, de me faire savoir vos intentions là-dessus.Frontenac * * A Québec, le 20 9bre 1690 Je vous envoie, Monseigneur, copie de la sommation que le général de la flotte anglaise m'envoya faire, et la réponse que je lui fis.Mr l'évêque de Québec m'a prié de vous marquer qu'il se proposait d'aller en France pour des affaires qu'il croit pressantes pour son église, et qu'il voulait s'embarquer dans cette frégate.Mais il y a tant à craindre dans une saison aussi avancée qu'est celle-ci, par les glaces dont la rivière est déjà couverte, que personne ne lui a conseillé de s'exposer au risque qu'apparemment il y a à courir.C'est ce qui lui a fait remettre son voyage jusques aux vaisseaux qui retourneront ce printemps et qui m'a obligé de lui offrir en attendant tout ce qui dépendrait de moi dans les peines qu'il peut avoir.F.(1).LETTRE DU GOUVERNEUR DE FRONTENAC AU MINISTRE (20 NOVEMBRE 1690) Québec, le 20 novembre 1690 Monsieur, Je m'étais déjà donné l'honneur de vous écrire pour vous témoigner la joie que j'avais eue d'apprendre le poste où Sa Majesté vous avait mis et j'ai depuis reçu la lettre dont vous m'avez honoré et qui ne m'a été rendue que le 17 de ce mois par les vaisseaux qui sont arrivés ici avec bien de la peine et beaucoup de dangers.La précipitation avec laquelle il faut les faire repartir m'empêche d'avoir le temps d'examiner à fond avec M.l'intendant tous les articles de son contenu et vous en mander ensuite mes sentiments comme vous le souhaitez; ce que je puis (1) Archives de la province de Québec REQUÊTE DU PROCUREUR GÉNÉRAL JEAN BOURDON AVEC JUGEMENT DE L'INTENDANT TALON A Monsieur L'Intendant, Jean Bourdon procureur général du Roy en la Nouvelle frame nous remonstre que Jean, Jacques, Henry & Jean l'archevesque tous enfants de feu Claude Larcheves-que leur père leur ayant laissé une concession sise en la coste Ste Geneviefe ou est a present basti une maison, grange et en partie défrichée la ou les d.enfants sont demeurants & tiennent feu et lieu & travaillent incessamment & que leur mère s'estant retirée en fronce il y a quatre ans passez, & ayant emporté les lettres & papiers concernant la d.concession bornée ainsi qu'il en suit scavoir est du costé du sudoest une ligne longue de traite arpents un tiers laquelle ligne fait la séparation entre les d.enfants & Nicolas bon homme, d'autre costé au nordest aussi par une ligne d'égale longueur parallèle à celle du sudoest laquelle ligne fait la separation entre les d.enfants & les Srs la chesnaye qui ne servent pas à leurs compagnies particulièrem1 les Canadiens, et qu'ils retiennent mesmes avec eux ou employent dehors les soldats.Sa Ma\" veut que led.S1 de Frontenac fasse cesser ce désordre, et elle ordonne aud.Sr de Champigny de ne faire payer aucun offer ny soldat qui ne se trouveront pas aux revues et si cet abus ne cessait pas, Sa Ma\" envoyerait d'autres offere à leur place.Sa Ma\" a veu avec peine que nonobstant les ordres qu'elle a donnés, il y a eu des soldats passés dans les revues sous titre de cadets au-dessous de 16 ans, il paraist que les soldats pris dans le pays ne font guère de service et qu'ils sont à charge.Elle veut absolument que cet abus cesse.Sa Ma\" n'a préféré les Canadiens pour les mettre dans l'employ que sur les asseurances qu'ils ont donné du service qu'elle en devait attendre plus que des aues offers qu'elle aurait pû envoyer en Canada.C'est pourquoy ils doivent faire garder par les d.off\"8 canadiens aussy bien que par les autres une exacte discipline, et faire connaistre à tous que Sa Ma\" n'avancera et ne récompensera que ceux qui se distingueront par leurs services.Elle se remet au Sr de Frontenac pour les congez qu'il trouvera à propos de donner aux officiers qui les demanderont pour passer en France.Il entrera dans l'examen de leurs raisons et il n'en donnera qu'à ceux qui en auront indispensa-blem1 besoin, et le moins qu'il se pourra.Il n'a pas paru que la pluspart de ceux ausquels il en a donné y soient venus que par inquiétude.Le Sr de Vaudreuil ayant des affaires en son pays à l'occasion de la mort de son frère aisné, Sa Ma\" trouve bon qu'il luy accorde congé pour passer par les premiers vaisseaux à condition de retourner par ceux qui iront en Canada au printemps de l'année prochaine.Sa Ma\" fera consideration dans les occasions qui se présenteront de leurs remontrances en faveur des Sra Crisaffy, Elle a approuvé le choix fait par led.Sr de Frontenac du Sr de Subercaze pour la majorité des troupes.Elle luy a accordé aussy une gratiffon de 5001.et 10001.au Sr de Ramezay, gouvernr des Trois Rivières.Ce que les d.S\" de Frontenac et de Champigny ont escrit séparément sur ce que Sa Ma\" leur a fait sçavoir de la connaissance qu'elle a eue du peu d'utilité de plusieurs dépenses et du peu d'économie des autres, et le désordre en cela ne provenant que de l'aliénation qu'ils conservent de l'un à l'autre avec un extérieur d'union qu'ils n'ont point en effet, comme il résulte des faits dans les choses qui se sont passées, Elle veut bien encore pour cette fois les exhorter à se réunir sincèrement pour ce qui concerne son service, et à esloigner d'eux ceux qui cherchent à les diviser pour faire leurs affaires particulières.Elle désire que led.Sr de Frontenac traite et fasse traiter par tous les autres le d.Sr de Champigny avec la décence qui est deue 94 ARCHIVES DE QUÉBEC à son caractère, que led.Sr de Champigny suive et exécute les choses à faire sur les advis et ordres dud.Sr de Frontenac, et que quand il n'aura pas esté de son sentiment dans les délibérations, il se réserve seulement la voye des remontrances, et à rendre compte des raisons de la contrariété de son advis.Le Sr de Champigny ne doit faire aucune despense des fonds de Sa Ma'* que sur les ordres du Sr de Frontenac, ny faire et exécuter que de sa participa00 les marchez et achapts que led.Sr de Frontenac doit signer.Au surplus, c'est aud.Sr de Champigny à donner les décharges au trésorier, et en cas que les expedi°™ que led.sieur dé Frontenac voudra entreprendre ou les travaux qu'il voudra faire excèdent les fonds ordonnez led.Sr de Champigny doit l'en advertir, et en ce cas Sa Maté veut que led.sieur de Frontenac s'abstienne de faire ces entreprises et ces travaux.Sa Ma\" ayant fait examiner ce qu'ils ont demandé du cas réservé par le S1 evesque de Québeck au sujet des Cap\"88 qu'on prétend ne pas payer le prest aux soldats qui travaillent pour les habitans, on n'a pas compris quel fondement il peut avoir en cela, et on croit qu'il n'a pas deub leur refuser l'absolution.C'est ausd.S18 de Frontenac et de Champigny à tenir la main à ce que les Cap\"1» fassent justice à leurs soldats, c'est pourquoy ils doivent faire des remontrances sur ce sujet aud.Sr evesque, auquel Sa Ma1* en a fait escrire afin qu'il fasse cesser cette conduite.Ils le convieront aussy à apporter remède aux entreprises des S\" Baudoin et Petit, missionnaires à l'Acadie, afin qu'ils se renferment dans les choses spirituelles, et de leur mission, et qu'ils obéissent aux ordres des commandants dans ce qui est du temporel, du service de Sa Ma\" et de la police et de la discipline des habitans, sans s'en ingérer que par leurs ordres, autrement Sa Ma\" veut que les d.Sr de Frontenac et de Champigny prient ledit Sr evesque de faire retirer ces ecclésiastiques et qu'il en envoyé d'autres à leur place.Sa Mat* ieur a expliqué si nettement ses intentions sur le sujet des congez pour aller aux Outaouacs et autres nations d'en hault, et mesmes par les dépesches des deux dernières années qu'elle n'a pas esté peu surprise de voir la contrariété qu'il y a eu sur ce sujet par les ordces qu'ils ont rendues séparément sur la différence des noms des d.congez, et des ordres et permissions; mais comme ce point devient capital pour le fonds de Testât, et de l'establissement de la colonie, Sa Ma\" veut bien entrer de nouveau en matière pour cette fois, afin d'oster entre eux à l'avenir tout prétexte de contesta0\" et d'explication sur ses ordres.Il est estably en chose certaine et incontestable, q'1 n'y a rien de plus important pour conduire la colonie à un establisement solide et convenable à elle mesme et par fapoft au commerce du royaume et au service de Sa Ma\" que de détourner les Français de la course dans les bois afin d'empescher les désordres qui en sont cy devant arrivez, les esloigner de la débauche et de la licence qu'ils y contractent pour les engager à la culture des terres, aux pescheâ, à l'exploitation des bois, aux arts et mestiers, et autres employs qui puissent fournir la subsistance et l'establissement des familles, et concourir en mesme temps à l'exécution des ordres si souvent répétez pour la réunion si peu suivie jusques à present des habita0™ en villages.Enfin pour attendre chez eux les Sauvages, et leur fournir les marchandises de France en es-change de leurs pelleteries.Sa Ma\" désire que les d.S18 de Frontenac et de Champigny suivent exactement ces principes, qu'ils les ayent en veue dans toute leur conduite, et qu'ils s'y appliquent conjointement et séparément.Elle se trouve plus particulièrement engagée à leur faire cette recharge, au sujet du désordre de la course dans les pays e slo igné s, parce qu'elle a reconnu que la guerre ARCHIVES DE QUÉBEC 95 qui aurait dû y apporter un frein, a donné occasion à une grande licence, et sert de prétexte à un plus grand commerce dans la proffondeur des bois, ce qui avait obligé Sa Majesté dez l'année 1692 et la dernière à leur faire faire sur cela des reflections, et à leur establir des expédiens pour en arrester le cours en leur recommandant de prendre garde à ne pas faire une trop grande diversion d'hommes pour les postes ésloignez, d'empescher que les officiers et soldats n'y portassent des marchandises que pour la valleur de leur solde pour le temps convenu, et à ne pas donner des congez deux années de suitte aux mesmes personnes, à quoy Sa Ma4* leur ordonne de nouveau de se conformer, et à préférer les pauvres familles chargées d'enfans dans la distribution des 25 congez par an qu'elle a réglés, et qu'elle leur deffend d'outrepasser à peine d'encourir son indignation.Elle a encore à leur répéter que ces congez estant accordez par le Sr de Frontenac, elle veut qu'ils soient visés par le d.Sr de Champigny, et qu'il fasse faire la visite et la verification des marchandises et personnes sur les déclarations qui seront faites de la qualité, quantité et valleur, et que Tun et l'autre tiennent la main à ce qu'il n'en soit point abusé.Led.Sr de Frontenac ayant dit par son ordonnance du 12 7°re dernier qu'il avait donné une liberté un peu plus étendue aux off\"* et soldats détachez pour les postes ésloignez, que la restriction des ordres de Sa Ma\" a la valeur précise de leur solde en march80\", Elle désire qu'ils examinent ensemble s'il est àbsolum' nécessaire pour son service d'y faire quelque extension de la régler en ce cas sur un pied qui ne puisse admettre aucun commerce, et d'en rendre compte à Sa Ma\" et de leurs raisons respectives.L'advis du Sr de Frontenac sera suivy en attendant que Sa Ma\" ayt fait sçavoir ses intentions, et ses permissions ou ordres seront visez comme les congez par led.Sr de Champigny, auquel, ou à ceux qui seront préposez par luy, les déclarations seront faites de la quantité, qualité et valleur de ce qui sera destiné pour les d.officiers et soldats, et la visitte en sera faitte pour empescher qu'ils ne puissent emporter au delà de ce qui leur aura esté permis.Les permissions qui seront données aux habitans par led.S1 de Frontenac sous quelque prétexte que ce puisse estre, seront pareillement visées par led.Sr de Champigny et exécutées de mesme sur les visittes qui seront faittes après la déclaration de la quantité et qualité des marchandises qu'il leur aura esté permis d'emporter pour leur subsistance seulement, et sans abus, en sorte que le commerce soit réservé à ceux qui auront obtenu les 25 congez, Sa Ma\" voulant qu'il soit deffendu aux autres d'en faire à peine de confiscation des marchandises, et de ne pouvoir plus estre employez à de pareilles expéditions.Outre les raisons expliquées sur les abus de ce commerce, ils doivent encore avoir en considération, que multipliant à Tinfiny la quantité de castor, l'abondance qui en est provenue les dernières années met une grande partie de cette pelleterie en pure perte, en sorte que celle que les fermiers de Sa Ma\" en souffrent devient insupportable.Elle ne Ta mis dans une seule main que pour prévenir un plus grand avilissement de prix que celuy dans lequel elle estait tombé, en attendant que les habitans, quien avaient uniquement tiré jusqu'en 1675 leur subsistance, pussent partager leurs employs, et la trouver plus uullement ailleurs que dans le seul commerce du castor; mais Sa Ma\" serait obligée d'en décharger ses fermes si les choses continuaient dans le mesme désordre par la course dans les bois, qu'il y a d'autant plus d'occasion de réprimer, que les Sauvages apportent leurs march'\"8 dans la colonie plus abondamment qu'ils n'ont encore fait. 96 ARCHIVES DE QUÉBEC Sa Ma\" aurait eû agréable de leur ordonner de faire jouir le S1 de la Durantaye de l'ordre qu'elle avait donné pour le faire entrer en partage l'année dernière sur les 25 congez; Elle désire qu'ils l'exécutent le plus tost que son service et le bien général de la colonie le pourront permettre cependant sans augmentation sous prétexte du nouveau mémoire qu'il a donné.A l'esgard de la concession faite aux S™ de la Forest et Tonty du fort St-Louis des Islinois dont ils prétendent la traite à l'exclusion des autres suivant la clause que le S1 de Frontenac en fait insérer dans les congez contre le sentiment du sieur de Champigny, la question se doit décider par la teneur des lettres qu'ils ont obtenue et par ce qui s'est pratiqué du vivant du Sr de la Salle aux droits duquel Sa Ma4* les a mis, son intention est que lesd.S™ de Frontenac et de Champigny s'y conforment et qu'ils tiennent exactement la main à ce qu'ils satisfassent de leur part à l'engagement qu'ils ont pris de maintenir ce poste et les Islinois sous l'obéissance de Sa Ma1* et en guerre contre les Iroquois pendant qu'elle durera entre les Français et eux.Sa Ma\" est informée que le Sr de Frontenac fait un détachement de soldats pour led.fort S'-Louis, mais elle n'a pas veu qu'eux ny les Islinois ayent fait contre les Iroquois aucune expédition ny entreprises, cela luy fait croire qu'il a esté fait inutilement une diversion d'hommes qui auraient pû estre employez à la déffense de la colonie et aux entreprises qui ont esté faites ailleurs.Elle désire que les d.S™ de Frontenac et de Champigny fassent connaistre ausd.S1» de la Forest et de Tonty que s'ils ne remplissent pas leurs obligations, elle y pourvoira ainsy qu'il conviendra à son service et au bien du pays auquel il ne serait pas convenable de les laisser jouir d'un commerce exclusif, pour leur seul promt, et sans qu'ils servissent d'ailleurs au public, estant aussy à la solde particulière de Sa Ma\" en qualité de Capne reformé Elle veut mesme que lesd.Srs de Frontenac et de Champigny prennent garde à les contenir dans les bornes de leurs concessions, sans qu'ils puissent attirer la traitte des autres nations au préjudice du commerce gnaI et de la colonie, et que ce faisant les d.Sr de Frontenac et de Champigny les protègent et assistent pour le plus gd advantage du service de Sa Ma\" et du pays.Elle attend de sçavoir le succez qu'auront eu les detachm1» que le Sr de Frontenac a faits pour occuper des postes dans les pays ésloignez, pour en fermer les passages aux Anglais, que luy et le Sr de Champigny ont mandé y avoir commencé des pratiques; mais il faut qu'ils prennent garde conjointem1 et séparément à ce que ces dêtachemens, occupations de postes, ny les autres ausquels il y avait déjà des trouppes ne servent pas d'occasion au commerce prohibé sous le prétexte de la guerre, Sa Ma\" a pensé sur cela qu'il pourrait estre nécessre de changer de temps en temps les off\"8, tant pour en avoir un plus grand nombre d'expêrimentez à cette espèce de service sans y pouvoir former de trop grandes habitudes au commce, que pour en partager l'honneur et l'avantage entre plusieurs de ceux qui en seront dignes, et qui y seront plus propres, afin d'entretenir par là l'émulation entre les offera et oster l'occasion aux jalousies.Sa Ma\" a encore veu avec peine la contrariété desd.S\" de Frontenac et de Champigny dans leurs ordces au sujet du commerce de l'eau-de-vie, et elle n'a pû s'empescher, en cela comme en diverses autres circonstances, comme une suitte de leurs premières divisions, qu'Elle leur a si fort recommandé à tous deux de cesser pour se réunir dans leurs sentimens et leurs soins uniquement à son service à quoy elle veut bien encore espérer qu'ils travailleront chacun de leur part de meilleure intelligence sur l'instance qu'elle veut bien leur en faire de nouveau. SUPPLIQUE DE FRANÇOIS-JOSEPH CUGNET AU CONSEIL SUPÉRIEUR DE LA NOUVELLE-FRANCE À Nosseigneurs: du Conseil Supérieur de Québec Suplie humblement François Joseph Cugnel.Disant, qu'il luy aurait été accordé, des le sept octobre dernier, par Messieurs les Gouverneur Général El Intendant, une Commission de Conseiller assesseur au d.Conseil Pourquoy Requiert, a ce que et considéré.Nosseigneurs, Il Vous plaise recevoir le supliant en la d.qualité pour le faire jouir de l'Effet d'Icelle Commission, Et ferez bien.cucnet (1) 1755 (1) Archives de la piovime de Quel: ARCHIVES DE QUÉBEC 97 Dans cette confiance, elle leur répète qu'elle n'a point de nouveaux ordres à leur donner touchant le commerce de l'eau-de-vie ny rien à leur prescrire que l'exécution de l'ordonnance du mois de may 1679, si ce n'est que Sa Ma\" estime qu'on ne doit pas refuser aux soldats et off8™ allant en guerre, ce qu'ils peuvent avoir besoin d'eau-de-vie pour leur propre usage,.ny mesme aux voyageurs allant avec permission aux pays esloignez, aussi pour leur seul usage sans aucune extension.Et comme il paraist par l'ordce particulière du Sr de Frontenac qu'il aurait esté dangereux dans la conjoncture d'empescher les Outaoua d'en emporter lorsqu'ils ont retourné chez eux l'année dernière, Sa Ma\" désire que lesd.Sr de Frontenac et de Champigny examinent entre eux ce qui conviendra pour l'avenir et qu'ils se dépouillent pour cela de tout esprit de prévention et d'opposition.La mauvaise conduite des intéressez de Canada en la Compe du Nord ayant donné occasion aux Anglais de les chasser de leurs postes de la Baye et de prendre tous leurs effets, Sa Ma\" a bien voulu écouter les propositions du Sr d'Iberville pour reprendre ces postes et chasser les Anglais du fort Nelson dont ils se sont emparez avant la guerre sous les conditions dont Sa Ma\" les a informés.Elle veut bien encore leur recommander de les exécuter ponctuellement de leur part, et de donner aud.Sr d'Iberville les assistances dont il aura besoin suivant ses ordres afin que cette entreprise si considérable pour le Canada, ne puisse pas manquer sous aucun prétexte comme les années précédentes.Sa Ma\" désire aussy qu'ils donnent aux intéressez de Paris en lad.Compe du Nord les assistances dont ils auront besoin pour retirer les effets qui leur appartiennent qui sont dans les bois provenant des debtes des Outaouacs, et qu'ils tiennent aussy la main à ce que les directeurs de lad.Compe du Nord en Canada, remettent à celuy qui est préposé sur les lieux pour les interests des associez de Paris tout ce qui peut appartenir à ces dernières dans ce qui reste d'effets et autres choses de lad.Compe, et tous les éclaircissemens qu'il leur demandera sur les contributions et répartitions qui ont esté faites, afin qu'il puisse leur en compter.Ils recevront la confirmation des concessions qu'ils ont trouvé à propos d'accorder; mais comme leur silence sur les considérations qui leur ont esté prescrites les années dernières au sujet de ces concessions, laisse Sa Ma\" dans les mesmes doutes qu'elle leur a communiqués de la trop grande étendue des lieux concédez et en des endroits esloignez du centre de la colonie, Elle veut que non seulement ils repassent à cet esgard sur ses ordres précêdens, pour luy rendre compte de ce qui leur a esté remarqué en général et en particulier; mais encore qu'ils ayent toujours en veue que les establissemens et les habitations répandues dans de vastes espaces ont causé tant d'inconvénients dans ce.tjte dernière guerre.EUe veut aussy qu'ils obligent les concessionnaires à satisfaire aux conditions de leurs engagcmens, et qu'ils accordent à ceux qui pourront demander de nouveau des terres de celles qui ont esté données par excez à d'autres qui ne peuvent les employer.Elle n'entend point comprendre en cela les establissements pour les pesche-ries sur le cours du fleuve St-Laurens et sur les rivières qui y affluent quoyque les espérances qu'ils donnent pour faire le succez de cette entreprise depuis plusieurs années n'ayent eû presque aucun effet et qu'au contraire Sa Ma\" voye avec un grand regret une augmentation funeste du commerce du castor.Sa Ma\" a bien voulu renvoyer le Sr Franquelin pour servir en qualité d'hydrographe.Il a donné un mémoire des choses qu'il propose de faire, Ils pourront y faire travailler dans un temps plus favorable, cependant Sa Ma\" désire qu'ils s'apli-quent à recueillir les observations qu'ils ont desja faites pour en informer Sa Ma\" 98 ARCHIVES DE QUÉBEC et particulièrement pour ce qui concerne la navigation du fleuve St-Laurens afin de faire rectifier les cartes qui en ont esté faites.Ils n'ont point satisfait suffisamment à ce qui leur a esté si précisément ordonné par Sa Ma\" pour les lieux de l'entrée et du fleuve S' Laurens où les vaisseaux partis de France pourraient se rassembler si les vaisseaux ennemis estaient dans ce fleuve, et y recevoir des avis, de leur part, de Testât du pays.Sa Ma\" informée de l'usage pratiqué en Canada pour le payement des parties employées dans Testât des charges, n'a pas trouvé à propos d'y rien changer à l'occasion de la prétention du Sr Galifet contre le Sr Provost, son prédécesseur en la charge de major de Quebeck, pour les appointemens attribuez à lad.charge en Tannée dans le cours de laquelle led.Sr Galifet a esté pourveu, voulant qeu led.Sr Provost en jouisse en entier conformément à ce qui s'est pratiqué jusqu'à present.Ce qu'ils ont respondu sur ce que Sa Ma\" leur a fait sçavoir des plaintes de ses fermiers généraux au sujet des castors gastez et surchargez de chair, sable et autres ordures, n'a pas empesché qu'ils n'ayent eû sujet d'en faire de nouvelles, à cause de la quantité de castor vicié qu'ils ont trouvé à la dernière réception.Les choses qui leur ont esté cy-devant dites cy-dessus dans le présent mémoire leur doivent faire assez connaistre de quelle conséquence il est de faire tout ce qui sera possible pour empescher que lesd.fermiers ne se trouvent surchargez d'une si extraordre quantité de castor, et qu'il n'en soit receu par leurs commis qui ne soit de bonne qualité à quoy Sa Ma\" leur ordonne expressément de tenir exactement la main.Elle est bien aise de leur dire sur ce sujet que si cette abondance de castors ne cesse elle permettra à ces fermiers de faire rebuter à l'avenir les castors secs d'été, et Elle leur en aurait donné la permission dez cette année sans qu'elle espère qu'ils y donneront ordre.Cependant comme il y en aura beaucoup trop, quelque peu qu'il y en ayt, Sa Ma\" approuve que si on peut trouver le moyen d'en faire passer directement de Quebeck en Holande, vous le permettiez en prenant cependant des seuretez suffisantes pour les vaisseaux qui les porteront, et Elle a donné ordre ausd.fermiers d'expliquer ses intentions à leurs commis à cet esgard, afin qu'ils y donnent les mains.Il faut que lesd.S18 de Frontenac et de Champigny rendent compte exactement de ce qu'ils feront à cet esgard.Ils trouveront cy-joint plusieurs commissions et autres expéditions qu'ils remettront à ceux pour qui elles sont.Ils trouveront aussy cy-joint un placet d'une femme nommée Marie Hedet a laquelle Sa Ma\" veut qu'ils fassent rendre la justice qui luy est deue.(1) MÉMOIRE DU ROI POUR LE GOUVERNEUR DE FRONTENAC SUR L'ATTAQUE DU FORT NELSON Ce que ledit Sr de Frontenac et le Sr de Champigny ont fait connaistre de l'importance du fort Nelson usurpé pendant la paix par les Anglais pour la conservation du commerce du castor dans la colonie et l'approbation qu'ils ont donnée aux propositions de la Compagnie du Nord de Canada, pour faire attaquer ce fort sous la conduite du Sr d'Iberville, gentilhomme canadien, qui dans de semblables (1) Archives de la province de Québec. ARCHIVES DE QUÉBEC 99 entreprises a donné des marques de valeur et de capacité, ont engagé Sa Majesté à y envoyer un de ses vaisseaux avec deux autres que ladite Compagnie y doit joindre, et Elle a pris la résolution d'employer à cet effect le vaisseau le Poly sous le commandement dudit Sr d'Iberville.Elle a trouvé bon de remettre aux connaissances particulières dudit S1 de Frontenac de donner les instructions et ordres qu'il trouvera à propos audit Sr d'Iberville pour l'attaque de ce fort, pour en faciliter l'exécution, et pour faire partir pour cet effect de Québeck le vaisseau le Poly et les deux de la Compagnie le plustost qu'il sera possible, afin qu'ils puissent entrer dans la baye d'Hudson à l'ouverture des glaces, et revenir avant qu'elles se referment.Sa Majesté ayant fait ordonner aux intéressez en ladite compagnie de faire envoyer des vivres tant pour la subsistance des hommes qu'ils employèrent à cette expédition, que pour avitailler ledit fort Nelson, Elle entend qu'il prenne les précautions nécessaires avec lesdits intéressez pour les faire partir de Québec, affin qu'ils puissent laisser dans ledit fort, quand il sera pris, les hommes, vivres, munitions et armes nécessaires pour le conserver, et pour leur en faciliter les moyens, Elle veut bien que ledit fort leur soit remis et donné, avec toutes les munitions, armes, vivres, et les marchandises et effects qui s'y trouveront sans exception pour les dédommager de leurs dépenses dans cette entreprise, et pour celles qu'ils ont cy devant faites, à condition de l'entretenir et conserver à leurs dépens sous le commandement du S1 d'Iberville ou de tel autre qu'ils nommeront dans la suitte à Sa Majesté.Elle ordonne audit Sr d'Iberville de faire un procez verbal de Testât dudit fort, et un inventaire des armes, munitions, et autres effects, dont il sera envoyé des duplicata audit Sr de Frontenac.Sa Majesté veut qu'aussytost après cette expédition ledit Sr d'Iberville renvoyé le vaisseau du Roi le Poly en France sous le commandement du S1 de L'orme, nommé lieutenant sur ledit vaisseau, pour faire son retour à Rochefort en passant aux costes de l'isle de Terre-Neuve pour y faire la guerre aux ennemis qu'il y pourra trouver, et ledit Sr de Frontenac luy donnera ses ordres en conformité.(1) LETTRE DU MINISTRE AU GOUVERNEUR DE FRONTENAC (AVRIL 1692) A Versailles, le .avril 1692 Monsieur, Ayant rendu un compte exact au Roy de tout ce qui s'est passé en Canada pendant Tannée dernière, je suis bien aise d'avoir à vous dire, avant toutes choses, que Sa Majesté est fort satisfaite de vos services et de tout ce que vous avez fait pour la conservation de la colonie, et qu'EUe n'en espère pas moins de succez pendant cette année, en attendant le secours d'hommes qu'EUe a résolu de vous envoyer au printemps de Tannée prochaine suivant les asseurances que Sa Majesté a bien voulu vous en donner Elle mesme.(1) Archives de la province de Québec 100 ARCHIVES DE QUÉBEC J'ay reçeu avec vos lettres des et 10e may, 30 aoust, 2 septembre et 20 octobre de l'année dernière: La copie des parolles portées par les députez des Canibats et Abénaquis, pour l'asseurance de leur attachement au service du Roy contre ceux de la Nouvelle-Angleterre.La lettre du P.Bruyas, Jésuitte, du mois d'avril 1691, sur la démarche des Iroquois agniés.Les remonstrances du procureur général au Conseil Souverain, sur un combat entre deux particuliers.Les lettres de noblesse accordées au Sr Pierre Boucher par M.de Feuquières.Les informations faites contre le Sr Bo6son, capitaine reformé.Le procez-verbal de la visitte du fort S' Louis de Quebeck.Un devis de ce qui .convient à faire pour la construction d'un corps de logis dans ledit fort.Un placet du Sr de Valrennes pour avoir des lettres d'état.Un mémoire du procèz verbal contenant les raisons qui ont empesché le Sr Du Tast d'aller à la Baye d'Hudson.La copie des lettres du S1 de S'-Castin, du gouverneur de Boston, et du S> Nelson, et de ce que vous avez respondu audit gouverneur.Un rolle des concessions et des commissions que vous avez donné.Un mémoire touchant les entreprises à faire sur Manatte et sur Boston.Un estât de plusieurs placets que vous avez recommandés.Et un mémoire des choses qui vous regardent en particulier.Je n'ay point reçeu les plans des fortiffications du fort de Quebeck et du fort de Frontenac que vous deviez m'envoyer par le vaisseau le St-François Xavier, ce vaisseau s'estant apparemment perdu.Vous trouverez dans les ordres du Roy la response à la pluspart des choses que vous avez escrites.J'ay à adjoiister à la permission que Sa Majesté vous donne pour le restablissement du fort de Frontenac que tous ceux qui croyent avoir connaissance du pays, ne croyent pas ce restablissement convenable, surtout dans un temps ou ayant peu de soldats vous n'en pouvez esloigner du corps de la colonie, sans en affaiblir la deffense.Ils disent encore que ce dessein ne pouvant estre exécuté sans d'extrêmes despenses, on.n'en tirera aucune utilité considérable, et que cela se prouve par l'expérience de ce qui s'est passé pendant que ce fort a subsisté.C'est pourquoy je vous prie de ne vous point engager à y renvoyer qu'après avoir bien balancé ces considérations, et vous estre asseuré du succez, sans quoy il serait plus à propos d'y renoncer ou au moins de remettre à un autre temps.L'estat où estaient les affaires de Canada, à la fin de l'année 1690 après la retraitte des Anglais, ayant fait penser à Sa Majesté que sans un secours considérable, vous n'auriez pu faire autre chose que de pourvoir à la deffense du pais contre les nouvelles invasions des ennemis, Elle prit la résolution de vous envoyer les grandes sommes que vous avez eues pour les dépenses de la guerre de l'année dernière afin d'y employer les Canadiens, et faire les entreprises que vous estimerez convenables d'exécuter contre les Iroquois pendant qu'ils seraient occupez chez eux par la diversion que vous pourriez y faire faire par les Sauvages amis d'en haut.C'est encore sur ces mesmes veues que Sa Majesté a fait et augmenté, pour Tannée courante, les fonds qu'Elle a ordonnés la précédente pour l'extraordinaire de la guerre.On n'a icy aucune connaissance que les Anglais se soient mis en estât d'exécuter les menaces qu'ils ont faites de retourner à Quebeck par l'embouchure de la rivière, ARCHIVES DE QUÉBEC 101 vous en serez sans doute informé assez à temps pour vous pouvoir prêcautioner sur les advis que vous en aurez; mais il paraist que si vous estes en repos de ce costé-là vous pourrez prendre de.grands avantages sur les Iroquois du costé d'en haut, en employant à propos les secours que Sa Majesté vous envoyé, sur quoy je dois vous dire qu'il y a divers advis que les dépenses qui se font pour mettre les alliez en action, servent bien moins pour cela que pour le commerce des particuliers.Vous y devez bien prendre garde, et au choix des personnes que vous employez pour les expéditions esloignées.M.l'évesque de Québeck à si fortement promis au Roy de travailler à la fixation des cures, qu'il n'y a plus lieu de craindre de retardement.Je suis aussy persuadé que sur les bonnes dispositions dans lesquelles il m'a paru de vivre en bonne intelligence avec vous, toutes les difficultez qu'il y a çy-devant eues de sa part ou du costé des ecclésiastiques, cessseront absolument, et que les habitans seront désormais plus en repos qu'ils n'ont esté.Je vous prie d'y contribuer de vostre part autant qu'il sera possible, et de donner audit Sr evesque tous les secours que vous pourrez pour cette fonction.J'escris à Mr de Champigny sur ce que vous m'avez mandé touchant la présentation aux cures, afin que vous examiniez ensemble cette affaire de concert avec M.l'évesque, afin d'en envoyer vos advis.Je ne puis rien adjouster à ce que le Roy vous marque de ses intentions pour l'exécution de son ordonnance du 24 may 1679 au sujet des boissons enyvrantes, les ecclésiastiques se plaignent qu'il y a en cela de grands abus et des désordres infinis.Il faut faire chastier sévèrement les contrevenans et les coupables quand on en découvrira.Les places des officiers reformez doivent demeurer supprimées à mesure qu'il y a occasion de les mettre en pied dans les détachemens.Sa Majesté a fort desapprouvé les avances que le Sr des Bergères s'est fait faire, et les consommations des vivres qu'il a faites; j'escris a M.de Champigny de faire retenir sur ses appointemens ce qu'il pourra devoir.On a donné advis au Roy que le Sr Bizart, major de Montréal, est un mauvais sujet, et indigne du commandement de cette place, qui luy a esté accordée en l'absence du gouverneur.Je vous prie d'examiner sa conduitte et sa capacité afin d'y pourvoir comme vous estimerez à propos.J'attends avec impatience de sçavoir ce que le Sr de Villebon aura fait du costé de l'Acadie.Vous serez informé par les ordres particuliers que je vous envoyé de Sa Majesté de la destination du vaisseau l'Envieux pour aller sous le commandement du Sr de Bonaventure dans la Baye Française, et de ce qu'EUe a estimé de son service à cet esgard.Il paraist que le succez de ce voyage et de ce qui est ordonné d'ailleurs au dit S1 de Bonaventure dépend particulièrement de son prompt départ de Québec.Vous sçavez bien aussy que l'expédition dans la Baye d'Hudson, pour l'attaque du fort Nelson que Sa Majesté a de nouveau résolu sur vos advis, manquerait comme l'année dernière si le vaisseau du Roy le Poly (qui y est destiné sous le commandement du Sr d'Iberville avec les deux vaisseaux de la Compagnie) estaient retardez à Québeck.Je me réfère pour cette entreprise aux ordres particuliers de Sa Majesté sur ce qui la concerne.Je ne dois pas omettre de vous dire que le Roy a esté surpris du peu de pro-grez qu'il y a pour les fortiffications des postes, après les grandes sommes que Sa Majesté y a fait employer, cela demande une particulière application de vostre 102 ARCHIVES DE QUÉBEC part, et pour exciter les principaux habitans et les plus accomodez à y contribuer et les petits qui sont en estât de travailler à s'y employer.Le Roy ayant fixé la despense pour le restablissement du chasteau de Québec à 12000 1.sur lesquels Sa Ma\" en envoyé présentement 3000, vous devez réduire les choses à faire sur le pied de cette somme.Quoyque j'espère qu'au moyen des ordres de Sa Majesté il ne pourra plus subsister aucun prétexte de division entre M.de Champigny et vous, je ne sçaurais me dispenser de vous prier en particulier de faire tout ce que vous pourrez pour prévenir les dégousts qu'il peut prendre dans les occasions qui se présenteront afin que l'union parfaite qui doit estre entre vous, se puisse fortiffier autant qu'elle est requise pour remplir vos obligations réciproques pour le service du Roy.(1) LETTRE DU MINISTRE AU GOUVERNEUR DE FRONTENAC (AVRIL 1692) A Versailles, le .avril 1692 Monsieur, Le Roy vous ayant marqué l'attention que Sa Majesté a faite sur vos propositions réitérées, pour attaquer du costé de la mer la Nouvelle-York et la Nouvelle-Angleterre, je suis bien aise de vous dire encore sur ce sujet, qu'EUe aurait fait faire un armement pour cette entreprise, si l'estat present de ses affaires l'avait pu permettre, et qu'EUe n'en laissera pas perdre l'occasion quand if sera possible; mais comme les mémoires que vous avez envoyés ne contiennent pas des connaissances aussy précises qu'il serait à désirer pour faciliter et asseurer l'exécution d'un tel dessein, particulièrement pour les abordages aux terres, les descentes et le mouillage des vaisseaux, il est nécessaire que vous vous recueilliez encore avec ceux qui se trouveront avoir esté sur les lieux pour en dresser des plans estendus, et y marquer les sondes, et toutes les observations requises, Sa Majesté trouve mesme bon que vous fassiez passer en France par les premiers vaisseaux le Sr de Cadillac, lequel Elle a appris estre le mieux instruit.Vous prendrez pour l'envoyer tel autre prétexte que vous trouverez à propos pour oster la connaissance de ce dessein, dont les Anglais ont déjà esté en deffiance, sur quoy je dois vous dire sur la trop libre communication que j'apprens avoir esté permise au Sr Nelson qu'on pouvait bien garder avec luy les mesures de l'honnesteté et du bon traitement qui se peuvent faire à un prisonnier de quelque distinction; mais il aurait esté nécessaire de prendre plus de précautions en cela, pour empescher qu'un homme comme luy, estimé le plus vif, le plus animé contre le Canada, et le plus propre aux desseins des Anglais pour y faire des entreprises, n'eust pas pu prendre connaissance de Testât où vous estes, par la liberté qu'il a eue de voir les lieux et de communiquer avec toutes sortes de gens.C'est pourquoy, je crois que \\ ous le devez faire resserrer après l'arrivée des vaisseaux, et ne luy laisser parler qu'à des personnes instruites, et qui ne vous pourront estre suspectes.(1) Archives de la province de Québec ARCHIVES DE QUÉBEC 103 Vous ne devez point faire l'eschange dudit Sr Nelson, si les Anglais n'ont pas renvoyé les 53 soldats français du Port-Royal retenus à Boston, comme ils l'ont deub faire en exécution de l'eschange convenu avec le Sr de Villebon pour les prisonniers anglais qu'il a renvoyés au dit Boston, et vous devez attendre que lesdits soldats soient revenus, parce qu'ils ont esté arrestez contre la foy de la capitulation accordée par Phips au Sr de Meneval.Si, en ce cas, vous avez à négocier l'eschange dudit Sr Nelson, et d'autres prisonniers anglais, vous pouvez le donner en retirant le chevalier D'Aux et le P.Millet, Jésuitte, s'ils n'ont point esté renvoyez, comme le dit Sr de Villebon l'a fait espérer ou, en tout cas, vous pouvez faire l'eschange du Sr Nelson, avec tels autres Français qui pourront tomber entre les mains des ennemis.J'ay encore à adjouster à ce que le Roy vous a marqué de ses intentions pour la guerre pendant la prochaine campagne, et à ce que je vous ay escrit en particulier sur le mesme sujet, qu'ayant paru par les advis de M.de Champigny et par ce que vous avez mandé, que vous aviez préparé l'automne dernier, les forces et les choses nécessaires pour l'attaque d'Orange et des Agniez, et que cette entreprise n'a pas esté exécutée, à cause qu'on a laissé passer le temps propre à la faire.Il semble qu'il serait d'un grand avantage que vous vous préparassiez de meilleure heure pour l'exécuter au commencement de l'automne, si vous croyez qu'elle puisse réussir, et en cas que les Anglais ne soient pas entrez dans la rivière et que les Iroquois soient retirez chez eux ou qu'ils y soient retenus par les diversions des Sauvages alliez.(1) LETTRE DU MINISTRE AU GOUVERNEUR DE FRONTENAC (23 JUILLET 1692) A Versailles, le 23 juillet 1692 Monsieur, Je commenceray cette lettre par vous aprendre la prise par l'armée du Roy, commandée par Sa Majesté, de la ville et chasteau de Namur.Vous verrez par la relation que je vous envoyé plus au long le détail du siège dont le succez est deub (après Dieu) à Implication infatigable de Sa Ma\".Nous n'avons pas esté si heureux du costé de la mer, 44 vaisseaux du Roy estant entrez dans la Manche pour faciliter le projet que Sa Majesté avait fait de faire passer le Roy de la Grande Bretagne en Angleterre, ces vaisseaux ont esté retenus par les vents contraires pendant un mois pendant lequel les ennemis ayant assemblé tous leurs vaisseaux de guerre au nombre de plus de 90, ceux de Sa Majesté n'ont pas laissé de les attaquer entre Barfleur et l'isle de Wicht, et après un combat opiniastre pendant un jour entier sans avoir rien perdu, ayant mesme coulé à fonds un de leurs vaisseaux et bruslé un autre, ils ont fait leur retraitte sans que les ennemis ayent osé s'y opposer; mais par un malheur extraordinaire ces vaisseaux passèrent par le Ras Blanchard où les ancres de 15 ayant chassé, et le vent et la marée contraires les portant sur les ennemis, ils furent obligez de revenir (1) Archives de la province de Québec. 104 ARCHIVES DE QUÉBEC à Cherbourg, et à la Hogue ou ayant esté enveloppez par tous les vaisseaux des ennemis, on ne put les empêcher d'estre bruslez.Le reste des 44 vaisseaux s'est retiré à St-Malo et à Brest où estait M.le comte d'Estrées avec le reste de l'armée, et cette séparation empeschant l'armée du Roy de se remettre à la mer, Sa Majesté a bien voulu proffiter de cette conjoncture pour vous envoyer une escadre suffisante pour détruire les vaisseaux ennemis qui auront pu vous attaquer en cas que cela arrive, M.qui commande l'escadre, vous remettra les prisonniers et tout ce qui aura esté pris sur eux à l'exception des vaisseaux qui peuvent estre amenez incessamment en France et qui vous seraient inutiles, et vous en disposerez pour le plus grand bien de la colonie, de concert avec M.de Champigny.Sa Ma\" se remet à vous.Comme l'intention de Sa Majesté est que ledit Sr.revienne en France après cette expédition faite, il est nécessaire que vous pressiez le départ des vaisseaux marchands affin qu'ils puissent proffiter de son escorte; mais en cas que vous n'ayez pas esté attaqué, ledit Sr.a ordre de croiser l'embouchure du fleuve s'il y a apparence que vous le soyez, sinon d'aller en Tisle de Terreneuve pour destruire les habitations des Anglais.Je vous prie de faire en sorte de luy donner de vos nouvelles en ces endroits, et de l'informer de ce que vous estimerez nécessaire qu'il sçache pour le bien du service de Sa Majesté.Je suis (1).LETTRE DU GOUVERNEUR DE FRONTENAC ET DE L'INTENDANT BOCHART CHAMPIGNY AU MINISTRE (15 SEPTEMBRE 1692) Québec, 15 7bre 1692 Monseigneur, ., Nous avons reçu le mémoire du Roi du quinze avril, avec les lettres et états que vous nous avez envoyés par le Sr d'Iberville, commandant le Poli, qui est arrivé ici il y a un mois avec tous les vaisseaux qu'il accompagnait dans lesquels il y avait une grande partie des secours que Sa Majesté a eu la bonté d'ordonner pour ce pays; nous nous attendons à recevoir le reste par les autres vaisseaux qui doivent venir.Sa Majesté nous faisant connaître par ces envois la protection particulière qu'elle continue de donner à la colonie pour la secourir contre ses ennemis, nous oblige pour entrer dans ses intentions à lui représenter qu'il est absolument nécessaire pour sa conservation, qu'elle soit secourue l'année prochaine d'un nombre considérable de soldats ainsi qu'elle a bien voulu nous le faire espérer par son mémoire, étant impossible autrement de la garder et de faire en même tems des entreprises au dehors.Nos lettres et mémoires particuliers vous informeront, Monseigneur, des desseins que l'on a pour la guerre, et vous feront voir l'importance qu'il y a d'envoyer mille soldats.(1) Archives de la province de Québec ARCHIVES DE QUÉBEC 105 Les avantages que les armes du Roi ont continué de remporter cette année en différentes occasions dont vous serez, Monseigneur, pleinement informé par les mémoires que nous envoyons, doivent faire connaître qu'il a fallu mettre tout en usage avec le peu de forces que nous avons, et que les mouvements continuels qui se sont faits ont produit des effets au delà de ce que nous en pouvions attendre, quoiqu'ils nous aient aussi un peu affaiblis par la perte que nous y avons faite de quelques-uns de nos bons officiers et de nos meilleurs hommes.Nos semences et nos récoltes ont été faites sans aucune incursion des ennemis, mais il n'y a pas eu beaucoup de grain, ce qui provient d'une destruction causée par les chenilles qui en ont mangé et ravagé la plus grande partie dans toute l'étendue du pays où elles se sont répandues dans un si grand nombre que la terre en était toute couverte.Cependant nous pouvons conjecturer qu'il y en aura suffisamment pour la subsistance des habitans.Nous avons bien besoin que les autres vaisseaux arrivent parce qu'ils nous doivent apporter près de quatre cents milliers de farines de celles destinées pour ce pays, et environ vingt-quatre milliers de lard sans quoi nous aurions bien de la peine à faire subsister les troupes.Il est très nécessaire que Sa Majesté fasse envoyer l'année prochaine six cents milliers de farine et cent vingt milliers de lard, comme elle a eu la bonté de faire cette année, avec la subsistance pour un an des troupes qu'elle fera passer.Nous vous envoyons, Monseigneur, un état des munitions qui nous seront aussi nécessaires.Sa Majesté peut être assurée qu'elle sera satisfaite de l'union et de la bonne intelligence qu'elle désire qui soit entre nous, et que nous concourrons de tout notre possible à tout ce qui sera du bien de son service, et pour l'avantage de la colonie.L'ordre particulier qu'elle nous donne pour entretenir cette union ne nous saurait être que fort agréable, piiisqu'avec le bien du service nous y trouvons notre satisfaction particulière.La liste des troupes, jointe à la dépêche du sieur de Champigny du .12 octobre 1691, était conforme à la revue qu'il en fit peu de temps auparavant, et s'il n'y a eu que vingt hommes de moins de l'état de revue faite à la fin de 1690 et qu'il paraisse la perte d'un plus grand nombre, cela provient de plusieurs cadets incorporés dans les compagnies, du retour de quelques prisonniers, et que le nombre qu'on a perdu était en partie des habitans du pays.Le dit sieur de Champigny vous envoie, Monseigneur, la revue des troupes, ainsi que vous la désirez; il ne sera reçu aucun homme qui ne soit en état de servir, et des cadets qu'ils n'aient seize ans.Si vous aviez reçu, Monseigneur, les plans qui vous ont été envoyés à la fin de 1691 par le vaisseau le S' François-Xavier que l'on croit perdu à l'entrée de ce golfe, vous auriez bien connu l'utilité de l'emploi des fonds ordonnés par Sa Majesté pour les fortifications et qu'il a été apporté toute l'économie possible dans la dépense que l'on a été obligé de faire, la basse-ville de Québec ayant été fortifiée de deux plates-formes fort considérables, la haute-ville de deux autres et plusieurs redoutes couvertes, l'entretien de la palissade, et de celle de Montréal, la construction de neuf de celle de Trois Rivières, avec des redoutes et d'autres réparations et travaux absolument nécessaires, ce qui a causé toutes les dépenses qui ont été faites, et vous pouvez être assuré, Mgr, que l'on prend un soin très particulier à ce qu'il ne soit fait aucune consommation que fort à propos.Les états des dépenses qui vous sont envoyés et les plans que l'ingénieur vous porte vous feront connaître clairement tout ce qui a été fait, et nous attendrons ce que vous ordonnerez que l'on fasse dans la suite (cependant, pour achever de consommer les fonds de cette année) nous avons cru qu'il n'y avait rien de plus néces- 106 ARCHIVES DE QUÉBEC saire et de plus pressé que de faire travailler à l'enceinte du château de Québec dont le circuit est trop petit parce qu'il n'enferme pas le magasin aux poudres et que les murailles tombent en ruines et sont sans aucuns flancs, parapets ni défenses, et comme il n'est pas moins nécessaire pour nous mettre un peu plus à couvert des menaces que Phips continue de nous faire, nous allons aussi faire travailler incessamment à une troisième plate-forme à la basse-ville, dont l'ingénieur vous portera les plans, ce qui non seulement consommera le restant des vingt mille livres envoyées pour cette année, mais même ira environ à quinze mille livres au delà, sans comprendre ce qu'on ne peut se dispenser de réparer à Montréal, l'augmentation de l'enceinte des Trois-Rivières, le rétablissement de la clôture du fort Chambly qui est pourie et l'entretien de plusieurs petits forts; c'est pourquoi il est nécessaire d'envoyer l'année prochaine les 15,000 1.et encore les vingt mille livres à l'ordinaire, si vous ne voulez pas ajouter une plus grande somme au cas que vous preniez la résolution suivant les plans, d'achever de pierre la fortification de cette ville qui, comme vous savez, est la clef et le salut de tout le pays.Vous observerez, s'il vous plait, qu'il vaut mieux faire faire de pierre tout ce qu'on aura dorénavant à entreprendre dans les lieux où la pierre se rencontre, que de s'amuser à se servir de pieux, auxquels il faut tous les ans travailler, engageant à de grands entretiens, comme il parait par l'enceinte de Montréal.Nous pouvons vous assurer qu'on ne doit pas compter sur le secours qu'on peut tirer des habitans pour contribuer à ces travaux, les marchands ayant fait des pertes considérables dans le S< François-Xavier où ils avaient embarqué beaucoup de pelleteries et d'argent comptant.Les habitans, d'un autre côté, étant presque tous ruinés par la guerre qui les a contraints d'abandonner la campagne, où leurs maisons et habitations étaient, pour se réfugier ici ou dans les forts où ils sont réduits avec leurs familles dans des cabanes.C'est un des plus grands biens que Sa Majesté puisse faire pendant la guerre que d'envoyer des munitions pour distribuer aux Sauvages, puisque c'est un moyen .comme assuré pouf les faire agir et tenir toujours en action, en mettant quantité de partis en campagne contre les ennemis comme il a paru cette année.On emploira ceux que Sa Majesté a envoyés le plus utilement qu'il sera possible, selon ses intentions, que nous remplirons de notre mieux, en observant ce qu'il nous ordonne à cet égard pour empêcher autant qu'on le pourra les abus que les particuliers ou les chefs que l'on envoie dans les postes éloignés pourraient faire, par la diversion des hommes, afin de les retenir dans le pays et les engager à la culture des terres, à la pêche et autres entreprises convenables.C'est ce qui s'est fait l'année dernière de concert, en observant pour la distribution des présents aux Sauvages, les précautions nécessaires, dont le sieur de Louvigny qui est à Missilimakinac, a déjà commencé de rendre un fort bon compte.Nous tenons la main à ce que les Sauvages ne se défassent de leurs armes et munitions sous quelque prétexte que ce puisse être.Il a été rendu ci-devant des ordonnances sur ce sujet qui sont exactement exécutées.Ce que Sa Majesté souhaite que nous fassions pour la distribution des vingt-cinq congés qu'elle désire que l'on donne pour aller en traite dans les pays éloignés sera exécuté ainsi qu'elle nous l'ordonne, et conformément à son ordonnance du deux mai 1681 et pareillement sa déclaration du 24 mai 1679 concernant les boissons enivrantes sera exécutée.La proposition du Sr de la Porte de Louvigny pour occuper les postes de la rivière ARCHIVES DE QUÉBEC 107 .des Miamis à la charge d'y entretenir 40 soldats à ses dépens ne peut pas être reçue, puisque cela ne servirait qu'à exclure les habitans des profits de la traite qu'on y peut faire pour les faire tomber entre ses mains.\u2022-, Les religieuses hospitalières de Montréal ont eu les six congés qui leur avaient été promis par M.de Denonville; elles en avaient bien besoin, cette maison étant dans une grande misère.Le Sr Riverin à qui Sa Majesté en a accordé en a eu deux cette année en considération de son établissement de pêcherie qui devient considérable.A l'égard de ce qui est dû pour les avances faites pour la construction d'un fort aux Outaouacs et d'un autre au Détroit du lac Erié et pour autres dépenses dans le dit pays, il est à propos d'informer Sa Majesté que Mr de Denonville étant arrivé au Canada donna ses ordres pour construire les dits forts,' et d'envoyer dans toutes les nations afin de les engager à se rendre au printemps de l'année 1687 au rendez-vous général qu'il leur donna sur le lac Ontario pour se joindre à lui et marcher contre les Iroquois dans leur pays, ce qui s'exécuta par les soins du sieur de la Du-rantaye, qui, pour cet effet, emprunta de ceux qui faisaient alors la traite dans les dits lieux une partie de leurs marchandises qu'il employa à la construction des dits forts et aux voyages qu'il fit faire par les Français et Sauvages pour avertir toutes les nations.Chaque particulier qui a fourni des marchandises, en a représenté son mémoire certifié tant du sieur de la Durantaye que du Père Angelran, missionnaire dans les dits lieux, et il a été ensuite arrêté par Mr de Denonville et le Sr de Champigny qu'ils en seraient remboursés sur les premiers congés qui seraient délivrés, ce qui fut approuvé par la dépêche de Sa Majesté du 9 mars 1688, et comme cela n'a pu être fait depuis, n'ayant pas été donné de congés, ces sommes sont encore dues qui montent à dix-sept mille neuf cent quarante-quatre livres seize sols, trois deniers monnaie de France, dont l'état est ci-joint.Il n'y a rien de si juste que de faire ce remboursement, ces particuliers ayant fourni de bonne foi leurs marchandises, sans considérer qu'ils sont descendus en guerre à leurs dépens, et qu'il y a six ans que cela leur est dû.Si le Roi veut bien entendre à ce que nous lui pouvons représenter sur cela, en continuant les grâces qu'il fait à ce pays, il ordonnera un fonds l'année prochaine pour faire ce remboursement, afin que les congés puissent tourner au profit des pauvres habitans de ce pays, sinon il ordonnera de donner des congés surnuméraires pour ce remboursement.Les sipurs de la Forest et Tonty à qui Sa Majesté a accordé le fort S* Louis des Illinois, à condition de mettre les Sauvages en action contre ces ennemis, ont commencé de satisfaire à cet engagement, plusieurs partis ont défait des cabanes d'Iroquois qui étaient écartées de leurs villages, et ils se disposent à les faire agir plus fortement.Il serait nécessaire de nous envoyer la concession de ce fort au Sr de la Salle pour en faire jouir les dits sieurs de Tonty et de la Forest aux mêmes conditions, leur ayant été donné pour en jouir conformément à sa concession.Quelque précaution que l'on puisse prendre pour la conservation de l'Acadie et pour le secours des habitans français du même lieu, on ne saurait y réussir avec le peu de forces qu'il y a, quand les Anglais y en voudront mener de considérables comme il leur est aisé.Tout ce que l'on peut faire est d'envoyer de temps en temps des munitions comme on a fait aux habitans des mines de Beaubassin et des autres endroits pour empêcher que l'abandon où ils croiraient être, si on ne les secourait, ne les contraignit de se donner aux Anglais, ce qu'ils ont jusques ici refusé de faire quoiqu'ils en aient été fort sollicités et aux menaces, comme aussi d'engager les Canibats et Abénaquis par les présents que le Roi leur envoie à être toujours en 108 ARCHIVES DE QUÉBEC action pour harceler les Anglais et détruire leurs campagnes.Il est aussi nécessaire d'y conserver les ecclésiasiques qui y sont afin de maintenir les Sauvages dans la pratique de la religion.Le Sr d'Iberville, commandant le vaisseau le Poli, n'a pu exécuter, l'entreprise sur le fort Nelson, à cause de la longueur de son voyage, la saison étant trop avancée; la même raison empêcha M.Du Tast d'y aller l'année dernière.Si le Roi est dans la volonté de faire exécuter ce dessein, il est absolument nécessaire qu'il envoie de bonne heure un de ses vaisseaux à Québec, pour se rendre dans la baie avec deux petits vaisseaux de la Compagnie qu'ils feront mettre en état pour cela.Nous avons jugé à propos par les raisons que le sieur comte de Frontenac vous marque dans sa lettre particulière, de joindre le vaisseau le Poli à l'Envieux, estimant que Sa Majesté ne trouverait pas mauvais qu'il changeât l'ordre que le S* d'Iberville avait d'aller croiser sur les côtes de Plaisance en celui de se joindre au Sr de Bonaventure pour croiser ensemble sur celles de Boston et Manathe, et il y a lieu d'espérer que cela aura un très bon succès, suivant le projet dont il vous fait le détail.Nous les avons fait partir de cette rade avec le plus de diligence qu'il a été possible.Nous ne doutons pas, Monseigneur, que Sa Majesté considérant les grands avantages qu'elle tirera si elle se rend maltresse de la Nouvelle-York et de la Nouvelle-Angleterre, ne fasse cette entreprise dès l'année prochaine pour toutes les raisons que nous lui avons marquées par nos lettres de l'année dernière.Nous attendons ses ordres pour ce qu'il y aura à faire en même temps du côté d'Orange, à quoi nous ne pouvons songer que nous ne soyons plus forts de troupes.On n'a pas été en état de songer au rétablissement du fort Frontenac; quand l'occasion s'en présentera, on prendra si bien ses mesures que la chose aura le succès que Sa Majesté en peut espérer.S.M.a eu bien de la bonté de vouloir songer au rétablissement du château de Québec.Ce n'est pas assurément sans besoin, on y emploiera les trois mille livres qu'elle a envoyées, dans l'espérance qu'elle donnera ordre pour le reste l'année prochaine, l'ouvrage pressant, attendu le péril imminent où est le vieux bâtiment.Nous enverrons par les derniers vaissaux une liste des officiers des troupes entretenues en ce pays où il sera fait mention de leurs services et de ceux qui désirent entrer dans la Marine, et nous ne saurions assez remercier Sa Majesté d'avoir eu égard aux supplications que nous lui avons faites de songer à l'avancement dès officiers qui servent en ce pays, rien ne pouvant tant contribuer à entretenir et augmenter le zèle qu'ils ont pouf son service.Elle nous a bien fait l'honneur de nous mander qu'elle avait accordé des emplois à quelques-uns, mais comme les brevets ne nous ont pas été adressés, nous n'en savons pas les noms ni les charges dont elle les a honorées.Nous avons les mêmes actions de grâces à lui rendre de ce qu'elle a fait pour les S\" Provost, Gallifet, Ramezay et Grandpré, et des gratifications qu'elle a accordées aux sieurs de Monic, Repentigny, Jolliet et aux Pères Récollets; elles ne pouvaient pas mieux être employées, le premier rendant de bons services et n'ayant pas d'ap-pointemens de major, le second étant un gentilhomme des premiers habitués en ce pays qui avait douze enfans garçons dont sept sont actuellement dans le service et deux autres y ont été tués depuis un an, l'un brûlé par les Iroquois et l'autre tué cet été d'un coup de mousquet au parti du Sr de Vaudreuil, le troisième étant un des plus anciens habitans du pays, chargé d'une nombreuse famille, qui a beaucoup de talents pour les découvertes auxquelles il continue de travailler actuellement et à un ARCHIVES DE QUÉBEC 109 établissement considérable dans l'Ile d'Anticosti où il a consommé la plus grande partie de son bien, ce qui nous oblige à la supplier de les leur vouloir continuer aussi bien qu'aux Pères Récollets, qui par l'utilité et l'édification qu'ils donnent à tous les peuples, peuvent espérer que Sa Majesté leur accordera encore d'autres charités plus considérables pour les aider à bâtir leur maison comme elle a fait à quelques communautés de ce pays.Nous n'avons point reçu les lettres de noblesse accordées par Sa Majesté, l'année dernière, aux Sre de S1 Denys et Hertel ainsi que vous nous le marquiez, Monseigneur, par le mémoire du Roi, c'est pourquoi nous vous supplions de nous les envoyer l'année prochaine.Nous exécuterons à l'égard des Sre de la Durantaye et La Motte Cadillac ce que Sa Majesté nous prescrit.L'ordre que le Roi nous donne de donner des concessions de proche en proche dans l'étendue de la colonie, ne se peut exécuter ne se trouvant plus de terres le long du fleuve qui ne sont concédées depuis le commencement des habitations jusques au haut de l'île de Montréal; les lieux qui sont les plus exposés aux ennemis, qui sont au-dessus des Trois-Rivières, sont réunis en villages, et les habitans y sont retirés, cette réunion n'est pas si nécessaire pour les lieux qui sont au-dessous des Trois-Rivières, étant moins exposés.Cependant on y travaillera autant qu'il sera possible.Nous avons appris avec plaisir que les différends entre Monsieur l'évêque de Québec et son Séminaire étaient terminés.Sa Majesté peut être assurée que nous n'oublions rien pour conserver l'union avec lui.Elle en doit être satisfaite jusqu'à présent, puisqu'elle s'est conservée sans aucune altération.Il n'a pas encore fait des cures fixes, faute de temps depuis son arrivée, nous lui en avons parlé et nous espérons qu'il en fera incessamment.La continuation des huit mille livres pour partie de la subsistance des curés sera bien nécessaire, ne pouvant en être entretenu un nombre suffisant sans ces secours.Sa Majesté ne doit pas aussi douter qu'on n'assiste les Jésuites et les Récollets en tout ce qui nous sera possible.Puisque Sa Majesté par ses lettres patentes pour l'établissement d'un hôpital général à Québec, a ordonné que le gouverneur et l'intendant, conjointement avec le Sr évêque seraient chefs de la direction du dit hôpital, ils auront plus de facilité de remédier aux abus que Sa Majesté marque très judicieusement, qui se pourraient introduire dans le dit établissement, et comme par les mêmes lettres, elle nous promet d'en accorder pour des maisons de charité dans les lieux .où elles pourraient être utiles, lorsqu'il se présenterait des personnes pieuses qui ayant du bien voudraient contribuer au dit établissement.Ils ont accordé conjointement avec Mr l'évêque des lettres pour en établir un à Montréal, s'êtant rencontré des personnes qui ont des biens assez considérables pour la fonder, qui ne sera pas à charge à Sa Majesté ni préjudiciable à la colonie, leur dessein n'étant pas de donner lieu à la fainéantise ou de l'entretenir, mais de tâcher d'empêcher l'oisiveté qui règne dans la plus grande partie de la jeunesse de ce pays en instruisant les enfans, faisant apprendre des métiers à ceux qui seront pauvres, et surtout les occupant à la culture des terres, en sorte qu'il n'y ait aucun dans la maison qui ne soit employé à quelque ouvrage qui lui soit convenable.Nous veillons à ce que cela s'exécute exactement afin d'en tirer par la suite tous les avantages qu'il sera possible.Nous vous envoyons la copie de la permission que nous leur avons accordée, afin que Sa Majesté ait la bonté de la confirmer si elle le juge à propos.Le Sr de Champigny vous rendra compte de la réception des habits envoyés pour les soldats la présente année, et des munitions qui ont été chargées dans les 110 ARCHIVES DE QUÉBEC vaisseaux, après que ceux que nous attendons seront armés, parce qu'il y en a dedans une bonne partie.L'emploi du Sr Bizard ayant été rempli, et étant d'un esprit assez difficile, fort sujet à se faire des affaires semblables à cause de son ivrognerie continuelle, nous vous prions, Monseigneur, de ne pas permettre qu'il repasse en ce pays.Le Sr comte de Frontenac n'a pas manqué, sitôt qu'il a reçu les ordres de Sa Majesté, de rétablir les sieurs Noyan et de Lorimier dans les fonctions de leurs charges, étant fort aise en son particulier que Sa Majesté ait eu de l'indulgence pour eux, parce que ce sont des bons officiers.On n'a apporté aucun changement à la valeur des espèces suivant la lettre particulière que le Sr comte de Frontenac en a reçue.Nous nous servons cette année du même expédient dont nous nous sommes servis l'année dernière d'emprunter des marchandises de quoi fournir aux dépenses de l'année prochaine jusqu'à l'arrivée des vaisseaux.Mais il serait à appréhender qu'il ne se peut pratiquer les années suivantes, les marchands pouvant avoir des vues de faire profiter leur argent par d'autres voies; ainsi il serait bon qu'il y eût toujours un fonds de six mois d'avance qui étant fait une fois continuerait dans la suite.Et à l'égard de la proposition que vous faites, Mgr, de nous envoyer dorénavant en vivres et marchandises tous les fonds destinés tant pour les troupes que pour les autres dépenses, nous vous supplions de considérer qu'à moins qu'on en envoie une bonne partie en argent comptant et qu'on se règle pour le surplus sur les états que nous envoyons des marchandises et vivres que nous croyons nous être nécessaires, et qu'on est obligé de changer suivant la situation des affaires de la colonie qui est presque toutes les années différentes et principalement par l'abondance ou la rareté des grains qui s'y trouvent, vous ruineriez absolument le commerce de ce pays et en ôteriez le peu d'argent comptant qu'il y a, qui dès à présent, n'est pas en abondance.Le sieur de Champigny s'étendra encore davantage sur cet article dans la lettre particulière qu'il se donnera l'honneur de vous écrire.Il est certain que depuis plusieurs années les marchands se prévalent des prétextes que la guerre leur donne pour augmenter le prix des marchandises et que les habitants du pays ont pris de l'occasion d'enchérir sur eux et de porter les grains et autres choses nécessaires pour la vie à des prix exorbitants, et qui fait qu'il n'y a plus personne ici qui puisse subsister, la plupart des denrées ayant augmenté de plus de la moitié.Il est vrai que la première cause de l'augmentation de la vente des marchandises de ce pays provient des marchands de la Rochelle qui en ont augmenté non seulement le prix mais encore les assurances qui sont présentement à 20 pour cent, nonobstant les convois que Sa Majesté accorde tous les ans, et le fret qu'ils ont fait payer cette année jusqu'à 120 1.le tonneau qui autrefois ne valait couramment que 50, sous prétexte qu'ils ont donné un quart de leurs vaisseaux au Roi dont l'intention n'a jamais pu être qu'ils s'en dédommageassent sur les habitans du pays qui feraient venir les marchandises, et moins encore qu'ils y profitassent comme ils font puisqu'au lieu d'un quart qu'ils donnent au Roi, ils ont plus de la moitié de fret au delà de ce qu'ils avaient à l'ordinaire.C'est pourquoi nous vous supplions d'apporter du remède à cet abus qui se commet à la Rochelle afin qu'il ne se continue pas à l'avenir.Nous prendrons occasion de là de vous en représenter un autre sur lequel on a déjà écrit, il y a longtemps, qui est que les mêmes marchands de la Rochelle obli- ARCHIVES DE QUÉBEC 111 gent tous ceux qui chargent dans leurs vaisseaux de leur payer le fret par avance, ce qui ne se pratique dans aucuns lieux du monde, et qui est fort onéreux pour les gens qui sont en Canada, par les raisons qu'il n'est pas nécessaire d'expliquer parce qu'elles se comprennent aisément.Nous croyons que ces abus ne se continueraient pas si on voulait bien qu'on excitât les marchands de St-Malo et des autres villes de venir commercer en ce pays, et qu'on leur ôtât l'appréhension qu'on leur a pu donner de les en vouloir empêcher, et de ne le permettre qu'aux seuls marchands de la Rochelle.Nous faisons tout ce qui nous est possible pour exciter les marchands et les habitans de ce pays de s'appliquer aux pêcheries de morues qui est le commerce le plus avantageux qu'on puisse jamais faire dans cette colonie.Mais il aurait été impossible de faire même cette année celle de l'anguille qui est la manne de tous les habitans, sans le sel que Sa Majesté a envoyé dans ses vaisseaux, quelques-uns des autres navires n'en ayant pas apporté et ceux qui en avaient n'en ayant pas voulu vendre, disant qu'ils l'avaient destiné pour faire eux-mêmes la pêche sur le grand banc en s'en retournant.Le sieur de Champigny fait distribuer à un prix fort raisonnable celui qui est venu dans les vaisseaux du Roi.Ce qui réjouit beaucoup d'habitans, et il est d'une nécessité absolue qu'on fasse en sorte que les vaisseaux du Roi et des marchands qui viendront ici en chargent pour leur lest jusqu'à quatre ou cinq mille minots au moins, qui est la consommation qui s'en peut faire dans le pays pour toutes les pêches d'anguilles et de morues qu'on entreprend et qu'on voudra entreprendre.Pour en donner l'exemple, nous allons en commencer une avec quelques marchands que nous y avons associés, dans la pensée que cela sera agréable à Sa Majesté, nous l'ayant permis par sa dépêche de l'année passée, nous la supplions de trouver bon que nous nous servions pour ce dessein du corps de navire que le Sr dTberville.a pris en revenant ici qui n'est guère utile à autre chose et que l'on a fait estimer.Si Sa Majesté avait agréable de nous envoyer au sujet de cette prise ce que nous lui demandons par un placet que nous joignons à cette dépêche, elle nous donnerait moyen de nous récupérer un peu des grandes et extraordinaires dépenses que nous avons été obligés de faire ces dernières années.Nous avons eu assez de peine jusqu'ici de contenir les Anglais prisonniers ou rachetés d'entre.les mains des Sauvages, de les empêcher de se sauver et de se retirer chez eux; mais comme le nombre en est devenu considérable, qu'il n'est pas aisé dans un pays aussi ouvert qu'est celui-ci de les pouvoir garder sûrement et qu'ils sont fort à charge, nous avons jugé qu'il serait à propos d'en distribuer une partie dans tous les vaisseaux qui retourneront en France parce qu'il sera plus aisé de les empêcher à la Nouvelle-Angleterre où il est trop important qu'ils ne retournent pas et surtout le sieur de Nelson, qui est un esprit fort remuant, capable de nuire beaucoup s'il repassait à Boston, c'est pourquoi nous vous supplions de donner ordre à Mr Begon à qui nous les adressons de les faire garder soigneusement avec le colonel Ting et le fils d'un marchand nommé Aldin.Ils auraient été inutiles ici pour une échange puisque nous n'avons point de prisonniers français à Boston, le chevalier d'Aux s'en étant sauvé depuis peu de jours, et les soldats de la garnison de Port-Royal qui sont les seuls qui y restent ne pouvant pas entrer en compensation d'aucune échange ainsi que vous l'ordonnez.Le Sr de Mesnu, greffier en chef au Conseil Souverain, étant un peu cassé par l'âge, désirerait voir le fils qui lui reste succéder à son emploi, et comme Sa Majesté -.4 112 ARCHIVES DE QUÉBEC lui avait déjà accordé cette grâce en faveur d'un alnê qui est mort en revenant des lies où il avait été employé par M.de Gouipy, intendant, qui l'avait fait son subdé-legué, il espère qu'elle ne lui refusera pas pour son cadet, qui, dep uis cinq ans, lui sert de commis dans le greffe.Nous prenons la liberté de vous réitérer la prière que nous vous avons faite l'année passée en faveur de la veuve du Sr d'Escayrac, capitaine, qui fut tué aù combat de la Prairie de la Magdeleinè contre les Anglais en 1691, qui est de lui accorder une pension pour lui aider à élever ses enfans, étant fort pauvre.Nous vous demandons, Monseigneur, l'honneur de votre protection et que vous nous croyiez avec un profond respect, Monseigneur, Vos très humbles, très obéissants et très obligés serviteurs, Frontenac Champigny Des trois vaisseaux qui étaient partis de La Rochelle le 22 juin, il n'en est arrivé qu'un par lequel nous avons su, Monseigneur, qu'il y en avait un autre qui avait péri et dont on a seulement sauvé l'équipage, et qu'ils ont laissé le troisième à 200 lieues au delà du banc, que nous avons appris depuis deux jours par le capitaine qui le commandait avoir été pris au nord d'Anticosti, à 150 lieues d'ici, vers l'entrée du Golfe, par trois frégates de Boston qui y croisaient, lequel était chargé pour divers particuliers de vin, eau-de-vie, marchandises sèches et de 200 quarts de farine pour le Roi et de deux boucauts d'habits et de souliers pour les troupes, le tout estimé près de 200,000 livres.Si un autre bâtiment que M.Bégon nous mandait devoir faire partir quelque temps après n'arrive point, nous nous trouverons encore sans vivres, puisque de six cents milliers de farine que nous avions demandés il n'en est pas arrivé trois cents.Tant qu'on fera charger les effets du Roi dans d'aussi méchants et d'aussi petits bâtimens que ceux qu'on a envoyés cette année, ils courront toujours le même risque et le pays se trouvera dénué de toutes sortes de marchandises, puisque les marchands et les particuliers ne trouvent pas de sûreté ni de place pour y charger, ce qui fait qu'elles sont ici si rares que le prix en est extraordinaire et que tout le monde en souffre beaucoup.Si on envoyait de bonnes flûtes et de plus grand port, une seule porterait plus que quatre de ces petits bâtimens, et pour la conduire il faudrait les deux tiers moins de matelots.Il semble même.Monseigneur, que les bourgeois auxquels ils appartiennent ne se mettent guère en peine que leurs vaisseaux soient en bon état avant que de partir, et qu'ils se soucient peu qu'ils viennent à périr, parce que les faisant assurer et se faisant payer le fret d'avance, ils y gagnent visiblement au lieu d'y perdre.C'est ce paiement de fret par avance qui peut donner lieu aux friponneries qui se pourraient faire.Nous espérons, Monseigneur, que vous voudrez bien y donner ordre, et à rendre l'entrée de notre golfe libre en y envoyant deux ou trois frégates qui y puissent croiser et depuis l'Ile de Plaisance jusqu'au cap de Sable, autrement nous courrons risque toutes les années de voir la plupart de nos vaisseaux pris, et ce pays-ci se retrouvera comme bloqué et privé des secours qui le soutiennent et le font subsister.Le capitaine de la flûte qui a été prise, nommé Vivien, nous a rapporté que les Anglais de Boston se préparaient à faire un grand armement pour venir au commencement du printemps attaquer Québec de nouveau, ce qui nous fait espérer que vous RAPPORT DU CHIRURGIEN BRIAULT Nous anloinc Briaull chirurgien major sertifie quand vertu de l'ordonnance de Monsieur le Lieutenant general sivil et criminel, mestre transporté chez Mr arnoux chirurgien aide major pour y voir et visiter le nommé antoine pépin dit La chance abitant de St.miche! que j'ay trouvé dans une chambre aux se gond Etage donnant sur la reu assi sur une chaise Et est procédé à la visite ayant fait découvrir sa teste je luy ai trouvé quatre playes, la première située à la partie supérieur de l'osciputal coupant les téguments seulement grande d'un demy pouce la seconde située sur le milieu de la teste entre les deux pariétaux grande d'un pouce et demy, une troisiesme à la partie moyenne du parietal droit grande d'un pouce et la quatriesme à la partie moyenne du parietal gauche en travers longue de deux pouce toute quatre playe sinple En suite deux contusion l'une aux bras et l'autre à l'avant Bras Droit, En fois dequoy j'ay donné le présent serlifical à Québec ce 21 tibre à cingt heure après midy mil sept cens cintquante deux.BRIAULT (1) II) Archives de \\:\\ province de (Jucliec. ARCHIVES DE QUÉBEC 113 presserez les secours d'hommes, de vivres et de munitions que nous vous demandons.Messieurs du séminaire de Montréal nous ont dit qu'ils offraient à Sa Majesté de remettre entre ses mains la justice de la ville et lie de Montréal pour l'ériger en justice royale.Ils demanderaient seulement qu'on leur laissât le greffe domanial, laissant la nomination des autres officiers à Sa Majesté.Vous nous ferez savoir, s'il vous plaît, Monseigneur, ses intentions là-dessus.Il y a une espèce de difficulté entre le Sr Provost, présentement lieutenant de Roi de'Québec, et le S1 de Gallifet, qui lui a succédé à la charge de major de cette ville, sur le fait de leurs appointemens.Vous verrez.Monseigneur, leurs raisons par la lettre de l'un et le placet de l'autre, et nous vous supplions de les régler et de nous en faire savoir la décision.Il y a dans le nombre de nos officiers plusieurs anciens gardes-marine qui souhaiteraient fort, Monseigneur, que vous voulussiez penser à leur avancement, et les autres d'avoir des places de garde-marine.Si vous ne vouliez fixer le nombre et nous envoyer des brevets en blanc, nous ne les remplirons que des meilleurs sujets.Nous continuons d'être avec un profond respect, Monseigneur, vos très humbles, très obéissants et très obligés serviteurs, Frontenac Champigny (1) LETTRE DU GOUVERNEUR DE FRONTENAC AU MINISTRE (15 SEPTEMBRE 1692) Québec, le 15 septembre 1692 Monseigneur, La contrariété des vents ou les calmes continuels que le sieur d'Iberville a trouvés dans sa traversée sont cause qu'il n'a pu se rendre à cette rade avec le vaisseau l'Envieux, commandé par le sieur Bonaventure, et les autres navires qu'il escortait le 18 août et l'ont même obligé, à ce qu'il m'a dit, quand il a été à l'entrée de notre golfe, d'envoyer le vaisseau la Sainte-Anne à droiture aux postes que nous avons dans la baie d'Hudson et de faire renverser dedans ce que les intéressés de la Compagnie du Nord, qui sont à Québec, y envoyaient par avance pour la subsistance de leurs gens dans un petit navire qu'il rencontra, jugeant qu'il n'arriverait jamais assez tôt à Québec pour en repartir à tems afin de pouvoir achever ce qu'il avait ordre d'exécuter sur le fort Nelson, dont il fallait remettre l'entreprise à l'année prochaine.Ainsi, vous voyez, Monseigneur, que je n'ai pas été obligé de lui donner des ordres là-dessus, comme Sa Majesté me le commandait, et que l'inexécution de ce projet ne vient que de ce que les vaisseaux arrivent toujours trop tard et que la saison se trouve trop avancée.En les faisant partir de France de meilleure heure, s'il se pouvait, on remédierait à ces inconvéniens.(I) Archives de la province de Québec.8 114 ARCHIVES DE QUÉBEC Ceux que j'ai prévu pouvoir arriver au sieur Bonaventure, si je l'envoyais seul avec le vaisseau l'Envieux dans les fonds de la Baie-Française et jusqu'à l'entrée de la rivière St-Jean porter au sieur de Villebon les secours qu'on lui envoie me font espérer que Sa Majesté ne trouvera pas mauvais que je n'aie pas suivi précisément ce qu'elle me prescrit sur son sujet.Il y avait peu de tems que j'avais été averti par le sieur de Villebon et par d'autres endroits que Phips avait envoyé un vaisseau de 48 pièces avec deux autres brigantines, armées de plus de 400 hommes pour l'enlever dans son poste; qu'ils avaient fait quelque tentative pour mettre des gens à terre, mais qu'ayant trouvé un petit détachement de Français et de Sauvages que le dit sieur de Villebon avait envoyés pour être avertis de leur descente, ils s'étaient retirés à Boston dans le dessein d'en repartir incessamment avec deux autres vaisseaux, qu'ils joindraient à ceux qu'ils avaient déjà pour aller attendre vers le cap de Sable ceux qu'ils soupçonnaient lui devoir venir pour leur apporter du secours.C'est ce qui m'a fait résoudre, après en avoir conféré avec Mr l'intendant, d'ordonner au sieur Bonaventure de débarquer les effets dont il est chargé à la Baie-Verte, au delà de l'Ile Percée, où j'ai mandé au sieur de Villebon de se rendre, et d'où il pourra facilement et sans risque les transporter à Beaubassin et de là à son établissement, sans que le dit sieur Bonaventure soit obligé de s'engager jusqu'au fond de la Baie Française d'où il aurait de la peine à retirer son vaisseau, s'il y en rencontrait d'ennemis qui s'opposassent à sa sortie, et afin qu'il exécutât avec plus de succès les ordres qu'il avait par ses instructions de croiser sur les côtes de Boston et de Manathe, j'ai cru lui devoir joindre le sieur d'Iberville au lieu de l'envoyer vers les côtes de Plaisance, parce qu'ils pourront par ce moyen se rendre plus facilement maîtres de tous les bâtimens qu'ils y rencontreront, et être en état d'entreprendre ce qu'ils jugeront à propos de faire.Je leur ai même promis de fortifier ici leurs équipages de 40 ou 50 Canadiens, et donné ordre à deux capitaines des Abénakis et Cannibats qui s'y sont rencontrés, d'aller en diligence à leurs villages assembler trois cents de leurs Sauvages pour se rendre à Pentagouet dans la fin de la lune de septembre, où nos deux vaisseaux mouilleront et les y attendront pour ensuite les embarquer sur leurs bords, et s'en servir s'ils jugent pouvoir faire quelque descente et ravager le plat pays.Je ferai aussi embarquer dessus le sieur de La Motte Cadillac, comme vous me le marquez, avec l'hydrographe qui a fait tous les plans et les cartes que je vous envoyais par le Saint-François-Xavier et dans lesquelles vous auriez vu que je satisfaisais autant qu'il m'avait été possible aux éclaircissemens que vous désirez avoir, afin qu'ils puissent les rectifier en côtoyant la côte et vous en rendre encore un compte plus exact lorsqu'ils auront l'honneur de vous saluer.Vous trouverez dans ce paquet la copie du mémoire que je vous écrivais là-dessus avec les plans qui ont été perdus.Il s'est rencontré aussi quelques officiers des troupes auxquels j'ai cru ne pouvoir me dispenser d'accorder la permission d'aller faire un tour en France pour donner ordre à leurs affaires domestiques que la mort de leur père ou de leur mère mettait dans une grande confusion et qui s'embarqueront aussi sur ces vaisseaux; de sorte que j'espère que cette entreprise aura de très bons succès et qu'elle causera une puissante diversion du côté des Anglais qui ne s'attendent pas à une telle visite.Elle sera aussi fort du goût de tous les Sauvages de TAcadie, et les engagera d'autant plus dans nos intérêts qu'elle les animera davantage contre les Anglais.La sollicitation du sieur de Villebon et les présents qu'il leur avait faits les ARCHIVES DE QUÉBEC 115 avaient obligés de former un parti de quatre cents hommes avec les Français que le dit sieur de Villebon y avait joints pour attaquer quatre à cinq petits forts qui sont près de celui que les sieurs de Courtemanche et Portneuf prirent, il y a deux ans, avec le parti que j'avais détaché, et qui ne sont pas éloignés de Boston.Mais la division s'étant mise parmi eux et n'ayant pu convenir de ce qu'ils feraient, c'est-à-dire s'ils attaqueraient deux petits bâtimens qui s'étaient rencontrés par hasard à cette rade, où s'ils s'attacheraient uniquement aux forts, l'entreprise n'a pas eu tout le succès qu'on en pouvait attendre, s'étant contentés de faire du dégât et de brûler quelques maisons.Le sieur de Villebon vous en mandera toutes les particularités.Toutes les nations d'en haut paraissent fort bien intentionnées, et ceux qui en sont descendus à Montréal, il y a environ six semaines, avec les Outaouacs, m'en ont donné beaucoup de marques.Ils m'ont tous assuré, et Mr de Louvigny qui commande en ces lieux me le confirme, que tant de leur côté que de celui des Illinois, ils avaient plus de 800 hommes détachés en différents petits partis qui tous les jours étaient aux portes des villages des Iroquois ou qui les harcelaient dans leurs chasses, ce qui les incommode à un point qu'on ne saurait exprimer, comme nous l'avons su par quelques-uns de nos soldats prisonniers qui ont trouvé le moyen de s'échapper de leurs mains.Tous ces différents mouvemens ne sont que l'effet des présents qu'on leur a faits, car vous ne sauriez croire, Monseigneur, quelle impression ils font sur leur esprit et de quelle importance il était que vous eussiez la bonté, comme vous l'avez eue, d'obtenir de Sa Majesté qu'elle voulût bien les continuer.Je ne vous dirai rien sur leur distribution ni sur la quantité de gens que vous marquez être surpris qu'on ait envoyé pour les ports.Monsieur l'intendant sait bien qu'on en a diminué le nombre autant qu'on a pu, que lui-même les a marqués de sa main et que pour la distribution elle ne s'est faite qu'avec les précautions que nous sommes tous deux convenus qu'on apporterait, c'est-à-dire des certificats des Pères Jésuites qui sont sur les lieux, et dont il m'a dit que le sieur de Louvigny à qui ils étaient adressés lui rendait un compte très exact et dont il était content.Il n'est rien de plus juste que vous écoutiez tout ce que l'on voudra dire sur ce qui se passe en ce pays, et principalement sur la conduite que je garde, mais en même tems j'ose vous supplier d'examiner avec votre prudence ordinaire quels sont les gens qui vous donnent ces avis, et les raisons qui peuvent les engager à vous parler ou à vous faire parler de choses dont souvent ils n'ont que faire, et desquelles ils ne se devraient pas mêler, parce que je suis assuré que vous connaîtrez aisément que ce n'est pas tant le zèle qu'ils ont pour le service du Roi et la conservation de cette colonie que des raisons particulières ou intéressées qui les portent à avancer des choses qu'ils ne sauraient prouver, et dont il me sera toujours aisé de vous faire voir la fausseté et l'imposture, quand vous voudrez m'en donner la liberté, tout ce que je fais étant si public et si désintéressé que je n'appréhende point que vous puissiez me faire jamais de reproches que dans l'es plus petites comme dans les plus grandes choses, je n'ai toujours eu pour unique but de ma conduite que le bien du service et la conservation de ce pays.Les différens mouvemens que nous avons faits aussi de notre côté et qui ont été presque continuels depuis le commencement de l'hiver jusqu'à présent ont fort consterné les Iroquois.Il est vrai qu'ils ont reçu des échecs considérables en leurs différentes rencontres; l'un vers le lac Champlain au mois de décembre; le second au commencement du mois de mars près des lies de Tonniata, à 50 lieues de Mont- 116 ARCHIVES DE QUÉBEC réal, où ils étaient en chasse et ne s'attendaient pas qu'on les allât chercher, et le dernier au haut du Long-Sault de la rivière qui monte aux Outaouacs où on joignit un de leurs partis composé de 200 hommes qui avaient eu la hardiesse de s'avancer jusqu'au dessous de l'Ile de Montréal, mais qui ne s'en sont pas retournés de même, ayant été presque tous tués, pris et défaits avec perte de leurs principaux chefs; Mr de Vaudreuil commandait dans cette dernière occasion où il s'est distingué ayant été fort bien secondé de tous les officiers qui étaient avec lui.C'est un gentilhomme de beaucoup de valeur et de très bonne volonté.Je vous ferai.Monseigneur, un plus grand détail de ses actions et de ce qui s'est passé en ce pays depuis le départ des vaisseaux de l'autre année, par les derniers qui partiront d'ici, ne me donnant présentement l'honneur de vous écrire qu'avec précipitation, et pour vous en donner seulement une connaissance générale, dans la créance que j'ai que mes dépêches seront plus en sûreté dans ces navires, quoique apparemment ils ne doivent pas arriver en France sitôt que ceux qui ne partiront d'ici que vers la fin du mois d'octobre.J'ajouterai que ces avantages nous ont fait faire nos semences et nos récoltes en repos, et que de médiocres détachemens en les réitérant souvent, comme nous avons fait, incommoderont davantage les ennemis que de grandes levées de boucliers, pour aller dans leurs villages, qui font beaucoup de bruit et peu de mal, outre qu'elles ne se pouvaient faire avec le nombre de troupes que nous avons présentement sans dégarnir le pays et l'exposer par conséquent aux incursions que les Anglais et les Sauvages pourraient faire quand ils nous sentiraient éloignés, soit du côté de la mer ou du côté d'Orange par le lac Champlain, à l'égard des premiers, soit par les grandes rivières des Iroquois et des Outaouacs, pour les seconds, qui y font leurs chasses ordinaires.Je sais bien qu'il y a des gens qui ne sont pas de ce sentiment et qui pressent les Sauvages de me faire de grandes instances pour m'en-gager à les aller attaquer dans le milieu de leur pays avec le peu de forces qui me restent, sur lesquelles je les remets et essaie de les amuser en leur faisant toujours espérer, pour ne leur pas faire soupçonner notre impuissance, que je leur accorderai ce qu'ils souhaitent.Mais je ne ferai point de difficulté, Monseigneur, de vous dire que ce n'est point mon sentiment et qu'il y aurait à moi beaucoup d'imprudence à hasarder une chose de cette nature que vous ne nous ayez envoyé de quoi fortifier nos troupes et que je n'ai trouvé les moyens d'avoir des entrepôts et des retraites sûrs pour y mettre des vivres qui ne nous puissent manquer, et y faire conduire facilement les malades et les blessés dont le nombre ne peut être que considérable dans des expéditions aussi éloignées et par des chemins aussi difficiles que sont ceux qu'il faut tenir.Tout ce que j'estime donc pouvoir faire cette année en attendant le secours des troupes que vous nous faites espérer l'année prochaine, et dont nous avons un extrême besoin, est de me tenir sur une bonne défensive, de me mettre en état de repousser les ennemis, s'ils nous viennent attaquer, et de faire le printems prochain nos semences en sûreté.Les chenilles ont fait un très grand désordre cette année dans nos blés, et la récolte a été de beaucoup moins abondante qu'on ne l'espérait; de sorte que nous serions toujours fort à l'étroit de vivres, comme nous l'avons été les années précédentes, si les derniers vaisseaux dans lesquels on dit qu'on devait embarquer le reste des farines qui sont portées sur les états qu'on nous a envoyés, n'arrivaient pas à bon port.Mr l'intendant vous doit mander .à quel prix on nous les compte, qui est beaucoup plus haut que celui que les particuliers qui en font venir ne l'achètent en France, et qui augmentant la ration du soldat diminue par ARCHIVES DE QUÉBEC 117 conséquent son décompte et met les officiers hors d'état de les entretenir comme il serait nécessaire.La mauvaise foi des Anglais a été si grande sur le renvoi des 53 soldats de la garnison de Port-Royal qu'au lieu de les renvoyer par ce marchand nommé Aldin, qui s'était engagé au sieur de Villebon de le faire lorsqu'il lui permit de retourner à Boston avec son bâtiment, il a fait à son retour ce qu'il a pu pour engager le sieur de Villebon d'entrer dans une brigantine armée en guerre dans lequel il était venu pour l'enlever lui-même apparemment; et voyant qu'il n'avait pas été assez dupe pour donner dans ce panneau, il se contenta de faire mettre à terre six soldats de Port-Royal, en disant que les autres avaient voulu demeurer parmi eux, et remettant à la voile, retourna à Boston en emmenant de force deux hommes du sieur de Villebon, qui, par curiosité, étaient allés voir son bâtiment et sans acquitter le prix de celui qu'on lui avait rendu lors de sa prise, et dont il avait donné son billet, de sorte que le sieur de Villebon crut me devoir encore envoyer ici le colonel Ting et le fils de cet Aldin qu'il avait jusque là retenu près de lui et que je fis mettre en prison à leur arrivée, mais comme ils nous sont fort à charge aussi bien que le sieur de Nelson et les autres particuliers anglais que nous avons pris ou qu'on a retirés des mains de nos Sauvages, qu'il leur serait facile dans la suite de trouver moyen de s'échapper, et de retourner dans leur pays; et que les Anglais de Boston n'ont point de nos prisonniers pour proposer aucune échange, ceux de la garnison de Port-Royal, n'y pouvant entrer comme vous me le marquez par vos dépêches, nous avons cru, Mr l'intendant et moi, pour nous délivrer de cet embarras et de la dépense que cela nous cause, devoir en renvoyer en France la plus grande partie et les disperser dans les vaisseaux qui y retournent afin que vous ordonniez ce qu'on en fera et qu'on les empêche surtout de repasser à Boston et à Manathe, et principalement le sieur de Nelson et le colonel Ting et le fils de cet Aldin.La liberté honnête que j'ai donnée au premier n'a pas beaucoup augmenté les connaissances qu'il avait de ce pays et de cette ville où il avait fait un assez long séjour avant la guerre, pour la connaître èt voir qu'elle est présentement en meilleur état qu'elle n'était en ce tems-là.Mais c'est un homme si zélé pour le parti du prince d'Orange et pour sa religion, et qui s'est mis dans la tête d'avoir de si justes prétentions sur le Port-Royal et sur l'Acadie, à cause d'un oncle qu'il avait et auquel il dit qu'elle appartenait avant la restitution que les Anglais en firent en conséquence du traité de Bréda, qu'il est très important de ne le point laisser retourner à Boston, quoique Phips, qui en est présentement gouverneur, soit son mortel ennemi, et que la cabale des parens et amis qu'il y a lui soit comme lui entièrement opposée, outre qu'il n'y a point d'échange à proposer contre le chevalier d'Aux ou le Père Millet, le dernier n'étant pas au pouvoir de ceux de Boston, mais entre les mains des Sauvages dans un de leurs villages appelé Onneioust, d'où ils ne le sauraient retirer, et le premier ayant trouvé le moyen de s'échapper et de revenir ici où il est arrivé depuis peu de jours.Il vous rendra compte, Monseigneur, des périls qu'il a courus et de toutes ses aventures qui passent ce qu'on lit de semblable dans les romans.On ne saurait témoigner plus de fermeté d'esprit et plus de zèle pour le service et la gloire du Roi qu'il en a fait paraître dans toutes les épreuves qu'il a essuyées, ce qui fait espérer que vous voudrez bien vous employer pour lui en procurer quelque récompense.Ce qu'il vous dira même de Manathe et de Boston, pourra encore ajouter quelque chose à ce que vous en apprendrez par les personnes que je vous ai marquées ci-dessus, et ainsi j'espère que vous en aurez toutes les lumières que vous metémoi- 118 ARCHIVES DE QUÉBEC gnez désirer; et que vous songerez tout de bon à l'exécution d'une entreprise qui ne sera jamais si facile qu'elle l'est dans cette conjoncture, où la confusion et la division sont grandes dans ces deux villes qui ne peuvent espérer de secours considérables de l'Europe.Le dit sieur chevalier d'Aux assure que Phips est toujours dans le dessein de faire ses efforts pour nous venir revoir l'année prochaine, ce qui m'obligera à prendre toutes les précautions que je pourrai pour le bien recevoir et m'oblige à vous supplier derechef de solliciter auprès de Sa Majesté un puissant secours de troupes, sans lequel il est impossible que je ne succombe; et s'il l'accorde, de le faire partir de si bonne heure qu'il puisse être arrivé ici dans tout le mois de mai.Quand je vous ai parlé, Monseigneur, du fort Frontenac et de l'utilité que j'en aurais pu tirer dans la continuation de cette guerre, ça n'a pas été dans la pensée de le rétablir incessamment et aussitôt que j'en aurais la permission de Sa Majesté.Je sais bien que je ne suis pas en état de le faire présentement par le peu de troupes que j'ai, et qu'il ne faut pas séparer ni diviser; mais j'ose vous dire et le soutenir contre qui que ce soit au péril de ma tête, que quand l'occasion s'en offrira, je ne saurais jamais rendre un si grand service au Roi ni faire rien de plus avantageux pour la colonie que de rétablir ce poste, qui est également nécessaire et pendant la guerre et pendant la plus profonde paix, et que toutes les personnes qui diront le contraire ou sont fort ignorantes des affaires de ce pays et n'ont guère profité du séjour qu'ils y ont pu faire, ou que des motifs de jalousie et d'intérêts particuliers les obligent à vous avancer des choses dont il est fort aisé de vous faire connaître la fausseté, quand il vous plaira de vous informer de l'utilité dont il m'a été pendant les dix années de mon premier gouvernement, n'ayant maintenu les Sauvages en paix que par ce seul moyen, et des avantages que les gouverneurs qui m'ont succédé en ont retirés quand ils ont voulu porter la guerre dans le cœur de leur pays, ce que j'aurais déjà fait depuis mon retour si je ne l'avais pas trouvé abandonné ou par caprice, ou par des raisons qui ne me sont pas peut-être entièrement connues, mais que je pourrais néanmoins développer quand il vous plaira de me l'ordonner.Enfin, Monseigneur, pour le dire en un mot c'est un entrepôt nécessaire pendant la guerre pour les expéditions éloignées, qui sert de retraite pour les partis des Outaouacs et des autres nations d'en haut qui viendraient plus librement et avec bien plus de confiance harceler les Iroquois dans leurs chasses et jusque dans les ports dè leurs villages, s'ils étaient assurés d'un lieu où ils pussent se retirer en cas qu'ils fussent poursuivis; et pendant la paix, c'est le seul endroit où un gouverneur puisse assembler les Sauvages afin de les maintenir dans de bons sentimens et, pour me servir de leurs termes, leur remettre l'esprit quand ils l'ont gâté par de méchantes impressions que des brouillons leur ont données.Pardonnez-moi, s'il vous plaît, la chaleur trop grande avec laquelle il vous paraîtra peut-être que je vous parle sur cet article, et ne me faites pas l'injustice de croire que j'y suis plutôt poussé par une espèce d'amour-propre, et de soutenir d'avoir été le fondateur de ce poste, que par la connaissance certaine que j'ai de son utilité et de son importance, ce qui m'obligera à vous supplier de ne pas perdre la mémoire des raisons que je me donne l'honneur de vous marquer toutes les fois que l'on voudra s'ingérer de vous en parler.On ne saurait.Monseigneur .vous être plus obligé en mon particulier d'avoir bien voulu dans l'accablement de dépenses où vous êtes, songer encore à ce pauvre pays, et le secourir aussi puissamment que vous le faites cette année d'argent et de munitions; si on n'y a pas joint des troupes, je sais qu'il n'a pas tenu à vous, et que ARCHIVES DE QUÉBEC 119 la nécessité qu'on en a eu ailleurs est la seule cause qui a empêché Sa Majesté d'ordonner qu'on y en envoyât, ce qui me fait espérer que l'année prochaine vous en obtiendrez et en ferez passer de bonne heure, ne doutant point qu'elle triomphe de ses ennemis et ne les ait humiliés.Si les plans que je vous envoyais par le Saint-François vous avaient été rendus, vous auriez vu les ouvrages que nous avions faits à Québec, et je suis persuadé que vous en auriez été content.Ils sont à demeure et de durée parce qu'ils sont de maçonnerie, et qu'il ne faut pas les recommencer tous les jours comme les autres, qui ne sont que de pieux.Il me parait que Mr l'intendant prend soin de tirer le meilleur marché qu'il peut des ouvrages, mais ils sont beaucoup plus cher en ce pays qu'ils ne sont en France, et il vous dira comme moi qu'il n'y a presque point d'habitans un peu accommodés qu'on peut engager à y contribuer sans une extrême violence, et que pour les petits on ne peut s'en servir qu'en les payant, ce qui peut diligenter, mais non pas diminuer le prix des ouvrages.Quelque application que j'y ai eue jusqu'ici, je la redoublerai encore puisque vous me l'ordonnez.Le sieur de Villeneuve qui nous a été envoyé comme ingénieur m'a témoigné souhaiter de passer en France pour vous rendre compte de ce qu'il a fait et de ce qu'il projette dans la suite, et j'y ai donné les mains, parce qu'instruisant Mr de Vauban de la situation du terrain de cette ville qui est fort difficile, il verra encore mieux que lui ce qu'il conviendrait faire pour ensuite vous le proposer; et après que vous l'aurez réglé, nous y ferons travailler incessamment à proportion des fonds qu'il vous plaira d'envoyer toutes les années, cependant on emploiera ceux de celle-ci à fortifier l'enceinte du château dont les murailles menacent ruine et sont sans défense, flancs ni parapets; on pourra aussi, je crois, achever une plate-forme qui fermera toute la basse-ville et flanquera celle que nous fîmes l'année dernière.Ces deux ouvrages m'ont paru les plus nécessaires puisqu'il est bon qu'il y ait ici un réduit dans lequel un gouverneur et les plus considérables puissent se retirer dans une extrémité, et être à couvert d'une insulte, et que l'autre achève presque toute la fortification de la basse-ville.Pour la réparation du logement du gouverneur, j'essaierai de régler les choses de sorte qu'elles ne dépassent pas les 12,000 1.que vous y avez destinées, ce ne sera pas sans besoin qu'on construira un nouveau corps de logis, et je serai bien heureux de pouvoir attendre qu'il soit achevé sans être accablé sous les ruines de l'ancien, en étant à la veille toutes les fois qu'il fait quelque gros vent.On m'a mandé que les 50 millions d'ardoises que par mes mémoires de l'année dernière, j'avais demandés pour la couverture, étaient à la Rochelle, et qu'on ne les avait pas envoyés parce qu'on n'avait pas trouvé place dans les vaisseaux qui étaient chargés pour le Roi.Je vous supplie de bien vouloir donner ordre qu'on n'y manque pas l'année prochaine, et que je vous réitère les prières que je vous faisais pour obtenir un état-major dans la compagnie de mes gardes comme en ont tous les gouverneurs de province, un aumônier pour la garnison du château de Québec, qui m'en servirait dans tous mes voyages, et qui serait plus nécessaire que celui qu'on a établi pour le Conseil Souverain, et des appointemens pour mon secrétaire avec une gratification pour le passé; celui de l'intendant a des appointemens depuis 6 années, qui n'a pas assurément plus d'affaires que le mien.Je prends la liberté de vous renvoyer les mêmes mémoires que j'avais déjà envoyés là-dessus. 120 ARCHIVES DE QUÉBEC II.est à souhaiter que Monsieur l'évêque travaille tout de bon à la fixation des cures, comme Sa Majesté lui a témoigné le désir, et nous ne cesserons point de l'en presser, Mr l'intendant et moi, et de vous mander aussi nos sentimens sur la présentation aux dites cures.Il a dû vous témoigner, Monseigneur, la manière dont j'ai toujours vécu avec lui et les soins que j'ai pris d'entretenir une bonne intelligence et une grande union, je les redoublerai encore et essaierai dans les rencontres de lui rendre tous les services qui dépendront de moi.Je ne lui ai pas été peut-être inutile pour aplanir les difficultés qui se rencontraient dans l'échange qu'il a souhaité que les Pères Récollets fissent de leur couvent de Notre-Dame des Anges pour y établir l'Hôpital général.Ces bons Pères sont louables d'avoir fermé les yeux à leurs propres intérêts et de n'avoir considéré en cela que l'édification et la commodité des peuples avec le bien de la paix.Ils sont les seuls de toutes les communautés de ce pays qui n'ont jamais reçu de gratifications pour tous les établisse mens qu'ils y ont faits et si cette Providence en quoi seule ils se confient ne vous inspire de leur procurer quelques secours extraordinaires, ils ne pourront de longtems avoir dans cette ville une maison approchant de celle qu'ils ont quittée.M' l'évêque parait fort content d'avoir terminé cette affaire.Je ne sais si celle qu'il avait avec son séminaire sera aussi stable, mais l'humeur dont je connais les gens qui le composent, je doute qu'ils ne forment quelques difficultés dans l'exécution de ce qui a été réglé, quoique les décisions me paraissent très claires.Je remédierai aussi, autant qu'il me sera possible, aux désordres que les boissons enivrantes causent quelquefois.Ceux qui voudront dire la vérité savent que personne n'est plus ennemi des ivrognes que je le suis, et que je les châtie souvent lorsque l'occasion s'en présente.Vous m'ordonnez.Monseigneur, de supprimer les places des officiers réformés, à mesure qu'il y aura occasion de les mettre en pied, et vous serez obéi, mais je vous supplie de ne pas trouver mauvais que je vous représente que la plus grande force sur laquelle je me confie est le grand nombre d'officiers qui sont ici parmi le peu de soldats que nous y avons, que la guerre ne s'y fait pas comme dans les autres pays où un médiocre nombre d'officiers contient aisément des soldats qui sont en bataillon et ne combattent qu'ensemble; mais qu'étant obligés ici de se séparer dans les bois où chacun prend son arbre, et étant impossible de combattre en ordre, il faut nécessairement, pour empêcher que les soldats ne s'ébranlent quelquefois, entremêler des officiers parmi eux, qui, par leur exemple et leur fermeté,les retiennent et les engagent à faire leur devoir.Après tout, vous en avez fait les fonds pour cette année, et l'épargne s'ils demeurent supprimés en sera bien médiocre pour les suivantes, outre qu'il faudra que des jeunes gens passent tout d'un coup d'enseigne à la charge de lieutenant dont peut-être ils ne seront pas si capables que s'ils demeuraient quelque tems dans celle de lieutenant réformé où ils continueraient à apprendre leur métier.Vous en êtes le maître, et je vous supplierai seulement de me faire savoir sur cela votre dernière volonté.On a oublié d'Europe, cette année, la confirmation des commissions que j'avais données en 1691, et dont néanmoins vous me marquez avoir reçu le rôle, et il me parait qu'il n'y a eu que le sieur de la Gemeraye qui ait reçu la sienne, c'est ce qui m'oblige de vous en renvoyer un nouveau auquel je joins celui des officiers que j'ai connus depuis et de vous supplier d'ordonner que cela ne soit plus oublié. ARCHIVES DE QUÉBEC 121 Si Ton a tenu compte au sieur des Bergères de quelques vivres qu'il avait consommées et d'autres avances qu'il avait faites, ce n'a été qu'après avoir bien vérifié qu'elles étaient effectives et employées pour des différents partis de Sauvages et de Français qui en allant ou en revenant de la guerre, passent toujours par son poste, et auxquels on ne peut pas se dispenser, pour le bien du service de donner quelque chose, ce qui serait fort onéreux pour celui qui y commande s'il fallait que cela tombât sur ses coffres.Mr l'intendant, qui a examiné la chose de plus près, vous en rendra encore un meilleur compte, mais ce que je vous puis dire, pour ne point trahir la vérité, est qu'il n'y a point ici de commandant dans aucun fort qui y tienne les choses en si bon état qu'il fait, qui soit plus vigilant et sur qui on doive plus s'assurer.Je ne m'attendais pas, dans le voyage que j'y ai fait, cet été, d'y trouver toutes choses en aussi bon ordre qu'elles y sont; son poste est le plus jalousé et le plus exposé de tous.C'est une clef du pays, et les ennemis sont presque tous les jours au pied de ses palissades, de sorte qu'il faut être aussi alerte que je sais qu'il est pour diminuer les inquiétudes que j'en aurais, si un autre moins soigneux que lui était en sa place.Pour le sieur Bizard, major de Montréal, je ne sais pas qui peut avoir donné sur son sujet les avis que vous me faites l'honneur de me mander.Ce n'est pas d'aujourd'hui que j'ai connu qu'il y avait ici des gens qui ne lui voulaient pas de bien et que dans tout le tems que j'ai été en France il n'y a mauvais offices qu'on ait essayé de lui rendre.Mais comme il y a vingt trois ans que je le connais, qu'il servait sous moi d'aide-de-camp en Candie, qu'il a été lieutenant de mes gardes jusqu'à ce que je lui aie procuré la charge de major de Montréal, je le dois connaître mieux que personne et vous répondre que, pour la capacité, il n'y a point d'officier ici qui sache ce qu'il sait et que s'il a de certains défauts auxquels ceux de sa nation sont quelquefois sujets, ils ne l'ont point empêché de faire son devoir, et que je serai sa caution qu'il n'y manquera jamais.Soyez, s'il vous plaît, en repos de ce côté-là.Le sieur de Valrennes vous fait lui-même ses très humbles remerciemens des grâces que vous lui avez procurées, et il prend la liberté de vous supplier de lui en accorder encore une par le placet qu'il vous présente, pour le mettre à couvert d'une affaire qui lui est arrivée il y a trente-un ans, qu'il n'en avait que quatorze, et que son beau-frère s'est avisé de recueillir pour avoir un prétexte de l'exclure de la succession de son père et de sa mère; ce sont des lettres de réhabilitation qu'il demande.Les services qu'il a sans interruption rendus depuis ce tems-là et ceux qu'il continue de rendre en ce pays semblent lui devoir faire espérer que vous ne les lui refuserez pas.Je n'ai pas besoin.Monseigneur, des ordres du Roi ni de connaître que vous le désiriez pour m'engager à vivre avec Mr de Champigny dans une union et une amitié très étroite; son mérite et mon inclination naturelle m'y ont toujours porté, sans envisager le bien du service et le préjudice qu'il en pourrait recevoir si nous n'agissions pas de concert, et j'ai fait pour cela tout ce qu'un amant pourrait faire pour gagner le cœur de sa maltresse, je continuerai et ne me rebuterai pas quand même je ne trouverais pas de son côté toute la correspondance que je souhaite.Il ne me reste plus, Monseigneur, qu'à vous remercier de toutes les bontés que vous avez pour moi, et auxquelles je suis redevable de la satisfaction que vous m'assurez que le roi témoigne avoir de ma conduite et de mes services puisque je 122 ARCHIVES DE QUÉBEC ne la puis attribuer qu'aux bons offices que vous m'avez rendus auprès de Sa Majesté, et au soin que vous avez bien voulu prendre de faire valoir auprès d'elle le peu que j'ai fait.On m'avait voulu, flatter que la gratification de deux mille ecus qu'elle m'accorda l'année dernière me serait continuée; mais il faut que vous n'ayez pas trouvé jour à l'obtenir dans l'état où sont les choses, puisque je crois que vous connaissez assez la difficulté que j'ai de pouvoir subsister ici des appointerons que le Roi m'y donne, par les dépenses extraordinaires que je suis obligé de soutenir, et que l'extrême cherté où toutes choses sont en ce pays les augmente de la moitié.J'espère, Monseigneur, que lorsque vous trouverez un tems plus favorable, vous voudrez bien songer à me procurer cette grâce et d'autres établissemens même plus solides auxquels mes longs services et mon âge me peuvent faire prétendre comme les autres.Je n'ai de confiance qu'en l'honneur de votre protection, et suis persuadé qu'ayant l'honneur de vous appartenir de si près vous vous reprocheriez à vous-même de me voir tomber dans la caducité sans biens et sans honneurs.Que mon grand éloignement et le peu de moyens que j'ai de vous faire souvent souvenir de moi n'affaiblissent ou ne diminuent point le désir que vous auriez d'être l'auteur de ma fortune et de mon repos puisque vous ne la sauriez procurer à personne qui en ait plus de reconnaissance et qui soit avec un plus grand respect et un plus sincère et parfait attachement, Monseigneur, votre très humble,.très obéissant et très obligé serviteur, Frontenac Québec, le 10 octobre 1692 Vous trouverez, Monseigneur, ci-joint, un placet du sieur de Tonty qui vous expose les services qu'il a rendus et qui mérite que vous ne lui refusiez pas l'honneur de votre protection.Les intéressés de la Compagnie du Nord m'ont prié de vous envoyer le placet ci-joint sur lequel vous donnerez les ordres que vous jugerez nécessaires; celui qui doit les solliciter de leur part doit vous présenter, Monseigneur, un mémoire qui vous expliquera encore mieux leur demande.Nous vous envoyons avec la lettre commune un état des officiers, de leur ancienneté et de leurs services, il y en a quatre du nombre des subalternes, soit lieutenants réformés et enseignes, pour lesquels je vous demande principalement des places de garde marine, qui sont les fils de Mr de Saint-Ours, lieutenant réformé, du Gué, autre lieutenant réformé, la Pérade et Berthier, enseignes.Ils sont tous fort jolis garçons et enfans d'anciens capitaines.Je vous supplierais aussi d'en accorder aussi une pour le fils du sieur de Grand-ville, lieutenant dans les troupes, qui a 18 ans et qui en a servi deux dans les cadets de Tournay.J'ai fait savoir, Monseigneur, à MM.Crisaffy ce que vous m'avez mandé sur leur sujet et que je leur conseillais d'attendre ici tranquillement les effets de la bonne volonté que vous leur faisiez connaître que Sa Majesté avait pour eux.Ils m'ont envoyé la réponse qu'ils font à la lettre que vous leur avez fait l'honneur de leur écrire, et je la mets dans ce paquet, continuant de vous représenter, comme je l'ai déjà fait, que leur naissance et leur mérite joints aux services qu'ils rendent journellement en ce pays peuvent leur faire espérer avec justice les grâces ARCHIVES DE QUÉBEC 123 LETTRE DU GOUVERNEUR DE FRONTENAC ET DE L'INTENDANT BOCHART CHAMPIGNY AU MINISTRE (11 NOVEMBRE 1692) Monseigneur, Sur les advis que je reçus quelques jours après le départ du vaisseau le Pont-chartrain que les ennemis au nombre de 800 hommes avaient formé le dessein de venir-faire une incursion dans nos habitations, j'ay fait différer jusqu'au présent le départ à un petit bastiment qui nous restait à la rade afin de pouvoir vous en donner des nouvelles.Les précautions que l'on a prises et le monde que l'on a jeté dans les forts ont fait qu'ils n'ont osé les attaquer, et que ce que j'ay à vous mander là-dessus est peu considérable puisque 400 Onontagués, Oyogoins et Soriontouans estant descendus par la grande rivière des Iroquois se sont contentés de se faire voir aux palissades du fort des Sauvages du Sault à trois lieues au-dessus de Montréal sans vouloir abandonner le bois et (sauvages comme ils sont) s'avancer dans la plaine où on n'aurait pas manqué de les charger et il y a eu seulement pendant deux jours diverses escarmouches et quelques gens de tués de part et d'autre après quoi ils se sont retirés voyant que nous estions sur nos gardes et en résolution de les recevoir bien.Les Agniers, Onnoyouts, Loups et Anglais sont aussy descendus par le lac Champlain en pareil nombre, mais s'estant aperçus que quelqu'uns des Loups s'estaient venus rendre à nous et ayant apris que le party dont je viens de vous parler avait relasché ils ont fait de même, à la réserve de 40 ou 50 des plus opiniâtres, qui se sont séparés en diverses bandes et sont tombés sur deux ou trois petites habitations du costé du sud où ils ont tué ou enlevé cinq ou six personnes habitants ou soldats qui contre les ordres qu'ils avaient de se tenir dans les forts s'étaient écartés dans la campagne.II est impossible d'empescher ces sortes de surprises quelque soin qu'on y apporte ny de joindre ces gens-là quand ils ont fait leur coup parce qu'ils se dispersent dans les bois et qu'on ne les trouve plus dans les lieux où l'on croirait les rencontrer, et c'est la grande difficulté qu'il y a à faire la guerre en ce pays.Si vous nous envoyez, Monseigneur, l'année prochaine un bon nombre de troupes comme vous nous l'avez fait espérer et qu'elles puissent arriver de bonne heure (1) Archives de la province de Québec.qu'ils vous prient de leur procurer ou quelque autre chose qui les équivale, et qui puissent leur donner moyen de subsister avec plus d'agrément et de facilité qu'ils ne font.Frontenac Le sieur de Muys a souhaité que je misse dans mon paquet une lettre qu'il se donne l'honneur de vous écrire; c'est un bien bon officier (1). 124 ARCHIVES DE QUÉBEC avec des vivres et des munitions, nous pourrons faire quelques entreprises qui les empescheront de venir, nous rendre de pareilles visites, autrement vous jugez bien que je ne puis faire autre chose que de me tenir sur la deffensive par le peu de monde que j'ay et la rareté des vivres où nous nous trouvons, n'ayant reçeu cette année que la moitié des farines que nous avions demandez et qu'il est difficile qu'on puisse remplacer celles de ce pays par la disette et la cherté où elles sont.Pour éviter ces inconvénients il faudrait que les vivres et munitions qu'on y destine fussent embarquez dans des bonnes et grandes flûtes qui vinssent de bonne heure et avec les vaisseaux d'escorte qu'il plaist au Roy de donner pour la seureté des navires marchands et ne les pas faire partir les uns après les autres comme on a fait cette année, ce qui est cause qu'il y en a eu de pris et d'autres qui ont péry.Des frégates qui croiseraient pendant toute la navigation depuis le Cap de Sable jusqu'à l'isle de Terreneuve et dans l'entrée de nostre golfe mettraient les vaisseaux qui viennent en ce pays en sûreté, assureraient le commerce de la pesche du grand banc et des autres endroits qui est très considérable, et empescheraient les armateurs de Boston qu'on dit devoir estre l'année prochaine en plus grand nombre d'y faire les prises qu'ils se proposent.Nous vous avons supplié, Mr de Champigny et moy, de nous vouloir obtenir le don de celle que les vaisseaux du Roy ont faite en venant icy à la hauteur des costes d'Espagne, et qui est de peu de conséquence; trouvez bon qu'en vous en envoyant encore un placet, nous vous réitérions.Monseigneur, la mesme prière.Cette petite gratification nous aiderait à soustenir les dépenses extraordinaires dans lesquelles nous avons esté et sommes encore engagez par le prix excessif où toutes les denrées sont en ce pais et nous donnera moyen de commander le commerce de la pesche dans nostre rivière et d'y exciter les habitants par nostre exemple, C'est dans cette veue que nous avons renouvelé tous les agrez de ce vaisseau, que nous l'avons fait remâter de tous mâts et fait faire divers autres radoubs pour 8363 1.12» 9d; cette dépense aurait esté plus grande si je n'avais pas pris une quantité de toiles du magazin pour faire faire leurs chemises et fait raccommoder ce qui s'est pû trier dans la pourriture, j'avais compris les d.8363 1.12\" 9°\".dans Testât que je vous ay envoyé à la fin de Tannée dernière de la dépence de la guerre, mais les 75000 1.de fond ayans esté consommez par les autres dêpences, je suis obligé, Monseigneur, de vous demander ce fond Tannée prochaine dont le trésorier a fait l'avance.Je n'ay pas receu cette année ny les précédentes aucune facture ny mémoire des habits envoyez pour les troupes, à peine mesme ay'je pû distinguer les autres envoys qui m'ont esté faits faute de factures bien justes, je vous prie, Monseigneur, de donner vos ordres afin qu'il y ayt doresnavant plus d'exactitude.Quoyqu'il parraisse que ce soit un avantage d'envoyer des marchandises plustot que du comptant néantmoins il est nécessaire que les fonds que je demande en argent soient apportez de mesme, à la reserve de la valeur des lettres de change que nous faisons tirer, quand je dresse les estats que je vous envoyé, je prens mes mesures pour demander ce que je prévois avoir besoin, soit en vivres, marchandises et munitions, soit en argent, c'est pourquoy il est nécessaire que l'un et l'autre soient envoyés en conformité.Les officiers sont bien aises de voir du comptant aussi bien que ceux qui ont des gratifications, il ne faut pas parler non plus de donner des marchandises aux ouvriers ny à ceux de qui Ton fait des achapts, ce que je n'ay point si bien connu que cette année qu'il est venu aucun argent.Il n'est pas moins dangereux d'envoyer des lettres de change sur les marchands de ce pays qui ARCHIVES DE QUÉBEC 125 ne pouvant les acquitter que du provenu des marchandises qui leur sont envoyées, on est très souvent dans l'obligation d'attendre d'une année à l'autre et on se trouve réduit comme je le suis aujourd'huy à faire payer les dépenses en billets du trésorier avec beaucoup de répugnance de la part de ceux à qui on les donne.C'est pourquoy, Monseigneur.je ne saurais assez vous prier de m'envoyer les munitions, marchandises et argent comptant ainsy que je vous les demanderay tous les ans.Je vous envoyé Testât de Temploy qui a esté fait des 750001.ordonnez pour la guerre en 1691.A Tesgard des dépenses qui ont esté faites pour le mesme sujet pendant la présente année, et celles faites pour les fortifications je vous en envoyeray les estats, par les derniers vaisseaux, mais je peux vous assurer par avance que le fond de 75000 I.qui a esté fait cette année pour la guerre ne sera pas suffisant pour acquitter toutes les dépenses que Ton a esté obligé de faire, et celles que Ton fera.C'est pourquoy il faudra que je porte l'excédant sur Tannée prochaine et que je vous supplie de faire faire un fond plus grand qu'à l'ordinaire.J'ay examiné ce que nous pouvons avoir besoin pour 1693.Il me semble qu'en bien ménageant il nous faudra avoir au moins cent mil livres, je ne croys pas que vous soyez surpris de voir que le fond de 750001.fait cette année ne puisse suffire puisque nous avons eû plusieurs dépenses extraordinaires et imprévues.Nous sommes convenus M.le comte de Frontenac et moy de payer vingt êcus blancs pour chaque prisonnier ennemy qui luy serait amené, dix escus pour chaque prisonnière et pareille somme pour chaque ennemy tué dont la chevelure serait apportée, ce qui a donné lieu à une augmentation de dépense fort considérable.D'un autre costé nous avons eû un assez grand nombre de prisonniers anglais dont la nourriture et entretien nous ont esté fort à charge sans compter que les détachemens et mouvemens qui ont esté faits d'habitans et Sauvages ont esté bien plus grands et plus fréquents que Tannée passée.Il a encore fallu prendre sur les 75000 l.ainsy que vous me l'avez ordonné le payement des appointemens pour un an de quatre lieutenans en pied et d'un réformé qui n'avaient pas esté employez dans Testât de la dépense de Tannée dernière.J'ay aussy fait payer sur le mesme fond les appointemens de deux offers durant deux.qui avaient esté prisonniers chez les Iroquois d'où ils se sont sauvez depuis peu parce que leurs places avaient esté remplies sur le rapport qui avait esté faits qu'ils estaient morts.Tant d'extraordinaires vous donneront lieu aisément de croire qu'à beaucoup près nous n'avons pu réduire les dépenses au mesme montant que les années précédentes, tout ce que je puis vous dire c'est que le ménagement des intérêts du Roy m'est encore plus recommandable que le mien propre.Le don °.ue Sa Maj1* a la bonté de faire pour le soutien des ecclésiastiques est si nécessaire que je ne saurais assez la suplier de leur en accorder la continuation.Je vous envoyé Testât de distribution des 8000 1.accordez aux curez en 1691.Il n'est pas encore temps de fonder leur subsistance sur les dixmes n'estant pas suffisantes à beaucoup près pour leur entretien mais je répète ce que j'ay toujours mandé touchant la nécessité de fixer les curez.Mr Tesvesque a promis à Mr de Frontenac et à moy qu'il y allait travailler et mesme en a fait deux, nous ne manquerons pas de l'y exciter encore, et si il n'y satisfesait pas je ne trouve point d'autre moyen que de nous ordonner de ne pas faire payer les 8000 1.que le Roy envoyera pour les curez Tannée prochaine, qu'il n'ayt au moins fait la fixation de douze comme il nous en a assuré, et ce moyen est comme indubitable pour l'y 126 ARCHIVES DE QUÉBEC engager indispensablement ensuitte nous pourrons aisément connaistre le revenu que poura avoir chaque curé par les dixmes afin de régler le suplément qui luy sera nécessaire et en informer Sa Maj d'agrais pour chaque canot et ils durent au moins autant que les canots; ils consistent en une chaudière, une voile, une grosse éponge par canot, de la gomme et du 8atape pour les racommoder sur la route.Cette dépense coûterait la première année 122 1601, sur laquelle il faut déduire 19 800'.pour l'achapt des canots et de leurs agrais; le surplus est la dépense annuelle.Tous les 4 ou 5 ans, il en coûterait autant que la première année.Cette dépense doit faire juger des frais de transport des vivres et autres approvisionnements de la Présentation, fort Frontenac, Toronteaux et Niagara, et de transport des marchandises pour la traite.Joignez-y l'entretien des batteaux du cent qui portent ces effets, celui des barques, les gages et nourriture des matelots qui les transportent par le lac Ontario.Quand bien même le Roy ferait exploiter les postes dont nous venons de parler pour le commerce seulement, on ferait très sagement de faire fournir les vivres de ses garnisons par les négociants de Détroit par adjudication.LES GARNISONS des postes de la Belle-Rivière seront tirées des compagnies du Détroit.Si on mettait des soldats aux Miamis et 8yatanons, ils seront pris dans les compagnies du Détroit qui seront toujours de préférence complettes à 50 nommes en temps de paix.Il y faut six compagnies et 10 compagnies en temps de guerre.Au fort Duquesne en temps de paix, il y faut 40 soldats.A la Rivière aux Bœufs et à la Presqu'île dans chacun 30.En temps de guerre, au fort Duquesne, il y faut 100 soldats et dans les deux derniers, 50 dans chacun; aux Miamis et Syatanons dans chacun 30.Si on ne veut pas créer un état-major nouveau au Détroit à cause de la dépense, l'état-major des Trois-Rivières n'y sert à rien.Il y est des plus inutile.Il n'y a qu'à 342 ARCHIVES DE QUÉBEC le placer au Détroit; la dépense est toute faite.Le lieutenant de roy il faudrait le placer à Michillimakinac avec 4 compagnies en temps de paix et en temps de guerre y en avoir six pour se porter où le besoin du service le requerrait.Au moyen de toutes ces précautions, et surtout si on établit le Petit-Rapide et qu'on garde exactement le passage dont j'ay parlé, je garantis sur ma tête qu'aucunes nations ne remueront, qu'elles resteront toutes tranquilles.Les Sauvages ne sont remuants et n'attaquent que quand ils voient qu'on est pas en état de se deffendre, de leur résister et de repousser leurs insultes et de les en châtier; lorsqu'ils verraient tous les postes garnis de troupes, les passages par où ils vont chez l'Anglais fermés, ils seraient plus souples qu'un gand.Quant à la garnison de Michillimakinac, quelqu'uns me diront: comment vivra-t-elle ?J'ai déjà dit et je redis qu'il m'est un moyen connu pour le faire vivre sans occasion d'aucun frais de transport au Roy; si j'étais major commandant de Michilimakinac ou qu'on m'accordât en seigneurie le poste de la Baye, j'exécuterais tout ce que je dis si on me l'ordonnait.REGLEMENT et nombre des congés qui seront donnés en chaque poste dont le nombre est proportionné à leur étendue, au nombre des nations, à l'objet du commerce qui se fait et peut [se] faire dans chacun.1 POSTES DU NORD 1 s d Themiskamingue 5 congés.5,000 Michillimakinac, ses dépendances, tout le lac Huron et ce qui en dépend, le commerce exclusif du fort, 20.20,000 La Baye, ses dépendances qui sont les Sacs, Renards, Puants, Folle-Avoine et Sioux, 20.,.20,000 La Mer du Ouest, ses dépendances et les Pask8ijas,20 congés- 20,000 Cha8amigon, 16 congés.16,000 Kamanistigouya, 10 congés.\u2022 10,000 Nepigon, 7 congés.7,000 Michipicotton, 4 congés.4,000 St Joseph, 7 congés.7,000 La Rivière des Illinois, à commencer à Masonne, jusqu'au fleuve du Mississipi, le Missoury, 20 congés.20,000 129,000 Les négociants qui remplirent les congés de Michipicotton et de la Rivière des Illinois, n'ayant rien à porter à Michipicotton ni aux officiers du poste des Ilinois ou fort de Chartres, porteront par égale portion jusqu'à Michillimakinac et St-Joseph. ARCHIVES DE QUÉBEC 343 POSTES DU SUD 1 s d A Misiskouy et tout le Lac Champlain où les Abénaquis et Yro- cois vont en chasse, trois congés.3,000 Le Lac des Deux Montagnes qui n'a servi jusqu'à présent qu'à faire une si grande fortune à plusieurs paisant que je connais qu'il y en a qui ont fait venir cette année 1754 pour de grosses sommes d'argenteries en vaisselle et plats; tout le castor qu'ils font est porté chez les Anglais qui leur payent cent cinq sols la livre et font venir de chez eux en abondance du drap et autres marchandises prohibées; ils vendent ce drap aux voyageurs des pays d'en haut et leur font porter par les Sauvages jusqu'au-dessus du Long Saut pour leur éviter d'être visités.M\" les prêtres de Montréal pourront s'opposer que le Roy quoique maître mette des congés au lac des Deux Montagnes parce qu'ils en retirent une rétribution; le bien général du commerce d'un pays et les intérêts du Roy étant préférables à l'intérêt particulier, il faut y établir six congés.6,000 A la Présentation, un congé.1,000 Le fort Frontenac, Toronteaux, Niagara, c'est-à-dire tout le Lac Hontario, les 5 nations, si les négociants qui rempliront ces congés veulent y aller, vingt congés.20,000 Le Détroit, tous les postes de la Belle-Rivière et dépendances, jusqu'au fleuve du Mississipi, 25 congés.,.25,000 Les Miamis, Tepiconnaud, et le Cœur de Cerf, 6 congés.6,000 Les 8 y a tarions et ses dépendances, 8 congés.8,000 198,000 Dans la partie de l'Acadie on peut y mettre six congés.Je pense que cela pourrait valoir davantage, savoir à la Rivière St-Jean qui est la mission du père Germain, et à celle de M.Le Loutre.C'est cet abbé qui fait une partie du commerce avec les Sauvages; à la Rivière St-Jean, c'est l'officier qui commande dans ce pays-là.Tout le castor qui sort de cette partie de l'Acadie est porté à l'Anglais qui le paye au-dessus de cent sols la livre.Pourquoi ne pas réunir cette partie de commerce à celui du Canada?puisque ce pays coûte prodigieusement au Roy, pourquoi sa Majesté n'en tirerait-elle pas tous les avantages qu'on en peut tirer pour aider à payer les dépenses qu'il lui occasionne?Pourquoi ne pas affermer les postes de la pêche des loups-marins et vaches marines, au lieu de les donner en pur don à des particuliers, à des négociants?Quel service ces gens-là rendent-ils au Roy, pour leur donner des postes qui produisent tous les ans 14 et 15 cent barriques d'huile et des 3 et 4 mille peaux de loups-marins, ce qui fait, bon temps mal an, 50, 60, 70 et 80 mille francs?Retranchez-en la moitié pour les frais, le reste est considérable.Pourquoi ne pas affermer ces postes qui donneraient de bons revenus au Roy qui aideroient à payer les dépenses ?Je vous ai parlé du grand préjudice que les Anglais font au commerce du Canada par celui qu'ils font d'eau-de-vie à Chouagain qui attire chez eux tous nos Sauvages de toutes les parties des pays d'en haut.Observez que nous pouvons aug- 344 ARCHIVES DE QUÉBEC menter notre commerce de tout celui qui sort de chez nous.Pour passer chez eux ils en profitent et corrompent tous nos Sauvages.Remarquez donc que nous pouvons entièrement faire tomber ce commerce et ôter à toutes nos nations l'occasion comme je l'ai dit de ne pouvoir plus aller du tout chez les Anglais.Pour cela il y a deux moyens infaillibles que je rassemble ici: le premier est de garder exactement les trois passages dont je vous ai parlé, particulièrement le Petit-Rapide qu'il faut établir parce qu'il ferine le lac Herrier et qu'en le fermant vous bloquez et tenez en bride toutes vos nations; le second moyen qui semble être inséparable de celui-là est de laisser l'entière liberté de conscience à tous les négociants voyageurs, soit que vous leur donniez vos postes en congés ou soit que vous laissiez les choses comme elles sont, de traiter de l'eau-de-vie dans tous les postes en général; de ne gêner personne à ce sujet; ceux qui le voudront faire le fassent, ceux qui ne le voudront point ne les y point forcer; et pour empêcher qu'on ne profite de la faiblesse qu'ont les Sauvages pour l'eau-de-vie, pour qu'ils ne soient pas volés, ordonner que le prix en soit réglé suivant les frais occasionnés par l'éloignement et l'honnête gain que doivent faire les négociants, et châtier par.de grosses amendes ceux qui passeront le prix réglé par le général; ordre aux commandants d'y tenir exactement la main sous les peines de perdre leurs gratifications.Dès que nos Sauvages trouveront chez eux de l'eau-de-vie, ils n'en sortiront pas pour aller en chercher très loin de leur village.S'ils en sortent, comme ils en trouveraient dans tous nos postes qui sont sur leur chemin, ils y en achèteraient par l'envie de boire, toutes leurs pelleteries se trouveraient traitées chez nous avant d'avoir fait la moitié du chemin pour aller chez les Anglais; n'ayant plus rien à leur porter, qu'est-ce qu'ils y iraient faire?Il est donc très certain qu'il n'y a que ces deux moyens qui empêcheraient nos nations de sortir de leurs pays pour aller chez l'Anglais; ils ne seraient jamais en situation d'y aller.Mre les évêques du Canada, à la sollicitation des missionnaires, ont prêché et fait prêcher que ce commerce d'eau-de-vie était un crime si énorme qu'il était irrémissible et ils en ont fait un cas de conscience réservé à eux pour être absous.Nos négociants pour éviter l'enfer qu'on ouvrait sous leurs pieds ont laissé ce commerce; les généraux, sur les mandements de défense de l'évêque, l'ont aussi défendu.Nos Sauvages qui n'allaient pas chez les Anglais auparavant, depuis ce temps-là, ils y ont toujours été.Depuis quelques années on n'en traite qu'au compte et profit du Roy (du moins on nous le dit) dans les postes du fort Frontenac, de Toronteaux et de Niagara.La puissance ecclésiastique et celle du gouvernement du pays se sont cependant de temps à autre relâchés de la sévérité de leur défense, par complaisance pour M.de Lapèrade qui en traitait lorsqu'il avait le poste des Miamis; pour M.Marin, père, qui toutes ces années dernières en vendait à la Baye; pour son fils, qui actuellement en vend dans ce même poste; pour Repentigny, l'alnê, qui avait le poste de St-Joseph il y a quatre ans; pour le chevalier de Repentigny qui tient du S* de Bonne le Saut Ste Marie, et enfin pour M.de St-Pierre qui sort de la Mer du Ouest et pour le chevalier de la Corne qui y est actuellement.Pourquoi avoir souffert cette traite de l'eau-de-vie à ces Messieurs et la défendre à tous les négociants avec tant de sévérité?Si c'est un si grand crime qu'on le dit, on he doit avoir acception de personne.On en fait un crime, une défense, un cas réservé pour moi et on n'en fait pas un pour vous.Si c'est un grand péché, il est péché pour vous comme pour moi.Si on reconnaît et qu'on juge avec connaissance certaine que c'est un mal qu'il faille éteindre on doit ne le laisser faire à qui que ce soit; la défense doit en général être pour toutes ARCHIVES DE QUÉBEC 345 sortes de personnes indistinc tment.L'intérêt et la cause de Dieu ne doit avoir acception de personne.A l'avenir, qu'on se détermine donc à défendre le commerce de l'eau-de-vie irrévocablement ou à le laisser libre à tous ceux qui le voudront faire et qu'on n'en fasse plus un cas réservé aux évêques; que tous les confessionnaux soient ouverts aux pénitents.Si on se détermine à la défense de ce commerce, qu'on ne le tolère plus à qui que ce soit et qu'on pende le premier qui en vendra aux Sauvages.REGLEMENT des gratifications des officiers commandants et subalternes employés dans tous les postes, des capitaines et officiers de leurs compagnies en garnison au Détroit et à Michilimakinac si on en met, des aumôniers, chirurgiens, employés, et autres dépenses.Sçavoir: Aux capitaines des 4 postes suivants: 1 s d fort Frontenac ï SSSI?\\ 6,0001.à chacun.24,000 Détroit Michilimakinac 1 Pour les 4 lieutenants, leurs seconds, la somme de.3,000 Au missionnaire.600 Au chirurgien.600 Fort Frontenac et Niagara;- pour les autres subalternes et autres dépenses pour les deux: 2 enseignes en pied à chacun 15001.3,000 2 enseignes en second, à chacun 1200».2,400 2 aumôniers, à chacun 6001.1,200 2 chirurgiens nourris et à chacun 3001.600 2 charretiers à 4001.chacun pour la moitié du Roy.400 2 vachers à chacun 1501.300 3 miniers de foin pour chaque fort à cent écus le millier pour la moitié du Roy.900 4 cent cordes de bois à 25 sols pour chaque fort, pour les deux.1,000 Pour ramonage des cheminées de chaque fort et y mettre le pavillon et balayer les corridors, pour chacun 2001, cy.400 Pour les capitaines commandants de tous les autres postes des pays d'en haut et leurs seconds, sçavoir: La Presqu'île ) k_ La Rivière aux Bœufs \\ Nouveaux établissements de la Belle- Rivière Le fort Duquesne ) Miamis Syatanons La Baye La Mer du Ouest Chaouamigon Kamanistigouya Nepigon___ St-Joseph 38400 346 ARCHIVES DE QUÉBEC 1 s d Cy-contre.38,000 Six capitaines qu'il faudrait avec leurs compagnies complètes de 50 hommes pour garnison au Détroit Pour les 17 capitaines commandants de garnison ci-dessus à 3000'chacun par an et gratifications, cy.51,000 Pour les 11 lieutenants seconds et six des d.compagnies de garnison à 20001 chacun, cy.34,000 Aux six enseignes en pied des dites compagnies à 15001 chacun.9,000 Aux six enseignes en seconda 12001 chacun.7,200 Au fort Chambly il n'y faut qu'un concierge.Si on y veut un officier, il ne lui faut aucun soldat; on ne lui fournira aucuns vivres et on lui donnera lOOOi de gratification.Ce sera un subalterne.1,000 Fort St Frédéric: (on ne fournira rien, ni vivres ni ustensile au commandant) : 1 commandant.3,000 1 lieutenant second____.1,500 1 enseigne en pied à 12001 cy.1,200 1 enseigne en second, lOOOi cy.1,000 1 aumônier à 300> cy.300 1 chirurgien à 3001 Cy.300 1 boulanger à 300' cy.300 1 charretier à 4001 cy.400 1 vacher à 1501 cy.150 1 forgeron à 4001 Cy.400 1 commis pour distribuer les vivres à.600 3 mUliere de foin à 3001 le millier.900 400 cordes de bois à 25 sols.\u2022.500 St-Jean 1 lieutenant pour commandant.1,500 pour la gratification : 1 enseigne en second pour second, cy.1,000 1 boulanger à 3001.300 1 charretier à.300 1 commis pour distribuer les vivres.600 2 milliers de foin à 3001 Cy., .\u2022.600 100 cordes de bois à 25 sols cy.125 Dans les deux forts on continuera de donner les rations qu'on y donne, à l'exception du commandant du fort St-Frédéric qui a la même gratification des officiers des commandants des autres postes qui n'ont aucune dépense à faire.A la Présentation, il est inutile de mettre ni commandant ni troupes; si on veut y tenir un officier, on peut y mettre un lieutenant; on ne lui fournira ni vivres ni ustensiles.On lui donnera seulement de gratification 20001, Cy.2,000 ARCHIVES DE QUÉBEC 347 1 s d Nous avons vu que les congés à établir dans les postes et où il convient d'en mettre ont produit la somme de cy.198,000 Nous voyons aussi que les gratifications de tous les commandants et officiers servants de tous les postes et garnisons, celles des aumôniers, les gages des chirurgiens et des autres employés, et autres dépenses des garnisons des forts Frontenac, Niagara, St Frédéric, et St-Jean, le tout sur la somme produite des congés se monte à celle de.157,575 Reste pour la somme de.40,425 Remarquez donc, mon cher Surlaville, que toutes les dépenses de service de tous les postes et de toutes les garnisons se trouvent payées sans qu'il en coûte rien au Roy et qu'il rentre dans la caisse du Roy quarante mille quatre cent-vingt livres qui restent les dépenses payées, au moyen du projet que je vous démontre et que j'exécuterais si j'en étais le maître, pour bien servir le Roy, mon maître.Vous me demandez ce que coûtent au Roy les soldats qui tiennent garnison dans ces postes.Ils ne coûtent rien.Les garnisons des postes, comme celles des villes, payent leurs vivres.On leur retient sur leur solde cinq livres par mois, au moyen de quoi la dépense des vivres qu'on leur fournit rentre presque en partie.Pour les pois qu'il faut pour la garnison et l'avoine pour les chevaux des forts St-Frédéric, St-Jean, Fort Frontenac, Toronteaux et Niagara, il faut que les commandants fassent comme je faisais lorsque j'ai commandé dans ces garnisons.Les chevaux et hamois étant au Roy et les terres toutes préparées, qu'ils fassent semer force pois et avoine; on en recueillera plus qu'il ne s'en consommera, ce qui épargnerait l'achapt et les frais de transport au Roy.Si on met des aumôniers dans les forts de la Belle-Rivière, il leur sera donné comme à ceux du Détroit 6001 et on leur portera comme à eux leurs provisions qu'ils feront sur leurs gratifications.Les chirurgiens, si on en met, seront traités comme je l'ai dit à l'article du règlement de ce qui doit être porté à chacun.Si les négociants ne fournissent pas les vivres et que ce soit le Roy, il faudra au fort Frontenac, Toronteaux, Niagara, un commis pour les distribuer.N'ayant que cette seule besogne à faire, il leur sera donné les rations ordinaires et 3001 de gages.Pour épargner cette dépense, le commandant peut les faire délivrer par un sergent de la garnison à qui on donnerait 100> à chacun pour leur peine.Il faudra aussi en chaque fort un boulanger.Si les négociants s'en servent, ils les nourriront et payeront par moitié avec le Rqy.Si on mettait des compagnies à Michilimakinac en garnison, les capitaines et leurs officiers seront traités comme ceux de la garnison du Détroit.Ces dernières dépenses seront prises sur la somme de 40,4251 restante de la somme produite par les congés.Je n'ai parlé que légèrement de la Présentation établie depuis quelques années à 25 ou 30 lieues au-dessus de Montréal sur la rivière Frontenac, au lieu nommé la Galette, à moitié chemin de ce fort et sur sa route.Sa bâtisse, celle des moulins à scie, du défrichement de beaucoup de terre a coûté au Roy des sommes considérables et coûte annuellement un gros argent pour son entretien, pour les grati- 348 ARCHIVES DE QUÉBEC fications, gages, nourriture, frais et dépense de transport des vivres et autres approvisionnements, pour les officiers, soldats, garde-magasins, boulangers, charretiers, forgerons, chirurgiens, et une quantité de personnes inutiles; l'habillement et nourriture annuelle de tous les Sauvages qui s'y sont rassemblés.Cet établissement ne s'est cependant fait qu'aux sollicitations, qu'aux demandes de l'abbé Piquet qui, par son manège, ses rubriques et tous les ressorts qu'il a fait jouer auprès des personnes en place pour faire accepter sa proposition, a réussi à le faire ordonner.Tout ce qu'il y a de personnes sensées et qui pensent bien en Canada n'ont pu connaître quel bien et quel avantage l'abbé Piquet a fait connaître qu'en pouvait tirer le service du Roy et la colonie.C'est donc sans doute pour la gloire de la religion et le zèle de faire des chrétiens.Je le veux croire charitablement.Il était plus facile et d'un moyen plus assuré à l'abbé Piquet de satisfaire son zèle en restant à sa mission où il était du lac des Deux Montagnes, où il y a un villlage d'Algonquins, un de Nepissingue et un d'Yrocois de se servir de ces Sauvages convertis pour attirer à la Religion les cinq nations; l'exemple et les prières de ceux-ci les auraient amenés auprès de leurs frères à cette mission, s'ils eussent voulu se faire chrétiens.Les Pères Jésuites qui ont un zèle sans exemple pour faire des chrétiens, ont-ils jamais pu attirer les cinq nations avec les frères [de] leur sang à leur mission du Saut?Vous me demandez: les Cinq Nations ne se sont donc pas rendues à la voix apostolique de l'abbé Piquet?Non, elles ne s'y sont point rendues ni s'y rendront.Il n'y a seulement qu'un assemblage de vieilles, de vieillards, de jeunes sauvagesses débordées, chassées de leurs villages, de libertins, de coureurs qui les suivent.Et dans tous ces gens là il n'y a aucune famille, ni aucun chef qui soit en considération et aye du crédit parmi les Cinq Nations.Ils ne se tiennent à la Présentation parce que le Roy les y nourrit et les habille; qu'on ne leur donne plus rien, ils n'y resteront aucuns.La Présentation sera en quelqu'année d'ici demandée en concession par Mr* de St-Sulpice.Le zèle de l'abbé Piquet de vouloir faire des chrétiens se sera terminé à faire de belles terres dont la plupart seront toutes défrichées et tout cela fait aux dépens du Roy.Voilà ce qu'on appelle un véritable apôtre et des plus zélés pour la gloire de Dieu.L'argent qu'a coûté la Présentation aurait été beaucoup mieux employé à mettre des habitants au Détroit.Celui qu'elle coûtera y serait mieux placé ou employé aux dépenses de vos nouveaux postes de la Belle-Rivière pour se les conserver.Mais vous ne m'avertissez pas que je cours risque pour vous faire un détail du Canada d'être excommunié et de me faire des ennemis irréconciliables de parler de la Présentation et de l'abbé Piquet.Je me vois une foule d'ennemis que vous allez m'attirer pour toutes les vérités que vous me faites mettre au jour, uniquement pour satisfaire votre curiosité.Je suis résolu de ne plus vous rien dire; je ne vous fais plus que l'observation qui suit avant de vous faire le détail des dépenses actuelles et annuelles épargnées au moyen de l'exécution du projet de ce mémoire et c'est par où je finirai.J'observe qu'il y a des circonstances imprévues qui obligent les commandants de faire des paroles.On appelle faire des paroles, c'est lorsqu'on les assemble pour leur parler pour le bien du service ou dans les occasions où on a besoin de les employer pour le service.On leur donne des colliers de pourseline dont j'ai déjà parlé et de toutes les marchandises à leur usage.Ces occasions imprévues sont encore quand il faut couvrir leurs morts ou les ARCHIVES DE QUÉBEC 349 relever de leur deuil.Couvrir les morts, c'est lorsque la femme ou les enfants ou les parents d'un grand chef viennent à mourir ou qu'ils sont tués dans leur guerre; ou lorsque les grands chefs viennent à mourir ou à être tués eux-mêmes.On fait à ces chefs, ou après leur mort à leur veuve et à leurs enfants, on fait des présents de la nature de ceux dont j'ai parlé ci-dessus, à la suite d'un discours qu'on leur fait pour les engager à faire ce qu'on exige d'eux ou à la suite d'un discours de condoléance à l'occasion des morts.On donne encore ces présents au bout de l'an de la mortalité de leurs morts.Voilà ce qu'on appelle les relever de leur deuil.On leur donne ces présents, on leur fait aussi un discours pour achever de les consoler et les engager à ne plus s'occuper de leur affliction.Ce sont des maximes pratiquées parmi les Sauvages que nous sommes obligés d'observer avec eux.Dans tous ces cas les commandants prendront des négociants qui rempliront les congés des postes, les marchandises nécessaires qu'ils ne pourront refuser sur les ordres des commandants et qui leur seront payées à 50 pour cent au-dessus du prix de leur équipement par Sa Majesté.Les missionnaires dans les postes où il y en a assisteront à ces conseils et seront présents lorsqu'on donnera ces paroles ou présents aux Sauvages, ou lorsqu'on répondra aux conseils qu'ils seront venus tenir chez vous et viseront les certificats que les commandants donneront aux négociants pour servir à leur payement qui leur sera fait sans remise.Cette précaution n'est que pour éviter les abus qui se commettent par les commandants de faveur qui fournissent eux-mêmes les marchandises dans ces occasions, qui en font naître lorsqu'il n'y en a point, qui portent à des prix exorbitants leurs marchandises dans les mémoires de fourniture qu'ils font sous des noms empruntés.Ces mémoires en bien des postes que je connais, même actuellement, passent 30 et 40 mille francs par an.Comment pourrait-on faire des fortunes si rapides si on égorgeait pas la bourse du Roy ?Direz-vous qu'il ne faut pas dans ces postes des commandants dont l'honneur, la probité et la conscience ne soient pas reconnus incapables de voler le Roy, d'abuser de la confiance qu'on a en eux et des pouvoirs qu'on leur donne ?Devez-vous attendre cette probité de ces commandants de faveur qui sont aussi avides d'argent que ceux avec qui ils sont en société?Celui qui a le plus de talent d'en gagner et d'en faire gagner beaucoup, ce sont là les officiers de mérite, de capacité de sçavoir, de qui on fait les éloges, qui méritent les grâces du Roy et leur avancement.Les présents que les Sauvages pourront faire aux commandants, s'ils sont en pelleteries, ils y répondront des effets des négociants, observant de ne leur en donner que la valeur, sur le pied de la traite, et les pelleteries seront remises aux négociants.Si cela ne leur convient point, les commandants y répondront à leur compte et les pelleteries leur resteront.Comme c'est une nécessité de temps à autre de faire des présents aux Sauvages pour se les affider et qu'il y a un fond destiné pour cela, ceux qu'on leur destinera seront pris dans les magasins du Roy et seront proportionnés au nombre des Sauvages de chaque poste.Ils seront portés par les négociants.Les commandants les délivreront en présence des missionnaires à qui il sera donné avis de ce qui sera envoyé et lorsqu'on les délivrera aux Sauvages il en sera fait un état qui sera certifié par les missionnaires comme quoi ils en ont reçu la quantité, et, là où il n'y a point de missionnaires, les bourgeois négociants le certifieront.Cette précaution n'est injurieuse que pour les fripons qui sont obsédés d'un vil gain.M™ les commandants qui sont jaloux de leur probité qui seraient désolés de pouvoir penser qu'on 350 ARCHIVES DE QUÉBEC pourrait la soupçonner, ne s'offenseront jamais de cette formalité.Ils en doivent au contraire être charmés, puisque tous ceux qui ne se conduisent que par la main de la justice et de l'équité sçavent comme moy ce qui s'est passé et ce qui se passe, ce qu'on a dit, et ce qu'on dit encore aujourd'hui de ces favorisés, de ces sociétés passées et présentes qui ont fait et qui font encore gémir tout le Canada, particulièrement tous les commerçants du pays dont les cris et les plaintes ont passé les mers.Ne sortons point de nos pays d'en haut.Que n'a-t-on point vu sortir des magasins du Roy pour faire des présents aux Sauvages qui n'a servi qu'à grossir la bourse de bien des personnes et à aider à faire leur fortune ?Et encore font-ils un crime de ce qu'on dit, que l'on voit, et qu'on sçait tout ce qu'ils font.Ceux qui en parlent sont proscrits, sont desservis.Hé ! depuis quand fait-on la perte de ceux qui disent la vérité et la mettent au jour de ceux qu'il serait intéressant qu'ils la vissent pour le bon ordre de toute chose ?Puisque vous souhaitez le bon ordre, il faudrait défendre à tous les commandants et subalternes employés dans les postes de faire ou faire faire, directement ou indirectement, aucun commerce; que ceux qu'il sera prouvé l'avoir fait perdront leur gratification, tiendront un an de prison et n'en sortiront que pour être cassés à la tête des troupes sans pouvoir jamais rentrer dans le service.Les commandants et subalternes seront relevés tous les trois ans pour que tous les officiers successivement puissent profiter de ces gratifications pour les mettre également en état de vivre et de soutenir leur service avec tout l'honneur et la dignité qu'il demande ce qui ne sera jamais, et toujours le Roy sera mal servi, tant qu'on donnera, toutes les grâces à quelqu'uns et que la plus grande partie d'un corps d'officiers n'auront pas de pain à manger et seront sur le pavé.Auparavant de mettre sous vos yeux le traitement actuel des garnisons dont la dépense serait épargnée au moyen de l'exécution du présent mémoire, pour la rendre plus sensible il faut auparavant entrer dans le détail des rations qui sont journellement délivrées, appuyer leur prix sur celui qu'elles coûtent au Roy rendues sur les lieux et sur celui que le Roy les fait payer à ceux qui en prennent au-dessus de ce qu'il leur est accordé et qu'elles sont vendues aux voyageurs et Sauvages passant au magasin du Roy.La ration d'habitant est de 2> de pain par jour, ce qui fait 60> par mois qui se réduisent à 10 pains de six livres.Ce pain se vend 20 sols à ceux qui en prennent au-dessus de leur ration.Et H1 de lard par jour qui fait 15' par mois: la livre se vend 10 sols quoique les fournisseurs la font payer 15 sols au Roy.L'eau-de-vie se vend au magasin du Roy 6' le pot, le vin 3', la poudre 30 sols, le plomb 15 sols, le tabac 20 sols la livre, les pois 6> le minot.C'est sur tous ces prix que vous allez voir la valeur de la nourriture annuelle de chaque personne que le Roy nourrit et c'est ce qui vous fera voir l'épargne.Nous avons dit que les officiers et aumôniers des forts Frontenac et Niagara se nourriraient au moyen des gratifications qui leur seraient payées, qu'il n'était point besoin de garnison à la Présentation, qu'à Toronteaux qui n'aurait qu'un détachement pendant l'été tiré de la garnison du fort Frontenac.Nous avons dit aussi que le Roy n'aurait plus besoin de garde-magasin, d'interprète, de boulangers, de forgerons; que les gratifications d'officiers, lès gages des employés, la dépense des foins, du bois de chauffage, ramonage de cheminée, que toutes ces susdites dépenses se prendraient sur la masse que nous avons formée du revenu des congés pour le fort St-Frédéric, St-Jean, Chambly, fort Frontenac, Niagara et la Présentation si on y veut un commandant. ARCHIVES DE QUÉBEC 351 Traitement actuel et annuel des susdites garnisons Epargnes 1 s d 7 commandants à 600> par an de gratification chacun, cy.4,200 7 garde-magasins (2 à Niagara) à 600' de gages par an, cy.4,200 3 aumôniers à 3001, cy.- 900 4;' chirurgiens à 300', cy.1,200 6 boulangers à 4001, Cy.2,400 6 forgerons à 400', cy.2,400 6\"charretiers à 4001.Cy.2,400 SiinterprètesàSOOi.cy.1,500 !3 vaches à 1501, cy.450 llmillieredefomà300ilemillier.3,300 13 cent cordes de bois à 25» cy.1,625 Ramonage de cheminée et pavillon.700 Gratification donnée annuellement aux officiers subalternes des forts Frontenac et Niagara, pour ceux de ces deux forts seulement.1,200 Ration, sçavoir: A chaque commandant et garde-magasin 721 de pain et 151 de lard par mois; pour un an 144 pains de 6 livres, 1801 de lard; une barrique de vin, 24 pots d'eau-de-vie, 12 pots de vinaigre, 12 pots de mélasse, 2 minots de pois, 151 de poudre, 301 de plomb, 151 de chandelle, 201 de beurre (de la chandelle les garde-magasins en ont tant qu'ils en veulent et avec du beurre), 61 de castonade, V)4 de poivre.Pour le pain et le lard, les officiers subalternes en ont autant que les commandants; pour ce qui est du reste et de toutes les autres menues provisions, ils n'ont que la moitié des commandants.6 commandante pour le pain, cy.864 6 commandants pour le lard, cy.°Tl 6 barriques de vin à 1201, cy.7ZO 144 pots d'eau-de-vie à &, cy.j~* 72 pots de vinaigre à 3\", cy.2V> 72 pots de mêlasse à 2>, cy.\u2022.x™ 12 minots de pois à 6', cy.\u2022 \u2022 \u2022 901 de poudre à 30 sols, cy.J*j 1801 de plomb à 15 sols, cy.¦¦ ¦.135 90! de chandelle à 15 sols, cy-.°7 1201 de beurre à 15 sols, cy.™ 1441 de castonade blanche à 20 sois.14* 91 de poivre à 31.^7 Pour le pain de leurs 6 domestiques, cy.I2?Pour le lard des six.\u2022\u2022 5™ 9 minots de pois pour les six. 352 ARCHIVES DE QUÉBEC I s d Pour les rations des six femmes des six commandants Pour leur pain par an pour les six.864 Pour le lard des six.540 Extraire les gratifications des six commandants, leurs rations, celles de leurs domestiques, celles de leurs femmes, cela fait une somme de 10,841'.Ajoutez au présent compte la même somme pour les six garde-magasins, leurs valets et leurs six femmes, parce qu'ils ont le même traitement que les commandants.Pour les susdits garde-magasins, leurs valets et femmes, cy.10,841 Pour le pain et lard de 12 subalternes, cy.2,808 (ils en ont autant que les commandants) Pour les autres menues provisions, n'ayant que la moitié des commandants, cy.1,274 Pour 4 aumôniers Pain.576 Lard.360 2 Barriques de vin à 120'.240 96 pots d'eau-de-vie à 6'.576 48 pots de vinaigre à 31, cy.144 48 pots de mêlasse à 21, cy.96 8 minots de pois à 6>, cy.48 601 de poudre à 30 sols, cy.90 1201 de plomb à 15 sols, cy.a.90 601 de chandelle à 15 sols, cy.45 801 de beurre à 15 sols, cy.60 241 de castonade blanche à 20 sols.'24 61 de poivre à 31.18 Pour 4 interprètes pain.'.480 lard.360 48 pots d'eau-de-vie à &.288 481 de tabac à 20 sols, cy.48 6 minots de pois à 6', cy.36 Pour 4 chirurgiens La même quantité, ce qui fait 12121.1,212 Pour 6 Boulangers 6 Boulangers pour le pain des six____.720 Lard, cy.540 72 pots d'eau de vie à 6', cy.432 721 de tabac à 20 sols, cy.72 9 minots de pois à 61, cy.;.54 Pour 6 forgerons, la même quantité qui fait 18181____;.1,818 Pour 6 charretiers, la même quantité, ce qui fait.1,818 LETTRE DE M.DE BELLECOMBE, OFFICIER DE MONTCALM, QUI DEVINT GOUVERNEUR DE PONDICHÉRY A Montreal le 5 Jeanvier 1757.J'ay conté pendant un terris monsieur et Cher pats avoir l'honneur de vous voir Dans votre Belle ville, mais les dispositions de Mr L'intendant ont changé mon Proget, j'en suis fâché puisque cela m'enpechera de vous assurer verballemenl des vaux que je fais pour vous dans cette Nouvelle année Soiyez persuadé mon^her pats que s'ils sont aucy Efficasses que cinceres les prospérités les plus abondantes seront votre Partage non! seullement dans celle cy mais pondant un nombre infiny dautres, ceux que je fais pour madame votre Epouse que jonore toujours Beaucoup ne sont ny moins vif, ny moins cinceres je vous Prie de vouloir Bien les y faire agréer de ma part de même qu'a M.Malroux.Vous maves marqué dans votre Dernière Lettre que vous aviez Bien vouleu me faire un manchon dourson.S'il est fait je vous prie De Le Remettre au Secretaire de Mr.doreil qui voudra Bien prié Mr.Joubert de ma pari et de la sienne, de me L'aporter, Lors qu'il Montera a montreal, Ce premier vous Remetra Le montant de Ce qu'il vous a Coulé, Cy au Cas vous ne l'avies pas fait faire ne vous donnes pas la paine d'en chercher j'en achelere icy, ou que vous ne me puissies procurer huit Belles Martes de dix a douze frans piece.J'ay Ihonneur d'etre avec un cincere attachement Monsieur et Cher pais, votre 1res humble et très obéissant Serviteur.Bei.leCombe.(1) (1) Archives de la province de Québec. ARCHIVES DE QUÉBEC 353 ments qui se fait en charrette de Montréal jusqu'à Lachine ce qu'il en coûte ne m'est pas connu, mais cela doit faire une somme considérable.Elle doit au moins passer 25 ou 30 mille livres.Je l'estime à peu près.De Lachine les bateaux du cent les transportent à la Présentation et au fort Frontenac.Ceux qui sont chargés de la conduite de ces bateaux on les paye aujourd'hui au millier à raison de 4> 10 sols le quintal.Chaque bateau porte depuis 6 jusqu'à 8 mille pesants; chaque voyage est de 15 bateaux.Il se fait 5 à 6 voyages par an.Cela fait une dépense d'environ 25 mille francs par an.Ne mettez celle des charroyages qu'à 25 mille francs, cela fait 50,000 cy.50,000 (ces deux dernières dépenses passent sûrement 60,000 francs) Pour la dépense des frais de transport des effets et vivres de la Belle-Rivière montant à la somme de 60,000', cy.60,000 Pour les lards gâtés et autres vivres qui restent en pure perte pour le Roy, cy.6,000 Chaque bateau du cent coûte 300' au Roy, Cette dépense qui est considérable ne m'est pas connue non plus que celle de l'entretien des barques ; elle coûte au moins 10,000' à Sa Majesté.Total de la somme épargnée au Roy cy.183,427 Chaque année montant à la somme de cent quatre-vingt-trois mille quatre cent vingtrsept livres.Outre- l'épargne de cette somme, on en ferait une considérable sur le déchet des farines qui se fait dans le transport, de celles qui se gâtent, du coulage des vins et eau-de-vie qui se transportent pour la traite des Sauvages.Vous me demandez le bénéfice que fait le Roy sur cette traite.Je vous répondrai qu'un particulier y gagnerait considérablement et que sa Majesté y perd, parce 23 1 s d Pour 4 vachers, la même quantité qu'aux 4 chirurgiens, ce qui fait.cy.1,212 Les chirurgiens, boulangers, forgerons et charretiers ont avec eux pour l'ordinaire, leurs femmes à qui on donne la même ration qu'à leurs maris, ce qui fait une dépense considérable de plus.2 BARQUES 2 maîtres à 600'par an.1,200 10 matelots à 25' par mois, ce qui fait cent écus pour les 10, 30001, cy.3,000 Maîtres et matelots, 12 personnes.Ils ont les mêmes rations que les autres employés ci-dessus, ce qui fait pour les 12 par an, cy.3,636 Pour le transport de tous ces vivres et autres approvisionne- 354 ARCHIVES DE QUÉBEC que.tout le monde voit et sçait que toutes les exploitations, que tous les travaux, que tous les achapts qui se font à même la bourse du Roy et à son compte, se fait sans épargne, sans ménagement et toujours à plus grands frais et à plus grande dépense qu'on le peut pour y gagner davantage.Ceux par les mains de qui passe le manié-mant de ces sortes de besognes font eux-mêmes toutes ces sortes de fournitures sous des noms étrangers et s'intéressent dans les autres dépenses.Ceux qui font cette traite volent impunément.J'ai eu sous mes ordres des garde-magasins qui n'avaient pas des souliers aux pieds lorsqu'ils sont entrés dans les magasins du Roy et qui au bout de 5 à 6 ans en sont sortis fort à leur aise avec 600' de gages qu'on leur donne par an.Comment pourraient-ils gagner tant d'argent s'ils ne volaient pas le Roy et tant d'autres qui s'en mettent ?Vous me demandez si on ne peut pas remédier à tant d'abus et éviter tant de dépenses au Roy.C'est justement pour vous faire voir que cela se peut que je suis entré avec vous dans tous les détails que je vous ai faits, qui ont fait la matière de ce présent mémoire que vous m'avez demandé pour parler avec connaissance de cause du Canada.S'il tombait sous les yeux du ministre comme sous les vôtres et qu'il se donnât la peine de l'examiner lui-même comme vous faites, il les ouvrirait assez pour en donner l'exécution.Si j'étais choisi pour cela et revêtu des pouvoirs et de l'authorité sous le titre d'inspecteur général des troupes, des garnisons et postes des pays d'en haut, je l'exécuterais, je ferais la recette du produit des congés par laquelle se payeraient toutes les dépenses que je vous ai fait voir, surtout si on me fesait un traitement convenable pour payer mon logement, les dépenses que cela m'occasionnerait et pour pouvoir vivre comme il conviendrait dans le rang de cette charge et pour pouvoir faire les dépenses que je serais obligé de faire pour la visite des garnisons et des postes.Comme tout cecy n'arrivera point, je finis par vous dire que je vous ai fait remarquer que le traitement actuel que vous me demandez des commandants des postes est pour ceux à qui on donne les postes pour en disposer comme ils veulent à leur profit, ce qui leur tient lieu de gratification.Les commandants qui ne sont point maîtres des postes où ils commandent, ces postes étant mis en congé ou affermés, en ce cas on donne aux commandants mille écus de gratification par an, sur quoy ils font toutes leurs dépenses.Les commandants de Chambly, St-Jean, St.Frédéric, La Présentation, fort Frontenac, Toronteaux et Niagara, le Roy leur donne la ration que je vous ai fait voir et 600< de gratification par an, et rien autre chose.Les subalternes de ces garnisons n'ont point de gratification.Il n'y a que ceux qui servent au fort Frontenac et à Niagara qui ont 12001 à partager entre eux et les rations que l'on donne.Ne me demandez plus rien.Je crois vous en avoir trop dit.Si on savait que je vous ai si bien instruit et que j'ai tiré le rideau sous lequel vous avez tout vu, on me voudrait du mal, jusqu'à vouloir m'êtrangler.Ainsi vous êtes obligé à prendre ma défense.Vous sentez bien que si vous aviez le pouvoir d'envoyer ce mémoire à l'examen du Canada qu'il serait condamné et l'auteur proscrit, serait-il trouvé le meilleur du monde.Tout ce qui ne sort point de la minerve de ceux à qui on s'en rapporte n'est jamais approuvé.On vous fait passer pour un imposteur.Vous sçavez cela mieux que moi.Si vous m'exposez à la vengeance canadienne, rendez-vous mon protecteur.Vous le devez à ma complaisance pour vous.Adieu, et me faites part de vos reflections. ARCHIVES DE QUÉBEC 355 JOURNAL DE JOSEPH-GASPARD CHAUSSEGROS DE LÉRY, LIEUTENANT DES TROUPES, 1754-1755 (« mars 1754 Le 7, Mr le Général me dit qu'il m'avait destiné pour commander une brigade du détachement qu'il envoyait au printemps à la Belle-Rivière, et de me tenir prêt à partir pour Québec d'où je devais amener à Montréal un détachement.Le 13, je partis de Montréal en relais pour Québec.Le 17, j'arrivai à Québec ayant été arrêté en chemin de mauvais temps.Le 24, je reçus l'ordre cy-joint par lequel j'appris le changement de ma destination: Le marquis Duquesne, &cs: Il est ordonné au Sr de Léry, lieutenant de compagnie des troupes de cette colonie, de se tenir prêt à partir de Montréal à l'ouverture de la navigation pour se rendre au Détroit où il y servira en second sous les ordres du Sr de Cêloron, major commandant au dit Poste.Fait à Montréal, le 19 mars 1754.(Signé) Duquesne.et plus bas par Monseigneur, Mérel.Le 29, Mr le chevalier de Longueuil reçut ordre de me donner un détachement à conduire à la première navigation, ce qui arrêta les préparatifs que je faisais pour me rendre à Montréal assez à temps pour pouvoir exécuter l'ordre du général en date du 19 de mars.(1; Mgr Amêdêe Gosaelin disait du présent Journal, dana le Rapport de l'archiviste de la prorince de Québec pour 1926*1927: \"1754-1755, du 7 mare 1754 au 5 août 1755.Pas de titre, mais il s'agit de la visite des postes d'en haut jusqu'à Détroit inclusivement.Ce journal comprend sept petits cahiers de même format (8x6) faisant en tout 288 pages dont plusieurs blanches.Il s'arrête au 5 août 1755 sur une phrase inachevée.L'un des plus intéressants peut-être, à cause des figures (quelques-unes coloriées), qu'il contient dans le texte et hors texte.\" Nous n'avons donné dans ce même Rapport qu'une partie de cet important Journal de M.de Léry, le reste en ayant été écarté momentanément.Nous croyons préférable de donner ici tout le Journal de M.de Léry pour 1754 et 1755, c'est-à-dire les vingt-quatre pages publiées l'année dernière et la partie inédite.De cette façon, tout le Journal de 1754-1755 sera publié dans le même volume.Il nous reste à publier des Journaux de M.de Léry: 1° Journal d'un voyage à Carillon (octobre 1756).2° Journal de la prise du fort Bull (1756).3° Journal des fortifications de la ville de Québec (1757).4° Journal d'un voyage aux Cantons Iroquois (1758).5° Journal d'un voyage de Québec a Carillon (1758).Nous espérons les donner dans un prochain Rapport. 356 ARCHIVES DE QUÉBEC avril 1754 Le 22, je partis de Québec à 7 heures du matin, commandant un détachement de 120 miliciens dans huit bateaux.Mr Forget Duverger, prêtre du Séminaire des Missions Etrangères, embarqua avec moi.Il était destiné pour la mission des Illinois où il devait aller cette année, il fit les fonctions d'aumônier le long de la route jusqu'à Montréal.J'arrivai aux Ecureuils à huit heures du soir.Le 23, je couchai au Cap-Saint-Claude.Le 24, je couchai aux Trois-Rivières.Le 25, je couchai dans les Iles.Le 26, je couchai à Repentigny.Le 27, j'arrivai à Montréal à six heures du soir où je remis le détachement à qui on me dit, et les agrès et ustensiles du bateau dans les magasins du roi.Ce jour il avait paru une nouvelle liste des officiers destinés pour commander les brigades des troupes et milices allant à la Belle-Rivière et j'étais marqué pour commander la troisième, ce qui me donna lieu de penser que j'avais une nouvelle destination que celle que m'indiquait l'ordre du 19 mars.Le 28, je parlai au général à l'occasion de l'emploi qu'il avait fait de moi sur la liste de la Belle-Rivière et lui dis les motifs que j'avais de préférer cette campagne à tenir garnison au Détroit, il me dit que ma destination pour ce poste n'était point changée qu'il me donnerait des ordres, que cependant je pourrais bien ne point aller au Détroit, qu'il ne pouvait point répondre des événements, et que s'il me souhaitait au Détroit c'était pour le bien de ce poste et par l'envie qu'il avait de m'obliger, je le priai de ne m'y laisser que le moins qu'il pourrait, c'est-à-dire qu'autant que le service me demanderait, que je ne cherchais point à y faire mes affaires ne me chargeant d'aucune marchandise et que de peu de provisions dans l'espérance où j'étais d'aller à la Belle-Rivière, que cependant j'exécuterais ses ordres avec le même zèle partout où il m'emploierait et sacrifierais de même mes affaires qui demandaient ma présence à Québec.mai 1754 ' Le 2, vendredi, je partis de Montréal et fus coucher à Lachine, où se formaient les brigades.Le général me remit l'ordre dont cy-joint la copie: Lé Marquis Duquesne, etc., Il est ordonné au Sr de Léry, lieutenant de compagnie des troupes de cette colonie, de partir de Lachine avec une brigade de douze canots pour se rendre en toute diligence à Niagara où il y trouvera des nouveaux ordres, lui enjoignant de passer par le sud.Fait à Montréal le 2 may 1754.Signé Duquesne.et plus bas par Monseigneur, Mêrel.Le 3, samedi, à 5 heures du soir, on me remit une brigade composée de 24 soldats, d'un sergent et de 60 miliciens, douze canots d'écorce de huit places et 360 pièces, que je partageai dans les dits canots; je partis de chez Pilette et fus coucher chez Charnier. ARCHIVES DE QUÉBEC 357 Le 4, dimanche, à six heures du matin, le vent se calma et je traversai à la rivière de Châteauguay où je fis racommoder deux canots qui avaient crevé par la faute du conducteur peu entendu, il y en avait quatre dans le même cas, ce qui me faisait appréhender d'être retardé par eux dans les Rapides.A dix heures, je fis route le long des Iles de la Paix, le vent S.E.s'éleva, je fis mettre la voile et le cap sur le moulin de l'Ile Perrot, après quoi je le portai sur les Cascades en serrant le vent qui forçait toujours.Cinq canots ne purent me suivre ne sachant point manœuvrer.Je laissai affaler à la côte de l'Ile Perrot, j'arrivai à la Pointe des Cascades à midi, à trois heures je campai au-dessus du Tronc.Le vent, à une heure, devint furieux.Le 5, lundi, à la pointe du jour, je fis partir les canots et je fus à la Pointe des Cascades voir si je ne découvrirais pas les cinq canots qui me manquaient dont je n'eus aucune connaissance; je suivis le bord de l'eau jusqu'au Portage que je fis audessus du Bisson où je trouvai les 7 canots que j'avais fait partir le matin.J'arrivai au Coteau des Cèdres à midi; le vent étant furieux.Au N.O.je fis partir en charrette les équipages des six canots qui montèrent les Cèdres allèges jusqu'au Portage, qui a demi lieue du Coteau des Cèdres.Je donnai ordre au guide des six canots de marcher jusqu'au fort de la Présentation où il m'attendrait.Un habitant de l'Ile Perrot me dit qu'il avait entendu tirer un coup de fusil à l'Ile Perrot; je lui donnai ordre de se rendre où il avait oui le dit coup et de dire au sergent qui y était de traverser la nuit parce que je craignais que le vent qui calmait pour lors ne continuât avec force le jour, que comme ces canots étaient mal montés en hommes de s'y embarquer et que je le ferais payer.Je fis partir un habitant des Cèdres que j'avais loué pour mener le devant d'un canot jusqu'à la Présentation pour aller aux Cascades attendre les canots dès qu'ils prendraient la conduite et de m'envoyer un courrier lorsque les dits canots arriveraient.Le 6, mardi, je fus de grand matin faire partir les Six canots que j'avais au haut du rapide des Cèdres et revins au Coteau d'où j'envoyai un homme à la Pointe des Cascades, en vedette.Rien ne parut, les vents furent très violents à S.O.et il était impossible d'entreprendre la traversée, ce qui n'arrangeait point ma route où je ne doutais point d'être incommodé par les brigades qui devaient me suivre, qui devaient être prêtes à partir de Lachine à la chute du vent.Le 7, mercredi, je fus de grand matin au rapide du Tronc où je trouvai mes cinq canots qui arrivaient, je pressai de façon qu'à sept heures du soir, ils étaient rendus audessus des Cèdres à l'endroit appelé le Portage, où je couchai.A midi, il arriva une brigade aux Bissons commandée par Mr de Montigny.Il fit très froid la nuit et il se fit même des petites glaces.Le 8, jeudi, je partis de grand matin, d'un temps froid et jusqu'à ce que j'eusse laissé les habitations, j'étais occupé à rassembler mon monde que le grand froid faisait gagner les maisons pour se chauffer d'où j'avais peine à les tirer.J'arrivai au Coteau du Lac à midi et y restai jusqu'à deux heures pour gommer mes canots que la grande gelée avait fait peter.Je couchai à l'entrée du petit lac où je trouvai les canote que j'avais fait partir des Cèdres.Le 6 de ce mois; ils étaient dégradés par le vent devant.Le 9, vendredi, je partis à la pointe du jour passai le petit lac que l'on estime avoir sept lieues depuis l'Ile à la Traverse en suivant la côte on fait le O.S.O., je 358 ARCHIVES DE QUÉBEC vins coucher à la Pointe Maligne, beau campement, à 4 lieues du petit lac; il fit chaud tous les jours et point de vent, Mr de Niverville venant de la Belle-Rivière me dit que les Anglais en étaient chassés par lui.Le 10, samedi, partis au petit jour, 4 h.59 O.H S.O., à 5 h.19 m.R.Cadjacqué à gauche O.à 5 h.25 m.N.O.à 5 h.27 m.O.H N.O., à 5 h.35 m.O., à 5 h.49 m.Pointe au Pin.O.H N.O., à 5 h.55 N.O., à 6 h.15 m.arrêté pour fumer, à 6 h.34 m.repartis O.S.O.,à 6 h.45 m.N.O., à 6 h.58 m.chenal écarté, à 7 h.entré dans le rigolet des mille roches, N.O.H N.à 7 h.18 m.N.O.M N., à 7 h.22 m.N.O.,à 7 h.23 m.N.Ji O., à 7 h.24 m.O.J£ N.O., à 7 h.30 m.arrêté pour déjeûner, à 8 h.50 m.partis O.N.O., à 8 h.56 m.O.S.O.à 8 h.58 m.S.O., à 9 h.6 m.le moulinet, S.O.Ji S.N.N.O.S.O.M O.O.S.O.O.K S.O.S.O., à 9 h.15 m.petit chenal du Long Sault, S.Ji S., à 10 h.50 m.Portage du long Sault, beau campement, où je fis dîner mon monde et ensuite monter les canots ce qui me tint jusqu'au soir, que je vins coucher au haut du Portage ayant laissé un canot au bout d'en bas, qu'il fallait raccommoder.Le 11, dimanche, je fis monter de grand matin le canot qui était resté en bas la veille; à moitié du portage, il cassa et remplit d'eau, je le fis touer par vingt hommes avec des cordes et lorsqu'il fut monté le Long-Sault, je dispersai sa charge dans les autres canots et laissai le cassé sur la grève le jugeant hors d'état de faire la campagne.A 2 heures M partis du LongSault O.S.O., à 2 h.35 O.Ji O., à 2 h.40 O.N.O., à 2 h.44 O.S.O., à2 h.53 R/à droite O.J£ N.O., à 10h.O.N.O., à 10 h.8.O., à lOh.S.O.M O., à 11 h.9 courant Ste-Marie S.O.J£ S., à 11 h.28 fin du courant Ste-Marie, arrêté à 11 h.45 m.O.S.O., à midi 20 m.O.S.O.arrêté pour dîner, aune heure 16 m.repartis O., à 1.h.25 m.N.O., à 1 h.34 m.O.S.O., à2 h.50arrêté, à3 h.30 m.repartis N.O.H O., à 3 h.35 m.O.S.O., à 3 h.45 m.O.à 3 h.50 m.S.O., à 4 h.34 m.S.O.S., à 4 h.50 m.O.S.O., à 5 h.O., à 5 h.20 m.arrêté, partis à 6 h.15 m.entré dans le rapide plat O.M N.O., à 6 h.30 m.ON.O., à 6 h.38 m.O.S.O., à 7 h.8 m.sortis du rapide plat et campé.Le 12, lundi, je partis avec tous mes canots à 6 h.y£ O.S.O., à 6 h.38 m.Pointe à Colac, à 7 h.4 m.O.N.O., à 7 h.8 m.Petite rivière O.S.O., à 7 h.34 S.H O., à 7 h.45 S.O.depuis 7 h.45 jusqu'à 7 h.58 fait le tour de l'anse au gobelet, fait le S., M S.E., à 8 h.20 pointe aux Iroquois O.S.O., à 9 h.8 m.passé la presqu'île O.arrêté à 9 h.25 m., partisà lOh.S.O., à 11 h.pointe à Cardinal N.O.M O., à 11 h.18 m.S.O., à 11 h.38 m.les galaux N.O.M O., à midi N.O.Depuis la pre qu'ile on trouve trois petites rivières dont la dernière est précisément au-dessus dss Galaux, elle a deux chenaux, après l'Anse au Perche on fait l'ouest, arrête pour dîner au haut de la dite anse, à 1 h.28 S.O.Ji S., à 1 h.55 O.S.O., à 2 h.é.O.J£ S.S., à 2 h.10.arrivé au fort de la Présentation.La pluie qu'il avait fait uneSpartie de la journée et qui tombait encore en abondance empêcha six de mes canots d'arriver de jour; je les avais cependant tous laissés à l'anse aux Perches.Le 13, mardi, à 8 heures les six canots que j'avais laissés la veille à l'anse aux Perches comme la pluie tombait en abondance je les fis décharger et couvrir les baggages avec exactitude.A deux heures, la pluie cessa; je fis donner un supplément de pain frais au détachement et à trois heures, je partis et campai à 7 heures à yf lieue de la P1* au Barille que j'estime être éloignée du fort de la Présentation de trois lieues.Le vent fut contraire.Le 14, mercredi, à la pointe du jour, je partis à midi, je mis à terre au petit Détroit où j'attendis jusqu'à deux heures six de mes canots, voyant qu'ils ne venaient point, je pensai qu'ils avaient arrêté parce qu'il pleuvait je partis et ARCHIVES DE QUÉBEC 359 fus les attendre à deux lieues plus bas que l'Ile aux Citrons où je campai à 4 heures pour espérer les dits canots, cependant la pluie qui tombait en abondance ne leur permit point de me suivre.Le 15, jeudi, il y eut une grosse brume jusqu'à 8 heures et demie, voyant que les six canots n'avaient pas joint, je pris le parti à deux lieues plus haut où je campai, à midi, dans l'Ile aux Citrons; il fit du tonnerre et des orages; j'étais en passe pour voir filer les canots que j'attendais.Le 16, jeudi, j'attendis les canots jusqu'à 8 heures que je partis pensant qu'ils s'étaient écartés dans les lies n'ayant point de guide, je comptais aller les attendre à l'entrée du lac.Ontario, à l'Ile aux Chevreuils, mais une heure après mon départ un Sauvage me dit que la nuit dernière il avait entendu passer des canots qui prenaient le chemin du fort Frontenac, ce qui me détermina à y aller, soit pour les prendre s'ils y étaient,,soit pour prier le commandant de me les envoyer à l'Ile aux Chevreuils s'ils y arrivaient après que j'en serais parti.J'arrivai au fort à 3 heures où je ne trouvai point mes canots; je .priai le commandant que s'ils arrivaient de les envoyer me joindre à l'Ile aux Chevreuils où j'espérais cependant les trouver.Je fis donner un supplément de pain et eau de vie à mon monde, à 4 heures yi je partis et traversai à l'Ile .Laforest.A 5 heures 20, je doublai la pointe orientale de l'Ile Laforest et j'entrai dans un chenal formé par la petite Ile et la grande Ile S.O.S., à 5.% doublai la première pointe de la grande Ile S.\\i S.E.vis à vis cette Pointe, à sept arpents au large est une petite lie, à 6 h.5 doublai une deuxième pointe de la grande Ile S.S.E., à 6 h.12 doublai une troisième pointe de la grande lie, campai, le lac étant agité de façon que les canots couraient risque de casser.Au S.O.de cette pointe, à deux lieues au large, on voit une petite lie ronde que l'on appelle l'Ile de l'Enfant Perdu.Il venta beaucoup la nuit, je fis remonter l'équipage dans le bois.J'estime avoir fait depuis le fort Frontenac jusqu'à ce campement.Du fort à l'Ile Laforest.2 lieues 14 arpents.De cette Ile à la première pointe de la Grosse Ile.28 \" A la 2ème pointe.28 A la 3ème pointe.21 \" Le 17, vendredi, le lac ne se calma qu'à 7 heures 12 que je partis, une ance d'environ H lieue de profondeur S.E.14 S.E., à 7 h.48 m.doublai une pointe où est une batture de rocher qui porte une de lieue au large, fais halte à 8 heures 12 minutes.Partis, le vent sud assez fort pour m'incommoder dans la route, une anse d'environ nene de profondeur E., à 9 h.campai.à une pte dernière de la grande Ile, je ne pus la doubler le vent étant trop fort au sud, j'aurais risqué de perdre mes canots sur cette pointe qui est de roches escarpées.Pendant que les canots que je cherchais étaient à la grande terre qui forme le canal avec la grosse Ile où j'étais, je fis mettre mon pavillon au haut d'un arbre pour qu'ils le puissent voir, je n'eus aucune connaissance de ces canots; il est vrai que le lac était si agité qu'il y avait des moments que je ne voyais point la grande Terre.De la troisième pointe de la grande Ile à la 4eme, 56 arpents-} 3 lieues 7 arpents.De la 4e pointe 1 lieue yi 14 arpents. 360 ARCHIVES DE QUÉBEC Le 18, samedi, le vent calma une heure avant le jour, je ne pus faire mettre les canots à l'eau qu'à sept heures, et à 7 h.12 partis doubler la pointe avec beaucoup de roulain ( ?).Entré dans le grand chenal du fleuve, je mis le cap sur la pointe orientale de l'Ile aux Chevreuils E.}4 S.E., à 8 h.35 m.changeai de route, mis le cap sur la pointe occidentale de l'Ile aux Chevreuils, aperçus du feu à la grande Terre, je détachai un canot qui vint me rapporter une heure après que c'étaient les canots qui me manquaient qui se préparaient à me suivre à 9 h.35.Doublai la pointe de 111e aux Chevreuils, arrêté à 9 h.M.partis et coupé sur l'Ile aux Galops, mes canots m'ayant joint ou du moins les voyant sortir entre l'Ile au Renard et l'Ile aux Chevreuils, j'avais le cap sur l'Ile au Galop, la plus proche de terre, le vent assez fort au N.E.\\i E\u201e à moitié traversé j'aperçus la brigade de M.Péan qui sortait du chenal de l'Ile aux Chevreuils et de l'Ile au Renard.Je m'estimai pour lors par le travers de la pointe du N.de la baie de Nia8eurée d'où j'étais environ à % de lieue, route S.E.J£ S.E.A 1 heure arrivai à la Pointe orientale de l'Ile au Galop, la plus proche de terre, je m'explique parce qu'il y a trois Iles aux Galops, celle du milieu est beaucoup plus petite que les deux autres.Le vent avait tellement forcé que j'eus peine à gagner l'Ile et M.Péan se jeta à terre à moitié traversé dans l'anse qui forme la pointe du nord de la baie de Nia8-euré avec l'Ile au Renard.D'où j'étais campé, dans un racroc où mes canots restèrent tous chargés, je voyais l'entrée de la Baie de NiaSeurée, on prétend que cette baie a 12 lieues de profondeur, son entrée est semée d'Iles.De la dernière Pte de la grande Ile à la Ptc occidentale de l'Ile aux Chevreuils, 2 lieues 56 arpents.De cette P1» à la P1» orientale de l'Ile au Galop, 3 lieues\u20145 lieues H.Le vent força à trois heures après-midi et tourna à ouest.A 4 h.Mr Saint-Blain, officier, arriva de la Belle-Rivière.Il me dit qu'il venait apporter des lettres à Mr le général, lui annoncer qu'il n'y avait pas beaucoup de vivres dans ce poste.Il avait une lettre pour Mr Péan qu'il me remit.Le 19, dimanche, le vent calma un peu sur le jour, je partis et fis la traverse à la grande terre où je trouvai Mr Péan avec sa brigade, il était 6 h.15 m.je lui remis la lettre que Mr de Saint-Blain m'avait remise pour lui, et il m'en donna trois de Mme de Léry du 24, 25 et 28 mai, je fis route avec la brigade de Mr Péan, à 6 h.50 S.M S.O., à 7 h.15 S.E., arrêté à 8 h.50, repartis à 8 h.40.S.E., à 9 h.S.M S.E., à 9 h.45 S., à 10 h.54 aux Sables, arrêté à 11 h.55, repartis à midi 31m.S.O.à 1 h.R/ au Barille, à 2 h.27 R/ à la Planche S.S.O.arrêté à 2 h.40, partis à 2 h.% S.O.M S., à 3 h.15 m.grande R/à la Famine,à 3 h.30 m.petite R/à la Famine, à 3 h.34 m.O.Vi N.O., depuis que j'avais joint Mr Péan, nous ne faisions au plus par heure une lieue, il avait 12 hommes par canot et moi sept, j'étais étonné de pourvoir une brigade si bien armée, à 3 h.34 0.]4 N.O., de 2 h.20 m.à 3 h.50 m.R/ au Chicot, à 3 h.51 m.Petite anse, à 4 h.Petit marais, arrêté à 4 h.34 m., partis O.yi N.O.campé à 5 h.]A environ, à 2yi du fort de Choueguen, j'étais à dix arpents du camp de Mr Péan.Plus haut, le vent d'ouest cessa à 10 h.du matin, le reste de la journée, l'air fut au sud, nous passâmes devant la rivière au Comte, éloigné de 31.\\i de l'Ile au Galop, la plus proche de terre, on estime aussi 2 lieues de la rivière au Comte à la rivière au Sable.Je fis poser des factionnaires autour de mon petit camp, à l'ordinaire. ARCHIVES DE QUÉBEC 361 Le 20, lundi, nous partîmes à 4 h.35 m.je faisais l'avant-garde avec ma brigade et Mr Péan marchait avec la sienne à deux ou trois arpents après, on avait fait charger les armes pour ne point être pris au dépourvu si les Anglais nous faisaient quelques insultes.O.Ji N.O., à 5 h.14 m.O.S.O., à 6 h.5 m.S.O.H O., à 6 h.20 m.S.S.O., à 6 h.45 m.S.O.H O., à 7 h.5 m.passai devant le fort anglais de Choueguen, tambour battant pavillon déployé, le fort hissa le sien lorsqu'il nous aperçut.O.S.O.à 7 h.34 m., arrêté à 8 h.42 m., partis à 9 h., marais S.O.à 9 h.18 m., S.S.O.à 9 h.21.O.S.O.à 9 h.35 m.S.O.H O.à 10 h., S.O.H S.à midi, débarqué à midi 25 m., O.S.O.à 1 h.50 m., à 3 h.40 m.nous avons eu un peu de vent, à 3 h.52 m.entré dans la baie des Goyogouins, depuis midi jusqu'à cette heure nous n'avons pas fait plus de % de lieue par heure, à 5 h.on a repris la nage, à 5 h.15 m.N.O.campé, il avait plu toute la nuit.Je ne remarquai d'autre changement au fort de Choueguen, depuis 1749 que j'y avais arrêté, qu'une couverture de planche sur chevron qu'ils y avaient ajouté, sur Un petit mur fait à la place du machicoulis de bois qui y était alors et qui sans doute était pourri n'étant point couvert, la maison étant pontée comme un vaisseau et le machicoulis posé sur le pont, je comptai neuf petites embrasures dans le nouveau mur du côté de la rivière.Nous portâmes un peu la veille d'un petit vent du N.E.Le 21, mardi, partis à 3 h.36 m.N.O., à 3 h.50 m.O.N.O., à 4 h.24 m.O., à 4.h.50 arrêté, à5h.9 partis O.M N.O., à 6 h.2 O., à 7 h.56 O., à 9 h.55 O.H S.O., à 10.50 m.O., à 11 h.O.N.O., à 11 h.35 m.N.O.M O., à midi arrêté, à midi 50 partis N.O.M O.R/au Chicot arrêté yi heure.Partis à 2 h.}4 N.O., à 3 h.5 R/ qui est au bout du grand marais, à 3 h.32 N.O.M O., à 4 h.15 O.M N.O., à 6 h.25 m.campai avec la brigade de M.Péan.Sur les deux heures après-midi, il y eut un orage qui dura un quart d'heure.Le 22, mercredi, à 4 heures 50 nous partîmes O.yi N.O., 5 h.15 N.O., à 5 h.55 arrêté, à 6 h.38 partis O.M N.O.,à7 h.30 arrêté, à 8 h.26 m.partis O., à 9 h.49 grande R.au Boeuf O., à 11 h.6 petite rivière au Bœuf, à 11 h.30 marais, à midi arrêté, à midi M partis O.M N.O., à 2 h.38 O., à 3 h.O.M S.O., à 6 h.# campai à la grande écluse.- Le 23, jeudi, à 3 h.nous partîmes O.M S.O., à 5 h.le grand marais O.S.O., à 7 h.12 arrêté au marais de l'Orme, a 7 h.20.partis O.M S.O., à 7 h.50 petit marais ou Mr Péan fit force de nage pour attraper la brigade de Mr de Montigny, qui était devant lui, je ne pus le suivre mon canot n'étant point si fort en monde que le sien, il salua le fort et arriva à Niagara à 8 h.% et moi à 9 h.on lui répondit à son salut par des coups de boetes d'artifice, pour moi qui arrivai dans le temps que l'on tirait, je ne fis point saluer ma brigade en quoi je fis bien parce que l'on y avait point répondu, me comptant au fort de celle de Mr Péan.Avant d'arriver au fort, on aperçoit deux pointes au large qui sont au-dela de Niagara.Je remis au commandant du fort de Niagara une lettre du général dans laquelle était renfermé un ordre pour moi dont cy-joint copie.\"Le marquis Duquesne, etc.\"Il est ordonné au sieur de Léry,.lieutenant de compagnie des troupes de cette colonie, de se rendre à Chatakoin après avoir fait le portage de Niagara.\"Il chargera ses canots le plus qu'il pourra tant pour la sûreté et activité du transport des effets.\"Fait à Montréal, le 2 mai 1754.Signé Duquesne.et plus bas par Monseigneur, Mérei. 362 ARCHIVES DE QUÉBEC Le 24, vendredi, je voulus partir pour aller faire mon portage.M* Péan m'arrêta ayant, à ce qu'il me dit, besoin de moi, il fit partir la brigade de M.de Montigny à qui je donnai 60 hommes de la mienne pour aider à faire son portage, Mr de Saint-Ours était encore avec sa brigade de même que M' du Buisson avec la sienne au petit fort.Le 25, samedi, M' Péan se trouva malade.Il arriva un canot de Montréal.Le général écrivait à M' Péan qu'il n'était point relevé cette année.Il fit un peu de pluie.Le 26, dimanche, à 9 h., je partis du fort pour le Portage avec 11 canots d'écorce, 60 hommes de la brigade de Mr Péan, et pareil nombre de celle qu'avait amenée Mr de Muy qui allait prendre la place de Mr de Céloron au Détroit, jusqu'à nouvel ordre, je couchai au haut des côtes, avec l'équipage et tous mes canots, je fis rendre à l'autre bout la charge d'un porté par des hommes parce que Mr de Montigny employait les charrettes à finir son portage.Le 27, lundi, je fis partir 140 hommes avec des pièces pour le Platon, ne voulant point mêler les effets dont j'étais chargé avec ceux du petit fort, je ne pus point avoir de charrette.Le 28, mardi, je fis partir mes onze canots d'écorce, je laissai à Mr de Jonquière 148 pièces qu'il devait m'envoyer le lendemain par les charrettes ; je couchai au Platon.Le 29, mercredi, je vins au petit fort ou je fis préparer 5 bateaux à 100 pièces chacun de charge, je couchai au dit fort.On amena un Anglais pris à la Belle-Rivière qui nous dit qu'il venait 5,000 Anglais avec des canons pour en chasser les Français.Le 30, jeudi, j'envoyai de grand matin les charpentiers au bois couper des rames pour les cinq bateaux que j'emmenais, n'en ayant pas une au magasin, ce qui joint à la pluie me retarda beaucoup, je n'avais que 84 hommes pour armer 11 canots d'écorce et 5 bateaux, je pris cependant 500 pièces dans les bateaux et 615 dans les canots d'écorce, ce qui faisait 1115 pièces, je partis à 1 h.38 S.E.14 E\u201e à 1 h.41 E.Ji S.E., jusqu'à 6 h.55 m.côtoyé la terre et commencé à traverser obliquement S.E., à 2 h.11 S.E.M S., à2 h.18 m.S.S.E., à 2 h.21 arrêté, à 2 h.26 repartis S.S.O., à 2 h.37 S.O.MS., à 3 h.21 petite R., à 3 h.14 m.Rx S.O., 3 h.39 m.arrêté, à 3 h.55 repartis S.M S.E., à 4 h.5 S., à 4 h.15 arrêté, à 4 h.25 partis, à 4 h.43S.S.E., à 4 h.43 S.E., à 4 h.45, S.E.M E, pour éviter une bature de roches qui s'étend à deux arpents au large, retour S.E.arrêté à 5 h.A 5 h.3 repartis E.S.E., à 5 h.12 S.E., à 5 h.21 E.S.E., 5 h.36 S.E.M S.E., à 5h.52, islette S.S.E., 6 h.2 m.la voile, à 6 h.5 éloigné de terre S.E.M E.à 6 h.18 amené la voile, traversé pour aller à la terre au nord S.E.en traversant, à 6 h.27 finis la traversée E., à 6 h.37 E.S.E., à 6 h.45 S.E., 6 h.55 S.E.M E., 6 h.57 R., à 7 h.20 S.M S.E., à 7 h.42 S., à 7 h.58 débarqués, à 8 h.rembarques S.]4 S.E., à 8 h.8 S.S.O., à 9 hr.débarqués et campés au-dessous du petit rapide que je ne voyais cependant point.J'étais parti tost du petit fort parce que sur les nouvelles qu'avait rapportées l'Anglais la veille, qu'il venait 5,000 hommes pour nous chasser de la Belle-Rivière, j'avais écrit à Mr Péan, pour lui demander à le suivre à la Belle-Rivière, et si je devais être de ce voyage, que je laisserais ma malle à Niagara, n'ayant dedans que choses inutiles si je prenais cette route, il me répondit et me remarqua que ce n'était que des nouvelles sauvages, que sa santé allait toujours plus mal, que cependant il comptait bientôt de nous joindre à Tchatakoin ou il aurait besoin de moi.Il plut la nuit.Le 31, vendredi, je ne pus partir par la force du vent contraire qui m'arrêta; il tomba la nuit, et il plut beaucoup. ARCHIVES DE QUÉBEC 363 JUIN 1754 Le 1er, samedi, il plut tout le jour; le vent contraire fut plus fort que la veille.Le 2, dimanche, le vent à l'ouest, je me déterminai cependant à partir, enragé d'avoir été dégradé deux jours et comptant que les brigades qui me suivaient allaient me rejoindre lorsque je fus par le travers de la rivière aux Chevaux, le vent força et m'obligea de camper à 9 hrs du matin route, en partant à 7 h.50 S.S.O., à 8 h.16 S.S.E., à 8 h.41 S.E.M E.à 9 hrs arrivés à la rivière aux Chevaux.Un dernier bateau prit beaucoup d'eau, six sacs de galettes furent mouillés, j'eus le temps de les faire sécher.A 7 hr.Mr de Muy, capitaine, arriva avec 3 canots, il allait au Détroit prendre la place de M.de Céloron jusqu'à nouvel ordre.Il me dit que Mr Péan était encore malade.4 h.M S.S.E., à 4 h.50 S.M S.E.A 5 h.9 S., à 5 h.20.1.Pte S.M S.E.S-H S.E., à 5 h.47 ruisseau, à 5 h Le 3, lundi, partis à petite pointe, h.28 marchai S.O.,à6h.,55 Pte aux chevaux campai sous une , à 5h.23 arrêté, à 5 57 S.S.O., à 6 h.38 O.S.O., à 8 h.arrêté, depuis 4 h.50 nous avons été très doucement à Fi|Jure de la c8tc cause des roches qui sont au fond de l'eau, à 8 h.40 partis, à 9 h.arrêté à la Rx à la Barbue, à 9 h.27 O.S.O., à 10 h.2 O.H S.O.Pte, à 10 h.30 O.S.O.Pte, à 10.47 PteS.O.M S., à 11 h.5.arrêté, à 11 h.19 partis S.S.O.Rx à 11 h.40 R.S.S.O., à 11.50 Pte S.O., à midi 15 m.arrêté Pte, à midi 42 m.partie S.O., à 1 h.5 m.Pte S.O.M S., à 1 h.25 m.Pte S.S.O., à 1 h.39 m.arrêté, à 1 h.50 partis S.S.O., à 2 h.6 m.campé à la R.au Sable.Le vent d'ouest ayant pris avec force, nous trouvâmes un canot qui venait de la presqu'île qui ne rapporta rien de nouveau, quelques Sauvages étaient campés dans le bois et avaient des chevaux.Le 4, mardi, il plut jusqu'à huit heures du matin que le vent de sud s'éleva avec violence et força un cadet qui venait de la Presqu'île à mettre dans la rivière où nous étions, il conduisait deux traiteurs anglais qui avaient été pris venant de Cha8anons ne sachant pas que les Anglais avaient été renvoyés de la Belle-Rivière.Le vent devint si impétueux qu'il fit monter l'eau dans la rivière ce qui nous obligea de camper dans le bois.t Figure de l'embouchure de la rivière au Sable, %^ il y avait bonne eau à l'entrée.Lorsque j'y ai passé les bateaux y entraient chargés.V Les écorres de rocher marqués ci-dessus sont éloignés d'environ une demi lieue de l'embouchure de la rivière, ce qui se trouve entre le lac et la côte est de sable par buttes que le vent et l'eau doivent faire changer.Le 5, mercredi, le vent du sud calma un peu le bateau ou étaient les deux Anglais partis, le soleil parut, mon domestique s'écarta dans les forêts.Les hommes du 364 ARCHIVES DE QUÉBEC premier canot que nous avions trouvé à la rivière aux Sables s'embarquèrent dans le bateau et laissèrent un canot de six places que je fis cacher à droite, en entrant dans la rivière au bord du bois, j'écrivis à Mr Péan pour lui en donner avis ne pouvant point l'emmener faute de monde.Le 6, jeudi, à 7 heures du matin, mon domestique, écarté dans la forêt depuis 24 heures, arriva; je l'avais fait chercher et même au moment qu'il parut, six hommes se mettaient en marche pour cela.Il arriva un cadet de Niagara allant à la Belle-Rivière chercher un chirurgien pour Mr Péan qui continuait d'être malade; que, cependant, il faisait passer sa brigade dans le portage de Niagara et devait partir incessamment n'envoyant quérir le chirurgien que dans l'espérance de le trouver en route; comme le vent de sud était fort je déterminai ce courrier à aller par terre à Chatakoin, ce qu'il fit et partit à 2 heures après-midi.Le 7, vendredi, il plut toute la nuit et un peu dans le jour; le vent se jeta au ouest M de nord assez fort pour nous empêcher de sortir de la rivière.Le 8, samedi, le vent cessa sur le jour à 4 h.36 m.S.O., à 5 h.17 m.O.S.O., à 5 h.16 m.R., à 5 h.20 m.Pte S.O.M O., à 5 h.36 m.arrêté, à 5 H partis Pte O.M S.O., à 6 h.16 m.Pte S.O.X O., à 6 h.31 m.Pte O.S.O., à 6 h.35 m.arrêté, à 6 h.43 m.partis S.O.J4 O., à 7 h.34 m.O.S.O.arrêté, à 8 h.22 M.Pte, à8 h.55m.partis S.O.à 9 h.30 m.S.OM O., batture de roche vers le milieu de l'ance.A dix heures mis à terre, à 10 h.50 m.partis S.O.M.à 10 h.57 S.O.& S., à 11 h.S.O.14 O.arrêté à 11 h.35 m., à 11.45 m.partis O.S.O., on côtoya la terre à 1.h.15 m., arrivé à Chatakoin, ou Mr de Muy qui allait au Détroit était arrivé une demi heure avant moi, à 4 h.il partit pour faire route avec ses trois canots.Mr de St-Ours qui sè trouvait le plus ancien lieutenant commandant à Chatakoin il me remit le commandement.Mr Du Buisson commandait au lac Chatakoin et Mr de Carque-ville sur les côtes de l'autre côté de la petite rivière qui coupe le portage, mais Mr de Montigny Cournoyer était à Chatakoin, Mr St-Blain à faire passer les charrettes dans le Portage, Mr Godefroy au Petit Lac, Mr Corbière sur les côtes.Le 9, dimanche, Mr de Rigauville arriva avec 12 canots de la brigade de Mr de Muy, il faisait un petit vent de N.E.Il fit partir 47 hommes de ma brigade porter des pièces sur la côte où il devait rester à travailler sous Mr de Carqueville.Le reste de ma brigade fut employée à décharger les cinq bateaux que j'avais amenés et à mettre un canot d'écorce en sûreté dans le bois et les effets qu'il avait emportés dans le magasin.Sur la représentation que me fit le distributeur des vivres que six quarts de lard gâté infestaient le magasin, je les fis mettre dans un bateau et porter au large où on les jeta à l'eau.Le 10, lundi, je fis partir 150 charges d'hommes pour les côtes à 5 h.du matin; à 4 h.après-midi, Mr de St-Martin arriva, je lui remis le commandement, il avait amené la plus grande partie des canots de Mr Péan qui devaient partir de Niagara le 11 de ce mois.Le 11, mardi, je fis partir le reste de ma brigade pour aller aux côtes aux ordres de Mr de Carqueville.-_ Les hommes de la brigade de Mr Péan portèrent des charges aux côtes, il restait six cents pièces à poser pour achever le nombre de trois mille qu'il était ordonné de mettre au petit lac.A midi Mr Chabert arriva de Niagara avec 11 chevaux; il en avait laissé trois en chemin.Un Sauvage arriva à deux heures avec 2 chevaux, il y avait des chevaux à Chatakoin, mais en si mauvais état qu'ils ne pouvaient porter qu'à dos et que c'était les hommes qui avaient porté la plus grande partie des pièces qui étaient au Petit Lac. ARCHIVES DE QUÉBEC 365 Le 12, mercredi, M' Chabert fut dans le portage pour faire transporter par les chevaux qu'il avait amenés les pièces dont on avait besoin au Petit Lac.Il arriva un canot avec des lettres de la Belle-Rivière adressées à Mr de Car-queville que l'on fit chercher aux côtes, il envoya de concert avec Mr de St-Maftin un canot au devant de Mr Péan, ils firent partir deux hommes par terre pour la Presqu'île, nous ne le sûmes qu'après leur départ.Le vent tomba sur le soir, il fit calme la nuit.Le 13, jeudi, MM.du Buisson et Carqueville arrivèrent à 10 h.du matin, avec 250 hommes, le premier nous dit que les lettres de la veille étaient de Mr de Contrecœur qui marquait à Mr de Carqueville qu'il croyait seul d'officier à Chata-koin d'aller le joindre en diligence avec 300 hommes et qu'il n'était pas douteux que les Anglais ne fussent en marche pour la Belle Rivière, où ils venaient en corps considérable, qu'il y avait trois lettres de Mr de Contrecœur, commandant au fort Duquesne, pour M\"\" le général et une pour Mr Péan.Mr de Montigny reçut ce jour ordre de Mr Péan de partir pour les Miamis avec sa brigade en passant avant au Détroit pour y prendre des pirogues.Mr de St-Ours était destiné pour attendre à l'entrée de la rivière des Miamis avec un canot d'écorce, le retour du détachement qui devait de la Belle-Rivière monter la rivière à la Roche et faire le portage de la demoiselle aux Miamis, mais il ne reçut point son ordre.Le courrier parti la veille pour la Presqu'île était pour y avertir que Mr de Carqueville allait y passer avec 300 hommes, d'y tenir des vivres prêtes pour son voyage par terre au fort Duquesne, ce voyage n'aurait point été de mon goût par terre, parce que le fort Duquesne n'était point assez fourni de vivres pour en donner à 300 hommes qui y tomberaient affamés tels que sont ceux qui font des routes par terre qui ne se chargent que le moins qu'ils peuvent et jeûnent pour l'ordinaire les derniers jours, j'aurais voulu embarquer ce monde dans les pirogues qui étaient faites au lac Chatakoin et quand chaque homme n'aurait chargé que pour deux mois de vivres c'était un adoucissement pour le fort Duquesne et le mettre en état de soutenir plus longtemps et attendre les secours que l'on aurait pu y envoyer.On prépara des bateaux pour transporter ce monde à la Presqu'ile conformément à la résolution qui en avait été prise.Comme Mr de Contrecœur marquait à Mr de Carqueville de partir aussitôt les 24 heures révolues après la réception de sa lettre, on travaillait à former le détachement avec assez de tumulte.Le 14, vendredi, à t heure après midi, arrivée de deux canots Nepisingues, porteurs de lettres de Mr Péan pour ordonner à Mr de Carqueville de ne point aller au fort Duquesne par terre, mais de prendre des pirogues au lac Chatakoin et de les charger de vivres le plus qu'il pourrait.Lorsque ces Sauvages arrivèrent Mr de Carqueville embarquait, les 24 heures de la réception de la lettre de Mr de Contrecœur étant révolues.M'de Montigny eut ordre d'attendre Mr Péan.A 3 heures, Mr de Carqueville partit pour le lac Chatakoin avec le détachement de 300 hommes conformément aux ordres de Mr Péan à qui il a été dépêché un courrier pour lui faire des objections sur la destination de la marche du détachement de Mr de Carqueville que je crois qu'il n'écoutera point parce qu'il sait que le fort Duquesne manque de vivres et provisions.A 6 heures du soir sont arrivés Mr de Villiers, capitaine, à la tête des Nepissingues et Algonkins, Mr de Longueuil, commandant, à la tête des Iroquois, Mr de Montesson, lieutenant, à la tête des Abénakis, Mr de Longueuil, enseigne en second, avec les Hurons de Lorette; toutes les nations pouvaient, faire ensemble nombre de 120 a 130 hommes.Nous apprîmes que Mr de Vaudreuil ne venait général en Canada que l'année 366 ARCHIVES DE QUÉBEC prochaine que le Roi lui avait donné 12,000 livres en gratifications pour l'année 1754.Le 15, samedi, à 11 heures du matin, Mr Péan arriva, que je trouvai très changé; il nous apprit la trahison faite à Mr Ju mon ville.On travailla à porter des pièces dans le portage.Depuis le printemps, il s'était noyé un homme en amenant des chevaux de la Presqu'île à Chatakoin et un mort de maladie.Le 16, dimanche, Mr Douville, lieutenant, partit pour aller prendre le commandement du fort de la Presqu'île à la place de Mr de Courtemanche, aussi lieutenant, qui redescendait à Montréal ayant demandé à être relevé.Mr de Villiers et les autres officiers à la tête des Sauvages partirent pour le fort Duquesne par la route du lac Chatakoin en canot d'écorce; on fit revenir le détachement qui était sur les côtes.Mr de St-Blain reçut un ordre pour aller commander au fort de la rivière au Bœuf à la place de Mr Le Borgne qui doit conduire un convoi de pirogues au fort Duquesne.Mr de Carqueville partit du lac Chatakoin avec 200 hommes, 40 moyennes pirogues, chargé aussi de 13 petits bateaux et dans le tout 229 pièces.Mr de Surville, officier, partit par la Presqu'île pour porter des lettres par terre à Mr le commandant du fort Duquesne; on lit ranger le camp, les officiers mirent leurs tentes à la tête.La brigade de Mr Péan fit la seconde ligne, celle de Léry, la troisième, celle de St-Ours, la quatrième et celle de Montigny, la cinquième.On mit du monde à arranger les vivres et marchandises dans les hangars.Je traçai une poudrière en bas de la côte, on y travailla par corvées, elle était de 12 pieds carrés, couverte de terre, les côtés revêtus de terre.Le 17, lundi, Mr de Portneuf partit pour aller faire des pirogues à une pinière en bas du lac Chatakoin, il avait 63 hommes.On entra 24 bateaux dans la rivière Chatakoin, où il y avait un pied d'eau, on les remplit d'eau pour les conserver étan-ches, on commença à faire trois cabanes pour servir d'hôpital à la tête du camp, je montai la garde; on avait pratiqué une baraque pour l'officier et une autre pour la garde.Les officiers conduisant les Sauvages partirent du lac Chatakoin pour le fort Duquesne, il arriva un bateau de la Presqu'île.Mr Péan continuait à être malade.Le 18, mardi, il arriva un bateau de la Presqu'île qui apportait une forge; à 11 hrs, il repartit avec 120 pièces que l'on mit dedans, moitié sacs de farine et barils de lard.On envoya 19 canots d'écorce au lac Chatakoin que l'on projetait envoyer au fort Duquesne; six raccommodeurs de canots suivirent pour les mettre en état au Portage.¦ ¦ Mr Péan était toujours malade.Le 19, mercredi, le S' Mauvide, chirurgien, que l'on avait envoyé chercher au fort Duquesne, arriva.Mr de Contrecœur marquait qu'il n'avait pas d'autre certitude de la défaite de Mr de Jumonville que ce qu'en avait dit le nommé Mous-seaux qui s'en était sauvé; que les Loups avaient rapporté que les Anglais avaient fait une maison à 40 lieues dans les terres du bord de la Belle-Rivière où il y avait 400 hommes de garnison.Mr de Jonquières, capitaine, commandant à l'embouchure de la rivière au Bœuf marquait à Mr Chabert, son frère, que trois Sauvages étaient passés chargés de colliers de la part des Anglais pour les cinq nations. ARCHIVES DE QUÉBEC 367 On assurait que Thaninhison était avec les Anglais et chef d'un parti de 40 Sauvages qu'ils ont à leur service, ce Thaninhison est Teste plate, où il a été pris fort jeune par les Tsonnonthouans qui l'adoptèrent et il est accrédité parmi les nations de la Belle-Rivière, il est absolument dévoué à l'Anglais, c'est le même qui est venu l'année dernière à la rivière au Bœuf, où il a parlé très hardiment et le bruit se répandait que c'était lui qui avait tué Mr de Jumonville qui était blessé en lui disant, tu n'es pas encore mort.Mon père lui avait donné plusieurs coups de hache.Le 20, jeudi, je demande à Mr Péan d'aller au fort Duquesne conduire les 30 canots d'écorce que Mr du Buisson devait mener s'il était malade, comme on le disait, il me répondit qu'il avait besoin de moi, il n'avait point ordre de m'envoyer à la Belle-Rivière, que si cependant Mr du Buisson était malade, je conduirais le détachement qui lui était destiné, mais il arriva à midi et prit les ordres de Mr Péan pour le fort Duquesne.Le temps fut chaud, et point de vent, on fit passer dans le portage les agrès de 12 canote d'écorce, on fit abattre des arbres autour du camp dont on forma une lisière qui en faisait le tour, elle ne nous - aurait point été avantageuse dans une surprise.Mr de Courtemanche arriva de la Presqu'île où il était ci-devant commandant.On fit passer au lac Chatakoin, les canots d'écorce qu'il manqua pour compléter le nombre de 30 que devait mener Mr du Buisson, la baraque que l'on pratiquait pour mettre la forge fut finie et le forgeron travailla.L'aumônier du fort de la Presqu'île arriva malade des fièvres.Le 21, vendredi, il partit 100 hommes pour aller au Chatakoin, d'où il devait être mis dans le détachement de M'du Buisson dont je lui envoyai les rôles.Mr Péan qui se trouvait plus mal m'avait chargé de ces détails.A 9 heures du matin, les chirurgiens me dirent que Mr Péan se trouvait plus mal, je leur fis donner séparément leurs sentiments sur sa maladie et je me déterminai à écrire à Mr le général l'état où se trouvait le commandant, il partait deux soldats pour Niagara dans un petit canot d'écorce je fis embarquer trois Canadiens de ma brigade, et j'écrivais à Mr de la Perrière, commandant à Niagara, que s'il ne se trouvait point d'occasion prête à partir pour Montréal à la réception de ma lettre de la faire passer en diligence par les trois hommes que je lui envoyais d'autant mieux que j'y avais joint un paquet de Mr le commandant du fort Duquesne, adressé au général, que j'avais trouvé sur la table de Mr Péan, où il était depuis plusieurs jours, j'ajoutais qu'il y avait lieu de penser que le général trouverait bon la démarche que nous faisions qui le mettait en état de nommer au commandement qu'avait Mr Péan ou de lui envoyer ordre de redescendre et en un mot le mettait à même de donner des ordres positifs pour la réussite de ses entreprises, qu'un homme malade est rarement en état d'exécuter.Copie de .ma lettre à M'le général en date de ce jour: Monsieur, Depuis longtemps Mr Péan est malade et aujourd'hui à un point qui ne lui permet qu'avec peine de prendre connaissance des affaires, m'ayant chargé de plusieurs détails dans lesquels j'agis à sa place, pour le bien du service, j'ai cni que le plus nécessaire était de dépêcher un courrier à son insu pour avoir l'honneur de vous rendre compte de sa situation.Le sieur Viger, chirurgien, qui l'a traité à 368 ARCHIVES DE QUÉBEC Niagara, dit qu'il a été assez tranquille depuis ce fort jusqu'à Chatakoin, que du 17 au 18 de ce mois, il a eu un accès de fièvre de 4J£ heures, que le 19 jour de l'arrivée du S1, Mauvide, chirurgien, il en a eu un second suivi de tension de bas ventre et de maux de tête.Le 20, il fut purgé et la fièvre revint à la même heure, à 2 hr.après-midi, elle redoubla et se dégénéra en putride, fièvre et symptômes que le Sr Viger regarde très dangereux.Le Sr Mauvide pense que la maladie de Mr Péan est une inflammation du foie avec les symptômes qui accompagnent cette maladie,- qui sera longue sans cependant désespérer de la guêrison du malade qui a une grosse fièvre inflammatoire, une grande faiblesse et d'ailleurs exténué par une fièvre tierce qu'il a depuis longtemps, que le chagrin continuel où il est lui a causé une espèce de jaunisse qu'il rend quantité de bile sans recevoir de soulagement.Mr Péan profita le 19 de ce mois d'un intervalle de mieux que lui laissa la fièvre où il eut l'honneur de vous rendre compte de l'état actuel des dispositions où il a mis les choses depuis sa lettre écrite, il n'y a rien de nouveau, le détachement que doit conduire Mr du Buisson au fort Duquesne est parti ce matin, pour le lac Chatakoin.\"J'ai l'honneur d'être avec un très profond respect, Monsieur, \"Votre très humble et très obéissant serviteur.(Signé) Léry.\"Au camp de Chatakoin, sur le bord du lac Erié, le 21 juin 1754.Le temps fut beau, il ne venta point.Le 22, samedi, il partit 4 bateaux pour la Presqu'île chargés de 120 pièces chacun.- On envoya 50 hommes aux côtes chercher des rôles de tabac, et des balles de soulliers que l'on y avait portés de trop.Mr de Saint-Blain laissa les côtes et fut au lac Chatakoin avec 25 hommes pour prendre le commandement au départ de Mr Du Buisson on fit préparer 4 bateaux avec chacun 100 pièces pour partir le lendemain à la pointe du jour pour la Presqu'île.Les chevaux qui étaient venus avec Mr Chabert revinrent du portage au camp, il arriva dix Mississagués pour aller joindre Mr de Villiers.Il plut le matin, les vents au N.E.Le 23, dimanche, il plut tout le jour et le vent fut fort au N.E.les bateaux préparés la veille pour la Presqu'île ne purent partir, on fit couper du bois pour faire une maison de 20 pieds en carrés, Mr Portneuf écrivit qu'il ne croyait point avoir de quoi faire beaucoup de pirogues, que ce qu'il avait vu de bois de pin n'était pas beau, qu'il visiterait la pinière et qu'il rendrait compte de ce qu'il pourrait fournir.Le 24, lundi, à 7 hr.du matin, les 4 bateaux destinés pour la Presqu'ile partirent, il en partit aussi deux pour Niagara chercher des vivres.M' de Courtemanche partit pour Montréal.On fit calfater les bateaux.M' du Buisson partit du lac Chatakoin avec 30 canots d'écorce de 8 places chargés de 1453 pièces et un petit bateau de planches.On fit le recensement de ce qui restait dans le magasin du lac Chatakoin, il y avait 1060 pièces.Les bateaux partis pour la Presqu'île le 22 de ce mois arrivèrent et apportèrent 80 fusils bons et mauvais, ils rapportèrent que le.jour de leur départ en entrant dans la Presqu'île, ils avaient pensé périr corps et biens quoiqu'ils eussent le vent DÉCLARATION DE LA \"RÉPUBLIQUE CANADIENNE\" PAR ROBERT NELSON, EN 1837 \u2022 lu., ^Utttoul&H.vnpthcauc gur ¦ Jtjcn«-fondg.devra cjxo sftccuUe.et .pour,,Btrp.,v:ili.Qu' ,missitot' que les ¦circonstances pourront lo permettre, le Peuple choisira dos .v'j Jre'légucs suivant la division actuelle du paya dans los Villes, Bourgs et Comtes, qui constitueront uiio Convention , ou Corps Législatif, afin do baser et d'établir une Constitution, selon les besoins du pays, et conformément mix dispositions do cotte Declaration, sujette a etro modifio'c suivant la volonté' du Peuple.' 10.Quo toute personne male audessus do l'ngo- do.vingt-un ans aura le droit do voter ainsi (pie pourvu ci-dessus, pour l'élection; des délègues sus-norrimes.i T.Quo toutes 1cs Terres dites de la Couronne, ainsi que celles appellees, reserves du Clcrr/c' et colles qui sont nominalement en possession d'uno certaine compagnie de spceiHuteuis eu Angleterre, appellee \u2022> Compagnie des Terres de l'Amoriquc Britnnrîiqnc du Nord,\" deviennent de plein droit, la propriété do l'Etat du Canada, sauf telles portions des dites terres, qui peuvent etro en possession de cultivateur:.', qui les tiennent de fionnn foi, pour los quelles nous garantissons des titres en vertu d'uno loi qui sera pnssc'c afin do légaliser In possession de tels lots de torn:::, situes dans Tes Totnittiips, qui vont maintenant en culture.18.Qu'on .«.e servira des langues Française et Anglaise dnna toute matière publique.ET pour le support de CETTE DECLARATION, et te succès de la cause Patriotique, que nous soutenons, NOUS, confiants en la protection du Tout Puissant et la justice do notre ligne de conduite, engageons, parées presentee, mutuellement et solennellement les uns envers les outres, notre vie, nos fortunes, et notre lion-' ncur le plus sacrc\\ .Far ordre du Gouvernement Proyisoir 9 (1) Archives de la province de Québec. ARCHIVES DE QUÉBEC 369 arrière et point trop fort, je m'informai de ceux qui y avaient été d'où pouvait provenir le danger que ces bateaux avaient couru pour aborder au fort dont on dit les environs si commodes qu'il semblait avoir été fait exprès pour nous faciliter plus que tous autres la communication de la Belle-Rivière, je ne pus apprendre autre chose sinon que de vent arrière, ni demi largue on ne pouvait point y entrer chargé, je me proposai d'en prendre connaissance par moi-même, si j'y allais.Le 25, mardi, les bateaux partis la veille pour la Presqu'île furent de retour.On mit la garnison du lac Chatakoin à 50 hommes.Mr Chabert partit pour le Portage de Niagara avec trois bateaux où il embarqua les harnais des chevaux qu'il avait renvoyés par terre à Niagara, il était commandant au petit fort du Portage de Niagara, on avait envoyé à Cana8agon un Sauvage de la nation de ceux qui y habitaient pour les inviter à venir porter dans Chatakoin, qu'ils pouvaient même amener les femmes et enfants, que l'on nourrirait indépendamment du paiement qu'ils recevraient des pièces qu'ils passeraient dans le Portage.Ce jour, cinq Sauvages arrivèrent et annoncèrent qu'il en viendrait d'autres; comme l'on avait été vite en besogne, il ne restait que peu de pièces à passer, et Mr de Jonquière les détermina à aller avec lui à Niagara où ils seraient bien payés des travaux qu'ils feraient au Portage, on fit donner au courrier que l'on avait envoyé les chercher un habillement complet et on le renvoya à son village dire que s'ils venaient on leur donnerait des présents et que l'on garderait le peu de pièces qui restaient à passer au lac Chatakoin pour leur donner cet ouvrage à leur arrivée.Le 26, mercredi, on fit partir un bateau commandé par un sergent pour le petit fort de Niagara d'où il devait amener les trois partis d'hier.On continua à calfater les bateaux.Mr Péan m'en fit faire la visite, un se trouva hors d'état de servir et je le fis démembrer pour raccommoder les plus mauvais.On commanda 24 hommes pour aller le lendemain à la Presqu'île avec 4 bateaux et un canot escorté porter des pièces.Le vent fut O.Le soleil parut.Le 27, jeudi, il partit un homme par terre pour le fort Duquesne où l'on faisait avertir de ne point envoyer de monde chercher les pirogues à Chatakoin qui devaient descendre au fort chargées de munitions, que nous avions assez de monde pour leur envoyer, que cependant s'ils étaient court de vivres et qu'ils n'eussent rien à craindre de la part de l'ennemi, il pouvait envoyer uniquement pour éviter la consommation que ferait notre détachement.S'il descendait, tant pour son séjour au fort Duquesne que pour son retour, qu'il trouverait aussi un avantage en en envoyant qui était que les vivres que leur monde consommerait au lac Chatakoin et en descendant ne serait point pris sur l'approvisionnement du fort Duquesne.On fit partir deux Français pour les premiers pays plats où est le chantier des pirogues, j'écrivis à la place de Mr Péan qui continuait à être malade, je marquais à Mr Portneuf de faire réponse tout de suite où il en était de la construction des pirogues et de marquer positivement combien il pourrait en faire à cette pinière.M>~ Péan logea dans la maison de 20 pieds carrés que l'on avait finie la veille.On continua le calfatage des bateaux, et l'on raccommoda des canots d'écorce.Il plut beaucoup la nuit, ce qui fit monter l'eau dans la petite rivière Chatakoin de quinze pouces.Les bateaux préparés la veille pour aller à la Presqu'île ne partirent point, le vent étant contraire.24 370 ARCHIVES DE QUÉBEC Le 28, vendredi, les 4 bateaux et le canot d'écorce préparé le 26, pour la Presqu'île chargés de 395 pièces, lard et farine, partirent.Nous eûmes une lettre de Mr Portneuf du chantier des pirogues qui annonçait que le 30 de ce mois, il aurait 60 pirogues de faites du port de 25 à 30 pièces chacune, que cependant Mr du Buisson qui conduisait 30 canots d'écorce au fort Duquesne avait eu besoin de monde pour l'aider à passer les pals plats, qu'on lui avait fourni des faiseurs de pirogues ce qui pouvait retarder de quelques jours leur perfection.Quelques Sauvages venus de KanaSagon, passèrent des pièces du grand lac au petit.Le vent fut Est et le temps beau.Le 29, samedi, il arriva un bateau de la Presqu'île dans lequel étaient les 24 hommes partis la veille dans les 4 bateaux et le canot d'écorce ayant laissé leur voiture au fort suivant l'ordre qu'ils en avaient reçu, nous avions à Chatakoin plus de bateaux et de canots qu'il ne nous en fallait.Nous eûmes quelques orages le matin, le vent S.O.beau soleil.Le 30, dimanche, Mr de Coumoyer partit avec trois bateaux pour la Presqu'île chargés de 100 pièces chacun, le vent du large prit à 10 heures, j'avais fait embarquer six hommes de ma brigade sur ces bateaux dont deux charpentiers pour faire un magasin à poudre dans le fort de la Presqu'île où il n'y en avait point.Suivant le recensement fait ce jour des vivres, munitions de guerre et marchandises, il devait y avoir dans les magasins de la Presqu'île y compris l'envoi de Mr de Coumoyer.1605 pièces au petit lac Chatakoin____ .1060 au camp de Chatakoin.,.1.1284 3949 pièces M' de Carqueville parti pour le fort Duquesne le 16 de ce mois, avait dans ses pirogues.229 pièces Mr de Villiers et les autres officiers conduisant les Sauvages le 17 de ce mois.50 279 pièces Mr du Buisson dans les canots d'écorce le 24 idem.1453 fait passer au fort Duquesne depuis le 16 juin jusqu'au 24 du dit mois.1732 pièces Mr Péan avait demandé à Mr le commandant du fort Duquesne ses ordres touchant les mouvements qu'il devait faire et lui marquait qu'en les attendant, il faisait préparer des pirogues pour lui faire un envoi de vivres.Mr Péan dont la santé ne se rétablissait point me laissait toujours les petits détails dont il m'avait chargés et dont je m'acquittais pour le bien du service le mieux qu'il m'était possible, c'est-à-dire avec beaucoup d'exactitude.JUILLET 1754 Le 1er, lundi, à 9 heures du matin, il arriva un courrier de Niagara, porteur de lettres de particuliers; j'en reçus deux de MM de Léry qui m'apprenaient que deux maisons avaient brûlé proche l'hôpital à Québec. ARCHIVES DE QUÉBEC 371 A 10 heures, on fit partir vingt hommes pour raccommoder les ponts du portage Chatakoin et 8ter les arbres qui étaient tombés dans le chemin.On fit la revue de notre détachement qui se trouva de 492 hommes.Brigades: De Mr Péan.120 hommes De Mr Léry où on en avait incorporé d'autres.214 De Mr St-Ours.78 \\ De M'Montigny.80/ 492 hommes Officiers du détachement de Chatakoin: Mr Péan, capitaine, aide major, à Québec.commandant 1 .I Lieutenants Mr St-Oura.f Mr St-Martin, faisant fonction de major M' Léry.MrSt-Ours.Mr Montigny.) es.) Enseignes M' Rigauville.Mr des Meloises.M'Porneuf.M'S* Blain.Mr Coumoyer.Mr de Bonnecamp, Jésuite, P**».1 M'Forget du Verger, prêtre des Missions Etrangères.1 Quatre chirurgiens, un garde-magasin et un interprète.6 510 hommes Le monde employé à faire des pirogues, à voiturer de Niagara à Chatakoin, de Chatakoin à la Presqu'île et la garnison du lac Chatakoin, est compris sur les 510 hommes marqués au total ci-contre.Le 2, mardi, à 10 heures du matin, arriva un Sauvage du lac Chatakoin, porteur d'une lettre de l'officier qui y commandait dans laquelle il marquait que la nuit dernière un de ses Sauvages en avait aperçu quatre qui approchaient son camp qu'ayant été à eux il s'était enfui à toutes jambes.Mr Péan se trouvant trop faible pour écrire, je fis pour lui la réponse à cette lettre qui était de bien se tenir sur ses gardes, je marquais par une autre lettre à Mr Portneuf, aux chantiers des pirogues, ce que l'on avait vu au lac Chatakoin et lui enjoignit de la part de Mr Péan de faire assembler son monde en un seul chantier, qu'il valait mieux prolonger l'ouvrage que de s'exposer à avoir du dessous, qu'on lui envoyait 40 hommes commandés par un sergent pour l'aider à finir et amener les pirogues.A midi, Mr de Coumoyer arriva, il était parti pour la Presqu'île le 30 du dernier mois avec trois bateaux dont il en avait laissé deux au fort et ramené le monde dans un. 372 ARCHIVES DE QUÉBEC Mr du Buisson avait amené 30 hommes avec des pirogues du chantier de Mr Portneuf pour soulager ses canots d'écorce dans les pals plats au-dessous de KanaSagon et c'est pour les remplacer que l'on faisait partir un sergent avec 40 hommes comme je l'ai marqué ci-dessus.Le 3, mercredi, Mr Portneuf écrivit que Mr du Buisson avait passé les pals plats et lui avait renvoyé 19 pirogues et trente hommes qu'il lui avait prêté à son passage au chantier.Le vent fut très fort au O.le Soleil parut peu.Le 4, jeudi, le soleil parut tout le jour, le vent fut furieux à O.Le 5, vendredi, Mr Rigauville partit pour aller prendre le commandement à la place de Mr Leborgne qui y était et qui était relevé par Mr St Blain qui ne pouvait à présent prendre sa place étant au lac de Chatakoin, où il avait le détail des chevaux encore pour quelques jours.Mr Rigauville avait aussi sa destination pour servir en troisième au Détroit.Le courrier qui avait apporté des lettres de Niagara le 1er de juillet partit; il arriva au camp du lac Chatakoin quinze pirogues de M'Portneuf.Les hommes qui les avaient amenées repartirent pour aller en chercher d'autres.A 11M heures du soir, la sentinelle qui était sur le chemin du Portage vit un homme qui approchait le camp; après avoir crié trois fois: qui vive, il tira son coup de fusil et cria en gagnant le corps de garde où j'étais.Je fis prendre les armes à la garde, envoyer le caporal au-devant de la sentinelle qui me rapporta avoir vu un homme tel que je viens de le marquer.Je me transportai sur les lieux où il ne fut pas possible de voir, la nuit étant très noire, d'ailleurs la sentinelle avait dit que l'homme s'était retiré.Messieurs les officiers vinrent tous au coup de fusil, dé même que tout le camp, nous jugeâmes que c'étaient quelques découvreurs envoyés par les Anglais et peut-être le même qui avait paru au camp du lac de Chatakoin, la nuit du premier au deux de ce mois.Comme Mr Péan était toujours très indisposé, nous ne le réveillâmes point, je fis doubler les sentinelles à ma garde et Mr S1 Martin major ordonna de fréquentes rondes le reste de la nuit.Le 6, samedi, le vent fut au O.très fort tout le jour et le soleil parut.A 11 heures du soir, trois bateaux commandés par un sergent arrivèrent du petit fort chargés ensemble de 285 pièces; il était parti d'ici le 25 du mois dernier et le sergent le 26, il avait laissé son bateau au petit fort n'étant point en état de faire le voyage, Les calfate dudit fort devaient le radouer.Le 7, dimanche, à midi, il est arrivé un courrier de la Belle Rivière, Mr de Contrecoeur marquait que Mr de Villi ers était parti du fort Duquesne le 28 juin avec 700 hommes français et sauvages pour attaquer 400 Anglais, en marche pour la Belle Rivière, il envoya la déposition d'un déserteur anglais ci-jointe.Denis Kaninguen, déserté du camp anglais hier matin, est arrivé au camp du fort Duquesne aujourd'hui 30 juin.Il rapporte que l'armée anglaise est composée de 430 hommes sur lesquels il y a 30 Sauvages.Qu'ils ont appris qu'il partait du camp français 300 Français et 400 Sauvages ce qui leur a fait prendre le parti de retourner sur leurs pas pour se mettre en fort dans une prairie de la longueur d'une portée dé fusil, que les Anglais n'ont point de vivres, ne leur restant que seize vaches et dix bœufs sur lesquels ils mangent journellement.Sans pain il leur en vient cependant tous les deux jours dix à douze seaux qui viennent actuellement très lentement. ARCHIVES DE QUÉBEC 373 Le gouvernement de Philadelphie n'a point voulu fournir de monde pour faire la guerre aux Français et le sud de la Caroline n'a fourni que cent soldats, la Virginie a donné trois cents hommes.Que Mr de Jumonville a été tué par un détachement anglais qui l'a surpris, que cet officier s'étant avancé pour communiquer ses ordres au commandant anglais, malgré la décharge de mousqueterie que ce dernier avait fait faire sur lui, il en avait entendu la lecture et s'était retiré à son monde à qui il avait ordonné de tirer sur les Français, que Mr de Jumonville avait été blessé et était tombé que, Thaninhison, Sauvage, était venu à lui et avait dit tu n'es pas encore mort, mon père, et l'avait frappé de plusieurs coups de hache dont il l'avait tué.Que Mr Drouillon, enseigne, second de Mr de Jumonville, avait été pris avec tout le détachement qui était de trente hommes, Messieurs de Boucherville et Du Sablé, cadets, et Laforce, garde-magasin, sont du nombre des prisonniers, qu'il y avait eu dix à douze Canadiens de tués et que les prisonniers avaient été envoyés à la ville de Virginie.Que les Anglais n'avaient que peu de vivres chez eux.Que si les Français ne vont point chez les Anglais l'envie passera aux derniers de venir chez les premiers.Que le nommé Denis Kaninguen avait été poursuivi en partant du camp anglais par un cavalier à qui il avait cassé la cuisse d'un coup de fusil, avait pris son cheval et était venu à toutes brides au camp français.Mr le commandant de la Belle-Rivière marquait qu'il pensait que Mr de Villiers livrerait combat à l'ennemi le premier de ce mois.On débita dans le camp que Mr de la Chauvignerie, officier chez les ChaSannons, avait été obligé d'abandonner ce village avec deux traiteurs français nommés Babis, les Cha8annons les ayant menacés plusieurs fois de les tuer.On dit aussi que des Sauvages de la Belle-Rivière avaient tué deux Anglais dont ils avaient les chevelures.Nous apprîmes aussi qu'un homme et une femme de nation louve avaient été tués et la chevelure levée, entre le fort Duquesne et la rivière au Bœuf, on accusait de cela les nations du Saguinan; à 5 hemes après-midi, Mr Péan fit partir pour Montréal le nommé Normand, traiteur, qui était venu au petit lac Chatakoin avec des effets dont on avait pris la plus grande partie pour le roi, il le chargea de lettres pour Mr le général du fort Duquesne, nous profitâmes de cette occasion pour écrire.A 6 heures du soir deux Sauvages de chez Mr de Jonquière au bas de la rivière au Bœuf arrivèrent avec un soldat malade qu'ils avaient amené en pirogue; on leur fit payer à chacun la valeur de huit castors en marchandise.Les deux Sauvages rapportèrent que le gouverneur de Philadelphie, que les Iroquois appellent Assaregoha le Grand Sabre, avait fait tuer cinquante hommes des nations iroquoises, nous avions précédemment eu la même nouvelle sans plus de certitude qu'à la confirmation, on fit passer par des Sauvages 35 seaux de farine au lac de Chatakoin.Le chemin du lac Erié au lac Chatakoin appelé vulgairement Portage Chatakoin me paraissant préférable à celui de la Presqu'île à la rivière au Bœuf, suivant ce que j'avais entendu des mauvais pals du dernier et de sa longueur, je fis mesurer le portage Chatakoin avec une perche de dix-huit pieds par un sergent et trois soldats, sur lesquels j'avais l'œil et me proposant lorsque je serais à la Presqu'île d'en faire autant pour connaître la différence de ces deux routes. 374 ARCHIVES DE QUÉBEC Perches Pieds Pouces Du lac Erié à l'endroit où est l'embouchure de la petite rivière de Chatakoin à l'escarpement jusqu'à la cote de la rivière qui \t.780\t\t \t.10\t\t Hauteur à niveau de ladite côte.\t.2X lpd\t\t3p» \t\t\t \t.21\t\t \t\t\t Hauteur à niveau.\t\t7pds\t6p« \t.5\t\t \t\t\t \t.\\yi\t7pds\t \t.40\t\t \t.5\t\t \t\t15pds\t \t.9\t\t \t.3\t\t \t\t5pds\t6p* \t.50\t\t \t.4\t\t Hauteur à niveau.\t\t6pds\t6p* \t.287\t\t \t.5\t6pds\t6p» \t.8\t\t \t\t16pds\t \t.1,321\t\t \t.1\t\t \t\t12pds\t \t.5\t\t \t2,564\t18 pds.\t Par les différentes mesures ci-dessus on connaît que le portage de Chatakoin a, par la route dont on s'est servie cette année qui est à peu près l'ancienne, 3 lieues, 4 arpents, 4 perches.Longueur du Portage Chatakoin mesurée depuis le lac Erié jusqu'au lac de Chatakoin, suivant la route ordinaire où sont marquées en détail les distances des lieux les plus remarquables qui sont dans le dit Portage.savoir ARCHIVES DE QUÉBEC 375 En mettant la lieue de 84 arpente, l'arpent de 10 perches et la perche de 18 pieds de roi, ce qui la forme de 2,520 toises, LacEiii Le 8, lundi, il partit un bateau chargé de balles de marchandises pour le fort de la Presqu'île.Un sergent partit avec six bateaux pour le petit fort de Niagara d'où il devait amener des vivres.On fit porter au petit lac Chatakoin 140 sacs de farine et sept balles de marchandises et souliers.Il arriva trois bateaux du petit fort de Niagara chargés de 270 pièces en vivres conduite par un cadet, parti du camp le 24 du mois dernier, Mr de Courtemanche s'était embarqué sur un.Le 9, mardi, on envoya 150 sacs de farine au petit lac Chatakoin, Mr Portneuf arriva au camp, il avait amené avec lui du petit lac en tout y compris l'envoi qu'il avait fait 79 pirogues du port de 30 à 35 pièces chacune, il dit que son chantier était à trois lieues plus bas que l'embouchure du lac Chatakoin, au pied des pais plate, à 7 heures du soir, il arriva un bateau du petit fort de Niagara chargé de 100 pièces.Quoique ce journal ne puisse point faire mention de toutes les particularités qui ont rapport à la Belle Rivière, je crois cependant nécessaire d'y mettre les noms des officiers qui servirent dans le fort Duquesne et autres endroits dépendants.Liste des officiers actuellement dans la Belle-Rivière.M' Pécaudy de Contrecœur, commandant général.Mr Coulon de Villiers, commandant les Nêpissingues.Mr Chabert de Jonquiôres, commandant au village de la Rivière au Bœuf.Mr Lemercier, commandant l'artillerie.Mr Lemoine de Longueuil, commandant les Iroquois.____ MrdeMuy.MrGaspé.Mr du Buisson.Mr Carqueville.Mr Montesson, conduisant les Abénakis.Capitaines 5 Lieutenants 5 376 ARCHIVES DE QUÉBEC M' de la Chauvignerie.M' de Jumonville de Villiers que l'on dit avoir été tué.MrBayeul.MrCéloron.\"!!!\"\" M'Godefroy.M'Corbière.Mr Bleury de Sabre vois.Mr Surville de Richerville.'.[.Enseignes 8 Mr Du Sablé.MrRimbeault.MrLongueuil.:.Mf La Saussaie., Mr Drouillon, que l'on dit prisonnier.Enseignes S Mr Douville, commandant au fort de la Presqu'île.Mr Le Borgne, commandant au fort de la Rivière au Bœuf Le détachement de Mr Péan en avait.Employés pour la Belle-Rivière.Officiers 35 On estimait qu'il y avait actuellement dans la Belle Rivière non compris le détachement de Mr Péan, ni la garnison des forts de la rivière au Bœuf et de la Presqu'île 1,150 hommes, troupes et milices.Le 10, mercredi, Mr Péan reçut une lettre de Mr de Jonquière du bas de la rivière au Bœuf dans laquelle il lui marquait qu'il croyait que quinze familles ChaSainones et iroquoises allaient venir s'établir à son poste.Mr Le Borgne, ci-devant commandant au fort de la rivière au Bœuf, arriva pour conduire un convoi de pirogues au fort Duquesne.Il arriva douze Sonnontouans venant de guerre chez les Tètes Plates dont ils avaient une chevelure.Le même bateau arrivé la veille de Niagara partit pour la Presqu'île avec sa même charge.Vingt-quatre soldats partirent pour le petit lac Chatakoin.Mr de St-Blain vint du lac Chatakoin avec tous les chevaux et harnais qui étaient dans le Portage.Mr Péan se prépara à partir le lendemain, sa santé commençant à aller mieux, il devait former un camp à la Presqu'île et me laisser à Chatakoin pour faire évacuer ce poste et partir le convoi de pirogues pour le fort Duquesne.Le 11, jeudi, le monde destiné pour conduire les pirogues au fort Duquesne partit avec Mr Le Borgne, qui les commandait en charrettes, passer des sacs de farine au petit lac.Le vent de O.arrêta Mr Péan qui ne partit point.Le 12, vendredi, même vent que la veille et plus fort, je profitai du séjour de Mr Péan pour aller faire partir Mr Le Borgne, je partis à 5 heures du matin et arrivai au petit lac à 7 heures.A une heure toutes les pirogues au nombre de 70 furent chargées de 1945 pièces conduites par 215 hommes, les états décharges faits en général et en particu- 23 officiers j Lieutenants 2.10 ARCHIVES DE QUÉBEC 377 lier, chargé dans les charettes les ustensiles du camp du petit lac, j'écrivis à Mr le commandant du fort Duquesne à qui j'envoyai la facture des effets chargés dans les pirogues, je souhaitai un bon voyage à Mr Le Borgne qui partit à deux heures et moi après avoir fait mettre dans le bord du bois à droite du camp quelques petits bateaux de planches et pirogues au nombre de 30 dont on pourra se servir dans l'occasion, je partis et arrivai au camp à 4J4 heures après-midi, j'examinai que le chemin du Portage est beau et qu'au moyen d'une modique dépense on le rendrait très facile, il faudrait le détourner à quelques endroits, les côtes sont belles, elles auraient besoin d'être rélargies et adoucies ce qui est aisé à faire.Un Sauvage me dit que l'on pourrait faire un chemin plus court du lac Erié au lac Chatakoin en le prenant vers l'anse aux Feuilles et coupant droit sur ce dernier lac, il est vrai que je remarquai qu'il s'en fallait d'un quart de lieue environ que notre camp ne fut situé au fond du lac, ce qui avec la profondeur de l'anse où on ferait prendre le Portage au lac Erié pourrait bien faire le portage plus court d'une lieue et demie comme me le fit entendre le Sauvage qui me donna cette idée, je fus fâché que notre prochain départ ne me permit pas de visiter le terrain entre le lac Erié et celui de Chatakoin, il est vrai qu'à peu de distance de ce dernier on découvrit le grand lac qui passait peu éloigné.Figure du fond du petit lac où était notre camp en 1739.A) Chemin du Portage et place du magasin.B.Où était le camp.C.Où était la boulangerie.D.Embarquement où étaient les pirogues.Le 13, samedi, le vent fut très fort au N.O.Mr Saint-Blain partit par terre pour conduire des chevaux au fort de la Presqu'île.Le vent empêcha Mr Péan de partir.Le 14, dimanche, à SH heures du matin, Mr Péan partit avec 18 canots d'écorce conduits par 131 hommes et chargés de 530 pièces, vivres et marchandises.Je restai commandant à Chatakoin pour évacuer le camp des vivres, outils, charrettes, canots et bateaux qui y étaient.Mr de Saint-Ours, lieutenant, et Mr Coumoyer, enseigne, restèrent pour conduire les brigades que j'enverrais; ne pouvant point en faire dans une seule, n'ayant point assez de monde, Mr Péan devait me renvoyer les hommes qu'il avait amenés.Mr Forget du Verger, prêtre, resta pour servir d'aumônier à vingt malades que je devais faire partir demain.A deux heures après-midi, Mr Rocquetaillade et le nommé Chevalier, voyageur, arrivèrent de Montréal, d'où ils étaient partis depuis vingt jours; je reçus deux lettres de Madame de Léry.Suivant le compte que j'ai tenu des pièces en vivres marchandises et munitions de guerre qui ont été au fort Duquesne par la route de Chatakoin depuis le 16 de juin, que Mr de Carqueville est parti avec le premier convoi jusqu'au 12 juillet que Mr Le Borgne est parti avec le dernier, il se monte à.3,677 pièces. 378 ARCHIVES DE QUÉBEC Le 15, lundi, la pluie, qui tomba par orages, m'empêcha de faire partir les malades pour la Presqu'île.A 5 heures, il arriva quatre bateaux de la Presqu'île avec cent hommes.La pluie continua de tomber, je fis cependant transporter au bord de l'eau des sacs de plomb et des quarts de farine pour pouvoir charger avec plus d'aisance le lendemain matin; je fis la même chose pour les charrettes.A 8 heures du soir, il arriva dix bateaux du petit fort de Niagara chargés ensemble de 600 pièces.Ces bateaux étaient partis de Chatakoin le 8 de ce mois.Le 16, mardi, il plut jusqu'à midi, que je fis partir les six canots arrivés la veille de Niagara avec leurs mêmes charges pour la Presqu'île, à une heure le bateau qui conduisait les malades partit, Mr Forget du Verger, prêtre, partit avec son canot à leur suite.A 5 heures Mr de St-Ours et M' Coumoyer partirent avec quinze canots d'écorce chargés de vingt pièces chacun.Je donnai ordre au sergent qui devait conduire ces bateaux à la Presqu'île d'être prêt à charger au petit jour le lendemain.A Syi heures, Mr Du Sablé, enseigne, arriva du fort Duquesne; il portait à Mr le général la nouvelle de l'échec que nous avions donné aux Anglais au fort de Nécessité où les Anglais s'étaient retirés, et avaient le matin du jour de l'attaque commencé un retranchement en avant, que Mr de Villiers qui commandait les Français ne leur donna pas le temps d'achever, ayant attaqué un petit corps de troupes qui était en bataille devant le fort, à dix heures du matin, le trois de juillet, après quelques décharges de mousqueterie de part et d'autre, les Anglais se retirèrent dans leur fort où ils se trouvèrent 500 hommes et neuf pièces de canon montés en batterie; jusqu'à sept heures du soir ce fut un feu continuel de part et d'autre; sur ce que le commandant français apprit que les Sauvages devaient le laisser le lendemain, il envoya un officier dire aux Anglais qu'il n'était point venu à dessein de leur faire la guerre, les deux nations étant en paix, mais pour tirer satisfaction de l'assassinat commis par eux sur la personne de Mr de Jumonville, officier des troupes du roi, et des sujets qui avaient péri avec lui, de même que d'un officier et plusieurs Français qu'ils retenaient prisonniers, et pour les sommer de se retirer de dessus les terres du roi de France, qu'il était disposé à entendre ce qu'ils voudraient lui dire, que s'il tardait, il ne serait peut-être plus temps de retenir l'ardeur des Sauvages lorsqu'une fois il les aurait mis en œuvre, sur cela l'Anglais demanda à capituler à l'heure même, et Mr de Villiers ayant disposé les articles de la capitulation qui fut signée de part et d'autre, double, sur un des postes du blocus des Français, à 8 heures du soir, sans aucune difficulté de la part des Anglais sur le terme d'assassinat non plus que sur la propriété des terres de la Belle (rivière) au roi de France.On estime que les Anglais ont eu 50 tués et 60 blessés.les Français y ont perdu trois hommes et eu vingt blessés.On prétend que lorsque l'on signait la Capitulation, on avait entendu le tambour d'un détachement de 200 Anglais qui venaient au secours du fort de Nécessité, qui se retirèrent bien vite.Ci-joint ici la copie de la Capitulation.Capitulation accordée par Mr de Villiers de Coulon, capitaine, command' les troupes de Sa Majesté très chrétienne, à celuy des troupes anglaises actuellement dans le fort de Nécessité qui avait été construit sur les terres du Roy.Le trois juillet mil sept cent cinquante-quatre à huit heures du soir. ARCHIVES DE QUEBEC 379 Comme notre intention n'a jamais esté de troubler la paix et l'harmonie qui régnent entre les deux princes am is, mais seulement de venger l'assassinat qui a esté fait sur un de nos officiers porteur d'une sommation et sur son escorte, comme aussi d'empêcher aucun établissement sur les terres du Roy, mon maître.A ces considérations nous voulons bien accorder grâce à tous les Anglais qui sont dans led' fort aux conditions cy-après.article premier Nous accordons au command' anglais de se retirer avec toute sa garnison pour s'en retourner paisiblement dans son pals, et luy promettons d'empêcher qu'il luy soit fait aucun mai par nos Français et de maintenir autant qu'il sera en notre pouvoir tous les Sauvages qui sont avec nous.article second Que nous leur accordons les honneurs de la guerre, qu'ils sortiront tambour battant avec une pièce de petit canon, voulant bien par là leur prouver que nous les traitons comme nos amis.article troisième Que sitôt les articles signés de part et d'autre, ils amèneront le pavillon anglais.article quatrième Que demain à la p le petit du fort, à 6h45m S.O.\\i S.s achevé gFO.N.O.~0,J£N.O., O.S.O., à5h F M O., à 5» 40n> S.O.M S., à 5» à 6h, à 6» Ilm S.esclairci que l'on voit à 6» 53m S.O.,à 7h fin de la Presqu'isle S.O.O., à 7» 12m O.S.O.on donnait 46 coups d'aviron par minute, à 71» 18™ P»e après la Presqu'isle, après ladte pointe S.O.pour ancer à 7i> 27m S.O.yi O., à 7h53m O.S.O., arrêté à 7h45\">, parti à 8t»2m P» derrière laquelle il y a une petite rivière S.O.\\i O., à #>32m Ruisseaux, à 9J>35m O.S.O., à 9h50m S.O.M O.R.à la Barbue figure de lad\" Rivière arrêté à 10h, parti on donnait 46 coups d'à-viron par minutes; ici la coste est ér\"\"s\"r\"/n\"'535m Petite Rivière Bouche dont cy-après la figure £S*.J\"'^__^iA O.S.O., à 12>> 15\" Pointe S.O., à 12i>20m Rivière à la Carpe, débarqué dans la dus Rivière pour dîner, figure de lad** Rivière Parti S.O.H Û.,à lb54n>O.S.O., à 3h petit Ruisseau qui a son embouchure bouché dont cy-après la figure à in 7\"».on donnait pour 388 ARCHIVES DE QUÉBEC lors 45 coups d'aviron par minute, à 4h2\"> Rivière dont cy-après la figure ici on donnait 48 coups d'aviron par minute, à 5t>43™> Rivière dont cy-après la figure à oM&j» camper contre un petit marais dont ci-après la figure Nos canoteux qui furent à la chasse entendirent tirer des coups de fusil dans la profondeur des bois, nous jugeâmes que c'étaient des Sauvages en chasse, on monta la garde, sur le minuit, il vint deux Sauvagesses au camp qui dirent qu'elles étaient campées à une prairie environ à une demi lieue dans le bois et que le lendemain leurs maris viendraient saluer les chefs français, et peut-être leur apporter de la viande fraîche s'ils en pouvaient tuer le matin.Le 31, mercredi, nous fûmes dégradés par un très gros vent de nord est.A sept heures du matin, il vint un Sauvage huron voir le commandant qui lui fit boire un coup d'eau-de-vie et lui fit donner une couverte blanche après quoi on lui conta les nouvelles de la Belle-Rivière, que les Anglais n'y étaient plus et de quelle façon on les avait chassés, il parut charmé de ce que l'on lui apprenait et demanda où nous allions, on luy dit au Détroit et à Michillimaquinac voir les affaires d'Onontio, leur porter sa parole, des habillements pour les femmes, enfants et guerriers et leur faire boire un coup du lait de leur Père; il parut fâché de ne pouvoir faire route avec nous pour se trouver à la fête, il promit d'apporter le lendemain du cerf dont il nous dit y en avoir quantité dans la forêt; je fus me promener dans les bois qui sont beaux lorsque l'on a laissé le bord du lac à près de quinze et vingt arpents, car il est bordé d'une lisière de bois et après ce sont des marais et prairies presque impraticables, je tuai un serpent à sonnette que je ne trouvai pas si gros que ceux de la Rivière-au-Chicotte, aux sources du lac Champlain.A 9 heures du soir le vent se calma mais le lac était encore si agité que pour l'affaire la plus pressante on n'aurait pas pu embarquer dessus sans courir risque de tourner. ARCHIVES DE QUÉBEC 389 Août 1754 Le 1er, jeudi, parti à 5h 39» O.S.O., à o1» 57\"» marais, à 6h 11\" marais, à 8h25m S.O.M O.Nous avons hissé la voile, le vent a commencé à forcer à 6^}4m, à 9t>40m débarqué et dégradé par SSUljggp^ le gros vent: M' Péan fut dans une Rivière à M de lieue plus avant, M' de S' Ours cassa les maîtres de son canot; où je débarquai, il arriva un canot où était un sergent qui coulait bas, il avait cassé au large, je le fis raccommodé sur les 6*yi du soir je proposai aux canots que j'avais avec moi d'embarquer, les chefs me dirent que le roulis était trop gros pour leur canot qui n'était point bon comme le mien l'était, je partis à 7h % O.S.O., le lac était très animé je n'avançais pas beaucoup, je fesais battre la caisse pour que l'o n me répondit du camp, je passai devant les canots de MM.de S' Martin, S* Ours, Bonnecamp et d'autres qui étaient en avant de moi; Mr de Rjgau ville, l'abbé Forget Duverger et deux autres canots avaient campé derrière, à 9.30 heures je me trouvai par le travers de la rivière où était Mr Péan qui fit mettre des feux sur la pointe et à la faveur des flambeaux j'entrai sans prendre d'eau, quoique la mer brisa avec force sur les deux pointes de l'entrée, Mr Péan crut que tous les canots me suivaient, mais je lui assurai qu'aucun n'avait voulu partir.Plusieurs appellent la rivière où nous étions Rivière aux Roches et d'autres Rivière à Seguin ou Rivière Blanche.Le 2, vendredi, j'examinai la rivière où nous étions et son entrée que je n'avais pas vue la veille, j'en marque ici la figure x> cette rivière est grande et, à ce que l'on dit, la plus large de cette /mW côte du lac.A 5 heures, les canots qui étaient restés derrière, parurent et nous partîmes à Sho^ra, rivière dont l'embouchure est fermée par un banc de sable et quelques petits arbres dessus, resté jusqu'à 6° 14nl, a considéré cette dernière rivière dont ci-joint id la figure à 6hl5m escorres de terre.à 7>>17n> fin des escorres qui sont de terres jaunâtres et paraissent débouler, à 7i>23\"> doublé la P*8 marqué A où est une rivière, à 7i>30>» S.O.yi S.joignant la rivière qui est à la pointe A on trouve des escorres de terres; à 8i»llm S.O., à 0*36\" Petit ruisseau B; à 9h9m fin 390 ARCHIVES DE QUÉBEC des escorrees ; à 9h40™ marais, escores, à 11\" cessé de nager pour dîner.S.O.M O.à 1 ln27m nagé, à 12t>}£ campé à une rivière que l'on dit être la rivière Blanche ou à Seguin, d'autres soutiennent que c'est la rivière à la Roche ou aux Roches, je vais toujours mettre la figure qu'elle a et la nommer jusqu'à plus ample information rivière à Seguin si c'est elle comme cela peut-être elle va loin dans la terre du petit village de Couchaké; on va par un chemin qui a 35 lieues tombé environ à 20 lieues de l'embouchure de cette rivière sur ladite route de 35 lieues, il faut passer par un petit lac de demi lieue de diamètre, il est éloigné de ladite rivière de 8 lieues au rapport des Sauvages; la rivière à Seguin ou Blanche prend sa source vers un petit village qu'ils appellent village du Sourd, figure de la Rivière Blanche ou à Seguin marqué C, on la nomme , aussi Goyahaguê.Le 3, samedi, nous partîmes le matin à lh33m O.N.O., à 2>>42°> O.H S.O., à 3\">&»> O.S.O., à 3>>25n> O.JiS.O., à *4m Ruisseaux O.N.O., à 5\" 15m doublé la dernière P** des escorrés qui sont grands et de rochers, ensuite elles sont de terre O.S.O.celles-ci ne sont pas longues mais nous en trouvons de rochers qui n'ont fini qu'à 6^39°, que nous avons arrêté à 6*55™ partis, à 7h7\", à 8»>2n> à S.O.à 8»4°> S.S.O., à 8h5\" R.Creuse 10* à 9h40\"> O.N.O., à 10t>25™ O.M Lorsqu'à 11>>27» nous faisions à 9« O.M S.O., le vent avait commencé à être fort, hissé la voile et coupé sur une pointe à Ç^T™ Rivière S.O., à llh27\" O., à 11«>35\" O.S.O., à midi 15», O.l'ouest c'était pour couper dans une anse que l'on prenait pour une pointe à cause de l'éloignement, il est vrai que l'anse n'est pas profonde, mais le vent nous contraignit de rentrer dans l'anse qui peut avoir 31.yi de longueur sur 5 à 6/4 de lieue de profondeur, à midi 20™ marais ou rivière; à midi 30m O.N.O.rivière Bouché c'est-à-dire dont l'embouchure est bouchée par des bancs ou buttes de sable et qui n'a cours que dans /}4 parce qu'il avait fallu attendre que les trois canots restés au Petit lac la veille fussent arrivés, à 9h à la Pointe aux Feviers, à 31.yi environ du départ 0.,à moitié chemin est la Rivière à Toussain qui prend son embouchure dans les prairies dont cette partie du lac est bordée, à WWr* parti de la Pointe aux Feviers coupé sur la Pointe aux Cèdres N.O.à 2h coupé pour traverser le fond du lac nous avions fait 41.yi depuis la Pointe aux Feviers, route N.à 4>>15m arrivée de l'autre coste de la Baye où est la Rivière des Miamis et la Baye de la traverse que nous fîmes peut avoir 3>.yi, nous coupâmes sur la Pointe au Fort N.deux lieues après à la Pointe aux Roches à yi lieue de cette ( ?) au fort; figure de la Pointe au fort Pointe aux Roches et de la Rivière aux Cignes, N.yi N.E., à 71» parti de la Pointe aux Roches, suivi le bord des CT^r1'/ joncs N.E.à 8hl5=> N., à 9* arrivée au vieux village des Hurons à l'isle aux bois blancs à l'embouchure de la Rivière de Détroit; les canots ne couchèrent point tous où j'étais, Mr Péan campa aux environs du chenal de la Presqu'isle et d'autres canots dans les isles, il faisait noir ce qui empêchait de se rassembler.Le 6, mardi, je partis à 7^35\"> N.N.O., à 8^5p> arrêté pour attendre les canots qui n'avaient couché avec moi N., à 8h27\"> parti N, à c*37\" N.yi N.E.arrêté à 9t>57\",partià 10h25» N.E.yi de N.,à lOM&n N.N.E., à lin N.E.yi N.,à 11055\" isle aux dindes,à 12^15™ N.N.E.,à 12h45m N.E.,arrêté pour attendre les canots partis à 1» N.E., à loll\" N.E., yi N.à li>20\" N.E., à 1M0™ arrivée au fort du Détroit Erié quoique dans le journal que j'ai fait de mon séjour au Détroit j'y mette cette journée je vais toujours en faire mention sur celui-ci et même jusqu'au départ de MrPéan pour Michillimaquinac cela fera une répétition mais plus aisé que de changer de journal.Mr Péan marchait en avant Mr de Léry faisait l'arrière-garde,Mr S* Martin faisait fonction de major, Messieurs de S1 Ours, Porneuf, des Meloises et Coumoyer dans les divisions, ledit détachement salua le pavillon du fort de trois décharges de mousqueterie, nous débarquâmes aux jardins au-dessus du fort qui au débarquement tira neuf coups de boites d'artifices ou de réjouissance, les 20 hommes de troupes de garnison étant sous les armes le tambour battant au champ, Mr de Muy.Capitaine Commandant au dit fort en l'absence de Mrde Céloron,major, descendu à Montréal, était à trente pas du fort où il reçut Mr Péan; les milices étaient sous les armes à la gauche des troupes et tout ne fut renvoyé que lorsque Mr Péan fut dans le fort d'où il envoya ordre à ses canots d'aller camper au-dessous du fort, former le camp joignant l'enceinte du costé qui fait face au Village des Poute8atamis, les officiers mirent leurs tentes sur la première ligne le long de la coste qui fait face à l'eau et les troupes et milices derrière eux sur quatre tentes de hauteur, les chefs hurons furent saluer le commandant du détachement.Le temps fut beau, serein, point de vent, le soleil parut.Je ne trouvais rien de changé au fort qu'une allonge que l'on y avait faite du costé de l'Est, Nord, Est, d'environ dix-huit toises; on avait construit un magasin au sud de la me Ste-Anne sur l'emplacement qu'avait fait l'agrandissement du fort, 394 ARCHIVES DE QUÉBEC il a cinquante pieds de long sur trente de large a un solage de pierre qui sert de cave, un rez-de-chaussée et un entrepôt au-dessus, le garde-magasin loge en bas et on pourra mettre des marchandises en haut.A E.N.E.est une boulangerie qui a l'encogure à un pied de la maison, elle fait requerra en allant à la rue, elle a 90 pieds de long sur 25 de large et 2 grands fours dehors.Figure de la Rivière du Détroit depuis son embouchure jusqu'au fort: A.Fort B.Village des Pouteôatamis C.Village des Hurons D.Village des Outa8ois E.Rivière à Parant ¦ F.Isle aux Cochons G.Rivière aux Hurons H.Rivière de Bausseron I.Escorres de sable K Rivière Rouge L.Rivière de la vieille Reine M.Rivière de la Panise N.Rivière au Dinde O.Isle au Dinde P.Petite isle au Dinde Q.Rivière aux Ecorces U.Pointe Mongouagon R.Rivière à la Carrière S.La Grande Isle T.Rivière au Canard X.Isle à la Pierre Y.Rivière à la Presqu'isle Z.Isle au Bois Blanc & Village huron abandonné 1748 a.Rivière aux Hurons b.Pointe mouille c.Rivière au Cigne d.Presqu'isle Plan du fort du Détroit scitué par 42dl2\">24« de latitude septentrionnale à la Coste du nord de la Rivière du Détroit Erié tel qu'il était le 20 Aoust 1749.A.Maison du Commandant B.Corps de garde et cazemes C.Magazin à poudre D.Eglise Paroissiale E.Maison du Curé F.Cimetière G.Jardin du Roy H.H.Jardin des Particuliers 398 ARCHIVES DE QUEBEC 15X Lieues Du Marais à la Rivière à la Roche où le vent nous força de camper.5yi Lieues De la Rivière à la Roche à une petite Rivière.3 De ladite Petite Rivière à la Rivière à Seguin campé.6# 9yi De la Rivière à Seguin à la Rivière du Rocher qui se trouve dans les Escores.\u2022.2^ De ladite Rivière du Rocher à la Rivière Creuse.4 De la Rivière creuse à la Rivière au Vermillion d* aux Hurons.Syi 13 Lieues De la Rivière aux Hurons à la Baye de Sansdoské.1H De ladite Baye à la Pointe aux Feviers en faisant le tour par le grand lac.10 ,11% De ladite Pointe aux Feviers à la Pointe aux Cèdres.5% De la Pointe aux Cèdres à une autre Pointe qui est presque au fond du lac Erié.1* De cette Pointe à la Rivière des Miamis.1K .De la Rivière des Miamis à la Pointe aux Rai sain s.2 yi De la Pointe aux Raisains à la Pointe aux Roches.^Vi De la Pointe aux Roches à l'entrée de la Rivière du Détroit.4 De l'entrée dé ladite Rivière au fort du Détroit.6 23H DISTANCE ESTIMÉE DEPUIS LA PRESQU'ISLE DANS LE LAC ÊRIÊ OU EST LE FORT JUSQU'AU DÉTROIT SÇAVOIR Lieues Du fort de la Presqu'isle jusqu'à son extrémité faisant le tour de ladite Presqu'isle par le dehors.2% De ladite Presqu'isle à une petite Rivière.De ladite RivièreàlaRivièreàla Barbue.2% De ladite Rivière à la Rivière à la Carpe.'.2% De ladite Rivière au Marais où nous avons campé.6yi ARCHIVES DE QUÉBEC 399 AOUST Le 6, mardy, à une MO\"1 après midi la plus grande partie du détachement destiné pour aller à Michillimaquinac arriva au Détroit,Mr Péan faisant l'avant-garde et de Léry l'arrière garde, Mr de S*-Martin major marchait à son rang.Messieurs de St-Ours, Neuvillette, des Meloises et de Coumoyer dans les divisions.Ledit détachement salua le pavillon du fort de trois décharges de mousqueterie, nous débarquâmes aux jardins c'est-à-dire au-dessus du fort qui rendit neuf coups de boites de réjouissance, les troupes étant sous les armes, les tambours battant au champ, Mr du Muy commandant dudit fort reçut M.Péan notre Commandant à trente pas de la porte du fort du étaient les troupes et milices qui ne furent renvoyées que lorsque Mr Péan fut dans le fort, d'où il envoya ordre à ses canots de venir au-dessous où il forma son camp, joignant l'enceinte du fort du costé qui regarde le village des Poute8atamis, les officiers campèrent sur la première ligne le long de la coste qui fait face à l'eau et les troupes et milices derrière sur quatre de hauteur.Les Hurons furent saluer le commandant du détachement.Le temps fut beau, le soleil très chaud, point de vent.Le 7, mercredi, les PouteSatamis saluèrent le Commandant du détachement et tous les officiers, moi en particulier parce que je devais rester au Détroit.Mr le Mercier arriva à 9° du soir qui annonça lé prochain départ du reste du détachement de Mr Péan; le soleil parut et il fit chaud l'air à L.N.E., Mr de Rigauville et le père Bonecamp, jésuite, arrivèrent à 2>>, il nous avait laissés à Sansdoské.Le S, jeudi, je mis ma tente bas et vint loger dans le fort dans une chambre d'emprunt jusqu'à ce que j'eusse trouvé un logement.Il plut, on envoya dix hommes en canot à l'isle aux Dindes attendre le reste du détachement pour lui ordonner la façon dont il devait arriver.Mr de Rigauville qui devait servir en troisième au Détroit entra aussi dans le fort.Le 9, vendredi, arrivée du Sr Godet,voyageur, avec six canots venant de Montréal, le temps fut chaud je perdis un baril de vin dont les cercles manquèrent.Le 10, samedi, Mr de Mezière, lieutenant des troupes de Louisbourg arriva de Montréal, il allait aux Oyatannons à la place de Mr des Ligneries qui était actuellement au Détroit sur son départ pour Montréal où il comptait aller, mais par une lettre de Mr le général à Mr de Contrecœur il luy marquait qu'il lui ferait passer Mr de Lignerie à l'arrière saison, je lui dis que je pensais qu'il trouverait un ordre à Niagara pour se rendre à la Belle-Rivière.Le Père Simple Boquet, Récolet, arriva avec M.de Mézière, il venait relever le Père Bonaventure aussi Récolet qui depuis longtemps desservait le Détroit en qualité d'aumônier de la garnison et de Curé.Les vents à L.S.E.faibles, le temps fut très chaud.Le 11, dimanche, même temps que la veille, les duc hommes envoyés à l'isle aux Dindes le 8, arrivèrent à 7>> du soir.Mr de Carqueville qui commandait ce reste attendait à cette iffle, il envoya des lettres de Québec et de Montréal, Mr Péan dit qu'il n'en avait point du général mais personne ne le crut, celles que je reçues de Québec au nombre de trois étaient du 6,7 et 17 juillet une de Montréal du 24 juillet.Le 12, lundi, Mr de Carqueville arriva avec 22 canots d'écorce de huit places et 230 hommes qui ne paraissaient point avoir esté choisis, il descendit avec les trois 400 ARCHIVES DE QUÉBEC drapeaux portés par trois cadets qui les remirent à trois enseignes à huit arpents du fort et marchèrent avec un détachement qui avait esté leB recevoir, on les exposa à la teste du camp, il plut pendant l'espace d'une heure, les vents à O.N.O.Un de mes barils de vin blanc coula par des trous de vers.Mr de Carqueville salua le fort de trois décharges de mousqueterie qui furent répondues de neuf coups de boites d'artifices.Le 13, mardi, à dix heures du matin.M' Péan parla aux quatre nations sauvages du Détroit, savoir les Hurons, les PouteSatamis, les Outa8ois et les Sauteurs, on avait à la porte du fort entre elles et le camp, pratiqué une grande tente faite de plusieurs voiles sous lesquelles on avait mis les présents de chaque nation qui étaient très considérables, tous les officiers et même le Commandant du fort s'y trouvèrent de même le Père Curé et le Missionnaire des Hurons avec le Père Dujonay jésuite, de Michillimaquinac qui descendait à Montréal.Mr Péan leur dit, c'est-à-dire aux Nations, que leur Père Onontio leur donnait ces présents et qu'ils eussent à se tenir prêts lorsqu'il aurait besoin d'eux, il remercia ceux qui s'étaient mis en marche pour aller à la Belle Rivière et leur fit à chacun un présent particulier.Les Sauvages répondirent qu'ils ne pouvaient que dire, que dans l'occasion on verrait ce qu'il ferait, plusieurs' prétendirent que c'était bien répondre mais M'.deLigneries et moi ne fûmes point de ce sentiment.Mr le commandant du fort leur dit de se souvenir des bontés que leur père Onontio avait pour eux, de leur envoyer un chef pour leur donner des présents si considérables.Comme le Conseil finissait, on fit prendre les armes à la troupe qui fit un quart de conversion à la tête du camp, il y en a qui prétendent que les Sauvages eurent peur, j'en vis rire beaucoup et tous ne parurent point épouvantés d'une manoeuvre qu'ils durent regarder comme inutile.Il se passa une difficulté à l'occasion de la préséance.Mr Péan avait ordonné que son détachement prendrait les armes, Mr de S' Martin faisant les fonctions de major les fit prendre à la Compagnie des Canonnière et Mr DeCarqueville qui marchait à la teste du détachement prit son poste précisément à la teste du corps, comme la compagnie des Canonnière était en rang elle se trouva libre derrière Mr de Carqueville qui n'avait rien laissé derrière lui, Mr leMercier, Capitaine des Canonnière fut porter les plaintes à Mr Péan du droit que Mr de Carqueville prenait de se mettre à la teste de sa Compagnie, Mr Péan lui répondit que Mr de Carqueville était à son poste que s'il voulait il pouvait aller s'y mettre mais qu'il ne convenait point qu'un sergent marchât devant des officiers, Mr le Mercier dit à voix haute à son sergent renvoyé la compagnie, ce qui fut fait dans l'instant et M' de Carqueville resta isolé à 50 pas au moins en avant des troupes par le vide que fit l'évasion de la compagnie, le Commandant du fort et beaucoup d'officiers furent présents à la contestation et à la manœuvre qui se fit.Le mercredi 14, Mr Péan fit former 42 canots à 12 hommes chacun non compris les officiers ni employés, ce qui formait un corps de 504 hommes avec lesquels il descendait à Montréal prenant la route de Michillimaquinac, on forma les charges de chaque canot.Mr Péan fit partir un canot pour Montréal qui prit la route des lacs, il plut par orage jour et nuit.Le 15, jeudi, jour de l'Assomption, beau temps calme, la procession de la Vierge se fit hors du fort, le détachement prit les armes il n'était resté ce jour qu'à cause de la solennité. ARCHIVES DE QUÉBEC 401 Le 16, vendredi, à 7h du matin, Mr Péan partit pour Michillimaquinac à la teste de son détachement.Mr de Carqueville faisant l'arrière-garde.Mr de Lignerie partit pour Niagara à 9» du matin.Le 17, samedi, beau temps, un demi baril coula par des trous de vers.Le 18, dimanche, Mr de Normanville qui était aux Miamis arriva, il n'avait su que depuis 12 jours à ce poste que le détachement ne passait plus par les Miamis.Le soleil fut beau et chaud, les vents au sud.Le 19, lundi, Mr de Normanville partit pour Montréal sur les canots du Sr Bondy, voyageur.Beau temps les vents E.S.E.Le 26, lundi, le Sr Godette, voyageur, partit pour Montréal, il arriva des Français de la Rivière St-Joseph, les vents O.S.O.SEPTEMBRE 1754 Le 1, beau soleil, les vents au S.M S.E.Le 2, temps sombre, les vents au S.\\/i S.O.Le 3, Mr Meziere partit parterre pour les Ouyatannons oi il allait commander, il prit sa route par St-Joseph d'où il devait prendre celle de son poste, Mr l'abbé Forget, prestre, du Séminaire des Missions Étrangères, qui allait aux Taimarois, partit avec lui, il était venu de Québec avec moi: il fit froid, le soleil parut, les vents au S.O.H S.Le 10, le temps fut beau, un petit orage de pluie, les vents au nord et froids.Le 11, Mr Landriève faisant fonction de Commissaire, partit à 5*> avec le Père Bonaventure, Récolet, avec deux canots pour Montréal, Mr le commandant fit saluer son pavillon de neuf coups de boites de réjouissance.Le 24, le nommé Forville.habitant du Détroit, qui avait été guider le détachement de Mr de Péan à Michillimaquinac arriva, il rapporta qu'il avait esté huit jours à se rendre, que le détachement avait resté sept jours au fort d'où lui était parti le lendemain pour s'en revenir.Le temps fut beau, les vents à E.N.E.Le 25, le nommé Jacques La selle, voyageur, arriva de Niagara où il avait été chercher des marchandises qu'il y avait laissées, il apporta des lettres et m'en remit neuf, je trouvai un baril de vin vidé par les trous de vers.Nous eûmes nouvelles.du fort des Miamis du 15 de ce mois qu'une bande de Cha8anons y était venue traiter des couvertes et autres marchandises mais point de munitions dont il disait estre suffisamment pourvu.Le temps beau, les nuits fraîches, les vents à N.E.\\i N.E.OCTOBRE 1754 - Le 1, Mr de Muy me communiqua qu'il ne trouvait pas le fort du Détroit en état de se défendre, j'en tombai d'accord et il me parut avoir dessein d'y faire travailler; le soleil parut par intervalle, les vente à E.N.E.Le 2, je fis le tour du fort avec Mr le Commandant et il se décida pour refaire les bastions et même pour agrandir le fort du bois, je travaillai au plan pour le projet; les vente à N.N.O.Le 3, je communiquai le plan au commandant et lui fis les objections convenables qui étaient qu'en agrandissant le fort du costé du bois nous tombions dans un ruisseau impraticable le printemps et l'automne, et que les emplacements ne 26 402 ARCHIVES DE QUÉBEC seraient pas aussi commodes pour les particuliers qui n'en voudraient peut-être point, ce qui nous ferait tort vu que ce seraient des pieux de moins et sur lesquels nous devions compter pour l'agrandissement du fort; je fis donc un second plan d'un fort à quatre bastions en alongeant le quarré du costé des pieux mais il trouva les bastions trop grands, ce qui me fit déterminer à fortifier un quarré long.Le' temps fut beau, les vents au N.E.Le 4, mon nouveau plan fut fait et approuvé, le commandant décida que chaque habitant fournirait pour former l'enceinte du nouveau fort quatre pieux de quinze pieds de long par chaque arpent de terre qu'il possédait sur sa devanture, ce qui faisait à la plus grande partie chacun douze pieux, petit travail pour estre sûr d'avoir un endroit sûr à se retirer en cas d'alarme.Le 5, Mr le Commandant ordonna que tous les volontaires qui sont au nombre de près de cent se tinssent prests pour venir au fort jusqu'à ce jour, rien n'avait éclaté de son dessein.Le temps fut beau et chaud, les vents O.% N.O.Le 6, on fit préparer les outils qui étaient dans le magasin du Roy où il ne s'en trouva presque point, les vents sud.Le 7, je commençai à tracer la tenaille qui fait face aux villages Poute8atamis que je nommerai les costé; du O.S.O.les vents furent au sud.Le 8, on donna ordre à tous les volontaires de se trouver le lendemain à la pointe du jour au fort; le soleil fut chaud à S.O.H O.Le 9, au matin je mis les volontaires à faire les fouilles de la tenaille du O.S.O.et je traçai une partie du costé du N.O.qui présente un bastion et deux demi bastions à ses costés.Le temps fut chaud, les vents sud.Le 10, les volontaires continuèrent à fouiller et quelques particuliers déplantèrent les pieux qu'ils avaient à l'ancienne enceinte, temps chaud, les vents à E.S.E.Le 11, il arriva trois Cha8anons pour aller hiverner avec les Hurons qui les amenèrent chez le commandant à qui ils dirent qu'il ni avait point de marchandises à leurs villages, Mr le commandant leur dit de s'en retourner avertir leurs chefs que les Français leur porteraient de la marchandise, ils répondirent qu'ils n'étaient point venus pour s'en retourner, un, cependant, dit qu'il partirait et se rendrait à son village en X*»*; il n'était point chargé de paroles de leur chef, Mr le commandant donna cependant à celui qui s'en retournait pour lier le bras des Cha8anons au sien et une branche de porcelaine pour faire un chemin de leur village à Sandoské pour venir audevant des Français traiteurs qui ne trouveraient peut-être point d'eau pour se rendre jusqu'à leurs villages, ce furent les Hurons qui les présentèrent au commandant et lui dirent de les habiller, ce qu'il fit.Le temps fut beau, les vents E.S.E.On travaillait à force au fort ce qui m'occupait beaucoup parce qu'il était entrepris par tous et qu'il fallait donner les alignements et conduire ceux qui l'étaient déjà; je traçai le costé de l'eau et fit un bastion plat entre les deux bastions des angles du quarré pour raccourcir les defences qui auraient été trop longues vu que le flanc du bastion des Hurons était trop faible pour défendre la face et le flanc gauche du bastion des Outa&ois; difficulté entre le commandant et Mr Godefroy pour les pieux.Le 14, arrivée du nommé Niagara Campault venant de Montréal d'où il était parti le 11 7*» qui dit que quelques heures avant son départ, la moitié de la ville de Montréal avait brûlée c'est-à-dire depuis les Jésuites jusques aux magasins du ARCHIVES DE QUÉBEC 403 Roy; que neuf hommes venant de la Belle-Rivière avaient tombé dans le rapide du Buisson et s'y étaient noyés.Par des lettres de Niagara, nous apprîmes qu'il y était passé un officier venant de la Presqu'isle qui portait de mauvaises nouvelles au général et en outre que les Anglais construisaient un fort à vingt lieues du fort Duquesne.Le nommé Niagara avait rencontré deux Anglais que l'on menait à Montréal, nous ne savons point si ce sont les officiers restés en otage ou des traiteurs.Le général marquait au commandant de faire passer avec diligence les lettres qu'il lui adressait pour le gouverneur du Mississipi pour faire la paix avec les nations de ce gouvernement avec qui il est en guerre.Il envoyait pouvoir au commandant des Onyatanons de pardonner aux.Mr le général envoyait un ordre à M.de Muy pour lui permettre de porter la croix de St-Louis qu'il avait eue cette année.Mr de Godefroy fut voir le commandant avec le Père Récolet, ils se racommo-dèrent mais je ne crois point sincèrement d'une part.Le temps fut beau, les vents à O.S.O.Je reçus des lettres de Québec du 7 7t>re qui m'apprenaient que M^le général était relevé au printemps prochain par Mr le marquis de Vaudreuil, ci-devant gouverneur de Mississipi.M'Martel me marqua que Mme de Muy lui faisait écrire qu'elle était heureusement accouchée d'un garçon.Nous apprîmes l'arrivée du vaisseau du Roy le Caméléon à Québec et qu'il n'y avait point de promotion cette annêe.MrDailleboust.lieutenant de Roy à Louis-bourg.eu t son changement pour les Trois-Rivières et MM.de S*-Vincent et de Muy, capitaines, furent faits ch™ de S1 Louis.Nous apprîmes par une lettre de Mr de Ligneris, capitaine, qu'il avait trouvé un ordre à Niagara pour se rendre à la Belle Rivière.Le 15, beau temps, les vents S.E.S.On travailla au fort avec force, tous paraissaient s'y porter avec bonne volonté il y avait cependant beaucoup de contradiction et cela de la part de personnes qui aurait dû se porter à aider à l'exécution du projet.Le 16, je traçai la tenaille de L.N.E.et on travaillait partout, les habitants qui devaient fournir pou.- le nouveau cimetière ni pensèrent plus, il rest: it ;> faire pour le finir vingt toises à clore qui je pense ne seront pas faites de longtemps; je n'ai pas marqué le jour que l'on a commencé le cimetière, pour lors il n'était point mention de refaire le fort et je le traçai triangulaire po jr estre défendu par le bastion des Poute8atamis e; celui des Outa8ois: à présent il ne le sera que du tiers de la face droite du bastion Dauphin, du flanc et face gauche du bastion Outa8ois, il est situé à 32'.1p.de la pointe du bastion des Sauteurs.le costé qui fait face à l'angie saillant de ce bastion à 18'.3p.et les deux autres costés qui forment le triangle sont égaux de chacun 2b>.4 pieds, chaque bourgeois et habitant devait fournir six pieux de six pieds de long, posés de 2 pieds, enterrés et retenus par une lisse; la capitale du bastion Sauteur coupe presque le cimetière en deux parties égales, c'est-à-dire qu'il passe à deux toises du milieu de la base faisant face à la pointe du bastion et 2* 2 pieds de la pointe qui se présente à la campagne.Je ne me déterminai à lui donner une figure triangulaire que par les inconvénients qui se trouvent dans les ouvrages quarrés que l'on faits proche d'une place et surtout en Canada où on est sujet à estre surpris par des Sauvages, de la façon dont ce cimetière est situé, les factionnaires ou sentinelles de la pointe de trois bastions peuvent en découvrir le contour 404 ARCHIVES DE QUÉBEC d'un seul coup d'oeil et se communiquer à la vue, ce qu'il pourrait y voir, Mie commandant trouva à propos qu'il fut tracé comme je le souhaitais.Le 17, le temps fut beau, les vents au N.On travailla au fort et l'ouvrage allait très bien, je ne sortais point de dessus les travaux.Le 18, il mourut un chef à médaille, de nation Outaooise, il arriva sept Français de la Rivière S1-Joseph venant acheter de la farine de froment.Deux Français venus de Montréal avec Niagara Campault partirent pour y retourner avec sept Iroquois du Sault S«-Louis, je les chargeai d'une lettre pour Mr le général et du plan du fort, et de lettres pour ma famille.NOVEMBRE Le 7, il fit froid, il tomba le soir quelques brins de neige, depuis le 25 du mois passé nous avions eu un peu de pluie et de froid; les Sauvages étaient partis pour leur hivernement, depuis le quinze octobre, ils avaient défilé vents O.% N.O.Le 8, beau temps, vents de O.N.O.Le 9, il se fit des petits bordages ou frasille, le long de la grève on leva la maison du Curé jusqu'au sablière et je commençai à trouver du découragement dans ceux qui travaillaient au fort, j'en fis part à Mr le Commandant, qui parut disposé à y mettre ordre.Les vents O.S.O, Le 10, beau temps.Vents au Sud.Le 11, même temps, le soleil parut par intervalle.Vent O.Le 12, le temps fut mauvais et beaucoup de pluie, les vents au N.E.Le 13, il fit froid la nuit, les vents au N.N.E.Le 16, samedi, il fit très beau, les vents au S.E.Je semai dans une caisse, que je mis dans la salle, des figues et des raisins séchés au soleil de la façon dont l'enseigne l'a fais pour le transport par mer des arbres, des plantes vivaces, des semences et de diverses autres curiosités d'histoire naturelle.Je plantai de la siboulette dans une autre caisse que je mis dans le même appartement que l'autre.Les travaux pour l'enceinte se ralentissaient fort et je crus remarquer des traits de jalousie qui me furent confirmés par des pieux que l'on fit arracher de la clôture du magasin après être convenu de les faire planter, manœuvre qui pouvait contribuer à dégoûter de planter ceux du fort que l'on pourrait croire avoir le même sort.Le 17, dimanche, il plut et fit froid, on donna ordre aux habitans et autres qui avaient des pieux à fournir pour le fort, de les apporter, mais ils ne paraissaient pas pressés d'autant plus qu'on prétendait qu'il leur avait esté dit que l'on ne finirait le fort qu'au printemps, ce qui me mortifia beaucoup, persuadé que s'il ne se finissait pas la négligence en était le principe.Les vents changèrent plusieurs fois dans la partie du Nord.Le 18, lundi, les vents inconstants comme la veille et quelques orages de pluie, le matin.Le 19, mardi, le nommé Gouin traiteur à Sandoské arriva, il dit avoir esté à Couchaké et que pendant le temps qu'il y a séjourné il y était arrivé un Sauvage Loup de la Belle Rivière qui avait dit aux Hurons et Iroquois présents que les Anglais les priaient de ne point se mêler des affaires qu'il allait y avoir entre les Français et les Anglais, le Sr Gouin assure qu'il n'a point vu donner de collier à cette occasion, s'il y en a eu les Sauvages de part et d'autres l'auront caché avec ARCHIVES DE QUÉBEC 405 soin, c'est beaucoup que le S* Gouin ait eu connaissance du sujet du voyage de ce Sauvage Loup; il plut tout le jour, les vents E.S.E.Couchaké est situé au midi du lac DotSandoské de 30à 35 lieues de distance dudit lac DotSandoské sur une rivière qui a son embouchure à la Belle Rivière, je croirais que c'est la même que Sinihoto; de Couchaké, il y a un chemin qui va par terre au fort Duquesne à ce que l'on dit en deux jours.Le 20, mercredi.il tomba un peu de neige, les vents à O.S.O.forts et froids, les travaux du fort n'allaient plus.Le 21, jeudi, plus froid que la veille, les vents O.S.O.Le 22, vendredi, les vents au S.O., il fit froid, le soleil paru un peu.Le 23, samedi beau soleil temps froid le Sr Gouin partit pour Sandoské, je lui donnai une lettre que j'écrivais à Mr deLigneris au fort de la Belle Rivière et que je lui dis de donnera quelques Sauvages qui iraient qu'il n'y avait rien à risquer puisqu'il ne faisait mention d'aucune nouvelle.Le 24, dimanche, point de vent, air froid, beau soleil, jusqu'à présent je n'ai trouvé que peu de différence du climat de Québec à celui-ci.Le 25, lundi, il tomba un peu de neige sur le matin.Vents N.Le 26, mardi, beau soleil, les vents au O.N.O.froids.Le 27, mercredi, il fit froid, la rivière pleine de glaces, les vents àO.% S.O., le soleil parut tout le jour.A 71* du soir, je vis dans le vent peu éloigné de l'horizon, une étoile de la grandeur d'une soucoupe de tasse à café, très lumineuse, à SnlO-11 elle se coucha dans le O.quelques jours avant je l'avais vue à peu près dans la même position mais point si lumineuse, il n'y eut que les rayons et la réverbération qui paraissaient sur la terre et l'eau qui m'ont frappé et engagé à l'examiner.Le 28, jeudi, il tomba un peu de neige et fit froid, vent N.Le 29, vendredi temps froid, les vents N.N.E.Le 30, samedi, moins froid que la veille, je parlai à M.le Commandant pour faire finir l'enceinte du fort.Il y parut disposé, malgré tous les empêchements que j'étais averti que certaines personnes y apportaient par les raisonnements contraires à l'exécution de cet ouvrage qu'il faisait entendre ne rien valoir d'être fait à présent, j'imaginais avec justice qu'on lui avait fait sentir que j'aurais tout l'honneur de la construction du fort comme si un commandant n'avait pas le premier avantage de ce que peut faire un officier qui sert sous ses ordres, je ne pouvais que mépriser pareille conduite qui pouvait mettre le commandant dans deux mauvais cas, le premier de ne point finir un fort après l'avoir commencé sans ordre, et le second, les affaires de la Belle Rivière qui pouvaient devenir très embarassantes et faire éclater les mauvaises intentions des Sauvages, desquels nous ne pouvons point douter, j'insistais avec d'autant plus de force pour la fin des ouvrages qu'en cherchant toutes les raisons d'oppositions, je n'en trouvais aucune présentable à gens du métier, la mauvaise volonté de ceux qui avaient des pieux à fournir pour des emplacements que le Commandant leur avait donnés gratis, en fournissant et entretenant autant dé pieux que lesdits emplacements avaient de pieds de front sur une rue, conformément aux anciennes concessions et contrat, rien ne prouverait mieux qu'il y avait eu quelque bruit à l'occasion de la construction du fort que plusieurs prétendaient estre rédéfait dans peu, que la lenteur avec laquelle les propriétaires de ces emplacements affectaient d'agir pour faire ce dont il était convenu, beaucoup d'habitans avaient sur les lieux les pieux qu'ils avaient à fournir et ne les plantaient point, nouvelle raison de croire que l'on avait semé des bruits contraires à la cons- 406 ARCHIVES DE QUÉBEC traction du fort, un acte d'autorité aurait mis tout ce monde à la raison, fait craindre aux autres habitants qui auraient amené les pieux.Les vents N.O.yi de N.DÉCEMBRE 1754 Le 1, dimanche, il fit doux et dégela, point de vent.Le 2, lundi, il fit doux les bordages qui s'étaient faits le long de la rivière se détachèrent, le vent S.Un chef Sauteur dit au Commandant que c'était un parti Outa8ois de l'arbre Croche qui avait tué les Poute8atamis de la Rivière S*-Joseph.Le 3, mardi, le soleil parut, le temps fut chaud, les vents O.S.O.M' le Commandant envoya un sergent aux habitations d'en haut et d'en bas du costé du fort avertir les habitants qui devaient des pieux de les amener, mais comme aucune peine n'était affectée à ceux qui y manqueraient, je craignis qu'ils n'en fissent rien.Le 4, mercredi, il dégela le matin jusqu'à trois heures après midi que le vent prit à O.S.O.très fort, il gela toute la nuit.Le 5, jeudi, il fit calme, beau soleil, il dégela depuis dix heures jusqu'à deux, aucun habitant ne paraissait se mettre en devoir d'amener les pieux malgré l'ordre qui leur en avait esté donné le 3 de ce mois.Le 6, vendredi, même temps que la veille, les vents à O.N.O.Le 7, samedi, calme et même temps que la veille.Le 8, dimanche, point froid, beau soleil, petit vent E.yi S.E.On apporta point de pieux ni on ne prépara ceux qui sont rendus.Le 9, lundi, même temps que la veille.Le 10, mardi, beau soleil, calme, il dégela.Le 11, mercredi, beau soleil, il dégela, les vents O.S.O.le feu prit aux cintres de la cheminée du presbytère à 4\" du soir.Je reçus une lettre du Commandant de la Rivière S1-Joseph; rien de nouyeau dans son poste.Le 12, jeudi, beau temps, le soleil parut par intervalles.On finit les ouvrages de charpentes du presbytère, les vents N.E.yi F.Le 13, vendredi, il fit doux, il neigea un peu jusqu'à midi que le soleil parut, les vents E.yi S.E.Le 14, samedi, il gela la nuit et dégela le jour, le soleil parut peu, les vents à S.yi S.O., la cheminée du presbytère fut finie.Le 15, dimanche, on ne travailla point au presbytère, il arriva des Français de Michillimaquinac qui étaient en hivernement au Saguinaw.Beau temps, vents à N.E.yi N.Le 16, lundi, le soleil parut un peu, l'air tempéré, vent E.Le 17, mardi, temps chaud, vents au S.Le 18, mercredi, il plut, tempéré, on n'avait point apporté de pieux conformément à l'ordre du 3 de ce mois et de part et d'autres on ne paraissait point y penser, les vents N.E.Le 19, jeudi, il partit une occasion pour.j'écrivis à Mr Herbin commandant à Michillimakinac et à Mr le chevalier de Repentigny commandant au Sault S^Marie.Il dégela au soleil, les vents à S.S.O.Le nommé Crequi habitant planta sa part de pieux dans le flanc gauche du bastion Dauphin. ARCHIVES DE QUÉBEC 407 Le 20, vendredi, il dégela au soleil et à l'abri des vents qui furent N.O.Les ouvrages de maçonnerie finirent au presbytère.Des Français venus du Saguinan le 15 de ce mois il en resta deux pour se réjouir.Le 21, samedi, il fit beau soleil, il dégela à l'abri des vents qui furent au N.N.O.On tua à l'isle aux dindes une femelle de faisan semblable £ celles de France.Le 22, dimanche, il dégela beaucoup, le soleil ne parut point, les vents S.S.O.Le 23, lundi, il fit très beau c'est-à-dire un temps du mois de juin: on planta quelques pieux, mais pas autant qu'on l'aurait pu si les choses eussent été préparées et la volonté meilleure; je marquai la rue Ste-Antoine.Petit vent de S.O.J£ S.Le 24, mardi, il gela un peu la nuit et le jour il dégela beaucoup.La terre paraissait et était comme dans l'été et la navigation aussi libre, à l'exception de quelque bordage qui était échoué; on planta quelques pieux au fort mais avec une nonchalance qui faisait peine qui ne pouvait qu'augmenter en pensant que si chacun avait été prêt, dans un jour tout aurait été fini et les choses convenablement.Les vents au E.S.E.Le curé logea dans le presbytère.Le 25, mercredi jour de Noël, la neige tomba à minuit sans froid et continua jusqu'à onze heures du matin qu'il y en avait demi pied sur la terre, le reste de la journée il fit doux et point de soleil.Les vents S O.à 7» du soir, ils tournèrent au N.E.Je donnai une demi livre de bougies à l'Église.Le 26, jeudi, beau soleil point de froid, les vents N.E.Il y eut beaucoup de carrioles dans les rues.Le 27, vendredi, il gela la nuit; le jour le soleil fut beau et il dégela à l'abri des vents qui furent S.S.O.Le 28.samedi, le soleil parut peu, il dégela sur le midi, il ne restait qu'environ deux doigts de neige sur la terre qui paraissait en beaucoup d'endroits ; le vent O.S.O.Le 29, dimanche, il dégela où le soleil porta ses rayons et à l'abri du vent qui fut N.N.O.Le 30, lundi, il gela la nuit et tout le jour, les vents au N.E.Il tomba un peu de neige fondue on aurait pu profiter de ce temps pour avoir de dedans les forests les pieux qui y étaient coupés pour le fort.Il arriva des Français du fort des Miamis avec cinq chevaux pour y porter des effets dont le poste avait besoin, les pirogues n'ayant pu s'y rendre et étant relâchées l'automne par les glaces qui avaient fermé la navigation.On apprit que des Sauvages Loups de la Rivière à la Roche étaient venus aux Miamis en traite.Nous sûmes par la Rivière S1-Joseph que 26 chefs et fils de chefs de nations Outa8oises y étaient venus parler à l'occasion du Poute8atamy et sa femme tués l'automne dernier.La réponse des offenses n'était point encore faite.Le 31, mardi, le soleil parut beau, il dégela à l'abri du vent qui fut à O., on ne parlait point de faire venir des pieux pour fermer le fort, j'en enrageais lorsque je pensais que la nonchalance était le seul principe qui en empêchait et avait fait croire les mauvais discours de ceux qui en triomphaient, comme il était aisé de le connaître soit par leur conduite ou par certains discours répandus dans le public, où les termes les plus doux étaient que ceux qui avaient ordonné cet ouvrage étaient de petits génies et on le disait d'autant plus haut que la saison avancée leur promettait tout pour que le fort ne fut point fait avant le temps de l'hiver et avoir occasion de pouvoir dire pour justifier qu'il n'avait point été du goût de ces ouvrages que M.le Commandant les avait entrepris inconsidéremment et sans conseil de ceux qui avaient plus l'esprit de gouvernement, suivant le compte que je pris des pieux 408 ARCHIVES DE QUÉBEC qui étaient rendus sur la place il se monta 642 pieux que l'on aurait pu planter comme on avait fait d'autres.Je joins ici l'état et la grandeur des brèches qu'il restait à fermer pour finir l'enceinte du fort.Bastion Poute8atamis SÇAVOIR Courtines entre ces deux bastions Face droite Flanc droit une de un de toises pieds 1 Bastion Royal Flanc gauche un de Face gauche une de Face droite une de Flanc droit un de 7 11 2 3 toises pieds A droite.une de.A gauche.une de.Bastion Sauteur Face droite.une de.cy.une de.Flanc droit____une de.1 2 2 32 Courtine entre le Bastion Royal et le Bastion Sauteur Bastion Huron A gauche A droite une de une de toises pieds 9 11 Bastion Outaflois Face gauche une de Face droite une de 18 3 22 toises pieds Face gauche.une de.22 4 Face droite.une de.7 1 Courtine entre le bastion Huron et le bastion Poute8atamis Face gauche une de Face droite une de  droite de la poste.Une de.Courtine entre le bastion Sauteur et le bastion OutaSois A gauche.une de.1 3 Bastion Dauphin toises pieds 30 1 2 RÉCAPITULATION Toises courantes à planter de pieux debout cy.toises pieds .115 1 en 21 brèches 8 5 ARCHIVES DE QUÉBEC 409 JANVIER 1755 Le, 1er, mercredi, il fit peu froid, le soleil parut;àcinq heures du soir, il arriva un Huron nommé le Glorieux frère de Baby chef de cette nation venant des Cha8anons, il avait passé à l'hivernement du Père jésuite à la Rivière du Portage de Sansdoské, il remit au Commandant une lettre du Père par laquelle il apprit que les Cha8anons avaient présenté le casse-tête aux Hurons que les Cha8anons avaient déclaré une guerre éternelle à l'anglais qu'il s'était levé deux partis Cha8anons, qu'on avait été aux environs des Testes Plates, et l'autre à peu près dans la même contrée d'où ils ont amené trente prisonniers et chevelures des Anglais qui ont été employés à former des paroles aux nations, sçavoir quatre aux Tsonnontouans que l'on pense qu'ils ne recevront point, deux aux Hurons qu'ils ont reçues, une chevelure au Commandant du fort Duquesne, et que les autres étaient réservées pour les nations sauvages les plus à portée de la Belle Rivière, que les Cha8anons avaient envoyé des colliers aux Tchikachats et aux testes plates pour les inviter à se joindre à eux contre l'Anglais les assurant qu'ils feraient leur possible pour empêcher les nations de frapper sur eux.Que les Hurons avaient pris la hache mais ne devaient déclarer leurs sentiments ni s'en servir qu'au printemps prochain.La réponse des Hurons aux Cha8anons fut: nous sommes en deuil de l'accident qui vous est arrivé, mes petits frères, puisque vous nous regardez comme vos aînés et êtres et sommes prests à vous secourir dans l'affliction.Moi, Sastaretsy.chef des Hurons, j'ai le coeur mort de vous voir les yeux pleins d'eau et de sang.Voilà, mes petits frères, une branche de porcelaine que je vous donne pour essuyer vos larmes et vous raccommoder le cœur en attendant la réponse que vous aurez de votre Père Ononti8, prenez courage c'est Sastaretsy qui vous le dit et qui vous tiendra ce qu'il vous promet, j'ai reçu avec joie au nom de la Nation Huronne, l'esclave, la chevelure.le collier et la haché que vous me donnez mais la hache sera basse jusqu'au temps que notre père Ononti8 ait dit à vous et à nous où il faut la laisser tomber.Le sujet de mécontentements des Cha8anons était à ce que rapporta le Glorieux, que deux hommes de cette nation avaient été à un fort anglais sur la Rivière Chi-nodaihta où ils en ont construit trois, peu distants l'un des autres pour faciliter soit le siège du fort Duquesne, soit un fort qu'ils peuvent avoir dessein de construire sur la Belle Rivière où la Rivière de Chinodaihta se décharge à 40 lieues plus bas que le fort Duquesne et à 25 1.dudit fort en coupant la langue de terre que forment les sinuosités de Loyo; qu'à l'arrivée de ses deux hommes, on s'en était saisi, qu'un chef étant en peine de ne les point voir revenir était allé audit fort où il a été arrêté et mis en prison d'où il avait trouvé le secret de se tirer en forçant les barres qui fermaient le guichet à jour, que 15 jours qu'il avait resté sans voir le soleil luy avaient paru bien longs, il a rapporté à son village qu'il pensait que ses deux compagnons étaient morts.Que six Cha8anons avaient été à un fort dans la contrée de la Virginie pour parlera l'amiable et que les Anglais les avaient tués; ce sont sans doute ces nouvelles vraies ou supposées qui sont la grande alliance qui se contracte entre les Cha8anons et les Hurons; l'avenir nous fera connaître la vérité des sentiments de cette dernière et remuante nation que je ne présume point qui agisse de bonne foi et surtout lorsqu'ils croyent faire donner dans l'idée abusive que joints à leurs alliés Sau- 410 ARCHIVES DE QUÉBEC vages, ils forceront les Anglais de la Virginie, Caroline et de la Géorgie d'aban-bonner cette contrée et de se réfugier en Europe.Le 2, jeudi, il fit doux, le temps beau, le soleil parut par intervalle, il dégela à plusieurs endroits où il porta ses rayons, il ne resta plus de neige sur la terre on se servait des carrioles sur les bordages de la Rivière formée par la glace qui s'étendait à 50 toises au large.Le 3, vendredi, à six heures du matin, le vent O.et la gelée prirent et à deux heures après-midi le soleil parut qui fit dégeler.Le nommé Téhata, chef huron et le Glorieux, ce dernier arrivé le 1er de ce mois me vinrent voir après les compliments usités en pareille visite je leur donnai un coup d'eau-de-vie à chacun, puis nous entrâmes en conversation sur les nouvelles qu'ils avaient apportées.Le Glorieux me parut prévenu ou craindre les Anglais en parlant avec une façon d'admiration de tous, ce qu'il disait et faisait, ce qui fit que je le tracassai sur des faits où il n'y avait pas trop de quoi, il dit à Téhata qui était celui que j'entendais un peu parce qu'il parlait Iroquois, que je ne savais point la nouvelle, je fis comme si je la savais et leur dis que souvent elles ne se rencontraient point et qu'ils me la disent telle qu'il la sçavait et que je leur rendrais après tel que je l'avais apprise, il repartit que le chef qui nous l'avait marqué la sçavait comme lui.Le 4, samedi, beau soleil, il dégela à l'abri des vents qui furent O.Le 5, dimanche, beau soleil, il gela peu.Le 6, lundi.il gela fort la nuit,la riWère charria à plein de mauvaises glaces-sur le midi, il dégela, les vents à O.S.O.Depuis 4 heures du soir jusqu'à minuit il fit doux.Le Huron nommé le Glorieux venant des Cha8anons ici où il était arrivé le 1er de ce mois, repartit pour y retourner, Mr le Commandant voulut bien lui confier deux branches de porcelaine pour dire aux Cha8anons qu'il était fâché qu'ils eussent été tués, que ces deux branches de porcelaine étaient un mouchoir que le Français leur donnait oour essuyer leurs larmes.Le 7, mardi, beau soleil, point de glace sur la rivière, il dégela, faible vent de N.E.Le 8, mercredi, même temps cependant, le soleil plus chaud.on ne parlait point de faire venir les pieux qui manquaient pour le fort.Le 9, jeudi, beau soleil et plus chaud que la veille les vents à S.S.O.Le 10, vendredi, temps très doux, il plut un peu la nuit et ne gela point, le soleil parut à une heure.Le 11, samedi, il gela la nuit, le soleil parut, les vents au S.E., point de glaces sur la rivière, il arriva des Français du Saguinan.Le 12, dimanche, beau soleil, moyen froid, les vents à O.S.O.Le 13, lundi, beau soleil, il dégela le jour et gela la nuit, les vents au N.E.On n'amenait point de pieux pour parachever le fort, ce qui ne me plaisait point appréhendant que les dégels ne prissent avant que ces matériaux fussent sortis des bois.Le 14, mardi, le soleil parut peu, les vents à O.S.O., il plut depuis six heures du soir jusqu'à neuf, il arriva à cette heure deux Français de Sandoské en 2 jours }4 de marche sur les glaces du lac.Le 15, mercredi, temps couvert et doux, il ne gela point la nuit, la saison me parut favorable pour faire mettre les pieux rendus sur les lieux en lisse prêts à être posés au besoin, mais je n'étais point maître d'ordonner cet ouvrage.Le 16, jeudi, il gela le matin, les vents au N.E.Il tomba de la neige jusqu'à six ARCHIVES DE QUÉBEC 411 heures, elle reprit à onze jusqu'au soir qu'elle tomba en petite quantité.Il n'y en avait que six pouces sur la surface de la terre lorsqu'elle finit de tomber.Le 17, vendredi, le soleil parut, il fit assez doux le soir, il gela la nuit.Le 18, samedi, jusqu'à dix heures il parut une brume après quoi le soleil parut jusqu'à son couché, Colas Laselle amena des pieux.Le 19, dimanche, beau temps très doux, il plut depuis dix heures jusqu'à minuit en petite quantité.Le 20, lundi, il tomba un peu de neige fondue, il fit très doux, les vents à N.E.Le 21, mardi, je trouve un de mes barils de vin qui avait coulé.Les vents à O.S.O., à midi les vents au S.E.assez forts, Il plut jusqu'à trois heures- elle reprit à 9h jusqu'à'minuit.Le 22, mercredi, point de neige sur la terre, la gelée prit à midi, il fit froid la nuit, les vents au N.N.O.Le 23, jeudi, le soleil parut, il fit froid la nuit et le jour, cependant sur le soir, il diminua, les vents à O.N.O.Le Père curé missionnaire fit une quête pour l'Église à qui je donnai une livre de bougies, les habitants du fort et de la campagne auraient pu profiter de cette journée pour avoir leurs pieux.Le 24, vendredi, il gela la nuit.Le matin les vents à O.N.O., à midi, au sud, le soleil parut par intervalles.Le 25, samedi, il gela peu la nuit, le soleil parut beau tout le jour qu'il dégela, les vents au S.E.Les Sauvages n'apportèrent pas plus de viande qu'ils n'avaient faite depuis l'été, plusieurs prétendaient que c'était depuis la défense qui avait été faite à tous les commerçants et habitants d'en acheter pour revendre comme cela c'était pratiqué par li passé.Il peut bien être que quelques commerçants ayant dit aux Sauvages qu'ils ne prendraient plus de viandes en payement comme il était d'usage vu la défense qui avait été faite à la porte de l'église au son du tambour; quoi qu'il en soit, nous en sommes de court, ci-devant le traiteur à qui un Sauvage devait vingt castors prenait en viande ce que le Sauvage lui en donnait à compte et le reste en pelleterie quand il pouvait en être payé, il est certain que sans le secours des chevreuils, ours et du gibier que les Sauvages fournissent au Détroit, la plus grande partie des habitants du fort et des campagnes passerait l'année sans viande où l'espèce des animaux français serait bientôt détruite.On mi dit que Mikinak'chef OutaSois regrettait la terre de la Presqu'isle qu'il avait été obligé de laisser par un collier que lui avait donné le Commandant et que ce chef devait descendre à Montréal au printemps; il arriva deux Sauvages qui apportèrent au Commandant et au Père Curé chacun une lettre du Père jésuite qui est aux environs de Sandoské à la Rivière du Portage, il marquait au Père qu'il ne lui faisait point part des nouvelles qu'il annonçait au Commandant persuadé qu'il lui en ferait part, il se dit que le Commandant avait fait défense aux deux courriers de parler des nouvelles qu'il pouvait sçavoir.Le 26, dimanche, je dis au Commandant que je croyais qu'il taillait travailler au .fort et lui fis part des motifs que j'avais pour cela, mes raisons lui parurent bonnes car lorsque je lui proposai de rendre une ordonnance pour que chacun de ceux qui devaient fournir des pieux eusse à les rendre sur les lieux avant le 10 février, il l'approuva et la fit publier à la sortie des Vespres, je lui ajoutai que la saison allait peut-être devenir belle et que l'on planterait puisque la terre était entièrement dégelée, il ne parut point ds cet avis, ceux qui n'avaient point été de celui de faire le fort avaient persuadé que les pieux que l'on plantait l'hiver ne pouvaient pas tenir et on ne voulut point faire attention que lorsque la terre n'est point gelée. 412 ARCHIVES DE QUÉBEC l'hiver et l'été sont indifférends quand on veut s'en donner la peine, mais quatre pieux mal plantés du costé de l'eau qui avait consenti étaient le principe de ce raisonnement et cela parce que je ne pouvais point être présent lorsqu'on les posa étant occupé à tracer dans une autrs partie du fort, d'ailleurs ces pieux étaient en place dès le mois d'octobre avec moins de préventions sur cet article et plus de prévoyance pour l'apprêt des matériaux, on se serait mis en état de profiter des beaux temps pour finir le fort qui serait fermé si j'avais eu l'autorité en mains, mais l'apparence est que la nouvelle ordonnance n'aura point plus d'exécution que tous les ordres qui ont été donnés jusqu'à présent.Le 27, lundi, beau soleil, calme et chaud, je fus à la campagne en calèche, la terre était totalement dégelée.Une personne vint me dire que les Hurons et les Cha8anons tramaient de mauvaises affaires et demandaient un officier pour se trouver au Rapide de Sansdoské à leur Conseil que les Hurons avaient changé la parole de Mr le Commandant qui était les deux branches de Porcelaine qu'il avait données au Glorieux.Le 28, mardi, il plut une heure le matin, le soleil parut à midi, il ne gela point la nuit et le jour fut très doux, il ne resta plus de bordages de glace le long de la Rivière, les vents au S.S.Le 29, mercredi, il passa beaucoup de glaces, il fit très doux le jour et la nuit qui se passa sans qu'il gela, les vents calmes.Le 30, jeudi, on ne travailla pas plus à préparer les pieux pour fermer l'enceinte du fort que l'on avait fait la veille ni le jour précédent quoique le temps y invita par sa beauté; je fus avec le Père à la campagne en calèche, la terre point gelée, le soleil parut par intervalle, il fit un faible vent de E.34 N.E.Le nommé Colas LaSelle avait rendu les pieux qu'il devait fournir au fort sur les lieux mais les autres dans les mêmes obligations n'y pensaient pas.Le 31, vendredi, il gela la nuit.il dégela le jour, on ne fit point mettre les pieux pour l'enceinte en lisse ce qui aurait esté une bonne précaution, les vents faibles à N.E.E.FÉVRIER 1755 Le samedi, il gela la nuit, le jour il fit beau, le soir les vents forcèrent considérablement au N.E.jusqu'à minuit et il ne gela point.Je visitai la caisse ou j'avais semé des raisins secs et des figues le 16 9bre dernier, je les trouvai tels que je les avais mis et les laissai, j'avais cependant pris la précaution de les apprêter de différentes façons soit en les faisant tremper ou en les semant secs dans les couches ou en grains.Le 2, dimanche, il fit un vent de S.O.24 S.très violent, la gelée prit à 10h du matin et dura jusqu'à minuit, on ne parla point de travailler à faire exécuter l'ordre d'apporter les pieux au fort, je ne sçais si.c'est parce que les nouvelles nous indiquèrent la mauvaise volonté des Sauvages ou si c'est parce que je parais vouloir voir finir cet ouvrage que je regarde comme d'une très grande conséquence dans 1'occurence présente de la contestation de la Belle Rivière entre les Anglais et nous, m'étant trouvé l'été dernier à la Presqu'isle ou j'ai entendu nos messieurs parler de l'attachement que paraissaient avoir les Sauvages pour l'Anglais malgré l'échec qu'ils venaient de recevoir, je pensais toujours que le collier des Cha8anons donné aux Hurons était mystérieux et j'en entretenais Mr le Commandant lorsqu'il m'en ARCHIVES DE QUEBEC 413 donnait occasion mais comme il avait sans doute des nouvelles plus sûres que celle que je lui disais, il n'y faisait point toute l'attention que j'aurais voulu et les travaux n'avançaient point.Le 3, lundi, il gela depuis minuit jusqu'à midi, les vents S.O.S.qui calmèrent un peu, à midi le soleil parut.Le 4, mardi, il gela depuis minuit jusqu'à huit heures Vï ,1e faible vent S.O.yiS.qui avait soufflé depuis le deux de ce mois jeta les glaces à la coste du nord de la Rivière où elles formèrent des bordages sur lesquels les voitures ne pouvaient point aller, à midi le vent tourna au S.S.O.A trois heures, il arriva un Français et un Sauvage des Ouyatanons, Mr de Muy me dit qu'il n'y avait point de nouvelles, mais sur ce que M.Belestre commandant aux Miamis marquait à Md« sa soeur de faire interroger le Sauvage et qu'ils apprendraient de belles nouvelles, nous apprîmes par ledit Sauvage que les .Cha8anons avaient envoyé des colliers aux Ouyatanons et au Miamis pour engager ces nations à les favoriser dans le rappel qu'ils faisaient des Anglais à la Belle Rivière; je crois d'autant plus volontiers cette nouvelle que je me méfie des Sauvages depuis que Mikinak chef Outaoois a dit au Commandant l'automne dernier qu'il ne s'éloignait point du fort parce qu'il y aurait beaucoup de nouvelles et d'affaires avant l'été, et que depuis ce temps tout ce que nous apprenons parait énigmatique sortant de la bouche des Sauvages.Le 5, mercredi, il fit doux toute la nuit, le soleil parut par intervalle le jour, les vents faibles à O.\\i S.O.et le temps doux.A 5h du soir, vent O.E., il gela depuis huit heures jusqu'à minuit.Mr de Rigauville à qui je voulus compter les nouvelles me dit qu'il les sçavait d'hier et qu'il l'avait dit au Commandant qui n'avait pas paru y donner et lui avait ajouté que le Commandant des Ouyatannons lui écrivait que ses Sauvages étaient prêts à marcher contre l'Anglais à la Belle Rivière que pour le Commandant des Miamis lui marquait que ses Sauvages iraient à la Belle Rivière plutôt pour traiter avec l'Anglais que pour autres choses.Le nommé de Peltaux travailla à mettre ses pieux en lisse pour être prêt à les poser lorsqu'il plairait à Mr le Commandant de l'ordonner, Mr Navarre sema du seigle sur sa terre; j'appris le soir que M'le Commandant sur quelques nouvelles dont lui faisait part celui des Ouyatannons lui avait répondu qu'il était un peu peureux, raison à ce que l'on m'assura qui faisait que cet officier ne luy marquait point les colliers portés chez lui par Latortû chef Cha8anons, je n'assurerais point cette indiscrétion vraie, mais bien que le Sauvage Ouyatannons avait dit en arrivant que le chef français qui était chez eux lui avait très fort recommandé de dire les nouvelles au chef du Détroit.Le 6, jeudi, les vents O.S.O.Le soleil parut peu et il ne dégela point, sur le midi il tomba quelques parties de neige qui ne parurent point sur la terre.Mr de Rigauville me dit que Mr le Commandant avait appris du nommé Berthe que les Cha8anons avaient donné des colliers tel que les Sauvages Ouyatannons l'avaient rapporté.Le soir un homme qui était au fer se sauva n'y ayant point de factionnaire à le garder on s'était contenté de le renfermer dans une maison, à neuf heures on commanda 45 hommes pour à la pointe du jour en former trois détachements; il gela fort la nuit.Le 7, vendredi, le soleil parut par intervalles, les vents S.O.M O.et il fit froid.Mr de Lamotte me dit qu'il avait parlé au Sauvage Ouyatannons pour savoir 414 ARCHIVES DE QUÉBEC les nouvelles mais qu'il lui avait dit que M' le Commandant lui avait défendu d'en parler.On trouva à un quart de lieue du fort chez un habitant l'homme qui s'était sauvé la veille des fers, il y avait couché très tranquillement à six heures du soir, le vent tourna à O.N.O.très violent et froid.La rivière était prise jusqu'aux deux tiers de sa largeur, on ne pouvait pas bien distinguer parce qu'il tombait une petite neige, elle cessa de bonne heure.Le 8, samedi, les vents au N.O.mais point le vent si fort que la veille, la neige qui était tombée ne couvrait point la terre et même ne paraissait presque plus qu'à quelques endroits où le vent en avait ramassé.Les carrioles furent sur les bordages.Le soleil parut par intervalle, et à trois heures après-midi le temps fut plus doux, à 10\" du soir il tomba quelque peu de neige.Cette journée avait été propre à tirer des pieux des bois mais je n'ai eu connaissance qu'on y ait été travaillé.Le 9, dimanche, les vents O.S.O.il ne dégela point et ne fit pas froid, à dix heures du soir il tomba un pouce de neige, le soleil ne parut point.Le 10, lundi, il fit doux les 24 heures, le soleil parut un moment vers midi, les vents au N.E.très faibles, on peut même dire que ce n'était qu'un air.Il arriva un Sauvage de la Rivière S'-Joseph, Mr de S^Ours, Commandant audit poste marquait à Mr de Muy que s'il avait besoin de quelqu'un de ses Sauvages au printemps il lui en enverrait.Le Père jésuite nommé Lamorigny marquait que Mr St-Ours était indisposé depuis longtemps.Mr de Muy me dit que Mr le Commandant des Ouyatannons lui écrivait que la bande d'un chef de cette nation nommé le Forgeron avait la hache pour s'en servir contre l'Anglais.Le 11, mardi gras, le soleil parut il ne fit pas froid, les vents faibles à O.M S.O.Hier qui était le jour marqué pour que ceux qui avaient des pieux à fournir les eussent rendus au fort, aucun n'en avait apporté, depuis le 26 du mois dernier qu'avait été publiée l'ordonnance du Commandant à cette occasion, cependant le temps avait été assez favorable.Le nommé Acha8abemé, chef OutaSoisdu Saguinan, arriva venant de ce village, le bruit avait couru dans le mois passé que Mr le Commandant l'avait envoyé chercher à son hivernement par un jeune Outa8ois qui avait été en avertir Mikinak chef du village des Quta8ois du Détroit.Acha8abemê rapporta que les Outa8ois et Sauteurs du Saguinan étaient dans le dessein de former un gros parti pour faire la guerre aux Poute8atamis de la Rivière S'-Joseph.Le 12, mercredi, le soleil parut et il dégela beaucoup il n'y avait pas de neige sur la terre mais seulement des bordages de glace le long de la rivière.Le vent fut à Ouest jusqu'à neuf heures du soir qu'il fut au sud il ne gela point la nuit.On commença à mettre quelques pieux en lisse pour le fort.Le 13 jeudi, les vents au sud, point froid on travailla à mettre des pieux en lisse pour le fort, je fis deux visites pour montrer à ceux qui se trouvaient dans les angles la façon dont ils devaient s'y prendre pour faire les mortaises il n'y avait que quatre hommes à travailler.Il partit le matin quatre hommes pour aller à leur ARCHIVES DE QUÉBEC 415 hivernement aux environs de Sandoské qu'il avait laissé pour venir se réjouir ce carnaval.A une heure après-midi départ du Sauvage Ouyatannon arrivé le 4 de ce mois; il s'en retournait avec des Français qui allaient joindre des pirogues qui portaient des effets à ce poste et étaient restées dans la rivière des Miamis.Sur les nouvelles que chacun débitait soit par lettres ou autrement, je fis interroger r e Sauvage et il me dit ce qui suit que je mets sur mon journal non pas comme sûr ni vrai mais comme le sachant de ce Sauvage qui dit avoir été au Conseil où les colliers ont été donnés je sais qu'il ne faut pas trop s'en rapporter aux nouvelles sauvages mais je pense que c'est bien fait d'en prendre note.Paroles que les Cha8anons ont données au nommé Latortue Miamis de nation et coureurs de villages, l'automne dernier lorsque les feuilles ont commencé à tomber.Par un collier Toi, Latortue, je t'ai lié autrefois avec un collier, je te lâche à présent pour aller à ton village.Par un 2\"\"= collier .Ce collier Latortue est pour que tu te souviennes de travailler à savoir la pensée des Miamis.Ouyatannons, Pianguichins, KiKapoux et Mascoutin et que tu tâches d'amener les guerriers de ces nations, leurs femmes et enfants, c'est-à-dire d'élever leurs villages.Par un 3me collier Si nous disons vrai, mes frères, le calumet que nous vous avions donné autrefois nous en comptions le manche cassé mais il n'est que ployé, nous pourrons le redresser et nous en bien servir.Par un 4™« collier Mes frères, voici les derniers colliers que je vous donnerai vous avez toujours écouté votre Père le Français, ouvrez les yeux aujourd'hui, mes frères, c'est ce qui vous a troublé, ouvrez les yeux regardez le soleil et vous verrez clair.5™ parole sans collier Onontio a fait parler à Latortue par son fils par deux branches que Latortue garde et dont il ne parle point disant ne les avoir pas reçues.6me parole sans collier Par un très grand collier que les Loups ont donné aux ChaSannons, il les invite à lever leurs villages et d'aller chez eux où il trouverait la charge de deux chevaux de colliers pour les y recevoir.7™* parole sans collier Si vous venez tous nous voir, mes frères, et que nous puissions nous joindre ensemble, venez quand l'herbe sera de la hauteur de la moitié de la jambe c'est 416 ARCHIVES DE QUÉBEC dans ce temps là que les Français et les Anglais doivent se battre, nous verrons qui sera le plus fort.On m'assura que le nommé Latortue porteur des paroUes ci-dessus était le même qui, l'année de la guerre, avait porté chez les mêmes nations dont il est question ci-dessus, les colliers qui les ont fait tuer des Français.Le 14, vendredi, beau temps, le vent S.O.à V1 du soir N.O le soleil parut par intervalles, on planta deux rangées de pieux au bastion royal preuve que l'on aurait pu en faire autant aux endroits oû il en manquait si on avait agi avec plus de précaution, je plantai un piquet que l'on avait arraché dès l'automne pour marquer l'angle de la courtine et du flanc droit du bastion PouteSatamis, parce que l'on préparait des pieux pour y être plantés et que je ne voulais point faire attendre.Le 15, samedi, le soleil parut tout le jour qu'il dégela peu, on planta des pieux à la courtine entre le bastion Royal et le bastion PouteSatamis au nombre de trente-quatre.On planta à la face gauche du bastion Royal trois rangées contenant ensemble 50 pieux.Suivant le recensement que jefis ce jouronavait amené depuis le 31 décembre 260 pieux et il s'en fallait de beaucoup, que tous ceux qui en avaient à fournir l'eussent fait, il en était bien dû au Roy indépendamment de 250 que le Roy avait et que Mr le Commandant avait prêté aux particuliers cet automne dernier.Le vent fut N.O.A 71» du soir il tomba et il fit calme.Le 16, dimanche, il fit beau jusqu'à midi que le vent de N.O.prit avec de la neige qui cessa de tomber à 4 heures du soir qu'il en resta 2 pouces sur la terre, le vent continua du même côté avec force toute la nuit.Un chevreuil à 4» après-midi est entré dans le fort par une brèche et s'y est promené, les enfants en sortant du Catéchisme ont couru après, ce qui l'a fait sortir par une autre brèche et gagner les bois.Le 17, lundi, il gela la nuit et le jour, les vents violents à O.N.O.La rivière charria à plein, sur le jour le vent calma, il avait neigé depuis une heure après-midi jusqu'à cinq, il en resta sur la terre environ 4 pouces.Le 18, mardi, il fit froid, les bordages furent cassés en partie par le vent qui fut N.E.L'article de la neige que j'ai porté au jour d'hier est pour aujourd'hui.Le 19, mercredi, le soleil parut, le vent fut très fort à ouest, il gela la nuit et le jour on fut sur les bordages avec des voitures chargées de bois, il passa beaucoup de glace du Lac S^-Claire.Le 20, jeudi, le soleil parut le matin et fut caché le reste de la journée, il fit froid sur le soir, le vent était au nord.Il y avait peu de neige dans les chemins de la campagne où la terre paraissait en partie.Il passa beaucoup de glaces du lac S' arrivée de deux Iroquois venant de la Belle Rivière porteur de lettres du Commandant du fort Duquesne qui m'écrivait de m'y rendre avec l'approbation de Mr du Muy commandant au Détroit qui, sur ce que je m'offris de partir, répondit qu'il me gardait pour conduire les Sauvages de son poste qui iraient au fort Duquesne. ARCHIVES DE QUÉBEC 419 Le 5, mercredi, le temps fut très.froid, le vent O.N.O.A 4n après-midi, M' de Muy me dit que je pouvais partir pour le fort Duquesne qu'il ne pouvait pas se charger des événements qui pourraient arriver si faute d'une personne, qui eût des connaissances de la fortification, le fort Duquesne était exposé que d'ailleurs Mr de Contrecœur commandant audit fort ne lui demandait les Sauvages que lorsqu'il lui aurait renvoyé d'autres courriers, au lieu qu'il me demandait affirmativement ainsi qu'il valait mieux que je laissasse ce voyage incertain pour aller à un qui paraissait plus pressé.Le 6, jeudi, nous écrivîmes à Montréal pour annoncer à Mr le général que je partais pour le fort Duquesne, on envoya ses lettres par deux Sauvages qui devaient ies remettre à Niagara dont le Commandant de ce fort les ferait passer à Montréal.Je finis l'arrangement de mes petits meubles que je laissai chez Mr du Muy.Je pris les niveaux du terrain sur les deux petits côtés du fort à prendre depuis la rivière jusque sur le coteau.Le vent fut N.O.un peu froid.Le 7, vendredi, il neigea et tomba un peu de pluie.Je mesurai depuis la petite poste qui est dans la courtine entre le bastion Outa8ois et Dauphin jusqu'au chenal des barques, c'est-à-dire où elles peuvent aborder, je trouvai 54 toises, le vent fut N.E.\\i N.le temps couvert et froid.Le 8, samedi, à &*yi le vent O.S.O.avec de la pluie, à midi au sud, à 7\" O.N.O., à 111» de la grêle et pluie et le vent N.O.très violent.Le 9, dimanche, il fit froid, le matin, à midi il dégela, je travaillai à prendre quelques mesures pour le plan du fort et à finir de prendre des connaissances avec M.Navarre pour les terres des habitans.Le 10, lundi, je me mis en devoir de partir, les rivières déprises et qui charriaient à plein m'en empêchèrent.Il fit froid la nuit le vent au nord, à sept heures du matin il vint au sud où il resta tout le jour, le soleil ne parut point.Je fis préparer tout ce qui m'était nécessaire pour partir le lendemain en pirogue et suivre les glaces dans la Rivière du Détroit.A 4\" après-midi, il tonna beaucoup et il plut, ce qui adoucit le temps, à 8h les étoiles paraissaient, il ne gelait point, ce qui me donna bonne espérance de partir le lendemain. 420 ARCHIVES DE QUÉBEC Le 15.samedi, le vent s'étant jeté du large et étant impossible d'embarquer, je pris le party de laisser les deux Français qui m'avaient amené en pirogue pour la ramener au fort et de faire route par terre avec les deux Iroquois, nous partîmes à 8» et à 4>> nous campâmes à une demi lieue après avoir passé la pointe aux Feviers, nous enfonçâmes à plusieurs endroits, il fit froid, nous passâmes deux rivières une au centre de l'anse et l'autre presqu'à la Pointe aux Feviers, les Sauvages se trouvèrent si chargés de mon équipage qu'ils furent obligés de faire des traînes avec nos apichimons peaux d'ours, j'estime avoir fait cette journée cinq lieues yi.Le 16, dimanche, le temps fut beau mais froid et pas cependant assez pour que nous puissions passer les ruisseaux et rivières sur la glace sans enfoncer, nous passâmes la Rivière à Toussain à l'eau elle est large et peu profonde, et située à une lieue yi de la Pointe aux Feviers, ci-jointe la / figure que fait cette rivière / nous marchâmes dans l de mauvais pays rem- -* 1 plis de sources chau- N-^^7*s^*l^^l^-«^s»^*^^^~*s-^^**\\v^,^ des et lorsqu'il fallait i*\" ^^\"^ .' ¦ - \" v les laisser pour aller >^ sur les bordages nous courrions risque de nous casser les jambes, les dites glaces n'étant pas bonnes et souvent point d'eau dessous, nous vîmes une grande quantité de cignes, outardes, canards gras et autres gibiers mais si farouches que l'on ne pouvait en approcher, nous arrivâmes deux à la Rivière du Portage à 3h après-midi, il fallut que l'iroquois (Thomas) du lac des deux Montagnes qui était avec moi fut prendre au large des battures pour aller prendre une pirogue qui était de l'autre côté de la rivière et il était 5>> quand je fus traversé, je le laissé pour attendre l'autre Sauvage qui était resté derrière et je fus au lac Sandoské voir si on pouvait le traverser soit en canot soit sur les glaces, à 6'> yi j'y arrivai après avoir toujours marché dans l'eau dont ce portage est rempli dans cette saison, je trouvai le lac libre et tiré trois coups de fusil qui étaient le signal que j'avais donné à l'iroquois.qui me joignit à 6\" yi sans avoir vu son camarade qui ne vint point coucher avec nous, nous tirâmes plusieurs coups de fusil pour nous faire entendre des traiteurs français qui sont à la côte du S.E.du lac DotSandoské on ne répondit point;, nous n'avions pour notre soupe qu'une sarcelle.Le Sauvage resté derrière était porteur des vivres.J'examinai la Rivière du Portage et je trouvai que sa figure est différente dans cette saison que dans le mois août que j'y ai passé l'année dernière, que les herbes étaient grandes et les eaux plus basses.Pointe qui est vis-à-vis ces isles aux Serpents. ARCHIVES DE QUÉBEC ARCHIVES DE QUÉBEC 423 Plan du fort fait à la coste du nord du lac Dot Sandoské à présent abandonné.Lac Dot Sandoské comme il parait de dessus la porte du fort.Le 17, lundi, de grand matin l'iroquois du Lac partit pour aller au-devant de celui de la Belle Rivière qui ne nous avait pas joint la veille, je mis un pavillon sur le bord de l'eau et tiré plusieurs coups de fusil pour faire voir et entend re aux traiteurs de la côte opposée, mais ils n'entendirent pas plus que la veille.A midi, les deux Sauvages arrivèrent, nous mîmes un grand canot de trois places que nous trouvâmes à l'eau et traversâmes à 3 lieues au-dessus de la Rivière du Poisson doré, j'estime être une lieue yi.J'arrivai chez le Sr Gouin traiteur à 4b après-midi, nous fûmes longtemps à traverser parce que notre canot coulait bas d'eau et que j'étais occupé à la jeter pendant que les deux Sauvages nageaient; j'appris là que les courriers qui allaient au fort.Le 18, mardi, le vent fut sud et froid, le soleil parut, les Sauvages préparèrent et firent une selle pour le cheval qui devait porter nos vivres au Petit Village pour avoir un guide.J'en envoyai avec l'interprète des Hurons que je chargeai particulièrement de cette commission et d'acheter un cheval pour moi, à 4n après-midi l'interprète et le Sauvage revinrent sans guide ni cheval, nos deux Sauvages décidèrent pour prendre le chemin de la Presqu'isle en canot ce qui joint à ce que me dirent les Hurons que les Rivières étaient débordées et les bois remplis d'eau me firent prendre la résolution d'aller en canot, j'en fis préparer un de six places avec les agrès afin d'être prêt à partir le lendemain de grand matin j'écrivis à Mr le commandant du Détroit et lui envoyai l'état des petites fournitures que m'avait fait le Sr Gouin pour l'équipement de ce canot que je pourrais peut-être laisser à la Rivière à Seguin dite Gayahagué.Le 19, mercredi, je ne pus partir qu'à midi parce qu'il fallut gomer le canot qui coulait bas d'eau, je vins coucher dans le fond du lac Sandoské à l'abri du vent, le temps fut beau, nous fûmes à la pointe du Lac voir s'il y avait beaucoup de glaces, nous trouvâmes des bordages et comme le temps se mettait au beau cela nous donna espérance d'aller où nous projetions avec assez de facilité.J'estime avoir fait 4 lieues yi.Figure de l'entrée du lac DotSandoské et vue des terres au ouest avec le plan du marais jusqu'au Portage du village d'Anioton. 424 ARCHIVES DE QUÉBEC ARCHIVES DE QUÉBEC 425 Le 20, jeudi, le vent fut nord est avec violence, nous restâmes sans pouvoir mettre notre canot à l'eau.Le 21, vendredi, à 7>>du matin, nous embarquâmes pour aller au fond du marais du lac DotSandoské à l'est, nous fîmes environ une lieue yi et puis fîmes portage au grand Lac que nous trouvâmes plein de glaces, ce qui nous fit retourner sur nos pas et aller au Portage du village d'Anioton ce que nous fîmes, à 5° nous arrivâmes audit village où il ne reste plus que trois cabanes et quelques pallissades, nous résolûmes de prendre la route de Couchaké quoique longue, nous parlâmes à un Huron pour nous guider, je lui offris un castor pour nous conduire à la Rivière à Séguin mais il ne voulut point disant que sa nation croirait qu'il allait en guerre, ce qui joint aux difficultés que ceux de cette nation avaient faites pour le même sujet quelques jours devant me firent penser qu'il ne voulait peut-être pas donner les mains sans y être forcé à tout ce qui pouvait nous être avantageux sur Loyo.L'endroit où nous étions est celui où les Hurons s'étaient réfugiés après ayoir laissé l'isle au Bois Blanc et tué les Français, il y avait fait un fort dont ci jointe la figure.Portage au lac Dot Sandoské d'une lieue de long.Le 22, samedi, de grand matin un de mes Sauvages partit pour aller au lac chez le Sr Gouin traiteur chercher son cheval, nous préparâmes nos paquets pour partir l'après-midi s'il était assez tôt venu, j'écrivais au Sr Gouin d'envoyer deux Français chercher son canot et les agrès laissés au lac au portage de ce village.Il ne paraissait plus de neige sur la terre ce qui avait donné de l'eau dans les bois, nous en avions beaucoup trouvé la veille à venir au village.A 5h, le Sauvage qui était aller chercher le cheval arriva, les Français devaient venir le lendemain pour emmener leur canot.J'écrivis à Mr du Muy et à Mme de Léry daté du 23 mars.Le temps fut beau, un peu de pluie le matin.Un Agnier en hivernement à trois jours de marche de ce village arriva, il allait en traite à Sandoské, il me dit qu'il avait un cheval à vendre, j'acceptai l'offre il promit de me joindre dans deux jours, à son retour de sa traite et de me le donner. 426 ARCHIVES DE QUEBEC Le 23, dimanche, à 8*> yi du matin, nous partîmes dans le chemin de Couchaké, nous marchâmes jusqu'à quatre heures que nous campâmes au bord d'une petite rivière dont les eaux vont à l'est je la crois fourche de la rivière au Vermillon, notre route réduite fut le sud et notre chemin 7 lieues, à deux heures nous passâmes la Rivière au Vermillon, dont ci-jointe la figure, le côté du nord est escarpé, celui .,i du sud ne l'est point, elle a 12 à 15 toises de large et deux pieds d'eau.Depuis 10 heures jusqu'à midi, nous avons passé une prairie remplie d'eau où il y a quantité d'écrevisses et depuis cette prairie jusqu'à notre couché nous avons passé deux feviers très longs dans l'eau jusqu'à moitié les jambes, nous n'avons eu beau chemin que depuis le village jusqu'à la prairie parce que ce chemin est sur des crestes de hauteur.L'Agnier partit le matin pour aller traiter chez le Sr Gouin, je lui donnai la lettre pour madame de Léry et celle de Mr du Muy qu'il devait remettre à Gouin.A 5*> la pluie prit, le vent fut E.N.E.Le 24, lundi, la pluie cessa à 8h >4, à 9h nous partîmes, à midi nous passâmes la Rivière au Vermillon ci-jointe la figure qu'il fait, à deux heures nous en passâmes une branche, dans celle de midi il y avait un pied d'eau.elle a 7 à s toises de large, il faut descendre et monter pour la traverser c'est-à-dire qu'il est entre deux côtes qui ont une pointe assez raide, à 5\" nous campâmes sur une des fourches de la dite Rivière au Vermillon, notre route fut au sud et de 7 lieues, nous rencontrâmes un Huron qui nous dit que 20 Cha8anons étaient arrivés à Sandoské, je pensai que c'étaient ceux qui devaient venir parler au Détroit, à 6>> la pluie prit et dura jusqu'à minuit.Le 25, mardi, il plut depuis minuit jusqu'à huit heures et finit par un orage où elle tombait en abondance, à 8h yi nous partîmes, nous campâmes, à 5n ]4 j'estimai avoir fait 8 lieues dans l'Est, nous laissâmes le chemin pour tâcher de couper sur Couchaké, nous passâmes plusieurs rivières grandes et petites dont les eaux se déchargent à droite et à gauche du chemin dont nous en ignorons les noms, la plus grande peut avoir cinq toises de large.Le 25, mercredi, à 8\" nous partîmes,.à six heures nous campâmes, notre route fut dans le S.E.nous fîmes beaucoup de détour pour éviter les mauvais pays, nous fîmes 8 lieues, à midi nous passâmes une Rivière qui va dans l'est, elle a &¦ de large et 2 pieds d'eau, dans l'après-midi nous en passâmes plusieurs petites, nous vîmes de la fiente de bœufs illinois, je pense que le matin nous passâmes la hauteur des terres et que la Rivière trouvée à midi est celle de Couchaké; le temps fut beau tout le jour.Le 27, jeudi, nous partîmes à 8hJ> que nous l'avons traversée à l'eau jusqu'à la ceinture, elle peut avoir 30 toises Le 1er, mardi, nous partîmes à 7\" yi et campâmes, à 4 yi, nous fîmes 7 lieues yi environ, à 7\" % monté et descendu deux grandes montagnes, fait le nord pour cela à 8h % traversé une branche de la Rivière Naguerréconnan, l'eau court au N.à cet endroit nous avons suivi cette Rivière tout le jour et passé 4 prairies, la plus grande d'une lieue depuis les deux montagnes, passé 9\" % nous avons fait le E.N.E.jusqu'à midi et depuis midi jusqu'à 4\" yi l'est.Dans la journée, nous avons passé plusieurs petites montagnes; il fit beau, le vent à E.N.E., à 7» la pluie prit jusqu'à minuit.Le 2, mercredi, il plut depuis minuit jusqu'à neuf heures que nous partîmes, à 1^ J4, la pluie reprit, nous campâmes, notre route fut de deux lieues et Est à 10*>, traversé la branche de la Rivière Naguerréconnan et monté et descendu une montagne presque toujours suivi la même branche qui a 3 toises de large où nous avons couché, j'estime que nous étions à 80 lieues du lac DotSandoské suivant l'estimation de la route de chaque jour, je trouvai comme le jour précédent le pays fort beau et bien propre à être établi.Le 3, jeudi, il neigea la nuit et il fit très froid, de même que le jour, à 10>> nous partîmes parce que la neige cessa, à 4h yi nous campâmes, nous fîmes 7 lieues, nous suivîmes la branche de la Rivière Naguerréconnan jusqu'à lh elle n'avait plus que deux pieds de large, nous montâmes une montagne et la descendîmes, nous trouvâmes un petit ruisseau que nous suivîmes, à l*>yi passé ce chemin qui va à Cachelacheki, il parait aller au N.N.E., à &yi passé une Rivière qui est branche de Kenton&aiatanion, elle a 3 toises de large, 1 pi.6pcs d'eau et va au sud où nous la traversâmes,à 4» nous avons retrouvé ladite rivière, nous l'avons suivie jusqu'à 4h iQm que nous l'avons laissée, nous avons passé beaucoup de montagnes qui est AVRIL ARCHIVES DE QUÉBEC 429 celle que nous appelions Rivière au Portrait parce qu'à son embouchure à la Belle Rivière, il y a beaucoup dé marques et figures d'hommes et d'animaux imprimées sur les pierres comme, si on les avait faites avec des ciseaux, notre route fut E.% N.E.Le 4, vendredi, nous partîmes à 7*> }£, à 9\" % passé une rivière qui a 15 toises de largeur 2 Pi.d'eau elle va au sud depuis le départ jusqu'à ladite rivière, traversé deux ruisseaux à égalle distance, à midi passé une Rivière pareille à celle de 9h % elle va au sud et est comme l'autre branche de la Rivière Outstin8ayatouyou dont nous avions passé une branche la veille, à2hyi trouvé un petit ruisseau qui tomba de la Rivière Chiningué, à 5fr yi campé, j'estime avoir fait ce jour 10 lieues et fait le E.N.E., à 6« la pluie prit et dura toute la nuit; beau pays, bois clair; le soir nous entendîmes des cris que mes Sauvages reconnurent pour être de tigres qu'ils craignent beaucoup et pour s'en garantir dans la nuit, nous fîmes un fort couvert parce qu'ils disent qu'ils grimpent, nous mimes nos armes en bon état et nous eûmes une sentinelle, toute la nuit nous entendîmes les mêmes cris au loin.Le 5, samedi, à 7^yi du matin, je partis à rivière de Chiningué à deux lieues de notre couché passé; de grandes montagnes, cette rivière a environ 35 toises de largeur, 4 pieds yi d'eau, elle court nord et sud à l'endroit où on la traverse jusqu'à la Belle Rivière, où elle tombe à douze ou quinze arpents plus bas notre routé pour y venir fut l'est yi sud-est.A Wfliyi trouvai la Belle Rivière que je n'avais pas vue depuis 16 ans que je l'avais relevée en allant aux Chicachats en 1739, que nous avons suivie jusqu'au petit village Cha8annons où nous sommes arrivés à midi yi, il est éloigné de la rivière Chiningué de 4 lieues, à moitié chemin est une maison où il a hiverné un officier français en 1754.Figure de ladite maison cheval pour le fort Duquesne où je suis arrivé à moitié chemin on passe par le bois en côtoyant on prend après la grève pendant deux lieues et dans les bois où le chemin est beau, on ne suit la que les eaux sont basses pour éviter les montagnes et ravines de rocher qui se trouvent dans le chemin qui passe au bois, le petit rocher est au côté opposé au chemin, voici à peu près la figure que fait la JRivière que je n'ai pas bien pu vois distinctement la nuit étant venue.?à 2» 8h > la Ri t pu*s 2\" yi parti à yi, jusqu'à Rivière Oyo, on rentre grève que lors- 35 UU ftip^> J'estime que la distance du village Cha8annons au fort est de (la suite manque à l'original). UN JOURNAL DE 1775-1776 Le journal publié ci-après est un document historique d'une exceptionnelle importance.C'est le procès-verbal minutieusement détaillé d'une enquête ou tournée qui fut entreprise en 1776 dans les diverses paroisses du district de Québec et dont trois commissaires spéciaux, MM.Baby, Taschereau et Williams avaient été expressément chargés par le gouverneur Carleton.D'après l'intitulé du document, les commissaires avaient reçu double mission, l'établissement de la milice dans chaque paroisse et l'examen des personnes qui avaient aidé les rebelles pendant l'invasion américaine de l'année précédente.En réalité, ces deux missions n'en faisaient qu'une, la milice n'étant établie, ou plutôt rétablie, que parce que celle qui existait auparavant avait été désorganisée et rendue inefficace par la connivence des habitants avec les congréganistes ou même par leur simple neutralité.Le véritable objet de la \"tournée\" était de s'enquérir du plus ou moins de loyauté des paroisses du district de Québec, et, après avoir fait en quelque sorte le partage des boucs et des agneaux, de stigmatiser les uns et de récompenser les autres.On verra avec quel zèle et avec quelle exactitude les émissaires de Carleton remplirent leur mandat; le détail de leurs perquisitions extraordinaires est aussi intéressant qu'instructif.C'est une source d'informations nouvelle qui vient s'ajouter à celles que nous possédons déjà touchant l'invasion de 1775.Et nous ne doutons pas qu'elle soit accueillie par nos historiens comme l'une des plus précieuses à consulter sur cette phase particulièrement critique de notre existence nationale.De nombreux mémoires et journaux ont été mis à jour depuis un certain nombre d'années, qui nous renseignent abondamment sur le côté militaire de l'entreprise de Montgomery et d'Arnold, mais il n'en 432 ARCHIVES DE QUÉBEC est pas un seul, pas même ceux de de Lorimier, de Sanguinet et de Badeaux, qui contribue autant que le journal de Baby, Taschereau et Williams à l'intelligence de la véritable situation à cette époque troublée.On peut donc dire que ce document vraiment unique est comme un miroir où se reflète avec une netteté saisissante l'état d'âme de la population du Bas-Canada en 1775.Chose singulière, nous n'avons pu trouver aucune trace dans nos Archives de cette mission dont auraient été chargés MM.Baby, Taschereau et Williams.Carleton lui-même n'en fait aucunement mention dans ses lettres à Germaine où il aborde cependant à plusieurs reprises le sujet du loyalisme des Canadiens.Le gouverneur ne considérait probablement l'enquête qu'il avait ordonnée que comme une simple mesure d'ordre interne et peut-être trouva-t-il suffisant d'en dégager pour l'information de la métropole les conclusions générales.Dans toute la littérature historique du temps, nous n'avons découvert jusqu'ici que deux vagues allusions qui paraissent s'appliquer à la mission Baby-Taschereau-Williams, et c'est dans deux lettres écrites à François Baby lui-même par la veuve Benoit, sa sœur, et qui ont été publiées par l'abbé Verreau dans son Invasion du Canada.Une première fois, le 12 août 1776, M™ Benoit écrit à son cher frère qu'elle \"est bien flattée de le voir en charge pour les affaires les plus délicates et les plus difficiles de la province, ce qui est une preuve de la confiance que M.le général a dans ses talents\".Un peu plus tard, le 11 décembre, elle se plaint de ne pas recevoir souvent de ses lettres, mais elle l'attribue à ses grandes occupations et elle ajoute: \"Je crois que c'est un grand ouvrage que de ramener des mutins à leur devoir\".Nous reconnaissons, toutefois, que, sans la découverte du journal que nous publions aujourd'hui, ces lignes de Mme Benoît resteraient toujours aussi mystérieuses, et il ne faut pas s'étonner qu'aucun de nos historiens ne les ait pas pénétrées plus avant.Ni Smith, ni Bibaud, ni Garneau, ni même M.Chapais, lorsqu'ils se sont essayés à peindre l'état d'esprit populaire de 1775, n'ont paru utiliser le Journal de Baby et s'ils ne l'ont pas utilisé, c'est évidemment qu'ils ne l'ont pas connu.A notre con- LETTRE DU CONTRE-AMIRAL BEDOUT, ORIGINAIRE DE QUÉBEC A Bord de L'argon1\" le 5 frimaire an 11 de la République française.Jacques Bedout, Contre-Amiral, Commandant une Division des Forces Navales, J'ay reçu mon cher Villeblanche votre Lettre en datte du 22 du passé, elle m'a fail Beaucoup de plaisir puisqu'elle m'apprend que vous êtes à paris ; vous ne devez pas douter de lout l'interest que je prends a vous et à ceux que vous me recommandés, comptez donc que si je suis destiné Pour Saint domingue, je ferai pour vous et pour eux tout ce qui dépendra de mon amitié.J'active mon départ autant qu'il m'est possible, et je me flate que je pourrai appareiller du 17 au 18 c 8.Adieu, mon cher Vilblance; je vous embrasse de Cœur, aimé moi un peu, car je le mérite par le sentiment que je vous porte.Bedout.(1) (1) Archives de la province de Québec. ARCHIVES DE QUÉBEC 433 naissance, M.J.-Edmond Roy, le plus érudit peut-être et le mieux averti de tous nos chercheurs, est le premier qui ait tiré quelque parti de ce précieux témoignage dans un ouvrage destiné au public et en ait par suite signalé l'existence.Il en a cité de notables extraits dans l'appendice aux 3e et 4e volumes de l'Histoire de la Seigneurie de Lauzon.Après lui, en 1917, dans la deuxième partie de son Eglise du Canada depuis la conquête, M.l'abbé Auguste Gosselin s'est appliqué à résumer la substance du même document, mais d'une façon nécessairement sommaire.Cependant, ni les extraits qu'en a faits M.Roy, ni le résumé qu'en a fourni M.Gosselin ne donnent une idée adéquate du Journal de Baby, Taschereau et Williams, et tous ceux qui font profession d'étudier l'histoire canadienne sauront sans doute gré au Bureau des Archives de Québec de mettre enfin à leur disposition son texte intégral.Ce journal est ici reproduit d'après un manuscrit qui a été légué à l'Université de Montréal par l'honorable F.-G.Baby et qui est actuellement déposé à la Bibliothèque Saint-Sulpice de Montréal avec la précieuse collection canadienne du même savant antiquaire.Le manuscrit comprend 172 pages petit in-410 d'une écriture évidemment contemporaine de 1776.Rien n'indique qu'il soit de la main d'aucun des trois commissaires.C'est, selon toute apparence, l'ouvrage d'un scribe ou secrétaire.Du fait qu'elle se retrouve dans la collection Baby, il est permis de conclure que la copie dont nous nous sommes servi est celle même qui a appartenu à François Baby, l'un des commissaires.N'y eût-il qu'un seul exemplaire que se serait réservé le commissaire senior et qui a été conservé dans sa famille, c'est une question que nous ne pouvons décider.Peut-être aussi existe-t-il quelque part, par exemple dans les archives de la famille Dorchester, un texte officiel.Nous ne pouvons que souhaiter que ce texte, s'il existe, soit un jour découvert, car, ainsi qu'on pourra le constater, le nôtre est malheureusement incomplet, non seulement de deux feuillets qu'a déchirés un vandal inconnu, mais de toute la fin.Nous ne possédons pas le compte rendu des dernières séances de l'enquête, après le 14 juillet 1776.Ce compte 28 434 archives de québec rendu, nous apprend le journal même ici publié, a été continué sur un petit livret qui n'a pas été retrouvé.Quoi qu'il en soit, et tel qu'il est offert au public, le Journal de Baby, ainsi qu'on a pris l'habitude de le désigner d'après le plus ancien des trois commissaires, devra être considéré comme une contribution particulièrement importante à notre littérature historique.iEdDius Fauteux JOURNAL PAR MESSRS FRAN\" BABY, GAB.TASCHEREAU ET JENKIN WILLIAMS DANS LA TOURNÉE QU'ILS ONT FAIT DANS LE DISTRICT DE QUÉBEC PAR ORDRE DU GÉNÉRAL CARLETON TANT POUR L'ÉTABLISSEMENT DES MILICES DANS CHAQUE PAROISSE QUE POUR L'EXAMEN DES PERSONNES QUI ONT ASSISTÉ OU AIDER LES REBELS DONT NOUS AVONS PRIS NOTES.1776 I Mecredy 22 May.A une heure après midy, partis de Québec.VIEILLE LORETTE Curé Mr Desroches.Point d'officiers de milice d'établis, ayant refusé d'en recevoir l'année dernière.Mecredy 22.Donné ordre au baillif pour une revue générale.V Jeudy 23 may à sept heures du matin.Après la lecture des Commissions.Passé la milice en revue, établie en bon ordre 160 hom» nommés pour officiers, et fait reconnaître par la lecture des Commissions : Antoine Riverin, capt.1 Chs Noreau, lieutenant > Commissionés le 22 May Ignace Govin, enseigne ) Joseph Allin ) Prisques Mathieu \\ sergents André Robitaille ) Arrangué pour leur faire connaître la soumission envers le Souverin, et l'indignation des fidels sujets contre ceux qui ont aidé les rebels et donné ordre au capitaine de faire un rôle exact de sa compagnie et d'y distinguer les âges audessus de cinquante cinq ans a soixante et de 16 a 55 aussi les garçons d'avec les pères de familles et de nous l'envoyer en ville au plustost.Apres la revue faite on a crié trois fois Vive le Roy avec aplaudissement nous leur avons recommandé de porter leurs danrées en ville avec assurance.Cette paroisse n'a pas pris les armes pour les rebels (la plupart) a fourni en obéissant a leurs ordres du bois et des facines; trois jeunes gens seulement se sont mis en devoir d'aller au camp avec leurs armes mais ayant été bien conseillé s'en retournèrent chez eux ayant reconnus leur faute.Noté pour mauvais sujets, Plamondon père et Plamondon fils arp\", et le grand Pierre Drollet ayant conseillé de ne point admettre dofficiers de la part dui 436 ARCHIVES DE QUÉBEC gouvernement, le dit Plamondon et son fils ont encouragé les habitans en faveurs des rebels, les assurant toujours que Quebec serait pris et persuadant même par gageure que les royalistes n'aurait aucuns secours; Garneau, fermier du sieur Dupon grand partisant des rebels, engageant ses confreres au pillage.Partis à 11 heures pour la Jeune Lorette.JEUNE LORETTE Missionnaire des Sauvages, le Père Girou.Point d'officiers de milice ayant refusé l'autonne dern«r d'en recevoir de la part du gouvernement, Jeudy 23 may La millice assemblée à 4 heures nos commissions lues.Etablis pour officiers et lecture de leurs commission : Joseph Barbau capitaine i François Barbau lieutenant i 23mav Jacques Barbau ) Louis Lureux ) agents Revue en bon ordre de 55 hommes et le reste comme à celle du matin.Cette compagnie n'a point pris les armes contre le gouvernement mais se sont soumis aux ordres des rebels pour le plus grand nombre pour leur fournir du bois et des facines.Partis à 6 heures pour Charlebourg.CHARLEBOURG Curé Mr Borel.Point d'officiers de milice les ayant refusé l'autonne dernier de la part du gouvernement.Vendredy 24 may.La milice assemblée à 7 heures du matin lecture faite de nos commissions.Etablis pour officiers, lecture de leurs commissions: Jacques Jobin capt.I Comp* de Charlebourg Jean Trudel lieut.i Commissionés le 22 may Pierre Jaq.Jobin 1 Pierre Lefevre > Sergents Jean A.Bedard J Raphael Giroux capt.j Compte du Bourg Royal Jean Bélanger lieut.i Com.le 24 may ¦ \\ Jean Parady Un nom effacé (on lit assez bien: Dominique \\ Sergents Caty ou Coty) François La vigueur ARCHIVES DE QUÉBEC 437 Revue en bon ordre de 250 hommes et le reste comme celle du 23 may etc.François Breton boulanger habitant de Charlebourg chargé par les trois paroisses cydessus comme ayant assisté en toutes manières les rebels et employés toutes sortes de moyens pour pervertir ses compatriotes et notamment pour avoir voulu établir une compagnie.Jacques Allard noté pour s'être fait proclamer capitaine au service des rebels et avoir agi pour l'exécution de leurs ordres en consequence.Germain Thibaut.Idem en qualité de sergent de Jacques Allard.Louis Pasquet noté pour avoir excité les habitans à prendre les armes en faveur des rebels.Le fils de Louis Joseph Geobin noté pour avoir pris les armes et porté plainte aux rebels contre son curé.Charles Delonais a pris les armes et a tenu des propos séditieux.Les deux Canard ou Renaud du Gropin séditieux setant opposé à la nomination des off.du gouv.et ayant même engagé ses confreres à la même conduite.Idem Pierre Parent du petit Village.François Falardeau gendre de Breton, noté pour avoir porté plainte de son curé et agir de concert avec son beau-père contre le gouvernement.Le 1er janvier plusieurs jeunes gens du Village St Pierre après avoir bû quelques coups ensemble partirent volontairement avec leurs armes pour aider les rebels, le plus grand nombre retournèrent chez eux avant d'avoir fait la moitié du chemain, et le reste se rendit jusqu'à l'Hôpital General d'où ils revinrent aussy le lendemain sans avoir fait de service.Cette paroisse, les notés cydessus exceptés, na point pris les armes contre le gouvernement, le plus grand nombre se sont soumis aux ordres des rebels, ont fourni du bois de chaufage et des facines.Partis pour Beauport à 1 heure après midy.BEAUPORT Curé Mr Renaud.Samedy 25 may.La milice assemblée à 8 heures du matin.Lecture faite de nos commissions établis pour officiers et lecture de leurs commissions: Paul Rainville capt.j _ ., .\u201e.Jean Garnau lieut.i Commissions le 24 may François Allard Jacques Louis Parant Joseph Maheu } Sergents Joseph Girou Pierre Latouche Revue en bon ordre de 150 hommes.Arrangue.Vive le Roy, le reste à l'ordinaire etc.Ordre à eux de mettre en sûreté les bois du Roy qui peuvent se trouver sur les grèves et d'en avertir le L' Gouvr.Remerciment et reforme du vieux capitaine P« Ma ill ou seulement à cause de son grand age. 438 ARCHIVES DE QUÉBEC Cassé et oté les commissions donnés par le gouvernement aux nommés Jean Vallé lieut.et André Marcoux enseigne pour s'être soumis par crainte aux ordres des rebels.Pierre Parent cap.nommé par le congrès des rebels.Charles Girou a engagé ses deux fils Benjamin et Louis Girou au service des rebels à 401b par mois, Louis Binet a tenu la même conduite pour son fils; l'un et l'autre pressèrent ces jeunes gens le jour de l'action du trente un décembre d'aller porter secours au camp des rebels.Pierre Duprat a servie sous le capitaine P1» Parent en qualité de sergent pour eux.Louis Galarnaux homme marié s'est engagé au service des rebels.Louis Maheu\u2014ditto.Le fils de la veuve Jean Marcoux de même et quelqu'autres de cette paroisse.Alexandre Vallé a crié à la porte de l'église devant les habitans si les rebels né peuvent pas prendre la ville, il faut que nous allions leur aider.Gautier cordonnier a fait méchamment serment devant le nommé Reigné de Roussi officier des rebels que les sieurs Larche et Garnau avaient fait leurs efforts pour soulever les gens de lisle d'Orlean en faveur de la ville.Enfin le plus grand nombre des habitans de cette paroisse ont monté la garde et assisté en différentes manières les rebels.Partis pour l'Ange Gardien à 10 heures du matin.ANGE GARDIEN Curé Mr Dolbec.Samedy 25 may.La milice assemblée à 4 heures après midy.Lecture faite de nos commissions.Etablis pour officiers et lecture faite de leurs commissions: Michel Huot cap.commissioné par Son Excellence le 7èm.juillet 1775 continué ayant tenu la conduite d'un fidei sujet.Philipe Trudel lieutenant par nous commissioné 25 mai.Simon Lecomte Serge ns Mathurin Huot Revue en bon ordre de 70 hommes.Harrangues, Vive le Roy etc.\"Ordre à eux de mettre en sûreté les bois du Roy qu'ils trouveront sur les grèves et d'en avertir le lieut.gouverneur.Cassé et oté les commissions donnés par le gouverneur à Louis Goulet lieutenant et Chs Cantin enseigne pour avoir servi les rebels avec affection.Nicolas Lecomte accusé d'avoir demandé une commission de capitaine aux rebels, fait publier la dite commission dans la paroisse et a agi en la d« qualité et avec dureté dans ses commandements pendant tout l'hiver, a desarmé lui même le d* capt.Michel Huot et a fait aussi desarmer par les rebels les nommés Guillaume Hébert, Prisque Cantin, Joseph Huot, Ignace Caùté et Simon Lecomte pour avoir refusé de se conformer aux ordres des rebels; a fait prendre des bœufs à plusieurs habitans et enfin s'est servi de touts les moyens qu'il a cru devoir prendre pour mar- ARCHIVES DE QUÉBEC 439 quer son affection au service des rebels; en consequence des connaissances cydessus nous avons fait venir le dit Comte lequel nous a assuré qu'il avait brûlé la dite commission, avons déclaré devant toute la paroisse et denomé le dit Le comte indigne et incapable de jamais posséder aucune charge pour le service du gouvemem' ni même de la paroisse jusqu'à ce que la volonté du general soit conue; et annoncé que si le dit Lecomte n'avait pas eu brûlé sa commission nous l'aurons fait brûler par la main du bourau au défaut duquel par sa propre main.Le sus mentioné capt.Michel Huot a déclaré que 18 seulement de cette paroisse dont il n'a pu donner les noms pour le moment ont servi de bonne volonté, et le reste de la paroisse forcément.Partis pour le Chatau à 5 heures du soir.CHATAU RICHE Deservie par le curé de Ste-Anne.Dimanche 26 may.La milice assemblé à 8 heures du matin.Lecture de nos commissions.Oté la commission de capitaine donnée par Son Excellence au nommé Ustache Bacon et nous l'avons cassé ayant servi les rebels en sa dite qualité de capitaine paraissant y avoir été forcé.Nous en avons agis de même a l'égard du sieur Zachary Cloutier pour les mêmes raisons et après plusieurs recherches et informations n'ayant trouvé aucun habitant de cette paroisse digne d'être revêtu de commission du Roy nous en avons marqué notre indignation à la tête de la milice et avons renvoyé la nomination des officiers à mardy 28 du present à 9 heures du matin et avons continué les baillifs dans l'office de leur exercice jusqu'à ce temps.Partis pour Ste-Anne à 10 heures du matin.STE-ANNE Curé Mr Hubert.La milice assemblée à 4 heures.Lecture de nos commissions.Remerciement au sieur Chevalier pour sa fidélité à son Roy, offre de la commission de capitaine s'il voulait laisser son metier de cantinier, ce qu'il a décemment refusé.Cassassion de Bonavanture Lessard commissionê l'autonne dernier par Son Excellence pour avoir commandé en sa dite qualité de capitaine pour les rebels paraissant y avoir été forcé.Cassassion de Jean Paré nommé capitaine de St Feréol l'autonne dernier par.commission de Son Excellence General Carleton n'ayant jamais voulu accepter la dite commission.Officiers établis: Augustin Symarre capt.Jn B*e Racine dit Noyer lieut.Fran\" Lessard j _ Joseph Giguère i SerBens 440 ARCHIVES DE QUÉBEC POUR ST FEREOL Desservie par le curé de Ste Anne.Prisque Paré capt.a Point de lieutenant la compte étant trop faible.Joseph Gagnon sergent.Reforme des baillifs.Dimanche 26 may.Harangue pour recommander la soumission au Souverain.Vive le Roy.Le reste à l'ordinaire etc.Augustin Lacroix a incité plusieurs jeunes gens de la paroisse à s'engager dans le parti des rebels, il a monté la garde au Sault, tenant presque toujours des propos séditieux.Il s'est opposé au passage des habitans de St Joachim qui voulaient l'autonne passé aller offrir leur service au gouverneur, en un mot a été un des plus mauvais sujet de la paroisse.Chretien Giguere s'opposa l'autonne dernier et engagea les autres a en faire de même c'est à dire de refuser les commissions du Roy, il a plusieurs fois à la porte de l'église vanté la force et la puissance des rebels pour persuader que la ville était dans la plus cruelle situation.Il faut observer que cet homme a beaucoup de credit dans la paroisse.Les trois garçons d'un nommé Augustin Cymard ont monté la garde et ont porté plainte au rebels contre ceux qui refusaient de la monter.Presque tous les habitans de cette paroisse ont monté la garde au Sault avec des fusils, plusieurs jeunes gens chargeaient leurs fusils avant de partir pour tirer disaient-ils sur les gens de la ville dans le cas ou ils feraient une sortie sur eux.Caron du Plaquet dit Chevalier cantinier de la ville a exercer son metier pendant l'hivert à Ste Anne c'est lui qui lisait tous les ordres du congrès a la porte de l'église.Il écrivait les reponces au congrès pour le capt.de la paroisse nommé Bonaventure Lessare qui avoit été précédemment commissioné par le Roy.Il a été plusieurs fois au camp des Rebels porter des provisions et quand il en revenait il disait partout ou il passait quil leur était arrivé des forces et que leur nombre était de onze mil hommes souvent il a ébruité que la ville dans ses sortis avait eu des désavantages.Un jour que les rebels avait eu une allarme a l'Hôpital General il marcha avec eux accompagné du nommé Lesperance de St-Joachim pour sopposer aux troupes du Roy.Partis pour St Joachim à 6 heures du soir.ST JOACHIM Curé Mr Corbin.Lundy 27 may.La milice assemblée à 8 heures du matin.Lecture de nos commissions.Cassassion du capt.Jean Trudel commissioné par le Roy pour avoir fait un commandement dans la paroisse par ordre des rebels.Rèmerciment a lui fait ensuite d'avoir refusé constamment d'exécuter aucun de leurs ordres et pour s'être refusé a tout service en leur faveur s'étant même laissé desarmer forcément et ayant donné jusqu'à ce moment toutes preuves d'un zélé serviteur du Roy. ARCHIVES DE QUÉBEC 441 Harangue en faveur de la bonne conduite du plus grand nombre de cette paroisse.Reproches à ceux qui ont été affectionês aux rebels.Reforme des baillifs.Nommés pour officiers: Joseph Paré, ancien lieutenant, capt.François Fortin lieutenant Guillaume Gosselin ) RenéGagnon i xt&ata Revue en bon ordre de 86 hommes.Le reste à l'ordinaire etc.Il faut observer que le capt.Joseph Paré s'est montré pendant l'hiver si affec-tiorfé au parti du Roy quil s'est attiré plusieurs desagremens de la part des rebels.Le nommé Lesperance a rendu aux rebels tous les services qui pouvaient dépendre de lui.Il a prêché la Rebellion dans toutes les paroisses ou il a passé et nommément dans celle cy.Il avait réussi a sy faire un parti et comme il pensait que Mr Gravé prêtre et le curé Corbin nuisait à ses projets il les a fait traduire au camp, en un mot il avait été proclamé capitaine et en cette qualité a repondu a la confiance que pouvait avoir en lui les rebels tant pour l'exécution de leurs ordres que pour faire piller les fermes des prêtres.Pierre Alaire a servi les rebels en qualité de major et commandait en cette qualité pour les gardes et pour les voitures de concert avec Lesperance.Quelques habitans de cette paroisse ont monté la garde une et deux fois et ensuite presque tous s'y sont refusé.Le nommé Jean Marie Mercier, garçon, s'est engagé aux rebels et les a servi deux mois par promesse de 40 L par mois dont il n'a rien touché.Dix de cette paroisse ont été desarmés par une garde de Canadiens commandée par un officier bastonais conduite par Lesperance parce que ces gens furent soup-sonés de vouloir se joindre au parti levé dans le sud par Monsr Baujeu en faveur de la ville.Huit habitans ont été conduits a la garde des rebels pour s'être refusé d'aller monter la garde au Sault.L'officier commandant après les avoir menacé les fit conduire par une escorte a la garde de Beauport pour les forcer de monter la garde.Ceux ci allors pour l'éviter proposèrent aux gens qui composaient cette garde de leur donner chacun une piastre et par ce moyen ils furent élargis et s'en revinrent chez eux.Le landemain ils partirent 20 hommes et furent au camp chercher leur curé qui y était detenu il leur fut accordé et remenèrent chez lui.Le nomê Gravel cordonier homme fin et rusé a été très attaché au parti des rebels sans cependant s'être jamais compromis.Il soufflait sourdement autant qu'il en trouvait l'occasion et encourageait les habitans en qui il connaissait quelques affection pour le congrès.Partis à 5 heures pour retourner au Chatau.RETOUR AU CHATAU RICHE 1 Mardy 28 may.La milice assemblée à 9 heures du matin.Harrangue sur la mauvaise conduite de cette paroisse.Reformé les baillifs. 442 ARCHIVES DE QUÉBEC Nommination des officiers et lecture de leurs commissions.Joseph Cazau capt.j Ignace Gravel lieut.i -J8mav François Poulin j JeanToupin j agents Revue en bon ordre de 73 hommes.Crié trois fois Vive le Roy.Pierre Gravel cabaratier et grand ami de Lesperance tenait des assemblés chez lui tendant à maintenir l'esprit de rebellion dans la dite paroisse et parlant avec mépris des chefs royalistes, il n'a point monté la garde raport à son grand age mais a fait monter son fils.Chs Ta i lion et Jean Trepaigné principaux opposans de la paroisse, lors de l'établissement de la milice l'automne dernier et ont toujours tenu des discours séditieux dans la paroisse faisant espérer la prise de Quebec jusqu'au dernier moment.Le dit Trepagnê a déclaré à Dugan le 8 décembre qu'il y avait à une des fermes des prêtres du sel appartenant à un bourgeois de Quebec.Toute cette paroisse a l'exception des vieillards a monté la garde au Sault cette hivert, une grande partie parait l'avoir monté avec affection et l'autre partie sans une grande opposition.Traversé à la Ste Famille Ile d'Orléans à 10 heures du matin.ILE D'ORLEANS PAROISSE STE FAMILLE Curé M.Udau.Mardi 28 may.La milice assemblée à 4 heures du soir.Lecture de nos commissions.Nominations des officiers et lecture de leurs commissions: Jacques Perraut capt.\\ Pre Deblois dit Germain lieut.! 28 may Etienne Drouin fils de Pierre J Etienne Giguere ) Augustin Bauché j sergens Jacques Pichet ' Revue en bon ordre de 120 hommes.Harrangue, Vive le Roy etc.Appelle et fait venir Bazil Bauché dit Morancy en presence de toute la dite milice.Fait venir une lumière dans une lanterne et obligé le dit Bauché de nous livrer la commission de capitaine qu'il avait accepté des rebels dont lecture a été faite a haute voix et ironiquement obligé ensuite de la brûler lui même en lui disant qu'a deffaut de bourau il en faizait l'office, cette execution a parut faire beaucoup d'impression sur toute l'assemblée.Le dit Bazil Bauché Morancy chargé quoique sourdement d'être grand partizan des rebels et faisant agir ses sergents dans ses commandemens avec vigilance, il a ARCHIVES DE QUÉBEC 443 conjointement avec B1» Lognon engagé la paroisse a monter la garde au bout de l'Ile et ont menacé le capitaine Perrault de brûler ses batimens pour avoir l'autonne dernière fait commander ses enfants pour le service du Roy.Joseph Leureau a toujours tenu des discours séditieux et fourni des vivres aux rebels.Baptiste Grancham dit Comelier homme seditieu s'est vanté d'avoir fait 60 voyages au camp c'est par ses intrigues que Bazil Bauché Morancy son beaupere a été fait capitaine par les rebels.Il cria un jour au sortir de la messe devant l'officier du congrès Reigné de Roussy : Je declare, je crois qu'il ny a que moy et Prémont dans la paroisse qui sommes les vrais amis du congrès.Il a été à la paroisse St François dire aux habitans que les gens de la Ste Famille étaient tous déterminés à monter la garde pour les rebels et que comme le dit Reigné de Roussi allait venir les commander pour ce sujet, il leur recommandait de ne se pas refuser.Mr Premont a servi comme sergent de Bauché Morancy.Ignace Avare de même, ce dernier a conduit au bout de l'Ile trente jeunes gens pour y monter la garde et y a resté avec eux huit jours, il a sans cesse taché de persuader qu'il ne viendrait point de secours à la ville et enfin a beaucoup contribué a pervertir la paroisse.Drouin Lemaine refusa l'autonne dernière la commission de capt.pour le Roy et sur la menace qu'on fit de brûler la paroisse si elle ne fournissait 15 jeunes gens pour aller à Montreal, il repondit avec arrogance \"nous sommés en état de vous recevoir\", et aussitôt il s'emploïa à soulever la paroisse et partit avec ce qu'il put ressembler à St Pierre ou ils trouvèrent un certain nombre de gens de St François, il partit ensuite avec un détachement pour aller monter la garde au bout de l'Ile afin de sopposer aux demarches de la ville si elle en faisait pour les brûler.Un certain nombre dans cette paroisse ont fait tous leurs efforts pour se montrer bons royalistes.Couché à la Ste Famille et partis à 7 heures pour St François.ST FRANCOIS\u2014ILE D'ORLEANS Curé Mr Guarne.Mecredy 29 may.La milice assemblée à 10 heures du matin.Lecture de nos commissions.Nominations des officiers et lecture de leurs commissions: Joseph Lepage capt.{ commission 29 may Jacques Guérard lieut.i 1 Louis Pépin fils de Louis j M t8 Joseph Droum \\ Revue en bon ordre de 70 hommes.Harrangue.Vive le Roy etc.Réformation des baillifs.Cassation de Jean Plante, Joseph Belouin et Jean Labbê commissionês du gouvernement cette autonne pour avoir monté ou fait monter la garde pour les rebels.Appelle et fait venir Louis Pépin dit Major; en presence de toute la dite milice lui avons dit qu'étant informés qu'il était en pocession d'une commission de capi- 444 ARCHIVES DE QUÉBEC taine de milice à lui donné par les rebels laquelle nous étions surs qu'ils n'avait reçu que par crainte et faiblesse puisqu'il avait toujours montré des sentimens d'obéissance envers son Roy cependant que nous le condannions pour avoir eu la bassesse d'accepter la dite commission, de la brûler de ses propres mains au deffaut d'un bourau.Apres lecture faite d'icelle a haute voix et ironiquement ce qui a été sur le champ en presence de toute la milice de cette paroisse.Jean Acelin s'est donné tous les mouvemens possible vis a vis des rebels pour avoir la commission de capitaine de milice de la dite paroisse a quoi il réussit puisque la commission lui avait été adressé et qu'elle n'a été transmise au dit Louis Pépin qu'a la demande d'un grand nombre d'habitans qui ne voulurent point accepter le dit Acelin par ce qu'il avoit déjat fait un commandement de 50 hommes et qu'il paraissait de caractère a se faire obéir en zélé rebel.Le dit Jean Acelin, Jean Marçau le gros Collet, Jean Labbé lieut.cassé, Augustin Marçau et Michel Hemond ont toujours été les moteurs et plus mauvais sujets de la paroisse ces mêmes sont auteurs d'un parti de révoltés qui se rendirent l'au-tonne dernière au bout de l'Ile pour sopposer aux ordres du gouvernement a l'occasion des commandements.Une partie de cette paroisse a monté la garde et l'autre nayant point été commandée ne l'a point monté.Partis à 2 heures du soir pour St Jean.ST JEAN\u2014ILE D'ORLEANS Curé Mr Mennard.Mecredy 29 may.La milice assemblée à 4 heures du soir.Lecture de nos commissions.Nominations des officiers & lecture de leurs commissions: Louis Gênais dit Labarre capt.j 29 may Franc Pépin dit Lachance lieut.> Joseph Blanchard j _ J.Bte Deroussel i BCt8Clls Revue en bon ordre de 110 hommes.Reformation des baillifs.Cassation de Joseph Blouin capt., Laurant Gênais dit Labarre, capt.en second, Laurant Tivierge lieut., Guillaume Audi dit Lapointe, enseigne, pour avoir monté la garde au bout de l'Ile pour les rebels, et le capt.susdit Joseph Blouin pour avoir seulement et par une politique par lui mal entendue prévenu les habitans d'un ordre qu'il lui avait été enjoint par les rebels quoique nous sachions qu'il a refusé toutes commissions des rebels qu'il les a méprisé et s'est comporter en toute autre occasion en vray et fidel sujet du Roy.Jean Hemont a pris une commission de capt.des rebels, et Joseph Plante celle de lieutenant tous deux nous ayant à la tête de la dite milice protesté (sur la demande que nous leur avons fait de leurs dites commissions données par les rebels) qu'ils les avaient brûlé dès il y a trois semaines; nous leur avons dit qu'ils avaient par avance exécutés toutes les marques de mépris et d'indignation que nous voulions faire ARCHIVES DE QUÉBEC 445 connaître pour de telles commissions en les faisant brûler au défaut de bourau par leurs propres mains devant toutes la paroisse ainsy qu'il avait deja été fait dans quelques paroisses, declarant (sauf autre jugement) les dits Jean Hemont et Joseph Plante indignes et incapables de jamais posséder aucue charge pour le service du Roy ainsy que pour celui de la paroisse et avec ordres aux habitans de la paroisse de ne jamais les recevoir en aucune assemblée quelconque.Le dit capt.Jean Hemont a fait tous ses commandemens avec force et authorité pour prouver son zele et a fait plusieurs voyages au camp des rebels.Joseph Plante son lieut.encore plus mauvais sujet par ses discours séditieux et son impertinance dans ses commandemens.Etienne Dalaire âgé de 68 ans avait d'abord pris commission des rebels mais après s'en est demis en faveur de Jean Hemond.Pierre Gagné, Jean Marie Tivierge, Antoine Gobeille, fils de Berthelmy, et les dénommés cy dessus sont tous les plus mauvais sujets de la paroisse; ils étaient cette autonne à la tête d'un parti de 20 à 25 hommes qui se transporta au bout de l'Ile pour sopposer aux ordres du gouvernement pour les commandemens.Il parait que Laurant Gênais dit Labarre noté cy devant n'a tombé en faute que par faiblesse et crainte ayant protesté depuis sa faute qu'on le brûlerait plutôt que de lui faire servir les rebels ainsi que les autres officiers cassés.Tout le monde a l'exception des nouveaux officiers nommés ont monté la garde cet hiver, le plus grand nombre de bonne volonté, quelques uns cependant n'étant point venus a leur tour de commandement n'ont point monté.Jacques Tramblê & François Louverdiere ont servi en qualité de sergents des rebels.Louis Hemond aussi mauvais sujet que son frère le capt.des rebels a porté beaucoup de farine au camp, plusieurs ont aussi porté leur farine au camp sans y être forcés.Partis jeudy 30 may à 7 heures du matin pour St Laurent.ST LAURENT\u2014ILE D'ORLEANS Deservie par Mr Pinet vicaire de Monseigneur Desgly.Jeudy 30 may.La milice assemblée à 9 heures du matin.Lecture de nos commissions.Cassation des suivants commissionés pour le Roy: Marc Dufrene capt.Guillaume Sinmar lieut.Antoine Chabot enseigne.Pour les raisons que nous donnerons cy après.Reforme des baillifs.Reproche aux habitans de la paroisse qui ont presque tous monté la garde.Nommination des officiers: Louis Rouleau capt.Pierre Labile lieut.Franc Rouillé 1 Antoine Couture > sergents François Ruel J 446 ARCHIVES DE QUÉBEC Invitations aux habitans de porter leurs denrées en ville etc.Vive le Roy etc.Revue en bon ordre de 96 hommes.Les officiers que nous avons cassé ont servi les.rebels en cette qualité.Le sieur Marc Dufrêne a crié a la porte de l'église que ceux qui n'obéiraient pas aux ordres du congrès seraient pillés, en un mot il a toujours marqué un grand zèle et attachement pour les rebels.Joseph Fortier fit tous ses efforts l'autonne dernier pour empêcher Louis Roulau d'accepter une commission pour le Roy en lui dizant que le general n'avait pas le droit de commander.Laurent Audet dit Lapointe et Louis Colombe ont été au camp cet hivert et ont toujours parlé en faveur des rebels; ils étaient des principaux dans la rebellion de l'autonne dernier; ils ont monté la garde dans ce temps devant l'église et au Trou St Patry et déterminèrent les habitans d'en faire autant craignant, disaient ils, que la garnison de la ville ne vint pour les brûler.Ignace Sivadier et Joseph Chabot fils ont été commander ou engager les habitans pour monter également la garde afin de se preserver des incursions que pourait faire la ville.Partis pour St Pierre à 2 heures après midi.ST PIERRE\u2014ILE D'ORLEANS Desservie par Monseig1' d'Orilé.Jeudy 30 may.La milice assemblée à 5 heures du soir.Lecture de nos commissions.Cassation de: Franc Leclaire capt.et Michel Montigny enseig.pour-les raisons cy après expliquées.Reformation des baillifs.Nomination des officiers et lecture de leurs commissions: Joseph Cauté capt.] Prisque Plante lieut.j 30 may Jean Ferlan enseigne J Pierre Ferland ) Joseph Gosselin ; sergents Chs Crepau 1 Revue en bon ordre de 120 hommes.Harrangue.Vive le Roy etc.REMARQUES Francois Leclaire établi capitaine l'autonne dernier a été cassé et sa commission retiré pour avoir en la dite qualité de capt.fait exécuter les ordres des rebels.Michel Montigny Enseigne, idem, pour avoir été grand partisant et zélé sujet des rebels; c'est lui qui a perverti le capt.Le clair, a encourager les habitans dans la sédition, les a détourné de tous conseils donnés par Monseigneur Dorilé, a voyagé souvant au camp, il était trop vieux pour monter la garde. ARCHIVES DE QUÉBEC 447 François Chabot et Pierre Choret père serg' pr les rebels sont les deux orateurs de la paroisse qui s'opposèrent a Messrs Mabane, Grant et Boisseau lorsque l'autonne dernier ils voulurent faire des officiers.Ils ont tout l'hivert été au bout de l'Ile ou était la garde a encourager les jeunes gens dans l'esprit de la rebellion ne pouvant eux mêmes monter la garde à cause de leur grand age.Joseph Langlois cou chroche et Gabriel Langlais voyant les officiers de la paroisse nommés par Mrs Mabane Grant et Boisseau dans le presbitère de Mr Desgly, la paroisse assemblée à la porte dirent à moi main forte pour enlever les dits officiers afin qu'ils ne reçussent aucun ordre.Il se présenta avec eux les nommés Pierre Choret fils, Jean Goulet, Baptiste Nolin (mort) et quelques autres que la fermeté de Monseigr d'Orilê arrêta.Le plus grand nombre des habitans de cette paroisse ne voulurent point entrer dans cette affaire et s'en allèrent sans rien dire.Pierre Naulin fils, Louis Grégoire fils, André Goulet se sont engagé pour le service des armes au rebels pendant 4 mois à 40 lb.par mois n'ont point été payés ont seulement eu une paire de souliers de beuf chacun.Le dit Joseph Petrus Langlais cou chroche n'a cessé d'aller au camp cet hivert porter plainte contre plusieurs personnes et notament contre Monseigr Dorilé; il a fait son possible pour prouver son affection aux rebels et endurcir le sort des bons sujets; lui et son cousin Gabriel Langlais sont les auteurs qui ont été cause que Joseph Cauté présentement capt.a été conduit au camp ou il a resté dix jours.Ces deux sujets passent pour les deux plus mutins de la paroisse; l'un a 28 ans et l'autre 30 ans, ils n'ont pas monté beaucoup de gardes se rendant par ailleurs plus utils aux rebels.Louis Ferlan, Louis Dorval, fils, Charles Poulet, François Montigny, Joseph Paradis, fils, et Chatigny, n'ont cessé tout l'hivert d'aller au camp et se sont toujours montré partisants des rebels par leurs actions.Environ le quart de cette paroisse ont monté la garde pour les rebels volontairement, une partie forcément et les autres ne l'ont point monté du tout.La femme d'Augustin Chabot surnommée ironiquement par les habitans la reine d'Hongrie a perverti par ses discours séditieux en courant les maisons d'un bout à l'autre presque tous les habitans; il parait que cette femme a beaucoup de langue et a fait suivant le rapport de plusieurs habitans beaucoup de sansation dans leurs esprits.Isaak Goudrau accadien a été très souven au camp cet hivert et allait avec les Bostonais en qualité disait il d'interprètes faire prendre les effets de la ferme de Monsr Boisseau et le blé du moulin de Mons.Dupré ainsi qu'ailleurs.Marin Gourdau douteux.Le Brun Gourdau et le veuf Gourdau ont parût se bien comporter.Jean Richard Parent, fermier de Monsr Boisseau, a prouvé par la conduite qu'il a toujours tenu qu'il a été bon et fidel sujet du gouvernement.Beaulieu, du faubourg St ftoch, qui a été passer l'hivert à l'Ile d'Orléans a fait prendre un nommé Govrau de Quebec et qui a hiverné dans la dite Ile disant qu'il ramassait des provisions pour la ville; il s'est comporté en mauvais sujet tout l'hiver.Nolet, Louis Leclaire fils du capt.bostonais, Jean Leclair et Louis Aubin notés pour mauvais sujets.Un nommé Joseph Turgeon, petit, cheveux blon, hab' de la Pointe Levy a fait 448 ARCHIVES DE QUÉBEC le metier tout l'hivert d'aller avec un garde bostonaise dans les campagnes chercher les royalistes qui paraissaient mieux se montrer pour les conduire aU camp en prison.Couché à St Pierre et partis le lendemain à 5 hrs pour Quebec Partis de Quebec dimanche 2 juin à 2 heures après midi pour St Foye.STE FOYE Deservie par Mr Desroches curé de Lorette.Dimanche 2 juin.La milice assemblée à 3 heures après midi.Lecture de nos commissions.Cassation du capt.Franc Traversy commissioné par Mr Murray pour avoir exécuter les ordres des rebels en la dite qualité et pour avoir refusé une nouvelle commission l'autonne dernier.Reforme des baillifs.Nomination des officiers reconnus par la lecture de leurs commissions: Antoine Samson capt.commissioné par le general Carleton le 7 juillet 1775.Francois Noizeu capt.en second pour le Cas rouge le 2 juin 1776.Joseph Migneron serg' pour Ste Foye.Michel Masse serg1 pour le Carouge.Harrangue.Vive le Roy etc.Revue en bon ordre de 47 hommes.REMARQUES Le nommé Coska Hamel fit une invitation aux garçons de la paroisse de prendre es armes pour les rebels le lendemain de l'action du 31 décembre.Cassation de Guillaume Larose, capt.en second pour le Roy, j il n'avait pour avoir servi les rebels en la dite qualité; la maladie l'a empêché , pas de de se trouver a la revue.) commission.Louis Routier et Augustin Petitclair ont toujours parlé en faveur des rebels et contre l'intérêt du Roy.La paroisse a fait 225 facines; un certain nombre ont charié du bois et des échelles et tous ont fait des corvées, la plus part contre leur inclination.Les deux sergents des rebels étaient Prisque Lapointe et le susdit Coska Hamel.Partis pour St Augustin 5 heures du soir.ST AUGUSTIN Curé Mr Beriau.Lundi 3 juin.La milice assemblée à 9 heures du matin.Lecture de nos commissions.Revue de 150 hommes.Reproches aux habitans pour avoir servi les rebels par corvée et diverses fournitures.Annoncé aux habitans que pour des raisons à nous connues nous ne jugions pas à propos d'établir et faire connaître les officiers de milice de la paroisse; que tous les ordres passeraient jusqu'à nouvel ordre comme à l'ordinaire. CERTIFICATS DE CATHOLICITÉ DU RÉGIME FRANÇAIS Nous soussigné curé officiai et grand vicaire general certifions que Le Sieur Etienne De Breuil en tout ce qu'il nous a paru de lui s'est comporté comme vray catholique En foy dequoy nous avons signé ce présent certificat au dit Québec le 27 octobre mil sept cent vingt six.Boullard, Ptre.Nous soussigné curé de Québec certifions que Monsieur La Noullier de Boisclair s'est comporté jusqu'à présent en bon catholique, fait à Québec le huitième jour d'aoust mil sept cent trente.Boullard, curé de Québec.(1) (1) Archives de la province de Québec. ARCHIVES DE QUÉBEC 449 sergents Les baillifs continués et en consequence nous en avons donné avis à l'hw» lieutenant gouvr par une lettre que nous lui avons écrit le même jour.Augustin Gingras reconnu capt.parcomission de Son El« le general Murray et recontinué en consequence de la proclamation de Son Elcel\" le general Carleton, a en la dite qualité servie les rebels dans l'exécution ponctuelle de leurs ordres sans aucune opposition de sa part.Ce même refusa l'autonne dernier une commission nouvelle de capt.; il ne parait pas cependant avoir encouragé par aucuns conseil ni menace les habitans en executant les ordres.Il est encor en possession de la comis-sion du general Murray.* Il n'a point établi d'officiers subalternes ni de sergens cet hivert, ayant lui même exécuté tous les ordres des rebels.Fran« du nommé Allen, il est actuelement chez son père.Ch* Chandonnet capt.pour les rebels avait refusé l'autonne dernier une commission du Roy et toute la paroisse parut fort opposée à en recevoir.Les rebels n'ont exigé d'eux pendant l'hivert que 14 voitures qui ont été une fois porter des effets au camp devant Quebec.Partis pour St Pierre à 7 heures du soir.ST PIERRE LES BECQUETS Le Père Louis, Rec.curé miss\" Dimanche 16 juin.La milice assemblée à 8 heures du matin.- Lecture de nos commissions.Appelle & cassé pour les raisons que nous donnerons cy après: Pierre Viola capt.Guillaume Bertrand lieut - commissionés pour le Roy l'autonne dernier.Antoine Trotier ensg. ARCHIVES DE QUÉBEC 463 Nous les avons déclaré indignes de poceder à l'avenir aucune charge pour le gouvernement.Officiers nommés par election de la paroisse en février par ordre des rebels: Augustin Brisson capt.Joseph Maillot lieut.Augustin Trotier ense Baptiste Lafond \\ Louis Grondin [¦ sergents Bapt Touzignant i Appelle & demandé s'ils ont reçu des commissions des rebels et ont repondu que non; après les avoir humilié pour une conduite si scandaleuse nous les avons déclaré indignes de poceder à l'avenir aucune charge pour le gouvernement.Réforme des baillifs.Nous avons nommé pour officiers: Pierre Rbberge capt.Jean Moras lieut.Leur avons recommandé de maintenir l'obéissance & la vigilance pour faire exécuter les ordres du Rôy, de faire tenir les chemins en bon ordre.Revue en bon ordre de 36 hommes.Vive le Roy etc.Pierre Viola a publié un ordre des rebels à la porte de l'église qui deffendait à la paroisse d'avoir communication avec la ville.Il a remis en février au command' rebel des Trois Rivieres la commissi qu'il avait reçu l'automne dernier pour le Roy.Il ne parait cependant pas les avoir servi avec affection et avant que ces usurpateurs fussent entrés dans la Province il avait servi avec zèle pour le Roy.Il a même pendant l'hivert parlé plusieurs fois en faveur des royalistes.Le sieur Guillaume Bertrand a rendu la commission qu'il avait reçu pour le Roy sans la moindre opposition c'est la raison pour laquelle il a été cassé.Le sieur Antoine Trotier refusa de recevoir l'autonne dernier sa commission d'enseigne pour le Roy elle a toujours resté entre les mains du capt.c'est la raison* pour laquelle il n'a pas été recontinué.Un certain nombre d'habitans de cette paroisse ont présenté au commandant de l'armée du congrès une requête dont nous avons copie contre ceux qui desaprou-vaient leur zèle pour les rebels et contre leur pasteur qui leur refusait les sacrements.Cette complainte a occasioné une réprimande & des menaces au Pere Louis, leur curé, par une lettre qui lui a été écrite par l'aide de camp du command' des rebels du 30dbre laquelle nous avons retirée.Neuf habitans de cette paroisse furent l'autonne dernier sous la conduite d'un nommé Brisset habitant de Chambly au service des rebels soi disant capt.chez le nommé Louis Goin à Ste Anne; lui firent plusieurs insultes le menacèrent de faire brûler sa maison, l'obligèrent de leur donner 96 shelins de cette Province en argent, quelques effets & ses armes.Ces coquins se disaient authorises par Mr Montgomery.sergents REMARQUES 464 ARCHIVES DE QUEBEC Nous avons leurs noms et le detail de cette affaire par une lettre que le sieur Louis Goin écrivit le 3 mars passé au Père Louis laquelle nous avons retiré.Les habitans qui présentèrent la requête dont nous avons parlé cy devant montèrent la garde en bas de cette paroisse vers la Toussaint pendant dix jours sous les ordres du nommé Ch» Brisset pour empêcher que les troupes du Roy ne vinssent les piller ou les brûler.Les rebels n'ont exigé de cette paroisse que deux corvées pour voiturer partie pour la Pointe au Tremble et les autres pour le camp.Noms de ceux qui ont présenté la requête et monté la garde: Michel Perault, Bazil Perault, Tilly Brisson, Valentin Maillot, Prisque Maillot, Chandonet, Jacques Baptiste Antoine Touzignant, Franc Barry, Antoine Spenard, Gabri' Spenard, Franc Grondin, Joseph Maillot et Alexis Maillot.Noms de ceux qui ont été insulter & piller Goin: Franc Barry, Gabriel Spenard, Chandonet, Antoine Spenard, Jacques Langlais, Bl= Touzignant, Valentin Maillot, Prisque Maillot & François Grondin avec Ch» Brisset.Partis pour St Jean à une heure après midy.Desservie par le Père Louis.Dimanche 16 juin.La milice assemblée à 3 heures du soir.Lecture de nos commissions.Cassation de Nicolas Maillot capt.Reforme des baillifs.Nomination d'un capt.recônu par la lecture de sa commission: Jacques Bodet capt.Cette paroisse n'a reçu aucun ordre de la part du gouvernement l'été dernier.Lorsque Mr Le cuver fit sa tournée dans les campagnes du gouvernement de Québec pour établir les officiers de milice, il remit une commission de capt.à Nicolas Maillot premr baillif de la paroisse, lequel dit Maillot a négligé ou plutôt n'a pas voulu se faire reconnaître pour capt.de la paroisse & a toujours agis comme baillif c'est la raison pour laquelle nous l'avons cassé.Les rebel s n'ont envoyé aucun ordre dans cette paroisse pendant tout le temps qu'ils ont été dans cette.Province, Il n'y ont pas non plus fait faire d'officiers cette hivert comme dans les autres paroisses.Valentin Maillot et Baptiste Touzignant se sont joints volontairement avec les gens de St Pierre, il y a eu cinq ou six autres habitans qui se sont laissé bonne- ST JEAN DE L'ECHAILLON Revue en bon ordre de 22 hommes.Harrangue.Vive le Roy etc.REMARQUES LETTRE DE JOSEPH CAUCHON Québec, 24 Octobre 1844.Cher ami.Je pars demain malin à 7 heures pour l'Ile où les nouvelles sont extrêmement favorables.J'ai un service à le demander que tu ne me refuseras pas sans doute.Je le prie d'aller dimanche à SI.Joachim el au Château pour y parler en ma faveur.Rhéaume ira à l'Ange Gardien et à Ste Anne, le Dr Bardy à St.Pierre et à St.Laurent de l'Ile, et moi à St.François el à Ste.Famille.Je reviens demain soir et je te donnerai des lettres pour M.Guerin de St.Joachim et M.Charles Rhéaume de Château.Touche surtout à cette corde: la jeunesse.Souviens-toi que c'est une justice, puisque Taschereau vient comme il a voulu le faire l'année dernière contre des personnes qu'il dit être des mêmes principes que lui.Ton ami, JosCauchon.(1) (1) Archives de la province de Québec. ARCHIVES DE QUÉBEC 465 ment entraîner par le conseil de ces deux premiers & de ceux de St Pierre pour monter la garde avec eux ils n'y ont resté que très peu de temps.Partis pour l'obiniere à 5 heures du soir.LOBINIERE Mr Gauin, curé.Lundy 17 juin.La milice assemblée à une heure après midy.Lecture de nos commissions.Appelle & cassé: Baptiste Hamel \\ baillifs pour le Roy & qui ont servi en cette qualité les Baptiste Bodet / rebels.Nous les avons déclaré indignes de jamais posséder aucune charge sous le gouvernement.Nommé pour officiers: Jean Leclair capt.Fran Pierre Lepage Joseph Morin dit Miscou Baugis Joseph Martin Pierre Noel La verrière François Thibault Bazil Fortier Jean Bte Thibault Jean Saintonge Les dénommés cy dessous ont voiture à la Pointe Levy 100 minots de blé qui avait été volé par les rebels au moulin de Mad.Lanaudiere: Jacques Bélanger Michel Telier Fran» Acelin Ustache Roy Ustache Fortin Nicolas Fradé Ils ont reçu pour payement un certificat.Les nommés Pierre Lepage & Beaugis se sont mis en chemin pour joindre les rebels dans l'affaire de Blay mais ils arrivèrent trop tard,\" l'action étant finie. ARCHIVES DE QUÉBEC 481 Le plus grand nombre de cette paroisse furent l'autonne dernier à l'assemblée séditieuse de la Pointe Levy et ensuite ils montèrent la garde dans cette paroisse craignant les forces du Roy.Ils ont fait trois feux par ordre des rebels ce printemps dernier pour les avertir de l'arrivée des vaisseaux, et ils les faisaient garder par des habitans armés.Ils ont porté pendant l'hivert leurs denrées à la Pointe Levy et les ont vendu aux rebels.Partis pour Berthier à une heure après midi.BERTHIER Desservie par Mr Bedard.Lundy 8 juillet.La milice assemblée à trois heures du soir.Lecture de nos commissions.Réforme des baillifs.Nomination des officiers: Eloy Mercier capt.Paschal Corivau lieut.François Mercier J Jean Mercier j sergents Bte Blay fils de Bte ' Revue en bon ordre 64 hommes.Harrangue, Vive le Roy etc.REMARQUES Cette paroisse et notam' le bout d'en haut s'opposa l'autonne dernier à la nomination des officiers du Roy pour leur paroisse.Joseph Morancy premier baillif noté pour un des plus mauvais sujets de la paroisse.Il fut l'autonne dernier avec la plus part des habitans de cette paroisse à l'assemblée séditieuse et tumultueuse de la Pointe Levy.Luy et une partie s'y1 rendirent et l'autre partie ayant rencontré les habitans qui s'en revenaient s'en retournèrent chez eux.A la suite de cette assemblée, cette paroisse monta la garde pour s'opposer au gouvernement craignant quelque commandement forcé ou punition.L'une-était chez Germain Beaudoin une autre chez Jacques Lavoye et une troisième dans l'ance de Bellechasse où le baillif était lui-même.Le dit Morancy baillif, soit par ordre ou par zèle ayant connaissance du corps de royalistes qui se formait en bas, fit faire une garde où il commandait lui même chez Rbderich McEndire composée de 15 ou 29 hommes et où étaient les només: Bazil Dion Louis Nadau Jean Nadau Louis Fortier garçon Jacques Boutin Joseph Provençal etc 31 Janot Nadau Jacques Blanchet Joseph Lessard Jean Isabel Joseph Lemieux fils 482 ARCHIVES DE QUÉBEC ST FRANCOIS DU SUD Mr Bédard, curé.Mardi 9 juillet.La milice assemblée à neuf heures du matin.Lecture de nos commissions.Appelle et cassé: Pierre Morin capt.pour le Roy.Joseph Gervais lieut.pour le Roy Louis Thibault Jean Fran» Picard Joseph Dumas sergens de Jean Nadau ayant conaissance que Donald MacKinnon était allé observer les découvreurs qui furent jusqu'à la Pointe à la Caille dont nous parlons dans le journal de Beaumont, et se doutant que le dit Donald McKinnon en irait prévenir le parti royalistes fit son rapport à Joseph Morancy qui l'envoya prendre chez lui par Jean Nadau, Joseph Lessard, Louis Nadau, Jacques Boutin et Joseph Lemieux.Joseph Morancy baillif.Louis Nadau Le Cadien (déserté) Jacques Boutin fils André Lavoye Michel Lacombe ¦ Joseph Lemieux > se sont trouvés tant à l'action donnée chez Blay Bazil Dion [ qu'après l'action.Louis Dion Jean Nadau Chs Morancy Bu tau Gabriel Bedouin Le dit Joseph Morancy fut après s'être trouvé à l'affaire de 25 mars fut le lendemain chez Mr Cunot & fit prisonier le sieur Duberger chirgn qui pensait alors la plaie de Mr Baillif, ne donnant volontiers pas le temps au dit sieur Duberger de penser son malade et le traitant ainsy que Mr Bailli très audacieusement et enfin il a été un très mauvais sujet depuis le commencern* jusqu'à la fin et en a donné toutes preuves; c'est lui qui a commandé pour faire faire les feux qui servaient de signaux, presque tous les habitans de cette paroisse ont fait et gardé les dits feux.Dans le commencement de may la paroisse nomma par ordre de Clement Gosselin, François Chretien pour capt.et Joseph Morancy lieutenant.Notés pour mauvais sujet: Bte Blay fils d'Augustin, Augustin Blay fils, Grif-fard fermier de Dubord, Joseph Charité et son frère, etc.Cette paroisse a toujours marqué beaucoup d'affection pour le party des rebels et notamment le bout d'en haut.Partis pour St François à 6 heures du soir. ARCHIVES DE QUÉBEC 483 Nous avons appelle et indigné les officiers suivants établis par ordre des rebels: Pierre Butau capt.Joseph Dumas enseigne.Reforme des baillifs.Nous avons nommé et commissioné pour officiers: Louis Blay capt.Pierre Boissonau dit Saintonge lieut.Ignace St Pierre 1 Pierre Morin a fait aficher un ordre des rebels à la porte de l'église.Il reçut à Berthier du nommé Clement Gosselin un ordre venant des rebels pour commander aux habitans de sa paroisse sous peine d'être pillés et brûlés de se joindre aux rebels pour marcher contre le détachement du Roy à St Pierre; à son arrivée il remit cet ordre à Joseph Dumas son sergent et celuy ci se contenta de le porter dans quelques maisons.Il faut observer qu'il s'en revint de Berthier icy avec le susdit Gosselin et le nommé Ayot; et ces deux asemblèrent aussitôt une partie de la paroisse pour monter la garde pendant la nuit.Il a suivit les rebels à St Pierre mais il ne parait pas qu'il se soit trouvé à l'action.Joseph Gervais a refusé constamment d'accepter la commission d'enseigne pour le Roy craignant la disgrace de ses confreres.Les sergents nommés cy devant ont servi en cette qualité les rebels.Le nommé Noël Laplanche a crié à la porte de l'église que ceux qui étaient pour le congrès eusent à s'assembler chez Moïse Morin; le plus grand nombre y furent on y dressa une requête pour demander la permission de faire des officiers.Moïse Morin et Pierre Butau furent chargés de la porter au camp, en réponse on convoqua de nouveau une assemblée des habitans à laquelle Clement Gosselin présidaient, et on nomma les officiers que nous avons cité cy devant.Les suivans étaient les plus séditieux et les plus attachés aux ennemis du Roy; ceux qui commandaient pour la garde de Berthier en autonne; ceux qui arrêtèrent les armes à la main les vivres achetés pour Québec par le sieur Prou dans l'autonne et qui les portèrent à l'armée des rebels: Pierre Forgeau Jacques Morin Noel Laplanche Pierre Butau Joseph Dumas Bap** Forgeau Louis Thibault Prisque Laprise sergens Revue en bon ordre de 46 hommes.Harrangue.Vive le Roy etc.OBSERVATIONS 484 ARCHIVES DE QUÉBEC Voici les noms de ceux qui ont marché contre le détachement du Roy à St Pierre: Jean Boulet dit Matelot François Gendron fils est 1 e seul de cette paroisse qui ait été se joindre à Mr Beaujeu.Presque la moitié de cette paroisse furent à l'assemblée séditieuse de la Pointe Levy l'autonne dernier et montèrent la garde à Berthier.Ils ont été vendre leurs denrées à la Pointe Levy et à Ste Foy pendant l'hivert.Partis pour St Pierre à trois heures après midy.Mr Curot, curé.Mercredi 10 juillet.La milice assemblée à une heure après midi.Lecture de nos commissions.Appelle et cassé les suivants nommé officiers pour le Roy l'autonne dernier par les raisons que nous donneront cy après et déclarés indigne à l'avenir d'aucun employe pour le gouvernement : Louis Fontaine lieut.Joseph Morin enseigne Prisque Laprise ) Augustin Blanchet J sergens Joseph Valiere \\ Pierre Forgeau Noel Laplanche et son fils Joseph Blay Jean Morin fils de Moïse Jacques Robert François Beaudoin Isaac Gervais Pierre Leclaire Jean Boulet Rondau Fran» Boulet Pierre Butau & son fils Joseph Jean Maire Julien Pigeon Lamotte Garant Joseph Dumas Jacques Morin Ducharme Jean Fran» Picard Antoine Morin fils de Jean Michel Acelin Jacques Gendron fils de François Joseph Boulet Louis Morin Louis Thibault Michel Laflame Joseph Gendron Antoine Lachaine Son fils Antoine do Joseph Laflame Pierre Morin Moise Morin père Robert Boulet père Louis Giasson et son fils Jean Bap- tiste Ustache Ch.Ouimare Alexis Blanchet Augustin Picard Ignace Terrien René Laprise ST PIERRE DU SUD ARCHIVES DE QUÉBEC 485 Nous avons indigne et déclaré incapables d'employés sous le gouvernement: Jean Blanchet capt.-v només par election de la paroisse dans une assemblée Augustin Morin lieut.| ordonnée par Clem* Gosselin qui l'a commandé lui-Jean Dessince dit St ï même & fait commander par Aug\" Morin, tenue Pierre enseigne ) dans le mois d'avril chez le dit Augus» Morin.Reforme des baillifs.Nous avons continué et nommé pour officiers: Michel Toussaint Blay capt.Michel Blay fils, lieutenant.Antoine Talbote dit Gervais Louis Pellerin I Pierre Blanchet fils de Louis f Sergents Jean Blay fils de Joseph J Harrangue à l'ordinaire aux officiers pour leur recômander l'équité mais surtout la fermeté pour arrêter tous gens suspects ou qui tiendront des propos indécens contre le gouvernement pour faire tenir les chemins en bon ordre etc.Revue de 91 hommes.Vive le Roy etc.OBSERVATIONS Louis Fontaine a été vu en armes le soir de l'action chez Michel Blay il venait de St François chercher de la poudre et un barrit d'eau de vie par ordre du nommé Ayot.Le samedy saint il assembla chez lui la paroisse par ordre des rebels et demanda si quelqu'uns voulaient s'engager pour eux à 40 1.par mois.Les sept dénômés cy après acceptèrent cette offre, partirent pour la Pointe Levy où ils ont servi jusqu'au moment où les rebels ont pris la fuite pour l'ors ils s'en revinrent icy: Joseph Ayot Le nommé Gauvin Jean Bte Monmeny Augustin Picard Un des enfants de Jean Marot Noel Gagné.Beaupré Cloutier Joseph Morin repondit au sergent qui fut le cômander pour se joindre au détachement du Roy, qu'il ne marcherait ni pour ni contre: son engagé était pour les rebels à l'affaire de Michel Blay.Augustin Blanchet après avoir commandé pour se joindre au détachement de Mr Beaujeu, fut avec le nômé Jean Dessaince dit St Pierre avertir les rebels de ce mouvement et il s'en revint avec leur armée; cependant il n'a pas été vu à l'action.Pierre Laprise \\ ont agis en leur qualité de sergens pour les rebels et ont mar-Joseph Valiere Y ché comme on le verra contre Michel Blay excepté Pierre Germain Morin ' Laprise.Augustin Morin a fait prendre 60 minots de blé chez Joseph Blay et 50 minots chez Louis Fontaine.Il parait cependant que les propriétaires n'y avaient pas grande opposition il a fait menercr^e grain aux rebels à la Pointe Levy par des gens de la paroisse.Les uns et les autres n'ont eu pour payement que des reçus. 486 ARCHIVES DE QUÉBEC Cy dessous vous avez les noms des plus opposés au gouvernement qui ont soulevé la paroisse et rendu le plus de service aux rebels: Augustin Morin Jacques Picard Pierre Morin Augustin Blanchet Augustin Rousseau Charles Cloutier Jean Dessaince dit St Pierre Noms de ceux de cette paroisse qui se joignirent aux rebels dans l'action passée le 25 mars chez Michel Blay contre les milices du Roy: Jacques Picard Joseph & Jean Martin Antoine Morin, ses deux fils et son ne- René Mathieu veu Louis Fontaine Charles Mathieu fils et son père Ignace Letournau Bazil Picard Alexandre Blanchet et ses deux fils Paul Marot Marchetere engagé chez Augus» Bou- Augustin Picard chard Augustin Morin Jean Bte Chartier Jean Bte Amois Germain Morin Pierre Picard François Cloutier fils de Gabriel Jean Dessaince dit St Pierre et son Augustin Roussau fils Jean Roussau Augustin Valiere Joseph Valiere Augustin Gervais Jean Izabel fils Joseph Lavaigne Augustin Mathieu Joseph Ayotte Louis Marie Picard Joseph Gervais André Picard Charles Cloutier Jean Bte Montmeny engagé de Joseph Morin.Les suivans ont été à la solde des rebels pendant un certain temps: Louis Gagnon Antoine Izabel Cormark écossais Joseph Ayotte Charles Cloutier fils de Joseph Le fils aine de Laurent Cloutier François Blanchet fils d'Alexandre Michel Blay père et Michel Blay fils sont les seuls de cette paroisse qui aient été pillés tant par les Bostonais que par les Canadiens rebels; ce fut après l'action du 28 mars.Nous en avons l'état.Les preuves authentiques du zèle et de l'affection du sieur Michel Blay pour son Roy nous ont déterminé à le continuer capt.quoi qu'il paroisse avoir eû une petite faiblesse et voicy comment.Le nommé Ayotte des côtes d'en bas, capt.pour les rebels vint icy en janvier dernier, pria le capt.Michel Blay d'annoncer à la porte de l'église que ceux qui voudraient s'engager pour le congrès eussent à se présenter, ce que Blay exécuta, mais en apparence et comme il le dit avec intention d'empêcher un plus grand mal et effectivement, il s'expliqua d'un ton si ironique qu'il ne se présenta personne. ARCHIVES DE QUÉBEC 487 Vous avez cy après les noms de ceux de cette paroisse joins à Blay pour le Roy: Mr Baillif prêtre Hyacinthe Peltier -.Michel Blay fils Jean Izabel, il est encore prisonier Berthelmy Gagné .Louis Pèlerin Louis Malbeuf Antoine Talbot dit Gervais Julien Fontaine Jean Blay fils de Joseph.Il y a seulement environ 9 familles de cette paroisse qui étaient vraiment affidées au gouvernement.Presque tous ont été à la Pointe Levy et à Ste Foy vendre leurs denrées pendant l'hivert.\u2022 Dix à douze furent à l'assemblée séditieuse de la Pointe Levy l'automne dernier.Environ 20 ont monté la garde à Berthier l'autonne dernier pendant près d'un mois.Partis pour St Thomas à trois heures après midi.ST THOMAS Mr Maisonbasse, curé.Jeudi 11 juillet.La milice assemblée à 9 heures du matin.Lecture de nos commissions.Nous avons appelle & cassé quoiqu'absens pour les raisons que nous donnerons cy après.Joseph Côté capt.pour le Roy.Nous avons apellé indigné et déclaré indignes à l'avenir d'aucun employe pour le gouvernement les suivans établis officiers par les rebels nommément: Joseph Lamonde, soit disant colonel Jean Baptiste Picard \\ Joseph Boulanger r officiers Victor Olivier ' Thomas Founder V Antoine Lamare / ser8ens Plusieurs étaient absens.Appelle et cassé Louis Thibault établi capt.par election de la paroisse à la fin d'avril.Réforme des baillifs.Nommés pour officiers et commissionés: Jacques Thibault capt.Jacques Nicol lieutenant René Gagné enseigne Jacques Thibau fils -t Pierre Caron J- sergens Francois Mignau J Zachary Bonau dit Labecasse ï Jean Bte Berneche / «\"S*™ 488 ARCHIVES DE QUÉBEC Harrangue à l'ordinaire.Revue en bon ordre de 121 hommes.Vive le Roy etc.OBSERVATIONS Joseph Coté a fait exécuter les ordres des rebels en sa qualité de capt.et a paru en différentes occasions zélé à leur rendre service.Les dénommés cy dessous ont été les plus séditieux de cette paroisse ont soulevé les habitans dès les commencemens, commandé pour monter la garde à Berthier en autonne, ont fait tous leurs efforts pour nuire aux milices sous le commandement de Mr Beau jeu, en un mot ont aidé et assisté les rebels en tout leur pouvoir: Joseph Lamonde Victor Olivier Jean Bte Picard Thomas Fournier Joseph Boulanger Le nommé Levesque notaire dans cette paroisse a fait des Placets sur lesquels il a fait signer plusieurs habitans pour engager les rebels à venir dans cette paroisse et leur a dit qu'il y avait des effets appartenant au Roy chez quelques particuliers et entre autres chez Mr Maisonbasse le curé.Il parait que c'est par ses avis que les rebels ont pris 3 banques de vin de Bordeaux chez le dit curé.En un mot, il a été très opposé au gouvernement & au petit nombre de bons sujets qu'il y avait dans cette paroisse.Les suivans ont été à la solde des rebels à 40\"> par mois: Le fils de Thomas Fournier.Le fils de la veuve Prou de la riviere à la Caille Dion de la riviere du Sud.Bazil Fournier Clement Dépré fils.Un des enfans de Charles Lacombe.Cy après vous avez les noms de ceux de cette paroisse qui étaient pour le Roy à l'action passée chez MI Blay: Desilets Couillard Janot Jacques Nicol Le petit garçon, fils de la femme de Joseph Thibault fils Janot, tué René Gagné Stellson anglais, mort de la picote Bazil Prou Roger Thibault fils Gaudrau du Bras Augustin Dominique Louis Thibault capt.elû par la paroisse a eû la bassesse d'accepter cet employ, cependant, il ne parait pas avoir eû occasion de rendre beaucoup de service aux rebels. ARCHIVES DE QUÉBEC 489 Les suivants sont ceux de cette paroisse qui devaient marcher contre les rebels sous les ordres de Mr Beau jeu: Le plus grand nombre des habitans de cette paroisse montèrent la garde icy l'autonne passé pour empêcher qu'il ne fut des provisions à la ville et pour s'opposer aux forces dû Roy dans un cas de débarquement dans cette paroisse.Quelques uns se mirent en marche l'autonne dernier pour se rendre à l'assemblée séditieuse de la Pointe Levy, mais ayant apris en chemin que chacun se retirait ils s'en revinrent chez eux.Le plus grand nombre était opposé au gouvernement et affectioné aux rebels.Partis pour le Cape St Ignace à 2 heures après midi.Desservie par Mr Hingan.Jeudi 11 juillet.La milice assemblée à 3 heures après midi.Lecture de nos commissions.Cassation de Augustin Bernier capt.pour les raisons que nous donnerons cy après.Reforme dès baillifs.Nomination des officiers: Joseph Fournier capt.Jean Bte Bernier lieut.François Guimont ^ Ebert Couillard Bernard Duberger François Mignau François Gagné fils de Joseph Lesperance fils Bélanger fils de la femme de Felix Cardron Dambourgès Le garçon de Jacques Thibault Joseph Couture Baptiste Dupuis Jean Després du Bras Louis Gagné fils de la veuve Gagné du Bras Cymare Labe casse Roger Gagner François Boulet Nicolas Metivier Louis Dupuis Louis Marie Thibault Alexis Gosselin Abel Michon CAP ST IGNACE Fran* Dion fils de Joseph François Lebreux Joseph Lagacé Revue en bon ordre de 84 hommes.Harrangue etc.REMARQUES Le capt.Augustin Bernier a été cassé pour avoir donné autant qu'il était en son pouvoir toute assistance aux rebels par ses conseils séditieux son affection et 490 ARCHIVES DE QUÉBEC vigilance à exécuter leurs ordres tant pour corvées, diverses publications, assembler le monde chez lui pour les engager au service des rebels que pour la direction et garde des feux.Il prêta un serment de fidélité au service des rebels à la demande de Clement Gosselin qui le fit reconnaître de nouveaux pour capt.et lui retira la commission qu'il avait reçut du general Carleton.Louis Rigaut dk Bemier fut nommé lieut.dans le même moment; quoique ne voulant point prêter de serment, il a par faiblesse fait exécuter quelques ordres en cette qualité, ce que la peur seule lui a fait faire ayant auparavant montré de l'affection et de l'obéissance au gouvernement.Il envoya un de ses enfans sous les ordres de Mr Beaujeu.Baptiste Dion fut nommé enseigne aussi par le dit Clement Gosselin quoique absent dans le moment dans l'assemblée de la paroisse; son zèle et son affection pour les rebels ne fit pas douter de son acceptation.Il s'est engagé aux rebels à 40lb par mois ainsy que les nommés Joseph Gravel, Pierre Balar, un des enfans de feu Joseph Boulanger, Bte Boulé, Maurice Rodrigue et un Gagné, Fran* Fortin fils de Louis et un Forgeau furent jusqu'à St François du Sud prévenir Forgeau Laplanche père du dit Forgeau qu'il se levait un parti royaliste commandé par Mr Beaujeu.Nottés pour mauvais sujets: Augustin Bernier capt.Baptiste Dion Fran» René Fortin Philipe Fortin Forgeau etc.Denis Fortin Cette paroisse a beaucoup marqué d'affection pour le parti des rebels et n'a pas voulu obéir aux commandemens du Roy l'autonne dernier.Le sieur Lebrun cy devant avocat a tenu la conduite tantôt d'un zélé sujet et tantôt d'un fameux rebel.Il fit prendre conjointemt avec Ferré cet hivert le bled que Mr Duchesnay avait dans sa seigneurie de St R'och du produit de son moulin.Il est soubsonné d'avoir donné intelligence aux rebels du parti de Mons.Beaujeu dans le temps qu'il y était lui même.Un petit nombre de cette paroisse montèrent la garde dans la même intention qu'il est expliqué au journal precedent.Noms de ceux qui ont marchés contre les rebels sous les ordres de Mr Beaujeu: Benony Bernier fils du capt.qui a depuis commandé les rebels par ordre de Joseph Fournier Jean Bte Bernier Louis Fournier Magloire Fournier Ignace Lemieux fils de Louis Lazard Richard Le sieur Lebrun François Rocher Nicolas Silveste Un des enfans de Rigau Bernier Un des enfans de Jean Bte Bernier son père.Partis à 8 heures du matin 12 juillet pour l'Ilette. ARCHIVES DE QUÉBEC 491 ILLETTE Mr Hingan, curé.Vendredi 12 juillet.La milice assemblée à 9 heures du matin.Lecture de nos commissions.Cassation de Fran» Xavier Caron pour les raisons que nous donnerons cy après.Reforme des baillifs.Nomination des officiers: Jean Bte Couillard Desprês capt.Manuel Couillard Després lieut.Charles Fortin, enseigne.Francois Bernard -\\ Paschall Mercier Pierre Bouché f ser8ens Pierre Robichaud J Revue en bon ordre de 130 hommes.Harrangue etc.REMARQUES Nous avons cassé le capt.Fran* Xavier Caron pour avoir eû la faiblesse d'exécuter les ordres des rebels et avoir remis sa commission à Clement Gosselin qui le fit reconnaître de nouvau pour capt.dans une assemblée de la paroisse ce printemps et ou il lui fit prêter un espèce de serment de fidélité pour les rebels.Il fit cependant avec zèle les commendemens par ordre de Mr Beaujeu pour aller contre les rebels.Nous sommes assurés suivant les connaissances que nous avons pris qu'il n'y a que le grand age et la crainte des menasses qui l'a fait obéir aux rebels.Cette paroisse monta la garde l'autonne dernier pour les mêmes raisons que la paroisse du Cape St Ignace, ont fait les feux et les ont gardé par ordre du capt.Caron.Lorsqu'on voulut établir la milice l'autonne dernier cette paroisse ne se présenta qu'en très petit nombre.L'esprit de neutralité parait être celuy qui y a le plus reigné.Noms de ceux qui ont marché contre les rebels sous les ordres de Mr Beaujeu: Lebland a l'affaire de Blay Jean Després Germain Beaulieu Gaudrau Fran» Bernard Joseph Lemieux Marichon Caron Fran» Gagnon Nicolas Sanfaçon et Pierre Picard fils qui après s'est engagé au service des rebels à 40 I par mois il a reçu d'avance 4 piastres, il les a trompé n'ayant pas parti de chez lui. 492 ARCHIVES DE QUÉBEC Noms de ceux qui se sont engagés aux rebels à 401 par mois: Jacques Normand I , .Bon.Normand / Pour la navigation François Gaudrau Un Caron Deux fils de feu Fran» Bélanger Et Pierre Picard, fils, mentioné cy devant.Plusieurs de cette paroisse ont porté des denrées aux rebels pour les leur vendre.Partis pour St Jean à une heure après midi.ST JEAN PORT JOLI Desservie par Mr Hingan.Vendredi 12 juillet.La milice assemblée à 3 heures après midi.Lecture de nos commissions.Cassation de: Guillaume Fournier capt.Louis Fournier lieut.François Leclaire enseigne pour les raisons que nous donneront cy après.Reforme des baillifs.Nomination des officiers: François Duval capt.Charles Fortin lieut.'.1 nier j- Joseph Gagnon Augustin Fournier } sergens Louis Doustou Revue en bon ordre de hommes.Harrangue etc.REMARQUES Nous avons cassé le capt.Guillaume Fournier pour avoir en sa dite qualité à la vérité sans affection mais par faiblesse fait exécuter les ordres des rebels.Il fit avec zèle et vigilance tous les commandemens de Mr Beaujeu pour le service du Roy et a conduit lui même son monde à Mr Beaujeu jusqu'à la Pointe à la Caille; mais depuis il a exécuté encore les ordres des rebels jusqu'à commander des assemblées pour lever du monde pour le service des rebels.Il refusa à la vérité les derniers ordres cônaissant sa faute & pour lors la paroisse fit une assemblée par ordre de Clement Gosselin et nommèrent pour capt.Julien Chouinard fameux et zélé rebels, Joseph Desrosiers do, Jean Legotti et Laurent Caron sergents que nous avons tous indigné.Nous avons cassé le lieutenant Louis Fournier pour avoir non seulement exécuté les rebels en sa dite qualité et pour s'être aussi engagé au service des rebels à 401 par'mois. ARCHIVES DE QUÉBEC 493 Nous avons cassé l'enseigne François Leclaire pour avoir par ordre du capt.Fournier commandé pour les rebels quoique nous ayons connu, par nos informations, qu'il a toujours montré beaucoup d'affection et obéissance au service du Roy.Notés pour mauvais sujets: Julien Chouinard, Joseph Desrosiers, Dupuis, forgeront, Jerome Dupuis, Janet Dechaine.Les feux ont été faits et gardés par le commandement du capitaine Chouinard.Noms de ceux qui se sont engagés au service des rebels à 40 1.par mois pour porter les armes: Louis Fournier, lieut.Antoine Laterreur fils Joseph Carier Noms de ceux qui se sont joints au corps de Mr Beaujeu : Guillaume Fournier McLoad Augustin Peltier Lemieux , François Caron Jean Marie Duval \u2022Germain Beaulieu Joseph Labbé Jean Marie Fortin Alexis Bellanger Jean Marie Chouinard Alexandre Fournier Fran» Xavier Gagnon Pierre Bellanger Cette paroisse ne s'est pas mieux conduite que les voisines.Partis pour St Roch à 6 heures du soir.ST ROCH Desservie par Mr Porlier.Samedi 13 juillet.La milice assemblée à 9 heures du matin.Lecture de nos commissions.François Peltier capt.~\\ Ils avaient été commissionés l'été dernier pour le Joseph Ouelet lieut.j- Roy et nommés sergens nous les avons appelle et Jacques Peltier enseg.J cassé pour les raisons que nous donneront cy après.Bazil St Pierre \\ Pierre Dubé J ser8ens Reforme des baillifs.Nommés et commissionés pour officiers: Jean Morin capt.Jean Marie Gastonguay lieut.Chs Peltier Pierre Bouchard Ste Marie St Pierre François Lizot Harrangue à l'ordinaire.Revue en bon ordre de 137 hom» Vive le Roy etc. 494 ARCHIVES DE QUÉBEC OBSERVATIONS François Peltier reçut en janvier dernier par Clement Gosselin & Ayot une proclamation par laquelle les rebels invitaient les habitans à prendre les armes pour eux et à leur porter des provisions.Il l'a fit lire à la porte de l'église par le nommé Michau Morin et l'afficha ensuite.Il réitéra cette même operation quelques tems après.Il a fait commander cinq voitures à la demande du sieur Lebrun pour porter une partie du bled volé au moulin de Mr Duchesnay par ordre des rebels, au cape St Ignace chez le dit sieur Lebrun.Apres le retour du détachement de Mr Beaujeu les rebels lui firent rendre sa commission de capt.et lui en délivrèrent une pour le service du congrès qu'il accepta.Il s'en démit environs un mois après en la remettant à un officier Bostonais.Il a fait commander pour le service des rebels des voitures et pour les feux leur servant de signal au printemps à l'occasion des navires.Il a désarmé lui même par ordre des rebels Antoine Gerbere.Il faut cependant observer que le dit François Peltier fut l'autonne dernier avec 6 de cette paroisse offrir ses services à Mr Cramahé qui eû la bonté de leur en donner des certificats.Il a paru commander avec zèle pour le detachem' de Mr Beaujeu en un mot il parrait qu'il y a eû plus faiblesse et de timidité que de mauvaise intention dans sa conduite.Les officiers & sergens dénommés en l'autre part ont été cassés pour avoir aidé et assisté François Peltier dans ses command pour les rebels en leurs qualités respectives.Le nommé Ferré a été (assisté de Monsr Jean Btc Lebrun) prendre environ 110 minots de blé au moulin et à la maison appartenant à Mr Duchesnay.Le sieur Metote beau frère du sieur Lebrun a été employé à le faire mesurer.Ce bled a été porté chez le dit sieur Lebrun au cape Ste Ignace par des voitures d'icy qu'ils ont commandé avec authorité.Joseph Queré munier de Mr Duchesnay declare que le sieur Lebrun lui dit en le menaçant qu'il fallait avoir la quantité de bled qu'il avait et que le sieur Lebrun lui envoya quelque temps après un reçu des rebels pour 90 minots qu'il avait livré d'un article.Noël Peltier fils 1 Joseph Peltier fils 86 80nt enSa8es et ont servi au camp des rebels à Le fils de Fran» Richard j 401 par mois.Cy dessous vous avez les noms de ceux de cette paroisse qui étaient pour le Roy à l'action passée à St Pierre : Joseph Morin garçon tué Jean Bte Duperé fils Fran» Morin garçon tué Le fils de Joseph Duchaine \u2022 Pierre Biaise Joseph Marie Saussier Fran» Peltier fils de Jacques ] Louis Peltier fils de François ARCHIVES DE QUÉBEC 495 Voicy les noms de ceux qui ont été avec Mr Beaujeu jusqu'à la Pointe à la Caille: Baptiste Dubé fils de Pierre Charles Blanchet s Louis Dupon fils de Jacques Joseph Ouelet Michel Ouelet fils de Fran» : Le fils du grand Joseph Ouelet Benoist Lebel fils de Roch Chrisostome Ouelet Jean Gagnon fils de Jean François Lassabloniere Michel Caron fils de Joseph Joseph St Pierre Michel Gagnon fils de la femme de Michel François St Pierre Caron Antoine Gerbere Joseph Larue Guillaume Lebel Jean Gerbere fils de Jean Le fils de Charles Peltier Caron fils de la femme de Jean Marie Cas- Jean Morin tonguay Par ordre du sieur Clement Gosselin la paroisse a fait trois feux pour servire de signal aux rebels à l'occasion des vaisseaux.Quelques uns firent icy la garde l'autonne passé dans la vue de s'opposer aux royalistes s'ils s'y présentaient.Louis Govin Le grand Joseph Ouelet ont été les plus séditieux, les plus opposés au gouvernement et les plus affectionnés au party des rebels.Cette paroisse parait en general avoir été moins rebelle que les autres.Partis pour Ste Anne à une heure après midy.STE ANNE Mr Porlier, curé.Samedi 13 juillet.La milice assemblée à 3 heures après midi.Lecture de nos commissions.Nous avons reformé le sieur Augustin Rioy dit Lauzier capitaine pour le Roy tant par sa faiblesse pour les rebels qu'à cause de son grand âge.Nous avons reformé également B1» Peltier enseigne pour le Roy pour faiblesse également envers les rebels, entr'autres pour avoir commandé le nommé Chs Lagace par ordre du capt.Roy d'aller avec sa voiture aider à mener le bled de Mr Duches-nay chez le sieur Lebrun au cape pour le service des rebels.Appelle et indigné: Germain Dionne capt.pour les rebels Joseph Soucy lieut.do.Jean Aintel dit St Jean enseig.do Charles Lagacé François Chretien Etienne Bohay Pierre Quimpere, sergents Quoiqu'il y en eû d'absents nous les avons tous déclaré indigne^ et incapables de jamais posséder d'employés sous le gouvernement. 496 ARCHIVES DE QUÉBEC Reforme des baillifs.Nommés et commissionés pour officiers: Augustin Roy fils dit Lauzier capt.actuelem' prisonier Bernard Lizot lieut.Jean Ouelet enseigne Louis Lauzier j Sebastien Ouelet Gabriel St Pierre Moïse Beaulieu Harrangue à l'ordinaire pour recommander aux officiers la justice mais surtout la fermeté dans l'exécution des ordres du Roy, pour faire arrêter tout étranger suspect et telles personnes mêmes les femmes qui tiendront des propos contre le gou-veroem' en faveur des rebels, pour faire tenir les chemins en bon ordre, pour les inviter d'aller en ville comme précédemment etc.Revue en bon ordre de 94 hommes.Vive le Roy etc.OBSERVATIONS Nous remarquons que les sieurs Augustin Roy et Bap\" Peltier ont toujours paru assez zélés pour le service du Roy et qu'il n'y a eu que l'ignorance et la crainte qui les ont fait écarter de leur devoir.Germain Dionne, Clement Gosselin sont deux fameux rebels qui ont aidé et assisté les ennemis du gouvernement de tout leur pouvoir.Ils ont soulevé des esprits, engagé du monde pour le service du congrès, baffouê et menacé les royalistes.Le dit sieur Clement Gosselin ne s'est pas contenté d'une telle conduite seulement dans cette paroisse il a parcouru toutes les autres jusqu'à 1s Pointe Levy, prêchant la rebelion partout, excitant à piller le petit nombre des zélés serviteurs du Roy et à les faire arrêter; lizant lui même aux portes des églises et forçant quelques fois les officiers du Roy à lire les ordres et proclamations des rebels.Il passait pour officier ambulant du congrès et en cette qualité recrutait et établissait quelques fois des officiers.Ce fameux scélérat ainsy que Germain Dionne n'ont point paru depuis la déroute des rebels.Le nômé Joseph Dionne notaire a commandé une assemblée pour inviter les gens de cette paroisse à s'engager pour le congrès.Il a servi de greffier dans les interrogatoires faites par Germain Dionne son neveu et Clement Gosselin gendre de Germain Dionne à l'occasion de l'évasion de Mrs Riverin Blondir, et Ferré.Louis Gosselin Langkris munier Le bonhomme Pasquet Ch* Lagacé sergens sont du nombre des plus séditieux et des plus affidés aux rebels. ARCHIVES DE QUEBEC 497 Voicy les noms de ceux qui se sont engagés au service des rebels sur le nombre desquels quelques-uns étaient à l'action passée S.t Pierre : Les deux fils du bonhomme Pasquet Augustin Fournier Les 3 fils de la veuve Pierre Deschaine Fran» Ayot Le fils de Germain Dionne Louis Langlois Bazil Lagacé Louis Gosselin Antoine Chretien Louis Morau Germain Duplessi fils Gervais Le fils d'Augustin Dionne Le fils de Joseph Dionne Gagné Le petit Jean Bohay Le nommé Ross écossais a reçu plusieurs mauvais traitements des rebels; il lui enlevèrent la charge de six voitures en vivres, cependant quelques prétendent qu'il leur avait vendu les dits vivres, soit par crainte ou pour en .tirer parti.Le dit sieur Ross après l'action de St Pierre ayant abandônê sa maison pour éviter la poursuite des rebels; ceux-cy chargèrent la goélette du dit sieur Ross d'une assez grande quantité de provisions qu'ils trouvèrent dans sa maison.Ils la menèrent jusqu'à St Roch où il l'abandonnèrent précipitamment sur la nouvelle que les vaisseaux du Roy approchaient.Cette goélette fut ramenée peu après avec les provisions chez le sieur Ross.Vous avez cy après les noms de ceux de cette paroisse qui étaient pour le Roy à l'affaire de St Pierre: Augustin Lauzier père ] Augustin Lauzier fils J encore pnsomers Duchouquet Jean Ouelet Bernard Saussier Williams, anglais, prisoniër Pierre Chouinard Joseph Francœur Les deux nommés Clermont menui-ziers.un capt.de navire naufragé à Mille Vaches mort de sa blessure.Voicy les noms de ceux de cette paroisse qui étaient restés avec Mr Beaujeu à la Pointe à la Caille: Le nommé Ross Antoine St Pierre Sebastien Ouelet Thomas Lamy Le nommé De gravier Antoine Guy Le nommé Marot Belonie Boutote Le domestique de Ross Jean Bte Lebrun Bernard Lizot père Jean Lafrance père Bernard Saussier père Gabriel St Pierre père Les habitans de cette paroisse ont voiture pour les rebels; le plus grand nombre leur ont été affectionés.Quelques-uns furent l'autonne dernier monter la garde dans l'ance seulement une nuit.Partis pour la Riviere Ouelle à II heures du matin.32 498 ARCHIVES DE QUÉBEC RIVIERE QUELLE Mr Parent, curé.Dimanche 14 juillet.La milice assemblée à midy.Lecture de nos commissions.Cassation de: tous officiers commissionés par le gen' Carleton l'été dernier que nous avons cassé pour des raisons que nous déduirons cy après.Fran» Gagnon capt.Joseph Beaulieu lieut.Nicolas Beaulieu enseig.Pierre Boucher, aide maj.Reforme des baillifs.Nomination des officiers: Joseph Boucher capt.Ignace Boucher lieut.Jean Morais Antoine Beaulieu Joseph Martin } sergens Jean B«* Berubé Paul St Laurant Revue en bon ordre de hommes.Harrangue, Vive le Roy etc.OBSERVATIONS Nous avons indiqué quoiqu'absent le nommé Bazil Dubé commissioné des re'uels qui les a aidé et assisté de tout son pouvoir, a soulevé les esprits, engagé du monde pour le service du congrès, baffoué et menacé les royalistes'etc.C'est luy aussi qui a pris l'inspection des feux servant de signaux de toutes les paroisses jusqu'à Rimousky.Nous avons indiqué Bonenfant fils (grand impertinent et insolent) pour avoir servi les rebels avec affection en qualité d'aide major nommé par le dit Bazil Dubé.Il a rendu cependant quelque tems après sa commission à la solicitation de sa femme et de son père.Nous avons cassé le susdit capt.François Gagnon pour avoir fait exécuter avec affection tous les ordres des rebels en sa dite qualité et pour avoir écrit cette hivert aux rebels qu'ils étaient luy et ses officiers capable de servir et qu'ils n'avait pas besoin d'en faire de nouyaux.Il a fait des assemblées pour engager du monde au service des rebels.Il a aussi lui même desarmé Jean Boucher après l'affaire du 25 mars.Nous avons cassé ses officiers subalternes pour avoir aussi exécuter ses ordres en leur qualité d'officiers; nous recônaissons néanmoins d'après nos informations l'aide major Pierre Boucher pour un bon et affectioné sujet du gouvernement qui en a donné des preuves dans toutes les occasions qui se sont présenté, même en marchant un des premiers au parti de Mr Beaujeu et en engageant par son exemple ARCHIVES DE QUÉBEC 499 et ses frères et quelques autres à marcher avec lui; mail il a eu la faiblesse après cette conduite de commander par ordre des rebels soit ea corvées ou pour les feux.Noms de ceux qui se sont engagés apris d'argent ce* Hivert au service des rebels: Augustin Lavoy fils et son frère Jean Berubé fils Pierre Martin Maurice Levesque Un nommé Martin couzin du premr Joseph Soucy et son frère Louis Martin.Jean Martin Etienne Perault Augustin Peltier Benjamain Deschaine Fran» Pinet Outre cela Bazil Dubé avait engagé ce printeins 15 en 20 autres jeunes gens pour le service de la navigation.Pierre Bérubé, les deux enfans de Jean Levesque (le diî.Jean Levesque present) et Pierre Plourdre frapèrent l'autonne dernier l'aide major Pierre Boucher qui servait en la àf* qualité de sauvegarde au sieur St Aubin, notaire, pour faire publiquement à la sortie de la messe la lecture d'un ordre du gênerai Carleton.Quelques habit» de cette paroisse firent l'autonne dernier la garde sur la Pointe dans la même intention que les paroisses voisines.Les feux servant de signeaux ont été fais et gardés rar ordre de Bazil Dubé comme dans les autres paroisses.Noms de ceux qui ont marché cet hivert sous les ordres de Mr Beaujeu : Pierre Boucher .Ignace Boucher Joseph Boucher, blessé à l'affaire de Blay Jean B^ Boucher Bazil Gagnon Le fils de Dominique Levesque Un Berubé fils de la femme de Michel Aumont Partis pour Kamouraska à 5 heures du soir.Nous avons laissé une feuille cy après sans être écrite ;ht recontinué notre journal sur un petit livret. TABLE DES MATIÈRES Pages Lettre de l'honorable M.Athanase David, secrétaire de la Province, à l'honorable M.Narcisse Pérodeau, lieutenant-gouverneur de la province de Québec.IH Lettre de l'Archiviste de la province de Québec à l'honorable M.Athanase David.V La seconde administration de M.de Frontenac.1 Correspondance échangée entre la cour de France et le gouverneur de Frontenac, pendant sa seconde administration (1689-1699).3 Instruction pour le sieur comte de Frontenac, gouverneur et lieutenant général pour le roi dans les pays de la domination de Sa Majesté en l'Amérique septentrionale (7 juin 1689).3 Mémoire pour servir d'instruction à monsieur le comte de Frontenac sur l'entreprise de la Nouvelle-York (7 juin 1689).12 Lettre du ministre au gouverneur de Frontenac (7 juin 1689).16 Lettre du roi au gouverneur de Frontenac pour accompagner la déclaration de la guerre au prince d'Orange, aux Anglais et Ecossais, fauteurs de son usurpation (30 juin 1689).16 Lettre du ministre au gouverneur de Frontenac (30 juin 1689).17 Lettre du gouverneur de Frontenac au ministre (15 novembre 1689).17 Lettre du gouverneur de Frontenac au ministre (17 novembre 1689).23 Lettre du gouverneur de Frontenac au ministre (30 avril 1690).29 Mémoire du roi au gouverneur de Frontenac et à l'intendant Bochart Champigny (14 juillet 1690).32 Lettre du gouverneur de Frontenac au ministre (12 novembre 1690).36 Lettre du gouverneur de Frontenac au ministre (20 novembre 1690).48 Mémoire du roi au gouverneur de Frontenac et à l'intendant Bochart Champigny (7 avril 1691).50 Mémoire du roi au gouverneur de Frontenac touchant l'Acadie et l'attaque du fort de Nelson dans la Baie du Nord.55 Lettre du ministre au gouverneur de Frontenac (7 avril 1691).57 Lettre du roi au gouverneur de Frontenac pour faire chanter le Te Deum pour la prise de Villefranche, des forts de St-Auspice Let de Mont-Alban, de Nice et de Monts (10 avril 1691) :.58 Lettre du ministre au gouverneur de Frontenac (13 avril 1691).59 Lettre du ministre au gouverneur de Frontenac (30 mai 1691).59 Lettre du gouverneur de Frontenac au roi (1691).60 Lettre du gouverneur de Frontenac au ministre (10 mai 1691).61 Décision prise par le gouverneur de Frontenac et l'intendant Bochart Champigny au sujet d'une expédition du sieur du Tast dans la Baie d'Hudson (16 juillet 1691).63 Lettre du gouverneur de Frontenac au ministre (12 août 1691).64 Addition faite à la lettre précédente (14 août 1691).65 502 ARCHIVES DE QUÉBEC Pages Lettre du gouverneur de Frontenac au ministre (30 août 1691).66 Mémoire du gouverneur de Frontenac au ministre en faveur de divers officiers et autres particuliers (15 octobre 1691).66 Lettre du gouverneur de Frontenac au ministre (20 octobre 1691).68 Lettre du gouverneur de Frontenac au ministre (20 octobre 1691).75 Mémoire du gouverneur de Frontenac sur les affaires du Canada, de l'Acadie et de Terre-Neuve (17 février 1692).76 Lettre du ministre au gouverneur de Frontenac (15 mars 1692).79 Lettre du roi au gouverneur de Frontenac et à l'intendant Bochart Champigny (7 avril 1692).79 Mémoire du ministre pour le gouverneur de Frontenac touchant l'Acadie.87 Mémoire du roi au gouverneur de Frontenac et à l'intendant Bochart Champigny.88 Mémoire du roi pour le gouverneur de Frontenac sur l'attaque du fort Nelson.98 Lettre du ministre au gouverneur de Frontenac (avril 1692).99 Lettre du ministre au gouverneur de Frontenac (avril 1692).102 Lettre du ministre au gouverneur de Frontenac (23 juillet 1692).103 Lettre du gouverneur de Frontenac et de l'intendant Bochart Champigny au ministre (15 septembre 1692).104 Lettre du gouverneur de Frontenac au ministre (15 septembre 1692).113 Lettre du gouverneur de Frontenac et de l'intendant Bochart Champigny au ministre (11 novembre 1692).123 Mémoire du gouverneur de Frontenac au ministre (1692).129 Lettre du ministre au gouverneur de Frontenac (14 février 1693).130 Lettre du ministre au gouverneur de Frontenac (4 avril 1693).132 Lettre du ministre au gouverneur de Frontenac (18 avril 1693).132 Lettre du ministre au gouverneur de Frontenac (avril 1693).133 Lettre du ministre au gouverneur de Frontenac (20 juin 1693).133 Lettre du ministre au gouverneur de Frontenac (24 juin 1693).134 Lettre du ministre au gouverneur de Frontenac (1693).134 Mémoire du ministre au gouverneur de Frontenac pour l'attaque du fort Nelson 136 Lettre du rninistre au gouverneur de Frontenac (4 mars 1693).138 Mémoire du roi au gouverneur de Frontenac et à l'intendant Bochart Champigny.138 Lettre du gouverneur de Frontenac et de l'intendant Bochart Champigny au ministre (7 août 1693).148 Lettre du gouverneur de Frontenac au ministre (14 août 1693).151 Lettre du gouverneur de Frontenac au ministre (25 octobre 1693).155 Lettre du gouverneur de Frontenac et de l'intendant Bochart Champigny au rninistre (4 novembre!693).____ 167 Lettre du ministre au gouverneur de Frontenac (13 mars 1694).180 Lettre du ministre au gouverneur de Frontenac (17 mars 1694).181 Mémoire du roi au gouverneur de Frontenac et à l'intendant Bochart Champigny sur l'entreprise de la Baie d'Hudson (21 avril 1694).182 Lettre du ministre au gouverneur de Frontenac (8 mai 1694).182 Lettre du gouverneur de Frontenac au ministre (25 octobre 1694).! 185 Lettre du gouverneur de Frontenac au ministre (4 novembre 1694).186 Lettre du gouverneur de Frontenac au ministre (4 novembre 1694).195 ARCHIVES DE QUÉBEC 503 Pages Lettre du gouverneur de Frontenac et de l'intendant Bochart Champigny au ministre (9 novembre 1694).196 Mgr Joseph-Octave Plessis.213 Inventaire de la correspondance de Mgr Joseph-Octave Plessis, archevêque de Québec, 1797 à 1825 (Première partie)____.215 Le chevalier de Raymond.c.'.317 Mémoire sur les postes du Canada adressé à M.de Surlaville, en 1754, par le chevalier de Raymond.323 Journal de Joseph-Gaspard Chaussegros de Léry, lieutenant des troupes, 1754- 1755.355 Un Journal de 1775-1776____.431 Journal par M.François Baby, Gabriel Taschereau et Jenkin Williams dans la tournée qu'ils ont faite dans le district de Québec par ordre du général Carleton tant pour l'établissement des milices dans chaque paroisse que pour l'examen des personnes qui ont assisté ou aidé les rebelles.435 VieiUe-Lorette.;.435 Jeune-Lorette.,.436 Charlesbourg.436 Beauport.437 L'Ange-Gardien.:.438 Chateau-Richer____.439 Sainte-Anne.439 Saint-Féréol.440 Saint-Joachim.440 Retour au Château-Richer.441 Ile d'Orléans.442 Saint-François (Ile d'Orléans).443 Saint-Jean (Ile d'Orléans).\u2022 ¦ \u2022 444 Saint-Laurent (De d'Orléans).¦ \u2022 445 Saint-Pierre (Ile d'Orléans).446 Sainte-Foy.448 Saint-Augustin.448 Pointe-aux-Trembles.449 Ecureuils.450 Cap-Santé.451 Deschambault.452 Grondines.453 Sainte-Anne.454 Batiscan.\u2022\u2022-«.456 Rivière Batiscan (Sainte-Geneviève).457 Champlain.458 Cap-la-Madeleine.458 Trois-Rivières.\u2022 ¦ 459 Bécancour.\u2022\u2022.459 Gentilly.461 Saint-Pierre-les-Becquets.\u2022.462 Saint-Jean-de-Deschaillons.464 504 ARCHIVES DE QUÉBEC Lotbinière.465 Sainte-Croix.465 Saint-Henry.468 Nouvelle-Beauce.469 Sainte-Marie.469 Saint-Joseph.471 Saint-François.473 Pointe-Lévy.473 Beaumont.475 Saint-Charles.477 Saint-Michel.478 Saint-Vallier.479 Berthier.481 Saint-François-du-Sud.482 Saint-Pierre-du-Sud.,.484 Saint-Thomas.487 Cap Saint-Ignace.489 L'Islet.491 Saint-Jean Port-Joli.492 Saint-Roch.493 Sainte-Anne.495 Rivière-Ouelle.498 TABLE DES PIÈCES PUBLIÉES EN FAC-SIMILÉ Pages Ordonnance de M.de Frontenac portant défense aux habitants de s'assembler sans permission (23 mars 1677)____ .1 Acte de concession d'une terre en roture par l'intendant Duchesneau à Marie- Guillemette Hébert, veuve de Guillaume Couillard.16 Acte de concession d'un fief par le gouverneur d'Avaugour à Charles Cr évier dit La Me8lée.32 Requête du procureur général Jean Bourdon avec jugement de l'intendant Talon____.48 Note de Mgr de Laval au sujet de sa seigneurie de l'Ile Jésus.64 Acte de concession d'un arrière-fief dans la seigneurie de la Pocatière, par M.Ruette d'Auteuil, en faveur de son fils.80 Supplique de Francois-Joseph Cugnet au Conseil Supérieur de la Nouvelle-France 96 Rapport du chirurgien Briault.112 Ordonnance de l'intendant Bigot.128 Requête de Robert Giffard au gouverneur de Montmagny.144 Jugement du gouverneur de Montmagny sur.le différend de Robert Giffard avec Jean Guyon et Zacharie Cloutier.160 Lettre de M.de Marillac (1629) où il est question de la Nouvelle-France.176 Ordre du lieutenant-gouverneur Cramahé au sujet de Jean-Antoine Panet.192 Document signé par l'adjudant général Léchelles, originaire de Montréal.208 Mgr Joseph-Octave Plessis (d'après une peinture des Archives).224 Bulle de Sa Sainteté Pie VII nommant l'abbé Joseph-Octave Plessis, évêque de Canathe.240 Bulle de Sa Sainteté Pie VII nommant Mgr Plessis coadjuteur de l'évêque de Québec.256 Lettre de Mgr Plessis à Mgr Denaut.272 Lettre de Mgr Plessis à Mgr Denaut.288 Lettre de Mgr Plessis à Mgr Denaut.304 Lettre de Cavelier de La Salle.'.320 Lettre de faire part à l'occasion de la mort de madame Panet, mère de Jean-Claude Panet, le premier Panet établi au Canada.;.336 Lettre de M.de Bellecombe, officier de Montcalm, qui devint gouverneur de Pondichéry.352 Déclaration de la République canadienne par Robert Nelson, en 1837 .368 Invitation de M.Biberon d'Equeville à son ami M.Verrier, procureur général du Conseil Supérieur de la Nouvelle-France.384 Lettre de M.Aubert de Gaspé, auteur des Anciens Canadiens, à M.de Beaujeu,.son petit-fils.400 Une note de l'historien Christie.416 Lettre du contre-amiral Bedout, originaire de Québec.432 Certificats de catholicité du régime français.448 Lettre de Joseph Cauchon.464 INDEX A Abênakis, Les, 39, 45, 61, 69, 91, 100, 107, 114, 175, 185, 188, 290, 291, 293, 299, 333, 334, 343, 365, 375.Abraham, Le nommé, 63, 64.Acadie, L\\ 43, 45, 51, 55, 62.83, 84, 87, 88, 91, 92, 94, 101, 114, 117, 127, 128, 130, 134, 144, 145, 156, 167, 175, 176, 181, 184, 189, 198, 202, 205, 327, 343, 417, Acadiens, Les, 257, 260, 460.Acha8abemé, Le chef outaouais, 414.Adam, Ignace, 476.Agniers, Les, 61, 65, 68, 70, 79, 91, 103, 123, 152, 159, 210, 425.Ailleboust d'Argenteuil, Le sieur d', 159.Ailleboust de Cerry, Philippe d', 403.Ailleboust de Menthet, Le sieur d', 21, 41, 152, 159.Aintel dit Saint-Jean, Jean, 498.Aldin, Le nommé, 111, 117, 136.Albany, 248.Algonquins, Les, 348, 365.Allain, L'abbé J.-B., 217, 221.222, 223, 225, 263, 268, 269, 283, 284, 292.Allain, Joseph, 435.Allaire, Jean, 484.Allaire, Pierre, 441.Allard, Frs, 437.Allard, Jacques, 437.Allé, Augustin, 474, 475.Allé, Ignace, 469.Allée dit Racapé, Joseph, 475.Allen, Le nommé, 462.Aloigny de la Groix, Le marquis d', 66.Amelin, Jean, 475.Amelotte, Marguerite-Louise, 319.Amérique, Les lies de 1', 133.Amiot, L'abbé M.-A., 234,237,240,241, 242, 247, 250.Amirkankan, 185.Ancienne-Lorette, 435.Andros, Le chevalier, 6.Angelran, Le Père, 107.Anger, Pierre, 449.Angleterre, L', 184.Anioton, 423, 425.Anse-aUx-Perches, L', 358.Anticosti, L'Ile d'.109, 112, 267.Antilles, Les, 10.Arbre-Croche, L',.406.Arbre-Sec, L', 40, 41.Arcand, P.-J., 452.Archambault, L'abbé Laurent, 263.Archambault, L'abbé Paul-Loup, 291, 296.Argenteuil\u2014Voir Ailleboust d'Argenteuil.Arguin, Dérome, 469.Arguin, Joseph, 469.Arnois, J.-B., 486.Arnold, Benedict, 431, 466.Arnold, Benoit, 467.Assaregoha, 373.Asselin (Acelin), Francois, 484.Asselin, Jean, 444.Asselin, Michel, 484.Association, La goélette /', 257.Aubé, André, 479.Aube, Pierre, 479.Aubert de Gaspé, Ignace, 375, 382, 383.Aubert de la Chesnaye, Charles, 25, 47, 136,150, 210.Aubin, Louis, 447.Aubry, L'abbé Laurent, 262, 270, 286, 307,314.Audet dit Lapointe, Guillaume, 444.Audet dit Lapointe, Laurent, 446.Auger de Subercase, Daniel, 93, 142, 165.Aux, Le chevalier d', 38,44,61,103, 111, 117, 118, 142.Avare, Ignace, 443.Ayot, Joseph, 485, 486.Ayot, Le nommé, 469, 474, 477, 483. 508 ARCHIVES DE QUÉBEC B Babin, Simon, 312.Babis, M., 373.Baby, L'hon.François, 431, 435, 473.Baby, L'hon.F.-G., 433.Baby, Le chef huron, 409.Baby, M., 237.Bacon, Eustache, 437.Badeaux, M., 432.Baie, Le poste de la, 97, 177, 320, 323, 329, 335,340,342,344.Baie des Espagnols, La, 131, 132.Baie de Fortune, La, 301.Baie de Nia8eurée, La, 360.Baie-Française, La, 78, 101, 114.Baie d'Hudson, La, 182, 186, 187.Baie du Nord, La, 136, 137, 146, 148, 149,164,176,182,197, 207.Baie-Saint-Paul, 266.Baie-Verte, 114, 154, 157, 327, 333.Bailly, M., 482.Bailly de Maintenon, Noël, 181, 192.Bailly de Messein, Mgr, 221, 222, 228, 290, 295, 487.Balar, Pierre, 490.Baptiste, Le capitaine, 156, 181, 183, 188,191.Barbeau, François, 436.Barbeau, Jacques, 436.Barbeau, Joseph, 436.' Bardy, L'abbé L.-M., 245, 247.Barfleur, 103.Baribeau, Michel, 455.Baribeau, Pierre, 454.Barois, Le bonhomme, 416.Baronet dit Sanschagrin, Philippe, 452, 453.Barre, M.de la, 187.Barré, Baptiste, 454.Barrow, Madame, 276.Barry, Charles, 463.Barry, François, 464.Bastille, La, 136,164.Bathurst, Lord, 300, 307.Batiscan, 456.Bauché, Augustin, 442.Bauché dit Morency, Basile, 442.Baudet (Bodet), Jean, 464.Baudoin, Le sieur, 94.Baumier, Joseph, 459.Bayeul, M., 376.Bazin, Jean, 480.Beaubassin, 107, 114, 143.Beaubassin, Le sieur de.195, 209.Beaubien, L'abbé J.-L., 290, 292, 296, 298.299.301, 311.Beauchêne, Bonaventure, 460.Beaucours\u2014Voir Boisberthelot de Beau-cours.Beaudoin (Bodouin), Alexis, 408.Beaudoin, François, 263, 484.Beaudoin, Germain, 481.Beaudoin, Grovil, 458.Beaugis, Louis, 480.Beauharnois, Le marquis de, 319, 320, 332, 337.Beaujeu, M.de, 318, 319.Beaujeu, Louis Liénard de, 441, 469, 475, 476, 485, 488, 489, 490.491, 492, 494, 495.Beaujeu, La famille de, 334.Beaulieu, M., 447.Beaulieu, Germain, 491, 493.Beaulieu, Moïse, 496.Beaumont, M.de, 318.Beaumont, 475, 477, 478.Beauport, 40, 42, 235, 275, 437.Beaupré, 40, 42.Beausêjour, 327, 333, 417.Bécancour, 251, 459.Bécard de Grand ville, Pierre, 41, 42.Bécard de Grandville, Le sieur, 122.Bédard, L'abbé Antoine, 224, 225, 226, 229.Bédard, L'abbé J.-B., 250, 259,266,296.Bédard, Jean-A., 436.Bédard, L'abbé J.-C, 255.Bédard, L'abbé Louis, 246.Bédard, L'abbé, P.-L., 269, 271.272, 279, 481, 482.Bedet, Marie, 209.Bedouin, Gabriel, 482.Begin, Baptiste, 473.Begin, Etienne, 473.Begin, Jacques, 473. ARCHIVES DE QUÉBEC 509 Begin, M., 475.Begon, Le chevalier C.-M., 12, 74, 111, 112,131,157,169,177,179.Belair, 277.Bel and, François, 449.Bélanger, Alexis, 493.Bélanger, J.-B., 436.Bélanger, François, 465.Bélanger, Jacques, 480.Bélanger, M., 489.Bélanger, Pierre, 493.Belestre, M.413.Belisle, Augustin, 452.Bellair, Le sieur de, 136.Bellefonds, Le maréchal de, 1.Bellenger, L'abbé J.-M., 296, 302, 306, 311.316.Bellerive, Crevier, 459.BeUerive, M., 244, 245, 248.Belle-Rivière, 324, 327, 330, 331, 332, 333, 334, 339, 340, 341, 343, 345, 347, 348, 353, 355, 356, 358, 360, 362, 363, 364, 365, 366, 367, 369, 372, 373, 375, 376, 378, 379, 380, 381, 382, 385, 388, 400, 403, 404, 405, 409, 412, 413, 417, 418, 423, 429.Belletête, Joseph, 457.Bélonie, Antoine, 459.Bénac, M., 151.Benoit, Madame, 432.Ber, Le nommé, 185.Bergères, Raymond-Biaise des, 101,121, 127.Bergères de Rigauville, M.des, 364,371, 372, 385, 386, 389, 391, 399, 413, 418.Bergeron, François, 466.Bergeron, Joseph, 467.Bergeron, Michel, 460, 461.Bériau, L'abbé L.-M., 448.Bêriau, M., 216.Bernard, François, 491.Bernèche, J.-B., 487.Bernier, Augustin, 489, 490.Bernier, Bénoni, 490.Bernier, J.-B., 489, 490.Berrey, Le Père de, 217.Berthe, Le nommé, 413.Berthelot, L'abbé Charles, 271, 285.Berthiaume, L'abbé J.-J., 468, 473.Berthier, 481, 483, 488.Berthier, M., 122.Bertrand, Guillaume, 462, 463.Bertrand, Joseph, 451.Bertrand, L'abbé Laurent-Joseph, 232.239, 242, 298.Besserer, L'abbé G.-Hilaire, 297, 306.Bezeau.L'abbé M.-Charles, 231, 233.Bibeau, L'historien, 432.Bibeau, M., 259.Bibliothèque de Saint-Sulpice, 433.Bic, Le.157.Bigot, Le Père jésuite, 185.Bigot, M., 418.Bilodeau, Jean, 471, 477.Bilton, Le nommé, 63, 64.Binet, Louis, 438.Bisson, André, 472.Bisson, J.-F., 469.Bissons, 357.Bizard, Jacques, 45, 53, 101, 110, 121, 165, 166, 195.Blackwood, John, 265.Blairfindie, 270.Biaise, Pierre, 494.Blanchard, L'abbé, 269, 271, 279, 290, 299.Blanchet, Alexis, 484, 486.Blanchet, Augustin, 485, 486.Blanchet, Charles, 495.Blanchet, Jacques, 481.Blanchet, Jean, 485.Blanchet, Pierre, 485.Blanvert, Le nommé, 138,144,174.Blay, Augustin, 482.Blay, Baptiste, 481, 482.Blay, Jean, 485, 487.Blay, Louis, 483.Blay, Michel, 469, 475, 476; 479, 480, 482,485,486,487,488.' Blay, Michel-Toussaint, 485.Blénac, Le comte de, 9.Bleury\u2014Voir Sabrevois de Bleury.Blondeau, Germain, 479, 480.Blondin, Jean, 479, 480.Blondin, M., 496.Blouin, Joseph, 443, 444. 510 ARCHIVES DE QUÉBEC Bochart Champigny, L'intendant, 18, 19, 22.32, 34, 35, 50, 51, 52, 53, 54, 56, 57, 58, 63, 78, 80, 81, 82, 83, 84, 85, 86, 87, 88, 89, 90, 91, 92, 93, 94, 95, 96, 97, 98, 101, 102, 103, 104, 105.107.109, 111, 121, 123.124, 134, 135, 136, 138, 139, 140, lit, 142, 143, 144, 145, 146, 147, 148;, 158, 160, 161, 163.167.169, 170, 172, 173, 174, 175* 177, 178, 179, ¦ 180, 181, 182, 183, 184.189, 190, 192, 196, 199, 200, 202, 204, 205, 207,208,209,210.Bodet, Baptiste, 465.Bodet, Joseph, 465.Bodet, Michel, 465.Bohay, Etienne, 495.Boiret, L'abbé Denis, 223,227,231,244.Boisberthelot de Beaucours, Le chevalier de, 161.171,194,209.Bois-Blanc, L'Ile au, 394, 425.Boisseau, M., 447.Boisseau, Nicolas, 287.Boissonnault, L'abbé François, 304,314.Boissonneau dit Saint-Onge, Pierre, 483.Boisvert, Charles, 454.Boisvert, François, 453.Bonaventure, Le Père, 399, 401, 407.Bonaventure, 219, 260, 284, 303.Bonaventure\u2014Voir Denys de Bonaventure.Bondy, Le sieur, 401.Bonne, Le sieur de, 323, 336, 344.Bonneau (Bonau) dit Labécasse, Z., 487.Bonnecamp, Le Père, 371,386,391,399.Borel, L'abbé François, 436.Borgia, Le cardinal, 222.Bosson, Le sieur, 47, 86,100.Boston, 18, 24, 30, 37, 39, 42, 43, 61, 62, 70, 71, 72, 73, 76, 83, 87, 100.103, 108, 111, 112, 114.117.124, 127, 130, 138, 155, 160, 167, 176, 185, 191, 198, 334.Boston, La rivière de, 157.Bostonais, Les, 450, 455, 456, 470, 475, 486.Bouc, M., 222.Bouchard, Pierre, 479, 493.Boucher, François, 480.Boucher, M., 270.Boucher, L'abbé, 261.Boucher, Pierre, 491.Boucher de Boucherville, L'abbé C.-M., 256, 259, 262.Boucher de Grandpré, Lambert, 26, 84.108.Boucher de Grosbois, M., 22.\u2022 Boucher de Grosbois, Pierre, 100.Boucherville, M.de, 373.Bouchette, Mademoiselle, 287.Boudrault, L'abbé Thomas, 256.Boulanger, Claude, 478.Boulanger, Joseph, 487, 488.Boulanger, M., 490.Boulé, Baptiste, 490.Boulet, François, 484, 489.Boulet, Joseph, 484.Boulet, Robert, 484.Boulet dit Matelot, Jean, 484.Boulet, Rondeau, Jean, 484.Bound, Aubain, 316.Bourassa, François, 473.Bourdon, La rivière de, 6.Bourdages, M., 251.Bourg, M., 223.Bourgeois, Joseph, 460.Bourque, Bénoni, 460.Bourque, François, 460.Bourret, L'abbé, 249,251,253,256, 257, 260.Boutin, Jacques, 481.Boutin, Jean-Vallier, 479.Bouvens, L'abbé Lombard de, 260, 261, 267, 268, 269, 270, 279, 284, 285, 289, 292, 301, 304.Bozayen, Le Père, 228, 230.Brassard, Jean, 238, 239.Brassard-Deschenaux, L'abbé Chs-Jo- seph, 236,267, 294.Brenton, Edward Brab., 295, 296, 300, 304.Brest, 104.Breton, Baptiste, 479.Breton, François, 437.Bretonne, La, 91, 147, 150, 164, 177, 179, 186, 188, 199.Brezogowsky, L'abbé, 250.Briand, Mgr J.-O., 213, 253, 313. ARCHIVES DE QUÉBEC 511 Brieset, Charles, 463.Brisson, Augustin, 463.Brisson, Tilly, 464.Bro, L'abbé Jean, 294.Brodeur, L'abbé Louis, 292, 307, 308.Brosius, L'abbé, 310, 312, 315.Brouillan, J.-F.de, 84, 146, 165.Brouillet, Alexis, 463.Brouillet, L'abbé Chs-Ambroise, 248.Bniguier, L'abbé J.-B., 280.Brûlot dit Gezeron, Charles, 475.Brum, Jean, 467.Bruneau, L'abbé René-Olivier, 304, 310.Brunet, L'abbé Frs-Xavier, 278.Broyas, Le Père Jacques, 61.Buade de Frontenac, Le gouverneur de, 1, 2, 3, 4, 5, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 16, 29, 32, 33, 34, 35, 36, 48, 50, 51, 52, 53, 54, 55, 56, 57, 58, 59, 60, 61, 63, 64, 66, 68, 75, 76, 79, 80, 81, 82, 83, 84, 85, 86, 87, 88, 89, 90, 91, 93, 94, 95, 96, 97, 98, 99, 102, 103,104, 110, 123, 125, 126, 127, 129, 130, 132, 133, 134, 136, 137, 138, 139, 140, 141, 142, 143, 144, 145, 146, 147, 148, 151, 155, 167, 169, 170, 171, 172, 173, 174, 175, 176.179, 180, 181, 182, 185, 186, 195, 196, 197, 198, 200, 203, 204, 205, 206, 207, 210, 326.Buade de Frontenac, Madame, 184.Buissière, Louis, 468.Buisson, M.du, 362, 364, 365, 367,368, 370, 372, 375.Buisson, Le rapide du, 403.Bull, Le fort, 355.Burke, Mgr Edmund, 222, 227.230, 246, 249, 250, 254, 257, 261, JjfPl62, 263, 265,' 269, 271, 277, 282, ~ 284, 286, 288, 292, 293, 295, 296, 301, 302, 307, 313, 314.Burton, Le général, 260.Buteau, Joseph, 484.Buteau, Pierre, 483, 484.C Cachelacheki, 428.Cacouna, 216, 231,266.Caffinière, Le sieur de la, 12,13,16,17 18.22, 30.Caldwell, Sir John, 236, 265, 284.Callières, Le gouverneur de, 1, 2, 7, 12, 13,15, 16,18,23, 39,62, 65, 68, 70, 71, 142, 152, 153, 154, 166, 168, 179,193, 203, 210, 326.Calonne, L'abbé Jos.-Ladislas de, 221, 222, 223, 224, 225, 226, 234, 238, 244, 249, 254, 256, 257.258, 259, 263,272,291,307.Caméléon, Le, 403.Campanais, Le nommé, 455.Campault, Claude, 417.Campault, Niagara, 402, 403, 404.Canadien, Le, 270, 272, 275, 277,279.Candie, 165.Canibats, Les, 33, 51, 55, 61, 62, 69, 77, 78, 83, 84, 87, 91, 100, 107, 114, 130, 154, 156, 181, 188.Canseaux, La baie de, 12.Cantin, Charles, 438.Cantin, Prisque, 438.Cap-aux-Diamants, Le, 161, 167,198.Cap-Breton, 225.Cap-de-la-Madeleine, 458.Caprara, Le cardinal, 238.Cap Sable, 62, 73, 112,124.Cap-Saint-Claude, 356.Cap-Saint-Ignace, 265, 300, 489.Cap-Saint-Louis, 226.Cap-Santé, 220, 451, 466.Caraquet, 223, 225.Carheil, Le Père Etienne de, 30.Carignan, Baptiste, 462.Carignan, Claude, 456.Carignan, François, 462.Carignan, Joseph, 456.Carignan, Le régiment de, 192.Carillon, 320, 355.Carleton, Le général, 254, 431,435, 439, 448, 449, 451, 452, 454, 455, 457, 458, 459, 461, 466, 470, 473, 478, 480,490.Caroline, La, 410.Caron, François, 493.Caron, François-Xavier, 491.Caron, L'abbé Ivanhoé, 214, Caron, Michel, 495. 512 ARCHIVES DE QUÉBEC Caron, Laurent, 492.Caron, Marichon, 491.Caron, Pierre.487.Caron dit Chevalier, M., 440.Carossol, Le, 150, 189, 209.Carqueville, M.de.364.365, 366.370.375,377.386.399,400.401.Carrier, André, 475.Carrier, Fanchon, 474.Carrier, Ignace, 475.Carrier, Joseph, 475, 493.Carrier, Louis, 475.Carrier, M., 475.Carroll, Mgr (évêque de Baltimore), 241, 242, 243, 244, 247, 248, 249, 250, 263.278,315.Cartier, Jacques, 308.Casault (Cazeau), Joseph, 442.Casot.Le Père J.-J., 217, 219.222.Castabalda.L'évêque de, 290, 299.Castenet.L'abbé J.-B.-M., 216, 217, 218.Castlereagh, Lord, 260,270, 288.Cataraqui, 6, 324.Catherine, La, 54.Catignon, Le sieur, 151.Catinat, Le sieur, 58.Caty, Dominique, 436.Cavelier de La Salle, Robert, 33.40, 42, 53,83,96,107,144,206.Cazeaux, Le sieur des, 24, 51, 52.Cazeneuve, L'abbé F.-J.222, 223, 262, 302.Cèdres, Les, 329.Céloron de Blatnville, Pierre-Joseph, 355, 362, 363, 376.393.Céloron de Blainville, La famille, 334.Chabert de Joncaire, M.364,365, 366, 368, 369, 375,376.Chaboillez.L'abbé Augustin, 241, 267, 271,279.Chabot, Antoine, 445.Chabot, Augustin.447.Chabot, François, 447.Chabot, Joseph, 446.Chalié, Joseph, 451.Chalmette, Le sieur, 136,164.ChaUoner, L'abbé, 236.Chambly, 39, 70, 89, 92, 106, 127, 141.167, 168, 203, 248, 250.324.346.350, 354.Champagne, Gervais, 473.Champagne.Joseph, 467, 473.Champagne, Le régiment de, 319.Champigny\u2014Voir Bochart Champigny.Champion, L'abbé Gabriel, 226, 229, 243,244, 255.Champlain, 458.Champlain, Le lac, 38,65,115,116.123.230, 241.242, 243, 247.248.249.251,252.264,286,324.343,388.Chandonnet, Charles, 462.Chandonnet, M., 464.Changeon, M., 151.Chaoanons, Les, 363,373, 376,401.402, 409, 410, 412, 413, 415.417, 418, 426, 429.C ha pais, Le sénateur Thomas, 432.Charente, La, 186, 188, 195, 199.Charest, Antoine, 455.Charité, Joseph, 482.Charland, Basile, 464.Charlesbourg, 436.Charly, Le sieur, 171.Chartier, J.-B., 486.Chartier, Joseph, 458.Chartier de Lotbinière, L'hon., 278,308, 313.Chartier de Lotbinière, L'abbé L.-E.449, 450.Chartres, Le fort de, 342.Chasson, Le nommé, 476, 480.Chatakoin, 361.362, 364, 365, 366, 367 368, 370, 371, 376.377, 378, 380.381, 382.383.Chatakoin, Le lac, 364, 365.366.367, 368, 369, 370, 371, 372, 373, 374, 375, 377, 381.Chatakoin, La rivière, 369.Chatakoin, Le portage, 373,374,375.Châteauguay, 280.Châteauguay, La rivière, 357.Châteauneuf, Baptiste, 457.Chateau-Richer, 439, 441.Chatelrau, Joachim, 454.Chatigny, M., 447. ARCHIVES DE QUÉBEC 513 Chatilly, M.de, 478.Chaudière, La, 329.Chaumont, L'abbé, 227.Chaussegros de Léry, Madame, 360, 370,377,381,426.Chaussegros de Léry, J.-Gaspard, 355, 356, 361, 366, 371, 386, 393, 399.Chauvignerie, M.de la, 373, 376.Chazy, La rivière, 249, 251, 254, 259, 263.Chédabouctou, 17, 18, 22, 30, 42, 73.Chémougoui, 258.Chenet, L'abbé, 304.Chenondac, La rivière, 332.Cherbourg, 104.Cherrier, L'abbé François, 240, 242, 244, 245, 247, 248, 249, 250, 256, 259,262,263,264,265,268.Chéticamp, 268.Chevalier, Le nommé, 377.Chevalier, Le sieur, 439.Cheverus (évêque de Boston), Mgr Jean, 279, 280, 281, 286, 287, 310, 312, 315.Chèvrefils, L'abbé Jean-Olivier, 300.Chevreuils, L'Ile aux, 359, 360.Chevry, M.de, 188.Chibouctou, 73, 333.Chicachas, 409, 429.Chiniquy, L'abbé Joseph, 296,301,302.Chisholm, L'abbé Jean, 297, 302, 312.Choiseul, Le duc de, 321.Chony, Le sieur de, 194.Chorel Dorvilliers, Le capitaine, 458.Choret, Pierre, 447.Chouaguen, 328,330,331,332,333,343, 361.Chouamigon, Le poste de, 323,340,342, 345.Chouinard, J.-M., 493.Chouinard, Julien, 492, 493.Chrétien, Le nommé, 480.Chrétien, François, 482, 495.Cinq-Nations, Les, 332, 348.Ciquard, L'abbé François, 215,216,217.220, 221, 231, 243.248, 254, 262, 268,282,290,291, 292,293.Citrons, L'Ile aux, 359.Claux, Le sieur du, 53.33 Clément du Vuault de Valrennes, Philippe, 19, 20, 24, 65, 66, 67, 70, 71, 79, 100,121, 164,210.Clermont, M.de, 42.Cloche, La, 329.Cloutier, Beaupré, 485.Cloutier, Charles, 486.Cloutier, François, 486.Cloutier, Laurent, 486.Cloutier, M., 473.Cloutier, Prisque, 473.Cloutier, Zacharie, 439.Cœur de Cerf, Le poste du, 343.Coffin, M., 217, 222, 243.Colbert, Le ministre, 27, 50, 129.Colet, Antoine, 451.Colombe, Louis, 446.Commiray, Alexandre, 472.Commiray, Pierre, 471.Commiray, Vincent, 471.Compagnie de l'Acadie, La, 176.Compagnie de la Baie d'Hudson, La, 214.Compagnie du Nord, La, 6, 21, 34, 35, 55, 56, 63, 71, 78, 97, 98, 122, 128, 136, 145, 148, 149, 150, 151, 153, 208.Çompain, M., 247.Compton, L'hon.Harry, 257, 260, 267, 268,269, 299,301,311.Conefroy, L'abbé Pierre, 257, 258, 264, 271, 272, 273, 275, 276, 300, 301, 304, 312.315.Congrégation Notre-Dame, Les Sœurs de la, 250, 267, 268, 280, 287, 289.Connolly, Mgr, 313, 315.Conseil Souverain, Le, 9, 10, 11, 58, 86, 100,119, 147,178, 210,272.Contrecœur\u2014Voir Pécaudy de Contrecœur.Corbière, M., 364, 376.Corbin, L'abbé J.-B., 440, 441.Corlar, 30, 42, 43, 324.Cormick (Cormark), M., 486.Cormier dit Perrault, Pierre, 460.Cornelier, L'abbé Hubert, 291,308,315.Corn veau, Jacques, 479.Corriveau, Joseph, 480.Corriveau, Pascal, 481.Cosset, Baptiste, 457. 514 ARCHIVES DE QUÉBEC Côté (Cauté), François, 449.Coté, L'abbé Frs-Xavier, 297.Coté, Ignace.438.Coté, Joseph, 446,447,487, 488.Coteau-des-Cèdres, 357.Coteau-du-Lac, 357.Cottentré, M.de, 67, 142.Couchaké, 404, 405, 425.426, 427.Couillard, Désuets, 488.Couillard, E., 489.Couillard Després, J.-B., 491.Couillard Després, Manuel, 491.Coulon de Jumonville, M., 366, 367, 373, 376, 378,379, 381.Coulon de Villiers, Le chevalier François, 318,336.Coulon de Villiers, Louis, 365,366,368, 370,372.373,375,378.380,381.Coulon de Villiers, La famille, 334.Cournoyer, M.370, 371,377; 378.386, 393,399.Cournoyer, La famille, 305.Courtemanche\u2014Voir Le Gardeur de Courtemanche.Courrai, L'abbé J.-C.de, 231.Courvilte, Joseph, 462.Couture, Antoine, 445.Couture, Etienne, 477.Couture, Guillaume, 476.: Couture, Ignace, 474, 475.Couture, Jean, 476.Couture, Joseph, 475,489.Couture, Le n'ommé, 467.Couture, Michel, 475.Couture-Bellerive, Joseph, 475.Craig, Sir James, 256, 257, 258, 260, 261, 272, 273.276, 279, 282, 283, 284.Craigie, M., 216.Cramahé, M., 494.Crépeau, Charles, 446.Crépeau, Pierre, 468.Créqui, Ignace, 450.Créqui, Le nommé, 406.Crisafy, Le marquis Antoine de, 67, 93, 122,142,173,191,204.Crisafy, Le chevalier Thomas de, 67,93, 122,142, 173, 191, 204.Cristinaux, Lea, 38.Croisel, Le sieur de, 53.Crusel, Le sieur de, 35.Cunot, M., 482.Curateau, M., 213.Curot, L'abbé J.-F., 484.Cuthhert, M., 258, 262.D Dallaire, Etienne, 445.Dambourgèa, C, 489.Damours, Les sieurs, 158.Daneau de Muy, Jacques, 362,363,364, 375, 393, 399, 401, 403, 413.414, 418,419, 425, 426.Daneau de Muy, Madame, 403.Daneau de Muy, Nicolas, 26, 123,210.Daneau de Muy, La famille, 334.Dangibeaud, M., 320.Daveluy, M., 293.Davis, Le capitaine, 42.Deblois dit Germain, Pierre, 442.Déchaîne, Janot, 493.Deguire, L'abbé J.-B., 241,242, 291.Deguire, L'abbé Joseph, 294.Deguire, M., 280.Déguisé, Le, 24, 51.Delaunais, Charles, 437.Delisle, Augustin, 451, 453.Delisle, Jacques, 450.Delorme, Le sieur, 63.Demers, L'abbé F.-X., 311,315.Demers, Le Père Jean-Louis, 462,464.Demers, Joseph, 467.Denaut, Mgr Pierre, 213,215,216,217, 218, 219, 220, 221, 222, 223, 224, 225, 226.227, 228, 229, 230, 231, 232, 235, 236, 237.238, 239, 240.241, 244.253, 257, 258.260, 268, 271.Dénéchaud, L'abbé Chs-Denis, 262, 294.297.Denonville, Le gouverneur de, 1,6,7,|8, 12,13,16,18,19,20.21, 22, 24, 29, 32,34,35,44,45,53,62,72,74.83, 107, 127,187,192.Denys, Le sieur, 46, 53. ARCHIVES DE QUÉBEC 515 Denys de Bonaventure, Simon, 45, 51, 55, 63, 71, 72, 73, 84, 87, 91, 101, 108, 113, 114, 130, 131, 145, 154, 157, 181, 184, 192, 199.Denys de la Ronde, Le sieur, 67.Denys de Vitré, Le sieur, 25.Derome, L'abbé Jacques, 238.Deroussel, J.-B., 444.Deschambault, 452.Deschamps, Baptiste, 469.Deschenaux \u2014 Voir Brassard-Desche-naux.Desdevens, Maurice, 449, 453.Desery, J.-B., 233.D'Esgly, Mgr, 213, 290, 447.Des Goutins, Le sieur, 154.Desilets, Antoine, 460, 461.Desilets, Guenoche, 461.Desjardins, L'abbé L.-J.Desplantes, 215, 219, 220, 222, 224, 225, 238, 253, 256.Desjardins, L'abbé P.-J.-Louis, 216, 238, 254, 269, 281.Desjardins, M., 284.Després, Clément, 488.Després, Jean, 491.Després du Bras, Jean, 489.Des Rivières, M., 209.Desroches, L'abbé Ignace, 435, 448.Desrosiers, Joseph, 492.Dessaince dit Saint-Pierre, Jean, 485, 486.Destats, Le sieur, 25.Détroit, Le poste du, 107,249,324,327, 328, 329, 330, 331, 332, 333, 335, 336.337, 339, 340, 341, 342, 343, 345, 346, 347, 348, 355, 356, 362, 363, 365, 372, 380, 382, 388, 393, 394, 398, 399, 400, 401, 411, 413, 414,417.423, 426.Deux-Montagnes\u2014Voir Lac-des-Deux-Montagries.Devau, Le nommé, 455.Dieskau, Le baron, 320, Dindes, L'Ile aux, 394,' 399.Dion, Baptiste, 490.Dion, Basile, 481.Dion, Benjamin, 469.Dion, Francois, 489.Dion, M.488.Dionne, Germain, 495, 496.Dionne, Joseph, 496.Doiron, J.-L, 477.Dolbec, L'abbé J.-R., 438.Dollierde Casson, L'abbé François, 178.Dominique, Augustin, 488.Dorrgan, Le colonel, 6.Dorchester, Lord, 240, 253, 290.Dorchester, La famille, 433.Dorval, L'abbé Ignace, 256, 257.Dorval, L'abbé Joseph, 230, 231, 232, 245,269.272,275.Dorval, Louis, 447.Dorval, Michel, 459.Dorvilliers, Le sieur, 66.Dotsandoské.Le lac, 391,405,420, 423, 425.Douai, 286.Doucet, L'abbé André, 256, 305, 306, 308, 310, 313, 315.Doucet, Jean, 460.Douston, Louis, 492.Douville, François, 468.Douville, M., 366, 376.Doyon, Prisque, 473.Drolet, Pierre, 435.Drouillon, M., 373, 376.Drouin, Etienne, 442.Drouin, Jean, 461.Drouin, Joseph, 443.Dubé, Baptiste, 495.Dubé, Pierre, 493.Duberger, Le chirurgien, 482.Duberger, Bernard, 489.Dublin, L'archevêque de, 255, 278, 299, 302,313.Dubocage, Le sieur, 47.Dubord, L'abbé J.-B., 218, 220, 222, 236.Du Bosq de Beaujeu, M., 318.Dubras, G., 488.Dubuc, Romain, 450.Duchalne, Joseph, 494.Ducharme, Jacques, 470, 473.Duchesnay, M., 490, 494, 495.Duchesnay, Madame, 216.Duchouquet, L'abbé C.-J.Lefebvre, 218, 229. 516 ARCHIVES DE QUÉBEC Dufresne, Marc, 445, 446.Dufresne, L'abbé, 291, 292.Dufresne, L'abbé L.-G.-A., 293, 295, 296, 299.Dufresne, L'abbé Nicolas, 300.Dufresne, L'abbé Pierre, 300.Dufros de la Jemmerais, G., 36, 120.Dugan, M., 442.Du Gué de Boisbriand, Pierre, 122,192.Dujaunay, Le Père, 400.Du Luth\u2014Voir Greysolon Du Luth.Dumas, Joseph, 482, 483.Dumais, J.-B., 468.Dumais, Joseph, 468.Dumais, Louis, 468.Dumergue, Le sieur, 470, 471.Dumont, M., 271.Dumont, Le nommé, 47.Dumont, La veuve, 135,163.Dunham, Arthur, 223.Dunn, M., 237, 240, 242,255.Dunn, Le sieur, 472.Du Palais, M., 155,157.Dupérê, J.-B., 494.Duplessis-Fabert, Le sieur, 67, 142.Dupont, Le sieur, 436.Dupont, Louis, 495.Dupont, Michel, 468.Duprat, Le sieur, 151.Duprat, Pierre, 438.Dupuis, Baptiste, 489.Dupuis, Jérôme, 493.Dupuis, Louis, 489.Duquesne, Le gouverneur, 317, 320, 321, 355, 356, 361, 380, 381.Duquesne, Le fort, 318, 324, 335, 341, 345, 365, 366, 367, 368, 369, 370.372, 373, 375, 376, 377.378, 379.380, 381.382, 385, 386, 403, 405, 409, 417, 418, 419, 428, 429.Duquet, Joseph, 465, 466.Durand, Robert, 150.Duranseau, L'abbé Antoine, 314.Durantaye\u2014Voir Morel de la Durantaye.Durocher, L'abbé Alexis, 244, 246.Dury, Nicolas, 454.Du Sablé, M., 373, 376, 378, 380.Dussault, Jean, 449.Du Tast, Le sieur, 51, 56, 63, 64, 66, 71, 100.108.Duval, Francois, 492.Duval.J.-M., 493.Duval, Joseph, 456.Du Vivier, Le capitaine, 63, 64, 112.Du Vivier, Le chirurgien, 320.Earl of Maria, Le, 218.Éboulements, Les, 227, 234, 235, 239.Écossais, Les, 225, 241, 243, 253, 255, 256, 257, 263, 269, 301.Écuier, L'abbé, 247.Écureuils, Les, 356, 450.Embuscade, V, 18, 54.Enfant-Perdu, L'Ile de L\\ 359.Envieux, V, 87.101,108, 113,114,127, 130.Érié, Le fort du Lac, 34, 107, 126, 324, 328, 330, 331, 344, 368.373.374, 375,377,381,398,417.Escayrac, La veuve d', 67, 112.Esquimaux, Les, 236.Estrées, Le comte d', 58,104.Evreux, Le comte d'.319.Ewer, L'abbé, 315.F Faguharson, L'abbé, 261.Falardeau, François, 437.Fanning, Le gouverneur, 217,225, 298.Faucher, Gabriel, 469.Fauteux, Aegidius, 322, 434.Ferland, Ignace, 470, 472.Ferland, Jean, 446.Ferland, Louis, 447.Ferland, Pierre, 446.Ferre, Le nommé, 494, 496.Feuilleteau, Joseph, 460, 461.Feuquières, Le marquis de, 100.Fignau, Joseph, 465.Filion, L'abbé Joseph, 451.452.Fille bien-aimie, La, 151.Finlay.M., 292,298.Fitzgerald, L'abbé, 309.Fitzpatrick, L'abbé Ambroise, 309, 313, 315. ARCHIVES DE QUÉBEC 517 Fitzsimmons, Le Père, 242, 243, 244, 246, 252, 255, 256, 260, 262, 265, 266,269,277,287,290.Flaget, Mgr B.-J.(évêque de Bardstown), 281,282,286,288,315.Fleur de Lys, La, 150.Fleury Deachambault, Lesieur, 178.Flind, L'abbé, 309.Fontaine, Joseph, 468.Fontaine, Julien, 487.Fontaine, Louis, 484, 485, 486.Forgeau, Baptiste, 483.Forgeau, Pierre, 483.Forgeau, Laplanche, M., 490.Forgeron, Le nommé, 414.Forget Duverger, L'abbé, 356, 371, 377, 378, 386, 389, 401.Fortier, Joseph, 446.Fortier, Ls., 481.Fortin, L'abbé Barthélémy, 305.Fortin, Basile, 480.Fortin, Chs, 491, 492.Fortin, Denis, 490.Fortin, Eustache, 480.Fortin, Frs, 441, 490, 492.Fortin, F.-R., 490.Fortin, Ignace, 479.Fortin, J.-M., 493.Fortin, Joseph, 479.Fortin, Moïse, 298.Fortin, Philippe, 490.Forville, Le nommé, 401.Fos8ambault, 277.Foucher, L'abbé Antoine, 223,224, 225.Fourgon, Le, 17.Fournier, Alexandre, 475,493.Fournier, Augustin, 492.Fournier, Baptiste, 276.Fournier, L'abbé Chs-Vincent, 256,275.Fournier, Guillaume, 492, 493.Fournier, J.-B., 220.Fournier, Jos., 489, 490.Fournier, Louis, 490, 492, 493.Fournier, Magloire, 490.Fournier, Thomas, 487, 488.Fradé, Nicolas, 480.Franchère, Gabriel, 233.Franquelin.J.-B.-L., 97, 144, 174, 208.Fraser, Augustin, 476, 477.Fraser, Malcolm, 250, 251, 266.Fraser, Pierre, 217.French, Le Père Charles, 292, 294, 307, 309, 312.Frichet, Denis, 468.Frigon, Paul, 455.Frigon, Pierre, 456.Frontenac Le fort, 19, 24, 29, 41, 52, 84, 100, 108, 118, 162, 187, 197, 206, 324.330, 332, 333, 336.337, 338, 339, 340, 341, 344, 345, 347, 350, 351, 353, 354, 359, 381.Frontenac, La rivière, 324, 347.Frontenac\u2014Voir Buade de Frontenac.G Gaboury, La veuve, 480.Gagné, Barthélémy, 487.Gagné, Frs, 489.Gagné, Louis, 471.Gagné, L'abbé Louis, 297, 307.Gagné, M., 490.Gagné, Noel, 485.Gagné, Pierre, 445.Gagné, René, 487, 488.Gagné, Roger, 489.Gagnon, L'abbé Antoine, 278, 306, 307, 308.Gagnon, Frs, 491.Gagnon, F.-X., 493.Gagnon, Jean, 461, 495.Gagnon, Joseph, 440, 470, 492.Gagnon, L'abbé Joseph, 231, 246.Gagnon, Louis, 486.Gagnon, Michel, 495.Gagnon, L'abbé Prosper, 298.Gagnon.René, 441.Gaillard, Mathieu, 14, 28, 47, 179, 210.Galarneau, Louis, 438.Gale, Samuel, 220.Galette.La, 347.Galissonnière, M.de la, 318, 319, 320, 331.Gallifet, François de, 84, 98, 108, 113, 115, 148, 179,195.Galops, L'Ile aux, 360.Garant, Lamotte, 484.Garault, L'abbé P., 479. 518 ARCHIVES DE QUEBEC Garneau, Jacques, 449.Garneau, Jean, 437,438.Garneau, L'historien, 432.Garneau, M., 436.Garon, M., 386.Gaspareau, Le fort, 417.Gaspé, 311, 327, 333 Gastonguay, J.-Marie, 493.Gatien, L'abbé Félix, 226.GaUen, L'abbé J.-B., 246,270,301.Gaudreau, Frs, 492.Gaudreau, M., 491.Gaulin, Mgr Rémi, 259, 283, 287, 295, 308,309,313.Gauthier, Louis, 233.Gautier, Joseph, 452.Gautier, M., 438.Gautier de Varennes, René, 35.Gautier de Varennes, Madame René, 35.Gauvin.Ignace, 435.Gauvin, Le nommé, 485.Gauvin, La., 495.Gauvreau, Le nommé, 447.Gédaic, 258.Gemmeraye\u2014Voir Dufros de la Jerame- rais.Gendron, M., 79.Gendron, Jacques, 483,484.Gendron, Jos., 484.Genest, L'abbé Chs, 216, 217, 218, 219, 224, 230, 231,235.Genest dit Labarre, Laurent, 444.Genest dit Labarre, Louis, 444.GentUly.461.Géorgie, La, 410.Cerbère, Ant., 494.Gerbère, Jean, 495.Gerdil, Le cardinal, 215.Germain, Le Père Charles, 245, 307, 310,313.Germain.Etienne, 450.Germain, François, 451.Germain, Louis, 217.Germain, L'abbé Olivier, 221, 243.Gervais, Aug., 486.Gervais, Ignace, 484.Gervais, Jos., 482, 483, 486.Giasson, Le capitaine, 229.Giasson, Louis.484.Gibert, L'abbé Pierre, 276.Giguère, Chrétien, 440.Giguère, Etienne, 442.Giguère, Joseph, 439.Giguère, M., 472.Gilbert, David.227,228.Gilmer, L'abbé, 218, 219.Gingras, Joseph.468.Gingras, Louis, 449.Gingras, Pierre, 467.Girard, Chs, 476.Giroire, Jos., 462.Girou, Le Père, 436.Girou, Pierre, 451.Girouard, L'abbé Antoine, 213, 247, 278, 279, 300.Giroux, Benjamin, 438.Giroux, Chs, 438.Giroux, Joseph, 437.Giroux, Louis, 438.Giroux, Raphael, 436.Glengarry, 285.Glorieux, Le chef le, 409, 410.412.Gobeil, Antoine, 445.Gobin, M., 151.Godebout, André, 468.Godebout, Louis, 477.Godefroy, M., 364, 376, 402, 403.Godet, Le sieur, 399, 401.Gonthier, L.-Bernard, 477.Gore, Sir Francis, 245, 252, 253, 254, 258, 261, 264, 314.Gortyne, L'évêque de, 311, 315.Gosse, L'abbé, 216.Gosselin, Alexis, 489.Gosselin, Mgr Amédée, 355.Gosselin, L'abbé Auguste, 433.Gosselin, Clément, 480, 482, 483, 485, 490.491, 492, 494.495, 496.Gosselin, Guillaume.441.Gosselin, Joseph, 446, 477.Gosselin, Jos.Jean, 477.Gosselin, Louis, 477, 496.Gosselin, M., 476.Gosselin, L'abbé M.-O.275.Goudreau, Isaac, 447.Gouin, L'abbé, 465.Gouin, Louis, 454, 455, 463.Gouin, Le sieur, 404, 405, 423, 425, 426. ARCHIVES DE QUÉBEC 519 Gouipy, M., 112.Goulet, André, 447.Goulet, Madame Jean, 450.Goulet, Jean, 447.Goulet, Madame Joseph, 450.Goulet, Louis, 438.Gourdeau, Marin, 447.Cou tin\u2014Voir Des Goutins.Goyer, Le Père Olivier, 1,2.Goyogouins, La baie des, 361.Grace, L'abbé Thomas, 231.Grammont, Jean, 458.Grand-Banc, 18, 43, 62, 73.Grand-Brûlé, Le, 273.Grandchamp dit Cornelier, Baptiste, 443.Grande-Ile, La, 394.Grande-Rivière, La, 284,323.Grandprê\u2014Voir Boucher de Grandprê.Grandville\u2014Voir Bécard de Grand ville Grant, M.,.447.Grant, Charles, 216, 232, 238, 239.Grant, William, 229, 239.Grant, La veuve William, 239.Grasse, Le Père jésuite, 283, 285, 288.Gravé, L'abbé, 441.Gravé, L'abbé H.-F.de la Rive, 220.Gravel, Jos., 490.Gravel, Ignace, 442.Gravel, Le nommé, 441.Gravel, Pierre, 442.Gray, Le chevalier de, 136.Grégoire, Jean, 453.Grégoire, Louis, 447.Grenier, Gervais, 466.Grenville, Lord, 288.Grey, Lord, 288.Greysolon Du Luth, Daniel, 21.Griault, L'abbé J.-B., 232, 248, 260.Griffard, M., 482.Grinier, J.-B., 471.G ri nier, Pierre, 471.Groix\u2014-Voir Aloigny de la Groix.Grosbois\u2014Voir Boucher de Grosbois.Grondin, Frs, 464.Grondin, Louis, 463.Grondines, 453.Grosbois\u2014Voir Boucher de Grosbois.Groslau, Pierre, 452, 453.Guarne, L'abbé, 443.Guay, Chs, 474.Guay, Jean, 477.Guay, L'abbé Louis-Michel, 453, 454.Guay, M., 474.Gueguen, Le docteur, 226.Guérard, Jacques, 443.Guiguen, Joseph, 224.Guillon, M., 296.Guimont, Frs, 489.H :.Halifax, 243.Hamel, Ant\u201e 466.Hamel, Baptiste, 465.Hamel, C., 448.' Hamel, Jean-Louis,, 466.Hamel, Joseph, 466.Hamelin (Amelin) dit Paynal, Joseph, 454.Hardy, Francois, 450.Harry, Le colonel, 256.Hazardeux, Le, 51, 54, 56, 63.Hazeur, Francois, 87,147,151,177.Hébert, Etienne, 460.Hébert, Guillaume, 438.Hedet, Marie, 98.Hemond, Jean, 444.Hemond, Louis, 445.Hemond, Michel, 444.Herbault, M.d', 27.Herbin, M., 406.Herron, L'abbé Guillaume, 295, 309.Hertel de Rouville, J.-B., 24, 36, 37, 53, 85,109.Hervieux, M., 303.Hingan, L'abbé Jacques, 489,491,492.Hôpital général de Montréal, L', 35, 148.Hôpital général de Québec, L', 109,120, 192, 214, 226, 280, 286, 290, 437, 440.Hospitalières de Montréal, Les, 83,174.Hosta, Le sieur d', 36.Hot, L'abbé Charles, 240, 241,245,246, 297, 298.Hôtel-Dieu de Montréal, L', 223, 265, 266, 268, 270, 271, 276, 290. 520 ARCHIVES DE QUÉBEC H6tel-Dieu de Québec, L\\ 256,290.Houle, Gervais, 470,473.Houle, J.-Simon, 466.Huard, Charles, 470.Huard, Joseph, 471.Hubert, Mgr Jean-Frs, 215.Hubert, L'abbé P.-R.439.Hudson, La baie d', 21, 34, 35, 45, 51, 56,63,66, 71, 78, 99,100,101,113, 128, 129, 132, 148, 149, 150, 151, 153.Hunter, Le général, 229, 262, 278.Huot, L'abbé Frs-Mathias, 256, 284, 292, 296, 311.Huot, Joseph, 438.Huot, Mathurin, 438.Huot, Michel, 438.Huron, Le lac, 39, 323, 324, 328, 329, 331.Hurons, Les, 6, 38, 69, 365, 394, 399, 402, 404, 408, 409, 412, 417, 423, 425, 426, 427, 428.Hyver, Le sieur de 1', 136.I Iberville\u2014Voir Le Moyne d'Iberville.Ile aux Coudres, L', 141,170,228.De d'Orléans, L', 438.De Jésus, L', 23.He Perrault, L', 329.Ue Royale, L', 318,319, 321, 327.Ues Britanniques, Les, 302.nés de la Madeleine, Les, 243,296.ne-Verte, L', 232.Illinois, Les, 33,49,52,83,96,144, 356.Illinois, Le poste des, 327,328,329,330, 332, 334, 356.Impertinent, L', 150 Indiscret, L', 136, 137, 138, 145, 146, 148, 149, 150, 151, 153, 155, 176.177.Industrie, V, 186, 201.Irlandais, Les, 234, 290.Irlande, 302.Iroquois, Les, 4, 6, 7,13,15.18, 19, 20, 21, 22,23,29,30,32, 33,34,36, 37, 38,39,41,43,44,50, 52.57,61,62, 65, 68,69, 72,74,75, 76, 77, 79, 81, 90.96,100,101.103,107,108,115, 125, 138, 142, 144, 152, 154, 158, 159, 160, 167, 174, 176, 185, 186.193, 196, 197, 202, 203, 206, 207, 211, 246, 257, 294, 330, 343, 348, 404,418,420.Izabel, Ant, 486.Izabel, Jean, 481, 486, 487.J Jacques, Pierre, 469.Janot, Le nommé, 488.Jean, L'abbé Jos.-Maurice, 289.Jésuites, Les Pères, 3, 4, 29, 69, 85,109, 115, 175, 206, 222, 233, 250, 251, 252, 253, 254, 255, 257, 261, 263, 282, 287,288, 348.Jeune-Lorette, 436.Jobin, Jacques, 436.Jobin, Pierre-Jacques, 436.Jobin (Geobin), L.-J., 437.Johnston, Le juge, 303.Jolet, Le sieur, 150.Jolin, M., 478.Jolliet, Louis, 85,108,144.Joncaire, M.de, 362, 366,369, 373,381.Joncaire\u2014Voir Chabert de Joncaire.Jones, L'abbé John, 219.221, 222.224.225,227.Jonquière, M.de la, 319,331.Jonquière\u2014Voir Joncaire.Jonquière\u2014Voir Chabert de Joncaire.Jourdoin, Pierre, 469.Joyer, L'abbé Retîé-Pierre, 222, 223, 225, 227, 230, 231, 237, 248, 258, 275, 290, 310.Joyeuse, La, 24, 51.Juchereau, Le sieur, 178.Juchereau de Saint-Denys, Nicolas, 24, 42, 53, 85,109.K Kamanistigouya, Le poste de, 323, 340, 342,345.Kamouraska, 259.KanaSagon, 369, 370, 372.Kaninguen, Denis, 372, 373. ARCHIVES DE QUÉBEC 521 Keller, L'abbé Jos.-Benjamin, 237, 255, 275,276.Kelly, L'abbé J.-B., 262, 264, 268, 269, 278.Kenton8aiatanion, 428.Kigibougouet, 308.Kikapoux, Les, 415.Kimber, L'abbé Thomas, 245, 246, 250, 293.King, Le docteur, 260.Kingston, 217.241, 252, 253, 257, 258.265, 286, 295.Kohlmann, Antoine, 281, 283, 284, 286, 287.L Labécasse, M., 489.L'abbé, Jean, 443.L'abbé, Jos., 493.Labissonnièf e, Daniel, 462.Labrador, 267.Labrie, Chs., 476.Labrie, Pierre, 445, Laçasse, Jean, 477.Laçasse, L'abbé Joseph, 298.Lac-des-Deux-Montagnes, 21, 23, 324, 343, 348, 420.Lachaine, Ant., 484.La Chaise, Le Père de, 83, 146.Lachenaie, 23, 272.La Chesnaye\u2014Voir Aubert de la Ches-naye.Lachine.19, 21, 22, 42, 353, 356.Lacombe, Joseph, 479.Lacombe, Michel, 482.Lacombe, M., 488.Lacoursière, Antoine, 457.Lacroix, Augustin, 440.Lacroix, Isidore, 459.Lacroix, Jacques, 459.Lacroix, J.-B., 459.Lac-Saint-Paul, 460, 461.Laflamme, Baptiste, 480.La flamme, Joseph, 484.Laflamme, Michel, 484.Lafond, Baptiste, 463.Lafontaine, Joseph, 457.Laforce, M., 373, 380, 386! Laforest, François de, 33, 45, 52, 69, 83 96,107, 144,175, 206.Laforest, L'Ile, 359.Lagacé, Chs, 495, 496.Lagacé, Joseph, 489.Lagorgendière, La famille, 472.Lagroix, L'abbé Ant., 475, 478.Lahaille, L'abbé J.-B., 261, 267.Lajus, L'abbé J.-B.-I.-H., 246,255, 258, 305.Lalande, Madame de, 41.Laliberté, Joseph, 464.Lamarre, Ant., 487.Lambert, 467.Lambert, Joseph, 473.Lambert, Mgr Patrick (évêque de Chytre), 255, 261.263, 267, 290, 291, 295, 302,309,315.Lamonde, Joseph, 487, 488.Lamorigny, Le Père, 414.La Mothe, L'abbé Pierre-Jacques de, 307, 314.Lamothe, L'abbé Antoine.215, 230.272.Lamothe-Cadillac, Antoine de, 24, 54, 85, 102.109, 114, 143, 144, 165, 170, 175,191, 207.Lamotte, L'abbé Louis, 258.Lamotte, M.de, 413.Lanaudière, Charles-Gasoard de, 280.Lanaudière, Madame de, 480, Lanaudière\u2014Voir Tarieu de Lanaudière.Lancaster, M., 306.Lanctot, L'abbé René-Pascal, 266, 285, 300,315.Landriaux, L'abbé Paul-Louis, 228,254.Landriève, M., 401.Landry, Julien, 469, 470, 471.L'Ange-Gardien, 438.Langevin, Adrien, 471.Langevin, Le nommé, 480.Langlais, Augustin, 451.Langlais, Gabriel, 447.Langlais, J.-P., 447.Langlois, Joseph, 447.Langlois, L'abbé L.-A.-G., 228.Langlois, M., 496.Langlois, Pierre, 450. 522 ARCHIVES DE QUÉBEC Langloiserie\u2014Voir Piot de Langloiserie.Lanoue\u2014Voir Robutel de La Noue.Lanouet, Antoine, 456.Lanouet, Joachim, 455.Lanouet, Joseph, 454, 455.Laparre, Pierre, 451.Laperrière, La famille, 334.Laplanche, Noel, 483.Lapointe, Prisque, 448.Lapointe, Le nommé, 480, Laporte Louvigny\u2014Voir Louvigny.Laprairie-de-la-Madeleine, 38, 67, 70, 71, 112, 324.Laprise, Pierre, 485.Laprise, Prisque, 483, 484.Laprise, René, 484.Larçhe, Le sieur, 438.Laroche, Jean, 462.Laroche, Michel, 462.Larocheile, Pierre, 479.Larose, Guillaume, 448.Lartigue, Mgr, J.-J., 214.Larue, Jos., 495.Lasablonnière, Frs, 495.La Salle\u2014Voir Cavelier de La Salle.Laselle, Colas, 411, 412.Laselle, Jacques, 401.La Saussaie, M., 376.Laterrière, Jean-François, 277.La Terreur, Ant., 493.Latortue, Le nommé, 413, 415, 416.Latouche, Pierre, 437.Launière, M., 470.Lauzier, Louis, 496.La Vaivre, L'abbé Jacques de, 219,224, 225, 227, 228, 332.Lavaltrie, 280, 293.Laverdière, René, 479.Laverdure, Le bonhomme, 469.Lavergne (Lavaigne), Jos., 486.Lavergne, M., 239.Laverrière, P.-Noel, 479.Lavignon, M., 251.La vigueur, Frs, 436.Lavoie, André, 482.Lazerne, Le sieur, 186.Lebel, Benoit, 495.Lebel, Guillaume, 495.Leblanc, Alexis, 460.Leblanc, Jean-Jacques, 458.Leblanc, M., 491.Le Borgne, M., 372, 376, 377, 381.Lebourdais, L'abbé, Jacques, 291, 292, 298.Lebreux, Frs, 489.Lebrun, Le sieur, 490, 494, 495.Lecadien, Joseph, 473.Leclair, Frs, 446, 477, 480, 492, 493.Leclair, Jean, 447, 465.Leclair, Louis, 447.Leclair, Pierre, 484.Leclerc L'abbé Janvier, 225, 304.Leclerc M., 315.Leclerc, L'abbé M.-Féliden, 294.Lecomte, Nicolas, 438.Lecomte, Simon, 438.Lecour, Ambroise, 474.Lecour, Barras, 474.Lecour, Michel, 475.Lecourtois, L'abbé Frs-Gabriel, 218, 226, 232, 236, 243, 246, 250, 251, 259, 293.304.Le Courtois de Surlaville, M., 318.Leduc, Baptiste, 455.Leduc, L'abbé P.-Nicolas, 248,291,312.L'Ecuyer, Charles, 454.L'Ecuyer, M., 464.Lefebvre, Jean, 471.Lefebvre, L'abbé J.-F.-X., 457, 458.Lefebvre, Louis-G., 457.Lefebvre, Pierre, 436.Lefrançois, L'abbé Alexis, 227, 234, 235, 237, 240, 243, 245, 250, 253, 263, 264, 274, 275, 277, 281, 284, 303, 306, 31i: Le Frou, L'abbé, 224.Le Gardeur de Courtemanche, Augustin, 37, 62, 69, 115, 131, 151, 152, 156,159.Le Gardeur de Courtemanche, M., 366, 367,368,375.Le Gardeur de Repentigny, M., 26, 85, 108, 152.Le Gardeur de Repentigny, Le chevalier Louis, 380,381,382, 406.Le Gardeur de Saint-Michel, Pierre, 67, 210.Le Gardeur de Tilly, Le aieur, 210. ARCHIVES DE QUÉBEC 523 Legoui, Jean, 492.Leguay dit Lenoir, Chs, 474.Le Hericy, M., 279.Lejamtel, L'abbé Antoine, 311, 314.Lejamtel, L'abbé François, 217, 221, 223, 224, 225, 226, 262, 263, 268, 269, 291, 292, 296, 298, 303, 307.Lelièvre, L'abbé Louis, 228, 237, 266, 275.Lemaine, Drouin, 443.Le may, Ignace, 465.Le may, Louis, 465.Lemercier, M;, 375, 386, 399, 400.Le mieux, Ignace, 490.Lemleux, Joseph, 481, 491, 493.Le mieux, M., 475.Le Moyne d'Iberville, Pierre, 21,34,45, 51, 53, 56, 78, 84, 97, 98, 99, 101, 104, 108, 111, 113, 114, 132, 136, 137, 145, 146, 148.149, 150, 151, 153, 155, 167, 177.182, 184, 186, 197.207, 208.Le Moyne de Longueuil, P.-J., 355,365, 375,376.Le Moyne de Longueuil, Le sieur, 35, 42, 53.Le Moyne de Maricour, Paul, 53, 63.Le Moyne de Sainte-Hélène, Jacques, 42,53.Le Moyne de Sérigny, Joseph, 186,187, 208.Le Neuf de la Vallière, Michel, 42, 46, 165.Lennox, L'Ile, 290.Lepage, Joseph, 443, 478.Lepage, Pierre, 480.Le Picart, M., 151.Leprince, Thimothée, 460.Leprohon, L'abbé Jos.-Onésime, 314.Le Saulnier, L'abbé C.-Michel, 265.L'Espérance, Le nommé, 440, 441, 442.L'Espérance, M., 489.Lessard, Bonaventure, 439, 440.Lessard, Frs, 439, 472.Lessard, Jos., 481.Lester, Robert, 229, 236, 249, 254, 257.Létang, L'abbé Théodore, 250,270,305.Létourneau, Alexis, 452.Létoumeau, Ignace, 486.Le Vanier, M., 221.Levasseur, Joseph, 460, 461.Levasseur de Néré, Le sieur, 141, 144, 161, 171.Levesque, Le nommé, 488.L'Heureux (Leureau), Joseph, 443, 465.L'Heureux (Lureux), Louis, 436, 457.Lièvre, Joseph, 475.Lièvre, M., 476.Ligneris, M.de, 382,399, 400, 401, 403 405.Lino\u2014Voir Martin de Lino.L'Islet, 491.Little John, Le capitaine, 453.Lizé, Baptiste, 456.Lizot, Bernard, 496.Lizot, Frs, 493.Lognon, Baptiste, 443.Loignon, Joseph, 467.Loiseau, Le Père Théodore-Claude, 459, 461.Lombards, Le sieur, 10.Londres, L'évêque de, 308.Long-Sault, 116, 343, 358.Longueuil, 272.Longueuil\u2014Voir Le Moyne de Longueuil.Lorimier, M.de, 432.Lorimier, Le sieur de, 86, 110.Lorme, Le sieur de, 99, 137.Lotbinière, 228, 278, 465.Lotbinière\u2014Voir Chattier de Lotbinière.Loubert, Le capitaine, 222\\ Louis, Le Frère, 246.Louis XIV, 1, 3.Louis XV, 321.Louis XVIII, 290.Louis, Le Père\u2014Voir De mers.Louisbourg, 319,320,321,380,399,403.Loups, Les sauvages, 22, 41, 65,70,123, 156.175, 185, 407, 415.Louverdière, Frs, 445.Louvigny, Louis de la Porte de, 24, 36, 53, 69, 82, 106, 115, 143, 173.191.207.Lubert, Le sieur de, 28,129, 200.Lymburner, Adam, 222, 228, 237, 238.260, 261, 271, 276, 279. 524 ARCHIVES DE QUÉBEC M Mabane, M., 447.Macard, M., 151.Macdonell, Mgr Alexander, 228, 236, 240, 245, 252, 253, 254, 255, 257, 258, 261, 263, 264, 265, 266, 275, 283, 285, 287, 291, 295, 301, 302, 303, 308.Macdonell, L'abbé Alexander, 266, 307, 311.Macdonell, L'abbé Jean, 308.Macdonell, Le capitaine, 257, 285.Macdonell\u2014Voir McDonald.MacGilvray, M., 225.Mach, Le nommé, 471, 472.Machault, M.de, 418.Mackay, James, 380.MacKinnon, Donald, 482.Madawaska, 216, 220, 229, 232, 241, 246, 264, 280, 283.Madran, L'abbé Jean-Marie, 293, 295.Magré, 268.Maguire, L'abbé Thomas, 218, 241, 255, 287.Maheu, Joseph, 437.Maillot, Alexis, 464.Maillot, Joseph, 463, 464.Maillot, Nicolas, 464.Maillot, Prisque, 464.Maillot, Valentin, 464.MaiUoux, L'abbé B.-Nicolas, 271.Mailloux, Pierre, 437.Mailloux, St-Ours, 453.Maisonbasse, L'abbé, 487.Maisonfort, Le sieur de, 53.Malbaie, 233, 234, 235, 236, 239, 243.Malbœuf, Louis, 487.Malcolm, M., 292, 312.Maiden, 253.Malécites, Les sauvages, 299.Malpec, 301.Malte, Le chevalier de, 67.Manathe,.13, 14, 15, 16, 24, 30, 41, 43, 44, 57, 60, 61, 62, 70, 71, 72, 75, 100, 108, 114, 117, 155, 160, 185, 188, 196, 197.Mann, M., 306.Manseau, L'abbé, Antoine, 303, 311.Mansfield, L'abbé James, 291, 292.Marceau, Augustin, 444.Marceau, Jean, 444.Marchand, Alexis, 456.Marchand, L'abbé J.-B., 250, 252, 260, 264, 287, 296.Marchand, L'abbé Pierre, 262, 272.Marchand, Simon, 461.Marcheteau, L'abbé J.-B.-Antoine, 227, 228, 229, 230, 233, 234, 238, 239, 243, 251,263,275,276,277.Marcheterre, M., 486.Marcot, Francois, 452.Marcot, Joseph, 452.Marcot de la Chevrotière, Joseph, 452.Marcoux, André, 438.Marcoux, Antoine, 470, 471.Marcoux, L'abbé François, 306.Marcoux, Jos., 480.Marcoux, L'abbé Joseph, 289,' 294,295.Marcoux, Louis, 470, 471.Marcoux, L'abbé Louis, 299, 311.Marcoux, Pierre, 471.Maret, Le sieur, 186.Mareuil, Le sieur de, 193.Mari court\u2014Voir Le Moyne de Mari-court.Marit-Sara, La, 149, 150, 199.Marin, M., 344.Marin, Le sieur, 148.Marin, La famille, 334.Marot, Jean, 485.Marot, Paul, 486.Martel, Le nommé, 145.Martel, M.403.Martin, Jean, 486.Martin, Jos, 450, 480, 486.Martin, L'abbé Pierre, 296.Martin de Lino, Mathurin-François, 135,151, 163.Martinique, La, 29, 133, 184, 191, 301, 302.Mascoutins, Les, 415.Maskouarau, Le poste de, 232.Massé, Chs, 461.Masse, Michel, 448.Masse, L'abbé Michel, 220.Mathieu, Aug., 486.Mathieu, Chs, 486. ARCHIVES DE QUÉBEC 525 Mathieu, Prisque, 435.Mathieu, René, 486.Matignon, L'abbé François, 221, 279, 310.Matte, Joseph, 452.Matte, Louis-Nicolas, 452.Maupéon, Le chevalier de, 128, 166, 195.Mauricet, Frs, 469.Mauricet, Mathurin, 451.Mauvide, Le chirurgien, 368, 386.McCallum, M., 219.McDonald, L'abbé Angus, 295.McDonald, Donald, 242.McDonald, L'abbé James, 225,226,228, 257.McDonald, Ronald, 291, 298.McDonald\u2014Voir McDonell.McDonaldie, Madame, 292.McDonell, John, 242, 297.McDonell, L'abbé Roderic, 218, 243, 245, 246.McDonell, Roderic, 291, 297.McDonell, L'abbé Ronald, 244.McDonell\u2014Voir Macdonell.McDougall, Donald, 297, 303.McEachern, Mgr Angus, 214, 217, 220, 221, 225, 226, 228, 244, 249, 257, 266, 269, 291, 292, 297, 298, 309, 313.McEntire, Roderic, 481.McGillis, Charles, 297.McGillis, Evan, 301, 303.McLean, Lieut.-Col., 450, 452, 455.McLeod, William, 297, 302.McLoad, M., 493.McMillan, Donald, 242.McNider, L'abbé Mathew, 235.McQuade, L'abbé Paul, 315.McTavish, M., 232.Medoche, 264.Méloizes, M.des, 371, 386, 393, 399.Merriramcook, 226.Ménard, L'abbé J.-P., 444.Ménard, Marie-Louise, 213.Mendras, M.de, 46.Menneval, M.de, 7, 33, 42, 67, 103.Menoudi, 226.Menthet\u2014Voir Ailleboust de Manthet.Méran, Antoine, 452.Mercier, Êloi, 481.Mercier, Frs, 481.Mercier, Julien, 480.Mercier, J.-M., 441.Mercier, Pascal, 491.Mercier, La famille, 334.Mercure.M., 466.Mercure, Pierre, 451.Mer d'Ouest, Le poste de la, 323, 335, 340, 342, 344.Merle, Le Père Vincent, 309, 310, 312, 313, 314.Merlin, M., 256, 257, 262, 267, 268, 269, 279, 292.Merville, Le sieur de, 164.Mesnu\u2014Voir Peuvret de Mesnu.Mêtivier, Nicolas, 489.Metote, Le sieur, 494.Meulles, L'intendant de, 126.Meurons, Le régiment des, 296.Mézières, M.des, 399, 401.Miamis, Les, 173, 413, 415, 417.Miamis, Le poste des, 69, 82, 107, 156, 175, 318, 319, 320, 321, 324.327.328, 329, 330, 331, 336, 340, 341, 343,344,365, 401, 407, 413.Michigan, Le lac, 323.Michillimakinac, 29, 30, 34, 36, 39, 69.106, 126, 156, 187, 191, 205, 207.323, 327, 328, 329, 330, 331, 333, 336, 337, 340, 342, 345, 347, 381, 382, 388, 393, 399, 400, 401, 406.Michipicotton, Le poste de, 323, 342.Michon, Abel, 489.Micmacs, Les, 290,309.Migeon, Le sieur, 178.Mignault, Frs, 487, 489.Mignault, L'abbé Pierre-Marie, 264 307, 310, 312, 313, 314.Migneron, Joseph, 448.Mignot, Girard, J.-A., 476.Mikinak, Le chef outaouais, 411, 413, 414.MiUet, Le Père Pierre.103,117.Milner, Le docteur, 269,271,302,308.Milnes, Sir Robert-Shore, 221, 233, 237, 239, 242,253.Milnes, Lady, 221,229. 526 ARCHIVES DE QUÉBEC Mines, Le sieur de, 66, 142.Mines, Les.143,191.Mingan, Le poste de, 232.Miragonish, 290.Mirligaiche, 333.Missiskoui, Le poste de, 343.Mississagués.Les, 368, 381, 382.Mississipi, 323, 324, 327, 342, 343.Missouri, 342.Mitron, Joseph, 477.Molerie, Le sieur de la, 142.Moteur dit Lallemant, Jean, 475.Moltey, M., 291.Monic, Le sieur de, 85, 108, 142, 165, 166.Montagnais, Les.226,236.Mont-Alban, Le fort de, 58.Montanbeau, J.-B., 452.Montcalm, Le général, 320.Montesson, M.de, 365,375.Montgomery, Richard, 431, 463, 466.Montigny, Frs, 447.Montigny, Jean, 480.Montigny, Michel, 446.Montignv.Le sieur de, 145,.154, 156, 158,'175, 188.Montigny, M.de, 357, 361, 362, 364, 365, 366, 371, 381.Montmidy, M.de, 418.Montmigny (Monmeny), J.-B., 485, 486.Montmigny, Michel, 478.Mootorgueil, M., 42.Montpellier, L'évêque de, 285.Montréal, 167,168.Montreuil, Jacques, 454.Monts-Déserts, Les, 135, 155, 163, 167.Moras, Jean, 463.Moras, Le sieur de, 209.Moreau, Isaac, 18.Morel, Le sergent, 454.Morel de la Durantaye, Olivier, 83, 85, 96, 107, 109, 126, 144, 174, 175, 192, 195, 206.Morency, Joseph, 481,482.Morin, Ant., 484, 486.Morin, Augustin, 475, 485, 486.Morin, Frs, 468, 494.Morin, Germain, 485, 486.Morin, Jacques, 483.Morin, Jean, 493.Morin, Joseph, 484, 485, 486, 494.Morin, Louis, 484.Morin, Michau, 494.Morin, Moise, 483, 484.Morin, Pierre, 482.484, 486.Morin, Ducharme, Jacques, 484.Morin dit Miscou, Jos., 480.Morrogh, M., 254.Motaouando, Le chef sauvage, 175.Mountain, L'évêque anglican, 254, 261, 273.Murphy, L'abbé.315.Murray.Le général, 254, 448, 449, 454.Mutifeu, Le sieur, 150.Muy\u2014Voir Daneau de Muy.N Nadeau, Ambroise, 477.Nadeau, Antoine, 469.Nadeau, François, 472.Nadeau, Janot, 481.Nadeau, Jean, 481.Nadeau, Joseph, 472.Nadeau, Louis, 481.Namekantic, Le lac, 334.Napoléon 1er, 270.271,282.Naransouac, 333, 334.Naskapis, Les, 226, 236.Nativité, La sœur de la, 280, 289, 314.Navarre, M-, 413, 419-Naxouat, Le fort de, 91, 130, 154, 181, 188.Nécessité, Le fort, 318,321,377,378.Nelson, L'amiral, 219.Nelson, Le sieur.18.72, 100.102, 103, 111.117, 130, 136, 156, 163.Nelson, Le fort, 34.51, 53, 55, 56, 63, 64, 78, 84, 97,98.99.101, 108, 113, 136, 137, 145, 148, 149, 151, 164, 208.Nepigon, Le poste de, 323, 340,342,345.Nepissîngues, Les, 38, 348, 365, 375.Neuvilette.M., 399.Neuvillette\u2014Voir Rpbineau de Neuvil- lette.New-Johnston, 258. ARCHIVES DE QUÉBEC 527 Niagara, Le fort de, 6, 258, 318, 319, 324, 327, 328, 330, 331, 332, 333, 336, 337, 338, 339, 340, 341, 343, 344, 345, 347, 350, 351, 354, 356, 361, 362, 364, 367, 368, 369, 370, 371, 372, 375, 378, 382.401.403, 418.419.Niagara, Le portage de, 328, 331, 369.Nicole, Jacques, 487, 488.Nicolet, 244, 245, 246, 247, 248, 255, 256, 259, 264, 285.286, 296, 304.Nisibe, L'évêque de, 268, 269, 270, 284.Niverville, M.de, 358.Nobert, Baptiste, 455.Noël, L'abbé J.-B., 465.Noël, L'abbé Michel-Francois, 233.Noiseux, L'abbé François, 216, 240, 244, 247, 248, 251, 256, 258, 259, 264, 268, 269, 272, 273, 298, 299, 300,305.Noiseux, François, 448.Nolin, Baptiste, 447.Nolin, Basile, 475.Nolin, Pierre, 447.Nolet, M., 447.Nontagués, Les, 332.Nord\u2014Voir Baie du Nord.Noreau, Charles, 435.Norman, Le nommé, 373.Normand, B., 492.Normand, Jacques, 492.Normandin, Louis, 462.Normanville, M.de, 401.Not, Joseph, 452.Not, Michel-Joseph.452.Nouveau-Brunswick, 289, 290.Nouvelle-Angleterre, La, 15, 16, 51, 52, 55.59, 71, 78.83.84,100, 102, 108, 111, 130, 144, 153, 156, 181, 184, 191.Nouvelle-Beauce, La, 334.Nouvelle-Ecosse, La, 228, 241, 244, 250, 251, 260, 286, 289, 290, 309, 312, 314.Nouvelle-Longueuil, 286.Nouvelle-York, La, 6,12, 13, 14,15,16, 32, 43.52, 72, 75, 76, 77, 84, 102, 108, 138, 144, 163.Noyan\u2014Voir Payeh de Noyan.O Odelin, L'abbé Jacques, 293.O'Donnell, Mgr James Lewis, 221.Olivier, Victor, 487, 488.Oneaori\u2014Voir Orehaoué.Onneyouths, 117,123, 159, 176, 195.Onnontagués, 38, 123, 152.Ononlhio, Le grand, 325, 326, 385, 386, 388, 400.409, 415.Ontario, Le lac, 107, 324, 333, 341, 343, 359, 381, 382.Orange, 13, 14, 16, 17, 30, 41, 43,j61, 65, 70, 72, 77, 79, 84, 103,108, 116, 143, 152, 167, 170, 176.196, 197, 324, 328, 330, 331.Orehaoué, Le chef, 31, 36, 38, 62.O'Reilly (Dorilé), Mgr, 446, 447.Orfroy, L'abbé Urbain, 248, 263, 265, 277, 279, 280, 291, 295.Orléans, L'Ile d', 42.Orodone\u2014Voir Orehaoué.Osgoode, M., 216.Ottawa, 107, 138, 143,159,177.Ottawas ou Outaouais, Les, 21, 33, 35, 36,37,38,39, 50, 51, 57,69,92, 94, 97, 116, 118, 129, 154, 156, 164, 174.180, 205, 207.208, 394, 400, 402, 403, 406, 408, 414, 419.Ouabache (Sabache), La rivière, 324,327.Ouatanons (8atanons), 324, 327, 329, 330, 331, 332,.336, 340, 341, 343, 345.Oudiette, Jean, 150,151.Ouellet, Chrysostôme, 495.Ouellet, Jean, 496.Ouellet, Joseph, 493,495.Ouellet, Michel, 495.Ouellet, Sébastien, 476,496.Ouimare, Eustache-C., 484.Outaouacs\u2014Voir Ottawa.Outlas, Le nommé, 63, 64.Oyatanons.399, 401, 413, 415, 417.Oyogouins, 68, 69,123,196.P Pachot, M., 151.Page, Jean-François, 451. 528 ARCHIVES DE QUÉBEC Page, Joseph-Etienne, 451.Page, Joseph-Louis, 451.Page, M., 466.Painchaud, L'abbé Alexis, 310.Painchaud, L'abbé Chs-François, 238, 245,249,253,260,300,303,304.Paix, Les lies de la, 357.Panet, Mgr B.-Claude (évêque de Saldes), 213, 223, 232, 240, 241, 242, 250, 251, 263, 258, 259, 261, 264, 265, 266, 267, 268, 273, 275, 276, 281, 285, 286, 298, 302, 304, 305, 310, 313, 314.Panet, L'abbé Jacques, 217, 219, 237, 269, 313.Papillon, Le sieur, 450.Papineau, M., 275.Paquet, L'abbé Frs-Raphaël, 220, 265, 312.Paquet, L'abbé Jos.-Michel, 223, 228, 234,251,268,271.Paquet, J.-B., 477.Paquet, Louis, 437.Paquet, Le bonhomme, 496.Paquin, L'abbé Jacques, 310.Paquin, L'abbé J.-B., 262,263,278,296, 297.Paradis, Etienne, 469.Paradis, Jean, 436.Paradis, Joseph, 447.Paradis, Louis, 468.Paradis, M., 475.Parant, Etienne, 469, 470.Parant, L'abbé Frs-Louis, 230.258, 293.Parant, Jacques, 470.Parant, Louis', 470.Paré, Jean, 439.Paré, Joseph, 441.Paré, Louis, 472.Paré, Prisque, 440.Parent, Jean-Richard, 447.Parent, J.-L., 437.Parent, L'abbé P.-Auguste, 303, 311, 316.Parent, Pierre, 437, 438.Paspébiac, 284, 312.Pasquin, Jean, 452.Pasquin, Joseph-Marie, 452.Pasquin, Nicolas, 452.Patchouat, Le fort de, 157, 158.Patry, Claude, 470, 471.Payen de Noyan, Pierre, 35, 53, 86,110, 194.Péan, M., 360, 361, 362, 363, 364, 365, 366, 367, 368, 369, 370, 371, 372, 373, 376, 377, 380, 381, 382, 383.386, 389, 391, 393.399.400, 401.Péan, La famille, 334.Pécaudy de Contrecœur, C.-P., 365.366, 372, 375, 380, 381.382, 385, 386, 419.Pelletier, Aug., 493.Pelletier, Baptiste, 495, 496.Pelletier, Chs, 493.Pelletier, Frs., 493, 494.Pelletier, Hyacinthe, 487.Pelletier, Jacques, 493.Pelletier, Joseph, 494.Pelletier, Louis.494.Pelletier, M., 495.Pelletier.Noël, 494.Pellerin, Louis, 485, 487.Pelouse, L'abbé de la.292.Pel taux, Le nommé de, 413.Pemquid, Le fort, 33, 130.155, 188.Pensylvanie, 15.Pentagouet, 7, 30, 114, 128, 181, 188, 199.Pentagouet, La rivière, 333.Pépin, Louis, 443.Pépin dit Lachance, Frs., 444.Pérade, M.de la, 122.Pérade\u2014Voir Tarieu de la Pérade.Percée, L'Ile, 18, 25, 32,42.47, 49, 114, 235,311.Pérelle, Le sieur de la, 171.Péricard.L'abbé de, 284.Périgny, Le sieur de, 154.Périnault, L'abbé P.-Joseph, 241, 310, 314.Perras, M., 241.Perrault, L'avocat, 265.Perrault, Basile, 464.Perrault, Jacques, 442,452.Perrault, Jean, 453.Perrault, Michel, 464.Perrault, Olivier, 235. ARCHIVES DE QUEBEC 529 Perrault, Paul, 453.Perrière, M.de la, 367.Péron, Joson, 453.Perron, Joseph, 238.Perrot, Nicolas, 29, 36, 136.Perrot, L'Ile, 357.Peskadouet, 185.Petit, Le sieur, 94.Petit-Cap, 235.Petite-Chaloupe, La, 270.Petitclair, Augustin, 448.Petit-Lac, 364, 365.Petitpas, Le nommé, 130.Petit-Rapide, 330, 331, 332, 333, 337, 339, 340, 342, 344.Petite-Rivière, La, 215.Peuvret de Mesnu, J.-B., 111, 147.Philadelphie (Filadelfile), 327, 330, 373.Philadelphie, L'évêque de, 281.Phipps, Sir William, 41, 59, 70, 77, 103, 106, 114, 117, 118, 188, 193.Pianguichins, Les, 415.Picard, André, 486.Picard, Augustin, 484, 485, 486.Picard, Basile, 486.Picard, Jacques, 486.Picard, J.-B., 487, 488.Picard, J.-F., 482, 484.Picard, L.-M., 486.Picard, Pierre, 486, 491.Pichart, L'abbé Amable, 222, 225, 226, 268, 302,303, 306,307, 311.Pichet, Jacques, 442.Pichet, Jean, 451.Picquet, L'abbé François, 324,339,348.Pie VII, 214, 223, 224, 270, 281, 302, 303.Pierray, Catherine, 181,192.Pierre, L'Ile à la, 394.Pigeon, L'abbé Frs-Xavier, 262.Pigeon, Julien, 484.Figue, Pierre, 454.Pilot, Augustin, 478.Pilot, Jean, 478, 479.Pinault, Le chirurgien, 79.Pinet, L'abbé Alexis.445.Piot de Langloiserie, Chs-Gaspard, 165, 166,195, 34 Plaisance, 24, 42, 71, 73, 84, 108, 112, 114,155, 165,177,184,191,196.Plamondon, M., 435.Plante, Jean, 443.Plante, Joseph, 444.Plante, Prisque, 446.Plessis, Jos.-Amable, 213.Plessis, Mgr Jos.-Octave, 213 et séquen-tes.Pointe, Le poste de la, 334,335,340.Pointe-à-Cardinal, 358.Pointe-à-Colac, 358.Pointe-à-la-Caille, 476, 482, 495.Pointe-au-Baril, 358.Pointe-aux-Cèdres, 391,393,398.Pointe-aux-Feviers, 393, 398, 420.Pointe-aux-Genevièvres, 284.Pointe-aux-Iroquois, 358.Pointe-aux-Pins, 358.Pointe-aux-Raisins, 398.Pointe-aux-Roches, 393,398.Pointe-aux-Trembles, 449,465, 466.Pointe-des-Cascades, 357.Pointe-Lévis, 469, 473, 478, 480, 481, 484, 485, 487, 489.Pointe-Maligne, 358.Pointe-Mongouagon, 394.Poirier, L, 233.Poirier, Pierre, 471.Poirier, L'abbé, 226.Poisson, Alexis, 462.Poisson, Antoine, 462.Poliquin, M., 478.Poly, Le, 99,101,104,108,127,130,136.137, 145, 146, 148, 149.150, 151.153,154.155.176.177,197.Pompadour, Madame de, 321.Pontchartrain, M.de, 47, 60, 63.Pontcharlrain, Le, 123, 201.Portier, L'abbé P.-A., 493,495.Pornevau, Antoine, 457.Port-Daniel, 284.Portneuf, 243, 257.Portneuf\u2014Voir Robineau de Portneuf.Port-Royal, 29, 30, 41, 42, 43.51, 55, 67.71, 72, 83, 103, 111.117.136.155,156,157,193,334.Poulet, Charles, 447, 530 ARCHIVES DE QUÉBEC Poulin, François, 442.Poulin, Pierre, 472.Pouteoatamis, 393, 394, 399, 400, 402, 403.406,407,408,414,416.Powell, Le capitaine, 224.Power, L'abbé Thomas, 221.225, 227, 244.Pratte, L'abbé Henri, 315.Prémont, M., 443.Présentation, Le fort de la, 249, 324, 339, 341,343,346.347, 348.350.353, 354,357, 358.Prescott, Le général, 217,218,219, 253.Presqu'île, 318, 324, 335, 341, 345.363, 365, 366, 367, 368, 369, 370, 371, 373, 375, 376, 378, 380, 381.382, 383, 385.386, 393, 394.398, 411, 412, 423.Prévost, Sir George, 283, 284, 285, 286, 287, 289, 290, 291, 293, 294, 297, 300.304, 305, 306, 307.308.Prévost, L'abbé Louia-Amable.310.Prince, Pierre, 460.Priou, Louise, 138.Protin dit Couture, Augustin, 475.Prou, Basile, 488.Prou, Joseph, 471.Prou, Le sieur, 483.Provancher, Charles, 460.Provencher, Mgr J.-N., 248, 291, 297, 314.Provençal, Le nommé, 470.Provençal, Joseph, 481.Provost, François, 26,39,41,46, 54, 84.98.108, 113, 148.166, 179.Provost, Guillaume, 469.Puisaye, Le comte de, 218.Q Queré, Joseph, 494.Quirion, François, 473.Quimpëre, Pierre, 495.Rabeyre, Le sieur de la, 21.Raby.L'abbé Louis, 278, 280, 283, 293, Racine, Jean, 479.Racine, J.-B., 439.Racine, Louis, 479.Racine, Noël, 479.Radisson, Le nommé, 6.Rageot, Le sieur, 147.Raimbault, L'abbé Jean, 245, 246, 247, 248.Rainville, Paul, 437.Raizenne, L'abbé Jos.-JérOme, 256,294, 295.Ramezay, Claude de.26, 35, 8b, 93, 108,142, 166, 196, 203, 204.Ramezay, La famille de, 334.Rampené, Le nommé, 455.Ranvoysê, L'abbé Frs-Ignace, 236, 267, 288.Rau dit Alexandre, Joseph, 458.Raymond, Le chevalier Chartes de, 317.318.320, 321, 322, 323.Raymond, Elisabeth de, 320.Raymond, Le comte de, 319,320.Raymond, Louis de, 319.Raymond, M., 261.Récollets, Les, 4, 18.85.86.108, 109.120,146.163,178,193,210,298.Regnault, Le sieur, 136.Reigné de Roussy, M., 438, 443.Rémillard, Etienne, 479.Renards, L'Ile aux, 360.Renaud, L'abbé P.-S., 437.Renaud de Grospin, M., 437.Repentigny, Le chevalier de, 344.Repentigny, La famille de, 334.Repentigny, 68, 356.Repentigny\u2014Voir Le Gardeur de Repentigny.Richard, Augustin, 451.Richard, François, 480.Richard, L'abbé Gabriel.249,255.Richard, Jacques, 460.Richard, Jean, 450.Richard, Lazare, 490.Richard, Michel, 480.Richard, M., 494.Richmond's Bay, 260.Rigaud, 270.Rigaud de Vaudreuil, Philippe.326; ARCHIVES DE QUEBEC 531 Rigaud de Vaudreuil, Pierre, 319, 365, 403, 418.Rigaud dit Bernier, Louis, 490.Rigauville\u2014Voir Bergères de Rigauville.Raimbault, M., 376.Rimouski, 236, 255.Rinfret, L'abbé Antoine, 245, 246, 255, 280, 289,296,300.Rinfret, M., 315.Rivard, Antoine, 462.Rivard, Nicolas, 453.RI vérin, Antoine, 435.Riverin, Le sieur, 10, 24, 25, 35, 45, 51, 54, 87, 147, 177, 210.Riverin, M., 496.Rivière-à-l'Aile, 381.Rivière-à-Guignolet, 418.Rivière-à-la-Barbue, 363, 387, 398.Rivière-à-la-Carpe, 387, 398.Rivière-à-la-Carrière, 394.Rivière-à-la-Famine, 360.Rivière-à-la-Presqu'lle, 394.Rîvière-à-la-Roche, 365, 389, 398, 407.Rivière-à-Parant, 394.Rivière-à-Séguin, 389, 390, 398, 423, 425.Rivière-à-Toussaint, 393, 420.Rivière-au-Bœuf, 318, 324, 335, 345, 351, 366, 373, 375, 376, 381, 382, 383, 385, 386.Rivière-au-Portrait, 429.Rivière-au-Sable, 360, 363, 364.Rivière-au-Vermillon, 390, 391, 398, 426.Rivière-aux-Canards, 394, 417.Rivière-aux-Chevaux, 363.Rivière-aux-Chicots, 360, 361, 388.Rivière-aux-Cignës, 393, 394.Rivière-aux-Dindes, 394.Rivière-aux-Écbrces, 394.Rivière-aux-Gravois, 385.Rivière-aux-Hurons, 390,391, 394, 398.Rivière-aux-Marais, 398.Rivière-aux-Raisins, 249.Rivière-Blanche, 389,390.Rivière-Chininguê, 429.Rlvière-Chinadaihta, 409.Rivière-Couchakê, 426.Rivière-Creuse, 398.Rivièrs-de-Bausseron, 394.Rivière-de-la-Panise, 394.Rivière-des-Illinois, 342.Riviêre-de8-Miami8, 393, 398, 415.Rivière-des-Prairies, 22, 23, 171.Rivière-du-Détroit, 393, 394, 398, 417, 419.Rivière-du-Loup, 261.Rivière-du-Poisson Doré, 423.Rivière-du-Portage, 391, 409, 411, 420.Rivière-du-Rbcher, 398.Rivière-Naguerreconnan, 427, 428.Rivière-OueUe, 244, 259, 261.Rivière-Oulstin8ayatouyou, 429.Rivière-Rouge, 394, 417.Rivière-Saint-Jean, 343.Rivière-Saint-Joseph, 401,404,406,407, 414.Roberge, Pierre, 463.Robert, L'abbé Ant.-Bernardin, 267.Robert, Jacques, 484.Robert, Le nommé, 471.Robichaud, Pierre, 491.Robin, L'abbé F.-M., 218, 219, 230.Robineau de Neuvillette, Le sieur, 130, 154.Robineau de Portneuf, Le sieur, 37, 42, 55, 67, 115, 130, 156.Robineau de Portneuf, 366, 368, 369, 370,371,372, 375, 381, 386,393, Robineau de Villebon, Joseph, 25, 43, 50,51,55,67,69,71.83,87,91,101, 103, 114, 115, 117, 127, 130, 131, 136, 145, 154, 156, 158, 175, 181, 184,188,189, 191, 192,194.Robitaille, André, 435.Robitaille, L'abbé Pierre, 278, 290,293, 294,305.Rohutel de La Noue, Zacharie, 152,159.Rochefort, Le fort de, 12, 56, 67, 99, 143.147,157.Rochelle, La, 24, 28, 71, 86, 110, 111.112,119,128,140,151, 153.Rocher, François, 490.Rocquetaillade, M., 377, 381.Rodrigue, Maurice, 490.Roi d'Espagne, Le, 142, 172, 177.Rollet, Frédéric, 287.Romagné.L'abbé, 311. 532 ARCHIVES DV QUÉBEC Roque, L'abbé J.-G., 244.Rose, 134.Ross, M., 242.Rosseter.M., 291, 295.Rouer de Villeray, Le sieur, 150.Rouillard, Joseph, 479.Rouillé, François, 445.Rouillé, M., 418.Rouleau.Joseph-M., 479.Rouleau, Louis, 445.Roupe, L'abbé J.-B.241.246,247, 249, 250, 257, 262, 264, 284, 289, 293.294,295,312.Rousseau, Augustin, 486.Rousseau, Jean, 486.Rousseau, L.-J., 467, 468.Routier, Fabien, 470.Routier, Louis, 448.Roux, L'abbé J.-H.-A., 217.219, 233, 238, 241, 242, 244, 245, 247, 248, 253, 255, 256, 257, 258, 260, 261.262, 265, 266, 268, ?,69, 270, 272.273, 274, 275, 276, 2/8.279, 280, 281, 283, 285, 286, 287, 288, 289, 290, 293, 294, 295, 296, 297, 298.301, 302, 303, 304, 306, 307, 308.311,312,314,315.Roy, Auguste, 496.Roy, Baptiste.478.Roy, Eloi, 478.Roy, Eustache.480.Roy, Joseph, 476.Roy, J.-E., 433.Roy, L'abbé J.J., 219.256.Roy dît Lauzier, Augustin, 495.Royer, Joseph.477.Rue!, François.445.Ruel, Ignace, 477.Rustico, 301.Ryland, M., 216, 217.222, 237, 273, 279, 287.S Sabrevoia de Bleury, M., 376.Saguenay, La rivière, 47.Saguinant, Le, 329, 373, 406, 410, 414, 418.Saint-André, 232, 243,244.Sa; t-André-de-Kamouraska, 247, 266.Sa' Antoine, 466.Sal .Aubin, Le nommé, 130.Saini Augustin, 235,448,449.Sa:~rt Augustin, La sœur, 244.Saint Auspice, Le fort de, 58.Saint-Basile, 299.Saint-Benoit.270.Saint-Blain, M., 360, 364, 366,368, 371, 372, 377, 383.Saint-Castin, Le sieur de, 72,100.Saint-Charles, 270.477.Saint-Cirque, La compagnie de, 24.Saint-Cosme, Le sieur de, 191.Saint-Cyr (Sainsire), Pierre, 456.Saint-Denis, 272.Saint-Denys\u2014Voir Juchereau de Saint-Denys.Sain te-Anne-de-Beaupré, 439.Sainte-Anne-de-la-Pérade, 454.Sainte-Anne-de-la-Pocatière, 495.Sainte-Anne, La, 113,146,149,177.Sainte-Claire, 236.Sainte-Claire, Le lac, 324,328,331, 416, 417,418.Sainte-Croix, 465.Sainte-Elisabeth, 270.Sainte-Famille de l'île d'Orléans, 442.Sainte-Foy, 236.487.Sainte-Geneviève-de-Batiscan, 457.Sainte-Hélène\u2014Voir Le Moyne de Sainte-Hélène.Sainte-Marie-de-Beauce, 235,469.Sainte-Marguerite, 216.Sainte-Thérèse, La rivière, 7,64.Saint-Eustache, 261, 270, 272, 301.Saint-Féréol, 288.440.Saint-François, La seigneurie, 473.Saint-François, Le lac, 20, 34.Saint-François-de-la- Rivière-du-Sud, 280,289,482.Saint-François-de-Salea, 272.Saint-François-d'Yamaska, 248.Saïnl-François-Xatier.Le, 18, 100,105.106,114,119.Saint-Frédéric, Le fort, 324, 329, 336, 346, 347.350, 354.381.Saint-Georges de Cabanac.M-, 381.Saint-Germain, L'abbé 296, 308, 311. ARCHIVES DE QUÉBEC 533 Saint-Grégoire, 251.Saint-Henri, 468.Saint-ffilaire.M., 475.Saint-Hyacinthe, 249.Saint-Jacques-de-L'Achigan.294.Saint-Jean, Le fort, 324, 346, 347, 350, 354.Saint-Jean, L'Ile, 226,257,260,269.Saint-Jean, La rivière, 78, 83, 87, 114, 127, 130, 131, 154, 157, 175, 180, 181,186,188,189,254,262.Saint-Jean, Le sieur de, 53.Saint-Jean de l'Ile d'Orléans, 444.Saint-Jean-Baptiste, La, 255.Saint-Jean-Deschaillons, 464.Saint-Jean-Port-Joli, 492.Saint-Joachim, 440.Saint-Joseph, Le, 186,189,196,199,200.Saint-Joseph, Le poste de, 323, 340, 342, 344, 345.Saint-Joseph-de-Chambly, 247.Saint - Joseph-de-la-Nouvelle - Beauce, 471, 473.Saint-Laurent, Etienne, 475.Saint-Laurent de l'Ile d'Orléans, 445.Saint-Luc, 265.Saint-Luc La Corne, Le chevalier, 344.Saint-Luc La Corne, La famille, 334.Saint-Louis, Le, 177.Saint-Louis (Québec), Le fort, 100,129, 149, 206.Saint-Louis-des-Illinois, Le fort, 52, 83, 96, 107, 144, 175, 206.Saint-Malo, 24, 104, 111 Saint-Martin.M., 364.365.371, 372, 386,389,393,399,400.Saint-Michel, La société, 249.Saint-Michel, 478.Saint-Michel\u2014Voir Le Gardeur de Saint-Michel.Saint-Nicolas, 466, 467.Saint-Olivier, La sœur, 258.Saint-Onge, Jean, 480.Saint-Onge, L'abbé Pierre, 458.Saint-Ours, 450, 453.Saint-Ours, M.de, 362, 364, 365, 366, 371, 377, 378, 386, 389, 393, 399.414.Saint-Ours, Pierre de, 122,192.Saint-Patrice, 273, 275.Saint-Pétersbourg, 250.254.Saint-Philippe, 265 Saint-Pierre, 279, 281, 437.Saint-Pierre, Basile, 493.tx -r*.Gabriel, 496.Sa -, .e, \u2022 nar\\ 483.Saint-Pierre, Joseph, 495.Saint-Pierre, M.de, 344, 461.Saint-Pierre, Michel, 495.Saint-Pierre, Sainte-Marie, 493.Saint-Pierre de Repentigny, Le sieur, 19 26, 58.Saint-Pierre de l'Ile d'Orléans, 446.Saint-Pierre-de-la-Rivière-du-Sud, 483, 484.Saint-Pierre-les-Becquets, 462.Saint-Pierre, Les lies, 71.Saint-Pol de Léon, L'évêque de, 221, 222,224, 226, 229.Saint-Régis, 243, 246, 260.Saint-Roch-des-Aulnaies, 493.Saint-Sacrement, Le lac 61, 320, 324.Saint-Sulpice, Le séminaire de, 4.Saint-Thomas-de-Montmagny, 487.Saint-Valentin, 271.Saint-Vallier, 479.Saint-Vallier, Mgr de (évêque de Québec), 3, 25, 34, 46, 54, 57, 58.83.85, 86, 94, 101.109.120, 125, 126, 135, 146, 162, 172, 184, 191, 192, 203, 205, 210.Saint-Vincent, M.de, 403.Salamandre, La, 197, 208.Salvaille, 242, 244.Samson, Antoine, 448.Samson, Joseph, 473.Sandoské, 398, 399, 404, 405, 409, 410, 411, 412, 415, 420, 423, 425, 426, 428.Sandwich, 213.Sanguinet, M., 432.Sanschagrin, M., 469.Sansfaçon, Nicolas, 491.Sansoucy, M., 473.Sarasteaux, Le fort, 324.Sarrazin, Le docteur Michel, 24, 54.Sasaguésouenaudin, La rivière, 333,334.Sastaretsy, Le chef huron, 409. 534 ARCHIVES DE QUEBEC Saternau, Joseph, 457.Saucier, J.-M., 494.Sault, Le, 19,33,45,62,68, 70,123,167.Sault-de-la-Chaudière, 333.Sault-Sainte-Marie, 323, 336, 344, 406.Sault-Saint-Louis, Le poste du, 258,296, 324, 404.Sauteurs, 400, 403, 406.408.414.417.Sauvageau, J.-B., 454.Savary, Pierre, 450.Seguenot, L'abbé François, 23.Seignelay, Le marquis de, 23, 25, 27, 28, 57, 65, 67, 68, 72, 73, 127.Séminaire de Québec, 109.Sept-Iles, Les, 131,132,157,189.Sérigny\u2014Voir Le Moyne de Sérigny.Serpents, Les Iles aux, 420.Sewell, L'hon.Jonathan, 216, 237, 265, 295.Shaw, M., 232, 236, 243, 251.Sherbrooke, Sir John Coape, 309.Signay, Mgr Joseph, 244, 245, 248, 249, 251.252, 254, 259, 263, 271, 285, 305.Sigogne, L'abbé J.-M., 221, 244, 269, 271, 285, 290, 298, 309, 310, 312.Silvain, M., 480.Simard (Symarre), Augustin, 439, 440.Simard, Guillaume, 445.Simard, M., 489.Simonnet, Le sieur de, 36.Sivadier, Ignace, 446.Smith, L'historien, 432.Smith, George Stracey, 298.Sœur de la Nativité, La, 280, 289, 314.Sœurs de la Congrégation Notre-Dame, 250, 267, 268, 280, 287, 289.Soleil d'Afrique, Le, 25, 51, 54, 55, 63, 69, 84.Sommer, Le Frère Jacques, 215.Sonnontouans\u2014Voir Tsonnontouans.Sorel, 167,168, 452.Sorel, La rivière de, 171.Soucy, Joseph, 495.Spénard, Antome, 464.Spénard, Gabriel, 464.Spipagan, 303.SteUson.M., 488.Stobo, Robert, 379.Stuart, P., 236.Stuart, La veuve, 236.Subercase\u2014Voir Auger de Subercase.Sulpiciens, Les, 249, 281, 303, 304, 348.Supérieur, Le Lac, 323.Surlaville, M.de, 318.319, 320.321, 323,347.Surville, de Rocherville, M., 366, 376, 383.Swanton, 259.Sylvestre, Nicolas, 490.T Tabeau, L'abbé P.-A\u201e 235, 256, 277, 279,296.310.Tadoussac, 82,92,169,193,199.Taillon, Charles, 442.Taillon, Le nommé, 480.Talbot dit Gervais, Antoine, 485,487.Talon, L'intendant Jean, 5.Tantouin de la Touche, Louis, 127.Tapin, Joseph, 449.Taréha Onneyout, Le chef, 211.Tarieu de Lanaudière, M., 458.Tarieu de la Pérade, J.-B., 344.Taschereau, L'abbé G.-E., 215, 216.Taschereau, L'hon.G.-E., 265,431,435, 470,471,472,473.Taschereau, Mademoiselle, 235.Taxous.Le sauvage, 175.Teganakoikoin, Le sauvage, 427.Tehata, Le chef huron, 410.Tellier, Michel, 480.Témiscamingue, 323, 342.Témiscouata, 219.Tepiconnaud, Le poste, 343.Terrebonne, 272.Terreneuve, 32, 62, 64, 66, 73, 76, 77, 99,104,124,132,146.155,184,228.Terrien, Ignace, 484.Terroux, M., 292.Tessier, L'abbé, 315.Têtes-Plates, Les, 409, 418.Thaninhison, Le chef sauvage, 367, 373, 380.Thavenet, L'abbé J.-B., 310.Théodore, Le Père\u2014Voir Loiseau.Thibault, Germain, 437. ARCHIVES DE QUÉBEC 535 Thibault, François, 480.Thibault, J.-B., 480.Thibault, Jacques, 487.Thibault, Joseph, 488.Thibault, Louis, 482, 483, 484, 487, 488.Thibault, L.-M., 489.Thibault, Roger, 488.Thivierge, J.-M., 445.Thivierge, Laurent, 444.Ting, Le colonel, 67, 111, 117,136.Tonnancour, M.de, 450.Tonniata, Les lies de, 115.Tonty, Le sieur de, 33, 52, 83, 96, 107, 122,144, 175, 206.Toronto, Le fort de, 324, 331, 332, 337, 339, 341, 343, 344, 347, 350, 354.Touche\u2014Voir Tantouin de la Touche.Toupin, Jean, 442.Toupin, L'abbé Pierre, 280.Tourigny, Alexis, 461.Tourigny, François, 460.Tourigny, Joseph, 462.Tourigny, Laurent, 460.Tousignant, Baptiste, 463.Tracadie, 223, 225.Trafalgar, 219.Tranche, La rivière à la.253.Trappistes, Les, 226, 293, 296, 301, 309, 312, 314.Traverse, La, 42, 141.Traverse, L'Ile à la, 357.Traversy, François, 448.Tremblay (Tremblé), Jacques, 445.Tremblay, La veuve, 277.Trépanier, François, 450.Trépagnier, Jean, 442, 457.Trois-Pistoles, 231.Trois-Rivières, 22, 33, 74.84, 85, 89, 93, 105, 106, 109.141.167, 168, 205, 247, 264, 341, 356, 403, 456, 457.458, 459.Tronson, L'abbé, 25, 126,178.Trottier, Antoine, 462.Trottier, Augustin, 463.Trottier, Bernard, 453.Trottier, Jean, 456.Trottier, Louis, 453.Trottier Houssard, René, 454.Trouvé, L'abbé, 41, 42.Troy, Mgr, 269, 292.Trudel, François, 457.Trudel, Jean, 436, 440.Trudel, Philippe, 438.Trutaut, L'abbé Jos.-A., 215, 221, 223.Tsonnontouans, 6, 21, 123, 196, 332, 367, 409.Turgeon, Etienne, 476.Turgeon, Jacques, 476.Turgeon, Joseph, 447.Turgeon, Mgr P.-F., 275, 284.U Udau, L'abbé, 442.Uranie, L', 238.Ursulines, Les, 216, 247, 248, 249, 251, 256, 258, 259, 299.V Vachon, Etienne, 471.Vachon dit Pomerlau, Basile, 472.Vaize, M.de, 142.Vallée, Alexandre, 438.Vallée, Alexis, 455.Vallée, L'abbé Michel-H., 285.Vallée, Jean, 438.Vallière\u2014Voir Le Neuf de la Vallière.Vallière, Augustin, 486.Vallière, Joseph, 484, 485, 486.Vallière.Philippe, 469, 470.Valrennes\u2014Voir Clément du Vuault de Valrennes.Vanfelson, L'abbé Antoine, 258, 263.Varin, Le sieur, 331.Vassan, M.de, 381.Vauban, M.de, 119.Vaudreuil, 270.Vaudreuil, Philippe de Rigaud de, 7,13, 16, 68, 78, 93, 108, 116, 142, 190, 209.Varin, L'abbé Jacques, 280, 288, 301, 305, 314.Vaanier, L'abbé, 269, 304, 306.Veilleux, Joseph, 473.Vergne, L'abbé, 216.Vermillon, 329.Verreau L'abbé H.-A.-J.-B., 432. 536 ARCHIVES DE QUÉBEC Verreau, François, 469.Verreau, L'abbé Jean-Marie, 217, 228, 231, 469, 471.Verreau, L'abbé Joseph, 232, 234.Vézina, Augustin, 450.Vézina, L'abbé François, 216, 226, 229, 230,232,236,241.Vézina, L'abbé Joseph-Marie, 271.Vézina, Pierre, 229, 248, 262, 263, 264, 305.Vézina, M., 293,296.Viau, L'abbé Pierre, 270, 287, 298, 300, 313.Vien, Louis, 476.Vieu, Constant, 386.Viger, Denis, 233.Viger, Le chirurgien, 367, 368, 386.Villebon\u2014Voir Robineau de Villebon.Ville d'Orme, Le chevalier de, 142.Villefranche, 58.Villeneuve, Robert de, 119, 140, 141, 161,171.Villeray\u2014Voir Rouer de Villeray.Villiers\u2014Voir Coulon de Vfflfere.Villieu, Le sieur de, 42, 145, 154.156, 158.188.Viola, Pierre, 462.Virginie, La, 373,409,410.Vitré\u2014Voir Denys de Vitré.Vivier, Joseph, 459.Vivier\u2014Voir Du Vivier.W Wambraam, Jacob, 379.Washington, Le général, 380.Williams, L'hon.Jenkins, 431, 435, 473.Winter, Joseph, 467.Y York, 241.259.Yule,M.,315.Z Zocchi, Le Père Nicholas, 229,230, 275."]
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