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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
La Presse 100 ans d'économie
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
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    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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La presse, 1984-01-09, Collections de BAnQ.

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[" § 100 ans d'économie 1 LA PRESSE, MONTREAL, LUNDI 9 JANVIER 1984 la press 1UO PAUL DESMARAIS président du conseil d'administration ROGER-D.LANDRY président et éditeur MICHEL ROY \\ éditeur adjoint CLAUDC GRAVEL director de l'information JEAN-OUY DUtUC éditorialitt* «n chef Les choses ont bien changé au cours des 100 dernières années En 1970-71, sans tambour ni trompette, se produit un événement qui va avoir un impact formidable sur l'information économique au Québec.En moins d un an, LA PRESSE triple presque le nombre de journalistes attachés à la « couverture » de l'actualité économique et financière.Du coup, avec une équipe d'une douzaine de personnes (la plus importante du genre au Quebec), LA PRESSE est en mesure d'apporter à ses lecteurs une information économique rivalisant avec les panes financières des médias anglophones, qui dominaient le secteur jusque là.Cette décision reflète l'aboutissement logique du long (trop long, disent certains) éveil des Québécois à la chose économique.En 1884, Montréal, coeur, âme et cerveau de l'économie canadienne, règne en souveraine sur toutes les autres villes du pays.Les Québécois francophones n'ont guère leur mot à dire dans tout cela.Certes, il y a bien quelques balbutiements bancaires, mais si peu.Le pouvoir économique appartient à une minorité d'anglophones, ce qui, au fond, ne trouble guère le sommeil de la majorité.Après tout, la finance, c'est Claude Picher l'affaire des Anglais! Les choses ont bien changé: lentement, mais inexorablement, à compter de la fin des années 40, Toronto gruge la forteresse économique montréalaise.Aujourd'hui (on l'a assez dit et répété), Toronto l'emporte sur toute la ligne.Peut-on pour autant enterrer Montréal?Surtout pas! Montréal, même derrière Toronto, continue de jouer un rôle essentiel dans l'économie canadienne.Et partout, à Montréal, on s'acti- ve, on bouge, on se bat pour reprendre du terrain perdu.Ces dernières années ont vu l'émergence d'une nouvelle classe de gestionnaires, dynamiques, sportifs, mieux formes.et francophones.L'ère des « francophones de service » a vécu.Tout cela ne s'est pas fait du iour au lendemain.D'abord, un lent réveil avec, notamment, le déve-loppemetit rapide des caisses populaires, dans les années a'après-çuerre.Mais le véritaole déblocage se produit à compter de 1960, dans la foulée de la révolution tranquille.11 ne faut surtout pas croire que le Québec a miraculeusement et brusquement « découvert » l'économie avec la révolution tranquille.Le « Maîtres chez nous » de Jean Lesage peut remporter un tel succès en 1962 parce qu'il canalise les aspirations d'un nationalisme économique trop longtemps refoulé.Avoir des aspirations, c'est bien beau ; encore faut-il être capable de les réaliser.D'aoord, c'est l'État qui apprend à se servir de ses pouvoirs et compétences pour créer de puissants leviers: Caisse de dépôt, Hydro-Québec.Et Fiuis après, le déblocage, 'explosion.Qu'on en juge: le génie-conseil montréalais se taille une réputation de calibre international; parti de presque rien, Proviço devient un géant de l'alimentation en Amérique du Nord; malgré un enfantement difficile, la Banque nationale prend sa place parmi les grandes institutions bancaires du monde.En aéronautique, dans les assurances, dans le transport, le Québec s'impose comme leader.Tout ça en une quinzaine d'années tout au plus.Mais le plus important, c'est que les mentalités changent.Fini le temps des bas de laine ; les Québécois n'attachent plus de connotation péjorative aux mots actions, profits, dividendes ; quelque 250 000 Québécois (trois fois plus qu'il y a dix ans) possèdent des actions de sociétés inscrites à la Bourse.L'information économique, expliquée, commentée, plus accessible, est devenue lecture quotidienne pour des centaines de milliers de Québécois qui, il n'y a pas si longtemps, s'en désintéressaient.Cent ans d'économie?Pour nous, Québécois et Montréalais, disons, tout au f)lus, vingt ans.Mais quel-os années ! CLAUDE PICHER adjoint au directeur de l'information Les effets de la reprise économique tardent encore à se faire sentir E n cette année du centenaire layés dans les tourbillons d'une de LA PRESSE, la situation reprise malheureusement encore hésitante.économique du Québec n'est pas MICHEL ROESLER directeur des pages financières encore florissante.Si la crise parait plus lointaine, ses effets ne sont pas disparus et restent dé- Si le taux d'inflation est revenu à un niveau acceptable avec une moyenne prévisible de 5,56 p.cent pour 1984, celui du chômage à 10,88 p.cent demeurera encore trop élevé et rien ne laisse prévoir qu'il pourrait se résorber sensiblement au cours des prochains mois.Pire, les jeunes qui arrivent sur le marché du travail ne parviennent généralement pas à trouver un emploi, et cette situation risque de durer.Page couverture La reprise économique est pourtant là.La croissance de l'économie canadienne atteindra cette année 4,20 p.cent.Mais les observateurs constatent par ailleurs que l'augmentation du produit national brut sera somme toute artificielle et en déduisent que cette relance, bien réelle, reste fragile.Les taux d'intérêt sont élevés et risquent de grimper d'un point à un point et demi de pourcentage dans le courant de l'année, situation qui ne favorise guère les investissements.La récession s'est traduite au Québec par la perte de 224 000 emplois.Depuis, 64 p.cent de ces emplois ont été récupérés, mais cette performance reste en dessous de la moyenne canadienne qui est de 69 p.cent.La gravité de la situation est d'autant plus préoccupante que le Québec est la province, avec la Colombie-Britannique, qui a été la plus violemment frappée par la crise, n terme de perte d'emplois.En effet, entre le dernier sommet cyclique et le creux de la récession, lemploi a diminué de 8,2 p.cent au Québec et de 5,4 p.cent pour l'ensemble du Canada.En revanche, depuis la publication des dernières statistiques, la situation a tendance à s'améliorer.À court terme, les experts pré- Toutes les photos de cette page illustrent différentes facettes de la rue Saint-Jacques à différentes époques.- 1.1935 (photothèque LA PRESSE) - 2.1925 (photothèque LA PRESSE) - 3.Vers 1920 (photothèque LA PRESSE) - 4.1919 (photothèque LA PRESSE) -5.1900 (Bibliothèque nationale du Québec) - 6.1896 (collection Notman) - 7.1887 (collection Notman) - 8.1984, Michel Gravel, LA PRESSE.voient pour le premier semestre de 1984 un relèvement des taux d'intérêt aux États-Unis, causé principalement par une demande accrue de capitaux.Cette demande proviendra des industries qui connaissent une reprise réelle, ainsi que des besoins gouvernementaux.Au Canada, à cause de la politique de protection du dollar, la banque centrale ne peut prétendre conserver une politique indépendante de taux d'intérêt par rapport aux États-Unis; autrement dit, si les taux américains grimpent, les taux canadiens doivent suivre.Dans cette perspective, la hausse des taux d'intérêt aura un effet sur les investissements et par conséquent sur l'emploi.Il ne faut donc pas s'attendre à des miracles en 1984.Cent ans après la fondation de LA PRESSE, les moyens d'évaluer les performances de l'activité économique ont considérablement changé.Les structures économiques sont fondamentalement modifiées, mais le progrès technique reste encore un outil délicat.Les Québécois qui ont connu, au cours des années, une amélioration de leur standard de vie, constatent aujourd'hui la vulnérabilité de leur situation, surtout lorsqu'ils doivent pointer au chômage.Une rétrospective de cent ans Le cahier « 100 ans d'économie \u2022 que LA PRESSE vous propose aujourd'hui est le premier d'une série de cahiers thématiques qui vous seront présentés d'ici le 20 octobre prochain, alors que prendra fin l'année du centenaire de LA PRESSE.Chacun de ces cahiers fera une rétrospective aussi complète que possible d'un secteur spécifique.La présente rétrospective comporte trois éléments.D'abord et essentiellement, les textes soumis par les journalistes actuels de la section « Économie », appuyés par quelques confrères de la salle, textes évidemment accompagnés de photos.Ces textes visent deux objectifs: tracer un historique du sujet traité et indiquer ce qu'il signifie pour le Québec d'aujourd'hui.En deuxième lieu, nous vous proposons quelques textes d'époque relatant les plus grands mo- ments de l'activité économique depuis 1884, tant sur la scène internationale que sur la scène locale.Lorsque l'espace le permettra, ces textes vous seront présentés in extensa En troisième lieu, nous vous proposons occasionnellement certaines des plus belles pages que LA PRESSE a consacrées à l'économie au cours de son histoire.Toutefois, ces pages vous sont proposées essentiellement pour leur valeur esthétique.En ce qui a trait au « contenant », vous aurez déjà constaté que ce cahier s'inscrit dans la lignée du cahier spécial du 20 octobre dernier et de la « page du centenaire » que LA PRESSE vous offre quotidiennement depuis le 21 octobre, ce qui devrait faire plaisir aux collectionneurs.Le deuxième cahier thématique sera consacré aux sports et sera publié le 27 février.Bonne lecture.GUY PINARD Première chronique consacrée aux affaires publiée par LA PRESSE (Les lignes suivantes représentent la première chronique consacrée aux affaires par LA PRESSE dès son tout premier numéro, Je 20 octobre 1884, ainsi que le premier tableau des cotes de la Bourse, publié dans l'édition du 21.Ce décalage d'une journée s'explique par le fait que le 20 tombait un lundi, et que le dimanche, la Bourse fermait évidemment ses portes.MM.Davies & Akinson, marchands exportateurs de viandes salées à Chicago, qui avaient suspendu leurs opérations il y a quelques temps, les ont reprises aujourd'hui.Les mineurs des régions de Central et Buckeye, Ohio, se sont, mis en grève, ils demandent un salaire de 80 par tonne.Les propriétaires refusent d'accéder à cette demande et les travaux seront suspendus immédiatement.La faillite de James Campbell & Son continue à faire le sujet des préoccupations du commerce de Toronto.Jusqu'à ce jour on ne connaît pas le montant du passif et on ne pourra le connaître que lorsque le travail du fidéi-commissaire sera connu.Les renseignements obtenues jusqu'à présent confirment que la maison Campbell & Son était depuis longtemps dans une condition financière des plus mauvaises et que sa faillite n'a pas été une grande surprise pour les initiés.Pradstreet a publié hier une liste de toutes les maisons de commerces du Canada qui doivent ou qui ont donné des billets de complaisance à Campbell & Son.Cette liste comprend 43 maisons distribuées des provinces du iNord-Ouest à i'île-du-Prince-Êdouard.De ce nombre, toutes, à l'exception de deux ou trois, ont souscrit des billets de complaisance pour des sommes variant de $100 à $7,000 et s'élevant ensemble à près de $40,000.Cette manière d'agir aura certainement de mauvais résultats pour quelques-uns des souscripteurs de ces billets.La plupart des hommes d'affaires dénoncent avec indignation ce système des billets de complaisance et surtout dans de telles circonstances.Il peut aider pendant quelques temps une maison en détresse, mais il finit toujours par causer de nombreuses ruines.On parle également des maisons dont les pertes ont lieu par des retours des marchandises, mais jusqu'à ce jour on n'a encore rien décidé.On ne croit pas que Campbell & Son aient perdu quoi que ce soit par le manque d'autorisation donné à la série de livres Nelson.D peut y avoir une certaine garantie donnée à la maison d'Edimbourg, mais même dans ce cas les pertes s'élevaient à peu de chose.thographes, à Toronto, ont fait cession de leurs biens pour )e bénéfice de leurs créanciers.Le passif est évalué de $50,000 à $70,000 et l'actif à $40,000.John B.Clougher, libraire à Toronto, est en faillite.En dehors de ce Su'il doit régulièrement à ampbell & Son, il a souscrit au bénéfice de ces derniers pour environ $5,000 de billets de complaisance.Il offre de composer à 10* dans la piastre.DENRÊE8 Noua cotons FARINE\u2014 Patent».$44tSà$600 Supérieur» extra.4004 405 Extra superfine 385 à 390 Fancy.000 à 380 Kxtni du p«int£Trips.375 à 380 Superfine.C30à 345 Can.fort*pour boulangers.450à 485 Am forte pour boulanjrers .50Ôà 550 Fine.3104 318 MidrUng*.«854 390 Resoupe*.2804 270 Kn sacs.d'Ontario\u2014 Moyenne.«004 310 Extra du printemps.190 à 195 Superfine .1554 1 80 En aao (livrée).240 4 250 Lard Mees axner p*rbri61950 499000 LardMeaacanadien.OOOO à 0000 Lard Mes* mince.000 4 000* Boeuf Mes*.000 4 000 Boeuf salé en uerœ.000 à 000 Jambons fumes par lb .014 4 014 Saindoux de l'Ouest, sceau.011 à 000 Saindoux Canadien do 010* à 000 Lard fumé par le.013 à 014 Epaules.010 4 011 Suif ord.clarifie, p.lb .007 4 008 BEURRE\u2014 Crémeries, bon 4 moyen.24« 4 36 Cantons de l'Est, (automne).81 4 33 do do (ancien) 17* 4 80 Morriaburg.18 4 30 Brockvilte.16 4 30 Western.14 416 FROMAGE\u2014 Febs Septembre 11*4 13*.de août 9*4 10% de juillet 5*4 9*.de .de moyen 7 4 8*.Cable Liverpool 56sh 6d OEUFS\u2014 En caisse frais 19 4 80*.A New York fermes 31 4 3i*«.(Par télégraphe) New York.1 h.p.:r.18 oot.\u2014 La Bourse est faible.Amer.Exe 93.Can.Southern.3944.Del Lack .80; Erie 134t.préf.28.Lake Shore.97*: Mich.C 58%; Mo Pac.North Pac.18 préf.43*%, N Ouest.03*; préf.106; N.Y.Cent.88%, Rock Island.53.8t.Paul.75%préf.il.lex Pac il; Union Pac.5%; Wabaah, 4% préf 10%: West Union 13%.Liverpool.20 cet.1884 Charge 4 Oct, Blé très lourd, mais pas -¦ \u2014yy \u2022^- ' *v .\u2022.» %~tv* « ~» \u2022 \u2022 \u2022 \" > m«m » ¦\u2022 \u2022?.-, .-.r^'r-js ' ' T* \" fc v r < m* .'- .m ' ^ I l < t \u2022 i i « : « i I I I ' I ( I ' I I TECHNOLOGIES ET SAVOIR-FAIRE Assurer la croissance d'une entreprise manufacturière constitue tout un défi à relever dans le contexte économique actuel.Pourtant dea industriels réussissent à augmenter leur chiffre d'affaires, A réduire leurs coûts de production et A développer de nouveaux marchés en tirant le maximum des technologies disponibles.Plusieurs d'entre eux y travaillent avec le CRIQ.Les compétences techniques et l'expérience industrielle du personnel du CRIQ de même que ses laboratoires et ateliers bien équipés permettent d'offrir aux industriels québécois des services sur mesure.développement d'un nouveau produit _ automatisation de la production amélioration d'un procédé de fabrication et du contrôle de la qualité g information technologique évaluation et amélioration d'un produit commercialisé D design industriel ?conseils sur l'achat et la vente de technologies Depuis déjà 18 ans, le CRIQ contribue A l'essor de nombreuses entreprises québécoises et ses 32 8 employés sont à la disposition des industriels pour relever le défi.CRIQ i.r C'A?10 11 % 1 AN 3 ANS 5 ANS > .- \u2022 FIDUCIE PRÊTetREVENU 225 ouest, St-Jacques 288-1221 /itt LA COMPAGNIE DU TRUST j& EATON BAIE SUCCURSALE DU TRUST 1450 'ue Ste Catnnr.no ouest Montreal 861 3664 CENTRES FINANCIERS EATON Montreal 284-6944 Si B'uno 461 2345 Lava' 687 1470 Fa-rve* 697 6420 Otta*a Baysnore 629 9211 CENTRES FINANCIERS LA BAIE Montreal Piare venu Ottawa Baysnore 281 4663 332 4550 236 7511 CERTIFICATS DE PLACEMENT GARANTI DE 5 ANS, INTERET PAYÉ ANNUELLEMENT TAUX SU.CTS A CMANGIMINT SANS PREAVIS ?nit.Vix ancnfti o 'o leg* 6* I on-'O'Hf dtpo*t &i (Xrtm ftftcnbrt de -o wc>t»* d otworce depta d.Co^odo ¦ - \u2022 Nous avons notre façon bien à nous d'envisager l'avenir.Cette vision spéciale a guide notre politique de diversification et \u201e d'expansion mondiale et nous a ' k places parmi les leaders du marché international de^ textiles, fct^èst en regardant l'avenir .que nous avons parcouru la outc entre les simples tissus et les geotextiles.1 Entre le Canada et l'Europe.Entre une seule usine et 40 installations d'avant-garde Notre vision de l'avenir nous mènera encore loin! DOMINION TEXTILE !NC : < ;; > * \u2022 r # \u2022 f 9 i f \u2022 I ?t I I * ' I ; i » \u2022 \u2022 ¦ i « i » t i » à i u i i » \u2022 » f « \u2022 \u2022 t \u2022 t I f I» » \u2022 » .r \u2022 » .t ( i \u2022 f t » » i t » i f f 9 9 i » ¦ » ft I \u2022 « .i .i .i » * 9 » 9 i 9 ¦ I I ] \u2022 ' ft ' ft 4 i \\ ft I % ' t.\u2022 % \u2022 » I i ¦ » i H f ¦ t I À * I I | \u2022 \u2022 I » ft i \u2022 t I LA PRESSE, MONTRÉAL, LUNDI 9 JANVIER 1984 3 Les grands secteurs l'usine Fairchild, de Longueuil, au cours des années 3Q et, à droite, le CL-215, « l'avion pompier » que la société Canadair exporte un peu partout dans le monde.L'aéronautique, une industrie canadienne depuis février 1909 L'industrie aéronautique canadienne a parcouru tout un bout de chemin le 2.3 février 1909, lorsque John McCurdy a piloté le premier avion au Canada, à Baddeck, en Nouvelle-Ecosse ! Cet avion, le Si/ver Dart, était le quatrième que fabriquait la société Aerial Experiment Association, fondée par Alexander Graham Bell, qui y avait investi la somme de $35 000.Un an plus tard, McCurdy transportait le Silver Dart à Montréal pour «La grande semaine de l'aviation ».Cet événement devait reunir des aviateurs de tous les coins du monde.Neuf avions ont participé à la démonstration aérienne : quatre américains, trois français et deux canadiens.Il s'agissait de cinq Photothèque La Presse La société Pratt & Whitney, de Longueuil, est le plus important fabricant de moteurs à turbine au Canada.biplans et de quatre monoplans.À cette occasion, LA PRESSE titrait, en manchette de son édition du 28 juin 1910: «Les oiseaux mécaniques émerveillent les spectateurs à la Pointe Claire ».À cette époque, l'avion était loin d'être un moyen de transport et rares étaient ceux qui osaient même parler d'une éventuelle industrie aéronautique.Avec l'arrivée de la guerre de 1914, l'avion est devenu un instrument militaire, précipitant ainsi la naissance d'une véritable industrie aéronautique au Canada.JACQUES GAGNON Le début de l'année 1917 voyait la formation de la société Canadian Aeroplanes Limited, à Toronto, pour fabriquer l'avion américain JN4.À la fin de la guerre, l'usine produisait suffisamment de JN4 pour satisfaire les besoins du Canada, au point de pouvoir également fabriquer des avions d'entraînement et des bombardiers pour les États-Unis.Cette compagnie a construit un total de 1 288 JN4.Il a cependant fallu un certain temps avant que les avionneries canadiennes développent et fabriquent leurs propres avions et moteurs.Des filiales L'histoire nous apprend en effet que les principales sociétés ont vu le jour comme filiales de compagnies étrangères, pour la vente, l'entretien, la révision et la réparation d'appareils et de moteurs fabriqués à l'extérieur du pays.L'étape suivante a été la transformation de ces machines dans le but de les adapter au dur climat canadien et à des terrains souvent hostiles.Enfin, elles ont créé des modèles originaux pour satisfaire aux exigences des clients locaux.En plus de ces compagnies, quelques compagnies moins importantes ont consacré leurs activités uniquement à la production de modèles originaux.Au Québec, Canadian Vickers Ltd., de Montréal, créait une division aéronautique en 1911, pour importer des avions britanniques.En 1923, elle construisait six hydravions Viking IV.L'année suivante et jusqu'en 1930, elle a fabriqué 61 exemplaires d'un hydravion un peu plus perfectionné, le Vedette, modèle original qu'elle a développé pour la patrouille forestière.Pendant les mêmes années, elle a construit d'autres modèles d'hydravions \u2014 mais en plus petit nombre \u2014 qui portaient les noms de Avro552, Avro-Wright, Varuna, Vanessa, Vista, Vélos, HS-3L, Vancouver et Fokker Super Universal.Elle a également construit des avions tel que le Vigil ( un exemplaire ) et le Fairchild FC-2 ( 10 exemplaires ).1928, une année importante En 1928, la société de Havil-land, d'Angleterre, et la société Pratt & Whitney, des États-Unis, établissaient des filiales au Canada.La première était connue pour ses petits biplans de la série Moth, tandis que la seconde fabriquait les moteurs Wasp K-1.340 et Hornet 11-1690.De Havil-land se lançait dans la fabrication d'avions près de Toronto.Dans le cas de Pratt &1 Whitney, elle s'établissait à Longueuil, où elle est toujours située.Plusieurs avions canadiens utilisaient des moteurs de Pratt & Whitney, rendant nécessaires le montage, la réparation et la révision ici même.La première commande a été placée par Canadian Vickers.En 1928, W.T.Reid, chef du bureau d'études chez Canadian Vickers, fondait Reid Aircraft Co., à Montréal, qui devenait ensuite Curtiss Reid Aircraft Co., dont le président était le pilote John McCurdy.Cette compagnie a créé le Rambler, un biplace en tandem qu'elle a fabriqué à 36 exemplaires jusqu'en 1932.En 1929, une autre filiale d'une compagnie américaine s'installait à Longueuil : Fairchild Aircraft of Canada.Le Norseman Un peu plus tard, soit en 1936, un Hollandais du nom de Robert B.C.Noorduyn formait la société Noorduyn Aircraft, à Montréal, et créait un avion de brousse, le célèbre Norseman, avec un moteur Canadian Wright, de 420 chevaux.Cette avion a connu immédiatement le succès et a été fabriqué à 871 exemplaires.La production a cessé en 1959.Avec le début de la Deuxième Guerre mondiale, 1 industrie aéronautique canadienne a été réorganisée pour fabriquer des avions d'origine britannique et américaine.À Malton, la division aéronautique de National Steel Car a été utilisée pour assembler 840 Ansons de Avro et 150 Lysanders de Westland, plus un certain nombre de Vales de North American, avion d'entraînement à train d'atterrissage fixe qui a précédé le Harvard.À Trenton, en Ontario, on a assemblé 739 Fairey Battles.Un peu plus tard, il devenait nécessaire de créer une société du nom de Federal Aircraft pour coordonner la fabrication des Ansons dans neuf usines canadiennes différentes.De son côté, la société Fairchild construisait le Bristol Bo-lingbroke, une version canadien ne du Bleinheim IVL.Une autre compagnie, la Canadian Associated Aircraft, était formée pour coordonner la pro- duction de pièces du Hampden de Handley Page à CCF.Canadian Vickers, Fairchild, Fleet, National Steel Car et Ottawa Car Manufacturing, pour assemblage final à Malton et Saint-Hubert, au Québec.Noorduyn a été également appelée à fabriquer 500 Harvards ( North American ), tandis que CCF en fabriquait 300.L'usine de CCF de Fort Williams a fabriqué 1 451 Hawker Hurricanes.Vers la fin de 1941, on décidait de se concentrer sur sept avion:.Le Cornel] remplaçait le Fort chez Fleet; Noorduyn fabriquait le Harvard en plus du Norseman,, Federal Aircraft coordonnait la fabrication des Ansons; Fairchild continuait à fabriquer le Bolingbroke; le Catalina PBV-5 de Consolidated ( Canso ) était fabrique par Boeing of Canada et Canadian Vickers; le Lancaster était fabriqué par National Steel Car et CCF; et, en plus du Tiger Moth, de Havilland se préparait à construire un chasseur secret, le Mosquito.Un peu plus tard, Fairchild et CCF ajoutaient à leur production le Hclldiver SB2C de Curtiss.120 000 personnes Alors que l'industrie aéronautique employait à peine 1 000 per- sonnes au début ae la guerre, elle en comptait 120 000 dans la période de pointe.Elle a construit 16 448 avions, en plus d'en réparer et réviser 6 530 autres.La période qui a suivi a connu un ralentissement considérable mais, par contre, a vu apparaître un certain nombre d'authentiques avions canadiens.La société canadienne de Havilland a produit un premier appareil original, le Chipmunk, un petit avion d'entraînement biplace.Il a été suivi des avions de brousse Beaver et Otter, qui sont utilisés partout dans le monde.11 y a également eu le Twin Otter et les avions de transport militaires Caribou et Buffalo, sans oublier les avions de transport de la série Dash ( Dash-7 et Da.sh-8 ) et le patrouilleur maritime Tracker CS2F de Grumman.De son côté, Canadair se lan çait dans la fabrication du North Sfar, version du DC-4M américain, qui était suivi du Sabre F-86, du Silver Star ( T33A ) de Lockheed, du CL2H Argus, du CL m.du Convalr 540, du F-104 Super Starfighter, du CL-41 Tu-tor, du CL-215 ( pour combattre les feux de forêt ), du CL-84 ( à aile pivotante pour décollages verticaux ), du CF-5de Northrop et finalement de l'avion d'affai-i s Challenger.A.V.Roe était également active avec la conception du Jetliner C 102, avion de transport a réaction, et du célèbre chasseur CF-100, de môme que du Ci 105 Arrow , qui a connu une fin tragique et prématurée.Le poids économique L'industrie de l'aéronautique est lune des plus importantes au Québec où, aux usines connues comme celles de Canadair et de Pratt & Whitney, on pourrait ajouter celle d'UDT.Héroux et frères, CAE Electronics, Spar Aerospace, Canadian Marconi, Bell Helicopters, etc.En fait, le Québec compte pour environ la moitié des ventes de $3 5 milliards réalisées dans l'ensemble canadien.Le Québec joue donc le rôle de leader dans cette industrie et entend bien le demeurer.Ce désir permet de mieux comprendre la levée de boucliers qu'a suscitée le choix du F-18 de préférence au F-16 comme chasseur canadien, en 1980, d'autant plus que les craintes manifestées à l'époque, à savoir le taux plus faible de retombées économiques pour le Québec, paraissent se concrétiser, la part du lion allant finalement à l'Ontario.Et s'il est vrai que l'industrie vient de connaître deux années difficiles, la fin de la récession lui permet d'envisager l'avenir avec beaucoup d'optimisme, au point que les ventes devraient dépasser le cap des $7 milliards en 1986, tandis que le niveau de l'emploi devrait se situer autour des 51 000, la même année.Au surplus, il suffirait d'un bon démarrage pour les avions de type « adac » ( DHC-6, DHC-7 et DUC-8 ) de de Havilland, d'une amélioration des ventes du Challenger de Canadair et d'une participation canadienne au Airbus A-310 pour que la situation soit encore plus reluisante.Photothèque La Presse L'AVIATION A TRAVERS LES SIECLES L'aviation a toujours occupé une place de choix chez les Montréalais, d'autant plus qu'en matière d'aéronautique, les Québécois viennent au premier rang dans l'ensemble canadien.Aussi ne faut-il pas s'étonner d'apprendre que le tout premier Salon de l'aviation au Canada a eu lieu à Montréal, en juillet 1928.Et pour marquer l'occasion, LA PRESSE publiait, le 7 juillet 1928, un cahier de 16 pages consacré à l'aéronautique, et dont nous vous présentons une partie de la première page.: \"4 AI* * \u2022 » : : ; : :\u2022: : ?» 4 < ! 1 \u2022 < 1 : i : : I I I I i i Il < Il ., i i ' I I } \u2022 I | I I .1 : NOUS AVONS AIDÉ PLUS DE GENS À ACHETER PLUS D'ORDINATEURS QUE TOUT AUTRE MAGASIN AU MONDE ComputerLand \"magasins d'ordinateurs FAITES CONNAISSANCE AVEC L'AVENIR MAGASINS AU OUÉBEC: MONTRÉAL (WESTMOUMT1 (514)933^208 (514)845-0131 SHERBROOKE 2524.rue King ouest Sherbrooke.P.Q.(819) 564-1534 QUÉBEC 888.rue St-Jean Québec.P.Q.(418) 524-5265 STE-FOY 2600.bout Laurier Ste-Foy.P.Q.(418) 659-5940 PLUS DE 600 MAGASINS À TRAVERS LE MONDE I ; I ¦fi P . LA PRESSE, MONTRÉAL, LUNDI 9 JANVIER 1984 Un Québécois a construit la première voiture à essence I s i on vous demandait à brùle-pourpoini qui a construit la toute première automobile fonctionnant à l'essence, vous le chercheriez sans doute un peu partout dans le monde.sauf au Québec Pourtant, tout comme c'est à un Québécois, Henry Sethi Taylor, qu'on dut en 1867, la première voiture à vapeur, c'est aussi à un Québécois, qu'on doit cette innovation, en 1897.Et à l'image de ce qui allait survenir de l'industrie automobile au Québec, cet innovateur, Georges Foote Foss, de Sherbrooke, de-\\ int simple vendeur d'autos, n'étant pas en mesure de commercialiser son invention.FRANÇOIS BERGER Malgré ces débuts en apparence fort prometteurs, le Québec n'a jamais réussi à mettre sur pied une veritable industrie de l'automobile, fer de lance des économies développées.La première chaîne de montage d'automobiles installée au Québec l'a été vers 1930.à Mont real, par un dénommé Henri-Émile Bourassa.Il avait obtenu la technologie du Français Chevrolet, qui avait travaillé aux États-Unis.Bourassa, comme quelques autres (Lavoie, Landry), a manque de capitaux.11 n'a pu résister à la compétition féroce des Américains (la publicité était alors toute orientée vers l'auto américaine : Ford était installée en Ontario depuis 1904).Il y eut, dans les années 1960.la tentative de Renault (Soma, à Saint-Bruno) et celle de la marque québécoise Manie : encore des échecs.La première usine d'envergure qui s'installa au Québec fut celle de General Motors à Bois-briand (Sainte-Thérèse), en 1964.En septembre, il y aura 20 ans que GM est installée ici, mais le Québec ne produit toujours que 16 p.cent des automobiles assemblées au Canada (161 000 unités, dont 140 000 sont assemblées par GM).L'Ontario assure 84 p.cent de la production canadienne d'automobiles.Dans le secteur des pièces, la part du Québec est encore plus mince, avec seulement 1 p.cent des livraisons de l'industrie canadienne.Le Pacte de l'automobile, intervenu en 1965 entre le Canada et les États-Unis, a favorisé d'abord l'Ontario, déjà située au milieu du complexe nord-américain de l'industrie de l'automobile (Windsor, Ontario, est en face de Détroit, la Mecque de l'automobile ) L'ensemble des activités reliées aux voitures neuves (assemblage, fabrication des pièces et accessoires, vente) fournit du travail à quelque 45 000 personnes au Québec.16 000 dans les pièces et accessoires, 24 000 chez les 800 concessionnaires de voi tores neuves, et le reste dans les usines d'assemblage.Trois usines de montage de ca mions ou d'autobus sont installées au Québec: GM à Saint-Eustache (800 autobus urbains par année), Canadian Ken-worth à Sainte-Thérèse (2 000 camions lourds) et Prévost Car à Sainte Claire (une cent.iine d'autobus interurbains par an).D'autre part, la firme Bombardier Liée, de Montréal, est la seule compagnie canadienne à produire des véhicules militaires.2,6 millions d'autos Le nombre de voitures particulières immatriculées au Québec est aujourd'hui de 2.6 millions.En 1984, les Québécois achèteront environ 225 000 automobiles neuves.Avant la guerre de 1914-1918.il n'y avait à peu près pas d'automobiles en Amérique.Le Québec en comptait 167 en 1906.En 1920, 36 000 voitures étaient immatriculées au Québec et, en 1930, 141 000, soit vingt-cinq fois plus que dix ans auparavant.En quelques années, les progrès de ce nouveau moyen de locomotion furent plus foudroyants que ne l'avaient été ceux des chemins de fer un demi-siècle plus tôt.En 1984, le Québec se retrouve parmi les plus grands utilisateurs d'automobiles au monde, (2,5 personnes par auto immatriculée, ce qui est comparable à l'Australie), mais parmi les plus petits pays producteurs, malgré sa proximité du mid west américain, deuxième producteur mondial d'automobiles après le Japon (dont la production a dépassé celle des États-Unis en 1980).I / t m £ - * Photothèque LA PRESSE Le LRC de Bombardier, le train le plus innovateur entièrement cons truit en Amérique du Nord.Le Québec, première province à créer un ministère des Transports L'industrie du transport est probablement celle qui affecte le plus notre vie quotidienne : tout ce que nous touchons et qui nous entoure doit être transporté d'une façon ou de l'autre.JACQUES GAGNON De plus, qui de nous n'a pas utilisé un jour l'autobus, le train, l'avion ou le navire ?C'est d'abord le transport maritime qui a permis au Canada et au Québec de se développer.Le transport ferroviaire a ensuite apporté sa contribution au progrès, en permettant aux gens de s'établir plus loin des centres portuaires.Beaucoup plus tard, le camion et l'automobile ont détrôné le cheval, à peu près en même temps que naissait le transport aérien.En cours de route, l'autobus a fait disparaître le tramway, du moins à Montréal, tout en faisant passablement de dommage aux services passagers des compagnies ferroviaires.De tous les modes de transport, c'est sans doute le transport routier qui a le plus contribué au progrès du Québec car, avec 29 p.cent de la population canadienne, le Québec ne possède que 11 p.cent de tout le ré- coinp étence péris aiioliré* .alors.serv mon pour chois» experts1.» !na caisse Ce so ni des V « Un R£E?-, du REER .Jenm'ls f i des tau* *is'tofrucm'r lls 0IL on tient a fa\\reLïlsant & n0U nls tout en teai des économies___ servi* person m nalisé pris **ttt&service personnalisa desjardins Une ressource naturelle.Les caisses Desjardms offrent des RfcER i faux d'intérêt fixe et à taux d'intérêt variable seau ferroviaire canadien.L'Ontario, par exemple, compte plus de deux fois ce pourcentage, de même que les provinces des Prairies.Si le camionnage a connu des débuts modestes au Québec, aujourd'hui, un quart de millions de véhicules commerciaux circulent sur son territoire pour servir l'industrie, le commerce, les cultivateurs et la population en général.Grève du rail Pour donner une idée de l'importance du transport routier, précisons qu'au Canada, plus de 14 000 municipalités non adjacentes aux lignes de chemin de fer dépendent de cette industrie pour tout ce dont elles ont besoin.Ce n'est cependant que lors de la grève générale des cheminots, déclenchée le 22 août 1950, et qui a immobilisé le transport ferroviaire d'un océan à l'autre, que le public a véritablement réalisé l'importance du transport routier.Alors que les analystes prévoyaient que la vie économique allait être paralysée dans les 48 heures, cela a nu être évité car les camions ont pris la relève.Quelques années plus tard, soit en 1952, le gouvernement du Québec reconnaissait l'importance du transport en devenant la premiere province à avoir un ministère des Transports, dont le premier titulaire fut Antoine Rivard.Creation d'emplois Côté création d'emplois, on calcule que le camionnage donne du travail à 1.9 personne par unité motorisée.En comparaison avec le rail, un employé du camionnage transporte en moyenne 25 tonnes de marchandises alors que quatre employés du rail en transportent 400 tonnes.Plus globalement, une personne sur 20 au Canada est employée dans l'industrie du transport en général.Au point de vue de la main-d'œuvre, un dollar sur 13, qu'il s'agisse de salaires ou d'avantages sociaux, provient du secteur des transports.Quant à l'investissement, un dollar sur sept va à l'industrie canadienne des transports.L'industrie du camionnage licencié comme service public emploie directement quelque 50 000 personnes au Québec, ce qui ne comprend pas les person- nes qui dépendent du transport motorisé exploité pour compte propre ou celles qui dépendent indirectement du transport sur route, tels les garagistes, les vendeurs de pneus et d'accessoi res, les courtiers e;i assurance-automobile.C'est surtout à partir de 196C que le transport sur routes au Canada a connu un développe ment extraordinaire.La situation n'a cependant pas toujours été facile au Québec car le gouvernement a compris tardivement l'importance d'un bon réseau routier.Ce n'est qu'en 1914 que le premier ministre Lomer Gouin a formé le pre mier ministère de la Voirie.Il est facile d'imaginer notre retard en ce domaine lorsqu'on rappelle qu'en 1922, l'Ontario possédait 11055 milles de routes sur un total canadien de 12 998.Au début, tout se faisait à la bonne franquette et, dans les campagnes, ce sont les cultiva teurs eux-mêmes qui reliaient ensemble les bouts de chemin.Ce sont des commerçants et des industriels de Montréal qui ont ouvert les yeux au gouverne-mentx en 1914, lorsqu'ils ont formé l'Association canadienne des bonnes routes.Ce n'est qu'au cours de l'hiver de 1928-29 que le ministère de la Voirie a commencé à entretenir des chemins durant l'hiver, soit quelque 83 milles de route dont 22 milles dans la région de Montréal et le reste dans la région de Quéoec.11 va sans dire que l'automobile demeurait dans le garage l'hiver et le camionnage était presque une entreprise saisonnière.À partir de 1935-36, le ministère subventionnait les municipalités qui voulaient déneiger certaines routes ne figurant pas dans les priorités gouvernementales.Au cours de la première année du programme de subventions, un réseau de 415 milles a été entretenu.Mais on était encore loin du temps où les routes d'hiver seraient entretenues à la grandeur de la province.Il aura fallu attendre encore une quinzaine d'années.Le premier ministre Maurice Duplessis disait à ceux qui réclamaient l'ouverture de routes d'hiver que « c'est le Bon Dieu qui a couvert nos routes de neige et c'est Lui qui les déneigera ».Accord historien* (La nouvelle suivante a été originellement publiée dams LA PRESSE du 13 janvier i960.) OTTAWA (PC \u2014 Le ministre de l'Industrie, M.Drury, a fait part, vendredi soir, de la conclusion d'un traité canado américain supprimant tous les droits versés par les fabricants sur les autos et camions neufs ainsi que sur les accessoires faisant partie de ces véhicules.L'accord fera réaliser aux fabricants d'autos du Canada une économie annuelle de $50,000,000.Les automobilistes n'en bénéficieront que légèrement mai 8 les fabricants affecteront vraisemblablement la majeure partie de ces économies à accroître leur habileté à s'acquitter de l'engagement qu'ils ont pris d'augmenter la production canadienne de l'auto d'un tiers avant la fin de l'année au cours de laquelle seront manufacturés leurs modèles de 1968.L'acheteur ne bénéficiera pas directement de l'abolition du tarif.C'est-à-dire que le Canadien qui acquerra une nouvelle voiture aux États-Unis aura encore à payer un droit de 17V* pour cent plus la taxe, en franchissant la frontière. LA PRESSE, MONTRÉAL, LUNDI 9 JANVIER 1984 Les grands secteurs ALIMENTATION : UNE AFFAIRE DE $7,5 MILLIARDS Du phénomène des chaînes au groupements de détaillants « ¥ Jean-Guy, va chercher J trois pintes d'oeufs pour madame! » Le petit Daudelin descend à toute vitesse dans la cave de la maison paternelle, embouteille les oeufs et revient dans la cuisine avec la commande.Madame verse soi dû.et voilà quelques sous de plus dans la caisse de l'épicerie de gros des Daudelin, fondée en 1922.MICHEL GIRARD Lorsque Jean-Guy Daudelin a vendu, en 1974, l'entreprise familiale au groupe Hudon et Or-sali ( IGA-Boniprix ).celle-ci brassait un chiffre d'affaires annuel de $30 millions.On était loin de l'époque où l'entreprise familiale, pour arrondir les fins de mois, embouteillait les oeufs qui, en raison d'une écaille brisée, ne pouvaient pas être vendus aux marchands.Hudon et Orsali inc.est devenu Hudon et Daudelin inc., filiale du groupe ontarien «Oshawa Wholesale».Jusqu'en 1981, c'est Jean-Guy Daudelin qui dirigeait les destinées de Hudon et Daudelin.« E.Daudelin provisions » n'est pas un cas unique.Depuis 1910, l'histoire des Daudelin s'est répétée des milliers de fois, l'industrie québécoise de la distribution des aliments ayant connu à certaines périodes des changements de cap majeurs.Les ventes En 1930, les Québécois avaient dépensé quelque $120 millions pour se nourrir.Drôle de phénomène, les ventes alimentaires totales subissaient en 1940 une baisse de $12 millions, n'atteignant ainsi que $108 millions.Mais comme l'inflation a énormément souffert d'obésité depuis ce temps-là au Québec, les ventes ont dépassé en 1983 les $7,5 milliards.Cela explique probablement pourquoi Steinberg, à titre d'exemple, n'offre plus la soupe Campbell à 7 cents la boite, tel qu'annoncé en 1930 dans LA PRESSE ! An moins 100 000 Québécois gagnent actuellement leur vie en travaillant dans l'industrie de la Aux Marchés A & P AGNEAU Jeune ceee«Me« «*\u2022 cfcetx »21' H*i 19« 1 o« ROTI de PORC JAMBON Uigot bien +J prépara lb | § Ç Empire d* Swift Ih 24c Bouvillon Choisi de VOuost m fais le toiUâté 4ms remplate, feasCépaale Riti tas la sroepe 14 9c S 2c 52e 19c Rôti tan ta tilts iftkm , Hamilton.L'idée de créer sa propre compagnie d'assurance-vie lui est venue après avoir été expressément à New York pour se procurer une assurance sur sa vie.Il a fait, au risque même d'y laisser sa peau un dangereux périple de 1 000 milles ( aller-retour ), en u-tilisant les « rapides \u2022 moyens de transport de l'époque : la diligence, le cheval, le bateau à vapeur et la marche! Le courageux Baker l'a finalement obtenu «son» assurance-vie.mais après avoir néanmoins déboursé une prime supplémentaire de 1 p.cent, en raison des « risques dus aux conditions climatiques du Canada ».Mais qu'importe la prime à payer.Baker est revenu dans sa bourgade avec l'ambitieuse intention de fonder, avec un groupe d'associés, la première compagnie canadienne d'assurance-vie.Et le premier assuré de la \u2022 Canada Life » fut bien entendu Baker lui-même: il prit une police d'assurance de 500 livres sterling ( $900 ).Au cours de sa première année d'exploitation, l'entreprise émit 148 polices d'assurance vit Essor des sociétés canadiennes Apres avoir dominé le secteur de l'assurance-vie au Canada, les compagnies américaines et britanniques commencent à prendre un véritable recul au moment où La PRESSE nait, soit en 1884.Évidemment, il s'agit là que d'une pure coïncidence î En effet, dans les années qui suivent immédiatement la naissance du journal, ce sont les compagnies canadiennes d'assurance-vie qui dament le pion aux sociétés américaines et britanniques, récoltant ainsi la part du lion parmi les nouvelles souscriptions faites par les Canadiens.La plupart des grandes compagnies canadiennes d'assuran ce-vie furent créées à cette époque.L'autre gros \u2022 boom » est survenu après 1945 alors qu'une quarantaine de compagnies canadiennes ont pris naissance.Aujourd'hui, il y a près de 170 compagnies ( dont environ la moitié sont canadiennes ), qui se partagent le marché canadien de l'assurance-vie.Mais plus de 75 p.cent du montant annuel des souscriptions des Canadiens va dans les goussets des sociétés canadiennes.En outre, l'assurance-vie constitue l'un des plus importants « produits d'exportation » du Canada plus de deux millions d'étrangers, répartis dans une vingtaine de pays, possèdent des polices d'assurance émises par des société canadiennes, pour un portefeuille total supérieur à $125 milliards.Part du Québec Des 170 compagnies, à peine une trentaine ont établi leur siège social canadien au Québec.L'assurance-vie procure de l'emploi à quelque 14 400 Québécois.Les Québécois ont versé Tan dernier près de $2,3 milliards en primes aux sociétés d'assurance-vie, soit $550 millions de plus que le montant total des prestations versées par les sociétés aux assurés du Québec.Ces primes représentent 28 p.cent du total des primes versées par les Canadiens.Les investissements effectués dans la province par les compagnies d'assurance-vie s'élevaient, à la fin de 1982, à $15,3 milliards, c'est-à-dire approximativement 23,3 p.cent des investissements canadiens totaux.Autres assurances L'assurance-vie représente à elle seule la moitié de ce que les Québécois déboursent annuellement pour se « protéger » contre l'imprévu.L'autre moitié ( $2,3 milliards l'an dernier) est réparti entre les polices d'assurances dites générales : automobile, biens ( feu, vol.etc.), responsabilité et risques divers.Les assurances auto °t biens ont coûté la jolie somme de $2 milliards.Le secteur des assurances générales est beaucoup plus créateur d'emploi que l'assurance-vie alors que plus de 34 000 Québécois y gagnent leur pain quotidien.Le premier bureau d'assurances générales au Canada a été ouvert à Montréal.Il s'agit d'une succursale de la compagnie britannique « Phoenix Assurance Company Limited ».Ouverte en 1804, cette succursale offrait des polices d'assurance-incendie.Vint ensuite la « Quebec Fire Insurance Company », créée en 1833.Aujourd'hui, il y a une centaine de compagnies qui vendent des polices d'assurances générales.ï LA PRESSE, MONTRÉAL, LUNDI 9 JANVIER 1984 I ' » 1 Les grands secteurs t Les mines et les forêts sont désormais confrontées à une forte concurrence C'était en 1916 140,000 2^.\"-~-\u2014 \"\" \" 'J ÙMUUUULLJJi I 1 mr Pourvu do forêts abondantes et d'un sous sol riche en mi nerai.le Québec a été gâté par la nature.Depuis un siècle, les in dustries forestière et minière comptent parmi les piliers de l'économie québécoise et sont responsables dune part Importante des exportations de la pro rince.Toutefois, en 1984, les avantap.es naturels ne suffisent plus et ces deux industries doivent désormais faire face à une concurrence difficile sur les marchés internationaux.En 1983.la valeur de la pro duction forestière du Québec atteignait $7,5 milliards.Cette in dustrie, bols de sciage ainsi que pâtes et papiers, assure 85 000 emplois Le bois de sciage compte pour $2 milliards dans la production forestière en 1983, alors que 17 000 personnes oeuvrent dans cette industrie au Québec.Dans le domaine des pâtes et papiers, le Canada est le deuxiè me producteur au monde, après les États-Unis, tandis que le Québec est de loin la province productrice la plus importante.En 1982.par exemple, le Québec a produit 1,3 millions de tonnes métriques de papier journal, comparativement à 4,6 millions de tonnes pour le reste des autres provinces canadiennes.Ce n'est pas d'hier que Ton exploite les forets québécoises, les premiers colons utilisant le bois pour se chauffer et construire leurs maisons.Pour beaucoup, la forêt, c'était aussi l'ennemi, et les colons la brûlaient afin de défricher plus vite et d'éloigner les Indiens.En 1881.année de la fondation de LA PRESSE, l'exploitation commerciale des forêts était déjà bien entamée, car les premières concessions forestières, les premiers droits de co\\ipe commerciale dataient de 1820.Jusqu'à la fin du siècle, une bonne partie du bois coupé au Québec était exporté vers les Etats-Unis et la Grande-Breta gnei Mais pour favoriser l'industrie locale, on interdit en 1892 l'exportation de bois de cèdre, sauf si les bardeaux étaient manufacturés au Québec.Devant la montée de l'industrie des pâtes et papiers au début du siècle et pour favoriser l'implantation des usines dans la province, l'exportation de tout bois non ouvre fut interdite de façon permanente le 26 avril 1910.La montée des pâtes et papiers et l'exploitation des forêts de Colombie-Britannique contribue rent au déclin de l'industrie du bois de sciage au Québec à partir de 1920.En 1938, à peu près à l'époque du cinquentenaire de LA PRESSE, il y avait au Québec neuf Usines de pâte, neuf papeteries et vingt usines combinées de pâte et papier.Aujourd'hui, la province compte «3 usines de pâte et papier, réparties un peu partout sur son territoire.Comme environ 70 p.cent de la production est exportée, la pro vince doit se maintenir à la fine pointe de la technologie si elle veqt faire face à la concurrence.Le travail en forêt est devenu très mécanisé, le bûcheron et sa hache ayant été remplacés par un opérateur de machinerie lour de.Les machines à papier sont de plus en plus rapides et perfectionnées et les procédés chimiques sont en amélioration constante.L'industrie privée et les gouvernements d'Ottawa et de Québec se sont associés pour mettre en oeuvre un programme quinquennal de modernisation.Ce programme prend fin le 31 mars, après des investissements totaux de $3,1 milliards.En 1982, les industries du bois et des pâtes et papier ont beaucoup souffert et la récession et du ralentissement dans la cous truction.La situation s'est améliorée en 1983, et 1984 laisse prévoir une demande encore meilleure que l'an dernier.Les mines En 1884, l'industrie minière se résumait à peu de choses au Quebec1, soit le traitement du minerai de fer et l'extraction de l'amiante La transformation du fer avait commencé dès 1737 dans les célèbres Forges du Saint-Maurice, mais était à son déclin en 1884, en raison de l'absence de dépôts intéressants.L'amiante, elle, a été découverte dans les Cantons de l'Est en 1878, et en 1888 on en commençait le traitement dans la province.À la fin du siècle dernier, l'exploration minière était beaucoup moins systématique et scientifique qu'aujourd'hui.À Thetford Mines par exemple, c'est un cultivateur qui a décou vert de l'amiante en labourant son champ.L'essor minier du nord-ouest québécois commença vers les années 1920, lorsque les gisements de cuivre et d'or de No-randa furent concédés à Ed Hor-ne.En 1942, d'importants ejsements de molybdène ont été découverts près de Preissac, en Abitibi, par la Dome Exploration.Au début des années 1950.les mines Campbell.Chibougu-rnau, Patino et Opemi.ska sont devenues lé point de départ de l'aménagement d'une nouvelle région minière pour l'or et le cuivre La Gaspésie connaît ?,ussi son développement minier, avec l'exploitation, à partir de 1956, d'un immense depot de cuivre à basse teneur par les Mines Gas-pé, filiale de Noranda.Cependant, les années 1950 furent surtout celles du minerai de fer et de la mise en valeur de la Côte nord.C'est en 1954 qu'eut lieu la première expédition, à Sept îles, de minerai de fer en provenance de Schefferville, par l'Iron On» of Canada.Moins de 30 ans plus tard, l'JOC annonçait, fin 1982, qu'elle fermait sa mine de Schefferville.Ces dernières années, la production minière du Québec s'est diversifiée, avec l'ouverture» en 197(» d'une mine de niobium dans la région de Chicoutimi et de la mine de sel de Soquetn aux lies de-la-Madeleine.La situation de l'industrie minière québécoise, qui était prometteuse il y a 100 ans, est des plus difficiles.La production du minerai de fer est en déclin, en raison surtout de la découverte de gisements plus riches au Brésil, en Australie et en Afrique.L'amiante a vu sa demande chu ter de façon dramatique en raison de la récession et de la mauvaise publicité dont elle fait l'objet.Le cuivre ne bénéficie pas de prix internationaux suffisamment élevés pour permettre une exploitation rentable dans bien des cas comme celui des Mines Gaspe.En outre, la concurrence de producteurs de cuivre comme le Chili et le Zaire est difficile à soutenir, ces pays bénéficiant de coût s de production très bas par rapport à l'industrie québécoise.Seul l'or se porte bien.Le me tal jaune a vu de sa production passer au premier rang dans la province, pour une valeur dépas saut $100 millions en 1983.En outre, de nouvelles mines voient le jour ces années-ci et les «chercheurs d'or» sont nom breux dans le nord-ouest québé cois.Les prix internationaux sont suffisamment élevés pour que les mines québécoises soient profitables Même si elle a du mal à se remettre de la récession, l'industrie minière a tout de même con tribué pour près de $2 milliards au Produit intérieur brut (PIB) du Québec en 1983 et compte pour quelque 25 000 emplois di rects.En raison de la conjoncture cependant, l'avenir est incertain.-.-¦ -^ iL UU UULULJJ- j Dans son édition du 21 octobre 1916, LA PRESSE consacrait sa première page a « La richesse minière du Québec ».DONNEZ-VOUS UN \"PARTENAIRE-PROSPÉRITÉ La plus importante banque au Québec vous propose de foncer vers la prospérité avec le partenaire le plus impliqué dans le succès de l'entreprise québécoise.Ainsi, la Banque Nationale vous offre tout un programme sous le signe de la prospérité.Qu'il s'agisse de crédit commercial, de services de placement, de gestion de trésorerie, d'import-export, de services agricoles, de crédit-bail, etc., une gamme complète de compétences et de ressources vous attend.Si vous avez autant que nous le goût de la prospérité, la Banque Nationale, c'est le partenaire tout indiqué.Faites-en.votre force! ^par le nombre de ses clients et de ses succursales (Source Association des Banquiers Canadiens) il 0 BANQUE NATIONALE Les grands secteurs La « grande voirie » à l'origine de l'industrie de la constr uction En 1910, la \u2022 Montreal Street Railway Company » fait changer sa charte pour lui per mettre d'aménager et d'exploiter des voles ferrées sous terre.Ce n'est que 56 ans plus tard qu'est inauguré le métro de Montreal, une des réalisations majeures de l'industrie québécoise de la construction.FRANÇOIS BERGER Le développement du transport, et donc des réseaux routiers, surtout après la Deuxième Guerre mondiale, a contribue à l'émergence d'une véritable industrie de la construction, qui compte aujourd'hui 14 000 entreprises employant 90 000 travail leurs et réalisant des travaux de $11 milliards par an.dans tous les domaines de la construction au Québec Au cours des années 1950, ii n'est plus question de laisser aux municipalités le sein de construire les routes; la planification du reseau est sur toutes les lèvres ( la séparation des ministères de l'Agriculture et de la Voirie, qui étaient auparavant regroupés, est survenue en 1938 ).L'ère de la «grande voirie» commence à la fin des années 1950, avec la construction du boulevard Métropolitain et de l'autoroute des Laurentides ( la premiere autoroute québécoise ).Suivent ensuite la ions truction des tronçons québécois de la route Transcanadienne ( en 1961.le Québet était la dernière province à faire le « trait d'union » pancanadien ).l'aménagement spectaculaire, entre 1963 et 1967.du pont tunnel Louis-U jppoly te-La fontaine ( une route à 20 metres sous le Saint-Laurent ).la contraction de l'autoroute des Cantons de l'Est ( la moins chère des autoroutes, avec un coût de S60 millions, en 1965 ).En 1962, l'érection du pont Champlain est terminée.Vers la fin des années I960, on entreprend aussi la construction du pont de Trois-Ri-vières ( $50 millions et six pertes de vie ) et du pont Pierre-Lapor-te à Québec ($47 millions ).Les 60 000 kilomètres de routes qui quadrillent aujourd'hui le Quebec ont coûte $7 milliards ( dollars de 1982 ) au gouverne ment, dont $3 milliards pour 2 000 kilomètres d'autoroutes.En 1981.l'ère des grands travaux routiers est terminée et le ministère des Transports ( nouvelle appellation du ministère de la Voirie depuis 1972 ) met dorénavant l'accent sur la réparation et l'entretien du réseau.Les grands édifices Le développement de l'industrie de la construction a été lié, également, à la transformation du centre-ville de Montréal, où le premier gratte-ciel digne de ce nom.en l'occurrence la Place Ville Marie, a été érigé en 1959.Au tournant des années I960, la construction en hauteur prenait forme avec des projets comme l'édifice CIL.Place Victoria, é-difice de la Banque de Commerce.En 1965 étaient en construe tion les édifices de prestige que sont encore aujourd'hui la place Bonaventure.l'hôtel Château-Champlain, l'hôtel Constellation, le Holiday Inn de la rue Sherbrooke et combien d'autres encore.Pans plusieurs cas de construction d'édifices dans le centre ville de Montréal, les ingénieurs ont dû trouver des solutions originales aux problèmes particuliers des fondations.Par exemple, le terrain sur lequel se trouve l'édifice le plus récent de LA PRESSE repose sur une rivière souterraine: sur ce chantier, on utilisa pour la premiere fois en Amérique du Nord la technique de la « paroi moulée \u2022 ( le complexe Guy-Fa-vreau actuellement en voie de parachèvement, est aussi dote dune paroi moulée ) Au début des années 1980, le ciel de Montréal a encore subi des transformations radicales : Bell Canada-Banque Nationale, place Guy-Favreau ( en face du Complexe Desjardins terminé en 1976 ), Palais des Congrès, Centre Sheraton, etc.En 1981, les édifices commerciaux et à bureaux en construction dans le centre ville de Montréal représentaient des travaux de $800 millions.L'hydro-electricite 11 y a eu d'autres grands projets dans l'histoire de la construction au Québec, comme la canalisation du Saint-Laurent pour l'aménagement de la Voie maritime ( terminée en 1958-59 ), l'aménagement de l'aéroport de Mirabel dans les années 1970, la construction du site de l'Exposition de 1967 (installée sur des îles sorties du Saint-Laurent grâce à l'ingéniosité de N l'homme, est-il besoin de le rappeler ), les installations des Jeux olympiques de 1976, etc.Mais LE projet ( qualifié maintes fois de « projet du siècle » ) a été l'aménagement hydroélectrique à la Baie James, décidé en 1971.Les investissements de la Baie James ( une manne de plusieurs milliards ) ont permis a l'industrie de la construction de connaître une des périodes les plus profitables de son histoire.et en même temps une des périodes les plus noires ( à la suite du saccage du chantier LG2, le gouvernement instituait la commission Cliche, dont les recommandations ont amené la création, en 1975-76, de l'Office de la construction du Québec, qui régit les tra\\ailleurs, de l'Association des entrepreneurs en construction pour la négociation globale des contrats de travail et de la Régie des entreprises en construction du Québec, chargée de la qualification des entrepreneurs ).Déjà, entre 1961 et 1971.la construction des installations de Quelques vénérables entreprises artisanales Manie-Outardes et des chutes Chruchill avait permis à l'industrie de développer une expertise internationale dans le domaine hydro-électrique.Ces gigantesques chantiers ont servi de laboratoire aux ingénieurs et entrepreneurs québécois.L'habitation Autre secteur où l'industrie a su développer son expertise, la construction résidentielle a aussi connu ses heures de gloire.De l'édifice à appartements Linton ( rue Sherbrooke ouest ).datant de la première décennie du XXe siècle, aux grands projets de condominiums des années 1980, les entrepreneurs ont su s'adapter aux besoins de la population en.matière de logement.Montréal est encore une des grandes villes nord-américaines où le prix du logement est peu élevé.Qualifiés de « peuple de locataires », parce qu'ils étaient jusqu'à tout récemment locataires pour plus de la moitié, les Québécois se tournent aujourd'hui de plus en plus vers la propriété de leur logement.Les dernières initiatives des gouvernements ont raffermi ce phénomène.Mentionnons à ce chapitre l'Opération 20 000 logements de la ville de Montréal, et le programme Corvée-Habitation du gouvernement du Québec.Au cours des prochaines années, ce n'est plus la construction de logements neufs qui va soutenir l'armée des 4 000 entrepreneurs québécois dans le secteur domiciliaire, mais plutôt la restauration.En effet, le stock de logements vieillit.On prévoit qu'en 1990, le tiers de tous les logements du Québec seront âgés de plus de 30 ans et nécessiteront des travaux majeurs de restauration, de quoi nourrir sans doute pendant quelques années l'industrie de la construction.Le recensement de 1971 établit à6 783 le nombre de manufactures au Québec.Les deux tiers de ces manufactures se trouvent à Montreal et absorbent 42 p.cent de la main d'oeuvre, soit 15,5 p.cent dans l'industrie du vêtement.11,9 p.cent dans celle de l'alimentation et d< boissons, 8.7 p.cent dans la métallurgie et 7,:* p.cent dans l'équipement de transport.Montréal se révèle, sans conteste, le principal foyer industriel du Québec.JEAN PELLERÏN Collaboration spéciale_ Si ronflants que paraissent ces chiffres, ils marquent un recul par rapport à 1964, année où le nombre de manufactures s'établissait à 7 017.une diminution de 3.7 p.cent De 1935 à 1955, la production manufacturière a fait des pro grès considérables, notamment dans le domaine du vêtement, le nombre de manufactures pas sant de 727 à l 608.et dans le domaine du meuble ou le nombre des entreprises est passe de 90 à 593 en vingt ans.Croissance considérable également du côté des provendes préparées, du bétail et de la volaille, puisque le nombre des entreprises est passé de 15 a '262.Par contre, d'autres entrepri ses, durant la même période, connaissent une décroissance spectaculaire quant à leur nombre, soit en raison du processus de la concentration, soit à cause de la baisse du marché.C'est ce qu'on appelle généralement les secteurs mous.Ainsi le nombre des beurreries et fromageries a diminue de moitié (de 1 234 à 636), et les fabriques de tabac, de 66 a 27.Quant a l'industrie de la chaussure, elle flotte, gagnant une année ce qu'elle a perdu l'année précédente et vice-versa.On ne peut.ici.qu'effleurer un vaste sujet.Aussi, nous limiterons-nous à l'industrie du vêtement et de la chaussure, ce qui englobe le cuir, le coton, le fil, la laine et la soie.Le cuir Au début de la colonie, Jean Talon pria le roi de France d'en voyer à Quebec douze maîtres tanneurs.Ces douze pionniers ont ouvert la voie à une industrie qui devait, deux siècles plus tard, connaître une expansion considerable au Québec.C'est dans la ville de Québec, en effet, que s'établirent les premieres usines de chaussures, dans les années 1870 1880 La Vieille capitale fut le berceau de la fabrication de la chaussure au pays.En 194K, c'est du Quebec que provient 60 p.cent de la production de chaussures au Canada.Trente-deux millions de paires cette année-là Selon le Finan- cial Post du 4 février 1956.ce pourcentage s'est maintenu durant plus d'une décennie.En 1955.on dénombre 170 compagnies de chaussures au Québec: 7.1 a Montréal.23 dans la Vieille capitale, et le reste en province.Selon des chiffres compilés par l'économiste Andre Raynauld, l'industrie de la chaussure s'est révélée plutôt stable de 1935 à 1955 L'année 1917 a atteint un sommet avec 191 manufactures et 13998 employés En 1970, l'industrie du cuir compte 178 établissements qui fournissent 8 196 emplois.En 1979.le nombre des établissements tombe à 111, et le nombre d'emplois à 6289 (Statistiques Canada).Le textile L'industrie du textile a débuté modestement, au rythme des rouets et des métiers de nos arriéres grand-mères.Dans les années 1820, W.Pozer établit une filature en Bcauce.Disposant de chanvre et de lin de qualité, il organise la premiere usine de fil à coudre au Canada.En 1844.Wills & Co.ouvre une manufacture de coton à Sherbrooke, et en 1848, J.& P.Coats d'Angleterre fait le commerce de ril à coudre et d'aiguilles au Canada.Il ouvre une succursale à Montréal en 1864.Et voilà pour les débuts.La premiere manufacture de coton à Montréal a été mise sur pied en 1882-83 par Victor Hudon.un marchand d'aliments en gros.Sise rue Notre-Dame, elle avait pour raison sociale: Hudon Cotton of Hochet a ga.En 1874.Sir Hugh Allan, le magnat de la navigation à Montréal, disposait de la Montreal Cotton de Valleyfield.De Concert avec A.-F.Gault et Rosaire Thibodeau, il fusionna sa filature avec celle de Hudon.En 1876, on signale l'existence de la Canadian Thread Dès lors, les fondations d'entreprises se multiplient: la Coaticook Mills en 1879, la Chambly Cotton (1881), la Merchants Manufacturing Co.of Montreal (1882), la Sainte-Anne Spinning Co.of Hochelaga (1882), la Magog Textile & Print Co.(1884).La recherche de la rentabilité entraine moultes fusions.Vogues de fusions En 1885, Montréal compte quelque 17 filatures.Cette année-là, la Sainte-Anne Spinning et la Hudon fusionnent leurs opérations pour former la Hochela ga Company, laquelle ne tardera pas à absorber la M agog Textile Se Print Compagny.En 1890, nouvelle vague de fu sions.Endossé par la Banque de Montréal et David Morrice, A.F.Gault, le président de la Ho-chelaga Compagny regroupe sept filatures sous la raison so- .* A « C'était en 1910 LA TOESBÉ .*.v > \u2014 I Hôtel Windsor (1k7K) \u2014 Ogilvy Renault, firme d'avocats < 1879) \u2014 Henry Birks.bijoutier f ficiel au port de Montreal ( 1880) \u2014 le Canadien Pacifique ( 1881 ) \u2014 le Credit Foncier (1681) \u2014 Dominion Bridge 11882) \u2014 Ingersoll Rand Canada, machinerie lourde (18821 \u2014 LA PRESSE (1884).Les plus grandes entreprises Montréal a etc choisir par d'importantes multinationales pour leur siège Social canadien Citons, par ordre de grandeur quant au nombre d'employés Alcan, Noranda Mines, Pratt & Whitney; General Motors, General Electric, CIL, IBM, Goodyear, Esso Imperial, Syl-vania, Westinghouse, Union Carbide, Gulf Canada, etc Parmi les corporations, sociétés de la Couronne, consortiums ou holdings qui ont leur siège social à Montréal, on peut men tionner les entreprises suivantes: a) charte fédérale CN-CP, Radio-Canada, Air Canada, \"anadair, Imasco, John Lu batt, Canada Packers, Petro-Canada, Ingersoll Rand, h) i charte provinciale: Hydro-Quebec, Société générale de financement, Sidbec, Cooperative-fédérée.Mouvement Desiardins, Pécheurs unis, Agropur, Culinar, Provigo, etc.c) corporations privées Power Corp., CIP, Dominion Textile, Conosolidated Ba thurst, Domtar, Abitibi-Price, Banque Nationale, Northern Telecom. aval! pas d'impôt sur le revenu, les budgets ne sombraient jamais dans le rouge.De toute façon, les finances publiques étaient à ce point modestes que les trésoriers donnaient le dot a il de leurs de penses à la « cenne près ».Au jourd'hui.on arrondit au million.Les bouleversements les plus spectaculaires sont survenus au niveau provincial.Les dépenses, de Tordre de $3.1 millions en 1884, sont passées à $24,3 milliards cent ans plus tard.C'est 8 000 fois plus, ou encore, en pourcentage, un bond de 800 000 p.cent! Ce n'est pas l'inflation qui peut expliquer cette progression, puisque les prix, en gros, ne sont que vingt fois plus élevés.Par comparaison, la taille des budgets fédéraux n'a été multipliée que par 1 500.De la Province à la Providence C'était l'époque où on appelait l'argent de nos impôts les «de- niers public s », celle où le ministre des Finances était un trésorier qui règle générale, était anglophone, Sheyn.Duffy.McCorkill.McMaster.etc.La naïveté des documents budgétai res permettait par ailleurs de curieux lapsus.Par exemple, dans un texte des années vingt, au lieu d'écrire la « Province », on a plutôt mis la « Providence ».C'était peut-être le pressentiment d'un scribe de l'État qui entrevoyait déjà, cinquante ans avant le temps, l'avènement de l'État-providence ?Si les choses ont tellement changé au niveau québécois, c'est parce que le gouvernement de la province a eu, pendant très longtemps des fonctions très limitées, plus proches de celle d'une communauté urbaine d'aujourd'hui que d'un véritable gouvernement.Kn 1929, par exemple, alors que le Québec dépensait $51 millions, on ne trouvait que deux postes budgétaires importants.Les travaux publics et la voirie accaparaient le cinquième du total, avec $8,9 millions, et l'administration de la justice accaparait un autre $ 1,2 millions.En somme, le rôle du gouvernement se résumait à construire des ponts et des routes et à s'occuper des tribunaux Des ponts et des routes Quant aux dépenses qui forment maintenant le gros du rôle de l'État, elles étaient plus que modestes, à l'exception de l'éducation, à laquelle on consacrait $3,5 millions.La santé, \u2022 l'hygiène » comme on disait à l'époque, ne coûtait que $463 388.Le gouvernement lui-même ne dépensait que $761 000, tandis que l'assistance sociale, les « institutions de bienfaisance », n'avait droit qu'à $27 290.On note toutefois que le gouvernement provincial La « Commission des liqueurs » fut la première société d'État au Québec Inexistantes il y a cent ans, les sociétés d'État sont apparues dans le décor économique québécois plus tard qu'ailleurs dans le reste du Canada.On explique généralement ce retard par le fait que, contrairement à des provinces comme la Saskatchewan ou la Colombie-Britannique, le Qué-bec est demeuré longtemps sans partie ou mouvements politiques de gauche structurés, ces derniers ayant contribué largement à l'émergence d'entreprises publiques.PIERRE VINCENT de notre bureau! de Québec Les (hoses ont rapidement changé a partir des années 60.Sous l'impulsion du premier ministre .loan Lesage, qui se plaisait a repeter: «Le seul puis sant moyen que nous possédons, c'est rÉtat du Québec et que cela constitue peut-être notre u-nique recours pour survivre comme minorité ».Quelques années plus tard, l'économiste Jacques Pari/eau.devenu ensuite ministre des Finances dans la gouvernement Lévesque, ren-chérissait: «Si nous avions 25 entreprises Bombardier et des banques très importantes, la si tuation serait peut-être différente.Mais nous n'avons pas de grosses institutions, il faut donc [efl créer.» Aujourd'hui.Québec compte pas moins d'une douzaine de très grosses entreprises étatiques, qui emploient, ensemble, au-delà de 30 000 travailleurs et qui valent autour d'une quarantaine de milliards de dollars.L'État intervient principalement dans les mines, les ressources de la foret, l'amiante, l'acier, les al cools et surtout, il va sans dire, dans l'hydroélectricité.Pièce mal tresse de toute l'économie québécoise, Hydro-Québec représente à elle seule la moitié des actifs et des emplois de tout l'empire étatique.La SAQ Ce nationalisme économique, que nous pratiquons avec passion depuis environ un quart de siècle, tranche considérablement avec l'époque où a été créée la premiere de toutes nos sociétés d'État, !a Société des ai cools du Québec, la SAQ qu'on appelait alors Commission des liqueurs C'était en 1921 En pleine épo que ûe prohibition.A cause de pressions religieuses, mais aussi par nécessite de réserver l'orge et le blé au ravitaillement des troupes et des populations civiles pendant la premiere Grande Guerre, les États l'nis avaient adopté une législation interdisant la fabrication, la vente ou le transport de l'alcool.Et le Canada, au nom des mêmes impératifs, en avait fait tout autant.Sauf une des neuf provinces qu'il comptait alors, le Québec qui refusa net de se laisser entraîner dans l'abstinence totale.Plus de 85 p.cent des Québécois avaient voté, au référendum de 1919, en faveur d'une prohibition mitigée », qui permettait la consommation d'alcools légers, do bière, de vin et de cidre a faible teneur en alcool.Alors, compte tenu du degré de sensibilisation des citoyens à la question, deux ans plus tard, le gouvernement Taschereau roussit à faire adopter sans trop de mal la loi créant la Commission des liqueurs.Puisque le régime sec n'empêche pas la vente de boissons enivrantes, se disait-on alors à Québec, il vaut mieux libéraliser la consommation de l'alcool, quitte à la contrôler.Contrairement à la règle qui prévalait partout ailleurs au nord du Rio Grande, le Québec était le seul État à tolérer la vente d'alcool, à permettre à ses citoyens de se procurer une bouteille d'alcool sans avoir à en prouver la nécessité par ordonnance médicale et sans être obliges de s'adresser à ceux qui le fabriquent dans la clandestinité.Dès l'année suivante, la Com mission des liqueurs déclare un surplus de quatre millions de dollars.Et les affaires n'ont cessé de s'améliorer par la suite, les derniers résultats financiers de la SAQ faisant état de $787 millions de ventes nettes.Par la suite, on devait créer l'Office du crédit agricole (1936), la Raffinerie de sucre de St Hilaire (1943) et la Commis sion hydroélectrique (1944).Puis, à partir des années 60, ce fut la création à gogo de dizaines de sociétés, de régies et de di vers autres organismes d'État, ayant pour objectif de permettre aux Québécois de détenir un plus grand nombre de leviers économiques.Il semble toutefois que cette ère soit maintenant révolue, puisqu'on prêche de plus en plus un retour au passé, à la privatisation des sociétés d'État.Et, Curieusement! c'est peut-être la plus ancienne de toutes, la SAQ, qui retournera la premiere au secteur privé.Photothèque LA PRESSE Le lingot d'or, symbole de richesse des gouvernements comme des individus, et dont la valeur est 15 fois plus élevée qu'à l'époque où on avait fixé son prix à $35 l'once.dépensait $1,6 million pour les « asiles d'aliénés ».Quant a la politique industrielle, l'aide aux « arts et manufactures», elle nécessitait un maigre $71 874,41.Certains postes sont cependant disparus, comme le $1,3 million consacré à la colonisation.Cette modestie des dépenses se retrouve bien sûr du côté ri: revenus.Comme il se doit, ceux ci étaient légèrement supérieurs aux dépenses en 1929.à $51,4 millions, pour ne pas qui! y ait de déficit.Les mêmes vaches à lait Le gros des recettes prove naient de trois sources.Tout d'abord, les revenus traditionnels, « l'exploitation du domaine », rapportaient $7,5 millions: ce sont les ventes de terres, les concessions forestières, les droits de coupe l ta retrouvait toutefois deux autres vaches a lait fiscales qui ressemblent étrangement à celles d'aujourd'hui.Les taxes sur les alcools rapportaient $7 millions, et celles sur 1 automobile et l'essence une somme rondelette, pour l'époque, de $8,1 millions! L'impôt sur le revenu n'existait pas.mais les corporations versaient $3 millions en taxes et ies individus $1.1 millions en droits de succession.f L'évolution des dépenses de l'État ne s'est pas faite de façon progressive, mais par grands coups.Les choses sont restées fort stables pendant vingt ans, de 1884 à 1904.À la faveur de la guerre de 14-18, le premier grand saut survient, suivi, dune longue pause pendant la crise.Kn fait, les dépenses ont baissé dans les années trente: ce n'est qu'en 1937 que la province retrouvera le niveau de dépensas de $41 millions enregistré en 1930.Deux grands bonds Les changements les plus importants sont survenus après la deuxième guerre.Mais ils n'ont pas attendu, comme on le croit souvent, le début de la Révolution tranquille.Après avoir atteint la marque des cent millions en 1947, la croissance des dépenses a été très forte au cours des années cinquante, pendant l'ère duplessiste, où l'on a assisté à un important effort d'industrialisation et d'infrastructure.De 1944 à 1960, les dépenses ont ainsi décuplé.Il n'en reste pas moins que le bond de géant est survenu dans les années soixante, avec la Révolution tranquille.La création des sociétés d'État, les soins de santé, la création du ministère de l'Éducation, la modernisation économique ont fait passer les dépenses publiques, de $261 millions en 1954 à $1,2 milliard en 1964 et à $7,2 milliards en 1974.Depuis, cela n'a jamais plus arrêté.Ces grands sauts se finançaient toutefois avec des impôts, et non pas avec des déficits.La principale modification fiscale a sans doute été l'introduction de l'impôt provincial sur le revenu le 15 janvier 1951.Quant aux déficits, ils n'existaient pratiquement pas.Sauf en de rares occa sions, le gouvernement affichait des surplus, parfois cocasses, comme le surplus de $24 492.56 affiché en 1901.Ces surplus se sont maintenus jusqu'à la moitié des années soixantes, où l'on est entré dans une phase de déficits modestes.Ce n'est qu'à partir de 1973 que l'on a commencé à accumuler des défie its importants de façon systématique.Ainsi, le gouvernement du Québec d'aujourd'hui n'est pas la même institution qu'il y a cent ans.C'est pour ces raisons que, même en comparant, en principe, l'évolution des budgets d'un gouvernement à travers les décennies, on compare malgré tout des poires et des oranges.Beau fixe sur la scène municipale Par rapport à cette croissance fulgurante, la ville de Montréal a connu un siècle relativement tranquille.Il y a cinquante ans, en 1934, les dépenses de Montréal s'élevaient à $50,6 millions, soit presque le double les déboursés provinciaux de $33 millions.En fait, ces dépenses, qui dépassent maintenant le milliard, n'ont été que multipliées par vingt en un demi-siècle.Mais les comparaisons sont trompeuses.D'une part, la vocation municipale a peu évolué et certains services restent essentiellement les mêmes: routes, services publics, police, inspection, incendie.Enfin, d'autres postes de dépenses n'apparaissent plus aux bilans des villes avec l'avènement d'organismes supra-municipaux, comme la Communauté urbaine de Montréal.Par ailleurs, certaines dépenses autrefois de juridiction municipale, comme l'assistance publique et certains soins de santé, sont passés sous l'aile provinciale.C'est également vrai des commissions scolaires qui, il y a cinquante ans, avaient des budgets aussi importants que ceux de la province.Les grandes guerres, un prétexte d'Ottawa pour prélever des impôts Ce sont les deux grandes guerres mondiales qui ont donné l'occasion au gouvernement fédéral d'accroître son poids et ses dépenses.En 188-1, Ottawa a dépensé $58 millions.Il en débourse aujourd'hui $90 milliards, soit environ l 500 fois plus.Cette progression s'est faite en deux bonds, entre 1914 et 1920, mais surtout dans les années quarante.ALAIN OLBUC_ Si les dépenses ont augmenté moins rapidement qu'à Québec, c'est surtout parce que dès.le départ, le gouvernement cana dien.le Dominion ou «la Puissance », comme on disait à l'époque, avait d'importantes responsabilités : défense, postes, douanes et surtout les transports, particulièrement ferroviaires De 1884 à 1904, les dépenses publiques sont restées remarquablement stables.Elles ont même baissé au tout début du siècle.À partir de 1916 est survenu le premier gros changement, avec l'introduction des revenus de guerre qui ont permis de financer l'effort militaire canadien.Cela portera le niveau des dépenses à $370 millions en 1924.C'est à cette époque, soit à compter d'août 1917, qu'Ottawa perçoit, pour la premiere fois, des impôts sur les revenus, mais qu'il crée également une ribambelle de taxes, sur certaines entreprises, des droits de douane accrus, des taxes sur les timbres, les allumettes, les jeux de cartes, les bonbons, le tabac et l'alcol.Après la stagnation de la crise, le vrai grand saut est arrivé avec la deuxième guerre mondiale.En dix ans, de 1934 à 1944, les dépenses ont été multipliées par quinze, de $346 millions à $5,3 milliards, avec une importante modification de la structure de la taxation., Les impôts indirects qui dominaient encore ont cédé la place à l'impôt sur le revenu qui procurait 60 p.cent des recettes.Ottawa est également entré dans des champs de taxation provinciaux, comme le droits de succession ou les taxes sur l'essence.Cet effort fiscal n'a pas suffi.De 1941 à 1945, le gouvernement canadien a accumulé d'énormes déficits qui ont fait passer sa dette, en cinq ans.de $5 à $15 milliards.Les dépenses publiques n'ont cependant rien de commun avec un ballon, qui se dégonfle au bout d'un certain temps.Dans le cas du fédéral, le retour à la paix n'a pas entraîné un retour aux budgets antérieurs.Là aussi, on a assisté à une progression inexorable.DEPUIS L'ÉLECTION DU PQ Ottawa tient être « visible » à tout prix La place Radio-Canada, le Vieux-Port, la place Guy Fa-vreau.l'aéroport de Mirabel, l'Institut de génie des matériaux, Canadair.Nordair, Air Canada, autant d'éléments bien concrets de la présence du gouvernement fédéral dans la région de Montréal qui ne sont pas étrangers à une volonté politique bien arrêtée, mais relativement récente, d'assurer la « visibilité» des institutions centrales au Québec.GILBERT \\ LA VOIE de notre bureau d'Ottawa Ce n'est qu'à la fin des années 70, après l'arrivée au pouvoir du Parti québécois à Québec, que cette notion de « visibilité » fédérale a été véritablement articulée, pour devenir ce qu'elle est aujourd'hui.La lenteur du gouvernement central à manifester sa présence à Montréal, après plus de 100 ans de Confédération, est imputable à plusieurs facteurs.Il faut comprendre que Montréal a été, et a conserve pendant longtemps le titre de métropole du Canada dans l'histoire du pays.L'activité économique passait alors tout naturellement par la rue Saint-Jacques.Les efforts de développement du gouvernement central se portaient donc vers l'Ouest, en passant par Toronto.Canalisation du Saint-Laurent, construction des voies de chemins de fer.autant de « mega-projets » qui devaient servir à ouvrir le « Haut-Canada » et les provinces de l'Ouest au peuplement et au développement économique.Mais Montréal, tout comme Boston et les villes de l'Est américain, a fini par souffrir de ce qui est devenu par la suite un déplacement naturel de l'économie, d'Est en Ouest.Toronto était désormais vouée à devenir la véritable métropole économique du pays.« Bay Street » était née.Naissance du nationalisme québécois Ce phénomène, bien amorcé dans les années d'après-guerre, n'a toutefois été compris dans la population que dans les années 60, au moment même où l'on assistait à un réveil du nationalisme québécois.Décennie de remise en question, ou le mot « contestation » était à la vogue, les années 60 ont vu le nationalisme québécois se forger des instruments politiques à l'Assemblée nationale, pendant que les tenants du fédé- ralisme, Pierre Trudeau, Jean Marchand et Gérard Pelletier, venaient porter leur lutte à Ottawa.Cette période troublée, marquée par la crainte de l'exode des sièges sociaux et l'affaiblissement économique du Québec, a eu son point culminant lors de l'élection du Parti québécois à Québec en 1976, élection qui a convaincu plus que jamais le pouvoir central de la nécessité d'une plus grande « visibilité » fédérale dans « La Belle Province», et du même coup, partout ailleurs au Canada.Cette décision a pris des formes que les Pères de la Confédération n'auraient jamais pu prévoir en 1867.Qui aurait dit, alors, que le gouvernement fédéral vendrait un jour de l'essence?Petro-Canada possède aujourd'hui près de 3 000 points de vente d'essence au pays, dont plusieurs centaines sont situés au Québec.Autant d'endroits où l'unifolié flotte allègrement sous les yeux de milliers d'automobilistes.La visibilité du fédéral au Québec Ce souci de « visibilité » d'Ottawa lui a attiré les foudres du gouvernement québécois, mais il a tout de même amené nos politi-uens fédéraux à renforcer certains secteurs stratégiques de l'économie de la province, pour compenser le déménagement d'une partie de l'activité économique vers Toronto.L'entêtement du fédéral à appuyer Canadair et le programme Challenger en est un exemple.L'aide accordée à Pratt and Whitney, le contrat des frégates et l'installation de Bell Helicopters au Québec sont autant d'autres cas.La présence fédérale s'est faite sentir jusqu'au sein des entreprises les plus chères aux Québécois.Par exemple, Bombardier a reçu des appuis importants pour le développement et la mise en marché de sa technologie reliée au transport ferroviaire et au métro.La « visibilité ¦ est toutefois une arme à double tranchant.Le moindre échec soulève des controverses énormes.Qu'il s'agisse des retombées du F-18, du Centre bancaire international, du Centre de formation en aéronautique, des retards dans la construction de la place Guy-Fa-vreau, et j'en passe, tout projet qui échoue reste dans l'actualité pendant longtemps.Malgré tout, ils sont nombreux à Ottawa pour dire que la « visibilité » demeure essentielle, malgré les problèmes politiques qu'elle peut engendrer.« Parlez-en en bien, parlez-en en mal, mais parlez-en », concluent les tenants de cette thèse.t l \u2022 i » » ¦ i \\ ¦ » » \u2022 \u2022 » \u2022 ¦ « \u2022 i i » I : i ?» I » » i t t ?f ?« I \\ 1 i I A ¦ < LA PRESSE, MONTRÉAL, LUNDI 9 JANVIER 1984 15 Autant se cramponner à son J fauteuil quand on parle du marché des obligations parce que la valse des millions étourdi rait Fred Astaire lui-même.En décembre, le gouvernement fédéral en émettait pour $1 milliard.Québec finance aussi une bonne partie de ses déficits grâce è cette formule toujours populaire : il suffit de songer que les simples obligations municipales représentent un marché de plus de $1 milliard dans la province pour s'en convaincre.MARIO FONTAINE On ne fait plus très attention, aujourd'hui, aux austères pla cards publicitaires annonçant de nouvelles émissions.Mais le marché des obligations n'a pas toujours été aussi florissant.Bien sûr il y a toujours eu des gens disposés à donner de Tar-gent en échange d'un morceau de papier imprimé leur promettant la remise de leur dépôt à une date fixe Tan prochain ou dans 30 ans, ou quelque part entre les deux.Mais cette habitude a mis du temps à s'ancrer.Il faut dire que depuis le moment où LA PRESSE a fait ses premiers pas jus qu'à la première guerre mondiale, notre belle-mère patrie, le L'épargné Le nouveau marché des obligations fait paraître bien maigrichons les défunts « bons » de la Victoire Royaume-Uni, comblait la plupart des besoins financiers des gouvernements et des entreprises du Dominion.Mais les banquiers britanniques en ont eu plein les bras, avec la Grande guerre, sans compter que leurs taux d'intérêts étaient devenus prohibitifs et que, de surcroît, les investisseurs canadiens commençaient à s'intéresser à leur propre marché.Les bons « bons » Pour l'homme de la rue, le premier vrai contact avec le marché des obligations se fit en 1917, avec le célèbre «emprunt de la Victoire».On savait faire les choses en grand à l'époque.Une super parade eût lieu )e 17 novembre de cette année-là pour faire mousser les ventes, avec le maréchal Joffre lui-même dans le défilé.Le marché reprit son cours normal dans l'entre deux guerres, avec de gros intérêts de 5,25 p.cent s'il vous plaitî Puis, avec le deuxième conflit mondial, Ottawa utilisa encore plus massivement la formule pour se financer, allant chercher tout près de $13 milliards pour soutenir l'effort de guerre.On parle encore ici de « bons » de la Victoire.Ce n'est qu'en 1946 que les véritables ¦ obligations d'épargne du Canada » virent le jour.Ce qui n'a pas annihilé du jour au lendemain les comportements les plus bizarres.Deux anecdotes Un homme arrive ainsi un beau jour chez Lévesque, Beau-bien tout joyeux, en disant : c'est formidable ces intérêts en petits coupons détachables, je renouvelle mon dépôt, donnez m'en d'autres.- Vous avez votre obligation avec vous ?Mon obligation?Mais je l'ai jetée lorsqu'il n'y a plus eu de coupons ! Roland Giroux a été président de cette maison de courtage, avant de diriger Hydro Québec puis de passer chez le papetier Consolidated Bathurst.«Les mi nés et les obligations ont longtemps eu la faveur des Cana diens français, dit-Il.Curieusement les anglophones achetaient des obligations industrielles et les francophones des obligations institutionnelles, comme celles des gouverne mente, des municipalités, des hôpitaux, des commissions scolaires.\u2022 M.Giroux se souvient d'un père de famille de Chambly qui avait fait encadrer ses « bons » de la Victoire et les avait suspendus au mur en l'honneur de son fils tué à la guerre.L'homme a été le plus surpris du monde quand, plusieurs années plus tard, on lui donna $75 000 en échange de ses beaux petits tableaux.La face cochée Le public est beaucoup plus familier, aujourd'hui, avec cette forme d'investissement.Quand une personne achète une obligation d'épargne d'un gouvernement, généralement elle le fait parce que son prêt sera garanti, qu'elle pourra le retirer en tout temps et que le rendement esl encore meilleur qu'un dépôt dans une banque ou une société de fiducie.Il ne s'agit pourtant là que d'une portion du marché, en réalité beaucoup plus complexe qu'il n'y parait.L'investisseur pourra par exemple se procurer des obligations industrielles ou de services à taux et échéances fixes, dont la valeur variera en fonction de l'offre et de la demande contrairement aux prêts bancaires par exemple.Ainsi une obligation portant intérêt de 13 p.cent ver ra sa valeur de revente s'accroître si les taux d'intérêt tombent disons à 8 p.cent.En revanche, son détenteur sera malheureux comme une pierre si les taux grimpent à 20 p.cent, puisqu'il devra accepter une dévaluation de son placement s'il souhaite s'en départir.L'autre face cachée de ce marché, c'est la place considérable occupée par les institutions Si on ne s'en tient par exemple qu'aux émissions municipales, les trois quarts de l'argent pro\\ i ennent d'une trentaine d'acheteurs, des compagnies de fiducie, d'assurance, des fonds de pension, des congrégations religieuses, etc.Et ce marché est lui même très concentré puisque deux maisons de courtage, Lévesque Beauhien Inc et (ieof frion Leclerc Inc., en manipulent presque la moitié.Ce qui n'empêche pas les petits épargnants d'y recourir, comme au fond ils l'ont toujours fait.« On n'imagine pas combien de réseaux d'égoùts, d'aqueducs, combien d'écoles de villa ge et d'églises ont été construits grâce à des obligations locales conclut M.Alfred Rouleau, ex-pdg du Mouvement Des jardins.Qui ne se souvient de Séraphin Poudrier?.dnei jiii ne se souvient de la main 'goulue de Séraphin Pou drT&r plongeant voluptueusement dans le sac d'avoine0 Et de ces histoires de bas de laine porteurs des économies de toute une vie ?Eh oui, si les Québécois ont de tout temps économisé, la façon de le faire a bien changé depuis 100 ans, et les comptes d'épargne personnels sont relativement nouveaux dans le décor.MARIO FONTAINE « Les histoires de bas de laine, c'était vrai, raconte l'ex-pdg du Mouvement Desjardins Alfred Rouleau.Les gens gardaient souvent leur argent chez eux, sous le matelas ou dans de petites boites de fer.Par contre il ne faut pas oublier une chose : les gens avaient moins d'argent à leur disposition qu'aujourd'hui, et ce n'était pas tout le monde qui pouvait en mettre de côté».Ronald Rudin confirme : le revenu moyen, très faible, ne permettait qu'à une minorité de se constituer un petit pécule.De plus, si on remonte à Tannée de la fondation de LA PRESSE, les institutions bancaires s'intéressaient bien peu aux petits épargnants, concentrant l'essentiel de leurs énergies sur les comptes commerciaux.M.Rudin vient de compléter un manuscrit sur l'Histoire des banques francophones de 1835 à 1925, déposé aux Presses de l'Université de Toronto.« Les banques de l'époque étaient très élitistes, dit-il, et s'intéressaient presque exclusivement aux marchands.Le citoyen moyen n'avait jamais aucune raison d'aller dans une banque.Ce n'est qu'au tournant du 20ième siècle qu'elles ont commencé à ouvrir des succursales, à s'intéresser aux petits épargnants ».Mais où allait donc, dans ces conditions, l'épargne des quelques citoyens un peu plus fortunés ?Les prêts de personne a personne n'étaient pas aussi rares qu'aujourd'hui.Il y a tout un aspect « confiance » qui a disparu mais qui était très fort à ce Photothèque LA PRESSE Pour le petit épargnant qui refuse systématiquement toute formule de placement la moindrement risquée, le traditionnel compte en banque a remplacé le fameux bas de laine de nos ancêtres.moment-là, explique un ex-pdg de la Banque nationale qui préfère garder l'anonymat.Selon lui l'influence des immigrants européens a été très marquante dans cette mode de garder son argent dans des sacs ou sous les matelas.Ça se faisait en Europe, ils en ont conservé l'habitude ici et les Canadiens les ont imités, dit-il.Au secours, Monseigneur! Il faut bien reconnaître que, si l'argent ne rapportait rien avec un tel comportement, au moins on était sûr de ne pas le perdre.Plusieurs banques ont en effet dû déposer leur bilan juste au moment où les gens commençaient à leur faire confiance.« La Banque du Peuple était la première banque avec une participation francophone importante, rappelle M.Rudin.Elle a fait Avec un C.A., vos affaires tourneront plus rondement Decisions! Décisions! Décisions! N aimeriez-vous pas consulter une personne sûre qui verrait votre cas avec des yeux neufs.mais expérimentés?m Le comptable agrée est le conseiller privilégié de la PME: c est un professionnel qui vous aidwa- a accroître l'efficacité administrative de votre entreprise et à améliorer sa rentabilité.Il vous \u2022 aidera aussi a prendre vos grandes decisions au bon moment.faillite six mois après avoir ouvert ses nouveaux et spacieux locaux, rue Saint-Jacques.Quatre ans après, c'était au tour de la Banque Ville-Marie de fermer ses portes.» Cette dernière fermeture a causé une véritable panique, tellement qu'une banque concurrente, la Banque Jacques-Cartier, devenue plus tard la Banque Provinciale, dût suspendre ses opérations durant quelque temps pour éviter la catastrophe.Le président de la Banque d'Hochelaga, ancêtre de la Banque canadienne nationale, fit appel quant à lui à l'évéque de Montréal pour qu'il rassure ses ouailles sur leurs placements ! Le petit épargnant devait ainsi se montrer plus ou moins téméraire avec ses économies.sinon patient, puisque si les banques n'acceptaient pas l'argent de n'importe qui, elles filtraient en- core davantage leurs prêts.« Dans chaque village il y avait toujours un gars plus débrouillard que les autres qui prétait de l'argent, souvent à des taux considérés alors comme usurai-res, explique Alfred Rouleau.Et puis, au total, on constatait qu'en ne contrôlant pas notre argent on ne contrôlait pas non plus notre économie.C'est un peu pour tout ça qu'Alphonse Des jardins a ouvert sa première caisse.» Des véhicules sophistiqués Selon lui le trait de génie de Desjardins a été d'imaginer une institution qui soit à la fois une coopérative d'épargne et une coopérative de crédit.L'éducation à l'épargne s'est ainsi développée même dans les coins les plus reculés : « Le jour où le fermier de Saint-Alexandre a sorti son $1000 pour le placer à la fabrique de la paroisse, ce jour là on a fait un pas immense », pense M.Rouleau.Peu à peu les institutions financières ont sophistiqué leurs services, et les épargnants ont graduellement découvert les trusts, les obligations, les compagnies d'assurance.Fini le temps où chaque banque émettait sa propre monnaie, où le notaire du coin finançait les hypothèques et les prêts à long terme.Il suffit d'ouvrir son journal pour constater la surenchère à laquelle se livrent aujourd'hui les institutions pour drainer l'épargne des citoyens.« Il est certain que depuis 1923 aucun Canadien n'a perdu d'argent dans les banques, contrairement par exemple à ce qui a été le cas aux Etats-Unis », déclare M.Rudin, historien des affaires à l'Université Concordia.Un gros bas de laine « Ilest clair qu'il existe un processus historique de reprise en main de notre économie et de nos épargnes, conclut M.Alfred Rouleau.On possède maintenant tout ce qu'il nous faut comme structure financière.Ce qu'il faut maintenant, c'est de placer nos moyens dans le secteur industriel.Il va peut-être y avoir quelques échecs, mais j'ai confi- ance en l'avenir.Le train avance et on est dedans.\u2022 Chose certaine, les particuliers apprennent de plus en plus les vertus de l'épargne.En 1972.les Québécois n'épargnaient que cinq cents sur chaque dollar gagné en salaire.En 1983, cette proportion s'élève à plus de $0.13 par dollar.Les résultats sont éloquents : les données de la Banque du Canada sur les banques à chartre indiquent, par exemple, qu'à la fin de l'an dernier l'épargne personnelle atteignait les $100 milliards dans des comptes de banques ou des dépôts à terme fixe.Quand on fait le total de leurs économies, on constate que les Québécois dépassent à eux seuls cette barrière de $100 milliards.On parle bien sûr ici d'épargne sous toutes ses formes, depuis les comptes personnels jusqu'aux investissements dans des fiducies ou des compagnies d'assurance, en passant par des certificats de dépôts et les obligations.Jusqu'à un certain point, la tendance prend d'ailleurs presque l'allure d'un phénomène social.C'est pourquoi le total record de 75 000 visiteurs au dernier salon de l'épargne place ment ne peut vraiment étonner personne.Nos REÉR suscitent beaucoup df INTERET., et le vôtre?N hésite/ pas a vous procurer n< ni luvellf br m hure Avec un C A.vos affaires tourneront plus rondement, en vous art'essant a i Ordre des comptables aqrees du Quebec f>80 rue Sherbrooke ouest 7e étage Monfreal tOu.'be.» H3A 2S3 Ordn les compte tvfcs t torées tri du Québec UNE CONFÉRENCE?SANS NOUS APPELER À1 \\ lôtcl l'Estérel dans les Laurenndes.nous sommes passes maîtres en planification de conférences.Un simple coup de telephone et notre personnel vous dira ce que nous pouvons faire pour vous et se chargera de tout sans tarder.Pour notre équipe de spécialistes, l'art d'organiser et de coordonner des ateliers de travail des séminaires, des reunions de ventes et des conferences n'a vraiment plus de secret Alors ne décidez rien sans d'abord nous 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LA PRESSE vous invite au salon EXPOS HABITAT, du 20 au 29laurier 1994 oà nous vous présentons pour la première fois rexpositkm 100 ANS D'IMPRIMERIE.Vivez rimprimene à ses tout débuts et découvrez les différentes étape* de fonctionnement et de production
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