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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
La presse plus
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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Références

La presse, 1984-03-10, Collections de BAnQ.

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[" ?MONTRÉAL 10 mars 1984 volume 2 numéro 10 ALCOOLISME pages 2 à 7 Boire «On va prendre un pot?» L'invitation est devenue rituelle.Si nos bonnes vieilles tavernes se dégarnissent, bars et brasseries connaissent par contre une popularité sans précédent.Le «happy hour*, ou le «5 à 7», gagne régulièrement de nouveaux adeptes.Histoire d'éviter le trafic de cinq heures bien sûr.L'apero.un peu de vin en mangeant, un digestif à l'occasion, autant de coutumes venues de la vieille Europe (où ça se perd) qui s'installent ici à demeure chez de plus en plus de gens.À ces changements de comportements se greffent des phénomènes nouveaux touchant des catégories sociales particulières.Dans son enquête qui parait en pages 2, 3 et 4, Gilles Gougeon signale que l'alcoolisme, ces dernières années, prend de l'expansion chez les adolescents, les femmes seules et les personnes âgées.Pour compléter le dossier, nos collaborateurs aux États-Unis, en Europe, en France en particulier, ainsi qu'au Japon dégagent eux aussi les tendances nouvelles des comportements face à l'alcool ces dernières années.Leurs reportages paraissent en pages 4, 5 6 et 7.Et puis PLUS connaît un renouveau cette semaine.Des chroniques familières à nos lecteurs se retrouveront à compter de demain, dimanche 11 mars, dans l'édition dominicale de LA PRESSE.Il s'agit des chroniques du Dr Gifford Jones sur la santé, du Dr Louise Lali-berté sur les animaux ainsi que de Jean Hébert sur les échecs.PLUS remercie ces collaborateurs qui ont puissamment contribué au succès qu'a connu le magazine depuis son lancement il y a plus d'un an.Et les lecteurs auront le plaisir de trouver cette semaine une gamme de chroniques nouvelles.Berthio, l'un des grands caricaturistes du Québec, se joint à PLUS.George Schwartz, parmi les observateurs les plus avertis du sport, signera une chronique hebdomadaire.Andrée Ferretti analysera chaque semaine un essai publié ici ou ailleurs, tandis que le linguiste Philippe Barbaud amorce une chronique sur le parler des gens d'ici.La Rédaction de PLUS souhaite la bienvenue à tous ces nouveaux collaborateurs.Enfin, l'avalanche de lettres et d'appels téléphoniques que nous valent régulièrement les chroniques d'Yves Leclerc sur le monde de la technologie et de Claire Dutrisac sur les problèmes du troisième âge nous commandait de créer un courrier.Dont acte.La Rédaction :\u2022 \"3 .x ^ .: .- jo it -4- L'EMPIRE DES SENS Serge Grenier SPECTACLES Place des stars Le gag qui courait dans les années soixante, lors de l'ouverture de la Place des Arts, la Place des autres.Les autres, en mars, avril et mai.seront Ginette Reno et Yvon Deschamps.Ils attireront à eux seuls plus de 170 000 personnes à Maisonneuve et à Wifrid-Pel-lotier.Ce qui voudra dire plus de deux millions et demi de dollars en billets vendus.Mais qu'attend donc le gouvernement du Québec pour nationaliser Yvon et Ginette?Ils sont plus rentables que n'importe quelle mine d'amiante.RESTAURANT 5 cr> CO CO < Le paquet Celui qui a été mis à L'Ile de France, le plus somptueux des nouveaux restaurants de Montréal.Immense, garni de cuivres luisants et d'éclairages rosés qui donnent bon teint à la plus patibulaire des mines.Le gratin des édifices à bureaux du centre-ville adore y être vu.Impossible d'y passer inaperçu.Les Français, s ils n'ont pas tout inventé, quoi qu'ils disent, ont une façon bien à eux de tout recréer.La choucroute, par exemple.Passée de l'Allemagne à la France à la faveur de quelques invasions, elle est devenue aussi française que le souvlaki est maintenant québécois.Il est bien d'autres merveilles à L Ile de France, mais sa choucroute, c'est du solide, du nourrissant.Elle serait la meilleure en ville que ça ne m'étonnerait guère.(théâtre ARCHITECTURE En verre et contre tous Tant mieux pour vous si vous gagnez un jour un prix important à la loterie.Vous vous présenterez aux nouveaux bureaux de Loto-Québec, rue Sherbrooke ouest, et votre coeur battra si fort que vous ne porterez même pas attention au sinistre édifice qui les abrite: un énorme cube de verre et d'acier qui ne remportera jamais de prix, lui.La rue Sherbrooke en prend pour son rhume.Il est remarquable de constater que la plupart des édifices provinciaux et fédéraux construits à Montréal au cours des dernières décennies sont, disons-le.franchement laids: Hydro-Québec.Revenu Canada, le pas très hospitalier Institut d'hôtellerie.Guy-Favreau, le Palais de justice.Parthenais, et j'en oublie sûrement.On dirait un concours.cinéma) Garçon Q LU < CO \u2014r < O 2S L'homme-femme Andre Montmorency a laissé tomber son Christian.Bonne chose.Le metteur en scène et le comédien remarquables qu'il est ne s'en porteront que mieux.À voir au Centaur, du 20 au 25 mars, dans «Chez Paul-ette» de Louis-Marie Dansereau.un Montmorency étonnant dans le rôle d'une vieille femme.Il se rappelle peut-être cette phrase que lui avait lancée un professeur, du temps qu'il fréquentait un collège classique: «Montmorency, t'es bon rien que pour faire du théâtre.» Les Français ne pensant qu'à ça (manger), garçon est un des mots qu'ils prononcent le plus souvent D'ailleurs, un film français sans repas n'est pas un film français.Le «Garçon» de Claude Sautet, c'est Yves Montand, celui-là même qui coupe présentement l'appétit au pouvoir politique par ses apparitions fulgurantes à la télé, et dont on dit qu'il sera peut-être candidat aux prochaines élections.Mais cinéma pour cinéma, le premier demeure éminemment préférable.journaux; Ou presque Ce sont les journaux de quartier: des hebdomadaires distribués gratuitement qui se lisent en un tournemain.Celui du centre-ville ouest s'appelle The Downtowner En anglais seulement.Tout ce qui vient de Québec les horripile L intolérance en vingt-quatre pages Leur spécialité: des caricatures grossières de René Lévesque.amusantes comme trois jours de pluie sur la Transcanadienne.Alors, aussitôt reçu, aussitôt jeté UNE NOUVELLE GÉNÉRATION Ba ptisée bière, vaccinée whisky CM ierre B.a 23 ans.Pendant les deux heures de notre rencontre il aura avalé pas moins de dix tasses de café, «du décaféiné, in-sisie-t-il, car c'est la quantité qui compte».Deux heures pendant lesquelles il tâche de me convaincre qu'il fait tout pour cesser de boire et que par tous les liquides il peut remplacer l'alcool.À la fin de la conversation, ses mains tremblent; la voix un peu éteinte il me confie qu'en 1975, alors qu'il n'avait que 15 ans.ses parents avaient été horrifiés d'apprendre que leur Pierre fumait de la mari et du hasch.«Ils me voyaient déjà drogué à jamais, dit-il; ce soir-là mon père m'a offert une bière pour la première fois, pour que nous causions en homme, d'égal à égal.J'étais mort de rire car je n'en étais évidemment pas à ma première bière.Et le soir où je suis rentré complètement saoul, ma mère s'est occupée gentiment de moi, mon père avait un petit sourire complice.Je venais d'entrer dans le monde des adultes, un monde dont les codes leur étaient connus et pour qui l'alcool n'avait rien de mystérieux.» Pierre B.est aujourd'hui un alcoolique adulte, baptisé à la bière et vacciné au whisky.Mais le fond de son verre vide est un rétroviseur dans lequel il voit venir des milliers de jeunes qui gambadent joyeusement dans les sentiers de l'alcool.Déjà en 1978 le ministère des Affaires sociales du Québec s'inquiétait des résultats de recherches effectuées tant au Québec que dans d'autres provinces cana-liennes et qui révélaient que l'ai- Gilles Gougeon cool est consommé à un âge de plus en plus précoce, que la fréquence de consommation augmente et que la quantité totale absorbée devient de plus en plus importante.«Il est indéniable, écrivait-on, que l'alcool demeure, de loin, la drogue la plus répandue auprès des étudiants des niveaux secondaire et collégial.» Une enquête révélait que 70 p.cent des jeunes de niveau secondaire de la région de Montréal «consomment occasionnellement ou régulièrement de l'alcool».Trois ans plus tard, en 1981, un rapport spécial de Santé et Bien-être Canada venait confirmer que cette tendance s'accentuait.«L'augmentation la plus marquée de la consommation se produit chez les jeunes de 13 à 19 ans, tant garçons que filles.» Autour de 18 et 19 ans.!es garçons se démarquent toutefois des filles par une consommation trois fois plus élevée chez les grands buveurs et buveuses.«Si le fait de prendre six consommations par semaine suffit pour classer un adolescent parmi les grands buveurs, un sur quatre est un grand buveur chez les garçons, et une sur dix est une grande buveuse chez les filles.» On boit de plus en plus jeune parce que l'alcool est facilement accessible, socialement accepté et que son prix moyen est moins élevé que celui des autres drogues.On boit pour faire comme les autres, pour tromper l'ennui et la solitude, pour oublier le chômage et l'absence d'idéal et, encore plus simplement, on boit «parce qu'on aime ça».C'est d'ailleurs ce qui inquiète bon nombre de spécialistes qui confirment que plus une personne commence à boire jeune, plus il y a de risques qu'elle devienne alcoolique rapidement.On estime qu'un jeune de 14 ou 15 ans qui consomme régulièrement de l'alcool peut ne mettre que six mois à devenir alcoolique.Chez les 16-20 ans.il ne faudra que deux ans.Chez les 20 à 23 ans ce sera l'affaire de cinq ans.Selon Claude Arsenault.directeur du service de traitement de l'alcoolisme au MAS du Québec, «l'alcool est rassurant pour les jeunes, ils se sentent en sécurité car plusieurs ont eu des expériences désagréables avec les drogues».Dans une entrevue accordée à la Presse Canadienne en septembre 1983, M.Arsenault ajoutait qu'il est difficile de soigner l'alcoolisme chez les adolescents parce que ceux-ci ont souvent peu de choses auxquelles se raccrocher.Une personne plus âgée est davantage motivée par la crainte de perdre son conjoint, son emploi, ses biens.Les jeunes n'ont souvent rien à perdre.Les vieillards Serait-ce parce qu'ils n'ont également rien à perdre que les personnes âgées se révèlent de plus en plus ouvertement alcooliques?C'est du moins la question qu'on se pose dans les milieux de traitement spécialisés où l'on a remarqué au cours des dernières années une augmentation inquiétante de la consommation d'alcool chez les 60 ans et plus.Par gêne ou par respect, on a longtemps fermé les yeux sur ce mal qui frappe le troisième âge.Pendant qu'aux États-Unis on se penche sur la question depuis plus de dix ans, les recherches au Québec sont plutôt embryonnaires.«Mais la découverte de notre ignorance et de notre impuissance, déclare un spécialiste du Centre Domrémy, nous force à creuser le problème avec célérité.» Selon Statistique Canada (1981), le groupe des personnes à la retraite et à leur pension compte 18 p.cent de «grands buveurs»; un «grand buveur» est une personne qui prend plus de deux consommations par jour.Mais les études se faisant rares, il faut manipuler ces chiffres avec prudence.Cependant, les recherches disponibles font état du fait que de deux à dix p.cent des personnes âgées souffriraient d'un problème d'alcool, le chiffre dix revenant le plus souvent, surtout lorsqu'il s'agit de personnes vivant dans un centre d'accueil.Mais comme près de 90 p.cent des personnes âgées au Canada ne vivent pas dans un centre d'accueil, le contrôle de l'alcoolisme est rendu plus difficile.On a toutefois remarqué que chez ceux et celles qui sont traités pour alcoolisme, les deux tiers abusent de l'alcool depuis longtemps et l'autre tiers en a découvert les joies et les peines après 50 ans.Chez ces derniers le virage vers l'alcool s'est produit par suite de difficultés d'adaptation à un nouveau mode de vie, consécutif, par exemple, à la mort du conjoint.La solitude, le sentiment d'inutilité et la pauvreté en sont également des causes importantes.L'ignorance des dessous de l'alcoolisme chez le troisième âge n'empêche pas les spécialistes de s'inquiéter ouvertement d'un problème particulier chez ces citoyens, celui du mélange alcool-médicaments.On sait avec certitude que les personnes âgées sont les plus grandes consommatrices de médicaments.Selon une enquête de Santé Canada menée en 1978-79, 72 p.cent des personnes de 65 ans et plus prennent des médicaments; 25 p.cent des femmes et 13 p.cent des hommes de ce groupe d'âge prennent au moins trois variétés de médicaments à la fois.Bref on n'hésite pas à parler de «surconsommation de médicaments».S'il faut y ajouter une bonne dose quotidienne d'alcool, cela peut entraîner une intoxication rapide et des conséquences graves comme la perte d'équilibre et toutes les blessures inhérentes.Ce tableau sombre n'est pas près de s'éclaircir si les conditions de vie des personnes âgées ne changent pas au cours des prochaines années.La population du Québec vieillit.À l'heure actuelle, les deux prochaines générations de personnes âgées sont formées des plus grands consommateurs d'alcool.Les femmes Après les jeunes et les personnes âgées c est chez les femmes, surtout les femmes jeunes et seules, que le problème de l'alcoolisme prend de l'ampleur.Là aussi, le manque d'information est flagrant.Cependant au printemps 83, un groupe de trojs chercheuses de l'Université de Montréal pu- Le mal discret du troisième âge: l'alcoolisme bliait les résultats d'une enquête sur les femmes et l'alcool.Selon Louise Nadeau, Céline Mercier et Lise Bourgeois, il n'y a que 5 p.cent des femmes qui font une surconsommation d'alcool au Québec.Même si chez les buveurs occasionnels le nombre de femmes est deux fois plus élevé que chez les hommes, ceux-ci s'empressent aisément de les rejoindre et de les dépasser en nombre dès l'instant où le volume de la consommation augmente.C'est toutefois lorsqu'on va vers les groupes les plus jeunes que s'amenuise la différence entre les pourcentages d'hommes et de femmes qui consomment.Les taux de grande consommation sont les plus élevés parmi les jeunes femmes de 20 à 29 ans, surtout si elles vivent seules.Selon l'enquête de Santé Cana- da, l'augmentation de la consommation chez les hommes aurait un peu plafonné alors que chez les femmes, cette augmentation est nettement plus accentuée.De toutes les provinces canadiennes c'est au Quebec que le taux des femmes qui boivent est le plus élevé (82 p.cent).Cette enquête confirme les résultats des chercheuses de l'U de M indiquant que les jeunes femmes (20 à 29 ans) représentent 60 p.cent de toutes les grandes buveuses au Québec.Déjà en 1978, le MAS du Québec s'inquiétait de la remontée des femmes dans l'échelle de la consommation.On soulignait dans un document de travail que «pour trois hommes aux prises avec des problèmes de consommation d'alcool, il y avait maintenant une femme qui se trouve dans une situation analogue, compa- rativement à un rapport d'environ un sur six il y a quelques années».Selon les chercheurs il n'est pas encore l'heure de sonner l'alarme mais cette identification du groupe des femmes de 20-29 ans permet d'amorcer dès maintenant un travail de soins et de prévention si on veut éviter l'amplification du problème.Selon Louise Nadeau, le nombre de nouveaux cas de femmes aux prises avec des problèmes de consommation excessive d'alcool devrait s'accroître puisque les groupes à risque représentent précisément des segments de la population féminine actuellement en expansion.La conséquence la plus inquiétante serait l'augmentation du nombre de naissances anormales.Quelques centaines de travaux à travers le monde rapportent des cas de syndrome alcooliquejoetal: 40 p.cent des enfants nés de mères alcooliques en seraient atteints, selon une publication de la Confédération des syndicats nationaux.Les symptômes de ce syndrome sont: poids et taille inférieurs à la normale; malformations aux yeux, au nez et à la bouche; tête plus petite; anomalies au coeur et aux articulations; déficience mentale souvent importante; hyperactivité et caractère irritable.De plus, les femmes alcooliques sont plus sujettes que d'autres à faire de fausses-couches de même qu'à mettre au monde des enfants avant terme ou mort-nés.Tout le monde boit Si la conscience collective ne semble pas baigner dans l'inquiétude face à ces trois groupes de la société, c'est que la situation est largement dédramatisée: tout le monde boit.Entre 1970 et 1978.on a noté une augmentation du tiers de la consommation nationale par habitant au Canada.Les Canadiens ont non seulement consommé plus d'alcool, mais ils ont consommé plus de boissons à plus forte teneur d'alcool.Au pays, 75 p.cent de la population active consomme de l'alcool.En 1978 on évaluait à 635 000 le nombre d'alcooliques au Canada, soit 4,3 p.cent de la population active.Depuis 1970 l'augmentation annuelle du nombre d'alcooliques est de 7 p.cent.Si l'on ajoute à ce nombre ceux et celles qui souffrent de handicaps tant physiques que psychologiques ou sociaux reliés à la consommation d'alcool, on est forcé d'admettre que 10 p.cent de la population active canadienne, soit 1,4 million d'adultes, a des problèmes reliés à la consommation d'alcool.Le Québec Selon le Rapport spécial de Statistique Canada, le Québec venait au neuvième rang des provinces et des deux territoires (Yukon et T.-N.-O.) pour la consommation per capita en 1978.(Septième rang si on ne compte que les provinces.) Pour la consommation de bière et du vin, les Québécois sont bons deuxièmes mais leur dixième place pour la consommation des spiritueux ramène la province à ce septième rang «toutes catégories».Selon un rapport interne du ministère de l'Industrie et du Commerce du Québec rendu public en novembre 83 par la Presse Canadienne, l'économie québécoise a encaissé en 1982 des pertes de 450 millions $ causées par les problèmes reliés directement à la surconsommation d'alcool.On a comptabilisé les dommages financiers imputables à l'abus Ç0 o 33 > > m g o > x (/> CO OD USA Francis Kohn WASHINGTON i v resse volant hantise Personne aux États-Unis ne songe sérieusement à interdire à nouveau la vente de l'alcool, mais 50 ans après l'abolition de la prohibition, un mouvement d'ampleur nationale s'est développé pour lutter contre l'hécatombe provoquée par la conduite en état dïvesse.Globalement, aucune progression dramatique de l'alcoolisme n'a été enregistrée en Amérique au cours des dix dernières années, et, selon l'Institut national de la santé, le nombre des alcooliques chroniques se maintient aux alentours des 10 millions.Cependant, diverses études récentes soulignent la gravité de ce problème chez les jeunes, dont 3 à 4 millions s'adonnent de façon régulière à la boisson, et le groupe d'âge compris entre 16 et 24 ans est responsable de près de la moitié des accidents mortels dus à l'ivresse au volant.Par pays, en tenant compte de la consommation d'alcool pur par habitant, les États-Unis ne viennent qu'au 20e rang, selon des statistiques établies en 1980, loin derrière le Luxembourg, la France, l'Espagne, l'Italie et l'Allemagne de l'Ouest.200000 morts Mais ces chiffres sont faussement rassurants, et les Américains doivent payer un lourd tribut à l'éthylisme tant en vies humaines qu'en dollars Accidents de la route, cirrhose du foie, homicides, suicices.etc.I abus de boisson est responsable chaque année de plus de 200000 morts.En outre, le coût de l'alcoolisme pour l'économie américaine est exorbitant et ne cesse d'augmenter.En 1977 (dernière statistique officielle), l'alcoolisme a coûté aux États-Unis plus de 49 milliards de dollars en perte de production, dépenses médicales ou frais d'assurances.Mais selon Barbara Hewitt, responsable des services de santé chargés de la lutte anti-alcoolique, ce chiffre est sans doute très loin de la vérité et il pourrait s'élever aujourd'hui à 120 milliards de dollars.«La conduite en état d'ivresse est une menace nationale, une tragédie nationale, et une honte nationale.» C'est par ces mots que le président Ronald Reagan présen- tait en novembre dernier un rapport sur l'alcoolisme au volant réalisé par une commission présidentielle qu'il avait nommée en avril 1982.Depuis quelques années, plusieurs mouvements à travers les États-Unis se sont lancés dans une véritable croisade pour que les conducteurs ivres soient sévèrement punis, et le groupe le plus actif est composé de mères de famille qui ont formé en 1980 l'association MADD (Mothers Against Drunk Drivers).Les punitions Leur campagne a déjà été couronnée de nombreux succès: en 1983, 40 États sur 48 ont renforcé les lois punissant la conduite en état d'ivresse, et dans 39 États, les récidivistes vont directement en prison.Quant aux autorités du New Jersey, elles viennent de passer une loi condamnant les automobilistes en état d'ébriété à verser à I État 3100 dollars en plus de l'amende normale (400 dollars maximum), et d'une suspension du permis de conduire allant jusqu'à six mois.Au moment des fêtes de fin d'année, le président Reagan s'est adressé par deux fois à ses concitoyens sur ce sujet en soulignant que ce «massacre» coûtait chaque année 25 milliards de dollars aux États-Unis et qu'en 10 ans, 250000 Américains avaient trouvé la mort dans des accidents de la route directement liés à l'alcoolisme.Une proportion particulièrement élevée de ces accidents a lieu pendant les week-ends et est le fait de jeunes conducteurs dont le passe-temps favori est de s'enni-vrer.Pour tenter d'enrayer ce phénomène, la commission présidentielle a notamment recommandé de porter à 21 ans l'âge légal pour pouvoir acheter des boissons alcoolisées.Baisse sensible Dans son rapport, cette commission a souligné que dans les États où avait été repoussé l'âge limite pour la consommation d'alcool, le nombre des accidents de la route avait connu une baisse sensible.Ainsi dans le Michigan, les accidents dus à l'abus de boisson ont diminué de 31 p.cent.Quand les moins de 21 ans se sont vus refuser le droit de se procurer légalement de l'alcool.Mais cette recommandation a immédiatement provoqué l'indignation de plusieurs personnalités politiques qui ont souligné qu'elle allait a rencontre de la constitution qui a porté le droit de vote et I âge de la majorité légale à 18 ans.Les médias et notamment les chaînes de télévision ont également diffusé sans relâche pendant les fêtes de fin d'année des messages pour décourager les automobiliste de prendre la route après avoir bu «un coup de trop».Cette campagne et les nombreux barrages de police établis dans la plupart des grandes villes américaines ont porté leurs fruits puisque pendant le week-end du jour de l'An, la conduite en état d'ivresse a provoqué la mort de 274 personnes, le bilan le plus bas depuis 1949.Une malade L'attitude des Américains à l'égard de l'alcool reste ambiguë.Le puritanisme en a fait un péché, mais l'alcool garde l'attrait du fruit défendu.Cependant depuis quelques années, l'alcoolisme est moins perçu par I opinion publique comme une tare morale que comme une maladie, susceptible d'être soignée.Ce changement est du en partie aux confessions publiques de célébrités, notamment du spectacle et de la politique, confessions qui vont toujours droit aux coeurs des Américains.Au cours des 10 dernières années, une pléthore de personnalités ont avoué, de leur plein gré ou après des révélations parues dans la presse, leurs problèmes liés à l'alcool, tels Billy Carter, le frère de l'ancien président Jimmy Carter, Joan Kennedy, le femme du sénateur Edward Kennedy, Betty Ford, la femme de l'ex-président Gerald Ford, l'acteur Jason Ro-bards, Wilbur Mills, autrefois I une des figures éminentes du Congrès, etc.Les westerns ont rendu populaire la soûlerie du samedi soir, et les Américains sont toujours enclins à pardonner l'ivresse, tant qu'elle ne met pas en danger la vie des autres.Un juge fédéral de lOhio vient d'en faire l'expérience en passant trois jours en prison après avoir subi un alcootest très nettement positif.de l'alcool tant au plan industriel que social comme, par exempte, le traitement des accidentés de la S route.A titre de comparaison, le 2?même type d'étude fut mené l'au-co tomne dernier par un comité du ce Congrès américain qui a évalué à ^120 milliards $ par année les per-o tes subies par l'économie améri-Z caine à cause de l'abus de l'al- 2 0001 5 Au Québec, l'undustrie privée < perd à elle seule 250 millions $ par .année au chapitre des accidents < de travail, de la baisse de la pro-ductivité et de l'absentéisme.De plus, quelque 250 000 travailleurs q et cadres québécois connaîtraient, 2 à divers degrés, des problèmes d'alcoolisme.Pour l'ensemble du D Canada c'est 700 000 travailleurs, cl parmi les neuf millions qui composent la masse ouvrière, qui vivraient des problèmes de boisson.Résultat: un manque à gagner de * 2 millions $ par jour.À l'heure actuelle, un nombre important de grosses compagnies ont mis sur pied des programmes d'aide aux employés victimes des ravages de l'alcool.General Motors (Sainte-Thérèse), Pratt & Whitney (Longueuil), Radio-Canada, les Postes, Téléglobe Canada, le groupe John Labatt, la Banque de Montréal, le Canadien National, Alcan, Hydro-Québec (Baie-James) et, ironie du sort, la Société des Alcools du Québec ont compris qu'il était de leur intérêt d'aider leurs employés et cadres à se sortir ou à éviter les pièges de l'alcool.Partout on réalise que la baisse de la productivité amène une baisse inquiétante du Produit national brut.Et c'est vrai pour tout le monde.Le 7 août 83 le défunt chef d'État Yuri Andropov, jetait I anathème sur l'alcoolisme des travailleurs et cadres soviétiques.II venait de constater que le taux de croissance de l'économie de son pays était passé de 8 p.cent en 1970 à 2,5 p.cent en 1982.Le lien de cause à effet était facile à faire: pendant la même période, la vente de boissons alcooliques avait fait un bond de 80 p.cent! Il n'y a pas que les patrons qui ont réagi.À l'hiver 83, la Confédération des syndicats nationaux (CSN), inquiète du taux élevé de consommation d'alcool chez les travailleurs québécois, finançait un programme de sensibilisation aux dangers de l'alcool.Ce programme comprenait une étude fouillée sur l'alcoolisme en milieu de travail.Selon la CSN, 65 p.cent des griefs liés à la consommation d'alcool sont perdus; sur 3000 conventions collectives, six seulement contiennent ou font allusion à un programme d'aide aux toxicomanes; au Québec, à toutes les 3 minutes 27 secondes se produit un accident de travail lié à l'alcool; ces accidents représentent 15 p.cent du total des accidents de travail.Cette intervention au niveau des travailleurs risque fort d'être comprise par les patrons puisque, selon Statistique Canada, les professionnels et les employés de direction sont les premiers consommateurs d'alcool et viennent au deuxième rang pour ce qui est d'être de grands buveurs (les plus grands buveurs de tous se retrouvent chez les retraités et pensionnés).Conscient de la situation, le Centre des dirigeants d'entreprises (CDE) mettait sur pied, l'automne dernier, un service de références téléphonique gratuit et confidentiel pour les cadres qui cherchent des solutions au problème de surconsommation d'alcool.Selon un relevé du CDE, près de 20 p.cent des employés d'entreprises sont aux prises avec ce problème, «du balayeur au président».Le 19 décembre dernier le ministre canadien de la Justice.Mark MacGuigan, annonçait que le gouvernement allait rendre plus sévères les lois et règlements touchant la conduite en état d'ébriété.Au Canada comme partout en Amérique du Nord, l'alcool est responsable, directement ou indirectement, de 50 p.cent des accidents de la route.Au cours des dix dernières années.35000 Canadiens ont perdu la vie dans des accidents où l'alcool était mêlé à l'essence.C'est comme si en dix ans.à cause de l'alcool, on avait fait disparaître tous les citoyens de Saint-Jérôme! Mais l'alcool ne tue pas que sur la route.On estime que le total des décès où l'alcool serait en cause était de plus de 18000 pour la seule année 1978.Bref, un Canadien sur 11 est décédé d'une affection causée soit directement (un sur 60) soit indirectement (un sur 10) par I alcool Chaque fois que Pierre B.rencontre dix personnes, il a la sensation étrange, dans neuf cas.de faire partie d'un monde à part. Albert Juneau VIENNE Europe tou rne bière es Européens boivent de plus en plus.Au cours de la dernière décennie, la [consommation annuelle d'alcool, par habitant, a augmenté de 47 p.cent dans les Pays-Bas.de 32 p.cent en Belgique, de 28 p.cent en Irlande, de 16 p.cent en Allemagne de l'Ouest et d'environ 20 p.cent dans les pays Scandinaves.La «pandémie alcoolique», comme disent les experts de la Communauté économique européenne, s'est abattue sur I Europe.La situation est-elle aussi tragique que Ion croit?C'est un fait que la consommation augmente sur I ensemble du continent, mais il faut noter aussi qu elle diminue dans les deux pays producteurs et consommateurs les plus importants, la France et l'Italie.La consommation recule en France depuis plus de 30 ans et en Italie depuis une dizaine d'années.En fait, il se produit un phénomène bien simple: les niveaux de consommation d'alcool en Europe tendent de plus en plus à se rapprocher Au début des années cinquante, la consommation était de 1.7 litre par habitant, par année, dans les Pays-Bas.3.9 en RFA.mais de 18 litres en France et de 9.9 en Italie En 1981.le niveau de consommation a atteint 9.4 litres dans les Pays-Bas.12.8 litres en RFA.contre 15.4 en France et 12.7 en Italie (ces chiffres indiquent la quantité d'alcool pur).La bière c'est pauvre Cette évolution est due largement à l'émergence d'un nouveau mode de consommation, et particulièrement aux gains de ia bière à travers tout le continent.Il y a 30 ans.la carte des boissons alcooliques était d une simplicité remarquable: a quelques nuances près, il y avait au sud les pays du vin: au centre ceux de la bière, et au nord ceux des spiritueux.Les taux de consommation d'alcool (en litre par habitant, par an) étaient res- pectivement de 7 à 18.4 à 7.1 à 4.Rien détonnant à ce que le niveau de consommation ait été élevé \u2014 et le soit encore \u2014 dans les pays du vin.où l alcool accompagne les repas et fait partie intégrante de la vie sociale.Il en est ainsi de la bière, bien que sa fonction nutritive soit moins importante.Le statut des spiritueux est nettement différent, car ils sont généralement consommés seuls, peut-être en raison de leurs taux élevés d'alcool.La consommation des spiritueux, particulièrement dans les pays Scandinaves, fut longtemps considérée comme un comportement déviant, ce qui a engendré une attitude de rejet à l'égard de tout alcool.On a noté d ailleurs, lors dune enquête faite en Finlande, que la consommation de spiritueux était fortement concentrée: 10 p.cent de tous les adultes masculins buvaient 53 p.cent de tout l'alcool consommé par les personnes de leur sexe.L'industrialisation rapide d'après guerre, la libération des moeurs et l'offensive commerciale des grandes brasseries européennes, entre autres causes, ont entraîné des changements majeurs.Les pays des spiritueux ont augmenté considérablement leur consommation de bière.Les pays de la bière en ont fait autant, tout en consommant aussi plus de vin.Quant aux pays de vin.ils sont restés fortement attachés à leurs habitudes séculaires.bier> qu'ils aient manifesté un nouveau penchant pour la bière.Bref.I Europe tend a tourner à la bière.Entre 1968 et 1980.la production de la bière en Europe a plus que double, alors que celle du vin n'a augmenté que de 50 p.cent.La part de la bière dans la consommation totale des boissons alcooliques tend a dominer dans la majorité des pays, sauf dans ceux du vm Ce phénomène n'est pas étonnant, quand on le situe dans le contexte international.Au cours des 20 dernières années, la production mondiale (officielle) de la bière s'est accrue de 124 p.cent et celle du vin de seulement 40 p.cent, alors que la population augmentait de 45 p.cent.Certains spécialistes s'attendaient à ce que la bière et le vin se substituent, au moins en partie, aux spiritueux.Rien de tel ne s'est produit.La croissance de la consommation d'alcool fut cumulative et extensive.La bière s'est ajoutée aux spiritueux, mais la consommation de ces derniers n'a pas pour autant diminué.Tout comme le vin s'est ajouté à la bière (exemples, les États-Unis et le Canada), sans nuire à celle-ci.En outre, les clientèles se sont élargies et comprennent de plus en plus de jeunes et de femmes.En somme, la consommation de boissons alcooliques tend à être banalisée et à prendre une place de plus en plus importante dans la vie sociale.La cirrhose du foie Pour les experts des problèmes liés à l'alcool, il n'y a pas de doute que la croissance de la consommation des boissons alcooliques se traduit par une plus grande propension à l'alcoolisme.Ils mettent en garde par ailleurs contre certaines simplifications.On ne peut déduire qu'il y a trois fois plus d'alcooliques en Italie qu'en Norvège, par exemple, parce que la consommation d'alcool y est trois fois plus élevée.On constate qu'en Italie, 80 p.cent du vin est consommé pendant les repas.Les pays du vin et de la bière sont les plus grands consommateurs d'alcool.Les risques d'alcoolisme y sont aussi plus élevés.Il n'y a pas une seule exception: le taux de décès dù a la cirrhose du foie est remarquablement élevé dans tous les pays qui dominent au palmarès de la consommation d'alcool.Le Portugal.l'Italie, la France, la RFA et l'Autriche se classent dans les premiers.Le taux de décès est plus que trois fois plus élevé en Italie qu'au Canada.On observe qu'il a tendance à augmenter, quoique légèrement, dans les pays où la consommation s'est accrue sensiblement au cours de la dernière décennie, comme en Suède, en Norvège, aux Pays-Bas, et en RFA.La relation est d'autant plus intéressante que la cirrhose du foie régresse régulièrement en France, en même temps que le niveau de consommation d'alcool.Par contre, en Italie où la consommation a aussi diminué, le taux de décès continue à progresser Autre constatation: la cirrhose du foie attaque deux à cinq fois plus les hommes que les femmes qui.comme on le sait, boivent moins.Bien que cette maladie ne touche que de 10 à 20 p.cent des alcooliques chroniques, elle illustre néanmoins les ravages que peut causer l'alcoolisme.Est-il vraiment surprenant alors d'observer que la cirrhose du foie progresse dans tous les pays de l'Est, sans exception?L'augmentation du taux de décès y est généralement plus rapide qu'en Europe de l'Ouest II n'y a qu'en Pologne où le rythme a ralenti en 1979.dernière année où les statistiques sont disponibles.La hausse est particulièrement spectaculaire en Hongrie où le taux est passé de 13,0 en 1971 à 23.1 en 1979.Les informations sur les pays de l'Est sont fort incomplètes.On sait néanmoins que la consommation est en progression partout et quelle se situe à des niveaux de plus en plus comparables à ceux observés à l'Ouest.En outre, la bière tend, à l'Est aussi, à s imposer mais moins nettement.Les pays du vin comme la Hongrie et la Roumanie se tournent davantage vers les spiritueux que vers la bière.Le cas de l'URSS attire toujours l'attention.Les Soviétiques ont la réputation de boire beaucoup, surtout les spiritueux.C'est un fait.On ne sait trop s'ils boivent autant que les Français qui détiennent le championnat mondial depuis des décennies, mais on n'ignore pas que la propension à boire chez les Soviétiques est très ancienne et qu'elle n'a pas commencé avec l'instauration du régime communiste.Les études entreprises sur ce sujet au Centre international d'économies comparées, de Vienne, révèlent que les Soviétiques boivent avant tout par habitude.Celle-ci se contracte très tôt.Entre 70 et 90 p.cent des jeunes de moins de 16 ans (tant les filles que les garçons) boivent de l'alcool.Le quart des alcooliques chroniques ont appris à boire avant l'âge de 16 ans.L'alcoolisme familial héréditaire semble donc très développé.Le phénomène le plus intéressant est toutefois la croissance rapide de la production de la bière et la stagnation relative de celle des spiritueux, notamment la vodka.Comme à l'Ouest, la bière fait sa place à côté des alcools forts et du vin.ce qui contribue vraisemblablement a la hausse du niveau général de consommation.Il n'est pas moins étonnant de constater que la production de la bière en URSS augmente à un rythme identique à celui observé à l'Ouest.Décidément, la bière a cette faculté de traverser tous les régimes politiques.Devant la croissance générale de l'alcoolisme sur le Vieux Continent, il n'y a qu'une façon, pour ceux que le phénomène inquiète, de garder un brin d'optimisme: se rappeler qu'au début du siècle, la consommation d'alcool était plus répandue que maintenant, sauf dans les pays Scandinaves.En France, en Italie, au Danemark, en Grande-Bretagne, on buvait plus il y a cent ans qu'aujourd'hui.?c pi o 3) m > r- c/> > m g o > U) (D 00 en « ordinaire, les élèves français boivent avant de partir à l'école un bol bien chaud, de café au lait, de thé ou de chocolat.Dans une ferme située aux confins de la Bretagne et de la Normandie, on est aussi convaincu de l'importance qu'il y a de ne jamais laisser les jeunes partir à l'école et affronter la rudesse du climat sans leur avoir procuré l'énergie nécessaire, mais on ne leur donne ni thé, ci café, ni lait chocolaté, on leur sert chaque jour un grand bol de cidre brut.Donc, les sept enfants (qui déjeunent à la ferme) boivent de l'alcool, quel que soit leur âge, de la fillette de six ans au garçon de treize ans.Si l'on sait qu'un bol représente un quart de litre, on est en droit de se demander dans quel état ils arrivent à l'école.» Des histoires comme celle-là, le livre-reportage du médecin français Patrick Braun, Quand les enfants boivent, en est littéralement rempli (éd.Mercure de France, 1983).De la «bonne et solide paysanne montagnarde» qui donne à son «beau gaillard rougeaud» de dix-huit mois «un biberon rempli de vin pur» aux mères du village d'Aubrée, près de la Loire, qui préparent chaque matin à leurs enfants «un flacon qu'on a soigneusement rempli d'eau-de-vie de cidre», l'équivalent du robuste «trou nourmand», les anecdotes ne manquent pas pour démontrer qu'en France, la teneur en alcool n'attend pas le nombre des années.Il ne faut y voir aucune volonté machiavélique de la part des parents, 25 p.cent d'entre eux croient simplement que l'alcool «donne de l'énergie», «protège du froid» ou, plus prosaïquement, «tue le ver» ! Dans beaucoup de familles, les enfants commencent dès l'âge de quatre, cinq ou six ans à boire, à table, du vin coupé d'eau.Peu à peu, leur verre contient de moins en moins d'eau, de plus en plus de vin.Dans les campagnes, cette pratique vient aussi de la méfiance longtemps entretenue et souvent avec raison envers les réseaux d'eau potable.Le piège omniprésent Quand on s'installe au comptoir d'un des 200 000 bistots français (un pour 270 habitants), quand on est adolescent et que chaque franc compte, on étudie attentivement la carte des consommations.Tout en bas de la liste de prix se trouve le café express très fort, et le verre de limonade, généralement trop sucré ou complètement 5 fadasse.¦ Un verre de lait, une boisson ga-C0 zeuse, un jus de fruit?Il y a mieux ce et moins cher.Dans tous les cas.le verre de vin rouge est la consommation la moins chère qu'on puisse trouver dans les bistrots, café et limonade exceptés.Tous les Français ne sont pas alcooliques, loin de là.Ils sont tout I de même les plus gros buveurs du ^ monde (voir encadré).Et les con-*u ditions propices à une rapide ac-coutumance à l'alcool sont telles g dans ce pays qu il faut une bonne 2 dose de volonté et de bon sens : pour ne pas tomber dans le piège.Volonté, bon sens et argent pour les lycéens, élèves des écoles secondaires qui passent leurs heures libres dans les bistrots de quartier. approchant la soixantaine, le sé-nateur Davey est le principal orga-ûc nisateur électoral des libéraux de-^ puis 1960.Dans une bonne mesu-Q re, au cours des dix dernières an-nées, c'est lui qui a dirigé le parti.5 Son pouvoir et son influence sont w donc considérables.«Davey a < beaucoup de disciples dans le co parti», selon le trésorier Gordon -j Dryden.qui lui-même à une certai-ne époque jouissait d'une influence ce notable.«Il est respecté, c'est z un vrai pro et il ne se trompe pas O souvent.Je ferais tout mon possi-.ble pour l'avoir de mon côté plutôt fO que contre moi \u2022 _j Mais il semble que ! influence du sénateur soit en baisse.Sa puissance dépendait en partie du fait qu'il était l'homme de confiance de Trudeau.Trudeau parti, quel poids lui reste-t-il ?Et il est identifié à la vieille garde, dont plusieurs dans le parti, particulièrement les jeunes, voudraient se débarrasser en même temps qu'ils se choisissent un nouveau chef.Au point qu'au congrès de 1982.il fut la cible d'une résolution, adoptée presque unanimement, qui condamnait «l'idée selon laquelle les élections et la vie du Parti tiennent aux sondages, à la propagande et au pa-tronnage orchestrés par une petite élite».En somme Davey.s'il reste Influent, est aussi impopulaire.Le candidat qui bénéficiera de son appui gagnera peut-être des votes, mais il risque également d'en perdre.De dire l'ancien président du parti Norman MacLeod, partisan avoué de John Turner, «il y a des gens qu'on ne voudrait pas avoir trop en vue dans notre camp, par exemple Keith Davey.Il représente le vieux régime que bien des gens veulent changer.Il se peut qu'aucun des candidats ne tente de l'avoir de son côté».Lalonde admiré Marc Lalonde aussi a des ennemis.Rus encore que Davey, son pouvoir, son influence lui sont venus de ses liens avec Trudeau.Pourtant, même après la démission de ce dernier, nombreux sont ceux qui croient que Lalonde reste l'une des personnes les plus influentes dans le parti.Certains pensent même qu'il aura davantage de poids que Davey dans la course au leadership.C'est que Lalonde ne s'est pas contenté de jouir du pouvoir que lui donnait Trudeau.Par son intelligence, son travail acharné, à la fois comme leader de l'aile québécoise du parti et comme ministre, il s'est attiré l'admiration de nombreux libéraux, et s'est forgé une influence apparemment indépendante de celle du premier ministre.Le respect des militants pour Lalonde s'est beaucoup accru depuis qu'il est aux Finances, d'où il a redonné au gouvernement une certaine crédibilité en matière économique.«Ce que fera Lalonde est crucial, au Québec comme dans les autres provinces», nous a confié une dirigeante libérale.«Les gens d'affaires dans le parti vont regarder Qui il va appuyer.» Enfin les jeunes en veulent moins à Lalonde qu'à Davey Se- lon le sénateur Pietro Rizutto, responsable d'amasser des fonds pour le parti, «contrairement à Davey, Lalonde a donné une chance au renouveau dans le parti, il a été ouvert envers les jeunes».Le ministre des Finances devrait donc, s'il fait campagne pour un candidat, influencer bien des gens.De plus, dirigeant le parti au Québec depuis plusieurs années, il pourrait donner un extraordinaire coup de pouce à son favori dans la mise sur pied de son organisation québécoise.Mais nous l'avons dit, le ministre des Finances n'a pas que des amis ou des admirateurs dans le parti.On ne mène pas une organisation d'une main de fer comme il l'a fait avec l'aile québécoise du parti sans faire des mécontents.On dit que plusieurs députés en veulent à Lalonde et n'attendaient que le départ de Trudeau pour se libérer de son emprise.Son influence dans la campagne au leadership en souffrira.Pas de king-makers Lalonde et Davey, aussi puissants soient-ils, ne choisiront pas seuls le successeur de Pierre Trudeau.Leur choix ne devrait même pas être déterminant.L'auteure du best-seller sur le Parti libéral, Les Rouges, Christina McCall-New-man, estime qu'en bout de ligne, ce sont les délégués qui décideront: «Le parti ne peut plus être contrôlé entièrement.» Jean Chrétien, candidat probable qui devrait avoir et Lalonde, et Davey contre lui, affirmait dans une entrevue à PLUS: «Il n'y a pas comme avant ce qu'on pourrait appellor des king-makers, des gens qui livrent des blocs de votes Les délégués ont pas mal leur autonomie.» Un autre candidat possible, le ministre de l'Emploi John Roberts, nous faisait remarquer qu «en 68, Davey a appuyé Paul Hellyer et ça ne la pas aidé tellement».Autres influences Un candidat ne peut donc pas se contenter de l'appui de Lalonde ou de Davey.Notons d'abord qu'ils pourraient fort bien se retrouver dans des camps adverses.Si c'est le cas, leurs influences s élimineraient.Mais il faut surtout souligner qu'il y a des dizaines et des dizaines d'autres personnes influentes dans le parti, qu'il s'agisse d'organisateurs, comme André Ouellet au Québec, ou Jim Courts, l'ancien secrétaire de Trudeau, ou de personnes représentant des intérêts particuliers, tels Lloyd Axworthy, seul ministre libéral élu dans l'Ouest, Monique Begin, très populaire chez les femmes et dans la gauche du parti.Paul Martin jr., homme d'affaires montréalais.Certains d'entre eux seront sans doute candidats, mais qu'ils le soient ou non, ils auront un mot à dire dans le choix du prochain leader libéral.Les aspirants à la succession voudront aussi avoir de leur côté les dirigeants élus du parti, aux niveaux national et provincial, quoique plusieurs d'entre eux se sentiront obligés de rester neutres.Nombreux sont ceux qui nous ont parlé de la grande influence qu'aurait eu ta présidente iona Campa-gnolo si elle s'était présentée ou si elle n'avait pas décidé de se placer au-dessus de la mêlée en prenant en charge l'organisation du congrès.La base Mais même l'appui de nombreuses personnalités du parti ne suffit pas.«Si tu pars avec le principe que parce que tu as Pierre, Jean, Jacques de ton bord, t'es élu, ça peut jouer des tours considérables», affirme M.Chrétien.Pour influencer l'élection des délégués, puis le vote des délégués au congrès, chaque candidat devra s'assurer d'appuis stratégiques à la base, au niveau des comtés (député, président de l'association de comté, etc.), où seront élus 2 000 des 3 500 délégués.D'ailleurs, au moins chez les députés, la campagne était officieusement commencée avant même la démission de M.Trudeau.On sait par exemple que le «ptit gars de Shawinigan» a fait son sondage au sein du caucus pour voir combien de députés seraient de son côté.Cela ne veut pas dire que l'appui d'un député vous garantit le vote des délégués de son comté.«Les députés ne peuvent pas livrer leurs aélégués», affirme John Roberts.L'organisation du candidat ne recherche donc pas seulement l'appui du député, elle va plus en profondeur, est sensible aux particularités locales.«Dans des com- tés, explique M.Chrétien, tu vas essayer d'avoir le député, mais dans d'autres, ça peut être la secrétaire du député qui est la meilleure.» Évidemment, Lalonde, Davey.les personnalités du parti, aideront leur favori à se bâtir la machine électorale qu'il lui faut.Mais encore une fois, si influents soient les gros canons, le candidat ne doit pas croire qu'ils lui livreront automatiquement les blocs de votes nécessaires.Il lui faudra établir des contacts personnels partout, il lui faudra la personnalité et le programme (cet élément est parfois facultatif!) capables de convaincre les délégués, car en bout de ligne, ce sont eux qui votent.Les dollars Pour leur campagne, les candidats devront mettre sur pied une gigantesque organisation, voyager, faire de la publicité, distribuer les faveurs.Tout cela coûte de l'argent, au minimum 500 000$, et plus probablement proche du million f Cet argent viendra en grande partie du milieu des affaires.On sait que Turner aura plus d'argent qu'il n'en faut, mais on s'interroge sur les ressources financières de Chrétien et davantage sur celles des autres candidats potentiels.Les billets verts (et ceux qui les possèdent) éliront-ils le nouveau chef libéral?«Les candidats ont besoin d'argent, mais on ne pourrait pas acheter le congrès, estime Christina McCafl-Newman.Le sénateur Rizutto affirme qu'«aujourd'hui, ça ne se passe plus comme avant, c'est pas l'argent qui va faire élire un candidat.La personnalité, la capacité, un programme électoral d'abord, l'argent ensuite».«Vous avez besoin d'assez d'argent pour faire une bonne campagne, mais l'argent ne compense pas pour une mauvaise campagne ou un mauvais candidat», renchérit l'ancien président Norman MacLeod.En somme, les gens d'affaires, par leurs dollars, détermineront quels coureurs seront dans le peloton de tête.Ceux qui ont moins que le minimum vital seront vite éliminés.Mais ceux qui ont plus que ce minimum auront tous des chances de l'emporter.Ce ne sera pas toujours celui qui a le plus d'argent qui gagnera le sprint final.Et nombreux sont ceux qui nous ont fait remarquer qu'un candidat qui dépense trop peut se faire du tort.Exemple: Brian Mulroney en 1976.La recette La recette du leadership libéral n'est pas simple.L'argent est essentiel, mais ne suffit pas.L'appui des personnalités et des organisateurs du parti est très important, mais il faut plus que cela.Les candidats voudront avoir de leur côté le plus de députés possible, mais ceux-ci ne livreront pas nécessairement les délégués de leur comté.Influencés, manipulés, les délégués conserveront au moins une parcelle d'indépendance qui obligera chaque candidat à avoir, en plus d'une bonne organisation, la personnalité et / ou les idées qui les convaincront.Les convaincront que LUI pourra battre Brian Mulroney aux prochaines élections.? DANIEL LATOUCHE omment se fait-il qu'au lendemain de chaque remaniement ministériel nous avons tous la conviction qu'une fois de plus la montagne a accouché d une souris et que nous aurions pu faire mieux, teîîement mieux.Il suffisait de mettre un tel à la porte, de fusionner ces deux ministères, d'en abolir deux autres, de confier les Finances à Madame pour bien montrer qu'elle fait du bon travail, de donner un p'tit ministère à Monsieur car visiblement il est débordé, et d'en profiter pour nommer trois ou quatre nouvelles figures.C'est pourtant simple! Alors pourquoi le premier ministre s'acnarne-t-il a faire le contraire?L'explication la plus courante, et que laisse habilement courir M.Lévesque, c'est que de telles opérations lui sont particulièrement pénibles et qu'il déteste souverainement (sic) jouer ainsi avec la vie des individus.Bref, il est trop humain.Ses détracteurs utilisent la même explication, mais à l'envers: René Lévesque ne serait pas un homme de décision.Il est incapable de prendre des responsabilités administratives, préférant jouer au tribun et attendre que les choses s'arrangent d'elles-mêmes.Ce qu'elles se font un point d'honneur de ne jamais faire.La vie dure Ces méga-explications ont la vie dure et elles ne sont pas toutes également fausses.Mais elles passent à côté de l'essentiel: dans notre régime parlementaire, un remaniement ministériel est une opération politique impossible à réussir avec succès.Voyons pourquoi.D'abord une raison tellement évidente qu'elle a fini par passer inaperçue: tout remaniement est le signe d'un échec.De deux choses l'une: ou bien le premier ministre est convaincu qu'il n'y a pas lieu de modifier la composition de son équipe, mais qu'il doit peut-être le faire pour donner l'impression d'un nouveau départ et pour satisfaire son parti.Si tel est le cas, le changement qu il opérera lui donnera nécessairement une moins bonne équipe.Il se résigne, mais le coeur n'y est pas, ce qui ne facilite pas la démarche.Après quelques années de pouvoir, un phénomène nouveau apparaît et qu'on retrouve dans toutes les organisations, mais qui n'a rien à voir avec le cliché habituel sur l'usure du pouvoir.Avec le temps, la compétence administrative des leaders s'améliore et on découvre des façons plus efficaces de faire les choses.L'improvisation disparaît (ce qui ne veut pas dire que la qualité des décisions augmente nécessairement).Diriger un gouvernement, c'est un peu comme élever des enfants: par le temps où vous êtes devenu compétent à le faire, on ne vous demande plus votre avis.La dimension purement administrative des questions prend donc une place plus importante.Tout à coup le premier ministre se retrouve fasciné par la qualité des gestionnaires qui l'entoure.Il finit par y accorder plus d'importance qu'aux dimensions essentiellement politiques.C'est ce qui arrive actuellement à M.Lévesque.Difficile à le croire dans son cas?Peu importe On n'échappe pas à la logique des organisations.Plus il attend longtemps pour faire des changements que des raisons administratives ne dictent pas, plus la pression extérieure s'amplifie, plus les attentes grimpent et plus il lui sera difficile de les satisfaire.Il risque alors de se retrouver avec un remaniement dont il n'a pas vraiment besoin, qui ne satisfera personne et qui affaiblira son équipe.Il lui faudra donc tout recommencer dans six mois pour satisfaire la même logique tordue.Ou alors l'équipe gouvernementale a véritablement besoin de changements en profondeur: conflits de personnalités, luttes idéologiques, incompétence administrative, fatigue intellectuelle et physique, gaffes politiques.Mais alors remanier son équipe, c'est avouer qu'on avait choisi les mauvaises personnes au départ et que les actions gouvernementales des mois précédents ne valent guère mieux que le papier sur lequel elles ont été rédigées.Il faudra tout revoir, tout recommencer puisque chaque nouveau ministre voudra y mettre du sien.Et ce n'est pas tout.Plus un remaniement est nécessaire, plus il est difficile à réaliser car les ministres qu'il faudrait déplacer s'accrocheront à leur poste avec la dernière énergie.Ils savent très bien qu'ils n'ont rien à gagner à se montrer bon joueur en retournant sur les banquettes d arrière-plan.C'est ce que les ex-ministres Denis Vaugeois et Denis de Belleval ont réalisé sur le tard.Si vous acceptez de partir sans histoire, alors vous confirmez que vous êtes un mou et peu convaincu de votre importance.Inévitablement, la fois suivante le premier ministre n'ira pas vous chercher puisque vous lui avez déjà donne toutes les raisons pour ne pas le faire.Il choisira d'utiliser la marge de manoeuvre que vous lui avez laissée pour s'occuper des ministres qui lui causent des problèmes.On appelle cela un cercle vicieux.La politique en est remplie.À cela s'ajoute le fait qu'un remaniement ministériel alourdit singulièrement un processus décisionnel qui, d'avance, n'est pas très rapide et qui de plus fonctionnait au ralenti a cause de l'incompétence, appréhendée ou réelle, des ministres en question.En effet on oublie qu'en régime parlementaire les ministres jouissent du même degré de légitimité populaire que le premier ministre.Le premier ministre a certes le pouvoir de les nommer et de les destituer, mais il ne peut faire leur travail à leur place.Impossible, par exemple, de prendre le téléphone et de dire à un ministre de laisser tomber son projet de loi ou de lui dicter des amendements.S'il le fait avec un, il devra le faire avec tous et alors la vie deviendra rapidement insupportable.Contrairement à une mythologie bien ancrée le Bureau du premier ministre n'a que peu d'influence sur le comportement des ministres.Peut-on croire un instant que le ministre des Finances va se laisser dicter son comportement par le conseiller économique du premier ministre même si ce dernier affirme parier avec l'appui du premier ministre?Inévitablement sa réponse sera: «Si le premier ministre a quelque chose à me dire qu'il me le dise directement.» Toute ressemblance avec des personnages et des situations réelles n'est que pure coïncidence!) Collégialité Le système est organisé autour du principe d'un fonctionnement collégial.Il ne se prend pas de vote au Conseil des ministres.On fonctionne par consensus.Cela exige des ministres qu'ils consacrent une bonne partie de leurs énergies à obtenir des appuis pour leur projet de loi.Il n'y a qu'une façon de le faire: contracter des alliances formelles ou informelles, s'échanger des appuis réciproques, tenter de rompre la coalition de ceux qui s'opposent à votre projet.Tout cela repose sur un équilibre fragile.Lorsque survient un remaniement, il faut tout recommencer et attendre plusieurs semaines avant que de nouvelles alliances se contractent et qu'assez de faveurs se soient échangées pour que des consensus puissent émerger.Mais comme les médias et le public s'attendent à des résultats immé- diats, une certaine déception est inévitable.On entend alors se faufiler entre les lignes les premières demandes pour la deuxième phase du remaniement.Reste les démissions brutales de certains ministres, comme celle de Jacques-Yvan Morin.De tels gestes d'éclat font certes la joie des analystes et s'il est vrai qu'un premier ministre fera tout en son pouvoir pour conserver un ministre, il est des limites qu'il ne peut franchir.Ainsi il est admis qu'un ministre «exige» avec force de ne pas être muté ou de se voir confier un ministère particulier.Tout dépend de sa compétence et de son poids politique.C'est de bonne guerre de cogner sur la table et d'exiger des compensations.Ce qui est tout à fait inacceptable cependant, c'est de tenter de dicter au premier ministre sa conduite à l'égard d'un autre ministre.Ce fut la grande erreur de M.Morin.Disposant de peu d'appuis au Conseil des ministres (mais de beaucoup de respect et d'estime, ce qui n'est pas la même chose), peut-être à cause de la nature même de son ministère qui ne gère rien de concret, il aurait insisté auprès du premier ministre pour que les Affaires intergouvernementales ne soient en aucun cas confiées à Bernard Landry.À n'importe qui, mais paa lui.Ce fut probablement la goutte d'eau qui a convaincu Lévesque de le laisser aller.Le plus navrant dans tout cela, c'est que Morin n'avait probablement pas d'autre choix que d'agir ainsi.On a beaucoup fait mention de son orgueil blessé.Encore une fois, là n'est pas l'essentiel.Le simple fait qu'il ait été ainsi acculé à démissionner prouve qu'il avait perdu une bonne part de sa marge de manoeuvre et qu'il s'était laissé acculer au mur.De voir ainsi un ministre pris à son propre piège n'a fait que renforcer la détermination du premier ministre.D'autre part, en acceptant un autre poste, le couteau sous la gorge, Morin aurait confirmé à la face de tous sa position de faiblesse et il lui aurait été difficile de fonctionner efficacement dans ses nouvelles responsabilités.Non, rien ne ressemble plus à la «vraie» vie que la vie politique.?0) o J3 m > r~ > m D o > 3) (/> (O 2 \u2022 » \u2022 \u2022\u2022 \u2022 LA PORNOGRAPHIE ENFANTINE AUX PAYS-BAS Alice horreurs pays des  Pierre A.Gariépy S CO ce < o 5 LU < CO UJ s O co Il était une fois, d'étranges contes d'enfants pour adultes seulement.18 ans ou plus, au moins! Ces histoires avaient des drôles de titres: LOLITA, BABY DOLLS, WONDER BOY, SCHOOL CHILDREN, SCHOOL ACTION, PICCOLO.De beaux enfants en étaient les héros et pourtant, ces contes n'étaient pas de ceux qu'on leur lit, le soir avant qu'ils s'endorment.Ce n'était, d'ailleurs, pas à eux non plus qu'étaient destinés des petits films comme DADDY LOVES HIS LITTLE GIRL et ces sombres petites cabines où, pour quelques sous, on pouvait visionner ceux-ci.Rien à voir avec les contes de fées.Voyez plutôt: «Une fillette d'à peine 6 ans semble dormir sur un canapé.Un homme, la trentaine avancée, s'approche et s'assoit près d'elle.Il enlace l'enfant qui se laisse faire sans réagir, le regard vide.Il la caresse, la force à I embrasser, longuement.Zoom-in sur la main masculine, absurdement démesurée, qui se glisse maladroitement sous la jupe de la petite pour lui arracher sa culotte.» La projection s'arrête net! Il faut insérer une autre pièce de 1 Florin pour voir la suite de ce spectacle sordide.Quelques terribles minutes encore, minutes au cours desquelles PAPA AIME SA FILLETTE jusqu'au bout, sans rien nous épargner des variations les plus inattendues de l'amour (?) physique.Amour-viol d'enfant.Insoutenable.Visiblement effrayée, la fillette ne semble rien comprendre de l'obscène manège auquel on la force à se livrer, en couleurs et dans un silence de mort.THE END.Dehors, il pleut sur les célèbres canaux.Dehors, c'est Amsterdam, celle des cartes postales.Et ici, maintenant, c'est de pornographie enfantine dont il sera question! Amsterdam, capitale mondiale Depuis 1978, alors que la «Protection of children against sexual exploitation Act» mettait un frein au commerce florissant de la « kiddie porn» aux États-Unis, et suite aux efforts des législateurs européens (même au Danemark, tout récemment) en ce sens, la Hollande est aujourd'hui le seul pays où, bien qu officiellement illégal, le marché de la pornographie enfantine soit ouvertement toléré.Si bien que.au même titre que Manille \u2014 capitale mondiale de la prostitution enfantine telle que reconnue par les pédophiles, ces derniers parlent maintenant de la douce Amsterdam comme de la capitale mondiale de la pornographie enfantine.Il est vrai qu'ailleurs, il est désormais difficile voire quasi impossible pour les «amateurs» de se procurer leur «littérature» favorite, alors que dans tous les Sex Shops et Peep Shows hollandais, ils peuvent à loisir feuilleter, visionner et acheter une profusion de revues et de films illustrant en détails leurs plus secrets phantasmes.Et ce, à des prix défiant toute concurrence: 1 FI.(0,40$) la minute en cabine de projection, 10 à 20FI.pour les magazines, entre 50 et 200FI.pour les films et les vidéo-cassettes.Pour cela, on a droit, en plus des «vedettes» plutôt particulières mises en scène et des ébats tout aussi particuliers auxquels ils sont soumis, aux bas-fonds de l'amateurisme obscène.La qualité de production de ce matériel étant inversement proportionnelle à l'importance du danger qu'on court à le produire, tout autre type de pornographie ressemble, en comparaison, à une super production hollywoodienne.Ce qui n'est pas peu dire! En effet, le « chicken stuff » est tout ce qu'il y a de plus artisanal, réalisé à la sauvette, dans l'intimité d'une chambre anonyme, presque en famille, serait-on tenté d'ajouter.Rien d'autre qu'une succession de clichés flous, d'images tremblottantes, de scénarios et de décors réduits au plus triste néant.Vite fait, mal fait! Et toujours, comme un hallucinant leitmotiv, l'angoisse, le désespoir, la honte et l'incompréhension des jeunes acteurs fixant la caméra et suivant les directives imposées.Désespérant.Ils ont 10 ans.ces petits «modèles», parfois à peine 12 ans.jamais plus de 16! Pour bien s'y retrouver, le pédophile les appelle Bamb/nasquand elles ont de 0 à 7 ans.Nymphettes entre 8 et 12.Muppets dè V3Ljà -15 et Lolitas, pour désigner les ^«vieilles» de 15 à 18 ans.Les garçons, eux sont des Kids entre 6 et 10 ans.School Boys 6e 10 à 13 et Loverboys de 13 ans en montant.Fillettes ou garçonnets, ils ont la beauté de leur âge et sont, de plus en plus couramment, de type nordique, ou asiatique \u2014 le Tiers monde continue évidemment d'être un fournisseur important de stars-en-herbe.En pleine action, on nous les montre seuls, entre filles, entre garçons, tous ensemble et, très souvent, en compagnie d'adultes prenant soin généralement de voiler leur identité tout en dévoilant leur anatomie.Tout y passe! Imaginez le pire, en noir et blanc, en couleurs et en gros-plans \u2014 la triste réalité dépasse la fiction.«Werkgrupp Pedofilie» Mais soyons juste.En Hollande, l'existence du commerce de la pornographie enfantine, loin d'être synonyme d'une société malade, est plutôt le reflet de l'immense tolérance de la population face à autrui.Là-bas, plus que partout ailleurs sans doute, le citoyen a la liberté d'être et de faire, le libre choix de ses convictions.Et qui dit liberté, dit abus.À Amsterdam, on ne s'étonne plus de grand-chose, on laisse faire.Alors, !es tenanciers de Sex Shops répètent tous que la seule raison d'être de leurs établissements demeure le Touriste, pédophile ou simple «curieux», attiré là par la liberté des moeurs hollandaises et avide de nouveautés.Après tout, comme le dit si bien Peter Voorspuy, «nous autres, en Hollande, nous sommes tellement habitués à ça que c'est devenu sans intérêt pour nous.» Peter Voorspuy est l'un des responsables de la N.V.S.H.(Nieder-landische Vereinigung Fur Sexual-reform), organisme unique au monde oeuvrant à défendre les droits des minorités sexuelles (travestis, transsexuels, bisexuels.et pédophiles).Fondée il y a 100 ans par un Britannique disciple du «Family planning», l'Association néerlandaise pour la réforme sexuelle a son siège social à La Haye et des filiales à travers les Pays-Bas.À la fois lieu de rencontre, Coffee Shop, librairie et centre d'aide psychologique et juridique, la NVSH / Amsterdam stimule et appuie les minorités sexuelles, affichant partout ses positions, dans les journaux, à la télé et au cours de séminaires ouverts au public.Plutôt ignorée par le Hollandais moyen et sans aide gouvernementale, la société aide ses membres à assumer leurs «différences» et tente de sensibiliser l'opinion publique face à ces problèmes.Forte d'une adhésion de 200 000 membres à la fin des années soixante, la NVSH n'en compte plus que 20 000.L'évolution rapide des moeurs, au cours des 15 dernières années, a rendu désuets les services de I association pour la plupart.Il n'en est cependant pas de même pour la pédophilie, le tabou BELGIQUE Scandale e mémoire de sportif, on n'avait jamais vu ça! Depuis quelques semaines, le monde du soccer belge est secoué par un énorme scandale.Interpellations, inculpations, perquisitions, arrestations, chaque jour amène son lot de nouvelles et un éclairage de plus en plus vif sur un monde que l'on croyait sain mais qui semble bel et bien pourri.Le soccer en Europe, c'est un peu.question popularité, le hockey au Canada.Des millions de supporters se passionnent pour révolution de leur club, son classement, la forme physique des joueurs.Et surtout, on voulait croire que le milieu du soccer était préservé de la corruption qui règne dans d'autres milieux sportifs tel celui de la boxe.C'était compter sans les incroyables révélations qui remplissent les journaux depuis un peu moins de trois semaines.Recyclage Au départ, une simple instruction judiciaire contre Jef Jjrion, un joueur belge de classe internationale qui, après son heure de gloire, se recycle dans les affaires.Il était accusé de fraude fiscale.Jurion, c'est une légende vivante: dans les années 60.il fut capitaine de l'équipe bruxelloise d'An-deiiecht, qui est une des «grandes» équipes européennes.Il fut également sélectionné \u2014 pas moins de 64 fois! \u2014 dans l'équipe de la Belgique.Une véritable «star du stade»! Mais le voici donc arrêté 'début' février On lui reproche alors des fraudes portant sur plusieurs dizaines ue millions de francs belges.C'est une «petite phrase» prononcée à ce moment par Jurion qui mettra le feu aux poudres: «Je ne serai pas le seul à payer l'addition.D'autres vont tomber avec moi.» Les «autres» On le presse de questions, on lui demande qui sont ces «autres», et très vite, un deuxième larron le rejoint en prison.Un ami de toujours: Eddy Wautern.Lui aussi est un ex-joueur de soccer reconverti dans les affaires.Mats dans les affaires de haut niveau: il est administrateur délégué du quatrième groupe bancaire du pays le Kredetbank.Un énorme trust qui brasse des centaines de milliards de chiffre d'affaires.La justice voudrait bien le voir s'expliquer sur le chemin qu'ont pris certaines sommes importantes qui, selon toute vraisemblance, ont servi à financer les caisses noires du club dont Wautern est président: Antwerps d'Anvers.Jusque-là.rien de très particulier.On a été habitué, malheureusement, en France ou en Italie, à l'existence de telles «caisses noires» dont la finalité est le plus souvent de permettre de verser aux sexuel le plus coriace de notre époque pourtant permissive.Alors, à la NVSH, on a décidé de s'en occuper très activement par l'entremise du Werkgrupp Pedofilie, un groupe de travail de pédophiles bien décidés à vivre leurs penchants et à défendre le droit de l'enfant au plaisir sexuel.Solidement appuyés, bien sûr, par l'ensemble de l'association, ces membres sont loin d'être acceptés par tout le monde.Face à cette situation, comme l'explique Voorspuy, «la NVSH essaie de parier aux gens pour leur faire comprendre qu'un pédophile n'est pas un criminel, mais plutôt quelqu'un qui aime très fort un enfant, sans lui vouloir de mal.» Puis, enchaînant sur la pornographie: «Ça frustre les gens! la pornographie se concentre sur une seule chose alors que c'est beaucoup plus que ça.Nous sommes pour la liberté; il y a de la bonne et de la très mauvaise pornographie.Alors on essaie de lutter contre la mauvaise et de la changer.Vous savez, nous avons d'excellents livres \u2014 certains appellent ça de la pornographie et d'autres, de la littérature erotique.» Oui, mais, quand elle exploite des enfants, n'est-ce pas alors nécessairement de la très mauvaise pornographie?Voorspuy répond: «99 p.cent de la pornographie enfantine vendue dans les Sex Shops est mauvaise! Cette pornographie est produite en Hollande, évidemment, mais aussi en Suède, au stade joueurs des primes sous forme de «dessous de table» qui échappent à l'administration fiscale.Une façon comme une autre de «motiver» des sportifs professionnels.Un coriace Mais soudain à la fin février l'affaire atteint sa véritable dimension.Il faut dire que le juge d'instruction à qui elle a été confiée est un coriace.Guido Bellemans, 44 ans depuis le 5 mars, n'est pas tout à fait un juge comme les autres.«Il en veut», confie l'un de ses collègues.«Et quand il travaille sur un dossier, poursuit-il, il va jusqu'au boui.Rien ni personne ne peuvent l'arrêter.» À telle enseigne qu'au ministère de la Justice on n'a guère résisté à l'affubler d'un surnom qui lui colle comme un gant: Bellemans.dans l'imagerie du judiciaire, est devenu le «shérif».Tout un programme.Mais dans l'affaire du soccer, il sera à la hauteur de sa réputation.Il sera, surtout, «l'homme par qui le scandale arrive».Sans complexe.C'est le premier mars au matin que l'on apprend l'incroyable nouvelle: lors du championnat 31-82 en Belgique, l'un des clubs les plus cotés sur la place, le Standard de Liège, a purement et simplement «acheté» le résultat d'un match! A force de fouiner et de creuser, le «shérif» a soulevé un lièvre de taille! Apparemment, ce sont toujours les «révélations» de Jurion qui ont amené le juge à se pencher sur la comptabilité du club incriminé, club prestigieux s'il en est.Un matin blanc, à la veille d'un match qui doit opposer l'équipe de Belgique à l'équipe d'Allemagne, à Bruxelles, la gendarmerie fait irruption sur le stade d'entraînement et «cogne» de manière très spectaculaire Eric Gerets.Gerets.c'est le gratin de la profession.Il a joué plus de 300 matches dont 40 aux coupes d'Europe et a été sélectionné 50 fois dans l'équipe nationale de Belgique.Récemment il fut vendu \u2014 c'est courant et cela se nomme un «transfert» \u2014 à un club italien: l'AC de Milan.Pour plusieurs dizaines de millions.Somme sur laquelle il touche un pourcentage des plus confortables.Interrogatoire Mais il revient de temps à autre pour jouer dans l'équipe nationale belge, comme les règlements européens de la fédération de football l'y autorisent.L'homme qui sortira des locaux de la gendarmerie ne sera plus une vedette irréprochable qui fait rêver ses supporters et les joueurs des équipes «juniors» qui espèrent tous lui ressembler un jour.En près de 16 heures d'interrogatoire, le vernis va craquer.Et ce qu'on pourra voir derrière ne sera pas précisément joli joli.Donc, Gerets avoue, le 2 mars à 4 heures du matin, à peu près en au Danemark, aux Etats-Unis, partout.Bien que ça arrive, il n'est pas courant que les parents utilisent leurs propres enfants à ces fins.Nous nous élevons contre cette situation parce qu'alors, c'est vraiment de l'exploitation et c'est mal.Admettons-le.la plupart du temps, les enfants sont forcés à se soumettre.La pornographie est alors très froide, sans chaleur, sans tendresse.(Cependant) quand c'est spontané, alors c'est O.K.L'important est que l'enfant le désire par lui-même.Il le fait parce qu'il le veut bien.» Est-ce léaal?«Bien, il y en a partout ici! A part les mouvements féministes, personne ne lutte contre.» Personne?Et la police, dans tout cela?Au quartier général de la Force municipale de police d'Amsterdam, l'officier d'informations Klaas Wilting (information officer Press and Publicity department), me reçoit un instant, submergé qu'il est par l'enlèvement d'Heine-ken.le magnat de la bière retrouvé depuis.Juste le temps de me confier: «Officiellement, c'est illégal, mais on ne fait rien.presque rien».Quelques mots qui résument tout.Un bref historique Au même moment, Paris célé- Claude Moniquet ces termes: «C'était le dernier match du Championnat de Belgique 81-82.À l'époque, je jouais encore au Standard.C'était avant mon transfert à Milan.Nous étions en rivalité avec l'Anderlecht de Bruxelles.Mais ce match, nous devions, nous voulions le gagner.Nous voulions terminer le Championnat en première place.Pour notre dernier match de la saison, nous devions nous affronter au Waterschei.C'est un bon club, mais normalement nous avions toutes nos chances.Mais voilà, nous avons eu peur, et nous avons préféré «acheter» le résultat.Alors sur le conseil de notre entraîneur, nous avons tous renoncé à notre prime en cas de victoire.J'ai été trouvé le président du club et il m'a remis une somme équivalant au total des primes.Je l'ai apportée à un joueur du Waterschei pour qui! la répartisse entre les camarades qui ont accepté de se laisser battre.Et le soir nous avons gagné par trois buts à un.Nous avons terminé le Championnat en première place comme nous le souhaitions avec 40 points et 19 victoires sur la saison 81-82.» Et voilà.C'est aussi simple, et aussi triste que ça.Mais ce qui frappe dans toute cette affaire c'est son côté dérisoire.Voici un Eric Gerets.un joueur jeune et ambitieux qui gagne des millions par an et touche des pourcentages élevés sur ses transferts, un homme qui a ia chance de pouvoir réa- brait l'exposition Balthus et «Alice au pays des merveilles» de Lewis Carroll au Centre Pompidou, le dernier «David Hamilton* venait de sortir sur les écrans \u2014 les nymphettes «artistiques» sont à la mode! Alors, voyons depuis quand, en un survol sommaire, sans^çhercher à distinguer pornographie «cheap» et érotisme chic.Certains diront depuis Jupiter lui-même, le roi des dieux, et son amour pour le jeune Ganymède tant chantée par la Grèce Antique.Pour d'autres, ce sera l'Ancienne Rome avec le Satyhcon de Pétrone, le «premier vrai chef-d'oeuvre de la littérature pédérastique».Ouoi qu'il en soit, l'histoire est parsemée de textes et d'images représentant, plus ou moins artistiquement, l'exploitation sexuelle des enfants, jeunes garçons surtout.Mais c'est vraiment avec le 19e siècle et l'invention de l'appareil photographique que la pornographie tout court prend son envol et, ce faisant, celle mettant en scène des mineur(e)s.C'est ainsi que bientôt, I époque victorienne de Lewis Carroll garnit les collections privées («erotica») des pédophiles de clichés montrant des fillettes lascives.Puis, via le Hollywood des années folles, des romans tels que Lolita de Na- BRUXELLES liser cette ambition secrète de tant de sportifs: faire une carrière internationale.Et un jour, par aveuglement ou par manque d'intelligence, il a détruit cette carrière.Dans une sordide et grotesque histoire de corruption.Enjeu ridicule Certes, la corruption au sport n'est pas interdite en Belgique.Ni même en Europe.Mais quel club voudrait encore aligner Eric Gerets sur un stade, quelles que soient au demeurant ses qualités profondes de joueur?En un seul jour par un seul geste, irréparable, il a détruit son capital: sa réputation et son honneur de sportif.Et tout cela pour un enjeu ridicule.Mais le «shérif» ne compte pas s'arrêter en si bon chemin.On lui prête l'intention d'éplucher et de passer à la loupe avec l'aide de l'Inspection supérieure des impôts, une «super-police» des finances créée en 1976 pour combattre la fraude, la comptabilité de 11 clubs de première division.Onze clubs qui occupent quotidiennement le devant de la scène et la une des journaux.Et après les amateurs de ballon rond, ce sera le tour d'autres milieux sportifs: le cyclisme par exemple.Car la justice belge n'agit pas au hasard de certaines inspirations.Ça fait près d'un an que le gouvernement de M.WIsried Martens \u2014 une coalition démocrate-chrétienne libérale \u2014 s'est lancé dans la chasse à la fraude.( ] bokov ou les récits d'un André Gide, et les magazines naturistes, on en arrive aux années soixante et tout devient possible.Tant et si bien que.pendant la première moitié des années 70, le marché du «hard porn» atteint son apogée et inonde les Sex Shops et les Peep Shows, un peu partout aux États-Unis et en Europe.Jusqu'en 1978, où l'on dénombre plus de 260 titres différents de publications consacrées à la pornographie enfantine, en vente libre aux États-Unis seulement.Parmi ces ouvrages, de véritables guides d'emploi «pour pédophiles avertis» expliquant en détails comment, par exemple, jouir sexuellement en battant un enfant ou, comment séduire les écolières efficacement à la sortie de l'école et les attirer chez-soi.Au même moment, le président Carter signe le «Protection of children against sexual exploitation act».Tout va changer, sauf en Hollande.Les petits «enfants-modèles» \u2022 COLLECTOR is looking for unusual photos of children and animals.Highest prices paid.\u2022 TO STAY ALIFE (sic) this magazine \u2014 the only one of its kind in the world \u2014 needs photos from Lolitas.YOUR Lolitas.Send us something from your private collection.Thanks - ED.\u2022 MODERN FAMILY with two daughters 8 and 13 is looking for similar family with daughters).We think that love to children should include sex and we all love incest.\u2022WANTED: Lolitas or teenage girls for all types of modelling and movies.We have contacts worldwide and our specialty (sic) is young girls.Ces petites annonces très spéciales, on en trouve des pages entières dans LOLITA, le tristement célèbre magazine hollandais voué au culte de I enfant-objet sexuel.De telles revues en effet, en plus de fournir les clichés de mise, alimentent aussi en informations et contacts divers le réseau international des pédophiles.En français, en anglais, en allemand, en hollandais, toujours anonymes, les amateurs sont à l'affût! À l'affût d'un couple incestueux de parents prêts à partager ses «photos de famille» ou sa progéniture, d'un quelconque moniteur de camps d'été fier de ses «souvenirs de vacances» ou d'un grand collectionneur aimant exhiber ses «trophées de chasse» du bout du monde.Tout reste anonyme, ni vu ni connu, tout sauf les enfants, avec leur visage et leur corps.Et très souvent, ces visages et ces corps encore impubères se recrutent parmi les millions de jeunes fugueurs («runaways*) livrés au béton des grandes métropoles, en échange de belles promesses, de drogue ou d'un peu d'argent.En échange du mensonge qui saborde une confiance déjà trop fragile et qui laissera des séquelles, tant psychologiques que physiques.Sur ce point, les experts sont d'accord.Car, immatures sexuellement, les enfants livrés à la pornographie sont traumatisés, souvent pour le reste de leurs jours.Cela peut conduire, dans bien des cas, au mépris de soi-même et d'autrui, à une sexualité déviante, à la prostitution et même, parfois, jusqu'au suicide.n c O 13 m > r* C/) > m o > 3D C/5 CD 03 V- SCIENCE ET LOISIRS L'eau à la bouche \u2022 Étude du goût Il est possible de percevoir le goût grâce à différentes structures situées sur la langue, et I*expérience suivante vous permettra de découvrir des choses surprenantes.Matériel \u2022 Un miroir \u2022 Un peu de sucre ou de miel \u2022Du sel \u2022 Quelques grains de café instantané \u2022 Du vinaigre \u2022Deleau \u2022 Quatre petits contenants (verres, pots, éprouvettes, etc.) \u2022 Au moins quatre cure-oreilles \u2022 Un bandeau (facultatif) La figure 1 représente une langue humaine et indique où se si* tuent les papilles gustaiives.Le V* lingual, formé par les grosses papilles caliciformes, se trouve tout au fond de la bouche et compte six à douze papilles.Combien yen a-t-il sur le vôtre?%Les papilles fong if ormes, plus petites mais visibles à l'oeil nu, se trouvent &r% plus grand nombre dans l'ouverture du V*lingual.Plusieurs autres sont dispersées un peu partout sur ta langue.Comment reconnaissez-vous les goûts?Les papilles califormes, situées à l'arriére de la bouche, réagissent aux saveurs a mère s.Les papilles fongiformes, elles, semblent moins spécifiques et répondent aux quatre types de goût.Luette Certaines zones de la langue ont cependant acquis une sensibilité particulière à un type de saveur donné.La figure 2 illustre la répartition de ces zones.La géographie du goût En vous aidant de la figure 2, procédez à Y expérience suivante.Si c'est possible, trouvez un partenaire de travail avec qui vous échangerez les rôles par la suite.Préparez d'abord des solutions de chacune des saveurs types, Versez environ 25 ml d'eau dans trois petits contenants.Diluez du sucre (ou du miel) dans le premier, du sel de table dans le second, et du café instantané dans le troisième.Ce dernier a un goût amer.Mettez un peu de vinaigre (goût acide) dans le quatrième contenant.Après vous être assuré que vos solutions ont un goût assez prononcé, vous pouvez commencer le premier test.Demandez à votre partenaire de garder les yeux fermés ou de porter un bandeau.Choisissez un des contenants et vérifiez sur la figure 3 à quelle zone ce goût correspond.Trempez le bout ouaté d'un cure-oreilles dans le liquide et touchez-en la langue de votre «cobaye» en divers endroits.Vérifiez à chaque toucher si votre «cobaye» goûte ou non la saveur expérimentée.Refaites les mêmes manipulations avec les trois autres solutions en ayant soin de bien faire rincer la bouche à votre partenaire avant chaque changement de saveur.Vous pouvez ensuite intervertir les rôles et vérifier ainsi vos propres facultés gustatives.Ame/ casctfoi mss V lingual Papapi tongdormss Sucré, acide Saèé.sucre, acide Toulas les saveurs t.Figura 2.Si vous avez des commentaires ou des suggestions à nous taire parvenu, ou si vous .-encontre* des difficultés, écnvei-nou* a I adresse suivante Technic* Lies.CP.337.Succursale ds Lorimier.Montréal (Quebec).Canada H2M 2N7.Les lettres qui demandent une réponse devront être accompagnées d une enveloppe adressée et affranchie.Les expériences contenues dans cette l ni unique sont 1 trees et adaptées de deu* recueils d activités scientifiques «Au bout ds la science» et «Comme I oeuf de Christophe Colomb», édités par Technics Use (c.1962 et 1933).Coordination: Santo Tnnqali Serons-nous tous des pirates?oup sur coup deux incidents, après beaucoup d'autres, m'amènent à aborder la question profondément controversée de la copie non autorisée (le «piratage», en argot micro-informatique) des programmes d'ordinateurs.Le premier est la publication par le mensuel spécialisé «Informatique-Québec» d'un dossier sur le sujet.Le second est la tenue la semaine dernière du symposium «Drames et logidrames» sur la création artistique et l'ordinateur, par la Société de gestion des droits d'auteur.Dans un cas comme dans l'autre, on a assisté de la part des auteurs aussi bien que des éditeurs de logiciel à une condamnation en règle de tout piratage, tout à fait dans l'esprit du «Piquer c'est voler» affiché dans nos magasins.Je comprends parfaitement l'indignation de ceux qui voient leurs oeuvres ou leurs produits répandus illégalement en de nombreux exemplaires pirates (d'autant plus que je suis du nombre: il m'est arrivé a plusieurs reprises de tomber sur des photocopies de mes livres \u2014 notamment dans un Cégep \u2014 et sur des disquettes de mes programmes).Mais ces cris et ces condamnations ne règlent rien.Pas seulement parce qu'ils ne mettent pas fin à la pratique, mais parce que je soupçonne que plutôt que de faire avancer le débat, ils ont pour effet de le fausser et de le retarder.Pour mol, le vrai problème, ce ne sont pas les pirates, c'est le mode d'édition et de diffusion des oeuvres.Je suis opposé à ce que des profiteurs fassent leur beurre en revendant à prix réduit des oeuvres piratées, comme cela semble être le cas pour une boutique de Dorval citée par «Informatique-Québec».En échange, tout un système qui veut empêcher les gens de faire quelque chose qui leur est profitable au moyen d'instruments qu'ils ont déjà et qui sont parfaitement légaux sous prétexte que c'est «immoral», me parait pécher par la base.Détaillant agréé APPLE et ZENITH (en affaires depuis pfot dê troit ont) Logiciels de traitement de textes, de tenue de livres et de gestion de fichiers.LIBRAIRIE le plus vaste choix de livres et de revues d'informatique ou Canada.(Commandes postales acceptées) ŒNTKE 2000 3 f 95, bow/ Sotrt-Morhn ow«f LAVAL (Ovttm.) H7Î ! A3 [514)6879897 Jusqu'à maintenant, on a assimilé l'édition des logiciels à celle des livres, des disques et des cassettes audio et vidéo.Dans les deux premiers cas.la ressemblance n'est que superficielle.En effet, livres et disques font appel pour leur fabrication à des techniques industrielles classiques qui font intervenir de l'équipement, des matières premières et de la main-d'oeuvre spécialisée qui ne sont pas à la disposition du consommateur moyen, et sans lesquels ils ne pourraient exister.Dans le cas des cassettes et disquettes, le support physique est un produit industriel, mais le contenu consiste en une séquence d'impulsions électroniques que n'importe quel consommateur équipé d'un cassettophone ou d'un mangétoscope domestique peut reproduire sans la moindre difficulté.La seule différence entre la musique, le vidéo et le logiciel, c'est que dans le recopiage d'un signal audio ou vidéo analogique, il y aura une légère baisse de qualité, alors que pour un signal numérique, la copie sera identique à l'original et pourra elle-même servir à faire d'autres copies sans perte de qualité.Ce que cela signifie, c'est que le contenu des nouveaux médias, et en particulier des médias à encodage numérique, est COPIABLE À L'INFINI par sa nature même, et par des moyens qui sont l'apanage naturel du consomamteur et non seulement du producteur industriel.Ceci signifie que le processus LE COURRIER Cher monsieur, Je suis étudiante en gestion et intervention touristique à l'Université du Québec à Montréal.Je fais présentement mon stage de fin d'études sur l'application du vidéotex dans le domaine touristique.Étant donné que votre chronique «Demain l'an 2000» aborde souvent de près ou de loin le sujet, j'ai cru que vous pourriez peut-être m'indiquer des sources de documentation pertinentes.Sincèrement, Dominique Alarie RÉPONSE: L'information touristique est effectivement un des domaines au sujet desquels on songe depuis longtemps à utiliser le vidéotex mais, à ma connaissance, il y a bien peu de choses de faites en ce domaine.Les exceptions seraient, au Canada, des répertoires de restaurants et bars de Toronto et Montréal dans la banque principale de Télidon, et l'expérience de vidéotex tentée il y a environ deux ans par le gouvernement du Nouveau-Brunswick (projet Mercury, si ma mémoire est bonne), qui comprenait une composante «information touristique».de reproduction industrielle des contenus est inutile et redondant (puisque chaque consommateur peut aussi bien faire le travail lui-même), un simple héritage mécanique de nos traditions industrielles des deux derniers siècles.Dans cette optique, le problème, ce ne sont pas les pirates, ce sont les maisons d'édition, et à travers elles, le mode choisi pour rémunérer les créateurs d'oeuvres ou de logiciels.Éliminez cette difficulté, et vous avez une situation tout autre, où chaque consommateur peut avoir accès, gratuitement ou presque, au meilleur de ce qui se produit dans chaque domaine, sans que personne soit lésé.Ceci était d'ailleurs un des objectifs des révolutions technologiques précédentes: Gutenberg avait inventé l'imprimerie pas seulement pour faire de l'argent, mais également pour rendre le savoir plus facilement et plus économiquement disponible à ses contemporains.Et Henry Ford, tout capitaliste qu'il était, avait comme objectif avoué que chaque famille puisse se procurer une automobile à un prix raisonnable.La grande différence, c'est que dans leurs cas.l'étape de la fabrication industrielle, en masse, du produit et celle de sa diffusion physique au moyen d'intermédiaires commerciaux (libraires, concessionnaires) était essentielle au processus: personne n'est équipé pour composer et imprimer chez soi des livres, ou pour assembler des automobiles.DEMAIN L'AN 2000 Yves Leclerc Alors que dans le cas des médias électroniques, cette étape industrielle devient inutile, tout autant que celle de la distribution physique des produits.De sorte qu'en les sautant, on pourrait réduire considérablement le coût du produit sans rien y perdre en qualité et en disponibilité.C'est d'ailleurs ce qu'ont compris bon nombre d'entrepreneurs américains qui mettent sur pied des réseaux et des méthodes de «téléchargement», selon lesquelles au lieu de vous vendre une cassette ou une disquette, ils vous en transmettent le contenu, moyennant une modeste redevance, à travers la ligne téléphonique ou le câble coaxial des télédistributeurs.Vous n'avez qu'à enregistrer à l'autre bout sur votre cassettophone, votre magnétoscope ou votre lecteur de disquettes magnétiques, et le tour est joué.À première vue du moins, cette nouvelle technique, qui tire profit de la «copiabilité» du média plutôt que de se battre artificiellement contre elle, me paraît plus «naturelle», et devrait avoir un plus grand avenir.En effet, elle est plus économique pour le consommateur (qui cesse de payer les intermédiaires inutiles) et épargne au diffuseur des investissements importants en capital, en personnel et en temps.Cela affecte directement les maisons d'édition, qui remplissent traditionnellement trois rôles: l'édition proprement dite, la production des exemplaires et leur diffusion.Il y a eu un autre projet, plus ambitieux, d'établir une banque et un réseau d'information touristique par vidéotex à travers le Québec en utilisant le système mis sur pied au Palais des Congrès de Montréal mais, à ma connaissance, on n'y a jamais donné suite, et je suppose qu'il est mort en même temps que le projet de prolongement à la bureautique du réseau télématique du Palais des Congrès.En Europe, des tentatives ont été faites sur Prestel en Grande-Bretagne, sur Télétel en France et sur Bildschirmtext en Allemagne, pour utiliser le vidéotex à des fins touristiques.Dans la plupart des cas, il s'agit d'expériences, à caractère privé en Angleterre (agences de voyage), et à caractère régional (Chambres de Commerce, syndicats d'initiative) en France.Je ne saurais dire exactement quels ont été les résultats de ces efforts, mais je doute de leur succès pour plusieurs raisons.La première est que pour les professionnels de l'industrie touristique, 'e terminal d ordinateur classique (déjà très répandu pour les systèmes de réservations) est probablement un outil plus efficace d'information et de communication que le terminal vidéotex: il peut transmettre plus de renseignements plus rapidement.Pour l'utilisateur moyen, la faible quantité d'information que transmet en même temps un écran de vidéotex et le caractère assez frustre du graphisme me semblent des inconvénients sérieux, pour l'instant du moins.Lorsque le vidéotex intégrera à l'actuelle consultation des banques de données des systèmes interactifs de réservation directe assez généralisés, et peut-être la possibilité de payer directement de chez soi par carte de crédit, ce sera peut-être une autre histoire.Pour ce qui est de la documentation, je suis assez embêté de vous répondre.J'ai vu bien peu de choses sur le sujet au Canada; vous pourriez peut-être vous adresser au ministère fédéral des Communications, qui parraine à peu près toutes les expériences de vidéotex au pays.Pour l'Europe, vous pouvez consulter I Annuaire des projets de vidéotex publié par le Groupe Tests à Paris, et le mensuel COM\"7 publié par le même groupe, qui offre assez fréquemment des articles fouillés sur des sujets du genre.Vous pourriez aussi voir si AT&T, aux États-Unis, n'a pas fait faire des études sur le sujet Des trois, seule la première fonction leur reste vraiment, et demeure utile dans un mode «téléchargement»: il faut que quelqu'un contribue à mettre dans leur forme finale les oeuvres des auteurs, et avise le public de leur existence.En revanche, la fonction production disparait, puisqu'elle est assumée par le public lui-même, et la fonction diffusion est reprise par les possesseurs des réseaux de communications, pour qui ces contenus sont simplement d'autres informations à transmettre, semblables aux conversations téléphoniques ou aux émissions de radio ou de télévision qu'ils acheminent déjà.Reste le problème épineux et crucial des droits d'auteur.Traditionnellement, ceux-ci ont été liés au nombre d'exemplaires vendus dune oeuvre, ou au nombre d'utilisations qu'on en fait.Il est évident que dans le cas de médias multipliables et transmissibles à l'infini, ces critères ne s'appliquent plus.Il faudra donc trouver d'autres formules, dont rénumération dépasse le cadre de cette chronique.Disons simplement que je suis convaincu que cette difficulté peut être résolue.et qu'éventuellement, nous pourrons tous «pirater» à qui mieux mieux les logiciels qui nous intéressent, sans que quiconque soit lésé, et sans le moindre stigmate moral.?XEROX Noue tommes maintenant en mesure d'offrir le service d'entretien de qualité Xerox sur la plupart des marques d'ordinateur individuel st leurs périphériques.Venez nous rencontrer ou communiquer avec nous Les centres de Service Xerox 3542, rue Ashby Ville Saint-Laurent, Quebec (514) 337-0502 MICRO-ORDINATEURS SYSTÈME COMPLET COMPATIBLE AU APPLE \u2022 Memo 64K (8 puces de 8K) \u2022 52 touches programmées BASIC.10 programmables sur clavier numérique \u2022 Majuscules, minuscules et autorépétitives \u2022 Lecteur de disquettes à mécanisme SIEMENS et contrôleur \u2022 Moniteur ZENITH vert 12' antireflet \u2022 Imprimante Gemini 10X et interface graphique '1599 MÉMORISSIME INC.LAVAL SUR RENDEZ-VOUS SEULEMENT 622-1390 c (fi m o z H m > r- 00 > m g o Si c/> -A 2 CO POUR ECOUTER m Gérard Lambert y \\ ¦ Ça baigne dans l'huile a semaine dernière, y a pas personne qu'a pas dit «cré vain dieu» c'est le printemps.C'était la joie, la dolce Vita, ma maison était un paquebot en croisière, une plage sur le golfe du Mexique, une eau chaude comme la Méditerranée grâce au Gulf Stream qui réchauffe l'Atlantique, c'était une île aux trésors, c'était la célébration de la paresse et pour fêter: ma baignoire relaxante transformée en piscine où je plongeais dans la musique pleine de bonnes huiles bienfaisantes.(J'oubliais, j'avais mis du sel de mer dans mon eau.) Je complétais donc mon bonheur avec cette lumière que certains disques nous font entendre.Lumière donc sur mon premier album qui me portait loin de nous puisque le groupe nous vient de l'Australie et, vous le savez maintenant, les Australiens ont le vent dans les voiles et le rock très actif.Ce rock c'est celui de MIDNIGHT OIL.Un disque des plus intéressants, d'abord, ils s'amusent à enregistrer leur album à Londres: pour des Australiens, c'est d'emblée aux antipodes.Formé de cinq musiciens avec un bon petit style, patriotes et maquisards qui disent ce qu'ils pensent, le tout acidulé et sautillant.Midnight Oil semble prendre le contre-pied des rythmes kangourous et des mélodies, nous dirons, insouciantes.Le groupe a un côté Clash (groupe anglais) du fait de son interventio-nisme et d'un rock de combat bien équipé.Les hymnes sont violents et exaltés ainsi que des lyrics révolutionnaires braqués contre l'impérialisme.C'est le groupe rock le plus politisé en Australie.Souvent, la voix du chanteur Peter Garrett évoquent les intonations des cris de guerre, Midnight Oil semble aimer ou miner le terrain, dessiner des climats subtils, tristes et lourds, oppressants en hochant même un rock détraqué.De bons Kangourous qui connaissent la musique, en plus d'être sauvages et neufs (bien élevés).L'album vire dans un étonnant enchevêtrement de chants rebelles désarticulés.Un rock brouillé, gribouillé par des guitares acoustiques et électriques excellemment bien mixées, ce qui nous permet de faire un parcours sonore imprévisible et dangereux.Pour continuer la journée, je change de disque et je m'enfonce dans le climat tropical, di la la que j'aime ça, et ils ont mis le paquet, à ma plus grande joie: ce sont les Kid Creole and the Coconuts.Une vraie piste de danse infatigable et de musiques de mers bleues avec différents courant: salsa, calypso, funky, reggae, biguine, samba, comédie musicale, mambo du soleil qui coule sous vos pieds.Ils réussissent à funkiser ces rythmes des Caraïbes, apportant avec eux toute une mythologie du look chemise hawaïenne genre G.O.\u2014 Club Med avec Bermuda.Ça s'en-tena: une basse inlassable, des percussions gazeuses et rebondissantes, des cuivres qui jaillissent comme des sources chaudes.Toujours comme au Club Med, c'est plein de filles qui s'amusent et qui s'en tirent magnifiquement; elles font des chorus très subtilement dissimulés derrière les cuivres et les violoncelles.Comme c'est bon de la vraie musique tropicale bien moite, les grandes carmélites des rythmes exotiques! Un album gai et entraînant, c'est fait pour onduler de la croupe, sen-suellement avec du rhum blanc et du cake aux fruits confits.Une fête en technicolor et décors garantis.Une aventure qu'il faut continuer pour prouver que cette musique est bien actuelle et non de passage.Ailez! encore un chachacha.Pour rester sur le bon trottoir de la vie, Tom Waits, le plus important auteur-compositeur américain.C'est du rock qui n'en est pas, c'est du jazz qui n'en est pas, c'est hors-concours.Fantastique ce qui se passe dans ce disque car il expérimente plein de sons, particulièrement dans les percussions.Cet album est un atelier où se passe un tas de choses.Je dois dire qu'il a pris l'air; il sent moins la vieille cigarette.Il ne boit plus, son visage s'est transformé.Il s'est rangé (comme Lou Reed et les autres), en plus, le mariage (Nouvelles Illustrées).Tom Waits garde encore un peu de son même univers, homme pris dans des salades à n'en plus finir, brisés par la vie, les amours difficiles, les gens séparés (dans ce cas, par la guerre) avec une chanson superbe: «Swordfish trombone».Il décrit des personnages qu'il décortique, qu'il examine et qu'il déforme à peine derrière son verre maintenant vide.Des acteurs qu'il croque tout crus, qu'il écorche à vif dans ses complets; Waits est poignant et cruel et pourtant jamais froid, jamais méchant quand on l'écoute bien.C'est son décor de fond qui est triste et nostalgique, la forme véhicule souvent une bonne dose d'humour toujours délicatement subtil et imagé.Nous sommes dans des ambiances: lumières artificielles, néons blafards qui arrivent à laisser passer la tendresse, la ville, la rue coupe-gorge, tendre et dur, jazz, rock et blues.Tom Waits est un grand chroniqueur au talent monstrueux.Certainement son disque le plus marquant, le plus fort, le plus authentique et le plus talentueux.Je ne vous raconte pas.Allez r écouter.?Midnight OH 10,9,8,7,6,5,4,3,2,1 Columbia FC 38996.Sire 9239771 \u2014 Kid Creole and the Coconuts «Doppetganger».Tom Walts \u2014 Island 7900951 \u2014 \u2022 S word fish trombones \u2022.s 05 CO GC < 2E o 5 tu < CO < -tu cc o LES P'TITS DERNIERS LAURIE ANDERSON Mister Heartbreak 92 50 771 WARNER BROS.RECORDS INC.Ênlgmatlque, actuelle, Inventive.Pour ses performances tout les médias sont bons, et elle les mélange sans vergogne.Sa voix est monocorde pour ne pas altérer la pensée.VAN HALLEN Van Ha lien 1984 92 39851 WARNER BROS.RECORDS INC.Les mauvais garçons se radoucissent, le metal hurlant se dore, se fait «léger», et Us bouillonnent et mitraillent à nouveau.TRACEY ULLMAN You Broke My Heart in 17 Places MCA- 5471 Disque hitch à la sauce anglaise.Voix algue si recherchée dans les années 50, 60, chansons bien foutues.CHRISTINE McVIE 92 50591 WARNER BROS.RECORDS INC.La chanteuse des Fleetwood, en solo pouvait nous faire espérer.Mais c'est un disque tranquille.Il faut noter un solo de guitare d'Eric Clapton et un duo avec Steve Wlnwood.CHINA CRISIS Working With Fire and Steel VIRGIN RECORDS VL 2273 Collection de photos de voyage rentrée de l'Orient sur trame synthétisée.THE CRAMPS Bad Music for Bad People SP 70042 1984 1RS.Recueuil de 11 chansons provenant d'albums différents.C'est comme le titre l'Indique, du rock ravageur, sans faiblesse, du rock à se débarrasser de ses inhibitions. Andrée Ferretti Dominances Essai de sociobiologie sur l'inégalité et la tromperie par Claude Lagadec coll.«Science et Théorie», éd.Le Préambule, Longueuil, 1983, 215 p.13,75$ « e hasard des déviances me jeta, un jour, hors de mon chromosome.iTous codes franchis, je me dévergondai à qui mieux mieux.De mon libertinage naquit la conscience et, avec elle, la nécessité de nier l'inégalité naturelle des êtres vivants.Depuis lors, le monde est rempli de tromperie.» Ainsi aurait peut-être commencé une fable de monsieur Jean de La Fontaine si, en son temps, les gènes avaient pu parler, aussi bien que les corbeaux et les renards.Toutefois rassurez-vous, amateurs du genre, il existe encore.La vie qui, par le jeu de la sélection naturelle, favorise, paraît-il, les gagnants, a permis au célèbre fabuliste de transmettre son héritage génétique à de nombreux descendants.Ils oeuvrent aujourd'hui sous le titre de sociobiologistes.Ils viennent d'inventer une nouvelle histoire de la condition humaine.Elle a si bien enchanté monsieur Claude Lagadec, professeur de philosophie à l'Université de Montréal, qu il a entrepris de nous la raconter et même de nous y faire croire.Dans son livre, DOMINANCES, essai de sociobiologie sur l'inégalité et la tromperie, remarquablement bien construit, il expose, à travers un brillant amagalme de faits scientifiques, de propositions philosophiques et de réflexions personnelles, les principales thèses développées par la sociobiologie et les arguments qui les soutiennent.Ainsi, nous dit-il, tous les êtres vivants n'ont d'autre utilité que de servir de support momentané à la continuité de l'espèce biologique à laquelle ils appartiennent.Tous sans exception ne sont sur terre que pour transmettre à leurs descendants le programme génétique inscrit dans leurs chromosomes.Cette transmission se fait selon des stratégies évolutives stables (SES) qui déterminent de génération en génération les comportements reproductifs.Il y a mutation quand un gène n'obéit pas à l'impératif du code.Mais généralement, révolution d'une espèce est insensible aux transformations qui affectent chacun de ses individus qui n'existent que pour elle, que pour lui servir de reproducteurs.Aussi, favorise-t-elle les plus forts.D'où l'inégalité naturelle entre les individus.Les êtres humains n'échappent pas à ce modèle biologique d'évolution naturelle, selon la sociobiologie.Même si la biologie n'a pu encore repérer dans les gènes une structure assez précise pour qu'on y trouve inscrits nos multiples comportements, la sociobiologie n'hésite pas à soutenir qu'ils sont tous des SES qui visent à assurer l'hérédité.Bien plus, elle étend à l'organisation sociale ce modèle néo-darwinien d'explication du phénomène biologique.Elle justifie par la loi de la sélection naturelle les inégalités entre les êtres humains.Par exemple, la compétition entre les classes sociales serait une fonction d'origine biologique, tout comme l'inégalité entre les hommes et les femmes, entre les Noirs et les Blancs, etc.Par contre, comme la perpétuation de l'espèce humaine repose sur la coopération entre tous les individus, elle a élaboré des stratégies comme la tromperie qui est un moyen d'assurer le triomphe des gènes les plus aptes.Les luttes pour l'égalité des droits seraient une de ces ruses.De même que l'altruisme.Par exemple, quand vous faites un don à un organisme dévoué à la protection de l'enfance, vous vous illusionnez en croyant poser un acte moral.En vérité, vous ne faites qu'obéir inconsciemment à I égoïsme génétique qui vous pousse à assurer la vie de l'espèce.Toutes les civilisations, les cultures, les religions, les philosophies?etc., ne sont ainsi que des mensonges qui permettent à chaque être humain de se convaincre que ses gestes de soli- darité obéissent à des valeurs plutôt qu'à son code génétique.Voilà ce que nous raconte monsieur Claude Legadec dans DOMINANCES.Heureusement, il nous prévient, dès le départ, que son étude ne s'appuie pas sur des recherches scientifiques personnelles mais uniquement sur d'autres ouvrages écrits sur le même sujet et, principalement sur celui du fondateur de la sociobiologie, Edward O.Wilson: Sociobiology, the new synthesis.Il n'en prend pas moins pour des acquis de connaissance, alors qu'il ne peut les vérifier, les affirmations d'une discipline qui, loin de susciter l'adhésion du milieu scientifique, donnent prise, au contraire, à de nombreuses et sérieuses réfutations, particulièrement de la part des épistémolo-gues.Ainsi fondées, ses analyses et ses conclusions relèvent plus de la rhétorique et de la morale que de la philosophie et de la science.Il faut donc lire cet essai avec circonspection et ne pas croire d'emblée, tel qu'il prétend le démontrer, que l'humanité se réduit à son capital génétique.DOMINANCES n'est pas pour autant un ouvrage à dégaigner.Il a, au contraire, le mérite de rendre accessible, en le vulgarisant sans le simplifier abusivement, un courant de pensée qui risque d'exercer sur le développement des sciences humaines et sur l'organisation sociale une influence qui pourrait s'avérer néfaste.Il vaut mieux, par conséquent, que le plus large public possible connaisse son existence et en comprenne les enjeux.Il sera mieux préparé à réagir.À moins que le délire de la science soit également une SES qui aurait pour fonction d'abolir les obstacles culturels à la perpétuation des inégalités, telles l'institution de la démocratie ou les déclarations des droits de Ihomme.Claude Lagadec Dominances Etsai de sociobiologie sur Vinéf>ahté et la tromperie Collection Science et Théorie le Préambule PARLER D'ICI Philippe Barbaud D'où vient Galarneau ?Vraiment intrigant, ce «Galarneau» entendu l'autre jour de la bouche d'un annonceur à la radio.Il venait de s'exclamer, entre deux «pub» comme on dit ailleurs, en lâchant: «Tiens, Galarneau qui se montre le «boutte» du nez!» A la tête que faisait mon passager, francophone d'ailleurs et non d'ici, je me mis à sourire car l'idée me traversa l'esprit que n'importe quel Québécois ne saurait confondre ce Galarneau avec, disons, Beausoleil ou Bellavance, tandis que n'importe quel autre franco-phone de France ou d'ailleurs serait probablement stupéfait d'apprendre qu'il s'agit d'une expression bien de chez nous, fort appropriée à la température saisonnière que nous connaissons en ce moment.De fait, il faisait une journée radieuse.De feu rouge en feu rouge, je lui expliquai qu'en réalité il devait y avoir eu un rayon de soleil qui venait de s'installer dans le studio de notre annonceur.J'ajoutais, par exemple, que lorsque «Galarneau» se montre le bout du nez, c'est parce que d'autres fois «il se cache la face».Interloqué, mon interlocuteur me demande ce que diable notre soleil, si canadien fût-il.pouvait bien avoir affaire avec un nom de famille.J'avoue qu'à mon tour je demeurai perplexe: quel rapport y a-t-il entre l'astre du midi et un nom propre figurant dans le bottin téléphonique?Je décidai sur-le-champ de lever le voile sur cette question d'onomastique.Mes investigations furent plutôt décevantes.«Galarneau» est inconnu des Dionne, Clapin, Barbeau et autres savants en matière de parler d'ici.Même le Glossaire du parler français au Canada n'en souffle mot.Voilà un mot d ici qui semble n'être attesté nulle part.Le vocable serait-il à ce point marginal ou récent qu'il ne mériterait pas encore d'appartenir à notre patrimoine linguistique?Mon intuition linguistique cessa de vaciller lorsque je tombai sur l'ouvrage de Léandre Bergeron: Galarneau y figure! Et il s'agit bien du soleil! A moitié rassuré, car je sais bien que les trouvailles de Bergeron sont souvent sujettes à caution, je m'enquiers auprès de notre Trésor de la langue française.C'est confirmé: le «Galarneau» est bel et bien le soleil des Canadiens français.Malheureusement le mystère de l'origine de ce vocable restait entier.Je me suis alors raccroché à l'idée qu'après tout, le patrimoine linguistique des Français d'Améri- que devait bien avoir quelque ac-cointance avec l'héritage de nos ancêtres.Français de France, dont un grand nombre, comme chacun sait, ne pariait pas un traître mot de français.Cette piste s'est avérée la bonne.J'ai retrouvé ce mot sous le visage d'un nom commun, dans le parler rural de l'Essonne, une région du bassin parisien située à 50 km environ au sud-est de la capitale française.Les vestiges des anciens patois de l'Ile-de-France y subsistent en grand nombre comme le prouvent les récents travaux de la dialectologue Claire Fondet.Mais surprise! Que veut dire là-bas le galargnot?Je vous le donne en mille: ce vocable désigne un gros nuage noir chargé de pluie.Exactement le contraire, quoi! J'ai même retrouvé ce mot dans le par-ler du vendômois.cet autre «pays» plus au sud, du côté d'Orléans, où il s'écrit gaterneau mais se prononce galarnio selon Mar-tellière.Dans les deux cas, l'origine du mot, galargne.désigne la direction ouest et les vents qui en soufflent, habituellement des vents froids de mauvais temps.Telle est l'origine probable de notre «galarneau» à nous qui n'a rien emprunté à la famille du même nom.Voilà un mot du terroir de l'Ile-de-France que nous avons su garder et vivifier par un nouvel usage adapté à notre environnement nord-américain.Le renversement de sens, bien que surprenant, ne peut servir d'objection.C'est un phénomène bien connu des spécialistes en dialectologie.Pensons par exemple au mot savane qui pour nous, gens du septentrion, a un sens presque opposé à celui qu'il a toujours eu dans le dictionnaire.Mais le Robert n'en atteste-t-il pas maintenant les deux sens9 On peut enfin imaginer toutes sortes de scénarios pour expliquer l'usage du nom propre au détriment du nom commun.Qu'une famille se soit vue ainsi surnommée d'un nom aussi chaleureux, voilà qui était une pratique courante au temps de la Nouvelle-France.J'avancerais pour ma part que l'étymologie patoise de «galarneau», n'étant pas de celle qu'on enseignait à nos élites nourries de belles-lettres et de rhétorique toutes gréco-latines, celle-ci est tombée dans l'oubli.Je serais alors enclin à attribuer à la ferveur généalogique, quasiment mormo-néenne, des Canadiens français, la substitution de l'origine dialec-tologique de ce mot par une origine onomastique.09 O 13 m > C/) > m g o > 33 C/3 CO 00 en I .: I MMH| MM| PLEIN AIR Maurizia Binda La spéléo ouffres, eaux noyées, affleurements rocheux corrodés, voilà où se déposent les secrets du milieu souterrain.Savez-vous que le sous-sol du Québec regorge de 300 cavernes?Elles sont tout naturellement accessibles: par exemple l'abri sous roche de Covey- Hill à la frontière américaine et le trou de lacet au lac Saint-Jean.L'homme des cavernes et le spéléophile en 1984: c'est le jour et la nuit! Si aux époques sèches du Néolithique, les cavernes constituaient des points d'eau appréciables, l'homme contemporain y puise la quiétude loin du fourmillement continuel de la ville.Véritable gardien des souvenirs de la période glaciaire, la caverne s'inscrit dans les mythes d'origine de nombreux peuples.Chez les Grecs anciens, elle représente le monde, où la marche vers l'intelligence est pour l'âme l'affranchissement de ses liens et la progression hors de la caverne.D'après les mythes chinois, les cavernes abritent les portes de l'enfer.Or, la descente aux enfers n'est universellement qu'un préalable à une nouvelle naissance.De tout temps, la caverne est le symbole de la naissance et de la regénération.Le psychologue moderne associe la caverne au processus d'intériorisation psychologique grâce auquel l'individu pai vient à la maturité.Cette incursion dans le symbolisme sous-jacent à la caverne nous mène au seuil du mot spéléologie, formé du grec: spetahn,caverne, et de logos, science.La spéléo.c'est l'activité qui a pour fin l'étude des cavités souterraines.«La spéléo plein-air permet de se mesurer aux forces de la nature et de goûter à l'attrait de l'inconnu», affirme Michel Beaupré, directeur de la Commission de spéléologie scientifique, une des sept commissions chargées de S l'application des programmes de la Société québécoise de spéléologie.(SQS) Bien que la SQS ne nie pas l'intérêt de la spéléophysi-que, de la biospéologie et de l'archéologie souterraine, elle met l'accent sur l'aspect plein-air.Aussi, ses moniteurs chevronnés encadrent les spéléophiles à leurs premiers pas sous terre et offre aux clubs, aux membres et a toutes les personnes intéressées, un service de prêt et de location de matériel spéléologique.« Toutefois, dans le cadre de la classification des cavités naturelles souterraines du Québec, nous favorisons la diffusion des travaux scientifiques québécois et créons des camps de prospection et rtn recherche», precise Michel Beaupré.Uue dînez-vous d'une balade dans le monde méconnu des mé- CO ce < o 5 LU < CO J < oc E z o CO (0 galithes?« L'air est bon! » s'exclame Michel Cadieux de la Commission des grandes expéditions spé-léologiques, organisme qui facilite l'exploration du milieu cavernicole international et met sur pied des expéditions de grande envergure.D'importantes masses d'air circulent dans les cavités en raison des variations de température entre les atmosphères internes et externes.L'air étant sursaturée en eau.les polluants et la poussière n'y trouvent pas de terrain d'élection.La nuit éternelle, l'humidité totale et la température invariable (3°C à 7°C au Québec) sont indissociables du monde rupestre qui fait tranquillement fi du temps.«En juillet, il fait bien frais; en mars, relativement tiède.L'air chaud étant plus léger que I air froid, en hiver, l'air souterrain, tiède donc léger, tend à s'élever avec courants d'air», explique Michel Beaupré.L'obscurité absolue entraine l'absence de végétaux verts capables de photosynthèse.Quel type de faune et de flore recèlent donc les entrailles de la terre?Rassurez-vous, rien de quoi faire frémir le jour! À part les trésors d imagination, on y trouve trois types d'animaux: les trogloxèmes (hôtes temporaires tels les chauve-souris qui se nourrissent dehors, mais dont le guano libéré dans les grottes est le point de départ d'une faune considérable), les troglophi-les (hôtes électifs du milieu souterrain, comme certains escargots) et les troglobies (occupants permanents comme les crustacés).Ni vierges cachées, ni trolles, ni mauvais esprits ! Le milieu souterrain du Québec (ne pas confondre avec l'underground!) constitue une mine d'or pour le spéléologue.En effet tout reste à découvrir.Parmi les régions intéressantes, il y a les vallées des rivières Gatineau et du fleuve Saint-Laurent, la dépression du lac Saint-Jean, lîle d'Anticosti et la péninsule gaspésienne.La plupart des cavernes connues, dont certaines atteignent des milliers de mètres de longueur, sont de faible dénivellation.Il y a même une « caverne » de 30 m à Saint-Léonard.On peut 'a visiter sous l'oeil vigilant des moniteurs de la SQS.A Saint-Alban, près de Québec, le Trou de la momie est une grotte composée dune étroite galerie de 44 mètres, garnie de cupules acérées.Son nom fait allusion à l'apparence des vêtements (en lambeaux) après la visite.La grotte Crabtree, près de Joliette.renferme des galeries circulaires.Caverne ou grotte?Michel Cadieux précise que dans le langage courant, on ne fait pas de distinction entre les deux termes.Les ca- vernes sont des cavités naturelles et les grottes sont des cavernes formées par dissolution de l'eau dans le calcaire.Des antres parfois gigantesques sont façonnés par l'action combinée de l'érosion et des agressions de l eau sur la pierre.Toutefois, il existe aussi des cavernes dans des régions où l'eau n'est pas intervenue, comme dans le cas des formations d'origine volcanique et tectonique).Les régions karstiques, ainsi nommées par analogie au Karst en Yougoslavie, se caractérisent par de vastes cuvettes d absorption et des orifices de gouffres.Comment se présente la caverne?Elle commence souvent par une galerie verticale, un immense vide sur le plateau qui domine une cavité profonde.La suite d'un couloir se trouve parfois vers la voûte.On retrouve parfois en profondeur une rivière tumultueuse, cabriolant d'une marmite â l'autre; le cours d'eau même qu'on avait vu disparaître sous terre.Pour voir la lumière au bout de la galerie, inutile de préciser qu'il faut un éclairage sans pareil.« Novices ou non, les spéléos recourent à l'électricité et à l'acétylène en éclairage frontal, l'ampoule et le bec étant fixés sur le casque de sécurité (modèle construction), fait remarquer Mimi Guay, libraire et spéléo.« Nous portons parfois une pile et un réservoir d'acétylène à la ceinture.L'électricité fournit un faisceau lumineux directionnel et la lumière d'acétylène crée un éclairage d'ambiance.Autour du corps, une corde ou mieux encore, un harnais, permet de se suspendre sur le vide.L'échelle de 10 m n'est pas nécessaire au début, mais avec le temps et I attrait de vaincre l'obstacle», précise Mimi, des étoiles au fond des yeux.Une excursion de 20 minutes près de la surface ou des heures d'aventure à la recherche de cavernes noyées?Lorsque l'occasion s'y prête, on peut même installer un camp sous terre afin de pousser plus loin i exploration des galeries et des concrétions ou de pratiquer les techniques en gouffre et en falaise.Signalons, en passant, que la France détient le gouffre le plus profond au monde (1152m).la Pierre Saint-Martin, dans les Basses-Pyrénées, et que la spéléologie a vu le jour en Yougoslavie au XIXes.Non seulement la SQS organise-t-elle des stages à l'étranger, elle a imaginé de tenir des classes « noires ».soit I exploration des cavernes, dans un contexte éducatif.Bien encadrés, des jeunes et leurs professeurs peuvent étudier l'écosystème bien délimité que constitue le milieu souterrain tout en pratiquant une gymnastique tout au moins originale.Quels avantages offre la spéléo?«D'une part, la possibilité de pratiquer la randonnée pédestre ou le ski de fond tout en profitant d'un endroit chaud pour dormir la nuit, repond Michel Cadieux.D'autre part, il ne s'agit pas d'une activité axée sur la concurrence, mais sur le contrôle et le dépassement de soi.» Fait à signaler, on peut explorer les cavernes à toute heure, car de toute façon, il fait nuit à toute heure du jour.EN MARGE DU SPORT Georges Schwartz Sport et politique ont besoin l'un de l'autre os sportifs, pratiquants, techniciens et dirigeants, autant professionnels qu'amateurs, proclament volontiers que sport et politique ne font pas bon ménage.Sans doute éprouvent-ils une méfiance certaine à l'égard des ingérences gouvernementales, surtout lorsque les politiciens tentent d'enrôler à leur profit les significations sportives, comme ce fut le cas récemment avec les médailles d'or remportées par Gaétan Boucher en Yougoslavie.Par contre les mêmes sportifs réclament de tous leurs voeux l'intervention des pouvoirs publics pour soutenir financièrement la réalisation de programmes et projets qui leur tiennent à coeur.N'est-ce pas enfantin de vouloir écarter à l'arrivée ceux dont on a tant besoin au départ.M est vrai que les pays du bloc socialiste réussissent parfaitement à tirer parti des interactions entre le sport et la politique, pour le plus grand profit du régime et des sportifs, sans avoir besoin de plastronner en public.Ainsi l'URSS n'avait-elle pas raté son entrée sur la scène olympique en 1956.Le drapeau rouge emniprésent et l'hymne soviétique repris à satiété valaient tous les discours.Les Kamarades avaient bien planifié leur coup: développement d'un programme global de préparation physique dans les écoles servant de base à la spécialisation sportive; perfectionnement accéléré des sports traditionnels; efforts particuliers chez les femmes et dans toutes tes disciplines où le bas niveau international garantissait des victoires à court terme.Évidemment, ni les dirigeants sportifs canadiens, ni le gouvernement fédéral, n'ont jamais défini de telle façon rapproche globale qui permettrait au Canada d effectuer un rattrapage efficace au niveau international.Rien d'étonnant donc si chaque politicien en représentation se borne à faire siennes les idées reçues du milieu sportif.Certes Jacques Olivier, le nouveau ministre à la Condition physique et au Sport amateur, s'est taille un succès d'estime \u2014 et sans doute quelques inimitiés durables \u2014 en dénonçant à Sarajevo le sort fait aux francophones dans nos fédérations nationales.Par contre, il a aussi sombré dans le ridicule en se faisant l'intermédiaire du Canadien, qui tente d'obtenir les services du gardien de but étoile.Vladislav Tretiak.À vrai dire les structures de nos sports professionnels lui ont probablement masqué I incongruité d'une intervention, qui visait à fa- voriser l'importation d'un joueur étranger de plus, alors que le Canada demeure, jusqu'à preuve du contraire, le premier producteur mondial de hockeyeurs professionnels! Et pendant ce temps, des collègues de M.Olivier au Conseil des ministres subventionnent, aident et protègent l'industrie canadienne du textile et du vêtement comme la concurrence étrangère.Oui, il y a beaucoup à faire pour relever le niveau du hockey, mais la priorité n'ost pas d'aider ses fossoyeurs.Au Québec, embarrassé par sa baisse constante de popularité, le gouvernement fait le bilan de son projet d'indépendance.Le premier ministre déclare: «Qu'il faut travailler patiemment, obstinément sur le contenu de la souveraineté.Qu est-ce qu'il y a dedans, qu'est-ce que ça mange en hiver» (LA PRESSE.13 février).À peine quatre jours plus tard, alors que Gaétan Boucher vient de rafler sa deuxième médaille d'or.M.Léves-que a peut-être compris: le contenu de la souveraineté sportive, ce sont des athlètes québécois victorieux sur la scène internationale.Le XXe siècle aura permis de reconnaître que le sport est devenu I un des moyens les plus efficaces d'expression et d'affirmation d'un peuple.Les pays de l'Est n'ont pas été les seuls à en faire usage, puisque de nombreux États ayant accédé à l'indépendance durant les années 50 et 60 se servirent en priorité du sport pour promouvoir le prestige national et développer des solidarités politiques à l'étranger.Or ce phénomène pratiquement universel avait sans doute échappé aux penseurs sportifs du PQ, qui.au lendemain des Jeux olympiques de 1976, décrétaient que le sport d'élite avait vécu et qu il était temps maintenant de s'occuper de la masse.Laissant le sport-spectacle aux financiers, le sport d'élite à Ottawa pour la promotion de l'unité canadienne, les penseurs sportifs du PQ cogitaient sur le sport-participation appelé à jouer un rôle incitatif pour «se prendre en main comme collectivité distincte», pour «se libérer».Après cela, René Le-vesque pouvait bien se demander ce que ça mange en hiver, le contenu de la souveraineté sportive.I! existe un schéma universel du nationalisme sportif par lequel chaque pays gère TOUTES les catégories de sports.Seul le Canada, et à plus forte raison le Québec, abandonne à ses voisins américains les pleins pouvoirs sur ses sports professionnels et leurs prolongements, constituant ainsi une exception de taille à la règle.G PHOTOGRAPHIER Antoine Désilets «Salaam alaikum!» es touristes et les résidents temporaires qui, en Afrique, prennent la peine Ide se mêler à la population locale ne manquent jamais d'être frappés par la quantité de poignées de main qu'ils sont alors obligés de donner.(et de recevoir!) Au cours des deux années de mon stage en Afrique, j'ai dû présenter ma main droite au moins 912000 fois et un autre six mois m'aurait certainement permis de «péter» le million! Ces mains noires (mais propres malgré le peu d'eau qu'on a là-bas!) vous arrivent de partout à la fois et toujours accompagnées d'un large sourire.Et même si 15 minutes avant on s'est serré la pince, on recommence avec autant d'entrain que si l'on ne s'était pas vu depuis 2 jours! Et si par hasard on a les mains occupées à quelque chose, il faut, qu'à cela ne tienne, présenter le coude! Et vous direz que les Français n'ont rien laissé aux Africains! Les enfants font exactement comme les adultes sauf que l'autre main, libre, s'ouvre discrètement.pour servir de panier à votre petite monnaie! C'est gentil de penser ainsi à vous décharger de ce fardeau en ce pays où la chaleur, n'est-ce pas.D'autant plus que la petite monnaie, là-bas, est vraiment petite! 300 francs pour 1 dollar canadien! Le ti-gars de ma photo s'apprêtait donc à sacrifier au rituel quand je lui présentai ma main gauche, la droite étant occupée à enregistrer l'événement.Sans se démonter, il m'a donné sa main gauche tandis que sa main droite, plus habituée à serrer qu'à s'ouvrir, se creuse pourtant juste comme il faut pour me rappeler tout doucement que Ion doit, quand on a de l'éducation, payer pour faire une photo! J'ai pourtant raté la meilleure image, qui aurait été celle de son visage quand il a vu les 50 francs que Jeanine lui a tendus! Mais voilà: il est parti comme une fusée rejoindre sa «gagne», au milieu de laquelle il s'est mis à gesticuler en me pointant du doigt.J'en ai ainsi eu 10 dans les jambes, riant et criaillant, pendant une bonne heure! Bien fait pour mon orgueil ! Les lecteurs dégourdis auront compris que mon objectif était un 24mm.mais, en y pensant bien, il s'agissait plutôt de mon 18mm très grand angle! La pellicule Kodak Tri X 400 ASA étant la seule disponible dans ce coin du monde, c'est elle que j'ai employée.L'étendue de la profondeur de champ me fait supposer que le diaphragme était fermé à f / 16 et que j'ai obturé par conséquent à 1 /400 de seconde.Au fait, vous ai-je déjà parlé de la règle du f/16?Vous avez oublié?.Dommage! Faites quand même de bonnes photos! O z H 33 m > C/) > m g o > 33 C/) (O MME MMM VIEILLIR Claire Dutrisac «Un si petit oiseau.» histoire est simple, émouvante, navrante.Quand Mme E.Desbiens, 66 ans, Idev'int hémiplégique et aphasique, mais demeurant très lucide, on dut l'envoyer en établissement.Le Centre Ernest Rou-thier, administré par le Centre hospitalier Jacques Viger, la reçut.On promit à son fils, M.André Desbiens, de reconstituer, autant que faire se peut, l'atmosphère dans laquelle sa mère avait vécu.Elle emporta ses meubles, ses bibelots, ses plantes et.un serin en cage.C'était en juin 1983.Soudain, une lettre en date du 14 février 1984 et signée par le Dr Michel C.Copti, directeur des soins professionnels, fut adressée à Mme Desbiens lui signifiant qu'elle avait trois jours pour se séparer de ses animaux.Les raisons avancés.(1 ) des risques de psittacose, maladie grave qu'on ne peut actuellement contrôler; (2) des normes d'hygiène et de propreté à respecter; (3) des allergies et exposition à l'épidémie, ainsi que l'intolérance de certains patients à la présence d'animaux.Selon mes sources de renseignements, personne ne fut malade.On ma aussi assuré qu'il n'y avait eu aucune plainte relative au serin.Au contraire, les bénéficiaires qui l'entendaient chanter trouvaient cela agréable.Le fils de Mme Desbiens nettoyait soigneusement la cage et le personnel n'a élevé aucune protestation contre la présence de l'oiseau.Il a fait plus.La lettre du Dr Copti spécifiait: «Passez ce délai (de trois jours) le personnel des soins infirmiers a le mandat de procéder à leur enlèvement (des animaux, car une autre vieille dame avait une perruche).Le personnel ne bougea pas, considérant que les relations soignants-soignés allaient être brisées à tout jamais s'ils enlevaient le serin.Que voilà un personnel intelligent et humain! Aussi, le Dr Copti trouva tout simple de recourir aux bons offices de la Société protectrice des animaux.M.Desbiens avait offert de faire examiner le serin par un médecin vétérinaire.En vain.Le lendemain du départ du serin, Mme Desbiens pleura toute la journée.Entre ses deux lèvres paralysées passa un souffle où l'on entendit «.petit oiseau».La psittacose Dans le dictionnaire des termes techniques en médecine (Garnier et Delamare), je lis au mot «psittacose» maladie infectieuse transmi- se à l'homme par des perruches ou des perroquets qui en sont atteints.».Les personnes qui contractent cette maladie peuvent en mourir.Les serins n'ont rien à voir avec elle.Mme Desbiens avait son serin depuis sept mois.Si son oiseau avait recelé ce mal, elle aurait probablement été l'une des premières victimes, dans l'état où elle se trouve.Une autre dame à qui l'on a enlevé sa perruche ne s'alimente plus guère; elle est en chaise roulante.Elle marchait avant.Son état se détériore.Ces deux personnes ont perdu un être significatif pour elles, au plan affectif, elles qui avaient dû renoncer à tout ce qui faisait leur vie, avant d'entrer en établissement.Donc, c'est une mesure uniquement préventive que le Dr Copti a adoptée en interdisant la présence d animaux dans le centre.Mais on ne peut inférer de la définition de la psittacose que tous les perroquets et toutes les perruches en sont atteints.Beaucoup de gens, autour de nous, gardent de ces petites bêtes et personne n'en meurt.Une autre question: un médecin a-t-il la formation voulue pour poser un tel diagnostic?À la décharge du Dr Copti et de ses collègues, il faut mentionner qu'à l'automne dernier, un visiteur a eu la malencontreuse idée d'offrir en cadeau à un ou une bénéficiaire un rat ou un hamster.J'avoue que la seule vue de cette bête me hérisse et que d'autres pensionnaires pouvaient éprouver de la répulsion pour cette espèce.Le gros bon sens nous dicte aussi que l'on ne saurait permettre à chaque pensionnaire d'avoir son chat ou son chien dans sa chambre.Outre que de nombreuses personnes ont peur de ces «amis» de l'homme, l'hygiène ne pourrait que souffrir d'une telle présence.Mais un aquarium dans un petit salon, un poisson rouge dans un bol d'eau, un petit oiseau en cage, cela met de la vie et de la couleur.Il saute aux yeux également que le personnel, déjà surchargé, ne devrait pas voir sa tâche accrue par les soins dus à ces animaux.La famille ou des bénévoles peuvent assumer ce travail.Ailleurs.Au Centre d'accueil Robert Cliche, à la demande du Comité des bénéficiaires, on procède à la démarche inverse.On a acheté un serin, la Direction acceptant de se prêter à cette expérience-pilote.La succès fut immédiat.Le président du Comité, M.René Morin, me confie, au cours d'un entretien téléphonique: «Des personnes qui ne se déplaçaient jamais marchent pour venir admirer et entendre «notre» serin.C'est une sorte de physiothérapie! Les gens d'ici ont beaucoup d'amour à donner et ne savent à qui l'offrir.» Le serin deviendra un objet d'amour et il chantera pour ceux qui l'aiment.Le président de l'ACAQ (Association des centres d'accueil du Québec) me racontait: «Je sais un centre qui possède un chien.Évidemment, il ne va pas à l'intérieur du centre et c'est le personnel qui le nourrit.Mais, à tour de rôle, on demande à un pensionnaire de lui faire faire sa promenade quotidienne.Ils acceptent avec joie.Et c'est un excellent exercice.pour le bénéficiaire!» ?LE COURRIER fer S CO OC < o û LU < CO -J < \u2022UJ CO Q.\u2014 Avez-vous déjà mené une petite enquête sur le coût du loyer que les personnes âgées ont à débourser, chaque début du mois?Sillonnez le boulevard Gouin.est.Faites le tour des «résidences» touchant les limites de Montréal-Nord.Ce parcours vous révélerait peut-être de petites surprises.Autres sujets de réflexions: dans ces «résidences», les tapis mur à mur sont-ils aussi hygiéniques que sécuritaires?Pourquoi une maison à appartements qui se nomme du jour au lendemain «résidence» sans pour autant offrir plus de services, a-t-elie le droit de hausser le coût de ses loyers?Maison dorénavant réservée aux préretraités et retraités?Je ne me considère point grincheuse ni fautive.Mais occasionnellement, à la suite de ouï-dire, je me pose de multiples questions que je vous soumets d'ailleurs en toute confiance.R.C.R.\u2014 Vous posez, chère Madame, des questions fort pertinentes.Et il en est bien d'autres.J espère que vous reconnaîtrez votre lettre car je me rends à votre désir de ne point donner votre nom.Le tapis mur à mur.On glisse moins sur un tapis que sur un plancher verni.Quant à être hygié- nique.j'ai des doutes.Je pense qu'il assèche l'atmosphère et.à la longue, porte atteinte aux voies respiratoires.Il faut utiliser un humidificateur, surtout dans la chambre à coucher.Le coût des loyers.Il s'agit de «résidences» privées; leurs propriétaires n'ont qu'un but: faire de l'argent.Nous sommes dans le système de la concurrence et de la libre entreprise.Vous avez, vous ne l'ignorez sans doute pas, le droit de contester la hausse de votre loyer devant la Régie du logement.Vous allez répondre que c est beaucoup demander à des personnes âgées.C'est vrai, surtout quand on sait, comme la chose s'est déjà produite, que la Régie demande à une centaine de locataires de se présenter le même jour, à la même heure.pour finalement n'entendre que six plaignants! Ce groupe avait nolisé un autobus pour se rendre sur place.Il en a été pour ses frais.Les locataires de ces appartements devraient, certains l'ont déjà fait, se réunir en association, en bonne et due forme.Cette résistance, je l'ai vue s'organiser et.gagner! Non sans peine.La liberté dont les honnêtes gens jouissent, les chevaliers d'entreprises en profitent.Le terme «résidence».À ce que je sache, ce terme n'est défini par aucune loi.Cependant, longtemps, on l'a utilisé pour désigner des maisons de convalescence, genre pension.Aujourd nui, il sert à toutes les sauces.Aux bonnes comme aux mauvaises maisons.Il peut aussi désigner des centres d'accueil privés mais subventionnés ou des pavillons.À ce compte, il est difficile de s'y retrouver.Il faudrait que le gouvernement mette un peu d'ordre là-dedans.La tâche ne sera pas facile.Les services.Beaucoup de ces « résidences »off rent à leur clientèle des services particuliers visant surtout la sécurité.Ce n'est souvent qu'un appât.L'Office de la protection du consommateur ou, à défaut si ce n'est pas là ses oignons, le Conseil régional de ta Santé et des Services sociaux, devrait avoir un droit de regard sur cette publicité trompeuse.Je me demande aussi à quel âge on devient un préretraité?Ne le sommes-nous pas, en puissance, dès notre naissance?Ou dès que l'on commence à verser de l'argent à un régime de retraite?Il existe des associations de personnes âgées (comme la Fédération de I age d or du Québec, l'As-sociation québécoise pour la défense des retraités ou le Forum des citoyens âgés) qui pourraient vous aider.Une enquête comme celle que vous me proposez exige des moyens que je ne possède pas.J'ai maintes fois dénoncé les abus dont vous vous plaignez.Mais une personne seule, serait-elle journaliste, est fort démunie devant ce que feu M.Réal Caouette appelait «les requins de la finance».* * * Q.\u2014 J'ai 76 ans.Je crois que vous pourriez me conseiller.J'ai écrit une vingtaine de pages dactylographiées sur ma vie, de cinq ans à quinze ans.J'aimerais qu'une personne compétente comme vous lise mon travail et me donne son idée avant d'aller plus loin.Si vous acceptez, je vous posterai ces pages.Je sais que vous êtes bien occupée mais j'ose espérer que vous me rendrez ce service.C'est tellement important pour moi.Je vous remercie d'avance.Mme T.P.R.\u2014 C'est avec confusion que je réponds aujourd hui seulement à votre lettre qui date beaucoup mais que j'ai conservée.J espère que mon silence n'a pas découragé votre initiative.Comme vous le supposez, je suis débordée d'occupations les plus diverses.En téléphonant à une association de personnes âgées, comme la Fédération de I âge d'or (tél.: 374- 4700) ou le Forum des citoyens âgés (tél.: 937-7401) on pourrait peut-être vous trouver un ou une bénévole pour ce travail.J'ajoute que même si vous n'aviez personne, vous devriez continuer.C'est un excellent exercice que de libérer ses souvenirs.Vous me voyez navrée de ne pouvoir accéder à votre demande.* * * Q.\u2014 Venez donc voir un peu ce qui se passe dans notre coin à Cartierville?En faisant une marche, nous vîmes deux beaux lampadaires dans un petit coin discret.Pourquoi rien que deux?Qui demeure dans une de ces maisons?Et travaille sans doute pour la ville, département des lampadaires?Ces belles «bébel-les» qui font monter nos taxes et privent les autres d'abris nécessaires, comme vous l'écriviez le 11 juin 1983.Ça vaut le déplacement.Venez-y voir, le soir, vers neuf heures.Curieuse R.\u2014 Merci de vos bons mots à mon égard.Il semble bien que dans l'esprit du Maire de Montréal, les «bébelles» sont plus importantes que le confort du «troisième âge».Les abris aux arrêts d'autobus coûtent moins cher et sont moins spectaculaires.Monsieur le maire aime ce qui brille.ft .J énéralement «escabèche» décrit un hors-d'oeuvre froid de poisson mariné.Toutefois dans certaines îles antillaises sa présentation est tout à fait différente.Aimeriez-vous l'essayer?Pol Martin Salade du hussard, escabèche de perche et salade d'ananas frais 1.Salade du hussard (pour 4 personnes) Préparation de la sauce: 1 15 50 175 30 D 2) 3) 4) 5) jaune d'oeuf ml_ (1 c.à soupe) de moutarde de Dijon mL ('/- tasse) de vinaigre de vin mL (% tasse) d*huile d'olive mL (2 c.à soupe) de crème sure quelques gouttes de jus de citron sel et poivre Mettre le jaune d'oeuf dans un bol.Ajouter la moutarde; saler, poivrer et mélanger le tout.Ajouter le vinaigre et mélanger de nouveau.Ajouter l'huile, goutte à goutte, tout en mélangeant avec un fouet de cuisine.Assaisonner au goût.Arroser le tout de quelques gouttes de citron et ajouter la crème sûre; bien incorporer.Verser la sauce sur la salade et mélanger délicatement.Servir.Préparation de la salade: 1 paquet d'épinards lavés et asséchés 227 g (% livre) de haricots verts frais, lavés et cuits 2 oeufs durs coupés en rondelles tomates coupées en deux branche de céleri, émincée pommes de terre cuites avec la peau, pelées et coupées en tranches olives farcies asperges blanches pour la garniture Note: il faut bien laver les feuilles d'épinards pour en retirer toute la terre.Placer les feuilles d'épinards dans un bol à salade.Saler, poivrer.Ajouter tous les autres ingrédients; mélanger le tout.4) Ajouter la sauce.Servir.10 1 2 12 D 2) 3) 2.Escabèche de perche (pour 4 personnes) 4 gros filets de perche coupés en tronçons 30 mL (2 c.à soupe) d'huile 125 mL (Va tasse) de cassonade 2 mL (% c.à thé de clou de girofle 1 piment vert en julienne 1 piment rouge en julienne 20 champignons frais, en julienne 1 petit oignon en julienne 15 mL (1 c à soupe) de persil haché 50 mL (% tasse) d'eau sel et poivre 1) Faire chauffer l'huile dans une poêle à frire à feu moyen.Ajouter les tronçons de poisson et les faire cuire de 3 à 4 minutes de chaque côté.2) Ajouter tous les autres ingrédients et saler, poivrer; couvrir et faire cuire à feu doux de 5 à 6 minutes.3) Laisser refroidir et servir accompagnés de petits oignons marines.3.Salade d'ananas frais (pour 2 personnes) 1 1 1 1 45 30 50 D 2) 3) 4) 5) mL mL mL ananas frais, mûr et coupé en deux orange pelée et en sections pamplemousse pelé et en sections mandarine pelée et en sections (3 c.à soupe) de sucre (2 c.à soupe) de Cointreau ('4 tasse) de noix hachées A l'aide d'un couteau, retirer la partie centrale de l'ananas.Retirer la pulpe et la couper en gros dés.Mettre les dés d'ananas dans un bol, ajouter tous les autres fruits; mélanger le tout.Ajouter le sucre, le Cointreau et bien mélanger.Remettre le mélange dans les demi-ananas et parsemer le tout de noix hachées.Servir. I Des livres pour tous les goûts et tous les budgets aux Editions La Presse.Collection 1Û10 La petite patrie Claude Jasmin La petite patrie, c'est la première, celle qui a abrité l'enfance.Claude Jasmin la décrit.160 pages KEKV2F roman- L'ciseau-chat! Hervé Fischer L'autoportrait le plus excitant et le plus révélateur que les Québécois ont jamais tracé d'eux-mêmes 288 pages Ore-vr Nos p'trtes joies d'autrtfoi$ Hector Grenon Une façon sympathique de nous remémorer notre passé et d'en être fiers ! 208 pages, 24 illustrations.2 photographies ( îillcsXoniuuMl m* rmnui ivusmdM \u2022 i «I »»illHltll Série 2000 Les Pecaerds G if/es Normand Un premier roman explosif de vérité humaine.208 pages Râcan I v niviit.iiu a.wn'k in : tai il-: HMikiii .(HIK IX>S i< «l'MMiajIMUl Série 2000 Dit Amour de papier fléjean Bonenfant Un amour fou.fou.fou.par personnages superposés 208 pages) MonWriK-Roy-daiïN lis vwx.i ii ks \u2022 (M m iktN ou nMimi Série 2000 Les Sangliers Monique Roy-Gans Une romancière, une mystérieuse visiteuse, un affrontement.Réalité ou fiction?208 pages IV;il-C.al«VllkiW*l MIA4K.V1 YKIM naïuui l> »l > » > .)l| I Série 2000 Lis cooueluches du Shack-a-farint Réal-Gabriel Bu/o/d Une fantaisie échevelée dans le pittoresque paysage gaspésien.192 pages CO cl < o 5 LU < CO \u2022UJ ce CO v*.->r*:c v I iidkm cixaswcur Collection 10/10 Un dieu chasseur Jean-Yves Soucy Un roman dune grande force, deux fois prime 224 pages Normand Roubm Im touiiiftèie Collection 10/10 La tourtière Normand Rousseau L'histoire d'une famille et de l'angoisse qu elle vit dans le voisinage inquiétant d'une tourbière 192 pages il ' - «w.I ¦ L'enfVouape Yves Beauchemin L'histoire d'un gars qui.devenu révolutionnaire maigre lui.se venge de la société en enlevant un député.C'est la crise d'octobre.260 pages ANDRÉ VACHER L'tte du Grizzly André Vacher L'histoire vécue d'une semaine d'effroi dans la région de Banff.200 pages ROGER LEMELIN Les Plouffe Roger L emelin Ce roman, qui a fait l objet d une série télévisée et d'un film grandiose, évoque chez nous des résonances toutes particulières 295 pages «> iali.ii .».- - .M * i :::.rz "]
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