La presse, 31 mars 1984, D. Arts et spectacles
[" ET SPECTACLES LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 31 MARS 1984 « y a des choses dans cette tête Il passe un peu midi, heure de Londres.Quelques jours avant son départ pour Montréal, Boy George es! au bureau de sa compagnie de dis ques, les pieds sur sa table de travail, en ligne avec l'Amérique.Il parle à des journalistes.Mais il le fait à contre-coeur et le laisse clairement voir.Un représentant à New-York lui a «tordu le bras».Car le jeune homme de 22 ans ( oui, c'est un jeune homme! ), adulé par des millions de jeunes à travers le monde, propulsé au sommet de la gloire rock nouvelle vague avec son groupe fameux Culture Club, n'affectionne pas particulièrement les journalistes, c'est le moins qu'on puisse dire, même s'il doit reconnaître que sans eux il n'aurait pas vendu des millions de disques et vu sa tète sur la couverture d'à peu près tous les grands magazines pops.Et quelle tête! «La plupart des chroniqueurs de musique ne sont rien de plus que des musiciens frustrés, affirme-t-il sans ambages, de même que la plupart des journalistes ordinaires ne sont rien de plus que des romanciers frustres.C'est cette frustration qui explique qu'ils éprouvent tant de plaisir à démolir tout le monde.On déteste toujours ce qu'on ne peut avoir, n'est ce pas?» Boy George dit avoir vite appris à faire fi de la critique, bonne ou mauvaise.«Les critiques des chroniqueurs de disques ne traversent plus le parapluie de mon indifférence, affirme-t-il.Elles ne m'intéressent tout simplement pas depuis que je connais le succès.» Arrogance ?Présomption ?«J'ai toujours été détestable, systématiquement détestable, depuis le temps où j'allais à l'école, raconte t-il sans le moindre signe de contrition.C'est un peu ce qui explique mon succès.Je sais qui je suis et je sais où je m'en vais.J'estime que, quand vous respecte/ les autres, le reste est sans importance, quand vous faites ce qui vous semble bien pour vous, sans pour autant marcher sur la tête des autres, alors vous n'avez rien à craindre.» Le roi du rock nouveau soutient encore qu'il ne fait jamais rien à la légère.«II y a des choses dans cette tête-là, insiste-t-il.Il y a des idées, des pensées.Ce n'est pas une tète vide que j'ai là.Je réfléchis toujours avant d'agir.Je me tais quelquefois manipuler par la presse (les tabloïds britanniques,), c'est vrai, mais moi aussi je la fais danser cette presse, avoue-t-il.Si vous refusez une entrevue à tel journal, il se mettra peut-.\"ire à déterrer votre passe et à vous éclabousser.Mais si vous êtes for*, vous résisterez et sortirez grandi.» Boy George, de son vrai nom George Alan O'Dowd, ne ie M juin 19K1, est le troisième fils d'une famille catholique irlandaise de six enfants.À peine avait-il atteint l'adolescence qu'il était déjà un mordu du rock n'roll plus particulièrement le shim-rock de David Bowie et Marc Bolan, du genre plutôt romantique, vaporeux, dont les interprètes mâles ne se reclamaient pas nécessairement du sexe d'Adam.Vers l'âge de 16 ans, il quitta le foyer paternel et + passa d'un emploi à l'autre, tel un papillon butinant de fleur en fleur ( commis dans un magasin de vêtements, maquilleur pour la Royal Shakespeare Company, etc.) et semant aux quatre vents, pour se procurer toilettes et fards, le fruit de son labeur.Parfois, lui et ses compagnons faisaient leurs tournées du soir vêtus des plus étranges atours : costumes de religieuses, de pirates et même de geishas.Bientôt, George et consorts (y compris un jeune homme du nom de Marilyn qui a maintenant sa propre entreprise de disques) étaient devenus la grande attraction du très spécial New Romantic Club de Londres, rivalisant avec les Sex Pistols et se gavant de publicité.Les amateurs voient dans Boy George plus que le fard et les toilettes: Ils y voient le musicien.Pour emprunter leur expression, «il y a de la viande là-dedans».C'est, disent-ils, un merveilleux mélange de la musique noire des années 60, de la musique des Beatle, de R&B, etc.Et le virus n'épargne personne : tous n'en meurent pas, mais tous en sont atteints, ou presque.PAGED 12 SANDRINE BONNAIRE Le cinéma, la vie et Pialat Dix-sept ans.Un sourire de Joconde.Belle à croquer.C'est Sandrine Bonnaire, la découverte de l'année en France.Dans À nos amours qui vient de prendre l'affiche, elle est Suzanne, une adolescente venant d'un milieu familial en pleine crise.Pour s'évader, se raccrocher, elle couche avec tous les garçons qu'elle rencontre.Le film a beaucoup fait jaser.La fille aussi.LUC PERREAULT_ Je l'ai là, devant les yeux à sa sortie de l'avion, tard dans la soirée.Dix heures de vol, un détour par New York, n'ont pas entamé sa fraîcheur.À ses côtés, Dominique Besnehard.Il interprète le rôle de Robert dans le film, le frère de Suzanne.Comédien un peu par hasard.En réalité, il est directeur de casting.On lui doit ces gueules incroyaoles de truands dans Diva, vous vous souvenez?Sandrine me raconte sa première rencontre avec le metteur en scène Maurice Pialat.D'abord, une petite annonce parue dans France Soir qui attire l'attention de sa soeur ainée, Lydie.On demandait des figurants pour un film.Il s'adonne que San- Photo Pi«rr» Côté drine a cinq soeurs et cinq frères.(Et on viendra dire ensuite que la France se dépeuple.) Elle et Lydie avaient déjà fait de la figuration.Elles se sont donc pointées à l'adresse indiquée.La première image qu'elle garde de Pialat?Il est là, dans son bureau, faisant des mots croisés.Ensuite, il est venu leur expliquer brièvement le scénario.Mais tout s'est passé finalement avec son assistant.Ce dernier les a convoquées pour d'autres essais vidéo.Trois semaines plus tard, il lui apprenait qu'elle avait décroché le rôle principal.Elle avoue n'être jamais passée par une école dramatique.«Prendre des cours, je ne sais pas en quoi ça consiste.Pour l'instant, je préfère pas parce que, pour moi, un acteur n'a pas besoin d'apprendre à jouer.» Puis, après un instant de réflexion, elle concède: « Peut-être pour la technique.» Mais elle n'a pas envie de penser à ça.Un génie, un fou Dominique Besnehard parle de la conception que Pialat se fait des acteurs.«Dès que les comédiens font théâtral, dit-il, il panique.Je ne veux plus faire de casting pour lui parce que c'est trop compliqué.Chercher une actrice principale par une annonce dans la presse, ça ne se fait jamais.Lui, ce qu'il veut, ce sont des acteurs vrais.Il est contre le système des cours parce que ça les déforme.Il veut une vérité.Maurice est un cinéaste à part par sa façon de travailler.Avec Maurice, il n'y a pas de travail d'acteur.Il mélan- PAGED 11 Photo Pi««T« McCann MICHEL LONGTIN, COMPOSITEUR «J'ai besoin d'un scénario»» Une commande d'oeuvre : le rêve de tout compositeur.Beaucoup passent leur vie à en attendre.Pour d'autres, cela vient une fois, peut-être deux.CLAUDE OINORAS Michel Longtin peut se considérer chanceux : en quelques mois, il a reçu trois commandes.L'Orchestre des Jeunes du Qué- bec créera sa Lettre d'Etienne à Jacques vendredi soir, sous la direction de Uri Mayer, au Hedpath Hall de l'université McGill.Le Festival international de Toronto lui i aussi demande une oeuvre, que .Serge Garant et l'Ensemble de la Société de Musique contemporaine du Québec présenteront au public de la Ville-Reine le 25 juin.Enfin, Charles Dutoit, lors PAGE D 6 5 BRISÉES PAR L'INDIFFERENCE à 15 ans ELLES ONT ENTERRÉ LEURS RÊVES ce l V un film de MICHELINE LANCTÛT r avec PASCALE BUSSIÈRES MARCIA PILOTE PIERRE f AUTEUX \u2022 KLIMENT DENTCHEV MARC GEL IN AS \u2022 PAULINE LAPCHNTE 14 ANS le OAUPHin BEAUBIEN PRES D IBERVILLE 721-6060 D 2 LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 31 MARS 1984 IJTTÉRATURE AU PLAISIR DE LIRE Les bons romans se ressemblent; ils ont les yeux bleus Déjà qu'en avril, il ne faut pas se découvrir d'un fil; mais le mois de mars est à prendre avec des pincettes.On se souvient encore de la tempête du siècle, il y a quelques années, un 4 mars, avec les skidoos dans les mes de Montréal?Ce fut homérique.Et cette année, que de neige et de froid! Là, j'apprécie les livres qui nous emmènent loin et nous égarent.Fut-ce en d'autres pays froids.Je pense à ce roman de Beryl Bainbridge, intitulé Le jardin d'hiver, qui raconte la sombre histoire d'un certain Douglas, parti à la pèche en Ecosse (c'est ce qu'il dit à sa femme) et qui se retrouve à Moscou.Avec la belle Nina.Oh là, là, encore des histoires de cocuage.Mais non, c'est plus que ça.et mieux.Ça n'arrête pas d'être gentiment moqueur.Je pense aussi au chef-d'oeuvre d'Eric Ambler: Le masque de Di-mitrios.Lui.il nous transporte de Turquie à Paris, en passant par la Grèce et la Bulgarie, en 1939.C'est un livre d'action, policier, espionnage, bref: un thriller, comme on dit.Mais 11 ne faut pas s'y tromper.C'est aussi et surtout l'un des très grands romans d'Ambler, probablement son meilleur, et reconnu comme tel par Hitchcock, lan Fleming (voilà pour les spécialistes du suspense) ainsi que par de grands écrivains, comme Graham Greene.Avec cette histoire d'enquête sur un mort \u2014 le fameux Dimitrios \u2014 nous allons oublier l'hiver, le mois, l'année, et même d'arroser les plantes vertes et de donner la pâtée à la chatte Héloïse qui.naturellement, va crier qu'on l'affame.Ir racontable, l'histoire, naturellement: il y a des suspenses à chaque chapitre! Plaisir garanti.Et puis, si l'on ne connaît pas Ambler, qui fut l'un des meilleurs écrivains anglais d'avant-guerre et d'après-guerre, qui écrivit une quinzaine de livres et de scénarios de films, tous plus forts les uns que les autres.alors c'est l'occasion On annonce au Seuil que l'on va éditer presque toute son oeuvre.Je l'espère.Je l'attends.J'en reparlerai sûrement.Ambler, c'est quelqu'un.De l'importance de la météorologie sur notre psyché.J'y crois.On se suicide davantage en hiver.On se déprime en décembre.On trouve tout le monde bête en mars \u2014 si mars est mauvais \u2014 et les enfants sont charmants en juillet, en vacances.L'histoire ne dit pas quel mois de l'année, et par quel climat, on s'extrait de cet enfer moderne qui s'appelle une dépression.Il faudrait demander cela à Michèle ManceauA.¦ Michèle Manceaux est journaliste.Durant des années, nous avons pu lire ses articles, ses enquêtes, ses reportages dans bon nombre de revues françaises.Et ses romans; je ne sais plus combien elle en écrivit, le terme «roman» étant particulièrement flou depuis quelques années.Il y eut en particulier, Pourquoi pas Venise et Anonymus.Mais il y eut aussi, et surtout, cette trop fameuse dépression, étrange chose qui vous saisit soudain, la petite bête qui monte, qui monte et vous rend malade durant des mois, voire des années.Madame Manceaux vécut sa dépression, s'en tira tant bien que mal et se remit à écrire.«Le monde, dit-elle, en tenaille entre deux fléaux: l'angoisse et la faim».Que pouvait-elle faire d'autre, qu'écrire?Nous allons sur la lancée, sur l'erré de ce que nous sommes.Mais l'écriture d'après dépression est autre; plus douce, dirait-on; plus vraie semble til; plus profonde?Le dernier livre de Michèle Manceaux, intitulé Brèves, serait à rapprocher du dernier né de Michèle Mailhot, dont Monsieur Reginald Martel nous entretint, ici même.(J'écris «Monsieur» pour le faire sourire, en le parodiant.Car, vous l'aurez remarqué, il a cette élégance de donner du Monsieur et du Madame aux vivants, et du prénom aux morts, c'est excellent).Une brève, pour les journalistes, c'est une note de quelques lignes.C'est dire le format de chacun des paragraphes.Et, encore là, quoi de plus simple, de plus nerveux et direct que cette suite de «brèves» pour nous mettre en transes, en osmose avec l'auteur et avec l'histoire qu'elle raconte?Car il y a une histoire, et même plusieurs qui valent bien trois romans: une vie de Française intellectuelle et blessée, tendresse, chaleur; un voyage en Italie, puis à Vienne; et une fuite en Afrique, dont on reviendra, dans tous les sens du mot, 'lorsqu'on aura compris qu'il est des ailleurs impossibles: très belles images de ce qui est le mythe africain, aussi horrible que le mythe français.Un livre à prendre et à laisser, à boire et à manger; un livre qui est une émotion en arpèges de brèves.Allons voir dehors, tout de même, s'il fait beau.Eh non, les bourgeons sont fermés comme des moules.Pas une raison pour se déprimer.Lisons.Beryl Bainbridge: LE JARDIN D'HIVER, roman, 212 poges.Éditions Flammarion, Paris, 1983.Eric Ambler: LE MASQUE DE DIMITRIOS, roman, 217 pages.Éditions Points-Roman, Le Seuil, Paris, 1984.Michèle Manceaux: BRÈVES, journal, 284 pages.Éditions du Seuil, Paris, 1984.I ROMAN POLICIER Un auteur à découvrir La traduction et l'édition en livre de poche nous offrent le plaisir de découvrir, quinze ans après sa mort, Giorgio Scerba-nenço, cet auteur « italien mitigé » \u2014 né à Kiev de père ukrainien \u2014 dont une des oeuvres au moins, Vénus privée, est connue des cinéphiles qui ont vu son adaptation à l'écran dans Cran d'arrêt (Yves Boisset).ETTE ROBERGE Trois romans de Scerbanenco nous arrivent en même temps, de L'Union générale d'Editions : Venus privée, À tous les râteliers (Grand prix de littérature policière 1968), et les Enfants du massacre, ce dernier considéré à ju$e titre comme le chef-d'œuvre de l'auteur.Véritable machine à raconter des histoires, Scerbanenco a produit une incroyable quantité de romans, nouvelles, scénarios de films et d'émissions policières pour la télévision italienne, sans compter ses récits de science-fiction.Mais ses histoires les meilleures, s'il faut en croire le publie et la critique italienne, soitf celles de la série des ¦ Duca Lamberti», son héros très spécial.succès de cette série tient en effet en bonne partie à la qualité particulière de son héros, le Dr Duca Lamberti, qui est à l'auteur ce que Maigret et Poirot sont à POUR LES ENFANTS qui vous savez.La comparaison s'arrête là.Il ne faut vraiment pas chercher dans le Lamberti de Scerbanenco un Maigret ou un Poirot apprêtés à la sauce milanaise.Devenu policier ( comme l'avait été son père) à la suite d'un curieux concours de circonstances, après avoir été radié plutôt inconsidérément de l'Ordre des médecins et avoir purgé trois ans de prison pour le rôle qu'il a tenu dans une affaire d'euthanasie, Duca Lamberti enquête.Italien d'aujourd'hui, trente-cinq ans, grand, maigre, visage anguleux, cheveu dru, l'homme est sensible et généreux, capable aussi de superbes colères froides.Comme toutes les oeuvres produites par Scerbanenco durant les dix dernières anrées de sa vie, les trois romans dont il est question ici sont noirs, plus noirs que noirs, même dans l'humour.D'une rare densité et d'une violence aussi déconcertante que fascinante.Scerbanenco y prouve quel talent de conteur, quel esprit inventif, quel solide métier il possède.En véritable artiste du suspense, il refuse au lecteur la possibilité d'en interrompre la lecture avant le point final, et d'en exorciser les personnages de son esprit pendant longtemps.Dans Vénus privée, à lire de préférence en premier si on veut Une histoire d'eau Leurs parents ont le talent de n'être jamais là.Rien n'empêche donc les trois héros, l'intrépide Berri Paladin, My-riam Stramgram la blondinette futée et Albin Dionne, le mangeur de réglisse, de partir à l'aventure.En réalité, c'est l'aventure quiles entraine.L'oncle de Berri, le savant professeur Aiguille, a invente un moteur qui fonctionne à l'eau minérale.On le lui vole, évidemment, car il menace l'industrie pétrolière.Les jeunes héros récoltent Des blfus et des bosses, mais ils démasquent tous les méchants qui se trouvent sur leur chemin.Ils foreront même un sinistre mil- lionnaire, embouteilleur d'eau minérale, à céder son entreprise aux travailleurs.On les accompagne en souriant dans les coulisses de la télévision publique où on reconnaît, à peine déguisées, ies vedettes de l'information.L'histoire n'est pas trop invraisemblable (un peu, quand même!), elle est bien menée, sans longueurs.Et écrite dans une langue simple, claire, avec les mots d'ici.Le roman de Denis Desjardins fait partie d'une nouvelle collection des éditions Québec/Amérique, Jeunesse/Romans, que dirige Raymond Plante.R.M.livr-escomptes 200 000 $ SOLDES \u2022 LIQUIDATION Des livres, des milliers de livres, des bandes dessinées, des romans, des livres de recettes, des livres protiques, ésotérisme, biographies, livres d'enfants et bien d'autres.Tous les livres sont vendus à escompte et des cen- taines jusqu'à de rabais BOULE ET BILL choix de 19 albums -pn* vugg 6 95$ MARCHÉ du suivre révolution du héros et saisir les références inscrites dans les deux autres romans, le Dr Duca Lamberti, frais émoulu de prison, se voit confier la surveillance et l'éventuelle thérapie d'un jeune alcoolique, David Au seri, fils de milliardaire.Depuis un an, le jeune homme s'isole, noyant dans l'alcool un obscur chagrin.A partir des quelques confidences fort habilement arrachées à son protégé, Lamberti fait sa petite enquête, en marge de la police officielle, sur le mystérieux suicide d'une jeune femme, auquel David semble mêlé.Et voilà le détective amateur plongé, tète première, dans une histoire infecte.\u2022 À tous les râteliers est une autre affaire sordide dans laquelle Lamberti se trouve propulsé par un étrange contrat : un homme infiniment antipathique vient proposer au médecin radié de recoudre le pucelage d'une amie fiancée À un jaloux coléreux, contre un million de lires et la promesse de sa réintégration dans les rangs des médecins orthodoxes.Lamberti surmonte sa répugnance, mais il n'a encore rien vu! Ce qu'il va découvrir l'obligera bientôt à réprimer une terrible nausée.Les Enfants du massacre, comme les deux premiers romans, situe l'action dans le Mila-no nera ( Milan noire).Lamberti, dont les talents de limier ont finalement été reconnus par la police officielle milanaise, la Questure, dirige l'enquête aussi difficile que pénible, nécessitée par le massacre horrible d'une jeune institutrice du cours du soir par ses élèves, onze adolescents délinquants en récupération académique et sociale.La difficulté vient du fait que pas un des gaillards n'accepte de dire ce qui s'est passé dans la classe, ce soir-là.La version unanime : «C'est pas moi, c'est les autres! ¦ La loi du silence, l'Omerta.Il faudra que Lamberti déploie des trésors d'ingéniosité et de compréhension pour découvrir enfin l'effroyable vérité.Trois romans noirs, profondément humains dans l'horreur, mais où persiste cependant un doute sur la méchanceté foncière des êtres, un doute qui n'est pas loin de l'espoir.BANDE DESSINÉE Parlez-moi d'horreur La chasse aux sorcières est déjà commencée.Les U.S.A.sont ébranlés par les révélations du Sénateur du Wisconsin Joseph McCarthy.Tout est suspect.De nombreuses industries et organismes disparaissent.Les listes noires, les dénonciations et les lynchages se multiplient.On purifie, on blanchit, on américanise.Nous sommes en 1954.GILLES RACETTE collaboration spéciale Le tirage annuel global des comic books, constitué en majorité de «Crime Comic Books ».dépasse les 60 millions.Il y a du crime, de l'horreur et de la terreur là-dedans et tout ça c'est sale.On cherche le vilain.On le trouve.Il s'appelle William M.Gaines.Sa compagnie c'est la B.C., pour -Entertaining Comics».Deux lettres magiques pour les amateurs de bandes dessinées.Ses collaborateurs sont parmi les artistes les plus talentueux de la bande dessinée américaine.Des noms?Al Feldstein, Graham Ingels, Wallace Wood, Joe Orlando, Jack Kamen, Jack Davis, Al Williamson, Frank Frazetta, Berni Krigstein.Tous mystiques, sans exception.Les E.C.comics se veulent d'abord une illustration des littératures fantastique et de S.F.classiques d'après des thèmes d'Edgar Poe, de Sheridan le Fanu, de Mary* Shelly, de Ray Bradbury et évoquent les films d'horreur d'allure expressionniste des années 30.Puis on y développe un ton typiquement E.C.qui se caractérise d'abord par sa très haute qualité graphique.On ne veut plus alors du héros qu'on est obligé de traîner dun comic book à l'autre et qu'on ne peut jamais faire mourir.On bâtit les scénarios sur le modèle de la la nouvelle avec sa chute inattendue et poignante.L'humour est noir foncé.Il y a du sang, pouah! Beaucoup de sang.Et de la bave.Toutes sortes d'armes.Des monstres.Et des enfants qui mangent leurs parents méchants.Mais tout cela n'est pas bien.Alors, des articles se mettent à fustiger les comic books: «On tue à chaque page», «Les Crime Comic Books et la jeunesse américaine», «Poison sans paroles».Le Dr Frederic Wertham, un psychia tre désormais célèbre, fait paraître Seduction of the Innocent qui dénonce les effets dévastateurs des comic books sur les enfants.Ça a l'effet d'une bombe.Les \u2022 Mothers of America» entrent dans la danse (elles se mettront plus tard à surveiller les tabagies pour vérifier les nouvelles parutions).Enfin, tout cela aboutit au Sénat américain qui met sur pied un sous-comité d'enquête sur la délinquence juvénile devant lequel comparaîtront M.Gaines ainsi que l'Honorable E.D.Fui-ton, membre de la Chambre des Communes du Canada.A la fin de l'année 1954 était adopté par un ensemble d'éditeurs le «Comic Code Authority* avec son chapelet de restrictions concernant le respect de l'autorité, la nudité, les postures, le Bien et le Mal, la religion, les préjugés raciaux, le langage, la famille, le mariage, le divorce, les vêtements, la publicité, .'affabula tion, les personnages.Dans la trilogie Amour-Mort-Liberté on n'avait vu que Sexe-Violence-Anarchie.On se mit à condamner arbitrairement sans faire la preuve de l'illégalité.En voulant sauver l'industrie du comic book c'est la disparition de plusieurs compagnies, dont la E.C, qu'on avait réussi à obtenir.Mais lisez plutôt les trois anthologies dont je devais vous parler, histoire de vous faire une petite idée là-dessus: ANTHOLOGIES E.C: LES MEILLEURES HISTOIRES DE TERREUR (Vol.1), LES MEILLEURES HISTOIRES DE SCIENCE-FICTION (Vol.1), LES MEILLEURES HISTOIRES DE SUSPENSE (Vol.1).Coll.Xanadu, Les Humanoïdes Associés.Respectivement 118, 119 et 118 pages.'4.: t LA TECHNOLOGIE MAHÂRISHI DU CHAMP UNIFIÉ \u2022 Développer son génie créateur ¦ \u2022 Renverser le processus de vieillissement MAHAKSHIMAHESH YOGI CONFÉRENCE D'INFORMATION à Métrât, twn kt iMMohii tt wmnËà wlmiMIM S'odretserouc«rirr»deM.r.Entrée Nbr* 1344, rit SbffWttkitst t«».59l-7tt3«aS4921 Achetons livres, disques (longs-jeux), cassettes Nous faisons la cueillette pour les quantités importantes.Ouvert le dimanche ( 13 h à 17 h.h'IDEFIK' LIVRES, DISQUES USAGES 6381.Pfaza Saint-Hubert Montreal Tel.: 495-4575 Séance de signature Venez rencontrer la célèbre romancière Flora Groult le jeudi 5 avril entre midi et 13h.ii J6 fit *i Librairie emarc L'ÉCHANGE ACHETE ET VEND AU MEILLEUR PRIX LIVRES, DISQUES ET CASSETTES USAGES! ET .QUALITE 3694 SAINT-DENIS 3850 WELLINGTON MONTREAL VERDUN MTNrj VtfMMOOKl 8491913 Mrrno n | turn 7617457 iMftMf U OMAMCMI i PAS D'ACHAT LE DIMANCHE)! DIMANCHE Visitez nos 4 salles de livres et profitez de nos ventes spéciales du dimanche.LIVRES 50,000 LIVRES NEUFS ET USAGÉS 50.000 titres différents réduits de IV /O VENTE et ACHAT ÉCHANGE.LOCATION 40% .75% LIVRE OUVERT DIMANCHE Centre Laval de 12h00 a 18h00 Grand Marche Rive Sud de 1 OhOO a 1 7h00 LA °RESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 31 MARS 1984 LÎTTÉRATURE D 3 LES SOUVENIRS DE ROGER FOURNIER Pour émotion et pour demain Dans les Sirène* du Saint-Laurent, il ne faut pas s'attendre a voir évoluer les mystérieuses déesses marines: elles n'apparaissent qu'en titre; le fleuve lui même est une chose proche mais étrangère, qu'on regarde seulement depuis les hauteurs de Saint-Anaclet, un peu à Test de Rimouski.C'est le village d'origine du romancier Roger Fournier, qu'il n'a jamais vraiment quitté, car on n'oublie pas le pays du coeur.À vue de mer, agriculture et foresterie sont pourtant les seules industries d'un lieu où on semble être depuis toujours, venu ni par terre ni par eau, mais par quelque insondable dessein divin.REGINALD MARTEL L'auteur reconnaît dès le prologue de son livre qu'il a voulu se faire plaisir: «Retourner en arrière est une aventure aussi périlleuse que de s'élancer vers l'avenir.Pourtant je n'ai pas pu résister à la tentation.» Il a bien fait.On dira peut-être que ces souvenirs, qui vont des années trente à 1950, ne font pas avancer la littérature québécoise ou la littérature tout court.Sans doute, mais pourquoi cette obsession?Les écrivains écrivent ce qu'ils veulent, hier, aujourd'hui ou demain, et dans cent ans on ne saura dater les oeuvres qu'à peu près.On n'a qu'une vie et son âge, et ce que raconte Roger Pournier avec une belle ferveur, personne bientôt ne le fera plus.Pour les enfants d'aujourd'hui, l'auteur, qui aura cette année cinquante cinq ans, doit ressembler à un revenant, ou à quelque ancêtre égaré dans le présent: c'est que les choses ont changé, sinon la vie; ils comprendront à peine, ou pas du tout, que des contemporains aient pu vivre une époque ou tout était dur mais simple, où la pauvreté ne provoquait que de bien timides révoltes, où la durée seule paraissait donner son sens à l'existence.\"m ÇC1 Roger Fournier: l'enfant d'hier.Deux douzaines de chapitres, qu'on appelle «récits en forme de cercle» \u2014 un cercle que la mort referme \u2014 , constituent l'ouvrage.L'auteur aurait pu choisir la structure romanesque, il a préféré ajouter les uns aux autres des tableaux, natures mortes \u2014 et vivantes! \u2014.scènes de la vie quotidienne, esquisses de paysages intérieurs.L'ensemble, d'intérêt inégal, se tient tout de même.Roger Fournier, dont les personnages de romans ont une psychologie assez rudimentaire, a évité pour une fois un risque fatal.Voici donc des souvenirs en forme de contes.assez universels pour que tout lecteur y greffe à sa guise, s'il en a, ses propres expériences de la vie rurale.La mémoire de l'enfance L'auteur n'a pas tenté d'atténuer le côté autobiographique de son livre; le conteur d'aujourd'hui et l'enfant d'hier sont bien la même personne.Le premier regarde grandir le second avec une complaisance toute naturelle, mais l'enfant n'est pas pour autant un héros.Il occupe la place qu'on peut occuper, je suppose, dans une famille de treize anfants.L'héroïsme n'est pas absent mais inconscient, c'est celui d'une mère et d'un père totalement dévoués aux leurs, occupés sans relâche à leur assurer l'affection bourrue qui prédispose au bonheur, occupés à gagner le pain quotidien.Gagner le pain, c'est peu dire.La société, la famille même qu'évoque le conteur sont autarciques.Alice fait le pain elle-même, avec le blé que Florian a semé et récolté.On ira tout juste chez le meunier du voisinage pour moudre la céréale.De même, les moutons, le porc ou les bovins fourniront les vêtements, les chaussures, la nourriture et le travail.Toute la vie s'organise autour des travaux de la ferme, selon le rythme des saisons.La conscience de la pauvreté est absente chez l'enfant, qui n'aspire qu'à prendre un jour la succession du père, bâtir maison et choisir femme, faire des enfants et cultiver la terre.Cette vision presque idyllique serait invraisemblable si elle n'était le fait d'un enfant.Un enfant avec qui nous découvrons le monde, depuis la maison d'abord et jusqu'à la ville voisine qui est le bout du monde, à mesure que l'âge permet une plus grande autonomie, encore que la croissance apporte surtout, en même temps que la iorce musculaire, des tâches plus dures et plus prestigieuses.Faire enfin ce qu'a fait le grand-père, ce que fait encore le père, c'est affirmer son passage de l'enfance à l'âge adulte, c'est assurer dans la famille son statut et son pouvoir, c'est assumer la défi fondamental de la continuité.Des mots pour venger Le point de vue de l'adulte s'insinue heureusement dans celui de l'enfant.Malgré l'infini respect que lui inspirent ses parents, Roger Pournier n'ignore pas leur dépendance extrême vis à vis de la nature, leur condition objective de prolétaires ruraux.Puisque le rêve parait interdit, faute d'imagination et surtout de loisirs, l'auteur se plait à suggérer que le désir et le plaisir existent, même si la culture interdit qu'on les manifeste.Il faut deviner la tendresse elle-même, puisque les gestes sont depuis longtemps condamnés par les intermédiaires dune puissance divine passablement ombrageuse La mère sera au moins vengée par les mots -N'ayant pas d'autre < noix que d'obéir aux lois de la nafure et à la morale alors en cours, ma mere donna la vie jusqu'au jour où elle avait ruiné la sienne.» Roger Pournier n'oublie pas de reprendre son refrain favori, sans guère l'approfondir.La nature, comme négation de la culture, lui inspire un discours passionné, pantheist.', avec allusions à la clef aux mythes de l'Antiquité.!.puissances de la ter re et du ciel, dans une sorte de mysticisme païen, viennent éveiller dans l'âme »\u2022: le < »rps de l'enfant une très vaste et très puissante mensualité.Les scènes les plus violentes de la vie sur la ferme, alors qu'on castre ou qu'on tue les bêtes, celles aussi des chantiers en forêt inspirent au narrateur un interprétation un peu rapide: «.ils participaient à cette mise à nu de la chair ligneuse, defloration non seulement impunie mais qui les mettait en contact avec les sources vitales sécrétées par le coeur de la terre.» Les descriptions de la vie professionnelle et sociale sont de meilleure venue L enfant est fasciné par la diversité des travaux de la ferme et des chapitres sont consacrés aux semences, au temps des foins, à la tonte des moutons, aux boucheries ou aux sucres; aux mariages, aux obsèques ou iux soirées d'hiver; à la fabrication du pain et du beurre, à la lessive ou à la culture du lin.Même si la mécanique des instruments artisanaux n'est pas toujours simple à corn prendre, il y a dans ces pages une saveur ethnographique agréable Kt surtour, une totale sincérité.Il y a aussi une bonne quinzaine d'erreurs typographiques.Roger Fournier: LES SIRÈNES DU SAINT-LAURENT, 248 pages Collection L Echiquier.Editions Primeur, Montréal, 1984.14.95$ r r i \u20229 i .«\u2022 l amour ©m y Une comédie romantique de Guy Fournier «Cinq comédiens s'amusent sur la scène Ce «drame» attire les foules.qui ne veulent pas se casser la tête.Ce succès tient naturellement à la drôlerie assez soutenue du texte».(Jean-Pierre Bonhomme\u2014 LA PRESSE) 2e PROLONGATION 16-17-18-19 MAI 20hOO théâtre denise-pelleMer de Michel TREMBLAY Direction artistique: Jean-Luc Bastien présente 1450.*W-C*tt*rtr* Mi Tick**** TéhMn» Un» production MM./»*)* ft 31 » 521-4*50 asaiMrtftft* La Manufacture présente de MARCO MICONE i il h m avec France Desjarlais.Oiane Lavaiiee Guy Thauvette.Alain Zouvi mise en scene: Lorraine Pintal scénographie: Claude Pelletier _ à l'affiche du mardi au dimanche, 20 h 30 PROLONGATION jusqu'au 21 AVRIL LA LICORNE 2075, boul.St-Laurent métro St-Laurent Rens 843-4166 Cuisine jusqu'à In a.m.Qar jusqu'à 3h a.m.a retenir!» F«ndoe GrimaW car Bonjour MARIONNETTES Pour enfant*.3 a 8 ans us trois rms cochons Sam., dim., 14 h Rci 843-4314 CAFE-THEATRE QUARTIER LATIN 4303, rue Saint-Denis Metro Mont-Royal mise en scène de ANDRÉ BRASSARD Avec NICOLE LEBLANC, LOUISETTE DUSSAULT.Josée Beaulieu.Anne M^ne Ca\"dieux Anne Caron.Angele Coutu.Chrystiane Drolet.Diane Dubeau Marie-Hélène Gagnon.Hedwige Herbiet.Decor: Claude Goyette Francine Lesperance.Adèle Reinhardt.Costumes Francois Barbeau Monique Rioux.Mariette Theberge.Eclairages Pierre Labonte Marthe Turgeon.Regie: Lou Fortier Une coproduction de la N.CT et du\"The£tre français du C N A en collaboration avec le T B.C _i_-___-1\u2014 LES JEUDIS, VENDREDIS ET SAMEDIS.20h 30 AU 4353 EST STE CATHERINE.MTL.HIV 1Y2 or-Q QQ7/1 RESERVATIONS TELEPHONIQUES ACCEPTEES £.DOmO& i H LIBRAIRIE KEBUK LIVRES DISQUES NEUFS ET D'OCCASION ACHAT ET ÉCHANGE (ow meilleur prix) 50% de réduction (livre* d'occasion) HEURES D'OUVERTURE du lundi ow vendredi 0> lOhaîlh Somtdidt lOha )7h OirwKhtdt 12ho Ile 842-6971 2048 ST-DENIS LIBRE-SERVICE DE PHOTOCOPIE Qualité supérieure « 5 FORMATS 8 .» * i i '«i\t.\t\u2022 \u2022 RÊOUCTION et AGRANDISSEMENT (66'« tt 125*) 25« LES DIMANCHES APRÈS MIDI 1 \" AVRIL 1984 A 14 HEURES Mifto en scène: Alain Fournier Decor et costume* Mario Bouchard Avec: Michelle Allen, Diane BlancheHe, Marie Dupont, Suiy Marinier, Mireille Thibault Dernière ce soir, 20 h 30 Salle de L'Eskabel, 1237 Sanguine! RÉSERVATIONS: 849-7164 =^ MARIONNETTES (pour enfants 4 ans et plus) \u2022\"SKffiSP GALERIE DE MARIONNETTES «u Roi 6.Nav»iiand#e eececiuoo^non DU THÉÂTRE DE LAVANT-PAYS B3BB i ii Jm 550 ATWATER.Metro L.onel-Groulx JÉMBffifflEBJfflWfJEJfli Cout d'entrée 7 50 S enfant U H.mmm^m mtt!!T!f1f^l!!li^fÊÈtm 3 S0 S adulte OU à la Rem.et res Cout d'entrée 7 50 $ enfant * 3 50 S adulte jdîbïahîe * m t \u2022\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022 a \u2022\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022 H^^^^^^^M^^^*) \u2022 .\u2022 a tfa «Ta w « * * m w w m w » w WHBaTUUMMVeeaWe^aT^HWVtfTWlB II^jV, |UB0WaHHHH^^-^ff/vajvw>B \u2014 \u2014 \u2014 - -¦-¦- i ¦ \u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014 Lili: Si tout le monde mettait un pâté chinois sur son perron là.ns-tu vu le monde Gerry?As-tu vxx le monde?A1 n1 a pas besoin la planète?!!! Pas besoin d*aller en Amérique ^entrai*! Gerry: Lili, Lili, Lili.où cfest quf t'es rendue?! Qu?est c'est qu'on s* dit.qu* rst c'est qu'on a rait?!! ! (à suivre) mmation llnîveuîté toute la collection BOUQUINS aux éditions Robert Laffont.Plus de 50 titres vous attendent.LITTERATURE MUSIQUE CUISINE HISTOIRE POÉSIE REFERENCES LIQUIDATION DE LIVRES LIQUIDATION DE LIVRES Z o Palais du Commerce 11 1700, rue Berri l\"| Ouvert 7 jours lOhOOa 22h00 même le dimanche \u2022m À D'ESCOMPTE sur presque toute la marchandise Opéré par : COLISÉE DU LIVRE Inc.Nous achetons vos livres pour de l'argent comptant t « i \u2022 m a * \u2022 - a - .L* *Jt* \u2022J\"\"C> \u2022 \u2022 ¦ « \u2022 a_^_\u2022 .¦ \u2022\u2022\u2022«¦* ¦ I \u2022 a ¦ \u2022 TrxKOC\".\u2022 \u2022 a \u2022 .«¦.¦\u2022«\u2022¦\u2022\u2022a ¦ \u2022 _ / Votre librairie flammarion Université 1243.University 866 L381 a 6231806527 D 4 LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 31 MARS 1984 LITTERATURE AU SALON DU LIVRE DE PARIS Le Québec faisait bien piètre figure PARIS \u2014 - Il n'y a qu'à Paris, disait une journaliste du New Yorker, où les intellectuels et les philosophes peuvent être considérés comme des vedettes rock » Sous-entendu : même quand ils ne sont pas des valeurs commerciales comme, aux États Unis, Mailer, Styrom ou John Irving.Les grands médias relaient en permanence des auteurs sérieux au tirage confiden- LOUIS- BERNARD ROBITAILLE (collaboration spéciale) tieï; d'autres qu'on achète mais que personne ne lit (B.H.Levy étabt le prototype).Bref certains (les plus télégéniques) passent beaucoup à la télévision, et on parlera d'eux le lendemain au café du coin \u2014 toujours sans les avoir lus \u2014 comme de vedettes du show-business ou de la politique: «T'as vu Glucksman chez Pivot?Ouais, fort le merc.» Le Salon du livre de Paris \u2014 dans sa quatrième édition, entre le 22 et le 28 mars \u2014 devient donc tout naturellement une nouvelle incarnation de cette «société du spectacle» dont parlait le mystérieux situationniste Guv Debord.«La différence entre Le salon de Paris et celui de Montréal, dit son directeur Thomas Déri (qui dirige ici le stand du Québec), c'est qu'à Montréal le public parle aux auteurs, discute avec eux.Ici c'est la vedette retranchée derrière sa pile de livres.» C'est peut-être la différence majeure.Car le Salon de Montréal est à peine plus petit en surface.S'il n'affiche pas comme ici mille éditeurs théoriquement représentés, le nombre d'emplace- ments réels (450 à Paris) ne doit pas être beaucoup moins important.On est même étonné de constater que dans cette ville de dix millions d'habitants, le nombre d'entrées est de quelque 150000, soit seulement le double de Montréal (d'ailleurs le taux d'achats des livres en France n'est pas extrêmement élevé, et les librairies sont de moins en moins nombreuses).Les chiffres d'affaires des grandes maisons d'éditions, pour ces six jours, restent importants.Les Éditions du Seuil, qui ont un grand emplacement, annoncent l'équivalent de 50000$ de ventes, ce qui doit se comparer à Laf font, Albin Michel ou Flammarion, qui se sont également installés pour vendre (et non pas seulement afficher).Fidèle à son habitude, Gallimard a installé sur les hauteurs une véritable librairie où l'on trouve tout le fond NRF, la Pléiade, la Série Noire.et la même discrétion hautaine de la vieille maison.«On ne communique pas les chiffres, me dit un monsieur peu agréable.En tout cas, on est bien au-dessus du Seuil.» Les ventes sont importantes \u2014 on peut débiter des centaines d'exemplaires lorsqu'il y a séance de signature \u2014 mais ce n'est pas là l'essentiel : sur le chiffre d'affaires annuel d'une grande maison, ça ne pèse pas trop lourd.D'ailleurs Grasset, cette année, ne «jouait- pas la vente au public.On est là pour afficher, pour montrer.«Pour regarder également, dit un directeur de collection chez Balland.On voit ce que font les autres.Tous les éditeurs se rencontrent.».Les vraies affaires ne se font pas ici, mais à la Foire de Francfort.Mais on tâte le pouls de l'édition.Ce qui frappe tout de même le Gaston Miron plus, c'est le grand battage des médias.Quel que soit l'état de la littérature ou de l'édition, la France reste une république littéraire.L'État et la télévision d'État font des écrivains des puissances publiques.Les vedettes de la politique, des médias ou même des sports finissent un jour par écrire un ou plusieurs li vres.Ce qui permet d'organiser sans peine un ballet ininterrompu de vedettes pendant six jours.Cette année, pour cause de voyage aux États-Unis, le président-auteur Mitterrand n'a pas fait sa visite rituelle.Il a fallu se contenter du «culturel» Jack Lang.Le moins littéraire des chefs politiques.Jacques Chirac, maire de Paris, a également fait une appa rition remarquée.La plupart des grands médias sont sur place: peur faire leur propre publicité et pour relayer l'événement.Les trois chaînes de télévision ont leur stand.Quelques quotidiens impriment chaque jour une édition spéciale sur le salon.Ici vous butez sur un attroupement: c'est le romancier Nicole Brossard Robert Sabatier interviewé en direct au journal télévisé.Faute de Mitterrand, on s'est rabattu sur Valéry Giscard Ks taing, qui en est à son deuxième ouvrage.Deux Français sur trois.Annoncé en grandes pompes, sa séance de signature a provoqué une petite émeute: 700 exemplaires envolés en deux heures, sans parler de la publicité.On ne sait pas si les gens liront cette prose politique «dont le style ressemble à un prospectus photo Michel Grovel, LA PRESSE de voyage» (Angelo Rinaldi), mais en tout cas ça se vend: 150000 exemplaires en trois semaines.«Il n'y a rien à faire, ce qui fait vendre, ce sont les médias, c'est-à-dire la télévision», me dit un représentant du diffuseur Interfo rum.C'est vrai des hommes politiques, des artistes.et même des journalistes de la télé, qui tirent leur épingle du jeu.À cette liste, il faut ajouter quelques au- teurs, qui sont pour l'essentiel des romanciers à succès, dont chaque livre est un best-seller, cela va de Sabatier à Clavel en passant par Bazin.Si le Salon de Montréal a une certaine difficulté à aligner des vedettes en aussi grand nombre, le Québec au Salon de Paris reste une goutte d'eau dans la mer.Subvention Québec-Ottawa aidant, Gaston Miron, Jean Royer, Nicole Brossard et l'historien Jean Provencher étaient sur les lieux (je ne dirai pas qui a invité qui).Il y avait cette année progrès d'un coté : les huit éditeurs distribués par la maison Distique avaient cette année un véritable espace, avec plusieurs dizaines de titres disponibles.Apparemment on aurait vendu environ un millier d'exemplaires.Vedette incontestée: Maria Chapdelaine (édition Boréal-Express), avec une cinquantaine de ventes, suivie de L'Homme rapaillé, mais il est vrai dans l'Édition Maspero (plus de trente).C'est sans doute davantage que du côté du stand officiel du Québec où la totalité du stock ne dépassait pas 1500 livres (450 titres).Une sélection qui paraissait, dans un espace considérable, encore plus pauvre que l'année dernière.La «vitrine» de l'édition québécoise \u2014 car il n'est pas vraiment question de vendre en quantité \u2014 faisait un peu dégarnie.Explication de M.Dén: «Une lettre circulaire a été envoyée aux éditeurs.Certains étaient intéressés, d'autres pas.On a fait avec ce qu'on avait.» En tout cas, si l'édition québécoise au salon de Paris ne parvient même pas à exposer ses titres les plus vendeurs et séduisants \u2014 même s'il y a de bonnes explications \u2014 l'emplacement «officiel» du Québec a perdu un peu sa raison d'être.yyyyyyyyyyyyyyyyyyyyy.A 'mi-figue, mi-raisin \" Après 135 représentations DE RETOUR À MONTRÉAL ARTISTES & ASSOCIES ET MUSIQUE PERFORMANCE PRESENTENT MICHEL LEMIEUX 1 Avec adresse, astuce même, cette comédie fait rire.(he oui) Clement Irudol, > \u201e | ,0U| ,M comp,oirs g 3l8o.SteCa.her,ne (0)^^^ B3 Mise en scène: YVETTE BRIND'AMOUR 4664.rua St-Denl* Réservations de 12h a I9h V% m m 11QQ Métro Laurier, sortie Gilford O H 17 \" o (1 «oc» yw«n* brtnd amour nwrcrll«l (Mli>mir« En co production avec II Théâtre du Trident Dernière ce scirJOh Les Valseurs des / beaux dimanches du 8 mars au 8 avril a 20 h 30 I P'TITS COUTEAUX avec Louison DANIS, Marcel LE BŒUF, Sylvie LEONARD, Denise MOPELLE, Luc MORISSETTE, Martine ROUSSEAU, Jean-Guy VIAU décors Marcel DAUPHINAIS costumes Manon DESMARAIS _ éclairages Guy SIMARD co-production de La Troupe Les Pichous Inc.et de Suzanne Aubry I mise en seem Jazques ROSSI Du mardi au jeudrr\"\" vendredi et samedi - le dimanche à f 5 h 9$ 10$ 9$ loi f fWD-2:i-1211 WONDEUR BRASS Cl SOIR 21 H JGUE AMATEUR IMPROVISATION PLATEAU MONT-ROYAL, LES DIM., 17 h VOMIT AND THE ZITS WITH GENETIC CONTROL M 7 «v* 2 h JAZZ WORKSHOP, Ut mar., 22 h.BNTRÈ\u20ac GRATUITE rene lussier 4, 5 et 6 avril 21h Unp production de 'a Société de la Place des Arts de Montréal Mademoiselle Julie d August Stnndberg Adaptation française de Bons Vian Avec Jean-Marie Lemieux Christine Paquette Louise Marteau Interprétation émouvante de Mlle Julie \u2022 Jean-Pierre Bonhomme LA PRESSE \u2022 Louise Marteau prodigieuse en Julie \u2022 Robert Lévesque Le Devoir Mise en scene Jean Snlvv Scénographie François Laplante Éclairages Gérard Souvav Du 22 février au 14 avril PROLONGATION JUSQU'AU 21 AVRIL Du lund: au samedi 2Ch30 Rfjtâl he 1»» fl(p>anche k?il»M S7 Bar et restaurant Le Café de la Place.Place des Arts Guichets 514 842 2112 Redevance de 0.75 $ sur tout billet de plus de 6 S DERNIÈRE CHANCE DE VOIR à CÔMPTERclu ÎO AVRIL 1450.Ste-Catherine est coin Piessis [$j Beaudry Guichet lun.au sam midi a 21 h Renseignement: 521-4650 Frais de service 0.50S par billet Ticketron: 288-3651 \u2022 Tele-tron 288-3762 Visa Master Card Frais de service LIVRAISON A DOMICILE 288-3782 seulement 52 00 par livraison îli d'aujourd'hui .métro Papineau cte* \"SVUA^ hé 1297 rue Papineau L'Auberge Nationale JJ:^m 105, Jacques-Cartier nord, Samt Jean nu-Richelieu \\ l'heure 2 de.UNI! COMEDIE SUR LES WAITERS ET SUR VOUS, LEURS CLIENTS piect de Pierre Légaré ; uni mise en scene de Pierre Labelle AVEC RAYMOND CLOUTIER JOHANNE SEYMOUR ™ JACQUES LAVALLÉE 346-6819 VJOL#N, YVON CUILLERIER PBuNO, FERNANDE FAY Du 30 MARS au 21 AVRIL ven.et $am.23hOO dim.15h30 lun.et mar.20h00 4 * % 100' 0T> C ikhat 00, av.des Pins est métro Sherbrooke autobus 144 chat 845-7277 de George Sibbald mise en scène de Claude Maher avec je vnDUCEPPE mic hei DUMONT BENOÎT CKAC973 Girard CLAUDE PAL L Savoie décors costumes éclairages \u2022 Marcel DAUPHI NAIS François BARBEAU Luc PRAIRIE DU 4 AVRIL AU 12 MAI * \u2022 Théâtre Port-Royal Cm.Iw-is 842 2112 Place des Arts sl tout billet de plus de 6 $ D 6 « Toute ma musique LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 3) MARS 1984 MUStQŒ est évocatrice » SUITE DE D 1 d'une rencontre avec quelques jeunes compositeurs locaux, a été assez impressionné par ce qu'il faisait pour lui commander une oeuvre, que l'Orchestre Sym-phonique de Montréal donnera en première en mai 1985.L'oeuvre créée à Toronto s'intitule Pohjatuuli (hommage à Sibelius) .Quant à la partition écrite pour l'OSM, elle aura pour titre La Route des pèlerins reclus.Nous reviendrons sur les titres plus loin, mais non sans noter immédiatement, à cet égard, deux tendances chez les compositeurs (comme chez les peintres) actuels.Ou bien c'est l'extrême sobriété : Composition I, Composition IL Composition III.Ou bien ce sont des titres très recherchés \u2014 une tendance héritée, notamment, de Messiaen.Pas du 5 avril au 6 mai du jeudi au dimanche _ 20 h 9,25 $ à 18,25 S r f m* ¦ k â 6 cft> Salle Wilfrid-Pelletier G,,,ch0,s 514842 2112 Plsce des Arte «Mevant* «mus* /-vi io surtout hHieftie plus de 6.$. 0 12 LA PRESS NTRÉAL, SAMEDI 31 MARS 1984 7 r ANTIGYMNASTIQUE MÉTHODE BERTHERAT Mov*»m«fiH otiovpliiton! »o mwKulofut», d*90Q«o«1 ta tefttiom imiKuloirev t'
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