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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
La presse plus
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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La presse, 1984-05-05, Collections de BAnQ.

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[" ,9 ¦* \u2022 ' ?MONTRÉAL 5 mai 1984 volume 2 numéro 18 LES PROBLÈMES DE LA FRANCE D'AMÉRIQUE lïil St* MARTINIQUE LA GUADELOUPE SAINT-PIERRE ET MIQUELON pages 2 a 7 UN CAHIER SPÉCIAL LE SALON DE LA FEMME Apaisement Est-il possible que la plus récente récession mondiale ait opéré des changements radicaux sur les mentalités de gauche en Occident?À Montréal, ce Premier mai, il y avait moins de monde dans la rue que par le passé.On révélait d'ailleurs ce jour-là qu'au Canada durant les six dernières années, 1983 a été l'année où il s'est perdu le moins de temps en raison de conflits de travail.On pourrait croire que ces données ne sont que conjoncturelles, mais souvent c'est le discours même de gauche qui change.En France en tout cas.Dans son reportage en pages 2, 3 et 4 sur le virage opéré par le président Mitterrand au mitan de son mandat, Jean-François Lisée note qu'une centrale traditionnellement socialisante comme la CFDT reconnaît désormais les avantages de l'économie de marché, «garantie ultime du respect des choix individuels».Albert Juneau observe en page 6 qu'un peu partout en Occident, les formations politiques de gauche comptent désormais sur la santé du capitalisme pour pouvoir mener à terme certains objectifs.Quant au gouvernement Mitterrand, son virage à droite, outre qu'il mécontente la gauche radicale en France, ne réussit pas à recueillir d'appuis à droite.Principale cible de la grogne française, le premier ministre Pierre Mauroy paraît voué à une déchéance prochaine, note Lisée.Quant à l'opposition, elle se cherche.Sophie Huet, en page 5, s'attarde au long cheminement emprunté par l'ex-premier ministre Raymond Barre vers une candidature à l'Elysée.Le président Mitterrand peut se féliciter, en trois ans d'orage, d'avoir entretenu de bonnes relations avec Ronald Reagan, comme en fait foi le reportage de Christine Courcol, en page 7, mais il n'est pas au bout de ses peines pour autant hors de l'Hexagone.Des problèmes nombreux \u2014 et nouveaux \u2014 surgissent depuis quelque temps dans cette France de l'Amérique que constituent la Martinique, la Guadeloupe et Saint-Pierre et Mique-lon.Michel Desgagné a visité récemment les deux départements français des Antilles et Bernard Giansetto se rendait à Saint-Pierre et Miquelon.Leurs reportages en pages 8, 9 10 et 11.La Rédaction \u2022 « \u2022 .* .y \u2022 \u2022 « 1 *» '« ¦ I \"> ?i L'EMPIRE DES SENS Serge Grenier MUSIQUE Aimez-vous Gagnon?Gagnon André, bien sûrt qui a fait la nique à ta Place des Arts, congédié ses musiciens, délaissé ses danseuses, laissé tomber ses falbalas.L'intimité timide, les confidences chuchotées, il tient salon au Théâtre de Quat'Soùs avec, pour se défendre, un Yamaha, dix doigts et quelques bons mots.Une urbanité presque surannée.L'exquisité de la cuisine japonaise: des ingrédients soigneusement choisis, savamment disposés, une harmonie de teintes et de saveurs.Quelque chose entre le vague à l'âme et la pointe des pieds.Nulles Rocheuses; que des Laurentides patiemment polies par des millions d'automnes.S'excusant quasiment des mélodies de son crû: le chagrin de Nelligan, l'humour tragique du tango.André Gagnon est frileux, mais il fournit la laine.L'anti-spectacle s'appelle Seul.Pas si seul que ça.S'il en avait envie, il pourrait, dans une tournée de cégeps et de polyvalentes, apporter à des étudiants le goût de Schumann et de Satie mieux que n'importe quel cours d'initiation à la musique.RESTAURANT Le Tatou Pour les apprentis zoologistes, le tatou est un petit mammifère édenté xénarthre.Pour amateurs de cuisine typique, Le Tatou propose des plats mexicains épicés sans être piquants, dont un superbe poulet aux mangues accompagné de riz et de fèves noires.Situé à l'étage d'un vieil immeuble de la rue Saint-Laurent.Clientèle décontractée, salle sans prétention aucune, à peine agrémentée de posters d'anciens films de Dolores Del g Rio.Musique brésilienne.Heu-o> reusement, parce que vous sa-Z vez, les mariachis.Musique live en fin de soirée.Et, avec ça, pas cher du tout.URBANISME jS Le désastre z Ces petits véhicules qui dé-5 blaient les trottoirs tout l'hiver ont laissé leur marque.Rue Sherbrooke ouest et ailleurs, les gril-^ les qui doivent protéger les arbres nouvellement plantés sont souvent tordues, enfoncées, quand elles n'ont pas été tout simplement arrachées, par un co FRANCE conducteur pressé d'en finir.Plusieurs bancs portent aussi des ecchymoses.Ce qu'un service municipal fait, un autre le défait.En ce qui concerne les bacs à fleurs, il n'y éclôt, pour le moment, que cannettes bosselées, kleenex morveux et sacs de chips écrapoutis.Et que dire de ces passages dallés qu'aime tant le baron Lamarre et qui n'auront pas passé l'hiver (voir le gâchis rue Prince-TVrthur).Entretemps, la propriétaire de r ancien Café Provincial, angle Dorchester et Saint-Hubert, maintenant lé Centre delà Moto, est poursuivie par là Ville de Montréal pour avoir choisi de donner du lustre^ en le faisant peindre jaune vif, à un petit édifice fort moche d'un quartier qui, justement, aurait besoin d'être ravivé.Avis.au baron: si jamais il passe par Londres, qu'il s'abstienne daller se promener sur King's Road ou Carna-by Street; il y ferait une indigestion de couleurs dont il pourrait difficilement se remettre.À LA RADIO Comme dans le temps Elles se font rares les émissions de radio avec musique et chansons en direct, avec public.Pour tout dire, je n'en connais qu'une seule: L'Oreille musclée, à CBF, édition du vendredi, diffusée depuis l'hôtel Méridien avec, encore et toujours.Chantai Jolis.Comme si le ruban magnétique n'avait jamais existé.Heureuse formule qui fit jadis ses preuves et qui méritait d'être ressuscitée.L'autre jour, une remarquable chanteuse qui s'appelle Sylvie Tremblay.Un plaisir.ÉCRITURE La machine ou la mitaine?Selon un relevé de Georges-Hébert Germain (voir L'Actualité de mai), les gens d'écriture se divisent en deux: ceux qui ne jurent que par la machine à traitement de texte, et les autres.Parmi les adeptes de l'écran cathodique, Louis Caron, Michel Tremblay, Pierre Turgeon.J'y ajoute un des coupables de Brouet Jean-Pierre Plante, qui s'est acheté la supermachine: la IBM.Entre deux traits d'humour, il ne jase plus que mémoire, imprimante et disquettes.Cette chronique que vous achevez présentement de lire, a été écrite à l'encre (plume Sheaffer en or -mon seul luxe), puis tapée sur une Smith Corona achetée en 1960.Et « liquid paper* pour les fautes de frapppe.Double ration d'austérité pendant que la relance est engagée ailleurs Inutile de faire le tour des hôpitaux ces temps-ci en France pour trouver des visages abattus, des regards déprimés.On a qu'à se rendre chez le plus proche électeur de François Mitterrand pour constater les ravages causés par la déception dans le peuple de gauche.Sur cent électeurs de l'actuel président.44 avouaient il y a un mois à un institut de sondage (Sofres-Figaro 18^4/84) qu'ils étaient franchement déçus de l'action de leur élu depuis trois ans.Il faut se rendre à l'évidence, les temps sont durs pour ceux qui, hier, plaçaient leurs espoirs, leurs rêves et une ou deux illusions à gauche.La popularité de leurs leaders ne cesse de tomber dans l'estime générale: seulement 40 p.cent des Français approuvent la politique du président et à peine 18 p.cent (un record) soutiennent le premier ministre Pierre Mauroy, dont chaque tentative de lancer un nouveau combat semble d'avance vouée à l'échec.Où les militants socialistes trouveront-ils l'enthousiasme nécessaire à la campagne électorale européenne qui s'ouvre ce mois-ci alors qu'à l'évidence, cette élection démontrera une fois de plus que la gauche est minoritaire dans le pays?Comment les militants syndicaux de gauche pourraient-ils convaincre leurs adhérents de rester calmes alors que c'est «leur» gouvernement qui supprime des emplois par dizaines de milliers dans des secteurs \u2014 acier, charbon, automobile \u2014 hier encore châteaux forts de la base ouvrière socialiste?Le temps était déjà maussade pour la gauche l'an dernier, mais quelques résultats économiques YônafenttoW'dé-fnô/ne arrondij* les Jean-François Lisée angles.L'inflation avait été ramenée de 14 à 10 p.cent en 82 puis à 9 p.cent en 83, le chômage avait été stabilisé «sur la crête des deux millions de chômeurs», pour retenir l'expression fétiche du premier ministre.Mais alors que le président s'apprête à franchir le cap des trois années à la tête de l'État, et en fait la moitié de son mandat réel puisque la dernière année du septennat est toujours essentiellement électorale, le chômage a repris sa progression (presque 50000 nouveaux chômeurs par mois) et le gouvernement a manifestement perdu, au vu des résultats des premiers mois de 1984, son pari de ramener l'inflation à 5 p.cent cette année.Les socialistes souriants, en ce mois de mai 1984, sont une race en voie de disparition.La conversion Sur une mer déchaînée, une petite embarcation brave ia tempête en rangs serrés, les passagers aux allures de travailleurs et de paysans français affichent des visages réprobateurs.À la proue, un personnage serein semble illuminé de l'intérieur.C'est Mitterrand.À ses côtés, un bonhomme plus petit et plus agité, c'est Mauroy, lui souffle à l'oreille: «Je crois qu'ils veulent un miracle.» La caricature du talentueux dessinateur du Monde , Plantu, date de l'automne 81.Elle frappe juste et fort.Le miracle, les socialistes l'avaient promis aux électeurs français avant l'élection du 10 mai précédent, ils croient être en train de l'accomplir.Le miracle s'appelle «relance» ou «croissance».En 81, les Français font le pari, avec un certain nombre d'experts occidentaux, que l'économie mondiale entamera sa reprise l'année suivante.PARIS François Mitterrand décide d'anticiper, il augmente les salaires, crée des dizaines de milliers d'emplois de fonctionnaires, hausse les prestations familiales, de vieillesse, de chômage, étend la couverture médicale, bref, il pousse à la consommation.On le sait, 1982 a été l'année noire des économies occidentales.L'étranger n'a pas pris le relais de la croissance artificielle française qui est donc tombée à plat en provoquant des déséquilibres économiques considérables.Cette première année de «miracle économique» où la France a été un îlot de croissance dans un monde de récession, ce pari manqué, il faut aujourd'hui le payer.Si l'Amérique du Nord et certains Européens sont maintenant à l'heure de la reprise, la France, déphasée, avale aujourd'hui une double ration d'austérité.La politique de rigueur appliquée en douceur à l'automne 82, puis d'une main de fer depuis un an, n'est cependant pas considérée par le président français comme une simple période de pénitence avant un nouveau «bond en avant» socialiste.En opérant son virage à 180 degrés l'an dernier, François Mitterrand a entamé une conversion plus profonde.«Pendant toute l'année 83, Mitterrand fait la promotion d'un nouvel acteur, qu'il hisse lui-même au premier plan de la scène idéologique: l'entreprise, et notamment l'entreprise privée», écrit un ancien gauchiste qui suit un cheminement parallèle, Serge July, le directeur du quotidien Libération.«Le rôle de l'État change: désormais il encourage, il protège, il suscite les transformations et veut libérer l'initiative.Cette reconnais- \u2022 .( .a .«v \u2022 * ' Pour la gauche, une conversation tardive aux lois du marché sance de l'entreprise privée se généralise à toute la société: reconnaissance de l'enseignement privé, reconnaissance d'une communication privée à côté d'un secteur public géré lui aussi de manière performante», ajoute-t-il.La droite à la mode On comprendra que les électeurs de gauche soient déroutés par ce nouveau discours, qu'on conspuait hier lorsqu'il était prononcé par la droite.Il n'y a plus guère que Jean Po-peren, le numéro deux du Parti socialiste, qui fait figure de «conscience de gauche», pour prononcer à intervalles réguliers l'expression rarissime de «lutte de classes».À contre-courant, il sent que l'idéologie socialiste qui a fait les grandes heures de l'opposition de gauche est en train de se dérober.«La gauche (ne doit pas) cesser d'être elle-même au moment où la droite s'affirme plus que jamais la droite», lance-t-il en avril dans un «document de réflexion.» «N'entrons pas à reculons dans notre propre logique politique, ajoute-t-il, on ne réussirait pas une politique dont on paraîtrait avoir honte.» Et pourtant le fait est que la gauche finalement au pouvoir n'est plus à la mode.Les bruyantes et brouillonnes incartades d'Yves Montand n'en sont que la caricaturale illustration.Même le syndicat de gauche CFDT, traditionnel creuset des projets autogestionnaires, socialisants et planifica- teurs, affirmait au début du mois qu'il est «nécessaire de considérer le marché (libre, capitaliste) comme garantie ultime du respect des choix individuels».Une déclaration qui aurait valu à un syndicaliste de gauche d'être lapidé il n'y a pas cinq ans.La conversion tardive de François Mitterrand aux lois du marché et aux vertus de l'initiative privée s'accompagne de notables inconvénients.À gauche, les communistes se refusent à le suivre très loin sur cette route (voir page 4).À droite, personne ne lui fait de cadeau et les leaders de l'opposition réussissent le tour de force de s'être aussi farouchement et totalement opposé à la première politique (la croissance) qu'à son contraire (la rigueur).Quant au patronat, fidèle à lui-même, il se méfie.Bref, le président mécontente les communistes, déroute ses propres partisans, ne fait aucun gain sur sa droite et poursuit avec une volonté qui l'honore un centre qui persiste à ne pas vouloir exister.Les acquis Il faut prendre garde que la forêt ne cache quelques arbres.Si l'expérience socialiste française traverse une période de réorientation qui ne pourrait (qui ne pourra?) porter des fruits que dans un ou deux ans (avant les élections législatives de 1986, espère le président), elle a déjà quelques bons points à son bilan.Le président avait fait 110 propositions à la France lorsqu'il n'était que candidat.«Quelque 75 sur 110 ont été réalisées en deux ans et demi», affirmait-il lors de sa dernière conférence de presse.«Il en reste: je suis élu pour sept ans.» Les Français ont maintenant une cinquième semaine de congé payé (oui, cinq), la semaine de 39 heures, la retraite à 60 ans.Les droits des locataires ont été étendus, non sans provoquer une crise du logement qui ne saurait, à terme, que se résorber.Le monopole que l'État détenait sur l'audiovisuel a pris fin depuis que 850 radios libres ont été autorisées.Les représentants de l'opposition ont maintenant le loisir d'expliquer, sur tes ondes de radios qu'ils contrôlent, comment les «socialos-communis-tes» nous entraînent tout droit vers un régime de type albanais.La peine de mort a été abolie, de même que les tribunaux d'exception.Des mesures ont été prises pour favoriser l'égalité des sexes, une meilleure insertion des immigrants reçus, les illégaux étant promptement reconduits aux frontières.Et si le gouvernement ne craint pas de frapper fort pour restructurer des secteurs vieillis comme l'acier et le charbon, les travailleurs qui perdent leur emploi ne sont pas laissés à eux-mêmes comme ce fut le cas chez Reagan et Thatcher.Lorsqu'ils ne sont pas mis en pré-retraite, on leur offre une formation rémunérée et, dans certaines régions particulièrement touchées, leur reclassement dans un nouvel emploi est garanti.L'effort entrepris en direction de la formation des jeunes chômeurs est également colossal, même si on regrette qu'à leur sortie de stage, ils ne trouvent pas des emplois qui n'existent pour personne.L'énu-mération n'est pas exhaustive.Incapable, semble-t-il, de capitaliser sur ces acquis, le gouvernement de gauche multiplie les maladresses.Sa décision de poursuivre la construction de centrales nucléaires à un rythme accéléré \u2014 malgré les promesses du candidat Mitterrand \u2014, l'achat de gaz algérien et soviétique met aujourd'hui la France dans une situation de surabondance énergétique.On ne sait pas ce qu'on fera de l'électricité produite par les centrales nucléaires encore en construction.Les problèmes des sureffectifs dans certaines industries comme l'automobile étaient prévisibles et prévus par les intéressés depuis plusieurs mois.Mais le pouvoir a longtemps ignoré les signes avant-coureurs et s'est contenté d'intervenir à chaud, mal préparé et sans se concerter au préalable avec les organisations syndicales qui sont théoriquement ses alliées, une attitude de pompier qui a entraîné des grèves et des affrontements violents comme ceux des usines Talbot en décembre dernier.L'enthousiasme des socialistes à prévoir des augmentations de production d'acier et de charbon il y a trois ans n'a pas non plus contribué à préparer le terrain aux fermetures d'usines et aux suppressions d'emplois que l'essoufflement du marché rend nécessaires dans ces secteurs.-MARIE- LE&ARD- Mais les deux énormes gaffes du pouvoir de gauche s'appellent «presse» et «école».Pierre Mau-roy croyait enfoncer une porte ouverte en partant en guerre contre l'empire de presse de Robert Hersant, un «papivore» de droite qui contrôle trois quotidiens à Paris et 16 en province.Un «projet de loi sur le pluralisme de la presse» est donc prestement déposé.Si prestement d'ailleurs que le texte semble préparé sur un coin de table, un soir de colère.La presse de droite déclenche évidemment une tempête dénonçant cette «guillotine» contre la liberté de la presse.L'immense majorité des journaux de gauche, s'ils croient de bon goût de vouloir limiter la concentration de la presse, estime que le projet est à plusieurs égards nuisible à la bonne santé des quotidiens.Qui plus est, le projet épargne les groupes de presse régionaux, comme celui du ministre de l'Intérieur Gaston Defferre à Marseille, qui détiennent de véritables monopoles dans certains départements.Mais le mot de la fin revient à Robert Hersant qui a déjà en tête deux ou trois façons de remanier son empire pour le garder intact et échapper à la future loi.Ce n'est pas la lente et patiente préparation qui a manqué au projet sur l'école.De son objectif initial d'intégrer l'école privée catholique au réseau public, François Mitterrand et le ministre de l'Éducation Alain Savary (qui a présenté sa lettre de démission à plusieurs reprises) ont graduellement dérivé vers un projet qui consacre l'existence séparée des deux réseaux mais qui ne parvient à contenter ni les catholiques ni les laïques partisans de l'unification.Les manifestants se comptent à coups de demi-millions à Paris et à Versailles, tous contre le projet mais pour des raisons diamétralement opposées.L'opposition, encore une fois, fait ses choux gras de cette affaire et à gauche, plusieurs pensent que le jour où le président a décidé de lancer cette réforme, il a manqué une bonne occasion de rester au lit.Les réserves Tout espoir n'est pas perdu.Le pouvoir de gauche a semé depuis trois ans des graines de réforme qui n'ont pas encore poussé mais qui pourraient, à moyen terme, se révéler profitables.La «grande réforme du septennat», lancée dès 1981, concerne la décentralisation des pouvoirs en direction des régions.Dans un pays où, traditionnellement, tout passe par Paris, la volonté de la gauche de faire profiter les régions et les départements de budgets et de pouvoirs accrus ne peut que plaire aux administrés de province qui se sentent généralement oubliés par la capitale.Cette réforme ne sera cependant complète qu'avec l'élection, au suffrage universel, des «as- cr.-» C z x: rr > > rr g a 74 s < m 5 tu < CO < oc H Z O CO éditeur Roger D.Landry éditeur adjoint Réal Pelletier secrétaire de rédaction Manon Chevalier collaborateurs au Québec Phillippe Barbaud Jean Basile Berthio Alain Borgognon Maurizia Binda Françoise Côté Gil Courtemanche Antoine Désilets Jean-François Doré Claire Dutrisac Charlotte Fauteux Andrée Ferrerti Pierre Godin Serge Grenier Gérard Lambert Mdeie Lauzon Yves Leclerc Marie Lessard Mario Masson Pol Martin Simone Piuze Pierre Racine Georges Schwartz René Viau Ottawa Michel Vastel Toronto Patricia Dumas Calgary Diane hîii Vancouver Daniel Raunet New York Trevor Rowe Managua Jacques Lemieux San Salvador Edith Coron Paris Jean-François Lisée Rome Jean Lapierre Bruxelles Claude Moniquet Chypre Robert Pouliot Vienne Albert Juneau Tokyo Huguette Laprise Taiwan Jules Nadeau PLUS publie également des reportages exclusifs obtenus de l'Agence France-Presse, de l'agence Inter Presse Service, de Reporters associés et de Télémédia.publicité générale: Probecô Ltée Tél.: Montréal 285-7306 Toronto (416) 967-1814 de détail: La Presse, Ltée Tél.: (514) 285-6874 Le magazine PLUS est publié par Hebdobec Inc., CP.550 Succursale Place d'Armes Montréal H2Y 3H3.monté et imprimé par LA PRESSE, Ltée.Tous droits de reproduction, d'adaptation ou de traduction réservés.président du conseil d'administration Roger D.Landry responsable des cahiers spéciaux Manon Chevalier secrétariat Micheline Perron Tél.: (514) 285-7319 semblées régionales».Ces élections, d'abord prévues pour le début 83, sont constamment repoussées.Le président sait que l'opposition y gagnerait la majorité presque partout et n'est pas masochiste au point de vouloir décentraliser au profit de ses adversaires.Il attend des jours meilleurs, en espérant qu'il y en aura.Seule la Corse, qui jouit d'un statut particulier, a eu droit à l'élection de son assemblée régionale, à l'été 82.Mais le mini-parlement de l'île est aujourd'hui paralysé par ses rivalités internes.Sa création n'a en rien refroidi les ardeurs des indépendantistes oui continuent leurs attentats à ta bombe quasi hebdomadaires et leurs menaces contre les «continentaux», les Français travaillant dans l'île, souvent des professeurs mutés là contre leur gré.Reste que la décentralisation constitue une «réserve» pour le pouvoir, tout comme d'ailleurs ses réformes de démocratisation de la vie des entreprises.Dans le secteur public et nationalisé (la majorité des banques, Renault, Air France, Pechiney et beaucoup d'autres), les représentants des travailleurs, employés et cadres seront élus d'ici le 30 juin prochain aux conseils d'administration de ces entreprises.Ils détiendront le tiers des sièges et seront donc associés aux décisions de stratégie industrielle.À la base, les salariés pourront Union de la gauche: instance de divorce «Le vaudeville, c'est vous, la majorité, qui en donnez le pitoyable spectacle.D'un côté, (le leader communiste Georges) Marchais joue: «Adieu, je reste»; à l'autre bout de la scène, (le président Mitterand lui répond: «Pars, si tu peux.» C'est très exactement comme ces couples qui ne peuvent plus se supporter, mais qui restent ensemble à cause des enfants.» Cette tirade d'un membre de l'Opposition a, pour une minute, détendu l'atmosphère à l'Assemblée nationale jeudi, 19 avril, alors que toute la classe politique attendait l'issue de la nouvelle querelle de ménage entre communistes et socialistes.Depuis un mois, les premiers n'en finissaient pas de critiquer la manière dont François Mitterand gérait les affaires de famille, surtout du côté des petites économies.En supprimant plus de 20 000 emplois dans la sidérurgie, le gouvernement ne respecte «ni l'esprit, ni la lettre de l'accord de gouvernement» signé entre les deux partis, décla-rait Georges Marchais peu avant de participer à une manifestation de sidérurgistes nettement antigouvernementale.Ce n'est pas la première fois qu'on assiste à de tels écarts de langage depuis que quatre communistes ont fait leur entrée au gouvernement à l'été 1981.Mais cette fois, ce que le premier ministre Pierre Mauroy qualifie de «malentendu», «incohérence» et «dérèglement» dépasse les bornes.Le président réclame publiquement une «mise au net» et Pierre Mauroy demande aux communistes de prouver leur allégeance à l'union de la gauche en votant une motion de confiance.On croyait bien que cette fois, ça y était, lorsque, après huit heures de débats, le porte-parole communiste Guy Hermier vient d'annoncer le vote de sa formation.Il commence par affirmer «solennellement» que les deux discours prononcés ce jour-là par un Pierre Mauroy conciliant «sont loin d'avoir levé nos préoccupations, nos inquiétudes».«Aujourd'hui, ajoute-t-il, ces femmes et ces hommes (qui avaient voté à gauche) voient de nouveau fermer des usines modernes, disparaître des emplois, baisser leur pouvoir d'achat.» Son parti s'engage à «s'appuyer sur l'intervention des travailleurs de toutes les forces populaires».Sur ce, il annonce que son groupe votera la motion et affirme sans rire qu'il va ainsi «manifester sans ambiguïté (son) attachement à l'union de la gauche.» Bref, les communistes s'engagent à rester au gouvernement et à continuer à le contester dans la rue.Le résultat n'est pas tout à fait au goût des socialistes.Leur union avec les communistes présente un intérêt justement parce qu'elle permet de tenir en laisse la puissance centrale ouvrière CGT, dont le secrétaire générai, Henri Krasucki, est aussi membre du burau politique du PC.Les mouvements d'humeur du parti de Georges Marchais ne sont pas seulement tactiques.Le malaise est profond.La politique économique plus favorable à l'entreprise privée, graduellement adoptée par le président depuis un an, ne peut qu'aboutir à un départ des ministres communistes qui ne peuvent chanter longtemps cette chanson.Mais le PC ne veut pas prendre l'initiative de la rupture.Son électorat, déjà passé de 21 p.cent en 1973 à 15 p.cent en 1981, ne le lui pardonnerait peut-être pas.De leur côté, les socialistes ne se résignent pas à mettre sèchement les quatre ministres à la porte.Tant qu'ils sont au gouvernement, le PC et la CGT ne peuvent pas s'engager dans une politique d'opposition systématique.Alors on attend.Les (mariés) ne s'aiment plus mais trouvent encore quelqu'avantage à partager les mêmes meubles.Bientôt peut-être, l'un des deux commettra l'irréparable et le divorce sera prononcé.Par consentement mutuel, mais pas à l'amiable.se réunir dans des «conseils d'atelier ou de bureau» où ils seront consultés sur l'organisation de leur travail.Dans le secteur privé, la réforme ne va pas aussi loin mais elle introduit une obligation qui fait sourire les juristes québécois: patrons et syndicats sont maintenant obligés de se réunir une fois l'an pour négocier les salaires et l'organisation du travail.Au Québec, il y a longtemps que s'applique non seulement l'obligation de négocier, mais celle de «négocier de bonne foi».Les travailleurs français sont cependant en avance puisqu'ils ont droit de regard sur les comptes et bilans de leurs sociétés.Dans les grands groupes privés, ils forment aussi des «comités de groupes» réunissant les syndicats de toutes les filiales et habilités à négocier avec le sommet de la hiérarchie patronale.Ces réformes peuvent être porteuses de nouveaux conflits dans l'entreprise, mais bien utilisées, elles devraient donner aux salariés une plus grande responsabilité dans la vie économique.En retour, elles forceront les directions d'entreprises à prendre en compte les arguments et propositions des salariés avant la prise de décision, plutôt que d'y être confrontés après, dans un climat de crise.Un tel effort de démocratisation \u2014 des régions et de la vie écono-mique \u2014 ne peut cependant qu'avoir des répercussions visibles dans la vie quotidienne après une période assez longue.Mais pour l'instant, le gouvernement est submergé sous les reproches qu'on lui adresse pour ses gaffes et ses maladresses.C'est Pierre Mauroy qui est le plus atteint par les mécontentements: on l'a vu, sa popularité vacille aux limites de la visibilité.Depuis de Gaulle, les premiers ministres servent de «paratonnerres» ou de «fusibles»: lorsque l'État est touché par la foudre, c'est le premier ministre qui saute, pas le president.Mais Pierre Mauroy a aggravé considérablement son cas au printemps 83 lorsqu'il a déclaré, une semaine avant les élections municipales, qu'il n'était pas question qu'un plan de rigueur soit imposé au lendemain de ces élections.Une semaine après le vote, le plan était bel et bien adopté.(Il prévoyait entre autres le fameux contrôle des devises étrangères, autre maladresse qui n'a pratiquement rien donné.) «Au train où ça va, il ne restera plus qu'un seul mau-royiste en France, François Mitterrand», ironise un député socialiste, selon les indiscrétions du Canard enchaîné qui cite cet autre responsable du parti lorsqu'il affirme: «Mauroy est incapable de prendre une décision cohérente au bon moment, il faut trouver un chef pour nous tirer du bordel.» Tous les observateurs politiques croient que le président devra changer de premier ministre pour essayer de ravaler la façade gouvernementale avant les législatives qui auront lieu au début de 1986.sous peine de perdre la majorité à l'Assemblée.Mais bien malin est celui qui pourra dire quand le changement interviendra et lequel de la demi-douzaine de candidats à la succession sera choisi.Mais on connaît déjà son programme: relancer une expérience socialiste à bout de souffle.i X \u2022 \u2022 \u2022 V \u2022\u2022\u2022\u2022 V.V I \u2022X I v.V V.V.V.X V.I M, LES ' I SELECTEURS DISENT.Le Québec et la Wallonie A la suite du dossier de PLUS (vol.2, no 8) sur les relations internationales du Québec, M.Philippe Cantraine.Délégué de la communauté française de Belgique au Québec, regrette que notre collaborateur à Vienne, Albert Juneau, ne se soit pas arrêté à l'expérience belge, dans son article sur les pouvoirs d'intervention internationale dont disposent certaines constituantes d'Etats fédéraux en Europe (landers en RFA, cantons en Suisse, etc.).M.Cantraine fait observer qu'à cet égard, l'exemple de la Belgique «est peut-être parmi les plus originaux que compte aujourd'hui le monde occidental».Notre correspondant ajoute que «les relations privilégiées qui par ailleurs unissent le Québec à la Communauté française (Wallonie-Bruxelles) de Belgique, inviteraient (.) à elles seules à ce qu'un dossier consacré aux relations internationales du Québec s'y arrête quelque peu».La rédaction de PLUS prend bonne note de la suggestion de monsieur le Délégué de la communauté française de Belgique et l'en remercie.La loi 101 Un pharmacien de Saint-Jean-de-Matha, M.Louis Landry, salue l'arrivée à PLUS du chroniqueur Philippe Barbaud qui traite à chaque semaine du parler des gens d'ici.«Enfin, dit-il, une chronique de langue vraiment utile (.) En voilà un qui reconnaît, avec les plus grands linguistes modernes, que le «bon» français est multiple, qu'il dépend des circonstances de temps et de lieu, le seul critère étant qu'il faut se comprendre le mieux possible.» Néanmoins, M.Landry ne partage pas l'opinion formulée par Barbaud dans un article à la défense de la Loi 101 (PLUS, vol.2, no 16).En réponse à Barbaud qui prétend que les francophones se retournent contre la fameuse loi parce qu'ils veulent faire la paix avec les «Anglais», M.Landry estime que ce virage est dû au fait qu'elle apporte plus de contraintes aux francophones qu'aux anglophones, dans la mesure, par exemple, où elle leur enlève la liberté de choix de l'école, liberté que les anglophones ont conservée.M.Landry enfin dénonce ce qu'il appelle «les chinoiseries imposées par l'Office de la langue française» au plan des pratiques langagières. Il y a, en politique, des qualificatifs qui vous collent à la peau.Raymond Barre en est l'exemple.En France, on rappelle le «troisième homme»: celui qui vient après Valéry Giscard d'Estaing et Jacques Chirac.Agacé, l'ancien premier ministre de Giscard répliquait récemment à un journaliste: «Pourquoi le troisième?» La réaction est significative: il ne fait aucun doute que Raymond Barre a des ambitions présidentielles.Mais le professeur d'université, qui a fait une entrée triomphale et tardive dans la vie politique en devenant chef du gouvernement à l'âge de 53 ans (c'était le 25 août 1976), devra surmonter un handicap sérieux: depuis l'arrivée de la gauche au pouvoir, en mai 1981, c'est un homme seul, sans parti politique pour le soutenir.Une situation qu'il a d'ailleurs lui-même choisie.Dans son bureau du boulevard Saint-Germain, deux ou trois collaborateurs planifient son emploi du temps surchargé six mois à l'avance, et étudient la stratégie à venir.Cette structure apparaît bien légère, à comparer à l'imposante «machine» que constitue le Rassemblement pour la république (RPR), le parti de Jacques Chirac.Première formation de l'opposition, le RPR est loge dans un hôtel particulier de !a rue de Lille, à Paris, où les va-et-vient sont incessants.En outre, Jacques Chirac, en tant que maire de Paris, est aussi le patron d'une véritable entreprise qui emploie plus de 37000 salariés.Pourtant, le président du RPR, dont on sait déjà qu'il sera candidat à l'élection présidentielle de 1988, a une image trop droitière pour espérer arriver à l'Elysée sans le soutien de toutes les forces de l'opposition.Il lui faudra en particulier l'appui des libéraux.Giscard Quant à Valéry Giscard d'Estaing, l'ancien président de la République, il siège aux instances dirigeantes de I Union pour la démocratie française (UDF), une formation politique créée en 1978 pour rassembler les troupes giscardiennes et pour ne pas laisser le champ entièrement libre au RPR (né en 1976) dont le succès avait été immédiat.Après sa défaite en 1981, Giscard, qui n'est pas le président en titre de l'UDF même si son influence y est grande, n'a pas fait retraite: les affaires publiques le fascinent tellement qu'il continue à se tenir sur le devant de la scène, lançant des appels pour réconcilier «deux Français sur trois».C'est d'ailleurs le titre de son dernier livre, paru il y a un mois.Giscard sera-t-il à nouveau candidat à l'élection présidentielle de 1988?Il ne ie sait peut-ètie pas lui-même.Tout dépendra en fait des rapports de force entre la droite et la gauche dans quatre ans.En s'adressant aux «déçus du socialisme», qui sont de plus en plus nombreux, Giscard agit comme un candidat en puissance.Mais il souffre d'un tel phénomène de rejet dans I opinion publique, y compris chez ses anciens partisans, qu'il est bien difficile d'avancer un pronostic.Le contexte est d'autant plus délicat que l'UDF traverse une crise profonde.Constituée à partir de quatre partis politiques différents, cette coalition électorale bâtie avant les élec- : ' \\ \u2022'\u2022 ; , < :,\u2022 j'y.¦ ¦ solitaire dans l'opposition Raymond Barre tions parlementaires de 1978, qui avait une signification précise lorsque Giscard était au pouvoir, en a beaucoup moins depuis sa défaite.Les différentes sensibilités de droite s'affrontent au sein de l'UDF, les réunions se multiplient et il est probable que cette structure se transformera complètement au lendemain des élections européennes du 17 juin prochain.Un nouveau parti taillé sur mesure pour un Giscard nouveau?Et Barre?Raymond Barre, le «troisième homme», a beaucoup de disciples au sein de l'UDF.Mais il se déclare «au-dessus des partis» et affiche le plus grand dédain pour ce qu'il appelle «le microcosme politique».Portant un jugement sévère sur la classe politique tout entière, Raymond Barre dénonce volontiers ceux qui «scribouillent, jacassent et babillent», c'est-à-dire les hommes politiques en général.Il lance.«Je ne fais pas la pèche aux voix comme d'autres font la pêche aux meules.» Et quand il était premier ministre, il eut cette phrase célèbre: «Quand on doit gouverner, on ne peut faire ni le matamore ni le joli coeur.» Un propos typique chez ce professeur d'économie qui a été un premier ministre impopulaire parce qu'il osait dire aux Français: «Ici on ne râle pas, on bosse et quand on bosse, on gagne!» Une formule, restée célèbre, le caractérise: c'est un homme carré, au caractère tranché, dans un corps rond.L'embonpoint de Raymond Barre, qui déguste volontiers les plats cuisinés lyonnais, tient lourd, comme la saucisse chaude ou la potée au chou, peut aussi devenir un atout.Personnage rassurant, avec sa silhouette de grand-père, Raymond Barre a acquis l'estime de nombreux chefs d'entreprise qui voient en lui un r Sophie Huet homme responsable et expérimenté.Il est aussi un farouche adversaire do la gauche.Dans le tour de France qu'il effectue depuis deux ans, il ne cesse de répéter que les socialistes conduisent l'économie française à la ruine, que la France ne peut pas devenir «le pays des pré-retraités» pour camoufler le chômage, et qu'elle «entre dans l'avenir à reculons».«Nous vivons le crépuscule des magiciens», affirme le professeur Barre qui traita un jour François Mitterrand de « prince de l'équivoque».La popularité habituelle du député du Rhône (il a été élu en 1978) s'explique par son franc-parler mais surtout par le fait qu il apparaît comme un homme libre et indépendant: tous les sondages montrent en effet que les Français en ont ras-le-bol des partis traditionnels, lis sont autant déçus par la gauche au pouvoir que par la droite institutionnelle.Communistes et socialistes ont contracté un mariage forcé et courent régulièrement le risque du divorce.L'opinion publique n'en est pas dupe.Divisions Mais dans l'opposition, l'électoral est tout aussi inquiet des divisions qui empoisonnent les relations entre les chiraquiens, les giscardiens, les barristes, en dépit des déclarations officielles affichant l'union des forces anti-gauche.Face aux deux blocs droite et gauche, de plus en plus de Français recherchent «une troisième voie», moins sectaire, plus constructive.La multiplication des clubs et associations politiques d'opposition, après mai 1981, est à cet égard révélatrice.Une quantité de citoyens qui refusent d'adhérer à un parti politique, se rassemblent au sein de petites structures qui tentent désespéré- PARIS ment de peser sur le cours des événements et de se faire entendre du RPR et de l'UDF.Ce ras-le-bol des Français explique aussi dans une large mesure les progrès électoraux de l'extrê-me-droite, à travers le Front national de Jean-Marie Le Pen, un ancien leader de l'Algérie française, personnage chaleureux qui bénéficie d'un succès de curiosité.Face à une gauche en perte de vitesse, face à ce besoin de renouvellement de la classe politique et au rejet des promesses démagogiques du style «demain, on rase gratis», Raymond Barre joue un jeu subtil, mais sans aucune démagogie.I! ne cesse de dire aux Français qu'ils doivent travailler au redressement de la France, que l'avenir est incertain, que la crise économique sera longue et douloureuse, que les entreprises doivent parfois licencier pour créer de nouveaux emplois.Raymond Barre attaque violemment les intérêts corporatistes «qui figent la société», il dénonce les droits acquis des fonctionnaires et affirme qu'en Amérique du Nord, la mobilité de l'emploi est un exemple à suivre.Maniant successivement l'humour e\\ la critique, avec un certain pessimisme, le «meilleur économiste de France», comme l'avait qualifié Giscard, utilise un langage qui tranche avec celui des autres leaders politiques.À la fois surpris et admiratifs, de nombreux Français qui «pensent à droite» viennent l'applaudir, saluant en lui le prêcheur solitaire qui a pris son bâton de pèlerin pour diffuser son évangile.Fin des illusions Raymond Barre le dit lui-même: «Je ne suis pas un marchand d'illusions.» Personne ne le contredirait sur ce point.Un jour, en Bretagne, on lui demanda ce qu'il pen- sait de «la guerre des chefs» entre lui-môme, Giscard et Chirac.L'ancien premier ministre, qui entretient des relations particulièrement distantes avec Jacques Chirac, répliqua: «Je ne me sens pas du tout concerné par la guerre des chefs.Car pour être un chef, il faut avoir des sous-chefs! Or moi, je n'en ai pas.» Sous-entendu: je n'ai pas de parti politique qui «magouille» derrière mon dos.Raymond Barre s'enorgueillit d'être seul face aux Français.Mais ce qui apparaît aujourd'hui comme un atout peut devenir demain un handicap.Son entourage en est bien conscient.Comment, en effet, gagner une élection présidentielle sans militants, sans structures et sans argent?Le RPR a 81 députés, 58 sénateurs, sans compter les associations qui militent pour lui et les nombreuses sections départementales du Rassemblement.L'UDF a 64 députés, près de 150 sénateurs, et une bonne implantation en province.Raymond Barre, lui, n'adhère à aucun parti \u2014 il n'est qu'apparenté au groupe UDF à l'Assemblée nationale \u2014 et ses troupes sont principalement constituées d'universitaires, de chercheurs et de hauts fonctionnaires qui lui préparent des dossiers.Dans la perspective d'une campagne présidentielle, comment «Raymond-la-science», l'un de ses surnoms, pourrait-il remplir le Palais des sports de Paris, qui compte 11 000 places assises, pour un meeting?Jacques Chirac, lui, l'a déjà fait sans difficulté.Ce détail peut paraître anecdotique.Et il est vrai que Barre dispose d'un réel capital de confiance dans l'opinion publique française.Mais la course à l'élection présidentielle est longue et fatigante, elle nécessite beaucoup de moyens matériels et humains.Et si Jacques Chirac a une santé de fer, un appétit vorace et une énergie redoutable, si Giscard a, lui aussi, un solide tempérament, Raymond Barre a plutôt tendance à ménager sa monture.Certains lui reprochent d'ailleurs de ne pas avoir été candidat en mars 1983, à la mairie de Lyon, qu'il aurait pu gagner sans difficulté.Le député du Rhône a préféré rester au-dessus de la mêlée, ce qui n'est pas forcément un bon calcul à long terme.Car étant maire de la deuxième ville de France, i! aurait pesé davantage sur !a vie politique.À l'inverse, Jacques Chirac, qui est considéré comme un bon maire de Paris, dispose d'un contre-pouvoir important face au gouvernement.De la même façon, la mairie de Montréal, avec Jean Drapeau, est en quelque sorte «un État dans l'État».Allergique à la dynamique de groupe, Raymond Barre poursuit donc sa route, tel un compagnon du devoir qui se croit poussé vers le sommet, par une espèce de destin.Ce grand voyageur qui se rend fréquemment aux États-Unis, au Canada ou au Japon pour rencontrer les grands de ce monde, croit que la morale finit toujours par l'emporter, même en politique.L'avenir nous dira si le professeur a raison.Quoi qu'il en soit, ce «paysan indépendant du Danube», comme il s'est qualifié lui-même un jour, apporte du piment à la vie politique française et il n'a sûrement pas dit son dernier mot o 33 rr* > > m g ai > CD CO ai LES SOCIAL-DÉMOCRATIES Une gauche qui attend son salut de la santé du capitalisme ien n'est trop grand pour la France, encore moins pour la gauche.Les socialistes français n'ont donc pas craint, en prenant le pouvoir en mai 1981, de placer la barre haute.En dépit de la crise internationale, ils étaient fermement convaincus que l'économie française pouvait, à sa manière, sortir de la récession, retrouver une croissance élevée, éliminer le chômage et réduire l'inflation.Alors que les économies occidentales s'enlisaient dans la stagnation et le chômage, la France socialiste rêvait d'une autre politique, d'une voie nouvelle, qui démontrerait, enfin, que le socialisme démocratique représente une véritable solution de rechange au capitalisme mondial.Le défi ne manquait pas d'audace.Quand la gauche arrive au pouvoir en 1981, la situation économique internationale est particulièrement sombre.La croissance dans les pays occidentaux (OCDE) dépasse à peine 1 p.cent et l'année 1982 s'annonce pire.L'économie française est encore plus essoufflée: elle ne croît en 1982 qu'à un taux de 0,5 p.cent et le chômage fait un bond important (7,8 p.cent).Mais la gauche française refuse la -fatalité de la crise» et amorce alors une vigoureuse politique de relance économique.Celle-ci tombe toutefois à J contretemps, car presque tous les o) autres grands pays industriels se Z réfugient dans l'austérité budgé-^ taire et la lutte contre l'inflation.^ L'économie française connaît un \u2014 regain avec un taux de croissance m de 1,9 p.cent en 1982, pendant 2 que l'Allemagne et les États-Unis 5$ subissent une véritable décrois-j sance, avec des taux de -1,1 p.< cent et -1,9 p.cent.uj k Un socialisme différend O II n'a pas fallu attendre bien 5 longtemps pour voir les effets de la 0j nouvelle politique socialiste.Dès z> 1982, la sonnette d'alarme retenez tit.La balance des paiements accuse un lourd déficit.La France doit emprunter et s'endetter pour financer sa croissance.Le gouvernement change alors de politique rr> > > m g CD 00 G» Masson JIM MORRISON Une vie en porte à faux \u2022 There are things that are known and things that are unknown; in between are doors.» Il y a des choses que Ion connaît et des choses que Ton connaît pas; entre les deux il y a des portes.Jim Morrison était fasciné par cette phrase fameuse du poète anglais William Blake.Et c'est en pensant à lui qu'il devait baptiser, en 1965.son groupe: THE DOORS.Un nom banal et pourtant très ésotérique.* * * The Doors.Depuis longtemps elles se sont refermées.Morrison les avait fait claquer lourdement sur son passé, un soir chaud de juillet, dans Paris-scène, en 1971.Par sa mort.Une mort rude alors que le coeur cogne lourdement sous la charge disciplinée des amphétamines, que le cerveau s'embrume et la main griffonne des mots, des signes plutôt, sur du papier hygiénique Lavait-il appelée, cette mort, cette douce mort, lorsGu'il errait, complètement perdu au monde, dans les rues en damier de L.A.Cocktail monstrueux.Un doigt de barbituriques, deux ou trois pincées d'acide, un zeste de valium.Vous mélangez et vous faites passer la mixture en lampant une grande gorgée de bourbon.A Paris encore.Morrison trinquait avec la mort après avoir raté un suicide grandiose avec une Scandinave de rencontre qui préféra, à l'échange rituel du sang, s'éclipser par la petite porte d'en , arrière, celle qui ne débouche sur rien, justement.Paris terminus.Morrison ne croyait plus en rien, il en avait marre du showbizz et des tournées sans fin.Et surtout il ne pouvait plus supporter de n'être quun vulgaire chanteur de rock et non un poète reconnu, publié, et lu surtout.Ses recueils de poèmes ne se vendaient pas.Les jeunes n'avaient d'yeux que pour le Shaman bardé de cuir, gueulant sur scène une poésie malsains, presque perverse qu'il accompagnait souvent de gestes scabreux.L'homme derrière le chanteur n'existait pas, seule l'image en trois dimensions avait un sens, troublante et belle comme une photo erotique.Névrotique.Et Morrison n'en pouvait plus de n'être déjà qu'une relique.Et pourtant quel spectacle il donnait lorsqu'il se donnait en spectacle.Alors que le flot de paroles roulait sur la foule comme une houle belliqueuse.Les titres s'enchaînaient.Light My Fire.Shaman Blues.Hello.I Love You.L.A.Woman.When the music's over.Les rythmes se faisaient lourds et lancinants, menés cavalièrement par la basse malade du Fender Rhodes (les Doors furent l'un des rares groupes à ne pas utiliser de basse électrique) et la batterie, alors que le lead lardait les temps faibles de notes cinglantes comme un vent d'hiver.Et Morrison parlait, et chantait ses presque mélopées sur fond de blues, comme autant d'incantations qui hypnotisaient la foule enchantée.Comme un charmeur son cobra.Un charmeur anarchiste, brouillon, et génial, avec une imagination torturée, qui nous abreuvait de ses miasmes, ses peurs, ses haines, et son grand espoir, cet impossible espoir, de mettre fin à cette terrible banalité que l'on appelle la réalité.Et j'étais comme tous les autres, sous son emprise, au Shaman.Lui, le prêcheur américain, si loin par ses paroles des mièvreries des autres groupes Flower Power genre Jefferson Airplane et Grateful Dead, que j'aime bien au demeurant.Seul Lou Reed, à l'autre bout du pays, chantait avec le Velvet Underground (les papas punk), la déchéance, l'abjection, le ridicule d'une vie mise au service de la norme.Morrison, l'iconoclaste, me touchait là où ça fait mal.Dans mes buts, dans mes aspirations qu'il rendait risibles; il remettait tout en question, avec un souci sacrilège de précision.Il y a quinze ans, j'en avais dix-sept.Le goût de la liberté, le désir de tout foutre en l'air, de montrer aux autres et surtout à mes parents, comme tous ceux de mon âge le taisaient, que je pouvais me passer d'eux.Alors entendre Morrison réciter les paroles, épouvantables et belles à la fois, de cette pièce bouleversan- s < m PITTS te qu'est «The End», me mettait en transe.The killer awoke before dawn He put his boots on, He took a face from the ancient gallery, And he walked on down the hall.He went to the room where his sister lived.And then he paid a visit to his brother.And then he walked on down the hall.And he came to a door.And he looked inside, \u2022Father?* \u2022Yes.son?» «I want to kill you » \u2022 Mother! I want to.» Et Morrison éclatait dans un cri démentiel.Comme si la liberté s'offrait enfin à lui, celle d'être seul et de ne pas avoir à justifier ses actes, devant quiconque.* * * Le goût m'a pris de parler des Doors en écoutant l'adaptation faite par Annabel Lamb de Tune de leurs plus belles pièces «Riders in the Storm ».Cette chanson n'a pas pris une ride.Ce n'est qu'ensuite que j'ai su que les Doors vendaient encore plusieurs centaines de milliers de disques par année.Et cela bien après que Morrison ne soit mort et que les Doors ne se soient dispersés.Il ne reste plus qu'à BANDOLERO MAXI 45 T.Sire 9201900 Une petite exception, un 45 t.d'un nouveau groupe.C'est de la musique de dan-se qui vous tient sur la piste; ils sont trois plus un rapper américain.Un son très chaud funk et salsa se mélange.C'est fait pour enlever la rouille de l'hiver et aborder le printemps dans Gérard Lambert des rythmes latins.Garçon! un tango, s.v.p.THE VIBRATORS ALASKA 127 Dallcorte Records 0707 DLP Du bon rock qui vibre et qui masse.Ils étaient punk, ils sont maintenant rock.Des musiciens anglais très brillants.Beaucoup de choses à dire, dans leurs textes la lu- cidité de ce qui se passe dans le monde.Alors attention, ce groupe de quatre gars a de la maturité.Énergie et punch.THE ICICLE WORKS Vertigo VOM 1-3337 D'autres British de Liverpool intelligents.C'est le genre de groupe qui vous captive immédiatement grâce à l'ambiance bien spéciale qu'il dégage.Des rythmes battus à blanc, on entend la jungle.Un nouveau trio fort, avec plein de textures et d'intuitions.Un son bien en- veloppé.Et d'excellents dessinateurs d'harmonies.PLUME LATRAVERSE MÉTAMORPHOSE II CBS PFC 80095 Ce n'est pas une métamorphose, au contraire on peut s'en servir comme sémaphore.C'est toujours du heavy Plume, du vrai de vrai.Une autre bonne tranche de vie, de sa vie.Si ça vous fait mal quelque part, mettez l'aiguille dans le disque, c'est comme l'acupuncture, ça retape les jointures cérébrales.Si vous aimez Charles Trenet, écouter la musique, toujours aussi prenante, de Morrison.On y retrouve ce même désespoir, toujours immortel, que les poètes français comme Baudelaire, Rimbaud et Verlaine traînaient partout avec eux et qu'affectionnait particulièrement Jim Morrison.* * * À écouter toujours et encore.The Doors, sur étiquette EKS, 74007.Strange Days, sur étiquette EKS.74014.The Soft Parade, sur étiquette EKS.75005.Absolutely Live, sur étiquette EKS.9002.L.A.Woman, sur étiquette EKS.75011.Le disque Alive She Cried, paru en 1983 sur étiquette Elektra se laisse écouter avec beaucoup de plaisir.Et pour ceux qui aimeraient faire connaissance avec ia poésie de Morrison, le disque An American Prayer s'impose.Quant à ceux qui désireraient entendre Annabel Lamb chnnter Riders in the Storm, ils peuvent acheter l'album Once Bitten paru en 1983 sur étiquette A et M.?vous aimerez Plume Latra-verse.CHRIS REA WATER SIGN Maguet Magl 5048 Toujours entouré de très bons musiciens.Depuis 1978 assez calme dans sa carrière, il revient drôlement en forme, du style bien léché, de la haute qualité.Avec sa famille d'origine italienne il a le sang chaud et y a de la vie dans ses chansons en plus d'une voix superbe qui vient nous velou-ter les oreilles. V i i.f t '¦ '¦¦ < : Andrée Ferretti \u2022 ¦ - « i- - PARLER D'ICI Philippe Barbaud Un soupirail ouvert du côté de la création Les mots de la bière 1990.Le complexe de Léonard.préface de Jean Daniel éd.Nouvel Observateur et J.C.Lattès, Paris 1984, 374 p., 11,95$ u côté des erreurs et de l'horreur, le bilan historique du XXe siècle s'avère fort lourd: un fossé sans cesse élargi entre l'économie et la politique; entre la science et l'art; entre la technique et la culture; entre l'Ouest et l'Est; entre les pays nantis et les pays pauvres; l'avènement d'une bureaucratie et d'une technocratie aussi puissantes qu'imbéciles; la détérioration de la nature; le totalitarisme des impérialismes américain et soviétique; le dépérissement des cultures nationales et traditionnelles; latomisation des sociétés en individus anonymes et interchangeables; deux guerres mondiales, plusieurs guerres internationales et civiles, quelques génocides, la terreur nucléaire; l'effroyable misère des pays du tiers monde, c'est-à-dire de la quasi-totalité de la planète.Le moins que l'on puisse dire alors, c'est que la crise qui bouleverse l'humanité, à la fin d'un tel siècle, ne saurait être réduite à ses paramètres économétriques, même si elle trouve son origine dans la violence économique du capitalisme et dans l'évolution des formes d'accumulation et de répartition des richesses.Néanmoins, les crises ont ceci de positif qu'elles sont la manifestation d'une césure d'avec l'ancien monde, qu'elles sont l'instant privilégié d'un renouvellement des faits et de la pensée, de l'apparition de nouvelles formes de société.Aujourd'hui, elles sont toutes liées aux transformations profondes qu'opère la révolution technologique dans tous les domaines de l'activité humaine.Il s'agit donc d'imaginer de toute urgence des.projets et des stratégies destinés à orienter le développement des nouvelles possibilités dans le sens d'un mieux-être de l'humanité.Il s'agit d'opposer la création aux tentatives actuelles d'uniformisation des besoins et des moyens de les satisfaire, de manière à favoriser des structures souples et variées, aussi bien dans le domaine de la production et de la consommation que dans celui de la culture.1990 Le Complexe de Léonard \\m \\is noire société industrielle n'aura eu tant besoin de se* artistes Jadis un abîme séparait les créateurs et les décideurs Aujourd'hui, inventeurs ou managers, ils sont tous engagés dans la même aventure.Conscient de cette nécessité, le gouvernement français a pris l'initiative de réunir dans les vénérables murs de la Sorbonne le plus grand nombre possible d'hommes et de femmes qui, dans le monde entier, s'exercent à penser l'avenir et à agir sur lui.La rencontre a eu lieu en février 1983.L'aréopage était impressionnant: des chefs d'État, des récipiendaires de prix Nobel, des présidents de l'Unes-co, du Club de Rome et d'autres grandes institutions internationales, des artistes, des écrivains, des scientifiques, des administrateurs qui.chacun dans son domaine, sont des créateurs.Pendant deux jours, près de 300 personnalités françaises et plus de 150 invités étrangers venus des cinq continents (du Québec, le sociologue Fernand Dumont et l'écrivaine Anne Hébert) ont réfléchi ensemble sur la culture comme moyen de sortir de la crise.Sous le thème central de «création et développement», ils ont examiné les diverses voies possibles d'un rapprochement entre économie et culture.Le complexe de Léonard est un recueil de 39 textes inédits qui sont autant de traces des discussions et des débats qui se sont déroulés pendant le colloque.Je ne puis dresser la liste de tous les auteurs, mais pour vous mettre l'eau à la bouche, j'en citerai quelques-uns: Jacques Attali, Norman Birn-baum, Hélène Cixous, Jacques Derrida, Umberto Eco, Carlos Fuentes, John Kenneth Galbraith, Graham Greene, Félix Guattari, Henri Laborit, Jacques Le Goff, Maria Antonietta Macciochi, François Mitterrand, llya Prigogine, Susan Sontag, Leopold Sedar Sen-ghor, Elie Wiesel.Moins connus de nous, parce qu'originaires des pays du tiers monde, Adonis, Ya-char Kemal et Joseph Ki-Zerbo signent également d'admirables textes.Le complexe de Léonard intitule justement un livre qui démontre qu'aujourd'hui, comme au temps de Vinci, le renouveau de la civilisation repose sur une évolution culturelle pour le moins complexe qui exigera de ses créateurs qu'ils réconcilient l'art et la science, l'économie et la culture.Il se dégage, en effet, de tous les textes, particulièrement de ceux de John Kenneth Galbraith et de Joseph Ki-Zerbo, que toute action humaine est indissociablement économique et culturelle; que pour entrer humainement dans le XXI0 siècle, l'humanité doit freiner au plus vite la terrible érosion culturelle de toutes les civilisations actuelles opérée par des programmes de développement conçus en fonction du seul profit de quelques grandes firmes transnationales.Tous les auteurs insistent sur le fait qu'économie et culture sont des réalités consubstantielles et qu'il ne peut y avoir de souveraineté culturelle sans souveraineté économique et vice versa.Ils montrent également que seule l'imagination créatrice peut désormais lutter efficacement contre la domination de plus en plus totale de la technique sur la pensée.En refermant le livre, je me suis dit que Jack Lang, ministre français de la Culture et concepteur de ces «rencontres de la Sorbonne», était un formidable metteur en scène de la pensée et je me suis réjouie de sa venue prochaine au Québec pour participer à un autre colloque sur la culture organisé conjointement par les gouvernements québécois et français.?essieurs les publiasses.Hey, vous aut' les gars, vous l'avez pas l'affaire.Vous lavez pas pas en toute.Parce que, m'a vous dife une affaire ben simple à comprendre sauf que c'est ben difficile à expliqué.OK, j'arrive.Misère de misère, m'a-tu finir par leur dire, c'que j'ai sur le coeur.Bon, ben, c'est vraiment pas une grosse affaire que j'veux vous dire, les gars.Tout c'est que je veux dire, c'est quand que vot' bière est annoncée dans ('métro, faut que j'vous dise, là, que vous êtes dans les patates.Pis ça c'est vrai rare.Elle est pas pire, celle-là.Pis ça c'est rare vrai; en tout cas, c'est du pareil au même.Hey! Ça ferait un bon commercial, c't'affaire-là: «Si tu prends une Bolson, t'es dans les patates.Si tu prends une O'Beefe, t'es dans l'trou.Prends-donc une Ba-latt, c'est pas si tant pire.» À part de t'ça c'est rien qu'une suggestion, les gars.Ça prend rien qu'un peu de musique, des belles images et j'vous garantie que ça po-gne le monde.Ah oui, j'avais oublié mon affaire du début.J'voulais simplement vous dire.OK que ça en prend tout un courage pour vous écrire, les gars.J'chu déjà rendu que j'ai calé ma deuxième, parce que voyé-vous, l'écriture, c'est pas mon fort.Bon, ben, lâché pas, mon affaire s'en vient.Messieurs les publicisses.C'est pas correct d'écrire en grosses lettes «Donnes-y la claque.» J'vous l'dis que c'est pas correct même si j'ai rien qu'une quatrième année.M'a vous dire pourquoi, à part de t'ça.Tout seul, de même, ça se dit jamais.Ma main dans le feu que c'est vrai, OK, là.Il follait mett* «tabarnak» après.Nous aufon dit: «Donnes-y la claque, tabarnak.» Ca sonne mieux, j'vousl'dis ben sincèrement.C'est de même que tous les gars y dise dans mon boutte.Vous avé pas d'affaire à coupé des bouttes et à faire de la censure sur not' parlé.Si y a pas «tabarnak» après, ça fait ch'nuj ça fait broche à foin.Ou bédon, vous oubliez une patente.C'est la même affaire qu'y a quèques années» quand les gars y ont lancé «La Bleu» écrite de même.Depuis c'temps-là, y s'sont rachetés pis y ont rajouté un e à la fin qui avaient oublié.Même que j'avais appris ça en quatrième année, que ça prenait un e.Eux-aut'.y s'sont ben aparçu que quand on écrit, faut écrire comme du monde.C'est jusse ça que j'avais à vous dire, les gars.Pis ça m'fait pensé à une aut' af- faire.Le gars qu'a sorti «.est bonne rare», lui aussi, y est dans les patates.Pis la fille de fa tévé avec, quand qu'a dit «râore» pareil comme le lion dans les vues, quand qu'y commencent au début du film.T'sais j'veux dire?Ben voyons donc, sûr et certain que c'est le même gars qu'a sorti «Ça fête fort au baseball».Vous aut', les publicises, vous en gaspillé, de la belie argent qu'on paye pour rien.J trouve ça ben d'valeur.C'a pas dbon sens d'écrire dewors comment qu'on-parie dans sa cabane.J'trouve là.les gars, que vous charrié pas mal fort.À ben y pensé, vous avez pas d'affaire à nous mett\" en pleine face des affaires qui s'écrivent pas.C'est-tu assez clair, ça?Un aut' bon commercial, pas vrai?Moi j'vous dis que quand qu'on parle, c'est pour se faire écouté pis pas pour se faire écrire.Vous aut', vous écrive c'qu'on parle.Ça peut pas marché.C'est pas parce que j'ai honte de la manière que j'parle.J'parle pas pire que les aut' gars.Mais y en a un maudit paquet qui parle ben mieux que moi pis que ça ressemble ben plusse à quoi c'est qu'on écrit.J'parle comme j'parle parce qu'on m'a pas appris d'aut' manières.Maintenant, y est trop tard pour changé pis c'est pas mon bag.Mais vous avé pas d'affaire à écrire dans l'métro comme j'parle avec mes tchomes.Ma par-lure, les gars, c'est pas d'vos affaires, c'est pas pour l'métro pis pour les autoroutes.Y a un boutte à tout*.M'a vous dire une dernière affaire, les gars.Quand que vous écrive comme que j'parle, c'est ta même affaire que si j'm'promenais en calesson sur la rue Sainte-Catherine.J'me sens un peu mal.Mes calesson, c'est mon intimité.C'est pas, comme qui dirait une tenue de ville.Ma parlure non plus, les gars.La parlure, c'est pas faite pour i'écriture parce que récriture, c'est pas très intime dans l'métro.Là-dessus, chu ben d'accord avec monsieur le curé qu'est un ben bon diable tous les jours de la semaine sauf le dimanche.Pis mes tchomes aussi, y sont d'accord avec moé.En tout cas, j'ai dit c'que j'avais à dire comme j'vous l'ai écrit dret là.Quand vous auré tout' lu ma lette, il faut la déchirée parce qu'elle est pas montrable.J'ai pas d'rancune contre vous aut', la preuve c'est qu'après ça, m'a en calé une cinquième pour me r'posé.J gage que vous savé pas si c'est une Bolson, une O'Beefe ou une Balatt que j'boé.03 o 3J rr> > > m g en >- co CD PLEIN AIR ¦/.V.\"¦' J£vl \" ¦ Simone Piuze \u2022V; .¦ EN MARGE DU SPORT Georges Schwartz i c'y LE CENTRE MARIN DES BLANCHONS Démocratiser la voile Les «pros» admis aux Olympiques aviguer durant deux semaines en mer n'est désolais plus l'apanage des gens fortunés.Je blague?Absolument pas.Pour environ 21$ à 35$ par jour, vous pouvez découvrir le monde marin.Je ne parle pas d'une sortie de quelques heures sur dériveur dans les eaux sans courant du lac Champlain.Non.Je parle de la mer.La vraie.Celle qui dépose le sel des embruns sur vos lèvres, qui se perd à I horizon, qui roule ses flots et qui vous envoie le vent du large en pleine face, celui de l'estuaire maritime du fleuve Saint-Laurent, par exemple.Vous n'avez aucune expérience de la voile, peu de sous, mais l'envie d'un grand départ sur la mer?Ou alors vous avez déjà tâté du petit dériveur et vous voulez faire de la croisière sur un «gros» bateau?Optez pour l'école de croisière.S'il existe plusieurs écoles de voile au Quebec \u2014 le Club nautique de Montréal situé à l'île Ste-Hélène, par exemple, lÉcole de voile Stefan Marshall, au lac St-Louis ou le Club de yacht de Québec, pour ne citer que celles-là \u2014 - peu nombreuses sont celles qui offrent des stages de croisière en mer d'une durée d'une semaine ou plus.Six écoles de croisière, homologuées par la Fédération de la voile du Québec le font: la Base de Plein Air Saint-Gédéon (lac Saint-Jean), le Centre marin des Blanchons (Québec).l'Ecole de croisière Damacha (Aima), Croisière école Champlain (St-Paul.i!o-aux-Noix), ! Ecole de croisière Mercator (Tadoussac), ainsi que Croisière Cassiopée (Chicoutimi).Chacune d'entre elles a son type de bateau e* son plan çi'eau, son type de croisière et sa péda-> gogie.Le Centre marin des Blanchons.version québécoise d'une J célèbre école de croisière françai-o> se, les Glénans, située en Breta-Z gne, a retenu notre attention à ï| cause de son mode ae fonctionne-u0 ment tout à fait particulier et ses g tanfs étonnamment bas.uj Ici ! équipe de moniteurs est bé- 2 névole.ce qui permet l'organisa-tion de siages à des prix aborda- j bles.Dirigé par ses propres mem-< bies qui en assurent aussi bénévo-lament les fonctions d'administra-£ tion, le Centre mar«n des O Blanchons existe depuis sept ans.5 Son but: oermettre à chacun de g ses memnres la découverte du 3 monde marin el la création de liens cl humains par la navigation à voile.Sa particularité: ses stagiaires peuvent devenir moniteurs à leur tour, une fois qu'ils ont maîtrisé les ^ différentes notions de la navigation de plaisance! Ce qui leur permet.même s'ils ne possèdent pas de voilier à eux, de voguer chaque été.encadrant d'autres stagiaires amoureux de la mer! Le Centre marin des Blanchons est, par ailleurs, la seule école de moniteurs de croisière au Québec.Chaque année, environ 200 membres apprennent en sécurité la voile croisière avec les Blanchons.Le chemin du fleuve «Il faut démocratiser la voile», dit Marie-Lyne Éthier, skipper ayant accompli plusieurs séjours de quelques mois chacun sur le Pacifique et dans les Antilles, et monitrice de croisière aux Blanchons.«Il y a des mythes qui subsistent encore, tel celui qui nous fait croire que la mer restera toujours une activité plein air de luxe.«Bien sûr, un bateau ça coûte cher! Maniaque de la voile, je n'ai pas encore réussi à m'en payer un, mais je navigue quand même grâce aux Blanchons et au.service de location de voilier offert à Québec, par exemple (Québec Yachting).Pour 800$ à 1 000S, je loue, en compagnie de trois autres amis-marins, un bateau qui va nous permettre, durant une semaine, de nous adonner à notre passion!» Son rôle de monitrice aux Blanchons lui permet, en outre, deux semaines par année, de prendre des vacances tout en encadrant des stagiaires.Mane-Lyne Ethier parle avec enthousiasme des stages de croisière côtière qu'elle dirige, qui! s agisse de stages pour néophytes, stages ou l'on apprend les manoeuvres, la conduite d'un voilier de croisière de type nomade, à connaître les courants, à calculer les marées et à mettre l'ancre, de stages permettant d'expérimenter la manoeuvre d'un bateau lourd \u2014 ce stage s'effectue entre Québec.Matane et Gaspé avec des escales dans les endroits les plus pittoresques du fleuve \u2014 ou encore de stages de navigation semi-hautu-rière.aiors qu on quitte la côte pour vivre en haute mer une extraordinaire aventure, découvrant le Golfe Saint-Laurent, l'île d'Anti-costi ou les côtes des provinces maritimes.«Lorsau'on navigue à bord au Nomade (stage pour néophytes), dit-elle, on se sent en toute sécurité, puisque ce dernier est un bateau d'apprentissage ideal au monde marin.Insubmersible et pouvant s'abriter partout grâce à sa dérive relevable et son fond plat renforci d'une épaisse plaque métallique, le Nomade est aussi très stable à cause de son rapport largeur / longueur élevé, de son fond plat et de sa lourde dérive.«Cependant, puisqu'il faut être très rigoureux sur le fleuve, j'attache tous les stagiaires avec des harnais, qu'il tasse beau ou pas! On devient prudent avec l'expérience.Ainsi, lorsqu'un stagiaire va accomplir une manoeuvre, il doit s'attacher auparavant.» Parlant de manoeuvres, Marie-Lyne Éthier me dit qu'elles s'effectuent toutes à la main, le Nomade n'ayant pas de winch, afin de permettre aux stagiaires de mieux sentir les effets du vent sur les voiles.De plus, le franc-bord peu élevé du Nomade permet de mieux sentir la mer, et ses facilités d'échouage, de découvrir des baies magnifiques! «On monte la tente sur le bateau à la tombée de la nuit, et on se prépare de ces bouffes colossales, dit-elle en riant.Les sept stagiaires et moi, nous nous sentons alors très solidaires dans notre joie et notre.fatigue!» Mais à quoi attribuer cette soudaine conversion des Québécois à la voile-croisière?«Au fond, dit-elle, il s'agit probablement moins d'une conversion que d'une de-couverte.L'histoire du Québec est trop intimement liée au fleuve et à la mer pour qu'il ne subsiste pas en nous la fibre du marin.«Mais il n'est pas facile de «prendre la mer».Je connais des gens qui naviguent depuis des années sans vouloir se risquer sur le fleuve.Certains mordus de voile ne vont guère plus loin que l'île d'Orléans! On a oublié le fleuve.On lui a tourné le dos pendant tellement longtemps, ce magnifique fleuve ouvert sur un océan! Le fleuve, cela veut dire aussi: grande circulation maritime, conditions climatiques difficiles Lorsque j'ai découvert la mer, je me suis en même temps découverte comme «être maritime^ Il ne faut pas oublie» que le globe, c'est 2/3 de mer! «En mer, continue Ethier, tu es seule avec la ligne d'horizon.Tout autour, pureté, harmonie, beaut:.-Avec l'impression d'avoir une ouverture de 360 degrés sur le monde.Surtout lorsque l'on traverse l'Atlantique!» ouvent assailli depuis sa mise à flot par le baron Pierre de Coubertin, le vaisseau de l'amateurisme olympique prenait déjà eau de toutes parts.Dans trois mois, il sera sinon coulé, du moins irrémédiablement avarié dans le port de Los Angeles par une anodine torpille lancée le 30 mai 1978 à Buenos Aires, soit bien avant la guerre des Malouines.Si l'amateurisme demeure la vérité de la masse participante, l'imposer à l'élite contraint celle-ci au mensonge.L'Américain Pancho Gonzales, l'un des premiers grands joueurs de tennis professionnels, l'avait clairement exprimé il y a 20 ans: « La seu'e différence avec les amateurs est que nous recevons notre argent pardessus la table.» Dans le même sens, au lendemain des Jeux de 1976 où il avait été médaillé d'or aux 110 mètres haies, le Français Guy Drut tentait de placer le CIO devant l'évidence en dévoilant que, comme beaucoup d'autres athiètes, il avait été payé.Pour sa peine, Drut fut disqualifié.Deux coureurs de haies (décidément une spécialité d extrovertis) Wilie Gault et Reynaldo Nehemiah, devenus joueurs de footbali américain, sont passés de la parole aux actes en plaidant devant la justice américaine que leur emploi de footballeur professionnel ne devait pas affecter leur statut d'athlète amateur dans un autre sport bien distinct.Ironiquement, tous deux se sont plaints que l'exclusion des Jeux de 1984 leur faisait perdre les centaines de milliers de dollars qu'ils auraient reçus comme amateurs.Et en plus Phil Mahre.récent médaillé d'or en slalom a Sarajevo, déposait un affidavit en faveur de Gault, déclarant qu'il avait touché plus d'un million de dollars durant ses deux dernières saisons de ski amateur.Ma«s revenons-en a Buenos Aires, au congrès de 1978 de la FIFA (fédération internationale de soccer) qui, pour la première fois, imposait des limites a l'amateurisme tous azimuts des pays socialistes.Lassée de constater que depuis 1952 le Tournoi Olympique de football-soccer était devenu la chasse gardée des joueurs communistes à plein temps, la majorité du congrès adoptait une résolution «efficacement biaisée» qui interdisait aux pays d'Europe et d'Amérique du Sud d'y inscrire des joueurs ayant participé à la Coupe du monde de football-soccer.Or, la Coupe du monde est ouverte aux professionnels et aux amateurs depuis sa création en 1930.et cette décision n'affectait en rien les meilleurs joueurs de ces deux continents qui sont presque tous professionnels, ni ceux des autres continents, quel que soit leur statut.Seule était touchée l'élite de derrière le rideau de fer.Par suite de la libéralisation de la règle 26 définissant le statut de l'amateur, en 1981 au Congrès de la CIO à Baden-Baden, l'appétit est venu à la puissante communauté du football-soccer international.La torpillette de 1978, après avoir atteint sa première cible, acquérait vitesse et puissance pour être réorientée sur le Tournoi Olympique et, à travers lui, sur le CIO.Depuis ce temps, une commission spéciale FIFA/CIO a siégé plusieurs fois pour revoir le Code d admission.Des dirigeants de la FIFA sont également membres influents du CIO dont le président Samaranch, comme tout Espagnol qui se respecte, est friand de football-soccer.Toujours est-U que voici deux mois, un protocole d'entente a été signé entre les deux organismes: seuls sont exclus les joueurs d'Europe et d'Amérique du Sud ayant participe à la Coupe du monde, ainsi que ceux en possession d'un contrat de publicité.Donc à l'exception d'une poignée de supervedettes, »a porte du.tournoi olympique ae Los Angeles est grande ouverte aux professionnels! Plus de 10G pays participaient aux tournois préliminaires continentaux étalés sur deux ans, et, anticipant la récente décision, la plupart de ceux qui possèdent des joueurs professionnels les ont utilisas.Après avoir éliminé entre autres le Mexique et Cuba, le Canada s'est ainsi qualifié avec ses joueurs professionnels de Coupe du monde.A Los Angeles, le tournoi olympique de football-soccer sera «open» et, une fois ce précédent établi, il sera difficile de retenir les représentants d'autres disciplines.Après le naufrage de lamateuris-me marron, le CIO devra, pour préserver un nouveau type d idéal olympique, lutter contre les excès de la commercialisation.?-.kl \u2022.i. » v \u2022 : 4 '* Antoine Désilets Du sommeil du Juster Les photographes reporters (dits « de presse ») se connaissent tous.Depuis le temps qu'ils se rencontrent presque chaque jour aux mêmes événements, « dispatches » par leur journal ou leur agence! Normal donc que j'aie retrouvé ce soir-là mon congénère Mac Juster du (défunt) Montreal Star à l'une de ces spectaculaires et percutantes conférences de presse.qui était la troisième de la journée et je sais pas la quelle « ième » de la semaine que l'on m'avait demandé de «couvrir».Je crois me rappeler qu'il ne s'agissait ni d'un groupe de Dames patronesses, ni des Dames de Sainte-Anne, pas plus que des Dames Fermières.Mais ce dont je suis sûr, c'est que c'était la gent féminine qui était à l'honneur, comme la photo le montre clairement! L'heure était grave, l'atmosphère solennelle et le sujet terriblement complexe.Le tout s'étirait donc en longueur, tant et si bien que l'ami Mac.ayant déposé ses appareils, s'installe confortablement et fait mine de s'endormir.quelques secondes pour s'exclamer ensuite à mi-voix: «When-hen is this gonna end?» Pour toute réponse, je lui fis signe (en français) de reprendre un instant sa pose de dormeur, qui me semblait fort convainquante et bien adaptée à la situation.ce qu'il fit volontiers! Les photographes, je l'ai déjà dit, sont les as du passe-passe! Moi, dans ma candeur, je voyais déjà ma photo à la «une» de La Presse du lendemain., ce qu'elle ne fit évidemment pas! Mais je l'ai gardée dans mes archives.Et l'un des intérêts de la chronique que je rédige pour ce magazine est de me permettre rto publier (ou re-publier parfois!) quelques-unes de ces images «impubliables» que j'ai commises et conservées avec une tendre perversité! Il est possible d'aller plus loin dans un tel contexte parce que tout le monde sait que ce n'est pas sérieux et que l'on permet ici à Desilets (sans accent aigu, s.v.p.) de raconter et publier n'importe quoi ou presque, ce qu'il fait avec beaucoup de malice et encore plus de délice! «Bons comme vous v'Ià rendus, vous connaissez les coordonnées de cette image; je n'insiste donc pas! Je préciserai cependant devant cette noble assemblée (c'est vous autres, oui, oui!) que je suis depuis des temps si lointains qu'ils sont immémoriaux à la fois myso-gine léger et féministe enragé! Je promets donc à toutes ces Dames de ne plus jamais faire et oser publier des photos de ce genre.Juré! Craché! Et bonnes photos! ? LA RELÎGiON CATHODIQUE on repart ax \"zero nûvj> entï?ons\\ dams la I 50CÎETÉ ViGiTALE/ GO O 5 LU < to z o CO Tout le kiY PogR ,avo/r « -1 Bouteilles tout-usage \u2022 Recyclage des vieilles bouteilles La technique que nous allons vous apprendre vous permettra de corn server et de réutiliser à d'autres fins des bouteilles que vous auriez auparavant jetées.La technique consiste tout simplement à couper les bouteilles de verre de toute forme et de tout usage.il faut d'abord vous fabriquer une «planche à couper» qui servi* ra de guide et de support aux bouteilles, vous permettant ainsi de les couper exactement là où vous le désirez.Avertissement: étant donné que vous allez travailler à la fois avec du verre et du feu, munissez-vous d'une bonne paire de gants de travail et de verres de sûreté.a quelle la bouteille sera coupée.Pour la changer de place, il suffit de la dévisser et de la fixer à une nouvelle position.La troisième pièce, C, constitue la base.Le coupe-vitre est encastré dans une rainure creusée dans la base à quelques centimètres du bord.Assurez-vous qu'il tienne bien en place.Utilisez, pour plus de sûreté, des clous en U.Si le coupe-vitre bouge pendant que vous marquez la bouteille, le résultat sera désolant.Vous voilà maintenant prêt pour la coupe de votre première bouteille.Avant de commencer, Il importe de s'assurer que le bouchon de la bouteille est enlevé.Dans le cas contraire,' celle-ci pourrait exploser.Afin d'obtenir une coupe régulière, enlevez toutes les étiquettes et assurez-vous que la bouteille soit bien propre.Matériel Trots pièces de boit (contre-plaqué ou pin) de 30 cm x 50 cm, de 30 cm x 30 cm et de 5 cm x 50 cm.Les dimensions ne sont pas critiques Un coupe-vitre Ou papier émeri de différentes grosseurs Quelques vis à bois et un tournevis Des bouteilles de formes diver- Technique de coupe La figure 2 illustre les principales étapes de la coupe.Suivez-les attentivement.\u2022 Des verres de sûreté e Des gants de travail e De la ficelle \u2022 De l'essence à briquet et une allumette \u2022 Un bac d'eau très froide La figure 1 illustre le montage général.Nous y avons représenté, en pointillé, la position d'une bouteille.La pièce A, le long de la bouteille, sert à tenir celle-ci en place perpendiculairement.Cette pièce est fixée à la base C à l'aide de deux vis.La deuxième pièce de bois, B.détermine la hauteur à la- Finition Il ne vous reste qu'à sabler le bord de votre nouvel objet Jusqu'à ce qu'il soit parfaitement lisse.Utilisez du papier émeri de plus en plus fin.Voici en terminant quelques suggestions d'objets que vous pouvez fabriquer: des vases, des cendriers, des porte-crayons, des pots à fleurs et toutes sortes de récipients très utiles pour les amateurs de chimie.A briquet.^ .m Tf 11 WM.m.S Oil * s tuWKWlOflS A nous tort) parwi-nw ou s* vous r.r»«.ontri/()ebdilhruno«, jc.ir**.nous* 1 adMsv si.u.int.Technic* Ua#.C P 33?.Suceur-«aie de Lorumef.Montreal fOuetoec).Canada H2H 2N7.X3ÎLàL*ï2E tS^Saafc I» science- M -Comme I oeuf de Chr.ilophe Colomb-, éditée par Techmoj Liée
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