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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
C. La presse 100 ans de vie montréalaise
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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La presse, 1984-06-18, Collections de BAnQ.

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[" MONTRÉAL, LUNDI 18 JUIN 1984 Photos Jean-Yves Létourneau.LA PRESSE \u2014 Conception graphique: Gilles Dussault ¦ j \u2022 LA PRESSE, MONTRÉAL, LUNDI 18 JUIN 1984 PAUL DESMARAIS président du conseil d'administration ROGER D.LANDRY président et éditeur MICHEL ROY éditeur adjoint CLAUDE GRAVEL directeur de l'information JEAN-GUY DUBUC éditorialiste en chef 100 ANS DE VIE MONTRÉALAISE Une ville qui a une âme et une fierté.D u village à la bourgade, de la petite ville à la grande métropole que nous connaissons », écrit Monsieur le maire.Montréal est devenue une VRAIE métropole cosmopolite.Une ville où il fait bon vivre : théâtres, cinémas, salles de concert, festival de jazz, bistrots, d'excellentes expositions, de bons restaurants ; de nombreux quartiers ethniques ; une montagne pour aller gratuitement se rafraîchir, une île-soeur où les souvenirs d'Expo 67 vivent toujours, des piscines et de grands gymnases pour tous ; des transports en commun bien organisés, des universités, de grands boulevards, des arbres et des espaces verts, des marchés publics, de la charcuterie, de bons fromages et du vin à deux pas de chez soi, même le dimanche ; des librairies ouvertes sept jours par semaine ; des vêtements griffés par les grands couturiers d'Europe et d'Amérique offerts un peu partout, un Vieux-Port aménagé pour accueillir des visiteurs, quelques pistes cyclables et des milliers de joggeurs, etc.Une vraie métropole î Tout ceci, c'est maintenant.Il y eut hier.Un hier rempli d'images et de souvenirs pour les vieux Montréalais d'origine et les autres.Tous les 35 ans et plus se souviennent encore des tramways avec leurs sièges de paille-rotin, des pavés des rues où les talons aiguilles de ces dames s'accrochaient, du laitier qui déposait, à l'aube, du lait frais protégé par deux pouces de crème épaisse, du marchand de blocs de glace et de charbon et de la roulotte-faiseuse-vendeuse de patates frites, du gue-nillou qui passait à l'aube et de l'affûteur de couteaux qui s'annonçait avec une clochette.Souvenir aussi de la Grande Visite.Car de tout temps, il y eut des visiteurs de marque dans la ville.Des rois et des reines entre autres.Des milliers de Montréalais se pressaient alors sur les trottoirs pour voir passer les cortèges royaux et princiers.On y vendait des souvenirs, on y louait des chaises, les balcons supportaient à peine ces curieux respectueux.Il y eut aussi la foule délirante du Vive Je Québec libre du Général de Gaulle sur le balcon de l'hôtel de ville.Mais personne n'a oublié le défilé-parade de la Saint-Jean Baptiste et ses chars allégoriques si colorés à l'époque où le petit Baptiste vivant (le garçonnet le plus envié de la ville ce jour-là), ne « servait » aucun regroupement politique.Que dire aussi des processions de la Fête-Dieu où, dans toutes les paroisses de la ville, des milliers de familles suivaient le prêtre dans la rue en récitant des prières et en rendant grâce à Dieu.tandis que, dans un certain quartier du bas de la ville, de belles demoiselles s'offraient aux clients dans les fenêtres des maisons du Red Light.Cependant, c'est à Montréal que le quotidien de la situation des femmes a le plus rapidement évolué pour se répandre par la suite à travers la province.Puis la ville a grandi, a acquis une importance sociale, culturelle et économique considérable sur toutes les scènes du monde.Ses moyens de communications avec la province, le Canada, les États-Unis et l'Europe se sont élargis.Ses échanges se sont multipliés.La vie de quartier a tranquillement pris la couleur de ses nouveaux venus.Les Italiens ont leur Petite Italie autour de la rue Jean-Talon, les Grecs s'installent près de l'avenue du Parc, les Chinois s'organisent ailleurs, les Portugais et les Haïtiens font de même.La Place Ville-Marie pointe vers le ciel entourée d'édifices tous de plus en plus modernes.Dans l'Est, l'imposant Stade olympique attend toujours son toit et le Village olympique s'impose, si bizarre soit-il de le voir installé là ! La rue Sainte-Catherine grouille toujours de monde.Sur la montagne, verte l'été et blanche l'hiver, la Croix du Mont-Royal veille sur cette grande métropole cosmopolite qui était une petite ville .Une petite ville qui a appris son histoire des habitants de la bourgade qui, eux, racontaient le passé du village.Un passé raconté dans les pierres de vieilles bâtisses qui reposent à l'ombre de très hauts édifices de verre où se réveille et s'endort le soleil.Pour tout ça et bien d'autres choses, Montréal est une belle ville.Et parfois, au coin d'une rue.soudainement, vous sentez qu'elle a une âme et une fierté.CLAUDETTE TOUGAS adjointe au directeur de l'information Une monographie de Montréal Le défi était de taille.En guise de couronnement de la série de cahiers thématiques offerts par LA PRESSE pour marquer sa centième année de publication, l'équipe du centenaire s'était mis dans la tête, en août dernier, de publier en juin un super-numéro, intitulé « 100 ans de vie montréalaise», et d'en faire une véritable monographie de Montréal et de ceux qui l'habitent depuis cent ans.Tous les moyens ont été pris pour que ce cahier satisfasse à nos aspirations initiales.À commencer par la mise à contribution d'une quinzaine de journalistes et de collaborateurs dont l'amour de Montréal ne se dément pas, et dont MM.Jean Dra- peau et Pierre DesMaraisII ne sont d'ailleurs pas les moindres! Il va sans dire que les trois journalistes attitrés à la chose municipale, Florian Bernard, Yvon Laberge et Denis Masse, ont largement contribué au succès de ce cahier thématique en s'impliquant à fond non seulement dans la rédaction des textes, mais également dans l'élaboration de l'ossature rédactionnelle du cahier.De son côté, comme elle le fait systématiquement depuis octobre dernier, la direction de l'information de LA PRESSE n'a rien négligé pour que LES cahiers « 100 ans de vie montréalaise » \u2014 car il y en a deux \u2014 soient à la mesure de l'importance qu'occupe Montréal dans notre vécu quotidien, en assurant notamment à l'équipe de rédaction tout l'espace nécessaire pour loger et bien illustrer la cinquantaine de textes.Nous croyons avoir relevé le défi : à vous d'en juger.Nous vous souhaitons donc bonne lecture, tout en vous rappelant que « 100 ans de culture », le sixième et dernier de la série, sera publié le 17 septembre prochain.Et l'année se% terminera par une dernière surprise, le 20 octobre.Ce sont deux dates à retenir.GUY PINARD coordonnâtes Le seul slogan de Jean Drapeau à l'élection de 1954: Réalisations! NDLR \u2014 Au moment de l'arrivée au pouvoir de Jean Drapeau, en 1954, Jacques Delisle était chroniqueur municipal à LA PRESSE (il est aujourd'hui attaché de presse au bureau du président).Il nous raconte comment cela s'est passé hangement de mode d'administration municipa- c le.JACQUES DELISLE Collaboration spéciale « Redonner aux contribuables le goût de la chose municipale.Depuis trop longtemps, nous n'avons pas de véritables élections.» « Tirer Montréal de l'apathie, du laisser-aller.Moins parler, moins proposer de plans.Annoncer moins de projets.Les réaliser.» «Aborder de front et tout de suite des problèmes criants qui se nomment : circulation, logement, stationnement, transport en commun, taudis, travaux.N'en plus parler, mais les résoudre.» Enfin: «Créer un nouveau climat.Faire comprendre à tous : propriétaires, locataires, riches et humbles contribuables, que Montréal glisse dans l'inaction.Donc un seul mot: RÉALISATIONS ! » Voilà comment LA PRESSE, dans son édition du 4 septem- bre 1954, rapportait les grandes lignes du programme électoral de la première campagne à la mairie de Jean Drapeau à l'occasion du lancement officiel, la veille, de la campagne électorale, programme qui se résumait en douze lettres : « Réalisations ! ».Est-il nécessaire de rappeler qu'au terme de cette campagne, le 25 octobre 1954, M.Drapeau était élu maire de la métropole.L'arrivée de Jean Drapeau à l'hôtel de ville, en compagnie de 22 candidats élus de la Ligue d'action civique à ses côtés, sera peut-être considérée par les historiens des dernières décennies comme le stimulant qu'il fallait à d'autres hommes politiques canadiens-français réformateurs, pour se lancer en politique, en d'autres sphères gouvernementales.La chose avait été tentée par M.Drapeau, et réussie.Elle était maintenant possible.Aux premiers rangs des conseillers élus de la LAC, Pierre DesMarais père, le Dr Ruben Lévesque, Lucien Saulnier, Roger Sigouin, Joseph-Napoléon Drapeau, père du nouveau maire.Une cérémonie solennelle marqua, en présence de plus d'un millier de^personnes, dans le hall d'honneur de l'hôtel de ville, la prestation du serment du nouveau maire et d'un certain nombre d'élus qui ne faisaient pas l'objet d'un recomptage.Montréal aura attendu presque 200 ans avant d'élire son premier maire Me Drapeau devenait donc le 37e maire de Montréal.Il avait 38 ans, une charmante épouse et trois garçons, âgés de 7, 6 et 4 ans.Le 7 novembre, le nouveau maire entreprenait la visite de tous les employés municipaux.« 10 000 poignées de mains », titrait un journal ce jour-là.< .\u2022 Le 9 novembre, Me Drapeau siégeait pour la première fois, mais brièvement, au comité exécutif.Le 11, il prêtait serment d'office comme membre de la Commission métropolitaine de Montréal et assistait à la majeure partie de la séance ce jour-là.Cette année déjà merveilleuse pour le premier citoyen de Montréal devait se terminer par un couronnement.Le 16 décembre, Jean Drapeau était choisi l'homme de Tannée au Canada.D'un bout à l'autre du pays, les directeurs de l'information des journaux clients de la British United Press, procédant par bulletin secret, avaient choisi la figure dominante de l'actualité canadienne à leurs yeux.C'est Jean Drapeau qui l'emporta.Et en annonçant la nouvelle, la dépêche de la BUP se terminait en ces termes : « Homme de l'année au Canada, Jean Drapeau, actif, intelligent, travailleur, surtout réaliste, entreprend une besogne colossale ! » Reconnu comme le fondateur de Montréal, Monsieur de Maisonneuve n'en fut cependant jamais le maire.Ce n'est qu'en 1833, presque 200 ans après sa fondation, que Montréal connut son premier maire.DENIS MASSE Le régime municipal fut presque inconnu sous la domination française.À la place, Montréal, en raison de son importance, eut des gouverneurs spécialement nommés pour l'administrer.Le gouverneur de la ville administrait seul les affaires publiques, sans que le peuple fut con suite; il gouvernait en maître absolu (les choses ont-elles tellement changé?).Après la conquête, il y eut une brève période de gouverneurs militaires, puis l'on passa au régime des juges de paix, espèces de délégués parlementaires chargés d'exécuter les ordonnances relatives à la municipalité.L'administration par des juges de paix continua jusqu'en 1832.La ville comptait alors 27 297 habitants et les méthodes primitives de gestion étant devenues insuffisantes, Montréal fut instituée en corporation et des citoyens furent appelés pour la première fois dans leur histoire à élire des représentants de leur choix.Le commandeur Jacques Viger Ce premier conseil était composé de 16 conseillers et il lui appartenait de désigner l'un d'entre eux au fauteuil de maire.Ce fut Jacques Viger, celui qu'on n'appelait pas autrement que le commandeur Viger, homme de grande érudition, qui passa sa vie à faire des recherches sur l'histoire de notre pays.Rien d'étonnant à ce que son nom ait été donné maintenant à la Commission paramunicipale chargée de veiller à la conservation du patrimoine historique de Montréal.Mais le régime temporaire de 1833 ne fut pas renouvelé à son terme en 1836, fort probablement à cause des troubles qui précédèrent l'insurrection de 1837-38, et le système d'administration par juges de paix fut rétabli.En 1840, la population de la ville s'élevait à 10 356 âmes et le peuple réclamait à grands cris un nouvel acte d'incorporation.Il lui fut accordé et, bientôt, un conseil composé cette fois de 18 membres prenait les rênes du pouvoir.L'acte d'incorporation de 1840 en vertu duquel le conseil était constitué, est la charte qui, bien que modifiée et remaniée bien des fois, est parvenue à survivre jusqu'à nos jours.Le premier « vrai » : Peter McGill Le premier maire du nouveau régime institué en 1840 fut l'honorable Peter McGill.Né en Ecosse et venu à Montréal à l'âge de 20 ans, il était le neveu de James McGill, le fondateur de l'université du même nom.Personne, du moins aucun Écossais, ne fut plus respecté et adulé que cet homme devenant, à 51 ans, le premier d'une longue dynastie de 37 maires.Jean Drapeau est le 37e maire de Montréal mais il y en a eu un 38e, Sarto Fournier, qui a accompli un mandat intercalaire entre la première apparition de notre recordman et celle qui a maintenant duré plus de 25 ans ! La liste des maires est longue de 1840 à 1900 parce que durant cette période de 60 ans, ceux-ci étaient élus pour un an seulement.À compter de 1900, leur mandat fut élargi à deux ans.De nos jours, il est de quatre ans.Pendant un certain temps, la mode favorisait un certain système d'alternance, c'est-à-dire qu'un maire francophone était suivi d'un anglophone, à peu près à tour de rôle.Cette coutume semble avoir pris fin avec le règne de deux ans d'Henry Archer Ekers.Depuis 1908, seuls des francophones se sont succédés à la mairie de Montréal.Un futur premier ministre L'un des anglophones les plus notoires fut l'honorable sir John Joseph Caldwell Abbott, deux fois porté à la mairie, en 1887 et en 1888.Déjà ministre du cabinet MacDonald, il allait être choisi à la mort de ce dernier, en 1891, pour lui succéder et devenir le troisième premier ministre du pays.Cette nomination n'était qu'un compromis politique, mais Abbott se révéla un habile stratège et eût connu sans doute un fructueux mandat si la maladie ne l'avait pas contraint m y.m: Médéric Martin à démissionner dès l'année suivante.Il s'éteignit à son tour à Montréal en 1893.Le géant Camillien Mais celui qui domina toute la vie politique des années 30 jusqu'à l'avènement de l'ère Drapeau, fut sans contredit Camillien Houde, l'une des figures les plus populaires de son temps et aussi l'une des plus pittoresques.Même absent de l'hôtel de ville, notamment pendant la longue période de réclusion que lui avaient value ses propos hostiles à la loi de la conscription, l'influence du « champion des libertés » était encore manifeste.Houde était un tribun prodigieux et il se sentait parfaitement à l'aise au milieu des foules qui l'adulaient.Il était entré à l'hôtel de ville en 1928 à la suite d'une élection qui était en même temps un référendum sur l'heure avancée, nouveau système qui permettait d'arracher une heure au soleil et dont la discussion pour ou contre avait déchaîné les passions.En l'emportant par 20 000 voix de majorité, il avait défait le réputé « invincible » Médéric Martin.Celui-ci rentrait dans l'ombre après un règne de 12 ans à l'hôtel de ville.Martin avait du panache Martin avait l'aspect d'un patricien et portait le verbe haut.Selon Roger Duhamel, qui le dépeint en quelques lignes, « son abondante chevelure blanche lui conférait une distinction d'emprunt que son langage truculent avait tôt fait de contredire ».Il garda facilement la faveur populaire pendant dix ans d'affilée, de 1914 à 1924, et triompha encore en 1926 jusqu'à ce qu'il morde la poussière aux mains de Camillien, lui qui, entre autres choses, laissa son prénom aux vespasiennes qu'il fit installer un peu partout dans les parcs publics.Le diable Beaudry Jean-Louis Beaudry, surnommé « le diable » à cause de son affiliation avec les Fils de la liberté, fut d'abord élu à quatre reprises entre 1862 et 1866, puis reporté au pouvoir de 1877 à 1879 et encore de 1881 à 1885.C'est dans son propre salon que fut signé le manifeste des Fils de la liberté, une association de jeunes Canadiens français qui voulaient contrecarrer les agissements du Doric Club.Beaudry, marchand prospère, l'une des personnalités les plus remarquables qui aient fait partie de l'administration civique de Montréal, connut un sort semblable à celui de Camillien Houde : à la suite de la rébellion de 1837, partisan de Papineau, il dut s'expatrier et ne revint à Montréal qu'après la proclamation de l'amnistie.Après avoir été élu maire pas moins de dix fois, il dut plier l'échiné devant un patriote excentrique, un journaliste volontiers pamphlétaire, un franc-maçon avoué marié à une protestante américaine, nul autre que Honoré Beaugrand.Apôtre de la vaccination Celui-ci, au moment d'être élu maire à 37 ans, vient de fonder le journal La Patrie qu'il vendra douze ans plus tard à Israel Tarte pour $30 000.Beaugrand sera réélu l'année suivante.Alors qu'il règne sur Montréal, une épidémie de petite vérole décime la population ; la maladie fait plus de 3000 victimes dont les deux-tiers chez les enfants.Beaugrand préconise la vaccination obligatoire.Ce remède si peu orthodoxe soulève l'opposition d'un grand nombre et amène le docteur Emile Coderre à fonder le journal L'Antivaccina-teur canadien-français qui se fera l'écho des protestataires.Différent de tous, Beaugrand montre encore une facette d'un tempérament réactionnaire en annonçant, après deux mandats à la mairie, qu'« au nom de l'alternance, la justice exige de laisser la place à un maire anglophone » et il se tourne vers la politique provinciale.C'est à ce moment que Abbott entre en scène.Le Dr Nelson a connu la prison Incarcéré lui aussi pour ses idées politiques, le réformateur Dr Wolfred Nelson fut maire de Montréal de 1851 à 1851.Fils d'un Loyaliste américain, Nelson devint médecin à Sorel et pratiqua à Saint-Denis où il s'acquit bientôt une clientèle florissante.m s ¦ T < * Camillien Houde La part qu'il prit aux troubles de 1837 est bien connue et la victoire qu'il remporta à Saint-Denis le rendit célèbre.Finalement, il fut exilé et ne revint qu'en 1842.En revanche de son incarcération de sept mois à Montréal, il devint en 1857 inspecteur des prisons.Il devint subséquemment président du Collège des médecins.Son nom restera toujours vénéré avec celui de Papineau comme défenseur des libertés constitutionnelles.Alphonse Desjardins au secours du pape Montréal eut en 1893 un maire remarquable du nom d'Alphonse Desjardins, mais il ne s'agit pas du futur fondateur du mouvement coopératif et des caisses populaires.Au contraire, cet Alphonse Desjardins fut pendant quelques années président de la Banque Jacques-Cartier devenue plus tard la Banque Provinciale du Canada.Avocat, il renonça finalement à cette profession pour se vouer entièrement au journalisme et devint rédacteur en chef du Nouveau-Monde.C'est à cette époque qu'il reçut la décoration de chevalier de l'Ordre de Pie IX en récompense des services rendus au Saint-Siège.Il avait pris une part active à l'organisation des contingents de zouaves envoyés à la défense du pape attaqué par les troupes italiennes.Alors qu'il était maire de Montréal, il eut l'occasion de montrer la fermeté de ses principes en refusant de recevoir officiellement les officiers du vaisseau de guerre italien Etna, en visite à Montréal, prétendant que, en sa qualité de catholique, il ne pouvait reconnaître l'autorité souveraine qui opprimait le Souverain Pontife.11 ii 100 ans de vie montréalaise Coordination : GUY PINARD Graphisme : ROLAND FORGET et GILLES DUSSAULT Mise en page : PIERRE-PAUL GAGNÉ et JACQUES GAGNON Photothèque : GÉRARD MONETTE Recherche : SUZANNE ST.JAMES Révision des textes : JEAN TAILLEFER LA PRESSE, MONTRÉAL, LUNDI 18 JUIN 1984 3* La structure administrative tu CO CO LU û£ CL 0) 2\" o -C Les travaux de reconstruction de l'hôtel de ville, détruit par l'incendie de 1922, tirent à leur fin.11 11 11 » 11 < i i i i 11 : I I II V i I \u2022 I I ' I I I I I Cette nuit-là, le maire Médé-ric Martin éprouva le choc de sa vie.Brisé de fatigue après une semaine de travaux à l'Assemblée législative de Québec, il dormait dun sommeil de plomb quand des collègues vinrent lui apprendre que l'hôtel de ville flambait.11 DENIS MASSE I | i i I I t | I | l l I | I I | | I I i I I | t | i I I I I : i i I i I i i I \u2022 I » I | i i i i i I i i i t l i i i i I i i r i i i i i l t i i I I i i i t I i i i il i Vingt minutes plus tard, les habits défaits contrairement à ses habitudes d'élégance, à mi-hauteur d'une échelle de pompiers, le maire tentait d'atteindre son bureau du 2e étage, de sauver au moins quelques papiers importants.Il dut redescendre, obéissant aux conseils des pompiers qui l'avaient informé du danger imminent de voir le toit s'effondrer.À l'aube, il ne restait plus que ruines fumantes.Seuls les murs de pierre, toujours debouts, témoignaient de la rage de l'incendie.La catastrophe, inexplicable, était survenue dans la nuit du vendredi 3 mars 1922 au samedi 4 mars.En cinq heures, le feu avait rasé le prestigieux édifice de style\"Renaissance, inauguré 44 ans plus tôt par le lie maire de Montréal, l'honorable Jean-Louis Beaudry.L'immeuble de deux étages avec mansarde dans les combles (donc légèrement différent de celui que l'on connaît actuellement), s'élevait sur l'emplace- ment des jardins du gouverneur que les Pères Jésuites avaient perdus dans la confiscation de leurs biens après la Conquête.Perreault et Hutchison, architectes Deux architectes de renom s'étaient associés pour en établir les plans et surveiller la construction.Arpenteur devenu architecte comme son père, Maurice Perreault avait pour oncle le fameux John Ostell à qui l'on devait l'église Notre-Dame et quelques autres beaux édifices de Montréal.Au moment de travailler à la réalisation de l'hôtel de ville, il compte déjà à son crédit de nobles et beaux bâtiments : le bureau de poste de la place d'Armes aujourd'hui démoli, la Banque Jacques-Cartier qui deviendra la Banque Provinciale, la Banque du Peuple dont nous pouvons voir encore les ruines calcinées, rue Saint-Jacques.Il sera également l'auteur du Monument national, du Palais de justice, de l'université Laval.Son associé, Alexander Cooper Hutchison, a appris de son père le métier de tailleur de pierre.C'est lui qui réalisera, entre autres, l'édifice de LA PRESSE.La pose de la première pierre avait eu lieu en 1872 et l'édifice avait été terminé en 1878.Dans l'ensemble, il ressemblait à l'hôtel de ville de Paris dont Perreault s'était inspiré.D'un lieu à un autre Pendant toute la période où la ville avait été administrée par des juges de paix (1796 à 1833), les réunions de nos gestionnaires avaient eu lieu au Palais de justice.i b i i i I |i t i \u2022 L'hôtel de ville actuel, photographié après lincendie de 1922, alors 7*que les travaux de reconstruction tiraient à leur fin.Avec l'avènement d'un nouveau gouvernement municipal, en 1840 (une première expérience avait été tentée en 1833 pour trois ans), notre second maire, Peter McGill, décidait de louer une bâtisse nouvellement construite rue Notre-Dame, entre les rues Saint-François-Xavier et Saint-Jean, appartenant à Madame Saveuse de Beaujeu.Nos administrateurs semblent y avoir vécu des jours paisibles pendant cinq ans mais en février 1845, Madame de Beaujeu désirant accroître ses revenus, avise le conseil qu'elle augmente leur loyer annuel d'une somme additionnelle de 75 livres.Mal lui en prit, le conseil décida illico de déménager dans la bâtisse de l'Aqueduc Hayes, récemment acquise par la Ville au prix de 50 000 livres.Ce bâtiment en pierre de taille était situé au no 22 de la rue Notre-Dame, côté sud, à l'est de la rue Bonsecours (il fut plus tard occupé par le journal Le Devoir).Les bureaux de la Corporation et la salle des délibérations furent installés au rez-de-chaussée et au premier étage.L'étage supérieur supportait le réservoir de l'aqueduc qui contenait plusieurs milliers de gallons d'eau.Le conseil faillit périr noyé On raconte, dans VHistoire de la Corporation de Montréal , qu'un jour, en pleine séance du conseil, une fissure se produisit dans le réservoir et l'eau dévalant en torrent à travers tout l'immeuble faillit noyer le maire et ses conseillers.Il n'en fallut pas davantage pour convaincre nos édiles de s'installer ailleurs.La construction d'un vaste édifice qui abriterait en même temps le marché, fut décidée.Ce fut le marché Bonsecours.Commencé en 1845 d'après des plans de l'architecte William Footner, l'édifice fut inauguré le 24 janvier 1852 par le maire Charles Wilson qui y tenait la première séance du conseil.Pendant les 26 ans qui suivirent, c'est-à-dire jusqu'en 1878, date de l'inauguration du premier palais municipal de la rue Notre-Dame, le vieux marché Bonsecours fut non seulement le centre de toutes les activités municipales mais aussi des manifestations sociales et artistiques de notre ville à cette époque.Le récit des nombreux événements historiques qui se sont déroulés dans son enceinte, pourrait à lui seul remplir un volume.Mais Montréal croissait rapidement.La ville comptait maintenant plus de 100 000 habitants.Il fallut envisager la construction d'un hôtel de ville qui serait vraiment digne de la métropole du pays.Après l'incendie de 1922, nos administrateurs logèrent dans plusieurs locaux de fortune, même à la bibliothèque de la rue Sherbrooke.Sur le même emplacement Il fut décidé de rebâtir le nouvel hôtel de ville, le 5e depuis l'incorporation de la ville, sur le même emplacement que celui qui venait d'être détruit.Les murs ayant été épargnés, il fut décidé de les conserver sans toutefois les utiliser comme points d'appui.On érigea donc, à l'inté- rieur, une charpente métallique entièrement indépendante des murs extérieurs.Dans les combles, fut aménagé un étage additionnel.Cette fois, les travaux furent confiés à l'architecte de la ville, J.D.L.Lafrenière.L'aménagement du nouveau bâtiment n'était pas complètement terminé quand se déroula, en grand apparat, le 15 février 1926, la cérémonie de l'ouverture officielle de l'hôtel de ville actuel.L'honneur en revint au maire Charles Duquette.Les dames avaient alors été admises pour la première fois sur le parquet du conseil.L'administration municipale dut faire un emprunt de $1,5 million pour la reconstruction de l'immeuble.Cette dette fut remboursée par un impôt foncier spécial.L'architecte municipal et ses acolytes durent préparer pas moins de 7 000 à 8 000 plans de détail.Le balcon d'un soir Comment ne pas parler d'un tout simple balcon à colonnes surplombant les portes centrales de la rue Notre-Dame, d'où, le 24 juillet 1967, le général Charles de Gaulle, devant une foule hystérique, lançait son fameux « Vive le Québec.libre ! ».Ce balcon attenant, à l'époque, au bureau du commissaire Maurice Landes, n'avait jamais accueilli de tète couronnée ou même de chef d'État avant ce soir mémorable.Presque sacré, il n'a jamais non plus été réutilisé par la suite.C'est un simple ornement architectural que l'on montre aujourd'hui du doigt aux visiteurs parce qu'il a connu une notoriété égale à celle de son illustre occupant d'un soir.i' » \u2022 i \u2022 i i i \u2022 t \u2022 i i i « i \u2022 i \u2022 i \u2022 i \u2022 t \u2022 i \u2022 i « \u2022 i i i i i ¦ i ! I I I > I < I 1 I I I \u2022 I I I I I I I » I I I I I ' I I I I I I I I I I I I I I I i I I I I I I < I ' I ' I I I « I I t I I .I I I I » i I \u2022 I I I 1 I I I I I I \u2022 I ¦ I ¦ t : I i I \u2022 I \u2022 I l .1 i i I \u2022 I l « i l i \u2022 I > i i t » \u2022 i t I I l f I I I l t i l T - \u2022 \u2022\u2022 T 4.«.i \u2014 « \u2022 * LA PRESSE, MONTRÉAL, LUNDI 18 JUIN 1984 1) La structure administrative : i était une fois un fief qui est devenu une communauté urbaine S! L'établissement de Montréal date de 1640.La Compagnie des cent associés avait obtenu du roi de France, en 1627, une concision qui fut cédée en 1640 à Pierre Cho\\ rier, sieur de Fau-camp, et a Hiérosme Le Royer, si^ur de La Dauversiére.Ce fief de l'époque, bien im.\\1este, contenu dans une bande de forêt le long du Saint-Laurent avec quelques pointes s'avançant \\.Saint-Joseph, Saint-Lambert.Saint-Gabriel et Saint-Charles.À l'époque de la fondation de LA PRESSE.Montréal comptait environ 110 rues principales.Les trottoirs étaient, pour la plupart, en bois.De 1889 à 1895, Montréal a dépensé en moyenne $75 000 par année pour remplacer les trottoirs de bois par des trottoirs permanents, en matériaux plus solides.Aux intersections prim i pales, on a fixe des « pieux solides pour l'amarrage des chevaux ».En 1902, les comptes publics signalent qu'il a fallu dé penser $15 682 pour l'arrosage des rues et $31 120 pour les net toyer.à partir de 1878, on com-^J mença à éclairer les rues par le gaz et au moyen de lampes électriques.Avant, elles étaient éclairées au pétrole.Expansion de Montréal Au début de 1900.les diri-s géants de Montréal possédaient\" déjà une vision de ce qu'allait devenir la métropole.Un extrait du bilan publié en 1901 signale: « Nous voilà maintenant avec deux puissantes compagnies, le Pacifique et le Grand Tronc, qui vont établir une industrie aux immenses proportions futures.Les deux grandes compagnies de chemin de fer vont nous amener le bétail de l'Ouest et nous pour rons bientôt rivaliser avec les Américains.Puis viendra se joindre l'exportation de la viande dans des wagons frigorifiques.Le moment est venu d'étudier et de réaliser le plus tôt possible l'annexion des muni ci >; palités de Pile de Montréal adjacentes à notre Cité.Cette ques lion s'impose à l'attention des citoyens de Montréal.Quel succès ce serait pour nous si le\" prochain recensement pouvait démontrer que la population de Montréal a doublé.Québec exige que la métropole soit, par sa richesse, par sa population, par son étendue, capable de lutter avantageusement avec les gran* des villes de la republique voisine.».V L'administration a subi d'importantes transformations Les Montréalais ont toujours confié, au cours des 100 dernières années, l'administration de leur ville à un conseil municipal dont la composition et les pouvoirs ont cependant été modifiés à de nombreuses reprises.MARCEL CHOUINARD 11 ! i I Collaboration spéciale La poussée démographique, les nombreuses annexions, mais aussi des difficultés financières et l'intervention du gouvernement expliquent la plupart des nombreux changements apportés à la structure administrative de Montréal durant celte période.En 1884, le maire n'a aucun pouvoir d'administration.La durée de son mandat n'est que d'une année.Et si celui-ci a convenablement rempli son premier mandat, il peut espérer une réélection par acclamation l'année suivante.Montréal, qui compte alors quelque 150 000 âmes, est divisée en dix quartiers, chacun représenté à l'hôtel de ville par trois conseillers élus pour une période de trois ans.À cette époque et ce, depuis 1840, l'étude et l'expédition des affaires de la ville sont la responsabilité de comités formés de membres du conseil.On compte une douzaine de ces comités échevinaux: finances, voirie, aqueduc, santé, marchés, incendies et éclairage, parcs et traverses, hôtel de ville, inondations, incinération et commissions spéciales.Avant d'entrer en vigueur, leurs décisions doivent être approuvées par le conseil qui se réunit tous les mois.Première annexion en 1883 Avec le début d'une longue période d'annexions, dont la première, celle de la municipalité d'Hochelaga, est complétée en 1883, le nombre de quartiers et de conseillers s'accroît.Au moment de l'adoption de la nouvelle charte, en 1874, on comptait neuf quartiers.Il y en aura 17 en 1889 , mais, entretemps, en 1894, le gouvernement provincial limite à deux le nombre d'échevins par quartier.Également, durant cette période, des modifications à la charte ont tantôt augmenté ou réduit les pouvoirs du maire et prolongé ou réduit la durée des mandats.Le premier grand changement administratif survient en 1909 à la suite de l'enQuète menée par le juge Lawrence John Cannon, qui étale les abus administratifs qui s'exerçaient alors.Un référendum est tenu au mois de septembre 1909 et un nouveau mode administratif adopté.Pour administrer leur ville, les Montréalais se choisiront désormais un conseil formé du maire et de 31 conseillers.Us éliront aussi un bureau de commissaires, au nombre de quatre.Le maire préside ce bureau dont les membres sont élus pour quatre ans.Ils assument les responsabilités des anciennes commissions échevi-nales en plus d'exercer un contrôle sur les finances de la ville.Les modifications de 1918 Moins d'une décennie plus tard, en 1918, de nouvelles mesures s'imposent.Depuis le début du siècle, près d'une trentaine d'annexions ont été réalisées.Mais en 1916 et l'année suivante, les exercices financiers se terminent par des déficits.Le gouvernement provincial internent.Le conseil sera désormais formé du maire et de 21 échevins dont les pouvoirs seront cependant restreints.Le gouvernement nomme une commission administrative de cinq membres avec tous les pouvoirs nécessaires pour remplir le mandat qui lui est confié, celui de rétablir les finances de la ville.Une fois cette tâche acquittée, un référendum est tenu au mois de mai 1921 et à la suite d'une election générale, le conseil est maintenant formé de 35 membres, chacun représentant un quartier nouvellement délimité ainsi que du maire qui est élu par l'ensemble des contribuables.Les échevins se choisissent ensuite cinq membres à qui sont confiés d'importants pouvoirs administratifs.C'est l'origine du comité exécutif actuel.Près de vingt années s'écoulent avant qu'un changement radical ne soit imposé à la structure administrative de Montréal.Montréal tous tutelle Les finances de la ville se sont détériorées au point qu'en 1940, le gouvernement place Montréal sous la tutelle de la Commission municipale.Elle y demeurera jusqu'en 1944.La constitution de la ville est modifiée.Outre le maire, le conseil compte désormais 99 membres dont le mandat est d'une durée de trois ans.Les seuls propriétaires fonciers élisent le tiers des membres du conseil (classe «A»).L'ensemble des électeurs choisissent un autre tiers (classe «B»).Quant aux 33 autres (classe «C»), ils sont nommés par treize organismes et corps publics déterminés dans la loi.Le territoire de la ville, est divisé en onze quartiers, chacun étant représenté par trois conseillers de chacune des classes A et B.Quant au comité exécutif, il est maintenant formé de six membres.Chaque catégorie de conseillers y désigne deux représentants.C'est le conseil qui choisit le président parmi ceux-ci.En 1949, le maire deviendra membre d'office du comité exécutif.Le mode administratif est par la suite modifié après un référendum tenu en octobre i960 et à l'occasion duquel les citoyens approuvent la suppression de la catégorie des conseillers nommés par les organismes publics.En 1962, le système administratif est à nouveau changé.La ville est divisée en quinze districts.Dans chacun d'eux, les électeurs choisissent trois conseillers qui, avec le maire, forment le conseil.Les élections générales auront maintenant lieu toutes les quatre années.Quant au choix des six membres du comité exécutif, il peut se faire par une première motion du maire que le conseil est appelé à ratifier ou par le conseil même.Le nombre de districts électoraux et de conseillers s'ac croitra avec l'annexion de Ri-vière-des-Prairies, en 1963, de Saraguay, l'année suivante, et de Ville Saint-Michel, en 1968.La fin de la décennie est marquée par la naissance de la Communauté urbaine de Montréal à qui est confiée la responsabilité de services dont l'activité déborde le cadre des limites des municipalités, comme celui de la police et de l'assainissement des eaux.À l'élection de 1978, la ville est divisée en 54 districts électoraux et les citoyens de chacun d'eux élisent un conseiller.C'est ce régime qui est en vigueur aujourd'hui.Le nombre de districts a cependant été modifié en 1982 à la suite de l'annexion de Pointe-aux-Trembles qui est représenté par trois conseillers, ce qui a porté à 57 le nombre de conseillers qui forment l'actuel conseil municipal de Montréal.\u2022 Ex-Journaiist* à la chronique municipale, à «Montreai-Matin.M.Choulnard est amené de prcs.se au bureau du président du comité exécutif.\u2022 \u2022 .it : ia w a I it \u2022-lit \u2014J'i - M < I f*j t ill 11 .b \u2022 ¦ I I I \u2022 O .n I » \"31 : i i t ¦ l I -~.a i i - i i ¦ f * i t r-jr .t*4 I 1 LA PRESSE, MONTRÉAL, LUNDI 18 JUIN 1984 a structure administrative En 1850, la priorité allait à l'eau potable plutôt qu'aux sports ou à la culture Les arenas, les centres sportifs et les maisons de la culture, c'est bien beau.Mais de 1850 à 1900.l'administration municipale avait bien d'autres chats à fouetter.Les premiers balais mécaniques modernes défilent devant l'hôtel de ville, en 1954.MICHEL GIRARD Ce camion de pompiers faisait partie d'un groupe de !8 véhicules acheté*, par lu Ville de Montréal en 1935, au coût unitaire de $30 000.La priorité en 1850 ?Dotei Montréal d'un service d'aqueduc, simple question d'approvisionner correctement les Montréalais en eau potable et de pouvoir éteindre les feux en alimentant adéquatement les pompes du service d'incendie.Autre grande préoccupation de l'époque : la lutte contre le choléra asiatique.Pour protéger les citoyens contre cette terrible maladie, le conseil municipal adopta en 1865 une « série de mesures rigoureuses » qui donnaient au Département de la santé des pouvoirs énormes en matière de protection de l'environnement.Ces mesures spéciales étaient : « faire vider les fosses d'aisance, purifier et assainir les cours et les allées malpropres par l'écoulement des eaux stagnantes qui y croupissent, faire aérer et nettoyer les habitations et construire des égouts.» Comme la population croissait à un rythme rapide, il fallait évidemment construire des chemins et les améliorer constamment.De 1850 ù 1900, le Département des chemins accapare une bonne part du budget municipal.Les marchés publics (Bonse- cours, Sainte-Anne, Saint-Gabriel, Saint-Antoine, Saint-Laurent, Viger, Fapineau, marché à Foin) occupent également ù cette époque une place importante dans le budget de la Ville.Sept grands services On compte au debut du siècle sept grands services municipaux, tous dirigés par des commissions : finances, voirie, police, incendies, aqueduc, éclairage et marchés publics.Parmi les autres services de moindre envergure, on retrouve : la Cour du recorder (cour municipale), la Commission des parcs, la Commission de l'incinération et la Commission d'hygiène et des statistiques.Dans les années trente, le plus gros service est celui des travaux publics, lequel regroupe les services techniques, la voirie, la canalisation, l'incinération, les chantiers municipaux, l'inspection des bâtiments, l'électricité, les parcs et terrains de jeux, la Commission de l'aqueduc et les laboratoires d'essais, à lui seul ce service gruge environ 20 p.cent du budget municipal.Ensuite, on retrouve par ordre d'importance financière : le Service de santé, le Service de police, le Service des incendies et le Service des finances.Au cours de la décennie 1930-1940.la Ville administre également un autre service majeur, soit celui du «Secours aux chômeurs », programme auquel contribuent les gouvernements fédéral et provincial.LaCTM en 1951 Un autre grand bouleversement survient dans les services municipaux en 1951 lorsque la Ville crée la Commission de transport de Montréal.Puis naissent (ou renaissent) de nouveaux services autonomes : le Service de la circula- tion, celui de la voirie, celui des parcs et terrains de jeux.Ces nouveaux services prennent de l'ampleur au fur et ù mesure que la ville grandit.Au debut des années soixante, Montréal se lance dans la cons truction du métro, améliore énormément \"-on réseau routier, développe son réseau d'égoût et d'aqueduc.Sonne l'heure des grands projets: Place des arts, gratte ciel.Kxpo (i7.Jeux olympiques.Floralies, etc.La CUM La création de la Communauté urbaine de Montréal, en 1971, vient notamment «soulager»» la Ville de deux énormes services, soit le transport en commun et la police.La Ville n'a plus à s occuper dorénavant de ces services, si ce n'est de payer annuelle ment à la CL M sa quote-part.Aujourd'hui, les services municipaux sont au nombre de 22, dont il dits d'administration et il dits d'exécution.Le nombre d'employés s'élève .« environ 12400.Le plus gros demeure toujours celui des travaux publies, qui dispose d'un budget de $241 millions et compté 1 160 employés.Au deuxième rang, mais loin derrière, on retrouve le Service de la prévention des incendies: budget de $74,5 millions et quelque 2 (mm) employés.Le Service des sports et des loisirs est bon troisième avec un budget de près de $29 millions et un personnel 1 non personnes.Suivent ensuite le Service des affaires sociales ($20.2 millions et 700 employés) et celui des activités culturelles ($15 millions et 420 employés).On constate donc que le sport et la culture comptent maintenant parmi les principales préoccupations de l'administration municipale.Ce groupe de motocyclistes de la police de Montréal a pose pour le photographe de LA PRESSE avant d'aller diriger la circulation aux abords du parc Jeanne-Mance, où le journal présentait un immense feu d'artifice, le 6 mai 1935.Ogilvy et Montréal célèbrent 118 ans d'amitié.En 1866, lames Angus Ogilvy, de Kirriemuir en Ecosse, ouvrait une boutique de toiles au coin des rues Bonaventure et de la Montagne.En 1896, Ogilvy fit construire un magasin au coin nord-est des rues de la Montagne et Ste-Catherine.L'édifice existe encore aujourd'hui.Ogilvy construisit un grand magasin de quatre étage sur le site actuel.En 1928-29, la salin Tudor, située pu cinquième étage, ouvrait ses portes.Parmi les événements les plus importants qui eurent lieu à la salle Tudor, on relève les concerts donnés par le choeur d'entants «Chapel Royal» de Londres et les célèbres Petits Chanteurs de Vienne et un cirque, complet avec éléphants.m \\ .< L'avion le plus rapide au monde en 1931, lè Supermarine Vickers _ rjL ^tk} avait été exposé à la Salle Tudor.^La première émission de télévision fut diffusée de la Salle p Tudor./ Et au début des années 30, |as.A.Ogilvy assumait la vente et le service des prestigieuses voitures anglaises de marque Austin.\u2022 sJ8^™i»i Chaque année depuis 1943, à la fin de novembre, l'arbre de la «Royal Canadian Légion» s'illumine au son aigu des cornemuses sur les dons du public aux vétérans hospitalisés ou invalides.En septembre 1964, Ogilvy achetait du théâtre de Sa Majesté, le fameux lustre de cristal bohémien.Aujourd'hui, le rez-de-chaussée du magasin du centre-ville est agrémenté de celui-ci.En 1965, Ogilvy ouvrait une succursale au centre commercial Fairvievv à Pointe-Claire, en 1966 une autre à Anjou et une boutique de modes féminines en 1983 au Carrefour Laval pour répondre aux besoins de la population 4 grandissante.Le son de la cornemuse.Une tradition Ogilvv pour plus de vingt-cinq ans.Encore aujourd'hui, un joueur de cornemuse se promène chaque midi A à travers le jgt f magasin.*5L' Vf 9jL i OG] CENTRE-VILLE \u2022 FAIRVIEW.POINTE-CLAIRE \u2022 LES GALERIES D ANJOU \u2022 CARREFOUR LAVAL LA PRESSE, MONTRÉAL, LUNDI 18 JUIN 1984 ï 1 ]\t 1\tm Pauvre maire Starnes! «1 relevés financiers qui JLivous sont soumis, lout en établissant, dun., part.1 état satisfaisait! et sain dans lequel se trouvent nos finances ci notre crédit, nous préviennent, de l'autre, de ne \\u ^ nous laisser entraîner I des dépenses extravagantes «ii non \u2022, miliums î Odyssée olympique Pauvre maire Starnes î 11 a dû se retourner dans sa tombe s'il a été mis au courant du coût du Pan olympique et de son stad1 317 aux contribuables Vient ensuite, en 1911.la cons- truction d'un bain public et d'un gymnase, boulevard Morgan, autre édifice grandiose qui.lorsque inauguré en 1916, aura coûté $215 000.Toujours en 1911, on décide de reconstruire la caserne de pompiers à l'angle de Notre-Dame et Létourneux.Elle est l'oeuvre de Marius Dufresne lui-même et coûtera $112 000.Après la construction d'édifices publics, les dirigeants de Maisonneuve se préoccupent d'aménagement urbain.On commence par la création du parc Maisonneuve.Il aura 600 acres et, en 1917, son coût sera estime à $7,8 millions, intérêts et autres dépenses.L'achat du terrain, à lui seul, devait coûter $6,4 millions.Et il y a les grands boulevards, d'abord le boulevard Pie IX.Marius Dufresne rêve d'en faire un grand boulevard orné d'arbres où les bourgeois installeront leurs résidences cossues.Il a des projets aussi pour la rue Sherbrooke et le boulevard Morgan.Et pour compléter le tout, on adopte un nouveau règlement de zonage à la mesure de Maison-neuve.Marius Dufresne et son frère se construisent un petit palais à l'angle sud-ouest de la rue Sherbrooke et du boulevard Pie IX.11 prendra le nom de château Dufresne.Non loin, aujourd'hui, s'élève un certain stade dans un certain Parc olympique.Le boulevard Morgan.Un boulevard qui a le défaut de ne mener nulle part, ne servant en somme qu'à relier deux des principales artères est-ouest du quartier, les rues Sainte-Catherine et Ontario.Il n'est flanqué que de trois pâtés de maisons, mais on y trouve tous les édifices importants du secteur.Au début des années 10, Marius Dufresne rêvait de recréer à Montréal, avec grands boulevards et parcs majestueux, ce qu'on connaissait sous le nom de « City Beautiful » aux États-Unis et de « Garden City » en Angleterre.Parmi ses réalisations, le marché Maisonneuve, inauguré en septembre 1914.Cité Jardin : des maisons de $4 500.Une rue de ce petit paradis résidentiel créé près du centre-ville, et dont le citoyen le mieux connu s'appelle Jean Drapeau Au cours d'un voyage en Suède quelque temps avant la Deuxième Guerre mondiale , un promoteur immobilier montréalais du nom d'Auguste Gosselin avait découvert le logement coopératif et était rentré au pays avec l'intention d'offrir le concept à ses concitoyens désireux d'acquérir une maison à un prix raisonnable.Dans un premier temps, il fonde donc l'Union économique d'habitation, organisme qui servira de tremplin en 1912 à la coopérative ; toujours sans but lucratif, son rôle consistera à construire des maisons pour les membres.Et comme la construction devait commencer au cours de l'année du troisième centenaire de fondation de Montréal, le projet prend tout naturellement le nom de Cité Jardin du Tricentenaire.Dans un deuxième temps, il fallait choisir un terrain propice à un projet de grande envergure puisqu'on prévoyait y construire 200 maisons ; elles seraient situées en bordure de rues presque toutes sans issue pour diminuer la circulation automobile et com-plémentées par un centre communautaire offrant tous les services requis par une communauté se voulant autonome, conformément au plan d'urbanisme imaginé avec soin par l'architecte Jean Gagné.La coopérative jette alors son dévolu sur un immense champ sans le moindre arbre, délimité par les boulevards Rosemont et de l'Assomption, et les rues Sherbrooke et Viau.Le coût?On le souhaite raisonnable, cela va de soi, et de premier abord l'objectif semble être atteint puisque les quatre modèles de maisons de six et huit pièces sont offerts à des prix variant de $1 500 à $7 500.Précurseur des entreprises domiciliaires qui ont surgi aux quatre coins de la région montréalaise par la suite, Cité-Jardin est malheureusement tombée dans l'oubli à peine trois ans plus tard, alors qu'on n'avait construit qu'une centaine de maisons.La raison?La principale est sans doute le moment choisi pour lancer le projet : la guerre rendait l'approvisionnement en matériaux de construction fort difficile et très coûteux, de sorte qu'il fallut augmenter les prix des maisons considérablement (de $4 500 à $7 500) au grand désespoir des membres.Et comme il arrive souvent dans de telles situations, la bisbille s'installa dans l'organisation, qui cessa ses activités tout juste après la guerre.Ironie du sort, si le projet s'était concrétisé tel qu'on l'avait élaboré, ce sont de coquettes et modestes maisons que l'on trouverait le long de la rue Sherbrooke au lieu d'un Village olympique construit 30 ans plus tard au coût de $100 millions. LA PRESSE, MONTRÉAL, LUNDI 18 JUIN 1984 La vie de quartier 11 ri \\\\ ¦ * fi* \\ .A .1* ¦ MA.T «\u2022 « i i i \u2022 i \u2022 i > i > i i i i i i i i i i i i i < i > i i t i Pointe-Saint-Charles a été premier quartier ethnique de Montréal Le 12 juin 1843 est longtemps resté gravé dans la mémoire de !a communauté irlandaise de Montréal comme « le lundi rouge ».Ce jour-là.3 000 immigrants irlandais font la grève contre les conditions de travail inhumaines dans les chantiers des canaux de Lachine et Beau-harnois.LAURIE ZACK Collaboration spéciale Ils dénoncent les journées de travail de 14 à 16 heures pour un salaire de deux shillings (25 cents), les prix exorbitants demandés dans les magasins des compagnies et les retards incessants dans la remise de la paie.La troupe est envoyée et la Loi de l'émeute est lue au milieu des railleries et des sifflements.Les soldats ouvrent le feu, tuant six ouvriers.La grève est écrasée.Les Irlandais ont été le premier gros groupe européen à immigrer à Montréal, après les Français et les Anglais.En 1847, ils arrivent en grand nombre, fuyant la famine et la peste.Des milliers d'entre eux n'ont pas le temps de traverser l'Atlantique : ils meurent comme des mouches, du typhus, dans les « bateaux cercueils » quittant Cork et Derry.Les corps sont jetés dans des fosses ouvertes près des quais de Pointe-Saint-Charles.Malgré cette précaution, l'épidémie se répand dans le quartier.Des gardes armés bloquent l'entrée des ponts pour essayer de circonscrire la maladie à la Pointe, où 7 000 personnes mourront.Des organisations de secours sont créées dans tout Montréal.Des familles généreuses prennent en charge les milliers d'orphelins.C'est dans ces conditions pénibles que Pointe-Saint-Charles devient le premier quartier ethnique.Les immigrants irlandais travaillent dans les chantiers maritimes, construisent les canaux ou sont employés à l'usine I Il \u2022 s fi de savon Robert Griffin.La /one autour de l'usine est baptisée Griffintown, un nom toujours utilisé par plusieurs Montréalais d'origine irlandaise.Une ville cosmopolite Dès le début du 20e siècle, Montréal devient rapidement une ville cosmopolite alors que se succèdent des vagues d'immigrants fuyant la famine.les soulèvements politiques et la peste en Europe.En 1900, fi 000 Juifs débarquent dans le port de Montréal, chassés par les pogroms en Europe du Centre et de l'Est.En 1916, ils sont plus de 30 000.Ils s'installent d'abord sur Craig, Saint-Georges et Notre-Dame.Plusieurs trouvent leur premier emploi dans les chantiers de ferraille de Griffintown et dans les ateliers ferroviaires, ou sillonnent les rues comme marchands ambulants.Certains des nouveaux arrivés sont tailleurs ou fourreurs.Petit à petit, la population juive se déplace vers le nord le long de la rue Saint-Laurent, puis Saint-Urbain, d'abord jusqu'à Sherbrooke et plus tard jusqu'à Van Home.Le Jewish Herald, le Horn's Restaurant \u2014 où se rassemblaient les travailleurs du vêtement \u2014, le vaudeville au théâtre Hollywood et les sandwiches de renommée internationale de Wi-lensky sont devenus des traits culturels distinctifs toujours propres au quartier.La petite Italie La première vague d'immigrants italiens, en 1905, provenait de Naples, de Calabre, de Si-cile, des Abruzzes et de Campobasso.Beaucoup d'entre eux venaient travailler pour le Grand Tronc ou pour le Canadien Pacifique.Les agents de main-d'oeuvre de la communauté \u2014 les « banchieri » \u2014 trouvaient aux chômeurs des emplois à $2,50 par semaine.Plus tard, l'agrandissement de la ville créa de nouveaux em- plois : il fallait paver les nouvelles rues, poser les tuyaux d'égout, construire les maisons.Plus fortunés, les Italiens quittèrent le bas de la ville, où ils s'étaient d'abord établis.Au nord de Jean-Talon s'étendaient des terres encore non développées.Les femmes pouvaient aller y cueillir de la «verdura» et les hommes, des baies pour faire du vin.On pouvait s'y adonner au jardinage, passe-temps favori de plusieurs.Avec le temps, la «petite Italie» prit forme entre les rues Jean-Talon, Beaubien, Drolet et Marconi.Même si plusieurs Montréalais d'origine italienne vivent maintenant à Montréal-Nord, le quadrilatère est toujours connu pour ses marchés, ses restaurants, ses épiceries et ses cafés bien typiques.Les Grecs, eux, ont marché dans le sentier tracé par les Juifs et les Italiens.Les premiers immigrants, arrivés peu avant la Première Guerre, se fixèrent dans le bas de la ville.La communauté hellénique migra graduellement le long de la rue Saint-Laurent, au nord de Sherbrooke.Le quartier qui rayonne autour des rues du Parc et Mont-Royal est devenu « la petite Athènes ».Dans les cafés, les « kafeneions », ils peuvent danser la bouzoukia et jouer au backgammon.Chaque année, le 25 mars, une parade marque l'indépendance de la Grèce.Quant aux premiers immigrants chinois, ils commencèrent à arriver à Montréal en 1881.Lorsque la construction du chemin de fer tira à sa fin en Colombie- Britannique, plusieurs ouvriers vinrent s'établir à Montréal dans l'espoir de se trouver un emploi dans les sièges sociaux des compagnies ferroviaires.En 1900, plus de 6 000 d'entre eux vivaient dans le quadrilatère formé par les rues Saint-Laurent, Cheneville, Dorchester et Vitré.Un sociologue canadien-chinois, Hon Con, a écrit : « Le Chinatown est né de deux phénomènes : la solitude et la peur .» Isolés par la langue et la culture, séparés de leur famille proche par la Loi fédérale sur l'exclusion des Chinois, ces derniers s'agrippèrent à leur culture.Au cours des 50 dernières années, d'importantes sections du quartier chinois ont été détruites par des projets tels que le complexe Guy-Favreau ou le Palais des congrès.Il ne reste plus qu'environ 300 résidents des 5 000 qui y vivaient dans les années 50.Les week-ends, toutefois, les Montréalais chinois envahissent les restaurants le long de la rue Lagauchetière pour le traditionnel repas familial.Les communautés oubliées D'autres communautés, en raison de leur nombre moins important, sont parfois ignorées des Montréalais.C'est le cas des Canadiens noirs, dont les premiers représentants sont pourtant arrivés dans la métropole presque en même temps que les Français.Dès 1630, des esclaves malgaches travaillaient comme domestiques dans des familles de Ville-Marie.Le dernier esclave fut vendu ici en 1797.Par la suite, plusieurs Noirs américains, fuyant l'esclavagisme, ont abouti à Montréal et ont créé une petite communauté dans l'Ouest de la ville.En 1907, ils fondaient leur première église.Plus tard, une autre communauté noire se développait dans Côte-des-Neiges.L'arrivée massive des Haïtiens a porté la population noire de Montréal à 80 000 personnes.La communauté portuguaise, concentrée près du boulevard Saint-Laurent, entre Sherbrooke et Mont-Royal, est relativement récente.Elle s'est essentiellement constituée après la dernière guerre, alors que des milliers d'hommes et de femmes fuyaient la pauvreté, la dictature et les guerres coloniales. **************************: \u2022MV CD CO CD c**********^ * * * ************ ¦ I CD CD CD * ** Was V g * Û ?Iff =.U u i-» 4$ 0 CD CO ~0 CO o CO CO m S3 3D Ife CO if I ?1 i: I 13 CO 0 0) I , m i ! 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