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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
La presse plus
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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Références

La presse, 1984-06-23, Collections de BAnQ.

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[" ?MONTRÉAL 23 juin 1984 volume 2 numéro 25 La question La question nationale?Quelle question?Les questions célèbres finissent par entrer dans un petit coin de l'Histoire.ou dans l'oubli, avec ou sans réponse.Se souvient on du * What does Quebec want?» qui, il y a maintenant une génération, exprimait bien tout l'étonnement inquiet du Canada anglais face au Québec.Au Québec, il y a.ou il y avait LA question.Dite nationale.Qui se la pose encore?Notre collaboratrice Adèle Lauzon es; allée voir du côté des écrivains.Dans son reportage en pages 2, 3 et 4, elle nous livre ses conclusions essentielles.D'abord, il faut constater que les écrivains sont passés à autre chose.On n'écrit plus «pour bâtir un pays».On écrit plutôt comme si le pays était déjà fait.Ce n'est pas qu'on a renié LA question.Nos écrivains auraient plutôt le sentiment que quelque chose d'essentiel a déjà été accompli.On ne remet plus en question l'identité québécoise et quant à la langue, on ne la sent plus aussi menacée qu'avant.En somme, pour nos écrivains, la question nationale est devenue plus un motif de sécurisation que de mobilisation.Au Canada anglais non plus, on n'a plus peur.Pour d'autres raisons.Les intellectuels Canadian, nous rapporte Michel Vastel d'Ottawa (page 5), trouvent que le Québec s'est bien assagi.Ceux-là mêmes qui admiraient le Québec de la révolution tranquille et qui ont même applaudi aux victoires du Parti québécois, ne se sentent guère inspirés maintenant par un Québec jugé trop protectionniste et trop «bourgeois».Si le Québec en général respire la sécurité, on y retrouve tout de même des groupes pour qui la question de la survie se pose encore.C'est le cas des anglophones de l'Estrie.Jacques Coulon, en page 6, nous trace un portrait de cette minorité de 70,000 habitants qui voit ses écoles fermer, ses jeunes s'en aller et qui se demande ce que lui réserve l'avenir dans un Québec français.Pour terminer sur une note de fête, saluons nos prédécesseurs sur ce continent.les ln-cas, qui célèbrent leur plus grande fête le 24 juin, en l'honneur du Soleil.Pierre Saint-André, en pages 10 et 11, nous décrit les extraordinaires cérémonies qui marquent chez ce peuple la fête du Soleil Sacré.N'avons-nous pas nous aussi, malgré tout, de bonnes raisons de fêter?La Rédaction Notre beau grand fleuve est sale page 9 LA QUESTION NATIONALE écrivains Roses, iris et autres fleurons de notre climat tempéré y prolifèrent sept jours par semaioe, mais c'est le samedi après-midi que le Jardin botanique se pare de ses plus beaux atours.L'union bénie et la bague au doigt, les nouveaux mariés et leur cortège, accompagnés du photographe, parcourent les allées fleuries ou I arboretum à la recherche du cadre idéal où fixer sur pellicule ces images de bonheur qu'ils conserveront précieusement pour l'édification de leurs enfants et petits-enfants.Juin, mois des mariages.Venus en limousines louées, des dizaines de groupes s'entrecroisent sans jamais se tromper, mariées et demoiselles d'honneur rivalisent de dentelles tandis que maris et garçons d'honneur, qui ont pillé le Classy le plus près de chez eux, ajustent leur jabot et jouent de ce soulier verni qui leur serre le pied.L'endroit idyllique est finalement trouvé: ah! les beaux filas que voilà! Le photographe regroupe ses sujets, les petites bouquetières rêvent du jour où ce sera leur tour, cheese, clic, c'est fait Le photographe livrera ses oeuvres lorsque les nouveaux mariés seront rentrés de voyage de noces.Montées sous plastique dans un bel album, elles seront précieusement conservées pour la vie ou, alors, déchirées et piéti-nées avec rage lorsque le divorce sera venu.spectacle S a> co CM 5 LU < CO < ¦UJ CE H Z o 5 CO CN Un homme et son piano I! est Juif Danois naturalisé américain, âgé, pianiste, seul en scène et drôle.Immensément drôle.Deux heures de tous les gags possibles et imaginables, et plus encore, autour d'un piano.Impeccable, impassible, impayable.Lundi soir prochain, la salle Witfrid-Pefletter croulera de rire sous tes assauts répétés de Victor Borge.À ne pas rater, étant donné qu'il ne vient à Montréal qu'une fois par décennie et que son âge étant ce qu'il est, ce pourrait bien être la dernière.EXPOSITION Bouderez-vous Boug uerea u ?Vous auriez tort; on se pressera tout l'été au Musée des Beaux-Arts pour voir les cent-quarante tableaux de William Bouguereau, peintre français honni et oublié de.On n'entrait pas au musée, on s'y faufilait.Elles ont été enlevées et on pénètre maintenant au Musée des Beaux-Arts comme dans le bon vieux temps: par la grande porte.TELEPHONE C'est de la part de quoi?Les répondeurs se multiplient comme poissons et pains dans l'Évangile, principalement chez les travailleurs à (a pige qui dépendent du téléphone pour les contrats à venir.Certaines personnes se permettent des messages enregistrés avec voix du dimanche, fond musical et effets sonores, alors que d'autres font dans la sobriété la plus totale.Téléphoner chez Jean-Guy Moreau, par exemple, s'avère décevant.On s'attendrait à une voix de premier ministre, à un maire Drapeau, â une Sa-gouine.Pas du tout! Chez Moreau, c'est Jean-Guy qui parle.promenade) À Lachine En été, la meilleure façon de s'y rendre est d'emprunter la superbe piste cyclable qui longe le canal Lachine.Une piste à faire rougir d'envie les cyclistes d'Ottawa, pourtant bien pourvus en la matière.À partir du Vieux-Port, une douzaine de kilomètres le long de cette voie d'eau désaffectée \u2014 mais pas encore désinfectée \u2014-avec vue unique sur Montréal.Et la petite ville dé Lachine est bien jolie avec ses monuments anciens, son «centre-ville» au charme vieillot, sa marina, son ouverture sur le lac Saint-Louis et, boulevard Saint-Joseph, ses terrasses pour cyclistes déshydratés.publication) Holà ! aubergiste Aux éditions Primeur, un commode «Guide des auberges et hôtelleries du Québec» pour ceux que le grand hôtel, le camping ou le dollar américain à soixante-dix cents dans la piastre n'intéressent pas.Une centaine d'établissements répertoriés, avec tous les renseignements nécessaires et les classifications du service de l'hôtellerie du ministère du Tourisme en ce qui a trait à ta qualité de l'hébergement et de la nourriture.sont autre chose Où en est la littérature québécoise par rapport à la question nationale?Celle-ci est-elle présente dans les oeuvres?Les écrivains sont-ils présents dans l'activité politique?Sont-ils nationalistes?indépendantistes?fédéralistes?Que représente pour eux, en 1984, le gouvernement du Parti québécois?et le Canada, à la fin du règne de Pierre Trudeau?Car.toute réponse qui se voudrait exhaustive serait par définition, imprudente ou partielle.Nos travailleurs de l'écriture sont de mieux én mieux organisés \u2014 notamment dans l'Union des Écrivains du Québec, pour défendre leurs intérêts professionnels.Mais dès qu'il s'agit de pensée, de sensibilité, d'opinion, de style, les perceptions collectives ne sont plus de mise, ce qui est un signe de santé par rapport à la liberté et au développement des idées dans la société québécoise.À cette qualité d'indépendance de pensée des écrivains, on doit ajouter leur nombre: il existe entre sept et neuf cents écrivains québécois, ceci en prenant comme critère toute personne habitant au Québec qui a publié au moins deux livres littéraires en langue française depuis les dix dernières années.Aussi en choisissant une dizaine de témoignages, a-t-il fallu se résigner à être arbitraire.Nous avons tout de même rencontré des créateurs appartenant à des générations différentes, à des courants de pensée et d'écriture très diversifiés, à des tendances politiques variées.C'est au XIXe siècle que commence à se poser le rapport entre la question nationale et la littérature.Mgr Camille Roy préconise la «nationalisation de la littérature».L'abbé Groulx se fait aussi l'apôtre Adèle Lauzon d'une écriture de propagande, glorifiant le passé et la «race» canadienne-française.Entre ces épopées cléricales et le retour de la question nationale à la fin des années cinquante, surgirent des poètes et des romanciers de talent, des écrivains classés à l'époque dans la littérature canadienne de langue française: Emile Nelli-gan, St-Denys Garneau, Gabrielle Roy, Anne Hébert, Alain Grand-bois, Roger Lemelin, André Lan-gevin, etc.À la fin des années cinquante, dans les remous qui précèdent la révolution tranquille, commence à s'exprimer une génération qui écrit «pour construire un pays», le Québec.Les éditions de C Hexagone avec Gaston Miron, Liberté avec Jacques Godbout.En 1963, nouvelle phase de l'escalade vers l'identité collective québécoise: la revue Parti Pris: radicale, indépendantiste, laïciste.Elle s'inscrit dans le courant international de décolonisation avec des intellectuels comme Pierre Maheu, Paul Chamberland, Hubert Aquin et des écrivains comme Gérald Godin, Jacques Renaud et André Major, qui écrivent en «jouai», langue revendiquée comme expression de l'état du colonisé et qui est appelée à être dépassée.De même, le nationalisme de Parti Pris se voulait transitoire et prévoyait sa propre éradiction.Cette étape constitua l'un des sommets dans la lutte pour l'affirmation de l'identité.Nouvelle littérature Cette identité ayant donc été trouvée, dès les années soixante une nouvelle littérature se fit jour aussitôt.Michel Gay, poète et secrétaire général de l'Union des Écrivains québécois, 35 ans, ne s'est jamais préoccupé de la question nationale darjts §es écrits.«On ne passe pas notre temps à se dire Québécois, pas plus par exemple que quelqu'un passerait son temps à dire qu'il est Montréalais ou New Yorkais.Parce que c'est une évidence.» Il appartient à une génération qui n'a plus à créer un pays, puisque le travail a été fait par les aînés.«Mais, dit-il, on n'a pas fini de digérer cette période-là qui va de 1959 à 1970.Tout a commencé et fini dans ces dix années-là: le projet de fonder une littérature nationale et puis le projet de s'opposer à ce concept-là parce qu'il n'est plus opératoire pour de jeunes écrivains.On a vu le projet textuel apparaître dans les années soixante et aujourd'hui on en vit encore.«Il n'y a que dix ans \u2014 heure pour heure et jour pour jour \u2014 car ils ont la même date de naissance \u2014 entre Jacques Godbout et Nicole Brossard.Et pourtant, de Liberté aux Herbes Rouges (revue fondée en 1968) en passant par Parti Prisen 1963, par la Barre du Jour en 1965, il y a là à peu près toute l'histoire de la littérature québécoise dans sa période reliée à la question nationale.Dans cette période, en même temps qu'on créait une littérature, on créait un pays.1970 sera une année charnière, symboliquement en tous les cas, avec la publication de «L'Homme Rapaillé» de Gaston Miron, qui curieusement marque non pas le début de quelque chose (c'est la première publication de Miron) mais la fin de quelque chose, la fin de la littérature du pays.» Lise Gauvin, écrivaine, profes-seure et membre du comité de ré- Une littérature qui prend ses distances vis-à-vis du politique daction de la revue Possibles, fait le point: «Jusqu'en 1970, pour toute littérature québécoise, le réfèrent commun minimal est celui d'une interrogation inquiète sur l'identité.» Ensuite, on en arrive au point où «une littérature devient nationale lorsque précisément elle cesse de se poser le problème de son existence.La littérature québécoise est désormais une littérature polyvalente, débarassée des attitudes crispée ou monolithique des générations antérieures.Littérature qui accueille et célèbre aussi bien Louis Caron que Nicole Brossard, Yves Beauchemin que Yolande Villemaire ou Madeleine Gagnon.» «Depuis plusieurs années», nous dit Jean-Pierre Guay, président de l'Union des écrivains du Québec, «les écrivains d'ici ont exploré et développé un imaginaire remarquable et produit des livres qui se défendent très bien sur le plan international.C'est pourquoi, face à ce qui ressemble de plus en plus à un constat d'échec sur ce que les écrivains peuvent attendre du Québec, il y aura une tendance chez les écrivains à se situer exclusivement dans une production internationale.» Entre 1965 et 1975, on vit l'une des périodes les plus effervescentes de l'histoire du Québec, période au cours de laquelle il y eut une interaction entre le politique et le culturel, l'un renforçant continuellement l'autre et réciproquement \u2014 dans un combat pour l'affirmation de l'identité québécoise.L'année 1968, par exemple, marque la fondation du Parti québécois, la publication de Nègres Blancs d'Amérique de Pierre Val- lières, le premier spectacle de Poèmes et Chants de la Résistance, la création de VOsstitcho avec Charlebois, Deschamps, Forestier, le Jazz Libre du Québec, le premier numéro des Herbes Rouges (déjà la poésie formaliste prend beaucoup de place) et l'arrivée de Pierre Trudeau au poste de premier ministre du Canada.Sur tous les plans, les pions se mettaient en place pour une longue partie, qui devait aboutir après une quinzaine d'années à un affaiblissement politique du Québec (référendum, rapatriement) mais à un renforcement de l'identité québécoise.Il existe parfois une certaine nostalgie de ce court et heureux mariage entre les créateurs et les politiques.Michel Tremblay que l'on joue maintenant à Paris et à New York, et qui semble parfaitement à l'aise dans sa peau et dans son temps, évoque tout de même l'avant-1976 avec une certaine nostalgie.«Merveilleuse époque de créativité, dit-il où tous ensemble, à partir de rien du tout, on a entamé l'escalade, où on s'est mis à penser qu'on pourrait être quelqu'un un jour \u2014 puis à être sûr qu'on pourrait l'être.» Tremblay déplore à présent le manque de modernité et l'ethnocentrisme du Québec péquiste: «Un peuple qui se pend trop à son passé après avoir pensé qu'il n'en avait pas est voué à une sorte d'échec politique (.) On s'est vu peu préoccupé du présent et pas du tout de l'avenir.L'ethnocentrisme et le goût du passé s'influencent réciproquement.On s'est découvert, c'est normal, c'est même beau, c'était sain mais ii faut aller au-delà.» Tremblay est aussi en réaction contre la déprime, celle qui a suivi ce qu'il appelle le « coitus interrup-tus» du référendum.Méfiance du passé On constate chez beaucoup de créateurs une violente allergie au passé.Sur ce chapitre, Lise Gau-vin croit cependant qu'il y a de l'exagération: «Il y en a, dit-elle, qui vont jusqu'à jeter par-dessus bord toute la mémoire.Pourtant, le présent est aussi fait de mémoire.Il ne faut pas se concentrer uniquement sur l'immédiat parce que l'immédiat c'est aussi ce qui passe.» Le rejet du passéisme et du repli sur soi s'exprime à la fois dans la dénonciation du nationalisme conservateur qui justement privilégie ces valeurs et dans une aversion pour les ceintures fléchées, et le folklore \u2014 en tant qu'emblèmes des premières politiques culturelles du gouvernement péquiste qui concentra beaucoup d'énergies à sortir de la poussière une culture ancestrale.On s'accorde sur le fait que le ministère des Affaires culturelles a fait d'importants progrès depuis un an ou deux, dans la mise en oeuvre de politiques adéquates.Parmi les adversaires de la culture des «vieux meubles», le poète Paul-Marie Lapointe, récipiendaire du prix de l'International Poetry Forum en 1976, décerné chaque année aux États-Unis au meilleur poète étranger, croit que «le patrimoine doit être en prise directe sur le présent.Ce qui a été fait n'a de sens que si on contribue à ce qui se fait dans le présent et à ce qui se fera dans l'avenir.Autrement, poursuit-il, le folklore ne transmet que la mort et c'est quétaine.De même, il n'existe de nationalisme valable autrement que comme apportant quelque chose à l'humanité.» L'écrivain François Charron, dans un essai intitulé La Passion d'autonomie, littérature et nationalisme écrit: « Les soubresauts du nationalisme relèvent d'une conception du monde qui pétrifie et sacralise les valeurs nationales.À son extrême limite, on le sait, ce nationalisme peut aboutir à l'intransigeance et à la terreur dans le cadre des régimes totalitaires.» Et pourtant, il écrit quelques très belles lignes sur l'écrivain et la lutte pour l'autodétermination du Québec: «Dans la conjoncture québécoise actuelle (1980), il me semble qu'IL (l'écrivain) se doit à la fois, et dans une tension ravivée, de combattre pour cette reconnaissance politique du fait québécois, son autodétermination.tout en poursuivant le refus radical que cette reconnaissance recherchée ou trouvée ne se gèle en un endroit imposé du savoir, des comportements, de la culture.» Un malentendu Un examen de la production littéraire actuelle, révèle que celle-ci est abondante, de qualité, et qu'elle affirme résolument son autonomie par rapport au politique.co 33 m- > r~ * c/> > m g CO CO 2 ' ' ' GO 1 Dès 1970.les thématiques du pays avaient commencé à disparaître.Après la prise du pouvoir par le Parti québécois en 1976.cette tendance s'accentue.À ce moment, non seulement les créateurs ne sont-ils plus obligés de revendiquer une identité désormais conquise, mais un grand nombre d'entre eux, \u2014 à des degrés divers, consciemment ou inconsciemment, ont remis entre les mains du Parti québécois la dimension politique de leurs aspirations.Nicole Brossard nous dit comment elle a perçu ce phénomène: «Beaucoup d'écrivains de tendances diverses qui, indépendantistes ou non, croyaient à un projet de société québécoise ont pensé que leurs aspirations politiques pourraient être prises en charge par le Parti québécois une fois ce dernier au pouvoir.Les attentes à cet égard ont été disproportionnées, voire utopiques.» «Il y a eu déception et parallèlement les valeurs et les motivations culturelles se sont déplacées.Pensons seulement à l'impact du féminisme.Si on peut en général parier d'une désaffection politique, on peut cependant affirmer que celle-ci n'entame en rien la qualité de la littérature qui se fait présentement.» «Que nous n'ayions pas su faire la différence entre la conquête dune identité qui concerne tous les créateurs et créatrices et la vie politique autour d'une identité, voilà peut-être ce qui est à l'origine d'un malentendu qui pourrait facilement être entendu comme «fatigue» intellectuelle.» Finalement, nos écrivains ne furent engagés dans le Politique que pendant la période d'urgence où il y allait de leur vie en tant que créateurs.Le minimum identitaire étant assuré, beaucoup d'artistes voudront spontanément explorer des voies nouvelles.Un contexte politique normalisé Yves Beauchemin, l'auteur du Matou \u2014 le plus fort tirage jamais atteint au Québec avec 600000 en France, plus les traductions dans différents pays est un militant péquiste de la base.Un indépendantiste fervent.Pourtant, il vit, lui aussi, ce désinvestissement du travail d'écriture par le politique.«On s'est mis à écrire comme si on était un peuple normal et comme si l'indépendance était faite.C'était peut-être schizophrénique.Mais, depuis 1976, on se disait que la «job» était en train de se faire, alors, on a eu envie d'écrire S autre chose.Il y a autre chose que *~ la question nationale.Il y a la vie, ?le destin humain.D2ns mon cas ^ personnel, mon premier roman co l'Enfirouapé.publié or 1974 était ™ directement inspiré de la Crise 2 d'Octobre 1970.Dans le second 2 roman.Le Matou, déjà le thème ^ politique n'apparaît qu'en sour-.dine.Dans le troisième, celui que < j'écris en ce moment, il a compléta tement disparu.Et ce n'est pas un h- choix.On ne choisit pas nos livres.q Ce n'est pas non plus un rejet du 2 thème national.C'est que le con-texte politique s'est normalisé de-d puis 1976, dans la vie de tous les cl jours: les écrivains reflètent ça tout simplement.On s'est mis à écrire des romans comme des Italiens en Italie ou des Allemands en ^ Allemagne.On a tout simplement La loi 101 fait le bonheur de tous les créateurs supprimé le signe «égal» entre politique et littérature.» De la compréhension.à Ottawa Il semble bien, à en croire, poètes et romanciers que l'élection du Parti québécois, au lieu de raviver les flammes militantes, ait bien au contraire rassuré les gens sur leur destin collectif et les ait encouragés à s'occuper ailleurs.D'autre part, après 1976, les hommes au pouvoir à Québec, un peu par la force des choses (l'abondance du travail à abattre) et beaucoup par négligence et par incompréhension, ne devinrent jamais très attentifs à la réalité contemporaine de la création.Pendant ce temps, le gouvernement fédéral, sans doute stimulé par le défi posé par le Parti québécois, fit preuve d'une grande efficacité dans le soutien qu'il apporta aux créateurs québécois, sans leur demander par ailleurs d'allégeance politique.Il se montra bien renseigné sur les tendances, et les manifestations modernes de l'art et de récriture.Il trouva mille occasions d'encourager \u2014 notamment par le conseil des Arts \u2014 les créateurs de toutes disciplines.Ceux-ci, souvent indépendantistes, et en tout les cas conscients de leur identité québécoise, constatèrent avec amertume à quel point Ottawa \u2014 en matière culturelle \u2014 était plus près d'eux que Québec.Des problèmes de disponibilité financière intervenaient dans cette situation, mais elles n'expliquaient pas tout.Michelle Lalonde, l'une des meilleures éc ri vaines de la «littérature du pays», et péquiste convaincue, croit pour sa part que le gouvernement devrait être conscient de la nécessité d'aborder la question nationale avec une problématique nouvelle et dans un langage nouveau, et se montrer plus attentif aux courants de pensée contemporains.Un bon nombre d'écrivains, surtout parmi les jeunes, seraient, sembie-t-il, complètement dépolitisés, comme 'e sont d'ailleurs beaucoup d'anciens militants d'extrême-gauche, aussi désenchantés mais pour d'autres raisons.André Duchesne, poète-musicien, ex-président du Syndicat des Travailleurs de la Musique, évoque la situacion en termes visuels: «À présent, tu vois des vieux (30 ans!) marxistes-léninistes se promener en ville tout habillés en rose et les vieux (30-40 ans) granolas nationalistes aux cheveux longs.» Duchesne qui fut militant natio- naliste de gauche est en pleine réflexion sur la façon d'aborder ces questions en 1984, alors que tant de choses fondamentales ont changé.Le rôle des communications, par exemple: «En 1968, on partait du Sague-nay sur le pouce, on traversait tout le parc des Laurentides et on filait jusqu'à Montréal.pour acheter des disques de Jimmy Hendrix déjà célèbre aux États-Unis, qu'on rapportait au Saguenay pour le faire entendre à trois ou quatre personnes.Aujourd'hui, avec le développement des communications, Michael Jackson, on l'entend à peu près en même temps que ce soit aux États-Unis ou dans un village de brousse, n'importe où.Dans ces conditions, tout le problème du culturel et du politique est à repenser.et je ne sais pas trop où on va.» Un point de ralliement: la langue Duchesne lui-même, longtemps membre actif d'une avant-garde politique et musicale affirme néanmoins qu'il ne s'imagine pas chantant en anglais.Et une petite phrase lui échappe qui le surprend lui-même: «Mon pauvre père s'il m'entendait chanter en anglais qu'est-ce qu'il dirait.» La langue paraît être au centre des îlots de résistance de la question nationale.Par exemple la loi 101 fait le bonheur d'à peu près tous les créateurs francophones.Philippe Haeck, poète et professeur de littérature, qui affirme n'avoir jamais été touché par le nationalisme et qui a publié son premier livre en 1972, explique: «Moi j'ai découvert Miron avec bonheur.Mais chez Miron c'est la langue maternelle populaire que j'ai trouvée importante.Pour moi, Miron, ça n'a jamais été le «pays» mais le fait que les classes populaires au Québec exprimaient avec son oeuvre, un langage qui leur appartenait en propre.La langue c'est très important.» Michel Guay.qui, comme plusieurs confrères de son âge rte voit pas de rapport entre son travail de poète et la question nationale, fait une sorte d'exception de taille pour la langue: «Il y a là, dit-il, un point d'appui pour sensibiliser les écrivains au problème politique.C'est bien beau de dire comme on le fait parfois avec désinvolture qu'on écrit dans son petit bureau, plus en rapport avec d'autres poètes du monde qu'avec la collectivité d'ici.c'est bien gentil, sauf que si autour de nous le monde s'écroule, je ne pourrai plus publier mon livre, je ne pourrai donc plus être lu.ça va être grave tantôt! Si par exem-4 pie, la langue française commençait à se détériorer, ce serait pour nous un très grand problème.C'est notre outil de travail qu'on se ferait enlever.C'est là finalement que le ralliement doit se faire.» Le choc du référendum Somme toute, chez les créateurs comme dans la plupart des groupes sociaux on trouve toute sorte d'opinions qui vont de l'indépendantisme à une nouvelle vision du monde ou à la négation du politique.Yves Beauchemin continue de militer au Parti québécois, et croit en la nécessité de l'indépendance du Québec.«Dès 1977, on s'est mis à faire une politique d'apaisement et de réconfort, à avoir une peur bleue du mot indépendance.On a utilisé des Valiums.Pour neutraliser la peur des Québécois on en a essayé de faire passer l'indépendance en douce, à faire passer le fait de devenir un peuple indépendant pour une simple formalité.Mais ça ne sera jamais une simple formalité.La plus grave erreur \u2014 en plus du concept de Souveraineté-association, c'est de refuser systématiquement de parler du danger économique.Quand tu parles pas d'un danger que tout le monde connaît, tu amplifies la peur.C'est pire que tout parce qu'à ce moment-là on est entouré de mensonge.» En plus du «valium» de la campagne référendaire, Yves Beau-chemin croit que la déprime s'est installée à cause de la façon dont le Parti québécois a réagi au résultat.«On avait passé des années à gagner très peu de sièges et on parlait toujours de «victoire morale» parce qu'on avait augmenté le nombre de nos voix.Moi, je pense que les résultats du référendum, ils n'étaient pas si terribles que ça.C était même une belle «victoire morale».La Norvège a eu trois référendum avant d'accéder à l'indépendance.Ça aurait pu être perçu comme une étape; c'était le temps d'être étapiste.Ce «aujourd'hui ou jamais» manquait de maturité.Mais on n'était pas préparés à l'échec et incapables dévaluer historiquement le sens des résultats.» Yves Bauchemin croit qu'on a dévalué le mot «nationalisme» qui, à son avis, ne comporte rien de péjoratif.Il dit qu'il cessera d'être nationaliste quand le Québec sera indépendant.Le poète-philosophe Paul Chamberiand, qui a aujourd'hui 45 ans.était parmi les principaux fondateurs de Parti Pris.En 1980, il était partisan du OUI.Il doute maintenant que la constitution d'un état-nation québécois soit réalisable.En 1984, le changement, à la fois des valeurs et de la situation stratégique mondiales est tel qu'il est impossible d'agir en fonction d'analyses anciennes, y compris celles des fédéralistes traditionnels.Selon Chamberiand, on assiste, ici comme dans plusieurs autres pays à «une réaction du fait que les fondements de la pensée de l'action politique tels qu'on les a connus s'effondrent.Il y a un dés-investissement, mais c'est une fuite devant un effondrement \u2014 comme la fuite provoquée par un tremblement de terre.» «À ce moment-là, on ne parte pas seulement de l'échec du mouvement indépendantiste mais de la sorte d'abîme qui se crée entre les êtres vivants dans leur concret d'une part et, d'autre part, une nachine politique, qu'elle soit fé-jéraliste, qu'elle soit socialiste, qu'elle soit indépendantiste.Que le gouvernement soit péquiste, en un sens, ça importe peu.Ce qui de plus en plus règle les décisions sociales, politiques et économiques, obéit de plus en plus à une logique de la quantité.À ce moment-là.les idéologies deviennent de plus en plus fantomatiques.Mais ce n'est pas à cause du Parti québécois.C'est un mouvement qu'on constate en Occident.Ce mouvement affecte d'ailleurs les machineries syndicales, les grandes corporations, les gouvernements locaux.C'est comme si les conflits fédéralistes-indépendantistes étaient déshabités parce que le politique est lui-même déshabité.» Commentant la situation présente, Chamberiand dit: «Depuis le 20 mai 1980, et c'est ça qui est épouvantable, le Parti québécois se trouve acculé à une situation qui rappelle celle de l'Union nationale.On en est encore à l'autonomie provinciale.C'est lamentable.» «Face à cette situation nouvelle je considère donc qu être créateur actuellement, c'est essentiellement assumer un état nihiliste.Un nihilisme conjoncturel?Difficile à dire pour combien de temps.» La plupart des écrivains que nous avons pu rencontrer avaient, en se faisant aborder, une réaction d'étonnement, un peu comme si on voulait discuter avec eux d'un vieux truc rétro même pas remis à la mode.Par contre, une fois lancés, ils se sont tous montrés très loquaces et heureux de l'être.La situation du Québec, malgré les apparences de morosité et de désintérêt politique se prêtait, semble-t-il à des débats fort intéressants, en des termes différents des vieilles chicanes Québec-Ottawa telles qu'on les a connues depuis vingt ans.Parce que dans la réalité de 1984, pas plus le fédéralisme que le nationalisme, dans le cadre fédéral provincial ne passionne une génération de créateurs plus ouverts sur le monde et sur les problèmes universels.Il paraît clair aussi que cette attitude est largement conditionnée par les gains des générations précédentes sur le plan de la langue et de l'identité collective.Tant que celles-ci ne sont pas menacées, on pense à autre chose. AU CANADA ANGLAIS Le uébec ne fait plus peur et le PQ n'intéresse plus.:\u2022 .7 Michel Vastel OTTAWA our la nouvelle génération d'intellectuels du Canada anglais, le Québec n'a pas tenu les promesses de la Révolution tranquille.Il n'intéresse plus, ne fait plus peur et les nouvelles priorités d'aujourd'hui \u2014 la promotion du statut de la femme, les libertés individuelles \u2014 «cadrent mal avec la tradition protectionniste de la société québécoise».À les entendre, les intellectuels canadiens-anglais semblent croire que le Québec retourne à l'âge de pierre, ou au moins à celui de Maurice Duples-sis! Comme le résume Richard Simeon, de l'université Queens à Kingston: «Le Québec est tout simplement quelque chose qui ne préoccupe plus.» Quant au Parti québécois, l'intérêt qu'il a suscité dans la gauche intellectuelle du Canada anglais a disparu: «C'est un parti bourgeois», dit encore Simeon.Lome Nystrom, député de la Saskatchewan, qui compte beaucoup d'amis au gouvernement québécois, dont Gérald Godin et Louise Beaudouin, admet «qu'on avait plus d'admiration pour les libéraux de la révolution tranquille que pour les péquistes de 1984».Celui qui dit cela aujourd'hui avait invité René Lévesque en 1967 à rencontrer ses camarades étudiants de l'Université de Regina et, encore en 1981, il célébrait avec trois de ses collègues députés néo-démocrates la victoire du Parti québécois à Montréal.Les raisons de ce changement d'attitude varient suivant les interlocuteurs.Jeffrey Simpson, national columnist au Globe & Mail de Toronto, affirme: «Il y a une très grande fatigue.Le dossier est fermé pour l'instant.Après tout, les sondages n'ont pas changé depuis quinze ans.» «It's over».lance Richard Simeon.Il admet que rares sont ses collègues qui.comme Don Smiley, affirment encore que «le plus grand échec de la réforme constitutionnelle est de n'avoir pas su amener le Québec à y adhérer».En fait, pour comprendre ces intellectuels dans la quarantaine au- jourd'hui, il faut se souvenir qu'ils ont été marqués par la révolution tranquille.Alors adolescents, ils lisaient avidement ce que Canadian Forum et Cité libre publiaient sur le mouvement de libéralisation qui secouait le Québec.«Dans un pays ennuyeux comme le Canada, les nouvelles qui nous arrivaient du Québec excitaient notre imagination.» En 1968, lorsqu'il domine la scène politique canadienne, Pierre Trudeau est porté par cette vague d'admiration pour le Québec.La gauche intellectuelle y croit d'autant plus que le slogan de la «Société juste» évoque pour elle les luttes de libération contre les années sombres du duplessisme.C'est aussi l'époque où les jeunes étudiants du Canada anglais commencent à découvrir une société qui les révolte.David Kilgour, par exemple, aujourd'hui député conservateur d'Edmonton.est venu faire un stage d'été dans une succursale de la Banque de Montréal, dans la basse ville de Québec, en 1963.Il y découvre avec stupéfaction un monde entièrement anglophone et avoue avoir eu quelque gêne à aider certains Québécois à écrire leur correspondance, en anglais, au siège social de Montréal.David Kilgour était pourtant issu d'une famille très riche de Winnipeg \u2014 il est d'ailleurs le beau-frère de John Turner \u2014 et à l'école, on lui avait fait apprendre le latin plutôt que le français.Un des amis de la famille était John Dafoe, l'éditeur du Winnipeg Free Press, l'un des plus antifrancophones que le Canada anglais ait jamais produits.Dans les salons de la famille Kilgour, on rencontrait aussi régulièrement les grands avocats de Winnipeg qui avaient mené la lutte pour l'abolition du français langue officielle au Manitoba.«Mes parents croyaient au melting pot» confie David Kilgour qui lui-même accepte tellement le «droit à la différence du Québec» qu'il est prêt à lui donner le droit de veto.Kilgour, comme Lorne Nystrom d'ailleurs, ont acheté une maison sur les rives québécoises de la rivière Outaouais et envoient leurs enfants dans des écoles françaises.La nouvelle génération d'intellectuels anglais constitue donc un symbole des progrès réalisés en vingt ans par le fait français et par la cause du Québec lui-même.Ces gens-là sont d'abord eux-mêmes bilingues et l'un d'entre eux m'a montré avec quelque fierté les éditions copieusement annotées des écrits d'Henri Bourassa et de Lionel Groulx.Il est bien connu que les classes d'immersion en français refusent du monde, particulièrement dans l'Ouest, et il s'agit généralement d'enfants venant de familles dont les parents ont une éducation de niveau universitaire.Les statistiques sont même parfois surprenantes.A Yorkton en Saskatchewan par exemple, la ville la plus ukrainienne du Canada \u2014 22% de la population \u2014 il y a quatre fois plus d'enfants inscrits au cours de français qu'au cours d'ukrainien.Comme le rappelle Jeffrey Simpson, il y a seulement douze ans qu'une vingtaine de députés conservateurs rompaient avec la ligne du parti de Robert Stanfield et s'opposaient publiquement au bilinguisme dans la fonction publique fédérale et que, selon Donald Macdonald, les reô-necks de l'Ontario provoquaient une première défaite électorale de Pierre Trudeau.La question va ressurgir Autre changement depuis les années 60, l'acceptation du fait que le «Québec est différent».Même ceux qui prétendent que le Québec n'inquiète plus admettent, avec une vague crainte dans la voix, que «la question va ressurgir un jour ou l'autre».Aussi surprenant que cela puisse paraître, ce sont aux deux extrêmes du spectre politique, chez les conservateurs et les néo-démocrates, qu'on est le plus ouvert à l'idée et tout le monde s'entend pour donner beaucoup de crédit à Joe Clark.En dehors de la question souverainiste, il y avait beaucoup de sympathie en Alberta pour le gouvernement de René Lévesque et le premier ministre lui- même.Et pourquoi cette sympathie a-t-elle soudain disparu?Unanimement encore, on l'attribue à deux facteurs: la défaite du référendum \u2014 «qui confirme quinze années de sondages» \u2014 et l'arrivée de Brian Mulroney qui, comme l'autre Québécois Pierre Trudeau \u2014 adopte la ligne dure avec le Québec.Pendant la campagne référendaire, ces intellectuels ont pris au sérieux la promesse de Pierre Trudeau de renouveler la fédération.Ils y tenaient d'autant plus qu'ils avaient cru trouver en Claude Ryan \u2014 il jouissait encore de tout le prestige des directeurs du Devoir \u2014 un leader fédéraliste de la trempe des pères de la révolution tranquille.Les choses ont changé Aujourd'hui, ces mêmes personnes sont bien prêtes à regarder toute revendication en provenance du Québec, mais les conditions ont considérablement changé.D'abord, comme l'explique encore Jeffrey Simpson, le Canada anglais «n'acceptera pas de repartir à zéro et il faudra du temps».En fait, prétend-il, les Canadiens anglais sont de vrais «éta-pistes» et il en donne pour exemple la politique linguistique du gouvernement Davis, avec laquelle il n'est d'ailleurs pas d'accord.Incidemment, personne au Canada anglais ne semble croire, au contraire de monsieur Trudeau, que la reconnaissance du bilinguisme officiel en Ontario aurait tellement d'influence sur l'opinion des Québécois.Selon eux, la réalité bilingue du Canada est acquise dans l'esprit de tous.«Cela fait partie, explique Richard Simeon, du symbole pan-canadien qui a influencé les Québécois au moment du référendum.» Par ailleurs, une autre circonstance risque de réduire la réceptivité des intellectuels canadiens-anglais aux revendications du Québec.Leurs priorités ont elles-mêmes clairement changé: l'économie, les mouvements pacifistes, le féminisme, les libertés civiles sont autant de questions qui, pen- sent-ils plus souvent à tort qu'à raison, «ne cadrent pas avec la longue tradition protectionniste de la société québécoise».Richard Simeon par exemple est bien près de penser qu'avec le retour de Robert Bourassa \u2014 un autre événement politique qui les laisse particulièrement perplexes \u2014 la société québécoise s'en retourne aux années sombres de l'époque de Maurice Duplessis.Le Canada anglais, grâce à un savant dosage de reportages dans la grande presse de Toronto et des films de la télévision anglaise, n'a retenu de l'époque de Bourassa que les dernières années de corruption et les grands affrontements avec les syndicats.C'étaient là des événements qui leur rappelaient les histoires de leur jeunesse sur le régime Duplessis.Pour ces gens-là, l'homme politique dont ils rêvent pour le Québec est un Robert Cliche, c'est-à-dire un nationaliste qui ne va pas jusqu'au séparatisme, disent-ils, et un socialiste qui ne veut pas, malgré tout, casser le système.Pour Lorne Nystrom par exemple, qui rêve de réaliser la grande alliance entre la gauche du Canada anglais et les nationalistes québécois, cet homme pourrait être Daniel Johnson, -g Certains ont enfin souligné la §5 très bonne performance réalisée \" par Jean Chrétien chez les déle- 0 gués libéraux de l'Alberta.de la z Colombie-Britannique et de Terre- 5o Neuve.Selon eux, cela témoigne ™ du progrès réalisé par les franco- r-phones au Canada.co Il n'empêche qu'à ce même congrès libéral, pas un seul des grands noms du spectacle québécois n'était présent, pas plus que du Canada anglais d'ailleurs.Tout se passe comme si ces intellectuels avaient évacué le Parti libéral pour se réfugier aux deux extrêmes, à droite et à gauche.Le malheur, disent-ils, c'est qu'au Québec il n'y ait plus ni droite ni gauche mais «seulement des partis bourgeois».?2 m g ro 03 CD 2 «M Estrie: les anglophones veulent survivre.Jacques Coulon SHERBROOKE S co CNJ Q UJ < CO < -ai ce O CO \u2014I û.Un peu avant d'arriver à Stanstead-Plain, on aperçoit de la route, entre le terrain de golf et le cimetière, un petit monument érigé sur une butte.Une plaque de bronze, posée là il y a une cinquantaine d'années par la Société historique, porte les noms des 96 pionniers de Nouvelle-Angleterre qui fondèrent les villes et les villages où certains de leurs descendants vivent encore.Jusque vers 1870, l'Estrie \u2014 les Cantons de l'Est, comme on disait encore récemment \u2014 est anglophone et protestante dans toutes ses fibres.Et puis, tranquillement, les choses changent à mesure que de plus en plus de francophones s'installent dans la région.Aujourd'hui, rien ne va plus.La communauté anglophone est inquiète et désorientée.Des quelque 170.000 Québécois de langue anglaise vivant en dehors de la région montréalaise, près de 70,000 habitent l'Estrie, généralement en milieu rural, dans les villages et les petites villes, ce qui, au dire de leurs porte-parole, accentue encore leur isolement.Le désarroi «Les gens se posent des questions auxquelles personne n'apporte de réponses satisfaisantes, explique Charles Bury, rédacteur en chef du Sherbrooke Record.Pourquoi nos écoles et nos églises ferment-elles?Pourquoi nos jeunes les plus instruits quittent-ils la région et la province?Pourquoi les personnes âgées ne peuvent-elles transiger dans leur langue avec les services gouvernementaux?Charles Bury déplore le fait que la communauté anglophone de l'Estrie n'ait jamais disposé d'une presse assez vigoureuse capable de la représenter convenablement.Le malaise couve depuis longtemps, en fait, depuis la promulga- e r i ' \u2022»\u2022\"»\u2022 ¦ f \\ % * » \u2022\u2022¦ # - I t .t'Ai » .\u201e * J I , .4.^ J J I \\ \\ \u2022»< i» \u2022 i i in'h nr.H tion de la loi 101 et de sa mise en application.La décision récente du conseil municipal de Stan-stead-Plain de revenir à certains; panneaux et inscriptions bilingues sur ses véhicules notamment, est caractéristique d'une attitude nouvelle, après la période de silence et d'hésitation.Il y a un peu plus de quatre ans, une vingtaine de personnes décidaient de fonder une association régionale, non pour s'opposer aux politiques gouvernementales, mais pour en faciliter la compréhension à l'ensemble de la communauté, à commencer par ceux qui ne parlent pas le français.On s'occupa aussi des besoins les plus urgents des communautés anglophones \u2014 certaines sont très petites \u2014 disséminées aux quatre coins de l'Estrie, d'inventorier le patrimoine culturel et, dans le domaine scolaire, de développer une collaboration étroite avec le secteur des écoles francophones.Association active Aujourd'hui, l'Association des anglophones de l'Estrie (English Speaking Townshippers Association) compte quelque 5 000 membres et n'a jamais été aussi active.Elle entretient deux bureaux à Sherbrooke et Cowansville et 150 bénévoles s'occupent de quatorze représentations locales.«Un succès inespéré, qui repose d'abord sur trois ou quatre personnes travaillant 14 heures par jour», dit un correspondant du Stanstead Journal, un hebdomadaire qui vient de retrouver une seconde jeunesse après 130 années d'existence.L'association compte aussi sur une certaine lassitude du gouvernement au pouvoir vis-à-vis les délicates questions linguistiques, sur l'aide d'Action Québec et sur une réaction nouvelle du milieu anglophone qui relève la tète avec force.»' jit t.ii 3d^-jh Xuoifti Jn»«2 îtis'a Pourtant, si les anglophones sont désorientés et nettement minoritaires dans toute cette vaste région qui va de la baie Missisquoi aux limites de la Beauce, le pays tout entier, paradoxalement, reste profondément marqué par leur prépondérance passée.Dans le style, d'abord, très «Nouvelle-Angleterre», des petites villes et des villages, des églises de différentes dénominations.Dans le cadre paroissial aussi d'une structure sociale qui compte beaucoup de gens d'âge mûr: soupers d'église, foires rurales durant l'été, concerts et conférences souvent parrainés par des sociétés historiques, des musées ou groupements locaux, activités des Women's Institutes (le pendant des Cercles de fermières) dont le premier fut fondé à Dunham, en 1911, et qui sont encore très actifs.Une présence À l'exception de la région Gran-by-Bromont, la propriété rurale est encore largement aux mains des anglophones.Ils ont l'université Bishop et, à Stanstead-Plain, le collège le plus huppé du Canada; des théâtres d'été, un quotidien (Sherbrooke Record) et trois ou quatre hebdos.Il y a, enfin, la toponymie.De Waterloo à Thetford-Mines, d'Eastman à Knowlton et à Rock-lsland, de Philipsburg à Stornoway en passant par Ayer's Cliff et Ascot-Corner, la liste pourrait être longue.Parfois, comme si l'on avait voulu faire un compromis devant la présence envahissante des francophones, de bien curieux hybrides: Saint-Ignace-de-Stan-bridge, Saint-Grégoire-de-Green-lay, Saint-Rémi-de-Tingwick.Alors, malgré cette belle apparence, comment s'explique la situation actuelle?En privé, on dit que les anglophones, vivant loin des grands centres comme Montréal et Québec, n'ont pas reconnu à temps les changements qui se produisaient ou n'y ont pas attaché d'importance.Les bouleversements culturels ne sont pas passés chez eux et si bien des gens prétendent «qu'en Estrie les deux communautés culturelles se sont toujours bien entendues», c'est que le dialogue ne fait qu'à peine commencer.Traditionnellement plus portés vers les États de Nouvelle-Angleterre que vers Québec ou Trois-Ri-vières \u2014 et même Montréal \u2014, les anglophones de l'Estrie ne constituaient pas même un groupe homogène, ceux de Sherbrooke et Magog, par exemple, n'ayant que peu de relations avec les habitants des petites villes frontalières.Au début du 19e siècle, les immigrants écossais très pauvres qui s'établissent dans la région du lac Mégantic restent coupés des autres communautés de langue anglaise pendant de très longues années, à cause surtout des difficultés de communication.L'actuel désarroi résulte aussi d'une certaine apathie du milieu et d'un manque d'organisation.Pas de leaders «Les anglophones de l'Estrie n'ont jamais vraiment eu de leaders, constate James Duff, ex-rédacteur en chef du Sherbrooke Record.Formant pendant longtemps une communauté rurale importante et prospère, ils vécurent repliés sur eux-mêmes, presque sans contacts culturels et même politiques avec le reste de la province.» À l'Association des anglophones de l'Estrie, on ne cherche pas à refaire l'histoire mais simplement à aller au plus pressé.Par exemple, retenir dans la région tous ceux qui aiment y vivre, à commencer par les jeunes.D'où l'importance de travailler en étroite collaboration avec le ministère de l'Éduca-ton et le réseau scolaire francophone.Car si la question scolaire apparaît comme une priorité, c'est qu'elle est la clef de la survivance.«Au tout début du peuplement anglophone, explique un porte-parole de l'association, l'un des premiers soucis des colons était de bâtir une école.Aujourd'hui, chaque fois qu'on en ferme une, c'est une communauté locale qui-tombe malade.» Les écoles Des écoles, on en a fermé plusieurs depuis 1970, la population anglophone d'âge scolaire ayant baissé d'un tiers.Certaines continuent de fonctionner bien qu'elles aient connu une diminution de 60 p.cent du nombre d'élèves.C'est le cas, entre autres, dans des villages à la population vieillissante comme Bury, North-Hatley, Cook-shire, Stornoway ou Sawyerville.Affiliées à la Commission scolaire régionale de Lennoxville, elles n'ont pas 100 élèves chacune et se partagent le même directeur.On ne les maintient ouvertes que grâce à la bonne volonté des professeurs et à des prodiges d'économie.Pour arrêter l'hémorragie, les étudiants anglophones doivent maîtriser l'usage du français à la fin de leurs études, sinon ils quittent la région \u2014 et souvent la province.C'est pourquoi l'association réclame un effort accru pour améliorer l'enseignement du français, insuffisant actuellement, «effort qui aurait dû être fait il y a 15 ans», admet son directeur.Certes, il y a d'autres problèmes pressants: accessibilité des citoyens de langue anglaise aux emplois de la fonction publique, aux soins médicaux dans leur langue, plus forte représentation au sein des organismes culturels, des agences gouvernementales de la région, mise en valeur du patrimoine culturel pour redonner à ceux qui l'auraient perdu le goût de reprendre racines.Mais, dans l'immédiat, le domaine de l'éducation mobilise toutes les bonnes volon- -ood flm4rfi mm\">ç» ij| LES ÉLECTIONS EUROPÉENNES EN FRANCE Extrême-droite: 11 Immigrés: Jean-François Lisée PARIS imanche dernier, 2 204 961 électeurs ont consacré la nouvelle «star» de la politique française.Depuis plus d'un an, son étoile montait.Avant, il y avait bien Georges Marchais, le communiste, qui perçait l'écran télévisé de ses répliques alambiqués, de ses vérités toutes faites et de ses remontrances aux journalistes.Mais son numéro commençait à vieillir et il ne suffisait plus de le programmer pour s'assurer une bonne cote d'écoute.Heureusement il y a l'autre.Lui aussi a la répartie facile, le verbe agile, le gros bon sens au détour de chaque phrase, il a l'air d'un oncle un peu grassouillard et bon vivant, d'un parent de banlieue qui a fait fortune dans la lingerie, du barman du bistro du coin qui en a toujours une bonne à raconter.Jean-Marie Le Pen, 56 ans, profession: secrétaire général du Front National, le parti qu'il a créé en 1972.Depuis dimanche, il peut ajouter à sa carte de visite: «Député au Parlement européen».Il est convainquant, charmeur, drôle, jamais excessif, souvent grave, toujours dans le ton, celui que veulent entendre ceux qui l'écoutent.Raciste?Allons donc! Depuis dix ans tous ceux qui le disent se retrouvent devant un juge qui les condamne pour diffamation.Beau joueur, Jean-Marie Le Pen ne leur réclame qu'un franc de dommages.Tous les fleurons du journalisme français sont passés par là.Car il est habile, le leader du Front National.Certes, dans les journaux qu'il anime, dans des tracts, et surtout dans les discours de ses proches, on peut relever des propos antisémites ou dirigés contre les Noirs et les Nord-Africains.Mais chez Le Pen.on trouvera tout au plus de la grossièreté.Comme lorsqu'il dénonce une manifestation de «l'Association des femmes maghrébines en rut.enfin, en action.c'est la même chose.» Et encore, la liste n'est pas très longue.La perle, qu'on cite toujours, vaut qu'on la répète: «Demain, si vous n'y prenez garde, ils (les immigrés) s'installeront chez vous, mangeront votre soupe, et coucheront avec votre femme, votre fille.ou votre fils.» Une menace mortelle N'y a-t-il pas, sur sa liste électorale, un Algérien, un Juif, un Polonais?Naturalisés français, bien sûr, pour prouver que son slogan «les Français d'abord» s'adresse à tous ses concitoyens et pas seulement aux Français «bon teint».Jean-Marie Le Pen a raison de brouiller les cartes.Plus il monte, moins il cogne directement sur le clou de l'immigration.D'abord parce que le racisme à l'état brut, ça ne mobilise que quelques excités, ça fait mauvais effet dans l'électo-rat le plus réceptif.Vaut mieux présenter la chose comme un phénomène social, un problème économique, un déséquilibre planétaire, «Deux millions d'immigrés, deux millions de chômeurs», scan-de-t-il, la charité oui, mais lorsqu'on en a les moyens.Et il faut savoir que l'Occident souffre de dénatalité chronique, le tiers monde souffre de surnatalité chronique, quoi de plus naturel pour les habitants des pays pauvres que de vouloir venir profiter des richesses de l'Occident.«Nous sommes menacés par la pression démographique du tiers monde.Nous sommes menacés d'envahissement par des hordes qui ne cessent de se développer à nos frontières, aux frontières d'une Europe et d'une France frappés de plein fouet par la dénatalité, et je dis qu'il y a une menace qui est mortelle pour notre civilisation et pour nos peuples, une menace de submersion».L'analyse internationale ne s'arrête pas là: «Que vienne un mot d'ordre de l'étranger, que Kedhafi ou Khomeini déclenche contre notre pays la guerre sainte.et les ghettos d'immigrés volontairement constitués se retourneront contre nous.» Ce n'est donc pas par racisme qu'il faut chasser les immigrés, mais parce qu ils coûtent cher et constituent une menace.Le discours est déculpabilisateur.Les Français qui, dimanche dernier, ont voté pour la liste du front national, ont pu le faire en toute bonne conscience.Ils n'ont pas voté pour la supériorité de la race blanche, mais parce qu'il fallait trouver une solution à un problème épineux.La géographie de rextrême-droite Étrange tout de même que plus on habite dans des quartiers peuplés d'immigrés, plus on épouse les thèses de Jean-Marie Le Pen.Dans le 18e et le 20e arrondissement de Paris, quartiers à forte concentration d'immigrés, ce sont 18 p.cent des électeurs qui ont voté pour le Front National, plutôt que 11 p.cent dans toute la France.À Marseille, traditionnel château-fort socialiste mais aussi point de passage du Maghreb, Jean-Marie Le Pen a fait 21 p.cent plus que le Parti socialiste.Les quartiers ultra-conservateurs et un peu huppés, comme le 16e arrondissement de Paris et la ville de Neuilly, ont également donné 20 p.cent au Front National.La population immigrée y est pourtant presque nulle, si on ne compte pas les balayeurs noirs et les bonnes portugaises.Faut-il s'effrayer, prendre panique devant ce vote-surprise et jeter la pierre aux Français?Il y a deux écoles.Les uns prétendent que le vote de dimanche est exceptionnel, que l'élection européenne étant sans enjeu réel, les électeurs en ont fait un vaste sondage.Tout le monde savait que l'opposition allait arriver en tête, plusieurs auront voulu marquer encore plus fermement leur mécontentement, avant de revenir à des candidats plus sages lors des législatives de 1986.Et il faut rappeler que seulement 59 p.cent des Français ont voté.Le Pen est populaire chez 11 p.cent des 59 p.cent.\" D'autres font l'analyse inverse.Maintenant que le leader du Front National a été «sacralisé» et «crédibilisé» par l'élection du 17 juin, bon nombre d'électeurs de droite qui refusaient de gaspiller leur vote en le donnant à un «groupuscule» (c'est ce qu'était encore le Front National il y a moins de deux ans) seront plus prompt à appuyer une formation qui a trouvé une audience nationale.L'élection de 10 dirigeants du Front National au parlement européen va attirer l'attention sur Jean-Marie Le Pen et permettre une meilleure diffusion de ses idées.Déjà, on le voit plus souvent à la télévision, on ne parle que de lui dans les journaux.Son score de dimanche lui permet de bénéficier de remboursements électoraux et personne ne doute que beaucoup de militants de la droite traditionnelle, notamment du Rassemblement pour la République (RPR) néo-gaulliste du maire de Paris Jacques Chirac, voleront «au secours du succès» et iront rejoindre au Front National leurs collègues plus audacieux qui n'avaient pas attendu pour franchir la distance qui sépare la droite de son extrême.Des remous dans l'opposition François Mitterrand et les socialistes ne sont pas les plus bouleversés par la percée de Le Pen.C'est dans les partis d'opposition que le coup a été le plus durement ressenti.Ceux qui s'étaient toujours opposés à ce que le RPR fasse liste commune avec l'Union pour la Démocratie Française (UDF) de l'ex-président Giscard d'Estaing sous la direction de Simone Veil chantent le couplet du «Je vous l'avais dit».Il est évident qu'en unissant toute l'opposition sous la direction d'une personnalité modérée (Veil) et même un peu contestée (notamment parce que naguère ministre, elle avait légalisé l'avortement) une partie de l'électorat de droite s'est senti mieux accueilli dans la famille Le Pen.Il n est pas question de se présenter unis pour les législatives de 1986: le RPR pourra reprendre son image d'opposition dure et l'UDF celle d opposition centriste.Mais le candidat le mieux placé pour succéder à François Mitterrand au scrutin suivant, les élections présidentielles de 1988, est justement Jacques Chirac.Depuis trois ans.il tente de se défaire de sa réputation de bagarreur de droite pour revêtir les habits d'un aspirant a la présidence de la république.Il tente de «prendre de la hauteur» ce qui est le contraire de la formule de son concurrent Jean-Marie Le Pen, qui récolte «au ras des paquerertes» avec son langage populaire et son aspect de vendeur de foire.«Il ne faut pas nous recentrer, mais au contraire devenir l'opposition musclée» déclarait un des principaux lieutenants de Jacques Chirac lundi.Jusqu'à maintenant, les leaders de la droite ont affirmé que jamais ils ne discuteront avec Jean-Marie Le Pen.Lors d'une élection partielle dans la ville de Dreux en septembre dernier, une alliance RPR-Front National avait suscité dans toute la droite un débat déchirant.La question risque de ressurgir en 1986 si Jean-Marie Le Pen maintient son électorat.L'élection se faisant à deux tours, à moins d'une modification possible du mode de scrutin, Le Pen sera en mesure de monnayer ses voix pour faire élire des candidats de droite au second tour.Mais si Jean-Marie Le Pen a le don d'embêter la droite traditionnelle, l'inverse est aussi vrai.Les partis de droite ont l'intention de proposer Simone Veil à la présidence de l'assemblée européenne, une fonction qu'elle a déjà exercée, le leader du Front National ne peut pas sereinement appuyer une adversaire politique, mais en s'y refusant, il favoriserait l'élection d'un vulgaire étranger.?o 33 m- > f 05 > m g ro CD 2 |g es enchères sratégiques |§ sont à la hausse dans le ^^^Pacifique du nord-ouest.¦BnEi;63 avaient déjà pris l'ascenseur, l'an dernier, avec la descente en flammes du Jumbo de Korean Airlines.Elles battent tous les records, ce mois-ci, avec le déroulement biannuel des grandes manoeuvres navales Rimpac.Plus de 50.000 hommes, deux porte-avions nucléaires américains, l'Enterprise (75 000 tonnes et le Car/ Vinson (81 000 tonnes), 80 navires de guerre, 250 avions donnent de l'urticaire aux Soviétiques quelque part entre la péninsule du Kamchatka, la mer d'Okhotsk, l'Ile Sakhaline et la chaîne des Kouriles.Cette armada, la plus impressionnante du monde, est concentrée dans une région jugée d'intérêt stratégique «vital» par l'Union soviétique.Visiblement, le massacre des 269 passagers de l'avion sud-coréen n'a pas empêché Américains, Canadiens, Néo-Zélandais.Australiens et Japonais de converger vers un endroit où, selon l'amiral Robert Long, «aura le plus proba-bement lieu une confrontation avec l'Union soviétique».Plus inquiétant, cette armada est animée d'un esprit que l'éditorialiste du journal Asahi shimbun trouve méchamment offensif.Et il s'en alarme: « La participation des porte-avions les plus modernes à Rimpac est probablement destinée à cl renforcer la coopération entre les unités aériennes et les autres groupes de combat (.) La démonstration de cette capacité de oo dissuasion, basée ' s'uV ùrié 'slra- O) -3 co Q 111 < co tu O co PACIFIQUE DU NORD-OUEST Gu:j CL.URSS MER TctKXMT kjn m \u2014 C.E!ttav*t3 C.Q:*raci O ^ *V -v.-lY.tsihijjb i ^G.de K'v.no \u2022 Oust-Botcheretsklj ^pftrorovi-.sk >x ^D'OKHOTSK / >èi VI.Sakhaline ^i.Pârammdw 0 /l.Simuait Olltt KamtcHltik \u2022SXIi du l ommandeur ! Atta «5a î Shonya I.Ab.iu.1 ^.g 91.Onnekotan V Ane BJPOft 7^ Séon / MER JAUNE.Mofcpo ';'\\ Dalnyi Ufiftioukh* J j»wrtr^- \\ /y7 D*i d'EtOfflup 1.Btoroup />\u2022\"< j«- Kounoehir rSSfiSS; JAPON E DU SUD Hokkaido OCÉAN PACIFIQUE 11 V m V) > m g ro co 00 V Le poète mystique anglais William Blake écrivait au siècle dernier: «Les dieux nous parleront face à face quand nous-mêmes nous aurons un visage à leur présenter.» Se serait-il inspiré de Vlnti Ray-mi, la Fête du Soleil Sacré des In-cas?Il est permis d'y croire puisque c'est encore exactement le rituel sacré qui se produit chaque année, le 24 juin, sur l'esplanade centrale des ruines mégalithiques de la forteresse préincasique de Sajsayhuaman (le Nid du Condor), située à 1 kilomètre au nord de Cuzco au Pérou, alors que près de 1 000 danseurs se réunissent pour former une gigantesque face solaire lors d'une cérémonie soulignant le solstice d'été.«Ayant un jour rassemblé un grand peuple, le Dieu fait homme s'éleva dans les airs, transformés dans ce soleil qui nous éclaire.S'il n'y avait pas une si grande distance qui nous sépare de Lui, on pourrait distinguer tous les traits de son visage.» Le culte du soleil est universel.Que ce soit d'un point de vue religieux ou tout simplement épicurien, il reluit à travers toute l'Histoire.H fit partie de toutes les religions, soit comme figure dominante ou élément de soutien, et pourtant, il les éclipsa toutes en termes de longévité et de popularité constante.Déjà chez les Égyptiens, le Dieu-Soleil (Râ) était au centre de la vie spirituelle et matérielle.En Inde, dans la province méridionale du Kerala et sur la côte orientale de l'Orissa, on rencontre une multitude de temples du Soleil où des artistes exécutent encore la Danse du Soleil.Dans !a Grèce antique, on vénérait Hélios tandis que chez les Romains, Phébus personnifiait le Soleil-Roi.Plus tard après Jésus-Christ, le culte du Soleil se retrouve habituellement sous une forme syncré-tisée, à mi-chemin entre l'animisme et la foi catholique.Sait-on par exemple que, tout près de chez nous, les Indiens de la rivière Saint-Jean en Acadie et les indigènes du Cap Breton surnommaient Jésus le Dieu-Soleil?Rites solaires Ce fait historique est probablement imputable aux Vikings \u2014 eux-mêmes anciens adorateurs du soleil, comme leurs ancêtres les druides celtiques, qui lors du solstice d'été procédaient à des rites initiatiques sur le site des ruines mégalithiques de Stonehenge, rui-nés solaires datant de la préhistoi-oo re \u2014 qui, en 967, bien avant les 2?missionnaires, avaient déjà com-z mencé à christianiser sommaire-3 ment l'Amérique.C'est ce qui nous ^ amène en Amérique du Sud au Pé-cm rou, où !a présence des Vikings a q également été signalée à peu près w à la même époque.Les Indiens Quechua \u2014 les .descendants des Incas \u2014 qui re-< présentent actuellement 80 p.cent de la population des pays andins h- affichent encore un syncrétisme q religieux où se mêlent des symbo-2 les animistes et catholiques.Ces Indiens colorés, par exemple, z> identifient encore le Christ à la cl coca.Il est étonnant de voir qu'avant de porter une feuille de coca à leur bouche, en la tenant < < » jy \u2022 entre* ftndex et le pouce, ils font un t- signe de croix de la main gauche.¦m 24 juin .la fête des Incas .y ¦ \\ m m if Pierre Saint-André Ces Indiens qui, comme leurs ancêtres les Incas, fins stratèges et politiciens hors pair, croient que le soleil est la source de toute vie fêtent encore aujourd'hui la Fête du Soleil (Inti Raymi) instaurée par l'empereur (inca) Pacha Kutek au XVe siècle.L'Inti Raymi coïncide avec la Saint-Jean-Baptiste et marque le point culminant de l'Inti- much'ana Punchay.Pendant 9 jours consécutifs, du 21 au 30 juin, jour et nuit ces Indiens Aymara et Quechua auxquels se mêlent les Espagnols et quelques touristes avertis boivent, chantent, dansent, font des feux de joie et jouent de la musique tout en se régalant d'une cuisine de type bar-b-cue, chacun s'il le désire pouvant installer son grill dans la rue.Le 24 juin, après la cérémonie de l'Inti Raymi, où on procède lors d'un rituel cemmémoratif splen- dide au sacrifice d'un lama noir suivi de l'Hymne au Soleil, ils monteront tour à tour sur la scène principale (Usnu) pour prendre part aux concours de danses folkloriques où les gagnants seront décidés par les applaudissements d'une foule de plus de 300 000 personnes.Traditions Les participants, rivalisant d'adresse et d'imagination dans la confection de leurs vêtements, viennent des 23 départements du Pérou, apportant avec eux traditions culinaires et folkloriques.Il faut voir les chefs-d'oeuvre d'art vestimentaire que constituent les costumes fantastiques des reines venant des départements d'Are-quipa, Trujillo et Ancash.Les broderies miroitantes de leurs robes, chapeaux plats et boléros font le délice des photographes et pâlir d'envie la gent féminine des pays septentrionaux.Ne bénéficiant d'aucune subvention gouvverne-mentale spéciale, ces Indiens défraient eux-mêmes le prix de leur déplacement en autobus scolaire, leurs moyens étant généralement très limités.Chez nous, au Québec, les moyens existent.Quand on connaît la signification de la Saint-Jean-Baptiste (saint Jean-Baptiste, dit le Précurseur, annonçait Jésus, la Lumière), on se rend compte de la portée universelle du phénomène.Les guerriers de I' « empire » inca, avec en arrière-plan, le Christ des tremblements de terre et la nevada sacrée d'Âusangate.Raison de plus pour en faire une fête d'envergure.Les éléments symboliques ne manquent pas.Voici donc comment, pour leur part, les descendants des Incas célèbrent la Saint-Jean-Baptiste au sud du 10' parallèle austral.Cuzco.Cité éternelle des Incas.Capitale archéologique des trois Amériques.Reconnue au même titre que Babylone et Rome en tant que capitale historique d'un foyer culturel rayonnant.Cuzco se trouve sur le même méridien que la ville de Québec.Parallèlement, d'un point de vue sentimental, on y célèbre chaque année, le 24 juin, la Fête du Soleil.Cette fête grandiose qui marque le début du retour du soleil dans le ciel turquoise des Incas témoigne de leur reconnaissance à l'astre-dieu au temps de la récolte ou mit-ta.(La mit ta de la Saint-Jean-Baptiste est, avec celle de mars et de la Toussaint, une des plus importantes récoltes de coca de l'année.) La fête Composée en partie d'Espagnols et en majorité d'Indiens catholiques Aymara et Quechua, une foule kaléidoscopique de plus de 300 000 personnes assiste à cet événement spectaculaire.Herboristes traditionnels et musiciens dans l'âme, ces Indiens sagaces, qui expriment leurs sentiments amoureux par la musique (charan-go, syrinx, etc.) à laquelle ils attribuent également le pouvoir de guérir (tout comme au parfum des fleurs d'ailleurs innombrables dans la sierra des Andes, vivent en parfaite communion avec l'antique dieu Inti (Soleil) qu'ils surnomment affectueusement «L'Amant».Ces Indiens sympathiques s'habillent somptueusement encore aujourd hui des couleurs de l'arc-en-ciel: leur art du textile produisant pas moins de 195 teintes minérales, animales et végétales différentes.Comme chez les Incas, l'arc-en-ciel ou whipala représente merveilleusement pour eux l'union physique entre principes opposés, en l'occurrence l'eau et le feu et * \u2022 \u2022 \u2022 - ¦ i ¦ par extension: l'homme et la femme.Soulignons que les Indiens Quechua se servent de l'astrologie médicale comme moyen de prévention et s'habillent de couleurs différentes selon leur signe du zodiaque.L'astrologie médicale est une science ancienne méconnue qui établit des rapports entre les sons, les couleurs et les planètes.À Machu-Picchu, la cité millénaire du peuple Quechua, qui possède un cachet mystique évident, peu de touristes connaissent l'emplacement voire même l'existence des temples de l'Écho, du Soleil, de la Lune et de l'Arc-en-ciel où l'on procède depuis des temps immémoriaux à des rites magiques.À l'époque des Incas \u2014 leur empire s'étendait sur un territoire encore plus vaste que celui de l'empire romain à son apogée \u2014 \\'Inti Raymi était l'occasion de réunir les sujets méritants élus venus des quatre régions du Tahuanti-suyo.Ces «kamayoks» constituaient la crème des artistes et des artisans de l'Empire du Soleil.Ils apportaient à Cuzco.la cité opulente, leurs offrandes de turquoises, émeraudes, lapis-lazuli, quesqas.céramiques et orfèvrerie d'or et d'argent représentant des papillons géants, des lézards, des serpents, des épis de mais et des fleurs filigranées portées par les plus belles femmes nues surgies des profondeurs de r Amazonie parées suggestivement de plumes d'oiseaux rares et de colliers et bracelets de fruits vitrifiés aux chevilles et aux poignets.Elles venaient les déposer dans le jardin du Temple du Soleil d'or où se trouvaient exposés neuf lamas en or massif de grandeur nature et un disque d or solaire, également en or massif, de la hauteur d une roue de chariot.On buvait et on fêtait pendant neuf jours consécutifs pour ensuite aller proclamer aux quatre coins de l'empire la grandeur de llnca, le «Fils du Soleil».Couleur Aujourd'hui la Fête du Soleil met surtout en relief le fait Quechua qui comme nous l'avons dit auparavant constitue 80 p.cent de la population des pays andins et dont la langue vivante est d'une riches- se d'expression imagée remarquable.Soulignant l'ampleur de la fête, ces Indiens, beaucoup plus libres que leurs ancêtres sous l'empire inca.participent d'une façon colorée et en grand nombre à cet événement folklorique vivant.Les 1 000 danseurs qui participent à la fête doivent confectionner eux-mêmes leurs costumes qui changent à toutes les années.Pour les autres c'est l'occasion de faire admirer leurs produits artisanaux \u2014 chandails en laine d'alpaga (chumpas), tuques (chullos) et ponchos (cushmas) \u2014 qu'ils marchandent amicalement dans les rues tout en mangeant et en buvant de la chicha (alcool de maïs vert).Ils voudraient bien aussi faire découvrir et partager leur mode de vie simple, eux qui s'identifient si bien à la nature.Il est courant de les voir dans les champs ou sur le site des constructions mégalithiques ramasser des herbes (grande bardane.etc).Dans les marchés, entre les tables communales, ils cuisinent en dégraissant tous leurs mets et font des jus de fruits de toutes sortes.Ce fut une surprise pour moi de lire dans les journaux qu'on les blâmait des assassinats de huit journalistes (un tort démenti par la suite) dans le cadre de l'opération de terrorisme que mène le groupe maoiste «Sentier Lumineux».Ces Indiens en seraient incapables, eux qui vivent avec leurs traditions ancestrales, sans parler.Descendants directs des Incas, auteurs d'oeuvres qu'on ne peut encore expliquer, ils devraient susciter plus de respect.Leur race découvrit le zéro un demi-siècle avant les Arabes; elle cultivait le haricot, le maïs et la tomate 1 000 ans avant les Mésopo-tamiens.Même aujourd'hui leurs moeurs sexuelles sont en avance sur les nôtres.Ainsi on favorise le concubinage avant le mariage depuis au moins 100 ans.La Fête du Soleil, c'est l'occasion rêvée pour photographier des Indiens venus de tous les coins de l'Amérique du Sud pour participer à des concours de danses folkloriques colorées et des défilés populaires et religieux.Rarement au-rez-vous une telle opportunité de fraterniser avec ces «cholos» (Indiens de race pure) et ces «cam-pesinos» (paysans) qui habituellement se réfugient dans le silence face aux «gringos», c'est-à-dire tous les étrangers ou visages pâles.Au coucher du soleil, le soir de V Inti Raymi.ils retournent tous chez eux en chantant la grandeur de leur peuple.Avec un peu de ce soleil dans leur coeur.Le calme qu'apporte le soleil.i I éditeur Roger D.Landry éditeur adjoint Réal Pelletier chef des chroniques Manon Chevalier secrétaire de rédaction Roch Côté collaborateurs au Québec Phillippe Barbaud Jean Basile Berthio Alain Borgognon Maurizia Binda Françoise Côté Gil Courtemanche Antoine Désilets Jean-François ûoré Claire Dutrisac Charlotte Fautoux Andrée Ferretti Pierre Godin Serqe Grenier Gérard Lambert Adèle Lauzon Yves Leclerc Marie Lessard Mario Masson Pol Martin Simone Piuze Pierre Racine Georges Schwartz René Viau Ottawa Michel Vastel Toronto Patricia Dumas Calgary Diane Hill Vancouver Daniel Raunet New York Trevor Rowe Managua Jacques Lemieux San Salvador Edith coron Paris Jean-François Lisée Rome Jean Lapierre Bruxelles Claude Moniquet Chypre Robert Pouliot Vienne Albert Juneau Tokyo Huguette Lapnse Taiwan Jules Nadeau PLUS publie également des reportages exclusifs obtenus de l'Agence France-Presse, de l'agence Inter Presse Service et de Reporters associés.publicité générale: Probecô Ltée Tél.: Montréal 285-7306 Toronto (416) 967-1814 de détail: La Presse, Ltée Tél.: (514) 285-6874 Le magazine PLUS est publié par Hebdobec Inc., CP 550 Succursale Place d'Armes Montréal H2Y 3H3.monté et imprimé par LA PRESSE, Ltée.Tous droits de reproduction, d'adaptation ou de traduction réservés.président du conseil d'administration Roger D.Landry responsable des cahiers spéciaux Manon Chevalier secrétariat Micheline Perron Tél.: (514) 285-7319 7c E5T TRES [ ACTUEL.Y A SCIENCE ET LOISIRS moisissures de pain Les moisissures sont des champignons qui se développent dans des conditions particulières.H existe plusieurs espèces de ces champignons, et leur croissance dépend de la nature du sol.Celui-ci, dans cette expérience, est formé de quelques tranches de pain.Les «graines», ou les spores, de ces champignons sont présentes un peu partout et ce n'est que lorsque les conditions sont favorables qu'elles se développent et forment la moisissure.L'expérience que nous vous proposons vise à vous faire découvrir de quelle façon se développent les moisissures et quelles sont les conditions les plus favorables à leur croissance.Matériel \u2022 Six pots de verre ou de plastique dont trois sont munis de leur couvercle \u2022 Six tranches de pain \u2022 Un morceau de papier assez grand pour couvrir l'un des pots \u2022 Une loupe ou un binoculaire Culture Procurez-vous six pots de verre ou de plastique.Numérotez-les de un à six.Déchiquetez six tranches de pain et introduisez les morceaux de chacune des tranches dans un pot différent.Reproduisez les conditions expérimentales suivantes.Dans le premier pot, n'ajoutez rien.Fermez-le hermétiquement et laissez-le reposer à l'ombre.Ajoutez un peu d'eau dans le second pot, fermez-le hermétiquement et laissez-le reposer à l'ombre.Détrempez le pain du troisième pot, fermez-le hermétiquement et laissez-le reposer au soleil.Mettez un peu d'eau dans le quatrième pot, couvrez-le seulement dune feuille de papier et laissez reposer au soleil.Versez finalement un peu d'eau dans le cinquième pot, ne le couvrez pas et laissez-le reposer à l'ombre.Faites de même pour le sixième pot, mais laissez-le reposer au soleil.Vous avez sûrement compris qu'il s'agit tout simplement de placer le pain, qui représente ici un «milieu de culture», dans des conditions très différentes d'humidité, de chaleur et de contact avec l'air.Les champignons se développeront certainement à un rythme variable.Faites un dessin des moisissures qui se développent quotidiennement.À cet effet, tracez simplement un cercle représentant le pot et dessinez-y vos observations.Prenez soin, à chaque fois, d'identifier de quel pot il s'agit et à quel jour l'observation a lieu.Référez-vous à la figure 1.Vous pourrez ainsi constater révolution de ces champignons qui «poussent» souvent en formant des «nids».Essayez de représenter le plus fidèlement possible la répartition des nids, la grosseur et ta forme des champignons.Utilisez une loupe ou un binoculaire.Après quelques jours d'observation, comparez les moisissures et déterminez quelles sont les meilleures conditions de croissance des moisissures de pain.Autres expériences Refaites ces manipulations avec d'autres aliments (fruits ou légumes en purée, par exemple) ei comparez les moisissures que vous obtiendrez.Faites ressortir les différences à l'aide de schémas.Les meilleures conditions de croissance des moisissures sont-elles les mêmes que dans le cas du pain?Reproduisez maintenant tes mêmes conditions expérimentales et vérifiez si des moisissures peuvent se développer sur une substance comme l'ouate, par exemple.Si vous avez des commentaires ou des suggestions a nous faire parvenir, ou si vous rencontrez des difficultés, écrivez-nous à (adresse suivante: Technica Lté*.CP.337, Suceur-sale de Lorimier.Montréal (Québec), Canada H2H 2N7.Les lettres qui demandent une réponse devront être accompagnées d'une enveloppe adressée et affranchie.Les expériences contenues dans cette chronique sont tirées et adaptées de deux recueils d activités scientifiques: «Au bout rte la science» et «Comme l'oeuf de Christophe Colomb-, édités par Technica Ltée.(c.1962 et 1983).Coordination: Santo Tringali.il i DEMAIN L'AN 2000 Yves Leclerc U [ Des logiciels à to faire.ou presque e terme à la mode dans le monde des logiciels com-! i^^merciaux depuis un peu HHHHpIus d'un an est «logiciel intégré».Tout le monde lance des logiciels intégrés, tout le monde annonce qu'il va en lancer.ou à la rigueur tout le monde annonce qu'il va en annoncer! De fait, l'intérêt est si grand qu'une toute nouvelle entreprise comme Ovation Technologies a réussi à se trouver 6 millions $ (US) de capital plusieurs mois avant que son premier produit ne soit lancé.Et malgré le fait que la mise en marché se soit faite avec un bon semestre de retard sur la date annoncée.Le seul petit problème, c'est que la grande majorité des clients à qui s'adressent ces miraculeux produits n'ont pas la moindre idée de ce qu'est un «logiciel intégré».Et que les gens qui en produisent, eux-mêmes, sont loin de s'entendre sur le sens exact du terme.À son plus primaire, un logiciel intégré est simplement un ensemble de programmes qui fonctionnent ensemble, notamment en étant capables de se transmettre des données de l'un à l'autre.Par exemple, par le passé, si vous utilisiez un programme de traitement de texte pour préparer un rapport, et que vous aviez besoin de faire des calculs, il fallait sortir du traitement de texte, charger un «chiffrier» ou tableur genre Visicalc, effectuer les calculs, noter les résultats et les retranscrire à la main une fois revenu dans le traitement de texte.Le premier progiciel commercial à offrir l'avantage d'avoir en même temps à sa disposition un chiffrier, un traitement de texte et une base de données a été Context MBA qui, ironie du sort, n'a pas eu de succès: il était venu trop tôt, et personne ou presque n'en a vraiment saisi l'intérêt, même s'il méritait un meilleur sort.DE LOTUS 1-2-3 à l'Apple Lisa C'est Lotus Corp qui devait tirer profit de la situation avec son progiciel 1-2-3, dans lequel le traitement de texte était remplacé par un programme de création de schémas («business graphies»).La clef de son succès a été d'arriver au bon moment, juste comme tous ceux qui avaient acheté des IBM-PC se demandaient ce qu'ils pourraient bien en faire d'utile, et étaient prêts à dépenser quelque 500$ pour un logiciel qui justifierait l'existence de leur machine.Outre l'argument que 1-2-3 est un produit bien conçu, présenté de manière professionnelle, le fait qu'il ait bénéficié de la plus grosse campagne de publicité jamais vue pour un progiciel jusqu'à ce jour (de 1 à 3 millions $, selon les évaluations des «experts») n'a sûrement pas nui: pendant quelques mois, les acheteurs des grandes entreprises ont eu I impression que 1-2-3 était pratiquement le seul «vrai» programme sérieux sur le marché.Au cours des deux dernières années, selon l'hebdomadaire Info-world.1-2-3 a été de loin le plus gros succès de logiciels pour micro-ordinateurs.Il est logique qu'il ait été suivi de nombreux imitateurs, dont la plupart ajoutaient simplement d'autres fonctions au trio de programmes de base, ou donnaient plus d'importance ou de puissance à l'un des éléments.C'est le Lisa d Apple, a l'hiver 1983, qui a fait franchir un pas de plus au concept de logiciel intégré.Ce qu'il offrait n'était plus simplement une collection de programmes distincts capables de fonctionner ensemble, mais un «environnement» où l'apparence physique, la liste des commandes et les réactions des différents composants étaient aussi intégrés et cohérents.Dans un logiciel comme 1-2-3, par exemple, la même commande peut avoir un effet différent selon qu'on est en traitement de graphiques ou en base de données.Il faut donc apprendre un jeu d'instructions pour chacun des programmes.Alors que dans Lisa, il y a une seule interprétation de chaque commande, et les «modes» ou sections de programme sont transparents à l'utilisateur.Autre innnovation de Lisa (du moins pour un micro-ordinateur): plusieurs des composants du logiciel peuvent fonctionner en même temps, et des «fenêtres», ou zones distinctes sur l'écran, permettent d'en suivre le déroulement.C'est ce qu'on appelle un fonctionnement «multi-tâches» ou parallèle («concurrent» en argot informatique américain).ENVELOPPES ET STRUCTURES D'ACCUEIL Entre-temps, le système d'exploitation UNIX, parrainé par les laboratoires Bell du New Jersey, gagnait du terrain dans la faveur des constructeurs de micros et des créateurs de logiciel.Très, technique.UNIX véhiculait cependant une idée qui allait très bien s'intégrer à celle de logiciei intégré: celle du « shell ».Cette «coquille» ou enveloppe qui se superposait au fonctionnement interne du système d'exploitation permettait à l'utilisateur d'avoir un accès unifié et cohérent à des programmes d'origine très diverse, et lui masquait les aspects les plus rébarbatifs de I ensemble.Lisa, et plus tard Macintosh, devaient reprendre la même formule de manière très élaborée.Cependant, celle-ci n'était valable que pour ces machines, et les programmes devaient être écrits de manière spéciale pour s y intégrer.D'autres auteurs de logiciel ont alors pensé à mettre au point des «enveloppes» capables d'intégrer d'autres systèmes d exploitation (notamment MS-DOS et CP/M, dont le caractère hostile au néophyte est célèbre) et d'autres programmes dans des «environnements» variés.Tel est le raisonnement derrière des produits comme le «Windows» de Microsoft ou le «VisiOn» de Visicorp.L'idée est sans doute bonne, mais bien moins facile à réaliser qu'on le croyait.Dans l'espace de quelques mois, l'an dernier, une demi-douzaine de sociétés ont annoncé des produits de ce type qui pour l'automne, qui pour l'hiver, qui pour le printemps 1984.Pratiquement rien n'est encore sorti, et on commence à avoir des doutes même sur les dates de lancement reportées à l'automne.À tel point qu'un nouveau terme, «vaporware», s'est ajouté au jargon pour désigner des produits annoncés longtemps avant d'être prêts.et lancés en retard sinon jamais Un bon équivalent français pourrait être «miragiciel»! Tout cela pour dire que la nouvelle génération de logiciel intégré a beaucoup de difficulté à voir le jour.Et que son interprétation du terme «intégré» est assez différente de celle des produits de première génération comme MBA ou Lotus 1-2-3.C'est une bonne chose à savoir avant de se lancer dans de grands achats.LE COURRIER V 4 > : : Monsieur Leclerc, Je suis un ignorant en informatique, mais je sais que c'est «in domaine d'avenir, et je voudrais m'initier pour moi et pour mes enfants.Mais je vois tellement de livres, de revues, d'annonces de cours que je ne sais pas trop par ou commencer.Vous me rendriez un grand service, et à beaucoup d'auties lecteurs aussi, si vous nous donniez une liste de livres qui peuvent intéresser des débutants comme moi.D.Delaney, Montréal REPONSE: votre lettre n'en est qu'une parmi une série qui me demandent à peu près la même chose.En effet, alors qu'il y a deux ou trois ans la difficulté était de trouver un ouvrage en français sur l'informatique et les nouvelles technologies, aujourd'hui nous avons le problème inverse, c est-à-due celui de choisir dans un véritable foisonnement de publications françaises, québécoises et américaines.Je m'en tiendrai ici aux livres, puisque c'est d'abord ce que vous me demandez, et parce que sans doute c'est la façon la moins «douloureuse» d'aborder la question pour le parfait néophyte.Disons tout d'abord qu'il y a trois catégories d ouvrages qui s'adressent plus spécifiquement au debutant; je les présenterai par ordre croissant d approfondissement: a) QU'EST-CE QUE L'INFORMATIQUE.ET À QUOI ÇA SERT.C'est le tout premier niveau, qui s efforce essentiellement de vulgariser ce qu'est un ordinateur, comment on s'en sert, et à quoi c'est utile.S'ajoute souvent à cette base une sorte de survol de l'impact futur des nouvelles technologies d'information sur notre société.Dans ce groupe se trouvent des livres comme «l'Ordinateur apprivoisé» de F.Picard et D.Shaw chez Québec Science, «Aimeriez-vous comprendre l'informatique» de Bradbeer-de-Bono-Laurie chez InterÉditions-ERPI, et à un niveau un peu plus intellectuel, «la Révolution informatique» de G.Bré-mond (Hatier) et le fameux rapport Nora-Minc, «l'Informatisation de la société», Documentation françai-se-Le Seuil.Mes deux petits bouquins «l'Ordinateur individuel» (P.S.I./SCE) et «l'Homme informatisé» (La Presse) entrent aussi dans cette catégorie.b) COMMENT CHOISIR UN ORDINATEUR.Ici, on est dans le plus concret et le plus pratique: de quelle sorte d'ordinateur avez-vous besoin, sur quels critères vous baser pour choisir, et quels sont les produits disponibles dans les différentes gammes de prix et de puissance.Ici, il faut citer surtout trois livres.«Comment choisir son micro-ordinateur» de F.Fa-guy-A.Pelletier chez Logidisque, «Mon premier ordinateur» .de J.C.Barbance chez P.S.I.A'*VOUVfa~ On adresse le courrier a Yves Leclerc La Presse - PLUS 44 ouest, rue Saint-Anroine Montréal, Que.H2Y 1A2 ge du même genre de Rollana Hur-tubise dont je n'ai malheureusement pas la référence sous la main.c) COMMENT PROGRAMMER UN ORDINATEUR.On avance en-, core ici d'une étape, et on suppose chez le lecteur un niveau supplémentaire d intérêt.C est probablement la categone la plus riche des trois, et celle où il est le plus difficile de choisir, pour plusieurs raisons.Tout d'abord, comme il y a des différences importantes entre les langages de programmaî-on.et même entre les «dialectes» d'un même langage que parlent les ordinateurs les plus populaires, il faut veiller à choisir un livre qui convient à votre propre machine.Un ouvrage pour Apple ne conviendra généralement pas à l'utilisateur de Commodore ou de Ra-dio-Shack.Deuxièmement, sur les rayons bien garnis de c-jtte section, il y a du pire et du meilleur, quoique récemment, la auaiité a eu tendance à s améliorer fortement Enfin, différents auteurs ont des définitions fort différentes de ce qu'est un débutant.Certains écrivent (souvent fort bien) pour des enfants de six a dix ans.d'autres pour des adolescents, d'autres pour des universitaires chevronnés.Un test terrible dans ce cas: ouvrez le livre au milieu, et lisez assez lentement une page; si vous n'avez rien compris, trouvez-en un autre! Parmi les ouvrages qui me paraissent lisibles dans ce groupe (mais ne vous fiez pas trop à moi.il y a trop longtemps que je patauge dans ce domaine pour être encore bon juge), il y a ie vieux favori «Visa pour l'informatique» de J.M.Jégo (P.SI.), le très pédagogique «Introduction au langage BASIC» de M-M.Boulet chez SMG.«Mon ami l'ordinateur» de P.Paré et Tibo chez Turgeon Editeur, et «Initiation au BASIC» de M.Pluquet chez Modulo.Le support après vente est la dé de notre succès MICRO-ORDINATEUR Système comprenant: \u2022 ordinateur 64k compatible au Apple \u2014 52 touches de fonctions pré-programmees \u2014 10 touches de fonctions programmables \u2014 clavier numérique \u2014 majuscules, minuscules et autorépétitives \u2022 lecteur de disquettes et confrôleur \u2022 modulateur R.F.pour télé \u2022 tout ce qu'il vous faut pour opérer le système \u2022 des conseils tant que vous en voulez '899 c/> m o > c/y > m g ro co 00 M HMO RI SSI ME INC.Laval 622-1390 .w.ECOUTER Jean-François Doré Cette semaine j'allais vous parler du tout récent disque de Bruce Springsteen, « Born in the U.S.A.», et ce pour plusieurs raisons.D'une part il est tout nouveau, d'autre part c'est un disque important, en plus il est excellent et, finalement, il sera au Forum (Springsteen, pas le disque) à la fin juillet.Je dis j'allais vous parler du nouveau Springsteen parce que finalement je ne vous en parlerai pas, non, j'ai changé d'idée, ou plutôt on m'a fait changer d'idée.Ce «on» impersonnel, qui exclut par définition la personne qui parle, est par contre beaucoup plus identifiable que le pronom indéfini au masculin singulier qui vient de me servir à vous l'amener par la bande.Il a même un nom: Eddy Grant.Non pas que la Springsteen (Columbia QC 38653) soit moins intéressant que le Eddy Grant, au contraire presque.Il est plein d'énergie, de cette énergie dont Springsteen avait le secret avant \u2022 Nebraska* (autre disque extraordinaire par ailleurs).Mais c'est un disque «down» dans ce qu'il raconte, malgré le fait qu'il y ait des trouvailles « poétiques » assez splendides, des climats et des images d'une émouvante beauté.C'est un disque qui parle des problèmes des petites villes américaines, des petites gens américaines, des petites difficultés de la vie quotidienne américaine, le tout sous la grosse chaleur du gros soleil de la grosse canicule qui nous fait suer à grosses gouttes et il fait trop chaud pour ça.Ce qui fait que je vais vous parler du dernier Eddy Grant, qui est tout à fait ce qui convient par des temps pareils.\u2022 Going for broke » (CBS FR39261) est tout ce qu'il y a de plus « coucher-de-soleil-sur-la-mer-des-Caraïbes-après-une-chaude-journée-au-moment-où-le-vent-frais-souffle-sur-les-branches-du-palmier-à-l'avant-plan-sur-la-carte-postale-qui-sert\u2014 de-Dochette-au-disque ».CM 5 LU < < \u2022UJ Œ O CD Ra-fraîchis-sant au bouttel Pis entraînant à part de ça.Tenez, rien qu'à entendre la première chanson vous vous mettez à danser, c'est bien simple.Pis à part de ça une chanson attend pas l'autre.Un vrai trente-trois tours, j'vous dis.dix chansons bien comptées.Ah ! si vous m'aviez vu, vous.La deuxième face n'était pas encore finie que je remettait la première.C'est bon c't'effrayant.C'est comme une sorte de mélange de reggae et de calypso, un petit rien de sud-américain avec du blues vite là.Ah! une vraie salade de fruits.C'est ça: une salade de fruits! Pis ça se mange bien l'été, ça! Mais c'est pas comme Springsteen.Non, Springsteen lui, c'est tout du rock'n'roll.Du rock'n'roll pur, archi bien fait, taillé à la hache puis gossé au couteau suisse dans du bois franc et sec, du rock'n'roll solide qui frappe dru pis qui résonne dans la tête.C'est énergique mais c'est pas entraînant.C'est pas comme mon Eddy Grant.Lui y'est entraînant.Ben d'abord sa voix, hein! C'est comme une vague qui partirait d'en arrière pis qui viendrait vous porter un «pina colada» sur un plateau de vermeil en vous disant: «La fille (ou le gars, c'est selon) assise là-bas vous envoyé ça en vous demandant si ça vous tente de danser une p'tite danse.» Aie, j'sais pas toi.Magine.Si vous me prenez par les sentiments, euh! Après toutt' on est pas en vacances pour rien han.Aussi ben en profiter.Pis c'pas grave si les paroles sont insignifiantes, j'comprends pas l'anglais anyway.Pis d'abord que ça se danse, c'est toutt* c'qui compte.Hon, pis garde donc ça! Ça finit par un « plain ».Y'aurait voulu faire exprès pis y'aurait pas fait autrement.Mais que voulez-vous, on a pas tous les mêmes étés.Quand pour l'un c'est l'été à longueur d'année parce qu'il habite la Barbade où il a fait construire son propre studio DERNIER par Gérard Lambert Deux excellents disques, mais je n'en parlerai pas! d'enregistrement à côté de sa maison-château sur un terrain de plusieurs centaines d'acres donnant sur la mer, pour l'autre c'est l'été de la plaine du Mid-West américain où il est né et où il a sué dans les champs de maïs qui ondulaient comme des vagues mais qui n'en étaient pas et le bruit des trains et des Harley-Davidson qui n'ont finalement que peu de chose à voir avec le ressac des filles d'Océan.Un été mer et monde?Oui sans doute, parce qu'un monde sépare ces deux mers ou encore une mer sépare ces deux mondes.Pris individuellement, dans leurs contextes respectifs, les deux disques sont excellents.Le Eddy Grant sera sans doute le grand «hit» de l'été.Il y a là-dessus autant de succès possibles qu'il y en avait il y a dix ans sur le « There goes Rhymin' Simon » de Paul Simon.Des «hits» d'été sans beaucoup de conséquences pour l'avancement de l'humanité mais qui nous font passer de très bons moments, d'excellents moments même.Le Springsteen nous en fait passer tout autant et il y a même là-dessus des succès assurés, mais c'est plus lourd, beaucoup plus lourd.C'est comme manger du ragoût de boulettes et des pattes de cochon dehors un midi chaud de juillet plutôt que de lécher une glace aux fruits de la passion au même temps et au même lieu.Mais ça ne devrait empêcher personne de faire les deux.M'a dire comme on dit: «C'pas tous les iours qu'on s'bourre la face, une fois n'est pas coutume, pis c'est pas toutt' c'qui compte dans la vie ça, le «fun».Bon ça y'est, j'ai plus de place.Avec c'te torpi-nouche de Springsteen-là, j'ai même pas pu vous parler d'Eddy Grant.J'vous avais pourtant dit qu'j'en parlerais pas.Ben cou'donc, j'vous parlerai d'Eddy Grant un autre tantôt, ou si ça serait pas plus de vous parler de Springsteen plus tard.En tout cas, on verra bien.?I 4 WEATHER REPORT «Domino Theory » Columbia FC 39147 Alors quoi?C'est quoi ça?De la musique?Oui, ils sont à peu de choses près les meilleurs musiciens à jouer de la vraie musique.Mais ça c'esf quand ils le veulent; sur ce disque, les musiques se cassent la gueule sans faire trop mal car le groupe est malin.C'est bien envoyé, le punch y est, c'est Jazz Punk trop bien apprêté.Ils sont un peu essoufflés et pas vraiment renversants.RANK and FILE «Long gone dead» SLASH 92 50871 Des Texans ex-punks qui prennent la machine à remonter le temps.Ils sont des country singers qui règlent leurs comptes, rebelles et durs à cuire.C'est pas mal, ils trouvent leurs racines dans le rock sudiste.Évidemment, tout cela ne coïncide pas exactement avec les critères de la mode, étant donné qu'ils sont fondamentalement honnêtes.C'est un groupe à suivre.THE CURE «The Top» Sire 92 50861 **?Pas un disque facile mais une musique qui va en profondeur.Un groupe qui déconcerte, qui captive, riche en contrastes.Les instruments sont nombreux (guitares classiques, piano, violon, accordéon, synthés, harmonica) et les couleurs qui en sortent donnent des motifs mélodiques qui nous touchent juste là où ça nous fait du bien.Un impressionnant parcours où tout arrive dans un grand élan vital d'ambiance, avec d'autres sons.C'est le temps de faire une bonne cure! YELLOWMAN «King Yellowman» Columbia FC 39301 // est marrant ce gars, une vraie perle, je dirais même qu'il est unique.Un disque intuitif, naturel, chaud de reggae nouveau.Un reggae qui rap c'est super efficace, trop même car attention! il y a recette sous sa musique.Bref, il fait tilt, les cuivres fouettent, les percussions électriques percutent, la basse ravage, les congos ponctuent.Des rythmes bien bâtis à vous en donner des coups de soleil.Pas de problème, cette musique est de l'huile solaire.RED RIDER «Breaking curfew» EMI ST 12317 ***% Ils sont jeunes, pleins de talent et peuvent déjà réclamer leur part du gâteau.Remarquez, rien de vraiment honteux, juste du bon rock léché, honnête, avec une forte personnalité.Rien ne manque à ce groupe canadien: belles voix maîtrisées, guitares tourbillonnantes, basse martelée, batterie appuyée.Ces musiciens me paraissent promis à la lumière du jour. Jean Basile PARLER D'ICI Philippe Barbaud Après la libération sexuelle, l'éloge de la continence L'avenir de notre langue LE PLAISIR CHASTE par Yan de Kerorguen Autrement éditeur 224 pages ui aurait cru, dans la folie des années 70, dans la terreur des mouvements de libération sexuelle^ que Ion en reviendrait, dix ans après, à reparler de pureté, de chasteté, ces valeurs honnies du monde bourgeois, «po-gnées»?Mais la roue tourne; c'est Lao Tseu qui a dit ça et, dans le grand balancier qu'est l'histoire, nous voyons poindre comme valeurs, celles de la continence.Les cyniques diront que l'herpès, ce bourreau des clubs de rencontre, et la Sida, ce bourreau des bains de vapeur, sont passés par là.Les moralistes crieront au miracle.Les sages hocheront la tête et diront: «Attendons».Toujours est-il que Yan de Kerorguen a pris la bête licencieuse par les cornes pour lui tordre un peu le cou.Il vient de publier (sous une couverture très sexy et très sexiste d'ailleurs) un petit livre qui s'intitule Le Plaisir chaste dans la généralement très bonne collection de la revue Autrement.C'est que l'auteur, jeune chercheur à l'IRIS et romancier, a cru que le moment était venu de faire le tour de la question après, d'ailleurs, quelques journaux et revues qui ont publié des articles ou des documents sur ce sujet, dont l'un a pour joli titre: «Les Éros sont fatigués».Les Éros?Mais qu'est-ce que l'Éros?Voilà donc la première question de l'éternelle question.à laquelle l'auteur, sagement, ne répond pas.C'est un peu dommage, évidemment, car la chasteté comme le stupre font partie de la même légion, lune étant le contraire, le négatif de l'autre.Dis-moi comment tu es impur et je te dirai comment tu es chaste.Non! Il s'agit essentiellement d'un petit livre de sociologie appliquée, doté d'une préface, assez courte ma foi, et d'une conclusion-appendice qui est, de fait, une petite relecture de l'histoire sexuelle, du «castus» romain (celui de Cice-ron, pas celui d'Héliogabale) à l'amour courtois du Moyen Âge.Entre les deux, comme autant d'histoires dans une carte du tendre à réinventer (vous savez, les Précieuses du siècle de Louis XIV, , celles que Molière a si joliment décrites en les traitant de ridicu- r'AN Oî- KERÔRGUIN LE PLAISIR CHASTE les), les aventures, ou plutôt les non-aventures de garçons et de filles qui, après avoir pris leur pied (comme on dit à Lutèce), se sont aperçus qu'un pied, finalement, ce n'est pas très intelligent, en tous cas moins intelligent que la tête.«Le sexe, ça fait ringard.» avoue candidement l'un d'entre eux qui ajoute aussitôt que l'important est de séduire.Mais alors, où est la véritable chasteté, car enfin être chaste ce n'est pas seulement faire un noeud où l'on sait.Quant aux autres, une bonne dizaine, ils sont esthètes et un peu pédés (mais pédés chastes), ou divorcé en repos, ou jeune professionnelle qui retrouve, au-delà du désir sexuel, le désir de la tendresse, de là continuité, du don de soi à l'autre.Sans oublier la frigide, celle qui, loin de revendiquer comme un droit absolu de la féminité l'orgasme et ses passions, retrouve dans la frigidité une façon d'être.«Ce qui me plaît, ce n'est pas de jouir, même pas qu'il éjacule, mais le désir qu'il a de moi.» Séduire, encore séduire! Narcisse est là, bien sûr, et l'auteur lui consacre tout un chapitre.Il va de soi que le thème central de la chasteté dépasse le projet de Yan de Kerorguen.En effet, il s'agit tout autant d'une attitude de l'esprit que d'une pratique corporelle.En ce sens, ce petit livre tourne un peu court et ne prétend nullement faire l'éloge du célibat des prêtres, par exemple, si décrié aujourd'hui, et qui reste peut-être une attitude idéalement nécessaire.Mais qui recherche l'idéal aujourd'hui?En fait.Le Plaisir chasfe est ulti-mement la mise en place et la défense d'un «nouveau plaisir», celui d'une sorte de modération dans le plaisir qui tient compte cette fois, bien au-delà des interdits passés, du besoin émotif et intellectuel de toute relation humaine.Les intervenants sont assez clairs à ce sujet.Il ne s'agit pas de faire marche arrière, de revenir aux valeurs du passé (quoique certains les regrettent car il est toujours plus simple de tout voir en termes de mal et de bien), mais bien de dépasser un modèle ou-trancier, celui des années 70, qui prônait le plaisir pur, direct, «sans complexe», là où précisément (le domaine sexuel) tout est impur, indirect pour ne pas dire complexé.La «libération sexuelle», en tant que fait, en tant que réel, est naturellement impossible et ce n'est pas la multiplication des expériences qui permet finalement d'explorer à fond, c'est-à-dire d'une façon satisfaisante, le désir de la personne humaine.Mais il faut comprendre, je suppose, que la «libération» des années passées correspondait à une nécessité sociale nouvelle qu'il était bon, quoique dangereux, d'explorer.Ce que l'on dit du sexe ici pourrait se dire aussi de la drogue, car sexe et drogue sont intimement liés.Ceux qui prennent de la cocaïne, avec ses illusions amères, sont là pour le savoir.C'est un livre charmant, intelligent, souvent amusant, et certainement un ouvrage de bonne foi qui remet à l'ordre du jour un vieux problème que l'on croyait oublié.En ce sens, il est donc nécessaire et on est heureux que Yan Kerorguen l'ait écrit, bien que l'on soupçonne un peu que tout cela ait été vaguement bâclé, un document fait pour indiquer en distrayant, un signe de main amical dans une direction qu'il est peut-être bon d'explorer.Aurait-il d'autres prétentions?J'en doute personnellement.En réalité, bien que documenté habilement, avec statistiques à l'appui et petits tableaux, il manque à cet ouvrage une connaissance de fond, une réflexion ponctuelle, un regard averti sur le domaine toujours périlleux de la sexualité, que ce soit la sexualité par excès ou la soxualité par défaut.Un chaste n'est pas forcément un pur.Certains impurs font l'amour comme des anges.Certains chastes sont des cochons.Qui est qui, sous les masques effrontés d'Éros?\u2022 \u2022 ?emain, fête traditionnelle des Français d'Amérique mais surtout féte nationale des Québécois.C'est une excellente occasion de consacrer la chronique d'aujourd'hui à la question de l'avenir du français sur ce continent.Celle-ci fait partie des interrogations viscérales avec lesquelles nous composons.Non pas tant parce que nous éprouvons un certain mal de vivre mais bien davantage parce que nous l'anticipons pour nos enfants et nos petits-enfant^.L'avenir du français en terre d'Amérique n'est pas une formule qui relève de la bonne aventure ou des pratiques occultes.Il peut se «lire» à partir de la trajectoire prévisible des tendances qui affectent actuellement un certain nombre de phénomènes dûment identifies.De telles tendances me paraissent se manifester plus particulièrement à deux niveaux distincts d'observation: celui des pratiques linguistiques d'une part et celui des faits de langue d'autre part.De manière plus prosaïque, on parle soit des gens d'ici, entendus comme masse parlante de locuteurs français, soit du parler d'ici, entendu comme variante d'une langue vé-hiculaire, le français, concurrent de l'anglais.En ce qui a trait aux pratiques linguistiques des usagers canadiens-français, celles-ci me paraissent être sous l'emprise de deux tendances opposées.La première est celle de I*accroissement généralisé de la pratique du bilinguisme au sein de la population francophone québécoise.Une telle tendance est le résultat d'une convergence de facteurs dont les principaux sont: la ininorisation graduelle des masses parlantes francophones au sein de la masse parlante anglophone, accentuée par une dénatalité plus forte qu'une immigration au bilan favorable; la démocratisation de l'enseignement depuis les 20 dernières années qui a haussé quelque peu le taux de scolarisation mais qui a du même coup entraîné l'accès d'un plus grand nombre à la pratique de l'anglais: enfin, la concentration urbaine, qui a accru l'interpénétration des couches sociales.Nous sommes alors devant un paradoxe fort étrange: plus le Québec se développe et vit au rythme des sociétés les plus avancées, moins il devient compétitif dans le rapport de force linguistique qui prévaut en Amérique du Nord.La seconde tendance, celle qui s'oppose à la précédente, tâche d'en contrebalancer l'effet négatif grâce au jeu des forces politiques qui.dans le contexte de la dualité canadienne, confère un pouvoir exhorbitant aux francophones.Mais même sous sa forme la plus radicale, celle de la souveraineté.l'action politique obéit à des lois qui n'ont que peu d'impact sur celles qui régissent les pratiques linguistiques des locuteurs.Elle ne peut empêcher que ces derniers ressentent le bilinguisme comme garant d'une sécurité que leur propre communauté linguistique est incapable de leur promettre.Il s'ensuit que les pratiques bilingues, au lieu de ne demeurer qu'un caractère d'élite comme auparavant, se propagent profondément vers le bas de la pyramide sociale pour finalement régir l'ensemble des pratiques langagières de notre société.A moins que le Québec ne devienne rapidement une nation fortement scolarisée \u2014 car un bilinguisme d éducation n'est pas forcément assimilateur \u2014 il est dans Tordre des choses qu'un bilinguisme utilitaire conduise la plus grande partie de notre population à délaisser graduellement la pratique de sa langue maternelle.Quant aux faits de iangue, ils sont révélateurs de tendances que je qualifierais de.«séparatistes».Le français du Canada évolue de façon diveigente par rapport à deux «états» influents de la langue française: celui du français véhicu-laire dit aussi français international d'une part et celui du français textuel ou français écrit d'autre part.S'il est indéniable que la langue de l'État, qu'il soit canadien, québécois ou autre, s'est considérablement renforcée au niveau des pratiques linguistiques véhiculaires.tant orales qu'écrites, li faut admettre en revanche que nos pratiques linguistiques vernaculaires évoluent vers une dialectalisation de plus en plus marquée de notre parler.Plusieurs études récentes de sociolinguistique mettent bien en évidence le fait que plusieurs changements linguistiques en cours favorisent l'expansion des formes dialectales privilégiées par la classe moyenne des Canadiens français.II s'ensuit que la distance qui sépare le français textuel de notre parler augmente à chaque génération au point que Ion puisse parler d'une cause en instance de divorce entre l'oral, de nature dialectale, et l'écrit, de nature vé-hiculaire.Ainsi donc la réponse à la question de l'avenir de notre langue réside là: les générations montantes doivent être intellectuellement mieux équipées qu'elles ne le sont aujourd'hui car la véritable maîtrise du français véhiculaire ne peut être que la conséquence d'un besoin vital d'accéder aux connaissances de notre temps.Seule l'emprise forcenée de l'écriture sur nos pratiques linguistiques quotidiennes permet d'espérer que le destin de notre langue ne sera pas le même que celui qui a vu naître le cajun des Louisianais.09 O 33 rr> > f > m g ro CD 03 (11 î Simone Piuze Les camps de vâcsnOwS Que votre enfant soit mordu d'équitation, de canotage ou de planche à voile; que vous soyez «aeciae» à l'initier à l'informatique, au tir à l'arc ou à la vie de groupe; que vous ayez envie de l'accompagner lors de son séjour «à prix modique» en pleine nature; que votre famille soit monoparentale, à revenu modique ou les deux à la fois, vous avez cette année le choix de 113 camps de vacances reconnus par l'Association des camps du Québec.Mais faites vite, puisque ces endroits enchanteurs et riches en activités de toutes sortes accueillent, chaque été, plus de 100000 personnes (en majorité des enfants).Écologie et informatique Très à la mode cette année, les camps spécialisés en informatique reçoivent les enfants qui désirent s'initier aux rudiments de l'informatique tout en ayant l'occasion de s'emplir les poumons d'air pur.Si une dizaine de camps offrent l'informatique comme activité régulière, deux sont véritablement spécialisés en cette matière: le Camp Edphy de Val-Morin, qui accueille filles et garçons de 6 à 16 ans, à partir du 24 juin jusqu'au 24 août («très bien coté», selon l'Association des camps du Québec), et le camp de Cap-à-rOrignal situé au Bic, près de Rimouski, qui reçoit, lui, les fillettes âgées de 7 à 12 ans et les garçons de 7 à 13 ans.du 24 juin au 11 août.De son côté le Camp Saint-Via-teur, situé dans la magnifique région de Charlevoix, à Saint-Fidèle, offre l'écologie comme activité prioritaire.Découverte du milieu ambiant (faune et flore) et étude des rapports des êtres vivants avec le milieu.Pour les 12 à 16 ans.* Les apprentis-cavaliers de 10 à *- 16 ans seront au comble de la joie Z
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