Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
La presse plus
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (12)

Références

La presse, 1984-07-28, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
[" ?MONTRÉAL 28 juillet 1984 volume 2 numéro 30 i fis : TORONTO REVISITÉE T 1 Os * ¦ pages 5 et 6 > 1- > , > 1\t.! f\tî \ti î 1\t 1\t ¦ ' *\t \t air;©» \":- - - f ¦ # i 4 g» 'c w O © © o c Q Voisinage Peu de sociétés en Occident ont aussi bien réussi que le Québec et l'Ontario dans l'art de s'ignorer en dépit du fait qu'elles sont voisines et qu'elles cohabitent sous un même toit politique.Encore faut-il noter que l'Ontario, depuis 25 ans, en est arrivée à se passionner par moments pour la question nationale au Québec, ne serait-ce qu'en raison du danger que représentaient pour elle certaines options présentes au débat.Mais à l'inverse, le Québec, pris dans ses convulsions et malgré un extraordinaire élan d'ouverture sur le monde, a à peu prés complètement négligé de regarder ce qui se passait chez son voisin à l'ouest.C'est cette révolution \u2014 oh combien tranquille mais combien réelle \u2014 qu'a vécue l'Ontario depuis 25 ans que nous décrit (pages 2 à 4) cette semaine Patricia Dumas de Toronto, où elle habite depuis plusieurs années.Elle nous dit comment une vieille société WASP a effectué ce dérapage parfaitement contrôlé vers une société moderne, ouverte à l'immigration et aux courants culturels qui l'accompagnent.Le tout en douceur, sans spasmes, sous l'oeil vigilant d'une classe politique parfaitement ajustée au changement pendant que la classe intellectuelle, plutôt que de secouer le bateau, s'employait efficacement à en corriger la course.De son côté, Serge Grenier, qui a vécu lui aussi quelque temps à Toronto, y est retourné la semaine dernière.Il en rapporte (pages 5 et 6) des images qu'il compare à celles qui, il n'y a pas si longtemps encore, constituaient l'impression collective que se faisaient les Québécois de la ville-reine.De l'étranger, PLUS propose cette semaine à ses lecteurs, un aperçu du grand ménage en cours au célèbre musée du Louvre, à Paris, où s'est rendu René Viau (page 7).Au plan politique, Sophie Huet s'est attardée à San Francisco, au lendemain du congrès démocrate qui a choisi Walter Mondale pour faire face à Ronald Reagan aux élections de novembre.Elle nous dit, en page 8, sur quoi se fondent les nouveaux espoirs des démocrates.Quant à Robert Pouliot, il se trouve à Amman, en Jordanie, où il nous parle, en page 9, de la réaction des milieux arabes au scrutin de lundi dernier en Israël.Enfin, Alice Parizeau, en pages 10 et 11, survole les jours dramatiques vécus par la Pologne, il y a 40 ans, à l'occasion de l'insurrection de Varsovie.La Rédaction L'EMPIRE Serge Grenier politique Toucher les coeurs ou les derrières?Les bébés à embrasser se faisant de pius en plus rares, les hommes politiques doivent déverser autrement le trop-plein d'affection dont la nature les a gratifiés.Ed serre les mains.Brian embrasse, John tape les derrières et les Rhinocéros, j'imagine, se frottent la corne.Et les pénistes?Que font-ils.les péntstes?Non, ils n'oseront pas.Les habitudes des chefs ne font pas l'unanimité dans leur parti respectif.Heureusement! Qui se laisserait tapocher les fesses par André Ouellet ou embrasser par Lawrence Hanigan?Quant à serrer la main du candidat néo-démocrate, c'est un moindre mal.À condition de le trouver.La candidate libérale dans Outremont, Lucie Pépin, a été formelle: «Il faudra qu'il (Turner) cesse».C'est clair: pas de claques au derrière avenue Quer-bes! De toute façon, il faut toujours se méfier des politiciens, its vous tapent le derrière avant réfection; ils vous le bottent après.architecture Prix citron Il y a quelques semaines dans Pius, René Viau dressait, après consultation, ia liste des dix plus belles constructions de Montréal.Le journal The Gazette de samedi dernier reprenait I idée.Si on passait maintenant aux dix plus laides (aux vingt plus laides?).Les paris sont ouverts.L'Institut d'hôtellerie.Je Complexe Guy-Favreau et tes édifices d'Hydro-Québec et de Loto-Québec \u2014 tous gouvernementaux \u2014 se dispu- 5 feraient chaudement la premiè- i re place.s (exposition û v- < < oc o Montréal en peinture Pas facile de pénétrer dsns l'hôtel de ville, surtout les soirs où il y a conseil.Il se fait plus accueillant cet été grâce à l'exposition dune soixantaine de tableaux regroupés Sous le thème «Montréal vue par les peintres*.Peu de chets-d oeu- vre mais un aperçu très coloré du Montréal du siècle dernier et de la première moitié de l'actuel.Pour Montréal en photos, voir plutôt l'impressionnante collection d'oeuvres de William Norman, au centre d'interprétation de l'histoire de Montréal, place d'Youville.hôtel) Un bijou II est situé à Toronto.Et puis?Il s'appelle Windsor Arms.Avec ses 834 chambres, ses meubles d'époque, son service remarquable, ses deux restaurants: Three Smatl Rooms et Courtyard Café, parmi les mieux cotés en ville.Idéalement situé off-Bloor, à quelques pas de Yorkville Village.Cher.Mais à Toronto, tous les hôtels sont chers.Et achan-iandés.Et, petit détait qui a son importance, de vraies fenêtres.Qui s'ouvrent.On y parle français moyennant insistance.alimentation) Les tomates de balcon Le rêve de bien des Montréalais qui passent leur été en ville: cultiver des tomates.A défaut d'un jardin communautaire ou d'une petite cour derrière la maison, il reste le balcon.J'ai tenté l'expérience l'été dernier avec un plant.On m'avait assuré que je serais autosuffisant pendant toute la belle saison, un seul plant pouvant fournir des livres et des livres de tomates.Il eut ce qui! fallait: de l'eau, du soleil et beaucoup d'amour.La désillusion fut cruelle: à peine quelques fleurs.Pire: des fleurs qui ne donnèrent jamais de fruits, des feuilles qui jaunirent et des insectes qui dévorèrent le reste.Le chicot qui prit le chemin du sac vert n'était plus que l'ombre d'un plant de tomates.Cette année, je me suis mis aux fines herbes.On m'avait juré que c'était l'enfance de l'art.Résultat?Le basilic a fleuri \u2014 ce qu'il ne doit pas faire \u2014, le thym s'est étiolé et le persil n'a pas persisté.J'ai demandé conseil.Trop d eau, a.dit I un; pas assez, a dit l'autre.Ça me faisait une belle jambe.L'ébou-eur qui est passé vendredi soir dernier n'en a rien su.rien vu, ni rien senti, séchées et enfouies qu'elles étaient au fond de la poubelle.Je prépare déjà l'été prochain.Ou vert, du durable: un taois en «ozite».?m ! I Quand les Loyalistes découvrent les vertus du multiculturalisme L'Ontario tête cette année son bicentenaire.«De quoi?» demandent les cy-Iniques.C'est l'anniversaire ni de sa fondation, ni de sa découverte.Elle fête simplement l'arrivée, en provenance du Québec, d'un important groupe de Loyalistes qui allaient s'établir dans la région de Cornwall et Kingston.Pourtant, ce n'est pas vraiment les Loyalistes qu'on fête en Ontario en 1984.C'est le multicutura-lisme.On fête une société pluraliste qui.en 20 ans, est passée de l'orangisme à l'oecuménisme et de l'unilinguisme au presque bilinguisme.Comment expliquer cette transformation profonde?Simplement par le fait que pendant les années 60, alors que toute l'attention était rivée sur la révolution tranquille du Québec, l'Ontario a vécu sa propre révolution tranquille.Elle s'est ouverte sur le monde tout en cherchant à solidifier son identité a travers le développement à la fois intense et organisé de l'éducation et de la culture.Alors que les francophones du Québec assuraient enfin la suprématie de la langue et de la culture québécoises dans leur province, les anglophones de l'Ontario s'ajustaient à la présence de nouvelles cultures.C'est en effet l'arrivée massive d'immigrants autres que les trad'tionnels ressortissants britanniques, dans la capitale on-tarienne.qui a marqué un point tournant dans la texture de la société, d'abord iorontoise.et ensuite onîarienne.Cette population nouvelle arrivait en même temps que ia province était rivée sur la révolution tranquille du Québec et secouée par les grands mouve- ira.Patricia Dumas ments de protestation aux Etats-Unis.Portes ouvertes «Cet afflux de nouveaux citoyens était le résultat de la nouvelle politique fédérale de l'immigration et non pas un choix conscient de l'Ontario», explique le journaliste Fraser Kelly.Il raconte comment, pendant les années 60, à cause de la prospérité de l'Ontario et de son réveil aux problèmes d'injustice et de pauvreté dans le monde, joint au sens inné du fair play anglais, le gouvernement provincial best plié de bonne grâce à la nouvelle politique d'immigration pour faire montre d'équité envers toutes les races de la terre.«Il ne savait pas alors jusqu'à quel peint cette politique allait profondément transformer la province», ajoute Kelly qui couvre la politique ontarienne et canadienne depuis cette époque.«Au cours des années 60, Toronto est passée des défilés orangistes à la semaine de Caravane.Ça c'est une révolution!» La semaine Caravane est une grande manifestation mul-ticulturelle qui se déroule chaque été à travers toute la ville.Elle remplace le plus grand défilé oran-giste au monde.Une grande majorité des nouveaux immigrants durant cette période étaient des Italiens.Et ils amenaient avec eux le catholicisme! «En une décennie, Toronto est passée d'une ville protestante à une ville pluraliste avec une grande minorité catholique qui représente approximativement 40 p.cent de la population» explique Gregory Baum, théologien très influent en Ontario et à Rome.Alors que le Québec se sécurali-sait.la religion prenait une toute TORONTO nouvelle dimension à Toronto.Des théologiens protestants et catholiques qui ont vécu cette époque à travers leurs ministères respectifs racontent comment la religion est devenue l'outil qui protégeait l'identité culturelle des nouveaux immigrants qui ne partageaient pas la langue de la majorité.Le règne orangiste L'arrivée massive de catholiques jumelée au mouvement oecuménique qui incitait les leaders religieux à prendre une attitude plus tolérante a eu des répercussions jusque dans les couloirs du pouvoir.«Les catholiques sortaient enfin du ghetto, explique le théologien Ed Bader.Avec l'arrivée des catholiques, toutes sortes d'emplois dans le secteur public devenaient enfin accessibles à tous les Ontariens de cette croyance.«Jusqu'à ce moment, il fallait être orangiste pour accéder à des postes de pouvoir ou même à des emplois de pompier ou de policier et.il va sans dire, de maire.Seuls les orangistes détenaient des postes importants dans la fonction publique.Maintenant, cette époque est définitivement révolue.» En outre, le mouvement oecuménique a permis un rapprochement sans précédent entre les protestants et les catholiques, de même que les juifs, forçant ia société à s'ouvrir sur le monde et à sortir de son étouffant puritanisme.Cette transformation s'est tout de suite fait sentir dans le domaine du spectacle et des loisirs.Au début des années 60.on ne pouvait ni voir un film, ni prendre un verre le dimanche à Toronto.Maintenant Toronto est, per capita, la deuxiè- 3 Soudain, l'ouverture sans balise sur le monde me ville en Amérique du Nord pour le théâtre et le cinéma.Ses restaurants se comparent avantageusement à ceux de toutes les autres grandes villes du monde et reflètent la présence des nombreuses ethnies qui, maintenant, dans leur ensemble, représentent plus de la moitié de la population de la capitale autrefois anglo-saxonne.Volonté politique L'explosion culturelle n'est pas due uniquement à l'arrivée de nouveaux immigrants.Elle est due à une volonté politique de la part de John Robarts, le premier ministre de l'époque et du maire de Toronto, M.Lamport, qui voulait que sa ville devienne vraiment cosmopolite.D'ailleurs, un grand nombre d'immigrants travaillaient à construire le métro.L'action du gouvernement provincial s'est manifestée le plus clairement à travers la création du Conseil des arts de l'Ontario en 1963.Pour la première fois, un gouvernement conservateur allait à rencontre de la philosophie du parti et décidait de subventionner directement les artistes plutôt que de le faire en cachette ou de se fier à la générosité du secteur privé.Robarts et ses amis voulaient préparer les citoyens de la province à la société de loisirs que les analystes américains annonçaient à grands cris.Donc, le Conseil des arts entreprit, avec une poignée de mécènes et d'artistes professionnels, d'éduquer la population de toute l'Ontario.Cette planification du développement de la quantité et de la qualité des produits culturels porta fruit.Au moment de la création du conseil, la population atteignait 6500000 âmes.Elle avait accès à un théâtre classique (Stratford), un théâtre de répertoire professionnel, deux troupes dramatiques professionnelles qui faisaient des tournées, une troupe de ballet classique (le Ballet national), un orchestre symphonique exclusivement professionnel (Orchestre symphonique de Toronto), un orchestre de chambre de tournée, deux galeries d'art publiques possédant des collections importantes (la Galerie d'art de l'Ontario et la Galerie nationale) et cinq galeries publiques possédant des collections limitées.Aujourd'hui, le CAO subventionne 40 troupes de théâtre professionnelles, 12 troupes de d^nse professionnelles, plus de 30 galeries d'art publiques possédant des collections d'une importance considérable, sans compter un groupe de galeries parallèles sur le cinéma, la photographie, le vidéo, la culture franco-ontarienne et multi-culturelle et tout l'éventail des arts communautaires.Elle dessert un6 population de 8700 000 âmes.Cette planification systématique des années 60 a porté des fruits qui faisaient rêver l'ex-ministre des Affaires culturelles du Québec, M.Denis Veaugeois, quand il a constaté la richesse et l'étendue du réseau des bibliothèques publiques, des musées et de l'art en général en Ontario: un réseau ramifié dans toutes les régions de la province.«Le Conseil considérait l'art et la participation aux activités artistiques comme un moyen de faire du monde un endroit où la qualité de vie serait meilleure.Dans ses publications et les discours de ses membres, le Conseil parlait de l'avènement d'une société de loisirs où les citoyens auraient besoin de la stimulation et de la satis- faction que procurent les activités artistiques, à la fois comme public et comme participants, afin de surmonter l'ennui, l'apathie, voire même les comportements autodestructeurs.«On entendit souvent souligner que l'alcoolisme, la narcomanie et l'éclatement de la famille étaient des plaies sociales que la participation aux arts pouvait sinon éliminer, du moins alléger,» écrit l'historien Roy MacSkimming.Mais à cette philosophie conservatrice s'ajoutait une éclosion d'une culture canadienne anglaise nationaliste et vibrante dont les principaux leaders se trouvaient dans le domaine de la peinture et de la littérature.Des peintres onta-riens commençaient à se faire acclamer à New York, «le Paris des Canadiens anglais», mais choisissaient de demeurer dans leur province par sentiment nationaliste.Les premiers furent ceux du groupe Painters Eleven dont faisaient parti, à la fin des années 50, Jack Bush, William Ronald, Jock Mac-donald et Oscar Cohen, entre autres.C'étaient des peintres modernes qui travaillaient en réaction contre les paysagistes du Groupe des Sept.Leurs oeuvres étaient acclamées en Europe aussi.Leur mouvement a porté fruit et, en 1956, Avrom Isaacs ouvrait à To- ronto une galerie pour nouveaux peintres canadiens où les vernissages se faisaient avec des spectacles de danse, des lectures de poètes et des visionnements de films expérimentaux.Isaacs a marqué l'ouverture de sa galerie en publiant le Greenwich Manifesto qui soulignait l'importance de développer l'intégrité de l'artiste plutôt que de servir le goût du public.La Galerie Greenwich devint un important rouage dans le développement de l'art et des artistes canadiens.Parmi ceux-ci se trouvaient à l'époque Graham Cough-try, Michael Snow et Dennis Burton.On raconte qu'en 1955, au moment dune exposition de Coughtry et Snow, le maire de Toronto de l'époque, Nathan Phillips, a déclaré: «Je ne suis pas connaisseur, mais du point de vue d'un homme ordinaire, ces images ne sont pas désirables.» La presse de Toronto emboîta le pas.Dix ans plus tard, une telle déclaration était anathème.Les médias de Toronto ne tarissaient plus de reportages sur les nouvelles vedettes du monde des arts canadiens anglais, alimentant ainsi la vague de nationalisme qui déferlait sur la province.Au niveau littéraire, de nouvelles vedettes émergeaient dont la plus connue est sans nul doute la ro- mancière Margaret Atwood.Elle faisait partie de l'école formée par le grand critique et auteur Northrop Frye qui a créé chez ses disciples une fierté nationaliste basée sur la reconnaissance de la dualité canadienne.Il a écrit qu'il «a fallu la révolution tranquille pour créer un véritable sens de l'identité au Canada anglais, et pour faire du nationalisme culturel une véritable force dans ce pays, une force plus grande et plus importante que le nationalisme économique qui demeure surtout un mouvement du Canada du centre».C'est parce qu'elle a été formée à cette école que le premier livre de Margaret Atwod, Survival a été une étude des thèmes communs dans les literatures canadiennes anglaise et française.Ce ferment nationaliste est venu se greffer à un développement sans précédent du système d'éducation.En une décennie, grâce à la création d'une quinzaine d'universités régionales et de multiples collèges communautaires par William Davis, le ministre de l'Éducation de l'époque, le nombre d'étudiants au niveau post-secondaire a quadruplé.Ces étudiants se sont mis à voyager et à exiger que leur société s'ouvre aux nouvelles idéologies dans le monde.Ils ont été particulièrement marqués par les révoltes étudiantes en Californie et à Paris.Ils suivaient avec passion le développement de la politique au Québec.Richard Johnston, député NPD, qui est le produit des nouvelles universités régionales de l'époque raconte comment, dans les années 60, les mouvements étudiants sont passés du désir de libération sexuelle et du port de longs cheveux à une radicalisation de leur appartenance politique.«Nous avons commencé à nous battre contre Trudeau et son refus de reconnaître le statut particulier pour le Québec.Ceux d'entre nous qui avions visité le Québec étions révoltés par l'impérialisme anglophone qu'on y voyait!» Contestation «C'était I époque où les protestations étaient à la mode et où la prospérité rendait possible tout ce qu'on demandait» explique l'historien Desmond Morton.«C'était aussi l'époque où la violence qui nous entourait nous a sortis de notre quiétude et nous a forcés à prendre conscience de notre société, de ses avantages et de ses forces, ajoute le journaliste Kelly.Avec le développement de la télévision, l'Ontarien moyen se trouvait chaque soir, au fond de son salon, confronté avec les flammes du Vietnam, les assassinats politiques aux États-Unis et la violence du FLQ au Québec.Il s'est mis à se poser des questions.Il s'est mis c en O z H m-> en > K3 00 00 a vouloir se protéger contre ce chaos universel qui grondait à toutes ses frontières mais ne semblait pas encore l'atteindre.Il s'est mis à cultiver sa différence, d'abord par des sentiments anti-américains qui se sont transformés en un renouveau d'intérêt pour le nationalisme canadien.» Ce citoyen moyen devait également s'ajuster à ses adolescents et jeunes adultes dont l'accès à un niveau plus élevé d'éducation les mettait en contact avec des professeurs et étudiants des pays du tiers monde qui faisaient encore parti du Commonwealth et dont la présence remettait en question les valeurs fondamentales de la société anglo-saxonne et protestante de l'Ontario.Ces jeunes côtoyaient également les jeunes objecteurs de conscience américains qui fuyaient les États-Unis pour ne pas se retrouver sur le front au Vietnam.Ils se retrouvaient aussi avec toute une nouvelle équipe de professeurs américains venus combler les nombreux nouveaux postes au niveau universitaire et du fait même, insufflaient une perception américaine à l'enseignement des sciences sociales et des humanités.Enfin, ils se trouvaient en présence d'éminents penseurs canadiens dont la passion nationaliste allait profondément marquer les facultés d'histoire, de sciences politiques et d'économie.Cette nouvelle génération \u2014 Northrop Frye, George Grant, Abraham Rotstein, entre autres \u2014 voyait la survie du Canada dans l'intégration équitable du Québec au Canada anglais.Un seuil: 1965 En 1965, dans son livre Lament for a nation (Complainte pour une nation), le philosophe et historien George Grant, dans un style tout à fait bouleversant, pleurait la victoire des continentalistes et la fin du Canada à cause du refus de l'intelligentsia libérale fédérale et toron-toise de reconnaître les effets néfastes de politiques extérieures et économiques favorables aux Etats-Unis uniquement.Sa plainte si lyrique et si désespérée a marqué de façon indélibile les intellectuels de l'époque qui en ont fait un livre de base dans les universités de la province.Grant, comme Frye e* comme l'économiste Rotstein, insistait avec vigueur sur limportance et l'urgence pour le Canada anglais de reconnaître le rôle essentiel de l'identité spécifique du Québec dans toute stratégie ae survivance canadienne.«La clé de voûte de la nation canadienne est le fait français, écrivit Grant.La moindre connaissance de notre histoire 3 rend cette remarque futile.» ?! Il explique comment le «nationa-h- liste et populiste» qu'était Dieten-^ baker a fait une erreur très grave 5 en prêchant «un seul Canada uni dans lequel chaque individu aurait cn des droits égaux quelles que 5 soient sa race et sa reiigion.Mais les droits des individus n'englo-5 bent pas les droits d'un peuple, au ^ contraire.Or les Canadiens fran-T çais sont entrés dans la Confédé-uj ration, non pas pour protéger des droits inaividuels mais pour proté-Z ger ies droits de leur nation.Cet-^ te incapacité de reconnaître les .droits des Canadiens français en ¦5 tant que communauté allait à l'en-ô! contre des fondements du nationalisme canadien.La grande diffé-rence entre le Canada et les États- Unis est Sa certittude que le Canada reconnaissait les droits des peuples aussi bien que des individus.» Le rôle de Robarts Fort de ces débats d'intellectuels nationalistes et profondément curieux et respectueux de la révolution tranquille au Québec, John Robarts, le premier ministre ontarien de l'époque qui allait, quelques années plus tard, présider la commission Pepin-Robarts et reconnaître l'importance de la dualité canadienne et du régionalisme au pays, allait tout faire en son pouvoir pour que le Canada anglais parvienne à comprendre et à accommoder le Québec.Il était convaincu qu'autrement le pays risquait de se désintégrer.«Il le disait de toutes les façons possible: ce pays ne peut plus continuer à fonctionner comme avant.Et il a tiré, de force, sa population vers le renouveau», explique Kelly.M.Robarts a profité de la traditionnelle puissance politique de l'Ontario pour organiser les relations interprovinciales.Il avait déjà senti à quel point le régionalisme prendrait de la force.Il a donc cherché à développer «la coopération interprovinciale afin de trouver les valeurs communes qui renforceraient l'identité canadienne», explique lan Mac Donald qui a été le Claude Morin et le Parizeau combinés du gouvernement ontarien pendant les années 60 et 70.Il est présentement président de l'université York et président du conseil d'administration de la Société de la couronne IDEA, forte d'un fond de 100 millions qui veut promouvoir la coopération entre les chercheurs et le monde des affaires.M.MacDonald était I un de ceux qui, en Ontario, prenaient très au sérieux la possibilité de la séparation du Québec et qui sentait l'urgence de faire réaliser au reste du Canada anglais l'importance de comprendre le Québec et ses aspirations et de coopérer avec elle.«Robarts et moi croyions fermement qu'il serait possible d'en arriver à une entente.Mais nous savions que l'Ontario ne pouvait se permettre d'attendre passivement le déroulement de l'histoire.Le Québec pour sa part était totalement absorbé par les transformations profondes qu'il subissait.Il fallait donc prendre l'initiative de créer de nouveaux liens.» «Des progrès immenses ont été réalisés sous Lesage et Johnson.Mais le momentum s'est arrêté sous Bourassa, explique M.Mac-Donald.Pas tellement à cause de ses politiques ou de ses pratiques, mais à cause surtout de son attitude et de son style.Il est intéressant de noter qu'il était très facile de travailler avec des hommes forts et déterminés comme Lesage et Johnson.C'était facile de les accommoder.Ils avaient un sens profond de la réalité politique maigre leurs sorties intempestives.Ils étaient tout autant que nous intéressés a la coopération.J'ai toujours senti que Bourassa préférait être un « loner ».Il ne voulait pas coopérer et il ne semblait pas savoir quelles étaient ses priorités.» Le fait Trudeau Un autre facteur primordial dans l'éloignement des deux provinces est, toujours selon M.MacDonald, l'arrivée de Trudeau sur la scène politique: «Il a certainement été un élément perturbateur dans le climat qui était établi à l'époque.Il est important de se souvenir comment il est devenu célèbre.C'était au cours de la fameuse conférence constitutionnelle fédérale-provinciale de février 1968.C'était la première d'une longue série qui allait mener à la conférence de Victoria.Mais c'était aussi la première à être télévisée.L'Ontario avait voulu que ces conférences soient ouvertes au public.Or, Trudeau savait déjà se servir du médium de la télévision.Il a profité d'une heure de pointe à la télé nationale pour attaquer Johnson avec virulence autant sur !e plan personnel que politique.Un grand nombre de Canadiens anglais ont vu cet échange et ont décidé que Trudeau serait l'homme qui pourrait mater le Québec.» Cet événement marquait le début de la fin de la mobilisation de l'opinion populaire ontariennè à l'appui des aspirations du Québec.«Depuis des années, Robarts, moi-même et bien d autres Canadiens anglais, nous insistions constamment dans nos discours sur la responsabilité de chaque citoyen envers la question du Québec, explique M.MacDonald.Nous voulions faire comprendre à la population que c'était notre responsabilité collective de trouver des façons de vivre en harmonie avec les autres peuples de notre nation et qu'il ne fallait pas remettre cette responsabilité uniquement entre les mains des gouvernements de la province ou du pays.Alors, quand Trudeau est arrivé, une grande partie de la population ici et dans le reste du pays s'est sentie soulagée parce qu'elle n'aurait plus besoin de faire d'efforts.Elle se disait: Trudeau va s'en occuper.Et c'était la fin des années 60! Pendant ces années, la politique ontariennè se transformait aussi de l'intérieur.Les mouvements radicaux chez les étudiants et la peur de la domination américaine ont permis au NPD de prendre un essor remarquable qui ne s'est ralenti que très récemment.Au début des années 60, il n'y avait que trois députés néo-démocrates à la législature ontariennè.En 1963, il y en eut sept et en 1968 le nombre a triplé pour en arriver au milieu des années 70 à atteindre la place d'opposition officielle.Morton souligne que «c'est l'Ontario qui, en 1965, a donné au NPD fédéral 18 p.cent du vote populaire.Et ce qui est important, elle l'a fait dans une période de grande prospérité.» Les mouvements étudiants entraient de plain-pied dans ies protestations contre la guerre au Vietnam et la défense des droits du Québec contre l'impérialisme.On raconte que les défilés monstres s'organisaient spontanément pour manifester contre la guerre ou pour le Québec.Une fois, entre autres, une dizaine de milliers de personnes avaient défilé devant Queen's Park réclamant la reconnaissance des droits des Canadiens français.Malheureusement, le pape est mort le même jour et la manifestation n'a même pas été mentionnée dans les journaux.La vie de quartier Les manifestations communautaires ont également pris un essor sans précédent.James Renwick, un député néo-démocrate de Toronto depuis 1964 qui a quitté un poste très payanl d'avocat d'affaire pour se joindre au NPD.raconte qu'il y avait un dynamisme sans précédent dans les organisations de quartier.C'était facile de faire sortir 500 personnes simplement pour obtenir une nouvelle ligne d'autobus.Cette énergie a été canalisée pour stopper le développement sauvage du centre-ville.Les comités de citoyens «ont arrêté les bul-dozers et protégé la vie de quartier».Maintenant ces comités ont presque complètement disparu mais ils ont créé une ville humaine.Et au moment où le FRAP, un mouvement similaire de citoyens à Montréal, se faisait écraser au début des années 70, Toronto élisait ses leaders réformistes au conseil municipal.Un d'entre eux allait devenir le petit maire parfait avant de se lancer en politique fédérale et de tenter d'obtenir le leadership du parti conservateur national en 1983.C'était David Crombie.Un de ses collègues était le socialiste John Sewell qui a régné brièvement comme maire après Crombie et qui est maintenant chroniqueur des affaires municipales au Globe and Mail.Une des raisons pour lesquelles les mouvements de citoyens et les défenseurs du nationalisme économique ont eu du succès en Ontario c'est qu'ils ont toujours traversé les barrières partisanes.Le gouvernement municipal n'a pas de système de partis politiques.Les débats sont très ouverts à la participation populaire.Quant aux défenseurs du nationalisme économique, ils regroupent des leaders des trois principaux partis.Un des nationalistes les plus influents en Ontario au début des années 60 a sans nul doute été l'ancien ministre des Finances Walter Gordon.Il a été l'inspiration des jeunes libéraux fédéraux qui, sous Diefenbaker, cherchaient à reconstruire leur parti.Dans son livre Les Rouges, Christina McCall raconte en détail comment les jeunes Keith Davey et confrères de l'époque ont trouvé en Gordon leur mentor.Il osait attaquer l'establishment du parti qu« était devenu beaucoup trop continentaliste sous l'Américain CD.Howe.Les nouveaux libéraux fédéraux de l'Ontario étaient à l'heure du nationalisme canadien.Un autre des leaders de ce mouvement est l'économiste Abraham Rotstein.Il était un ami intime de Gordon bien qu'il soit de tendance néo-démocrate.À eux se joignaient Eddy Goodman, un conservateur provincial qui est sans doute le conseiller le plus influent du régime Davis, et qui allait, au moment de la course au leadership des conservateurs fédéraux en 1983, écrire une lettre ouverte à John Crosbie qui a été publiée dans le Toronto Star, le journal qui a la plus grande circulation au Canada.Dans cette lettre, Goodman mettait Crosbie en garde contre les dangers d'un marché libre avec les États-Unis déclarant qu'avec telle politique «le Canada perdrait le contrôle de ses politiques de l'environnement, du salaire minimum, des conditions de travail et de l'énergie».Pour sa part, Walter Gordon a payé le prix de sa carrière politique pour avoir osé s'attaquer au géant Howe et aux continentalistes.Quant à Rotstein, il enseigne toujours à l'université de Toronto et il écrit.Ses déclarations au cours du référendum ont été gran- dement utilisées par le P.Q.En effet, il a été un des rares intellectuels canadiens anglais à défier ceux qui disaient que le Canada ne ferait jamais affaire avec un Québec souverain.Il a publié une série de statistiques démontrant à quel point les économies du Québec et des autres provinces étaient intimement liées et comment il serait catastrophique pour l'intégrité du Canada d'en faire fi.Il s'étonne maintenant de voir le gouvernement péquiste se tourner aveuglément vers le libre échange avec les Américains.Pour lui, c'est le chemin le plus rapide vers l'assimilation culturelle et la perte de la souveraineté politique.Alors pourquoi le nationalisme canadien n'a-t-il jamais pris les proportions politiques du nationalisme québécois?«Parce que, traditionnellement, la population canadienne anglaise est hostile à tout pouvoir central.Elle est attirée par le populisme, explique Rotstein.Et les nationalistes, quant à elle, font parti de l'establishment intellectuel et n'ont rien de populiste.» D'autre part, il existe une opposition non-officielle au Canada qui défend constamment l'idéologie nationaliste à travers les syndicats, la Fédération des hommes d'affaires indépendants et l'Association canadienne des médecins entre autres.Il y a également une série d'associations culturelles et professionnelles qui ont été formées au début des années 70 pour surveiller le respect du contenu canadien et qui exercent une pression politique bien orchestrée.Enfin, ajoute Rotstein, il y a la présence de Trudeau qui a étouffé tout mouvement généralisé de nationalisme canadien.Il était farouchement anti-nationaliste depuis le premier jour et nous (les nationalistes canadiens) avons été sacrifiés dans son opposition contre le Québec.Il y a une très grande contradiction dans ses politiques: l'adoption, malheureusement tardive, de la politique énergétique canadienne en est un exemple.» Pour sa part l'historien Morton trouve les explications entourant la révolution tranquille du Québec un peu trop restrictives.Il croit qu'à l'analyse, on découvrirait qu'elle est une manifestation d'un mouvement beaucoup plus global à travers l'occident et que l'Ontario a subi les mêmes influences bien que sa transformation n'ait jamais eu la même reconnaissance.Rotstein regrette par ailleurs qu'il existe au Québec un mythe de l'Ontario qui empêche les Québécois de voir et d'accepter les transformations profondes qui ont eu lieu dans cette province.Il est convaincu, comme tous les nationalistes canadiens, que l'impérialisme américain est un danger croissant pour le pays.Rotstein et les autres espèrent que l'éveil historique suscité par le bicentenaire sensibilisera la population à l'importance de respecter et préserver son patrimoine.«Malheureusement, les États-Unis oht toujours été habiles à s'approprier nos penseurs et nos artistes, gémit Richard Johnston.McLuhan est devenu un symbole américain avant d'être connu dans son propre pays, Galbraith est devenu américain, etc.Si le Québec avait eu la France à sa porte comme nous avons les États-Unis à la nôtre, lui aussi se serait fait avaler par cette force impérialiste.» ? photo Serge Grenier.PLUS La fierté a une métropole AIR CONNU Serge Grenier TORONTO En septembre 1981, les coeurs des Torontois battirent plus vite et plus fort que n'importe quel coeur latin: Toronto devenait officiellement, avec quelques milliers d'habitants de plus que Montréal, la métropole du Canada.Ils eurent néanmoins le triomphe modeste; ils attendaient ce jour depuis longtemps; ils savaient qu'il viendrait.Montréal les aura bien aidés, car des 150000 personnes qui ont quitté notre ville depuis une dizaine d'années, une majorité d'entre elles se sont faites torontoises.Par nécessité \u2014 déménagement de siège social oblige \u2014 ou par goût : goût de gagner plus d'argent, goût de payer moins d'impôts, goût de se retrouver dans une grande ville anglophone.Le symbole même de cet exode est un nouvel édifice somptueux, tout en verre, qui fait un drôle d effet au Montréalais de passage: le siège social de la Sun Life.Le mot à la mode cette année à Toronto est sesquicentennial.en français, sesquicentenaire.À ville sophistiquée, un mot qui ne l'est pas moins, signifiant tout simple- ment cent-cmquantième anniversaire.Pas le cent-cinquantième anniversaire de sa fondation \u2014 les Français construisirent Fort Rouillé en 1749 et les Anglais le brûlèrent dix ans plus tard pour mieux le reconstruire et le rebaptiser York \u2014, mais de son incorporation, en 1834, sous son nom actuel.Des Français et de Fort Rouillé peu de Torontois se souviennent.L'ancien Toronto Les plus vieux se rappelleront que.dans les années cinquante, Toronto était une ville plus grosse que grande, éloignée, protestante.orangiste, enveloppée dans son Union Jack comme dans un suaire.La suprématie de Montréal tenait de l'évidence.(C'était l'époque où les Montréalais riaient beaucoup du gag du premier et du deuxième prix: une semaine à Toronto, deux semaines à Toronto.) Collégien, je partageais cette opinion.Assez curieusement, j'eus ma première révélation de Toronto à Sorel.chez mon grand-oncle Do-nat où je séjournais une partie de l'été.Le cher homme ne parlait pas anglais, ce qui ne l'empêchait nullement de regarder à la télévision du samedi soir une émission, produite là-bas, qui s'appelait Juliette.Rougeaud de nature à cause de sa pression sanguine, il devenait écarlate à la seule vue de cette Juliette.Ma grand-tante, qui s appelait aussi Juliette, mais qui tenait plus de la Dame de Sainte-Anne que de la blonde et pulpeuse chanteuse, craignait qu il n éclatât.Juliette n'avait pas sa pareille à !a télévision francophone.Un premier doute s'installait dans mon esprit: Toronto n'était peut-être pas si puritaine que le voulait la rumeur publique.La même année \u2014 1954 \u2014.autre coup: «e premier métro canadien, rêve de générations de Montréalais, commençait à rouler sur ses roues de fer.À Toronto.La construction, quelques années plus tard, d'un nouvel hotel de ville, un édifice qui demeure encore et toujours un des plus beaux au pays, prendrait figure de symbole: celui de la fin d'une léthargie et de l'émergence d'un géant.« Nous irons à Toronto en auto» Eté 1956.Mon père promet à la famille un beau voyage .à Nia- gara Falls.Quelle joie! Les chutes Niagara, un des joyaux de la fierté canadienne avec les Rocheuses, le lac Louise, le rocher Percé, la côte magnétique de Moncton, les grands blés de Saskatchewan et.à Montréal, l'Oratoire Saint-Joseph et le plus haut édifice du Commonwealth, celui de la Sun Life.Nous longerons la rive sud du lac Ontario, passant par Rochester et Buffalo.Après deux jours de .chutes, nous reviendrons à Mont- \\ real en nous arrêtant quelques * heures à Toronto C'est ainsi ^ qu'on visitait Toronto à l'époque: en revenant de Niagara Falls.Entrer dons Toronto en auto, en 1956.n'avait rien de grandiose.Peu ou prou d'édifices en hauteur \u2022 et, ce qui me frappa encore davantage, pas de ponts La réplique de i mon père fut fulgurante de logi- ^ que: «Si y'a pas de ponts a To- 1 ronto.c'est parce que y'a pas de rivières.\u2022 Papa avait raison, mais quel lac! Nous aurions tout juste le \u2022 temps de nous balader en métro, puis de quitter la ville avant l'heure de pointe.Et voila! Toronto était expédiée.J'y retournai de moi-même à ;| t i i : .?r .\u2022 y ¦J J 1 5 > 5 u < u T 5 quelques reprises durant les années soixante, question d'y jeter un regard plus approfondi.Ce n'était pas encore le faste et, les samedis soirs, les bars fermaient à onze heures trente: le jour du Seigneur, qui commençait une demi-heure plus tard, c'était sacré.Pendant ce temps, il y avait foire à Montréal.Le métro silencieux, le réseau souterrain, l'exposition universelle de 1967, la fierté avait vraiment une ville.Les Montréalais s'envoyaient en l'air; tandis que les Torontois, rangés, méticuleux, butineurs, étaient tout occupés à leurs profits et pertes.Disons à leurs profits.Quant à s'amuser, ce serait pour plus tard, lorsqu'ils auraient les moyens de s'amuser.Un ami de longue date, Jacques Gauthier, qui a quitté Québec pour Toronto sans s'arrêter à Montréal, il y a de cela 20 ans, et qui y est devenu riche, décrit ainsi sa ville d'adoption: «La première chose que j'ai apprise ici, en plus de l'anglais, fut d'oublier le couche-tard que j'avais été à Québec.À Toronto, tout se passait le jour ou.alors, en début de soirée.On aurait pu tirer du canon en pleine rue Yonge le dimanche tout en étant certain de ne tuer personne.» Exagéré?À peine.Les dimanches se passaient à la maison.Il fallait bien: la presque totalité des restaurants et des cinémas fermaient ce jour-là.L'arrivée massive d'Européens, d'Asiatiques et, bien sûr.de Montréalais, l'expansion prodigieuse de l'économie de la ville et l'envie mal dissimulée que les Torontois avaient du good life de Montréal, allaient changer tout cela.Les nouveaux arrivants donnaient le ton.Pour les petits travaux, une main-d'oeuvre pas chère et docile; pour les arands.une affluence de cadres supérieurs venus de partout au Canada, leurs traitements élevés et leur frénésie de consommer multipliant comme par enchantement boutiques de luxe, équipements culturels et loisirs de toutes sortes.Des quartiers entiers étaient rénovés et, aux abords du lac, une ville nouvelle naissait.On voyait même pousser les cafés-terrasses.Dix ans plus tôt, l'idée même de voir des gens boire de l'alcool à l'extérieur aurait frappé bien des Torontois d'apoplexie.Etre francophone à Toronto En 1978, après trois années passées à Ottawa et pour des raisons que je m'explique encore mal.je décidais d'aller vivre à Toronto.Une chance inouïe: je dénichais un appartement dans une vieille maison de Rosedale.Rose-dale qui.avec Forest Hill où réside John Turner, est leur Westmount.La chance n'était pas tant d'habiter Rosedale que de payer un loyer fort raisonnable Car à Toronto, les loyers ne sont pas raisonnables.Lorsque je rencontrais des anglophones, la question qui revenait le plus souvent après que nous nous soyions mutuellement présentés, était: How do you spell?J'aurais compris si je m'étais appelé Walenti Wojciechowski \u2014 bien qu'il y ait, j'en suis sûr, de nombreux Wojciechowski à Toronto\u2014, mais Grenier me semblait un nom si simple.Un soir, je fus invité à dîner chez mon propriétaire.Je n'avais pas loin à aller, il habitait l'étage du dessus.C'était un se-ven-to-midnight dinner party.Les anglophones m'étonneront toujours avec cette habitude qu'ils ont de préciser à quelle heure les invités doivent partir.Je fus présenté à tout le monde.« Serge, c'est russe, comme Sergei Eisenstein » me dit quelqu'un.«Non, corrigea une blonde capiteuse comme la Juliette de mes jeunes années, c'est brésilien comme Sergio Mendes.» Effectivement, plus tard au cours de la soirée, je constatai que Juliette connaissait mieux la bossa nova que le Cuirassé Potemkine.On voulait tout savoir de moi: «Où avez-vous appris /anglais?\u2014 Oh, vous écrivez.Qu'est-ce que vous écrivez?\u2014 Pourquoi avez-vous quitté Montréal?\u2014 Êtes-vous séparatiste?\u2014 Parlez-vous le Parisian French ou le Que-bec French ?» Cette dernière question fut posée en bon gros anglais de l'Ontario, pas en anglais de Londres.Un quart d'heure avant minuit, l'appartement était plein; à minuit dix il était vide.Travailler en français a Toronto?Je n'entretenais pas d'illusion à ce sujet.Les débouchés, il faut bien le dire, étaient rares: CJBC et CBLFT, les stations locales des réseaux français de radio et de télévision de Radio-Canada; la télévision éducative de l'Ontario, qui produit quelques émissions en langue française; le marché des annonces: une importante proportion des messages publicitaires vus à la télévision francophone sont enregistrés là-bas.Il fallait bien vivre; je me lançai dans la traduction et la correction de textes.Je m'habituais peu à peu à ma nouvelle vie.À part quelques connaissances de langue française, c'était en anglais, comment faire autrement?que les choses se passaient.Je mangeais des oeufs bénédictine aux brunchs du dimanche, je traversais les rues aux feux verts, je cultivais des plantes vertes, je courais les restaurants du Chinatown.Et je découvrais la ville.Union \u2014 voyage sans histoires \u2014 je prends le métro pour me rendre à l'hôtel.Il est une heure de l'après-midi.Dans le wagon, assis en face de moi, un homme d'affaires bien mis, son attaché-case posé à plat sur ses genoux.Il ouvre un sac brun, en sort unde-miard de lait,'un sandwich auquel il ajoute de la moutarde, une serviette de papier.Sans doute coincé par un horaire surchargé, comme beaucoup de Torontois besogneux, il prend son repas dans le métro.Le sandwich et le lait avalés, il essuie soigneusement sa moustache, place ses détritus dans le petit sac brun et enfouit le tout dans son attaché-case.Je ne peux m'empêcher de penser: que voilà un homme propre et travaillant! Tout à fait à l'image de sa ville.Cet homme m'a donné l'appétit.Je passe rapidement à l'hôtel et je vais luncher chez Bemelman's, rue Bloor.L'endroit est rempli de beautiful people.Je m'asseois au à ¦ O c o o o o (f) o o £ a Une volière d'oies sauvages au Eaton Center.L'auteur: Michael Snow, natif du.Saguenay.Il y a présence réelle de francophones à Toronto, mais elle est loin d'être évidente.Selon les statistiques \u2014 imprécises \u2014.entre cent et cent cinquante mille, disséminés un peu partout sur le territoire.En cherchant bien, on y trouve quand même l'église du Sacre-Coeur et, dans son sous-sol, la caisse populaire du même nom, la librairie Champlain, la seule depuis la fermeture de la librairie Garneau, le Théâtre du P'tit Bonheur, l'hebdomadaire franco-onta-rien L'Express, le Conseil des organismes francophones et le quotidien LA PRESSE dans quelques peints de vente privilégiés.Quant à la Délégation générale du Québec à Toronto, qu'on me laisse rire! En deux ans de séjour là-bas.je n'ai non seulement jamais rencontré le délégué général, mais je n'en ai même jamais entendu parler.Il faut dire à sa décharge que sa photo n'ornait pas souvent les pages du Globe and Mail.Mais de viles considérations d'ordre matériel firent que je décidai de réintégrer Montréal.C'était en effet à Montréal que je pouvais gagner ma vie à autre chose qu'à traduire d'ennuyeuses briques.Et puis, j'avais de nouveau le goût de Montréal, de sa joyeuse anarchie et de ses soirées tardives.Je quittais Toronto, sans rancune, sans chagrin.La question qui me fut le plus souvent posée après mon retour fut: Mais qu'est-ce qu'un Montréalais comme toi pouvait bien aller faire à Toronto?Que répondre?Que j'étais allé porter ma contribution à l'unité canadienne?Que j'étais allé me documenter sur l'autre solitude?Que j'étais à moins de deux heures de Niagara Falls?Que j'étais Roméo cherchant Juliette?Toronto la belle J'y suis retourné à quelques reprises depuis.La dernière fois, pas plus tard que la semaine dernière.Aussitôt descendu à la gare bar en attendant qu'une table soit libre.Sur une ardoise, bien en évidence, une citation: Class is the only thing that counts in life.Without class a man might as well be dead.Je note.Je note également que rétablissement est typique d'un certain Toronto: propre, racé, marbré, cuivré, des miroirs et un personnel enjoué et spirituel.Oui, vraiment, très spirituel.Tous les hommes d'affaires de Toronto ne mangent pas des sandwichs dans le métro; mes voisins de table, très Gucci, s'envoient un potage de cresson au thym suivi d'une tranche de saumon du Pacifique sauce aux moules et au vermouth.Car prétendre que Toronto est une ville où l'on mange mal est aussi erroné que de décrire le homard comme étant un poisson rouge qui marche à reculons.Un petit tour de ville peut-être?Si l'écrivain anglais Somerset Maugham a pu écrire de la grande pagode de Rangoon (326 pieds) qu'elle s'élève comme «une soudaine espérance dans la sombre nuit de l'âme», on attend toujours l'opinion de Margaret Atwood sur la Tour du CN.cette tour visible de partout (1815 pieds) qui fait la preuve par l'absurde que Toronto est une ville plate, c'est-à-dire qu'elle est construite sur un terrain plat, à peine troublé par quelques ravins transformés, très joliment d'ailleurs, en parcs.Toronto étant la capitale de l'Ontario \u2014 comme si on additionnait Montréal et Québec \u2014.les sous sont là pour en faire une ville d'une propreté méticuleuse.Leur boulevard Dorchester, c'est la rue University.Mais à la différence du nôtre, il est séparé en deux par un terre-plein qui foisonne de fleurs, d'arbres, de statues et de fontaines.Il aboutit à Queen's Park, siège du gouvernement et à l'immense campus, tout à fait Ivy League, de l'Université de Toronto.Mis à part le Eaton Center qui, de toute façon, lui tourne le dos, la rue Yonge s'avère décevante: des allures de rue Principale d'une quelconque ville western.D'autres rues ont pris la relève: rue Queen ouest pour la faune des artistes, rue Bloor et le quartier Yorkvillc pour les richards, rues King et Front pour les nombreux théâtres.Parlant de théâtre, une petite salle présente depuis sept ans sans interruption The Mouse Trap d'Agatha Christie.Si les Torontois n'ont pas le sens de la fête aussi développé que celui des Montréalais, force est d'admettre qu'ils font de grands efforts en ce sens: Canada's Wonderland, ce plus grand centre d'amusement au pays, comme ils sont si fiers de dire, Ontario Place qui s'avance sur le lac Ontario et qui vaut bien notre Terre des Hommes et ces merveilleuses îles de Toronto, ancrées en face du quartier des affaires et d'où la vue de la ville est, comme on dit, imprenable.Et les Torontois consomment sûrement beaucoup d'oeuvres d'art; en tout cas, les galeries y sont fort nombreuses.Des galeries de Montréal y ont déménagé leurs pénates, celle de Mira Godard notamment, histoire, sans doute, de se rapprocher des acheteurs.Et leurs musées n'ont rien à envier aux nôtres.Le Royal Ontario Museum, riche de nombreux exhibits, s'enorgueillit de posséder la plus imposante collection d'oeuvres chinoises hors de Chine.Il faut dire qu'un évêque ontarien du XIX° siècle, en mission là-bas, ne s'était pas gêné pour en rapporter des bateaux remplis d'oeuvres d'art.L'envie des Torontois à l'égard de Montréal est maintenant chose du passé.A leurs yeux, Montreal était et Toronto est.Ils sont, eux aussi, cosmopolites: ils peuvent, eux aussi, manger dans un bon restaurant différent chaque jour de l'année; ils ont, eux aussi, un downtown bien garni en édifices élevés \u2014 celui de la Banque Royale, tout doré, est spectaculaire.Mais, en plus, ils balaient leur palier chaque jour, ils entretiennent leurs nombreux parcs avec soin et ils changent de maire régulièrement.Il ne leur manque plus qu'une chose: une langue seconde.Mais voilà, le français à Toronto est devenu chic et rentable et les classes d'immersion, fort populaires.Dans cent ans, qui sait quelle sera LA ville bilingue du Canada?Toronto?n -/'\u2022:\u2022\u2022 '¦ \u2022 - - - .* \u2022 .'.,:: \u2022 .- .\u2022 ;.René Viau PARIS AU «GRAND LOUVRE» ¦ Pyramide pour un musée , - - \u2022 - ans la grande cour vénérable du Louvre, un architecte américain veut construire une pyramide «high tech»! Le polyèdre de verre et d'acier, ultra moderne, digne de La Guerre des Étoiles trônera en 1987 au beau milieu de la cour Napoléon du célèbre musée, défiant ses siècles d'histoire, soulignant avec éclat la réfection et le réaménagement de ce temple des beaux-arts.Les milieux de l'architecture se sont émus.Certains crient même à la profanation.Panique chez les antiquisants.Le coupable de cette géomérisation spectaculaire qui, s'insurge-t-on, déparera cet ensemble muséal \u2014 l'un des plus riches au monde \u2014 est un architecte américain d'origine chinoise: leoh Ming Pei.Du Louvre à la Place Ville-Marie À l'heure où certains architectes en France, tels que le catalan Bof-fil qui construit pour Montpellier des H.L.M.«à colonnes», sont partisans du retour au néo-classicisme; ce monument futuriste fait rager.On lui reproche son aspect résolument «vingtième siècle» dans ce cadre historique, l'ancien palais royal devenu musée en 1791, où se sont portant succédés des ajouts témoins de plusieurs styles architecturaux d'époques différentes.Cette «folie», insiste-ton, ruinera les fameux ordonnancements de Lefuel et de Visconti et les apports des autres architectes du passé.Les chauvins sont agacés de voir un étranger, de surcroît, opérer au Louvre, bastion de la culture française.L'excitation culturelle est à son comble.Pourquoi l'idée, polémi-que-t-on, n'a pas été mise au con- cours?Réponse officielle: partout où l'envoyé spécial du président de la République demandait conseil afin de déterminer qui serait le meilleur pour le Louvre, la même réponse revenait invariablement: I.M.Pei.Ce dernier, même s'il n'avait jamais rien construit en France, est l'un des architectes les plus célèbres de notre époque.Il a dessiné les plans de musées pour Washington et à Montréal, nous lui devons une participation au chantier de la Place Ville-Marie.Son carnet de commandes affiche complet pour dix ans encore.Dernièrement, histoire de mater les protestations, l'Académie française des beaux-arts lui confiait un fauteuil.Le Grand Louvre Les premières études pour ce qu'il est maintenant convenu d'appeler le «Grand Louvre» débutaient en 1981.Choisi deux ans plus tard comme maître d'oeuvre, I.M.Pei fera approuver son projet par le président de la République en 1984 et les travaux, précédés de fouilles archéologiques, viennent de débuter.Actuellement, à Paris, sont exposées au Musée de l'Orangerie les maquettes de l'oeuvre si décriée.Iconoclaste et étincellante, cette pyramide coupable de lèse-majesté se veut avant tout un espacé d'accueil et de service.Cette pyramide de verre, transparente à 80 p.cent et dont les parois refléteront à 20 p.cent le ciel et la lumière est, comme le stipule le communiqué officiel, «le résultat d'une exigence interne et fonctionnelle».Avec comme point focal la fameuse pyramide, c'est une toute nouvelle place de Paris, rendue aux piétons, qui apparaîtra dans le sillage des Champs-Elysées et de l'obélisque de la Concorde.Par cette pyramide, I.M.Pei se dit: «Je veux un signal, je veux éclairer!» Le Louvre étouffe.S'il abrite l'un des premiers musées au monde, le Louvre n'a jamais été construit pour en être un.Le musée est avant tout une façon de classer l'histoire de l'art.Ici les chefs-d'oeuvre s'égarent en des labyrinthes rebutants.Les collections sont empoussiérées et mal présentées.Le Louvre est encombré et la circulation y est problématique.«Les Parisiens ne visitent pas le Louvre dont 75 p.cent de la clientèle est constituée d'étrangers», d'expliquer Mme Ganbier, porte-parole du Grand Louvre.On les comprend.En été, l'attente est d'au moins deux heures avant de parvenir au sein de ce sanctuaire pour saluer la Venus de Mi/o ou La Victoire de Samothrace.Il faut aérer.Un grand ménage s'impose.Le Louvre, croulant sous le poids de ses chefs-d'oeuvre, est devenu un fouillis.Les services ici sont inexistants.Essentiels à un musée moderne, ces services \u2014 réserves, laboratoires, bibliothèques, bureaux \u2014 réclament habituellement 40 p.cent de l'espace total alors que 60 p.cent du musée est consacré à l'exposition des oeuvres.Au Louvre, les services n'occupent que 5 p.cent de l'espace.Pour faire du Louvre un musée moderne, la place restait à trouver.En 1986, le ministère des Finances, hébergé dans l'une des ailes du palais, va déménager.Ce sera un gain de 50000 mètres carrés qui permettra enfin, en 1987, une meilleure repartition des collections redistribuées en des circuits redevenus cohérents et pratiques autour de la cour Napoléon.Déjà pour 1985, les salies nouvelles de peintures françaises et les salles grecques seront réouvertes et une partie de la collection du 19e siècle, notamment les Impressionnistes, prendra le chemin du nouveau musée d'Orsay, consacré à cette période.Les parterres de Le Nôtre seront redessinés.Une crypte archéologique recevra des visiteurs.Le domaine sera bichonné et restauré.Afin de restructurer cet ensemble et le rendre plus homogène et raccourcir les distances entre les différents départements, la pyramide de I.M.Pei sera une plaque tournante tout en se faisant l'enseigne du musée et en abritant les services, souterrains, ainsi éclairés.Son vaste sous-sol de 26000 m car.comprendra tout ce qui fait cruellement défaut au Louvre actuel: centre d'information; salles de conférences; musée des jeunes; complexe de restauration; locaux techniques; réserves.Cette forme géométrique parfaite sera donc l'émergence d'une architecture- en sous-sol qu'elle éclairera.De plus, et c'est logique, la pyramide avec ses angles fuyants n'affrontera pas l'architecture existante du palais dont le gabarit est de loin plus élevé, de rassurer les bureaux de l'architecte.Guillaume Gillet, directeur de l'Institut, qui vient de recevoir à l'Académie des beaux-arts son «collègue» I.M.Pei en est convaincu.L'académicien n'est pas avare d'éloge.Il trouve cette pyramide de cristal «une solution simple, discrète, claire et logique».Si elle n'avait déjà été trouvée, il n'en aurait pas proposé d'autres, con-vaicu qu'elle ne portera pas atteinte à l'ensemble historique.Mais au-delà de cette pyramide rajeunissante, si contestée, quelques gens de culture s'interrogent et craignent pour ce Grand Louvre les circuits imposés par une grosse machine culturelle calibrée.Pourra-t-on entrer au musée par la porte de son choix sans avoir à passer par ce passage triomphant qui ressemble déjà aux yeux de ces inquiets à une spectaculaire bouche de métro?Une chose est certaine: entre La Joconde et la rue parisienne, le pyramide sera bel et bien le chemin le plus court.Elle contribuera, par son effet d'attraction, à redonner au Louvre empoussiéré un nouveau prestige auquel seront sensibles tout autant le touriste que le Parisien.L'Orangerie En attendant la pyramide et le Grand Louvre qui seront terminés en 1987, le visiteur du Ouébec, a défaut de pouvoir accéder au musée pourra aller faire un tour du côté de l'Orangerie adjacente.Le bâtiment, dont les murs croulaient, a été retapé.Au menu: les Nym pheas de Monet, toujours admirables, et une toute nouvelle collection.C'est la collection Walter, amassée par les deux maris d'une belle mécène.Une fabuleuse collection de chefs-d'oeuvre: 144 pièces de l'impressionnisme à 1930.Qu'on en juge.A titre d'exemple, ce sont: 28 Derain, 24 Renoir, 22 Soutine, 14 Cézanne.12 Picasso, 11 Matisse, 10 Utrillo.9 Douanier Rousseau, 5 Modigliani.dont viennent d'hériter les cimaises fraîchement renouvellées de l'Orangerie, voisine du futur Grand Louvre, et qui en a fait sa collection permanente.r C c 7 r r l 5 r ç c Ç r r r LES PRÉSIDENTIELLES AMÉRICAINES La renaissance de l'espoir chez les démocrates algré la défaite cuisante subie par Jimmy Carter en 1980 et le phénomène de rejet dont souffre encore l'ancien président des États-Unis, le Parti démocrate a réussi, lors de sa convention de San Francisco, à créer l'événement.Admirablement organisée à coups de millions de dollars, la convention-spectacle qui s'est déroulée en Californie a permis aux principaux candidats à l'investiture (Walter Mondale, Gary Hart et Jesse Jackson), de faire oublier le mauvais climat des primaires, les attaques réciproques qui ont meublé ces six mois de campagne, pour offrir aux 4000 délégués présents l'image d'un parti uni dans sa diversité.Walter Mondale, qui est désormais le challenger officiel de Ronald Reagan, a décidé de jouer à toute occasion la carte de la nouveauté: pour la première fois depuis Roosevelt, une femme, Géraldine Ferraro, a été choisie comme colistière de la présidence, et ce avant même que la convention n'ait commencé ses travaux.Pour la première fois également, le candidat à la présidence propose à l'hôte de la Maison-Blanche six débats publics sur les sujets les plus variés qui vont du contrôle des armes à l'environnement.Cette série de face-à-face Rea-gan-Mondale serait une grande première aux États-Unis.Pendant la campagne de 1960, John Kennedy et Richard Nixon se sont rencontrés seulement quatre fois et en 1980, le duel Carter-Reagan n'a donné lieu qu'à une seule confrontation en public.Candidate à la vice-présidence, Géraldine Ferraro cherche aussi à capter l'attention des médias: elle a à son tour proposé au vice-président George Bush deux débats télévisés, l'un portant sur la politique intérieure, l'autre sur la politique étrangère.Dans l'histoire du pays.r il n'y a eu qu'un seul précédent: * en 1976.lorsque Walter Mondale - et le sénateur républicain Bob ] Done, les numéros deux de la j campagne présidentielle, se sont 5 rencontrés devant les caméras de 3 télévision.4 5 Un nouveau visage En quelques jours, le Parti dé-l mocrate est ainsi parvenu à offrir * un visage nouveau à l'opinion pu-£ blique américaine et son principal j objecif est d'apparaître comme - une formation responsable, ou-r verte aux minorités, tournée vers ^ l'avenir, face aux républicains.« Leur stratégie présidentielle doit 3 cependant être tout en nuances i car la marge de manoeuvre des républicains est réduite: ils ne peu- o vent pas attaquer directement Ro- nald Reagan en raison de sa grande popularité et du succès global de sa politique économique.«Les Américains aiment beaucoup Ronald Reagan» a souligné Robert Strauss, un ancien leader du Parti démocrate à la tribune de la convention.«Certaines erreurs ne devont pas être commises deux fois.» L'orateur faisait référence à la «gaffe» commise par Géraldine Ferraro quelques heures plus tôt.Catholique pratiquante, irritée que les journalistes l'interrogent sur sa foi.celle-ci avait lancé ce propos malheureux: «Roland Reagan se présente comme un bon chrétien mais je n'en crois pas un mot car la politique est un art terriblement malhonnête.» La formule a été très mal accueillie et Géraldine Ferraro a dû revenir sur ses déclarations et faire amende honorable.Conscients de la force politique que représente le président Reagan, les démocrates font porter leurs attaques sur un autre terrain: l'avenir de sa politique économique, qui est handicapée par un déficit budgétaire croissant, la priorité accordée aux dépenses militaires sur les dépenses sociales (ce que les démocrates dénoncent vigoureusement), l'impossibilité dans laquelle se trouve Reagan de s'asseoir à la table de négociations avec les Soviétiques ou encore la politique «interventionniste» qu'il mène en Amérique centrale.Le discours de Cuomo Remarquable orateur et candidat potentiel du Parti démocrate en 1988, Mario Cuomo, gouverneur de l'Etat de New York, a donné le ton dès l'ouverture de la convention: «Nous vivons une période de fausse splendeur, de relance économique artificielle, financée par une politique de l'emprunt et de la dépense.Le président Reagan voit peut-être une ville étince-lante depuis le portique de la Maison-Blanche ou la véranda de son ranch, mais, Monsieur le Président, il y a du désespoir sur des visages que vous ne voyez jamais, dans des lieux que vous ne visiterez jamais.» Pendant la campagne de 1980.Ronald Reagan avait en effet affirmé qu'il voulait faire de l'Amérique «une ville étinceiante sur la colline».De la même façon, Ted Kennedy lança à San Francisco: «Le Parti démocrate est la tribune du peuple.» Et Gary Hart, le sénateur du Colorado, candidat infortuné à Sophie Huet l'investiture démocrate, enfonça le clou en interrogeant l'assistance: «Voulez-vous que Ronald Reagan nomme une Cour suprême à sa dévotion, qu'il diminue les droits des minorités, des femmes et des syndicats, qu'il envoie nos enfants se sacrifier pour un autre Liban ou servir de gardes-du-corps en Amérique centrale?» Des erreurs Le Parti démocrate qui a retrouvé un nouveau souffle pour attaquer les républicains n'est certes pas à l'abri des erreurs de stratégie, comme il l'a prouvé maintes fois ces derniers temps: pendant la convention, Walter Mondale a ainsi annonce la nomination du Géorgien Bert Lance, ancien directeur du budget sous Carter, comme directeur de sa campagne, pour obtenir la démission du leader du Parti démocrate, Charles Manatt.Cette nouvelle a fait l'effet d'une bombe, avant l'ouverture de la convention, en raison du passé assez trouble de l'ancien directeur de Jimmy Carter.Bert Lance avait en effet dû démissionner de son poste à la suite d'une enquête sur sa fortune personnelle et il fut inculpé pour 23 motifs de fraude bancaire par un grand jury fédéral d'Atlanta, puis acquitté après un long procès.L'affaire Lance a provoqué des remous immédiats car elle ravivait en outre le souvenir de Carter et de l'État de Géorgie qui.pour les démocrates, est le symbole de la défaite.Jesse Jackson qualifia cette opération de «comédie des erreurs», Gary Hart de «décision présomptueuse» et Walter Mondale a dû revenir sur sa décision et conserver Charles Manatt à la tête du parti.Au lendemain de la convention, Mondale semble avoir commis une autre maladresse celle de sous-es-timer l'affluence croissante de l'électorat noir américain.Premier candidat noir à l'investiture suprême aux États-Unis, Jesse Jackson a largement contribué à faire de la convention de San Francisco un événement historique.Ce pasteur baptiste, que certains appellent déjà le nouveau «Martin Luther King», a été ovationné par les démocrates dans le Moscone Conter, soudainement transformé en lieu de prière pendant les 55 minutes qu'a duré le discours de Jackson.SAN FRANCISCO Avec une ferveur quasi biblique, le révérend noir a notamment déclaré: «Il y a un temps pour semer, et un temps pour récolter \u2014 Il y a un temps pour combattre et un temps pour coopérer.M.Reagan nous demande de prier, mais attention aux fausses procédures Ne prions pas pour la diminution des dépenses sociales.Prions pour que chacun puisse se nourrir.L'Amérique a besoin du changement.Unissons-nous derrière notre candidat.» Jesse Jackson, qui a obtenu 3.2 millions de votes lors des primaires, principalement dans les États du Sud, statégiquement essentiels pour l'élection présidentielle, et qui veut faire inscrire deux millions de Noirs supplémentaires sur les listes électorales d'ici le mois de novembre, représente un courant politique en ascension.Dans son discours, il a lancé un appel à la jeunesse pour qu'elle exerce «le droit de rêver» et il s'est fait le champion de la « rainbow coalition», c'est-à-dire une grande communauté rassemblant toutes les minorités ethniques.Les quatre motions présentées par Jackson à la convention en vue de promouvoir le gel nucléaire et la diminution massive des dépenses en armement ont été repoussées par les supporters de Mondale.Or, malgré ses efforts de conci-liaton, le pasteur noir a quitté San Francisco sans avoir obtenu quelque promesse que ce soit de Mondale quant à son rôle futur pendant la campagne électorale.L'ambiguïté entretenue par le candidat démocrate pourrait lui être fatale, car le «pouvoir noir» aux États-Unis (l'expression date des années 70 mais elle retrouve une certaine actualité) ne cesse de croître.De nombreux maires de grandes villes sont actuellement des Noirs, qu'il s'agisse d'Andrew Young, à Atlanta, Tom Bradley, à Los Angeles, Richard Harrington, à Birmingham, et la carrière politique de Jesse Jackson ne fait que commencer.M.Flynn, le nouveau maire (blanc) de Boston nous a déclaré après le discours de Jackson que celui-ci était «un homme politique sincère», ajoutant: «On n'a pas besoin d'être puissant pour parler vrai.Le Parti républicain est le parti des riches et des puissants.Nous sommes la conscience du peuple américain.» Le vote des femmes Mais Mondale, qui entend conserver une image de démocrate modéré, semble jouer en priorité la carte féministe pour donner à sa campagne électorale, jusqu'à présent bien morne, un nouveau départ, et pour contrecarrer Ronald Reagan sur un des terrains où il paraît être le plus faible: celui de l'électorat féminin.Le choix d'une femme comme colistière à la vice-présidence est à l'évidence un «coup» publicitaire bien préparé, et l'ambitieuse «Gerry» (c'est le surnom de Géraldine Ferraro) n'a pas fini de faire parler d'elle.Cette femme de 40 ans, membre du Congrès, représentant le district de Queen's, l'un des plus pauvres des environs de New York, est fortement ancrée à gauche et se situe à la tête du combat en faveur de l'égalité des droits pour les femmes.Autoritaire, passionnée et intransigeante, Ferraro est une juriste qui a défendu pendant 13 ans les droits des plus déshérités, dans l'État de New York, et grâce au soutien du porte-parole de la Chambre des représentants, Tip O'Neill, elle a réussi à gravir très vite les échelons du pouvoir.Géraldine Ferraro repésente l'aile gauche du Parti démocrate, tandis que Walter Mondale se situe plus au centre: «Le gel nucléaire n'est pas un slogan, c'est un moyen de survivre», déclare-t-elle volontiers.Cette fille d'immigrés italiens, qui a voté contre le programme économique de Reagan, affiche également son attachement aux valeurs traditionnelles (famille, religion): ayant épousé l'homme d'affaires John Zaccaro, elle continue à porter son nom de jeune fille (Ferraro) «pour rendre hommage à sa mère» à qui elle téléphone tous les matins.Sa nomination a été unanimement accueillie comme une excellente idée par tous les démocrates, en raison de l'influence croissante des femmes dans la vie publique américaine.Ronald Reagan lui-même en est bien conscient puisqu'il a choisi trois ministres femmes (Jeane Kirkpatrick à l'ONU, Elisabeth Done aux Transports et Margaret Heckner à la Sécurité sociale) et qui vient de nommer une autre femme, Sandra O'Connor, comme juge à la Cour suprême.La première astronaute femme, Sally Ride, vient également de faire son apparition.Et actuellement il faut reconnaître que les femmes militantes (notamment celles de NOW \u2014 National Organization of Women) sont à peu près toutes des démocrates.Des inquiétudes Dans les milieux républicains, le nouveau départ pris par Walter Mondale commence à inquiéter et des voix murmurent que Ronald Reagan n'est peut-être pas invincible.Mais il semble que les démocrates soient beaucoup moins bien armés que les républicains pour accomplir un parcours sans faute d'ici le mois de novembre.Les démocrates paraissent moins professionnels et plus sujets au «coup de tête» que les républicains.Ils disposent de nombreux atouts mais le Parti républicain, grâce au charisme de Heagan, sait admirablement se servir des médias qui représentent véritablement la troisième force politique dans ce pays.n I Israël: une instabilité n annonce rien de bon Robert Pouliot eu importe qui des Travaillistes ou du Likoud remportent les élections, ce qui compte c'est un gouvernement israélien fort, capable de régler ses problèmes intérieurs et de négocier clairement avec le monde arabe.Il est vrai que les espoirs se portent sur les Travaillistes.Mais n'oublions pas que c'est avec le Likoud que l'Egypte a conclu un traité de paix.» Ce commentaire de Butros Gha-li, ministre d'état égyptien aux Affaires étrangères, ne reflète pas hélas la réaction générale du monde arabe à la dernière impasse électorale d'Israël.Intrigué, voire surpris par les engagements de dernière heure pris par les Travaillistes en faveur d'un accord de paix et d'un compromis territorial avec la Jordanie, le monde arabe s'était mis subitement à rêver la semaine dernière à un règlement susceptible de modifier substantiellement la carte politique de la région.Tous les ingrédients y étaient.Les sondages portaient les Travaillistes gagnants, ceux-là mêmes qui avaient promis de rapatrier les troupes israéliennes du Sud-Liban.Les négociations entre l'Organisation de libération de la Palestine, dont les factions dissidentes venaient tout juste de conclure un «cessez-le-feu» politique, et la Jordanie s'accéléraient en vue de la création d'une confédération politique englobant Gaza et la rive ouest du Jourdain.Et tout indiquait que le président Reagan, une fois réélu à la Maison-Blanche en novembre, relancerait son plan do paix de septembre 1982 pour régler une fois pour toutes la question des territoires arabes conquis par Israël en 1967.Même le cauchemar libanais paraissait se dissiper dans un étonnant, quoique fragile, retour au calme à Beyrouth.Et voilà que les électeurs israéliens, tranchant avec le phénomène de polarisation partisane qui avait caractérisé le scrutin de 1981, sont revenus cette semaine à leurs vieilles habitudes de fragmentation politique: les deux grands partis ont reculé d'environ dix p.cent en faveur de factions plus nombreuses et plus militantes que jamais.Résultat: ni les Travaillistes, ni le Likoud ne pourront former un gouvernement fort, à moins de créer un front d'union nationale sous la direction de Shimon Pérès.Encore là.une telle coalition sera peut-être en mesure de calmer l'inflation à l'intérieur et d'imposer un régime d'austérité économique, mais sera complètement paralysée à l'échelle des grandes décisions politiques qui s'imposent: évacuation du Liban, freinage des implantations coloniales dans les territoires occupés à forte densité de population arabe, nouveau découpage territorial de la Cisjordanie et accession de Gaza au statut d'autonomie politique.Le simple fait que des parlementaires aussi distants que le rabbin d'origine américaine Meir Kahane, qui veut expulser tous les Palestiniens de la Cisjordanie, et ceux de la liste progressiste, qui favorise la création d'un État palestinien, se retrouvent côte à côte à la Knesset illustre bien l'écart croissant au sein de l'opinion publique juive.Or, les graves problèmes économiques que traverse l'État israélien et qui ont provoqué un tel vent de panique cette semaine en forçant la Banque centrale à suspendre toute transaction en devises étrangères pendant 24 heures résulte en majeure partie des maux politiques du pays.Colonisation juive, guerre du Liban et défense nationale drainent chaque jour plusieurs millions de dollars qui autrement pourraient servir à augmenter la production de biens et de services civils.Pas étonnant que l'attitude initiale de curiosité arabe ait glissé à nouveau dans un profond cynisme.Une fois de plus, les slogans palestiniens et syriens sont revenus à la charge: Travaillistes et Likoud composent les faces de la même pièce de monnaie.Pour le quotidien Damascene Tishrin, «il n'y a aucune différence entre le Likoud et les Travaillistes quant à leur attitude agressive vis-à-vis des Arabes».Après tout, d'ajouter Al-Ba'ath, le porte-voix du gouvernement en Syrie, «les deux partis épousent les mêmes objectifs du sionisme».Les Égyptiens se montrent plus réservés quant à eux.Pour le grand quotidien Al-Ahram, qui publie depuis quelques mois une édition internationale à Paris sur les presses du Herald Tribune, «au- cun changement décisif n'aura lieu avant les élections américaines».Le monde arabe s'attend en effet à ce qu'un deuxième mandat permette à M.Reagan d'agir plus librement à l'égard du lobby israélien de Washington.Al-Gombou-hya, l'autre giand quotidien cairote, est plus pessimiste: «L'extrémisme est le grand vainqueur des élections israéliennes.» Mais c'est ici, en Jordanie, que les déboires travaillistes ont le plus frappé l'opinion.Non seulement le roi Hussein, qui vient tout juste de tenir des premières élections en 10 ans.espérait-il une nouvelle ouverture afin de renforcer sa position de concert avec l'Egypte vis-à-vis de la Syrie, mais une bonne part de la communauté palestinienne s'attendait aussi à un changement.Depuis deux ans, la récession économique qui secoue le Golfe a forcé des milliers de Palestiniens à revenir s'installer en Jordanie.En mai dernier, à Riad, j'étais chez un ami qui avait occupé jadis un poste assez important au bureau politique de l'OLP à Beyrouth.Depuis, 11 avait abandonné toute activité politique pour se consacrer aux affaires en Arabie Saoudite.Toujours bien renseigné toutefois, il m'expliqua qu'Israël, surtout les Travaillistes, était disposé à négocier en rendant une bonne partie des territoires occupés.Complètement désillusionné par le mouvement pan-arabiste et devenu extrêmement critique à l'égard de la ligne politique de l'OLP, Fariz (ce n'est pas son vrai nom) s'accrochait littéralement à cette idée d'une ouverture israélienne au cours des deux prochaines années.Des milliers de Palestiniens comme lui partageaient te même rêve en Jordanie où la récession économique fait de plus en plus mal.Certains imaginaient même, tel Khaled, qui travaille dans un consulat occidental, qu'une ouverture aurait pu relancer l'économie jordanienne en provoquant un flux d'investissements en Cisjordanie de la part du monde arabe, la réouverture des banques jordaniennes et l'avènement de tout nouveaux rapports commerciaux au Moyen-Orient pour l'État hébreu.Pour la première fois depuis 1948, la grande question palestinienne ne relève plus seulement de la po- litique mais prend une dimension de plus en plus économique.Changement radical s'il en est un! Pour le Jordan Times et le groupe de presse AI~Rai, les résultats électoraux en Israël traduisent beaucoup plus un revers américain.Après l'invasion du Liban en 1982 et le retrait des marines américains de Beyrouth, ce nouveau scrutin contribue à affaiblir davantage la crédibilité de Washington au Proche-Orient.L'impasse électorale d'Israël empêchera les États-Unis d'agir ouvertement en faveur d'une stabilisation politique de la région au moment où cette dernière en a le plus besoin.«Désappointés, nous le sommes, affirme l'éditorialiste du Jordan Times, mais les résultats du scrutin ne marquent pas un recul puisqu'il n'y avait aucune nouvelle initiative en branle.» Le seul espoir que conservent quelques analystes arabes à Amman réside dans la perspective de nouvelles élections anticipées.En effet, la dernière fois que les Travaillistes et le Likoud (le Herout alors) s'étaient retrouvés ensemble pour former un gouvernement d'union nationale remonte à la fin des années 60 au moment de la guerre d'usure sur le front égyptien et l'intervention de pilotes soviétiques.La menace venait de l'extérieur et il était relativement aisé alors de façonner un consensus national.Mais cette fois, disent les Jordaniens, aucune menace ne pointe à l'horizon de la part des Arabes.«Pour la première fois depuis 1948, observe cet analyste des Affaires étrangères d'ici, les Israéliens font face à un règlement de comptes intérieur.» Et d'enchaîner Al-Akhbar, le quotidien égyptien, ce conflit risque d'entraîner de profonds remous et une agitation politique sans précédent en Israël.?éditeur Roger D.Landry éditeur adjoint Réal Pelletier chef des chroniques Manon Chevalier secrétaire de rédaction Roch Côté collaborateurs au Québec Phillippe Barbaud Jean Basile Berlhio Alain Borgognon Maurizia Binda Françoise Côté Gil Courtemanche Antoine Désilets Jean-François Doré Claire Dutnsac Charlotte Fauteux Andrée Ferretti Pierre Godin Serae Grenier Gérard Lambert Adèle Lauzon Yves Leclerc Marie Lessard Mario Masson Poî Martin Simone Piuze Pierre Racine Georges Schwartz René Viau Ottawa Michel Vastei Toronto Patricia Dumas Calgary Diane Hill Vancouver Daniel Raunet New York Trevor Rowe Managua Jacques Lemieux San Salvador Edith Coron Paris Jean-François Lisée Rome Jean Lapierre Bruxelles Claude Moniquet Chypre Robert Pouliot Vienne Albert Juneau Tokyo Huguette Laprise Taiwan Jules Nadeau PLUS publie également des reportages exclusifs obtenus de l'Agence France-Presse, de l'agence Inter Presse Service et de Reporters associés.publicité générale: Probec5 Ltée Tél.: Montréal 285-7306 Toronto (416) 967-1814 de détail: La Presse.Ltée Tél.: (514) 285-6874 Le magazine PLUS est publié par Hebdobec Inc., CP.550 Succursale Place d'Armes Montréal H2Y 3H3.monté et imprimé par LA PRESSE.Ltée.Tous droits de reproduction, d'adaptation ou de traduction réservés.président du conseil d'administration Roger D.Landry responsable des cahiers spéciaux Manon Chevalier secrétanat Micheline Perron Tél.: (514) 285-7319 CHANT NATIONAL POLONAIS Musique d'OGINSKI Paroles de WYBICK1 ii.pie li .bre; gne %îlT en.cor Oansfonpeu.pl têêtete Poitka ' mfjginç ./a - ftt my iy .je - .przemoc Non, lu ne mour.ras pas?Pb .logne,o ma pa - HT\", r! «\u2022m, sots, Do .brom .A, i zit.m, tfotkiij do\\ Nt .Ml Ton so.le il ou le trépas, viens .li.ber.lé ché la two %m prtê - mo .detn .zfçeiym ^ t m ri .e! ro il Tant que l'Europe a genou» Rougit d'eirc esclave, Que le dernier d'entre nous Peu; mourir'eu brave.Non.tu ne mourras pat ! .Ill Tant qu'au monde il est un lieu Qu'aucun roi n'opprime.Tant qu'au ciel il eit un Dieu Qui punit le crime.Non.tu oe mourrat pai'.IV Si couvert de «on drapeau Le soldat succombe, Demain un soleil plus beau Suivra sur sa tombe * Non.tu ne mourras pas I.TOUS DKOITS DE RtPlODUCTtOM.DE TRADUCTION, D*ADAPTATION ET D EXECUTION RÉSFHVËS POUR TOUS PAYS Copyright, 1916, by Louis Vallot-Duval, Paris-Asnières, Seine, France.Premier août, à la tombée de la nuit de petits lampions s'allument.Les Vivants rendent hommage aux soldats de Rnsurrection de Varsovie.Des croix, des inscriptions, des noms et des pseudonymes de maquisards de l'A.K., Armée du Pays, des fleurs et la foule des gens qui se souviennent et qui racontent.Voici la tombe d'un garçon qui n'avait que sept ans et.à côté, celle d'une fillette, puis, un peu plus loin leurs aînés, femmes et hommes jeunes ou d'un certain âge.Étrange armée qui pendant deux mois a défendu chaque maison et chaque coin de rue contre les tanks et contre les avions de I occupant.Cette année, c'est l'anniversaire, 40 ans déjà, il y aura des défilés et des discours, mais dans le pays réel, en Pologne, il est toujours encore impossible de dire toute la vérité.En Occident, on vient à peine de reconstituer sur les écrans de télévision le débarquement de Normandie; en Europe Centrale la soviétisation impose le mutisme.Il est permis et même recommandé de dénoncer les cruautés de l'armée hitlérienne, mais il est défendu de dévoiler l'histoire.Les manuels scolaires sont expurgés, les médias d'information censurés; alors de bouche à l'oreille, de famille en famille, on se remémore les faits.Les survivants sont encore là, 40 ans après et les témoins privilégiés parlent.Varsovie n'a pas oublié! Juillet 1944.On sait, grâce à la B.B.C.de Londres, qu'on écoute clandestinement, que les armées alliées sont en train de libérer la France.Dans les faubourgs de Varsovie on entend déjà le tir des Soviétiques dont les postes de radio demandent aux maquisards \u2022 polonais de commencer immédiatement le soulèvement.La fin de la terreur nazie est proche.La capitale de la Pologne qui compte un million et demi d'habitants est prête à tout sacrifier pour retrouver son indépendance.Certes, civils et maquisards pourraient attendre l'arrivée des Alliés, mais pas celle des Russes.Quand en 1938 ils ont «libéré» Lwow (Lem-berg), assiégé par les Allemands, leurs alliés de l'époque, ce fut l'hécatombe.Cinq millions de disparus, morts et déportés en Sibérie, juifs, polonais et ukrainiens.Déplacement total des populations dans toute la région, incorporée depuis comme partie intégrante de la grande et généreuse patrie de Lénine et de Soljénitsyne.Des milliers d'officiers polonais exécutés par l'armée soviétique à Katyn r d'une balle dans la nuque.ï La grande bataille l À Varsovie, on espère que les 1 maquisards victorieux pourront t discuter avec les Soviétiques \\ d'égal à égal.La population est ^ prête à payer le prix de la liberté.- Et le premier août, la grande ba-.j taille commence! c II fait beau et chaud.L'armée % soviétique se trouve à Praga, en 2 banlieue de Varsovie, juste de < l'autre côté de la Vistula qui.à cet £ endroit, a de 400 à 600 mètres de Z largeur.Ils sont là et ils attendent.5 La Wermacht se battra donc jus- 6 qu'au bout et les insurgés aussi.i Mais l'armée allemande dispose -j de formations, d'une machine de guerre, tandis que les maquisards polonais ont dos carabines, des révofvers.des grenades et des bouteilles remplies d'essence.Quand les chars allemands se mettent en branle, des jeunes rampent, se rapprochent et jettent au dernier moment ces bouteilles-là.Parfois le monstre explose, parfois il coniinue à avancer en détruisant tout sur son chemin.On dresse des barricades; autobus renversés, pavés et briques, protègent tant bien que mal les défenseurs de Varsovie.Dès le début, leur situation varie d'un quartier à l'autre.Ici on a réussi à investir une réserve d'explosifs, ailleurs on ne dispose que de quatre revolvers pour douze soldats.On fabrique des grenades, on sort les armes cachées dans les sous-sols, on espère conquérir des munitions sur les Allemands blessés ou abattus.A Londres, on reçoit des messages-radio précis et laconiques: «Varsovie lutte!» Le gouvernement polonais en exil demande qu'on aide les insurgés, qu'on leur fournisse des vivres et des armes.L'armée polonaise qui a défendu Londres, qui a fait la campagne de France et d'Italie, a payé de son sang le droit daller lutter côte à côte avec ceux de Varsovie.Les volontaires ne manquent pas! Pendant deux mois.6600 messages sont transmis ainsi, mais laide ne vient pas parce que les Soviétiques décident que les maquisards polonais doivent périr jusqu'au dernier.Comme l'écrit Winston Churchill dans ses mémoires, le commandement soviétique refuse d'intervenir.Plus encore, les Russes ne permettent pas aux avions britanniques et américains de s'approvisionner en essence sur les territoires qu'ils occupent.Les pilotes polonais qui partent de Grande-Bretagne parachuter des vivres et des armes aux insurgés de Varsovie n'ont aucune possibilité de retour.Ce sont des missions-suicides, les appareils de l'époque ne pouvant contenir assez d'essence pour retourner à leur base.Sous le ciel bleu de Varsovie c'est la canicule.Il n'y a plus d'eau, plus de nourriture, plus de bandages, plus de médicaments et les médecins soignent les blessés comme ils le peuvent^ Dans les voûtes dune-Caisse d'épargne (P.K.O.).le docteur Zaorski, Dour ne retenir que ce seul nom.opère à la lueur des bougies.Le quartier de Starowka ne peut plus se défendre.Les combattants se re- plient en emportant leurs blessés sur des civières de fortune.Ils arrivent à Varsovie-Centre par les canalisations, sales, épuisés, affamés.Une formation a trouvé plusieurs litres de sirop de framboises.Il est bon le sirop, mais il est doux, collant, rouge comme le sang et il déclenche la soif.Les images défilent et morcelées, décousues, elles forment un ensemble difficile à décrire.Une barricade.Un groupe d'hommes sortis de l'ombre.Des juifs polonais, sauvés par leurs compatriotes polonais en 1943 au moment de la liquidation du Ghetto de Varsovie.Les survivants de cette autre insurrection héroïque qui, depuis quinze mois très exactement, vivent cachés dans une cave.Peu importe! Isaac Cukierman, (pseudonyme Antek) communique avec l'organisation des Combattants juifs, Z.O.B.: «Nous demandons à tous les survivants de Z.O.B.de continuer la résistance et de se battre.Personne n'a le droit de rester en dehors du combat.Joignez les rangs des insurgés! Luttez pour la victoire, la liberté et l'indépendance d'une Pologne juste et forte!» Isaac Cukierman commande un détachement, Samuel Kenigswein parvient à en constituer un autre.Le 25 octobre le Comité central de l'Organisation juive Bund reçoit via Londres ce message laconique: «Nous prenons part à l'insurrection de Varsovie, envoyez des renforts!» Une autre image.Deux jeunes gens se jettent dans la rivière.Ce sont des communistes polonais du A.L.(Armée du peuple) qui traversent la Vistule pour demander de laide à la glorieuse armée soviétique.La rivière, asséchée par endroits, brille au soleil.Un espace étroit, facile à franchir, mais les nageurs ne parviennent pas au but.Sous les yeux des camarades qui attendent sur tes berges, ils périssent.L'armée soviétique, l'armée de «libération», tire à vue.Ces camarades ont survécu, ils ne sont plus communistes, ils se souviennent et ils racontent comme ça, en famille.Certains vivent à Varsovie, d'autres en exil.Ceux de là-bas ne peuvent l'écrire, ceux en Occident ne veulent pas courir le risque de perdre à jamais la possibilité d'obtenir un visa pour rendre visite à leurs proches en Pologne, ou même de les inviter chez eux pour quelques semaines de vacances.Est-ce la raison pour laquelle on a si bien oublié qui a été le principal responsable du drame de Varsovie?Quartier par quartier Août-septembre 1944, les avions allemands bombardent la ville, jour après jour, quartier par quartier.Les maisons s'écroulent comme des châteaux de cartes en ensevelissant sous les ruines civils et maquisards.La 9ème armée allemande exécute systématiquement les ordres reçus du Fùhrer en personne.Adolph Hitler veut la destruction totale de Varsovie.«Ils se battaient dans les ruines, ces Polonais, note un officier allemand.Il m'est arrivé de perdre beaucoup d'hommes pour occuper un immeuble à moitié rasé.Cela a duré plus de deux jours.Sous le feu de nos carabines automatiques, ils continuaient à lancer des grenades et à tirer.» Un soldat allemand.Kurt Heller de Munich, écrit dans son journal: «Nous sommes encerclés par des maquisards.La faim.Plus de nour- riture.Les Polonais nous lancent des bouteilles remplies d'essence.Nous avons plusieurs tués tandis que d'autres se suicident persuadés que c'est la fin.Les renforts n'arrivent pas.» À Londres, les Alliés reçoivent la demande du général Bor-Komo-rowski de donner un statut aux soldats de l'Armée du pays dont il est le chef.Les Britanniques et les Américains décident d'y agréer; il y a un précédent, celui des maquisards français, mais les Soviétiques s'y opposent.Trente jours après le début de l'insurrection de Varsovie, Anthony Eden déclare à la Chambre des Communes que les membres de l'Armée du Pays sont des soldats et font désormais partie intégrante de l'armée polonaise en exil.Les Amérticains, de leur côté, entérinent et malgré le refus des Soviétiques, on émet un communiaué.À Varsovie, le général Von Dem Bach-Zelewski, commandant de l'armée allemande, propose au général Bor-Komorowski de capituler en lui garantissant que ses maquisards, femmes et hommes, enfants et adultes, vont être traités comme une armée régulière conformément à la Convention de Genève L'ennemi, l'occupant, est prêt à respecter le courage des défenseurs de Varsovie, les Soviétiques, les alliés, l'armée de «libération rouge», disent «niet»! La dépendance s'amorce Le mois d'août s'éteint et c'est déjà septembre.Le général Ro-kossovski, qui commande l'armée soviétique, ne bouge pas.Il dira plus tard, quand il deviendra ministre de la Défense de la Pologne Populaire, poste qu'il détiendra de 1949 à 1956, qu'il ne pouvait pas intervenir, mais les gens parlent, écrivent, avouent.En 1954, le journal The New Leader publie un article signé par Boris Olskansky.un haut gradé de l'Armée soviétique qui a tait partie du commandement du maréchal Rokossovski et qui a passé en Occident en 1949.Selon Olskansky, Rokossovski a reçu un télégramme signe par Staline: «Arrêtez l'offensive.Que les Polonais sentent bien leur dépendance de l'action de notre Armée.» Le capitaine Nikolai Ivvanovitch Syerov dira peur sa part que les Soviétiques ne voulaient pas «aider l'insurrection des nationalistes bourqeois».En ce mois de septembre 1944, il y a très exactement quarante ans.l'Armée du Pays continue donc à lutter toute seule.Les ouvriers qui en font partie au même titre que les intellectuels, les étudiants et les collégiens, ne savent pas qu'ils sont considérés comme des bourgeois.En fait ils ont beau souffrir de la faim et regarder tous les jours la mort en face, ils espèrent encore qu'ils vont libérer leur ville en ruines.Le premier ministre du gouvernement polonais en exil à Londres, Mikolajczyk, se rend à Moscou.Il supplie et il négocie, mais les Soviétiques demeurent inflexibles.À Varsovie, le général Bor-Ko-morowski refuse de continuer le carnage.Le 2 octobre à 7.40 p.m.on reçoit à Londres son dernier appel.«Ici Varsovie.Nous luttons toujours.Varsovie n'est pas vaincue.Nous avons donné plus que nous pouvions.Envoyez immédiatement des renforts! Nous y avons droit! Nous sommes aujourd'hui la conscience du monde! Nous avons confiance et nous attendons toujours votre aide.On dit que nous sommes l'inspiration des nations qui combattent.Nous, comme nation, nous avons le droit de vivre.Nous réclamons ce droit.» Un aviateur polonais, un certain Kazimierz Poznanski s'écrase au sol.Mission-suicide, mission accomplie.A Varsovie-Centre, un quartier qui tient encore, en partie tout du moins, un groupe de soldats de l'Armée du Pays se réunit dans ce qui fut autrefois une librairie.Ce sont les filles qui parlent.Suicide collectif?«Notre commandement veut capituler pour sauver les survivants C'est inacceptable! Nous allons nous suicider ici, tout de suite.C'est notre devoir envers ceux qui sont morts.» Les garçons acceptent.On compte les cartouches qui restent.Le plus jeune a dix ans, le plus âgé 16.Le lieutenant Wojtek Rosta-finsk» arrive.A-t-il 20 ans?C'est probable, mais ce qui est certain c est qu'il a beaucoup d'autorité.Le suicide collectif n'aura pas lieu.Le 4 octobre 1944 ils partiront en captivité, à pieds tout d'abord, puis dans des wagons à bestiaux et seront prisonniers de guerre en Allemagne jusqu'en avril 1945.La dernière image emportée des ruines de Varsovie, celle d'une vieille femme qui du hajt d'un immeuble eventré salue l'étrange armée qui pour tout uniforme n'a que des brassards blancs et rouqes sur Alice Parizeau 1UÎ des vêtements en loques.A Londres, les émissions de Varsovie cessent brusquement.Journalistes et opérateurs attendent en vain, les gorges serrées par l'émotion, les casques sur les oreilles.Au bout de la ligne c'est le silence.Le silence de mort! Un compositeur britannique, Adensel, commence à écrire Le concerto de Varsovie, une oeuvre vraie et forte qui reflète mieux que les mots l'héroïsme des insurgés de la capitale polonaise.Le bilan dressé par les Allemands : 16 000 prisonniers de guerre, l'exode forcé de 700000 civils, dont beaucoup sont blessés, ou estropiés pour la vie.Le nombre de morts: 300000 environ.Sept mois plus tard, en avril et en mai 1945, les prisonniers de guerre polonais qui ont survécu aux bombardements en Allemagne et au travail forcé imposé par les S.S.sont libérés par l'armée du général Maczek, par les Britanniques, par les Américains et par les Canadiens, tandis que d'autres ont le malheur de tomber entre les mains de l'armée soviétique.La défaite des nazis est consommée: à Paris, à Londres, à Montréal, on fête la victoire: en Pologne on commence à torturer et à fusiller les anciens combattants de l'Armée du Pays.Ceux qui se retrouvent en Occident sont condamnés à mort par contumace, peine comparativement bien légère et c'est après 1956 uniquement, année de Une statue, à Varsovie, remémore l'opération de déminage par.un soldat polonais durant l'insurrection de 1944.l'avènement au pouvoir de Wla-dyslaw Gomulka, qu'on commence à reconnaître que l'Armée du Pays n'était pas formée des «bourgeois à la solde des capitalistes britanniques» et qu'on proclame.l'amnistie! Le général Rokossovski abandonne brusquement son poste de ministre de la Défense de la Pologne Populaire pour occuper celui de vice-ministre de la Défense de l'U.R.S.S.Nikita Khrouchtchev succède à Staline et les chars soviétiques écrasent dans le sang l'insurrection de Budapest en Hongrie.Yalta La soviétisation de l'Europe de l'Est paraît irréversible.La malédiction des accords de Téhéran et de Yalta, acceptés par un président F.D.Roosevelt, malade qui craint une entente entre l'U.R.S.S.et le Japon, préoccupé par la guerre du Pacifique, pèse sur une partie du monde occidental.Au procès de Nuremberg, on juge les criminels de guerre nazis, mais il ne peut être question d'y juger en même temps les responsables du meurtre collectif de Ka-tyn, bien que toutes les preuves soient disponibles, et du drame de Varsovie.L'Occident accepte de recevoir des réfugiés politiques, Sa Majesté le Roi d'Angleterre accorde des bourses d'étude aux soldats de l'Armée du Pays devenus vétérans avant l'âge de leur majorité, à la Guerre Froide succède la détente, le temps passe.Quarante ans déjà! En Pologne la presse officielle dénonce le mouvement «Solidarité», ses dirigeants sont toujours encore en prison, Lech Walesa, prix Nobel de la Paix, continue à réclamer des élections libres, le droit à la véritable syndicalisation, le respect des libertés fondamentales des citoyens et de leurs pratiques religieuses.Devant les magasins vides, les gens font la queue pour acheter l'essentiel.La soviétisation et les pénuries font bon ménage.Lors des cérémonies officielles, on ne saurait cesser pour autant de fleurir les monuments élevés un peu partout à la gloire de l'armée soviétique de «libération», ainsi que les statues du maréchal Rokossovski, mais les gens se souviennent, non seulement en Pologne, mais aussi à Moscou.Après tout, les dirigeants qui ont 70 ans et plus avaient 30 ans en 1944 et ils étaient alors officiers du N.K.V.D., devenu depuis le K.G.B., de l'armée ou de la simple police.A Varsovie, seuls ceux qui reprochent au cardinal Glemp de freiner les mouvements de révolte, ceux qui se demandent pourquoi les militants de «Solidarité» ne se battent pas dans les rues, ne comprennent pas la leçon de l'histoire.Quand, à la tombée de la nuit, les petits lampions s'allument devant les tombes, ceux qui les portent parlent de l'épopée de l'Armée du Pays et racontent leurs souvenirs.En Occident les Polonais déposent des couronnes devant les monuments du Soldat Inconnu et les prêtres disent des messes.Sont-ils morts pour rien ces héros de Varsovie?Va-t-on continuer indéfiniment à prétendre, dans ce monde qui se veut libre, démocratique et juste, que seule !a bombe atomique présente une menace pour l'avenir de l'humanité et que la soviétisation en Afghanistan diffère de ce qu'elle a été il y a 40 ans à Varsovie?Va-t-on reconnaître en ce quarantième anniversaire de l'insurrection de Varsovie qu'elle est devenue, avec ie temps, le symbole d'une réalité qui dépasse les frontières polonaises et les limites des continents?A Varsovie, les drapeaux flottent au vent.La bande blanche, en haut, symbolise ia paix, la bande rouge du bas le sang qu'on a souvent versé pour preserver l'essentiel.Désormais, le pays réel connaît trop bien le prix de ce sang pour refuser le dialogue amorcé par l'Eglise polonaise qui, malgré la soviétisation, 2 roussi à élever et à donner au monde Jean-Paul II, témoin privilégié de son temps et de son époque Comme l'écrivit il y a plus d'un siècle le poète Julius Slowacki dans une oeuvre prophétique Le Pape S/ave; «.alors que les nations se couvrent de canons.le Monde est posé au creux de sa main.» En Pologne on continue à apprendre par coeur les poèmes de Slowacki, à croire qu'il n'a pas pu se tromper, et à espérer.?en O z > en > SOURCES: J.K Zawodny: rjc»hing but honour The Story of the Warsaw Uprising.1944 Ed: Hoover Institution Press.Stanford University, California.1078.Winston Churchill: Ti e Second World War Ed: Cassell & Co.Ltd.Londres.1954.Documents, etudes c» sojvenirs disponibles an langue polonaise.Georges Castallon: Dieu g^rde la Pologne Ed: Robert Laffont, Paris 1981.00 5 CD r LE DEBARQUEMENT Matériel \u2022Un plant de renoncule acre (bouton d'or) \u2022Une loupe (1 Ox) ou un binoculaire \u2022Un bon couteau un un scalpel \u2022Une petite paire de pinces.\u2022Un crayon et du papier Jusqu'aux racines La dissection d'une plante (deuxième partie) La semaine dernière nous avons étudié les racines, la tige aérienne et la feuille dune plante.Nous étudierons maintenant et en était, la fleur.sectes qui viennent s'y poser et qui permettent la fécondation de la plante en mettant en contact les étamines et le pistil (ce sont les appareils reproducteurs mâle et femelle de la fleur).Enlevez les pétales pour mieux tes voir.Les étamines constituent ta partie mâle de la fleur.Ce sont de minces filaments portant un renflement à leur extrémité.Ce genre de sac, appelé anthère, contient le pollen qui sert à la reproduction.Combien y a-t-il d'étamines sur votre fleur (voir la figure 2)?L'ensemble des étamines de la fleur porte le nom d'androcée.À l'aide d'une petite paire de pinces, enlevez une anthère et se» couez-la au-dessus d'une feuille de papier.Qu'observez-vous?(Voir la figure 3).L'anthère et le filet sont-ils de la même couleur?Les étamines sont-elles placées dans un ordre particulier?Enlevez les étamines pour mieux voir le pistil sur lequel il devrait y avoir de nombreux sacs.Ces sacs, appelés carpelles, forment le pistil qui constitue l'élément femelle de la fleur.En découpant un carpelle, vous pourrez observer les parties illustrées à la figure 4.Le stigmate est l'ouverture par où entre le pollen qui féconde les ovules.Un conduit, le styfe, mène le pollen à l'ovaire.Ce dernier est un sac qui confient les ovules.Finalement, te réceptacle sert de base et retient les carpelles, les étamines, les sépales et les pétales.La fleur La fleur assume généralement la fonction reproductrice des plantes.Par sa fécondation puis sa transformation en fruit, elle permet à l'espèce de se multiplier.À part les graines, connaissez-vous d'autres moyens de reproduction utilisés par les plantes?La fleur constitue très souvent la partie la plus colorée d'un végétai.À quoi cette coloration sert-elle?Regardez la fleur par en dessous (voir la figure 1 ).La partie verte se compose de cinq petites feuilles que l'on appelle cépales.L'ensemble des sépales porte le nom de calice.La partie Jaune est formée de cinq pétales dont l'ensemble se nomme la corolle Les pétales sont-ils disposés de la même façon que les sépales?Les sépales protègent la fleur non encore ouverte en entourant complètement ses diverses composantes.Une fois la fleur éciose, la couleur des pétales attire les in- 1.jRgptea.\tFigura 3.\t ¦¦¦¦¦¦¦¦¦¦¦¦¦¦¦HBHH^\t\t S* *>V* ^commentaires ou des suggestion* a nous taire parvenir ou si vous rencontre* des difficultés, écnvez-nous a ! adresse suivante: Technic* lté*.CP 337 Suceur, sale de loriméer.Montréal (QuéOec), Canada H2H 2H7.' 9\"CC™ Les lettres qui demandent une réponse devront être accompagnées d'uno envcloooe adressé* et affranchie.La* expériences contenues dans cette chronique sont tirées et adaptées de deux recueils d activités scientifiques' -Au bout o> la science, et -Commt »oeu< d« Chnttoohe Coton*., édités par Technic* Lté*, (c.19S2 et 1963).Coord^Xrl-^ DEMAIN L'AN 2000 Yves Leclerc L'art d'être gros et petit our toute entreprise importante de haute technologie, un dilemme se pose: pour pouvoir innover et progresser au rythme des découvertes scientifiques et techniques, l'entreprise se doit d'être souple, compacte et peu hiérarchisée.Pour pouvoir exploiter ses innovations rapidement et tirer profit des ouvertures du marché, elle doit être la plus grosse, la plus étendue et la mieux structurée possible.IBM, qui est avec AT&T la plus grosse entreprise de haute technologie au monde, vit ce paradoxe plus que tout autre, et il est intéressant de voir quelles méthodes elle a mises au point pour y faire face.Récemment, à Mount Pleasant, New York, j'ai eu droit à toute une conférence sur le sujet de la part du Dr Glenn Bacon, directeur de la Commission technique d'entreprise de la société.Le premier élément de la «solution IBM » à ce problème, a-t-il expliqué, consiste à séparer organiquement deux activités qui, dans la plupart des entreprises, sont regroupées: recherche et innovation dune part, développement et perfectionnement de l'autre.C'est ainsi que la compagnie possède une «Division de ia recherche» qui relève directement du bureau du président, qui a ses propres laboratoires et son propre personnel, et qui n'est soumise, directement du moins, à aucun des impératifs des groupes de production.La division possède trois centres, un très important à Yorktown Heights (quelque 2 000 personnes) et deux nettement moins gros à San José, Californie (600 personnes) et près de Zurich en Suisse (entre 100 et 200 personnes).Elle fonctionne pratiquement comme une entreprise à l'intérieur de l'entreprise, se fixant ses propres priorités et ses méthodes et conditions de travail.Par exemple, sur le plan anec-dotique, Yorktown Heights est le \u2022 seul des centres IBM que j'ai visités où on rencontre dans les couloirs bon nombre de barbes, de cheveux longs, de blue jeans et de cols roulés ou de T-shirts! Science et innovation La tâche de la division de recherche n'est pas de découvrir de nouveaux produits à fabriquer, et surtout pas de résoudre les problèmes à court terme de la pro- duction.Elle est d'approfondir les connaissances scientifiques et de susciter les conditions propices à l'innovation.Les domaines prioritaires sont bien sûr ceux où se concentre l'intérêt d'IBM comme entreprise industrielle et commerciale: sciences physiques, mathématiques, logique, et plus récemment science de l'organisation et de la production.Mais cela n'exclut pas des «excursions» dans d'autres secteurs comme la médecine (des travaux sur l'épilepsie, par exemple).Les exigences de l'innovation, précise le Dr Bacon, sont bien différentes de celles du développement: les questions de gestion y cèdent le pas à celles de la compétence et de l'imagination du personnel; l'approche est expérimentale plutôt que structurée, et on y trouve peu de préoccupations pour les demandes du marché: «L'allocation des ressources doit se faire d'en haut, à partir de décisions assez arbitraires, mais les idées et les orientations précises doivent venir de la base.» Les liens entre la division de la recherche et le reste de la compagnie sont non pas organiques et structurels, mais plutôt informels: ils se produisent à l'occasion d'échanges (assez fréquents) de personnel, notamment entre les groupes de recherche et ceux de développement, de rencontres et de conférences.Une bonne part des résultats de recherche demeurent secrets; environ la moitié, selon la direction de Yorktown Heights, ou près des trois quarts selon une évaluation informelle d'un chercheur.Malgré cela, la quantité de publications scientifiques et de communications faites par les savants d'IBM est considérable, de même que le nombre de brevets d'invention enregistrés.En effet, une partie du rôle de la division, m'a expliqué un des cadres de Yorktown Heights, est de se créer et de maintenir une réputation d'excellence scientifique.et pour cela, il faut que le reste du monde sache au moins en partie ce que vous faites! Un monde plus structuré Face aux seuls trois laboratoires de recherche, il existe au moins 25 laboratoires de développement: une vingtaine aux Etats-Unis, et une demi-douzaine à l'extérieur (dont un à Toronto et un au Japon).Dans la plupart des cas.ils sont juxtaposés à des centres de fois production, comme c'est le cas notamment à Boca Raton où sont développés et produits les microordinateurs PC.Ici, explique Glenn Bacon, les exigences sont tout autres, et les centres de développement ont des impératifs fixés directement par les besoins de la production et de la mise en marché.Leur rôle premier est de mettre au point, à partir de technologies existantes (qui peuvent cependant toujours être raffinées et poussées plus loin) des produits fabricables et vendables.«Â cette étape, les orientations du marché sont beaucoup plus stables, on sent la pression de la compétition, la planification formelle et la gestion des ressources deviennent des priorités, et les coûts de production entrent en ligne de compte.Par exemple, tout notre planning se fait sur une base d'un an, trimestre par trimestre.» Ici, les secrets sont conservés beaucoup plus jalousement que dans les centres de recherche: une percée sur un détail de fabrication, une avance de quelques mois-ou même de quelques semaines dans la mise au point d'une nouvelle famille de produits peuvent représenter des millions de dollars.Dans toute ma visite, j'ai vu plusieurs unités de production, mais pas un seul laboratoire de développement.et lorsqu'on entre dans les édifices où ils se trouvent, il faut laisser caméras et magnétophones à la porte.C'est en grande partie grâce à cette distinction entre des groupes de recherche à long terme informels, relativement ouverts, et des centres de développement fermés, secrets, fortement structurés et hiérarchisés, qu'IBM répond, visiblement avec succès jusqu'à maintenant, au défi paradoxal d'être à la fois petite et grosse.?Monsieur, Je suis en train de terminer mon baccalauréat en géographie et je suis intéressée à prendre un cours d'initiation à l'informatique pour la session de septembre à décembre.Pourriez-vous s'il vous plaît m'mdiquer les différentes écoles (publiques ou privées) où l'on offre de tels cours dans la région de Montréal, avec l'éventail de leurs cours et vos commentaires sur leur valeur.Vous remerciant à l'avance, .Marie-Claude GAUDET, Longueuil RÉPONSE: Voilà une question simple en apparence à laquelle il est devenu impossible de répondre de façon concrète à moins de se livrer à une longue recherche.En effet, il y a aujourd'hui plusieurs dizaines, si ce n'est des centaines d'institutions qui offrent des cours d'informatique et plus spécifiquement des cours d'initiation à l'informatique, à tous les niveaux et sous tous les formats possibles et imaginables.De plus, il n'y a pas une formule «Idéale» qui convienne à tous pour ce genre de cours, mais tout un éventail de choix qui pourront satisfaire une clientèle variée composée de gens dont la formation, les intérêts, les disponibilités et le caractère varient considérablement.Ce serait donc une injustice de ma part que de vous parler, à l'exclusion des autres, des quelques groupes ou entreprises que je connais dans ce secteur, et de vous faire part de préférences qui sont probablement dues autant à mes goûts personnels qu à la qualité de l'enseignement offert.Le mieux que je puisse faire est de tracer un tableau général de ce marché, en indiauant quelques critères généraux de choix, à partir desquels vous pourrez vous faire vous-même une idée.Pour vous faire une liste plus spécifique des institutions qui vous intéressent, vous pouvez ensufte parcourir quelques rubriques des pages jaunes (COURS PRIVÉS.ÉCOLES.COLLÈGES ET UNIVERSITÉS.ÉCOLES SPÉCIALISÉES.) ou vous adresser au ministère de l'Éducation qui.de toute façon, doit reconnaître et classer ces organismes.Le premier point à souligner, c'est qu'il existe une grande diversité de niveaux même dans I'«initiation à l'informatique».Dans certains cas, il s'agit simplement d'offrir au néophyte un premier contact avec le micro-ordinateur, l'utilisation des programmes commerciaux les plus répandus et l'ABC du langage BASIC.Dans d'autres cas.cela s'étend à une formation de base comprenant des notions de théorie de la science du traitement d'information et d'histoire de l'informatique.Il faut donc que vous décidiez à quel niveau vous souhaitez aborder le sujet, et que vos preniez des renseignements précis sur le type de formation qui se cache sous l'étiquette d'«initiation».LE COURRIER On adresse le courrier à Yves Leclerc La Presse - PLUS 44 ouest, rue Saint-Antoine Montréal, Oué.H2Y 1A2 Correspondant plus ou moins à cette différence de contenu, il y a aussi une grande différence dans l'importance des cours offerts: depuis une session unique de cinq ou six heures à un «séminaire intensif» d'un week-end à des cours du soir deux ou trois fois par semaine pendant trois mois.À vous de décider combien de temps vous voulez y consacrer, et sous quel format.Il faut aussi considérer le niveau de l'institution qui offre les cours, du secondaire à l'Université.Bon nombre d'écoles secondaires offrent maintenant des cours d'initiation dans leur programme d'éducation permanente, mais il s'agit dans la plupart des cas d'initiation au niveau le plus primaire, avec parfois malheureusement un côté très livresque.Plusieurs CEGEP offrent des cours un peu plus élaborés, certains axés vers l'utilisation, d'autres vers la programmation, d'autres enfin vers la technique des ordinateurs.C'est une question qu'il faut bien préciser avant de vous lancer: quel niveau et quel type de maîtrise de l'informatique avez-vous l'intention d'acquérir?À ma connaissance, une bonne part des écoles spécialisées privées qui offrent des formations en informatique se placent à ce niveau du collégial.Souvent, cependant, elles ont une spéciaiisation évidente (technique.Institut Tec-cart; secrétariat ou dessin de mode, College Lasalle, etc.).Enfin, il existe aussi des cours d initiation dans les universités, la plupart du temps dans les programmes d éducation permanente.Entre autres.!a Télé-Université (Université du Québec) offre toute une série de cours, divisés en trois programmes: initiation à l'informatique éducative, initiation à la technologie, et initiation à la programmation.Comme vous le voyez, les choix sont nombreux et variés, et il serait présomptueux de ma part d'étaler ici mes préférences, d'autant plus que je ne connais pas personnellement les cours offerts par la plupart des institutions.Ce qui serait sans doute souhaitable, c'est que soit le ministère de l'Éducation, soit un organisme de consommation (Protégez-vous, par exemple) publie une étude assez détaillée et critique de ce qui est disponible, avec mention des coûts et évaluation de la qualité des cours offerts.Lt support après-vtcitt est la cie de notre tuccès Nias annonçons aux Québécois h système de traitement if textes sir rnicri-ordioatear MEMO |li: * ne voui foret oat à changer votre doigte.Le MEMO possède un davier detachable configure comme ont machine à écrire standard \u2022IBM sélectrice.* vous permit d'obtenir des voyelles accentuées parfaites à l'écran et sur papier (vous topez d'abord l'accent, ensuite la voyelle, comme sur une machine à écrire).\u2022 vous évite de mémoriser des codes difficiles grâce à 18 touches de fonctions spéciales souvent utilisées.\u2022 vous donne routes les qualités d'un Apple par surcroît.MÉMORISSIME INC.Laval 692-1390 O z «H m-> en > 00 00 POUR ECOUTER Mari© Masson Vous connaissez tous Her-bie Hancock, depuis le succès colossal de sa pièce Rock It.Lui, le jazzman, est devenu une vedette pop.Un tel événement aurait été, il y a peu de temps encore, impensable.Mais enfin, un démenti formel vient d'être apporté à ce vieux théorème de base, fonde sur cette entente tacite entre les musiciens des deux styles et partagé par le public en général, prônant l'incompatibilité du iazz et du rock.Il y avait eu bien sûr quelques vedettes dans le domaine de la fusion.Mais ces quelques illuminés, croyant à leur capacité de créer un alliage vivace entre jazz et rock, ne produisaient plus souvent qu'autrement qu'un hybride monstrueux.Ne restait-il donc que la spécialisation à outrance?Chacun dans sa cour et les moutons seraient bien gardés?Ou encore, se pouvait-il que quelqu'un fasse fi de cette division, arbitraire quelque part?Hancock ouvrait, avec son Rock It, une large brèche dans ce mur jusqu'alors infranchissable, de telle sorte que maintenant, une star dans le jazz peut utiliser, sans que l'on ne crie au scandale, un autre langage musical, un autre idiome que le sien, en l'occurrence le rock, pour tenter de nouvelles aventures, expérimenter des croisements originaux ou vérifier la résistance d'une greffe inédite, pour amener la musique en des lieux neufs et insolites.Tel était le pari à gagner.Rapprochement Il est vrai cependant que le jazz et le rock s'étaient considérablement rapprochés depuis une dizaine d'années.Le jazz contemporain accorde encore beaucoup d'importance à la qualité des mélodies et à la richesse des harmonies, mais surtout il a grandement redéfini te travail de la section rythmique constituée par la basse, la batterie et les percussions.C'est elle qui est responsable du rythme dans toute son ampleur et sa cohésion, et dont la tâche, essentielle, est d'assurer un beat précis et puissant.La section rythmique s'est mise à la mode du jour, en récupérant finement, et en les adaptant, la fougue percussive et percutante du funk, l'opulence des tempi africains et latino-américains, et l'originalité de certains phrasés pop, de même que certai-uj nés façons de jouer d'un instruit ment propre à la musique populai-=?re.Il n'y a qu'à penser à l'emploi co de la méthode «slam», typique du nouveau funk, quant au jeu de la basse, et que de nombreux bassistes de jazz utilisent tant et plus, comme l'époustoufiant Jaco Pas-tonus ou le dément Tacuma.Le beat populaire noir a définitivement droit de cité dans le jazz ac-tuel.Quant au rock, il a lui aussi ^ muté.Les dinosaures à la Stones uo sont encore en selle, et pour long-3 temps; il faut quand même respec-ter ses classiques.Non?Par contre, il émerge dans l'effervescence ^ de la new wave, cette nouvelle 00 o C4 La jouissance Material mouture du rock, des musiciens et des groupes qui aspirent à une musique innovatrice, brassée et raffinée de fort originale manière à partir d'ingrédients divers, comme les rythmes ethniques, pesants et provocants, les constructions harmoniques sophistiquées dont les lignes de base proviennent tout droit du jazz, les mélodies troublantes, énigmatiques issues des modes, comme l'est notamment la musique japonaise, et enfin les sonorités nouvelles, très modernes, imaginées par les cerveaux torturés des virtuoses de l'électronique qui, une fois la puce à l'oreille, ne vivent plus que pour mettre au point le son de l'avenir.On n'a qu'à penser aux efforts de Joe Jackson, de Cabaret Voltaire, de Durutti Column, ou de Klaus Nomi pour se rendre compte que maintenant les extrémités des planètes jazz et rock se frôlent.Les stimuli nés de cette friction encouragent les échanges toniques et fortifiants entre les deux mondes.Certains groupes élaborent déjà dans leurs studios la musique de demain.Et l'un des instigateurs du mouvement s'appelle MATERIAL.Sous ce nom se cachent, ou plutôt oeuvrent un certain nombre de musiciens décidés à prendre en main leur avenir, écœurés qu'ils étaient de voir tous leurs projets refusés en bloc par les grandes compagnies de disques.Ils montent donc leurs propres studios, leurs propres salles de répétition, et parallèlement à leurs activités musicales, chacun s'initie à un aspect particulier de la production.Ils fonctionnent comme une coo- ¦, ¦ ONE THE JUGGLER « Nearly A Sin» S AFU1959 par Gérard Lambert ¦ * ?Il dégorge un jus bouillant de ce groupe qui est à découvrir immédiatement.Du bon rock anglais ou le mélange de guitares acoustiques et électriques motive le disque.Une belle démonstration d'un talent riche, plein de variantes et loin des clichés.Une musique brute et énergique, des chansons robustes, totalement captivantes.Des musiciens qui jouent avec àme et démontrent parfaitement les capacités d'arrangeurs et de compositeurs qu'ils sont.Et le résultat n'est pas du gaspillage.Leur flamme devrait brûler encore.pérative de création et do gestion.Enfin, un lieu propice aux expérimentations sonores, un lieu où les échanges se font réellement.Le premier album de Material, paru en 1982, est une petite merveille de rythmes soutenus, funky à souhait, avec à la basse Bill Laswell (dent Material a produit le premier album solo sous le titre élégant de Baselines) qui maintient une cadence vigoureuse, sans temps mort, véritable barrage musical construit avec originalité sous la mélodie.Il faut compter aussi avec le guitariste Sonny Sharrock qui glisse avec un aplomb redoutable ses trilles free entre le va-et-vient ronronnant de la section rythmique.Michael Beinhorn est le maniaque aux synthétiseurs du groupe; il utilise volontiers les magnétos, la radio, les voix trafiquées pour tisser tout au long de ce disque une étoffe sonore de première qualité.Les souffleurs Henri Threadgill et Olu Dara lardent l'ensemble de riffs savoureux teintés des accents hormolodiques chers à Omette Coleman.Et on ne peut passer sous silence l'apport de Fred Frith, l'un des chercheurs les plus extravagants, brillants aussi, de ce regroupement de musiciens très spéciaux.Il avait auparavant joué avec le Henri Cow et le Aqsaq Maboul.Frith finalise, lui aussi, un album produit par Material.Et par ailleurs Georges Lewis, tromboniste et compositeur avant-gardiste commence à enregistrer bientôt, toujours sous l'égide de Material.En fait, tout ce qui se produit en musique nouvelle, et plus particulièrement en ce qui concerne la fusion jazz-rock, origine de Brooklyn, New York.The COUP « Coup de grâce » A & M SP 4978 * * * * Faites attention, ils n'ont rien à prouver, rien à expliquer et rien d'original.Du rock assez banal ma foi.Une sorte de musique préfabriquée, poudrée et maquillée pour attirer le client.C'est forcé et ça ne prend pas.Un groupe qui se tête, traversant une grave crise de création et se retrouve dans une impasse.S'il vous plaît, allez voir ailleurs.Chronique terminée.SIOUXSIE And The BANSHEES « Hyaena» Polydor POLR 2002 Ce groupe prouve encore une fois l'intelligence qui le caractérise.Une musique qui nous permet d'être optimiste quant à l'avenir du rock.Il possède une belle énergie, ce qui donne un résultat réellement impressionnant.C'est plus un genre, une mode ou un costume musical.Sûrement un rock bigarré, bariolé où tout arrive.Des sonorités diablement modernes, beaucoup de conviction en plus de leur savoir-faire.C'est plein de bons moments, calmes, surprenants, fantastiques, sereins, jouissifs, intensifs, inventifs.Bon, je m'arrête.Vous allez croire que j'aime ça.Qui a murmuré optimiste?.Suprême consécration, l'album Fufure Shock de Herbie Hancock a été réalisé par Material aux suti-dos OAO.On peut lire àl'endos de la pochette les noms des musiciens qui ont secondé Hancock: Bill Laswell, et Michael Beinhorn.Et Material travaille activement aux productions prochaines de Hermeto Pascoal, Airto Moreira, Blood Ulmer, Lester Bowie, Christian Vander, Nona Hendryx, David Byrne.Ah! quand le jazz et le rock veulent bien se parler.Il ne reste plus qu'à espérer que Material soit en mesure de poursuivre longtemps ses activités et qu'il sache résister à la boulimie et à la goinfrerie des requins de l'industrie du disque.Il y parviendra, parce que, parfois, l'originalité, ça ne s'achète pas, et ça se vend encore moins.y P.S.: Le deuxième album de Material n'est pas fantastique.Il est môme très loin de la qualité du premier.Mais que cela n'empêche personne de suivre Material; il a encore beaucoup à donner.PRINCE and the Revolution «Purple Rain» WB 92 51101 Ce mec me frappe, m'entraîne vers toujours plus de surprise, toujours plus de plaisir.Prince fait de l'action musicale, il est absolument plein de vie, d'invention: un disque foudroyant de pur rock and roll.Je prends mon souffle et je vous raconte: des sons fougueux et débordants des guitares qui crient et qui planent, une basse féroce.Une voix s'aventurant dans d'étranges sensualités que l'on reçoit en plein ventre.Il faut écouter ce disque avec ses arrangements de violons, ses solos pleins d'effets, avec sa personnalité provocante, vulgaire, homo sado qui chante le sordide et l'ignoble.Prince n'est pas comme les autres; il vous donne le frisson, l'exaltation d'enthousiasme.Mes neurones ont pris un choc, et mes oreilles sont restées complètement illuminées. POUR LIRE Jean Basile Phili iMu - < * ^siècle lestes Denoël |out le monde sait que le clergé est obscurantiste, que l'Église est moribonde et que le Pape est un déchet.Il faut mettre de l'ordre là-dedans, balayer, nettoyer, épurer.Et en avant vers le progrès, vers le Progrès.Ce n'est pas moi qui parle.Ce sont les écrivains du dix-neuvième siècle et non des moindres: Hugo, Michelet, Zola, Sand, sans oublier les philosophes, de Comte à Renan.Un énorme désir d'épousseter.Et nous voilà enfin laïques.Et nous voilà enfin socialistes.Tous ensemble.Vive la Science!.Philippe Muray, à la lecture, à la relecture plutôt de ces grands hommes en a eu le souffle coupé.Quoi! Derrière l'art d'être grand-père se cacherait un tel radicalisme?Et ce qu'il tente de prouver dans son ouvrage monumental, Le 19e siècle à travers les âges, c'est exactement cela.Ou.plus précisément, que l'anticuré.l'anti-Jésuite surtout (les «hommes en noir») était, de fait, sous la couverture socialiste, le fondement d'une religion nouvelle.L'Homme ne peut pas se passer de religion.C'est connu.La religion de l'Être suprême, comme l'on disait lors de la révolution de 1789, l'être suprême que célébra ce gros épais de David.En fait de socialisme, on peut repasser.Si l'on regarde d'un peu plus près, on devine sous les utopies de Fourier et de Saint-Simon (ces protosocialistes) des spectres qui sortent des tombeaux, assurant ainsi sur le passé, la permanence de la Race, des enfants à boucles blondes, innocents, des anges, la permanence de demain.Et.coiffant le tout, dans le présent, la grande robe blanche d'un prêtre défroqué, Éliphas Levy, l'inventeur du Rituel de haute magie (c'est le mot «haute» qui est important).En fait, ce que nous dit Philippe Muray sur plus de 600 pages, c'est que le socialisme et l'occultisme ont marché main dans la main tout au long de ce siècle.Qu'ils continuent sans doute de marcher main dans la main aujourd'hui (Sartre y compris).En bref, nous sommes toujours au dix-neuvième siècle.Nous pataugeons dedans.Nous croyons au Progrès.Nous sommes, peu ou prou, et sous différentes défroques, communautaires, libertaires et fémini-taires.Féminitaire?Oui.Le dix-neuvième siècle a inventé le féminisme avec, notamment mais pas seulement, George Sand, «la vache à écrire» comme l'appelait généreusement Nietzsche.Naturellement, Philippe Muray ne croit pas au Progrès.Il croit, avec l'Église, à un monde qui commence avec la faute originelle et qui finira avec la Résurrection des morts (en attendant, qu'ils dorment en paix et ne nous ennuient pas par l'entremise des tables tournantes).Il croit au Pape et surtout à l'Église catholique qui, au-delà de ses erreurs, conserve le Message ultime qui n'est pas, comme on le croit aisément aujourd'hui (et au dix-neuvième siècle) le seul message du Christ, mais bien aussi et indissociable-ment.le message du Saint-Esprit et surtout le message de Dieu-le-Père.Il est.fatalement, antiféministe et, obliquement, antihomosexuel.Que les Intégristes ne se réjouissent pas trop vite.Qu'est-ce que le catholicisme?Voilà la question, à laquelle Muray ne répond d'ailleurs pas directement.Mais, parmi les personnages qu'il cite (qu'il rescapé, devrait-on dire), il en est un qui fait figure d'archétype.C'est Charles Baudelaire.C'est lui.dans ce aix-neuvièrne siècle accablé de Nature, positiviste, occultiste, le catholique-modèle.C'est lui le Nom-du-Père.C'est lui qui, seul, absolument seul (avec, un peu, Flaubert) s'est dressé contre la bêtise sociaiiste-occultiste de ses contemporains.Pour lui, la messe vaut mieux que la masse et l'eucharistie, sacrement individuel, les célébrations populaires autour du Panthéon.Maintenant que nous avons le modèle, il est possible de le décrire, même si Philippe Muray, par un souci de pudeur compréhensible, ne le fait pas lui-même.Cela don-no un portrait «catholique» bien peu catholique dans le sens où on aimerait bien l'entendre dans les sacristies.Bon! Admettons! Baudelaire est, avec Villon (un autre catholique pas catholique), le plus grand poète de langue française.Mais il était aussi voyeur de Lesbos, drogué, tapeur, syphilitique, sans doute impuissant, sinon homosexuel pratiauant, du moins homosexuel avoué («J'ai dit que j'étais pédéraste, et on m'a cru», in Pauvre Belgique) Mais la granae différence dans tout cela, qui de prime abord ne semble pas bien reluisant, c est que Baudelaire est toujours resté dans sa Foi et n'a jamais cru aux sornettes socialistes, encore moins occultistes.Insulter le Père, d'accord.Être un fils désobéissant, parfait.Mais ne pas nier l'existence de ce Dieu unique, révélé en trois personnes.Affronter cette réalité quotidiennement.Voilà ce qui est important.Le catholicisme, bien sûr.c'est le Bien individuel.C'est aussi, et également, la Mal individuel, la présence du mal qui est en nous des l'instant de notre naissance.Le Mal et le Bien du genre humain.Baudelaire a tout fait, y compris de haïr son père.Mais il n'a pas assassiné le Nom-du-Père.Et ne pas vouloir, ne pas VOULOIR, assassiner le Nom-du-Père, c'est aussi accepter de vivre dans l'effroi, la Terreur propre à la tragédie grecque.Ne pas assassiner le Nom-du-Père, c'est ne pas être aveugle.C'est regarder la vie, et non la mort, non les spectres de l'occultisme, en face.Cet ouvrage est extrêmement vivant, magnifiquement écrit, plein d'érudition (sauf les erreurs et les glissements de sens inévitables).On le lit avec passion.Mais c'est aussi un livre polémique et qui ne se cache pas de i'être.Comment faire autrement quand on défend avec acharnement le dogme de l'Immaculée Conception, l'infaillibilité papale et le Sacré-Coeur («cette viscère dégoûtante» disait Zola qui s'y connaissait en fait de viscères et de ventre de Paris).Il déplaira, outragera même les «fé-minitaires» issues de la «vache à écrire» et les homosexuels (qui vont main dans la main comme on le sait), sans compter les catholiques de gauche, ceux qui se battent, avec le Christ, peut-être avec le Saint-Esprit, hélas sans le Père, pour un semblant de Progrès.Mais sous ces agacements compréhensibles, et sans doute fructueux et nécessaires, Philippe Muray nous invite, preuves en main, à revisiter ce que nous avons en nous de caduc et de très moderne.Car sa thèse cachée, fondée sur le désir, est contenue dans cette petite phrase qui agace fatalement toutes les dents, c'est dans l'Église catholique qu'est le jouir.?PARLER D'ICI Philippe Barbaud Avec une brique et un fanal Que le lecteur se rassure, je ne mo sens pas d'humeur belliqueuse même si l'expression familière \u2014 Dien de chez nous \u2014 qui me sert de titre laisse entendre le contraire.Le fait est qu'elle a le mérite de camper son locuteur: ATTENDRE QUELQU'UN, ALLER LE VOIR ou L'ABORDER AVEC UNE BRIQUE ET UN FANAL, voilà qui en dit long sur les intentions presque agressives qu'il manifeste verbalement.En définitive, une telle expression signifie, je crois bien, que l'on est courroucé ou encore monté contre quelqu'un d'autre bref, que l'on est «en maudit» au point qu'on n'écarte pas l'hypothèse du recours à la violence physique.Il s'agit donc d'une image colorée pour exprimer la vindicte ou l'hostilité qu'une personne peut ressentir vis-à-vis d'une autre.Si par exemple votre garnement de fiston vous casse ou vous perd un outil quelconque, il FERA LE MORT ou SE TIENDRA A CARREAU comme on dit car il sait que vous l'attendez «avec une brique et un fanal».Manière de dire que vous allez l'enguirlander vertement, le sermonner, bref «l'engueuler», voire, lui donner la volée si vous êtes du genre à jouer les gros bras.Je n'ai malheureusement pas d'explication à fournir en ce qui concerne l'origine ou l'histoire d'une telle expression.Non seulement ne semble-t-elie être attestée dans aucun des usuels du parler du Canada mais encore n'ai-je pas eu l'occasion de la rencontrer au cours de mes lectures québécoises.Il n'y a rien d'étonnant à cela puisqu'il s'agit d'une expression tirée exclusivement de notre parler.J'imagine pourtant qu'on puisse à l'occasion la rencontrer dans la langue écrite de la littérature romanesque du genre roman du terroir ou pièces de théâtre contemporain.J'avoue qu'une telle trouvaille me remplirait d'aise.Qu'importe après tout notre I-gnorance de ridiornatologie de cette savoureuse expression.Les idiomes \u2014 c'est ainsi qu'on désigne tes locutions consacrées par l'usage \u2014 restent souvent d'origine obscure et incertaine et leur étude se heurte à d'innombrables difficultés de prononciation, d'éty-mologie ou de sémantique.C'est d'ailleurs à ce petit caractère énig-matique qui leur est particulier que l'on pourrait attribuer l'affection certaine dont les expressions de cette nature sont l'objet de la part des masses parlantes.Elles font partie du code des pratiques linguistiques d'une communauté quelconque.Elles tiennent lieu de mots de passe entre locuteurs de même milieu social.Elles contri- buent donc à concrétiser le sentiment d'appartenance et d'identification de chaque locuteur à son u-nivers communautaire.Je me souviens que lorsque j'étais sur les bancs de l'école et plus tard du collège, les professeurs de français nous faisaient !a guerre à cause de la manie que nous avions de recourir aux expressions toutes faites.Ils dénonçaient le style journalistique que nous imitions plus ou moins consciemment.Les expressions consacrées et les locutions figées font oanal, disaient-ils.Créez vos propres images, nous exhortaient-ils.Soyez personnels, nous recommandaient-ils.C'était en définitive assez maladroit car l'esthétique est une chose et la culture, une autre.En réalité, une connaissance et une pratique toujours plus élaborées des locutions qui font image non seulement contribuent à la maîtrise de notre langue mais encore permettent d'accéder à la dimension culturelle de celle-ci.J'irais jusqu'à dire que ce sont les clichés de la langue française qui la rendent colorée.C'est justement dans son répertoire de clichés que la langue française est inaliénable.Et toutes les langues de civilisation peuvent prétendre à la même qualité.D'ailleurs n'est-ce pas à la maîtrise des clichés et des idiomes de l'autre langue que l'on reconnaît le bilingue accompli?Me voici donc séduit par cette matière au point que j'y consacrerai une ou deux autres chroniques.Mais il faut savoir se restreindre car le domaine semble inépuisable.C'est pourquoi il m'est venu à l'idée de l'investiguer en ne retenant en fin de compte que les expressions construites autour d'un chiffre quelconque comme FAIRE LES QUATRE CENTS COUPS, par exemple.Il y en a plein d'autres, surtout pour les chiffres de 1 à 10.Il y a des nombres qui sont plus privilégiés que d'autres.Certains sont carrément absents de la langue et n'ont engendré aucune expression idiomatique.Ou encore, la même expression se dit avec tel chiffre en France et avec un autre au Canada.Comme pour le classique 36/31, vous connaissez?En France, quand on est habillé chic, on eat SUR SON TRENTE-ET-UN tandis qu'au Québec, on est SUR SON TRENTE-SIX.J'en toucherai sûrement un mot plus tard.Bref, c'est un petit jeu de lotto linguistique tout en devinette et en comparaison auquel j'invite le lecteur à participer de son côté au cours de cette semaine.Il pourra comparer ses résultats aux miens.Mais quels qu'ils soient, le risque est nul: je ne les attends pas avec une brique et un fanal.to O z -H 3D > > 00 5 00 t/l Simone Piuze 1 I EN MARGE Georges Schwartz LE PARC DE LA GASPÉSIE Jeux d'hier Une mer de montagnes et d'aujourd'hui « ne mer de montagnes».C'est ainsi que les écologistes et amants de la nature décrivent désormais la chaîne des Chic-Chocs située en plein coeur de la péninsule gaspésien-ne, véritable épine dorsale d'un parc extraordinaire, hélas méconnu de la plupart des Québécois et que le ministère du Loisir, de la Chasse et de la Pèche vient de doter d'un centre d'interprétation de la nature \u2014 secteur du mont Albert\u2014, au coût de un demi-million de dollars.«Si on connaît par coeur le tour de la Gasnésie et le rocher Percé légendaire, enfant chéri de cette région touristique, le nouveau parc de conservation de la Gaspésie représente de son côté un point d'interrogation auquel il importe de répondre au plus vite!» dit M.Claude Despatie.porte-parole du ministère du Loisir, de la Chasse et de la Pèche Et de m'inviter tout de go à aller voir de mes yeux, dès la semaine prochaine, ce réservoir ?aunique qui demeure le seul endroit au Québec où l'on retrouve sur le même territoire, selon les strates de végétation et de climat, nos trois principaux ongulés, c'est-à-dire le caribou, l'orignal et le cerf de Virginie communément appelé chevreuil.J'irai donc, pour la première fois, contempler ces animaux dans leur habitat naturel.Apercevoir des cerfs de Virginie dans la coulée du Diable (sur le mont Albert) ou le long de la rivière Sainte-Anne, au pied des Chic-Chocs, quel spectacle! Ou encore observer ce caribou, appelé aussi renne du Canada, considéré comme un vestige en Gaspésie.quelle émotion, d'autant plus que le nombre diminue progresivement \u2014 en 1978 on estimait la population to-2 taie à 250 bétes.«Le caribou a £ besoin d'une végétation particu-[I lière qu on trouve difficilement ail-leurs que dans cette region, dit M.^ Despatie; voilà sans doute pour-~i quoi la plupart des essais de réim-£3 plantation du caribou dans \u2014 d'autres régions sont demeurés in-uj fructueux».Et d'ajouter: «Si vous ^ êtes patient, vous pourrez sùre-oo ment observer tout à votre guise _rdes caribous imposants dans les ^ îlots de toundra s élevant de la fo-£: rêt rabougrie des McGerrigle.» o Pêche au saumon i/$ Saviez-vous que le saumon de 3 l'Atlantique est un vieil habitué de °- la rivière Sainte-Anne qui écoule vers le nord les eaux de la partie j£ est du parc de la Gaspésie?Mais attention, si l'envie vous prend d'aller le pêcher cet été, sachez que le nombre des pécheurs est contingenté.Pour obtenir une réservation, téléphonez au moins 48 heures à l'avance.Sachez aussi que le maximum est fixé à deux droits d'accès par appel et que la réservation n'est pas transférable.Voici les numéros de téléphone qui vous permettront de faire vos réservations: région de Montréal: 790-0331 ; région de Québec 890-5310; ailleurs au Québec: 1-800-462-5310.Outre le saumon, l'espèce la plus répandue dans le parc de la Gaspésie demeure la truite mouchetée.Cette dernière, non contaminée \u2014 eh oui, il existe encore des rivières qui ne crient pas au secours! \u2014 a élu domicile dans tous les lacs de la région inventoriée.La truite rouge, pour sa part, est présente dans les lacs Casca-pédia, Lévesque, Noir, Paul et Thibault, tandis que la truite grise se retrouve dans le lac Thibault.Le climat Il est étonnant d'apprendre que nous avons au Québec des neiges.presque éternelles.En effet il est possible de faire l'expérience du monde subarctique à moins de 50 km de la route de ceinture de la Gaspésie.Le mont Logan reçoit annuellement 743,4 cm de neige, soit 228.6 cm de plus que le plateau laurentien.et la neige !e recouvre pendant neuf mois, c'est-à-dire d'octobre à juin.Ce phénomène s'amplifie à l'intérieur du parc de la Gaspésie, en particulier aux monts Jacques-Cartier et Albert, compte tenu de leur altitude élevée.Cela dit, on peut se baigner quand même dans le parc de la Gaspésie, particulièrement dans le Cascapédia, le plus grand lac de la région, qui mesure environ 145 hectares.Par ailleurs on prendra plaisir à se faire fouetter le sang des mollets en marchant dans les eaux très froides qui coulent sur le lit rocailleux des rivières, la Sainte-Anne, par exemple, qui se trouve à l'est du Gîte du mont Albert ei dont le débit est très rapide, à l'instar de toutes les rivières encaissées du parc.Lorsque vous aurez décidé d'aller visiter cette région montagneuse de la Gaspésie, n'oubliez pas d'apporter de chauds lainages et de bonnes bottines de marche.Chauds lainages puisque ce parc est situé dans une zone de climat tempéré, continental et humide, à été frais! et des chaussures confortables puisque vous ne pourrez résister à l'envie de pratiquer la randonnée pédestre dans ce qui constitue, de l'avis des connaisseurs, l'une des plus belles régions montagneuses du Québec.Déjà, en 1937, M.Ernest Ménard, alors surintendant des parcs de la province, dans un mémoire qu'il adressait, peu après l'adoption d'une loi visant à faire de ce site un parc de conservation, ne tarissait pas d'éloges: «Cette portion des Chic-Chocs, écrivait-il, offre des beautés scéniques remarquables et.dans tous les cas, probablement supérieures à tout ce que nous pouvons voir au Canada, à lest des Rocheuses.» Afin de faciliter l'accès de cette nature sauvage, le ministère du Loisir, de la Chasse et de la Pêche a veillé à l'établissement d'un réseau de sentiers destinés aux visiteurs qui veulent pratiquer la randonnée pédestre sans craindre de se perdre ou de s'égratigner aux branches.Des refuges construits aux abords des monts Jacques-Cartier et Albert permettent d'effectuer de longues randonnées de plus d'une journée.De leur côté, les mordus d'escalade peuvent grimper hardiment dans le secteur du lac du Diable, au mont Albert et dans la région du mont Jacques-Cartier.Des excursions commentées ont lieu par ailleurs le long de la route qui ceinture les monts McGerrigle.Hébergement En ce qui a trait à l'hébergement, des terrains sont maintenant aménagés permettant diverses formes de camping.Ainsi le camping d'intégration est accessible à ceux qui s'adonnent à la grande randonnée, des terrains aménagés à cet effet se trouvant le long des sentiers qui bordent certains lacs et rivières.Le lac Cascapédia, pour sa part, est doté de campings de destination.Par ailleurs, des chalets situés dans ie secteur du Gîte du mont Albert accueillent les visiteurs qui aiment dormir dans un lit et sous un toit.Le parc de la Gaspésie se trouve à 506 kilomètres à l'est de Québec, par les routes 132 et 299, et à 19 kilomètres au sud de Sainte-Anne-des-Monts.?La chronique Plein air de la semaine dernière était signée Simone Piuze et non Maurizia Binda.Nos excuses aux lecteurs et aux auteurs.ien que victime d'exploitations abusives répétées, l'olympisme se perpétue dans les mémoires.Trop de drames, trop de passions, trop d'exploits passés, inscrits dans cette chanson de geste sportive, font que chaque cérémonie d'ouverture redevient un extraordinaire moment d'anticipation.Et, malgré ie boycott socialiste, celle de la XXIIIe Olympiade ne fera pas exception à la règle.Certains débiles sportifs chérissent encore par-dessus tout ce but de Pau! Henderson, qui assurait in extremis la victoire du Canada sur l'URSS dans Id «Série du siècle» de 1972.Un but victorieux à la Pyrrhus, masquant les faiblesses de notre système professionnel ainsi que l'annonce des défaites à venir, et retardant indûment le temps des réformes.Un but symbolisé par ce vulgaire et triomphant bras d'honneur au centre de la patinoire, qu'AMan Eagleson croyait servir aux Moscovites, alors qu'il se l'infligeait à lui-même et au hockey canadien.Mes premiers Jeux, ceux de 1960 à Rome, ont été les plus beaux.Cadre antique à souhait, car peut-on imaginer mieux qu'une arrivée de marathon, le soir aux flambeaux, sous l'arc de triomphe de l'empereur Constantin?Et la ville éternelle, extraite un instant de son histoire glorieuse pour accueillir en vainqueur un va-nu-pieds obscur d'Ethiopie, nommé Bikila Abebe?D'ailleurs, pour satisfaire à l'idéal grec, l'athlétisme y fut dominant.Pas seulement par la qualité des exploits, mais aussi par le suspense qui les a entourés.Parmi les coups de poker inoubliables, celui du sprinter allemand Armin Hary en finale du 100 m.Réputé pour ses départs instantanés, il vient de précéder le starter.Un autre faux-départ et c'est la disqualification.On reprend, Hary part encore avant les autres, il gagne.Aussi, celui du lanceur ae poids américain, Parry O'Brien.Menant après cinq essais, il laisse dédaigneusement tomber le sixième.et perd.Piqué au vif, son compatriote Bill Nieder se surpasse à son dernier essai et s'approprie la médaille d'or.Quant au drame, combien de spectateurs l'ont ressenti en compagnie du Belge Roger Moens?Recordman du monde du 800 m depuis 1955, il est écarté des Jeux de 1956 par un bête accident de jardinage.Nettement en téte au milieu de la dernière ligne droite, en finale a Rome, les réactions de la foule lui font comprendre qu'on l'attaque.Il tourne la tête vers la droite et, la fatigue aidant, il commence à obliquer.Plus les cris redoublent, plus Moens cherche à sa droite, plus il s'éloigne de la bordure de la piste.À l'arrivée, seulement, prend-il conscience d'un maillot noir, sur sa gauche, qui le précède juste au fil.Celui du Néo-Zélandais Peter Snell.Un rêve brisé pour avoir tourné la tête du mauvais côté! Résumer Rome ainsi, c'est indécent.Par manque d'espace il faut également omettre Tokyo, Mexico, Munich, pour revenir en 1976 à Montréal.Ces Jeux ont été les plus intéressants, parce que vécus de l'intérieur.Quelques noms suffisent à faire vibrer la corde sensible: la petite fée Comaneci en gymnastique; Alberto Juantorena, Bruce Jenner et Tatiana Kazanki-na en athlétisme; Kornelia Ender et John Naber en natation; Klaus Dibiasi en plongeon; Vasily Alexeiev en haltérophile.Leurs exploits se sont quelque peu estompés à l'ombre du toit rétractable, pour ceux qui ont les yeux fixés sur le maire Drapeau, l'architecte Taillibert et son stade.Au contraire, pour moi, ils demeurent à jamais gravés, comme autant de preuves du succès oublié de ces Jeux: leur organisation sportive impeccable.En dépit d'un parfum de scandale, c'est bien le souvenir que Montréal a laissé aux connaisseurs.Si les Jeux modestes annoncés ne se sont pas matérialisés, ils allaient par contre être remplacés par les Jeux de la modestie.À l'image compétente, efficace et discrète de son directeur général Walter Sieber \u2014 qui avait pris le relais du regretté Pierre Charbon-neau \u2014 la division des Sports du COJO réussissait ce pari.Tout bien préparer, sans bruit, pour permettre aux athlètes d atteindre le sommet de leur art.Avec des installations prêtes à la dernière minute, il fallait le faire! Aujourd'hui tous les yeux sont braqués sur Los Angeles.Peu familier avec l'amateurisme, le public sportif américain s'est fait endoctriner depuis plus de deux ans.Tous les médias d'information, et en particulier la télévision, se sont efforcés de lui restituer une mémoire olympique qu ils avaient négligé de développer, au profit des vedettes professionnelles.Et ironiquement, c'est pendant qu'il languit, en proie aux assauts de la politique, du gigantisme, de la drogue et du professionnalisme, que le mouvement olympique réussira probablement sa conauete des États-Unis.? % .' - PHOTOGRAPHIER Antoine Desilets Pleins feux.on, les Ice Follies n'ont pas décidé de donner un spectacle estival et.non, ce n'est pas Nadia Ko-maneci qui a changé de discipline olympique pour participer incognito aux jeux de 84.Il s'agit simplement et dans toute sa grâce de ma petite voisine du troisième bungalow d'à côté, un jour d'été où elle m'avait gentiment demandé si je pouvais garer mon auto dans la rue.pour qu'elle puisse utiliser l'entrée de mon garage comme patinoire à roulette! Comment résister (les femmes me perdront!) à une telle supplique, formulée du ton et avec le regard que vous devinez?Or Jeanine (mon épouse), voyant pour une fois l'entrée libre de tout véhicule, en profita pour lui faire un brin de toilette au boyau d'arrosage.Et moi, en la regardant faire, je n'ai pu m'empècher de penser tout bas: « Qu'elle fait donc bien les choses, cette femme-là! » C'est sur une entrée bien nette et toute ruisselante d'eau que la petite Marie-Sol a ainsi commencé son exhibition.Pirouettes, entrechats, grands écarts (et quelques foufounnes par terre pour faire diversion) se succédaient à belle cadence, s'enchaînant avec une aisance digne des grandes stars du léotard et du jeté battu.Cela, on l'a déjà compris, méritait une photo! La douzaine de clichés qui restait du film 400 ASA que j'avais laissé dans mon appareil y a passé! Le soleil était derrière le sujet, qui projetait ainsi vers moi une ombre « scéno-photogéni-que» ne demandant qu'à se faire exploiter! Absorbée par son exercice.Marie-Sol ne^s'est aperçue de mon manège quà.la fin du rouleau.Je lui ai bien sûr donné une copie des images.mais j'ai nàte de voir la tête qu elle fera quand elle se verra ainsi imprimée dans PLUS! Sont beaux, nos enfants, hein! Les regardez-vous de temps en temps9 Et pensez-vous à les prendre en phcîo?Non.car vous vous dites que demain, il sera encore temps.Manana! Hé ben non.pas pour ça! Ces moments passent très vite et ne reviennent quasiment ïamais.Vous dites comme tous les autres, que votre appareil ;s n'est cas prêt, que vous n'avez c pas de film et puis que, après tout.-Desilets le fera bien à votre place.£ Et pour le faire, je le fais, depuis ^ 30 ans déjà! Mais préparez-vous: -s un jour, pas demain, rassurez- m vous, mais un jour, je déciderait vraiment de me croiser les bras et, ^ comme vous, de me contenter de > jouir du spectacle.Là, vous serez £ bien attrapés et ce sera tant pis! 2 Je vous aurai prévenus! Pour ceux kj que ça intéresse, rappelez-vous * que les suiets à contre-jour, pour c conserver un peu de détails, doi- £ vent être exposes a au moins ™ 2 crans de plus que ne l'indique le J posemètre.S'en remettre au «tou- co toto » donne une chouette sii-houette, mon hibou! Et bonnes \u2014 photos! ?N -\u2022v.Si Claire Dutrisac LE COURRIER i On adresse le courrier à Claire Dutrisac La Presse \u2014 PLUS 44 ouest, rue Sainte-Antoine Montréal, Que.H2Y 1A2 Des infirmières protestent au nom des personnes âgées Un vent de révolte souffle chez les infirmières de l'hôpital Maisonneuve-Rosemont.Plusieurs lettres, portant de nombreuses signatures, ont été publiées dans divers journaux.L'une d'elles, signée par vingt infirmières, a retenu particulièrement mon attention puisqu'elle provient de l'unité de soins prolongés de cet établissement.Je tiens à préciser d'abord qu'il ne s'agit pas d'une revendication syndicale mais d'une initiative d'infirmières qui en ont par-dessus la tête de ne pouvoir donner des soins de qualité à leurs malades.Elles n'ont même pas fait allusion à la coupure de salaire qu'elles ont dû encaisser lors de la promulgation des décrets gouvernementaux, en 1981 C'était pourtant dur à avaler.Elles se piaignent surtout des coupures de budget dont la conséquence directe est la diminution du personnel soignant.Quand on est rendu à ne plus remplacer les infirmières en congé, en vacances ou malades, même pour de longues semaines, inutile de souligner que le fardeau de la tâche devient exorbitant pour celles qui restent.Dans cette lettre, on détaille les services requis dans cette unité et l'impact des nouvelles directives sur les malades.Il y est écrit que dans une unité de soins prolongés, le travail consiste à assurer des soins de base adéquats, soit: propreté, confort, alimentation.en plus, naturellement, des actes infirmiers qu'implique l'exercice de cette profession.Du concret Dans cette lettre, pas un mot sur le surcroît de travail qu'on impose au personnel.Il ne s'agit que des malades.C'est éminemment sympathique.Voici ce que décrivent ces infirmières: «Il est dérisoire d'imaginer que l'on puisse garder nos patients propres et éviter les plaies de lit.^ Comme nous manquons de per-gj sonnel, nous n'avons plus le temps \u2014 nécessaire pour laver les benefits ciaires et changer leur lit aussi ré-Ij gulièrement qu auparavant.Et ^ comme les sondes urinaires ne oo sont plus à la mode.^} «Que dire de nos malades qui û sont trop lourds et qui doivent pas-^ ser la journée au lit parce qu'on < n'a plus de préposé masculin pour \u201e les mouvoir?< «Et les patients complètement ^ dépendants de nous pour leur ali-£ mentation?A quelle vitesse O croyez-vous que nos personnes ^ âgées s'alimentent, lorsqu'une in- firmière ou un préposé fait manger 3 deux ou trois bénéficiaires en °- même temps et ce, en une demi- heure?Nous vous laissons devi-2 ner!» Et elles concluent: «Nous réalisons que le Troisième Age, que la société appelle l'Âge d'Or, n'a plus rien de «doré» dans notre unité de soins prolongés à Maison-neuve-Rosemont et nous espérons que ce message sensibilisera la population sur ce que nos bénéficiaires vivent présentement.» Les directives de qui?D'où vient cette directive de ne plus remplacer les absents et les absentes?À l'origine, on trouve le gouvernement qui répond, par la bouche du Dr Camille Laurin, ministre des Affaires sociales (MAS): «L'humanisation des services se concrétisera par les personnes mêmes qui oeuvrent dans ce réseau.Au-delà de la technologie, de l'organisation et des crédits, c'est par la conscience de chacun de nous que les Québécois apprécieront la qualité des services reçus.» (C'est moi qui souligne.) La lettre des infirmières donne une démonstration de l'effet des coupures de crédits, donc de personnel la plupart du temps, sur la qualité et l'humanisation des soins.On doit presque gaver les malades comme des oies pour les faire manger plus vite! Le ministre des Finances le crie bien haut: on n'a plus d'argent, il faut s'arranger avec ce qu'on a.On a sabré dans le budget des établissements.M.Laurin surenchérit, ou se fait l'écho fidèle du Conseil du Trésor car il a déclaré, le 10 avril dernier: «Il y a donc lieu, pour le gouvernement, d'équilibrer le développement des ressources avec la capacité de payer des citoyens, les besoins et les priorités avec les ressources disponibles.» Comme si les besoins se pliaient au budget! Mais «Qu'en termes élégants ces choses-là sont dites», dirait Molière.On en trouve de l'argent.Pourtant, on en trouve de l'argent.Pour les fêtes 84.pour les pensions plus que confortables des ministres et députés, pensions qu'ils touchent bien avant 60 ans, eux; pour s'offrir un toit à ia Tailli-bert, au Stade Olympique.On rétorquera que le toit rendra le stade rentable.D'accord.Mais pourquoi dépenser 66,6 mi!lions$ au lieu des dix ou douze pour celui proposé par un Québécois?Celui qui a inventé un toit gonflable que les Japonais ont acheté.Ce n'est pas assez cher pour les Québécois, je suppose.Un hôpital, à court terme, ne remplit pas les goussets du gouvernement.Mais à long terme, meilleure est ia santé de la population, celle de travailleurs comme celle des enfants et des vieillards, plus de taxes et d'impôts sont payés.Même scénario au gouvernement fédéral.On découvre des millions pour caser ses petits amis à de hauts postes.Nos moeurs politiques tolèrent le patronage.Pourtant, il coûte des sous aux contribuables.La responsabilité de l'hôpital La répartition du budget d'un hôpital relève de sa Direction.Celle-ci peut donc couper des postes, dans les limites où les services ne sont pas atteints par ces décisions.Elle peut diminuer les frais de représentation, par exemple, les journées d'étude, les colloques, etc.; elle peut supprimer des postes-cadres.Une exception importante: tout syndiqué qui bénéficie de la sécurité d'emploi ne peut être congédié sans la bénédiction de la Direction des Services professionnels du MAS.Oui.mais! Il y a un hic où l'on retrouve la grosse logique des écus qui sonnent.Une directive du MAS, qui date de la fin de 1981 mais qui est toujours en vigueur, demande que l'on ne remplace pas un employé (infirmière ou préposé aux malades) qui est en congé-maladie, en congé sans solde ou en vacances.«Nous avons appliqué cette directive, pas toujours avec la même rigueur, selon les situations.Mais là, nous sommes au bout du rouleau», dira le Dr Noël Varin, directeur des services professionnels.«Il y a déjà eu des coupures de cadres et il y en aura encore d'ici l'automne», ajoute-t-il.Il a fait état de la difficulté de recrutement, parfois, pour le remplacement des absents.Tiens, ai-je pensé, il n'y a donc plus de chômage au Québec?Oui, mais, économiser sans toucher à la qualité des soins, c'est peut-être possible.Mais vient un.point où trop c'est trop! Et le vase déborde.L'Âge d'Or existe, mais l'or est terni, ô combien! '?Une correspondante écrit: «Je viens ici exprimer mon insatisfaction pour les soins donnés aux personnes âgées de la Résidence ABC.Quant au logement, tout était bien.Quant au personnel: à mon avis, il est incompétent.Exemple: quand j'ai mentionné que mon frère, M.Y, avait de la difficulté avec sa respiration, la responsable n'a pas tenu compte de la gravité de son cas.Trois jours avant son décès, un préposé de jour a dit à mon frère qu'il ne savait pas se moucher, ce qui Ta insulte.Ce préposé aurait plutôt dû faire remarquer ce fait à la responsable et la responsable le mentionner au médecin du Centre.À mon avis, le médecin du Centre ne le visitait pas assez souvent.Personne ne s'est aperçu qu'il avait fait une «phlébite» alors qu'il avait les jambes et les pieds très enflés, en plus d'une respiration très pénible.Lorsque je demandais un bulletin de santé, on me faisait réponse «qu'il vieillissait et qu'il était plus capable que je le pensais et qu'il devait garder son autonomie.» A mon avis, on fui en demandait trop.À la salle à manger, on exigeait de lui de faire le cordon pour aller choisir son repas dans un cabaret, alors qu'en plus de son manque de coordination, il avait des troubles de la vue.Ceci est inadmissible pour aucun de ces gens âgés.Les gens qui visitent le Centre ne peuvent s'expliquer cette exigence.alors que dans d'autres centres, nos vieillards sont servis à la table.Donc, manque de personnel.Quand j'ai demandé de l'aide pour mon frère, on m'a répondu qu'il devait garder son autonomie.L'autonomie, à mon avis, c'est bon pour les vieilles personnes qui l'ont conservée.Les vis! teurs et moi-môme considérions que c'était un traumatisme énorme pour lui parce qu'il avait toute son idée et n'était pas diminué dans ses facultés intellectuelles; il avait une très bonne mémoire.À ABC, il y manque de chaleur humaine et pas assez de visite médicale par le médecin.Les pensionnaires ne sont pas suivis hebdomadairement.» Mme R.D.R.Réponse: J'ai donné l'essentiel de la lettre que ma correspondante a envoyée à la direction de la Résidence ABC.Elle a reçu une réponse que je qualifierais de «savonneuse».Par exemple: «L'orientation poursuivie à la Résidence ABC depuis son ouverture est de maintenir et de développer l'autonomie des personnes âgées tout en tenant compte de leurs limites reliées parfois à certaines pathologies ou encore reliées au phénomène du vieillissement.» C'est beau de vouloir redonner à ceux qui t'ont perdue, leur auto- nomie.Jusqu'à ce qu'ils en crèvent?Mme R.D.R.a bien raison d'affirmer que le système cafétéria qui oblige les personnes âgées à transporter leur cabaret est incompatible avec le vieil âge.Et le plus jeune aussi.Je connais beaucoup de personnes qui fuient ce type d'établissement.La directrice générale qui répond à Mme R.D.R.soulève un point intéressant: la visite médicale.Elle écrit: «Quant à votre remarque concernant le nombre de visites médicales, nous vous informons qu'il n'y a pas de normes émises à ce sujet, qu'en général, les bénéficiaires sont vus par le médecin une fois par mois et plus selon le besoin.Votre frère a été vu par le médecin huit fois pendant son séjour, ce qui fait une fréquence d'une visite aux deux semaines.» Je suis d'accord avec le principe général énoncé par la Directrice.Tous les bénéficiaires n'ont pas besoin de voir le médecin une fois par semaine, surtout qu'ils profitent de la surveillance d'une infirmière.Cependant, dans le cas du frère de Mme R.D.R.il semble y avoir eu plusieurs manquements que la Directrice ne reprend pas.Le frère de Mme R.D.R.a été vu à tous les quinze jours par le médecin.Celui-ci ne s'est donc pas rendu compte de son état réel?Est-il compétent?Les préposés et les infirmières ont eu une surveillance relâchée de l'état du malade puisque trois jours avant son décès, on lui tenait des propos niais au lieu d'attirer l'attention de l'infirmière et du médecin.Ma correspondante croit aussi que personne ne s'est aperçu que son frère faisait une phlébite.Si elle se trompait, la Directrice, j'imagine, aurait fortement nié ce fait.Or, elle n'en parle pas.Cela ressemble fort à un aveu tacite.Quand on répondait à Mme R.D.R.que son frère «vieillissait et qu'il était plus capable» qu'on ne le pensait et qu'il «devait garder son autonomie», on faisait preuve d'un impressionnant manque de jugement.On semble vouloir nous faire mourir «autonomes».Morts.mais «autonomes»! Si ce n'était si tragique, on crierait, comme au cours d'une bataille de la guerre de 1914: «Debout les morts!» On est soudain pris d'une frénésie pour la conservation de l'autonomie des personnes âgées.À domicile comme dans les institutions.«Cela part d'un bon naturel» murmurerait le bon La Fontaine.Certes, les intentions sont bonnes.Mais c'est souvent payer de traitements douloureux le mince plaisir de tenir en équilibre instable sur ses deux jambes! Pourquoi ne reviendrait-il pas à la personne en cause de prendre une décision, après les explications requises?L'autonomie à tout prix devient souvent hors de prix! onnaissez-vous cette vieille tradition française: si l'on fait sauter une crêpe le premier de l'an en tenant dans la main une pièce de monnaie, on aura de l'argent toute l'année! CUISINER Pol Martin Salade de tomates, entrecôte au mie! et crêpes roulées au barbecue 1.Salade de tomates et d'oignons (pour 4 personnes) 6\ttomates mûres 1\toignon rouge finement émincé 15mL\t(1 c.à soupe) de persil haché 15 mL\t(1 c.à soupe) d'estragon haché 60 mL\t(4 c.à soupe) de vinaigre de vin 120 mL\t(8 c.à soupe) d'huile d'olive quelques gouttes de jus de citron\t sel et poivre\t feuilles de laitue pour la garniture\t 1) Couper les tomates en deux et les émincer finement.Mettre le tout dans un bol à mélanger.2) Ajouter les oignons, le persil et l'estragon.Saler, poivrer; bien mélanger.3) Ajouter le vinaigre, l'huile et le jus de citron.Mélanger de nouveau et assaisonner au goût.4) Faire mariner les tomates et les oignons pendant 1 heure.5) Servir sur des feuilles de laitue.2.Entrecôtes au miel (pour 4 personnes) 4\tentrecôtes de 227 g (8 onces) 50\t(Va tasse) de miel 15 mL\t(1 c.à soupe) de sauce soya 15 mL\t(1 c.à soupe) d'huile 1\tgousse d'ail, écrasée et hachée 1\ttête de brocoli %\tcourgette coupée en bâtonnets 4\tpommes de terre au four jus o'1 citron\t sel et poivre\t crèrne sure et ciboulette hachée\t 1) Faire cuire les pommes de terre pendant 1 heure au barbecue.2) Faire cuire le brocoli et ies courgettes de 4 à 5 minutes à la vapeur.Arroser le tout de jus de citron.3) Mettre la sauce soya, le miel et l'huile dans un petit bol; bien mélanger.4) Ajouter le jus de citron, l'ail et mélanger de nouveau.5) Badigeonner les entrecôtes des 2 côtés avec le mélange et les faire cuire au barbecue 4 minutes de chaque côté.6) Fendre les pommes de terre en 4.Mélanger la crème sure et la ciboulette.Farcir les pommes de terre avec le mélange.7) Servir les entrecôtes avec les pommes de terre, le brocoli et les courgettes.Accompagner le tout d'un vin rouge sec.3.Crêpes roulées au barbecue (pour 4 personnes) 250 mL\t(1 tasse) de farine tout usage 1\tpincée de sel 30 mL\t(2 c.à soupe) de sucre 3\toeufs entiers 250 mL\t(1 tasse) d'eau tiède 300 mL\t(1 Va tasse) de lait 45 mL\t(3 c.à soupe) de beurre fondu 90 mL\t(6 c.à soupe) de confiture de fraises sucre pour la présentation\t 1 ) Tamiser la farine, le sel et le sucre dans un bo».2) Ajouter les oeufs et mélanger avec un fouet de cuisine.3) Ajouter l'eau tiède et le lait; mélanger avec un fouet de cuisine.4) Ajouter le beurre fondu.Passer le tout au tamis.5) Laisser reposer la pâte au réfrigérateur pendant 1 heure.6) Beurrer très légèrement une poêle à crêpe et la faire chauffer.Verser une petite louche de pâte dans la poêle chaude.7) La pâte doit recouvrir le fond de la poêie.Verser l'excédent de pâte dans le bol.8) Faire cuire la crêpe à feu moyen perdant 1 minute.Retourner la crêpe et continuer la cuisson pendant 1 minute.9) Enduire les crêpes de confiture, les rouler et les placer sur le barbecue; faire cuire 1 minute de chaque côté.10) Placer les crêpes dans un plat de service et les saupoudrer de sucre.Servir.co O Z \u2014i to rrr > co > IO 00 en Collection «Best-sellers» DURK PEARSON ET SANDY SHAW Traduction française de Lise Marchand, avec la collaboration de Josée Gagnon, B.Sc, M.Se.Aux Éditions La Presse ï Une méthode scientifique et pratique pour prolonger sa vie.Qu'est-ce que vieillir?En vente partout La courbe de survie qui traduit une augmentation de la durée maximale de vie.M 100% < > > LU o ui ce di 3 O z BOX 60% 40% - 20% 120 140 80 100 GROUPES D AGE Figure 3 Exemple d'une courbe de vieillissement humain modifiée par l'amélioration de l'alimentation et d'autres conditions de vie ainsi qu'une augmentation de la durée intrinsèque de vie Service rapide et efficace 285-6984 Economisez temps et argent en commandant vos livres des Editions La Presse par téléphone.Vous n'avez qu'à composer le numéro 285-6984, donner votre numéro de carte VISA ou MASTER-CARD et le tour est joué.Ce service vous est offert du lundi au vendredi de 9h à 16h.Prière de noter que les échanges et les remboursements ne sont pas acceptés.Jusqu'à quel point sommes-nous responsables de la durée de notre vie?Quels sont les mécanismes biologiques fondamentaux qui amènent le vieillissement?Comment peut-on retarder ou modifier le processus de ces mécanismes?Quels sont les coûts et les avantages de la prolongation de la vie?Quel rôle la nutrition peut-elle jouer dans la diminution des risques du cancer, de la crise cardiaque?L'alcool et le tabac peuvent-ils être rendus moins nuisibles par des suppléments nutritifs?Le plaisir de la sexualité doit-il diminuer avec l'âge?Quel rôle notre médecin peut-il jouer dans notre programme personnel de prolongation de la vie?La réponse à ces questions \u2014 et à bien d'autres \u2014 vous la trouverez dans cet ouvrage de 684 pages.il y a de la joie dans l'air d'aujourd'hui et de demain pour ceux qui ont décidé de vivre longtemps OFFRE SPÉCIALE AUX i 1 COMMANDEZ PAR TÉLÉPHONE xfiSC Mrrnbrr dt ; Av » I j I '-n tin r~ : U i \u2022 ¦¦ BON DE COMMANDE Veuillez me faire parvenir ( ) exemplaire(s) de «Vivre mieux et plus longtemps», au prix de 19.95$ chacun, plus 1$ de frais de poste et manutention.( ) Je suis abonné(e) a LA PRESSE Veuillez me faire parvenir ( ) exemplaires) de -Vivre mieux et plus longtemps» au prix de 15.95$ lexemplaire.plus IS de trais de poste et manutention No d abonnoo\\t«- «'1 manutention) "]
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.