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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
La presse plus
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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La presse, 1984-08-11, Collections de BAnQ.

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[" ?MONTRÉAL 11 août 1984 volume 2 numéro 32 FRAGILES MAAiB LBS6ft\\P - \u2014 ^~ Souvenance Le malheur discret d'un peuple, c'est de ne pas pouvoir se compter.Des Acadiens, il y en a un peu partout: dans la lointaine Louisiane bien sûr \u2014 ceux qui ne sont jamais revenus \u2014 et ensuite dans la non moins lointaine Alberta, à Toronto, beaucoup à Montréal.Et puis, des grappes de dix, de cent, saupoudrées sur les côtes de Terre-Neuve, de la Nouvelle-Ecosse, de l'ile-du-Prince-Édouard.Et au Nouveau-Brunswick.Là, c'est autre chose.Un bloc, identifiable politiquement \u2014 cela se vérifie électorale-ment ces jours-ci \u2014 d'un quart de million.Bloc fractionné néanmoins: trois poches, la fameuse république du Madawas-ka (autour d'Edmundston), le nord-est (autour de Caraquet) et le sud-est (autour de Monc-ton).Cette communauté culturelle acadienne célèbre, dans quatre jours \u2014 fête de l'Assomption, c'est voulu \u2014 le 100e anniversaire de son drapeau national (voir page 2).Achille Michaud, de Moncton, retrace en pages 3, 4 et 5 les étapes récentes de la prise de conscience des Acadiens comme peuple.Une démarche qui a conduit un moment au frêle projet de créer une province acadienne.Reste que les Acadiens du Nouveau-Brunswick ont obtenu, sous Louis Robichaud puis sous Richard Hatfield, leur autonomie scolaire et qu'ils caressent présentement l'espoir de services gouvernementaux provinciaux en français.Leurs divisions internes demeurent vi-vaces cependant, comme en font foi les querelles entourant la création d'un journal destiné à remplacer le défunt L'Êvangé-line.Hatfield, qui règne sur le Nouveau-Brunswick depuis 14 ans, est de tous les débats acadiens.Sans toujours y être.C'est son style.Michel Cormier, de Moncton, nous décrit le personnage en page 6.Mais il y a l'autre Acadie.Celle qui ne se souvient pas toujours de sa langue, même si elle est consciente de son histoire.Cette Acadie qui traîne sa nostalgie sur les côtes poissonneuses des autres provinces atlantiques.Roch Côté revient de rile-du-Prmce-Edouard où il a palpe des lambeaux de cette survivance acadienne.Son reportage en page 7.De l'étranger, deux reportages cette semaine: René Viau s'est arrêté à Berlin-Ouest où se vit une autre forme d'insularité, calquée sur le modèle de la rivalité des Grands.Pour sa part, Jean-François Lisée, de Paris, jongle avec la délicate question de la congélation de sperme, à partir de l'affaire Parpalaix qui vient d'éclater en France.La Rédaction ¦ 7:4:,' v- r.9.r 2 r ': ?- n - - v rz r; - * .*C - - ¦ w l\u2014**%m.w 0m m- m.m w * > i H rs .¦» .-H L'EMPIRE DES SENS Serge Grenier langue Traduction, trahison Quelques jolies «translations» récemment glanées ici et là: le bronze à M.Turner qui parle de «retenir le pouvoir»; l'argent à M.Mulroney qui dit du gouvernement libéral qu'il est «de plus en plus moins reluisant»; et l'or à cette agent (agente?) d'Information attachée à la délégation canadienne aux Olympiques de Los Angeles qui expliquait le fonctionnement du système de communications: «Tu ramasses le téléphone, pis moi.je te connecte.» Le journaliste la remercia et elle conclut avec un superbe «c'est mon plaisir».Comme dans «c'est mon plaisir de vous introduire mon épouse».Les Franco-Ontariens \u2014 les Ontarois, comme ils préfèrent maintenant s'appeler \u2014 se disent souvent au revoir en traduisant «see you later, take care» par «je te verrai plus tard, prends soin».Les francophones de la Louisiane, eux, ont traduit «take care» par «soignez-vous».LIVRE 00 o O < Jean-Paul le Bref Un dossier aux allures de roman : Au nom de Dieu, du journaliste anglais David Yallop.La prenante histoire de l'ascension et, surtout, de la mort d'Albino Luciani, celui qui régna trente-trois jours sur l'Église catholique sous le nom de Jean-Paul Ier et dont on avait dit à l'époque qu'il était parti comme un petit poulet.Complots, suicides, extraditions, francs-maçons, malversations, détournements de fonds, cardinaux louches, évêques véreux.Tous les grenouillages de la plus grande et plus ancienne multinationale du monde: Vatican Inc.Et la question: qui l'a tué?Dénonciation implacable, selon le mot de l'évêque intégriste Marcel Le-febvre, de «toutes ces créatures du diable qui habitent au Vatican».Duplessis.en son temps, disait qu'on ne faisait pas d'élections ^vec des prières.Un pape non plus, semble-t-ll.cinéma a.Irrésistible Au cinéma Elysée, un charmant film de Michel Deviile: La petite bande.L'histoire de l'escapade en France de sept écoliers anglais qui traversent la Manche sans passeport, sans argent, sans connaître la langue française.Et qui se débrouillent fort bien.Pas de dialogue: ils ne parlent pas, ces enfants; ils rigolent.Et les spectateurs donc ! Particulièrement recommandé à ceux qui ont les mains pleines de pouces et les deux pieds dans la même bottine.alcool) Remportez votre vin Les oenologues disent de certains vins qu'ils ont de la jambe.D'un vin québécois récemment goûté il aurait plutôt fallu dire qu'il avait du pied.L'expérience n'avait vraiment rien d'enivrant.Pas de nom afin d'éviter les poursuites judiciaires.Pour les convives (?), une dégustation qui rimait avec dégoûtation.Leur conclusion: un autre fin produit des vignobles de la Transcanadienne.Il n'y avait pas que les raisins là-dedans; tout- le cep y avait passé, terre comprise.restaurants) Passe-moi Tbeurre La peinture à l'huile, c'est bien difficile, mais guère plus que fe déballage de ces petits carrés de beurre dont nous affligent la plupart des restaurants.De deux choses l'une: ou le beurre est trop dur ou il est trop mou.Trop dur.il ne se laisse pas aisément extirper de son enveloppe de papier d aluminium et il tient tète au couteau; trop mou, it se répand on masse dégoulinante et on n'a pas trop de la serviette de table \u2014 en papier \u2014 pour essuyer ses doigts macules.Sans compter que c'est vite mangé, un petit carré de beurre.Il faut alors reprendre le processus, ça n'en finit plus.II n'y a pas de petits profits, semblent se dire les restaurateurs.C'est probablement ainsi qu'ils arrivent à mettre du beurre dans leurs épinards.Petit carré de beurre, quand te dépetit carré de beurreras-tu?LE DRAPEAU ACADIEN A CENT ANS Acad ie en fête il : e drapeau tricolore français, orné de l'étoile de la mer (Stella maris), flotte Itoujours au mat du couvent des soeurs de la Congrégation à Miscouche, dans l'Ile-du-Prince-Édouard.C'est là exactement, le 15 août 1884, qu'il fut hissé pour la première fois au terme de la 2e convention nationale des Acadiens qui avait réuni près de 5,000 personnes.La semaine prochaine, des milliers d'Acadiens du Nouveau-Brunswick, de la Nouvelle-Ecosse, de l'Ile-du-Prince-Édouard, d'ailleurs au Canada et des États-Unis feront le pèlerinage de Miscouche pour fêter pendant cinq jours les cents ans du drapeau national.Le tout premier drapeau acadien fut fabriqué par une paroissienne de l'abbé Marcel-François Richard, nationaliste acadien du Nouveau-Brunswick.Voici comment le journal le Moniteur acadien a décrit le 21 août 1884, le premier déploiement du drapeau acadien.«Au moment où les délégués allaient se séparer, M.l'abbé Richard annonce qu'il est en mesure de leur faire voir un échantillon du drapeau national adopté par la Convention.Des hourras frénétiques accueillent cette proposition.M.Richard et le père Cormier déploient, par un silence solennel, devant un auditoire ému, un superbe drapeau tricolore orné de l'étoile aux couleurs pontificales.L'enthousiasme est universel, de bruyantes acclamations saluent l'étendard national que Ion voit pour la première fois.De toutes parts, on demande une chanson, les uns suggérant la Marseillaise, lorsque M.Richard entonne d'une voix grave et solennelle l'Ave Maris Stella, que tout le monde répète après lui.C'était un spectacle admirable, saisissant».Roch Côté Achille Michaud C'est ainsi que ce cantique mariai est devenu le chant national acadien.La convention de Miscouche adopta également la devise «L'union fait la force».C'est la première convention, celle de Memramcook, en 1881, qui adopta le 15 août, jour de la fête de l'Assomption, comme fête nationale.Quant au drapeau, il flotte encore aujourd'hui dans toutes les régions acadiennes et pas seulement aux devantures des édifices officiels.Partout où l'on va, on est frappé de l'ardeur des Acadiens à hisser leur drapeau national.100 pour 200 Au Nouveau-Brunswick, les fêtes sont doubles.100 ans pour le drapeau acadien, 200 ans pour l'existence même de la province en tant que terre dévolue aux Loyalistes qui fuyaient l'indépendance américaine.Partout dans la province, de villes en villages, l'été 84 est l'occasion d'une fête.De leur côté, les Steeves, Washburns, Greens célèbrent leurs familles.Union Jack et fresques de conquérants.Si on a-joute à cela la liste habituelle des célébrations estivales toujours marquées par l'élection d'une Miss quelconque (Miss Patate, Miss Poutine, Miss Pétoncle.) on comprend que cette fois-ci la province entière est en liesse.Avec ceci de délicieux que cette année, une bonne partie des réjouissances est financée par l'État.La commission du bi-centenaire dispose de 5 millions de dollars dont la moitié provient d'Ottawa.Les organisateurs de ces fêtes ont dû franchir des passages délicats, étant donné la coïncidence des célébrations acadiennes et loyalistes.On comprend donc bien que les responsables aient convié les Néobrunswickois à la fête non pas pour glorifier «d'anciens fait d'armes» mais pour célébrer l'harmonie et la tolérance qui permettent aux «deux communautés linguistiques» de vivre ensemble.Le président de la Commission du bi-centenaire, M.Alfred Landry, n'en nie pas pour autant I histoire: «C'est bon de se rappeler l'histoire et les injustices, mais c'est un aspect seulement.Les Acadiens ont peut-être plus de raisons que d'autres de fêter parce qu'ils sont partis de loin et à force de ténacité, se sont fait une belle place».Pour certains, les 200 ans qu'on veut ainsi célébrer ne sont pas glorieux pour tous.Le Nouveau-Brunswick a été fondé contre et aux détriments des Acadiens, à partir du moment où les Loyalistes ont mis le pied en ces terres, jusqu'à l'aboutissement des luttes pour des écoles françaises.Certains n'oublient pas non plus la seconde déportation, c'est-à-dire lorsque des Acadiens installés au sud de la province durent quitter, certains historiens disent que ce fut de leur gré, et s'enfoncer dans la forêt plus au nord.Finalement, la vraie fête des Acadiens, c'est celle de leur drapeau.Ce sera aussi l'occasion de mesurer la fragilité des conquêtes acadiennes.La paroisse de Miscouche où se retrouveront la semaine prochaine des milliers d'Acadiens porte aujourd'hui le nom de Saint John The Baptist.La très grande majorité des paroissiens ne comprend plus que l'anglais.Dans l'église, par contre, le chemin de croix, lui, datant du 19e siècle, est toujours en français, c .il II NOUVEAU-BRUNSWICK eux siècles après la naissance du Nouveau-Bruns-'wick, un siècle après s'être donné un drapeau, les Acadiens de cette province sont en droit de célébrer: ils ont acquis, ces dernières années, un degré d'autonomie tel que les leaders des années 60.l'époque des luttes pour les écoles françaises, ont l'impression de rêver.Tout le système d éducation, de la fonction de sous-ministre jusqu'à l'école du rang, a été divisé de manière à assurer en parallèle des services en français et en anglais.Les Acadiens geient.contrôlent et décident ce qui est maintenant leur.Une directive ministérielle précise même les conditions d'accès aux écoles en fonction de la compétence linguistique, et l'on s'apprête à élaborer des tests de connaissance de la langue afin de trancher les cas où des commissions scolaires anglophones tentent d'attirer des Acadiens dans leurs classes, ou pour empêcher des enfants unilingues anglophones d'entrer dans des écoles françaises.De plus, les francophones de Fredericton, Saint-Jean et.récemment de Newcastle, peuvent maintenant se regrouper autour de centres culturels francophones, sorte de complexes socio-scolaires payés par Ottawa et Fredericton.Dar\\s la fonction publique, certains ministères accordent une grande place aux Acadiens, notamment les pèches et dans une certaine mesure I agriculture.Au plan politique En politique, les Acadiens qui en 1982 ont massivement voté conservateur, comptent maintenant six ministres au cabinet avec, en prime, une importante promesse électorale: la refonte de la structure des services publics.Cette promesse est importante dans la mesure où elle est interprétée comme le début d'une division linguistique, comme cela s est fait au plan scolaire, des services gouvernementaux, ce qui pourrait donner naissance à des «districts administratifs acadiens», une sorte de prix de consolation pour ceux qui ont abandonné l'idée de créer une Province Acadienne.Pièce maîtresse du système d éducation.l'Université de Monc-ton et ses deux constituantes à Edmundston et Shippagan.exerce Une Acadie autonome .ou presque Achille Michaud un rayonnement de plus en plus important en Acadie.Sans oublier les sociétés culturelles, la maison d'édition, les deux troupes de théâtre permanentes et les trois stations de radio privées L'économie Au plan économique, les caisses populaires acadiennes comptent 190000 membres et l'on espère atteindre un actif d'un demi-milliard de dollars dans les prochaines années.Les Acadiens possèdent aussi une société d'assurance-vie, L'Assomption Mutuelle, dont le siège social, avec ses 23 étages, domine le ciel de Moncton.Douce vengeance, car l'édifice a MONCTON vu le jour au début des années 70, en plein milieu d'une controverse au cours de laquelle le maire de la ville, Leonard C.Jones, avait humilié plusieurs fois les Acadiens en refusant de souscrire au bilinguisme dans les services municipaux.Les manchettes auront retenu la fameuse tête de cochon, que deux étudiants de l'université (des Québécois) avaient déposée sur son perron.Mais les Acadiens ont vécu une douce revanche lorsque le maire Jones a dû déménager dans un hôtel de ville tout neuf, situé dans le complexe immobilier de la société l'Assomption.qui leur appartient! Le maire Jones a dû se résigner à mettre une affiche Un pêcheur de coques en Acadie.bilingue sur son bel hôtel de ville! Dans le domaine des pêches, les Acadiens ont débarqué 70000 tonnes de poisson, de crustacés et de mollusques en 1982.pour une valeur marchande de 194 millions de dollars.Les Acadiens occupent 70 p.cent des emplois de cette industrie au Nouveau-Brunswlck.pêche et transformation.L'assimilation enfin est en régression, selon le recensement de 1981.ce qui confirme une certaine vigueur culturelle appuyée sur les institutions nouvelles.Les divisions En dépit du redressement national observé depuis 20 ans, les Acadiens restent divisés.Ils ne s'entendent pas sur revaluation de la situation présente et sur la formulation d'un projet d'avenir; on compte les purs et les moins purs, les provincialistes et les autonomistes.Mais on s'entend sur une chose: l'Acadie a changé, n'a plus la même image.Fini les orateurs à la voix éclatée, les grandes croisades dignes de mention au Téléjournal, les marches pour enterrer la peur au centre-ville de Moncton.Les années de passion, 60 et 70, sont révolues.La Société des Acadiens du Nouveau-Brunswick.organisme financé par le Secrétariat d État, et qui a le mandat de défendre les droits des Acadiens.a perdu son leadership traditionnel.Ces «sages» avaient préparé les bases de l'Acadie d aujourd hui, mais paradoxalement, ils ont perdu aujourd'hui l'appui d'une partie des nationalistes les plus militants.La Société des Acadiens se cherche maintenant une place dans le discours nationaliste.Pas facile, cette place.D'un côté le discours ultime du Parti acadien, ou de ce qui en reste, basé sur le concept d une province acadienne.Il s'agit essentiellement de diviser le Nouveau-Bruns-w'ck en deux, du nord-ouest au sud-est, pour que les Acadiens aient leur propre province De l'autre, le discours du Parti conservateur qui est parvenu, au cours de la campagne électorale de 1982, à épouser a peu près tout le discours nationaliste du Parti acadien avec cependant un bémol sur l'expression «province acadienne».Dans cette mouvance, la SANB a opté pour une intervention discrète mais efficace, là où la «cause» peut avancer: gagner une é-cole française dans une communauté anglophone où les Acadiens sont assez nombreux, faire une étude sur la structure gouvernementale idéale pour les Acadiens.fournir une aide technique aux groupes qui veulent créer des organismes distincts francophones dans leurs spheres d activité, etc.La nouvelle forme d'intervention de la SANB s explique par le fait qu'elle n'a plus de véhicule de communication depuis la mort du quotidien français l'Êvangéime, et par l'échoc de certains projets exaltants de la fin des années 70.A la suite des victoires au plan de l'éducation et de l'administration publique.I organisme a dû se fixer des objectifs, plus globaux, plus théoriques.En même temps, est arrivé un membership jeune et très nationaliste.Ce sont les enfants de Louis Robichaud.ce premier ministre acadien libéral élu au début des années 60 et dont les mesures économiques et sociales ont favorisé le développement des Acadiens, surtout de leur système scolaire.Le rêve «provincial» On a alors voulu reprendre l'idée des Etats généraux, croyant, à la suite des succès relatifs du Parti acadien aux élections de 74 et 78, que les Acadiens étaient prêts pour !e grand saut, celui d'un choix politique.Dans la controverse, la SANB a mis sur pied le congrès de l'automne 79, à Edmundston, appelé la Convention d'orientation nationale des Acadiens.Coup de théâtre: un sondage au congrès proclame que la majorité présente veut la création d'une province acadienne comme projet politique idéal.La nouvelle fait les manchettes.Mais très vite la représentativité du congrès est mise en doute par une bonne partie de la population.Les leaders traditionnels, écartés de force de lavant-scène par une majorité jeune et plus militante, lancent l'offensive contre la crédibilité de la SANB.On a toujours reconnu beaucoup de pouvoirs a cette élite acadienne car c'est elle qui dirige les grandes institutions comme les Caisses Populaires, la Société l'Assomption Mutuelle-vie.l'Uni- O z -H m > r\u2014 > 5 > C c H.a « e ?/ i ' Trois Acadies, trois histoires, trois accents.versité et.à l'époque, le quotidien l'Êvangéline, et c'est elle, en définitive qui a l'oreille des capitales pour toutes choses concernant les Acadiens.Esseulée, écrasée par un projet politique dont elle ne savait que faire, la SANB a aussi appris que le nationalisme défrayé en partie par le Secrétariat d'État doit rester dans la logique politique prévalente: gel de son financement (250000 dollars) et redistribution des fonds au profit d'un nouvel organisme, la Conférence permanente des institutions aca-diennes, un organisme plus représentatif ou moins dominé par les jeunes nationalistes.Nous sommes en 1981.Depuis ce temps, la SANB a tenu un discours pius prudent.Les trois clochers Ni les luttes exaltantes des années 60.ni le projet de créer une province acadienne n'ont réussi à unifier les Acadiens.De telle sorte qu'il est aujourd'hui périlleux pour une personne ou un organisme de prétendre, sans ambages, parler au nom de tous les Acadiens.Car il y a trois noyaux d'Acadiens (ou de francophones) dans la province, trois groupes qui sont séparés par la géographie et, plus important encore, par des centres urbains anglophones.Le nord-ouest, ou la République du Madâwaska, blottie entre le Québec et l'État du Maine, n'a jamais vibré pour les causes aca-diennes.D'ailleurs le draoeau acadien, jusqu'à récemment, n'y flottait que circonstanciellement.Les francophones de cette région, qui représentent 94 p.cent du comté de Madâwaska.sont beaucoup plus attirés par le Quebec, d'où proviennent leurs ancêtres, et par les États-Unis, où des branches de l'arbre généalogique sont allées faire fortune, que par la mythique notion d'Acadie.Disons-'e carrément.Acadien, là-bas.veut dire «mangeur de morue»! Cela n'empêche cependant pas les au- 2 très Acadiens de s intéresser au ^ Madâwaska parce que c est une ^ force francophone importante.^ Économiquement, le Madâwaska < est une sorte de petite Beauce du _ Ncijveau-Brunswick.Linguistique-~ ment, elle n'a jamais cédé à l'assied milation.^ V«ent ensuite le nord-est de la < province.Le pays d'Edith Butler.% pour vous situer.Ce sont les plus < purs.Au couvent de Caraquet.j£ dans les années 60, on disait aux £ élèves que c était là, dans cette ré-q gion.qu'on parlait le mieux le fran-^ çais! Or.pourrait, «à-bas, hisser !e ri drapeau acadien sur chaque arbre 3 de la forêt et chaque mât de navire.Les Acadiens du nord-est, de Campbellton à Néguac, ont toujours été sensibles aux Ques- tions nationales.C'est dans cette région qu'est née l'idée de fonder un parti politique pour les Acadiens, le Parti acadien, qui a d'ailleurs obtenu 12 p.cent des suffrages aux élections de 1978.dans les circonscriptions acadiennes.Faute d'organisation et de crédibilité, il est devenu moribond depuis.C'est dans cette partie de la province qu'est concentrée la grosse industrie des pêches, celle des bateaux à un million de dollars et des multinationales du poisson: de Paris.Londres, New York ou To- kyo.Le Nord-est a toujours été agacé par les velléités «d'indépendance culturelle» des cousins du Madâwaska, et par l'anglicisation de leurs frères du sud de la province.Le nord-est, de plus, n'a jamais pardonné à l'élite traditionnelle d'avoir fait de Moncton le centre «intellectuel et culturel» de l'Acadie, en y drainant, «dans ce milieu anglais», toutes les meilleures ressources du nord, et en y créant l'université qui.disent-ils, leur revenait.Enfin, le sud-est.C'est le pays de la Sagouine Région majoritairement acadienne.(79 p.cent dans le comté de Kent), écrasée cependant par le rayonnement économique de la ville de Moncton, où ils ne constituent que 34 p.cent de la population.Les Acadiens du sud-est sont les plus purs héritiers de l'ancienne Acadie.celle de la déportation (1755), en ce sens qu'ils sont restés relativement isolés des autres noyaux francophones de la province, et que, conséquemment, ils n'ont pas été immergés par l'arrivée d'immigrants québécois au siècle dernier, comme c'est le cas plus au nord de la province.Les différences Entre ces trois Acadies, il y a autant d'histoires, autant de langues différentes.Les accents, en effet, ne sont pas les mêmes, ni même l'état des luttes pour la survivance.Ce qui fait que les Acadiens du sud-est trouvent ceux du nord un peu exigeants, parfois intolérants, et souvent même suffisants quand ils leur reprochent leur «accent de la Sagouine» ou leur attirance envers la culture anglophone.Les contradictions de l'Acadie actuelle expliquent les difficultés de lancement d'un nouveau quotidien acadien destiné a remplacer l'Êvangéline.Le projet Le 27 septembre 1982, en plein milieu de la dernière campagne é-iectorale provinciale, à la surprise générale, on annonce la fermeture du quotidien l'Evangéline.Personne ne croyait que c'était sérieux, tellement on était habitué à voir des sauvetages in extremis du pauvre quotidien si souvent accablé de problèmes financiers par le passé Pris au dépourvu dans une campagne électorale dont une partie était explicitement adressée aux Acadiens, le Premier ministre conservateur.Richard Hatfield, promet une aide de 500000 dollars «pour que L'Êvangéline survive un autre cent ans».La réalité se révèle plus prosaïque: une étude démontre qu'un quotidien francophone ne peut être rentable dans la province et que.compte tenu du «passif financier et humain» de L'Evangéline, mieux vaut recommencer à neuf! Pendant que l'encanteur écoulait, en anglais seulement, les tiens du journal, sous les yeux humectés d'anciens employés, tristes de constater que l'assurance-chômage ne leur laissait même pas assez d'argent pour acheter au moins une vieille machine à écrire en souvenir, le gouvernement provincial décide de prendre en main la responsabilité de lancer un nouveau journal.Il s'engage financièrement; un fond de fiducie de quatre millions de dollars dont les intérêts serviront à lancer et à soutenir l'éventuel quotidien.Condition importante: le journal devra être provincial, c'est-à-dire distribué dans toute la province le jour même.Desservir tout le Nouveau-Brunswick avec un journal francophone est un tour de force que même L'Evangéline, pourtant elle-même le tait d'un miracle, n'a pas réussi.La clientèle est trop dispersée.Les moyens de communication, dans ce pays, sont ainsi faits qu'on peut acheter !e Journal de Québec, le Soleil, a Edmundston le matin même, ma«s pas un quotidien imprimé à Moncton.Alors en y mettant le prix, le gouvernement voulait unifier enfin tous les francophones de la province.Il y eut deux projets, un émanant du nord-est, c'est le quotidien \\ Acad'C Nouvelle, l'autre du suu, c'est ce qu'on a appelé Le Matin du Nouveau-Brunswick.C'est ce dernier qui a obtenu la faveur de Fredencton parce qu il était le seul à remplir la condition gouvernementale.Le premier était le fait d'un groupe d'hommes d'affaires du nord-est qui, entre autres, n'aimait pas que le gouvernement (conservateur) vienne déranger l'entreprise privée.Le second était le fait d'une «concertation» entre toutes les organisations acadien-nes.Un an et demi plus tard, le quotidien provincial n'a toujours pas paru mais cuius du nord, qu'on qualifiait alors de prejet fou, est dans les kiosques depuis juin der nier.La raison de ce retard est simple.Très vite, ce projet a été ralenti par la dissension à 'intérieur même du comité d'implantation entre les jeunes nationalistes et les leaders traditionnels qu'on accusait de prendre des décisions en catimim, seJon les voeux et les désirs du gouvernement provincial, précisément du ministre chargé de ce dossier, Jean-Maurice Simard, député de la ville d'Edmundston.L'indignation fut grande en outre lorsque surgit un «comité de fiducie» compose entre autres de deux militants connus du Parti conservateur.Pendant que ce projet piétine, le groupe du nord-est mobilise la population locale et recueille assez d'argent pour lancer son propre journal.Du même coup éclate le consensus, déjà faible, autour du quotidien provincial parce que les organisations qui le supportaient s'aliénèrent leurs propres membres provenant du nord-est Ce qui donna lieu à une belle bataille entre le nord et le sud.Dans la confusion de l'hiver dernier, il fallait s'adresser à Fre-dericton, au ministre Jean-Maurice Simard, pour savoir où en était rendu le projet! L'Acadie Nouvelle, quotidien chétif et régional, qui a connu lui aussi sa part de duels à l'aube, est quand même la preuve, selon les gens du nord, que Moncton n'a pas le monopole du sens des affaires.Même si 'e quotidien gouvernemental a nommé son directeur, rien n'indique que la fin des hostilités soit proche.En effet, le directeur en question, Charles D'Amour, ancien dirigeant du Nouvelliste de Trois-Rivières.veut une fusion avec l'Acadie Nouvelle, à condition cependant que le siège du nouveau journal soit à Moncton.Voyez, dit-on à Caraquet, c'est l'exemple du mépris que le sud nourrit à l'égard des autres Acadiens.L'opération charme Tout se passe comme si le gouvernement conservateur occupait maintenant tout l'espace du discours nationaliste.Aux élections de 1982.ce parti a mené deux campagnes électorales distinctes.Une anglophone, l'autre francophone.Aux Acadiens, la campa- ««On peut mourir car on a vécu!»» ANTONINE MAILLET Propos recueillis par Achille Michaud Bouctouche, juillet 84 «J'ai eu la chance de vivre en Acadie un moment où l'éducation a eu un essor incroyable.Au collège, j'ai étudié la satire ménippée.Pas beaucoup de monde, même au doctorat à l'Université de Montréal, qui saurait aujourd'hui ce quest la satire ménippée.On étudiait tout, à ce moment-là, parce qu'on avait l'impression d'avoir du temps à rattraper, qu'on avait du retard.Ces années où j'étudiais, jusqu'au moment où j'ai quitté l'enseignement, de 47 à 67, correspondent à la grande époque de la renaissance en Acadie qui était très liée à la renaissance nationaliste.\"On lançait un pays.comme mettre en orbite.On était en train de bâtir une culture, un peuple.Moins un pays.On ne pensait pas tellement politique, surtout pas économique.On disait qu'ii n'y avait pas de millionnaires en Acadie, mais qu'il y aurait des gens de culture.On se vengeait là-dessus.Notre vision de l'Acadie, à l'époque, n'était pas restreinte.Pour nous, fallait prendre notre place dans le monde, et c'était une place culturelle.On se disait qu'il fallait le faire, sinon on allait mourir.Moi je sentais cette espèce d'urgence, au sens philosophique du moment.«Cette forme de nationalisme a changé.Une fois qu'on a gagné, on ne sent plus la môme v -4.se ¦ urgence, le besoin de lutter de la même façon.Je crois que la plupart des Acadiens, aujourd'hui, croient qu'on a gagné, que l'Acadie va demeurer, qu'on a pris notre place, qu'on a une identité propre, qu'on a exprime notre différence.On peut mourir, car on a vécu! «On peut avoir peur (pour l'avenir), bien sûr.Mais moi j'ai une peur raisonnable pas une peur viscérale.Ouand je raisonne, j'ai toutes les raisons de craindre.Autant pour le Québec que pour nous, quand on regarde les statistiques, l'évolution de la vie, le mouvement en faveur de l'anglicisation, aussi bien en France qu'ailleurs, là on a des raisons de craindre que l'Acadie, en tant que telle, soit perdue.Mais je n ai pas peur.«Le jour où on aura un monde assez libre qui fera une place à toutes les différences, on n'aura pas besoin d'identifier l'Acadie autant que ça Moi, je ne sens pas le besoin, par example, que l'Acadie so;t toujours l'Acadie.Mais je sens le besoin de toujours vivre selon ma nature, selon mes besoins, selon mon rythme.Or, c'est ça la raison d'être d'un peuple.Le nationalisme, c'est la possibilité d'accorder à un groupe de vivre pleinement son meilleur.«L'Acadie avec une structure, un territoire, une indépendance économique et politique?Ça, je ne suis pas sûre.Moi, en tous cas, je ne cherche pas l'avenir de l'Acadie (à-dedans.Parce que je crois que c'est un peu chimérique.Ce serait presque aller contre les courants.Je ne méprise pas ceux qui y croient, d'ailleurs je suis convaincue qu'il faut qu'il y en ait qui travaillent à ça.«Mais ni le Parti Acadien, ni la Convention d'Edmundston, ne correspondent au rêve que j'ai de l'Acadie.D'après moi, ce n'est pas la mentalité du pays.L'Acadie a toujours lutté différemment.À chaque fois qu'on a essayé ces moyens-là, on dirait qu'on a échoué.Alors je me dis que c'est une perte de temps parce que ce n'est pas dans nos cordes.Les autres sont trop forts sur ce terrain-là.Si on se bat avec les autres sur leur terrain, on est sûrs de perdre.«Je veux dire qu il nous faut sauver ce qu on a de meilleur.Il faut le donner au monde, môme pas le sauver pour nous autres.Il faut l'offrir, contribuer à l'humanité.C'est ià la raison d'être d'un peuple, c'est de continuer à ajouter quelque chose à la beauté de I histoire, à la beauté de l'humanité.Or, l'Acadie a une beauté propre et d'après moi ce n'est ni ia Convention d'Edmundston ni le Parti Acadien qui a réalisé ça, qui a trouvé la clé de l'Acadie.» gne faisait grand état des réalisations favorables aux Acadiens, et indiquait implicitement qu'un vote conservateur était un vote nationaliste, sans les inconvénients d'un Parti acadien marginalisé.C'était un vote pour le pouvoir des Acadiens au sein du Parti conservateur.L'opération-charme auprès des Acadiens a débuté en 1980, juste après la fameuse Convention d'Edmundston ou on a adopté le projet de Province Acadienne comme cadre de vie éventuel.Le gouvernement annonce alors la création d'une étude pour réviser complètement la loi sur les langues officielles, loi adoptée par le gouvernement libéral de Louis Ro-bichaud.dans les années 60 et qui a été longtemps citée comme l'une des plus grandes victoires politiques des Acadiens.Aujourd'hui, cette loi -sans dents» n'est plus qu'un anachronisme dans le tableau des nouvelles revendications acadiennes.Ensuite, le ministre Jean-Maurice Simard, qui depuis les années 70 s'était fait connaître comme le leader des francophones au gouvernement, pilote un important projet de loi dont la portée, cependant, ne semble aujourd'hui que symbolique.Il s'agit de la Loi reconnaissant l'égalité des deux communautés iinguistiques officielles au Nouveau-Brunswick, votée à l'ajournement d'une session, le 17 juillet 1981.Dans les débats entourant ce projet, le ministre n'a pas caché I intérêt stratégique qui s'y trouvait: «Celte loi se situe entre le statu quo et la Province acadienne» (Shippagan.23 novembre 1980).Simard ne lésine pas non plus en matière de vocabulaire nationaliste: »Pour accorder aujourd'hui aux Acadiens une part juste et équitable d'autonomie dans les destinées de la province.» (Saint-Léonard.15 novembre 1980) Vint ensuite le coup de grâce porté aux tenants de la Province acadienne: le gouvernement provincial, à I été 82.suite aux pressions de la Société des Acadiens.proclame le 15 août comme fête nationale des Acadiens, sans toutefois en faire un congé férié.La \u2022 proclamation officielle» mérite ici d'être citée: «Souhaitant vivement que ces célébrations joyeuses soient l'occasion d'exprimer, au-delà de notre spécificité culturelle, notre solidarité et le caractère irréversible de notre marche vers une plus grande autonomie, nous formons aussi le voeu que ce jour de fête nous rassemble tous dans une grande coalition nationale, afin d'assurer une base solide au pouvoir collectif de l'Acadie.» Deux semaines plus tard, le Parti conservateur organise, à Shippagan.un Grand Ralliement de tous les organismes acadiens et Simard propose «la création de districts administratifs régionaux contrôlés, par les Acadiens à l'intérieur des frontières du Nouveau-Brunswick.accordant ainsi un pouvoir politique accru aux Acadiens».A l'élection provinciale, le 12 octobre suivant, le gouvernement conservateur est reporté au pouvoir pour une quatrième fois avec une majorité sans précédent Les Acadiens ont voté massivement conservateur (10 députés contre 4 seulement a l'élection précédente), même dans les circonscriptions que l'on croyait libérales à jamais.Deux ans après l'élection la réforme de la loi sur les langues officielles n'a pas encore atteint le stade des audiences publiques, ni d'ailleurs le projet de réforme des services publics.Etait-ce là un pari électoraliste ou un désir sérieux de trouver un exutoire aux passions nationalistes qui fermentaient depuis les années 70?Quoi qu'il en soit, les promesses du gouvernement Hatfield sur l'avenir politique des Acadiens ne sont pas disparues dans les lendemains de la victoire.La Société des Acadiens du Nouveau-Brunswick.la Conférence permanente des institutions acadiennes (dissoute récemment) ont produit plusieurs études très doiu.r°fitées sur la restructuration de la province en fonction, toujours, des deux langues.D'autres groupes, les agriculteurs et les pêcheurs, notamment, exercent d'importantes pressions pour franciser ces ministères, de la même manière qu'on l'a fait pour l'éducation au cours des années 70.L'Association des pécheurs professionnels acadiens demande même la déconcentration et la décentralisation de ce ministère, à la faveur, évidemment, du Nord-est.Si la cause acadienne a perdu de l'éclat elle est néanmoins aussi vivante qu avant, avec cette différence près qu'elle est plus fonc-tionnaliste, bureaucratique.Si le gouvernement actuel va jusqu'au bout dans ses promesses de chambarder la structure administrative de la province en fonction des langues, le Nouveau-Brunswick deviendra un beat: sujet de maîtrise pour tous les étudiants en Administration publique du pays.Dans le cas contraire, et si le sentiment nationaliste acadien demeure aussi vif que ne l'estime le Parti conservateur, alors il finira par resurgir tôt ou tard.Et comme les hommes politiques réaménagent parfois des slogans entendus ailleurs, celui des conservateurs pourrait bien être, dans les années 90: «Une Acadie forte dans un Nouveau-Brunswick uni!» c o Z TO m-> > m > O c Ln RICHARD HATFIELD de durer en pays bilingue CC J| ^ dam, Adam, réveille-»m toi! Jésus t'appel-«A le!» Jv^^HL La voix de Dieu, qui résonne gravement aux premiers moments de la représentation théâtrale du Journal d'Adam et Eve dans la salle Beaverbrook à Fredericton.est d'un familier irréel.Les chuchotements et les exclamations étouffes s'amplifient à mesure que dans la pénombre, l'auditoire reconnaît la voix de Richard Hatfield, le célibataire débonnaire de 53 ans qui lui sert de premier ministre depuis 1970 et qui craint, par-dessus tout, d'être conventionnel.Quatorze ans après avoir arraché le pouvoir à un Louis Robi-chaud usé.presque consentant, Richard Bennett Hatfield demeure en quelque sorte une énigme Comme le dieu du théâtre auquel il a prêté sa voix, Richard Hatfield règne.depuis plus longtemps que tout autre premier ministre en exercice au pays.Sa longévité politique peut surprendre; l'administration quotidienne de la chose publique l'ennuie.Le Nouveau-Brunswick, et de façon générale le Canada anglais, semblent aussi l'ennuyer.Il se sent le besoin d'aller respirer sa francophilie à Montréal et son cosmopolitisme à New York à toutes les quinzaines.(L'an dernier, il a voyagé plus que Bill Davis et John Buchanan ensembles).Un flair Mais son flair politique, proclament ses proches collaborateurs et admettent ses détracteurs, a peu d'égal.Il a rabroué successivement les quatre derniers chefs libéraux du Nouveau-Brunswick, et lors de la dernière élection, en 1982, il a réussi ce qu'aucun de ses prédécesseurs n'a accompli, et ce que Brian Mulroney ambitionne de faire au Québec le 4 septembre: il a mis fermement le pied dans le sanctuaire francophone libôral au Nouveau-Brunswick.Aujourd'hui, Hatfield est confortablement installé au pouvoir avec ses 39 sièges (dont 10 francophones), contre 18 seulement pour les libéraux.Dans une province marquée par ies émeutes linguistiques il y a 15 ans, il a réussi, en douceur, à faire avaler le bilinguisme aux anglophones et à pacifier le nationalisme acadien qu> commençait à réclamer jusqu'à sa propre province.«La force de Richard Hatfield, dit l'un de ses collaborateurs, c'est sa capacité de détecter avant quiconque les courants qui s'amorcent dans I électorat.» C'est ainsi qu'en 1979, il a su déceler le désir d'une plus grande autonomie chez certains nationalismes acadiens et désamorcer ce mouvement en adoptant une loi consacrant l'égalité des deux communautés linguistiques de la province.Comme, depuis 1970, il a su déceler à quel moment l'élec-torat anglophone, qui constitue la base de son appui, était prêt à accepter des mesures favorables aux Acadiens, qui forment le tiers de la population: proclamation de la loi sur les langues officielles, districts scolaires linguistiques homogènes, centres culturels francophones dans les villes anglaises.Derrière ce bon vivant, qui aime Broadway, les vacances en Afrique et dîner en compagnie d'Edith Butler dans les restaurants de Montréal, se trouve un être totalement consommé par la politique.Il dit avoir préféré la politique au mariage parce qu'on ne peut se consacrer aux deux sans en négliger un.Il ne fait pas confiance aux sondages qui, dit-il, vous amènent à abandonner vos principes, mais préfère se brancher directement sur la réalité politique du Nouveau-Brunswick.Il se sent aussi à l'aise dans un pique-nique presbytérien sur les bords de la rivière Saint-Jean qu'entouré de jeunes nationalistes acadiens dans un bar de Caraquet.Comme le personnage qu'il incarne au théâtre, Richard Hatfield est absent mais présent à la fois.C'est cela aussi sa force.Pour sa part.Raymond Frenette, chef libéral par intérim un peu désabusé par dix ans passés dans l'opposition, soutient que la force de Richard Hatfield, c'est d'abord la faiblesse du Parti libéral.Les libéraux, désorganisés et aussi fratricides que les conservateurs fédéraux d'avant Mulroney.ont immolé deux de leurs chefs en tentant de défaire le gouvernement conservateur sur des cas de corruption politique qui ont abouti devant les tribunaux sans pour autant éclabousser Richard Hatfield.Les libéraux ont appris à leurs dépens ce que sans doute Richard Hatfield savait déjà: au Nouveau-Brunswick (comme dans les autres provinces), on renverse difficilement le gouvernement avec des accusations de patronage.L'art du possible Car s'attaquer à Richard Hatfield, c'est s'attaquer au Nouveau-Brunswick, dit celui qui a réussi à se donner I image du politicien qui se préoccupe des siens, qui a bien fait quelques erreurs, mais qui.au Michel Cormier moins, fait son possible.C'est pour cela, dit Richard Hatfield, qu'il n'est pas du tout gêné d'admettre que le soir de novembre où s'est joué le sort du Québec à la conférence constitutionnelle d'Ottawa, il assistait à un concert de musique western dans le bar du Château Laurier.Les gens ont reconnu en lui un des leurs, l'étudiant en droit qui a appris à apprécier le western en écoutant la radio dans l'usine de croustilles de son père, à Hartland, en plein pays de la pomme de terre.Mais au-delà du flair, de l'image, la force de Richard Hatfield a quelque chose de bien moins mystique, de bien plus matériel.La force de Richard Hatfield, c'est MONCTON aussi un savoir-faire d organisation, de marketing et de patronage.Le bon patronage, diront ses organisateurs, qui assure que chaque ministre sait d'avance combien il peut injecter de fonds, publics dans une campagne électorale.Car en temps d'élection, Richard Hatfield ne laisse rien au hasard.Il détermine en exclusivité la date du déclenchement du scrutin; le seul signe avant-coureur de l'élection prochaine, c'est quand il commence à perdre les 15 kilos qu'il juge nuisibles à son apparence.Dès le début de son leadership, Hatfield s'est entouré de conseillers tels que Lowell Murray, le sénateur qui est devenu l'un des principaux stratèges de Joe Clark; il est allé voir ailleurs, au Québec surtout, comment se faisaient des campagnes électorales.En 1970, il s'est rendu incognito observer les ralliements politiques de Robert Bourassa, et en 1982, il a retenu les services de la maison de marketing montréalaise Dumas et Dupréqui l'avait impressionné lors de la campagne du Parti québécois en 1981.En 1982.les conservateurs ont en fait mené une campagne séparée au côté francophone, associant un vote conservateur à un vote nationaliste et court-circuitant de ce fait les libéraux et le Parti acadien autonomiste.Notion d'égalité Dans la victoire, Richard Hatfield rejette les accusations d'opportunisme.Il a.dit-il, une vision du Canada et du Nouveau-Brunswick fondée sur l'égalité des langues.C'est pour défendre cette vision qu'il a appuyé le projet de rapatriement constitutionnel de Pierre Trudeau, qu'il a fait la remontrance à Bill Davis et René Lévesque sur la question des droits des minorités, et qu'il a mis sa carrière politique en jeu maintes fois à défendre les Acadiens.Pour bon nombre d'Acadiens cependant, les efforts de Richard Hatfield sont sincères, louables, mais restent au niveau des principes, des symboles.La Société des Acadiens rappelle régulièrement que le nombre de francophones dans la fonction publique n'atteint que 15 p.cent, et que la loi sur l'égalité des communautés linguistiques, malgré ses nobles intentions, ne comporte pratiquement aucun mécanisme d'implantation.Pour Lise Bissonnette du DEVOIR, avec qui Richard Hatfield aime aussi dîner à l'occasion, le premier ministre passera à l'histoire pour avoir brisé la tradition Di-partisane du Nouveau-Brunswick et pour avoir réussi à imposer ses réformes linguistiques à ses collègues anglophones.Cela dit, son travail en faveur des francophones, estime-t-elle, tout sincère soit-il, tient moins d'une compréhension profonde des besoins et des aspirations des Acadiens que de sa francophilie, que de sa fascination pour le menu français qu'il consulte à Montréal.Richard Hatfield n'écarte pas la possibilité de tenter d'obtenir un cinquième mandat comme premier ministre.Entre-temps, il continue à jongler avec ies symboles et les principes.Et à provoquer.Le dernier incident concerne le drapeau acadien, que les libéraux lui ont demandé de hisser pour un an au mât de l'Assemblée législative de Fredericton, à l'occasion du centenaire de son avènement.Mais Hatfield, jurant de damer encore une fois le pion aux libéraux, suggère plutôt de taire flotter le drapeau sur tous les édifices gouvernementaux de la province, déclenchant du coup un toile chez les anglophones qui vénèrent toujours le Union Jack.Pendant qu'au plus fort de la controverse, le président de l'Association des Canadiens anglais du Nouveau-Brunswick réclamait à corps et à cris sur le parquet de l'Assemblée législative une rencontre avec Richard Hatfield, on apprenait que le premier ministre était.en voyage aux États-Unis.? uand l'abbé Georges-lAntoine Belcourt, parti du Québec, débarque à Rustico, sur la côte nord de rïle-du-Prince-Èdouard, à la fin de 1859.il trouve une communauté acadienne de 2 245 agriculteurs et pêcheurs entassés sur un territoire exigu.Les ouailles du père Belcourt sont pauvres, françaises et catholiques.(') Aujourd'hui.Rustico compte environ 1 200 Acadiens d'origine.Ces Gallant, Arsenault.Doiron.Gaudet ne sont plus miséreux, sont toujours catholiques mais le père Belcourt ne pourrait plus leur prêcher en français.Tous sont maintenant anglophones.Presque tous: au recensement de 1981, exactement 10 personnes ont déclaré qu'elles avaient le français comme langue d'usage.À la Banque des Fermiers de Rustico.sorte de banque du peuple créée par le curé Belcourt et aujourd'hui convertie en musée, madame Blacquière vous accueille en français mais elle avouera: «Mes enfants, il faut que je leur parle en anglais si je veux qu'ils me comprennent.» À deux pas de la banque historique, la caisse populaire acadienne porte le nom de Stella Maris Credit Union.L'histoire de Rustico.c'est celle de plusieurs communautés aca-diennes de I ile-du-Prince-Édouard.Le recensement de 1981 a établi que lîle comptait 13 690 personnes d'origine ethnique française (sur une population totale de 121 220).De ce nombre.3 730 avaient encore le français comme langue d'usage, soit 27 p.cent.La majorité des Acadiens de I île sont unilingues anglais.Un certain nombre ont gardé une connaissance approximative du français mais sont en réalite des anglophones dans la vie de tous les jours.Toute vie française dans cette province n'a toutefois pas complètement disparu.La région Evangeline dans le sud-ouest de l'île présente un caractère francophone assez homogène et la vie française y conserve une certaine vigueur.Il semble bien qu'un dernier carré de francophones pourra y survivre grâce surtout à l'argent qu'y consacre le Secrétariat d'État fédéral.Évangéline, Évangéline! L'Acadie française c'est l'école secondaire Évangéline, la Caisse populaire Evangéline.la Commission scolaire Evangéline, le centre de santé Evangéline.en un mot la région Évangéline.identifiée comme telle sur les cartes routières de l'ile-du-Prince-Edouard.Quelques villages peu populeux le long de la côte sud-ouest de l'île: Mont-Car-mel, Baie-Egmont.Abram-Village (le pays d Angele Arsenault).Ur-bainville.Saint-Phiiippe.Pays d'églises superbes, étrangement plantées entre la mer et les champs, comme à Mont-Carmel.Pays de plages de sable rouge, peu fréquentées par les touristes.Les Québécois de passage dans Roch Côté l'île affectionnent les plages de Cavendish, au nord, mais ignorent souvent l'existence même d'une région acadienne francophone.La région Évangéline est française à plus de 50 p.cent.On y compte un peu plus de 2 000 francophones qui vivent dans un réseau d'institutions assez serré pour faire face à peu près efficacement à l'assimilation.Pour Georges Arsenault.historien aca-dien de l'île, il y a espoir de maintenir une vie française dans cette région à condition que les Acadiens y conservent une certaine homogénéité.Ailleurs, comme à Tignish, Summerside ou Charlotte-town, le taux d'assimilation laisse prévoir une disparition à peu près complète de la langue française.Ce qui tait avant tout la force des Acadiens de la région Évangéline, c'est l'existence d'une école française régionale qui accueille environ 600 élevés.De la V à la 8e année, l'enseignement se fait à 80 p.cent en français, puis à 60 p.cent de la 9e à la 12e.«Si ce n'était de l'école, la région serait anglicisée», estime Georges Arsenault.Ailleurs dans la province, l'école française doit encore faire l'objet de batailles longues et pénibles.Dans la région de Summerside, des parents se sont fait refuser une classe l'an dernier parce que le «nombre d'élèves ne la justifiait pas».Ils étaient 18 au lieu des 25 réglementaires.Pourtant, quand le gouvernement fédéral a décidé d'installer à Charlottetown en 1980 un bureau du ministère des Anciens combattants, les autorités provinciales ont été plus souples sur le règlement.Devant les menaces des Québécois et des Franco-Ontariens de refuser d aller à Charlottetown si leurs enfants n'avaient pas d'école française, le gouvernement provincial a tôt fait d'accorder cette école pour les.16 élèves concernés.Les dollars d Ottawa valaient bien un petit accroc à la loi scolaire.La question scolaire a d'ailleurs toujours été au coeur des luttes de la minorité acadienne.Les Acadiens n ont en générai pas eu d'autre choix que d'aller à l'école anglaise.Les enseignants y maintenaient un peu de français sur une base volontaire et par pur dévouement, par exemple en corn- MISCOUCHE LES ACADIENS À L'ÎLE-DU-PRINCE-ÉDOUARD Le dernier carré de la survivance *.v> \u2022 mençant l'école une demi-heure avant l'heure officielle.Puis, le français a fait son entrée à l'école: c'est ainsi que les francophones ont pu suivre le cours de français langue seconde destiné aux anglophones.À l'heure actuelle, l'éducation en français n'a toujours pas de statut officiel dans l'île.Même l'école Evangéline, la seule école secondaire française de l'île, ne l'est qu'officieusement.À Charlottetown, au ministère de l'Éducation, 2 employés sur 90 s'occupent de l'éducation française, y et 100 000$ à l'Association de la jeunesse acadienne.Le Secrétariat subventionne également quatre centres de regroupement de francophones à travers la province.La Société Saint-Thomas-d'Aquin (SSTA), c'est l'équivalent à I île-du-Prince-Édouard'de la Société nationale des Acadiens du Nouveau-Brunswick.Fondée en 1919 par un groupe d'instituteurs, elle rassemble aujourd'hui plus de 2 000 membres et tout ce que l'île compte d'associations ou de clubs acadiens.Le Secrétariat d'État la île-du-Prince-Édouard Baie Egmont Abram-Village^»' Monl-Carmel compris les classes d'immersion pour les anglophones.Administra-tivement, l'éducation française fait partie de la section «langue seconde et minoritaire».La manne fédérale «Le développement culturel de ces dernières années a été rendu possible par l'aide du Secrétariat d'État fédéral.» L'opinion de Georges Arsenault se justifie amplement quand on examine ce qu'a apporté à la minorité francophone le programme d'aide aux communautés de langues officielles du Secrétariat d'État.Pour la seule année budgétaire 1984-85, le bureau du Secrétariat d'État à Charlottetown dispose d'une somme de 650 000 S pour soutenir les activités de la communauté de langue française.L essentiel de ce budget va à deux postes: 410 000 $ sont accordes à la Société Saint-Thomas-d'Aquin reconnaît comme porte-parole officiel de la communauté acadienne de l'île.La mise sur pied des programmes du Secrétariat d'Etat a partir de 1970 a signifié pour la SSTA le passage du bénévolat à l'organisation professionnelle.Depuis 1977.elle a reçu plus d'un million en subventions.Elle compte maintenant neuf employés permanents et quatre animateurs à temps partiel.À même ses propres fonds, elle a construit à Summerside le centre J.-Henri-BIr.nchard qui abrite son secrétariat permanent, les bureaux de l'hebdomadaire La Voix acadienne, un mini-centre culturel, une bibliothèque et une discothèque.La SSTA est en mesure de susciter et de soutenir des activités de toute nature dans la communauté acadienne et elle sert de plus en plus d'organisme de pression politique.Appuyée par Ottawa, elle a forcé la main a Charlottetown pour la participation à certains programmes et obtenu la création d un comité provincial de développement des communautés aca-diennes.Acadian ou acadien?Ce nouvel essor de la communauté francophone commence à créer un peu de jalousie auprès des Acadiens anglicisés.Majoritaires, ces derniers n'en continuent pas moins à se dire Acadiens ou plutôt Acadians quand ce n'est pas tout simplement Frenchmen.Ces mêmes Acadians composent une bonne moitié de la SSTA, même si cette dernière travaille exclusivement à la promotion de la vie française.Ils comptent même parmi ses meilleurs bailleurs de fonds.Ces bons Acadiens se demandent pourquoi on aiderait seulement les Acadiens francophones et qu'on les laisserait de côté, eux, sous prétexte qu'ils sont de langue anglaise.Le French Social Club de Summerside fonctionne en anglais mais n'est-il pas composé à 100 p.cent d'Acadians.d'authentiques Frenchmen?En somme, c'est la survivance a l'irlandaise! Autant au Secrétariat d État qu'à la SSTA, on est résolu à ne pas emprunter le chemin de ce qu'on appelle Sa «survivance folklorique».«Ce qu'on appuie, c'est la survie de la langue française à lïle-du-Prince-Édouard».précise Donald Arsenault.du bureau du Secrétariat d'Etat à Charlottetown.A la SSTA.on espère que ta nouvelle vitalité des groupes de langue française servira d'exemple et que les Acadiens anglicisés cesseront de considérer le français comme un symbole d'infériorité.Peut-être est-ce l'éclosion d une nouvelle fierté que m'exprimait ce vieil Acadien dans la langue de ses ancêtres: «Avant, les Anglais mar-chicnt sur les Français, mais c'est pu d'mêrne.À c t'heure, les Français s'teniont ensemble.» ?( ') Les références historiques sont empruntées à l'ouvrage de Georges Arsenault, Initiation à /'histoire acadienne de n/e-c/u-Prince-Êdoucrd, Société Saint-Thomas-d'Aquin, 1984.r C C r } r C < r 1 C c I .9M.donner votic numéro de carte VISA ou MASTER CARI) et le tour est joue Ce service vous es1 offert du lundi au vendredi dc«* h à \\t> h Prière de noter que le» échange» cl les remboursements ne v>nt pas acceptes.efSC Uruxbrt J .* c - .- ] s_____ \" \u2022\u2022\" - 'm * « ¦ m «t* i "]
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