La presse, 17 septembre 1984, La Presse 100 ans de culture
[" §j 100 ans de culture g MONTRÉAL, LUNDI 17 SEPTEMBRE 1984 \u2022 f \"a: Photo Robert Nadon \u2014 Conception graphique: Gilles Du&sault 7! \u20222 s4 = !\u2022 LA PRESSE, MONTRÉAL, LUND! S - 17 SEPTEMBRE 1984 PAUL DESMARAIS président du conseil d'administration ROGER D.LANDRY président et éditeur MICHEL ROY éditeur adjoint CLAUDS GRAVEL directour de l'information JEAN-GUY DUBUC éditorialiste en chef 100 ANS DE VIE CULTURELLE Les créateurs québécois sont à notre image.9 M, \"Je jiiel oubli ! Dans ce cahier, nous avons voulu \u2014 et réus |e l'espère \u2014 tracer le portrait de cent ans de culture québécoise.Du théâtre au cinéma, de la chanson à la littérature, nos journalistes ont fait revivre les grands moments et tenu à nous rappeler les grands noms de notre histoire.Mais quel oubli ! En relisant ces textes, et en revoyant ces photos que nous avons tirées des archives de LA PRESSE, je me rends compte que nous traitons de tout \u2014 radio, cinéma, sculpture, architecture, etc.\u2014, sauf de la presse écrite.Oui, quel oubli.Car la culture du peuple québécois des cent dernières années est aussi liée à l'évolution des journaux.Politiques et engagés jusqu'à la fin du dix-huitième siècle, ils connaîtront des tirages limités.La grande presse d'information naîtra \u2014 il faut le dire \u2014 avec LA PRESSE.Ce journal, qu'aura acheté un typographe de génie, Trefflé Berthiaume, révolutionnera les modes et ouvrira de nombreuses voies.Il plongera à pleines mains dans la vie quotidienne d'un peuple qui, au tournant du siècle, en deux générations, presque brutalement, passera des champs à l'usine, de la campagne à la ville.Par vagues successives, sortis de nos rangs et de nos villages.par familles entières, ils viendront, succédant à l'exode vers la Nouvelle-Angleterre, grossir une ville, Montréal.Des quartiers s'improviseront autour dos nouvelles usines et autour des clochers qui les auront accompagnées.Mais \u2014 dois-je faire cet aveu ?\u2014 cet oubli est un peu volontaire.Il est gênant de parler de soi.Et nous avons beaucoup parlé de LA PRESSE, de la presse écrite, en cette année du Centenaire.Nous avons préféré traiter ici d'autres types d'expression culturelle que des journaux.Nous devinons que, complices de notre pudeur, vous pardonnerez cette lacune.Depuis cent ans, la presse écrite, et LA PRESSE en parti culier, aura rendu compte de cet immense brassage social qu'aura été le passage d'un siècle à un autre, le passage de la force musculaire à la force mécanique, puis de la force mécanique à la force intellectuelle.Nous avons voulu retracer les ferments de cette transhumance et vous en décrire les résultats.Ils sont à la mesure de notre peuple, laborieux et exhaltants.Pour un Papineau-Couture, combien de génies perdus ?Pour un Marc-Aurele Fortin, combien de peintres du dimanche ?Pour un Félix-Antoine Savard, combien de feuilles gaspillées ?Je songe à Emile Nelligan et, relisant « Le Vaisseau d'or », je pense à ce sexagénaire de l'hôpital Saint-Jean-de-Dieu, qui, enfin docile, récrivait, presque mot à mot.pour une vieille infirmière de ma connaissance, quarante ans après sa publication, le poème qui l'a rendu célèbre.Je songe à Jean-Paul Riopelle qui.triomphant dans le monde* entier, n'en garde pas moins une résidence au Québec où il vient se ressourcer.Je songe encore à Félix Leclerc, qui, comme l'habitant, vieillit à l'ile d'Orléans en ne nous privant pas de sa célébrité.Nos créateurs sont à notre Image, frileux mais excessifs, repliés sur eux-mêmes mais plias grands que la planète.Pareils à un peuple minoritaire, niais qui a toujours voulu, au fond de lui-même, se dépasser et dépasser ses frontières, combien n'ont pas du.pour nous faire hommage, s'enraciner en nous tout en s'ex-patriant?Et combien n'ont pas dû refuser de s'expatrier pour s'enraciner en nous 7 Existe-t-il telle chose que la culture québécoise?Nos créateurs, finalement, comme les politiques ou les financiers, ne sont que le produit et le reflet d'un peuple.De nous ils sont sortis.Par leur talent, ils nous résument et nous grandissent.Nous ne les acceptons pas toujours.Qu'ils continuent à produire deviendra notre consolation.Le plus bel hommage qu'ils peuvent nous rendre.Ainsi, nous pouvons retourner à notre vie quotidienne.\u2022 CLAUDE GRAVEL Directeur de l'Information ACTIVITÉS CULTURELLES Montréalais bonne saison! 9 Entre hier et demain Cent ans de culture, cent ans de représentation des différents courants qui modifient insensiblement la sensibilité d'une population comme celle du Québec.Comme nous paraissent loin aujourd'hui les manifestations artistiques de la première moitié de ce siècle, alors que le théâtre occupait les lieux qu'envahira bientôt l'art nouveau du cinéma et que les spectacles de variétés étaient considérés avec une cer- taine suspicion morale ' Les récentes années passent d'ailleurs de plus en plus rapide ment dans la zone d'ombre des choses oubliées.La littérature se défait peu à peu des modes byzantines im portées d'outre-Atlantique, en faveur d'un récit plus linéaire et de plus en plus proche de la chronique à l'américaine.Au théâtre, les expériences audacieuses de créations collectives et d'improvisations s'estompent devant un nouveau réalisme cru.Quant au mélo-dramme, il a depuis longtemps quitté les planches du théâtre pour l'écran de télévision.La musique et la danse ( et les arts plastiques même ) manifestent une tendance à se fondre en Page couverture de nouvelles synthèses qui les ramènent à leur origine commune.En un même élan, les créations instantanées, les «performances» et les «installations», à visées sociales, secouent l'anémie des formalismes vieillissants.Les spectacles des groupes anglo-saxons de « métal hurlant » ou autres occupent aujourd'hui toute la scene de la musique populaire, reléguant au second plan l'émotion et la poésie des grands noms de la chanson.Même le jazz, remis à la mode, se laisse tenter par Je gigantisme et la puissance du son.Le cri succède à la complainte et les super-vedettes se suivent à un rythme accéléré.Quant au cinéma, à un point tournant de son évolution, il entre littéralement chez les gens.De la salle obscure, il passe, grâce au magnétoscope, à l'intimité du salon et, plus important encore, se prête à une gamme d'effets spéciaux qui mettent le film à la disposition personnelle de l'opérateur.Bientôt d'ailleurs tout l'univers du spectacle sui- vra la même voie : vidéodisques, « vidéoclips » et vidéocassettes de toutes sortes.Parallèlement, une certaine lassitude semble se manifester à l'égard des « grandes machines » du spectacle et l'on devrait bientôt entrer dans une ere de plus grande diversification, en deçà des idéologies qui ont, d'une façon ou d'une autre, été sous-ja-centes à la plupart des manifestations artistiques significatives des dernières décennies, une ere de recherches ouvrant la voie à des productions d'oeuvres s'adressant à des publics restreints mais fervents, comme cela se produit par exemple du côté de la musique ancienne.Ces petits groupes deviennent de plus en plus nombreux, au moment même où, curieusement, la musique symphonique connait sa plus large audience.Ce nouveau rassemblement en petits groupes parait appelé, du fait même des choix qu'il suppose, à une appréciation plus affl née et à une participation plus personnelle qui seront peut-être la marque :lu public de demain.Montreal, capitale culturelle du Québec, a une vie artistique intense : 300 événements musicaux ( concerts, récitals, etc.), 700 films, 100 pièces de théâtre, plus de très nombreuses expositions et on ne sait combien de manifesta tions d'esprit d'avant garde, s'y succèdent chaque année.en un tourbillon incessant.La saison 81-85, qui vient de s'ouvrir, ne fera pas exception.Les musées Ai> Musée des Beaux-Arts, l'année 84 aura été celle de Bouguereau, pompier en chef du lue siècle français, porté aux nues par les uns, abreuvé d'injures par les autres, et dont on peut contempler les beaux corps mous et roses encore une semaine.L'année qui vient sera celle de Picasso, dont l'exposition, qui dominera t(Mites les autres, dit-on.débutera a la mi-juin.Mais juin est loin.En attendant, on pourra voir, le 19 octobre, « l'Avant-scène de Timagi naire », trois ètlviroatyètnents tenant de la sculpture, de l'oeuvre architecturale, et du reste î Puis, à compter de la fin jan vier, une exposition d'affiches qui aura sans doute du succès.« Affiches d'avant-garde », où on rêvera devant des oeuvres datant de la première moitié du siècle.Côté Musée d'art contemporain, l'exposition Borduas se poursuit jusqu'au 30 septembre.Viendront ensuite « Vidéo 8-1 », qui s'ouvrira le 27 septembre ( le publie sera invité à participer, comme le veut une certaine mode ), et puis, entre autres, une exposition consa crée à l'artiste français François Morellet, qui débutera le î l octobre.Kn janvier, enfin, le musée saluera ses premiers vingt ans d'exisicnee par une exposition de 150 oeuvres particulièrement significatives de sa collection permanente.La musique Devenu, grâce à ses succès récents, quelque chose comme un monument.mais encore naissant, l'Orchestre s\\mpho~ nique de Montréal donnera 67 concerts au cours de sa saison régulière.A signaler, la Symphonie Babi Yar ( numéro 13 ) de Shostakovich, que POSM jouera les 23 et 24 octobre.Des cinq concerts que pré seniera l'Orchestre des jeunes du Québec, prière de ne pas oublier, indique-ton, le Concerto pour violon en ré majeur, op.S] de Beethoven.Ex-violon solo de l'Orchestre symphonique d« Boston et actuel directeur artistique de celui de l'Utah (États-Unis), Joseph Silvers tein dirigera l'orchestre et sera aussi le soliste, les 22 et 23 février, à la salle Kedpath de l'université McGill.L'Orchestre de chambre McGill donnera enfin de son côté neuf concerts.Accompagné par la formation, on pour ra ainsi entendre, le 5 novembre, à la Place des Arts, le célebre violoncelliste MsUslav Rostropovitch, dans les Variations rococo de Tchaikovsky.Mais tout cela, bien sûr, ne représente qu'une infime partie du calendrier musical, déjà riche de 2i>0 événements début septembre et qui s'allongera sans doute encore, selon le chroniqueur musical de LA PRESSE Claude Gingras.Le théâtre Montréal renferme une vingtaine de scènes, en comptant sa demi-douzaine de cafés-théâtres.Comme tous les ans, la quarantaine de troupes qui ont leur siège à Montréal s'y produiront, on l'a vu, dans une Centaine de pièces.Soit, ce qui est fort respectable, une nouvelle production tous les trois jours.Parmi celles qui marqueront sans doute la saison, on peut citer : « Albertime en cinq temps », de Michel Tremblay, qu'on verra au Théâtre du Ri deau Vert à compter du 13 novembre ; « la Noce » de Robert Duparc, quî racontera uhe réception de mariage et sera présentée.à l'église Saint-Louis-de-France, a partir du 9 octobre ; « Gertrude, Alice, Nathalie et ce cher Ernest » de .To-vette Marchfsseault, qui nous entraînera dans le Paris des années 30 avec Gertrude Stein et Ernest Hemniingway, à l'Atelier continu de la rue Laurier, du 24 octobre au 18 novembre.Aussi, au Théâtre du Nouveau Monde, « la Cuisine » de l'Irlandais Arnold Wesker, à compter du 22 novembre.En-tin, la comédie de l'Américain Neil Simons, « Un village de fous », par la Compagnie Jean Duceppe, au Théâtre Port-Royal à partir du 12 décembre.Le cinéma, finalement, connaît une rentrée fracassante, avec quantité de films de qualité, malgré la diminution du nombre d'écrans passé de 234 dans le Grand Montréal en 1981 à 215 cette année.Montréalais, bonne saison ! FÊTES DU CENTENAIRE La boucle est bouclée Au début des fêtes du centenaire de ce Livre du peuple qu'est LA PRESSE, nous vous avions promis une mosaïque complète de l'activité montréalaise au cours des cent dernières années, par le biais de cahiers thématiques échelonnés sur les 12 mois de célébrations.Nous avons donc, aujourd'hui, le plaisir de vous proposer le dernier volet, celui de la culture.Conçu avec l'habituelle collaboration des journalistes de LA PRESSE \u2014 et plus précisément ceux de la section Arts et culture\u2014, ce cahier vient s'ajouter aux cinq précédents successivement consacrés à l'économie, au sport, aux inventions, au transport et â la vie montréalaise.La rétrospective promise ne se limite cependant pas à ces six cahiers thématiques : il faut en effet ajouter le cahier special « 100 ans d'actualités » publié le 20 octobre dernier, à l'occasion du lancement de la centième année de publication de LA PRES SE, ainsi que les pages quoti diennes qui se chiffreront par 307 lorsque la dernière de la collection sera publiée le 20 octobre prochain ( sans compter bien sûr l'index publié au même endroit au cours de la semaine suivante).Une fois la centième année de publication terminée, LA PRESSE se tournera vers sa 101e et, partant, vers l'avenir.II en sera de même du tout dernier cahier spécial de cette année inoubliable, consacré â la prospective à court et à moyen terme.Ne le ratez donc pas, le 20 octobre prochain.GUY PINARD coordonnâtes LA PRESSE tient une collecte de sang à la Place des Arts Pour accompagner la photo de ce carrefour de la vie culturelle montréalaise qu'est la Place des Arts, nous vous proposons quelques-uns des visages qui se sont le plus illustrés au fil des ans, soit ceux du chef d'orchestre Charles Du toit (1), de la cantatrice Maureen Forrester (2), du peintre Paul-Émile Borduas (3), de rame des variétés lyriques qu'était Lionel Daunais (4), du comédien Gratien Gélinas (5), du chanteur Félix Leclerc (6), de la chorégraphe Ludmilla Chiriaeff (7) et de l'auteur Roger Lemelin (8).Le hasard fait parfois bien les choses.La Société canadienne de la Croix-Rouge, qui célèbre cette année ses 75 ans, a invité LA PRESSE, qui célèbre son centenaire, à tenir une collecte de sang.Comment refuser pareille occasion de rendre service ?Simultanément, la Société de la Place des Arts songeait, elle aussi, à tenir une collecte de sang Pourquoi alors, pensa-t-on, ne pas faire front commun ?Sitôt dit, sitôt fait.Ou presque.À LA PRESSE, l'équipe du centenaire préparait déjà le présent cahier « 100 ans de culture ».La publication de ce sixième cahier thématique, offert dans le cadre de l'année du centenaire en hommage aux artisans de la culture québécoise, nous est alors apparue comme l'occasion rêvée d'inviter comédiens, chanteurs, musiciens, écrivains,' peintres, sculpteurs, danseurs, mimes, employés de la Place des Arts et de sociétés associées, à venir offrir généreusement de leur sang.C'est donc aujourd'hui, à l'occasion de la parution de ce cahier ¦ 100 ans de culture », que se tient la collecte ie sang de LA PRESSE dans le hall de la salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts.Entre 10 h 30 et 20 h 30, les artistes de la scène s'arrêteront quelques instants pour réconforter les donneurs, voire offrir leur propre sang.Et pour meubler les quelques moments d'attente, le public pourra, par la même occasion, jeter un coup d'oeil sur une exposition de photos, d'illustrations et de textes qui retraceront, grâce aux archives de LA PRESSE, 100 ans de culture montréalaise, québécoise et canadienne.CKAC sera également sur place afin d'assurer la couverture de l'événement en ondes.Votre présence sera pour nous le gage d'un succès retentissant et contribuera à nous aider à atteindre l'objectif de 500 unités de sang.Le comité de l'année du centenaire de LA PRESSE 100 ans de culture Coordination : GUY PINARD Graphisme: ROLAND FORGET, GILLES DUSSAULT Mise en page: PIERRE-PAUL GAGNÉ Photothèque: GÉRARD MONETTE Recherche: GEORGES WENTSER Révision des textes: JEAN TAILLEFER LA PRESSE, MONTRÉAL, LUNDI 17 SEPTEMBRE 1984 3* Les arts de scène L'Orchestre Symphonique de Montréal vient de dépasser le cap de la cinquantaine.Comme certaines personnes qui avouent \u2022 commencer à vivre » à ce moment-là, l'OSM, à un demi-siècle d'âge, ne s'est jamais si bien porté ! Fondé en 1931 sous le nom de Société des Concerts symphoni ques de Montréal, l'orchestre donna son premier concert le 11 janvier 1935, à l'auditorium de l'école Le Plateau, au coeur du parc Lafontaine.L'orchestre prit en 1953 le nom bilingue de Orchestre Symphonique de Montréal Montreal Symphony Orchestra, retenant l'appellation française a partir de 1979.La création, il y a 50 ans, de ce que tout le monde aujourd'hui appelle tout simplement « OSM » était née d'un désir de plusieurs Montréalais francophones d'avoir leur orchestre bien à eux, avec un répertoire faisant une large place aux chefs, solistes et compositeurs d'ici.Cette initiative était en fait une réaction contre la « politique anti-canadienne-française » de l'orchestre en place, le Montreal Orchestra, qui jouait « dans l'Ouest ».au Her Majesty's, rue Guy.I Créé en 1930, cet orchestre était dirigé par un Britannique.Douglas Clarke, qui favorisait la musique de son pays et, surtout, refusait l'hospitalité aux compositeurs, chefs et solistes québécois.Les principaux fondateurs de l'orchestre « français », qui s'établit « dans l'Est », au Plateau, furent le mécène Jean: C.Lallemand, aujourd'hui âgé de 86 ans et toujours actif, le critique Henri Letondal et Mme Athanase David, épouse du Secrétaire de la province, lequel obtint une subvention de $3000 pour lancer le nouvel orchestre.Les mêmes musiciens Le réservoir de musiciens étant limité à Montréal à l'époque, un grand nombre de membres du Montreal Orchestra firent également partie du nouvel orchestre, si bien qu'on peut dire que l'« orchestre ennemi » ( qui cessa ses activités en 1941 ) donna naissance, et à plus d'un titre, à l'OSM î La politique à toutes fins utiles «nationaliste» défendue par le|| nouvel orchestre fut illustrée dès le premier concert.Rosario> Bourdon le dirigeait, les soliste étaient le pianiste Léo-Pol MoT rin, le flûtiste Hervé Baillargeon' et le clarinettiste Joseph Delcel-lier.et des oeuvres de Debussy et de C'alixa Lavallée ( l'auteur de l'hymne national canadien ) voisinaient avec celles de Beethoven, Mendelssohn, Tchaikovsky et Goldmark.L'orchestre comprenait alors 67 musiciens parmi lesquels on relevait plus de 10 noms francophones.Edmond Trudel.Eugene Char-tier, J.-J.Gagnier et Wilfrid Pelletier dirigèrent les concerts subséquents.Pelletier fut le premier directeur artistique de l'orchestre et conserva le poste jusqu'en 1940.L'« ère internationale » En 1940 commença l'« ère internationale » de l'orchestre.La direction artistique passa au chef belge Désiré Defauw, qui jouissait d'une solide réputation en Europe.Il dirigea ici jusqu'en 1952, tout en occupant un poste identique à l'Orchestre Symphonique de Chicago.Le public augmentait, si bien que, d'abord donnés un seul soir, les concerts durent, dès 1944, être repris le lendemain.Les grands solistes internationaux commencèrent a paraître avec l'orchestre: Rubinstein, Heifetz, Flagstad, Menuhin.Arrau, Pla-tigorsky.De même.I» chefs les plus prestigieux : Beecham, Monteux, Munch, Stokowski.Klemperer, Krips.Szell, Bruno Walter.Solti ( alors peu connu ) et Bernstein ( ators très jeune ) vinrent aussi le diriger.Après avoir lait ses débuts nord-américains a l'OSM en 1955, le réputé chef russo-français Igor Markevitch en devint le directeur artistique en 195h.C'est Markevitch qui transforma l'orchestre en un ensemble vraiment professionnel : en lui faisant relever ( et avec succès ) le défi que représente l'exécution du Sacre du printemps.de Stravinsky, et en obtenant poulies musiciens un contrat annuel.Aujourd'hui, l'orchestre compte 94 musiciens sous contrat.Des surnuméraires s'ajoutent lors que les oeuvres l'exigent.C'est également avec Marke vitch que commença cette «dé mocratisation » qu'on attribue aujourd'hui a certains de ses successeurs : ii organisa des séries supplémentaires de con certs, dont les soirees populaire^ au Forum.De Markevitch à Mehta Mais Markevitch s'entendait mal avec la haute direction et il annula son retour en 19().En 1961, Zubin Mehta lui succéda et c'est sous son règne que l'OSM effectua sa premiere tournée en Europe.Une autre étape importante fut le passage du Plateau à la Place drs Arts, en 19G3.D'une salle de 1300 siegrs.l'orchestre passait a une de 3000 et, rapidement, il n'eut aucune difficulté a la remplir.Avec Mehta.l'OSM commença à produire des operas : Tosca , Carmen , La Traviata .Aida , Ri goletto : il donna Faust et Otel lo dans le cadre de l'Expo 67.Le soin de la production d'opéras fut ensuite assuré par l'Opéra du Quét)ec puis par l'Opéra de Montreal, mais toujours avec l'OSM dans la fosse.Sollicite par des orchestres é tranters.Mehta quitta l'OSM en 1967 et lut remplacé par Fran/ Paul Decker, qui.pendant huit ans.imprima à l'orchestre la discipline qui lui manquait.Mais, c'est connu, les orchestres \u2014 leur public autant que les musiciens \u2014 se fatiguent d'un chef permanent.Le contrat de Decker ne fut pas renouvelé en 197.\") et on engagea a sa pla< e l'Espagnol Rafael Fruhbec k de Burgos.Son passage laissa peu d'impression et fui de très iourte durée.Peu heureux a Mont réal, Fruhbeck disparut avant l'expiration de son contrat et le reste de la saison 1976-77 dut être confié a des chefs invités recru tés en hâte.L'un de ces chefs se nommait Charles Dutoit.Seuls quelques discophiles connaissaient son nom.Le jeune chef suisse créa une sensation lors de son concert de février 1977 et lut bientôt engagé comme directeur artistique.Sept ans plus tard, sa popularité montréalaise dépasse quasiment celle du maire Drapeau.L'OSM dans le monde Premier directeur artistique francophone depuis 25 ans.Du toit entreprit de faire de l'OSM une formation de calibre absolument international.De ses nom breuses réiis.sires a cet égard, sa plus grande aura été l'obtention pour l'orchestre d'un contrat d'enregistrement avec l'une des grandes marques mondiales.Decca-London.Le premier disque, l'intégrale de Daphnis et Chloé, de Ravel, remporta un succès inespéré et le standard fut maintenu a\\ ec la douzaine de disques qui suivirent De nom breux prix internationaux les couronnèrent et d'autres enre gistrements sont prévus pour les années a venir.Ces enregistrements de l'or chestre précédèrent en Europe la tournée que l'orchestre > faisait au printemps dernier.Tournée triomphale, le mot n'est pas trop fort.Le public européen fut à même de constater que le disque n'avait pas menti : l'OSM était à placer parmi les plus beaux du mond» * s > ¦ il*\" I Franz-Paul Decker(à gauche ) imprima à l'OSM la discipline qui lui manquait, tandis qu'avec Mehta ( en bas ).l'orchestre commença à produire des opéras.Dutoit ( à droite ) a entrepris de faire de l'OSM une formation de calibre absolument international.\\ LA PRESSE, MONTRÉAL, LUNDI 17 SEPTEMBRE 1984 1 Les arts de scène SI L'OPÉRA AU QUÉBEC Une tradition deux fois centenaire L'opéra, le genre musical qui fait appel aux éléments les plus nombreux ( chanteurs-comédiens, orchestre, choeurs, décors et costumes, mise en scène ), existe depuis bientôt 100 ans.Le premier «opéra», comme tel, Dafne.de Jacopo Péri, fut créé en 1597.Au Canada, une activité d'opéra existe depuis très exactement 200 ans, et c'est chez nous, plus précisément à Québec, qu'elle prit naissance.Le plus ancien document où il est question d'un spectacle d'opéra présenté en notre pays est un article de la Gazette de Québec du 13 février 1783 rendant compte d'une représentation de The Padlock , opéra léger du compositeur britannique Charles Dibdin.qui fut ensuite donné à Montréal en 1786.CLAUDE GINGRAS Le premier opéra composé au Canada \u2014 et vraisemblablement en Amérique \u2014 a également vu le jour chez nous.Il s'agit de Colas et Colinette.oeuvre légère de Joseph Quesnel, officier de marine né en France et établi au Canada en 1779.Colas et Colinette fut créé à Montréal le 14 janvier 1790, soit douze jours avant Cosi fan lutte, de Mozart î ( Le premier opéra composé aux États-Unis dont l'histoire fait mention fut Tammanny, or The Indian Chief.de James Hewitt, créé à New York en 179-1.) L'historien canadien Helmut Kallmann a dépouillé tous les journaux de l'époque et découvert qu'en 1810 une centaine de représentations d'opéra avaient déjà été données au Canada.Dès 1S46, Québec vit Le Devin du village , de Jean-Jacques Rousseau ( le célèbre philosophe était également musicien ).Du Rossini à Montréal La présentation chez nous d'ouvrages majeurs du répertoire commença au milieu du siècle dernier Des productions locales permirent aux Montréalais de découvrir La Cenerentola , de Rossini, Fra Diavolo, d'Auber, La Sonoambllia, de Bellini, et L'Elisir d'à more, de Donizetti, dès 1841, soit quelques années seulement après leur création en Europe.Une production locale de Der fliegendc Hollander ( « Le Vaisseau fantôme » ), de Wagner, fut donnée en 1871.L'ouvrage était encore « contemporain ».ayant été créé en 1843.À la même époque, des compagnies d'opéra américaines et même européennes commencèrent à nous visiter : ces tournées durèrent jusqu'à la Première Guerre mondiale ( 1914-18).En 1890 et 1892, deux séries de spectacles Turent présentés par la troupe d'Emma Albani, avec en vedette la légendaire cantatrice canadienne-française établie en Europe.Ces spectacles eurent lieu à l'Académie de Musique, salle de 2000 places qui s'élevait sur l'emplacement aujourd'hui occupé par le magasin Eaton.Albani chanta La Traviata, Lu-cia di Lammermoor.Lohengrin et Les Huguenots .D'autres compagnies itinérantes se produisirent à cette époque, au Her Majesty's, rue Guy ( théâtre aujourd'hui démoli ), et au Monument National, boulevard Saint-Laurent ( qui existe encore ).On y applaudit des oeuvres presque oubliées aujourd'hui telles que Sigurd, de Reyer, La Juive, de Halévy , et L'Africaine , de Meyerbeer.La troupe du Metropolitan Opera de New York, ouvert en 1883, vint à Montréal des 1899 avec Carmen, mettant en vedette Emma Calvé, et revint en 1911 avec Aida dirigé par Tosca-nini et chanté par Emmy Des-tinn.Mascagni lui-même vint à Montréal avec sa compagnie, en 1902, et dirigea quelques-uns de ses opéras, dont CavalJeria rusti-cana.Une compagnie permanente La première tentative d'établissement à Montréal d'une compagnie permanente d'opéra fut, justement, la Compagnie d'Opéra de Montréal/Montréal Ci-dessus, la célèbre cantatrice canadienne-française, Emma Albani.Dans l'autre photo, on aperçoit Claire Gagnier, Jean-Paul Jeannotte et Yoland Guérard dans une scène de l'opéra Le retable de Maître Pierre.Opera Company, qui exista de 1910 à 1913 et donna une moyenne de cent représentations par année à Montréal, Québec.Toronto et d'autres villes, avec un orchestre, des choeurs et des chanteurs d'ici et des vedettes étrangères telles que Edmond Clément, Frances Aida et Carmen Melis ( le futur professeur de Renata Tebaldi ).Le répertoire de la COM comprenait Aida , La Traviata , Tos-ca.La Bohème, Madama Butterfly, Fedora , L'Amico Frit/ , Carmen.Faust, Roméo et Juliette , Manon , Werther, Cen-drillon, La Navarraise, Thaïs, Hérodiade, Louise, Lakmé, et des ouvrages plus obscurs : L'Ancêtre ( Saint-Saens ).Zazà ( Leoncavallo ).Un tel programme impressionne aujourd'hui, où Montréal ne voit par saison que quatre opéras en 28 représentations.Mais il faut se souvenir qu'à l'époque le public n'était pas sollicité par la télévision et le disque et que.par ailleurs, les mises en scène étaient rudimentaires et la préparation, souvent hâtive.La COM fut dissoute après trois saisons, en raison d'un déficit de $65000.Des efforts pour la faire revivre restèrent sans lendemain.Montréal revint donc à la formule des compagnies itinérantes.En 1914, la Quinlan English Opera Company présenta ici les quatre opéras de la Tétralogie de Wagner.Mais les années subséquentes furent pauvres en théâtre lyrique.L'opérette De nouvelles tentatives d'établissement d'une compagnie lyrique furent faites une dizaine d'années plus tard, mais avec l'accent mis sur l'opérette.La Société canadienne d'Opérette exista de 1923 à 1934 et les Variétés-Lyriques de Charles Goulet et Lionel Daunais prirent la relève et présentèrent 1084 représentations en 19 saisons ( 1936-1955 ), et ce sans un sou de subvention.Mais l'opéra comme tel n'était pas mort chez nous.Les Festivals de Montréal, qui existèrent de 1936 à 1965, donnèrent Pelléas et Mélisande, de Debussy, et Tristan und Isolde, de Wagner, et plusieurs opéras en plein air.À cette initiative s'ajouta dans les années 50, chaque printemps au Forum, la visite du Metropolitan et ses têtes d'affiche \u2014 le « Met » qui, dès 1940, avait initié notre public à l'opéra grâce aux radiodiffusions du samedi après-midi ( qui existent encore ).La présentation d'opéras pendant la saison d'hiver fut de nouveau assurée dès 1941 par l'Opéra Guild, créé par Pauline Donalda, chanteuse montréalaise qui avait fait carrière en Europe.Annuellement et jusqu'en 1969, l'OG monta 33 productions, dont quelques premières canadiennes, avec des chanteurs locaux et étrangers, un choeur et un orchestre d'ici.Parallèlement existèrent l'Opéra Minute, qui donna quelques Menotti en première canadienne, et le Grand Opéra de Montréal, dont l'existence fut de courte durée.À l'Opéra Quild succéda l'Opéra du Québec, créé en 1971 par le ministère des Affaires culturelles du Québec, et tué quatre ans plus tard par un déficit de près de un million de dollars attribua-ble à une mauvaise gestion.Le ministère lançait en 1980 une nouvelle formule, l'actuel Opéra de Montréal, qui, bénéficiant d'un directeur artistique et d'un administrateur de premier plan, MM.Jean-Paul Jeannotte et Jacques Langevin, offre quatre productions ( 28 représentations ) par saison à un public toujours plus nombreux et plus enthousiaste, de tous les âges et de tous les milieux.Nos chanteurs Il ne faudrait pas clgre cette rétrospective sans mentionner l'apport de nos ^chanteurs.En raison de l'existence sporadique d'une activité de théâtre lyrique chez nous, c'est surtout à l'étranger que nos grandes voix d'opéra se sont produites, ^près Albani, déjà mentionnée, au moins sept chanteurs canadiens ont fait ( ou font encore ) une carrière internationale digne de ce nom : Edward Johnson ( qui devint par la suite directeur général du Metropolitan ), Raoul Jobin, Leopold Simoneau, Jon Viekers, Joseph Rouleau, Louis Quilico et Teresa Stratas.Quant à la liste des chanteurs qui se produisent régulièrement, et avec succès, à l'échelle locale, provinciale ou nationale, elle serait interminable.\u2022\u2022\u2022v.r î \u2022i.v V I V i .V'.19 f»*** - \" \"' A \\ _ m f 1 à n HP ¦ *\u2014- -rr :i D*après SACHA D'après SACHA GUITRY GUITRY Les femmes et l'amour MARGOT CAMPBELL JULIEN GENAY JEAN BROUSSEAU Mise en scène PHILIPPE GRENIER - Dès le 4 octobre M Gpoc^uc Les femmes et I amour MARGOT CAMPBELL JULIEN GENAY JEAN BROUSSEAU , j Mise eruscène PHILIPPE GRENIER Dès le 4 octobre opoque 1373-3262 fhéâfre denise-pelleher Octobre-Novembre-Décembre HAROLD ET MAUDE de Colin Higgins Mise en scène: Jean-Luc Bastien Avec: Janine Surto, Catherine Begin, Serge Oenoncourt, Edgar Fruitier.2e Janvier-F evrier-Mars LE TOURNIQUET de Victor Lanoux Mise en scène: Sébastien Dhavernas Avec Gaston Lepage et Benoit Girard 3e Mars-Avril-Mai L'OISEAU VERT d'après Carlo Gozzi Adaptation et mise en scène: Benno Besson Une production de La Comédie de Genève avec 14 comédiens sur scène.Direction artistique: Jean Luc Bastien * Une saison pour vous faire plaisir! é 1 LA PRESSE, MONTRÉAL, LUNDI 17 SEPTEMBRE 1984 5% Les arts de scène En cent ans d'enregistrement, toute la musique du monde, et pour tout le monde ! Bien qui' ivmontant à l'Antiquité, le rêve ck la conservation et de la reproduction du son, ( Vstfà-dire l'enrogist rement sonore, ne devint réalité qu'il y a un siècle environ.Cl AUDE GINGRAS Le \u2022 phonautographe ».inventa par Léon Scott de Martinville en 1857.fixait une « image du son », c'cst-ù-dire de> ondes sonores, grâce à un stylet qui traçait sur un cylindre l'ondulation produite par la pression acousti que.Avec le « phonautograpbe » (formé de trois mots grecs, le nom voulait dire «qui s'écrit lui même » >.le son était fixé.Mais il était impossible de le reproduire.C'est le Français Charles Gros et l'Américain Thomas Alva Edison qui.vingt ans plus tard ( 1877 ), en procédant tous deux \u2014 en même temps mais indépendamment l'un de l'autre \u2014 à l'inverse de l'enregistrement ( théorie de là réversibilité h mirent au point des appareils pouvant générer des vibrations acoustiques dans un cornet amplificateur.Le principe du phonographe était lancé.Charles Cros utilisait un disque.Edison conservait l'idée du cylindre.Mais c'est le disque, plus pratique, qui l'emporta.Reprenant l'idée de Charles Cros, l'inventeur allemand Emil Berliner imposa le disque comme instrument idéal d'enregistrement et de reproduction de la musique.Avec son frère Joseph, il fonda en 1898 la Deutsche Gram-mophon Geaelischaft (litt.«So-\u2022 été phonographique allemande » ) qui, aujourd'hui encore, est l'une des maisons d'enregis-i trement les plus prestigieuses au monde.Fait à noter, Emil Berliner, qui voyagea beaucoup, ouvrit à Montréal une manufacture de disque* et de « machines parlantes » qui commença à fonctionner vers-1900.Le disque mesurait alors 7 pouces de diamètre, était enregistré sur une seule face, et contenait tout au plus deux minutes de musique.Du « 78 » au « 33 » Matériau utilisé pour sa fabrication, procédé de gravure, vitesse de rotation, diamètre et durée de la musique enregistrée: les composantes du disque varièrent considérablement au cours des ans.Vers 1925, l'enregistrement électrique remplaça l'enregistrement qui jusque-là était mécanique.C'est avec le 78- tours ( de 10 pouces mais plus .souvent de 12), contenant jusqu'à quatre minutes de musique par face, que l'industrie du disque commença ù prendre véritablement son essor Mais quatre minutes, c'était le temps d'une chanson, et le 78-tours se brisait à rien.L'inven tion du microsillon ( ou 33-tours), incassable, et pouvant contenir jusqu'à &> minutes par face, marqua, en 1948, la plus grande révolution depuis l'avènement de l'enregistrement sonore et l'invention du disque, 50 ans auparavant.Lu cinquième Symphonie de Beethoven, qui nécessitait autrefois quatre disques 78-tours,, c'est-à-dire huit faces, donc sept interruptions, tenait désormais sur une seule face.La stéréophonie, venue dix ans plus tard ( ), permit d'améliorer considérablement la qualité sonore : « de noir et blanc, la musique passe à la couleur », a-t-ou dit alors.Avec la stéréo apparut la cartouche 8-pistes, dont la popularité est aujourd'hui en baisse.Le.véritable concurrent du disque suivit bientôt : c'est la cassette, commercialisée au début des années Ç0, et dont la qualité technique et les chiffres de vente tendent de plus en plus à égaler ceux du disque.Le numérique Plus récemment, une autre révolution s'opérait dans le monde de la «musique en conserve».C'est le procédé d'enregistrement numérique (ou «digital», terme anglais utilisé mondialement ).En numérique, l'enreris trement se fait par ordinateur \u2014 celui-ci traduit les vibrations sonores en une série de nombres correspondant à la courbe de ces vibrations, d'où le terme « numérique» \u2014 et la matière enregis trée est contenue dans un disque qui est lu par un rayon laser.Il n'y a plus de bras, plus de cartouche, plus de pointe.Ce disque, c'est le « disque compact ».Comme à ses débuts, le disque est redevenu très petit {AVi pouces de diamètre ) et enregistré sur une seule face, à la différence que cette unique face peut contenir jusqu'à une heure de musique ( l'équivalent de deux (aces de 33tours ).De plus, il est exempt de tous les bruits parasi tes et problèmes de manipulation communs aux 33 tours : bruits de surface et bruits de fond sont choses du passé, rayu res, poussière et marques de doigts n'affectent en rien le résultat sonore.Mais la grande révolution apportée par le numérique, c'est le son lui-même, qui est beaucoup plus \u2022 présent », beaucoup pins «découpé», que dans fenre^is trement conventionnel (ou ana logique ).Celte qualité jamais atteinte encore dans le domaine de l'enregistrement, comporte* cependant quelque chose d'un peu dur, d'un peu « artificiel ».Une precision : si le procédé numérique est utilisé de plus en plus couramment pour les disques 33-tours ordinaires et le-cassettes, avec une clarification de l'image sonore généralement sensible, seul le disque compai f.au rayon laser, rend la totale cli-mension de l'enregistrement nu mérique.Le disque compact nécessite donc un lecteur special ( pour l'instant, les moins Chers se vendent environ $500 ), bnm chê sur Painplificateur qu'on possède déjà.Une autre invention appelée à prendre beaucoup de place dans nos vies est la vidéo-cassette, qui apporte non seulement le son mais encore l'image.Très utile pour l'opéra et le ballet, la vidéo cassette l'est beaucoup moins pour le concert et le récital, car la musique, autrement dit l'art des sons, «*st une chose que Ton entend et non une chose que l'on voit .La musique pour tous Accueilli à ses debuts tomme un «danger pour la musique l'enregistremrnt sonore s'est au contraire révélé un auxiliaire très précieux de propagation, de Vulgarisation ei6h) Vivons un beau lundi ensemble >o .*>,' .1 La Bonne Aventure, 20h00 La Vie promise, 20h30 Avis de recherche Cette semaine, Gaston L'Heureux et Aline Desjard'ms reçoivent Suzanne Lévesque.Réalisation: Jean Collard.Poivra at sal Hector et Marie-Rose célèbrent leur premier anniversaire de vie commune.Texte: Gilies Richer.Réalisation: Maurice Falardeau.La Bonne Aventure Anne revit le cauchemar de l'incendie qui a ravagé une partie de sa maison.Texte: Lise Payette.Réalisation: Aimé Forget La Vie promise Catherine est troublée par le comportement de son mari.Texte: Marcel Oubé.Réalisation: Céline Hallée.Télé-lundi: Kennedy En six épisodes, la biographie de ce personnage célèbre.Oans le rôle titre: Martin Sheen.La soirée se poursuit, à 22h00.avec le Téléjournal, présenté par Bernard Derome et le Point, en compagnie de Pierre Nadeau et de Simon Durivage.Iefêm%a La télévision de Radio-Canada Vous méritez ce qu'il y a de mieux LA PRESSE, MONTREAL, LUNDI 17 SEPTEMBRE 1984 Les arts de scène Dieu voulait-il que les Québécois dansent ?Pendant longtemps, au Québec, danser c'était péché.Dans les années 50.la fondatrice des Grands Ballets Canadiens.Mme Ludmilla Chi-riaeff, était parfois nommée au prône du dimanche comme une pécheresse publique.La chronique raconte même qu'une procédure d'excommunication avait été entamée contre elle.JEAN-PAUL BROUSSEAU Même si elle n'en fait pas une affaire de religion mais d'identité collective, Simone Voyer (7), écrivant en 1957, parle de garder la jeunesse des « mouvements 'rock 'n' roll\\ Elvis Prestley, Hystérie et Compagnie ».Barbeau ( 1 ), lui, déclare : « Bien inoffensives sont aujourd'hui devenues les anciennes coutumes et les vieilles danses.Comme elles se meurent, on no redoute plus leur empire.Mais on ne doit pas oublier que le conflit entre l'ordre révolu et le monde nouveau a été prolongé et rempli de rigueurs.L'ascétisme chrétien ne s'est jamais réconcilié avec les moeurs épicuriennes, le laisser-aller facile ou les dires gaulois, qui sont, chez nos ancêtres, l'héritage direct du paganisme celte.» Est-ce à cause de cela que le développement de la danse a été retardé?De toute façon, les interdits de l'Église ne sont pas d'hier.Selon Guy Thomas ( 3 ), à la suite du premier bal donné en Nouvelle France, en 1662, par le gouverneur du temps, sieur Chartier de Lotbinière, les jeunes, l'exemple venant de si haut, se mirent à danser.« Plaise à Dieu de nous délivrer d'un tel fléau », lit-on dans les Relations des Jésuites.Par ailleurs, sur l'invitation des évêques, les prêtres refusaient la communion et l'absolution aux récalcitrants ou alors, dans les endroits où ils étaient sans pouvoir pour interdire la danse ( Acadie et Port-Royal ), le permettaient pourvu que ce soit les tilles avec les filles et les garçons avec les garçons \u2014 et seulement entre le lever et le coucher du soleil.L'ethnologue Jean Trudel ( 4 ) note la même attitude de la part de Mgr Saint Vallier de Québec qui, en 1685, dans des « Avis donnés au Gouverneur et à la Gouvernante sur l'obligation où ils se trouvent de donner le bon exemple au peuple » leur enjoint notamment de pro-, téger leur fille « en lui permettant quelques danses honnêtes et modérées, mais avec des personnes de son propre sexe seulement, et en la présence de madame sa mère, de peur qu'on ne se licencie à des paroles et des chansons peu honnêtes, mais non en la présence des hommes et des garçons, ce mélange de sexe étant à proprement parler ce qui cause les inconvénients et les désordres du bal et de la danse ».Dans son livres Courir la Chandeleur , Georges Arse-nault mentionne le repas qui accompagnait généralement cette soirée de divertissements ( menu : râpure ou chiard ou fricot de poulet ou crêpes ) mais ajoute : « Lorsque le maître de la maison le permettait, on s'adonnait joyeusement à la danse.Cependant, certains prêtres s'opposaient à ce genre d'activité».Lune de ses informatrices, Mme Lucie Arse-nault d'Abram Village, se rappelle qu'elle et son mari avaient refusé, aussi tard qu'en 19:53 et parce que le Père Gallant s'opposait « officieusement » à la îlanse, de recevoir les amis de leurs fils les plus âgés chez eux, se contentant de servir le repas.Sur l'interdit dont les soirées dansantes étaient frappées, Barbeau ( 1 ) recueille au début du XXe siècle le témoignage du violoneux Arsène ( Blai-gner ) Jarry, qui tenait son métier de son père, appris à ( Ville ) Saint-Laurent près de Montréal.Il lui a fallu abandonner le violon pour entrer au Tiers-Ordre.Après quatre ans, il demandait un « permis » de sept ans pour «faire danser» mais.« On ne peut pas vous le permettre, mais on ne peut pas vous en empêcher», de dire le religieux.«J'ai joué pendant sept ans (.).C'était pour gagner ma vie.Le pèrç m'avait dit : « Quand vous pourrez vous dispenser du violon pour vivre, vous reviendrez au Tiers Ordre.» Ils l'ont fait poireauter trois ans.\u2022 Ils me défendaient d'aller aux assemblements .Mais j'y suis allé pareil, douze fois par année.Je me mettais en avant pour qu'ils me voient.À la fin, ils m'ont reçu au Tiers-Ordre.Je n'ai jamais refait danser depuis.» Une veillée d'autrefois, un des célèbres tableaux de Edmond J.Massicot te.« Jamais je n'ai connu nation aimant plus à danser que les Canadiens » L a danse au Canada il y a cent ans ?.Cela nous ramène loin en arrière.Les découvreurs européens, à leur grand étonnement d'ailleurs, ont reconnu dans ce que dansaient plusieurs tribus aborigènes dans la brousse du Nouveau Monde diverses danses mimées déjà connues des gens de l'ancien monde.Ces voyages de connaissance se poursuivent aux XVIIIe et XIXe siècles, où la danse de folklore a parfois de la difficulté à établir si elle est française, anglaise, écossaise ou irlandaise.JEAN-PAUL BROUSSEAU Mais vers 1770, dans des Mémoires ( privés ) cités par Ma-rius Barbeau ( 1 ), P.de Sales Laterrière écrit: «Jamais je n'ai connu nation aimant plus à danser que les Canadiens.Ils ont encore les contre-danses françoi-ses et les menuets, qu'ils entremêlent de danses angloises.Les nuits, durant l'hiver qui dure huit mois, se passent en fricots, soupers, diners et bals.Les dames y jouent beaucoup aux cartes, avant et après les danses.» À cette époque, on dansait peu l'été, sinon aux baptêmes et aux noces, lesquelles duraient plusieurs jours, relate encore le folkloriste.Mais au temps du carnaval, il y avait des soirées tous les jours, chez l'un ou chez l'autre, riche ou pauvre \u2014 où se prenait le fricot \u2014 sans parler du p'tit coup .« Quand la fête durait toute la semaine, les jeunes gens se retiraient, le vendredi ; c'était jour de pénitence.Mais les vieux, eux, restaient.Ils ne mangeaient guère, pour observer le jeûne, mais ils buvaient.» Bon, bon.Autour du temps où parais- saient les premières Presses, la danse, loin d'avoir monté au niveau de l'art, se pratiquait donc dans les veillées et les rares moments de loisirs.Le samedi soir seulement E.-Z.Massicotte ( 6 ) parle notamment de la vie des bûcherons autour de 1888.Astreints à se coucher à 9 heures du lundi au vendredi, la population des campes se laissait aller le samedi soir à l'éventail de « tournois de force, de trucs, de chansons, de danses et de contes ».Parmi les divertissements dont la tradition s'est transmise jusqu'à Massicotte se trouvait la a Danse du barbier», une pantomime à trois personnages : le barbier, le client et le violoneux « qui pourraient s'appeler le raseur, le rasé et le râcleur ».Accessoires : « Un énorme rasoir de bois taillé à la hache et au couteau, un vase quelconque, cuvette, bassiri ou seau servant de plat à barbe, enfin, un balais ( sic ) ou un 'blanchissoir' faisaient office de blaireau.» Massicotte décrit ainsi ce qui se passe : « Pendant que le client, ser-viettte au cou, se tient immobile sur une chaise ou un banc et que le violoneux 'zigonne' consciencieusement sa musique, le barbier va, vient, virevolte sur un pied, sur l'autre, autour du rasé, imitant sans perdre un pas tous les mouvements d'un professionnel à l'oeuvre.Il ne faut pas s'arrêter, c'est une condition formelle, ce qui signifie que pour réussir cette saynète agitée, il faut un danseur agile, doué d'une endurance remarquable.« L'opération terminée, le barbier constate que son client est sans connaissance.Affolé, le raseur prend le rasé par les bras et s'efforce de le planter debout.Pour sûr.il ne peut être frappé que d'une syncope.Mais non, l'inerte masse croule par terre.« Dansant toujours, le barbier réfléchit : son client est mort ; on l'accusera d'être la cause de son trépas ; donc il faut ensevelir le défunt et le faire disparaî- tre.Mais l'être inamimé git par terre sur le dos, les bras écartés.Pour le rouler dans son linceuil.il faut lui rapprocher les bras du corps.Aussitôt pensé, aussitôt fait.Hélas ! ce geste a pour résultat de faire écarter les jambes.Autre embarras ! Puis lorsque le barbier ramène les jambes l'une près de l'autre, les bras s'écartent en croix.Le barbier est au désespoir.Finalement, par un moyen qui varie, suivant que l'on joue devant les bûcherons où dans une veillée de famille et aussi, suivant l'inspiration comique du pseudo barbier, le rasé recouvre ses sens et la scène se termine par une gi- gue double de vive allure.» Massicotte affirme avoir vu une farce du genre jouée en 1H7S par « des clowns canadiens-français, au vélodrome de Sainte-Cu-négonde, alors sis à l'angle des rues Williams et Napoléon ( aujourd'hui Sainte-Cunégonde et Charlevoix ) » et se demande sans pouvoir y répondre si c'est la farce d'alors qui a donné naissance à la pantomime, ou le contraire.Dans ce même article.Massicotte parle aussi de la danse mimée « du blanc et du sauvage ».Possiblement originaire du temps de la Nouvelle France, l'auteur affirme qu'elle était en- I : core en vogue en Gaspésie au début du siècle, selon Salomon Samson, un violoneux de l'Anse au-Griffon.L'histoire qu'elle brodait était assez.courte : « Un Peau rouge et un Visage pâle se rencontrent inopinément.Duel.Le blanc paraît succomber et l'Indien va le scalper, mais à ce moment le blanc renait, les ennemis deviennent amis et ils dansent.» Mais c'est peut-être trop simple, et Massicotte termine ainsi son récit de 1928: «Si quelque folkloriste a vu mieux et plus, nous l'invitons à nous rti faire part.» Cm ne s aventure pas Si fom en arrière sans être redevable aux chercheurs .le remercie M Sylvain Cnrisnn.du Centre de documentation Marrus-Barbeau.raftacho a la troupe folklorique Les Sortileges d /uorr dégage le matériel utile La ma/eure partie de ces articles est basée sur les sources suivantes : \u2022 \u2022 \u2022 ( i ) Marius Barbeau, Veillées du bon vieux temps, ed.G.Du-charme, Montréal, J919.(2) Georges Arsenault, Courir la Chandeleur, Ed.d'Acadfe, WH2.( 3 ) Guy Thomas ( des Feux-Follets ), Histoire de la danse cana dienne ( résumé ), probablement des notes de cours ( 4 ) Jean Trudel, « La danse traditionnelle au Québec », revue Forces , no 32, 1975 ( 3e trimestre ).( 5 ) J'ai tant dansé, vol.I, Centre de documentation Marius-Bar beau, 1979.Plus spécifiquement : Un peu d'histoire .p.1 et 2, pai /sabelle Robidas.( 6 ) E.-Z.Massicotte, « Les danses mimées du Canada français ».Bulletin de recherche historique ( BRU ), vol.34, 1928, ou encon du même, « Anciennes danses gaspesiennes ».BRU, vol.36, 1930.( 7 ) Simone Voyer, « Danses de folklore ».Le Congrès de la re francisation, Québec, 21-24 juin 1957, ed.Ferland, Quebec.1959.( 'était en décembre 1%3.Quatre danseuses des Grands Ballets Canadiens répètent Pierrot de la /une que la troupe avait alors l'intention de jouer durant la période des fêtes.I u ; LA PRESSE, MONTRÉAL, LUNDI 17 SEPTEMBRE 1984 Les arts de scène r ¦ -s La vie est la scène, la scène est le spectacle, le spectacle est la vie.¦ Cnllectivumunt.la dans** Ml devenue le yoq » de l'homm» québécois \u2022 Jonn Trudel (4) Les chorégraphes modernes comme Fefnand Kaull ou Brian Macdotiald nni eu des an cêtres le plus souvent anonymes.Mais eux aussi, encore au.jour d'hui, travaillent sur des figures depuis longtemps ancrées.dans les jambes OU les pieds, pour ainsi dire.ll.AN-PAll BROl SSKAL La forme sans doute lu pins vieille de la danse est la ronde : on se lient tout simplement par la main \u2014 et c'est la ronde ordinaire \u2014 mais si on romp la chai ne, voilà une ronde brisée (5).La forme passe par les enfants et v retourne.La filiation est Inséparable des apppris français, anglais, écos sais, irlandais et américain, [sa belle Robidas ( 0 ) rétablit ainsi à partir du English Dancing Master, un recueil de John Play ford ( 1651 ) .\u2022 lia contredanse française vient du longway anglais dont elle serait l'équivalent phonéti que.mais G.Devrai cité par Trudel ( l ) mentionne l'étymolo-gie latine de « Contra saltare».danser iun contre l'autre, el propose d'accommoder tout le monde en parlant de quadrille.\u2022 Le cotillon remonte au début du XVIIIe siècle et vient d'une chanson en vo^ue en 1705 tout en étant aussi un jupon le paysanne ( forme : deux toupies, l'homme face a l'homme, la clame lace a la dame) mais re prend vie au milieu du XIXe sic Cle en terme de» contredanse française ( deux ou quatre couples ) .la forme québécoise a quatre (impies en carré, et donne naissance au « set carré ».\u2022 Quadrille/ la forme la plus répandue au Québec1; pot-pourri de contredanses françaises autant que de quadrilles améri caiijs ou autres | Caledonia, Lancer ).Si la ronde est une affaire d'enj-mis.le quadrille est une affaire de grandes personnes, il y a tellement de variantes qu'il n'y a pas deux quadrilles exacte-ment pareils; à quatre .cinq ou six pallies \u2014 certaines changent cle nom d'une région à l'autre (la bastringue ici devenant la con(\\ture ailleurs, par exemple ).Si le quadrille a suffisamment peu cle contradictions pour maintenir la forme intacte, il se mêle aussi quelquefois au cotillon, lui-même venu des anciens branles français, lesquels pouvaient être à deux, a quatre, à six.a huit, à sei/e\u2014 sans parler des branles ronds et des branles carrés.Ainsi, le cotillon-quadril- le serait, selon Simone \\ oyer ( 7 ), un vestige de bran/es carrés .Pour la gigue, il y a autant d'icelles qu'il y a de gigùeurs : la formation d'un gigueur serait l'affaire d'une vie.les meilleurs étant capables d'exécuter leurs pas la .etc si immobile qu'on pourrait y faire tenir un verre d'eau ! De la veillée au spectacle Mais la danse devenue specta cle?Il y a rapprochement des individus et partage tout autant dans les danses des soirées d'an-tan que dans le spectacle regardé par le public dans une salle.Le peuple danse pour se divertir ou simplement se dégourdir Mais à la cour de Fontainebleau OU de Versailles, selon .lean-Michel Guilcher cité par Trudel 1 1 ), on considère h danse comme «une image Idéalisée de la relation de cour » visant a « mettre en vedette des couples isoles, se succédant suivant le rang que la naissance leur assigne ».Même si Trudel en fait une « dégénérescence » au plan de la danse française, il place le quadrille au rang de «danse nationale de la civilisation traditionnelle québécoise », car la forme retrouve ici « a cause de l'isolement sans doute, l'esprit de 50 ciallsation qu'il avait perdu dans la mere patrie » Il poursuit : « Si la construction du quadrille français avait pour effet de permettre un spectacle agréable pour l'observateur mondain, en initiant en \\«' dette chacun des couples dans un esprit de compétition esthétique, cette même construction aura de tout autres conséquences ici.On ne danse pas pour le simple divertissement, mais pour un niveau de communication que la vie quotidienne ne permet pas.» Alors, la chorégraphie, comme mise en SCèhe du mouvement autour d'une histoire, n'est peut être pas aussi récente qu'il ne parait.Mais l'autre terme de danse, la « sociale », continue ( disco ) \u2014 et se met en scene dans les concours.Le breakdancing \u2014 issu du ghetto de Harlem, rappelons-le \u2014 a l'air de vouloir chevaucher les deux mondes.Expression éclatée de la fureur de vivre.très physique, elle se laisse.mettre en scene, comme lors du recent spectacle des Ballets Ja 22 au Complexe Des jardins.La vie esi la scene, la scene est le spectacle, le spectacle est la vie.Anik Bissonnette et Louis Robitaille, deux danseurs étoiles de la compagnie Eddy Toussaint saison 1984*1985 LE MONDE ENTIER ACCLAME LOSM THE GUARDIAN: LONDRES Le plus bel orchestre d'Amérique du Nord [ GREENFIEl D ILVMIMMltt OIE WELT: HAMBOURG Une exécution sans bavure HO.SPIhGEL Théâtre Maisonneuve ^M*'*\"2 Place des Arts Rerlovdnce de 0.75 $ sur lout billet de plus de 6 $ .BERLIN DER TAGESSPIEGEL: BERLIN Dutoit réussit ai *?c un orchestre qui répond parfaitement à son chef, une authentique interprétation U W.MPFZR _IN.FINANCIAL TIMES: LONDRES De classe internationale D CILL LE MONDE: PARIS On ensemble de qualité J.LONCHAMPT TRIBUNE DE GENÈVE: Un tnomphe mérité.brillantissime performance JJ ROTH geneve 1® SHOWBIZ MONTRÉAL LTÉE présente ni Ja 1 THE GLOBE AND MAIL: TORONTO Le meilleur orchestre au pays A KAPTAINS THE NEW YORK TIMES: NEW YORK Les Montréalais ont relevé le défi avec discipline, musicalité, panache c savoir-faire T\\K UBBEYJR LE MATIN TRIBUNE: LAUSANNE Cet ensemble est l'un des plus beaux qu'on puisse entendre aujourd'hui P.GORJAT à participez LAUSANNE au triomphe de losm.venez nous entendre LES GRANDS CONCERTS LES CONCERTS GALA \u2022à A de Jean Poiret miseer.scène Richard Niquette Avec v' ¦ 'i Réal Giguère Elizabeth LeSieur \u2022 Josée Cusson Thérèse Morange Diane St-Jacques \u2022 Robert lavole Madeleine Pageau \u2022 Richard Niquette À compter du 3 octobre 20h00 Théâtre ARLEQUIN 1004.rue Ste-Cathenneest Renseignements 266-2943 /4261 Billets aussi disponibles aux comptoirs TICKETRON Jin.piortocion SHOWS'* MONTRÉAL lT(E accor^ â«*c \u2022 T*4Jli« du Ch«n«>U 5-6 févrter Moaart Symptwnte nu 40 rfcrvBe atarrtner Raxhrnsrinov Symphonie w 2 MnnraoU CKhcbTi ^^j,H« u.-r \u2022 rnanic Compagnre d 4»urancr 11 '\"'er 'ùmerjï *ttivs du Csntd* tftHt Abonnez-vous et épargnez 25% Portez à votre compte Visa.MasterCard ou enRoute 5-6 Gunthes Hcrftég Pach.Suie ne 1.8VA 1066 Profcjiev Cceverto pour violon no 2 Beethoven Symphonie no 8 CorrvTwxJMa.T S/yM Carajj 2 3 JerTrey Tate B 22 23 auwiee Chawie.Dutoit VuruAro Hotigom*.4dm \u2022rioiast Concerto pour violon no4.nu\\b Cahier S>mphonie no 1 Com\")an,Jifam- la Ftdtmbon de» v .«.v-\u2022 F^putaaai De^ardins dt *\\.\\ Ala fin du 19e Siècle, les troupes de théâtre étaient rares dans la région métropolitaine.11 y avait bleu, ça et là.quelques théâtres, mais l'activité théâtrale était surtout concentrée dans les cercles.S'y regroupaient en général des gens qui s'intéressaient en amateurs à la dramaturgie.Ils exerçaient sporadiquement leurs talents soit au Cercle Saint Henri, en 1878.soit au Cercle Molière de 1X85 à 1892.Mais l'un de ces amateurs», avant rallie le Cercle de la Gai de en 1898, allait Jouer un rôle preponderant dans l'histoire du théâtre canadien français, ter me en vomie à l'époque.Son nom : Fred Barn Les arts de scène Fred Barry, le père du théâtre canadien-français WÈÊÈêL RAYMOND 7 BERNATCHEZ La salle du Cen le de la Garde était située a l'intersection des rues Laurier et Hutchison, à Montreal.Barry y fit ses débuts dans le rôle de Hon José.Cet homme remarquable se voua corps et ame au théâtre.Il de-\\ait former, avec Albert Du-quesne.une longue association et donner naissance à la troupe Barry-Duquesne si populaire à la fin des années 20.Barry et Duquesne s'étaient d'abord fait la main avec le Family, qu'ils avaient exploité un certain temps puis, en 1927.ils s'intéressent au Chanteclerc qui donne surtout dans le mélodrame Cette formule ne leur convenant pas.ils prennent une décision déterminante en 1930 : le Chanteclerc changera sa vocation.Le théâtre de la rue Saint-Denis, au nord de Mont-Royal, se consacrera dorénavant à un repertoire plus substantiel et.pour bien marquer la nouvelle orientation qui scia donnée à cette salle de 143 places, amena gée avec une mise de fonds de Sôooo seulement, ils lui donnent un nouveau nom : Le Stella.Pour lancer leur nouvel éta blissement.Barn et Duquesne optent pour une pièce de Somer set Maugham.La lettre, qu'ils présentent le 11 août 1930.Ce théâtre fonctionnera durant cinq ans, jusqu'à ce que des difficultés financières viennent à bout de la determination des deux producteurs.Mais le travail accompli durant cette période aura été marquant pour l'épanouissement de l'art dramatique chez nous.Le Stella devait revivre plusieurs années plus tard sous un nouveau nom.Le Rideau Vert, et Fred Barry devait passer a la légende comme étant le « père du theatre eanadien-fran- i vais ».Barry et Duquesne devaient avoir un pendant anglophone dans la personne d'une femme, Martha Allan, qui.en créant le Montreal Repertory Theatre en 1930.devait exercer une influence marquante sur le développement de la dramaturgie anglaise H .vvueuee.Martha Allan n'en resta pas ià.En créant, quelques années plus tard, une section français:» au Montreal Repertory Theatre, elle contribua à la formation d'un grand nombre de comédiens anglophones et francophones.Elle mil fin à ses activités lorsqu'un incendie rasa son petit théâtre de la rue Union en 1952.Ce jeu de photos nous fait voir quelques-unes des plus grandes personnalités du théâtre québécois.Ci-dessus, on peut apercevoir Gratien Gélinas et Jean Duccppc dans une scène de Bousille cf /es /listes.À droite, c'est Fred Barn qui lève son verre dans la piece T/-coq.une autre oeuvre de Gélbias.La photo ci-contre nous montre Mimique Miller, aussi à Taise dans une comédie Que dans une tragédie.Lutin, ci-dessous.Janine Sutto et Jcan-I.ouis Rou\\ ont revétlî les costumes \u2022!*) Use et Valere, de l'inoubliable Ai are de Molière.Photothèque LA pRFSSE m Les Compagnons du père Paul-Emile Legault Deux ans après la fermeture en catastrophe du Stella de Bar-r\\ et Duquesne.un pretn francophone, le père Paul-Emile Le- gault, reprend le flambeau et tonde une troupe qui ne tarde pas a devenir une véritable pépinière de comédiens et comédiennes.Il y eut en fait deux vagues chez les Compagnons de saint Laurent.Ksthelle Maufletle et Pierre Dagenais firent partie d< la première.La deuxième était composée de Jean Gascon, (îeor-ges (îroulx.Thérèse C'adonn.! Lionel Villeneuve.Jean CoutU, : Je.it.-Louis Roux et autres Les Compagnons, après avoir erre de salle en salle, se dotèrent de leur propre théâtre en 1948, dans un temple anglican désaffecté I de la rue Sherbrooke, et cessaient leurs activités cinq ans plus tard.Mais la troupe du pere Legault avait donne naissance à» tbute une progéniture., J Pierre Dagenais.qui y avait fait un court stage en 193$, songeait déjà a former son propre groupe.H en discutait fréquemment avec Paul Dupuis et Francois Bertrand ; ils étaient sur le point de passer à l'action lorsque la guerre se déclara.DUpuii de vint correspondant de guerre et Bertrand se retrouva au Maroc Pierre Dagenais démettrait seul Montréal av& son revu, Puis.un beau jour de 1912, lasse d'at-ten ire.il se lan«.e seul dan* l'aventure et fonde L'Équipe, qui fera son premier lever de ri deau au Monument National le 11 janvier 1043 avec la piece Alti tudeâ ZOO.' Courage remarquable Dagenais n'a pas froid aux ¦ eux.il n'a que 20 ans lorsqu'il s'embarque dans cette «a 1ère.Son but est d'offrir aux Montréa lais un theatre différent du boulevard qui est diffusé par la troupe de l'Arcade, et un répertoire différent des Compagnons de saint Laurent.Dagenais va ?ser, gagner d'abord et tout perdre Cela en cinq ans seulement.Fascines par son api lie.de jeunes comédiens et comédien rus !c suivent Leurs noms: Janine Sutto.Nini Durand.lean Lajeunesse, Jean Pierre Mas son, Robert Gadouas, Yvette Brind'Amour ( qui va fonder le Theatre du Rideau Vert en 1948 avec Mercedes Palomino et s'installer au Stella en I960), Denis DrOUin, Gilles et Denise Pel letter.Des pros suivent aussi : Fred Barry, dont nous parlions au début, et les soeurs Qiroux, Antoinette et Germaine.Aide de François Bertrand, rentré entretemps au pays.Dagenais propulse L'Équipe sur l'avant-scenc et n'hésite pas a bousculer les Idées reçues.La majorité de ses productions sont jouées au Monument National qu'il partage avec Gratien Gélinas, mais il fait parfois des excursions a l'extérieur, dont l'une qui nécessita une bonne dose d'aplomb : présenter Unis Clos, de Jeun Paul Sartre, au Gésù, le sein acs sein des Jésuites dans le (Vntre-ville de Montreal.\\ A la fin de 1!U8,YL'Équipe dis parait.Non seulement les trou pes d'alors ne bénéficient pas de subventions, mais L'Equipe doit verser 33 p.cent de se?revenus en taxes.Après avoir.donné SCj spectacles, Pierre Dagenais doit rendre les armes et mettre un terme aux activités de>L'Équipe.Agé seulement de 25ur - le déli deux paysage \u2022 de la petite ville bavaroise « On ne saurait dire ce que l'asped de la nature ajoute de vérité, de charme, aux diverses scènes évangéliques.Ces riantes collines couronnées de bois, ces monts majestueux, tout prend un langage et l'asso-cie le plus heureusement du monde aux émotions du spectateur.Il n'est pas jusqu'au del lui-même qui ne joue parfois son rôle en ces émouvantes journées.Quelquefois, pendant l'entrée à Jerusalem, la foule humaine, avec lea costumes éclatants, bariolés, est inondée de chauds et radieux rayons de soleil ; pendant le crucifie ment, de sombres nuages jet-U ut parfois sur le théâtre comme des voiles de deuil, et le tonnerre accompagne les paro- les du Sauveur expirant.En de semblables moments, il n'est pas besoin de posséder une imagination d'artiste pour se croire transporté en pleine réalité.» Et après de rapides considérations sur la signification théologique du spectacle, notre journaliste \u2014 par acquis de conscience ou plus prosaïquement pour étirer sa copie?\u2014 donne la liste de tous les ta bleaux de la Passion d'Ober-Amn.crgau.ce qui est totalement inutile puisqu'un peu plus loin il précise que pour des raisons d'espace et de temps, la troupe du Monument National n'en présentera qu'une version abrégée en cinq actes et sept tableaux.A cet article de presentation \u2014 on voit que même au début du siècle LA PRESSE essayait de respecter un juste équilibre entre l'information brute et le commentaire \u2014 succédera trois jours plus tard soit dans 1 edition du mardi 11 mars, un second article dans lequel le même rédacteur, toujours anonyme, proposera son apprécia 'ion de la representation à la quelle il a assiste au cours du weekend, l'ne representation qualifiée di triomphale dans un premier mnp.s.mais qui ne devait pas être sans défaut-l'on sait lire entre les lignes, l'auteur de l'article ayani pris soin de bien enrober les criti- ques que iui inspire le spectd-cle.Au sujet de Julien Daoust, un comédien bien connu et fort populaire en ces années 1900, il écrira: «M.Julien Daoust re présentait Jésus, la gî indè figure du drame Sa taille assez avantageuse, son élégante prestance, sa physionomie sereine, ses traits empreints de douceur et de bonté, tout son extérieur concourait à bien le faire entrer dans le rôle du Maître.«Calme, digne et sympathique, sa voix manque peut-être un peu de nerf.En effet, cette bonté qui était l'essence même de.it 1 ne devait pourtant pas être dépourvue d'énergie.On voudrait entendre des accents plus vibrants et plus virils sortir de la bouche du Christ.« D'ailleurs l'immense salle du Monument National ne permet pas aux auditeurs les plus éloignés de la scene de saisir distinctement toutes les pan» les pronom 1 e* par les ;n in,.-sur un ton trop bas M.Daoust Semble pécher quelque peu en voulant trop Incarner en lui même la pacifique clément du Sauveur.» Chez Madame Emma Bou selli, l'interprète du rôle de la Vierge, qui a remplacé au pied levé une autre comedienne, il notera aussi un manque de fer mete dans le dessin du personnage et dans l'ékk ution.De toute evidence, notre journaliste aime les prestation»» bien cernées et surtout prestement envoyées.D'où son \u2022mballerrent pour le comédien Meussot qui «a fait un Judas .admirable .comme acteur», qui i S'est mis avec entrain dans la peau de son personnage » et qui c a vécu son rôle tout d'une piece Et, petit détail qui nous renseigne sans le vouloir sur les préférences «lu public de l'époque et qUl en même temps tour nil un Indice sur la vogue dont jouissait le mélo à ce moment là ( une \\oguc qui se survivra à elle-même jusque dan»- nos feuilletons télévisés et dont on aura un échantillon absolument parfait à l'occasion de la reprise d'Aurore l'enfant martyre cet automne au Quat'Sous ) : « De l'aveu général, c'est Judas qui a remporte hier, le plus grand succès de toute la troupe du Monument.Il a joue la scene du déSOSpOtr avec un réalisme tout frémissant.Il apparaît seul dans un .bois Les décors sont splendi des.Lue den; obst urité eu\\ e loppe tout (r qui se présente a nos yeux sur la scène.Mais voilà que la nature H Je même s'apprête a engloutir le traître Le vent s'éKve.il gémit, il pleure.Le u h narre fronde dans le lointain Fou di pour et de désespoir.Judas s'écrie .ou fuir pour cachet ma honte ' L'obscurité d'une forêt n'est pas assez noire, les trous des rochers ne sont pas aisez profonds pour me cacher! () ter re ! engloutis tnoi !.ô mon maître! () le plus parfait de tous les hommes, je tOUS al vendu, je vous ai train par un cruel baiser.Je vous ai livré aux outrages et a une mort ignominieuse ! El il a toujours été si bon pour moi ! » Suivent deux autres paragra phes trempés dans la moire en cre.Et qui, selon toute vraisemblance, ont tari la vere et l'inspiration de notre critique anonyme, son article preiant tout à coup fin avec de plu félicitations aux autres m-m bres de la distribution ainsi qu'au metteur en scene du spectacle, Julien Daoust, lu OU 0) 5 O o avis aux écoles LE THÉÂTRE DE L'OEIL vous offre \u2022 OPERA.ONTREAL Il Barb ¦70 I ¦ I +m 1*Ê% 1 ¦ l.Oftt&octobf» It Avec: Gino Quilico Julia Hamari Jon Garrison Pierre Charboonea Claude Corbeil Thérèse Sevadjian Jean-Clément Berg Chef d'oicf estre Pierre Hatu Mise en scene Jean Gascon Decors et costumos Robert Prévoit Eclairages Freddie Grim wood Maître dtiS cnoejct Rene Lecourte Le choeur de l'Opéra de Montréal L'Orchestre symphonique de Montréal Cette production est prétentée gréce à le collaboration e present*ion d une soirée doper* CFCf tnc ?1 septembre Federation des caisses populain Desiardin» de Montreal et de l'Ouest du Québec >« septembre Trust General du Canada 29 septénaire Banque National» J octobre Alliance mutuelle-vte 6 octobre Sun Life du Canada 9 octobre Salle Wilfrid-Pelletier _ beseem Ol j a ._ rleTtewuiKW rte û./i» S \u2014*_\u2022 rl3Ce QGS Mi IS *%« tout mm ,1 , s ,.è-4fN^\t\t\t\t \u2022\tS A 1\tSO l\t\t1 j 1 1 \\\t^^^^^^^^^^^^^^^^^\t\t\tJ 1 W 1 / '~0 \u2022 ECORD DABONNEMENT \"~À LACOMPAGNIE JEAN DUCEPPE sontwmiu dw billet de saison.Merci devotœ confiance.CKAC Théâtre Port-Royal G\",che,s:514 842 21,2 Place des Arts sur tout billet de plus de 6 $ De Presley à Jackson, les superstars ne meurent j amais De tout temps, le meilleur véhicule de la chanson popu laire a été sans contredit la vedette, la superstar.Et ce phénomème s'est accentué avec la croissance des médias.Elvis Presley a été révélé par la téle vision naissante au milieu des années 50.tout comme Michael Jackson a été révélé par le fameux video-clip.JFAN BEAUNOYER Chaque pays compte ses vedettes.Les héros de la chanson sont innombrables, mais les su perstars \u2014 ceux qui ont marque leur génération \u2014 ont été beaucoup plus rares Les superstars sont connues dans le monde entier et peuvent tout aussi bien occuper la première page du Times que du Paris-Match ou du Life Magazine.On les connait jusque dans l'intimité, on les imite, on les adore et.même quand on les déteste, elles occupent une plaie dans nos vies Il faut remonter loin dans le temps pour retracer les Miper-Mars du cinéma.Mae West, Gar-bo.Gable.Munroe ont été les superstars d'une autre époque, mais la chanson, avec les moyens qu'on lui connait aujourd'hui, n'a pas une aussi longue histoire.Frank Sinatra Al Jolson a été la première ve dette de la chanson moderne au début du siècle, mais ce n'était pas une superstar ( on parle évidemment du magnétisme sur les foules ).Bing Crosby a été un champion vendeur de disques mais pas une superstar non plus.À cette époque, c'est Frank Sina- tra qui correspond à l'image qu'on peut se faire aujourd'hui d'une véritable star.Il fut le premier à provoquer l'hystérie des foules dans les années quarante.Soliste de l'orchestre de Jimmy Dorsey à ses débuts, il est de\\enu rapidement une idole.Son style, ses manières sur scène ont été copiés par de nombreux « crooners » par la suite.Après un déclin dans les années 50.il est revenu plus fort que jamais par la suite, prenant bien soin de s'entourer du m>the nécessaire à toute superstar.C'est d'ailleurs une caractéristique de toutes les idoles qui suivront : l'isolement, l'éloigné-ment et la création du mythe par les médias.Celui qui allait succéder à Frank Sinatra dix ans plus tard deviendra rapidement le roi du rock'n'roll.11 allait déclencher une révolution comme jamais la musique n'en avait connue jusque là.Le grand Elvis Elvis Presley, conducteur de camion à la petite semaine, emprunta dans un premier temps la musique et, surtout, le rythme des Noirs du Sud des États-Unis qu'il intégra à la musique « country ».Les résultats ont ébranlé les base.s mêmes de la société américaine.Presley fut interdit dans plusieurs États américains et c'est Ed Sullivan \u2014 qui disposait du plus grand show de variétés de l'époque \u2014- qui mit tin à cette campagne anti-Presley en déclarant à son émission que « Presley était un jeune homme décent, agréable et poli ».Quelques années plus tard.l'armée américaine allait remettre Presley dans le droit chemin.Le jeune homme aux déhanchements suggestifs, survolté sur scène, allait adopter le style rocker de salon et tourner des films musicaux mièvres et inoffensifs.C'est en 1970.alors qu'il revenait sur scène, qu'on a bâti toute une légende autour de son nom.Fait à remarquer, les superstars le sont pour la vie.Une espèce de contrat avec l'éternité.C'est connu, les superstars ne meurent jamais.Les fameux Beatle En 1961.ils sont au nombre de quatre : les Fab Four, les Beatles.Ils ne sont plus américains, ils sont anglais.Au début, on croit à la manipulation des experts en marketing.I wanna hold your hand et des trucs comme She Joies you laissent croire à une vague passagère.Mais les Beatles évoluent à une vitesse inouïe et.pour la première fois, le phénomène dépasse l'expression musicale : c'est un art de s'habiller, de se coiffer et même de vivre que proposent les Beatles avec John Lennon en téte.Ce sont les Beatles qui ouvrent les yeux d'une nouvelle génération sur l'Orient.Le FJower Power , le phénomène de la drogue, la musique psychédélique qui engendra le pop art et une nouvelle expression artistique auront été amenés par les Beatles.L'album Sergent Pepper a déclenché une révolution musicale encore manifeste aujourd'hui.Abey Road représente le dernier grand moment des Beatles, mais Lennon est demeuré une superstar par la suite.Ses bed in suivies par le monde entier ont fait époque.Au plus fort de la guerre du Vietnam, Lennon luttait pour la paix.Pendant ce temps, un autre Beatle, Paul McCarthney, poursuivait sa carrière avec un nouveau groupe, Wings, et profitait d'une carrière populaire, évitant d'insister sur les messages politiques.Ce qui lui fut financièrement fort profitable.Des Rolling Stones à Michael Jackson Les Beatles avaient marqué une génération mais, parallèlement, les Rolling Stones accapa raient le marché avec une musique blues, délinquante et parfois satanique.Mike Jagger s'imposait presque autant que les quatre Beatles.C'était lui aussi une superstar qui allait rejoindre une très grande partie de la population dans sa sensualité, sa violence et sa rage.Mais les stars vieillissaient.Le Vietnam ne permettait plus les Beatles, les Rolling Stones, Bob Dylan aux États-Unis, et le président Reagan s'entendait fort bien avec Madame Tatcher, la femme de fer.Il fallait tout nettover et re-donner à l'Amérique sa fierté et sa prospérité d'antan.Une nouvelle superstar devait naitre, la superstar des années 80, un Noir qui, comme toutes les autres superstars, ne tarda pas à s'entourer de mystère.Michael Jackson est pratiquement né sur une scène.Il véhicule les belles valeurs de la famille, de la religion et prêche la vertu.Ainsi, tout est bien qui finit bien et les étoiles peuvent dormir tranquilles.Les Américains ont conquis le monde.par la chanson Si les Américains peuvent se vanter d'avoir conquis le monde, ce n'est pas tant par les armes que par la chanson.Les succès du palmarès américain font le tour du monde.De même, une chanson ne peut devenir un succès international que si elle a la sanction américaine.DENIS LA VOIE La doiiiinance économique des Etais Unis ajoute au sucée- de la chanson américaine.Car le marche américain étant le plus important pour l'industrie du disque, la chanson américaine peut compter sur un solide ap- pui, un public consommateur riche et nombreux.Les Américains exercent le même genre d'emprise côté ci néma.Mais peut-être pas aussi unanimement.Car la chanson franchit plus facilement les frontières.Aussi la chanson américaine influence-telle jusqu'aux jeunes Soviétiques.Pour tout dire^ la chanson populaire de ce siècle est redevable à l'Amérique de ses influences.Car c'est aux États-Unis, sur ce continent présenté comme le Nouveau Monde, qu'on a réalisé le mariage du rythme africain et de l'harmonie de la musique européenne.Le blues, le jazz et le rock sont d'origine américaine.Et la chanson américaine a lot fait de conquérir le monde.Le premier film parlant.The .la// Singer ( 1927 ), est un film chan- té.La chanson américaine obtenait déjà une large diffusion.Son emprise sur le monde allait se poursuiv re.Ainsi, Presley n'a pas donné de spectacle hors d'Amérique, mais ses disques et ses films l'ont fait connaître au inonde entier.Nouvelle et jeune comme le pays, la chanson américaine est demeurée un phénomène destiné surtout aux jeunes.L'expression « chanson américaine » recouvre par ailleurs un large éventail de genres musicaux.Depuis le chant gospel jusqu'au disco, en passant par toutes les modes.Depuis le hillbilly jusqu'au rock le plus sadique, en passant par le protest song, le funk et tous les genres dérivés.Elle appartient au cinéma Comme à la comédie musicale de Broadway, à la télévision et au spectaH»-.La musique américaine est envahissante.Assimilatrice, née de la fusion d'influences culturelles des plus variées, la chanson américaine a fini par accaparer des artistes en provenance de toute la planète.On devient Américain pour atteindre les sommets du showbiz et vendre plus de disques.C'est que les États-Unis constituent le plus grand et le plus lucratif marché du disque, principal moyen de diffusion de la chanson.Il faut aussi compter sur la radio.Par les ondes, la chanson atteint un large public.La chanson américaine a ainsi facilement pénétré au Canada.Et aujourd'hui, la télévision et les « vidéos clips » ajoutent de nouvelles possibilités de diffusion des succès de la chanson américaine.De Nat King Cole à Michael Jackson, de Gene Auiry à Kenny Rodgers, les grands de la chanson américaine sont devenus des vedettes internationales.Billie V.I I Cl I I M I .Il faut aussi compter sur la radio.Par les ondes, la chanson atteint un large public.La chanson américaine a ainsi facilement pénétré au Canada.Et aujourd'hui, la télévision et les « vidéos clips » ajoutent de nouvelles possibilités de diffusion des succès de la chanson américaine.De Nat King Cole à Michael Jackson, de Gene Auiry à Kenny Rodgers, les grands de ia chanson américaine sont devenus des vedettes internationales.Billie Holiday.Ella Fitzgerald, Janis Joplin.Elvis Presley, Frank Sinatra.Bing Crosby, Stevie Wonder.Bob Dylan et un tas d'autres chanteurs américains ont vendu des disques par millions sur tous les continents.Les groupes anglais : Beatles, Rolling Stones.The Police et Culture Club, ont profité du succès américain, tout comme le groupe suédois Abba qui a adopté l'anglais pour obtenir un succès international.Il en va de même des Allemands et des Canadiens, dont Paul Anka, Neil Young, Burton Cummings et le Montréalais Gino Vannelli qui ont choisi de faire carrière aux États-Unis, comme les frères Gibb ( Bee Gees ) et Olivia Newton-John.Finalement, c'est toute la chanson anglaise qui est devenue américaine sur nos palmarès, en opposition à la chanson d'expression française.Chants gospel, bluegrass et country Mais la chanson américaine n'est pas forcément internationale.Les chants gospel des Noirs américains composent ainsi une forme de chanson typique et exclusivement américaine.De même en est-il du bluegrass et son banjo, du country et la steei guitar.Ces styles de chanson demeurent surtout populaires aux États-Unis.Le jazz, le blues et le rock ont eu une diffusion beaucoup plus large.Ces styles de chanson ont été adoptés et adaptés un peu partout dans le monde.Le Québec n'y a pas échappé.Nos artistes ont longtemps surtout fait des versions de succès américains.L'influence de la chanson américaine est donc considérable.Et dans la mesure où certaines chansons avaient un message, elles ont marqué toute une génération en Europe comme en Amérique.C'est surtout vrai du folk song, avec les Bob Dylan et Joan Baez qui ont fait de la chanson engagée.LES ANNÉES 80 PRÉSENTENT DE NOUVEAUX DÉFIS La chanson québécoise est née avec la révolution tranquille La chanson québécoise n'existe en fait que depuis le début des années soixante.Reliée au phénomène de la révolution tranquille, elle a pris naissance avec les premières manifestations de ceux qu'on appellait à l'époque les chansonniers.JEAN BEAUNOYER Et Félix Leelerc, celui qu'on considère comme le père de la chanson d'ici, fut le premier.11 fut d'ailleurs à ce point isolé dans son travail de créateur, qu'il dut partir «chercher la signature de l'étranger », selon son expression, avant de jeter les bases d'une véritable chanson québécoise.Plusieurs vedettes du music-hall s'étaient fait remarquer avant lui.On se souvient de Madame Bolduc, du soldat Lebrun, des Fernand Robidoux et autres.Mais on ne peut parler d'une industrie de la chanson québécoise à cette époque.Ou bien folklorique, ou tout bonnement adaptée régulièrement lorsqu'elle présente ses spectacles à Montréal.Pendant ce temps, un professeur d'algèbre, Gilles Vigneault.fait parler de lui dans la région de Québec.Il chante La danse à St-Diïlon , Joe Monferrand, et sa musique prend le large.Vigneault marquera les années soixante autant que Félix Leelerc dans les années cinquante.Il chantera la nature, les grands espaces, peuplés de personnages typiques, savoureux.Et les boîtes à chanson se multiplient au Québec.Dans les sous-sol d'église, dans les cafés, les auteurs-compositeurs-interprètes triomphent dans une atmosphère existentialiste.Un filet de pèche au mur pour l'exotisme, quelques allusions nationalistes et les tout jeunes producteurs québécois font des affaires d'or.Charlebois et le « système de son » Mais il faut se donner des moyens, et la musique électrique des États-Unis parvient jusqu'à nous.La guitare sèche et le tabouret font place au « système de son ».Robert Charlebois, jeune étudiant à l'École nationale de théâtre, chante La Bott/ée dans un premier temps puis se rend en Californie.C'est lui le premier chantre des villes au Québec.Il sacre sur scène, entretient un jouai nouvellement assumé et chante Lindberg, C.P.R.Blues, Dolores , Québec Love.En 1968, il monte L'Ostidshow qui constitue la première manifestation d'une nouvelle génération.Louise Forestier.Vvon Deschamps, Le Nouveau Jazz libre du Québec et Charlebois éclatent de fraîcheur et de liberté sur scène.Un peu plus tard, ils reviennent avec C'est à soir qu'on fait peur au monde et le succès est immédiat.À Paris, Charlebois lance des tambours sur la scène, selon ce qu'en rapporte la presse, et si l'événement est fortement exagéré, les Québécois retiendront cette volonté de se manifester et de s'affirmer en France.Une espèce de rupture avec la mère-patrie.Beau Dommage, succès fulgurant Dans les années soixante-dix, le nationalisme québécois atteint son paroxysme alors que le Parti québécois se dirige lentement mais sûrement vers le pouvoir.Le groupe Beau Dommage pulvérise tous les records de vente chez les disquaires Le groupe chante les rues de Montréal, parle des vieux Noél d'enfance, des voisins de quartier, de l'école : le Québec se retrouve dans tous les juke-boxes.Les groupes Harmonium.Octobre suivront les traces.Les groupes folkloriques connaîtront également leurs meilleurs moments.Garolou.La Bottine Souriante sont entendus à la radio.Le Québec peut enfin rivaliser avec tout autre pays ->ur le plan musical.Julien Clerc s'intéresse à la musique québécoise et déclare que le renouveau de la chanson passe par le Québec.À la Montagne, à la Place des Nations, ensuite au Forum avec Diane Dufresne, la chanson québécoise se manifeste lors de grandes fêtes nationales.Mais les années quatre vingt ne permettront plus à la chanson québécoise de compter sur le levier nationaliste.Elle choisit de se mesurer à tous les courants mondiaux.La tâche est énorme et les multinationales sont plus présentes que jamais.C'est actuellement le plus grand défi à relever.aux courants musicaux américains ou français, la chanson des premiers juke-box du Québec ne reflétait pas l'identité du pays.Félix a fait école Au retour de Félix Leelerc, on fredonnait Moi mes souliers, qui avait remporté plusieurs prix en Europe.Félix faisait école en France bien avant d'être connu au Québec.Georges Brassens, entre autres, a toujours admis avoir subi son influence.Au Québec, c'est Raymond Lévesque qui se manifeste après avoir entendu Leelerc.Lui aussi « s'expatrie » en France.Il se mesure à de jeunes auteurs-compositeurs-interprètes de la trempe d'un certain Jacques Brel, par exemple.Les trottoirs, une de ses premières compositions, est enregistrée par Eddie Constantine qui en fait un succès.Quand les hommes vivront d'amour est connue en Europe.Mais la chanson québécoise n'a pas encore atteint le Québec.Il lui aura fallu germer dans le ventre de la mère-patrie avant « d'accoucher » au Québec.Radio-Canada organise son premier concours de la chanson canadienne et Jacques Blanchet se détache des nombreux participants avec Le ciel se marie avec Ja mer.Il fera partie des Bozos .un groupe de jeunes chansonniers dont on entendra beaucoup parler par la suite.Clémence Des Rochers, Jean-Pierre Ferland, Hervé Brous-seau, Claude Léveillé en font partie.Edith Piaf vient les voir L'industrie québécoise du disque : tout sauf le pressage C'*est sur l'île de Montréal, à Laehine, que naît la première entreprise canadienne de pressage de disques.Aujourd'hui, il faut aller a Toronto pour presser un disque, tout québécois qu'il soit dans toutes les autres étapes de sa production.Mais en 1918, Montréal était encore la métropole du Canada.Aujourd'hui, toutes les multinationales du disque, exception faite de Polygram, ont préfère s'établir dans la Ville-Heine pour déverser leur produit, reflet du goût américain.DENIS LAVOIE_ Le Québec a tout de même su se distinguer au sein de cette industrie.Des artistes exclusivement québécois ont vécu de ce seul marché provincial.Original dans son produit, destiné à un public exclusivement québécois, comme celui de la radio et la télévision, le disque québécois est devenu une affaire québécoise, une industrie québécoise et un produit d'exportation.Car des maisons de disques, dont Kebec Disque avec Gilles Talbot, ont vu le jour.La chanson québécoise avait enfin un support québécois, après s'être vendue à ceux qui en voulaient bien, c'est-à-dire des maisons de disques surtout américaines.Le folklore fut ainsi le premier produit québécois à figurer sur disque, des les années 20.11 n'y avait alors pas d'industrie du spectacle.Premier phonographe Si l'on remonte encore dans le temps, on découvre que les premiers essais au monde d'enregistrement sonore furent effectués au Canada.En 1878, Ladv Duferin.épouse du gouverneur général du Canada, note en effet dans son journal qu'on a procédé à une démonstration du phonographe, à Rideau Hall.Et en 1888, Lord Stanley de Preston enregistrait un message destiné au président américain.L'industrie du disque ne voit cependant le jour au Canada, à Montréal, que onze ans plus tard, alors que Emile Berliner, d'origine allemande, installe quatre presses de disques au 367 de la rue Aqueduc et un magasin pour vendre des gramophones et disques, au 2315 de la rue Sainte-Catherine.En 1904, cette entreprise installe un studio d'enregistrement rue Peel et deux ans plus tard une nouvelle usine rue Saint-Antoine, coin Lenoir, l'un des premiers édifices construits en béton armé.Les premiers artistes canadiens à obtenir une reconnaissance internationale sur disque seront : Pierrette Alarie, Maureen Forester, Oscar Peterson et Leopold Simoneau, pour ne nommer que ceux qui provenaient du Québec.La Bolduc Les folkloristes, violoneux et compagnie seront au nombre des premiers artistes québécois du disque.Et avec l'apparition de la Bolduc, on assiste enfin à la naissance d'une artiste du disque qui realise d'excellentes ventes, presque exclusivement au Québec.Mais on est bien loin de la réalisation d'un opéra rock comme Starmania, réalisé par le compositeur français François Berger et le parolier québécois Luc Plamondon.Aujourd'hui, ce dernier signe les succès du chanteur français Julien Clerc, en plus de ceux de Diane Dufresne et de bien d'autres.Aujourd'hui, même la chanson française prend donc naissance au Québec, où des artistes fran çais viennent enregistrer.Car, si on ne dispose pas d'usine de pressage de disques, le Québec est peuplé de très bons studios d'enregistrement, dont certains ont une réputation internationale et accueillent des vedettes de ce calibre.L'industrie du disque s'est différenciée et spécialisée au Québec.Le marché québécois a acquis une sorte d'autonomie.Ce sont des entreprises québécoises comme Gamma, qui lancent Charlebois.Industrie québécoise L'industrie du disque devient ainsi québécoise avec Trans-Ca-nada et d'autres encore, qui se sont attachées au marché québécois.Car l'industrie du disque a dû coller à la réalité québécoise pour offrir des produits qui se sont souvent vendus exclusivement au Québec.Mais les choses ont changé et les producteurs et artistes québécois visent en plus grand nombre à conquérir le marche français.C'est chose faite pour certains et sans se dissocier nécessairement de l'industrie québécoise du disque.Régionale dans sa perception canadienne, l'industrie au Québec fait vendre beaucoup, jusqu'à plus de 300 000 exemplaires d'un microsillon de la chanteuse Ginette Reno.Afin de mieux s'identifier à son marché et à son public, le monde du disque québécois finit par se doter, il y a quelques années seulement, d'une Association de l'industrie du disque et du spectacle.L'Etat s'y intéresse Et le gouvernement du Québec commence à s'impliquer dans la valeur commerciale de ce produit culturel : on participe au marche du disque à Cannes, ou aide la vente d'artistes et de dis ques québécois en France plus que jamais.L'industrie québe coise du disque exporte.Mais on consomme encore beaucoup de produits américains, français et autres, car le marché du disque n'est plus folklorique.On est loin de l'époque des enregistrements en direct.Côté perfectionnement technique, le Québec est bien dote, assisté d'un personnel de qualité Des artistes étrangers, de réputation internationale, enregistrent au Québec aussi bien qu'aux États-Unis Mais, hormis les maisons de disques qui visent le marché québécois prioritairement, c'est à Toronto que se retrouvent les grandes compagnies de disques et les sieges sociaux des multinationales du disque. \u2022 12 LA PRESSE, MONTRÉAL, LUNDI 17 SEPTEMBRE 1984 ¦9 \" \u2022 w ~ .¦ .\u2014 -;-;-_-¦-1\u2014 Les arts de scène 4 A ¦ I t I I I I » !» # ï 1 avènement de la télévision provoqué le déclin du burlesque A etivite théâtrale populaire rt **marginale à la fois, le théfl tre burlesque a joué un rôle primordial pendant près dun demi Siècle 11 a occupé une plaie de première importance dans le cadre général des divertissements populaires au Québec.MARIE-ANNE SAUVÉ Collaboration spéciale Le théâtre burlesque est un type de spectacle hérité des Ktats-l'nis.fait de chant, de musique, de théâtre el de danse, il comporte en outre des comédies et des sketches improvises sur de sommaires cannevas transmis d'une génération d'acteurs à l'autres.Enfin, des danseuses se produisent entre4 les numéros Les débuts (1914 à 1930) Les premiers spectacles de burlesque présentes au public québécois le furent à la fin du XIX siècle par des troupes américaines en tournée.D'abord offerts exclusivement en anglais, ils lurent traduits en français quelques années plus tard grâce à l'acharnement de deux corne diens sensibles aux attentes du publie francophone, Olivier Gui-moud pére et Arthur Pétrie.Ainsi, à la fin des années dix et au début des années vingt, la langue française s'installe pro gressivement sur la scène des variétés.Même traduit en français, le burlesque conserve le rythme et l'esprit des spectacles américains du début du siècle.De 1911 a 1930.il prend une ampleur considérable.L'âge d'or (de 1930 à 1950) Apres des débuts modestes et difficiles, le burlesque connut rapidement une époque floris santé.Paradoxalement, à l'époque ou il connaissait une vaste popu- larité et atteignait pour ainsi dire l'âge d'or (si Ton considère la fréquentation de l'ensemble des salles au Québec), le burlesque se transformait en vaudeville en perdant sa «ligne de danseuses» («chorus line»).Ainsi, le burlesque comme genre de variétés, par opposition au burlesque comme genre dramatique, s'est en quelque sorte éteint vers 1932.Parmi tous les théâtres spécialisés dans le spectacle de burlesque, le Théâtre National fut le plus important.Parce qu'il fut le plus brillant reflet de tout ce qui se faisait dans les autres théâ très du genre à la même période, et de tout ce qui s est fait ailleurs plus tard.Il évoque encore aujourd'hui la «Belle époque» du burlesque au Québec.Le Théâtre National a su se maintenir pendant près de vingt ans.Il a permis à plusieurs jeunes artistes d'y faire leurs débuts, en plus de réunir sur sa scène tous les grands noms du burlesque québécois: Olivier Guimond père (Tizoune), Char-lie Ross (Pic-Pic).Rose Ouellet te (La Poune), Juliette Béliveau, Juliette et Arthur Pétrie.Jean Grimaldi, Paul Desmarteaux et tant d'autres Pendant les années trente, on inaugura les grandes tournées à travers le Québec.l'Ontario, les provinces de l'Ouest et quelques États américains.Tous les grands «burlesquers» du Québec y participèrent épisodiquement.Le déclin (de 1950 à nos jours) Avant le déclin du burlesque, provoqué par l'avènement des cabarets et de la télévision, ce genre connut, à une quinzaine d'années d'intervalle, deux regains de vie.Le premier coïncide avec la relance, par Michel Custom et Jean Grimaldi.de l'ancien «Gayety», le «Radio Cité» en 1953.Le burlesque québécois connaît alors une nouvelle apo gée.Mais avec la concurrence des cabarets et de la télévision au début des années cinquante, le burlesque dut se retrancher peu à peu jusqu'à la disparition totale des salles consacrées.Il faudra attendre une dizaine d'années avant de voir renaître le burlesque sur une scène de théâtre.Gilles Latulippe tente une dernière chance en ouvrant son Théâtre des Variétés en 1967.Fondé par la tradition du burlesque afin de permettre à ce genre de survivre et de s'exprimer, le Théâtre des Variétés constitue la dernière institution du genre au Québec.Les spectacles ont évolué au fil des années.D'abord, le théâtre fut fidèle à une certaine tradition des variétés, telle qu'on lavait connue à Montréal au cours des années 1930-1950.Puis, au début des années 1970, il prit une nouvelle orientation, davantage axée sur la revue et la comédie musicale ou, à l'occasion, sur le music-hall.La majorité des comédiens qui travaillaient alors au Théâtre des Variétés avaient connu l'âge d'or du burlesque.Tous connais salent le répertoire et y puisaient les «bits» et les comedies qu'ils montaient.Avec ces comédiens et comédiennes s'évanouira un genre de spectacle qui, si populaire qu'il fut au début des années trente, se meurt lentement depuis une vingtaine d'années.Car les sketches comiques ne sont pas écrits ni rassemblés dans un recueil; il n'y a plus de comédiens ni de comédiennes à qui les transmet tre.Le théâtre burlesque a été méprisé par bien des critiques.Pourtant, c'est le premier genre de théâtre que le public a adopté comme expression d'une culture populaire authentiquement québécoise.Témoin d'une époque et d'une société, le théâtre burlesque fait partie de notre patrimoine.SOURCES: Jean Cléo Godin.-Les gaietés montréalais' sketches, revins., dans fîtudr1 françaises.\\ol 15.nos 12 pp.143-157 Chantai Hébert.Le burlesque au g> In divertissement populaire Bd.Hurtubtse UMH.1181.302 pages.Philippe Laframboisi.La Poune.Montreal.Ed Héritage, 1078 139 pages Juliette Pétrie Quand on revolt ton» nquos \u2022 La Presse.28 octobre ibsi .ï < LA PRESSE, MONTRÉAL, LUNDI 17 SEPTEMBRE 1984 13« ¦ Les arts plastiques D'un paysage laurentien de Clarence Gagnon (1881-1942) à « I/Étoile noire » de Paul-Ëmile Borduas qui est Tune des plus belles oeuves de la collection du Musée des beaux-arts de Montréal, la peinture québécoise est passée du terroir à l'universalité.La peinture au Québec est plus HrliA plus complexe et plus saine que jamais Il y a cent ans, la peinture canadienne n'était que l'épigone des écoles européennes.Le Canada anglais se targuait d'admirer tout ce qui rappelait l'école des paysagistes anglais du XIXe siècle et le Canada français, alors véritable centre artistique du pays, envoyait ses artistes dans les grandes académies parisiennes.Pas étonnant qu'en 18*2 Oscar Wilde, de passage à Toronto, S'exclame devant quelques tableaux d'Homer Watson ( 1855-1936 ) : « Le Constable canadien ! ».Époque d'une peinture romantique imprégnée du sentiment du sublime, époque où en 1883-K-1 Robert Harris peint le plus célèbre tableau de propagande de toute la bourgeoisie du temps, son fameux \u2022 Les Pères de la Confederation^ dont l'ori ginal a été détruit dans un incendie en 1916.i En cent ans, les choses n'Ont bougé que très lentement.La grande peinture, celle qui a mar que l'histoire universelle, n'a eu que peu de résonnantes chez nous.Avant que les années 40 ne voient s'avancer les personnages clés de Pellan et Borduas, c'est ailleurs que les choses importantes se passaient Quelques peintres certes ont brillé plus que d'autres.James Wilson Morrice notamment est de ceux dont les oeuvres resteront.Il a été Tun des pionniers de cette ouverture aux grands courants de l'art en glanant en Europe à l'ombre de Cézanne lea trouvailles qui allaient donner naissance à l'art moderne.Les tableaux de Morrice aujourd'hui \u2014 ceux que l'on peut voir en permanence dans une salle du Musée des beaux arts de Montréal \u2014 sont de petits joyaux impressionnistes.Et puis, il) ne faut pas oublier Suzor-Côté, autre fervent, des les années io, de l'impressionnisme qui mettait les pieds à Paris pour la première fois en 1889.Il y a eu aussi Charles Huot qui peignit respectivement en 1900 et 1913 deux petites célébrités en leur genre : « La Bataille des Plaines d'Abraham » et « Le Premier parlement de Québec ».Des peintre.4?Il en est passé des dizaines ap cours du siècle dont ont ne parlera plus au siècle prochain.Peut-être à la rigueur retiendrons-nous, outre ceux que j'ai mentionnés plus haut.les Maurice Culled, Clarence Gagnon ou Horatidn Walker.Peut-être même, surkout à cause du petit culte que l'on a érigé autour de ses protagonistes, parlerons-nous du groupe des Sept qui.de 1913 à 1931, a donné à l'art canadien un tournant régionaliste essentiellement fondé sur le paysage.Le groupe des Sept Le groupe des Sept, dont on tonnait surtout les Tom Thompson, La wren Harris, J.E.H.MacDonald et A.Y.Jackson, voulait se défaire des idées préconçues, se vider de tout sauf de la nature et de sa grandeur.Leur peinture a marqué le siècle mais elle l'a marqué surtout pour sa valeur nationaliste et régionaliste, non pour sa valeur intrinsèquement artistique.Sur cette lancée est apparue te groupe des Peintres Canadiens ( 1933-1945 ) qui fut une sorte d'expansion du groupe des Sf avec des artistes singum.tels que Holgate et (' n.De 1939 à 1948.la Sec dart contemporain fonH^e pai fohti Lyman al lait anime) ta vie artistique de Montréal avec, entre autres, Çoodridge Roberts, Frit/ Brindtner.Philip Surrey, Stanley Oosgrove et Paul-Émiie Borduas.Alfred Pellan, qui dès 1926 travaillait à Paris, a donné un formidable envol a l'art d'ici.Ses connivences avec le surréalisme, avec le cubisme, avec tout ce qui se faisait d'av ant-gardiste à l'époque en Europe, allaient considérablement changer les esprits et la mentalité artistique La sculpture québécoise est devenue passionnante Et si Ton faisait le cheminement à l'envers?Partir des éclatements de la sculpture d'aujourd'hui et remonter le temps jusqu'à la fin du XIXe siècle où les oeuvres religieuses et académiques donnaient le ton à cet art des formes et des volumes GILLES TOUP1N C'est que la sculpture québé-coise est aujourd'hui passion nante.Ses pratiquants ne sont guère nombreux mais ils sont présents ci inventifs.Le passe, qu'il ait cent ans ou plus, n'a pas Ce foisonnement de formes et d'expériences de la sculpture contemporaine.Ses sculpteurs n'étaient qu'à la remorque \u2014 et souvent loin derrière \u2014 de l'histoire de la sculpture occidentale.La période 1910 à nos jours est ainsi la plus vive.L'explosion surréaliste a donné le ton aux pionniers de la sculpture québécoise.Louis Archambault.entre autres, avec ses « Dames lunes » de 1955, rappelait les travaux d'un Max Ernst ou d'un Miro.Armand Vaillancourt.Robert Roussil et Charles Daudelin déblayèrent également le terrain.Leurs oeuvres étaient mi-abs traites, mi figuratives, souvent organiques, lyriques ou métaphoriques.Elles élargissaient le fossé entre l'art académique et un art nouveau, prospectif et Inhabituel.Ces artistes ont aussi fait éclater la petite sculpture sur socle pour envahir la place publique et créer de véritables monuments urbains intégrés à la cité.Avec cette disparition fonda mentale de la notion de socle.avec également l'émergence de la soudure, de la sculpture par assemblage plutôt que par le processus de la taille, avec l'incorporation de l'espace ambiant, l'utilisation de nouveaux matériaux, de la lumière, du einétis me, l'objet sculptural s'est transformé pour parfois même se dématérialiser et devenir pure lumière.Recherches rigoureuses, recherches joyeuses et baroques, la sculpture d'ici épouse aujourd'hui maintes directions.Aux frasques d'un Jean Noel et d'un Y von Cozic qui se servent de \\ i nyle ou de pluche pour envahir l'espace de « gags » visuels désopilants, on peut opposer la ri gueur et la recherche formelle des Serge Tousignant.Guido Mo-linari.Henry Saxe, Ulysse Comtois, Jean-Marie Delavalle.Ko land Poulin ou Françoise Sullivan.Plus près de nous, des oeuvres fortes émergent et changent les règles du jeu.Je pense surtout à Marcel Jean et à ces petites architectures colorées à la fois baroques et symboliques'.Je pense aussi aux environnements d'un Melvin Charney qui fait bifurquer la sculpture dans le champ de la these ou du corn mentaire architectural.Je pense aux derniers travaux d'un Peter Gnass qui s'attaquent au tissu urbain ou à l'environnement mu-séologique tout comme aussi Pierre Granche qui investissait ne voici pas si longtemps l'espace de la galerie, y érigeant des cloisons, des colonnes et des tra Ces, tout comme Irène VVhittome qui façonne dans son propre ate lier, rue Saint-Alexandre, un lieu épuré, mystérieux et quasi mystique.Et que dire aussi des interventions d'un Bill Va/an sur le paysage même.Va/an qui n'hésiteI pas à tracer des parenthèses sur les plages de l'Ile du-Prince Edouard et de la Colombie- Bri tannique pour mettre ironiquement le Canada « entre parenthèses » 7 La sculpture a perdu ses cadres d'antan.Sculpteur, Robert Racine ! Lorsqu'il étale sur une plate-forme gigantesque les milliers de mots du dictionnaire Robert, on ne sait plus vraiment si on est là dans le champ de la sculpture.Cette dernière a perdu ses paramètres ; elle vogue dans l'espace indéterminé de la recherche et de l'aventure.Quel contraste avec l'art d'an tan ! Quel monde étrange et fas cinant si on le juxtapose à celui de l'art victorien finissant, notamment à la sculpture de Phi lippe Hébert ( 1850-1917 ), notre premier grand sculpteur académique, dont les Peaux-Rouges en bronze ornent la façade du parlement à Québec.Philippe Hébert est le sculpteur de l'histoire, celui des statues de Cham-plain, de Laval, de Maisonneuve, de Madeleine de Verchères, de la reine Victoria.Avec lui se rangent les Henri Hébert ( 1881-1950 ), Suzor-Côté ( 1869-1937 ) qui a flirté avec la sculpture avec la même dextérité que le peintre devant son chevalet, et puis Alfred Laliberté ( 1878-1953 ) qui a laissé quelque 925 bronzes qui relatent les métiers des personnages de son enfance aux Bois Francs.Laliberté a d'ailleurs travaillé quelque temps à Paris, la première fois en 1902, grâce à une souscription publique ouverte par LA PRESSE pour lui venir en aide.Il a laissé des monuments célèbres dont le Saint-Joseph de l'oratoire et le Dollard des Ormeaux de Carillon.Avant cela, c'était presque le calme plat.Des oeuvres d'églises, des sculptures sur bois de saints, la plupart du temps anonymes, ont laissé peu de marques.Il y a quand même dans cette sculpture religieuse de la fin du XIXe siècle des oeuvres habilement sculptées même si elles sont plus stéréotypées que les oeuvres semblables du XVille.Il y a des maîtres-autels remarquables, tel celui de l'église de Saint Isidore daté de lHtîl 65 et sculpté par Ferdinand Villeneuve.Mais dans l'ensemble cette production est limitée et appartient à un domaine quelque peu à part des grands courants de la sculpture occidentale du temps.québécoise.L'oeuvre de Pellan est une sorte de synthèse de ces apports nouveaux de l'art moderne.Elle fut ici la première grande brèche ouverte dans les contreforts du conservatisme et de l'académisme.Le grand Borduas Mais le virage, le grand virage, celui qui mit au monde* la peinture québécoise au cours de Ce centenaire, ce fut l'apparition sur la scène artistique de Paul Êmilè Borduas et des Automa-tistes Est-il besoin de rappeler les premières gouaches surréalistes de Borduas peintes en 1912-43 et la publication bruyante en 11)17 du Refus Global ?L'art était soudain à l'heure des gran des préoccupations de l'Occident, il tentait certes de renverser les esthétiques établies mais il tentait aussi de révolutionner les valeurs sociales et morales du temps.On connaît le sort réservé à Borduas, l'exil d'un EU.i* oui j j n'en reviendra que i/r \u2022 l'archamement des au* nombres du groupe fi se tailler une place au soleil dans un milieu à l'origine hostile.ti Les ( Lipfi de I toir des |] Autoraatistes ont préparé le terrain pour l'apparition d'un nouvel art.La révolution tranquille acheva le travail et aujourd'hui la peinture québécoise l plus riche, plus complexe et plus atn \u2022 jam Depuis les premiers plasticiens des années 50 et l'apparition des figu-r s marquantes de Guido Moli-îari.Claude Tousignant, Charles Gagnon et Yves Gaucher, la peinture d'ici n'a fait que fleurir.On parle depuis quelques années de « nouvelle peinture » au Québec, d'expressionnisme figuratif, on parle des peintres-graveurs issus des classes d'Albert Dumouchel, on parle de nouvelles galeries et d'une moisson surprenante d'étudiants en art qui prennent d'assaut le marché de l'art avec souvent des succès étonnants.La peinture québécoise, puisqu'on la distingue désormais de la peinture canadien ne, est véritablement une entité saine et vivante.« La gigue à deux » d'Alfred Laliberté est un exemple typique de la sculpture sur socle.En contrepartie, l'oeuvre magistrale du sculpteur québécois Armand Vaillancourt réalisée en 1972 à San Francisco, une fontaine géante, témoigne de la conquête de la place publique par le sculpteur contemporain.\u2022 H L l 1% | i l 4 4 I I 1 « 4 4 J J ê i i » » i : j * S » » i i t r i i I I « f t I » « A \u2022 14 IE LA PRESSE, MONTRÉAL, LUNDI 17 SEPTEMBRE 1984 '*T\\epuis la naissance , une autre socié- té japonaise, JVC, lançait un nouveau format, le VHS ( pour Video Home System ), doté cette fois d'une cassette d'une durée de deux heures Cet avantage était rendu possible grâce à une caractéristique du format VHS : une vitesse de défilement de la bande magnétoscopique légèrement plus lente que celle de la Betamax.Une lutte féroce L'arrivée de ce nouveau format allait marquer le début d'une lutte féroce qui a jalonné le développement de la vidéo ces dernières années.Cette concurrence a eu des retombées positives pour le consommateur : une grande partie des perfectionne ments subis par le magnétoscope en font à l'heure actuelle l'instrument le plus sophistiqué que le consommateur ait jamais eu à sa disposition.Sans compter que, grâce au jeu de la concurrence, le prix des appareils a considérablement diminué.On peut aujourd'hui se procurer un magnétoscope pour moins de $500.Mais, revenons à 1976.Parallèlement à JVC, un autre géant japonais allait faire son entrée dans le camp VHS.Il s'agit de Matsushita ( propriétaire des sociétés Panasonic, Quasar et de 50 p.cent des actions de JVC ).Cette décision allait peser lourd dans le dévoppement ultérieur de la vidéo.Par la suite, Matsushita obtiendrait en effet des con trats de fabrication pour Magna-\\ox.Philco.RCA et Sylvania.Akai, Hitachi et Mitsubishi optèrent également pour le format VHS mais décidèrent de fabriquer eux-mêmes leurs appareils.Du côté Beta, seul Zenith fit fabriquer ses appareils par Sony ( jusqu'à ce qu'il décide au début de 1981 de changer de camp).Sanyo, Toshiba et Sears optèrent également pour ce format.Comme on peut le constater, le camp VHS a réussi en peu d'années à intéresser beaucoup plus de constructeurs que son rival.L'avenir du magnétoscope paraît illimité.Ce phénomène a entraîné une multiplication des appareils VHS disponibles sur le marché et, par voie de conséquence, a contribué à augmenter son influence auprès des consommateurs.On estimait en 1984 la proportion des appareils sur le marché à trois VHS contre un Beta.Règle générale, les innovations sont d'abord venues de Sony avant d'être reprises ( et améliorées ) par l'autre camp.En général, une innovation dans un camp a toujours provoqué une réplique dans l'autre.Ainsi, en 1977, en réplique à VHS, Sony décida de créer le Beta II qui réduisait de moitié la vitesse de défilement de ses appareils.Cette innovation avait pour inconvénient de rendre complètement désuet le premier Betamax.Par contre, il permettait de doubler la durée d'enregistrement des cassettes ( deux heures plutôt qu'une ).En 1978, Sony revint à la charge en lançant un modèle pourvu de deux vitesses d'enregistrement.La nouvelle vitesse plus lente ( Beta III ) permettait d'allonger à trois heures la durée de la cassette L500.Le camp VHS ne tarda pas à riposter.En lançant une seconde vitesse, le LP (Long Play), qui portait à quatre heures la durée d'enre gistrement d'une cassette T-120.Contre-attaque de Sony : une nouvelle cassette ( L750 ) dotée d'un ruban plus mince qui per met d'étirer à quatre heures et demie la durée de l'enregistre ment.Comme on peut s'en douter, VHS n'était pas en reste.Il introduisit une troisième vitesse, le SLP ( Super Long Play ), qui portait à six heures la durée d'enregistrement sur cassette T-120.La réplique de Sony consi ,ta cette fois en une nouvelle cassette, L830, dotée d'une bande encore plus mince, ce qui portait à Photothèque LA PRESSE cinq heures la durée d'enregis trement.La dernière riposte de VHS semble avoir mis fin temporairement à la question de la durée d'enregistrement.Par la cassette T-1G0, d'une durée de huit heures.Sony pourrait toutefois revenir à la charge en imitant le format européen, Vidéo-2 000, qui a mis au point la cassette réversible.Théoriquement, une cassette Beta réversible pourrait faire dix heures et une VHS seize.L'avenir en 8 mm La question de la durée n'est pas la seule à avoir occupé l'attention des fabricants de magnétoscopes.Le Beta se an, par exemple, mis au point par Sony, est un procédé qui permet un repérage rapide d'une sequence sur la bande, soit en position avant ou retour.VHS a.bien entendu, mis au point un système analogue.C'est à ce dernier qu'on doit les premiers magnétoscopes pré-programmables, capables d'enregistrer même quand vous n'êtes pas là.VHS a également cherché à rehausser la qualité des images en augmentant le nombre de têtes de lecture, passant de deux à quatre Depuis le début des années 80.le progrès porte surtout sur le degré de sophistication des appareils.Ce sont les fameux effets spéciaux dont sont dotés les magnétoscopes les plus sophistiqués l'arrêt sur l'image, i image-par-image, le ralenti et l'accéléré.L'autre grande innovation consiste dans le son haute fidélité.Les fabricants de VHS avaient commencé en 1982 à doter leurs appareils les plus sophistiqués d'un son stéréophonique assorti d'un réducteur de bruit Dolb L'an dernier, Sony a réplique d'une façon magistrale en lançant le Beta hi fi dont les perfor mances acoustiques ne sont dépassées que par le disque digital.Un an après, VHS a emboîté le pas avec un système hi-fi équivalent.L'avenir toutefois est peut-être dans un tout nouveau format, le 8 mm, mis au point par Kodak avec l'aide de Matsushita et TDK.Mais la côte à remonter est énorme pour le 8 mm qui part à peu près au même point où Beta se trouvait à ses débuts.D'un côté, entre 10 et 20 p.cent des foyers en Amérique du Nord disposent déjà d'un appareil dans le format Beta ou VHS.De l'autre, ce nouveau format est encore loin d'avoir atteint le degré de sophistication des deux autres.La durée d'enregistré ment, par exemple, ne dépasse pas 90 minutes Quoi qu'il en soit, le magnétoscope a bel et bien acquis ses titres de noblesse.Il est en passe de transformer chez les spectateurs certaines habitudes qu'on croyait profondément ancrées.La télévision et le cinéma en v>nt les victimes dans une mesure plus ou moins grande.C'est le média qui bouleverse en ce moment l'idée qu'on se faisait du spectacle audicvisuel.Son passé est limité mais son avenir paraît illimité.SAISON 1984-19*5 BONNEZVOUS AUJOURD'HUI! \\ JUSQU'À 50% DE RÉDUCTION APRES tf TRIOMPHE OE TARTUFFE LES COULISSES 0 UN GRAND RESTAURANI de Molière betobre 19H4 Mi«* eri srène.Olivier Rcichenbach w«r Luc Durand, Sophie Clement, Raymond Bouchard, Marietta Boies, Normand Chouinard et huit autre*.UNE PIECE SUPERBE ENFIN A MONTREAL (The Orriioer) mmiim de R.Harwood 28 février 198.*» Mise en \u2022.< tv.e À venir avec: Paul Hébert, Normand Chouinard, Sophie Clement, Christiane Raymond, Markita Hoirs et six autres 5 pour le prix de 4 Réservez cinq soirées à la mémorable saison 1984-1900 du TNM.Nous vous en offrons une f (ThrKUch.rO de A.Wesker 22 novembre 19*4 Mise en st ène: Guillermo de Andrea avec Christiane Raymond, Normand Chouinard, Raymond Bouchard, Markita Boies et vingt et un autres.I.vous invite I une saison mémorable, faite de grands >]>< « taries de passions, de nus d'émotion, de réflexion.À bientôt.OlivH-r !n n'a pas encore découvert l'art de la propagande radiophonique.' «pendant, la situation évolue rapidement et, dans les années 30, la plupart des émissions de quelque importance sont commanditées.Ainsi, la radio devient le premier instrument de-vant conduire a l'avènement de la société de consommation au Québec.A deux reprises, la radio a du uj 1 O o é Comme bien d'autres comédiens, il y a plus de vingt ans, Gaston Dauriac, Jean Lajeunesse et Jacques Auger étaient les protagonistes d'un radio roman.subir des chocs qui l'ont amenée à justifier sa longueur d'ondes.D'abord on 1952.avec l'apparition de la télévision.Toutefois, elle parvient à garder ses auditeurs grâce a l'invention du transistor et du «hit parade».D'ailleurs, on constate au Quebec que la popularité de la radio remonte avec le vieillissement du médium télé.Phénomène qui s'est accentue ces dernières années, avec la généralisation de la bande \u2022 FM » qui atteint de fortes f l HK> Aih'.tiM.invita.hAMliANA ARAYA ii.\u2014' ' M** ->f - !->«\u2022 PI M R GEQRÔI CtNri (torches!!* GUY si ONQi \" Cmltar*».*s*jn PFHM IH ÊASTFt I f i Ltit.Kin A Dec ut M MAIU» SOilVAY Pfoductan .rk o ko» 11 « t-K-le est une irto
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