La presse, 29 décembre 1984, D. Arts et spectacles
[" ET SPECTACLES LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 29 DÉCEMBRE 1984 CINEMA QUEBECOIS 1984 Une année d'incertitude et d'espoir Une année de vaches gras-ses, 1984?Ni crasses ni maigres, en vérité.Une année d'espoir.Et d'incertitude.Quelques SERGE PUSSAULT petits triomphes : Sonatine, primé à Venise, la Femme de rhô-tel, primé à Chicago.Un succès populaire : la Guerre des tuques ( un box office de plus de $500 000 au Québec.et le film sort en fe- Photo du tournage de «la Guerre des tuques » wrîer au Canada anglais).Une douzaine de longs métrages en tournage.Mais, à côté de ça, un malaise : l'engoûment pour la vidéocassette risque de vider les salles.Et une grogne.Pierre Ha-rel n'a pas d'argent pour entreprendre un autre long métrage (Grelot rouge et sanglot bleu).Le cinéaste Pascal Gélinas (prix Ouimet/Molson ) lance un cri d'alarme : «On cherche à élimi ner les petites maisons de production, on méprise la relève.» À mon camarade Luc Per-reault, le président de Téléfilm Canada, André Lamy, déclarait en juin : fini, les années de vaches maigres! Désormais, il faut tourner pour la télévision, et ne plus compter uniquement sur les PAGE D 10 UNE ANNÉE DE SPECTACLES L'année des grandes vedettes Aussi paradoxal que cela puisse sembler, le Québec de l'année 1984 aura vécu avec une égale intensité une période de crise au niveau de l'industrie du spectacle et une activité sans pareille sur les grandes scènes de la province.Pendant qu'un bon JEAN BEAUNOYER nombre de producteurs jouaient les alarmistes en ne donnant pas cher de notre butin culturel, le Québec voyait défiler en ses murs les Michael Jackson, Boy George, Eurythmies, Frankie goes to Hollywood, Charles Tre-net, Jacques Higelin, Renaud, Bruce Springsteen, Elton John, Julio Iglesias, Willie Nelson, Ear-tha Kitt, Rod Stewart, Duran Du-ran, Aznavour, les Compagnons de la chanson et tous les autres invités de Québec 84, du festival de jazz, du festival Juste pour rire et de la Magie rose de Diane Dufresne.Une année faste.De la démesure en toute chose, alors qu'on se monte des bateaux qui font flop sur les récifs de Québec et qui sombrent dans un stade sans mât.Le Québec aura sûrement beaucoup appris de cette mégalomanie, surtout en appréciant le succès absolument inattendu du spectacle de carton de Michel Le-mieux au Spectrum, la santé du festival de Jazz et l'imagination du festival Juste pour rire.Revoyons donc, mois après mois, l'allure de cette année folle, de cette course aux spectacles, aux événements qui nous auront laissé croire, un temps, que le Québec était le nombril du monde.janvier: Midem Diane Dufresne enregistre à Londres l'opéra-rock écrit par Luc Plamondon.Après de nombreuses démarches, elle accepte d'accorder une entrevue au représentant de LA PRESSE dans la capitale anglaise.Jacques Higelin triomphe depuis des mois au Casino de Paris et j'assiste au spectacle du plus grand showman de la francophonie.Au festival du MIDEM à Cannes, Ginette Reno se fait avantageusement remarquer à l'intérieur d'un super-gala télévisé absolument pourri.Diane Tell évite la presse québécoise et, toujours en France, les fameux Ding et Dong se cassent royalement la geule à l'émision Le grand Échiquier, nommée plus tard, le grand échec.Au MIDEM, le ministre Landry parle de commerce extérieur et prétend qu'on doit vendre la chanson québécoise comme on vend des tracteurs.Ce qui nous permettra d'écrire au retour, une série sur les vedettes québécoises hors frontières.févrienles Français D'abord la mort de Pierre Du-dan qui avait accorde une entrevue à LA PRESSE quelques se- maines plus tôt.L'arrivée par la suite de Yves Duteuil, tout en douceur et en simplicité, qui réchauffe rapidement une salle particulièrement complice au théâtre Outremont.Charles Aznavour revient au Québec, à la Place des Arts, mais fort discrètement.Très discrètement.Pierre Bertrand se fait discret lui aussi mais ne sait pas encore le succès qui l'attend.mars: Deschamps et Boy George Y von Deschamps présente le 14 mars la premiere d'un nouveau spectacle Voyage dans le temps que je juge indigne de lui.Sévère critique du spectacle et non de l'homme.Déception d'un vieux fan qui attendait depuis trop longtemps un peu plus qu'une comédie facile.En espérant que Deschamps comprenne que les meilleurs amis ne sont pas ceux qui nous endorment constamment et qui racontent tout ce qu'on veut entendre.Boy George a choisi Montréal pour entreprendre sa tournée nord américaine et a l'aéroport de Mirabel, c'est déjà la douce folie.Il en est le premier surpris et chambarde son horaire afin de satisfaire tous les médias.Décontractés, de joyeuse humeur, Boy George et son groupe Culture Club ont répandu une bouffée d'air frais alors que le printemps PAGE d 12 Photo Bernard Broult PUCCINI- 1 LE DISQUE EN 1984 towott »:\\:\\ MARTON JOSÉCAKRt-llVS-KATIARICCIARMII U .< \\th .\\._;» v.- then ^ .A i.okiNUuzn L'année des personnalités ' ¦ ¦ ¦ V * \u2022 .Contrairement aux précédentes années discographiques, où l'accent était mis sur un compositeur, une intégrale, un genre tel que l'opéra, l'année 1984 fut dominée par quatre personna- CLAUDE GINGRAS lités: les chefs d'orchestre Giuseppe Sinopoli, Lorin Maazel et Leonard Bernstein et le soprano hongrois Éva Marton.Sinopoli et Marton sont deux noms relativement nouveaux dans le monde musical; ils nous furent révélés il y a quelques années seulement.Leurs enregistrements parus en 19W ont con firme leur immense talent.(N.B.sauf indication contraire, tous les enregistrements mentionnés ci- après existent dans les trois éditions désormais courantes: microsillon 33-tours numérique, cassette et disque compact.La référence indiquée est celle du 33-tours, qui occupe encore la plus grande partie du marché.) Sinopoli: trois opéras Giuseppe Sinopoli avait débuté au disque (chez Deutsche Gram-mophon) comme interprète de musique contemporaine, puis était passé avec un égal bonheur aux oeuvres chorales de Brahms.Cette année, il a signé un inter prétation absolument géniale de la deuxième Symphonie de Schumann, avec l'Orchestre Philharmonique de Vienne (Deutsche Grammophon, 410863-1).Il dirige également trois enregistrements d'opéras auxquels \u2014 indépen- damment des réserves qu'on peut avoir sur certains des chanteurs \u2014 il confère une dimension dramatique absolument irrésistible: Nabucco, de Verdi, avec Piero Cappuccilli, Placido Domingo et Ghena Dimitrova (Deutsche Grammophon, coff.3 d., 2741021), Macbeth, également de Verdi, avec Renalo Bruson et Mara Zampieri (Philips, coff.3 d., 412133-1), et Afanon Lescaut, de Puccini, avec Mirella Freni, Domingo et Bruson (Deutsche Grammophon, coff.3 d., 413893-1).Maazel et Marton Avant de quitter Vienne au milieu du fracas que l'on sait, Lorin Maazel a signé deux enregistrements grandioses, peut-être les plus réussis de sa carrière et cer- tainement parmi les meilleur» des deux oeuvres représentées: Turandot.le dernier opéra de Puccini, avec Êva Marton et JosÉ Carreras (CBS, coff.3 d., I3M39160), et la deuxième Symphonie (la Résurrection) de Mahler, avec Jessye Norman et Marton encore, dans les brefs soli chantés (CBS, eoff.2 d., I2M 38667).Maazel conçoit les deux oeuvres comme des fresques colossales ot il trouve dans l'orchestre, les voix et les choeurs, qu il pousse au maximum de leurs capacités, la pleine réalisation de sa pensée.11 reste simplement à souhaiter que chacun dispose de l'appareil et de l'environnement PAGED 4 un film de PAOLO et VITTORIO TAVI ANl D'après \"Le» nouvelles pour un an\" DE PIRANDELLO Tous les jours: 4:00-6:40-9:20 ¦¦EHUDEBL^J ST DENIS STE CATHEHINE 288 ?»I5 VIVAFIUM APRÈS \"LA NUIT DE SAN LORENZO\" PRIX SPÉCIAL DU JURY CANNES VOICI ENCORE UNE FOIS LE GÉNIE DES FRÈRES TAVIANI.À LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 29 DÉCEMBRE 1984 LA LITTÉRATURE EN 1984 De bons romans et des lecteurs de poésie Les livres naissent lentement, dans la solitude.C'est à la fin de Tannée 1985 qu'on saura si les auteurs québécois ont bien travaillé cette année! En tout cas, la production a été énorme, mais ce qui m'a frappé, au delà de l'accumulation des livres, c'est une accélération de ce qu'on est convenu d'appeler la vie littéraire.Des institutions, vénérables comme l'Académie canadienne-française, ou plus jeunes, comme l'Union des écrivains québécois, ont affirmé davantage leur existence et, surtout, leur utilité.Je pense bien sûr au colloque «Pourquoi écrire aujourd'hui?», organisé par l'Académie canadienne-française en collaboration avec la Société des écrivains, le PEN Club et l'Union des écrivains québécois : je pense aussi à la participation de cette dernière au colloque «Culture et technologie», qui a eu lieu l'été dernier à Québec.Ces événements-là, qui n'ont pas nécessairement un caractère permanent (encore que l'Académie en soit à son deuxième colloque), s'ajoutent à la Rencontre québécoise internationale des écrivains, qui est déjà une tradition et dont on ne saurait dire toute l'importance, tant elle a contribué à faire connaître nos écrivains à l'étranger, tout en rendant la pareille aux invités venus de partout.Un monde trop discret La vie littéraire serait mieux servie encore si tous ceux qui y sont pour quelque chose, éditeurs, libraires, bibliothécaires ou auteurs, prenaient la peine de faire connaître aux médias, et donc au public, leurs bons coups.Il faudrait une petite armée de journalistes, et qui n'aient pas à consacrer le meilleur de leurs temps à lire les livres, il en faudrait autant, et infatigables, pour rendre compte de ces bons coups.Et des mauvais.Les congrès d'éditeurs ne sont pas ouverts, même en partie, à la presse; les bibliothécaires ne réagissent pas spontanément, ni invididuellement ni collectivement, à moins qu'on ne les sollicite, à des choses aussi importantes (ou aussi peu importantes) que la publication d'un livre blanc qui s'intitule pourtant la Lecture au Québec.Même les congrès de l'Union des écrivains québécois sont réservés à leurs membres, parmi lesquels il y a pourtant une foule de journalistes.Le monde de l'édition au Québec, dont le produit après tout est la communication, ne se résigne pas à communiquer.Heureusemenmt que les événements littéraires nationaux, congrès, colloques ou conférences, sont de plus en plus visibles et fréquents.On en revient parfois déprimé, quand le cabotinage y tient autant de place que la réflexion, mais il reste que ces réunions témoignent de la réalité de notre littérature.On y voit et on y entend des écrivains, sortis pour quelques heures ou quelques jours de leur solitude de créateurs.Ce qu'on sait moins, c'est que les écrivains sont présents partout.Ils vont à la rencontre de leurs publics, aux quatre coins du pays, dans une école, un foyer pour personnes âgées, un club littéraire ou une bibliothèque.Ils vont aussi à l'étranger, parfois La perte d'un éditeur courageux, Gilbert LaRocque dans des pays qu'on croirait imperméables tout à fait à notre culture.Ils y parlent de leurs livres et de ceux de leurs collègues, semant pour quelque future récolte.Se méfier du destin Car les écrivains, me disait récemment un d'eux, seraient de moins en moins portés à confier au hasard le destin de leurs livres.Ils seraient en effet devenus conscients de la nécessité de défendre et de promouvoir leurs livres, partout où cette activité est susceptible de leur apporter de nouveaux lecteurs et, par conséquent, des revenus moins symboliques.Revenons à cette année 1984.Bonne, moyenne, mauvaise?Bonne année je pense, au moins sous le rapport de la quantité.La poésie trouve des lecteurs, peu nombreux mais qui s'y connaissent, et fidèles.Les essais, à peu près inexistants il y a une quin- zaine d'années, sont innombrables.L'édition de théâtre, reflétant une baisse des productions québécoises originales, a sans doute fléchi.Quant au genre romanesque, il est plus vivant et varié que jamais.Et les auteurs révent toujours en vain d'un minimum de reconnaissance internationale.La poésie est partout La preuve de la santé de la poésie, elle est dans la survie des revues littéraires qui la publient prioritairement.Certaines d'entre elles existent depuis déjà de nombreuses années, La Nouvelle Barre du jour par exemple, ou Les Herbes rouges; d'autres naissent et vivent plus ou moins longtemps, en tout cas le temps de faire connaître, dans un cercle restreint il est vrai, des voix qu'on n'aurait pas entendues ailleurs.La poésie a aussi ses grandes maisons, dont Les Écrits des forges à Trois-Rivières ou Le Noroît à Saint-Lambert.À cela s'ajoute une foule de petites revues artisanales, produites généralement de façon très moche et qui publient une poésie tout à fait dépassée; il y a aussi des recueils qui paraissent à compte d'auteur, sous le nom d'une maison d'édition un peu imaginaire, et qui offrent le meilleur et le pire.Passons vite sur l'essai proprement littéraire, qui s'adresse à un public spécialisé et dont l'intérêt est très variable : il s'agit souvent de thèses de doctorat qui sont engoncées dans un appareil scientifique aussi imperméable que savant.Vite aussi sur l'édition de théâtre, puisqu'on préfère voir sur scène ce qui s'écrit aujourd'hui.On n'est tenté de lire, il me semble, que les classiques, et il n'y a encore ici qu'un Marcel Dubé, qu'un Michel Tremblay par génération.Le roman québécois a consolidé cette année encore sa position.Le grand public et les critiques ne sont pas toujours d'accord sur les mérites des oeuvres, mais il arrive pourtant qu'ils le soient.Et tout le monde devrait reconnaître qu'il est bel et bon que le roman d'ici (alors que traditionnellement il avait tendance à faire fuir les lecteurs échaudés) soit assez intéressant et lisible pour aller chercher beaucoup de lecteurs, devenir même un best-seller.Il n'y a pas chaque année un Matou, mais d'autres livres, comme le Maryse de Francine Noël, ont prouvé que le roman d'ici peut être littéraire et populaire.Et puis les romanciers et romancières ont du souffle.Il n'y a pas tellement longtemps, la coédition avec la France était à peu près impossible.On raconte que c'est parce que nos romans étaient trop courts, le format d'une longue nouvelle.On y va maintenant allègrement : trois cents pages, c'est banal; quatre cents pages, ce n'est pas rare; cinq cents pages, ça se trouve.La longueur n'est pas un gage de qualité, mais elle a un avantage évident : le nouveau romancier acquiert plus de métier s'il écrit plus.Donc, beaucoup de bons romans, très variés quant à l'inspiration et quant à l'écriture.Sauf exceptions, les romanciers ont leur manière propre et il serait difficile de faire ici ce qu'on fait ailleurs, les regrouper autour d'une école, même officieuse.De plus, le roman occupe maintenant un espace extra-littéraire.À côté des auteurs reconnus, nombreux sont ceux qui écrivent de* romans qu'on appelle populaires et qui d'ailleurs trouvent leur public, parce qu'ils répondent à des besoins d'information ou de di- « vertissement qui ne chatouillent pas l'inspiration des littéraires stricts.La solution de continuité On ne peut proposer un bilan de l'année dans rappeler la perte d'un éditeur courageux et dynamique, Gilbert LaRocque, des^ Éditions Québec Amérique.Il à bâti une collection prestigieuse, avec cette continuité qui a manqué cruellement chez tant d'autres éditeurs.Il me détestait absolument, je n'y peux rien.Sa mort m'a touché profondément, bien plus que la hargne de ceux qui se disent ses amis et qui ont eu la bassesse de laisser entendre que la critique avait assassiné \\ leur héros.Grâce à LaRocque, grâce à d'autres aussi, l'édition littéraire devient plus professionnelle, ce qu'on constate d'année en année.Les écrivains acceptent d'ailleurs de moins en moins d'être traités par les éditeurs de façon méprisante, et que leurs livres soient bâclés puis oubliés, sans qu'on prenne la peine de les faire connaître.Même dans les toutes petites maisons, on a produit de livres d'une très grand qualité.Il reste que chez les éditeurs en gé néral, petits et grands, il y a un bon tiers des titres qui n'ont au * cune valeur.Je rappelle en terminant le dé part de Jean-Guy Pilon de la df-rection des Émissions culturelles à Radio-Canada, un départ qui a créé des inquiétudes dans le milieu littéraire.Les restrictions budgétaires annoncées ensuite ont évidemment accru les inquiétudes, puisque c'est grâce au lauréat du prix Athanase-David que les écrivains ont pu trouver les débouchés les plus rentables pour leurs oeuvres.Et puis on doit à Jean-Guy Pilon î'éclosion ou la renaissance d'un genre littéraire chez nous, le journal intime.Ce n'est pas rien! BON DÉBARRAS Des milliers et des milliers de livres À LIQUIDER \u2022r AU PLAISIR DE LIRE Des blues, des gospels, et des spirituals Ouvert tous les jours même le dimanche 10 h à 22 h Fermé le Jour de l'An Ouvert le mercredi 2 janvier à 10 h Il faut que je lasse un aveu: je ne connais rien à la mécanique du blues.Il faudrait un compositeur pour en parler; il détaillerait sans doute la construction musicale, bourrée (parait-il) de septièmes et de neuvièmes mineures, et autres bestioles à nom barbare.J'ai lu quelque part que l'on appelle ça les notes bleues.Quoi qu'il en soit, il y a deux choses que même un profane peut remarquer dans ce superbe album intitulé Blues et Gospels, signé de Marguerite Yourcenar et de Jerry Wilson.D'abord les photographies de ce dernier (ou réunies par lui) et ensuite, bien évidemment, les textes traduits par Madame Yourcenar.Les photographies ont une qualité de reportane.c'est-à-dire de mouvement de la vie, extrême.Les paysages du Sud profond sont ceux de la ferme ou de l'exploitation agricole tels que les contemplent les Noirs depuis des siècles.Champs de coton, vieilles cahutes rafistolées, magasins invraisemblables dans des décors ensoleillés où l'ombre et la couleur comptent plus que l'architecture, toujours horrible.Et surtout, visages fi attitudes des gens noirs du Sud.Un vieux moustachu, vêtu en gentleman de Géorgie avec chapeau mou et canne de bambou déambule.On entend le clac de sa canne, et l'ombre qu'il projette sur un store est une silhouette qu'aucun Blanc au monde ne pourrait engendrer.Un autre joue de la guitare.Des enfants rient et s'abritent sous un parapluie.Des choristes élèvent leurs mains, et leur âme, vers The Lord\u2014 qui n'est ni Dieu, ni Seigneur, en français: qui est The Lord.eh oui, hélas.Et alors, nous touchons au problème de la traduction.¦ La langue des Blues est l'ava tar le plus poétique et le plus amusant aussi de l'anglais.Liberté de la syntaxe, massacrée, mais pas nimporte comment: dans un génie propre aux Noirs du Sud qui attachent plus d'importance au rythme qu'à la per faction grammatical- «Le raclement d'un couteau, le grincement d'une fiole de verre, le bruit d'une poignée de porte battant contre un mur, l'effet rythmique étourdissant d'un rasoir contre une courroie de cuir: tout est bon pour faire sortir des choses la musique qui est en elles», dit Marguerite Yourcenar.Des choses, et des mots.Dès lors, comment trouver en français l'équivalent des déformations rythmiques de l'anglais affublé de notes bleues?Je dois dire que les effets obtenus par Madame Yourcenar sont les plus noirs possibles, et que cela me parait réussi, la plupart du temps.Et puis, de toutes manières, c'est toujours très bon parce que le lyrisme y est, un lyrisme obtenu avec la complicité des choses les plus simples, des objets par exemple: «Tous deux sous l'couvre- piecK sa tête su' l'oreiller; Pour qu'on soit plus à Taise et qu'ça soit plus gentil, J'ai acheté un matelas pour s'y coucher tout plat» ¦ On pourra trouver le même bonheur de lecture avec un autre superbe livre écrit par Marguerite Yourcenar en 1966, et qui est publié en livre de poche: Fleuve profond, sombre rivière.Il s'agit de Negro Spirituals traduits et commentés par l'unique académicienne \u2014 qui ne l'était pas encore.Il parait que le Spiritual est issu des hymnes anglaises du XVIIIe siècle: «J'prendrai passage sur un nuage \u2014 Oh, l'billet j'en ai payé l'prix! Pour retourner dans mon royaume, Pour retourner chez Jésus-Christ.Pour voir les ang' au pied du trône Pour sentir les exhalaisons \u2022 D'ia myrrhe, de l'encens et du baume, Et pour rentrer à la mai son.» De ces hymnes renouvellées serait venu le Gospçl, un prolongement moderne du chant religieux, chargé encore plus d'éléments afro-américains.Et un écrivain noir, James Baldwin, écrira dans un roman intitulé La prochaine (ois le feu: «Il n'y a pas de musique semblable à cet- te musique, pas de drame sem blable à ce drame des Saints qui crient leur joie, des pécheurs gémissants, des tambourins effn nés, et de toutes ces voix qui s'unissent pour chanter; Saint.Saint, le Seigneur Dieu! » ¦ Les Gospels traduits par Marguerite Yourcenar (je devrais dire calqués) donnent cette musique, irrésistiblement.On entend les choeurs des passionnés entourant quelque thaumaturge, tel ce Father Divine de Harlem qui, parait-il, restait impassible et silencieux comme un sphynx d'ébène.On entend monter le rythme de l'orgue, en arrière-plan, et le battement des mains de ces splendides créatures vêtues ici de blanc et de rouge (aux dernières photographies du livre).Comme dans ce gospel de Willie Johnson l'aveugle: «Dieu dehors à la porte Dieu en chaire pour prêcher Dieu dans l'cotn des Amen Dieu par terre su'l plancher C'est Dieu! Toujours Dieu! Dieu qui nchange pas Dieu qui n'ehange point.Qui s'ra toujours Dieu.» Il faut lire, page 123, pourquoi le révérend W.Herbert Brewster pense que Dieu est très grand.Entraînés par les mots, répétés, nous sommes tentés d'emboîter le pas du gospel, voire de hocher la tète avec une grande conviction, certains que le révérend a raison.Voyons donc! Le voilà bien le miracle de la musique et de la langue qui donneraient, bien maniés, la foi d'un instant au pire des mécréants.BLUES ET GOSPELS, textes traduit* et présentés par Marguerite Yourcenar.; Images réunies par Jerry Wilson, 180 % pages (22 x 28 cm).Éditions Gallimard, Paris, 1984.FLEUVE PROFOND, SOMBRE RIVIÈRE, I les Negro Spirituals, commentaires et traductions de Marguerite Yourcenar, 283 pages (format poche).Collection Poésie, Gallimard, Ports, 1974.CK wvwwwwvww a SPECTACLES CHAQUE SOIR MilSIQUt FUNKY ivoc TRANZIT de Floride GALA DE LA VEILLE DU JOUR DE L'AN \u2022 ORCHESTRE \u2022 CHAMPAGNE \u2022 HORS-D OEUVRE ET CANAPÉS \u2022 PRIX DE PRÉSENCE Admission: 20$ Billets maintenant disponibles au Club 4514.avenue du Parc (coin Mont-Royal) 276-8525 IBHJMRIE SONS «t LETTRES du ê*d- *mêf SPÉCIAL OU JOUR LIVRE DES RECORDS Ord 19 95$ 13.95s OUVERT 7 JOURS 4150 KUC WsSngton Verdun 769-13 21 COLISÉE DU LIVRE Palais du commerce 1650/1700, rue BERRI La vente a lieu dans, le local du 1650, rue Berri L'ANNÉE THÉÂTRALE LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 29 DÉCEMBRE 1984 THÉÂTRE Le uébec s'ouvre au monde extérieur D 3- L'activité théâtrale a été marquée par plusieurs phénomènes en 1984.Les difficultés économiques du Théâtre du Nouveau Monde et les décès de comédiens aimés du «rand public ont sans doute retenu davantage l'attention des lecteurs mais ce qui RAYMOND BERNATCHEZ caractérise l'année écoulée relève d'un autre type de préoccupation.En 1984, le théâtre québé cois a sérieusement entrepris de s'ouvrir sur le monde.Localement, deux groupes d'artistes, situes à des pôles d'âge diamétralement opposés, les retraités et ceux qui se consacrent au théâtre pour enfants, ont enfin comments à obtenir ce qu'ils revendi quaient depuis des années, un traitement digne des services rendus.La prise de contact du milieu québécois du théâtre avec l'étranger s'est opérée de plusieurs manières.Avec la venue, dans la capitale provinciale, du 9 au 23 juin, d'une vingtaine de troupes provenant des autres provinces canadiennes, des États-Unis, de Pologne, de Tchécoslovaquie, de Yougoslavie, de Suède, de France, d'Australie, de Belgique etc.qui ont participé à la Quinzaine Internationale du Théâtre Québec.Des représentations théâtrales québécoises et étrangères, des échanges positifs entre artisans provenant de diverses contrées voilà pour la première Quinzaine qui devrait être suivie dune deuxième en 1986.Du 9 au 29 octobre, le Centre d'essai des auteurs dramatiques a lancé une Opération Qué-bec-USA, visant à sensibiliser le milieu du théâtre de New York à la dramaturgie québécoise.Des textes et des gens de chez nous qui pouvaient être entendus dans la capitale américaine du théâtre voilà pour l'opération.Un bilan raisonnablement positif qui justi fie une seconde vague d'assaut pour 1985.D'autres efforts encore: la pièce Quatre à Quatre de Michel Garneau jouée au Santa Monica PLayhouse de Los Angeles, en septembre, la troupe de théâtre pour enfants La Marmaille invitée â jouer Crying to laugh (Pleurer pour rire) de Marcel Sabourin au Detroit Showcase 84.puis au prestigieux Brooklyn Academy Of Music de New York.Une suite en 85 puisque la Marmaille a reçu d'autres propositions américaines.Et que dire de la formidable réussite du Théâtre Sans Fil, des spectacles de marionnettes géantes «made in Québec» qui ont triomphé à Los Angeles dans le cadre du programme culturel des Jeux Olympiques, qui fut invité au Festival Mondial De Dresden, en Allemagne de l'Est, pour rapporter ensuite le Grand prix du XVII Festival international de la marionnette, de Zagreb, en Yougoslavie.DUCEPPE L'ouverture du théâtre québécois sur le monde se poursuivra en 1985 alors que Montréal accueillera, en mai et juin, trois manifestations d'envergure in ternationale: Le premier Festival des Amériques; le XXIe Con grès mondial de l'Institut international du Théâtre; et le X Vie Festival québécois du jeune théâtre, à la grandeur des Amériques et d'ailleurs.Le jeune théâtre, le théâtre pour l'enfance et la jeunesse, seront donc très présents dans nos vies, l'année 85 étant l'année internationale de la Jeunesse.Mais en 1984, le terrain a été bien balisé.D'abord par un Festival international du spectacles pour enfants, en juin, dans le Vieux-Port de Montréal qui, malgré quelques lacunes, proposait quelques spectacles théâ-trals aux enfants et adolescents.Puis en août, l'Association québécoise du Jeune Théâtre tenait, au Parc Lafontaine, son lie Festival de théâtre pour enfants, une manifestation de calibre avec les meilleures troupes oeuvrant dans le domaine.C'est à l'automne que fut inau- Le Théâtre sans fil qui a représenté le Canada à Los Angeles gurée La Maison-Théâtre, une salle spécifiquement destiné au jeune public, au Tritorium du Cégep du Vieux-Montréal.Le milieu réclamait depuis plusieurs années un lieu permanent de diffusion pour diffuser ce répertoire.La Maison-Théâtre ne correspond pas tout à fait aux attentes des promoteurs mais les autorités promettent de leur \"donner pleine satisfaction si cette première expérience est positive.Un autre rêve fut réalisé en 1984: doter le milieu artistique d'une maison de retraite.Le Chez Nous des Artistes pourra accueillir ses locataires l'été prochain.L'Union des Artistes avait amorcé ce projet il y a une quarantaine d'années.Les disparus Trois décès, survenus en quelques mois, ont affecté la colonie artistique.La mort de Camil Du charme, à la suite d'une longue maladie, survenue en avril, privait le public d'un comédien fort apprécié.Camil Ducharme avait incarné au petit écran le personnage du notaire Le Potiron dans Les Belles Histoires.Le 18 juillet, la police retrouvait le corps mutilé de la comédienne Denise Morel, assassinée dans un logement inoccupé du centre-ville de Montréal.Lors qu'elle a été portée disparue, la veille, elle devait jouer dans Les larrons font l'occasion, au Théâ tre de Sainte-Adèle.Les circonstances de sa mort n'ont pas enco re été éclairçies.Le 1er novembre, c'est tout le Québec qui est secoué par la mort subite du comédien Pierre Du-fresne.le J.A.La voie.Du temps dune paix.Hospitalisé quelques jours plus tôt pour un infarctus, on le croyait alors en bonne voie de guérison.Le TNM en difficulté Le 26 juillet 1984, La Presse publie en primeur la nouvelle suivante: Le TNM se meurt.Le Théâtre du Nouveau Monde fait face, depuis le printemps, à un lock-out d'une partie de ses employés.De plus l'institution subit une grave crise de liquidité.La solution: la vente de l'immeuble.La chaine de restaurants McDonald's manifeste beaucoup d'intérêt pour l'achat de l'immeuble, on croit que tout va rentrer dans l'ordre puis les négocid- 4 if! *\\ .» tions stagnent.Apres avoir annulé la deuxième partie de la saison 84, le Conseil d'administration a décidé, le 16 novembre, de supprimer également la pre mie re partie de la saison 85.Le dénouement de cette affaire devrait donc survenir dans le cours de la nouvelle année Autre nouvelle, l'animatrice et comédienne Louise Latraverse assume, depuis février, la direc-.[\\ti tion artistique du Théâtre de Quat'Sous.En 84, également, le groupe de la Veillée déménage et ouvre, en novembre, le Théâtre de la Veillée, rue Ontario, dans une ancienne salle de cinéma.L'Association des directeurs * de théâtre, qui reunissait 45 des 70 directeurs du Québec, décide de se saborder en octobre.Créée il y a 20 ans pour servir de principal interlocuteur à l'Union des Artistes dans le domaine du théâtre, l'ADT mettait un terme à sefl activités estimant qu'elle ne jouait plus le rôle qui devait être le sien.Sur la scène Les scènes québécoises ont ac cueilli en îîmi.Jean Marais, au Théâtre Félix-Leclerc.La Comédie-Française nous a éga-lement rendu visite à la Place des Arts.Nos troupes et nos compagnies ont également produit quelques productions marquantes en hi.D'abord Albertine en cinq temps, la dernière création de Michel Tremblay, jouée au Centre natio nal des Arts à Ottawa et au Thea tre du Rideau-Vert.Nous pouvons également souligner la performance de Jean Le-Clerc dans En attendant Godot, de Beckett, au Café de la Place de la PDA.La même salle a permis à Benoit Girard d'interpréter un rôle marquant dans Le fauteuil a Bascule, en novembre.Au Quat'Sous, Circulation, du Groupe Repère.A la salle Fred-Barrv, Yvon Leroux s'est illustré dans L'homme gris, de Marie Laber-ge.Autres productions à souli gner: Le Rail, de Carbone 14.à L'Espace Libre; un succès populaire avec La Noce, de Robert Dunarc: Défendu, du Théâtre Petit-à-petit à l'Atelier Continu, et au même endroit, Aiice et Gertrude, Naia/ie et Renée cl ce cher Ernest, de Jovette Marchessault.«- ¦ ïfflflCf NJ 'BI19BIRU \"PICARD decorsMicheltlnoTèlhibault costumes:françoislaplante éclairages GuySimarû m16m2JJIS\\ fi Théâtre Maisonneuve Guiche,s51484221,2 U O Place des Arts sur tout billet de plus de 6 $.(iiinm ù± CKAC*73 9 Guichets: 514 842 2112 présente de PATRICK MEYERS \"K2, un suspense du tonnerre, ^ .obligatoire pour les amateurs de théâtre\"' New York Times Fraoçoii BARBEAU I datraye* Luc PR AI RI L O S: CKACw73:: cft> Théâtre Port-Royal Guichets: 514 842 2112 Place des Arts sur tout billet de plus d« 6 S s?C ! ni LA MAISON QUÉBÉCOISE DU THÉÂTRE POUR L'ENFANCE ET LA JEUNESSE présente GUY NADON à RAYMOND LEGAULT traduction: RENÉ DIONNE mise en scène YVAN PONTON scénographie MARCEL DAUPHINAIS éclairages: LUC PRAIRIE UNE PflOOOCTION OU THÉÂTRE POPULAIRE DU QUÉBEC »t MKKt * ESSO lAKAOA du mar.15 au ven.18 janvier 1985 à 20 h 30 le samedi 19 janvier à 17 h 00 et 21 h 00 le dimanche 20 janvier à 19 h 30 centaur It eeetrt tes arts dt l'ancitnnt bourse 453, StFraaceh-Xavier, Montréal H2Y ZT1 288-3161 M*tro Ptect d Arn^ei présente /a De Suzanne Lebeau Mise en scène Alain Grégoire Avec Cari Bèchard Lise L Heureux Scénographie Dominique L'Abbé ISon Pierre St-Amand Éclairage Luc Plamondon 3a 7 an* 16 et 23 décembre à 13h30 26 au 30 décembre à 13h30 ISflUf 4353, Ste-Catherine est RÉSERVATIONS: 2534974 LA TROUPE Dynomogénique «Parole d'honneur que vous ne le regretterez pas» Martial Dassylva.La Presse «Tout le plaisir du cirque au théâtre» Robrrt Lcvcsque.Le Devoir DU 26 DÉCEMBRE AU 6 JANVIER: 14hOO (Relâche le l\" janvier) Matinées scolaires: 9.10.11 janvier 0 En collaboration avec Salle Le Tritorium.2W rue Ontario Est.Montréal.2 88-7211 1 r D 4 LES GRANDS DU DISQUE LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 29 DÉCEMBRE 1984 DISQUES Sinopoli, Maazel, Marton, Bernstein ¦ SUITE DE D 1 acoustique pouvant restituer tout Ce que contiennent ces deux gra-vures! Turandot a été enregistré à l'Opéra de Vienne, en public, pour la télévision, avec les applaudissements et les bruits de scène, et l'auditeur, même sans l'image, a l'impression d'être là, au centre de l'action.A l'écrasante Turandot cTÉva Marton (certainement l'une des très grandes voix actuelles) s'oppose le Calaf jeune et hardi de Carreras.Katia Ricciarelli, la désastreuse Turandot de la version Karajan, trou.* ici son juste emploi en esclave Liu.Angleterre, pour EMI, dans les années 30 (à ne pas confondre, donc, avec les Chopin qu'il enregistra en Amérique, pour RCA, à partir de 1940).Trois albums, de deux disques chacun, en mono, d'une qualité sonore très convenable: Polonaises et Scherzos (IB-6131); Mazurkas (IB-6132); Nocturnes (1B-6133).Mon choix en musique de chambre: les six Quatuors à cor des op.18 de Beethoven dans la lecture incisive et sentie du jeune Quatuor Melos (Deutsche Gram mophon.coff.3 d., 410971 1).Éva Marton est le soprano du Mahler et Jessye Norman, elle-même soprano, y chante la partie de contralto avec une parfaite aisance.Cette Résurrection foudroyante, et soudain toute souriante, fait partie d'une intégrale entreprise par Maazel avec la Philharmonique de Vienne, qui aura été l'orchestre le plus en vedette cette année.Bernstein et Brahms Le «remake» de Leonard Bernstein des neuf Symphonies de Beethoven, avec la Philharmonique de Vienne, pour Deutsche Grammophon, montrait le très long chemin parcouru en vingt ans par l'ex-chef virtuose de la Philharmonique de New York Bernstein devenait un chef racé et un penseur.Même phénomène avec sa nouvelle intégrale des quatre Symphonies de Brahms, également avec Vienne et DG (COff.4 d., 2741023: chaque symphonie également disponible séparément): cela non seulement efface sa précédente intégrale mais modifie la discographie actuelle.Contrôle orchestral absolu, discours toujours réfléchi (ralenti par moments), vision à la fois immense, chaleureuse et moderne, exécution des reprises habituellement omises, clarté des plans sonores: bref, l'impression Giuseppe Sinopoli.est celle d'entendre ces pages pour la première fois.Les Variations Haydn et les deux ouvertures traditionnelles complètent.Brendel: un autre «remake» En concertos, une seule réalisation d'envergure a marqué Tannée 1984: la troisième intégrale des cinq Concertos pour piano de Beethoven par Alfred Brendel et l'Orchestre Symphoni-que de Chicago, dir.James Levi-ne.enregistrée en public (Phi lips (off.4 d., 111189-1).Toujours en quête de perfection, Brendel va plus loin encore, en détail et en profondeur, que dans ses deux intégrales précédentes (il utilise d'ailleurs un texte bénéficiant de certaines corrections musicologi-ques).Orchestre et prise de son nt traités de façon à ce que le piano reste toujours au premier plan.Strauss par Glenn Gould En piano seul se détache une réalisation assez singulière: la Sonate op.5 de Richard Strauss et d'autres oeuvres de jeunesse \u2014 musique follement romantique, avec des rappels de Beethoven et de Brahms, jouée par Glenn Gould avec le talent très particulier qu'il avait pour le marginal.Reste inédit, cet enregistrement serait le tout dernier du pianiste canadien décédé il y a deux ans (CBS.IM 38659).Pour se consoler dune année discographique sans grandes révélations en piano seul, on se tournera vers la série de rééditions Seraphim consacrées au Chopin instinctif et généreux du cher vieux Rubinstein.Il s'agit de repiquages de 78-tours que le légendaire pianiste avait gravés en Mozart «revu et corrigé» Quiconque osait exprimer des réserves sur le Requiem de Mozart passait pour un béotien.La musicologie lui donne maintenant raison.L'oeuvre est généralement exécutée dans un style romantique et, pis encore, dans une édition frelatée (des passages entiers de la partition inachevée sont de Sussmayer, de Eybler et autres).Le musicologue C.R.F.Maunder a signé un nouvelle édition du Requiem: il en a éliminé tout ce qui n'était pas de Mozart, refait l'orchestration en s'inspirant de celle du compositeur à la même époque et corrigé certaines «corrections» apportées par diverses mains.Cette nouvelle édition a été enregistrée par Christopher Hogwood et les chan teurs et instrumentistes de son Academy of Ancient Music.Trois avantages, donc, dans cet enregistrement appelé à faire couler beaucoup d'encre: recours aux instruments et au style vocal de l'époque, exécution d'une fraîcheur et d'une intensité incomparables et, surtout, utilisation d'une édition nouvelle, aussi «définitive» que possible.Un événement (L'Oiseau-Lyre, 411712-1).Une «Médée» de 300 ans Ici, un titre à retenir parmi plusieurs: Médée, opéra en cinq ac- tes de Marc-Antoine Charpentier, qui revit, presque 300 ans après sa création, grâce à l'enregistrement musicologique de William Christie et son ensemble, Les Arts Florissants.Comme dans le Mozart de Hogwood, instruments et style vocal authentiaues ne *3 MÉDÉE i:Wl sont pas ici une fin: ils sont un véhicule pour redonner au sujet toute son intensité dramatique: À signaler: la clarté de la diction, chez les choristes autant que cftez les solistes.(Harmonia Mundi, coff.3 d.HMC 1139.41).Vickers chante Schubert \u2022 Une autre révélation, et non la moindre.À 58 ans.l'illustre ténor canadien Jon Vickers se «paie le luxe» des grandes voix d'gp$ra parvenues au soir de leur carrière: il fixe pour la postérité «a*vision du Winterreisc («Le Vtfyàge d'hiver») de Schubert \u2014 une vision hallucinante, wagnérienne.mais aussi pleine d'une grande tendresse que souligne une voix quelque peu voilée maintenant.Vingt-quatre lieder.autant ïfc situations vécues en même tetnps par le pianiste et le chanteur.(EMI-La Voix de son Maître, coff.2d., 1731973PM 625).Le disque au laser: le pour et le contre Les 10 «grands» de l'année ¦ Schumann: Symphonie no 2.Orchestre Philharmonique de Vienne, dir.Giuseppe Sinopoli (Deutsche Grammophon) \"si Mi.iiîi'ui \\>'iloiTt)i*.\\i:n:rn pi ¦t>>iA uni n ¦ Puccini: «Turandot».Éva Marton, José Carreras, Opéra de Vienne, dir.Lorin Maazel (CBS) ¦ Mahler: Symphonie no 2.Éva Marton, Jessye Norman.Orchestre Philharmonique de Vienne, dir Lorin Maazel (CBS) ¦ Brahms; les quatre Symphonies.Orchestre Philharmonique de Vienne, dir.Leonard Bernstein (Deutsche Grammophon) ¦ Beethoven: les cinq Concertos pour piano.Alfred Brendel, Orchestre Symphonique de Chicago, dir.James Levine (Philips) ¦ Strauss: Sonate pour piano.Glenn Gould (CBS) ¦ Beethoven: Quatuors à cordes op.18.Quatuor Melos (Deutsche Grammophon) ¦ Mozart: «Requiem».Academy of Ancien Music, dir.Chris-topher Hogwood (L'Oiseau-Lyre) ¦ Charpentier: «Médée».Les Arts Florissants, dir.William Christie (Harmonia Mundi) ¦ Schubert: «Winterreise».Jon Vickers (EMI-La Voix de son Maitre).L'événement de l'année, dans le domaine de l'enregistrement sonore, fut \u2014 pour le meilleur ou pour le pire, l'avenir le dira \u2014 l'entrée en force du disque compact au rayon laser.CLAUDE G1NGRAS Le minuscule objet \u2014 4V.pouces de diamètre \u2014 contient, sur son unique face jouable, toute la musique (environ une heure) distribuée sur les deux faces d'un microsillon de 12 pouces.La manipulation du petit disque et l'opération du lecteur spécial qu'il requiert diffèrent sensiblement de la lecture à partir du 33-tours conventionnel et même de la cassette.On s'y habitue, ou on ne s'y habitue pas.Pour ma part, je ne m'y habitue pas.Et je ne m'habitue surtout pas au «son laser».J'ai eu l'occasion non seulement d'écouter un bon nombre de ces disques compacts \u2014 orchestre, opéra, piano, musique de chambre \u2014 mais encore de comparer, dans les mêmes conditions d'écoute, plusieurs enregistrements en deux éditions: microsillon et disque compact.Si le disque compact est à peu près exempt des bruits parasites (bruits de surface, bruits-.de fond, bruits ambiants) qu'on trouve, à divers degrés, sur le microsillon conventionnel, ït.si l'image sonore y possède* ithe clarté et une «définition» jamais atteintes encore, parce que-le son y est programmé par orfliôa-teur.par contre le son lui-même parait généralement trop ^brillant, métallique, agressif et.pour tout dire, artificiel et;à la longue fatigant pour l'oreûle, par rapport au son du microsillon qui, un peu moins «défini», reste plus chaud et surtout plus naturel.* La différence existe, ceiies.Mais elle n'est pas toujoursvdr»ev jcrvjnoorq j> The- Mbvw vork \\fr>&> Mnga^re .OAV'D PvrTT^:': .STEVEN SPIELBERG PRtSENTI Gremlins \u2022 *-.\u2022 iv i « \u2022.t - \u2022« .- \u2022 ».v -T.I \u2022 .\u2022 * *V.AVEC ZACH GALLICAN PHOEBE CATES ¦ HOYT AXTON .fOLLY HOLLDDAY \u2022 FRANCES'LEE Mc CAIN MUSIQUE DE JERRY GOLDSMITH PRODUCTEURS EXÉCUTIFS STEVEN SPIELBERG FRANK MARSHALL \u2022 KATHLEEN KENNEDY \u2022 ÉCRIT PAR CHRIS COLUMBUS PRODUIT PAR MICHAEL FINNELL REALISE PAR JOE DANTE TEOIN1COI.OR' DISTRIBUÉ PAR WAHNtA -OOLUMSIAFIUtt A*/APNe* Ci'*/KM in'CAT*** COM^an ¦ PARISIEN: 12.55,3.00, 5 00,705, 9.10.SAM.DERNIER SPECTACLE 1115 GREENFIELD: 1.15,3.15, 5.15,7.20,9 25.LAVAL: 12.50, 2.55, 5.00, 7.05,9 15 SAM.DERNIER SPECTACLE ] 1.10.VERSAILLES: 1.15,3 15,5.15 7 IS 9 15 le PARISIEN 2 460 ST CATHERINE O 866-3656 McGllt GREENFIELD PARK 1 I VERSAILLES 1 LAVAL 2 PL GRHNFIEID PARK 671-6129 PLACE VERSAKIFS 353 7660 RADISSON CENTRE LAVAL 666-7776 POUR TOUS AUCUN LAISSEZ PASSER YORK: 12:30, 2:40, 4:50, 7:00, 9:10.Sam., dernier spectacle: 11:20.YORK 1487 S: CATHERINE O 937-8978 GUY 7QMM rXirôÔLBysTeco I IS 50 (14-17 «w| w,m v«c,*«* 45 OO (l3«w«t»«M| 63.SO «\u2022 é Or Okmmi 42-M) UAMOURXAVENTTJRE^lAPASSIOR.Un spectacle grandiose ^Jlg ^ê^êl m ru .*.11 ùnema du COMPLEXE HiSTOÎRE SANS st-denis 2 |©| desjardins 2 I® 1590 RUE ST-DENIS 845-3222 BFRRI BASILAIRE 1 288-3141 PdesA AUSSI AU PARIS, QUEBEC Y0UVILLE votre billet d'entrée vous donne droit aux 2 salles lEEl &Ml Rlo-l iiw st vit m mu Hoeo «i «447 \u2022 \u2022 \u2022 \u2022 \u2022 VOYEZ: \u2014 \u2022 LA LICORNE MAGIQUE \u2022 LA PRINCESSE CAPTIVE \u2022 LE TAUREAU DE FEU \u2022 LE MÉCHANT ROI \u2022 LE SORCIER DIABOLIQUE.UNE EXPÉRIENCE FÉERIQUE POUR PETITS ET GRANDS e t.une sélection LORD GRADE pour ITC ENTERTAINMENT un film produit et réalisé par ARTHUR RANKIN JR et JULES BASS musique de JIMMY WEBBfet le groupe AMERICA|distribution KAKI M ST-D\u20acNIS: 12:15, 14*5, 15 55, 17:45, 19:35, 21:25.DESJARDINS 12:30, 14:15, 16 00, 17:45, 1930, 21 15 OMEGA: 1:00, 3 00, 5 00.Cinema du COMPLEXE__ st-denis 3 I® 1590 RUE ST-DENIS 845 3272 BÉPRI desjardins 11® BASILAIRE 1 288 3141 PdtsA JMSChem.nCHAMBlY longue.1 64/-1122 EN MATINÉES SEULEMENT 10a.m.et 11:35a.m.LAVAL 1 VERSAILLES 1 CENTRE LAVAL 688 7776 PLACE VERSAILLES 353-7880 RADISSON REUR 4«Film 2 FILMS I CHOCS I NEW-YORK qui sen la prochaine victime?«LE MUTA Ni «LES ANGES OU MAL» CiïKi Rio-2 Elles inspiient le désir.EH 3
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