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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
La presse plus
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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La presse, 1984-12-29, Collections de BAnQ.

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[" * « .» 4 ' * c ?MONTRÉAL 29 décembre 1984 Volume 2 Numéro 52 \u2022 \u2022 SANS LOGIS, SANS CLÉ, SANS RESSOURCES.¦.¦ UNESCO C'est dans quelques jours que les États-Unis se retireront effectivement de l'Unesco.De Paris, notre correspondante Sophie Huet donne le contexte S^S^^I d« ce retrait et M nous livre les corn- M mentaires de Mme >^ Jean Gerard (ci- contre), déléguée américaine auprès de cet organisme.À lire en page 7.MUSIQUE 1985 sera une année Bach, pour célébrer le 300* anniversaire de la naissance de ce grand musicien.Ce génie vit d'ailleurs toujours parmi nous, ainsi que nous l'apprend une lettre que lui adresse Ginette Bellavance et que PLUS reproduit en page 8.Jean Basile commente la biographie qu'Henri Troyat vient de consacrer a l'écrivain russe Anton Tchékhov.«Biographie passionnante», écrit Basile, d'une existence qui ne le fut point.Russe lui-même, Troyat n'a pas trahi l'àme du plus russe des écrivains russes.À lire en page 15.¦ 3eÂGE La solitude est trop souvent le lot des personnes âgées, même et surtout en cette période de l'année.Dans sa chronique (page 18), cette semaine.Claire Dutnsac raconte le Noel solitaire et triste de madame Olivine qui a passé la veille de Noel près d'un téléphone qui n'a pas sonné.Le lendemain non plus, le téléphone n'a pas sonné. ¦ ; .00 Ci LU ce CD LU o ¦LU Q CM 5 LU < < -LU D Ci L'EMPIRE DES SENS Serge Grenier OTTAWA E.D.a l'esprit des Fêtes Lundi.C'est pas donné les arbres de Noel à Ottawa: $25 pour un trognon.Heureusement, j'ai acheté beaucoup de décorations chez Caplan.Tout est bleu: les lumières, tes boutes, les glaçons.C'est Mme Belhumeur-Sanfaçon et I.Q.qui ont monté l'arbre.Ils l'ont placé près de la fenêtre.C'est très joli.Moi, j'ai installé la crèche: tous les personnages sauf, bien sûr, l'Enfant-Jésus puisqu'il n'est pas encore né.Ma secrétaire m'a promis quelle viendrait le déposer dans la mangeoire pendant ses vacances, le jour de Noël.À l'heure du midi, j étais seul au bureau, j'ai ouvert la fenêtre pour aérer, il y a eu un coup de vent et les glaçons ont revolé partout.C'est toute une job.ramasser ça un par un et les remettre à leur place.Ça m'a pris toute l'heure du lunch.Quand Mme Belhumeur-Sanfaçon est revenue, elle ne s'est aperçue de rien.Ouf! Mardi.Damnés libéraux! Ils ne se présentent pas en Chambre pour voter.Ils paralysent le Parlement et les cloches se mettent à sonner sans arrêt.Je ne trouve pas ça très démocratique.C'est une attitude puérile, digne d'un enfant.Et le pire dans tout ça, c'est que la cloche de mon étage est située juste au-dessus de la porte de mon bureau.T'as beau fermer le vasistas, ça te pète les tympans.J'ai réglé le problème: je me suis mis des Q-Tips dans les oreilles.Mais comme j'avais oublié de les enlever quand je suis descendu voter, je n'ai pas entendu la question et je me suis abstenu.Ce soir, je relaxe chez moi.Il tombe une belle petite neige d'hiver.Accroché à ma fenêtre, je regarde le passant qui déambule rue Albert et je me dis qu'il n'y a rien comme le temps des Fêtes pour rapprocher le monde.Je choisis un flocon au hasard et ja m'amuse à le suivre dans sa chute le plus longtemps possible.Et dire qu'il n'y en a pas deux de semblables.Mercredi.C'est cet après-midi que je tenais mon party de bureau.On s'était entendu pour se donner des cadeaux pratiques.À Mme Belhumeur-Sanfaçon j'ai offert un taille-crayons.Je pense qu'elle était contente, mais ce n'est pas une personne démonstrative.Elle m'a donné une visière verte et des manchons.EH** et moi on s'est cotisé pour acheter une tuque à I.Q.Il se promène toujours nu-tête et Mme Belhumeur-Sanfaçon a peur qu'il se gèle le cerveau.J'avais apporté deux gallons de vin oniarien.c'est pas cher et c'est meilleur que bien des vins québécois que je connais.On en a bu pas mal.J'étais de bonne humeur, Mme £8 ^ Belhumeur-Sanfaçon était pompette et I.Q.a été malade.J'y avais pourtant dit que les vins canadiens, c'est traître.Je ne sais pas si je devrais écrire ça.cher journal, mais toujours est-il qu'il a renvoyé dans la crèche.J'avais donc eu raison de dire à Mme Belhumeur-Sanfaçon d'attendre à Noël pour mettre l'Enfant-Jésus dans sa mangeoire.Faire ça à un bébé naissant.C'est l'âne et saint Joseph qui ont été moins chanceux.Moi, sur le coup, j'ai trouvé ça très drôle.Pas Mme Belhumeur-Sanfaçon.J'imagine qu'elle se voyait déjà en train de ramasser ça.Elle a commencé à l'engueuler comme du poisson pourri en anglais.J'ai pas trop compris, I.Q.encore moins, mai6 ça sortait.Et elle le traitait de «two digit I.Q.» Comme de raison, ça sentait.J'ai ouvert la fenêtre et le vasistas, il y a eu un courant d'air, les glaçons sont repartis, les papiers revolaient partout, les cloches ont commencé à sonner, je ne trouvais plus mes Q-Tips, I.Q.était étendu sur le plancher, je lui sortais le fameux adage «In viho veritasse».Mme Belhumeur-Sanfaçon, enragée noire (pas contre moi, contre I.Q.), me criait daller voter en disant: «Pis cette fois-là, votez oui», faisant sans doute allusion à un événement qui, pour moi, est déjà chose du passé.Bref, le diable était pogné aux vaches dans le bureau et moi, j'étais mort de rire.Je suis arrivé en Cnambre juste à temps pour enregistrer mon vote.Mon voisin NPD me souffle: «Say yes».Je lui réponds: «Tu m'auras pas cette fois-là.Certain que je vais voter oui.» Le whip arrive en courant.Il m'explique que c'est la première fois depuis le très honorable Arthur Meighen qu'un conservateur vote oui à une motion de blâme du CCF dans le temps, du NPD aujourd'hui, qu'en Italie il y a des gouvernements qui tombent pour ça, qu'en Israël je serais lynché pour moins que ça, etc., etc.Moi, j'aime pas ça le monde qui s'énerve.Je lui ai expliqué qu'avec la majorité qu'on a, un vote de plus ou de moins, qu'est-ce que ça change dans le fond, hein! Ça l'a calmé, il a marmotté quelque chose qui sonnait comme « strike fwo» et il est reparti comme il était venu.Jeudi.J'ai déjeuné avec Mister Twitt.Il m'a raconté son party de bureau.Il s'est habillé en Écossais et il a joué de ta cornemuse dans les corridors.Je suis sûr que ça lui fait bien avec ses cheveux rouge carotte.Lui aussi a été malade.On s'est souhaité Joyeux Noël parce qu'on retourne dans nos circonscriptions aujourd'hui.Je chante le «Minuit, chrétiens» dans ma paroisse.Je pense que je vais répéter dans le train.nombreuses décrocher ado, 45 ans.Une pièce et demie en sous-sol, non chauffée, non meublée.Depuis la mi-octobre, c'est là qu'elle dort.Sur le plancher.Non.Depuis peu, elle dort sur le matelas de camping qu'on vient de lui offrir.L été, elle se contente d'un banc de parc.Le jour, beau temps, mauvais temps, elle erre.Lilian, 82 ans.Une vieille fille « indépendante ».Refuse l'hébergement en centre d'accueil.Une chambre louée à la petite semaine.Le jour, on la trouve chez Doris, « centre de jour » où elle égrène le temps à regarder dans le vide.Jeanine, 37 ans.Son mari, dentiste, l'a foutue à la porte.Elle se déprime, se saoule, se drogue, se bourre de pilules, et finit dans la rue.Ramassée par la police, elle est conduite à l'hôpital, en psychiatrie.Trois semaines plus tard, alors que le médecin affirme qu'elle remonte la pente, on la trouve pendue dans la salle de bain de sa chambre d'hôpital.Lydia, sans âge.« baggy woman ».Elle se promène dans les bouches de métro, plus grosse que nature avec sa garde-robe superposée sur elle, traînant l'ensemble de ses biens dans deux sacs à poignées.Ce ne sont pas là des histoires inventées, mais de vrais « cas ».Ce n'est pas l'Ethiopie, mais une misère d'ici, moins photogénique, mais aussi actuelle, pour laquelle il n'existe pratiquement aucune ressource publique.les femmes dites « itinérantes ».De plus en plus nombreuses a Montréal.« Itinérantes ».Le mot recouvre pudiquement un phénomène social surgi au fil des dernières Huguette Roberge années, réalité qu'on répugne à regarder de près; qu'on occulte dans une société comme la nôtre où la sécurité sociale est assurée à tous les citoyens.capables d'en profiter.Le mot regroupe différents types de femmes « poquées » : jeunes adultes mal guéries d'une enfance ballotée de familles d'accueil en institutions, femmes déboussolées après un accident, un deuil, ou l'éclatement de leur mariage, femmes sous double ou triple influence (alcool-drogue-médicament), et tout au bas.clochardes d'autant plus pitoyables qu'elles sont rébarbatives à toute approche.Selon Soeur Dolores Coulom-be.de l'Office des Oeuvres de l'Archevêché de Montréal, elles sont certainement plus de 2 000 à Montreal.Plus de 3 000.si on compte les chambreuses solitaires et les femmes en transit prolongé dans les hôpitaux.Il n'y a pour elles, au total, que 77 lits.Il y en a plus de 600 pour les hommes itinérants.Ces lits sont répartis dans cinq petits centres d'accueil privés qui séssouflent à chercher les moyens de subsister.Dans le réseau des établissements publics, ne cherchez pas : il n'y a aucune ressource pour cette clientèle « L'itinérance, affirme Soeur Coulombe.est de moins en moins perçue comme un choix et on ne l'observe plus uniquement chez les hommes.De très rares qu'elles étaient, il y a quelques Soeur Dolorès Coulombe photo Jean Goupil.LA PRESSE .aucune ressource pour cette clientèle >* \u2014 t .peu de ressources pour une «clientèle» fort mal connue années, les femmes sont maintenant de plus en plus nombreuses à décrocher de la société.» Coupables.de vivre !__ Ce qui caractérise le plus la femme itinérante, selon cette religieuse de la congrégation des Soeurs Grises, qui s'occupe depuis vingt ans des plus mal pris de notre société, c'est un sentiment de culpabilité qu'elle porte profondément en elle.« Elle se sent coupable, dévalorisée, reje- tée, délaissée parce qu'elle n'a pas réussi à garder son homme et ses enfants.Ces brisures la rendent apathique, dépressive, parfois agressive.« La femme ne choisit pas de décrocher, fait valoir la religieuse.Elie devient itinérante à la suite d'échecs répétés, de déceptions graves, de chocs émotionnels et de rejets.Convaincue qu'elle n'est plus intéressante pour quiconque, elle tend à s isoler.ou à s'accrocher à un « passant ».Contrairement à l'homme itinérant, elle n'a pas de groupe d'appartenance et vit rarement avec une autre femme de sa condition.Souvent, elle se néglige, et tente, par l'abus d'alcool, de drogue, de médicaments, de s'évader de sa réalité.Elle s'auto-détruit inexorablement.» Les différents intervenants du Centre de détention de la police de la CUM et des ressources extérieures (milieu hospitalier, centre Domrémy, centres de dépannage, de transition et centres de jour) s'accordent pour dire que les femmes itinérantes constituent une clientèle hétérogène peu connue et fort difficile à cataloguer.Selon eux, le portrait-robot de ces femmes porte les traits suivants.¦ Elles sont dépendantes des services, et peu ou pas motivées.¦ Elles présentent des problèmes psychiatriques plus ou moins graves.¦ Elles sont souvent agressives et violentes, ont tendance à refuser toute aide offerte.¦ Elles sont intoxiquées davantage par l'abus de médicaments que d'alcool.Décrocheuses totales, femmes de nulle part, femmes de l'ombre, elles n'ont aucune place dans le réseau des établissements publics d'affaires sociales.Pas de place pour dessoûler en paix Un homme chante à tue-tête ou harangue une foule absente au coin de la rue.« Voiià un ivrogne ! » pense-t-on.S'il entreprend de diriger la circulation, la police le reconduira dans un refuge où il pourra tranquillement dessoûler.Il en va autrement pour une femme trouvée dans la même situation.Elfe sera formellement accusée d'un délit et conduite au Centre de détention de la police de la CUM, rue Bonsecours, ou encore conduite à un hôpital psychiatrique.Criminelle ou folle, au choix ! Délinquantes_ Il y a si peu d'endroits où dinger les femmes itinérantes intoxiquées qu'on doit les « judi-ciariser », si on arrive à leur coller une accusation : méfait, avoir troublé la paix ou l'ordre public, ivresse sur la voie publique, refus de circuler.Délits mineurs dont la plupart ne débouchent le plus souvent que sur des « accusations techniques ».Après une nuit de détention, les accusées de ce type sont généralement remises à la rue.C'est ainsi qu'à Montréal en 1982, sur 273 femmes accusées d'un délit, 79 ont été ecrouees en vertu du règlement municipal 333-2A (gisant ivres), 31 en vertu du règlement 333-2B (flânant la nuit), et 124 en vertu du règlement CC-171 (troublant la paix).Comme certaines des accusations dans les deux dernières catégories sont aussi portées contre des femmes en état d ébr.ete.on constate que le nombre total des accusées compte une bonne proportion de femmes intoxiquées.ou malades?Faute de centre de désintoxication douce, c'est-à-dire non médicale, le seul autre choix consiste à « psychiatriaer » les errantes.En 1983, des 234 femmes inculpées, 84 (ou 35,8 p.cent) ont ainsi été envoyées en observation à l'urgence psychiatrique d'un hôpital.La plupart du temps, après examen sommaire, elles sont trouvées inaptes à subir un procès et se retrouvent dans la rue, ordonnance médicale en mains.Soeur Dolorès Coulombs déplore que les psychiatres préfèrent en finir rapidement avec ces femmes en leur prescrivant des médicaments plutôt qu'Investir du temps à les écouter.Mme Claudette Demers-God-tey, coordonnatrice du centre de jour Chez Dris, explique: « Même si elles reçoivent des prestations d'aide sociale, un grand nombre d'entre elles se retrouvent sans le sou quelques jours après l'arrivée du chèque mensuel.Parce qu'elles se sont procuré de l'alcool, de la drogue., parce qu'elles ont perdu leur sac, ou été exploitées, forcées par exemple de payer deux fois leur loyer ! «Ce sont des femmes très vulnérables, qu'on perçoit facilement comme dérangées.Ici, nous administrons leur budget, si elles le désirent.L'une de ces femmes itinérantes ne s'est pas encore présentée pour toucher son chèque et nous sommes déjà le 10 décembre.Sans doute fait-elle une cuite ou est-elle partie en vadrouille, quelque part, elle nous arrivera encore plus perdue d'ici quelques jours.» Q c photo Pierre McCann.LA PRESSE X rr> > > m g ro co O m O m CD D m co 00 0 é Trop maisons pour femmes sans clef ans la région de Montréal, il n'y a qu'un seul établissement du réseau public dont la vocation est d'accueillir et de traiter non médicalement la « population » itinérante : le Centre Préfontaine.Mais depuis ses débuts encore récents, en 1982.il a reçu une clientèle exclusivement masculine.« Nous sommes conscients des besoins des femmes.Nous avons bien le mandat pour leur donner des services, mais.pas d'espace physique et pas de budget suffisant ».explique Mme Carmen Beaudoin, adjointe au Centre Préfontaine.Avec la collaboration de Mme Beaudoin, LA PRESSE a fait une revue \u2014 forcement rapide, il y en a si peu \u2014 des quelques refuges ouverts aux femmes seules en difficulté.Au total, dans la région de Montréal, il y a cinq maisons d'hébergement et deux centres de jour.Toujours bondées, elles refusent quatre fois plus de femmes sans abri qu'elles ne réussissent à en admettre.Pénurie de places En 1982, les refuges de nuit co ou maisons d hébergement ont as enregistré 5 393 demandes d'hébergement et admis au total 1 WÊ \u2022 photo J.-Y.Létourneau.LA PRESSE Rocher, Sytvfe et Chontat/^stjeors-d'oÉcûSiôn *» dux'marsorH de VAndré 1 168 fer mçs seules en difficulté.En 1983, les demandes, étaient encore plus nombreuses, soit 5 453.Disposant toujours du même nombre de lits, on ne peut alors admettre que 1 125 femmes, à cause de I augmentation de la moyenne de séjour des « bénéficiaires ».On a refusé 4 225 femmes en 1982 et 4 328 en 1983.Où sont-elles allées ?Les intervenantes de ce petit réseau ont quelques éléments de réponse à cette question, soufflés par celles qui ont finalement réussi à trouver un lit, après avoir été maintes fois refoulées, faute de place.C'est ainsi qu'on apprend que plusieurs ont.une ou plusieurs fois, passé la nuit sur un banc de gare, dans le lit crasseux d'un frère de misère, dans les endroits publics couverts, dans le hall d'un bloc d appartement ou elles ont réussi à se faufiler, dans les toilettes d'un centre commercial, dans une église, après s être ca- photo Jean Goupil.LA PRESSE chées dans un recoin ou un confessionnal, ou dans un presbytère.Refuges de nuit_ V Le Chaînon (845-0151 ) : situé rue Esplanade, à la limite du Plateau Mont-Royal et de la ville d'Outremont.La maison, fondée il y a 52 ans, au coeur de la crise, offre des services aux femmes en difficulté, dont les itinérantes (hébergement, evaluation, relance, dépannage, consultation).En -1983: 758 admissions et 3 555 refus.Moyenne d'âge : 30 ans.Séjour moyen : 17 jours.M La Maison Marguerite (932-8872) : centre de dépannage ouvert aux femmes seules démunies, rue Saint-Mathieu, géré par un comité administratif de la Corporation des Soeurs Grises.Douze lits.Gîte, couvert, relation d'aide.En 1983: 11 150 repas.356 admissions et 784 refus.Moyenne d'âge : 36 ans.Séjour moyen : 11,7 jours.6 Les Maisons de l'Ancre (382-8446): cinq logements de cinq pièces chacun, situés dans le même immeuble d'un quartier ouvrier, rue Charland.à Montréal-Nord.Ouvert aux femmes qui se promènent d'un endroit à l'autre, sans port d attache, sans lien affectif solide.Offre de l'hébergement et des services d'encadrement à moyen et long terme.Onze lits.En 1983 : 11 admissions, 15 refus.Moyenne d'âge : 27 ans.Moyenne de séjour : 5 mois et demi.M L'Auberge Madeleine (844-4064) : ouverte en mai dernier, initiative d'un regroupement d'églises du centre-ville.Accueille des femmes sans gîte de 18 ans et plus.14 lits.Séjour maximum : 3 semaines.Les femmes doivent quitter la maison durant la journée.Ne peut recevoir les femmes itinérantes alcooliques ei toxicomanes en situation de crise.91 admissions au cours des trois derniers mois, un ou deux refus par jour.m L'Armée du Salut (932-5306) .rue Dorchester ouest.Treize lits de dépannage ($11 par nuit) Service de référence aux bénéficiaires On y accepte les femmes itinérantes, si elles ne sont pas en situation de crise.Refuges de jour_ ¦ Chez Doris (937-2341).Centre de jour, rue Maisonneuve ouest, ouvert de 10 heures à 16 heures en semaine.De 20 à 30 femmes luttant pour survivre y trouvent chaque jour un petit déjeuner, un repas chaud du midi qu'elles paient 50 cents ou en services (entretien, service de table, etc.), des douches, une appareil téléphonique,et une oreille attentive.Activités, discussions libres, administration du budget.De septembre 1983 à septembre 1984.492 femmes de 18 à 84 ans y sont passées.0 Bon Jour Toi Centre de jour, filiale de la Maison Marguerite.Ouvert les lundi, mardi et jeudi, de 13 h 30 à 16 h et le mercredi de 19 h 30 à 21 h.Offre aux femmes seules et démunies des possibilités de rencontres et des activités d artisanat H.R.n «Je commence voir en couleurs » I I>*'''|HH Hi' ' a¦ Hi IBRU B puis abord craintives \u2014 « Vous allez pas nous appeler des clochardes, au moins ! ?» \u2014 plus en plus ouvertes, confiantes.Ce sont des réfugiées des Maisons de l'Ancre, un centre de transition qui héberge et encadre des femmes seules en difficulté.Elles y sont depuis trois, six, dix-huit mois, attendant d'être prêtes à vivre de façon autonome.¦ Colombe, 25 ans, une enfance et une adolescence à oublier.« Un chum en d dans pour longtemps ».La drogue, la boisson, les pilules, elle connaît.Aux Maisons de l'Ancre depuis huit mois, après une période de dépannage au Chaînon.« J'ai vécu avec ma mère jusqu'à l'âge de sept ans, raconte-t-elle Ensuite, j'ai toujours été placée (deux foyers nourriciers, cinq institutions) jusqu'à ma majorité.J'ai travaillé comme cou-peuse dans un atelier de couture.C'est la drogue qui m'a eue.Mélangée à l'alcool et aux médica- ments.Tout un cocktail ! Mais je m'en sors, avec de laide.Depuis deux mois, je ne prends plus rien.Ouf ! Je commence tout juste à voir en couleurs ! » ¦ Sylvie, 26 ans.a un enfant de six ans placé en famille d'accueil.Vient aussi du Chaînon, après un stage de deux mois au centre de désintoxication Le Portage dont elle a démissionné.« C'était trop dur ! Quand je suis revenue à Montréal, après Le Portage, je n'avais plus rien, plus de logement.J'ai paniqué.Mais depuis mon arrivée ici, j'ai fait beaucoup de progrès ! » ¦ Marie, 27 ans, hébergée depuis un an et demi : « Moi, j'étais une abonnée des salles d'urgence des hôpitaux.Pas capable de rester seule, surtout la nuit.Même ici, sachant que je suis en sécurité, je sais que je ne suis pas à l'abri d'une autre dépression.» ¦ Rachel, 38 ans, ex-professeur d'éducation physique.Dégringole à la suite d'un accident de voiture : « J'ai eu la colonne et les deux bras cassés.J'ai perdu mon emploi et je me suis habituée aux médicaments.L'alcool, c'est venu plus tard, j'avais 33 ans.J'en suis venue à boire mes petits 10 onces dans les toilettes publiques.Je les connais toutes ! Un jour, je suis ailée au poste de police et j'ai demandé à être arrêtée.Je me sentais coupable, je ne sais pas de quoi au juste, peut-être seulement de vivre ! On m'a référée.En milieu protégé, je me sens mieux.Si seulement je peux arriver à vivre seule sans m'auto-detruire.Je sais nue ce n'est pas pour demain.» ¦ Diane, 27 ans, arrivée il y a trois mois.A connu auparavant la Maison Marguerite et le centre Dom ré m y-Montréal.« J'ai commencé à me droguer à l'âge de douze ans.Mon enfance, c'est treize foyers nourriciers et cinq couvents ! À 18 ans, je me suis retrouvée avec un bébé sur les bras, que j'ai finalement cédé pour adoption.J'ai deux autres enfants, placés en familles d'accueil.Pendant huit ans, j'ai tra- vaille dans un bar, un milieu dur.J'ai fait le mélange complet : drogue, boisson, médicaments, hé- roïne, morphine, coke, mets-en ! Les hommes ne m'ont jamais fait vivre, mais j'en ai fait vivre plusieurs.» ¦ Linda, 25 ans, a vécu en foyer nourricier, et sa fille de cinq ans est également placée en famille d'accueil.Elle a été hébergée aux Maisons pendant un an et demi : « Maintenant, je vis seule en appartement.Je participe à un projet de travail.Je m'en tire assez bien, vivant une journée à la fois.Dans cinq ans, je me vois autonome, travaillant, vivant dans ma maison, achetant une auto, ayant enfin du plaisir dans la vie ! » ¦ Adeline, la vingtaine, aux UR$I D IE L ' UN IV ë II SIT IE D IE M G NT R I: À I.5 bourses de doctorat* de 8 000 $ 35 bourses de doctorat* de 6 000 $ pour les candidats au doctorat s'inscrivant à l'Université de Montréal 100 bourses de baccalauréat de 500 $ destinées aux étudiants de niveau collégial s'inscrivant à l'Université de Montréal Date limite de présentation des dossiers le 1er mars 1985 * Des bourses au niveau de la maîtrise sont disponibles dans le cas de programmes où il n'y a pas de doctorat.Les formulaires Ceux du premier cycle sont disponibles dans les cégeps.Ceux du doctorat se retrouvent au secrétariat des facultés et des départements de l'Université de Montréal.Les deux formulaires peuvent aussi s'obtenir en communiquant avec: M.Yves Therrien Secrétariat du Jury des bourses d'études Université de Montréal CP.6128, succursale A Montréal (Québec) H3C 3J7 Tél.: 343-6721 c/> P.S.: La date limite pour présenter une demande d'admission aux 2e et 3' cycles pour la session d'automne 1985 est le 1r février 1985.Université de Montréal Colombe et Linda Le bout du tunnel.photo J.-Y.Létourneau.LA PRESSE J3 m > CO > m g O rr> o m CD m CD Ut Éditeur Roger D.Landry Coordination Paul Longpré Responsable des chroniques: Pierre-Paul Gagné Tél.: (514) 285-7070 Collaboration Philippe Barbaud Jean Basile Berthio Antoine Char Françoise Côté Antoine Désilets Jean-François Doré Claire Dutrisac Lucie Faniel Pierre Godin Serge Grenier Sophie Huet Albert Juneau Gérard Lambert Yves Leclerc Marie Lessard Pol Martin Mario Masson Charles Meunier Simone Piuze Pierre Racine Georges Schwartz Michel Vastel René Viau Toronto Michel Labrecque Vancouver Daniel Raunet Moncton Achille Michaud Mexico Francis Pisani Managua Jacques Lemieux San Salvador Edith Coron Paris Jean-François Lisée Rome Jean Lapierre Bruxelles Claude Moniquet Genève Angelica Roget Chypre Robert Pouliot Tokyo Huguette Laprise Taiwan Jules Nadeau Publicité Responsable des cahiers spéciaux Manon Chevalier Secrétariat Micheline Perron Tél.: (514) 285-7319 Maisons de l'Ancre depuis huit mois, a connu un sérieux problème de drogues, d'alcool, de médicaments : « Pour acheter ta dope, t'en arrives à te priver de tout, de déodorant, de serviettes sanitaires, de dentifrice, de nourriture, de lit.Les drogues dures, c'est des drogues chères ! Il faut pouvoir s'en sortir.» ¦ Chantai, 18 ans.Hébergée depuis cinq mois.Drogue, alcool.Ses parents l'ont mise à la porte : « Je suis allée au Foyer Saint-Denis pour les jeunes.Je ne m'y sentais pas à l'aise.J'ai tenté de travailler comme gardienne logée à domicile, mais ça n'a pas marché non plus.J'ai voulu retourner chez mes parents, mais ils exigeaient une pension de $100 par mois, sur les $154 que je reçois de l'aide sociale.J'ai abouti à la Maison Marguerite, où on m'a référée ici.J'ai abandonné l'école en secondaire IV.Aujourd'hui, je fais mon secondaire V et l'an prochain, je ferai une autre année (secondaire VI) en coiffure.Avec un métier, je crois que j'aurai enfin une chance.» ¦ Juliette, 51 ans.Ex-puéricultrice.Pendant des années, elle s'est elle-même prescrit des tonnes de médicaments (tranqui-lisants, amphétamines, morphine, hypnotiques, héroïne etc), volant des blocs d'ordonnance et faisant affaire avec huit pharmacies.Démêlés avec la GRC.Elle vit seule en appartement, sans téléphone.Depuis six mois, elle trouve un peu de chaleur chez Doris où nous l'avons rencontrée : « Je viens ici deux ou trois fois par semaine.Je fréquente aussi Bon Jour Toi et le centre d'écoute du Complexe Desjardins.En 25 ans, j'ai subi cinq sevrages.Depuis le dernier, je ne prends rien, pas même une aspirine.Je me sens libérée, mais encore chancelante et très seule.C'est pourquoi je me promène à la recherche d'aide, d'un milieu d'appartenance, de relais.Malheureusement, il n'y a pas de continuité dans les différents types d'aide disponibles.Les fins de semaine sont dures ! ».H.R.M ' Marie «Pas capable de rester seule, surtout la nuit.je courais les salles d'urgence! » La période des «bleus», c'est avant.Juliette «J'ai besoin de relais.» « C'est surtout la période précédant Noël qui est pénible, pour la plupart des femmes itinérantes ou vivant seules en chambre.Les préparatifs des fêtes, c'est pour les autres.Du 10 au 25 décembre, pour elles, c'est la grande déprime.Pas de liens affectifs, pas d'argent.Et la semaine du 25 est une dernière semaine du mois, c'est-à-dire celle où on attend le prochain chèque d'aide sociale.» Claudette Godley ne s'étonne donc pas de voir sa clientèle beaucoup plus nombreuse et assidue durant les journées de fin de mois.Aux festivités proposées par le centre Chez Doris pour la période de Noël, elle attend une assistance record.Ce qui augmente d'autant les besoins du centre : en personnel bénévole motorisé, en argent, en nourriture sèche pour remplir les paniers, en petits cadeaux appropriés, en vêtements d'hiver propres (surtout de grandes tailles: 14 ans et plus).Aux femmes hébergées ou habituées d'un centre de jour, le temps des Fêtes offre certai- nes activités spéciales : réveillon, repas communautaires, dépouillement d'arbre de Noël, etc.Pour certaines d'entre elles, il s'agit d'un premier Noël joyeux ! « L'an dernier, je venais tout juste d'arriver, et j'étais encore mêlée dans mes problèmes.L'atmosphère était tellement chaleureuse ici que j'en suis restée toute figée.Cette année, ce sera formidable.Je suis capable de vivre vraiment un joyeux Noël », confie une jeune femme hébergée aux Maisons de l'Ancre qui y vivait cette année son deuxième Noël.Mais d'autres, vivant seules en chambre ou cherchant un gîte, ignorant les rares ressources a leur disposition ou trop mal dans leur peau pour chercher une raison de célébrer en joyeuse compagnie, d'autres, nombreuses, auront la bière, la pilule et le sommeil tristes.« Quand tu peux plus crier, quand tu ne peux même plus pleurer, le temps des fêtes, c'est la meilleure raison de dormir!» D ans quelques jours, les États-Unis vont quitter I Unesco.Après avoir respecté le préavis d'un an que prévoient les statuts de l'organisation internationale, la Grande-Bretagne envisage à son tour de suivre l'exemple américain: Londres a annoncé le 23 novembre dernier que le préavis de douze mois avant son retrait commencerait fin 1984.Mais les Britanniques ne prendront pas de décision définitive avant la conférence générale de l'Unesco qui aura lieu en octobre 1985 à Sofia et devant laquelle son directeur général, M.Amadou M Bow, doit présenter un programme de réformes La Republique fédérale d Allemagne, pour sa part, n'envisage pas encore de calquer son attitude sur celle des États-Unis et de la Grande-Bretagne, mais elle souligne que la situation peut évoluer si «des réformes nécessaires ne sont pas entreprises».La crise que traverse actuellement I Unesco a valeur d'exemple Elle est en fait la manifestation la plus éclatante d une méfiance croissante des Etats-Unis à légard des organismes internationaux.Comme le rappelle Mme Jean Gerard, déléguée des États-Unis au conseil exécutif de lUnesco: «Après I élection de Ronald Reagan, en 1980.il a été décidé de passer en revue les quatre-vingt-seize organismes internationaux dans lesquels nous siégeons, afin de voir s'ils étaient bien gérés et s'ils suivaient les buts pour lesquels ils avaient été créés.Nous avons été écoutés par le BIT (Bureau international du travail) et par I OMS (Organisation mondiale de la santé) par exemple.Seule de tous.lUnesco n'a pc;S voulu prendre en compte nos critiques.» Ces critiques sont de deux ordres: lUnesco serait devenue, selon Mme Gerard, «une machine de guerre idéologique contre le monde libre » et « une organisation quasiment incontrôlable où presque toutes les décisions sont prises par le seul directeur général.M-Bow» (selon les conclusions d'un rapport confidentiel du GAO.la cour des comptes du Congrès américain, publié le 20 septembre dernier).Crise généralisée_ Dans le même contexte, Mme Jeane Kirkpatrick, ambassadrice des États-Unis à l'ONU.ne cesse de monter le ton, au nom du gouvernement américain, et il a été question que le siège de I ONU quitte New York.Cette crise des institutions de coopération internationale est générale: le NOEI (Nouvel ordre économique international) est aujourd hui lettre morte.La Cnuced, lOnudi et l'Ecosoc sont bloquées Même le Gatt, le FMI ou la Bird voient les principales décisions prises en Sophie Huet PARIS ¦y \u2022 'v- \" >.': .«L'Unesco n'a pas voulu prendre en compte nos critiques» Jean Gerard, déléguée des États-Unis i dehors des assemblées statutaires.De même, les États-Unis refusent, depuis 1957, de siéger officiellement au sein de la Fédération mondiale des villes jumelées dont lancien premier ministre français, Pierre Mauroy, vient de prendre la présidence.Le tir croisé contre lUnesco n'est donc pas un phénomène isolé, même s il est aujourd hui le plus violent.Dans chaque cas.une arrière-pensée politique est omniprésente: le tiers-mondisme prosoviétique ne saurait être cautionné par le gouvernement américain.Une bande dessinée américaine illustre avec humour cette situation.Côte à côte, sont assis le délégué américain et le délégué soviétique à l'ONU.Le premier se lève et déclame : « Nous sommes pour les droits de l'Homme, pour la démocratie, pour la libération des peuples opprimés.» Puis le second prend la parole: « En Union soviétique, nous n'avons pas les mêmes conceptions.Nous sommes pour les droits de l'Homme, pour la démocratie, pour la libération des peuples opprimés.» Les mêmes mots pour décrire des conceptions radicalement différentes, puisque la liberté n'a pas le même sens à l'Est et à l'Ouest, au Nord et au Sud.À l'Unesco.la révolte des payeurs contre ce qu'ils appellent la «majorité automatique» des pays de I Est et du tiers monde est désormais ouverte.Les États-Unis, qui fournissent 25 p.cent du budget de l'organisation (soit cent millions de dollars ces deux dernières années) et la Grande-Bretagne, dont la contribution est de 4,5 p.cent (soit cinq millions de livres par an) n'acceptent plus de peser du même poids, lors des votes, que les îles Maldives ou la Guinée.En outre, les États-Unis ont décidé de proposer pour l'ensemble des organismes dépendant de l'ONU une «croissance zéro».«Avec la crise, le temps n'est plus aux largesses», commente un diplomate américain.Mais les États du tiers monde, majoritaires à l'Unesco.ne l'entendent pas de cette oreille: ils estiment à l'inverse que la dépression implique une aide financière accrue.Le directeur général.M Bow.leur a donné gain de cause en augmentant le budget pour 1985 de plus de deux p.cent.Ce qui ne plaît nullement à la dizaine d'Etats qui paient les quatre cinquièmes des dépenses.Gaspillage?_ Les manières autoritaires et le favoritisme dont fait preuve le directeur général de l'Unesco sont de plus en plus critiqués par les pays occidentaux, à l'exception de la France.Car Paris, qui abrite le siège de l'oganisation, fournit de gros contingents de per- Jean Gerard, déléguée américaine auprès de l'Unesco sonnel.et les fonctionnaires « unesciens » y dépensent bon an mal an un nombre incalculable de dollars.Une longue enquête, publiée récemment par le journal Le Monde, intitulée «l'Unesco à la dérive ».a ajouté de l'huile sur le feu.Il y est question des très hauts salaires distribués par l'organisation, des bourses d'études de six mille dollars qui se multiplient auprès des petits États, des méthodes de copinage au plus haut niveau de la hiérarchie, de la politisation des décisions et de la concentration des pouvoirs dans les mains du directeur général C'est vrai qu il y a éparpille-ment des efforts et saupoudrage des crédits.L'OMS peut se vanter d avoir éliminé la variole.L'Unesco ne peut pas se glorifier d avoir éliminé l'analphabétisme.Dans quarante pays, moins de huit p.cent de la population est capable de lire.C'est vrai que la majeure partie des crédits (70 p.cent) va aux dépenses de fonctionnement et que les programmes n'en recueillent que 30 p.cent.La moitié du personnel «pantoufle» d'ailleurs au siège, alors qu'il fut un temps où les deux tiers se trouvaient en mission sur le terrain.On ne sait en outre pas bien à quoi servent les postes prévus au budget puisqu'un fort pourcentage d'entre eux demeurent vacants (de 10 p.cent à 25 p cent) alors que des centaines de personnes sont employées en surnombre.Quelques «affaires» viennent pimenter ce cadre général.Nous n'en donnerons qu'un exemple: douze des quarante-sept espions soviétiques expulsés récemment par François Mitterrand travaillaient à l'Unesco (neuf à I ambassade, trois au secrétariat).Deux d'entre eux étaient, selon toute vraisemblance, des dissidents, pour lesquels M Bow a entériné une démission envoyée de Moscou dans des conditions pour le moins suspectes.Est-ce un hasard si.pour la première fois, en 1983.l'Union soviétique a voté le budget de l'Unesco?Le directeur général a répondu avec une extrême violence à l'enquête parue dans Le Monde Sous le titre choc «La stratégie de la rumeur».M Bow estime qu'on lui fait un procès «kafkaïen» et il lance: «Nous sommes dans le box du délit imaginaire, dans le domaine nuageux de l'improuvable, du on-dit érigé en chef d accusation ».Inutile de préciser que Le Monde s'est ensuite expliqué point par point pour répliquer aux propos passionnés du directeur général de l'Unesco qui conclut son propos par cette affirmation : « Rassurez-vous, je maintiendrai le gouvernail.» Théoriquement en poste jusqu'en 1987, M'Bow n'a sem-ble-t-il pas l'intention de démissionner de son poste avant la fin de son mandat, et pourtant plusieurs noms de successeurs possibles circulent déjà.Parmi les candidats à sa succession l'Allemand Helmut Schmidt, le Canadien Pierre Elliott Trudeau.l'Australien Malcolm Frazer.ou encore le Colombien Pastrana Borre-ro, et enfin Tony Koh.de Singapour, qui a brillamment présidé la fin des travaux de la conférence sur le droit de la mer.Autre pomme de discorde: le «Nouvel ordre mondial pour l'information et la communication » (Nomic).Il y a dix ans.en effet, le C de Unesco, qui recouvrait seulement le mot «culture», a pris aussi sous son chapeau la communication, vaste ensemble regroupant la presse, l'audiovisuel, les communications scientifiques, les télécommunications et la télématique.Le Nomic répondait au souci de préparer « la civilisation de la communication».La constatation de départ n était pas fausse: l'information crédible, dans le monde, émane essentiellement de quatre grandes agences de presse: UPI, Associated Press.Reuter et l'agence France-Presse (qui impriment chaque jour quarante millions de mots, contre 40 000 pour des agences de pays non alignés).Revendiqué par certains pays du tiers monde, le Nomic a permis la création d'une petite agence panafricaine, la Pana, et le projet, qui aurait abouti à créer des organismes de propagande là où la liberté d expression n'existe pas.en est pour l'instant au point mort.Soulagement des Occidentaux.Jacqueline Baudrier, ancien PDG de Radio-France et déléguée à l'Unesco.déclare: «Le sigle en est malheureux.L'ordre et l'information forment un mélange explosif.» Un haut fonctionnaire de l'Unesco suggère: «On devrait reconnaître qu'il n'y a pas d'accord possible entre les pays qui pratiquent la liberté de la presse et ceux qui la refusent.» Faut-il pour autant détruire l'Unesco?Si l'on espère réaliser par elle le réve d'une union parfaite des cultures qui respecte chacune d'entre elles, la réponse est « oui ».Mais si l'on se contente de voir dans I Unesco un lieu de rencontre et de réflexion si les reformes réclamées par les pays occidentaux voient le jour l'an prochain, cette organisation internationale devrait continuer à vivre, certes moins fastueuse-ment, après le retrait des USA Les passerelles entre l'Ouest et l'Est sont trop peu nombreuses pour qu'on se réjouisse de la disparition de lune d'elles.?\"D C 00 \u2014I u > 00 > m g CD O rr> O m J3 m CD 00 Ginette Bellavance Lettre de Ginette Bellavance, musicienne, à Jean-Sébastien Bach, à l'occasion de Tannée de son 300e anniversaire de naissance.CO CT> LU fX CD LU O Ul Q O) CNJ Û LU < CO < LU Œ O CO D n tant que responsable de la perception des droits d auteur de la CAB-BM! (Confrérie des admirateurs de Bach, béats, muets mais inconditionnels), je me décide enfin à vous écrire sans détour, pour vous mettre au fait dune situation épineuse, autant pour vous que pour ladite société avec iaquelle, rappelez-vous, il y a trois cents ans vous signiez un contrat d'exclusivité: vos oeuvres circulent partout dans le monde sans que ni vous ni moi n en soyons informés, et la perte d argent qui s'ensuit atteint maintenant des proportions démesurées! Dans ie cas de ladite société.Jean-Sébastien Bach étant le composieur le pius prolifique et le plus populaire, l'ignorance dans laquelle vous nous tenez (bien involontairement j'en suis sûre) concernant vos nouvelles créations, nous met dans un embarras tel, qu'à l'aube de 1985, la CAB-BMI est au bord de la faillite.Et les mots que je choisis ne forment que le mirage du gouffre dans lequel nous nous dirigeons de façon certaine et à une vitesse de plus en plus accélérée.En ce qui vous concerne, la CAB-BMI se permet de vous faire remarquer, avec tout le respect qu elle vous doit, qu'avec un minimum d ordre, de déclarations de vos nouvelles oeuvres et d'attention de votre part, vous ne seriez pas préfet de discipline à I école du Samt-Thomas! Vous ne seriez pas non plus obligé d aller «a pied» a Lùbek entendre le vieux Buxtehude jouer d'un orgue dont vous possédez depuis belle lurette tous les secrets.Surtout, ne cherchez pas dans cette lettre I ombre du spectre de l'aura d'un seul reproche! Il s'agit tout juste d'une mise en garde bénéfique pour vous et d'un beau geste (intéressé il va sans dire) venant d'une société qui vit en grande partie de la perception des droits d'auteur du grand Jean-Sébastien Bach.Je vous fais grâce de tous ceux qui ne vous ont pas survécu: Gounod.Mozart.Mendelssohn, Rimsky-Korsakov, et je vous mets au fait de l'activité de vos contemporains qui sans penser à mal bien sûr.utilisent vos mélodies, vos rythmes, vos lignes de basse, votre style, votre esthétique, sans jamais sentir l'obligation de nous en avertir.Evidemment plusieurs d'entre eux l'ont fait avec beaucoup d'honnêteté, forts qu ils se sentaient d'avoir le grand honneur d'apposer votre nom en toute quiétude et pour ie plus grand bien de leur promotion, sous des titres qui ont un dénominateur commun: « à la manière de».Ceux-là (on ne peut vous reprocher de ne pas les connaître, à vous qui vivez en Allemagne rie l'Est) sont d abord Jacques Loussier, le premier a vous «jaz-zer>' (ça vous plairait certainement cette petite caisse claire jouée avec des balais); les Swingle singers, les premiers a vous «mettre en bouche» avec des DA-BA-DA-BA-DA-BA-DOU (qui vous séduiraient par leur imagination et leur virtuosité): André Gagnon, une des grandes vedet- tes de la ville du siège social de la CAB-BMI.qui susciterait en vous, peut-être pour la première fois, le sentiment de posséder tout ce qu il faut pour être une superstar! Ceux-la nous ont mis la puce a I oreille.Car il y a les autres.tant d'autres dont nous n aurions aucune nouvelle si les émissions de radio et de télévision, les disques et les concerts n'étaient «encensés» dans des articles élaborés de revues que nous n'avons pas toujours ie temps de lire.Pas le temps, me direz-vous?Eh bien non.C est l'avalanche.Nous sommes débordés, un point c'est tout.Nos contrôleurs ne suffisent plus à la tâche.Ils sont tous sur les traces de la musique de Bach comme de bons bergers allemands et.croyez-moi, si nous en avions les moyens, Sherlock Holmes et Hercule Poirot ne seraient pas de trop.Et vous, humble et discret comme on vous connait.ne nous aidez pas non plus.Vous écrivez «à la gloire de Dieu», mais Dieu, dans votre cas bien précis, n'est pas très loquace! Les autres?Ils sont légion.Keith Jarrett, dont l'attitude scé-nique fascinante fait qu on vous oublie: le Modem Jazz Quartet, dont les > 00 > m g CD O m o m CD m UNE-ANNH6: CNJ 5 LU < CO J ¦ < OJ CE o ai - Un groupe frémissant de partout: REM (pour rapid eyes movement).Décor à l'américaine.Une approche franche et source d'énergie pour l'intellect poétique.Emotions vives habillées de lumières.Réflexions à haut voltage.Musique insolite, directe, brute et riche.Simplement superbe et vivant.REM \"Reckoning* 1RS SP 70044 Gérard Lambert Du calme! Pas de bousculade! Avant d'ouvrir la porte des cavernes d'AJi Baba, rassemblez vos esprits.C'est le moment ou jamais de regarder ce qui reste dans notre mémoire.Ce choix rassemble ce que j'ai découvert de mieux cette année, en 10 disques dans le désordre.D'abord cinq, et la suite la semaine prochaine.Début printemps.Installé dans mon fauteuil je me suis fait surprendre par Annabel LAMB.Comme ensorcelé j étais; un disque plein de flammes, avec une femme qui a du tempérament.Un volcan en éruption.Un album puissant et exceptionnel, qui a la peau neuve.Elle réussit dans des styles différents, tant acoustique qu électronique Une ferveur radieuse.Annabel LAMB «The Flame-AM SP 5008 ¦ Voilà le «Boss*, Bruce Springsteen.Génial, bouleversant, douloureux, révolutionnaire.Tout ça, et tout simplement plaisant, très plaisant, diaboliquement plaisant.De grands coups de gueule, des guitares, de l'action, authentique.Encore une fois plus fort que jamais.Avec une voix décoiffante.Comment s'y prend-il pour construire ces morceaux qui vivent, qui dérapent, qui glissent et qui nous culbutent?Une merveille* Bruce Springsteen -Born in the USA» QC 38653 Elle vient de Toronto.Dalbel-lo.Du style et encore du style, un véritable exercice.Une fille des plus sensible et des plus complète.Son jeu et sa voix sont d'une efficacité exceptionnelle.Des textes qui nous traquent l'émotion dans les profondeurs.C'est beau, vigoureusement personnel.Un disque rempli de choses qu'on n entend nulle part ailleurs.DALBELLO -Woman for» Capitol ST 12318 Comment s'y prend-elle pour construire ces morceaux qui virent de bord toutes les trois secondes, dérapent, g//ssenf ef culbutent en sauts périlleux arrière?Du physique, de la sensualité, une voix râpeuse, d'où elle trouve l'émotion quelle que soit l atmosphère.Tina est tendre, féroce, tourmentée, dansante, généreuse et imbibée de soui.Un disque riche, varié, endiablé.Tina TURNER -Private dan-cer» Capitol ST 12330 \u2022 ' | ' .\\ 1 i 2 \u2022 POUR LIRE Jean Basile ARLER D'ICI Philippe Barbaud TCHEKHOV Le roman d'une vie Tchékhov par Henri Troyat Flammarion éditeur Il paraît que l'on aime Tolstoï ou Dostoïevski.Le prophète (un peu gâteux sur la fin) ou le visionnaire.Au centre de la grande trilogie russe (si Ion excepte Pouchkine, le plus grand de tous), Tchékhov occupe, somme toute, une place un peu plus modeste et on ne lui reconnaît pas généralement les dons éclatants, la vision universelle de ses deux contrères.Il n'est que de regarder son image, puisque nous avons des photographies.Il est un peu maigre, le regard sévère, falot avec sa barbiche et son lorgnon.Oui.Un médecin, ce qu'il était de profession, plus qu'un écrivain inspiré Et puis, grâce surtout à ses comédies, on a fini par le vo o z H rr> > f C/) > m g ro CD O o m CD 13 m CD 00 A PLEIN AIR Simone Piuze Le tiers-monde du plein air LU ce CD 5 LU O \u2022LU Û O CNJ û LU < < LLI ce o ?CO |iers-monde du plein air».l'expression fort justifiée vient de l'Association québécoise de Loisir pour personnes handicapées, décidée coûte que coûte à faire parler d'elle afin que le ministère du Loisir, de la Chasse et de la Pêche daigne accepter de s'asseoir avec ses représentants à une même table en vue d'établir une politique qui garantisse des actions précises visant à rendre accessibles les lieux de plein air aux personnes handicapées.Ces actions précises sont évidemment indissociables du mot argent.«Saviez-vous que cela prend au moins une dizaine d'années avant que le gouvernement ne nous verse quelques milliers de dollars \u2014 de $5000 à $10000 pour être plus précis?» dit, outré, Gérard Gagnon, président de l'AQLPH qui regroupe 500 associations bénévoles locales et 16 régionales, ces dernières ne comptant qu'une seule personne par région pour y travailler à temps plein! «Tout est affaire d'échelle de valeurs», dis-je, quand on songe aux $410000 que verseront les gouvernements fédéral et québécois pour défrayer une étude relative à l'implantation à Montréal d'une cité internationale du cinéma et de la télévision.Des lieux de plein air inaccessibles On oublie peut-être que le pourcentage de la population québécoise qui vit avec un handicap se situe aux environs de 5 p.cent! «Cela signifie 300000 personnes handicapées sur le plan intellectuel (52 p.cent), physique (25 p.cent) ou sensoriel (21 p.cent).C'est énorme!» dit Gérard Gagnon, lui-même handicapé physique qui a oeuvré pendant des années comme bénévole au sein de regroupements pour handicapés avant de devenir l'enthousiaste président de l'AQLPH.Selon M.Gagnon, même si les Québécois disposent de tout un réseau de parcs et de réserves qui constituent un excellent moyen de rendre accessibles les espaces verts nécessaires à la pratique du plein air, la dynamique du milieu plein air repose davantage sur le bénévolat que sur des institutions publiques.Ce système de bénévolat qui prévaut dans les bases de plein air, les camps de vacances, l'ensemble des fédérations nationales de plein air ou les organisations municipales de loisirs est constitué des principaux intéressés, des utilisateurs et adeptes du plein air.Cela a pour conséquence de ne jamais garantir l'accès des services et structures aux groupes de citoyens moins bien organisés et peu sensibilisés à ces formes d'activités.Comment faire pour sortir de ce cul-de-sac?Comment assurer une accessibilité réelle à tous les groupes de citoyens?«D'abord et avant tout, dit Gérard Gagnon, il faut voir à l'aménagement des lieux de plein air et à l'encadrement.» Actuellement on peut dire sans hésiter que nos bases de plein air et camps de vacances ne sont pas conçus pour accueillir les personnes handicapées, pas plus que ne le sont, en général, les lieux publics.En effet, l'aménagement (chambres, salles de toilette, plages et sentiers) et l'établissement des programmes d'activités rejoignent davantage la clientèle qui n'a pas besoin d'encadrement particulier et qui se meut de façon autonome.«Ainsi, dans plusieurs organismes de plein air, on n'a pas encore compris que le voilier n'est pas la seule embarcation qui peut aller sur l'eau, dit Gérard Gagnon.Chez une personne qui a des difficultés d'équilibre et de coordination, par exemple, il est probable que la chaloupe ou le pédalo ferait mieux l'affaire!» Quant à l'encadrement, il demeure trop souvent le fait d'experts dans une activité donnée.Or le travail avec les clientèles «autres» requiert davantage la polyvalence et l'aptitude à saisir les besoins de la personne que la compétence technique.Selon M.Gagnon, le ratio animateur-participants n'est pas, lui non plus, toujours de nature à favoriser la participation de personnes né- cessitant un encadrement plus direct et un soutien plus accentué.«Pour régler ce problème, on demande souvent aux handicapés de venir en groupe avec des bénévoles! Ce qui complique toute l'organisation, bien sûr, et nécessite une motivation énorme, dit-il.Certains groupes doivent travailler de six à huit mois pour participer à une seule fin de semaine de plein air.De quoi décourager même les plus vaillants!» Pourquoi les bases de plein air ne comprendraient-t-elles pas, au sein de leurs brochettes de moniteurs, des personnes formées pour s'occuper des handicapés?Cela éviterait de «parquer» dans les bases de plein air dites spécialisées \u2014 le camp Pavillon de Saint-Alphonse ou le camp Notre-Dame, par exemple \u2014 des gens qui aiment côtoyer une clientèle dite normale, même Malgré quelques beaux exemples de débrouillardise comme celui de ce skieur, le plein-air demeure en réalité inaccessible à la majorité des personnes handicapées.s'ils sont aveugles ou ne peuvent marcher.Une nature trop chère pour les handicapés Selon un rapport publié en 1983 par l'UQAM, la clientèle des bases de plein air est fortement scolarisée et son revenu familial se situe autour de $40000.Mêmes caractéristiques chez les familles des enfants qui fréquentent les camps de vacances.Or la majorité des personnes handicapées au Québec sont sans emploi, vivent des prestations de l'aide sociale et ont sept ans et moins de scolarité.Un bon nombre d'entre elles vivent par ailleurs en foyer d'accueil ou en institution.Il va sans dire qu'elles ne peuvent pas s'offrir de séjour à la campagne, ne serait-ce qu'une journée au mont Saint-Bruno.Elles ne peuvent non plus s'offrir l'équipement voulu pour pratiquer certaines activités.«J'adorerais skier avec quelqu'un de gentil et de sécurisant, mais je n'ai pas d'argent pour m'acheter des skis de fond et je ne connais personne qui pourrait m'accompagner sur le mont Royal», dit Franc me, 30 ans, nouvellement sortie de l'hôpital psychiatrique et qui habite la banlieue.A Montréal, la CTCUM fournit à toute personne handicapée, et sur demande, le transport à un lieu de plein air situé en ville.Mais pas l'encadrement.La personne handicapée doit donc se trouver elle-même un accompagnateur bénévole.Cependant I existe un réseau de bénévoles qui se font un plaisir d'accompagner un handicapé dans les parcs de Montréal.«Les numéros de téléphone de ces centres de bénévolat se trouvent dans les pages jaunes», me dit Gérard Gagnon qui ajoute: «Les handicapés adultes qui vivent hors du monde du travail et de l'éducation ont difficilement accès à l'information!» Or la promotion des activités et services de plein air se fait encore beaucoup à l'intérieur des réseaux connus.Du bouche à oreille quoi! Ce qui fait que ces réseaux n'atteignent pas tout le monde.Non plus que les médias (télévision, radio, journal), qui utilisent souvent un niveau de langage hermétique à plusieurs.Le jargon du plein air est parfois incompréhensible aux minorités: on parle de «randonnée pédestre» plutôt que de «marche en forêt», et ce n'est qu'un exemple, de souligner M.Gagnon.Renseignements: AQLPH: (514) 374-4700 PHOTOGRAPHER Le cri du coeur de l'écoeuré.Antoine Desilets Je n'ai pas la larme facile (j'aurais donc fait un très mauvais pompier!) mais les lecteurs qui m'écrivent pour me gronder me font beaucoup de peine.Un exemple?Cette lettre laconique, comique, critique et pleine de «niques» que je vous reproduis in extenso: «M.Desilets.avant, en recevant Photo Sélection, je m empressais de lire votre chronique.Maintenant, c'est différent.Depuis que vous avez changé la formule, je commence à lire au début du magazine et quand j'en suis à votre texte, je saute au suivant car je suis déçu: j'ai l'impression de relire vos livres (je les ai tous).Dorénavant, je me contenterai de lire votre chronique «Photographier» dans PLUS.On est peut-être pas drôles, nous, les photographes québécois, mais cette dernière FARCE que vous nous avez faite, je ne la trouve pas drôle du tout.» Et c'est signé: «Un fan d'Antoine Desilets déçu (larmes)» (sic!).Or* que c'est dur de satisfaire tout le monde et M.Leclair de Varennes à la fois! Tellement que par instants j ai envie de tout foudre en l'air, comme j'ai tenté de le faire la journée où j ai pris la photo que vous voyez dans cette page! Heureusement^), il m'ar-rive tant d'autres lettres qui disent juste le contraire que je finis par remonter la pente.Dans votre cas.cher monsieur, c est le magazine dont vous faites mention qui a décidé ça après un sondage où on lui reprochait de négliger les débutants.que l'on m'a confiés, en me demandant d'écrire pour eux une espèce d abécédaire de la photo.Voilà! Mais je suis heureux que vous lisiez ma page de PLUS, qui m'offre la possibilité de publier de très anciennes, de récentes et de toutes nouvelles photos prises dans ma collection d'images sérieuses, tristes ou folichonnes, dont j'essaie de relater le où-quand-comment-pourquoi-pis-après! Ça pogne.vous avez pas idée! Puis c'est, je l'avoue, ben le «fonne» à taire.pour un «placo-teux» comme moi! Et n'allez pas croire que la photo d aujourd'hui est sérieuse! C'est juste qu'à un moment précis, y en avait ras le bol, Desilets, et qu'«l a eu envie de faire ce que vous voyez.Mais en bon vidangeur que je suis, j'ai su passer avant le gros «trocque», figurez-vous! Une émotion, un état d'âme et l'envie de repartir à zéro, puis le petit bonhomme en haut à droite qui lui trouve encore quelque chose, à tout ce fourbi, avec sa «boîte Kodak».Pour la photo, j'ai chargé un vieux teica de film Kodak Tri-X 400 ASA, exposé 1/500e de sec.à f/8.Quoi?Vous avez déjà vu cette image dans le magazine Nous?Possible! Et si vous la revoyez dans Playboy?Une image, comme un photographe, ça peut avoir plus d'une vie! Bonnes photos! 00 O z H XI rr> > > m g CD O n> o m ^ J3 m CD 00 VIEILLIR Glaire Dutrlsac Un Noël parmi d'autres GO Ci UJ CL co LU O ¦m O O) 5 LU < C/) -J < CE C/) adame Olivine venait de terminer de souper.Elle lava soigneusement sa vaisselle.Puis elle jeta un coup d'oeil à l'horloge: huit heures.Il était encore tôt.Ils viendront peut-être avant le réveillon chez leurs amis respectifs.Trois Noëls.oui, trois passés sans leur présence.ni la veille, ni le jour même.Oh bien sûr, elle a revu ses enfants et petits-enfants, au cours de chaque été.Une fois par année, ce n'est pas beaucoup.Et les petits poussent si vite qu'elle a parfois peine à les reconnaître.Pour ce qui est de les connaître, c'est pire.Ils restent toujours si peu longtemps! Madame Olivine voit bien qu'ils s'ennuient.Elle sourit: ils restent sages quand même.C'est toujours ses filles ou son fils qui parlent.Qui parlent d'eux.Que pourrait-elle raconter de sa vie étriquée et routinière?Madame Olivine a honte de son logement minable, dont rentrée, dans un renfoncement de la rue.se cache aux passants.N'empêche qu'elle est chez elle.Quand la bise souffle et pénètre à (intérieur par les interstices des fenêtres au bois pourri Madame Olivine endosse son vieux manteau, met les gros bas de laine de feu son mari, et frileuse se rapproche de la fournaise à l'huile.Il est déjà 9 h.C'est sûr qua Lucienne, qui est mariée et vit au Vermont avec son mari et ses quatre enfants, ne viendra pas.Elle appellera peut-être.Le téléphone ne sonne pas.Lui reviennent à la mémoire les Noëls d'antan.Quand son mari vivait et travaillait.«On avait les moyens de recevoir, modestement sans doute, mais dans la joie.» Il y avait ses parents et ses beaux-parents et ses enfants dont le nombre augmentait d'un à tous les deux ans.La premiere fut une fille: Lucienne.Ah! devenue adolescente Lucienne l'a bien aidée à préparer des réceptions.Mais à vingt ans, elle se mariait.«Il faut bien que les oiseaux quittent le nid, un jour.» pensait sans amertume Madame Olivine.Puis Reine succéda à Lucienne.Reine vit maintenant à Toronto.Célibataire endurcie, indépendante.«Et même féministe maintenant», se dit Madame Olivine en évoquant les idées avancées de sa deuxième fille.Marie-la-Douce.comme on l'appelait (c est la troisième) a épousé un artisan qui vit à Sainte-Agathe.Madame Olivine « » est heureuse.Ses filles sont toutes bien «casées» et filent un bonheur parfait, semble-t-il.Enfin son dernier-né, Bernard, est un homme maintenant.Bien marié.Il fait carrière dans la diplomatie.Pour l'instant il demeure à Ottawa.Aucun n'est éloigné de plus de deux cents milles, sauf Reine.Mais il y a l'avion.La petite aiguille de l'horloge s'est braquée sur dix heures.Soudainement, semble-t-il à Madame Olivine, qui n'a pas vu le temps passer.Le téléphone ne sonne toujours pas.Madame Olivine revit sa vie où souvenirs heureux et malheureux se sont succédé, les uns lui faisant aussi mal que les autres.Les parents et beaux-parents ont disparu les premiers, simplement, sans histoire.Le vrai drame, ce fut la mort de son mari.Quelle déchirure pour Madame Olivine! Et quelle dégringolade.Vivant d abord des intérêts d'un petit pécule.Madame Olivine en vint à ronger son captai.Puis, de logement confortable en logement pauvre, de logement pauvre en taudis, elle aboutit ici.L'aide sociale pourvoit à ses besoins essentiels.N'empêche qu'avant, elle pouvait encore recevoir ses enfants.Ils venaient tous: du sud, de l'ouest, du nord.Madame Olivine trouvait le moyen, en se privant beaucoup au cours de l'année, d'acheter de modestes cadeaux.Et même de dresser un arbre de Noël.Il y a quatre ans, elle dut rendre les armes.Plus d'argent, plus de santé.Les enfants se sont récriés.«Nous viendrons quand même, nous apporterons tout ce qu'il faut.Ne t'en fais pas.On s occupe de tout.» Ils avaient tenu parole.Mais Madame Olivine sentit quelque chose de forcé dans leur attitude.Une brume de tristesse avait subitement envahi la maison.Madame Olivine frissonna.L'année suivante, chacun s'était décommandé.Ils étaient invités ailleurs.C'étaient leurs patrons, leurs amis qui leur avaient rendu service et auxquels «ils ne pouvaient faire ça»; ou encore une personne pouvant faire avancer la carrière du mari ou celle de Bernard.Les prétextes variaient mais se ressemblaient comme des jumeaux.«Nous t'appellerons, maman.» Ils avaient, là encore, tenu parole.Deux autres Noëls, la sonnerie de l'appareil téléphonique avait résonné quatre fois Lucienne et Marie, la veille de Noël, vers les dix heures et demie.Tiens, justement à cette heure-ci.Madame Olivine jette un regard d'espoir et de déception vers ce téléphone muet.Non, le téléphone ne sonne pas.Peut-être, au retour de la messe de minuit.En attendant, au lieu de ruminer ses souvenirs (ils lui serrent le coeur si fort, ce soir).Madame Olivine tourne le bouton du petit écran qui s'illumine.Elle esquisse un sourire navré et se gronde: «Je ne suis pas une enfant, je ne vais pas me mettre à pleurer! Après tout, il faut bien qu ils fassent leur vie.» Elle a les yeux humides mais accuse la qualité de l'image de son vieil appareil.C'est qu il n'est plus neuf.Elle ne s'inquiète pas.Le jour où il fera défaut, l'un ou l'autre de ses enfants lui refilera son vieil appareil pour s'en acheter un, plus nouveau, plus moderne.De temps en temps ils lui font, comme cela, de beaux cadeaux.«Ça décharge leur conscience», se surprend-elle à penser.Elle chasse ce jugement monté en son esprit avec la rapidité d'une flèche.Elle a honte d'elle.Elle se traite de mère dénaturée, peu reconnaissante.'Le téléphone ne sonne pas.Il ne sonnera pas ce soir.Demain, sans doute.Madame Olivine se met au lit après avoir adressé à Dieu sa prière quotidienne: «Mon Dieu, faites qu'ils soient heureux, toujours, eux et leurs enfants.» Beaucoup de gens sont dans la joie.Madame Olivine est dans la peine.Le téléphone ne sonne pas.Madame Olivine dort en rêvant à demain.Noël est venu Madame Olivine s'est assise près de l'appareil téléphonique.Toute la journée.Le téléphone ne sonne pas.Le jour se meurt.L'espoir a glissé sans bruit, du coeur de Madame Olivine qui, cette fois, pleure doucement, longuement.«sans savoir pourquoi, se dit-elle, parce que je suis une vieille femme trop sensible, qui s'entête à vivre longtemps.» Le silence seul répond a ses pensées.Le téléphone ne sonne toujours pas.?* \u2022 » \u2022 \u2022 * » ' \u2022 » » ' * *.*'.*.¦.* 4 *ll4 4 4 - L 1, U H f é 1 : - \u2022- Madame, J'aimerais savoir si vous pensez que les comités de bénéficiaires dans les Centres d'accueil pour personnes âgées peuvent faire changer des situations dans leur milieu.En théorie, c'est bien beau, mais en pratique, il s'agit souvent de représentants très âgés, malades, peu enclins à se mettre à dos la direction et à défendre leurs idées au sein d'un conseil d'administration formé de gens impressionnants à leurs yeux.D'ailleurs, ils doivent d'abord réussir à faire inscrire le sujet à l'ordre du jour de l'assemblée.Nous avons communiqué avec la direction à quelques reprises.Devant l'insuccès de nos démarches, j'ai proposé à ma mère d'en parler aux membres du comité des bénéficiaires.Elle s'y est objectée, disant qu'ils ne peuvent rien faire pour les raisons énumérées plus haut.Elle prétend que c'est aux journaux qu'il faut s'adresser pour qu'ils mènent une enquête auprès des bénéficiaires et du personnel.Dans cette optique, j'ai écrit à un journal local.Si on ne devait pas donner suite à ma demande, quelles seraient, d'après vous, les ouvertures ou les possibilités d'obtenir des solutions au problème qui nous concerne?A.St-P.R.- U faut d'abord que je vous dise que j'ai mené campagne dans La Presse Lorsque M.Claude Brunet, président du comité provincial des malades (pas encore né à cette époque) a proposé la création des comités de bénéficiaires.Un peu plus tard, devant les obstacles que vous mentionnez, j'ai également vu d'un bon oeil un amendement à la loi autorisant les comités à s'adjoindre de l'aide extérieure.Deux personnes, parents ou amis, ou bénévoles, peuvent faire partie du Comité et lui prêter main-forte.Un très grand nombre de comités fonctionnent très bien et sont très actifs.Ils sont affiliés au Comité provincial.Cependant, je reconnais qu'il en existe qui sont très faibles.J'ajoute que les comités tirent leur force de leurs «électeurs».Si ceux-ci ont peur, comment voulez-vous que leurs représentants aient le courage d élever le ton?Vous pouvez porter plainte auprès dd Conseil régional de la Santé et des Services sociaux de la Montèrégie, 125, boulevard Sainte-Foy, Longueuil.Québec.J4J 1W7.Tél.: 679-6772.Si vous accomplissez cette démarche, je serais heureuse de savoir comment vous aurez été accueillie.Le gouvernement avait promis que les restrictions budgétaires LE COURRIER On adresse le courrier à Claire Dutrisoc La Preste - PLUS 44 ouest, rue Saint-Antoine Montreal, Que.H2V 1A2 ne toucheraient point la qualité des soins.Il a tiré si fort les cordons de la bourse, sous prétexte de ne viser qu'une gestion plus saine des deniers publics, qu'il est en train d étouffer les gestionnaires, le personnel et, bien entendu, les bénéficiaires.En ce qui a trait aux nouveaux centres d'accueil, outre le fardeau de la tâche des employés qui s'est énormément alourdi, on se plaint souvent de la qualité de la nourriture.Ensuite, on fait de beaux discours sur I humanisation des soins, la qualité de la vie, etc.Comme dit Hamlet, quand on lui demande ce qu'il lit: «Des mots, des mots, des mots.» Une correspondante s'élève contre l'injustice faite aux personnes qui ont entre 55 et 65 ans et qui sont assistées sociales.Elle dénonce le fait que le ministère de la Main-d'oeuvre et de la Sécurité du revenu reprend en partie les augmentations qu'accorde la Régie des rentes du Québec (rente du conjoint survivant).Elle oppose la situation plus heureuse où se trouvent les femmes qui reçoivent la rente de conjoint survivant et une pension privée.Ces personnes bénéficient pleinement de l'augmentation de la Régie.Elle demande «Où est la justice là-dedans?» Mme J.A.R.- Vous avez parfaitement raison! D'ailleurs, il semble que le gouvernement s'apprête à modifier ce régime par le biais de la fiscalité.L assistance sociale constituant, en principe, le dernier recours d'une personne dans le besoin, le ministère de la Main-d'oeuvre tient compte de tous les revenus, indépendamment de leur origine, pour ne laisser que le strict nécessaire.Les caisses de retraite privées sont constituées des cotisations des patrons et des employés; elles n'ont pas à se préoccuper des revenus de ces derniers.Il en résulte l'injustice que vous déplorez.Je vous ancourage fortement à aller voir le députe de votre comté, ne serait-ce que pour lui permettre de toucher du doigt la réalité.Ce sont les députes qui votent ou rejettent les lois.Il est bon qu'ils connaissent les conséquences de leur vote.Votre démarche ne changera rien dans I immédiat, mais puisque l'on se prépare à modifier ce système, elle pourrait influer sur un avenir qu'on espère très proche.C » i M. Pol Martin CUISINER uisse l'esprit des Fêtes remplir vos foyers d'amour et de bonheur.Pour l'année 1985, je souhaite à chacun de vous paix, santé, travail.Bonne année chers amis! \u2022 crevettes et saumon gratinés \u2022 poitrine de dinde, farce aux champignons \u2022 petits choux caramélisés 2.Poitrine de dinde, farce aux champignons (pour 4 personnes) 1 .Crevettes et saumon gratinés (pour 4 personnes) 60 mL\t(4 c.à soupe) de beurre 375 g\t(% livre) de crevettes décortiquées cuites 1\téchalote sèche hachée paprika au goût\t 60 mL\t(4 c.à soupe) de farine 750 mL\t(3 tasses) de lait chaud 125 mL\t(%) tasse) de crème à 15% 125 mL\t(% tasse) de fromage gruyère râpé 2\ttranches de saumon cuit, en morceaux quelques gouttes de jus de citron\t 500 mL\t(2 tasses) de riz blanc cuit persil haché\t sel et poivre blanc\t Préchauffer le four à 190°C (375°F) 1) Faire chauffer le beurre dans une sauteuse.Ajouter les crevettes et les échalotes; faire cuire 2 minutes.2) Saupoudrer le tout de paprika.Retirer les crevettes de la sauteuse et les mettre de côté.3) Mettre la farine dans la sauteuse; mélanger et faire cuire 1 minute.4) Ajouter le lait chaud; mélanger le tout avec un fouet de cuisine.5) Ajouter la crème; faire cuire 6 à 7 minutes à feu très doux.6) Ajouter le fromage râpé, les crevettes et les morceaux de saumon.Arroser le tout de quelques gouttes de jus de citron.Bien incorporer.7) Placer le riz cuit dans un plat à gratin.Verser la sauce sur le riz.Faire cuire le tout au four à broil pendant 2 minutes.8) Parsemer le persil haché.Servir.1\tpoitrine de dinde désossée 50 mL\t(Vi tasse) de beurre fondu 30 mL\t(2 c.à soupe) de beurre doux 1\toignon haché 15 mL\t(1 c.à soupe) de persil haché 125g\t(% livre) de champignons hachés 1\tpomme évidée.pelée et hachée 125 mL\tW tasse) de petits croûtons épicés paprika au goût\t 45 mL\t(3 c.à soupe) de crème à 35% 250 mL\t(1 tasse) de sauce aux canneberges, chaude sel et poivre\t Préchauffer le four à ^80>C (350°F) 1) Placer la poitrine de dinde dans un plat à rôtir.Saler, poivrer et la badigeonner de beurre fondu.Faire cuire au four en comptant 20 minutes par livre.NOTE: badigeonner la dinde fréquemment pendant la cuisson.Préparation de la farce: 1) Faire fondre le beurre dans une casserole.Ajouter les oignons, le persil et les champignons.Saler, poivrer; couvrir et faire cuire à feu doux pendant 3 minutes.2) Ajouter les pommes et les croûtons.Assaisonner le tout généreusement.3) Ajouter le paprika; couvrir et faire cuire 4 à 5 minutes.4) Ajouter la crème et faire mijoter pendant quelques minutes.5) Servir la dinde avec la farce et la sauce aux canne-berges.3.Petits choux caramélisés (pour 6 personnes) Préparation de la pâte à chou: 250 mL (1 tasse) d'eau froide une pincée de sel 60 mL (4 c.à soupe) de beurre doux 250 mL (1 tasse) de farine tout usage 4 gros oeufs Préchauffer le four à 190>C (375°F) 1) Verser l'eau dans une casserole.Ajouter le sel et le beurre.Amener à ebullition à feu moyen et faire cuire 2 minutes pour faire fondre le beurre.2) Réduire la chaleur de l'élément.Ajouter la farine en une seule fois; mélanger rapidement avec une cuillère de bois.Faire cuire 2 minutes ou jusqu'à ce que la pâte n'adhère plus à la cuillère.3) Retirer la casserole du feu.Verser la pâte dans le bol d'un malaxeur électrique.Ajouter 1 oeuf entier; mélanger le tout à vitesse moyenne jusqu'à ce que l'oeuf soit bien incorporé à la pâte.NOTE: la pâte doit se reformer avant d'ajouter un autre oeuf.4) Répéter la même opération pour chaque oeuf.5) Beurrer et fariner une plaque à biscuits.6) Mettre la pâte à chou dans un sac à pâtisserie muni d'une douille unie.Dresser des petits choux de forme ronde sur la plaque.7) À l'aide d'une fourchette, rayer le dessus des petits choux en forme de croix en appuyant légèrement.8) Badigeonner les choux d'oeuf battu et les faire reposer sur le comptoir de cuisine pendant 15 minutes.9) Faire cuire les choux de 35 à 40 minutes.Lorsqu'ils sont cuits, fermer la chaleur du four et entrouvrir légèrement la porte.Laisser sécher les choux dans le four pendant 40 minutes.10) Couper les choux en deux et tremper la partie supérieure dans le caramel *.Farcir les choux de crème fouettée.Reformer les choux et servir.'Preparation du caramel: 250 mL (1 tasse) de sucre) 50 mL (% tasse) d'eau froide or o J3 m > r~ > m g CD D O m CD J3 m CD Mélanger le sucre et l'eau; faire cuire à feu moyen ^ jusqu'à ce que le mélange devienne de couleur or. Aux Éditions La Presse TOME II 1916-1984 par Cyrille Felteau Après la mort de Trefflé Berthiaume en 1915, qu'advient-il de LA PRESSE?Lisez le récit circonstancié, en grande partie inédit, des événements qui ont marqué la vie du « plus grand quotidien français d'Amérique », de 1916 jusqu'à son centenaire.\u2022 les conflits familiaux \u2022 le temps des signatures anonymes \u2022 le syndicalisme chez les journalistes \u2022 les administrateurs des temps modernes Un ouvrage qui, comme le précédent*, donne vie et couleur à la grande fresque humaine que constitue l'histoire maintenant centenaire de LA PRESSE.288 pages/Nombreuses illustrations * Egalement disponible: L'HISTOIRE DE LA PRESSE tome 1-1884-1916 «LE LIVRE DU PEUPLE» LU I LU o Uj Q G) C\\J Q LU < CO < X O S 0) Z) \u2014I COMMANDEZ PAR TÉLÉPHONE Service rapide et efficace 285-6984 Economisez temps et argent en commandant vos livres des Éditions La Presse par téléphone Vous n'avez qu'à composer le numéro 285-6984, donner votre numéro de carte VISA ou MASTERCARD et le tour est joué.Ce service vous est ofTert du lundi au vendredi de 9h à 16h.Prière de noter que les échanges et les remboursements ne sont pas acceptés.1 OFFRE SPÉCIALE AUX ABONNÉS DE LA PRESSE 20$ DE RÉDUCTION r BON DE COMMANDE Veuillez me faire parvenir le(s) livre(s) indiqué^) par un crochet pRtx PRIX KÈONNÊ& REGULIER DE LA PRESSE 14,95 s 11,95» 14,95 * 11,95* 29,90* 23,90* ( ) Histoire de Lâ Presse.Tome 11(731) \u2022 | Histoire de La Presse.Tome 1(730) ( ) Les 2 Tomes À retourner aux: Éditions La Presse, Ltée, 7, rue Saint-Jacques, Montréal (Québec) H2Y 1K9 NOM_________ ADRESSE IMPORTANT: Joignez à cette demande un chèque ou mandat payable aux Editions La Presse.Ltée.Vous pouvez également utiliser votre carte de crédit comme mode de paiement: M/Card ?VISAQ no VILLE PROVINCE CODE POSTAL TÉL.TOTAL ci-joint (plus IS pour frais de poste et manutention) Le Plu* (n "]
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