La presse, 26 février 1983, La presse plus
[" I la\tmm\t\t^^^^^^^^^^^^^^^ ^^^^ WwM ï_\"\t¦R\t¦159\tS6 \t\t\t ?Montréal, 26 février 1983 volume 1, numéro 3 Le téléspectateur l'ère du choix: l'invasion du magnétoscope 40 000 Québécois Prolifération en ont un et des clubs vidéo 50 000 autres en et d'un nouvel art au achèteront en 83 service du rock page 2 USA-URSS: la guerre des missiles par Europe interposée La France vient à l'aide du cinéma québécois par la coproduction page 6 page 7 Le Pershing Jacques Duval analyse la Thunderbird 1983 pages 8 et 9 \u2022il- .J Le tube à la carte À 30 ans, la télévision d'ici, comme celle d'ailleurs, traverse sa première crise grave.Dans les années 50, bousculant allègrement Michèle Morgan, le gin-rummy et le boeuf aux carottes de grand-papa, elle s'était confortablement installée au salon, puis \u2014 pratique \u2014 dans la cuisine et finalement \u2014 impudente \u2014 dans la chambre à coucher.C'était, sinon la relation parfaite, du moins l'entente cordiale entre le citoyen et son tube.Puis, sournoisement, le malaise est apparu.Une forme discrète de lassitude.Futé cet observateur qui a noté au passage: le média est plus fort que ce qu'il contient.En bref: tout ce qui se passe à l'écran est moins important que le fait que vous soyez là, assis, à regarder défiler des images.Certains s'en sont avisés: retour au cinéma, explosion de la pratique des sports, bars, macramé, rencontres, bricolage, etc.Ceux-là, comme les irréductibles du petit écran, exigeaient désormais un choix plus vaste.La technologie et le marketing étaient au rendez-vous.Les réponses: le câble, puis le magnétoscope domestique, la télévision payante ensuite \u2014 le p'tit dernier est turbulent \u2014 et bientôt la télévision à la demande.Cette première révolution depuis la naissance de la télévision, nous sommes en plein dedans.Personne n'ose prédire où elle conduit.Chose certaine, elle marque des points.Dans une enquête de PLUS, Mario Roy décrit l'invasion du magnétoscope domestique au Québec: 50 OOO appareils se vendront en 83, plus que tout ce qui s'est vendu jusqu'ici.Entre-temps, la télévision payante fait causer d'elle, plus par les vertus qu'elle ne respecte pas que par celles qu'elle pratique.Robert-Guy Scully, à Los Angeles et New York, a pénétré dans l'univers feutré du commerce de la porno télévisuelle.Gloria Escomel enfin essaie en page 5 de comprendre ce que ressent la femme québécoise devant l'érotisme.La Rédaction 1 # \u2022 * Ci > Serge Grenier Un restaurant CO oo UJ oc > UJ u.CM 5 LU to < \u2022LU a: »\u2014 Z o (/) On y mange, on y voit À l'Express.3927.rue Saint-Denis, on y vient pour bien d'autres raisons que la nourriture.Même qu'on entend des branches dire qu'il y aurait du micro-ondes là-dessous.On y voit Louise Forestier, Renée Claude et France Castel.C'est grand et clair avec des mur laqués et un long zinc où se règle le sort du monde.On y voit des producteurs, des réalisateurs, des concepteurs.Ça ressemble à un restaurant parisien et, pour ajouter à l'illusion, les garçons sont français, avec tout ce que cela comporte.On y voit des actrices, des recherchistes, des attachées de presse.Le charme de l'Express, c'est son ambiance: frémissante.On y mange un tartare-frites, une tarte Tatin.On y voit des scénaristes, des publicistes, des relationnistes.des profs d'UQAM.Pas de quidams à l'Express! Une arcade Frissons intergalactiques: 50 cents La Rolls-Royce des arcades, le Video Palais, est stationnée au 1197 ouest, rue Sainte-Catherine.Façade rutilante impossible à rater, portes coulissantes.Au Video Palais où tout n'est que luxe, Packman et volupté, aucune machine à boules.Que des vidéo-jeux modèles debout ou de table, ils s'appellent Dark Planet et Super Zaxxon.Les plus nouveaux jeux sont là, y compris Baby Packman, le curieux rejeton d'un mariage vidéo-jeu-machine à boules.Parmi les clients, plusieurs jeunes Asiatiques, sans doute rompus au maniement du boulier compteur, font merveille en détruisant des galaxies complètes sur fond de musique rock.Un talk show Pour insomniaques C'est tard mais c'est bon le show de David Letterman, à minuit trente, du lundi au jeudi, au réseau NBC.L'air d'un jeune diplômé de Harvard, très Ivy League, Letterman pratique un humour off Broadway tout ce qu'il y a d'insolent.Le vendredi soir, David Letterman cède la place à l'excellente série canadienne SCTV.L'EMPIRE DES SENS Un magazine) Républicains s'abstenir Publié mensuellement, Point de Vue est le refuge de nostalgiques de la monarchie et, sans doute, la seule publication du monde à donner des nouvelles de la nonagénaire Zita de Bourbon-Parme, dernière impératrice d'Autriche.Lire Point de Vue, c'est tout apprendre sur la Comtesse de Paris, les Sambucy de Sorgue, la famille régnante du grand-duché de Liechtenstein et autres fins de race.Ce mois-ci, en page couverture, la famille royale de Belgique.La reine Fa-biola y arbore une coiffure E.T.qui étonne.À la radio L'enjôleuse du AM Est-elle langoureusement étendue sur un divan?Baisse-t-elle un peu l'abat-jour?Chaque jour à CBF, de 13h.à 15h., Chantai Jolis joue à fond la magie de la radio et tire les vers du nez du parfumeur, de la chanteuse ou du psychiatre avec la même belle aisance.Deux films) L'un touche, l'autre pas Pendant deux heures et demie, Sophie's Choice émeut, bouleverse.Un Oscar viendra probablement dire tout le bien qu'il faut penser de l'actrice Meryl Streep.Au Plaza Alexis Ninon 1.Ailleurs, un film appelé The Entity prétend glacer d'effroi.Tout ce qu'il y avait de froid dans la salle était les glaçons dans les verres de Pepsi.The Entity ou l'histoire idiote d'un fantôme violeur.Un reportage La femme qui devrait être maire Georges-Hébert Germain signe dans L'Acfua//fé de mars un splendide portrait de Phyllis Lambert, née Bronfman.Convaincue que Montréal est, malgré tout, une belle ville et faisant tout pour qu'elle le demeure, elle a sauvé de la destruction et fait recycler tellement d'édifices anciens qu'un million de Montréalais doivent tomber à genou et lui dire merci, -on &a i, Jt»eb netè v-^tsH ieiftéO PENDANT QUE LA TÉLÉ PAYANTE PREND FORME Le magnétoscope domestique part à l'assaut du marche québécois mu Allentown est une petite ville de Pennsylvanie en passe de devenir le symbole de l'après-Vietnam et de l'après-prospérité.Cette grise notoriété, c'est le chanteur Billy Joel qui la lui a donnée, en endis-quant une petite mélodie frappée au coin de !a nostalgie et de la désillusion.Son ascension au vedettariat, Allentown \u2014 la chanson et le centre industriel dune centaine de milliers d'âmes \u2014 la doit a une retentissante production télévisuelle qui, pourtant, fait en tout moins de cinq minutes.Une production dans laquelle Joel abandonne ses guitares Fender et ses pantalons ajustés de rocker, pour emprunter l'habit étriqué du chômeur et gratter la guitare sèche sur fond \u2014 reconstitué en studio \u2014 d'aciéries fermées, de distributions massives d'avis de licenciement, d'affiches «NO JOB», de jeunes vétérans déambulant dans cette tristesse en fauteuils roulants.La version électronique et abrégée de «Retour» ou du «Voyage au bout de l'enfer».Étrange paradoxe, Billy Joel a véhiculé cette décadence d'un bout à l'autre du continent en recourant à la plus moderne symbiose de la technologie et de l'argent.En mettant sa voix au service des laissés-pour-compte d'Allentown, mais aussi des industriels du XXIe siècle et des techniciens-artistes de l'électron.Joel est l'archétype de l'artiste de l'ère du vidéo, lui dont les productions ont, dans le milieu, la réputation d'être les mieux fignolées, les plus excentriques et les plus coûteuses.L art vidéo naissant n'a pourtant pas de nature très conformiste et ces images que l'on plaque sur des mélodies de quatre ou cinq minutes se révèlent d'une originalité et d'une puissance peu ordinaires comme le constatent les gens qui sont en contact quotidien avec cet art nouveau.«À la longue, on s'est aperçu qu'on ne pouvait pas projeter plus de 10 à 15 minutes consécutives de ce type de productions Le public entrait en état de choc!.» note Daniel Harvey, l'un des propriétaires du.Speptrum de,l$ rue Sainte-Catherine à Montréal, la boîte la plus avant-gardiste de la métropole dans le spectacle vidéo.Deux écrans géants de trois mètres sur quatre flanquent la scène; la régie de contrôle de la mezzanine ressemble presque à celle d'une station commerciale de télévision; l'aménagement technique de l'ex-Club Montréal a coûté plus de 200000$.On est loin du petit magnéto-scope-pépère de Monsieur Tout-le-monde \u2014 qui a néanmoins copié le vidéo de Joel en piratant les chaînes américaines \u2014.Monsieur Grand-public appelé à devenir la fourmi transportant sur son dos cet art-industrie-commerce dont on commence à peine à soupçonner les possibilités.Boom aux USA En 1982, il s'est vendu aux États-Unis quelque deux millions de magnétoscopes domestiques, 50 pour cent de plus que l'année précédente.Les producteurs du week-end ont également acheté 296,000 caméras.Au Québec, en décembre 1982, 40,000 foyers possédaient cette version moderne de la lampe d'Aladin.Quinze mois plus tôt, l'achat de telles machines n'était encore l'affaire que de quelques originaux.Des études de marché indiquent que 50 000 autres magnétoscopes vont être écoulés dans la province au cours de cette année.L'industrie du vidéo ne connaît pas le sort réservé aux aciéries d'Allentown.«On est presque gênés de le dire, mais nous, ça va très bien.On a vendu plus de 5 000 magnétoscopes l'an dernier et maintenant, on marche au rythme de I.OQO.unité&.par moisi» Mario Roy affirme Roger Normandin, acheteur spécialisé dans le vidéo chez Atlantique, une chaîne qui regroupe 92 succursales au Québec et en Ontario et qui revendique 15 pour cent du marché du magnétoscope domestique.Roger Normandin est convaincu que l'arrivée de la télévision à péage va encore accroître le volume des ventes.Premier Choix, TVEC et compagnie constituent certainement une étape importante vers cette nouvelle ère du loisir familial télévisuel, déjà lancée par l'ordinateur personnel et les jeux vidéo.Aux États-Unis, la principale chaîne de télévision à péage, Home Box Office, compte pas moins de onze millions d abonnés.D'ailleurs, l'enregistrement de films diffusés à la télévision est l'un des premiers motifs qui poussent le consommateur québécois à s'équiper d'un magnétoscope.«La semaine où a été diffusée la série «Shogun», nos magasins étaient pleins d'acheteurs de magnétoscopes!» se souvient Normandin.Une autre incitation importante à l'achat d'un appareil étant la possibilité de visionnement privé de productions que désavouerait certainement le ministre Francis Fox! Location Et les gens louent des vidéocassettes.«À l'automne 1981.le bottin téléphonique ne recensait aucun club vidéo à Montréal.Aujourd'hui, il y en a partout,» constate Pierre Vigneault, rédacteur en chef de la seule revue québécoise spécialisée en cette matière, Vi-déocom, qui a lancé son premier numéro en décembre dernier.Dans la métropole, au moins une \u2022cap xi;& isaseieinVa £ fneoi Mane Lessard vingtaine de clubs rigoureusement spécialisés dans la vente et la location d'appareils et de cassettes vidéo ont pignon sur rue; certains administrent plusieurs comptoirs.Et d'autres établissements commerciaux, magasins à rayons, tabagies, disquaires et même des pharmacies, foncent dans la brèche.«Tu devrais venir ici le vendredi soir ou le samedi: c'est la ruée!» décrit Richard Greenberg, administrateur d'Empire Video.Le club existe depuis deux ans et demi, possède cinq succursales et étale 2 000 vidéo-cassettes à la maison-mère du mail Cavendish.Tous les genres de productions marchent bien, affirme Greenberg: du film d'horreur aux dessins animés, du film erotique aux concerts rock.Tout, sauf les films d'expression française.Au mail Cavendish, il n'y en a pour ainsi dire aucun; dans les autres succursales, on les compte sur les doigts de la main.«Le problème vient en grande partie du fait que la France utilise un autre système de télévision, incompatible avec le nôtre.L'importation directe est donc impossible», note Richard Greenberg.Ainsi, n'est-il possible de louer «La Cage aux folles», production gauloise s'il en est une, qu'avec des sous-titres anglais.Situation qui lui est familiale, le Québec se retrouve assis entre deux chaises.«Le Québécois francophone lit peu l'anglais et n'a pas accès, en ce domaine, à l'information de première main,» constate Roger Normandin.Par exemple, les anglophones commencent à s'intéresser aux gad- gets électroniques (les «detailer» ou «enhancer») qui permettent de traiter et d'améliorer le signal électronique rendu par le magnétoscope, des petites boîtes noires qu'aux États-Unis, on peut presque se procurer chez le détaillant du coin pour 100$ ou 125$.Alors qu'ici, il faut une patience de limier pour enfin dénicher, chez Montréal Vidéo, un «detailer» qui se détaille (sic) 235$.^ L'amateur québécois de vidéo tropole, qui, en 1959, a manipulé le premier magnétoscope professionnel, évidemment: une machine Ampex utilisant un ruban de deux pouces \u2014 importé sur l'île de Montréal.Les détaillants d'appareils vidéo offrent au consommateur 27 marques de commerce.Tous ces magnétoscopes ne sont toutefois assemblés, au bout du compte, que par trois ou quatre fabricants, des monstres industriels comme Sony (format Beta) ou Matsushita (qui de la barrière des 600$! Et ils sont relativement durables, s'accordent à dire les techniciens compétents en ce domaine.Il y a eu sacrifice quelque part.Et c'est sur la qualité de l'image.Le magnétoscope de consommation courante ne donne qu'environ 250 à 275 lignes sur l'écran, alors que le téléviseur moyen atteint 325 lignes et que les stations de télévision émettent selon la norme standard: 525 lignes.Nul doute que les fabricants s'apprêtent à y voir.On annonce déjà le magnétoscope au son stéréophonique et haute-fidélité; ainsi que la caméra électronique, à peine plus grosse que les vétustés Super-8, contenant têtes d'enregistrement et vidéo-cassette.Aux Etats-Unis, on vient de mettre en marché le mini-magnétoscope utilisant un ruban d'un quart de pouce.«L'équipement disponible se renouvelle à tous les six mois», constate Roger Normandin.Voilà pour la quincaillerie.La magnétoscopie étant descendue dans la rue, il était inévitable que le médium entraîne une nouvelle forme d'expression, un nouveau message, comme le constaterait McLuhan s'il vivait encore.Le rock Les musiciens rock ont été parmi les premiers à saisir le particularisme du médium, et les grands producteurs de disques, CBS, RCA, Polygram, se sont lancés à corps perdu dans l'aventure vidéo.«Les producteurs voient dans la production vidéo un outil de pro-1 motion rentable dans le cas des artistes internationaux qui ne peuvent être présents partout,» constate Pierre Laberge, réalisateur de l'émission «Jeunesse» à Télé-Métropole.«La pièce «Physical» d'Olivia Newton-John ne s'est vendue que par la force de persuasion de l'image», illustre Normand Ma-thon, qui réalise \u2014 au Spectrum \u2014 l'émission «Lautrec 83» diffusée à Radio-Canada.Ces productions ont bientôt pris une ampleur et une originalité de forme qui vont bien au-delà des impératifs de promotion, et ont fini Désormais, des appareils pour moins de 600$ n'a apparemment que faire de ces raffinements technologique, lui qui vient de vivre les affres du choix entre les deux formats commerciaux de magnétoscope V* pouce: le Beta et le VHS.On s'attendait à ce que l'un des deux meure de la belle mort.Dé-funtise comme feu la cartouche huit pistes, ou stagne comme le vidéo-disque.Il y a un an.le VHS avait pris une longueur d'avance; aujourd'hui, le Beta a repris le chemin perdu.Les deux formats vont survivre, affirment ceux qui s'y connaissent.«Toutes les nouvelles productions sont mises en marché à la fois dans les deux formats,» affirme Richard Greenberg.«Il suffit de voir les géants de l'industrie qui appuient l'un et l'autre,» ajoute Jules Biais, chef-technicien à Télé-Mé- est en marché Panasonic, notamment, en format VHS).Ces géants font tourner la grande roue du vidéo à une vitesse insoutenable.Ils ont sorti le magnétoscope des studios de télévision pour accomplir le véritable prodige de faire entrer dans les foyers un appareil d'une telle complexité.Complexité mécanique, d'abord, en raison du mode de lecture des têtes magnétiques, qui voyagent selon un tracé hélicoïdal par rapport au ruban, et non horizontal comme c'est le cas pour le magnétophone.Complexité électronique, ensuite, la mémorisation de l'image supposant l'accumulation d'une quantité infinie de signaux à très haute fréquence.Le plus beau, c'est que ces appareil ont dès ce mois-ci au Québec, descendu au-dessous que propre.On n'hésite plus à investir plus de 50 000 $ pour mettre en images une «toune» de quatre ou cinq minutes.Certains artistes versent dans l'humour absurde, comme Tony Basil; d'autres, dans le dramatique éthéré à la Marvin Gaye.Beaucoup sombrent dans le macabre, un genre qu'affectionnent les artistes punks et auquel succombent même des musiciens \u2014 comme Elton John \u2014 parfaitement étrangers à l'horreur à la glorieuse époque de l'audio.Pourquoi cette atmosphère confinant à la violence semble-t-elle si bien coller au médium vidéo?«C'est une ambiance qui est liée au type de musique que l'on véhicule», peut simplement affirmer Normand Mathon.Pour sa part, Daniel Harvey s'en tient à sa no- par leur donner une forme artisti-tion de choc, ajoutant que ces productions «sont bâties comme des réclames commerciales, faites pour assommer, littéralement.D'une certaine façon, c'est le summum dej'art visuel.» Au Québec, ce type de productions n'existe tout simplement pas.Des groupes comme Corbeau ou Beau Geste ont fait de timides tentatives, dans lesquelles on n'a pu compenser le manque de ressources que par des tonnes de bonne volonté.«Si un jeune chanteur fait un petit hit, personne ne va investir 10 000 $ ou 50 000 $ pour en faire un vidéo», assure Piere Laberge, qui, sur la même longueur d'ondes que son confrère Mathon de Radio-Canada, accuse les coûts de production, l'absence d'un besoin pressant d'un tel outil de promotion, les coûts élevés à la consommation si, un jour, ces vidéo-cassettes devraient être mises en marché un peu comme des disques.À ce sujet, il n'est pas inutile de mentionner que les Japonais \u2014 qui d'autres?\u2014 s'apprêtent à mettre sur le marché le pendant visuel du bon vieux 45-tours.À Montréal, les moyens techniques de production existent, les appareils les plus sophistiqués demeurant l'apanage de firmes liées aux stations commerciales de télévision.Mais l'utilisation de ces outils est extrêmement onéreuse; le fameux appareil de montage «Quantel» installé au Centre de montage de Télé-Métropole est disponible au coût de 650$ l'heure, équipements connexes inclus.Les shows Le palliatif pour les artistes québécois, c'est l'enregistrement de performances scéniques, qui ne nécessitent qu'une durée restreinte de tournage et fort peu de montage.Pas de décors à concevoir et à ériger; les effets spéciaux sont là pour le public, il suffit de les immortaliser sur ruban magnétoscopique.C'est ce que le réalisateur Jean-Jacques Sheitoyan a fait avec Diane Dufresne: le fameux show du Forum enregistré le 28 octobre dernier et diffusé sur les ondes de Radio-Canada.«On s'est même servi des caméras de la Soirée du hockey!» ajoute Sheitoyan, qui a aussi «fait» Claude Dubois au Cotisée de Québec, un concert qui a été retransmis le 20 février.«Dans ce domaine, la production vidéo québécoise est dans la même situation que nos téléromans par rapport aux séries américaines., Le maximum que l'on puisse faire, c'est l'émission spéciale du «Temps d'une paix» diffusée au temps des Fêtes.On a monté une bonne petite tempête de neige et tout le monde est tombé sur le dos!.» conclut Normand Mathon ?T3 r\u2014 C C/î O z -H m' > > rn g O -n m < m 00 w 44447 CO QC UJ on > UJ o CN 5 < to < UJ on Z O PLAYBOY CHANNEL, À LOS ANGELES PRIVATE SCREENINGS, À NEW YORK porno bien gentille dans un climat très Il fait nuit à Los Angeles.Un avion survole le tapis étince-lant et infini de la métropole californienne.Il se transforme soudainement en missile téléguidé.Dans cette multitude de points lumineux, notre engin a repéré un luxueux manoir victorien de la banlieue Holmby Hills.Nous accélérons à toute vitesse vers la porte du manoir, d'où sort une lumière blanche aveuglante, comme s'il s'agissait de l'antre du diable.Mais ce n'est que le Playboy Mansion West.Nous sommes chez Hugh Hefner.Maintenant, les images et les scènes se succèdent.L'hôte embrasse ses invités.On danse.Il y a des limousines à la porte, des steaks sur le gril.Quelqu'un caresse une jeune dame aux formes voluptueuses.Mais cet éclair d'érotisme est étonnamment bref.Ce sont les plaisirs plus publics qui dominent, même si un saxophone langoureux semble promettre une escalade hédoniste prochaine.Nous sommes à une party du jet-set angélénien, sans plus.Je suis déçu.Je veux voir l'essentiel.Dans l'intention purement sociologique qui guide mon enquête, j'ai soif d'une vérité journalistique qui tarde à se manifester.Verra-t-on oui ou non l'équivalent télévisuel du célèbre magazine Playboy?Et jusqu'où ira-t-on?Je ne dissimule pas mes doutes ni cette impatience à mon interlocutrice de Playboy Channel, une charmante philadelphienne qui s'occupait auparavant, dans sa ville natale, des relations publiques d'un hôpital.Elle m'en promet pour «plus tard», non sans m'avertir que rien de cela ne sera particulièrement «salé».D'ailleurs, elle s'ennuie autant que moi, car «j'ai vu cette bande vidéo si souvent que je pourrais jouer tous les rôles».Elle quitte la salle.Je dois donc subir plus d'une heure d'émissions d'information sur toutes sortes de sujets, qui sont d'ailleurs fort bien faites.La télévision «adulte» diffusée par câble, aux États-Unis, est surtout tributaire de deux entreprises, « corporate Playboy Channel et sa rivale plus ancienne, Private Screenings.La première compte 300000 abonnés qui reçoivent ses services par l'entremise d'environ 200 câblo-diffuseurs, à travers le pays.La seconde touche 105000 foyers.Mais les spécialistes multiplient ces chiffres, non seulement par le nombre moyen de spectateurs dans chaque foyer, mais aussi par le nombre de projections de chaque produit.Le résultat est mesuré en «impressions», qui sont de plusieurs millions par semaine.L'abonné ne peut avoir accès à cette production que si le câblo-distributeur local s'abonne lui-même à l'une de ces sociétés (ou aux deux).On estime généralement que ce marché, promis à une expansion fulgurante d'ici quelques années, n'est même pas occupé à dix pour cent, pour l'instant.Il n'y a aucune entrave juridique sérieuse à cette expansion, ni aucune critique sociale réellement menaçante.Le coût du service est bas: entre 6$ et 12$ par mois, par abonné.I! n'y a aucune publicité.Mais passons à l'essentiel.Oui, l'on voit Madame Linda Wies-meier, qui a figuré récemment dans les pages centrales du magazine, se prêter à un reportage qui est très semblable à ceux véhiculés par la revue.Mais l'ambiguïté fondamentale de cet érotisme «respectable» devient encore plus frappante au petit écran: comme l'a dit l'écrivain Kurt Vonnegut, la pornographie n'est pas vraiment immorale; elle est plutôt irréaliste, dans la mesure où elle nous montre des êtres excessivement accueillants, heureux et beaux.Linda court sur la plage, avec son chien.Elle aime sa vie, qu'elle nous décrit d'une voix chaleureuse, intimiste et confiante.Tous les malheurs en sont évacués, mais les petits bonheurs qu'elle évoque paraissent rigoureusement vrais.Ses problèmes, ses colères, ses craintes, nous ne les connaîtrons jamais.Elle adore manger: on la voit mordre dans une pastèque.Elle est secrétaire médicale dans Robert-Guy Scully une clinique dermatologique.L'uniforme blanc lui va à ravir.Linda aime églement, elle le dit tout naturellement, la nudité et l'acte amoureux.Elle fera donc sa gymnastique devant nous, avec et sans maillot.Au retour du travail, elle prendra sa douche, procédant à des attouchements sans équivoque qui soulignent ses charmes les plus évidents.Son rire est cristallin, apparemment dépourvu de toute fausseté ou de toute vulgarité.Pourtant, au fond, le spectateur sait qu'il s'agit d'un jeu, jeu que Playboy a raffiné, jusqu'à le rendre parfait et presque convaincant.Mais voilà: cela n'empêche pas le spectateur de regarder.En fait, cela n'a rien à voir.Comme au théâtre, il accepte très volontiers d'être trompé.Nous sommes au coeur de I ambiguïté.Qui peut nier que le physique de madame Wies-meier est magnifique?Et qu'il éveille une curiosité irrépressible, qui demande à être satisfaite?Il est de bon ton, en journalisme, de juger la pornographie de haut, et de prétendre qu'elle n'a rien d'erotique.Ce qui explique pourquoi les critiques de cinéma, face aux films porno, à Cannes ou ailleurs, ont les yeux rivés sur l'écran, et rédigent ensuite des articles où ils prétendent qu'ils se sont ennuyés.Cette attitude bien pensante cache la honte d'admettre que l'on a été pris au jeu.D'autres, dans le camp féministe, cèdent à un idéalisme moralisateur, et affirment que la pornographie disparaîtra un jour, si on la combat suffisamment, comme si la curiosité dont elle profite était uniquement une mauvaise habitude.Ne serait-il pas plus simple \u2014 et plus franc \u2014 de convenir que » NEW YORK l'érotisme anonyme est à classer dans la même catégorie que la drogue, l'alcool, le tabac ou tout autre vice?Le plaisir qu'il procure est indéniable, et rien ne sert de le censurer.C'est plutôt le tort ~ausé aux rapports humains par cette pratique qu'il faut déplorer.Comme on dénonce les ravages de l'alcoolisme ou du tabagisme.Mais Marilyn Chambers, vedette chez Private Screenings ce plaisir, et le désir d'y succomber, seront toujours présents.Ernest G.Sauer, à sa façon, souscrit à cette franchise.Il a fait fortune grâce à la «télévision adulte», dont il est le pionnier.Sa société, Private Screenings, est la principale concurrente de Playboy Channel.Les deux services s'échangent d'ailleurs des émissions et des abonnés, tant la demande est vaste.Ancien employé de Teleprompter, Sauer voulait se lancer dans un domaine «auquel les géants du câble, tel Time Inc., ne toucheraient jamais.C'était le seul.» Aujourd'hui, il trône dans un bureau qui surplombe Manhattan.Comme c'est le cas pour les locaux de Playboy, l'atmosphère chez Private Screenings est aseptisée et absolument «corporate».comme si l'on vouiait se distinguer à tout prix du produit que l'on fabrique.Les secrétaires et administrateurs circulent entre des cloisons insonorisées.Seuls les posters de cinéma au mur rappellent à tous l'objet de l'entreprise.Néanmoins, Private Screenings se démarque de son concurrent plus célèbre par cette politique de franchise.L'animatrice des émissions est Marilyn Chambers, associée depuis longtemps aux films «adultes» en salle commerciale.Les films sont «R-rated» (par opposition à «X-rated»), et sont donc beaucoup moins osés que dans le circuit extérieur.Mais alors que Playboy, imitant son magazine, lutte bravement pour cette respectabilité qui a toujours échappé à Hugh Hefner, en offrant des entrevues avec des artistes, des parades de mode, des chroniques de gastronomie, Private Screenings va droit au but.Fidèle à sa philosophie, monsieur Sauer est optimiste quant à l'avenir.Il a bien compris la faiblesse des attaques moralisatrices.«Tous les signes d'un raz-de-marée prochain sont là.L'autre jour, je suis allé à l'émission de Phil Donahue, pour parler de la télé adulte, et il ne s'est pas trouvé un seul intervenant, à la tribune téléphonique, pour s'y opposer! Dès que vous faites un sondage sur les préférences auprès des abonnés d'une région où le câblérotisme est absent, les deux tiers répondent qu'ils veulent de la télé adulte.» Le président de Private Screenings poursuit: «Une seule chose retarde, pour l'instant, une explosion phénoménale dans notre domaine.C'est le fait que certaines villes du pays ne sont pas encore dotées de l'infrastructure nécessaire, et que les permis de câblo-diffusion ne sont pas accordés.Par conséquent, les exploitants ne tiennent pas à être associés dès maintenant à nos produits, de peur d'être victimes de politiciens démagogues et de perdre ainsi des permis éventuels ailleurs.Quand le marché national sera «couvert» («wired»), les commandes vont affluer.Les municipalités qui auront accordé ces permis ne diront rien, car elles tiennent à toucher leurs droits d'exploitation.» Et la contestation juridique?«Impossible.Nous sommes clairement protégés par le Premier Amendement à la Constitution, sur la liberté de parole.Car, n'oubliez pas: nous sommes des invités dans votre salon.Nous n'insistons pas pour y pénétrer.» Monsieur Sauer sourit. bjectif: cinéma et, désormais, télé payante.Résultat?Sous le feu nourri du marketing, la porno triomphe.Les mouvements féministes enregistrent le fait.La réaction est amère.On conteste.Et pourtant: au-delà de la réponse officielle, directe, sans nuances, militante, les femmes d'ici réagissent assez diversement au phénomène de l'érotisme porté à l'écran.Que la pornographie soit généralement condamnée comme outrage à la dignité de la femme \u2014 et de l'homme \u2014 voilà qui ne surprend guère.Mais l'érotisme?Là les sentiments sont plus diversifiés.Un peu de gêne bien sûr, mais souvent un intérêt non dissimulé.\u2014 Pour moi, dit Lise, 28 ans, étudiante en droit, le film erotique est celui qui fait une large place à la sensualité discrète, qui nous laisse beaucoup à deviner, à imaginer, qui esquisse, suggère des atmosphères, nous donne à voir le désir qui naît et irradie la sensualité de façon diffuse.Céline, 40 ans, musicienne, mariée et sans enfant, va plus loin.\u2014 Le film erotique, c'est celui qui tend sans cesse vers un certain passage à l'acte, constamment différé dans un crescendo d'émotions et qui nous laisse dans un état de désir.Rapport intime Ainsi, tout peut être érotisé, selon la majorité d'entre elles, sans qu'il soit nécessaire de présenter des corps nus.Le caractère erotique d'un film?Il tient à une certaine connivence du regard qui peut s'établir lorsque les images expriment notre rapport intime à la sensualité.Par opposition, le film pornographique sera celui qui laissera peu de possibilité aux fantasmes personnels de se déployer, parce qu'il s'acharne à représenter des scènes d'amour très concrètement.\u2014 Les premières minutes d'excitation passées, reflet tend à se dissiper, à se banaliser dans la répétition des gestes, qui perdent toute signification émotive, commente Johanne, 25 ans, qui vit avec son ami; plus violemment, une autre, dans la quarantaine, exprime son dégoût pour la «crudité» des scènes.Plusieurs femmes sont d'accord là-dessus: l'érotisme procède aussi de sentiments forts.On invoque par exemple les films troublants des années 50, où la relation des protagonistes, complexe, tourmentée, pleine d'obstacles et de pudeur, trouvait un point d'aboutissement dans un baiser infiniment plus troublant que tous les Emmanuelle réunis.\u2014 Tout dépend aussi de notre degré d'ouverture face à ces questions, prétend au contraire Jacqueline, 32 ans, photographe.'Indépendamment de l'intrigue amoureuse, tu peux t'émouvoir des situations erotiques mises en scène, si la beauté des images, le travail de la caméra sont intéressants.Tant que quelqu'un n'a pas assume ses propres fantasmes, sa sensualité, la censure va jouer et créer des blocages.Pour moi le film erotique introduit aussi toute une dimension de jeu, de fantaisie, dans la mesure où l'on peut maintenir une distance teintée d'humour par rapport à lui.Cela pose indirectement la question de la nudité du corps de la femme, tellement exploitée au Gloria Escomel DES FEMMES DU QUÉBEC DEVANT L'ÉROTISME et un intérêt cinéma.Comment les femmes y réagissent-elles?Très différemment.\u2014 Moi, dit Julie, 35 ans, mariée et mère de deux enfants, les rationalisations de cet ordre-là me touchent peu.Un corps de femme peut m'émouvoir tout autant qu'un corps d'homme si la scène est bien faite.C'est une tendance qui existe à mon avis en toute person ne, tout à fait normale, même si elle ne se réalise pas dans les actes, dans la vie.On pourrait dire la même chose de l'homme, même si ce sont surtout des corps de femme qui sont exposés par les.films.À ce compte-là, pourquoi ne pas dire que la femme est «source» de désir, plutôt que femme-objet?Source pris dans le sens de «création» de désir.Je peux également m'identifier à ce corps de femme, recevoir les caresses qu'elle reçoit, comme je peux m'identifier à celui qui les donne, être les deux tour à tour ou simultanément.Pour une autre, Laura, dans la trentaine, mariée, les corps de femmes à l'écran sont perçus comme des ennemis.\u2014 Voir une femme nue ne me troublera pas.Je peux en admirer la beauté, mais à la limite, c'est décourageant.On se compare.On se sent moins désirable, donc moins sûre de soi.Cela crée donc une situation qui va à rencontre de l'érotisme, parce qu'elle te donne des complexes et tu te sens moins en forme pour faire l'amour.Le corps de l'autre Cette réaction, ne se rencontre pas fréquemment: est-ce parce qu'il y a peu de femmes qui osent avouer cette crainte ou parce que peu la ressentent?C'est difficile à dire.Par contre, plusieurs d'entre elles s'avouent blessées de constater le trouble que le corps d'une femme, sur récran; petit'provoquer à leur ami ou mari, d enten- dre leurs commentaires et elles se sentent dans un certain état d'infériorité, se demandant, plus tard, si c'est vraiment leur corps qu'il caresse ou celui de l'actrice qui l'a ému.C'est peut-être pourquoi certaines s'opposent si farouchement à cette exploitation de la nudité de la femme: surtout parce qu'elle offre des modèles tellement «parfaits» (svelte, bien proportionnée, galbée, etc., qu'ils correspondent rarement à la réalité et contribuent à créer une dissociation.\u2014 Je me* demande si cela ne fait pas le même effet à des hommes de se sentir dévalorisés par le physique du «séducteur de service»?, se demande Françoise, l'une de celles que les «pin-up» complexaient.Mais une autre jeune femme, Nathalie, que ses rivales de l'écran ne semblent pas trop déranger, se plaint, au contraire que les films ne présentent pas plus «d'hommes-objets».\u2014 Je ne dis pas ça dans le même sens dévalorisant que l'on emploie pour parler de femmes-objets, mais parce qu'il peut y avoir, par exemple beaucoup d'images qui mettent en valeur le corps, le visage, les expressions de plaisir dune femme, alors qu'il y en a fort peu qui nous montrent ceux de l'homme, par exemple, le visage d'un homme qui plonge dans la volupté, ça peut être aussi très excitant pour une femme.Alors on peut se poser la question: la plupart de ces films tiennent-ils compte des besoins erotiques ou sensuels des femmes?0-»»repré-sentent-iis principalement les fantasmes des hommes vis-à-vis de ce qu'ils s'imaginent être les situations erotiques qu: font plaisir aux femmes?Certaines situations où une femme est prise violemment, pour ne pas dire violée et où elle semble aimer ça, moi, eiles me révoltent, pas seulement du point de vue idéologique, mais parce que ça ne correspond pas du tout à ma sensualité.Il y en a d'autres, par contre, où cette violence naît de l'intensité des passions de l'un et l'autre, mais parce que l'intensité est partagée, elle produit un choc émotif qui est très troublant, très sensuel.Y a-t-il un réel décalage entre ce que les hommes s'imaginent qui devrait troubler une femme dans un film sentimental ou erotique et ce qui les trouble vraiment?Robert, propriétaire de cinéma où l'on joue occasionnellement des films dits erotiques, s'explique.\u2014 Je pense que ce qui peut émouvoir le plus les femmes ce sont des situations où la beauté des images, le «flou», l'atmosphère de délicatesse, de douceur l'emportent sur la représentation trop prosaïque des choses de l'amour.Les scènes d'amour sensuel font appel à des sentiments tellement intimes, que plusieurs (hommes ou femmes) peuvent être choqués en les voyant sur l'écran.Mais tout dépend, là encore, de la beauté de la réalisation et des prises de vue.\u2014 Quelle sorte de public afflue plus particulièrement dans les salles lorsqu'il y a des films erotiques à l'affiche?\u2014 Principalement des couples dans la quarantaine; peu de femmes seules, parfois des hommes seuls, dans la cinquantaine; très curieusement beaucoup de couples de l'âge d'or et peu de jeunes.Donc, si les gens y vont à deux, c'est que les femmes y prennent aussi un certain plaisir.À moins qu'elles n'y aillent pour faire plaisir à leur conjoint?Et le couple?Quelle fonction exerce donc le film sensuel dans la vie d'un couple?- \u2014 Une mise en ambiance:.*1 répond Lise, beaucoup plus réticen- te soudain, alors que tantôt elle élaborait très bien ses réponses.\u2014 Je crois que cela relève de la fantaisie amoureuse, une fantaisie qui s'ajoute aux autres jeux de l'amour, qui comble, peut-être, un besoin de rêve, qui rend plus poétique le quotidien, les rapports habituels, qui assure une transition entre la journée que l'on vient de vivre, parfois éprouvante, et la soirée que l'on voudrait passer.explique Elizabeth, mère de famille, on l'aura deviné.\u2014 Parfois, raconte Eve comédienne de 30 ans, il nous est arrivé, mon ami et moi, de nous disputer dans la journée et de nous installer devant la télévision (ce qui évite toujours de parler) et de tomber, par hasard, sur un film où certaines scènes de tendresse ou de sensualité, nous incitaient à nous réconcilier, dans un sourire de connivence! Ainsi, on pourrait conclure de ces quelques entrevues avec une trentaine de femmes, de différents âges, milieux et occupations, et sans prétendre quelles représentent l'ensemble des femmes Québécoises, que si une majorité rejette les films pornographiques, il n'en va pas de même des films à caractère erotique, selon la définition qu'elles nous en donnent ici.Les films sensuels semblent avoir pour fonctions d'alimenter les fantasmes et la fantaisie et de prédisposer aux jeux de l'amour.Si certaines d'entre elles ont des réticences en ce qui concerne l'exploitation du corps de la femme et de sa nudité, ces réticences se dissipent dès qu'il est question d'une vision esthétique véhiculée par le film.Donc, si l'on peut alléguer à forte raison que des films de violence incitent à la violence, que des scènes sadiques incident à la cruauté, on pourrait penser que des films erotiques où la beauté l'emporte sur la.vulgarité,, incitent, tout au contraire, à la volupté.CO O Z -H m > en > m g to a nn m < m 70 O 00 CO POUR LA TÉLÉVISION CO Ok > OJ U_ CN \u2014i < z o co D ÛL Le cinéma québécois est mort-né en salle à Paris, vive le cinéma québécois à la télévision française.Depuis dix ans, les films québécois avaient connu à Paris quelques rares petits succès et surtout beaucoup de déboires.Dernier grand échec retentissant: «Les Plouffe», dont la sortie l'an dernier avait coûté plus de 200 000$.et gagné de peine et de misère 70 000 spectateurs.Un désastre qui semblait compromettre pour longtemps la distribution en France.Ce qui ramenait producteurs et réalisateurs québécois à l'éternel casse-téte: comment rentabiliser des films à budget décent (quelques millions de dollars) avec un bassin de population trop réduit, s'il ne parvenait pas à se rattraper sur un marché aussi naturel et important que la France?Bref, sans une percée à Paris, pas de perspectives pour le cinéma québécois sinon des films sans budget, ou éternellement déficitaires et subventionnés.Deuxième chance Plus de dix ans après le succès \u2014 sans lendemain \u2014 des «Mâles», de Gilles Carie, le cinéma québécois pourrait bien avoir ces jours-ci une deuxième chance de percer.Celle que lui offre la télévision française.C'est une nouveauté, et d'importance.Pour l'instant, les trois chaînes françaises diffusent rarement des films québécois, c'est-à-dire pour l'essentiel quelques valeurs sûres, consacrées par le public et la critique: un Perreault, un Carie, mais au compte-gouttes.Elles n'ont guère acheté davantage des grandes dramatiques ou de séries à Radio-Canada.Dans les années 70, il y avait eu la co-production de la série «La Feuille d'érable» qui, semble-t-il, n'a laissé nulle part d'excellents souvenirs.Et le responsable des échanges francophones à la première chaîne (TF1 ), Claude Désiré, doit remonter à «Quelle famille» pour me citer un autre exemple d'achat par la télé- avec coproduction France rescousse cinéma québécois m vision française.«L'accueil du public avait été moyen», s'empresse-t-il de souligner.Bref, et le public et la télévision au Québec consommaient du produit français à longueur d'année, mais pas l'inverse.Déblocage Sans crier au miracle, on peut aujourd'hui parler de déblocage dans les relations entre télévisions (française et canadienne) et cinéma québécois.Ces jours-ci, le producteur Denis Héroux est à Paris pour mettre la dernière main à trois projets d'envergure: «Le Crime d'Ovide» (6 millions S, «Le Sang des autres», d'après le roman de de Beauvoir (0,4 millions $) et «Louisiane» (12 millions $).Dans chacun des cas, il y a participation à hauteur d'au moins 20 p.cent de la deuxième chaîne française (Antenne Deux).L'affaire est déjà conclue.En ce qui concerne deux autres projets importants.«Le Matou» et les «Fous de Bas-san», Denis Héroux est déjà assuré de la participation française: «Ce sont deux romans édités à Paris et à succès.C'est comme si c'était déjà fait.» Antenne Deux s'est déjà réservé les droits de diffusion des six épisodes de «Bonheur d'occasion», en assurant quelque 15 p.cent du financement.TF1 de son côté a participé dans des conditions analogues à la production de «Maria Chapdelaine» (quatre épisodes d'une heure), après avoir acheté Louis-Bernard Robitaille pour plus de 500 000 $ les six épisodes des « Plouffe».Autres accords En même temps que Denis Héroux, le responsable des émissions dramatiques de Radio-Canada, Richard Martin, se trouvait à Paris pour la conclusion d'autres accords avec la télévision française.Antenne Deux avait co-produit l'année dernière «les Fils de la liberté» et participé (avec Radio-Canada, les télévisions suisse et belge) à la série «Aéroport» (quatre fois une heure).On vient de terminer quatre nouveaux épisodes de cette série et un autre accord a été conclu: chaque télévision francophone produira l'été prochain un téléfilm dune heure d'une série intitulée «mariages».Quant à la première chaîne, elle est la principale productrice d'une série de quatre téléfilms (français, belge, suisse et québécois) de 90 minutes.Ce qui veut dire entre autres que la télévision française investit des sommes importantes dans des oeuvres de télévision québécoises et qui seront assurées d'une bonne diffusion.Jamais on n'avait vu autant de co-produc-tions en même temps, ni autant de téléfilms québécois destinés au petit écran français.On dira qu'il ne s'agit pas vraiment de cinéma.En réalité, la frontière entre les .d©yx_ji§nres % commence à s'estomper le \"tèïéfi(m de do minutes fera appel à des professionels du cinéma et le budget (quelque PARIS 700 000 $) ne sera pas négligeable.L'habitude Dans cette affaire, les deux phénomènes se conjuguent.«Dans ia diffusion du film québécois, dit Denis Héroux, la télévision joue un rôle essentiel : elle habitue le public à l'accent, à l'univers québécois.Ce qui fait qu'à la longue, il pourrait venir voir des films en salle.» La remarque vaut pour les téléfilms, à condition qu'ils soient de qualité.Cela vaut à plus forte raison pour des oeuvres plus élaborées, tournées avec des vrais budgets de cinéma: quel que soit leur sort pour la distribution en salles, «Ovide», «Maria Chapdelaine» et «Bonheur d'occasion» sont assurés dès maintenant d'une véritable diffusion de masse auprès du public français.Alors que le problème de la distribution classique était toujours le même: les films étaient encensés par la critique, mais jamais vus par le public.Cette fois la rencontre aura lieu, on en est certain.Autre avantage évident: la télévision française assume dans tous ces cas une partie non-négligeable du financement, tout en laissant pratiquement tout le contrôle de l'oeuvre aux Québécois.Cela ne résout pas automatiquement le __problème de la rentabilité, mais avec\"re's cdnlnBuirôns'dë^Rà'dfo-Canada et de CBC, la moitié du problème est pratiquement réglée.?éditeur Jean Sisto éditeur adjoint Réal Pelletier secrétaire de rédaction Manon Chevalier collaborateurs au Québec Antoine Désilets Claire Dutrisac Jacques Duval Guy Fournier Pierre Godin Serge Grenier Jean Hébert Dr Gifford Jones Dr Louise Laliberté Gerard Lambert Yves Leclerc Marie Lessard Pol Martin André Robert \u2022 _ Mario Roy Gisèle Tremblay René Viau Patricia Dumas Daniel Raunet Toronto Vancouver New York Robert-Guy Scullv Miami Ron Laytner Mexico Pierre SainMJermain Paris Jean-François Usée Louis-Bernard Robitaille Rome Jean Lapierre Vienne Albert Juneau Tokyo Huguette Lapnse Taiwan Jules Nadeau PLUS publie également des reportages exclusifs obtenus de l'Agence France-Presse.publicité générale: Probec5 Ltée Tél.: Montréal 285-7306 Toronto (416) 967-1814 de détail: La Presse, Ltée Tél.: (514) 285-6874 Le magazine PLUS est publié par Hebdobec Inc., CP 550 Succursale Place d'Armes Montréal H2Y 3H3, monté et imprimé par LA PRESSE, Ltée Tous droits de reproduction, d'adaptation ou de traduction réservés.président du conseil d'administration Roger D.Landry directeur général Jean Sisto responsable des cahiers spéciaux Manon Chevalier secrétariat Manon Beaulieu Tél.: (514)285-7319 ommencée il y a plus de trois ans.la bataille des euromissiles tire à sa fin.Les négociations de Genève entre les Américains et les Soviétiques sont entrées dans une phase décisive et on en connaîtra l'issue vraisemblablement dans quelques mois.Faut-il s'attendre à un bon match nul comme c'est la coutume entre ces deux joueurs?Sans doute s'il n'y avait pas un troisième joueur qui constitue en* fait l'enjeu véritable du combat: l'Europe de l'Ouest.Or, il faut bien reconnaître que jusqu'à maintenant, l'URSS a marqué plusieurs points à ce chapitre, en provoquant toutes sortes de divisions dans le couple Amérique-Europe.De leur côté, les États-Unis se sont peu préoccupés de soigner leur image auprès des Européens.On se rappelle des déclarations ambiguës du président Reagan sur la guerre nucléaire limitée en Europe et de sa décision d'autoriser la production de la bombe à neutrons dont l'emploi n'est concevable actuellement que sur le vieux continent.La cote des Américains avait alors subi une chute à la verticale dans l'opinion publique européenne.Depuis ce temps toutefois, les États-Unis ont sensiblement modifié leur stratégie et leur politique de relation publique.Mais ils ont encore une pente raide et longue à remonter.Parlements et gouvernements divisés L'issue de la bataille dépendra donc largement de la réaction des Européens.On sait en effet que les pays de l'OTAN ont décidé en décembre 1979 d'implanter 572 missiles américains dans cinq pays (RFA, Italie, Grande-Bretagne, Belgique et Pays-Bas) pour faire face aux nouvelles fusées soviétiques SS-20.Mais cette décision n'est applicable qu'à la fin de 1983, car entre-temps Américains et Soviétiques doivent négocier en vue, si possible, de réduire sinon de retirer totalement tous ces euromissiles.Or, les 572 engins (108 fusées Pershing 2 et 464 missiles de croisière) qui appartiennent tous aux États-Unis et qui seront commandés par eux, ne peuvent être mis en place en Europe sans l'autorisation des pays concernés.Et c'est là justement qu'est le problème.Les parlements et les gouvernements sont divisés, de sorte qu'à la table des négociations, Washington ne peut ignorer l'humeur des Européens.Celle des Allemands en particulier sera déterminante, car c'est en RFA que seront situés tous les Pershing 2 qui représentent une menace véritable pour l'URSS.Les États-Unis ont décidé semble-t-ll d'attendre les résultats des élections du 6 mars en Allemagne, qui sont largement dominées par la question des euromissiles, avant de faire de nouvelles propositions à Genève.Le redoutable Pershing 2 Que va-t-il donc se passer finalement?La plupart des observateurs s'attendent à un compromis i - i Albert Juneau VIENNE gagnera la bataille euromissiles?comportant une réduction plutôt qu'un retrait pur et simple des euromissiles actuellement en place ou prévus.En réalité, sur le plan militaire, chaque camp est en mesure de faire réfléchir sinon reculer l'autre.Par exemple, les Pe-2 constituent une arme très redoutable que les Soviétiques ont toutes les raisons de craindre.Par sa haute précision (environ 30 mètres) et sa grande rapidité (il parcourt 1,800 kilomètres entre six et dix minutes), il pourrait s'attaquer aussi bien au SS-20 qu'aux missiles intercontinentaux qui sont dirigés contre le territoire des États-Unis.Déployés en nombre important, les Pershing 2 seraient en mesure d'anéantir rapidement une bonne partie de la force stratégique soviétique.C'est véritablement une arme de première frappe.Les missiles de croisière sont aussi très précis, mais leur grand avantage est de pouvoir échapper aux radars ennemis en survolant très bas.Quant aux SS-20 soviétiques, leur précision (250 mètres environ) et leur puissance moyenne (entre 150 et 250 kilotonnes, soit sept à dix fois Hiroshima) permettraient de détruire d'une seule salve l'ensemble des postes de commande de I OTAN et sans doute quelques banlieues aussi.L'URSS en possède actuellement 333, toutes munies de trois ogives indépendantes, ce qui fait un total de 999 têtes nucléaires.Mais les Pershing donneraient, dit-on, un avantage certain aux États-Unis.Aussi les Soviétiques ont-ils fait savoir qu'ils étaient prêts à jouer le grand jeu.Ils n'ont pas caché que si les Occidentaux donnaient suite à leur projet d'implanter les 572 missiles, ils répliqueraient de la même façon, i.e.en menaçant le territoire américain à partir de leur arrière-cour en Amérique centrale ou les Caraïbes.En somme, un retour à la crise de Cuba de 1962, mais dans un contexte plutôt explosif, étant donné les foyers actifs ou potentiels d'insurrection qui pullulent dans cette région.Où en sont les négociations?Les Soviétiques ont bougé les premiers.Après avoir répété longue- ment qu'ils ne négocieraient pas sous la menace, ils ont commencé à mettre de l'eau dans leur vin.Sans donner de chiffres exacts, ils ont laissé entendre qu'ils seraient prêts à jeter des SS-20 à la ferraille et d'en retirer d'autres derrière les monts Oural, où l'Europe de l'Ouest serait hors de portée.Leurs propositions ont été accueillies généralement avec sympathie en Europe.Il s'agit, dit-on, d'un pas dans la bonne direction, c'est-à-dire vers la réduction substantielle de l'arsenal nucléaire soviétique.Quant aux Américains, ils restent fermement attachés à leur position du départ, à savoir l'Option zéro qui implique le retrait total des SS-20 soviétiques et l'abandon du projet de l'OTAN d'implanter les 572 missiles.Mais les intentions américaines ne semblent pas claires.Le limogeage de M.Rostow.qui était directeur de l'Agence pour le contrôle des armements et du désarmement, et reconnu tout de même pour sa fermeté à l'égard des Soviétiques, a suscité en Europe des inquiétudes \u2022oit ub àifiom bl .030 eb te bbennO i ] M\\gè-\\ îriomsupifenq tée améldoiq ub ^lonoteeoknq aeb é Isqqft 6io) slip-up) taçbud el 19 tfmènio ¦ jb noljoubc.^ si ë è&vço\\ aebo^iqè Gii'nup) «onifilebqsrlO ètor^r, -wove asiqe ,(«iuori snub sur la volonté de Washington d'arriver à une entente avec Moscou.L'hebdomadaire allemand «Die Zeit» (tendance modérée) posait il y a quelque temps clairement la question: «Que veut donc en réalité M.Reagan?» Les États-Unis veulent-ils vraiment négocier?Exigences européennes et nécessités militaires Mais ces tergiversations américaines j»e_mblent liées surtout à des problèmes de politique intérieure.Les États-Unis seraient bel et bien engagés dans la voie du compromis et chercheraient un accord véritable avec l'URSS.Quoi qu'il en soit, au point où en sont les choses actuellement, le projet de déploiement des 572 missiles de l'OTAN apparaît à toutes fins utiles irréalisable, car il se buterait à une vive opposition partout, surtout en Allemagne où la situation pourrait devenir explosive.Il ne faut pas oublier que les Européens se sont toujours opposés à l'implantation des missiles américains avant de négocier avec les Soviétiques.Les Européens sont conscients du fait que le déploiement des nouvelles armes nucléaires américaines pourrait transformer l'Europe en champ de bataille nucléaire, en avant-poste américain face à l'URSS.L'Europe ferait ainsi le~ frais d'une guerre atomique entre les deux grands.__ Ainsi donc, la bataille des euromissiles se terminera vraisemblablement par des concessions réciproques qui comporteront une réduction des arsenaux nucléaires.Pour les Américains, il s'agit de trouver un équilibre satisfaisant entre les exigences européennes d'une part et les nécessités militaires d'autre part.Selon une des hypothèses souvent avancées dans les coulisses de la négociation, les États-Unis renonceraient au Pershing 2 et, en retour, les Soviétiques retireraient plusieurs SS-20 ainsi que de vieux SS-4 et SS-5.Le nombre des engins soviétiques pourrait s'approcher du total des missiles anglais et français.Par contre, les Américains conserveraient un certain nombre de missiles de croisière.Combien de ces missiles les, Belges, les Hollandais et les Allemands seront-ils prêts à accueillir?Voilà la question.?.( r'-VF) srïiGrto oii)i;ri9iq sî L iibnorfq é i9înon©T î»ob .èreàO ebueîO nu îeîio om vjoq \u2022elbmct oilsuC \u2022 (A o z -I m-> C/> > m g KJ O» -n < m >o 00 3 \u2022 / - m r \u2022 » '.I Yves Leclerc L'AN 2000 La machine à habiter co go uj en > o CN 5 hi < CO z o CO 3 GO Jusqu'à récemment, on a toujours considéré la maison comme un objet inerte.Il y a une autre manière de i envisager qui est apparue il y a plusieurs décennies sous l'influence de Le Corbusier, mais qui se développe surtout depuis quelques années, grâce entre autres à tous les gadgets électroniques et informatiques: celle de la «machine à habiter».Dans cette approche, la maison n'est plus une structure passive, mais un «instrument» et un environnement actif, qui interagit constamment avec ses habitants.On ne la voit plus en termes de murs, de toit, de pièces, de dimensions du terrain, mais en termes de «fonctions» qu'elle accomplit.Une maison, c'est un appareil qui vous chauffe, vous met à l'abri du mauvais temps, vous protège des voisins ou des voleurs.Le plus bel exemple qu'on puisse donner jusqu'à maintenant de cette conception, c'est sans doute celui d'un satellite habité.Évidemment, on peut ie voir essentiellement comme un véhicule de transport.Mais c'est aussi un habitat, et un habitat très actif qui ne se contente pas de protéger passivement ses habitants contre le vide extérieur: il leur fournit l'air qu'ils respirent, l'eau et la nourriture qu'ils consomment; il assure leurs communications avec la Terre; il vérifie leur état de santé; il évacue leurs déchets.Une maison ordinaire n'a pas besoin de remplir toutes ces fonctions.Il y a cependant beaucoup de choses qu'elle peut faire pour ses habitants, et qu'elle ne fait pas maintenant.De plus en plus, un peu partout en Europe et surtout en Amérique du Nord, on trouve des maisons expérimentales de plus en plus «actives», et généralement de plus en plus automatisées.Déjà sur le marché Depuis deux ou trois ans, le caractère expérimental et un peu science-fiction de ces «maisons du futur» s'estompe, à mesure que plus en plus de gens, pour la plupart des hobbyistes et des amateurs d'électronique, se mettent à transformer leurs résidences en «machines à habiter».On peut dès maintenant acheter un système commercial appelé Tomorrow-House, qui automatise plusieurs fonctions: contrôle du chauffage, des lumières, protection contre le vol, et même choix de la température de votre bain! A un niveau moins avancé, BSR fabrique depuis quelques années déjà des systèmes de contrôle à distance d'appareils électriques divers qu'on peut se procurer notamment chez Radio Shack et qu'on peut relier à un microordina- teur domestique ainsi qu'à des capteurs divers.Quelques exemples: \u2014 Allumer automatiquement les lumières à la tombée du jour dans une pièce où il se trouve quelqu'un, et les éteindre quand la pièce est inhabitée.\u2014 Hausser la température des pièces habitées, baisser ceile des pièces vides; baisser la température pendant la nuit, la hausser le matin avant l'heure du lever, pour économiser l'énergie.\u2014 Préparer le café pour qu'il soit juste chaud au moment où vous vous levez.\u2014 Donner l'impression que la maison est habitée (en allumant et éteignant les lumières, la télé, !a radio à des heures différentes chaque jour) pendant que vous êtes parti en vacances.\u2014 Contrôler le degré d'humidité et la chaleur en été en gérant l'humidificateur et le climatiseur.Un peu plus loin Avec quelques appareils et capteurs de plus, un système de «gestion de la maison» peut détecter l'entrée de cambrioleurs, et non seulement déclencher une alarme comme le font les détecteurs commerciaux actuels, mais décrocher le téléhone et appeler la police.Au moins un bricoleur, Doug Mosher de San Francisco, s'en sert pour contrôler l'arrosage de ses plantes tropicales.Une autre fonction importante qui est réalisable dès aujourd'hui est la surveillance du bon fonctionnement des équipements domestiques: fournaise, réfrigérateur, cuisinière, etc.Avec un système de génération de sons du genre Vo-trax, votre maison peut même vous parler pour vous dire: «La fournaise chauffe trop», ou «Le climatiseur est en panne».Un détecteur de tonalités branché sur le téléphone peut vous permettre d'appeler chez vous même quand il n'y a personne, pour vous assurer que tout se passe bien.L'étape ultime de la «machine à habiter» sera celle, qui devrait venir d'ici trois à cinq ans, où il sera possible de donner de vive voix des ordres à sa maison au lieu de taper des codes sur un clavier.Imaginez-vous arriver dans une maison déserte après le travail.Au moment où vous mettez la clef dans la surrure, les lumières du salon s'éclairent, le thermostat remonte de cinq degrés, vous entrez, et commandez à haute voix: «Faites-moi un café, allumez la télévision au canal 8, et dans vingt minutes faites-moi couler un bain pas trop chaud.» Non, ce n'est pas encore entièrement possible aujourd'hui.Mais demain?Thunderbird le Ford.ans la grande marmite à idées de chez Ford, il se mijote en ce moment de bien belles choses.Juste au moment où l'on peignait un avenir très sombre pour le deuxième constructeur automobile américain, celui-ci s'apprête à sortir de sa torpeur dans ce qui pourrait être une ultime tentative pour secouer le marasme dans lequel il s'est enlisé.Depuis plus de deux ans, tout ne tournait pas rond chez Ford et, faute de modèles compétitifs, la compression du marché avait entraîné cette gigantesque entreprise sur une pente très dangereuse.De toute évidence, l'alarme a été sonnée à temps et les nouvelles voitures que l'on s'apprête à commercialiser témoignent d'un renouveau encourageant.Dans deux mois environ, on dévoilera déjà les premiers modèles 1984, les Tempo et Topaz: deux compactes à traction avant et à quatre roues indépendantes de fort belle tenue qui viendront s opposer aux modèles J de GM et aux voitures K de Chrysler.En attendant, c'est une spectaculaire Thunderbird entièrement remaniée qui annonce la couleur du temps.A prime abord, la transformation de ce modèle (la troisième en six ans) a toutes les apparences d'un périlleux exercice de maquillage.Puisqu'elle conserve à peu près le même format et CONDUIRE Jacques Duval son architecture très classique (c'est-à-dire la propulsion arrière), on peut se demander quelle est la raison d'être d'une nouvelle Thunderbird à une époque où le marché s'oriente principalement vers des voitures plus fonctionnelles et plus économiques.Or, il suffit de la regarder et ensuite de l'essayer pour se convaincre du bien fondé de son évolution et du dynamisme qui anime désormais les ingénieurs chez Ford.Depuis 1977, alors qu'elle abandonnait ses parures de grosse voiture de luxe, la T Bird, comme on se plaît à l'appeler, sombrait dans la banalité et l'ennui d'un modèle intermédiaire en quête de personnalité.C'était, à toute fin pratique, une Fairmont bien fardée et mieux insonorisée, rien de plus.En ce début d'année 1983, c'est un.oiseau d'une toute autre couleur qui prend son envol.Conscient du pouvoir attractif qu'exerce toujours le nom de Thunderbird, Ford s'est employé à faire revivre l'image sportive de ce modèle qui, on s'en souviendra, fut d'abord introduit en 1954 sous la forme d'un roadster deux places qui devait donner la réplique à la Corvette de General Motors.Un coupé Dans sa nouvelle version, la Thunderbird se veut un coupé Grand Tourisme dans la plus belle tradition européenne.Je devine déjà les sourires entendus de ceux qui ont perdu confiance en Détroit et qui demeurent convaincus qu'il ne peut s'agir encore une fois que d'une pseudo GT.Après tout, on ne peut pas espérer être pris au sérieux avec une voiture aussi classique dotée par surcroît d'une suspension à essieu arrière rigide.Or, les ingénieurs de chez Ford ont réalisé un petit tour de force et la Thunderbird est non seulement d'un aérodynamisme très poussé mais elle possède également un comportement routier stimulant.Lors du dévoilement sur les pistes d'essai de ce constructeur à Dearborn au Michigan, tous les journalistes présents ont été unanimes à vanter sa tenue de route et sa précision de conduite, allant même jusqu'à faire des comparaisons avec la BMW 633CSi.Bien sûr, il s'agissait du modèle de haut de gamme, la Turbo Coupé, mais même la version de base s'est révélée d'une maniabilité étonnante.Habillée d'une superbe carrosserie aux lignes affinées et sans artifice, la Thunderbird 1983 n'est donc pas seulement une réussite esthétique mais une voiture dont les qualités vont bien au-delà de son élégante silhouette.Sa nouvelle personnalité ne s'arrête toutefois pas aux réglages précis de sa suspension ou à son excellent coefficient de pénétration dans l'air.Performances vives Dans la Turbo Coupé, le groupe motopropulseur mérite aussi qu'on s'y attarde puisqu'il s'agit d'un 4 cyl.de 2,3 litres suralimenté et à injection accouplé à une boîte de vitesses manuelle à cinq rapports.À part sa cylindrée, ce moteur n'a rien en commun avec le 4 cyl.précédemment utilisé dans divers modèles Ford.Dans ce nouveau groupe, le turbocompresseur est monté devant la commande d'accélérateur de manière à conserver en tout temps une légère pression de charge dans le système d'admission, ce qui réduit du même coup le temps de réponse propre à ce type de moteur.Ford ne dévoile pas la puissance exacte disponible (estimée à 135 ch.) mais la Thunderbird possède des performances respectables avec, par exemple, un temps d'accélération de 9,5 sec.entre 0 et 100 km / h.Dans les autres modèles de la gamme, l'acheteur pourra opter pour un V8 de 5 litres dont la consommation risque d'être passablement élevée ou encore un V6 de 3,8 litres un peu plus sobre dont le rendement est d'approximative-ment 13 litres aux 100 km.Un bref essai de la Thunderbird Turbo Coupé a également mis en valeur la précision de la direction à crémaillère et le confort de la suspension.Celle-ci utilise notamment des amortisseurs pressurisés à l'azote à l'avant et quatre amortisseurs arrière dont deux sont pla- cés à l'horizontale pour assurer une plus grande stabilité des roues motrices.La voiture se distingue aussi par la présence de sièges très confortables offrant cinq possibilités de réglage avec support lombaire gonflable.Là encore, un aspect trop souvent négligé dans les voitures américaines a été abordé avec beaucoup de soin par les responsables du projet Thunderbird.La voiture n'est quand même pas à l'abri des critiques et Ion peut certes lui reprocher une piètre visibilité de trois quarts arrière, un coffre à bagages d'un volume décevant et des places arrières plutôt étroites.En plus, le tableau de bord est dépouillé et dénote un manque d'originalité qui fait rudement contraste avec la nouvelle vocation de ce modèle.Quant à la contre-partie de la Thunderbird 1983, la Mercury Cougar, elle est d'un style beaucoup plus conservateur et, selon moi, beaucoup moins réussi.Cette dernière s'adresse d'ailleurs à une clientèle différente et n'est pas disponible en version Turbo.Tout cela n'enlève pourtant rien aux qualités intrinsèques de la Thunderbird Turbo Coupé, une voiture dont la diffusion sera sans doute limitée mais qui prouve que Ford est loin de battre en retraite face à ses revers de fortune.La Thunderbird a sonné le réveil et le géant américain s'est, semble-t-il, levé du bon pied.?deux pas ponts Jacques-Cartier Louis La fontaine PRIX À PARTIR DE 19831 70* CAVALIER TRANSPORT ET PRÉPARATION INCLUS VASTE CHOIX DE CHEVROLET ET OLDSMOBILE DUVAL NAVETTE AU METRO \"\"\"duval Chevrolet inc.VOTRE MAISON DE |p> CONFIANCE DEPUIS PLUS DE 60 ANS 1450, boul.MARIE-VICTORIN, LONGUEUIL 670-9300 527-8691 Pierre Saint-Germain MEXICO 20 p.cent de plus de Canadiens au Mexique uébécois et Ontariens en tête, les Canadiens semblent vouloir reprendre en masse le chemin du Mexique depuis que la dernière dévaluation du peso, en décembre, a fait de ce pays l'un des paradis touristiques les moins chers pour les étrangers.alors que les Mexicains, eux, ont plus de mal.que jamais à joindre les deux bouts.Selon le Conseil national du tourisme (CNT), organisme qui relève du gouvernement central (mexicain), quelque 240 000 Canadiens sont attendus au Mexique cette année.Si ces prévisions s'avèrent, il s'agira d'une hausse de 20 p.cent par rapport à 1982.Le Canada demeurera alors bon deuxième parmi les clients touristiques du Mexique, qui a accueilli l'an dernier environ 4 000 000 d'étrangers, dont plus de 80 p.cent d'Américains.Par contre, en raison des trois dévaluations qu'a subies le peso depuis février 1982 et qui lui ont fait perdre 600 p.cent de sa valeur, de moins en moins de Mexicains ont les moyens de passer des vacances à l'étranger.Entre janvier et octobre 1982, par exemple, le nombre (43 352) de ceux qui sont venus au Canada a baissé de 33 p.cent en comparaison avec celui de la même période de l'année précédente.Depuis, ce déclin s'est accentué, de sorte que la balance touristique entre les deux pays est de plus en plus favorable au Mexique.Si, comme l'estiment les professionnels du tourisme, chaque vacancier dépense sur place environ.300$ par semaine à divers titres (repas, sorties, souvenirs), les 240 000 visiteurs canadiens attendus par le CNT laisseront cette année au Mexique plus de 70 000 000$.Ils seront, après les Américains, les principaux pourvoyeurs de billets verts dont l'économie mexicaine a tant besoin pour sortir d'une crise qui rend encore plus criantes les inégalités sociales et accroît dangereusement le mécontentement des couches défavorisées.Selon des porte-parole de l'industrie interrogés à Mexico, les vacanciers canadiens au Mexique préfèrent les voyages forfaitaires.Depuis décembre, et cela durera jusqu'en avril, des vols nolisés en partance de Montréal, Toronto, Winnipeg et Vancouver déversent chaque semaine des milliers de «visages pâles» sur les plages ensoleillées du Pacifique et du golfe du Mexique.Les forfaits les plus recherchés se vendent généralement à des prix minimaux de 400$ pour un sé- jour de sept jours et de 750$ pour deux semaines.Cette formule comprend le billet d'avion, le logement à l'hôtel, sans les repas, et quelques autres prestations.Elle serait environ 30 p.cent plus économique que les voyages dits indépendants.Selon les agences de voyages, les lieux les plus fréquentés par les touristes canadiens sont les centres balnéaires, depuis Acapui-co, Puerto Vallarta et Ixtapa, sur le Pacifique, jusqu'à Cancun et Co-zumel sur le golfe du Mexique.Mexico est plus ou moins délaissée, sauf par les hommes d'affaires, parce qu'elle n'est pas assez ensoleillée.C'est également le sort d'autres villes fascinantes de l'intérieur, à l'exception, entre autres, de Taxco et Cuernavaca, proches de la capitale, ainsi que de Morelia, Guanajuato et San Miguel de Allende, qui font partie d'un «circuit colonial».Remarque qui flattera l'orgueil des Québécois francophones: on les considère comme les plus friands de ce qui est, aux yeux de savants observateurs, le vrai Mexique, c'est-à-dire le Yucatan.C'est la région où abondent les trésors de la civilisation maya et où vivent la plus grande partie des Indiens qui ont préservé tant bien que mal leur identité culturelle depuis la conquête du pays par les Espagnols.Mais ce qui attire avant tout les Québécois, comme les autres touristes, au Mexique, c'est qu'ils y obtiennent plus qu'ailleurs pour leur argent, bien que tout n'y soit pas parfait.Par exemple, les services et l'organisation du voyage peuvent parfois laisser à désirer.D'autre part, la consommation d'eau non purifiée et de fruits et légumes insuffisamment désinfectés provoque dans l'organisme certains troubles, dont le plus répandu est la diarrhée \u2014 ironiquement appelée ici la «revanche de Moctezuma», nom du dernier empereur indien.Mais ce sont là des aléas que les Canadiens paraissent oublier bien vite en voyant qu'au cours actuel du change, soit environ 120 pesos pour un dollar de chez nous, le coût de la vie au Mexique est pour eux environ 40 p.cent inférieur à celui du Canada.Le prix d'une chambre dans un hôtel de catégorie moyenne, mais confortable, ne dépasse pas 10$, tout comme celui d'un bon repas, avec apéritif et vin du pays, dans un restaurant bien.On peut acheter pour moins de 50$ des souliers que l'on paierait 100$ à Montréal.Ainsi de suite.tm+± en O Z 3D rrv > CO > m g to a -n m- < TO 00 CO SE SOIGNER L'HÉROÏNE POUR LES CANCÉREUX 96 p.cent des médecins approuvent.Dr Gifford Jones En juillet 1982, j'ai déposé une pétition de 15000 signatures au bureau de la ministre de la Santé à Ottawa, madame Monique Bégin.Cette pétition avait pour but de faire amender la loi canadienne sur la légalisation de l'héroïne pour les patients atteints de cancer en phase terminale.Devant I * affluence du courrier, madame Bégin promit de mettre sur pied un comité chargé d'étudier cette recommandation.A ce jour, il n'y a toujours pas l'ombre d'un comité en vue.J'aimerais avoir les dents plus longues pour mordre! L'inertie du gouvernement ne nous laisse pas beaucoup de choix.De deux choses l'une: ou bien nous recommençons la guerre contre cette loi rétrograde, prohibant l'usage de l'héroïne pour des fins thérapeutiques, ou bien nous laissons tomber la cause.abandonnant des milliers de mourants à leur triste sort.Qu'importent les remous, j'ai décidé que nous n'abandonnerions pas le navire! Nous continuerons la bataille, même si pour l'instant nous ne tenons pas le gros bout du bâton.Depuis juillet dernier, j'ai écrit deux articles dans des revues médicales pour demander le support des médecins à travers le Canada.Quatre p.cent des médecins ayant répondu s'opposent à mon projet de faire amender la loi.Certains avec virulence.L'un d'eux: «Vous ne savez absolument pas de quoi vous parlez.Cessez d'écrire à ce sujet, vous induisez la population en erreur.» Un autre: «Une bonne étude scientifique a plus de valeur que mille de vos chroniques de journaux, dussent-elles être endossées par les signatures de 15000 néophytes.» Enfin, un dernier m'accuse carrément d'être mal intentionné et de vouloir nuire à d'innocentes victimes.Toutefois, c'est dans une proportion de 96 p.cent que les médecins approuvent mes démarches et m'encouragent à poursuivre la lutte.Quatre-vingt-seize p.cent des médecins à travers le Canada estiment que l'héroïne est le plus puissant analgésique connu.Tous reconnaissent qu'il est abominable de la refuser à ceux qui en ont besoin, que ce n'est pas digne d'une société dite civilisée.\u2022 Dans une courte lettre, un médecin faisait remarquer qu'en Angleterre, l'héroïne est même prescrite pour soulager les douleurs d'une crise cardiaque.On l'emploie également dans les cas de complications obstétricales, de maladie pulmonaire et pour apaiser l'anxiété et les souffrances chez les grands brûlés.Bref, il n'y a pas d'équivoque, les médecins souhaitent que l'Association médicale canadienne appuie la levée de l'interdiction de l'héroïne pour des fins thérapeutiques.Comment interpréter alors la lenteur et l'apathie du gouvernement?Madame Bégin rencontre-t-elle_des difficultés à trouver des membres pour siéger sur ce comité?Serait-ce que personne ne veuille s'impliquer dans ce dossier?Des faits indiscutables.Pourtant, les milieux scientifiques n'ignorent pas la supériorité de l'héroïne comme analgésique parce qu'elle est beaucoup plus soluble que la morphine notamment.On peut en injecter une dose massive dans un tout petit volume, ce qui est d'une importance cruciale pour un corps émacié par le cancer.En comparaison, il faut injecter dix fois le même volu- me de morphine pour produire ie même effet.Par ailleurs, nombre de patients réagissent mieux à l'héroïne qu'à la morphine.Pourquoi faudrait-il les en priver?Il est prouvé que l'héroïne atteint les centres nerveux à une vitesse fulgurante et soulage la douleur presque instantanément.Les médecins des 37 pays qui ont légalisé l'usage de l'héroïne ne sont! certainement pas tous des imbé-\" ciles! C'est bien beau la politique, mais comment les élus du peuple peuvent-ils ne tenir aucun compte des rapports qui nous parviennent de Grande-Bretagne?Selon le Dr.Dickson, du Sobell Hospice à Londres.90 p.cent de leurs patients cancéreux reçoivent de l'hérosne à un moment donné de leur traitement.L'usage de l'héroïne vise premièrement à diminuer la douleur, mais on l'administre également dans le but de contrôler l'état dépressif.Le spécialiste ajoute que plusieurs patients en reçoivent sur des périodes allant jusqu'à trois ans.Le Directeur du British Institute for the Study of Drug Dépendance souligne pour sa part que contrairement aux Etats-Unis, il n'y a jamais eu en Angleterre de campagne de dénigrement de l'héroïne.Certes.Il y aura encore en 1983 des gens à l'esprit malhonnête pour déclarer publiquement que les Anglais ont changé pour les comprimés de morphine.Mais ils passeront sous silence que l'héroïne demeure le remède par excellence pour les injections.En attendant la compassion des uns, il nous faut continuer la lutte.Peut-être finirons-nous par atteindre le but d'ici la fin de l'année! L'avenir appartient aux personnes âgées CO 00 Ok OC LU oc IL.O 5 LU < to < UJ Où \\-Z O haque fois qu'une université ou un CÉGEP a pris une initiative devant profiter à la gérontologie ou à la gériatrie, chaque fois qu'un organisme, quel qu'il soit, a mis de l'avant des projets aptes à améliorer le sort du Troisième Âge, j'ai applaudi.Et quand j'en ai eu la possibilité, j'en ai fait état dans mon ancienne chronique de LA PRESSE.Aujourd'hui, je vous présente un projet que je qualifierais, à première vue du moins, d'utopie.Mais j'ai entendu dire que les grandes réalisations ont toujours commencé par des rêves.Le Dr Henri-Paul Baril, physiatre au Centre hospitalier Cooke, à Trois-Rivières, m'a présenté un plan, un plan fabuleux! Rien de moins que la création d'un Institut national de gérontologie et de gériatrie dans sa ville.E Recherche avant tout Le Dr Baril, dans l'exposé de ses desseins, souligne qu'en 1982, il n'y a pas dix gérontolo- j gues et dix gériatres vraiment formés pour une population de 540,000 personnes âgées, il n'existe même pas de bac universitaire en gérontologie, seulement un certificat.Les spécialistes en gériatrie ont dû aller se former à l'extérieur.La médecine prolonge la vie de plus en plus mais n'améliore pas les années supplémentaires qu'elle procure aux hommes.L'institut fera donc de la recherche fondamentale et appliquée, de la recherche clinique, de la gérontologie et de la gériatrie, bien entendu, ainsi que de la pharmacologie.On sait l'importance de la médication chez les personnes âgées.Il y aurait souvent abus, ré-pète-t-on.Le Dr Baril entend doter l'institut d'un Centre de Jour et d'une unité de 25 lits pour la recherche clinique.Cependant, l'institut veut agir de façon concertée et complémentaire avec les universités auxquel-les il offrira des services et des cours de formation.Mats pourquoi Trois-Rivières j*- 2L 0.plutôt que Montréal qui possède sûrement plus de ressources variées que la ville trifluvienne?Le Dr Baril répond: «Pour que l'Institut ne soit pas englouti par les universités tout en y étant affilié.Les moyens de communication d'aujourd'hui (terminaux ordinateurs, systèmes téléphoniques, etc.), permettent une communication quasi instantanée.» La liste des sujets pouvant faire l'objet de la recherche est particulièrement séduisante; mais elle est trop longue pour être ici énumé-rée.De même, le type de professionnels qui participeraient aux recherches est extrêmement varié et ne se réduit pas uniquement aux médecins.Comment sera payé le personnel?Le salariat à temps complet ou à temps partiel, la vacation pour certains professionnels sont les modes privilégiés de rémunération.L'institut échappera aux structures traditionnelles: il n'y aura pas de conseil des médecins et dentistes (comme dans les hôpitaux), mais «un Conseil des profession- Claire Dutrisac nels de la santé et un exécutif de ce conseil».C'est donc dire que l'institut fonctionnera sous le signe de la collégialité, de l'interdisci-pline.Et le coût?Avant, je vous dirai les avantages économiques de l'institut.Mon Dieu! Voilà que j'en parle comme s'il allait se réaliser! Et pourquoi pas, après tout?Il créera «200 emplois permanents dont 150 spécialistes spécialisés (sic) et 50 non spécialisés».Le Dr Baril parle d'«un budget annuel de 20 millions $ et des retombées économiques annuelles de 20 millions $ et plus pour au moins 100 ans».C'est voir loin, n'est-ce pas?La construction des bâtiments requis, un quadrilatère de 185 000 pieds carrés, coûtera 30 millions $.Ouf! Mon ébahissement devant ce chiffre n'altère pas la confiance et la sérénité du Dr Baril.«Songez que la réalisation de ce projet va prendre au moins quatre ans.lsi ce n'est cinq.D'ici VIEILLIR là, on sera sorti de la crise économique actuelle.Qu'on se penche enfin sur les maux qui affligent le vieil âge (je songe particulièrement à ceux qui deviennent seniles ou très fortement handicapés et dépendants), d'accord.Mais qu'en diront les deux gouvernements en cause, le fédéral et le provincial?Notre peuple vieillit très vite.L'avenir est aux vieux.Améliorer leur qualité de vie contribuerait à éviter l'institutionnalisation des gens âgés et diminuerait le fardeau qu'ils peuvent représenter.Augmenter leur indépendance les rendrait plus heureux.À force d'entendre parler de millions, ces temps-ci, à l'occasion des coupures budgétaires des établissements et des grèves, j'en arrive à croire qu'on pourrait trouver ceux qui sont nécessaires à la création d'un Institut national de gérontologie et de gériatrie.Philosophe, le Dr Baril conclut: «Même si ce n'est pas moi qui terminerai ce projet, je serai heureux qu'il ex-.-iste.».Moi aussi.aïe*' -,l-jIl PHOTOGRAPHIER Charrette hivernante V \\ f 4 > .V' ;:-\\s / I il > - BP ; / ' .& Vf;''.' .\" À, - - \u2022 55> Antoine Désilets L'hiver est peut-être notre saison la plus frappante.par tellement de mauvais côtés qu'il nous arrive parfois d'en oublier les bons! Et il y en a! Ne serait-ce que parce que toute cette féerie de glace, de neige et de frimas nous est offerte gratuitement.Ça compte aujourd'hui.Vous direz qu'il y a des pays où c'est le soleil qui est gratis.Oui, mais ces pays-là sont loin de chez nous et il faut payer pour y aller tandis que l'hiver, lui, s'amène ici de lui-même, comme un grand, et ne demande qu'à nous laisser profiter de sa générosité, tel que je l'ai fait un jour sur la route de Jo-liette pour prendre la photo d'aujourd'hui.Elle vous montre pour ainsi dire des neiges d'antan car elle date de l'époque du bon vieux Speed Graphie, que j'avais chargé de film Ektachrome professionnel 200 ASA de format 4x5.En l'exposant 1/250 de seconde à f/16, j'ai obtenu une diapositive en couleurs que j'ai tirée sur une feuille de papier RC (resin coated) sans fibre, pour avoir une image négative de mon original.Je vous signale que ce fameux papier RC n'est opaque qu'en apparence, de telle sorte qu'une fois qu'on l'a développé, fixé et séché, on peut s'en servir comme un négatif grand format, ce que j'ai fait dans le cas qui nous occupe aujourd'hui.J'ai également effectué quelques essais de pseudo-solari-sation de ce «négatif» que j'ai ensuite utilisé pour impressionner par contact une autre feuille de papier RC afin de réaliser l'image finale que vous voyez maintenant.Simple, n'est-ce pas?Et tout ça, c'est grâce à l'hiver.et à un Detit effort d'imagination.Connaissez-vous des gadgets moins dispendieux?O z -4 7J m-> K) -n < m ne up angiiuoe .énidasab &6\u20ac -ololnoiàg x!b ar,q s y'n II S8GI POUR ÉCOUTER Gérard Lambert Chic.!e charme revient, le noir de la nuit s'allume, délice et prestige.Un grand moment: la saveur puissante de TRIO MUSIC m'envahit.Je me pâme, je défaille, pour mon plus grand plaisir auquel il donne des coups de sang.Une certaine idée de la musique, un nouveau regard, une oeuvre collective, celle de trois musiciens mus par le même désir de recherche et de dépassement: tout ce que Chick Corea semble «arracher» au clavier, Miroslav Vitous et Roy Haynes l'exigent de leurs instruments avec la même foi, la même énergie.D'où ce foisonnement de sonorités littéralement inédites à la contrebasse de Miroslav Vitous (joué principalement dans le registre du violoncelle) et à la batterie de Roy Haynes (aussi riche que n'importe quel orchestre symphonique) et Chick le grand, l'architecte, c'est la résurrection (surtout après « Touchstone* chez WEA), peut-être son chef-d'oeuvre qui représente linsertion parfaite dans la forme éprouvée du «classic jazz trio» d'une conception pianistique résolument actuelle servie par une technique absolument comparable à celles des meilleurs interprètes de musique écrite contemporaine.Vertige C'est le raz-de-marée, le coup decoeur, la douceur, c'est comme le vertige des décolletés.Bizarre, bizarre, je vous dis: je ne comprendrai jamais rien à la musique.C'est un hasard objectif qui est peut-être la clef de cette réussite.Les trois musiciens semblent s'être réunis à un moment décisif de leurs carrières respectives.J'en suis encore tout secoué.Corea effectuant le virage; Vitous s'étant fait un peu oublier depuis son départ de Weather Report; quand au vétéran Roy Haynes, il n'a plus rien à prouver depuis longtemps.Les expériences s'additionnent sans se neutraliser, l'improvisation se hisse au niveau de l'écriture la plus raffinée, le swing des origines s'accommode des formules rythmiques les plus complexes et les plus audacieuses.Je Bolduc gagne le championnat junior en oo o ai LU > LU LU O en > m g to -n m < 00 CO On la qualifié a'animal indépendant ot solitaire.mais il semble que le chat soit peut-être plus sociable qu'on le croyait.C'est du moins l'opinion du Dr R.P.Wolski, vétérinaire consultant en comportement animal et attaché à l'Université Cornell dans l'état de New York.Et c'est la conclusion qu'il a tirée d'observations faites auprès de colonies de chats habitant quatre fermes avoisinant l'uni-, versité.D'après ses résultats publiés dans le dernier numéro de la revue «Veterinary Clinics of North America», il semble que les chats, du moins ceux de la campagne, soient pacifiques et respectent un ordre social certain bien que complexe.Les morsures, abcès el lacérations cutanées seraient donc le lot presqu'exclusif des chats urbains.Il peu certes arriver des petits conflits, même chez les chats des champs, mais ils sont toujours prévisibles pour l'oeil averti et selon le Dr Wolski toujours, l'imcompatibilité et l'agression ne sont pas nécessairement synonyme d'asociabiiité.Plusieurs chats peuvent vivre dans la même maison ou dans le même quartier sans problème et il semble qu'il puisse se développer entre eux des amitiés durables: il n'est pas rare d'observer des cas où un chat soit devenu profondément dépressif à la suite de la mort d'un chat ami! Ce ne sont pas là.affirme le spécialiste, les signes d'un comportement asocial.La sciences du comportement félin Quand la science du comportement, il y a quelques années seulement, s'est finalement intéressé à celui du chat, on l'a d'abord comparé à l'espèce que l'on croyait être son ancêtre, le lion.Or, de toutes les espèces félines, seuls le lion et le cheetah vivent vraiment en société.Ce mode de vie communautaire se comprend aisément quand on sait qu'ils doivent chasser des proies de grande taille et que la collaboration devient essentielle.Pour minimiser S les chances d'éventuels conflits ^ engendrés par la proximité et les contacts répétés, des échelles so-£2 ciales bien définies et des gestes > bien précis de soumission et domi-uî nance se sont dessinés.Ces com-portements qui révèlent des ordres \u2014 sociaux n'existent pas chez les 2 autres espèces félines comme le ?chat africain dont descendrait vrai-$ semblablement notre chat domes-j« tique.Ces petits félins vivent de < proies de taille réduite et la collate boration n est plus requise.Ces Z petites proies d'ailleurs ne permet-O tent rarement de satisfaire plus 5 que l'appétit du chasseur.Inutile uî de vouloir partager.Il s'en suit 3 donc que la vie solitaire en terri-toire bien défini afin de réduire la compétition est devenue le mode ^ de vie de ces petits félins.Consé-quence: le qualificatif d'animal asocial a été dès lors accolé à tous les petits félins, y compris notre chat domestique.Les ancêtres de nos chats domestiques étaient peut-être vraiment solitaires et indépendants mais au cours des âges, il paraît vraisemblable qu'une sélection au point de vue de la «tolérance» se soit naturellement faite.Ainsi, les chats se sont habitués à la présence de l'humain et du même coup à la présence des autres chats.C'est la domestication du chat qui est sans doute la plus récente dans l'histoire des relations homme-animaux et il est intéressant de constater que contrairement à ce qui s'est probablement passé avec les autres espèces, l'homme n'y a joué qu'un rôle passif.Si l'on fait exception de la qualité d'agent «exterminateur» du chat, l'homme ne voyait alors que des avantages à l'attirer sous son toit.C'est donc le chat lui-même qui s'est domestiqué au départ.Subsistance Puis en regardant de plus près d'autres populations félines comme celles qui peuplent nos fermes, on s'est rendu compte qu'elles se rapprochaient sûrement plus de nos chats de compagnie car leur subsistance ne dépend plus uniquement de leurs propres capacités, comptant, du moins en partie, sur leur entourage humain.C'est une telle population que les chercheurs de New-York ont étudiée durant quelques années: 40 p.cent de leur subsistance était assurée par l'homme.Leurs observations ont permis de conclure que les chats possédaient \"une organisation sociale complexe et des comportements différents entre eux.Cette sociabilité n'est pas la même que celle connue chez le chien ou le loup mais se révèle tout de même fascinante.La société féline n'est pas rigide et n'est pas du type linéaire où un sujet domine tous les autres: on y observe plutôt une hiérarchie sociale relative, compliquée et reliée au temps ou à l'espace.Par exemple, un chat qui arrive le premier à un endroit, aura toujours priorité de passage sur celui qui arrive plus tard.Si la bataille éclate entre deux chats, le gagnant pourra dominer l'autre mais uniquement au site de bataille et à !a même heure du jour.S'ils se rencontrent à nouveau mais ailleurs, cette dominance sera automatiquement annulée.La plupart des confrontations entre chats se terminent d'ailleurs plutôt bien et les batailles sont généralement de courte durée.Quand le petit désaccord est réglé, le vainqueur n'insistera pas: il s'éloignera dédaigneusement, ou encore s'as-soiera devant le perdant en détournant son regard ou encore fera glorieusement sa toilette avant de repartir.Les batailles féroces et sans fin ne se produisent vraiment que lorsque les rivaux sont en contacts étroits et répétés, comme c'est inévitablement le cas dans les colonies de chats, dans les ruelles densément peuplées ou les élevages, mais pas à la campagne où la densité de population est souvent' réduite jusqu'à 10 ou 15 chats / km*.A la ville la population peut atteindre jusqu'à 500 chats / km2.Les chats savent toujours reconnaître et correctement interpréter les signes de communication visuelle ou orale émis par le chat qu'ils considèrent comme le plus «fort».Ce sont là encore des signes d'une vie de société.Les populations félines typiquement de ferme sont pratiquement des sociétés fermées.Le rempla- cement se fait habituellement grâ^ ce aux naissances et très rarement par immigration car on respecte, \u2014 et c'est la règle d'or \u2014 les territoires des autres.Les batailles se font extrêmement rares et quand elles éclatent, ce sera généralement entre chatons et autour d'un plat de nourriture.Le territoire Le mâle adulte possède un vaste territoire qu il se fait un devoir de visiter à fond quotidiennement et qui peut englober celui de plusieurs femelles.H peut parcourir jusqu'à quatre kilomètres et ce, sans se presser outre-mesure durant une seule soirée.Ce ne sont là, bien souvent que des petites visites de courtoisie qu'il paie aux chattes des environs.Si aucune d'elles n'est présente, il s'assoiera calmement près d'une grange et les invitera à sortir en émettant des petits cris langoureux répétés.La plupart du temps, une femelle s'amènera, amicale, pour l'accueillir.Et puis, il la quittera en continuant à marquer méticuleuse-ment son territoire en urinant sur tout ce qu'il rencontre.Ses marques d urine et sa seule présence réussissent à établir et lui conserver sa supériorité et ont une influence importante sur les jeunes mâles qui n'atteindront leur maturité et qui ne commenceront à établir leur territoire que rarement avant l'âge de 13 à 18 mois.On sait qu'à la ville les jeunes mâles commencent souvent à «arroser» dès l'âge de 8-10 mois.Les batailles sont aussi peu fréquentes entre LE père et ses fils car le jeune adulte se cherchera plutôt un autre territoire contigu mais sans chevauchements à celui du père.Les mâles de campagne sont donc loin d'être des êtres despotiques comme on considère habituellement les matous de villp La chatte de ferme ne produit généralement qu'une portée par année et ne mettra bas qu au printemps ou à l'été de leur deuxième année.Par contre, et c'est bien connu, la femelle de maison a souvent ses premières chaleurs dès six ou huit mois.Le territoire de la chatte est plus petit et même là, ses jeunes femelles contribueront à le réduire encore davantage car elles s'établiront souvent dans des subdivisions de celui de leur mère.Conclusion Le chat, par sa nature, est peut-être extrêmement flexible sachant s'adapter apparemment à toutes les situations mais cette adaptation n est pas si aisée à la ville.Si les populations félines des fermes peu denses et stables sont relativement pacifiques, il ne semble pas en être de même en milieu urbain où cette population devient instable, dense et où les mouvements sont fort limités.C'est alors que surviennent les nombreux (et intéressants) problèmes de comportement diagnostiqués chez le chat: frustrations, défécation et miction inappropriés, griffage des meubles, agressivité, dépression, automutilation, etc.Serait-ce au moment où l'homme s'est activement impliqué dans sa domestication en l'introduisant dans sa maison comme compagnie, que le chat a perdu sa qualité de pacifique?Peut-être.Selon une étude réalisée à l'Université Cornell de l'État de New York, le chat serait naturellement sociable et pacifique.Morsures, abcès et lacérations cutanées ne seraient le lot presqu'exclusif des chats de ville où les territoires trop petits, se chevauchent et où les populations félines sont trop instables et trop denses.? e dimanche, pendant les mois d'hiver, j'aime recevoir mes amis pour le brunch.On parle de Itout et de rien, on discute les nouvelles du jour et si les sujets de conversation s'épuisent, on peut toujours parler de voile! À leur arrivée, je leur sers, dans un verre à champagne givré, un petit «ouvre-oeil»: moitié Champagne, moitié jus d'orange.Et voilà! le tour est joué.Mais attention aux abus! Un brunch dominical 1.Les oeufs 2.Bitki, sauce Lanson tomates (pour 4 personnes) 8 oeufs 15 mL (1 c.à soupe) d'huile d'olive 15 ml_ (1 c.à soupe) de beurre 30 mL (2 c.à soupe) d'oignons finement hachés 1 boîte de tomates 796 mL (28 onces), égouttées et hachées 1 gousse d ait, écrasée et hachée 50 mL (% tasse) de champagne (facultatif) 1 mL (% c.à thé) de poudre de chili 375 mL (1 % tasse) de blé d'Inde en boîte ou congelé 5 mL (1 c.à thé) de persil haché sel et poivre Préchauffer le four à 180 C (350 F) 1- Faire chauffer l'huile dans une sauteuse à feu moyen.Ajouter les oignons, couvrir et faire cuire 2 minutes.2- Ajouter le champagne et faire cuire 2 minutes pour le faire évaporer de moitié.3- Ajouter les tomates, l'ail, les épices et le blé d'Inde.Saler, poivrer et faire cuire à feu moyen de 7 à 8 minutes.4- Placer le mélange dans un grand plat à gratin et à l'aide d'une fourchette, le pousser vers les côtés.5- Placer le beurre au centre du plat et le faire fondre au four.6- Casser les oeufs au milieu du plat en ayant soin de ne pas briser les jaunes.Saler, poivrer.7- Remettre le plat au four.Faire cuire les oeufs de 8 à 10 minutes.8- Servir avec le Lanson.(pour 4 personnes) Première partie: la sauce 15 mL (1 c.à soupe) d'huile 1 oignon finement haché 2 gousses d'ail, écrasées et hachées 15 mL (1 c.à soupe) de persil haché 1 boîte de tomates 796 mL (28 onces), égouttées et hachées 250 mL (1 tasse) de jus de tomates 125 mL ('/a tasse) de bouillon de poulet chaud une pincée de sucre quelques piments rouges broyés quelques gouttes de sauce Worcestershire sel et poivre 1- Faire chauffer l'huile dans une sauteuse à feu moyen.Ajouter les oignons, l'ail et le persil; faire cuire pendant 2 minutes.2- Ajouter tous les autres ingrédients, remuer et assaisonner au goût.3- Amener à ebullition et faire cuire à feu doux pendant 15 minutes.Mettre de côté.Pol Martin CUISINER Deuxième partie: la viande Préchauffer le four à 180 C (350 F) 3 tranches de pain (la mie seulement) 680 g (1Î4 livre) de boeuf haché 125 mL (V, tasse) de jus de tomates 30 mL (2 c à soupe) d'huile 45 mL (3 c.à soupe) d'oignons hachés 1 gousse d ail, écrasée et hachée 15 mL (1 c.à soupe) de persil haché 15 mL (1 c.à soupe) de piment banane haché 2 mL (% c.à thé) de poudre de chili quelques gouttes de sauce Worcestershire sel et poivre 1- Tremper la mie de pain dans le jus de tomates.À laide d'une cuillère, écraser la mie.2- Incorporer le pain à la viande et saler, poivrer.3- Faire chauffer 15 mL (1 c.à soupe) d'huile dans une casserole à feu moyen.4- Ajouter les oignons, l'ail, le persil et les piments; faire cuire 3 minutes.5- Ajouter la viande et bien mélanger le tout.6- Ajouter les épices, assaisonner au goût et fermer les boulettes.7- Faire chauffer le reste de l'huile dans une poêle à frire.Ajouter les boulettes et les saisir de 2 à 3 minutes.8- Placer les boulettes dans un plat à gratin et les recouvrir de sauce.9- Faire cuire au four pendant 15 minutes, oui* $W'lT avec une salade.yçrfeWl 3.Soufflé froid (pour 4 personnes) 125 mL (% tasse) de liqueur Frangelico 15 mL (1 c.à soupe) de zeste de citron 4 jaunes d'oeufs 5 blancs d'oeufs 250 mL (1 tasse) de sucre jus d'un citron 1- Verser la liqueur dans un bol en acier inoxydable.2- Ajouter le jus de citron et les jaunes d'oeufs; mélanger le tout avec un fouet de cuisine.3- Ajouter le zeste de citron et les % du sucre.4- Placer le bol sur une casserole contenant 375 mL (1% tasse) d'eau chaude (ou utiliser un bain-marie).5- Faire cuire de 3 à 4 minutes, à feu moyen, tout en mélangeant avec un fouet pour épaissir le mélange.6- À l'aide d'un batteur électrique, monter les blancs en neige très ferme.2 minutes avant la fin, ajouter le reste du sucre et battre rapidement.7- Incorporer les blancs aux jaunes d'oeufs à l'aide d'une spatule.8- Faire un collet dans un moule à soufflé avec un papier ciré.9- Verser le mélange dans le moule.Réfrigérer pendant 2 heures.10- Servir avec du champagne, (facultatif) O z -H TO > CO > 5 o m-< m O 00 CO Ol UO nsirto 9t* SdriD tefllir.s O O.-^' 'M;?: en oûte Des livres pour tous les et tous les budgets aux Éditions La Presse LA COLLECTION SANTÉ >
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