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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
La presse plus
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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La presse, 1983-07-09, Collections de BAnQ.

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[" ?Montréal, 9 juillet 1983 volume 1 f numéro 22 » APRES 38 ANS DE PAIX ET DE PROSPÉRITÉ Tournant critique pour Europe pages 4 et 5 Remonter le Saguenay en barque page 9 VACANCES DANS LE BAS-SAINT-LAURENT pages 10e» 11 Fragiles paix et prospérité Les peuples de la Seine et du Rhin, de la Tamise et du Tibre, connaissent la paix depuis bientôt 40 ans.La paix et la prospérité aussi.Sur la lancée du plan Marshall, les économies européennes se sont régénérées, apprenant au passage à tirer profit du libre-échange.C est ainsi que la Communauté économique européenne est devenue la deuxième puissance économique dans le monde.Mais ce cheminement vers une paix et une prospérité durables se heurte à ce moment-ci à des problèmes considérables.La paix n'a jamais paru aussi fragile qu'à l'heure du débat sur les euromissiles.Quant à la prospérité, le fiétrissement la guette.Pendant que le Japon reste bien en selle sur sa croissance et que les États-Unis donnent les signes d'une reprise, l'Europe parait à ce moment-ci désemparée devant les nouveaux défis qui s'offrent à elle.Ce n'est pas le génie industriel de l'Europe qui est en cause mais plutôt l'impuissance des Européens à regrouper leurs moyens industriels, note Albert Juneau dans son reportage en pages 4 et 5.Juneau en profite pour analyser l'ascendant qu'a pris l'Allemagne de l Ouest sur l'Europe au plan économique et, de plus en plus, au plan politique.Le Canada, pour sa part, a suivi avec intérêt l'évolution du Marché commun, se grisant même au passage de l'idée qu'un rapprochement avec l'Europe lui assurerait une plus grande marge d'indépendance vis-à-vis des États-Unis.Mitchell Sharp caressait ce rêve en 1970: Gil Courtemanche, en pages 2 et 3, dit ce qu'il en est advenu.Plus près de nous, deux événements illustrent chacun à leur manière le type de divisions internes auxquelles font face les Européens, non seulement entre les pays, mais à l'intérieur même des nations: les récentes élections italiennes qui ont débouché sur un véritable cul-de-sac (l'article de Jean Lapierre, de Rome, en page 6) et l'annulation de l'Exposition universelle de 1989 en France, résultant d'un différend entre le gouvernement et le puissant maire de Paris (l'article de Jean-François Lisée en page 8).La Rédaction » f i \u2022 \u2022 : Serge Grenier L'EMPIRE DES SENS (Avon! de prendre le sentier des vacances,.notre chroniqueur s'est arrêté un moment sur l'actualité de 1970.) DISQUE Ma chère DûDÛD I\\t7l ICC, C'est son tour de faire paraître un nouveau trente-trois tours.Agréable d'entendre la toujours belle Renée Claude chanter, en cette grisaille d'octobre, que «c'est le début d'un temps nouveau».Comme d'habitude, Stéphane Venne a tout signé.A LA RADIO Queen's.Parce qu'on parte de la fermeture prochaine du plus ancien hôtel de Montréal.Ou, alors, au Laurentien, un hôtel nettement plus jeune qui n'aura sa patine qu'en l'an 2000.À moins que vous ne préfériez un dîner avec grande musique et grand orchestre au Vaisseau d'Or du maire Drapeau.Au sous-sol de l'hôtel Windsor.Au restaurant du maire, comme au conseil municipal, le silence est de rigueur pendant que le chef dirige.Ceux qui parleront prendront la porte.Gare a Lise «Place aux femmes» à la radio de Radio-Canada, devrait s'appeler «Place à Lise», d'après le prénom de son animatrice.Lise Payette.Son secret pour toujours avoir le dernier mot: ne pas partager le micro avec les invités dont elle ne partage pas les opinions.Avertissement aux invités mâles à venir: voix câline mais maîtresse femme.Et ne lui marchez surtout pas sur les pieds.Dans un autre ordre d'idées, après vingt ans à CKAC, le chapelet déménage à CKVL.Vingt ans: 36 525 dizaines.Mgr Grégoire est ben content.SHOWBIZ CINEMA CO GO o* û LU CO Un film en or C'est M.A.S.H., qui a remporté cette année le grand prix du festival de Cannes.Notre compatriote Donald Sutherland dans l'histoire d'une équipe de médecins américains au Vietnam, pendant la guerre.Voir aussi «Quiet days in Cii-chy» d'après Henry Miller.Et.pour les rares personnes qui ne seraient pas encore allées au Saint-Denis, un cinquième mois de «Deux femmes en or».Les appâts à Louise et à Monique, les borbo-rygmes à Ti-Gus.Sur scène, à la Comédie Canadienne, «Hair» (en français) continue de faire des heureux.Ils sont tous là Félix Leclerc au Patriote.Cher Patriote! Ses tables vermoulues, ses chaises bancales.Deux semaines de Gilles Vigneault à Mai-sonneuve.Les Jérolas, trois soirs à Wilfrid-Pelletier avec leur «Quinze ans déjà».Bientôt les deux semaines à Yvon Deschamps à Mai-sonneuve.Sept jours de Georges Dor à Port-Royal.Georges, qui remporte le prix citron du slogan publicitaire avec son «Ça swing à mort avec Georges Dor à la Place des Arts».En novembre, Claude Léveillée et Isabelle Pierre à Mai-sonneuve pour dix jours.Et ce soir, les Cyniques à la Butte à Mathieu de Val-David.Chère Butte à Mathieu! Ses table bancales, ses chaises vermoulues.PUBUCAT10NS RESTAURANTS Rue Peel Se dépêcher d'aller manger es dans l'une des salles de l'hôtel Les best-sellers D'abord, «Kamouraska» d'Anne Hébert.Superbe roman d'un superbe auteur.Il faudrait absolument en faire un film.Avec l'internationale Geneviève Bujold, ce serait parfait.Puis, «Papillon» d'Henri Charn'ère.Pas très littéraire mais bourré d'action.Et, d'un certain Léandre Bergeron, un «Petit manuel d'histoire du Québec».Comme un chanoine Groulx viré marxiste.Enfin, question de s'amuser un brin, une brochure intitulée «Les étapes inédites de l'ascension de Robert Bourassa».Disponible par la poste seulement.Pour cinquante cents plus un timbre de sept cents, c'est donné.LE CANADA VU DE L'EUROPE Charmant, mais pas très sérieux Immanquablement, le Canada fait la une de plusieurs grands quotidiens lors de chaque sommet économique.Ce n'est jamais une grande déclaration politique, c'est toujours une photographie.Pour être plus précis, ce n'est pas le Canada qui fait la une, c'est le premier ministre Trudeau.À Williamsburg, ce fut son chapeau et ses vêtements pâles qui nous valurent cet honneur, à Venise, ses enfants, à Londres, ses pirouettes, etc.En Europe, les photographes-journalistes sont fascinés par le personnage flamboyant; les éditorialistes, sauf ceux du «Monde», sont bien intrigués, mais rarement convaincus.Quant aux hommes politiques, à l'exception de l'ancien chancelier allemand Helmut Schmidt, ils sont généralement perplexes, curieux devant ce personnage éclectique, mais rarement influencés.Ces attitudes résument un peu l'image qu'on a généralement du Canada en Europe occidentale et particulièrement dans la Communauté économique européenne.Le Canada est un pays qui inspire de belles cartes postales et qui permet une escale, plaisante mais courte, avant d'aller faire de vraies affaires chez nos voisins du Sud.Bien sûr, dira-t-on, il existe ces «relations privilégiées» avec les anciens colonisateurs français et anglais.Mais dans la presse anglaise on parle presque exclusivement de nos morues et en France de nos malheureux bébés phoques.Pour ne pas être en reste ici, nous parlons surtout de leur Lady Di ou de leurs vins.Rarement de la hausse de productivité dans les mines de charbon du pays de Galles ou des succès de la fusée Arianne qui coûte un peu moins cher que la navette spatiale.En somme, parler des relations entre le Canada et l'Europe occidentale, c'est un peu comme faire la chronique des rencontres de deux anciens camarades de collège qui se voient par hasard parce qu'ils fréquentent parfois la même discothèque, le même soir.Pourtant dans les années 60 et au début des années 70, on aurait pu facilement imaginer des fréquentations plus assidues.En fait, des deux côtés, on l'a souhaité ardemment, du moins en théorie.«Seule l'Europe peut éviter l'absorption économique du Canada par les États-Unis, absorption qui réduirait Ottawa à ne plus être, sur le plan politique, qu'un pâle reflet de Washington.En retour, le Canada est, hors d'Europe, la seule puissance occidentale capable de maintenir dans son délicat équilibre le fléau qui oscille d'une rive à l'autre de l'Atlantique.Que le poids du Canada se porte sur le plateau américain, et cet équilibre sera définitivement rompu.Qu'il se porte au contraire sur le plateau européen, et une chance \u2014 peut-être la dernière \u2014 de le maintenir sera donnée à l'Europe.» Cette dernière phrase servait aussi de titre au livre du journaliste français Claude Julien: «Le Canada, dernière chance de l'Europe», publié en 1965.En Europe, c'était l'époque du «Défi américain».On n'avait pas encore confiance, l'intégration économique ne faisait que commencer et les Japonais qui ne fabriquaient que des crayons en plastique n'avaient pas encore envahi le Crazy Horse et les boutiques du Faubourg Saint-Honoré.Ici, ce genre de théorie intéressait les amis de Claude Julien, des Gil Courtemanche amis comme Pierre Elliott Trudeau et Gérard Pelletier qui s'apprêtaient à sauter en politique pour nous libérer à la fois du monstre séparatiste et de l'ogre américain.En 1970, le gouvernement canadien dévoilait en grande pompe sa «nouvelle» politique étrangère.Mitchell Sharp, retrouvant des échos de Claude Julien, écrivait: «Le maintien à un degré acceptable de notre indépendance économique et politique face à la puissance et à l'influence américaines, est un problème que l'Europe partage avec nous.Le Canada et l'Europe ont un intérêt commun à faire face à ce problème.Il reste que si le Canada renforce ses liens avec l'Europe, il ne le fait pas dans un espritanti-américain mais bien parce qu'il veut rétablir.un équilibre plus sain et en même temps raffermir l'indépendance canadienne.» En pratique, le Canada cherchait ce qu'il appelait «une troisième voie» qui devait se concrétiser par la négociation avec la CEE d'un «lien contractuel».Ces négociations n'aboutirent jamais, les Européens reprochant au Canada de vouloir conserver son marché presque commun avec les États-Unis, tout en profitant de «leur» marché commun.Autrement dit, le Canada voulait avoir son gâteau et le manger.Les deux parties en sont cependant venues à une entente, beaucoup plus modeste, et ont signé en 1976 un «Accord de coopération économique et commerciale», s'accordant mutuellement sur le plan douanier le tarif de la nation la plus favorisée.On ne peut pas dire cependant que cette tendance mutuelle à CANADIENS ET EUROPÉENS Plus concurrents que partenaires vouloir diversifier les échanges commerciaux et à être moins dépendant des États-Unis, a été totalement sans succès.La proportion de nos échanges avec l'Europe a augmenté.De 18 p.cent quelle était en 1969.elle représentait en 1981, 27 p.cent de tous nos échanges commerciaux.Mais la structure de ces échanges n'a pas beaucoup évolué.Le Canada est essentiellement considéré par la majorité des Européens comme un fournisseur de matières premières et de produits semi-finis et un acheteur de produits finis.En somme on connaît bien notre charbon sans soufre et notre bois de planche, mais peu le bras canadien de la navette spatiale ou le système Telidon.Cela est cependant un peu moins vrai en Grande-Bretagne qui, avec 38 p.cent de toutes les exportations canadiennes, constitue le principal partenaire économique du Canada dans la CEE.La faiblesse de l'industrie britannique et les liens traditionnels qui existent sur le plan économiaue entre les deux pays ont ouvert de nouveaux marchés aux produits canadiens.Encourageante aussi la percée que semblent faire dans certains pays des entreprises comme AES Data et Micom qui se spécialisent dans le traitement de textes et les communications.Quant aux investissements directs, ils sont peu de part et d autre.En 1981, ceux-ci étaient de 9 milliards $ environ provenant de la CEE et de 3.3 milliards $ provenant du Canada.Ce peu d'intérêt de la CEE s'explique en bonne partie par la fascination que les Européens ont à l'endroit du marché américain, mais aussi par une curieuse impression de déjà-vu lorsqu'ils viennent au Canada.Bon nombre d'individus et d'entreprises souhaitant investir à l'étranger, le font souvent pour éviter les contrôles bureaucratiques qui existent dans certains pays de la CEE, les charges sociales élevées, des structures fiscales qu'ils considèrent comme décourageantes et un dirigisme gouvernemental qu'ils contestent.Or, ils se rendent vite compte que le Canada, ce n'est pas le même paradis du capitalisme que les États-Unis.Tout comme les Américains, les Européens entretiennent d'énormes réserves à l'égard de l'Agence canadienne de tamisage des investissements étrangers et de la politique nationale de l'énergie.Uuant aux investisseurs canadiens ou a ceux qui voudraient le devenir, ils sont souvent pris au dépourvu par les complexités du marché européen qui est loin d'être aussi homogène que le marché canadien, par exemple.Bien que réunis dans la CEE, ces dix pays ont chacun leur façon de faire, leurs goûts locaux et leurs atavismes.Ils s'aperçoivent très rapi- dement qu'il n'y a pas UN marché européen, mais une myriade de marchés locaux.Les Canadiens souffrent aussi dans le monde des affaires de l'existence d'un préjugé persistant.Le Canada est essentiellement perçu par les Européens comme un fournisseur de matières premières et de produits non finis.Ce n'est donc pas aux Canadiens qu'on pense lorsqu'on cherche un partenaire dans des domaines de haute technologie.Quant aux secteurs où le Canada détient une certaine expertise, ils sont souvent identiques à ceux de grands spécialistes européens.Les entreprises canadiennes sont alors considérées comme des concurrentes et non pas comme des partenaires ou des associés éventuels.On a qu'à penser au domaine du transport en commun où le constructeur Bombardier fait face à une constante concurrence des Français et des Allemands.Le contentieux entre le Canada et la CEE est relativement mince.Essentiellement, il se résume à deux choses: les blanchons dont l'importation en Europe sera interdite à compter du 1er octobre, et les négociations sur les droits de pêche en eaux canadiennes.La grande crainte que le Québec avait de perdre son marché européen de l'amiante est disparue.La CEE a interdit l'utilisation de I amiante bleu alors que le Québec ne produit que de l'amiante blanc.Quant aux projets communs, ils sont peu nombreux.Cela peut paraître surprenant compte tenu des succès importants des Européens dans le domaine de lavionnerie civile et militaire, un domaine où le Canada aurait grand avantage à se dégager de l'emprise américaine.Un domaine aussi, on le constate dans le cas de Canadair, où le Canada a de toute évidence besoin de I aide d'un plus compétent que soi.Politiquement enfin le Canada a un poids proportionnel à sa contribution militaire à l'OTAN, une contribution dont la petitesse est continuellement soulignée par ses partenaires.Bien sûr.le premier ministre Trudeau prétend jouer un rôle important dans le dialogue Nord-Sud, dans ce que le président Mitterrand appelle la construction d'un nouvel ordre économique mondial.Mais lui comme d'autres en Europe a beaucoup de difficultés à concilier ce discours généreux avec l'attitude passive du Canada relativement à la politique du gouvernement Reagan en Amérique centrale.Si l'on ajoute à cela la timidité totale et absolue dont fait preuve le Canada dans le dossier du Proche-Orient, dossier crucial en Europe occidentale, on peut facilement affirmer qu'Ottawa n'est pas près de retrouver le rôle de gentil entremetteur qui fut déjà celui de ce pays.?en O Z -H m > in > m O Marie Lessard rn \"O œ CO L'EUROPE ACTUELLE La Communauté arrive mal consolider sa puissance industrielle UNE «EUROPE» DEMEURÉE ESSENTIELLEMENT «VERTE» LA COMMUNAUTÉ // ÉCONOMIQUE X ( ( EUROPÉENNE £ j V, IRLANDE oo LU 5 LU < LO < LU OC h- Z o (/) s! Deuxième puissance économique dans le monde, l'Europe de l'Ouest, celle du marché commun, fait face à de nouveaux défis.Comment résister à la concurrence japonaise et américaine, alors que les pays développés s'engagent dans une course décisive pour la maîtrise des nouvelles technologies?L'Europe n'aura pas la tâche facile.Elle devra lutter d arrache-pied pour maintenir ses positions actuelles et plus encore pour les améliorer.Mais l'Europe en a vu pourtant d'autres, c'est le moins qu'on puisse dire.Ravagée par la dernière guerre mondiale, elle s'est ressaisie et remise en marche.Le support de l'Amérique aidant (plus de 10 milliards de $ au titre du plan Marshall), le vieux continent a modernisé son appareil industriel et s'est imposé rapidement sur le marché international.L industrie européenne talonne maintenant celle des États-Unis.Elle occupe le deuxième rang, après les pays de l'Est, pour la production de l'acier et le second également, derrière le Japon, pour la production d'automobiles.Dans ces deux secteurs, elle précède le géant américain depuis plus de quinze ans.Mais la longue récession et les changements technologiques en cours ont mis en évidence les points faibles de l'économie européenne et suscité des inquiétudes sur sa capacité de sortir de la crise en position de force.Le génie industriel de l'Europe n'est pas en cause.C'est avant tout, disent les Albert Juneau eurocrates de Bruxelles, une question de moyens, donc de taille.Pour moderniser les industries traditionnelles et développer les secteurs de pointe, les entreprises doivent investir des sommes fabuleuses, qu'elles n'ont tout simplement pas, mais qu'elles obtiendraient en se regroupant.Or, la coopération industrielle est pratiquement inexistante, si on fait exception du secteur de I aérospatiale par exemple, où l'Europe a effectué une véritable percée.ROYAUME-UNI VIENNE Il ne faut pas s'y méprendre: la Communauté économique est avant tout une «Europe verte», ou l'agriculture accapare plus de 75 p.cent des contributions des États membres.C'est aussi, bien sûr, un vaste marché ouvert et un système monétaire particulier.Mais sur le plan industriel, la Communauté est essentiellement une addition d'entreprises nationales.Les groupes transnationaux ou européens, saut quelques cas épars, restent à développer.* Adhésion probable en 1984 Une Europe de l'électronique L'échec spectaculaire que vient de connaître le projet franco-allemand d'une Europe de l'électronique, capable de concurrencer les Japonais, est significatif à cet égard L'Europe, tout comme l'Amérique, est envahie par les produits japonais.En 1982.le Japon a exporté 4,9 millions de magnétoscopes en Europe, alors que les fabricants européens, Phillips LA PUISSANCE ÉCONOMIQUE DE L'EUROPE Production d'acier (milliers de tonnes métriques) 130 120 110 100 90 80 70 60 50 40 30 20 10 Europe États-Unis M951 1956 1961 1966 1971 1976 1981 Production d'automobiles (millions) Europe 1951 1956 1961 1966 1971 1976 1981 Spurce: ONU \u2014 Eufppe: Communauté économique européenne., , Kij (hollandais) et Grundig (allemand) en téte.vendaient autour d'un million d'unités.Bons commeiçants, les Japonais viennent d'accepter de limiter leurs exportations à 4,55 millions en 1983.tout en garantissant un marché de 1,2 million d'unités aux manufacturiers européens.Pour survivre.Philipps et Grundig n'ont d'autres choix que de s'unir, comme ils ont commencé à le faire en concevant le vidéo 2000, un magnétoscope parfaitement compétitif.Mais il y a aussi Thomson-Brandt, fraîchement nationalisé par le gouvernement français, qui distribue le magnétoscope VHS japonais a travers I Europe.Un projet d acquisition de Grundig par Thomson a été mis au point par les intéressés, mais il fut rejeté par l'Office ouest-allemand des cartels.Thomson s'est aussitôt retourné vers Telefunken qui distribue également les produits japonais.À.moins d'un revirement, l'issue de cette affaire représente une lourde défaite pour les Européens, qui auront maintenant bien du mal à reconquérir leur propre marché.Les responsabilités, dit-on, sont partagées.Le gouvernement allemand aurait pu passer outre le jugement de l'Office des cartels.Il y a aussi fait que les Allemands n'appréciaient guère voir une entreprise française, nationalisée par-dessus le marché, prendre le contrôle d'une firme allemande.Quant à Thomson, son alliance précipitée avec Telefunken a fait planer des doutes sur ses convictions européennes.Quoi qu'il en soit, on se rend bien compte qu'il n'est pas facile pour les vieux peuples européens d'oublier leurs antagonismes séculaires.L'aérospatiale: une percée européenne L'électronique n'est pas un cas isole.On pourrait en citer d'autres, celui de l'automobile par exemple, où la coopération européenne marque le pas pendant que le Japon multiplie les initiatives et les accords avec les grands producteurs européens.Plus encore, l'Europe devra se défendre farouchement même dans les secteurs où elle est parvenue à se faire une place, comme celui de I aérospatiale, qu'elle contrôle actuellement à 25 p.cent.L'Europe a réussi à s'imposer à côté du géant américain qui a perdu 20 p.cent du marché mondial au cours des vingt dernières années.Et comme par hasard, la coopération européenne joue à plein dans ce secteur: pas moins de 40 appareils ou engins de toutes sortes, tant militaires que civils, sont produits en commun.Mais I industrie aérospatiale européenne tend à plafonner depuis quelques années et la concurrence des constructeurs américains, Boeing en particulier, est de plus en plus vive.Les deux prochaines décennies seront décisives, car une grande partie de la flotte mondiale d'avions commerciaux devra être renouvelée.Un marché d'environ 300 milliards S est en jeu.Avec ses deux Airbus A-300 et A-310.l'Europe est déjà en bonne position.Airbus Industrie a même pris les devants avec le A-320, un petit avion de 150 places, qu'elle compte lancer vers la fin des années 80.alors que Boeing se montre encore prudent en raison de I état misérable du marché et des investissements astronomiques de la dernière décennie qu'il n'a pas encore totalement digérés.La bataille s'annonce serrée.Les Européens n'espèrent pas détrôner les États-Unis.Ils seraient très satisfaits d arracher le tiers du marche mondial de l'aérospatiale.Le rôle prédominant de l'Allemagne Il y a un autre défi que devra relever l'Europe: il concerne sa sécurité et sa défense.La paix en Europe dépend encore largement de révolution des rapports entre les deux Grandes puissances.Mais elle est aussi de plus en plus liée au rôle et à l'influence qu'exerce la RFA.Depuis la fin du deuxième conflit mondial, le couple France-RFA, qui est à la base de la coopération européenne, a évolué selon les tendances opposées: la position de la RFA s'est nettement renforcée, alors que celle de la France s'est affaiblie.Au milieu des années 60, Georges Pompidou pouvait encore affirmer: «Le vieux partage en deux groupes monolithiques est dépassé.C'est là qu'apparaît le rôle de la France qui.par sa géographie et 90R -histoire, est condamnée à L'EUROPE ACTUELLE Militairement 5 un continent entièrement fragmenté jouer le rôle de l'Europe» (à rAmerican Club de Paris en 1965).La suprématie économique de la RFA Depuis ce temps, les choses ont évolué et la France, sans le dire ouvertement, se contente de jouer un rôle à sa mesure, i.e.qui correspond à sa force économique réelle.Or en matière économique, la RFA domine et de loin.La suprématie allemande est depuis longtemps évidente et elle s'est même accrue, vis-à-vis de la France notamment, au cours des dernières années.«\u2022Les écarts entre les taux d'infla Ma- des ^onniiés'^eurppççQrjes^ jjft B \u201e®°/VÇa/f;Ç?*î?!îlÏT?ti0/l?°/i »s?l tion des deux pays parlent par eux-mêmes.Depuis 1975, l'indice des prix à la consommation à augmenté de 36 p.cent en RFA contre 109 p.cent en France.L'année 1983 n'annonce pas de changement majeur.Par exemple, Renault et Peugeot ont négocié des hausses de salaire de 9 à 10 p.cent, pendant que Volkswagen acceptait, à contrecoeur, une augmentation de 3,2 p.cent.Le déficit commercial de la France à l'égard de la RFA a augmenté de près de 70 p.cent au cours de l'année passée.La RFA pèse lourd et on l'a bien vu récemment lors du rajustement faisant plus de compromis quelle ne l'aurait souhaité au départ, l'Allemagne n'en renforce pas moins ses positions.«Nous n'avons plus les mains libres», déclarait M.Chaban-Delmas, après une récente dévaluation du franc.Les Français ne sont pas sans savoir qu'en affirmant sa puissance économique, la RFA accroît sa marge de manoeuvre en matière de sécurité et de défense de l'Europe.Situation stratégique de la RFA «Géant économique mais non ?vDlitique», disait Willy Brandt de pond de moins en moins à la réalité.L'histoire de la RFA depuis 1949 est celle d'une marche lente, mais progressive vers une indépendance accrue vis-à-vis des États-Unis.La politique de rapprochement à l'égard de l'Est (Ostpo-iitik), entreprise au début des années 70, a constitué une étape cruciale.Elle a consacré la RFA comme interlocuteur privilégié de l'URSS.Aujourd'hui, la RFA est attirée par le neutralisme, qui s'exprime confusément par un refus de l'implantation des armes nucléaires américaines en Europe.On saisit toute l'importance de la politique allemande pour l'avenir de l'Europe: qu'arriverait-il si ce mouvement neutraliste devait conduire la RFA à se distinguer de l'OTAN, comme l'a fait la France par exemple, en 1966?Si l'Allemagne était pauvre, elle serait peut-être plus timide; mais elle est riche.Ne serait-ce pas alors la chance de l'Europe, comme le suggèrent certains analystes français, c'est-à-dire l'occasion de bâtir une force militaire et nucléaire proprement européenne?La France et la Grande-Bretagne possèdent déjà leur armement nucléaire.En élargissant ce club fermé à la RFA, et éventuellement à l'Italie, l'Europe serait en mesure d opposer une force crédible de dissuasion aux Soviétiques.Mais on est loin d'une telle solution qui impliquerait que la RFA renonce du rapprochement avec l'Allemagne soeur de I Est.En fait, la sécurité et la défense de l'Europe soulèvent toute la question de l'union politique de la CEE.On ne peut nier que l'union politique européenne a progressé, mais elle reste encore très limitée.Et c'est compréhensible, car l'assise première de la CEE c'est la coopération économique.Le politique suit l'économique.Fondée à six en 1957, puis élargie à neuf en 1973 et à dix en 1981, avec l'entrée de la Grèce, la CEE comprendra probablement 12 pays membres en 1984 si le Portugal et l'Espagne y adhèrent comme cela est prévu.De telles dimensions rendront plus difficile le fonctionnement de la CEE, et plus encore, le renforcement de l'union politique.Il n'est pas surprenant d'entendre dire alors à Bruxelles que l'Europe des projets (Airbus, Ariane.) a plus d'avenir que l'Europe politique.C'est d'une Europe à trois vitesses dont il faudra parler bientôt, au lieu de deux comme on le faisait jadis.Le produit intérieur brut per capita de la RFA est 4,5 fois supérieur à celui du Portugal, i .Q o z 30 m > > m g 00 I I ET ¦¦¦¦¦¦¦¦ LES ELECTIONS ITALIENNES ¦ gagnants mais beaucoup de perdants Ce 44e gouvernement italien de l'après-guerre n'est pas encore formé que de sombres prophètes prédisent déjà de nouvelles élections générales, anticipées faut-il le préciser, d'ici l'an prochain tant la composition de la chambre des députés (630 sièges) et du Sénat traduisent l'ingouvernabilité du pays.Que s'est-il donc passé pour que «l'équilibre instable» de la politique italienne soit modifié à ce point?Car, si les cartes ont changé de mains, affaiblissant la Démocratie chrétienne (P.C.), premier parti du pays, renforçant relativement les communistes et les petits partis; aujourd'hui, plus que jamais, aucun parti, aucune coalition naturelle n'impose sa présence à la direction des affaires du pays.Jean Lapierre co go tu à or h- Z o s! LUNDI 27 juin \u2014 deuxième et dernier jour de scrutin \u2014 il est 15 h 34.Dans son (bureau de la Piazza Del Gesù.Ciriaco de Mita, secrétaire général de la Démocratie chrétienne, en manches de chemise, livide, constate devant son écran de télévision la défaite: chute de 5 et demi p.cent du vote sur 1979, perte de 37 sièges à la Chambre des députés et de 18 au Sénat.«Je ne comrends pas, je ne comprends pas!», se contente-t-il de déclarer, à chaud, la tête entre le mains.Pendant ce temps, Is siège du parti vit l'affolement des grands moments.Tous les responsables et les conseillers fuient les journalistes, se chuchotent les dernières prévisions de la Doxa (maison spécialisée de sondages).«Ou la Doxa s'est trompée, ou ce sont les Italiens qui se sont trompés», dit l'un, Flaminio Piccoli, le prédécesseur de de Mita à la tête du secrétariat du parti, qui erre dans son bureau comme un animal en cage: «C'est épouvantable! C'est épouvantable!» La douche est bien froide! Le matin même, les journaux rapportaient une estimation du se-rétaire général de la D.C.: «Nous devrions remporter 38 p.cent des suffrages.À la rigueur, 36 p.cent représenteraient une victoire mais pourquoi ne pas espérer atteindre les 40 p.cent?» Deux heures après la fermeture des bureaux de scrutin, 32,9 p.cent des électeurs et électrices avaient répondu à son appel.L'usure du pouvoir Le parti accuse un recul dans les grandes villes, les campagnes, au nord comme au sud, chez les jeunes et les vieux, sur sa droite et sa gauche.À tête reposée, dans la soirée, Ciriaco de Mita dira: «Il semble bien que le vote exprime un mécontentement, un blâme à l'endroit de notre programme.» D'autres, comme la politicologue socialiste Giuliano Amato, ajoutent: «La D.C.paie pour ses 40 dernières années de pouvoir., L'électeur l'a identifiée au système, concentrant sur lui le vote de blâme.» Quarante années d'instabilité, de crises, de scandales et de mauvaise gestion entachent l'image du parti que Ciriaco de Mita a d'ailleurs tenté de changer au cours de la dernière année.Sans cette action, disent ses proches, la défaite eut été plus amère encore.Jamais, cependant, le parti qui domine toutes les coalitions gouvernementales de l'après-guerre n'avait connu pareille défaite.Pour la première fois, il peut se retrouver dans l'opposition.Le parti communiste au pouvoir?Dans ce pays au système électoral proportionnel, où 20 listes de parmi ses alliés naturels (Parti républicain, Parti libéral, Parti socialiste ou Parti social-démocrate).La D.C.faisait la loi! Aujourd'hui, seuls 3 p.cent du vote séparent Démocrates chrétiens et Communistes, Enrico Berlinguer, premier secrétaire du P.C.I., déclare le soir du 27 juin: «Pour la première fois de l'histoire, un gouvernement sans la Démocratie chrétienne est possible.» Et, de fait, le Parti communiste peut, mathématiquement, même si cela paraît politiquement improbable, former ce prochain gouvernement.Les enjeux de ce petit calcul sur la vie politique du pays sont immenses.D'abord, ils identifient un vainqueur: le Parti socialiste (P.S.I.).Même si ce scrutin, dont il a pris l'intiative en quittant la coalition La position des partis Ch.des députés Sénat VoteSièges VoteSièges 32,9\t225\t32.4\t120 29,9\t198\t30.8\t107 11,4\t73\t11.4\t38 6,8\t42\t7,3\t18 4.1\t23\t3,8\t8 5,1\t29\t4,7\t10 2,9\t18\t2,7\t6 1,5\t7\t1,1\t 2.2\t11\t1,8\t1 parti s'affrontaient les 26 et 27 juin, la perte de quelques points dans la faveur des électeurs a des conséquences inconnues chez nous.Avec 36 ou 38 p.cent des voix, la Démocratie chrétienne devançait toujours son principal rival, le Parti communiste (P.C.I.), de 8 à 10 p.cent lors des scrutins précédents.Son autorité pour former le gouvernement suivant était incontestée tant chez son ennemi que gouvernementale en fin avril, ne l'a fait progresser que d'un et demi p.cent dans la faveur populaire, de 11 sièges à la Chambre des députés et de 6 sièges au Sénat (beaucoup moins qu'espéré), il devient l'arbitre.Le déplacement de ses 73 députés et 38 sénateurs décidera d'un gouvernement de centre-gauche (avec la Démocratie chrétienne) ou d'alternative (avec le Parti communiste).Dans cette seconde hypothèse, on ne parlerait plus de gouvernement ou d'institutions mais de la remise en question de tout un système de pouvoir mis sur pied par la Démocratie chrétienne dans les années 60: la lotisation.En Italie, tous les organismes politique ou administratifs, publics ou parapu-blics ont un personnel à l'image de la mosaïque politique qui constitue le gouvernement: président de banques, de sociétés publiques, postes-clé dans la bureaucratie centrale et périphérique, dans les administrations locales.Chaque parti s'est taillé son ou ses petits fiefs à la faveur de telle ou telle négociation visant à former une nouvelle coalition gouvernementale.Le plus grand de ces empires, c'est naturellement celui de la Démocratie chrétienne qui dirige tout depuis 40 ans et qui menace aujourd'hui de s'effondrer.Si cela arrivait, la clientèle démocrate chrétienne rétrécirait comme une peau de chagrin! La Démocratie chrétienne se doit donc de demeurer au pouvoir même si le coût est élevé.Dans ces conditions, non seulement la place des socialistes est-elle assurée au sein du prochain gouvernement (quel qu'il soit d'ailleurs) mais cette force relative oblige le premier parti du pays à concéder sur les préoccupations électoralis-tes de chacun; par exemple, l'accord sur le coût du travail concernant 8 millions de travailleurs, signé en janvier de cette année, leur assure des augmentations salariales nettes de 13 p.cent en 1983.Le président de la Banque d'Italie déclarait au cours de cette campagne électorale qu'en «Italie, les hommes politiques n'ont pas montré leur intention de vaincre ces problèmes.» En sera-t-il autrement au cours des prochains mois?.Parmi les partis qui formeront cette coalition gouvernementale (vraisemblablement 5), les objectifs politiques et les stratégies économiques diffèrent.Une médecine de cheval d'abord, celle de la Dé- -1 « ; ab «îfeo si moi V ci or ~.eiooèd iufwiuoi v« &nub mocratie chrétienne.Elle prévoit, en une année, ramener le taux d'inflation de 16 à 8 p.cent en bloquant, pendant cette période, l'échelle mobile des salaires (qui assure leur progression en fonction de la croissance de l'inflation) et par quelques interventions sur le taux de change de la lire.«Si la D.C.désire administrer cette politique à tout prix, disent les socialistes, elle le fera sans nous! «Le Parti républicain, lui, vise le même objectif mais sur 3 ans, par la formule plus classique de compression de la masse monétaire.Il s'agit d'une cure plus «douce» mais également moins efficace car les effets, sur l'industrie, de la hausse des taux d'intérêts (déjà élevés ici) pourraient empirer la situation économique actuelle du pays.Finalement, il y a la stratégie socialiste plus «généreuse», sélective et consciente de la fragilité du pays.Le Parti socialiste favorise la conclusion d'un pacte social où les investissements publics peuvent être accrus en contrepartie de concessions salariales.Les Républicains répondent: «Si P.S.I.choisit la vieille politique mitteran-diste plutôt que la rigueur de Delors et si la Démocratie chrétienne s'entend avec lui, le prochain gouvernement ne nous comptera pas longtemps dans ses rangs.» La bouche est bouclée! Quelle sont les espérances de vie de ce 44e gouvernement italien?Aujourd'hui les paris sont ouverts partant du principe qu'en moyenne, un gouvernement italien survit un peu plus de 9 mois! Un journal de Florence écrivait la semaine dernière que le temps n'est plus aux ambitions personnelles ni aux hégémonies de parti.Il est temps, poursuivait-il, de repenser la vie publique italienne en termes de sacrifice, de dévouement et d'assainissement avant que la demi-paralysie actuelle ne devienne totale.Entre l'espoir et la réalité, il y a souvent un grand pas que l'Italie n'a peut-être pas franchi le 27 juin dernier.? APRÈS LE VOYAGE DE LÉVESQUE EN FRANCE La faveur dont jouit Québec à Paris n'a pas du tout changé Louis-Bernard Robitaille temelle question: Y a-t-il changement d'attitude de la France vis-à-vis du Québec?Après la visite de René Lévesque \u2014 que ce soit au gouvernement ou dans l'opinion publique \u2014 la réponse serait plutôt négative.On constate la même sympathie (intermittente: à Paris, il y a aussi d'autres chats à fouetter) et le même parti pris actif lorsqu'il s'agit de pencher vers Québec ou Ottawa.On pourrait être induit en erreur en regardant trop à la loupe les textes et les détails d'un voyage comme celui di, premier ministre québécois: dans la diplomatie française, les événements se jugent sur une certaine distance.Il faut savoir qui a tenu les propos (le ministre des Relations extérieures?le premier ministre?le président?un haut fonctionnaire?) et dans quelles circonstances.Ce n'est que sur une période plus longue qu'on peut faire le bilan.Or après ce nouveau «sommet» franco-québécois, le bilan reste le même que par le passé: largement favorable au Québec, même si on évite la guerre ouverte avec Ottawa.La politique québécoise de Paris, c'est comme le chômage: il faut lire les résultats après correction des «variations saisonnières».Et elles sont majeures: depuis de Gaulle, il y a eu en France trois présidents (Pompidou.Giscard, Mitterrand) et, depuis Pompidou, cinq premiers ministres, et des plus variés (Chaban-Delmas, Messmer, Chirac, Barre, Mauroy), sans parler des ministres des Affaires étrangères.Mis à part de Gaulle, personne dans tout ce monde n'avait de connaissance particulière du Québec (ni intérêt vraiment personnel).Et tout ce monde a eu, successivement, en tace de lui: un vice-premier ministre très nationaliste, Jean-Guy Cardinal, un premier ministre libéral peu nationaliste, Robert Bou-rassa, un premier ministre indépendantiste triomphant, René Lévesque.Puis le même, sévèrement battu au référendum en 1980.Avant d'évaluer la politique du gouvernement socialiste, il faut comparer avec les épisodes précédents.Sous Pompidou, les relations entre Paris et Ottawa étaient sans doute fraîches, mais celles PARIS avec Québec n'étaient pas flamboyantes.Giscard arrive au pouvoir en 1974: c'est l'homme qui avait le plus vigoureusement critiqué le «Vive le Québec libre» et il ne s'intéresse pas au Québec.Trudeau vient alors en visite officielle de «réconciliation», est reçu fort aimablement par le gaulliste Jacques Chirac.Les milieux canadiens laissent entendre que Trudeau et Giscard s'entendent merveilleusement.«Normalisation» Une première fois, on annonce la «normalisation» des rapports franco-canadiens.Une première fois, il faut déchanter: après la victoire de 1976, le même Jacques Chirac accueille le ministre Claude Morin en saluant l'entreprise de «renaissance nationale».Puis, à l'automne de 1977, Giscard fait un triomphe à Lévesque et assure que «la France accompagnera le Québec le long du chemin qu'il aura choisi».L'ambassade canadienne demande des «explications» au gouvernement français.L'idylle Trudeau-Giscard tourne à la brouille, consommée à l'occasion du torpillage du sommet francophone.Avec la victoire de Mitterrand en mai 81, les mêmes spéculations reprennent: côté canadien, on vante les excellentes relations entre Trudeau et le président socialiste, notamment sur la question Nord-Sud.Le gouvernement socialiste paraît plus respectueux des formes diplomatiques et les gaullistes ne sont plus au gouvernement.Les éléments se mettent en place pour un «lâchage» du Québec.Un fait majeur vient confirmer ces impressions: la remise en marche du projet de sommet francophone, auquel Trudeau tient tant et qui semble-t-il ne peut se réaliser que sur le dos du Québec.Il se confirme qu'à l'Elysée le conseiller Régis Debray a été chargé du dossier.A Williamsburg, l'entourage de Trudeau annonce tout bonnement que le premier ministre canadien s'est mis d'accord avec Mitterrand et que l'affaire pourrait se conclure avant la fin de l'année.À Paris, le délégué Yves Michaud lui-même évoque les «flottements» français dans un rapport confidentiel qui «fuit» dans les journaux peu avant la visite de Lévesque.Ajoutons à cela que dans le programme du premier ministre québécois, de petits détails protocolaires semblent indiquer une réserve du côté français: Lévesque est reçu à déjeuner par Mitterrand (Trudeau avait dîné avec lui) et seulement le lendemain de la conférence de presse conjointe.Une façon de mettre le président français en dehors des «relations privilégiées» avec le Québec.Satisfaction  la veille de la visite, les milieux canadiens ne cachent pas leur satisfaction.Après la conférence de presse Mauroy-Lévesque le 28 juin, la satisfaction est plus modérée: «Les propos des deux premiers ministres n'entrent pas en contradiction avec ceux de M.Trudeau», disent-ils.Bref il n'y a pas de rebuffade officielle, comme ce fut le cas avec Giscard.Il n'empêche: c'est de façon tout à fait inhabituelle que le premier ministre Mauroy a fait de sa propre initiative, et en début de déclaration, une mise au point très vigoureuse.D'abord dans ce sommet, «le Québec doit avoir la place qui lui revient».Ensuite, ce dossier «n'est pas pour l'instant d'actualité».Propos confirmés deux jours après par le ministre Claude Cheysson, dans une réponse à l'Assemblée nationale au député Xavier Deniau, le chef du «lobby» québécois en quelque sorte: la France fait confiance aux organismes francophones existants et respectera par ailleurs «ses engagements vis-à-vis du Québec».Même si les formulations n'impliquent aucune «ingérence» dans les affaires canadiennes, le résultat est le même: le «sommet» est reporté pratiquement sine die et la France ne peut plus «lâcher» le Québec sans se déjuger complètement.Donc, une fois de plus, sur le seul dossier vraiment concret, la balance a penché du côté québécois.Un haut fonctionnaire versé dans le dossier \u2014 et très proquébécois \u2014 ne s'étonne pas de la tournure des événements: «Je l'ai toujours dit à mes amis québécois qui s'inquiétaient des changements de gouvernement en France: de gauche ou de droite, tous les gouvernements français, après étude du dossier, sont et seront forcés d'adopter la même politique.C'est ce qui s'est passé sous Giscard, qui ne s'intéressait pas du tout à la question au départ.C'était vrai de Pompidou.Pareil pour Mitterrand.» Selon lui, c'est ce qui explique les méandres de la diplomatie française: les nouveaux gouvernants socialistes, Mitterrand, Mauroy et Cheysson en tête, ne connaissent pas grand-chose au dossier québécois, et c'est loin d'être la priorité absolue pour eux II y a des flottements, différentes personnes sont sur le dossier, prennent des initiatives.«Pour ce qui est du sommet, dit le même fonctionnaire, la France a relancé l'affaire sans avoir encore tous les é-léments en main.Pensait-on que c'était un bon projet?A-t-on voulu faire plaisir à Senghor?En tout cas, dès que l'obstacle québéco-canadien est apparu clairement, Paris a choisi son camp.On ne reparlera pas de ce projet pour un an maintenant.» À ses yeux, tout cela est dans l'ordre des choses: «Le Québec, deuxième communauté francophone au monde, et située en Amérique du Nord, fait désormais partie de la politique française \u2014 même si les résultats économiques ne sont pas extraordinaires.D'ailleurs ils le sont encore moins avec les Canadiens qui ne sont donc ni des amis ni des clients.» Mais la variation saisonnière décisive vient du Québec lui-même: «Comment voulez-vous que la France aille plus loin, alors que les Québécois ne bougent pas?Avec une victoire au référendum, ce serait bien différent, et je suis convaincu que la France pourrait aller très loin dans son soutien politique.Y compris jusqu'à la brouille diplomatique avec Ottawa.» En attendant, tout le monde reste sur ses positions.?éditeur Jean Sisto éditeur adjoint Réal Pelletier secrétaire de rédaction Manon Chevalier collaborateurs au Québec Françoise Côté Gil Courtemanche Antoine Désilets Jean-François Doré Jean-Guy Duguay Claire Dutrisac Jacques Duval Guy Fournier Pierre Godin Serge Grenier Jean Hébert Dr Gifford Jones Dr Louise Laliberté Gérard Lambert Yves Leclerc Marie Lessard Mario Masson Pol Martin André Robert Gisèle Tremblay René Viau Toronto Patricia Dumas Calgary Diane hui Vancouver Daniel Raunet New York Robert-Guy Scully Miami Ron Laytner MexiCO Pierre Saint-Germain Paris Jean-François Usée Louis-Bernard Robitaille Bruxelles Claude Monique! Rome Jean Lapierre Chypre Robert Pouliot Vienne Albert Juneau Tokyo Huguette Laprise Taiwan Jules Nadeau PLUS publie également des reportages exclusifs obtenus de l'Agence France-Presse et l'agence Inter Presse Service.publicité générale: Probec5 Ltée Tél.: Montréal 285-7306 Toronto (416) 967-1814 de détail: La Presse, Ltée Tél.: (514) 285-6874 Le magazine PLUS est publié par Hebdobec Inc., CP.550 Succursale Place d'Armes Montréal H2Y 3H3, monté et imprimé par LA PRESSE, Ltée.Tous droits de reproduction, d'adaptation ou de traduction réservés.président du conseil d'administration Roger D.Landry directeur général Jean Sisto responsable des cahiers spéciaux Manon Chevalier secrétariat Manon Beaulieu Jél.:(514) 285-7319 en O z ¦H m» > en > rn Q 00 CO M**M?S$l!*ç*>?&*\"'' 1111* ItlMllIIIM ?!M* 1**4 ^'1 Jean-François Lisée PARIS EXPO 89 fin 5 un reve .peuiMêtrè'¦ ,pri$ 'uw Les petites barques de Tadoussac cancer, que tu peux perdre ta Job ou te faire passer par-dessus la tête pour une promotion.Quand tu travailles, tu ne penses jamais à ces choses-là.\u2014 Parlé pour toi.Tu rencontres du monde, tu sors, tu manges au restaurant presque tous les midis, tandis que moi.c'est toujours les mêmes quatre murs.Moi, c'est en vacances que j'oublie mes problèmes.J'ai beéoin de changer de décor.\u2014 Y avoir pensé, on aurait pu déménager le 1er juillet.\u2014 Fais donc pas de farces plates! Tu sais bien que c'est nécessaire de prendre des vacances.\u2014 Ah! oui?Mon grand-père est mort à 94 ans et il n'a jamais pris une journée de vacances de sa vie.Les vacances, c'est une invention des syndicats.Quand t'as fait la grève pour avoir trois semaines de vacances payées, t'es bien obligé de les prendre.C'est la même chose pour les congés de maladie.Plus t'en as, plus t'es malade I \u2014 Tu me fais mourir! Les vacances*, c'est une pause dans le train-train quotidien, c'est un intermède dans la vie de tous les jours.T'admettras que les vacances, ça change le mal de place.\u2014 Pour ça oui.L'an dernier, au lieu d'avoir mal à la tète quand tu te couchais le soir, t'avais mal aux pieds.\u2014 Je comprends, j'ai jamais tant marché.Cet été, je vais me contenter de m'étendre sur la plage.Tu ne me verras pas lever le petit doigt.Comme lorsqu'on est allé à Cape Cod.\u2014 Autrement dit, je fais mieux de dormir.\u2014 Pourquoi dis-îu ça?\u2014 À Cape Cod, si tu te souviens bien, il n'y avait pas moyen de te toucher à cause de ton coup de soleil.\u2014 Tu t'es pas ennuyé pour autant que je sache: t'as bu comme un Polonais.\u2014 Du «bourbon», c'est dè-gueulasse.Cett9 année, je trouve vraiment qu'on devrait rester ici.\u2014 À faire quoi?\u2014 Je pourrais peinturer le matin et, l'après-midi, j'irais tirer quelques balles de golf.\u2014 Quand je te demande de bri- ; coler en fin de semaine, t'es toujours trop fatigué et tu voudrais gaspiller tes vacances à peinturer I À t'entendre, on jurerait que c'est un vrai martyre de prendre des vacances avec moi.Quand je pense qu'un honnête homme travaille d'arrache-pied durant 49 semaines d'affilée pour se retrouver durant trois semaines en tête-à-tête avec sa femme! Depuis que les vacances sont obligatoires, pas étonnant que le taux de I divo^anec^e^a^fneiite/j;,;,\\^t Ils sont cinq: Alain Labelle, Armand Martel, Claude Archam-beault, Daniel Parent et Daniel Lefebvre, à flirter avec la rivière Saguenay et ses rives, à lui arracher délicatement ses secrets pour en faire bénéficier les touristes québécois et étrangers en mal de dépaysement et de vie sauvage.L'association s'appelle «Les Petites Barques» et a son siège social \u2014 tout petit \u2014 à Tadoussac, point de départ de ces longues randonnées sur l'eau.L'heureuse initiative revient à Daniel Lefebvre qui, il y a six ans, a récupéré aux insulaires de l'Ile-aux-Coudres et de lïle-aux-Grues des barques dont on se servait autrefois pour transporter les voyageurs, sacs.de courrier, vivres et morts.Des barques donc, et pas n'importe lesquelles! Appelées aussi «canots d'hiver», puisqu'elles pouvaient aussi bien naviguer sur les glaces, elles reliaient les gens des Iles au continent.Ce n'est que depuis quelques années qu'un traversier accomplit la même fonction quotidiennement.Ces «canots d'hiver» dont on se servait alors pour cette traversée \u2014 qui n'avait rien d'un jeu d'enfant \u2014 mesurent une vingtaine de pieds de longueur; pointues aux deux bouts, elles sont soigneusement construites en merisier ou en chêne.Afin de faciliter leur halage et leur glissement sur les glaces, leur qu'Ile est recouverte d'une large ferrure et elles sont munies de cables les «anibines», que les «traverseux» pouvaient passer par-dessus leur épaule.Ce sont des barques comme celles-là que Daniel Lefebvre découvrit, échouées sur le rivage, un jour d'été.Il avait enfin trouvé l'embarcation idéale pour concrétiser son projet de remonter doucement le Saguenay.en compagnie des membres de l'Auberge de Jeunesse de Tadoussac.Voilà longtemps qu'il cherchait un moyen de navigation adapté à la fougue du Saguenay et à ses rives sauvages et mystérieuses.Il ne voulait pas de gros bateau, ni de canot en fibre de verre \u2014 pas assez fort pour lutter contre les hautes vagues \u2014 et surtout pas de canot motorisé! Aujourd'hui, «Les Petites Barques» accueillent, pour une fort modique somme d'argent \u2014 150* par personne \u2014 tous ceux qui désirent vivre une expérience qui sort de l'ordinaire.Dix personnes par voyage, réparties en deux barques, se côtoient de très près cinq jours durant et se sentent comme des lutins perdus sur l'immensité des flots.Daniel Parent, l'un des quatre guides des «Petites barques», a 26 ans, le geste lent et précis du pêcheur, le regard scrutateur du loup de mer.» Vit >, ti.s ipai y r« ).*ta o V ¥ V PLEIN AIR Simone Piuze «Il s'agit en fait, dit-il, de remonter le Saguenay et de tâter les marées du fjord.On part en barque afin de pénétrer, sans la violer, une nature qui respire encore.A ceux qui le rencontrent intimement, le Saguenay procure des plaisirs uniques.Celui, par exemple, de prendre des bains de glaise à l'Anse-à-Gagnon.Habituellement, on y arrive à marée haute; quand la mer se retire, une grande batture de glaise très douce apparaît alors.Si le soleil chauffe, on se met à prendre de folles glissades et à se recouvrir de cette glaise tant recherchée! C'est l'euphorie totale, le délire! À côté de l'Anse-à-Gagnon, se trouvent les grottes de l'Ile Coquart.Des grottes à cavités bizarres qui servaient de refuges aux Amérindiens en temps de guerre, il y a 300 ans.La Société historique y a même découvert des ossements! L'Anse-à-Da-vid.l'Anse-aux-petites-lles.Baie Ste-Marguerite où la pêche est abondante, le Cap Éternité \u2014 aussi beau que son nom l'indique \u2014.le Cap Trinité dominé par une statue de la Vierge érigée en 1881 par un voyageur reconnaissant qui avait failli périr.Autant de lieux à explorer en compagnie de gens qui deviennent vite des amis.Dresser la tente, cuire le repas préparé en commun sur un bon feu.écouter la chanson reposante des oiseaux, dormir paisiblement en respirant un air très pur.marcher en forêt, puis ramer à l'unisson comme le faisaient les Indiens, voilà une riche expérience à tenter! Souvent, continue Daniel, on a la chance de se faire escorter par des bancs de marsouins qui jamais ne bousculent la barque.Notre rythme régulier semble leur plaire! Les marsouins sont peut-être moins cruels qu'on ne le croit.» Sachant qu'ils devront naviguer sur plus de vingt kilomètres, les rameurs s'arrêtent souvent; c'est-à-dire en fonction des points d'eau non salée.Chaque nom des endroits visités à son histoire, toutes plus savoureuses les unes que les autres.Passe-Pierres s'appelle ainsi parce que nos ancêtres qui accostaient leur goélette à cet endroit avaient l'habitude de prendre des pierres pour y construire le quai, formant une chaîne jusqu'à I'embarcation.v.l'Ile Coquart.porte n le ttomi'tf'uriipremier colortV tandis .que le Cap Trinité, lui, est fait de trois élévations.Les guides se font un devoir de connaître chaque histoire et de la raconter aux voyageurs.Tout comme ils se font un devoir également de scruter le ciel et la mer afin de prévoir, par exemple, les orages! «Quand il pleut, dit Daniel Parent, il n'est pas facile d'être dehors.Cependant, partir pour une durée de cinq jours sur l'eau, c'est accepter de vivre au rythme et au gré des éléments.» Et le guide de parler de feu qui réchauffe et réconforte et de la fraternité qui grandit à mesure qu'on est ensemble.«Ceux qui ont participé à l'expédition, dit-il.en reviennent souvent le coeur gros de devoir se séparer.» «Les Petites Barques» sont devenues tellement populaires, qu'on entreprend maintenant des voyages de dix jours, soit de Tadoussac à Chicoutimi, avec plusieurs escales.Durant ces longues expéditions, les voyageurs peuvent s'adonner à l'étude des oiseaux marins, fort nombreux sur le Saguenay.surtout au printemps.Canards, oies, bernaches.huards et hérons sont alors observés, photographiés, admirés par ces «nouveaux Indiens» aux yeux curieux.Bientôt, un cerf-volant-remorqueur \u2014 invention folle, amusante et fort utile \u2014 allégera la tâche des rameurs.«Il s'agit, explique Daniel Parent, de gréer la barque d'un cerf-volant qui la tire en quelque sorte.Évidemment, il nous faut étudier la direction des vents et leur intensité, avant d'utiliser le cerf-volant remorqueur qui n'est pas encore tout à fait au point.;2 mais qui le sera d'ici quelques an- c nées.Un plaisir à venir qui hante * mes rêves! Pour l'instant, je ne ^ l'utilise qu'à titre expérimental.^ En général, le vent est favorable dans une proportion de trois jours m-sur cinq, lors des voyages organi- r-sés par les Petites Barques.Ce qui c/> veut dire que les voyageurs «sorti- > ront» les rames quand le vent ne m sera pas assez fort».2 Mais comment fonctionne-t-il ^o donc, ce fameux cerf-volant inusi- £ té?F Constitué de cylindres où pénè- m tre le vent, de tissus et de cordes._ il s'élève à plus de deux cents g pieds dans les airs, tirant la bar- w que et ses occupants qui n'ont alors plus besoin de ramer.Et le tour est loue! \u2022 \u2022 1 \u2022 \u2022 ¦ - ?*0 Bas Saint-Laurent pays de vivre la joie oo LU \u2014J o 5 LU < < UJ QC Z o e Bas Saint-Laurent, pays de la joie de vivre, pays de captivantes légendes.Il Ifaut un jour entendre raconter l'histoire de «I'Islet au Massacre» au Bic, ou celles du «Père Cotton » à Kamouraska, de la «Bête du Lac» et des «Petites Flammes» au Transcontinental, des récits qui font partie intégrante du patrimoine.Et celui du Bas Saint-Laurent est particulièrement riche et fascinant.Dans ce milieu sympathique, il fait plaisir de rencontrer des travailleurs qui ont hérité de leurs ancêtres du goût des choses bien faites.Ils sont agriculteurs, navigateurs, artisans, travailleurs de la forêt et, plus récemment, bergers.Mieux qu'en plusieurs autres regions du Québec, le vaste hinterland du Bas Saint-Laurent est bien développé.Sur le littoral on pèche bien sûr, mais sur les plateaux intérieurs on cultive, on fait de l'élevage, on coupe du bois et on construit ou fabrique toute une variété de produits.C'est donc une erreur de croire qu'on a visite le Bas Saint-Laurent lorsqu'on a tout bonnement franchit Sa route du littoral t| faut souvent aller vers l'intérieur, chercher un peu.Les découvertes sont souvent étonnantes.La bergerie des Lavoie Près de Saint-Alexandre.Robert et Dorothée Lavoie font l'élevage de l'agneau et une petite visite chez eux est surprenante.Le samedi soir, à la belie saison, les Lavoie reçoivent et c'est à 30, souvent à beaucoup plus, jusqu'à 125.que les touristes partagent le méchoui dans une atmosphère détendue.La camaraderie est joyeuse et l'agneau délicieux.On peut visiter les installations de la ferme et se familiariser avec les techniques traditionnelles du traitement de la laine.À Saint-Simon, Bernard et Fran-cine Vachon ont ajouté à ces méchouis populaires une dimension didactique.Sur leur magnifique ferme, le visiteur peut faire des stages de formation sur «les gestes oui nourrissent», «les plantes qui guérissent» ou sur «l'usage du micro-ordinateur domestique».Ce centre unique s'appelle «La Maison Bleue» et constitue une éclatante démonstration de ce que l'imagination et l'enthousiasme peuvent faire de mieux.À Saint-Clément, un moulin à eau fonctionne toujours et on y moud encore le grain.Près de Saïnt-Pacôme, les amateurs de golf trouveront grand piai- v:vv:'' sir à tâter les verts du club de golf La Pruchière.tout en collines.À Pohénégamook.la base du plein air y est sans aucun doute la mieux organisée du Québec: l'animation y est exceptionnelle et l'hébergement très varié.Des chalets sont à la disposition des familles, il y a des camps communautaires et on peut y pratiquer le camping.en plus évidemment de toutes les activités de plein air, en été comme en hiver.À Cabano, il y a un très beau port de plaisance et le grand lac Témiscouata est tentant pour tous ceux qui aiment tirer de la voile.À Saint-Louis-du-Ha!-Ha! on peut visiter le tout nouvel observatoire astronomique.Le JAL Mais la plus belle surprise de larrière-pays, c'est probablement le JAL qui l'offre au visiteur.Le JAL c'est le regroupement de trois villages: Saint-Juste-du-Lac.Au-clair et Lejeune, regroupement d'une population fermement décidée à ne pas laisser mourir leurs villages, conoamnés en 1971.La population alors prend en main son avenir et organise plusieurs activités économiques axées sur les ressources du milieu, le tourisme et le plein air.Michel Grégoire anime le groupe et lès résultats, après seulement quelques années, sont impressionnants: 300 kilomètres de sentiers, des relais bien organisés, une animation hors-pair, une écurie de 70 chevaux qu'on peut réserver à l'heure ou à la semaine, une érablière, un circuit de canot-camping À Sàirit-Mfchel-dé-Squatec,' les spéléologues avertis (et vraiment avertis, il ne s'agit pas d'une balade du dimanche), peuvent s'aventurer dans la caverne du «Trou des Perdus», une succession de galeries de 200 mètres, en pleine forêt.Et ceux qui rêvent d'une belle excursion de pêche pourront «piquer une pointe» jusqu'à la réserve Duchénier ou encore jusqu'à la Réserve faunique de Rimouski.C'est plein de lacs et de rivières, et c'est bien organisé.Le littoral du fleuve Les villes et villages du littoral sont mieux connus: La Pocatière, Rivière-Ouelle, Kamouraska.Ri-vière-du-Loup, Cacouna, Trois-Pistoles.Le Bic, Rimouski.Pointeau-Père.Une visite des installations de Bombardier, à La Pocatière, aide à prendre conscience de l'importance d'une société dont on entend par ailleurs beaucoup parler.À Kamouraska, c'est toujours avec un peu de nostalgie qu'on peut vivre, ne serait-ce que quelques heures, dans ce beau village, certes le mieux conservé de tous les villages historiques du Québec.À l'entrée ouest du village, on visite !a maison Langlais où a été tourné le film «Kamouraska» et au quai, la goélette en bois «Monica L.» qui servi! au tournage de la série «Rue de l'Anse».Tout près, la découverte des aboiteaux, installés sur la grève pour contrôler le drainage des terres et les protéger des fortes marées, constitue une expérience unique.Et là encore, la reconstruction de ces aboiteaux (des,sor-., tes de digues faites de pieux 'et munis de grandes vannes) est un bel exemple de réalisation collective: ce sont les 21 cultivateurs directement visés qui ont formé la Corporation de la Seigneurie des Aboiteaux pour aménager le territoire et I administrer.On y retrouve maintenant 77 espèces d'oiseaux et les «marais salants» constituent une activité touristique bien contrôlée.À Saint-Patrice, il y a un beau terrain de golf de 18 trous et à Ri-vière-du-Loup, important carrefour commercial, administratif, judiciaire et éducationnel, un bateau-passeur assure la liaison avec Saint-Siméon, sur la rive nord du fleuve.Cacouna est aussi un très beau village dont l'architecture est remarquable.C'est surtout cependant un centre balnéaire important.Les baleines bleues À Trcis-Pistoles, le bateau-passeur «Le Gobelet d'Argent» peut vous amener aux Escoumins ou encore tout bonnement vous conduire sur le fleuve, sans destination précise, à la recherche des grandes et belles baleines.C'est le bateau qu'utilise Via Rail pour compléter son forfait de trois jours à partir de Montréal à la «chasse» aux grands mammifères.Si l'aventure, plus personnalisée dune balade «rien que pour vous» vous attire davantage, trouvez Marc-André Bélisle.M va vous amener aux îles Razades et à l'île aux Basques.Et si vous avez un peu de chance, peut-être que papa Bélisle sera de la partie.Adrien est un raconteur comme il ne s'en fait presque plus, et il raconte des choses extraordinaires.qui guel-qùe£ fois ' sé sont effectivement produites.I I * i III I « l 11 % i à * 4 4 4 4 i Et si en passant vous rencontrez un jeune homme ou une jeune fille avec un drôle d'accent et qui insiste pour parler français, répondez-lui en français: l'Université Western Ontario a choisi cette ville pour y tenir, l'été, ses classes d'immersion en langue française.Au Bic.les amateurs peuvent jouer l'un des plus beaux 18 trous de la province et le camping municipal, situé au coeur des montagnes du Bic, abrite un théâtre d'été.Il ne restera plus, pour compléter cette belle virée dans le Bas Saint-Laurent, que de faire une pause à Rimouski pour aller «jigger» la morue, visiter à Pointeau-Père le Musée de la Mer où il est possible de voir les vestiges de l'Empress of Ireland et d'y entendre les récits, quasi incroyables, d'un épouvantable naufrage.Pour obtenir plus d informations sur les possibilités touristiques qu'offre la région du Bas Saint-Laurent on peut téléphoner de Montréal au 873-2015 et de partout ailleurs au Quebec, sans frais, au 1-800-361-6490.?Se loger, se nourrir Aucun problème à se bien loger et nourrir dans le Bas Saint-Laurent.Les établissements sont nombreux et plusieurs d'entre eux ont pris les moyens de se démarquer des formules habituelles.C est ainsi que l'agneau et les poissons souvent un peu négligés (esturgeon et anguille par exemple) sont offerts aux premiers choix des visiteurs.\u2022 Les Sorbiers, nouveau restaurant à l'entrée ouest du village du Bic.sert l'agneau et les poissons, /von Poirier et Denise Dufour vous accueillent.On peut y manger copieusement pour 15 ou 20 $ par personne.Table d'hôte.\u2022 L'auberge Saint-Simon, à Saint-Simon, est dirigée par Alain Choinière qui a largement contribué à mettre en place le réseau La Barouche, des auberges qui favorisent les produits locaux, à prix populaires.Six chambres à l'étage, toutes meublées différemment de beagx meubles de bois.y \u2022 Auberge Ste-Luce, 52 rue du Bord du Fleuve, à Sainte-Luce-sur-Mer, fait une très bonne fondue de fruits de mer.Plusieurs autres établissements ont une table intéressante: les hôtels Saint-Louis de Ri-mouski et de Rivière-du-Loup.Le Manoir Saint-André à Saint-André-de-Kamouraska où Emi-lien et Cécile Morel savent faire l'esturgeon et l'anguille.Le motel Lévesque, à Rivière-du-Loup.a fait, dit-on, des progrès remarquables et l'Auberge Marie-Blanc, à Notre-Dame-du-Lac.vaut la visite de l'arrière-pays.Sur le littoral, il se trouve près de 125 hôtels et motels répondant aux goûts et aux moyens financiers des visiteurs d'à peu près toutes les conditions.La proximité d'un plan d'eau ajoute souvent au charme de ces établissements.Sur les terrasses et le plateau, s'ajoutent une cinquantaine d'hôtels et de motels ainsi qu'une bonne douzaine de terrains de camping.Deux auberges de jeunesse accueillent les visiteurs à Rivière-du-Loup et à Rimouski.Le réseau Vacances-Familles est très bien organisé dans le Bas Saint-Laurent.Mais la région s'est fait une spécialité de recevoir sa «visite» dans des fermes d'hébergement particulièrement bien adaptées à ce genre d'activité.Comment s'y rendre La région touristique du Bas Saint-Laurent est bordée au nord par le fleuve Saint-Laurent, au sud par le Nouveau-Brun s-wick et la frontière américaine du Maine, à l'est par la Qaspésie et à l'ouest par la région touristique du pays de l'Erable.Elle s'étend de La Pocatière à Samte-Luce-sur-Mer inclusivement.On s'y rend: \u2022 Par terre: de Montréal et de Québec on atteint le Bas Saint-Laurent par l'autoroute 20 ou la route panoramique 132.La Pocatière est à 111 kilomètres de Québec et à 347 kilomètres de Montréal.Par eau: des traversiers font la navette entre Saint-Siméon et Rivière-du-Loup depuis Charlevoix, et entre Les Es-coumins et Trois-Pistoles depuis la Côte-Nord.CtxouruiVi\"'\u2014 Oitmté* SoJnt-ArsèfW Samf-MkhoWu-Squal* Kamouroska La Pocatière Activités «\u2014 La descente de la rivière du Loup (début juin).\u2014 Les.douze heures de Cabano (fin juin).\u2014 Le Festival des Gens Heureux de Saint-Eusèbe.\u2014 Les Régates annuelles de voile de Dégelis.\u2014 Le Festival Western de Saint-Arsène (deuxième semaine de juillet).\u2014 Le Festival des îles de Trois-Pistoles (mi-juillet).\u2014 Les Fêtes champêtres de Le-jeune (mi-juillet).\u2014 Le Festival Ponik de Saint-Eu-léthère (mi-juillet).\u2014 Le Festival aquatique du Té-miscouata, à Cabano (mi-juillet.\u2014 La Fête des Anciens de Saint-Elzéar (fin juillet).\u2014 Le Festival du Blé dinde de Rivière-Bleue (fin juillet).L'Expo Agri-Loup de l'isîe-Verte (fin juillet.Le Cavalcade Western de Dégelis (début août).Le Tour de l'île Notre-Dame, à Notre-Dame-du-Lac (début août).L'Exposition régionale agricole commerciale de Rimouski (début août).L'Exposition agricole du Ka-mouraska (début août).Le Festival populaire du «bouilli» de Saint-Pascal (deuxième semaine d'août).Le Festival forestier de Squa-tec (deuxième semaine d'août).La Maréchante.à Sainte-Luce (mi-août).- L'Exposition agricole, commerciale et industrielle de Notre-Dame-du-Lac (mi-août).Cet été, au Québec, c'est super! Québec » i i ?i ?% » » > i i \u2022 \u2022 \u2022 ' Dieu-le-Père l'ordinateur et vous 5 our ceux qui en ont assez de donner (ou d'entendre) toujours la même vieille liste de réponses banales à l'éternelle question iMais qu'est-ce qu'on peut faire d'un ordinateur à la maison?», voici une réplique qui sort quelque peu de l'ordinaire: «L'ordinateur chez soi?Mais ça sert à jouer à Dieu-le-Père, voyons!» Et le plus drôle, c'est que c'est littéralement vrai.Je connais au moins trois méthodes qui permettent de «créer» des êtres originaux et de les faire vivre sur des ordinateurs domestiques.Des êtres qui peuvent avoir des caractéristiques physiques ou mentales bien diverses, et même des degrés variés d'«intelligence».Je ne parle pas ici de robots, qui sont des êtres mécaniques habituellement complexes et coûteux, hors de la portée de l'amateur moyen (quoique cela pourrait changer bientôt, si la tendance actuelle, telle qu'on la trouve par exemple dans le HERO de Zenith, se poursuit).Ce dont je veux parler, c'est de «créatures virtuelles» qui n'existent que sur I écran de votre ordinateur, et qui ne coûtent rien sauf peut-être le prix du programme qui permet de les «fabriquer».Cela va du plus simple, les «cellules» du jeu de la vie («Life») de John Conway, en passant par les «gladiateurs» du jeu Robotwars.jusqu'aux créatures alpha et beta de David Heiserman.À mon avis, ce genre d'activités est particulièrement bien adapté 0 aux micro-ordinateurs domesti-o ques pas chers du genre Timex- - Sinclair 1000 ou Vic-20, car s'il - exige beaucoup de calculs, il de-j mande assez peu de mémoire et 5 aucun périphérique coûteux du IJ genre lecteur de disques ou impri- - mante.2 Et je connais peu d'occupations £ aussi fascinantes, pour peu que -5) vous soyez un peu curieux, que la j-conception d'êtres «vivants» par < eux-mêmes que vous lancez dans a: des environnements variés et que Z vous regardez ensuite se débrouil-O 1er hors de votre contrôle, face à ^ des situations que vous n'aviez to pas prévues.?La vie en deux dimensions \u2022 «Lttenfc'est' un* divertissement'à ^6ase mathématique inventé vers L'AN 2000 Yves Leclerc 1970 par le Britannique John Conway, et qui ne peut se pratiquer réellement que sur ordinateur.Il consiste à poser un «univers» à deux dimensions composé de carrés identiques placés comme sur du papier quadrillé.Occupant ces «cases», on trouve un certain nomore de «cellules» dont la seule activité est de naître, mourir et ressusciter, selon un ensemble de règles très simples: \u2014 Si une cellule a plus de trois voisines immédiates, elle meurt étouffée.\u2014 Si une cellule a deux ou trois voisines immédiates, elle survit.\u2014 Si une cellule a moins de deux voisines immédiates, elle meurt d'isolement.\u2014 Si une case vide est entourée d exactement trois cellules vivantes, une nouvelle cellule y naît.À partir de ce simple ensemble de règles, il peut se développer devant vous un nombre quasi infini de motifs passionnants.Certains assemblages de cellules sont stables, c est-à-dire qu'ils ne changent pas d'une «génération» à la suivante.Exemple: un bloc de quatre cellules en carré, où chacune a trois voisines et donc survit d'une fois à l'autre.D'autres assemblages se déplacent graduellement à travers l'écran: on les appelle des «vaisseaux», des «navettes» et des «glisseurs» selon leur type de mouvement.D'autres encore alternent d'un état à l'autre en deux («clignotants») ou plusieurs («quasars») générations.Enfin, certains continuent à évoluer de façon irrégulière jusqu'à ce qu'ils disparaissent ou se stabilisent.Dans «Life», on n'a aucun contrôle sur le comportement des cellules, seulement sur leur disposition initiale.Dans le jeu commercial de «Robotwars» pour Apple II.par contre, on peut «dessiner» et programmer des «combattants» virtuels possédant des caractéristiques bien précises, un peu à la façon dont se programment les petits camions et chars à pile vendus chez Radio Shack.Pour ce faire, on utilise un langage de programmation simplifié, basé sur l'anglais, qui permet de déplacer un robot, de le faire pivoter et de le faire utiliser son «radar» et son «laser» pour détecter et détruire ses ennemis.\u2022 Avec ou sans mémoire.>.Pour moi, .ta>.trtotefei7ievde:#oe&i techniques de conception de «créatures virtuelles» est de loin la plus intéressante.Je l'ai découverte récemment dans un livre de David Heiserman intitulé « Projects in Machine Intelligence for your Home Computer» (Tab Books).Elle consiste, un peu comme dans «Life», à placer des organismes unicellulaires dans un univers bidi-mensionnel, mais cette fois, ces organismes se déplacent, et vous pouvez leur donner le degré d'«intelligence» et d'«agressivité» que vous voulez.En échange, à moins que vous ayez un ordinateur Apple Il ou TRS-80 modèle I ou III, cela va vous demander un peu de programmation en langage BASIC.Heiserman imagine un univers rectangulaire aux dimensions de l'écran, clos par une barrière impénétrable.À l'intérieur, vous placez de une à une dizaine de «créatures» qui se déplacent en ligne droite jusqu'à ce qu'elles rencontrent un obstacle.Là.selon leur degré d'agressivité, elles changent de direction au hasard ou tentent de dévorer l'obstacle.Si ce dernier est la barrière, elles n'y arrivent pas et doivent trouver une autre solution.Si l'obstacle est «dé-vorable» (par exemple une autre créature), elles peuvent l'éliminer et poursuivre leur route.Il y a deux types de créatures, celles sans mémoire (qui s'en remettent chaque fois au hasard) et celles avec mémoire.Dans ce dernier cas, on parle de créatures beta, qui peuvent se rappeler la solution trouvée la dernière fois dans des circonstances similaires, et tenter de l'appliquer.Au début, les deux types de créatures fonctionnent de la même façon, mais à mesure qu'on avance, les beta deviennent de plus en plus adroites, alors que les alpha ne changent pas.Encore une fois, les «règles du jeu» sont très simples, mais je vous assure que ce qui se passe sur l'écran offre une apparence de vie hallucinante: au début, on dirait des mouches prises dans un bocal; à la fin.une fourmilière bien organisée.J'avais commencé à ouvrir le livre d'Heiserman «pour y jeter un coup d'oeil» l'autre vendredi soir.J'y suis resté plongé jusqu au lundi matin! Donc, quand vous ne saurez pas trop quoi faire de votre ordinateur maison la prochaine fois, la solution .os t .si mp; a; .jouez, èiâ Dieu-le-.Père.?Votre prochaine voiture: ans l'industrie automobile, c'est en 1977 que s'est fait sentir le premier contrecoup de la désormais célèbre crise de l'énergie.Cette année-là, Detroit avait inventé un mot, «downsizing», pour décrire une nouvelle génération de voitures plus petites, plus légères et, forcément, plus économiques.Avec ses nouvelles «grandes» voitures de format réduit, General Motors venait de mettre un terme à une longue tradition.L'époque des voitures toujours plus longues, plus lourdes et aux chromes rutilants avait pris fin et, désormais, la publicité mettrait plutôt l'accent sur les avantages reliés à des dimensions plus étroites.Ford et Chrysler ne tardèrent pas à suivre le mouvement et en quelques années toute la production automobile américaine s'était mise à la diète.On savait toutefois que ce processus de conservation de l'énergie ne s'arrêterait pas là et, après les voitures, ce fut au tour des camionnettes de passer au couteau.Depuis deux ans, les constructeurs américains sont en mesure de résister à la concurrence japonaise sur le marché des mini-camions et on peut même dire que, pour une fois, ils ont réussi à faire mieux que leurs rivaux.Cette année, les véhicules à quatre roues motrices, dont les ventes étaient fortement à la baisse, sont venus se joindre au contingent des minis et les récents Blazer (GM) et Bronco Il (Ford) ont relancé l'intérêt pour ce type de véhicule en se montrant à la fois plus agiles et plus économiques.Ce vaste programme de miniaturisation n'est toutefois pas encore tout à fait terminé et la prochaine étape pourrait bien être la plus importante si Ion tient compte des répercussions qu'elle risque d'avoir sur le marché de l'automobile.L'année 1984 marquera le début de l'ère des mini-fourgonnettes et il ne faudrait pas se surprendre de voir ces véhicules recruter une toute nouvelle clientèle.Jusqu'à maintenant, les fourgonnettes, sans doute mieux connues sous leur appellation anglaise de «vans», étaient confrnées à un rôle plus souvent utilitaire.Elles servaient de mini-bus ou de véhicules de livraison et leurs dimensions encombrantes alliées à une instabilité peu rassurante sur la route ainsi qu'à une consommation élevée et à un agrément de conduite inexistant ne leur permettaient pas d'empiéter tellement sur le territoire de la traditionnelle voiture de tourisme.Si j'en juge par de récents essais et par ce que l'on sait déjà des futures mini-fourgonnettes, la situation pourrait être très différente dans un proche avenir.Il y a fort à parier que ce type de véhicule arrivera dans bien des cas à se substituer à la voiture conventionnelle.Son principal attrait est sa très grande polyvalence qui lui donne une triple vocation.La mini-four- La mini-fourgonnette Tl 15 que Chrysler lancera à l'automne sous les noms de Plymouth Voyager et Dodge Caravan.De dimension comparable a une Le Baron, elle peut transporter 7 personnes et elle utilise la traction avant:,: -.\u2022';\u2022*.> i .bfc -V(>.\u2022«\u2022'.\u2022.1 nctj&l us iièh CONDUIRE Jacques Duval une mini-fourgonnette?gonnette se conduit aussi facilement qu'une automobile et son volume intérieur se situe à mi-chemin entre celui dune familiale et d'une fourgonnette standard.Grâce à la traction avant et à un meilleur aérodynamisme, on a réussi à améliorer la stabilité directionnelle etrutilisation de moteurs 4 cyl.ramené la consommation à un niveau très acceptable.En somme, ces véhicules adoptent un caractère beaucoup plus civilisé qui leur ouvrira de nouveaux horizons.Chrysler premier C'est Chrysler qui sera la premier constructeur américain à exploiter les possibilités de ce nouveau marché en présentant dès l'automne prochain sa «mini-van» T-115 qui sera commercialisée par Plymouth et Dodge sous les noms de Voyager et Caravan.Lors d'une conférence de presse le printemps dernier, le président de Chrysler Lee lacocca s était montré très optimiste sur les chances de succès de ce qu'il appelle la première «garageable van» de fabrication nord-américaine.Plus courte qu'une Chrysler Le Baron familiale, la T-115 peut effectivement se loger dans un garage conventionnel tout en offrant suffisamment d'espace pour 5 à 7 personnes.Une avant-première de ce modèle a permis d'apprécier non seulement ses dimensions pratiques mais également son vaste espace intérieur et surtout sa maniabilité par rapport aux fourgonnettes actuelles.Ces dernières étaient aussi défavorisées, tant sur le plan de l'esthétique que de la sécurité, par un capot avant très court qui les rendait très vulnérables en cas d'accident tout en leur donnant des lignes carrées assez rébarbatives.Les nouvelles minifourgonnettes possèdent un capot avant plus long très sécurisant qui contribue aussi à créer un style plus élégant.Détail non négligeable, elles offrent un espace de chargement qui peut aller jusqu'à 125 pi3.Soulignons enfin que les Voyager et Caravan seront dotées du fameux moteur 4 cyl.de 2,2 litres que Chrysler met à l'épreuve depuis déjà quelques années dans ses modèles K et qui s'est avéré très fiable.Et les Japonais.Même si Chrysler sera le premier à commercialiser une minifourgonnette en Amérique du Nord, ce type de véhicule existe déjà au Japon et !e constructeur 'ÈË* .La mini-fourgonnette Datsun Prairie est dérivée de la Sentra du même constructeur.Importé uniquement a des fins d'étude de marché, il n'est pas question pour l'instant que ce soit commercialisé au Canada.américain a bien failii se faire couper l'herbe sous le pied par Nissan.Cette firme a en effet dévoilé il y a environ un an une mini-fourgonnette, La Prairie, et seules les restrictions touchant l'importation des voitures japonaises l'ont empêché d'offrir ce modèle aux États-Unis et au Canada.Nissan-Canada a même importé l'un de ces véhicules afin de se livrer à une étude de marché et bien qu'il ne soit pas question pour l'instant de le mettre en vente, j'ai eu le privilège d'en faire l'essai récemment.C'est d'ailleurs en circulant au volant de ce véhicule inusité que j'ai eu l'occasion de me rendre compte de l'intérêt que suscitait la mini-fourgonnette.Celle-ci pourra naturellement se prêter à de nombreuses activités de loisir (ski, pêche, chasse, camping, etc.) mais, parmi ses multiples usages, il est certain qu'elle pourrait devenir la voiture-taxi par excellence grâce à son vaste espace intérieur, sa faible consommation et son encombrement réduit.Sauf en hauteur, la Prairie a pratiquement les mêmes dimensions que la Nissan Sentra dont elle est dérivée et son poids de 980 kg est à peine plus élevé.L'utilisation de la traction avant a permis d'obtenir un plancher abaissé et plat sur toute la longueur de la cabine.En plus, l'espace intérieur est maximisé par l'absence de montant central entre les portes et, à l'arrière, celles-ci s'ouvrent latéralement au moyen d'un système à glissière.Comme toujours dans la production japonaise, le souci du détail est étonnant.Ainsi, la petite trappe donnant accès au réservoir d'essence étant située dans la trajectoire de l'une des deux portes coulissantes, on a prévu un avertisseur sonore qui se fait entendre si l'on tente d'ouvrir cette porte au moment où l'on fait le plein.À l'intérieur, l'habitabilité est exceptionnelle et même un joueur de basketball n'aurait pas à se plaindre d'un manque d'espace pour la tête ou les jambes sur la banquette arrière.Cette dernière est évidemment escamotable, ce qui permet de bénéficier d'un espace impressionnant pour le transport de divers objets avec une hauteur disponible de 120 cm ou près de 4 pieds.Toutes ces qualités pourraient toutefois s'avérer plus ou moins intéressantes si la Prairie devait se comporter sur la route comme la majorité des véhicules utilitaires.Or, son confort, ses performances et principalement sa grande facilité de conduite contribuent à vous donner l'impression d'être au volant d'une voiture de tourisme tout à fait comme les autres.On est certes assis un peu plus haut mais on ne se sent pas dépaysé pour autant et une telle position de conduite vous permet de bénéficier dune excellente visibilité.Avec un petit moteur 4 cyl.de 1,5 litre développant un modeste 75 ch., on pourrait s'attendre à ce que la puissance soit un peu juste pour un véhicule appelé à transporter de lourdes charges.A vide, les performances relevées dissipent rapidement cette inquiétude et la Prairie possède notamment de très brillantes accélérations même si les rapports de la boîte de vitesses manuelle sont très longs.Quant à la consommation, la moyenne de 9,5 litres aux 100 km (30m/g) obtenue en cours d'essai fera rêver bien des propriétaires de fourgonnettes habitués à des 20 litres ou plus aux 100 km.Le contraste est tout aussi frappant sur la route alors que la Prairie se distingue par une excellente tenue de cap, une absence quasi totale de bruit de vent et par un comportement en virage très rassurant.Si l'on ajoute à cela un confort de suspension qui n'a rien à envier à celui de la plupart des sous-compactes, on peut même dire que cette mini-fourgonnette est fort agréable à conduire.À la lumière de cet essai, il apparaît évident que des véhicules comme la Nissan Prairie et les futures Voyager et Caravan de Chrysler sont destinées à connaître un immense succès.Ford et General Motors ont également l'intention de se lancer à l'assaut de ce nouveau marché très bientôt.De là à dire que votre prochaine voiture pourrait bien être une mini-fourgonnette, il n'y a qu'un pas.?La Datsua Prairie te distingue par ses portes coulissantes et l'absence de montants centraux.W Terrifiants, les soins intensifs! r SE SOIGNER Jai perdu mon père il y a deux ans, et ce fut l'un des pires moments de ma vie.J'ai eu l'envie de tout lâcher, de décrocher.Puis, je me suis ressaisi en médisant que je ne vivais pas une épreuve unique, car quoique Ion fasse, quelque soit l'attachement qu'on leur porte, la mort finit toujours par nous ravir ceux que l'on aime.Les derniers jours, pendant que la vie le quittait à petits pas, je ne pus, pour le réconforter, que lui tenir la main.Si j'évoque ces circonstances aujourd'hui, c'est qu'un ami a ravivé mes souvenirs en me racontant son propre drame aux soins intensifs.Voici son histoire.HI avait été admis dans un hôpital universitaire pour une opération à coeur ouvert.Frappé de complications post-opératoires, il reposait dans un état critique aux soins intensifs.Sa vie ne tenait plus qu'à un fil.«Bien sûr, m'a-t-il dit, je suis encore de ce monde grâce à la Claire Dutrisac Le bénévolat existe depuis longtemps.Sauf les très très jeunes, chacun a entendu parler, au Québec, de la «corvée» qui consistait dans l'union des hommes et des femmes d'un village pour prêter main-forte à des villageois victimes de désastres.Le bénévolat avait aussi et garde encore un visage moins structuré, moins spectaculaire, plus rpersonnel.C'était les menus services d'un individu à un autre.Mais avec les années et l'évolution de la société, il s'est encadré dans des «centres de bénévolat» qui sont co groupés dans l'Association des § Centres de Bénévolat du Québec.¦~ Ces centres oeuvrent dans di-uj vers domaines: dans les hôpitaux, =i les centres d'accueil (pour adultes ^ ou pour enfants) dans les familles a (popotes roulantes) dans les Cen-5 très de Jour, auprès des personify nés âgées à domicile, etc.Dans < certains cas, l'organisation est 10 subventionnée car il en coûte tou-h jours un peu d'assembler les bon-u± nés volontés, de les coordonner, »- même si leur travail reste absolu- g ment gratuit.1 Le maintien compétence du chirurgien et grâce aux moniteurs cardiaques.Je ne nie pas le dévouement et l'efficacité du personnel infirmier, mais quelle expérience déshumanisante qu'un séjour aux soins intensifs! J'en ai la chair de poule rien que d'y penser! J'avais des fils branchés dans les deux bras, un tube dans l'estomac et une sonde dans la vessie», poursuivit-il.«Tout le monde s'affairait autour de moi sans que je comprenne très bien ce qu'on exécutait.J'avais perdu la notion du temps; éclairage tamisé, clignotants électroniques hyptnotisants, je ne discernais plus le jour de la nuit.» La vie sauve, mais à quel prix! J'avais déjà entendu pareils commentaires au sujet des soins intensifs, mais ce sont ses dernières paroles qui attirèrent mon attention.«Peut-être sourirez-vous.mais un geste m'a secouru tout au VIEILLIR => à domicile °- Depuis qu'une politique de maintien à domicile a été adoptée ^ par le MAS (ministère des Affaires sociales) il y a trois ans, le bénévo- lat se trouve coincé entre les divers intervenants de ce secteur.C'est-à-dire les CLSC (centres locaux de services communautaires) dont c'est maintenant le plus gros programme, affirme I Association dans un mémoire remis au ministre Pierre-Marc Johnson, le 26 mai dernier, les DSC (départements de santé dans certains hôpitaux), parfois les Centres d'accueil eux-mêmes et les syndicats également qui y voient une menace pour leurs membres.Donc, d'un côté, des établissements publics, de l'autre des organismes bénévoles.Le mémoire soutient que le maintien à domicile implique l'insertion des personnes en cause dans leur milieu naturel de vie et d'appartenance.En effet, permettre à quelqu'un de rester chez lui mais coupé de toutes relations affectives et sociales est un non sens, une cruauté même! L'Association a joué un rôle à ce chapitre et entend le jouer encore.Mais elle désire qu'il soit clairement défini, afin d'éviter les heurts, et que l'autonomie des organismes bénévoles soit respectée.Deux réseaux parallèles L'Association soutient qu'il y a dédoublement plutôt que complémentarité entre le réseau public et le réseau de bénévoles.Par exemple, on laisse volontiers le bénévolat s'occuper des «popotes roulantes».Mais les activités comme long de cette sombre période.À chaque jour, un vieux médecin européen me rendait visite, et tandis qu'il me rassurait par des propos encourageants, il me tenait toujours la main.Je ne suis pourtant plus un enfant, mais j'avais froid et j'avais peur.Sa main chaude qui me serrait était mon seul lien avec le monde extérieur.Je lui dois de mètre accroché à la vie.» Pourquoi faudrait-il être embarrassé de ce geste de se faire tenir la main quand la médecine moderne a de quoi arracher les larmes au plus «vrai» des hommes?Indubitablement, la quincaillerie électronique sauve plus d'une vie, mais combien inhumaine et terrifiante apparaît-elle à celui qui la subit! Pa ailleurs, cet ami aurait pu insister sur un autre point: les médecins ont tendance à prescrire allègrement toute la batterie connue des tests pour évaluer la condition d'un patient.Mais combien se sou- Dr Gifford Jones cient d'examiner le malade dans leur bureau en premier lieu?Nombre de patients en revanche se fient uniquement à la quantité de tests commandés, et oublient que certains sont dangereux et carrément inutiles.Un exemple.Je reçus un jour une demande de consultation pour une femme qui souffrait de douleur pelvienne depuis quelques mois.Elle avait subi des analyses de sang et d'urine, des rayons X de l'intestin et été sondée aux ultra-sons.Tous ces tests avaient été prescrits sans examen gynécologique au préalable.Là résidait pourtant le problème, qu'une investigation de routine aurait repéré dès la première visite au bureau.Humaniser les soins les plus sophistiqués.Toutefois, quelques voix s'élèvent pour dénoncer la déshumani-sation de la médecine technologique.En Alberta, le Dr Hershfield a fondé une «association de la préservation de la médecine clinique»; il aurait pu l'appeler la «société de la préservation du bon sens»! Comme si l'examen clinique n'avait plus sa place, certains médecins commandent test par dessus test, lesquels n'ont souvent aucun rapport avec l'évolution de la maladie.Ainsi, dans certains hôpitaux, on radiographie quotidiennement les patients atteints de pneumonie.Ne guériraient-ils pas tout aussi bien sans cette vérification à tous les jours?Sans renoncer aux bienfaits chèrement acquis de la médecine électronique, il est bon de rappeler que les échanges entre médecins et patients ne doivent jamais céder la place aux machines et aux tests anonymes.Tenir la main d'un être en proie à un stress intense est un acte thérapeutique précieux.Il témoigne de l'engagement humanitaire de celui qui le pose.?Le bénévolat réclame respect et autonomie les escortes, les visites d'amitié, le transport et l'accompagnement semblent être prises en charge tour à tour par l'un ou l'autre réseau.Même phénomène pour l'entretien ménager, la fabrication de repas et les menus travaux.C'est une confusion à dissiper.On se parle très peu dans ce secteur.Quand relations il y a, elles sont basées sur du «cas à cas».Et parfois, non seulement l'action des deux réseaux est parallèle mais même compétitive.«Ainsi, souligne le mémoire, les auxiliaires voient les bénévoles comme des personnes qui, éventuellement, leur enlèveront leur travail.D'un autre côté, certains bénévoles croient que les auxiliaires ne conservent que des tâches dites de support moral, leur laissant les tâches plus lourdes, telles l'entretien ménager.» Enfin, «le rigorisme syndical exagéré à certains endroits rend difficile tout dialogue ou collaboration entre auxiliaires et bénévoles.» De plus, la situation varie d'une région à l'autre de la province.Il n'y a pas, dit l'Association, «de modèle uniforme d'actions menées par un établissement du réseau.» Et la différence de besoins de la population, d'un secteur à l'autre, ne justifie pas les très grands écarts existant entre les services offerts d'un centre de bé- névolat à un autre, ou d'un établissement à un autre.» Dans ce fouillis, l'usager ne sait où s'adresser: au DSC?au CLSC?au centre de bénévolat?L'Association va jusqu'à affirmer que «Si le CLSC devenait la pierre angulaire d'une politique de maintien, il risquerait d'en devenir plutôt la pierre d'achoppemenl.Car il pourrait entraver la renaissance de milieux de vie de qualité, l'insertion des clientèles visées et leur prise en charge par la communauté naturelle.» Et de rappeler les contraintes d'un CLSC: c'est un instrument étatique, alourdi par la bureaucratie et la syndicalisation des employés.L'Association s'oppose à ce que les CLSC soient chargés de développer les groupes d'entraide et de bénévolat en plus d'exercer un certain contrôle sur le financement du bénévolat via le CRSSS (conseil de la santé et des services sociaux) et sur la formation des bénévoles.«Ce serait, af-firme-t-elle, récupérer dangereusement l'action bénévole.» Elle conclut, et c'est sûrement la meilleure voie, à la nécessité de collaborer étroitement avec le bénévolat, celui-ci devant être considéré comme un partenaire à part entière.Bien sûr, le mémoire parle de concertation; cela coule-de source.Mais à ces tables, chacun, souvent, tire à hue et à dia.Nous n'avons guère, avouons-le, le sens de la collectivité.Sous la dépendance du CRSSS Chacun des centres de bénévolat dépend, pour son existence, du CRSSS local.Or, les critères d'al-iocation de subventions varient d'un CRSSS à un autre.Et l'Asso-ciaton accuse: «Certains d'entre eux nous apparaissent susceptibles de donner libre cours à l'interprétation, à de l'ingérence, et, à la limite, au «chantage».Au chapitre des subventions, l'Association se plaint de contrôles tatillons, créant une bureaucratie trop lourde à assumer pour le bé névolat.Le bénévolat se veut un agent de changement, dans la société.Une tâche de longue haleine, difficile à évaluer quantitativement.On propose donc certains critères comme la crédibilité de l'organisme du milieu, la satisfaction des bénévoles et des bénéficiaires.Les auxiliaires familiales, qui ont bénéficié d'une certaine formation, et l'aide domestique, qui disposent seulement de son habileté et de ses talents naturels, se sont déjà affrontées.Et voilà qu'entre les deux se retrouve la bénévole.C'est la pagaille.Il est temps de savoir qui fait quoi.Des définitions trop rigides ne vaudront guère mieux que la confusion actuelle.Souplesse, clarté, respect mutuel.que de qualités il faut pour arriver à aimer.? PHOTOGRAPHIER Antoine Désilets SB ¦ '*:w>.a v.¦ MM» ¦ .si-'* Nègres blancs.d'Afrique! imez-vous les plages?Moi, je les adore, au point où la première raison qui m'incite à appuyer tous les efforts de dépollution du Saint-laurent pourrait être l'éventuelle réouverture des plages qui entourent l'île de Montréal! En attendant ce jour béni, je me suis tout de même repris, pendant mon séjour en Afrique, sur celles de la région de Dakar, où nous allions souvent en joyeuse compagnie profiter du soleil, du sable et des occasions de bonnes photos, comme celle qui s'est présentée le jour où j'ai réalisée l'image de cette semaine.Pour mettre toutes les chances de mon côté, je me suis assuré de la collaboration de mes sujets et leur ai demandé de faire quelques allers et retours le long de la mer, entre le soleil et moi.Je leur ai expliqué, comme mon oncle Antoine le fait toujours, que cela me permettrait de les prendre en silhouette.«De vous faire paraître en noir sur un fond plus clair!» ai-je ajouté pour le bénéfice du benjamin de la bande, qui figure en tête de peloton sur la photo.«Comment tu vas faire?» m'a-t-il alors demandé.«Moi, rien! Mais la lumière du soleil qui frappe la mer est trop forte pour que ma pellicule puisse en même temps enregistrer son effet et celui de la lumière qui te frappe par devant.Ça va?On peut y aller?Pas tout de suite car ma fille Diane, quatrième en partant de la gauche, à qui j'avais maintes fois expliqué le pourquoi de la chose, tint à préciser que j'allais sous-exposer l'image.Je m'assurerais ainsi qu'ils ne seraient pas éclairés de front et je ferais le tirage sur papier no 3 ou 4 ¦èd pifiiw nu ?enatto aashnoa pour augmenter encore le contraste.Elle avait très bien retenu sa leçon car c'est exactement ce que j'ai fait.Cette silhouette a été réalisée à l'extérieur, sous te brillant soleil de la côte africaine, mais on peut en faire n'importe où, même à l'intérieur, chaque fois qu'il est possible de placer un sujet de façon à ce qu'il se découoe sur un fond bien éclairé alors qu'il ne reçoit lui-même que peu de lumière comparativement â ce fond.L'exposition se fait en ne tenant compte que de l'arrière-plan.^ ammec i&Wfoc i>i eïsû .«soins! Cette photo-ci a été réalisée au Nikon FE à travers un objectif 135mm, sur film Kodak Tri-X 800 ASA exposé 1 /1000 de seconde à f/16.Saviez-vous par ailleurs que la silhouette aurait été inventée par un ministre français du XVIIIe siècle nommé Etienne Sil houetie, qui s'amusait à faire des dessins en suivant les contours de l'ombre portée sur une feuille de papier par le profil d'un visage?Il faut croire que les politiciens de cette époque étaient plus artistes.ou moins occupés qu'aujourd'hui! .r C * 3 C 2 n r rr Ç < ç r-r~ rr.to POUR ÉCOUTER Je les entends déjà.Déguisés pour faire plus vrais, ils se sont posés sur la tête des foins de cheveux rares qui n'arrivent pas à cacher la ceinture noire qui est le seul vestige de leur antique capillarité.Leurs vêtements sont à cheval sur les genres «punk», « new wave» et «mod».De toute évidence ils n'ont rien compris et cherchent à trouver la lumière.«Drôle de groupe», dit celui avec un D.«Je dirais même plus très drôle de groupe», surenchérit in petto celui avec un T.Et les deux d'entonner «Pour d'étranges collègues ce sont des collègues étranges».Le père du batteur s'est glissé derrière eux et leur sussure à l'oreille «Chut! CI.A., police secrète, alors motus et bouche cousue».Ce sur quoi nos deux zouaves disent en choeur: (tout le monde ensemble) Jean-François Doré «Nous dirions même plus botus et mouche cousue».C'est ce que pourrait nous donner la rencontre des célèbres frères Dupond/t avec le non moins célèbre groupe The Police.Mais drôle de groupe en effet.Fondé par le batteur Stewart Copeland en 1977, lequel est le fils d'un exagent de la CIA ayant gardé d'excellentes relations avec les grosses gommes des milieux politiques de la droite américaine et dont les idées sont partagées par son batteur de fils, The Police c'est aussi et surtout Sting (Gordon Sumner) dont les idées de gauche constituent l'essentiel du message véhiculé par le groupe.Alors?Agents doubles ou prosélytes d'une culture de masse universelle du genre capitalisme de classe du rock'n'roll.The Police, agents secrets?Ah! Faites-moi rire! Même leur musique est ambiguë.Même leur musique est à la fois gauche droite, gauche droite comme le font les militaires de toute allégeance.Même leur musique procède du pauvre autant que du riche, du reggae autant que du rock, de l'Afrique autant que de l'Angleterre, du ska et de l'Inde autant que du punk et de l'Amérique.Super groupe des années 80, le plus grand, le plus aimé, The Police est devenu l'ambassadeur plénipotentiaire de la «new music », son porte-étendard, son «ralliez-vous à mon panache blond, mais teint, très teint».Sous le mensonge du coiffeur, ils sont tous bruns de naissance et se sont teints pour les besoins d'un commercial de chewing-gum, à l'époque des vaches maigres.Existe-t-il Une Vérité, y a-t-il Des Vérités regroupées en une Voie?Est-ce que «Synchronicity» ne serait pas tant sur le plan musical que sur celui des préoccupations sociales une synchronie de la ou dune pensée universelle?If we share (his nightmare Then we can dream Spin tus mundi Si nous partageons ce cauchemar Alors nous pouvons rêver Esprit du monde If You act as you think The missing link Synchronicity Si tu agis comme tu penses Le chaînon manquant C'est la synchronie Heavy! Très heavy! L'histoire du monde en deux temps, trois mesures et quatre couplets (Walking in your footsteps), la harangue mécréante de Moïse à Dieu reprise version la société est pourrie (Oh my God), les régimes totalitaires étouffent la liberté individuelle (Miss Gradenko), la phrase de Plaute «home homine lupus» et celle de Lord Actore «le pouvoir corromp, le pouvoir absolu cor-romp absolument» (Synchronicity II), je suis l'Amour et la Jalousie (Every Breath you take), le porteur de la douleur du monde (King of Pain), maître et esclave (Wrapped around your finger), je suis la source tarie de l'amour dans le désert de l'Humanité (Tea in the Sahara), Oedipe et Jocaste au téléphone (Mother) tout y passe et nous aussi.Premier degré, deuxième degré, jusqu'au cinquième comme une boîte de vitesses synchronisée.Oui.Très bon.Du grandiose mais sans clinquants inutiles.Retour à la simplicité du trio sans sur-réalisation.Laissons parler les mots, la musique et les sentiments.Faisons un emballage parfait et magnifique mais à la mesure de ce que l'on raconte, en synchronie avec le contenu, la sobriété du grand, l'humilité du sage, dynamique et ferme pour s'exprimer et mener mais avec une simplicité et sobriété pour bien faire comprendre la complexité du propos.Selon les états d'âme et les conditions d'écoute vous serez alternativement et souvent simultanément philosophes, sages, déprimés, encouragés, bercés, assommés, emportés, enragés, amoureux emphatiques ou lymphatiques bref vous passerez au travers d'un camaïeu d'arcs-en-ciel de sentiments et de musiques que seul peut vous faire voir une oeuvre de cette envergure.Avec sa gueule de Tintin narquois et son regard coquin, Sting nous provoque.C'est le seul genre de brutalité policière que je suis prêt à tolérer.Vous pouvez le dire à tout le monde ce n'est plus un secret pour personne.Agents secrets?Ah! Faites-moi rire! Mais c'est tout de même étonnant cette compagnie, Frontier Booking International (F.B.I.) et ces spectacles au Chili, au Brésil, à Bombay, au Caire, à Athènes, partout dans les points chauds dudit Tiers-Monde.Il faudra que les Dupond/t s'en occupent.Peut-être comprendront-ils.n CO 00 es 3 \u2014ï o 5 lu < to \u2014J < lu cv Z o Le malheur des uns.Aux Echecs il est bien difficile sinon presque impossible de gagner une partie si l'adversaire ne commet pas d erreur.Pourtant, la plupart des joueurs cultivent l'ambition irréalisable de jouer la «partie parfaite», où ils réduiraient leur adversaire à néant, malgré que celui-ci n'ait rien fait pour leurs faciliter la tâche.Cette illusion, si noble soit-elle, n'est pas d'une grande utilité pratique car ?même à un haut niveau de jeu, tous les joueurs commettent des fautes, petites et grandes.Dans ces conditions, il vaut mieux se préparer psychologiquement à jouer des parties imparfaites, en profitant au maximum des fautes \"adverses tout en essayant de minimiser ses propres erreurs.Lors des derniers championnats du Québec disputés il y a trois semaines, le nombre des grosses erreurs (communément appelés «gaffes») a de loin excédé le nombre de parties «idéales».Néanmoins ces gaffes ont souvent donné lieu à des réfutations spectaculaires qui sont tout à l'honneur de leurs auteurs, d'autant plus qu'à part Spraggett, tous avaient de grosses fautes à se faire pardonner.En examinant les trois positions qui suivent, voyez si vous auriez été aussi alerte qu'eux.Barbeau-Hébert, 5e ronde.Après un trop court moment de réflexion les noirs jouèrent 19.c5?, présentant le gain sur un plateau d'argent.La suite fût: 20-^Ccb51 \" âxb5 ¦ 21 \u2014Cxb5- Db8 ÉCHEC ET 22\u2014Cxd6 Fxg2 23\u2014Dxf7 Rh7 24\u2014Cxe8 1-0.Avant 19.c5?il fallait d'abord jouer Fd6-f8.Bolduc-Rousseau, 4e ronde.Les noirs, au trait, possèdent un avantage assez clair.Ils ont un pion de plus et pourraient poursuivre ici par 26.Dxb2 obtenant une paire de pions passés décisifs à l'aile dame.Toutefois on joua ^apparemment astucieux 26.Cc4?qui fut refuté de façon très nette.Vovez-vous comment?Réponse: 27\u2014Txd8 Txd8 28\u2014Td3! et les noirs sont soudainement au prise avec une double attaque imparable, la T/d3 n'étant pas prenable à cause de De8 mat.La partie se termina par 28.Cd6 29\u2014exd6 Dxb2 30\u2014Ff3 cxd6 31\u2014Txd6 Tc8 32\u2014Dd7 1-O^nb'b wrirtttfi î.\\ Billard-Finta, 1re ronde.Encore ici, les noirs au trait semblent posséder un avantage marqué.Ils ont une qualité de plus et leurs pièces lourdes sont bien postées sur les colonnes centrales.Mais les choses ne sont pas aussi simples car les cases noires autour du roi noir sont très vulnérables et demandent une attention constante.La suite noire 46.Tf8?néglige cet aspect.Pourquoi?A cause de 47\u2014Td1!! surchargeant la dame noire qui se trouve dans l'impossibilité de défendre les cases e5, d8 et f6 en même temps.47.Txf2 (si 47.Dxd1 48\u2014De5 Rg8 49\u2014Ch6 mat.) 48\u2014Cxf2 Fd5 (forcé) 49\u2014Ce4 Dd7 50\u2014De5 Dg7 51\u2014Txd5 52^-D.ea!.1-.0: .£ : Jean Hébert Le CEIC ferme ses portes Après un peu plus de six mois d'activités le «club d'Echecs International du Canada» vient de fermer ses portes définitivement.Des problèmes financiers aigus sont à l'origine de cette fermeture que plusieurs avaient entrevue dès l'ouverture du club au mois de janvier.Financer un club d'Echecs à plein temps, presque uniquement avec les cotisations des membres, représentait un pari impossible à gagner.M.Serge Lecroix continuera toutefois à organiser les «tournois de l'Est», comme celui qui a lieu cette fin de semaine-ci, toujours à l'hôtel Le Merlion., n ».- 1 ¦ Que sont devenus les moteurs de nos nuits d'antan?Alors que mon courrier m'apportait un carton me conviant à l'ouverture d'encore une autre discothèque (combien de centaines peut-il y en avoir dans notre ville seulement) je me suis demandé ce qu'était devenu le premier roi de nos nuits disco.C'était au début des années 60, et Gilles Archambault.inspiré sans doute par le succès de Castel à Paris, avait ouvert La Licorne (rue Bishôp, si ma mémoire est bonne) qui devint aussitôt le rendez-vous de ce qu on n'appelait pas encore le jet-set.Il en eut bientôt toute une chaîne: la Métrothèque au Parais du Commerce, la Moussepathèque avec le peintre-sculpteur Jean-Paul Mousseau comme associé, une autre à Québec et sa toute dernière, la Sex Machine, qui fut le premier endroit où apparurent les serveuses topless et où les clients se prélassaient sur des banquettes de capitonnage en formes de seins, le tout conçu par Robert La-palme.Un incendie l'a ravagé, le local a depuis été récupéré par la Casa Pedro qui s'est agrandie.On croyait Gilles Archambault ruiné, mais des amis me disent l'avoir croisé à Paris où il roule en Rolls-Royce.À quoi s'occupe-t-il?Je l'ignore.Ceci m'a rendu curieux de retracer ce que sont devenus les autres moteurs de nos divertissements d'alors.Ainsi, le lutteur Roger Mollet et sa femme, la pulpeuse Michèle Sandry, qui eurent une succession de hôtes dans le centre-ville, dont «La Cave» où Marc Gé-linas chantait à ses débuts sans trop cacher qu'il sérénadait surtout l'affriolante Michèle, à l'insu du volcanique Roger, qui n'aurait fait qu'une bouchée de Marc.s'il avait su! Mollet est décédé quelques années après son retour en France où Michèle Sandry tient toujours cabaret, à Boulogne-Billancourt près des usines Renault.Andy Cobetto, qui fut l'âme du plus célèbre de nos cabarets où défilèrent toutes nos têtes d'affiche de 1951 à 1968, est à sa retraite.On avait beau se moquer gentiment de la façon dont Jen Roger présentait son «Shooootime à la Casa Loma», personne ne peut nier l'influence que Cobetto et sa boîte eurent sur notre show-bizz.Il y a encore trois ans, Andy s'occu- pait du bar La Seine, mais à l'âge de 75 ans.il a perdu son goût pour les nuits blanches.L'un des bars les plus courus du début des années 60 était celui de l'Auberge Saint-Tropez, rue Crescent, où les clientes (les toutes jeunes en particulier) se pâmaient devant André Guibert, l'associé de Serge Jeunet.André vendait ses parts à celui-ci il y a une douzaine d'années pour ouvrir commerce à Saint-Paul-de-Vence d abord, puis à Cannes où il refait fortune tout près de la Croisette avec un restaurant qu'il a baptisé «Le Caribou»: on y sert surtout du boeuf et de l'agneau sur charbon de bois, à la façon de chez nous.Et où ses amis québécois nombreux font invariablement escale Les gens de Radio-Canada surtout, quand ils n'étaient pas au bar du Saint-Trop.c'est au Café des DE 5 À 7 Le Casa Loma, un hàUt lieu de la vie nocturne d'antan !\" tbO bii André Robert Artistes qu'on les trouvait à coup sûr, surtout à la terrasse (l'une des premières de Montréal).Et où ils testaient à la limite la patience de la patronne, Ghislaine Tellier, qui devait supporter leurs frasques.et leurs ardoises.Ghislaine doit avoir un faible pour les mauvais garnements puisque une fois son commerce vendu à Henri Heus-dens (qui en a fait «Le bon trou du cru») elle est devenue, et demeure, madame Jean-Pierre Masson.Éternel cigare au bec, Dominique Tordion fut l'hôte de nombre de nos discothèques les plus fréquentées, dont «Valérie», «Domi-nic's» et «Tiffany's», la plupart du temps en association avec d'autres.Après des placements moins heureux, il tente de faire nouvelle fortune en Floride où il a d'abord ouvert, à Miami, deux bars pour hommes et femmes qui préfèrent la compagnie de leur propre sexe.Il a disposé de ceux-ci et il tient à nouveau discothèque, cette fois à Fort Lauderdale, avec des partenaires cubains.Il fut un temps où Ion aurait pu croire que la moitié de la rue de la Montagne appartenait à Louis Ta-van, le créateur de la toute première et minuscule «Crêpe Bretonne» à Sainte-Adèle qui avait ensuite pris la métropole d'assaut avec ses autres crêperies, son bar «Loulou les bacchantes» où c'était rivalité entre les garçons à celui qui aurait la moustache la plus extravagante, «Fanny» et sa ferme qui lui fournissait une partie de ses produits.Mais Louis, qui couchait souvent sur place pour avoir le temps de voir à tout, avait une comptabilité aussi désordonnée que ses ambitions! Sa faillite fut spectaculaire.C'est dans la Ville-Reine qu'il a voulu se refaire en adoptant le même cheminement: il ouvrait une crêperie bretonne à Toronto, au coin des rues Isabella et Yonge.Cela n'a malheureusement pas marché et il devait tout récemment fermer à nouveau boutique.Pierre Bourgetel, lui, après avoir été l'un des maîtres d'hôtel les plus populaires de la vilie, donnait son nom à ce bar-restaurant-terrasse, coin Maisonneuve et de la Montagne, qui fut longtemps l'un des plus achalandés du quartier avant de se faire gruger sa clientèle par la Casa Pedro voisine.Quand il vendit ses actions, il dut çgateme/it.céder 6or) non}, c_e_qui l'empêchait d'exploiter celui-ci dans la région métropolitaine.Il se tourna alors vers la restauration industrielle avec, entre autres, le contrat du pénitencier Archambault.Au moment décrire ceci, j'apprenais que Pierre était décédé à la fin du mois de mai.ce qui sert en quelque sorte d'épilogue à cette époque fascinante.La belle époque des cabarets Au fait, alors que presque tous les clubs de nuit ont été remplacés par des repaires de danseurs et danseuses à gogo, croiriez-vous qu'il y a vingt ans à peine c'était encore l'âge d'or des cabarets, même si celui-ci tirait à sa fin?Et l'évantail des spectacles qu'on y offrait était fort impressionnant.Ainsi, j'ai retracé ce que les principaux d'entre eux présentèrent en(.l'espace de deux semaines de no-' vembre 1963: Michel Louvain chantait à El Paso, à Lachine; Charles Trenet était au Faisan Bleu de Chomedey; Michèle Sandry et Marc Gélinas au Saint-Germain-des-Prés; Jacques Desrosiers au Casino de Paris; Margot Lefebvre à l'Hôtel Central; Pierre Lalonde et Ginette Reno (mais oui, les deux en même temps) à la Casa Loma; Tony Mas-sarelli à la Feuille d'Érable; Fer-nand Héneault au Tropicana et André Lejeune au Café Saint-Jacques.Cependant que Rosita Salvador,, Ti-Gus et Ti-Mousse, les Baronets, Guilda, Norman Knight, Ginette Sage, Doris Lussier, Fernand Gi-gnac, Claude Blanchard, Olivier Guimond et Paul Desmarteaux, de même que les Jérolas (Jean La-pointe et Jérôme Lemay) se produisaient quelque part ailleurs dans d'autres clubs de la province ou se trouvaient entre deux engagements.Peu auparavant, Denyse Filiatrault, Dominique Michel, Donald Lautrec et Jacques Desrosiers avaient présenté leur revue «Zéro de conduite» à la Casa Loma et ailleurs.Je sais que ça fait vieux jeu que de parler de «la belle époque»;*\" mais admettez quand même que ce ne serait pas désagréable de voir revivre ce genre de divertissement en direct.Mais ne l'espérez pas: aucun cabaret n'aurait les moyens d'offrir à ces têtes d'affiche les cachets qu'ils peuvent tirer de la télévision.* ?O z H m > en > m g m oo CO Incroyable! On donne encore des os aux chiens n donne encore des os aux chiens! Je croyais que le sujet ne méritait plus d'être traité, que depuis longtemps on avait cessé de croire que les os étaient «bons pour le chien pour faire ses dents, les nettoyer ou encore bâtir son squelette».Mais non, ces croyances séculaires sont toujours bien ancrées dans l'esprit de certaines gens.Du point de vue du chien, les os sont évidemment des délices; il en est friand et en rongera tant et aussi longtemps qu'on lui en donnera.Si on ne les lui offre pas, il se chargera bien souvent de se servir lui-même, à même les ordures.Pourtant, peu de chiens mangeant régulièrement des os échappent aux problèmes qui s'y rattachent: l'ingurgitation dos, petits ou gros, est cause de vomissements, de gastrites plus ou moins importantes, de constipations, de diarrhées, etc.Les fragments osseux croqués ont des aspérités qui blessent inévitablement les muqueuses stomacales et intestinales.Le problème s'amplifie lorsque le chien avale des os entiers ou des gros morceaux: le chien est ainsi fait que son oesophage permet le passage d'éléments solides de volume beaucoup plus considérable que celui toléré par l'intestin.Ainsi, un gros morceau d'os arrivera certainement à l'estomac, mais risque alors soit d'y demeurer, soit de s'engager dans l'intestin et d'y rester coincé.Et quand le blocage intestinal se produit, la seule solution est le bistouri du vétérinaire qui extraira la parcelle osseuse.Parfois encore, les parcelles d'os trop bien mâchouillées forment des aggrégats dont la consistance s'apparente à celle du plâtre.Le chien est alors constipé et éprouve de vives douleurs à la défécation: problème qu'il faudra confier au vétérinaire qui devra ad- < ministrer des lavements ou extrai-% re manuellement ces selles trop < dures, sous anesthésie.# Tous ces problèmes potentiels.pour des os qui finalement n'ont O aucune valeur nutritive puisque le S calcium et le phosphore qu'ils con-tiennent ne sont à peu près pas 3 assimilables tels quels.Il est de °- plus prouvé que les jouets de .9 caoutchouc dur, les biscuits pour chien ou des morceaux de cuir brut (raw hide) sont tout aussi etri- oo o LU caces pour nettoyer les dents, tout aussi amusants et sans grands risques.Le chien n'a vraiment pas besoin dos, qu'ils soient petits ou gros, frais ou cuits, de poulet, de boeuf, de lièvre ou de toute autre origine! Ceci dit.passons au courrier: Q\u2014Je suis une dame d'âge qu'on dit très respectable et votre article traitant de l'importance des animaux pour les personnes âgées m'a personnellement touchée.Voilà deux ans déjà que ma famille et des amis tentent de me convaincre d'aller vivre dans une maison «pour vieux».Mais j'ai une chatte de 13 ans que j'adore et que je ne veux pas faire euthanasier.Jusqu'à quel âge peut vivre un chat?Est-ce vrai qu'une année de sa vie équivaut à sept de la mienne?Mme H.G., Longueuil R\u2014Cette croyance populaire est fausse.En fait le chaton mature beaucoup plus rapidement que les enfants humains et un animal d'un an est certainement plus âgé qu'un enfant de sept ans.À deux ans, il est déjà adulte, prêt depuis longtemps à «s'établir» et cet âge correspondrait à celui d'un humain de 24 ans.Par contre le rythme relatif de son vieillissement ralentit de beaucoup plus tard et une bête de huit ans sera d'âge moyen.Les auteurs s'entendent généralement pour affirmer que la durée de vie moyenne d'un chien ou d'un chat se situe autour de douze à quinze ans.Chez les chiens, plus un chien est de taille réduite, plus il semble vieillir rapidement.Mais chez le chat dont la taille est uniforme à travers l'espèce, les influences du milieu entrent grandement en ligne de compte.Un chat errant en ville atteint rarement 2 ans.Le chat errant à la campagne est vieux à huit ans et ne dépasse que rarement l'âge de dix ans.Le chat d'intérieur, ponponné et bien nourri pourra atteindre facilement 15 ans et même davantage.Voici un tableau de correspondance des âges publié par le Dr Jean Piérard, professeur d'anato-mie à la faculté de Médecine vété- rinaire de l'Université de Montréal dans son livre «Anatomie comparée des animaux domestiques».Bien qu'il soit préparé pour l'espèce canine, il peut très adéquatement s'appiiquer aux chats: Une correspondante m'écrit Préparant un travail de recherche sur les animaux et les personnes âgées, j'ai réalisé un modeste sondage auprès de 48 lieux d'hébergement réservés aux personnes âgées de Montréal et ses environs; accepterait-on une dame avec un petit chien, avait-on déjà un animal sur place?Or, parmi toutes ces résidences consultées, deux seulement., avaient un chat, tout en précisant que c'était surtout pour se protéger des rongeurs, et à peu près une dizaine acceptaient oiseaux et poissons.Aucune ne prenait de pensionnaires avec un chat ou un chien.Et l'on invoquait le «règlement» sans pouvoir le citer ou donner son origine, les possibles problèmes d'hygiène, le bruit et les allergies potentielles.J'ai ensuite consulté un conseiller aux services professionnels, secteur hébergement des centres d'accueil qui m'a expliqué qu'une pléthore de ministères et services aurait un mot à dire si des changements étaient proposés: santé, revenu, sécurité au travail, travaux publics, villes, municipalités, etc.Ce conseiller était quand même ouvert à l'idée des animaux abrités avec leur maître mais attend l'évolution des résultats des expériences faites ailleurs.Un centre d'accueil pilote serait probablement choisi dont la population serait jugée représentative et un vote démocratique parmi les pensionnaires déciderait si oui ou non, on tente l'expérience.Pourquoi les choses sont-elles si compliquées?Les personnes âgées avant leur entrée au centre ne garde-t-elle pas leur bête chez elle de toutes façons?Pourquoi ne pourraient-elles pas continuer?Quand pensera-t-on à leur qualité de la vie à eux autrement qu'en 00 NOS AMIES LES BÊTES M: Dr Louise Laliberté mots savants prétentieux et vides.La qualité de vie, c'est aussi de garder avec soi un ami fidèle et d'être ravi de la chose.même s'il abandonne quelques poils indésirables sur ses vêtements.Colette Plouffe, Montréal C'est agréable de cuisiner, avec les articles de CdpbnDuval 895W-Groswi pmcei 14\" **** to £0- , «y A** w ,?\\\\o< Four d« compogn* \u2014
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