La presse, 13 août 1983, La presse plus
[" ?Montréal, 13 août 1983 volume 1, numéro 27 L'ENTRAIDE ÉCONOMIQUE lumière au bout du tunnel 0\" ' 4 poges 2 et 3 Robert Arcand.nouveau président des Sociétés d'entraide LA PLANCHE À VOILE 1 ft page 13 Alexandre Gaudieri explique à plus comment il voit le Musée des beaux-arts page 13 L'Île des Soeurs: la forêt et le lac sont menacés page 8 -m/ÊÊÊÊÊÊÊÊÊÊÊÊmm -4mm ,m MMMH |m|mmmmm| LE CHARME DISCRET DU PAYS DE L'ÉRABLE pages 10 et 11 Le navire reprend la mer Au printemps de 1981, une série de reportages signés Yolande LÉcuyer eu réseau TVA devait ébranler dans ses fondations mêmes l'une des institutions financières les plus dynamiques et les plue prometteuses du Québec.Lee sociétaires des Caisses d'entraide économique, petits épargnants dans la majorité des cas, allaient vivre à compter de ce moment-là des semaines d'angoisse profonde, jusqu'à ce que le gouvernement du Québec apporte des garanties minimales de survie.Sur cette base, de nouvelles figures se sont imposées à le tête du mouvement et paraissent en bonne voie de renflouer l'épave.Yolande L'écuyer a accepté l'invitation de PLUS de faire le point de cette opération de sauvetage.Son texte parait en pages 2 et 3.Dans l'intervalle, la hausse prodigieuse du dollar américain cause des soucis singulièrement pénibles aux Français.Jean-François Lisée explique, en page 4, pourquoi la France se trouve plus touchée que d'autres par l'ascension du dollar.De son côté, Huguette Lapn-se s'est rendue à Hiroshima et Nagasaki cette semaine à l'occasion du 38e anniversaire des bombardements atomiques sur ces villes, les premiers de l'histoire.Elle en profite, en page 5, pour établir des comparaisons entre ces bombardements et ceux susceptibles de survenir è partir des engins dont Américains et Soviétiques décorent l'Europe présentement.De retour en Amérique, le coup d'État survenu cette semaine au Guatemala ne paraît pas devoir modifier sensiblement l'orientation politique intérieure de ce pays.Il ne devrait pas par exemple freiner le mouvement d'exil de plusieurs Guatémaltèques vers le pays voisin au nord, le Mexique.Pierre Saint-Germain rend compte en page 6 d'une conversation avec un missionnaire canadien qui vit avec ces réfugiés.On trouvera également dans le PLUS de cette semaine une entrevue exclusive qu'a accordée à René Viau l'homme pressenti pour occuper le poste de directeur du Musée des Beaux-Arts de Montréal, Alexandre Gaudieri, cet Américain è qui le gouvernement fédéral veut bloquer l'accès au pays en invoquant ses règlements d'immigration.La Rédaction Serge Grenier THÉÂTRE 13 troupes, 52 spectacles Enfants! Vous avez entre quatre et douze ans?Vous serez en sabbatique du 19 au 26 août?Le 10e Festival québécois de théâtre pour enfants (une multinationale de quatre pays) vous propose plein d'activités.Demandez à votre secrétaire (maman?) de bloquer des dates dans votre agenda, investissez 2.50$ par action théâtrale à même votre fonds consolidé (tirelire?).À défaut de liquidités, demandez une subvention gouvernementale (papa?) Réunissez quelques collègues, glissez un sandwich ou deux dans votre attaché-case (boîte à lunch ET?) et faites-vous conduire au parc Lafontaine par le chauffeur (CTCUM?).cuisine Ah! les fraises et les framboises Des côtelettes ou des escalopes de veau enfarinées qu'on saute au beurre à feu vif puis qu'on flambe au cognac.On retire le veau qu'on garde au chaud.Au fond de cuisson on ajoute % de tasse de vinaigre de fraise (ou, encore mieux, de framboise) qu'on réduit.On épaissit avec de la crème, on sale, on poivre.On verse sur le veau, on garnit de fraises (ou, encore mieux, de framboises).On mange.promenade Rue Stanley Courte mais dense, elle prend naissance à la gare Windsor pour mourir à l'avenue Docteur-Penfield.De la gare au boulevard Dorchester, petit bout de rue moche flanqué de parkings et de terrains vagues.Le boulevard traversé, elle s'anime.Passés le bon chic du Centre Sheraton et la zone d'ombre de l'hôtel Windsor, la rue Stanley se bigarre, se fait grosse du Centre Limelight où règne la plus franche gaieté, accouche d'une faune hétéroclite, racole.Désinvolte, elle enjambe la Catherine lumineuse, s'offre le Blitz où il est bien, lorsqu'on eat punk, d'être vu, puis se met à ruisseler de restaurants de toutes nationalités qui feraient la joie L'EMPIRE DES SENS de Perez de Cuellar, cache à moitié arcade, taverne, bars, discos, boutiques, et se paie parfois une chambre au YMCA.Après avoir eu ses nerfs, elle s apaise au nord de Maisonneuve dans quelque restaurant bien tenu (le Marignan?La Locanda Florentine?) ou en admirant le nouveau siège social d'Alcan.Elle attend d'avoir traversé la rue Sherbrooke pour étaler son opulence: l'une des plus belles rangées de maisons victoriennes du Golden Square Nile.Elle s'attendrit un instant surles petites pelouses bien tondues, salue au passage quelques façaces joliment ouvragées et s'essouffle en finissant de gravir la côte avant d'aller mourir dans les bras du Docteur Penfield.I vins) Maison Non.pas le vin maison! La Maison des vins! Celle de Québec loge dans une maison historique flambant neuve tout ce qu'il y a de bien où oenophiles libéraux et péquistes oublient un instant leurs querelles Celle de Montréal, presque gênée de s'afficher, est située dans un édifice terne de l'avenue Président-Kennedy.Intérieur austère, voire glacial.La plus agréable est celle de Hull.Un personnel particulièrement compétent et aimable.Le Tcut-Ottawa francophone et diplomatique y court.Le Tout-Ottawa anglophone, lui, préfère encore s'adonner aux vins onta-riens, ces merveilleux produits des cépages de la région du canal Welland.magazine) À vous de jouer Scrabbleurs, bridgeurs, amateurs d'échecs, de backgammon, de mots croisés, d'énigmes ou de jeux de toutes sortes, ne me dites pas que vous ne connaissez pas ce magazine (français) qui s'appelle «Les jeux de l'esprit».Dirigé par Omar Sharif, l'acteur qui passe sa vie à jouer.Publié à tous les deux mois.Cent pages de jeux offerts à votre sagacité.Et de difficiles réussites (jeux de cartes divinatoires) inventées par Marie-Antoinette et Napoléon.Divines.Mais quand on sait ce qui leur est arrivé, pas très divinatoires.¦ ' \u2022 ¦ ki \u2022 ».entraide économique: relance, parti t rnrt t , » j.- aucuns avaient prédit la fin du mouvement des caisses d'entraide économique à la suite de la crise de liquidités qui les avait secouées en juin 1981.Certains, dont le journal Finance, situaient même cette échéance en 1983.Le calendrier de remboursement des certificats de conversion était en effet inquiétant: 130 millions $ pour cette seule année.«Mission impossible», concluait le journal.Pourtant le bilan financier des 57 sociétés d'entraide actives, rendu public en juin dernier lors de l'assemblée annuelle, indiquait que leur actif total se chiffrait à 757 millions $, avec un bénéfice d'opération de 2 millions 700 mille $ pour les trois premiers mois de l'exercice financier 1983.Quant aux liquidités, elles atteignaient 115 millions $ «L'entraide économique est encore une force dans notre milieu, mais une force qui s'ignore, une force qui dort», concluait son nouveau président, Robert Arcand, ancien banquier converti en homme d'affaires et devenu propriétaire d'une entreprise manufacturière d'équipements forestiers dont le chiffre d'affaires atteint 10 millions $, Harricana Meta/ d'Amos.Pour bien comprendre la survie de ce mouvement, il faut compter avec son extraordinaire vitalité.La moyenne de progression de l'entraide économique avait été de 70 p.cent entre 1968 et 1981 même si les méthodes de mise en marché n'étaient pas toujours orthodoxes.La magie du rendement assuré de 10 p.cent sur l'épargne avait fait mouche et l'idée de contribuer au développement économique régional, cela en pleine fié-vre nationali_ste.avait fait le reste., Peu d entraidistes s'étaient cependant préoccupés de comptabiliser le rendement réel sur leurs épargnes, une fois les frais d'administration acquittés.La notion de capital de risque qu'impliquait un investissement dans une caisse d'entraide n'était pas très bien définie et c'était plutôt l'image d'une coopérative d épargne et de crédit qui primait dans l'esprit des épargnants.Ces derniers avaient d'ailleurs abandonné la gestion de leurs fonds à une équipe d'administrateurs, la plupart des hommes d'affaires régionaux qui faisaient presque office de permanents, leur mandat étant renouvelé la plupart du temps aux assemblées annuelles.Redressement La crise de liquidités qu'allait connaître le mouvement en 1981 à la suite de la hausse des taux d'intérêt et de la série de reportages du réseau TVA sur la gestion et l'administration de ces institutions financières fut le signal d'une opération de redressement sans précédent dans l'histoire de ce mouvement.Entrepris par l'équipe de Justin Dugal, le plan de relance allait donner un tout autre visage aux caisses d'entraide.Du statut ambigu de coopératives qu'elles détenaient sous l'ancienne législation, elles allaient clairement prendre le statut de banques d'affaires régionales sous l'appellation de «Sociétés d'entraide».Pour faciliter cette transition, le ministre québécois des Finances, Jacques Parizeau, fit adopter la loi 40 qui allait convertir en capital-action 25 p.cent du capital social Yolande L'Écuyer de ces institutions financières.Il s'agissait de leur donner les assises et la stabilité financière qui leur faisaient cruellement défaut avec l'ancienne formule des dépôts remboursables sur demande.Le ministre Parizeau y alla même d'un généreux dégrèvement fiscal d'à peu près 100 millions $ à l'intention des membres qui se trouvaient spoliés en quelque sorte d'une partie de leurs épargnes.Il y eut des protestations, certes, contre cette façon de procéder mais les deux votes décrétés par le gouvernement en février et en mai 1982 donnèrent une majorité de oui dans 63 des 75 caisses d'entraide alors existantes.Ce résultat venait confirmer que l'entraide économique avait réussi à convaincre plusieurs Québécois de la nécessité de régionaliser leurs épargnes.Le mouvement allait connaître d'autres ratés avec la démission surprise de Justin Dugal à la suite de la tentative malheureuse de déménager en pleine nuit le siège social d'Alma à Québec.Et l'on souleva une fois de plus la question de la survie du mouvement.Mais l'arrivée au gouvernail de l'homme d'affaires abitibien Robert Arcand fit taire une fois de plus les craintes.La chaîne de confiance Le nouveau président mise surtout sur la consultation et la confiance à l'intérieur du mouvement.«Nos clients nous ont démontré sans équivoque que le dégel des fonds n'est pas l'occasion d'une nouvelle ruée aux guichets.Au contraire, ils laissent leur argent et font même de nouveaux dépôts», 89i eo oiov ofinoj »t t devait-il déclarer à l'issue de h semblée annuelle en juin dernier.Et il ajoutait «La chaîne de confiance est facile à rebâtir si on réalise simplement jusqu'à quel point nous avons changé.Nous ne sommes plus les mêmes.Nous avons gravi plusieurs échelons dans l'échelle de la maturité.Nous sommes plus lucides, plus rationnels, plus déterminés.Nous nous sommes posé les vraies questions.Nous avons apporté les bonnes réponses et chacun de nous y a participé.» L'une de ces réponses, c'est le programme de régionalisation entrepris justement par le nouveau président.Ce programme vise la fusion de 57 sociétés d'entraide en 15 unités régionales comprenant un actif d'au moins 25 millions $.Ces nouvelles sociétés régionales jouiront d'une meilleure solidité financière puisqu'elles répartiront les risques sur toute l'étendue d'une région.Le cas de la caisse d'entraide K.R.T.à Riviè-re-du-Loup qui a dû être liquidée parce que la récession économique avait particulièrement affecté cette ville est un bon exemple, selon monsieur Arcand.C'est ce que l'on veut éviter à l'avenir.La régionalisation aura aussi pour effet de rationaliser les opérations et de permettre la réalisation d'économies d'échelle, ce qui devrait assurer une meilleure rentabilité.La régionalisation est maintenant complétée dans deux régions, celle du Coeur du Québec et celle de l'Ouest du Québec.Elle est en bonne voie de réalisation Rebâtir chaîne confiance dans les autres régions dont l'Abi-tibi et Ion espère que le tout sera complété d'ici février 1984.Recrutement L'entraide a donc repris une certaine vitesse de croisière et devrait être en mesure de réanimer le recrutement à l'automne.Il précédera d'ailleurs de quelques mois seulement la reprise totale des activités de prêts.«Nous ne sommes pas complètement au bout de nos peines, précise Arcand, mais financièrement parlant, on peut justifier notre existence.» Les bénéfices déclarés pour les trois premiers mois de l'exercice financier sont très encourageants et il prévoit même atteindre les 15 millions d'ici la fin de l'exercice, ce qui permettrait de commencer à verser des dividendes aux actionnaires.Le redressement de la situation économique et la baisse des taux d'intérêt ne sont pas é-trangers à cette situation car les taux de délinquance dans les prêts ont considérablement diminué.De plus, la liquidation de l'ancienne fédération des caisses d'entraide a rapporté plus que prévu, soit quelque 40 millions $.Et ceci grâce encore une fois à la baisse des taux d'intérêt et aux profits réalisés par la vente de la Société nationale de fiducie, 2 millions 300 mille $, le Mont-Tremblant, 750 mille $ et la Place Jacques-Cartier à Québec, 2 millions $.Enfin les sociétés d'entraide récolteraient toujours, selon Arcand, un million et demi de dollars par mois alors que les demandes de remboursement des certificats de conversion se situent en moyenne à 4 p.cent de l'actif des sociétés.Mais pour que le programme de régionalisation s'avère un succès, il faut plus que jamais, selon le nouveau président, la confiance des épargnants.Et cette confiance c'est la reconnaissance que le réseau des sociétés d'entraide est u-nique et essentiel pour l'économie régionale.Cette nécessité, elle ne fait aucun doute pour le ministre Jacques Parizeau.Selon ce dernier, il est vrai que les PME bénéficient maintenant de plusieurs sources de financement, que ce soit la Banque fédérale de développement, le Crédit industriel Desjardins, la Société de développement industriel, Roynat ou encore les Sodeqs.Concurrence Mais cela s'applique surtout aux entreprises manufacturières alors que les PME, ce sont aussi les petits commerçants comme les épiciers, par exemple, et souvent ils ne sont pas admissibles à ces prêts.Les caisses populaires ont commencé à occuper ce créneau, mais pas suffisamment selon le ministre.Il voit d'ailleurs d'un très bon oeil qu'une saine compétition s'installe entre ces deux groupes financiers dans les régions.Tout est donc en place pour la reprise des activités à l'automne.Le plan d'action présenté à l'assemblée annuelle de juin a été approuvé par le nouveau conseil d'administration de la fédération sur lequel siègent maintenant 17 administrateurs, soit 15 représentants régionaux, un représentant des directeurs généraux et le président Robert Arcand.Ce plan prévoit une rencontre avec chacun des actionnaires (ils sont plus de 193000) pour leur expliquer le nouveau fonctionnement des sociétés d'entraide ainsi que les avantages fiscaux qui leur ont été consentis par le gouvernement.On a d'ailleurs l'intention de conserver l'épargne systématique comme principal outil de recrutement mais sans tes frais d'administration cette fois.Les dépôts à terme et les plans d'épargne-retraite seront les principaux produits financiers offerts mais il n'est pas exclu que l'on explore d'autres sentiers.On regarde même du côté des émissions d'actions.L'objectif d'augmenter de 5 p.cent l'actif des sociétés d'entraide au cours de 1904 est-il réaliste cependant?Le financement des sociétés de développement de l'entreprise québécoise, les Sodeqs, est devenu de plus en plus difficile ces derniers temps et cela malgré les importants allégements fiscaux consentis par le gouvernement.C'est ainsi que deux des plus importantes Sodeqs, Sode- com et Sodeq-Sodebec n'ont réussi à réaliser leur financement qu'en partie en 1982, soit 50 p cent pour Sodecom et 10 p cent pour Sodeq-Sodebec.Les récents déboires financiers de Sodecom qui a dû radier des pertes importantes dans lune de ses filiales, le Groupe Sodetex.n'ont rien fait pour arranger les choses.Il faut dire que le capital de risque que représentent ces investissements ne recueille toujours que très difficilement la faveur des Québécois Et les sociétés d'entraide avec leurs 345 millions $ en prêts commerciaux, 48 millions $ en prêts industriels et 210 millions $ en prêts personnels représentent une part importante de capital de risque même si une bonne partie des dépôts à terme sont maintenant protégés par la Régie de l'assurance-dépôt du Québec Économie d'échelle Mais le président Arcand est confiant Selon lui, les économies d échelle réalisées par la régionalisation permettent déjà de payer des taux compétitifs sur le marché, soit % p.cent de plus que les banques.Et alors: une situation comme celle qui s'est produite en 1981 est-elle toujours possible?Nous pouvons maintenant affirmer que non, répond Pierre Guerci, surintendant des institutions de dépôt, attaché à l'Inspecteur général des Institutions financières.La loi 40 qui encadre maintenant les sociétés d'entraide est très sévère concernant les normes de liquidité, l'octroi des prêts, les placements, la divulgation des bilans financiers et les conflits d intérêt, précise-t-il.De plus I Inspecteur des Institutions financières, ce nouvel organisme gouvernemental qui a remplacé l'ancien ministère des Institutions financières, est mieux structuré et il s'est doté de ressources humaines additionnelles, ce qui lui permet d'exercer une meilleure surveillance sur les institutions financières qui relèvent de sa juridiction.L'organisme a déjà effectué une tournée d'inspection de toutes les sociétés d'entraide et cette tournée sera désormais annuelle, ce qui ne s était jamais fait avant.L'opération régionalisation est aussi suivie de très près et des rencontres ont lieu avec les conseils d'administration de chacune des sociétés pour discuter de leur situation financière et de leur orientation.Les sociétés doivent enfin fournir des rapports financiers mensuels et si la situation n'est pas jugée satisfaisante, l'organisme gouvernemental a l'obligation d'intervenir.Enfin la vocation de la nouvelle fédération des sociétés d'entraide, c'est avant tout de fournir à ses sociétés membres des services d'expertise en prêts et placement.D'ailleurs l'immobilisation de fonds pour des projets grandioses comme le Mont-Tremblant ou encore une compagnie d'assurance-vie est désormais hors de question.Jusqu'à maintenant le diagnostic de l'organisme de surveillance gouvernemental est positif et Ion se réjouit de la façon dont l'entraide a pu reprendre ses affaires en main.L'on ne cache d'ailleurs pas un certain soulagement face à la tournure des événements.?Z î 5 00 M our avoir en poche le portrait miniature de George Washington, il faut main-* tenant débourser, en France, plus de huit francs.Sur son petit rectangle vert, dominant avec élégance l'inscription «one dollar», le premier président ces États-Unis d'Amérique semble plus que jamais avoir l'oeil pétillant d'ironie.Sait-il qu'il bat ses propres records de popularité, qu'on ne croit plus qu'en sa valeur, qu'on est prêt à croupir sous des taux d'intérêt réels inavouables pour le posséder?Sait-il surtout \u2014 son sourire plus subtil que celui de Mona nous invite à le croire \u2014 qu'il contrarie les programmes économiques européens les mieux fignolés, qu'il déjoue les efforts de redressement les plus douloureux, qu'on l'accuse à mots couverts de sabotage?Les Français sont, en Europe, les premiers malades du dollar.Parce que leur économie souffre depuis longtemps d'une stagnation des investissements, d'une inflation plus forte que chez leurs partenaires, d'un déficit du commerce extérieur préoccupant et du coût élevé de ses réformes sociales.Mais la colère des responsables français devant l'irrésistible ascension du dollar ne vient pas de ce que la devise américaine empire les maux de l'économie française mais bien plutôt de ce qu'elle en empêche ou du moins en retarde une guéri son autrement bien engagée.Une simple «règle de trois» suffit à illustrer l'effet des hausses du dollar sur les finances françaises.Chaque fois que le dollar grimpe de 10 centimes, le déficit extérieur du pays augmente de 2 milliards de francs (environ 300 millions de dollars canadiens à 6F50 pour un de nos dollars).Au premier janvier, le dollar était à sept francs.La multiplication ne nécessite même pas l'utilisation de la calculatrice.Les malheurs de la rigueur Ce qui est un peu gênant dans cette affaire, c'est que le gouvernement socialiste demande, depuis le mois de mars, des sacrifices considérables à ses citoyens pour justement endiguer le déficit extérieur.Que l'on pense à l'impôt supplémentaire de 1 p.cent à I\"«emprunt» forcé qui ajoute 10 p.cent à l'impôt versé, et surtout aux limitations de devises étrangères qui découragent le déplacement des Français à l'étranger.Toutes ces mesures n'ont qu'un but: forcer les contribuables à dépenser moins, donc à acheter » moins de produits étrangers, de £ façon à limiter les importations et à f rééquilibrer la balance du commerce extérieur.L'objectif: réduire ce déficit de co 90 milliards de francs en 82 à 60 milliards cette année.En juillet, les chiffres étaient encourageants et X l'objectif presque à portée de la main.Mais les économistes gouvernementaux avaient programmé leurs ordinateurs sur un dollar à 7 francs 40.Si la devise américaine reste à plus de huit francs, malgré O < û tu 2 1 z O tous Içs efforts imposés aux Fran-5 çais.'le déficit restera au-dessus co des 70 milliards de francs.Se ser-3 rer la ceinture, c'est déjà difficile; * se la serrer pour rien, cela provoque un certain malaise.S'il n'y avait que fe' déftert extérieur, no- dollar bouffe France tion quand même lointaine et abstraite, ce serait encore supportable.Mais l'ascension du billet vert a des effets plus palpables.Environ 40 p.cent des importations françaises se paient en dollars.Le pétrole est l'exemple le plus frappant, son prix n'a cessé de monter _ toute l'année malgré la stabilité du cours mondial.Le litre d'essence à la pompe a maintenant franchi la barre des cinq francs, cela représente 77 de nos cents.Le gouvernement français, au terme d'un efficace contrôle des prix et revenus l'an dernier, avait ramené de 14 p.cent en 81 à moins de 10 p.cent en 82 son taux annuel d'inflation.Sur sa lancée, il vise 8 p.cent cette année, un objectif qui s'annonçait difficile mais réalisable, un objectif que le dollar à plus de 8 francs tourne en ridicule.Contenir le déficit extérieur, réduire l'inflation sont les deux conditions essentielles d'une relance de l'économie française et d'une défense du franc, qui par ailleurs se porte très bien face aux autres monnaies européennes.On comprend aisément l'irritation que provoque chez le ministre français de l'Économie.Jacques Delors, les mauvais tours du dollar.«Le dollar à huit francs, a-t-il affirmé, n'est qu'une nouvelle traduction de la crise et du peu de cas que font les Américains de la situation économique, financière et sociale de leurs alliés.» Jacques Delors n'est d'aileurs pas le seul à se plaindre, même s'il le fait avec plus d'éclat.Son collègue allemand, Otto Lambsdorf.regarde monter le coût de ses importations d'un oeil aigri.Le prix de l'essence a gagné 5 p.cent en un mois.L'inflation allemande n'est pourtant que de 2.5 p.cent cette année.Les promesses brisées On connaît bien le grand coupable de la flambée du billet vert Dans tous les journaux, surtout afrrtéric&ins, on te décrit.- on I aus-» PARIS culte, on essaie de prévoir son prochain mouvement, sa croisa n-ce ou sa régression.Le coupable: c'est d'abord un chiffre: 200 milliards de dollars, c'est le chiffre du déficit budgétaire américain.Il est à l'origine d'une chaîne ininterrompue qui va du budget militaire US jusqu'à la hausse du prix de l'essence à Munich.Le drame, c'est que le premier maillon est une affaire strictement intérieure aux États-Unis.Malgré ses coupes claires dans les budgets sociaux, l'administration Reagan ne refuse rien aux généraux du Pentagone, ce qui creuse un déficit record du budget américain.Pour financer ce déficit, l'État doit emprunter sur les marchés financiers.En même temps, l'entreprise privée américaine, encouragée par la relance, a besoin de crédits pour investir.Il y a donc trop d'emprunteurs, l'argent devient rare, ce qui provoque la hausse des taux d'intérêt.Ces taux étant plus élevés aux États-Unis qu'en Europe, les spéculateurs internationaux, notamment les détenteurs des fameux petrodollars, désertent les devises européennes pour acheter des millions américains qui rapportent plus.Le billet vert est de plus en plus demandé, il monte au détriment des autres devises.S'enchaînent ensuite les maillons «importations», «pétrole», et bien d'autres encore.Les taux d'intérêt américains ont grimpé cette semaine (le «prime rate» est à 11 p.cent), le dollar a suivi.Jacques Delors rappelle avec amertume qu'à Montebello, à Versailles et à Williamsburg, Ronald Reagan s'était engagé du bout des lèvres à réduire son déficit.Il s'est accru.Et ce n'est pas près de changer, si l'on en croit le secrétaire américain au Commerce.Malcolm Bald ricfge1, 'qfu?'b)ôutâ un'rrtâifiori élëc- Jean-François Usée toral à notre chaîne: «La seule façon de faire baisser le dollar est de faire baisser les taux d'intérêt américains, ce qui suppose une réduction du déficit budgétaire fédéral.Mais ce problème ne sera sans doute pas traité avant que les élections présidentielles de novembre 1984 aient permis de demander aux électeurs s'ils préfèrent une réduction des dépenses fédérales ou une augmentation des impôts.» Des avantages «À quelque chose malheur est bon», dit le vieil adage français, et si l'on veut vraiment chercher le bon côté de la chose, on pourra suivre deux pistes.Celle des touristes d'abord.Les Américains, portés par la force de leur devise, traversent en hordes avides de vieilles pierres et de bons vins les tourniquets des aéroports français.On estime qu'ils sont 40 p.cent de plus cette année que l'an dernier, qu'ils restent plus longtemps, qu'ils dépensent plus d'argent.Le magazine Time du 25 juillet évaluait que malgré l'inflation et grâce à la hausse du dollar, il coûtait en moyenne 15 dollars de moins à un Américain pour une chambre d'hôtel convenable et 3 dollars de moins pour un bon dîner parisien cette année qu'il y a trois ans.«Les touristes américains ne demandent plus les tarifs lorsqu'ils arrivent à l'hôtel», affirme le directeur d'un coûteux palace du centre-ville.«J'étais là quand l'homme a écrit 8 francs au tableau de la banque», raconte un architecte newyorkais.«Je vais passer la soirée au Moulin Rouge, pour 350 francs (54$ can.), j'aurai un dîner et un spectacle; à New York, pour ce prix, j'ai un billet pour un show à Broadway, sans le Champagne.» Le même phénomène est observé côté canadien: l'ambassade affirme que son service consulaire est «presque débordé» de demandés' diverse^ 0e* tôUriétëà' cana^ diens en France, visiblement plus nombreux que ces dernières années.L'arrivée de ces touristes aux belles devises est certes réjouissante pour les coffres de la Banque de France, mais cette invasion ne permet en rien de remplacer les dizaines de milliers d'Allemands et d'Anglais qui ont décidé cette année de bouder la France.Si l'expression «effet pervers» a un sens, elle doit être employée ici.A l'annonce des mesures de restrictions des déplacements des Français à l'étranger, le spectre d'une Côte d'Azur tapissée d'un bout à l'autre de Normands.d'Alsaciens, de Parisiens et d Auvergnats a effrayé les touristes européens qui sont restés chez eux ou sont allés faire un tour ailleurs.Résultat: 1983 sera une année, disons, grise pour le tourisme français.La deuxième piste, c'est celle des industriels français qui prospectent les marchés étrangers.Le dollar fort rend les produits fabriqués aux États-Unis plus coûteux, les produits français plus concurrentiels.Jacques Pillet.le trésorier du groupe nationalisé Salnt-Gobain (activités: vitrage, isolation, fibres-ciment, papier-bois, etc.), raconte qu'en 78, alors que le dollar valait entre 4 et 5 francs, «on rencontrait les Américains partout sur notre chemin».Aujourd'hui, la concurrence se fait moins vive et Saint-Gobain en profite.Il n'est pas le seul.Au total, les exportations françaises ont progressé de près de 5 p.cent en juin par rapport à mai et la tendance semble s'affermir.Ce mouvement a cependant ses limites, puisque, comme le soulignent les staticiens de l'OCDE, «il ne sert à rien d'avoir un franc sous-évalué vis-à-vis du dollar si on ne vend pas les mêmes produits que les Américains», ce qui est généralement le .cas.Tout cela n'est guère enthousiasmant.Alors que faire?Prôner l'intervention des banques centrales sur les marchés?En dix jours, les banques centrales du Japon, d\"Al'emagne et des États-Unis ont dépassé un milliard de dollars, et le billet vert monte toujours.Reste à parer au plus pressé, à prendre son mai en patience et à attendre les élections américaines de 84.Les cyniques pourront suggérer à Jacques Delors, dont on connaît les convictions religieuses, de s'adresser au Très-Haut.Mais Dieu pourra-t-il oublier que ce n'est pas sur le franc qu'on lui a fait l'honneur d'inscrire: «In God WeTru8f.».n«;i ?.».\u2022\u2022 v< ? deux seules bombes atomiques à n'avoir jamais été utilisées dans l'histoire Ide l'humanité furent lâchées sur le Japon.Par les États-Unis, pendant la dernière guerre: à Hiroshima, le 6 août 1945 et.trois jours plus tard, à Nagasaki.Le « Garçonnet » comme les Américains avaient appelé la bombe destinée à Hiroshima réduisit tout en cendre sur 13 kilomètres carrés.Quant à «L'homme gras», il en fit tout autant sur 6.7 km* à Nagasaki.Dans les deux villes, le nombre total des victimes, morts, blessés, disparus, atteint en 1946.589 694.38 ans après, la bombe rue encore, à petit feu, des centaines de gens, chaque année.Ce sont les victimes des radiations.Elles seraient près d'un quart de millions.\u2014 Je fus amené à parler de « cercles concentriques de la mort nucléaire», souligne le Dr Tatsui-chiro Azizuki.de Nagasaki, quand il qualifie les effets des radiations.Le Dr Azizuki soigne les victimes de la bombe atomique depuis le premier jour.De l'uranium 235 et du plutonium 239 furent respectivement utilisés dans les bombes atomiques destinées à Hiroshima et à Nagasaki.Les neutrons s'emboutissent dans le noyau de chacun de ces isotopes provoquant une réaction en chaîne de fission nucléaire et libérant une énorme quantité d'énergie.Celle dégagée à Hiroshima fut égale à 12.5 kilo-tonnes de TNT (trinitrotoluene) et à Nagasaki, elle fut de 22 kiloton-nes.En explosant, la bombe atomique déclenche des explosions secondaires, des rayons thermiques et des rayons radioactifs qui agissent directement, simultanément et de façon complexe sur le corps humain.Ils causent des brûlures «thermiques».Des blessures sont aussi provoquées par les explosions ainsi que par les radiations.Celles-ci sont de deux sortes: initiales, c'est-à-dire celles émises dans la minute qui suit l'explosion et résiduelles, toutes celles qui surviennent après.Huguette Laprise A HIROSHIMA Il y a 38 ans, «Garçonnet» et «L'homme gras» La puissance des deux bombes lancées sur le Japon était en tout à peine un trentième d'un mégatonne.Elle ne fit pas moins de 300 000 morts.Que ce soit les Pershing II, les Cruise ou les SS-20.on évalue leur puissance supérieure à 2000 fois celle de la bombe d Hiroshima.On estime que si une bombe nucléaire d'un mégatonne explosait sur Tokyo aujourd'hui, le nombre de victimes serait supérieur à 5 millions.En mars dernier, un comité international de l'Organisation mondiale de la santé a prévu que si une seule arme nucléaire était un jour lâchée, les possibilités d'une guerre nucléaire pendant laquelle tout l'arsenal nucléaire mondial serait utilisé sont passablement élevées.On estime que le contenu de cet arsenal est égal à un million de fois la bombe d'Hiroshima.Une bombe du type Hiroshima a donc été ajoutée à l'arsenal nucléaire du monde toutes les 20 minutes ces derniers 38 ans! De plus, en tout.1 375 es- sais nucléaires (enfin, ceux connus) ont été conduits par les six puissances nucléaires: États-Unis.Union soviétique.Grande-Bretagne.France, Chine.Inde.Pourtant, tout a été dit sur le nucléaire, à Hiroshima et à Nagasaki, pendant ces deux instants démentiels de 1945.Et aujourd'hui, les deux villes sont de véritables laboratoires humains.Pourquoi est-il alors nécessaire entre autres de mener des expériences nucléaires sur les chiens comme l'a ordonné le ministre canadien de la Défense, Gilles Lamontagne?Pourquoi, en effet, torturer de pauvres bêtes ?À Hiroshima et à Nagasaki, les témoignages ne manquent pas.À Nagasaki seulement, on compte plus de 75 000 survivants de la bombe, plus deux tiers souffrant des effets des radiations.L'homme a 38 ans.It a I âqe du nucléaire, celui aussi des nouveaux Hiroshima et Nagasaki.En lui s'évalue le prix que la paix a coûté au Japon.Toute une géné- ration perdue.Victime des radiations nucléaires, sa mère a donné naissance à un véritable légume.Il habite depuis des années dans un hôpital appelé \u2014 et c'est presque de la cruauté \u2014 la « colline de la grâce».Y vivent aussi 377 autres victimes de la bombe atomique, elles souffrent principalement de cancers, 80 p.cent des femmes qui en sont affectées ont un cancer de l'utérus.Quand le terrible engin l'a frappé, M.Sumiteru Taniguchi se trouvait sur sa bicyclette à deux kilomètres de I'epicentre de la bombe.Il avait 16 ans.Il était facteur.Il n'y a presque pas un endroit de sa peau qui n'est pas marqué de larges et profondes cicatrices.Il fut soigné dans un hôpital pendant près de quatre ans.« J'ai été sauvé miraculeusement de la mort» dit-il.Mais c'est pire: il vit une mort lente.Il a 54 ans.Il s'est marié, a eu deux enfants.Il est maintenant grand-père mais ce n'est pas par amour qu'il s'est marié.Sa femme l'a connu pour ta première fois la nuit des noces.« Personne, ajoute-t-il.ne voulait épouser un atomisé.» Il souffre aujourd'hui d'un cancer de la peau et a subi une dernière opération en juin dernier.« La tumeur est une masse si dure, si solide, dit-il.que le scalpel du chirurgien s'y est brisé.» Des dizaines de fois.Mme Miyo-ko Yamaguchi.s'est allongée avec ses deux fillettes sur la voie ferrée pour que le train en finisse avec elles.Elle est aussi allée dans la montagne tout autant de fois pour se pendre à un arbre.Le 9 août 1945.el(e était une jeune femme, mère d'une petite fille de un an, et enceinte.Elle ne fut pas blessée quand la bombe frappa la ville, car elle se trouvait dans le sous-sol d'un hôpital très éloigné de (epicentre.Mais, juste à ce moment, son mari traversait en bicyclette la cible déterminée par les Américains.Plusieurs jours plus tard, elle retrouva son corps.Elle ne l identifia qu'ainsi: la forme des langoustes qu'il ramenait à la maison s'était clairement fixée, imprimée, sur sa poitrine.Quant à elle, dans les mois qui suivirent, elle présenta tous les symptômes des radiations nucléaires: cheveux qui tombent, vomissements et selles avec sang, gencives qui saignent.«Je traversais seule la cité qui brûlait.Je voulais rejoindre mes parents à la maison.Je ne la retrouvai jamais, mais sur ce qui je présume, devait être l'emplacement de notre maison détruite, je reconnu les cadavres calcinés de mes parents, deux jours plus tard.Moi je n'étais pas blessée du tout.Ce sont certains souvenirs qui reviennent à la mémoire de Mme K.Yamashina.Le nucléaire mit trois ans à produire ses effets sur elle: des boutons apparurent sur son visage.Elle ne put garder son emploi parce que les clients avaient peur d'elle.Puis ce fut l'hémorragie des gencives et sa peau se mit à noircir.Malgré ses séjours à l'hôpital et les médicaments, depuis 38 ans, la souffrance et la torture sont ses lots quotidiens.?Les Japonais ne réagissent presque plus amai Wa Kikara.» C'est le mot de consolation que le premier ministre du Japon a exprimé à certaines victimes de la bombe atomique qu'il a rencontrées dans un hôpital d'Hiroshima.En français, cela pourrait se dire ainsi: «Avec un bon moral, vous pouvez guérir.» Le premier ministre Naka-sone a ainsi été un des rares chefs à assister aux cérémonies marquant le 38e anniversaire de la bombe atomique à Hiroshima.Les atomisés ne sont pas prêts d'oublier sa visite.Cette remarque de M.Nakasone a en effet causé autant de remous au Japon que sa déclaration à Washington, en janvier dernier, à savoir qu'il ferait de l'Empire du soleil-levant, un «porte-avion indestructible.» «Le premier ministre n'est pas suffisamment renseigné sur les effets du nucléaire,» commente le maire de Nagasaki, M.Hitoshi Mo-toshima, un ardent partisan de la paix, engagé profondément dans la campagne anti-nucléaire.«Nos souffrances ne sont pas causées par la maladie, mais par la guerre, et plus encore par le nucléaire, réplique une victime, M.Sumiteru Taniguchi.Alors, même avec un bon moral, rien n'y fera.Entendre de tels mots m'a vraiment choqué.Cette torture, nos sentiments, personne, même pas nos médecins, ne peuvent les comprendre.» Il y a plus que l'incompréhension.La question du nucléaire semble toucher peu de monde au Japon.Hiroshima et Nagasaki ne seront bientôt que chose du passé.Tout au plus demeureront-elles des symboles.Au moment même où la torche de la paix était allumée dans le parc de Nagasaki, à la mémoire des victimes de la bombe atomique, le porte-avions nucléaire américain Midway accostait dans le port de Sasebo, à quelque 40 kilomètres de la ville.À peine 400 manifestants se sont rendus sur place: il y a une dizaine d'années, quand le même porte-avions avait mouillé à Sasebo, une trentaine de milliers de personnes étaient allées l'accueillir.La manifestation avait dégénéré en émeute et fait des centaines de morts.Le 2 août à Tokyo, une manifestation dans le cadre de la conférence internationale contre les bombes A et H, n'a réuni que 1 500 personnes.Pour la même cause, on en aurait compté facilement 500000, voire un million de personnes, voilà dix ans.Bien que le mouvement anti-nucléaire au Japon soit conscient de son importance au sein du mouvement international, il est divisé en deux camps principaux et en une douzaine de factions aux slogans discordants et aux buts parfois conflictuels.Les deux grands groupes, le Congrès contre les bombes A et H (Gensui-Kin) et le Conseil contre les bombes A et H (Gensui-Kyo) font bandes à part depuis 21 ans.Ils ne s'accordent par sur des questions comme le désarmement nucléaire partiel ou total, sur celle des traités d'interdiction tout comme sur celle des réacteurs nucléaires.Le Gensui-Kyo est supporté par le Parti cçmmuniste.japonais.L'or- ganisation prétend regrouper 6 millions de membres.Il apparaît pour le moment presque improbable que le Japon prenne le leadership du mouvement, malgré les efforts faits par MM.Takeshi Araki, et Hitoshi Mo-toshima.respectivement maires de Hiroshima et de Nagasaki, pour que leurs cités deviennent les capitales internationales de la paix.En fait, le Japon risque de n'être que l'inspirateur de slogans et de pancartes pour les pacifistes du monde entier.Le mouvement japonais n'a pas encore trouvé le leader qu'il lui faut.D'un autre côté, le mouvement international lui-même est loin d'offrir un front commun.Bien au contraire.À la conférence internationale, les deux blocs se sont affrontés.Les délégués de l'Ouest ont accusé ceux de l'Est d'être parrainés par leurs gouvernements.C'est par la menace d'un schisme au sein du mouvement que les délégués de l'Est ont rétorqué.Au cours de précédentes conférences, les délégués s'en sont déjà pris aux dictatures militaires qui interdisent les mouvements pour la paix.Mais c'est la première fois qu'ils critiquent ouvertement et expriment leur mécontentement à l'endroit des mouvements des pays socialistes et communistes.Ils voudraient que les organisations soient indépendantes de tout gouvernement.Un professeur de sociologie, Hajime Tanuma, directeur du Conseil contre les bombes A et H, ne voit pas pourquoi les groupes ne pourraient pas former un front commun.«Nous croyons qu'il ne faut qu'une seule organisation.Après tout, nous prônons tous la même chose: le désarmement.» «C'est peut-être bête à dire, souligne un pacifiste britannique, mais je crois qu'il faudra qu'un accident terrible, qu'un événement épouvantable se produise pour que le mot nucléaire cesse d'être de la magie.Il faudra bien alors que nous fassions vraiment quelque chose.Nous ne pourrons plus nous borner à des condamnations morales et à des opinions globales, » ?en O z 70 rrv > r\u2014 > m g > o oo G) en p Des réfugies du Guatemala s'entassent dans le sud du Mexique Pierre Saint-Germain MEXICO J Je n'ai jamais vu, au cours de mes nombreuses missions à l'étranger, de choses aussi terriblement inhumaines: interminables marches de familles entières à travers la jungle et la montagne, racines et feuilles d'arbre pour toute nourriture, vieillards et enfants fauchés par la maladie et la faim en cours de route, survivants squelettiques arrivant dans des camps où ils sont condamnés à vivre dans des conditions pénibles \u2014 en plus d'être menacés et tomber aux mains des sbires de la dictature guatémaltèques qui exécutent des raids en territoire mexicain.» Celui qui témoigne devant moi est un religieux catholique canadien, tenu de garder l'anonymat pour des raisons que Ion comprendra facilement.Il travaille depuis quelque temps pour le diocèse de San Cristobal de Las Casas, dans l'État mexicain de Chiaps, le long de la frontière guatémaltèque.C'est là que se trouvent plusieurs des camps où s'entassent près de 100,000 réfugiés du Guatemala.Indiens dans la proportion de 98 p.cent, qui ont pu échapper aux massacres de civils auxquels se livrent les militaires de leur pays.Cet exode massif, explique le missionnaire canadien, remonte h au coup d'État qui.le 23 mars q 1982.a porté au pouvoir le géné- < ral Efrain Rios Montt.fanatique re-o ligieux appartenant à une secte Z.fondamentaliste américaine con-Q nue sous le nom du «Verbe».Ce ^ dernier a, cette semaine, été renversé à son tour par son ministre de la Défense, le général Oscar < Mejia La répression qui existait depuis longtemps déjà au Guate- 2 mala, a alors pris de nouvelles di-O mensions.Rios Montt avait mis en £ application la politique dite de ui «terre rasée»: destruction de villa- 3 9©s entiers, y compris l'incendie * des maisons, exécution sommaire d une partie de la population, en ^particulier desjeunes dé 20\"à 40 o oo o ans, soupçonnés d appartenir ou d'être sympathiques aux forces populaires qui luttent les armes à la main pour rétablir la démocratie dans ce pays, le plus populeux \u2014 (quelque 7 millions d'habitants) d'Amérique centrale.Dans la montagne Près de 80 p.cent des réfugiés sont des vieillards, des femmes et des enfants.On estime qu'environ 41 000 d'entre eux sont concentrés dans la région de San Cristobal.Ils viennent principalement du Quiche, de Huehuetenango et de San Marcos, départements guatémaltèques en bordure de la frontière mexicaine.Ces gens, poursuit notre interlocuteur, se sont déplacés à pied, à travers la jungle et les hautes montagnes, n'ayant pour tout bagage que leurs vêtements et quelques ustensiles.Ils ont parcouru jusqu'à 80 kilomètres pour parvenir aux camps de réfugiés, ils ont été réduits à ne manger que des racines et des feuilles d'arbres.Deux membres de chacune des familles errantes sont morts de faim, de mal nutrition et de maladie au cours de ces marches diaboliques.La plupart des victimes sont des vieillards et des enfants, enterrés en cours de route.Plusieurs, épuisés, ont abandonné l'expédition et se sont laissés mourir.D'une voix émue, le missionnaire cite un exemple récent: «Quelque 500 personnes ont atteint la semaine dernière le camp mexicain de Puerto Rico, dans la région de Cosingo, près de Chiapas, dans le sud-est du pays.Pendant un an.ces réfugiés avaient dû vivre cachés dans la jungle épaisse ou la montagne.Le groupe se composait surtout de vieillards, de femmes et d'enfants.Presque tous étaient dans un état pitoyable à leur arrivée au Mexique.Oit aurait dit de vrais squelettes ambulants.» Le camp.de Puerto Rico est le 1 plus grand de tous ceux qui 'ont été aménagés au Mexique.Il abrite présentement quelque 3 600 personnes.On n'y a accès qu'après une journée en voiture à travers les montagnes et deux jours en bateau.On peut imaginer les difficultés d'approvisionnement qui résultent d'un tel isolement C'est pourquoi le menu du camp est on ne peut plus frugal: maïs, frijoles (fèves), un peu de riz.Comme boisson, de l'eau de rivière, souvent contaminée.Malnutrition Au camp de Puerto Rico, on ne comptait que 300 réfugiés le 15 nnupmhrp 1QR9 lin mnic nhjc tard, il y en avait 6 000.par suite de l'intensification de la répression au Guatemala.Du 15 décembre 1982 au 6 janvier 1983.99 personnes en majorité des enfants de moins de cinq ans et des vieillards, y sont mortes de malnutrition.La ration était limitée à un kilo de maïs par famille à tous les quatre jours alors que le minimum vital pour une famille de sept personnes est de sept kilos par jour.Au régime alimentaire déficient, précise le missionnaire, il faut ajouter les conditions de logement, moins qu'élémentaires: un toit de paille et de branches d'arbre.Même pendant la saison des pluies, qui va de mai à septembre, les réfugiés couchent en plein air.Ajoutons à ce tableau épouvantable le fait qu'un seul médecin est affecté au camp.Et il n'y passe que tous les quinze jours.Cependant, une équipe de religieuses mexicaines, infirmières de profession, dispense plus ou moins en permanence des soins médicaux.Y a-t-il des possibilités d'emploi pour ceux des réfugiés qui sont en état de travailler?Selon des sources dignes de foi, seulement 10 p.cent d'entre eux peuvent trouver un emploi, s'ils ont obtenu un permis de travail, dans des petites propriétés.Leur salaire, de 70 à 150 pesos 0ér jour' Cun dollar ca- nadien vaut 120 pesos au cours actuel du change), ce qui permet à peine de subsister.Le Mexique, qui a une longue tradition d'asile politique, a mis sur pied en mars 1982.en dépit de la profonde crise économique qui le frappait, des structures d'accueil et d'aide en faveur des réfugiés guatémaltèques.Cette tâche a été confiée à la Commission de Ayuda a Los Refugiados (COMAR), composée de quatre ministères: Santé, Intérieur, Relations internationales et Finances.Ces ministères fournissent des ressources humaines et matérielles (médicaments et aliments notamment) qui répondent aux besoins vitaux des survivants de l'enfer guatémaltèque.Aide de l'ONU Les Nations unies, par l'intermédiaire de leur haut commissariat aux réfugiés, aident directement la COMAR, grâce à un budget de l'ordre de quatre millions $.De son côté, l'Église catholique mexicaine, par l'entremise des diocèses situés' le long de la frontière guatémaltèque, apporte un appui substantiel en personnel \u2014 des travailleuses sociales, entre autres \u2014 aux réfugiés.Elle leur distribue en outre des vivres (lait, riz, frijoles).Pour sa part, fait remarquer le missionnaire, le gouvernement fédéral canadien manifeste beaucoup d'intérêt à l'égard des réfugiés, notamment dans le cadre de son programme d'accueil des Guatémaltèques et des Salvado-riens en détresse.Quelque 2 000 personnes pourront ainsi s'établir chez nous.De plus, généralement par l'intermédiaire de l'Agence canadienne de développement international.Ottawa met en application un programme jumelé avec celui des organisations non gouvernementales.Par exemple, lorsque l'une de ces organisations met 100 000$ à la disposition des réfugiés.l'ACDI erT donne4 autant.Cette aide est acheminée aux réfugiés par les comités diocésains de l'Église catholique, principalement ceux de San Cristobal de Las Casa et de Tapachula.D'autres pays, parmi lesquels la Hollande, la Suède, la Norvège, accordent une aide directe aux organisations non gouvernementales oeuvrant en faveur des réfugiés.Même dans les camps mexicains, souligne le missionnaire canadien, la vie des réfugiés est menacée par les militaires guatémaltèques qui y exécutent des raids Jusqu'ici, ces agressions ont fait au moins sept morts.Pour ne pas tomber dans le piège des provocations guatémaltèques, le gouvernement mexicain a éloigné les camps de la frontière.L'un des prétextes invoqués par le gouvernement guatémaltèque pour intervenir militairement en territoire mexicain est la présence de guérilleros dans les camps.Or, selon le témoinage de Paul Hart-ling, haut-commissaire des Nations unies pour les réfugiés, la guérilla ne s'y manifeste pas du tout.La situation des réfugiés guatémaltèques au Mexique peut-elle se détériorer davantage?À cette question, le missionnaire canadien répond: «La situation ne peut guère se détériorer, car les Guatémaltèques que la dictature militaire n'a pu exterminer, je veux dire les Guatémaltèques des régions voisines du Mexique, sont déjà sortis.» Et la solution à toute cette tragédie?«La solution, c'est un changement complet de régime au Guatemala où des gouvernements soi-disant démocratiques ont massacré plus de 100 000 personnes depuis 1954, date du renversement \u2014 avec l'aide d'agents spéciaux américains \u2014 du gouvernement populaire du colonel Jacobo Ar-benz Guzman.* i fj ¦ e 28 mars 1980, les enquêteurs du 135e «pre-cinct», à Harlem, arrè-ltaient Eric Thomas, et l'inculpaient d'homicide.Thomas avait dix-huit ans à lépoque.On lui reprochait au moins cinq meurtres Mais son âge était moins remarquable que sa taille, et que sa fiche criminelle.Traité de «nain» et de «nabot» par tous les tabloïdes de Manhattan, ce jeune noir ne fait qu'un mètre cinquante-sept, moins que la moyenne des femmes adultes américaines, et beaucoup moins que la moyenne des hommes noirs adultes.Adoptant le pseudonyme de Frank Nitti, célèbre tueur du gang Capone, Thomas aurait voulu, dès I âge de treize ans, faire oublier ses dimensions réduites en terrorisant son milieu.Pillant, attaquant et tuant «pour le plaisir de la chose», comme il l'admit aux policiers, Eric Thomas abattit ses victimes (qui furent peut-être plus nombreuses que les cinq cadavres retrouvés) dans un quadrilatère assez restreint de West Harlem, en moins d'un an, signe qu'il tenait à revendiquer la paternité de ses actes et à être craint par la population Si la police le retrouva, c'est d'ailleurs parce qu'il tirait en pleine rue sur un groupe d'habitants du quartier qui voulaient venger un de leurs amis tué par le jeune homme.Deux des victimes s'étaient moquées de la taille de Thomas.Les autres étaient des témoins gênants.Au moment de sa capture, le meurtrier portait une veste policière anti-balles! À première lecture, un tel récit fait penser au journalisme à sensation qui monte en épingle la criminalité spectaculaire et qui oublier.Robert-Guy Scully NEW YORK À New York criminalité rait la «vraie» criminalité, voire la criminalité «quotidienne».Mais justement: à New York, ou ailleurs en Amérique, les très jeunes criminels, insensibles aux remords et particulièrement violents, sont devenus un phénomène quotidien, connu des policiers et de la population.On ne s'en étonne plus, et les horreurs perpétrées par ces adolescents ne provoquent plus de «sensation», puisque la surprise est passée depuis longtemps.Pour les Américains, il ne reste qu'une certitude déprimante, vérifiée à plusieurs reprises.Ainsi, les New-Yorkais n'ont sûrement pas bronché en apprenant que Thomas, maintes fois repéré par les gendarmes, n'avait pas été inculpé à une seule occasion, entra sa treizième et sa dix-septième année.Le tribunal responsable des délits commis par les mineurs, Family Court, a la réputation de renvoyer presque systématiquement les prévenus à leurs parents, même lorsque ces derniers supplient le juge de faire incarcérer leur progéniture, face à laquelle ils se sentent impuissants.Pourtant, en 1978, une nouvelle loi votée par l'Assemblée législative d Albany décrétait que les jeunes âgés de plus de douze ans qui commettaient des crimes graves pourraient êtres jugés et condamnés par les mêmes tribunaux que les adultes, en vertu des mêmes lois et des mêmes châtiments.Mais le parquet s'est montré réticent et les magistrats ont envoyé, en 1980, 63 p.cent des causes soumises à la Family Court, annulant ainsi les accusations.Puisqu'il s'agit de mineurs qui ne peuvent être affligés d'un dossier judiciaire, les apparitions successives d'uA.jeupe | Ja,.Farnjly Court ne sont jamais révélées à l'école qu'il fréquente, ni la gravité des actes qu'on lui reproche.Parfois, un directeur d'école, apprenant qu'un de ses élèves a tué ou violé, dira qu il ne soupçonnait pas les tendances criminelles de cet élève, qui de toute façon pratiquait probablement un absentéisme fréquent.Plus de 65000 étudiants mineurs font l'école buissonnière à tous les jours, dans les institutions publiques municipales de New York.La situation échappe à tout contrôle.Il est couramment admis que, depuis la désertion des écoles publiques par la classe moyenne blanche, la discipline à I intérieur de ces établissements s'est effondrée.Les enseignants, souvent des femmes, vivent sous la menace constante d'attaques.Une comparaison des statistiques pertinentes, d'une décennie à l'autre, permet de tracer cette évolution: au cours de l'année scolaire 1974-75, à New York, les autorités confisquaient 134 armes diverses et recensaient 2583 cas de vol et 211 cas de voies de faits.En 1980-81, les confiscations d'armes avaient grimpé à 661, les vols déclarés à 3837, et les voies de faits, le crime le plus grave, s'étaient multipliées plus de sept fois, pour atteindre 1564.Libre de tout entrave réelle chez lui ou en classe, l'adolescent aux tendances violentes a fait de la rue son terrain privilégié.Il n'a qu'à décider, par exemple, de concert avec un groupe de camarades, qu'il n'ira pas à l'école ce jour-là: personne ne viendra l'inquiéter ou lui demander ce qu'il fait au centre ville en plein jour.Au cours de la décennie soixante, New York affectait plus de 600 gendarmes à la surveillance des mineurs.Aujourd'hui, il.en reste à peine cent » moins d'un agent par «precinct».Les policiers sont les premiers à reconnaître qu'ils n'ont plus d'autorité, l'un d'eux racontait aux journalistes comment un garçon de douze ans l'avait menacé d un revolver de calibre neuf milimè-tres! «C'était une situation presque gênante», concluait-il, non sans humour.Enfin, quatrième impuissance qui s'ajoute à celles des milieux familial, scolaire et policier, les institutions chargées de la «réhabilitation» des mineurs.Étant donné précisément leur rôle rééducateur, ces établissements coûtent très cher.l'État de New York compte environ une centaine de maisons de redressement qui drainent 120 millions $ par année du Trésor.Ces institutions n'abritent pourtant que 6000 pensionnaires.Mais fidèles à la philosophie optimiste du début du siècle, elles offrent de coûteux services aux délinquants: cours de lecture et d'arithmétique accélérées, apprentissage de métiers, counseling psychologique, etc.Comme dans le cas des prisons pour criminels adultes, la réhabilitation paraît un échec à peu près général.Pour les adultes, surtout pour les criminels dits «de carrière», les observateurs les plus lucides préfèrent s'éloigner des positions extrêmes, rééducation (vision optimiste) ou punition (vision pessimiste).Ils optent plutôt pour une position neutre, et prônent \u2022incapacitation imprisonment*, c'est-à-dire un système carcéral axé sur le souci des victimes futures, qui ne cherche ni à punir ni à réformer le criminel, mais simplement à le rendre «incapable» de commettre d'autres actes violents, en l'incarcérant à demeure.Or il semble que pour les jeunes également, on en soit rendu là.Les magistrats, les psychologues et les rééducateurs admettent que plusieurs individus choisissent cette carrière, au cours de leur prime adolescence, et n'ont aucunement l'intention de changer leur décision.Cet aveu d'échec de la part des autorités est plus attristant que dans le cas des adultes «endurcis», pour des raisons évidentes.On voudrait croire que des facteurs sociaux ou économiques sont déterminants afin de rendre le problème moins angoissant.Mais les critiques de cette explication font remarquer que c'est sous les programmes généreux de la \u2022Great Society» de Lyndon Johnson que la criminalité juvénile prit vraiment racine aux États-Unis, alors qu'il n'y avait pas récession et que l'on faisait des progrès sur le plan des relations entre les races.Nous touchons ici à une espèce de mystère.Peut-être faut-il repenser toute notre idéologie de l'enfance et de l'adolescence, idéologie d'ailleurs forgée par des adultes, qui postule une innocence fondamentale dans le cas des êtres plus jeunes, et aussi une possibilité de «rédemption» inaltérable.Ces caractéristiques existent-elles?Les deux exemples suivants font réfléchir.La criminalité juvénile est peut-être plus adulte qu'on ne le croit.Il y a quatre ans, les autorités du New Jersey instituèrent le programme Scared Straight, qui reçut une publicité favorable à peu près unanime.Des mineurs ayant commis un ou deux actes criminels étaient envoyés au bagne de Rah-way.Là, des prisonniers adultes leur faisaient le récit de ce qui les attendrait un jour, exemples à l'appui.Cette tentative de redressement un peu naïve séduisit tout le monde.Mais par la suite, l'étude d'un criminologue de l'université Rutgers, comparant ceux qui s'étaient soumis à ce programme à d'autres délinquants, découvrit que les «diplômés» du programme avaient commis plus de crimes sérieux, par la suite, que leurs confrères.Concluons par les propos de Darryl Witherspoon, recueillis par le New York Times en 1982, alors qu'il avait dix-neuf ans.Witherspoon fréquente les maisons de redressement depuis l'âge de quatorze ans: «Ils ont tout essayé pour me fournir un autre mode de vie.Mais cette solution n'était pas assez lucrative.Il est impossible pour une institution comme celle-ci de m'offrir une meilleure vie que celle que j'ai choisie.Il n'y a pas seulement le profit.Ma vie est plus excitante que celle qu'ils me proposent.Si je vais à l'université pendant quatre ans, j'aurai peut-être un emploi, peut-être pas.Alors que maintenant, je peux voler une auto, faire 500$.acheter une demi-once de drogue, la diluer quatre fois, la revendre, et voilà: j'ai fait 2 500$ en un clin d'oeil» D| es» o z 3 J \u2022 V.\\ J i - c » \u2022 \\ C 3 -J * I i» \u2022 I m > O s o 00 mmm en O < CO CO I CO éditeur Jean Sisto éditeur adjoint Réal Pelletier secrétaire de rédaction Manon Chevalier collaborateurs au Québec Françoise Côté Gil Courtemanche Antoine Désilets Jean-François Doré Jean-Guy Duguay Claire Dutrisac Jacques Duval Guy Fournier Louis Fournier Pierre Godin Serge Grenier Jean Hébert Dr Gifford Jones Dr Louise Laliberté Gérard Lambert Yves Leclerc Marie Lessard Mario Masson Po* Martin André Robert René Viau Patricia Dumas Diane Hill Vancouver Daniel Raunet New York Robert-Guy Scully Miami Ron Laytner MexiCO Pierre Saint-Germain Paris Jean-François Lisée Louis-Bernard Robitaille Bruxelles Claude Moniquet Toronto Calgary Rome Chypre Vienne Tokyo Taiwan Jean Lapierre Robert Pouliot Albert Juneau Huguette Laprise Jules Nadeau PLUS publie également des reportages exclusifs obtenus de l'Agence France-Presse et l'agence Inter Presse Service.publicité générale: Probecô Ltée Tél.: Montréal 285-7306 Toronto (416) 967-1814 de détail: La Presse, Ltée Tél.: (514) 285-6874 Le magazine PLUS est publié par Hebdobec Inc.C.P.550 Succursale Place d'Armes Montréal H2Y 3H3, monté et imprimé par LA PRESSE, Ltée.Tous droits de reproduction, d'adaptation ou de traduction réservés.président du conseil d'administration Roger D.Landry directeur général Jean Sisto responsable des cahiers spéciaux Manon Chevalier secrétariat Manon Beaulieu Tél.: (514) 285-7319., ,7 forêt et lac sont menacés n s imagine généralement l'île des Soeurs comme un vaste domaine résidentiel parsemé d'espaces verts.Mais.I île offre beaucoup plus aux amateurs de plein air: un terrain de golf, un littoral, un lac, une vue exceptionnelle sur les environs et aussi une forêt sauvage apportent une bouffée d'air frais dans notre vie urbaine.Présentement, tout ces attraits sont menacés de disparition pour faire place aux immeubles que la société Structures Métropolitaines projette y construire.Entre-temps, la ville de Verdun prépare un plan de zonage pour l'île des Soeurs.Il sera rendu public d'ici la fin de l'été.Que seront les décisions de la ville, particulièrement sur l'avenir de la forêt et du lac?On sait, d'après les projets d'aménagement de la C.U.M.qu'aucun parc régional n'est prévu sur la rive sud de l'île de Montréal.De plus, la ville de Verdun manque d'espaces verts.Ainsi, la forêt et le lac de l'île des Soeurs, de par leurs richesses, devraient être conservés.Pendant près de 200 ans, I île appartenait à la Congrégation Notre-Dame, d'où son nom d'île des Soeurs.De 1938 à 1942, on projetait successivement y établir un aérodrome, une réserve d'oiseaux, une base militaire et un musée de l'Homme.Finalement en 1956, la Congrégation vendit I île à une société foncière, la corporation «Québec Homes and Mortgage*.Cette corporation prit possession non seulement de l'île mais aussi des îlots voisins, pour construire «le plus merveilleux domaine résidentiel en Amérique du Nord».La même année, l'île des Soeurs était annexée à la ville de Verdun.Au début des années 60.le pont Champtain fut construit, favorisant le développement résidentiel.En 1965, la société foncière loua le territoire pour 99 ans à une firme américaine, Structures Métropolitaines Inc.Lors de la levée de la première pelletée de terre, en 1967, on mit en terre une capsule qui sera ouverte en 2067.Elle contient des croquis d'architectes, des informations générales de l'époque et aussi des prédictions sur le mode de vie des Montréalais en 2067.Durant les années 70.' certains'I6fe de terrain ont été vendus à d'autres compagnies privées.On prévoyait y construire une ville de 50 000 personnes.La construction d'habitations fut alors entreprise.Actuellement.8 000 personnes y résident.La partie sud-ouest de I île est constituée d'une masse incroyable de matériaux de remblayage provenant de la région de Montréal.Ces travaux ont uni les îlots avoisi-nant à I île, l'augmentant ainsi de 20 p.cent environ.Plusieurs possibilités d'aménagement de la pointe sud-ouest ont été avancées.Comme il est suggéré dans un rapport élaboré par l'ingénieur Lewis, un golf et un parc pourraient en être établis sur les remblais.L'emplacement actuel du golf pourrait devenir une zone pour la construction résidentielle.Ainsi la forêt, présentement zonée résidentielle, pourrait être protégée intégralement.Rose-Marie Schneeberger Jadis, la forêt couvrait l'île dans sa majeure partie.Mais l'agriculture, la construction et la maladie hollandaise de l'orme ont réduit ce boisé à 10 p.cent de I île.On y retrouve néanmoins plusieurs espèces de valeur comme le frêne, le chêne, le caryer et l'orme.La présence de plantes rares dans le boisé de I île des Soeurs lui donne un cachet particulier.Certaines ne se retrouvent qu'à très peu d'endroits au Québec.Les amateurs de plantes rares auront tout le loisir de les observer.La forêt est un site apprécié par les insulaires et par les nombreux citoyens de la région de Montréal L'île des Soeurs et son boisé VERS LE PONT CHAMPLAIN FLEUVE SAINT-LAUENT ?zont réskknHtNt ou commerciale I I part» sud-ouest bo«é EmHtdtKb cadastre de Hk> v V n % * n \u2022% *\u2022 H hhh »% \u2022*?» > MUM J»'4i|i qui ont eu la chance de s'y promener.L'hiver, le ski de fond trouve des adeptes grâce aux pistes balisées qui sillonnent la forêt L été on emprunte les nombreux sentiers de gravier ou de terre battue pour la randonnée pédestre ou la promenade à bicyclette.On y vient aussi pour y goûter la paix dégagée par la fraîcheur et les colons du couvert végétal.Que se passerait-il si la société Structures Métropolitaines décidait de construire dans le boisé?.Outre la destruction de la végétation, plusieurs espèces d'oiseaux devraient immigrer.Quelque 230 espèces d'oiseaux trouvent refuge annuellement dans la partie sud-ouest de I'île.En effet, l'île des Soeurs est l'un des principaux sites d'observation d'oiseaux de la région de Montréal.L été.les hérons verts, les martins-pècheurs et la sauvagine trouvent au lac leur habitat parfait.On prend soin des oiseaux à l île des Soeurs.Des maisonnettes ont été installées aux abords de la forêt pour abriter une colonie d'Hirondelles pourprées.L'hiver, une colonie de perdrix grises, des pics à dos noir, des hiboux et la présence temporaire des harfangs des neiges font l'objet d'excursions de la part des amants de la nature.Le lac de I île des Soeurs aurait pris naissance d'une excavation creusée par des constructeurs.L'eau des pluies s'y serait accumulée par la suite.Le remplissage effectué présentement près du lac fait monter le niveau d'eau et la forêt se voit progressivement inondée.Les arbres dépérissent privant ainsi les oiseaux d'un gite certain De plus, l'envahissement du lac détruit le milieu de vie des oiseaux aquatiques.Il serait préférable d'arrêter le remplissage afin de protéger le lac et ses rives.L'avenir de la forêt et du lac est entre les mains des insulaires et des citoyens de la région métropolitaine.Le seul moyen d'empêcher la société Structures Métropolitaines de construire dans la forêt est de faire pression sur l'administration de la ville de Verdun afin que le boisé et le lac deviennent un arrondissement naturel.Pour passer une journée en plein air fort agréable dans un environnement naturel, on prend l'autobus 12 à partir du métro La-Salle jusqu'au terminus.Des excursions organisées par la Société de biologie de Montréal prennent leur départ à cet endroit.Pour connaître l'horaire, appelez le 861-5360.Life des Soeurs vous surprendra! .»»» PLEIN AIR la une de presque tous les magazines, elle s'inscrit cet été comme la déesse des plaisirs aquatiques.En France, on l'appelle «I avaleuse de vagues».Elle glisse, danse, saute, vole et joue avec l'eau et l'air, bien mieux que la planche de surfing \u2014 son ancêtre d'ailleurs \u2014 disent les mordus qui l'amènent chaque fin de semaine de beau temps vers leur plan d'eau favori.Que ce soit aux lacs Saint-François, Saint-Louis ou Deux-Montagnes (région de Montréal); Memphrémagog et Brome en Estrie; Maskinongé et Cloutier (région de Lanaudière); l'Achigan, Quenouille, Dupuis, dans les Lau-rentides; ou encore Beauport et Saint-Joseph près de Québec; sans oublier la Baie Missisquoi et le lac Champlain au Richelieu-Ya-maska, le lac Saint-Jean, la rivière des Outaouais et les lacs Simon, des Iles et McGregor dans l'Ou-taouais, et enfin le fleuve Saint-Laurent (notre mer à nous), partout les véliplanchistes s'en donnent à coeur joie.Inventée et mise au point grâce aux technologies les plus avancées alliées à une esthétique impérieuse, la planche à voile a de quoi séduire.Ce petit engin des mers ou des lacs pèse environ 30 kg.et est dune extrême simplicité puisque son matériel se limite à un flotteur, une voile montée sur un mât mobile et retenue par un wishbone, une dérive, un aileron et du cordage.De plus, il se grée facilement.Même les enfants \u2014 en santé évidemment \u2014 peuvent pratiquer la planche à voile.Aucune limite d'âge non plus, dernièrement, une femme de 70 ans.robuste bien sûr, s'initiait à ce nouveau sport qui compte déjà 20000 adeptes au Québec! «La nécessité engendre le génie», dit-on.La planche à voile est née d'une nécessité.Nous sommes en 1967, en Californie, le paradis des surfers \u2014 ces hommes et ces femmes à la peau bronzée qui vivent littéralement dans les vagues, plus à l'aise sur mer que sur terre, une seule inquiétude au coeur: «Les vagues seront-elles assez grosses aujourd'hui?».Parmi eux, un ingénieur en aéronautique, Jim Drake, qui rêve, lui aussi, de pouvoir surfer même par petit temps, met au point, après bien des tâtonnements et des défaites, un nouveau concept de voile libre.Dessinée par Hoyle Schweitzer, la planche à voile « Windsurfer » équipée d'un mât pouvant se déplacer dans toutes les directions et libérée de tout gouvernail est née.Et elle fait fureur.L'Europe succombe à son charme, les fabricants de planche se multiplient, les amateurs de voile attrapent le virus et se procurent l'objet rêvé, apprenant après maintes chutes dans l'eau et maux de dos, le maniement de ce cheval de -nier.y La planche à voile ou le plaisir total du jeu Simone Piuze Bientôt la Méditerranée et les lacs de Neuchâtel ou Léman (en Suisse) s'égaient de ces voiles colorées.Au Québec.Pierre Verrot, Andrew Lamarre et Louis Morin sont parmi les premiers à s intéresser à la planche à voile.En peu de temps, jeunes skieurs ou maniaques de la voile se joignent à eux et forment le premier noyau de planchistes.Et.puisque ce ne sont pas les lacs et rivières qui manquent ici.il sera facile d'en faire un petit paradis de planche à voile, bien que la saison pour pratiquer ce sport ne s'étende que de mai à septembre.Planche récréative, planche de régate, planche «fun» \u2014 avec des surfaces de voilure équivalente \u2014 vous avez le choix.Chaque com- pagnie rivalise d'ingéniosité et de compétence pour mettre au point «sa» planche.Que vous optiez pour la «Mercedes des mers», c'est-à-dire la F2, planche allemande à 1 750$.la Mistral dont le flotteur possède le meilleur antidérapant, l'excellente Windsurfer facile à manoeuvrer, ou encore l'humble Dufour-Bic à 995$ (comme rapport qualité-prix, il ne se fait pas grand chose de mieux), vous aurez entre les mains un instrument d'amusement fort agréable à manoeuvrer.Il existe, bien sûr.une foule d'autres bonnes marques.«Mais attention! dit Jean-Marc Schmitt, directeur d'une des meilleures écoles de planche à voile du Québec située au Lac l'Achigan, dans les Laurentides.Ne vous laissez pas tenter par la super-planche, excellente pour les régates, mais non pas conçue pour les débutants! On vend du rêve, hélas, et plusieurs planchistes non-expérimentés se retrouvent avec une planche difficile à manoeuvrer! Il existe une planche adaptée à vos capacités, que vous soyez débutant, intermédiaire ou avancé.L'idéal est donc de se faire conseiller par un professeur de planche à voile.» Les professeurs sont nombreux puisqu'il existe au Québec cinquante écoles de planche à voile.C'est aux Bahamas, en 78, que Schmitt s'est initié à la planche à voile.G.O.pendant six ans pour le Club Méditerranée, il a consacré ses loisirs aux sports nautiques.«En France, nous sommes des «voileux»; la moitié du pays est entourée de mers!», dit-il en riant.Il a acquis rapidement une solide expérience de planchiste lors de longs séjours à Tahiti et au Mexique.Son école est réputée.Les 150 élèves qui la fréquentent chaque été y apprennent le principe des vents à l'aide d'un simulateur \u2014 planche miniature utilisée par le professeur qui décompose tous les mouvements effectués lorsqu'on prend le vent, qu'il soit fort ou léger \u2014 ainsi que les différentes techniques qui permettent de bien guider sa planche à travers les vagues.Normalement, après cinq heures de cours (50$) l'élève peut voler de ses propres ailes.«Notre méthode est logique, visuelle, dit-il.L'élève ne monte sur «sa» planche que lorsqu'il a bien compris le principe des vents et mémorisé les mouvements du planchiste en pratiquant sur une planche attachée à un quai.» En juillet, Schmitt organisait la Régate de planche à voile, classe populaire: 96 participants; 96 heureux d'être là à courir sur les vagues, applaudis par les nombreux spectateurs venus au magnifique Lac l'Achigan \u2014 non pollué \u2014 se faire tenter par cette nouvelle folie aquatique.«Une course dénuée de l'esprit de compétition que l'on retrouve lors de course-élite», dit-il.Vous n'avez pas les sous nécessaires à l'achat d'une planche?Qu'à cela ne tienne: toutes les écoles de planche à voile du Québec en ont en location.Pour la somme de dix dollars/l'heure, vous pourrez, si le coeur vous en dit, faire votre première promenade en solitaire sur l'eau.«Je suis tombé à peu près cinquante fois, raconte un jeune homme commis d'épicerie.Mais j'ai aimé l'expérience comme un fou.Je vais y retourner!» «C'est le vent qui fait la différence entre petite et grande ivresse, dit de $qq côt^Sçhmitt.Par vent, faible, oh éàmuse.Par'vént plus fort, c'est l'action totale, l'ivresse, la liberté enfin acquise! Il faut être patient cependant.Parfois le vent ne vient pas.Si on est éloigné du rivage, on enroule alors la voile et on rame avec les mains.» Même si le mythe veut que «la-lizé souffle toujours vers Hawaï», du 24 mars au 3 avril dernier, le vent n'a soufflé au-dessus de 15 noeuds qu'à de rares occasions, annulant ainsi la Pan-Am, cette super-compétition où les «dieux» de la planche se donnent rendez-vous chaque année.173 planchistes avaient donc la mine basse au «royaume de la planche à voile».Plus près de nous, au Lac Brome, en Estrie, avait lieu les 30 et 31 juillet derniers, le Championnat Canadien Windsurfer.Chez les femmes, deux Torontoises, Cathy Ross et Karen Morch étaient les championnes en style libre, tandis que, détrônant Rhonda Smith de Los Angeles \u2014 champiçn du monde 82 \u2014 le Québécois Éric Grave-line remportait les honneurs dans sa catégorie, suivi de Derek Wulss de Toronto.Si 350 véliplanchistes s'étaient donné rendez-vous au Lac Brome, le Championnat du monde Windsurfer qui se déroulera à Kingston, en Ontario, du 26 août au 5 septembre, attirera pour sa part une foule encore plus nombreuse.On raconte que, lors des derniers championnats internationaux tenus au Mexique, l'arrière d'une planche à voile a été avalée par un requin.Il est bon de le répéter, non pas pour effrayer les gens, mais pour se rappeler que, sur l'eau, même accompagné dune planche-miracle, des accidents peuvent survenir.André Boucher, dans la revue Voile Libre, insiste sur certains points de sécurité élémentaires à respecter lors de randonnées en planche à voile.Il est important, dit-il, de «relier en tout temps le gréement (mât, voile et wishbone) à la planche sur une corde de sécurité et de porter une veste de sécurité»; de choisir si possible, un point de départ d'où le vent vient du large, de façon à pouvoir être repoussé vers le rivage en cas de détresse; de longer les rivages ou la côte, car il est plus facile de revenir à pied le long des rives qu'à la nage à partir du large; de ne jamais s'aventurer seul sur l'eau et de ne jamais partir pour une longue randonnée (même par vent faible et temps chaud) seul, sans habit isothermique, sans veste de sécurité et sans crochet de rappel.Finalement, dit-il, il faut éviter de surestimer ses forces et ne pas attendre d'être exténué et grelotant avant de s'asseoir sur la planche et de demander de laide.» Sur ce, bonne planche à voile! Dans les mers du sud ou.au-Québec!.-.?o z ?> O Pays Érable 4000 érablières! oo O < < CO < LU V- Z O «o La région touristique du Pays de l'Érable est un territoire immense et pas encore tout à fait un pays.C'est encore cinq régions, la Beauce, Bel-lechasse, Levis.Lotbiniére et Montmagny-I Islet réunies par leur seul point commun: l'omniprésence de l'érable à sucre.Pour visiter avec profit le Pays de l'Érable, il faut donc comprendre et accepter que la Beauce n'est pas Lotbiniére et que Lévis ne sera jamais à l'image de Saint-Jean-Port-Joli.La découverte n'en devient que plus intéressante: Beauce besogneuse, nostalgique Lotbiniére.Bellechasse la magnifique.Le Pays de l'Érable est immense.Il remonte la rivière Chaudière jusqu'aux Appalaches: c est un pays où les pionniers beaucerons ont disputé le sol à la pierre des collines.Du haut des falaises, il longe aussi le fleuve Saint-Laurent vers Deschaillons: c'est le pays du Fleuve et celui de très belles paroisses agricoles.De Beaumont à La Portière, où le fleuve devient la Mer.il s ouvre aussi sur le large: c'est le pays des grands prés verdoyants qui descendent jusqu aux quais des anciens villages de navigateurs.Dans ce vaste triangle, plus de 4 000 érablières et près de 30 pour cent de la production mondiale des produits de I érabie.La Beauce Visiter la Beauce.c'est découvrir l'esprit d'initiative de ses habitants La nature y est belle bien sûr et la vallée de la Chaudière offre un peu partout des panoramas saisissants.Il s'y trouve aussi de très beaux monuments historiques, surtout sous la forme de très belles vieilles résidences et vieux manoirs.Mais ce n'est pas ce qui impressionne: l'étonnement vient de ces dizaines de petites et moyennes entreprises presque toujours parfaitement intégrées à leur milieu.Les Beaucerons sont fiers de ce résultat et ils sont toujours très heureux de faire la démonstration de leur succès collectif: la plupart de ces entreprises sont ouvertes aux visiteurs et il est souvent fort plaisant de les visiter: la pâtisserie Vachon, à Sainte-Marie, la plus grande pâtisserie au Canada; la Céramique de Beauce.à Saint-Joseph, où une activité artisanale a donné naissance à une entreprise très prospère; à Saint-Georges, la manufacture de remorques Manac et l'usine de machineries pour les exploitations forestières Comact.seph.On y fait le recyclage du carton, du papier et de différents métaux.Mais la Beauce est aussi région riche d'un patrimoine culturel.Les Beaucerons ont imaginé, pour en faire revivre les facettes les plus intéressantes, une formule originale: l'économusée.Musée vivant, musée hors les murs qui fait appel à la population pour orienter ses activités.Le musée Coeur de la Haute-Beauce loge dans l'ancien presbytère de Saint-Évariste où a notamment été réunie la collection Bolduc.plus de 1 600 objets qui illustrent la vie quotidienne des habitants de la Haute-Beauce au tournant du XXe siècle.Mais le musée dépasse largement ces murs et englobe une quinzaine des paroisses avoisinantes qui participent, recréent, animent selon des thèmes qui touchent à l'histoire locale, le complexe architectural, l'interprétation du territoire, ta faune et l'environnement.En 1982, l'économusée de la Beauce recevait le prix du mérite de l'Association des musées canadiens.Les fines gueules auront à se souvenir qu'on fabrique aussi en Beauce d'excellents petits fromages et à Beauceville une tire d'érable qui n'est pas piquée des vers.Les plus sportifs emprunteront le sentier Beauce-Appalaches, un sentier balisé de 58 kilomètres qui prend naissance derrière l'école secondaire de Sainte-Marie.Ouvert à l'année, le sentier file en direction de Frampton et du mont Orignal.Les Appalaches Les moins pressés auront d'ailleurs intérêt à visiter le Centre de villégiature du mont Orignal.Il s agit maintenant beaucoup plus qu'une simple station de ski: 25 chalets sont offerts en location l'été et l'affluence s'est finalement révélée si importante qu'on a dû mettre un remonte-pente à la disposition des estivants.Réserve importante de chasse au petit et au gros gibier, les Appalaches ont finalement beaucoup d'autres raisons de retenir les plus sportifs II en est une en tout les cas dont la réputation dépasse largement les frontières de la région et c'est le Festival du faisan du Lac Etchemin.Et tant qu'à y être, une petite virée du côté de Frampton vaut bien la peine, ne serait-ce que pour voir le moulin à vapeur du père Vachon et l'atelier de charron du père Audet.La rive sud Le long du Saint-Laurent, de Lotbiniére à Saint-Roch-des-Aul-naies, le vieux Chemin du Roy (la route 132) est une invitation à la flânerie, à une randonnée très bel- 5j Les personnes qui se préoccupent de conservation prendront \\égà1èrVièrSt gftfhdvmtérèt à4visiter O les installations du Centre de récu-uvlT' pératiofVde Beauce.à Saint-Jo- Aux portes dé îa VieiUe-Caottale.la légion louns'i-que du Pays de I Erable s étend jusqu à la -frontière américaine qui la limite au sun èt a l'est Elle est bordée au sud-ouest par IFstrie et le Coeur du Québec.Elle se prolonge au nord-est jusqu au Bas Sdint-Laucent Au nord, sur prés de 200 kilomètres, elle possède I?plus belle dos frontières naturelles, le fleuve Saint-Laurent On s y rend: Par terrer Le Pays de l'Érable est relié au reste de la province pnr plusieurs routes de qualité dont deux autoroutes, la 20 et la 73.a la soi tie rud du pont Pu;r-rc-Laporte C est la façon la plus rapide d'atteindre la région, mais 'es vrais amateurs de paysages et de panoramas préféreront sans doute les rouiet, panoramiques qui longent'te fleuve Saint-Laurent (route 132), ta Chaudière (routes 1 71 et 1 7b) et la rivière Etchemin {route 277) Du Coeur du Québec, on peut atteindre le Pays de i Erable par la route 116 et le bac qui fait le service entre Deschamba»-\" et Lotbiniére Sr l'on t>tend Saint-Marie-de Deaur.p comme ville-cible.Montréal est à 271 Kilomètres; Québec a 45 kilomètres et Troi$-Riv»eres à 1 84.MOfQèjCft*.^ , s, ^ le loin de l'énervement et du bruit.Saint-Nicolas, Saint-Antoine-de-Tilly.Sainte-Croix, Lotbiniére.partout s'opère avec force la magie pourtant simple de la campagne: niches de verdure qui encadrent de jolies maisons, potagers et plates-bandes fleuries, une paix que rien ne vient briser.La promenade peut être pèlerinage.Les monuments du passé ne manquent pas.À Lotbiniére par exempte: sa magnifique église (classée) contient des oeuvres de François Baillargé, d'autres de Laurent Amyot et de François Sas-seville.On retrouve aussi des statues de Baillargé à la jolie chapelle de procession.Et combien de belles maisons anciennes: le manoir Chavigny de la Chevrotière, la maison Ambroise, de la Chevrotière, les maisons Page et Bélanger.Et le magnifique Moulin du domaine.Il ne faut pas s étonner que le festival d'été de Lotbiniére s'appelle le Festival des vieilles pierres.À Lévis, patrie d'Alphonse Desjardins, un arrêt de quelques minutes à la Terrasse Lévis vaut par beau temps le détour.Le coup d'oeil sur Québec et le Saint-Laurent est remarquable.Un peu plus loin, sur la côte sud.le très beau village de Beau-mont.Ici, le soin que les propriétaires ont de leur maison devient véritable culte: les maisons Trudel et Lacoursière en sont de très beaux exemples.Saint-Michel: déjà le fleuve, ou la mer comme on dit ici, se transforme en pays de villégiature et les petites anses sont bordées de chalets.Apparaissent aussi les fascines, ces curieuses clôtures destinées à retenir les poissons pris au piège du jusant.L'atmospnère change un peu, mais la beauté reste la même.On voit les petites îles qui paraissent être à la remorque de l'île d'Orléans: l'île Madame, l'île aux Ruaux, la Grosse île, l'île aux Grues et l'île aux Oies.Un petit chemin en contrebas permet de visiter le village de Berthier qui s'étire joliment sous la falaise.L'Islet: plus justement l'Islet-sur-Mer puisque ses habitants y tiennent.C'est le plus beau et sans aucun doute le mieux entretenu et le plus coquet des villages du Québec.Dans l'ancien couvent, le musée maritime Bernier est intéressant à visiter pour ceux qui aiment les choses de la mer en particulier te brise-glace Ernest-Lapointe qui est venu récemment encore pour y finir ses jours.Saint-Jean-Port-Joli: capitale de la sculpture sur bois au Québec.L'influence des frères Bourgault s'y fait encore sentir.On y trouve des oeuvres artisanales de facture très variée, de la pièce gentiment commerciale à la sculpture la plus originale: au touriste de savoir découvrir les pièces qui ont de la valeur.Saint-Roch-des-Aulnaies: un double village, le premier d'origine ecclésiastique, le second d'origine seigneuriale.On visite aux Aul-naies le manoir Deschênes et le moulin banal, restauré et encore en état de fonctionnement grâce à son bief reconstitué et à sa très belle roue à aubes, j On peut obtenir plus d'informations touristiques sur le Pays d'Érable en téléphonant de Montréal au 873-201 j> et de partout ailleurs au Québec, sans frais, au 1 -800-361-5405./ ans trais, au 1 - > ' n Se nourrir, se loger Le Pays de l'Erable regroupe 4 000 érablières, ce qui représente la plus forte concentration d'érables à sucre de tout le continent et 30 pour cent de la production mondiale des produits de l'érable.La cuisine régionale ne peut manquer d'être influencée par cette particularité.Au printemps, on mange la tire, le sucre chaud, les trempettes et on boit «le réduit».Les restaurateurs et aubergistes de la région ont appris à utiliser les produits de l'érable à «bien d'autres sauces».On en aromatise les vinaigrettes, on en parfume le beurre cru ou monté.Le sirop d érable vient souvent relever les viandes blanches.On sait aussi que le mélange du fumet de poisson et le sirop d'érable font bon ménage.Les légumes sont parfois servis croquants, à la chinoise, glacés au sirop d érable de la région.La cuisine traditionnelle du Pays de l'Érable ne contient pas seulement que des recettes à l'érable.Elle est aussi gentiment influencée par la présence de l'oie blanche dans la région de Montmagny, par celle aussi du faisan et de la truite dans Bel léchas se La région compte plusieurs auberges de bonne qualité.Depuis plusieurs années, la chaude hospitalité des Beaucerons et Beauceronnes trouve sa plus belle expression en Gisèle et Marc Lapier- re qui, à Saint-Georges, ont bâti morceau par morceau la très belle auberge Benedict Arnold.Les La-pierre ont aménagé avec goût chaque recoin de cette vieille demeure et se sont entourés d'un personnel empressé.Le site offre en plus une vue superbe sur la vallée de la Chaudière.La table y est de très grande qualité et le service impeccable.L'auberge Benedict Arnold offre les services de mini-congrès et réunions d'affaires dans ce paradis de ta petite entreprise.Ses chambres et sa table sont à la disposition des touristes surtout en fin de semaine alors que la disponibilité est plus importante.Dans Lotbinière.Joceiyne et Magella Gagnon reçoivent aussi très bien dans la très belle auberge Manoir de Tilly, à Saint-Antoi-ne-de-Tilly.Là aussi la table et le service sont de grande qualité.LHôtel-Auberge des Appalaches, au lac Etchemin, offre par ailleurs aux familles en vacances un gîte confortable, un service sympathique et une table de bonne qualité.Les prix sont à cet endroit mieux adaptés aux petits groupes.Enfin, les connaisseurs auront toujours plaisir d'aller rencontrer à Montmagny Renaud Cyr à son bel hôtel-motel Le Manoir des Érables pour discuter avec «l'aubergiste de l'année» des vertus de la cuisine régionale, dont il est un spécialiste.Le gîte Établissements hôteliers Rus de 250 hôtels ou motels et près de 3 500 chambres sont à la disposition des voyageurs.Plus de 70 de ces établissements ont reçu deux, trois ou quatre fleurs de lys, symbole de qualité.On trouve des auberges familiales à Montmagny, Lac-Etchemin.Sa int-An toi ne-de-Tilly, Levis, Sa-nt-Romuald, Sainte-Marie et à Saint-Georges.Le camping Près de 70 terrains de camping bien aménagés sont répartis sur le territoire.Le ministère du Loisir, de la Chasse et de la Pèche en gère trois, à Saint-Joseph-de-Beauce, à Beaumont et à Saint-Camille.Chalets Il y a des chalets à louer aux terrains de camping de Saint-Raphaël, et entre Saint-Léon et Saint-Malachie.Il y en a également au centre de villégiature du Mont-Orignal, à Saint-Zacharie, à Saint-Édouard-de-Frampton, et au sein du réseau Vacances-Familles.Bases de plein air Le Centre de plein air Le Zacha-rois, à Saint-Zacharie, est ouvert toute l'année.En plus du sentier écologique, du camping sauvage, des salles de réception et des parties de sucre, il offre des activités, d'hiver (ski de fond, motoneige, location d'équipements de ski et raquettes) et en d'autres saisons, de canotage, baignade, chasse et randonnée pédestre sur le plus haut sommet de la région (650 mètres).Le Centre de plein air municipal de Lyster est situé sur la rive est de la rivière Bécancour (route 218).Il propose les activités suivantes: pèche, canotage, sentier d'interprétation écologique, parties de sucre.Il possède aussi un chalet principal pour recevoir les groupes.Le Centre de plein air du Lac-des-As de Saint-Prosper, situé sur la route 204, permet de pratiquer la natation, la pèche et le ski de fond.Enfin, le Camp de chasse et pèche, du lac Portage, près d'Arm-strong sur la route 173, dispose d'un terrain privé de 5 500 acres englobant quatre lacs, à la frontière américaine.On peut y pécher la truite arc-en-ciel et obtenir sur place l'équipement nécessaire.Des cabanes de rondins sont également disponibles.Elles ont la particularité d'avoir été meublées de meubles et accessoires faits à la main.?Principales activités Les gens du Pays de l'Erable aiment bien recevoir, ils le font gentiment au cours des nombreuses activités populaires qui se déroutent dans chacune des cinq régions.Dans Lotbinière: \u2022 Le festival d'Automne de Sainte-i Agathe (fin septembre); \u2022 L'Exposition agricole de Lotbinière (mi-août); \u2022 Le Festival champêtre de Saint-Edouard (fin août); \u2022 Le Festival des Vieilles Pierres de Lotbinière, qui se déroule durant toute la belle saison.Dans la Beauce: \u2022 Le Festival des foins de Saint-Évariste-de-Forsyth; \u2022 Le Festival du Beauceron de Saint-Éphrem.Dans Bellechasse.\u2022 Le B.B.Û.champêtre de Saint-Anselme; \u2022 Le Festival de la galette de sarrasin de Saint-Lazare (au début d'août); \u2022 Le Festival de la truite de Saint-Philémon; \u2022 Le Festival du faisan du Lac Etchemin (à la fin septembre); \u2022 Les Régates du lac Etchemin.qui se déroulent tout au long de Tété.ÀLévia: \u2022 Les Fêtes populaires Desjardins (du 11 au 14 août).Dans Montmagny-L Islet: \u2022 Le Festival automobile Saint-Just.de Saint-Just-de-Breteniè-res (début septembre); \u2022 Le Festival de l'oie blanche de Montmagny (du 13 au 23 octobre); \u2022 Les Fêtes de la Saint-Hubert, à Cap Saint-Ignace (les 3 et 4 septembre).rm-tk^irom, ces*
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