La presse, 7 novembre 1983, Cahier A
[" MONTRÉAL, LUNDI 7 NOVEMBRE 1983, 99e ANNÉE, no 258, 68 PAGES, 4 CAHIERS 35 cents HORS DE LA ZONE METROPOLITAIN 45C \u2022 MOÏSE ET ESTHER À la veille de la parution d'un livre sur le groupe auquel elle appartenait, Esther, femme de Roch « Moïse » Thériault, affirme qu\u2019elle revivrait la même aventure si c\u2019était à refaire.\t.\t_ page A 3 \u2022 MÉTRIQUE En 1973, près de 70 p.cent des Canadiens pensaient qu'ils auraient du mal à s'adapter au systè-| me métrique.Un récent sondage Gallup montre que ces craintes se sont confirmées chez près de 75 p.cent des personnes interrogées.page A 9 Annonces classées B 10 à B 15 Arts et spectacles \u2014 Informations B 4 à B 8 \u2014 Cinéma.C\t12 Carrières et professions.B\t2 Centenaire.A\t8 Décès, naissances, etc.C\t11 Économie.B\t1,\tB 2 Éditorial.A\t6 Êtes-vous observateur?.B\t12 FEUILLETON « La Corriveau »: B\t11 Horoscope.B\t12 L\u2019auto.C\tl\tà\tC 8 Le monde.C\t10 Loteries - résultats:.B\t6 Mots croisés.B\t15 Quoi faire aujourd\u2019hui.C\t12 Télévision.B\t3 \u2014 Télé-câble.B\t4 TABLOÏD SPORTS Bandes dessinées.18 VMs croisé.18 LES ATHLÈTES EN AFFAIRES Si, pour de nombreux athlètes, laprès-carriére est synonyme de cauchemar et de baisse du niveau de vie, ce n est pas le cas pour Serge Savard.qui s\u2019est bien tiré d\u2019affaire.page B 1 TRUDEAU EN TOURNÉE Le premier ministre Trudeau entreprend aujourd'hui une tournée de consultation auprès des membres de l'OTAN en Europe afin de les convaincre de la nécessité d\u2019un front commun pour la paix.page A 4 \u2022 CINÉMA Le 12* Festival international du nouveau cinéma présente de très bons films à Montréal, mais devant des salles presque vides.page B 5 Arafat encerclé dans camp de Baddaoui (d\u2019après Reuter, AFP, AP et UPI) \u2014 Le chef de l\u2019OLP Yasser Arafat et ses partisans se battaient la nuit dernière le dos à la mer.encerclés dans leur dernier bastion nord-libanais, le camp de réfugiés de Baddaoui, près do Tripoli, après avoir étc évincés en matinée du camp voisin de Nahr-el-Bared par les dissidents palestiniens et les troupes syro-libyennes au terme de trois jours de très violents affrontements à l\u2019artillerie lourde et aux tanks qui ont fait au moins 240 morts et 400 blessés civils et militaires.Le Kremlin a répondu hier soir à un « urgent et important * message du comité central du Fatah, principale composante de l\u2019OLP, quatre organisations palestiniennes (le FPLP de Georges Haba-che, le FDLP de Nayef Hawat-meh, le Front de libération de la Palestine et le Parti communiste palestinien) ont réclamé «l'arrêt des massacres et des combats destructifs » dans un communiqué commun à Damas, et les États arabes de même que plusieurs gouvernements européens multiplient leurs appuis à l\u2019OLP et à Arafat, mais ces démarches risquent de s\u2019avérer vaines sur le terrain.La craintes d\u2019une extension des combats à Tripoli même, capitale du Nord-Liban où vivent ^400 000 habitants et dont le con- trôle a été pris il y a quelques semaines par des miliciens fondamentalistes libanais du Mouvement d'unification islamique (MUI), alliés de Yasser Arafat et opposés à la Syrie, a provoqué un début d\u2019exode de la population vers la montagne et également vers Chypre.L\u2019eau et l\u2019électricité sont coupées dans la ville, où vivres et médicaments commencent à manquer dans les hôpitaux surchargés.Des informations, données notamment par les radios libanaises, faisaient état d\u2019un ultimatum qui aurait été adressé hier aux forces loyalistes pro-Arafat pour qu\u2019elles se rendent avant 15 h, mais un porte-parole des dissidents à Damas disait ifc\u2019avoir pas entendu parler d\u2019un tel ultimatum.Dans le camp de Baddaoui, qui abrite 22 000 réfugiés palestiniens, Yasser Arafat a affirmé hier soir qu\u2019il n\u2019y avait « aucune négociation pour un cessez-le-feu, car l\u2019agression contre l\u2019OLP est une décision personnelle du président syrien Hafez al-As-sad» et il a estimé que «les Sy riens vont poursuivre leur opération jusqu\u2019à Tripoli».« Les Syriens veulent détruire les camps palestiniens du Nord-Liban, et je crois qu\u2019ils vont poursuivre leur opération jusqu\u2019à Tripoli: le bombardement de la raffinerie de pétrole est un voir ARAFAT en A 2 photo AP Selon Yasser Arafat, les Syriens vont poursuivre leur opération de destruction des camps palestiniens jusqu'à Tripoli.; ELIMINES PAR LES TIGER-CATS Les Concordes ont manqué de souffle SABRES 1 page 7 c//v (%L£STlVr^l Enfin, à Lorraine, Laurent Bel-ley a conservé son poste de maire grâce à une victoire de 800 voix sur son adversaire, ie commentateur sportif Richard Morency, dont L'action municipale aura quand même réussi une perçéS appréciable avec 40 p.cent du vote.LONGUEUIL FACE AU FLEUVE Manoir pour retraités Appartement modèle ouvert tous les jours de 10 k à 17 h \u2014 I i;- SMNT-MAIO 390, rue Bord-de-l\u2019Eau 651-0290 MIRABEL Léonard éclipse facilement ses rivaux ¦| Charles Léonard n\u2019a eu au-™ cune difficulté pour se faire élire maire de Mirabel, poste qu'il occupait de façon intérimaire à la suite du décès de Jean Laurin.11 a vaincu son plus proche adversaire par la marge de 1 400 voix.JEAN-PAUL CHARBONNEAU LASALLE Après 12 ans, Gérald Raymond mord la poussière : M.Léonard, un vétérinaire, a obtenu 2 694 voix.Son plus proche adversaire, Noël Charette, a récolté 1 392 votes.Viennent ensuite dans Tordre, Jean Paiement avec 1 270, Luc Saint Jean avec 814.et Marie-Josce Galarneau avec 84.Prés de 60 p.cent des électeurs se sont prévalus de leur droit de vote Le nouveau maire de Mirabel, municipalité fondée lors de la construction de l'aéroport, sou tient qu\u2019il faut prolonger le plus rapidement les autoroutes 13 et 50 afin de développer le parc industriel de Mirabel (P1CA).La victoire de M.Léonard est en quelque sorte une défaite pour le Centre d\u2019information commu-nataire de Mirabel (CIAC) qui s'était ouvertement prononcé pour le candidat Charette.Le CIAC est un organisme qui s'occupe des expropriés.Par contre, plusieurs se demandaient hier soir si Luc Saint-Jean était pour retourner occuper son poste de directeur des loisirs de Mirabel.Il avait obtenu un congé sans solde, comme le prévoit la loi électorale, pour se présenter à la mairie.Tout au long de la campagne é-lectorale, il a accusé Charles Léonard de manquer de leadership.Quant à M.Paiement, il était conseiller municipal et il faisait équipe avec M.Léonard jusqu\u2019à sa nomination au poste de maire intérimaire.Enfin, Marie-Josée Galarneau était la porte-parole du Parti rhinocéros local.Le conseil municipal de Mirabel sera composé, outre M.Léonard, de Bernard Desjardins, Jean-Eudes Coursol, Adrienne Therrien, Jean-Claude Laurin, M.Meilleur.M.Mondou, M.Leduc, Clément Pesant et Claude Laliberté.M.Leduc a obtenu une majorité de seulement cinq voix sur son adversaire.La majorité des conseillers font équipe avec M.Léonard.Zoel Saindon LACHUTE Défaite de photo Armand Trottier, LA PRESSE Dans le quartier général de Jérôme Choquette, c\u2019était le délire.Quand le grand vainqueur s\u2019est pointé, on s'est rué sur lui, qui pour l\u2019embrasser, qui pour lui serrer la pince.Mme Sophie Enciu, que l\u2019on voit ici avec le nouveau maire d\u2019Outremont, se dit une de ses chaudes partisanes depuis 1970.« Je l\u2019adore, M.Choquette ! » OUTREMONT Choquette : un balayage Après Robert Bourassa, ™ c'était au tour de Jérôme Choquette d\u2019effectuer un fracassant retour en politique hier, alors qu'il était élu maire d\u2019Ou-tremont avec une imposante majorité.M.Choquette et son Parti de la réforme municipale ont littéralement balayé de la carte municipale le maire sortant Pierre Lussier et son Parti d\u2019Outremont.PAUL ROY_______________________ Au moment de mettre sous presse, le parti de l'ex-ministre de la Justice et de l\u2019Éducation dans le cabinet Bourassa était assuré de huit des 10 postes au sein du conseil de cette municipalité de 22 000 habitants à l'ombre du Mont-Royal.Seuls les candidats Gaétan Lafrance et Paul Vaillancourt auraient été défaits, le premier, dans le district no.1, par l'indépendant Gérard Pelletier, le second, dans le district no.8, par le candidat du Parti d\u2019Outremont, Jacques Laurent.M.Laurent était un des trois nouveaux candidats présentés par l'equipe Lussier.Ce qui veut dire que dans une semaine environ, après la passation des pouvoirs, il n'y aura que des visages nouveaux à la table du conseil d'Outremont.Selon les résultats préliminaires dont nous disposions, M.Choquette aurait obtenu 62 p.cent des suffrages des quelque 10 000 électeurs à s'être présentés aux urnes.Le taux de participation à cette élection dépasserait les 60 p.cent, toute une performance si l\u2019on se souvient qu'en 1979, lors de l'élection de Pierre Desmarais II à la mairie d'Outremont, moins de 40 p.cent des contribuables s'étaient prévalus de leur droit de vote.MASCOUCHE En janvier dernier, après avoir accédé à la présidence de la Communauté urbaine de Montréal.M.Desmarais cédait sa place à M.Lussier.qui a subi le sort que l'on connaît.Désir de changement Quand Jérôme Choquette s'est pointé à son quartier général de l'avenue du Parc, à 20h.hier soir, la victoire était déjà largement acquise.Aussi, a-t-il été accueilli par des partisans en délire.Ses premiers mots ont été pour remercier la population d'Outremont de la confiance qu'elle venait de lui témoigner et pour félicitcr l'équipe adverse qui, dit-il, a mené une forte lutte.Selon lui c'est peut être cet affrontement de deux équipes solides qui a « fait sortir le vote ».À quoi attribue-t-il sa victoire ?A un désir de changement de la part de la population ainsi qu\u2019à la confiance qu'elle gardait en son ancien député.M.Choquette a été député d'Outremont de 1970 à 1976.En 1975, il avait quitté le Parti libéral pour fonder avec Fabien Roy le Parti national populaire qui avait été lavé à l'élection de 1976.M.Choquette avait tenté un retour en politique en 1980 en essayant en vain d'obtenir l'investiture libérale dans Outremont.Il avait été défait par l'ingénieur Pierre Fortier, qui a par la suite été élu député.Hier soir, M.Fortier est personnellement venu féliciter son ex-rival dans son quartier général.M.Choquette s'est montré touché de cette délicatesse.Retour sur la scène provinciale ?Sa victoire d\u2019hier lui donne-t-elle des idées de retour sur la scène provinciale ?Si Robert Bourassa lui faisait une place, accepterait-il ?« J'ai été élu maire d'Outremont et j\u2019ai l\u2019intention de m'acquitter du mandat qui m'a été confié », répond-il.- Alors, c'est non ?- On va voir.Je ne voudrais pas un jour marcher sur mes propres paroles, mais je viens d'étre élu maire d\u2019Outremont et j'ai l\u2019intention.Le nouveau maire fera-t-il bon ménage avec le président de la CUM, Pierre Desmarais 11, qui était, c'est le moins que l\u2019on puisse dire, plus proche du maire défait ?M.Choquette n'entrevoit pas de problèmes à ce niveau : « Je respecte M.Desmarais, a-t-il souligné, même si j'ai trouvé que sa présence dans cette campagne était injustifiée.» Oui au desarmement Vers les 20h30, le nouveau maire d\u2019Outremont a quitté ses partisans pour aller faire un tour à l\u2019hôtel de ville.Quand il y est entré, son adversaire défait avait quitté depuis cinq minutes.Plus tôt, devant ses partisans dépités, M.Lussier avait prononcé quelques mots : la démocratie s\u2019est exprimée; dans toute lutte, il faut des gagnants et des perdants, etc.Il a dit désirer l\u2019harmonie et il a souhaité bonne chance au nouveau conseil.Il a lui-aussi attribué sa défaite à un désir de changement au sein de la population.Cette population qui a délogé un peu brutalement son « vieux » conseil municipal a tout de même démontré qu\u2019elle n\u2019était pas si méchante que ça.Lors de la Consultation sur le désarmement, qui avait lieu parallèlement à l\u2019élection municipale, elle s'est prononcée en faveur du désarmement dans une proportion de 86,1 p.cent.A Mascouche, un ancien con-™ seiller municipal est de retour à l'hôtel de ville à titre de maire.En effet, Bernard Pate-naude, un commerçant, a obtenu une majorité de 2014 voix sur son plus proche adversaire Henri Krynski.Le nouveau maire de Mascouche a récolté 4500 voix.M.Krynski 2486 et Yvon Gaboury 1420.Pour Henri Krynski cette défaite fait très mal.En 1979, il s\u2019était fait battre à un poste de conseiller et après avoir fait parler de lui, il réussissait à faire son entrée à l\u2019hôtel de ville lors d\u2019une élection complémetaire.Il était un adversaire acharné du maire Gilles Forest qui n\u2019a pas demandé un nouveau mandat.« TINUS » ÉLU À VALLEYFIELD Amère défaite pour Marcelle Trépanier MONT-ROYAL Dawson entre dans sa 32e année à la mairie ¦| À Valleyfield, Marcelle-B.™ Trépanier qui sollicitait un troisième mandat à la mairie a mordu la poussière devant Tinus Mooijekind.Soixante-dix pour cent des électeurs ont exercé leur droit de vote et M.Mooijekind a récolté 8 789 voix contre 6 266 pour Mme Trépanier.JEAN-PAUL CHARBONNEAU____________ Tinus, c\u2019est ainsi qu\u2019il est le plus connu à Valleyfield car son nom de famille, dit-il, est trop difficil^ À prononcer, a fait sa En plus d\u2019être maire, Marcelle B.Trépanier était préfet de la Municipalité régionale de comté Sallaberry-de-Valleyfield.Seulement un conseiller en place avant les élections occupera son poste au conseil municipal.Il s\u2019agit de Roger l\u2019Ecuyer.Tous les autres seront nouveaux : Jean-Claude Garant et Gilles Brisson, élus par acclamation, Alain Loiselle, Gordon Du-puis, Gérard Leduc, Philippe Carrière, Jeannot Marcil, Roger Levert et GiTles Bouchard.Ken Billingham a remporté \u201c la victoire à Lachute à sa deuxième tentative en ayant le meilleur sur le Dr Zoel Saindon.Billingham avait été défait par le Dr Saindon en 1979.C\u2019est la deuxième fois que M.Saindon est vaincu comme maire ;de Lachute.Un vieux routier de \u2022la politique, il avait réintégré son poste après une première défaite.Il a aussi été député libéral à \u2022l\u2019Assemblée nationale.Il avait ;quitté son poste afin de permettre à Claude Ryan de se faire éli-:re.Marcelle B.Trépanier Non seulement le maire Gé-\u201c raid Raymond a-t-il perdu son siège de maire de LaSalle aux mains d\u2019un jeune médecin, Michel Leduc, hier, mais en outre 10 des 12 conseillers de son équipe ont été défaits.Il s'agit donc d un raz de-marée spectaculaire pour l'Action civique de LaSalle qui détrône l\u2019équipe en place et s'assure la majorité absolue.Malgré ses 12 années au pouvoir, le maire Raymond n'a pu faire mieux que de récolter 35 p.cent des voix.Au niveau des conseillers, ce fut déastreux pour le parti municipal dirigé par le maire.La majorité absolue des candidats en place a fondu comme neige au soleil.Le maire Raymond a déclaré qu\u2019il ne comprend pas cette défaite.« Je croyais que nous étions forts et imbattables.Il faut croire que le vent a tourné.Vraiment, je ne comprends pas ce qui s\u2019est passé ».Le nouveau maire, Michel Leduc, pour sa part, a dit très bien ne plus mettre son nez dans les affaires de l'administration municipale.Mais c\u2019était mal connaître son mari.Dès l'année suivante, profitant d\u2019une élection partielle, Réginald Dawson se faisait élire au conseil.En 1951, ù 32 ans, il devenait maire de Mont-Royal.Il l'est toujours.Toujours aussi particulier et l obstinément attaché aux valeurs traditionnelles de « sa ville », Dawson s\u2019est fait réélire en 1976 en promettant qu\u2019il n'autoriserait jamais la francisation du nom de « Mount-Royal » en celui de Mont- \u201c Royal.Il a jusqu\u2019à maintenant tenu tête au gouvernement du Québec sur ce point.et sur bien \u2022 d\u2019autres.Dawson est devenu une sorte de légende.Sous son règne.Mont- ; Royal est devenue l\u2019une des villes les plus riches au Canada et l\u2019une ; des plus originales.C\u2019est la seule ville à être entourée d'un mur! \u2019 Les taxes foncières y sont les moins élevées de toute la Communauté urbaine de Montréal.Une seule fois depuis 36 ans, Daw\\son a eu un adversaire à la mairie.C\u2019était en 1971.Son adversaire de l\u2019époque, Stephen Bodi, avait lamentablement mordu la poussière.Hier il a commenté son geste de 1971 en ces termes: « Il a fallu que je sois tombé sur ia tète pour m\u2019imagi-.ner que je pourrais battre Dawson! ».Ce dernier avait recueilli plus de 90 p.cent des votes exprimés.Dawson a mené une vive lutte au maire de Montréal, Jean Drapeau, il y a quelques années, lors de la campagne « Une île, une ville ».Mais les deux hommes ont oublié cette lutte depuis belle lu- i rette et sont de grands amis.Ils ; sont tous les deux des champions î de longévité à la mairie.A Mascouche, plusieurs sont d\u2019avis que l\u2019élection de M.Pate-naude est une victoire pour Gilles Forest, même si celui-ci ne s\u2019est pas «officiellement» mêlé de la campagne électorale.Trois candidats de l\u2019équipe Dynamique,, regroupement du nouveau maire, ont été élus conseillers.Les conseillers élus sont: Louis Galardeau, Roland Laroche, avec seulement sept voix de majorité, Théodore Pronovost, 22 voix de majorité, Raynald Le-clerc, Pierre Girard, 32 voix de majorité, et Normand Lapointe.Le bras droit de Henri Krynki, Jacques Lambert a lui aussi mordu la poussière.campagne en soutenant que Mme Trépanier avait fait son temps et qu\u2019il fallait qu\u2019elle se retire afin de permettre à la population d\u2019avoir un regain de vie.Les contribuables l\u2019ont écouté car un nombre record de citoyens se sont rendus aux urres.Pour les Campivallenciens, Tinus n\u2019est pas un inconnu.Il a été durant plusieurs années, président de la Chambre de Commerce locale.Il est propriétaire d\u2019une boucherie et possédé également plusieurs autres établissements.Quelaues jours avant les élections, finus Mooijekind avait dé- claré à LA PRESSE qu\u2019il avait trouvé son gérant si jamais il était élu le soir du 6 novembre : sa femme Lise.Nouveau conseil Âgé de 40 ans, le nouveau maire est marié depuis 20 ans et père de deux garçons âgés de 18 et de 15 ans.Il est d\u2019origine hollandaise.Au cours des prochains jours, le nouveau maire de cette ville, séparée en deux par la baie Saint-François, a l\u2019intention de convoquer tous les hauts fonctionnaires afin de f^e une réévalution des tâches.M Gérald Raymond vaincu à LaSalle.\u2022 comprendre ce qui s\u2019est passé: « 11 est clair que les citoyens de LaSalle désiraient un changement.Cette volonté de change- * ment est apparue tout au long de la campagne électorale.Le résultat ne nous surprend pas.* Lorsque le nouveau mandat ™ que viennent de confier les citoyens de Mont-Royal à Réginald Dawson sera terminé, dans quatre ans, ce dernier aura 80 ans et se retirera alors de la politique active.C\u2019est du moins ce qu\u2019il a dit, hier, mais qu\u2019il a aussi FLORIAN BERNARD souvent répété dans le passé.Et pourtant, hier, M.Dawson, le doyen des maires, a obtenu un onzième renouvellement consécutif de mandat.Réginald Dawson C\u2019est en 1919 que, jeune comptable, Réginald Dawson, avait pour la première fois tenté de se faire élire au conseil.Il avait été défait par 31 voix seulement.Sa femme lui avait alors suggéré de PAUL DES MARAIS président du conseil d administration ROGER-D.LANDRY président et éditeur 1\tf MICHEL ROY éditeur adjoint CLAUDE GRAVEL directeur de I information JEAN-GUY DUBUC éditorialiste en chef * Y a-t-il un malaise métrique au Canada?Après 12 ans d'efforts pour implanter graduellement au Canada le système métrique, la résistance au changement se manifeste encore avec une étonnante vigueur.D abord au sein de la population qui éprouve en 1983, autant qu'en 1973, d'évidentes difficultés à s'adapter à cette conversion comme l\u2019attestent les résultats d un sondage Gallup publiés ce matin à la page A 9.Ensuite dans certains milieux politiques, en particulier le groupe parlementaire du Parti conservateur, qui militent littéralement contre l'adoption exclusive du Système international d\u2019unités, universellement connu sous le sigle SI.Il est clair pourtant que ce régime mondial de mesures métriques, en usage dans presque tous les pays, répond en tous points aux intérêts industriels et commerciaux du Canada dont I économie est largement tributaire des exportations.Le SI offre au Canada l'avantage de la normalisation internationale dans une économie mondiale de plus en plus interdépendante.C'est un système qui se révèle plus commode à I utilisation, plus facile à comprendre aussi, une fois vaincues les vieilles habitudes, donc plus simple à enseigner.Il n est assurément pas question de remettre en cause une politique irréversible.Mais on peut s\u2019interroger sur les meilleurs moyens de faire entendre raison aux adversaires encore trop nombreux du système métrique.Ainsi un groupe de députés conservateurs vient de remporter en Ontario une victoire judiciaire sous la forme d une surprenante décision de la Cour provinciale.Celle-ci, invoquant ia Charte canadienne des droits et libertés, a rejeté les accusations portées par l État contre les propriétaires d une station-service jugés coupables de vendre l'essence au gallon plutôt qu'au litre.Le gouvernement en appellera de ce jugement qui tend à cautionner la campagne entreprise par les conservateurs en faveur du libre choix des systèmes de mesures.Certes, il peut sembler bénin de vendre indifféremment en kilo ou à la livre, en gallon ou au litre, au pouce ou au mètre.Pour le consommateur, ce libre choix donne l\u2019illusion de présenter certains avantages, bien qu il risque à la longue de semer la confusion et de retarder l'assimilation du nouveau système par les citoyens.Pour le commerce, l'industrie, la recherche, le double système serait impraticable.C\u2019est donc là un faux compromis proposé par les conservateurs et que le gouvernement doit rejeter.Quelles sont les causes profondes de la résistance farouche au SI?C'est que I opposition au système métrique, beaucoup plus forte au Canada anglais qu'au Québec, revêt en réalité un caractère politique et culturel.Ainsi, il n est pas rare d entendre dans I Ouest et en Ontario des adversaires du gouvernement actuel dénoncer la tentative d Ottawa d\u2019imposer à la majorité «la langue française et le système métrique français».Si bien qu\u2019en raison de ses origines, un système international de mesures, en usage presque partout, est considéré comme l'attribut de la culture française.De là à conclure au complot politique, il n\u2019y a qu\u2019un pas, vite franchi à l\u2019ouest d Ottawa.Un autre facteur, plus lourd celui-là, joue contre l'imolantation du SI au Canada.C est I écrasante présence des États-Unis où prévalent encore les mesures anglaises et américaines bien que l\u2019adoption du système international soit jugée inévitaole à long terme chez nos voisins.Que la majorité des Canadiens, surtout chez les plus de 40 ans, ait du mal à passer, au beau milieu de leur vie, d un système à l\u2019autre, il n'y a pas à s'en étonner.Il faut plutôt, comme I État et les médias ont tenté de le faire depuis 10 ans, les aider à réaliser la transition.Dans la population, il n'y aura pas trop d'une autre génération pour dissiper le malaise métrique.Mais encore faudra-t-il réduire l'opposition de ceux qui mènent, en plein Parlement, un combat nettement réactionnaire contre un progrès nécessaire.Michel ROY L\u2019unité de l\u2019Occident À première vue.l\u2019expédition des Etats-Unis dans l\u2019île de la Grenade est un succès complet pour le président Reagan.«Nous sommes arrivés à temps», a dit a la télévision M.Reagan.À temps powr réussir deux mouvements.Le premier mouvement consistait à rescaper les ressortissants américains, comme s\u2019il fallait redouter que quelque Khomeiny, à la faveur des graves incidents qui se déroulaient à la Grenade, ne tente de renouveler le coup de l\u2019ambassade de Téhéran en 1979.Le second mouvement consistait à faire échec à la «menace» que fait peser un Castro trop entreprenant et trop lié naturellement aux Moscovites.La présidence entretient donc un double sentiment réconfortant: Reagan a réussi (en empêchant une prise d'otages) là où Carter avait échoué; en outre, à la Grenade, M.Reagan a fait preuve d\u2019un génie égal à celui de Mme Thatcher aux Falkland.L\u2019entourage du président n\u2019a jamais caché son admiration pour les prouesses de la «dame de fer».Dans le cas qui nous occupe, la réciproque ne se vérifie pas.Non seulement Mme Thatcher n\u2019a pas offert ses félicitations à Washington pour la Grenade, mais, après un moment d\u2019hésitation, elle a critiqué l\u2019action des États-Unis.Il y a donc une faille dans la belle union anglo-saxonne.D\u2019autres alliés des États-Unis ont jugé sévèrement M.Reagan.Mais la dissidence de Mme Thatcher offre ceci de particulier qu\u2019elle débouche sur la grande controverse, sur l\u2019implantation des missiles \u2022 Cruise et des Pershing II en sol européen.Comment passe-t-on de la Grenade aux missiles?C\u2019est simple.Si les États-Unis n\u2019ont tenu aucun compte de l\u2019avis des Anglais à la Grenade, , quelle garantie aurons-nous qu\u2019ils n\u2019en feront pas qu\u2019à leur tète quand il s\u2019agira de décider de l\u2019utilisation des engins nucléaires nouveaux?Tel est le discours tenu par les adversaires politiques de.Mme That-chejr et par leurs jflliés du mou- vement pacifiste.Et la majorité de l\u2019opinion anglaise semble persuadée que les Américains ne tiendraient pas compte des objections du gouvernement anglais.Comme à la Grenade.u Au sein de l\u2019union anglo-saxonne la confiance est donc provisoirement atteinte pendant que des observateurs, en portant leur regard sur un autre élément de l\u2019Alliance, croient déceler une mutation importante dans les comportements et attitudes des Allemands.Le pacifisme, dont l\u2019impact est plus fort en RFA qu\u2019ailleurs, probablement parce que les Allemands ont des raisons uniques de s\u2019inquiéter de la prolifération sur leur sol des engins de mort, semble en train d\u2019accoucher d'un neutralisme susceptible de faire lit à long terme de la réunification des deux Allemagnes.D\u2019où une longue analyse dans le Herald Tribune (édition internationale publiée à Paris) sur les craintes qu\u2019inspire aux Français une Allemagne «neutre».(Le mot neutre est placé entre guillemets dans le titre du 2 now).Le débat sur le pacifisme tend à tout recouvrir.Ce sont les Russes, les premiers, qui ont installé en 1977 leurs redoutables SS-20.C\u2019est à la demande du chancelier allemand Schmidt que l\u2019OTAN décida en 1979 de moderniser son armement nucléaire pour la fin de 1983.Aussi quand le président Mitterrand rappelle, comme il vient de le faire à Bruxelles, que «les armes sont à l\u2019Est et le pacifisme à l\u2019Ouest», et que la situation n\u2019est pas égale, il émet une vérité.Cette vérité n\u2019est pas perçue par tous.Il est vrai que l\u2019Ouest reste capable d\u2019entreprendre des «petites guerres».Si le président Reagan, après avoir réglé son compte à Castro à la Grenade, se laisse tentèr par le Nicaragua, il embarrassera les alliés qui condamnent la politique américaine en Amérique centrale et il noiera Mme Thatcher dans un océan de contradictions, s\u2019il est vrai qu\u2019opposée à l\u2019action américaine à la Grenade elle a toujours soutenu l\u2019administration Reagan au Nicaragua et au Salvador.CORMISR (Tous droits réserves) Déclaration du ministre Laurin concernant les lois 40 et 57 n Le ministre de l'Éducation.M.Camille Laurin a fait connaître sa réaction au jugement majoritaire de la Cour d'appel, lequel met en cause la constitu-tionnalité de la loi 57.Par cette déclaration, il répond aux propos tenus par les présidents de la Fédération des commissions scolaires catholiques du Québec et de la Quebec Association of Protestant School Board, MM.Jacques Chagnon et John Simms.A la suite du jugement rendu par la Cour d\u2019appel à propos de la constitutionnalité de la loi 57, la Fédération des commissions scolaires catholiques du Québec et l\u2019Association des commissions scolaires protestantes, ont demandé que le gouvernement prenne l\u2019initiative de solliciter, par voix de référé l\u2019avis des tribunaux quant à ia légalité du projet de loi 40 sur la réforme scolaire ou de renoncer à ce projet de loi.En ce qui a trait au projet de loi 40, je tiens à dire que le gouvernement ne procédera pas par voix de référé, car ce serait là une mesure propre à retarder sensiblement et indûment le processus législatif normal.L\u2019échéancier prévu sera donc respecté.La Commission parlementaire se tiendra aux dates annoncées.Il n\u2019est pas de mode plus démocratique de concertation que celui-là qui permet à toutes les parties intéressées de se faire entendre et qui s\u2019inscrit dans la procédure normale de notre système parlementaire.Par ailleurs, soucieux, comme toutes les parties concernées, de voir clarifier définitivement le débat de fond sur la constitutionnalité de la loi 57, le gouvernement (qui a décidé d\u2019en appeler à la Cour suprême du jugement de la Cour d\u2019appel) va chercher à accélérer la démarche en demandant à la Cour suprême de bien vouloir procéder par préséance.La réforme instaurée par la loi 57 et poursuivie par le projet de loi 40 se situe dans le prolongement de l\u2019entreprise de modernisation et de démocratisation de notre système scolaire, amorcée au début des années 60.Je voudrais, à cet égard, rappeler que l\u2019effort engagé par le Québec depuis plus de vingt ans a été dominé par quatre préoccupations principales: 1) L\u2019accessibilité sans cesse plus large de l\u2019ensemble du système scolaire pour tous les enfants.2) La plus grande équité possible dans la répartition du fardeau du financement et dans la distribution des ressources de l\u2019État pour les fins de l\u2019éducation.3) L\u2019égalité des chances pour tous les jeunes sans distinc- ^\u2014 tion de race, de religion, de lieu et de fortune.4) La modernisation et l\u2019efficacité du système scolaire, c'est-à-dire son adaptation constante aux réalités nouvelles de notre temps et aux exigences qu\u2019imposent l\u2019innovation pédagogique, l\u2019évolution technique et l\u2019environnement scientifique.Nous n\u2019avons pas la prétention de dire que ces objectifs, essentiels, ont été parfaitement atteints mais chacun reconnaîtra aisément que l\u2019effort des divers gouvernements depuis vingt ans nous a permis de nous en rapprocher sensiblement.L\u2019action que je mène à l\u2019instar de celle de mes prédécesseurs, vise à nous rapprocher encore plus, comme société, de ces objectifs.Il faut également rappeler que cette évolution a été accomplie et que ses résultats ont été acquis dans un souci constant du respect de toutes les croyances et confessions et de tous les groupes qui y correspondent, tous ayant bénéficié strictement du même traitement et ayant obtenu leur juste part des progrès collectifs.\t1 Il faudrait maintenant rappeler brièvement les caractéristiques principales du fonctionnement des trois sortes de systèmes que nous avons connus, en matière de financement des commissions scolaires.Mais auparavant il faut souligner que les modalités de financement ont toujours été les mêmes pour les commissions scolaires (confessionnelles ou non) et pour les corporations de syndics.Le législateur et le gouvernement n\u2019ont jamais fait de distinction, bien que la loi de 1861 du Bas Canada ait créé deux systèmes scolaires: des commissions scolaires confessionnelles et des commissions scolaires non confessionnelles.Avant 1964, la Commission scolaire (et la Corporation de syndic) avait le devoir d\u2019imposer des taxes pour le maintien des écoles sous son contrôle; l\u2019État de son côté allouait une subvention fixée par la loi pour aider les commissions scolaires à défrayer leurs dépenses.On peut noter les sources d\u2019iniquité qu\u2019une telle formule comportait, étant donné la valeur inégale de l\u2019assiette foncière.Il est vrai que la loi sur les subventions contenait une certaine formule de péréquation mais qui était loin de réduire toutes les inégalités.Il en résultait que la qualité des services éducatifs offerts aux enfants et des conditions de travail proposées aux enseignants variaient sensiblement entre les diverses régions du Québec.La période qui va de 1964 à 1979 se caractérise principalement par l\u2019octroi d\u2019une importante subvention qui s\u2019ajoute à celle établie par la loi et qui a pour effet de réduire le fardeau fiscal des contribuables dans les commissions scolaires plus pauvres en raison d une assiette foncière moins importante, tout en assurant à chaque commission scolaire un financement adéquat des dépenses rendues obligatoires par la loi et la réglementation.En effet, cette subvention additionnelle est versée aux commissions scolaires en fonction des revenus' propres à chacune, revenus qui proviennent d\u2019une taxe imposée à un taux uniforme établi par le ministre de l\u2019Éducation.Ce taux de taxation uniforme a varié dans le temps.Entre 1964 et 1970, sous le gouvernement du Parti libéral et sous le gouvernement de l\u2019Union nationale, ce taux variait entre 1,45 S et 1,35 $ du 100,00 $ d évaluation foncière suivant la richesse des régions.à partir de l\u2019année scolaire 1971-1972, le gouvernement libéral abolissait les écarts entre les régions et fixait à 1,40 $ le taux uniforme provincial.De 1972 à 1976, le gouvernement du Parti libéral a fait baisser successivement ce taux à 1,35 $ du 100,00 $ d\u2019évaluation foncière suivant la richesse des régions.À partir de l\u2019année scolaire 1971 - 1972, le gouvernement libéral abolissait les écarts entre les régions et fixait à 1,40 $ le taux uniforme provincial.De 1972 à 1976, le gouvernement du Parti libéral a fait baisser successivement ce taux à 1,35 $ en 1972- 1973, 1,30 $ en 1973-1974, 1,25 $ en 1974-1975, 1,05 S en 1975-1976, et finalement à 1,00 $ en 1976- 1977.Le gouvernement du Parti québécois l\u2019abaissait à nouveau à 0,50 $ en 1979.Ainsi, la subvention additionnelle augmentait, ce qui avait pour effet de réduire progressivement la part des contribuables dans le financement des dépenses obligatoires et entrainait une meilleure équité.Depuis 1980, un nouveau système a été institué, qui comprend le maintien des subventions statutaires et des subventions d\u2019équilibre budgétaire, réunies dans une allocation globale pour chaque commission scolaire mais qui voit aussi l\u2019abandon de la taxe normalisée.L\u2019État désormais assure à 100% le financement des dépenses rendues obligatoires par la Législation et par la réglementation.Là encore, cependant, la commission scolaire conserve l\u2019obligation d\u2019imposer une taxe pour le paiement des dépenses auxquelles il n\u2019est pas autrement pourvu par les subventions gouvernementales.Cette taxe est limitée à 6% des dépenses nettes ou à 0,25 $ par 100,00 S d\u2019évaluation foncière.En outre, la commission peut imposer une surtaxe au-delà de ce 6%, avec l\u2019approbation des contribuables.Enfin, toujours en vue d'éliminer les inégalités, le ministre doit verser une subvention de péréquation à celles des commissions scolaires dont l\u2019assiette foncière est inférieure à la moyenne provinciale.Le projet de loi 40, en ce qui concerne le mode de financement, maintient pour l\u2019essentiel les dispositions de la loi 57.En particulier, le pouvoir de taxation des commissions scolaires est maintenu dans les mêmes conditions mais par ailleurs, il n\u2019y a plus obligation pour les commissions scolaires de requérir l\u2019approbation préalable de leur budget par le ministre.Au total, on constate, d\u2019une part, qu\u2019au cours des quelque vingt dernières années, il y a eu progression constante à la fois dans le volume de l\u2019effort de l\u2019État, dans la recherche de l'équité, dans la rationalisation de la fiscalité et de l\u2019autre, que les commissions scolaires ont conservé le pouvoir propre de taxation, certes limitée à 6% mais avec possibilité d\u2019aller au-delà à la condition d\u2019avoir l'accord des électeurs.On no-; tera à ce propos que la surtaxe imposée entre 1964 et 1979 par les commissions scolaires, c'est-à-dire avant l\u2019application de la loi 57, n\u2019a jamais dépassé le niveau de 4%.On relèvera aussi que les modifications intervenues au cours des dernières années n\u2019ont nui à la santé financière des commissions scolaires qui est, dans la plupart des cas, parfaitement saine.Je voudrais enfin rappeler que dans tous les pays modernes, l\u2019éducation est considérée comme un service national et comme la plus haute mission de l\u2019État, puisqu\u2019elle conditionne la qualité de l\u2019avenir individuel comme le rythme et le niveau du développement et du progrès collectifs, dans tous les domaines.C\u2019est pourquoi, il est du devoir impératif de l'État de veiller scrupuleusement à assurer la même qualité et la même accessibilité au service éducatif pour tous dans toutes les régions, à tous les niveaux, ainsi que la répartition équitable de l\u2019effort financier requis.Les modalités de la politique de financement doivent s\u2019inspirer de ces préoccupations fondamentales.Il serait grave pour notre communauté de remettre en cause les acquis majeurs enre- ; gistrés dans cette voie depuis ; près de vingt ans.Camille LAURIN TRIBUNE T.nmiîr A 7 «Considérons les faits 11 Il n\u2019est pas sans intérêt que M.Alain Dubuc, pourtant marqué par Kevnes et Galbraith, se pose des questions sur l'interventionnisme étatique.Cela est tout à son honneur.Cependant, il aurait dû prendre certaines précautions dans sa critique (3 novembre 1983) des conclusions d\u2019une analyse que la Chambre de commerce du Québec a présentée à la Commission Mac-donald.Notre analyse de régression.affirmions-nous, montre que \u2022tout se passe comme si^ chaque fois que la part des dépenses publiques dans le PNB canadien augmente de 5 points de pourcentage (.), le taux de croissance du PNB réel diminue de 0,8 point (.) Il semble donc que l\u2019interventionnls-me étatique porte une lourde responsabilité» (p.19 et 20 du Mémoire de la Chambre \u2014 nous ajoutons les soulignés).Passons sur le fait que M.Dubuc déclare ces énoncés trop peu nuancés et laissons le lecteur juger.M.Dubuc reproche principalement à la Chambre d\u2019avoir conclu trop rapidement à partir des corrélations frappantes qui existent £ntre l\u2019évolution du poids de l\u2019État et la détérioration subséquente des conditions économiques au cours des dernières décennies.Premièrement, la Chambre de commerce du Québec n\u2019est pas la seule à avoir effectué ce genre d\u2019analyse.Un économiste bancaire britannique, David Smith, a mis en corrélation le rapport dépenses publiques en biens et services /Revenu national disponible et, d\u2019autre part, la croissance économique dans 17 pays de l\u2019OCDE sur la pé riode 1961-1972.11 concluait: «.the implication is that a 1 per cent rise in the share of the narrow définition of staîe consumption in National Disposable Income produces roughly a drop of 0,2 in the per cent growth rate* («Public Consumption and Economie Performance», National Westminster Bank Quarterly Review, novembre 1975, p 28).Notons, deuxièmement, que la coïncidence est troublante.Dans une autre analyse publiée hier (le 4 novembre 1983), la Chambre fait le même genre d\u2019observation, mais pour le Québec seulement: depuis le milieu des années 60, régulièrement, chaque augmentation de la part de l\u2019État de 5 points de pourcentage par rapport au PIB s\u2019accompagne, dans les trois an nées qui suivent, d\u2019une augmentation moyenne du chômage de 1,5 point et d\u2019une réduction de la croissance économique réelle de presque un point de pourcentage.Les taux de corrélation sont, encore là.très élevés et statistiquement significatifs à un niveau de confiance de 99%.Troisièmement, il est évident qu\u2019une corrélation ne démontre rien en soi.Tout le monde le suit Scientifiquement, une corrélation sert à confirmer ou infirmer une théorie, et ne sert qu\u2019à cela.Or, il existe plusieurs théories économiques qui prédisent que plus l'État interviendra dans l\u2019économie, plus les conditions économiques iront se détériorant: en effet, l\u2019investissement privé sera évincé par les dépenses publiques, les incitations au travail seront étouffées (Haus-man et al ), des rigidités apparaîtront dans l\u2019économie (Oison), etc.11 s\u2019agit alors de tester ces théories dans la réalité en vérifiant si des corrélations statistiques les confirment.Confirmation que.comme d'autres, nous avons obtenue.Quatrièmement, une des précautions que nous avons prises pour minimiser le risque d\u2019interpréter une relation causale dans le mauvais sens fut d\u2019établir nos corréla- tions entre la part de l\u2019État et nos variables économiques canadiennes décalées de deux ans.Ce que ces chiffres montrent, ce sont de très fortes corrélations entre la part de l\u2019État et la détérioration subséquente de l\u2019économie.Mais revenons à l\u2019argument principal: c\u2019est la théorie qui permet de déterminer le sens ou l\u2019absence de relations causales dans des corrélations observées.Se pourrait-il alors que la relation causale soit en sens inverse, que ce soit la détérioration des conditions économiques qui a entrainé une plus grande intervention de l\u2019État?La réponse nous est suggérée par un exemple utilisé par M.Dubuc lui-même.On observe une corrélation positive entre la température estivale et la consommation de bière.«Mais cela, explique M.Dubuc, ne veut pas dire que c\u2019est la consommation de bière qui fait grimper la température.» Justement.Nous avons une théorie pour expliquer comment la chaleur pousse les gens à boire davantage de bière; nous n'en avons pas qui montre comment la consommation de bière influencerait la température.Le cas qui nous occupe n\u2019est pas très différent (bien qu\u2019ici, le sens commun, alimenté par les idées étatistes à la mode, risque de nous tromper).On constate (au Québec, au Canada et dans les autres pays de l\u2019OCDE) une forte corrélation entre l'évolution du poids de l\u2019Etat et la détérioration de l\u2019économie.Comme pour la biere et la tempe-rature, nous ne pouvons pas en conclure que ce sont les difficultés économiques qui amènent l\u2019intervention bienveillante de l\u2019État.Mais comme il existe des théories économiques qui expliquent que des interventions bienveillantes de l'État déclenchent des effets éco- nomiques pervers, ce sont ces théories qui se trouvent plutôt confirmées.Pour être tout à fait exact, il faudrait préciser qu'une théorie scientifique ne peut jamais être définitivement confirmée, que le processus expérimental consiste plutôt à infirmer les idées fausses (voir Karl Popper.The Logic of Scienti-fie Discovery).Pour montrer que nous avons tort, il aurait fallu qu Alain Dubuc apporte des faits qui contredisent nos conclusions.Ce qu\u2019il n\u2019a pas fait.L\u2019analyse des effets pervers de l\u2019intervention étatique n\u2019implique évidemment pas un rejet inconditionnel de toute action de l\u2019État.Au contraire, la Chambre s\u2019est tou jours fait un point d\u2019honneur de reconnaître les quelques initiatives heureuses de nos gouvernements.Charles LANGLOIS président de la Chambre de commerce du Québec N.B.\u2014 Le contenu de cette lettre confirme de façon étonnante ce dont je m'inquiétais dans ma chronique.Votre réponse ressemble étrangement aux quenelles d'idéologue s que peuvent se faire des u-niversitaires dans des revues spécialisées.Un seul exemple illustre bien à quel point vous semblez avoir oublié qui vous représentez.Vous dites: «Troisièmement, il est évident qu'une corrélation ne démontre rien en soi.Tout le monde le sait.» Croyez-vous vraiment que la plupart des Québécois, de même que les membres de votre Chambre savent vraiment ce qu'est le sens d'une corrélation ?Ces débats théoriques ont certes leur place, mais sûrement pas dans les communications officielles de la Chambre de commerce du Québec, dont la fonction première est de défendre les intérêts de ses membres.Alain DUBUC Le rôle à venir du Parti nationaliste L\u2019auteur, membre du Parti nationaliste et délégué de Lapor-te dans le comté fédéral de La-prairie, répond aux propos de Lysiane Gagnon parus dans LA PRESSE du S octobre.Si, selon vous, le Parti nationaliste est le parti de l\u2019équivoque, force nous est de conclure que ce sont vos propres propos qui achoppent sur cette voie.Pour le moins, ils ne concordent en aucune manière avec les faits que LA PRESSE publie depuis sa fondation sur le vécu de nos rapports politiques avec Ottawa.Quand vous opposez aux prétentions du Parti nationaliste la «force de caractère» et l\u2019«éléva-tion d\u2019esprit» de la députation traditionnelle du Québec, je songe aux chroniques que signait le courriériste parlementaire Jules Fournior à l'époque de Sir Wilfrid Laurier sur la servilité de nos «yes man» et je les accole sans difficulté au lâchage de l\u2019actuelle députation fédérale du Québec face à la liquidation graduelle de notre patrimoine.Ainsi, au moment ou les députés ontariens bloquent un projet d\u2019aéroport qui menace les sols fertiles de Pickering, les vôtres écartent tous les conseils de nos experts en aéronautique sur le choix d\u2019un site approprié et tolèrent l\u2019approbation sauvage des terres de Mirabel \u2014 sauf l\u2019intervention d'un Jean Marchand pour faire valoir un mode de compensation abject et qué-taine.Or ce même caucus québécois permet l\u2019accaparement continu des investissements productifs d\u2019Ottawa à l\u2019avantage de Bay Street et par le devers, cautionnement des bills comme le S-31 ou le C-108, sachant qu\u2019ils constituent un croc-en-jambe manifeste contre les entreprises les plus dynamiques du Québec: la Caisse de dépôt et Hydro-Québec.L\u2019équivoque tient une cravache quand vous enseignez que pour défendre les intérêts du Québec sur la scène fédérale, c\u2019est le jeu du «give and take» qui est la règle d\u2019un sain fédéralisme.De Johnson à Lévesque, nous parlions \u2014 à une manière près \u2014 d\u2019égalité juridique et d\u2019équité dans l\u2019essor économique des partenaires d\u2019un État bi-national, mais entre-temps, notre dévolu de «vache à lait» du Canada à l\u2019ère manufacturière s\u2019est muté en un tragique «give and take» à l\u2019aube de Père technologique.Aujourd\u2019hui, la canalisation des subventions créatrices d\u2019emploi vers les autres provinces nous offre comme étalon d\u2019échange le mode de subvention que LA PRESSE publie à l\u2019endos de votre chronique du 8 octobre, pour la survie de nos chômeurs et du tiers de la population du Québec.L\u2019équivoque ouvre une porte étroite dans vos réflexions sur l\u2019à propos des formations politiques du type NPD, Crédit social ou Parti nationaliste \u2014 comme de leur nuisance dans l\u2019échiquier politique.Or en ce qui regarde le Parti nationaliste, vos directives équivalent dans le contexte du référendum québécois à la négation du droit de regard de plus de 50% des lecteurs de LA PRESSE sur les exactions d'Ottawa et probablement davantage dans la suite des événements.Entre toutes, je préfère la manipulation astucieuse de l\u2019équivoque quand vous prêtez aux forces nationalistes du Québec le but de démontrer que l\u2019intérêt des nôtres est mieux servi par l\u2019indépendance que par le régime fédéral \u2014 sauf qu\u2019il consiste pour nous en premier lieu à servir véritablement le Québec partout où une part importante de ses juridictions, de ses impôts et de ses droits de gestion sont légi-férés et administrés.Parallèlement, nous nous persuadons que la contribution volontaire et réfléchie d\u2019un Québec libéré demeure toujours la formule la plus positive et avant-gardiste au soutien des intérêts réels et historiques du Canada \u2014 à rencontre d\u2019un centrisme dépassé, qui depuis la Constitution de 1981 emprunte une saveur néo-coloniale.Quant à vos prémonitions sur l\u2019avenir négatif du Parti nationaliste, je vous avoue humblement.et sans équivoque, qu\u2019il reste à s\u2019assurer que les assises d\u2019une formation tout de même naissante correspondent à la dynamique des forces sociales et que ses concepts soient renouvelés au gré des mutations de notre époque.Gilles ROBERT Le monde libre est visé (.) Les sanglants événements des derniers jours devaient confirmer la cristalisation de la guerre menée, non pas contre le Liban, mais contre l\u2019ensemble de la démocratie occidentale et les principes qu elle défend.Le Liban en est le terrain propice, mais ce n\u2019est que par hasard.Aussi, ce que Bachir Gémaycl et les forces libanaises clamaient depuis huit ans s\u2019avère exact dans ses plus petits détails: A travers le Liban c\u2019esi le monde libre tout entier qui est visé.Les kamikazes fanatiques qui ont fait sauter les «marines» et les paras ne se rendaient pas compte qu'ils étaient au service de l'expansionnisme syro-soviétique, mais nous, nous le savons.ou du moins nous commençons à en prendre conscience.Au demeurant, à en juger par les constantes historiques, la force multinationale n'aurait eu aucun complexe à se retirer par une pirouette politique alors qu\u2019elle est en position de force militairement.Ia\\s exemples algériens et vietnamiens, entre autres, sont là pour nous le rappeler.Si les USA et la France ne se sont pas retirés, et qu\u2019ils ne semblent pas en avoir l\u2019intention, c\u2019est que cette fois rOccident semble décidé à mettre le holà à l'agression soviétique qui n'a jamais cessé depuis Yalta, mais qui depuis peu, s'accentue impunément.L\u2019Italie et la Grande-Bretagne se tiennent à leurs côtés, mais c\u2019est la solidarité de toutes les nations démocratiques qui doit se manifester en faisant bloc face à l\u2019agression.Alberto S.DELBURGO Saint-Laurent la presse RENSEIGNEMENTS 285-7272 LA PRfcSSE est publiée par LA PRESSE LTEE, 7, rue Saint-Jacques, Montréal H2Y 1K9.Seule la Presse Canadienne est autorisée à diffuser les informations de « LA PRESSE » et celles des services de la Presse Associée et de Reuter.Tous droits de reproduction des informations particulières à LA PRESSE sont également réservés.« Courrier de la deuxieme classe \u2014 Enregistrement numéro 1400».Port de retour garanti.ABONNEMENT\t285-6911 Le ter vice de* abonnement* ouvert du lundi au vendredi de 7h à 18h.RÉDACTION PROMOTION COMPTABILITÉ Grandes annonces Annonces clciwes 285-7070 285-7100 285-6892 285-4901 ANNONCES CLASSÉES Commandes\t285-7111 du lundi au vtndrtdi 8ha I7h Pour changer\t285-7205 (lu lundi ou vwdrtdi % o 16h30 GRANDES ANNONCES Détaillants\t285-7202 National, T#lt-Pr*s»\t285-7306 Vacance», voyais\t285-7265 Carriéftf et profession», nominations 285-7320 ¦A Ce n\u2019était pas bien drôle Madame Louise Cousineau La Presse J'ai toujours bien aimé vos critiques de radio et de télévision.Elles font montre d'asSez bon jugement, en général (sauf lorsque vous avez dit que l\u2019émission Chez Denise était drôle! ) Cette fois, votre crédibilité et votre sens critique viennent de dégringoler d\u2019une dizaine d\u2019étages! (.) Vous nous (ma femme et moi) avez fait perdre une bonne heure de sommeil pour nous taper la chose la plus moche, la plus débile, la plus «conne» qu\u2019il m\u2019ait été donné de voir en soixante ans.Du jouai mal articulé et incompréhensible («toute le monde, y sont de bone humeur.») pas une once d esprit, une insondable vacuité pour mongoles.Pas surprenant qu\u2019il y ait tant de suicides chez les jeunes, si c\u2019est tout ce qu\u2019ils trouvent comme nourriture intellectuelle! La prochaine fois que vous suggérerez un film drôle, je saurai quoi faire: écouter la Période des questions.Pierre TANGUAY Outremont RÉPONSE: j'ai trouvé Chez Denise drôle une fois et une seule.L\u2019hérésie et la foutaise Enfin! Quelqu'un d\u2019intelligent \u2014 et qui connaît la langue française \u2014 s\u2019est donné la peine de protester publiquement contre «la social-dé-mocratie»! Que M.Arthur Piché (votre correspondant du 18 octobre) en soit félicité.Non seulement a-t-il prouvé éloquemment que, grammaticalement, «la social-démocratie», c\u2019est de l\u2019hérésie, mais il a aussi démontré que, du point de vue politique et social, c\u2019était de la foutaise.Ce brave homme m\u2019a rappelé l'enfant de la légende qui révéla candidement que l\u2019empereur était nu.Souhaitons que les éditorialistes auront pris bonne note de la lettre de M.Piché, et qu\u2019ils cesseront de nous parler de «la social-démocratie», phénomène qu\u2019ils ne comprennent probablement pas trop eux-mêines, et expression qu\u2019ils emploient couramment pour donner le change aux politiciens qui, eux, n\u2019y comprennent sans doute rien du tout.J.-L.LEMI EUX, Ottawa Étonnement et déception Comment exprimer mon étonnement ei ma deeeption à la lecture du mémoire présenté par le maire de Montréal le 25 octobre aux audiences publiques sur la loi 101! «En fait, c\u2019est presque un retour au bilinguisme intégral qu\u2019est venu réclamer le maire de Montréal.» Tolérance dans l\u2019affichage, anglais dans la signalisation routière, Montréal soustraite à l\u2019autorité de l\u2019Office de la langue française, etc.Je comprends que ce que veut M.Drapeau, c\u2019est bien le retour au Montréal des années 50, alors que les visiteurs étrangers souriaient de nous voir nous enorgueillir, au milieu de nos affiches anglaises, de «Montréal, deuxième ville française du monde».Madame Lysiane C.a gnon nous parlait samedi dernier du «clown de chez Eaton» qui a marqué son enfance.Moi, petite fille de la campagne, j\u2019ai le souvenir de Montréal ville anglaise, presque \u2014i- en pays étranger.J\u2019y venais avec ma mère en visite une ou deux fois par année.Je me rappelle notre humiliation de ne pouvoir nous faire comprendre dans les magasins et les lieux publics.Ma mère me promettait de me faire apprendre l\u2019anglais, «pour être à l\u2019aise plus tard».J\u2019ai grandi et j\u2019ai appris l\u2019anglais, mais je ne veux plus être obligée de le parler ou forcée de le lire quand je vais aujourd\u2019hui à Montréal, sous prétexte que je suis dans une métropole internationale.Il est aberrant que ce soit justement le maire de cette deuxième ville française du monde qui demande la suspension de la loi et des règlements pouvant aider à la conservation du caractère français de «sa» ville.La fierté a une ville, dites-vous à Montréal.Eh bien, moi, je ne suis pas fière du maire de Montréal! Louise M.SAVOIE Québec LA PRESSE, MONTRÉAL, LUNDI 7 NOVEMBRE 1983 L\u2019aide sociale ne répond plus aux défis actuels -M- M.Christos Sirros est député de Laurier à l'Assemblée nationale et porte-parole de l'Opposition en matière de main d'oeuvre et de sécurité du revenu.Lorsqu\u2019on a instauré, en 1969.le régime d'aide sociale tel qu\u2019on le connaît maintenant (par opposition au régime d\u2019assistance publique), on visait comme objectif à combler «le déficit qui existe entre les besoins d'une famille ou d\u2019une personne seule et les revenus dont elle dispose» (art.3 de la Loi sur l\u2019aide sociale).Les mesures d\u2019aide sociale étaient considérées comme complémentaires et constituant un dernier recours une fois que tous les autres moyens avaient été épuisés.Elles étaient résiduaires.Treize ans plus tard, l\u2019objectif n'a pas change mais le contexte dans lequel il faut l\u2019opérer s\u2019est, lui, beaucoup modifié.En effet, la crise économique a placé beaucoup de personnes dans une situation de dernier recours.Le cercle vicieux s\u2019est enclenché il y a quelques années: mises à pied, chôma ge, épuisement des prestations d\u2019assurance-chômage, aide sociale.Et le nombre de prestations d'aide sociale a augmenté dramatiquement au cours de toutes ces années.Si l\u2019on considère seulement la période allant de juillet 1982 à juillet 1983, l\u2019augmentation a été de 30.6%, leur nombre passant de 124012 à environ 162000.De plus en plus de jeunes ont dû aussi devenir bénéficiaires.Formation professionnelle inadéquate, manque d\u2019expérience: ces deux éléments ont contribue a leur déchéance économique.Ces caractéristiques qui se multiplient ont provoque le débalancement du regime.Le gouvernement peut difficilement répondre à tous ces besoins financiers.Car le nom bre plus élevé de prestataires requiert plus de prestations, du personnel plus nombreux.Et cela n'en prend pas plus pour qu'on oublie les objectifs de prévention et de réhabilitation qui prévalaient lors de l'instauration du régime.On tente tant bien que mal de répondre aux besoins immédiats.Le gouvernement pêquiste décide donc de réduire le nombre de prestataires pour revenir a des normes plus normales: renforcement des contrôles, règlements plus séve-res, programmes d'emploi de 20 semaines qui vont délester le fardeau du régime d\u2019aide sociale vers celui d\u2019assurance-chômage pour un temps.Au lieu de reconnaître le droit à l'aide pour tous ceux qui sont dans le besoin comme l'exprimait le projet de loi 26 en 1969, le gouvernement tente plutôt de restreindre le droit pour des conditions de vie acceptables.C\u2019est la panique! (.) L\u2019opposition officielle a, par exemple, déjà dénoncé i\u2019insuffi-sance des exemptions pour les revenus de travail.En effet, ces exemptions qui sont de 25$ par mois pour une personne seule, et de 40$ par mois plus 5$ par enfant pour une famille, n\u2019ont pas été augmentées depuis l\u2019instauration du régime d'aide sociale en 1969.Nous pouvons aussi relater le cas de cette famille de bénéficiaires vivant en Gaspésie et qui désire déménager à Montréal dans l\u2019espoir de se trouver un emploi.Or.iis verront leurs prestations cou pées de 190$ par mois parce qu\u2019ils possèdent une maison en Gaspésie et qu\u2019ils ne désirent pas la vendre tout de suite de crainte de devoir y revenir.Que dire de ces prestataires qui décident de retourner aux études à temps plein, mais qui se verront couper toute source de revenus en attendant de recevoir leur prêt et leur bourse.Existe-t-il quelque chose de plus désincitatif?Les bureaux d\u2019aide sociale n\u2019ont plus le temps non plus de faire le' suivi de leur clientèle et particulièrement des jeunes qui se retrouvent sans support professionnel pour les orienter.On n'a pas encore reconnu au ministère que plusieurs assistés sociaux n\u2019ont pas la formation ou l\u2019entrainement adéquats pour obtenir des emplois permanents (c\u2019est le cas de plusieurs femmes et jeunes).(.) L\u2019opposition officielle croit qu\u2019une révision complète du regime d\u2019aide sociale doit être entreprise, et ce, sans tarder.Que fau-dra-t-il faire pour amener le gouvernement à bouger?Les assistés sociaux n\u2019en peuvent plus d\u2019attendre et nous partageons leur exaspération.Le gouvernement doit se pencher sur cette question plus sérieusement qu\u2019il ne l\u2019a fait jusqu\u2019à ce jour et aussi amener l\u2019Assemblée nationale à participer à ce débat de fond.A ce titre nous apportons quelques propositions qui pourraient servir de principes de base d une réforme.Il est premièrement nécessaire d'abolir la discrimination établit* a partir de l\u2019âge du bénéficiaire.Nous ne pouvons répéter assez de fois qu'il est inacceptable qu'un programme gouvernemental comporte des éléments de discrimination Il est encore moins pensable que nous souscrivions à la thèse du ministre Ma rois qui est de discriminer les discriminés.Les déboursés qu\u2019une telle mesure entraînerait doivent être relativisés à côté des impacts négatifs sur les jeunes à long terme, que provoque cet état de fait.Deuxièmement, il faudrait établir une distinction claire entre les aptes et les inaptes au travail, de façon a fournir à chaque clientèle les services dont elle a besoin.Nous favoriserions même un programme de sécurité du revenu distinct pour les inaptes au travail, afin qu'ils soient assurés d'un niveau de vie décent qui se rapproche le plus possible du seuil de pauvreté.Troisièmement, il est nécessaire d'améliorer tout le système d\u2019accueil.d analyse du cas, et de suivi du bénéficiaire.Une véritable prise en main du prestataire par le bureau d\u2019aide sociale devrait pouvoir l\u2019aider à mieux orienter sa vie professionnelle et à coordonner ses actions en vue de se trouver un emploi.Ceci exigera évidemment un personnel plus nombreux, mais ceci est essentiel si on veut transformer la relation administrative en véritable relation d'aide.Il y a lieu, dans ce but.de revoir l\u2019utilisation des ressources humaines déjà existantes dans les CLSC et les CSS.ressources qui font souvent double emploi entre elles sans avoir de relation directe avec les bureaux d'aide sociale.Quatrièmement, il faut repenser toute l\u2019utilisation des fonds publics, injectés dans les program mes de création d'emploi.En effet, il est de notoriété publique que les programmes de création d'emploi n ont pas donné les résultats escomptés, en particulier ceux qui s\u2019adressent aux bénéficiaires d\u2019aide sociale.Il faut faire un choix entre créer des emplois pour 20 semaines et former les chômeurs et assistés sociaux en vue de les reintégrer de façon permanente sur le marche du travail.Dans le but de v rai ment réintégrer les bénéficiaires aptes au travail, il faudrait peut-être voir à mieux coordonner les efforts des deux réseaux de placement fédéral et provincial.Etant donné les ressources limitées des deux gouvernements ne serait-il pas préférable qu'ils unissent leur action plutôt que de s\u2019enfermer chacun dans leur bureau respectif?Les chicanes constitutionnelles ne devraient pas exister lorsqu\u2019il s\u2019agit de questions de ce genre.Cinquièmement, certains articles de la Loi sur l\u2019aide sociale et du règlement devraient être interprétés plus largement ou devraient être modifiés de façon à ne pas être désincitatif s dans la recherche d'un emploi.Les exemples qui ont été donnés précédemment sont actuellement légion et les bénéficiaires préfèrent bien souvent conserver leurs prestations plutôt que d\u2019entreprendre des actions concrètes en vue de se réintégrer au marché du travail et ainsi perdre une partie ou leurs prestations en entier.Nous croyons que ces quelques principes devraient être à la base d'une révision seriçuse d\u2019un programme ou nous investissons tout près de deux milliards de dollars.Ces quelques propositions pourraient permettre une plus grande efficacité et une plus grande justice dans la distribution des fonds et une meilleure identification des besoins de chacune des deux clientèles distinctes.Il est important aussi que s\u2019établisse une meilleure coordination entre les différents programmes qui émanent du ministère de la Main-d\u2019œuvre et de la Sécurité du revenu.L\u2019intégration au marché du travail doit être l\u2019objectif à la base de toute réforme du regime de l\u2019aide sociale.Mais si le gouvernement attend encore, les conséquences négatives pour notre société seront déjà inévitables.Christos SIRROS ¦reroggiBi lüSaPORIES et FENETRES POUR SES ESTIMATION GRATUITE TERMES FACILES SPÉCIALITÉS DE MAISON Inc.2015, RUE THIMENS, 007.1 Aftfl SAINT-LAURENT\tÜ\tJ\t1\t1\tUV V PLUS DE 30 ANS D'EXPERIENCE LA PRESSE, MONTRÉAL, LUNDI 7 NOVEMBRE 1983 aô» ANNEE\u2014N° 6 MONTREAL SAMEDI 7 NOVEMBRE 11»08 D \u2022.»*.P-CWT.wt a*rtAl; y;» HÎ*V:Ct pp Sa NT t LES DXV fTtAVEH iCl.«*CO\\Nl oc kl Fut av; ; .n> ;£¦
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