La presse, 17 novembre 1982, I. Tribune libre
[" TRIBUNE LIBRE -\u2014j CAHIER I LA PRESSE, MONTRÉAL, MERCREDI 17 NOVEMBRE 1982 Sidbec, un moment de vérité pour le nationalisme québécois M.Claude-H.Duguay, professeur au Sen'ice de renseignement de la production à l'Ecole des hautes études commerciales de Montréal, s'est penché sur les difficultés de la société Sidbec.Nous reproduisons de larges extraits de son étude.CLAUPE-R.DUOUAY Il y a vingt ans, le Parti libéral mené par MM.Lesage et Lévesque remportait une éclatante victoire électorale menée sous le thème «Maîtres chez nous».(.) Le 18 novembre 1964, la société Sidbec était créée avec, comme premiers administrateurs, cinq Canadiens français dépourvus, pour la plupart, d'expérience dans le domaine sidérurgique ou minier, dont Gérard Filion, ancien directeur du DEVOIR.René Paré, président crime société d'assurance-vie, reconnus comme des chefs nationalistes de l'après-guerre.Les principaux objectifs de Sidbec à sa création étaient: la transformation de minerai de fer au Québec, la création d'une sidérurgie sous le contrôle des Québécois dans le but de fournir un marché intérieur, favoriser le développement de l'industrie de transformation au Québec, favoriser la décentralisation industrielle.Ceci représentait l'aboutissement de longues armées d'études et de discussions.Dès 1956, le Parti libéral du Québec avait inscrit le projet d'une sidérurgie intégrée dans son programme électoral.Quatre autres années d'études, de discussions et de diatribes sur la faisabilité du projet, de pourparlers et d'hésitation sur ses modalités suivirent la création de Sidbec pour aboutir, à la fin de 1%8.à l'achat de Dosco, une filiale de la compagnie anglaise llawkor-Sidde-ley, installée à Contrecoeur.(.) Sur le plan technique, le projet Sidbec a tenu ses promesses.Il permet d'utiliser des ressources naturelles abondantes dans notre pays pour fabriquer des produits d'acier utiles à notre industrie.11 fournit des emplois rémunérateurs et présente des défis a nos ressources humaines.Ce projet est créateur de «ridules dans la nation».Par exemple, en 1981, avec des actifs de D2i) millions de dollars et une main-d'oeuvre oscillant entre 1,500 et 5,000 personnes, plus de 100 millions de dollars en salaires, le groupe Sidbec a traité 1,1» million de tonnes de minerai de fer de la Côte-Nord, récupéré 451.000 tonnes de ferraille, acheté 50 millions de dollars en gaz naturel.20 millions de dollars d'électricité.i»2 millions d'électrodes et de chaux pour produire 1,385 millions de tonnes d'acier primaire et en transformer une partie en produits finis (tôles, barres, fil, clous, attaches, etc.).De plus, la présence de Sidbec favorise la compétitivité d'entreprises manufacturières québécoises par son impact sur la structure des prix au Québec.Les buts visés à l'origine sont donc atteints à un certain degré.Une situation difficile Sur le plan financier, les résultats sont moins encourageants.(.) Les résultats financiers des dix dernières années (71-81) pour les opérations manufacturières indiquent un deficit d'environ 13» millions de dollars.Depuis 1978, le déficit toutefois n'a été que de 19 millions, ce qui pourrait laisser croire a un certain redressement.Faire tourner efficacement un tel complexe sidérurgique de cette envergure s'approndil en dix ans?«Rome ne s'est pas bâtie en un jour.» Au niveau des opérations manufacturières, le redressement des trois dernières années pourrait indiquer que Sidbec a atteint une ma it rise technique et commerciale et une cohésion suffisantes pour espérer devenir rentable en temps normal.La nouvelle direction, qui sous M.de Coster a fait de la rentabilité son objectif prépondérant, ne partage pas cet optimisme face â la crise que connaît l'industrie sidérurgique mondiale en 1982.La crise actuelle dans l'industrie sidérurgique est une crise majeure, surtout aux Ktats Unis et en Kurope.Au cours des six premiers mois, U.S.Steel a perdu 100 millions de dollars dans ses opérations sidérurgiques.Il en est de même des autres grands producteurs sidérurgiques.Pour le troisième trimestre, on s'attend à ce que les six grands producteurs perdent un milliard de dollars.Les aciéries américaines tournent actuellement a 50% de leur capacité comparativement a 81% en 1981.La demande mondiale d'acier plafonne autour de 700 millions de tonnes depuis plusieurs années.Face à cette tempête, on peut comprendre la frousse de la haute direction de Sidbec et du ministre de l'Industrie et du Commerce.Le ministre Biron douterait même de l'avenir de l'acier! Cet homme, habile politicien, saura sans doute trouver ailleurs de nouveaux motifs d'espérer.L'avis de M.de Coster est plus inquiétant.Selon ce gestionnaire et super-fonctionnaire, «dans une période normale, l'entreprise n'a qu'une performance marginale et dans une période de crise, elle a une performance désastreuse comme celle que l'on connaît à l'heure actuelle».Son équipe de direction a identifié des faiblesses majeures de l'entreprise et a proposé un plan de redressement assez radical devant lequel le gouvernement atermoie non sans raison.À leur avis, les trois sources de faiblesses majeures sont: la mine, le mode de financement, le manque de focalisation des opérations manufacturières sur les produits les plus rentables.(.) La principale faiblesse de Sidbec La pire faiblesse se trouve a la téte.Cette faiblesse est inhérente à l'entreprise publique trop dépendante des fonds de l'Etat: le vrai patron est le gouvernement, plus particulièrement le ministère de l'Industrie et du Commerce qui, depuis 1970, a eu quatre titulaires différents, dont aucun évidemment n'était particulièrement familier avec la gestion d'un complexe sidérurgique.Ces changements de ministres et les changements corollaires de sous-ministres ne manquent pas de créer une forte marge d'incertitude dans la façon d'évaluer les orientations.De plus, Sidbec doit présenter ses projets en Commission parlementaire.Cela nécessite à la direction de l'entreprise un type d'habileté particulier qui exclut bon nombre de dirigeants formés dans l'industrie privée.Ceci explique peut-être le nombre si petit de dirigeants de Sidbec provenant du secteur même de la sidérurgie.Il est frappant de voir que la plupart des entreprises d'État québécoises ont à leur téte un ancien haut fonctionnaire.(.) Quand la direction de Sidbec présente un plan d'ensemble, on n'arrive pas a le réaliser.On propose un habit, mais on n'achète que la veste, et â crédit! Cela pose également de sérieux problèmes, quand il faut couper les coûts et les emplois.Le rôle du conseil d'administration, dans un tel contexte, se trouve passablement réduit.Ainsi, en ce moment critique, on en entend peu parler.On y retrouve peu d'hommes familiers avec l'industrie sidérurgique qui pourraient compenser les faiblesses de la haute direction actuelle.Entre 1979 et 1981, on a procédé à un changement presque complet de celle-ci, grâce a un sérieux «secouage de pommier».Le recrutement des cadres supérieurs s'est fait non seulement à l'extérieur de l'entreprise, mais aussi hors du secteur sidérurgique proprement dit.Certes les deux vice-présidents de l'administration précédente qui sont restés sont deux sidérurgistes de carrière, mais quelle est leur influence à l'heure actuelle?Ceci ressemble aux remaniements qui surviennent dans les ministères.(.) De leur côté, les travailleurs syndiqués sont plus sensibles aux discours nationalistes en temps d'élection qu'en temps de négociation.Sidbec a connu quatre grèves ou lock-out en H) ans, motivés en bonne partie par des divergences de vue sur ce qui constituait un écart raisonnable dans les salaires par rapport aux salaires payés dans les aciéries onlariennes.Le syndicat voulait, dès le départ, la parité de salaires.(.) Sidbec peut-elle traverser la crise?Le problème de Sidbec (.) c'est de pouvoir passer à travers la crise actuelle dans la sidérurgie.Elle doit affronter la concurrence en une période d'excédent de capacité.Peut-elle le faire d'une manière qui reste avantageuse pour le Québec en conti-nuant de fonctionner comme à l'heure actuelle?Si Sidbec conserve un mode de fonctionnement analogue au fonctionnement de nos organismes des secteurs public et parapublic.elle n'est en mesure ni d'affronter convenablement la crise actuelle, ni de se tailler une place qui lui assure une rentabilité raisonnable par la suite.Elle risque de constituer un tonneau sans fond ou s'engloutissent nos ressources.Pour survivre dans la crise actuelle, pour offrir des possibilités raisonnables de rentabilité pour l'avenir, Sidbec doit réformer radicalement son mode de fonctionnement comme société d'État.En est-elle capable?En prônant la «privatisation» pure et simple de Sidbec, M.de Coster a répondu négativement.Mais «privatiser» dans le contexte actuel de crise revient à quoi, sinon à liquider à un prix dérisoire des actifs de 900 millions de dollars dont la valeur de remplacement est de l'ordre de deux milliards?Et l'on ne compte pas le plus important: l'expertise et la compétence accumulées par les milliers de travailleurs de Sidbec au cours des quinze dernières années.On ne compte pas non plus l'impact psychologique sur notre peuple touché dans l'une de ses aspirations les plus constantes depuis cent ans.(.) Après vingt ans de mobilisation nationale autour de cet objectif, sans compter les générations antérieures, après douze ans de construction, on ne peut pas se contenter d'arguments comptables et financiers pour liquider ce projet national, sans aller au fond de la question.Le projet Sidbec est-il vraiment impossible?(.) «C'est le temps que ça change» Si on résume les options que semble proposer l'actuelle direction à partir de son objectif de rentabilisation financière et comptable, on en retrouve trois: investir un milliard pour devenir plus concurrentiel, spécialiser l'entreprise dans les produits longs, privatiser d'une manière ou d'une autre.Cette dernière option étant considérée par son président M.de Coster comme «la seule avenue réellement envisageable pour la survie et la rentabilité a long terme de Sidbec».Le Québec n'a vraisemblablement pas les moyens d'investir un milliard de dollars a l'heure actuelle dans un secteur dans lequel on anticipe une surcapacité pour le reste des années 80.(.) «Privatiser» en pleine crise ou démanteler graduellement sont des options difficiles à accepter avant qu'on nous en démontre clairement la nécessité.L'approche de l'équipe de M.de Coster et les solutions proposées correspondent aux méthodes normales de gestion pour une grande entrepri- se privée ordinaire.Or Sidbec comme société d'État chargée de réaliser un projet national n'est pas une entreprise ordinaire.Elle souffre de handicaps particuliers et les objectifs qu'on lui assigne rendent sa tâche plus difficile comme pour la plupart des entreprises à caractère national.Il faut tirer de ce caractère national du projet Sidbec des avantages particuliers qui améliorent ses chances de surmonter la crise.Hormis le support gouvernemental, ces avantages ne peuvent venir que des quelques milliers de personnes qui constituent Sidbec ou d'un noyau suffisant d'entre elles.(.) Ces personnes impliquées dans Sidbec depuis longtemps et en particulier celles qui peuvent avoir une meilleure vue d'ensemble de l'entreprise croient-elles assez au projet Sidbec pour proposer des solutions qui dépassent la perspective comptable et financière?Peuvent-elles proposer des solutions originales et économes capitalisant sur leurs possibilités accumulées au cours des quinze dernières années?Une occasion d'imprimer un changement important dans le mode de fonctionnement de Sidbec s'offre avec le remplacement de M.de Coster.Le gouvernement pourrait s'inspirer de la formule prévalant à l'École II.E.C.où le conseil d'administration forme un comité composé de membres du conseil et de professeurs (donc de représentants d'employés clés considérés alors comme des partenaires plus que comme des facteurs de production).Il pourrait également indiquer aux membres du conseil d'administration sa préférence pour un directeur ayant déjà une bonne expérience de la gestion d'un complexe industriel du genre de Sidbec ou l'équivalent.Le problème des opérations minières et du soutien de l'activité économique sur la Côte-Nord pourrait être mieux abordé si Sidbec-Nor-mines avait un conseil d'administration plus autonome.Celui-ci pourrait alors inclure plusieurs membres représentant la région de la Côte-Nord.Sidbec pourrait ne garder que 10% des actions de Normines, le reste étant remis au gouvernement ou à d'autres organismes nationaux ou régionaux.Naturellement, on prévoirait les ententes nécessaires pour assurer l'optimisation de leurs activités respectives.Ainsi dans sa gestion des matières premières.Sidbec baserait ses décisions sur les coûts marginaux de production du minerai à Normines même si au plan comptable et financier un autre prix pouvait être utilisé.C'est d'ailleurs ce qui se fait aujourd'hui.L'Iron Ore est constituée aussi de cette façon, c'est ce qui explique «les profits» qu'elle semble faire à l'heure actuelle qui d'une certaine façon sont des jeux comptables entre elle et ses propriétaires.Le gouvernement pourrait également demander à ses représentants suite à la page I 2 Un déficit de $134 millions en dix ans En vigueur du 17 novembre au 20 novembre ou jusqu'à épuisement de la marchandise mm de A sur toutes nos robes ordinairement vendues 75$ à 145$ le solde ne dure que 4 jours, venez chez Sears sans tarder ch.Ord.75$ à 145$ Un solde bien a-propos pour le Temps des Fêtes! 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Le Parti québécois a remarquablement réussi à mobiliser des forces nationales pour s'organiser comme parti démocratique.Le gouvernement du Parti québécois n'a pas réussi à mobiliser le sentiment national et les forces nationales dans le maintien et la construction de l'économie nationale.La crise actuelle constitue un moment privilégié, une «minute vérité» pour le nationalisme québécois.Saura-t-on assumer nous-mêmes notre développement économique et social?Ou assisterons-nous à la déroute face à la tempête?«Québec sait-il faire, seulement quand il fait beau?» En vigueur du 17 novembre au 20 novembre ou jusqu'à épuisement de la marchandise V conomisez 150$ Nos meilleurs manteaux en cuir suédé avec col en fourrure.Choisissez le vôtre.chez Sears 250$ a ch.Ord.400$ à 600S Ne serait-ehe pas ravissante cet hiver, vêtue d'un élégant manteau en cuir suédé garni d'un superbe col en fourrure?Sears vous aide à faire de ce reve une réalité cette semaine en vous offrant un rabais de 150 $ à Tachât d'un de ces magnifiques manteaux.Confectionné en doux porc suédé.ils sont rehaussés d'un splendide col en regard pour plus d'élégance et sont disponibles dans une sélection de riches couleurs mode dont bois de rose, taupe, beige.Tailles 6-18.A noter que toutes les tailles et couleurs peuvent ne pas être disponibles dans tous les magasins.Noel approche.un manteau en cuir suédé est une excellente idée-cadeau.Ne n'oubliez pas! 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MAGASINAGE EN PERSONNE SEULEMENT Rayon 17, manteaux pour dames Ou cuir, c'est meilleur naturellement Les mentions Ord.ou était de Simpsons-Sears Limitée se rapportent à des prix Sears Heures d ouverture 9h30 à 17h30 du lundi au mercredi.de 9h30 ci 21 h le jeudi et le vendredi, de 9h à I7h le samedi Ville St-Laurent, Place Vertu.Brossard, Mail Champlain.Anjou, Galeries d Anjou.St-Jérôme, Carrefour du Nord.3t-Jean, Carrefour Richelieu Copyright Canada.1982 .Simpsons-Sears Limitée.MAGASINAGE EN PERSONNE SEULEMENT Sears vous en avez pour votre argent.et plus I Sidbec félicite et met à pied en même temps*.* M.Réjean Lévesque Directeur-gérant Usine de Boulettage Sidbec Nonnines Port-Cartier, P.Q.M.le Gérant de l'usine, Je vous retourne par la présente l'insigne gravée ep or du sigle de la compagnie que vous m'avez fait parvenir pour mes cinq années de service.Mon geste en est un de protestation parce que je trouve simplement insultant à ma dignité de travailleuse de recevoir cette «gratification pour service rendu» dans le contexte de crise que les travailleurs subissent actuellement à Sidbec Puis-je vous rappeler que cent (100) mises à pied seront effectives cette semaine a Sidbec Normines?N'est-il pas pour le moins paradoxal que la compagnie, d'une part, distribue des «médailles» en nous félicitant du travail accompli et, en même temps, met cent des nôtres à la porte parce qu'elle n'a plus besoin d'eux! Vous étiez la semaine dernière a la manifestation à laquelle participaient majoritairement les tra-vailleurs(euses) et la population de la région pour revendiquer le droit fondamental de travailler (ou de vivre; c'est pareil! ).Comment pouvez-vous prétendre être pour la défense du droit au travail alors que vous participez au sein de la direction de Sidbec à bafouer ce droit: on peut ajouter aux cent mises à pied déjà effectives un arrêt de travail de deux mois dès le 1 décembre prochain.Nous n'avons aucune garantie de la reprise des opérations après cet arrêt.D'ailleurs, le gouvernement-patron semble nous préparer bien plus à une fermeture définitive si on considère toutes les déclarations émises depuis les derniers mois par les Hiron, Parizeau et cie! (.) Pierrette BÉLISLE Travailleuse à l'usine de bouletlage Port-Cartier I Syndiqués exploités par leurs; propres syndicats Les employa de Chryslçr sont en grève.La compagnie risque de fermer ses portes.Le syndical je pourlèehe les babines.De toute façon, s'il y a lo.ooo chômeurs de plus au pays ce sera la faute des patrons, cette race maudite qu'il faut détruire à tout prix.EH effet, n'est ce pas eux qui exploitent les employés en leur donnant un emploi en temps de crise économique?Ne sont-ils pas coupables d'avoir réussi à redorer leur blason en mettant sur le marché des autos concurrentielles fort appréciées du public?Parce que la compagnie, qui connaît des difficultés depuis quelques années, commence tout juste a se redresser, n'est-il pas normal qu'elle se saigne à blanc pour ses travailleurs?Apparemment 70% des grévistes répondent OUI à ces questions.Ils sont prêts à perdre leur emploi juste pour le plaisir de tenir tète à leur «KOSS».Quel réconfort! Noël s'en vient, les comptes de toutes sortes arrivent a un rythme effarant.Peu importe! Si la compagnie ferme il y aura toujours - l'assurance-chômage.Mais qui paiera pour cette assurance-chômage supplémentaire, pour ces îoooo emplois perdus?Évidemment, les travailleurs, ceux qui verront leur cotisation à l'assurance-chômage augmenter de 40% en janvier et leur salaire de 3% s'ils sont chanceux et qu'il en reste encore quand leur tour arrivera.Et il faudrait applaudir les syndicats parce qu'ils se battent pour le BIEN-ftTRK de leurs membres?Ne serait-il pas plutôt le temps de changer notre fusil d'épaule et de parler de l'exploitation des employés par les syndicats?.Isabelle MARQUIS Granby ¦ : Hommage à l'hôpital Charles-Lemoyne Sur recommandation du Dr André Bellavance, neurologue de l'Hôpital Charles-U»moyne, j'ai récemment été transporté par ambulance à ce centre hospitalier, terriblement souffrant.J'avais vaguement en mémoire des nouvelles publiées dans LA PRESSE, il y a pourtant longtemps, au sujet de problèmes administratifs et de conflits syndicaux dans cette institution.Mes préjuges étaient défavorables.Pour le cas où, comme chez moi.le souvenir de telles difficultés aurait laissé quelque trace chez vos lecteurs, je tiens à rendre témoignage de mon expérience.Les commentaires positifs sont si rares de nos jours! À Charles-Lemoyne, on se croirait dans un hôpital privé de grande classe.On se demande comment, avec un budget sans doute comparable à ceux des autres institutions, on réussit a conserver les lieux dans un état de propreté aussi impeccable.On s'étonne de la discipline et de la courtoisie de tout le personnel, qu'il s'agisse des préposés à la manoeuvre des civières ou des responsables de l'entretien ménager.On est rassuré par la sérénité et le comportement professionnel du personnel de nursing.(.) Au nom de tous les bénéficiaires silencieux de Charles-Lemoyne, merci à tous les artisans de cette excellente besogne! Bernard TESSIER Repentigny (Québec) Pas de pension aux pensionnés à l'étranger ! Vous avez raison, M.Bourgoin.Comme vous le dites dans votre lettre du 5 novembre à LA PRESSE, il faut supprimer les abus.Les bénéficiaires de pensions de vieillesse qui quittent le Canada et résident en territoire étranger ne devraient pas continuer de recevoir leurs chèques.Je vous admire M.Bourgoin: a 70 ans, vous critiquez une injustice flagrante.Si l'on exige, comme vous le dites si sagement, que la première condition d'admissibilité à la pen-sion de vieillesse soit de résider au Canada, les enfants d'aujourd'hui qui grandiront en profiteront s'ils s'enracinent.Merci de nous faire voir un côté de votre maturité, té.Louise de Gonzaoue PELLETIER .Brossard S 'I LA PRESSE, MONTRÉAL, MERCREDI 17 NOVEMBRE 1982 «LES ENFANTS DE JOCASTE» Une théorie tirée par les cheveux sur Politique irresponsable le rôle de la mère dans la sexualité à l'égard de Cuba Nous étions déjà coupables en tant que femmes avec Eve, nous voilà dé-sormais coupables en tant que mères! Et c'est une femme qui nous pend ainsi haut et court avec la corde de la psychanalyse freudienne mise au féminin.C'est dans «Les enfants de Jo-caste», livre qui fait fureur au Québec, que Christiane Olivier, psychanalyste française prend le contrepied du complexe d'Oedipe, amour du fils pour sa mère, sauf que cette fois, ce sont les sentiments de la mère, Jo-caste, qui sont analysés.L'auteure, qui se prétend pourtant féministe, atterrit hélas dans une théorie tirée par les cheveux qu'elle veut absolument rendre imperméable et universelle, envers et contre tout sens commun.Qu'on en juge: Si les couples ne s'entendent pas, c'est à cause de la mère dévorante, jalouse, incestueuse, car ces fils devenus conjoints rejetteront leur femme et son besoin de tendresse comme ils ont passé leur enfance «à se protéger sauvagement du désir de leur mère.», car.c'est connu, les mères lorgnent sans cesse le pénis de leur fils!.Pour la fille, c'est le problème inverse.N'étant pas désirée par sa mère \u2014 entendez sexuellement \u2014 elle cherchera en vain toute sa vie et jusque dans son lit cet amour sexuel de la mère qui iui a manqué par la force des choses.Bile ne le trouvera évidemment pas auprès de son partenaire qui se refusera à la materner, pour les raisons que l'on sait.Car sachez que les relations amoureuses ne sont rien d'autres qu'une tentative de retrouver la Mère, qu'un besoin d'être materné/e, qu'un droit à la Régression qui devraient normalement combler d'aise les partenaires sexuels.On n'en sort pas.Une fois trouvé le filon il faut le tenir! La solution pour tout rétablir dans l'ordre?Faire en sorte que le père retourne au bercail initier sa fille aux joies sexuelles et à la découverte de son corps et du désir de son père, ce à quoi se refuse farouchement la mère qui ne veut partager «son pouvoir oedipien» avec personne.Le lien entre ces deux situations ne semble pas très évident, car si le père s'occupe d'éveiller la fille cela n'empiétera nullement sur le champ sexuel de l'amour mère-fils et ne réduira pas l'emprise présumée de la mère sur la sexualité de son fils.Mais on n'en est pas à une contradiction près.Lors d'une conférence-débat prononcée à l'Université Laval ces jours-ci, Christiane Olivier a développé sa théorie devant une salle ar-chi-comble et n'a pas ménagé les dé-tails d'une «bonne» sexualité familiale.(.).Que cherche à accomplir cette psychanalyste avec sa théorie, hormis un succès de librairie?On imagine quelle atmospère régnerait dans les familles si on mettait en pratique ses conseils.Toute affection deviendrait suspecte car nul n'échappe selon cette réputée psychanalyste à la libido familiale.Cependant seule ceHo de la mère est nocive \u201eaux yeux de l'auteure.(.).Nous avons eu droit à une surenchère de sa théorie: «Si les pères ne mettent pas au monde la sexualité de leur fille en admirant son sexe et en exprimant leur désir pour ce sexe avajit l'âge de 6 ans, la psychanalyste est formelle et précise, la fillette sera frigide plus tard.«Et si le père Christiane Olivier n'a pas fait cela?C'est le cas chez nous.Peut-on se rattraper?» se culpabilise une pauvre mère.«Hélas, répond madame Olivier devant un auditoire qui l'écoute religieusement, hélas non.Il est trop tard.» «Alors, se désespère la mère?» \u2014 «Alors?Elle n'aura plus qu'à être polie au lit! » Les théories de Christiane Olivier, loin de régler des problèmes, en créeront une kyrielle d'autres, certains irréversibles, car si l'éducation sexuelle revient aux parents, l'initiation sexuelle, elle, est affaire d'amour d'échange entre partenaires.L'image du père ou de la mère qui viendrait se superposer presque inévitablement bloquerait le courant sexuel et ferait dévier la relation.Il ne faut peut-être pas se surprendre de l'insensiblité de cette femme aux conséquences de ses trouvailles psycho-littéraires elle qui a pu nous raconter, avec un sourire amusé aux lèvres, l'attaque de quatre jeunes garçons qui ont forcé une fillette à leur montrer sa vulve, en la coinçant contre un mur de l'école.Un tableau charmant, illustrant la saine curiosité de ces jeunes.Quant au traumatisme de la pauvre fillette, pas un mot.Les préoccupations de la psychanalyste sont bien autres.«Freud serait content de moi» a-t-elle conclu.En effet.Monique BEAULIEU Claudette BEAULIEU Marcelle DOLMENT Ste-Fov Cécile UGEUX Cap-Houge Le Canada envisage sérieusement d'adhérer à l'Organisation des États américains; la question est présentement débattue dans la presse québécoise.Connaissant le sérieux de votre journal et l'intérêt qu'i! porte aux problèmes de l'Amérique Centrale, il nous a paru de première importance d'informer les lecteurs québécois de l'Amendement Symms adopté récemment par le gouvernement des États-Unis.Cet amendement a causé de sérieux remous sur la scène internationale et surtout sur notre continent.Le sénat américain, suite à une proposition de M.Steve D.Symms, sénateur républicain de l'État de l'idaho.vient d'approuver (le 10 août dernier) par 69 voix contre 27 un amendement qui autorise le président à utiliser «tous les moyens», y compris les armes et l'envoi de troupes, contre Cuba si ce dernier commet une «agression» dans l'hémisphère occidental.Nous savons cependant que les États-Unis ont déjà plusieurs fois dénoncé une supposée présence cubaine au El Salvador sans réussir à le démontrer publiquement.Le chef même du Bureau des Intérêts Américains à Cuba, M.Wayne Smith, déclarait récemment que lu nrétendue menace cubaine en Américue Centrale était dépourvue d'évideice.Ainsi, l'amendement Symms aonne le droit aux États-Unis d'attaquer Cuba à tout moment sur une simple accusation non vérifiée.Par ailleurs, le texte de l'amendement Symms prévoit l'envoi de troupes américaines en Amérique Centrale pour répondre à toute ingérence extérieure.Ce projet ds loi prévolt donc la possibilité d'une action militaire en Amérique Centrale ou Cuba sans que celle-ci soit approuvée par le Congrès américain \u2014 ce qui entre en totale contradiction avec la «loi sur les facultés de guerre de 1973».Il est donc évident que cet amendement peut entraîner des conséquences extrêmement périlleuses pour l'équilibre et la paix mondiale.Il favorise dangereusement les solutions par la force et par conséquent la militarisation des rapports internationaux.Au moment où se dispute une question aussi importante que l'adhésion du Canada à l'O.E.A., il devient impérieux que le gouvernement canadien tienne compte de cette nouvelle escalade dans la politique irresponsable des États-Unis vis-à-vis de l'Amérique Centrale et de Cuba.Jacques Giguère, Cloudo Bouchard, Chantai Nault, Evelyne Follain, Jacqueline Joachim, Cécile Deschamps, Max.-R.Thalèft, Daniel Portela, Suzanne Sloan, Pierre Mat ton, Marianne Roy, Pierre Henault, Magaly Skup et Linda Ballantyno.Membres du Conseil général du Carrefour Québec-Cuba H VRAC Une politique inhumaine a l'égard des réfugiés L'honorable Lloyd Axworthy Ministre de la Muin-d'oeuvre et de l'Immigration du Canada Monsieur le ministre Le Canada a toujours été une terre de prédilection pour les réfugiés politiques que nous avons accueillis avec empressement et que nous avons hébergés avec générosité.Nous en sommes fiers.C'est pourquoi nous avons appris avec une profonde déception la décision que vous avez prise récemment de supprimer toute aide matérielle aux réfugiés dont les dossiers sont a l'étude.Pourtant ces personnes n'ont que ces maigres subsides pour vivre en attendant que les autorites compétentes statuent sur leur sort.Nous considérons injuste et inhumaine cette décision qui pénalise subitement et arbitrairement des hommes, des femmes et des enfants qui avaient placé tout leur espoir dans la générosité et la phi-lahtrèple du peuple canadien et de son gouvernement.Au nom de la Fédération des Groupes ethniques du Québec, Inc.et de ses succursales de l'Estrie et de Trois-Uivières ainsi qu'en mon nom personnel, je vous prie.Monsieur le ministre, de reconsidérer cette décision et de permettre ainsi à des milliers de personnes dont plus de six cents à Montréal, qui ont choisi la liberté, qui ont opté pour la démocratie occidentale, qu'elles ne soient pas déçues de notre attitude et continuent de croire aux principes sacrés des libertés fondamentales pour lesquelles le Canada a toujours lutté et pour lesquelles elles ont subi dans leur pays d'origine toutes espèces de tortures et de persecussions.Dr Kevork BAGHDJIAN président Fédération des Groupes ethniques du Québec, Inc.50e anniversaire de la mort de Gérard Raymond Nous célébrons cette année le 50e anniversaire de la mort de Gérard Raymond.Il avait 20 ans.et il aurait eu 70 ans cette année.Le 5 juillet dernier, le comité des Amis de Gérard Raymond, et le 17 octobre dernier également, la paroisse et les organismes paroissiaux de Saint-Joseph de Québec (ou Gérard Raymond vécut la majeure partie de sa vie) ont commémoré le 50e anniversaire de la mort prématurée de ce jeune homme de chez nous dont la cause de béatification est déjà rendue à Rome depuis 1965.(.) Ce n'est que longtemps après sa mort que sa mère découvrit le journal intime qu'il rédigea sur recommandation de son directeur spirituel, et le remit au séminaire de Québec qui le fit éditer et l'intitula «Le journal de Gérard Raymond» (lequel est toujours disponible).Ce journal a été traduit en plusieurs langues, notamment en espagnol, en chinois, en japonais, etc.Peu de temps avant de mourir, Gérard Raymond fit une retraite à la Villa Mansère, à Québec, et voici un extrait du texte qu'il écrivit dans son journal: «Cet après-midi, nous avons médité sur le péché, et sur les péchés personnels.J'ai été voir le Père.Il m'a dit ce que c'est que le péché ortel.Merci, mon Dieu, de m'avoir préservé de ce mal; j'ai beau chercher, je ne trouve pas d'occasion où j'ai consenti au péché grave.» Gérard Raymond avait une faim insatiable de l'Eucharistie (.) Ce modèle de foi, de pureté, d'abnégation et d'espérance, devrait être donné en exemple aux jeunes d'aujourd'hui qui ont soif du beau, d'idéal, qui sont à la recherche de l'Amour de Dieu.Le séminaire de Québec possède un dossier de plus de son témoignage de diverses faveurs obtenues par l'intercession de celui qui avait pour devise: «AIMER - SOUFFRIR - AIMER».Les AMIS DE GÉRARD RAYMOND par: Léandre FRADET Secrétaire La toute nouvelle façon de déguster les délicieux légumes Del Monte: Buvez I JUS OE t .B.Priorité est occordo tout cotte rubrique aux Icttret d'infarct général se rapportant à dot articles parut dont LA PRESSE.La concision est recommandé*.Let corretpondantt doivent interim litibhment leurs nom, adrosto at numéro do telephone.LA PRESSE no t'engage pat à publier tout et lot lotir et reçues, ni a rotoumor lot lettres, manuscrits ou autres do
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