La presse, 13 décembre 1982, Cahier A
[" photo UPI DISCOURS AMBIGU DE JARUZELSKI page C 3 Le général Jaruzelski a également annoncé que des mesures d'exception pour combattre toute menace visant la sécurité de l'État seraient maintenues pour une durée indéterminée.35 cents HORS DE LA ZONE MÉTROPOLITAINE 45' MONTRÉAL, LUNDI 13 DÉCEMBRE 1982, 98e ANNÉE, no 289, 58 PAGES, 4 CAHIERS 105 ADOPTÉE C'est dans un climat survolté que l'Assemblée nationale a finalement adopté, samedi soir, la Loi 105 qui décrète pour trois ans les conditions de travail des employés de l'État.Le Front commun CSN-FTQ-CEQ a pour sa part confirmé hier qu'il maintenait sa menace d'une grève générale, prévue pour la fin janvier.Cette fois, ce ne sera pas une «gré-vette», a déclaré le porte-parole de la FTQ, mais une vraie grève pour obtenir des conventions collectives négociées.page A 4 CTCUM: LA «PAIX» POUR UN AN page A 3 V-, photo UPI LA CLIENTÈLE DIMINUE MOINS BIEN page C 1 r WmWm ¦M'.>> \\ ' ' y «\u2022- 'mi m% VIDÉO ,1-1 1 %m Une trentaine de groupes de pression, dirigés par la Voix des femmes, ont réussi à faire interdire l'entrée au Canada d'un jeu vidéo juge obscene, sexiste et raciste, le « Custer's Revenge».Les femmes ont gagné une bataille, mais la guerre contre les jeux vidéo obscènes ne fait que commencer.Samedi, en Colombie-Britannique, il y a eu des manifestations devant quatre magasins de la chaîne « Red Hot Video» spécialisée dans la vente de films vidéo pornographiques.page B 1 ^ SOMMAIRE « Annonces classées- C 2, C 5 à C 8 m r BERRY VEUT PLUS DE RIGUEUR RETOUR AU TRAVAIL CHEZ CHRYSLER Les six usines de Chrysler Canada qui avaient fermé leurs portes il y a cinq semaines les rouvriront ce matin, les employés ayant ratifié le nouveau \\ contrat de travail hier ' dans une proportion de 90 p.cent.Ils obtiennent une première augmentation salariale depuis trois ans et une indexation au taux d'inflation au Canada._pogeA2 X et sports.14 Arts et spectacles \u2014Informations- - - B 6 à B 8 \u2014Cinéma.C 4 Carrières et professions - - - - C 2 Décès, naissances, etc.- - - - C 9 Économie.C 1 et C 2 Éditorial.A6 Êtes-vous observateur?FEUILLETON Horoscope.Le monde.Météo.Mots croisés.Mot mystère - - - - Quoi faire aujourd'hui Télé-câble.Tribune libre - - - - Vivre aujourd'hui - - TABLOÏD SPORTS Mots croisés.18 Bandes dessinées.18 m pages 2 à 5 LNF: MARY LEVY PERD ENCORE pages 12 et 13 mm - NORDIQUES 3 BLACK HAWKS 7 page 3 .'.Y'j&yXv* '^y I m mi m TfTf page A 3 LE WEEK-END DE LA PARODIE À QUÉBEC PAR MICHEL ROY A.page A 6 4 .it A 2 EN BREF L'éditrice de Québec-Dimanche, Thérèse Moloney, présente fièrement un exemplaire du premier numéro du nouvel hebdo de la région de Québec.Laserphoto PC Un nouvel hebdo : « Québec-Dimanche » n QUEBEC (PC) \u2014 Un tout nouveau journal a fait son apparition dans les kiosques en fin de semaine dans la région de Québec.« Québec-Dimanche » tirera à 100 000 copies au cours des premiers mois de son existence.Il s'agit, comme son nom l'indique, d'un hebdo du dimanche mais ses dirigeants le conçoivent plutôt comme un « quotidien qui publie le dimanche » comme le Journal de Montréal par exemple.Vendu 75 cents, cet hebdo est imprimé au Lac Etchemin.Le premier numéro a une soixantaine de pages, mais par la suite on compte publier des numéros de 100 pages et plus.Québec-Dimanche est disponible dans la région de Québec, depuis Drummondville jusqu'à Rimouski, de même qu'au Saguenay.Une douzaine de journalistes permanents y travaillent, sans compter des pigistes.Québec-Dimanche est abonné à la Presse cxanadienne et c'est cette agence de presse qui assurera la couverture des matchs de hockey.On peut s'étonner de l'apparition d'un journal au moment où le monde de l'information traverse une période difficile.Selon le directeur de l'information du nouvel hebdo, Jean de Guise, les études de mise en marché démontrent qu'il y a de la place pour un nouveau type d'hebdo du dimanche.Québec-Dimanche appartient notamment au Dr John Maloney de Québec mais d'autres hommes d'affaires du Québec y auraient investi de l'argent.On évalue la mise de fond initiale à SI million.Les dirigeants espèrent franchir le seuil de rentabilité d'ici un an.' I ' Hambleton prévenu de rester au Canada ¦ LONDRES (Reuter) \u2014 Prévenu à l'avance par la GRC de la venue à Londres de l'espion Hugh Hambleton, les autorités britanniques lui auraient conseillé de ne pas entreprendre le voyage, de crainte d'être cité devant les tribunaux.Au Canada, le professeur Hambleton jouissait d'une immunité garantie par la GRC.Mais il n'en était .pas de même en Grande-Bretagne.Les autorités britanniques, de plus, auraient poussé la sollicitude jusqu'à suggérer à Hambleton de retourner chez lui, à sa descente d'avion à Londres.C'est du moins ce qu'affirme le Sunday Times, dans son édition de dimanche.Le professeur de l'université Laval a finalement été arrêté et il a reconnu, au cours de son procès, avoir donné des documents secrets de l'OTAN à l'Union soviétique.Il a été condamné à 10 ans de prison.Cari Marks poursuit la Chine.¦ NEW YORK (Reuter) \u2014 Une société financière new-yorkaise, « Cari Marks and Company », a engagé des poursuites judiciaires contre la Chine pour obtenir le paiement de 12 millions de dollars de dettes qui remontent à 1919.La firme estime que les relations diplomatiques entre la Chine et les Etats-Unis ayant été rétablies en 1979, le gouvernement de Pékin actuel est tenu de s'acquitter de ces créances sur des bons du trésor et des bons au porteur qui étaient dues en 1951, cinq ans après l'arrivée des communistes au pouvoir.Vodka : coût social élevé pour l'URSS ¦ MOSCOU (Reuter) \u2014 L'augmentation du prix de la vodka n'a pas réduit l'alcoolisme, cause de drames personnels et problèmes économiques en Union soviétique, écrit samedi la Pravda.Violence et pauvreté sont souvent le lot des familles d'alcooliques, écrit le quotidien communiste en citant des lettres de lecteurs.L'un d'eux fait preuve de pessimisme en écrivant que la propagande anti-alcoolisme est inutile parce que les buveurs n'y prêtent pas attention.Les tenta- - tives gouvernementales pour réduire la consommation de vodka en augmentant les prix ont échoué.« La consommation n'a absolument pas diminué ».ajoute la Pravda.Les ventes représentent peut-être des rentrées importantes, mais elles sont loin de compenser les coûts occasionnés par l'alcoolisme, qui empêche l'économie de fonctionner à plein rendement, poursuit le journal.L'URSS ne publie pas de statistiques sur l'alcoolimse mais la presse indique qu'il s'agit de son problème le plus grave.Selon des experts américains, le taux d'alcoolisme soiétique serait le plus élevé du monde, et la vodka serait responsable de la forte mortalité masculine et de la baisse de l'espérance de vie, qui vient de tomber à 62 ans.Andropov plus sévère face au crime ¦ MOSCOU (AP) \u2014 La nouvelle direction soviétique a ordonné à la police et au tribunaux de prendre de nouvelles mesures pour lutter ' contre la criminalité dans les rues et sur les lieux de travail, a annoncé samedi la Pravda.Le quotidien a souligné que l'absence de .poursuites contre les délinquants ne serait plus tolérée.Ces nouvelles directives ont été données par le secrétaire général du parti, M.Youri Andropov.LA PRESSE, MONTRÉAL, LUNDI 13 DÉCEMBRE 1982 CONDAMNÉ POUR SEULEMENT 2 DES 28 MEURTRES D'ATLANTA Wayne Williams veut un nouveau procès ATLANTA ( UPI ) \u2014 Près d'un an après le début de son procès pour meurtre, Wayne Williams se prépare avec son avocat en vue de l'appel qu'il a interjeté et qui doit commencer à être entendu cette semaine, à Atlanta.Williams, 24 ans, a été reconnu coupable, en février dernier, du meurtre de deux des 28 jeunes Noirs qui ont été assassinés dans des circonstances étranges, en 1979 et 1980.Il avait cependant été associé à dix autres meurtres au moins, à la suite de la présentation de preuves complexes basées sur l'analyse de fibres de tissus et de poils, mais les autorités le croient responsable également des meurtres non résolus.Williams a été condamné à l'emprisonnement à vie et purge actuellement sa sentence à la prU son du comté de Fulton, dans une cellule isolée, pour sa propre sécurité.Son avocat, Lynn Whatley, en appelle du jugement rendu à l'endroit de Williams pour les meurtres de Nathaniel Cater, 27 ans, et de Jimmy Ray Payne, 21 ans.Mercredi, le juge se prononcera sur les motifs invoquées par Williams pour demander la tenue d'un nouveau procès.Le lendemain du jour où Williams avait été reconnu coupable de deux meurtres, la police et la poursuite annonçaient que l'enquête sur les autres meurtres était terminée, mais aucune autre accusation n'a été portée contre Williams dans cette affaire.Les parents de 11 des victimes ont inscrit une poursuite de $11 millions la semaine dernière contre les autorités municipales, disant qu'ils n'avaient pas obtenu justice et que leurs enfants avaient été privés d'un droit reconnu quand l'Etat a refusé de poursuivre le coupable.Officieusement, les parents estiment que l'affaire est close maintenant uniquement parce que les victimes étaient des Noirs et des pauvres.Ils demandent des dommages de $1 million chacun de même que la réouverture de l'enquête'.Presque une année s'est écoulée depuis le procès de Williams pour les meurtres de Cater et de Payne.Il ne reste plus grand signe de la fureur qui s'était emparé des résidants d'Atlanta à la suite de deux années de meurtres sordides et de disparitions inexpliquées d'enfants et de jeunes.Trois enfants n'ont toujours pas été retrouvés, ce qui porte à 28 le nombre des victimes du tueur.L'équipe spéciale de policiers chargée de l'affaire en 1980 a depuis longtemps été dissoute.Les dossiers des 23 victimes pour lesquelles il n'y a pas eu de poursuite intentée contre Williams ont été fermés, mais seront rouverts si Williams obtient le renversement du jugement prononcé contre lui.Il n'y a ni arbre à pain ni arbre à nouilles, même pour les princesses Vous pénétrez, par un samedi soir glacial, dans le hall feutré du Ritz Carlton.Vous montez aussitôt à la suite royale de l'élégant hôtel, où un authentique baron vous ouvre la porte, puis vous aide à retirer votre manteau.C'est alors qu'il vous présente son épouse, une altesse royale, princesse de France.MARIO FONTAINE_ Inutile de vous pincer, les gars, vous ne rêvez pas : c'est vraiment comme ainsi que ça s'est passé.La princesse s'appelle Chantai de France et est fille du comte de Paris ; pour son mari, c'est un peu plus compliqué.11 se nomme François-Xavier de Sambucy de Sorgue.Tous deux répondaient, ce week-end, à une invitation d'un personnage qui serait très connu à Montréal si Jour de France avait une édition québécoise, le duc Pini di San Miniato.C'est justement ce dernier qui a avisé les médias de la présence du sérénissime couple dans la métropole, presque à son insue.Des médias qui ont sauté sur l'occasion, peut-être parce que Montréal ne fait guère partie du jet set au sang bleu et qu'il faut en profiter quand ça passe.Et puis, les visites aux réminiscences de châteaux somptueux et de valses folles aident à digérer les Noëls de récession.Chose certaine, les visiteurs ne s'attendaient pas à autant de remue-ménage : « Il est émouvant de voir toute l'attention qu'on a eue pour nous.Les gens que nous avons rencontrés depuis notre arrivée se sont montrés d'une très grande amabilité », de déclarer le baron.Quant à son épouse de sang royal, elle se défend bien d'avoir braqué les feux de la rampe sur sa personne.« On nous a appris de ne pas profiter de nos titres, explique-t-elle.Si les gens veulent me voir, c'est très bien.Mais ce n'est pas à moi de dire : CouCou me voilà ».Robe du soir rouge et bijoux massifs mais sans ostentation pour la princesse, dont le père avait bien cru, à un certain moment, être appelé par de Gaulle à remonter sur le trône de ses ancêtres.La princesse Chantai, neuvième des onze enfants du comte de Paris, ne se fait cependant pas d'illusion quant à l'avenir immé- Lg princesse Chantai de France et son époux ont été ravis de l'accueil des Montréalais.Le couple effectuait sa première visite au Québec, mais compte y revenir lorsque le temps sera plus clé- ment.Montréal a beaucoup plus de charme que New-York, de dire la princesse, qui déplore les rues en damier de la métropole américaine où elle demeure.photo LA PRESSE Armand Trottier diat.La monarchie ne sera pas ré-instaurée en France avant plusieurs générations, croit-elle.Elle pense que cela sera possible lorsque les gens auront tout essayé et qu'ils se souviendront des temps passés.Si on en juge par la gentillesse et la simplicité du couple, les rois de l'an 2 000 comprendront mieux les besoins du peuple que leurs ancêtres.Au vrai, rien ne distingue aujourd'hui vraiment la princesse et son mari de leur entourage.Son fils menuisier ?Chantai de France s'affaire ainsi à la reliure, tandis que le baron est analyste commercial à la maison mère d'IBM, en banlieue de New-York.« On ne vit plus de l'air du temps, constate la princesse.La fortune ne tombe pas du ciel.L'arbre à pain n'existe pas, l'arbre à nouilles non plus.Je serais ravie si je pouvais ne rien faire.Et puis non, ce n'est pas vrai, je m'ennuierais.» Elle doit en outre s'occuper de ses trois enfants, inscrits dans une maternelle américaine pour qu'ils apprennent l'anglais.Les enfants doivent s'adapter à leur société, dit son altesse.Pour le travail comme pour le reste.Il n'y a pas de sot métier, assure-t-elle.Si ses enfants décidaient de devenir avocats, photographes ou menuisiers, elle n'aurait aucune objection.Vraiment?Pas s'ils faisaient bien leur travail, affirme la descendante de Louis-Philippe d'Orléans.» Mais avant de penser au travail des enfants dont le plus âgé n'a que six ans, les parents songent surtout au leur.Ils entament maintenant la deuxième moitié d'un séjour de trois ans aux Etats-Unis, provoqué par les obligations professionnelles du baron.Puis ce sera le retour en France.« Ce n'est pas quand le bateau .(ici un soupir ).qu'on doit partir», explique Chantai de France paraphrasant à son insue le premier ministre Lévesque.En attendant, l'aristocratique tandem se promet bien de revenir au Québec, visiter cette île d'Orléans dont on leur a parlé avec tant de chaleur.Quand on descend du chef de la Maison d'Orléans de par son père et d'Isabelle, née princesse d'Orléans de par sa mère, cela va de soi.RATIFICATION DE L'ENTENTE À 90 P.CENT Les employés de Chrysler obtiennent augmentation salariale et indexation DETROIT (UPI) \u2014 C'est dans une proportion de plus de 90 p.cent que les employés de Chrysler Canada, en grève depuis cinq semaines, ont ratifié leur nouveau contrat de travail, hier, lequel leur accorde une première augmentation de salaire depuis trois ans et une indexation au taux d'inflation au Canada.De leur côté, les syndiqués de Chryster aux Etats-Unis voteront vendredi prochain sur l'offre faite par la compagnie, à la suite d'une entente de principe survenue samedi entre leurs représentants syndicaux et ceux de la compagnie.On s'attend ce que les travailleurs américains approuvent l'offre par une confortable majorité.Un grand nombre de travailleurs semblent satisfaits de ne pas avoir à recourir à la grève pour obtenir une hausse salariale.Au Canada, l'entente met fin à cinq semaines de grève et les six usines qui avaient fermé leurs portes les rouvriront aujourd'hui.La grève avait commencé le cinq novembre et le président de Chrysler, Lee Iacocca, avait alors déclaré que les syndiqués canadiens des Travailleurs unis de l'automobile risquaient de mener la compagnie à la faillite.Les analystes estiment que la grève a coûté environ $60 millions à Chrysler et que les nouveaux contrats de travail, y compris celui qui concerne les travailleurs américains, lui coûteront un autre $80 millions.Selon le président des TUA, Douglas Fraser, il fallait une grève, du côté canadien ou américain, avant janvier, pour que les travailleurs obtiennent ce qu'ils ont obtenu.Le nouveau contrat offre aux travailleurs canadiens une hausse immédiate de $1.15 de l'heure ain- si qu'une indexation au coût de la vie.Cette indexation trimestrielle correspond à une hausse salariale de 12 p.cent d'ici l'expiration du contrat, le 14 janvier 1984.Chez les assembleurs, par exemple, le salaire horaire passe ainsi de $9.07 à $10.45, réduisant à $2 l'écart qui sépare les salaires des travailleurs de Chrysler Canada et ceux des employés de Ford Canada et General Motors Canada.L'écart était de $3 avant l'entente.Deux employées de l'usine Chrysler à Windsor, alors qu'elles déposent leur vote, dimanche, à la piste de course de la ville.AP LA PRESSE, MONTRÉAL, LUNDI 13 DÉCEMBRE 1982 A 3 CTCUM: paix pour au moins un an.en théorie Photothèque LA PRESSE Lawrence Hanigan La menace de paralysie du métro et des autobus, qui planait pour aujourd'hui, est non seulement écartée mais même évanouie: la CTCUM et ses 2200 employés d'entretien se félicitent en effet mutuellement de la teneur du décret imposé samedi par Québec dans le sillage de la Loi 105, et acceptent de s'y plier.MARIO FONTAINE_ Ce décret impose une nouvelle convention collective aux deux parties en présence, laquelle se situe légèrement en-deça des recommandations contenues dans le rapport du conciliateur présenté la semaine dernière, mais au-delà des offres finales de la Commission de transport de la CUM.Pour le public, cela signifie l'assurance théorique d'un service complet de transport en commun à Montréal d'ici au 11 janvier 1983, puisque les porte-parole patronaux et ceux des préposés à l'entretien ont décidé de respecter les termes du décret.Quant aux autres syndicats, il y a déjà plusieurs semaines qu'ils en étaient venus à un accord avec l'employeur.«Tout le monde, et les usagers en particulier, doit se réjouir du fait qu'on aura une période calme et sereine pour 12 ou 14 mois», de commenter hier le président de la CTCUM, M.Lawrence Hanigan, sur le» ondes de Télémédia.Le décret lui paraît acceptable car il exclut certaines clauses du rapport du conciliateur que la commission refusait d'endosser, craignant que les autres syndicats exigent la réouverture de leurs conventions pour exiger les mêmes avantages.La commission avait rejeté, la semaine dernière, les conclusions du conciliateur spécial, M.Blain, quelques heures après que le syndicat l'eût accepté.Le différend semblait donc renaître de plus belle jusqu'à ce que Québec décide d'inclure cette question dans son marathon législatif des derniers jours.Des centaines de milliers de personnes touchées directement par ces décrets, les travailleurs et administrateurs de la CTCUM paraissent à peu près les seuls à s'en satisfaire.Morrissette de retour «On considère que c'est un match nui pour nous et une éclatante défaite pour Hanigan», de commenter hier soir le président du syndicat d'entretien, M.Jacques Morrissette.Celui-ci considère en effet que le décret n'enlève que des broutilles au rapport de conciliation accepté par ses membres.Les modifications sont si mineures qu'on n'aura même pas besoin de les convoquer en assemblée générale, des informations à la pièce se révélant suffisantes.Quoiqu'il en soit, le rapport s'applique à partir du premier janvier et pour un peu plus d'un an.C'est dire que de nouvelles négociations en vue du prochain contrat reprendront d'ici l'été prochain.Des négociations que M.Morrissette prévoit ardues si M.Hanigan tient toujours les rênes de la CTCUM.«Pour la bonne marche du transport en commun, Hanigan doit être congédié», dit- il \u2022 En ce qui le concerne, il compte se représenter à la présidence du syndicat, lors d'élections à cet effet au début de l'an prochain.Il connaîtra, alors, la sentence que les tribunaux lui auront imposée à la suite du débrayage illégal du 10 novembre dernier.LE FROID FAIT SON ENTRÉE, LES INCENDIES AUSSI Un décès, 21 familles sur pavé, 12 emplois perdus La première vague de froid à survenir cet hiver a provoqué son cortège habituel d'incendie-s.et de drames: une fillette est morte asphyxiée à Laval samedi, tandis qu'au moins 21 familles se sont retrouvées sur le pavé au cours du week-end.Par ailleurs, une douzaine de travailleurs de Longueuil voyaient leur entreprise rasée par les flammes.MARIO FONTAINE_ La tragédie la plus percutante est survenue vers 9 heures samedi matin à Laval, alors qu'une fillette qui allait célébrer son troisième anniversaire début janvier a péri asphyxiée lorsque le feu s'est propagé dans l'appartement de sa mère.On a tenté de réanimer la jeune Mélanie LeFrançois durant plusieurs heures à l'hôpital Sainte-Justine, mais en vain.Les alu-mettes, retrouvées dans la chambre de la victime, avaient fait leur oeuvre.Les autres conflagrations, si elles ont provoqué des dégâts matériels considérables, n'ont toutefois causé aucune perte de vie supplémentaire.Plusieurs familles y ont en revanche perdu le gîte, comme ces locataires du 6511 de la rue Jeanne-Mance.Le feu semble s'être déclaré aux alentours de 22h30 samedi soir dans un entrepôt situé au rez-de-chaussée, pour se propager à l'étage par la suite.On n'en connaît pas encore la cause.Tout comme on ignore de quelle façon un incendie a pu ravager dimanche matin un immeuble à logements du quartier Saint-Henri, à l'angle des rues Sainte-Marguerite et Richelieu.En tout 15 appartements ont été touchés, et pas moins de 12 d'entre-eux sont des pertes totales.Le feu a demandé cinq heures d'efforts à plus de 200 pompiers avant d'être maîtrisé.Quatre detceux-ci l'ont d'ailleurs échappé belle lorsqu'un mur et un plafond se sont écroulés presque sur eux.Au plan matériel, c'est sans doute cependant sur la rive-sud que l'élément destructeur s'est montré le plus gourmand.Un sinistre majeur s'est en effet déclaré à 8h35 dimanche au 365 de la rue du Parc Industriel à Longueuil, rasant l'entrepôt de matériel électrique Lumen.Il aura fallu une centaine de pompiers et au-delà de cinq heures de travail pour venir à bout de l'incendie, sans doute alimenté par la grande quantité de cartons d'emballage stockés dans l'entrepôt.Personne n'a été blessé, mais les dégâts sont considérables.Le bâtiment, d'ailleurs agrandi depuis peu, contenait en effet beaucoup de matériel de valeur, la compagnie servant de grossiste à de nombreux électriciens de la rive-sud.On ignore le montant exact des pertes, mais une chose est sûre, il s'agit là d'un bien mauvais tour du Père Noël pour la douzaine d'employés de la firme.Une enquête est en cours pour déterminer l'origine du feu.Les omnipraticiens Les employés de Lumen, à Longueuil, peuvent prendre la que au chapitre des incendies, la première grande vague porte s'ils le désirent: c'est d'ailleurs à peu près tout ce qui de froid du nouvel hiver n'y étant sans doute pas étran- reste de cet entrepôt de matériel ravagé par les flammes gère.photo LA PRESSE Armand Trottier hier matin.Tout le week-end s'est d'ailleurs révélé tragi- L'embargo sur l'information craignent la médecine policière : un « malentendu », du gouvernement selon le maire de Trois-Rivières Après avoir goûté à la médecine du gouvernement du Québec, les omnipraticiens pensent être en mesure d'en arriver à une entente avec le ministère des Affaires sociales d'ici au 31 mai prochain, alors que se terminera leur contrat actuel.Une centaine de délégués de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec en ont discuté durant ce week-end dans la métropole.Ils comptent bien éviter l'imposition d'une nouvelle loi spéciale conçue à leur intention, comme ce fut le cas en juin dernier à la suite de leur grève de 5 jours.Le gouvernement leur avait alors accordé une hausse de 11.3 p.cent alors qu'ils en réclamaient quatre fois plus.De nouveaux pourparlers ont déjà commencé avec Québec, et devraient s'intensifier à partir de février.«On entre dans la phase finale des négociations», de déclarer le Dr.Clément Richer, président sortant reconduit à ses fonctions pour une année additionnelle.Celui-ci a été élu par acclamation à la tète de cet organisme regroupant 5,000 membres à travers le Québec.Les 96 délégués de 19 associations régionales et les membres du conseil de la fédération ont également élu le Dr.Georges-Henri Gagnon, de Rimouski, au poste de premier vice-président, Serge Lauzière, de Trois-Ri- vières, à celui de deuxième vice-président tandis que Rénald Dutil, de Montréal, agira comme secrétaire général.Pour sa part, Daniel Drolet, de Chicoutimi, aura la responsabilité de la trésorerie.Il a par ailleurs été question, au cours de la réunion du week-end, d'un éventuel regroupement avec les médecins spécialistes.Des discussions en ce sens ont déjà cours, mais le nouvel exécutif a été mandaté pour les poursuivre et les accélérer si possible.Un tel regroupement améliorerait la force de frappe des médecins et leur faciliterait la tâche dans des dossiers comme les fonds de pension, les régimes d'assurance-maladie, etc.Fait à signaler en ces temps d'inflation, la cotisation annuelle des membres de la fédération n'augmentera pas, et va même diminuer.Elle passe en effet de $700 à $550 par année, grâce à un coussin de $750000 accumulé lors des dernières négociations.Ce coussin servira à poursuivre les négociations en cours, dans lesquelles l'ambiance semble plus sereine.Le président Richer incline en effet à croire que peu d'obstacles se dressent entre les omnipraticiens et le ministère des Affaires sociales qui empêcheraient une entente de survenir.«Il s'agit d'un malentendu.Je ne peux en dire plus long pour le moment sauf que la situation va revenir à la normale dès demain (aujourd'hui)».Se- PAUL ROY_ Ion le maire de Trois-Rivières, Gilles Beaudoin, que nous avons pu joindre à son domicile hier soir, la police municipale devrait recommencer à fournir de l'information aux journalistes comme à l'habitude dès aujourd'hui.Vendredi soir, des journalistes s'étaient vu refuser des informations concernant un banal vol qualifié perpétré dans un com- merce.Les policiers disaient se plier à un ordre écrit du gérant de la ville, Jacques Charette.Selon eux, l'ordre signifiait que seul le maire était désormais autorisé à parler aux journalistes.On sait que le corps policier de Trois-Rivière fait présentement l'objet d'une vaste enquête de la Commission de police du Québec.Toute la semaine dernière, les témoignages se sont succédés qui soulevaient le voile sur des actions pour le moins douteuses et autres irrégularités commises par des membres de la sûreté de Trois-Rivières.Or, de préciser le maire hier soir, la consigne du silence ne visait que les informations relatives aux audiences de la Commission de police.Si les policiers l'ont comprise autrement, ils ont mal comprise.A moins qu'ils ne l'aient prise volontairement au pied de la lettre.Quoi qu'il en soit, le maire Beaudoin entend rencontrer son directeur de police, Guy-Paul Si-mard, dès aujourd'hui.Et il compte bien mettre les choses au clair.«Je ne sais pas ce qui s'est passé, nous a-t-il déclaré hier, mais ce n'était pas notre but que les journalistes soient privés d'informations.Pas du tout».WelPs Fargo victime d'un hold-up: $80,000 Photothèque LA PRESSE Jacques Morissette Cinq morts accidentelles ce week-end Cinq personnes ont perdu la vie tragiquement ce week-end, dont une par le feu et les autres sur les routes.La nuit de vendredi à samedi s'est montrée particulièrement gourmande, avec trois accidents mortels.Le premier est survenu vers 22h30 sur la route 310 à Saint-Clet, alors qu'un résident de Coteau Station.Robert Descha m bau 11.36 ans, a perdu le .contrôle de son véhicule.Deux I heures plus tard, c'était au tolir d'un habitant de Normétal âgé de 33 ans, Jean-Claude Mercier, de voir ses jours prendre fin abruptement lors d'une collision entre deux véhicules sur la route 111 à Dupuy, en Abitibi.Presque au même momertt, une perte de contrôle survenue; à Chandler entraînait la mort d'un jeune homme de cet endroit.Michel Soucy.Il n'était âgé que de 26 ans.En fin d'avant-midi dimanche, un quinquagénaire de Vanier, près d'Ottawa, Gérald Marois, décédait quant à lui sûr la route 105 à la suite d'une colD-sion entre deux voitures.Un incendie samedi matin \"à Laval a enfin réclamé la vie de la petite Mélanie LeFrançois, qui n'avait que deux ans (voir article dans cette page).Meurtres à la Fellini: une femme et un bébé poignardés Deux meurtres aux allures felliniennes ont été commis ce week-end au Québec avec, dans chacun des cas, la présence d'enfants sur les lieux du crime.Dans un premier temps, un homme de 34 ans, il s'agirait d'un certain Claude Bourque.domicilié au 5257 de la rue Coolbrook, a semble-t-il poignardé son épouse à plusieurs reprises sous les yeux de leur fils de deux ans.Ce drame familial s'est produit vers 18h samedi soir dans l'appartement du quartier de No-tre-Dame-de-Grâce.Transportée à l'hôpital, la victime a succombé à ses blessures deux heures plus tard.Le mari a pour sa part été écroué et comparaîtra comme témoin principal dans cette affaire.Par ailleurs, la reine des Cantons de l'est a été le théâtre d'un infanticide hier matin.La victime: Mathieu Bergeron, un poupon de 12 mois qui a été retrouvé baignant dans son sang après avoir été poignardé.La mère de la petite victime, qui s'était réfugiée chez des amis, a été appréhendée par les agents de la Sûreté du Québec, détachement de Sherbrooke, et conduite à la section psychiatrique d'un hôpital local.Mme Renée Bergeron est âgée de 26 ans et est détenue sous mandat du coroner.(PC) \u2014 Un important vol à main armée a eu lieu samedi matin au complexe La Cité, au centre-ville de Montréal, lorsque deux agents de l'entreprise de transport d'argent Well's Fargo ont été forcés de remettre à trois individus armés les recettes d'un magasin Steinberg, soit environ $80,000.Les trois voleurs ont simulé une prise d'otage pour accomplir leur méfait: deux d'entre eux semblaient tenir en otage un complice déguisé en gardien de sécurité.Les trois hommes se sont enfuis avec l'argent et les revolvers des deux agents, en empruntant les couloirs souterrains du complexe La Cité.Notre chroniqueur Guy Pinard se trouve actuellement en vacances.Il sera de retour au début de janvier. A 4 LA PRESSE, MONTRÉAL, LUNDI 13 DÉCEMBRE 1982 LA LOI 105 ADOPTÉE PAR 67 VOIX CONTRE 39 -1 Parizeau évoque la possibilité nouveau régime de négociations QUEBEC \u2014 L'Assemblée nationale a finalement adopté samedi soir par 67 voix contre 39 la controversée loi 105 qui décrète pour trois ans les conditions de travail des 325,000 travailleurs de j l'Etat.Cependant, au cours du débat qui a précédé son adoption, le ministre des Finances, M.Jac- CLAUDE-V.MARSOLAIS ¦ .de notre bureau de Québec ques Parizeau, a laissé entendre que dans l'avenir toute la question jde la rémunération et des augmentations de salaire pourrait rj- être confiée a un comité paritaire '.ce qui aurait comme avantage d'éliminer les grèves sur cette Question.tu*!; C'est à 21h30 samedi que le vote ?à été appelé à l'Assemblée nationale.La députée de Maisonneuve.Mme Louise Harel, qui avait votée contre le principe de la loi en deuxième lecture, était absente de même que six députés péquistes, MM.Michel Leduc (Fabre), Marcel Léger (Lafontaine), Marcel Gagnon (Champlain).Roland .Pussault (Châteauguay), Pierre De Bellefeuille (Deux-Montagnes) et Patrice Laplante (Bourassa).L'étude en troisième lecture du projet de loi a permis au président du Conseil du trésor.M.Yves Bé-rubé, d'apporter des corrections à quelques-uns des 109 décrets déposés jeudi.C'est ainsi que le décret visant le Syndicat professionnel des 102 médecins du gouvernement du Québec et celui visant l'Association des 26 chirurgiens-dentistes ont été modifiés afin de tenir compte d'une entente survenue avec ces deux groupes vendredi.Le gouvernement a également modifié le décret relatif aux employés de la Société des alcools afin de permettre aux bas salariés de cet organisme d'obtenir les même avantages que ceux obtenus dans le secteur public, notamment ceux do U le salaire se situe entre $14,738 et $22,372 dollars.Le député libéral d'Argenteuil, M.Claude Ryan, a également fait corriger un vide juridique dans les décrets du réseau de l'Education qui aurait eu pour effet de retarder l'application de certains avantages obtenus en négociation au chapitre des droits parentaux et des congés de maternité.Si l'on excepte quelques articles spécifiques au secteur de l'enseignement, dans l'ensemble, les clauses normatives des conventions doivent entrer en vigueur le 2 avril prochain.Les conditions salariales s'appliquent dès le 1er janvier afin de permettre au gouvernement de récupérer $406 millions sur les aug- JE X ! '4 Jacques Parizeau photothèque LA PRESSE Le Front commun maintient sa menace d'une grève générale Les instances supérieures de la CSN, de la FTQ et de la CEQ ont confirmé, hier, le déclenchement d'une grève générale, illégale et illimitée a la fin janvier dans le secteur public.Pas question, toutefois, de mouvement de masse dans l'immédiat pour manifester l'opposition du front commun à la loi 105 adoptée ce week-end._ MARIO FONTAINE Ainsi en a décidé le conseil de coordination du front commun, * \u2022 qui s'est réuni dans la métropole quelques heures à peine après le vote de l'Assemblée nationale.Une position qui rejoint celle affichée par les chefs des trois grandes centrales vendredi: opposition ferme aux décrets mais pas d'actions spontanées.C'est à peine si on verra, cette semaine, certains syndicats locaux tenir des « journées de deuil », avec le port de brassards noirs, la distribution de tracts, d'informations à la population, etc.Des assemblées régionales et intersyndicales se tiendront par ailleurs à compter de demain.Puis, le 9 janvier, grande réunion du conseil d'orientation, où les 800 participants finaliseront la riposte.On connaîtra peut-être alors, mais ce n'est pas sûr, la date exacte du début de la grève générale qui paralyserait notamment écoles et hôpitaux.« Ce ne sera pas une grévette ou une actionnette, mais une grève générale et illimitée pour obtenir des conventions collectives négociées », de déclarer le porte-parole de la FTQ, M.Réal Lafontaine.Une menace que le front commun laissait planer depuis déjà plusieurs semaines, mais qui a officiellement été entérinée par son instance décisionnelle hier.Les responsables syndicaux réaffirment leur désir de négocier de bonne foi, et pensent que cela pourrait se faire dès maintenant.Quant à leur rejet des décrets, il est total et global.A tel point qu'on estime qu'une nouvelle consultation n'est pas nécessaire pour tous les syndicats impliqués, les votes de grève illégale tenant toujours.On joue toutefois de prudence.Les responsables syndicaux reconnaissent étudier avec soin toutes les implications de leur stratégie, et soupeser l'ensemble des sanctions possibles.Car il s'agira sans doute, s'il se concrétise, de l'affrontement le plus sérieux jamais vécu au Québec, avec des conséquences à l'avenant.« Notre but n'est pas de renverser le gouvernement mais d'avoir une convention collective signée », poursuit M.Lafontaine, qui qualifie d'anti-démocratique le train de mesures votées par Québec au cours des derniers jours.\u2022 \u2022 t t « « â t « I I a Vive l'eau vive l'eau vive l'eau.pour la santé économique du Québec Au Québec, nous consommons beaucoup d'électricité.Pour satisfaire nos besoins, nous possédons\"une grande richesse, l'eau de nos rivières qui nous fournit une énergie propre et renouvelable.Depuis l'aménagement de la Manicouagan, Hydro-Québec a investi 20 milliards de dollars dans l'économie du Québec, ce qui fait travailler les gens d'ici et profite aux consommateurs québécois.Nous avons intérêt à utiliserla seule source d'énergie qui nous appartienne car, en continuant de consommer l'énergie d'ici, nous contribuons au développement économique du Québec d'aujourd'hui et de demain.a rv~^- l'A» Consommons.l'énergie d'ici ê I 11 I s s I % % I i I t S i \u2022 r-, I I \u2022v.mentations de salaire consenties au cours de l'année 1982.En vertu des dispositions de la loi 105, tous les salariés gagnant $16,565 et moins seront exemptés des réductions de salaire au cours des trois' premiers mois de Tannée.De $16,566 à $22,372, la réduction variera progressivement de 0 à 19.45 pour cent.Pour tous les salaires supérieurs, une réduction uniforme de 19.45 pour cent s'appliquera.En avril prochain, seuls les ouvriers de l'Etat recevront une augmentation de 2 pour cent.Tous les autres travailleurs devraient subir une diminution moyenne de 0.3 pour cent par rapport à leur salaire actuel et ils devront attendre en 1984 avant de voir leur rémunération ajustée au coût de la vie moins un différentiel de 1.5 pour cent afin de réduire l'écart qui les favorise par rapport au secteur privé.Un nouveau régime de négociations Faisant le bilan de 17 ans de négociations, M.Parizeau a rappelé que l'arbitrage obligatoire avait déjà été expérimentée dans le passé et que cela avait donné des aberrations.Selon lui, les ensei- gnants de la régionale du Golfe ont déjà obtenu par arbitrage des salaires plus élevés que ceux de Montréal et ces derniers des salaires plus considérables que ceux de New-York.De même, il s'en est pris à la double négociation, l'une nationale et l'autre locale dans le domaine de l'Education, signalant que la seconde n'avait servi somme toute qu'à aller chercher des concessions refusées à la table centrale.M.Parizeau soutient que l'arbitrage obligatoire qui permet à un ou trois juges de décréter les salaires de même que la négociation locale sont des moyens simples et directs pour ruiner les finances publiques.La création d'un comité paritaire qui serait chargé de compiler des données statistiques et des comparaisons sur les écarts de rémunération entre les secteurs public et privé avait été suggérée par le gouvernement lors des derniers jours de la négociation et constituait un des éléments salariaux du cadre de règlement.Cependant, le gouvernement n'a pas cru bon de l'inclure dans le projet de loi 105, préférant en discuter d'abord les modalités avec les centrales syndicales.Visiteurs expulsés de l'Assemblée nationale QUEBEC (PC) \u2014 Une quarantaine de personnes ont été expulsées samedi midi des galeries de l'Assemblée nationale, pour avoir causé du désordre pendant que se déroulaient les débats de la Chambre sur le projet de loi 105.Des personnes se sont mises à chahuter pendant que le ministre délégué au Commerce extérieur, M.Bernard Landry, intervenait sur le projet de loi à l'étape de la deuxième lecture.Les travaux de la Chambre ont été suspendus pendant quelques minutes, tout juste le temps qu'ont mis les agents de sécurité à expulser les visiteurs trop bruyants.PLUS QUE L'AVENIR POLITIQUE DU QUÉBEC C'est l'économie ¦ qui intéresse les Américains (Godin) QUEBEC (PC) \u2014 Les Américains se préoccupent plus aujourd'hui des liens économiques qu'ils pourraient développer avec le Québec que de son avenir politique, estime le ministre des Communautés culturelles et de l'Immigration, M.Gérald Godin.Celui-ci effectuait la semaine dernière une tournée de cinq jours dans plusieurs villes de la Floride et à Atlanta en Géorgie, où se trouve la délégation québécoise qui couvre les sept Etats du sud-est des USA.PIERRE TOURANGEAU « J'ai l'impression, a-t-il confié, que c'est dû en grande partie au fait que le gouvernement ayant perdu le référendum, en a respecté le résultat.Cela a fait tomber une partie des inquiétudes des Américains.» « Peu importe ce qui se fera ici, a-t-il ajouté, j'ai eu l'impression que les gens sont convaincus que ça va se faire de façon démocratique, ordonnée, et que ça ne se fera pas comme ils le craignaient au début, par un glissement vers une espèce de « cubanisation » ».Améliorations La réélection du gouvernement actuel il y a 18 mois, parallèlement à la dégradation des relations entre Ottawa et Washington, sont deux éléments qui, à son avis, ont contribué à améliorer l'image du Québec chez ses voisins du sud.M.Godin ne croit pas, toutefois, que les reproches des Américains à l'endroit des politiques fédérales (essentiellement la canadianisa-tion de l'industrie pétrolière et le tamisage des investissements é-trangers) soient plus justifiés que leur attitude rébarbative des dernières années à l'égard du Québec.« On a l'impression qu'ils se cherchent un bouc-émissaire au nord et quand ce n'est pas le Québec, c'est le Canada », s'est-il avancé.Résultats Le ministre est le premier à admettre que sa visite dans le sud-est américain n'aura aucune conséquence immédiate.On ne revient pas avec des contrats en poche, a-t-il dit, mais on a planté notre crédibilité dans de nombreux milieux d'affaires et politiques.M.Godin a rencontré plus d'un millier d'hommes d'affaires et de banquiers durant son périple.Il a pu se rendre compte que le Québec était devenu quelque chose de familier dans les régions qu'il a visitées.Il attribue cette nouvelle connaissance qu'ont du Québec les Américains et de ce qu'il a à offrir, au travail persévérant des délégations du Québec aux USA.« Une mission comme celle que j'ai conduite, par exemple, n'a fait que récolter les fruits de trois ans de travail effectué par les gens de la délégation du Québec à Atlanta », a-t-il soumis.Bombardier Malgré son travail cependant, la délégation n'avait manifestement pas réussi à faire connaître la compagnie Bombardier qui est sur les rangs pour l'obtention du contrat de construction d'un train à haute vitesse entre Orlando, Miami et Tampa en Floride.C'est sans doute pourquoi M.Godin a senti nécessaire de se faire le « lobbyiste » de la firme québécoise à chaque fois que l'occasion se présentait, dans ses discours autant que dans ses discussions privées avec les autorités politiques: Gouverneurs, maires, éditeurs de journaux, banquiers, etc., tout le monde y passait.Toujours, son argumentation était la même: le LRC de Bombardier, contrairement à ses concurrents japonais et français, peut rouler sur le réseau ferroviaire existant ce qui implique des coûts considérablement moins élevés.Canadiens-Français M.Godin a profité de son passage dans la région de Miami pour rencontrer plus de 200 représentants de la communauté canadienne-française de Hollywood.Quelque 35,000 familles québécoises s'y sont établies.Lors d'un dîner-causerie au Club Richelieu de l'endroit, il a pu se rendre compte que de nombreux préjugés et toutes sortes de rumeurs « invraisemblables » circulaient dans cette communauté au sujet du Québec.Par exemple, après son allocution, un de ses auditeurs lui a demandé s'il était vrai que son gouvernement s'apprêtait à interdire aux Québécois de sortir leur argent du Québec.« Ca n'a absolument aucun sens que de telles faussetés aient cours dans cette région.Ces rumeurs ne peuvent s'expliquer que par la distance et le manque d'information, » a-t-il dit.M.Godin, le premier membre d'un gouvernement du Québec à s'être jamais déplacé pour rencontrer les 350,000 Québécois expatriés en Floride, tentera donc de convaincre ses collègues de faire comme lui, histoire de faire circuler l'information.C i LA PRESSE, MONTRÉAL, LUNDI 13 DÉCEMBRE 1982 Bilan impressionnant pour les deux cosmonautes MOSCOU (AFP) \u2014 Les cosmonautes soviétiques Ana-toly Berezovoy et Valentin Lebedev se réadaptent sans difficultés à la vie terrestre, après avoir séjouré 211 jours en état d'apesanteur et parcouru près de 130 millions de kilomètres dans l'espace, ont indiqué hier les médecins du cosmodrome de Baiko-nour (Kazakhstan) à l'agence Tass.Le problème dans les vols spatiaux prolongés, selon les médecins, n'est pas l'adaptation à l'apesanteur, mais la réadaptation à la gravité terrestre.C'est pourquoi les cosmonautes doivent, tous les jours, consacrer deux heures à la gymnastique pour faire travailler leurs muscles et leur coeur, et revêtir, par intermittence, le vêtement « tchi-bis», qui provoque l'afflux du sang vers les parties inférieures du corps, limitant ainsi les effets de la gravité.Les conditions L'atterrissage des cosmonautes, vendredi soir, s'est déroulé dans des conditions atmosphériques «à la limite de l'inacceptable », avait révélé samedi un responsable soviétique.Le brusque changement des conditions atmosphériques dans la région où devait se poser le module de descente du vaisseau Sa-lyout T-7, a rendu extrêmement .difficile l'usage d'hélicoptères destinés à l'équipe d'accueil.Toujours à cause du mauvais temps, brouillard intense, tempête et chutes de neige, les responsables ont décidé d'envoyer un détachement de quatre voitures tout terrain sur le lieu d'atterrissage.Les cosmonautes ont dû faire une partie du voyage de retour à bord de voitures au lieu d'hélicoptères, comme cela avait été prévu.A leur arrivée à l'aéroport de Djekazgane, Berezevoy et Lebedev se déplaçaient avec difficulté, sans assurance, en chancelant et étaient soutenus, a indiqué le correspondant de Radio-Moscou.Il a précisé qu'il s'agissait de l'effet de plus de six mois de vie en apesanteur.Leur état de santé serait toutefois satisfaisant.Le vol humain le plus long dans l'Espace que viennent d'accomplir les deux cosmonautes soviétiques, se traduit par un bilan impressionnant sur les plans de la science et de la technique, mais également, de source américaine, sur le plan militaire, notamment en ce qui concerne la mise au point d'armes anti satellites.Les quatre saisons Les deux reclus de l'Espace ont vu pendant leur long séjour à bord de Salyout-7 se succéder les quatre saisons de l'année sur la Terre.Ils ont reçu à bord, pour une semaine chacun, deux équipages de « visiteurs »: le premier avec le cosmonaute français Jean-Loup Chrétien, et le second avec la deuxième femme de l'Espace, Svetlana Savitskaya.Sur le plan scientifique, la moisson paraît particulièrement riche.Près d'un millier de clichés d'étoiles, de constellations et de radio-sources ont été pris, notamment avec les instruments français Piramig et PCN.Sur le plan militaire, de source américaine, les deux cosmonautes ont effectué un certain nombre d'expériences de destruction de cibles spatiales par rayons laser, de détection de lancement de fusées balistiques à l'aide de télescopes à infra-rouge, notamment.Un nouveau four a permis de produire, en centaines de grammes, et non plus en quelques grammes seulement, des alliages et des cristaux pour les semi-conducteurs.Anatole Berezevoy (àdroite) et Valentin Lebedev (à gauche) à leur arrivée sur Terre, après 211 jours dans l'espace.photo Tass \u2022 Les évacués de Destrahan, Louisiane, se sont joints à des centaines de personnes qui se sont réfugiées dans une école secondaire de la ville, où il ont pu se procurer des sandwiches et du lait.photo upi m fil i V.\u2022 t ?- t Les travailleurs de la Davie acceptent LEVIS (PC) \u2014 Les travailleurs des chantiers maritimes Davie, de Lauzon, ont finalement accepté hier dans une proportion de 83 p.cent d'endosser la politique de restriction salariale du six et cinq p.cent d'Ottawa, comme condition à l'obtention d'un contrat du « Canadien National ».Le ministre fédéral des Transports, M.Jean-Luc Pépin, avait donné aux syndiqués jusqu'à au- jourd'hui pour accepter ce compromis.Ce n'est toutefois pas de gaieté de coeur que les travailleurs ont accepté ces restrictions salariales.Un membre du syndicat, M.Jean-Marc Gagné, a lancé un avertissement au gouvernement d'Ottawa, pour qu'il respecte ses engagements envers les travailleurs de la « Davie ».Le prince Andrew aurait récidivé LONDRES (AP) \u2014 Le Daily Mirror affirme que le prince Andrew et la sémillante actrice américaine Koo Stark ont passé un autre week-end ensemble, deux mois après leur controversé séjour aux Caraïbes.Selon le journal, Andrew, deuxième fils de la reine Elizabeth, a rencontré la vedette des films pornographiques vendredi et ils sont partis ensembles vers « un lieu secret ».Buckingham Pa- lace s'est refusé à tout commentaire.La laison entre le prince de 22 ans et Koo Stark, âgée de 26 ans, a suscité la controverse en Grande-Bretagne lorsque les journaux ont révélé que l'actrice avait tourné dans deux films pornographiques durant son adolescence.Selon le Daily Mirror, Andrew et Koo ont passé au moins trois week-ends ensemble depuis leurs vacances de huit jours à l'île Moustique, en octobre dernier.photo AP H ¦ 11 ni.«» i Lozansky est libre Après six années de séparation, le physicien soviétique Edouard Lozansky, émigré aux Etats-Unis, a retrouvé hier soir sa femme et sa fille qui avaient été autorisées à quitter Moscou la veille.Le physicien, qui travaillait à Moscou pour le fameux Institut Kourtchatov, avait pu émigrer avec ses parents et deux soeurs et avait reçu la promesse que sa femme et sa femme le rejoindraient plus tard.Devant le refus des autorités soviétiques, il entrepris une campagne internationale de protestation.DEVENEZ Prospectus:.842-8643\" PHOTOGRAPHE Iamateur ou professionnel ÉCOLE MARSAN: permis d'enseignement PROFESSIONNEL \u2022 \u2014 Temps partiel: Début 10 janvier.15 mars.9 mai.83 \u2014 Temps complet (session intensive spéciale) 7 lévrier au 30 juin 83.Berri de-Montigny Au Palais du Commerce GAZ MORTEL LIBÉRÉ PAR UNE EXPLOSION 20000 évacués en Louisiane - TAFT, Louisiane (AFP) -Trente-six heures après l'explosion près de Taft, en Louisiane, d'une cuve contenant plus de 750,000 litres d'acroléine susceptible de libérer un gaz mortel, 17,000 des 25,000 habitants de la région évacuée ont pu regagner hier leurs foyers, les risques d'empoisonnement étant écartés, selon les autorités.Les mesures d'interdiction de la navigation sur le Mississipi prises samedi en début d'après-midi par les autorités restent quant à elles toujours en vigueur.Les habitants do la région de Taft, une petite ville industrielle située à une trentaine de kilomètres de la Nouvelle-Orléans, avaient été réveillés samedi peu après minuit par une violente explosion immédiatement suivie d'un incendie gigantesque, visible selon des témoins à une dizaine de km à la ronde.« C'est comme si on avait posé une bombe, comme si la Troisième Guerre mondiale venait de commencer», a expliqué un des habitants évacués.Urgence Les autorités, averties par les pompiers et par la direction de l'usine de la Union Carbide Corporation où venait de se produire l'accident des dangers encourus par les riverains, avaient immédiatement décidé d'éloigner la population.En moins de huit heures, les petites localités de Taft, Hahn-ville, Killona, Norco, Monz, Good Hope, Sellers et New Sarpy, vidées de leurs habitants, avaient pris l'aspect de villes-fantômes.Le feu s'est éteint de lui-même samedi soir, mais des cuves d'acroléine surchauffées risquent toujours d'exploser, estimaient dimanche après-midi des techniciens de la Union Carbide.Selon les pompiers, de l'eau de pluie aurait pu s'introduire dans une des cuves et l'acroléine (aldéhyde éthylénique), un alcool dés-hydrogéné extrêmement volatil obtenu par déshydratation de la glycérine, et déclencher la réaction chimique qui a provoqué la déflagration.Extrêmement dangereuse, l'acroléine entre notamment dans la composition de produits destinés à tuer les algues.Des quantités très minimes de cette substance interviennent également dans la fabrication des gaz lacrymogènes.METTEZ-VOUS À L'ABRI DES TEMPÊTES DE L'HIVER Les radiateurs portatifs Kero-Sun'*'0 vous garderont bien au chaud et à rabri.même en pleine tempête de neige, lorsqu il y a panne d électricité.Kero-Sun c est ie nom qu il faut retenir en cas d urgence La raison en est simple lorsqu il y a panne d électricité a cause d une tempête de neige.I emploi d un radiateur portatif Kero-SunMD dans votre maison prévient 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SISTO éditeur adjoint V V h # % I h I » U.h Le week-end de la parodie à Québec Ce qui s'est passé depuis trois jours à Québec ne peut laisser la population indifférente.Même en pleine crise.Par la loi 105, votée dans la soirée de samedi grâce à la majorité ministérielle, le gouvernement impose en effet à l'Assemblée nationale la pénible obligation, premièrement, de consacrer et d'avaliser en quelque sorte la rupture unilatérale des négociations dans le secteur public; deuxièmement, de statuer sur les conditions de travail des quelque 300,000 salariés de l'État, régis par 109 conventions collectives qui s'appliquent jusqu'en 1986.En moins de trois jours, les élus auraient normalement dù absorber, digérer et approuver des textes dont le seul volume physique occupe l'espace d'une demi-corde de bois.Plus qu'un défi inconcevable, c'est un abus de l'institution parlementaire.Les députés se sont prêtés à cette parodie parce que le gouvernement invoquait l'urgence de la situation.Or cette situation, urgente en effet parce que la stratégie ministérielle le voulait ainsi, souffrait au moins un délai dune semaine ou 10 jours qui auraient permis aux législateurs de mieux maîtriser le dossier.La précipitation dans laquelle le gouvernement a fait voter cette loi 105 au cours du week-end, tout comme l'échec de cette 7e ronde de négociations dans le secteur public, illustre l'un des aspects du malaise socio-politique qui accompagne la crise économique: la société et ceux qui la dirigent, nous le sentons tous, éprouvent d'évidentes difficultés à s'adapter aux conditions nouvelles d'un monde en mutation.Si le débat de fin de semaine ressemblait à une parodie, les négociations qui l'ont précédé avaient les apparences d'une caricature.En réalité, le gouvernement s'est engagé dans cette ronde de négociations pour obéir aux exigences d'un scénario désormais absurde et anachronique.Il n'avait pas les moyens, les énergies, la patience, encore moins les ressources de s'offrir en pleine crise cette confrontation qui, dans sa forme actuelle, dessert le Québec.M.Jacques Parizeau l'a reconnu samedi à l'Assemblée nationale: «Offrez tout, offrez rien, offrez la moitié, c'est toujours l'affrontement.» En juin dernier, a encore dit le ministre des Finances, le gouvernement avait à choisir: les décrets ou six mois de négociations.Le gouvernement a choisi la négociation par fidélité au principe sacré suivant lequel l'autorité, même démunie, doit toujours négocier.Mais il s'est contredit dans l'action: dès lors qu'il adoptait la loi 70, il enlevait à ces négociations le caractère de bonne foi sans lequel celles-ci ne sont plus qu'un simulacre.C'est pourquoi, constatant I état lamentable du trésor public, il eût mieux valu décréter que d'entreprendre d'illusoires négociations.Le gouvernement aurait ainsi épargné au Québec le spectacle du patron désavouant sa signature et reprenant dans la poche des salariés l'argent qu'il a imprudemment versé.Tout le monde reconnaît à présent une évidence: réformer profondément le processus de la négociation dans le secteur public, mettre un terme à cette comédie faussement dramatique où les interlocuteurs discutent de propositions qui circulent dans les couloirs et dans la presse avant d'aboutir sur leur table.Il faut démanteler cette tour de Babel d'où ne sortent maintenant que des ragots politiques.Pour protester contre la loi 105 et les décrets, les coordonna-teurs du front commun annonçaient hier une grève générale, illimitée et illégale pour la fin de janvier.Étrange riposte! On dénonce avec raison le gâchis des négociations, on s'élève comme il convient contre l'opération de la loi 105 à l'Assemblée nationale, on stigmatise ce gouvernement qui avait tant aimé les syndicats, mais voilà qu on remet la réaction de plusieurs semaines.S'il est vrai que les salariés publics sont bafoués, que les syndicats sont provoqués, que le droit à la libre négociation est nié, c'est dès maintenant, cette semaine, que les centrales devraient organiser un mouvement de riposte.Non pas des grèves générales et illimitées puisqu'elles constituent une arme archaïque et inadaptée, plus blessante et injuste pour le peuple que pour l'autorité politique.Mais une riposte politique dirigée contre le pouvoir politique.Qu'on cesse un jour d'attaquer les usagers des transports publics, les malades, les vieux et les écoliers.Le front commun doit rajuster le tir.Michel ROY Étrange réaction des anglicans L'Église anglicane du Québec vient de réagir au projet de restructuration scolaire.En cela, elle joue son rôle et il faut lui savoir gré de définir clairement ses positions sur une réforme qui touche tous les Québécois.Ceci dit, il faut aussi admettre que la position anglicane va en surprendre plusieurs, si ce n'est dans ses demandes, au moins dans leurs fondements.Comme plusieurs autres organismes, l'Église anglicane exprime son objection à l'abandon du suffrage universel pour les commissions scolaires.C'est un réflexe démocratique qui peut faire partie des responsabilités d'une Église.Qu'en plus elle demande des garanties concernant la confessionnalité des écoles et l'activité pastorale qu'on y trouvera, rien de plus normal pour une Église.Mais les évêques anglicans craignent tellement la neutralité des structures proposées qu'ils préfèrent le statu quo actuel à toute réforme proposée par le livre blanc du ministre de l'Éducation.Bref, ils s'opposent à la restructuration.Ce refus est tellement absolu que les évêques invitent leurs fidèles à utiliser leur droit à la dissidence dans l'éventualité d'une loi qui ne respecterait pas leurs désirs: ils formeront des corporations scolaires indépendantes plutôt que de se voir intégrés à des commissions scolaires linguistiques.Cette attitude surprend.Pourquoi?Tout simplement parce que, de l'aveu même des anglicans, depuis déjà longtemps «la plupart des écoles protestantes ne respectent pas les règlements du Comité protestant en matière d'éducation morale et religieuse».Comme les activités pastorales y sont aussi très rares, la population a facilement identifié les écoles protestantes à des écoles neutres, c'est-à-dire à des écoles sans orientation confessionnelle définie.Bien sûr, cette description ne s'applique pas à toutes les écoles protestantes: la préoccupation religieuse varie d'une école à l'autre.Mais globalement, plusieurs écoles protestantes sont simplement «neutres».Personne, ou presque, ne reproche ce statut aux écoles que l'on dit protestantes.Ainsi, elles rendent service à une foule d'enfants, surtout anglophones, dont les parents appartiennent à diverses dénominations religieuses ou n'affichent aucune préoccupation religieuse.Où peuvent étudier, à Montréal, un petit Hindou, un petit Juif et un petit Chinois?L'école protestante a toujours manifesté un immense accueil envers tout le monde, sans discrimination religieuse.Pour cela, évidemment, il fallait une grande souplesse dans l'enseignement religieux; il fallait presque retirer tout enseignement religieux.Les parents les plus convaincus pouvaient faire participer leurs enfants à des «Sunday schools» capables de préciser les rudiments d'une foi définie.Personne ne s'attendait à ce qu'une école, devant servir à tant d'élèves différents, puisse transmettre la foi et la religion à chacun d'eux.Les protestants acceptaient cette situation, croyait-on.Les évêques anglicans refusent maintenant l'école neutre.Ils réclament «l'accès à l'école confessionnelle».Mais de quelle confession?Strictement anglicane?Faudra-t-il multiplier les écoles protestantes pour les diviser en diverses confessions?Faudra-t-il imposer des critères de foi?de pratique religieuse?Les protestants peuvent-ils se regrouper derrière une seule foi enseignée dans toutes les écoles?Vraiment, la position anglicane semble défendre une réalité qui n'existe pas.Jean-Guy DUBUC / 8t~a/
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