La presse, 28 mai 1980, J. Sciences et techniques
[" \u2022\u2022 \u2022 ET TECHNIQUES LA PRESSE, MONTREAL, MFRCREDI 28 MAI 1 980 CAHIER J STOCKHOLM (AFP) \u2014 Il y a cent ans, le 24 avril 1880, le «Vega» un trois-mâts de 43 mètres de long ramenait à Stockholm, au milieu des vivats, les quelques hommes qui, sous la direction d'Adolf Erik Norden-skioeld, avaient été les premiers à emprunter le fameux «passage du nord-est» dans l'océan Arctique.Philippe SAUVAONAROUIS Parti en juillet 1878 de Trom-soe, en Norvège, le «Vega» avait rallié Port Clarence, en Alaska, un an plus tard après avoir longé les côtes du nord du continent euroasiatique.Il avait bien failli effectuer sa traversée en une seule saison mais, pris par les glaces à 200 km seulement du détroit de Bering, il avait dû subir un hivernage forcé de neuf mois.I*e triomphal voyage de retour lïàle Japon, la Chine, Ceylan, le çartal de Suez, l'Italie, le Portugal, la France et la Grande-Bretagne lui prit presque autant de temps.Cette route vers l'ex-ttême-Orient par le nord hantait depuis plusieurs siècles déjà l'imagination des navigateurs et des explorateurs.Un siècle plus tard, une importante expédition polaire suédoise, «Ymer 80», appareillera cet été à bord du brise-glace ultramoderne «Ymer» pour commémorer l'exploit de Nordeskioeld et enrichir nos connaissances encore très limitées sur l'océan Arctique.Le projet original prévoyait de faire le tour du bassin arctique en suivant le sillage tracé par le «Vega» le long des côtes sibé-riehnes, pour revenir ensuite par le «passage du nord-ouest», le lortgde l'Alaska, emprunté pour la Crémière fois par l'explorateur norvégien Roald Amundsen.Mais il fallait pour ce faire l'autorisation des autorités soviétiques que les organisateurs d'Ymer 80 n'ont pu obtenir.Un programme de trois mois Le terrain de recherches de l'expédition Ymer 90 qui doit lébuter le 24 juin et durer trois mois, sera le nord de la mer de Barents et l'océan Arctique au nord du Spitzberg et au nord, nord-est du Groenland.105 chercheurs participeront à cette campagne qui doit coûter entre 13 et 15 millions de couronnes (environ 3,2 et 3,7 millions de dollars).La plupart d'entre eux viennent des pays nordiques mais il y aura également 11 Américains, 6 Allemands de l'Ouest, 2 Britanniques et un Canadien.Bien que son programme ait dû être modifié, Ymer 80 demeu- YMER 80 La plus grande expédition arctiq jamais organisée par la Suède re la plus grande expédition arctique suédoise et l'une des plus importantes jamais organisées, par le nombre des scientifiques concernés.Un comité mis en place par l'Académie royale des sciences et divers autres organismes scientifiques, a élaboré un programme définissant plusieurs objectifs de recherches prioritaires: l'étude de l'impact de la pollution atmosphérique dans le bassin arctique et ses conséquences éventuelles pour la climatologie, l'observation de la faune de cette région et son histoire géologique, et enfin la glaciologie.Les experts de cette discipline essaieront d'en savoir davantage sur la chronologie des époques glaciaires et l'étendue des différentes calottes de glace au cours des âges.La pollution n'a pas épargné ces zones écartées du globe.Ainsi, dans l'Antarctique, par exemple, on a retrouvé des traces de radioactivité dans les couches de neige datant de 1955 à la suite des tests nucléaires de Bikini en 1954.D'autre part, des études sur la neige du Groenland ont permis de s'apercevoir que son contenu en plomb s'était accru de façon notable après l'introduction sur le marché américain d'essence riche en octanes.On sait encore peu de choses sur la façon dont les courants atmosphériques ont pu amener la pollution des pays industrialisés jusque-là: ce sera l'une des tâches des chercheurs d'Ymer 80.Il est aussi important de déterminer les conséquences que peut avoir la pollution sur l'environnement dans le bassin arctique, souligne le professeur Walter Schytt, glaciologiste de formation, vétéran des expéditions polaires et directeur scientifique de cette campagne.«C'est un environnement extrêmement sensible, à cause du froid, dit-il, et la pollution peut représenter une menace mortelle pour les formes de vie de cette région, mais elle peut surtout finir par provoquer des changements climatiques aux conséquences imprévisibles».L'évolution des espèces Pour les biologistes de l'expédition, la question principale sera celle de l'évolution des espèces dans l'océan Arctique.Le Le «Vega» trois mâts de 43 mètres de long, a été le premier à emprunter le fameux passage du nord-est dans l'océan Atlantique.C'était en 1880.refroidissement de cette région pendant le quaternaire en fait un «terrain d'expérience gigantesque» pour étudier la façon dont les espèces ont disparu ou évolué.Les géologues de l'expédition devraient pouvoir dire aux biologistes combien de temps a pris cette écolution en interprétant les échantillons de sédiments qu'ils prélèveront jusqu'à 4.000 mètres de fond.Toutes les formes de vie de l'océan Arctique seront d'autre part étudiées pour déterminer dans quelle mesure leur habitat a été perturbé par la pollution.Rien ne doit échapper à la minutie des chercheurs, du plancton aux ours blancs.Un programme spécial sera d'ailleurs consacré à ces plantigrades des régions polaires que l'on étudiera pendant le voyage mais également à terre sur «Kong Karl Land», Une île du Spitzberg où doit être déposé un groupe d'une vingtaine de météorologues et de biologistes.Ces animaux sont nombreux sur «Kong Karl Land», une île du dérée comme le «berceau» de leur espèce.Les ours blancs sont protégés depuis dix ans maintenant, mais l'on ne connaît guère leurs moeurs.Les animaux rencontrés par l'expédition seront répertoriés et certains seront dotés, après avoir été préalablement endormis, de colliers avec un émetteur radio qui transmettra ses signaux à un satellite et permettra ainsi de suivre leurs déplacements.Ces animaux ne sont toutefois pas aussi inoffensifs que les petits crustacés que s'appliqueront à repêcher les biologistes de l'expédition.C'est pourquoi les cher- cheurs qui seront déposés sur Kong Karl Land disposeront de bons fusils.La plupart d'entre eux n'étant guère familiers du maniement des armes à feu, il a fallu prévoir à leur intention plusieurs séances d'entraînement.Une des tâches importantes de l'expédition sera, selon le professeur Schytt, de déterminer l'étendue des calottes glaciaires pendant le quaternaire.Quelles régions recouvraient-elles, étaient-elles rattachées aux plaques glaciaires Scandinaves, quelles étaient les conditions climatiques de l'Artique il y a plusieurs milliers d'années?Voilà quelques questions auxquelles les scientifiques d'Ymer 80 tenteront de répondre ainsi d'ail leurs qu'à des interrogations plus contemporaines, concernant notamment l'évolution du climat de notre globe.Pour ce faire, l'étude du relèvement des côtes peut, par exemple, donner des indications, dit le professeur Schytt: dans ces régions, elles se relèvent lentement après avoir été poussées vers le bas sous le poids des glaces.Ainsi a-t-on découvert sur des plages du Spitzberg des résidus organiques tels que du bois flottant ou des carcasses de baleines qui se trouvent maintenant à une centaine de mètres au-dessus du niveau de la mer.«Notre conclusion, ajoute-t-il, c'est qu'il y avait là auparavant une calotte glaciaire, mais nous ne savons pas si elle était rattachée à la Scandinavie».Un programme en deux éta pes L'expédition se déroulera en deux étapes: la première où la biologie marine aura la priorité, amènera le brise-glace Ymer dans les eaux du Spitzberg, puis entre cette île et l'archipel «Franz Joseph Land», le territoire le plus septentrional de l'Union soviétique.Pour la seconde étape, consacrée avant tout à la glaciologie, le «Ymer» ira plus à l'ouest entre le Spitzberg et le Groëland, mais aussi au nord du Groeland, dans des eaux où aucun bateau de surface ne s'est encore aventuré.Bien que très moderne, le «Ymer» qui est sorti en 1977 des chantiers finlandais de Vaertsi-lae, a été conçu pour ouvrir des chenaux de navigation en Baltique pendant l'hiver et non pour affronter la banquise polaire: aussi sa progression vers le nord dépendra-t-elle des conditions de la glace cet été.Il disposera d'informations météo par satellite pour choisir la meilleure route.Malgré cela, le «Ymer» reste un navire impressionnant, surtout à côté du «Vega» de Norden-skioeld qui fait figure de parent pauvre comparé à lui.Avec ses 105 mètres de long sur 24 de large, il est propulsé par 5 moteurs qui actionnent quatre hélices, réparties entre l'avant et l'arrière du bateau, et développent une puissance de 22,000 chevaux.Il aura un équipage d'une cinquantaine d'hommes, composé d'officiers de la marine suédoise et de conscrits.Cer derniers seront des volontaires, plus attirés par l'aventure que par la corvée de patates, même s'il ne s'agira pas d'une partie de plaisir.On travaillera, en effet, par roulement 24 heures sur 24 sqr t'| «Ymer».Les scientifiques seront soumis à rude épreuve pour rentabiliser le coûteux matériel de recherche et tenter de moissonner pendant ces trois mois le plus de renseignements possibles et d'échantillons de toutes sortes, qu'il leur faudra ensuite plusieurs années pour répertorier et analyser.t - t ¦ r i.\u2022 > : l i i * \u2022 * » _ : t \u2022 \u2022 : \u2022 \u2022 \u2022 ! J 2 LA PRESSE, MONTRÉAL, MERCREDI 28 MAI 1980 Le Kino-Met: pour quantifier la dépense d'énergie QUEBEC (PC) \u2014 Un recueil de 315 pages de données dont le mérite essentiel est de simplifier considérablement la mesure du coût énergétique d'une activité physique a été rendu public à Québec, produit par un groupe d'étude de Kino-Québec.L'être humain peut «dépenser autant d'énergie à s'habiller qu'à frapper des balles de golf», avance-t-on, alors qu'un peintre en bâtiment va dépenser plus d'énergie dans son travail qu'un médecin.Présidé par M.Claude Bouchard du département d'éducation physique de l'université Laval, le groupe de travail, formé de spécialistes de l'activité physique, s'est employé à décortiquer la condition physique, à quantifier le coût énergétique de nombreuses activités physiques utilitaires, récréatives ou compétitives, à évaluer leur contribution au développement musculaire et à repérer les risques de tout ordre rattachés à leur pratique.Le groupe d'étude complète son rapport par six recommandations faites à Kino-Québec, dont la principale concerne l'adoption du «Kino-Met» comme unité de mesure servait à quantifier la dépense d'énergie.Cette unité correspond à la dépense de l'humain au repos, dépense établie à 3.5 millilitres d'oxygène par kilogramme de poids, par minute.PARIS (AFP) \u2014 C'est à Paris que le premier musée d'Europe consacré à l'holographie a ouvert ses portes, le 25 mars dernier, dans le centre de la capitale, à deux pas de Beaubourg.Une exposition d'hologrammes au Forum des Halles, le mois précédent, avait rencontré un tel succès, que l'Association Arts et Techniques holographiques a jugé opportun, en créant ce musée, de satisfaire la curiosité du public pour cette nouvelle technique.VANINA COSTA Encore assez mal connue, l'holographie est un moyen de reproduction en trois dimensions.Alors que la photographie est une surface plane dont notre oeil rétablit la perspective, l'hologramme restitue intégralement le relief de l'objet.Ce procédé, inventé en 1948 par Dennis Ga-bor, de l'Impérial College of Science and Technology de Londres, nécessitait le recours à une lumière monochromatique (c'est-à-dire dotée d'une seule longueur d'onde et non-diffuse, comme l'est, par exemple, la lumière du jour) dont l'utilisation était encore imparfaite.Elle devint effective dans les années 60, lorsqu'une équipe de chercheurs réussit à faire fonctionner le LASER (Light Amplified by Stimulated Emission of Radiation), qui permettait d'obtenir une grande pureté spectrale, une cohérence dans le temps et l'espace.L'hologramme est l'enregistrement, sur une plaque photographique spéciale (possédant, entre autres propriétés, celle d'être sensible au rayon monochromatique) des interférences de deux courants de LASER, provenant de la même source mais ayant suivi des trajets différents: une partie, dit «de référence», est étalée sur la pla- Le commerce de la mode est une science autant qu'un art.Pour une carrière dans le monde de la mode, apprenez les fonctions de cette profession qui demande une combinaison de flair, de créativité et d'efficacité.LE COLLEGE LASALLE vous offre un PROGRAMME DE CARRIERE en MISE EN MARCHE DE MODE (3 ans académiques) (Diplôme d'études collégiales) Ce programme vous permettra d'apprendre le fonctionnement du commerce de la mode et surtout les aspects suivants: (Ê) Marketing (£) Gestion (12) Étude du marché (Ê) Approvisionnement (£) Mise en marché et promotion Pré-requis-secondaire 5 ou plus Les cours commencent en septembre 1980 INSCRIVEZ-VOUS DES MAINTENANT COLLEGE LASALLE 2015 Drummond Montréal, H3G 1W7 842-3823 Les diplômés du COLLEGE LASALLE sont en grande demande.Notre SERVICE DE PLACEMENT est très actif dans la recherche de positions intéressantes pour nos diplômés.\u2022 .\u2022¦*¦ \u2022 ' Ml V ¦ J r .y.- ¦t W *;: - me ¦ \u2022\u2022VI rMon fils est en train de perdre la vue.Je lui donnerais bien mes propres yeux, si ça servait à quelque chose.Mais ça ne servirait à rien.En effet, Jean est victime de rétimte pigmen-taire.Il s'agit dune maladie héréditaire de l'oeil qui.souvent, mène lentement et inéluctablement é la cécité.Pour le moment, la rétmite pigmentaire est lrv curable.La science ne connaît aucun moyen d'enrayer la dégénérescence de la rétine, qui commence à se manifester par un rétrécissement de la vue et qui peut abouW § ;a cécité totale.Jean n'est pas seul dans son cas.Chaque jour, des centaines d enfants canadiens comme lui voient peut-être les contours des choses un peu plus flous, un peu moins clairement que la veille Bon nombre d'entre eux sont totalement aveugles a I âge de 25 ans.La clinique de génétique oculaire de Ihôpttai des Enfants malades à Toronto a découvert que la rétmite pigmentaire est la maladie degenerative la plus courante de l'oeil La Fondation canadienne de la rétmite pigmen-taire a mis sur pied un programme d information a l'échelle nationale dans notre pays pour s'attaquer à ce problème au moyen de la recherche Sous la direction du Dr Clement McCulloch.chef du département d'ophtalmologie de l'Université de T
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