La presse, 5 septembre 1980, C. Économie et finances
[" ET FINANCES LA PRESSE, MONTRÉAL, VENDREDI 5 SEPTEMBRE 1980 CSA] G LES QUEBECOIS SONT MOINS RICHES QUE L'ENSEMBLE DES CANADIENS QUEBEC \u2014 En dépit d'avoirs collectifs de $100 milliards, les ménages québécois sont moins riches que l'ensemble des ménages canadiens, et leur situation relative s'est détériorée au cours des dernières années.C'est ce qui ressort d'un rapport de 700 pages sur l'épargne au Québec, rendu public hier par le ministre d'Ëtat au Développement économique Bernard Landry et le ministre de la Consommation, des Coopératives et institutions financières Guy Joron.Fruit de trois ans de travail, cette étude, qui a bénéficié de la collaboration d'une centaine de personnes, identifie les sources de l'épargne et les institutions qui la détiennent, précise l'utili- sation qui en est faite et analyse cette utilisation par rapport aux besoins.Tout en constituant le groupe le plus important de détenteurs de la richesse nette de la province (ils sont suivis des non-résidants, des gouvernements et des entreprises), les ménages québécois ont vu de 1970 à 1977 le rapport entre leur richesse nette moyenne et celle de l'ensemble des Canadiens passer de 70 à 55 pour cent.La richesse nette des Québécois est en effet de $25,621 et celles des autres Canadiens de $46,273.En moyenne, les Québécois sont donc moins riches que les autres Canadiens puisque, si chacun des deux groupes vendait tous ses avoirs et liquidait toutes ses dettes, les autres Canadiens obtiendraient une richesse nette de beaucoup supérieure à celle des Québécois.En 1970, les ménages québécois avaient une valeur de $10,058 et les autres ménages canadiens de $14,369.Par ailleurs, les ménages québécois placent une plus grande partie de leur avoir sous forme de liquidités comme les dépôts, détiennent moins d'actions d'entreprises et sont moins souvent propriétaires de leur logement.Ils consacrent une plus grande part de leur avoir à l'automobile et ont une dette personnelle moins élevée que les autres ménages canadiens.Les Québécois qui sont propriétaires de leur logement sont plus nombreux que les autres Canadiens à avoir une dette hypothécaire, qui est cependant moindre que dans le reste du Canada, étant donné la faible valeur marchande de leurs habitations.Le rapport souligne que si les Québécois sont moins riches que les autres Canadiens, ce n'est pas parce qu'ils sont plus endettés, mais parce que la valeur de leurs avoirs est de beaucoup inférieure à celle des autres Canadiens.L'avoir total moyen des ménages québécois s'élève à $31,899, comparativement à $54,556 pour les autres ménages canadiens; mais les Québécois sont moins endettés, leur dette totale moyenne n'étant que de $6,278, comparativement à $8,283 pour les autres Canadiens.$14 millions pour le projet Archipel Le gouvernement du Québec consacrera $11 millions à l'étude des implications du projet d'aménagement des plans d'eau de la région métropolitaine de Montréal, projet connu sous le nom d'Archipel.FRANÇOIS BERGER Lancé il y a un an, le projet Archipel ne pourra vraiment démarrer qu'en 1982, si, et seulement si, une vingtaine d'études techniques concluent à la rentabilité du projet, qui commande- rait des investissements globaux de plus de $2 milliards.Décrié par les «groupes écologiques», le projet Archipel prévoit l'harnachement des rapides de Lachine et l'aménagement de onze autres secteurs dans le grand archipel de Montréal (325 îles).Le pivot du projet consiste en la mise en place d'installations hydro-électriques au niveau des rapides de Lachine, pouvant produire jusqu'à mille mégawatts d'électricité (à peu près l'équivalent de la centrale de Beauharnois, la plus grande au Québec actuellement).Plaçant en sourdine l'élément hydro-électrique du projet, les ministres québécois Jacques Léonard et Guy Tardif, respectivement responsables de l'Aménagement du territoire et des Affaires municipales, ont mis l'accent sur les autres aspects du projet, hier, en conférence de presse à Montréal.Le projet Archipel est polyvalent, ont dit les ministres.De manière aussi importante que la production d'électricité, le projet de régularisation des eaux de la région montréalaise va permettre d'éliminer les problème» saisonniers d'inondation et de R«p«nligny RAPIDES 1R IAL Boucher «ilte RAPIDES SAINTE MARIE OU SAULT NORMAND RAPIDES DE LACHINE Le projet Archipel comprend douze sites d'aménagement.Le plus important (identifié par le plus grand cercle sur le plan) concerne les rapides de Lachine, dont l'harnachement pourrait permettre la production de plus de 1,000 mégawatts d'électricité.redonner aux habitants de la région l'accès au fleuve, rivières et lacs.Consultation Dans le budget global de $14 millions ($5 millions de six ministères, $1.5 millions d'Hydro-Québec et $4.5 millions du Secrétariat permanent du projet Archipel), une partie sera consacrée à la «consultation des intéressés».Il s'agit des 66 municipalités touchées par le projet, des entreprises diverses oeuvrant dans l'industrie, des groupes écologiques et de la popula-tionen général.La consultation auprès des municipalités va prendre la forme de huit comités regroupant les municipalités de secteurs d'aménagement particuliers.Ces comités seront chapeautés par un «comité de concertation» sur lequel siégeront d'office les représentants de Lachine, LaSalle, Verdun et Montréal, ces quatre villes étant plus particulièrement touchées par le projet (puisque l'essentiel consiste en l'harnachement des rapides de Lachine).La consultation et les études techniques doivent être terminées en mars 1982, a indiqué le ministre Jacques Léonard.Un «rapport d'étape» doit cependant être produit le printemps prochain.Le rapport final (mars 1982) sera présenté au «Bureau des audiences publiques», a précisé le ministre.Ce n'est qu'à la fin de cette année-là que le Conseil des ministres pourra prendre une décision quant à l'avenir du projet Archipel, a-t-il dit.M.Léonard a indiqué, d'autre part, que si les études et la consultation aboutissent à un constat négatif, elles auront tout de même permis d'approfondir plusieurs aspects du réseau hy-daulique de la région de Montréal, profitant ainsi aux générations futures.EN BREF Bombardier achète Terra-Flex Bombardier a acheté hier Terra-Flex, de Calgary, un fabricant et distributeur depuis 197(1 de véhicules industriels chenilles et sur roues pour les industries reliées à l'exploration et à l'exploitation.Le président Normand Car-pentier du groupe des produits industriels de Bombardier a déclaré que par cette acquisition la compagnie complète la gamme des produits industriels fabriqués à Valcourt et s'assure d'une meilleure présence sur les marchés de l'Ouest.Les produits Terra-Flex continueront d'être fabriqués à Calgary sous la direction générale de M.Frank Smith.POWER HAUSSE SES REVENUS DE 30% Power Corporation du Canada a augmenté ses revenus bruts d'exploitation de plus de 30pour cent au cours du trimestre terminé le 30 juin dernier puisqu'ils sont passés de $81.4 millions à $109.5 millions.Les bénéfices d'exploitation ont de leur côté grimpé de $8.5 millions à $14.6 millions, une hausse de 75 pour cent.La part du bénéfice des filiales et des compagnies affiliées est toutefois demeurée à peu près sta-tionnaire, atteignant près de $25.7 millions contre$23.4 millions au cours du trimestre correspondant de 1979.Les profits nets se sont aussi maintenus, ou presque, ne reculant que de $26.9 millions à $26.3 millions.Les bénéfices consolidés avant postes extraordinaires ont atteint tout près de $28 ri,illions contrej$23.9 millions l'an dernier.Les^profits par ac- tion avant postes extraordinaires passent de $0.93 à $1.09.QUÉBEC-TÉLÉPHONE PROJETTE UNE ÉMISSION D'ACTIONS Québec-Téléphone a transmis aux autorités concernées un prospectus préliminaire en vue d'un projet d'émission d'actions ordinaires qui permettrait de diminuer les emprunts à court terme.LE PRÉSIDENT DE LA BANQUE ROYALE À LA RETRAITE La Banque Royale du Canada a annoncé hier que M.W.Earle McLaughlin prendra sa retraite de président du conseil d'administration le 1er octobre prochain, pour être remplacé à ce poste par M.Rowland Frazee qui détient actuellement le poste de président et chef de la direction.M.J.K.Finlayson, qui restera le numéro deux de la banque à titre de vice-président du conseil, a été nommé président LE F-18 OBTIENT LE C'est par un vote de 70 contre deux que le Sénat américain a débloqué un crédit militaire de $1,6 milliard pour la construction de 60 Hornet F-18 commandés par la U.S.Navy.Précédemment, la Chambre des représentants avait également adopta le projet de loi par un vote de 360 à 49.Il ne manque donc plus que l'assentiment du président Jimmy Carter.Le ministère américain de la Défense s'est actuellement engagé par contrat pour acquérir 45 F-18, mais le fabricant, la McDonnell Douglas Corp., s'attend à en vendre 1,366 à la U.S.Navy et aux U.S.Marines.On sait que le Canada sera également un client éventuel avec une commande de 137 F-18A.Seulement 14 exemplaires ont été fabriqués jusqu'à ce moment, y compris les 11 pour les tests en vol.Faible baisse du taux d'escompte La Banque du Canada a baissé hier son taux d'escompte de 10.74 pour cent à 10.57 pour cent à la suite d'un léger relâchement des termes de crédits à court terme en Amérique du Nord.FRÉDÉRIC W A ON 1ÈRE Depuis environ un mois, la Réserve fédérale des Etats-Unis a progressivement resserrésa politique monétaire et forcé les taux d'intérêt à remonter.Cette remontée a débordé au Canada mais dans une moindre mesure car les indicateurs économiques montrent en général que Técono-mie est un peu plus faible qu'on ne s'v attendait.La Reserve fédérale semble maintenant avoir marqué le point et l'on ne s'attend pas à de nouvelles hausses des taux aux Etats-Unis tant que la fin de la récession n'est pas arrivée.La perspective pour les taux canadiens est pour l'instant troubled par la tenue du dollar canadien.En effet, au cours du der- nier mois la marge entre les taux canadiens et américains s'est amoindrie et le dollar canadien a eu tendance à faiblir, car les capitaux à court terme ont commencé à quitter le pays attirés par des rendements supérieurs ailleurs.D'autre part, l'inflation semble devenir plus grave au Canada qu'aux Etats-Unis ce qui signifie que des placements en monnaie canadienne sont moins intéressant à moins que les taux d'intérêt soient augmentés pour compenser la perte du pouvoir d'achat de la monnaie.Enfin l'approche de la conference constitutionnelle et l'attente d'un échec a forcément fait baisser le cours du dollar.Si l'échec est aussi total que certains pensent, ia Banque du Canada serait alors obligée de faire monter les taux d'intérêt pour soutenir le dollar.En revanche, un succès partiel dans un domaine ou dans un autre ferait monter le dollar et la banque centrale pourrait alors faire baisser les taux.pour favoriser la relance économique.Cette différence entre l'avoir total moyen des deux groupes est due en grande partie à la faiblesse de la valeur marchande moyenne des logements au Québec: en 1977, cette valeur moyenne était de $26,114 dans le reste du Canada, alors qu'elle n'était que de $15,016 au Québec.Cet écart tient à deux facteurs: \u2014 Seulement 49.6 pour cent des unités de logement au Québec sont habitées par leurs propriétaires, alors que cette proportion est de 59.6 pour cent ailleurs.\u2014 La valeur marchande moyenne des logements habités par leurs propriétaires est de $30,275 au Québec, comparativement à $43,843 dans le reste du Canada.Ce sont ces facteurs qui expliquent en grande partie la différence entre la richesse nette des deux groupes, même si le montant moyen des hypothèques des propriétaires québécois n'est que de $13,490 comparativement à $18,285 pour les autres Canadiens.La situation était sensiblement la même en 1970, et le fait que le nombre des logements habités par leurs propriétaires ait augmenté plus rapidement au Québec que dans le reste du Canada entre 1970 et 1977 \u2014passant de 43.2 à 49.6 pour cent \u2014 n'a pas suffi à réduire cet écart.Outre les ménages, le rapport s'est intéressé au financement des entreprises et au rôle de l'Etat dans le secteur financier; les auteurs formulent à ce sujet 63 recommandations, qui visent principalement à faciliter la réalisation des objectifs suivants: \u2014 favoriser l'accès des citoyens à la propriété, en révisant notamment la norme qui établit le montant d'un prêt à 75 pour cent de la valeur hypothécaire; \u2014 amplifier le rôle du secteur privé et coopératif dans le financement des entreprises; \u2014 libérer les caisses d'épargne et de crédit des contraintes qui limitent leur capacité de prêter.«Il s'agit essentiellement», a souligné M.Joron, «d'augmenter la concurrence sur le marché du prêt, afin que le crédit puisse être obtenu à meilleur compte.Il est dans l'intérêt des caisses de crédit de financer les entreprises, car il est un fait que les Québécois et leurs institutions financières demeurent conservateurs lorsqu'il s'agit de placer leur argent.» De son côté, M.Landry a tenu à préciser que ce rapport ne constitue pas un Livre blanc et qu'il ne reflète pas à ce stade-ci la politique gouvernementale.D'ici à décembre, le gouvernement doit recueillir les réactions des milieux financiers, avant d'établir des mécanismes de consultation réels.L'accès la propriété est prioritaire QUEBEC \u2014 Le gouvernement du Québec encouragera l'accès à la propriété, donnant ainsi suite à une des plus importantes recommandations du rapport sur l'épargne qui a été rendu public hier.GILLES GAUTHIER (de notre bureau de Quebec) Le ministre d'Etat au Développement social Bernard Landry a en effet déclaré hier que le ministère des Affaires municipales et la Société d'habitation du Québec élaborent des plans pour la mise en oeuvre d'une politique «qui est importante non seulement sur le plan social mais également sur le plan économique».Le rapport concluait que le fait que les Québécois soient moins propriétaires de leur logement était une des causes du fait qu'ils sont moins riches et qu'ils s'appauvrissent par rapport à l'ensemble des ménages canadiens.Par ailleurs, les agents socio-économiques seront invités à faire connaître d'ici à la fin de l'année leurs réactions et suggestions sur l'ensemble du document paru hier.Cette consultation pourrait déboucher sur une commission parlementaire ou un mini-sommet sur l'épargne au début de 1981.la mise en oeuvre des politiques qui en découleraient commençant au printemps.Chose certaine, il y a dans ce rapport une excellente matière à promesses électorales ou pour le façonnement d'un message inaugural d'une nouvelle session à l'automne.La balance commerciale $351 millions de surplus en juillet (d'après Dow Jones) Le Canada a enregistré en juillet un surplus de sa balance commerciale de $351 millions sur base désaisonnalisée, à comparer à celui de $854 millions du mois précédent.Les données mensuelles dévoilées hier par Statistique Canada fixent à $5.99 milliards les exportations de juillet, en hausse de 0.80 pour cent sur le chiffre de $5.95 milliards de juin.Quant aux importations, elles ont progressé par rapport à juin de 10.8 pour cent, passant de $5.10 milliards à $5.64 milliards.A l'exception du mois d'avril qui connut un déficit extérieur de nos échanges commerciaux de $189 millions, tous les mois de cette année ont donné lieu à des surplus supérieurs à $300 millions.Mais même si exportations et importations de juillet ont été plus élevées qu'en juin, leur performance est sensiblement inférieure aux niveaux atteints plus tôt dans Tannée: nos exportations en particulier se sont ressenties de la récession qui s'est emparée de l'économie américaine depuis plusieurs mois.C'est ainsi que la part des Etats-Unis dans nos exportations de juillet est tombée à 60.1 pour cent, alors qu'elle était de v.;.'w pUUâ » \\ in pUUl IU mu; i im\\ des sept premiers mois de l'année: en 1979 pour les sept mêmes mois, 69.4 pour cent des exportations canadiennes étaient destinées aux Etats-Unis.Par contre, les importations du Canada en provenance de nos voisins comptaient en juillet pourtf8.3 pour cent du total.Selon Statistique Canada qui a dévoilé ces données hier, le cycle conjoncturel à court terme de nos exportations a connu son sommet de courbe en février 1980.un mois plus tôt que pour les importations, (d'où le seul déficit subi en avril).Depuis cette période, tant les exportations que les importations canadiennes se sont amenuisées à un rythme accru.Parmi les principales exportations, les changements les plus notables en juillet par rapport à juin concernent le blé en baisse de $200 millions, la pâte à papier (baisse de $95 millions), l'équipement de transport et le matériel aéronautique (85 millions), le pétrole brut ($65 millions), le papier journal ($60 millions).D'autre part, les métaux non ferreux ont profité d'une progression de $75 millions et le bois ouvré, de $65 millions Si les exportations de voitures ont gagné $65 millions pour atteindre $310 millions, celles de camions et de pièces ont perdu $35 millions pour se replier à $365 millions.Pour les sept premiers mois de l'année le surplus commercial du Canada s'établit à $3.39 milliards.Cette performance représente plus que le double du surplus de CC «\u2022 î \u2022 r* r\\ f ?f~* f\\* * r* *i ¦ *>*.«>\u2022/ .iv.i v \u2022\u2022 i i 'v UU lUUId UC la même période en 1979.Enfin, les importations canadiennes de pétrole brut en juillet atteignirent $550 millions, en hausse de $130 millions, justifiant une part importante de la progression d'ensemble de 10.8 pour cent des entrées de marchandises étrangères. Un gigantesque réservoir de pétrole \u201463\u2014 Lorsque tout le mond fut enfermé dans la réserve de peinture on compta l'équipage: vingt-neuf, Le premier cuisinier et deux stewards (sur quatre) eurent l'autorisation de remonter à la cambuse, sur le pon* A.pour rapporter au magasin de peinture des plateaux de pains au lait tt de croissants, et des caisses de limonade et de bière.Deux seaux servi run I de toilettes.\u2014 Mettez-vous à l'aise, dit le chef des terroristes aux vingt-neuf hommes en colère enfermes dans la réserve de peinture.Il n'y en a pas pour longtemps.Une t rentaine d'heures tout au plus.Une dernière chose: votre capitaine demande le spécialiste des pompes.Qui est-ce?Un Suédois du nom de Mar-tièsson se détacha du groupe.\u2014 C'est moi, dit-il.\u2014 Viens avec moi.Il était quatre heures et demie du matin.Le pont A, à l'étage inférieur de la superstructure, était entie-, rement occupé par les «salles de | services» du géant de la mer.C'était là que se trouvaient la principale cambuse, !a chambre de congélation, la chambre froide, d'autres réserves de vivres, le magasin des boissons, le magasin du linge sale, la laverie automatique, la salle de contrôle f.ompris \\r contrôle des ga/ inertes) et la salle de contrôle de la lutte contre l'incendie, dite «salle de la mousse».Le pont B au-dessus abritait, outre les cabines des marins, la salle de cinéma, la bibliothèque, qyatre salles de jeu et trois bars.Le pont C était occupé par toutes les cabines des officiers (sauf celles des quatre officiers supérieurs, à l'étage au-dessus) ainsi que par la salle à maqger des officiers, le fumoir et le club de l'équipage \u2014 comprenant solarium, piscine, sauna, et salle de gymnastique.C'était la salle de contrôle du fret, sur le pont A, qui intéressait le terroriste, et il ordonna à l'homme des pompes de le conduire là-bas.Il n'y avait pas de hublots.Elle était chauffée par le chauffage central, possédait l'air conditionné, était insoneri sée et bien éclairée.Derrière le masque, les yeux du chef des terrorises glissèrent sur les armoires de contacteurs avant de s'arrêter sur le cloisonnement arrière.Là, derrière la console de contrôle ou venait de s'asseoir le spécialiste des pompes, un tableau de trois mètres de large sur un mètre vingt de haut, occupait le centre du mur.Il montrait comme sur un schéma en coupe la position du pétrole brut dans les réservoirs du Freya.\u2014 Si tu essaies de me jouer un sale tour, dit-il au marin, un de mes hommes perdra peut-être la vie, mais je saurai que tu en es responsable.Je ne te tuerai pas, mon ami, non.Je tuerai ton capitaine Larsen.Maintenant, montre-moi ou se trouvent les réservoirs de ballast et où sont les réservoirs de fret.C'était la vie de son capitaine qui était en jeu, et Martinsson ne songea pas à discuter.11 avait vingt-cinq ans et Thor Larsen appartenait à une génération plus âgée que la sienne.Il avait déjà navigué deux fois avec Larsen et notamment lors de sa première traversée comme responsable des pompes.Ainsi que tout l'équipage, il éprouvait un énorme respect, et beaucoup d'affection pour le géant d'Ale-sund qui avait la réputation, non seulement d'être le meilleur marin de la Nordia, mais un homme plein de considération pour son équipage.Martinsson tendit l'index vers le diagramme.Les soixante réservoirs se succédaient par rangées de trois tout au long du Freya: vingt rangées.\u2014 Ici, à l'avant, dit Martinsson, les réservoirs de bâbord et de tribord sont pleins de brut.Celui du centre est le «réservoir des boues».Il est vide en ce moment, et il fait fonction de réservoir de flottaison, parce que nous faisons notre premier voyage.Nous n'avons pas encore déchargé de pétrole, alors nous n'avons pas eu besoin de nettoyer les réservoirs de fret et de pomper les boues dans ce réservoir spécial.Les trois réservoirs de la rangée suivante sont des réservoirs de ballast.Ils sont restés pleins d'eau de mer depuis le Japon jusqu'au Golfe.Maintenant ils sont pleins d'air.Ouvre les vannes entre les trois réservoirs de ballast, et entre le réservoirde ballast du centre et le réservoir des boues, dit le terroriste.Martinsson hésita.\u2014 Vas-y.Fais ce que je te dis.Martinsson appuya sur trois commandes carrées de matière plastique, sur la console devant lui.on entendu un ieger bourdonnement derrière la console.A quatre cents mètres devant eux, très loin sous le pont d'acier, de grandes vannes de la taille d'une porte de garage s'ouvrirent.Les quatre réservoirs constituaient maintenant un ensemble unique, capable de contenir quatre fois vingt mille tonnes de liquide.Non seulement l'air, mais n'importe quel liquide pénétrant dans l'un des réservoirs, se répandrait librement dans les trois autres.\u2014 Où sont les autres réservoirs de ballast?demanda le terroriste.Martinsson les lui montra du doigt, vers le milieu du bateau.\u2014 Ici, dit-il, une rangée de trois, sur toute la largeur.\u2014 D'accord, dit le terroriste.Laissons-les comme ils sont.Et les autres?\u201411 y a neuf réservoirs de ballast, dit Martinsson.Les trois derniers sont ici, sur un seul rang comme les autres, juste à la hauteur de la superstructure.\u2014 Ouvre les vannes pour les faire communiquer.Martinsson obéit.\u2014 Très bien, dit le terroriste.Maintenant, est-ce que les réservoirs de ballast peuvent être reliés aux réservoirs de fret?\u2014 Non, dit Martinsson, ce n'est pas possible.Les réservoirs de ballast sont rése'rvés en permanence au ballast, c'est-à-dire à l'eau de mer ou à l'air, jamais au pétrole.Et c'est l'inverse pour les réservoirs de fret.Les deux systèmes ne communiquent pas.\u2014 Parfait, répondit l'homme masqué.Mais nous pourrons changer tout ça.Une dernière chose.Tu vas ouvrir toutes les vannes existant entre tous les reservoirs de fret, les vannes latérales et les vannes longitudinales, pour que les cinquante réservoirs communiquent.Quinze secondes plus tard, Martinsson avait appuyé sur tous les boutons nécessaires à l'opération.Très loin, dans les ténèbres profondes des réservoirs de pétrole, plusieurs ving- taines de vannes gigantesques s'ouvrirent, le Freya ne constitua plus qu'un énorme réservoir unique contenant un million de tonnes de brut.Martinsson songea avec horreur à ce qu'il venait de faire.\u2014 S'il sombre maintenant, avec un seul réservoir éventré, murmura-t-il, l'ensemble du pétrole se répandra dans la mer.\u2014 Les autorités auront intérêt à faire en sorte qu'il ne sombre pas, répondit le terroriste.Où se trouve la prise d'énergie qui va de cette console de commande aux pompes hydrauliques actionnant les vannes?Martinsson indiqua d'un geste une boite de raccordements électriques encastrée dans le mur, près du plafond.Le terroriste leva la main, ouvrit la boîte et abaissa le coupe-circuit.Une fois le contact coupé, il ôta les dix fusibles et les mit dans sa poche.Le spécialiste lui lança un regard angoissé.Le processus d'ouverture des vannes était devenu irréversible.Il y avait évidemment des fusibles de rechange et le marin savait où ils se trouvaient.Mais il serait enfermé dans le réservoir de peinture.Aucune autre personne entrant dans ce saint des saints ne les trouverait à temps pour refermer ces vannes d'une importance vitale.Bengt Martinsson savait, parce que c'était son métier de le savoir, qu'un pétrolier ne peut pas être chargé ou déchargé sans précautions.Si l'on rem- nli^^nit d'nhnrd tn:j
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