Parti pris, 1 avril 1966, Avril
• « K vol.3, ne 9 60 cents avril 1966 4 >• > » ‘ yï-J ¦ al pas mort L .Vi s.; ; Wgagtfi*'• * tggy gy -F.• ^r» LV^frCd f- {W.?x ;?® I u gauvreau « v - *.A i>T- «»• \* .» iVAi.i - — - W — — - - .#-¦ iMIr A* maI* .entretiens avec gauvreau et I ’ ».** ^ « I \ "J nA .aI « « .' .I « paul chamberland Claude péloquin jan depocas dents vanter ’rt镦 i^4•; Sî -jSaùfe.l , S £2 ^ '/ p ';!*! ^ & :^$c3! -«/^™* *r; >rr%g^**>*?^ ‘ - ; •./v et nos chroniques et marginales : _ aux éditions parti pris “papa boss”, de jacques ferron gérald godin où l’on voit de quoi il retourne Karl Marx a écrit que le premier prolétariat, ce sont les femmes qui le constituent.Aussi n’est-il pas étonnant que le héros de “Papa Boss,” le dernier roman de Jacques Ferron, soit une femme, une femme “sortie de chez les soeurs,” par surcroît, puisque ‘‘Papa Boss” raconte l’histoire de la définitive, finale et complète enculade du monde contemporain par le géant américain.C’est du moins mon interprétation de cette oeuvre construite comme peu d’oeuvres dans notre littérature, puisqu’elle commence où elle finit et qu’entre temps, entre le rêve, l’aliénation, la quête irréductible d’une réalité concrète, toute une actualité québécoise recoupe toute une actualité américano-vietnamienne pour bien montrer que du Vietnam à chez nous, c’est l’argent, aussi appelé foin par les paysans que nous sommes restés, qui fait la loi.La loi du profit.Quand on n’a pas d’argent, on n’a plus que la laideur d'une vie de banlieue et que faire de cette laideur, d’autre qu’un rêve, pour continuer à vivre.Mais voilà, cette fable mi-concrète, mi-rêvée où quelqu’un qui ressemble à un député fédéral vole la femme d’un Québécois pendant que celui-ci meurt sans dire un mot, cette moralité, au sens médiéval du terme, déborde de tendresse.Cette “fable de la femme fourrée” rejoint le thème du “Journal d’un hobo” qui lui aussi montrait un héros qui, non content d’être fourré, ayant les deux sexes, l’était doublement.Le véritable état du Québec depuis 200 ans apparaît à mon avis dans ce thème de la femme fourrée sous de fausses représentations.Ainsi, le Québec croit-il constituer un couple normalement constitué avec Ottawa, alors qu’il n’est au fond que l’en-culé de la farce, le bardache de l’histoire, l’être dont le sexe lui échappe au moment où il croit enfin pouvoir aimer ou être aimé.Par exemple, dans “Papa Boss,” le mâle apparaît sous la forme d’un ange.Tous les déguisements sont bons aux baiseurs professionnels.Aussi, Ennio Flaiano, le scénariste de Federico Fellini, après un séjour au Québec, a pu dire : “Je n’ai jamais vu un peuple ne pas savoir à ce point ce qu’il veut.” Le Québec ne sait pas ce qu’ii veut parce qu’ici tout est masqué, parce que les Québécois normaux sont dits racistes ou communistes ou pseudo-intellectuels, parce que les valets des colonisateurs se nomment eux-mêmes “les modérés,” parce que les capitalistes réussissent à convaincre le peuple que le socialisme ce serait dangereux .sans dire pour qui, et ainsi de suite dans cette infâme comédie coloniale.“Papa Boss” signifie au second degré, au niveau de l’inconscient.“Papa Boss” montre et démontre sans prévenir, sans dire un mot.“Papa Boss” de Jacques Ferron “précède l’ctre et lui donne forme,” comme l’a écrit à son sujet André Brochu.gérald godin directeur des éditions parti pris sommaire pour un parti des travailleurs québécois .2 éditorial beatniks, vietniks, — québec-niks : gauchisme à gogo ?9 jan depocas entretien avec Claude gau- vreau .14 jan depocas beauté baroque .20 Claude gaumeau décombres .*.36 denis vanier entretien avec claude pélo- quin .38 paul chamberland poèmes, manifestes .46 Claude péloquin chroniques vol.3, no 9 avril 1966 revue politique et culturelle paraît chaque mois sur 80 pages rédaction et administration : C.P.149, station "N" Montréal 18, Québec éditeur : la coopérative d'éditions parti pris comité de rédaction : paul chamberland tan depocas gabriel gagnon michel guénard pierre maheu gaston miron Patrick straram lacques trudel abonnements : milischka rycrson comptabilité : thérèse major affaire radio-canada .57 michel guénard viva magill .60 gérald godin la contestation morale .61 yvon hussereau “beat”, battus et béats .65 michel euvrard interprétations de la vie quotidienne .69 patrick straram distributeurs : Montréal : distributions Laval Ltée, 290 boulevard Pie IX Québec: Agence Provinciale (Québec) Inc., 226 est, Christophe-Colomb Hull : Librairie Libre, 130, rue de l'Hôîel-de-Ville La revue n'est pas responsable des manuscrits qui lui sont adressés.Reproduction interdite sans autorisation.marginales le numéro : 60 cents 12 numéros : $6.00 éditorial pour un parti des travailleurs québécois Les membres du M.L.P.viennent d9 adhérer en bloc au P.S.Q.Presque tous les membres du comité de rédaction de la revue et du comité de direction des éditions parti pris sont aussi membres du M.L.P., et sont devenus membres du Parti Socialiste du Québec.Cette démarche ne manquera donc pas de se faire sentir à parti pris.C'est pourquoi nous estimons devoir en expliquer ici les raisons, le s cm s et les modalités.Précisons d'abord que cette adhésion en bloc n'est pas une fusion des deux organismes.Le M.L.P.avait été créé, selon les termes mêmes de sa constitution, pour “former des militants en vue de la création d'un parti révolutionnaire".Ce but est toujours valable, et le mouvement, reprenant pour éviter toute ambiguïté le nom de “Cercle Parti Pris", continuera d'exister comme cercle de discussions, de conférences et d'éducation politique exprimant les tendances de certains membres du P.S.Q.Notre action politique se fera dans les structures du P.S.Q.; mais, sans nuire à la solidarité du parti, rien ri empêche les membres d'un parti qui ont en commun certaines idées plus précises de se regrouper pour les élaborer et les répa'tulre par la discussion.La situation est telle que nous pouvons être de bons militants du P.S.Q.sans avoir à nous renier nous-mêmes en aucune façon.De tous les documents que nous avons publiés, celui qui résume sans doute le mieux nos tendances et notre début de pensée politique, c'est le manifeste de l'automne dernier (parti pris, août-septembre 1965). L’objectif fondamental que nous y définissons est la création d’un parti révolutionnaire ; parti discipliné, parti de classe, structuré selon les règles du centralisme démocratique, doté d’une idéologie précise, parti de militants.Depuis lors, nous avons beaucoup discuté, beaucoup réfléchi en commun.Il nous apparaît finalement que, si ce but tient toujours, il ne faut pas mettre la charrue devant les boeufs, et qu’un tel parti ne peut pas naître tout d’un coup, en une seule étape; il nous semble qu’il faut commencer par le commencement, c’est-à-dire la création d’une solidarité et d’un parti de classe beaucoup plus larges.Dans le contexte actuel, où la revendication nationale est utilisée par les vieux partis comme paravent à un immobilisme politique, comme justification de réformes qui consolident l’emprise de la bourgeoisie néocapitaliste; où malgré un point'de départ radical et potentiellement révolutionnaire, elle prend, un contenu social purement petit-bourgeois dans le plus important des partis indépendantistes, le RI N; et où elle acquiert un visage et un contenu dangereusement réactionnaires dans l’union avec les créditistes de l’indépendantisme de droite; dans ce contexte, donc, où la revendication nationale est atteinte des plus graves ambiguités, il nous semble essentiel d’affirmer ce fait que la nation, ce sont les travailleurs qui en forment l’immense majorité.Et justement les travailleurs font actuellement sentir leur mécontentement ; les revendications sociales se font de plus en plus pressantes : depuis des mois, des années même, nous assistons à une vague de grèves qui prend sans cesse plus d’ampleur, à la montée d’un nouveau syndicalisme québécois de plus en plus agressif et dynamique.Mais ce mouvement de revendication est resté socio-économique, il n’a pas encore pris le contenu politique qui le ferait déboucher véritablement.Nous en sommes à un point tournant, celui où la création d’un véritable parti des travailleurs québécois est devenue une possibilité réelle.A travers les luttes (apparemment diverses, mais qui rien font qu’une) de ces dernières années, les travailleurs québécois ont atteint le point où il leur est possible, où il leur faut rompre politiquement toute attache avec les partis bourgeois.Sur la route qui mène à la révolution québécoise, avant même la ci'éation du parti révolutionnaire, il y a une étape qui nous semble maintenant politiquement possible et historiquement nécessaire, c’est la naissance d’un tel parti fondé sur une conscience et une solidarité de classe aussi larges que possible.L’existence d’un parti qui incarne, structure et développe cette conscience de classe (qui recoupe une conscien- ce nationale) est la condition nécessaire de tous les progrès ultérieurs des travailleurs québécois dans leur lutte contre la bourgeoisie, nationale et étrangère.Nous avons adhéré au Parti Socialiste du Québec parce qu’il est le seul qui puisse jouer ce rôle de parti des travailleurs québécois.Le M.L.P.lui-même n’était pas un parti politique; et puis l’âge de ses membres, et surtout ses positions radicales (socialistes autant qu’indépendantistes), ne le destinaient pas à devejiir ce parti de masse: il tend plutôt à re- .grouper une avant-garde.Quant au P.S.Q., il était en hibernation, sinon en léthargie, depuis plusieurs mois; et nous tenions avant d’y adhérer, à ce que certaines de ses positions soient clarifiées.C’est pourquoi, avant le récent congrès du P.S.Q., le comité d’orientation du M.L.P.et le bureau politique du P.S.Q.s’étaient rencontrés à plusieurs reprises en négociations pour se mettre d’accord sur les conditions de cette adhésion en bloc.Les résultats de ces négociations furent ensuite présentés comme résolutions au congrès uni, et adoptés.C’est donc en quelque sorte à un “nouveau P.S.Q.” que nous avons adhéré, après nous être assurés que les structures et la doctrine du parti nous permettaient de le faire en restant fidèles à nous-mêmes, à notre analyse de la situation et à notre perspective d’action.On peut ramener à quatre les points principaux sur lesquels ont porté ces discussions ; nous les citons ici en ordre d’importance croissante : — D’abord, il a été clairement établi que le P.S.Q.entendait sortir de sa période d’ “hibernation”, et passer à l’action, créer des sections, faire un recrutement et une propagande intenses; la décision, prise au congrès, de participer aux prochaines élections provinciales est une preuve de cette détermination.— D’un autre côté, nous n’étions pas intéressés à faire partie d’un parti de type purement traditionnel, dont l’action et la stratégie se résumeraient en un pur électoralisme; il a été entendu que le P.S.Q.n’entendait pas s’y limiter, et qu’il participera directement et quotidiennement à la lutte des travailleurs.— Près de trois années de publication de la revue, deux manifestes politiques, des manifestations, appuis aux grèves, tracts, etc., ont déjà manifesté notre orientation politique.Le M.L.P.n’est pas un mouvement 4 • monolithique, et il est loin d'avoir élaboré une idéologie complète et cohérente, mais son orientation fondamentale et son parti pris sont clairs.Il est clair aussi d'une part que cela ne saurait changer du jour au lendemain, et de l'autre que plusieurs membres du P.S.Q.ne partagent pas, sur plusieurs questions, notre façon de voir.Pour que l'union soit possible, il fallait donc que ces tendances diverses des membres du parti puissent s'exprimer librement, dans line discussion franche et ouverte.On a déjà vu, dans plusieurs partis (la scission du P.S.Q.d'avec le N.P.D.le montre assez bien) les conséquences désastreuses du rigorisme.C'est pourquoi il a été clairement convenu que les membres du P.S.Q., dans les limites normales du centralisme démocratique et de la solidarité de parti, jouissaient du droit démocratique de se grouper, de se réunir, et d'exprimer leurs opinions; somme toute, Vexistence de tendances est un fait admis au P.S.Q.— Enfin, la “question nationale" était peut-être le point où ces négociations risquaient d'achopper.Au moment de la fondation de la revue, la plupart de ses membres faisaient déjà partie du P.S.Q.Quelques mois après, en mars 196U, nous nous en retirions, avec plusieurs membres de l'exécutif d'alors, à cause de ce problème.C'est qu'un texte venait d'être adopté sur cette question.On y établissait en principe que le Québec forme une nation, qu'elle jouit du droit à l'autodétermination, et que la libération nationale s'impose.Mais de ces principes on concluait, assez bizarrement à notre avis, que la solution résidait duns un nouveau pacte confédéral entérinant les “Etats Associés".Ce texte, qui nous semblait toujours inacceptable, a été amendé au congrès; ses deux derniers paragraphes se lisent maintenant comme suit : “Dans l'éventualité d’un accord entre les deux nations, une nouvelle constitution confédérale devra donc être adoptée de manière à définir de façon précise et limitative les pouvoirs confédéraux et à établir les organes nécessaires à l'exercice de ces pouvoirs".“Advenant le cas où un accord entre les deux nations ne pourrait être conclu selon les principes énoncés ci-dessus, le Québec devra proclamer son indépendance." Ce nouveau texte, tel qu'amendé., laisse la porte ouverte à deux éventualités : une fois posé le principe essentiel et radical de l'autodétermination, il indique qu'il faudra au moins une nouvelle constitution, qui définirait de façon limitative les pouvoirs fédéraux et au plus la sécession pure et simple, l'indépendance proclamée unilatéralement.Ces deux possibilités sont l'une et Vautre parties de la doctrine officielle du parti, qui s'abstient de peser officiellement l'une comme plus probable que Vautre.Et c'est là un des points où les diverses tendances auront à s'exprimer.Jusqu'ici, les indépendantistes étaient pour ainsi dire tolérés au P.S.Q.Ce nouveau texte pose leur opinion comme une des hypothèses du parti.En effet, rien n'empêche d'interpréter ce texte comme une déclaration de principe, tout en croyant que la solution du “nouvel accord" est politiquement et pratiquement irréalisable ; c'est ce que nous faisons pour notre part.Nous croyons que — en principe — si le Canada anglais était prêt à s'unir à un Québec libre, à conclure avec lui certains accords, nous pourrions y gagner; mais nous sommes aussi tout à fait persuadés qu'il ne sert à rien de rêver que les colonisateurs consentiront de bon gré à un accord qui consacrerait la fin de leur domination; les exploiteurs ne renoncent jamais par pure gentillesse à leurs privilèges : il faut les y forcer.C'est pourquoi, malgré les principes de solidarité humaine et internationale, et quoique nous rêvions nous a.ussi d'u?i monde où les bouledogues fraterniseraient avec les moutons, c'est pourquoi nous croyons que concrètement, la situation politique est telle que le Québec devra nécessairement en venir à l'indépendance, et que c’est là la seule forme possible de la libération nationale.La position du P.S.Q.permet la libre expression de tendances diverses à l'intérieur d'une théorie socialiste de la libération nationale par l'autodétermination.Elle est d'autre part assez large pour permettre le recrutement d'un nombre aussi grand que possible de travailleurs au seul parti qui soit vraiment un parti de la classe travailleuse et vraiment un parti québécois'.Voilà les conditions qui ont permis notre adhésion au P.S.Q.Après le succès de notre démarche, des négociations et du congrès, nous nous engageons dès maintenant à la construction du parti des travailleurs.Après coup, il apparaît clairement que souvent des problèmes émotifs nous divisaient autant \que ces 'problèmes pour lesquels nous avons trouvé des compromis.Questions de milieux, d'âge, de génération.Parti pris avait d’abord donné l’image d’une nouvelle génération atterris-saut sur Véchiquier de la gauche, et dérangeant les pièces.Et nous avions parfois tendance à rejeter t(les vieux” sans bien y regarder.Les oppositions qui en découlaient étaient un peu superficielles.Des camarades du P.S.Q.pourraient être nos pères, c’est vrai; mais ils ont mené une vie de lutte, et non de démission; ils ne font pas plus partie de la génération démissionnaire des ralliés au régirrte que nous ne faisons partie de la génération Pepsi.Nous cuvons à apprendre les uns des autres, et rien de sérieux ne nous empêche de travailler ensemble.Non pas que nous soyons d’accord sur tout : l’existence de tendances au sein du parti manifeste le contraire.Mais nos désaccords mêmes, dans le creuset de l’action, pourront bien être la source d’un enrichissement réciproque.En tout cas, les idées de gens qui ont en commun une même exigence et une même action ne peuvent que s’approfondir dans la discussion.Quant à la revue, nous entendons qu’elle participe à ce dialogue qui s’instaure dans la gauche québécoise.Nous ouvrirons nos pages, comme nous l’avons fait pour le M.L.P., à des chroniques du P.S.Q., nous sommes prêts à collaborer à la publication de textes de base, etc.parti pris demeure toujours un organisme indépendant, et nos positions marxistes et indépendantistes demeurent inchangées; c’est dire que nous représentons d’une certaine façon l’aile radicale, l’aile gauche du parti; nous nous voulons solidaires à la fois de cette tendance, du parti, et de Vensemble des travailleurs exploités du Québec.C’est cette triple fidélité, qui au fond n’en fait qu’une, qui orientera notre effort dans les mois qui vont suivre.* parti pris / p.m.• 7 auébecnlks ; beatniks, vietniks, gauchisme à gogo Jan depocas “je ne vois que des bombes je ne veux pas empêcher l’Asie d’être l’Asie” Allen Ginsberg, La mort de l’oreille de Van Gogh.Avant même que la première Bombe ait eu lieu.André Breton écrivait en 1944 dans Arcanne 17 : “L’église catholique, fidèle à ses méthodes d’obscurcissement, use ici de sa toute-puissante influence pour prévenir la diffusion de ce qui n’est pas littérature édifiante (le théâtre classique est pratiquement réduit à Esther et à Polyeucte qui s’offrent en hautes piles dans les librairies de Québec, le dix-huitième siècle semble ne pas avoir eu lieu, Hugo est introuvable).” Le dix-huitième siècle semblait ne pas avoir eu lieu.Ça, c’était avant juin 1960 : mais est-ce que plus ça change, plus c’est la même chose?Loin de là : le Québec est en révolution : révolution qui n’en est pas moins révolutionnaire pour être démocra-tique-bourgeoise à retardement dans une drôle de colonie : embourgeoisée — embourgeoisée à crédit jusque dans son sous-prolétariat; ni moins nationale, la révolution québécoise, pour avoir à être internationaliste — à l’ombre de la bombe américano-.chinoise. Bombe, bière sur bière, drogue, sexe, moto, jazz, Zen —- jouai noir : s’agit-il de faire la bombe pour faire J a bombe?la nique pour la nique, béate?s’agit-il de “changer le monde, changer la vie” comme Rimbaud?Evasion idéaliste?— pas si idéaliste que ça?Compensation, surcompensation irréaliste-capitaljste pour individu isolé, surisolé en marge du stade suprême du capitaliste?Rimbaud à moto?Arthur ! On t’appella pas Jean ! (en français dans le texte de Jack Kerouac) Né en 1854 blasphémant à Charleville et déjà : Rimbaud rendait Rimbaud perplexe et puis : — Des villes sont bombardées alors qu'il dévisage qu'il mastique et puis : Le Voyant est né, le voyeur désaxé fait son premier Manifeste, donne des couleurs aux voyelles et couve les consonnes subit l'influence des vieilles tapettes françaises (Et la Commune, Jack ?les “rouges froissements" de la Commune de Paris ?) et puis : Verlaine le convoque à Paris avec moins d'aplomb que lui n'a exilé des filles en Abyssinie — et : Rimbaud écrit Une saison en enfer, sa mère tremble — Verlaine remplit Rimbaud d'argent et de balles — Rimbaud va au commissariat et déclare son innocence Comme la pâle innocence de son divin Jésus féminin et alors : —Illuminations ! Stuttgart ! et aussi : mort du soleil à la Canaletto et de vieux palais vénitiens (Pas un mot hélas dans Kerouac de la tournée de cirque au Danemark : par un christ de mot du parc Dyrhaven — vous savez : le “parc Belmont park” à Kierkegaard où “à l'instant même où je me choisis hors du monde, je me choisis rentrant dans le monde”) mais : à quoi ressemblait-il maintenant, ce Rimbaud dernière manière?— sinon à : Harrar, le comptoir magique — et puis : Finalement il commence à négocier des fusils illégaux hélas : voyageant en caravane, fou, avec une ceinture d9or autour de la taille — et puis : Harrar ! Harrar ! Et alors ?A lors poètes, reposez-vous un peu ou fermez-la : jamais rien n9est advenu de rien.(1) 21 février 1966.Le ‘lieutenant-gouverneur” de la “province” (“vice-roi” dira le Montréal-TAatin du 22), M.Paul Comtois n'avait pu échapper aux flammes qui ont détruit, avec une extrême rapidité, la io • nuit dernière, la luxueuse résidence de Bois-de-Coulonge en banlieue de Québec : “M.Comtois meurt dans les flammes” clament les grosses lettres noires de La Presse.Et, au petit matin du 22, le Montréal-Matin va larmoyer en première page : “Paul Comtois est mort en tentant de sauver les saintes espèces”.“Y a fini par flamber, l’chris’ !” de persifler mon beatnik avec un humour plutôt noirâtre.Gauchisme à gogo ?Mais cet humour noir, qu’est-ce qu’il veut dire, sinon : le vice-roi — le vice-vice-roi est mort, vive le Québec souverainement québécois ?Ça n’est pas un blouson noir, un bum à “veste de cuir” aux reflets de pétarades de motocyclette — pas même un dharma bum à la Jack Kerouac : plutôt dandy — tiré à quatre épingles même, le “clochard céleste” (mais non pas “tapette”).“Y a fini par flamber, l’chris’!” : gauchisme à gogo ?Mais le premier ministre du “Canada”, M.Pearson, est-ce qu’il ne va pas, lui, oublier son haut-de-forme à Ottawa pour venir assister aux funérailles d’ “Etat” du “lieutenant-gouverneur” de la “province” ?(2)
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