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Titre :
Parti pris
Éditeur :
  • Montréal :Revue Parti pris inc. ,1963, oct. (no 1)-1968, été (vol. 5, no 9)
Contenu spécifique :
Octobre - Novembre
Genre spécifique :
  • Revues
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Parti pris, 1967-10, Collections de BAnQ.

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Volume 5, numéro2-3, octobre-novembre $1.00 4* fZS «jir éWJ> % -7 i «4 :w _» \V ¦V«Wf j \ «%9fâ iCKV^ H9K £C*W Aff •\T1 a %i i-; vy s r## L , •& B gabriel gagnon Depuis l’automne, la F.T.Q.fait les manchettes: elle critique le syndicalisme traditionnel, dénonce la pauvreté à Montréal, attaque le Congrès du Travail du Canada, propose la fondation d’un parti socialiste provincial.Après la mort de Roger Provost, son premier président, après plusieurs échecs aux mains de la C.S.N., après surtout les querelles intestines qui l’ont divisée, cette importante centrale, puisqu’elle représente 200.000 travailleurs québécois, est-elle en train de se retrouver un rôle unique au sein de notre société?Son dernier congrès, tenu à Montréal au début d’octobre, nous a permis de mieux voir dans quel sens se dessinerait cette évolution.qu’est-ce que la F.T.Q.?Il existe actuellement au Canada trois grands types de syndicats: — les syndicats internationaux, c’est-a-aire les syndicats américains ayant des succursales canadiennes et parfois mexicaines: ils recrutent près de soixante-six pour cent des deux millions de travailleurs syndiqués canadiens et l’emportent nettement sur les autres par leur force économique et organisationnelle (28 millions de cotisa- tions en 1965).La structure du pouvoir y est assez centralisée, les grandes décisions s’y prenant bien souvent aux Etats-Unis.— les syndicats canadiens qu’on retrouve en particulier dans la fonction publique et dans les chemins de fer.Même en dehors du Québec, ils sont nettement minoritaires par rapport aux syndicats internationaux, minoritaires aussi au Congrès du Travail du Canada dont 78Çr des membres sont des affiliés canadiens des syndicats américains.— les syndicats “nationaux”, ce qui signifie au fond québécois, qui forment l’ensemble des 200,-000 adhérents de la C.S.N., centrale exclusivement provinciale malgré ses efforts récents pour se donner une allure “from coast to coast”.La Fédération des Travailleurs du Québec c’est tout simplement la section provinciale du Congrès du Travail du Canada.Le syndicalisme cher* che en effet à se calquer à la fois sur les structures économiques (métallurgie, construction, automobile) et politiques du pays (province, région, localité).La F.T.Q.regroupe donc sur une base volontaire les sections québécoises des syndicats internationaux et canadiens affiliés au C.T.C.qui acceptent de lui fournir une cotisa- 29 tion.Elle s’occupe surtout de la représentation de ces travailleurs auprès du gouvernement et de l’opinion publique du Québec alors que le C.T.C.continue de maintenir au Québec une équipe importante de permanents dans les domaines de l’organisation et de l’éducation syndicale.De cette structure du mouvement syndical découlent certaines conséquences pour la F.T.Q.Ses pouvoirs sont restreints, concurrencés qu’ils sont par ceux des grands syndicats internationaux qui lui sont affiliés et aussi par ceux du C.T.C.Elle jouit ainsi de beaucoup moins d’influence sur ses membres que la C.S.N.rivale et dispose de beaucoup moins de permanents pour accomplir son travail (six à Montréal : le président, le secrétaire-général, le directeur des relations extérieures, le responsable des publications, ceux de la recherche et des problèmes de sécurité sociale).La majorité des membres de la F.T.Q.appartiennent aux syndicats internationaux: parmi les syndicats canadiens, le seul à jouer un rôle important e3t le Syndicat Canadien de la Fonction Publique qui compte 20,000 adhérents québécois.Fédération c es travailleurs du Québec (198,900 membres) syndicats affiliés comptant plus de 5000 adhérents METALLURGISTES UNIS D’AMERIQUE 26,000 SYNDICAT CANADIEN DE LA FONCTION PUBLIQUE 20,000 TRAVAILLEURS DE LA PULPE ITT DU PAPIER 20,000 MACHINISTES ET AVIONNERIE 14,400 CHARPENTIERS MENUISIERS 11,500 TEXTILES (2 FEDERATIONS) 11,000 VETEMENT POUR DAMES 9,700 ELECTRICIENS 8,500 SERVICE DES EDIFICES 7,000 VETEMENT POUR HOMMES 6,500 N.B.Les chiffres sont arrondis.Ils nous ont été fournis par la F.T.Q.De plus, la majorité des membres de la centrale sont des ouvriers montréalais du secteur industriel privé alors que la C.S.N.est beaucoup mieux représentée en province et dans le secteur public, chez les collets blancs en particulier.30 C’est en tenant compte de ces diverses caractéristiques que nous allons tenter d’interpréter les principaux résultats du dernier congrès.le rapport Laberge Le président de la F.T.Q.s’interroge sur la valeur du syndicalisme pratiqué actueilement au Canada et au Québec.Il craint que la majorité de la population, vivant dans la misère, la pauvreté ou la privation, (comme l’a bien montré le rapport sur la “troisième solitude”, préparé sous les auspices du Conseil du Travail de Montréal (FTQ) ) ne s’insurge contre les revendications légitimes des travailleurs syndiqués, en particulier dans le secteur public où elles se répercutent directement sur le niveau de l’impôt et sur les priorités gouvernementales.Les efforts récents du syndicalisme risqueraient ainsi d’être mis en question par réimporte quelle alliance politique entre un quelconque démagogue et la masse des déshérités à qui l’on offrirait comme boucs émissaires ceux qui lui ressemblent le plus et non pas les véritables responsables de l’anarchie économique actuelle.Laberge est très conscient de ce problème: il veut contribuer à le résoudre tant pour des raisons d’efficacité à court terme que pour retrouver le véritable sens d’un svndicalisme remet-tant continuellement en question les structures fondamentales de la société.“Le syndicalisme est né dans un esprit égalitaire et.pour les pionniers, partager les fruits de la production avec le patronat, c’était distribuer équitablement la richesse entre tous les travailleurs.Mais, aujourd’hui, nous ne représentons que 30 pour cent des travailleurs au Canada, et environ 40 pour cent au Québec, et ce que nous faisons, c’est, jusqu’à un certain point partager avec le patronat les fruits de l’exploitation des 60 ou 70 pour cent de travailleurs non-syndiqués.des handicapés, des pensionnés, etc.Notre échec est inversement proportionnel à notre réussite.Nous avons été amenés à créer une classe de travailleurs privilégiés; la mission qui s’impose maintenant à nous, c’est de relever le niveau de vie des déshérités et des économiquement faibles.” Pour donner ce nouveau souffle à la F.T.Q.et au syndicalisme canadien, Laberge et le congrès offriront diverses solutions.renforcer la F.T.Q.Comme les provinces vis-à-vis Ottawa, la F.T.Q.fait face à plusieurs problèmes de juridiction qui l’opposent au puissant Congrès du Travail du Canada.Pour mieux se dissocier des politiques souvent conservatrices du C.T.C.et aussi pour rapprocher l’organisation syndicale des travailleurs de la base, la F.T.Q.propose depuis quelques années de prendre la relève dans le Québec, en particulier en ce qui concerne l’éducation et l’organisation, activités qui lui échappent actuellement.Devant une offensive accrue en ce sens, la réponse du représentant du C.T.C.Bill Dodge, ne s’est pas fait attendre.Le C.T.C.n’a pas déjà tellement de pouvoir par rapport à ses affiliés, en majorité américains, pour pouvoir les décentraliser ne serait-ce que partiellement, au profit de ses fédérations provinciales.On retrouve là les principaux arguments des politiciens fédéralistes, basés au fond sur la même réalité: pas plus que nous ne dirigeons notre économie, nous ne contrôlons les organisations des travailleurs qui y sont encadrés.C’est retrouver par le biais du secteur syndical tout le problème de l’identité économique: la solution doit donc venir de l’autorité politique avant de se répercuter aux autres niveaux.Tant que Ford du Canada sera une succursale américaine, il faudra une puissance syndicale continentale pour en venir à bout, ceci pour de simples raisons d’efficacité: la question se poserait autrement si notre industrie automobile était canadianisée ou plus simplement nationalisée : De par la puissance même de ses affiliés internationaux, il y a donc assez peu de chances à court terme pour que le C.T.C.cherche à renforcer la F.T.Q.à ses dépens ce qui, comme nous venons de le montrer, ne serait que poser à un autre niveau le problème de l’intégration du syndicalisme international dans un contexte étatique national, québécois ou canadien.A moins de bouleversements fondamentaux, 31 la F.T.Q.ne pourra donc qu’augmenter un peu son budget annuel de $300,000 et le nombre de ses permanents sans retrouver une autonomie d’action quasi-impossible dans le contexte actuel.Nous verrons plus loin comment cette situation ambiguë se répercute en d’autres domaines.la législation syndicale Une première solution au problème de la pauvreté urbaine serait de faire bénéficier des avantages du syndicalisme la masse des travailleurs non-syndiqués, correspondant bien souvent aussi à la majorité de ceux qui vivent dans la misère, la pauvreté ou la privation.Nos lois ouvrières, inspirées de celles qui prévalent aux Etats-Unis, ne donnent pas à tous les travailleurs la même possibilité d’accéder à la syndicalisation.En effet, la reconnaissance syndicale devant s’effectuer au niveau de l’entreprise ou de l’établissement, les groupes ouvriers assez nombreux et concentrés géographiquement sont favorisés au détriment de ceux qui travaillent dans de petites unités où toute tentative de syndicalisation est rapidement détectée et mise en déroute par le patronat.La grande industrie manufacturière est ainsi nettement en avance alors que les employés de bureau, les travailleurs du commerce, des services, et de la petite et moyenne entreprise trouvent rarement la possibilité de se syndiquer.Le tableau suivant fait foi de cette inégalité fondamentale devant la liberté d’association.En vertu de la législation actuelle, on estime donc qu’au Québec seulement 27 Çfc des travailleurs non-agricoles seront syndiqués en 1970, ce distribution procentuelle par secteur d'activité économique des employés couverts par une convention collective CANADA —1964 Secteur d’activité Employés hors Employés de bureau bureau INDUSTRIE MANUFACTURIERE 69.0 8.0 INDUSTRIE MINIERE 56.0 8.1 TRANSPORT AERIEN 80.0 33.0 INDUSTRIE DU TRANSPORT 82.6 24.2 INDUSTRIE DE L’ENTREPOSAGE 54.5 4.0 COMMUNICATIONS 76.5 42.5 SERVICE D’ENERGIE, DE GAZ ET D’EAU 89.0 39.0 COMMERCE 17.3 1.5 FINANCE 3.2 1.0 TRAVAUX PUBLICS (GOUVERNEMENTS MUNICIPAUX ) 86.0 73.0 SERVICES 28.8 5.6 Sources: Condition de travail dans l’industrie canadienne, 1964.Rapport no 7.Direction de l’Economie et des recherches.Ministère du Travail.32 qui laisse plus de 70rr do la maîn-d’octivrc sans aucune forme d’organisation collective.Il est donc inutile de parler de lutte contre la pauvreté tant qu’on n’a pas changé cot to législation absolument désuète.I a?congrès de la F.T.Q., se basant sur un projet de Jean Gé-rin-Lajoie, directeur québécois des Métallos, a élaboré une série de propositions concrètes en ce sens.en faisant monter les salaiivs québécois, npque-rait de déplaire aux capitaux américain?*, et qui.surtout, décuplerait Iop forces d’un syndical!?* me déjà tenté par l’action politique.Il faut donc admettre qu’une réforme fonda mentale de la législation ouvrière no pou?rail dé rouler que d'un accord entre les grande centra les syndicales, accord devant déboucher du sim pie niveau syndical sur jn front de la politique Il s’agit de faire passer la reconnaissance syndicale et la négociation du niveau de Peut repri se à celui du secteur industriel: un syndicat pourrait donc, scion le cas, être reconnu au niveau d«-l’entreprise ou à celui de Ponscmblc d’un secteur de l’économie.Dès qu’un syndicat aurait obtenu des demandes de vote de .TOC dm travail leurs d’une entreprise ou d’un secteur industrie! (et non plus obtenu des cotisations syndical***: d-50G des travailleurs d’une entreprise, comme cela se fait actuellement), la Commission des Relations du Travail devrait décréter un vol*- d*-représentation syndicale dans l’entreprise ou !*• secteur intéressés, lorsqu’il s’agirait de Penwem ble d’un secteur, les syndicats d'entreprise déjà pourvus d’une accréditation la conserveraient, quelle que soit l’issue du vote global.Evidemment, pour être accrédité comme représentant d’un secteur, un syndicat devrait , lors du vote, obtenir 50r/r plus un des suffrages la négociation patronale-ouvriére se ferait alors au niveau de l’ensemble de l’industrie, aucune entreprise ne pouvant accorder des conditions moins avantageuses que celles prévalant dans l’ensemble du secteur.Une telle législation, si elle était adopté*-, étendrait de façon considérable l’action du syndicalisme québécois et contribuerait de fa cor.notable à améliorer les revenus de ceux parmi les défavorisés qui occupent act.;ellement .n emploi.Elle pourrait aussi transformer .éo .or*-actuellement existant entre les ."-ox grandes oer.r/i, - >rconner :e .rs erroroa >:a .nn>.r.4 ^ f o # w • J •• ,0 • • é/l.* * * #* * • • è « I net ive.runité syndicale z C.S.N.«st F-T.Q- Tmib- fcuimd ion d’un parti |K>litique.repféqç»?Innl I«-ft travailleurs d*»?t d’abord passer par une «•lilrntf «-nlro l«*s grandes cru 11 nlnq déjà »*»ncli tuéen.ral v: :r.;or.1»> mesura *.ni, • fossé La C’est donc un front commun “beaucoup plus durable et avec des objectifs beaucoup plus vastes” que Laberge propose à Pépin à la suite du Congrès.Il suggère d’abord la création d’un comité conjoint au sommet, formé de cinq délégués de la C.S.N.et de cinq de la F.T.Q., en vue de réaliser l’unité syndicale soit par la constitution d’une “super-centrale” soit par une coexistence pacifique réglementée.Il y a plusieurs années déjà que des résolutions de ce type émanent à tour de rôle de l’une ou l’autre de nos grandes centrales.Il y a peu de chance de les voir prendre forme cependant tant qu’existera cette concurrence de tous les instants entre deux organismes qui.depuis quelques années, jouent à s’arracher mutuellement des syndicats (Hydro, CTM.transport provincial,) en pratiquant une surenchère qui ne va pas toujours dans le sens des intérêts des travailleurs.D’ailleurs, les structures mêmes de la F.T.Q., son manque de pouvoir effectif sur ses membres, empêcheraient que se répercute à la base toute entente conclue au sommet: il n’y a pas si longtemps que le maraudage syndical a cessé d’exister à l’intérieur même de la F.T.Q.Il ne faut donc pas trop attendre d’un rapprochement à court terme entre les deux grandes centrales sur des objectifs purement syndicaux.Peut-on espérer mieux du côté de la politique?En effet, conformément à son analyse du problème syndical face à la pauvreté, Laberge suggérait encore à la C.S.N.et aux autres grandes centrales un nouveau type d’action: “Nous sommes évidemment tout disposés à considérer les moyens à prendre pour satisfaire aux aspirations légitimes des travailleurs du secteur public, mais nous croyons que de pair avec ce programme nous devrions effectuer un rassemblement de toutes les forces populaires afin d’assurer le leadership de cette nouvelle société et de mettre sur pied un vaste programme d’action pour sortir de la misère où elle croupit la moitié de notre population.” l'action politique Après avoir refusé jusqu’à maintenant de s’en- gager politiquement sur le plan provincial, la F.T.Q.semble aujourd’hui décidé à prendre l’initiative d’un rassemblement le toutes les forces populaires.A cette fin, deux résolutions émanent du congrès: considérer l’engagement d’un permanent F.T.Q.chargé exclusivement de l’éducation politique et convoquer au cours de l’année une réunion des forces progressistes du Québec en vue de la formation d’un parti politique.Au moment où j’écris, aucune de ces deux résolutions n’a encore pris corps mais il semble que le permanent en charge de la politique doive être engagé bientôt.Au fond, ce que voudrait la F.T.Q., c'est reprendre sur des bases nouvelles l’expérience avortée d’un P.S.Q.qui végète encore avec 100 membres malgré un programme et un personnel politique valables.Quelles sont les chances d’un tel projet dans le contexte politique actuel?Quel est l’état des forces progressistes?Quelles sont les possibilités de regroupement entre elles?Le R.I.N., comme on peut le voir ailleurs dans ce numéro, a opté pour la gauche en refusant la fusion avec le R.N.Il se veut toujours le parti des travailleurs, sans avoir cependant beaucoup recruté dans le monde syndical, en dehors de l’UGEQ et de la CEQ.Tout en ouvrant ses portes à Aquin et Lévesque, il n’a pas encore pris position sur le projet d’union canadienne soumis par ce dernier.Quant aux pauvres de la zone métropolitaine, il n’a sûrement pas encore réussi à les rejoindre.René Lévesque a au moins eu le mérite do proposer une solution précise qui, malgré les énormes interrogations qu’elle soulève du côté du socialisme, demeure susceptible d’attirer du côté de l’indépendance toute une partie des classes moyennes et toute une génération que n’avaient pu séduire ni la personnalité de Bourgault ni la politique économique souvent assez floue du R.I.N.La solution Lévesque et la popularité dont il jouit encore dans plusieurs milieux peuvent même faire avancer l’idée souverainiste dans ces bastions supposés du fédéralisme que seraient C.S.N., F.T.Q.et U.C.C.(on se souvient de leur fameux mémoire sur la constitution dont la première version avait été préparée par nul autre 34 que Trudeau).De toute façon, Lévesque devra bientôt se brancher soit du côté du R.I.N.soit du côté des centrales syndicales, à moins qu’il ne pense pouvoir fonder un parti sur sa seule personnalité et sur les technocrates et dissidents libéraux qui l’entourent, ce qui serait à la fois présomptueux et inefficace.Il reste la grande inconnue, cette masse des pauvres et des sans voix, qu’on ne retrouve dans aucune centrale syndicale, dans aucun parti de gauche; elle s’intéresse peu à un débat constitutionnel qui ne lui parle ni de logements, ni d’emplois ni d’écoles et se retrouve souvent du côté de l’Union Nationale qui, tout en l’exploitant, sait quand même souvent trouver son langage.Cette majorité de la population montréalaise, dont l’existence et les problèmes ont été récemment mis en évidence, fait actuellement l’objet de multiples sollicitations.Que ce soit sous forme de comités de citoyens, de syndicats de pauvres, d’organisations de quartiers, cette masse autrefois anonyme se cherche une voix propre au lieu de quémander ailleurs appuis et patronage.Elle se fait entendre à St-Henri, à Hochelaga, comme au Mile-End ou à St-Jérôme.Tout projet socialiste ou souverainiste qui ne tiendrait pas compte de ce groupe, qui ne se l’associerait pas de façon égalitaire risque de tomber dans le technocratisme et de ne jamais passer le mur de la majorité politique.Il faut aider cette majorité à s’organiser elle-même et à prendre sa place à côté des syndicats au sein des forces progressistes.Ni le R.I.N.ni René Lévesque ne semblent s’être préoccupés beaucoup jusqu’à date de cette “troisième solitude” qui fut toujours présente à l’arrière-plan des délibérations du dernier Congrès de la F.T.Q.C’est cette majorité que Laber-gc voudrait unir aux forces syndicales dans son nouveau parti.Quels sont les principaux obstacles à ce projet?D’abord, le choix d’une option constitutionnelle: le mémoire présenté l’an dernier à ce sujet par les centrales syndicales est aujourd’hui nettement dépassé.Toute entente future sur ce problème devra à l’avenir se situer très près des thèses de René Lévesque ou de celles de Paul Gé- rin-Lajoie.En effet, l’UGEQ et probablement le CEQ adhèrent déjà à ces positions; des mouvements en leur faveur se dessinent au sein de l’UCC et surtout de la C.S.N., où on a vu le Syndicat des Enseignants s’opposer à la position de sa centrale sur ce sujet.Comment la F.T.Q., étant donné ses attaches fédérales avec le C.T.C.et la prépondérance des syndicats internationaux en son sein, pourrait-elle rejoindre sur ces options fondamentales les positions de la majorité de la population.S’il ne pouvait répondre à ces aspirations nationales, le nouveau parti inspiré par la F.T.Q.risquerait de se faire vite damer le pion par les partisans de René Lévesque: ce dernier serait ainsi rejeté du côté du RIN et d’un front commun qui, nous le craignons, serait beaucoup plus séparatiste que socialiste, beaucoup plus lié aux intérêts de la bourgeoisie montante qu’à ceux des travailleurs et des couches défavorisées.Si la F.T.Q.veut favoriser la naissance d’un nouveau parti, elle doit donc aller assez loin sur le plan constitutionnel pour y attirer au moins les partisans de René Lévesque sinon encore ceux de Pierre Bourgault.Ce parti des travailleurs devra aussi être résolument socialiste.La vague social-démocratie édulcorée proposée jusqu’à date par Bourgault et Lévesque a besoin d’être radicalisée non seulement si l’on veut que les sombres prédictions de notre Eric ne se réalisent pas mais surtout si l’on désire que l’indépendance change quelque chose au sort actuellement fait à la majorité des travailleurs québécois.C’est en ce sens que Lévesque et Bourgault devraient nous offrir d’autres garanties que celle d’être enfin dirigés par une bourgeoisie autochtone.Et c’est là que le rôle de la F.T.Q.et des autres centrales nous apparaît essentiel.C’est dans les prochains mois que se décidera le sort d’une indépendance devenue inéluctable: le mouvement syndical et les couches défavorisées qu’il veut représenter livreront-ils le Québec à la bourgeoisie, sans garanties pour la classe ouvrière, ou emboîteront-ils le pas pour transformer l’agitation actuelle en une libération véritable.g- g- 35 Âm*\ T-**-! V W ¦¦ ïnr**/* -4 •• : - », »* i XI-*.• ^ k-.Ci V* A '££jME ESnr *» -r* • •f .• r>^>: V X A • •»• s’-s • - WBfa:: •v>v - •.-; 4TV * >V rv /V» ar% r *¦ n«y - — ?.rrak J5*>' f’-f4.* ^ t r !»* IWU ïttff , * ^ « J* v*iC Le texte que nous publions, “Créer deux, trois .de nombreux Vietnam” a été envoyé par le “che” à Osmani Gienfuegos, secrétaire exécutif de l’Organisation de Solidarité des Peuples d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine (O.S.P.A.A.A.L.) , et a été publié à La Havane le 16 avril 1967.La pensée de Guevara s’articule autour de quelques grands thèmes.Les citations suivantes permettent d’en saisir les principaux éléments.NOTES BIOGRAPHIQUES — 16 juin 1928: naissance à Rosario, Argentine 1946-1951: études en médecine; épouse Silda Gal-da — 1952-1954: voyages au Chili (participe à des grèves), au Pérou (aux côtés des rebelles de la base de Callao) et au Guatemala (dans l’entourage du Président Ar-benz) — 1956: rencontre avec Fidel et Raul Castro au Mexique —1956-1959: combats à Cuba dans la Sierra Maestra, puis dans la Sierra d’Escambray — 1959: directeur de la Banque nationale — 1961: ministre de l'industrie — 1964-1965: ambassadeur itinérant (New York, Punta-del-Este, Genève, Alger, Moscou, Pékin.) —1965: départ de Cuba, "pour lutter contre l'impérialisme" — 8 octobre 1967: mort dans les maquis de Bolivie “Si le communisme ne devait pas aboutir à la création d’un homme nouveau, il n’aurait aucun sens.’’ “On ne doit pas toujours attendre que soient réunies toutes les conditions pour faire la révolution; le foyer insurrectionnel peut les faire surgir.’’ “I>e définitif est la décision qui mûrit jour après jour, la conscience de la nécessité de changement révolutionnaire, la certitude de sa possibilité.’’ “Il existe des contradictions objectives entre une bourgeoisie nationale qui se bat pour se développer et l’impérialisme qui noie les marchés (.) Malgré ces contradictions, la bourgeoisie nationale n’est en général pas capable d’avoir une attitude de lutte en face de l’impérialisme.Elle craint davantage la révolution populaire.’’ “En définitive, il faut tenir compte du fait que l’impérialisme est un système mondial, stade suprême du capitalisme, et qu’il faut le battre dans un grand affrontement mondial.” PRINCIPALES PUBLICATIONS DE — I960: La guerre de gué- rilla — 1961: L’exemple cubain.cas exceptionnel ou avant-garde de la lutte contre l’impérialisme?— 1965: Le socialisme et l’homme à Cuba — 1966: Souvenirs de la guerre révolution naire — 1967: Créer deux, trois.de nombreux Vietnam 37 deux, trois.eombreux Vietnam.veilà le met d ordre! C’est l’heure des brasiers, et il ne faut voir que la lumière.José Marti.Vingt et un ans se sont déjà écoulés depuis la fin du dernier conflit mondial, et diverses publications, dans un grand nombre de langues, célèbrent Tévénement symbolisé par la défaite du Japon.Il règne une atmosphère d’optimisme apparent dans de nombreux secteurs des camps dissemblables qui divisent le monde.Vingt et un ans sans guerre mondiale, en ces temps de suprêmes affrontements, de chocs violents et de brusques changements, cela paraît bien long.Mais, sans analyser les résultats pratiques de cette paix pour laquelle nous sommes tous disposés à lutter, (la misère, la déchéance, l’exploitation de plus en plus grande d’énormes secteurs du monde) il convient de se demander si cette paix est réelle.Ces notes ne prétendent pas faire l’historique des divers conflits de caractère local qui se sont succédé depuis la reddition du Japon; notre tâche n’est pas non plus de dresser le lourd bilan croissant des luttes civiles qui se sont déroulées au cours de ces années de prétendue paix.Il nous suffit d’opposer à cet optimisme démesuré les exemples des guerres de Corée et du Vietnam.Dans la première, après des années de lutte sauvage, la partie nord du pays a été l’objet de la dévastation la plus terrible des annales de la guerre moderne; criblée de bombes; sans usines, sans écoles et sans hôpitaux; sans aucun abri pour dix millions d’habitants.Dans la guerre de Corée, sont intervenus, sous le drapeau déloyal des Nations Unies, des dizai- 38 nés de pays sous la conduite militaire des Etats-Unis, avec la participation massive des soldats américains, et l’emploi de la population sud-coréenne enrôlée comme chair à canon.Dans le camp adverse, l’armée et le peuple de Corée et lés volontaires de la République de Chine étaient ravitaillés et assistés par l’appareil militaire soviétique.Du côté américain, on s’est livré à toutes sortes d’essais d’armes de destruction; si les armes thermonucléaires ont été exclues, les armes bactériologiques et chimiques ont été utilisées à échelle réduite.Au Vietnam se sont succédées des actions de guerre, menées presque sans interruption par les forces patriotiques, contre trois puissances impérialistes: le Japon dont la puissance devait subir une chute verticale après les bombes d’Hiroshima et de Nagasaki; la France qui récupéra sur ce pays vaincu ses colonies indochinoises et ignora les promesses faites dans les moments difficiles; et les Etats-Unis, à cette dernière étape de la lutte.Sur tous les continents il y a eu des affrontements limités, encore que sur le continent américain il ne s’est produit pendant longtemps que des tentatives de lutte de libération et des coups d’Etat, jusqu’au moment où la Révolution cubaine sonna le clairon d’alarme sur l’importance de cette région et provoqua la rage des impérialistes, ce qui l’obligea à défendre ses côtes, d’abord à Playa Giron, et ensuite pendant la Crise d’Oc-tobre. Ce dernier incident aurait pu provoquer une guerre aux proportions incalculables, à cause de l'affrontement entre Américains et Soviétiques à propos de Cuba.Mais, évidemment, le foyer des concentrations, en ce moment, se trouve dans les territoires de la péninsule indochinoise et dans les pays voisins.Le Laos et le Vietnam sont secoués par des guerres civiles, qui cessent d’être telles dès l’instant où l’impérialisme américain est présent, avec toute sa puissance; et toute la zone devient un dangereux détonateur prêt à exploser.Au Vietnam l’affrontement a pris une extrême acuité.Nous n’avons pas non plus l’intention de faire l’historique de cette guerre.Nous signalerons simplement quelques points de repère.En 1954, après la défaite écrasante de Dien-Bien-Phu, on signa les accords de Genève, qui divisaient le pays en deux zones et stipulaient que des élections interviendraient dans les 18 mois pour décider qui devait gouverner le Vietnam et comment le pays se réunifierait.Les Américains ne signèrent pas ce document et commencèrent à manoeuvrer pour remplacer l’empereur Bao-Dai, fantoche français, par un homme répondant à leurs intentions.Ce fut Ngo Dinh Diem dont tout le monde connaît la fin tragique — celle de l’orange pressée par l’impérialisme.L’optimisme régna dans le camp des forces populaires durant les mois qui suivirent la signature des accords de Genève.On démantela au sud du pays les dispositifs de lutte anti-française et on s’attendait à l’exécution du pacte.Mais les patriotes ne tardèrent pas à comprendre qu’il n’y aurait pas d’élections à moins que les Etats-Unis se sentent à même d’imposer leur volonté aux urnes, ce qui ne pouvait pas se produire, même s’ils avaient recours à toutes les formes de fraude dont ils ont le secret.Les luttes reprirent de nouveau au sud du pays, et devinrent de plus en plus intenses, jusqu’au moment actuel où l’armée américaine est composée de près d’un demi-million d’envahisseurs, tandis que les forces fantoches diminuent et perdent totalement leur combativité.Il y a près de deux ans que les Américains ont commencé le bombardement systématique de la République Démocratique du Vietnam dans une nouvelle tentative pour freiner la combativité du Sud et lui imposer une conférence à partir d’une position de force.Au début les bombardements étaient plus ou moins isolés et prétextaient des représailles contre de prétendues provocations du Nord.Par la suite ces bombardements augmentèrent d’intensité, devinrent méthodiques, jusqu’à se transformer en une gigantesque battue réalisée par les unités aériennes des Etats-Unis, jour après jour, dans 10 but de détruire tout vestige de civilisation dans la zone septentrionale du pays.C’est l’un des épisodes de la tristement célèbre escalade.Les objectifs matériels du monde yankee ont été pour la plupart atteints malgré la résistance résolue des unités anti-aériennes du Vietnam, malgré les 1,700 avions abattus, et malgré l’aide du camp socialiste en matériel de guerre.Il y a une pénible réalité : le Vietnam, cette nation qui incarne les aspirations, les espérances de victoire de tout un monde oublié, est tragiquement seul.La solidarité du monde progressiste avec le peuple du Viêt-Nam ressemble à l’ironie amère que signifiait l’encouragement de la plèbe pour les gladiateurs du cirque romain.H ne s’agit pas de souhaiter le succès à la victime de l’agression, mais de partager son sort, de l’accompagner dans la mort ou dans la victoire.Si nous analysons la solitude vietnamienne nous sommes saisis par l’angoisse de ce moment illogique de l’humanité.L’impérialisme américain est coupable d’agression; ses crimes sont immenses et s’étendent au monde entier.Cela, nous le savons, messieurs! Mais ils sont aussi coupables ceux qui, à l’heure de la décision, ont hésité à faire du Vietnam une partie inviolable du territoire socialiste; ils auraient effectivement couru les risques d’une guerre à l’échelle mondiale, mais ils auraient aussi obligé les impérialistes américains à se décider.Us sont coupables ceux qui poursuivent une guerre d’insultes et de crocs-en-jambe, commencée il y a déjà longtemps par les représentants des deux plus grandes puissances du camp socialiste.39 Posons la question pour obtenir une réponse honnête: le Vietnam est-il oui ou non isolé, se livrant à des équilibres dangereux entre les deux puissances qui se querellent?Comme ce peuple est grand î Comme il est stoïque et courageux! Et quelle leçon sa lutte représente pour le monde! Nous ne saurons pas avant longtemps si le président Johnson pensait sérieusement entreprendre certaines des réformes nécessaires à un peuple pour enlever leur acuité à des contradictions de classe qui se manifestent avec une force explosive et de plus en plus fréquemment.Ce qui est certain c’est que les améliorations annoncées sous le titre pompeux de lutte pour la “grande société” sont tombées dans la bouche d’égout du Vietnam.La plus grande puissance impérialiste éprouve dans ses entrailles la perte de sang provoquée par un pays pauvre et arriéré et sa fabuleuse économie se ressent de l’effort de guerre.Tuer cesse d’être le commerce le plus lucratif des monopoles.Tout ce que possèdent ces soldats merveilleux, en plus de l’amour de la patrie, de leur société et d’un courage à toute épreuve, ce sont des armes de défense, et encore en quantité insuffisante.Mais l’impérialisme s’enlise au Vietnam, il ne trouve pas d’issue et cherche désespérément une voie qui lui permette d’éluder dignement le péril où il est pris.Mais les “Quatre Points” du Nord et “les Cinq Points” du Sud le tenaillent, et rendent l’affrontement encore plus décidé.Tout semble indiquer que la paix, cette paix précaire à laquelle on n’a donné ce nom que parce qu’aucun conflit mondial ne s’est produit, est de nouveau en danger de se rompre contre une initiative irréversible, et inacceptable, prise par les Américains.Et à nous, les exploités du monde, quel est le rôle qui nous revient?Les peuples de trois continents observent et apprennent leur leçon au Vietnam.Puisque les impérialistes, avec la menace de la guerre, exercent leur chantage sur l’humanité, la réponse juste c’est de ne pas avoir peur de la guerre.Attaquer durement et sans interruption à chaque point de l’affrontement doit être la tactique générale des peuples.Mais, là où cette paix misérable que nous subissons a été brisée, quelle sera notre tâche?Nous libérer à n’importe quel prix.Le panorama du monde offre une grande complexité.La tâche de la libération attend encore des pays de la vieille Europe, suffisamment développés pour ressentir toutes les contradictions du capitalisme, mais si faibles qu’ils ne peuvent pas suivre la voie de l’impérialisme ou s’engager.Là les contradictions atteindront dans les prochaines années un caractère explosif, mais leurs problèmes — et par conséquent leur solution — sont différents de ceux de nos peuples dépendants et économiquement arriérés.Le principal champ d’exploitation de l’impérialisme embrasse les trois continents arriérés: l’Amérique, l’Asie, et l’Afrique.Chaque pays a ses caractéristiques propres, mais les continents dans leur ensemble les présentent aussi.L’Amérique constitue un ensemble plus ou moins homogène et dans presque tout son territoire les capitaux monopolistes américains maintiennent une primauté absolue.Les gouvernements fantoches, ou dans le meilleur des cas, faibles et timorés, ne peuvent s’opposer aux ordres du maître yankee.Les Américains sont parvenus presque au faîte de leur domination politique et économique et ils ne pourraient guère avancer désormais; n’importe quel changement dans la situation pourrait se changer en un recul de leur primauté.Leur politique est de conserver ce qu’ils ont conquis.La ligne d’action se limite actuellement à l’emploi brutal de la force pour étoqffer les mouvements de libération, quels qu’ils soient.Le slogan “nous ne permettrons pas un autre Cuba”, dissimule la possibilité de commettre impunément des agressions, comme celle perpétrée contre la République Dominicaine, ou précédemment, le massacre de Panama, et le clair avertissement que les troupes yankees sont disposées à intervenir n’importe où en Amérique où l’ordre établi est troublé, mettant en péril les intérêts américains.Cette politique bénéficie d’une impunité presque absolue: l’O.E.A., pour discrédi- 40 tée qu’elle soit, est un masque commode; l’O.N.U.est d’une inefficacité qui confine au ridicule et au tragique; les armées de tous les pays d’Amérique sont prêtes à intervenir pour écraser leurs peuples.De fait, l’internationale du crime et de la trahison s’est constituée.Par ailleurs, les bourgeoisies nationales ne sont plus du tout capables de s’opposer à l’impérialisme — si elles l’ont jamais été — et elles forment maintenant son arrière-cour.Il n’y a plus d’autres changements à faire: ou révolution socialiste ou caricature de révolution.L’Asie est un continent aux caractéristiques différentes.Les luttes de libération contre diverses puissances coloniales européennes ont entraîné l’établissement de gouvernements plus eu moins progressistes, dont l’évolution ultérieure a été, dans certains cas, l’approfondissement des objectifs premiers de la libération nationale, eL dans d’autres le retour à des positions pro-impénalistes.Du point de vue économique, les Etats-Unis avaient peu à perdre et beaucoup à gagner en Asie.Les changements les favorisent; on lutte pour évincer d’autres puissances néo-coloniales, pour pénétrer dans de nouvelles sphères d’action sur le terrain économique, parfois directement, d’autres fois en utilisant le Japon.Mais il existe des conditions politiques spéciales, surtout dans la péninsule indochinoise, qui donnent à l’Asie des caractéristiques d’une importance exceptionnelle et qui jouent un très grand rôle dans la stratégie militaire globale de l’impérialisme américain.Celui-ci étend un cercle autour de la Chine à travers la Corée du Sud, le Japon, Taiwan, le Sud-Vietnam et la Thaïlande, au moins.Cette double situation : un intérêt stratégique aussi important que l’encerclement militaire de la République populaire de Chine et l’ambition des capitaux yankees d’avoir accès à ces grands marchés qu’ils ne dominent pas encore, font que l’Asie est l’un des lieux les plus explosifs du monde actuel, malgré l’apparente stabilité qui règne en dehors de la zone vietnamienne.Appartenant géographiquement à ce continent, mais avec des contradictions qui lui sont propres, le Moyen-Orient est en pleine ébullition, sans que l’on puisse prévoir les proportions que prendra cette guerre froide entre Israël, soutenu par les impérialistes, et les pays progressistes de la zone.C’est un autre des volcans qui menacent le monde.L’Afrique offre les caractéristiques d’un terrain presque vierge pour l’invasion néo-coloniale.Il s’y est produit des changements qui, dans une certaine mesure, ont obligé les puissances néocoloniales à céder leurs anciennes prérogatives de caractère absolu.Mais quand les processus se développent sans interruption, au colonialisme succède, sans violence, un néo-colonialisme dont les effets sont les mêmes en ce qui concerne la domination économique.Les Etats-Unis n’ont pas de colonies dans ce continent et maintenant ils luttent pour pénétrer dans les anciennes chasses gardées de leurs partenaires.On peut assurer que l’Afrique constitue dans les plans stratégiques de l’impérialisme américain un réservoir à long terme; ses investissements actuels ne sont importants qu’en Union Sud-Africaine et sa pénétration commence au Congo, au Nigéria, et dans d’autres pays, où s’amorce une concurrence violente, (de caractère pacifique pour l’instant) avec d’autres puissances impérialistes.L’impérialisme n’a pas encore de grands intérêts à défendre, sauf son prétendu droit à intervenir dans n’importe quel endroit du monde où ses monopoles flairent de bons profits ou la présence de grandes réserves de matières premières.Toutes ces données justifient que l’on s’interroge sur les possibilités de libération des peuples, à court ou à moyen terme.Si nous analysons l’Afrique nous verrons qu’on lutte avec une certaine intensité dans les colonies portugaises de Guinée, du Mozambique et de l’Angola, avec un succès notable dans la première, un succès variable dans les deux autres.Qu’on assiste encore à la lutte entre les successeurs de Lumumba et les vieux complices de Tshombé au Congo, lutte qui semble pencher actuellement en faveur des derniers, qui ont “pacifié” à leur propre profit une grande partie du pays, bien que la guerre y demeure latente.41 En Rhodésie.le problème est différent: l'impérialisme britannique a utilisé tous les mécanismes à sa portée pour livrer le pouvoir à la minorité blanche qui le détient actuellement.Le conflit, du point de vue de l'Angleterre, n'est absolument pas officiel; avec son habileté diplomatique habituelle — appelée aussi clairement hypocrisie — cette puissance se contente de présenter une façade de réprobation face aux mesures prises par le gouvernement de Ian Smith; son attitude rusée bénéficie de l'appui de certains pays du Commonwealth qui la suivent, et elle est attaquée par une bonne partie des pays de l'Afrique Noire, qu’ils soient ou non de dociles vassaux de l'impérialisme anglais.En Rhodésie la situation peut devenir extraordinairement explosive si les efforts des patriotes noirs pour prendre les armes se cristallisent et si ce mouvement reçoit effectivement l'appui des nations africaines voisines.Mais pour le moment, tous ces problèmes sont discutés dans des organismes aussi inopérants que l'O.N.U., le Commonwealth ou l’O.U.A.Néanmoins l’évolution politique et sociale de l'Afrique ne laisse pas prévoir une situation révolutionnaire continentale.Les luttes de libération contre les Portugais doivent déboucher sur la victoire, mais le Portugal ne signifie rien sur la liste des employés de l'impérialisme.Les affrontements de portée révolutionnaire sont ceux qui mettent en échec tout l’appareil impérialiste, mais nous ne devons pas pour autant cesser de lutter pour la libération de trois colonies portugaises et pour l'approfondissement de leurs révolutions.Quand les masses noires de l'Afrique du Sud ou de la Rhodésie auront commencé leur authentique lutte révolutionnaire, une nouvelle époque aura commencé en Afrique; ou quand les masses appauvries se lanceront à l'action pour arracher des mains des oligarchies gouvernantes leur droit à une vie digne.Jusqu'à maintenant les coups d'Etat se succèdent où un groupe d'officiers remplace un autre groupe ou un gouvernant qui ne sert plus ses intérêts de caste ni ceux des puissances qui les manient sournoisement, mais il n'y a pas de convulsions populaires.Au Congo, le souvenir de Lumumba a animé ces mouvements caractéristi- ques qui ont perdu leur force au cours des derniers mois.En Asie, comme nous l'avons vu, la situation est explosive, et les points de friction ne se trouvent pas seulement au Viêt-Nam et au Laos où on lutte.Ils se trouvent également au Cambodge où l’agression américaine directe peut commencer à n’importe quel moment, de même qu’en Thaïlande, en Malaisie, et évidemment en Indonésie, où nous ne pouvons penser que le dernier mot ait été dit, malgré l’anéantissement du Parti communiste de ce pays quand les réactionnaires ont pris le pouvoir.Et il y a, bien sûr, le Moyen-Orient.En Amérique Latine, on lutte les armes à la main au Guatémala, en Colombie, au Venezuela et en Bolivie, et les premiers signes se manifestent déjà au Brésil.Il y a d'autres foyers de résistance qui surgissent et s'éteignent.Mais presque tous les pays de ce continent sont mûrs pour une pareille lutte, qui pour triompher exige pour le moins l’instauration d'un gouvernement de tendance socialiste.Dans ce continent, on parle pratiquement une seule langue, sauf le cas exceptionnel du Brésil dont le peuple peut être compris des peuples de langue espagnole, étant donné la similitude entre les deux langues.H y a une identité si grande entre les classes de ces pays qu’ils parviennent à une identification de caractère “international américain*’, beaucoup plus complète que sur d’autres continents.Langue, coutumes, religion, le même maître, sont les facteurs qui les unissent.Le degré et les formes d'exploitation sont identiques quant à leurs effets, tant pour les exploiteurs que pour les exploités de la plupart des pays de notre Amérique.Et la rébellion est en train d’y mûrir à un rythme accéléré.Nous pouvons nous demander: cette rébellion comment fructifiera-t-elle?Quelle forme pren-dra-t-elle?Nous soutenons depuis longtemps qu’étant donné les caractéristiques similaires, la lutte en Amérique atteindra, le moment venu, des dimensions continentales.L’Amérique sera le théâtre de grandes batailles nombreuses livrées par l’humanité pour sa libération.42 Dans le cadre de cette lutte de portée continentale, les luttes qui se poursuivent actuellement de façon active ne sont que des épisodes, mais elles ont déjà donné les martyrs qui auront leur place dans l’histoire américaine pour avoir donné leur quote-part de sang nécessaire à cette dernière étape de la lutte pour la pleine liberté de l’homme.Dans ce martyrologe figureront les noms du commandant Turcios Lima, du père Ca-milo Torres, du commandant Fabricio Ojeda, des commandants Lobaton et Luis de la Puente Uce-da, figures de premier plan des mouvements révolutionnaires du Guatemala, de Colombie, du Venezuela et du Pérou.Mais la mobilisation active du peuple crée ses nouveaux dirigeants; César Montes et Yon Sosa lèvent le drapeau au Guatémala; Fabio Vazquez et Marulanda le font en Colombie; Douglas Bravo à l’ouest et Américo Martin dans les montagnes du Bachiller dirigent leurs fronts respectifs au Venezuela.De nouveaux foyers de guerre surgiront dans ces pays-là et d’autres pays américains, comme c’est déjà le cas en Bolivie, et de plus en plus ils augmenteront, avec toutes les vicissitudes qu’implique ce métier dangereux de révolutionnaire moderne.Beaucoup mourront victimes de leurs erreurs, d’autres tomberont dans le dur combat qui s’approche; de nouveaux lutteurs et de nouveaux dirigeants surgiront dans l’ardeur de la lutte révolutionnaire.Le peuple formera peu à peu ses combattants et ses guides dans le cadre sélectif de la guerre même, et les agents yankees de répression augmenteront.Aujourd’hui il y a des conseillers dans tous les pays où se poursuit la lutte armée et l’armée péruvienne a réalisé, à ce qu’il paraît avec succès, une battue contre les révolutionnaires de ce pays, lui aussi conseillé et entraîné par les yankees.Mais si les foyers de guerre sont dirigés avec suffisamment d’intelligence politique et militaire, ils deviendront imbattables.et exigeront de nouveaux envois de yankees.Au Pérou même, de nouvelles figures, pas encore connues, réorganisent la lutte de guérilla avec ténacité et fermeté.Peu à peu, les armes périmées qui suffisent à réprimer de petites bandes armées céderont la place à des armes mo- dernes et les groupes de conseillers seront remplacés par des combattants américains, jusqu’à ce que, à un moment donné, ils se voient forcés d’envoyer des effectifs croissants de troupes régulières pour assurer la stabilité relative d’un pouvoir dont l’armée nationale fantoche se désintègre sous les coups des guérillas.C’est la voie prise par le Vietnam; c’est le chemin que doivent suivre les peuples; c’est le chemin que suivra l’Amérique, avec la particularité que les groupes en armes pourront former des Conseils de Coordination pour rendre plus difficile la tâche répressive de l’impérialisme yankee et faciliter leur propre cause.L’Amérique, continent oublié par les dernières luttes politiques de libération, qui commence à se faire entendre à travers la Tricontinentaie par la voix de l’avant-garde de ses peuples, qui est la Révolution cubaine, aura une tâche d’un relief beaucoup plus important: celle de créer le Second ou Troisième Vietnam ou le Second et le Troisième Vietnam du monde.En définitive, il faut tenir compte du fait que l’impérialisme est un système mondial, stade suprême du capitalisme, et qu’il faut le battre dans un grand affrontement mondial.Le but stratégique de cette lutte doit être la destruction de l’impérialisme.Le rôle qui nous revient à nous: exploités et sous-développés du monde, c’est d’éliminer les bases de subsistance de l’impérialisme: nos pays opprimés, d’où ils tirent des capitaux, des matières premières, des techniciens et des ouvriers à bon marché et où ils exportent de nouveaux capitaux — des instruments de domination — des armes et toutes sortes d’articles, nous soumettant à une dépendance absolue.L’élément fondamental de ce but stratégique sera alors la libération réelle des peuples; libération qui se produira à travers la lutte armée, dans la majorité des cas, et qui prendra inéluctablement en Amérique la caractéristique d’une Révolution socialiste.En envisageant la destruction de l’impérialisme, il convient d’identifier sa tête, qui n’est autre que les Etats-Unis d’Amérique.Nous devons exécuter une tâche de caractère général, dont le but tactique est de tirer l’enne- 43 mi de son élément en l'obligeant à lutter dans des endroits où ses habitudes de vie se heurtent au milieu ambiant.Il ne faut pas sous-estimer l’adversaire; le soldat amcvnain a des capacités techniques et il est soutenu par des moyens d'une ampleur telle qu'il devient redoutable.Il lui manque essentiellement la motivation idéologique que possèdent à un très haut degré ses plus opiniâtres rivaux d'aujourd'hui: les soldats vietnamiens.Nous ne pourrons triompher de cette armée que dans la mesure où nous parviendrons à miner son moral.Et celui-ci sera miné à force d’infliger à cette armée des défaites et de lui causer des souffrances répétées.Mais ce petit schéma de victoires implique de la part des peuples des sacrifices immenses, qui doivent être consentis dès aujourd'hui, à la lumière du jour, et qui peut-être seront moins douloureux que ceux qu'ils auront à endurer si nous évitons constamment le combat, pour faire on sorte que ce soient d'autres qui nous tirent le:’ marrons du feu.Il est évident que le dernier pays qui se libérera le fera probablement sans lutte armée et que les souffrances d’une guerre longue et cruelle, comme celle que font les impérialistes, lui seront épargnées.Mais peut-être sera-t-il impossible d’éviter cette lutte ou ses conséquences, dans un conflit de caractère mondial où l'on souffre de manière égale, si ce n’est pas plus.Nous ne pouvons pas prévoir l’avenir, mais nous ne devons jamais céder à la lâche tentation d'être les porte-drapeau d’un peuple qui aspire à la liberté, mais se dérobe à la lutte qu'elle implique et attend la victoire comme une aumône.Il est absolument juste d'éviter tout sacrifice inutile.C’est pourquoi il est si important de faire la lumière autour des possibilités effectives dont l’Amérique dépendante dispose pour se libérer par des moyens pacifiques.Pour nous, la réponse à cette interrogation est claire; le moment actuel peut être ou ne pas être le moment indiqué pour déclencher la lutte, mais nous ne pouvons nous faire aucune illusion, ni nous n’en avons le droit, de conquérir la liberté sans com- battre.Et les luttes ne seront pas de simples combats de rue, de pierres contre les gaz lacrymogènes, ni de grèves générales pacifiques; ce ne sera pas non plus la lutte d’un peuple en colère qui détruit en deux ou trois jours le dispositif de répression des oligarchies dirigeantes ; ce sera une longue lutte, sanglante, dont le front se trouvera dans les abris des guérillas, dans les villes, dans les maisons des combattants — où la répression cherchera des victimes faciles parmi leurs proches —, dans la population paysanne massacrée, dans les villes et les villages détruits par le bombardement ennemi.On nous a acculés à cette lutte; il ne nous reste pas d’autre ressource que de la préparer et de nous décider à l’entreprendre.Les débuts ne seront pas faciles.Ils seront extrêmement difficiles.Toute la capacité de répression, toute la capacité de brutalité et de démagogie des oligarchies sera mise au service de cette cause.Notre mission, dans les premiers temps, sera de survivre, ensuite oeuvrera l’exemple continuel de la guérilla, réalisant la propagande armée, selon l’acception vietnamienne du terme, autrement dit la propagande des coups de feu, des combats qui sont gagnés ou perdus mais qui se livrent contre les ennemis.Le grand enseignement de l’invincibilité de la guérilla imprégnera les masses de dépossédés.La galvanisation de l'esprit national, la préparation à des tâches plus dures, pour résister à de plus violentes répressions.La haine comme facteur de lutte; la haine intransigeante de l’ennemi, qui pousse au-delà des limites naturelles de l'être humain et en fait une efficace, violente, sélective et froide machine à tuer.Nos soldats doivent être ainsi; un peuple sans haine ne peut triompher d’un ennemi brutal.Il faut mener la guerre jusqu’où l'ennemi la mène: chez lui, dans ses lieux d’amusement; il faut la faire totalement.Il faut l'empêcher d’avoir une minute de tranquillité, une minute de calme hors de ses casernes, et même dedans; il faut l’attaquer là où il se trouve; qu'il ait la sensation d'être une bête traquée partout où il passe.Alors il perdra peu à peu son moral.H deviendra plus bestial encore mais on notera chez lui les signes de la défaillance.44 Et il faut développer un véritable internationalisme prolétarien; avec des armées prolétariennes internationales, où le drapeau sous lequel on lutte devient la cause sacrée de la rédemption de l’humanité, de telle sorte que mourir sous les enseignes du Vietnam, du Venezuela, du Guatemala, du Laos, de la Guinée, de la Colombie, de la Bolivie, du Brésil, pour ne citer que les théâtres actuels de la lutte armée, soit également glorieux et désirable pour un Américain, un Asiatique, un Africain, et même un Européen.Chaque goutte de sang versée sur un territoire sous le drapeau duquel on n’est pas né est une expérience que recueille celui qui y survit pour l’appliquer ensuite à la lutte pour la libération de son lieu d’origine.Et chaque peuple qui se libère est une étape gagnée de la bataille pour la libération de son propre peuple.C’est l’heure de modérer nos divergences et de tout mettre au service de la lutte.Que de grands débats agitent le monde qui lutte pour la liberté, nous le savons tous, et nous ne pouvons le dissimuler.Que ces discussions ont atteint un caractère et une acuité tels que le dialogue et la conciliation semblent extrêmement difficiles, sinon impossibles, nous le savons aussi.Chercher des méthodes pour entamer un dialogue que les adversaires éludent, c’est une tâche inutile.Mais l’ennemi est là, il frappe tous les jours et il nous menace avec de nouveaux coups et ces coups nous uniront aujourd’hui, demain ou après-demain.Ceux qui en sentent la nécessité et se préparent à cette union nécessaire seront l’objet de la reconnaissance des peuples.Etant donné la virulence et l’intransigeance avec lesquelles on défend chaque cause, nous autres, les dépossédés, nous ne pouvons prendre parti pour l’une ou l’autre forme d’expression des divergences, même quand nous sommes d’accord avec certaines positions de l’une ou l’autre partie, ou avec les positions d’une partie plus qu’avec celles de l’autre.Au moment de la lutte, la forme que prennent les divergences actuelles constitue une faiblesse; mais dans l’état où elles se trouvent, vouloir les régler avec des mots est une illusion.L’histoire peu à peu les effacera ou leur donnera leur véritable sens.Dans notre monde en lutte, toute divergence touchant la tactique, les méthodes d’action pour l’obtention d’objectifs limités, doit être analysée avec le respect dû aux appréciations d’autrui.Quant au grand objectif stratégique, la destruction totale de l'impérialisme au moyen de la lutte, nous devons être intransigeants.Résumons ainsi nos aspirations à la victoire: destruction de l'impérialisme par l’élimination de son bastion le plus fort: la domination impérialiste des Etats-Unis d’Amérique du Nord.Adopter pour mission tactique la libération graduelle des peuples, un par un ou par groupes, en obligeant l’ennemi à soutenir une lutte difficile sur un terrain qui n’est pas le sien, en liquidant ses bases de subsistance qui sont ses territoires dépendants.Cela veut dire une guerre longue.Et, nous le répétons une fois de plus, une guerre cruelle.Que personne ne se trompe au moment de la déclencher et que personne n’hésite à la déclencher par crainte des conséquences qu’elle peut entraîner pour son peuple.C’est presque la seule espérance de victoire.Nous ne pouvons pas rester sourds à l’appel du moment.Le Vietnam nous l’apprend avec sa leçon permanente d’héroïsme, sa leçon tragique et quotidienne de lutte et de mort pour remporter la victoire finale.Au Vietnam, les soldats de l’impérialisme connaissent les incommodités de celui qui, habitué au niveau de vie qu’affiche la nation américaine, doit affronter une terre hostile; l’insécurité de celui qui ne peut faire un pas sans sentir qu’il foule un territoire ennemi; la mort de ceux qui s’avancent au-delà de leurs redoutes fortifiées; l’hostilité permanente de toute la population.Tout ceci a des répercussions dans la vie interne des Etats-Unis, et fait surgir un facteur qu’atténue l’impérialisme en pleine vigueur: la lutte des classes sur son territoire même.Comme nous pourrions regarder l’avenir proche et lumineux, si deux, trois, plusieurs Vietnam fleurissaient sur la surface du globe, avec leur part de mort et d’immenses tragédies, avec leur 45 héroïsme quotidien, avec leurs coups répétés assénés à l'impérialisme, avec pour celui-ci l'obligation de disperser ses forces, sous les assauts de la haine croissante des peuples du monde! Et si nous étions tous capables de nous unir, pour porter des coups plus solides et plus sûrs, pour que l'aide sous toutes les formes aux peuples en lutte soit encore plus effective, comme l'avenir serait grand et proche! S’il nous revient, à nous qui en un petit point de la carte du monde accomplissons le devoir que nous préconisons et mettons au service de la lutte ce peu qu’il nous est permis de donner, nos vies, notre sacrifice, de rendre un de ces jours le dernier soupir sur n’importe quelle terre, désormais nôtre, arrosée par notre sang, sachez que nous avons mesuré la portée de nos actes et que nous ne nous considérons que comme des élé- ments de la grande armée du prolétariat, mais que nous nous sentons fiers d’avoir appris de la Révolution cubaine et de son grand dirigeant suprême la grande leçon qui émane de son attitude dans cette partie du monde: “qu’importent les dangers ou les sacrifices d’un homme ou d'un peuple, quand ce qui est en jeu c’est le destin de l’humanité." Toute notre action est un cri de guerre contre l’impérialisme et un appel vibrant à l’unité des peuples contre le grand ennemi du genre humain : les Etats-Unis d’Amérique du Nord.Qu’importe où nous surprendra la mort; qu’elle soit la bienvenue pourvu que notre cri de guerre soit entendu, qu’une autre main se tende pour empoigner nos armes, et que d’autres hommes se lèvent pour entonner les chants funèbres dans le crépitement des mitrailleuses et de nouveaux cris de guerre et de victoire."Che" Guevara.SW - «, .>« Etudiants pour la libération du Sud Vietnam, est pleinement convaincue que les liens d’amitié et de solidarité entre l’UGEQ et l’UELSV se resserreront et se développeront davantage dans l’intérêt commun de nos organisations respectives.’* A la suite de cette visite, l’UGEQ organise une action de masse qui a eu lieu le 17 novembre de concert avec les 87 unions nationales membre de l’UIE, l’Union Internationale des Etudiants.A cette occasion, les différentes AGE locales ont été invitées à manifester leur solidarité par le type de manifestation qui conviendra le mieux à chaque région.Le bulletin de liaison du syndicat suggère entre autres: "grève, grève de la faim, blocus de la bibliothèque, marche, sit-in, teach-in .*’ Nous pouvons donc affirmer que les dirigeants de l’UGEQ représentent la force de gauche la plus agissante au Québec, la plus soucieuse de provoquer la prise de conscience et la participation de plus en plus d’étudiants et de Québécois à la lutte pour l’établissement d’un Québec libre dans un monde débarrassé de l’oppression.g.b. guebec economique lue racine LA PAUVRETÉ, LA MISERE ET LE CHÔMAGE.La faiblesse de la gauche tieni bien souvent à ce que nous ne savons pas contester les décisions et les politiques du gouvernement et des grandes compagnies que ce gouvernement, et l’Etat lui-même dans le svstème actuel, servent do-cilement au détriment des besoins de la majorité de la population.Il y a là une lacune qu’il nous faudra de plus en plus tenter de combler si nous ne voulons pas être réduits à l’inefficacité.Aujourd’hui.par exemple, une des tâches des socialistes indépendantistes, c’est-à-dire de ceux qui croient que la seule façon réaliste tie commencer à solutionner le** problèmes multiples des travailleurs québécois est de faire du Québec un Etat indépendant susceptible d’orienter la vie économique tie notre pays dans un sens favorable aux vrais intérêts des travailleurs, est de répondre aux deux critiques suivantes: L’indépendance du Québec entraînerait au pays le chômage massif et la pauvreté à cause de la fuite des capitaux et de l’arrêt des investissements; Si elle se faisait malgré tout, l’indépendance du Québec ne favoriserait qu’une minorité de privilégiés en pressurisant les travailleurs.La première de ces deux thèses, déjà pas mal ressassée par les fédéralistes de toutes tendances, vient d’être rééditée sous une forme brutale et catégorique par M.Eric Kierans, ex-président de la Bourse de Montréal et ex-ministre du gouvernemen Lesage, économiste irlandais très dévoué à la défense des intérêts des milieux financiers.M.Kierans, qui s’oppose aux idées de M.René Lévesque selon lequel la seule façon de régler le problème constitutionnel au Canada est de faire du Québec un Etat souverain tout en négociant un marché commun par la suite avec le reste du Canada1, affirme que la sécession du Québec, dans les cinq premières années de l’indépendance, entraînera une perte sèche de $2.3 milliards.Cette affirmation repose sur les prétendus faits suivants: 35% des sommes actuellement versées par le gouvernement fédéral aux provinces sont destinées au Québec et le Québec ne finance cette somme que pour 25%: en cinq ans, la perte du 10% non financé par le Québec représenterait la somme de $1.2 milliards.2 En fait, ce premier argument ne tient pas, car on a facilement pu répondre à M.Kierans que; (l) en 1965, le Québec avait payé à Ottawa S 1,748,900,000 et n’en avait reçu en retour que S 1,072,720,000, soit une perte de S677,200,0003; (2) en se basant sur le Rapport Bélanger, concernant la fiscalité, et ce pour l’année 1962-63, la somme redistribuée par le Canada au Québec représentait non pas 10% mais seulement 2% du budget du Québec4; (3) au cas où l’indépendance se ferait, Québec pourrait récupérer d’Ottawa $615 millions tout en n’ayant à dépenser que $350 millions pour compenser la cessation des paiements de péréquation par Ottawa5.Ces trois réponses qui ont été faites à M.Kierans, même si elles ne sont pas absolument concordantes, prouvent du moins que l’on peut, à partir de données officielles, faire des calculs qui contredisent par leur résultat général les conclusions de M.Kierans sur ce point.Toujours selon M.Kierans, l’indépendance du Québec pousserait les grandes corporations établies actuellement au Québec à s’en retirer et à ne plus y investir, ce qui fait que les revenus que le Québec tire de l’impôt sur ces corporations baisserait d’autant, de 10% pendant les cinq premières années après l’indépendance, ce qui nous coûterait un autre $1.1 milliards6.Tout comme le précédent, cet argument semble, au premier abord irréfutable.Toutefois, si l’on y réfléchit un peu, rien ne permet de croire que les corporations en question, tels que le Canadien Pacifique, le Canadien National, la Sun Life, le Royal Trust, la Banque Royale du Canada, la Banque de Montréal, la compagnie Dupont, la C.I.L., la Bell Téléphone, auraient quelque raison de s’expatrier au cas où l’in- 53 dépendance se ferait.Ces compagnies ne sont pas établies au Québec pour autre chose que pour leui profit.S’il s’avérait que ce profit est en contradiction avec les besoins de la population québécoise, la solution serait simple: il ne s’agirait pas de laisser ces compagnies s’expatrier (si l’on peut dire!) mais de les nationaliser (le même principe valant d’ailleurs pour d’autres compagnies étrangères telles que I’Iron Ore, l’Alcan, la Johns Manville, la Noranda, etc.).Si l’on nous répond que cela risque d’entraîner de la part du Canada, et surtout des Etats-Unis, des pressions visant à dévaluer notre monnaie en faisant des pressions sur nos réserves de change, en refusant de nous acheter nos produits ou de nous vendre les produits dont nous avons besoin, en rendant difficile la possibilité d’emprunt sur le marché nord-américain et le remboursement de la dette qui y est déjà contractée, ou encore finalement en cessant d’investir7, il est évident que la réponse est simple: le chantage économique ne peut venir à bout d'un gouvernement défendant les intérêts des travailleurs et prêt, à cause de cela, à recourir à d’autres marchés et à d’autres sources d’em prunts même si cela doit entraîner un remaniement profond de l’économie par une planification dirigée de façon à répondre aux besoins de la population et non pas aux soucis de profit des industriels et des financiers ou commerçants nord-américains.A court terme, cela peut provoquer une certaine baisse du niveau de vie, c’est indéniable; mais cela entraînerait aussi rapidement un assainissement de l’économie dont les travailleurs ne pourraient que bénéficier par la suite.Ceci nous amène au second argument voulant que l’indépendance doive nécessairement se faire au détriment des travailleurs.Le raisonnement est alors le suivant: une fois faite l’indépendance il faudrait, pour attirer au Québec les investissements indispensables, concéder aux investisseurs des conditions plus rentables qu’ailleurs, ce qui ne serait possible qu’en diminuant les salaires.On peut réfuter cela de deux façons.Tout d’abord, le fait que les salaires payés au Québec aient toujours été inférieurs à ceux payés en Ontario ou aux Etats-Unis démontre suffisamment que nos gouvernements ont depuis longtemps rampé devant les investisseurs étrangers, et cela, sur le dos des travailleurs.L’indépendance ne pourrait pas empirer cette situation.Au contraire, elle pourrait rapidement l’améliorer.En effet, le fait d’obtenir une indépendance économique permettrait à l’Etat québécois d’établir une politique économique différente de celle du Canada et de recourir, contrairement à ce dernier, à une diversification de nos relations économiques, cela incluant l’établissement progressif de relations plus étroites avec des pays dont la seule motivation n’est pas de faire à l’étranger le plus grand profit possible au détriment du pays qu’on prétend aider.D’autre part, et c'est la deuxième manière de réfuter les argu- ments voulant que l’indépendance se fasse nécessairement contre les intérêts des travailleurs, on doit souligner les faits suivants: fa) le régime confédéral n’a pas pu empêcher que de 30% à 40% des familles montréalaises vivent dans la pauvreté ou juste au seuil de cette dernière8; (b) le régime confédéral actuel ne peut pas empêcher non plus que, si l’on soustrait des statistiques des revenus ceux de la minorité anglophone du Québec et ceux des minorités ethniques qui y sont apparentées, le revenu annuel moyen du Québécois s’établit en 1966 à $1,500, c’est-à-dire à peine la moitié de celui de l’Américain, et au-dessous de celui du Français, de l’Anglais, de l’Allemand, du Belge, du Suisse et du Suédois9.Pour des gens qui sont censés jouir, grâce au régime confédéral, et grâce aux investissements étrangers, du deuxième niveau de vie au monde, ce n’est pas mal.L’indépendance du Québec, faite par un parti représentant les travailleurs et soucieux d’établir dans notre pays un régime économique correspondant aux besoins de la population, ne pourrait que nous sortir de notre condition de parias de l’économie nord-américaine.(1) Cf.le Manifeste de René Lévesque, publié dans La Presse du jeudi 12 octobre 1967, pp.7-8.(2) Cf.Eric Kicrans, ’’Que deviendrait, au point de vue économique, un Québec sépa ré?”, Le Devoir, lundi, 2 octobre 1967, p.5.54 (3) Cf.Gilles Grégoire, "Kierans sc trompe .ou nous trompe”, Le Devoir, samedi, 14 octobre 1967, p.5.(4Y Cf.Pierre Bourgault, "Réponse à Kierans: la démagogie des chiffres”.Le Devoir, jeudi, 19 octobre 1967, p.5.(5) Cf.René Lévesque, "Réponse à Eric Kierans", Le Devoir, vendredi 6 octobre 1967, p.5.et samedi 7 octobre 1967, p.5.(6) Cf.Eric Kierans.article cité à la note 2.(7) Cf.Robert Bourassa."Exigences économiques d’une indépendance - association”.Le Devoir.3-4-5 octobre 1967, page 5.(S) Cf.La troisième Solitude, Conseil du Travail de Montréal, 1966.f9) Selon un article de M.J.-C.Joron, publié dans la presse et commenté par M.Yves Mi-thuud dans Sept-Jours, 29 oc-tobre-4 novembre 1967, p.I S: Les pauvres que nous sommes !” les.arts artistiques” thérèse dumouchel — ( i\ n’est pits le mot ijui échappe ii monsieur.— Xon.c'est lu chose.f >iil>ill;tr jours et a coûte 150.000 dollars!) lazz.Après Marion Brown.Albert et Don Ayler.Ardue Shepp.Sunnv Murray.Grachan Moncur III.Mudd\ Waters.Sonin Terr\ et Brownie McGhee.Stanley Turrcntine et McCoy Tyner, Donald Byrd, et tant «.le groupes île tolk-rock le plus souvent remarquables, sinon fascinants, on peut espérer que 6S marquera définitivement l'implantation à Montréal d’une constance-jazz absolument nécessaire, et la plus in-flucnticlle.Trois hauts lieux, où il fait bon vivre des nuits blanches plus lumineuses que les jours ternes .L’Atelier de jazz, 1191 rue de la Montagne.The Soul City, 772 rue de la Montagne.The New Penelope, 378 ouest rue Sherbrooke.Voir Hypojazz, dans revue ’’Quoi"."Autant ici fermer cette hypoparcnthê*sc.Du reste, vous pouvez tenir ce chapitre pour nul et non avenu.Et le sauter à pieds joints.D'ailleurs, Lavez-vous lu.ce qui s’appelle lire?En avez-vous entendu I’hypotexte?" "Blanche ou l’oubli", Aragon.Un moment, ce livre magistral, comme quelques autres, si rares et menacés toujours, qui permettent de ne pas désespérer entièrement, comme du jazz une nuit, un film, un verre à la taverne Novo Rex, une mé-tagraphie fabuleuse et tragique et superbe de Guy Borremans, une nuit pour l’anniversaire de Vittorio chez Pierre Cornclicr le magnifique près Sorel, bientôt enfin à nouveau, de nouveau, la chère Asociacion Espanola du cher ami Pedro, comment en sortirons-nous de ce dur désir de durer, vie quotidienne à interpréter dans sa durée dure?.Patrick Straram 4 novembre 67 i D E E 5 V 5 I MAG 71 AUX EDITIONS PARTI PRIS Saison *67 - *68 - L INAVOUABLE, poème de paul chamberland - NÈGRES-BLANCS D’AMERIOUE.autobiographie précoce d'un "terroriste" québécois, par pierre vallièrcs - LA VICTOIRE DE SAINT-DENIS, dans le cadre des fêtes du centrentcnairc (1837-1967).par robert-lionel séguin - CORRESPONDANCE, de diaries gill O - A PERTE DE TEMPS, roman de pierre gravel réimpression (5c mille) LE CASSE, le célèbre roman de jacques renaud La littérature du Québec a besoin des éditions parti pris Les éditions parti pris ont besoin de vous Devenez souscripteur aux éditions parti pris Une souscription de $9.vous donne droit à S13.de publications. Bulletin de commande volumes déjà parus éditions parti pris Veuillez me faire parvenir les titres suivants: ?la ville inhumaine, roman de Laurent Girouard $2.00 ?le cassé, nouvelles de Jacques Renaud $1.00 ?la chair de poule, nouvelles d'André Major $1.75 ?la nuit, roman de Jacques Ferron $1.50 ?pleure pas, germaine, roman de Claude Jasmin $1.75 ?journal d'un hobo, roman de Jean-Jules Richard $2.50 ?carnets politiques, de Jean-Marie Nadeau avec une préface de René Lévesque $2.00 ?sonnets archaïques pour ceux qui verront l'indépendance, de Jean-Robert Rémillard $1.00 ?papa boss, roman de Jacques Ferron $1.50 ?le monde sont drôles, nouvelles, suivies de la ville depuis ., lettres d'amour de Clémence Desrochers $1.50 ?les cantouques, poèmes en langue verte, populaire et quelquefois française, de Gérald Godin $1.00 ^ F ?les cent dessins du centenaire, par Berthio $2.50 ?les coeurs empaillés, de Claude Jasmin $1.50 ?élégies pour l'épouse en-allée, d'Alfred Desrochers $1.00 ?du duplessisme au johnsonisme : 1956-1966, de Gérard Bergeron $3.50 ?mon pays, le Vietnam, de Nguyen trung viet $2.00 ?la victoire de St-Denis, par R.-L.Séguin .Nom Adresse .Ville .Ci-joint un ?chèque, ?mandat de poste, au montant de .Faire parvenir ces bulletins à Les éditions parti pris CP.149, Station "N", Montréal (18) qu'est-ce que le centrentenaire ?le centrentenaire est le cent-trentième anniversaire de l’insurrection de 1837.par laquelle les québécois ont voulu arracher leur part de justice et récupérer une partie de leurs droits des mains de leurs colonisateurs.le centrentenaire est l'occasion pour les québécois de s'interroger sur certaines illusions qui ont cours quant à l'avenir des francophones dans la fédération "Canadian".le centrentenaire est l'occasion pour tous les québécois de tirer les leçons du passé pour mieux préparer l'avenir.annonce publiée et payée par le comité des fêtes du centrentenaire, case postale 149 station n - montréal 74 EN SPECIAL ! pour les lecteurs de parti pris les québécois un choix de textes des volumes I et II de la revue parti pris préfacé par jacques berque, professeur au Collège de France publié à Paris chez François Maspero, l'éditeur de: — Régis Debray — "che" Guevara — Fidel Castro — Frantz Fanon $4.00 port payé 75 !h-)V-> DANS LE PROCHAIN NUMERO: les Etats-Unis: état militariste?par rené dal magro la situation révolutionnaire dans les républiques andines par gilles dostaler un reportage sur la visite des étudiants vietnamiens au Québec par jean-louis miller un extrait de "en d'autres paysages", le prochain roman de jacques renaud Si vous étiez abonné à l’ancien parti pris.votre abonnement vaut aussi pour le nouveau.Cependant, vous nous aideriez à rencontrer les frais d’établissement de la nouvelle formule en vous réabonnant d'avance.Vous recevrez alors les numéros dûs sur votre ancien abonnement, plus les 12 numéros du nouveau.Si vous n'êtes pas encore abonn pensez à vos intérêts : le numéro se vendra 75c; et l’abonnement à 12 numéros, 86.00.Vous économiserez 83.00 - 33 1/3%.Pensez à l’intérêt de rece- voir la revue rapidement et sans avoir à vous déranger.Pensez enfin à vos intérêts: en aidant parti pris, vous aiderez le Québec libre et socialiste à venir au monde.El cVst vous qui vous en porterez mieux ! 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