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Titre :
Parti pris
Éditeur :
  • Montréal :Revue Parti pris inc. ,1963, oct. (no 1)-1968, été (vol. 5, no 9)
Contenu spécifique :
Avril
Genre spécifique :
  • Revues
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Parti pris, 1968-04, Collections de BAnQ.

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Volume 5, numéro 7, avril 1968 75$ MSüf XW TV «v ^ & j.*4 i € DANS LE PROCHAIN NUMERO à quoi sert parti pris : forum - débat une interview avec françcis oquin des poèmes inédits de gaston miron et raymond lévesque.anciens numéros de parti pris on peut se procurer les anciens numéros de la revue (à partir cîu no 1 vol.1 ) en s'adressant : — à la revue parti pris, c.p.149, station "N", montréal — aux dépositaires suivants: Agence du livre français, 1249 Bernard O.Montréal.Librairie Déom, 1247 St-Denis, Montréal Librairie Renaud-Bray, 5219 Côte-des-Neiges, Montréal. sommaire éditorial sur Pierre-E.Trudeau.Québec politique — gilles bourque .— pierre maheu .québec syndical — gabriel gagnon politique internationale — philippe bernard p.7 p.10 .p.11 .p.13 p.14 reportage: — pierre renaud — robert tremblay .p.17 Hasta la victoria siempre ! — roger soulière p.27 vol.5 no 7 avril 1968 revue politique et culturelle paraît tous les mois sur 60 pages rédaction et administration : c.p.149, statior "N", Montréal 18, Québec directeur: philippe bernard comité de rédaction: gilles bourque jan depocas giPes dostaler thérèse dumouchet gabriel gagnon pierre maheu lue racine robert tremblay maquettistes: jacques des rosiers rené bonenfant administrateur: jean-cloude robert secrétaire: huguette corbo trésorier: marc lalibertc T.cis iettres à la découverte du Québec — pierre baerel .Phrase I de Serge Garant .le québec en mots dit — pierre maheu p.39 p.47 p.50 jacques allard denis arcand rené beaudin jacques brault ondré broctiu paul chamberland pierre dasrâiiers raoul duguay jacques ferron charles gognon roger guy robert moheu gaston miron miche! pichette jean-marc piotte narcisso pizarro jacques poisson jean-robert rémillard pierre rentsud • vatrick straram andré fhéberge gaétan tremblay pierre vodebor.jeur pien * valliéres îes arts artistiques — thérèse dumouche! critique parallèle II — andé théberge .d'exil fragment — patrick straram .p.51 .p.53 p.56 distributeur: agence de distribution populaire, 1130 logouchetière est.Montréal tél.: 523-1182 • la revue n'est pas responsoble des manuscrits qui lui sont adressés.reproduction interdite sans autorisation.le numéro: 7Sf abonnement d'un on: $4.00 nrrv editorial La création du Mouvement souveraineté-association a perturbé l’équilibre déjà instable des forces politiques au Québec, écrivions-nous dans le dernier numéro.La gauche québécoise en général, et parti pris en particulier, s’interrogent sur la signification de la naissance de ce mouvement politique pour l’avenir du Québec et sur l’attitude à prendre.Cette interrogation reflète à nos yeux l’ambivalence de la gauche — ou des gauches ?— et sa difficulté à élaborer une stratégie unique dans un rapport de forces donné.L’ambiguité même du M.S.A.ne facilite pas l’analyse.Création d’un homme qui a été exclu d’un parti traditionnel, mais qui dans ce parti a longtemps symbolisé le dynamisme et le réformisme, le M.S.A.dès sa fondation a attiré dans son orbite de larges couches de la population en rupture avec les forces politiques conservatrices.D’un autre côté, la contradiction entre une souveraineté et une association étrangement reliées, la tentative de concilier indépendance et fédéralisme rend perplexe; par ailleurs l’absence de programme économique et social, même après la publication de “option Québec”, se rapproche de la mystification.3 Une première analyse nous permet toutefois de mettre en évidence les intérêts que représente le M.S.A.Tant par l’origine de classe de ses dirigeants que par cette ambiguité idéologique, force nous est de conclure que le mouvement représente les intérêts de la néo-bourgeoisie nationale et d’une fraction progressiste de la petite-bourgeoisie.Cette néo-bourgeoisie nationale est celle qui partagea partiellement le pouvoir avec le parti libéral de 1960 à 1966 et qui chercha à utiliser l’Etat québécois pour mettre en place des mécanismes de contrôle et de gestion capitaliste.Ecartée du gouvernement à la suite de la victoire électorale de l’Union nationale, elle rompt son alliance avec la bourgeoisie traditionnelle pour regrouper ses forces.Cette néo-bourgeoisie réussit à attirer dans son giron une partie de la petite bourgeoisie, professionnels, technocrates, intellectuels, dont le dynamisme la pousse à rechercher d’autres voies dans son action.Si le M.S.A.est déjà assuré de recevoir l’appui électoral d’une importante partie de la ciasse des travailleurs, dont la majorité des quelque 200,000 votes indépendantistes de juin 1966, son avenir comme parti politique demeure lié au programme qu’il sera appelé à définir et aux objectifs qu’il poursuivra.Au cours des prochains mois, le jeu politique du M.S.A.sera influencé par l’évolution du rapport des forces, et parmi celles-ci, trois pourraient être déterminantes.D'abord les centrales syndicales.Ueur volonté de politisation, le divorce croissant entre ses dirigeants et ses cadres locaux, en particulier sur la question constitutionnelle, les exigences de l'accréditation des unités dites nationales, la syndicalisation des fonctionnaires, voilà plusieurs facteurs qui empêchent de prévoir si les centrales appuieront ou n’appuieront pas le M.S.A.ou demeureront neutres.Il est certain que l’attitude des syndicats jouera dans les chances de succès du mouvement.La crise latente depuis les élections au R.I.N éclata justement à la suite de la naissance du M.S.A et elle se cristallisa autour de la nécessité de se situer par rapport à lui.Deux factions se sont formées; l’une à droite, opportuniste et parfois réactionnaire, groupée autour du président Pierre Bourgault, recherche l’alliance sinon la fusion avec le M.S.A.dans un but essentiellement électoraliste; l’autre à gauche, socialiste et anti-impérialiste, groupée autour de la Vice-présidente Andrée Bertrand-Ferretti, ne rejette pas un rapprochement et un front commun avec le M.S.A.mais refuse tout compromis dont feraient les frais l’indépendance et la décolonisation.Entre ces deux factions, une lutte à finir.Au milieu du mois de mars, le groupe Fer-retti démissionne en bloc et prépare la formation d’un mouvement socialiste et indépendantiste autonome.Parmi les autres forces politiques du Québec, la déconfiture du Parti libéral est irréversible et définitive, à moins qu’un Jean Marchand vienne prendre la direction du parti québécois à la suite d’une défaite du parti Canadian aux prochaines élections fédérales, comme Jean Lesage en 1957.Quant à l’Union nationale immobilisée dans son immobilisme, elle joue perdante avec Ottawa; dans le débat entre Johnson et Trudeau, ce dernier présenta la position la plus logique et la plus rationnelle, à partir du moment où l’on croit au fédéralisme Canadian et à l’existence d’une nation canad'ienne-française d’une mare à l’autre.La création d’un N.P.D.québécois forcerait le M.S.A.à jouer la carte indépendantiste; mais la menace de création d’un N.P.D.québécois ne peut que pousser le M.S.A.à rejeter l’indépendance afin de ne pas se couper des disciples de Taylor, Cliche et compagnie.La gauche québécoise devant cette complexité politique reste divisée, et de nombreux lecteurs de la revue nous ont dit que parti pris comme revue d’avant-garde se doit d’orienter l’action de la gauche.Mais voilà : parti pris n’est pas un phénomène spirituel et abstrait, comme le prétendent nos adversaires, mais le reflet d’une réalité politique.L’équipe de parti pris partage une même idéologie, et conserve les mêmes parti-pris depuis sa fondation : socialisme, indépendantisme et laïcisme.Mais, pourquoi le nier, nous divergeons sur la stratégie à suivre et sur la définition des tâches immédiates de la gauche ou des gauches au Québec.Ce n’est qu’à la suite d’une longue discussion, que parti pris a décidé d’exprimer une pluralité à ce niveau.Si l’éditorial se doit de formuler la 5 pensée de l’équipe de rédaction et si les articles écrits par des collaborateurs extérieurs présentent des idées que nous partageons, les chroniques refléteront la pensée d’une partie de l’équipe; et dans un même numéro de la revue, on pourra très bien trouver deux chroniques traitant du même sujet, mais dans deux directions, non pas opposées mais parallèles.Si à parti pris règne un consensus sur tout ce qui précède, des nuances apparaissent sur l’évalutation du rôle du R.I.N.et du M.S.A.Certains estiment que les efforts de la gauche doivent porter sur l'organisation d’un mouvement autonome pour préparer le renversement d’un gouvernement entre les mains de la bourgeoisie nationale.Des membres de l’équipe ont participé activement à la bataille pour la direction du R.I.N.; parti pris appuyait cette lutte, comme nous appuyons maintenant le mouvement indépendantiste et socialiste en voie de formation.D’autres arguent que sous la pression populaire et devant l'inévitable opposition d’Ottawa à la souveraineté, le M.S.A.est en mesure de permettre l’établissement d’une démocratie formelle et bourgeoise dans un Québec libre; la gauche doit lutter pour réaliser cette première étape de la libération et de la décolonisation nationales, parti pris apporte donc son appui au M.S.A., mais cet appui demeure critique et tactique, c’est-à-dire qu'il n’est pas inconditionnel, et sera fonction d’une situation donnée à un moment donné.Cette pluralité à parti pris en décevra plusieurs et sera interprétés comme une (nouvelle) division de la gauche.Ou’importe.Divergences, nuances ne brisent pas le consensus de base de notre pensée et de notre action, consensus partagé par de plus en plus de Québécois et consensus de plus en plus large.parti pris/ph.b. J’ai toujours trouvé Trudeau drôle comme un singe, mais il ne m’a jamais tant amusé que le jour où il a annoncé officiellement sa candidature.“Poigné jusqu’au trognon” dans le parti de la haute finance canadienne et américaine, (réf.anatomy of big business, par L.C.et F.W.Park, Progress Books, 1962), il se dit “homme de gauche”.Partisan du statu quo le plus entêté en ce qui a trait au fond du problème Québec-Canada, tout comme 90% de l’opinion canadienne-anglaise du pays, il dit qu’il n’aime pas les idées reçues et qu’il n’est pas homme à suivre les modes, or qu’est-ce que la mode et que sont Tes idées reçues sinon celles précisément que suit ou que partage la majorité?Voilà pour l’humour trudeauesque.La deuxième caractéristique frappante, c’est son anti-nationalisme.H est contre le nationalisme québécois, on verra pourquoi plus loin.Mais, et c’est plus surprenant, il est maintenant contre le nationalisme canadien, suivant en cette matière une voie divergente de Jean Marchand son associé politique et de Walter Gordon, le Don Quichotte fédéral de service dont l'originalité devrait pourtant plaire à Trudeau.Ce que Tru- "Qu’importe les trous d’eau*' André Frénaud, in "Il n’y a pas de paradis" Gallimard, 1968 deau ne voit pas c’est qu’à l’époque où l’impérialisme-nationalisme US est à son apogée, être contre le nationalisme Canadian c'est tout simplement pousser le Canada dans les bras des Etats-Unis, au moment même où le fascisme prend de l’ampleur aux USA.Or c’est précisément cet homme qui se targue de rechercher “la vérité absolue”.C’est cet homme dont Peter Newman a écrit: “Le Canada est-il prêt pour un homme politique de cette venue et qui possède à un si haut degré le sens du réalisme”.Enfin, et c’est bien là le plus grave dans cette affaire, Pierre Trudeau a cessé de lire il y a vingt ans.Citons pour mémoire ce qu’il écrivait en 1956: “II y a quelque chose de prodigieux dans la constance que nos penseurs officiels ont mise à se tenir à l’écart de toute la science sociale qui leur était contemporaine.A en juger par leurs écrits, il n’est pas exagéré de dire que jusqu’à une époque toute récente, ils ignorèrent tout de (.) Duguit, Pound, Durkheim, Gurvitch, Walras, Keynes, Bosanquet, Laski, Freud, Piaget, Dewey et Ferrière”.Or, c’est lui aujourd’hui qui est un “penseur 7 officiel**.Et c’est lui aujourd’hui qui montre une inintelligence profonde du phénomène le plus important de notre époque qui est l’éveil des nationalités et l’explosion des particularismes, corollaire obligé de l’accélération des communications, et c’est à lui aujourd’hui qu’on peut reprocher son ignorance crasse d’Albert Memmi, Oscar Mannoni, Jacques Berque, Frantz Fanon, Vittorio Lantemari, Jean-Yves Eichenberger, Pierre Marthe lot, Jean Chesneaux et bien d’autres.Qui n’a pas lu ces auteurs se trouve complètement démuni devant “l’éveil des particularismes’* et il n’a d’autre recours alors que l'irrationalité.Dans le cas de Trudeau, cette irrationalité s’incarne en esthétisme (“they speak a lousy french”), moralisme (“nous sommes en train de devenir un dégueulasse peuple de maître-chanteurs”) out out simplement mépris (“que les Québécois restent dans leur wigwam”, ou “la tribu québécoise”).Mais remontons aux sources, soit à son plus long texte publié: “La province de Québec au moment de la grève” (in: La grève de l’amiante, 1956).Jamais en si peu de pages, une telle inculture sociologique et historique ne s’est manifestée.La seule grille qui permette d’analyser et de comprendre le comportement des classes sociales du Québec, c’est la phénoménologie du colonialisme.Hors d’elle, les ténèbres.Dans toute société colonisée, en sus de la lutte de classes et souvent y faisant écran, on retrouve la mystification coloniale: tout un réseau groupant hommes politiques mieux nommés rois-nègres, intel- 8 lectuels asservis, notables profiteurs, tout un réseau dont le seul et unique rôle est de maintenir le peuple dans l’ignorance le plus longtemps possible, de trafiquer les richesses naturelles avec le colonisateur dans le plus grand secret possible, de signer des ententes centralisatrices pour les meilleures raisons juridiques possibles, etc.Ainsi la pensée, la logique et les attitudes de ce réseau ne sauraient être tenues par un esprit sérieux pour représentant vraiment toute la problématique du peuple colonisé.Or c’est précisément cette erreur que fait Pierre Trudeau dans ce texte célèbre dont il n’est jamais sorti.Ainsi faute de méthode d’analyse digne de ce nom, Trudeau s’est toujours fourvoyé au sujet du Québec.Or aujourd’hui il n’essaie même plus de faire de l’analyse, si erronée soit-elle, il juge.Et depuis vingt ans, les réalités dont il nie l’existence par inculture, elles lui reviennent sur la gueule et il les reçoit comme des gifles et il a développé au sujet du Québec une attitude qui confie à la paranoïa.Or c’est cet inculte, ce traumatisé, ce faux légaliste, car le véritable homme de droit adapte la loi aux hommes et ne tente pas de les faire passer sous elle comme sous un joug, que l’on veut placer à la tête du Canada! Sur son avenir comme premier ministre, les avis sont partagés.Le Québec préfère-t-il négocier l'indépendance brutalement, ce qui serait inévitable avec Trudeau, ou dans la courtoisie entre adultes.PP 9 québec politique gilles bourque une tentative de diversion La section québécoise du Nouveau Parti démocratique avec à sa tête M.Robert Cliche, annonçait récemment son intention de fonder un parti québécois répondant aux mêmes buts que ceux du NPD, c’est-à-dire ceux du socialism e démocratique et du fédéralisme.Les membres de l’annexe québécoise du parti fédéral prétendent ainsi combler un vide cjui, selon eux, existerait sur la scene qu’ils qualifient, logiques avec eux-mêmes, de "provinciale”.Pour justifier son attitude, le chef de l’aile québécoise du NPD affirme être socialiste avait d’être nationaliste.Luc Racine, dans la chronique economique du numéro de janvier, a bien montré les insuffisances et la quasi-duperie que représente le pseudo socialisme qui incarne son idéal dans une social-démocratie de type suédois.Les chiffres qu’il a alors avancé ont démontré hors de tout doute que ce genre de régime ne résout pas les problèmes posés par les inégalités sociales, qu’il ne freine même pas leur aggravation.Nous nous attacherons, dans cette chronique, à souligner par quelques traits l’absurdité d’un projet politique qui prétend améliorer la situation des travailleurs québécois (puisque tout parti social-démocrate veut s’appuyer mit ces derniers — du moins sur les cadres de leurs syndicats) en refusant de poser le problème nitional et en 10 optant ainsi pour le statu quo constitutionnel, même si l’on prétend le réaménager superficiellement.En se posant abstraitement comme socialiste Robert Cliche refuse de s’interroger sur le problème d«* l’insertion des travailleurs quéfcé-r.osi dans une réalité historique déterminée et déterminante.11 coupe ainsi complètement de situation concrète des hommes pour qui il prétend lutter.11 se condamne à une perception partielle du réel québécois et voue son projet politique à l’échec, puisque toute solution politique ne se réalise* que dans une quotidienneté historique particularisée et pour des hommes "collectivement individualisés” par une pratique commune et prolongée d’une totalité structurelle (vie économique, politique, sociale et culturelle) différente d’une société à l’autre.Les travailleurs québécois ne souffrent pas que d’une vassalisation provoquée par leur insertion dans une économie capitaliste, ils doivent en plus subir les problèmes posés par la superposr tion nationale, résultat d’un Québec inscrit dans les structures canadiennes.Nous essaierons d’en dégager quelques-uns à partir des structures de la société québécoise Si l’on s’attache à analyser, même superficiellement, la structure économique québécoise, on se rend compte de son caractère hybride et de son appartenance à des structures exogènes, canadiennes et américaines, qui empêchent tout aménagement rationnel du territoire québécois et tout établissement d’une politique économique cohérente.Cette situation n'est pas sans effet direct sur les travailleurs eux-mêmes qui ne peuvent même pas jouir du douteux privilège de vivre dans un état capitaliste vraiment progressiste.Ce caractère de notre structure économique fait de l’ensemble des travailleurs québé- cois un réservoir par excellence de "cheap labour” sous-éduqué et sous-spécialisé et se traduit par des frustrations quotidiennes.La main-d’oeuvre à bon marché que l’on trouve au Québec, par rapport à rensemble nord-américain, permet l'accumulation d’une veritable plus-value coloniale qui vient pour ainsi dire, s’ajouter à celle décrite par Marx.Les ouvriers de la "belle province” travaillent à de; taux inferieurs et produisent davantage, en rendement horaire, qu’ail-leurs sur le continent nord-américain.Les employés de la General Motors de Sainte-Thérèse vous diront que l’importance de ce sur-rendement, de ce "surmenage”, peut atteindre des proportions qui laissent rêveur.La structure sociale québécoise présente elle-même des "carences” qui sont le résultat de la situation coloniale.Depuis la conquête, la structure des rapports de production de la nation canadienne-française se caractérise par l’absence en son sein d’une classe dynamique s’inscrivant dans la voie normale du progrès.La conquête a en effet fait disparaître le groupe de bourgeois mercantiles qui présidaient au développement de la colonie sous le régime français.Depuis cette époque, les classes successivement dominantes au sein de notre structure sociale, n'ont jamais détenu les rênes de la production.Ils ont été des classes non-dynamiques (sur le plan politique et économique) et ont le plus souvent tiré leur avantage de leur situation de classes parasitaires profitant de la situation coloniale (aristocratie cléricale 1760-1800, petite bourgeoisie cléricale 1840-1940.).La seule classe qui a adopté une stratégie dynamique, avant la dernière guerre mondiale, a été la petite-bourgeoisie professionnelle (1800-1837).EPe a alors senti le besoin de résoudre la question nationale en passant à la lutte armée et en proclamant l’indépendance.Cette absence de cadres so- ciaux dynamiques (ou ne pouvant s'imposer comme en 1837-38, ou ne l’ayant pas encore réalisé comme en 1968) se répercuttent sur l'ensemble de la société canadien-ne-française et touchent les travailleurs eux-mêmes parce qu'elle tend à maintenir celle-ci, et donc chacun de ses groupes et classes, dans un état de sous-développe-ment et de repli aussi bien politique et économique qu'idéologique et culturel.A cela s'ajoute évidemment le fait que la situation de superposition nationale mise en place par la conquête a provoqué une atrophie au bas de la structure sociale québécois-française, c’est-à-dire un phénomène de surprolétarisation.Sur le plan des structures culturelle et idéologique, le problème national se fait aussi profondément sentir.Dans le domaine idéologique soulignons le caractère de fermeture au monde et de repli ou, en contre-partie, de messianisme et de désincarnation des idéologies développées par nos élites traditionnelles, mises en place par la situation coloniale, et qui a maintenu l’ensemble de la population dans un état de sous-développement qui s’est traduit par un état psychologique de refus du réel, de non-créativité, de manque de confiance collective.Sur le plan culturel, les problèmes de la langue, du faible degré de scolarisation, du manque important de connaissances générales, différencient de façon évidente les travailleurs québécois-français des travailleurs canadiens-anglais, américains ou français qui vivent pourtant eux-mêmes dans des états capitalistes.11 n'est sans doute pas besoin d’insister sur les problèmes posés par l'existence de la structure politique hybride du Québec: conflit de juridiction, impossibilité de développer une politique à volonté totalisante.et qui a de graves répercussions sur la vie quoti- dienne des travailleurs.La vc’^nté de créer un parti social-démocrate québécois ne viendrait donc rien ajouter de positif sur la scène politique québécoise.Elle apparaît au contraire comme une tentative de diversion qui veut diviser ies forces sur lesquelles tente de s'appuyer le futur parti de René Lévesque (on connaît sa tentative de s'allier les cadres syndicaux).Le noeud du problème, quoiqu'en disent les membres québécois du Nouveau - Parti - démocratique et contre leur volonté, ne réside pas dans un choix entre le socialisme et le nationalisme, mais dans l’aptitude que présente une solution à s’attaquer à l’ensemble de Ja problématique québécoise (même si elle ne peut prétendre tout résoudre simultanément.) Dans la situation politique actuelle les succès, même insignifiants, d’un NPD québécois viendraient desservir les intérêts des travailleurs puisqu'ils risqueraient de se réaliser aux dépens des partis qui présentent des solutions à caractère totalisant.Créer un troisième parti fédéralisant au Québec consiste en une tentative objective de retour en arrière et ceux qui participent à cette entreprise contribuent à freiner la marche en avant du peuple québécois.pierre maheu 1964-1968: appui tactique à la bourgeoisie?(notes préliminaires) La création du mouvement Souveraineté-Association produit de profonds remous.La crise au R.I.N., par exemple.Et des divergences de vues assez marquées au sein de l’équipe de parti pris.No.is y reviendrons dans un prochain numéro-débat.D’ici là, et entre autres raisons pour marquer que toute l’équipe de la revue ne s’identifie pas à la gauche du R.I.N., ces quelques notes, qui sont donc évidemment personnelles et n’engagent pas la revue comme telle.1.Je reviens d’abord à notre manifeste 1964, dont nous avons re-publié des extraits le mois dernier, pour en retenir une idée fondamentale: il existe au Québec une néo-bourgeoisie nationale que ses intérêts poussent à faire l'indépendance; nous sommes les alliés objectifs de cette classe montante et devons l’appuyer pour la réalisation de l’indépendance.2.Je pose ensuite une autre donnée essentielle: la domination coloniale fait que les prolétaires ca-nadiens-français, prenant conscience d’eux-mêmes comme groupe défavorisé, le font plutôt en termes ethniques que sociaux.’’Classe ethnfque”: classe atteinte d’ethni-te, maladie des classes dominées à l’intérieur des nations colonisées.Le traumatisme colonial produit une plaie; les microbes s’y mettent; l’organisme réagit, se défend par une fièvre nationaliste.Four le guérir, il ne faut pas s'en prendre au symptôme, mais aux causes.En d'autres termes: la cons- 1Î cience de clases n’apparaîtra et ne débouchera sur la lutte qu'une fois levée l’hypothècjue nationale, qu'une fois faite l'indépendance.L’indépendance tst un préalable nécessaire à la lutte pour le socialisme.3.Ceci dit, je fais deux constatations divergentes au sujet de ce manifeste 1964.D’abord que notre analyse d’alors a été vérifiée par les faits: nous affirmons alors que la néo-bourgeoisie (industrielle et technocratique) allait vers l’indépendance même si elle ne le savait pas; elle y va aujourd’hui en le sachant de plus en plus, avec Lévesque et le M.S.-A.D’autre part, le M.L.P., mouvement politique formé après la publication de ce manifeste, a été un échec.Il Liut voir pourquoi si on veut formuler aujourd’hui une stratégie valable et réaliste.4.Il faut bien voir que l’échec du M.L.P.n’a pas été celui de l’appui tactique à la bourgeoisie, puisque justement le M.L.P.n'a pas appliqué cette ligne.Le M.L.P.a été radical, doctrinaire, gauchiste.Il y avait une raison à cela: c’est qu’en 1964, et jusqu’en 1966, l’appui tactique à la bourgeoisie était impossible.Nous disions: il faut appuyer la néo-bourgeoisie dans la mesure où elle fait l’indépendance.Et elle ne la faisait pas.Donc nous ne pouvions plus que la critiquer, l’attaquer.Et devenir inévitablement marginaux et gauchistes.5.Le gouvernement de ’’révolution tranquille” représentait une espèce de co3hiion d’intérêts de la petite bourgeoisie cléricale-tradi-tionnelle et de la néo-bourgeoisie: Lévesque collaborant avec Bona.Or à partir de 63, les "progressistes” perdait de plus en plus d’influence dans cette coalition, le gouvernement s’essouflait et stoppait les réformes.Il n’en reste pas moins que la néo-bourgeoisie participait au pouvoir.Il y a eu ensuite un événement capital, dont les gens de gauche en général et 12 parti pris en particulier n’ont guè-re parlé: JUIN 1966, ET L’UNION NATIONALE AU POUVOIR.Du même coup, les représentants de la néo-bourgeoisie sont des opposants, se vivent comme tels, et en arrivent assez rapidement à remettre les structures en question (les structures du pouvoir politique, structures constitu-tionelles).Lévesque fonde le M.S.-A., et s’oppose aux structures qui font la force de la petite bourgeoisie traditionnelle.6.II est donc possible de mettre en oeuvre aujourd’hui la stratégie que le M.L.P.ne pouvait pas appliquer.La classe montante, la néo-bourgeoisie technocratique nationale, s'apprête à se donner un instrument politique et à accomplir la révolution démocratique nationale, l’indépendance.Le prolétariat et i'avant-garde socialiste ont donc à favoriser l’accomplissement aussi rapide que possible de ce préalable nécessaire à la lutte socialiste.N’allons pas recommencer l’aventure malheureuse du M.L.P.et tenter d’être en avance d’une révolution, en avance sur l’histoire.Le gauchisme n’a même plus aujourd’hui l’excuse de l’impossibilité d’une stratégie réaliste efficace.Il y a un pas qu’il est possible de franchir dans l’avenir immédiat, une victoire à remporter.7.L’essentiel est donc la mise en place de l’instrument de cette victoire, un front commun pour l’indépendance.En effet, dans la mesure même où la néo-bourgeoisie est irréversiblement engagée dans le processus qui la mènera à faire l’indépendance, l’appui tactique n’a plus à être donné seulement du bout des lèvres: il doit être réel et efficace et pratique, s’incarner au niveau de l’action politique.Les hommes de gauche doivent participer pleinement à la réalisation de l'indépendance.Tout en sachant que ce sera une indépendance bourgeoise.Parce qu’il faut en passer par là.8.Enfin, il est bien clair que, bien qu’engagée sur la voie qui la mènera à l’indépendance, la néo-bourgeoisie r»’*»st pas encore arrivée au bout d>*.chemin.Certaines des positions du mouvement Lévesque sont fort insatisfaisantes: opposition à l’unilinguisme, union monétaire.Mais je crois que le mouvement est irréversible et que le parti qui sortira du M.S.-A.ne pourra qu’aller se radi-calisant.Trois facteurs favoriseront cette radicalisation sur la question nation.de: a) le possible et sans doute probable durcissement Canadian, it refus d’accepter l’association telle que proposée; b) l’influence de plusieurs éléments carrément indépendantistes au sein du parti; c) l’influence d’un groupement ou parti comme le ’’R.I.N.de gauche” gardant sa liberté d’action tout ens participant au front commun.Je vois donc pour les socialistes-décoioni-sateurs des possibilités d action fructueuse et dans le "R.I.N.de gauche” et dans le M.S.-A.Et des risques des deux côtés: celui de la ’MLPisation” d'une part, celui de l’assimilation de l’autre.Et je suis persuadé que tout ce qui se situera hors de ce front commun sera voué à l’inefficacité et à la marginalisation.Au moment (fin février) où j’écris ces lignes, il est encore trop tôt pour savoir comment le front commun se constituera.quelle autonomie y garderont les divers partis indépendantistes, R.I N., R.N.(oui, jusque et y compris le R.N.).Mais l’essentiel me semble d'y assurer la présence agissante de la gauche, ou plutôt des gauches, celle du R.I.N.comme celle du M.S.-A.S’en exclure, ce serait s’exclure d’un moment crucial dr l’histoire du Québec. québec syndical gabriel gagnon les étudiants et la révolution culturelle Au moment où un gouvernement incompétent et pusillanime applique des cataplasmes aux problèmes posés par l’expansion démographique dans l’enseignement collégial et universitaire, les étudiants, à partir de divers mouvements partis de la base, remettent en question de façon draconienne notre système d'éducation, ses méthodes et son contenu.C’est ainsi tout le problème de la culture et du développement dans un Québec à faire qui se trouve posé.Les revendications étudiantes des années cinquante ont accéléré surtout un mouvement de démocratisation de l’enseignement qui, grâce au rapport Parent, se trouve â peu près réalisé aux niveaux primaire et secondaire le sera et bientôt aussi au niveau collégial.Au niveau universitaire, les données du problème sont assez bien définies et les prochaines années pourraient nous permettre de nous approcher graduellement de la proportion d’étudiants universitaires de sociétés développées comme l'U.R.S.S.et les U.S.A.Mais, une partie des revendications des étucliants actuels ont justement pour but de protester contre l’université-usine amenée par cet accès des masses sur les campus.Dans les immenses amphithéâtres et devant les examens-abattoirs, l’étudiant ne retrouve plus le dialogue avec le maître préconisé par une idéologie officielle toujours inspirée de Platon et du Moyen Age.A ces revendications, semblables à celles des étudiants de la plupart des pays industriels, deux types de réponse peuvent être apportées.le malthusianisme En cette période d’austérité feinte ayant surtout pour but de mettre une sourdine aux aspirations des populations, une réponse facile vient à l’esprit: il faut réduire les inscriptions dans les universités par des barrages très sévères à l’entrée ou dès la première année.Il serait ainsi possible de dégager les crédits suffisants pour instaurer de véritables méthodes de pédagogie active tout en empêchant le développement pléthorique de faculté* ’’inutiles”, comme celles des sciences sociales, dont les diplômés semblent difficiles à employer et surtout à intégrer dans la société actuelle.Une telle attitude, valable à très court terme, apparaît une abberration à tous ceux qui voient dans l’éducation un facteur indispensable au développement socio-économique des nations.La préconiser équivaudrait à accepter la stagnation actuelle de l’économie québécoise, sa colonisation, et à réduire nos universités à la production des techniciens qui manquent à l'Ontario et surtout aux U.S.A.Ce qu’il faudrait au contraire, c’est, à côté d’un développement accéléré de l’éducation et du bien-être.procéder aussi à l’établissement d’une économie québécoise viable.Qu'il s’agisse de iîesage, de Johnson et même de Lévesque, nos dirigeants politiques se sont avérés beaucoup plus empressés à inventer des politiques sociales qui répondaient aux aspirations immédiates des populations qu'à fabriquer les instruments de libération economique qui fourniraient sur place les emplois nécessaires à une population mieux nourrie et plus instruite.C'est l’accélération de ce mouvement qui suscite les reflexes d'austérité et de freinage dans la psychologie de dirigeants économiquement incompétents et surtout peu disposés à prendre les mesures draconiennes que nécessiteraient un véritable développement de l'économie québécoise: planification, nationalisations, implantation étatique de nouvelles industries de pointe, revision de~ priorités, transformation des structures politiques canadiennes.l'expansionnisme Mais il ne faudrait pas que cette façon de ramener le problème à ses dimensions politiques et économiques fondamentales, permette au milieu universitaire de se replier sur ses revendications feutrées traditionnelles tout en négligeant ses incontestables faiblesses internes du côté de la pédagogie et du contenu de l’enseignement en particulier.Deux tendances idéologiques semblent se rejoindre sous les revendications à caractère pédagogique des étudiants.Pour un certain nombre d’entre eux, il s’agit simplement, en ajustant les systèmes d’examens et de cours, de faciliter au plus grand nombre la poursuite des études universitaires: malgré ses préoccupations démocratiques une telle politique risquerait cependant de rabaisser des standards universitaires qui, au Québec, ne sont déjà rien dont on puisse se vanter.Ce serait alors catastrophique pour ceux qui veulent édifier une véritable université québécoise et, à long terme, pour l’ensemble de la société.Mais, chez les étudiants les plus actifs et les plus lucides, du souci de participation à l’enseignement se dégage la nécessité de définir, à partir de l’université, une nouvelle culture québécoise, un nouveau modèle de société.Evidem- 13 ment, pour ce faire, il ne suffit pas d’insisier sur cette fonction de transmission d’u.t savoir théorique et technique ven-*.d’ailleurs qu’a exclusivement jouée l’université québécoise jusqu’à maintenant.On aura beau bouleverser de fond en comble les méthodes d’enseignement, on n’aura rien transformé de fondamental si l’université demeure un grand collège où les professeurs passent le plus clair de leur temps à enseigner ce qui s’est inventé ailleurs, sans participer eux-mêmes par la recherche au processus mondial d’innovation technologique et sociale.L'université, c’est avant tout un centre de recherche et de création au niveau des techniques, des institutions sociales comme de la culture.C’est surtout sur cet aspect qu’il nous faudra insister ces prochaines années si nous voulons construire un Québec vraiment libre.Il lui faut d’abord appuyer notre développement sur un ensemble de découvertes technologiques ui nous permettront de nous in-u.'trialiser en dépit des contraintes du défi impérialiste américain.Sans cet impératif essentiel, toutes nos autres tentatives sont vouées à l’échec.Elle doit encore inventer une société où l’efficacité s’unira à la participation, où le développement économique s’intégrera dans un projet global plus vaste respectant notre spécificité culturelle.Il lui faut enfin contribuer â définir les modèles culturels qui.devant la faillite du projet américain, permettront son remplacement par ces valeurs nouvelles ui, un peu partout, se dégagent e la lutte à finir engagée contre l’impérialisme et l’exploitation.Voilà les questions essentielles qui nous sont posées par les revendications étudiantes.Permettront-elles au Québec de créer son Université ou se noieront-clies dans les réformettes dont nous nous sommes toujours contentés?politique internationale philippe bernard le défi américain L’ensemble du livre de Jean-Jacques Servan-Schreiber (1) peut se résumer dans ce ti.ple énoncé: les Américains sont puissants, parce qu’il sont les meilleurs; pour éviter leur domination, nous devons les imiter; pour y parvenir, il faut un territoire de dimension comparable à celui des Etats-Unis et de population comparable, c’est-à-dire qu’il faut bâtir une Europe intégrée économiquement et politiquement.Cette étude est en quelque sorte une apologie de la société américaine, de l’efficacité de sa gestion économique, de sa capacité d’innovation, du rendement de ses investissements et de la rationalité de son développement.Les analyses de Schreiber sont fouillées et bien présentées et sa description du défi américain demeure juste; il touche le noeud du problème lorsqu’il écrit (pp.115 & 116): "en 1980, les Etats- Unis .détiendront un monopole de la technique, de la science, de la puissance moderne.( .) Le détenteur du monopole ferait inévitablement de l'impérialisme une sorte de devoir, son propre succès indiquant le sens unique et obligatoire où le reste du monde serait tenu de s’engager derrière lui.” De la même façon sa critique de l’inconscience politique des gouvernements européens, de l'ar-chaisme des structures sociales et économiques de ces pays, du conservatisme et du manque d’imagination de la gauche, française en particulier, indique bien l’absence totale de réaction de l’Europe devant "le débarquement américain” et que "la troisième puissance industrielle mondiale, après les Etats-Unis et l’U.R.S.S.pourrait bien être dans quinze ans, non pas l’Europe, mais l’Industrie américaine en Europe.” (p.17).Mais là où l’analyse de Schreiber me semble simpliste et partiale, c’est dans son interprétation des causes de la puissance américaine, dans sa réponse au défi américain et dans les lacunes de son analyse.Lorsqu’il suggère des moyens d’une contre-offensive, il met en évidence sa profonde admiration de la société américaine.Bien entendu, se sont développées aux Etats-Unis des mécanismes et des méthodes dont la valeur ne peut être mise en doute, tel que les techniques d’organisation et de gestion de la grande entreprise.Les Européens doivent-ils pour autant ’’accélérer la constitution de grands groupes industriels capables d’une stratégie mondiale”?(p.175) Ce serait vouloir doubler l'impérialisme américain d'un impérialisme européen.Evidemment, quand on écrit que l’Europe a choisi "entre son intégration dans le monde communiste et le maintient de son indépendance" (p.209) et que les Américains ont réussi au Vietnam à "arrêter le débordement de l’impérialisme chinois k — avec les instrumentistes, cri int ou chantant les syllables.Chaque séquence possède sa propre personnalité, mais il y a "coulage” entre elles, par des éléments qui se transforment et servent de lien d'une partie à l'autre.Si bien qu’à l'audition, les dix sé- quences doivent s'enchaîner, se fondre dans une seule grande forme.Phrases I n'est pas une oeuvre "politique”, la musique se prêtant mal à ce genre de manifestation.Cependant, le choix du texte et de son auteur indique à touc le moins une prise de position voulue par le compositeur.SERGE GARANT ON PEUT COMPTER SUR MOI.Concernant le dernier paragraphe du texte précédent, Serge Garant précise qu’il est difficile pour un musicien, étant donné la nature de l’art qu’il professe, de créer des oeuvres "engagées”.L’utilisation d’un texte à teneur politique plus ou moins directe constitue en fait le seul moyen.C’est le cas de Phrases I dont la musique se greffe à un texte revendicateur.Ce texte a été choisi en raison de sa teneur universelle de façon à ce qu’il soit significatif aussi bien ailleurs qu’au Québec.D’autre part, comme il est signé par Pierre Bourgault, il indique "une prise de position voulue par le compositeur”.Evidemment tout compositeur qui crée de la bonne musique participe au mouvement d’émancipation du Québec."Mais je tiens à m’engager de façon plus directe” affirme Serge Garant.Garant reconnaît qu’en général les musiciens d'ici ne sont pas intégrés à la société.Sans doute, le fait de pratiquer un art aussi abstrait que la musique explique-t-il en partie cet -état de chose.Le musicien n’utilise pas de concepts contrairement au poète, au romancier ou au cinéaste.Toutefois, une telle attitude est inconcevable dans le cours des événements actuels; comment peut-on s’isoler dans une tour d’ivoire et ignorer ce qui se passe au Vietnam ou au Quebec, dit Garant."Pour ma Î>art, je tiens à témoigner dans la imite de mes moyens, et signifier qu’on peut compter sur moi." Notons que l’inconscience et l’indifférence s’appliquent surtout aux musiciens d’un certain âge.Garant constate une évolution chez les jeunes; un de ses étudiants en composition lui a soumis un projet de musique sur un texte de Che Guevara.Selon Serge Garant, on ne dispose pas à Montréal, de salles de concert appropriées à la musique actuelle.Pour répondre aux besoins de la jeune musique il faudrait construire des salles circulaires qui permettent d’utiliser tout l’espace et non une direction donnée.Les auditeurs seraient placés autour des musiciens, eux-mêmes situés sur une scène centrale.De cette façon, une même oeuvre prendrait plusieurs aspects différents selon le lieu d’audition.Les salles de concert dont nous disposons actuellement correspondent au 19e siècle.La Place des Arts par exemple, n’est pas du tout fonctionnelle pour la musique contemporaine.Il faudrait des salles q*.: permettent une stéréophonie totale.Serge Garant est directeur musical de la Société de Musique Contemporaine du Québec.Cette Société, la seule du genre au Canada, a pour but de faire connaître la musique contemporaine et de prouver qu’elle est viable.Ac-tuelement la S.M.C Q.est limitée dans ses entreprises par des problèmes d’ordre financier malgré les subventions reçues.La préparation des concerts de musique contemporaine nécessite plusieurs heures de répétition parce que les interprètes ne sont pas formés à ce genre de musique et cela coûte très cher, dit Garant.Ces problèmes financiers ont une répercussion sur la programmation.11 existe des oeuvres très importantes qu'on ne peut monter, tel Mo-mente de Stockhausen.La S.M.-C.Q.compte parmi ses projets, l’organisation de tournées de concerts à travers la province.48 Le public musical d’ici est en général conventionel et sclérosé mais ce phénomène n'est pas particulier au Québec.Cela est dû au fait que les gens considèrent la musique comme un art de divertissement.Dans cette perspective, le compositeur contemporain est un casse-pied qui n’est bon qu’à déranger les habitudes."On va voir un film de Renais ou de Godard pour s’enrichir, de meme une exposition de peinture mais on va au concert pour se rer>oser” dit Garant.Toutefois, il est encourageant de constater que l’intérêt pour la musique actuelle grandit de plus en plu.°.Ceia est dû à ia S.M.C.Q.bien sûr mais aussi à la Société des Rencontres Musicales qui inclut toujours des oeuvres contemporaines dans ses progiam-mes, et à des événements comme la venue de Xénakis et l’Exposition Universelle.Plusieurs pavillons de l’Expo dont ceux de la France et du Québec diffusaient de la musique actuelle dans un cadre enchanteur qui faisait oublier les difficultés des oeuvres et brisait les réticences.Garant considère que les com* fjositeurs québécois sont aussi va-ables que ceux d’ailleurs.Sans doute, il n’est pas facile d’égaler un Stockhausen ou un Boulez.Mais le problème se pose aussi bien en Allemagne et en France qu'ici.Si l’on prend en considération le fait que les pays européens ont une longue tradition musicale en sommes à notre de compositeurs, nous ne sommes pas en retard.alors ieu fixe son regard et creuse un noyau qui saigne, comme un couteau taillant le muscle à travers le temps, rejoint la source du sang, ce poème fait irrésistiblement penser à Saint-Denys-Garneau: L’oiseau dans ma cage d’os, c’est la mort qui fait son nid.II ne pourra s’en aller qu’apres avoir tout mangé {mon coeur, la source du sang .Cette continuité thématique témoigne d’un indéniable enracinement.Mais les thèmes ont changé de sens: jusqu’à tout récemment, l’angoisse et la mort omniprésentes étaient destructrices, elles empêchaient la vie.Mais voilà qu’un poète réussit à les assumer volontairement, à s’en servir pour vivre et pour aimer, même dans la démesure: Ainsi l’angoisse tel un vent {noir invente son chemin dans {l’esprit.Et l’être répond ô panique ! en s’engouffrant par la fente {brune jusqu’à la démence, (p.29) Cette libération de l’instinct de vie ne va pas sans risque.Mais c’est le risque d’une reconquête, d’un choix de soi-même violant délibérément les interdits et les limites qui nous brimaient, nous réduisaient: Je me choisis sauvage obscur et jouisseur, écrit Ouellette.et du même coup s’instaure avec l’autre un rapport positif; la femme, provocante mais si saine parce que bien femelle, lui est donnée, et elle est bienveillante, infatigable et faste.L’homme, complet et sexué, s’assumant en toute liberté, en toute lucidité, et avec cette "sérénité crispée’’, l’homme québécois en mots dit par Ouellette, c’est décidément très nouveau, très fort et très beau.pouvoir aimer — et pouvoir le dire Pour pouvoir écrire ces poèmes, 50 il faut qu’un québécois en arrive à se dépasser soi-même, à sortir de soi pour dépasser le vieil interdit.Qu’il puisse accepter de se passer des repères sécurisants de la vieille idéologie, qu’il puisse assumer la vie, plus vaste que le moi et donc angoissante.Ouellette s’en explique lui-même: "Ainsi je découvre que je suis tributaire, dans l’acte poétique, d’un élément totalisant qui vient, me frappe, m’actualise, sans que je n’aie aucune notion de son essence véritable, n’en subissant que la brûlure, la musique.Et je ne puis m’empêcher de rapprocher cette phrase de la suivante, de Claude Lagadec, dans le numéro de Liberté sur l’érotisme: "L’apparition dans mon champ visuel o’en corps de femme provoque un éblouissement qui est pour ma conscience une énigme et pour mon inconscience la promesse de ma totalité.Non seulement je n’y comprends rien, mais je suis bien près de m’en féliciter (.) De même, la proximité du corps nu d’une femme provoque une turgescence à laquelle je ne comprends rien et dont je ne connais que la rassurante inévitabilité.” (p.41) Cette identité de l’acte d’amour et de l’acte poétique, un psychiatre, julien Bigras, la souligne dans le même numéro de Liberté: "Disons qu’à titre d’hypothèse je formulerais les choses ainsi, le désir érotique est un langage commun à tous les hommes; scs règles et sa logique interne nous precedent et en grande partie elles nous sont obscures.Mais le problème ne se pose qu’au moment où l’homme se met à vouloir réaliser de son propre chef l’acte d’aimer ou de désirer, et notamment s’il tente de le faire en toute conscience.Car à ce moment il a à se situei dans le langage.(.) l’art de vivre et d’aimer se situe dans cet effort de transgression, c’est-à-dire dans cet effort de transposition en langage vivant de ce langage de mort qu’est celui de l’instinct.Car l’ins- tinct ne cherche que sa décharge immédiate, que sa mort pour ainsi dire.(.) .le poète, d’une certaine manière, fonctionne pareillement.(.) Son art se situe dans la manière tout à fait particulière et individuelle de parler aux hommes.La transgression dont il s’agit consiste à rendre individuel le langage collectif.” (P- 51-53) Que nos poètes débouchent sur l’érotisme importe.Et qu’ils le disent bien compte aussi: "Il peut arriver parfois que le bonheur d’expression soit aussi l’expression d’un bonheur”, dit encore Lagadec.Me comprendra-t-on si je dis que tout cela me donne la certitude de la conquête prochaine de l’indépendance du Québec?L’idée du bonheur est en train de remplacer ici celle du salut, parce que le bonheur est enfin possible, qu'il est à notre portée.C’est là une découverte que nous faisons à la fois collectivement et chacun pour soi.Nous avons le droit de vivre, la chance du bonheur.A compter de maintenant nous n’avons plus à nous complaire dans notre dépossession.Il y aura ceux qui oseront, et qui deviendront des hommes libres.Et il y aura les autres, ceux qui ne verront jamais la promesse de cette liberté.Comme c’est la poule qui pond qui chante, c'est ceux qui ont des démangeaisons qui crient pouilleux.Tant pis pour eux.Ils seront laissés pour compte.Le Québec qu’ils nient est déjà inventé, déjà dit dans les mots d'hommes déjà libres.REFERENCES: Fernand Ouellette: Dans le sombre, éditions de l’Hexagone, 1967.Claude Lagadec: Eros et l’intervalle, in Liberté, no 54.Julien Bigras: Eros et la transgression, ibid.les ”zarts zartis- tique” thérèse dumouchel du spectaculaire au spectacle ou .du rejet d'une totalité illusoire à la réalisation.J’ai déjà exprimé dans cette chronique la pensée que nous sommes une sale clique de voyeurs.J’aimerais expliciter cette pensée pour ceux qui n’auraient vu qu’une provocation gratuite et sans fondement.Cette conviction, à la suite de réflexions et de lectures, a trouvé des fondements plus rationnels.Le spectaculaire (information, publicité, propagande, consommation de divertissement) est une des principales productions de notre société.Notre environnement quotidien est celui du spectaculaire parce qu'une société axée exclusivement sur la consommation ne peut se maintenir que par une production effective du spectaculaire (vg.la publicité).Il faut à tout prix susciter le désir d’avoir car la production capitaliste ne peut se limiter à la satisfaction des besoins existants.Pour augmenter le capital, il faut perpétuellement créer de nouveaux besoins et créer l'illusion du nécessaire.Lin monde d’images est fabriqué de toutes pièces pour les besoins du capital et rangé avec soin et autorité dans la catégorie de l’indispensable.Le 51 monde réel s’évapore au profit de ces images qui deviennent des réalités puisqu’elles sont produites mais des substituts inaccessibles de ce réel concret puisqu’elles ne sont que des images.A titre d’exemple, le corps humain féminin masculin.Ce sont là des formes concrètes susceptibles d’entrer pour elles-mêmes dans le champ de l’érotisme par une activité consciente mais elles sont niées au profit de sous-produits.C’est le capital anonyme qui fabrique l'érotisme et le distribue avec indications du mode d’emploi.L’érotisme n’est plus une relation vécue sous tel angle et prévilégié par une conscience à tel moment de son existence mais la soumission au pouvoir absolu et extérieur d’une mar-ue de commerce à un moment ’un temps qui n’appartient qu’à elle.Les corps ne sont plus erotiques dans un comportement vécu voulu tel mais par leur soumission plus ou moins adéquate aux lois ’’érotiques” inventées par les couturiers, les vendeurs de cosmétique et Miss Clairol.La réalité vécue est envahie par le spectaculaire qui suscite des comportements hypnotiques.Ht comme la majorité aes individus humains ne pourront jamais s’identifier complètement à cette image imposée de l’humain idéal ni entrer effectivement en relation avec elle, ils sont condamnés au voyeurisme.Le paraître s’est tellement substitué au vécu individuel que notre vie actuelle est devenu une abstraction généralisée.Le culte des vedettes est un symbole parfait de cette mystification.Une enquête prouverait facilement que ceux qui s’intéressent le plus aux potins sur les vedettes et qui cherchent davantage à les imiter sont ceux que notre société de l’accumulation du capital a le plus impitoyablement rejetés vers l’anonymat.Le friand des vedettes est celui à qui le produit de son travail échappe le plus, celui chez qui la scission entre homme privé et homme public est la plus évidente (celui qui est- sans activité sociale efficiente), celui pour qui les rapports humains tant individuels que collectifs sont le plus inexistants, celui que le système rejette dans une passivité qui le condamne à n’être jamais reconnu.Nos structures sociales et politiques soumises aux lois de la consommation ont créé un monde tel que tout ce qui était directement vécu s’est éloigné dans une représentation.La vie réelle parcellisée parce qu’aliénée, est projetée dans une fausse totalité d’images illusoires.Le monde réel devient un inonde de contemplation.Par le spectaculaire, l’apparence devient finalement le monopole de la valeur.Le prestige social a remplacé la qualité d’homme social.Toute réalité individuelle est devenue dépendante de la puissance sociale et cela, parce que le spectaculaire, produit du capital cumulatif est produit d’une classe qui se contemple dans cette totalité illusoire et qui s’impose à toute la société parce que le capital est le pouvoir.Images par lesquelles cette classe se justifie et qu’elle met en vitrine comme modèles du seul choix d’existence valable pour tous les autres qui ne pourront jamais y accéder.Le spectaculaire est le signe de la production régnante et il exprime fort bien la hiérarchisation des pouvoirs.La classe dominante, supérieure et omnipotente est propriétaire de tous les media par lesquels l’homme sans activité sociale réelle en est réduit au permissible de cet ordre établi qui se donne en spectacle.Le sens critique anesthésié du peuple n’est pas un fond de nature.Il n’est qu’une conséquence du spectaculaire volontairement organisé par le capital à tous les échelons de la vie sociale.Les élé-cubrations actuelles de nos fédé-r as tes par exemple, ne font qu’assumer la réalité de l’Establishment 52 qui, pour se maintenir, a besoin que nous restions les voyeurs de notre propre vie économique, politique et sociale.Le politique directement assumé et vécu par tous s’est éloigné dans une "représentation” parlementaire.Le député, le ministre, autres vedettes dont en période électorale on surveille avec soin la mise en scène.La "délégation de pouvoirs” est la conséquence d’une scission bien plus fondamentale.Depuis trois cent ans, nous avons délégué notre pouvoir primordial d’exister.Le maintien de l’Establishment anglais et américain suppose à tous les niveaux que nous ne partions jamais à la conquête effective de nos désirs réels savamment maquillés pour défendre de tout autre intérêt que ceux de nos réels besoins.Ceci étant dit, il est inconcevable qu’une production artistique qui se veut authentique continue à se prostituer en s’identifiant à cette masse toujours plus trompeuse et envahissante des intermédiaires du spectaculaire qui contribuent à façonner des relations humaines dégradées.Une production artistique qui contribue à renforcer le phénomène de la "foule solitaire’’ est une production artistique bâtarde.Et l’égarement dans cette voie de garage est d’autant plus facile que l’homme québécois concret qui n’est jamais reconnu dans cette société a besoin d’une vedette à imiter parce qu’il ne sait pas qui il est.Il a également besoin de vivre sur un mode imaci-nairc cette absence qui ronge sa vie réelle.La conscience de soi n’advient, disait Hegel, que lorsqu’elle est reconnue par une autre conscience de soi.Ce n’est pas par prosélytisme de boyscouts qu’Artaud et Brecht voulaient débarrasser la scène de l’omniprésence de la vedette.Artaud revient aux mythes anciens comme au biologique pour les utiliser à sa vaste entreprise de démystification; ce qu’a bien compris le Living Theatre.Brecht et Artaud comprenaient le mal de leur siècle.Ils ont "déspectacula-risé” le théâtre bourgeois pour inventer un art collectif où la participation réelle de la conscience soit nécessaire.Cette exigence posée, le théâtre, entre leurs mains, ne s’est pas transformé en thèse, il est resté un divertissement, mais intelligent.La Mère Courage de Brecht ne s’exprime pas en langage philosophique.Brecht a dû faire ses classes à une bonne école où la participation intellectuelle n’était pas synonyme d’ennui.Il est faux de prétendre que le peuple est imperméable à la bonne production artistique.Il l’est lorsque la production artistique est devenue une masturbation raffinée de pseudo-intellectuels oisifs.J’ai vu, il y a quelques semaines, Pauline Juiien applaudie à tout rompre par un public de gens bien ordinaires.Or son répertoire exclut toute vulgarité, toute fadaise.Le peuple n’est ni vulgaire ni stupide par nature.Seules des conditions objectives ont pu permettre qu’il devienne pauvre en esprit, c'est-à-dire limité dans son dire et dans son faire.Car l’esprit n’a rien à voir avec l’instruction scolaire et la majorité des choses qui valent la peine d’être apprises ne sont pas dans des livres.Nous savons tous par ailleurs — Pierre Elliot-Trudeau et son éloquence pouilleuse exceptés — que les conditions objectives se transformant, la conscience s’acquiert.Or une production artistique qui ne conteste pas ces structures aliénantes se nie elle-même comme art.L’art est essentiellement communication et en jouant le jeu du système qui empêche la conscience individuelle et collective d’apparaître, on tire sur ses interlocuteurs possibles.On contribue à refouler la majorité de ceux qui composent notre société aux frontières de la non-communication et l’on se plaint ensuite de ne plus trouver personne avec qui communiquer.Si la plupart aes gens ont une conception de la réalisation artistique et une perception de l’artiste si fausses (ils voient l’individu endosser sa ’’qualité" d’artiste comme un gilet d’habit), c’est que la non-reconnaissance est réciproque.Ce n’est pas pour rien que nos artistes sont plus souvent qu’à leur tour exhibitionnistes.Si les psychiatres constatent que le?gens à tendances exhibitionnistes s'orientent généralement vers une carrière artistique et particulièrement le spectacle, ils ne peuvent le constater que comme un fait de culture.L’artiste se réalisant dans une forme est à l’opposé de l'exhibitionnisme, manifestation exaspérée d’une conscience angoissée et impuissante qui entre dans le champ du pathologique.Et si l’on considère que l'impudeur est une présence brute du corps ou des sentiments, se montrant plutôt que s’actualisant, on peut dire que l’artiste authentique est la pudeur même.L’authentique homme de spectacle n’est pas spectaculaire, étant entendu que ce terme ici n’a rien à voir avec le plus ou moins d’expression corporelle relative aux lois propres à tel ou tel spectacle.Lorsque les artistes deviennent exhibitionnistes, c’est parce qu’ils sont situés dans un univers ae la non-réalisation effective de soi et du monde et de la non-reconnaissance.Situation quotidienne des travailleurs.Un public de voyeurs réclame ses exhibitionnistes.Les uns et les autres ne peuvent être lucides qu’en même temps.Si la reconnaissance n’est pas réciproque, aucun des deux partenaires n’atteindra à la conscience de soi.A lire: La société du spectacle, Gebord, éd.Buchet[Chas-tel La foule tolitaire, Reis-man, éd.Arthaud.andré théberge 2 ou 3 questions loissées en suspens La grande sécheresse et la grande conséquente soif est revenue: même pas deux ou trois choses peuvent nous désaltérer.C’est le grand désert, quoique nous soyons inondés en grande, en héneaurme quantité de films qui nous "suggèrent’’ Ie d’être victime de son harem frigorifique, 2° de pénétrer dans le monde incroyable de la femme, 3° un nouveau code de la morale!, 4° une nouvelle vision de l’amour, 5° un film d’une beauté visuelle émouvante et provoquante, la scène de séduction est pleine de chaleur!, 6° une intrigue amoureuse pas comme les autres, 7° un amour turbulent dans le feu de la révolution, 8° de Suède.un concept tout nouveau en fait de cinéma artistique, selon la grande tradition de réalisme du cinéma Scandinave, 9° le suspence (sic)- de l’année, 10° un cirque psychédélique, 11° un film à la manière Scandinave!, 12° une expérience unique dans l’art cinématographique, 13° le film le plus controversé de l’année!, 14° une satire irrésistible de l’amour conjugal, 15° le choc de votre vi-M, 16° une jeunesse défiante!, 17° le plus beau film de l'année, 18° l’un des plus grands succès cinématographique jamais vus ?Montréal !, 53 fyv -> 4£5f‘4S Wmmi’ j* y«H TfMl • l* bwmm erf.-»» il?*»* r4\ 2$T: •r«.r *¦• • -\?f v : JL SW* 1 asÿgîj MM s.^,* k » *1 ** » „ \ t%l m* t-JJfG ?* r r • >• K« * ^»- • M n -, 54 v 19° le portrait vif et lucide d’une fille libre et rebelle, voluptueuse et passionnée, 20° l’angoisse physique et spirituelle dans une oeuvre provocante!, 21° un éclat de rire à tout casser!, 22° toute l'insouciance et la cruauté de la jeunesse d’aujourd’hui !, 23° un film extraordinaire! un film démentiel! un film sans pareil ! UN CHEF D’OEUVRE!, 24° les prostituées à travers le monde, 25° un programme fantastique, 26° espionnage et terreur!, 27° horreur et suspense!, 28° l’amour illicite traité avec une grande délicatesse et une haute qualité artistique, 29° une femme troublante, 30° une invasion des morts vivants, 31° un autre triomphe de Sara Monticl en couleurs: "Il était une femme’’ (ça, c'est pas mal difficile.).On nous propose donc au moins 31 choses (sans compter l’indomptable vous-savez-qui)) plus ou moins "intéressantes” à voir, et à peine 2 ou 3 choses à peine moins dégueu lasses.Ça nous fait nous poser des questions sur le système de programmation et de distribution .On en reparlera.Il fait froid.* * * On ne peut soupçonner jusqu à quel point la programmation des cinémas à Montréal est soumise a la température.A chaque début de saison: automne, hiver et les deux autres (puisque selon 1 Almanach il y en a quatre, et de durée égale, mais allez-y voir), il pleut des films qu’on a envie de voir.On ne sait plus où donner de la tète, on se tire d’un bord et de l’autre, et on épuise sa tirelire.Puis, alors qu'une "saison n’en est qu’à sa deuxième ou troi- sième semaine d’existence, il fait creux soudain.Plus rien.Pouf! Quelques petites vagues de temps en temps, comme cela, La Collectionneuse, Le Règne du jour, ou la "Semaine politique’’ (la politique, tout le monde le sait, ça coûte cher aux contribuables)* à laquelle je n’ai pas "participé", faute de motivation, d'intérêt réel pour les films qui nous étaient proposés.A revoir Le Chat dans le sac trois ou quatre fois, la réaction à ce film (que je prends seulement à titre d’exemple de film qu’on peut revoir de temps en temps, ne mettant pas en cause sa valeur indiscutable) s’use.Les manières de le voir, selon que l’on est plus ou moins en forme ou plus ou moins de bonne humeur ou qu’on a plus ou moins bien • mangé ce jour-là ou qu’on a plus ou moins bien dormi la nuit précédente, peuvent être toutes différentes, mais il ne s’y retrouve finalement qu’un dénominateur commun pour l’apprécier ou pour en parler: "C’est bon”, "J’aime bien cela’’, exétéra.C’est-à-dire que notre réaction à un film ou notre action sur un film ne peut être qu’émotive, ou non-verbale, comme disait Salvas à propos d’autre chose mais qui s’applique dans le cas qui nous intéresse présentement.La réaction x (ou action sur) un film est toujours globale.II y en a qui diront "j’suis d'accord avec le parti pris, mais j’aime pas le film’’, ou (s’ils n’ont rien compris) "Ah, pour ça, la technique est bonne!", ce qui arrive au même.La chèvre et le chou, on n’ose pas se prononcer pour ou contre, écouter totalement sa réaction globale, être logique jusqu’au bout.On peut aimer un film parce qu’il est aimable, on peut détester Je même film pour la même raison.Ou, on peut aimer un film parce qu’il est détestable, ou le détester pour la même raison.Et il n'est pas dit qu’on ne peut pas changer d'idée à propos d’un film, l’aimer un jour et le détester un autre jour pour les mêmes raisons ou pour des raisons opposées.(Si j'étais philosophe et pom- Î)ier, je dirais que c’est mon droit e plus strict, en tant qu’être humain, que de me contredire.) Qu'est-ce qui fait qu'un film soit aimable ou détestable, donc?Un critère, le plus aléatoire qui soit, celui du charme (ou de manque de charme, c’est selon).Qu’est-ce que le charme?Ah, ça, Littré ou même Robert ne sauraient le définir.Me voilà rendu, de par les pièges d’une logique que beaucoup ou d’aucuns trouveront chancelante et suspecte, à revendiquer (!) l’irréductibilité de l’individu dans l’appréciation, la réflexion, la critique, la glose sur les films.Vive(nt) les girouettes! De toute façon, c’est à reprendre.Et à quoi sert la critique?Autre question à reprendre.* * * Parlons donc, donc, de 2 ou 3 choses que je sais d’elle, l’événement cinématographique majeur du mois, comme dirait l’autre.Une chose irritante à propos de 2 ou 3 choses ., c’est qu’il n’est ni détestable ni aimable.Qu’est-ce que l'art Jean-Luc a dit avec Pierrot le fou adieu à la vie vécue dans la fiction.Depuis deux ou tro«s films il dit bonjour à la fiction dans la vie vé*cue.Masculin Féminin nous montrait les enfants de Marx et de Coca-Cola (ces deux étant des marques de commerce bien connues), Made in USA nous montrait une femme prise dans des démêlés d’ordre politico-politique, 2 ou 3 choses .nous montre une femme qui a des problèmes de budget (entre autres choses).Si Godard a dit adieu à 1’ "art", c’est peut-être qu’il a, paradoxalement, trouvé son métier, son art, sa façon de voir, que sais-je encore.Et, plus qu’un film sur la prostitution, sur la terrible loi des "grands ensembles", sur la violence, sur le Viêt-nam lointain comme chacun sait, sur le néo-ca- 55 pitalisme et autres états "normaux" du monde moderne, plus ?|ue cela, 2 ou 3 choses.est un ilm sur le bruit, un film du bruit et un film de bruits.Deux ou trois choses, quoi.Tout son est bruit, ici, et même la voix humaine, bruit plus 0*1 moins fort ou plus ou moins audible selon qu’elle est "off” ou "on”.Le fait que J.-L.G.chuchote son commentai- re n’ajoute rien au fait qu’il demeure un bruit "off".Et on croit plus ou moins et moins que plus à la conscience révélatrice et libératrice de Marina Vlady: elle joue plus, finalement, le rôle de la femme soumise, rôle bien connu de nos québécoises, soit dit en passant.Tout cela est fait avec le brio qu'on connaît bien à J.-L.G.Mais, somehow, on n’accroche pas, ou on décroche, c’est selon.Et une question nous saute immédiatement à l’esprit: qu'est-ce que l’art Jean-Luc G.fait-il de l’art?On commence à sentir de la complaisance chez lui .Question à reprendre, elle aussi.C’est grave .d'exil fragment round' midnight in son francisco .une nuit très très prenante à l’Avalon, Siegel et Schwall intensifiant un blues rocké jusqu’au point d’éclatement des facultés d’absorption, recaptant ensuite système nerveux et esprit au moyen de combinaisons avec les masses sonores d’un baroque entre Cimarosa et Jelly Roll Morton, ou aussi bien ”Le songe d’une nuit d'été” et ta prise de pouvoir par Louis XIV, qui fait irrésistiblement danser, rêver, s’émerveiller.A ce même Avalon cette même nuit, d’un monde fascinant de projections à travers la salle et sur les murs de graphiques, de couleurs, d'animations, de vibrations qui encastrent et à la fois propulsent l’univers sonore en un girasol giratoire et dans une giration intersidérale, l’extraordinaire tension lancinante de l'Hour Glass, marées fornicatoires et silex ciselés bruts brutalisant en cisailles siluriennes cistes et silènes et silures et cistudes d'un alliage végétal-animal qui éblouit, le corps soudain ouvert comme un soleil torride bien que plus léger que l’air aux enfoncements-dagues de résonnances et de vastitu-des harmoniques à l'érotisme érosif, en ce mélange de cinglantes percées et d’un affouillement consrant l’organisme fondu littéralement aux deux petits or- gues-harmoniums, aux guitares et basse électriques, aux drums de l'Hour Glass, Renaissance et rag-time et ' electronisme” perçus dans chaque immédiat et la somme de leurs interférences telle une cathédrale marrocosmique.C’était la première nuit à l'Avalon, rues Sutter et Van Ness, et avec une carte de Family Dog Productions m'identifiant comme invité sur la liste permanente de l'Avalon (c'est la seule réponse reçue encore à ma lettre demandant d'être informé et invité adressée à plusieurs compagnies de films et lieux de musiques, avec photostat de ma carte de presse MacLean 68).Ce fut une nuit mémorable.Et c'est l'Avalon le lieu à San Francisco de cette musique d'aujourd'hui que je préfère.Jerry Abrams head lights.Musique d'aujourd'hui.Je la vis assez maintenant pour y discerner le possible révolutionnaire d'une musique, enfin en tant que telle et à la fois circonscrite historiquement et sociologiquement, synthétisant dans le présent vécu traditions et expérimentations, idiomes jusqu'alors imperméables les uns aux autres et demande encore mal décantée mais proliférante de collectivités avides d'un univers sonore participant de la modernité qu’elles vivent.Sera-ce aux Beatties, et aux Rolling Stones, aux Doors, aux 56 Mothers of Invention — et il faudrait ici nommer, ce qui est probant, 20, 30 groupes — que Ton devra cette musique-globalité, réconciliant pour/en l'homme après 2,000 ans d'efforts et d'errances science et humanisme, savoir et sensation, intelligence et physique, la culture et la technique ?C'est bien possible.C'est déjà ce qu'on entend parfois.Parallèle d'écritures en ayant fini une fois pour toutes avec philosophie, politique, poésie, essai, critique, roman, journalisme, l'un aux autres toujours devant renvoyer, et toujours d'autres l'un découler, collages, globalités écrites, alors seulement l'écrit conservant droit de cité, sinon même de moteur, dans ce monde de l'audio-visuel.Un aller-jusqu'au-bout de ce qu'entrevovait Claude Roy écrivant d'Aragon : ".l'instable présence au monde d'un poète auquel on peut appliquer tous les composés d'un même mot, journaliste, journalier, homme de jour, et qui, com- me le jour, sait avoir son aurore, son midi, son couchant, sa clarté toujours neuve et toujours souveraine." Cahier du cinéma 194 : "Cahiers Pensez-vous que, quand Aragon écrit sur vous, ce soit à cause des "collages"?Godard Ce sont peut-être les digressions qui l'attirent, le fait que quelqu'un les emploie aussi bien comme digressions proprement dites que comme mode de construction." Et qu'est-ce que j'essaie d'écrire, que je ne tenterai pas n'y avais-je si ardemment et ardûment pensé, n'y étais-je si instinctivement, intellectuellement, moralement (comme individu, visant à l'efficience d'une communication, dans une praxis) incité, engagé, joué, vécu?.Patrick Straram (extrait de Le cactus-ookpik, écriture 4 de Blues clair.) "Le seul camp neutre du Québec" LES LOUPS MER Village de vacances organisé selon une formule sou pie à la Petite Rivière — Comté de Charlevoix.Colonie de vacances pour garçons de 7 à 14 ans pour filles de 7 à 16 ans (section spéciale pour adolescentes) Garderie pour les plus jeunes Pension style auberge pour les parents de passage Pour plus de renseignements, demandez le prospectus: Lin et Michelle Lavoie 5469 Ave Esplanade, Mtl 14 276-2670 57 EN SPECIAL ! pour les lecteurs de parti pris les québécois un choix de textes des volumes I et II de la revue parti pris préfacé par jacques berque, professeur au Collège de France publié à Paris chez François Maspero, l'éditeur de: — Régis Debray — "che" Guevara — Fidel Castro — Frantz Fanon $4.00 port payé bulletin de commande : nom: adresse ville veuillez me faire parvenir .exemplaire O, un mandat-poste ?, au montant de (s) de "les québécois" ci-joint un chèque fait à l'otdre de: Les éditions parti pris c.p.149, station "N" Montréal 18.58 Bulletin de commande - volumes déjà parus éditions parti pris Veuillez me faire parvenir les litres suivants: ?la ville inhumaine, roman de Laurent Girouard $2.00 ?le cassé, nouvelles de Jacques Renaud .$1.00 ?la chair de poule, nouvelles d'André Major .$1.75 ?la nuit, roman de Jacques Ferron .• $1.50 ?pleure pas, germaine, roman de Claude Jasmin $1.75 ?journal d'un hobo, roman de Jean-Jules Richard.$2.50 ?carnets politiques, de Jean-Marie Nadeau avec une préface de René Lévesque .$2.00 ?sonnets archaïques pour ceux qui verront l'indépendance, de Jean-Robert Rémillard .$1.00 ?papa boss, roman de Jacques Ferron .$1.50 ?le monde sont drôles, nouvelles, suivies de la ville depuis ., lettres d'amour de Clémence Desrochers $1.50 ?les cantouques, poèmes en langue verte, populaire et quelquefois française, de Gérald Godin $1.00 ?les cent dessins du centenaire, par Berthio .$2.50 ?les coeurs empaillés, de Claude Jasmin .$1.50 ?élégies pour l'épouse en-allée, d'Alfred Desrochers $1.00 ?du duplessisme au johnsonisme : 1956-1966, de Gérard Bergeron $3.50 ?mon pays, le Vietnam, de Nguyen trung viet $2.00 ?la victoire de St-Denis, par R.-L.Séguin .$1.00 ?l'inavouable, poème de Paul Chamberland .$1.50 ?nègres blancs d'amérique, autobiographie de Pierre Vallières $3.00 Nom .Adresse .VI ll^^ .a.Ci-joint un ?chèque, ?mandat de poste, au montant de .Faire parvenir ces bulletins à Les éditions parti pris C.P.149, Station "N", Montréal (18) Bulletin d'abonnement Revue parti pris, C.P.149, Station "N" Montréal Veuillez m'abonner à parti pris pour 12 livraisons, à compter du numéro • • • •• < Ci-inclus mon chèque au montant de $6.00.(Etranger par avion et abonnement de soutien: $10.00).NOM ••••••••••••••••••»«••••••••••?••••••*••••< ADRESSE «•••¦•• M ••• ••••••••• ••••••••••»•••••••••••« VILLE >»» — »«•«« »»«» »> » » *« »*•»»*« PAYS * • • • • « SIGNATURE LA BARRE DU JOUR * revue littéraire bimestrielle * 13 numéros parus * nouvelles, poèmes, pièces, essais, études critiques * un numéro triple sur ta dramaturgie québécoise * un numéro spécial consocré à Roland Giguère * textes inédits de Arthur de Bussières, Charles Gill, Nérée Beau chemin, Louis-Joseph Do u cet, Louis-Joseph Quesnel, Albert Lozeau, Jean-Charles Doyon — ces inédits font l'objet d'une chronique.Veuillez m'abonner à partir du numéro .Hem .1 an (6 numéros): $5.00 à l'étranger: $5.50 h ôtez-vous I c'est le moment où jamais de compléter votre collection de la revue parti pris il ne reste que cinquante exemplaires du volume I prix spécial —pièce de collection .$10.00 les autres volumes et exemplaires sont vendus au prix marqué séries spéciales manifeste: nur.véro-présentation, manifeste 64-65, manifeste 65-66 .$1.50 problème de culture: le cinéma, l'information, la littérature au Québec .$1.00 études de milieux: le milieu rural, les villes de Montréal et Québec .$T00 portraits de ce ionisé: deux numéros doubles sur les aspects vécus de la colonisation au Québec .$1.50 Entourez d'un cercle les prix des séries ou numéros demandés et envoyez le tout à Revue parti pris, case postale 149, station N, Montréal, au Québec nom .adresse .60 îMeB I 11=7^ Il •TJ.M- JW.1 0323* ilî-k] mm m¥&\ * t v> ‘ s&s« y.» .1, SHÎüJîryl &SbSb W***" y%*- *W* wfeaT* v*.'**}•*' f.»-t * «*2 •: * v » j f'.'Cl«j *HW :»W* *?i*-Ç*4 ‘«MA ïT.- V M V I ¦* > ¦V V > **•: EK*: «?***** • - ¦ HSS# life 3^5 : !»' K,^ *î • ' *•_> % >^sr ).jtftt \*- •WC, «- •** .VSf-.^i » >4^ ( < •*.- r .T r»wt 5t.Nl./Jy •^y » ¦f ,rl .CW ^yta w#W* v v \ nr H ',* ,r^ Ç '-* 7» * • * i» &** »2S?« .•4 r V ow fil 2 ià Ç* MO &*rit*4ki w\ tSfëïîflSw • —.4 ¦*.•€> 4** r y,> aSfoS^S .>.mm mm Sl\'lTtr IHB M Swsa ii''T- Has, •< 9 .•tiu ^rn 11^ TO • •Usf TO! ¦-.
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