La presse, 25 novembre 1978, I. Vacances - Voyage
[" f * a m m zi m .m m t i .¦ ) Ysifc'j @5 kMà $ : ' V MONTRÉAL, SAMEDI 25 NOVEMBRE 1 978 « \u2022 : ,X*u, \"O#,, :v **:\u2022\u2022.* :M*s V I M % ggmm y \u2022\u2022 m \u2022 S :: r \"1 m e m : K:\"': m m m \"v 1 ü m \u2022< q % % % y > fi' / J :: « 320 jours de soleil et la douceur de vivre m ' KM ¦ n i «8® Parmi les moyens de subsistance qui font des Baléares des îles autosuffisantes: les marais salants qu'on retrouve à Ibiza et surtout à Fermentera.par Madeleine DUBUC «Dans les îles, il pleut habituellement 45 jours par année, a dit le chauffeur un peu pessimiste, qui amène les visiteurs de l\u2019aéroport à Palma de Majorque.Cette année, on est rendu à 50 jours et c\u2019est inquiétant.» Ce jour-là, la guigne a cessé et juillet a ramené le soleil aux Baléares, pour le plus grand bonheur des Européens du continent qui connaissaient chez eux un été de pluie sans fin.L\u2019archipel des Baléares, des îles de soleil et de charme, habituées depuis les siècles aux invasions de toutes sortes, de celles des corsaires à celles des croisés, de celles des barbares d\u2019une époque révolue à celles des hippies des temps modernes jusqu\u2019à celle, plus récente des Allemands, des Scandinaves et des Hollandais, reste un paradis pour le tourisme, si on nous pardonne le lieu commun: climat presque uniformément beau et chaud, tempéré parla brise de la mer qui rend les nuits fraîches et les séjours à la plage endurables en plein midi, population fiè-re et hospitalière à la fois, et, en ces temps d\u2019inflation, prix de séjour pouvant faire compétition avec tout ce que la terre voyagère offre à l\u2019heure actuelle.Ce dernier avantage partagé, aux dernières nouvelles, avec le Portugal, hors saison.Ibiza d\u2019abord On s\u2019initie souvent aux Baléares à Ibiza, «l\u2019ile blanche» que la dernière décennie a rendue célèbre parce qu elle est devenue centre international de noms connus, de beau monde du «jet set» et,avant qu\u2019on ne les mette au pas et qu\u2019on leur suggère d\u2019autres deux, des hippies des années 70.«A Ibiza, dit le gentleman à moustaches britanniques qui fait la minicroisière entre San Antonio Abad (Ibiza) et Fermentera, File la plus proche, en parlant histoire et en indiquant les tours crénelées ou les rochers roses de la côte, rien ne se passe comme ailleurs.Tout est à l\u2019échelle du fantastique, quelquefois du farfelu.C\u2019est même le seul endroit au monde où on n'ait jamais élevé un monument aux pirates.» «.et, ajoutera le gentleman, un habitué des îles et dont les yeux pétillent de souvenirs, c\u2019est véritablement «a pleasure island», une île de plaisirs.» tout ça dit alors que le petit bateau de croisière réussit son entrée dans le port au coucher de soleil sur San Antonio, laissant aux touristes le loisir de frôler de près les énormes voiliers et les yachts des princes du sang et de l\u2019argent qui se reposent de leurs plus récentes équipées.Il reste qu\u2019Ibiza la blanche, quand on n\u2019y possède pas un yacth ou une villa nichée dans les rochers, est î\u2019ile la plus galvaudée des Baléares et que sa réputation se transforme tranquillement en celle d\u2019un endroit où il vaut mieux aller hors saison, les périodes estivales voyant plages et calanques jadis calmes et exclusives devenir d\u2019année en année villages de touristes avec six maisons-appartements, trois hôtels, bistrots bruyants et étalages de paniers, de chapeaux de soleil, de romans policiers et de crèmes à bronzer.A Ibiza, qu\u2019on revoit après cinq ans, on cherche maintenant la petite plage où on se retrouvait seuls et sans voiles.Les prédateurs l\u2019ont découverte et monnayée bien sûr.Il en serait ainsi de toutes les Baléares si Mi-norque ne s\u2019insurgeait pas contre le tourisme, si Fermentera ne leur consacrait qu\u2019une seule de ses côtes et si Majorque n\u2019était pas si vaste.Majorque la noble Majorque, pour les habitués et les touristes, c\u2019est d\u2019abord Palma, une belle ville européenne de 260,000 habitants, où les quartiers anciens alternent avec les modernes, avec une cathédrale dorée qui surplombe la ville, une citadelle et un mur de ceinture, avec un immense port de commerce, de pêche et de plaisance, avec des rues de restaurants internationaux et les terrasses sous les palmiers rappellent la Fouquet\u2019s de Paris dont elles ont dû d\u2019ailleurs s\u2019inspirer.Palma, avec ses places situées aux carrefours de trois ou quatre rues piétonnières, où on regarde, comme au temps des duègnes et des regards voilés les belles Majorcaines faisant leurs courses, à ces différences près que maintenant, au lieu de chercher des fiancés, elles noussent volontiers des landaux à bébés et attendent les maris qui sortent des bureaux avoisinants.Entre six heures et le moment du dîner, il y a plus de belles filles sur les places de Palma que les places peuvent en contenir et plus de beaux gars au mètre carré que le regard des voyeuses peut en prendre.Palma, île prospère est également une île où l\u2019élégance des autochtones dame le pion à celle des gens de passage.# ¦K ü X De la capitale, qu\u2019on n\u2019habite pas nécessairement lorsqu\u2019on est touriste \u2014 les vingt kilomètres de plage qui l\u2019entourent offrant des centaines d\u2019hôtels de tout acabit \u2014, si on veut rayonner dans Pile on peut le faire très facilement, le séjour offrant assez de projets d\u2019excursions pour rompre la relative monotonie des jours de plage.A la Place d\u2019Espagne où se retrouvent autobus, autocars et le seul petit train qui fasse un trajet dans Pile, on peut se faire, pour quelques pesatas, amener à peu près partout où l\u2019on veut par des conducteurs gouailleurs, bavards, protecteurs et amusants.Et c\u2019est ainsi qu\u2019on découvrira, traversant la montagne dans le «ferrocaril» local, le village de Sellers, surplombant un des plus pittoresques ports de la côte.Pour y accéder, on s\u2019empile dans un tramway rappelant ceux de San Francisco et on descend la côte vers la mer, se demandant à chaque soubresaut si la corde ne cassera pas où si on ne se retrouvera pas sur le talus.Pas de danger.on ne compte pas d\u2019accident de ce genre à Sellers et d\u2019ailleurs, le tramway ne va pas assez vite.Dix minutes et on est sur le quai, sur la plage, dans la mer, ou attablé à une des terrasses de guinguette regardant les bateaux ou mangeant la salade de tomates, l\u2019o- J melette aux patates ou les crevettes de la mai- Jp son.Avant de repartir par un autre autocar, iÈA celui oui amènera \u2014 pas directement, ce mot n\u2019existe pas aux Baléares \u2014 par des routes IpSjT en lacets qui contournent les corniches, qui Wœ évitent les braves vieilles en châles noirs portant leurs paniers sur la tête, qui permettent .tout juste au véhicule de tourner avant de descendre ou de monter plus haut, de faire un virage, vers Valdemossa dont le seul nom évoque les amours déclinantes de Chopin et de George Sand.Et là, en plein milieu du village, quand on aura retrouvé son souffle et calmé son estomac, on trouvera l\u2019abbaye rendue célèbre parles deux Î* amants du siècle romantique et un jardin où les ifs et les pins forment des allées ombreuses que ||§| les sous d\u2019un mécène permettent d\u2019entretenir d\u2019année en année.\tGËÊl.T_.r Valdemossa, c\u2019est, avec Porto Christo, de En costume national, comme il arrive encore parfois, une habitante de Fermentera devant la petite chapelle l\u2019autre côté de l\u2019île, avec Pollensa et Alcudia, blanche marquée par l'influence mauresque, avec les grottes du Drach, avec les manufactures de verre soufflé, de perles cultivées spéciales à Majorque, avec les ateliers de poterie, un lieu de visite \u2014 pour ne pas dire de pèlerinage \u2014 et une excuse pour un pique-nique.Parce que sont rares ces voyages en autocars espagnols qui ne se terminent pas, avec les libations qui se font à chaque arrêt, en chansons.Donnez un verre de rosé frais ou de blanc sec à un groupe V de jeunes espagnols et la chanson fuse.Les voix, justes comme c\u2019est pas possible, turlutent, scandent ou sérénadent sans chercher d\u2019excuses, entraînant tout l\u2019entourage qui répète: «Y viva « V , , Espana.».>: M: .m : il « ?\u2022 : ¦: m %\" x: S M % - \\ nr ¦ : ¦ \u2022>v w i# g m m Sa m :\u2022 ¦ : \u2022\u2022 HH I i If » ; V m g V %m -F m ',;ï\\ m* f \u2022 V' X* f / ~~
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