La presse, 19 mai 1979, D. Arts et spectacles
[" T 3 ARTS ô SP\u20acCTACL\u20ac5 MONTRÉAL, SAMEDI 1 9 MAI 1 979 CAHIER Mathieu, le peintre illuminé | I i ¦¦Tes l / m i # as K Si : Au fond un peintre n\u2019a pas besfiln de parler de ses oeuvres.Il mi suffit d\u2019être génial et de se taire.Mais moi j\u2019ai un grand souci de l\u2019écriture.J\u2019ai une curiosité naturelle pour la philosophie, la micro-physique, la parapsychologie.Je suis aussi passionné par la réflexion morale.Je ne peux faire autrement.» Et aussitôt, avant que je n\u2019aie eu le temps d\u2019ouvrir la bouche, Mathieu enchaîne passionnément sur autre chose.m h PAR GILLES TOUPIN André Malraux a dit du peintre français Georges Mathieu qu\u2019il était le premier grand calligraphe occidental.S\u2019il faut prendre cette déclaration de l\u2019écrivain à la lettre, les signes enlevés que Mathieu trace à la vitesse de l\u2019éclair sur la toile n\u2019ont pas de significations précises comme les idéogrammes orientaux.Ce ne sont donc pas des calligraphies.Mais si l\u2019on entend cependant la déclaration de Malraux dans le sens d\u2019une rupture avec l\u2019univers gréco-latin fondé s tir la raison, nous voilà en plein coeur de l\u2019oeuvre et de la pensée de Georges Mathieu.Le créateur de l\u2019Abstraction lyri-queétait à Montréal la semaine dernière pour son exposition solo à la galerie Dominion.Au dernier étage de la vaste galerie.montréalaise, entourés de tableaux de maîtres anciens dont un Hieroni-mus Bosch, ce maître de l\u2019art abstrait contemporain parle avec une fougue, une vivacité d\u2019esprit et un enthousiasme peu communs.Il approche son fauteuil le plus près possible du mien pour être bien ¦X certain queje ne manque pas un seul de ses mots.A peine sommes-nous installés qu\u2019il m\u2019explique en long et en large sa dernière idée sans que j\u2019aie eu à lui poser la moindre question.Derrière ses grandes moustaches grisonnantes («J\u2019ai les moustaches mais je ne suis pas Dali», dira-t-il malicieusement), Mathieu parle d\u2019un'nou-vel ordre culturel mondial, d\u2019une nouvelle morale et de l\u2019homme esthétique.m 1 s ¦ 0#.'\u2022«1 ,-'C : WÊH* >1.\u2022:.$8£s5&!''y: - & > : ¦ : Depuis trente ans il mène son combat sur tous les terrains, en peinture comme dans le monde des idées.Ses livres, dont De la révolte à la renaissance publié en 1973 et La réponse de l\u2019abstraction lyrique, publié en 1975, ne passent jamais inaperçus.Non seulement a-t-il défendu l\u2019art abstrait gestuel en France mais il fut l\u2019un des premiers, outre-Atlantique, à se faire le champion de la peinture américaine et d\u2019artistes de chez nous tels Riopelle et les Automa-tiste.«Je suis un peu bavard, dit-il soudain.Peut-être avez-vous des questions précises à me poser.Après notre conversation, ap milieu de ce cercle restreint de journalistes et de collectionneurs invités pour l\u2019occasion, Mathiep continue de discuter en marchant rapidement dans tous les sens', l\u2019allure fière et emphatique.Parfois il s\u2019arrête pour lire à haute voix un de ses propres textes dorit il commente des passages avec un plaisir évident et sans faussé modestie.«J\u2019ai une nature ambiguë, fait-il remarquer.Je suis Verseau.Avec mes planètes Uranus et Saturne je suis sans cessé ballotté entre les valeurs du passé et celles de la révolution.» Tableau de Georges Mathieu, 1979.photo Renà Picard Voir LE CREATEUR en D 18 wÊÊ v-.vu f v< I aâ : - m&ÿf; r: % g rx 1 : m wû i - ' Le Faust de Berlioz à l\u2019OSM a SpÉê - im m i ri - ¦ ?: '4 i 11 V- v; sa PAR CLAUDE GINGRAS \u201cle symbole de la condition humaine et de son écartèlement permanent entre le bien et le mal\u201d.Mais le Faust de Gounod ne représente qu\u2019un point de vue.Depuis Christopher Marlowe en Angleterre, en 1588, un grand nombre d\u2019écrivains se sont penchés sur ce personnage qui a bel et bien existé (en Allemagne, au début du XVIe siècle), le plus célèbre de tous les Faust de la littérature étant certes le grand poème dramatique de Goethe publié en deux parties (1808, 1832).Chez les musiciens, également nom breux, qui ont tiré des oeuvres du même sujet (opéras, musiques de scène, etc.), on peut rappeler, en plus de Gounod et Berlioz déjà mentionnés: Liszt, Schumann, Boito, Busoni.La première partie du Faust de Goethe fut traduite en français par Gérard de Nerval (1828) et c\u2019est cette traduction que Berlioz utilisa pour sa \u201clégende dramatique\u2019\u2019, en l\u2019adaptant lui-même dans certaines parties (un obscur librettiste, Gandonnière.collabora également au texte).Légende et texte sont d\u2019ailleurs traités par Berlioz d'une façon assez libre, ce que le compositeur précise déjà dans les toutes premières lignes de la préface à sa partition.Il écrit: \u201cLe titre seul de cet ouvrage indique qu\u2019il n\u2019est pas basé sur l\u2019idée principale du Faust de Goethe, puisque, dans l'illustre poème, Faust est sauvé.L\u2019auteur de La Damnation de Faust a seulement emprunté à Goethe un certain nombre de scènes qui pouvaient entrer dans le plan qu'il s\u2019était tracé, scènes dont la séduction sur son esprit était irrésistible.\u201d La genèse de La Damnation de Faust remonte à 1828.Berlioz a 25 ans, il est pris par la fièvre du romantisme, et il écrit une canla-te pour voix, choeur et orchestré.Huit Scènes de Faust, qu'il reprendra et développera plus tard pour en faire une oeuvre beaucoup plus ambitieuse à tous égards: La Damnation de Faust, qu'il conçoit d\u2019abord comme un \u201copéra de concert\u201d.r; K C\u2019est avec un Berlioz, la Symphonie fantastique, que Charles Dutoit avait terminé la saison dernière à l\u2019OSM, saison où il paraissait comme chef invité.Et c\u2019est encore avec un Berlioz, celte fois La Damnation de Faust, \u201clégende dramatique en quatre parties\u201d, qu\u2019il couronne la présente saison, sa première à titre de directeur artistique.Autre coïncidence: la précédente exécution de La Damnation de Faust à l\u2019OSM (1958, à l'époque du Plateau) était l\u2019initiative d'un spécialiste de Berlioz, Igor Mar-kevitch, qui devait être le seul directeur artistique francophone de l\u2019OSM avant la nomination de Dutoit.Depuis Markevitch, aucun chef, ici, n\u2019avait monté cette oeuvre considérable qui requiert la soirée complète.C\u2019est par l\u2019opéra très célèbre de Gounod que le grand public a d'abord connu, et connaît encore, le personnage de Faust, qui vend son âme au diable en échange de biens terrestres, devenant ainsi 3 % .:v B : m sSeF^-vf.i V p 4:'# 8 x É3 : \u2022f x-: ;\u2022> -SB X; w :v X i .88 \u201c9 m : %' T ' \"Mb I m ¦ YM 365
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