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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
Perspectives
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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Références

La presse, 1979-09-01, Collections de BAnQ.

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[" C~) Semaine du 1er sept.1979 - Vol.21 No 35 m .^SPÉCIAL RENTRÉE m O \u2022lîF L-!> gateL % .f::j4 # # r / y >rr N D : wm .'-\u2022y v'> AJ > > w V mi lPW g» M m JT # 'Û lÿ71 m *4 ¦\u2019 il K T* Fl \u2022\u2022 > \u2022 - \u2022tir; .' V7ï rA m fl3Q> c-à 10, » m S m 6)/y Oit 1 ee w '\u2022tie#.1k I :n IN ' H : 11 cat' & ?g Eôr * ** ) udl&Mûl mmJ/ LA COMPÉTITION: UNE ARME A DEUX TRANCHANTS les vrais perdants?1 PAR MARIE-ODILE VÉZINA lion, une société où il faut constamment prouver à quel point chacun d'entre nous est bon, fort et intelligent; meilleur, plus fort et plus intelligent que les autres, bien sûr! « l'aurais pu faire le même film sur les résultats scolaires, explique André Mé-lançon.S'il y a un endroit où les grandes personnes exigent des enfants qu'ils soient bons, gentils et respectueux, c'est bien à l'école.» André Mélançon, qui a une formation universitaire en psychologie et qui a travaillé dans le milieu de la rééducation des jeunes délinquants avant de se tourner vers le cinéma, n'aime pas beaucoup qu'on le consulte comme un expert de la question de la compétition dans l'éducation.Les Vrais Perdant s, » explique-t-il.c'est un cri.Pas une démonstration, pas un éditorial.Un certain nombre de choses me faisaient mal, j'ai voulu les partager avec les autres car tous les adultes sont * pognés* dans leurs relations avec les enfants, l'aurais aimé que mon film reste un film de cuisine, que des petits groupes de gens s'en servent pour provoquer entre eux des discussions, une réflexion.Moi, je n'ai pas de solution à fournir.D'ailleurs, quand tu veux éduquer un enfant dans les principes de l\u2019autonomie, même là tu peux aller jusqu'à la pression.» un certain enthousiasme et un tant suit peu de talent, toutes se font laver le cerveau pour y insérer le désir de ressembler à Nadia et, surtout, de la dépasser.Tous ces enfants-là ne peuvent pas, bien entendu, devenir des champions Les moins bons, les moins prometteurs, les moins motivés et les moins dociles, bref ceux qui n'arrivent pas à intégrer la notion de compétition à celle de performance, ceux-là donc se font décourager .ou carrément exclure des activités qu\u2019ils pratiquent.C'est le cas de François, I i ans, trop grand pour entrer chez les débutants de la ligue de hockey, trop inexpérimenté pour jouer avec les jeunes de son âge, sans handicaper leurs résultats Il est loin le plaisir du sport pour le plaisir du sport, pour avoir un bon rapport améliorer sa condi- dultes pour désirer que nos enfants nous ressemblent le plus vite possible ?» Le psychanaliste et auteur québécois (Enfant dans le grenier), Julien Bigras dit sopvent que « l'enfance est la période de vie la plus difficile à traverser, car elle est faite d'une série de désillusions.» Que faisons-nous de l'enfance, en effet, sinon un monde de contraintes et d'obligations à respecter scrupuleusement, sans que d'autres choix puissent intervenir, parce que le rapport de force entre adultes et enfants est toujours disproportionné, à la faveur des premiers?Sur l'écran, une petite fille pleure de douleur en regardant alternativement, d'un oeil horrifié, les barres asymétriques qui lui font face et ses mains gonflées d'ampoules.Elle s'appelle Chantal, elle a 10 ou 11 ans, elle est gymnaste.A ses côtés, son entraîneur, une jeune femme, s'impatiente: «Vas-y Chantal, arrête de faire le bébé, t'es capable» Chantal s'élance sur la barre, fait quelques mouvements et retombe au sol en pleurant de plus belle.Le ton de l'entraîneur monte: «Arrête de brailler, ça ne sert à rien, quand on veut, on peut!» Et Chantal recommence; une, deux, trois fois.Et Chantal réussit enfin, malgré la douleur.«Tu vois que t'étais capable, c'est beau», dit l'entraîneur d'une voix douce et rassurante.Alors, au milieu de ses larmes, Chantal sourit, puis regarde encore ses mains.Cette scène est tirée du film d'André Mélançon, les Vrais Perdants, sorti il y a un peu plus d'un an et accueilli partout au Québec, aussi bien par le grand public que par les gens qui gravitent dans le monde de l'éducation, avec un enthousiasme démontrant à quel point le phénomène de la compétition à la base de notre système de vie suscite de plus en plus d'interrogation, voire de remises en question.Ce long métrage, produit par l'Office national du film, est ce qu'on appelle du cinéma-vérité.Il raconte, par des images et des témoignages, la vie contraignante d'un groupe d'enfants qui pratiquent ce qui normalement devraient être considérées comme des activités récréatives:\tles sports et les arts; des enfants de spectacle presque, que des adultes, pleins de bonne volonté, sans arrière-pensée malicieuse, «produisent» dans des concours, des démonstrations, pour le bien, prétendent-ils, de ces petites Nadia, de ces jeunes Mozart ou de ces Guy Lafleur en herbe.Il montre également les parents, les entraîneurs, les professeurs de ces jeunes-là \u2014 des gens comme tout le monde \u2014 qui les entourent, les poussent à se surpasser, à gagner, à être les meilleurs.Les Vrais Perdants est un film insupportable à voir et à écouter.Sans doute parce que la réalité est la chose la plus difficile au monde à regarder en face.Et puis parce que les images d'André Mélançon provoquent des questions fondamentales: Pourquoi, nous, les grandes personnes, imposons-nous aux enfants des valeurs et des exigences qui ne correspondent peut-être pas à leurs besoins?A quelles fins utilisons-nous l'éducation, sinon pour forger des êtres qui s'imbriqueront facilement dans une société bâtie sur le principe de la compéti- MÊME DANS LE PLAISIR.« Le plus grave, dit Michel Léger, psychologue et directeur général du Centre de services sociaux Laurentides-Lanau-dière, c'est que même au niveau des jeux et des loisirs, on reproduit les mêmes attitudes, fondées sur les mêmes valeurs: le rendement, la compétition, la réussite.Même dans le plaisir, on s'acharne à «spécialiser», ce qui est assez paradoxal car dès qu'il y a contrainte, le plaisir disparaît.Or, on ne pousse pas jeune vers une activité récréative pour qu'il se divertisse vraiment, s'amuse, mais dans le but de lui apprendre à écraser les autres, à démontrer qu'il est le plus fort.» En discutant avec André Mélançon et Michel Léger, je me suis souvenue du jour où mon fils a manifesté le désir d'apprendre les règles du baseball; (je cite l'exemple car il me paraît typique.) Mon enfant est fils unique.Il n'a pas de frères, grand ou petit, pour partager jeux.Après concertation, nous sommes partis, lui et moi, l'inscrire à une activité de baseball dans le quartier.Nous changé d'idée quand l'entraîneur de l'équipe nous a expliqué que les premières semaines l'enfant (qui avait huit ans à l'époque) aurait des pratiques chaq soir, sept jours sur sept ! « Dans le but, disait le monsieur, de les préparer très vite, à jouer contre une autre équipe!» Mon fils n'avait pas envie d'entrer dans une espèce d'armée et de prendre son dos des obligations sans rapport avec son simple goût d'apprendre le baseball.Un peu triste, il a renoncé.Les Vrais Perdants ne sont donc des enfants exceptionnels.Ils vivent que tous les enfants vivent, à la différence que le temps en a fait des champions, rôle qui entraîne des obligations encore plus lourdes si on tient à le conserver.Mais tous les petits garçons qui entrent pour la première fois dans ligue de hockey ou autre organisation sportive du genre se font inoculer le même virus de la victoire.Et toutes les fillettes qui pratiquent le patinage artistique ou la gymnastique, en manifestant avec son corps, pour lion physique d'une façon agréable.Dans le film d'André Mélançon.un père de famille plein de bonne volonté, sacrifiant des soirées entières pour aider son fils à améliorer son style et sa technique au hockey, disait à son rejeton, après une partie entre copains dans la ; ruelle: : «Cette partie-là n'était pas importante.C'était bon pour te pratiquer.; c'est tout.L'important c'est quand t'es sur la glace, en face de l'autre équipe.» «Pour un enfant, la partie dans la j ruelle avec ses chums a autant d'importance, sinon plus parce qu'il en tire du plaisir, qu'une autre avec sa ligue, explique Michel Léger.Au nom de quoi la partie dans la ruelle serait moins importante i Au nom de nos valeurs d'adultes que nous transmettons à nos enfants, sans leur donner le choix.» un .DÉTOURNEMENTS D'ENFANTS André Mélançon se méfie un peu du succès commercial de son film: «Tu comprends, c'est facile de se donner bonne conscience en se disant que les Vrais Perdants sont des enfants marginaux et que nous, nous ne sommes pas comme les adultes qui exploitent leurs talents.Or, c'est une erreur.Nous vivons tous dans le même système de rendement et nous exigeons de nos enfants des performances ; qu elles soient sportives.disciplinaires, intellectuelles ou autres.» Le cinéaste dit encore que dans notre monde, les détournements d'enfants se pratiquent couramment.« Nous les détournons de l'enfance, tout simplement, explique-t-il; du droit fondamental d'exister, d'être eux-mêmes, de se développer selon leurs ressources mais aussi selon leurs limites'! Nous nous efforçons à les sortir le plus rapidement possible de l'enfance pour les forger à notre image.Nous leur apprenons à fonctionner avec les mêmes schèmes que nous, dont celui de la compétition.Nous leur inculquons que hors de la réussite point de salut, que pour être aimé et estimé, il faut prouver que l'on est le meilleur.Sommes-nous si bien dans notre vie d'a- SOS LES ENFANTS JOUF.NT LE JEU avons Mais parce qu'ils aiment faire du sport ou jouer du piano, parce que surtout ils ont besoin d'être aimés et estimés, les enfants acceptent les contraintes imposées par les adultes.Cela se traduit par 15 ou 20 heures d'entraînement par semaine dans le cas des gymnastes, par des pratiques quotidiennes pour les jeunes qui font des sports d'équipe, par des exercices longs et fastidieux plusieurs heures par jour pour ceux qui suivent , des activités artistiques, bref, par une série d'obligations que les enfants vivraient différemment s'ils pouvaient eux-mêmes organiser leurs loisirs; du moins si on leur en laissait la possibilité.Une jeune pianiste de 13 ans, dans le s Vrais Perdants, disait naïvement: ¦ l'aime bien gagner parce qu'après, ma mère me laisse deux jours de congé ! » « Ceux qui remportent moins de victoires que les autres, dit encore Michel Léger, finissent, généralement au début de l'adolescence, par tout laisser tomber avec un sentiment d'infériorité et d'é- Uf sur pas ce une 2- 1er septembre 1979 as $ÊM.ï chec.Dégoûtés, ils ne retoucheront jamais plus de leur vie au sport ou à l'art qu'ils pratiquaient.Les autres, les gagnants, les champions, vivent également une certaine forme d'insatisfaction car l'énergie qu'ils doivent investir pour obtenir une certaine gratification (amour et estime) devient de plus en plus grande, disproportionnée par rapport à ce qu'ils en tirent.» BBS -'j TA ' ^ % y r> fv '% \\ M >: -> *3 M \u2022/ ft t.-SjX.sr* > V >5, i .\u2022\u2022\u2022 .' i vy.¦*- 7* y y 0 SB !wl Usà**-^ VIVRE PAR PROCURATION K £ gK V '\u20225v7v , ¦ X I Sc Pourquoi infligeons-nous à nos enfants de telles contraintes ?« Les parents cherchent en général à se prolonger à travers leurs enfants, explique André Mélançon.A se prolonger ou à se réaliser.» Cela s'appelle vivre par procuration.Fait intéressant: pas un des parents des jeunes athlètes du film de Mélançon ne pratiquait une activité sportive.Un père témoignait: «Tant que ce n'est pas parfait, ma fille sait que je ne suis pas satisfait.» Pourquoi n'exigeons-nous pas de nous-mêmes ce que nous demandons à nos enfants?«Quand je gagne une partie, disait un jeune hockeyeur, c'est comme si mes parents remportaient le million à la loterie.» En général, nous, adultes, considérons que toutes ces contraintes imposées aux enfants contribuent à en faire des femmes et des hommes « responsables ».« De plus en plus, on commence à comprendre qu'il y a d'autres moyens que la discipline et les normes pour permettre aux enfants de développer leur sens des responsabilités et une certaine forme d'autonomie, dit Michel Léger.Les enfants sont très exigeants, très cohérents, ils sont très capables de se donner leurs propres règles.Ils n'ont besoin que de support et d'aide en cas de nécessité.» Mais nous adultes, sommes-nous prêts à les laisser vivre sans leur transmettre nos propres «bibittes»?«Les choses sont en train de changer, prétend Michel Léger.C'est difficile pour nous qui avons été élevés dans le refus du plaisir, à cause, bien sûr de nos racines judéo-chrétiennes.Quand nous aurons compris que le plaisir n'est pas nécessairement synonyme de débauche ou d'anarchie, alors peut-être en aurons-nous moins peur et éduquerons-nous nos enfants autrement que dans le système de la compétition» Comme le dit si bien André Mélançon : « L'éducation ne devrait pas être la transmission d'une technique mais d'une passion.» Comme disait aussi une petite fille, dont le cinéaste a retranché les propos des films les considérant trop «hypothécants» pour le futur de l'enfant: «Des fois, j\u2019aimerais mieux ne pas avoir de parents! »\u2022 z- A o ' TA' j I t- i -, V Tic\u2018 ¦¦SV ¦k t m 0 Kl ¦S' A - V V Ç .% / : \u2022 Z \" \u2022 O >1 X\" SS Mm :V\"y M K iî m to »¦*.a, rC-V ; if ¦y % Z * ) y.* li gji- ü ï& V WJ \\ KS5S «21 SS s g 4:4 T1 Si V y NS.K ;> r m i.NV v***\" v-vC M ' j&V1 \\ A m a ¦M \u2022> 5r*i Z* y£ -, V V s \u2022r [v me ix *V .-A- ¦^ÉIÉ 5* k'< / y- V % b: i \u2022¦y .: SW K m ï, s iftîîî x>\" V?.9E P .ani I I -r m f.c a m i * t JKr \u2022\u2022 i 7er septembre 1979-3 Président et directeur général Jean-A.Dion Rédacteur en chef Jean Bouthillette Rédactrice en chef adjointe Thérèse Dumesnil Rédacteurs Edouard Doucet Isabelle Lefrançois Directeur artistique Pierre Legault Chef de la fabrication Michel Brunette Graphiste Jean-Marc Martin Secrétariat Liliane Bitursi Jacqueline Giroux Gisèle Payant Collaborateurs réguliers Raymonde Bergeron Guy Fournier Cité Normand Hudon Claude Landré Henriette Major Margo Oliver Denis Plain Pedro Rodrigues Michèle Thibault Marie-Odile Vézina Président du conseil Charles d'Amour Vice-président Guy Pépin Secrétaire Gaston Vachon Trésorier Denis Laçasse Représentant publicitaire MagnaMedia Limitée 231, rue St-Jacques Montréal P.Q.H2Y1M6Tél.282-2120 perspectives est publié chaque semmaine par Perspectives Inc.231, rue Saint-Jacques Montréal P.Q.H2Y1M6 Tél.282-2224 r L\u2019huile 3 en1 w P» P® catourne m» rond.EM HUILE M/J DOMESTIQUE IV Morin, ministre de l'Education.ues- 4 ¦ 1 er septembre 1979 ?T t 'ï V ry I Ml X.ft 1 4 w V Ss ;:4 vv.- fy- ¦ * ' !> f-: y P^,r y: ?.?y ?B 'a i* ISSN0380-6790 $5 00 rV ¦J& :4 1 ' - KSI \u2022\u2022 .' '\u2022-\u2018Z ¦'lo.-'V- ' 1 ESS Ê il :â m \u2022v' ;;v, m f,\\« * I \\ VA IV La vraie doticeur joue et gagne AVIS: Santé et Bien-être social Canada considère que le danger pour la santé croit avec l'usage\u2014éviter d'inhaler Moyenne par cigarette-Formats King Size & régulier, \"goudron\" 7 mg, nicotine .7 mg. f ms* v » ¦-Hri %.V ) >v 5V, f Kmm » ' safe IgT*.: OJ : ON EST TÊTE FOLLE TANT QU'ON PEUT.QUAND ON PEUT PLUS L'ÊTRE, ON PEUT PLUS L'ÊTRE.» « t Louis Paré, 15 ans ; c\" était inévitable.Il a dit « Ah, bon !» et il a continué à jouer du piano.» C'est le noeud d'une histoire que Louis raconte très simplement, sans faire de manières et, surtout, sans se prendre pour un héros.avec, çà et là, des fous rires et des clowneries qui rappellent l'enfance pas si PAR MICHÈLE THIBAULT j'ai jamais essayé d'influencer les autres, le faisais mes affaires, ils faisaient leurs : lointaine.Il serait sans doute facile d'a- \u2022 affaires.J'avais pas tellement d'amis à nalyser son i cas », de le récupérer, aussi, l'école; mes amis ont presque toujours Je préfère lui laisser ses mots, avec ce été des gars plus vieux que moi.qu ils contiennent d'inquiétude, d es- \u2014Quand ton père a accepté que tu ! poir, de courage et aussi de silences, en quittes l'école, tu as été content ?faisant le souhait qu ils touchent tous \u2014Je l'ai trouvé correct.Après, ç a été ceux qui sont concernés de près ou de plus facile pour moi parce que c'était of- j loin par cette Année de l'enfant.\tficiel.\u2014Comment ça se passait pour toi, \u2014Tu étais dans l'illégalité.Il faut avoir quand tu allais à I école?\t16 ans pour quitter l'école.Ça te déran- \u2014 D'abord, je manquais souvent des geait,ça?cours.Quand j étais là, j'étais souvent \u2014Non, j'ai jamais pensé à ça.Cette très arrogant avec les professeurs.Il loi-là, de toute façon, il faudrait la re j m arrivait même de partir en plein mi- penser.Il devrait y avoir un système d'a-lieu d un cours.J étais très révolté, très nalyse pour permettre à certains élèves ! bum aussi.A cette époque-là, entre 10 J'avais osé lui demander un rendezvous à 9 heures du matin ! Il m'a dit: « Je peux avoir une heure de plus, pour dormir?» Louis Paré va avoir 16 ans en novembre.C'est un grand garçon qui n'est pas tout à fait un homme et plus du tout un enfant.Louis a quitté l'école il y a un peu plus de deux ans.Il n'aimait pas l'école, depuis longtemps déjà.Aujourd'hui, il travaille, vit seul depuis le mois de juillet et se déclare, sans forfanterie mais avec une certaine fierté, le seul responsable de ses actes.Cette situation, il l'a voulue, même s'il affirme que c'est son milieu social (entre autres, un père intellectuel et anticonformiste) qui l'a conditionné à être autonome si jeune.« Le directeur de l'école m'a dit: «Va-t-en chez toi et ne reviens plus! Je vais te mettre le minimum dans ton bulletin jusqu'à la fin de l'année.» Je suis arrivé chez moi par la porte d'en arrière.Mon père jouait du piano.Je lui ai dit: «L'école, c'est fini pour moi.» Il s'y attendait.Il a fait ses trois premières années scolaires dans le secteur public, sans trop de problèmes.Il n'a sur ces années-là aucun commentaire à faire, sinon qu elles étaient « correctes ».En 4e année, à Saint-Hilaire, ses parents l'inscrivent à l'Ecole libre, qu'il fréquentera un an.Déjà, pour Louis, l'école «c'est pas important».Il poursuivra néanmoins ses éludes à Montréal, où la famille est déménagée, jusqu'au secondaire II.C'est là que tout se gâte: «J'aimais pas les obligations et l'école, c'était une obligation, se contente-t-il de mç dire.Dans les écoles où je suis allé, j'ai toujours trouvé que tout le monde jouait un jeu, les élèves et les professeurs.Ils n'étaient pas vrais.Il y a une école où j'aurais bien aimé rester plus longtemps, à Sainte-Agathe, c'était une école où on faisait beaucoup de sport; mais il y avait trop de violence.La violence, j'aime pas ça.» Louis est calme, sérieux et souriant de ne pas aller à l'école.L'école devrait et 12 ans, je faisais partie d'une bande, être obligatoire seulement pour ceux qui On passait des après-midi dans le métro, ne feraient pas mieux en dehors.Celui on faisait peur au monde.\tqui ne ferait pas mieux en dehors de l'é- \u2014Tes professeurs réagissaient com- cole, il est mieux à l'école, l'en connais men,f\tdes gars qui ont quitté l'école avant le J étais pas mal le superman des temps.Il y en a un qui reste ici, dans classa: et ça les choquait.J'étais vrai- l'appartement à côté.Mais on n'est pas nient le seul à faire ça aussi ouverte- des amis.Il a mon âge, mais il fait ment, «e niaisais pas à côté.C'est pour ça comme moi la première année que j'ai que la situation est devenue pas mal dé- quitté l'école: il bumme tout le temps gueulasse pour moi, avec le temps.Mais Moi ça m'intéresse plus, maintenant, ça.*37 1 6 - 1er septembre 1979 \u2022>- AJOài A.> vS ' -< f V VS » j P >3 2 Photo Denli Plain \u2014Qu'est-ce que tu fais de ton temps, alors ?\u2014\tQuand j'ai quitté l'école, il y a eu comme un pacte avec mon père.Il m'a dit : « O.K., mais fais de quoi ! » On avait un piano à la maison.J'ai décidé de suivre des cours.Je joue beaucoup.J'improvise, surtout.J'ai commencé à travail- '\u2022 1er, aussi, avec mon père.Il est éditeur, il a une machine IBM pour la composition.Il fait le brouillon et moi je fais la copie finale.Je suis reproducteur de texte, paraît-il.Je travaille entre 15 et 20 heures par semaine.Mon père ne me paie pas tellement encore, mais j'aime ça travailler avec lui, c'est un bon travail.Si ça ne m'avait pas intéressé, je serais devenu comme pas mal de monde.Je serais resté au point mort, j'aurais pas débloqué.\u2014\tLa première année, avant de travail?1er, tu l'as vécue comment ?\u2014Ç'a été dur! J'étais dans un milieu délinquant.Je faisais seulement des bêtises.Ensuite, j'ai rencontré des gars plus vieux que moi, qui faisaient quelque chose de constructif.La coupure avec mes chums délinquants s'est faite pas mal radicalement.J'avais l'impression qu'ils profitaient de moi, qu'ils m'exploitaient.Un jour je suis rentré à la maison.Ils étaient une grosse gang en train de virer une orgie dans ma chambre.Je les ai mis à la porte à coups de poing et à coups de pied.J'en avais assez.\u2014Tu as beaucoup changé depuis que tu as quitté l'école ?\u2014Oui.Quand t'as 10-12 ans, tu ne prends pas de responsabilités, tu ne te poses pas de questions.Aujourd'hui, c'est différent.Je suis totalement responsable de moi.Et puis, j'ai essayé de changer mon comportement pour voir la vie d'une façon positive et pour qu'on me voie d'une façon positive.Pendant longtemps, pour mon entourage, j'étais pas si beau que ça.J'ai remonté dans leur estime parce que, maintenant, je fais des choses.Envoyer tout le monde promener, c'est pas une bonne attitude.'Ça aide pas aux relations avec les autres.\u2014Tout compte fait, te trouves-tu î chanceux d'avoir le père que tu as ?Un autre t'aurait obligé à rester à l'école.\u2014Je sais pas s'il faut le prendre comme ça.Si j'avais pas eu ce père-là, > | j'aurais pas été pareil.Je peux pas dire que je suis chanceux, ni malchanceux.Ma situation n'est pas mieux qu'une autre.J'ai un ami qui est d'une famille de cinq enfants.Lui, il va à l'école parce qu'il veut apprendre un métier qui ne s'apprend que là.Il a pas le choix, il aime ça, d'ailleurs.Il ne m'envie pas, je ne l'envie pas.\u2014\tEt ta mère, elle la voit comment, ta situation ?\u2014\tElle est pas mal en retrait.Elle ha* :\tbite Toronto depuis trois ans avec mon s |\tfrère et ma soeur.Mais je sais qu'elle est inquiète pour moi.C'est mon père qui me l'a dit, moi elle m'en parle pas.Elle a peur que je sois alcoolique.Un bout de temps, j'ai pas mal bu.\u2014Tu bois encore ?\u2014\tNon, ça adonne plus.\u2014\tSi tu as des enfants, un jour, est-ce que tu leur permettras de quitter l'école aussi jeune?\u2014Oui, si la situation se présente, je les laisserai faire.Mais j'aimerais qu'ils puissent se débrouiller mieux avec la si- Km tuation que j'ai, s'ils viennent à l'avoir, je voudrais qu'ils soient dans un meilleur quartier que celui où j'étais, où ils auraient moins de chances de se faire influencer par toutes les mauvaises choses qui tournent alentour.Mais avant, je m'arrangerais pour qu'ils soient pas dans la situation de faire ce que j'ai fait.\u2014Tu t'arrangerais comment ?\u2014C'est difficile à dire encore.\u2014\tIl me semble que tu ne te débrouilles pas si mal.\u2014Je m'arrange avec ce qui se passe.\u2014Tu penses à l'avenir, des fois ?\u2014\tPas plus que ça.J'aimerais bien être musicien.\u2014Si tu veux faire un travail spécifique un jour, on ne sait jamais, et que tu n'as pas de diplômes, qu'est-ce qui va se passer?DE LA TUQUE A TROIS-RIVIÈRES > 150000 personnes durant ces cinq jours, qui en plus de surveiller les athlètes peuvent assister à des danses du bon vieux temps, des pièces de théâtre, des expositions d'artisanat, des défilés de corps de clairons et tambours.Et le tout, bien sûr, sans bourse délier.Alors, si vous désirez marquer la rentrée par une sortie, rendez-vous à la 64e édition de la «Classique» internationale de canots de la Mauricie.Après, l'été pourra prendre fin.Et ne nous chicanons pas quant à savoir quand l'été commence et prend fin dans ce pays.\u2014 En travaillant un an ou deux les matières scolaires, chez moi, je pourrais les avoir, ces diplômes-là.Ça devrait être faisable, ça.Mais ça se pourrait aussi que je sois obligé d'y retourner un jour ou l'autre à l'école, on ne sait jamais.Par exemple, si je veux devenir typographe, il faudrait que je sache mon français un peu mieux que maintenant.\u2014Comment te débrouilles-tu avec le quotidien ?Tu aimes ça vivre seul ?\u2014|e suis pas mal habitué à la solitude, j'étais souvent seul quand j'habitais avec mon père parce qu'il travaillait, mais des fois je trouve ça pas facile.Faut pas que ça dure trop longtemps, j'écoute beaucoup de musique, je dessine aussi.Et puis je vais voir ma tante qui habite le même building que moi.Elle est pas mal sympathique.Ça recrée une atmosphère de famille.\u2014Tes amis, ce sont des gens comme La rentrée, dont nous faisons le thème de ce numéro de Perspectives, signifie, bien sûr, pour la majorité d'entre nous la fin des vacances, mais nullement la fin de l'été, non plus que celle des fêtes populaires ou des événements sportifs qui ont lieu à travers tout le Québec.A preuve, la «Classique» internationale de canots de la Mauricie, qui tient à la fois de la fête populaire (c'est commencé depuis deux jours) et de l'événement sportif (la course débute aujourd'hui même pour se terminer lundi).Si nous désirons souligner l'événement, c'est qu'il fête cette année ses 45 ans, puisqu'il remonte aux célébrations du tricentenaire de Trois-Rivières, en 1934.Or si nos amis du Saguenay-Lac-Saint-jean ont pu se glorifier avec raison d'avoir organisé, du 1er au 8 juillet dernier, les championnats mondiaux de canoë-kayak qui se sont disputés à lonquière et à Desbiens, les Mauriciens peuvent se vanter d'être les pionniers dans ce domaine.Et nous ne nous chicanerons pas sur le sens des mots, à savoir si un canoë est un canot.La première course fut organisée pour commémorer le souvenir du père Buteux, jésuite missionnaire et premier martyr trifluvien, qui fut assassiné et jeté dans les eaux du Saint-Maurice par les Iroquois le 10 mai 1652.Depuis \u2014 pour ne pas éveiller de vieilles chicanes, sans doute \u2014, cette épreuve sportive d'un parcours de 120 milles en trois étapes, de La Tuque à Trois-Rivières, se présente comme un vivant hommage aux pionniers de la Mauricie pour qui le seul moyen de transport était le canot.Ce matin même, quelque 70 équipes provenant des quatre coins du pays et des Etats-Unis ont pris le départ à 7 heures de La Tuque pour se rendre jusqu'à Saint-Roch-de-Mékinac.De là, demain, ils partiront à 10 h 30 pour se rendre jusqu'à Shawinigan.Lundi, le départ se fera à 12 h 30 en direction de Trois-Rivières.Aux différentes étapes du parcours, on attend quelque NOS LECTEURS RÉPONDENT A L'APPEL Le 21 juillet dernier, sous la signature de Marie-France Bouillon, Perspectives publiait un reportage intitulé Lire avec l'oreille, qui décrivait ce merveilleux service aux aveugles qu'est la Magnétothèque, fondée en 1976 par André Hamel.Rappelons qu'il s'agit d'enregistrer sur bande magnétique des livres destinés initialement aux étudiants aveugles.C'est ainsi qu'un jeune Québécois, André Hamel, devenu accidentellement aveugle, a pu terminer ses études universitaires grâce à Recording for the Blind, service qui existe aux Etats-Unis depuis 1951.Tout naturellement lui est venue l'idée d'offrir ici ce service, en français.Rappelons que le sous-titre de notre article se lisait ainsi: «La Magnétothèque: 7700 heures d'enregistrement, 225 bénévoles.Mais ce n'est pas assez.Les 20000 aveugles du Québec ont besoin de votre voix.» Et à la fin de l'article, nous donnions l'adresse et le numéro de téléphone de la Magnétothèque.Eh bien, en date du 3 août, M.André Hamel nous écrivait ceci: «Votre collaboration nous a été précieuse car nous avons reçu jusqu'ici au-delà de 200 appels de personnes intéressées à nous aider.» Nous tenions à transmettre les remerciements de M.Hamel à nos lecteurs.toi ?: \u2014\tOui et non.Il y en a qui ont une vie plus normale que la mienne, qui sont plus straight que moi.\u2014Vivre en commune, ça t'a déjà tenté?\u2014Je n'ai pas un esprit ultra-communautaire, je suis pas mal individualiste.Je me fatiguerais vite du monde.\u2014\tEt les filles, tu en connais?Qu'est-ce que tu en penses ?\u2014J'en connais pas tellement pour le moment, ça adonne pas.|'ai pas tellement d'opinions sur elles encore.Il y en a de différentes sortes.\u2014\tEst-ce que tu as l'impression d'être en dehors du système, d'être à part ?\u2014\tNon, je suis dans le système, mais en retrait.A partir du moment où quelqu'un a besoin d'argent pour vivre, il est dans le système, le veux voyager, dans deux ou trois ans.Il faut que j'aie un peu d'argent.\u2014\tLes adultes, en général, tu les vois comment?\u2014Ça dépend du comportement des gens.Il y en a de bizarres.Ceux qui mentent parce qu'ils ont peur de la vérité ou pour se donner de l'importance, je les supporte pas.J'aime pas les prétentieux.Mais en général, les adultes, j'aime ça les entendre parler.Je les observe beaucoup.\u2014\tBeaucoup d'adultes pensent que les jeunes de ton âge ne sont que des tête folle .\u2014\tOn est tête folle tant qu'on peut.Quand on peut plus l'être, on peut plus l'être# i I r i fean Bouthillette t ii i La semaine prochaine Voulez-vous jouer avec nous?Quand l'invitation vient de la télé, la réponse est enthousiaste, dit Louise Leblanc dans son reportage.De plus: les Jeux des handicapés; Louise Deschâtelets, comédienne, fermière et syndicaliste; les enfants que beaucoup d'adultes hésitent à adopter; et nos chroniques habituelles.Il I s e s s it ii s.I 1er septembre 1979 - 7 la petite fille avait faim, avait froid et était très fatiguée.i Beg 8 ¦3» / .g w.Û il 1 ' m -< '1IP5 k if la > s : ,7j.A, .wm Ri 3! SK 'v, 'y.y / A i pr mg MX \u2022' m IR! 18 \u2022y- i*' it* mm : WW J ¦i «*_ /¦; mm : 1É Vingt ans après les Nations unies, des enfants formulent leurs droits PAR DENISE JOBIN La Déclaration des droits de l'enfant, adoptée à l'unanimité par l'Assemblée générale des Nations unies le 20 novembre 1959, est, en fait, un énoncé de dix principes visant à la protection et à l'épanouissement des enfants à travers le monde.Les principes inclus dans cette Déclara tion se résument comme suit : la cruauté et l'exploitation ; \u2022Droit de grandir dans la fraternité univer- ayec qui on la partage.» Lorsqu'ils en arrivent à parler d'amour et d'affection, ils paraissent très satisfaits de leur sort, mais avec la remarque suivante: «Nos parents devraient moins souvent nous chicaner.» Quant au droit à l'instruction, il suscite des désirs comme : «Ne plus avoir de devoirs à faire à la maison.» \u2014 «Aller à l'école deux jours et avoir cinq jours de congés.» \u2014 «Plus d'activités et de sorties à l'école.» Des droits plus particuliers et sans doute inhérents à leur situation sociale et familiale sont venus allonger la liste.«Il est important de ne pas avoir de vieux vêtements pas à la mode, trop petits ou déchirés, pour pas être regardés par les autres et faire rire de nous autre.» «Nous avons besoin d'argent pour acheter des gâteries comme le chocolat, pour aller voir des films, pour acheter des cadeaux à nos parents, pour apprendre le sens de l'économie ou bien pour le mettre à la banque pour plus tard.» .Droit à la parole: «On a le droit de parler et de donner notre opinion, on n'aime pas ça se faire couper la parole.» «Ça serait pas bon que nos parents nous laissent faire tout ce qu'on veut, ça voudrait dire qu'ils ne nous aiment pas et plus tard on serait pas heureux.» Et vos enfants?Et vous, les enfants ?Où en êtes-vous ?e selle.A l'école Raymond, à Laval-Ouest, on a invité des enfants de huit à douze ans à exprimer leurs commentaires sur la question.Le seul instrument pédagogique utilisé fut une série de dix volumes expliquant chacun des Droits de l'enfant.Il s'agit de la collection Raconte-moi droits, publiée aux Editions Dupuis, distribuée par la maison Granger Frères et qui sert d'illustration au présent article.Il est à noter que les enfants n'ont pris connaissance de ces albums qu'après avoir retracé les principes de la Déclaration des Nations unies à partir de leurs propres désirs ou de l'information qu'ils tenaient de leur milieu.mes \u2022Tous les enfants ont des droits et ce, sans exception ni discrimination ; \u2022Droit à une protection spéciale afin de s'épanouir dans des conditions de liberté et de dignité; \u2022Droit à un nom et à une nationalité; \u2022Droit à une alimentation saine, à un logement, à des loisirs et à des soins médicaux convenables; Le premier droit qu'ils ont signalé fut le droit à une saine alimentation, assorti de suggestions telles que: «Il devrait y avoir plus souvent du poulet avec des frites au menu.» \u2014 «Moins souvent de steak.» \u2014 «Ne plus manger de foie et de boudin.» \u2014 «Pas s'arrêter de jouer parce que c'est l'heure de manger.» Au sujet du logement, le commentaire principal, pour six d'entre eux: «On devrait avoir une chambre à nous ou bien pouvoir faire disparaître de temps à autre le frère ou la \u2022Droit à des traitements et des soins spéciaux, en cas de désavantage physique ou men- tal; \u2022Droit à leur milieu, à l'affection et à la sécurité; \u2022Droit à l'éducation nécessaire au développement de leurs capacités ; \u2022Droit d'être les premiers à recevoir secours et protection en cas de catastrophe; \u2022 Droit d'être protégés contre la négligence, soeur 8- 1er septembre 19/9 R?3^ \u2014 jpl 'JL ' w v'.A r: x:- f ¦y / ¦ J r >x -.y z v \u2022 :¦ >r # ¦ ¦ -c \u2022\u2022 'X- X f.y.>v > J ¦ 'V.-; xr-ÿ, iwj ## #j| 555#, % * , \u2022« ¦ ¦ -.- :\u2022* 1 x* m.X, .s.: V \\n(i - BRAHMS- ! is , > m pM E&St s&y Mêler la farine et le paprika, dans un plat peu profond.Y passer les cubes pour les bien enfariner.Chauffer l'huile dans une grande poêle épaisse et y brunir les cubes de viande de tous les côtés.Mettre ces derniers dans un plat à cuire de 4 pintes, à mesure qu'ils sont de la couleur désirée.Chauffer le four à 350° F.Ajouter, au jus de cuisson qui reste dans la poêle, ce qui reste de la farine au paprika.Ajouter, en brassant, le sel, le poivre et la moutarde.Retirer du feu et ajouter le jus de tomate et l'eau, en mêlant bien.Continuer la cuisson, à feu moyen et en brassant, jusqu'à ce que la sauce bouille et soit épaisse et lisse.Verser sur la viande dans le plat à cuire.Couvrir hermétiquement et cuire au four pendant V/i heure.Ajouter alors les oignons et les carottes, en enfonçant bien ces légumes dans la sauce.Couvrir de nouveau et continuer la cuisson au four, 45 minutes ou jusqu'à ce que les légumes soient presque tendres.Ajouter 2 cuil.à thé de poudre à lever le maïs et continuer la cuisson 15\t1 cuil.à thé de sel A ,4% __ minutes.Pour garder le plat chaud, pendant son transport sur les lieux du pique-nique, l'envelopper d'une épaisse couche de papier journal ou le mettre dans un sac isolant.(6 portions) y* de cuil.à thé de poivre 1 cuil.à thé de paprika 1\ttombée de muscade 2\toeufs 2 tasses de lait plaque.Chauffer au four, en brassant souvent, 20 minutes ou suffisamment pour brunir légèrement la farine.Laisser refroidir.Chauffer la friture à 375 ° F.Mêler la farine, 2 cuil.à thé de poudre à lever, 1 cuil.à thé de sel, le poivre, le paprika et la muscade.Battre ensemble les oeufs et le lait.Ajouter le mélange sec et battre pour obtenir une pâte claire et lisse.Tremper les morceaux de poulet dans celle pâte, quelques-uns à la fois, et les secouer un peu pour en faire tomber tout excès.Plonger les morceaux de poulet dans l'huile chaude, quelques-uns à la fois, et les faire frire, 5 minutes ou jusqu'à ce qu'ils soient dorés.Les égoutter sur du papier absorbant.Laisser refroidir et bien réfrigérer ensuite.Transporter dans une glacière portative Mettre les morceaux de poulet dans une grande casserole ou une cocotte.Couvrir d'eau.Ajouter l'oignon, la carotte, le céleri, le laurier, les grains de poivre et 2 cuil.à thé de sel.Chauffer jusqu'à ébullition, baisser le feu, couvrir et faire mijoter, 45 minutes ou jusqu'à ce que la chair du poulet soit tendre sans pourtant se détacher des os.Laisser refroidir dans le bouillon.Egoutter alors le poulet.Passer le bouillon et le ranger au réfrigérateur; on pourra l'utiliser un autre jour, pour une soupe par exemple.Chauffer le four à 400°F.Etendre 2 tasses de farine dans une POULET FRIT 2 poulets à frire, de 3 livres, en morceaux 1 tranche d'oignon 1 carotte, en gros morceaux 1 grosse branche de céleri, avec les feuilles, en gros morceaux 1\tpetite feuille de laurier 6 grains de poivre 2\tcuil.à thé de sel 2 tassés de farine à tout usage, tamisée Friture (au moins 4 pouces d'épaisseur) 12- 1er septembre 1979 ou dans un sac isolant.(De 6 à 8 portions) batteurs.Incorporer à la pâte.Etendre la pâte dans le moule et cuire au four, de 40 à 45 minutes ou jusqu'à ce qu'une légère pression du doigt, au centre du gâteau, ne laisse aucune empreinte.Laisser refroidir dans le moule.Recouvrir de la glace au cacao crémeuse.Apporter au pique-nique dans le moule.2Vi cuil.à table de farine '/« de cuil.à thé de sel V4 tasse de lait 3 tasses de sucre à glacer tamisée '/« de tasse de cacao Vi cuil.à thé de vanille Va de tasse de noix hachées Va de tasse de gros raisins de Corinthe (Ne pas s'inquiéter si le mélange n'est pas parfaitement homogène).Retirer du feu.Tamiser ensemble, dans le mélange, le sucre et le cacao; ajouter aussi la vanille.Mettre la casserole dans un plat d'eau glacée et brasser la glace jusqu'à ce qu elle soit suffisamment épaisse pour bien s'étendre.Ajouter les noix et les raisins, bien mêler et étendre sur le gâteau.Note : si on le désire, remplacer une partie de la graisse végétale par du beurre, o OEUFS AU VINAIGRE 12 oeufs 1\tcuil.à table de piment de la Jamaïque (allspice), en grains entiers 1 cuil.à table de gingembre frais finement haché 1\tcuil.à thé de clous de girofle entiers 2\tpiments rouges forts (chillies) entiers, séchés 1 gousse d'ail, broyée 3\ttasses de vinaigre de cidre 1 tasse d'eau 1 cuil.à table de sucre 1 cuil.à thé de sel Faire fondre la graisse végétale dans une casserole moyenne.Ajouter la farine et le sel et bien mêler.Ajouter le lait, petit à petit et en brassant.Chauffer jusqu'à ébullition, en brassant constamment.Glace au cacao crémeuse Vi tasse de graisse végétale ramollie (voir note) Mettre les oeufs dans une grande casserole.Ajouter de l'eau froide jusqu'à 1 pouce au-dessus des oeufs.Chauffer à feu vif, sans couvrir la casserole, jusqu'à ébullition.Retirer du feu, dès que l'ébullition commence, et couvrir la caoserole hermétiquement.Laisser reposer 20 minutes.Egoutter les oeufs et les rincer à l'eau froide courante pour les bien refroidir.Les écarter alors et les mettre dans des bocaux bien chauds et stérilisés.Enfermer, sans serrer, dans un morceau de gaze dit coton à fromage, le piment de la Jamaïque, le gingembre, les clous de girofle, le piment fort et l'ail.Mettre le vinaigre, l'eau, le sucre et le sel, dans une casserole.Ajouter le sachet de condiments et chauffer jusqu'à ébullition.Baisser le feu et laisser mijoter 10 minutes.Jeter le sachet de condiments et verser le liquide bouillant sur les oeufs dans le bocal.Sceller ce dernier.Réfrigérer et laisser reposer 2 jours avant d'utiliser.m V/.r '\u2014 .¦ m i 5 % l h B r~,7'v\" il ! \u2022 ' GÂTEAU FUDGE AU CHOCOLAT : ig ¦hi XI.f r \"Ht.y< de tasse de beurre ramolli 3 jaunes d'oeufs 1% tasse de sucre % tasse de cacao 2V« tasses de farine à gâteaux tamisée 3 cuil.à thé de poudre à lever 1 tasse d'eau froide 1 cuil.à thé de vanille 3 blancs d'oeufs Glace au cacao crémeuse (notre recette) v\u2018\\; .\u201c f0v / \"50 k # extra Chauffer le four à 350° F.Graisser et enfariner un moule à gâteau de 13 x 9 x 2 pouces.Battre ensemble le beurre et les jaunes d'oeufs, à la grande vitesse d'un malaxeur électrique, pour obtenir un mélange bien léger.Mêler le sucre et le cacao, dans un petit bol, et ajouter le tout au mélange en crème, petit à petit et en battant bien après chaque addition.Tamiser ensemble la farine et la poudre à lever.Mêler l'eau et la vanille.Ajouter, au mélange en crème, les ingrédients secs et l'eau, petit à petit et en alternant; bien battre après chaque addition.Battre les blancs d'oeufs jusqu'à ce qu'ils forment des pics fermes au bout des ¦\t¦\t\u2022 -\tr ¦ .\t\" Savourez lebon goût Rothmans dans une cigarette spéciale douce1 h K V r Avis: Santé et Bien-être social Canada considère que le danger pour la santé croît avec l\u2019usage - éviter d\u2019inhaler.Moyenne par cigarette - \"goudron\" 12 mg, nie.0.9 mg.K 1er septembre 1979 - 13 L\u2019ÉCOLE CARDINAL-ROY, DE QUÉBEC, SE PENCHE SUR LES ÉLÈVES EN SITUATION D\u2019ABANDON SCOLAIRE IL FAUT QU\u2019UNE PORTE SOIT OUVERTES* \u2022fsjsa m met m sS ¦g ¦ I Pffl fig :\u2022»* K V 'À frSH !V : .*!' :'J I \u2018J > 6>.-4 0# rà % $ .:«r- 4v 2 Ü « ' ! m3- -, % f r'.t i p| - w -\u2022< v :-4-v tVi \u2022X / iSB .- K ¦.v El ».V.\u2019 Y- l'i \u2019\u2022 x 't V & PAR NICOLE BEAULIEU quipe Esas (pour «élèves en situation d'abandon scolaire »).la directrice adjointe à la vie étudiante, Mme Micheline Lavallée, avait été frappée par l'ampleur du phénomène de l'abandon et de l'absentéisme.«Malgré nos contacts répétés avec les parents durant toute l'année, dit-elle, les absences aux cours restaient très nombreuses; les jeunes quittaient aussi en grand nombre et, n'ayant que peu de temps à leur consacrer, je les voyais partir avec un serrement au coeur.» Un bon jour, elle eut l'idée de soumettre un projet au ministère de l'Education, dans le cadre du programme d'aide aux milieux défavorisés.Accepté, le projet se vit accorder $44000 la première année, près de $50000 la suivante.La présence du trio se fit rapidement sentir dans l'école.Non seulement eut-elle pour effet de réduire absences et abandons, elle contribua largement à ranimer le climat: «Le projet a marqué le début d'une prise de conscience, affirme Micheline Lavallée.Il a déclenché chez les adultes le goût de s'engager.» Parallèlement, un véritable projet éducatif prenait corps.On instaurait le tutorat, créait un comité de valorisation des plus méritants au plan scolaire et parascolaire et.resserrait la discipline! Virage à droite?Peut-être.Qu'importe?On se dit convaincu que les jeunes apprécient une autorité chaleureuse mais ferme: « Ils ont besoin d'adultes capables de les écouter, de les encadrer, de leur montrer leurs contradictions», soutient Carole Ouellet.qués au fer rouge, constate Yves Carrier.Il y a des élèves bien doués qui, nés dans la haute ville, seraient devenus avocats ou médecins; nés dans la basse ville, ils ne finiront même pas leur secondaire.» La réforme de l'enseignement, en dépit de ses visées démocratiques, n'a pas su assurer l égalité des enfants de tous les milieux face à l'école.Règle générale, un élève décroche parce qu'il se sent mal dans sa peau d'écolier depuis longtemps.Il connaît l'échec, le conflit avec l'autorité, l'écoeure-ment.Pour lui, fuir c'est survivre.Parfois, la situation est tellement détériorée qu'il vaut mieux partir.Lointaines et multiples, les causes d'abandon et d'absentéisme sont difficiles à cerner.Il y a les problèmes personnels et familiaux: manque de soutien et d'encadrement, conflits de génération, déséquilibres dus à la maladie, la mortalité, la désunion, le chômage, l'alcoolisme, la drogue.Les mauvais élèves ont souvent de bonnes raisons d'avoir la tête ailleurs ! L'histoire scolaire compte aussi : certains partent du mauvais pied alors que d'autres font en cours de route des choix erronés ou irréalistes.Mais ça n'explique pas tout, loin de là.L'école doit aussi être mise en cause: trop théorique, trop éloignée de la vie, trop peu représentative des valeurs des moins-nantis comme le démontrent toutes les études effectuées là-dessus.« Peut-on mesurer l'impact d'un projet comme le nôtre?» demande Carole Ouellet.Les statistiques sont loin de contenir l'essentiel.Bien sûr, ce projet peut être discutable à certains égards puisqu'il normalise, temporise, visant l'intégration des marginaux dans le système, mais que proposer à ces jeunes « A la maison, tout allait mal ; à l'école, ça ne marchait pas non plus, l'aurais tout laissé tomber si personne n'était intervenu.» France, 18 ans, un an de retard pour cause de maladie, termine son secondaire V à l'école Cardinal-Roy de Québec; elle ira au cégep.Il s'en est fallu de peu pour quelle abandonne bien avant, comme le font chaque année plus de 60 000 élèves du secondaire au Québec.Elles sont trois autres à se raconter; Francine, aux prises avec des problèmes d'argent depuis que sa belle-mère l'a mise à la porte; Anne, dont le malheur est d'être perçue à tort comme une délinquante par sa famille d'accueil; Lorraine, découragée par les attentes trop grandes de ses parents à son égard.Leurs difficultés familiales les empêchaient de s'intégrer à l'école.Ces «élèves en situation d'abandon scolaire» ont été rescapées par une équipe mise sur pied à l'automne 1977 dans leur école pour réduire l'absentéisme et l'abandon qui y sévissaient à des taux si exagérés que la direction craignait d'en faire le compte.Depuis, la situation s'est grandement améliorée.En juin dernier, les cas d'absentéisme chroniques avaient diminué des deux tiers et, résultat inespéré, 106 des 909 élèves n'avaient manqué aucun cours.Quant aux 25 drop-outs, ils avaient pu bénéficier d'une aide amicale au moment du départ et même après.L'école, en effet, continue à se préoccuper de ceux qui l'ont quittée trop tôt.« Peu importe le choix de l'élève, l'es-sentief est qu'il en arrive à se prendre en main», affirment les membres de l'é- UNE ÉQUIPE DYNAMIQUE L'équipe, c'est d'abord Josette Renaud-Drouin, conseillère en fréquentation scolaire (elle se définit d'abord comme ombudsman.), qui, la première, intervient quand un élève a des problèmes avec un prof ou se signale par ses absences « anormales et prolongées ».C'est aussi Carole Ouellet-Rochefort, travailleuse sociale, qui pratique l'écoute active.« Les adultes sous-estiment les problèmes des jeunes, dit-plle.Ils les écoutent souvent pour se donner bonne conscience, sans leur apporter toute l'attention nécessaire.» Et puis, il y a Yves Carrier, homme d'action, tourné vers ceux qui ne veulent plus rien savoir de l'école.S'il ne réussit pas à les réorienter, il les guide vers le marché du travail.Estelle et Mario, 17 ans, voulaient à tout prix voler de leurs propres ailes.Yves Carrier a tenté de leur faire voir les deux côtés de la médaille mais, puisque leur choix semblait irrévocable, il les a aidés à faire leur entrée dans le monde du travail.Il leur a d'abord dispensé un cours en « méthode dynamique de recherche d'emploi ».Puis, ils ont visité les centres de main-d'oeuvre, contacté des employeurs.Finalement, Mario s'est retrouvé commis d'épicerie; Estelle, téléphoniste.Déçus, tous deux songent à retourner aux études.(«Ça prend de l'instruction, hein.») Parce que l'école n'a pas rompu tous les liens avec eux, il leur sera sans doute plus facile de revenir sur leurs pas.\tSituée en zone grise, l'école Cardinal- L\u2019histoire d'Esas remonte à l'automne Roy accueille 909 élèves du deuxième dé 1976.Nouvelle venue à Cardinal-Roy, cycle du secondaire.« Certains sont mar- CERTAINS PARTENT PERDANTS 14 - 1er septembre 1979 GuyFOURNIER UNE HISTOIRE DE «Q )> -f \u2014Nous v'Ià encore rendus dan-.un culle-de-sac.Prenant à témoin tous les saints du ciel et quelques pièces de quincaillerie sacré, mon chauffeur de taxi embraya la voiture en marche arrière et, en moins de temps qu'il n'en faut pour lecrire, nous étions repartis dans une autre direction.Non seulement il avait prononcé la lettre «I» mais il y avait ajouté un «e» très sonore, si bien que dans sa bouche le mot était devenu «culle-de-sac».L'observant sournoisement par le biais de son rétroviseur, je lui dis qu'il avait fait ses études primaires chez les frères maristes.Simonaque! comment ça se fait que tu sais ça, toé?le me contentai de lui retourner un sourire énigmatique, et, pendant que défilait la rue à la portière, je me revis des années en arrière à l'école Saint-Bernardin.assis dans la première rangée de la classe, entre mon frère jumeau et le petit Gagné qui puait l'étable à plein nez.Enorme dans sa grosse soutane trouée comme une passoire et que les religieuses n'arrivaient plus à rapiécer, le frère Xénophon, debout sur l'estrade, traçait à la craie blanche sur le tableau noir les lettres de l'alphabet.Nous avions passé la première journée d'école sur la lettre «A», petite et grande, la deuxième sur la lettre «B» et ainsi de suite jusqu'à ce jour fatidique qui marquait notre dix-septième journée scolaire.|e me souviens très bien de ce matin parce que nous étions au premier jour d'octobre et que ma mère, dans sa hantise de nous voir attraper la grippe, nous avait forcés à enfiler nos combinaisons de coton ouaté malgré le soleil resplendissant de l'été des Indiens.De ses doigts noueux et déformés par le rhumatisme, le frère Xéphonon traça un beau grand «Q» qui ferait aujourd'hui la joie du Parti québécois et, tout à côté, dessina un petit «q».Se retournant vivement vers les élèves qui l'avaient regardé écrire avec une béate admiration, le frère demanda à la cantonade comment s'appelait cette lettre.|e ne levai pas la main assez vite et c'est le petit Gagné qui eut l'honneur insigne d'apprendre à tous ceux qui ne le savaient pas que celte nouvelle lettre était un «que».Le frère Xénophon fit avancer d'un cran le cheval de papier du petit Gagné qui prenait ainsi la tête du peloton.Chaque élève était représenté sur un mur de la classe par un moyen de transport quelconque découpé dans du papier et monté sur un fil.Il y avait toute la gamme possible de transport: chevaux, voitures de course.bicyclettes, tricycles, avions, chaloupes et, croyez-le ou non, j'avais eu le privilège de me voir attribuer un «archange».On retrouvait aussi sur ce mur destiné à jeter une lumière permanente sur nos efforts des moyens de transport célestes.En plus de mon archange, il y avait un ange ordinaire, une colombe ayant toutes les apparences du Saint-Esprit et le robuste saint Georges, déjà chargé du Petit Jésus sur ses épaules.Après avoir fait avancer le cheval du petit Gagné, le frère Xénophon nous fit reprendre en choeur les lettres apprises jusque-là.Sur un ton chantonnant, toute la classe déclama les dix-sept premières lettres de l'alphabet, terminant sur le «que».Ensuite, à tour de rôle, chacun se rendit au tableau noir inscrire un «Q» majuscule et un petit «q», après quoi il ne resterait plus pour finir la journée qu'à faire une belle grande page de cette lettre dans notre cahier d'écolier.Pendant les deux longues heures durant lesquelles nous noircissions soigneusement la page de notre cahier, le frère Xénophon, baguette en main, se promena de banc en banc, nous donnant de petits coups sur les doigts pour corriger nos maladresses ou fouillant insidieusement nos culottes du bout de sa baguette lorsqu'il voulait nous signifier sa plus profonde satisfaction.Ce jour-là, même si mes «Q» et mes «q» étaient faits à la perfection, la baguette du frère Xénophon heurta un obstacle inattendu: mes combinaisons d'hiver qui ne laissaient guère d'ouverture.Comme la baguette s'obstinait, j\u2019en profitai pour faire remarquer tout haut au frère Xénophon que la lettre faisant l\u2019objet de nos travaux ne s'appelait pas un «que» mais un «q», puisque c'est ainsi que le disait toujours Albert Duquesne invitant ses auditeurs à lui écrire au poste CKAC, Montréal, P Q.La classe pouffa de rire, la baguette du frère Xénophon sortit vivement de ma culotte pour s'écraser violemment sur mes doigts et je perdis mon archange qui fut remplacé par une charrette sans intérêt.Elle se retrouva à la queue.L'année suivante, c'est le frère Xénophon encore qui fit perdre la tête du peloton au cheval du petit Gagné parce que celui-ci avait commis l'imprudence d'appeler «cul-de-sac» ce que le frère appelait «culle-de-sac».Et sa baguette fouinait toujours du côté de ce qu'on refusait obstinément d'appeler parson nom!.le payai ma course au chauffeur de taxi sans lui expliquer comment j'avais deviné qui lui avait enseigné l'alphabet.GROUPE IMAGE, André Boucher ¦ A ?A, \u2022\u2022 .M !.i fl % m V y K 'sm .rfV, < % .V ±éÛ 5 v % '1 Sr ¦üâ VV- ; J : ] qui, autrement, n'auraient d'autre choix que la rue?Réaliste, concret, les deux pieds bien collés au présent, Yves Carrier ne se fait pas d'illusions: «On ne changera pas la société, on ne changera pas la famille non plus, on ne réglera pas tous les problèmes des jeunes, C'est évident; mais qu'on les aide à se sentir un peu mieux dans leur présent et ça sera autant de gagné.» Avec lui, la bureaucratie se fait souvent déjouer.Un élève s'intéresse à la cuisine.Il lui fait aussitôt visiter une école d'art culinaire; en l'absence des préalables exigés, il ira même jusqu'à négocier son admission ! «Je voulais apprendre un métier tout de suite; le lendemain, j'étais ici», m'a raconté sur place un futur plombier apparemment fort satisfait de son choix.Un autre opte pour le marché du travail ?|| lui en fera voir la réalité, sans tricherie, l'encourageant à la persévérance même s'il est difficile de trouver un premier emploi et même si, hélas, il faut bien commencer au bas de l'échelle.«Souvent, le jeune fait le brave mais il a peur de rencontrer un employeur; il ne sait pas comment s'y prendre.» Il lui enseigne donc la manière de procéder: comment préparer un curriculum vitae, comment se présenter devant I employeur, comment utiliser les services existants, etc.Il l\u2019accompagne dans ses premières démarches et continuera même après son entrée sur le marché du travail, à prendre de ses nouvelles.Peut-être aura-t-il été nécessaire auparavant *\" \u2019 do visiter sa famille pour la mettre au courant de ses intentions.Peut-être, entre-temps, aura-t-il suggéré à ce nou-_____vcau travailleur de s'inscrire à une école De g.à dr.: Micheline Lavallée, directrice adjointe (vie étudiante), Carole Ouellet-Rochefort et Yves Carrier, membres de l'équipe Esas.de métier au cas où.DIFFICILE?OUI.La tâche est souvent difficile.Peu motivés à l'école, les drop-outs ne le sont pas toujours davantage devant le marché du travail qu'ils savent ingrat pour les gens sans qualification ni expérience.Parce qu'ils manquent de confiance en eux, ils s'enferment volontiers dans le rôle du gars (ou de la fille), blasé, que rien ne saurait intéresser.Parce qu'ils ont connu l'échec scolaire, ils jouent le rôle du raté.Yves Carrier voit avec inquiétude une certaine partie des décrocheurs lui échapper: les plus démunis, la plupart du temps, qui auraient le plus besoin d'aide.Il cherche le moyen de rejoindre tous ceux qui, écoeurés de l'école, pas encore mûrs pour le marché du travail, vont flâner dans la rue, leur seule issue.En attendant, il leur laisse la porte ouverte.Il essaie de leur laisser une image positive de l'école; trop de départs, à son avis, s'effectuent dans l'amertume et l'agressivité.L'école Cardinal-Roy n'a certes pas la prétention d'avoir trouvé la réponse aux problèmes que soulève le phénomène de l'abandon et de l'absentéisme scolaire.En se reconnaissant une responsabilité envers ses décrocheurs, elle a cependant franchi un pas important qui ouvrira sans doute la voie à d'autres.Le ministèLe de l'Education suit en tout cas, avec un très net intérêt, le cheminement de cette expérience pilote.»_______________ 1er septembre 1979 - 15 > 23 0 / o & X VV: O 3» V E :> aSS .- .'\u2022«l mâ ».i 1 .ÿ - jf- ïav : i \\ t-v«« Si a k % a i X \\ SSL» 'i S'*> 4 \\ * \u2022\u2022 \\i « I 1 i- % A* tit !» I I vssa I 1 I L!-> i Wt! V-: Ik} i Ù ' ¦*- XI X-JB ^ A ^ i m m \\\\ Xr.: 5 \u2022 li t >A r 10 bonnes raisons de choisir Olympia I HÉMU 1.Les nouveautés Olympia sont de qualité.Plusieurs sont introuvables partout ailleurs Toutes sont offertes à prix avantageux.2- Il y en a pour tous les goûts cadeaux, jouets, articles de cuisine, bijoux illustrés en couleurs dans le catalogue Olympia.3.\tVous n'avez qu'à noter les commandes de personnnes de votre entourage et vous réalisez un joli profit 4.\tVous vendez les nouveautés Olympia quand vous le voulez le jour, le soir, les fins de semaine, n importe quand.5.\tVous les vendez à qui vous voulez: à vos compagnes de travail, à vos voisines, à vos amies 6.\tVous les vendez comme vous le voulez: au téléphone, de porte à porte, à la maison, etc.7.\tVous pouvez acheter des nouveautés Olympia pour vous et votre famille, à des prix très avantageux.8.\tOlympia vous envoie toute la documentation nécessaire pour réussir pleinement Aucune experience n'est nécessaire.9.\tL'organisation Olympia a 14 ans d expérience Les commandes sont remplies fidèlement et expédiées rapidement.10.Vous n'avez aucune obligation: il n'y a pas de montant minimum à vendre.Vous ne vous engagez à rien! n Faites de l\u2019argent supplémentaire ndant vos loisirs en vendant es nouveautés Olympia.Vous aimeriez les acheter.vous adorerez les vendre! 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