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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
C. Arts et spectacles
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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La presse, 2011-01-08, Collections de BAnQ.

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[" ARTS ET SPECTACLES www.cyberpresse.ca/arts BLOGUE TÉLÉ Pour tout connaître sur la télé, consultez le blogue de Richard Therrien sur cyberpresse.ca/therrien NATHALIE PETROWSKI Lisez toutes les chroniques de Nathalie Petrowski sur cyberpresse.ca/petrowski PHOTO ANDRÉ PICHETTE, LA PRESSE RENTRÉE THÉÂTRE / TOM À LA FERME DUR RETOUR À LA TERRE VALÉRIE BLASS LE MÉLANGE DES GENRES PAGE 3 LES MUTANTS, À ESPACE GO RETOUR DANS LE FUTUR PAGE 10 À LIRE AUSSI Les quatre interprètes de Tom à la ferme : Lise Roy, Alexandre Landry, Évelyne Brochu et Éric Bruneau.HUGO DUMAS LA RENTRÉE TÉLÉ PAGE 4 BAR, À PROSPERO EN ATTENDANT SPIRO.PAGE 9 La télésérie 19-2 CRITIQUES LIVRES Lisez la critique de Josée Lapointe sur Le soldat de verre sur cyberpresse.ca/soldat Sept ans après sa dernière création, Michel Marc Bouchard, inaugurera la saison d\u2019hiver du «nouveau » Théâtre d\u2019Aujourd\u2019hui avec sa pièce Tom à la ferme, dans une mise en scène de Claude Poissant.Cette fois, l\u2019auteur des Feluettes fait le récit d\u2019un jeune homme qui n\u2019est ni attendu ni bienvenue aux funérailles de son amant, qui laisse derrière lui des histoires mensongères\u2026 NOTREENTREVUE AVEC LEDRAMATURGE ET LEMETTEUR EN SCÈNE EN PAGE 8.MONTRÉAL SAMEDI 8 JANVIER 2011 du 14 novembre 2010 au 6 mars 2011 690, rue Sherbrooke Ouest, Montréal McGill + autobus 24 / www.musee-mccord.qc.ca présente (12ans et moins) ARTS ET SPECTACLES SOMMAIRE PHOTOS FOURNIES PAR LES QUAIS DU VIEUX-PORT 6 5 14 12 13 FACEBOOK NOUS A EUS Nathalie Petrowski chronique sur la nouvelle amitié entre Facebook et Goldman Sachs.DANS UN IGLOO PRÈS DE CHEZ VOUS Igloofest est de retour avec ses neuf soirées de musique électronique en plein air, ses DJ prestigieux, son village d\u2019igloos et son sens de l\u2019autodérision.PHOTO MARK HOLM BELL AU SOMMET Joshua Bell a peut-être encore l\u2019allure d\u2019un jeune homme, mais à 43 ans, il a presque 30 ans de carrière.En tournée dans 21 villes, il s\u2019arrête à Montréal le 16 janvier.SPECTACLES PRIVÉS Un show de Sylvain Cossette pour vos 40 ans?Une performance de Michel Rivard pour votre anniversaire de mariage?C\u2019est possible si vous êtes prêt à y mettre le prix.PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE NOÉMIE, C\u2019EST LA VIE Succès majeur de l\u2019édition auQuébec avec plus de 400000 exemplaires vendus en 15 ans, Noémie est une coquine de sept ans et trois quarts.PHOTO ROBERT KNIGHT 7 ÉNERGIE SOLAIRE Showroom for Compassion, le nouveau-né du groupe Cake, est un album comfort food fait avec 100% d\u2019énergie solaire.llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 2 A R T S E T S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 8 J A N V I E R 2 0 1 1 TNM.QC.CA / 514.866.8668 UNE PRÉSENTATION DÈS LE 18 JANVIER SUPPLÉMENTAIRES 15 ET 16 FÉVRIER! Un contemillénaire réinventé par les magiciens du virtuelMichel Lemieux et Victor Pilon.CRÉATION ET MISE EN SCÈNEMICHEL LEMIEUXET VICTOR PILON / CRÉATION ET TEXTE PIERRE YVES LEMIEUX / COPRODUCTIONTNMETLEMIEUX PILON 4D ART BÉNÉDICTE DÉCARY /ANDRÉE LACHAPELLE / FRANÇOIS PAPINEAU PERSONNAGES VIRTUELS VIOLETTE CHAUVEAU /PETER JAMES Michèle Deslauriers Adèle Reinhardt Gilles Renaud Yves Amyot Chantal Baril Bobby Beshro Émilie Bibeau Anne-Élisabeth Bossé Vincent-Guillaume Otis Monique Spaziani Minuit chrétien de Tilly mise en scène et adaptation de René Richard Cyr 15 décembre au 5 février « \u2026Duceppe va frapper fort avec ce spectacle\u2026 une distribution absolument brillante\u2026 L\u2019adaptation est parfaite\u2026 Gilles Renaud est exceptionnel\u2026 » Je l\u2019ai vu à la radio, Première Chaîne « \u2026 Gilles Renaud nous offre tout un numéro d\u2019acteur\u2026 Ils sont dix bons comédiens.mis en scène avec brio par René Richard Cyr.» Pourquoi pas dimanche, Première Chaîne « C\u2019est bon\u2026 C\u2019est très drôle\u2026Allez voir ça\u2026» Puisqu\u2019il faut se lever, 98,5 FM « Une farce grinçante\u2026 très bons acteurs\u2026une réunion de famille qu\u2019on ne veut pas manquer.» Le Téléjournal 18 h, SRC « \u2026 Les comédiens sont vraiment bien dirigés par René Richard Cyr qui fait une mise en scène vraiment solide\u2026» C\u2019est bien meilleur le matin, Première Chaîne ARTS ET SPECTACLES ARTS VISUELS VALÉRIE BLASS LE MÉLANGE DES GENRES Valérie Blass a mis du temps avant de découvrir que la sculpture était sa véritable voie.PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE NATHALIE PETROWSKI Debout à la porte de son immense atelier inondé de lumière dans un vieil édifice délabré de la rue Casgrain, Valérie Blass m\u2019attend en rigolant.Le rire chez elle n\u2019est pas qu\u2019un tic nerveux.C\u2019est une manière d\u2019appréhender la vie et de combattre ses coups durs par le pare-feu d\u2019un immense éclat de rire.Elle l\u2019avoue d\u2019emblée : «Je ris tout le temps même si je ne suis pas particulièrement drôle.» À ce chapitre, Valérie Blass n\u2019a pas entièrement raison.Il suffit de regarder le bricà- brac hétéroclite et insensé d\u2019objets qu\u2019elle accumule dans son atelier et qui donnera éventuellement des sculptures furieusement drôles et détonantes, pour comprendre que cette artiste de 43 ans, petite cousine du célèbre criminel Richard Blass, ne manque pas d\u2019humour.Ni de caractère.Petite, une masse de cheveux châtains bouclés sur la tête, habillée avec la première chose qui lui est tombée sous la main en se levant, Valérie Blass est un électron libre, un brin délinquante, tellement à contre-courant dans sa vie comme dans son art qu\u2019elle a fini par dépasser tout le monde.Sur les bancs de l\u2019UQAM, à l\u2019époque où l\u2019art conceptuel et son frère, l\u2019art relationnel, étaient la religion de l\u2019heure, elle sculpta sa toute première pièce: un nuage.En ciment.D\u2019entrée de jeu et sans même sans s\u2019en rendre compte, Valérie Blass venait de jeter les bases d\u2019une démarche de déconstruction du quotidien, de ses objets, de ses styles et de ses formes.Avec Valérie Blass, on pense qu\u2019on regarde quelque chose et puis, tout d\u2019un coup, on se rend compte que non, ce n\u2019est pas ça.C\u2019est autre chose, mais quoi?Elle travaille sur le corps, mais un corps morcelé, disloqué, déconstruit.Un corps dont elle remet en question les apparences et les apparats.« J\u2019adore mélanger les genres, mettre les gens sur de fausses pistes, jouer avec le sentiment de perte ou le surplus de sens pour plonger les gens dans une sorte d\u2019inconfort.» L\u2019inconfort, Valérie Blass connaît ça.À peine assise sur le vieux canapé Louis XV recouvert d\u2019une épaisse couche de poussière de plâtre qui ne fait qu\u2019accentuer sa blancheur, elle déballe à toute vitesse sa vie qui ne fut ni très rose ni très confortable.Naissance à Montréal en 1967 au sein d\u2019une famille dure et pauvre.Le grand-père tenait une maison de jeu et passait sa vie à jouer aux cartes.Sa femme a rchi-pieuse passa it son temps à prier pour son âme à l\u2019église.Parachutée à Chambly avec son frère, Valérie Blass a été élevée par une mère seu le socia le-démocrate qui travaillait avec l\u2019équipe de Passe-Partout et qui avait affreusement honte de porter le même nom de famille que son criminel de cousin.Autant dire que Norma Blass n\u2019a pas apprécié que sa fille garde le nom de Blass, ni qu\u2019elle le donne aux deux enfants qu\u2019elle a eus entre 17 et 20 ans.Mais déjà à 17 ans, Valérie Blass n\u2019en faisait qu\u2019à sa tête.Bye-bye, la petite fille bricoleuse qui dessinait et découpait à longueur de jour pendant son enfance.Bonjour la punkette, amie de la bande d\u2019Urbain Desbois et adepte du retour à la terre et du BS.Un déclic : la sculpture Pendant quelques années, au début de la vingtaine, Valérie Blass s\u2019est laissée vivre et ballotter par les événements sans trop savoir où elle s\u2019en allait.Et puis, à l\u2019approche de la trentaine, elle a décidé de devenir sérieuse, ou du moins d\u2019envisager ses aptitudes pour les arts visuels avec sérieux.En 1995, elle s\u2019inscrit en arts plastiques à l\u2019UQAM, participe à la peinture en direct aux Foufounes électriques et s\u2019amuse beaucoup à peindre, mais sans y trouver une entière satisfaction.Etpuis,pendant sadeuxième année d\u2019université, un déclic se produit dans la classe de sculpture.Subitement, Valérie Blass découvre le bonheur tangible de pétrir la matière, de la mouler, de la tordre, de la sculpter avec ses mains et de faire surgir là, devant elle, une association folle, flyée, pas rap: un nuage en ciment.Deux contraires, deux contrastes.Une énorme collusion entre deux entités ennemies.«En peinture, je me sentais limitée et à l\u2019étroit, raconte-telle.Une peinture, c\u2019est une image.Sauf peut-être pour Riopelle qui sculptait quasiment ses tableaux.Il reste que la peinture, ça me parlait moins que le côté direct, concret, physique de la sculpture.Dès mon premier moulage, j\u2019ai su que j\u2019avais trouvé ma voie.» La voie était peut-être trouvée, mais avec deux enfants en bas âge et pas de père à l\u2019horizon, Valérie Blass pouvait difficilement être une artiste à temps plein.Pour gagner sa vie et nourrir ses enfants, elle s\u2019est vite trouvé un sideline pratique et payant : le cinéma.Pendant plusieurs années, Valérie Blass a été chef peintre et sculpteur aux décors sur les plateaux américains.Toutes les figures sculptées de Battlefield Earth portent sa signature, et tous les fonds de décors de Mesrine et de Martyrs ont subi ses coups de pinceau.« Parce que j\u2019élevais mes enfants seule, j\u2019ai mis du temps à terminer ma maîtrise et du temps à être reconnue.Je produisais aux deux ans.Des gars comme Michel Debroin ou Pascal Grandmaison, qui sont sortis de l\u2019UQAM environ en même temps que moi, ont fait leur chemin deux fois plus vite, mais maintenant que mes enfants sont grands, je compte bien rattraper le temps perdu.» De sa démarche actuelle, Valérie Blass dit qu\u2019elle est tout sauf conceptuelle.«Dans l\u2019art conceptuel, il y a une idée de minimalisme, mais surtout de pureté qui renvoie à quelque chose de religieux ou de mystique.Moi, mon travail est impur, vulgaire, brut, instinctif, parfois beau, parfois laid, souvent de très mauvais goût, comme la vie quoi ! Ce qui m\u2019importe d\u2019une pièce, c\u2019est qu\u2019elle ait du caractère et qu\u2019elle déménage.» Dans la salle de bains un peu crade de son atelier, une figure horrifique surprend le visiteur.Il s\u2019agit d\u2019un mannequin de l\u2019Halloween de chez Rona qu\u2019elle a apprêté à la sauce Blass pour le rendre encore plus terrifiant.Il est devenu la mascotte de l\u2019atelier, mais l\u2019effroi qu\u2019il provoque de prime abord est en parfaite continuité avec le style de Blass.«Des fois, quand je termine une pièce sur laquelle je bûche depuis longtemps, je prends un certain recul pour la regarder de manière objective.La plupart du temps, ce que je vois m\u2019étonne, mais surtout me fait peur.Je me dis : mon dieu, c\u2019est moi qui ai fait ça ! ! ! Je n\u2019ai aucune idée d\u2019où ça vient et c\u2019est peut-être mieux ainsi.Un artiste n\u2019a pas à planifier ni à contrôler ce qui jaillit de son inconscient.» L\u2019année 2010 a été bonne pour Valérie Blass.En plus de remporter le prix Louis- Comtois, qui rend hommage au talent d\u2019artistes en mi-carrière, le Musée des beaux-arts de Montréal a fait l\u2019acquisition d\u2019une de ses oeuvres les plus connues: celle d\u2019une montagne de cheveux montée sur deux jambes de mannequin et coiffée du titre un brin ironique She was a big success.Au même moment, le Musée d\u2019art contemporain acquérait sa sculpture La femme panier.Avec une expo à la Parisian Laundry qui débute jeudi prochain et tout plein de projets dans son atelier, dont un solo pour le Musée d\u2019art contemporain, Valérie Blass commence 2011 en flottant sur un nuage.Et cette fois, aucun doute là-dessus, le nuage n\u2019est pas en ciment.Valérie Blass expose ses oeuvres à la Parisian Laundry (3550, rue Saint-Antoine Ouest) du 13 janvier au 19 février.«Mon travail est impur, vulgaire, brut, instinctif, parfois beau, parfois laid, souvent de très mauvais goût, comme la vie quoi ! Ce qui m\u2019importe d\u2019une pièce, c\u2019est qu\u2019elle ait du caractère et qu\u2019elle déménage.» Oiseau rare du milieu de la sculpture, dominé par des hommes, Valérie Blass s\u2019impose de plus en plus comme l\u2019étoile montante de l\u2019art contemporain à Montréal.À quelques jours du début de son expo à la Parisian Laundry, la lauréate du prix Louis-Comtois 2010 de la Ville de Montréal prépare déjà son premier solo au Musée d\u2019art contemporain en février 2012.llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 8 J A N V I E R 2 0 1 1 A R T S E T S P E C T A C L E S 3 19-2 (Mercredi, 21 h, SRC.Début : 2 février) On a énormément parlé des coulisses de cette télésérie policière réalisée par Podz, qui s\u2019est d\u2019abord appelée Deux beux, puis Police.Ensuite, il y a eu la grosse chicane ayant débouché sur le départ de Claude Legault, son retour et la réconciliation avec l\u2019autre interprète principal, Réal Bossé.Le ton de l\u2019émission a aussi été modifié: de comédie, il a glissé vers la dramatique pure et dure.Et là, la SRC nous annonce un retard dans la diffusion.Toute une saga.Pour votre info, 19-2 raconte l\u2019histoire de deux policiers montréalais qui ne s\u2019aiment pas vraiment (l\u2019un est urbain et l\u2019autre, campagnard), mais qui doivent patrouiller les rues du centre-ville dans la même voiture.Les bandes-annonces montrent une série dure, intense et violente.LE GRAND MANÈGE (TVA.Début : fin février) Voici ce que TVA a bien voulu laisser filtrer sur ce projet secret: toutes les semaines, des athlètes québécois ou canadiens recréeront un numéro de cirque, un peu à la façon du Match des étoiles ou de Dancing with the Stars, et le public élira son chouchou.L\u2019aventure durera dix semaines et un seul des dix athlètes raflera la couronne.Qui sont ces athlètes?Qui animera?Dans quelle case jouera cette coproduction de Bubbles Télévision et Productions J?Silence radio.Aucune info n\u2019était disponible cette semaine à ce sujet.PENTHOUSE 5-0 (Lundi, 21h30, SRC.Début : 10 janvier) C\u2019est le spin-off des Hauts et des bas de Sophie Paquin, mettant en vedette les deux cougars les plus folles du petit écran, Loulou (Isabelle Vincent) et Estelle (Élise Guilbaut).Attendez-vous à de la comédie pure, du slapstick et des répliques savoureuses de Louise «bout de crisse» Nantel.Bémol : le personnage d\u2019Estelle, à forte dose comme ça, a tendance à nous énerver avec sa gestuelle amplifiée et ses tics magnifiés.Par contre, Loulou vole la vedette à chacune de ses apparitions dans son nouveau milieu de travail, les Cosmétiques DM.ARTS ET SPECTACLES TÉLÉVISION Dieu merci, l\u2019année 2010 est finie.Mieux vaut maintenant regarder vers l\u2019avant, en espérant que le petit écran québécois ne soit pas trop décevant.Radio-Canada déballe cet hiver plusieurs nouveautés intrigantes, dont Penthouse 5-0, 30 vies et 19-2, toutes des séries qui portent des numéros dans leur titre.S\u2019agira-t-il de la combinaison gagnante ?Chez TVA, des athlètes connus s\u2019initieront au cirque dans Le grand manège, une production qui s\u2019annonce flamboyante, tandis que des hockeyeurs amateurs remonteront dans l\u2019express de La série Montréal-Québec 2.Vous, quelle émission vous branchera?Tour de zapette de nos grandes chaînes.DÉGUSTER LACUVÉE TÉLÉ 2011 HUGO DUMAS CHRONIQUE LA SÉRIE MONTRÉAL-QUÉBEC 2 (Dimanche, lundi et jeudi, TVA.Début : demain, 20h30) Et c\u2019est reparti pour les hockeyeurs amateurs du vrai réseau, en espérant que le tout soit un peu plus distrayant que l\u2019an passé (zzzz).Le nombre de parties diffusées en direct a été réduit de huit à quatre et plusieurs autres correctifs ont été apportés.Nous ne demandons pas mieux que de nous intéresser à notre sport national en version téléréalité.Mais faudra trouver LA bonne astuce pour nous river au petit écran.PEUT CONTENIR DES RACHID (Lundi, 19 h, TVA.Début : 10 janvier) Vous avez aimé la première saison?Parfait.Le concept ne bouge pas pour cette deuxième incarnation.L\u2019humoriste caméléon, et aussi acteur, Rachid Badouri, enfile costumes, perruques et maquillage pour piéger des victimes avec la complicité de plusieurs vedettes de notre colonie artistique.Chantal Lacroix (sans sa table de ouija) et Charles Lafortune y participeront, notamment.TRAUMA 2 (Mardi, 21 h, SRC) Deuxième saison beaucoup plus intéressante pour le drame médical de Fabienne Larouche, qui se joue dans les salles d\u2019opération de l\u2019hôpital Saint-Arsène.Comme vous l\u2019avez vu mardi soir, la Dre Julie Lemieux (Isabel Richer) a survécu à son opération au cerveau, mais craint encore la rupture d\u2019anévrisme.Sinon, Sophie Léveillée (Laurence Leboeuf) subira pendant longtemps les séquelles de sa rencontre avec un motard dégueulasse \u2013 quelle scène traumatisante.Un peu moins de philo, un peu plus d\u2019hémoglobine, voilà ce que nous espérions de Trauma 2.REMISE À NEUF (Mardi, 19 h, V.Début : 1er février) Dans la lignée de Taxi payant, voici un nouveau quiz adapté d\u2019un concept israélien.Toutes les semaines, l\u2019humoriste Pierre Hébert visite des gens qui doivent mettre en jeu une pièce de leur mobilier ou un de leurs appareils électroménagers.Du genre: sofa, lave-vaisselle, frigo, sécheuse, etc.Si les concurrents répondent à deux questions sur quatre, ils changent leur objet pour un flambant neuf.S\u2019ils ratent l\u2019épreuve, Pierre Hébert repart avec le meuble gagé (qui ira à un organisme de charité, rassurezvous).30 VIES (Du lundi au jeudi, 19 h, SRC.Début : 10 janvier) Une prof de cinquième secondaire (Marina Orsini) s\u2019intéresse aux problèmes des élèves de sa classe multiethnique.Réalisation moderne, décors réalistes et intrigues crédibles, Fabienne Larouche se détache complètement de Virginie, même si le milieu scolaire sert encore de toile de fond.Imaginez une série dramatique régulière, mais découpée en tranches de 30 minutes et servies en quotidienne du lundi au jeudi.Plus rien à voir avec le téléroman traditionnel.LES BOYS 4 (Lundi, 21 h, SRC.Début : 10 janvier) Les boys, ça reste Les boys.Vous connaissez la formule, elle ne bouge pratiquement pas pour cette quatrième saison.Stan est victime d\u2019une arnaque, Bob poursuit son émission de cuisine et les parties de la ligue de garage se succèdent.La belle surprise, c\u2019est l\u2019arrivée d\u2019Antoine Bertrand, qui incarnera Ronnie, le nouveau chef-cuisinier de la brasserie.La nouvelle recrue a tout un tempérament, oscillant entre le zen et le pétage de coche extrême.Excellent choix au repêchage.Mais peut-être fauteur de troubles dans la chambre des boys.LOL: -) (TVA, début : fin février) Concept très intrigant.Chacune des 13 émissions de 30 minutes de LOL: -) réunira des courts sketches de 30 à 60 secondes où les comédiens ne s\u2019exprimeront qu\u2019en émettant des sons.Parmi la distribution, on retrouve Réal Bossé, Martin Drainville, Antoine Vézina et Julie Ménard.La série a notamment été tournée au Mexique, aux États-Unis et en France.Le format a d\u2019ailleurs déjà suscité pas mal d\u2019intérêt sur les marchés internationaux de télévision.LOL:-) Les Boys 4 Peut contenir des Rachid Trauma II Remise à neuf 19-2 30 vies PHOTOS FOURNIES PAR RADIO-CANADA, TVA ET V TÉLÉ.Penthouse 5-0 llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 4 A R T S E T S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 8 J A N V I E R 2 0 1 1 ARTS ET SPECTACLES TÉLÉVISION Il y a quatre ans, la pétillante comédienne Jessica Barker a eu une sacrée bonne idée.D\u2019abord, elle a refusé de s\u2019inscrire sur Facebook comme les trois quarts de l\u2019humanité.Puis, elle a fait imprimer le t-shirt pour le prouver.Son t-shirt «Fuck Facebook» a eu tellement de succès qu\u2019elle s\u2019est ouvert un site et une shop virtuelle de production de t-shirts.Les premiers mois, ses t-shirts se vendaient comme des petits pains chauds ou, comme disait l\u2019autre, aussi vite que des galettes au crystal meth et des tartelettes à l\u2019ecstasy.En septembre 2008 est arrivée la consécration suprême avec une mention dans le blogue de Michael Musto, le chroniqueur mondain du Village Voice, le tout accompagné d\u2019une photo montrant Jessica et ses amis Rafaële Germain, Guillaume Lemay-Thivierge, Vincent Bolduc et Patricia Paquin a rbora nt f ièrement leurs t-shirts «Fuck Facebook».Quatre ans plus tard, la trépidante Jessica continue de vendre ses t-shirts sur le web, mais à la cadence plus modeste de trois ou quatre par semaine.Elle n\u2019a toujours pas grossi les rangs de 500 millions d\u2019abonnés de Facebook et demeure convaincue que d\u2019ici quelques années, ce gigantesque réseau social aura disparu de la face de la Terre.Elle me l\u2019a répété cette semaine.De toute évidence, la blonde enfant n\u2019a pas lu les journaux qui célèbrent depuis quelques jours la nouvelle amitié entre Facebook et Goldman Sachs.Ce géant de l\u2019investissement, décrit par certains comme une pieuvre vampirique suceuse d\u2019argent, vient en effet de lever 450 millions au nom de Facebook en affirmant que l\u2019entreprise crée par Mark Zuckerberg en 2004, a aujourd\u2019hui une valeur de 500 milliards.Entre vous etmoi, lemontant de 500 milliards me semble un brin exagéré, mais qu\u2019estce que j\u2019en sais ?Absolument rien, comme la vaste majorité des abonnés de Facebook dont je ne fais toujours pas partie (même si un évangéliste m\u2019a ouvert une page).En revanche, ce que je sais, c\u2019est que depuis le sympathique mouvement de dissidence citoyenne incarné par les t-shirts de Jessica, les choses ont bien changé.En 2007, Facebook n\u2019était pas une religion et encore moins un incontournable outil de marketing et de promotion.On pouvait encore envisager Facebook avec un esprit critique, choisir de ne pas y adhérer sans rien manquer, et surtout entretenir l\u2019idée de sa relative indépendance par rapport à sa tendance de plus en plus lourde et envahissante.Quatre ans plus tard, cette indépendance d\u2019esprit est malheureusement très difficile à maintenir.Aujourd\u2019hui, il n\u2019y a pas un film, pas un CD, pas un nouveau projet de condo ou une nouvelle marque de bagnole ou de bigoudis qui est lancé sans avoir sa page Facebook.Souvent, d\u2019ailleurs, c\u2019est sur Facebook, et non sur le site officiel du produit ou de l\u2019artiste, que l\u2019on retrouve la primeur d\u2019une image, d\u2019un slogan ou d\u2019un extrait vidéo.Au plan culturel, Facebook a opéré un incroyable nivellement, faisant fondre les frontières entre la culture populaire et la culture élitiste, entre le commerce et l\u2019art.Rihanna et Lady Gaga sont sur Facebook, cela va de soi, mais Arcade Fire, Camille et CocoRosie, des artistes plus marginaux s\u2019affichant comme des indépendants, le sont également.L\u2019OSM est sur Facebook, au même t it re que Ozzy Osbourne et Metallica.Idem pour Michel Houellebecq, Yann Martel et pour V.S.Naipaul, écrivain de près de 80 ans, docteur honoris causa de plusieurs universités, anobli par la reine, et Prix Nobel de littérature, bref un homme qui n\u2019a aucune raison d\u2019être sur Facebook et qui pourtant s\u2019y retrouve comme des millions d\u2019autres.Pas étonnant que Goldman Sachs vienne de plonger dans la mêlée et d\u2019investir autant de fric dans Facebook.L\u2019arrivée de ce géant financier, qui espère tripler sa mise, sans doute en vendant les données personnelles des millions d\u2019abonnés, est le signe définitif que le profit a gagné sur l\u2019amitié.Si j\u2019étais Jessica Barker, je commencerais tout de suite à produire une nouvelle série de t-shirts.J\u2019opterais pour Facebook nous a eus et sa version anglaise : «Fucked by Facebook».s Pour joindre notre chroniqueuse : npetrows@lapresse.ca Facebook nous a eus NATHALIE PETROWSKI CHRONIQUE Aujourd\u2019hui, il n\u2019y a pas un film, pas un CD, pas un nouveau projet de condo ou une nouvelle marque de bagnole ou de bigoudis qui est lancé sans avoir sa page Facebook.SÉRIE DVD SONIA SARFATI On lit le résumé sur le boîtier et on est sûr qu\u2019on a tout compris : Being Human est un genre de Buffy the Vampire Slayer probablement mâtiné de Twilight mais à la sauce british, destiné à un public adolescent (d\u2019âge ou de coeur).Après tout, cette série met en scène trois colocs de nature aussi différente que supernaturelle : un vampire, un loup-garou et un fantôme.On glisse donc le disque dans le lecteur\u2026 et, surprise, Being Human est beaucoup plus sombre que ce que le résumé \u2013 et la photo du boîtier \u2013 laisse présager.Il y a de l\u2019humour, oui, mais il est souvent noir, grinçant.Parce que le thème de la série est noir et grinçant : le but des trois créatures de la nuit est de retrouver ou de ne pas perdre leur humanité ; or, parmi les principaux obstacles qu\u2019ils trouvent sur leur route se trouvent souvent des humains qui, eux, sont de véritables monstres.On réalise aussi rapidement que, pour vraiment apprécier cette deuxième saison (huit épisodes en anglais avec soustitres anglais), il faut avoir vu la première.Le pilote, qui ne mettait pas en vedette les mêmes acteurs, n\u2019est, lui, pas un détour obligé.En scène dans ces deux saisons qui ne totalisent que 14 épisodes : Mitchell le vampire et George le loup-garou.Ils sont devenus «amis» et viennent de se trouver un appartement à Bristol.Surprise, peu de temps après leur installation: les lieux sont déjà occupés\u2026 par le fantôme d\u2019Annie, qui vivait là avant sa mort.Petit à petit, le voile se lève sur les origines de chacune de ces créatures et sur leur mythologie \u2013 car ces vampires, loups-garous et fantômes ne sont pas des représentants «classiques» de leurs espèces respectives ; ils sont tels que les a imaginés Toby Whithouse.Lequel explique ce qu\u2019il a voulu faire avec eux et avec la série dans l\u2019un des suppléments de la première saison.Ceux de la seconde consistent surtout en une exploration des coulisses de certaines scènes phares.Bref, le résultat est surprenant.Et assez accrocheur pour que la chaîne SyFy décide de produire un remake à l\u2019américaine qu\u2019elle diffusera plus tard cette année.Tournée à Montréal, la série mettra en vedette Sam Witwer, Sam Huntington et Meaghan Rath dans les rôles principaux.Une parenté physique entre les acteurs originaux et ceux de la deuxième mouture qui laisse espérer un respect de l\u2019oeuvre première\u2026 BEING HUMAN 2 CRÉÉE PAR TOBY WHITHOUSE.AVEC AIDAN TURNER, RUSSELL TOVEY, LENORA CRICHLOW, SINEAD KEENAN.HHH Being Human \u2013 Season Two llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 8 J A N V I E R 2 0 1 1 A R T S E T S P E C T A C L E S 5 ARTS ET SPECTACLES IGLOOFEST Avec ses neuf soirées de musique électronique en plein air et en plein hiver, en plein janvier et en pleine ville, ses DJ prestigieux, son village d\u2019igloos et son sens de l\u2019autodérision, c\u2019est le retour de l\u2019Igloofest.Organisé dans le Vieux-Port par la gang des Piknics électronicks, l\u2019événement, qui a attiré 45 000 personnes en 2010, est littéralement hot et cool tout à la fois.Il fait froid, il fait noir ?Alors, on danse\u2026 Dans un igloo près de chez vous PHOTO FOURNIE PAR L\u2019IGLOOFEST Le site de l\u2019Igloofest peut accueillir jusqu\u2019à 9000 personnes.PHILIPPE RENAUD COLLABORATION SPÉCIALE L\u2019équipe de programmation de l\u2019Igloofest se surpasse pour son cinquième anniversaire.Faites vos choix de sorties en suivant ce guide.Faites vos choix MARIE-CHRISTINE BLAIS Cette année, ils sont une gang à avoir reçu à Noël soit une Igloopass (qui permet d\u2019assister à toute la programmation électro), soit une combinaison de ski «vintage 1980» afin de participer au célèbre «concours d\u2019habit de neige one piece de l\u2019Igloofest.«Même les gensqui n\u2019aiment pas la musique électro aiment l\u2019Igloofest, explique Nicolas Cournoyer, directeur des opérations de l\u2019événement qui fête son cinquième anniversaire.Quand tout le monde est habillé en hiver, on est pas mal tous pareils, ça donne une ambiance vraiment agréable et relax! Et plus ça va, plus le monde s\u2019amuse à porter des vêtements d\u2019hiver hallucinants, ça devient un cabaret burlesque de l\u2019habit de neige.» La preuve est faite: le ridicule ne tue pas, il réchauffe! Présenté pendant t rois week-ends (les jeudis, vendredis et samedis, entre le 13 et le 29 janvier, de 18h30 à minuit), l\u2019 Igloofest ne cesse de grandir au fil des ans : de 4000 visiteurs qui dansaient sous les étoiles sur de la musique électro, quai Jacques-Cartier dans le Vieux-Port en 2007, ils étaient environ 45 000 à faire de même en 2010 ! De ce nombre, près du quart vient de l\u2019extérieur de Montréal : c\u2019est pourquoi, cette année, Igloofest propose carrément des forfaits à l\u2019intention de ceux qui viennent du Québec (en collaboration notamment avec les Auberges de jeunesse), des États-Unis et de France (grâce à une entente avec Air Transat) ! À l\u2019intention des 18 ans et plus \u2013 «c\u2019est trop compliqué, sinon, contrôler l\u2019âge des gens, avec les tuques, les foulards\u2026 » \u2013 la gigantesque discothèque à ciel ouvert propose une programmation particulièrement relevée, mais aussi une atmosphère étonnamment souriante et\u2026 torride.Bon, il est vrai que prendre un verre entre 18h30 et minuit dehors, tout en dansant, ça réchauffe.Et que manger à la belle étoile un hot-dog (avec choix de saucisses : végétarienne, merguez, italienne, etc.) ou une poutine, ça soutient (et ça tache pas mal moins que le chili, qui était au menu l\u2019an dernier).Mais c\u2019est toute l\u2019approche de l\u2019Igloofest, ce soupçon d\u2019humour un peu partout, qui fait vraiment la différence : outre son concours de one piece, l\u2019événement vend ses fameuses tuques (faites au Québec !), tricotées dans des couleurs qui ne s\u2019agencent avec rien, des tuques « semi-belles, semikitsch », pour reprendre les mots de Cournoyer.Nouveauté cette année: en plus des tuques à gros pompon, on propose un modèle «bonnet péruvien», décliné en kaki et rose ou kaki et orange fluo\u2026 Village d\u2019igloos Mais les deux vraies grandes nouveautés de cette cinquième présentation portent sur le réaménagement du village d\u2019igloos et la création d\u2019une deuxième scène.Les organisateurs ont confié le renouvellement du village qui jouxte la scène principale à deux designers d\u2019environnement franchement douées : Melissa Mongiat et Mouna Andraos, qui ont remporté en 2010 la bourse Phyllis- Lambert et présenté leurs projets aussi bien à Cannes qu\u2019à Londres au cours des der n iè re s a nnée s.Leu r approche est toujours fondée sur le ludique, le plaisir, l\u2019interactif, les sens\u2026 « L\u2019équipe de l\u2019Igloofest nous a demandé de l\u2019aider à faire un environnement plus cohérent, plus participatif, encore plus joyeux, explique Melissa Mongiat.On s\u2019est inspirés des trois éléments qui sont l\u2019image de marque d\u2019Igloofest: la glace, la lumière et le feu.Et bien sûr, les igloos!» On pourrait aussi rajouter le recyclage et la réutilisation, concepts chers aux deux designers, qui préparent une exposition à Berlin, participeront à Nuit blanche, collaboreront au Musée McCord\u2026 entre autres choses.Melissa et Mouna, aidées de leur équipe (Amélie Bilodeau, Yolène Le Roux, Chloé Payot), ont donc décidé de réutiliser les contenants qui servent à faire les blocs de glace des igloos pour construire une espèce de mur-forteresse, qui sera éclairé grâce\u2026 à la voix des spectateurs \u2013 on ne vous en dit pas plus, mais c\u2019est vraiment drôle et chouette comme idée.« On a aussi repensé les éclairages : le site sera baigné d\u2019une lumière d\u2019une seule couleur à la fois, qui changera au fil des heures.Et les logos des commanditaires ont été modifiés pour devenir quelque chose de plus «expérimentiel» \u2026» Une seconde scène, couverte celle-là, s\u2019ajoute à la grande scène principale à ciel ouvert.Montée dans le village d\u2019igloos, elle aura justement une forme d\u2019igloo, où on pourra danser sur des mash-ups de musique électronique.Cette deuxième scène agira comme un chill out , littéralement ! «En fait, plus les années passent et plus on réalise que les gens viennent justement parce qu\u2019il fait froid! conclut Nicolas Cournoyer.On peut accueillir jusqu\u2019à 9000 personnes sur le site.L\u2019an dernier, il a fait -30º, un soir : eh bien, il y avait quand même 4500 personnes qui dansaient, et le lendemain, il y en avait 5500! L\u2019Igloofest, c\u2019est un pied de nez à l\u2019hiver !» À compter de jeudi, on danse tous à Freezyland\u2026 Igloofest, du 13 au 29 janvier, les jeudis, vendredis et samedis, de 18h30 à minuit, au Quai Jacques-Cartier dans le Vieux- Port de Montréal.Billet : 10$ par soir, plus taxes.Infos : igloofest.ca «Plus les années passent et plus on réalise que les gens viennent justement parce qu\u2019il fait froid! Seth Troxler Jeudi 13 janvier L\u2019 Igloofest 2011 débute sous des auspices house avec l\u2019Américain Seth Troxler.Originaire de Detroit, le type, nourri au house et au techno, ami de l\u2019illustre Theo Parrish, a en trois ans seulement déjà trouvé sa signature.Le collègue Lee Foss (États-Unis) et les Montréalais Mike Mind&Thomas Von Party réchaufferont la foule avant son set.Lunice Samedi 15 janvier Solide soirée mettant en vedette le Montréalais Lunice, habile producteur et DJ qui marie hiphop, électro et musique de club.Il partage la scène avec les maîtres ès breakbeats Stanton Warriors (Grande-Bretagne), l\u2019éclectique dÉbruit (France) et le collectif local Night Trackin DJ\u2019s, qui compte dans ses rangs l\u2019étoile montante du UK Funky Jacques Greene.Andrew Weatherall Vendredi 21 janvier Une légende ! Weatherall, DJ britannique de la première heure, a réalisé ou remixé Primal Scream, The Orb, New Order et d\u2019autres avant de lancer ses propres compositions sous les pseudos Two Lone Swordsman et The Sabres of Paradise.Avec lui, les Suisses Round Table Knights, le très hypé torontois Egyptrixx, Panton et, du côté de la scène Virgin, le « combat » des Lemieux, Vincent (programmeur à MUTEK) et Alex (manager et DJ Why Alex Why?).Isolée Samedi 22 janvier En 2000, l\u2019Allemand Isolée lançait le simple Beau Mot Plage, envoûtant classique de l\u2019ère minimaliste/microhouse défendu par tous les grands DJ, house ou techno.De retour avec un nouvel album (Youth Spent Well), Isolée sera accompagné des Akufen, Guillaume&The Coutu Dumonts et Pépé Bradock (France).Une soirée à ne pas manquer.Carl Craig Jeudi 27 janvier La soirée des vétérans de la scène techno américaine.À commencer par Carl Craig, musicien, DJ et remixeur qui se passe désormais de présentations.Il sera précédé par un autre ambassadeur du son de Detroit, Stacy Pullen.Enfin, un des piliers de la scène électronique montréalaise, le DJ et producteur Jordan Dare, complète cette affiche d\u2019expérience.Ikonika Vendredi 28 janvier Révélée l\u2019année dernière grâce à son premier album paru chez Hyperdub, découverte par les Montréalais lors de son passage à MUTEK, la Britannique Ikonika revient avec ses basses fréquences envahissantes pour une soirée chaudement recommandée, mettant aussi en vedette STBRKT (G-.B.), autre nom de la scène funky/dubstep, ainsi que les furieux Montréalais Bowly et Poirier.llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 6 A R T S E T S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 8 J A N V I E R 2 0 1 1 Martin McDonagh Mise en scène Denis Bernard Traduction Fanny Britt Avec Antoine Bertrand, Frédéric Blanchette, David Boutin, Daniel Gadouas et Audrey Rancourt-Lessard M Bouti 4664, rue Saint-Denis BILLETTERIE 514 844-1793 ACHAT EN LIGNE rideauvert.qc.ca «Une mise en scène implacable.Le suspense est constant » VOIR «Les acteurs sont fabuleux (.) Un tableau parfait.Je l'ai vu àlaradio \u2013« Un événement théâtral à ne manquer sous aucun prétexte.» ICI ep tf bl ()Utbleau parfait » SRC « Le Pillowman célèbre la puissance de la création.» Le Devoir ARTS ET SPECTACLES MUSIQUE SUR LES PLANCHES STEEVE DIAMOND ET RICK MILLER, ce soir au Théâtre Hector-Charland.PIERRE LAPOINTE, ce soir à la salle André-Mathieu.LION FARM + SQUALOR, ce soir à la Casa del Popolo.UNITEDSTEELWORKERSOFMONTREAL, ce soir à La Sala Rossa.NUZ, demain au Club Balattou.GLASS PASSENGER + THE UNSETTLERS, demain à la Casa del Popolo.ISABELLE BOULAY, lundi à la salle André-Mathieu.GIANT HAND + WINCHESTER WARM + JF ROBITAILLE, mardi à la Casa del Popolo.KARIM MEDFAI, mercredi au Club Balattou.PATRICK GRAHAM& ON ENSEMBLE, mercredi à La Sala Rossa.SHEESHAMANDTHELOTUS, mercredi au Café Campus.LES TROIS ACCORDS, jeudi à L\u2019Étoile.LE CABARET TONNERRE AVEC ÈVE COURNOYER ET MICHEL FAUBERT, jeudi au Lion d\u2019or.SONIAJOHNSON, vendredi au Studio-théâtre de la Place des Arts.LES ROCKSTONES ET KEMI LOCO, vendredi au Café Campus.ROBERTO LOPEZ, vendredi au Montréal arts interculturels.MARC HERVIEUX, vendredi au Théâtre Hector-Charland.Pour son premier album en sept ans, Cake a pris son temps, soulagé de la fin de son contrat avec Columbia.Il en résulte Showroom for Compassion, un album comfort food fait à l\u2019énergie solaire à 100%.ÉMILIE CÔTÉ Cake s\u2019est produit à Montréal en septembre dernier, mais Showroom of Compassion, son nouvel album \u2013 le premier en sept ans \u2013 ne sort que mardi.«L\u2019album devait être prêt pour le spectacle, explique le chanteur John McCrea.Nous avons réservé la salle plus d\u2019un an avant et nous pensions que tout serait fini.» Cake n\u2019a plus de maison de disques qui met de la pression et qui lui dit quoi faire.«Nous avons pris beaucoup de temps depuis le dernier album, car il fallait trouver un moyen de partir de chez Columbia.C\u2019est un navire qui coule.À part si tu es Christina Aguilera ou Jay-Z, c\u2019est un mauvais système.» Pour mettre fin à son contrat avec Columbia, Cake a sorti en 2004 un album composé essentiellement de reprises et de b-sides.Mais depuis, le groupe de la Californie est revenu avec sa propre étiquette comme à ses débuts, Upbeat Record.«Nous avons constaté à quel point c\u2019était du travail de devenir indépendant, indique John McCrea pour expliquer le délai de la sortie de Showroom of Compassion.Nous sommes des musiciens, pas des hommes d\u2019affaires.» Mais pour Cake, le plus important était de devenir maître de ses décisions.Il a enregistré ses nouvelles chansons, à son rythme, dans son propre studio, à Sacramento.En tout et partout, la production de son sixième album a pris près de trois ans, alors que McCrea travaillait à l\u2019écriture des nouvelles chansons depuis des années déjà.«L\u2019album a pris plus de temps car le processus a été très participatif et démocratique\u2026 La démocratie, c\u2019est lent », blague-t-il.Le studio de Cake fonctionne entièrement avec de l\u2019électricité provenant de panneaux solaires.«Tout l\u2019album a été fait avec 100% d\u2019énergie solaire, de l\u2019enregistrement au mixage », souligne John McCrea.Comme bien des gens de la région de la baie de San Francisco, le chanteur qui vit à Oakland est vert jusqu\u2019au bout des doigts.«La vie est courte.Il faut faire bouger les choses avant d\u2019être vieux, fait valoir McCrea.Beaucoup de gens aux États-Unis ne croient même pas en la science.C\u2019est frustrant.» En studio, les membres de Cake ont laissé leurs nouvelles chansons « voler » d\u2019elles- mêmes, avec des essais et erreurs.«Nous voulions garder ça lousse, ne pas se donner un cadre trop rigide, explique McCrea.La musique, c\u2019est davantage au niveau du corps que du cerveau.» Il y a une dimension exploratoi re dans Showroom of Compassion \u2013 même une pièce instrumentale \u2013, mais les fans de Cake retrouveront le son typique du groupe : la voix nonchalante de John McCrea, les trompettes de mariachis, les riffs accrocheurs, une touche lo-fi et une attitude ironicosatirique.Il n\u2019y a pas de succès instantané à la The Distance sur Showroom of Compassion.Cake nous sert du comfort food, mais il pousse tout de même un peu plus loin ses recettes, en parlant autant du financement des partis politiques que de grossesse à l\u2019adolescence et d\u2019un homme à moustache.«Musicalement, j \u2019ai laissé aller des choses sur cet album que je ne laissais pas aller sur les autres, note John McCrea.J\u2019ai mis de la réverbération sur la voix.Avant, j\u2019aurais trouvé que cela faisait trop grandiose\u2026 Je privilégiais le lo-key, et le moins d\u2019excès possible.Là, j\u2019ai osé plus de texture.» Généreux Lors de notre entretien téléphonique, avant Noël, John McCrea était dans un hôtel de St.Louis, dans le Missouri.Au bout du fil, il a été aussi généreux que franc.«Je n\u2019aime pas voyager\u2026 Je l\u2019ai fait pendant 15 ans.C\u2019est une expérience que les gens ne comprennent pas.Tu arrives dans une ville en fin d\u2019après-midi, tu fais des entrevues, puis c\u2019est l\u2019heure du test de son, tu essaies de manger quelque chose, tu fais le spectacle et tu repars faire de la route pour 15 heures.Quand tu reviens à la maison après deux ans de tournée, des gens sont morts, des couples se sont mariés\u2026 Et toi, ta vie est gelée.» Cette désillusion de la vie de tournée n\u2019empêche pas McCrea et ses complices de faire des spectacles de près de trois heures, comme à l\u2019Olympia en septembre dernier.« J\u2019adore faire des spectacles, précise John McCrea, aujourd\u2019hui âgé de 45 ans.Quand nous nous sentons bien et qu\u2019il y a une bonne foule, nous restons sur scène longtemps.» Si le groupe n\u2019a pas joué sa populaire reprise de I Will Survive à son passage à Montréal, elle n\u2019est pas bannie de son répertoire pour autant.«C\u2019est tout simplement que nous n\u2019avons pas de set-list et car nous n\u2019aimons pas faire nos spectacles comme des machines.» CAKE Loin de la machine Isabelle Boulay PHOTO FOURNIE PAR ROBERT KNIGHT, ILG Cake est revenu avec sa propre étiquette comme à ses débuts, Upbeat Record.«Nous avons constaté à quel point c\u2019était du travail de devenir indépendant», a indiqué le chanteur John McCrea.POP-ROCK CAKE SHOWROOM OF COMPASSION ILG «Quand tu reviens à la maison après deux ans de tournée, des gens sont morts, des couples se sont mariés\u2026 Et toi, ta vie est gelée.» llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 8 J A N V I E R 2 0 1 1 A R T S E T S P E C T A C L E S 7 Soirée lyrique italienne Des airs célèbres deVerdi et autres grands maîtres italiens, interprétés par l\u2019Orchestre Métropolitain et son choeur, sous la direction de mæstro Giuseppe Pietraroia.Les solistes invités : Antoine Bélanger, ténor, Gianna Corbisiero, soprano et Gino Quilico, baryton.concertcontrelecancer.com 4e édition 4 février 2011, 20 h Sous la présidence d'honneur de sanofi-aventis COMMANDITAIRE Pour achat de billets assortis d\u2019un don à l\u2019Institut du cancer de Montréal et donnant droit à un reçu pour fins d\u2019impôts pour la portion admissible, téléphonez au 514 890-8213.Billets réguliers : 45 $, 60 $ et 70 $ (frais et taxes en sus) En vente à la billetterie et au www.pda.qc.ca ARTS ET SPECTACLES RENTRÉE THÉÂTRE Les nouvelles créations de Michel Marc Bouchard sont toujours très attendues.D\u2019autant plus que son dernier texte, Le peintre des Madones, remonte à 2004, et que le précédent, Sous le regard des mouches, avait été créé en 2000.Avec Tom à la ferme, le dramaturge québécois renoue avec des thèmes qui lui sont chers : l\u2019homophobie, la campagne, la présence de la mère et le deuil.Cette fois, il s\u2019agit d\u2019un récit sur le «vol d\u2019un deuil », mis en scène par Claude Poissant.TOMÀ LA FERME AU THÉÂTRE D\u2019AUJOURD\u2019HUI LE BONHEUR N\u2019EST PAS DANS LE PRÉ JEAN SIAG Cette nouvelle création de Michel Marc Bouchard trouve sa source dans une pièce écrite à la fin des années 90, Les limbes, qui n\u2019a finalement jamais vu le jour.«C\u2019était une pièce composée de plusieurs fragments qui traitaient de l\u2019état des séropositifs, explique l\u2019auteur.Mais je trouvais que le thème l\u2019emportait sur l\u2019aventure théâtrale et que ça devenait un peu trop didactique.Alors je n\u2019ai pas voulu poursuivre.» En relisant la pièce il y a deux ans et demi, il a eu envie de reprendre un de ces fragments qui abordait le thème du deuil.«C\u2019était l\u2019histoire d\u2019un jeune homme qui s\u2019en allait aux funérailles de son amant, mais qui se retrouvait dans un milieu rural qu\u2019il ne connaissait pas.Auprès de gens qui s\u2019attendaient à rencontrer une veuve et non pas un veuf.Tom à la ferme part de là.De ce mensonge laissé en héritage par le défunt.J\u2019ai retravaillé le texte avec le comédien François Arnaud il y a deux ans, tranquillement.La pièce a ensuite suivi le chemin de la création.» Claude Poissant, qui depuis une dizaine d\u2019années monte presque exclusivement des créations, connaît bien l\u2019oeuvre de Michel Marc Bouchard.Il a produit Les feluettes lors de la création de la pièce en 1987 (dans une mise en scène d\u2019André Brassard), et monté Les grandes chaleurs à Chicoutimi en 1993.Il y a quelque mois, l\u2019auteur lui a donné le texte sans lui demander directement de faire la mise en scène.«Un exercice de désir», nous glisse-t-il.« C\u2019est drôle, se souvient Claude Poissant, parce que Michel Mar c a souvent fait monter ses pièces par Denoncourt, René Richard Cyr, etc.mais il m\u2019a dit un jour, Les limbes, c\u2019est pour toi.» Drôle de hasard en effet, le metteur en scène, qui a monté deux spectacles impor tants en 2010 \u2013 Rouge gueule d\u2019Étienne Lepage, et The Dragonf ly de Chicoutimi, de Larry Tremblay \u2013 n\u2019a finalement pas hésité à embarquer dans le projet.«Il y a quelque chose dans l\u2019écriture de Michel Marc qui me fascine, c\u2019est qu\u2019on se retrouve dans le réel, sans y être tout à fait.Nous sommes dans une fable, mais construite avec des matériaux authentiques, réels.Et puis chaque lecture nous révèle quelque chose de nouveau.Parce qu\u2019il y a toujours un appel social.C\u2019est très inspirant.On a l\u2019impression de faire un travail d\u2019artisan.» Comme pour toute création, dès les premières répétitions avec les comédiens, il y a eu beaucoup d\u2019allers-retours avec l\u2019auteur depuis le mois de mai dernier.«C\u2019est comme de la haute couture, précise Claude Poissant.On doit toujours faire de petits ajustements, être à l\u2019écoute l\u2019un de l\u2019autre.Ce qui est bien, c\u2019est que Michel Marc n\u2019est pas quelqu\u2019un qui protège son oeuvre.Il sait qu\u2019il écrit pour le théâtre, que la force de la création se trouve dans ces petits changements.» Michel Marc Bouchard acquiesce.« C\u2019est vrai que c\u2019est de la haute couture, dit-il.J\u2019en suis rendu à coudre des boutons.À rajouter une syllabe pour que ça fonctionne.Lorsque j\u2019assiste à des enchaînements, je sais que c\u2019est réussi lorsque j\u2019oublie que c\u2019est moi qui ai écrit le texte.C\u2019est important de faire ce travail-là parce que la création devient le repère de l\u2019oeuvre.Après, on ne se réfère plus à l\u2019auteur.Bizarrement, la mise en scène de Claude et l\u2019interprétation des comédiens effacent toutes les références que j\u2019avais en écrivant le texte.» Pour camper le décor rural de Tom à la ferme, Claude Poissant a visité des fermes modernes dans le but de lui donner une résonnance métallique.«Peu à peu, explique le metteur en scène, je me suis rendu compte qu\u2019il fallait revenir au bois pour bien décrire le lieu de la fable.» D\u2019où ce décor avec un pan de mur de grange (à l\u2019arrière-scène), peaufiné par le scénographe Romain Fabre, qui a cherché à créer un espace à mi-chemin entre un extérieur et un intérieur.C\u2019est Alexandre Landry qui interprétera le rôle de Tom, jeune publicitaire homosexuel qui se rend donc aux funérailles de son amant, mort à la suite d\u2019un accident de voiture; Lise Roy se glissera dans la peau de la mère du défunt ; Éric Bruneau interprétera le frère du défunt, homophobe extrêmement menaçant vis-àvis de Tom pour que ce mensonge ne soit jamais révélé, tandis qu\u2019Évelyne Brochu sera la fausse amoureuse du défunt, Sarah.Évidemment, on s\u2019en doute, tout cet imbroglio éclatera au grand jour.PourMichelMarc Bouchard, le thème de l\u2019homophobie est toujours aussi actuel : «Je dis souvent que les homosexuels apprennent à mentir avant d\u2019apprendre à aimer.Les premiers pas pour atteindre l\u2019être aimé sont bien souvent une fabrication mensongère.» TOM À LA FERME, du 11 janvier au 5 février au Théâtre d\u2019Aujourd\u2019hui La grande salle du Théâtre d\u2019Aujourd\u2019hui, qui présente cette semaine la nouvelle création de Tom à la ferme s\u2019est refait une beauté.Les travaux de rénovation évalués à 2 millions ont débuté l\u2019été dernier et se sont terminés à la mi-novembre, à temps pour la production Éclats et autres libertés.La directrice artistique Marie-Thérèse Fortin s\u2019est réjouie de ces travaux importants.Le changement le plus notable est la nouvelle disposition des 250 sièges (modulables), qui ont été centrés de manière à dégager des allées le long des murs; la pente a également été accentuée afin d\u2019offrir une meilleure vue aux spectateurs; le plafond solidifié et la marquise remplacée.Autre changement majeur: la transformation de la terrasse à ciel ouvert en salle de répétition.Cette nouvelle salle, de la même dimension que la grande salle, permettra aux compagnies de répéter avec le décor, dans un espace de jeu réel.La petite salle Jean-Claude Germain n\u2019a pas été modifiée.Elle sera entièrement consacrée aux jeunes compagnies émergentes et aux artistes de la relève.\u2013 Jean Siag LENOUVEAU THÉÂTRE D\u2019AUJOURD\u2019HUI Michel Marc Bouchard et Claude Poissant.PHOTO ANDRÉ PICHETTE, LA PRESSE PHOTO ANDRÉ PICHETTE, LA PRESSE Lise Roy, Alexandre Landry, Évelyne Brochu et Éric Bruneau (Tomà la ferme).llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 8 A R T S E T S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 8 J A N V I E R 2 0 1 1 ARTS ET SPECTACLES RENTRÉE THÉÂTRE JEAN SIAG ET ALEXANDRE VIGNEAULT NATUREMORTE DANS UNFOSSÉ Espace libre (du 11 au 22 janvier) Ce «polar théâtral » créé à Québec en 2009 et mis en scène par le directeur artistique du Théâtre Péril, Christian Lapointe, a été écrit en 2001 par le jeune dramaturge italien Fausto Paravidino.Nature morte dans un fossé fait le récit d\u2019un meurtre, celui d\u2019une étudiante retrouvée dans un fossé.Se côtoient sur scène, notamment, un policier désabusé, une prostituée yougoslave, un pusher et une ex-militante de Mai 68.Il s\u2019agit de la troisième mise en scène de l\u2019auteur de Trans (e), Douleurs fantômes et Limbes, toutes trois présentées l\u2019an dernier.En mars, Christian Lapointe interprétera un monologue de Lars Norén, dans une mise en scène de Brigitte Haentjens.EN ATTENDANT GAUDREAULT et TA YEULEKATHLEEN Théâtre d\u2019Aujourd\u2019hui Salle Jean-Claude-Germain (du 11 au 29 janvier) Écrites et mises en scène par Sébastien David, qu\u2019on a vu au Quat\u2019Sous dans Chambre (s) d\u2019Éric Jean, ces deux courtes formes sont interprétées par Frédéric Côté, Marie-Hélène Gosselin et Sébastien David.La première pièce, construite sur le thème de l\u2019attente, fait évidemment référence à la pièce de Beckett.En attendant Gaudreault met en scène trois personnages à la fois naïfs et solitaires, qui vivent de l\u2019espoir d\u2019un monde un peu meilleur.Ta yeule Kathleen aborde le quotidien d\u2019une jeune mère seule, qui ne supporte plus les pleurs de son bébé.Ce qui lie les deux pièces ?La prise de parole de petites gens.LA BELLE ET LA BÊTE TNM (du 18 janvier au 12 février) Michel Lemieux et Victor Pilon retournent au TNM pour présenter une version contemporaine du mythe de La belle et la bête.Avec ces deux maîtres des illusions, il faut s\u2019attendre à des projections et des tours de magie.Bénédicte Décary joue la belle, qui est une artiste rebelle, François Papineau incarne la bête, un homme meurtri par l\u2019amour, et Andrée Lachapelle s\u2019ajoute au tandem dans le rôle d\u2019une fée marraine manipulatrice.Pierre-Yves Lemieux signe les dialogues de ce conte pour adultes où les acteurs en chair et en os partageront la scène avec des personnages virtuels.PROJET ANDROMAQUE Espace GO (du 18 janvier au 12 février) Après avoir revisité Goldoni à l\u2019automne avec une version agréablement décadente de Il Campiello, Serge Denoncourt se frotte à Jean Racine, en adaptant sa pièce Andromaque.Les huit comédiens menés par Anne Dorval et Jean-François Casabonne recréent cette tragédie écrite en alexandrins au XVIIe siècle, dont l\u2019action se situe au lendemain de la guerre de Troie.La pièce de Racine y décrit «une chaîne amoureuse à sens unique, où Oreste aime Hermione, qui aime Pyrrhus, qui aime Andromaque ».MORIBONDS Théâtre de l\u2019Esquisse (20 au 29 janvier) Le chorégraphe Dave St-Pierre met en scène un nouveau texte de Sarah Berthiaume (Le déluge après).Moribonds raconte les obsèques d\u2019un père de famille qui s\u2019était effacé derrière l\u2019unique rôle de sa vie : le clown Ronald.Le dernier hommage est aussi l\u2019occasion d\u2019un saccage à la mémoire d\u2019un homme que ses propres enfants ne pleurent pas.Marie-France Marcotte et Gaétan Nadeau font partie de la distribution de cette première création du Tilt.Théâtre.La toute jeune compagnie veut provoquer la rencontre d\u2019artistes établis et de jeunes de la relève dans un théâtre contemporain qui raconte des histoires qui « tiltent.Après la jouissive adaptation d\u2019Il Campiello, de Goldoni, montée par Serge Denoncourt à la fin de l\u2019an dernier, le Théâtre de l\u2019Opsis poursuit son cycle italien avec la pièce Bar, du dramaturge Spiro Scimone, dans une mise en scène de Luce Pelletier.BAR À PROSPERO EN ATTENDANT SPIRO\u2026 JEAN SIAG Comme au début de son cycle états-unien, entamé en 2006, Luce Pelletier n\u2019a pas d\u2019emblée établi de lien entre les pièces italiennes qu\u2019elle présentera au cours des deux prochaines années.Même si, finalement, le thème de la famille s\u2019est dégagé des huit pièces américaines créées par l\u2019Opsis.Cette fois encore, elle nous fait découvrir des auteurs contemporains qui nous sont totalement inconnus, tout en revisitant l\u2019univers de dramaturges établis comme Carlo Goldoni.Qui sait, à la fin de ce nouveau cycle, on trouvera bien des liens utiles avec cette nouvelle mosaïque\u2026 Ce court texte de Spiro Scimone, souvent joué en France, la directrice artistique de l\u2019Opsis l\u2019a lu l\u2019an dernier dans une traduction française, dans la foulée de ses voyages de reconnaissance en Italie.« Sa forme d\u2019écriture est très attirante, nous dit Luce Pelletier.Ç\u2019a été pour moi un premier coup de coeur.C\u2019est drôle, absurde.Ses phrases sont fignolées, mais vont à l\u2019essentiel.Il raconte une histoire dans le désordre.C\u2019est un univers qu\u2019on pourrait comparer à celui de Samuel Beckett ou encore de Harold Pinter pour le rythme.» L\u2019action se déroule à l\u2019arrière d\u2019un bar sicilien et réunit deux amis un peu paumés (Marc Beaupré et Pierre-François Legendre), qui espèrent tous deux changer le cours de leur vie.Le premier est chômeur et fraye avec la mafia, l\u2019autre travaille comme barman dans ledit café-bar.Mais tous deux aspirent à plus, et mieux.Sauf que leurs projets peinent à prendre forme.« J\u2019ai en tête l\u2019image de deux clowns, très candides, très optimistes, qui rêvent à voix haute », détaille Marc Beaupré, qui a dû remplacer Jean-Nicolas Verreault au pied levé il y a un mois.«C\u2019est vrai, renchérit Luce Pelletier.Ils sont un peu comme Sol et Gobelet.Il y a beaucoup de naïveté dans leur discours.Et beaucoup de digressions.On saute continuellement du coq à l\u2019âne.» Encore une fois, la directrice artistique de l\u2019Opsis est parvenue à réunir des comédiens de talent et d\u2019expérience qui aiment «fouiller des textes».Après sa lecture de Bar, Luce Pelletier a tout de suite pensé à Pierre-François Legendre (inoubliable Carlos dans Les Invincibles) qu\u2019elle avait dirigé dans Le bruit et la fureur, une pièce de William Faulkner présentée en 2008.Quant à Marc Beaupré, qu\u2019on a vu dans L\u2019avare l\u2019été dernier, dans Cendres (de Jérémie Niel) et qui a signé une mise en scène originale de Caligula au mois de mai, il a vite pris sa place dans cette partition à deux voix.«Je pensais passer un début d\u2019hiver tranquille, mais j\u2019étais content d\u2019embarquer dans le projet, même si au départ Luce cherchait un grand.» indique-t-il amusé.Pierre- François Legendre s\u2019est vite adapté à son nouveau partenaire de jeu, qu\u2019il ne connaissait pas.«On avait fait la mise en place avec Jean-Nicolas, mais on n\u2019avait pas encore travaillé le rapport des deux personnages, qui est vraiment le plus important.Donc, Marc est arrivé juste au bon moment.» Bar fait donc le récit de ces deux Vladimir et Estragon des temps modernes, qui nourrissent leur quotidien, quatre jours durant, de rêves et d\u2019espoirs.«Les dialogues sont très simples, très quotidiens.Il n\u2019y a rien de philosophique, constate Marc Beaupré.Ce que je trouve intéressant, c\u2019est qu\u2019il y a des trous dans le texte qui font en sorte que les spectateurs comprennent des choses que les personnages tentent euxmêmes d\u2019éclaircir.» Les comédiens ont été confinés à un espace réduit.Avec l\u2019idée d\u2019un radeau un peu rafistolé dans lequel les deux personnages se perdent.«Les personnages ne se disent pas : maudit qu\u2019on est paumés ! précise Marc Beaupré.Au contraire, ils sont tellement sûrs de sortir de leur misère.Dans ce sens, ils sont très attachants, mais ils finissent par se casser le nez.«Ce sont deux adultes dans des têtes d\u2019enfants », conclut Pierre- François Legendre.BAR, du 10 janvier au 5 février, au Théâtre Prospero.«Ce que je trouve intéressant, c\u2019est qu\u2019il y a des trous dans le texte qui font en sorte que les spectateurs comprennent des choses que les personnages tentent eux-mêmes d\u2019éclaircir.» \u2014 Le comédien Marc Beaupré PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE La belle et la bête PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE PHOTO FOURNIE PAR GROUPE D\u2019ART GRAVEL Dave St-Pierre Pierre-François Legendre, Luce Pelletier et Marc Beaupré llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 8 J A N V I E R 2 0 1 1 A R T S E T S P E C T A C L E S 9 ARTS ET SPECTACLES RENTRÉE THÉÂTRE LES MUTANTS À ESPACEGO RETOUR DANS LE FUTUR JEAN SIAG Coéc r i te pa r Sophie Cadieux et Sylvain Bélanger, qui signe la mise en scène, Les mutants a été présentée à La Licorne en 2009 pour la Dizaine des auteurs.Mais depuis cette unique représentation, le duo a approfondi sa recherche \u2013 avec l\u2019aide de René-Daniel Dubois \u2013 et peaufiné ce texte né d\u2019une prise de conscience du temps qui passe et de cette impression tenace d\u2019être dans une «fuite vers l\u2019avant», sans aucun repère.«Nous sommes partis de l\u2019idée d\u2019un pyjama party, commence par nous dire Sophie Cadieux, qui a travaillé avec Sylvain Bélanger lors de la création de Cette fille-là, en 2004.Sylvain disait qu\u2019il se trouvait trop vieux pour ce genre de truc.On s\u2019est posé la question : est-ce que nous sommes de jeunes vieux ou de vieux jeunes ?Qu\u2019est-ce que ça signifie être vieux ?Tranquillement, l\u2019idée nous est venue de faire un retour dans le temps.» D\u2019où ces huit personnages trentenaires projetés dans une salle de classe, vêtus de leurs costumes d\u2019écoliers des années 60, interrogés par leur maître, interprété par Sylvain Bélanger, qui sera assis dans la salle.Le metteur en scène de Yellow Moon tenait à faire un parallèle avec l\u2019histoire du Québec.«Chacun des personnages fait son propre bilan.Mais nous voulions aussi poser la question: est-ce que le Québec est un pays jeune ou vieux?Dans ses idées?Dans l\u2019incarnation de ses institutions?Sa vision collective?» Ces enfants représentés par des adultes subiront 25 petits examens, qui sont au coeur des Mutants.C\u2019est pour la préparation de ces examens que l\u2019équipe de création a multiplié les recherches.Comme ce concours d\u2019art oratoire, fait à partir d\u2019un texte de Télésphore Damien Bouchard, ancien maire de Saint-Hyacinthe dans les années 40, qui avait un discours extrêmement progressiste.«Il y a des discours qui pourraient être contemporains et qui nous font réaliser qu\u2019on n\u2019est pas le centre du monde», estime Sophie Cadieux.Pour Sylvain Bélanger, l\u2019image du costume d\u2019écolier demeure un des élémentsclés du spectacle.« L\u2019image du costume étriqué est une allégorie de la Révolution tranquille inachevée, explique-t-il.Chacun est libre de se libérer du costume, de s\u2019enfermer dedans, de le déchirer, de se révolter.Il y a une ambiguïté constante entre le personnage et le costume.» On passe ainsi de la parole de l\u2019enfant à celle de l\u2019adulte qu\u2019il est devenu.«On revisite l\u2019histoire du Québec en repassant celle des personnages, poursuit Sylvain Bélanger.On a retracé des textes de Lionel Groulx, René Lévesque, Pierre Elliott Trudeau, mais aussi de politiciens actuels.Il y a un quiz national où les élèves doivent deviner qui a dit quelle phrase.Il y en a qui datent d\u2019il y a deux ans, d\u2019autres d\u2019il y a cent ans.Est-ce que nos idées ont évolué ?Certaines oui, certaines non.En tout cas, il y a des courants politiques ou idéologiques qui existent depuis toujours.» Le spectacle, qui repose beaucoup sur les projections vidéo \u2013 extraits de discours, de films, de chansons ou de poèmes d\u2019artistes comme Gaston Miron , Leona rd Cohen, Renée Claude, Pierre Lalonde, etc.\u2013, contient également des segments chorégraphiés par Fred Gravel, qui a participé à l\u2019aventure.«La culture populaire, la musique, nous aide aussi à mieux saisir d\u2019où on vient pour savoir où on s\u2019en va, croit le metteur en scène.Tout ça évidemment dans un grand ludisme.» «C\u2019est un spectacle quasi performatif, conclut Sophie Cadieux.Ce sont les membres de la Banquette arrière qui ont répondu aux questions que nous avons préparées.À la fin de cet exercice, on réalise qu\u2019on fait partie d\u2019un cycle, ce qui est réconfortant et affolant en même temps.Ce qui est intéressant pour nous qui sommes trentenaires, c\u2019est que nous sommes des êtres de transmission.Il faut perpétuer ce cycle de réflexion.D\u2019une certaine manière, pour regarder en avant, on a regardé en arrière.» LES MUTANTS, du 11 au 22 janvier, à Espace Go Sophie Cadieux et sa bande de la Banquette arrière retourneront sur les bancs d\u2019école cet hiver, afin de se questionner sur leur jeunesse passée, mais aussi sur leur passage \u2013 réussi ou non \u2013 à l\u2019âge adulte.Métaphore de l\u2019évolution du Québec, Les mutants puise également dans notre histoire politique et culturelle pour mesurer le chemin que nous avons parcouru collectivement.IN EXTREMIS Rideau Vert (du 8 février au 12 mars) C\u2019est l\u2019occasion de voir la comédienne Karine Vanasse, qui, malgré ses nombreux rôles au cinéma, foulera les planches pour son premier rôle au théâtre.Écrite par l\u2019Américain William Mastrosimone, In extremis raconte l\u2019histoire d\u2019une agression qui se retourne contre l\u2019agresseur, interprété par Sébastien Gauthier.Karine Vanasse, dans le rôle de l\u2019agressée (un rôle défendu au théâtre par Susan Sarandon lors de la création en 1982 et plus tard par Farah Fawcett), prendra le dessus de la situation au point de devenir elle-même le bourreau de ce garçon mal intentionné.Jean-Guy Legault signe la mise en scène de la pièce, qui met aussi en vedette Julie Perreault et Geneviève Bélisle.LEBOSS ESTMORT Quat\u2019Sous (du 15 février au 5 mars) Spectacle solo très attendu avec Benoît Brière, qui interprétera le «gars de la shop », personnage récurrent que l\u2019on retrouve dans plusieurs des monologues de l\u2019humoriste Yvon Deschamps.Créé pour la première fois en 1968 (au Quat\u2019Sous) pour son monologue Les unions, qu\u2019ossa donne, ce personnage « démuni intellectuellement» verra sa vie basculer lorsqu\u2019il apprendra la mort de son patron.Dominic Champagne et Michel Crête, qui signent la mise en scène et la scénographie, ont réécouté les 10 heures d\u2019enregistrements de celui qui se fait appeler «Chose » ou «Toé » pour en extraire environ deux heures.Avec la bénédiction du principal intéressé, Yvon Deschamps, à l\u2019origine de ce projet qu\u2019il voulait absolument mener avec Benoît Brière.Mais non, il n\u2019y a pas de pression pour le comédien\u2026 HISTOIRESD\u2019HOMMES Prospero (15 février au 5 mars) Parfois, les titres induisent en erreur.Histoire d\u2019hommes est une pièce construite sur des monologues destinés à des actrices.Le dramaturge français Xavier Durringer parle donc des hommes à travers le regard des femmes.Proposition singulière qui permet à Miguel Doucet (Théâtre Globe Bulle Rouge) de conclure sa trilogie « trois femmes » amorcée avec Trois histoires de mers (2008) et Je m\u2019appelle Marilyn (2009).Pénélope Jolicoeur, Debbie Lynch-White et Véronique Pascal se partagent les fragments choisis.ELLING Duceppe (16 février au 26 mars) Elling est ce qu\u2019on pourrait appeler un «p\u2019tit gars à maman».Il a d\u2019ailleurs vécu avec la sienne jusqu\u2019à ce qu\u2019elle meure.Grand anxieux, il est placé dans une institution psychiatrique ou il se lie d\u2019amitié avec un autre pensionnaire.Tous deux servent bientôt de cobaye à un programme de désinstutionnalisation et sont transférés dans un appartement où ils doivent apprendre à vivre en société, avec le moins de soutien possible.Puisque les comiques Guy Jodoin et Stéphane Bellevance campent les deux amis, on pressent que ce drame donnera lieu à un spectacle au ton léger.THE DRAGONFLY OF CHICOUTIMI Espace Go (22 février au 19 mars) L\u2019adaptation pour cinq acteurs que Claude Poissant a faite de la pièce de Larry Tremblay fut l\u2019un des événements du dernier Festival TransAmériques.«Daniel Parent, Étienne Pilon, Dany Boudreault, Patrice Dubois et Mani Soleymanlou se passent le témoin avec beaucoup d\u2019adresse.Quand l\u2019un d\u2019entre eux prend la parole, les autres magnifient les mots de Gaston, grâce à un jeu très bien chorégraphié, tout en mouvements, parfois en choeur, avec effets de bruitages en sus », écrivait Jean Siag, en juin dernier, en plus de souligner le caractère humoristique de la mise en scène.Un pari réussi.À TOI POUR TOUJOURS TAMARIE-LOU TNM (3 au 28 mai) Gill Champagne s\u2019est déjà mesuré à Marie-Lou.Il avait alors imaginé les personnages enlisés dans un marécage mémoriel.L\u2019appartement de Manon était entouré d\u2019eau.Le directeur artistique du Trident, à Québec, reprend ce concept et le peaufinera afin de marquer les 40 ans de cette grande tragédie familiale de Michel Tremblay.Marie Michaud, Denis Bernard, Kathleen Fortin et Dominique Quesnel forment la distribution.(\u2026) Théâtre d\u2019Aujourd\u2019hui (du 19 avril au 22 mai) L\u2019hiver dernier, au moment de dévoiler la programmation du Théâtre français du Centre national des arts, Wajdi Mouawad disait n\u2019avoir aucune idée de ce que serait sa prochaine création.Il affirmait vouloir entrer en salle de répétition les mains vides et imaginer, écrire et monter le spectacle directement dans l\u2019atelier, avec les acteurs et les autres concepteurs.Ces deux parenthèses et les points de suspension qui servent de titre de travail à ce nouveau spectacle symbolisent ce saut vers l\u2019inconnu.Le spectacle sera inauguré à Québec le 8 mars et passera par Ottawa avant d\u2019être présenté à Montréal.PHOTO IVANOH DEMERS, LA PRESSE Sophie Cadieux et Sylvain Bélanger PHOTO IVANOH DEMERS, LA PRESSE PHOTO DANNY TAILLON llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 10 A R T S E T S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 8 J A N V I E R 2 0 1 1 ARTS ET SPECTACLES ENTRACTE entracte@lapresse.ca LA PHOTO D\u2019HERBY SÉPARÉS À LA NAISSANCE Comme un fantôme dont on n\u2019avait qu\u2019un vague et mauvais souvenir, Clotaire Rapaille est revenu dans l\u2019actualité à l\u2019occasion de la revue de fin d\u2019année Bye Bye 2010.Comment oublier en effet celui qui devait redéfinir l\u2019image de la Vieille Capitale, projet « labeaumesque » qui a tourné en eau de boudin à la suite des révélations un peu (beaucoup) gênantes du quotidien Le Soleil sur le contenu du curriculum vitae du soi-disant génie.Tout cela pour vous dire qu\u2019un lecteur, Pierre Lalancette, lui a trouvé une étrange ressemblance avec Docteur Pécule, personnage de la bande dessinée Achille Talon.C\u2019est vrai que le cher docteur semble lui aussi au-dessus de ses affaires.ANDRÉ DUCHESNE EN HAUSSE\u2026 EN BAISSE LE BYE BYE 2010 Oui, il y a eu des inégalités.Oui, la dernière demi-heure, qui a suivi le traditionnel «Bonne année ! » de minuit était plus faible.Mais oui, dans l\u2019ensemble, le Bye Bye 2010 présenté à Radio-Canada a été un très beau moment de divertissement et a suscité bien plus de bonnes que de mauvaises (et prévisibles) réactions, tant chez les téléspectateurs que chez les méchants critiques.Une distribution de bons gags, une bonne dose d\u2019autodérision, des réécritures de chansons qu\u2019on fredonne encore sept jours plus tard et surtout, un paquet de pelures de banane savamment évitées.Le tandem Cloutier- Morissette a visé juste à plusieurs reprises.RDS LE 31 DÉCEMBRE Appelons ça un moment d\u2019égarement.Le 31 décembre, alors que s\u2019amorçait la période de prolongation du match Canadien-Panthers, la station câblée qui porte le même numéro que Patrick Roy a perdu l\u2019image et le son.Résultat, les téléspectateurs n\u2019ont pu voir en direct la nouvelle acquisition du CH James Wisniewski enfiler le but vainqueur donnant à l\u2019équipe montréalaise une de ses trop rares victoires au cours des dernières semaines.Ce n\u2019était pas la faute du Réseau des sports mais de la société américaine HTN, chargée de véhiculer le signal.Mais essayez donc d\u2019expliquer ça à mononcle Arthur et à sa famille réunis autour de la tivi à quelques heures des célébrations du Nouvel An.ILS, ELLES ONT DIT\u2026 «Après «Le Verdict», pis les «Gémeaux», pis juste avant le «Bye Bye», y\u2019a eu comme un gros trou de 48 heures où t\u2019étais pas en ondes à Véro- Canada.» \u2014 Hélène Bourgeois Leclerc à Véronique Cloutier qui venait de ploguer son émission Les enfants de la télé pendant le Bye Bye 2010.«Ce matin, je vous parle de ce qui ne vous intéresse pas.» \u2014 MarioDumont en introduisant le sujet (l\u2019économie) de sa chronique à l\u2019émission matinale Le show du matin présentée sur V.«OWN est un endroit où le cynisme prend des vacances et où la moquerie n\u2019a pas encore été inventée.» \u2014La journaliste Alessandra Stanley sur son blogue The TV Watch sur le site du New York Times à propos du lancement de la nouvelle chaîne OprahWinfrey Network (OWN) le 1er janvier aux États-Unis.Clotaire Rapaille Docteur Pécule Véronique Cloutier, Bye Bye 2010.Ils sont déjà les heureux parents d\u2019une petite fille de 16 mois qui se prénomme Frédérique, mais cette année, pour le 17e concours Ma première Place des Arts, les auteurs-compositeurs-interprètes Moran et Catherine Major nous offrent le fruit de leur toute dernière collaboration: Ma voix .Écrite par lui et composée par elle, cette oeuvre est «La chanson à chanter 2011 » que les interprètes doivent inclure à leur répertoire lors de leur passage sur la scène du Studio théâtre et sur les ondes de Canal Vox à compter du lundi 10 janvier, à 20h.Mario Dumont llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 8 J A N V I E R 2 0 1 1 A R T S E T S P E C T A C L E S 11 Werther Masse n et 2 2 .2 6 .2 9 .31 ja nv i e r + 3 fév r i e r 2011 s a l l e W i l f r i d - P e l l e ti e r b O P e r a de MO ntr e a l .COM b l\u2019aMOur au Plus P rOfOnd de s tr iP e s b 2010 2011 Ph i l l iP ad d i s .Mi C hè le lO s i e r .Ch e f : je a n - M a r i e Z e itO u n i COLLABORATEUR DE SAISON 4 JOURS SEULEMENT ! DU 6 aU 9 JA NVIER SOLDE D\u2019APRÈS LES FÊTES SUROSM.CA DIFFUSEUR OFFICIEL ARTS ET SPECTACLES MUSIQUE Joshua Bell a peut-être encore l\u2019allure d\u2019un jeune homme, mais à 43 ans, il a déjà presque 30 ans de carrière.Présentement en tournée dans 21 villes, il s\u2019arrête à Montréal pour un seul concert, le 16 janvier, avec le pianiste britannique Sam Haywood.JOSHUA BELL Le voyage permanent CLAUDE GINGRAS Les pianistes américains Ursula Oppens et Jerome Lowenthal ont uni leurs 20 doigts autour d\u2019une brillante idée: un programme jumelant les sept Visions de l\u2019Amen de Messiaen et le triptyque En blanc et noir de Debussy.Ce sont les deux oeuvres françaises les plus connues du répertoire moderne pour deux pianos.(Tout aussi familière, la brève suite Scaramouche de Milhaud aurait pu figurer sur ce disque qui ne fait qu\u2019une heure.) Coïnc idence , les deux oeuvres furent composées pendant les deux guerres mondiales de 1914-1918 (le Debussy) et de 1939-1945 (le Messiaen), mais s\u2019en ressentent peu.La plus considérable des deux est celle de Messiaen, qui fait ici 46 minutes.Cette fois encore, le très religieux et très savant Messiaen accompagne chacune des sept pièces d\u2019une littérature délirante où il est question de « créatures qui disent Amen par le fait même qu\u2019elles existent », de «rythmes non rétrogradables, en triple étagement », de «vocalise véhémente des oiseaux» (car qui dit Messiaen dit oiseaux) et même de «Saturne, la planète à l\u2019anneau multicolore ».On peut faire complètement abstraction de cette verbosité et apprécier pleinement, pour ce qu\u2019elle est, cette musique d\u2019une extrême complexité rythmique et d\u2019une éblouissante richesse sonore où les deux pianos d\u2019Oppens et Lowenthal, vibrant sur tout l\u2019ambitus du clavier, carillonnent, tonnent, s\u2019éloignent l\u2019un de l\u2019autre ou se fondent et éclatent en une sorte de troisième instrument quasi orchestral.En comparaison, En blanc et noir de Debussy est la simplicité même et presque de la musique de salon, si l\u2019on excepte le turbulent mouvement central, marqué par la guerre.Ici encore, impeccable réalisation des deux pianistes.Les deux oeuvres sont représentées dans la discographie par deuxdocuments essentiels : les Visions de l\u2019Amen jouées par Messiaen et sa femme Yvonne Loriod, qui les créèrent, et la suite En blanc et noir par Robert et Gaby Casadesus, qui la firent connaître dans le monde entier.En attendant une réédition, le disque d\u2019Oppens et Lowenthal est parfaitement recommandable à tous égards.HHHHH MESSIAEN, DEBUSSY.Ursula Oppens et Jerome Lowenthal, pianistes.Cedille Records, CDR 90000 119.DISQUE CLASSIQUE Messiaen et Debussy à deux pianos CAROLINE RODGERS COLLABORATION SPÉCIALE Tous les ans, Joshua Bell entreprend une tournée qui lui permet de se consacrer à un répertoire plus intime.«Ces tournées où je joue avec seulement un autre musicien sont l\u2019un des moments les plus gratifiants de l\u2019année, a-t-il confié récemment à La Presse lors d\u2019un entretien téléphonique.Il est très exigeant de jouer ainsi pendant deux heures, mais c\u2019est aussi tellement satisfaisant.Chaque fois, je présente un programme incluant quelques pièces que je connais déjà très bien et que je redécouvre, ainsi qu\u2019au moins une nouvelle oeuvre que je n\u2019ai jamais présentée auparavant.» Dans le cas du présent concert, cette nouvelle pièce est la Sonate no 2 pour violon et piano en sol majeur, op.13, de Grieg.«J\u2019ai joué beaucoup de Grieg dernièrement, et je considère que cette sonate, que j\u2019adore, est vraiment un chefd\u2019oeuvre que l\u2019on n\u2019entend pas assez souvent.» Le programme, romantique à souhait, comprendra aussi la Sonate pour violon et piano no 2 en la majeur, op.100 de Brahms, et la Fantaisie pour violon et piano en do majeur, opus 159 de Schubert.Évoluer La façon de jouer d\u2019un musicien évolue toujours au cours d\u2019une carrière.Le violoniste américain ne fait pas exception à la règle.«La musique est un voyage permanent, où l\u2019on apprend de multiples façons, et j\u2019ai fréquenté bon nombre de musiciens qui ont eu une influence sur ma façon de jouer au cours des années, dit-il.Mon approche du violon est en constante évolution, mais je dirais que, comparé à il y a 20 ans, je regarde la musique de manière un peu plus analytique.Je comprends maintenant mieux pourquoi les compositeurs ont fait telle ou telle chose, alors que quand j\u2019étais jeune, je jouais plus instinctivement.» Il faut toutefois maintenir un équilibre entre le coeur et la tête, explique-t-il.«Le plus important dans la musique est qu\u2019elle sonne de façon naturelle et honnête.Elle ne doit pas donner l\u2019impression d\u2019avoir été trop analysée.Toutefois, en vieillissant, je crois que je suis capable d\u2019incorporer les connaissances que j\u2019ai acquises à ce que je ressens instinctivement.» Bien qu\u2019il soit au sommet, acclamé sur toutes les grandes scènes du monde et couronné de nombreux prix, Joshua Bell affirme qu\u2019il est son pire critique.«Le danger d\u2019une carrière à long terme, c\u2019est d\u2019en venir à se répéter, dit-il.Je ne prête pas beaucoup attention aux critiques et à la pression venant de l\u2019extérieur, mais je me donne moi-même des standards toujours plus hauts.Je me lance le défi de constamment repenser ma façon d\u2019interpréter, car si vous ne faites pas cela, vous pouvez donner à la longue l\u2019impression d\u2019être fatigué ou de manquer d\u2019inspiration.Je ne veux jamais en arriver là!» Compositeur Mais quand on est une star internationale, que peut-on souhaiter de plus en tant que musicien?«Il y a tellement de choses que j\u2019aimerais accomplir, mais le temps, de nos jours, est la matière première la plus rare qui puisse exister ! J\u2019aimerais avoir le temps de composer de la musique.J\u2019ai écrit mes propres cadences pour plusieurs des grands concertos, et de nombreux arrangements, mais mon rêve est d\u2019avoir le temps d\u2019écrire des oeuvres complètement originales.» Quant à savoir à quoi ressembleraient de telles compositions, c\u2019est une question encore i r résolue pour le violoniste! « C\u2019est difficile pour les compositeurs aujourd\u2019hui, car on peut avoir l\u2019impression que tout a déjà été dit, explique-t-il.J\u2019ai grandi avec la musique de Brahms, de Beethoven et de Prokofiev.On ne pourrait plus essayer de composer ce genre de musique de nos jours sans que cela ressemble à de piètres imitations.D\u2019un autre côté, la musique classique occidentale a atteint certaines limites, et trop de compositeurs essaient de trouver une nouvelle voix.Cela donne parfois des résultats qui relèvent du gadget.Composer est quelque chose qui demande de s\u2019arrêter et de prendre du temps, mais c\u2019est certainement un but que j\u2019aimerais atteindre un jour.» Joshua Bell, en concert le dimanche 16 janvier, à 14h30, salle Wilfrid-Pelletier.Le 15 janvier, à 17 h, le violoniste rencontrera les élèves du Conservatoire de musique de Montréal (4750, rue Henri- Julien).Le public est invité à assister à cette rencontre, qui se déroulera en anglais (billets : 10$).PHOTO FOURNIE PAR MARK HOLM Joshua Bell interprétera un répertoire plus intime lors de son concert à Montréal.«Le danger d\u2019une carrière à long terme, c\u2019est d\u2019en venir à se répéter.Je me lance le défi de constamment repenser ma façon d\u2019interpréter, car si vous ne faites pas cela, vous pouvez donner à la longue l\u2019impression d\u2019être fatigué ou de manquer d\u2019inspiration.Je ne veux jamais en arriver là!» llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 12 A R T S E T S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 8 J A N V I E R 2 0 1 1 ARTS ET SPECTACLES Vous fantasmez sur un show de Sylvain Cossette pour vos 40 ans ?Une performance acoustique de Michel Rivard pour votre anniversaire de mariage?L\u2019humour de Sylvain Larocque pour votre party de bureau ?Ils sont tous disponibles pour des spectacles privés \u2013 si vous êtes prêt à y mettre le prix.Incursion derrière les rideaux d\u2019un phénomène méconnu, mais en pleine explosion : les «corpos».SPECTACLES PRIVÉS Un marché en pleine explosion TOUT LEMONDE LE FAIT.On peut écrire, sans trop blaguer, que tout le monde fait du «corporatif ».Il suffit d\u2019y mettre le prix.En voici un échantillon, surtout pas exhaustif, au Québec: Corneille, Dany Bédar, Sylvain Cossette, les Respectables, Les Trois Accords, Louis-José Houde, Michel Rivard, Natalie Choquette, Patrick Norman, Messmer, Philippe Bond, Bob Walsh, Luce Dufault, Daniel Lavoie, Stephen Faulkner, Caïman Fu, Michaël Rancourt, Michel Barette, François Léveillée, Alain Dumas, Édith Butler, France D\u2019Amour, Luc Senay, Andrée Watters, Marie Carmen, Jonas, Caroline Néron.LE SOLEIL Les «spectacles corporatifs » sont vieux comme le monde.Il y a 20 ans, dans la communauté artistique, les réticences étaient énormes.Pour des questions d\u2019image, d\u2019intégrité artistique.Plus maintenant.La chute faramineuse des ventes de CD a obligé chanteurs et groupes à changer leur fusil d\u2019épaule.Comme le dit Jean- Marc Pisapia, le chanteur de The Box: «Maintenant, tu gagnes ta vie avec tes concerts.Avant, c\u2019était l\u2019inverse : les shows étaient destinés à promouvoir les CD.Mais j \u2019ai jamais fait d\u2019argent avec les disques anyway.» L \u2019hu mor i s t e S yl v a i n Larocque est tout aussi direct.«Ça a toujours été l\u2019argent.Le corpo, c\u2019est le pain et le beurre pour bien des artistes », explique celui qui donne trois, quatre performances du genre par mois, selon les années.Il est vrai que ça peut être payant : Corneliu a déjà obtenu 5000$ pour deux chansons! Et puis, l\u2019exemple vient de haut, maintenant.Elton John, Rod Stewart et les Eagles offrent tous des spectacles privés.à plus d\u2019un million de dollars de l\u2019heure! Kiss aussi, mais ça, on s\u2019en doutait.En fait, les seules limites à ces concerts privés sont celles de l\u2019imagination.L\u2019excentrique groupe alternatif The Flaming Lips s\u2019est récemment produit avec un orchestre symphonique devant l\u2019Association des maires des États-Unis ! Le Mouvement Desjardins a retenu les services d\u2019André- Philippe Gagnon, un habitué du genre qui demande entre 30 000$ et 50 000 $, et de l\u2019École de cirque de Québec pour un spectacle exclusif en 2008, lors du 400e de Québec.Récemment, Louis-José Houde a donné un spectacles privé, à Québec, au bénéfice des auditeurs de la radio NRJ.Quant à Debbie Tebbs, DJ québécoise de l\u2019année en 2009, elle a déjà animé une soirée à un congrès d\u2019entrepreneurs de pompes funèbres.Même les particuliers peuvent y trouver leur compte, pou r un mar iage ou un événement spécial.Vincent Beaulieu, agent d\u2019artistes de Québec, se rappelle d\u2019une femme qui a offert Patrick Norman à son amoureux pour ses 60 ans.dans leur cour arrière! Changements Le métier a beaucoup changé depuis 10 ans, lorsque Vincent Beaulieu a commencé en autodidacte dans le sous-sol de sa mère.L\u2019homme de 33 ans a appliqué le système D, sollicitant sans relâche artistes et producteurs.Ex-musicien, il a fait jouer ses contacts, mais il aura quand même fallu trois longues années «avant que ça marche.C\u2019est un milieu assez fermé.N\u2019entre pas là qui veut», explique-t-il en entrevue.Sa volonté et son professionnalisme lui ont permis de persévérer et les Productions Vincent Beaulieu représentent maintenant plusieurs dizaines d\u2019artistes, d\u2019humoristes et de conférenciers.Il vient d\u2019ailleurs d\u2019ouvrir un bureau à Toronto.Le nombre de boîtes de production se multiplie en raison de l\u2019effervescence du marché des entreprises et la compétition est féroce \u2013 les artistes signent parfois des contrats d\u2019exclusivité avec ceux qui les représentent.Outre le cachet garanti, les raisons de se prêter au jeu sont aussi nombreuses que les artistes qui se produisent.Corneliu y voit une occasion de tester du nouveau matériel, alors que Sylvain Larocque aime bien découvrir de nouvelles destinations \u2013 comme il offre un spectacle bilingue, il s\u2019est produit un peu partout au Canada, et même aux États- Unis et au Mexique! Les artistes doivent néanmoins composer avec certaines contraintes, comme la fourchette d\u2019âge.Pour une boîte multimédia où les employés sont relativement homogènes en âge et en goût, il y a une multitude d\u2019entreprises avec une grande diversité.«J\u2019essaie d\u2019offrir du matériel qui va plaire à tout le monde», souligne Sylvain Larocque.Les artistes de cirque sont une option populaire parce que, justement, ils sont populaires auprès de tous, sans la barrière de la langue, en plus.Le rôle de l\u2019agent d\u2019artistes est justement de jauger ce qui conviendra le mieux pour l\u2019événement planifié, quel qu\u2019il soit.Vincent Beaulieu va jusqu\u2019à décourager des clients de leur choix quand il estime que le résultat ne sera pas à la hauteur des attentes (et du budget !).« On fait appel à notre esprit créatif.» Ainsi, un couple qui veut un mariage flamboyant peut s\u2019attendre à payer entre 2000$ et 5000$ pour un groupe d\u2019interprétation ou un humoriste.Autre avantage, les agences s\u2019adaptent au devis technique, qui va d\u2019affecter l\u2019artiste jusqu\u2019au projet clés en main, scène, équipements et techniciens fournis.Pendant l\u2019été, M.Beaulieu peut ainsi avoir une dizaine de collaborateurs sur la route qui veillent au bon déroulement des spectacles.Il peut produire plus de 500 événements par année.Tout n\u2019est pas rose pour autant.Comme les gens n\u2019ont pas acheté de billet, leur degré d\u2019attention varie beaucoup.Il y a aussi le facteur alcool.Les gens sont, parfois, tellement sur le party qu\u2019ils se foutent pas mal de la prestation.Chaque artiste a au moins une histoire d\u2019horreur dans son sac.« Ça peut pa r fois êt re bi z a r r e , con f ie Sylva i n Larocque.Tout le monde se connaît alors que toi, tu ne les connais pas.Une fois, en bon humoriste, j\u2019ai interpellé un type qui se levait pour partir.Son père venait de mourir et il l\u2019a appris au téléphone.Gros malaise.Et il me restait une demi-heure à faire.» De tels événements font plutôt figure d\u2019exception, disent les artistes.De toute façon, ils ne peuvent lever le nez sur un revenu aussi appréciable.Sauf exception, disques et tournées se vendent moins bien.Et comme le veut la maxime, the show must go on.PHOTO ANDRÉ TREMBLAY, ARCHIVES LA PRESSE «Le corpo, c\u2019est le pain et le beurre pour bien des artistes », explique Sylvain Larocque, qui peut donner jusqu\u2019à quatre prestations du genre par mois.«On a cet atout que tout le monde se souvient de nos hits des années 80.Et on n\u2019a pas de problème à faire des covers comme Beat It de Michael Jackson \u2013 tout le monde aime ça \u2013 ou Tainted Love de Soft Cell.La question d\u2019intégrité, ça me fait rire : le public, c\u2019est le même! De toute façon, il faut le faire puisque les disques ne se vendent pas.Aller jouer, c\u2019est vraiment le fun.Si on nous enlevait ça, ce serait la mort du band.» \u2013 Jean-Marc Pisapia, The Box PHOTO ARCHIVES LA PRESSE llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 8 J A N V I E R 2 0 1 1 A R T S E T S P E C T A C L E S 13 orchestremetropolitain.com salle Wilfrid-pelletier 19h30 Chef BeNOÎt frOMaNGer\u2022fLÛTe JUliette hUrel AveC LeCTure des LeTTres de mon mouLin d\u2019ALphonse dAudeT pAr Le grAnd Comédien frAnçAis philippe NahON Bizet L\u2019ArLésienne \u2013 eXTrAiTs \u2022 iBert ConCerTo pour fLÛTe\u2022chaUssON symphonie ConCert aussi présenté dans le Cadre du Conseil des arts de Montréal en tournée dans 2 arrondissements *promotion disponible sur l\u2019aChat de 2 billets pour Ce ConCert en téléphonant à la billetterie de la plaCe des arts 10 JanVier 2011 FlÛte et France bizet, ibert, chausson 2pour1* EXPOSITION DES OEUVRES PICTURALES DE GILLES CARLE 23 NOV2010 \u2013 1ER AVR2011 AU MARCHÉ BONSECOURS ENTRÉE LIBRE PARCEQUECESTLUI.COM ARTS ET SPECTACLES LECTURES Retrouvez les grilles télé d\u2019aujourd\u2019hui et de demain dans le Voilà! inséré dans La Presse d\u2019aujourd\u2019hui.VOILÀ! VOTRE SOIRÉE DE TÉLÉVISION Votre guide télé complet sur CYBERPRESSE.CA/TELE sur cyberpresse.ca HORAIRES Consultez tous les jours tous vos horaires cinéma et critiques de téléromans sur www.cyberpresse.ca/tele Votre guide télé Yvan Ponton et Marie-Claude Savard anime la deuxième saison de Montréal- Québec, dimanche 20h30, TVA SPORTS Un baiser romantique, drame sentimental de Wong Kar-wai avec Norah Jones et Jude Law, dimanche 21 h, TQc CINÉMA Penthouse 5-0, nouvelle série de Richard Blaimert avec Élise Guilbault et Isabelle Vincent, lundi 21 h, Radio-Canada SÉRIE Début de 30 vies, nouvelle série de Fabienne Larouche avec Marina Orsini, lundi 19h30, Radio-Canada SÉRIE SEMAINE DU 8 JANVIER 2011 SOLUTIONde la semaine dernière MOTS CROISÉS DESARTS 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 www.nicolehannequart.com 1721 HORIZONTALEMENT 1 Le passage oublié est le titre de son plus récent roman \u2013 Poil.2 Prénom de l\u2019auteur du livre Ils se battent comme des soldats, ils meurent comme des enfants \u2013 On peut la lire dans Fragments.3 Le thlaspi en est une plante voisine \u2013 Album de Phil Collins (.Back).4 Elle joue un rôle de neurotransmetteur dans le cerveau.5 Opération postale \u2013 Il se termine en septembre \u2013 Périodes marquées par un état particulier.6 Attaque criminelle \u2013 Initiales de la comédienne Tifo.7 Assombrie.8 Parc national du Japon \u2013Marque caractéristique.9 Initiales de l\u2019acteur Noiret \u2013 D\u2019un groupe de mots latins sign.pas au-delà \u2013 Courroux.10 Prescrits d\u2019une manière absolue \u2013 Qui restent sans résultat.11 Ses flancs sont arrondis \u2013 Paralysie partielle.12 Prénom de la chanteuse Claude \u2013 Ressources pécuniaires.VERTICALEMENT 1 Prénom de l\u2019auteur de Tintin et le Québec \u2013 Frayeur.2 Son dernier album s\u2019intitule Tout est bien (son prénom) \u2013 Prénom de l\u2019humoriste Sauvé.3 Supérieures \u2013 Rivière d\u2019Autriche.4 Boxeur amateur et lutteur professionnel américain né en 1965 \u2013 Formulée.5 Manquent d\u2019aplomb \u2013 Ainsi que.6 Dénuée d\u2019esprit \u2013 Pied de vigne.7 Initiales de l\u2019auteure de Pélagie la Charrette \u2013 Ce qui n\u2019a pas encore d\u2019existence \u2013 Il joue dans le film Enjeux (.Shepard).8 Eric Brevig en est le réalisateur (.l\u2019ours) \u2013 Prénom de l\u2019interprète de Susan dans Beautés désespérées \u2013 Initiales de celle que l\u2019on surnommait La Poune.9 Partie de l\u2019office monastique \u2013 Rachelle Lefevre y jour le rôle de Clara dans (Le monde de .).10 Produire un bruit aigre \u2013Mouette aux pattes rouges.11 Groupe d\u2019atomes \u2013 Exprime \u2013 Plante oléagineuse.12 Spécialiste des lois \u2013 Vieux.1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 1 C O N T R E D I E U P 2 O L I V I A S T E I N 3 R I A R U S S E L L 4 N E I G E A U T E L S 5 E R S E C R E E E T 6 A E R O D A M A G E 7 U S M H H I E M A L 8 C H A O S I N U L E 9 V E I N U L E T R I 10 I N C R A T S E T S 11 N E P I N N E E E E 12 A S T R A G A L E S L www.nicolehannequart.com 1720 GILLES TIBO Éloge de la vie PhOTO ALAIN RObERgE, LA PRESSE Noémie est née il y a 15 ans dans la tête de Gilles Tibo, et elle a toujours sept ans et trois quarts au bout d\u2019une vingtaine d\u2019aventures.«La pression est forte pour que je la fasse vieillir, rigole l\u2019auteur, qui entend bien y résister.Noémie, c\u2019est un personnage intemporel, au même titre que Tintin.» JOSÉE LAPOINTE À l\u2019automne au Salon du livre de Montréal, des grandes filles de 15-16 ans venaient rencontrer Gilles Tibo pour acheter leur exemplaire du plus récent Noémie, parce qu\u2019elles sont attachées au personnage.«J\u2019ai vraiment reçu une grosse charge d\u2019amour pendant ce salon.J\u2019ai aussi constaté aussi que je rejoins tous les âges du primaire, de la maternelle à la sixième année», raconte le prolifique auteur, qui a publié son premier livre pour enfants en 1978 comme illustrateur, et qui est passé à l\u2019écriture en 1995 avec Noémie \u2013 pour lequel il a d\u2019ailleurs remporté le prix du Gouverneur général.C\u2019est vrai qu\u2019un grand nombre de personnages habitent l\u2019imaginaire de Gilles Tibo : Simon, Choupette, Le petit géant n\u2019en sont que quelques- uns, et s\u2019ils ont tous été importants, ces épisodes sont terminés.Alors que Noémie, elle, est toujours là.même si l\u2019auteur avait dit il y a quelques années qu\u2019il réévaluerait l\u2019avenir de son personnage rendu au vingtième livre.«Finalement, la question ne s\u2019est pas posée parce que j\u2019ai encore des choses à dire.J\u2019ai créé Noémie en m\u2019inspirant de ma fille (qui a aujourd\u2019hui 23 ans) et de sa copine, et pour moi elle est vivante.C\u2019est souvent elle qui décide de ce qui va lui arriver, elle prend le contrôle de mon cerveau.» À tel point qu\u2019il est déjà en train d\u2019écrire le vingtcinquième « Noémie », et que ce sera un roman triple! Organisé et discipliné, Gilles Tibo est une véritable machine \u2013 mais pas «une machine à saucisses », précise-t-il \u2013 qui mène plusieurs projets en même temps, et passe d\u2019un univers à l\u2019autre avec facilité.«Chaque personnage est un voyage.Parfois, je range une histoire dans un tiroir de mon ordi, pour ne la ressortir qu\u2019un an plus tard.Comme j\u2019écris beaucoup d\u2019avance, ça me permet de retravailler mes textes, de les enrichir, d\u2019écouter les critiques.» Pour Gilles Tibo en effet, pas question de bâcler son ouvrage, qu\u2019il écrive un roman pour ados ou un album, dont il compare l\u2019écriture à celle d\u2019une chanson.La preuve dans les livres, rythmés et rigolos, de son hilarant antihéros Nicolas, joyeusement illustrés par Bruno St-Aubin et traduits, entre autres, en anglais et en coréen.«Beaucoup de choses devraient encore débloquer de ce côté en 2011.» Malgré son sens de l\u2019organisation, Gilles Tibo affirme pourtant ne pas écrire avec son cerveau.«Je dis souvent aux enfants que j\u2019écris avec mon coeur, mon ventre, mes pieds ou mes mains, mais surtout pas avec ma tête.» Sa méthode : surtout, ne pas faire de plan.«Je pars avec un thème, mais je ne sais jamais ce qui va arriver.Je me mets en état de surprise permanente.J\u2019aime me coucher le soir en me demandant ce qui arrivera dans mon histoire le lendemain.» Le résultat est une écriture vivante et dynamique qui donne l\u2019impression aux jeunes lecteurs de «vivre» l\u2019aventure avec Noémie.Tellement qu\u2019ils inventent parfois des péripéties que l\u2019auteur n\u2019a jamais écrites ! « Elle a vraiment une vie à elle, et les enfants la considèrent comme leur amie.» Sûrement le plus grand compliment qu\u2019on peut faire à Gilles Tibo, qui voit sa relation avec les enfants comme un échange.Ont-ils changé depuis ses débuts?«Je dirais qu\u2019ils sont plus allumés.Ce sont de véritables boules d\u2019énergie ! Ce qui a changé dans notre rapport, c\u2019est que maintenant, ils connaissent les auteurs québécois, ils demandent à nous lire, ce n\u2019est plus imposé par les professeurs.» Fragile Gilles Tibo vit de sa plume et s\u2019estime choyé par la vie, mais il constate que le monde de l\u2019édition est dans une posture très fragile.«Les ventes ont diminué de 30% dans la littérature jeunesse, c\u2019est beaucoup.En ce moment, j\u2019ai cinq livres qui sont bloqués parce que tout lemonde publie moins.On est dans une période de transition avec l\u2019arrivée du livre numérique, on dirait que tout le monde est en attente.Probablement que ça prendra de nouveaux éditeurs, des jeunes, pour que le virage se fasse.» Il ne sait pas ce qu\u2019il arrivera d\u2019un «dinosaure» comme lui, mais ça ne l\u2019empêche pas de s\u2019installer tous les jours devant son ordi après une séance de méditation.«Je reviens à l\u2019essence de ce que je suis, c\u2019est-à-dire le vide ! rigole-t-il, ajoutant qu\u2019il est habité par 1000 choses.Ça me permet de voir clairement le flash quand il arrive.Ensuite, quand j\u2019écris, je suis totalement dans le présent, je suis avec Noémie à 100%.» Avec comme seul objectif de se laisser surprendre par son personnage.«Il n\u2019y a pas de message souligné dans Noémie, parce que Noémie, c\u2019est la vie.Le seul message, c\u2019est celui de l\u2019amour et de la tendresse.Dans la vie des jeunes d\u2019aujourd\u2019hui, tout va vite, ils n\u2019ont plus de temps, ils n\u2019ont plus de place pour se déposer.Le livre peut servir à ça.» L\u2019année qui vient de se terminer a été un autre jalon important dans la vie de l\u2019auteur jeunesse Gille Tibo, qui a publié la vingtième aventure de Noémie en offrant à ses fans un roman double, Les grandes paniques.Succès majeur de l\u2019édition au Québec avec plus de 400000 exemplaires vendus en 15 ans, Noémie est avant tout une histoire d\u2019amour entre un personnage et son public, à l\u2019image de celle qui unit la charmante coquine de sept ans et trois quarts et sa grand-maman Lumbago chérie.«Je dis souvent aux enfants que j\u2019écris avec mon coeur, mon ventre, mes pieds ou mes mains, mais surtout pas avec ma tête.» llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 14 A R T S E T S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É A L SA M E D I 8 J A N V I E R 2 0 1 1 "]
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