La presse, 19 février 2011, C. Arts et spectacles
[" ARTS ET SPECTACLES www.cyberpresse.ca/arts Vanessa Paradis a intitulé son plus récent disque Une nuit à Versailles, et c\u2019est telle une jeune Reine-Soleil qu\u2019elle vient réchauffer notre hiver dans le cadre deMontréal en lumière.Si on la voit régulièrement au grand écran \u2013 elle est d\u2019ailleurs de la distribution du plus récent filmde Jean-Marc Vallée, Café de Flore \u2013 elle n\u2019a jamais abusé de la scène.Ce sera la troisième fois seulement, en près de 25 ans de carrière, qu\u2019elle se produira en spectacle àMontréal (demain,àWilfrid-Pelletier).Chanteuse, comédienne, mannequin, star, mais aussi compagne de Johnny Depp, mère de deux jeunes enfants, parolière et compositrice, interprète avertie, toutes les Vanessa seront mises à contribution pour l\u2019occasion.Une entrevue de Marie-Christine Blais en pages 8 et 9.VARIATIONS SUR VANESSA PHOTO CLAUDE GASSIAN, PHOTOMONTAGE LA PRESSE MONTRÉAL EN LUMIÈRE Consultez notre dossier du festival Montréal en lumière sur cyberpresse.ca/lumiere MUSIQUE Consultez toutes nos critiques de CD sur cyberpresse.ca/disques BLOGUE Passionné des médias ?Discutez avec Nathalie Collard sur cyberpresse.ca/collard BRIGITTE POUPART HYPERACTIVE DE LA CRÉATION PAGE 3 CIRQUE DU SOLEIL DEUX QUÉBÉCOIS SUR LA PLANÈTE JACKSON PAGE 13 Stéphane Mongeau et Chantal Tremblay FESTIVAL MONTRÉAL EN LUMIÈRE MONTRÉAL SAMEDI 19 FÉVRIER 2011 Papillons 17 février en liberté au 25 avril Rapprochons-nous de la vie intime des papillons espacepourlavie.ca Produit et animé par l\u2019Insectarium dans la grande serre du Jardin botanique ARTS ET SPECTACLES EMILIE CLEPPER PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE 18 4 6 10 5 15 16 EMILIE CLEPPER Fille d\u2019un musicien texan, Emilie Clepper a grandi près de Québec.À 25 ans, elle fait preuve d\u2019une belle maturité musicale.LES DERNIERS HUMAINS Les zombies effectuent un retour en force à Hollywood et dans la culture populaire, nous apprend Hugo Dumas.AU TOUR DE LA BOLDUC Alors que les autres légendes du «trad» québécois tombent progressivement dans les oubliettes, celle qu\u2019on surnommait La Bolduc semble vouée à la pérennité.ALBINDE LA SIMONE Demain, Albin de la Simone assure la première partie du spectacle de Vanessa Paradis.Et mardi, il donne son propre spectacle, à L\u2019Astral.DANIEL BARROW Récemment auréolé du prix Sobey 2010, qui récompense l\u2019artiste visuel de l\u2019année au Canada, Daniel Barrow, expose ses dessins au Belgo.LA NOCE Gregory Hlady a réuni Paul Ahmarani, Denis Gravereaux et Frédéric Lavallée pour revisiter une des premières pièces de Brecht : La noce chez les petits bourgeois.MICHÈLE PLOMER Une femme dragon incarne le merveilleux dans le nouveau roman deMichèle Plomer, Dragonville : Tome 1, Porcelaine, où se mêlent aventure et quête de soi.LA BOLDUC ALBIN DE LA SIMONE THE WALKING DEAD PAUL AHMARANI PHOTO IVANOH DEMERS LA PRESSE llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 2 A R T S E T S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É A L SA M E D I 1 9 F É V R I E R 2 0 1 1 en collaboration avec Elling d\u2019Axel Hellstenius et Petter Næss d\u2019après le roman d\u2019Ingvar Ambjørnsen nouvelle version de Simon Bent mise en scène de Monique Duceppe traduction de Michel Dumont Stéphane Bellavance Guy Jodoin Mireille Deyglun Donald Pilon Gabriel Sabourin concepteurs Marcel Dauphinais Daniel Fortin Kareen Houde Yves Labelle Christian Thomas Normand Blais Présentée avec l\u2019autorisation de Nordiska Aps Copenhague 16 FÉVRIER au 26 MaRS DERNIÈRE CHANCE AU TNM : 22+23+24 FÉVRIER «C\u2019est un trip! Un tour de force.Une grande réussite.» \u2013 R-C, Six dans la cité «Un spectacle fabuleux.une expérience hors du commun!» \u2013 98.5 FM, Puisqu\u2019il faut se lever «Une fable racontée par deux grands illusionnistes : Michel Lemieux et Victor Pilon.C\u2019est magique ! .offrez ce beau grand rêve exceptionnel ! » \u2013 Espace Musique, Marie-Christine Trottier «Vraiment impressionnant! Un des grands spectacles que vous pouvez voir en ce moment.» \u2013 Le TVA18 h «Véritable enchantement ! François Papineau et Bénédicte Décary déploient un charme ravageur\u2026 Andrée Lachapelle est souveraine!» \u2013 Voir «L\u2019Avatar du théâtre québécois!» \u2013 R-C, Téléjournal Montréal TNM.QC.CA / 514.866.8668 CRÉATION ET MISE EN SCÈNEMICHEL LEMIEUXETVICTORPILON / CRÉATION ET TEXTEPIERRE YVES LEMIEUX / COPRODUCTIONTNMET LEMIEUX PILON 4D ART UNE PRÉSENTATION Services de répit Emergo - Autisme et autres T.E.D.514.931.2882 www.servicesderepitemergo.com 2, 3, 5 ou 10 jours de répit ARTS ET SPECTACLES Dans les coulisses du festival Montréal en lumière, le nom de Brigitte Poupart résonne comme un mantra.Et pour cause.C\u2019est elle qui a mis en scène le spectacle d\u2019Alex Nevsky et l\u2019hommage à la Bolduc.Elle, encore, qui signera le spectacle de clôture The Man I Love avec Natalie Choquette et Florence K.Et comme si cela ne suffisait pas, Poupart a conçu la soirée hommage pour les 25 ans du Déclin de l\u2019empire américain, tout en terminant le montage de son premier film, Over My Dead Body.BRIGITTE POUPART L\u2019ADN DE LA CRÉATION PHOTO IVANOH DEMERS, LA PRESSE Mère de deux grandes filles, Brigitte Poupart n\u2019a pas peur de mener plusieurs projets de front.«Tout cela est très gérable parce que j\u2019y prends beaucoup de plaisir.Pour le reste, on s\u2019arrange.» NATHALIE PETROWSKI Au milieu des années 80, Brigitte Poupart était une étudiante parmi tant d\u2019autres.Inscrite en sciences sociales avec maths et bio au cégep de Saint-Laurent, elle se destinait au droit international.Elle n\u2019avait jamais joué sur une scène de sa vie, ne connaissait pas grandchose au théâtre et préférait de loin la musique.Mais elle avait une bonne amie du nom de Macha Limonchik qui faisait pression sur elle pour qu\u2019elle se joigne à la troupe de théâtre du cégep.Macha a si bien fait que Brigitte l\u2019a suivie et s\u2019est mise à faire du théâtre.À la fin du cégep, elle avait la piqûre.Pas au point d\u2019abandonner le droit international, mais au point de se présenter aux auditions du Conservatoire d\u2019art dramatique de Montréal.Lorsque Brigitte Poupart a annoncé à sa mère, Claudette Dansereau, qu\u2019elle avait été acceptée dès sa première audition, maman n\u2019a pas fait la moue, ni soupiré d\u2019un air découragé.Tout le contraire.« Avec le droit international, tu pourras toujours te reprendre, mais une place au Conservatoire, ça ne passe qu\u2019une fois dans une vie.Vasy, fonce, ma fille», lui a-t-elle dit.Son père, Fernand Poupart, musicien, militant et grand ami de l\u2019avocat des felquistes Robert Lemieux, fut tout aussi encourageant.Quelques années plus tard, quand le spectacle Nudité, dans lequel sa fille se promenait nue comme un ver, fut interrompu par l\u2019Escouade de la moralité puis frappé d\u2019un interdit, Fernand appela sa fille.Pour la féliciter ! Ces deux anecdotes pour rendre compte du climat d\u2019ouverture et de liberté dans lequel Brigitte Poupart a grandi et qui a permis à l\u2019ADN de la création qu\u2019elle croit avoir de naissance de fleurir et de s\u2019épanouir.Organisation, énergie et passion Nous nous rencontrons dans un café du Mile End, pas très loin d\u2019où Poupart habite avec ses deux filles, de 13 et 18 ans.Le fait que cette actrice, créatrice, idéatrice, danseuse, monteuse, et metteure en scène d\u2019à peine 40 ans ait deux enfants me scie en deux.Pas parce que je doute de l\u2019instinct maternel de Brigitte Poupart.Plutôt parce qu\u2019elle travaille tellement et sur tellement de projets différents à la fois, que j\u2019étais convaincue qu\u2019elle était célibataire, sans enfants, sans animaux et sans plantes vertes.Mais non.Même si une journée n\u2019a que 24 heures, Brigitte Poupart réussit à se démultiplier sans pour autant que sa création ou que sa progéniture en souffre.«Enfin, disons que ça prend de l\u2019organisation, de l\u2019énergie et de la passion et que tout cela est très gérable parce que j\u2019y prends beaucoup de plaisir.Pour le reste, on s\u2019arrange.» Diplômée du Conservatoire d\u2019art dramatique de 1990, Brigitte Poupart fait partie de ce qu\u2019on a appelé la génération X, une génération perdue, née dans l\u2019ombre des boomers, abonnée au système D et qui a eu toute la difficulté du monde à faire sa place au soleil.«Quand je suis sortie du Conservatoire, il n\u2019y avait tellement pas de jobs pour nous qu\u2019on a été obligés de s\u2019en inventer.Les trois troupes créées à ce moment-là, Pigeons International, Momentum et ma compagnie, Transthéâtre, ont aujourd\u2019hui 20 ans.Or, nous ne sommes toujours pas invités à nous produire dans les grands théâtres, qui sont encore et toujours occupés par la génération d\u2019avant nous.Ça me fait tripper de concevoir une mise en scène au Métropolis pour les 2000 fans de Misteur Valaire, mais je tripperais autant à monter un show au TNM.Sauf qu\u2019on ne me le demande jamais.Ni à moi ni à ma gang.» Mari virtuel Quand Brigitte Poupart parle de sa gang, elle pourrait aussi bien indiquer le fleuve Saint-Laurent tant sa gang est vaste et diversifiée.Il y a les Zapartistes dont elle fait partie à temps plein depuis le départ de Geneviève Rochette il y a six ans.Et puis, il y a le chorégraphe Dave St-Pierre, qu\u2019elle qualifie de mari virtuel.Les deux se sont rencontrés en 2004.Poupart venait de créer Cérémonials, une variation allégorique sur la perte des rituels religieux.St-Pierre créait pour sa part le spectacle culte La pornographie des âmes.Les deux ont ressenti l\u2019un pour l\u2019autre un réel coup de foudre artistique.Ils sont devenus amis, puis collaborateurs.Pendant l\u2019année complète où le chorégraphe atteint de fibrose kystique a attendu un donneur pour une greffe du poumon, Brigitte Poupart l\u2019a suivi avec une caméra.Elle l\u2019a filmé dans son quotidien, dans l\u2019agonie de l\u2019attente, à mesure que sa santé dépérissait et que son souffle vacillait comme une flamme fragile.Le film, dont le montage n\u2019est pas terminé, s\u2019intitulera Over my Dead Body et sortira en salle probablement à l\u2019automne.«C\u2019est terrible d\u2019attendre un coup de téléphone qui va déterminer si tu vis ou si tu meurs, raconte Poupart.Heureusement, c\u2019est un film qui se termine bien puisque la greffe a marché, mais des fois, je me demande ce que j\u2019aurais fait si le contraire était arrivé.Me semble que j\u2019aurais été incapable de poursuivre le film.» En attendant, Poupart dansera pour Dave St-Pierre dans Un peu de tendresse bordel de merde !, qui sera présenté en mars et en avril en Belgique, en Allemagne et en Espagne.Elle hér itera du rôle de Sabrina, celle qui notamment se masturbe dans un gâteau sur scène.«Est-ce que ça me gêne?demande-t-elle en souriant.Pas du tout.C\u2019est un rôle merveilleux, de grande complicité avec le public.Et puis j\u2019en ai vu d\u2019autres.Je me suis déjà rentré un godemichet dans le vagin sur scène.C\u2019est d\u2019ailleurs le point de départ du duo que je monte avec Dave pour le FTA et dont le titre est en fait une question: What\u2019s Next ?Qu\u2019est-ce qu\u2019on fait maintenant?» Un oeil extérieur et allumé Brigitte Poupart n\u2019a pas encore de réponse à cette question à un million.Il faut dire qu\u2019elle est passablement occupée ailleurs, notamment à la mise en scène de trois spectacles présentés à Montréal en lumière ainsi qu\u2019à la soirée hommage célébrant les 25 ans du Déclin de l\u2019empire américain qui aura lieu le 22 février.Pour le Déclin, elle ne peut dire grand-chose, sinon que la soirée sera placée sous le signe de la mémoire, avec beaucoup d\u2019humour, d\u2019émotion et quelques surprises.Quant à son implication récente dans le monde de la musique auprès d\u2019artistes comme Béatrice Bonifassi, Yann Perreau, Misteur Valaire, Florence K et Alex Nevsky, Poupart se voit comme un oeil extérieur et allumé.« Chaque fois que je travaille avec un nouvel artiste, je lui fais remplir un questionnaire où je lui demande ce qu\u2019il veut dégager sur scène, avec quoi il veut que le spectateur reparte, comment il se perçoit, etc.Bref, je le fais travailler, préciser, définir sa démarche et à partir de ça, on construit quelque chose.Après un spectacle, quand je vois les spectateurs repartir avec un sourire, quand je sens qu\u2019on les a aidés à oublier leurs problèmes pendant quelques heures, je considère que ma job est faite.» Qu\u2019elle soit en train de danser nue sur scène, d\u2019interpréter une prof dans Bashir Lazhar, le film de Philippe Falardeau, de déterminer les enchaînements musicaux d\u2019un spectacle de Florence K et de Natalie Choquette ou de pourfendre Jean Charest dans un sktech des Zapartistes, Brigitte Poupart s\u2019exécute toujours avec plaisir et passion.Même si les 20 dernières années n\u2019ont pas toujours été riches et prospères, elle ne regrette rien.Surtout pas le droit international.«Ça me fait tripper de concevoir une mise en scène au Métropolis pour les 2000 fans de Misteur Valaire, mais je tripperais autant à monter un show au TNM.Sauf qu\u2019on ne me le demande jamais.Ni à moi ni à ma gang.» llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 1 9 F É V R I E R 2 0 1 1 A R T S E T S P E C T A C L E S 3 ARTS ET SPECTACLES MUSIQUE DES NOUVELLES DE POIRIER Le DJ Ghislain Poirier signe la bande originale du documentaire Le plan, qui sera présenté en première lundi lors des Rendez-vous du cinéma québécois.Réalisé par Isabelle Longtin, le film dresse le portrait des gens qui vivent dans les Habitations Jeanne-Mance, le plus grand centre de logements sociaux du Québec (HLM), situé au centre-ville de Montréal.Samedi prochain, Poirier animera la soirée Karnival v.8 au Club Soda dans le cadre de la Nuit blanche.«Ça va être fou ! annoncet- il.En plus des DJ et MC, on va avoir une troupe de danse brésilienne comme si on était au Carnaval de Rio, avec 10 percussionnistes brésiliens».Le DJ est en nomination deux fois au gala des Juno, qui aura lieu le 27 mars, et il se produira plusieurs fois dans le cadre du festival South by Southwest.TRIO MUSIQUE GLEE ET LADY GAGA PASSENT À L\u2019HISTOIRE Ça y est : les chanteurs et acteurs de la série américaine Glee ont surpassé Elvis au premier rang des artistes qui ont eu le plus d\u2019entrées en carrière au palmarès Billboard Hot 100, qui existe depuis 52 ans.Elvis Presley en avait 108, et Glee en compte maintenant 113.Cette semaine, six chansons interprétées durant la dernière émission ont fait leur entrée dans le palmarès, soit des reprises de Justin Bieber et celle de Sing du groupe My Chemical Romance.De son côté, Lady Gaga peut se vanter d\u2019avoir eu le 1000e numéro un de l\u2019histoire du Billboard Hot 100, avec 448 000 extraits vendus de Born This Way, une vente record pour une interprète féminine, qui surpasse les 411 000 extraits de Hold It Against Me de Britney Spears.NOUVEL ALBUM DE DEATH CAB FOR CUTIE: EN MAI Death Cab for Cutie a annoncé que son septième album, intitulé Codes and Keys, sortira le 31 mai avec Atlantic Records.Le groupe partira en tournée.Pour l\u2019instant, seulement cinq dates de rodage ont été annoncées, dont deux en sol canadien dans l\u2019ouest du pays: Edmonton, le 24 mai, et Calgary, le 25 mai.Prévisible, puisque Death Cab for Cutie est un groupe de Seattle.Codes and Keys fait suite à l\u2019album Narrrow Stairs, sortie en mai 2008.DCFC, nommé plusieurs fois pour un prix Grammy, est composé de Chris Walla, Nick Harmer, Jason McGerr et Ben Gibbard, qui est marié avec l\u2019actrice et chanteuse du duo She & Him, Zooey Deschanel.ÉMILIE CÔTÉ Ghislain Poirier Lady Gaga Death Cab for Cutie PHOTO REUTERS EMILIE CLEPPER Travailler à sa manière PHOTO MARCOCAMPANOZZI, LA PRESSE Emilie Clepper serait, selon plusieurs, le secret le mieux gardé de Québec.FOLK-ROCK EMILIE CLEPPER WHAT YOU SEE LA TRIBU ÉMILIE CÔTÉ Élevée dans une campagne éloignée de la ville de Québec, Emilie Clepper a commencé à gratter la guitare à l\u2019âge de 11 ans.Quand son père est retourné vivre dans son Texas natal, elle s\u2019est mise à faire régulièrement la navette entre Austin et Québec.D\u2019un voyage à l\u2019autre, elle a rencontré des musiciens qui ont nourri son inspiration.Emilie Clepper est une autodidacte.«Je n\u2019ai jamais suivi de cours de guitare ou de voix, mais il y a toujours eu des instruments de musique autour de moi.Mes principales influences sont mon père et mon frère, explique-t-elle.J\u2019ai acheté deux CD dans ma vie.J\u2019écoute la musique des gens que je rencontre.» Emilie Clepper affectionne le folk de Bob Dylan et de Paul Simon, mais elle en incarne aussi l\u2019esprit d\u2019origine: elle fait son petit bout de chemin avec sa guitare sur le dos, au fil de voyages et de rencontres.En 2008, la jeune femme a lancé un premier album indépendant intitulé Things May Come qui a fait dire à plusieurs qu\u2019elle était le secret le mieux gardé de Québec.La même année, Emilie Clepper a assuré la première partie du spectacle de Feist et Stars au Festival d\u2019été.Elle a aussi été invitée au Festival de jazz, l\u2019été dernier.«Cela m\u2019a aidée à passer à autre chose.» L\u2019an dernier, elle a fait la rencontre de Joe Grass (Lhasa), qui a réalisé What You See, dans un festival en Suisse.Il y a eu un jam au bord d\u2019un lac, où est née une grande complicité musicale.« Joe Grass a les mêmes influences que mon père.» Emilie Clepper voulait que What You See ait le côté brut du premier album, mais avec un son plus enveloppant et texturé.Mission accomplie.Les chansons ont l\u2019effet réconfortant d\u2019un feu de foyer.La voix riche d\u2019 Emil ie Clepper évoque celle de plusieurs artistes, mais de personne en particulier.«C\u2019est ce que j\u2019aime entendre », dit la principale intéressée.What You See comprend des chansons écrites l\u2019automne dernier, mais d\u2019autres qui datent de plusieurs années.«J\u2019aime inclure des chansons moins récentes.Les chansons ont eu le temps de mûrir et de prendre de l\u2019âge.» Autant l\u2019auteure-compositrice- interprète aime partager la scène avec d\u2019autres musiciens, autant l\u2019écriture et la composition se font en solo.«Je ne suis pas capable d\u2019écrire avec d\u2019autres gens.Pour moi, l\u2019écriture est un moment de solitude.» «Conserver mon truc » What You See sort avec l\u2019étiquette La Tribu, mais il ne s\u2019agit que d\u2019un contrat de licence.« Je veux garder le dernier mot sur mon travail et être en contrôle de ce que je fais », explique Emilie Clepper.En entrevue, c\u2019est manifeste dès la première poignée de main : la jeune femme déteste les faux-semblants.Elle est no bullshit, acquiescet- elle.Les liens qu\u2019elle tisse avec des gens de l\u2019industrie doivent être « humains ».« C\u2019est dur de rester soimême da ns l \u2019i ndus t r ie , dit-elle.Mon défi, c\u2019est de conserver mon truc.» C\u2019est pour cela qu\u2019elle apprécie ses visites au Texas.« Là-bas, je travai l le sur ma musique et pas sur ma carrière.» Au cours des prochaines semaines, Emilie Clepper se produira «à la maison », à Austin, au festival South by Southwest.Pas mal pour une fille qui fait les choses à sa manière.Elle a grandi à Québec, mais sa mère est née en Suisse et son père est un musicien texan, d\u2019où les racines folk de sa musique.À 25 ans, Emilie Clepper fait preuve d\u2019une grande maturité musicale avec son deuxième album, What You See.«Je n\u2019ai jamais suivi de cours de guitare ou de voix, mais il y a toujours eu des instruments demusique autour de moi.Mes principales influences sont mon père et mon frère.» llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 4 A R T S E T S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É A L SA M E D I 1 9 F É V R I E R 2 0 1 1 ARTS ET SPECTACLES Les vampires sexy, les traces de crocs dans le cou, la peau diaphane, tout ça, c\u2019est complètement out.Rangez vos coffrets DVD de True Blood et vos bouquins de Twilight dans un sac hermétique que vous scellerez avec un aspirateur.Allez! Car les zombies, comme dans le clip Thriller de Michael Jackson, effectuent présentement un retour en force à Hollywood et dans la culture populaire.Tout ça grâce à une minisérie surprenante et étonnamment bien fignolée du réseau AMC: The Walking Dead.Vous pouvez la télécharger sur iTunes.Elle ne comporte que six épisodes (en anglais) d\u2019une heure.L\u2019immense popularité de cette émission scie les jambes car, entre vous et moi, un zombie n\u2019a pas du tout le même pouvoir d\u2019attraction et de séduction qu\u2019un Edward Cullen ou un Bill Compton, par exemple.Un zombie, ça grogne, ça ne récite pas de la poésie.Un zombie, ça pue la pourriture, ça se traîne les bottines, ça perd des morceaux en chemin et ça bouffe des boyaux humains pour déjeuner.Pas super ragoûtant, n\u2019est-ce pas?N\u2019empêche.Plus de six millions d\u2019Américains ont suivi cet automne The Walking Dead sur AMC, la chaîne qui héberge aussi Mad Men et Breaking Bad.Les critiques ont adoré.Et bien franchement, même si le gore vous répugne, ne renvoyez pas tout de suite les morts-vivants à leur cimetière.The Walking Dead, c \u2019est beaucoup plus qu\u2019un téléfilm d\u2019horreur.Adaptée d\u2019une bande dessinée du même nom signée par Robert Kirkman, la minisérie met en scène une poignée d\u2019habitants d\u2019une banlieue d\u2019Atlanta qui ont survécu à une attaque de zombies.Cet univers postapocalyptique rappelle, bien sûr, 28 Days Later ou I Am Legend.Le personnage principal de The Walking Dead s\u2019appelle Rick Grimes (campé par Andrew Lincoln) et il était le shérif de cette bourgade maintenant peuplée de créatures répugnantes.Vous le reconnaîtrez tout de suite.C\u2019était celui qui était secrètement amoureux de Keira Knightley dans Love Actually.Donc, ce valeureux Rick se réveille à l\u2019hôpital, seul, en chemise de malade, le regard hagard.L\u2019établissement, sens dessus dessous, est vide.À l\u2019extérieur, les corps se décomposent à l\u2019air libre.Il n\u2019y a plus un seul être humain qui grouille.Inquiet pour sa femme et son fils, Rick déboule chez lui.Personne ne l\u2019y accueille.Que s\u2019est-il passé ?Les réponses à nos questions \u2013 Est-ce une pandémie mondiale?Qui a déclenché cette invasion de zombies?\u2013 nous parviennent au compte-gouttes grâce à un récit astucieusement déconstruit par le producteur Frank Darabont, le célèbre réalisateur d\u2019À l\u2019ombre de Shawshank.Dans The Walking Dead, coeurs sensibles s\u2019abstenir, le sang gicle à gros jets, les cervelles explosent bruyamment et les têtes se coupent à coups de hache.Au-delà du facteur gore, cette émission soulève de jolis cas d\u2019éthique.Du genre : quelles règles s \u2019appl iquent dorénava nt dans un monde dévasté ?Est-ce maintenant acceptable de tuer pour faire régner l\u2019ordre ?Qui applique les lois (et quelles lois) ?Le simple fait de posséder une arme à feu fait-il de vous le nouveau seigneur ?N\u2019oubliez pas ceci : une balle dans la tête tue un zombie surle- champ.En même temps, le bruit attire les zombies.Donc, si vous ouvrez le feu sur une cellule d\u2019une dizaine de zombies, il risque d\u2019en apparaître dix fois plus.Comme les munitions ne s\u2019achètent plus en magasin (souvenezvous, tout le monde est mort, c\u2019est l\u2019apocalypse), comment survivrez-vous?À l\u2019inverse, il suffit d\u2019une morsure de zombie pour vous contaminer.Mieux vaut donc tenir à distance ces loques assoiffées de chair fraîche, tendre et juteuse.Les effets spéciaux de The Walking Dead sont époustouflants.Il y a des scènes tournées dans les rues d\u2019Atlanta envahies par ces créatures dégueulasses qui pourraient figurer dans n\u2019importe quelle superproduction hollywoodienne.Ça m\u2019étonne beaucoup que Super Écran n\u2019ait pas encore acheté les droits de diffusion de ce produit.AMC a lancé The Walking Dead le 31 octobre 2010 (quel choix astucieux) et les cotes d\u2019écoute ont franchi les cinq millions de mordus.La finale a cloué six millions d\u2019amateurs à leur sofa.Plus que le double de Mad Men, qui jouit pourtant d\u2019un buzz médiatique beaucoup plus important.Pas besoin d\u2019avoir été un fan fini de Night of the Living Dead de George A.Romero pour adopter The Walking Dead.Suffit d\u2019avoir les nerfs assez solides et une couverture assez grande pour se cacher les yeux dans les moments plus angoissants.Je lévite Avec Born This Way de Lady Gaga.D\u2019accord, ça ressemble un peu, beaucoup, passionnément à Express Yourself de Madonna.Reste que c\u2019est une chanson pop diablement efficace qui écrase 99% de toutes les mièvreries qui inondent les stations de radio commerciales ces jours-ci.Je l\u2019évite Les pubs de REER et celles de Laval.Premièrement : plus capable d\u2019entendre les mots cotiser, rendement et retraite sur fond de Pop Goes The World de Men Without Hats.Et deuxièmement : pardon, tous les avantages de la ville se retrouvent à Laval sans les inconvénients de la banlieue?Il n\u2019existe pas une loi contre ce type de publicité frauduleuse?s Pour joindre notre chroniqueur : hdumas@lapresse.ca Les derniers humains HUGO DUMAS CHRONIQUE Même si le «gore» vous répugne, ne renvoyez pas tout de suite les morts-vivants à leur cimetière.«The Walking Dead», c\u2019est beaucoup plus qu\u2019un téléfilm d\u2019horreur.PHOTO FOURNIE PAR AMC Il faut avoir les nerfs solides et le coeur bien accroché pour regarder The Walking Dead.llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 1 9 F É V R I E R 2 0 1 1 A R T S E T S P E C T A C L E S 5 T O U T E S L E S DAT E S d a n i e l l e m i r e.c o m admission.com BROSSARD 24 et 25 février,13et14avril 2011 L\u2019 Étoile Banque Nationale,450.676.1030 LAVA L 21 et 22 avril 2011 ThéâtreMarcellin-Champagnat, 450.661.4862 |1877.661.4862 PLACEdes ARTS 15 et 16 avril 2011 ThéâtreMaisonneuve, 514.842.2112 Photographie : julienfaugere.com GUY LAFORCE PRÉSENTE COMPLET ARTS ET SPECTACLES FESTIVAL MONTRÉAL EN LUMIÈRE Bon an, mal an et pas juste dans le temps du jour de l\u2019An, Mary Travers revient hanter l\u2019actualité.Alors que les autres légendes du « trad» québécois tombent progressivement dans les oubliettes, celle qu\u2019on surnommait La Bolduc semble vouée à la pérennité.JEAN-CHRISTOPHE LAURENCE On en aura encore la preuve demain, avec un double hommage visant à souligner le 70e anniversaire de sa mort.Présenté dans le cadre de Montréal en lumière, le spectacle Au tour de La Bolduc la fera revivre à travers la crème de nos auteurs-compositeurs (Martin Léon, Daniel Boucher, Mara Tremblay, Damien Robitaille, etc.) alors que l\u2019émission La bastringue sur le bout de la langue, présentée par Boucar Diouf à la radio de Radio-Canada, fera le lien entre son histoire et celle de l\u2019immigration au Québec.Immigrant lui-même, Diouf le Sénégalais a découvert La Bolduc il y a plus de 15 ans, quand il s\u2019est installé à Gaspé.Il a tout de suite adopté l\u2019humour de cette pittoresque chroniqueuse sociale, qui lui a permis de mieux connaître l\u2019histoire du Québec.Il s\u2019est aussi et surtout identifié à cette déracinée, qui avait quitté la Gaspésie pour Montréal à 14 ans, pour faire vivre sa famille.«Elle n\u2019avait que 14 ans, dit-il.Le choc culturel qu\u2019elle a vécu a été le même que celui de tous les immigrants qui débarquent au pays.Alors quand elle chante \" Ça va venir, découragez-vous pas\", ça leur parle, tu comprends.» Réalisée par Martin Girard, La bastringue sur le bout de la langue donnera la parole à des néo-Québécois qui ont traduit La Bolduc en espagnol et en arabe, en plus de s\u2019intéresser aux immigrants qui, à l\u2019inverse de Mary Travers, ont choisi de s\u2019installer en Gaspésie plutôt que d\u2019en sortir.Mais on se questionnera aussi sur l\u2019héritage musical et social de la chanteuse, avec des personnalités comme Jim Corcoran, André Gagnon, Alain Lefèvre, Michel Faubert et Biz, de Loco Locass.Suffragette, anticonformiste, blockbuster.Comment expliquer que La Bolduc transcende ainsi les cultures et les générations?Alors que Boucar Diouf souligne l\u2019aspect « universel et intemporel » d\u2019une oeuvre à caractère social, Mara Tremblay insiste surtout sur son anticonformisme et son intégrité, gage de modernité et exemple à suivre pour bien des chanteuses actuelles.«Elle a été notre première femme auteure-compositrice-interprète, lance celle qui reprendra La chanson du bavard, dans le spectacle collectif que lui consacre Montréal en lumière demain soir.Elle ne s\u2019est pas vendue pour plaire et elle n\u2019en faisait qu\u2019à sa tête.Elle chantait des choses audacieuses.Elle n\u2019écrivait pas avec des pincettes.Elle a même quitté sa famille pour aller en tournée.À sa façon, elle a énormément dérangé.» « Elle avait un sens mélodique et un bagout d\u2019interprétation assez succulents, renchérit Robert Thérien, historien de la chanson québécoise.Elle avait un bon sens de l\u2019observation pour dépeindre son époque.Encore aujourd\u2019hui, son matériel se tient.» Mais il ne faudrait pas pour autant surestimer l\u2019apport de Mary Travers, ajoute M.Thérien.«On en a fait le symbole de la femme qui s\u2019affirme.Mais on lui prête bien plus d\u2019intentions qu\u2019elle n\u2019en avait vraiment.Elle n\u2019était ni une sufragette ni une féministe consciente de sa démarche.Si elle est partie en tournée, c\u2019était uniquement pour faire vivre sa famille.» Mary Travers, alias La Bolduc, est avant tout «tombée au bon endroit au bon moment », conclut Robert Thérien.Ses talents de chroniqueuse populaire, jumelés à l\u2019essor de l\u2019industrie du disque, lui ont permis de devenir le premier blockbuster de l\u2019histoire de la chanson québécoise, grâce aux dizaines de milliers d\u2019exemplaires vendus de ses premiers 78 tours.Redécouverte à la fin des années 50, elle est, depuis, rééditée sur une base régulière, ce qui lui vaut d\u2019être sans cesse redécouverte par les nouvelles générations, qui sont à leur tour charmées par sa turlute flamboyante et ses vignettes quasi journalistiques, s\u2019articulant autour de la Grande Dépression.«Flamboyante, tu dis?Elle a troué trois partiels avec sa turlute, conclut Mara Tremblay.Faut turluter en tabarnouche non?!» La bastringue sur le bout de la langue, dimanche 20 février, de 17h à 19h, à la Première Chaîne.Au tour de La Bolduc, demain 20h, à l\u2019Astral AU TOUR DE LA BOLDUC Qu\u2019est-ce qui fait (encore) courir La Bolduc ?Malgré une carrière d\u2019à peine 12 ans, Mary Travers, dite La Bolduc, est devenue le symbole de la chanson folklorique québécoise.Gaspésienne d\u2019origine, cette chanteuse bâtie comme une armoire à glace s\u2019est fait connaître dans les fameuses Soirées du bon vieux temps qui se tenaient au Monument-National, avant d\u2019enregistrer une trentaine de 78 tours à succès entre 1929 et 1931.Sa carrière connaît un regain après la crise, et la chanteuse grave une autre demi-douzaine de disques.Emportée par le cancer le 20 février 1941, elle tombera dans l\u2019oubli pendant 20 ans avant d\u2019être réhabilitée par une première biographie en 1959, et une première série de rééditions qui la remettront pour de bon «sur la mappe».LA BOLDUC PHOTO ARCHIVES LA PRESSE Mary Travers, mieux connue sous le nom de La Bolduc, revivra demain sur les ondes de la Première chaîne de 17h à 19h, puis sur la scène de l\u2019Astral dès 20h.«Elle avait un sens mélodique et un bagout d\u2019interprétation assez succulents.» \u2013 Robert Thérien, historien de la chanson québécoise llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 6 A R T S E T S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 1 9 F É V R I E R 2 0 1 1 cyberpresse.ca/reseauscenes ENVIE DE SORTIR ?4 En spectacle cette semaine, sur scène près de chez vous PRIX Athanase-David littérature Albert-Tessier cinéma Denise-Pelletier arts de la scène Georges-Émile-Lapalme qualité et rayonnement de la langue française Gérard-Morisset patrimoine Guy-Mauffette radio et télévision \u2013 NOUVEAU Paul-Émile-Borduas arts visuels, architecture, design et métiers d\u2019art Chaque prix est doté d\u2019une bourse de 30 000 $ non imposable.APPEL de CANDIDATURES 2011 Les personnes, les groupes et les organismes ont jusqu\u2019au 8 avril prochain pour présenter une candidature dans l\u2019un des domaines représentés par les Prix du Québec culturels : NOUVEAU Prix Guy-Mauffette pour la radio et la télévision Faites en sorte que des personnes dont le parcours mérite l\u2019admiration et la considération de tous reçoivent la plus haute distinction accordée par le gouvernement du Québec dans le domaine culturel.Présenter une candidature à l\u2019un des Prix du Québec, c\u2019est contribuer à la reconnaissance de ces personnalités.Visitez le site Web des Prix du Québec au www.prixduquebec.gouv.qc.ca pour en connaître davantage. INFO-LUMIÈRE 514 288-9955 1 85LUMIERES MONTREALENLUMIERE.COM Tout sur facebook.com/montrealenlumière 12e ÉDITION MÉTROPOLIS 1 855 790-1245 admission.com\u2022 ticketmaster.ca PLACE DES ARTS 514 842-2112 \u2022 1 866 842-2112 laplacedesarts.com CLUB SODA 514 286-1010 \u2022 clubsoda.ca L\u2019ASTRAL, MAISON DU FESTIVAL RIO TINTO ALCAN 1 855 790-1245 admission.com \u2022 ticketmaster.ca GESÙ \u2013 CENTRE DE CRÉATIVITÉ 514 861-4036 1 855 790-1245 admission.com TOHU 514 376-TOHU (8648) 1 855 790-1245 LE BALCON 514 528-9766 ÉGLISE UNIE SAINT-JAMES 514 288-9245 1 855 790-1245 BILLETTERIE DANS LE VIEUX-MONTRÉAL ET SUR LES QUAIS DU VIEUX-PORT LE FESTIVAL SE POURSUIT! JUSQU\u2019AU 27 FÉVRIER! PLUS DE 90 SPECTACLES À L\u2019AFFICHE! HEURES D\u2019OUVERTURE DU SITE DU FESTIVAL Samedi 19 février (Événement Lumières).midi à 23h Samedi 26 février (Nuit blanche à Montréal) .midi à 3h Dimanches 20 et 27 février .midi à 18h Vendredi 25 février .18h à 23h Champs-de-Mars .Relâche du lundi 21 au jeudi 24 février 21h 20h 20h 19h30 LES SOIREÉE ELECTRO AXA En collaboration avec LES SPECTACLES BM0 LES ÉVÉNEMENTS SPÉCIAUX DU VIEUX-PORT Sous la direction de L\u2019Entracte LES FEUX En collaboration avec le Groupe Fiatlux-Ampleman SCÈNE BMO QUAI JACQUES-CARTIER ENTRANCE SPHÈRE AXA ENTRÉE QUAI JACQUES-CARTIER ENTRÉE QUAI JACQUES-CARTIER ENTRÉE QUAI JACQUES-CARTIER SPECTACLES EXTÉRIEURS GRATUITS GRATUIT! GRATUIT ! GRATUIT! Parade du Festival TAMS-TAMS D\u2019HIVER! FEUX D\u2019ARTIFICE DE LA FÊTE DE LA LUMIÈRE DJ VINCENT LEMIEUX VJ HPNOTIK MANU MILITARI Corno du 17 février au 15 mai Art et désir 2011 Entrée libre AUJOURD\u2019HUI À 15h DEMAIN 20 FÉVRIER, 15h Pier-Luc Funk, Shanelle Guérin et Jean-Carl Boucher de Tactik Tactik et Kaboum Györg et Geyser de Kaboum sur les ondes de Dans le cadre des Rencontres amusantes PLEINS FEUX SUR LES VEDETTES DE TÉLÉ-QUÉBEC! Séances de signatures avec vos personnages préférés PREMIER WEEK-END LA PATINOIRE BMO Animation en continu avec nos personnages et amuseurs! Entrée gratuite sur présentation d\u2019un coupon disponible au kiosque d\u2019accueil Privilèges bleu BMO (quantité limitée, pendant les heures d\u2019ouverture du Festival).PATINEZ AVEC VOS ALOUETTES! Patinez avec vos Alouettes grâce à BMO! Le dimanche 20 février de 14h30 à 15h30 le public est invité avec les cheerleaders et les champions de la Coupe Grey! BASSIN BONSECOURS QUAIS DU VIEUX-PORT Série à L\u2019Astral FEMMES À L\u2019HONNEUR L\u2019ORÉAL UN GRAND HAPPENING URBAIN CAFÉ DES ÉCLUSIERS DÈS 21 H30 (COIN RUES DE LA COMMUNE OUEST ET MCGILL, AU PIED DU SILO NO 5) Suivez d\u2019abord Misstress Barbara et sa DJ Mobile dans un DÉAMBULATOIRE MIX MÉDIA SPECTACULAIRE ! DÉPART DU SITE DU FESTIVAL, QUAI JACQUES-CARTIER 21 h avec MISSTRESS BARBARA GRATUIT ! CE SOIR ! CE SOIR SPHÈRE AXA ENTRÉE QUAI JACQUES-CARTIER Maison du Festival Rio Tinto Alcan 305, rue Sainte-Catherine Ouest, Montréal, 2e étage GRATUIT ! GRATUIT ! DEMAIN ! 27 FÉVRIER 20h Salle Wilfrid-Pelletier, PdA Productions Rubin Fogel AVEC INVITÉ SPÉCIAL SERENA RYDER 26 FÉVRIER 20h Salle Wilfrid-Pelletier, PdA CRÉATION EXCLUSIVE DUO MÈRE-FILLE POUR LA PREMIÈRE FOIS RÉUNIES SUR SCÈNE THE MAN I LOVE 20 FÉVRIER 20h Salle Wilfrid-Pelletier, PdA 22 ET 24 FÉVRIER 20h Théâtre Maisonneuve, PdA 19 FÉVRIER 20h Théâtre Maisonneuve, PdA 19 FÉVRIER 20h Gesù \u2013 Centre de créativité présenté par PREMIÈRE PARTIE : ALBIN DE LA SIMONE en collaboration avec © Lisa Roze en collaboration avec 24 FÉVRIER 21h30 \u2022 L\u2019Astral CRÉATION AVEC PIANO ET QUATUOR ÀCORDES 26 FÉVRIER 21h30 \u2022 L\u2019Astral AVEC ET CONCERT DE CLÔTURE présenté par en collaboration avec DEMAIN ! LA FÊTE DES FROMAGES D\u2019ICI AU COMPLEXE DESJARDINS PLUS D\u2019UNE CINQUANTAINE DE FROMAGES DU QUÉBEC ET UNE SÉLECTION DE VINS À DÉCOUVRIR.DERNIÈRE JOURNÉE de 11 h 30 à 17 h GRATUIT ! LETTRES À GÉNICA, FOLIES D\u2019AMOUR (EXTRAIT D\u2019ANTONIN ARTAUD) CE SOIR ! QUELQUES BONS BILLETS EN VENTE ÀLAPORTE! CE SOIR ! QUELQUES BONS BILLETS EN VENTE ÀLAPORTE! présente ARTS ET SPECTACLES FESTIVAL MONTRÉAL EN LUMIÈRE Café de Flore, tout nouveau long métrage de Jean-Marc Vallée, ne prendra l\u2019affiche qu\u2019en mai, mais on pourra en voir un extrait de 15 minutes pendant les Rendez-vous du cinéma québécois, le 21 février.Ce film met en vedette Kevin Parent, Hélène Florent, Évelyne Brochu, Évelyne de la Chenelière et\u2026 Vanessa Paradis, dans un drame qui se déroule en deux lieux (le Québec et Paris) et deux époques (dans les années 60 et en 2010).À la seule évocation du nom du cinéaste québécois, à qui on doit Liste noire, C.R.A.Z.Y.et The Young Victoria, Vanessa Paradis devient intarissable : « Jean-Marc Vallée est une telle merveille d\u2019homme et de réalisateur, s\u2019exclame-t-elle.Il est plus que chouette.C\u2019est ce genre de personnes qui me donnent envie de faire du cinéma, qui me donnent envie de travailler\u2026 Des gens aussi talentueux, aussi passionnés, aussi acharnés et aussi perfectionnistes.C\u2019était inspirant, de le voir travailler avec moi, mais aussi avec les autres.Vraiment, j\u2019étais fascinée par lui.« Il a passé son temps à peaufiner son scénario, le film, les plans, il rajoutait de petits détails chaque jour, sur le tournage, précise-t-elle.Et à chaque fois, c\u2019était d\u2019une justesse, d\u2019une subtilité, d\u2019une finesse telle que je ne pouvais que le suivre.Vraiment, j\u2019aurais aimé que ce tournage dure des mois et des mois, tellement c\u2019était formidable! » \u2014 Marie-Christine Blais Vanessa au Café de Flore «Elle est magique tout en étant humaine.» C\u2019est en ces termes que le musicien Albin de la Simone explique le singulier pouvoir d\u2019attraction de Vanessa Paradis, pour qui il a conçu les orchestrations acoustiques que nous entendrons, demain, au cours du spectacle de la chanteuse-comédienne à Wilfrid-Pelletier.À la fois magique et humaine, star et muse, artiste et femme, Vanessa Paradis s\u2019est entretenue avec nous de musique, de cinéma, de scène et d\u2019arrangements épurés.VANESSA PARADIS PARADIS NATURELLE MARIE-CHRISTINE BLAIS Vanessa Paradis aime vraiment le Québec.Ce n\u2019est pourtant pas parce que nous lui portons chance : lors d\u2019un de ses séjours ici, elle s\u2019est salement brisé la jambe droite dans un accident de motoneige; lors d\u2019un autre, elle a été arrêtée aux douanes canadiennes pour possession de cannabis\u2026 Mais voilà, il se trouve qu\u2019elle connaît particulièrement bien certaines de nos chansons \u2013 ceux qui suivent ses clips sur l\u2019internet le savent, elle chante aussi bien du Félix Leclerc que du Leonard Cohen dans le spectacle acoustique qu\u2019elle présente ici demain, dans le cadre de Montréal en lumière, et elle les connaît «pour vrai de vrai» ! Aux côtés de ces quelques morceaux qu\u2019elle chante parfois depuis l\u2019enfance, il y a toutes ses chansons à elle, dans des versions dépouillées, très simples, parfois avec juste un quatuor à cordes, un peu de banjo ou quelques percussions\u2026 «Ce que j\u2019aime du traitement acoustique de ce spectacle, explique-t-elle, c\u2019est que la chanson est beaucoup plus en face de vous, qu\u2019elle a un côté plus brut, direct.Les textes prennent plus d\u2019importance que lorsque les chansons sont, comment dire, maquillées de vagues électriques.On ne fait pas dans le plus dénudé: je dirais qu\u2019on met plus à nu, ce n\u2019est pas tout à fait la même chose.» C\u2019est sur scène et sur disque que Vanessa Paradis accepte cette mise à nu.En entrevue, tous les journalistes se sont bien fait avertir, elle ne répondra pas à des questions sur sa vie privée.«Si on en croit l\u2019internet, j\u2019ai 40 enfants et 365 maisons en France\u2026» se contente-t-elle de lancer avant de reprendre la conversation sur la musique.Non, ce n\u2019est pas elle qui va révéler le prix payé par Johnny Depp pour le «palazzo» qu\u2019il vient d\u2019acheter pour leur petite famille (Vanessa et Johnny ont deux enfants) à Venise.Grâce à Marilyn et John C\u2019est en tandem que ce spectacle est né, plus exactement de la collaboration étroite entre la chanteuse et le musicien Albin de la Simone, qui a fait les arrangements acoustiques des chansons de celle dont Gainsbourg disait «Paradis, c\u2019est l\u2019enfer!» Incroyable mais vrai, c\u2019est au Québec qu\u2019elle a parlé au musicien- chanteur de ce projet : «Il y a deux ans, j\u2019étais à Montréal avec mes copains musiciens pour donner un spectacle à l\u2019Astral, explique Albin de la Simone, Vanessa me parle de son idée, j\u2019ai répondu vite fait : on a monté rapidement une version acoustique de Marilyn et John qu\u2019on lui a transmise par Skype (service de téléphonie internet) en lui expliquant ce qu\u2019on en ferait d\u2019autre, elle a écouté et elle a dit : très bien, rendez-vous au studio ! Et là, j\u2019ai commencé à avoir peur!» En fait, l\u2019histoire est un peu plus longue (et plus drôle) que cela, on peut en lire le détail dans un texte écrit par Albin de la Simone sur son très chouette blogue (albindelasimone.blogspot.com).Mais en bref, Marilyn et John et Scarabée sont d\u2019abord devenus deux morceaux acoustiques pour PHOTO CLAUDE GASSIAN.llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 8 A R T S E T S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 1 9 F É V R I E R 2 0 1 1 FESTIVAL MONTRÉAL EN LUMIÈRE ARTS ET SPECTACLES Avril 1987 Sortie du 45-tours Joe le taxi, chanté par Vanessa Paradis, 14 ans.Succès fracassant dans toute la francophonie et l\u2019Angleterre Juin 1988 la compilation Best of Vanessa Paradis (en 2009): «Albin m\u2019a complètement bluffée par son savoir-faire, époustouflée par son talent, dit la chanteuse.C\u2019est de ces deux chansons qu\u2019est venue ensuite l\u2019idée de faire un showcase de 45 minutes, avec quelques autres chansons arrangées par lui.» Présenté le 22 novembre 2009 à Paris, ce «spectacledémonstration » comportait 13 chansons orchestrées par le très doué Albin; le spectacle en compte aujourd\u2019hui deux fois plus et dure 1h40.Il a même donné lieu à un DVD et un CD, au charme indéniable.Plus fort, toujours plus fort, les copains d\u2019Albin sont aujourd\u2019hui les (exceptionnels) musiciens qui accompagnent Vanessa Paradis sur scène : François Lasserre, Pasca l Colomb, Raphaël Chassin\u2026: «C\u2019est vrai que ce sont tous des musiciens extrêmement sympathiques, dit Vanessa Paradis, et ça compte : ça change tout, ça change notre générosité, ça donne du plus à ce qu\u2019on fait, travailler avec des gens aimants et aimables.» Moins, c\u2019est plus Si on a bien compris, leur concept se résume assez facilement : pourquoi souligner quand on peut suggérer ?« C\u2019est exactement not re recherche, à Vanessa et moi, confirme Albin de la Simone.À l\u2019endroit où on attend un grand coup de caisse claire ou un riff de guitare électrique, on met plutôt un silence.Et, aussi étonnant que ça puisse paraître, on crée ainsi la même dynamique, mais en creux plutôt qu\u2019en bosse.Du coup, au lieu d\u2019écraser les gens dans leur fauteuil en leur en mettant plein la tête, on les laisse s\u2019approcher de nous, on partage.» Et on partage notamment ce que vit Vanessa Paradis quand elle monte sur scène : «Faire des concerts, expliquet- elle, c\u2019est systématiquement recommencer à zéro.Vous avez beau vous perfectionner, chanter devant des gens qui vous ont déjà vue, tous les soirs, tout est possible : vous pouvez vous casser les cordes vocales, tomber, être de mauvaise humeur.ou être parfaitement prêt et en forme.Tout est remis à zéro quand même.Ça ne compte pas, dans un concert, ce que vous avez fait la veille\u2026» «Vanessa a une force de travail incroyable, explique Albin de la Simone, et elle a une oreille vraiment musicienne: elle est suffisamment solide pour être capable de chanter avec seulement des percussions et ensuite ne pas perdre la tonalité ni le rythme quand l\u2019orchestre arrive.Ce n\u2019est vraiment pas tous les chanteurs qui sont capables de cela, en France.» Le spectacle que nous verrons ici vient d\u2019être présenté à Londres, à New York et à Los Angeles (c\u2019est la première fois que Vanessa Paradis se produisait aux Éta t s -Uni s) .I ci comme ailleurs, les spectateurs sont séduits par le côté solaire, chaleureux qui se dégage de ce spectacle « tout simple » : «J\u2019ai choisi des chansons qui me donnaient envie de chanter, des chansons qui, sans doute, me font du bien à moi, explique-t-elle.J\u2019ai un côté plus sombre, comme tout le monde, mais je me le garde\u2026» Album M&J écrit par Étienne Roda-Gil et Franck Langolff, avec notamment les chansons Marilyn et John, Maxou et Coupe coupe.Succès honnête.De 1988 à 1991, relation amoureuse avec Florent Pagny.Novembre 1989 Premier rôle dans le film Noce blanche.César de la révélation féminine.Mai 1990 Album Variations sur le même t\u2019aime, écrit par Gainsbourg (qui meurt en mars 1991) et Langolff.Succès de Tandem, Dis-lui toi que je l\u2019aime et L\u2019amour en soi.1991 Campagne de publicité pour le parfum Coco de Chanel.De 1991 à 1997, relation amoureuse avec le chanteur Lenny Kravitz.Septembre 1992 Album anglophone Vanessa Paradis, composé et réalisé par Lenny Kravitz.Mars 1993 Première tournée en France, Angleterre et Canada, avec spectacle au Théâtre St-Denis à Montréal et au Festival d\u2019été de Québec en juillet.1994 Rôle principal dans Élisa, aux côtés de Depardieu.1995 Aux douanes canadiennes, Vanessa Paradis est arrêtée pour possession de cannabis.Rupture de contrat avec Chanel.1997 Film Un amour de sorcière, avec Jeanne Moreau et Jean Reno.Succès mitigé.1998 Vit avec l\u2019acteur américain Johnny Depp.Joue dans 1 chance sur 2, avec Alain Delon et Jean-Paul Belmondo.Succès mitigé.Accident de motoneige au Québec, fractures multiples de la jambe droite.1999 Film La fille sur le pont, avec Daniel Auteuil.Succès d\u2019estime en France, mais plus large dans le reste du monde.Naissance de sa fille Lily-Rose Mélody.Octobre2000 Album Bliss, écrit par plusieurs collaborateurs, y compris Vanessa Paradis (qui écrit pour la première fois des chansons) et Johnny Depp (qui réalise même certains des clips de sa compagne).Mars 2001 Avril2002 Naissance de son fils Jack John Christopher.2004 Campagne publicitaire pour Karl Lagerfeld.2004 Rôle dans Atomik Circus, puis dans Mon ange, tous deux des échecs.Second rôle dans La clef, mieux reçu.Septembre2007 Album Divinidylle, composé en grande partie et réalisé par M (Mathieu Chédid), qui lui vaut deux Victoires (interprète féminine et album de l\u2019année).Troisième tournée, en Europe, avec arrangements et direction d\u2019orchestre par M.2008 Campagne publicitaire pour la marque italienne Miu Miu.Novembre2009 Sortie de l\u2019album Best of, avec des inédits, des duos et des versions acoustiques.2010 Campagne de publicité pour Chanel.Rôle principal dans L\u2019Arnacoeur, aux côtés de Romain Duris.Grand succès populaire.Été2010 et janvier2011 Tournée acoustique, avec arrangements et direction d\u2019orchestre par Albin de la Simone.Sortie du CD et du DVD live Une nuit à Versailles en novembre.Janvier-février 2011 Reprise de la tournée acoustique, avec spectacles à Montréal et aux États-Unis.\u2014 Marie-Christine Blais Deuxième tournée en France et au Québec, avec spectacle au Métropolis de Montréal en août.Vanessa Paradis, à la salle Wilfrid-Pelletier, demain, 20h, dans le cadre de Montréal en lumière.En première partie : Albin de la Simone.PHOTO CLAUDE GASSIAN.PHOTO MONDINO llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 1 9 F É V R I E R 2 0 1 1 A R T S E T S P E C T A C L E S 9 ARTS ET SPECTACLES FESTIVAL MONTRÉAL EN LUMIÈRE Il a joué notamment avec Iggy Pop, Salif Keita, Alain Souchon, Arthur H, il est l\u2019ami de Pierre Lapointe, d\u2019Ariane Moffatt et de Jérôme Minière, il a enregistré des duos avec Feist, Stéphanie Lapointe ou Vanessa Paradis, il a d\u2019ailleurs orchestré et réalisé le dernier (très beau) spectacle et disque de la belle Vanessa\u2026 Est-ce qu\u2019on vous a dit qu\u2019Albin de la Simone est aussi un auteurcompositeur étonnant, doué et aussi fourmillant d\u2019idées que son copain Pierre ?MARIE-CHRISTINE BLAIS Demain soir, à Wilfrid-Pelletier, dans le cadre de Montréal en lumière, Albin de la Simone assurera la première partie du spectacle de Vanessa Paradis.«Ce sera une petite cuillerée, juste de quoi montrer que je suis capable de faire quelque chose, mais aussi autre chose: jouer mes morceaux en m\u2019accompagnant, être musicien et arrangeur pour quelqu\u2019un d\u2019autre».Mais quelque 20 minutes pour apprécier la finesse et le talent d\u2019Albin, c\u2019est peu.Ça tombe bien : mardi, il donnera aussi son propre spectacle, à L\u2019Astral, salle qu\u2019il connaît bien puisqu\u2019il y a fait un petit malheur il y a deux ans.Et avant qu\u2019on oublie, il présentera également ce spectacle le 24 février, au Petit Champlain de Québec, avec Hindi Zahra.Au programme, un volet chansons au piano solo (« j\u2019en ai donné 25 représentations, déjà ») et un volet «cinéma fantôme», franchement pas banal : «Depuis très longtemps, j\u2019aime beaucoup écouter des musiques de film, indépendamment des films, qui sont parfois de trop, finalement, explique-t-il en riant.Un jour, par exemple, j\u2019ai eu un choc en découvrant la musique du film Clan des Siciliens composée par Ennio Morricone : elle m\u2019a évoqué des choses incroyables, mais quand j\u2019ai vu le film, j\u2019ai été extrêmement déçu, c \u2019était beaucoup moins bien que ce que j\u2019avais imaginé!» «Se faire son cinéma» «Comme j\u2019avais envie de composer de la musique instrumentale, je me suis dit que je n\u2019avais qu\u2019à inventer les films dont je rêve d\u2019écrire la musique ! J\u2019ai fait ça pour 11 films, dont j \u2019ai écrit le synopsis et le thème musical principal.En spectacle, je lis ces synopsis, je fais des bouts de dialogue avec un comédien et je joue la musique de ces films qui n\u2019existent que dans nos têtes \u2013 c\u2019est vraiment se faire son cinéma\u2026 Je crois que c\u2019est un projet qui va m\u2019accompagner très longtemps, parce que j\u2019ai envie de faire les affiches de ces films, de faire des interviews des comédiens, de lancer dans quelque chose qui pourrait un jour devenir une énorme rétrospective.» Une énorme rét rospec t ive de ce qui n\u2019existe pas\u2026 En plein le genre d\u2019idées que Pierre Lapointe pourrait avoir : les deux artistes «multi-toutes-sortes-de-projets » sont d\u2019ailleurs de vrais amis depuis 2003.N\u2019eût été un conflit d\u2019horaire, Lapointe aurait été du spectacle donné par de la Simone mardi.Chez l\u2019un et l\u2019autre, même envie de ne pas se cantonner dans un style, un art, une façon de faire : d\u2019ailleurs, vous pouvez même «lire» Albin de la Simone, qui tient un blogue original (albindelasimone.blogspot.com), très bien écrit, avec des drôles de photos et surtout un ton.Intimité L\u2019autre partie de son spectacle solo, faite de chansons d\u2019Albin (très réussies, allez écouter l\u2019album Bungalow pour voir), est parfois présentée en version voix-piano non sonorisée, c\u2019est-à-dire sans aucun micro ou amplification de quelque sorte que ce soit : «Mais c\u2019est possible uniquement dans les salles de 150 places maximum, sinon j\u2019ai des inquiétudes pour le public du fond qui n\u2019entendra pas bien, je n\u2019arrive pas à être détendu, alors que le but, c\u2019est que ça ne soit surtout pas difficile.» Hélas, L\u2019Astral est un peu trop grand pour qu\u2019on tente l\u2019expérience : «Mais c\u2019est très doux, quand même, on met très peu fort, je reste seul sur scène, c\u2019est très intime comme relation avec les spectateurs et c\u2019est une salle tellement agréable.» Donc, pas de duos \u2013 alors que, chaque fois qu\u2019il est venu ici, l\u2019un ou l\u2019autre de ses nombreux copains québécois s\u2019est prêté avec plaisir à l\u2019exercice : «J\u2019aime beaucoup m\u2019exprimer seul, mais je trouve que les chansons en duo sont marrantes parce qu\u2019elles créent un triangle avec le public, explique le musicien chevronné.Et puis, il se trouve que s\u2019il y a une thématique presque pathologique dans mon écriture et mes préoccupations, ajoute-t-il en riant au mot «pathologique», c\u2019est le couple.Depuis ma naissance, le couple m\u2019intéresse: le couple de mes parents, mes différents couples successifs, mon couple d\u2019aujourd\u2019hui\u2026 Chanter à deux voix, c\u2019est aussi s\u2019y intéresser.» Cette fois, l\u2019autre partie du couple, ce sera nous, dans la salle\u2026 Albin de la Simone en spectacle le 22 février à L\u2019Astral, 20h, dans le cadre de Montréal en lumière, et au Petit Champlain de Québec le 24.ALBIN DE LA SIMONE Musique de film virtuel Morcheeba se produit ce soir au Métropolis.Le groupe a lancé son septième album, Blood Like Lemonade, en juin dernier, ce qui marquait le retour de la chanteuse Skye Edwards.Bilan de 15 ans de carrière avec Ross Godfrey, qui complète le trio avec son frère Paul.ÉMILIE CÔTÉ Morcheeba n\u2019avait pas prévu, dans les années 90, que ses deux premiers albums allaient connaître un grand succès, dans l\u2019ardeur du mouvement trip-hop.Si bien qu\u2019en 2003, la chanteuse Skye Edwards a eu envie de prendre un chemin différent des frères Paul et Ross Godfrey, pour voler de ses propres ailes.Les Godfrey ont sorti deux albums sans Skye : Antidote, en 2005, avec la chanteuse Daisey Martey et Dive Depp, en 2008, avec plusieurs chanteurs invités.Ils ont été plutôt bien reçus, mais Morcheeba n\u2019était pas le même groupe sans sa chanteuse d\u2019origine.Ross Godfrey, qui vit à Los Angeles, était en visite à Londres quand il a croisé Skye par hasard.«Nous nous sommes baladés et nous avons bu», raconte le multi-instrumentiste.Et voilà, c\u2019était la réconciliation.C omme u n c o u p l e , Morcheeba a eu besoin d\u2019un break.«C\u2019est un plaisir de rejouer ensemble, dit Ross Godfrey.Nous avions juste besoin d\u2019une pause.Quand nous avons commencé, nous n\u2019avions pas de plan à long terme.Pendant 10 ans, nous avons beaucoup travai l lé ensemble, mais il n\u2019y avait que ça.Nous avions besoin de forger nos identités et de moins dépendre de chacun d\u2019entre nous.» Recette éprouvée Pour Blood Like Lemonade, Morcheeba a eu envie d\u2019exploiter sa signature musicale plutôt que d\u2019explorer de nouveaux horizons.Résultat : des grooves downtempo, des claviers vaporeux et des mélodies douces, avec une touche de soul.Du trip-hop, quoi, avec la voix douce de Skye au premier plan.Des chansons d\u2019apéro ou de souper aux lumières tamisées.« Nous voul ions fa i re un album que les fans de Morcheeba allaient aimer.Nous ne voulions pas expérimenter autre chose», indique Ross Godfrey.Au chapitre des textes, il y a toutefois eu un changement de cap.« Il y a beaucoup de personnages dans nos paroles, comme si nous fa isions des f i lms, a lors qu\u2019ava nt, nous pa rl ions beaucoup de nous », souligne Godfrey.Au cours des prochaines semaines, Morcheeba se produira de San Francisco à Strasbourg, en passant par Buenos Aires et Paris.En tournée, le groupe ne voyage pas léger.Plusieurs musiciens l\u2019accompagnent, dont le mari de Skye, Steve Gordon, qui assure la basse.Le couple voyage avec ses trois enfants.C\u2019est l\u2019inverse de Paul Godfrey, qui signe toujours les textes des chansons, mais préfère rester à la maison, en famille, en France.« Nous sommes indépendants maintenant.Cela fait peur, mais c\u2019est valorisant.Nous pouvons fa i re des albums et des tournées partout dans le monde, mais je suis nostalgique du temps où la structure de l\u2019industrie était plus solide », confie Godfrey.Malgré tout, Morcheeba songe déjà à son prochain album.«Nous allons écrire de nouvelles chansons dans le bus , en route vers le Canada.» Morcheeba, au Métropolis.ce soir à 20h.Première partie : Think About Life.MORCHEEBA Retour aux sources PHOTO FOURNIE PAR LE FESTIVAL MONTRÉAL EN LUMIÈRE Comme son ami Pierre Lapointe, Albin de la Simone est mû par cette envie de ne pas se cantonner dans un style, un art, une façon de faire.«Depuis très longtemps, j\u2019aime beaucoup écouter des musiques de film, indépendamment des films, qui sont parfois de trop, finalement.» PHOTO FOURNIE PAR LE FESTIVAL MONTRÉAL EN LUMIÈRE Les frères Ross et Paul Godfrey (à l\u2019arrière-plan) ont renoué avec Skye Edwards, chanteuse d\u2019origine de Morcheeba.«C\u2019est un plaisir de rejouer ensemble.» \u2014 Ross Godfrey llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 10 A R T S E T S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 1 9 F É V R I E R 2 0 1 1 ARTS ET SPECTACLES EN HAUSSE\u2026 EN BAISSE MARYSE BOISVERT L\u2019animatrice Maryse Boisvert, qui a fait un tabac la semaine dernière avec sa déclaration controversée contre le producteur de l\u2019émission Call-TV, devra en subir les conséquences.La direction de V a affirmé que la jeune femme devrait présenter des excuses en ondes.En plus, elle a été suspendue pour quelques épisodes, mais est rapidement réapparue en ondes dimanche dernier.La vidéo de Maryse Boisvert réclamant le départ du producteur a été visionnée près de 700 000 fois sur YouTube.ENTRACTE entracte@lapresse.ca CATHERINE SCHLAGER ILS, ELLES ONT DIT «Eh souris ! On est une gang icitte.On fume du pot pis là on regarde ton émission.Calvaire que t\u2019as des belles cuisses.» \u2014 Louisette Dussault se remémorant l\u2019appel d\u2019un admirateur qui regardait La souris verte (Les enfants de la télé).«Je ne suis pas Ken Dryden.Je ne suis pas Patrick Roy.Je suis moi.Les attentes sont parfois un peu trop élevées.» \u2014 Carey Price, qui trouve parfois lourd à porter le fait qu\u2019on le compare aux plus grands gardiens de but (Nos Canadiens).«Écoute, je travaille à TVA.» \u2014 Guy Jodoin justifiant le fait qu\u2019il sorte des dizaines de billets de 20$ pour censurer les extraits controversés le concernant (Les enfants de la télé).LA PHOTO D\u2019HERBY Lubov Azria est une des femmes les plus occupées de la Semaine de mode de New York.Celle qui veille au succès des trois griffes, BCBG, Hervé Leger et Max Azria, toutes présentées sur les podiums newyorkais la semaine dernière, n\u2019avait pas le temps de souffler en coulisses.La femme derrière le designer Max Azria peut se vanter d\u2019habiller un grand nombre de vedettes québécoises et internationales comme Jennifer Love Hewitt et Sophia Bush, qui étaient d\u2019ailleurs venues encourager le couple à la Fashion Week.SÉPARÉS À LA NAISSANCE L\u2019un fait le bonheur des gastronomes à son restaurant Auguste de la rue Wellington à Sherbrooke et aimerait bien faire partie du jury de l\u2019émission Les chefs !, l\u2019autre pourchasse les criminels dans la nouvelle série 19-2 à Radio-Canada.Le chef Danny St-Pierre et le comédien Réal Bossé ont tous deux une chevelure blond cendré, une bouche gourmande, des yeux allumés et une bouille bien sympathique.Merci à Martin Thibeault pour la suggestion.«Si vous voulez aller aux Oscars, vous êtes mieux de me prendre!» \u2014 Rémy Girard, commentant le fait qu\u2019il a joué dans les quatre films québécois mis en nomination pour l\u2019Oscar du meilleur film étranger (Tout le monde en parle).«Sans savoir si c\u2019est arrangé avec le gars des vues, en voyant cet extrait de Maryse Boisvert qui pète les plombs live à «Call-TV», je me dis que c\u2019est le genre de crise que j\u2019aurais peut-être dû faire à mes producteurs dans le temps de «Monsieur Showbiz» à TQS.» \u2014 Éric Rémy à propos de la sortie controversée de l\u2019animatrice de Call-TV (Twitter).ARCADE FIRE À la surprise générale, Arcade Fire a mis la main dimanche dernier sur le très convoité Grammy de l\u2019album de l\u2019année, à la barbe d\u2019Eminem, Lady Gaga, Katy Perry et Lady Antebellum.Le lendemain, le groupe montréalais a remis ça aux Brit Awards en raflant les trophées du meilleur groupe international et du meilleur album international.La bande à Win et Régine, également en lice aux Juno Awards (le 27 mars), serait-elle partie pour la gloire ?PHOTO REUTERS Danny St-Pierre Réal Bossé llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 1 9 F É V R I E R 2 0 1 1 A R T S E T S P E C T A C L E S 11 « SOIRÉE EXCEPTIONNELLE À LA TOHU.» LA PRESSE « QUE LA CRÈME DE LA CRÈME (.) ILS SONT TELLEMENT BONS! » PREMIÈRE CHAÎNE, RADIO-CANADA « .A NIGHT TO REMEMBER.» THE GAZETTE UNE NOUVELLE SÉLECTION DE NUMÉROS PARMI LES MEILLEURS DU MONDE ! PLUS DE 20 ARTISTES 10 PAYSREPRÉSENTÉS du 15 au 27 février ÉDITION SPÉCIALE 2011 STÉRÉO LE CHOIX DE LA SEMAINE Conceptuel et viscéral Issus de différentes formations montréalaises et torontoises (SS Cardiacs, Torngat, Iks, Bell Orchestre), les membres de ce quartette ont su aménager un environnement sonore dont les références ne sautent pas aux oreilles.Les Luyas me semblent éviter ces pièges et créent des chansons qui viennent aussi du coeur et des tripes.Ils prennent les risques nécessaires à l\u2019érection de leur identité, sans pour autant tomber dans le panneau conceptuel, c\u2019est-àdire ce formalisme stérile chez tant d\u2019artistes aux prétentions avant-gardistes.Le déploiement de mesures composées, les cycles rythmiques post-minimalistes, les harmonisations modernes, les acquis sommaires de musiques contemporaines dites sérieuses et autres textures post-industrielles concourent à cette singularité.On y remarque aussi une tension intéressante entre la voix ténue de Jessie Stein et les percussions maîtrisées de Stefan Schneider, le tout enveloppé des claviers de Mathieu Charbonneau, du cor et des superpositions électroniques de Pietro Amato auxquels peuvent s\u2019ajouter les violons d\u2019Owen Pallett et Sarah Neufeld, les anches de Colin Stetson et plus encore.En somme, la dose expérimentale est juste assez forte pour conférer à ces chansons, somme toute viscérales, un son qui distingue The Luyas de toutes les formations indie de même cousinage.(En vente mardi.) \u2014 Alain Brunet Frugal La prémisse de ce We\u2019re New Here était alléchante.L\u2019un des plus brillants artisans pop de sa génération, Jamie Smith du groupe The XX, qui retravaille les chansons de l\u2019album du retour (sur scène, à la vie) du beat poet new-yorkais Gil Scott-Heron, I\u2019mNew Here.Deux univers qu\u2019on imagine d\u2019avance compatibles.Bon sur papier.mais moins concluant sur disque.Il y avait un concept dans l\u2019aspect «mixtape» de son élaboration, dans le choix de mêler aux nouvelles chansons des pistes de voix inédites enregistrées dans les années 70, pour le contraste.Le résultat donne un court album (36 minutes) de remixes d\u2019inégal intérêt, alors que Jamie XX amène ses rythmiques squelettiques, ses basses profondes et ses arrangements ambiants parcimonieux dans l\u2019univers poétique et grave du New-yorkais.Ça démarre avec force sur I\u2019m New Here, l\u2019une des relectures les mieux habitées; quand la basse tombe, on s\u2019écroule avec elle.My Cloud et sa vieille piste de voix superbement mise en valeur, bijou de simplicité articulé sur un rythme boiteux, un fond de claviers et une boucle de choeur manipulée, émerge du lot comme un rayon de soleil traversant un gros nuage.Mais entre le house rétro de la finale I\u2019ll Take Care of You, le garage rigide de son remix de New York is Killing Me et les trop nombreuses interludes, on reste sur notre faim en redemandant plus de finesse.\u2014 Philippe Renaud, collaboration spéciale À quand la suite?On en prendrait plus.C\u2019est le sentiment qu\u2019on a après avoir écouté les cinq chansons du EP d\u2019Armistice, qui ne font même pas 17 minutes.Armistice, faut-il préciser, est le projet de deux musiciens et amoureux, Béatrice Martin, alias Coeur de pirate, et Jay Malinowski, le chanteur du groupe Bedouin Soundclash.On parle de leur projet commun depuis plusieurs mois, mais nous n\u2019avions pas vu venir l\u2019approche du couple pour l\u2019ambiance et les arrangements de ses chansons : les mariachis, les mélodies qui évoquent le Sud et le désert, les guitares surf-rock, et les images de corrida et de Zorro, avec le charme rétro des chansons de Lee Hazlewood et Nancy Sinatra.Les voix des deux tourtereaux sont en parfaite harmonie, la réalisation est impeccable, et avec la contribution des musiciens du groupe de Los Angeles The Bronx, nous sommes complètement transportés ailleurs.On a envie de faire un road-trip en décapotable dans le désert du Texas jusqu\u2019au Mexique.Mais après cinq chansons, dont une reprise de Bedouin Soundclash, on voudrait faire durer le plaisir plus longtemps.À quand d\u2019autres chansons ou même des spectacles ?\u2014 Émilie Côté Recette éprouvée Música + Alma + Sexo s\u2019inscrira dans la carrière de Ricky Martin comme le premier album «d\u2019après la sortie du placard ».Pour cet enregistrement libérateur, sa première production studio depuis cinq ans, le showman portoricain a puisé à même les racines musicales qui ont assuré son succès à l\u2019époque de Vuelve.On peut d\u2019ailleurs tracer bien des parallèles entre ce nouvel opus et son plus célèbre album de langue espagnole, lequel fut à l\u2019époque au départ de la vague latine qui a envahi la pop américaine il y a plus de dix ans.Más, qui ouvre la marche, est ponctué de rythmes dansants et appelle au ralliement.No Te Miento évoque la mise à nu d\u2019une vedette ayant décidé de jouer franc jeu en empruntant des motifs musicaux bien affirmés.Cela dit, Martin n\u2019affiche pas de militantisme pour autant.La recette reste la même.Les refrains accrocheurs se succèdent (Frio), mais l\u2019ensemble se perd parfois en ballades poussives (Tu Y Yo, Te Busco Y Te Alcanzo, Basta Ya).Les deux chansons en anglais (aussi proposées dans la langue de Cervantès) sont inutiles.Et illustrent à quel point le charme un peu «quétaine» émanant des titres en espagnol est fragile car celui-ci s\u2019estompe alors complètement.\u2014 Marc-André Lussier Joe Lovano et Bird Le projet est simple, accrocheur, défendable à n\u2019en point douter: relire les classiques de Bird, soit le génial Charlie Parker.Pionnier du bebop et premier grand soliste du jazz moderne, Bird ne cessera d\u2019être relu.Or, Joe Lovano est d\u2019abord un ténorman, pas vraiment parkerien dans son jeu.et Bird s\u2019exprimait à l\u2019alto, de manière plus frénétique.Voilà tout l\u2019intérêt d\u2019entendre ce que Lovano nous ferait de Donna Lee, Moose The Mooche, Lover Man, Ko Ko et autres Yardbird Suite.On peut dire sans ambages que le vétéran a su s\u2019approprier ces classiques, les adapter à son phrasé proverbial.Lorsqu\u2019il se met lui-même à l\u2019alto, d\u2019ailleurs, le résultat n\u2019a rien d\u2019un pastiche ; idem lorsqu\u2019il use de ces rarissimes tuyaux que sont le mezzo soprano et l\u2019aulochrome.Si ce n\u2019est pas déjà fait, voilà l\u2019occasion pour plusieurs de découvrir la contrebassiste Esperanza Spalding, qui vient de gagner un Grammy à la surprise générale, musicienne à laquelle se joignent le pianiste James Weidman, les percussionnistes et batteurs Otis Brown et Francisco Mela.Ces instrumentistes excellents, toutefois, n\u2019afficheront pas présents ce soir à la salle Pollack; Joe Lovano y est le soliste invité de l\u2019Orchestre de Jazz I de McGill et de l\u2019Ensemble de Jazz de McGill.\u2014 Alain Brunet Post-Saint-Valentin Vous avez vu Adele chanter la ballade Someone Like You aux Brit Awards ?Cherchez sur YouTube, ça vaut le coup.Les frissons.La plus grande voix britannique de l\u2019heure?C\u2019est elle.Ce timbre claironnant, éraillé sur la frange, si fort et si juste.Du «Blue Eyed Soul » glorifié par une interprète au sens noble du terme : Adele Adkins, 22 ans seulement, habite ses chansons.Pareil sur disque, alors qu\u2019arrangements pop et rock sobres, gossés dans le bois de la basse, tendus sur les peaux de tambours, viennent noircir les recoins de son âme.Son second, 21, coréalisé par Paul Epworth (Florence&The Machine) et Rick Rubin, reprend là où 19 nous avait laissés, avec une poignées de très bonnes chansons qu\u2019on réécoutera jusqu\u2019à s\u2019en écoeurer.Rolling in the Deep et ses accents de gospel et de blues, parfait premier extrait.Une langoureuse reprise de Lovesong de The Cure, version easy listening à guitare acoustique, violons et B3, pour changer le mal de place.Si vous aimez vous faire arracher le coeur à coup de pop-soul classique qui vise dans le mille (Don\u2019t You Remember, Turning Tables, etc.), Adele est la demoiselle pour vous.Faudra toutefois qu\u2019on m\u2019explique pourquoi, à l\u2019heure du web, on lance un album si attendu un mois après sa sortie au Royaume- Uni.Si ce n\u2019est pas favoriser le piratage.\u2014 Philippe Renaud, collaboration spéciale POP ADELE 21 HHHH XL JAZZ JOE LOVANO US FIVE BIRD SONGS HHH½ BLUE NOTE POP LATINE RICKYMARTIN MÚSICA + ALMA + SEXO HHH SONY MUSIC LATIN ARTS ET SPECTACLES ROCK ARMISTICE ALBUM ÉPONYME HHH½ DARE TO CARE RECORDS ÉLECTRO GIL SCOTTHERON &JAMIE XX WE\u2019RE NEW HERE HHH XL CLAUDE GINGRAS Le dernier disque d\u2019Alain Lefèvre le présente comme chambriste dans l\u2019une des dernières étapes (sinon la dernière) de sa longue et louable «opération André Mathieu ».On l\u2019entend ici avec son frère David, violoniste, et le Quatuor à cordes Alcan dans le programme qui, présenté le 16 juillet dernier à Lanaudière, recevait récemment le prix Opus dans la catégorie «Concert de l\u2019année \u2013 régions».L\u2019enregistrement, réalisé par Analekta quelques jours après le concert, groupe deux oeuvres à peu près inconnues de Mathieu, le Trio pour piano et cordes et le Quintette pour piano et cordes, ainsi que le célèbre Concert op.21 pour piano, violon et quatuor à cordes de Chausson.(La Ballade- Fantaisie pour violon et piano, op.27, de Mathieu, ouvrait le concert de Lanaudière mais ne figure pas ici puisqu\u2019on la trouve déjà sur un disque de 2008 des frères Lefèvre.) Dat a nt respect ivement de 1949 et 1953, ces deux oeuvres d\u2019un Mathieu dans la j eune v ingt a i ne sont richement conçues pour les instruments réunis, pleines d\u2019épisodes contrastants (bien que chacune ne compte que deux mouvements) et sont indiscutablement le fait d\u2019un créateur qui sait écrire et a quelque chose à dire.En fait, il y a là plus d\u2019originalité que dans les oeuvres concertantes que Lefèvre nous a servies précédemment.Les harmonies et couleurs ravéliennes du Trio ne gênent pas, surtout chez un compositeur de 20 ans.Le mélodieux et quasi orchestral Quintette révèle cependant une personnalité plus forte et plus vraie.Le disque est complété par l\u2019immense Concert de Chausson, sorte de concerto de chambre en quatre mouvements pour piano, violon et quatuor à cordes où les six instruments sont traités en de multiples et ingénieuses combinaisons.Alain Lefèvre, principal soliste et pour ainsi dire chef d\u2019orchestre, déploie une virtuosité toujours au service de l\u2019expression et entraîne ses coéquipiers dans une irrésistible aventure conjuguant passion et rêverie.Cette version du Chausson est l\u2019une des meilleures du catalogue.Ce qu\u2019il y a ici d\u2019extraordinaire, c\u2019est que les deux Mathieu sont joués avec le même total engagement.Seule réserve : quelques très légers écarts de justesse chez le premier-violon du Alcan dans le Trio.HHHH½ ALAIN LEFÈVRE, pianiste, DAVID LEFÈVRE, violoniste, QUATUOR ALCAN: mathieu, chausson Analekta, AN 29 286 DISQUE CLASSIQUE Lefèvre et les derniers Mathieu Hétu : 1er anniversaire Pour marquer le premier anniversaire de la mort de Jacques Hétu, survenue le 9 février 2010, Radio-Canada a groupé en un compact trois de ses toutes dernières oeuvres en des enregistrements réalisés en public à l\u2019occasion de leur création : Légendes op.76, par Yoav Talmi et l\u2019Orchestre symphonique de Québec (mai 2008), Variations sur un thème de Mozart, op.79, par les pianistes André Laplante, Alain Lefèvre et Michelle Yelin Nam, avec Kent Nagano et l\u2019OSM (mai 2009), et la cinquième Symphonie, op.81, par Peter Oundjian et le Toronto Symphony (mars 2010).NOUVELLES DU DISQUE Chopin par 65 pianistes La marque Marston, spécialisée dans l\u2019historique, a monté un coffret de quatre compacts autour de Chopin.Réalisés entre 1895 et 2003, ces enregistrements réunissent 65 pianistes, dans 90 pièces différentes.Bien sûr, les spécialistes de Chopin y sont tous : Cortot, Rubinstein, Horowitz, Lipatti, Arrau.Mais on y entend aussi Bartók, Rachmaninov, Paderewski et le chef d\u2019orchestre russe Evgueny Svetlanov.Ansermet et Britten La marque suisse Cascavelle publie un inédit d\u2019Ernest Ansermet : le War Requiem de Britten que le chef suisse dirigea en 1967 à l\u2019Orchestre de la Suisse romande avec comme solistes Heather Harper, Peter Pears et Thomas Hemsley.INDIE THE LUYAS TOO BEAUTIFUL TO WORK HHHH IDÉE FIXE ROCK RADIOHEAD HHH1/2 THE KING OF LIMBS WWW.THEKINGOFLIMBS.COM Gueule d\u2019atmosphère Attendu aujourd\u2019hui, The King of Limbs, huitième album de Radiohead, s\u2019est pointé hier matin.Le plus court des albums du groupe (8 chansons, 37 minutes) prend ses distances d\u2019In Rainbows; les structures rythmiques et les arrangements électroniques et acoustiques volent la vedette au songwriting \u2013 on est ici dans l\u2019esprit d\u2019un Amnesiac.Radiohead a épongé les multiples influences de la scène électronique britannique: les rythmes saccadés et linéaires de Bloom et Good Morning Mr Magpie en ouverture évoquent le travail des Four Tet et autres Joy Orbison.L\u2019excellente Little By Little révèle des traces de samba, et Feral, la plus abstraite des compositions, hausse encore plus le tempo, avec délicatesse.Sur ces premières chansons, le jeu inventif du bassiste Colin Greenwood se démarque, le son de son instrument fixant tous les éléments des compositions \u2013 en particulier la voix perchée de Yorke.La plus « classique » Lotus Flower marque alors un changement dans la direction de l\u2019album, qui prend une tournure atmosphérique avec les superbes Codex (harmonies de piano et de synthés), Give Up the Ghost (guitares et harmonies vocales en canon) et la magnifique Separator.Au final, The King of Limbs ne semble pas être le fruit d\u2019un ensemble en quête d\u2019innovation, mais plutôt le travail d\u2019un groupe attentif et curieux, capable de comprendre la complexité de la grammaire pop, rock, électronique et de la faire sienne.\u2014 Philippe Renaud, collaboration spéciale llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 12 A R T S E T S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 1 9 F É V R I E R 2 0 1 1 ARTS ET SPECTACLES La tournée du nouveau spectacle du Cirque du Soleil, Michael Jackson THE IMMORTAL World Tour, débutera en première mondiale le 2 octobre à Montréal.Deux créateurs du cirque, Chantal Tremblay et Stéphane Mongeau, sont au coeur de la conception et de la production de ce show de 60 millions.Ils travaillent depuis des mois avec le metteur en scène Jamie King et la famille Jackson.La Presse les a rencontrés.CIRQUE DU SOLEIL / Michael Jackson THE IMMORTAL World Tour Deux Québécois sur la planète Jackson ÉRIC CLÉMENT Montréal.Siège social du Cirque du Soleil.Une fine neige tombe sur le quart ier Saint-Michel.Tania Orméjuste, porte-parole du Cirque, amène La Presse à l\u2019endroit actuellement le plus secret de la troupe de Guy Laliberté : la salle de création de son 31e spectacle, Michael Jackson THE IMMORTAL World Tour.Près de la fenêtre a été installée une maquette type d\u2019une salle, avec «The Giving Tree» au centre, l\u2019arbre source de créativité de Michael Jackson.Sur les murs sont affichés, par sections, tous les détails du spectacle attendu par des millions de fans encore ébranlés par la disparition subite de la star, il y aura deux ans le 25 juin.Le Cirque du Soleil joue gros.Toucher à une icône est délicat.Pour gagner ce pari artistique et financier, Guy Laliberté, âme du cirque, et Daniel Lamarre, sa matière grise, ont fait appel à deux cadres, Stéphane Mongeau, vice-président Production, et Chantal Tremblay, directrice de création.H omme d e t h é â t r e , Stéphane Mongeau a oeuvré avec les plus grands au Québec : Robert Lepage, Paul Buissonneau, Denise Filiatrault, Lorraine Pintal ou Dominic Champagne.En 20 ans, il a une cinquantaine de productions à son actif.Il a été directeur de production de Varekai en 2000, ce qui lui a ouvert les portes du Cirque.Depuis, il a bossé sur LOVE, Kooza, ZAIA, ZED, Varekai, KÀ, CRISS ANGEL Believe, Wintuk et Viva ELVIS.Il est le chef de projet de THE IMMORTAL, «le porteur de ballon qui doit s\u2019assurer que tout est bien attaché et que le bateau arrive à bon port », comme il dit.De son c ô té , Cha nt a l Tremblay a eu une carrière de danseuse à New York à la fin des années 80.C\u2019est là qu\u2019elle a vu son premier spectacle du Cirque du soleil, Le Cirque réinventé.Embauchée pour Mystère, elle a travaillé sur Alegría et La Nouba avant de devenir directrice de création de The Beatles LOVE, puis de OVO.Les deux quadragénaires drainent l\u2019expérience nécessaire pour que la sauce prenne avec l\u2019équipe américaine de THE IMMORTAL.Car il s\u2019agit de la première production du Cirque à ne pas être conçue à 100% par le Cirque.« On mélange deux genres, Michael Jackson et le Cirque du Soleil, pour en faire un show du Cirque sur Michael Jackson, dit Stéphane Mongeau.On a choisi Jamie King car on a déjà travaillé avec lui.On connaît le scénographe Mark Fisher pour ses spectacles des Floyd et des Stones.Et on s\u2019accompagne mutuellement avec la succession de Michael, qui nous a laissé un gros morceau dans les mains\u2026» Le spectacle est créé en fast track.«On le fait en 16 mois au lieu de deux ans car le Cirque doit aussi créer, d\u2019ici 2013, un spectacle permanent complètement différent sur Michael, dit Stéphane Mongeau.On a donc besoin de faire celui-ci plus vite.» Stéphane Mongeau a rencontré Michael Jackson en 2004.«Je lui avais montré le storyboard de KÀ, dit-il.Il y avait vu plein de choses que personne ne voyait.Il posait plein de questions.Ça a été une rencontre importante.J\u2019ai voulu en savoir plus sur lui, alors on est allé à Neverland, l\u2019an dernier.» Stépha ne Mongeau et Chantal Tremblay se sont donc rendus dans l\u2019immense domai ne ca l i for n ien de Michael Jackson, Neverland, pour y réunir l\u2019équipe de création durant un week-end.Ils y ont rencontré d\u2019anciens employés de Michael, Jackie Jackson, son frère aîné, et des artistes qui ont travaillé avec lui, notamment le producteur Bill Bottrell.« Tu sens que Michael était généreux envers eux, dit Chantal Tremblay.Ils sont encore bouleversés par sa mort.On a rencontré aussi sa mère qui nous disait combien il leur jouait des tours quand il était jeune.» THE IMMORTAL fera découvrir ce que Michael Jackson aimait, les moments importants de sa vie, son amour des animaux et de la nature.«Il y a des chênes de plus de 300 ans à Neverland, dit Stéphane Mongeau.Il s\u2019était installé des crochets sur un arbre pour y relaxer et même y dormir.Ce chêne est devenu le symbole de sa vie.C\u2019est pourquoi le \"Giving Tree\" sera au centre du spectacle.» La production combinera autant d\u2019acrobaties que de danses.Chantal Tremblay est assistée de trois chorégraphes qui ont travaillé avec Michael.Pour le choix musical, elle travaille avec Greg Phillinganes, qui a été directeur musical du chanteur pendant des années.«Pour le corps du spectacle, Jamie est arrivé avec un squelette et je lui ai proposé des performances acrobatiques pour fusionner son monde au nôtre, dit-elle.Je travaille en ce moment avec l\u2019équipe des costumes pour les imbiber du spectacle.On en est aux prototypes.Les artistes arriveront en mai.» Environ 70% des artistes ont déjà été recrutés.« Les choix importants sont faits», dit-elle.On n\u2019a plus qu\u2019à attacher les fils!» Mais la création du spectacle n\u2019est pas une sinécure.«C\u2019est rare que j\u2019aie subi autant de pressions de Guy et de Daniel, dit Stéphane Mongeau.Heureusement, on a des créateurs extraordinaires.Avec eux, impossible de se tromper.C\u2019est plus entre nous qu\u2019il y a de la pression.» «Il faut garder la tête sur les épaules, dit Chantal Tremblay.C\u2019est dans ces moments-là que je me dis que je suis vraiment chanceuse.» Michael Jackson THE IMMORTAL World Tour, à Montréal, les 2 et 3 octobre 2011 (à guichets fermés), ainsi que les 20, 21, 22 mars et 6 et 7 juillet 2012.PHOTO MARCO CAMPANOZZI Stéphane Mongeau et Chantal Tremblay ont accumulé assez d\u2019expérience au Cirque du Soleil pour s\u2019attaquer à un projet comme celui-là.«Il y a des chênes de plus de 300 ans à Neverland.Il s\u2019était installé des crochets sur un arbre pour y relaxer et même y dormir.Ce chêne est devenu le symbole de sa vie.C\u2019est pourquoi le \"Giving Tree\" sera au centre du spectacle.» llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 1 9 F É V R I E R 2 0 1 1 A R T S E T S P E C T A C L E S 13 ARTS ET SPECTACLES DANSE/DVD Retrouvez les grilles tele dfaujourdfhui et de demain dans le Voila! insere dans La Presse dfaujourdfhui.VOILA! VOTRE SOIREE DE TELEVISION Votre guide tele complet sur CYBERPRESSE.CA/TELE sur cyberpresse.ca HORAIRES Consultez tous les jours tous vos horaires cinema et critiques de teleromans sur www.cyberpresse.ca/tele Votre guide tele La Classique Heritage, disputee sur une patinoire exterieure, le Canadien vs les Flames de Calgary, dimanche 18 h, RDS SPORTS Bonsoir et bonne chance, drame historique avec George Clooney, David Strathairn et Robert Downey Jr., dimanche 21h, TQC CINEMA Debut de la serie Les voixhumaines.Cette semaine, Ariane Moffatt dans lfunivers des travailleuses du sexe, mardi 19h, ARTV SERIE 1 dfune serie de trois, Yellowstone, au fil des saisons, production BBC, adapte par Decouverte, dimanche 18h30, SRC SERIE SEMAINE DU 19 FEVRIER 2011 SONIA SARFATI Le chapeau de cow-boy sied bien a Timothy Olyphant, comme le savent ceux qui lfont suivi dans Deadwood.Il se coiffe dfun autre dans Justified, ou il arbore de nouveau une etoile, celle dfun Deputy Marshal .representant de lfordre oeuvrant non pas dans le Far West du passe, mais les Etats-Unis dfaujourdfhui.Lfacteur se glisse ici avec brio dans la peau dfun personnage imagine par le legendaire romancier Elmore Leonard.On rencontre en Floride ce Raylan Givens revu et corrige pour la tele.Il est assis dans un resto, en compagnie dfun type louche.Bizarre jeu que celui qui sfinstalle entre eux.La tension monte.Le fugitif (car cfen est un) sort une armec et est aussitot abattu par le Marshal qui ne semblait attendre que ca.Tres vieille ecole, le monsieur: il tire et demande des explications apres.áCfetait justifie â, plaiderat- il a ses superieurs lorsque la consequence de son geste lui tombera sur la tete.Il est mute a Harlan, un bled du Kentucky qui nfest pas nfimporte quel bled: il y est ne, y a grandi, y a encore des áamisâ, de la famille (son pere, entre autres, qui exulte de lfautre cote de la loi), son ex-femme; bref, de nombreuses racines sur lesquelles trebucher.Cette excellente premiere saison (13 episodes, en anglais avec sous-titres anglais ou francais) suit donc Ray dans ses premiers mois a Harlan, affrontant ses propres demons .tous ne sont pas imaginaires .et se mettant les pieds dans les plats a cause de sa tete dure.Des intrigues se bouclent ici et la, elles ne sont pas des enquetes .les Marshals traquent des fugitifs, font du transfert de prisonniers, etc.mais lfarc dramatique principal, qui se tend sur toute la saison, leve le voile sur le passe de Ray et teinte de sombre ses relations avec ceux qufil rencontre, pour le meilleur et pour le pire.Plusieurs supplements dans ce coffret .entre autres une entrevue avec Elmore Leonard.Un conseil : meme sfils se trouvent sur le deuxieme des trois disques, attendre de tout avoir vu avant de consommer, a moins de ne pas etre derange par les spoilers.JUSTIFIED CREEE PAR GRAHAM YORST A PARTIR DE LfOEUVRE DfELMORE LEONARD.AVEC TIMOTHY OLYPHANT, NICK SEARCY, JOELLE CARTER, JACOB PITTS, NATALIE ZEA HHH 1/2 Justified .The Complete First Season SERIE DVD ALINE APOSTOLSKA COLLABORATION SPECIALE CRITIQUE Cfest un bel evenement.Le Ballet National de Cuba, accompagnee par sa fondatrice et directrice artistique Alicia Alonzo, immense danseuse aujourdfhui nonagenaire, est a Montreal pour la premiere fois a lfinvitation des Grands Ballets canadiens.Leur representation de Giselle offre un pur moment dfemotion.Un enchantement comme on ne pense meme plus en voir en danse classique.Quand on est precede de la reputation internationale, acquise dans les capitales americaines et europeennes, dfetre les meilleurs danseurs du monde, on a interet a se montrer a la hauteur de sa propre legende.Le moins que lfon puisse dire est que les danseurs du Ballet de Cuba en font une brillante demonstration.Une chance rare de voir du classique de ce calibre a Montreal.Virtuoses, ils le sont indiscutablement, a tous les niveaux, du corps de ballet aux premiers roles.Avec des lignes de corps parfaites, millimetrees, des prouesses techniques dont lfextreme difficulte meduse le spectateur, des sauts athletiques quasi arretes en vol, possibles chez les danseurs grace a une musculature et une souplesse admirables, des enchainements si rapides suivis de gestes si delicats chez les danseuses, le tout avec une aisance aussi simple que sfils faisaient une promenade.Mais ils sont infiniment plus : expressifs, passionnes, vibrants, tour a tour tendres et amoureux dans le premier acte qui soudain finit en vrai drame par la mort de la jeune Giselle emportee par son amour contrarie pour Albrecht.On vibre avec eux.Quand arrive le deuxieme acte, signature de Giselle, avec son deploiement de figures dfune extreme exigence, qui mettent en scene les fameuses Willis, esprits en longs tutus blancs vaporeux, on vit ce que cette partie devrait idealement etre: un enchantement.Un concentre dfart consomme et dfemotion partagee.áLe danseur virtuose qui ne brille que par la splendeur de la technique et qui tournoie sur scene dans un vide mecanique nfappartient pas aux elus.â Ainsi parlait Mary Wigman, creatrice de la danse expressionniste allemande au tournant du XXe siecle.On ne peut pas ne pas repenser a ses paroles en admirant lfepure des gestes, le decor atemporel, les lumieres sages mais efficaces, la bande-son (qui eut gagnee a etre interpretee en direct), la sobriete des costumes, qufAlicia Alonzo a donne a cette oeuvre-cle depuis 1948.La virtuosite pleine, habitee, inspiree de ces danseurs cubains en fait des elus.Giselle, a la salle Wilfrid- Pelletier, ce soir, a 20h.LE BALLET NATIONAL DE CUBA / Giselle Un pur moment dfemotion llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 14 A R T S E T S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R E A L S A M E D I 1 9 F E V R I E R 2 0 1 1 MOTS CROISES DES ARTS SOLUTION de la semaine derniere 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 www.nicolehannequart.com 1727 HORIZONTALEMENT 1 Les Grands ballets canadiens y sont en vedette ce soir, a la PDA .Dans le titre du dernier album de Mylene Farmer.2 Liguer .Dfune partie de lfoeil.3 Phenomene .Rayons.4 Austere .Echelonne.5 Suffixe .Divinite personnifiant la Terre mere .Vin blanc sec.6 Sorti .Causette.7 Comme Joan Crawford .Cure.8 Oui de troubadour .Biographie .Disposa de.9 Attribut dfune dignite .Grande quantite dfelements formant un tout.10 Qui manque de finesse .Plante oleagineuse .Film de Spielberg.11 Tenu attache .Qui a renonce a lutter.12 Crochets .Elle jouera dans Contagion, le nouveau film de Steven Soderbergh (.Winslet).VERTICALEMENT 1 Elle incarne Pierrette dans Belles-soeurs .Au debut dfun processus (en.).2 Film dfAnne Le Ny mettant en vedette Fabrice Luchini et Karin Viard (Les .de mon pere) .Nom suedois de Turku.3 Fait partie dfun tribunal .Reptile.4 Peintre suisse ne en 1909 .Prenom de lfauteur de Aimer lfamour.5 On lui doit Ludwig van Beethoven, romantique, sombre et mysterieux (son prenom) .Traditions.6 Polies .Cale .Dieu solaire.7 Periode marquee par un etat particulier .Meche de cheveux .Pres de.8 Piece mettant en vedette Karine Vanasse, presentee au Theatre du Rideau Vert jusqufau 12 mars.9 Precision .Prenom de la chanteuse Jean.10 Quelqufun .Barbes de lfepi de seigle .Initiales du compositeur Auric.11 Aunee .Agissent avec rouerie.12 Ideaux .Decapitee.1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 1 B L E U N O I R P E D 2 R E C H E R C H E D O 3 I D O L E T I N T I N 4 G I N A B E N O I T 5 I L N U E R N E E 6 T E L P R E S C R I T 7 T M E S E S I E C L E 8 E M P I R E R E E L 9 E R E I N T E S E R 10 T E U S U N A G E 11 H E U R E S E C R A N 12 E U X R O Y T E L E www.nicolehannequart.com 1726 Festival international.18-26 fevrier 2011 Apportez votre cellulaire ! 20 fevrier 2011, 14h Eglise Saint-Jean- Baptiste Participez a un grand concert gratuit anime par Marc Beland et Walter Boudreau festivalmnm.ca Orchestre Baroque direction artistique Claire Guimond Caldara, Graupner, Telemannc un veritable velours pour les oreilles! commanditaire principal Velours Eglise Saint-Viateur, 1175 Laurier O.Solistes invites : Suzie LeBlanc, soprano á Une spontaneite enivrante â, Opera Canada.Eric Hoeprich, chalumeau gUn vrai virtuose qui joue avec grace et qui possede une palette infinie dfexpressions â, La Opinion.24 25 Fevrier 2011 a 20h 514-355-1825 www.arionbaroque.com ARTS ET SPECTACLES ARTS VISUELS ÉRIC CLÉMENT Excel lent dessinateur au st yle suranné, envoûté par les ambiances fantastiques où se marient comédie et tragique, Daniel Barrow est un fabuleux performer qui crée des ambiances magiques en se servant de rétroprojecteurs diffusant ses dessins détaillés sur les murs.L\u2019exposition qui lui est consacrée à la galerie SBC permet d\u2019admirer les oeuvres de la période 2007-2011 de cet artiste minutieux qui vient de recevoir le prix Sobey 2010, coiffant sur le poteau le duo Duke&Battersby qui exposera à Montréal en mars.Lauréat du prix Victor-Martyn- Lynch-Staunton, du Conseil des Arts du Canada, en 2007, et du prix Images du Festival Images en 2008, Daniel Borrow a exposé au cours des dernières années au Musée d\u2019art contemporain de Los Angeles, à la galerie New Langton de San Francisco et à la Contemporary Art Gallery de Vancouver.Il a participé à des événements artistiques un peu partout dans le monde, réalise une expo solo par année et a été présent à des biennales sur quatre continents.Né et élevé à Winnipeg, il s\u2019est installé en 2009 à Montréal plutôt qu\u2019à New York, Chicago ou Londres (il a aussi un passeport britannique).«Je voulais quitter Winnipeg, mais rester au Canada, dit-il.Je trouvais intéressant de vivre une expérience à Montréal où j\u2019ai de bons amis.» Il réalise ses oeuvres au crayon de couleur depuis une vingtaine d\u2019années, un talent qui date de son enfance.Avec leurs teintes ocrées et vieux bruns, ses petites bandes dessinées de style rétro font penser à des illustrations victoriennes.Il faut les regarder de près pour trouver le sens du récit.Les oeuvres sont constituées de tout petits dessins collés les uns sur les autres.«Il peut y avoir cinq ou six couches de dessins superposées, dit-il en entrevue.Ensuite, j\u2019utilise les dessins pour créer des performances animées.» Il expose deux nouvelles performances interactives chez SBC.Les dessins sont placés sur des acétates et projetés sur un mur.La première s\u2019appelle Reason to Weep, No Tears to Shed (2011) et la seconde The Ballet (2011) dans laquelle un acétate pourvu d\u2019une tache noire permet de faire «bouger» les pieds d\u2019un personnage.On regarde.On comprend l\u2019effet recherché.Mais après?L\u2019art de Daniel Barrow fait penser au surréalisme.Son univers décoratif projeté par séquences se rattache plus, selon lui, à la cinématographie et à la mise en scène théâtrale.«Il s\u2019agit d\u2019un nouveau langage créé pour essayer de m\u2019expliquer le monde d\u2019aujourd\u2019hui, dit-il.La méditation est aussi une partie de mon art.» Parmi ses dernières oeuvres, un groupe de cinq dessins (Gay Secrets, Poison, Medusa Mirror, Kiss Me Before I Die et Mirror Bouquet) forme Good Gets Better, le titre de l\u2019exposition.Daniel Barrow n\u2019a pas encore créé d\u2019animations pour ces dessins où le côté sombre contraste avec une envie d\u2019amuser.Mirror Bouquet est par exemple un bouquet de miroirs, au pouvoir réfléchissant et aux multiples détails: un crâne, des mains décharnées, des rubans, des cheveux tressés et\u2026 une cuvette.Qu\u2019est-ce qui dicte sa création ?« J\u2019aime performer avec l\u2019humour, dit-il.J\u2019ai beaucoup d\u2019idées, donc je dois les assembler pour créer un script puis un ensemble qui mène à une performance.» Daniel Barrow réalisera une performance d\u2019une heure en direct le 16 mars, à 19h, au Musée d\u2019art contemporain, avec l\u2019oeuvre Every Time I See Your Picture I Cry, un ensemble de 18 dessins exposés chez SBC et qui mettent en scène un personnage qui souffre d\u2019une maladie l\u2019obligeant à humidifier régulièrement ses yeux.Les dessins sont très bien exécutés, mais laissent un peu froid.Manque d\u2019animation?Réponse le 16 mars.Good Gets Better, de Daniel Barrow, à la Galerie d\u2019art contemporain SBC (Édifice Belgo, 372, rue Sainte-Catherine Ouest, Suite 507) du mercredi au samedi, de 12h à 17 h.DANIEL BARROW / GOOD GETS BETTER Nouveau langage «rétro » Récemment auréolé du prix Sobey 2010, qui récompense l\u2019artiste visuel de l\u2019année au Canada, Daniel Barrow, prince de l\u2019animation par rétroprojecteur, expose ses dessins à la galerie SBC de l\u2019édifice Belgo, jusqu\u2019au 19 mars.Il s\u2019agit de la première exposition solo du Manitobain à Montréal depuis qu\u2019il a choisi d\u2019y résider en 2009.PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSE L\u2019art de Daniel Barrow fait penser au surréalisme.Son univers décoratif projeté par séquences se rattache plus, selon lui, à la cinématographie et à la mise en scène théâtrale.llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 1 9 F É V R I E R 2 0 1 1 A R T S E T S P E C T A C L E S 15 * Frais de services inclus.Taxes en sus.514 842-9951 | OSM.CA Joseph Rouleau& Lesjeunessesmusicales billets àpartir de 3350$ * UN HOMMAGE AVEC LES ARTISTES INVITÉS: ANDREWWAN, ALEXANDRE DA COSTA, SERHIY SALOV, MARIANNE FISET, JEAN-PHILIPPE TREMBLAY, BURAK BILGILI ET LES PETITS CHANTEURS DU MONT-ROYAL OEuvres de Bach, Prokofiev et grands airs d\u2019opéra.9 MARS 20H Chefs-d\u2019oeuvre russes SIR ANDREW DAVIS, CHEF D\u2019ORCHESTRE STEPHEN HOUGH, PIANO OEuvres de Mercure, Rachmaninov et Prokofiev.23 ET 24 FÉVRIER 20H «[.] le soliste Stephen Hough, dont l\u2019interprétation de la Rhapsodie sur un thème de Paganini est mouvante et magique[.] Superbe!» The Times COLLABORATEUR DE SAISON DIFFUSEUR OFFICIEL PARTENAIRES PUBLICS ARTS ET SPECTACLES THÉÂTRE GREGORY HLADY ET PAUL AHMARANI / La noce Du Brecht tordu JEAN SIAG Gregory Hlady s\u2019est longtemps tenu à l\u2019écart de l\u2019oeuvre du dramaturge allemand, qu\u2019il croyait être un apôtre de Staline.Ayant lui-même subi les dérives du marxisme en Ukraine, son pays d\u2019origine, il n\u2019avait nulle envie de frayer avec l\u2019un de ses défenseurs.Ça, c\u2019était avant de s\u2019intéresser à la vie et à l\u2019oeuvre de Brecht, qu\u2019il qualifie aujourd\u2019hui de vrai rebelle et d\u2019anticonformiste, qui a refusé de s\u2019établir en Russie, bien qu\u2019il ait été un militant socialiste notoire.«Je me suis demandé pourquoi Brecht avait écrit cette pièce.» « C\u2019est une pièce multidimensionnelle où il y a beaucoup de non-dits et de pulsions cachées, détaille Gregory Hlady.En approfondissant le texte, on parvient à les identifier.Ça nous rappelle aussi l\u2019absurdité d\u2019Harold Pinter ou de Samuel Beckett, deux auteurs que j \u2019a ime beaucoup.» Paul Ahmarani, que Gregory Hlady a dirigé dans Coeur de chien il y a deux ans, a une complicité évidente avec son metteur en scène.«Avec Gregory, on est dans un univers qui relève du symbole, du rêve, de l\u2019onirique.Il travaille beaucoup sur ces pulsions de l\u2019inconscient, à la manière des surréalistes », confie le comédien.Le metteur en scène admet quand même avoir été découragé au début du projet.La proposition de Brecht, qui met en scène huit personnages assis autour d\u2019une table pour y célébrer la noce d\u2019un jeune couple bourgeois, est quand même mince.On y décrit un repas de noces, ponctué de remarques parfois cinglantes, parfois insignifiantes, qui se termine par le départ précipité des convives anonymes.«Au début, je ne savais pas trop quoi en faire.J\u2019ai privilégié l\u2019approche du miroir brisé en morceaux, nous dit le metteur en scène, qui a divisé la pièce en une trentaine de tableaux.C\u2019est comme une mosaïque où l\u2019on s\u2019attarde à chacun des morceaux.Ça nous a donné la liberté de les interpréter individuellement.En fait, ça ressemble beaucoup à une composition musicale.» « Avec Gregory, explique Paul Ahmarani, on a cherché le sous-texte, et on l\u2019a joué.Ce qui fait que toute la représentation est assez surréaliste.» Son personnage, un ami du marié, est au coeur de cette déconstruction de Brecht.«C\u2019est lui qui révèle aux autres personnages leurs pulsions obscures, leurs désirs inconscients.C\u2019est un peu le démon», précise le comédien.Le jeu des comédiens est volontairement caricatural, prévient Paul Ahmarani.«On ne joue pas dans la retenue bourgeoise, réaliste, ce qui aurait été assez plate.On l\u2019a tordu, Brecht.Mon personnage est un peu le Méphisto qui va révéler les autres dans leurs désirs de violence, de débauche, de sexe.Il ne faut pas oublier que c\u2019est la montée du nazisme, il y a une volonté de domination, une promesse de liberté totale\u2026.» On dit que Brecht s\u2019est inspiré des numéros clownesques de Karl Valentin pour écrire La noce (en 1919).Les personnages ont en effet tous un petit côté guignol où l\u2019auteur se paie leur tête de «petits bourgeois », mais Gregory Hlady ne voulait pas en faire une comédie bouffonne.«Oui, c\u2019est drôle, mais ce n\u2019était pas suffisant.C\u2019est vraiment en lisant entre les lignes qu\u2019on apprécie sa critique sociale.» Gregory Hlady a confié la scénographie à un collègue de longue date, Vladimir Kovalchuk.Ensemble, ils ont créé un décor fidèle au récit de Brecht \u2013 avec ses tables et ses chaises mal construites par le marié.En jouxtant des scènes qui se déroulent en même temps, en passant aussi des répliques en boucle.Lorsque Teo Spychalski (d i recteur a rt i s tique du Groupe La Veillée à l\u2019époque) lui a proposé de travailler sur ce projet, Gregory Hlady admet avoir hésité.Il se souvient de ces mots de Teo : «S\u2019il y a une personne qui peut monter cette pièce, c\u2019est toi!» Après avoir imprimé sa signature, Gregory Hlady tend à croire qu\u2019il avait peut-être raison.La noce, au Prospero du 22 février au 19 mars.Gregory Hlady a réuni sa petite famille théâtrale, avec Paul Ahmarani, Denis Gravereaux et Frédéric Lavallée en tête, pour revisiter une des premières pièces de Bertolt Brecht : La noce chez les petits bourgeois.Une courte forme à mi-chemin entre la tragédie et la farce écrite alors qu\u2019il avait à peine 20 ans.«Oui, c\u2019est drôle, mais ce n\u2019était pas suffisant.C\u2019est vraiment en lisant entre les lignes qu\u2019on apprécie sa critique sociale.» \u2013 Gregory Hlady THE DRAGONFLY OF CHICOUTIMI Du 22 au 26 février à Espace GO.L\u2019adaptation pour cinq acteurs que Claude Poissant a faite de la pièce de Larry Tremblay fut l\u2019un des événements du dernier Festival TransAmériques.Daniel Parent, Étienne Pilon, Dany Boudreault, Patrice Dubois et Mani Soleymanlou se passent le témoin avec beaucoup d\u2019adresse.Quand l\u2019un d\u2019entre eux prend la parole, les autres magnifient les mots de Gaston Talbot, grâce à un jeu très bien chorégraphié, tout en mouvements, parfois en choeur, avec de savants effets de bruitages.Un pari réussi.À L\u2019AFFICHE HISTOIRES D\u2019HOMMES Jusqu\u2019au 5 mars au Prospero.Ces courtes histoires d\u2019amour et de cul qui finissent toujours mal ont été imaginées par un homme, Xavier Durringer, et mises en scène par un autre homme, Miguel Doucet.Mais elles expriment le point de vue des femmes, et sont d\u2019ailleurs interprétées par trois comédiennes assez douées, au physique pour le moins contrasté.Le résultat est étonnant, même si ces portraits des relations hommes-femmes sont tellement noircis qu\u2019on finit un peu par décrocher.JEAN SIAG ELLING Jusqu\u2019au 26 mars chez Duceppe.Guy Jodoin et Stéphane Bellavance se paient une pause télé et radio pour monter sur les planches dans Elling, «comédie norvégienne » portée à l\u2019écran en 2001 et nommée dans la catégorie du Meilleur film étranger aux Oscars l\u2019année suivante.La pièce, qui s\u2019intéresse à la réinsertion sociale de deux hommes ayant séjourné dans un asile psychiatrique, est mise en scène par Monique Duceppe.Gabriel Sabourin, Mireille Deyglun et Donald Pilon complètent la distribution.ALEXANDRE VIGNEAULT CRITIQUE Pour son premier spectacle solo en carrière, Benoît Brière «chausse les souliers» d\u2019Yvon Deschamps, pour reprendre l\u2019expression consacrée.Un défi qui n\u2019a toutefois rien à voir avec ses pieds.L\u2019enjeu, ici, c\u2019est la langue de Deschamps.L\u2019acteur devait s\u2019approprier ces textes sculptés par et pour la bouche de leur auteur, tout en leur donnant un souffle si nouveau qu\u2019il soit impossible de parler d\u2019imitation.Avec l\u2019appui réf léchi et sensible du metteur en scène Dominic Champagne, Benoît Brière a réussi.Haut la main.Son interprétation de l\u2019ouvrier naïf, personnage créé dans le cadre de L\u2019Osstidcho, ne fait pas oublier Deschamps, elle l\u2019emmène tout simplement ailleurs.Plus près de l\u2019intimité que du rire.À deux pas de la détresse humaine, bien souvent.Une approche qui donne une profondeur nouvelle à l\u2019ironie spirituelle et souvent indignée du monologuiste.L\u2019ouvrier, qui a toujours voué un culte à ce «bon boss» qui l\u2019exploitait sans vergogne, est sous le choc lorsque débute le spectacle.Réfugié au pied de l\u2019escalier d\u2019un de ces hangars si typiques des ruelles montréalaises, il répète, bouleversé et incrédule, que «le boss est mort».Ce vide, plus vertigineux que la mort de sa propre épouse, rallume une foule de souvenirs, qu\u2019il raconte avec une lueur dans l\u2019oeil.Cette flamme n\u2019a rien à voir avec la férocité malicieuse de Deschamps.C\u2019est plutôt celle de la nostalgie, ce que des notes égrenées par un piano tristounet s\u2019assurent de souligner.Cette atmosphère est aussi accentuée par le hangar créé par Michel Crête, mi-refuge mi-prison, au bas duquel traîne un tricycle rouge, qui évoque autant l\u2019enfance perdue de l\u2019ouvrier que l\u2019existence de son fils.Placés sous cet éclairage si radicalement différent des numéros de Deschamps, les textes ne perdent rien de leur vigueur.Qu\u2019ils parlent d\u2019argent, de misère sexuelle, de « l\u2019élevage » des enfants, de la mort ou de la quête du bonheur, ces monologues, attachés de manière à faire le bilan d\u2019une vie pas jolie, visent encore juste.En plein dans le mille, pour être précis.En insistant avec une grande délicatesse sur les failles de l\u2019homme qui, souvent sans s\u2019en rendre compte (d\u2019où la drôlerie, évidemment), énonce ces vérités.Le boss est mort n\u2019est pas un spectacle foncièrement comique, même si les éclats de rire fusent par moments.C\u2019est plutôt un portrait nostalgique qui, parlant du passé, montre ce qui a changé et ce qui demeure.La peur du changement, notamment, palpable dans le Québec d\u2019aujourd\u2019hui, qui doit s\u2019inventer une identité composite sans renier la société dont il est issu et que cette oeuvre dépeint.Cette plongée dans la condition humaine s\u2019achève toutefois bizarrement sur une finale qui laisse perplexe.L\u2019essentiel constitue toutefois une réussite: oui, les textes d\u2019Yvon Deschamps peuvent exister sans qu\u2019il doive les porter lui-même sur scène.À une condition près: il leur faut un interprète de la trempe de Benoît Brière, capable d\u2019en faire une tout autre musique sans en dénaturer l\u2019essence mélodique.Le boss est mort, jusqu\u2019au 5 mars au Quat\u2019Sous.En supplémentaire au Monument- National au mois d\u2019avril et en tournée.LE BOSS EST MORT La fragilité avant la férocité PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSE L\u2019interprétation de Benoît Brière amène le personnage de Deschamps dans de nouvelles zones.PHOTO IVANOHDEMERS, LA PRESSE Paul Ahmarani sur son personnage dans La noce : «C\u2019est lui qui révèle aux autres leurs pulsions obscures, leurs désirs inconscients.C\u2019est un peu le démon.» llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 16 A R T S E T S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 1 9 F É V R I E R 2 0 1 1 ARTS ET SPECTACLES THÉÂTRE La comédienne et metteure en scène Julie Vincent incarnera seule sur scène le mystérieux personnage de Jocaste, mère d\u2019OEdipe, dans une libre adaptation de la pièce de Sophocle (OEdipe roi), signée par l\u2019Uruguayenne Mariana Percovich.JEAN SIAG Les voyages de Julie Vincent en Uruguay auront été fructueux.Après avoir créé Le portier de la gare Windsor, inspirée de sa rencontre (à Montréal) avec l\u2019architecte uruguayen, Francisco Antonino, Julie Vincent a multiplié les séjours à Montevideo, la capitale, et à Buenos Aires, en Argentine, où la pièce a d\u2019ailleurs été jouée l\u2019été dernier.C\u2019est lors de la présentation de sa pièce La robe de mariée de Gisèle Schmidt, à Montevideo (en 2008), qu\u2019elle a rencontré, par hasard, Mariana Percovich, qui répétait dans le même théâtre.La dramaturge uruguayenne, responsable du département des arts scéniques de la capitale uruguayenne, lui a fait lire sa pièce Jocaste, écrite en 2002.Julie Vincent s\u2019est vite intéressée à l\u2019oeuvre de cette femme qui revendique, un peu comme elle, un «théâtre indépendant» et une «esthétique personnelle».Son projet d\u2019adaptation du célèbre mythe d\u2019OEdipe tient en 13 pages.Son objectif : donner la parole à un personnage central dont on ne sait pratiquement rien: la mère d\u2019OEdipe.On se rappelle les grandes lignes de la pièce de Sophocle rendue célèbre par l\u2019intérêt de Sigmund Freud.Le roi OEdipe est aux prises avec une épidémie de peste, qui ravage son royaume de Thèbes.La cause de cette malédiction: le meurtre non puni de son prédécesseur, le roi Laïos.Le point de vue de Jocaste Mais voilà qu\u2019en enquêtant sur l\u2019affaire, OEdipe se rend compte qu\u2019il est coupable de parricide et d\u2019inceste, puisqu\u2019il est l\u2019assassin de Laïos (son père) et qu\u2019il a épousé sa mère, Jocaste.La tragédie se termine comme il se doit: Jocaste se pend et OEdipe se crève les yeux avant de quitter son royaume.Mariana Percovich s\u2019est intéressée à tout ce que le mythe raconte en amont.Mais toujours du point de vue de Jocaste.Son mariage avec Laïos (qui aimait les garçons) ; la malédiction qui le frappa après qu\u2019il eut enlevé Chrysippe, qu\u2019il prit pour amant ; l\u2019oracle qui le prévint que son fils (OEdipe) allait le tuer pour le punir; enfin, la mort de Laïos et sa rencontre avec OEdipe, avec qui elle eut quatre enfants.«Pendant 20 ans, Jocaste et OEdipe ont vécu heureux, sans savoir qu\u2019ils étaient mère et fils, nous dit Julie Vincent.Au fond, ils étaient humains avant d\u2019être incestueux.Le temps de cet amour, il y a une abolition du fossé entre l\u2019homme et la femme.Ce mythe nous permet de vivre cette absence de fossé.Comme s\u2019ils étaient irrémédiablement voués l\u2019un à l\u2019autre par le cercle de la fécondité.» Plusieurs interprétations Comme pour tous les projets menés par sa compagnie Singulier pluriel, Julie Vincent a multiplié les recherches et les rencontres de travail pour trouver le bon ton, la bonne mesure.Pour faire ce travail d\u2019analyse, elle s\u2019est tournée vers son ami et collègue André Brassard.« André a été mon professeur, il m\u2019a dir igée à plusieurs reprises et nous avons longtemps travaillé ensemble à l\u2019École nationale de théâtre.Je suis vraiment une fille de Brassard, nous dit Julie Vincent.Ensemble, on s\u2019est posé des questions.Qui étaient les adversaires de Jocaste ?Est-ce qu\u2019elle s\u2019est suicidée elle-même ou si elle y a été forcée?Pouvait-elle savoir qu\u2019OEdipe était son fils?» Il y en a en effet plusieurs interprétations possibles.Julie Vincent voulait que le doute subsiste, qu\u2019il y ait une part de mystère.Dans son travail de recherche, elle a aussi voulu explorer le désir de la femme qui vieillit pour l\u2019homme plus jeune.«Mais le plus important, dit la comédienne, c\u2019est que le mythe nous permet de ne pas refouler la rencontre amoureuse entre la mère et le fils.» La pièce est divisée en 11 fragments, qui correspondent à 11 temps de vie.Avec des choeurs empruntés à Eschyle (Les 7 contre Thèbes).« Ces fragments ne sont pas nécessairement assemblés par ordre chronologique.Il y a des retours dans le temps, c\u2019est une structure non linéaire », précise Julie Vincent, qui est le fantôme de Jocaste et la narratrice de ce conte.«On a peu d\u2019informations sur Jocaste, conclut-elle.Elle n\u2019a pas eu de mère.Elle était dans la lignée de Dionysos, elle était donc qualifiée pour le plaisir.On apprend qu\u2019elle était dédiée à la déesse de la fécondité, Estia.Elle faisait donc partie de ces jeunes filles qui restaient vierges pour alimenter le feu du foyer ! Mais elle est coincée puisque son mari aime les garçons.» C\u2019est ce destin et cette parole de femme qu\u2019on nous propose.Jocaste, à l\u2019Espace libre du 24 février au 12 mars.JULIE VINCENT / Jocaste La voix d\u2019une mère amoureuse PHOTO IVANOH DEMERS, LA PRESSE Le projet de Jocaste : donner la parole à un personnage central dont on ne sait pratiquement rien, la mère d\u2019OEdipe.Julie Vincent incarnera le rôle-titre.llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 1 9 F É V R I E R 2 0 1 1 A R T S E T S P E C T A C L E S 17 REJOIGNEZ LES TROUPES AU CENTRE-VILLE EN BUS ET EN MÉTRO.Guy-Concordia Peel Une exposition organisée par le Musée royal de l\u2019Ontario, en partenariat avec le Bureau des reliques culturelles et le Centre de la promotion du patrimoine culturel de la province du Shaanxi, République populaire de Chine, en collaboration avec le Musée des beaux-arts de Montréal.De gauche à droite : Fantassin, officier de rang supérieur et cheval de cavalerie (détails), Dynastie des Qin, 221-206 av.J.-C.Musée de l\u2019Armée en terre cuite du Premier Empereur.Photos © Bureau des reliques culturelles de la province du Shaanxi et Centre de la promotion du patrimoine culturel du Shaanxi, République populaire de Chine, 2009 Gratuit pour les enfants de 12 ans et moins* *Accompagnés d\u2019un adulte.Non applicable aux groupes.« C\u2019est SUBLIME ! [.] Toute la mise en scène l\u2019est, d\u2019ailleurs.» René Homier-Roy, Six dans la cité, Radio-Canada UNE OCCASION UNIQUE DE LES VOIR DE TRèS PRèS DèS MAINTENANT! billets sur empereurdechine.ca « Un événement EXCEPTIONNEL [.] Des effets d\u2019éclairage, des jeux de miroirs et quelques astuces de présentation créent une ambiance MAGIQUE.» Michel Marois, La Presse Nocturnes les mercredis (à moitié prix), jeudis et vendredis soirs (à prix régulier) jusqu\u2019à 21 h Grand donateur Une présentation de ARTS ET SPECTACLES LECTURES CHANTAL GUY SIGNET Dans le tout récent roman d\u2019Elena Botchorichvili, La tête de mon père, qui vient de paraître chez Boréal, le narrateur écrit dans une lettre : «Où étiez-vous quand la princesse Diana est morte?Je pose parfois cette question à mes amis au Canada.Tous s\u2019en souviennent.Et où étiezvous quand l\u2019Union soviétique est morte?» Officiellement, elle est morte en août 1991.Mais, effectivement, peu s\u2019en souviennent.Tout ce que l\u2019on a retenu du côté occidental, c\u2019est la chute du mur de Berlin en 1989.Les détails des funérailles de l\u2019URSS étaient moins spectaculaires pour nous, probablement, alors que pour eux, il s\u2019agissait quand même d\u2019un deuil, peu importe la dureté du régime.C \u2019est ce que rappel l e Botchorichvili, dont le narrateur avoue avoir encore besoin du « réalisme socialiste ».Celui du Livre des brèves amours éternelles d\u2019Andréï Makine ne peut se résoudre à rayer d\u2019un trait son univers qui s\u2019écroule: «Je devrais vomir ce passé, persifler les gens qui ont eu le malheur de le vivre, ainsi je pourrais plaire à Kira et ses amis.Comment lui expliquer que dans le passé de ce pays qui s\u2019en va pour toujours, il y a aussi notre enfance\u2026» Quand on lit coup sur coup les derniers Botchorichvili et Makine, alors même qu\u2019on a lu tout récemment le premier roman de Perrine Leblanc, L\u2019homme blanc, Grand prix du livre de Montréal, écrit par une jeune Québécoise qui n\u2019est jamais allée en Russie et n\u2019a pas vraiment connu la guerre froide, on se rend compte à quel point nous avons nagé dans la fiction pendant cette époque, et on se demande dans laquelle on patauge aujourd\u2019hui.C\u2019est l\u2019avantage d\u2019avoir lu, et de vieillir, sans doute.Que de savoir qu\u2019on nous raconte tout le temps des histoires pendant que l\u2019Histoire marche avec ses grandes bottes.Avant d\u2019être la patrie de Tchekhov, Dostoïevski, Tolstoï, Tourgueniev, Boulgakov, Nabokov ou Soljenitsyne, la Russie était pour l\u2019enfant que j\u2019étais incarnée par l\u2019acteur Dolph Lundgren, qui cassait la gueule à Sylvester Stallone dans le quatrième film de la série Rocky.Et on prenait évidemment pour Rocky, qui évidemment gagnait.Un jeu dangereux se jouait au-dessus de nos têtes entre les Américains et les Russes, qui allait se terminer par l\u2019apocalypse nucléaire comme dans le téléfilm The Day After.Et Sting chantait gravement «I hope that Russians love their children too».Entre la propagande manichéenne des années 80 et les classiques de la littérature russe, il en a fallu du temps pour connaître un peu qui étaient vraiment ces gens vivant derrière le rideau de fer.Le mur est tombé, la peur, jamais, qui a pris d\u2019autres sujets, d\u2019autres formes, et pointé de nouveaux ennemis.Nous sommes passés de «l\u2019empire du Mal» de Reagan à «l\u2019axe du Mal» de Bush.De bipolaire à schizophrène, peut-être.Il est assez drôle de découvrir auprès des jeunes de 20 ans aujourd\u2019hui combien cette période est pour eux aussi fascinante que peut l\u2019être pour notre génération la Seconde Guerre mondiale.Elle leur apparaît si simple, aussi.Il y avait les bons, il y avait les méchants\u2026 Combien de romans faut-il pour rétablir une réalité complexe déformée par les propagandes?Après combien de romans tout cela ne devient-il au bout du compte que de la littérature, de la légende?Si les habitants de l\u2019ex-URSS sont parfois nostalgiques du «réalisme socialiste », peut-être sommes-nous nostalgiques d\u2019un ancien « ennemi » que l\u2019on croyait connaître.Mais, tout le monde le sait, on n\u2019est nostalgique que d\u2019une chose, à toutes les époques et sous tous les régimes: sa jeunesse.s Pour joindre notre journaliste : cguy @lapresse.ca La nostalgie des Russes Combien de romans faut-il pour rétablir une réalité complexe déformée par les propagandes?Après combien de romans tout cela ne devient-il au bout du compte que de la littérature, de la légende?MICHÈLE PLOMER Chine merveilleuse JOSÉE LAPOINTE Enfant, Michèle Plomer rêvait de Chine.Venir manger dans un resto du Quartier chinois avec sa famille représentait le comble de l\u2019exotisme, et les aventures de Tintin dans Le Lotus bleu \u2013 son livre fétiche\u2013 nourrissaient son imaginaire comme rien d\u2019autre.Adulte, c\u2019est en Chine que Michèle Plomer a décidé de partir travailler lorsqu\u2019elle a eu besoin de changer d\u2019air.Et c\u2019est à Hong-Kong qu\u2019elle a pu se retrouver, fuyant l\u2019horizon des Cantons-del\u2019Est pour se « coller »aux humains.« J\u2019ai eu un véritable coup de foudre pour Hong-Kong.Là-bas, j \u2019étais ignorée, anonyme», dit cette blonde toute menue, qu\u2019on imagine pourtant très visible en Asie.«Oui, j\u2019étais visible parce que différente, mais personne n\u2019avait d\u2019attente, rien n\u2019était imposé.» Depuis sept ans, la romancière partage ainsi sa vie entre le sud de la Chine, où elle enseigne, et Magog, son lieu de résidence au Québec.Son plus récent roman met en scène ces deux univers, qui revêtent pour elle la même importance.Car après HKPQ, paru en 2007, qui se déroulait exclusivement en Chine, la trilogie de Dragonville, dont le premier tome, Porcelaine, vient de paraître, fait le pont entre les deux continents.Parce qu\u2019on ne peut pas passer sa vie à fuir.Michèle Plomer opine: il lui fallait exorciser la Chine.« Dans HKPQ, la narratrice était en exil.Dans Porcelaine, le personnage de Sylvie doit affronter son retour au Québec, renouer avec son passé.Parce que l\u2019exil est un état temporaire, dit-elle d\u2019ailleurs dans le livre.» Porcelaine raconte en effet le retour d\u2019une femme qui a vécu quelques années en Chine et qui décide d\u2019ouvrir une boutique d\u2019importation chinoise dans son village natal des Cantons-de-l\u2019Est.Dans le local qu\u2019elle loue et rénove, elle découvre des idéogrammes chinois inscrits sur les murs : étrange hasard, le lieu a déjà été une buanderie tenue par un Chinois.Mais Porcelaine, c\u2019est aussi l\u2019histoire de Li, jeune homme vivant en 1910 à Hong Kong, poursuivi bien malgré lui par les triades et amoureux de Lung, incarnation terrestre d\u2019un dragon.« Mon déf i dans HKPQ était de décrire la Hong-Kong contemporaine.J\u2019ai eu ensuite envie de plonger dans le mythe, la Chine clichée que j\u2019aime, avec de beaux hommes aux longs cheveux nattés, de l\u2019opium.» L\u2019univers créé par Hergé n\u2019est jamais loin pour l\u2019auteure de 45 ans qui est venue tard à l\u2019écriture.«Mon premier roman (Le jardin sablier, paru en 2007), ça m\u2019a pris huit ans à l\u2019écrire ! Ça fait long pour une plaquette de moins de 100 pages.J\u2019avais le désir de vivre une vie de contemplation et d\u2019aventurière.Je voulais être Tintin, sans être reporter.» C\u2019est le merveilleux du Lotus bleu qui l\u2019avait charmée, et c\u2019est ce qu\u2019elle a voulu recréer dans Porcelaine : sa «dragonne» est ainsi une pure invention.« On sait qu\u2019en Chine, les dragons sont partout et qu\u2019ils sont tout-puissants.Qu\u2019il y en ait un qui choisisse de s\u2019incarner en femme pour connaître les plaisirs de la chair, pourquoi pas?C\u2019était mon point de départ, et j\u2019ai voulu commencer le livre comme une légende, un conte.» Elle a ensuite écrit Porcelaine comme les lecteurs le lisent : en passant de l\u2019histoire de Sylvie à celle de Li, plutôt que de les créer une après l\u2019autre pour ensuite en faire un découpage.«La plus grande difficulté quand on écrit, c\u2019est de passer par-dessus ses doutes.Chaque fois, c\u2019était dur de laisser une histoire pour une autre, j\u2019avais peur de ne plus être capable de continuer sur ma lancée.Je suis allée sans plan précis, mais il y a un rythme, un souffle, et j\u2019espère que les lecteurs seront à l\u2019aise dans ce déboulement.Ça permet aussi aux histoires de se répondre, ça sonne plus vrai je crois.» Engagement Michèle Plomer n\u2019était pas partie avec l\u2019idée de trois tomes et Dragonville devait tenir, à l\u2019origine, en un seul livre.Mais rendue aux trois quarts du travail , elle ne savait plus comment contenir toute cette histoire dans sa tête.«J\u2019ai parlé à Mélanie Vincelette (son éditrice chez Marchand de feuilles), et elle m\u2019a dit : \"Michèle, tu dois faire plusieurs tomes\".» Elles se sont entendues sur un chiffre, trois, et voilà l \u2019auteure lancée dans la deuxième partie de sa saga, où on suivra toujours Sylvie, et dans laquelle Li émigrera au Canada.«Pour moi, c\u2019est comme si je m\u2019assoyais pour écrire la page 314, simplement.Ça va de soi.» C\u2019est aussi tout un engagement, rigole-t-elle en montrant la bague qui l\u2019unit non pas à un amoureux, mais à son éditrice.Elle s\u2019admet finalement auteure, maintenant que l\u2019essentiel de son temps est consacré à l\u2019écriture : en 2010, elle n\u2019a pas mis les pieds en Chine pour la première fois depuis six ans, mais se promet d\u2019y retourner l\u2019automne prochain.Auparavant, elle profitera du prix France-Québec reçu l\u2019automne dernier pour HKPQ, qui lui permettra de passer un mois en France.«Je vais même faire une séance de signatures au Salon du livre de Paris!» dit-elle, consciente de sa chance.Et comme la culture chinoise le lui a appris, elle fera tout en son pouvoir pour la faire durer.«Je connais assez la Chine pour apprécier ses bons côtés, mais aussi pour être capable d\u2019en prendre et d\u2019en laisser.Et j\u2019aime trop ma culture pour l\u2019abandonner.Un écrivain a besoin de communiquer, c\u2019est pourquoi je n\u2019ai jamais voulu m\u2019installer en Chine à temps plein.Je serais trop isolée.J\u2019ai besoin de débattre, d\u2019échanger, et je serais sectionnée d\u2019une partie de moi si je ne pouvais pas le faire.» Dragonville Tome 1 : Porcelaine Michèle Plomer Marchand de feuilles, 313 pages Michèle Plomer s\u2019est fait remarquer il y a deux ans avec HKPQ, roman initiatique, drôle et touchant se déroulant à Hong-Kong, où une jeune femme retrouve le goût de vivre aux côtés d\u2019un poisson presque humain.Avec Porcelaine, premier tome d\u2019une trilogie intitulée Dragonville, 100 ans et deux continents séparent les deux héros, dont les histoires parallèles se répondent et se rejoignent.Et cette fois, c\u2019est une femme dragon qui incarne le merveilleux et la sensualité dans ce roman où se mêlent aventure et quête de soi.«J\u2019ai eu envie de plonger dans le mythe, la Chine clichée que j\u2019aime, avec de beaux hommes aux longs cheveux nattés, de l\u2019opium.» PHOTO IVANOH DEMERS, LA PRESSE Michèle Plomer partage sa vie entre la Chine et le Québec.PRIX UNIQUE POUR LE NUMÉRIQUE L\u2019Assemblée nationale française a décidé mardi d\u2019élargir la politique du prix unique au livre numérique.Le hic, pour les éditeurs et diffuseurs français : la loi ne s\u2019appliquera pas aux grandes plates-formes de diffusion établies à l\u2019étranger, comme Amazon.LIVRESQUEBECOIS.COM TRIPLE LA MISE Lancé il y a un an par les Librairies indépendantes du Québec, le site de livres numériques LivresQuebecois.com est en constante progression.En un an, on est passé de 1000 à 4000 titres, et les achats mensuels seraient 15 fois plus importants qu\u2019au début.Tendance lourde?LIRE DANS LE BUS Pendant 10 jours, les passagers des autobus de la Société de transport de l\u2019Outaouais peuvent bouquiner parmi les 500 livres mis gratuitement à leur disposition par une trentaine de maisons d\u2019édition à l\u2019occasion du Salon du livre de l\u2019Outaouais, qui se déroule du 24 au 27 février.On compte sur l\u2019honnêteté des lecteurs pour remettre les livres dans la boîte à la fin du trajet.LE « PLUSSE MEILLEUR» À l\u2019initiative de Pierre Leroy, un nouveau prix littéraire verra le jour en France cette année : Le Prix des prix littéraires, visant à récompenser le meilleur livre primé parmi les prix déjà existants (Goncourt, Médicis, Femina, etc).Non, ce n\u2019est pas une blague.Le but ?Déterminer quel est «vraiment » le roman de la rentrée.Prix Parasite, peut-être ?EN QUELQUES MOTS llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 18 A R T S E T S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 1 9 F É V R I E R 2 0 1 1 "]
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