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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
C. Arts et spectacles
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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La presse, 2011-03-05, Collections de BAnQ.

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[" ARTS ET SPECTACLES JOSÉLITO MICHAUD DANS SES YEUX À LUI PAGE 3 WEBTÉLÉ UNE TÉLÉ QUI SE CHERCHE PAGES 10 ET 11 www.cyberpresse.ca/arts DUMAS Retrouvez les chroniques d\u2019Hugo Dumas sur cyberpresse.ca/dumas BLOGUE Discutez musique avec Alain Brunet sur cyberpresse.ca/brunet PHOTO AFP LEMONTRÉALAISZOMBIEBOY DISQUES Consultez toutes nos critiques de disques sur cyberpresse.ca/critiquescd Juliette en direct Rick Genest, 25 ans, de Montréal, a le corps entièrement recouvert de tatouages qui lui donnent l\u2019air d\u2019un mort-vivant.D\u2019où son surnom: Zombie Boy.Depuis plusieurs années, Rick Genest fait du squeegee au centre-ville pour payer son tatoueur.Le mois dernier, notre Zombie Boy montréalais a été repéré par le styliste de Lady Gaga, qui l\u2019a inclus dans son dernier clip, Born This Way.Depuis, la vie de ce punk asocial a été transformée.UN PORTRAIT DE HUGODUMAS À LIRE EN PAGE 12.MONTRÉAL SAMEDI 5 MARS 2011 Une exposition organisée par le Musée royal de l\u2019Ontario, en partenariat avec le Bureau des reliques culturelles et le Centre de la promotion du patrimoine culturel de la province du Shaanxi, République populaire de Chine, en collaboration avec le Musée des beaux-arts de Montréal.De gauche à droite: Fantassin, officier de rang supérieur et cheval de cavalerie (détails), Dynastie des Qin, 221-206 av.J.-C.Musée de l\u2019Armée en terre cuite du Premier Empereur.Photos © Bureau des reliques culturelles de la province du Shaanxi et Centre de la promotion du patrimoine culturel du Shaanxi, République populaire de Chine, 2009 Une présentation de UnE OCCASiOn UniQUE DE lES vOiR DE PRèS DèS MAintEnAnt! billets sur empereurdechine.ca Grand donateur Gratuit pour les enfants de 12 ans et moins ! ARTS ET SPECTACLES PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE 16 4 6 9 20 5 14 HITLER ET LES ALLEMANDS Nathalie Petrowski a visité l\u2019exposition Hitler et les Allemands au Musée historique de Berlin.THOMAS FERSEN Thomas Fersen met en scène loups-garous, vampires, fantômes, squelettes et autres sympathiques personnages dans son nouvel album.ANGÈLE DUBEAU Avec John Adams, Angèle Dubeau réalise le plus audacieux projet de La Pietà.HAMLET Vingt ans après avoir revêtu le costume d\u2019Hamlet, Marc Béland dirige la célèbre pièce de Shakespeare avec 14 comédiens.SUGAR SAMMY De passage à Los Angeles, le Québécois Sugar Sammy s\u2019est produit dans les cabarets d\u2019humour de la ville.Avec succès, rapporte notre correspondant.VOIX D\u2019AMÉRIQUES D.Kimm.explique, en 10 invités d\u2019honneur, les voies prises par son événement au fil du temps.MARIE-JO THÉRIO En cinq mots-clés, l\u2019étonnante fille d\u2019Acadie relate la quête de son arrièregrand- tante Lydia Lee, partie à Boston\u2026 Thomas Fersen PHOTO TÔT OU TARD PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSE Marie-France Lambert, Benoit McGinnis et Marc Béland (à l\u2019arrière plan).PHOTO AP John Galliano Sugar Sammy PHOTO PÉNÉLOPE FORTIER, COLLABORATION SPÉCIALE llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 2 A R T S E T S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É A L SA M E D I 5 M A R S 2 0 1 1 UNE PRÉSENTATION DESHAKESPEARE / TRADUCTION JEAN MARC DALPÉ / MISE EN SCÈNEMARC BÉLAND BENOÎT McGINNIS ENTOURÉ DE FÉLIX BEAULIEU-DUCHESNEAU / ÉMILIE BIBEAU / FRÉDÉRIC BLANCHETTE / MATHIEU BOURGUET / JEAN-MARC DALPHOND / MARIE-FRANCE LAMBERT / PIERRE-ANTOINE LASNIER / JEAN MARCHAND / WIDEMIR NORMIL / ÈVE PRESSAULT / DAVID SAVARD / RICHARD THÉRIAULT / ALAIN ZOUVI conseiller dramaturgique PAUL LEFEBVRE / assistance à la mise en scène et régie GUILLAUME CYR / décor RICHARD LACROIX / costumes MÉRÉDITH CARON / éclairages MARTIN LABRECQUE / maître d\u2019armes JEAN-FRANÇOIS GAGNON / musique SILVIO PALMIERI / accessoires ALAIN JENKINS / maquillages ANGELO BARSETTI DÈS MARDI / 514.866.8668 / TNM.QC.CA en collaboration avec Elling d\u2019Axel Hellstenius et Petter Næss d\u2019après le roman d\u2019Ingvar Ambjørnsen nouvelle version de Simon Bent mise en scène de Monique Duceppe traduction de Michel Dumont Stéphane Bellavance Guy Jodoin Mireille Deyglun Donald Pilon Gabriel Sabourin concepteurs Marcel Dauphinais Daniel Fortin Kareen Houde Yves Labelle Christian Thomas Normand Blais Présentée avec l\u2019autorisation de Nordiska Aps Copenhague 16 février au 26 mars « Guy Jodoin donne vraiment une démonstration totale de son talent.» Je l\u2019ai vu à la radio, Première Chaîne « Guy Jodoin, quel sens du comique! Il est fantastique! » C\u2019est bien meilleur le matin, Première Chaîne « Jodoin est éclatant\u2026Bellavance ne manque pas non plus de nous faire rire\u2026 une oeuvre drôle et touchante\u2026» www.canoe.com « Elling a tout pour que le public offre à cette pièce une ovation qui dure.» La Grande Époque «\u2026la metteure en scène Monique Duceppe matérialise une charmante comédie abordant avec humour, sensibilité et humanité le sujet de la maladie mentale\u2026» lequatrieme.com ARTS ET SPECTACLES LECTURES PHOTO IVANOH DEMERS, LA PRESSE «La popularité est arrivée très tard dans ma vie.Et, sincèrement, je vais retourner dans l\u2019ombre bientôt, explique Josélito Michaud.J\u2019ai dit ce que j\u2019avais à dire.» CHANTAL GUY Quand Josélito Michaud a eu entre les mains un exemplaire de son livre, Dans mes yeux à moi, il a ressenti un apaisement qu\u2019il a peu connu dans sa vie.«La peur, ça faisait 40 ans que je vivais avec ça.C\u2019est une chose contre laquelle je devais me battre constamment.En tenant le livre, je me suis demandé: Comment ai-je fait pour vivre avec autant de peur?» La peur de quoi ?lu i demande-t-on.«De tout.» Josélito Michaud a beaucoup de points en commun avec Olivier, le héros de son récit, inspiré par son propre parcours, mais aussi celui d\u2019autres personnes qu\u2019il a rencontrées.Comme lui, il a vécu dans des familles d\u2019accueil avant de se fixer, sans jamais vraiment sentir d\u2019ancrage, en raison de ces bouleversements précoces.Comme lui, il rêvait au jour de ses 18 ans, qu\u2019il voyait comme le jour de sa délivrance.Autant dire que pour Josélito Michaud, l\u2019enfance n\u2019a rien d\u2019un paradis perdu et ne suscite en lui aucune nostalgie.«Pas du tout.Mais j\u2019ai eu, à une certaine époque, la mélancolie d\u2019une enfance idéalisée.Jusqu\u2019à ce que je lise une phrase de Flaubert qui dit tout : «On est incurable quand on chérit sa souffrance.» On a le choix dans une vie: on reste dans la souffrance ou on accepte qu\u2019elle ait existé.Moi, dans ce livre-là, je voulais seulement montrer l\u2019incompréhension et l\u2019impuissance des enfants devant les grandes personnes.» Lorsqu\u2019on lui parle d\u2019un personnage de son récit , un homme tyrannique et violent, qu\u2019on qualifie de méchant, il ne l\u2019excuse pas, mais veut le comprendre.Josélito Michaud semble toujours vouloir voir le meilleur côté des gens et des choses.«Mais ça ne veut pas dire que je suis complaisant, se défend-i l .Quand je dois poser des questions inconfortables, je les pose.Vous savez, la vie n\u2019a pas été facile pour moi.Si je vais vers le mauvais et le laid du monde, je meurs ici.Si je vois le bon du monde, peut-être que je vais vivre plus longtemps.C\u2019est un choix que j\u2019ai fait, ça ne veut pas dire que les nuages sont plus blancs à gauche ou à droite, je ne suis pas dans le déni.C\u2019est cela, pour moi, ne pas chérir sa souffrance.» Ce qui n\u2019a pas été facile.Pendant l\u2019écriture de son livre, Josélito Michaud a développé pour la première fois des allergies alimentaires.Des tests sur 277 aliments ont démontré qu\u2019il était allergique à la farine, au lait, à la vanille et aux oeufs.Or, il s\u2019agit précisément des ingrédients du pouding chômeur, qui a une certaine importance dans son roman.Qu\u2019est-ce que ça veut dire, selon lui?«Qu\u2019il ne faut plus que je me réconforte dans le pouding chômeur », lance-t-il en éclatant de rire.Rencontrer la femme Malgré tout ce qui jouait contre lui au départ, on ne peut pas dire que Josélito Michaud a mal tourné.Il est aujourd\u2019hui un père et un époux heureux, qui connaît une carrière florissante.L\u2019errance vécue dans son enfance aurait pu le rendre plus instable.«Je l\u2019ai été jusqu\u2019à ce que je rencontre cette femme exceptionnelle qu\u2019est Véronique Béliveau.Quand Véronique Béliveau débarque dans ta vie, arrangetoi pour être au rendez-vous.C\u2019est quelque de grand, de très humain, et sa nature t\u2019oblige à régler assez vite tes affaires.» Ils ont adopté deux enfants.Après une fausse couche de son amoureuse qui a été vécue comme un grand deuil par Josélito.Ayant été lui-même un enfant adopté, il reconnaît certains traits communs chez les siens.«Un enfant adopté n\u2019est pas un enfant comme les autres, dit-il sans hésiter.Ni mieux ni pire, mais il n\u2019est pas comme les autres.Les mots «je t\u2019aime» ont intérêt à se dire souvent dans cette maison.Les peurs nocturnes.Le matin, on se raconte nos rêves.C\u2019est souvent relié au fait d\u2019être abandonné.Véronique et moi, on évite de se chicaner devant les enfants, car ils pensent tout de suite à une séparation, donc, à un abandon.» Josélito Michaud a rencontré sa mère biologique sans toutefois poursuivre de façon assidue une relation.«J\u2019avais besoin de réponses, mais pour moi, ma mère sera toujours celle qui m\u2019a élevée», résume-t-il.Quant à son père biologique, il est mort peu de temps après avoir appris que son fils avait été mis en adoption.«Il a beaucoup pleuré quand il a appris qu\u2019on m\u2019avait abandonné.Il a eu un arrêt cardiaque.C\u2019est une mort symbolique qui est pour moi exceptionnelle à vivre.De savoir que j\u2019ai pu être aimé à ce point, peut-être\u2026» Prendre le train avec Josélito Josélito Michaud avait tellement d\u2019aversion pour le deuil \u2013 tous les deuils, sous toutes les formes \u2013 qu\u2019il a pris son mal à bras-le-corps et l\u2019a transformé en succès.Qui aurait cru que Passages obligés, dans lequel plusieurs personnes, dont des vedettes, se confient sur leur expérience de la perte, allait se vendre à plus de 90 000 exemplaires?Et pourquoi la formule de l\u2019émission On prend toujours un train rencontre-telle un public aussi fidèle?Parce qu\u2019il travaille fort, Josélito Michaud.Pas seulement pour lui, mais pour les autres \u2013 il n\u2019a pas été manager pour rien.On prend toujours un train, c\u2019est son concept.Il prépare ses entrevues de façon maniaque.Il monte l\u2019émission chez lui, sans intermédiaire, pour être sûr de livrer le «meilleur de ce (qu\u2019il peut) donner».En entrevue, il est pareil.Celle-ci aura duré trois heures, et on a rarement rencontré quelqu\u2019un d\u2019aussi ouvert et généreux.C\u2019est que Josélito Michaud a la même exigence envers luimême qu\u2019envers ses invités, à qui il demande beaucoup dans son train.«Mon but n\u2019est pas de faire pleurer mes invités, mais de parler de ce qu\u2019ils ont ressenti, explique-t-il.De sortir les vraies affaires.Mon job n\u2019est pas d\u2019épancher ma peine à la télé, mais de leur donner la parole.Et ma responsabilité face à ceux qui montent dans mon train, c\u2019est d\u2019être sincère.» Peu de gens semblent lui résister.Aurestaurant L\u2019Express où nous l\u2019avons rencontré, toutes les personnalités viennent le rencontrer.Denise Filiatrault, entre autres, qui l\u2019embrasse chaleureusement.« Tu vois, dit-il ensuite, Denise m\u2019a bien fait comprendre qu\u2019elle ne veut rien savoir de monter dans mon train et c\u2019est correct comme ça.» Pour qu\u2019il y ait échange, il faut qu\u2019il y ait consentement et il le comprend.Une seule fois a-t-il refusé de diffuser une entrevue, parce que l\u2019invitée n\u2019avait pas compris ce contrat.«Les vedettes, malgré leur sincérité, ont toujours quelque chose à défendre, mais surtout à protéger.C\u2019est pourquoi il est important pour moi de faire des entrevues aussi avec des gens qui ne sont pas connus.» Enfin, qui aurait cru que ce gars de l\u2019ombre, ancien agent d\u2019Isabelle Boulay, allait devenir lui-même une vedette ?«La popularité est arrivée très tard dans ma vie, dit-il.Mais je n\u2019ai pas quitté l\u2019ombre pour la lumière.Et, sincèrement, je vais retourner dans l\u2019ombre bientôt.Je ne veux pas qu\u2019on me voie trop.Et j\u2019ai dit ce que j\u2019avais à dire.En ondes, j\u2019ai abordé tous les aspects du deuil.C\u2019est illimité, je pourrais faire 20 saisons du Train.Mais je n\u2019en ferai pas plus de cinq.» S\u2019il n\u2019a pas quitté l\u2019ombre pour la lumière, il aura cependant toujours choisi le sentier le plus lumineux, côté soleil plutôt que côté nuit, le beau plutôt que le laid, le bon plutôt que le mauvais\u2026 Car dans ses yeux à lui, tout est dans le regard qu\u2019on porte sur le monde.Dans mes yeux à moi Josélito Michaud Libre Expression, 275 pages JOSÉLITO MICHAUD LE MONDE DANS SES YEUX Après l\u2019immense popularité de Passages obligés, son recueil d\u2019entretiens sur le deuil, Josélito Michaud passe à l\u2019autobiographie romancée pour creuser encore plus loin les origines de la souffrance, qu\u2019on ne trouve nulle part ailleurs que dans l\u2019enfance.Mais Dans mes yeux à moi est aussi une histoire de survie.Rencontre avec le plus généreux des intervieweurs.«Vous savez, la vie n\u2019a pas été facile pourmoi.Si je vais vers le mauvais et le laid dumonde, je meurs ici.Si je vois le bon du monde, peut-être que je vais vivre plus longtemps.» llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 5 M A R S 2 0 1 1 A R T S E T S P E C T A C L E S 3 reseauscenes.com KEVIN PARENT PATRICK WATSON LE BRUIT DES OS QUI CRAQUENT LONGUEUIL 11 mars \u2022450 670.1616 SAINTE-THÉRÈSE 21 avril \u2022450 434.4006 SAINT-JEAN-SUR-RICHELIEU 29 et 30 avril \u20221 888 443.3949 SALABERRY-DE-VALLEYFIELD 7 mai \u20221 800 842.5794 SALABERRYDE- VALLEYFIELD 11 mars \u20221 800 842.5794 SOREL-TRACY 1er avril \u2022450 780.1118 LONGUEUIL 24 mars \u2022450 670.1616 SAINT-JEAN-SUR-RICHELIEU 25 mars \u20221 888 443.3949 SAINTE-THÉRÈSE 26 mars \u2022450 434.4006 SALABERRY-DE-VALLEYFIELD 1er avril \u20221 800 842.5794 Réseau Scènes près de chez vous Salles de spectacle SAINTE-GENEVIÈVE 22 mars \u2022514 626.1616 LONGUEUIL 21 et 22 avril \u2022450 670.1616 LES PRODUCTIONS J.-B.HÉBERT LE CARROUSEL et al.THÉRÈSE ET PIERRETTE À L\u2019ÉCOLE DES SAINTS-ANGES COMPLET COMPLET COMPLET ARTS ET SPECTACLES MUSIQUE On a tous un « mononcle », une « matante », une parenté exilée aux États-Unis pour y trouver un emploi, une autre vie.À partir de ce thème universel de l\u2019émigration et de l\u2019exil, Marie-Jo Thério a conçu un album très personnel, un objet fascinant, Chasing Lydie, lancé mardi dernier en vinyle (en CD mardi prochain).En cinq mots-clés, l\u2019étonnante fille d\u2019Acadie relate la quête de son arrière-grand-tante Lydia Lee, partie à Boston\u2026 MARIE-CHRISTINE BLAIS 1.TOURNE-DISQUE « L\u2019idée du vinyle n\u2019est pas de moi : elle est de Jim Corcoran.Je lui ai fait écouter l\u2019album, et il m\u2019a dit qu\u2019il y avait une seule façon de présenter ce projet, et c\u2019était par le vinyle d\u2019abord.Pour l\u2019écouter comme on écoute un film : de façon linéaire, avec attention.Avec un vinyle, il faut s\u2019arrêter, mettre ou tourner le disque, poser l\u2019aiguille sur le premier sillon, faire attention.C\u2019est le contraire de ce qu\u2019on vit, alors qu\u2019on a toujours le pouvoir de pitonner pour passer à autre chose.Chasing Lydie en vinyle, c\u2019est pour écouter un disque comme j\u2019ai pu écouter un 78 tours avec la voix de mon arrièregrand- tante\u2026 Ce projet, ça fait 10 ans que j\u2019y travaille.Ma mère me parle de ma parenté partie aux États-Unis depuis que je suis toute petite.De mon arrière-grand-tante Lydia Lee qui chantait et dansait, de cette espèce de fruit défendu qui vivait ailleurs, loin, autrement.Mon grand-père Franck est le seul des Leblanc émigrés qui est revenu en Acadie.J\u2019avais besoin d\u2019en savoir plus, même si, finalement, je ne suis pas plus éclairée que quand j\u2019étais petite! Mais c\u2019est devenu un double CD, présenté d\u2019abord comme un double vinyle (offert en quantité limitée).» 2.ARTHUR CHAPMAN «J\u2019ai trouvé le poème d\u2019Arthur Chapman, Out Where The West Begins (publié en 1917), pendant mes recherches.C\u2019est un poète américain, on le décrit même comme un «American cowboy poet ».Son texte parle de l\u2019Ouest poétique, je trouvais qu\u2019il fallait que je le récite au début du disque, mêlé avec les voix de ma parenté américaine.Depuis 10 ans, c\u2019est ce que je fais, chercher ceux qui sont partis vers un Ouest mythique, où tout serait plus grand, mieux, autrement.J\u2019ai été à New York, à Boston, à Waltham (à 16 km de Boston) où mon arrière-grandtante Lydia s\u2019est installée avec ses frères et soeurs, à la fin des années 20.Finalement, ils ont pas mal tous travaillé à la Waltham Watch (entreprise de montres).J\u2019ai trouvé des traces, des photos, des cassettes, un disque même où on entend la voix de Lydia.Quand j\u2019ai rencontré ma parenté de Boston, je me suis rendu compte que Waltham Mass., ça ressemble pas mal au Moncton de mon enfance.Je les ai interviewés et enregistrés.Mon cousin Bruce est de la même génération que moi: celle qui veut comprendre ce qui est arrivé.Pour la première génération, c\u2019était trop dur, pour la deuxième, c\u2019était tabou.L\u2019album, c\u2019est comme un frottement entre toutes ces archives et mes chansons.J\u2019ai créé une Lydie imaginaire à partir de la vraie Lydia Lee.Quand j\u2019ai terminé le disque, je suis allée leur faire écouter, à Waltham, et j\u2019ai vu mon arrière-grand-oncle Désiré, 104 ans, le mari de Lydie, qui écoutait la voix de sa femme.Il ne savait pas que ce 78 tours existait\u2026» 3.SOULIERS À CLAQUETTES Mon arrière-grand-tante était artiste, c\u2019était son métier.Elle était chanteuse, pas une chanteuse connue, elle chantait dans les bars, les clubs.Elle dansait aussi, comme tous les artistes à l\u2019époque, mais c\u2019était surtout son grand frère Eddy qui était danseur à claquettes, seulement il est mort très jeune.Évidemment, toute ma famille savait faire le step dancing puisqu\u2019il venait du Nouveau-Brunswick! Mais pas le tap dancing, ils ont appris là-bas, comme ils ont appris l\u2019anglais.J\u2019ai imaginé des souliers, des souliers rouges, comme ceux de Dorothée (dans le film The Wizard of Oz), des souliers qui permettent de revenir à la maison, c\u2019est pour ça qu\u2019on entend de la danse à claquettes, parfois, sur le disque.Pour faire l\u2019album, j\u2019ai plongé dans une culture qui ne nous a pas été inculquée.J\u2019ai composé une ouverture musicale à la Broadway, j\u2019ai écrit des chansons à la manière de Judy Garland, des Andrew Sisters.C\u2019est vrai qu\u2019il y a un effet miroir dans ce disque, qu\u2019il y a une lignée entre Lydie, ma mère Jany et moi.Il y a un petit trémolo dans ma voix, pas super « hip » : c\u2019est le trémolo de Lydie, passé dans la voix de ma mère, puis dans la mienne\u2026» 4.BOSTON C\u2019est un paradoxe de la psyché canadienne- française, de penser que ma famille, qui habitait dans un petit village de la résistance acadienne, Memramcook, est partie en pensant trouver le salut dans la ville de Boston (où ont été déportés une grande partie des Acadiens en 1755).Il y a juste ma vieille tante Ana, qu\u2019on entend sur le disque dire « j\u2019avais toutes sortes de fruits sur la ferme », qui parlait encore français, quand je l\u2019ai rencontrée, en 2005.Elle est morte en 2006, à l\u2019âge de 100 ans.C\u2019est drôle de penser que mon grand-père est le seul qui soit revenu en Acadie, mais que ma mère est la seule à avoir quitté son village, Béliveau Village, pour aller à la ville.Mais la ville qu\u2019elle a choisie, elle, c\u2019était pas aux États : c\u2019était Québec.» 5.NOIX DE COCO\u2026 ET NEIGE Le Cocoanut Grove, c\u2019était un club célèbre à Boston.C\u2019est pour ça que je parle de noix de coco, de canne à sucre aussi, comme on en parlait dans les chansons à l\u2019époque.Il est aussi beaucoup question de la neige, du froid.Toute cette diaspora canadienne-française fuyait le froid, la faim, et se retrouvait dans des villes froides.L\u2019album est en anglais, ça ne pouvait pas être autrement\u2026 Petite, ma mère m\u2019emmenait manifester pour le fait français, on ne trouvait pas ça chouette, être bilingue.Mais c\u2019était impossible de faire un disque sur le rêve américain autrement que comme ma famille l\u2019a vécu.Dans le livret, il y a des photos, des extraits de lettres, des conversations, j\u2019avais besoin de dire que tout ça émergeait de quelque chose de réel, de concret\u2026 Quand je chante Don\u2019t Stop The Music Now, c\u2019est vrai que j\u2019ai une autre voix.C\u2019est la chanson qui a remué le plus ma parenté de Waltham, ils disent que c\u2019est très Lydia Lee\u2026 Marie-Jo Thério Chasing Lydie Dare To Care En CD à compter de mardi, en vinyle depuis le 1er mars.MARIE-JO THÉRIO Ma tante des «Zétats » PHOTO ROBERT SKINNER.LA PRESSE Arthur Chapman llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 4 A R T S E T S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 5 M A R S 2 0 1 1 ARTS ET SPECTACLES John Galliano n\u2019est pas le seul à être tombé à cause d\u2019Hitler cette semaine.Au moment où le designer de Dior était interrogé dans un commissariat de Lille pour ses propos antisémites, à Berlin, un jeune Québécois de 30 ans était arrêté à son tour.Planté devant le Reichstag, l\u2019innocent venait de demander à sa copine de le prendre en photo pendant qu\u2019il faisait le salut hitlérien.Dans le temps que ça prend pour crier achtung, les flics avaient saisi l\u2019appareil photo, confisqué sa carte mémoire et menotté l\u2019imbécile avant de l\u2019amener au poste le plus proche.En Allemagne, comme en France, s\u2019afficher avec des symboles ou en faisant des gestes nazis est considéré comme un crime grave, passible de six mois de prison.Galliano en sait quelque chose.Après qu\u2019une vidéo où il déclarait adorer Hitler a été mise en ligne, il a été viré de chez Dior et il doit maintenant faire face à la justice française.Mercredi, il a présenté des excuses publiques avant de partir en cure de désintox.Le jeune Québécois s\u2019en est mieux tiré, écopant seulement d\u2019un avertissement, d\u2019une amende et de la certitude qu\u2019on ne badine pas avec Hitler.En effet.Soixante-six ans après la découverte du cadavre calciné du Führer dans les ruines du IIIe Reich, Hitler demeure une plaie vive dans l\u2019inconscient collectif allemand et une tache honteuse dans l \u2019histoi re du pays.Malgré cela, en octobre dernier, le Musée historique allemand de Berlin a décidé de confronter les démons du passé en présentant une exposition exhaustive sous le titre Hitler et les Allemands.Il y a bien entendu eu des cris, des protestations et des reproches des médias allemands accusant les conservateurs d\u2019avoir tablé sur la fascination plutôt que sur l\u2019analyse et la compréhension.Mais l\u2019expo a tellement bien marché auprès du grand public qu\u2019elle a été prolongée de trois semaines, enregistrant au total 250000 entrées en quatre mois.Par un petit mercredi frileux de février, alors que j\u2019étais à Berlin pour le Festival du film, je suis allée faire un tour.Il était 15h et je m\u2019attendais à me retrouver seule parmi les croix gammées au milieu d\u2019un musée silencieux et vide.Surprise ! Il y avait foule dans chacune des huit salles : des jeunes, des moins jeunes, des Allemands, pour la plupart, venus affronter le passé et peut-être exorciser le grand démon.Ne comprenant pas l\u2019allemand, je n\u2019ai pas été en mesure de lire tous les panneaux explicatifs détaillant les photos, les lettres, les documents, les affiches et les objets.Mais j\u2019ai pu saisir l\u2019essentiel, qui se résume en un mot : propagande \u2013 et son pendant moderne, marketing.Bien sûr, on ne peut expliquer Hitler et le nazisme que par le marketing.Pour que la terrible machine nazie existe, il fallait un terreau fertile que la crise économique, un climat politique pourri, une inégalité criante entre les classes sociales et un désespoi r ambiant ont fourni.Mais Hitler n\u2019est pas devenu un monstre tout seul.Il a eu besoin d\u2019encouragement, de cautions et de financement, carburants qu\u2019il a trouvés auprès des dames de la bonne société allemande qui l\u2019ont appuyé, financé, cajolé, sorti de la taverne et introduit dans les salons bourgeois afin de le rendre socialement acceptable.Une fois ce travail accompli, ne restait plus qu\u2019à lancer la terrifiante campagne de manipulation.Des millions d\u2019uniformes nazis ont été fabriqués et distribués gratuitement à quiconque adhérait au parti, sans égards à la classe sociale.Les villes ont été tapissées d\u2019affiches et de bannières où clignotaient des croix gammées.Toutes les écoles du pays devaient afficher des photos du Führer.Sur les places publiques et à l\u2019entrée des édifices, ses bustes en bronze se reproduisaient à l\u2019infini.Dans les magasins, cartes, jeux, jouets, tabliers et boutons de manchette arboraient fièrement le sigle nazi.Le nazisme n\u2019était pas qu\u2019un mouvement, qu\u2019une idéologie, qu\u2019une folie totalitaire, qu\u2019une machine à détruire.C\u2019était aussi une marque : la plus terrifiante de l\u2019Histoire.On ne doit jamais badiner avec elle ni avec le monstre qui l\u2019a créée.S Pour joindre notre chroniqueuse : petrows@lapresse.ca On ne badine pas avec Hitler NATHALIE PETROWSKI CHRONIQUE Soixante-six ans après la découverte du cadavre calciné du Führer dans les ruines du IIIe Reich, Hitler demeure une plaie vive dans l\u2019inconscient collectif allemand et une tache honteuse dans l\u2019histoire du pays.PHOTO MICHEL EULER, ASSOCIATED PRESS Le couturier John Galliano sera jugé par le tribunal correctionnel de Paris pour injures raciales à la suite des accusations d\u2019un couple qui affirme que le styliste a tenu des propos antisémites dans un bar de la capitale, la semaine dernière.llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 5 M A R S 2 0 1 1 A R T S E T S P E C T A C L E S 5 hôtel officiel Métropolis 1 855 790-1245 \u2013 admission.com - ticketmaster.ca Club Soda 514 286-1010 \u2013 clubsoda.ca Billetterie montrealjazzfest.com De la musique pour tous les goûts ! Acoustic Africa samedi5mars, 20h\u2013Club Soda Ce soir ! Oliver Mtukudzi, Habib Koite, et Afel Bocoum Yael Naim samedi7mai, 20h\u2013Métropolis samedi 9 avril, 20h\u2013Métropolis Formule cabaret Johnny Clegg Salif Keita vendredi 15 avril, 20h Métropolis jeudi 7 avril, 20h Métropolis Buddy Guy Première partie : Steve Rowe L\u2019 interprète féminine aux Victoires de la musique 2011 ! La légende malienne ! Nouvel album Human Nouvel album Living Proof ARTS ET SPECTACLES MUSIQUE Après avoir fait vivre des objets et donné la parole à des animaux, Thomas Fersen met en scène loups-garous, vampires, fantômes, squelettes, momies et autres sympathiques personnages dans son nouvel album Je suis au paradis.Conversation avec un artiste de la chanson au regard toujours un peu décalé.ALAIN DE REPENTIGNY Thomas Fersen trouvait que son album précédent, Trois petits tours, était un peu trop sec, trop «tricoté serré» sur le plan de la thématique.Le chanteur français a eu le goût d\u2019aller voir ailleurs tout en étant conscient du risque «d\u2019aller un peu partout sans aller nulle part.» Le voici donc de retour avec un album qui étonnera même les plus fervents de ses admirateurs : Je suis au paradis est un disque au romantisme noir peuplé de personnages mythiques sur un fond musical nourri par les cordes qui s\u2019apparente même par moments à la musique ancienne.Fersen ne s\u2019en cache pas : il a toujours été attiré par les personnages marginaux : « Je suis moi-même un petit peu décalé par rapport à la chanson, toujours un peu insaisissable.Un jour, quelqu\u2019un m\u2019a appelé La Barbe Bleue.Ça m\u2019a beaucoup plu et c\u2019est pour ça d\u2019ailleurs que j\u2019en ai fait une chanson.» Le romantisme, constate-il encore, refait régulièrement surface selon les époques : «C\u2019est souvent un réflexe de fuite par rapport à un quotidien qui est morne et pas intéressant.Le fantôme, la momie, le balafré, c\u2019est des grands romantiques.Le balafré est un personnage tellement sensible que pour jouer de la scie musicale, il préfère fermer les yeux.C\u2019est pas recommandé quand on joue de la scie.» La chanson Dracula, qui lance le disque, a été inspirée à Fersen par son inséparable ukulélé qu\u2019il remise dans son coffre après un spectacle comme un vampire regagnerait son cercueil.«Ça m\u2019a amené cette ambiance romantique qui est la teinte de ce disque, racontet- il.Dans la foulée de Dracula, j\u2019ai fait cinq chansons en six semaines, ce qui est très rare chez moi.Tout de suite, j\u2019ai eu la couleur.Je savais au départ que je ferais des chansons plus mélodieuses, plus harmonieuses, un peu plus pop que sur l\u2019album précédent.Je savais aussi que je les composerais au piano et j\u2019ai beaucoup travaillé sur les harmonies des chansons en essayant de les enrichir.» Un petit coup de fouet Fersen a chanté trois chansons de ce nouvel album aux FrancoFolies l\u2019an dernier et une autre, fort jolie, intitulée Billy the Kid qu\u2019il joue toujours en concert, mais qui n\u2019a pas trouvé sa place dans Je suis au paradis.Pourtant, l\u2019univers du héros western est assez proche d\u2019une autre chanson du nouvel album intitulée Mathieu, qui lui a été inspirée par une affiche annonçant un spectacle de striptease burlesque au Barrymore\u2019s d\u2019Ottawa, il y a sept ans.Fersen raconte : « J\u2019ai eu l\u2019idée d\u2019une chanteuse européenne qui fait un numéro dans un saloon à l\u2019époque du Far West : elle est à moitié nue et elle chante des chansons sentimentales devant une bande de brutes qui savent parler aux animaux, attaquer les banques et piller des trains, mais qui sont incapables de s\u2019exprimer avec une personne du sexe opposé.Je l\u2019ai appelée Mireille et je me suis dit : tiens, c\u2019est marrant, on pourrait dire que son mari s\u2019appelle Mathieu, ça ferait un petit clin d\u2019oeil à notre chanson hexagonale n\u2019est-ce pas?Et puis, elle a un point commun avec les autres personnages : les femmes font parfois souffrir plus que les vampires et les Barbe Bleue.» Fersen fait une pause et ajoute, coquin : «Ça ne vous convient pas comme réponse?» Puis il pouffe de rire.Avec son rock alimenté par la guitare fuzzée du copain québécois Fred Fortin, Mathieu se démarque du ton d\u2019ensemble de l\u2019album, plus intemporel, aux musiques feutrées.«Au milieu de l\u2019album, il faut souvent redonner un petit coup de fouet : Mathieu joue ce rôle-là», explique Fersen.Fortin, qui avait d\u2019ailleurs réalisé Trois petits tours, contribue à quatre chansons du nouvel album.Fersen aime que ses textes fantaisistes constrastent avec des musiques sérieuses.« J\u2019aime bien quand ça frotte un petit peu, oui », reconnaît-il.Mais son humour particulier est absent sur au moins deux chansons : L\u2019enfant sorcière et Une autre femme dans laquelle on découvre que le crâne d\u2019une momie égyptienne est en fait celui de Madame Lucienne, une concierge née à Clamart : «C\u2019est quelque chose que je fais rarement parce que c\u2019est difficile, peut-être un petit peu avec la chanson Maudie dans l\u2019album Le pavillon des fous, mais c\u2019est tout.Et là, c\u2019est plus abouti.» Pour la scène, Fersen a recruté, en plus de ses complices habituels Sangra, Barcelona et Cravero, une musicienne qui joue du pipeau et du violon.«On joue toutes les chansons de l\u2019album, plus Billy the Kid et deux chansons inédites ainsi qu\u2019une dizaine de chansons du répertoire plus ancien qui étaient déjà dans cette veine: Monsieur, Pégase, La chauve-souris, etc.» Ce spectacle a le temps de se transformer d\u2019ici à ce que Fersen et sa bande se produisent place d\u2019Youville le 17 juillet, soirée de clôture du Festival d\u2019été de Québec.On ne verra pas Fersen à Montréal avant la mi-septembre, sinon en janvier 2012, même si le principal intéressé trouve que ce serait un peu tard.THOMAS FERSEN Le paradis des marginaux PHOTO FOURNIE PAR TÔT OU TARD Thomas Fersen aime que ses textes fantaisistes constrastent avec des musiques sérieuses.Femmes du monde au Centre Segal En collaboration avec le Festival Séfarad , le Centre Segal est l\u2019instigateur d\u2019une série de trois spectacles acoustiques intimes intitulée Femmes du monde.C\u2019est Anastasia Friedman (ancienne chanteuse du groupe Sky, qui a sorti un album solo folk il y a deux ans) qui ouvrira le bal le 17 mars, avec Yaël Bensoussan en première partie.Se produiront ensuite : Lynda Thalie, le 14 avril, et Bia, le 26 mai.«Cette série veut mettre en lumière le talent, la culture et le métissage de ces femmes venues d\u2019ailleurs et bien encrées ici dans notre Québec », indique le Centre Segal.Plus d\u2019infos au www.segalcentre.org.Nouvel album du Sam Roberts Band: 10 mai Le Sam Roberts Band a annoncé que son nouvel album, Collider, sortira le 10 mai.Le premier extrait, I Feel You, sera disponible sur iTunes à partir du 8 mars.C\u2019est Brian Deck (Modest Mouse, Iron and Wine) qui a réalisé l\u2019album.La première plage du disque, intitulée The Last Crusade, a des airs afro-funk, alors qu\u2019Elizabeth Powell de Land of Talk prête sa voix sur Longitude.D\u2019autres chansons ont pour titres Twist The Knife, Let It In et Sans froid.Collider est le quatrième album du Montréalais Sam Roberts.Il sortira presque trois ans après Love at the End of the World.\u2013 Émilie Côté FLASHES CHANSON THOMAS FERSEN JE SUIS AU PARADIS/ TÔT OU TARD EN MAGASINMARDI «Je suis moi-même un petit peu décalé par rapport à la chanson, toujours un peu insaisissable.Un jour, quelqu\u2019un m\u2019a appelé La Barbe Bleue.Ça m\u2019a beaucoup plu et c\u2019est pour ça d\u2019ailleurs que j\u2019en ai fait une chanson.» llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 6 A R T S E T S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 5 M A R S 2 0 1 1 À Pour toute la programmation, consultez : sallelastral.ca Billets: 305, rue Sainte-Catherine Ouest 1 855 790-1245 \u2022 admission.com \u2022 ticketmaster.ca Brandi Disterheft mardi 29 mars, 20h L\u2019Astral Shad vendredi 1er avril, 20h L\u2019Astral «Undes plus grands albums de hip-hop canadien de tous les temps » -Exclaim Charlie Hunter jeudi 21 avril, 20h L\u2019Astral Virtuose de la 7cordes ! Le virtuose de la 7cordes ! The Dave Liebman Group mercredi 18 mai, 20h L\u2019Astral Gaëtan Roussel samedi 16 avril, 20h L\u2019Astral Gagnant aux Victoires de la musique :Artiste masculin de l\u2019année,Album rock et Album de l\u2019année ! Femi Kuti mercredi 20 avril, 20h L\u2019Astral &The Positive Force Première partie: The Power Dam Initiative Le fils de la légende de l\u2019afrobeat Fela Kuti ! Maurane lundi 11 et mardi 12 avril, 20h \u2013 L\u2019Astral Première partie: Sophie Beaudet La Belgeausurprenant sens du swing Bruce Cockburn mercredi 13 et jeudi 14 avril, 20h \u2013 L\u2019Astral Première partie: Jenny Scheinman 30e album! Bryan Lee mercredi 6 avril, 20h L\u2019Astral MeRCReDi BLueS Guy Bélanger samedi 2 avril, 20h L\u2019Astral Supplémentaire Calendrier des activités en collaboration avec ARTS ET SPECTACLES MUSIQUE PHILIPPE RENAUD COLLABORATION SPÉCIALE Un bel objet que cette intégrale.La troisième, après De Gainsbourg à Gainsbarre (9 CD, 1989) et Gainsbourg.Forever (19 CD, 2001).Elle pèse lourd, à l\u2019image de l\u2019héritage laissé par l\u2019artiste.Gainsbourg est présenté comme un gros livre, 30 cm sur 30 m, de format semblable à celui de l\u2019intégrale de 27 CD de Bashung parue il y a deux ans.Les 20 CD sont disposés, quatre à la fois, sur des pages de carton ; sont incluses des photos papier glacé de même format que le livre, et un livre d\u2019une soixantaine de pages contenant une biographie.Puis, la musique.L\u2019oeuvre complète, agrémentée de trouvailles.De vrais inédits: Comme un boomerang, duo avec Dani, lequel enregistrement se trouve aussi sur le double album en magasin bientôt.D\u2019autres?Les papiers qui collent aux bonbons, de l\u2019époque Vu de l\u2019extérieur (1973).L\u2019escroc, chanson destinée à un film, glissée sur le 19e disque, Gainsbourg Cinéma.Les fanas plongeront avec joie dans le fabuleux 18e disque, Archives télé/radio \u2013 1957 à 1974.Du joli, du nouveau sur CD: sa première création de La Javanaise en 1962, l\u2019inédite La cigale et la fourmi (1961), le pianiste interprétant Chopin (Valse de l\u2019adieu, 1962).Et tant qu\u2019à chercher la rareté, nous retournerons écouter les albums Initials B.B., Vu de l\u2019extérieur, et Aux armes et caetera, les plus généreux en versions alternatives.Gainsbourg de l\u2019ombre La légende a laissé une pelletée de classiques de la chanson française, de premiers albums indémodables \u2013 le jazzé Confidentiel (1963) et Gainsbourg percussions (1964) \u2013, et ses incontournables disques- concepts, L\u2019homme à la tête de chou (1976) et surtout Histoire de Melody Nelson (1971), célébré jusque dans le monde anglophone.Et les autres, ces disques dans l\u2019ombre de la légende?Voyons-y.Vaguement conceptuel, Vu de l\u2019extérieur est un fantastique et touchant album malgré ses écarts de langage pipi-cacapoil.On oublie les classiques qu\u2019il recèle, Je suis venu te dire que je m\u2019en vais, Sensuelle et sans suite, Vu de l\u2019extérieur et la méconnue Par hasard et pas rasé.À redécouvrir d\u2019urgence.Le suivant, Rock Around the Bunker (1976), est une provocation qui souffle le chaud et le froid.Loufoque et inquiétant à la fois, Gainsbourg tourne en dérision le nazisme, un trait qui avait été mal compris (et très mal accueilli) à sa sortie.De plus, le pastiche de vieux rock\u2019n\u2019roll tient moins bien la route \u2013 c\u2019est sans doute un des disques les moins rigoureux, musicalement parlant.Passé la bénéfique époque reggae, on plonge dans le Gainsbarre des années 80.Ses deux derniers disques : Love on the Beat (1984) et You\u2019re Under Arrest (1987).Les textes du dernier, de facture funk à la Prince, sont dans l\u2019ensemble plus intéressants \u2013 encore un concept , cette fois du vieux cochon pourchassant Samantha dans le Bronx \u2013, mais Love on the Beat est nettement meilleur.Avec le retour en force des sonorités new wave dans la pop contemporaine, on réécoute Love on the Beat avec curiosité.Certes, les propos y sont pornographiques (la chanson titre, la « scandaleuse » Lemon Incest), mais la production électro-pop, étonnamment juste, rend la voix de Gainsbourg encore plus sulfureuse.On s\u2019étonne de constater à quel point cet album a bien vieilli.Enfin, si Gainsbourg a toujours passé pour meilleur mélodiste qu\u2019arrangeur, l\u2019écoute de son oeuvre pour le cinéma, surtout ses compositions instrumentales, est très instructive; on y repère beaucoup d\u2019idées musicales qui serviront plus tard à pondre ses succès.L\u2019INTÉGRALE 20e ANNIVERSAIRE Tout Gainsbourg PHOTO DENIS COURVILLE, ARCHIVES LA PRESSE Serge Gainsbourg, photographié par La Presse, le 5 février 1986.Il y a 20 ans déjà, un 2 mars, qu\u2019à l\u2019âge de 62 ans, Serge Gainsbourg s\u2019en est allé fumer ses havanes avec vous savez qui.Après cette semaine de commémorations, voici, en édition limitée de 9000 exemplaires, une nouvelle intégrale comprenant 22 enregistrements (ou versions) inédits.L\u2019occasion de jeter un regard sur l\u2019oeuvre moins connue du prolifique et influent auteur, compositeur et interprète.Tous les jours dans CHANSON GAINSBOURG INTÉGRALE 20eANNIVERSAIRE MERCURY EN MAGASIN MARDI llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 5 M A R S 2 0 1 1 A R T S E T S P E C T A C L E S 7 admission.com BROSSARD 13 et 14 avril 20, 21, 22 et 23 juillet L\u2019Étoile Banque Nationale,450.676.1030 LAVA L 21 et 22 avril ThéâtreMarcellin-Champagnat, 450.661.4862 |1877.661.4862 PLAC Edes ARTS 15 et 16 avril ThéâtreMaisonneuve, 514.842.2112 Photographie : julienfaugere.com GUY LAFORCE PRÉSENTE TOUTES LES DATES daniellemire.com MÉTROPOLIS 1 855 790-1245 admission.com ticketmaster.ca L\u2019ASTRAL LA MAISON DU FESTIVAL RIO TINTO ALCAN 1 855 790-1245 \u2022 admission.com ticketmaster.ca PLACE DES ARTS 514 842-2112 1 866 842-2112 laplacedesarts.com CLUB SODA 514 286-1010 clubsoda.ca BILLETTERIE FRANCOFOLIES.COM LES FRANCOS DÉJÀ EN TÊTE ! 9 AU 18 JUIN 2011 BILLETS EN VENTE AUJOURD\u2019HUI ÀMIDI 23e ÉDITION POUR TOUT CONNAÎTRE DE NOS CONCERTS EN PRÉVENTE ET DE NOS EXCLUSIVITÉS, INSCRIVEZ-VOUS À L\u2019INFOLETTRE DU FESTIVAL : Francofolies.com/infolettre chantentGASTONMiRON JiM CORCORAN | LOUiS-JEAN CORMiER | MiCHEL RiVARD DANiEL LAVOiE | MARTiN LÉON | YANN PERREAU YVES LAMBERT | MiCHEL FAUBERT | PiERRE FLYNN RiCHARD SÉGUiN |ViNCENT VALLiÈRES | GiLLES BÉLANGER ÉRIC LAPOINTE SYMPHONIQUE JEANNE MOREAU ET ÉTIENNE DAHO LE CONDAMNÉ À MORT ET LE SOLAR SYSTEM NICOLA CICCONE GRAND CORPS MALADE CHARLÉLIE COUTURE ALPHA BLONDY BÉATRICE BONIFASSI 20 h \u2022 SALLE WILFRID-PELLETIER, PdA 21 h \u2022 MÉTROPOLIS 20 h \u2022 THÉÂTRE MAISONNEUVE, PdA THÉÂTRE MAISONNEUVE, PdA REVU ET AUGMENTÉ 19 h \u2022 CLUB SODA 19 h \u2022 L\u2019ASTRAL 20 h \u2022 THÉÂTRE MAISONNEUVE, PdA 20 h \u2022 SALLE WILFRID-PELLETIER, PdA VENDREDI 10 JUIN MERCREDI 15 JUIN MARDI 14 JUIN VENDREDI 17 JUIN et SAMEDI 18 JUIN à 20 h LUNDI 13 JUIN VENDREDI 17 JUIN JEUDI 16 JUIN SAMEDI 11 JUIN PREMIÈRE PARTIE : PIERRE LAPOINTE SEUL AU PIANO TENDANCES TOUT EN CHANSON ARTS ET SPECTACLES MUSIQUE CAROLINE RODGERS COLLABORATION SPÉCIALE Né à Matane au sein d\u2019une famille nombreuse, Joseph Rouleau est venu à Montréal avec ses frères pour étudier au Collège Jean-de-Brébeuf à 17 ans.Ce futur interprète de Boris Godounov ignore encore qu\u2019il a «une voix» et songe à une carrière en droit.C \u2019est Gi l les Lefebvre, cofondateur des Jeunesses mus ic a l e s , qui lu i f a i t prendre conscience de ce don exceptionnel.Mais à l\u2019époque, il n\u2019est pas question, pour un petit gars de Matane, de faire carrière en musique.Il participe quand même à plusieurs concours d\u2019amateurs où il gagne de petits prix.«C\u2019était beaucoup grâce à l\u2019aide de mon frère, qui amenait tous nos collègues de classe dans la salle, car la quantité d\u2019applaudissements déterminait le gagnant », se souvient-il.Ses débuts En 1949, il remporte un concours plus sérieux: le prix Archambault.Cette victoire marque un tournant décisif en lui permettant de rencontrer Wilfrid Pelletier, qui le convainc d\u2019entrer au Conservatoire.Il devient alors le premier élève en chant de l\u2019histoire de cette institution.Par la suite, après des études en Italie, il fait ses débuts à l\u2019opéra de La Nouvelle-Orléans, personnifiant Colline dans La Bohème.À son retour, il doit passer une audition à New York devant David Webster, le directeur du Covent Garden de Londres.Malédiction : au jour prévu, le voilà pris d\u2019une laryngite ! Heureusement, l\u2019audition est reportée.« Je crois beaucoup à la force du destin, dit-il.Le docteur m\u2019avait autorisé à ne chanter que trois airs, ce que j\u2019ai fait.À la fin, David Webster s\u2019est approché et il m\u2019a dit : \"My boy, would you like to join Covent Garden ?\" » Ce premier contrat prévu pour six mois avec la célèbre maison d\u2019opéra allait durer 30 ans, au cours desquelles il a chanté 49 rôles et donné 1000 représentations.«Mon nom est plutôt écrit sur les murs », blague-t-il.Il a aussi fait entendre sa voix de basse en tournée sur les scènes du monde entier, et chanté, entre autres, aux côtés de Joan Sutherland et de Luciano Pavarotti.Le Québec Joseph Rouleau n\u2019allait pas se contenter de triompher sur les grandes scènes du monde.Il voulait faire avancer l\u2019art lyrique au Québec.En 1975, l\u2019Opéra du Québec, ancêtre de l\u2019Opéra de Montréal, avait fermé ses portes, faute de financement.Deux ans plus tard, il réunit un groupe de chanteurs pour fonder avec lui le Mouvement d\u2019action pour l\u2019art lyrique du Québec.Ils ont trois objectifs en tête: créer une maison d\u2019opéra à Montréal, une à Québec, ainsi qu\u2019une école supérieure d\u2019opéra.Leurs pressions auprès du gouvernement allaient mener à la création de l\u2019Opéra de Montréal en 1980.Par la suite, l\u2019Opéra de Québec et l\u2019Atelier lyrique de l\u2019Opéra de Montréal furent fondés.Les Jeunesses musicales du Canada Même si le chanteur a pris une soi-disant retraite en 1998, il n\u2019en demeure pas moins très actif.Président des JMC, qui fêtent leur 60e anniversaire cette année, il s\u2019active à poursuivre la mission d\u2019éducation et de diffusion musicale de l\u2019organisme depuis 21 ans.Il a également cofondé avec André Bourbeau le Concours Musical International de Montréal en 2002, auquel il consacre beaucoup de temps.Pour ce concert hommage, on entendra des oeuvres de Brahms, Bach, Prokofiev, Mozart, Verdi, Rossini et Puccini, sous la direction de Jean-Philippe Tremblay.Les Petits Chanteurs du Mont- Royal seront de la partie, ainsi que plusieurs solistes invités, dont Alexandre da Costa, Marianne Fiset et Serhiy Salov.Joseph Rouleau chantera un air de Verdi et un autre de Rachmaninov.«Et si les gens aiment ça, jevais faire un rappel», dit-il, éclatant de son rire de basse tonitruant qui résonnera encore longtemps dans les corridors des JMC.Hommage à Joseph Rouleau et aux Jeunesses musicales, le 9 mars, à 20h, à la salle Wilfrid- Pelletier.JOSEPH ROULEAU La musique d\u2019une vie Joseph Rouleau a consacré sa vie à la musique.Et il n\u2019a pas encore chanté sa dernière note.À 82 ans bien sonnés, ce patriarche de l\u2019opéra se rend quotidiennement à son bureau des Jeunesses musicales du Canada, avenue du Mont-Royal.Mercredi soir, l\u2019OSM rend hommage au chanteur et à cette institution en leur consacrant le second concert de la série Les grands Québécois.L\u2019être humain face au système et à la répression.C\u2019est le thème de l\u2019opéra Le Consul, de Gian Carlo Menotti, présenté par l\u2019Atelier lyrique de l\u2019Opéra de Montréal, en collaboration avec l\u2019École nationale de théâtre, au Monument-National, à compter de ce soir.CAROLINE RODGERS COLLABORATION SPÉCIALE Si, dans l\u2019oeuvre, les protagonistes peinent à obtenir leur fameux visa pour la liberté, pour ses jeunes interprètes, un passage à l\u2019Atelier constitue bien souvent un visa pour une carrière lyrique à la mesure de leurs ambitions.En effet, depuis la fondation de l\u2019Atelier lyrique en 1984, plusieurs des 161 chanteurs qui sont passés par cette école connaissent de belles carrières sur la scène internationale.Il suffit de penser, par exemple, à Marc Hervieux, ou à Julie Boulianne, qui vient de faire ses débuts au Met.Pour cette nouvelle production, on a invité le baryton Étienne Dupuis, qui vient tout juste de passer deux mois à chanter en France, à interpréter John Sorel.«Depuis que j\u2019ai terminé l\u2019Atelier il y a cinq ans, je n\u2019ai pas arrêté d\u2019enchaîner les rôles, dit Étienne Dupuis.C\u2019est la beauté de l\u2019Atelier lyrique: il permet aux jeunes chanteurs de démontrer qu\u2019ils sont prêts à se faire confier des rôles intéressants.» Au moment de rencontrer La Presse, il avait d\u2019ailleurs appris depuis peu qu\u2019il chanterait dans deux représentations d\u2019Il barbiere di Siviglia à Berlin, l\u2019an prochain.En tant que John Sorel, il donnera la réplique à Caroline Bleau, qui jouera son épouse et la véritable héroïne de l\u2019histoire, Magda Sorel.Pour la jeune soprano, il s\u2019agit d\u2019un premier rôle depuis sa sortie de l\u2019Atelier, en juin dernier.«Un rôle difficile sur le plan vocal et dramatique, mais dans lequel je suis à l\u2019aise, ditelle.Je m\u2019y suis glissée un peu comme dans des pantoufles.» Selon Michel Beaulac, directeur de l\u2019Opéra de Montréal, c\u2019est d\u2019ailleurs le cas pour l\u2019ensemble des chanteurs de la production.« La raison première pour laquelle nous avons choisi cette oeuvre est que nous avions une combinaison de voix idéale, où tout le monde aurait pratiquement un rôle sur mesure », dit-il.À Montréal, les productions d\u2019opéra des différentes écoles de musique font souvent salle comble.«C\u2019est parce que les jeunes chanteurs se donnent vraiment à fond, dit Étienne Dupuis.Le public y retourne année après année, c\u2019est la plus belle preuve qu\u2019on fait bien notre travail.» L\u2019intrigue Dans un état totalitaire d\u2019après-guerre, John Sorel, dissident politique, est en exil et recherché par la police secrète.Son épouse, Magda, tente désespérément d\u2019obtenir un visa pour aller le rejoindre.Mais elle se heurte à une bureaucratie implacable dans la salle d\u2019attente du Consul.Même si le titre de la production est annoncé en français, l\u2019oeuvre est présentée entièrement dans la langue de Shakespeare.L\u2019un des opéras les plus connus et les plus aimés de Menotti, The Consul a remporté le prix Pulitzer lors de sa création en 1950.La mise en scène sera celle d\u2019Oriol Tomas, qui a passé trois ans à l\u2019Atelier lyrique, où l\u2019on forme aussi des metteurs en scène et des pianistes accompagnateurs.Pour cette production, il a voulu créer des images fortes, mettant en évidence le désespoir et la frayeur des personnages devant l\u2019État.« Je voulais que le décor amène une réflexion supplémentaire, dit-il.Pour représenter l\u2019état qui opprime l\u2019individu, nous avons placé un mur qui symbolise la barrière devant l\u2019espoir, et dès la deuxième scène, ce mur retombe littéralement sur la maison des Sorel.Il écrase le peuple, et forme une pente sur laquelle les chanteurs devront ensuite se déplacer.» Orchestre de chambre L\u2019Atelier lyrique entame cette année un nouveau partenariat avec l\u2019Orchestre de chambre McGill, qui sera dirigé par Claude Webster.En collaboration avec l\u2019altiste François Vallières, il a écrit un nouvel arrangement pour piano, quatuor à cordes, contrebasse et clarinette.«La partition demande un immense orchestre, mais nous étions limités par des questions financières, explique Claude Webster.Cet arrangement donne un effet beaucoup plus intéressant qu\u2019un simple accompagnement avec piano.La clarinette, qui est aussi très présente dans l\u2019orchestration de Menotti, permet d\u2019évoquer la solitude et la douleur vécues par Magda.» Le consul, 5, 7, 9, 10 et 12 mars, Monument-National.ATELIER LYRIQUE DE L\u2019OPÉRA DE MONTRÉAL/Le Consul Un visa pour la relève PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE Étienne Dupuis (John Sorel) et Caroline Bleau (Magda Sorel), lors d\u2019une répétition de l\u2019opéra Le consul.PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE Même s\u2019il a pris une soi-disant retraite en 1998, Joseph Rouleau est demeuré très actif.Joseph Rouleau a fait entendre sa voix de basse en tournée sur les scènes du monde entier, et chanté, entre autres, aux côtés de Joan Sutherland et de Luciano Pavarotti.llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 8 A R T S E T S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É A L SA M E D I 5 M A R S 2 0 1 1 ARTS ET SPECTACLES MUSIQUE ALAIN BRUNET «Personne ne pourra me dire que la signature de John Adams n\u2019est pas unique.À la différence de Glass et de Pärt, cependant, il est moins connu.I l n\u2019a pas encore conquis des publics peu férus de musique sérieuse.» On peut affirmer que cela ne saurait tarder.Lauréat du prix Pullitzer pour la musique en 2003, connu des amateurs de musique contemporaine américaine depuis les années 80, John Adams fut d\u2019abord associé aux courants de musique répétitive.Originai re de la Nouvelle-Angleterre, il s\u2019est établi dans la Bay Area (San Francisco) il y a quatre décennies.Ses oeuvres ont été rendues publiques à la fin des années 70.On peut dire que les bonzes de la musique répétitive ont effectivement marqué John Adams, mais son langage puise dans d\u2019autres affluents.« Il est allé ailleurs, corrobore Angèle Dubeau.Sa pièce Shaker Loops, que nous jouons en septuor, est d\u2019influence minimaliste, mais quand tu arrives à Road Movies, on n\u2019est plus du tout dans le mode répétitif.Avec Philip Glass, par exemple, il faut maîtriser des patterns, successions de mêmes intervalles qui se décalent progressivement \u2013 intervalle 1-4-5 par exemple.Très différent avec John Adams, qui m\u2019a donné plus de fil à retordre pour en intégrer le langage.« Au bout de plusieurs heures de déchiffrage, ça ne rentrait pas.Troisième jour, rien! Au bout de cinq ou six jours, il y avait enfin quelque chose qui s\u2019ancrait en moi.À ce moment, c\u2019est parti.J\u2019ai travaillé au métronome, c\u2019en était abrutissant.Mon chien était en train de virer malade.Une pile de métronomes, je change ça aux cinq ou six ans, alors que j\u2019en ai vidé deux en deux mois pour maîtriser cette musique.Complètement fou!» On aura saisi que le coefficient de difficulté est plus élevé dans ce Portrait de John Adams qu\u2019il ne le fut pour Glass et Pärt.En ce sens, la violoniste et chef de La Pietà décrit les trois oeuvres au programme : Primo, Shaker Loops a été écrite en 1978 pour septuor.«Depuis sa création, plusieurs versions pour orchestre ont été suggérées par John Adams.J\u2019ai décidé de revenir au septuor, j\u2019aime les enchevêtrements de l\u2019oeuvre originale, les textures et les intonations.On entend tellement mieux à sept, mais il n\u2019y a pas de place pour se cacher.» Secundo, John\u2019s Book of Alleged Dances a été écrite pour quatuor à cordes en 1994.L\u2019oeuvre fut créée à l\u2019origine par le Kronos Quartet.« Tout un défi ! s\u2019exclame Angèle Dubeau.Lorsque j\u2019ai fait valider mes choix auprès du compositeur, il n\u2019a émis qu\u2019une réserve : j\u2019avais décidé de doubler le quatuor à cordes (jouer à huit au lieu de quatre) et il s\u2019en est inquiété.Les musiciens du Kronos lui avaient déjà confié que c\u2019était presque injouable, imaginez en doublant le nombre d\u2019instrumentistes dont i l fallait conserver l\u2019intonation et le rythme.Adams trouvait l\u2019entreprise un peu casse-cou et je lui ai rétorqué : certain qu\u2019on va le faire ! Nous avons travaillé comme des malades, note par note.Des heures et des heures.Mais le résultat est là.Nous espérons qu\u2019il pourra l\u2019entendre lorsque nous jouerons à New York \u2013 il y est pour son opéra Nixon in China qui y est présenté.Tertio, Road Movies a été composée en 1995 pour piano et violon.«Croyez-moi, lance la violoniste, cette oeuvre n\u2019implique pas du piano d\u2019accompagnement.C\u2019est pourquoi j\u2019ai choisi Louise Bessette, grande spécialiste de la musique contemporaine.Elle est méticuleuse, allumée.C\u2019est du gros matériel.qui procure un grand plaisir à le jouer.» « Avec La Pietà, conclut Angèle Dubeau, c\u2019est le projet le plus audacieux que j\u2019ai réalisé à ce jour.» Angèle Dubeau et La Pietà présenteront des extraits des Portraits consacrés à Philip Glass, Arvo Pärt et John Adams à la salle André- Mathieu, le 19 mars, et à L\u2019Astral, les 30 et 31 mars.La première new-yorkaise de Portraits aura lieu le 10 mars au Florence Gould Hall Theater.ANGÈLE DUBEAU / John Adams \u2013 Portrait Le plus audacieux projet de La Pietà PHOTO LE SOLEIL Angèle Dubeau l\u2019admet : le coefficient de difficulté est plus élevé dans ce Portrait de John Adams qu\u2019il ne le fut pour Glass et Pärt.«Puissant, exubérant, actuel, c\u2019est John Adams.Il synthétise tout le bagage de la musique savante et la musique d\u2019aujourd\u2019hui.» Voilà la description que suggère la violoniste Angèle Dubeau du compositeur californien John Adams.Voilà qui justifie un troisième Portrait de la Pietà qu\u2019elle dirige, les deux autres étant ceux de l\u2019Américain Philip Glass et de l\u2019Estonien Arvo Pärt.CLASSIQUE JOHN ADAMS ANGÈLE DUBEAU ET LA PIÈTA/ ANALEKTA «Depuis sa création, plusieurs versions pour orchestre ont été suggérées par John Adams.J\u2019ai décidé de revenir au septuor, j\u2019aime les enchevêtrements de l\u2019oeuvre originale, les textures et les intonations.» llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 5 M A R S 2 0 1 1 A R T S E T S P E C T A C L E S 9 ARTS ET SPECTACLES Les gens les visionnent au bureau, le matin en sirotant leur café ou en soirée avant d\u2019aller au lit.Le succès généré par les Têtes à claques, les Chroniques d\u2019une mère indigne ou En audition avec Simon prouve hors de tout doute que les webémissions ont trouvé leur place sur l\u2019écran cathodique, entre les productions télévisuelles et les longs métrages.Selon le palmarès du site kebweb.tv, de 100 à 150 webémissions seraient actives.Malgré tout, cette industrie naissante se cherche toujours des moyens financiers et, surtout, une identité.Quel avenir pour la webtélé québécoise ?Portrait des tendances qui se dessinent.WEBTÉLÉ POUR OU CONTRE L\u2019INTERACTIVITÉ Têtes à claques En audition avec Simon Zieuter.tv NATHAËLLE MORISSETTE Le quotidien des couples qui veulent sortir de leur routine sexuelle ou qui s\u2019interrogent sur la nécessité d\u2019avoir des enfants, des histoires dont le dénouement est déterminé par les internautes à l\u2019issue d\u2019un vote, ou encore des fictions mystérieuses qui invitent l\u2019utilisateur à se creuser les méninges pour trouver la clé de l\u2019énigme.Voilà la tendance webtélé des prochaines années : des histoires à mi-chemin entre la linéarité et l\u2019interactivité que l\u2019internaute peut visionner à sa guise pour ensuite partager ses impressions sur Twitter et Facebook.Reste à voir si l\u2019utilisateur restera fidèle au rendez-vous virtuel.Depuis le début de l\u2019année, le site radio-canada.ca a lancé deux nouvelles webémissions dont le succès reposera essentiellement sur le bon vouloir des internautes.Zieuter.tv, genre de Clue version webtélé, en ligne depuis le 1er mars, est une de ces nouveautés.Elle invite les utilisateurs à enfiler leur costume de détective et à lever le voile sur le mystère entourant un meurtre commis dans un restaurant.Trois nouvelles capsules sont diffusées chaque semaine, pour un total de douze.Les gens peuvent accumuler les indices leur permettant de trouver la clé.En plus d\u2019un blogue relié au site, ils ont aussi la possibilité de partager leurs impressions sur Twitter et Facebook et de faire leurs prédictions sur l\u2019identité du meurtrier, celle de la victime et la pièce du restaurant où le drame est survenu.Résultat : plus il y aura de discussions à ce sujet, plus radio-canada.ca risquera d\u2019enregistrer un nombre important de clics.Même phénomène pour Fabrique-moi un conte, où la participation des «webtéléspectateurs» est une condition sine qua non du succès de l\u2019émission.Chaque semaine, depuis le 21 février, les internautes peuvent intervenir directement dans le contenu de l\u2019épisode en votant pour le conte de leur choix (de Blanche-Neige à La Belle et la Bête en passant par Barbe- Bleue), et le lieu de l\u2019histoire.Ils peuvent aussi voter pour le comédien qu\u2019ils souhaitent voir dans le rôle principal.Il revient ensuite au réalisateur de mener à bien la mission confiée.Dans les deux cas, les patrons de radio-canada.ca se disent persuadés de générer une participation massive sur les réseaux sociaux.«On pense que les internautes vont embarquer », indique Jérôme Hellio, directeur des contenus originaux pour le secteur des services numériques de Radio-Canada.«Il y a des ingrédients qui font que la mayonnaise va prendre.» Mais n\u2019y a-t-il pas un risque à miser essentiellement sur le bon vouloir des adeptes des médias sociaux pour assurer le succès d\u2019une webémission?«Le principal risque, c\u2019est de ne pas en prendre», rétorque Alain Gerlache, chroniqueur à la Première Chaîne RTBF, la radio publique belge francophone.À l\u2019affût de ce qui se fait en webtélé dans les différents pays de la francophonie, M.Gerlache porte également la casquette de secrétaire général de la Communauté des télévisions francophones.Récemment sur son blogue, il a fait l\u2019éloge de Fabrique-moi un conte.«On réinvente le conte et on réinvente la télé », nous a-t-il dit de Bruxelles.«On cherche vraiment un angle pour que le public intervienne et soit partie prenante.Il ne doit plus seulement être passif.Ça ne veut pas dire que tout le monde veut être impliqué.Mais cette possibilité doit être offerte, surtout si on veut garder le contact avec les générations plus jeunes.C\u2019est essentiel de développer des liens avec le public.C\u2019est sûr que si personne ne va voter, c\u2019est gênant, ajoute-t-il.Mais si on fait un long métrage et que personne ne va le voir, c\u2019est gênant aussi.» Projets interactifs Les principaux bailleurs de fonds de la webtélévision \u2013 le Fonds des médias du Canada (FMC) et le Fonds indépendant de production (FIP) \u2013 ont beaucoup insisté au cours de la dernière année pour qu\u2019on leur présente des projets interactifs.Or, rappelons que, par le passé, les expériences interactives n\u2019ont pas toujours été couronnées de succès.RemYx, une websérie qui racontait les frasques de trois couples habitant dans le même triplex et qui invitait les internautes à voter à la fin de chaque épisode afin de déterminer la suite, n\u2019a pu obtenir l\u2019aide financière requise pour une deuxième saison.De son côté, le producteur de DAKODAK, Julien Roussin Côté, a admis récemment, devant des artisans de la webtélé, que le contenu interactif connexe à sa production n\u2019avait pas obtenu le succès escompté.Même son de cloche du côté de 11 règles, websérie sur le thème de l\u2019échangisme, diffusée sur le site de V, mettant en vedette Marie-Chantal Perron et Louis Champagne.L\u2019idée d\u2019interpeller les internautes en leur demandant de proposer leurs recettes aphrodisiaques n\u2019a pas suscité l\u2019intérêt voulu.«C\u2019est passé dans le beurre», lance sans détour le producteur de 11 règles, Steve Kerr.«On n\u2019a pas eu beaucoup de participation du public.» À la lumière de ces expériences, la directrice adjointe du FIP, Claire Dion, s\u2019interroge sur la nécessité d\u2019offrir du contenu interactif.Rappelons que, en 2010, le Fonds a apporté son aide financière à onze projets au pays, dont quatre au Québec.«Je ne suis pas certaine.Ce n\u2019est pas si facile que ça de créer une communauté.Peut-être qu\u2019il vaudrait mieux garder l\u2019argent pour le contenu de la webémission comme tel.Dans les faits, on est très proche du modèle télé.On est davantage dans les histoires linéaires.» Jean Tourangeau, producteur télé et chargé de cours à l\u2019UQAM, estime lui aussi qu\u2019on assiste au retour du récit linéaire.«On s\u2019aperçoit que les Québécois ne sont pas si interactifs, indique-t-il.Ce qu\u2019on aime, c\u2019est aller sur le Net et regarder un webépisode.On veut une bonne histoire.Les applications web 2.0 ont connu une baisse de popularité en 2008, poursuit-il.Selon Netendances, 19% des internautes québécois ont consulté un blogue, alors que 5,5% ont écrit sur leur blogue personnel.En 2007, ces chiffres étaient de 26% et 8,3%.» M.Tourangeau précise toutefois qu\u2019il existe plusieurs modèles d\u2019interactivité.Il faut faire une distinction entre les interventions dans le contenu et le besoin de partager ces contenus sur Facebook ou Twitter, qui ont remplacé les discussions autour du photocopieur ou de la machine à café du bureau.«Les gens veulent réagir à ce qu\u2019ils voient, dit M.Tourangeau.Ils ne veulent pas changer les choses, ils veulent les partager.» Message reçu.Il faut faire une distinction entre les interventions dans le contenu et le besoin de partager ces contenus sur Facebook ou Twitter.En audition avec Simon llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 10 A R T S E T S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 5 M A R S 2 0 1 1 ARTS ET SPECTACLES Télé-Québec se dit satisfaite des 80000 visites et des 300000 branchements obtenus depuis le 12 janvier pour sa websérie Juliette en direct.Du côté de V, on se réjouissait, en novembre dernier, d\u2019avoir attiré 60000 visiteurs et enregistré 2,1 millions visionnements de segments vidéo sur vtele.ca.Dans les deux cas, s\u2019agit-il de succès?Difficile à dire.Pages vues, nombre de clics, visiteurs uniques, branchements, visites.Toutes ces unités de mesure de l\u2019auditoire en ligne peuvent porter à confusion quand vient le temps d\u2019évaluer le succès d\u2019une production destinée à l\u2019internet.Contrairement aux cotes d\u2019écoute BBM en télévision ou aux PPM en radio, il n\u2019existe pas de méthode uniforme pour analyser le succès d\u2019une émission sur le web.Pourtant, les mesures d\u2019achalandage seront bientôt prises en considération par le Fonds des médias du Canada (FMC) \u2014 qui subventionne la télévision et les projets web \u2014 pour l\u2019obtention d\u2019une subvention, au même titre que le succès d\u2019écoute en télévision.Producteurs et diffuseurs devront donc se résoudre à parler le même langage.«Ma plus grande difficulté, c\u2019est d\u2019obtenir des statistiques d\u2019écoute», lance sans détour Claire Dion, directrice adjointe du Fonds indépendant de production (FIP), un organisme privé qui subventionne la webtélé au pays.«En ce moment, tout le monde essaie de préserver son modèle.» «Il va pourtant falloir trouver une méthodologie pour mesurer le succès de ces contenus », ajoute Stéphane Cardin, vice-président industrie et affaires publiques pour le FMC, qui reconnaît qu\u2019il n\u2019y a pas d\u2019uniformité dans la façon de mesurer l\u2019auditoire en ligne.«C\u2019est l\u2019une de nos priorités, dit-il.Dans l\u2019année qui vient, on va devoir trouver des pistes de solution.On va essayer, dans la mesure du possible, d\u2019obtenir un consensus.» Bien au fait des intentions du FMC de récompenser la performance, plusieurs plateformes de diffusion se disent ouvertes à l\u2019idée.«À Télé-Québec, notre site internet a un très bon positionnement », affirme Maurice Boucher, porteparole de la chaîne publique.«Il est encore trop tôt pour être inquiet ou enjoué.» Du côté de radio-canada.ca, Jérôme Hellio, directeur des contenus originaux pour le secteur des services numériques de la SRC, souligne que les choix de programmation sur le web se font déjà en fonction de l\u2019idée de rallier le plus de gens possible.Mais Isabel Dréan, cofondatrice du site kebweb.tv, ne voit pas les choses du même oeil.«Je pense que cette mesure peut nuire aux indépendants.On n\u2019a pas les mêmes moyens pour promouvoir nos productions.» À suivre, donc.UN AUDITOIRE DIFFICILE ÀMESURER Quand elle a été pressentie pour interpréter Viviane dans 11 règles, une websérie mettant en vedette un couple dans la quarantaine qui décide de s\u2019adonner à l\u2019échangisme, Marie- Chantal Perron n\u2019osait même pas imaginer qu\u2019elle serait payée.Et pour cause, le cachet versé aux comédiens dans les productions web va de pair avec les budgets et rime donc bien souvent avec régime minceur.Pourtant, plusieurs producteurs déplorent le fait que le salaire des acteurs représente leur plus gros poste de dépense, en raison des règles édictées par l\u2019Union des artistes (UDA).Une pression financière qu\u2019ils pourront difficilement maintenir encore longtemps, disent-ils.«Mon budget UDA a presque doublé par rapport à ce que j\u2019avais prévu au départ », racontait Julien Roussin-Côté, producteur de Dakodak, lors d\u2019un rassemblement réunissant plusieurs artisans de l\u2019industrie de la webtélé, il y a quelques semaines.Celui-ci confiait du même souffle avoir eu des négociations houleuses avec l\u2019UDA.Cela dit, les Anne Dorval, François Létourneau et Marie-Hélène Thibault de ce monde, qui décident de quitter momentanément la télé pour l\u2019écran de l\u2019ordinateur, acceptent du coup de recevoir un salaire moindre puisque le cachet minimal pour un rôle en webtélé équivaut à un peu moins de la moitié de la somme gagnée en télévision.Certains comédiens, qui veulent donner un coup de pouce à un jeune réalisateur, par exemple, seraient même prêts à travailler bénévolement.« Il y a des gens qui aimeraient le faire et qui disent ne pas avoir besoin des cachets minimaux, des droits de suite ou des per diem», explique Claire Dion, directrice adjointe du Fonds indépendant de production (FIP).Mais l\u2019UDA s\u2019oppose farouchement à cette pratique qu\u2019elle qualifie de « travail au noir ».«C\u2019est toujours le même argument, déplore Raymond Legault, président de l\u2019Union.S\u2019il faut payer les acteurs, ce n\u2019est pas rentable, nous dit-on.Le travail qui est fait en webtélé est le même qu\u2019à la télé.Il y a un texte à apprendre.On ne peut pas tout sacrifier sur l\u2019autel de la créativité.» Malgré tout, l\u2019UDA se dit prête à discuter pour trouver une solution.M.Legault rappelle qu\u2019il n\u2019existe pas d\u2019association de producteurs web.Il est quasi impossible de comptabiliser le nombre de boîtes qui font de la télé destinée à l\u2019internet.«Mais on ne va pas niveler par le bas, prévient-il.Si ce qu\u2019on veut, c\u2019est demander que les comédiens ne soient pas payés, jamais ! » DES CACHETS À RABAIS Chroniques d\u2019une mère indigne Fabrique-moi un conte Juliette en direct 11 règles Dakodak llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 5 M A R S 2 0 1 1 A R T S E T S P E C T A C L E S 11 ARTS ET SPECTACLES RICK GENEST, ALIAS ZOMBIE BOY Le freak, c\u2019est chic?Examinez bien la photo de Rick Genest qui accompagne cet article.Non, il ne s\u2019agit pas de maquillage sophistiqué de cinéma ou de peinture temporaire qui décore son corps mince et athlétique.Ce sont des tatouages macabres, de vrais tatouages, indélébiles, ineffaçables, qui tapissent pratiquement toute la peau de ce jeune Montréalais de 25 ans, qui se surnomme lui-même Zombie Boy.Zombie, parce que Rick Genest se transforme, à l\u2019aide de tous ces dessins permanents, en mort-vivant, sorte de créature répugnante coincée entre deux mondes qui se décompose et pourrit sous nos yeux.Lundi matin, Rick «Rico » Genes t , qui a g rand i à Châteauguay, a été catapulté dans le star-système mondial en apparaissant dans le tout nouveau vidéoclip de Lady Gaga, Born This Way.Dans la vidéo, vue plus de huit millions de fois sur YouTube, Miss Gaga arbore du maquillage reproduisant exactement le visage terrifiant de Zombie Boy.La popstar, qui porte de faux implants faciaux comme l\u2019artiste-plasticienne française Orlan, se trémousse longuement aux côtés de Rico, le serre dans ses bras, rendant ainsi hommage à son «originalité ».À la mi-janvier, Rick Genest a défilé pour Thierry Mugler lors de la prestigieuse semaine de mode masculine de Paris.Mercredi, il a de nouveau foulé la passerelle, cette fois pour la collection féminine de Mugler, toujours flanqué de Lady Gaga.Pourtant, Rick «Zombie Boy» Genest n\u2019est ni mannequin ni acteur.C\u2019est un punk de rue.Un bum du 514 qui effraie les passants avec son faciès, comment dire, digne d\u2019un film d\u2019épouvante de George A.Romero.Vous avez peut-être déjà croisé ce Rico, squeegee en main, près du parc Viger ou sous le pont Jacques-Cartier.Car depuis plusieurs années, Rick Genest quête des huards et des caribous pour survivre et payer son tatoueur de la rue Ontario Est.Alors, comment a-t-il pu, en l\u2019espace de deux mois, quitter les squats miteux de Saint- Henri ou de l\u2019est de la ville pour graviter dans l\u2019entourage ultra glam et inaccessible de Miss Gaga?Très simple et très 2.0 comme histoire.C\u2019est Nicola Formichetti, 33 ans, styliste de Lady Gaga et nouveau directeur de création de la griffe Thierry Mugler, qui a repéré Rick Genest sur Facebook, où il publiait des photos ensanglantées et très morbides de son corps recouvert de tatouages de squelette.La robe cousue avec des morceaux de viande que Lady Gaga a paradée au gala des MTV Video Music Awards en septembre dernier, c\u2019est une trouvail le de Nicola Formichetti.Pas étonnant qu\u2019il ait flashé sur le côté bizarre et glauque de Zombie Boy.«Rico est ma muse », a-t-il déclaré au New York Times.Mystérieux personnage Après avoir remué Twitter et terre, j\u2019ai été incapable de décrocher une interview avec Rick Genest, qui a passé la semaine à Paris avec sa nouvelle amie Lady Gaga.D\u2019abord, il n\u2019a ni téléphone, ni courriel, ni adresse fixe.Ses parents, qui habitent toujours à Châteauguay, refusent catégoriquement de parler de leur fils sans son autorisation.«On est un peu fiers, mais on ne veut pas dire des choses qui pourraient le rendre mal à l\u2019aise », chuchote sa mère, Catheryne Chappelle, avant de raccrocher.Son père, Roch Genest, n\u2019a donné suite à aucun courriel ni message Facebook.À son école secondaire, la Howard S.Billings Regional High School, rue McLeod, à Châteauguay, personne n\u2019a pu indiquer si Rick Genest avait décroché un diplôme (ou pas).Et une de ses bonnes amies du secondaire que j\u2019ai jointe a respecté la même consigne: on ne jase pas tant que Rick n\u2019accorde pas sa bénédiction.À l\u2019été 2010, Rick Genest a été embauché par la troupe de Carnivale Lune Bleue, un spectacle sur les arts forains étranges, pour jouer \u2013 quelle surprise \u2013 le rôle du freak de service.Encore ici, personne n\u2019a conservé de trace de lui.Après trois sema ines de représentations à Bromont, le chapiteau de Carnivale Lune Bleue a été démonté, faute d\u2019achalandage.Qui est donc ce mystérieux Rick Genest, qui s\u2019exprime mieux en frança is qu\u2019en anglais?Les infos officielles sur lui se dénichent difficilement.En grattant à gauche et à droite, on découvre que son parcours est loin d\u2019être rose bonbon, mais plutôt noir corbeau comme toute l\u2019encre qu\u2019il s\u2019est fait injecter partout, partout, sauf sur les jambes.«C\u2019est un gars de la rue, un fugueur.Sa vie à la maison éta it intolérable.Physiquement, il doit mesurer 5\u20199\u2019\u2019, il a de grands yeux et un beau sourire.Les filles l\u2019aiment.Et il fascine les gens», raconte le photographe londonien Neville Elder, qui a immortalisé Rick Genest au printemps 2008 pour le magazine britannique Bizarre, spécialisé dans les modifications corporelles.Si Rick Genest a accepté que Neville Elder le talonne pendant toute une journée à Montréal, c\u2019est qu\u2019il a été payé.«Il vivait dans un squat et la nuit, il collait des pubs sur le côté des autobus pour gagner un peu d\u2019argent», se souvient Neville Elder, 41 ans, qui habite New York depuis 10 ans.Selon ce qu\u2019il a confié à l\u2019équipe de l\u2019agence montréalaise de marketing Tuxedo, qui l\u2019a repêché dans la rue à l\u2019été 2010 pour une session de photos, Rick Genest aurait plutôt été mis à la porte par sa famille.«Il était super gentil.Il a beaucoup de charisme», se remémore le directeur général de Tuxedo, Dominic Tremblay.Un zombie poli, tranquille, un brin antisocial Le responsable du look zombie de Rick Genest, c\u2019est Frank Lewis, 47 ans, copropriétaire de la boutique de tatouages Derm FX de la rue Ontario Est, angle Papineau.« La première fois que je l\u2019ai vu, il n\u2019avait que des os tatoués sur les mains.J\u2019ai rajouté du noir et des fils d\u2019araignée autour.Il a trippé.Il a voulu que je fasse son visage.J\u2019ai refusé.Je ne tatoue jamais un visage vierge.Je le fais si la personne a déjà un dessin à corriger.Rick est revenu me voir deux semaines plus tard avec les deux yeux beurrés et le nez tatoué en noir.Il m\u2019a demandé de lui arranger ça », raconte Frank Lewis, artistetatoueur depuis une dizaine d\u2019années.Amorcée à 16 ans, la lente zombi f ication du marginal Rico, à coups de 100 $ l \u2019heure, s \u2019est poursuivie centimètre carré par centimètre carré.Le tout aurait coûté près de 15 000 $.« Il voulait que sa cervelle soit exposée.Je lui ai fait tous ses tatouages des hanches jusqu\u2019au top de la tête», note Frank Lewis, qui décrit Rick Genest comme un petit punk poli, un squeegee tranquille, un brin antisocial.«Rick trippe sur les films d\u2019horreur.Quand il était plus jeune, il a eu une tumeur au cerveau.Il s\u2019en allait mourir sur la table d\u2019opération, mais il n\u2019a finalement eu aucune séquelle.Depuis ce temps, il dit qu\u2019il se sent mort », complète Frank Lewis.Sur sa page Facebook personnelle, Rick Genest fait part d\u2019intérêts personnels très variés, qui oscillent entre le cinéma Dollar, le café Chaos de la rue Saint-Denis, le groupe de musique Slaughter Slashing, des mouvements contre la brutalité policière et les combats de la Ultimate F ight ing Championsh ip (UFC).Évidemment, tout le monde se pose la question à 1000$: quelle personne saine d\u2019esprit accepterait de s\u2019enlaidir de la sorte?Après cette métamorphose, impossible de se dégoter un boulot dit normal.Et est-ce de l\u2019art corporel ou l\u2019expression malsaine d\u2019un jeune homme perdu, mal dans sa peau et tourmenté ?Parce que, contrairement à ce que chante Lady Gaga, Rick Genest n\u2019est pas né comme ça.Il l\u2019est devenu.S Pour joindre notre chroniqueur : hdumas@lapresse.ca Il joue dans le dernier clip de Lady Gaga, Born This Way, et défile pour Thierry Mugler à Paris.On pourrait croire que le Montréalais Rick Genest, 25 ans, alias Zombie Boy, mène la vie des gens riches et célèbres.C\u2019est faux.Rico \u2013 c\u2019est son surnom \u2013 a longtemps vécu dans des squats et fait du squeegee dans les rues de Montréal pour survivre.Comment ce jeune homme ultra-tatoué ayant grandi à Châteauguay a-t-il pu accéder si rapidement au gotha de la pop culture?HUGO DUMAS CHRONIQUE Qui est donc ce mystérieux Rick Genest, qui s\u2019exprime mieux en français qu\u2019en anglais?En grattant à gauche et à droite, on découvre que son parcours est loin d\u2019être rose bonbon, mais plutôt noir corbeau comme toute l\u2019encre qu\u2019il s\u2019est fait injecter partout, partout, sauf sur les jambes.PHOTO FRANÇOIS GUILLOT, AGENCE FRANCE-PRESSE Originaire de Châteauguay, Zombie Boy fait présentement le tour de la planète en compagnie de sa nouvelle amie, la superstar pop Lady Gaga.«On est un peu fiers, mais on ne veut pas dire des choses qui pourraient le rendre mal à l\u2019aise », affirme sa mère, Catheryne Chapelle, qui ne veut pas parler sans son autorisation.PHOTO FRANÇOISMORI, ASSOCIATED PRESS Amorcée à 16 ans, la lente zombification du marginal Rico, à coups de 100$ l\u2019heure, s\u2019est poursuivie centimètre carré par centimètre carré.Le tout aurait coûté près de 15 000$.llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 12 A R T S E T S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É A L SA M E D I 5 M A R S 2 0 1 1 ARTS ET SPECTACLES STÉRÉO LE CHOIX DE LA SEMAINE COUNTRY/ROCK LUCINDA WILLIAMS BLESSED HHH 1/2 LOST HIGHWAY POP INDIE JULIANNA BARWICK THE MAGIC PLACE HHHH ASTHMATIC KITTY ROCK R.E.M.COLLAPSE INTO NOW HHH 1/2 WARNER FOLK-ROCK HEY ROSETTA! SEEDS HHH SONIC RECORDS POP INDIE MONOGRENADE TANTALE HHH BONSOUND En chantier Certes attendu depuis la sortie du maxi La saveur des fruits en 2010, ce premier album de Monogrenade demeure pour moi l\u2019excellent travail de synthèse d\u2019un groupe à peine sorti du département d\u2019obstétrique.Tantale a été réalisé par Jean-Michel Pigeon, artiste central de ce quartette.Création singulière ?En ce qui me concerne, pas encore.La rigueur des arrangements collectifs, la finesse des détails dans la réalisation, la cohésion du jeu d\u2019ensemble, le jeu des tensions orchestrales, la richesse de l\u2019instrumentation, l\u2019apport probant des claviers et guitares, voilà autant de facteurs qui servent un son riche.et désormais familier.On ne citera pas de noms, mais saute aux oreilles une filiation indie québécoise dont Monogrenade devra se distancier pour s\u2019implanter dans notre paysage sonore.L\u2019usage accru de la violoncelliste Marianne Houle et l\u2019exploitation d\u2019un quatuor à cordes, par exemple, confèrent un minimum de singularité à cette formation qui devra en trouver davantage.Quant aux mots, soyons constructifs : cette poésie naissante sert un imaginaire impressionniste.et surtout la musique.Ainsi s\u2019achève la première phase du chantier Monogrenade.\u2014 Alain Brunet Tous bénis Depuis la création de Little Honey en 2008, Lucinda Williams fertilise son imaginaire à l\u2019intérieur des terres.L\u2019année précédente, elle avait atteint de nouveaux sommets depuis la parution de Car Weels on a Gravel Road ; West était un album plus exploratoire et moins fédérateur, même pour l\u2019aile alternative de l\u2019auditoire country-rock.Blessed s\u2019inscrit dans le même sillon que Little Honey.Textes bellement et simplement ciselés, musiques convenues.Musiciens compétents, respect absolu des formes musicales de tradition country, folk et rock, accompagnateurs d\u2019expérience, mélodies poignantes, interprétation habitée.Les thèmes abordés n\u2019y sont pas toujours jojo ; amoureux inconséquent, fuite du partenaire irresponsable, dérive intérieure du militaire, suicide de l\u2019ami proche, sentiments sincères réitérés à l\u2019être aimé, bénédiction du grand mystique et du simple citoyen évoluant dans l\u2019adversité, ode à la vie ordinaire, aux humains paumés, aux humains de bonne volonté.La vie, quoi.L\u2019écoute de ces rimes ne produisent pas l\u2019impression de pathos ou de beurrage épais.C\u2019est là tout le talent de Lucinda Williams, comme on le constate chez les meilleurs auteurs du genre.Quant à la musique, on reste un peu sur son appétit.\u2014 Alain Brunet Lignes aériennes Julianna Barwick exploite les notions de brume ascendante, évanescence, mantra, hypnose, prière, méditation, recueillement.Louisianaise transplantée à Brooklyn, elle s\u2019inspire des airs les plus purs du patrimoine humain et s\u2019applique à les réintroduire dans un contexte résolument actuel.La facture presque médiévale de son chant presque monacal (quoique polyphonique contrairement au chant grégorien), parfois gospelisant ou même de ressemblance bulgare, n\u2019est pas sans rappeler Elizabeth Fraser, Julee Cruise et autres voix de même cousinage.Ainsi prend-on plaisir à s\u2019égarer dans ces environnements numériques, à décoller avec ces lignes aériennes.Ainsi se laisse-t-on envoûter par ces répétitions et déphasages de motifs vocaux en surimpression (ce qui produit un effet choral, en fait), par accompagnement instrumental très épuré \u2013 clapotis de piano, lignes très simples de la basse, percussions légères, rythmes simples, tempii lents.Cela étant, ce travail sédimentaire aura rapidement atteint ses limites vu la simplicité de sa facture; on ne peut exploiter une idée si simple à moins de le faire ad nauseam.On comprendra néanmoins le label Asthmatic Kitty, créé à l\u2019origine par Sufjan Stevens et Lowell Brams, d\u2019avoir accueilli Julianna Barwick.Car son idée simple.s\u2019avère excellente.\u2014 Alain Brunet Classique, mais pas magique Collapse Into Now est le 15e album studio de R.E.M.en 30 ans de carrière.Il se veut un retour au son classique du groupe, après le virage plus rock d\u2019Accelerate, paru il y a trois ans.De l\u2019avis du guitariste Peter Buck, c\u2019est l\u2019un des meilleurs disques de R.E.M.Collapse Into Now est en effet de grande qualité.Jacknife Lee a fait du bon boulot à la réalisation.On retrouve des collaborations intéressantes avec Patti Smith, Eddie Vedder et Peaches.Les mélodies sont prenantes, la voix et les propos de Michael Stipe portent et frappent fort, les arrangements acoustico-rock propres au groupe sont riches, mais la magie n\u2019opère pas.On ne s\u2019attendait pas à un autre album mythique comme Out of Time et Automatic for the People.sauf qu\u2019au final, R.E.M.qui veut faire du bon vieux R.E.M.suscite plus ou moins l\u2019intérêt.Il y a de très beaux moments sur l\u2019album (la puissance «rock-aréna» de Discoverer, le folk vibrant de Uberlin, la surprenante ballade Walk It Back), mais aura-t-on envie d\u2019y revenir?(En magasin mardi) \u2014 Émilie Côté Émotion rock Finaliste du prix Polaris en 2009 pour l\u2019album Into Your Lungs, le groupe terre-neuvien Hey Rosetta ! roule sa bosse depuis plusieurs années et se produit souvent à Montréal.Seeds, le troisième album du groupe, a la richesse indie-rock et la tournure pop qu\u2019il faut pour élargir l\u2019auditoire de la formation de St.John\u2019s, un peu à l\u2019image d\u2019un groupe comme Snow Patrol.À l\u2019oreille, c\u2019est manifeste que les membres de Hey Rosetta ! ne viennent pas d\u2019une métropole, mais d\u2019un grand espace près de la mer.Leur musique a de fortes assises folk, avec des mélodies à fleur de peau, des envolées musicales galopantes et des arrangements multi-instrumentaux.Le chant de Tim Baker transpire toutefois un peu trop l\u2019émotion (sa voix ressemble parfois à celles de Chris Martin, de Coldpay, ou Sufjan Stevens).Des gens comparent Hey Rosetta ! à Arcade Fire.Un peu, oui, pour les cordes et les harmonies, mais avec un penchant folktrad et un côté pop plus prononcé à la Dave Matthews Band.\u2014 Émilie Côté ROCK LES BREASTFEEDERS DANS LA GUEULE DES JOURS HHH1/2 BLOW THE FUSE RECORDS Et vlan ! Couchez les enfants : les Breastfeeders sont de retour ! Cinq longues années de silence discographique ont suivi la parution du CD Le matin des grands soirs, et c\u2019est avec plaisir qu\u2019on plonge dans ce troisième album, Dans la gueule des jours.Le groupe, actif depuis 12 ans, ayant bien sûr mûri, soulignons le raffinement du travail des Breast, à tous les points de vue.Ça saute aux oreilles dès les premières salves de guitare de la pièce Le monde tourne autour de toi : les textes, les efficaces mélodies (entêtant 400 milles, premier extrait), les arrangements plus variés qu\u2019auparavant.Le sextet rock\u2019n roll/garage/yéyé dissimule son côté vintage sous une réalisation vive et moderne \u2013 le travail conjoint du groupe et des mixeurs Joseph Donovan et Adrian Popovich, bravo ! La bassiste et chanteuse Suzie McLelove brille sur les morceaux, plus pop, la mettant en valeur (la ballade Betty Lou, Manteau de froid), alors que la voix du guitariste et chanteur Luc Brien n\u2019a rien perdu de son mordant, lui qui se fait ravageur pendant l\u2019enfilade de brûlots Mes lunettes noires et La Lune à blâmer, une véritable bombe.Vivement leur retour sur scène, à la Tulipe, le 10 mars, pour le lancement du disque.\u2014 Philippe Renaud, collaboration spéciale NOUVELLES DU DISQUE Arcuri chez ATMA ATMA consacre un disque au compositeur montréalais Serge Arcuri.Au programme : huit oeuvres, jouées par les violonistes Jonathan Crow et Mark Fewer, le violoncelliste Yegor Dyachkov, le clarinettiste Simon Aldrich et la pianiste Louise Bessette, entre autres.Britten live Le Festival de Glyndebourne publie sous sa propre marque Peter Grimes de Britten dans un live de l\u2019été 2000.Dans les principaux rôles : Anthony Dean Griffey, Vivian Tierney et Steven Page.Au pupitre : Mark Wigglesworth.Concertos de Martinu Naxos sort le deuxième disque de son intégrale des Concertos pour piano de Bohuslav Martinu.Le programme : Concertos nos 1, 2 et 4 par Giorgio Koukl et l\u2019Orchestre Bohuslav-Martinu de la République tchèque, dir.Arthur Fagen.Koukl a déjà enregistré les Concertos nos 3 et 5 et l\u2019intégrale des oeuvres pour piano seul de Martinu.Muti à Chicago Le Chicago Symphony publie sous sa propre marque, CSO Resound, son premier enregistrement avec son nouveau chef, Riccardo Muti : le Requiem de Verdi.Les chanteurs : Barbara Frittoli, Olga Borodina, Mario Zeffiri et Ildar Abdrazakov.Le jeune Brahms Un disque Harmonia Mundi du pianiste Alexander Melnikov groupe les Sonates opp.1 et 2 et le Scherzo op.4 de Brahms, trois oeuvres que le compositeur écrivit à la veille d\u2019avoir 20 ans.Airs pour castrat Chez Virgin, le haute-contre Philippe Jaroussky chante 10 airs d\u2019opéras pour castrat de Johann Christian Bach.Avec le Cercle de l\u2019Harmonie, ensemble instrumental dirigé par Jérémie Rhorer.CHANSON THOMAS FERSEN JE SUIS AU PARADIS HHH TÔT OU TARD Fersen de chambre Thomas Fersen occupe une place si particulière dans le paysage de la chanson francophone qu\u2019il peut parfois donner l\u2019impression de se répéter.Pas cette fois.Ce drôle de paradis où cohabitent Dracula, Barbe Bleue, un fantôme, des loups-garous, un squelette, une momie, une chanteuse prénommée Mireille dont le mari s\u2019appelle Mathieu et même un exprésident de la République, Félix Faure pour ne pas le nommer, qui expire dans les bras de sa maîtresse, est typique de l\u2019imaginaire foisonnant du chansonnier français qui étonnera même ses fans de toujours.Pas tant pour ses personnages truculents et son humour décalé que pour son univers musical très différent de celui, plus ludique, auquel Fersen nous a habitués.La plume de Fersen est toujours aussi réjouissante, mais ses mélodies, si jolies soientelles, se laissent apprivoiser moins facilement.Surtout que la plupart des musiques se déclinent sur le même mode, proche de la ballade, où les cordes prennent beaucoup de place, à l\u2019exception de Mathieu, plus rock, où la guitare rugueuse de Fred Fortin est la bienvenue.Un disque ambitieux qui ne dévoile ses charmes que si on y met le temps.(En magasin mardi) \u2014 Alain de Repentigny llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 5 M A R S 2 0 1 1 A R T S E T S P E C T A C L E S 13 Réservez au 514.521.1002 \u2022 sans frais 1 800.558.1002 www.LesGrandsExplorateurs.com Ces conférences sont aussi présentées à : Gatineau \u2013 L\u2019Assomption \u2013 LaSalle \u2013 Lévis \u2013 Québec\u2013 Sainte-Foy \u2013 Sainte-Thérèse \u2013 Sherbrooke \u2013 Trois-Rivières \u2013 Varennes.MONTRÉAL Salle Pierre-Mercure 1er au6mars LA PRAiRiE École de la Magdeleine 7 et 8 mars PiERREfONds Polyvalente 9mars LONGuEuiL Salle Pratt&WhitneyCanada 13 au 19 mars LAVAL Salle André-Mathieu 22 au 31 mars LA PRAiRiE École de la Magdeleine 4 et 5 avril MONTRÉAL Salle Pierre-Mercure 10 au 15 mai MONTRÉAL-NORd CégepMarie-Victorin 22 au 24 mars MONTRÉAL Salle Pierre-Mercure 29 mars au 3 avril LONGuEuiL Salle Pratt&WhitneyCanada 4 au 10 avril LAVAL Salle André-Mathieu 12 au 21 avril ARTS ET SPECTACLES THÉÂTRE CORRESPONDANCES Jusqu\u2019au 19 mars aux Écuries D\u2019un échange épistolaire entre trois dramaturges du Liban, de Belgique et du Québec, la metteure en scène Marcelle Dubois a tiré une pièce qui explore le rapport amour-haine avec la patrie.Une prise de parole qui est relayée par Sounia Balha (dans le rôle de Carole), Emmanuelle Jimenez (Evelyne), Olivier Kemeid (Olivier) et Marie-Michèle Garon, dans le rôle de la narratrice.\u2014 Alexandre Vigneault À L\u2019AFFICHE LA NOCE Jusqu\u2019au 19 mars au Prospero Paul Ahmarani et sept autres comédiens jouent avec une férocité joyeuse l\u2019une des premières pièces de Bertolt Brecht dans une mise en scène de Gregory Hlady.Si la première partie s\u2019avère carrément jouissive, la seconde s\u2019achève sur une note dure.Brecht n\u2019a pas dû être déculotté de la sorte bien souvent.\u2014 Alexandre Vigneault TOXIQUE.OU L\u2019INCIDENT DANS L\u2019AUTOBUS Jusqu\u2019au 26 mars au Théâtre d\u2019Aujourd\u2019hui Le sentiment de panique gagne chacun des membres d\u2019une famille, qui étouffe sous la pression découlant d\u2019une attaque survenue dans un autobus, à l\u2019intérieur duquel se trouvait la mère.Un récit dramatique, presque politique, avec des pointes d\u2019humour, porté par Guy Nadon, dont l\u2019interprétation vaut à elle seule le détour.Élise Guilbault, Guy Nadon, Benoit Drouin-Germain et Sylvie DeMorais \u2014 Jean Siag PHOTO VALÉRIE REMISE, LA PRESSE JEAN SIAG Son Hamlet était révolté.Il avait le crâne rasé en dessous d\u2019une grosse perruque, façon de souligner son état éthéré.Son costume, lui, faisait référence à l\u2019époque élisabéthaine.Cette fois, Marc Béland avait envie de situer la pièce dans une réalité plus contemporaine.L\u2019histoire d\u2019Hamlet est d\u2019une actualité déconcertante, nous dit-il.«Quand on pense à toute la pourriture, la corruption, à tout ce qu\u2019on veut taire, aux apparences du monde politique, on réalise à quel point cette pièce est moderne.Hamlet veut amener à la lumière ce qui s\u2019est passé dans l\u2019obscurité, mais il n\u2019y parviendra pas.Il y a un effondrement des idéaux, une perte de repères.Hamlet nous remet ça sous le nez 400 ans plus tard.» C\u2019est dans ce contexte que l\u2019acteur et metteur en scène a construit le spectacle.Dans un décor qui évoque un lieu de pouvoir «aujourd\u2019hui », qui pourrait être la chambre des communes.C\u2019est pour cela que nous verrons les hommes politiques en complet cravate, «manière prince Harry» et les femmes, «habillées comme le serait Michelle Obama ».Hamlet lui-même sera vêtu d\u2019un uniforme inspiré de ceux que portent les élèves des grandes écoles anglaises.Traduction québécoise Cel a d it , l e t e x te de Shakespeare, traduit par Jean- Marc Dalpé dans une version allégée et beaucoup plus fluide que les traductions françaises existantes, demeure intact.«C\u2019est l\u2019histoire d\u2019une vengeance, précise Marc Béland.Mais aussi d\u2019une certaine folie qui s\u2019empare d\u2019Hamlet, un déséquilibre émotif extrême provoqué par la mort de son père, le remariage de sa mère avec son oncle, et l\u2019apparition du spectre de son père qui lui révèle qu\u2019il a été empoisonné par son frère.» Notre jeune prince est donc en état de choc.C\u2019est cet état émotif extraordinaire et cette hypersensibilité qu\u2019a tenté de traduire Benoît McGinnis, que Marc Béland a dirigé il y a trois ans dans Le fou de Dieu.Mais le comédien a aussi fait ressortir son côté bipolaire, à l\u2019origine de ses exaltations et de ses excès de rage, comme des nombreux replis sur lui-même et de ses abattements, qui mèneront au fameux «Être ou ne pas être.» «Il arrive un moment où il ne fait plus confiance à personne, où il devient carrément paranoïaque, nous dit Benoît McGinnis.Moi, j\u2019ai voulu partir de l\u2019humain, en y ajoutant des couleurs à chaque scène.Parce que son comportement change beaucoup en fonction de ses interlocuteurs.» Les mur s ont en ef fet tendance à se refermer sur Hamlet.Son oncle Claudius (qu\u2019interprète Alain Zouvi) se méfie de plus en plus de lui, tandis que sa mère Gertrude (Ma rie-F ra nce Lambert) prend ses distances.« Il ne faut pas oublier que le remariage de sa mère est une trahison pour Hamlet, rappelle Marc Béland.Ce faisant , il perd toutes ses illusions par rapport aux femmes, et sa relation amoureuse avec Ophél ie (Émi l ie Bibeau) en est affectée.» Lorsque le père d\u2019Ophélie mourra de la main d\u2019Hamlet (croyant avoir affaire à Claudius), c\u2019est son fils Laërte (Denis Savard) qui cherchera à le venger.Un suspense «Tout l\u2019intérêt de la pièce réside dans l\u2019intrigue, poursui t Marc Béland.Nous l\u2019avons construite comme un suspense.C\u2019est très dynamique.Au fur et à mesure que la pièce progresse, Hamlet va tenter de mettre en place son projet de vengeance, mais un peu malgré lui, au risque de devenir un assassin.Malheureusement, rien ne se passera comme prévu.Peu à peu, son apparence extérieure va aussi changer.Je suis parti de l\u2019idée qu\u2019il n\u2019avait plus le goût d\u2019être en relation avec les autres.» Comme pour toute bonne tragédie, tout le monde meurt à la fin.À cet égard, Marc Béland se souvient qu\u2019en 1990, lorsque les personnages mouraient les uns après les autres, les gens riaient dans la salle.«Dans notre version, le jeu des comédiens est très réaliste.Il n\u2019y a aucune caricature.Je me suis demandé comment on meurt vraiment après avoir été empoisonné.La peur qu\u2019on ressent devant la mort.Pour ne pas jouer qu\u2019on est en train de mourir.Je ne crois pas que les gens vont rire cette fois.» Le metteur en scène évoque l\u2019empoisonnement du candidat ukra inien à la présidence en 2004, Viktor Iouchtchenko, qui avait été empoisonné par ses opposants.Il avait survécu, mais avait le visage ravagé.«Je me suis inspiré de l\u2019image du visage boursouflé de cet homme pour représenter le spectre du père d\u2019Hamlet.Pour qu\u2019on voie sa blessure, confie-t-il.Dans cette scène d\u2019ouverture, il y a une transmission de la violence qu\u2019exprime le père à son fils, pour qu\u2019il le venge.Mais la perspective de commettre un acte de barbarie le tourmente.Tout part de là.» Hamlet, au TNM du 8 mars au 2 avril.MARC BÉLAND ET BENOÎT MCGINNIS/Hamlet Shakespeare en complet cravate Vingt ans après avoir lui-même revêtu le costume d\u2019Hamlet, Marc Béland dirige la célèbre pièce de Shakespeare avec 14 comédiens, dont Benoît McGinnis dans le rôle du prince danois, qui cherche à venger la mort de son père.Son pari ?Construire un suspense politique contemporain à partir des personnages vieux de 400 ans.PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSE Pour sa mise en scène d\u2019Hamlet,Marc Béland (à l\u2019arrière-plan) a voulu situer la pièce dans une réalité plus contemporaine.Benoît McGinnis et Marie-France Lambert y interprètent le protagoniste et sa mère.«Quand on pense à toute la pourriture, la corruption, à tout ce qu\u2019on veut taire, aux apparences du monde politique, on réalise à quel point cette pièce est moderne.» \u2014 Marc Béland, metteur en scène JEAN SIAG CRITIQUE Le Théâtre Niveau Parking propose un texte percutant, mais aussi tortueux, de Daniel Brooks qui porte sur le désir impuissant de révolte de quatre personnages prisonniers de leur relation amoureuse, qui expriment, dans leurs songes, leurs pensées profondes et leurs fantasmes.Le point de départ de ces nuits sans sommeil : l\u2019épuisement de la relation amoureuse d\u2019un couple (John et Gwen) avec un bébé naissant, aspiré par la routine d\u2019un plat quotidien.Une routine accentuée par des problèmes financiers qui marque la fin de leur idylle.Le metteur en scène Michel Nadeau propose de petites saynètes où l\u2019on est témoin de la déconfiturede ce jeune couple en pleine dérive.Jusque-là, rien de vraiment extraordinaire.Nicola- Frank Vachon et Catherine Larochelle en beurrent un peu épais, mais le message passe: ces deux-là sont perdus.Arrive le frère de John, interprété par Normand Bissonnette, qui le force à s\u2019interroger sur la valeur de sa relation amoureuse avec Gwen, lui qui n\u2019est pas plus heureux avec sa propre femme (interprétée par Sophie Martin).Est-il vraiment troublé par elle?Est-ce qu\u2019elle le fait vibrer?Mais sommes-nous bien ancrés dans la réalité ou ces échanges sont-ils le fruit de l\u2019imagination de ce frère insomniaque?La suite s\u2019avère ainsi plus intéressante et aussi plus tordue, puisqu\u2019on plonge dans un monde fictif sans tabou, où par exemple chacun des frères fantasme sur la femme de l\u2019autre.Ces exercices nocturnes culmineront par une discussion surréaliste de John avec le diable ! La proposition scénique n\u2019est pas toujours claire et le jeu des comédiens est inégal, mais le résultat ne laisse pas indifférent.Le personnage de John résume bien sa pensée lorsqu\u2019il pose ces questions : « Pourquoi les gens ne sont pas plus violents ?Pourquoi ils ne se révoltent pas?Pourquoi ils sont aussi paresseux?» Toute la révolte est là, dans la dénonciation de l\u2019inaction, qui apparaît clairement dans l\u2019esprit embrumé de cet insomniaque.Mais que de détours empruntés pour en arriver là! La fin de la pièce nous extirpe de ces errements de l\u2019esprit en posant une question implicite: que va-t-il faire maintenant de sa vie?La question n\u2019est pas banale.Insomnie, jusqu\u2019au 12 mars à la Cinquième salle de la PdA.INSOMNIE Nuits mouvementées PHOTO FOURNIE PAR LE THÉÂTRE NIVEAU PARKING Insomnie porte sur le désir impuissant de révolte de quatre personnages prisonniers de leur relation amoureuse.La proposition scénique n\u2019est pas toujours claire et le jeu des comédiens est inégal, mais le résultat ne laisse pas indifférent.llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 14 A R T S E T S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 5 M A R S 2 0 1 1 ARTS ET SPECTACLES THÉÂTRE ALEXANDRE VIGNEAULT Christian Lapointe n\u2019a pas l\u2019habitude qu\u2019on lui dise quoi faire.Directeur artistique du Théâtre Péril, metteur en scène et auteur, il pratique son art comme il l\u2019entend et n\u2019a pas joué sous la direction de qui que ce soit depuis 10 ans.Son ultime tour de piste en tant que simple comédien, il l\u2019a fait en jouant l\u2019un des protagonistes de Dans la solitude des champs de coton de Bernard-Marie Koltès.Il ne revient pas au jeu avec une matière plus légère.Il portera un texte que le grand dramaturge suédois Lars Noren a reconstruit à partir des confessions que Sebastian Bosse, 18 ans, a lancé sur l\u2019internet avant d\u2019imiter Kimveer Gill et de faire feu sur des professeurs et des élèves de son école.Il n\u2019a tué personne, mais en a blessé huit.L\u2019internet étant la pieuvre indomptable que l\u2019on sait, il est encore possible de dénicher la vidéo de Sebastian Bosse.Christian Lapointe l\u2019a d\u2019ailleurs visionnée.«C\u2019est très épeurant à regarder », dit-il, avant de préciser que ce clip n\u2019a pas été utilisé comme source d\u2019inspiration du spectacle que Brigitte Haentjens tire de ce funeste événement.«Tu n\u2019arrives pas à circonscrire la pensée d\u2019un personnage comme celui-là », ajoute l\u2019interprète.Lars Noren, insiste-t-il, s\u2019appuie sur les mots du jeune tireur, mais a ciselé son texte dans le but d\u2019obtenir l\u2019impact dramatique maximal.L\u2019aspect le plus troublant de ce texte tient moins à son caractère véridique qu\u2019à la manière dont il se joue du spectateur.Plutôt que de chercher les racines d\u2019un événement passé, Lars Noren a imaginé une pièce qui se déroule juste avant la fusillade.Ce choix astucieux place d\u2019emblée le spectateur dans une position intenable: il n\u2019est plus légataire d\u2019une confession, mais témoin d\u2019un crime sur le point de se produire.Ce détail permet à Lars Noren d\u2019interroger, sur la place publique, notre responsabilité collective dans ce genre de tragédie.«C\u2019est du théâtre qui soulève des questions sociales, mais qui n\u2019est pas du théâtre à message », fait remarquer Christian Lapointe.La nuance n\u2019est pas accessoire pour cet ardent partisan d\u2019un théâtre d\u2019art.De son point de vue, Le 20 novembre est de ce théâtre «qui travaille le spectateur».L\u2019amateur de théât re est visé directement en tant que consommateur qui a payé sa place.Il est aussi bousculé au plan émotif puisque, tout au long de ce dur monologue, on est tour à tour dégoûté par la violence du protagoniste, puis remué par sa détresse.ChristianLapointe semontre complètement fasciné par l\u2019intelligence avec laquelle, dans une forme apparemment simple, Lars Noren fait dialoguer son sujet avec le geste théâtral.Brigitte Haentjens, qui monte un deuxième solo cette année après son percutant La nuit juste avant les forêts avec Sébastien Ricard, a d\u2019ailleurs travaillé de manière à effacer le mur entre la scène et la salle.L\u2019aire de jeu inclura donc les gradins.Lars Noren, dans son texte, anéantit l\u2019immunité du spectateur en le mettant face à une foule de questions balancées par son personnage.«Je pose des questions, alors j \u2019attends des réponses», annonce d\u2019ailleurs Christian Lapointe.Le dramaturge suédois encourage d\u2019ailleurs les comédiens qui joueront son texte à tenter de faire réagir les spectateurs.Le protégé de Brigitte Haentjens ne sait pas à quoi s\u2019attendre de la part du public: silence de mort ou réaction combative?«Il faut que je sois prêt à tout.» Le 20 novembre, du 8 au 26 mars à La Chapelle.CHRISTIAN LAPOINTE/Le 20 novembre Le spectateur dans la ligne de mire Un jeune homme en colère s\u2019apprête à faire feu dans son école.Partant d\u2019écrits diffusés par le tireur sur l\u2019internet, le dramaturge suédois Lars Noren a façonné un solo explosif que Brigitte Haentjens pose sur les épaules de Christian Lapointe.PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE Dans Le 20 novembre, Christian Lapointe tient le rôle d\u2019un jeune homme qui s\u2019apprête à faire feu sur des professeurs et des élèves de son école.Le monologue est l\u2019oeuvre du Suédois Lars Noren qui s\u2019est inspiré des confessions lancées sur l\u2019internet par Sebastian Bosse avant de passer à l\u2019acte.llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 5 M A R S 2 0 1 1 A R T S E T S P E C T A C L E S 15 Orchestre Baroque direction artistique Claire Guimond Le Sanguin et le Mélancolique 514-355-1825 www.arionbaroque.com Salle Redpath, 3461 McTavish Chef invité : Mahan Esfahani, claveciniste « exceptionnellement doué », The Time.Soliste : Claire Guimond, flûtiste « Claire Guimond donne une performance virtuose », The Early Music Review.11 12 Mars 2011 à 20h 13 Mars 2011 à 14h N icol a B e l l er ca r B o N e J o hN Ma c Mas t er .Jud i t h F o r s t orche s t re Mé t rop ol i ta i N Le consuL MeNotti b 5.7.9.10.12 Mars 2011 MoNuMeNt-NatioNal operadeMoNtreal.coM saLomé strauss b 19.23.26.28.31 Mars 2011 salle WilFrid-pelletier operadeMoNtreal.coM En collaboration avEc 2010 2011 b cE Soir b Yannick né z E t-Séguin au pupi t r E MécaniquE d\u2019un paYS totali ta irE unE tragédiE dES tEMpS ModErnES À part ir dE 35 $ 2010 2011 ARTS ET SPECTACLES HUMOUR NICOLAS BÉRUBÉ LOSANGELES Le public composé d\u2019une soixantaine de personnes réunies au Comedy Store d\u2019Hollywood, lundi soir dernier, commençait à regarder l\u2019heure.Les humoristes se succédaient et leurs blagues prévisibles sur la vacuité de Facebook, l\u2019imprévisibilité des filles et la longueur du membre des hommes provoquaient des r ires sans conviction.Puis Sugar Sammy a pris le micro.«Bien des gens pensent que je suis arabe, dit-il.Quand je suis dans un avion, je vais toujours voir un Arabe après le décollage.Je vais le saluer, bien fort.Après ça, on se met à prier dans l\u2019allée.L\u2019avion a déjà décollé.On peut avoir du fun.» L es Ca nad iens e t l e s Québécois connaissent l\u2019humour direct de Sugar Sammy.Pour les Américains, par contre, c\u2019est une découverte.Pas que les humoristes aux États-Unis évitent les sujets controversés, mais peu prennent autant plaisir à repousser les limites que Sugar Sammy.En entrevue dans un bar près de l\u2019appartement qu\u2019il loue à L.A., Sugar Sammy dit chercher consciemment à provoquer son public.«Aux États-Unis, chaque État est différent, dit-il.Par exemple, à New York ou L.A., les gens sont capables d\u2019en prendre.Ils savent rire d\u2019eux-mêmes.Ailleurs, c\u2019est moins évident.Je dois d\u2019abord démontrer que je suis capable de rire de moi pour avoir leur attention.» À Los Angeles depuis le début du mois de février, l\u2019humoriste de 35 ans profite de chaque instant pour faire avancer sa carrière.Il va à des auditions, prend des cours d\u2019art dramatique au réputé Margie Haber Studio, et meuble ses rares temps libres avec des numéros de 10 ou 15 minutes au Comedy Store, L.A.Improv, Laugh Factory et autres cabarets d\u2019humour de la ville.«Mon but, c\u2019est d\u2019évoluer comme artiste.J\u2019aimerais ça trouver des rôles dramatiques à la télé ou au cinéma.L\u2019humour est une chose que je maîtrise bien, que je fais depuis 15 ans.» Au Canada, son nouveau DVD lancé en janvier, Sugar Sammy Live in Concert : Direct From Montreal se vend bien.Cela dit, l\u2019humoriste refuse de faire du surplace, de trouver une formule facile et de l\u2019utiliser pour faire avancer sa carrière.« Je ne veux pas être au même niveau dans cinq ans.Quand je regarde sur YouTube les blagues que je faisais il y a cinq ans, je suis gêné.C\u2019est mauvais! Sur un show d\u2019une heure, il y a peut-être un ou deux gags que j\u2019aime encore.» Sammy dit être un grand fan de Ricky Gervais, Larry David et Sacha Baron Cohen.Plus jeune, il restait chez ses parents le vendredi soir pour ne pas manquer un épisode du Ali G Show, animé par Cohen.«Ce gars-là me fait mourir de rire.Mes amis m\u2019appelaient pour sortir, mais je ne voulais rien savoir.Et Ricky Gervais est un héros personnel.Sa performance aux Golden Globes était mémorable, c\u2019est un classique.» Le Québec avant tout Né à Montréal de parents originaires du nord de l\u2019Inde, Sammy dit être un pur produit du Québec.Le fait qu\u2019il maîtrise quatre langues (le français, l\u2019anglais, le panjabi et l\u2019hindi) lui permet de mener sa carrière sur plusieurs continents.Malgré tous ses voyages, il n\u2019est pas prêt à quitter Montréal.« Il y a un point de vue unique au Canada, à Montréal.C\u2019est là que je veux habiter.» Le comédien est d\u2019ailleurs en contact constant avec ses parents sur Skype.« Mes parents, ce sont mes amis.Ils me manquent quand je suis en voyage.On échange sur Skype au moins tous les deux jours.Je crois que c\u2019est un truc d\u2019immigrants, la famille est très importante.» Sammy est aussi en train d\u2019écrire du matériel pour une éventuelle tournée canadienne.«Ce n\u2019est pas encore prêt.C\u2019est long, car tout mon matériel doit être nouveau.Quand je fais des spectacles aux États-Unis, personne ne me connaît, alors je peux utiliser mes grands succès.» Au Canada angla is , sa carrière est bien établie.Au Québec, toutefois, il reste encore un humoriste qui travaille en marge des figures établies.Une situation qu\u2019il compte changer en entreprenant une grande tournée québécoise en 2012.«Je veux aller partout au Québec.C\u2019est important pour moi de faire carrière au Québec, car c\u2019est ma province natale, c\u2019est chez moi.» Au cours des prochains mois, Sugar Sammy jongle avec quelques projets pour la télé québécoise, qui ne sont pas encore confirmés.Il doit aussi prochainement s\u2019envoler pour Singapour, où il animera une soirée durant laquelle joueront Stone Temple Pilots et Slash, l\u2019ancien guitariste de Guns N\u2019 Roses.« L\u2019Asie est un univers dont on n\u2019entend pas souvent parler, dit-il.Je crois que ça intimide bien des gens.Pour moi, c\u2019est naturel d\u2019y aller.Là-bas, les spectateurs me voient comme un étranger et pensent que je suis un peu perdu.J\u2019aime les surprendre quand ils s\u2019y attendent le moins.» SUGAR SAMMY À LOS ANGELES Repousser d\u2019autres limites PHOTO PÉNÉLOPE FORTIER, COLLABORATION SPÉCIALE Sugar Sammy est peut-être en Californie, mais Montréal et le Québec restent bien ancrés dans sa tête.Il y caresse des projets pour 2012.«Je veux aller partout au Québec.C\u2019est important pour moi de faire carrière au Québec, car c\u2019est ma province natale, c\u2019est chez moi.» «Aux États-Unis, chaque État est différent.Par exemple, à New York ou L.A., les gens sont capables d\u2019en prendre.Ils savent rire d\u2019eux-mêmes.Ailleurs, c\u2019est moins évident.Je dois d\u2019abord démontrer que je suis capable de rire de moi pour avoir leur attention.» De passage à Los Angeles pour faire avancer sa carrière d\u2019acteur, le Québécois Samir Khullar, alias Sugar Sammy, en a profité pour monter sur les planches des cabarets d\u2019humour de la ville.Avec succès, rapporte notre correspondant.MOTS CROISÉS DES ARTS SOLUTION de la semaine dernière 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 www.nicolehannequart.com 1729 HORIZONTALEMENT 1 Auteur de Petit traité de vie intérieure \u2013 Livre de Jacques Salomé (Aimer l\u2019.).2 Trouble \u2013 Rôle d\u2019Élise Guilbault dans Penthouse 5-0.3 Définissent précisément la clientèle de \u2013 Extrémité supérieure d\u2019un arbre.4 S\u2019entend dans les corridas \u2013 Album de Natalie Choquette (.bella).5 Polyamide \u2013 Consacrées.6 Initiales de l\u2019animateur de Pyramide \u2013 Réconcilie.7 Algue marine \u2013 Sert à appeler \u2013 Exprime un mouvement soudain.8 D\u2019une expression sign.il y a bien longtemps \u2013 Pendant (que).9 Instrument de pêche \u2013 Contingent déterminé, imposé ou autorisé.10 Et le reste \u2013 Spiruline \u2013 Préposition.11 Se montrer satisfait de (savoir .de) \u2013 Son roman L\u2019ombre de l\u2019épervier est porté au petit écran à la fin des années 1990.12 Instrument de musique (.Martenot) \u2013 Infection due à un virus.VERTICALEMENT 1 Opéra présenté au Monument National jusqu\u2019au 13 mars \u2013 Terme de psychanalyse.2 Elle joue dans Bureau de contrôle, de George Nolfi.3 Prix \u2013 Pêle-mêle (en .).4 Vieille affirmation \u2013 Bords de bois \u2013 Divinité grecque.5 Le plus grand volcan d\u2019Europe \u2013 Empereurs.6 .Russo \u2013 Dodu.7 Groupe de vers.8 Astate \u2013 Se tenir les côtes \u2013 Film de Clouzot (.des Orfèvres).9 Film de SimonWest (Le .) \u2013 Roman de James Patterson (Bons baisers du .).10 Un des enfants, dans Les Parent \u2013 Au revoir \u2013 Signe de musique.11 Petit avion \u2013 Cyniques.12 Brame \u2013 Soixante-dix.1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 1 E T H E R I D G E W U 2 L E A F E H N E R I N 3 L U C S I N O P L E 4 E T H E R E R S E S 5 F A U N E S S E T O M 6 A T R E A T A I N E 7 N E E S B R U N O L 8 N S C A O S E L L E 9 I V O L U M E E U 10 N E O O R E E S P U 11 G R E S S I N P R I S 12 S U R E N T R A I N E www.nicolehannequart.com 1728 llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 16 A R T S E T S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 5 M A R S 2 0 1 1 ARTS ET SPECTACLES EN HAUSSE.EN BAISSE THE KING\u2019S SPEECH Dimanche dernier, ce fut la consécration de The King\u2019s Speech qui a remporté les grands honneurs de la 83e cérémonie de remise des Oscars.Le film de Tom Hooper a décroché le très convoité Oscar du meilleur film, de même que des statuettes dans les catégories de pointe : meilleure réalisation, meilleur acteur (Colin Firth) et meilleur scénario original.À l\u2019affiche depuis 14 semaines, The King\u2019s Speech connaîtra-t-il un second souffle en salle?On le lui souhaite.CHARLIE SHEEN La semaine dernière, on a appris que les producteurs de Two and a Half Men mettaient fin à la série mettant en vedette Charlie Sheen.La raison: les déclarations controversées de l\u2019acteur et son comportement bizarre.Ne craignant pas la polémique, Sheen a par la suite affirmé qu\u2019il serait prêt à reprendre le travail, mais en étant payé trois millions au lieu de deux par épisode.Two and a Half Men est l\u2019une des cinq séries les plus regardées aux États-Unis avec une moyenne de 14,5 millions de téléspectateurs.ENTRACTE entracte@lapresse.ca CATHERINE SCHLAGER LA PHOTO D\u2019HERBY SÉPARÉES À LA NAISSANCE Zooey Deschanel, la rafraîchissante Summer Finn du film (500) Days of Summer et la charmante Alison de Yes Man, fait beaucoup penser à la chanteuse Katy Perry, de son vrai nom Katheryn Elizabeth Hudson, la célèbre interprète de I Kissed A Girl.Même moue coquine, même frange noire gracieuse, mêmes yeux bleus éclatants.Merci à Francis Léveillé pour la suggestion.Zooey Deschanel Katy Perry ILS, ELLES ONT DIT \u2013 SPÉCIAL OSCARS «Où étais-tu quand je tournais des films?» \u2014 Le vénérable Kirk Douglas draguant la jeune Anne Hathaway.«Tu as terrorisé toute la nation avec ta coupe de cheveux dans \u201cNo Country for Old Men\u201d.» \u2014 Sandra Bullock, présentant Javier Bardem, en nomination pour l\u2019Oscar du meilleur acteur (Biutiful).«C\u2019est drôle, je viens de recevoir un texto de Charlie Sheen!» \u2014 James Franco, déguisé en Marilyn Monroe, revenant sur les frasques de l\u2019acteur.«Tu pourrais donner la chance à quelqu\u2019un d\u2019autre.Ça t\u2019en prend combien (d\u2019Oscars)?» \u2014 Sandra Bullock narguant Jeff Bridges, en nomination pour l\u2019Oscar du meilleur acteur (True Grit), après avoir gagné l\u2019an dernier.Charlie Sheen dans Two and a Half Men PHOTO AP/CBS Sandra Bullock PHOTO AP Ce printemps, le magasin Holt Renfrew a eu une bonne idée.Il s\u2019inspire pour ses vitrines de la vie quotidienne de personnalités connues.Ainsi, le magasin a demandé à Denis Gagnon, Sonia Benezra, Sophie Bandford \u2013 rédactrice de Châtelaine \u2013 et Isabelle Racicot (pour ne citer qu\u2019eux), de nous livrer leurs essentiels, c\u2019est-à-dire les objets dont ils ne peuvent se passer.Coeur de pirate ne pourrait vivre sans son cardigan, son rouge à lèvres couleur corail, ses chaussures à plateforme et ses écouteurs.Quant à Pénélope McQuade, elle ne pourrait se passer de son passeport, de son journal La Presse et de son iPad.Chaque vitrine met donc en lumière quelques objets accompagnés de citations qui sauront vous faire sourire et parfois même réfléchir.Vous pouvez voir ces vitrines personnalisées du grand magasin à l\u2019angle des rues Sherbrooke et de la Montagne jusqu\u2019au mois d\u2019avril.Et vous, de quels objets ne pourriez-vous pas vous passer ?llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 5 M A R S 2 0 1 1 A R T S E T S P E C T A C L E S 17 Danseurs : Jean-Sébastien Couture, Robin Mathes / Photo : John Hall ET CANTATA DE MAUROBIGONZETTI [\u2026] soirée généreuse qui prend aux tripes et rend euphorique, un hymne à la vie charnelle.» \u2014 La Presse « Du 17 au 26 mars 2011 TIFF n\u2019accepte que la carte de credit Visa\u2020.REITMAN SQUARE, 350, RUE KING OUEST, TORONTO Commanditaire présentateur Partenaire présentateur Partenaire médiatique Alice in Wonderland, 2010 Cette exposition est montée par le Museum of Modern Art, New York.UNE EXPOSITION Découvrez l\u2019art et l\u2019univers de Tim Burton, l\u2019un des réalisateurs les plus originaux et inventifs d\u2019Hollywood.Il ne reste plus que quelques semaines pour voir cette exposition unique présentée au TIFF Bell Lightbox, à Toronto.Réservez sans délai votre forfait hôtel-billets! tiff.net/ExperienceBurton la semaine de relâche! Ve nez nous voir pendant L\u2019exposition se termine le 17 avril.Commanditaire ARTS ET SPECTACLES CORPS ATYPIK La normalité pose toujours la question de la jauge qui la définit.Il faut avoir une certaine taille, un certain poids, une certaine esthétique, un certain comportement, sans quoi ces différences deviennent un handicap à l\u2019intégration.La série Corps Atypik développée par Tangente, Usine C, Studio 303 et le Gesù remet en question notre regard sur la nonconformité physique et relationnelle.Diane Leduc et Catherine Tardif inaugurent la série avec De la tête au ciel, qui met en scène deux danseuses de petite taille et un danseur très grand.ALINE APOSTOLSKA COLLABORATION SPÉCIALE Instigatrice et directrice artistique du projet, Diane Leduc donne le ton: «Cette pièce vient de ma tristesse de mère face au diagnostic de nanisme de mon fils.En fréquentant l\u2019Association de personnes de petite taille, j\u2019ai eu envie d\u2019aborder le sujet, d\u2019en parler comme de vraies personnes et non comme des lutins ou des clowns de cirque.La pièce n\u2019est pas centrée sur la question de la taille, mais sur la personnalité des trois interprètes et l\u2019interaction entre elles.J\u2019ai donné carte blanche à Catherine Tardif pour l\u2019humanisme que je lui connais.Je savais qu\u2019elle traiterait le sujet avec sensibilité et justesse.» C\u2019est à l\u2019Association des personnes de petite taille qu\u2019elle a choisi les deux interprètes féminines, Nancy Duguay, 32 ans, et Valérie Tourangeau, 19 ans : « Quand j \u2019ai rencontré Nancy elle avait de la gueule, bien habillée, coiffée, maquillée, elle a beaucoup d\u2019impact.Mais Valérie, plus en retrait, est aussi très belle avec ses traits fins, ses longs cheveux.Elles correspondaient à l\u2019image que je voulais donner.Angelo Barsetti (qui signe costumes et maquillages) a tenu à valoriser leur beauté, alors qu\u2019il a, par le costume, accentué la fragilité de Marc.» Le choix de Marc Boivin, 48 ans, danseur de si grande taille et de tant de prestance, vient compléter le côté audacieux sinon dérangeant de la distribution : trois tailles, trois physiques, trois âges, autant de différences à utiliser comme des atouts.Catherine Tardif, chorégraphe d\u2019expérience, a relevé le défi de Diane Leduc: «Je n\u2019aurai jamais initié un tel sujet, ça m\u2019aurait paru odieux d\u2019oser jouer sur ce genre de contrastes.La perfection physique de Marc (avec lequel elle travaille depuis très longtemps) est indéniable, mais moi je vois surtout sa fragilité et son côté preux chevalier.Il s\u2019est d\u2019emblée placé comme à son habitude dans le rapport à un corps spécifique sans se demander s\u2019il était petit.Le travail en studio fut un huis clos intime, un laboratoire d\u2019expérimentations où chacun a cherché son juste geste et le juste rapport aux deux autres.Le résultat est inattendu, émouvant ou drôle.Je voudrais surtout que les spectateurs y voient un miroir de leurs propres déviances, de leurs limites.» Cette intimité, qui se tisse aussi avec le public, est soulignée par les éclairages de Lucie Bazzo ainsi que par la création d\u2019objets quotidiens, comme des tables, par le compagnon de Diane Leduc et père de son fils, Raynald Langelier.La musique devait être signée Jérôme Minière, ami de la famille Leduc-Langelier; mais son emploi du temps l\u2019en empêchant, Michel F.Côté, musicien de longue date associé à la danse contemporaine, a repris le répertoire de Minière pour le «dénaturer», enlevant les paroles et jouant sur les trames musicales.Autant dire une redécouverte de l\u2019univers Minière qui tient tant au texte.Ce projet atypique aura donc obligé chacun des membres de l\u2019équipe à sortir de sa zone de confort, à se remettre en question pour dépasser ses propres modèles.Au fond, De la tête au ciel nous parle de ce que nous sommes tous: des humains qui cherchent leur juste dimension.De la tête au ciel, de Diane Leduc et Catherine Tardif, du 8 au 12 mars 18h à l\u2019Usine C.DE LA TÊTE AU CIEL À chacun sa juste dimension Retrouvez les grilles télé d\u2019aujourd\u2019hui et de demain dans le Voilà! inséré dans La Presse d\u2019aujourd\u2019hui.VOILÀ! VOTRE SOIRÉE DE TÉLÉVISION Votre guide télé complet sur CYBERPRESSE.CA/TELE sur cyberpresse.ca HORAIRES Consultez tous les jours tous vos horaires cinéma et critiques de téléromans sur www.cyberpresse.ca/tele Votre guide télé Les Remparts de Québec reçoivent les Saguenéens de Chicoutimi, mercredi 19 h, RDS SPORTS La mauvaise éducation, drame de moeurs de Pedro Almodovar, avec Gael García Bernal, dimanche 21 h, TQC CINÉMA J'ai vu changer la terre - Japon: l'empire du milieu, série sur l'impact des changements climatiques, vendredi 19h, TV5 SÉRIE Amour et haine, le dernier épisode de la deuxième saison de la série Trauma, mardi 21 h, Radio-Canada SÉRIE SEMAINE DU 5MARS 2011 PHOTO ROBERT SKINNER LA PRESSE La distribution atypique de la pièce De la tête au ciel: Marc Boivin, Valérie Tourangeau et Nancy Duguay.Depuis toujours, la danse contemporaine s\u2019est insurgée contre le diktat du corps parfait et des codes normatifs qui restent de mise en danse classique.La sveltesse, voire la maigreur, l\u2019élan, la souplesse, la fragilité sont ainsi d\u2019emblée associés à la danse, et ce n\u2019est pas la moindre des audaces que d\u2019oser les remettre en question en présentant d\u2019emblée sur scène des corps gros qui n\u2019en sont pas moins mobiles ou magnétiques.C\u2019est ce que proposent les chorégraphes et interprètes Emilie Poirier et Pascal Desparois avec cette pièce pour cinq danseurs qui s\u2019attaque à l\u2019esthétique de la danse, mais également à l\u2019idéologie selon laquelle il faut être mince pour danser.Cela n\u2019a rien d\u2019un manifeste ni d\u2019une caricature, mais cela va certainement confronter nos acquis et nos habitudes autant qu\u2019interroger notre propre rapport à notre corps et à notre poids.Jugement, comparaison, dignité, dérision, maîtrise du corps, humanité, sensualité et désir aussi, la pièce aborde tous ces aspects sans se voiler la face.Les gros, du 10 au 13 mars à 19h30 à Tangente, précédé par le court métrage Leçons, le making-off, de Menka Nagrani et Richard Gaulin.Voir détails sur www.corps-atypik.ca.\u2014 Aline Apostolska, collaboration spéciale *À lire mercredi prochain, dans la page Vivre: un reportage d\u2019Anabelle Nicoud sur Les gros.LESGROS PERSISTENT ET DANSENT Pour sa nouvelle création, la chorégraphe et metteure en scène Menka Nagrani s\u2019est tournée vers Alexis Martin.Son objectif : parler de notre consommation de médicaments.L\u2019auteur et comédien, qui codirige le Nouveau Théâtre Expérimental (NTE), a fait ressortir le grand paradoxe du médicament, à la fois remède et poison, signant un texte poétique à l\u2019origine de ce spectacle au confluent de la danse et du théâtre présenté dans le cadre de la série Corps atypik.JEAN SIAG La jeune danseuse et chorégraphe, qui dir ige Les Productions des pieds des mains depuis sept ans, s\u2019est fait connaître grâce à ses créations mettant en vedette de jeunes acteurs souffrant de déficience intellectuelle et de trisomie.La dernière en date, Le temps des marguerites, basé sur l\u2019opéra de Faust, a tourné un peu partout au Québec, tout comme La l e çon, de Ionesco, première création de la compagnie en 2004.Chaque fois Menka Nagrani s\u2019investit corps et âme, les répétitions pouvant s\u2019étirer sur une période d\u2019un à deux ans.Ces acteurs handicapés \u2013 que la compagnie forme patiemment dans sa petite école appelée Les muses \u2013 partagent la scène avec des acteurs et des danseurs professionnels qui les encadrent.« Ils ont besoin d\u2019être guidés, insiste la danseuse et chorégraphe.La plupart d\u2019entre eux ne connaissent pas leur numéro de téléphone par coeur, alors il y a un énorme travail de mémoire.Et puis, ils ne saisissent pas tout ce qu\u2019ils disent, ce qui complique parfois les choses.Mais à la fin, on y arrive.» Cette fois, elle avait envie de parler de notre (sur) consommation de médicaments, une façon moderne de nous conformer aux diktats de la société.«La prise de médicaments est un peu une façon d\u2019amener tout le monde à être pareil, en gérant les émotions pour ne pas qu\u2019elles dépassent une certaine limite, nous dit Menka Nagrani.Une réalité peut-être encore plus criante pour des personnes handicapées, qui n\u2019ont pas la capacité d\u2019être critiques face aux produits médicaux qu\u2019on leur prescrit.» « Je ne connaissais pas Alexis personnellement, mais je savais aussi qu\u2019il aimait prendre des risques! J\u2019ai pensé à lui parce que je voulais qu\u2019il y ait une profondeur et une sensibilité à ce spectacle, poursuit la jeune chorégraphe.Est-ce qu\u2019on a le droit de pleurer ou est-ce qu\u2019il faut absolument prendre des antidépresseurs?Qu\u2019est-ce que ça veut dire être sous l\u2019effet d\u2019un médicament?Ce sont des questions que j\u2019ai abordées avec lui.» «Dépossédé de son corps» Après réf lexion, Alexis Martin a accepté de sauter dans l\u2019arène.«Au début, j\u2019avais des réserves.Les médicaments font quand même partie de l\u2019arsenal de la culture humaine et ils sauvent des vies, estime-t-il.Il ne s\u2019agit pas de s\u2019y opposer.Mais en même temps, c\u2019est un poison pour le corps.Ça nous rend dépendants, il y a des effets secondaires.On est dépossédé de son corps.» D\u2019où ce titre, Pharmakon, inspiré de sa lecture du Phèdre de Platon.«Socrate dit que l\u2019écriture est un pharmakon pour la mémoire.C\u2019est-àdire que c\u2019est un remède et un poison, explique Alexis Martin.C\u2019est ce qui affaiblit la mémoire, mais c\u2019est aussi ce qui la sauve.Une fois que la parole est écrite, elle n\u2019est plus autonome, elle ne se défend plus.Elle peut être travestie, mal interprétée, détournée de son contexte.C\u2019est pareil pour le médicament qui est un pharmakon.» L\u2019auteur rappelle également l\u2019image du caducée de la médecine qui représente deux serpents qui s\u2019enroulent sur un bâton.«Le venin est aussi l\u2019antivenin.On se sauve de la morsure du serpent avec un remède fait à partir du venin.C\u2019est toute l\u2019ambiguïté de notre rapport à la médecine.Ce que je trouve passionnant dans la proposition de Menka, c\u2019est que les personnes handicapées sont celles qui sortent de la norme.Mais est-ce qu\u2019elles sont malades ou juste \"autres\"?C\u2019est cette réflexion que je trouve intéressante.» L\u2019histoire d\u2019Alexis Martin met en scène un médecin atteint d\u2019une maladie mortelle.«On suit son parcours, ses angoisses par rapport à la maladie, à la solitude, mais on s\u2019interroge aussi sur la valeur des mots de compassion, d\u2019amour et d\u2019écoute», détaille l\u2019auteur.Les chorégraphies ont un côté fantaisiste où l\u2019homme, interprété par Marc Barakat, s\u2019imagine entouré d\u2019amour, alors qu\u2019il vit seul sa maladie.«Le texte dit par ces comédiens est touchant et surprenant, estime Alexis Martin.Même que les répliques des acteurs \"normaux\", nous paraissent plus banales.» Pharmakon, au Gesù les 12, 18 et 19 mars.PHARMAKON Le poison qui sauve PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE «La prise de médicaments est un peu une façon d\u2019amener tout le monde à être pareil, en gérant les émotions pour ne pas qu\u2019elles dépassent une certaine limite», dit la chorégraphe Menka Nagrani (à droite, en compagnie de l\u2019auteur Alexis Martin).«Socrate dit que l\u2019écriture est un pharmakon pour la mémoire.C\u2019est-à-dire que c\u2019est un remède et un poison.C\u2019est ce qui affaiblit la mémoire, mais c\u2019est aussi ce qui la sauve.» \u2014 Alexis Martin llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 18 A R T S E T S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 5 M A R S 2 0 1 1 ARTS ET SPECTACLES ARTS VISUELS JOCELYNE LEPAGE Vasco Araújo était au Musée de Joliette récemment pour aider à l\u2019installation de ses vidéos.La qualité du son et de l\u2019éclairage est d\u2019une grande importance, dit-il (en anglais).La veille, il a fait une erreur à son arrivée à l\u2019aéroport Trudeau, avoue-t-il.«Je suis un artiste, a-t-il dit au douanier, j\u2019expose au Musée de Joliette.» « Comment ça, un artiste, a demandé le douanier, où sont les oeuvres?» Et le voilà envoyé pour la fouille, dans la ligne des suspects.«J\u2019ai passé plus de temps à la douane, que dans l\u2019avion», ajoute-t-il en riant.Ce fut l\u2019occasion pour lui de se rendre compte que les «suspects» avaient, en général, un «profil racial», qu\u2019ils étaient «différents ».« Di f férents », voi là un thème exploité dans les vidéos de Vasco Araújo, dont l\u2019un porte d\u2019ailleurs le titre suivant : About Being Different.On y retrouve cinq personnages, des pasteurs protestants, dont deux femmes.De vrais pasteurs, pas des comédiens.Chacun, à tour de rôle, donne son opinion sur les questions soulevées par un opéra de Benjamin Britten (1913- 1976) Peter Grimes.Grimes, un pêcheur rustre et ambitieux, est accusé, à tort, du meurtre d\u2019un mousse.Parce qu\u2019il est différent , selon Araújo.«J\u2019ai vu cet opéra à Newcastle (Angleterre) avec les pasteurs.Par la suite, j\u2019ai posé à chacun, séparément, les mêmes questions.Curieusement, presque tous ont réagi de la même façon, en parlant de leur propre «différence » ».Moyens inusités On voit par cet exemple que Vasco Araújo a recours à des moyens inusités pour s\u2019exprimer.Ici, c\u2019est une référence à un opéra \u2013 l\u2019artiste portugais a fait des études en art lyrique et aux Beaux-Arts.Un opéra composé par un auteur « différent » (Britten était homosexuel).Araújo a aussi recours à des entrevues avec des gens bien inscrits dans la société britannique.Le résultat ressemble à un documentaire.Dans O Percuso, c\u2019est autre chose.L\u2019action, si l\u2019on peut s\u2019exprimer ainsi, se déroule en Andalousie.Un homme et un jeune garçon marchent dans un immense déser t doré, un paysage d\u2019une beauté fascinante.On y entend des voix.«Cette terre n\u2019est pas la nôtre, disent l\u2019homme et l\u2019enfant (en espagnol).Qui sommes-nous si nous n\u2019avons pas de terre?» On comprend qu\u2019il s\u2019agit de Roms.Les voix se transforment en prière.La statue d\u2019une Vierge fait son apparition, c\u2019est la Macarena.On la prie.Dans cette vidéo, les personnages sont des comédiens.Le texte que l\u2019on entend est une curieuse composition.«J\u2019ai pris les paroles dans les chansons populaires de flamenco, explique Araújo, et j\u2019ai demandé à un poète d\u2019en faire un nouveau poème.» Théâtre, poésie, folklore, cinéma, pour une thématique toujours actuelle : les êtres privés de territoires, qui errent dans des pays étrangers, ou dans leur propre pays dont ils ont été dépossédés, sont-ils aussi privés d\u2019identité ?À 36 ans, Vasco Araújo fait partie des jeunes artistes portugais qui ont une carrière internationale.Il est souvent invité par des institutions britanniques, américaines, européennes, à créer sur place des oeuvres vidéo et à donner des conférences, autre outil dont se sert cet artiste exigeant qui vit à Lisbonne.Ses oeuvres ne sont pas faciles d\u2019accès.Elles sont remplies de références littéraires, musicales, cinématographiques, mythologiques\u2026 Il faut lire les «instructions » affichées sur les murs du musée pour découvrir que derrière le statisme des images et l\u2019apparente simplicité, il y a des réflexions profondes sur la vérité et le mensonge, l\u2019identité, les inégalités sociales, l\u2019injustice, la religion\u2026 Cette exposition, Avec les voix de l\u2019autre, invite à une lente méditation sur le sens de la vie.Vasco Araújo, Avec les voix de l\u2019autre, au Musée de Joliette (145, rue du Père-Wilfrid- Corbeil), jusqu\u2019au 1er mai 2011.Ouvert du mardi au dimanche, de 12h à 17 h.Entrée : 10$ (adultes).VASCO ARAÚJO Méditation au Musée de Joliette Le Musée de Joliette a transformé ses grandes salles pour accueillir, sur grand écran, quatre vidéos de Vasco Araújo, premier artiste portugais contemporain à exposer au Canada.Sous des apparences de simplicité extrême, l\u2019oeuvre de cet artiste de 36 ans est complexe et soulève des questions d\u2019ordre existentiel et sociologique.On pense à Pessoa, grand écrivain-culte portugais, ce qui fait sourire Araújo.PHOTO FOURNIE PAR LE MUSÉE D\u2019ART DE JOLIETTE Les oeuvres de Vasco Araújo, dont O Percuso (photo) ne sont pas faciles d\u2019accès.Elles sont remplies de références littéraires, musicales, cinématographiques et mythologiques.«Différents», voilà un thème exploité dans les vidéos de Vasco Araújo, dont l\u2019un porte d\u2019ailleurs le titre suivant : About Being Different.llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 5 M A R S 2 0 1 1 A R T S E T S P E C T A C L E S 19 tracés exposition 26 janvier au 24 avril 2011 peintures -sculptures -oeuvres de verre -gravures -eaux-fortes -collages -gouaches -aquarelles -pastels -fusains -peintures -sculptures -oeuvres de verre -gravures En collaboration avec : 500, rue Sherbrooke Ouest Métro McGill / 514.499.5087 lotoquebec.com/espacecreation Du 10 février au 8 mai 2011 Parc des Champs-de-Bataille, Québec 418 643-2150/1 866 220-2150 www.mnba.qc.ca Marc-Aurèle Fortin, Averse passagère, Baie-Saint-Paul (détail), 1936 ou 1937.Huile sur carton, 98x120,6 cm.Coll.MNBAQ, restauration effectuée par le Centre de conservation du Québec.© Fondation Marc-Aurèle Fortin/SODRAC (2011).Photo: Jean-Guy Kérouac, MNBAQ.MARC-AURÈLE FORTIN L\u2019EXPÉRIENCE DE LA COULEUR En partenariat avec ARTS ET SPECTACLES LECTURES CHANTAL GUY SIGNET C\u2019est fou comme le temps passe vite.Déjà 10 ans que le Festival Voix d\u2019Amériques roule sa bosse, et je n\u2019ai pas raté une seule année.De tous les festivals que l\u2019on peut couvrir dans une carrière de journaliste culturelle, c\u2019est sûrement mon préféré.Pourquoi ?Parce qu\u2019au départ, on ne donnait pas cher de sa peau.Comment cet événement bilingue \u2013 parfois même trilingue \u2013 consacré à la poésie et au spoken word, à la performance verbale et musicale, allait-il trouver son public?Dans la petite salle mal chauffée et bigarrée de la Sala Rossa lors de la première conférence de presse, il était permis d\u2019en douter.Et pourtant, le public a toujours été au rendez-vous, et n\u2019a pas cessé d\u2019augmenter.La plupart des grands spectacles se tiennent à guichets fermés \u2013 et certains soirs, il ne faut pas souffrir de claustrophobie.C\u2019est qu\u2019au FVA, on trouve tout ce qui fait de Montréal une ville créative et iconoclaste.Le mélange des genres, des langues et des artistes de diverses disciplines fait penser aux happenings des années 60 et 70, avec pour résultat quelque chose d\u2019unique.Ce ne sont pas tous les festivals qui permettent la rencontre de gens aussi différents, ce qui est pourtant essentiel à l\u2019esprit inventif et à une certaine solidarité artistique.Ce ne sont pas non plus tous les spectacles qui ont été des réussites \u2013 on a eu notre lot d\u2019instants pénibles, le mot « underground » n\u2019étant pas forcément un gage de qualité supérieure et la poésie, un synonyme de beauté \u2013, mais l\u2019expérimentation et le risque, ça se paye parfois en maladresses et en tâtonnements.Et ça rapporte à d\u2019autres moments quelque chose qui n\u2019a pas de prix.Il faut dire qu\u2019en 10 ans, la directrice du FVA, D.Kimm, a toujours eu le souci de préserver l\u2019âme de son bébé.Malgré le succès, elle est restée fidèle à l\u2019esprit de l\u2019événement et à ses lieux de prédilection, tout en n\u2019écartant jamais l\u2019idée de sortir de sa zone de confort.Il y a aussi que le FVA se tient toujours en hiver.Il nous sort de la grisaille et de la cabane, et il a sûrement soigné bien des dépressions saisonnières.À titre personnel, je peux vous confier qu\u2019à l\u2019un des pires moments de ma vie, j \u2019ai été pratiquement sauvée par John Giorno.De voir ce survivant de la Beat Generation et de ses excès déclamer à 72 ans sa poésie comme un diable, de l\u2019entendre dire: «No nostalgia, the very worst is happening now, life goes on », cela m\u2019avait carrément donné l\u2019impression d\u2019une renaissance \u2013 oui, la poésie peut faire ça, des fois\u2026 La folie contagieuse d\u2019un Patrice Desbiens, la beauté intérieure d\u2019une Chloé Sainte- Marie, la richesse spirituelle d\u2019un Thomson Highway ou le talent polymorphe d\u2019un Richard Desjardins, tout cela a souvent donné l\u2019impression d\u2019assister à quelque chose d\u2019exceptionnel \u2013 d\u2019autant plus que les spectacles sont en général présentés une seule fois, ce qui ajoute à l\u2019intensité de chaque soirée.Plus important encore, 10 ans après sa création, le FVA n\u2019a jamais été aussi pertinent.Alors que les voix marginales sont de plus en plus étouffées, que la culture ne carbure plus qu\u2019aux «valeurs sûres», que la diversité et le métissage sont rabroués, que la sensation d\u2019enfermement est de plus en plus aiguë, on peut vraiment dire que dans la tourmente, le FVA tient le fort.On lui souhaite bonne fête, longue vie, et on lui dit merci.S Pour joindre notre journaliste : cguy@lapresse.ca Pourquoi le FVA?2003 Patrice Desbiens pour la voie de l\u2019oralité, du spoken word et de la poésie performée.Il y a de la fébrilité dans l\u2019air, le besoin de prendre la parole, de faire les choses différemment, le mélange d\u2019anglophones et de francophones, le fonctionnement anarchiste de la Sala Rossa et de la Casa del Popolo, le sentiment de renouer avec l\u2019urgence et la Nuit de la poésie de 1970.2004 Urbain Desbois pour la voie de l\u2019insolence et de la délinquance.Il y a de l\u2019effervescence et un mélange des genres, et tellement de monde à la Sala Rossa qu\u2019on ne peut plus faire entrer ne serait-ce qu\u2019un doute, une méfiance.Montréal vibre par cette mouvance bilingue, underground, festive et solidaire.2005 Chloé Sainte-Marie pour la voie de l\u2019engagement, la combativité et la compassion.Faire entendre les oubliés.C\u2019est toute une transgression, ce spectacle avec des aidants naturels qui viennent prendre la parole avec force et humour.Et Chloé, émouvante, qui nous livre la poésie de Miron comme on n\u2019avait jamais cru cela possible.C\u2019est aussi la création du Combat contre la langue de bois, cette tribune pour une prise de parole vraie et sincère.2006 Thomson Highway pour la voie de la différence.Un écrivain fabuleux, mais aussi un pianiste, un Cri et un gai, qui parle français, qui est ravi de se prêter au jeu.Au début, personne ne le connaissait.Et puis, à force de passion, nous avons réussi à l\u2019imposer et il a séduit tout le monde.Un tournant, la conviction qu\u2019un petit festival même avec peu de moyens peut réussir à se faire entendre.Le sentiment que nous pouvons faire une différence dans le paysage culturel.2007 Richard Desjardins pour la voie de l\u2019intégrité.Le guerrier, le résistant, l\u2019intransigeant.Celui par qui le courage arrive.Il nous fait le cadeau de son spectacle solo Richard Guétare à La Tulipe.Pour nous aider.En deux heures, tous les billets sont vendus et il faut faire une supplémentaire.Il vient nous présenter son spectacle Aliénor comme un point d\u2019honneur et en prime, il donne une conférence sur le peuple algonquin.On s\u2019incline devant tant d\u2019humilité et de noblesse.2008 John Giorno pour la voie de l\u2019expérience.Oui le slam est à la mode et tout le monde se découvre une envie de poésie.Mais la poésie performée/spoken word, c\u2019est un art qui a ses exigences, qui demande une implication, une recherche du ton juste, de la manière.Âgé de 72 ans, mais toujours aussi passionné et physique sur scène, John Giorno nous a donné une sacrée leçon.2009 Marie-Jo Thério pour la voie de l\u2019indocilité.Leçon d\u2019une artiste libre et inclassable, voyageuse rebelle qui marche sur la corde raide.Et une formidable bête de scène.C\u2019est l\u2019année de la transgression et du délire avec Brahmine et le Cabaret DADA.Un pas assumé vers la performance et le décloisonnement.Un mélange d\u2019avant-garde et d\u2019esprit artisanal.2010 Ursula Rucker pour la voie des femmes puissantes et incarnées.El le liv re sa poésie incisive avec intelligence et sensualité.Leçon de sincérité tout comme avec Sky de Sela et Fred Fortin.Connivence avec un public fidèle, comme un pacte en faveur de l\u2019intégrité.Et une apothéose délirante et déjantée avec le Cabaret DADA QUEER.2011 Melissa Auf der Maur pour la voie de l\u2019audace, la capacité de changer, d\u2019explorer, de vibrer.Une musicienne exigeante et indépendante qui parcourt la planète, mais qui n\u2019a pas oublié ses racines montréalaises.Ah! ce Montréal où l\u2019on sait faire les choses autrement ! 2011 Michel Faubert pour la voie de notre histoire et de notre identité, ce qui nous rend si uniques et particuliers, nous les descendants des coureurs des bois et grands émotifs devant l\u2019Éternel.Faubert avec sa voix reconnaissable entre toutes, chansonnier, conteur et rocker, défricheur et précurseur et toujours au service de la parole vivante et vibrante.Leçon d\u2019émotion et d\u2019authenticité.Propos recueillis par Chantal Guy Les 10 voies du Festival Voix d\u2019Amériques Le Festival Voix d\u2019Amériques nous a habitués à la générosité, mais pour son dixième anniversaire, c\u2019est la totale : tous les grands spectacles sont proposés à 10$.Ce qui veut dire qu\u2019il faudra réserver rapidement ses billets si on veut en profiter.Ça commence dès vendredi prochain avec le show de Melissa Auf der Maur à La Tulipe, suivi samedi par la soirée de «spoken métal» de Michel Faubert (en compagnie de Voivod!), à la Sala Rossa.Auf der Maur et Faubert sont cette année les deux invités d\u2019honneur du FVA, une première que cette double tête d\u2019affiche, à l\u2019image du caractère hybride de l\u2019événement.Parmi les autres grands spectacles : le «lupanar chorégraphique» Maison Close de Catherine Tardif et Michel F.Côté (dimanche, pour 18 ans et plus), Dans le jardin de mon père de Claude Guerre (directeur de la Maison de la poésie à Paris), le New York Temptation d\u2019Anne Waldman, Bob Holman et Penny Arcade, le mystérieux Dans la forêt III (avec Marc Séguin, Maxime Catellier, Robert Aubert et Louis-Karl Picard-Sioui), ainsi que le retour des très courus Combat contre la langue de bois et Cabaret DADA.Les spectacles sont pris en sandwich entre les 5 à 7 Band + Poésie au Divan Orange et les Shifts de nuit à la Casa del Popolo, où c\u2019est toujours gratuit.On vous en reparle, bien sûr.Le FVA, du 11 au 18 mars.Infos: fva.ca ou 514495-1515.POÉSIE À 10$ Au Festival Voix d\u2019Amériques, on trouve tout ce qui fait de Montréal une ville créative et iconoclaste.Pour créer un festival comme le FVA, il faut accepter les risques de l\u2019exploration et faire confiance à son instinct, ainsi qu\u2019au public, affirme D.Kimm.Nous avons demandé à la directrice artistique du Festival Voix d\u2019Amériques, depuis 2003, de nous expliquer, en 10 invités d\u2019honneur pour ses 10 ans, les voies prises par son événement au fil du temps.PHOTOS ROBERT SKINNER, LA PRESSE (EN HAUT), ARCHIVES LA PRESSE (EN BAS).Quatre des invités d\u2019honneur du Festival Voix d\u2019Amériques au cours des dernières années : Melissa Auf der Maur et Michel Faubert (en haut, 2011), Urbain Desbois (en bas à gauche, 2004) et Richard Desjardins (en bas à droite, 2007).llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 20 A R T S E T S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 5 M A R S 2 0 1 1 "]
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