La presse, 12 mars 2011, C. Arts et spectacles
[" ARTS ET SPECTACLES ROBERT LALONDE LA CRÉATION A BESOIN DU VIDE PAGE 23 PATRICK WATSON UN MUSICIEN PAS COMME LES AUTRES PAGE 3 www.cyberpresse.ca/arts PHOTOS Voyez des photos d\u2019anciens spectacles de Céline Dion sur cyberpresse.ca/celinedion DISQUES Consultez toutes nos critiques de CD sur cyberpresse.ca/disques BLOGUE Passionné de musique?Discutez-en avec Alain Brunet sur cyberpresse.ca/brunet PHOTO GÉRARD SCHACHMES Le 23 octobre dernier, à 42 ans, Céline Dion a donné naissance à des jumeaux.Moins de cinq mois plus tard, elle s\u2019apprête à remonter sur la scène du Colosseum de Las Vegas où elle a établi pendant cinq ans des records qui ne seront pas éclipsés de sitôt.Contre toute attente, c\u2019est une femme en grande forme qui s\u2019attaquera à de nouveaux défis à compter de mardi, confirme son équipe.De Las Vegas, notre journaliste Alain de Repentigny en témoigne.UN REPORTAGE À LIRE EN PAGES 12 ET 13.EN GRANDE FORME MONTRÉAL SAMEDI 12 MARS 2011 Papillons 17 février en liberté au 25 avril Rapprochons-nous de la vie intime des papillons espacepourlavie.ca Produit et animé par l\u2019Insectarium dans la grande serre du Jardin botanique SOMMAIRE 4 RICHARD SÉGUIN Richard Séguin lance Appalaches.Rencontre avec un artiste qui a appris à faire les choses à son rythme.SOIRÉE DES JUTRA Hugo Dumas donne quelques trucs et conseils à méditer à propos de ces Oscars québécois.5 PRIX CENDRIER Nathalie Petrowski dénonce le prix Cendrier, accordé à Xavier Dolan par des chercheurs de l\u2019UQAM.7 LYKKE LI Wounded Rhymes, deuxième album de la chanteuse pop suédoise Lykke Li, est la belle surprise de la saison.8 20 MÉDÉE La figure de Médée est au coeur de deux productions théâtrales ce mois-ci, la Médée d\u2019Euripide, au Théâtre Denise-Pelletier, et ManhattanMedea, de l\u2019Allemande Dea Loher, à Espace Go.10 GERI ALLEN La pianiste virtuose Geri Allen se produira en ouverture du festival Jazz en rafale.16 ANNIE SPRINKLE Ex-star du porno, prostituée devenue performeuse, Annie Sprinkle participe au festival féministe Edgy Women.llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 2 A R T S E T S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 1 2 M A R S 2 0 1 1 admission.com BROSSARD 13 et 14 avril 20, 21, 22 et 23 juillet L\u2019Étoile Banque Nationale,450.676.1030 LAVA L 21 et 22 avril ThéâtreMarcellin-Champagnat, 450.661.4862 |1877.661.4862 PLACEdes ARTS 15 et 16 avril ThéâtreMaisonneuve, 514.842.2112 Photographie : julienfaugere.com GUY LAFORCE PRÉSENTE TOUTES LES DATES daniellemire.com en collaboration avec Elling d\u2019Axel Hellstenius et Petter Næss d\u2019après le roman d\u2019Ingvar Ambjørnsen nouvelle version de Simon Bent mise en scène de Monique Duceppe traduction de Michel Dumont Stéphane Bellavance Guy Jodoin Mireille Deyglun Donald Pilon Gabriel Sabourin concepteurs Marcel Dauphinais Daniel Fortin Kareen Houde Yves Labelle Christian Thomas Normand Blais Présentée avec l\u2019autorisation de Nordiska Aps Copenhague 16 février au 26 mars « Guy Jodoin donne vraiment une démonstration totale de son talent.» Je l\u2019ai vu à la radio, Première Chaîne « Guy Jodoin, quel sens du comique! Il est fantastique! » C\u2019est bien meilleur le matin, Première Chaîne « Jodoin est éclatant\u2026Bellavance ne manque pas non plus de nous faire rire\u2026 une oeuvre drôle et touchante\u2026» www.canoe.com « Elling a tout pour que le public offre à cette pièce une ovation qui dure.» La Grande Époque «\u2026la metteure en scène Monique Duceppe matérialise une charmante comédie abordant avec humour, sensibilité et humanité le sujet de la maladie mentale\u2026» lequatrieme.com ARTS ET SPECTACLES MUSIQUE Au milieu de l\u2019enregistrement d\u2019un quatrième CD, coiffé du titre provisoire Adventures in Your Own Backyard, Patrick Watson nous reçoit dans son antre.Son groupe et lui donneront à la fin du mois quatre concerts en périphérie de Montréal, avant de s\u2019envoler vers Amsterdam pour jouer avec le mythique Royal Concertgebouw Orchestra.Rencontre avec un musicien pas comme les autres.PATRICK WATSON BANDE À PART PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE La création de ce quatrième disque est faite de beaucoup de tâtonnements pour Patrick Watson et sa bande.«La musique est allée au bout de plusieurs styles, mais c\u2019est à nous de trouver la suite.C\u2019est difficile mais stimulant.» NATHALIE PETROWSKI Àla fin de sa dernière année en musique au cégep, Patrick Watson a décidé de partir à New York.Seul et sans le sou, il est monté dans l\u2019autocar Greyhound avec rien d\u2019autre que ses rêves de jeune musicien en quête d\u2019inspiration et de reconnaissance.Arrivé à la frontière américaine, pourtant, il n\u2019avait plus qu\u2019un rêve : rentrer à la maison au plus sacrant.Un peu honteux, il a demandé au chauffeur de le laisser descendre.Il a fait du pouce jusqu\u2019à Montréal, furieux contre luimême, mais aussi plus déterminé que jamais à changer le cours de son existence.«La meilleure décision de ma vie, s\u2019écrie-t-il au milieu du local de musique/studio d\u2019enregistrement et bordel universel du boulevard Saint-Laurent qui lui tient lieu de siège social depuis 10 ans.«Parce que si j\u2019étais allé à New York, je n\u2019aurais jamais eu la liberté de créer.J\u2019aurais passé mon temps à travailler pour payer le loyer.J\u2019aurais été perdu dans une mer de nouveaux groupes qui essaient de faire leur place et toute cette agitation m\u2019aurait empêché de découvrir qui j\u2019étais vraiment et quel genre de musique j\u2019avais envie de faire.Finalement, j\u2019ai été très chanceux de sortir de ce bus!» Une boule de feu Autant la musique de Patrick Watson est planante, atmosphérique, impressionniste, presque zen, autant le musicien de 31 ans est volubile, animé, effervescent, fumant cigarette sur cigarette et ne tenant pas en place.Bref, malgré sa voix d\u2019ange et son aura de chanteur éthéré, Patrick Watson est une boule de feu.C\u2019est le premier cliché qui tombe lors de notre rencontre.Le deuxième ne tarde pas à suivre.Comme bien des gens, j\u2019étais convaincu que Patrick Watson était un pur produit du Mile End, quartier de la grande famille musicale anglo-montréalaise qui a fait la renommée internationale du «Montreal Sound».Mais même si le groupe de Watson est souvent associé à Arcade Fire ou aux Dears, il n\u2019est pas Mile End pour un sou.«Moi, ça fait 10 ans que je vis dans le Plateau.Mes premiers shows, je les ai donnés dans les galeries et les bars du Plateau, au cinéma L\u2019Amour devant un public francophone.À vrai dire, je n\u2019ai jamais fait partie de la scène du Mile End.» Dix ans plus tard, Watson vit encore dans un loft du boulevard Saint-Laurent avec sa blonde Sophie, Oscar, 2 ans, et le petit dernier, né il y a un mois.D\u2019aussi loin qu\u2019il se souvienne, Watson a toujours été mélangé dans ses allégeances, vivant à la fois en français et en anglais.«En deuxième année, même si Hudson était majoritairement anglo, j\u2019ai demandé à mes parents de m\u2019inscrire à l\u2019école française.Je ne sais pas pourquoi.Je le voulais, c\u2019est tout.J\u2019y suis resté quatre ans avant d\u2019être renvoyé.» Ses influences Né sur une base militaire du désert de Mojave en Californie, Patrick Watson est le cadet de cinq enfants.Son père, pilote d\u2019essai dans l\u2019armée canadienne, a transporté des bombes pendant la guerre froide et piloté des Challenger avant de se recycler dans le marché du jet privé.Son frère Jamie a été pilote de Hercules pendant les conflits au Rwanda et en Bosnie.Une de ses soeurs a fait du patinage artistique avec l\u2019équipe canadienne olympique.Il se souvient d\u2019ailleurs de l\u2019avoir accompagnée mille fois à la patinoire du coin.Mais dès l\u2019âge de 7 ans, ce n\u2019est ni le patin ni le hockey qui capte son imagination, mais la chorale de l\u2019église de Hudson où il chante tous les dimanches.«J\u2019adorais chanter à l\u2019église et jouer du piano à la maison.Mon souvenir d\u2019enfance préféré, c\u2019est quand, à la tombée de la nuit, je sortais en cachette pour suivre la voie ferrée derrière chez nous avant d\u2019aller me perdre dans la forêt, puis de revenir jouer du piano.Je pense que c\u2019est là que tout a commencé », raconte-t-il.En réalité, il y a eu plusieurs commencements dans la vie et l\u2019oeuvre de Patrick Watson.Après la voie ferrée de Hudson, le Lower Canada College, école privée qui compte parmi ses diplômés le père de Michael Ignatieff et l\u2019ex-recteur de McGill, lui a offert un premier tremplin artistique en l\u2019initiant à la littérature et à la musique grâce à un prof qui avait joué dans l\u2019orchestre de Duke Ellington.Puis le cégep Vanier et son programme de jazz et de composition lui ont ouvert de nouvelles portes musicales et lui ont fait rencontrer Robbie Kuster, Simon Angell et Mishka Stein, les musiciens et complices avec qui il formerait un groupe et ferait le tour du monde, jouant autant avec James Brown qu\u2019avec Philip Glass.Ajoutez à cela l\u2019influence de la chanteuse islandaise Björk, l\u2019aide poétique de son ami d\u2019enfance Louis Nagy, l\u2019inspiration de la photographe Brigitte Henry, sa première blonde, un voyage halluciné au Vietnam avec son copain le peintre Rodney Dickson et vous avez l\u2019essence d\u2019un créateur en pleine gestation.Inclassable Reste qu\u2019au plan strictement pratique, si le groupe de Watson a pu finalement voir le jour, c\u2019est grâce au\u2026 Cirque du Soleil.À l\u2019époque, le Cirque cherchait à lancer une étiquette de disques.Dans l\u2019espoir d\u2019attirer des talents émergents, le Cirque a distribué des bourses à droite et à gauche, notamment à la bande de Patrick Watson.« Imaginez , sa ns nous connaître, sans même savoir ce qu\u2019on valait, les gens du Cirque nous a donné 7000$ pour qu\u2019on s\u2019aille s\u2019enfermer dans un loft à Brooklyn pendant un mois pour composer.Autant dire que nous avons bu la moitié de cet argent, fait des rencontres incroyables, mais surtout, pendant un mois, nous avons joué tous les jours.C\u2019est dans ce loft que nous sommes vraiment devenus un groupe et que nous nous sommes en quelque sorte mis au monde.» L\u2019étiquette de disque n\u2019a jamais vu le jour et les gens du Cirque ont complètement oublié Watson et sa bande.Qu\u2019à cela ne tienne, les musiciens formant un noyau désormais soudé sont revenus à Montréal avec des chansons, un son et un univers musical inclassable empruntant autant au rock, au classique et qu\u2019à la musique concrète.Inclassable est d\u2019ailleurs un mot que Patrick Watson affectionne particulièrement.«Depuis la sortie de notre premier CD, Jus t Another Ordinary Day en 2003, les gens n\u2019ont jamais su dans quelle case nous mettre.Encore aujourd\u2019hui, on ne fitte nulle part.Pour les uns, on est trop pop, pour les autres, trop expérimental.Ce n\u2019est pas qu\u2019on veut faire bande à part.On est faits de même et c\u2019est pas plus mal.» Depuis quelques mois, le groupe se retrouve tous les jours dans le loft du boulevard Saint-Laurent pour créer la suite de Closer to Paradise paru en 2007 et de Wooden Arms, paru en 2009.Un titre provisoire a été trouvé : Adventures in Your Own Backyard, mais Watson cherche encore un fil conducteur.«Mon seul deadline, c\u2019est quand ça sera bon.On attend, on cherche, on essaie des affaires.Ce n\u2019est pas une époque idéale pour écrire ou composer.La musique est allée au bout de plusieurs styles, mais c\u2019est à nous de trouver la suite.C\u2019est difficile mais stimulant.» À la fin du mois, Watson et ses musiciens qui portent le nom de Wooden Arms se paieront une mini-tournée exploratoire à Longueuil , Sainte-Thérèse, Valleyfield et Saint-Jean-sur-Richelieu, histoire de tester leur nouveau matériel.Puis, direction Amsterdam, où ils sont attendus avec jubilation par leurs nombreux fans pour un concert symphonique le 29 avril dans le mythique Concertgebouw, là où la Cinquième de Malher a été créée.Ce jour-là, ce sera la fête de la reine aux Pays- Bas et même si Watson et ses musiciens n\u2019ont rien à voir avec la royauté, ils seront plus souverains que jamais.«Depuis la sortie de notre premier CD en 2003, les gens n\u2019ont jamais su dans quelle case nous mettre.Encore aujourd\u2019hui, on ne fitte nulle part.Pour les uns, on est trop pop, pour les autres, trop expérimental.» llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 1 2 M A R S 2 0 1 1 A R T S E T S P E C T A C L E S 3 ARTS ET SPECTACLES MUSIQUE TRIO MUSIQUE ÉMILIE CÔTÉ UN NOUVEAU EP POUR BROKEN BELLS Broken Bells sortira un nouveau EP intitulé Meyrin Fields, le 29 mars, qui fera suite à son excellent premier album, sorti il y a un an.La chansontitre est en écoute sur le site du duo formé du chanteur de The Shins, James Mercer, et du multi-instrumentiste, Brian Burton, alias Danger Mouse.Meyrin Fields comprendra deux titres inédits, soit Heartless Empire et Windows, un titre psychédélico-rock qui était en écoute la semaine dernière sur le site de NPR.Pour plus d\u2019informations: www.myspace.com/brokenbells.RICHARD SÉGUIN Souffler sur la braise, encore et encore ALAIN DE REPENTIGNY Depuis Lettres ouvertes, paru en 2006, Richard Séguin ne s\u2019est pas tourné les pouces.Qu\u2019on pense aux concerts avec le Grand Choeur immortalisés sur disque, aux deux albums et aux spectacles des Douze hommes rapaillés, au duo qu\u2019il vient d\u2019enregistrer pour les prochaines Retrouvailles de Gilles Vigneault (J\u2019ai planté un chêne) et à sa participation, le mois prochain, aux soirées de poésie/chanson d\u2019Alexandre Belliard.Mais Séguin s\u2019est surtout consacré à sa tournée qui a pris fin sur une note acoustique avec le guitariste Hugo Perrreault.«Quand on finit une tournée, il arrive qu\u2019on soit en manque, confie-t-il.On veut être partout ! Mais le fait de me retrouver dans les Appalaches m\u2019apaise; ça me permet de prendre mon temps, de faire les choses à mon rythme.» Il lui est déjà arrivé d\u2019être emporté dans un tourbillon.L\u2019aventure Fiori-Séguin, à la fin des années 70, est vite passée de la cellule créatrice désirée à un prolongement involontaire d\u2019Harmonium.«J\u2019ai appris beaucoup, mais je ne peux pas dire que j\u2019avais une signature personnelle », constate-t-il aujourd\u2019hui.Puis il est revenu plus fort, atteignant des sommets de popularité avec la trilogie Double vie, Journée d\u2019Amérique et Aux portes du matin.«On était sur l\u2019autoroute à cette époque-là», dit-il en riant.Depuis, les choses ont bien changé: «Je ne suis pas présent à tout prix.Je considère que je suis plus dans la création depuis quelque temps et ça me donne une certaine liberté de ne pas être en représentation.Mais là, on reprend la route, c \u2019est une aut re dynamique.» La sortie d\u2019Appalaches sera suivie à l\u2019automne d\u2019une tournée avec Hugo Perreault et le guitariste Simon Godin.Séguin a hâte de voir comment le public va accueillir ce nouvel album: «C\u2019est drôle, j\u2019avais l\u2019impression qu\u2019il était dur d\u2019approche.J\u2019ai abandonné toutes les structures pop, pas question de coupletrefrain.Quand une chanson prenait une direction, je la suivais.Je me suis obligé à ne pas tomber dans certains tics vocaux, j\u2019ai descendu le registre, je voulais que ça soit plus intime.» L\u2019essence du folk Appalaches est un disque folk dans l\u2019essence même de ce que le folk a toujours apporté: la prédominance du texte, appuyé par des musiques essentiellement acoustiques, mais plus étoffées qu\u2019il n\u2019y paraît à la première écoute.«Pour une même chanson, je pouvais avoir quatre musiques qui allaient à quatre endroits différents, raconte Séguin qui a pris l\u2019habitude de composer en marchant.J\u2019en avais qui étaient trop enrobées et je savais qu\u2019après uneminute et demie, on ne penserait plus au texte, ce que je ne voulais pas.» Il a pondu dix-huit chansons et en a gardé onze qu\u2019il a enregistrées avec Perreault sur une période de six mois et demi: «Quand on a terminé la tournée, on avait trouvé une façon de travailler, une façon d\u2019épurer.C\u2019est le principe japonais : ce n\u2019est pas ce qu\u2019on ajoute qui compte, c\u2019est ce qu\u2019on enlève.» Il a commencé par In God We Trust, que Luce Pelletier lui avait commandée pour boucler son Cycle états-unien du Théâtre de l\u2019Opsis et qui traite de la récupération de Dieu par la droite américaine et des Mexicains qui tentent de passer la frontière du Texas.Puis Charly Bouchara lui a donné Écris, écris, un «texte-fleuve » qui lance l\u2019album: écrire pour nommer les choses, pour dénoncer, pour prendre la parole au nom de ceux qui ne l\u2019ont pas.Écrire social donc, mais aussi écrire intime, sur le plaisir des amoureux (Voyager léger qui clôt l\u2019album sur une note apaisante) ou la peur de devenir vieux, parce qu\u2019en chanson il n\u2019y a pas de sujet mineur.Appalaches est un disque engagé dans le sens le plus noble du terme, un peu dans l\u2019esprit des protest songs des années 60 et 70, coloré par un harmonica omniprésent.Dans Lettre au PM, sur un texte signé Marc Chabot, le chanteur interpelle Stephen Harper au sujet de sa politique militaire.«C\u2019est difficile de parler des politiciens tout en étant respectueux; surtout avec Harper, les débordements sont faciles, commente Séguin.Mais je lui dis : je vais te parler en faisant appel à ton intelligence, à ta sensibilité.» Dans le livret, Lettre au PM est illustrée par une photo du panneau-réclame War is over if you want it de John Lennon et Yoko Ono.Ce n\u2019est pas le seul clin d\u2019oeil aux années 70.Quand la mémoire scintille rend hommage aux «langues nouvelles vivantes et rebelles» des Pauline Julien, Michèle Lalonde et Marie-Claire Blais.« Je ne voulais pas tomber dans le \"que sont devenus nos rêves ?\", c\u2019est très défaitiste, dit Séguin.On souffle sur la braise et si le feu part, tant mieux; sinon, on va en faire un autre et on va souff ler encore.» Les sources d\u2019inspiration d\u2019Appalaches sont multiples, de Hélène Pedneault et Michel Chartrand à Florent Vollant et sa famille en passant par la lecture de textes sacrés amérindiens, les jeunes manifestants du G20 et un voyage à Kuujjuak.À quoi bon courir lui est venue de son grand-père Willie qui lui est apparu dans un rêve et dont il a emprunté le violon pour cette chanson: «C\u2019est la première fois que je fais parler des fantômes!» FOLK-ROCK RICHARD SÉGUIN APPALACHES SPECTRA MUSIQUE/ SÉLECT EN MAGASIN MARDI PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE Richard Séguin a décidé d\u2019épurer ses chansons, pour qu\u2019on se rende à l\u2019essence des textes.Appalaches.Le titre s\u2019est vite imposé à Richard Séguin : «C\u2019est mon 17e album et ça fait 38 ans que j\u2019écris à la même place : ça doit me façonner d\u2019une certaine façon.» Rencontre avec un artiste qui a appris à faire les choses à son rythme.«Je ne suis pas présent à tout prix.Je considère que je suis plus dans la création depuis quelque temps et ça me donne une certaine liberté de ne pas être en représentation.» JOHN SLATTERY DE MADMEN DANS UN CLIP DE THE NATIONAL John Slattery, qui interprète Roger Sterling dans Mad Men et que l\u2019on peut voir au cinéma dans The Adjustment Bureau, participe au nouveau clip du groupe The National pour sa chanson Conversation 16.Slaterry et le chanteur Matt Berlinger incarnent des agents secrets qui protègent la présidente des États-Unis, interprétée par Kristen Schaal (The Daily Show).Cette dernière signe le concept du clip (le personnage de Slaterry est jaloux de l\u2019amour entre la présidente américaine et le président russe), que vous pouvez voir sur le site de www.stereogum.com.The National multipliera les tournées au cours des prochains mois, sur quatre continents, que ce soit en partageant la route avec Arcade Fire, Beirut ou Dark Dark Dark.John Slattery PHOTO AP LE BUZZ ENTOURANT ADELE Selon les derniers chiffres compilés par Nielsen Soundscan, la chanteuse britannique Adele a vendu 520 000 exemplaires de son album 21 aux États- Unis.Depuis le début de l\u2019année, elle est la première artiste à franchir le cap du demi-million d\u2019albums vendus.Son spectacle à l\u2019Olympia à Montréal, le 16 mars, affiche complet depuis plusieurs semaines.Les billets se vendent presque 200$ sur les sites de revente.Avis aux jeunes hommes célibataires, Adele a confié à Entertainment Weekly qu\u2019elle était sur le site de rencontre eHarmony dans l\u2019espoir de rencontrer l\u2019âme soeur.Adele PHOTO AP llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 4 A R T S E T S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É A L SA M E D I 1 2 M A R S 2 0 1 1 ARTS ET SPECTACLES TÉLÉVISION Espérons, prions et souhaitons très fort que le chiffre 13 portera chance au gala des Jutra: c\u2019est demain le 13 mars à 19h30 que se déroulera cette 13e remise de prix célébrant les meilleurs films produits chez nous.Parenthèse ici, malgré le chiffre magique 13 dans son titre, ne pariez pas votre chemise de la collection Le 31 sur Filière 13.Vous avez plus de chances de triompher à La poule aux oeufs d\u2019or, mettons.Tous les ans depuis quoi, très longtemps, la même rengaine se répète au lendemain de cette cérémonie télévisée : trop hermétique, trop longue, trop soporifique, pas assez ci, trop ça.Afin que nous passions un agréable moment avec Sylvie Moreau et Yves Pelletier, voici quelques trucs et conseils à méditer à propos de ces Oscars québécois.Aux gagnants, de grâce, ne dépliez pas votre feuille gribouillée de noms à remercier et laissez plutôt parler votre coeur.C\u2019est quétaine, mais tellement vrai.Soyez spontanés sur la scène.Faites-nous rire.Étonnez-nous.Et si vous êtes sonnés par l\u2019émotion, pas grave, savourez votre moment, versez une larme, riez, pleurez ou giguez, tiens.Prenez exemple sur l\u2019exquise Anne Dorval et ses remerciements toujours bien sentis.Bref, tout sauf l\u2019interminable liste d\u2019épicerie.Votre promeneur de chien ou la fille qui fait vos mèches chez Dru, vous leur téléphonerez après l\u2019émission, merci.Profitez de cette tribune exceptionnelle qui vous est offerte pour passer un message.Vous trouvez que le financement des longs métrages bat de l\u2019aile?Dites-le au micro! Vous auriez voulu que Le poil de la bête et Deux frogs dans l\u2019Ouest récoltent plus de nominations ?Plaignez-vous.Vous êtes déçu de ne pas avoir été sélectionné aux Aurore ?Ah! Si quelqu\u2019un mentionne ça au théâtre Saint-Denis demain soir, je m\u2019écroule de rire, tout en saluant cette formidable autodérision.Dans l\u2019assistance, accrochez- vous un beau sourire Whitestrips au visage.C\u2019est une fête ici, pas le bal de la mesquinerie.OK, OK, c\u2019est sûrement vous qui auriez dû gagner le trophée Alvaro de la meilleure coiffure.Ce n\u2019est pas une raison pour afficher cet air de boeuf spectaculaire tout en chiquant bruyamment une grosse Hubba Bubba mauve.Gens du cinéma québécois, c\u2019est votre gala, votre espace d\u2019expression, votre party.Si personne de votre clan ne s\u2019amuse, pourquoi alors nous y convier par l\u2019entremise de cette soirée télévisée?C\u2019est ce qui manque aux Jutra depuis quelques éditions: du plaisir, du fun, pour paraphraser Claude Dubois.Entre vous et moi, ce n\u2019est pas en projetant des extraits de Trois temps après la mort d\u2019Anna ou de 10½ que le party va décoller.L\u2019année 2010 en cinéma a été très riche, mais remplie de films gris, tristes et durs.On est loin de l\u2019année du triomphe de La grande séduction ou de celui de C.R.A.Z.Y., un film qui avait \u2013 pour une très rare fois \u2013 rallié critiques et grand public.Aussi : ne laissez pas vos animateurs s\u2019enfoncer, si jamais certains gags tombent à plat.Il n\u2019y a rien de pire qu\u2019un parterre aussi froid qu\u2019un bloc de glace.Oui, on le sent, ce malaise arctique dans nos salons.Et on a l\u2019impression que vous vous haïssez tous les uns et les autres et que ça fait bien votre affaire que la soirée des Jutra perde de son lustre année après année.Embrassez le côté festif de la chose.Pas besoin de s\u2019acheter un kit à 5000$ pour avoir du style.Fouillez dans les placards de vos amies, appelez un designer québécois pour qu\u2019il vous prête une robe, écorniflez chez Zara, Winners ou Simons, il y a moyen de se dégoter une belle tenue de gala sans se ruiner.Faut-il rappeler que nous ne sommes pas en direct de la cabane à sucre chez Ti-Paul?D\u2019accord, on le sait , ce n\u2019est pas Hollywood ici et la grande majorité des membres de l\u2019Union des artistes gagne moins de 25 000$ par année.Mais de la paillette pas chère, il s\u2019en trouve partout : H&M, Forever 21, choisissez.C\u2019est une mission extrêmement difficile que d\u2019accrocher des téléspectateurs à un gala où les trois quarts des films n\u2019ont pas percé à l\u2019extérieur d\u2019un cercle d\u2019initiés.N\u2019empêche.J\u2019ai confiance en l\u2019humour et la vivacité de Sylvie Moreau et Yves Pelletier pour ramener cette remise de prix sur le droit chemin.Le chemin le plus fréquenté.Je lévite Avec le roman Les imperfectionnistes de Tom Rachman.Un excellent livre choral où s\u2019entrêmelent 11 employés d\u2019un grand quotidien de langue anglaise basé à Rome.En fait, c\u2019est la face cachée des journalistes, pour la plupart paresseux, incompétents et mésadaptés.Ça se lit d\u2019un trait.À mettre dans vos valises pour les prochaines vacances au soleil.Je l\u2019évite Bobby Bazini.Je le sais, à peu près tout le monde aime son CD Better in Time, tout le monde lui prédit un succès international depuis un an, bla-bla.Mais chaque fois qu\u2019une de ses chansons passe à Rythme-FM ou à Rock- Détente, je pense à l\u2019Écossais Paolo Nutini qui bricolait exactement la même musique, avec la même voix et avec un nom similaire.en 2006.s Pour joindre notre chroniqueur : hdumas@lapresse.ca Le 13 chanceux des Jutra?HUGO DUMAS CHRONIQUE PHOTO FOURNIE PAR SRC Sylvie Moreau et Yves Pelletier, deux animateurs vifs et allumés.Gens du cinéma québécois, c\u2019est votre gala, votre espace d\u2019expression, votre «party ».Si personne de votre clan ne s\u2019amuse, pourquoi alors nous y convier par l\u2019entremise de cette soirée télévisée?ANDRÉ DUCHESNE Demain, la radio de Radio- Canada consacrera de nombreuses émissions au cinéma québécois dans le cadre de la 13e Soirée des Jutra.D\u2019abord, sur la cha îne Espace musique (100,7 MF à Montréal), toute la journée sera consacrée à un grand événement de plusieurs émissions spéciales regroupées sous le chapeau «Espace musique sous les projecteurs».Dès 10h, l\u2019animateur et pianiste Alain Lefèvre propose de grands airs de musique classique, entouré de nombreux invités.À 13h, place à l\u2019animateur François Dompierre, qui consacrera une émission au 25e anniversaire de la sortie du Déclin de l\u2019empire américain, dont il a composé la musique.Les comédiens Dorothée Berryman, Yves Jacques , Pierre Curzi et Rémy Girard l\u2019accompagneront.Monique Giroux prendra le relais à 15h avec un répertoire de belles chansons francophones associées au cinéma.Marc Hervieux, Julie Massicotte et la pianiste Julie Lamontagne l\u2019accompagneront.Enfin, à 17h30, le comédien Rémy Girard animera une émission de deux heures consacrée à ses musiques de films et compositeurs préférés.Une partie de l\u2019émission sera consacrée aux musiques des films en nomination.Toutes ces émissions seront retransmises en direct de la Cinémathèque québécoise, 335, boulevard De Maisonneuve Est (mét ro Berri-UQAM).Sur la Première chaîne, un grand documentaire de deux heures sera diffusé de 17 h à 19h (voir à ce sujet la section Avant-première de notre cahier Cinéma d\u2019aujourd\u2019hui).Sur ARTV, la soirée des Jutra débutera à 18h30 avec une émission pré-gala intitulée Notre cinéma, animée par Émilie Perreault et Pierre Landry.Puis, vers 22h, immédiatement après le gala, René Homier-Roy et Émilie Perreault rencontreront en direct les grands gagnants de la soirée au cours de l\u2019émission La fièvre des Jutra.Les Jutra sur les ondes llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 1 2 M A R S 2 0 1 1 A R T S E T S P E C T A C L E S 5 UNE PRÉSENTATION DESHAKESPEARE / TRADUCTION JEAN MARC DALPÉ / MISE EN SCÈNEMARC BÉLAND BENOÎT McGINNIS ENTOURÉ DE FÉLIX BEAULIEU-DUCHESNEAU / ÉMILIE BIBEAU / FRÉDÉRIC BLANCHETTE / MATHIEU BOURGUET / JEAN-MARC DALPHOND / MARIE-FRANCE LAMBERT / PIERRE-ANTOINE LASNIER / JEAN MARCHAND / WIDEMIR NORMIL / ÈVE PRESSAULT / DAVID SAVARD / RICHARD THÉRIAULT / ALAIN ZOUVI conseiller dramaturgique PAUL LEFEBVRE / assistance à la mise en scène et régie GUILLAUME CYR / décor RICHARD LACROIX / costumes MÉRÉDITH CARON / éclairages MARTIN LABRECQUE / maître d\u2019armes JEAN-FRANÇOIS GAGNON / musique SILVIO PALMIERI / accessoires ALAIN JENKINS / maquillages ANGELO BARSETTI RÉSERVATIONS: WWW.MARTINPETIT.COM À L\u2019AFFICHE! / 514.866.8668 / TNM.QC.CA 4ET5 novembre THÉÂTRE ST-DENIS QUELQUES BILLETS DISPONIBLES DU 31 mars AU2 avril BILLETTERIE 514.790.1111 BROSSARD 22-23 avril ET11-12 mai LAVAL 9-10 ET 20 mai LE MICRO DE FEU NOUVELLES SUPPLÉMENTAIRES ARTS ET SPECTACLES MUSIQUE Ah, ça ira, ça ira, comme dit la chanson des Breastfeeders.Crier à tue-tête, jouer les héros de la guitare, peindre avec son sang le mur du son rétro, c\u2019était drôle sur disque et ce l\u2019est encore sur scène.Mais le groupe a soif d\u2019autre chose, comme le prouve son troisième album, Dans la gueule des jours, fait de pop yé-yé, d\u2019arrangements soignés et d\u2019espace pour respirer.LES BREASTFEEDERS Éloge de la lenteur Presque quatre ans se sont écoulés entre Karaoké King et l\u2019album précédent de Gatineau.Séba, alias Mc Brutalll, et Keük, qu\u2019il faut maintenant appeler Perceval, ont eu besoin de prendre du recul pour « régler des affaires ».Mais ils reviennent en force avec un album qui trompe le punk-rap avec l\u2019électro-pop.Séba et Perceval ne sont plus fâchés ; ils veulent maintenant danser.GATINEAU Moins de folie, plus de plaisir ROCK BREASTFEEDERS DANS LA GUEULE DES JOURS BLOW THE FUSE ÉLECTRO-RAP GATINEAU KARAOKÉ KING GATINEAU C4 ÉMILIE CÔTÉ Sur la pochette du nouvel album de Gatineau, Karaoké King, un homme porte un masque pour emprunter les traits de Claude François.Tout le concept du disque \u2013 plus dansant que son précédesseur \u2013 repose sur les représentations, les identités, les apparences et les contradictions.Dans ses texte s , Séba parle «d\u2019une révolutionnaire révolue», «que le monde est d\u2019même », « de l\u2019importance d\u2019être constant », des filles qu\u2019il préfère au «naturelll », de «dire oui au lieu de dire non» et des gens qui «veulent être vu avec ».Dans la pièce titre, Karoké King, il raconte comment «il est plus vrai pis plus que parfait» que Claude François, chanteur dont il a décidé de s\u2019inspirer.Par rapport à ses compositions précédentes, il y a un « lâcher-prise ».Moins de rage.Plus de réflexions et de constats.«On a réglé tous nos trucs, dit Séba, qui est maintenant sobre.Avant, j\u2019étais fâché contre bien des affaires.Là, je suis moins agressif.J\u2019ai travaillé sur ma personnalité pour être plus calme.» Les textes de Karaoké King ne puisent plus directement leur source dans le journal intime de Séba.Ce dernier a écrit des chansons plutôt que des textes.«Avant, je m\u2019ouvrais beaucoup sur ma vie.Là, j\u2019ai écrit des trucs que je n\u2019ai pas nécessairement vécus.Je voulais rendre ça plus universel, moins parler de moi.» Sa chanson Controlll résume bien par quels états d\u2019âme Séba est passé.J\u2019ai perdu souvent le contrôle pour pouvoir le prendre (.)/Je joue au dur, mais j\u2019aspire tant être tendre.« Je me suis beaucoup exposé, dit le principal intéressé.Il est temps de mettre un masque.» Au service des chansons Karaoké King s\u2019ouvre sur des airs électro-rap-funk.Certains titres ont des arrangements presque kitsch, à la sauce Chromeo.Une chanson comme De l\u2019importance d\u2019être constant accroche l\u2019oreille avec un refrain très pop, alors que la fin de l\u2019album est très électro.Musicalement, «on voulait faire un album plus dansant et moins punk », explique Perceval.Pour ce faire, Gatineau a décidé de « simplifier les choses » et «d\u2019éclaircir la forme », avec plus de tournures pop et des textes qui servent davantage la chanson et non l\u2019inverse.«C\u2019est moins éparpillé que le premier disque, dit Perceval.Il y avait beaucoup de changements dans une même chanson.Là, si la chanson est house au début, elle l\u2019est jusqu\u2019à la fin.» Séba l\u2019auteur et Perceval le compositeur ont également davantage travaillé ensemble au lieu de vouloir à tout prix faire coller un texte préécrit à une musique.«Notre premier disque (Félix du meilleur album hip-hop de l\u2019année), c\u2019était une collision, résume Séba.Celui-ci est plus lousse et naturel.» Perceval s\u2019est permis des bridges électro-pop, alors que Séba a économisé ses mots.«Avant, je composais mes textes en trois actes.Le contenu était tellement fermé que ce n\u2019était pas malléable, dit Séba.Là, j\u2019ai plus travaillé en fonction d\u2019une toune.» «Less is more.On a la même énergie, mais c\u2019est moins garroché, poursuit Perceval.On dit souvent que les formules magiques ne sont pas si compliquées que ça.» Carl Bastien a collaboré à la réalisation de Karaoké King, en plus d\u2019en faire le mixage.Le Carl Bastien qui travaille avec Dumas et Daniel Bélanger ?N\u2019est-ce pas étonnant ?«On se rejoint dans l\u2019électro, dans notre amour des claviers », répond Perceval, de son vrai nom Jean-François Cyr.Le but ultime de Karaoké King ?Que les spectacles de Gat i neau c u l m i nent dans un party dansant.Sur scène, Gatineau sera en formule quatuor, avec Burne Macpherseünde à la batterie \u2013 comme à l\u2019habitude \u2013 et Martin Lizotte aux claviers.Rappelons que Dominique Hamel a quitté Gatineau pour se consacrer à Orange Orange.Gatineau n\u2019est pas monté sur scène depuis deux ans.Séba et Perceval souhaitent briser l\u2019image menaçante qu\u2019ils avaient jadis en spectacle, notamment quand l\u2019alter ego de Séba, MC Brutalll, prenait le dessus et se transmutait en une bête de scène d\u2019une provocation brutale, vêtue d\u2019une cagoule et d\u2019un caleçon.Il y aura par ailleurs moins de changements de costumes dans le nouveau spectacle, pour garder un lien fort avec le public tout au long de leur prestation.La pochette et le titre de l\u2019album n\u2019y sont pas pour rien: «On veut faire chanter le monde.» Moins de folie, donc, mais plus de plaisir.Gatineau lancera son album mardi soir, à la Taverne Normand, et fera un spectacle en hommage à Claude François au Petit Campus, jeudi soir.Info: gatineau.mu.PHOTO ROBERT SKINNER ET LA PRESSE Séba et Perceval ont davantage travaillé ensemble sur ce disque.PHILIPPE RENAUD COLLABORATION SPÉCIALE Au café, on retrouve Luc Brien le nez plongé dans un livre sur la guerre.«J\u2019ai lu beaucoup sur l\u2019histoire de la Deuxième Guerre », explique-t-il.Le livre fait partie de la collection Time.«Mon père avait toute la collection \u2013 je me souviens de cette photo de Goebbels! En plus de l\u2019histoire, c\u2019est l\u2019objet qui m\u2019intéresse.» L\u2019amour du vintage, du rétro, des bonnes vieilles affaires, ce n\u2019est pas qu\u2019une direction musicale pour le chanteur et guitariste des Breastfeeders : c\u2019est un mode de vie.Le groupe revendique toujours ses influences rock sixties et seventies, mais insuffle, sur ce nouvel album, une énergie bien contemporaine, et beaucoup mieux maîtrisée.«J\u2019aime chacune des chansons de notre deuxième album, abonde Luc, mais mises bout à bout, c\u2019est une job à écouter.» Les Breastfeeders, dont l\u2019ascension s\u2019est faite dans l\u2019acharnement, sentaient le besoin de prendre son temps avant de retourner en studio.De se donner le temps de réfléchir.«Quand on a arrêté la tournée en 2008, on a eu une réunion avec (leur label et management) Bonsound.Ça ressemblait à : \"Bon, là, faudrait que tu composes une quinzaine de nouvelles chansons, on pourrait rentrer en studio en janvier et lancer ça à temps pour la saison des festivals de 2009.\"» Minute moumoute.Le groupe avait roulé sans s\u2019arrêter depuis 2004.«On voulait deux choses : du temps pour retoucher nos affaires et un réalisateur pour nous aider à faire ce qu\u2019on avait envie, c\u2019est à dire un disque pas trop saturé, plus aéré.» C\u2019est Adrian Popovich (ex-Tricky Woo) et Joseph Donovan (ex-The Dears) qui ont été mandatés pour réaliser l\u2019album, eux qui avaient accepté ce mandat pour Xavier Caféïne et SamRoberts.Dans la gueule des jours est le plus varié des albums des Breastfeeders, le plus soigné, sur le plan de l\u2019écriture (« plus humaine, plus poétique», abonde Brien) comme des arrangements.«Aussi, Suzie (McLelove) a beaucoup composé sur ce disque, et ça paraît.Ses chansons sont très bonnes.» Elle est aussi derrière la seule «commande » du disque : Manteau de froid, composée par le musicien et artiste visuel français Étienne Charry, ancien complice de Bertrand Burgalat et son label Tricatel.Les ballades sont encore plus suaves, mais les chansons qui rockent sont toujours aussi percutantes.Tout est dans le dosage et le désir d\u2019explorer autre chose.et de mettre à profit sa grande expérience.«On est un vieux band!» lance Luc Brien.Après plus de 10 ans d\u2019act ivité, les Breastfeeders se qualifient sans doute ainsi.«Malajube aussi commence à être un vieux band.Ils en sont rendus à quoi, quatre, cinq albums?».La Caverne, attendu ce printemps, sera leur quatrième.Les Breastfeeders, eux, ont lancé jeudi dernier leur troisième, Dans la gueule des jours.Que deux groupes désormais vétérans de la scène rock locale lancent les albums les plus attendus de la saison en dit un peu sur le dynamisme de notre scène.Et la relève, elle est où?«On remarque beaucoup de groupes francos qui chantent en anglais», relève le chanteur et guitariste.«Je n\u2019écoute pas énormément les nouveaux disques qui sortent, mais je vais voir beaucoup de spectacles.J\u2019ai l\u2019impression qu\u2019il manque de groupes de party, qui font de la musique qui brasse.» De l\u2019énergie, les Breasts en ont à revendre.Ils n\u2019avaient pas lancé d\u2019album en cinq ans, pas tourné en presque trois ans, mais on recherchait encore leur rock garage accrocheur, aux Francos l\u2019été dernier, presque en tête d\u2019affiche de l\u2019Autre Saint-Jean, et à la programmation spectacle des Jeux olympiques de Vancouver, où le groupe s\u2019est fait remarquer pour une bien triste raison : une bouteille d\u2019eau lancée en plein visage du chanteur.«Ce qui est drôle, c\u2019est que l\u2019événement a été mal interprété, explique Brien.Les gens nous disaient : Ah! les osties d\u2019Anglais.Ce n\u2019était pas une question de langue, mais une question de musique.Les gens attendaient le DJ Deadmaus depuis 12 heures sur le site, et ils commençaient à être soûls.C\u2019était pas notre public.Disons qu\u2019on était une bonne cible.L\u2019incident ne m\u2019a pas marqué, par contre.Je pensais alors à Brian Setzer : à l\u2019époque des Stray Cats, il avait reçu une bouteille de bière en concert à Paris.Il avait le visage tout ouvert et en sang, mais il avait quand même fini le concert.» PHOTO FOURNIE PAR BONSOUND Les Breastfeeders ont toujours autant d\u2019énergie.«On voulait deux choses : du temps pour retoucher nos affaires et un réalisateur pour nous aider à faire ce qu\u2019on avait envie, c\u2019est à dire un disque pas trop saturé, plus aéré.» llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 6 A R T S E T S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 1 2 M A R S 2 0 1 1 ARTS ET SPECTACLES L\u2019Iran, on le sait, est le royaume des ayatollahs.Dernièrement, ces ayatollahs ont décidé, pour le plus grand malheur des cinéastes iraniens, de se mêler de cinéma.Ce sont les ayatollahs qui ont condamné le cinéaste Jafar Panahi à six ans de prison et à un interdit de tourner pendant 20 ans.Ce sont les mêmes ayatollahs qui obligent Asghar Farhadi, gagnant de l\u2019Ours d\u2019or de Berlin cette année, à voiler ses actrices même dans les scènes qui se passent à l\u2019intérieur des maisons.«Un jour, m\u2019a dit Asghar Farhadi à Berlin, par souci de réalisme et d\u2019authenticité, je vais filmer mes actrices sans voile dans les scènes d\u2019intérieur.En attendant, si je veux que mes films soient vus, je n\u2019ai pas le choix.Elles doivent porter le voile.» Remplacez le mot voile par le mot cigarette et vous n\u2019êtes plus en Iran.Vous êtes au Québec ou mieux encore, dans une sorte d\u2019I ran du tabac où les ayatollahs sont des chercheurs universitaires de l\u2019UQAM qui veulent notre bien, mais certainement pas celui du cinéma québécois.Cette semaine, ces chercheurs, de concert avec le Conseil québécois du tabac, ont voulu punir le cinéaste Xavier Dolan pour son usage abusif de la cigarette et de ses volutes bleutées dans Les amours imaginaires.Ils lui ont donc accordé le prix Cendrier, autant dire le prix de la honte et du désaveu public.Il leur importe peu que Xavier Dolan soit le cinéaste le plus précoce et le plus doué de sa génération, que l\u2019esthétisme enfumé de son film fasse partie d\u2019une démarche réfléchie, qu\u2019elle soit le reflet d\u2019un certain milieu branché que le cinéaste essaie de rendre authentique et crédible ou qu\u2019elle soit tout simplement l\u2019expression de sa liberté de créateur.À leurs yeux, Dolan n\u2019est pas tant un artiste libre qu\u2019un bon petit soldat du système qui doit donner le bon exemple à la belle jeunesse québécoise.Aussi devra-t-il écrire à l\u2019avenir des scénarios où les personnages ne fument jamais, mais où ils boivent du lait à tous les changements de séquence.Pas très loin derrière Les amours imaginaires, les films Cabotins, André Mathieu, l\u2019enfant prodige et Piché \u2013 Entre ciel et terre ont reçu, eux aussi, blâmes et tapes sur leurs doigts jaunes de nicotine.Pour bien leur enfoncer le cendrier de la honte dans la gorge, on a même calculé à la seconde près la cadence à laquelle les personnages fument dans chaque scène.Pardonnez mon impertinence, mais les chercheurs de l\u2019UQAM n\u2019ont-ils rien de mieux à faire que ce gossage de poils de grenouille, comme dirait un célèbre expremier ministre ?Qu\u2019on ne s\u2019y trompe: je ne crois pas que la cigarette est bonne pour la santé ni que fumer est une noble habitude.C\u2019est une terrible dépendance dont je cherche à me libérer depuis longtemps et que je suis parvenue à mater par moments avant de rechuter, ce qui m\u2019a-t-on dit, fait partie du processus d\u2019émancipation.Il n\u2019en demeure pas moins que lorsque je vois à l\u2019écran André Mathieu réduit à l\u2019état de loque humaine allumer une cigarette, il ne me donne pas envie de fumer.Seulement de le consoler.Lorsque le commandant Piché prend une pause cigarette après avoir sauvé 300 vies et un avion de l\u2019écrasement, je ne pense pas à fumer.Je pense seulement que je voudrais toujours avoir un pilote comme lui quand je prends l\u2019avion.Jusqu\u2019à preuve du contraire, le cinéma n\u2019a pas été inventé pour nous donner le bon exemple ni nous dicter comment vivre notre vie.Le cinéma a été inventé pour rendre compte avec vérité du monde et de l\u2019humanité.Et quand l\u2019humanité fume, parce qu\u2019elle est le produit d\u2019une époque, d\u2019un milieu social ou parce qu\u2019elle va mal, le cinéma n\u2019a pas le choix de le montrer.À moins évidemment de vivre en Iran où, en passant, fumer dans les films est encore permis.s Pour joindre notre chroniqueuse : npetrows@lapresse.ca Le cendrier de l\u2019ayatollah NATHALIE PETROWSKI CHRONIQUE Jusqu\u2019à preuve du contraire, le cinéma n\u2019a pas été inventé pour nous donner le bon exemple ni nous dicter comment vivre notre vie.PHOTO BERNARD BRAULT, ARCHIVES LA PRESSE Le prix Cendrier, autant dire le prix de la honte et du désaveu public, a été remis cette année à Xavier Dolan.MARIE-CHRISTINE BLAIS La production musicale Belles- Soeurs poursuit sur son exceptionnelle lancée: du 8 mars au 7 avril 2012, toute la troupe qui joue la version en musique de l\u2019oeuvre de Michel Tremblay imaginée par René Richard Cyr et Daniel Bélanger sera sur la scène du Théâtre du Rond-Point à Paris.Il faudra donc se garer avenue des Champs-Élysées pour aller entendre Germaine Lauzon et sa gang chanter «Moi, j\u2019aime ça le bingo» ! « Les pièces de Michel Tremblay ont l\u2019habitude de se promener, mais pas nécessairement les actrices qui vont avec! a lancé un René Richard Cyr heureux.C\u2019est énorme: c\u2019est 25 personnes, donc 25 chambres d\u2019hôtel, pendant 38 jours, avec décors, costumes, perruques et musiciens.» La pièce sera jouée dans la salle principale (700 fauteuils) du Rond-Point, soit la salle Renaud-Barrault.Or, en 1970, c\u2019est Madeleine Renaud et Jean-Louis Barrault qui avaient fait venir la pièce de théâtre de Tremblay à Paris, lui donnant une impulsion internationale : depuis, Les Belles-Soeurs a été jouée dans 425 versions, 20 langues et 25 pays.« En av r i l 2010, deux semaines après le début des représentations au Théâtre d\u2019Aujourd\u2019hui, relate Cyr, les gens de Loto-Québec (principal commanditaire de la version musicale) m\u2019ont fait venir pour me demander: qu\u2019est-ce qu\u2019on peut faire maintenant pour que Belles-Soeurs soit jouée dans 20 ans à Tel-Aviv ?C\u2019est Loto- Québec lui-même, pas nous, qui a trouvé les partenaires financiers pour mener le projet à terme! » Loto-Québec, qui met 700 000$ dans l\u2019affaire, a en effet convaincu la Caisse de dépôt et placement du Québec, CGI et Power Corporation, chacune contribuant au projet à raison de 233 000$.Du coup, René Richard Cyr, Daniel Bélanger et Michel Tremblay ont créé la maison de production B-14 : «Le Théâtre d\u2019aujourd\u2019hui va continuer l\u2019exploitation en français au Québec, explique Cyr, mais il doit aussi s\u2019occuper de sa programmation, ses tournées, etc.On a donc décidé tous les trois de créer B-14 pour nous occuper de l\u2019exploitation internationale et en anglais.» La tournée québécoise de Belles-Soeurs, elle, se poursuit, du 17 au 2 avril 2011 au Monument-National.BELLES-SOEURS Germaine Lauzon à Paris ! llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 1 2 M A R S 2 0 1 1 A R T S E T S P E C T A C L E S 7 ARTS ET SPECTACLES MUSIQUE Tous les samedis dans TOUS LES SCÉNARIOS\u2026 La belle surprise de la saison?Wounded Rhymes, deuxième disque de la chanteuse pop suédoise Lykke Li, un poignant recueil de 13 chansons qui révèlent la vraie nature de la jeune femme : furieuse, frondeuse, mais d\u2019une extrême sensibilité.À prendre ou à laisser.PHILIPPE RENAUD COLLABORATION SPÉCIALE «Seule, je me sens moi-même, authentique.Sur scène, à la télé, en entrevue, je suis quelqu\u2019un d\u2019autre», dit la demoiselle qui, ce mois-ci, fait la page couverture du magazine américain Spin.C\u2019est à Los Angeles qu\u2019on l\u2019attrape, à la veille du premier concert de la tournée nord-américaine qu\u2019elle mène pour promouvoir Wounded Rhymes, fantastique successeur du Youth Novels d\u2019il y a presque trois ans.«Je vais très bien malgré le décalage horaire, merci, dit Lykke Li, d\u2019un ton souriant.Ça fait du bien de me retrouver ici.» Sondeuxièmechez-soi, laCalifornie?«Le plus possible, bien qu\u2019il n\u2019y ait pas de place que je considère comme chez moi.Ce n\u2019est malheureusement pas un endroit que je visite assez souvent.Je me sens bien à Los Angeles.» Il s\u2019agit de sa première visite depuis qu\u2019elle y a composé et enregistré, pendant quatre mois, les chansons acidulées de Wounded Rhymes.« Je crois bien qu\u2019on peut entendre un peu de la Californie dans cet album \u2013\u0003 le son du Hammond, par exemple.Ou peut-être les couleurs plus psychédéliques.» Fille de musiciens \u2013\u0003 «Je ne retiens aucune influence musicale venant d\u2019eux», dit-elle \u2013\u0003, Lykke Li lance en 2008 son Youth Novels.Un succès critique et commercial inattendu, fait de pop acoustique légère et de ballades aigres-douces.L\u2019album et ses principaux extraits \u2013\u0003 la charmante Little Bit, I\u2019m Good I\u2019m Gone \u2013\u0003 constituaient un confortable véhicule pour la voix, espiègle et singulière, de la Suédoise.Plus qu\u2019un timbre, qu\u2019un coffre ou qu\u2019un accent exotique, c\u2019est une personnalité avec laquelle on ne faisait que commencer à se familiariser.« Les gens croient toujours te connaître un peu parce qu\u2019ils ont écouté tes chansons, ou qu\u2019ils t\u2019ont vu une fois à la télé, ou sur scène», commente Lykke Li.En rétrospective, Youth Novels passe aujourd\u2019hui pour une prudente carte de visite.Car c\u2019est sur scène qu\u2019on découvrait la vraie nature de Lykke Li.À ses trois précédentes visites à Montréal (à la Sala Rossa, au Club Soda et au Festival Osheaga), la chanteuse distribue les gros mots, converse sans gêne, reprend du Lil\u2019 Wayne, du Rick Ross et du Vampire Weekend.On lui colle aussi la réputation d\u2019être difficile à saisir, spontanée et peu aimable avec les journalistes.Wounded Rhymes, à nouveau réalisé par son âme soeur musicale, le Björn Yttling du trio Peter, Björn and John, est-il l\u2019album de la vérité crue, de l\u2019honnêteté?«Définitivement.Ce disque est plus près de moi que le précédent.Je ne dirais pas que le premier disque était plus mignon; ma voix sonnait plus mignon parce que j\u2019étais plus jeune, plus naïve à cette époque », précise Lykke Li qui a eu 25 ans, hier.«Ça ne me fait pas grand-chose, dit-elle.J\u2019étais plus excitée lorsque j\u2019ai eu 21 ans, alors que tout restait à accomplir.» Et son prochain spectacle?«Sur scène, j\u2019ai les mêmes musiciens que la dernière fois, les mêmes qui jouent sur le nouvel album, aussi.Je n\u2019ai aucune idée de ce que ça donnera \u2013\u0003 je ne prévois jamais rien, alors on verra le soir même du concert comment ça va se passer.» Seules une ou deux chansons de Youth Novels seront au programme.«Je l\u2019ai enregistré il y a si longtemps, je suis rendue complètement ailleurs.L\u2019important, c\u2019est d\u2019exceller en spectacle avec mes nouvelles chansons.C\u2019est une chose de finir un album en se disant qu\u2019on a fait le meilleur possible.C\u2019en est une autre de transposer ça sur scène et de donner une performance parfaite.» Lykke Li sera au Métropolis le 21 mai.LYKKE LI La mèche courte POP LIKKE LI WOUNDED RHYMES WARNER PHOTO FOURNIE PAR WARNER Likke Li estime que ce nouveau disque est beaucoup plus près d\u2019elle que le précédent.«Les gens croient toujours te connaître un peu parce qu\u2019ils ont écouté tes chansons, ou qu\u2019ils t\u2019ont vu une fois à la télé, ou sur scène.» llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 8 A R T S E T S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 1 2 M A R S 2 0 1 1 LONGUEUIL Salle Pratt&WhitneyCanada 13 au 19 mars LASALLE Salle Jean-Grimaldi 21 mars LAVAL Salle André-Mathieu 22 au 31 mars MONTRÉAL Salle Pierre-Mercure 10 au 15 mai Également à : Saint-Hyacinthe, La Prairie, L\u2019ASSOMPTION Théâtre Hector-Charland 27 et 28 mars MONTRÉAL Salle Pierre-Mercure 29 mars au 3 avril LONGUEUIL Salle Pratt&WhitneyCanada 4 au 10 avril LAVAL Salle André-Mathieu 12 au 21 avril Également à : Saint-Hyacinthe, Montréal-Nord, Réservez au 514.521.1002 www.LesGrandsExplorateurs.com Pierrefonds, St-Jean, St-Jérôme.Saint-Jean, LaSalle, Pierrefonds.Les Petits Chanteurs de Laval et les Voix Boréales auditionnent de nouveaux choristes «Portes ouvertes» le 19 mars prochain au 430, 5e rue, Laval (sortie 7 de l\u2019autoroute 15 Nord) { { { AuditioNs sur PLAce Pour découvrir le chant choral et pour vivre une expérience enrichissante où le plaisir et l\u2019amitié riment avec l\u2019apprentissage musical : concerts, voyages locaux et à l\u2019étranger, camps musicaux, enregistrements de CD, prestations avec des artistes renommés.Pour renseignements et rendez-vous pour une audition : 514 583-6508 514 382-8652 www.singsing.ca ARTS ET SPECTACLES MUSIQUE Onzième album studio en vingt ans de carrière pour le Torontois Ron Sexsmith, depuis longtemps reconnu comme l\u2019un des plus brillants artisans du songwriting canadien.Il a pourtant bien besoin qu\u2019on lui remonte le moral ces jours-ci, alors qu\u2019à 47 ans bien sonnés, l\u2019auteur-compositeur-interprète à la voix d\u2019or sort d\u2019une crise professionnelle.RON SEXSMITH Le chanteur a le blues PHILIPPE RENAUD COLLABORATION SPÉCIALE Avertissement : ce nouveau Sexsmith, Long Player Late Bloomer, a été réalisé par Bob Rock.Oui : sacrilège.Heureusement, le disque est bon, l\u2019auteur du brillant Cobble s ton Runway (2002) en sor t i nt ac t , à défaut d\u2019avoir trouvé le moyen de se réinventer.«Je crois que c\u2019est différent, se justifie le vétéran songwriter, joint à son domicile torontois.Remarque, j\u2019essaie toujours de faire un album différent chaque fois, j\u2019essaie aussi d\u2019améliorer ma voix.Chaque réalisateur a sa propre perspective et ses propres trucs de studio.Mes nouvelles chansons sonnaient plus \"épiques\" et il me semblait que Bob pouvait m\u2019aider à rendre ça plus rock.Le but était de faire les choses à plus grande échelle, en quelque sorte.» Ceci explique donc cela.Franchement, on a craint le pire lorsqu\u2019est venue à nos oreilles l\u2019information voulant que Bob Rock, réalisateur de Metallica (cinq albums), The Cult, Motley Crue et Our Lady Peace, vienne se frotter à la délicieuse pop mélancolique de Sexsmith.Lui, dont on appréciait la fragilité et la proximité qui se dégage de ses enregistrements, laissé à la merci du rock de l\u2019âge de pierre ?Cherchez la compatibilité, trouvez plutôt le motif : avoir, pour une fois seulement, un disque qui cartonne.«J\u2019étais passablement déprimé avant de me lancer dans ce nouvel album, confie Ron Sexsmith.Mes deux précédents n\u2019avaient pas marché.J\u2019avais besoin de faire quelque chose, de faire un geste draconien » pour changer son destin.D\u2019où Bob Rock, sa bouée de sauvetage, sa chance que sa carrière perce «pour vrai », comme le dit le principal intéressé.Toujours à fleur de peau et porté vers la pop rock de forme classique, Ron Sexsmith, sur ce nouveau disque, force encore plus les rapprochements avec son idole Elvis Costello (qui en retour ne cache pas son admiration pour la plume du Canadien).La patte de Bob Rock s\u2019efface derrière les chansons, le réalisateur se contentant de donner du coffre aux musiques de Sexsmith.Drôle de hasard, la bouille du réalisateur originaire de Winnipeg passe d\u2019un documentaire à l\u2019autre.Le Some Kind of Monster de Metallica, puis Love Shines, consacré à Sexsmith, « qui retrace le processus de création de ce disque, avec des flash-backs, de vieilles images» de sa carrière.Le film, comme l\u2019album, est traversé par les questionnements de l\u2019auteur-compositeur- interprète, qui ne semble pas réaliser l\u2019admiration que lui vouent ses pairs \u2013 à ce sujet, Emmylou Harris reprendra une de ses vieilles chansons, sur son album à paraître en avril.Pendant toute notre conversation, Sexsmith parle d\u2019une voix lourde, un brin fatiguée.«Mais je t\u2019assure que je me sens bien, insiste-t-il.Ce disque- là m\u2019a fait du bien.Avant, j\u2019avais l\u2019impression que je ne savais rien faire de bien.Mes précédents labels n\u2019étaient pas très encourageant s .Aujourd\u2019hui , mon disque paraît partout dans le monde, et les premières critiques sont favorables.La BBC fait tourner mes chansons, le Mojo m\u2019a donné quatre étoiles, et je joue au Jimmy Kimmel Show bientôt.» D\u2019accord, Sexsmith ne remplit pas des stades à chacune de ses visites, et ses albums n\u2019ont pas droit de cité sur le Billboard Top 200.Et alors ?Qui a besoin des chiffres lorsqu\u2019on a de vrais mélomanes intelligents et exigeants pour fans?«Mes fans sont les meilleurs du monde, concède-t-il.Très loyaux, et c\u2019est important pour moi.C\u2019est pourquoi je ne veux pas passer pour un ingrat.La notoriété ne m\u2019a jamais préoccupé \u2013 ni l\u2019argent, pour tout dire.Mais ce qui me frustre, c\u2019est que j \u2019avais réussi à monter un vrai bon groupe et faire les meilleurs albums, mais c\u2019est difficile de les garder, parce qu\u2019ils ont d\u2019autres contrats.Je veux garder ce groupe, jouer dans de plus belles salles; au cours des dernières années, j\u2019ai eu l\u2019impression que ma carrière ne progressait pas.» «J\u2019ai 47 ans, je ne m\u2019attends plus à faire la une des magazines.Je veux juste faire la meilleure musique pour mes fans, et me donner les moyens de le faire.» Et s\u2019il faut passer par Bob Rock pour se faire remarquer, ainsi soit-il.POP-ROCK RON SEXSMITH LONG PLAYER LATE BLOOMER WARNER MUSIC PHOTO ARCHIVES LA PRESSE Ron Sexsmith a eu envie de faire un disque qui marche et que sa carrière perce «pour vrai ».Il a pris les moyens pour y arriver.«Mes fans sont les meilleurs du monde.Très loyaux, et c\u2019est important pour moi.C\u2019est pourquoi je ne veux pas passer pour un ingrat.» llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 1 2 M A R S 2 0 1 1 A R T S E T S P E C T A C L E S 9 $&!2/ !& (2/ ?$ & O1>6/$/2>$ ; O1 S*S\"\"- O>2: $> D;;>6> 5:L* ' &3(IB 0.+@(((( 666?,
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