La presse, 16 avril 2011, P. Élection 2011
[" DANIELLE SMITH UNE FLEUR FÉROCE À LIRE EN PAGE 6 > NOTRE CAHIER PLUS À SAVEUR ÉLECTORALE ÉLECTIONS2011 PORTRAITS DE CIRCONSCRIPTIONS À LIRE EN PAGES 4 ET 5 PHOTOS PC Jacques Parizeau a fait scandale en blâmant le «vote ethnique » lors du référendum sur la souveraineté de 1995.L\u2019expression revient pourtant en force avec les conservateurs, qui ne cachent pas leur volonté de séduire les immigrés.Un dessein controversé.Et apparemment unique pour un parti de droite.NOTRE DOSSIER À LIRE EN PAGES 2 ET 3 TORONTO LEPARI «ETHNIQUE» DE HARPER ÉLECTIONS Consultez notre dossier complet sur les élections fédérales, à cyberpresse.ca/elections RICHARD HÉTU «En Arizona, les birthers font la loi», commentez sur blogues.cyberpresse.ca/hetu CARICATURES Regardez nos caricatures de la semaine, cyberpresse.ca/caricatures MONTRÉAL SAMEDI 16 AVRIL 2011 MAGASINEZ EN LIGNE C\u2019ESTFACILE DU COMPLET AU DENIM PArtoUt AU QUÉbEc 1 888 858-5258 fAcEbook.coM/ErNESt.cA IMPErS 9998$ À PARTIR DE bloUSoNS 5998$ À PARTIR DE BELLE VARIÉTÉ DE bloUSoNS Et IMPErMÉAblES ÉLECTIONS FÉDÉRALES 2011 Si les conservateurs veulent former un gouvernement majoritaire, ils doivent gagner les circonscriptions multiethniques de la grande région de Toronto.MARIE-CLAUDE MALBOEUF ONTARIO TORONTO \u2014 Dans les rues désertes de Cornell Village, en banlieue de Toronto, deux équipes rivales zigzaguent au pas de course d\u2019une demeure cossue à l\u2019autre.Des chiens jappent derrière les portes closes.À l\u2019occasion, l\u2019une d\u2019elles s\u2019entrouvre juste assez pour laisser deviner un intérieur douillet.Difficile de croire qu\u2019on débarque au coeur de la guerre électorale en cours, dans un secteur peuplé de Canadiens fraîchement arrivés de Chine, de l\u2019Inde, des Philippines ou de la Russie.Tout autour, les maisons neuves calquées sur celles de la Nouvelle- Angleterre se vendent environ un demi-million de dollars.«Le matin, les autobus sont pleins de visages de toutes origines.Ici, presque tout le monde travaille», précise leur candidat conservateur, Paul Calandra.La mission de cet ancien courtier d\u2019assurances, c\u2019est de les séduire afin de répéter sa percée de 2008, lorsqu\u2019il a arraché la très multiethnique circonscription d\u2019Oak Ridges par 545 voix à son rival libéral.Un exploit que les conservateurs espèrent maintenant reproduire dans plusieurs autres circonscriptions de la grande région de Toronto.« Ils dominent déjà dans l\u2019Ouest et ils ne parviennent pas à percer au Québec, ni dans les grandes villes.S\u2019ils veulent former un gouvernement majoritaire, ils doivent gagner les circonscriptions multiethniques situées en banlieue », explique le politologue Phil Triadafilopoulos, professeur à l\u2019Université de Toronto.Dans la Ville reine, cela signifie cibler les immigrés venus d\u2019Inde ou de Chine \u2014 particulièrement nombreux, industr ieux et regroupés dans une demi-douzaine de circonscriptions-clés.Un document interne du Parti conservateur (diffusé par erreur en mars) résume crûment la situation : « Il y a beaucoup d\u2019électeurs ethniques.Il y en aura encore plus bientôt.Ils habitent là où nous devons gagner.Il faut (leur) présenter une image positive.» Depuis le début de la campagne, le premier ministre sortant Stephen Harper multiplie donc les apparitions et les promesses dans la région torontoise.Le 6 avril, les employés de l\u2019usine Novo Plastics de Markham l\u2019ont applaudi sans hésiter en l\u2019entendant annoncer un programme qui faciliterait la reconnaissance de leurs compé tences acqu ises à l\u2019étranger.Est-ce que cela aidera les candidats conservateurs?Paul Calandra, qui était aux côtés de son chef, l\u2019espère.« Les électeurs sont très centrés sur leur vie quotidienne.Ils veulent entendre parler d\u2019emploi et d\u2019économie, constate-t-il.Il y a beaucoup de talents sousexploités au Canada et nous voulons les impliquer.» Chez certains, le message passe.À Cornell Village, un homme d\u2019origine russe a accueilli le quadragénaire d\u2019un retentissant : «Oui, je vous appuie ! Venez planter votre pancarte chez moi.» Dans trois des rues voisines, une dizaine d\u2019autres familles affichaient déjà la leur.« On sent encore certaines réticences chez plusieurs immigrés, mais ils sont plus nombreux que la dernière fois à accepter de nous entendre», se réjouit M.Calandra.Au nord de Toronto, dans une zone tout aussi multiethnique, mais plus pauvre, le candidat John Carmichael est conf ronté à la même ambivalence.«On a déjà eu un accueil pas très amical, convient son directeur de campagne, Gord Moore, mais les choses s\u2019améliorent d\u2019une fois à l\u2019autre.On rencontre des chauffeurs de taxi qui étaient ingénieurs dans leur pays d\u2019origine.Notre message sur l\u2019emploi et l\u2019économie les intéresse.» «Vive la concurrence» L e l ong d \u2019une ar t è r e semblable aux boulevards Taschereau et 440, les caractères chinois s\u2019étalent partout sur les enseignes et les bandes électroniques.On traverse la circonscription de Richmond Hill, où le libéral Bryon Wilfert l\u2019a emporté par un peu plus de 5000 voix sur son adversaire d\u2019origine chinoise, en 2008.Même si ses électeurs sont \u2013 encore une fois \u2013 intensément courtisés par les conservateurs, le député ne se sent pas plus menacé par son nouveau rival d\u2019origine grecque.«Il a été parachuté, dit-il, alors que je représente la population depuis bientôt 15 ans.Ma spécialité, c\u2019est le service à la clientèle.Mes électeurs savent que j\u2019agis et que je me soucie des droits de l\u2019homme.» Tout près, dans Don Valley Ouest, des bénévoles de toutes origines entourent le libéral Robert Oliphant, accueilli en sauveur lorsqu\u2019il frappe aux portes des modestes appartements des immeubles en copropriété de Thorncliffe Park.Une vieille dame le serre dans ses bras en parlant chinois.Un jeune homme noir connaît son numéro de téléphone par coeur.«Les conservateurs disent partager les valeurs tradit ionnel les des nouveaux Canadiens, dit le député, mais (comme homosexuel), la Charte des droits et libertés me protège de la même façon qu\u2019elle les protège.Les nouveaux Canadiens ont plus en commun avec les gais qu\u2019avec ceux qui les condamnent: moi aussi, je sais ce que c\u2019est que d\u2019avoir des gens qui me crachent au visage ou refusent de me serrer la main.» Dans Eglinton-Lawrence, à quelques kilomètres, les enfants d\u2019immigrés reviennent en ville pour raser les minuscules maisons de leurs parents et ériger de faux manoirs flanqués de lions et d\u2019urnes.Ici et là, quelques pancartes bleues oscillent au vent.Mais le libéral Joe Volpe, qui représente la circonscription depuis 23 ans, se croit lui aussi à l\u2019abri.Dans son bureau, qui fleure bon l\u2019espresso, l\u2019italien résonne.«On s\u2019adresse aux gens dans cinq langues.J\u2019ai aussi des bénévoles russes, espagnols, chinois et portugais, énumère-t-il.Je reflète la communauté, continue le député.Ces gens ne se sentent jamais ethniques avec moi.J\u2019incarne ce que nous sommes et ce que nous voulons être.» Plus au nord, dans Vaughan, où vivent 200 000 Canadiens d\u2019origine italienne, l\u2019ancien chef de police Julian Fantino a créé la surprise en battant, par 997 voix, le libéral Tony Genco, lors de l\u2019élection partielle de 2010.Sa victoire n\u2019a pourtant pas étonné Pierluigi Roi, directeur des nouvelles à la station multiethnique OMNI, qui diffuse des émissions en cinq langues.«Les Italiens, les Portugais, nous ne formons pas un bloc.Nous avons les mêmes préoccupations que les autres électeurs.Les conservateurs ont réussi à percer parce qu\u2019ils ont présenté un candidat V.I.P.» «Le Parti libéral tenait les immigrés pour acquis, comme une banque de votes, et cela s\u2019est retourné contre eux, renchérit Yudhvir Jaswal, éditeur de Midweek News Weekly, un hebdomadaire indo-canadien.C\u2019est une bonne chose qu\u2019il y ait de la concurrence, que les partis s\u2019adressent à nous en nous parlant de tous les enjeux, pas seulement ethniques.» le «vote ethnique», la clé de la majorité MARIE-CLAUDE MALBOEUF La stratégie actuelle du Parti conservateur du Canada est unique en son genre, estime le politologue Phil Triadafilopoulos, professeur à l\u2019Université de Toronto.« C\u2019est très rare pour des conservateurs de vouloir s\u2019associer aux immigrés, dit-il.Habituellement, ils s\u2019en servent plutôt pour mettre les autres électeurs en colère et les mobiliser.» Résultat: les candidats de Stephen Harper doivent jouer les funambules pour ne pas indisposer leurs électeurs habituels.« Ils combinent une approche ouverte à l\u2019endroit des immigrants avec un discours plus restrictif quant aux réfugiés ou à l\u2019obtention de la citoyenneté canadienne.C\u2019est très délicat», résume M.Triadafilopoulos.Il y a quelques semaines, le député conservateur de York-Simcoe s\u2019est par exemple opposé à l\u2019idée que les immigrés puissent toucher la pension de vieillesse trois ans seulement après leur arrivée au Canada.«Ce n\u2019est pas juste pour les Canadiens de tous les jours », indiquait son dépliant.Un citoyen n\u2019a pas tardé à s\u2019en indigner dans les pages du Toronto Star.«Les conservateurs ciblent les nouveaux Canadiens dans certaines circonscriptions, tandis qu\u2019ici, on doit apparemment les diaboliser et les considérer comme moins canadiens », a-t-il déploré.À droite, ce sont plutôt les gestes d\u2019ouverture qui dérangent .« Certains de nos partisans sont sûrement indisposés, mais ils ne le disent pas.Les gens d\u2019affaires comprennent que pour que leur entreprise grandisse, ils doivent embaucher plus de gens.Pour cela , nous avons besoin d\u2019immigrants », nuance un directeur de campagne conservateur.Jouer sur les deux tableaux est un peu condescendant et cynique, estime tout de même le professeur Myer Siemiatycki, politologue à l \u2019Université Ryerson.Au tout début de la campagne, rappelle-t-il, Stephen Harper a apostrophé les résidants de Brampton (une banlieue torontoise très multiethnique) en leur disant « You people », ce qui se traduit par «Vous autres ».«Quand les conservateurs s\u2019adressent à l\u2019ensemble du pays, ils affirment que les immigrés doivent s\u2019intégrer et renoncer à leurs valeurs de jadis.Quand ils veulent leurs votes, ils les interpellent par rapport à leur attachement à leur pays d\u2019origine, en se basant sur des stéréotypes», souligne M.Siemiatycki.«Cela a pour effet de les distancer du reste du Canada, dit-il, de laisser entendre qu\u2019ils ne sont pas des citoyens comme les autres.C\u2019est une pente glissante.» S on co l l è g ue Da v i d Soberman, de la Chaire nationale canadienne en marketing stratégique, voit les choses autrement.«Cibler des groupes est normal en politique, dit-il.C\u2019est nouveau pour les conservateurs, mais les libéraux l\u2019ont fait depuis longtemps en traduisant des dépliants dans plusieurs langues ou en créant des programmes pour les immigrés.» Marcher sur la corde raide «On s\u2019adresse aux gens dans cinq langues.J\u2019ai aussi des bénévoles russes, espagnols, chinois et portugais.» «C\u2019est très rare pour des conservateurs de vouloir s\u2019associer aux immigrés.» PHOTO PC/TORONTO STAR, ANDREW WALLACE llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 2 P L U S L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 1 6 A V R I L 2 0 1 1 ÉLECTIONS FÉDÉRALES 2011 MARIE-CLAUDE MALBOEUF R ac i s t e s, xé nophob e s , antiimmigrants\u2026 Ces étiquettes, le ministre de la Citoyenneté et de l\u2019Immigration Jason Kenney les a souvent entendues lorsqu\u2019il a amorcé un véritable marathon auprès des nouveaux Canadiens, au milieu des années 2000.Le député albertain n\u2019a pourtant jamais cessé de croire qu\u2019il pouvait changer l\u2019image de son parti.«Même si plusieurs communautés n\u2019ont pas voté pour nous, l\u2019éventail entier de leurs valeurs est conservateur », a-t-il expliqué à un journaliste du site Frum Forum, qui vise le « renouveau du Parti républicain et du mouvement conservateur».Depuis cinq ans Jason Kenney court donc les festivals, les banquets et autres événements « ethniques» en répétant sans cesse le même message: les conservateurs et les immigrés ont les mêmes valeurs (ce qu\u2019il traduit par le sens du travail, une allergie au crime et au désordre ainsi qu\u2019une dévotion à la famille et aux traditions).Le mois dernier, un document interne révélait son intention de profiter de la campagne électorale pour saturer les médias ethniques de messages publicitaires, disant par exemple: «Si vous regardez notre équipe, vous vous reconnaîtrez.» «C\u2019est très habile.Annoncer dans les médias ethniques est très peu coûteux et permet de rejoindre facilement un auditoire précis », commente le politologue Phil Triadafilopoulos, de l\u2019Université de Toronto.Le Parti conservateur a aussi préparé le terrain en confiant à trois relationnistes la tâche de tisser des liens avec les journalistes des médias ethniques.Il a présenté des excuses officielles à différentes communautés, a maintenu des taux d\u2019immigration importants et a simplifié plusieurs processus pour les immigrés et leurs familles.En 2008, l\u2019écart entre les deux partis a fondu dans plusieurs circonscriptions de la région de Toronto, où trois conservateurs ont même délogé des libéraux qui semblaient presque invincibles.Est-ce la preuve que leur stratégie fonctionne?Leurs adversaires jurent que non.«Si les dernières élections ont été difficiles pour nous, c\u2019est parce que Stéphane Dion et son message sur l\u2019environnement n\u2019ont pas été bien reçus, argue le député libéral torontois Robert Oliphant.Cela a davantage contribué à leur succès que leur campagne auprès des nouveaux Canadiens.» « Les conservateurs font des progrès, mais ces progrès ne sont pas spectaculaires », confirme Myer Siemiatycki.politologue à l\u2019Université de Toronto.Une étude méconnue d\u2019Allison Harell, spécialiste du vote ethnique à l\u2019UQAM, va da ns le même s ens .D\u2019après son ana lyse des résultats électoraux, Stephen Harper a séduit de nombreux immigrés d\u2019origine européenne (Italiens, Portugais, A l l ema nd s , P ol o n a i s , Ukrainiens, etc.).Chez eux, l\u2019appui aux conservateurs est ainsi passé de 30% à 45% entre 2004 et 2008 (tandis que l\u2019appui aux libéraux fondait de 36% à 21%).Les minori tés visibles (Arabes, Asiatiques, Antillais, Africains, gens d\u2019Amérique latine) demeurent par contre très attachées au Parti libéral, auquel elles s\u2019identifient fortement, constate Mme Harell.En Ontario, en 2008, les deux tiers de leurs membres ont ainsi voté pour Stéphane Dion.«Leur appui au Parti libéral demeure toujours aussi for t , conclut- elle.Vu les changements démographiques en cours (c\u2019est-à-dire la croissance de cette population), cela pourrait avoir un impact sur le sort électoral du Parti.» Une stratégie à moitié efficace PHOTO PC PHOTO PC PHOTO AFP AUCOEUR DE LA GUERRE ÉLECTORALE SOURCE: ÉLECTIONS CANADA, LA PRESSE ONTARIO BRAMPTON VAUGHAN RICHMOND HILL MARKHAM 1 2 3 4 5 6 6 7 8 9 11 12 10 LACONTARIO TORONTO La moitié des résidants de la grande région de Toronto sont nés à l\u2019étranger, ce qui en fait une ville plus multiethnique que Miami, Los Angeles ou New York.Aucun groupe n\u2019y domine nettement.Parmi les immigrés appartenant aux minorités visibles (soit 43% de la population), 7% sont noirs tandis que 14% viennent de l\u2019Inde ou du Pakistan, 10% de Chine,4%des Philippines et2%d\u2019Amérique latine.Voici 12 circonscriptions parmi les plus multiethniques et disputées de la région.1 MISSISSAUGA EAST-COOKSVILLE 61%d\u2019immigrés (Inde, Chine) 7180 voix d\u2019écart en 2008 (contre 9204 en 2006) 2 BRAMPTON-OUEST 46%d\u2019immigrés (surtout de l\u2019Inde) 231 voix d\u2019écart en 2008 (contre 7643 en 2006) 3 BRAMPTONSPRINGDALE 47%d\u2019immigrés (Inde, Jamaïque, Allemagne, Italie) 773 voix d\u2019écart en 2008 (contre environ 8000 en 2006) 4 BRAMALEA-GOREMALTON 53%d\u2019immigrés (Italie, Inde) 3864 voix d\u2019écart en 2008 (contre 9039 en 2006) 5 VAUGHAN 54%d\u2019immigrés (Italie) 997 voix d\u2019écart lors de l\u2019élection partielle de 2010 (contre 8383 voix en faveur des libéraux 2008 et 20 000 voix en 2006) 6 OAK RIDGESMARKHAM 42%d\u2019immigrés (Chine, Italie, Inde) 545 voix d\u2019écart en 2008 (contre 6353 voix en faveur des libéraux en 2006) 7 RICHMOND HILL 50%d\u2019immigrés (Chine, Italie) 5185 voix d\u2019écart en 2008 (contre plus de 11 000 en 2006) 8 THORNHILL 50%d\u2019immigrés (Chine, Russie, Pologne.) 5212 voix d\u2019écart en 2008 (contre plus de 10 500 voix en faveur des libéraux en 2006) 9 MARKHAMUNIONVILLE 62%d\u2019immigrés (Chine) 11 340 voix d\u2019écart en 2008 (contre 18 440 en 2006) 10 YORK-CENTRE 60%d\u2019immigrés (Italie, Russie) 2090 voix d\u2019écart en 2008 (contre 9681 en 2006) 11 EGLINTON-LAWRENCE 39%d\u2019immigrés (Italie) 2060 voix d\u2019écart en 2008 (contre 11 147 en 2006) 12 DON VALLEY 46%d\u2019immigrés (Inde, Chine) 2671 voix d\u2019écart en 2008 (contre 10 801 en 2006) LÉGENDE Parti conservateur du Canada Parti libéral du Canada Stephen Harper (en haut) et Michael Ignatieff (en bas) se disputent à leur manière le vote des immigrés.llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 1 6 A V R I L 2 0 1 1 P L U S 3 ELECTIONS FEDERALES 2011 PORTRAITS DE CIRCONSCRIPTIONS Un bastion neo-democrate a.Terre-Neuve et une forteresse conservatrice imprenable en Alberta.Portraits de deux circonscriptions aux antipodes politiques et qui ont donne a leurs deputes des majorites a faire saliver meme Denis Coderre ou Gilles Duceppe.ST.JOHNfS-EST SOURCES: ELECTIONS CANADA, LA PRESSE OCEAN ATLANTIQUE BAIE DE LA CONCEPTION TERRE-NEUVE ST.JOHNfS YVES BOISVERT TERRE-NEUVE ST.JOHNfS, Terre-Neuve .Pendant un siecle, des generations de mineurs ont extrait du fer a Bell Island.Du fer qui prenait le large avec le gros des profits.La mine a ferme il y a 45 ans.Cfest maintenant une des banlieues qui ont pousse autour de St.Johnfs, dans un decor gaspesien a 15 minutes de la capitale.A lfheure de pointe, on peut voir la file de voitures qui attendent le traversier dans le port de Portugal Cove.Plus loin, St.Phillips et Paradise sfetalent sans arret.On construit des ecoles, on en agrandit dfautres.Grace au petrole, Terre- Neuve nfest plus fiscalement une province pauvre.Grace au petrole, mais grace aussi au modele economique nationaliste de la province.Les profits ne partent plus tous au large.á Maitres chez nous â : le slogan a ete recycle avec conviction sur la Rochec Et si une circonscription incarne ce revirement et ce reveil economique autant qufidentitaire, cfest bien St.Johnfs-Est.Elle englobe une partie du vieux centre-ville, avec ses maisons en clin de bois multicolores, et se repand vers ces nouveaux dortoirs au nord.Cfest ici que le Nouveau Parti democratique a remporte sa plus grande majorite au Canada.Jack Harris y a ete elu en 2008 avec 75% des votes.¡¡¡ On aurait tort de penser que la circonscription, la plus riche de la province, est un bastion neo-democrate.Sauf dans une partielle en 1987 ou M.Harris a ete elu pour un an, lfendroit a toujours elu un conservateur ou un liberal.Mais en 2008, Danny Williams, le premier ministre le plus populaire de lfhistoire de cette province, a lance sa virulente campagne ABC (nfimporte qui sauf un conservateur).Il sfagissait de punir Stephen Harper de ne pas avoir tenu parole sur la methode de calcul de la perequation .une affaire de 1 milliard.Resultat : six des sept sieges de Terre-Neuve.et.Labrador sont alles a des liberaux.St.Johnfs-Est est alle au NPD.¡¡¡ Au NPD?Disons plutot a Jack Harris.Lfhomme de 62 ans est un avocat tres populaire, qui a defendu les ouvriers dans differents conflits et represente les victimes des sevices des Freres des ecoles chretiennes du honteusement celebre (et rase depuis) orphelinat de Mount Cashel.Harris a ete le chef du NPD provincial pendant une douzaine dfannees et sfil nfa jamais menace Williams, il est tres respecte.Alors, tant qufa voter pour ánfimporte qui â sauf un conservateur, aussi bien voter pour un qufon aime.áDanny avait un gros baton dans les mains aux dernieres electionsâ, dit le candidat liberal John Allan, qui confesse avoir votec Harris en 2008.Les conservateurs, qui detenaient le siege, sont arrives troisiemes, tombant a 9% (une chute de 37 points).Oui, vraiment, Danny avait un gros baton.Mais il nfy a ici aucune base syndicale ou cooperative, comme on en trouve dans des circonscriptions traditionnellement NPD.áLes Terre-Neuviens sont tous neo-democrates, au fond, quand vous regardez nos valeursâ, me dit Harris, dans son local de campagne.De fait, il nfy a pas de grande bataille ideologique ici.La ligne de demarcation est encore Stephen Harper.Sauf que cette fois-ci , il nfy a plus de campagne ABC.La nouvelle premiere ministre, Kathy Dunderdale, a meme partage la scene avec Stephen Harper au debut de la campagne.Harper venait annoncer une garantie de pret pour le transport sousmarin de lfelectricite du Bas- Churchill.áJe ne dis pas aux gens pour qui voter, la derniere fois jfai fait du porte-a-porte pour une liberale, cette foisci je ne sais pasâ, mfa dit la premiere ministre.áJfai bien peur qufelle ait vendu son ame au diable, soupire Allan.Pourquoi aller au lit avec Harper quand il y a trois leaders avec lesquels negocier?â Ou loge- t- i l , au fa it , Danny ?Il se fait discret, depuis son depart en decembre.áJfai vendu un chien a sa fille, et elle a ma pancarte sur son terrainâ, dit tout de meme le candidat liberal, un homme dfaffaires qui nfa aucune experience politique et qui ne sfest decide qufil y a trois semaines.Le conservateur Jerry Byrne, homme dfa ffaires important de St.Johnfs, semble avoir peu de chances, malgre le rechauffement des relations Terre-Neuve.Ottawa.Sur son site, cfest avec le ministre Vic Toews qufi l pose, pas Stephen Harperc Ce nfest peut-etre plus nfimporte qui sauf le conservateur.Mais cfest encore tres, tres Jack.Il me parle avec enthousiasme de lf Un iver si te Memorial, de lfecole de business, du developpement de lfindustrie petroliere.Etes-vous certain dfetre neo-democrate?áLa question nfest pas de savoir sfil faut exploiter les ressources naturelles, mais bien: au benefice de qui ?Les cartels petroliers ou les gens dfici?Terre-Neuve sfest inspiree de la Norvege et jfai appuye Danny Williams.Cfest au-dela des lignes de parti.Nous avons reussi a developper notre sentiment national et notre besoin de reconnaissance.Tout le monde est dfaccord avec ca.â Quand on recolte les trois quarts des votes, on a le droit de parler au nom de tout le monde.ST.JOHNfS-EST La plus neo-democrate.mais pas tant que ca ! Grace au petrole, Terre-Neuve nfest plus fiscalement une province pauvre.Grace au petrole, mais grace aussi au modele economique nationaliste de la province.Les profits ne partent plus tous au large.PHOTO JOE GIBBONS, ST.JOHNfS TELEGRAM St.Johnfs-Est, une circonscription imprenable pour les conservateurs?PHOTO JOE GIBBONS, ST.JOHNfS TELEGRAM Le candidat conservateur, Jerry Byrne, est un homme dfaffaires important de St-Johnfs.llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 4 P L U S L A P R E S S E M O N T R E A L S A M E D I 1 6 A V R I L 2 0 1 1 ÉLECTIONS FÉDÉRALES 2011 CROWFOOT SOURCES: ÉLECTIONS CANADA, LA PRESSE SASKATCHEWAN CROWFOOT ALBERTA PATRICK LAGACÉ ALBERTA CAMROSE \u2014 La circonscription de Crowfoot, au coeur de l\u2019Alberta rurale, n\u2019est pas un château fort conservateur.C\u2019est un véritable abri nucléaire en béton armé, imprenable.En 2008, le député Kevin Sorenson y a récolté 82% des voix, le pourcentage le plus élevé au Canada.Et, bien sûr, avec 82% des voix à un candidat de l\u2019équipe Harper, cela fait de Crowfoot la circonscription la plus à droite au pays.Dans le rayon des victoires électorales, c\u2019est un score stupéfiant.Un ordre de grandeur: Gilles Duceppe (Laurier \u2013 Sainte-Marie) et Denis Coderre (Bourassa) sont confortablement installés dans des circonscriptions réputées «sûres».En 2008,MM.Duceppe et Coderre ont triomphé avec 50,2% et 49,5% des voix.Qu\u2019est-ce qui fait votre succès, M.Sorenson?«Les gens ici sont conservateurs avec un petit c, explique Kevin Sorenson, 52 ans, un homme aux pattes d\u2019ours qui trahissent son passé de fermier.Ils croient que le gouvernement doit être plus petit, qu\u2019il ne doit pas tout le temps tenter de trouver de nouveaux revenus.» D\u2019accord, mais c\u2019est un peu court, comme explication.Nul doute que les Albertains sont conservateurs, politiquement : le parti de Stephen Harper a triomphé dans 27 des 28 circonscriptions électorales de la province, en 2008.Moyenne des voix exprimées: 65%.Une moyenne qui serait plus élevée, n\u2019eût été les victoires plus courtes dans la région d\u2019Edmonton.« L\u2019Alberta est une terre conservatrice, mais il y a plus, dit Marshall Chalmers, le maire de Camrose, principale ville de la circonscription, dont la moustache rappelle son passé dans la police.Je crois que le discours du premier ministre touche les gens de Crowfoot.Il faut être plus dur avec les criminels, défendre les sables bitumineux.Et les autres partis, comme le Parti libéral, nous ont envoyé promener, dans le passé.Les gens n\u2019ont pas oublié.» Bon, oui, d\u2019accord: le ressentiment envers le Parti libéral est un point de ralliement des électeurs partout en Alberta.Mais quand même: Kevin Sorenson a gagné en 2008 avec un score largement supérieur à ceux de ses collègues, eux-mêmes des Superman des urnes.Quel est son secret?«C\u2019est une région rurale, ici, dit Glen Lawes, évaluateur foncier.Les fermiers sont des gens indépendants d\u2019esprit.Ils ne veulent pas dépendre de l\u2019État.Moi, je suis conservateur, petit c, depuis toujours.J\u2019ai voté pour le père de Preston, Ernest Manning, quand il était chef du Social Credit!» Glen est un chasseur.Il a des armes à feu.Le registre l\u2019emmerde profondément.Il refuse d\u2019ailleurs de les enregistrer, «ce qui fait de moi, techniquement, quelqu\u2019un qui n\u2019obéit pas à la loi ».L\u2019abolition du registre l\u2019a convaincu, il y a plusieurs années, de devenir membre du PCC «et de donner 200$ par année».Détonner n\u2019est pas bien vu Pour Mark Lisac, auteur du livre Alberta Politics Uncovered, une analyse critique de la vie politique dans la province la plus riche du Canada, le fort attachement des Albertains à leur individualisme exacerbé est un mythe: «Contrairement au mythe, la province est pleine de gens qui prennent le chemin le plus facile et se joignent au parti, métaphoriquement et littéralement.» Ellen Parker est bien placée pour jauger le succès, phénoménal, de Kevin Sorenson, dans Crowfoot : le député conservateur l\u2019a battue en 2004, 2006 et 2008.La candidate du NPD se présente pour la quatrième fois.«Vous savez, ces résultats ne représentent que ceux qui se donnent la peine de voter.Si plus de gens votaient, les résultats seraient différents », dit-elle, reprenant ce que j\u2019ai souvent entendu, en Alberta, à savoir que les taux de participation peu élevés (55% dans Crowfoot) favorisent le PCC.Je dis à Mme Parker que plusieurs électeurs m\u2019ont parlé du poids de la tradition familial sur leur crayon, quand ils doivent cocher leur bulletin de vote.«Je n\u2019y crois pas, réplique- t-elle.C\u2019est presque du bullying: les gens ne veulent pas être le clou qui dépasse, ils ne veulent pas se faire regarder de travers parce qu\u2019ils n\u2019appuient pas le PCC.» La néo-démocrate a perdu par plus de 35 000 voix en 2008, mais elle voit le côté ensoleillé des choses: «C\u2019est ma quatrième campagne : je suis meilleure pour livrer mon message ! Je crois sincèrement que le NPD va représenter cette circonscription, un jour », dit-elle, rappelant que l\u2019Ouest est la terre de Tommy Douglas, le saint patron de la social-démocratie canadienne.Je n\u2019ai pas réussi à percer le secret du succès de Kevin Sorenson, qui peut se vanter de voir huit électeurs sur dix voter pour lui.Un score que lui envieraient probablement quelques dictateurs, à la différence qu\u2019ici, les bonnes gens de Crowfoot votent en toute liberté pour lui.M.Sorenson, très humble, n\u2019avait que des lieux communs et des banalités (je travaille fort, je suis présent, je réponds à chaque lettre, etc.) à me proposer pour expliquer pourquoi il détient le plus haut pourcentage des voix au Canada.J \u2019ai tenté une dernière hypothèse : Est-ce de l \u2019amour pour votre personne, tout simplement, monsieur le député ?Je ne suis pas certain que ce soit de l\u2019amour, mais merci de le penser ! CROWFOOT L\u2019abri nucléaire conservateur «Il faut être plus dur avec les criminels, défendre les sables bitumineux.Et les autres partis nous ont envoyé promener, dans le passé.» PHOTOS FOURNIES PAR LE DRUMHELLER MAIL Le candidat conservateur Kevin Sorensen (en haut) fait l\u2019encanteur au tournoi de golf annuel au Dinosaur Trail Golf and Country Club lors d\u2019un souper-bénéfice.La circonscription de Crowfoot est située en plein coeur de l\u2019Alberta rurale.llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 1 6 A V R I L 2 0 1 1 P L U S 5 PLUS L\u2019ENTREVUE PATRICK LAGACÉ ALBERTA CALGARY\u2014Les Albertains connaissent Danielle Smith comme étant la jeune, télégénique et habile chef d\u2019un nouveau parti, le Wildrose Alliance, qui menace l\u2019hégémonie du Parti conservateur provincial.Les Québécois devraient retenir son nom: Danielle Smith se fait la porte-parole de plusieurs Albertains qui estiment payer pour les généreux programmes sociaux du Québec.«Les Albertains sont des gens généreux.Mais leur patience a des limites.Ils voient bien qu\u2019une partie de leurs impôts finance des garderies à 7$ par jour et des droits de scolarité peu élevés, dans d\u2019autres provinces», explique Mme Smith, 39 ans, ex-journaliste, en entrevue à La Presse.Avant d\u2019aller plus loin, il faut expliquer un détail capital pour comprendre ce dont parle la leader du Wildrose.Ce détail étant la péréquation: Ottawa a créé ce programme en 1957, pour redistribuer dans les provinces pauvres une partie des richesses des provinces riches.But : s\u2019assurer que tous les Canadiens aient accès à un niveau de services sociaux à peu près semblable.Le calcul est compliqué, basé sur une moyenne de revenu par personne.Depuis la création du programme de péréquation, l\u2019Alberta a toujours été un contributeur net.Plombé par l\u2019érosion de son secteur manufacturier, l\u2019Ontario a récemment commencé à recevoir des fonds de la péréquation.Terre-Neuve, traditionnellement «pauvre», est devenue «riche» grâce à ses ressources naturelles.Le Québec a toujours été un débiteur net.En 2009-2010, nous avons reçu 8 milliards de ce programme, soit 10% du budget de l\u2019État.«Depuis 18 mois, je fais des assemblées publiques partout en Alberta, les gens viennent me parler.Et la question m\u2019est toujours posée: qu\u2019allez-vous faire à propos de la péréquation?Les Albertains sentent le poids d\u2019avoir à soutenir les provinces qui reçoivent de la péréquation», dit Mme Smith, dont le parti compte quatre députés à l\u2019Assemblée législative.Commentaires indignes Il ne faut pas être devin pour comprendre que Danielle Smith parle du Québec, quand elle évoque des provinces qui ont des garderies à 7$ et des droits de scolarité peu élevés.Elle jure n\u2019avoir rien contre le Québec, au contraire : «Les Albertains et les Québécois ont ceci en commun: ils se fient à leur propre gouvernement, pas à celui d\u2019Ottawa.» Le programme de péréquation fédéral «donne » chaque année plus de 1000$ à chaque Québécois.Il en « enlève » à chaque Albertain, pour redistribution ailleurs au pays, 3000$.En bons Canadiens, les Albertains sont heureux de contribuer.Mais là où le bât blesse, c\u2019est quand d\u2019autres provinces, comme le Québec et l\u2019Ontario, critiquent l\u2019exploitation des sables bitumineux albertains, dit Danielle Smith.«Il est extraordinairement irresponsable de critiquer l\u2019exploitation des sables bitumineux.Nous bénéficions tous des exportations de richesses naturelles et des emplois qui en découlent, d\u2019un océan à l\u2019autre.» Le ressac environnemental provoqué par l\u2019exploitation des sables bitumineux a fait de l\u2019Alberta le punching bag du pays, dénonce Danielle Smith, faisant écho à un sentiment universellement répandu dans une province où 140 000 emplois dépendent du secteur des ressources naturelles.«Les critiques envers l\u2019Alberta sont plus vives du fait que les chefs du Parti libéral et du NPD savent qu\u2019ils n\u2019ont pas de votes à gagner.Ils font des commentaires que je trouve indignes de leaders nationaux.» Sentiment universellement répandu, mais injuste, nuance Patrick Fafard, spécialiste des relations intergouvernementales, à l\u2019Université d\u2019Ottawa: «Recevoir de la péréquation n\u2019interdit pas de soulever des questions d\u2019ordre environnemental», dit-il.En pleine ascension En critiquant l\u2019est du pays, Danielle Smith est en parfait synchronisme avec l\u2019essentiel de la classe politique albertaine : «Les Albertains sont des gens logiques.Ils savent que le monde amorce une transition qui va éloigner la dépendance envers les énergies fossiles.Mais les Américains, eux, savent que l\u2019Alberta est une source stable, amicale de pétrole.Nos amis dans l\u2019est du pays ne le comprennent pas.» Le Wildrose (du nom de l\u2019emblème floral de la province, Rosa acicularis) surfe allègrement sur la question des « property rights », des droits défendus bec et ongles par les propriétaires terriens qui craignent d\u2019être lésés par l\u2019exploitation gazière, notamment.Danielle Smith se décrit comme une libertarienne et se tient loin des enjeux moraux.Elle est pro-choix, en matière d\u2019avortement.Ce qui l\u2019intéresse : les finances publiques, la liberté individuelle.Todd Babiak, chroniqueur au Edmonton Journal, décrit Danielle Smith comme une femme « complexe et très réfléchie ».Le Wildrose Alliance, dit-il, est à la droite du Parti progressiste conservateur albertain, préconisant «moins» d\u2019État, dans une province où l\u2019État est déjà «moins présent » qu\u2019ailleurs au pays.«Beaucoup de gens pensent que si Gary Mar, ancien ministre conservateur et représentant de l\u2019Alberta à Washington, succède à Ed Stelmach à la tête du parti, il va stopper l\u2019élan du Wildrose.» Le premier ministre actuel, Ed Stelmach, ne se représente pas: la course à sa succession est en cours.Mme Smith, qui est à Montréal aujourd\u2019hui pour parler aux militants du Réseau Liberté-Québec, un regroupement de citoyens de centre droit, est pleine ascension, en Alberta.Son parti a battu des records de financement, pour un parti de l\u2019opposition.Todd Babiak voit le Wildrose comme un mouvement de protestation, très rural, comme le Reform Party a pu l\u2019être dans les années 80.Il est hasardeux, selon lui, de prédire un gouvernement dirigé par Danielle Smith: «En Alberta, les gens aiment la stabilité, le statu quo.» Céder de la place aux provinces Le credo «moins d\u2019État» de Danielle Smith touche la péréquation, qu\u2019elle espère voir réformée.«Je crois qu\u2019Ottawa doit puiser moins d\u2019argent dans les poches des gens.Il doit céder des champs de taxation aux provinces.» Le seul parti qu\u2019elle admire, dans le domaine du respect des provinces, est le parti de Stephen Harper.Elle votera PCC, le 2 mai.«Le PCC respecte les provinces, respecte l\u2019Alberta.C\u2019est la seule option.» DANIELLE SMITH UNE FLEUR FÉROCE PHOTO JEFF MCINTOSH, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE Les Québécois devraient retenir son nom: Danielle Smith se fait la porte-parole de plusieurs Albertains qui estiment payer pour les généreux programmes sociaux du Québec.LEADER DU WILDROSE ALLIANCE ALBERTAIN, DANIELLE SMITH SE DÉCRIT COMME UNE LIBERTARIENNE ET SE TIENT LOIN DES ENJEUX MORAUX.ELLE EST PROCHOIX, EN MATIÈRE D\u2019AVORTEMENT.CE QUI L\u2019INTÉRESSE : LES FINANCES PUBLIQUES, LA LIBERTÉ INDIVIDUELLE.En bons Canadiens, les Albertains sont heureux de contribuer.Mais là où le bât blesse, c\u2019est quand d\u2019autres provinces, comme le Québec et l\u2019Ontario, critiquent l\u2019exploitation des sables bitumineux albertains, dit Danielle Smith.llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 6 P L U S L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 1 6 A V R I L 2 0 1 1 "]
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