La presse, 27 juin 2011, C. Arts et spectacles
[" ARTS ET SPECTACLES GRUBB DE LA DISCIPLINE, MAIS PAS D\u2019HUMILIATION PAGE 8 www.cyberpresse.ca/arts ALAIN BRUNET Pour plusieurs, l\u2019Arménien Tigran Hamasyan a été LA révélation du Festival international de jazz en 2010.Son style explosif et hautement virtuose, le lyrisme de ses compositions présentées en solo, son talent de sideman (avec l\u2019ensemble du batteur Ari Hoenig), sa connaissance profonde de la musique traditionnelle de son pays d\u2019origine et une portion probante de la musique classique, voilà autant d\u2019arguments qui concourent à mettre en lumière le talent exceptionnel de ce jeune pianiste de 23 ans.«À Montréal, annoncet- il au téléphone, je viens avec la chanteuse Areni, Ben Wendel aux saxophones et effets, Sam Minaie à la basse et à la contrebasse, Nate Wood à la batterie, moi aux piano et claviers.Sauf le guitariste Charles Altura, tous ces musiciens de l\u2019album Red Hail (étiquette Plus Loin Music) seront présents.Les compositions et arrangements sont de moi.Après quoi, le groupe contribue à en étoffer le son.Ainsi, nous allons jouer des pièces de l\u2019album et du nouveau matériel qui sera sur le prochain album.Croyezmoi, même sans la guitare, l\u2019attitude sera très rock!» En 2008, le quintette Aratta Rebirth de Tigran Hamasyan s\u2019est formé à partir d\u2019un projet d\u2019enregistrement.Tous les musiciens de cet ensemble vivaient alors à Los Angeles avant de s\u2019établir à New York.«J\u2019ai vécu cinq ans à Los Angeles.Ma famille y a déménagé quand j\u2019avais 16 ans.En Arménie, les écoles de musique sont excellentes, mais on ne peut pas s\u2019y développer professionnellement.Le régime est très étroit d\u2019esprit, les gens essaient de survivre plutôt que de penser à une carrière dans le monde des arts.Ce n\u2019est pas facile.» Un premier prix Même si Ti g r a n Hamasyan passe beaucoup de temps en Europe pour satisfaire la demande, il vit surtout aux États-Unis depuis qu\u2019il a remporté, en 2006, le premier prix au concours de piano organisé par le Thelonious Monk Institute of Jazz, ce qui lui a permis de s\u2019inscrire à la South California University, où il a multiplié les contacts et parfait sa technique déjà impressionnante.Depuis, il a enregistré quatre albums, dont le récent solo A Fable, lancé sous étiquette Verve.Nous sommes fin prêts à découvrir sa musique en quintette: créé il y a trois ans et lancé en 2009 sous étiquette Plus Loin Music, Red Hail a révélé ce furieux mélange de folklore arménien, de jazz moderne.et de métal! «Oui, j\u2019aime le hard rock et le métal.Ce que j\u2019ai déjà créé à ce titre n\u2019est qu\u2019un aperçu de ce qui s\u2019en vient! Tout petit, j\u2019écoutais déjà beaucoup de Led Zeppelin et de Black Sabbath.Ça occupe encore une large part de mon imaginaire musical.Ça coule dans mes veines et j\u2019écoute du heavy plus récent comme Tool, Meshuggah ou Mt.Helium (anciennement nommé Apex Theory).En fait, j\u2019aime le rock dur ou le métal avec un solide argument mélodique.» Ces propos mènent-ils à croire que l\u2019ensemble de Tigran inaugure le sousgenre «jazz métal », suite logique et attendue du jazz rock depuis belle lurette?Pas exactement.« Toutes les chansons et mélodies du quintette s\u2019inspirent du folklore arménien.Les caractéristiques arméniennes de ma musique sont profondément ancrées en moi.Je suis né et j\u2019ai grandi en Arménie (Gyumri, Erevan), je tire beaucoup d\u2019inspiration de la musique traditionnelle.Ainsi, j\u2019arrange des chansons folkloriques et une part de mon approche repose sur la création de thèmes originaux que des Arméniens pourraient reconnaître comme des chansons folkloriques, bien que ces pièces soient plus complexes et plus modernes.» Est-il besoin d\u2019ajouter que Tigran Hamasyan reste très attaché à ses racines, comme la chanteuse Areni qui les partage également?Loin de lui l\u2019idée de faire dans le jazz pur.«En fait, il n\u2019y a pas tant de jazz dans ma musique.L\u2019improvisation est aussi une pratique qui fait partie de mon univers depuis l\u2019enfance.C\u2019est la raison principale pour laquelle j\u2019ai choisi le jazz, mais cela ne signifie pas que mes impros soient systématiquement jazz; elles peuvent aussi être rock, folk ou même classiques.Au fond, ce qui est fondamentalement jazz dans ma musique se trouve dans la liberté d\u2019improviser.» Le quintette de Tigran Hamasyan se produit demain soir, 22 h 30, au Gesù, dans le cadre de la série Jazz dans la nuit.BLOGUE Le film The Tree of Life a provoqué extase et désespoir à Josef Siroka.Commentez sa critique sur cyberpresse.ca/siroka FLY LE TRIO QUI FAIT MOUCHE PAGE 4 JAZZ ARTS ET SPECTACLES 32e FESTIVAL DE JAZZ / TIGRAN HAMASYAN ATTITUDE ROCK TWITTER Suivez les journalistes de la section des arts sur cyberpresse.ca/twitter LITTÉRATURE Les vacances arrivent et vous cherchez des idées de lecture?Consultez cyberpresse.ca/lecture PHOTO VAHAN STEPANYAN, FOURNIE PAR LE FIJM «Tout petit, j\u2019écoutais déjà beaucoup de Led Zeppelin et de Black Sabbath.Ça occupe encore une large part de mon imaginaire musical.Ça coule dans mes veines.» MONTRÉAL LUNDI 27 JUIN 2011 vous leur comédiens RACONTENT HISTOIRE EN SUPPLÉMENTAIRE INFORMATIONS Sans frais: 1 888 873-3333 Internet: www.fabuleuse.com DU 7 JUILLET AU 20 AOÛT 27 L\u2019ÉVÉNEMENT À VOIR LE QUÉBEC EN JAZZ JUIN 25 26 27 28 29 30 1 2 3 4 JUILLET PHOTO FOURNIE PAR FRANCIS COLLARD ALAIN DE REPENTIGNY ÉMILIE CÔTÉ QUIZ CYBERPRESSE.CA Est-ce que vous reprenez la soirée «carte blanche» que vous aviez faite au Quat\u2019Sous, l\u2019automne dernier ?On m\u2019a proposé de faire un show au jazz à la suite de Carte blanche, mais ce n\u2019est pas le même show.J\u2019ai un batteur en plus, qui est Éloi Betholet.Sinon, j\u2019ai les trois même musiciens qu\u2019au Quat\u2019Sous : Owen Chapmas, Jasmine Bee Jee et Tomas Furey.Au lieu de ne jouer que du piano, je joue du synthé.Ce qui était juste piano-voix devient un mélange d\u2019électro et d\u2019acoustique [\u2026] J\u2019ai gardé cinq ou six chansons.sinon, c\u2019est du nouveau stock.C\u2019est un spectacle essentiellement musical ?Oui, je suis pluridisciplinaire et j\u2019aime tout ce qui est du théâtre, mais je profite du fait que je sois au Festival de jazz pour mettre la loupe sur la musique que je veux véhiculer.C\u2019est vraiment un concert.Vous avez participé au spectacle hommage à Gainsbourg pendant les FrancoFolies.Vous appréciez l\u2019expérience des spectaclesconcepts en groupe?J\u2019adore.D\u2019abord, cela te fait connaître un répertoire.C\u2019est un trip d\u2019être avec d\u2019autres musiciens et d\u2019autres chanteuses, car en musique, j\u2019ai passé le plus net de mon temps seule au piano.De rencontrer d\u2019autres musiciens, c\u2019est nourrissant pour sa propre musique.En plus, c\u2019est intéressant car je n\u2019étais pas une fan de Gainsbourg [\u2026] donc cet hommage m\u2019a fait plonger dans son répertoire.Au début, j\u2019avais de la misère à l\u2019idée de trouver 6 chansons qui m\u2019intéressent, mais là, il y en aurait 20 autres que je voudrais chanter.Quel(s) style(s) de musique écoutez-vous?J\u2019ai besoin d\u2019écouter tous les styles de musique.Ma préférée au monde est Nina Simone.Je suis aussi une grande fan de Björk et de Tricky.J\u2019aime beaucoup le hip-hop américain et français : Sexion D\u2019assaut, Fonky Family, IAM, Wu-Tang.En ce moment, je suis à fond dans James Blake.J\u2019aime le dubstep, le dancehall.On dit toujours de Clara Furey qu\u2019elle est une artiste intense.Est-ce un état normal pour vous ou un mal nécessaire pour créer?C\u2019est vrai que je le suis dans la vie.Pour moi, être sur scène ou créer, c\u2019est se libérer d\u2019un trop-plein qu\u2019on a.Je suis juste plus relax après dans ma vie.En mettant l\u2019intensité dans son art, tout peut être décuplé : la beauté, la laideur.Je m\u2019en sers énormément, c\u2019est comme une religion.Clara Furey rêve de quel projet artistique?Je vis pas mal sans regret.Quand j\u2019ai un rêve, I make it happen.Juste de diriger un spectacle au jazz avec des musiciens que j\u2019adore, cela est un rêve.Tu m\u2019aurais dit cela il y a un an et je ne t\u2019aurais pas cru.Travailler avec le chorégraphe Benoît Lachambre est un rêve, et ça se passe.Quand je fais des rencontres artistiques importantes, je rêve de collaborer avec eux.J\u2019ai rencontré Céline Bonnier.Cela été un coup de coeur artistique comme dans la vie [\u2026].Je suis très satisfaite des artistes qui sont autour de moi.Je suis très heureuse.Clara Furey sera en spectacle ce soir et demain, à 20h, auMusée d\u2019art contemporain (MAC).Elle reprendra l\u2019an prochain au FTA le spectacle de danse qu\u2019elle a préparé avec le chorégraphe Benoît Lachambre, Chutes incandescentes, qui avait été annulé en raison d\u2019une blessure.En octobre, elle présentera aussi au théâtre La Chapelle un spectacle de «performance» avec Céline Bonnier intitulé Hello.How are you?.JAZZ ARTS ET SPECTACLES Elle a participé au spectacle hommage à Serge Gainsbourg pendant les FrancoFolies.Clara Furey est aussi dans la programmation du Festival de jazz en tant que tête d\u2019affiche.L\u2019artiste multidisciplinaire qui donne dans la danse, la musique, le théâtre et le cinéma répond à nos questions.QR CLARA FUREY Question : À quel grand du jazz Diana Krall a-t-elle rendu hommage à sa première participation (neuf soirs) au FIJM, en 1995?Réponse à la question de samedi : Paco de Lucía habite près de Cancún, au Mexique.PHOTO FRANCIS DUCHARME HUGH MASEKELA 19 h CLUB SODA Chassé d\u2019Afrique du Sud, le trompettiste et militant antiapartheid a fréquenté les palmarès américains des années 60 avec son tube Grazin\u2019 in the Grass et il a joué au festival Monterey Pop avec Jimi et Janis.On l\u2019a applaudi avec Paul Simon et on l\u2019a revu la dernière fois au festival Nuits d\u2019Afrique, il y a quatre ans.Un grand monsieur.GRUBB (Gypsy Roma Urban Balkan Beats) est très certainement l\u2019un des spectacles les plus attendus du Festival de jazz.Le collectif de chanteurs, danseurs et musiciens roms dirigés par Serge Denoncourt donnera à compter de ce soir sept représentations de cette comédie musicale pas comme les autres : un spectacle contre le racisme, un «vrai » spectacle mais qui dérange.Une découverte dont la musique provoque un choc physique, affirme notre collègue Alexandre Vigneault.20h, salle Pierre-Mercure ESPERANZA SPALDING La jeune contrebassiste et chanteuse américaine a tout pour elle : le talent, l\u2019originalité, la beauté et une renommée inespérée depuis qu\u2019elle a gagné le Grammy du meilleur nouvel artiste au nez de Justin Bieber.Lisez l\u2019interview qu\u2019elle a accordée à Alain de Repentigny en prévision de son concert au Théâtre Maisonneuve ce soir à 21h30, sur cyberpresse.ca/esperanza KEREN ANN On connaît surtout Keren AnnZeidel pour ses chansons en français et celles qu\u2019elle a écrites pour le magnifique album Chambre avec vue d\u2019Henri Salvador.Lisez l\u2019interview qu\u2019elle a donnée à Marie-Christine Blais à l\u2019occasion de la sortie de son albumen anglais 101 qu\u2019elle vient nous présenter ce soir à L\u2019Astral, à 21h, sur cyberpresse.ca/keren GROUP DOUEH 20h SCÈNE BELL Même s\u2019il est associé à un label américain, ce groupe du Sahara occidental en est à sa première tournée américaine.Le leader Salmou «Doueh» Baamar joue de la guitare électrique et du tinidit, une guitare saharienne, et il se réclame tout autant de la musique sahraouie, chantée en hassania, que de Jimi Hendrix et James Brown.À découvrir.GUITAR EXPLOSION 21 h et 23h SCÈNE LOTO-QUÉBEC Pour son troisième Guitar Explosion 100% blues, le guitariste Paul Deslauriers a recruté le chanteur et guitariste torontois Jack de Keyzer et un guitariste de blues-rock montréalais de 16 ans, Justin Saladino, finaliste du Grand Prix de guitare de Montréal en 2010.Les accompagnent les complices habituels de Deslauriers: Grégoire Morency à la basse et Sam Harrisson à la batterie.Paul Deslauriers PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE Clara Furey llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 2 A R T S E T S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É AL LU N D I 2 7 J U I N 2 0 1 1 ARTS ET SPECTACLES JAZZ ALAIN BRUNET CRITIQUE Il était 3h20 du matin samedi lorsqu\u2019il a quitté la scène.Près de quatre heures de feu devant un public insatiable, danseurs en sueur entassés aux pieds du maître, tous enclins à faire s\u2019écrouler les structures du temple.Voilà ce à quoi ont eu droit les fans de Prince au Métropolis.Fans finis, il va sans dire.Une paire d\u2019heures après avoir démarré NPG, sa redoutable et célébrissime machine, après avoir déclenché une suite infernale de chansons originales et reprises nappées de sauce princière, le leader nous a servi une série hallucinante de rappels, pour employer un euphémisme.Tard dans la nuit, il a enchaîné les classiques que tous réclamaient: Let\u2019s Go Crazy, 1999, Little Red Corvette, Purple Rain, Rasberry Beret, Cream, le tout émaillé de relectures incandescentes de Sly and The Family Stone \u2013 Everyday People et Thank You For Letting Me Be Myself Again.Les deux premières heures de cette escale mémorable ont été marquées par de longs grooves essentiellement funky, explorations instrumentales entre les chorus de chaque chanson.Outre le funk et le soul, les références ont été rock, pop, parfois bluesy ou même jazzy.Bref, à la hauteur de cette connaissance exceptionnelle de la musique populaire dont fait état Roger Nelson alias Prince.ou je ne sais quel signe cabalistique.On a pu reconnaître des reprises superbement appropriées telle Crimson Clover qu\u2019on peut entendre sur le récent Lotusflow3r \u2013 un des trois albums que Prince a bouclés entre 2009 et 2010! Avant le dessert, les pièces connues ont été rares pour ne pas dire quasi inexistantes; on aura applaudi la version allongée et bien sentie de Controversy.Chose certaine, la cinquantaine ne l\u2019a visiblement pas freiné! Pas un milligramme de tissus adipeux, pas une ride, toujours cette énergie hallucinante.Encore souple, encore vif, charismatique au max.Meilleur chanteur \u2013 timbre moins «rasoir» qu\u2019avant \u2013, meilleur guitariste que jamais.À ce titre, le Prince nous a donné toute une leçon de précision mélodique, de maîtrise harmonique, de recherche texturale, de son.Un son encore plus riche, encore plus mature.Eh oui, le vétéran s\u2019améliore encore.Voilà le lot des musiciens doués qui ne cessent de travailler, qui ne se tiennent pas pour acquis.À ce titre, la prolificité de Prince est certes l\u2019une des plus remarquables sur la planète pop.Voilà un des très rares artistes dont la création quotidienne est une pratique essentielle à la vie à la mort.L\u2019orchestre?Souplesse, compétence absolue de chacun : beats parfaits du costaud John Blackwell, basse parfaitement funky-blues-rock-pop de la blonde Ida Nielsen, duo de claviers complémentaires que forment Cassandra O\u2019Neil (plus jazz) et Morris Hayes (plus pop), sans compter les choristes de puissance Olivia Warfield et Shelby Johnson auxquelles s\u2019ajoute la chanteuse et guitariste Andy Allo \u2013 dont le look n\u2019est pas sans rappeler Esperanza Spalding.Et que dire du septuagénaire Maceo Parker, dont la longue expérience auprès de James Brown rejaillit magnifiquement dans la musique de Prince ?Ce souffleur d\u2019alto demeure tout simplement fabuleux, chacune de ses interventions suscite l\u2019admiration.Inutile d\u2019ajouter que Prince ne travaille qu\u2019avec la crème de la crème.Imprévisible aguicheur, il aura pris un malin plaisir à stimuler son public en lui imposant du matériel peu connu avant de le propulser au firmament.Au moment où plusieurs le croyaient capable d\u2019éviter tous ses mégatubes, il a daigné ravir ses fans.Sur scène, j\u2019ai vu Ze Artist à maintes reprises depuis les années 80, dont une particulièrement relevée à Paisley Park.Cette fois fut sans contredit l\u2019une des meilleures.Un peu moins fleuve Samedi soir, la seconde performance de Prince été un peu moins fleuve que celle de vendredi.Un peu moins longue, avec moins de classiques au programme.Cela étant dit, la différence entre ces deux soirées mémorables ne tient pas tant à une demi-heure de plus ou de moins ou au nombre de succès, mais bien aux ambiances distinctes les ayant marquées.Avec Prince à la barre, comment pouvait-il en être autrement?Entre 2h 30 et 3h 30 du matin, le public a eu droit à Kiss et à Purple Rain.Certains auront regretté de ne pas avoir eu droit à une rafale de classiques comme ce fut le cas vendredi.À maintes reprises avant la séquence finale, on a pu entendre les craintes des spectateurs à ce titre.Qu\u2019à cela ne tienne, ils ont eu droit à un événement d\u2019exception au chapitre de la pop culture.Les nostalgiques devront repasser.et ils semblaient peu nombreux au sortir de l\u2019amphithéâtre.Aussi insatiables que la veille, les fans ?Mets-en.Ç\u2019aurait pu se terminer à midi ! On imagine même une petite rivalité entre les foules de vendredi et de samedi.Ce qui a, d\u2019ailleurs, mené Prince à conclure : «Montréal est le meilleur endroit du monde pour faire la fête ! Je le crois!» Lisez les versions intégrales des deux critiques sur cyberpresse.ca.PRINCE Quatre heures aux pieds du maître PHOTO ÉDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, COLLABORATION SPÉCIALE Prince a pris un malin plaisir vendredi soir à stimuler son public en lui imposant du matériel peu connu avant de le propulser au firmament.La cinquantaine ne l\u2019a visiblement pas freiné! Pas un milligramme de tissus adipeux, pas une ride, toujours cette énergie hallucinante.Encore souple, encore vif, charismatique au max.Meilleur chanteur \u2013 timbre moins «rasoir» qu\u2019avant \u2013, meilleur guitariste que jamais.ALAIN DE REPENTIGNY CRITIQUE Après avoir accepté le prix Miles-Davis des mains d\u2019Alain Simard, Stanley Clarke s\u2019est dit chanceux d\u2019avoir appris des Art Blakey, Dexter Gordon, Joe Henderson et Horace Silver et il a salué son frère Lenny White et son grand frère Chick Corea.Puis il a souligné qu\u2019au moment où on recense une vingtaine de conflits dans le monde, le job de tous les artistes est de faire en sorte que la planète demeure cool.«C\u2019est ce que nous faisons», a-t-il aussitôt ajouté.Return To Forever s\u2019est empressé de lui donner raison.Le supergroupe ne m\u2019a jamais paru aussi soudé, aussi cool pour reprendre l\u2019expression de son bassiste, que dans sa quatrième incarnation qu\u2019il nous a été donné de voir et d\u2019entendre hier soir à Wilfrid- Pelletier.En lieu et place de superhéros du jazz fusion qui auraient pu se contenter de tirer la couverture chacun de son côté, nous avions devant nous cinq musiciens dont le plaisir collectif était tout aussi évident dans la musique festive qu\u2019ils produisaient que dans les sourires, les poignées de main et les accolades qu\u2019ils échangeaient entre les longues suites instrumentales.Tonnerre Les spectateurs, auxquels le batteur Lenny White a dit qu\u2019il les considérait comme des amis, étaient fébriles.Ils ont applaudi dès les premières notes de Medieval Overture servies par Corea puis Clarke et White se sont mis à l\u2019oeuvre et le tonnerre s\u2019est mis à gronder.Avec une aussi formidable section rythmique, les solistes avaient beau jeu.Ils auraient pu s\u2019éclater dans toutes les directions pendant que le bassiste et le batteur gardaient le fort, mais l\u2019heure n\u2019était pas à l\u2019esbroufe et à la performance individuelle, mais au jeu d\u2019ensemble.Chacun des solos de Corea, du guitariste Frank Gambale et du violoniste Jean-Luc Ponty s\u2019imbriquait dans une grande toile qui servait bien la composition.Une toile dans laquelle le violon de Ponty \u2013 «un ami dont j\u2019ai fait la connaissance en 1923», a dit Corea le taquin \u2013 a pris tout naturellement sa place.Ponty sert magnifiquement ce nouveau Return To Forever en ce que son instrument peut tout aussi bien dialoguer avec le piano, électrique ou acoustique, de Corea qu\u2019avec la guitare de Gambale.En plus, il donne de nouvelles couleurs à ces compositions des années 70 et limite par sa présence les sparages à la guitare qui les alourdissaient inutilement.J \u2019en t iens pour preuve cette très belle intro piano acoustique/violon de Corea et Pony qui avait quelque chose d\u2019organique, un qualificatif qui ne s\u2019est pas toujours bien prêté au jazz fusion de RTF ni à la musique de Ponty quand elle baignait dans les synthés.Puis Clarke et White ont pris le relais et ont lancé Sorceress sur un beat lourd et bluesé sur lequel ont pu s\u2019exprimer Gambale, Ponty et Corea.Juste avant l\u2019entracte, After the Cosmic Rain nous a tous mis en appétit pour la deuxième partie de la soirée.Après Ponty et Corea, le géant Clarke s\u2019est lancé dans un solo mélodique à souhait qui s\u2019est métamorphosé en une envolée pétaradante.Ébloui, le public s\u2019est levé d\u2019un trait pour faire une ovation aux cinq musiciens.RETURN TO FOREVER IV Un pour tous, tous pour la musique PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, LA PRESSE Nous avions devant nous des musiciens dont le plaisir collectif était tout aussi évident dans la musique festive qu\u2019ils produisaient que dans les sourires, les poignées de main et les accolades qu\u2019ils échangeaient entre les longues suites instrumentales.llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L L U N D I 2 7 J U I N 2 0 1 1 A R T S E T S P E C T A C L E S 3 ALAIN BRUNET Onfera comprendre que lesmultiples significations du terme étaient parfaitement désirées.Choisissons-en deux: ce trio de jazz vole.et fait mouche.«Avec Jeff et Larry, nous avions travaillé à l\u2019enregistrement d\u2019un album compilation pour Chick Corea \u2013 Origination.Jeff jouait alors dans la formation du pianiste et chacun de ses musiciens avait été invité à présenter un ensemble de son choix.Le résultat de cette collaboration fut tellement excitant qu\u2019il nous a incités à former un groupe permanent », raconte Mark Turner, joint chez lui à Brooklyn.«Nous nous connaissions bien auparavant, poursuit-il, nous sommes tous trois originaires de la Californie.J\u2019ai connu Larry à l\u2019école secondaire et Jeff au début de la vingtaine alors qu\u2019il venait de débarquer sur la côte Est.Les deux ont fait leurs études universitaires là-bas et se sont connus à l\u2019adolescence dans un camp de jazz, alors que j\u2019ai fait les miennes à Boston, au Berklee School of Music, avant de m\u2019établir à New York en 1990.» Avec Ballard et Grenadier, Turner forme un trio sans instrument harmonique, une pratique lancée dans les années 50 par Sonny Rollins qu\u2019a reprise récemment Joshua Redman \u2013 parmi tant d\u2019autres.«Sauf l\u2019instrumentation, souligne Mark Turner, Fly est différent de ces trios pour saxophone.Fly ne compte ni leader ni compositeur principal, vise aussi l\u2019équilibre des interventions musicales de chacun.Il ne s\u2019agit donc pas de Mark Turner et d\u2019une section rythmique, mais bien de trois musiciens au service d\u2019une musique commune.Ainsi, nous tendons aussi à garder égales les parties composées pour chaque instrument à l\u2019intérieur d\u2019une même pièce.J\u2019aime la clarté de cette approche.» Le jazz n\u2019est pas en déclin Deux albums de Fly ont été créés depuis la fondation du groupe: un premier sans titre sous étiquette Savoy (2004), puis Sky&Country sous ECM (2009).Voilà une des nombreuses activités professionnelles de notre interviewé, un homme occupé.Mark Turner travaille au sein du quartette de Billy Hart avec qui il vient tout juste de jouer au Village Vanguard avec le projet d\u2019enregistrer un album.Il vient de tourner en duo avec le pianiste français Baptiste Trotignon.Il a remplacé Joe Lovano au sein du SF Jazz Collective.Il a aussi enregistré pour l\u2019album récent du guitariste Gilad Hekselman, Hearts Wide Open.En tant que leader, il a des projets d\u2019ensemble dont l\u2019un implique David Virelles, excellent pianiste canadien d\u2019origine cubaine.« La période actuelle est excellente, estime le saxophoniste.Je suis en total désaccord avec ceux qui croient le jazz en déclin.Tellement de sous-genres sont actuellement en pleine expansion.C\u2019est très fertile.» À l\u2019ère de l\u2019hyperfragmentation des genres dont le jazz ne fait pas exception, Mark Turner estime tirer son épingle du jeu.«Je ne souffre pas d\u2019un manque de visibilité.Je sais que certains bénéficient d\u2019un rayonnement beaucoup plus considérable, mais il n\u2019y a rien de dramatique à cela.Après tout, je joue ma musique, je gagne bien ma vie, je trouve partout un public pour partager mon énergie musicale.À un niveau de rayonnement supérieur, le succès a rarement à voir avec la musique elle-même.Je ne dis pas que ça n\u2019a rien à voir, mais je ne crois pas non plus que ç\u2019a beaucoup à voir.Pour le reste, c\u2019est de la chance.» Déjà que de jouer sa musique et d\u2019en vivre très convenablement, c\u2019est une chance que Mark Turner aurait pu perdre en 2008 lorsqu\u2019il s\u2019est taillé deux doigts avec une scie.«Si je suis revenu à 100%?Presque.Parfois, je dirais plus ou moins, car j\u2019ai perdu de la sensibilité aux doigts blessés.Conséquemment, cela m\u2019exige plus de préparation.Je dois alors compenser par le travail, particulièrement lorsqu\u2019il fait froid.Mais soyez assuré qu\u2019il s\u2019agit là d\u2019une explication et non d\u2019une plainte.Je ne me plains pas de mon sort.» Le trio Fly se produira demain, 18h, au Gesù, dans le cadre de la série Jazz Beat.FLY Voler.et faire mouche PHOTO LOURDES DELGADO, FOURNIE PAR LE GROUPE Larry Grenadier, Mark Turner et Jeff Ballard forment un trio sans instrument harmonique.JAZZ ARTS ET SPECTACLES Saxophoniste émérite, miraculeusement rescapé d\u2019un grave accident de bricolage où il a failli perdre deux doigts, Mark Turner est meilleur qu\u2019il ne l\u2019a jamais été.Avec la section rythmique attitrée de Brad Mehldau, c\u2019est-àdire le batteur Jeff Ballard et le contrebassiste Larry Grenadier, il forme le trio Fly dont on ne sait trop si le terme renvoie à l\u2019insecte bien connu ou l\u2019action de voler.ALAIN BRUNET CRITIQUE La frustration de n\u2019avoir pu entendre à ce festival la matière de l\u2019album Highway Rider, ambitieux projet de Brad Mehldau lancé en 2010 impliquant son trio, un orchestre de chambre et.Joshua Redman, devait-elle altérer la perception de ce concert en tandem sur lequel on devait se rabattre hier soir au Théâtre Maisonneuve ?Bien sûr que non.Il fallait laisser sa mauvaise foi au portique, s\u2019installer confortablement, déployer ses antennes.L\u2019occasion était belle de revoir ces collaborateurs de longue date, voir se poursuivre cette relation entre piano, saxophones soprano et ténor.Rappelons que Brad fut jadis sideman de Josh, et que ce duo que forment ces deux pointures existe depuis un moment.D\u2019entrée de jeu, Joshua Redman et son employeur ont joué un extrait de Highway Rider, soit The Falcon Will Fly Again, pour ensuite enchaîner Note To Self de Redman, une pièce inédite de Brad, la très bluesy bop Cheryl de Charlie Parker.Et ainsi de suite.Nous aurons eu droit à une conversation délicate, aux antipodes de l\u2019ostentation, dialogue qui a d\u2019ailleurs requis quelques ajustements au départ, et qui n\u2019a cessé de s\u2019améliorer afin qu\u2019on puisse conclure à une rencontre concluante.Et le solo de samedi au Gesù ?Présentés à Montréal au fil du temps, les concerts solos de Brad Mehldau m\u2019ont laissé des bémols en tête.Rarement ressenti le même ravissement qu\u2019à la rencontre de son superbe trio.J\u2019ai mis du temps, d\u2019ailleurs, à déballer ce récent Live in Marciac, double CD enregistré avec public au festival français en août 2006, le tout assorti d\u2019un DVD.Et puis j\u2019ai écouté.Et alors?Hmmm.je me suis dit que j\u2019avais dû assister à des performances moins solides à Montréal et que c\u2019était peut-être un concours de circonstances, réflexion faite.Au sortir du très généreux concert de samedi, je n\u2019avais plus rien de consistant à reprocher à Brad Mehldau en solo.Deux heures de haute inspiration, équilibre idéal entre l\u2019accessibilité de la forme chanson et l\u2019exploration moderne que propose le pianiste américain si apprécié des jazzophiles.Seul irritant au programme, la ténuité relative du son de piano dont s\u2019est plaint son utilisateur.Une des clefs de son succès réside dans ces relectures de chansons récentes qu\u2019il extirpe du répertoire indie.Le jazz, il faut dire, a toujours pompé dans le répertoire populaire pour en transformer les formes et en rendre les structures propices à l\u2019improvisation.À la grande époque de Broadway dont les chansons étaient riches sur le plan de l\u2019harmonie, la jazzification coulait de source.Lorsque toutefois le rock et le folk ont pris le dessus dans les années 60, l\u2019appauvrissement harmonique du répertoire populaire a brisé la relation entre jazz moderne et musique pop.C\u2019est resté ainsi jusqu\u2019à une période récente, d\u2019ailleurs.Que faire alors avec le rock indie?Depuis les débuts de sa carrière internationale, Brad Mehldau répond à la question: non seulement transformet- il en profondeur les harmonies initiales de ce nouveau répertoire, mais y greffe-t-il de passages totalement inédits.Il prend soin, cependant d\u2019en conserver intacts les thèmes mélodiques et l\u2019esprit originel.Parmi les nouveaux standards au programme de samedi, on aura remarqué Smells Like Teen Spirit de Nirvana (également joué au rappel d\u2019hier), Jigsaw Falling Into Place de Radiohead, Teardrop de Massive Attack, Hey Joe de Jimi Hendrix, Blackbird des Beatles.Ses versions de «vrais» standards (My Favorite Things, notamment) ou les pièces de son cru ont donné un lustre supplémentaire à ce concert magnifique.Brad et Josh en duo, Brad en solo PHOTO BERNARD BRAULT, ARCHIVES LA PRESSE Brad Mehldau llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 4 A R T S E T S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É AL LU N D I 2 7 J U I N 2 0 1 1 PLUS DE 37000$ EN PRIX À GAGNER UN CELLIER contenant une sélection de vins, d\u2019une valeur de 4500$ 2eprix UNE CARTE-CADEAU d\u2019une valeur de 3000$ dans les hôtels Fairmount au Québec 3eprix UNE CARTE-CADEAU d\u2019une valeur de 500$ 6eprix UNE RADIO SATELLITE ONYX avec un abonnement d\u2019un an, d\u2019une valeur de 300$ 7eprix UNE MACHINE À CAFÉ ESPRESSO d\u2019une valeur de 3000$ 4eprix UNE COLLECTION DE 50 CD DE BLUES d\u2019une valeur de 1000$ 5eprix 25 JUIN AU 4 JUILLET 32E ÉDITION Disponible dès maintenant dans les succursales participantes de la SAQ, d\u2019Archambault et dans les commerces du complexe Desjardins ainsi que sur le site du Festival du 8 juin au 4 juilllet.PRIVILÈGES EXCLUSIFS SUR LE SITE DU FESTIVAL Appuyez votre Festival avec la Carte des Amis Le tirage aura lieu le 7 juillet 2011 à midi.Offerts par SEULEMENT plus taxes 12$ EN EXCLUSIVITÉ! Plus de 3 heures de musique des 20 artistes de l\u2019édition 2011 à télécharger.2 grands prix de12500$ chacun Les profits de la vente de la Carte des Amis vont exclusivement au financement des activités gratuites sur le site du Festival. L\u2019 ÉVÉNEMENT SPÉCIAL ÉLECTRO JAZZ MARDI 28 JUIN, 21 H30 DEMAIN SOIR ! montrealjazzfest.com CENTRE PIERRE-PÉLADEAU DE L\u2019UQAM / SALLE PIERRE-MERCURE 1 855 790-1245 \u2022 admission.com MÉTROPOLIS 1 855 790-1245 ticketmaster.ca \u2022 admission.com PLACE DES ARTS 514 842-2112 laplacedesarts.com GESÙ\u2014CENTRE DE CRÉATIVITÉ 1 855 790-1245 \u2022 admission.com L\u2019ASTRAL (MAISON DU FESTIVAL RIO TINTOALCAN) 1 855 790-1245 admission.com \u2022 ticketmaster.ca CLUB SODA 514 286-1010 \u2022 clubsoda.ca TOUS LES JOURS DE MIDI À MINUIT Soyez de la fête ! Le Festival se poursuit jusqu\u2019au 4 juillet ! Billets Billets montrealjazzfest.com/infolettre POUR TOUT CONNAÎTRE DE NOS CONCERTS ET DE NOS EXCLUSIVITÉS, INSCRIVEZ-VOUS À L\u2019INFOLETTRE SPECTRA: HUGH MASEKELA SOUTHSIDE JOHNNY AND THE ASBURY JUKES LEE FIELDS & THE EXPRESSIONS LUNDI 27 JUIN MARDI 28 JUIN MERCREDI 29 JUIN COLIN JAMES Up Close and Personal: An Acoustic Duo JEUDI 30 JUIN VENDREDI 1er JUILLET DEE DEE BRIDGEWATER To Billie With Love: A Celebration of Lady Day VENDREDI 1er JUILLET SAMEDI 2 JUILLET k.d.lang et The Siss Boom Bang LUNDI 27 JUIN \u2022 SALLE WILFRID-PELLETIER, PdA \u2022 19H Première partie: THE BELLE BRIGADE ANA MOURA CE SOIR ! UN RETOUR AUX SOURCES, NOUVEAU MATÉRIEL, NOUVEAU GROUPE! LUNDI 27 JUIN MARDI 28 JUIN TIGRAN HAMASYAN QUINTET ARRATA REBIRTH STÉPHANE BELMONDO QUARTET KIRK LIGHTSEY, BILLY HART et SYLVAIN ROMANO The Same As It Never Was Before STEVE AMIRAULT ALAIN CARON EFFENDI JAZZLAB avec invité spécial DON THOMPSON THEOPHILUS LONDON THE DEARS UN SPECTACLE MUSICAL EN PREMIÈRE NORD-AMÉRICAINE! MERCREDI 29 JUIN, 18h et 20h30 MADELEINE PEYROUX SUPPLÉMENTAIRE À20h30! COMPLET! MARDI 28 JUIN VENDREDI 1er JUILLET DIMANCHE 3 JUILLET SAMEDI 2 JUILLET \u2022 20h30 LUNDI 4 JUILLET THE DAVE BRUBECK QUARTET TONY BENNETT AMERICA AHorse with No Name Ventura Highway Sister Golden Hair Tin Man, etc.DON MCLEAN American Pie Vincent (Starry Night) And I Love Her So, etc.NIKKI YANOFSKY ET L\u2019ORCHESTRE MÉTROPOLITAIN dirigé par: MÉLANIE LÉONARD DANIEL LANOIS\u2019 BLACK DUB GERI ALLEN et TIMELINE MARK TURNER, LARRY GRENADIER et JEFF BALLARD Fly DARCY JAMES ARGUE\u2019S SECRET SOCIETY LUNDI 27 JUIN MARDI 28 JUIN MERCREDI 29 JUIN LUNDI 27 JUIN MARDI 28 JUIN MERCREDI 29 JUIN MERCREDI 29 JUIN JEUDI 30 JUIN du 27 JUIN au 2 JUILLET à 20h CENTRE PIERRE-PÉLADEAU DE L\u2019UQAM / SALLE PIERRE-MERCURE Première partie: SOPHIE HUNGER Première partie: LEIF VOLLEBEKK MISE EN SCÈNE ET DIRECTION ARTISTIQUE: SERGE DENONCOURT ANGLE JEANNE-MANCE ET DE MAISONNEUVE Métro Place des Arts PLACE DES FESTIVALS SCÈNE MARC RIBOT DAVE HOLLAND Caged Funk LUNDI 27 JUIN Duo avec KENNY BARRON MARDI 28 JUIN QUINTET MERCREDI 29 JUIN MARDI 28 JUIN \u2022 PROGRAMME DOUBLE 29 JUIN ET 30 JUIN TROMBONE SHORTY ET ORLEANS AVENUE BOOTSY COLLINS CHAMPION ET SES G-STRINGS Resistance Première partie: BLOODSHOT BILL COMPLET! SUPPLÉMENTAIRE LE 29 JUIN! RICHARD GALLIANO DUO GONZALO RUBALCABA PROGRAMME DOUBLE DEUX LÉGENDES DE LA MUSIQUE AMÉRICAINE ET LEURS GRANDES CHANSONS ! LA FILLE CHÉRIE DU JAZZ MONTRÉALAIS! UN CROONER ÀLA VOIX INCROYABLE ! SUPPLÉMENTAIRE ! LE 2JUILLET À14h DEMAIN ! CE SOIR ! CE SOIR ! CE SOIR ! CE SOIR ! CE SOIR ! DEMAIN ! DEMAIN SOIR POUR 3SOIRS ! DEMAIN ! DEMAIN ! THIMAR D\u2019ANOUAR BRAHEM avec DAVE HOLLAND et JOHN SURMAN JEUDI 30 JUIN UNE DES PLUS IMPORTANTES INTERPRÈTES DE FADO AU MONDE ! ÉVÉNEMENTS SPÉCIAUX SALLE WILFRID-PELLETIER, PdA \u2022 19 h SÉRIE ÉVÉNEMENTS SPÉCIAUX TD RYTHMES MÉTROPOLIS \u2022 20 h 30 EN VOIX THÉÂTRE MAISONNEUVE, PdA \u2022 18 h LES GRANDS CONCERTS THÉÂTRE MAISONNEUVE, PdA - 21h30 LES COULEURS CLUB SODA \u2022 19 h JAZZ BEAT HYATT REGENCY MONTRÉAL en collaboration avec GESÙ \u2014 CENTRE DE CRÉATIVITÉ - 18 h LES NUITS CLUB SODA \u2022 23 h JAZZ DANS LA NUIT GESÙ \u2014 CENTRE DE CRÉATIVITÉ \u2022 22h30 en collaboration avec INVITATION THÉÂTRE JEAN-DUCEPPE, PdA \u2022 20h JAZZ D\u2019ICI L\u2019ASTRAL, MAISON DU FESTIVAL RIO TINTO ALCAN \u2022 18 h en collaboration avec JAZZ ARTS ET SPECTACLES ALAIN BRUNET CRITIQUE Si le flamenco est considéré aujourd\u2019hui comme un art séculaire et respecté sur la planète entière, c\u2019est parce que ses protagonistes ont su l\u2019actualiser au fil des époques, en étoffer les bases et ainsi en assurer la pérennité.Or, pour que ces réformes tiennent la route de l\u2019histoire, elles doivent être imposées par les plus grands.Inutile d\u2019ajouter que Paco de Lucía est de ces géants que l\u2019histoire autorise les plus grandes réformes.Samedi soi r à la sa lle Wilfrid-Pelletier, il nous en a fait la vibrante démonstration.Une fois de plus.Le soliste était accompagné de son neveu de guitariste, Antonio Sanchez Palomo.D\u2019un bassiste élect r ique, Alain Perez.D\u2019un harmoniciste chromatique et aussi claviériste d\u2019appoint, Antonio Serrano.D\u2019un percussionniste, « El Pirana » Israel Suarez Escobar.De deux chanteurs, Rafael Cortes et David de Jacoba.D\u2019un danseur, «Farru » Antonio Fernandez Montoya.Chanteurs et danseur officiaient également aux palmas (battement des mains).Alignés de gauche à droite sur les planches, ils favorisaient une élégante sobriété scénographique.Un art spasmodique Le flamenco, avons-nous observé de nouveau, est un art spasmodique.Il se développe sur des élans subreptices, il s\u2019étend sur des envolées permettant aux solistes de s\u2019exprimer sur des vitesses variables, soutenues avec des rythmes fervents et un continuum harmonique relativement simple, mais ô combien envoûtant.Ainsi, ces conditions favorisent le dialogue entre musiciens, chanteurs et danseur, mettent en lumière leurs performances individuelles.Il a été fascinant d\u2019observer les attaques incisives de Paco que stimulaient la percussion (cajon, djembé et moult tambours), le battement des mains, la guitare rythmique ou même la basse électrique, instrument atypique du flamenco on ne peut mieux intégré dans cet ensemble.L\u2019intégration de l\u2019excellent harmoniciste chromatique Serrano m\u2019a semblé réussie à souhait.Quant aux claviers qu\u2019actionnait le même musicien, c\u2019était moins évident, voire beaucoup trop mince.Faute de goût pour ainsi dire ; cette «moquette» n\u2019était vraiment pas assortie à la richesse des aut res inst rument s .Impression d\u2019artifice.Le flamenco est aussi l\u2019occasion de voir les pieds d\u2019un danseur devenir la percussion solo.Podorythmie suprême que celle de «Farru» Antonio Fernandez Montoya! Ses gestes félins et saccadés ajoutaient à un jeu de pieds des plus spectaculaires, pour ainsi soulever la foule.Et que dire de ces chants ensablés et puissants, qui tranchent l\u2019atmosphère, transpercent la pénombre.Olé! De son côté, Paco de Lucía a préconisé samedi des solos plutôt discrets malgré quelques séquences éclatantes, surtout en fin de programme.Il nous a notamment réservé une conversation guitaristique au sommet avec son jeune collègue Antonio Sanchez Palomo, redoutable soliste d\u2019ailleurs.Avant que l \u2019ensemble boucle la boucle avec une magnifique rumba, Paco de Lucía a reçu le prix Hommage du Salon de gu it a re de Montréal.En résumé, souplesse, concision, cohésion, passion, suavité, virilité.Danse virtuose, chant virtuose, cordes virtuoses, fondu enchaîné d\u2019interventions individuelles de très haut niveau.PACO DE LUCÍA Flamenco d\u2019hier, d\u2019aujourd\u2019hui, de demain PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSE Paco de Lucía a préconisé samedi des solos plutôt discrets malgré quelques séquences éclatantes, surtout en fin de programme.ALAIN DE REPENTIGNY CRITIQUE Une vingtaine de minutes après le début de son concert très attendu au Théâtre Maisonneuve samedi soir, Milton Nascimento a pointé sa gorge du doigt et a confié : «J\u2019ai un problème, mais je vais faire de mon mieux.» C\u2019était évident depuis la toute première chanson \u2013 \u2026e a gente sonhando tirée de l\u2019album du même nom paru l\u2019an dernier : l\u2019artiste brésilien éprouvait de la difficulté à maîtriser sa voix incomparable, jadis capable de toutes les acrobaties.Ce n\u2019était peutêtre qu\u2019un problème passager, mais Nascimento a semblé accréditer la thèse de l\u2019usure du temps quand il a dédié Nos bailes da vida aux musiciens capables de jouer pendant toute une nuit comme il le faisait jadis et qu\u2019il a ajouté : «Je n\u2019avais pas ces problèmes à l\u2019époque.» Milton Nascimento n\u2019est plus l\u2019homme dans la jeune cinquantaine qu\u2019on a applaudi au Forum en 1994.Il a 68 ans et on lui en donnerait davantage en le voyant s\u2019avancer d\u2019un pas hésitant sur la scène.Vers la fin de ce concert de 90 minutes, il s\u2019est même permis un moment de répit en chantant Ponta de areia assis sur un tabouret.Pourtant, l\u2019instant d\u2019après, il s\u2019est levé et a esquissé quelques pas de danse.Milton Nascimento est un battant.Cette voix qu\u2019il a, tantôt chaude, tantôt haut perchée, et qui est un instrument à part entière, il la pousse malgré tout au risque qu\u2019elle déraille ou se brise.La plupart du temps, il réussit et le public l\u2019applaudit.Ce n\u2019est pas la fébrilité des grands soirs, mais on sent chez ce public un profond respect doublé d\u2019une réelle admiration pour cet orfèvre de la musique.Milton Nascimento n\u2019est pas qu\u2019un grand chanteur, c\u2019est aussi, et peutêtre surtout, un compositeur de génie qui passe sans effort apparent d\u2019une ballade instantanément mémorable à un blues ou une chanson jazzée à saveur brésilienne.Il nous a tous surpris avec cette chanson pour sa mère \u2013 une mission impossible tellement rien ne peut approcher sa beauté, a-t-il dit \u2013 qui tenait presque du rock progressif.Les quatre musiciens qui l\u2019accompagnaient le suivaient au doigt et à l\u2019oeil à travers les divers paysages musicaux où il nous entraînait et que l\u2019on pourrait regrouper sous le vocable de chanson populaire dans le sens le plus noble, et universel, du terme.Au rappel, le public lui a réclamé la joyeuse Maria, Maria et Nascimento a acquiescé après un petit conciliabule avec son guitariste.Les spectateurs se sont levés, ont tapé des mains et ont chanté avec l\u2019artiste et ses musiciens.C\u2019était sans doute la plus belle fin qu\u2019on puisse souhaiter.MILTON NASCIMENTO Le battant PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSE La voix de Milton Nascimento, tantôt chaude, tantôt haut perchée, est un instrument à part entière et il la pousse au risque qu\u2019elle déraille ou se brise.Le flamenco est aussi l\u2019occasion de voir les pieds d\u2019un danseur devenir la percussion solo.Podorythmie suprême que celle de «Farru » Antonio Fernandez Montoya ! Ses gestes félins et saccadés ajoutaient à un jeu de pieds des plus spectaculaires, pour ainsi soulever la foule.Milton Nascimento n\u2019est pas qu\u2019un grand chanteur, c\u2019est aussi, et peut-être surtout, un compositeur de génie qui passe sans effort apparent d\u2019une ballade instantanément mémorable à un blues ou une chanson jazzée à saveur brésilienne.llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 6 A R T S E T S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É AL LU N D I 2 7 J U I N 2 0 1 1 ARTS ET SPECTACLES JAZZ ALAIN BRUNET CRITIQUE On l\u2019a constaté à L\u2019Astral ce week-end, le Cubain Harold Lopez-Nussa est promis à une très belle carrière.Très éduqué musicalement, doué, charismatique sur scène.et beau gosse ! Si on ne peut lui prêter encore un style latin jazz vraiment distinct de celui de ses prédécesseurs et de ses contemporains \u2013 laissons-le encore grandir ! \u2013, on ne peut qu\u2019applaudir son talent.Sa souplesse, la clarté de son articulation, son sens rythmique, l\u2019envergure de ses connaissances harmoniques.Assurément, ce jeu est celui des jazzmen cubains de niveau international.Qui plus est, il se produit avec d\u2019excellents musiciens avec qui il forme un ensemble cohésif : le contrebassiste Felipe Cabrera et son frère cadet, le batteur Ruy Adrian Lopez Nussa.À l\u2019écoute de son récent El País de las Maravillas, album dont il était en bonne partie question samedi soir, on se dit que les références de jazz moderne et de jazz latin, auxquelles se greffent des mélodies et rythmes inspirés de Cuba, sont autant de balises pour séduire les férus de musique latine et de jazz cubain.HAROLD LOPEZ-NUSSA Le talent des grands pianistes cubains PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSE Harold Lopez-Nussa a du talent.On ne peut qu\u2019applaudir sa souplesse, la clarté de son articulation, son sens rythmique, l\u2019envergure de ses connaissances harmoniques.DANIEL LEMAY CRITIQUE Pas de contrebasse ni de batterie pour tenir le rythme, pas de guitare pour reprendre la mélodie.Diana Krall était seule hier soir sur la grande scène du Théâtre Maisonneuve où elle donnait le premier de trois récitals au festival qui l\u2019a lancée, voilà maintenant 15 ans.«André Ménard a dit: \"On va faire ça.\" Et j\u2019ai dit: \"Okay, on va faire ça.\" Et me revoilà dans ce grand festival! Seule.» Seule, pour la première fois, avec son piano qui a dû sentir, d\u2019emblée, le trac immense qui habitait Diana Krall qui n\u2019en a pas fait cachette.«Je m\u2019ennuie de chez moi : Vancouver est bien loin.Et j\u2019aimerais qu\u2019il pleuve, car je joue mieux quand il ne fait pas beau», a lancé la célèbre blonde de Nanaimo avec cet humour de la fille d\u2019à côté qui lui a peut-être permis de se ramasser avant d\u2019attaquer le coeur du premier grand concert solo de sa carrière de superstar.Elle venait d\u2019interpréter \u2013 on sentait sa voix trembler \u2013 quatre pièces que ses fans connaissaient: Peel Me a Grape et Garden in the Rain du CD Love Scenes, Lovely Day et Come Dance With Me de Sinatra dont le swing déjà plus assuré lui a valu ses premiers applaudissements.Diana Krall a ensuite raconté comment, adolescente, elle avait dans sa chambre des posters du pianiste Fats Waller, un favori de son père, de Peter Frampton, qu\u2019elle va manquer jeudi au festival, et un autre, faut-il la croire?d\u2019Elvis Costello \u2013 il a assisté au récital d\u2019hier \u2013 qui deviendra son «merveilleux» mari.Et la dame de se lancer dans un medley de Fats Waller (1904-1943), maître du piano stride et entertainer extarordinaire.Keep out of Mischief: Je ne sors pas avec toi parce que t\u2019as de trop gros pieds.Ceux de Diana Krall sont corrects: le droit sur la pédale du piano, le gauche sous le banc, à battre le mesure.Des risques L\u2019humour unit le monde.Je vais m\u2019écrire une lettre et me dire qu\u2019elle vient de toi (Gonna Write Myself a Letter), The Reefer Song qui parle d\u2019un joint de cinq pieds, dont Mme Krall aurait peut-être pris une bouffée si la PdA n\u2019était pas un territoire sans fumée, et Don\u2019t Fence Me in.De Waller, Diana Krall est passée à Oscar Peterson (1925-2007) qu\u2019elle a vu avec Ella Fitzgerald avant de lui écrire et, éventuellement, de le côtoyer: «La pire chose qui peut vous arriver est qu\u2019Oscar Peterson vous invite à jouer du piano avec lui.» Ou d\u2019être obligée de jouer comme lui I Was Doing Alright qu\u2019O.P.avait enregistré avec Louis Armstrong.Attaques et reprises solides: Diana Krall se défend bien, mais le Steinway connaît des passages difficiles, du point de vue rythmique surtout.Reste qu\u2019il faut donner le mérite à l\u2019artiste pour avoir pris ces risques.Elle aurait pu rester dans le confort douillet de Fly Me to the Moon et autres Look of Love; elle a choisi d\u2019explorer des territoires peu connus de ses fans, plus surpris que déçus, il nous a semblé, de la tournure de la soirée qui s\u2019est poursuivie avec des titres que Diana Krall avait tirés des vieux 78-tours de son père, dont l\u2019émouvante Glad Rag Doll, du film du même nom.Bon.Certains ont sourcillé quand elle est revenue au rappel pour chanter (sans micro) All I Do Is Dream en s\u2019accompagnant.au ukelele.Mais la soirée de première s\u2019est terminée en beauté avec Departure Bay du couple Krall/Costello et la belle Prairie Lullaby qui rapprochait déjà la chanteuse de ses jumeaux chéris.Les récitals de ce soir et demain s\u2019annoncent déjà mieux: deux concerts, deux dodos.Un piano, une voix, une artiste accomplie dans sa vulnérabilité: le charme est intact.DIANA KRALL Le charme a fini par gagner PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, LA PRESSE Au départ, un trac immense semblait habiter Diana Krall et elle n\u2019en a pas fait cachette.llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L L U N D I 2 7 J U I N 2 0 1 1 A R T S E T S P E C T A C L E S 7 LE FESTIVAL INTERNATIONAL DE JAZZ DE MONTRÉAL ET RIO TINTOALCAN : UN ALLIAGE SOLIDE Rio Tinto Alcan, un leader mondial de l\u2019industrie de l\u2019aluminium, est fier de participer activement au rayonnement de Montréal en présentant la programmation extérieure gratuite du Festival International de Jazz de Montréal, en plus d\u2019appuyer sa mission éducative et de fournir aux festivaliers un événement 100%carboneutre.99%virtuosité 1%aluminium facebook.com/RioTintoAlcan ARTS ET SPECTACLES 0627 17h00 17 h 30 18 h 00 18 h 30 19 h 00 19 h 30 20 h 00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 23h30 SRC 16h30! Les docteurs Connivence Le Téléjournal 18 h Des squelettes Les chefs! Les chefs! Pénélope McQuade / Éric Salvail Le Téléjournal 22h45 Nouv.sports Kiwis et hommes / Daniel Bazan \" TVA TVA nouvelles TVA nouvelles Sucré salé Qui perd gagne Partie 1 de 2 J.Pour Rire: Gala / Multi-animateurs Testé sur des humains TVA nouvelles Sucré salé Juste pour rire 23h35IZNOGOU.1h20\" V Zéro à 1000$ La guerre des clans Atomes crochus Un souper parfait Taxi payant Rire et délire CSI: NY / Du sang sur la neige Le mentaliste / Le tableau rouge Un gars le soir Dumont Rire et délire Call TV \" TQc Cornemuse Toc toc toc Kaboum! Tactik Tactik Légitime dépense Planète science TOUS LES AUTRES, SAUF MOI (2006) avec Luck Mervil, Frédéric Desager.Au nomdu sport / Directeur général CBC CBC News: Montreal Coronation Street Wheel of Fortune Jeopardy! Little Mosque 18 to Life Being Erica / Moving On Up CBC News: The National 22h55 CBC News: LN 23h40 Rick Mercer CTV-M The Dr.Oz Show CTV News eTalk Big Bang Theory So You Think You Can Dance Canada Law & Order: Los Angeles / Van Nuvs CTV National News CTV News \" GBL-Q 16h30 ! Young & R.Global National Evening News Designer Guys E.T.Canada Ent.Tonight In Plain Sight / Crazy LikeaWitness House / Open & Shut Hawaii Five-0 / Na Me'e Laua Na Paio News Final Make or Break ABC The Dr.Oz Show Smarter-5th Grad ABCWorld News ABC 22 Local News The Office The Bachelorette EM: Weight Loss / LaRhonda ABC 22 Local News 23h35 Nightline \" CBS Channel 3 News The: 30 Channel 3 News CBS Evening News Ent.Tonight Met Your Mother Met Your Mother Two and Half Men Mike & Molly Hawaii Five-0 / Na Me'e Laua Na Paio Channel 3 News 23h35 Letterman \" FOX King of the Hill Family Guy The Simpsons Met Your Mother Two and Half Men Two and Half Men Masterchef / Top 16 Compete Masterchef / Top 15 Compete Fox 44 News Met Your Mother Entourage NBC First at Five 5:30 Now Newschannel 5 NBC Nightly News Jeopardy! Wheel of Fortune America's Got Talent Law & Order: Criminal Intent Law & Order: Los Angeles / Van Nuvs Newschannel 5 23h35 Wimble.Up PBS-P Wild Kratts Electric Company BBC World News Nightly Business PBS NewsHour Moody Blues Live at the Greek Ed Sullivan's Rock 'n' Roll Classics / The '60s BBC World News Charlie Rose \" SHOW Sea Patrol Relic Hunter Rookie Blue / Broad Daylight DO YOU KNOWME?(2009) avec Rachelle Lefevre, Jeremy London.Endgame / Turkish Hold 'Em SNATCH (2001) 1h30 \" ARTV Les Contes d'Avonlea / Père et fils Terre humaine / Élizabeth est enceinte Visite libre Rumeurs Les grandes entrevues / Daniel Lemire Les 5 prochains Bran Van 3000 Jazz Bill T.Jones: Solos CD C'est incroyable! Dévoré vivant / Requins assassins Ax Men: Danger en forêt Ondes de choc Les hommes-requins Contact animal / La morsure du crotale Stéphane Fallu Partie 2 de 2 Cinépop 15h55 ! UN ÉTR.17h40 LE VIOLON ROUGE (1998) avec Greta Scacchi, Colm Feore, Samuel L.Jackson.ZELIG (1983) 21h20 PEUR AVEUGLE (1988) avec Kim Coates, Jan Rubes, Shelley Hack.22h55 MILLIE (1967) 1h15 \" EV Paris bouche à bouche / Opéra Les chemins du possible / Bhoutan AlexEnFloride@evasion.tv Bouffe-cavale / Complètement dinde! 15 bonnes raisons / San Francisco Orient-express / Terminus, Londres De Dakar à Bandiagara HI JAG / Jusqu'au bout du monde Le tour du jardin Enquêtes Partie 1 de 2 Tragédies / Invasions de domiciles NCIS enquêtes spéciales Les ailes de la guerre Les Navy Seals / Grenade MMAX L'index québécois Sosie de star Génération 70 Benezra reçoit La danse des étoiles Housewives: Les vraies Génération 80 Benezra reçoit MP Jackass Palmarès L'univers M+ Room Raiders La prochaine Top Modèle Américaine La prochaine Top Modèle Américaine RuPaul: Drag Queen Criss Angel RDI Le Téléjournal RDI RDI monde RDI économie 24 heures en 60 minutes Naufragés des villes Le Téléjournal RDI RDI économie Le National Le Téléjournal 23h45 Nouv.sports S+ L.A.: Enquêtes / Coup de chaleur Sans laisser de trace / Sous la glace C.S.I: Miami / Le clou de l'histoire The Border: Haute surveillance C.S.I: Les experts 22h05 Agent libre / Le mercenaire Simplement Zoé SE 16h00 ! LAISSE-MOI ENTRER (2010) LE DERNIER EXORCISME (2010) Patrick Fabian.LE SIFFLEUR (2009) François Berléand.Big Love Ricky Gervais S.Rire ou mourir LE QUATRIÈME TYPE (2009) 0h40 \" TFO J'ai mon voyage Moitié, Moitié Stella et Sacha Le Dino train Canadian Geographic Présente Rebut global / Redémarrer le système VIVEMENT DIMANCHE! (1983) avec Jean-Louis Trintignant, Fanny Ardant.Nouveaux mondes Expression TV5 Prendre sa place 17h50 Questions pour un champion Journal France 2 Cépages Ça roule! Global Drinks Des racines et des ailes / Passion patrimoine: Saveurs de France TV5 le journal 23h35 Village fr \" VIE À louer À louer L'espace d'un été Maison de Sarah Bye-Bye Maison À louer Maisons d'occasion$ / Vendre en bloc Ma maison Idées de grandeur Décore ta vie Airoldi pour sortie Laisse faire La bosse des noces Z Mélinda, entre deux mondes La porte d'Atlantis Revanche nerdz Comment c'est fait Primitif / Retour vers le futur Chuck / Retour aux sources Eureka / Présent composé Monstres Mécaniques RDS 16h30 ! Golf Mag Jeter l'ancre Sports 30 Sports 30 LMB Baseball / Reds de Cincinnati c.Rays de Tampa Bay (D) L'antichambre Sports 30 FIT Tennis \" SPN SN Connected Jays Pre-game (D) LMB Baseball / Blue Jays de Toronto c.Tigers de Détroit (D) SN Connected Week in Baseball Sportsnet Connected FIFA Today UFC Connected TSN ! FIT Tennis (D) SportsCentre Huddle for Haiti Canadians Boxing - Super6World Classic SportsCentre Off the Record Disney Maison de Mickey Route p.jungle Les Doodlebops 101 Dalmatiens Aladdin Harry & dinos Agent spécial Oso Maison de Mickey Les Doodlebops Aladdin 101 Dalmatiens Tibère.maison Agent spécial Oso Maison de Mickey TTF Ben 10: Alien Force Star Wars: Clone Les Simpson Les zybrides Tom et Jerry Tales Scooby Doo Johnny Test Jimmy L'intrépide Les Simpson Family Guy Têtes à claques South Park Les Simpson Célibataire cherche VRAK JONAS L.A.Sorciers Waverly Smallville / Le nerf de la guerre Ma famille d'abord Ma famille d'abord Dans le trouble VRAK la vie Championnes à tout prix / Sans Marty Tu vas y goûter! Fan Club Derek Ça plane pour moi! VOILÀ! VOTRE SOIRÉE DE TÉLÉVISION Votre guide télé surWWW.CYBERPRESSE.CA/TELE ALEXANDRE VIGNEAULT Serge Denoncourt, qui pilote la comédie musicale humanitaire GRUBB, a vivement réagi, hier, à un reportage publié ce week-end par le quotidien The Gazette dans lequel il est dépeint comme un personnage autoritaire qui contrôle le discours des adolescents roms avec lesquels il travaille et assoit son pouvoir en pratiquant l\u2019ostracisme et l\u2019humiliation.« Qu\u2019on dise que je suis autoritaire et exigeant, je n\u2019ai pas de problème avec ça.Qu\u2019on dise que je les ostracise et que je les humilie, j\u2019ai un énorme problème avec ça », rétorque le metteur en scène, qui se dit «extrêmement blessé» par ces propos.Le passage qui vise Serge Denoncourt est basé sur un incident survenu mercredi dernier.En marge de l\u2019enregistrement de l\u2019émission de Pénélope McQuade, à Radio-Canada, le metteur en scène a réprimandé l\u2019un des adolescents de la distribution, qui venait de faire une blague douteuse sur le plateau.Celui-ci avait lancé «I\u2019m gypo!», reprenant ainsi à son compte une insulte proférée envers les Roms en Serbie.«Les plus grands lui ont dit qu\u2019il ne pouvait pas faire des choses comme ça », expose Serge Denoncourt.L\u2019un d\u2019entre eux a confirmé à La Presse que le geste de son jeune confrère avait mis tout le groupe mal à l\u2019aise et que ce n\u2019est pas la première fois que les plus âgés interviennent auprès des plus jeunes.L\u2019accrochage s\u2019est toutefois poursuivi avec pour résultat que le metteur en scène a confiné deux des jeunes dans leur chambre pour le reste de la soirée et a jeté leurs exemplaires de l\u2019album GRUBB aux ordures.«On ne s\u2019en allait pas à La Ronde, on allait répéter, précise Serge Denoncourt, ajoutant qu\u2019il a déjà banni d\u2019autres adolescents d\u2019une répétition auparavant.Pour avoir manqué de respect à l\u2019une des filles du groupe, par exemple.Un rôle d\u2019éducation Serge Denoncourt n\u2019est pas le père de ces enfants.Pourquoi est-ce lui qui distribue les punitions?«Parce qu\u2019après trois ans, j\u2019ai aussi un rôle d\u2019éducation qui est devenu presque plus grand que celui de metteur en scène, répond-il.Je suis devenu une figure paternelle pour ces jeunes et, dans ce rôle, j\u2019ai plus d\u2019autorité que quiconque.» Le metteur en scène se dit aussi «gêné» qu\u2019on laisse entendre qu\u2019il leur met des mots dans la bouche.«Depuis le début, je leur dis de dire la vérité », plaide-t-il.Il admet toutefois insister pour que les adolescents se montrent toujours courtois.«Je les avertis qu\u2019ils ne doivent pas avoir la tête enflée même s\u2019ils se font reconnaître dans la rue», explique- t-il.Son intervention de la semaine dernière allait aussi dans ce sens, selon lui.Caroline Roboh, l\u2019une des cofondatrices de RPOINT, ONG à la source de GRUBB, assure avoir pleinement confiance en Serge Denoncourt.Elle affirme en outre que le metteur en scène a été un élément clé de l\u2019organisation et qu\u2019il a grandement contribué à « révéler les jeunes à euxmêmes ».« Chacun d\u2019eux », précise-t-elle.Les deux adolescents grondés par Serge Denoncourt, eux, semblent avoir tourné la page.Ils ne sont pas les premiers à faire l\u2019objet de mesures disciplinaires.Lors d\u2019un récent séjour à Paris, deux des filles du groupe ont par exemple été confinées à leur chambre par leur accompagnatrice pour avoir contrevenu à une règle établie pour les tournées.Serge Denoncourt répète que sa démarche avec les jeunes Roms vise exactement l\u2019inverse de l\u2019ostracisme et de l\u2019humiliation.Le musicien et réalisateur Francis Collard, aussi présent à Radio-Canada, estime pour sa part que l\u2019intervention a été «mal interprétée» dans le reportage de The Gazette.«Les jeunes passent toujours avant tout, pour Serge», assure-t-il.GRUBB Denoncourt se défend d\u2019humilier ses jeunes artistes ALAIN BRUNET CRITIQUE Petit à petit , année après année, le saxophoniste, leader et compositeur new-yorkais David Binney se taille une réputation à sa mesure.Sans interview à la une, sans pub, sans le glamour du jazz en classe affaires, il peut désormais remplir le Gesù (ou presque) et y proposer ses plus récentes compositions.Particulièrement la matière de Graylen Epicenter, à mon sens l\u2019un des meilleurs albums de jazz actuel parus en 2011.J\u2019ai souvent entendu des bofs au sujet de Binney.Cérébral.Froid.Anguleux.Alors?Oui, ce jazz exige une volonté chez l\u2019auditeur de dépasser ses références modernes des années 50, 60 ou 70.Oui, ce jazz reflète la période actuelle, l\u2019imaginaire des créateurs de pointe et leurs collaborateurs.Oui, ce jazz doit être apprivoisé, ce qui ne le rend pas moins pertinent.Encore moins suspect.Voilà le problème typique auquel doivent faire face les concepteurs visionnaires, souvent confondus avec les prétentieux, ampoulés, tarabiscotés, faussement compliqués.Lorsqu\u2019on témoigne d\u2019une pensée complexe et d\u2019une telle prolificité, il faut donc être patient, très patient, avant de récolter les fruits d\u2019un travail acharné.Tous les signes probants sont là, pourtant.Binney est un improvisateur de très haut niveau, son jeu au saxophone alto en exprime un maximum de possibilités: timbre personnel, rapidité à revendre, textures, harmoniques aiguës, connaissance supérieure des échelles mélodiques classiques, modales ou contemporaines.Binney est un compositeur témoignant d\u2019une connaissance globale des musiques actuelles, populaires comme sérieuses, et des vocabulaires qui y sont associés.Il sait user de la mélodie la plus naïve comme du thème complexe à haute teneur rythmique.Il sait créer un groove viscéral.Il sait imaginer des concepts rythmiques extrêmement savants.Il sait jouer dans tout le spectre, bien que l\u2019impression de complexité l\u2019emporte encore un peu trop sur les qualités émotionnelles de son art.Binney est un leader hors du commun, il rassemble les meilleurs musiciens, dont le pianiste Craig Taborn, la chanteuse Gretchen Parlato ou le batteur Brian Blade.Les meilleurs musiciens de New York participent à ses projets.Tout de même pas pour ses beaux yeux! Binney sort un ou deux albums par an, met de l\u2019avant des projets pour petites, moyennes et grandes formations jazzistiques, mais aussi des projets de nature classique ou même électronique.Pour connaître sa musique, donc, il faut se mettre à table.Le quartette du bar 55 Samedi, le quartette au programme était celui avec qui il joue chaque semaine au bar 55 de Greenwich Village, bien connu des hip cats qui se rendent régulièrement dans la Grosse Pomme.En font partie : Jacob Sacks, pianiste d\u2019un calibre lui permettant d\u2019interpréter rigoureusement les musiques de David Binney; Dan Weiss, batteur très particulier, dont le jeu apparemment léger camou f le une technique époustouf lante ; enfin, le contrebassiste Eivend Opsik, qui m\u2019a semblé un peu étrange samedi lorsqu\u2019il a suggéré des solos décousus, laissant cette impression d\u2019un homme qui cherche et qui n\u2019a pas trouvé.Enfin.laissons-nous le temps d\u2019apprivoiser avant de sauter aux conclusions.Auchapitre desmusiquesplus nourrissantes, il faut toujours faire quelques efforts d\u2019adaptation.qui n\u2019ont rien à voir avec la souffrance ou l\u2019exaspération.En ce sens, David Binney est un beau cas de digestion lente.FESTIVAL DE JAZZ / David Binney Pour une digestion lente et sûre PHOTO FOURNIE PAR LE FESTIVAL David Binney est un improvisateur de très haut niveau, son jeu au saxophone alto en exprime un maximum de possibilités llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 8 A R T S E T S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É AL LU N D I 2 7 J U I N 2 0 1 1 XXXXXXXX XXXXXXXX VIVRE BEAUTÉ Vous trouvez que les femmes se maquillent beaucoup, trop, tout le temps ?Peut-être.Mais peut-être que non, en fait.Car tout est relatif.Et si le maquillage faisait partie de la féminité, depuis la nuit des temps?Un livre historique fascinant fait le point sur cet «éternel féminin».BEAUTÉ LA PETITE HISTOIRE DU MAQUILLAGE SILVIA GALIPEAU «Il y a peu de travaux historiques sur la beauté, parce que ça a longtemps été considéré comme un sujet frivole », reconnaît Anne de Marnhac, qui signe ici un nouvel ouvrage sur la question, Beauté, histoire, florilège et astuces, aux éditions de La Martinière.L\u2019auteure française, à qui l\u2019on doit déjà plusieurs livres sur la beauté (dont Femmes au bain, les métamorphoses de la beauté et Avant, après, les visages de la beauté), s\u2019intéresse au sujet depuis plus de 20 ans.Mais pas sous n\u2019importe quel angle.«Moi, ce qui m\u2019intéresse, explique-t-elle, c\u2019est de relativiser les canons de la beauté.Nous vivons dans une société très normée, et j\u2019aime comprendre comment ces critères ont évolué, et quel rapport cela entretient avec la coquetterie et l\u2019image corporelle des femmes.» Si les observateurs ont généralement un discours «moralisateur» sur la question du maquillage, Anne de Marnhac favorise plutôt une approche historique.«Il y a un côté invariant au maquillage, aux soins du corps, au soin de la coiffure, explique-t-elle.Même dans les sociétés les plus démunies, en Éthiopie, là où les gens n\u2019ont rien, les femmes trouvent le moyen, avec toutes sortes de poudres, de se fabriquer du maquillage.Bien sûr que cela a toujours existé!» Son dernier livre, qui aborde chaque détail de la beauté par thème (du rose aux joues aux blondes platine, en passant par les mouches, les ongles et les rondeurs), est truffé d\u2019anecdotes savoureuses.Le saviez-vous?Sous Louis XIV, les femmes se rougissaient les joues, de manière souvent outrancière, pour se distinguer des paysannes.«C\u2019était une obligation de la société de cour, signale l\u2019auteure.Il fallait avoir l\u2019air de porter un masque, pour démontrer son aristocratie.» Puis, avec la Révolution française et la fin de l\u2019Ancien Régime, on assiste à une «inversion totale» du look du visage des femmes, explique l\u2019auteure, qui cherche ici à décoder et saisir le langage du maquillage.«C\u2019est l\u2019époque du naturel romantique.On voudrait que le visage exprime le plus possible les émotions.» C\u2019est ainsi que les femmes, tenez-vous bien, se dessinent des cernes pour avoir l\u2019air malade (oui, oui : malade !).Pour se blanchir le teint, elles s\u2019enduisent de blanc de céruse, un pigment à base de plomb.« On s\u2019injecte même de la belladone dans les yeux, un produit très dangereux, pour dilater les pupilles.» L\u2019auteure n\u2019invente évidemment rien.On se souvient dans la même veine qu\u2019Emma Bovary buvait régulièrement du vinaigre pour garder l\u2019air pâle.Arrive ensuite, 100 ans plus tard, ce qu\u2019Anne de Marnhac qualifie de véritable «révolution »: «le bronzage».«C\u2019est un tournant incroyable dans l\u2019histoire, dit-elle.Depuis l\u2019Antiquité, la pâleur a toujours été le signe aristocratique par excellence.Un signe d\u2019oisiveté.Pour moi, s\u2019exposer au soleil est ici une véritable révolution.» Et cette «révolution » entraîne aussi son lot de changements en ce qui a trait à la beauté du visage, bien sûr, mais surtout du corps dans son ensemble.«On se dévoile et il faut que le corps atteigne de nouveaux canons de beauté.» C\u2019est d\u2019ailleurs avec l\u2019arrivée du bikini qu\u2019on dévoile pour la première fois le nombril, comprimé par des générations de corsets.Anecdote cocasse : n\u2019allez pas croire que les femmes ont attendu de se faire bronzer pour s\u2019épiler.Elles utilisent en fait depuis très longtemps toutes sortes d\u2019astuces pour se débarrasser de poils indésirables.Parmi les plus originales, notons, au XIVe siècle, l\u2019utilisation de sang de chauvesouris, de grenouille, même d\u2019oeufs de fourmi.Et aujourd\u2019hui ?Certes, certains comportements de dépendance au maquillage sont dérangeants, reconnaît l\u2019auteure.Notamment quand il s\u2019agit d\u2019adolescents.Mais plus globalement, l\u2019auteure note de nos jours non plus un code de beauté à respecter, mais plutôt une profusion de modèles ludiques desquels s\u2019inspirer.«Il y a une profusion incroyable de palettes offertes aux femmes et c\u2019est une incitation à la créativité, dit-elle.Cette multiplicité peut être angoissante, comme enrichissante.Maintenant, est-ce une source de confusion ou de richesse, je ne sais pas.», conclut-elle en riant.Beauté, histoire, florilège et astuces, Anne de Marnhac, éd.de La Martinière, 219 p., 45$ SILVIA GALIPEAU Inutile de dépenser des fortunes pour avoir le teint frais, des lèvres pulpeuses ou un corps satiné.De mère en fille.les femmes se livrent leurs secrets de beauté depuis toujours.Tirés du livre Beauté, histoire, florilège et astuces, d\u2019Anne de Marnhac, en voici quelquesuns, rien que pour vous.TRUCS ET ASTUCES DE FEMMES SOIN BONNE MINE Battre un blanc d\u2019oeuf en neige très ferme.Appliquer sur la peau et laisser poser pendant cinq minutes.Rincer ensuite à l\u2019eau froide.DÉTOX EXPRESS Mélanger un demi-citron pressé et une cuillère à soupe de miel liquide.Laisser poser 15 minutes sur la peau puis rincer abondamment à l\u2019eau tiède.Finir par un jet d\u2019eau très froide.CONTRE LES PEAUX GRASSES Couper une tomate en fines tranches.Les appliquer sur les zones grasses : front, nez, menton.Laisser poser cinq minutes et rincer à l\u2019eau froide.Si la tomate favorise l\u2019élimination des points noirs, elle peut aussi s\u2019avérer irritante pour les peaux sensibles.DRAINER LES POCHES (SOUS LES YEUX) Envelopper deux glaçons dans une double épaisseur de mouchoir en papier.Laisser poser pendant 10 minutes.Râper une pomme de terre crue puis l\u2019appliquer sur les poches 10 minutes.Rincer à l\u2019eau froide.LÈVRES REPULPÉES Masser légèrement les lèvres avec de l\u2019huile d\u2019amande douce.Frotter ensuite avec un disque de coton double-face afin de faire partir les peaux mortes.Appliquer au coucher une épaisse couche de miel et la laisser poser toute la nuit.Au matin, l\u2019enlever à l\u2019eau tiède en frottant délicatement les lèvres avec un coton.SOIN ULTRA-HYDRATANT POUR LES PIEDS Verser dans une bassine, pour nourrir les pieds secs ou fendillés, un litre de vinaigre de cidre tiède.Laisser tremper les pieds 10 minutes puis gommer doucement avec une pierre ponce.Mélanger ensuite de l\u2019huile d\u2019olive et de l\u2019huile d\u2019amande douce et s\u2019en enduire les pieds.Se mettre des chaussettes de coton et les garder toute la nuit.CORPS SATINÉ Dissoudre dans l\u2019eau du bain deux cuillères à soupe de beurre de karité.Rester dans le bain 10 minutes et ne pas se rincer avant de sortir de l\u2019eau.ILLUSTRATIONS TIRÉES DU LIVRE BEAUTÉ,HISTOIRE, FLORILÈGE ET ASTUCES llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L L U N D I 2 7 J U I N 2 0 1 1 A R T S E T S P E C T A C L E S 9 Les Bruins de Boston n\u2019avaient pas gagné la Coupe Stanley depuis 39 ans.Ils ont mis fin à cette longue disette en triomphant des Canucks de Vancouver, le 15 juin dernier, lors du septième match d\u2019une finale qu\u2019ils ont largement dominée.Le chef d\u2019orchestre de ce triomphe ?L\u2019entraîneur-chef Claude Julien, un homme modeste qui a surmonté bien des obstacles pour parvenir au pinacle de sa profession.La Presse et Radio-Canada lui décernent le titre de Personnalité de la semaine.Claude Julien On a rencontré tous les joueurs pour s\u2019assurer qu\u2019ils reviendront reposés et en forme après un été qui sera très court.Gagner la Coupe, c\u2019est merveilleux, mais il faudra être au sommet encore l\u2019an prochain.LA PERSONNALITÉ DE LA SEMAINE ENCORE PLUS QUE DU TALENT, DE L\u2019INTELLIGENCE, MÊME DU GÉNIE, L\u2019EXCELLENCE NAÎT DE L\u2019EFFORT RETROUVEZ LA PERSONNALITÉ DE LA SEMAINE SUR LES ONDES DE RADIO-CANADA FRANÇOIS GAGNON Une semaine après la victoire historique de ses Bruins, Claude Julien pousse un long soupir lorsqu\u2019on lui demande s\u2019il commence à réaliser la portée de l\u2019exploit que son équipe et lui ont accompli.«Après le défilé qui a réuni plus d\u2019un million de partisans, les célébrations autour de la Coupe avec les joueurs et les membres de nos familles et les félicitations que nous font les partisans partout où nous les croisons en ville, c\u2019est bien sûr que je le réalise.Mais je n\u2019ai pas encore eu le temps de vraiment l\u2019apprécier.» «Fêter, c\u2019est bien beau.C\u2019est plaisant.Mais il faut travailler aussi.On a rencontré tous les joueurs pour s\u2019assurer qu\u2019ils reviendront reposés et en forme après un été qui sera très court.Gagner la Coupe, c\u2019est merveilleux, mais il faudra être au sommet encore l\u2019an prochain.On a le repêchage à préparer (NDLR: il se déroulait en fin de semaine à Saint Paul, au Minnesota), et nous avons le camp des espoirs dans deux semaines.On n\u2019a pas eu beaucoup de temps pour absorber tout ce qui est arrivé, mais ça va venir.» Ça viendra peut-être cet été, lorsqu\u2019il débarquera avec la Coupe Stanley à Orléans, banlieue francophone à l\u2019est d\u2019Ottawa.C\u2019est là qu\u2019il a grandi et appris à jouer au hockey, tout en sautant d\u2019une corniche à l\u2019autre avec son père, qui dirigeait une entreprise de recouvrement de toitures.Ça arrivera peut-être sur le balcon de la maison qu\u2019il a acquise sur les rives de la rivière Rideau, au sud d\u2019Ottawa, où il passera l\u2019été avec sa femme, Karen, et leur fille, Katryna, qui aura 6 ans lorsque papa retournera travailler, à la fin du mois d\u2019août.«Je n\u2019ai jamais été très fort sur les célébrations.Avec les Olympiques de Hull, en 1997, lorsqu\u2019on a gagné la Coupe Memorial, c\u2019est lors de la levée de la bannière commémorant notre conquête au début de la saison suivante que j\u2019ai vraiment réalisé qu\u2019on avait gagné.Peut-être que je devrai attendre le premier match au Garden pour boucler la boucle.On verra.D\u2019ici là, je sais que les amateurs s\u2019assureront de me rappeler que mon équipe a gagné la Coupe Stanley», lance l\u2019entraîneur-chef avec une fierté évidente dans la voix.Le Canadien, l\u2019adversaire le plus redoutable Claude Julien et les Bruins sont champions de la Coupe Stanley.Ils sont aussi les premiers de l\u2019histoire de la LNH à soulever le trophée après avoir remporté trois séries à la limite des sept matchs.La première, contre le Canadien de Montréal, a été la plus difficile, assure Claude Julien.Le Canadien a surpris les Bruins avec des victoires lors des deux premiers matchs à Boston.Le Tricolore menait même 3-1 dans le quatrième match, que les Bruins ont finalement gagné, après un temps d\u2019arrêt opportun réclamé par l\u2019entraîneur-chef.«Je n\u2019avais pas vraiment le choix.Si Montréal gagnait ce match pour prendre l\u2019avance 3-1 dans la série, on ne les aurait sans doute pas battus.La première ronde est souvent la plus difficile.Il y a de la nervosité.Beaucoup de tension.C\u2019était pire encore en raison de la rivalité qui oppose nos deux équipes et leurs partisans depuis toujours.Cette victoire a été l\u2019élément déclencheur.Battre le Canadien nous a servi de tremplin.» Critiques étouffées Cette victoire contre Montréal a propulsé les Bruins vers les grands honneurs.Elle a aussi sauvé l\u2019emploi de Claude Julien.Congédié en 2006 par le Canadien, avec qui il avait fait le saut dans la LNH trois ans plus tôt, congédié l\u2019année suivante par les Devils du New Jersey trois matchs seulement avant le début des séries, Julien était menacé de toutes parts au printemps, à Boston.Critiqué par les journalistes, contesté par les partisans, il a même dû composer avec la pression étouffante liée à un commentaire de son patron, Peter Chiarelli, qui avait dit que la saison des Bruins serait un échec total si elle se terminait avant la finale d\u2019association.Claude Julien pourrait maintenant rire de ses détracteurs et savourer une douce revanche à l\u2019égard du Canadien et des Devils.Mais ce n\u2019est pas son genre.«Le Canadien m\u2019a donné ma première chance, les Devils m\u2019ont permis de connaître une très grosse année avant de me remplacer.Tout ça m\u2019a aidé à devenir un meilleur entraîneur.Comme les critiques, d\u2019ailleurs.Ça forge une carapace, le caractère.C\u2019est nécessaire pour gagner.Ce qui compte, comme entraîneur, c\u2019est d\u2019avoir le sentiment d\u2019avoir tout donné, d\u2019être fier de ce qu\u2019on a accompli.Je l\u2019étais à Montréal et au New Jersey.Je le suis depuis mon arrivée à Boston.J\u2019ai maintenant la Coupe Stanley pour le prouver.» PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSE llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 10 A R T S E T S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É A L L U N D I 2 7 J U I N 2 0 1 1 CE MATIN ENTREVUE AVEC LA PERSONNALITÉ: 6h40 C \u2019 E S T B I E N MEILLEUR L E MAT I N Avec Robert Frosi DU LUNDI AU VENDREDI 5h30 À 9h LES DIMANCHES ENTREVUE AVEC LA PERSONNALITÉ : 9h45 R D I MAT I N WEEK-END Avec Louis Lemieux SAMEDI ET DIMANCHE DÈS 5h30 À RADIO-CANADA LA PERSONNALITÉ DE LA SEMAINE LA PRESSE/RADIO-CANADA Radio-Canada.ca "]
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.