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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
C. Arts
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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La presse, 2012-01-28, Collections de BAnQ.

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[" RENÉE MARTEL LIBERTÉ64 PAGE 7 ARTS www.lapresse.ca/arts Éric Bernier prend une pause de la télévision.Les deux prochaines années, il veut se consacrer à ses projets de théâtre.À quelques jours de la première montréalaise de Vigile (ou Le veilleur), au Rideau Vert, La Presse a rencontré le comédien qui nous confie vivre présentement une période charnière.Dans sa vie professionnelle\u2026 et personnelle.UNE ENTREVUE DE LUC BOULANGER À LIRE EN PAGES 10 ET 11.AGENDACULTUREL Planifiez vos sorties grâce à notre calendrier culturel à lapresse.ca/agenda HUGO DUMAS LE CULTE DE LA VEDETTE PAGE 2 MACHA LIMONCHIK RETOUR ÀLA RÉALITÉ PAGE 3 PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LAPRESSE MONTRÉAL SAMEDI 28 JANVIER 2012 Nouveau ! Il était une fois l\u2019hiver .sous les tropiques Jusqu\u2019au 5 février facebook.com/Espacepourlavie Viau hiver.espacepourlavie.ca ARTS TÉLÉVISION La vedette a de l\u2019avenir au Québec, tout particulièrement en télévision.C\u2019est frappant, cette saison, le nombre d\u2019émissions où la vedette s\u2019infiltre peu discrètement.La vedette rayonne dans les quiz traditionnellement réservés aux gens du public, la vedette rigole en se regardant dans ses pires moments télévisuels et la vedette flatte \u2013 dans le sens du poil \u2013 d\u2019autres vedettes comme elle dans un festival interrompu d\u2019autocongratulation.Dans Duo, la quotidienne de la chaîne V animée par Josée Boudreault, la vedette déboule en groupe de six pour partager secrets d\u2019amitié et petits travers sympathiques.Dans Atomes crochus, à la même antenne, la vedette débarque en paquet de six et, sous le prétexte d\u2019aider deux concurrents à ramasser des sous, enfile les gags et se met, bien sûr, en vedette.Même principe pour Le tricheur de TVA: la vedette joue pour un organisme caritatif, mais profite de la tribune pour étaler ses connaissances générales et son sens de la répartie furieusement aiguisé.À Privé de sens et à L\u2019union fait la force, la vedette appelée en renfort essaie, du mieux qu\u2019elle peut, de faire triompher son équipe.Chez Pat r ice L\u2019Ecuyer, qui nous implore de ne pas envoyer de fleurs les jeudis soir, la vedette utilise des procédés caustiques ou baveux pour rendre hommage à une autre vedette couronnée.Le résultat reste le même : la vedette aime la vedette.Chez France Beaudoin, qui nous transporte En direct de l\u2019univers les samedis, la vedette déploie ses talents en chanson pour tirer les larmes à une autre vedette bien établie.Véronique Cloutier et Éric Salvail se disputent aussi âprement la vedette pour leurs émissions respectives Les enfants de la télé et Fidèles au poste.Très souvent , la vedette se pointe chez l\u2019un une semaine et chez l\u2019autre la suivante ou vice-versa.Les archéologues des archives télévisuelles s\u2019arrachent alors les cheveux: quels extraits pas encore vus par 1,5 million de personnes allons-nous catapulter en ondes?Dans ses temps libres, la vedette se paye une décoratrice à Canal Vie et la vedette se confie à Louise Deschâtelets ou à Josélito Michaud.Même des émissions comme Paquet voleur et La une qui tue, qui mettent en scène des concurrents non inscrits au bottin de l\u2019Union des artistes, embrassent cette tendance lourde avec leurs éditions spéciales bourrées de vedettes.Sollicitée de toutes parts, la vedette frôle la surexposition et le burnout, je vous jure.Si Jobboom publiait aujourd\u2019hui un palmarès des professions les plus demandées pour les prochains mois, la vedette caracolerait en tête avec grutier, médecin de famille et politicien inspirant.Ce culte de la vedette ne date pas d\u2019hier, c\u2019est évident.Mais avec la multiplication des stations et le fractionnement des auditoires, la vedette représente une des dernières valeurs sûres : elle attire les téléspectateurs.Comme ça.Surtout si la vedette est un humoriste connu, alors là, c\u2019est le gros lot.Et la popularité de la vedette grandit encore plus parce que, justement, elle multiplie les apparitions sur toutes les antennes.Pour un producteur, c\u2019est quasiment magique et trop facile : la vedette sait faire de la télé, la vedette n\u2019est pas intimidée par les caméras et la vedette sait à quelle heure arrive le punch.Pourquoi s\u2019en priver?Il reste que le point de saturation a été atteint, à mon avis.Tôt ou tard, la vedette manquera d\u2019anecdotes savoureuses, croustillantes ou comiques à raconter.Et le public s\u2019en lassera.Ce n\u2019est pas comme si le bassin de vedettes québécoises se renouvelait très rapidement.Des Louis-José Houde, Stéphane Rousseau, Michel Barrette et Lise Dion, le Québec n\u2019en compte pas des tonnes.Car, voyez-vous, la vedette qui pogne est du groupe A.C\u2019est la vedette plus ultra, c\u2019est l\u2019élite.Il n\u2019y en a pas des tonnes.La vedette de catégorie B la remplace parfois, mais les producteurs préfèrent \u2013 et de loin \u2013 la vedette de calibre A.Dans ce système autosuffisant, il y a très peu de place pour la relève, pour les nouvelles têtes talentueuses, appelons- les vedettes C.Comme les grands plateaux déroulent le tapis rouge aux A, la vedette C n\u2019a pratiquement plus de chances d\u2019accéder au statut de B, puis à celui de A, vous suivez?Conséquence?Le showbiz se replie de plus en plus sur lui-même et les mêmes visages inondent toutes les chaînes.Oui , on le s a ime nos vedettes, mais pas partout, à toutes les heures.Chers diffuseurs, forcez-vous donc pour développer de nouveaux concepts originaux qui nous sortiront des jeux banals où l\u2019on demande à Mahée Paiement et Bianca Gervais : «Laquelle d\u2019entre vous est la plus gratteuse» ?Je lévite Avec la pub de lait rythmée par Le temps est bon d\u2019Isabelle Pierre.C\u2019est rare que l\u2019hiver québécois, l\u2019hiver de force, soit aussi bien dépeint.Les bonnets de laine, les bourrasques de neige et les décors en teinte de blanc crème, tout ça se fond parfaitement avec cette belle chanson, qui a aussi servi de trame sonore au film Les mâles de Gilles Carle.Très joli.Je l\u2019évite La chanson Booty Shake du Français Matt Houston.Je vous ai confié récemment détester toutes ces chansons pseudo bilingues à la Brand New Chick d\u2019Anjulie.En voici une autre à ajouter à la liste.«On veut tous ton rond booty shake quand tu wind comme un snake».S.O.S langue française.S Pour joindre notre chroniqueur : hdumas@lapresse.ca Le culte de la vedette HUGO DUMAS CHRONIQUE PHOTO FOURNIE PAR TVA Véronique Cloutier et Éric Salvail se disputent âprement la vedette pour leurs émissions respectives Les enfants de la télé et Fidèles au poste (notre photo).Sollicitée de toutes parts, la vedette frôle la surexposition et le «burnout», je vous jure.llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 2 A R T S L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 2 8 J A N V I E R 2 0 1 2 de Norm Foster mise en scène de Monique Duceppe traduction de Louis-Georges Girard et Perry Schneiderman Pauline Martin Claude Prégent Yvan Benoit Danielle Lépine décor Marcel Dauphinais costumes Daniel Fortin éclairages Kareen Houde musique Christian Thomas accessoires Normand Blais Du 14 Décembre au 4 février Pourquoi pas?«Sur la scène du TNM, c\u2019est la fête ! » «Seize comédiens en liesse font rouler cette machine infernale.Chacun a son moment de gloire ! » \u2013 Le Téléjournal, R-C «Asexy farce.Like any temptation, it\u2019s hard to resist.»\u2013 The Gazette «Une mécanique bien huilée\u2026 Cette pièce, c\u2019est du bonbon! Les interprètes sont tous excellents ! » \u2013 Salut, bonjour!, TVA «Normand Chouinardmaîtrise bien le style\u2026 Unemise en scène fort inventive !» \u2013Bouillant de culture, Première Chaîne, R-C «RémyGirard\u2026 un grandcomédien! Unedistribution remarquable\u2026 Vraiment savoureux, vraiment! D\u2019une qualité exceptionnelle! » \u2013 Rouge café, Rouge FM «Du théâtre intelligent, joué sans fausses notes\u2026Allez-y en courant, unepièceàvoir absolument !» \u2013 Le Journal de Montréal «Carl Béchard m\u2019a fait crouler de rire\u2026Normand Chouinardmaîtrise le genre, c\u2019est clair\u2026Alain Zouvi est extraordinaire! Une recommandation sans réserve\u2026 Tous âges, de 15 à 97 ans\u2026un beaumoment de théâtre ! » \u2013 On aura tout vu, 98,5 FM «Une fortedistributionqui s\u2019éclate véritablement.»\u2013 VOIR «Distribution « toutes étoiles »! Une très grande réussite pour leTNM!» \u2013 C\u2019est bienmeilleur le matin, Première Chaîne, R-C «Comédie festive, débridée, à l\u2019ironiemordante.redoutable mécanique offerte par une flamboyante distribution! » \u2013 Marie-Christine Trottier, EspaceMusique, R-C À L\u2019AFFICHE!TNM.QC.CA / 514.866.8668 avec Rémy GiRaRd + CaRl BéChaRd / adRien Bletton / noRmand CaRRièRe / Jean-PieRRe ChaRtRand / Violette ChauVeau / Guillaume CyR / alexandRe daneau / RoGeR la Rue / maRie-PieR laBReCque / VéRonique le FlaGuais / CatheRine le GResley / danièle Panneton / séBastien René / linda soRGini / alain ZouVi UNE PRÉSENTATION ARTS Avec la fin de Tout sur moi, cette fausse téléréalité sur sa vie, Macha Limonchik n\u2019a pas eu l\u2019impression de tourner la page et de passer à un autre appel.Seulement de continuer à exercer son métier d\u2019actrice.Au théâtre, où elle incarne la mère d\u2018un ado révolté dans Musique pour Rainer Maria Rilke, et à TV5, avec la série En thérapie où elle formera bientôt un couple toxique avec nul autre que Sébastien Ricard.NATHALIE PETROWSKI Interviewer des acteurs n\u2019est pas toujours une mince affaire.Certains n\u2019ont strictement rien à dire et forcent le pauvre scribe à ramer longtemps en déployant des trésors d\u2019ingéniosité pour leur soutirer un semblant de contenu.D\u2019autres ont trop de choses à dire, mais ne veulent pas se compromettre ni faire d\u2019erreurs tactiques ou diplomatiques, et là aussi, on rame, mais d\u2019une autre manière.Macha Limonchik appart ient probablement à la deuxième catégorie, encore que je n\u2019en sois pas absolument certaine.Ce que je sais, par contre, avec certitude, c\u2019est que Macha Limonchik est pour moi un mystère et un mélange contradictoire de réserve et de fronde, de pudeur et d\u2019autodérision, de je ne sais pas quoi répondre et, de toute façon, ce n\u2019est pas de vos affaires.Nous voilà donc au deuxième étage du Juliette et chocolat de l\u2019avenue Laurier, le salon de thé-chocolaterie branché de l\u2019heure.C\u2019est Macha qui a choisi cet endroit lumineux et il lui convient parfaitement.Une adulescente?En principe, on se rencontre pour Musique pour Rainer Maria Rilke à l\u2019affiche du Théâtre Denise Pelletier jusqu\u2019au 8 février, une pièce conçue pour les hordes d\u2019écoliers et d\u2019ados agités et tapageurs qui, chaque jour, manifestent bruyamment leur appréciation.Mais la conversation sur Rilke et sur les Lettres d\u2019un jeune poète dont la pièce est inspirée, est constamment parasitée par des images et des scènes de Tout sur moi, cette fausse téléréalité loufoque où Macha jouait son propre rôle.Même si la série de Stéphane Bourguignon, l\u2019amoureux de Macha, a quitté les ondes en décembre, son effet perdure comme une sorte de gaz hilarant, contaminant la réalité.À telle enseigne que bien qu\u2019il n\u2019y ait ni caméras ni équipe technique autour, j\u2019ai l\u2019impression d\u2019être dans un épisode où Macha rencontre un journaliste qui pose les mauvaises questions et dont elle va aller se plaindre à ses amis dans la scène suivante.En même temps, si nous étions dans un épisode de Tout sur moi, c\u2019est clair que la gaffeuse serait Macha et qu\u2019elle ne manquerait pas de se couvrir de ridicule.Mais nous sommes dans la vraie vie, et la Macha devant moi ressemble somme toute assez peu à la Macha, version télé.« Je suis une grande personne, j\u2019ai 42 ans.Je suis une mère, j\u2019ai un enfant.Or, celle que j\u2019interprétais dans Tout sur moi correspond plus à cette période de la vie entre 20 et 30 ans quand l\u2019adolescence se prolonge.On appelle ça l\u2019adulescence, je crois.À cette époque, nos vies étaient pathétiques .Nous étions pathétiques, mais bon, on ne fait pas une comédie en montrant les gens sous leur meilleur jour.» Dans Musique pour Rainer Maria Rilke monté par Martin Faucher, Macha joue pour la première fois pour un public adolescent.Elle avoue que ça l\u2019émeut beaucoup d\u2019imaginer dans la salle des jeunes personnes comme elle le fut ellemême, qui découvrent Rilke ou le théâtre, et dont la vie va peut-être en être transformée.«Je me souviens de moi à cet âge-là, raconte-t-elle.Je me sentais unique au sens d\u2019étrange, de mal adaptée.J\u2019ai fait sciences humaines avec maths au cégep Saint- Laurent, puis je suis allée un an en socio à l\u2019Université de Montréal, mais uniquement pour passer le temps en attendant d\u2019être acceptée à l\u2019École nationale de théâtre.À ce moment-là, je voulais être actrice à tout prix, j\u2019étais persuadée qu\u2019il n\u2019y avait que ça dans la vie.Déjà, je savais que l\u2019art est un guide qui fait en sorte qu\u2019on n\u2019est jamais seul.» Mère adoptive Élevée dans Côte-des- Neiges, Macha est l\u2019aînée des deux filles de feu Abe Limonchik, un juif d\u2019origine ukrainienne né près de la rue Saint-Urbain de Mordecai Richler, qui a grandi en anglais et qui s\u2019est mis au français en épousant une Québécoise.Chimiste et chercheur, Abe Limonchik a fondé le Rassemblement des citoyens de Montréal (RCM) avant de devenir un des conseillers municipaux les plus appréciés de sa génération.C\u2019est en partie à cause de l\u2019heureux mélange dont elle est issue, que Macha s\u2019est tournée vers l\u2019adoption il y plus de cinq ans et cela même si elle était tout à fait en mesure d\u2019avoir un enfant.«Je ne ressentais aucun besoin de me reproduire.Je n\u2019ai pas eu d\u2019appel du ventre, raconte-t-elle.Je n\u2019avais pas envie d\u2019être enceinte, pas envie d\u2019accoucher.Mais adopter, c\u2019était autre chose.Il y avait une part d\u2019exotisme et le sentiment que j\u2019allais peut-être sauver une vie.Et puis, j\u2019avais envie de perpétuer le mélange dont j\u2019étais issue.L\u2019adoption, ce fut un réel choix pour moi et mon seul regret, c\u2019est de ne pas l\u2019avoir fait plus tôt et de ne pas avoir adopté plusieurs enfants.» Sa fille, née au Vietnam, a aujourd\u2019hui cinq ans et demi.Macha ne regrette pas une seconde son choix, sauf pour une chose: «Mes amies actrices ont oublié de me dire que faire du théâtre et tourner des films ou des séries, ça ne marche pas du tout avec un enfant.Quand je travaille, je manque tout de la vie de ma fille: sa journée, ses repas, son bain, son dodo.Or, contrairement à bien des femmes qui sont super contentes de crisser leur camp de la maison, moi, c\u2019est le contraire.Peut-être parce que je suis allée chercher ma fille au bout du monde, mais la quitter est toujours difficile.» Un beau défi Par un drôle de paradoxe, celle qui n\u2019a jamais senti l\u2019appel du ventre s\u2019apprête à incarner une femme qui sort de cinq ans de clinique de fertilité, dans la version québécoise de la série américaine In treatment, réalisée par Pierre Gang pour TV5.Macha était en train de tourner la scène de l\u2019écrasement d\u2019avion dans l\u2019épisode final de Tout sur moi lorsque le réalisateur lui a proposé le rôle.«J\u2019ai immédiatement pensé au physique de l\u2019actrice qui l\u2019incarne (Embeth Davidtz) et j\u2019ai dit à Pierre : es-tu bien certain que c\u2019est moi que tu veux?Peut-être que tu ferais mieux de voir d\u2019autres actrices en audition.Je sais : je suis conne d\u2019avoir dit ça, mais c\u2019est ce que j\u2019ai dit.» Avec le même Sébastien Ricard sur lequel elle fantasmait dans Tout sur moi, Macha formera un couple qui se déchire et se désintègre devant le psy.Elle décrit son personnage comme une femme mal dans sa peau, froide, méprisante, séductrice, coincée dans une relation toxique et évidemment très souffrante.« C\u2019est très le fun d\u2019attaquer un personnage qu\u2019on ne comprend pas, qui ne nous ressemble pas et de faire disparaître l\u2019actrice pour y accéder.C\u2019est comme une série de problèmes qu\u2019il faut résoudre.C\u2019est un beau défi.» Macha tournera les épisodes de En thérapie en mars.Elle ne sait pas ce qu\u2019elle fera ensuite.Elle espère seulement qu\u2019un autre auteur que Stéphane Bourguignon aura envie d\u2019écrire pour l\u2019actrice qu\u2019elle est.Elle se souvient que l\u2019année où Tout sur moi a été retiré des ondes pour finalement revenir grâce à la pression des internautes, elle a passé une année complète sans travailler.Elle n\u2019a pas vraiment aimé le vide que ça a créé dans sa vie.Et puis, elle se rappelle que depuis sa sortie de l\u2019École nationale, elle n\u2019a pas vraiment manqué de rôles ni de contrats et qu\u2019en fin de compte, rentrer à la maison et déprimer comme dans un épisode de Tout sur moi n\u2019est plus vraiment une option.MACHA LIMONCHIK RETOUR À LA RÉALITÉ PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE La Macha qui s\u2019est présentée à la rencontre avec La Presse ressemble somme toute assez peu à la Macha, version télé.«Je suis une grande personne, j\u2019ai 42 ans.Je suis une mère, j\u2019ai un enfant.Or, celle que j\u2019interprétais dans Tout sur moi correspond plus à cette période de la vie entre 20 et 30 ans quand l\u2019adolescence se prolonge.» «C\u2019est très le fun d\u2019attaquer un personnage qu\u2019on ne comprend pas, qui ne nous ressemble pas et de faire disparaître l\u2019actrice pour y accéder.C\u2019est comme une série de problèmes qu\u2019il faut solutionner.» llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 2 8 J A N V I E R 2 0 1 2 A R T S 3 ARTS LECTURES CHANTAL GUY LIVRES Qu i s e souvi ent de ses premiers romans d\u2019amour?De ce temps où nous les l isions sans vraiment savoir ce qu\u2019était l\u2019amour?Beaucoup de fillettes, d\u2019adolescentes et de jeunes femmes ont passé des heures dans les romans d\u2019amour, peu importe leurs qualités.Malgré les peines, les déceptions et la fin de la passion, beaucoup de célibataires, de femmes mariées et de veuves continuent de lire des romans d\u2019amour.Ils contiennent tous un idéal, une sorte d\u2019éternité, un sens de la vie.L\u2019amour semble une quête, un héroïsme, une épopée, ce qui n\u2019est pas très différent de tous ces romans de guerre et d\u2019aventures qui excitent les garçons, même quand ils sont devenus vieux et inaptes au combat.Dans les deux cas, ce qu\u2019on cherche, c\u2019est une forme de transcendance, ce quelque chose qui illumine tout le reste et qui explique tous les sacrifices.C\u2019est à se demander si les romans de gare sont nés pour faire patienter ces femmes qui restaient sur le quai en voyant partir les hommes au front.Nous avons tendance à mépriser les romans d\u2019amour et à respecter les romans de guerre, en oubliant que dans les deux genres, nous puisons des modèles éternels.Ce sont peut-être les romans les plus insignifiants en apparence qui justement nous modèlent le plus, peut-être parce qu\u2019ils sont les premiers et qu\u2019ils creusent en nous des sillons que nous suivrons aveuglément, d\u2019après ces premiers émois que nous voulons sans cesse retrouver.Qui sait à quelle fiction nous répondons quand nous tombons amoureux, qui sait si nous ne sommes pas autant séduits par une construction que par une personne.Est-ce cela que nous voulons déconstruire?C\u2019est étonnant le nombre de romans sur le sujet qui paraissent ces derniers temps, et nous ne parlons que du Québec.Les collectifs Cherchez la femme ou Amour et libertinage, Les bonnes filles plantent des fleurs au printemps de Claudia Larochelle, Le s c a s c ade urs de l \u2019amour n\u2019ont pas droit au doublage de Martine Delvaux, L\u2019amour n\u2019est rien de Nadia Gosselin, Amour et autres violences de Marie-Sissi Labrèche qui va paraître bientôt.Rien à voir avec la Saint- Valentin qui s\u2019en vient, ce ne sont pas des livres qui font rêver, mais qui démontent le rêve de l\u2019amour.Ce n\u2019est pas une mode, c\u2019est une obsession.Comme si beaucoup de femmes tentaient de se guérir d\u2019une illusion profondément incrustée dans leur identité.Mais si on a lu L\u2019Amour et l\u2019Occident de Denis de Rougemont, nous devrions savoir à quel point amour et souffrance sont liés dans la littérature occidentale : « L\u2019amour heureux n\u2019a pas d\u2019histoire.Il n\u2019est de roman que de l\u2019amour mortel, c\u2019est-à-dire de l\u2019amour menacé et condamné par la vie même.Ce qui exalte le lyrisme occidental, ce n\u2019est pas le plaisir des sens, ni la paix féconde du couple.C\u2019est moins l\u2019amour comblé que la passion d\u2019amour.Et passion signifie souffrance.Voilà le fait fondamental.» Il est curieux, tout de même, que libérés des contraintes de la religion et du mariage qui ont fait les beaux jours des romans d\u2019amour \u2013 l\u2019amour impossible et l\u2019adultère étant les principaux moteurs du genre pendant des siècles \u2013 nous continuions de souffrir autant.Peut-être parce que l \u2019amour demeure la plus grande zone de guerre, plus longue que celle de Cent ans , plus mondia le que la Première et la Seconde réunies, et qu\u2019elle fait tomber bien plus de corps dans ses champs.Et dans cette guerre, on dirait bien que ce sont les soldates qui sont les mieux entraînées et qu\u2019elles ne sont pas loin de constituer une armée redoutable.Aimer Olivieri La dernière fois qu\u2019on y est allé, c\u2019était lors d\u2019une soirée consacrée à la littérature haïtienne.Les travaux majeurs sur le chemin de la Côte-des-Neiges semblaient rendre hommage au séisme de janvier 2010, il fallait presque ramper pour rejoindre la porte d\u2019entrée.La librairie Olivieri, l\u2019une des plus belles à Montréal, a souffert de ces 18 mois de travaux et perdu des clients, découragés par tant d\u2019obstacles.C\u2019est maintenant terminé et c\u2019est le moment d\u2019y retourner pour aider cette institution.Leur café est formidable, et le choix de livres, imbattable.C\u2019est au 5219, chemin de la Côte-des-Neiges.S Pour joindre notre journaliste : cguy@lapresse.ca Romans de gare, romans de guerre Un roman historique aux parfums asiatiques, écrit par un Anglais au talent colossal : bienvenue dans l\u2019univers de David Mitchell.MARIE-CLAUDE FORTIN COLLABORATION SPÉCIALE Il a beau en être à son quatrième roman, avoir été deux fois en nomination pour le prestigieux Booker Prize, avoir été couronné d\u2019importantes distinctions (le John Llewwelyn Rhys pour Écrits fantômes et le British Literary Fiction Book Award pour Cartographie des nuages), David Mitchell demeure largement méconnu de ce côté-ci de l\u2019océan.Enfin, demeurait.Jusqu\u2019à ce que l \u2019édi teur d \u2019Alto, Antoine Tanguay, reconnu pour son flair (il a publié Nicolas Dickner, Dominique Fortier, Rawi Hage et Marina Lewicka, pour n\u2019en nommer que quelques-uns) se mette en tête de réparer cette injustice en publiant «une édition locale, portée par une promotion locale », du plus récent roman de l\u2019auteur publié en France par les éditions de L\u2019Olivier.« J\u2019ai voulu rendre hommage à son génie en concevant une édition spéciale limitée, explique l\u2019éditeur.Une façon comme une autre de saluer celui qui , selon certains, a réinventé l\u2019art du roman contemporain.» Le résultat est magnifique.Les mille automnes de Jacob de Zoet ressemble aux livres anciens, avec ses dessins, ses dorures et ses pages que l\u2019on dirait coupées à la main.Pour les lecteurs, c\u2019est une porte grande ouverte sur une oeuvre que l\u2019on aura envie, c\u2019est certain, de découvrir à rebours.Parcours d\u2019un combattant Après avoir parcouru le monde dans Écrits fantômes, aidé un garçon à retrouver son père dans number9dream, nous avoir promené entre le XIXe siècle et un futur apocalyptique dans Cartographie des nuages, voilà que l\u2019auteur né en 1969 à Southport remonte le temps jusqu\u2019à l\u2019an 1799, et nous emmène près de Nagasaki, au Japon, et plus particulièrement dans l\u2019île artificielle de Dejima, qui servait alors de port d\u2019attache à la Compagnie néerlandaise des Indes orientales, et de seule fenêtre ouverte sur «l\u2019empire le plus reclus que connaiss (ait) le monde moderne».Jacob de Zoet, le héros de cette magistrale saga historique, a quitté les Pays-Bas pour aller faire fortune à l\u2019autre bout du monde.Ainsi aurat- il une chance, à son retour, d\u2019épousercelle qu\u2019il aime.À Dejima, il sera confronté à l\u2019étrangeté des moeurs, l\u2019insalubrité des lieux, la corruption des Occidentaux, la violence des relations.Et contre toute attente, i l se consumera d\u2019amour pour l\u2019inaccessible Orito, une Japonaise à l\u2019intelligence vive, un esprit libre, mais prisonnier de son époque, sage-femme surdouée, dont le visage à moitié brûlé n\u2019entame en rien le charme.Jeune homme , Dav id Mitchell a vécu au Japon pendant huit ans.Après avoir terminé ses études en littérature, il a enseigné l\u2019anglais à des élèves de Hiroshima.J\u2019étais dans la vingtaine, raconte-t-il, joint par la magie de Skype.À cet âge, la vie est comme un jeu de hasard.Vous lancez les dés et le sort vous porte.Je n\u2019avais pas de responsabilité, pas de famille.Je voulais juste partir, quitter Londres.Et c\u2019est au Japon que le destin m\u2019a mené.» Son intérêt pour le pays du Soleil Levant (attisé par son amour pour une Japonaise qu\u2019il a épousée) l\u2019a poussé à lire tout ce qu\u2019il pouvait trouver sur le pays.« Pour moi, se préparer à l\u2019écriture, c\u2019est remplir un réservoir de toutes ses idées, explique-t-il dans son superbe « anglais de l \u2019estua i re » ( Es tua r y English, comme on appelle l\u2019anglais parlé dans la région de Londres).Ensuite, on peut aller pêcher dans ce réservoir, comme dans un lac.Pendant des années, alors que j\u2019achevais mes autres livres, je prenais des tas de notes en vue d\u2019un éventuel roman sur le Japon, et sur cette époque en particulier \u2013 le tournant du XIXe siècle.Autant il semblait dur, pénible d\u2019y vivre, autant, pour l\u2019auteur de fiction, c\u2019était un matériau riche.» L\u2019appel de la fiction Manifestement fou d\u2019histoire, de voyages, de géographie et d\u2019aventures, Mitchell aurait pu écrire un essai plutôt que ce roman au long cours.Les mille automnes est un ouvrage à l \u2019érudition époustouflante, à mi-chemin entre l\u2019Umberto Eco du Nom de la Rose et l\u2019Alessandro Baricco de Soie, traversé de parfums suaves et d\u2019odeurs suf focantes , de paysages fabuleux et de violences inouïes, de musique et de fureurs, des notes fines d\u2019un clavecin et des cris des blessés opérés à froid.Pourtant, il n\u2019a jamais songé à écrire autre chose que de la fiction.«Ce que j\u2019aime, c\u2019est l\u2019acte créatif.J\u2019aime vraiment donner vie à un ensemble de personnages, peupler un univers.Tout petit, j\u2019adorais inventer des mondes.Je dessinais d\u2019immenses royaumes imaginaires, avec des forêts, des montagnes .Je suis convaincu que nos jeux d\u2019enfants révèlent ce qui sera notre vocation future.» Pour cet homme qui a souffert, plus jeune, d\u2019un bégaiement dont il ne lui reste qu\u2019une imperceptible trace (il fait partie de la Stammering British Association), l\u2019écrivain est légèrement mégalomane («il aime régner sur son univers! »), est atteint d\u2019une forme légère du trouble de la personnalité multiple («il doit habiter plusieurs personnages»), et de troubles compulsifs.«Pendant deux, trois, quatre ans, explique- t-il, nous passons plus de temps avec nos personnages imaginaires qu\u2019avec notre propre famille.C\u2019est à nos personnages que nous pensons avant de nous endormir, et aussi au réveil.C\u2019est à cette condition, indispensable, du moins en ce qui me concerne, qu\u2019on peut écrire.Mais malgré tout, nous rassure-t-il, j\u2019adore ce travail!» En attendant le prochain opus sur lequel il travaille déjà, on pourra voir sur grand écran dès l\u2019automne prochain l\u2019adaptation de Cartographies des nuages par les frères Wachowski, réalisateurs des Matrix, qui mettra en vedette, entre autres, Tom Hanks, Halle Berry et Susan Sarandon.Les mille automnes de Jacob de Zoet David Mitchell Traduit par Manuel Berri Alto, 711 pages DAVID MITCHELL / Les mille automnes de Jacob de Zoet Comme un jeu d\u2019enfant PHOTO LEO VAN DER NOORT, FOURNIE PAR ALTO Jeune homme, David Mitchell a vécu au Japon pendant huit ans.Après avoir terminé ses études en littérature, il a enseigné l\u2019anglais à des élèves de Hiroshima.«J\u2019étais dans la vingtaine, raconte-t-il.À cet âge, la vie est comme un jeu de hasard.Vous lancez les dés, et le sort vous porte.» «Pendant deux, trois, quatre ans, nous passons plus de temps avec nos personnages imaginaires qu\u2019avec notre propre famille.C\u2019est à nos personnages que nous pensons avant de nous endormir, et aussi au réveil.» Nous avons tendance à mépriser les romans d\u2019amour et à respecter les romans de guerre, en oubliant que dans les deux genres, nous puisons des modèles éternels.llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 4 A R T S L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 2 8 J A N V I E R 2 0 1 2 13e ÉDITION 16 AU 26 FÉVRIER WALLONIE-BRUXELLES régions à l\u2019honneur LE FESTIVAL DÉBUTE DANS MOINS DE 3 SEMAINES ! RENSEIGNEMENTS 514 288-9955 \u2022 1 85LUMIERES facebook.com/Montrealenlumiere et mtlenlumiere #mtlenlum montrealenlumiere.com PLACE DES ARTS ET MAISON SYMPHONIQUE DE MONTRÉAL 514 842-2112 / 1 866 842-2112 laplacedesarts.com MÉTROPOLIS 1 855 790-1245 admission.com /ticketmaster.ca THÉATRE PROSPERO 1 855 790-1245 admission.com /ticketmaster.ca THÉATRE DU RIDEAU VERT 514 844-1793 /rideauvert.qc.ca STUDIO-THÉÂTRE DE L\u2019ILLUSION 514 523-1303 /illusiontheatre.com GESÙ \u2014 CENTRE DE CRÉATIVITÉ 1 855 790-1245 CHAPELLE NOTRE-DAME- admission.com /ticketmaster.ca DE-BON-SECOURS 1 855 790-1245 admission.com /ticketmaster.ca CLUB SODA 514 286-1010 /clubsoda.ca SALLE BOURGIE, MUSÉE DES BEAUX ARTS 514 286-2000 # 4 / CENTRE SEGAL DES ARTS DE LA SCÈNE sallebourgie.ca 514 739-7944 /centresegal.org TOHU 514 376-TOHU (8648) 1 888 376-TOHU (8648) L\u2019ASTRAL, tohu.ca MAISON DU FESTIVAL RIO TINTO ALCAN 1 855 790-1245 admission.com /ticketmaster.ca MARDI 21 FÉVRIER \u2022 20h L\u2019ASTRAL, MAISON DU FESTIVAL RIO TINTOALCAN MERCREDI 22 FÉVRIER \u2022 20h L\u2019ASTRAL, MAISON DU FESTIVAL RIO TINTOALCAN JEUDI 23 FÉVRIER \u2022 20h GESÙ\u2014CENTRE DE CRÉATIVITÉ VENDREDI 24 FÉVRIER \u2022 20h GESÙ\u2014CENTRE DE CRÉATIVITÉ DU 15 AU 17 FÉVRIER \u2022 20h GESÙ\u2014CENTRE DE CRÉATIVITÉ 15-16 FÉVRIER \u2022 19h30 SALLE BOURGIE SAMEDI 25 FÉVRIER \u2022 20h L\u2019ASTRAL,MAISONDUFESTIVALRIO TINTOALCAN JEUDI 16 FÉVRIER \u2022 19h30 CHAPELLE NOTRE-DAME-DE-BON-SECOURS 14 FÉVRIER AU3MARS \u2022 20h15 15, 22 ET 29 FÉVRIER À 19h15 THÉÂTRE PROSPERO 13 AU 25 FÉVRIER LUNDI AU JEUDI \u2022 20h SAMEDIS\u2022 20h30 et DIMANCHES\u2022 14h CENTRE SEGAL DES ARTS DE LA SCÈNE LE STUDIO 31 JANVIER AU3MARS \u2022 20h SAMEDI À 16h ET 20h30 THÉÂTRE DU RIDEAU VERT 25-26 FÉVRIER \u2022 15h STUDIO-THÉÂTRE DE L\u2019ILLUSION 17 ET 18 FÉVRIER \u2022 20h 19 FÉVRIER \u2022 14h SALLE BOURGIE MUSÉE DES BEAUX-ARTS DEMONTRÉAL MERCREDI22FÉVRIER\u202220h SALLEBOURGIE VENDREDI 24FÉVRIER \u2022 20hSALLE BOURGIE 21-22 FÉVRIER \u2022 20h GESÙ\u2014CENTRE DE CRÉATIVITÉ (ESPACEALINE-LETENDRE) SAMEDI 25 FÉVRIER \u2022 20h GESÙ\u2014CENTRE DE CRÉATIVITÉ JEUDI 16 FÉVRIER \u2022 20h SAMEDI 18 FÉVRIER \u2022 20h LUNDI 20 FÉVRIER \u2022 20h SAMEDI 18 FÉVRIER \u2022 20h VENDREDI 17 FÉVRIER \u2022 20h DU 15 AU 23 FÉVRIER \u2022 20h TOHU (RELÂCHE 19 ET 20 FÉVRIER) VENDREDI 24 FÉVRIER \u2022 20h MÉTROPOLIS 23-24-25 FÉVRIER \u2022 19h30 THÉÂTRE MAISONNEUVE, PdA SAMEDI 18 FÉVRIER \u2022 20h THÉÂTRE MAISONNEUVE, PdA JEUDI 23 FÉVRIER \u2022 20h MÉTROPOLIS MARDI 21 FÉVRIER \u2022 20 h JEUDI 23 FÉVRIER \u2022 20 h VENDREDI 24 FÉVRIER \u2022 20h PREMIÈRE PARTIE: KARIM OUELLET presenté en LES SOIRÉES BELGES collaboration avec COEUR DE PIRATE PREMIÈRE PARTIE : LEIF VOLLEBEKK presenté en collaboration avec presenté en collaboration avec TANGO C!RCA PASIÓN Cirque, danse et poésie PREMIÈRE MONTRÉALAISE PREMIÈRE MONTRÉALAISE PREMIÈRE MONTRÉALAISE DIANE TELL CLUB SODA \u2022 20h L\u2019ASTRAL, MAISON DU FESTIVAL RIO TINTO ALCAN\u2022 20h 1MILLION DE SPECTATEURS ! 13 années consécutives àLas Vegas ! Un soir seulement àMontréal ! ANTOINE GRATTON BRIGITTE BOISJOLI ARTHUR H SYLVAIN LUC TRIO ORGANIC AVEC THIERRY ÉLIEZ ET ANDRÉ CECCARELLI EXPERIMENT ROBERTGLASPER BÏA ENTOURÉE DE SHEILA HANNIGAN et JESSICA VIGNEAULT LANUIT BRÉSILIENNE AVEC PAULO RAMOS ET INVITÉS THEOPHILUS LONDON PREMIÈRE PARTIE : FOXTROTT PREMIÈRE PARTIE : HÔTEL MORPHÉE PREMIÈRE PARTIE : THE EXPERIMENTAL TROPIC BLUESBAND MYLITTLE CHEAP DICTAPHONE ÉTÉ 67 LES SOIRÉES BELGES LES SOIRÉES BELGES ST ROMAE DANIEL TAYLOR et LE THEATRE OF EARLYMUSIC DIDON ET ÉNÉE DE PURCELL PENTAÈDRE TABLEAUX VIGILE (OU LE VEILLEUR) CALIGULA (REMIX) LES ABEILLES LE CHIEN, LA NUIT ET LE COUTEAU ÀLA BELLE ÉTOILE NOUVEL ENSEMBLE MODERNE JORANE ET L\u2019ORCHESTRE IMUSICI DE MONTRÉAL LE VOYAGE D\u2019HIVER DE SCHUBERT ET ZENDER ARION ORCHESTRE BAROQUE AVEC DMITRY SINKOVSKY ET JAAP TER LINDEN COMMEDIA DELL\u2019ARTE MAGNITUDE6 ANTIPHONAIRE IMUSICI DE MONTRÉAL CORDES CHATOYANTES ET PIANO FLAMBOYANT Le retour de l\u2019interprète du succès Alors on danse! PREMIÈRE PARTIE : JASON LANG SOLO BUBBLE BATH&CHAMPAGNE FRANCE D\u2019AMOUR PREMIÈRE MONTRÉALAISE PREMIÈRE MONTRÉALAISE MARIE DENISE PELLETIER ARTS MUSIQUE Porte-flambeau du slam au Québec, Ivy revient à la charge avec un deuxième album, Hors des sentiers battus.Son art de la parole ne cède rien à l\u2019air du temps.ALEXANDRE VIGNEAULT I l faudra attendre 10 ans avant qu\u2019on puisse dire qu\u2019il y a des slameurs québécois, croyait Ivy, lorsqu\u2019il a fondé Slamontréal en 2006.Le slam, une forme de poésie orale très rythmée à situer quelque part entre le spoken word et le hip-hop, était alors un art méconnu.N\u2019empêche, Ivy se trompait.Des poètes dotés d\u2019une oreille musicale et capables de se faire valoir sur scène, il y en avait déjà au Québec.«Dès la première année de Slamontréal, il y avait des gens qui pouvaient revendiquer le titre de slameur», se rappellet- il.Quelques-uns ont émergé depuis : Queen Ka, Mathieu Lippé ou David Goudreault.«Le slam permet aux poètes de parler aux gens, juge Ivy.Moi, ça m\u2019a beaucoup aidé à parler au monde.» À être écouté, aussi.Sous cette forme plus musicale, le poème s\u2019avère en effet plus attrayant qu\u2019à l\u2019écrit.Ce que le slameur constate aussi dans les ateliers qu\u2019il donne aux adolescents dans les écoles où le slam est devenu un outil de prise de parole apprécié de certains enseignants.L e b r u i t d e s mot s , u n webdocumentaire auquel Ivy a participé et qui est disponible sur le site de Radio- Canada, montre d\u2019ailleurs que cet art de la parole s\u2019est avéré un mode d\u2019expression naturel pour certains adolescents qui en usent pour dire leurs drames intimes.Ivy, lui, n\u2019aborde pas le slam sous cet angle.Hors des sentiers battus pose un regard large sur la société, mais vue par une «gauche cégep » (la formule est de lui) : environnement, pérennité du français, obsession de la performance et du travail, Tibet, etc.«Je suis prudent par rapport à l\u2019intimisme, commence le poète.Et c\u2019est un euphémisme parce que ce n\u2019est vraiment pas ma tasse de thé.» Ivy trouve que parler de soi, c\u2019est «dépassé ».Curieux constat à une époque où regarder son nombril et, surtout, le montrer aux autres est le sport de l\u2019heure à la télé, en chanson et dans tout ce que l\u2019internet compte de réseaux sociaux.Ivy, lui, s\u2019avoue pudique sur ce plan.« Déjà, là, je parle d\u2019amour », dit-il, au sujet de son deuxième disque.Vrai.Le couple est un refuge où prendre congé du monde et du temps qui passe, saisit-on dans L\u2019heure juste, Sexe est bon et Merci.« Je pars de choses que je vis intensément dans la vie », assure-t-il.L\u2019affirmation ne vaut pas que pour les textes intimes.Ses convictions souverainistes (Tibet) et son attachement à la langue française (My Name Was) sont aussi viscéraux.«La langue, c\u2019est le truc sur lequel je suis le plus véhément », prévient-il.Ce qui l\u2019irrite, c\u2019est notre complaisance.Il n\u2019en revient pas qu\u2019on s\u2019indigne que le Canadien soit dirigé par un unilingue anglophone et qu\u2019on fasse si peu de cas de la manière dont certains ministres ou chroniqueurs radio s\u2019expriment.«Le français n\u2019est menacé par personne d\u2019autre que nous-mêmes.C\u2019est ça le drame : on se saborde nous-mêmes.» Hors des sentiers battus est «empreint de mon expérience directe avec la vie », insiste Ivy.Organique, en somme, du politique au poétique, et aussi combatif, même si nous traversons une époque où il y a «tellement de raisons de désespérer ».S\u2019engager dans ces chemins de traverse est un pas vers l\u2019autre pour le poète.«Je veux entamer un dialogue.» SLAM IVY HORS DES SENTIERS BATTUS PRODUCTIONS DE L\u2019ONDE IVY Slamer pour parler PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE Fondateur de Slamontréal, Ivy présente son deuxième album, Hors des sentiers battus.«Le slam permet aux poètes de parler aux gens.Moi, ça m\u2019a beaucoup aidé à parler au monde.» llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 6 A R T S L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 2 8 J A N V I E R 2 0 1 2 PLACE DES ARTS 514 842-2112 \u2022 1 866 842-2112 laplacedesarts.com L\u2019ASTRAL, Maison du Festival Rio Tinto Alcan 1 855 790-1245 admission.com \u2022 ticketmaster.ca MÉTROPOLIS 1 855 790-1245 admission.com \u2022 ticketmaster.ca CLUB SODA 514 286-1010 clubsoda.ca BILLETTERIE BILLETS EN VENTE AUJOURD\u2019HUI À MIDI Les premiers concerts pour la 24e édition du 8 au 16 juin ! francofolies.com HUGUES AUFRAY THOMAS FERSEN JEAN-LOUIS MURAT ZAZ CALI EN DUO avec le pianiste Steve Nieve JULIEN CLERC SYMPHONIQUE 12 juin \u2022 20h Théâtre Maisonneuve, PdA 13 juin \u2022 21h Métropolis 8 juin \u2022 19h Club Soda 16 juin \u2022 21h Métropolis 15 juin \u2022 19h30 L\u2019Astral 16 juin \u2022 20h Salle Wilfrid-Pelletier, PdA ARTS MUSIQUE Renée Martel a un amour qui a voulu mourir.Mais elle est passée au travers.Et aujourd\u2019hui, elle peut en parler.librement.RENÉE MARTEL Liberté 64 PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE Renée Martel fêtera ses 60 ans de carrière l\u2019été prochain dans le cadre des FrancoFolies, mais auparavant elle présente son dernier album intitulé Une femme libre, qui est le fruit de plusieurs collaborations.CHANSON RENÉE MARTEL UNE FEMME LIBRE MUSICOR «Avant, j\u2019avais l\u2019impression d\u2019avoir fait le tour de mon métier.Et là, je fais un tas de choses que je n\u2019aurais jamais pensé faire!» JEAN-CHRISTOPHE LAURENCE Il y en a que la vie n\u2019a pas épargnés.Parlez-en à Renée Martel, qui a passé la sienne à naviguer entre les deuils, les ruptures, les problèmes d\u2019alcool, les accidents et la maladie.D\u2019aut res au ra ient j e té l\u2019éponge.Mais pas elle.Après une décennie à être complètement hors circuit, la grande dame du country québécois a refait surface en 2009 avec L\u2019Héritage, qui lui vaudra le Félix country de l\u2019année.On pensait, vu sa fragilité, que ce retour serait passager.Mais non.Mme Martel a bel et bien repris le collier.Nouvel album en main (Une femme libre, lancé cette semaine), elle parle même déjà de son prochain tour de chant.Comme son disque précédent, Une femme libre, jouit d\u2019un casting de luxe.Les Robert Charlebois et Richard Desjardins ont seulement été remplacés par Pierre Flynn, Daniel Lavoie, Lynda Lemay, Richard Séguin, Paul Daraîche ou Mario Peluso, qui contribuent soit à la plume, soit à la voix, soit les deux en même temps.Mme Martel a pris le temps de bien choisir les (nombreuses) chansons qu\u2019on lui avait soumises.« Je voulais celles qui m\u2019allaient comme un gant », dit-elle.Elle n\u2019a passé qu\u2019une seule commande \u2013 à Lynda Lemay \u2013 pour une chanson sur la mort de son chum (La porte de ta vie), qui s\u2019est enlevé la vie en 2008.Sujet hautement délicat, qui demandait une approche hautement délicate.«Il n\u2019y a que Lynda qui pouvait m\u2019écrire un texte sur ça, explique la chanteuse.Elle a le don de se mettre dans la peau des gens comme si c\u2019est elle qui avait vécu les choses.» Trois ans plus tard, Renée Martel chante cette tragédie et en parle ouvertement.Mais le chemin fut long.Et souffrant.Sans aide extérieure, dit-elle, pas sûr qu\u2019elle s\u2019en serait sortie.«J\u2019aurais pu en mourir.J\u2019ai été obligée de demander de l\u2019aide spécialisée.Je me suis sentie coupable.J\u2019étais en colère.J\u2019étais en détresse.J\u2019ai essayé de comprendre.Puis, j\u2019ai arrêté d\u2019essayer de comprendre.Mais j\u2019ai travaillé fort.Je n\u2019accepterai jamais.Mais disons que j\u2019ai accepté de vivre avec.» Renée Martel assure être sortie grandie de cette période difficile.Elle en a profité pour chasser ses propres démons et se débarrasser des «boulets» qui l\u2019alourdissaient depuis trop longtemps.«J\u2019ai fait le ménage », dit-elle.Ménage de quoi, au juste?Des mauvais choix de vie, des erreurs professionnelles, des hommes qu\u2019elle n\u2019aurait pas dû quitter, de ceux qu\u2019elle n\u2019aurait pas dû fréquenter.Bref, Renée Martel s\u2019est délestée de ses regrets et a fait la paix avec elle-même.«J\u2019ai payé le prix.Maintenant, j\u2019assume toutes les décisions que j\u2019ai prises.» Voilà pourquoi la chanteuse se présente aujourd\u2019hui comme une «femme libre».Et voilà pourquoi elle a choisi la chanson de Nelson Minville comme titre pour son album.Bon.Elle admet que le concept est un peu cliché.Mais il se trouve que cela représente assez bien son état d\u2019esprit actuel.Alors, tant pis, lance-t-elle, « c\u2019est exactement cela que j\u2019avais envie de dire».Libre dans sa tête.mais dans son corps?Ça, c\u2019est une autre histoire.L\u2019été dernier, Mme Martel s\u2019est fait une double fracture, qui lui a valu des plaques et des vis dans le pied.et un déambulateur pour marcher.Elle a passé quatre mois à guérir et utilise encore une canne pour se déplacer, «par prudence».Cet accident, faut-il préciser, s\u2019est rajouté à tous les problèmes de santé qui l\u2019ont affligée dans les 10 dernières années, incluant l\u2019ablation d\u2019un demipoumon, qui lui a laissé le souffle court et l\u2019a forcée à revoir sa façon de chanter.Alors oui, elle est un peu diminuée.Mais ce n\u2019est pas ce qui va l\u2019empêcher de chanter.À bientôt 65 ans, Renée Martel a décidé d\u2019aller jusqu\u2019au bout.«De toute façon, chanter, c\u2019est tout ce que je sais faire», dit celle qui fêtera ses 60 ans de carrière l\u2019été prochain.C\u2019est d\u2019ailleurs confirmé: les FrancoFolies célébreront cet anniversaire en juin par un spectacle-événement présenté au Théâtre Maisonneuve.Pour celle qui a toujours évité de faire ses premières à Montréal, voilà qui constitue un immense précédent.Parmi les autres projets en cours, mentionnons que la chanteuse fera bientôt l\u2019objet d\u2019un livre signé par la journaliste Danielle Laurin (Le Devoir, Elle Québec) et d\u2019un documentaire de la cinéaste Stéphanie Lanthier (les Fros), dont le tournage est déjà entamé.«C\u2019est drôle, conclut Mme Martel.Avant, j\u2019avais l\u2019impression d\u2019avoir fait le tour de mon métier.Et là, je fais un tas de choses que je n\u2019aurais jamais pensé faire!» llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 2 8 J A N V I E R 2 0 1 2 A R T S 7 ARTS MUSIQUE Free.C\u2019est un mot que Julien Sagot répétera souvent, avec son accent français, en entrevue.Surtout connu comme percussionniste du groupe Karkwa, il sort mardi un premier album solo, Piano Mal.ÉMILIE CÔTÉ Julien Sagot est né à Paris dans une famille où il y avait peu d\u2019interdits.« Je faisais l\u2019école buissonnière et ma mère signait mes absences, raconte-t-il.C\u2019était pas mal free chez nous.» Les pa rents de Jul ien ont décidé de déménager à Montréal quand il avait 13 ans.Et la musique, ça remonte à quand?«J\u2019ai commencé les percussions en allant jouer aux tam-tam le dimanche, se souvient-il.J\u2019aimais le côté tribal de l\u2019affaire, le côté liberté et naïf.C\u2019est important pour moi dans la compo de garder cette innocence.» À l\u2019âge de 16 ans, Sagot a rencontré le claviériste François Lafontaine, « qui travaillait chez un disquaire».Sans le savoir, l\u2019être «éparpillé » et «musicien autodidacte » qu\u2019est Sagot allait faire partie de l\u2019un des groupes rock francophones les plus marquants de son époque.Karkwa a sor t i quatre albums, dont le dernier, Les Chemins de verre, qui a obtenu le prix Pola r is remis au meilleur album canadien, a été certifié disque d\u2019or, mais qui a surtout engendré plusieurs tournées qui ont pris fin l\u2019automne dernier.Des tournées à la fois stimulantes et éprouvantes pour des musiciens et pères de famille\u2026 Si bien que Karkwa a décidé de prendre une pause d\u2019un an pour mieux s\u2019inspirer et se ressourcer pour la suite des choses avec différents projets personnels.Mais depuis t rois ans , Julien Sagot bricolait un album ici et là quand il était sur la route ou de retour à la maison.«Une pause avec Karkwa, ça me permettait de me concentrer sur mon projet.» Le projet en question est des plus intéressants.Ce n\u2019est pas un disque de chansons, mais de tableaux sonores cinématographiques avec une signature musicale forte qui rappelle Timber Timbre, Tom Waits, Dead Man\u2019s Bone et même Arthur H ou Jean Leloup parfois dans le chant nonchalant.Ajoutez des arrangements qui vont dans tous les sens, des motifs sonores «hypnotiques» et répétitifs, éléments ajoutés de musique contemporaine, genre que Sagot affectionne particulièrement.«J\u2019écoute toutes sortes de musiques.Ça me ferait plaisir que l\u2019album soit classé musique du monde.» «J\u2019aime créer des univers qui m\u2019aident à ouvrir les chansons, pour les textures et les ambiances, dit Sagot.Avec Karkwa, je me suis retrouvé dans un univers assez pop, alors que moi, j\u2019ai toujours été éparpillé.» «Laboratoire du son» Le musicien aime cette idée de «laboratoire du son», d\u2019 «alchimiste » de la musique, avec le récit d\u2019un personnage- narrateur.« Je voulais changer ma voix, me trouver un personnage, un raconteur\u2026 J\u2019aime la narration, les choses qui sont racontées pas nécessairement avec des couplets et des refrains.» «Si j\u2019avais eu plus de temps, ajoute-t-il, j\u2019aurais fait une seule histoire pour tout l\u2019album pour que ce soit encore plus cinématographique.» Julien Sagot s\u2019est entouré du guitariste Simon Angell (Patrick Watson, Thus Owls) et du musicien folk-rock Leif Vollebeck (qui a aussi comme imprésario Sandy Boutin).«Si je m\u2019étais trouvé seul avec Simon, l\u2019album aurait été plus éclaté, mais Leif nous calmait en nous ramenant à un cadre de chanson.Quoi qu\u2019 i l en soit , les chansons de Piano Mal ne sont pas que le fruit d\u2019un trip de gang.L\u2019auditeur y prend un grand plaisir comme s\u2019il partait en voyage.On passe de la chanson française (Une vieille taupe) au rock (Le temps des vendanges), en passant par des pièces halloweenesques (Le trucifié) et une mélodie au piano magnifiquement illuminée par des harmonies vocales (La palissade).Et pourquoi Piano Mal ?C\u2019est le titre d\u2019une sculpture (Infiltration homogène pour piano à queue) de l\u2019artiste allemand Joseph Beuys, qui a recouvert un piano à queue d\u2019une couverture en feutre grise qui a un gros motif de croix rouge.«Le piano, pour moi dans la vie, a toujours été là pour me sécuriser dans mes maux.» Au fait, parlait-il de maux ou de mots ?Qu\u2019importe.JULIEN SAGOT Musicien libre CHANSON JULIEN SAGOT PIANO MAL SIMONE RECORDS PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE Julien Sagot profite de la pause que se sont accordée les membres de Karkwa pour présenter un premier disque solo tout en textures en en tableaux sonores cinématographiques.«J\u2019aime créer des univers qui m\u2019aident à ouvrir les chansons, pour les textures et les ambiances, dit Sagot.Avec Karkwa, je me suis retrouvé dans un univers assez pop, alors que moi, j\u2019ai toujours été éparpillé.» llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 8 A R T S L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 2 8 J A N V I E R 2 0 1 2 ARTS MUSIQUE ÉMILIE CÔTÉ Ses parents ayant vécu deux ans à Montréal avant sa naissance, Grégoire avait bien hâte de venir au Québec.Cela s\u2019est fait en grand à l\u2019invitation de Star Académie, lui dont le tube Toi + Moi a été choisi comme « chanson » de l\u2019émission.«C\u2019est Stéphane Laporte qui a entendu ma chanson, indique le chanteur de 32 ans.Patrick Bruel avait aussi parlé de moi à Julie Snyder.» Aujourd\u2019hui , le nom de Grégoire est associé à Jean- Jacques Goldman (leur duo La promesse joue sur les ondes des radios québécoises) et à un premier album vendu à plus d\u2019un million d\u2019exemplaires, suivi d\u2019un deuxième certifié platine.«Un rêve », dit-il.Grâce aux Beatles, Elton John, David Bowie et Bob Dylan, le jeune Grégoire Boissenot a appris le guitare et le piano par lui-même avec un intérêt marqué pour les mélodies accrocheuses et rassembleuses.Vers l\u2019âge de 15 ans, il a accouché de ses premières compositions, puis après un baccalauréat en langues étrangères appliquées à Paris, il a commencé à faire de petits boulots.Pour se rapprocher de sa passion, il est devenu attaché de presse chez Universal où il a accompagné des stars comme 50 Cent, U2, Michel Sardou et les Black Eyed Peas.Après avoi r perdu son emploi, il a fixé sept rendezvous avec des gens de l\u2019industrie dont il avait croisé la route.Parmi eux, l\u2019ingénieur de son qui allait devenir son fidèle collaborateur, Franck Authier, de même que Sevan Barsikian, cofondateur de My Major Company avec Michaël Goldman, le fils de l\u2019autre.« Leur concept était révolutionnaire.Lancer une maison de disques sur l\u2019internet en permettant aux gens de miser sur des albums.» My Major Company L e s i t e de My Maj o r Company a été lancé le 21 décembre 2007.Le 15 février, Grégoire avait amassé les 70 000 euros dont il avait besoin.Son premier disque a été lancé en septembre 2008 et s\u2019est vendu à plus de 1 million d\u2019exemplaires.«Les gens ont gagné 20 fois leur mise.» En cette ère de marketing et de stratégies web, l\u2019histoire de Grégoire fait sourire.«C\u2019est rassurant, car les gens ont encore leur mot à dire et que notre force de vente, c\u2019est les chansons.» Conte de fées ?Oui, mais Grégoire a aussi vécu des moments difficiles en perdant deux de ses trois frères à quelques années d\u2019intervalle.Et ce deuil a beaucoup inspiré les chansons pop-rock rassembleuses de Grégoire, qui ont des mélodies et des textes qui rendent une sorte d\u2019hommage à la vie.«On dit souvent que trop de douleur tue la douleur.C\u2019est là qu\u2019est née la chanson Toi + Moi, confie-t-il.Dans mon album, il y a cette idée de ne pas voir le verre à demi vide.C\u2019est plus facile de se lamenter que de se dire : allez, je fonce.» Grégoire a même eu la chance de rencontrer son héros, Jean-Jacques Goldman, qui accepté de chanter un duo avec lui.«C\u2019est la première fois qu\u2019il acceptait de chanter une chanson qu\u2019il n\u2019avait pas écrite ou composée.» Intitulée La Promesse, la pièce est le premier extrait de l\u2019album de Grégoire lancé au Québec, qui réunit les meilleurs succès de ses deux disques sortis en France et qui plaira beaucoup aux amateurs de chanson francophone qui assume son côté pop.«C\u2019est plus rock en spectacle », dit celui qui sera de retour sous peu de ce côté de l\u2019Atlantique pour monter sur une scène.POP Grégoire GRÉGOIRE PRODUCTIONS J EN MAGASIN DEPUIS MARDI GRÉGOIRE Des deuils, un rêve Sa vie est digne d\u2019un film.Tombé amoureux de la musique en voyant les Beatles à la télé, il s\u2019est occupé de stars en tant qu\u2019attaché de presse chez Universal.Mais inspiré par la perte de ses deux frères, il est allé de l\u2019avant avec ses propres rêves.Son premier album, financé par l\u2019argent d\u2019investisseurs inconnus, a si bien marché qu\u2019il a été sacré meilleur vendeur en France l\u2019année suivante.Qui ?Grégoire, le chanteur derrière la «chanson » de Star Académie, Toi + Moi.PHOTO NINON PEDNAULT L\u2019album de Grégoire lancé au Québec réunit les meilleurs succès de ses deux disques sortis en France.«C\u2019est plus facile de se lamenter que de se dire : allez, je fonce.» llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 2 8 J A N V I E R 2 0 1 2 A R T S 9 en collaboration avec montrealjazzfest.com jamestaylor.com LES ÉVÉNEMENTS SPÉCIAUX BILLETS EN VENTE MAINTENANT ! MERCREDI 27 JUIN 19h30 SALLE WILFRID-PELLETIER DE LA PLACE DES ARTS ARTS THÉÂTRE «Je suis dans une période de transition dans ma carrière avec la fin de Tout sur moi.» PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LAPRESSE llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 10 A R T S L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 2 8 J A N V I E R 2 0 1 2 ARTS THÉÂTRE La grande Denise Filiatrault l\u2019aime d\u2019amour ! Au point de lui confier une pièce qu\u2019il porte (pratiquement) seul sur ses épaules au Rideau Vert.Avant d\u2019être le héros de deux téléséries, Éric Bernier a fait sa marque dans le théâtre de création.Et il est devenu l\u2019ami de tout le milieu, de Robert Lepage à Wajdi Mouawad! Portrait avec retouches.ÉRIC BERNIER Bas les masques! LUC BOULANGER Éric Bernier est déjà là, avant l\u2019heure, lorsque le journaliste se pointe au café norvégien dans la Petite Patrie.L\u2019acteur a choisi l\u2019endroit et réservé une grande table au fond.Il s\u2019informe si ça convient.Puis, il se lève pour lire l\u2019ardoise.«Il faut à tout prix que tu essaies les boulettes norvégiennes en sauce\u2026 Ou bien les blinis caviar gravlax.Miam!» La première chose qu\u2019on remarque, c\u2019est sa gentillesse.Éric Bernier est un bon gars, attentionné, aimable.Pas seulement pour partager ses choix gastronomiques.Il vous suggère d\u2019aller voir un nouveau centre d\u2019art contemporain dans Griffintown (L\u2019Arsenal).Vous aimez Chet Baker?Il connaît un petit bar jazz, boulevard Saint-Laurent, qui vient d\u2019ouvrir.Vous admirez ce lustre au-dessus de la table.Il cherche sur son iPhone l\u2019adresse d\u2019un magasin de lampes, tout près, rue Beaubien.Gentil, disions-nous ! Après deux beaux succès télévisuels (Les hauts et les bas de Sophie Paquin et Tout sur moi \u2014 série pour laquelle Bernier a récolté, en septembre dernier, le Gémeaux du meilleur premier rôle masculin dans une comédie), l\u2019acteur remonte sur les planches dans Vigile (ou Le veilleur), sous la direction de Martin Faucher.Toutefois, le comédien n\u2019a jamais abandonné le théâtre, son premier amour.On l\u2019a vu dans des rôles secondaires au TNM, à La Licorne, chez Duceppe et récemment dans La Cage aux folles aux côtés de Benoît Brière (la pièce sera reprise l\u2019été prochain au Théâtre du Vieux- Terrebonne\u2026 mais sans lui).Or, dans Vigile, une pièce à deux personnages signée Morris Panych, Bernier joue un premier rôle (Kemp, un commis de banque, célibataire et solitaire, qui veille une vieille tante malade sur son lit de mort (Kim Yaroshevskaya).Kemp plaque tout pour s\u2019occuper de sa tante Grace et renouer avec elle.Au début, il est maladroit, angoissé et très sarcastique.Puis, peu à peu, un lien va se tisser entre la vieille dame et son neveu: «Mon rôle est presque un monologue : Grace lance quelques répliques seulement à la fin de la pièce, expliquet- il.Mais Kim est très présente dans ses silences, toujours en réaction aux propos de Kemp.Elle dialogue\u2026 sans parler.» À chacun sa vérité D\u2019une scène à l\u2019autre, Kemp se dévoilera, vulnérable malgré son humour noir.L\u2019écriture de Morris Panych, un auteur albertain qui vit à Vancouver, est remarquable.Elle mêle des répliques absurdes, slapsticks, avec des réflexions dramatiques et humanistes.Pour l\u2019auteur, le théâtre expose une multitude de vérités.Et c\u2019est au spectateur de se faire sa propre vérité.«C\u2019est une pièce sur l\u2019intimité, la rencontre de deux solitudes, ajoute Bernier.Ça parle du vertige de s\u2019ouvrir à un être, de dépendre de quelqu\u2019un.Plus on s\u2019attache, plus on s\u2019ouvre à l\u2019autre\u2026 plus on a peur d\u2019ouvrir de vieilles blessures.Car il faut du courage pour aimer ! C\u2019est facile d\u2019être cynique et d\u2019affirmer : \u201cMoi, je n\u2019ai pas besoin de personne\u2026\u201d À mes yeux, c\u2019est lâche!» Quand Éric Bernier a lu Vigile la première fois, à la demande de son ami, le metteur en scène Martin Faucher, le texte l\u2019a « jeté complètement par terre».«J\u2019avais l\u2019impression de revoir mon enfance, ma vie\u2026 même si elle n\u2019est pas aussi horrible que celle du personnage.Vigile arrive à un moment charnière de ma vie.Je vieillis (47 ans en août prochain).Je suis dans une période de transition dans ma carrière avec la fin de Tout sur moi.Je ferai uniquement du théâtre pour les deux prochaines années.« Sur plan personnel , je suis confronté au deuil d\u2019êtres chers.Ma mère a 82 ans et habite dans un foyer à Saint-Hyacinthe (mon père est mort il y a plusieurs années).Maman est très malade.Je vais la visiter le plus souvent possible.Même si elle ne communique plus.Alors je lui fais des blagues, je la maquille, je la coiffe.Comme dans la pièce!» En face de chez Wajdi Fils cadet d\u2019un ingénieur de Chicoutimi, Éric Bernier part à 9 ans vivre au Liban où son père a déniché un emploi.Beaucoup plus tard, en regardant des photos, il découvre qu\u2019ils habitaient à Beyrouth juste en face de chez Wajdi Mouawad ! En mai 2013, l\u2019acteur retournera à Beyrouth pour jouer Incendies avec Mouawad et la troupe qui a créé la pièce au Quat\u2019Sous, en 2003: «Je vais boucler une boucle », dit-il emballé .À l\u2019époque, au Liban, c \u2019est la guerre : la famille revient au Québec.À la fin du secondaire, Éric découvre le théâtre.Il monte une création avec des camarades pour un cours.Sur une scène de l\u2019agora de la polyvalente de Saint-Bruno, observé par des centaines d\u2019élèves attentifs, le garçon timide et weird éprouve un sentiment étrange, exaltant : «Se sentir compris et entendu, c\u2019est la chose le plus gratifiante du monde », confie l\u2019acteur qui a été victime d\u2019intimidation et d\u2019homophobie à l\u2019école.À la fin de l\u2019adolescence, son role model, c\u2019est Morrissey, le chanteur androgyne du groupe The Smiths.Mais c\u2019est un roman qui va profondément marquer Bernier : Confessions d\u2019un masque.«Mishima explique que très tôt, à 5 ou 6 ans, les homosexuels apprennent à porter un masque pour survivre; pour se faire accepter, explique- t-il.Au fond, le coming-out, c\u2019est la décision de retirer son masque pour se libérer.Et enfin être soi-même!» L\u2019acteur dit ça avec aplomb.Pourtant, son coming out est arrivé sur le tard, à 27 ans, après un grand amour et un mariage (à l\u2019église!) avec la comédienne Valérie Blais.Le couple se sépare \u2014 mais ils demeurent les meilleurs amis du monde \u2014 alors que chacun amorce sa carrière d\u2019acteur.Éric fait ses premières rencontres gaies dans les bars du Village et aux «mardis interdits», au Lézard, rue Saint-Denis.En 2006, alors que son visage devient plus connu, il «sort du placard », sans tambour ni trompette.«Je pourrais devenir une icône gaie au Québec, dit-il.(NDLR: Bernier est l\u2019un des porte-parole de la Fondation Émergence et de Gai-Écoute.).Mais je refuse beaucoup de demandes pour parler de mon orientation sexuelle sur des panels, dans des talk-shows, etc.Je ne veux pas devenir un \u201cacteur gai\u201d.Je suis un acteur.Mon métier, c\u2019est d\u2019interpréter des personnages.Pas de donner des conférences sur l\u2019homosexualité.» La recette de brownies ! Paradoxalement, si on pense tout connaître sur lui, à cause des intrigues télévisuelles écrites par Stéphane Bourguignon, Bernier se définit comme un homme pudique, pas très public.«Présenter mon couple dans La semaine ou 7 jours?Non merci ! Il y a des acteurs qui ont besoin de ça pour exister , c\u2019est leur choix.Moi, je trouve qu\u2019il y a un danger à trop s\u2019exposer dans toutes sortes d\u2019émissions pas rapport, dit-il.Je ne veux pas donner des recettes de brownies dans un show de cuisine ; comme ça, je ne risque pas que le spectateur pense à ma recette en me voyant jouer.» Cela dit, l\u2019acteur n\u2019a rien d\u2019un puriste.« Au théâtre, j \u2019aime bien quand il y a des ramifications entre la fiction et la réalité.En général, les performances intéressantes, c\u2019est lorsqu\u2019il y a un flou entre l\u2019acteur et le personnage ; qu\u2019on ne sait pas trop où commence l\u2019un et où finit l\u2019autre.» Comme avec Vigile où Bernier retrouve une idole de son enfance : Fanfreluche.«Enfant, j\u2019étais borderline autiste, renfermé, collé à la télévision.Et Kim m\u2019a un peu sauvé la vie avec Fanfreluche.Grâce à ses contes qu\u2019elle narrait avec sa voix si unique, elle m\u2019a fait découvrir le monde de l\u2019imaginaire.Quand je la regardais avec Hélène Loiselle (qui jouait des sorcières), Andrée Lachapelle et François Tassé (qui incarnaient des princesses et des princes), j \u2019avais l\u2019impression que j\u2019allais les rencontrer, un jour, quand je serais grand\u2026 «Et aujourd\u2019hui, j\u2019ai travaillé avec tous les quatre ! » Vigile (ou Le veilleur), au Théâtre du Rideau Vert, du 31 janvier au 3 mars.Vigile, de Morris Panych, sera présentée en anglais au Segal Theatre, avec deux autres comédiens, dans la mise en scène de Martin Faucher, du 11 mars au 1er avril.Aussi, le Théâtre Centaur présente en première mondiale In Absentia, la toute nouvelle pièce de Morris Panych, du 31 janvier au 4 mars.ÉRIC VU PAR WAJDI MOUAWAD\u2026 QComment qualifiez-vous l\u2019acteur de théâtre que vous avez dirigé pour la première fois, en 1998, dans Willy Protagoras enfermé dans les toilettes ?RDe la glaise animée d\u2019une capacité à se modeler elle-même sans censurer aucune forme.QUn rôle du répertoire que vous aimeriez lui confier sur un projet de rêve (sans contraintes de budget, de temps, ni de programmation) ?RIago et Othello en même temps et dans la même production! (NDLR: le perfide Iago de la tragédie de Shakespeare rend fou de jalousie Othello, comme son double diabolique.) QQuelle est la principale qualité d\u2019Éric Bernier comme collaborateur dans vos créations à la scène?RIl force à chercher la sensibilité et l\u2019humanité dans des endroits où on ne pensait pas les trouver.ÉRIC VU PAR MACHA LIMONCHIK\u2026 QL\u2019amitié entre Valérie, Macha et Éric est légendaire à la télé ! Comment est-il comme ami dans la vie?RUn ami parfait! Généreux, curieux, ouvert, drôle, à l\u2019écoute.Un beau romantique et naïf.(Il ne va pas aimer lire naïf\u2026) Et un merveilleux «tonton» pour ma fille de 5 ans! QSon spectacle le plus marquant à vos yeux?RDans Le mystère d\u2019Irma Vep, Éric jouait (avec Serge Postigo) plusieurs personnages complètement délirants.On a pu découvrir l\u2019acteur comique.Éric a un humour original, tordant et pas du tout cynique.Un humour qui ne ressemble à celui de personne.Cette pièce rendait justice au talent et à la folie d\u2019Éric.QUn secret (un tic) qu\u2019il ne voudrait pas partager ?RIl aime la mode, le design, mais il n\u2019est pas obsédé comme son personnage de Tout sur moi.Sauf pour ses cheveux\u2026 Il est à la recherche du cheveu parfait.Sa coiffure est un work in progress.Il l\u2019analyse dans le moindre détail.Ses coiffeurs doivent avoir peur de lui! (rires) Propos recueillis par Luc Boulanger Éric Bernier est aussi le chanteur du groupe BOB, avec les musiciens Bernard Falaise (qui fait partie de L\u2019Opéra de Quat\u2019sous, présentement à l\u2019affiche à l\u2019Usine C), Michel F Coté et Guy Trifiro.On peut écouter quatre pièces de l\u2019album Unstable Friends sur MySpace: http://www.myspace.com/ bobunstablefriends EN MUSIQUE\u2026 ( ( PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE Macha Limonchik PHOTO FOCUS1 Wajdi Mouawad llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 2 8 J A N V I E R 2 0 1 2 A R T S 11 ROCK JULIEN SAGOT PIANOMAL HHH 1/2 SIMONE RECORDS Pas du Karkwa Hormis ses activités de percussionniste et d\u2019acteur crucial du département recherche & développement au sein de Karkwa, Julien Sagot est auteur-compositeur-interprète.Le leadership de la réalisation de son premier opus solo a été confiée à Simon Angell, guitariste de Patrick Watson et cofondateur de l\u2019excellent groupe québéco-scandinave Thus Owls.Très rapidement, on est habité par ces vastes tableaux de musique garnis de mots d\u2019une élégance certaine.Les textes s\u2019avèrent d\u2019allégeance surréaliste (enfin, s\u2019en approchent).De manière générale, l\u2019architecture musicale y est simple, tout se déploie plutôt dans l\u2019habillage, l\u2019arrangement, l\u2019instrumentation, les textures, la réalisation.À ce titre, Simon Angell a fait du très bon boulot.La variété des styles (folk, rock, ambient, prog, musique répétitive américaine, musique classique contemporaine, etc.) y sert un univers riche et singulier.Les prises de son sont bellement filtrées, les fragment de bruits captés sur le terrain se voient considérablement transformés et confèrent une réelle envergure à ces enregistrements.On n\u2019en retiendra probablement pas les chansons, on risque d\u2019en retenir le tout.Et surtout, Sagot y réussit l\u2019exploit de ne pas ressembler à Karkwa, ou si peu.\u2013 Alain Brunet À télécharger: Les champs de coton La voix et les beats Originaire de Vancouver, c\u2019est à Montréal que la musicienne Claire Boucher a lancé son projet/groupe multimédia Grimes.Un premier album à tirage limité, Geidi Primes, puis un deuxième à peine moins confidentiel, Halifaxa, ont posé les bases de cette pop bricolée à la main à l\u2019aide d\u2019outils électroniques et d\u2019influences r&b plus suggérées qu\u2019assumées.Sans l\u2019ombre d\u2019un doute, il y avait là du talent.Ainsi, le label anglais 4AD se chargera de lancer Vision hors du Canada, où elle est représentée par le label Arbutus Records.Deux éléments rehaussent ce nouvel album.D\u2019abord, la voix diaphane et vivifiante de Boucher.Deuxièmement, une propension à couler des mélodies, pas toujours mémorables mais au moins agréables, dans un moule difforme de breakbeats et d\u2019arrangements de claviers singuliers.Elle qualifie aussi sa musique de «post-internet », nous dirons plutôt «post-Animal Collective », pour ajouter à la confusion : ses ritournelles éthérées sont enjôleuses, mais ses expérimentations avec la forme pop tournent un peu en rond dès le milieu du disque, lequel reste néanmoins convaincant pour la suite des choses.\u2013 Philippe Renaud, collaboration spéciale À télécharger : Genesis ARTS MUSIQUE STÉRÉO LE DISQUE DE LA SEMAINE TROIS CHANSONS À ÉCOUTER ÉMILIE CÔTÉ CLIP DE LA SEMAINE ÉMILIE CÔTÉ JAZZ AUGUSTE QUARTET / ALAIN BÉDARD HOMOS PUGNAX HHH 1/2 EFFENDI HIP HOP GONJASUFI MU.ZZ.LE HHH1/2 WARP INTO GIANTS, PATRICK WATSON C\u2019est le 17 avril que Patrick Watson sortira son quatrième album, Adventures In Your Own Backyard, enregistré dans l\u2019intimité de son loft, boulevard Saint-Laurent.Le public a droit depuis mercredi dernier à un premier extrait, Into Giants, une magnifique pièce à la fois douce et prenante, chantée en duo avec Erika Angell du groupe Thus Owls, et rythmée par la guitare galopante de Brad Barr.Wow! À écouter au www.adventuresinyourownbackyard.com.POP BORN TO DIE LANA DEL REY HHH 1/2 INTERSCOPE/UNIVERSAL Un bon soap musical Les oreilles enfouies sous nos écouteurs, nous avons fait fi de tout, de Lana Del Rey le buzz et le personnage, pour nous concentrer sur sa musique.Par rapport aux trois premiers extraits mélancoliques irrésistibles déjà lancés, les 12 autres titres de l\u2019album (généreux) surprennent par des arrangements électro-pop léchés (parfois dansants et presque rap).Lana se dévoile finalement sous un jour beaucoup plus pop qu\u2019indie.Elle arrive néanmoins avec des chansons suaves, sombres et accrocheuses, notamment la pièce enrobée de violons et d\u2019harmonies vocales, National Anthem, où Lana demande à sa date de l\u2019amener dans les Hamptons.Prenons Lana Del Rey pour ce qu\u2019elle est : une lolita à la voix langoureuse qui chante sa solitude et ses déboires sentimentaux dans les effluves d\u2019une soirée triste qui se noie dans l\u2019alcool.Avec ses longs cheveux de princesse, ses lèvres pulpeuses et ses longues robes de soirée satinées, Lana Del Rey évoque une vamp de soap américain ou un personnage de Gossip Girl, qui assume la caricature de ses sentiments à fleur de peau.N\u2019est-ce pas l\u2019image qu\u2019elle dégageait à Saturday Night Live ?Comme dirait la belle Lana Del Rey, So put on mascara and your party dress.Et entrez dans son Dark Paradise.\u2013 Émilie Côté À télécharger : National Anthem Psycho-pop À 10 chansons en près de 25 minutes, MU.ZZ.LE ne se qualifie pas tout à fait pour être le successeur de l\u2019épatant A Sufi and a Killer, premier album du chanteur, DJ et producteur californien (aujourd\u2019hui établi à Las Vegas) Sumach Ecks, alias Gonjasufi.Voyons l\u2019offrande comme un nouvel étalon, non seulement dans le parcours du musicien (et prof de yoga !) mais aussi dans l\u2019éclatement de la scène hip hop/électro expérimentale de la côte Ouest (Flying Lotus, Samiyam, Matthewdavid.).On est vite absorbé dans l\u2019enchaînement de brève vignettes sonores et de chansons enfumées du producteur, qui amène ses rythmiques dans des territoires rock psychédéliques, spaghetti-western et soul progressif.Plus près des Flaming Lips que de DJ Shadow, Gonjasufi se sert de sa voix comme d\u2019un instrument à triturer sous les couches de sons et de samples obscurs.Une mélancolie tendue et malsaine traverse ce fascinant disque, psychotique et touchant dans la beauté du piano qui se brise sur les cymbales de Timeout, dans les violons en accord avec la voix de Rubberband, laquelle se fond tout naturellement dans la brillante Nikels and Dime.\u2013 Philippe Renaud, collaboration spéciale À écouter : Nikels and Dimes Grande cohésion Voilà un autre très beau chapitre de jazz moderne auquel nous convie le contrebassiste québécois Alain Bédard, cofondateur du label Effendi.Qu\u2019un musicien de jazz soit aussi réalisateur et producteur d\u2019enregistrements n\u2019est pas une garantie de qualité mais, dans ce cas-ci, les trois fonctions qu\u2019occupe Bédard concourent à une moyenne élevée au bâton.À l\u2019évidence, notre homme est un jazzman de notre temps, ayant saisi les principaux enjeux de la composition moderne au sein de laquelle l\u2019improvisation catalyse les structures.Au sein de l\u2019Auguste : le saxophoniste Frank Lozano, toujours aussi rigoureux et fluide, le batteur Michel Lambert, dont l\u2019expérience et la qualité d\u2019écoute sont des atouts, le pianiste Alexandre Grogg, qui a énormément progressé ces dernières années, au point de se trouver un style et une identité propres.Ces quatre musiciens nous offrent ici un exemple de grande cohésion.L\u2019ancrage de cet Auguste Quartette dans le jazz moderne en couvre toute la période \u2014 avec peut-être un parti pris monkien côté Bédard qui signe la majorité des compositions de cet Homos Pugnax.\u2013 Alain Brunet À télécharger : Vieux pneus POP GRIMES VISION HHH1/2 ARBUTUS RECORDS ROCK NADA SURF THE STARS ARE INDIFFERENT TO ASTRONOMY HHH BARSUK S\u2019accrocher Après sept albums studio en vingt ans de carrière, le trio new-yorkais Nada Surf mérite son titre de vétéran du rock indépendant américain, bien qu\u2019on ait tendance à le réduire, un peu injustement, au succès de l\u2019album Let Go (2002).Depuis, à l\u2019échelle de la reconnaissance, Nada Surf s\u2019est fait doubler par ses amis de Death Cab For Cutie, mais persiste à produire de belles petites ritournelles rock, dont est farci le nouvel album.On reconnaîtra avant tout le talent de Matthew Caws, Daniel Lorca et Ira Elliot pour les refrains qui font mouche à tout coup.Pas une chanson de perdue sur ce disque nerveux, enregistré à la mitaine et en cinq jours par le trio.Il s\u2019agit de la plus fébrile collection de chansons de la part d\u2019un groupe généralement parcimonieux et appliqué.La plus mélancolique, aussi.En contrepartie, les arrangements et l\u2019énergie générale évoquent un son conservateur, sans grande innovation.On se souciera peu également des textes, une succession d\u2019images éculées qui ne rendent pas justice à la qualité des mélodies.\u2013 Philippe Renaud, collaboration spéciale À télécharger : When I Was Young, Jules and Jim.AMERICANA THE LITTLE WILLIES FOR THE GOOD TIMES HHH EMI Musée, conservation.plaisir For The Good Times est le deuxième album des Little Willies \u2014 le premier date de 2006.Revoilà Norah Jones au sein d\u2019un groupe qu\u2019elle chérit et dont elle partage la voix soliste avec le guitariste Richard Julian, projet exclusivement consacré aux relectures americanas.Quel est l\u2019intérêt de faire dans le muséal et la conservation lorsqu\u2019on est plutôt associé à la pop de création?Parce qu\u2019une forte portion des fans de la chanteuse n\u2019aurait pas eu la puce à l\u2019oreille si elle et ses potes ne l\u2019avaient pas introduite au moyen d\u2019un tel véhicule.Ces trentenaires deviennent ainsi des passeurs de tradition et contribuent à actualiser légèrement les propositions de leurs aïeux.Country, blues et folk classiques américains sont au programme : Diesel Smoke, Dangerous Curves (Cal Martin), Lovesick Blues (Irving Mills et Cliff Friend), First City (Loretta Lynn), Permanently Lonely (Willie Nelson), Wide Open Road (Johnny Cash), For The Good Times (Kris Kristofferson) et autres Jolene (Dolly Parton).En tout, une douzaine de classiques créés à l\u2019intérieur des terres et repris par de jeunes outsiders qui s\u2019instruisent avec ferveur tout en en faisant bénéficier leur auditoires.\u2013 Alain Brunet À télécharger : Lovesick Blues TONIGHT, SAINT ETIENNE Le trio britannique Saint Etienne sera de retour avec son quatrième album en carrière, le premier en sept ans.La date reste à confirmer mais le premier extrait, Tonight, est disponible gratuitement si on s\u2019inscrit à la liste d\u2019envoi du groupe au www.saintetienne.com.Très pop et dansante, la pièce a été réalisée par Tim Powell (Kylie Minogue, Sugababes, Pet Shop Boys), et mixée par Richard X (M.I.A., Kelis).LES NUITS D\u2019UNE DEMOISELLE, DOROTHÉE BERRYMAN En attendant son nouvel album qui sortira en magasin le 14 février, Dorothée Berryman a mis en ligne sur son site web une chanson jazzée fort coquine, Les nuits d\u2019une demoiselle, où la chanteuse utilise presque tous les synonymes possibles pour parler des plaisirs donnés à ses «bijoux», son «abricot» ou encore son «matou» pour conclure en disant bien simplement qu\u2019«elle baise».Les paroles et musiques sont signées Raymond Legrand, Guy Breton et Colette Renard.À écouter au www.dorotheeberryman.com/promo/demoiselle/.LOOK AROUND, RED HOT CHILI PEPPERS Réalisé par Robert Hales (Britney Spears, Justin Timberlake), le nouveau clip des Red Hot Chili Peppers est une sorte de diaporama qui nous mène à travers les pièces d\u2019une maison sans règle de vie ou s\u2019éclatent les membres du groupe ( Anthony Kiedis, Michael Peter Balzary, Chad Smith et Josh Klinghoffer).Rappelons que Red Hot Chili Peppers se produira à Montréal le 2 mai, au Centre Bell, et que les billets sont mis en vente aujourd\u2019hui.llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 12 A R T S L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 2 8 J A N V I E R 2 0 1 2 ARTS MUSIQUE Ce premier album en sept ans de Leonard Cohen est un grand cru dont plusieurs chansons trouveront leur place parmi les classiques du poete dforigine montrealaise.Voici donc notre appreciation dfOld Ideas, chanson par chanson.ALAIN DE REPENTIGNY Cohen etonne toujours par sa pertinence, son originalite et ce petit quelque chose dfintemporel qui est lfapanage des plus grands.Au plan musical, Old Ideas est son disque le plus libre et le plus accompli depuis des lunes.áLeonard ne fait pas des albums a la chaine et quand les chansons sortent finalement, elles ont du jusâ, a recemment commente le realisateur Patrick Leonard en interview.On ne saurait mieux dire.GOING HOME Tres fort comme entree en matiere.Au plan de lfautoderision, Going Home est a Old Ideas ce que Tower of Song etait a Ifm Your Man.Dans ce poeme dont le realisateur Patrick Leonard a tire une chanson, le chanteur-diseur se moque dfun á lazy bastard living in a suit â prenomme Leonard.Une ballade irresistible pour la proximite de la voix de Cohen, une constante dfun bout a lfautre de lfalbum, et pour le leitmotiv du synthe qui se logera dans votre oreille pour y rester.AMEN Du grand Cohen.La chanson la plus longue de lfalbum .plus de sept minutes .mais on en redemande.Comme dans The Future, Cohen evoque de sa voix rapeuse des images pas tres jojo, pourtant Amen agit comme un baume avec sa melodie accrocheuse et sa fort belle musique melancolique.SHOWME THE PLACE Un hymne proche du gospel dans lequel il est question de troubles, de souffrance, dfesclavage et ou la voix angelique de Jennifer Warnes agit comme contrepoids a celle, granuleuse, du chanteur.Lforgue est en evidence, le violon aussi, qui donne a la chose une saveur quasi celtique.Comme dans ce que Cohen fait de mieux, il y a un cote apaisant dans la noirceur de Show Me The Place.DARKNESS Changement de ton, de rythme aussi.Un blues pratiquement enregistre live avec le groupe de tournee de Cohen, meme si la guitare electrique y est moins presente qufen concert.Dfentree de jeu, on reconnait le son de la guitare de Cohen dont on sfennuyait depuis des decennies.Une musique riche, nourrie a lforgue, au piano, a la batterie, au saxophone et a la guitare acoustique.Lfune de mes preferees.ANYHOW Une chanson etonnante sur le theme de lfechec amoureux, ou lfamertume, proche du fiel, lfhumour et la derision se melent dans des phrases savoureuses (I know you have to hate me but could you hate me less).Cohen nous la chante mollement, avec une touche sexy accentuee par le á anyhowâ vaporeux de la chanteuse Dana Glover.Cette chanson jazzee se termine en clin dfoeil sur une enfilade de rimes aussi amusantes que faciles.CRAZY TO LOVE YOU Cette chanson, Cohen lfavait donnee a Anjani Thomas qui nous lfa servie facon piano/ voix angelique sur son album Blue Alert.Il a eu lfidee lumineuse de la reprendre a sa facon, plus depouillee encore, et encore plus efficace.Pour la premiere fois depuis une eternite, le chanteur de 77 ans sfaccompagne uniquement a la guitare et pousse sa voix dans des phrases qui nous vont droit au coeur sur le theme des affres et des avantages de la vieillesse.COME HEALING Un autre hymne, superbe dans la forme comme dans le ton, ou Cohen chante dans une tonalite plus haute qufa lfhabitude pour arrimer sa voix a celle, fort belle, de Dana Glover.Le duo met en valeur ce texte aux accents bibliques.BANJO Une chanson plus rythmee.Le dobro annonce des le depart un blues country auquel contribuent trois musiciens du groupe de tournee: Sharon Robinson, qui sfeclate a la maniere gospel, Neil Larsen (cornet) et Dino Soldo qui y joue presque tous les autres instruments.Un intermede leger parmi des chansons plus consistantes.LULLABY Une fort belle chanson que Cohen chantait deja dans sa derniere tournee.Une ballade lente, bluesee, repetitive.Un tout petit bemol: cette chanson emouvante aurait ete encore plus reussie sans le son dfharmonica un peu convenu qui prend trop de place.DIFFERENT SIDES Cohen a garde pour la fin sa chanson la plus pop.Un reglement de comptes entre deux amants sur une musique presque dansante, avec piano qui swingue sur fond dforgue.Probablement pas la chanson qui vous restera en memoire apres lfecoute de ce grand album.OLD IDEAS Du grand Cohen CHANSON LEONARD COHEN OLD IDEAS COLUMBIA / SONY MUSIC EN MAGASIN MARDI HHHH 1/2 PHOTO JOEL SAGET, AGENCE FRANCE-PRESSE Leonard Cohen, photographie a lfoccasion de la promotion de son nouvel album, Old Ideas.llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R E A L S A M E D I 2 8 J A N V I E R 2 0 1 2 A R T S 13 COMPLET Partenaires publics LANG LANG piano BACH Partita n\u2039 1 en si bemol majeur SCHUBERT Sonate n\u2039 23 en si bemol majeur CHOPIN Douze Etudes, opus 25 LANG LANG 15 MAI 20H MENAHEM PRESSLER piano ALEXANDER KERR violon NOBUKO IMAI alto ERIC KIM violoncelle MOZART Quatuor pour piano et cordes n\u2039 1, K.478 DEBUSSY Estampes, pour piano seul DVO.RAK Quatuor pour piano et cordes n\u2039 2 MENAHEM PRESSLER &SESAMIS 16 FEVRIER 20 H Egalement presente dans le cadre du festival de Montreal en lumiere EVGENY KISSIN EVGENY KISSIN, piano BEETHOVEN Sonate no 14,áMoonlight â BARBER Sonate en mi bemol mineur CHOPIN Nocturne en la bemol majeur & Sonate n\u2039 3 en si mineur 26 AVRIL 20 H Presentateur du concert Lang Lang en recital Presente par LESRECITALS delfosm LES RECITALS BILLETS A PARTIR DE 3550$ Taxes en sus.OSM.CA 514 842-9951 MAISON SYMPHONIQUE DE MONTREAL montrealjazzfest.com LongueuiL Vendredi 17 fevrier Theatre de la Ville 450 670-1616 theatredelaville.qc.ca MontMagny Samedi 11 fevrier Salle Edwin-Belanger 1 866 641-5799 .adls.ca Quebec Samedi 18 fevrier Grand Theatre de Quebec 1 877 643-8131 .billetech.com VictoriaViLLe Mardi 21 fevrier Pavillon Arthabaska 1 800 842-5794 .ovation.qc.ca LfassoMption Mercredi 22 fevrier Theatre Hector-Charland 1 855 790-1245 admission.com saint-Jeansur- richeLieu Dimanche 5 fevrier Theatre des Deux-Rives 1 855 790-1245 .admission.com saint-hyacinthe Samedi 4 fevrier Centre des arts Juliette-Lassonde 1 855 790-1245 admission.com VaLLeyfieLd Jeudi 9 fevrier Salle Albert-Dumouchel 1 800 842-5794 .ovation.qc.ca gatineau Jeudi 16 fevrier Maison de la culture de Gatineau 1 800 842-5794 .ovation.qc.ca shawinigan Vendredi 10 fevrier Centre des arts de Shawinigan 1 866 666-5326 cultureshawinigan.ca sainte-therese Samedi 25 fevrier Theatre Lionel-Groulx 450 434-4006 .odyscene.com sherbrooke Mercredi 15 fevrier Theatre Granada 1 800 842-5794 .ovation.qc.ca St-GeorGeS-de-Beauce Dimanche 12 fevrier Auditorium du Cegep Beauce-Appalaches 418 228-2455 lesamantsdelascene.com beLoeiL Dimanche 26 fevrier Centre culturel de Beloeil 1 855 790-1245 .admission.com MontreaL Jeudi 23 fevrier et vendredi 24 fevrier 2012 a 20h LfAstral (Maison du Festival Rio Tinto Alcan) 305, rue Sainte-Catherine Ouest 1 855 790-1245 .admission.com .ticketmaster.ca tournee Festival de 2012 Le Jazz en en premiere partie Peo Alfonsi Di Meola Al en duo avec Julie Lamontagne solo Le guitariste MythiQue de return to foreVer enfin en tournee au Quebec ARTS DANSE STÉPHANIE VALLET Ce n\u2019est pas tous les jours que la Maison Théâtre accueille des compagnies de danse.Et pourtant, pour Cas public, d\u2019Hélène Blackburn, c\u2019est la deuxième fois.La chorégraphe qui créé depuis 10 ans pour le jeune public est catégorique : les jeunes aiment et comprennent l\u2019univers de la danse contemporaine.JEAN SIAG Rarement a-t-on vu des spectacles de danse faire autant « lever » le public.C\u2019était le cas en 2008 lors de la présentation du Cabaret dansé du vilain petit canard.Idem pour Gold, la plus récente création d\u2019Hélène Blackburn inspirée des Variations de Goldberg, de Bach.Variations S a suivi le même parcours auréolé de succès lors de sa création en 2010 aux Coups de théâtre.Inspirée du Sacre du printemps de Stravinski, la pièce qui ne contient cette fois aucune trame narrative a encore une fois rejoint son public.Plus de 40 représentations plus tard, ici, mais aussi en Allemagne et en France, la voici de retour à Montréal.Créée par les Ballets russes en 1913, Le sacre du printemps, où une jeune fille est sacrifiée pour satisfaire le dieu du printemps, est l\u2019une des oeuvres mythiques de l\u2019histoire de la danse, explique Hélène Blackburn au cours d\u2019un entretien téléphonique.«C\u2019est une pièce incontournable; c\u2019est la pièce musicale la plus chorégraphiée du XXe siècle.Tous les grands chorégraphes, dont Maurice Béjart et Pina Bausch, en ont fait une adaptation.» Selon la chorégraphe, la première de la pièce au Théâtre des Champs-Élysées demeure à ce jour le plus grand scandale des arts de la scène contemporaine.«Beaucoup à cause de la chorégraphie de Nijinski, qui avait notamment imaginé un solo qui se terminait par une scène de masturbation, précise Hélène Blackburn.Mais aussi parce que les créateurs ont transgressé les codes du ballet classique.C\u2019était un tournant dans le passage du ballet à la danse contemporaine.» Plutôt qu\u2019une adaptation classique de ce Sacre, Hélène Blackburn propose un dialogue avec l\u2019oeuvre.«Le compositeur Martin Tétreault a détourné la musique, en faisant entendre aux jeunes ce qu\u2019il y a de contemporain dedans, explique-t-elle.Martin a donc intégré aux airs du Sacre de la musique électronique, des échantillonnages et des boucles musicales.Il a vraiment pris la musique et il l\u2019a propulsée 100 ans en avant, pour montrer ce qu\u2019elle nous fournit comme matière aujourd\u2019hui.» Le volet danse, très athlétique, est tout aussi moderne.« Il y a beaucoup de force, d\u2019énergie et d\u2019impulsivité, préc i s e l a chorégraphe.Ironiquement, l\u2019oeuvre originale niait le ballet et les pointes.Nous, on en a rajouté.C\u2019est donc devenu à la fin, une discussion solide avec cette oeuvre majeure.Le thème tourne autour de l\u2019élue sacrifiée, qui est interprétée par un homme dans notre pièce, mais il n\u2019y a pas de narration.C\u2019est une heure de danse, sur le thème du printemps, qui symbolise bien sûr toute la passion de l\u2019adolescence.» Depuis sa création, les jeunes adorent la pièce, confie la chorégraphe.«Ils comprennent et ils ressentent les danses urbaines.Ils reconnaissent l\u2019exigence et le dépassement de la danse.Et ils sont capables de vivre une expérience espace/temps différente.Ils ont souvent beaucoup moins de préjugés sur la danse que les adultes.Cette ouverture-là a aussi un impact énorme sur les garçons, de plus en plus nombreux à danser.Ils ont d\u2019ailleurs une approche très athlétique, proche du cirque.Ce qui me fait beaucoup plaisir à voir.» Va r i a t i o n s S , H él è n e Blackburn y a pensé longtemps, mais une fois l\u2019angle trouvé, tout s\u2019est passé très vite.«Je travaille très rapidement, dans un laps de temps très court.Pour moi, une création c\u2019est comme écrire une lettre.Si je la conserve trop longtemps, je vais repartir ailleurs, je vais prendre trop de pistes différentes.Il faut que ça sorte d\u2019un coup.Pour Variations S, en deux semaines, nous avions 40 minutes du matériel final.» Variations S, à la Maison Théâtre du 1er au 10 février.Pour les 13 et plus.HÉLÈNE BLACKBURN / Variations S Le sacre de la danse PHOTO FOURNIE PAR CAS PUBLIC Depuis sa création, les jeunes adorent la pièce, confie Hélène Blackburn.« Ils comprennent et ils ressentent les danses urbaines.Ils reconnaissent l\u2019exigence et le dépassement de la danse.Ils ont souvent beaucoup moins de préjugés sur la danse que les adultes.» «Le compositeur Martin Tétreault a détourné la musique, en faisant entendre aux jeunes ce qu\u2019il y a de contemporain dedans.Il a vraiment pris la musique et il l\u2019a propulsée 100 ans en avant, pour montrer ce qu\u2019elle nous fournit comme matière aujourd\u2019hui.» Dominique Porte présentera Je, sa nouvelle création, au Monument- National du 2 au 5 février.Une pièce autobiographique qui marque le retour de la danseuse et chorégraphe au solo après 11 ans, basée sur sa vie, à la fois comme personne et artiste.La chorégraphe invite le spectateur dans l\u2019intimité du processus de création, juxtaposant une écriture chorégraphique et musicale à des écrits, des notes de travail et des réflexions personnelles.«Le mouvement est avant tout une pensée muette.Je voulais faire une sorte de biographie du corps, pour voir ce qu\u2019il avait emmagasiné à travers la technique et l\u2019apprentissage.J\u2019ai commencé à faire un kaléidoscope par date.J\u2019ai agi comme un écrivain, en allant chercher mes cahiers, mon magnétophone, dans lequel je me disais quoi faire, et ma banque de musique », explique la chorégraphe.Je se décline en différents tableaux où mémoire du corps et pensée se côtoient, où fiction et réalité s\u2019entremêlent dans un jeu de construction et de déconstruction non chronologique.On y retrouve un mélange de mouvements empruntés à la danse classique, au bharata indien, au jazz et à la danse contemporain, des styles qui ont marqué le parcours de la danseuse.«Sur scène, il y a beaucoup d\u2019accumulation de feuilles, provenant de ces cahiers que j\u2019utilisais au début de ma carrière.Il y a aussi un tableau noir en ardoise sur lequel j\u2019écris au fur et à mesure de la pièce à la craie.Les vidéos que j\u2019ai faites chez moi sont projetées sur un store à lattes», précise Dominique Porte qui a confié l\u2019éclairage de sa pièce à Marc Tétreault.Dominique Porte propose un voyage dans le temps, dans le mouvement, dans la pensée, mais aussi dans la musique, issue en grande partie de créations antérieures : Isaac Hayes, Schubert, Bach, Nino Ferrer, le compositeur Laurent Maslé, et une toute nouvelle pièce composée spécialement pour ce solo par Charles Papasoff avec qui elle collabore pour la troisième fois.Je, de Dominique Porte, du 2 au 5 février au Monument-National.DOMINIQUE PORTE/ JE Autobiographie du corps TROIS PEAUX ET VERS, À L\u2019AGORA DE LA DANSE Du 1er au 3 février Jean-Sébastien Lourdais se lance dans une véritable exploration du corps au-delà de la forme humaine.Précédé par le solo Vers dans lequel le danseur et chorégraphe transforme son corps en véritable laboratoire, Trois peaux explore jusqu\u2019à l\u2019inconfort, les limites physiques de ses trois interprètes (Annik Hamel, Rachel Harris, Frédéric Marier).Dans la foulée de Contrôle-Réaction, le chorégraphe français flirte une fois de plus avec la performance théâtrale, sur la musique de Ludovic Gayer (DJ Ludaxpack), qui interagit sur scène avec les danseurs qui répondent à ses rythmes.Présenté dans le cadre des 25 ans de Danse Montréal.MOVEMENT (R) REVOLUTION AFRICA, AU STUDIO 303 3 février à 18h30 Le film documentaire de Joan Frosch donnera le coup d\u2019envoi à l\u2019initiative Ascen/Danses, visant à soulignent la création contemporaine issue d\u2019artistes de la diaspora africaine.Présenté gratuitement au Studio 303, Movement (R) révolution Africa ouvre une fenêtre sur l\u2019univers chorégraphique contemporain africain du XXIe siècle à travers les réflexions, les répétitions et les performances de neuf chorégraphes africains, du Sénégal à l\u2019Afrique du Sud.PHOTO FOURNIE PAR SYSTÈME D PHOTO FOURNIE PAR STUDIO 303 llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 14 A R T S L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 2 8 J A N V I E R 2 0 1 2 ARTS DANSE La compagnie du chorégraphe britannique Akram Khan est de retour à Montréal, dans le cadre de la série Danse Danse, avec Vertical Road, une pièce pour huit danseurs, inspirée notamment par la vie du poète soufi Rumi.STÉPHANIE BRODY COLLABORATION SPÉCIALE CRITIQUE Au coeur d\u2019une scénographie épurée, un homme trouvera, croit-il, le chemin hors de la course effrénée de la vie pour s\u2019élever vers les cieux.Si on peut reprocher une chose à Vertical Road, c\u2019est peut-être sa facture bien nette.Le chemin vers l\u2019illumination comporte certes des moments de doute et de tentation, mais pas question ici de fange.L\u2019appel à la spiritualité passe par un emballage léché, une trame sonore obsédante et de la danse athlétique, qui séduisent et soulèvent les ardeurs.Khan, apprécié pour ses talents de conteur, emprunte parfois des chemins un peu plus baroques (on pense notamment à sa pièce ma) ; mais il choisit cette fois de structurer sa fable selon une courbe dramatique simplifiée au maximum.L\u2019individu et le groupe Cela dit , pas de doute, Vertical Road fait forte impression.Par les tons opalins de sa scénographie, sa distribution athlétique et cosmopolite (les danseurs sont originaires de l\u2019Espagne, de la Grèce, de l\u2019Égypte, de la Tunisie, de la Slovaquie et de la Corée) et ses mouvements de groupe serrés, à l\u2019attaque d\u2019abord incisive et pulsante, qui se collent à une trame sonore obsédante.Certains individus tenteront de s\u2019échapper du mouvement initial d\u2019unisson, aux allures de phalange martiale, mais celui-ci les engloutira aussitôt.Khan décline habilement ce tiraillement entre l\u2019individu et le groupe.Parfois, la collectivité devient une meute protectrice, parfois une personne quitte le clan pour sympathiser ou en affronter uniquement une autre ; parfois, ce sont tous les membres du groupe qui, simultanément, découvrent leur unicité en un bienheureux, mais bref chaos.L\u2019affranchi Peu à peu, un individu, Salah El Brogy, danseur émouvant et charnel, trouve le moyen de s\u2019affranchir pour de bon du groupe, un pouvoir qui le mène d\u2019abord à se mesurer à ses semblables et même à les manipuler.Au fil du temps, il se fera messager, entraînant les autres à ralentir leur course vers l\u2019avant et à tendre vers les hauteurs : les corps se délient, les mouvements se font plus lents et plus achevés ; les bras se soulèvent ; la force brute laisse place à la douceur et au toucher, lesquels passent entre autres par de tendres duos et d\u2019inévitables tournoiements de derviches.Extases, méditations en mouvement et communion.Reste que l\u2019homme incarné par El Brogy découvre, non sans angoisse, que son nouveau rôle l\u2019isole.Vertical Road, de l\u2019Akram Kahn Dance Company, ce soir, 20h, à la salle Maisonneuve de la Place des Arts.AKRAM KHAN/Vertical Road Spiritualité dans un emballage léché PHOTO FOURNIE PAR AKRAM KHAN COMPANY L\u2019appel à la spiritualité passe par un emballage léché, une trame sonore obsédante et de la danse athlétique.Khan emprunte parfois des chemins un peu plus baroques, mais il choisit cette fois de structurer sa fable selon une courbe dramatique simplifiée au maximum.llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 2 8 J A N V I E R 2 0 1 2 A R T S 15 Gordan Dumka LÀ OÙ LA RELÈVE PREND SA PLACE MERCREDI 7 MARS 18 h, apéro offert dès 17h15 UN DÉTOUR ROMANTIQUE JUSTINE PELLETIER, piano «Le piano n\u2019y a à peu près pas une minute de répit et l\u2019endurance de la jeune Justine Pelletier avait de quoi impressionner.» (Claude Gingras, La Presse) MERCREDI 8 FÉVRIER 18h, apéro offert dès 17h15 LES CHARMES DE L\u2019ACCORDÉON JELENA MILOJEVIC, accordéon \u201cJelena Milojevic may well be the most accomplished classical accordionist in Canada.She\u2019s certainly one of the best in the world.\u201d (Times Colonist) NE RATEZ PAS LES DERNIERS CONCERTS DE SALLE DE MUSIQUE DE CHAMBRE LA SAISON JMC 2011-2012 ! DE LA MAISON DES JMC CONCERTS GRAND PUBLIC SURUNPLATEAU LAMUSIQUE FAITES VITE, il ne reste que quelques billets ! Billetterie: 514.845.4108 (du lundi au vendredi de 9h à 17h) 305, avenue du Mont-Royal Est Montréal (Québec) H2T 1P8 www.jmcanada.ca · info@jmcanada.ca Paul Labelle montrealenlumiere.com INFORMATION 514 288-9955 \u2022 1 85LUMIERES JEUDI 16 FÉVRIER, 20h THÉÂTRE MAISONNEUVE, PdA COPRÉSIDENT D\u2019HONNEUR Soirée unique avec le célèbre harmoniciste présenté par en collaboration avec « .un musicien hors pair et polyvalent» Nathalie Petrowski, La Presse «Le plus grand harmoniciste chromatique du monde» «[\u2026] à tirer des larmes aux plus émotifs.» Thierry Coljon, Le Soir ARTS MUSICAL / HUMOUR Pour Natasha St-Pier, incarner Elvira dans la nouvelle mouture de la comédie musicale Don Juan, c\u2019est un peu comme un retour aux sources.STÉPHANIE VALLET Celle qui a lancé sa carrière internationale en 1999 en remplaçant Julie Zenatti, la Fleurde- Lys de Notre-Dame de Paris, montera bientôt sur scène sous les traits de la femme déçue du grand séducteur Don Juan et lancera en avril Bonne nouvelle, son septième album studio, qui marquera un tournant dans sa carrière.«Il y a des moments dans la vie où tout tombe à pic.Quelques mois avant d\u2019avoir 30 ans, j\u2019ai dit à mon agente que j \u2019aimerais refaire une comédie musicale, revivre, avant d\u2019avoir des enfants, ces moments magiques que j\u2019ai connus avec Notre-Dame.Fleurde- Lys avait trois chansons, c\u2019était agréable, mais je vivais le spectacle dans les coulisses.Là, j\u2019avais envie d\u2019un rôle où j\u2019ai du travail.Avec Elvira, j\u2019ai tout ce que veux!», explique Natasha St-Pier.La chanteuse se joint donc au couple de la première cuvée de la populaire comédie musicale lancée en 2004, Marie-Ève Janvier (Maria) et Jean-François Breau (Don Juan), mais également à quatre nouveaux venus: Amélie B.Simard (Isabel, ex-conquête du célèbre séducteur), Étienne Drapeau (Don Carlos), l\u2019ami et confident de Don Juan que jouait Mario Pelchat, Jonathan Roy (Raphaël) et Normand Lévesque (Don Luis) .Elle incarne donc Elvira, l\u2019épouse trahie et assoiffée de vengeance.« J\u2019ai envie qu\u2019il y ait de moi dans Elvira.J\u2019essaie de sentir les choses comme si elles m\u2019arrivaient dans la vie tout en ayant en tête qu\u2019elle fait partie de la noblesse.Elle a donc appris à ne pas montrer ses émotions.Le public doit comprendre que je suis triste sans larmes et fâchée sans cris », précise-t-elle.Nouvel album, nouveau style Tout juste après cette aventure qui marquera son retour au Québec, Natasha St-Pier lancera Bonne nouvelle.Depuis la compilation Tu trouveras\u2026 10 ans de succès paru en 2009, la chanteuse s\u2019est largement consac rée à l \u2019animat ion d\u2019émissions de télé en France, son pays d\u2019adoption depuis déjà treize ans.« J \u2019a i f i n i d \u2019en r e g i s - t rer début décembre en France.J\u2019ai travaillé avec un auteur-compositeur que personne ne connaît encore, Simeo.C\u2019est le futur Pascal Obispo!», s\u2019exclame-t-elle.Avec cet album, Natasha St-Pier compte se départir de sa réputation de « chanteuse à voix » et marquer un changement de cap dans sa carrière.«Bonne nouvelle, c\u2019est un peu dans l\u2019esprit de ce que Christophe Maé fait comme musique.C\u2019est à la fois très folk-rock et acoustique.Il n\u2019y a pas l\u2019ombre d\u2019une chanson triste ou d\u2019une ballade! Je crois que j\u2019ai prouvé que je savais chanter, mais je n\u2019ai pas encore prouvé que je pouvais avoir du groove.J\u2019ai beaucoup travaillé mon sens du tempo, et ça a été difficile, car je n\u2019ai pas le rythme dans la peau.Ma grosse excitation, c\u2019est de montrer une autre facette de moi aux gens.Je n\u2019ai plus envie d\u2019être dans une case», conclut-elle.Don Juan, du 2 au 12 février, salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts.NATASHA ST-PIER / Don Juan Changement de voix PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE La distribution de Don Juan, version 2012: Jonathan Roy, Étienne Drapeau, Jean-François Breau et Normand Lévesque à l\u2019arrière.Amélie B.Simard, Marie-Ève Janvier et Natasha St-Pier, au premier rang.En tournée au Québec depuis quatre mois avec son premier spectacle, l\u2019humoriste Eddy King se prépare aussi à faire carrière en anglais.Il a participé, lundi dernier, aux auditions Just for Laughs, au ComedyWorks de la rue Bishop, où La Presse l\u2019a rencontré.HUMOUR Eddy King vise le marché anglophone PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE L\u2019humoriste Eddy King espère faire une tournée en anglais un jour.«Ce show-là, on veut le traduire et l\u2019exporter, dit-il.Une partie est déjà traduite.Il faut juste le finir et en faire l\u2019adaptation.» ÉRIC CLÉMENT Le site internet français youhumour.com, propriété de Philippe Vaillant, le producteur de l\u2019humoriste Anne Roumanoff, s\u2019implante au Québec et produira un premier spectacle d\u2019humour le 1er février, à 19h30, à la salle André-Mathieu de Laval.Animé par Franck Grenier, le spectacle réunira une douzaine d\u2019humoristes de la relève dont Korine Côté, Neev, Méla n ie Coutu re , Stéphane Poirier, Étienne Da no, S tépha ne Fa l lu , Adib Alkhalidey, Cathleen Rouleau, Jean-Marie Corbeil, Pierre-Bruno Rivard, Nadine Massie, Vincent C et Simon Delisle.Les billets (au coût de 2 pour 25$) sont en vente sur hahaha.com, même si youhumour.com n\u2019a aucun lien avec Juste pour rire.La chaîne internet française lancée en mars 2008 pour faire la promotion des humoristes sur la scène internationale fera durant ce spectacle sa première captation télévisée au Québec.Des capsules issues de ce spectacle seront placées sur youhumour.com au printemps.«Youhumour fait de telles captations en France pour offrir une plateforme aux humoristes de la relève qui le sont de moins en moins grâce à ça, explique Mathieu Gaudreault, associé à Philippe Vaillant Images.On travaille depuis deux ans pour importer le concept ici.» Captations au Québec Youhumour prévoit faire trois captations de spectacles par an au Québec pour développer la partie du site consacrée à l\u2019humour québécois.Youhumour.com contient une grande variété de styles d\u2019humour, que ce soit le burlesque, l\u2019humour noir, l\u2019humour vulgaire, les monologues, les duos, l\u2019humour politique, etc.Sur le site, les capsules sont classées par thèmes et par artistes.Quelque 250 artistes sont liés au site qui compte déjà plus de 13 millions de visionnements et qui vise le million de visites mensuelles prochainement.Youhumour.com est aussi utilisé pour faire la promotion des DVD des humoristes.«On veut aussi donner un coup de pouce aux salles, aux petits diffuseurs, ajoute Mathieu Gaudreault.C\u2019est vraiment un site de promotion de l\u2019humour.Le site sera officiellement lancé ici à l\u2019automne.On fera alors une autre captation à la salle Albert-Rousseau, à Québec.» Youhumour fera ensuite des captations dans d\u2019autres villes du Québec, notamment à Trois-Rivières et Sherbrooke.«C\u2019est notre petit côté touristique car le site est vu dans toute la francophonie, autant au Sénégal qu\u2019en Suisse ou au Luxembourg, dit M.Gaudreault.Philippe Vaillant développe pour réaliser des captations en Martinique, dans les Antilles, et également au Sénégal bientôt.» YOUHUMOUR.COM Nouveau site d\u2019humour au Québec ÉRIC CLÉMENT Ce soir-là, après la présentation de 12 humoristes anglophones (dont Mike Paterson, DeAnne Smith et David Pryde) Eddy King a repris en anglais son numéro sur Tintin au Congo et la façon dont Hergé a dessiné les Noirs dans la bande dessinée.Sa performance était bonne et le public connaisseur du ComedyWorks a bien apprécié.« Pourtant, j\u2019était un peu rouillé, a-t-il dit à La Presse.Depuis le début de ma tournée, c\u2019est un peu plus difficile de me booker dans les salles anglophones.Ce ne sont pas les meilleures auditions que j\u2019ai passées.Les années précédentes, j\u2019avais eu de meilleures réactions du public.» L\u2019humoriste d\u2019origine francocongolaise espère tout de même être retenu par l\u2019équipe de Just for Laughs pour une participation à un gala anglophone en juillet, ce qui serait une première pour lui.Il a déjà participé à Montréal à des petits spectacles en anglais comme Best of the Fest, au ComedyWorks, le premier échelon à gravir chez Just for Laughs, ou encore Comedy Night in Canada.Il a aussi fait la première partie de Sugar Sammy à l\u2019Olympia, en 2009.« J\u2019aimerais bien participer au Homegrown Comic Compe t i t ion , à Uptown Comics ou au Ethnic Show», dit-il.Il espère surtout parvenir à faire une tournée en anglais un jour.«Ce show-là, on veut le traduire et l\u2019exporter, dit-il.On essaie de voir pour des occasions dans ce créneau-là.Une partie est déjà traduite.Il faut juste le finir et en faire l\u2019adaptation.Mon ambition est de faire carrière dans les deux langues, en fait dans toutes les langues que je peux!» En attendant, sa tournée se poursuit au Québec.En février, il sera à Châteauguay, Saint-Jérôme, Sherbrooke et La Prairie.En mars, il donnera des spectacles en Abitibi.«On prévoit présenter mon spectacle dans le cadre du 30e Festival Juste pour rire, dit-il.Sinon, je reprends la musique.J\u2019ai fait quelques apparitions et j\u2019ai été invité sur l\u2019album du rapper Imposs qui sort très bientôt.C\u2019est pas mal cool!» llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 16 A R T S L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 2 8 J A N V I E R 2 0 1 2 ARTS VISUELS Avant d\u2019aller plus loin, réglons une chose : je vais bien.Sans blague.Je me porte à merveille et je ne risque pas de faire un arrêt cardiaque ou une crise d\u2019urticaire dans un avenir immédiat.Pourtant, je viens tout juste de terminer la lecture de Charlotte before Christ, un premier roman d\u2019Alexandre Soublière, censé m\u2019infliger à moi et à tous les pathétiques boomers de ma génération un choc post-traumatique aussi puissant qu\u2019un retour d\u2019Afghanistan.Faut croire que je suis plus résistante que prévu, ce qui ne m\u2019empêche pas d\u2019être un brin perplexe devant cette première oeuvre sur deux jeunes d\u2019aujourd\u2019hui qui ont remplacé le joual de Tremblay par le franglais de\u2026 Xavier Dolan?À la radio l\u2019autre jour, Soublière, 26 ans et toutes ses dents, affirmait que son roman était un méga fuck you, lancé à la société québécoise, née avant lui, je présume.Pour le méga fuck you, je suis assez d\u2019accord.Il y a quelque chose de très provocant dans le personnage de Sasha, un narrateur désabusé de 18 ans qui profère des choses comme: «Je me sens un peu ordinaire dans mes vieux shoes.Faudrait que je fasse un tour au Holt Renfrew avec la Amex de mon père.» Ou encore: «Je pense qu\u2019il y a une seule boutique qui tient YSL à Montréal.C\u2019est pauvre comme ville quand on y pense.Même pas capable d\u2019avoir sa propre boutique YSL\u2026 Il y a fuck all ici.» Charlotte before Christ, si j\u2019ai bien compris, est l\u2018histoire d\u2019une nouvelle génération d\u2019enfants rois qui déserte les repères de l\u2019ancienne, vomit le nationalisme pour mieux embrasser la culture américaine, fait du porno et de l\u2019internet son pain quotidien, tout cela en métissant sa langue d\u2019anglais façon Radio Radio sans avoir la licence acadienne pour le faire.Ce n\u2019est pas entièrement nouveau comme démarche dans la mesure où Lucien Francoeur, Denis Vanier et même Pierre Harel ont pressé la langue québécoise pour en extraire le pur jus de son américanité.Reste que pour certains prophètes de bonheur et adeptes enthousiastes du jeunisme, Alexandre Soublière n\u2019est rien de moins que le Michel Tremblay de sa génération pour son dynamitage de la langue québécoise.On verra à l\u2019usure et à l\u2019usage si Soublière a autant de souffle et de talent que Tremblay.En attendant, c\u2019est vrai que son jeu avec la langue, aussi choquant soit-il, est intéressant et porteur de sens.On y devine un relent de malaise de colonisé qui s\u2019est mué en complexe de supériorité.Dans le petit Québec rien que pour nous autres où trop de Pauline Marois ne maîtrisent pas l\u2019anglais, dissoudre la langue du conquérant dans sa langue maternelle comme un morceau de sucre dans le café, c\u2019est s\u2019élever au-dessus de la plèbe, c\u2019est être suprêmement cool et en contrôle de sa propre aliénation.Je comprends parfaitement ce mécanisme de récupération très prisé par les nouvelles générations, surtout celles qui ont étudié à Brébeuf.Mais ultimement, où ça nous mène?Nowhere, j\u2019en ai bien peur.Chez Tremblay, le joual était avant tout libérateur.Parler joual, c\u2019était s\u2019assumer dans son accent, dans sa culture, dans son environnement, dans tout ce qui nous distinguait de la France.Plus important encore, le joual de Tremblay était un égalisateur social, qui célébrait le coeur et l\u2019authenticité de la classe ouvrière.Le narrateur de Soublière, lui, n\u2019en a rien à cirer de la classe ouvrière.C\u2019est un gosse de riche, gâté, pourri, égoïste, narcissique, accro aux marques, dopé à la consommation et anesthésié par le confort, comme le sont les personnages de Bret Easton Ellis dont Soublière se réclame.L\u2019ennui, c\u2019est que Soublière n\u2019a pas la distance froide et meurtrière d\u2019Easton Ellis.Il y a du mou et du flou dans sa charge.À la radio, il a expliqué que ses personnages exprimaient la rage d\u2019Occupy Wall Street et du Tea Party, comme s\u2019il n\u2019y avait pas d\u2019océan idéologique entre les deux.Faudrait qu\u2019il se branche.Pour le reste, Charlotte before Christ s\u2019avère une proposition littéraire intéressante qui pose plusieurs questions, surtout pour la suite.Alexandre Soublière va-t-il continuer à dynamiter sa langue jusqu\u2019à ce que mort linguistique s\u2019ensuive?Si c\u2019est le cas, il ferait bien de rejoindre le Tea Party au plus vite.S Pour joindre notre chroniqueuse : npetrows@lapresse.ca Charlotte anyways.La langue et le territoire, on le sait au Québec, définissent une culture, une nation.Que deviennent ceux qui ont perdu l\u2019une ou l\u2019autre, ou les deux?Quelques réponses à la galerie Art mûr, réponses d\u2019artistes autochtones canadiens et américains à qui c\u2019est arrivé.JOCELYNE LEPAGE La vingtaine de participants à cette exposition intitulée Baliser le territoire / A Stake in the Ground, sont reconnus comme artistes.Ils ont été choisis par Nadia Myre, elle-même artiste et autochtone née à Montréal.Ces artistes sont intégrés au milieu de l\u2019art contemporain canadien ou américain.Certains ont une carrière internationale, comme Rebecca Belmore et Edgar Heap of Birds.Qui ont, l\u2019une, représenté le Canada à la Biennale de Venise, l\u2019autre, les États-Unis.D\u2019autres sont des nouveaux venus comme Michael Patten.Rita Letendre y a sa place, de même que Raymond Dupuis.Oublions donc les clichés sur l\u2019art autochtone traditionnel tourné vers le passé.Ici, les artistes réfléchissent à leur avenir.Ils se posent des questions sur l\u2019acculturation, la perte de possession de leur territoire ou la disparition de leur langue.Ils s\u2019interrogent sur leur identité.Voic i Wil l Wilson, par exemple, photographié les pieds dans l\u2019eau marécageuse d\u2019un champ inondé, masque sur la bouche, crème sur le visage, yeux rougis.Son message est assez clair.Il n\u2019y a plus moyen de vivre sur ces terres complètement polluées à moins de trouver une Auto- Immune Response (c\u2019est le titre de sa série de photos).De son côt é , Rebec ca Belmore a assis un personnage imposant, grandeur nature, sur le plancher, les mains blanches tournées vers le haut, prostré, le visage penché et caché sous de longs cheveux noirs qui se répandent derrière lui pour former une sorte de tapis.Sur son blouson noir, des mots à peine visibles sont cousus, noir sur noir: Fucking Indian dans un sens croise Fucking Artist dans l\u2019autre avec une tache rouge en plein milieu du dos.On comprend que Rebecca Belmore est doublement paria.Edga r Heap of Bi rds , d\u2019origine cheyenne, voit rouge dans sa série de messages en blanc laiteux sur des feuilles de papier couleur sang.Il y écrit, par exemple, à la manière des titres dans les journaux américains: «Indian Still Target Obama Bin Laden Geronimo».Nicholas Galanin met de l\u2019humour dans ses oeuvres, mais son propos est de même nature.Il y a ce loup gris superbe, naturalisé, dont la moitié du corps est étendu pour former un tapis décoratif.Et sur le mur sont alignés des masques typiques des autochtones de la côte Ouest, en porcelaine et non en bois, porcelaine ornée de f leurs bleues comme les services de thé britanniques.Quelques artistes s\u2019intéressent surtout à la langue qu\u2019ils parlent, ou ne parlent plus.Ainsi, dans une vidéo de Kevin Lee Burton, de jeunes autochtones se confient.L\u2019un dit qu\u2019il ne comprend pas pourquoi ses parents ne lui ont jamais enseigné leur langue, alors qu\u2019ils l\u2019ont fait pour des centaines d\u2019autres.Un autre, Greg Staats, sur vidéo, essaie de parler mohawk en tenant un wampum comme s\u2019il s\u2019agissait d\u2019un chapelet.Le travail de Raymond Dupuis prend tout son sens dans cet ensemble d\u2019oeuvres.Ses tableaux-collages représentent des territoires urbains balisés sur lesquels s\u2019inscrivent des signes grouillant évoquant surtout la culture des Hopis.Il nous a déjà dit que sa grand-mère lui racontait des histoires en malécite, langue qu\u2019il ne comprenait pas, mais dont il a gardé la nostalgie du rythme.Et pour finir, cet objet ironique: un bâton de baseball gainé de perles blanches (beads) dont l\u2019extrémité forme une petite carte du Canada couleur sang.Le titre: Native Beating (jeu de mots avec native beading).Du jeune Michael Patten.La galerie Art mûr, qui vient de fêter son 15e anniversaire, semble à la croisée des chemins entre son statut de galerie privée et ses initiatives de centre d\u2019art.Elle pourra peut-être un jour organiser des visites guidées pour le public, comme celle à laquelle on a eu droit comme journaliste en compagnie d\u2019Ève De Garie Lamanque.Elle offre déjà des petits catalogues, essentiels quand il s\u2019agit d\u2019art contemporain.Baliser le territoire / A Stake in the Ground à la galerie Art mûr, 5826, rue Saint-Hubert, jusqu\u2019au 25 février.ART AUTOCHTONE Au-delà des clichés Je comprends parfaitement ce mécanisme de récupération très prisé par les nouvelles générations, surtout celles qui ont étudié à Brébeuf.Mais ultimement, où ça nous mène?«Nowhere», j\u2019ai bien peur.NATHALIE PETROWSKI CHRONIQUE PHOTO FOURNIE PAR ART MÛR Une oeuvre sans titre de Rebecca Belmore.llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 2 8 J A N V I E R 2 0 1 2 A R T S 17 Ouverture des portes : 19 h 15 Concert : 20 h Billeterie : 514 770-7773 Théâtre Rialto 5723, avenue du Parc, Montréal 5e édition de Coeur à Coeur \u2013 16 février 2012 Concert-bénéfice au profit du Big Band de l\u2019Université de Montréal Cocktail et concert 200 $ Concert 30 $ ARTISTES INVITÉS Bruno Pelletier Daniel Lavoie Richard Groulx Alain Lefèvre Pierre Parent Chrystine Brouillet Ron Di Lauro et des étudiants du Big Band de l\u2019Université de Montréal ARTS ENTRACTE entracte@lapresse.ca ALEXANDRE PAILLÉ LA PHOTO D\u2019HERBY SÉPARÉS À LA NAISSANCE Non seulement ils se ressemblent, mais ils sont devenus des vedettes du web grâce à leurs propos d\u2019une insignifiance sans bornes ! Pat Mondou, qui a reçu pour 356$ d\u2019amende et neuf points d\u2019inaptitude pour avoir nargué la police sur YouTube, et Raoul des Têtes à claques font rire ou pleurer tant ils sont crétins.Le jeune Lavallois avoue lui-même qu\u2019il devra assumer ses «niaiseries ».Merci aux nombreux internautes qui nous ont souligné cette ressemblance troublante.EN HAUSSE.EN BAISSE.STÉPHANE TÉTREAULT Promis à un brillant avenir, le jeune violoncelliste montréalais, Stéphane Tétreault prend un nouvel envol grâce à une bonne fée.Le prodige de 18 ans a maintenant un «nouveau meilleur ami », un Stradivarius de 1707 évalué à 6 000 000$ et ayant appartenu à Bernard Greenhouse ! L\u2019instrument lui est prêté par une mécène montréalaise pour une période de temps indéterminée.Par ailleurs, on ne peut s\u2019empêcher de saluer dans cette chronique la mise en nomination de Monsieur Lazhar aux Oscars ! JAY LENO L\u2019animateur du Tonight Show a fait cette semaine une blague sur le candidat à l\u2019investiture républicaine, Mitt Romney, qui a soulevé l\u2019ire de la communauté sikhe aux États-Unis et en Inde.Jay Leno a montré une photo du Temple d\u2019or, haut lieu de cette religion, en le présentant comme la résidence secondaire du fortuné candidat.Une poursuite pour dommages a été déposée contre l\u2019animateur et le ministère indien des Affaires étrangères a porté plainte aux autorités américaines.ILS, ELLES ONT DIT «Y a pas juste Fred dans ce maudit village-là!» \u2014 Un villageois de Saint-Élie-de-Caxton dans la vidéo de présentation de l\u2019académicien Bryan Audet (Star Académie) «C\u2019est la dernière.Ce n\u2019est pas Dominique Michel qui parle!» \u2014 Josélito Michaud confirmant la cinquième et dernière saison de On prend toujours un train diffusée à Radio-Canada (C\u2019est juste de la TV).«C\u2019est un christie d\u2019poète!» \u2014 Louis-José Houde, suggérant sur son blogue de lire L\u2019art presque perdu de ne rien faire et L\u2019énigme du retour de Dany Laferrière.«Je déteste ça.Je ne veux pas fêter mon anniversaire.» \u2014 L\u2019acteur Liam Neeson a interdit à sa famille d\u2019organiser une soirée d\u2019anniversaire pour ses 60 ans, car il ne supporte pas de célébrer son «grand» âge (Daily Record).«Ils disent que ce film est une lettre d\u2019amour à Hollywood, mais c\u2019est une lettre d\u2019amour à ma femme.» \u2014 Le réalisateur Michel Hazanavicius a écrit le scénario de The Artist comme une lettre à sa femme, la comédienne Berenice Bejo (The One Show).J\u2019ai croisé, par hasard cette semaine, Maxim Roy dans un café du Vieux-Montréal.La comédienne était en pleine lecture du scénario du pilote d\u2019une télésérie américaine pour laquelle elle aura à auditionner dans les prochaines semaines.«Je suis très superstitieuse, donc je n\u2019en dirai pas plus», m\u2019a-t-elle expliqué en cachant le titre du document.Maxim Roy, qui a maintenant un agent à Los Angeles, voudrait aussi être plus présente à la télévision québécoise.C\u2019est bien parti puisque cette semaine, elle était de la distribution de O\u2019 le nouveau téléroman de TVA dans lequel elle joue aux côté de Guy Nadon et de Marie Tifo.Cependant, on lui souhaite bonne chance pour la saison des pilotes de Hollywood qui débutera dans quelques semaines.Voyez en vidéo un extrait de mon entrevue avec Maxim Roy sur lapresse.ca.Stéphane Tétreault PHOTO ANDRÉ PICHETTE, LA PRESSE Louis-José Houde PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, LA PRESSE Pat Mondou Raoul llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 18 A R T S L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 2 8 J A N V I E R 2 0 1 2 Faites battre son coeur.Offre d\u2019une durée limitée.* Détails en magasin ou sur Lozeau.com.6229, Saint-Hubert Montréal, Québec 514 274 6577 1 800 363 3535 50% de rabais sur cadeaux personnalisés sélectionnés * CÉLÉBRITÉS.MME JULIETTE ST-LAURENT-LAURENCE \"100 ANS ÇA SE FÊTE\" - NÉE LE 28 FÉVRIER 1912 Parents et amis sont conviés à souligner son anniversaire, le 3 mars 2012 à 13h30 à la résidence Le Symbiose, 3075, rue Paul-DavidàMtl.Pour plus d'infos et pour confirmer votre présence auprès de son fils: Pierre Laurence au 514-231-3536 ou par courriel à: p.laurence@videotron.ca Me Gabrielle Gauthier, criminaliste www.megauthier.com Lady Coulombe et Rolland Gauthier félicitent leur fille Gabrielle pour ses accomplissements.Toute sa famille est très fière d'elle.Vous avez un événement à célébrer ?Soulignez-le ! tous les samedis dans Pour informations et tarifs 514 987-VENDU (8363) 1 866 987-VENDU (8363) celebrites@lapresse.ca SOLUTIONde la semaine dernière MOTS CROISÉS DESARTS 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 www.nicolehannequart.com 1776 HORIZONTALEMENT 1 Film de Gabriel Pelletier.2 Soulèvement populaire spontané \u2013 Point de la sphère céleste.3 Roman de Frank Herbert adapté au cinéma en 1984 par David Lynch \u2013 Qui ont un miroitement irisé.4 Baie sur laquelle se trouve Nagoya \u2013 Auteur de L\u2019art du calme intérieur \u2013 Coutumes.5 Roman d\u2019A.Dumas père (La tour de .) \u2013 Médecin français, auteur de travaux sur la fièvre typhoïde.6 Initiales de l\u2019animateur de L\u2019épicerie \u2013 Nom donné à l\u2019ensemble des traités de logique d\u2019Aristote.7 Dépassé \u2013 Elle a écrit La détresse et l\u2019enchantement \u2013 Cap d\u2019Espagne.8 Hubert Aquin en est l\u2019auteur (.noire) \u2013 Petits oiseaux des îles Canaries.9 Paresseux \u2013 Rendu d\u2019une chaleur très atténuée.10 Qui succède à une autre chose \u2013 Note de musique.11 Véritable \u2013 Écrivain autrichien né en 1896.12 Initiales du ténor Simoneau \u2013 Elles font partie du gros bétail.VERTICALEMENT 1 Pièce de Feydeau présentée au TNM jusqu\u2019au 11 février \u2013 Elle permet d\u2019accéder à une page Web.2 Antoine Sicotte en est l\u2019auteur (Le cuisinier rebelle \u2013 .autour du monde).3 Pièces de serrures \u2013 Résonne lentement par coups espacés.4 Ressentie \u2013 Initiales du cinéaste britannique Olivier \u2013 Peuple celtique.5 Les altistes jouent parfois dans cette clef \u2013 Chose que l\u2019on redoute.6 Une des chanteuses que l\u2019on peut entendre sur l\u2019album Avoir autant écrit \u2013 Son origine est chinoise \u2013Maladie infectieuse contagieuse.7 Film de Steven Spielberg sorti en 1989 \u2013 Terme de philosophie.8 Sujet à \u2013 Morceau de musique.9 Ville du Texas \u2013 Hilarités.10 Ville du Nigeria \u2013 Film de Woody Allen (.Hall) \u2013 Initiales de l\u2019auteur de l\u2019opéra Salomé.11 Grand-père \u2013 Prénom de la comédienne Lachapelle.12 Soljenitsyne en a été expulsé \u2013 Arbustes épineux.1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 1 P E T E R M A C L E O D 2 A N A T O M I E T R I 3 I D I O T E S C E N E 4 N O N N E A N O N E S 5 C M R E N A U D E 6 H E I N N C R U S 7 A T T A R D E N T C T 8 U R A N I E O S C A R 9 D E L E S T E R O R E 10 I T T U M E U R S 11 F R E T T E A L T O S 12 R E N E E G N U N E www.nicolehannequart.com 1775 ARTS VISUELS On n\u2019avait pas vu BGL à Montréal depuis plus d\u2019un an.Le trio d\u2019artistes de Québec expose le produit de ses dernières réflexions à la Parisian Laundry jusqu\u2019au 25 février.Intitulée Concessionnaire, l\u2019exposition marque l\u2019incursion du collectif dans les petits formats, plus adaptés au marché.ÉRIC CLÉMENT Plus on est de fous, plus on crée.La formule s\u2019applique au collectif d\u2019artistes BGL formé de Jasmin Bilodeau, Sébastien Giguère et Nicolas Laverdière.De la folie, ils n\u2019en manquent pas.C\u2019est d\u2019ailleurs leur meilleur carburant.Adeptes des installations non conventionnelles et des concepts flyés, les trois artistes de la Vieille Capitale n\u2019ont toutefois pas apporté d\u2019oeuvres fortes ou spectaculaires.Pas de 4 x 4 qui perd son essence, d\u2019automobile en bois, de marché aux puces, de sapins, de fausse piscine ou autres constructions alambiquées.Pour l\u2019art massif et marquant, il faudra sans doute attendre le mois de mai quand BGL participera à l\u2019événement Oh Canada du MASS MoCA, à North Adams, au Massachusetts.Une soixantaine d\u2019artistes canadiens y seront, dont Nicolas Baier, Valérie Blass, Shary Boyle ou Kent Monkman.BGL expose d\u2019ailleurs à la Parisian Laundry des barrières de sécurité accompagnées de drapeaux colorés, qu\u2019on pourrait retrouver au MASS MoCA.Vinyle collé et peint sur PVC L\u2019exposition Concessionnaire paraît plus sage que les précédentes.Quoique tout dépend de nos conceptions de la sagesse.Les artistes ont en tout cas laissé « en concession » à la Parisian Laundry des oeuvres de 2010 et de 2011 qui sont aussi le reflet de « concessions » faites par rapport au marché de l\u2019art.«On fait souvent des installations très grosses, pas faciles à vendre, explique Jasmin Bilodeau.On a donc essayé de créer des petites pièces.» La salle contient une série de toiles faites de vinyle posé sur des panneaux de PVC.Le vinyle a été collé, puis peint au latex.Les artistes ont ensuite soulevé le vinyle avec une lame pour créer un effet de dessiccation, comme la boue séchant dans les étendues désertiques.Ces toiles ont servi d\u2019essais pour réaliser Au service de l\u2019impact (Hommage à Paul-Émile), une oeuvre de 127\u2019\u2019 x 168\u2019\u2019 qui leur a été inspirée par l\u2019impact d\u2019un coup de poing dans le mur d\u2019un hangar.«Avec le temps, ça s\u2019est craqué partout autour du coup de poing, alors on a pris des photos de l\u2019impact.Paul-Émile, c\u2019est à cause de Borduas! Car quand tu le regardes, tu te dis, c\u2019est tellement ça, là ! », dit Jasmin Bilodeau en riant.BGL garde toujours l\u2019humour très présent dans sa démarche.Avec le hasard et le goût d\u2019oser.Comme avec Bûcher, composé de plaques verticales de plexiglas rouge, orange et rose.Ou Chronos, fait d\u2019un petit oiseau empaillé cerné par une montre, ou Prédateur (une sculpture en bois d\u2019un loup dont le museau retient une culotte) ou Les pieds gauches, deux bottes de caoutchouc trouvées dans un bois et qu\u2019ils ont restaurées et fixées à une planche.«Il y a une sorte d\u2019émotion dans ces bottes, dit Jasmin.Comme si c\u2019était en train de pourrir sur place.Comme le labeur de cet homme qui a laissé ses bottes.Il y a une beauté.» Pour la beauté, c\u2019est à voir.Par contre, L\u2019enfant- soldat canonisé, constitué d\u2019un béret militaire kaki, d\u2019une tête de poupon et de poils de barbe, évoque assez bien ces enfants qui, arme en bandoulière, jouent réellement à la guerre.Finalement, présentée dans une composition différente à New York en mars dernier, l\u2019oeuvre Elles battent des queues en surprendra plus d\u2019un.Il s\u2019agit de photos de femmes aux seins nus publiées dans Playboy et collées dans un cadre.Avec les queues de poisson qui prolongent leurs corps, elles ont l\u2019air de sirènes qui bougent grâce à un système de ventilation placé devant le cadre.La même thématique a été utilisée avec un cadre fermé par un panneau de plexiglas.Si on passe tout près de ce cadre avec ses vêtements, l\u2019électricité statique fait bouger les queues\u2026 «Ce sont des sirènes inspirantes! dit Jasmin Bilodeau.En plus, c\u2019est beau et coloré.Notre travail est très intuitif.On ne se casse pas la tête pendant des heures! On essaie des choses.» Concessionnaire, de BGL, jusqu\u2019au 25 février, à la galerie Parisian Laundry (3550, rue Saint-Antoine Ouest).BGL À LA PARISIAN LAUNDRY Un Concessionnaire plutôt sage «On fait souvent des installations très grosses, pas faciles à vendre.On a donc essayé de créer des petites pièces.» \u2014 Jasmin Bilodeau, du trio BGL PHOTO FOURNIE PAR LA PARISIAN LAUNDRY Nature morte 1 (2011), de l\u2019exposition Concessionnaire par le trio d\u2019artistes BGL à la Parisian Laundry.llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 2 8 J A N V I E R 2 0 1 2 A R T S 19 Gratuit pour les enfants de 12 ans et moins* *Accompagnés d\u2019un adulte.Non applicable aux groupes.Horaire des visites guidées disponible sur mbam.qc.ca/feininger Nocturnes les mercredis (à moitié prix), jeudis et vendredis soirs (à prix courant) jusqu\u2019à 21 h Cette exposition est organisée par le Whitney Museum of American Art, New York, en collaboration avec le Musée des beaux-arts de Montréal, et avec le soutien de la Terra Foundation for American Art et de l\u2019Association des bénévoles du Musée.Lyonel Feininger (1871-1956), Carnaval (détail), 1908.Berlin, Nationalgalerie, Staatliche Museen.© The Lyonel FeiningerFamily LLC / SODRAC (2012).Photo bpk, Berlin / Jörg P.Anders / Art Resource, NY 21 JANVIER - 13 MAI 2012 mbam.qc.ca/feininger UnepremièrerétrospectivemajeureenAmérique du NordconsacréeàLyonel Feininger (1871-1956), artiste américain polyvalent qui vécut surtout en Allemagne où il devint l\u2019une des figures importantes de l\u2019expressionnisme et du Bauhaus.Elle réunit 350oeuvresparmilesquellesdespeintures,aquarelles,gravures,illustrationssatiriques, photographies et des sculptures-jouets.La musique sera au coeur de l\u2019exposition pluridisciplinaire comme elle l\u2019était pour cet interprète et compositeur de talent.De plus, le Musée présente 70 photographies réalisées par son fils Andreas.La Médiathèque Jazz/La Presse \u2022 3e étage La Galerie Lounge TD \u2022 2e étage L\u2019Expo Bell des Légendes du Festival \u2022 2e étage 305, rue Sainte-Catherine Ouest \u2022 maisondufestival.ca Lundi : fermé Mardi : 11 h 30 à 18 h* Mercredi au samedi : 11 h 30 à 21 h Dimanche: 11 h 30 à 17 h* * jusqu\u2019à 21h les soirs de spectacle à L\u2019Astral HEURES D\u2019OUVERTURE Pour toute la programmation, consultez sallelastral.ca Mardi 20 mars \u2022 20h Vendredi 23 mars \u2022 20h Mercredi 8 février \u2022 20h Vendredi 10 février \u2022 20h À l\u2019affiche à Billetterie 1 855 790-1245 \u2022 admission.com \u2022 ticketmaster.ca Donny McCaslin Caracol Première partie: Amelia Curran Yeshe Tigran Hamasyan Solo Délicieuse cuisine d\u2019inspiration française et club de jazz.Réservations: 514 288-5992 du Balmoral Club de jazz LE JEUNE PRODIGE ARMÉNIEN ET SON SPECTACLE : AFABLE Paulo Ramos duo Jazz Street Boys 28 janvier 2-3-4 février Gratuit dès 21 h Venez voir les instruments, vêtements de scène, trophées et objets personnels des grands artistes qui ont marqué l\u2019histoire du Festival : Miles Davis Ella Fitzgerald Pat Metheny Diana Krall Oscar Peterson Ben Harper Ray Charles Jeff Beck Leonard Cohen Oliver Jones.Une exposition permanente présentée gratuitement toute l\u2019année.Petit musée GRATUIT! Ce mercredi 1er février : JACO PASTORIUS, 1982 8 février : DANIELA MERCURY, 2003 PROJECTION GRATUITE! TOUS LES MERCREDI SOIRS À 19h REVIVEZ LES CONCERTS PASSÉS DU FESTIVAL SUR ÉCRAN Calendrier des activités en collaboration avec Week-end jazz Week-end brésilien CE SOIR! Si vous étiez une chanson?Ce mois-ci, parce que ça change tout le temps, je serais La légende du cheval blanc de Claude Léveillée.C\u2019est très rêveur et positif comme chanson et ça me fait voyager.Dans quel roman aimeriez-vous vivre?Aucun des romans que j\u2019ai lus, mais si je devais vraiment choisir, ce serait sans doute une histoire d\u2019amour au bord d\u2019une plage dans le Sud, comme dans un Harlequin qui finit super bien.Quels étaient votre premier disque et votre premier livre?Mon premier disque était un vinyle de Paul Piché, Sur le chemin des incendies.Le premier livre que j\u2019ai voulu lire était Jeanne fille du Roi de Suzanne Martel.Quelle est la chose la plus folle qu\u2019on ait faite pour toi?Mon fan-club m\u2019a acheté une étoile dans le ciel.On peut seulement la voir en avril, le mois de ma fête.C\u2019est assez impressionnant ! Quelle est votre citation favorite ?Les citations pour moi, c\u2019est comme les blagues : je ne suis jamais capable de les répéter ! Mais en m\u2019aidant à préparer ce questionnaire, mon chum m\u2019a dit que «La mémoire est une faculté qui oublie» serait parfaite pour moi, car je suis toujours dans la lune et j\u2019oublie tout ! Quelle est votre plus mauvaise habitude?Je me ronge les ongles et la peau autour.Ça n\u2019a aucun sens ! C\u2019est le stress et je le fais inconsciemment.Quel est votre dernier coup de coeur ?Je suis allée au restaurant Les 400 coups dans le Vieux-Montréal et j\u2019ai adoré ! J\u2019ai toujours détesté le boudin, mais par orgueil, j\u2019y ai goûté et c\u2019était merveilleux.Quel est votre dernier coup de gueule?J\u2019habite à Montréal depuis mon enfance, mais depuis les derniers mois, à cause de la circulation, j\u2019ai presque envie d\u2019habiter hors de la ville.Je suis vraiment tannée ! Quel est votre rêve le plus fou?Voyager en famille en Winnebago pour faire le tour de l\u2019Amérique, du nord au sud.Mais aussi, chanter dans toute la francophonie.ARTS STÉPHANIE VALLET En tournée au Québec avec Je suis, son nouveau spectacle, qui porte le titre de son quatrième album paru en mars dernier, MarieÉlaine Thibert sera de passage à la salle Maisonneuve de la Place des Arts, le 8 février.« La plupart des chansons de l\u2019album sont dans le spectacle, mais je reprends aussi d\u2019autres titres de mon répertoire.Et je fais un medley de Jacques Brel avec des chansons comme La quête, Quand on n\u2019a que l\u2019amour et Ne me quitte pas qui m\u2019ont accompagnée dans ma carrière », explique la chanteuse de 29 ans qui participera à l\u2019hommage à Brel du festival Montréal en lumière le 26 février.À 29 ans, la finaliste de la toute première cuvée de Star Académie poursuit sa démarche de s\u2019affirmer comme femme.«Sur scène, j\u2019ai décidé d\u2019ajouter un medley jazz/cabaret dans lequel je danse un peu.Je m\u2019assume vraiment et ça va très bien avec le ton que j\u2019ai voulu donner à l\u2019album.J\u2019y chante All That Jazz, Cabaret et Burlesque, mais toujours en français.Je reprends aussi certains de mes duos, comme Encore une fois (Boom Desjardins), Loin de moi (Chris de Burgh) et un troisième qui n\u2019est pas encore enregistré, Demande-moi.Peu de gens la connaissent; elle a servi de publicité sur l\u2019internet pour ma participation avec Étienne Drapeau à l\u2019Eurovision», précise Marie-Élaine Thibert qui n\u2019a finalement pas été retenue pour représenter la Suisse au populaire concours.Pour son prochain album, la chanteuse pense déjà à reprendre de grands classiques de la chanson québécoise.«Ça pourrait être un \"MarieÉlaine chante Stéphane Venne \" par exemple, car il a été mon premier mentor.Il faudrait que je lui en parle! J\u2019ai toujours eu un faible aussi pour Paul Piché.C\u2019est un monument et je ne peux passer à côté!», conclut-elle.SA CONFESSION SUR LE DIVAN «Le 18 avril, je vais fêter mon anniversaire au Rialto.J\u2019organise un spectaclebénéfice intitulé Marie-Élaine Thibert fête ses 30 ans au profit de la Fondation Rêves d\u2019enfants.J\u2019ai déjà des commanditaires et j\u2019invite mes amis comme Dan Bigras, Marie Denise Pelletier et plein d\u2019autres à me rejoindre.» CHOIX HEBDOS LA LISTE PLUS ULTRA D\u2019ALEXANDRE VIGNEAULT SUR LE DIVAN AVEC MARIE-ÉLAINE THIBERTQ R WEBTÉLÉ BREF.LIVRE LE RAVISSEMENT DE BRITNEY SPEARS THÉÂTRE ORPHELINS CINÉMA MISSION: IMPOSSIBLE \u2014 PROTOCOLE FANTÔME MUSIQUE PIANO MAL DE JULIEN SAGOT LAPRESSE.CA Voyez Marie-Élaine Thibert sur le divan en vidéo sur lapresse.ca C\u2019est l\u2019histoire d\u2019un gars.Qui raconte ses histoires de gars.La trentaine.Petite bedaine.Pas beaucoup de veine.Pas vraiment branché, mais branché sur son époque : internet, texto, DJ.Ça se passe vite.Une ou deux minutes.C\u2019est vif, c\u2019est ironique.Bref, c\u2019est vraiment drôle.Et Bref., c\u2019est de l\u2019excellente webtélé ! (Sur le site de CanalPlus) Seul effectif connu affecté à l\u2019opération «Poisson d\u2019avril », un agent secret français est chargé de protéger Britney Spears, supposément menacée d\u2019enlèvement par un groupuscule islamiste.Puisqu\u2019il n\u2019a pas d\u2019auto, il parcourt la tentaculaire ville de Los Angeles à pied.Jean Rolin signe un pastiche de roman noir subtilement satirique sur la célébrité et la fascination qu\u2019elle exerce sur nous, pauvres mortels.Insécurité, peur de l\u2019étranger, méconnaissance de nos proches, Dennis Kelly écrit pour mettre face à des dilemmes moraux actuels.Expert dans l\u2019art de manipuler le spectateur, il signe un texte haletant, plein de fausses pistes et de rebondissements, interprété avec brio par Évelyne Rompré, Steve Laplante et Étienne Pilon.Maxime Denommée démontre encore qu\u2019il est un formidable directeur d\u2019acteurs.Les scénaristes du quatrième chapitre de Mission impossible ont recyclé de vieilles idées: la menace nucléaire et le méchant plus ou moins slave.Simple prétexte pour faire sauter le Kremlin, demander à Tom Cruise d\u2019escalader le plus haut gratte-ciel de Dubaï et de se battre dans un stationnement mécanique de Bombay.Ça ne tient pas debout, évidemment.Tom Cruise ne gagnera pas un Oscar pour ça.Sauf pour la scène d\u2019action la plus hilarante de tous les temps! Conclusion: ça fait la job.Karkwa en pause après une année de fou, son percussionniste, Julien Sagot, en profite pour mettre en musique son univers personnel.Piano mal, la chanson titre, témoigne d\u2019un goût pour les ambiances nocturnes et la poésie fuyante que sa voix grave et son chant doux servent à merveille.On saura mardi, jour de la sortie de l\u2019album, si Sagot (c\u2019est son nom d\u2019artiste en solo) exploite plus que ses humeurs sombres.PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 20 A R T S L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 2 8 J A N V I E R 2 0 1 2 "]
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