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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
P. Enjeux
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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La presse, 2012-01-28, Collections de BAnQ.

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[" ENJEUX ZOOM KODAKET LEQUÉBEC PAGE 8 PHOTOS ÉDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE L\u2019ASILE OULA RUE En l\u2019espace de six mois, deux sans-abri en crise ont été abattus par des policiers.La mort de Farshad Mohammadi et de Mario Hamel a soulevé une série de questions sur le sort des itinérants à Montréal.Leur relation avec les policiers est-elle condamnée à l\u2019impasse ?Et surtout, devrait-on rouvrir les asiles pour soigner adéquatement ces sans-abri qui souffrent de troubles mentaux graves ?Deux ébauches de réponse.Oui, ça existe.Nous les avons trouvés.ARIANE LACOURSIÈRE PAGES 6 ET 7 DESCHSLD DE RÊVE Madeleine St-Cyr PHOTO OLIVIER PONTBRIAND MONTRÉAL SAMEDI 28 JANVIER 2012 OFFERT EN LIBRAIRIE OU SUR LIBRAIRIE.LAPRESSE.CA «Super bien fait [\u2026] Un livre à se procurer!» - Joël Legendre, Rouge FM \u2022 Défi \u2022 Détente \u2022 Plaisir assuré! 127 ISABELLE HACHEY Première de classe et pleine d\u2019entrain, Nathalie avait tout pour réussir.Elle a commencé à déraper à 14 ans.Des crises inexplicables.Pour sa mère, Lucie Couillard, et elle, ce fut le début d\u2019une longue descente aux enfers.Il y a eu les psychoses, la drogue et, fatalement, la rue.Deux ans à errer sur les trottoirs impitoyables du centre-ville de Montréal.En échangeant une seringue, au fond d\u2019une ruelle, Nathalie a contracté l\u2019hépatite C.Et le VIH.Un jour, elle a voulu en finir avec sa vie de chien.«Il a fallu qu\u2019elle passe sous deux wagons de métro pour obtenir un diagnostic : schizophrénie », raconte sa mère.Bal lot tée pendant des années d\u2019un hôpital à l\u2019autre, Nathalie a fini par atterrir à Louis-H.Lafontaine en 2006.Elle y est toujours.Aujourd\u2019hui , à 35 ans , elle est « très tranquille », selon sa mère.Il lui arrive même d\u2019être heureuse.Mais elle a longtemps refusé tout traitement.«Elle ne voulait plus vivre.Je me suis battue pour la faire soigner.Il y a un problème dans notre société.Si une personne atteinte de troubles mentaux ne collabore pas, on ne peut rien faire.On la renvoie dans la rue.C\u2019est grave!» D\u2019un extrême à l\u2019autre À Montréal, de 2000 à 6000 sans-abri ont des problèmes de santé mentale.Ils semblent seuls au monde, mais bon nombre d\u2019entre eux ont des parents qui, comme Mme Couillard, ont tout tenté pour les aider.Et qui sont désespérés.Plusieurs de ces proches se sont butés à la loi, qui ne permet d\u2019hospitaliser une personne contre son gré que lorsqu\u2019elle représente un danger «grave et immédiat» pour elle-même ou pour autrui.Au sens de la loi, vivre dans la rue ne représente pas un danger «grave et immédiat » pour une personne malade.Léonie Couture n\u2019est pas d\u2019accord.«C\u2019est dangereux de vivre dehors.Surtout pour les femmes », souligne la fondatrice du centre d\u2019hébergement Rue des femmes, à Montréal.«Il ne s\u2019agit pas de construire de nouveaux asiles, mais on est passé d\u2019un extrême à l\u2019autre.Aujourd\u2019hui, on abandonne les gens dans la rue à cause de cette loi, qui fait en sorte qu\u2019une personne totalement perdue a le droit de refuser un traitement, même si elle n\u2019est pas en état de le faire.» Guylaine Laberge, directrice du Maillon, organisme saguenéen de soutien aux familles, va plus loin : selon elle, l\u2019entrée en vigueur de la Loi sur la protection des personnes dont l\u2019état mental présente un danger pour elles-mêmes ou pour autrui, il y a près de 14 ans, a carrément coûté la vie à certaines des personnes les plus vulnérables de la société québécoise.«Je ne pouvais pas croire qu\u2019on allait laisser mourir des gens, mais on en est là.Il y a de plus en plus de gens qui se suicident ou qui sont trouvés morts gelés quelque part.» Ce cri du coeur surprend le directeur de la santé mentale au ministère de la Santé, Alain Delorme.Il ne croit pas que l\u2019application de la loi ait provoqué des morts.Il souligne que les familles peuvent se tourner vers les tribunaux afin d\u2019obtenir des ordonnances de traitement pour leurs proches.Le processus n\u2019est toutefois pas aisé.Le Dr Delorme reconnaît que la loi est extrêmement controversée.Car contrairement aux familles, les organismes de défense des droits des malades mentaux la jugent beaucoup trop coercitive.«C\u2019est une loi d\u2019exception puisqu\u2019elle restreint le droit fondamental de circuler librement, explique le Dr Delorme.Le législateur a tenté de trouver l\u2019équilibre difficile entre le respect de ce droit et les préoccupations des familles, qui se sentent impuissantes à aider leurs proches.» Pour le retour à l\u2019internement ?Dans les rues de Montréal, les malades mentaux semblent toujours plus nombreux « et plus agressifs », selon Yves Francoeur, président de la Fraternité des policiers de Montréal.Résultat, les policiers sont de plus en plus souvent aux prises avec des sans-abri en crise \u2013 ce qui a parfois des conséquences funestes.Doit-on rouvrir les L\u2019asile, jamais plus, avait-on promis.Au Québec, les sévices d\u2019antan ont marqué les consciences.Pourtant, un demi-siècle après le début de la désinstitutionnalisation, le tabou commence à se fissurer.Des psychiatres osent réclamer l\u2019internement d\u2019une minorité de patients avec qui toutes les tentatives de réadaptation ont échoué.Et des familles dénoncent le droit de refus de traitement accordé aux malades mentaux.«Aujourd\u2019hui, on abandonne les gens dans la rue à cause de cette loi qu\u2019une personne totalement perdue a le droit de refuser un traitement», dit Léonie Couture, fondatrice de Rue des femmes.LE CRI DUCOEUR DES FAMILLES XSÉXRXIEX>XPIXÉGXÉXS DANS LA RUE llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 2 E N J E U X L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 2 8 J A N V I E R 2 0 1 2 ISABELLE HACHEY ET ARIANE LACOURSIÈRE Un patient suit les visiteurs pas à pas dans les corridors de l\u2019unité 108 de l\u2019hôpital Louis-H.Lafontaine.Un autre sort du fumoir et se plante devant eux.Il les dévisage, immobile, puis repart sans dire un mot.Ce sera sans doute l\u2019événement de la semaine.Les jours coulent doucement , prévisibles et routiniers, dans « l\u2019unité d\u2019habitation » du grand hôpital psychiatrique de l\u2019est de Montréal.Pour créer l\u2019ambiance d\u2019une vraie maison, des employés ont eu l\u2019idée d\u2019acheter un canari.Ils ont vite dû le placer à l\u2019abri, derrière la baie vitrée du poste des infirmières : des patients lui chapardaient sa nourriture.Drôle de maison.Et pourtant, c\u2019en est une, ou presque.Ces patients arpentent les couloirs de Louis-H.Lafontaine depuis des années, voire des décennies.Ils sont chez eux.Un demi-siècle après le début de la désinstitutionnalisation au Québec, même le personnel de l\u2019hôpital s\u2019y est résigné : pour cette minorité de personnes atteintes de graves troubles mentaux, la vie hors des murs est impossible.Il y a 70 patients qui vivent ainsi en permanence à «Louis-H.».«Ces gens ont juste besoin de vivre et de mourir.Ils n\u2019ont pas besoin de psychiatre.Ils sont stables, mais sont incapables de fonctionner en société», explique Diane Dupont, chargée de projet à l\u2019hôpital.Bientôt, la vie de ces hommes et femmes, dont la moyenne d\u2019âge oscille autour de 55 ans, sera bouleversée: ils changeront de maison, car l\u2019hôpital ne veut plus d\u2019eux.Ce n\u2019est plus son mandat .I l y a longtemps que l\u2019établissement ne s\u2019appelle plus Saint-Jeande- Dieu, cet immense asile où l\u2019on parquait les «fous» par milliers jusqu\u2019à la fin de leurs jours.« Notre mission, c\u2019est d\u2019offrir des soins aigus en psychiatrie, pas de faire de l\u2019hébergement », dit Denise Fortin, directrice adjointe de l\u2019établissement.Il n\u2019est « pas humain », dit-elle, de fa i re manger « des plateaux d\u2019hôpital » à ces patients tous les jours.Les oubliés du système Des gens comme le s patients de l\u2019unité 108, il y en a partout au Québec.Env i ron 30 0 ou 4 0 0 à Montréal.Pourta nt, j usqu \u2019i c i , l a plupa r t d\u2019entre eux ont été aspirés dans un trou noir.Comme la province ne jure que par la réadaptation en société, rien n\u2019a été prévu pour eux.Alors, ils encombrent les lits des ailes psychiatriques des hôpitaux pendant des mois.Quand ils en sortent, les plus chanceux se retrouvent à Louis-H.Les autres échouent en prison.Ou dans la rue.C\u2019est pour des patients comme eux que le gouvernement a décidé de renverser la vapeur et d\u2019ouvrir un centre d\u2019hébergement de longue durée, au printemps, dans le nord de Montréal.Il s\u2019agit d\u2019une importante victoire pour un groupe de psychiatres de Louis-H., du CHUM et de Maisonneuve-Rosemont, qui réclamaient ce centre pour y loger des patients dont toutes les tentatives de réadaptation se soldent par des échecs.Le gouvernement avait d\u2019abord rejeté l\u2019idée d\u2019un revers de main.Il a fini par se raviser.« Nous avons brisé un tabou, dit Paul Lespérance, chef du service de psychiatrie du CHUM.Il y a une honte collective et historique par rapport à l\u2019internement.Dans ce contexte, remettre en question la désinstitutionnalisation, c\u2019est prêter flanc à la critique.» L a r é a l i t é , l e Dr Lespérance la vit tous les jours, au centre-ville de Montréa l .Bon an mal an, 20% de ses lits sont accaparés par des patients «pour lesquels on ne sait plus quoi faire ».Impossible de leur donner leur congé : ils se retrouveraient à la rue.Ou en mourraient.« Jusqu\u2019ici, la réponse ministériel le a été de soumettre ces gens à des programmes de réadaptation intensive, explique le Dr Lespérance.C\u2019est le mantra.Personne n\u2019est contre la vertu.Mais ces programmes ne sont pas offerts partout et, même lorsqu\u2019ils le sont, une minorité de patients n\u2019y répondent pas.Le centre d\u2019hébergement, c\u2019est un pis-aller, peut-être un aveu d\u2019échec thérapeutique », admet le psychiatre.Risque de dérive L\u2019ouver ture prochaine d\u2019un centre d\u2019hébergement fait craindre les pires dérives aux défenseurs des droits des malades mentaux.«On a peur, dit Johanne Galipeau, d\u2019Action autonomie.À quels traitements auront droit ces patients ?Pourront-ils sortir ?Seront-ils casés là-bas comme dans les asiles, avec une pilule et une chaise berçante?On ne le sait pas.On risque d\u2019oublier les gens à cet endroit.» Les risques de dérive existent bel et bien.Denise Fortin a mené une analyse dans un hôpit a l montréalais où vivaient 15 patients prétendument réfractaires à la réadaptation.«À notre grande surprise, aucun d\u2019entre eux n\u2019avait réellement le profil pour être hospitalisé en permanence.» Si les soins éta ient mieux organisés, aucun patient n\u2019aurait à être interné, estime Mme Fortin.«Dans un monde idéal, l\u2019hôpital psychiatrique serait comme l\u2019Institut de cardiologie : les patients s\u2019y feraient soigner puis repartiraient stabilisés.Il faut arrêter de produire des fous.» LE (TIMIDE) RETOUR DE L\u2019ASILE «On a dénoncé les asiles mais, aujourd\u2019hui, il n\u2019y a rien pour les gens incapables de prendre soin d\u2019eux, déplore-til.Notre système les a complètement abandonnés.» Le policier estime que des quelque 25 000 sans-abri de Montréal, «de 400 à 500 auraient peut-être besoin d\u2019être internés.Qu\u2019est-ce qu\u2019on fait ?On les laisse dans la rue ou on prend nos responsabilités en tant que société?» La question se fait de plus en plus pressante à mesure que, comme le reste de la population, les sans-abri vieillissent.«Cela m\u2019inquiète énormément.Ils arrivent à un point où, physiquement, ils ne peuvent plus vivre dans la rue.Leur corps est trop usé, dit Olivier Farmer, psychiatre au CHUM.Très souvent, ils sont aussi incapables de vivre en logement, parce qu\u2019ils ont perdu l\u2019habitude de le faire.» Que faire avec ces sans-abri malades et vieillissants ?Les pires cas auront sans doute besoin d\u2019être hospitalisés à long terme, voire pour le reste de leur vie, admet le Dr Farmer.D\u2019où l\u2019importance de « sauver » ceux qui n\u2019ont pas encore atteint ce point de non-retour.Le Dr Farmer propose de réserver une dizaine de lits au CHUM pour les sans-abri.Et de constituer une équipe d\u2019une vingtaine de professionnels, dont quatre psychiatres, afin d\u2019offrir des soins adéquats à cette clientèle difficile et vulnérable.Le programme coûterait environ 5 millions de dollars par an, mais il permettrait de retirer des centaines de sans-abri de la rue, estime le Dr Farmer.Il ne manque que la volonté politique.Sur ce point, Alain Lesage, psychiatre à l\u2019hôpital Louis-H.Lafontaine, entretient peu d\u2019espoir.«Ces gens ne sont pas une priorité.On connaît les solutions depuis longtemps, mais les ressources ne sont pas déployées.C\u2019est aussi simple que cela.C\u2019est une faillite remarquable.Je ne sais pas combien de morts il faudra encore pour qu\u2019on agisse.» asiles?Des patients des urgences de l\u2019hôpital psychiatrique Louis-H.Lafontaine ainsi que certains bénéficiaires hébergés, en 2008, à l\u2019unité 603 du même hôpital.PHOTOS MARTIN TREMBLAY, ARCHIVES LA PRESSE «Nous avons brisé un tabou, dit Paul Lespérance, chef du service de psychiatrie du CHUM.Il y a une honte collective et historique par rapport à l\u2019internement.» XXXXXXXX SÉRIE > PIÉGÉS DANS LA RUE llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 2 8 J A N V I E R 2 0 1 2 E N J E U X 3 Lfagente Nicole Akers et la travailleuse sociale Amanda Anderson ont patiente de longues minutes dans le couloir avant que Jimmy ouvre enfin la porte de son appartement.Les deux jeunes femmes font partie de lfequipe de crise de la police dfEdmonton, une petite escouade qui sfoccupe exclusivement des personnes vulnerables, aux prises avec des dependances et des problemes de sante mentale.Deux equipes sont affectees au centre-ville du matin au soir ; quatre autres couvrent la peripherie.Les policiers font equipe avec des travailleurs sociaux et des psychiatres, qui relevent des services de sante de lfAlberta.Ils repondent aux appels dfurgence et font des suivis.Ils sont depeches en renfort lorsque les policiers ne savent pas comment reagir devant une personne en crise.La plupart du temps, ce sont des habitues de lfequipe de crise, des bombes a retardement.Jimmy est lfun dfeux.I l habite un minuscule appar tement en sous-sol dans un secteur mal fame du centre-ville.Lfimmeuble est peuple de toxicomanes et de prostitues.La travailleuse sociale Amanda Anderson nfy mettrait jamais les pieds sans une presence policiere.Assis sur son lit, Jimmy, 28 ans, roule une cigarette.Il dit qufil a ete battu.Encore une fois.Son visage est tumefie.Il ne se souvient meme pas qufil a eu des points de suture.Un homme dort sur un bout de son matelas infeste de punaises.á Qui est-ce ?demande lfagente Akers.Mon colocataire â, marmonne Jimmy, amorphe.Nicole etAmanda sont venues lui rappeler qufil a oublie dfaller a la clinique prendre ses medicaments.Toxicomane et schizophrene, Jimmy entend des voix qui lui dictent quoi faire.áSans ses medicaments, il est imprevisible et peut causer toutes sortes de problemesâ, explique la policiere.Aimantee sur le frigo vide, une carte de Noel : á Cher Jimmy, on est tres contents du progres que tu as accompli cette annee.â Signe : maman et papa.Amanda et Nicole sont retournees chez Jimmy plus tard dans la journee, pour le conduire chez le medecin.Jimmy se lamente, recroqueville dans son lit.áPourquoi me faites-vous ca?â Apres de longues negociations, Jimmy finit par sfhabiller et sortir.á Il y a longtemps que je t fai vu avec aussi peu dfenergieâ, se desole Nicole.¡¡¡ Lfequipe de crise a ete creee en 2010 a cause du nombre eleve dfhomicides a Edmonton: il y en a eu 47 lfan dernier, le pire bilan au pays.Les autorites se sont apercues que plusieurs personnes impliquees dans ces meurtres souffraient de problemes de sante mentale.Lfalcool et la drogue font egalement des ravages, particulierement dans la population autochtone, nombreuse dans la ville.Au fil du temps, Amanda et Nicole ont etabli un lien de confiance avec leur clientele et les organismes.La radio de Nicole gresille.Les employes dfun refuge viennent de voir Peter, que lfequipe de crise recherche depuis des mois.Lfhomme de 39 ans a fait beaucoup de prison par le passe et a deja tente de desarmer un policier.Peter semble decide a prendre sa vie en main et veut quitter les lits de fortune.Amanda passe quelques coups de fil et lui deniche rapidement un appartement.áCfest un nouveau jour, Peterâ, lance chaleureusement Nicole.¡¡¡ En fin de journee, le policier David Klein et la psychiatre Caitlin Czernick, ages de 27 ans, prennent la releve dfAmanda et de Nicole .Ils se sont greffes a lfequipe de crise il y a tout juste un mois.Le soir, ils gerent des situations plus explosives.La semaine derniere, David a du degainer son arme a feu dans un refuge parce qufun homme menacait des gens avec un couteau.Ces jours-ci, une vague de froid intense frappe lfAlberta, avec des temperatures oscillant autour de .40\u2039.Les sans-abri ont pris dfassaut les refuges, ou David et Caitlin ne passent pas inapercus.Plusieurs personnes viennent leur parler.Un homme, agressif et visiblement intoxique, nargue le policier.Il lfinvective, a quelques centimetres de son visage.David ne bronche pas et garde le sourire.áJe me sens comme un politicien quand je visite ces endroits.Je serre des mains, meme sfils sont nombreux a ne pas mfaimerâ, explique David.Plus tard, ils visitent un autre refuge, surnomme le zoo.Les policiers y interviennent regulierement.áLa violence a tellement augmente en ville que les gens commencent a apprecier leur presence â, explique Brenda, une des employes.Des policiers appellent David par radio.Ils ont besoin de Caitlin pour evaluer une jeune femme suicidaire.La veille, son mari lui a mis un couteau sur la gorge.La nuit tombe.Le l ien f ragi le qui l ie Amanda, Nicole, David et Caitlin a leur clientele imprevisible a tenu le coup.Jusqufa demain.Malgre les efforts deployes depuis quelques annees, la police de Montreal entretient avec les sans-abri des rapports difficiles.La mort recente de deux sansabri au cours dfinterventions policieres donne a croire que cfest sans espoir.Pourtant, des exemples edifiants existent ailleurs : Montreal pourrait par exemple sfinspirer de lfequipe de crise dfEdmonton, qui jumelle policiers et travailleurs sociaux en premiere ligne.Portrait de deux approches bien differentes.pour des clienteles tout a fait semblables.HUGO MEUNIER Si les agents Nicolas Loignon et Sylvain Durocher avaient tourne le coin de la rue de Bul l ion pour deboucher dans la rue Sainte-Cather ine 30 minutes plus tard, dans la matinee du 7 juin dernier, ce sont eux qui auraient eu a calmer un Mario Hamel en crise.Ce matin-la, Mario Hamel, sans-abri bien connu des services dfaide, a ete abattu par des policiers.Un passant, Patrick Limoges, atteint par une balle perdue, est mort lui aussi.Les agents Durocher et Loignon, qui patrouillent a temps plein dans le quartier depuis trois ans, savent tres bien qufils ne sont pas a lfabri dfun tel drame.Ils sont les seuls agents du poste de quartier 21 affectes a lfharmonisation des relations entre les citoyens, les commercants, les sans-abri et les autres marginaux qui pullulent dans ce quartier chaud.Ils confient les cas extremes aux membres de lfEquipe multidisciplinaire en reference et intervention aupres des itinerants (EMRII).LfEMRII ressemble a lfequipe de crise formee a Edmonton.Mais au lieu de repondre aux appels dfurgence et de patrouiller dans les rues, lfequipe montrealaise intervient en deuxieme ligne et sfoccupe des suivis.Composee de six agents de police, de deux travailleurs sociaux et dfune infirmiere, elle forme les policiers en plus dfalleger leur charge de travail.áCfest precisement lorsque les relations entre les policiers et certaines personnes sont dans un cul-de-sac que lfEMRI intervient â, explique le commandant du poste 21, Alain Simoneau.Il est fier du travail de cette equipe, creee en 2009.áOn a un sans-abri, Mario, qui genere a lui seul plus de 1500 appels par annee.Il fait peur aux gens meme sfil nfest pas mechant â, explique le commandant.Avec lfaide de lfEMRII, lfhomme sfest pris en main.áIl y a encore des cas desesperes, il ne faut pas faire lfautruche â, souligne M.Simoneau, qui voit une nette amelioration des rapports entre les itinerants et les policiers depuis son arrivee en poste, il y a quatre ans.Le commandant Simoneau est dfaccord avec lfidee dfune escouade de premiere ligne comme a Edmonton, affectee aux malades mentaux.áCfest clair qufon veut ca ; tout le monde veut ca ! Mais est-ce que ca va regler les drames comme dans le metro Bonaventure ou le centre-ville lfete dernier ?Comment savoir?â ¡¡¡ Cfest evident : Nicolas Loignon et Sylvain Durocher connaissent mieux que quiconque les specimens de la faune urbaine.Ils savent que lfapparente camaraderie qui les lie a ces marginaux peut basculer rapidement.Ils savent que lfhomme a qui ils ont offert une paire de bottes et des mitaines peut tres bien se retrouver, quelques jours plus tard, dans la ligne de mire de leur revolver.Ca pourrait tres bien etre Frank, un homme dans la trentaine croise rue Saint-Denis.Il est explosif, resument les policiers.áVa te chercher des mitaines, Frank, tes mains vont craquerâ, conseille lfagent Loignon.Frank rumine un peu et disparait.Il nfa pas lfair dans son assiette, aujourdfhui, constatent les policiers.áIl est extremement imprevisible et agressif.Son truc, cfest de se mettre a poil quand il est en crise.Il a deja ete maitrise au pistolet electriqueâ, dit lfagent Durocher.Dehors, il doit faire .25\u2039.Presque tous les sans-abri sont au chaud dans les refuges, sauf une poignee dfirreductibles qui font la manche rue Sainte-Catherine.A la station de metro Berri-UQAM, les habituels revendeurs de drogue sfengouffrent dans le souterrain a la vue des patrouilleurs.Il nfy a pas de laveurs de pare-brise dans la rue Saint-Denis.Les deux agents ont la responsabilite dfy veiller.Ils disent faire appel au bon sens dans leurs interventions et souhaitent eviter la ásurjudiciarisationâ.Leur quotidien, ce sont les toxicomanes, les malades mentaux.Comme Maelstrom, qui se decrit comme un anarchiste et est un peu devenu le chouchou des deux agents.áHey, Starky et Huch!â, sfexclame-t-il quand il voit arriver les deux agents a la Place Dupuis.Maelstrom connait bien le coin.Il a ete dans tous les hopitaux psychiatriques de la ville.áLe probleme, cfest que les policiers grandissent dans une banlieue tranquille, sont formes trop rapidement et ensuite crisses ici, dans lfareneâ, analyse lfhomme a la voix caverneuse.Au milieu de la rue Saint-Denis, les policiers apercoivent Jasmin, un cas lourd, en train de zigzaguer entre les voitures.áCa fait combien de fois qufon te dit de ne pas queter dans la rue?Deux cents fois ?Si on te revoit aujourdfhui, on va tfarreterâ, lui dit lfagent Loignon du ton dfun bon pere de famille.De lfautre cote de la rue, un sans-abri boit sa biere, adosse au mur dfun restaurant.Les policiers vident le contenu de sa biere, puis lfaident a se relever et a enfiler ses gants.Lfhomme, qui peine a se tenir debout, sfeloigne sur le trottoir en grommelant.Montreal LES POLICIERS DE LA RUE UPSJUSTICE En plus de lfEMRII, les policiers montrealais peuvent compter sur lfequipe dfUrgence psychosociale- justice (UPS) lorsqufils sont aux prises avec des cas lourds de maladie mentale.Cette equipe multidisciplinaire, qui regroupe notamment des infirmiers, des criminologues et des travailleurs sociaux, est prete a intervenir le jour comme la nuit.Comme lfEMRII, UPS-justice permet dfeviter que des gens deja hypotheques par toutes sortes de problemes graves se retrouvent a repetition devant les tribunaux.Les membres dfUPS doivent evaluer lfetat mental dfune personne en crise et sa dangerosite pour elle-meme et pour les autres.EDMONTON 1La policiere Nicole Akers vient visiter Ben, un vieux client, afin de sfassurer qufil ne manque de rien.23Lfequipe de crise gere des cas tres lourds, comme Jimmy, un schizophrene qui devient imprevisible lorsqufil ne prend pas ses medicaments.MONTREAL 45Les patrouilleurs de rue connaissent mieux que quiconque leur quartier et les specimens qui lfhabitent.6Les agents Loignon et Durocher vont souvent faire un tour a la Place Dupuis, ou plusieurs itinerants trouvent refuge.7 Le contact privilegie des policiers avec leur clientele leur permet de demeurer au fait de se qui se passe dans la rue.1 Edmonton PREVENIR LES CRISES NOS DEUX VIDEOS > DEMONTREAL A EDMONTON Sur lapresse.ca/edmonton et lapresse.ca/spvm Les journalistes Hugo Meunier et Ivanoh Demers ont patrouille avec des policiers de Montreal et dfEdmonton pour comparer leurs approches avec leur clientele itinerante.Allez visionner leurs deux videos.5 4 6 PHOTOS IVANOH DEMERS TEXTES HUGO MEUNIER ENVOYES SPECIAUX EDMONTON 2 3 Police et sans-abri : lfimpasse?XSEXRXIEX>XPIXEGXEXS DANS LA RUE XXXXXXXX SERIE > PIEGES DANS LA RUE llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 4 E N J E U X L A P R E S S E M O N T R E A L S A M E D I 2 8 J A N V I E R 2 0 1 2 llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R E A L S A M E D I 2 8 J A N V I E R 2 0 1 2 E N J E U X 5 ENJEUX ARIANE LACOURSIÈRE 1.Centre d\u2019hébergement Argyll SHERBROOKE \u2014 Visiter un proche qui perd son autonomie, qui a toujours le regard vide et qui ne nous reconnaît plus peut être troublant.Pour éviter ces malaises, plusieurs personnes délaissent les membres de leurs familles hébergés en institution.Mais au centre d\u2019hébergement Argyll à Sherbrooke, l\u2019ambiance est si agréable que même de purs étrangers viennent passer des soirées avec les résidants! Grâce à une programmation riche en activités, les 260 personnes âgées qui habitent au centre d\u2019hébergement Argyll, dont 80% souffrent de troubles cognitifs, ne s\u2019ennuient jamais.Tous les jeudis, une activité « pub » est tenue.Pendant une heure trente, des musiciens viennent jouer dans une grande salle où les résidants sont invités à prendre une bière, un verre de vin ou une boisson gazeuse.«On filme les soirées et c\u2019est diffusé en temps réel dans les chambres, pour ceux qui ne peuvent se déplacer, explique la récréologue Annie Masson.Des gens du quartier, qui n\u2019ont même pas de famille ici, viennent à ces soirées tellement c\u2019est agréable!» Chaque s emai ne , l e s familles sont invitées à participer aux différentes activités.«On va au musée, au restaurant, on va magasiner.À Noël, on va voir les décorations », énumère Mme Masson.Des formations sont aussi offertes aux familles pour les aider à rendre leurs visites plus agréables.«Au lieu de passer son temps à demander à sa mère qui souffre d\u2019alzheimer si elle se souvient de nous, on est mieux de faire une activité qu\u2019elle va aimer.Si elle aimait le shortcake aux fraises, on peut apporter des fraises et les équeuter avec elle.C\u2019est le genre de trucs qu\u2019on donne », illustre Annie-Andrée Émond, conseillère en communication au centre de santé et de services sociaux (CSSS) de l\u2019Institut universitaire de gériatrie de Sherbrooke, dont fait partie le centre d\u2019hébergement Argyll.André Desharnais habite au centre d\u2019hébergement Argyll depuis deux ans.Il y est entré à la suite d\u2019un infarctus.Âgé de seulement 65 ans, il se décrit lui-même comme « le bébé de la place».Président du comité des résidants, il s\u2019occupe aussi du journal local.«Je crée des mots croisés », dit-il.S\u2019ennuie-t-il ?«J\u2019ai pas le temps!» Madeleine St-Cyr, 97 ans, habite elle aussi au centre d\u2019hébergement Argyll depuis deux ans.Chaque semaine, la bénévole Johanne Pellerin vient lui faire la lecture.«Mes auteurs préférés sont Gabrielle Roy, Félix Leclerc et Gilles Vigneault.J\u2019aime aussi les biographies », énumère Mme St-Cyr, qui est parfaitement lucide, mais qui a perdu la vue.Vêtue d\u2019une robe mauve, ses beaux cheveux blancs bien coiffés, Mme St-Cyr paraît parfaitement heureuse.«Ce que j\u2019aime ici ?Tout ! lancet- elle.Il y a plein d\u2019activités.Ils m\u2019ont même emmenée voir ma soeur qui a 100 ans à Saint-Jean-sur-Richelieu!» Ce petit voyage a été rendu possible par le projet «Rêves d\u2019aînés» de la Fondation Vitae du CSSS.«On réalise le rêve des résidants.Souvent, ça ne coûte pas grand-chose.Prenez Mme St-Cyr.On l\u2019a emmenée voir sa soeur qui habite dans un centre d\u2019hébergement de Saint-Jean.Elle a dormi là et elle est revenue le lendemain.Elle était tellement contente!», note Mme Émond.La Fondat ion Armand Bombardier a aussi permis la construction d\u2019un chalet qui accueille les résidants pour différentes activités.« Des fois, ce n\u2019est pas compliqué.On emmène les résidants y prendre un chocolat chaud.Mais on a aussi organisé une soirée fondue chinoise qui a été un franc succès », note Mme Émond.Toutes les activités offertes au centre d\u2019hébergement Argyll sont possibles grâce à l\u2019abondance de bénévoles qui caractérise la région de Sherbrooke.« Sans eux, on n\u2019y arriverait pas, croit Mme Masson.C\u2019est réellement une grande richesse.» DES CHSLD DE RÊVE PHOTOS OLIVIER PONTBRIAND, COLLABORATION SPÉCIALE Madeleine St-Cyr, 97 ans, adore lire.Mais comme sa vue n\u2019est plus ce qu\u2019elle était, elle reçoit chaque semaine la visite d\u2019une bénévole qui lui fait la lecture au Centre d\u2019hébergement Argyll à Sherbrooke.Aînés maltraités.Établissements malpropres.Résidants souffrant de malnutrition.Les drames se déroulant dans les centres d\u2019hébergement pour personnes âgées du Québec font très souvent les manchettes.Ces événements font oublier que chaque jour, des centaines de bons coups sont réalisés dans ces établissements.Au cours des dernières semaines, La Presse a visité trois centres d\u2019hébergement public pour aînés qui se démarquent par la qualité des soins offerts.André Desharnais, 65 ans, habite au centre d\u2019hébergement Argyll à Sherbrooke.Malgré son jeune âge, il dit ne pas s\u2019ennuyer du tout dans cet établissement, qui offre une panoplie d\u2019activités.llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 6 E N J E U X L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 2 8 J A N V I E R 2 0 1 2 ENJEUX 2.CHSLD Yvon-Brunet Un homme est attablé devant une bière, qu\u2019il sirote doucement.Au mur, une pancarte vante les mérites de la bière Labatt 50.Une télévision diffuse un match de curling.Des bols de chips traînent sur les tables.L\u2019espace d\u2019un instant , on se croirait dans une taverne.Mais on se trouve plutôt au bar de la « rue Principale » du centre d\u2019hébergement Yvon-Brunet à Montréal.Un endroit grouillant de vie qui fait oublier que les 185 résidants de cet établissement sont en lourde perte d\u2019autonomie.Réalisant que sa clientèle ne pouvait plus sortir facilement, le centre d\u2019hébergement Yvon-Brunet a décidé de « faire venir la rue » à l\u2019intérieur.Au sous-sol de l\u2019établissement, une foule de commerces sont accessibles, dont un dépanneur, un bar, une bibliothèque, une boulangerie et un salon de coiffure.«Quand on fait des activités comme un bingo, le prix à gagner est souvent de l\u2019argent.Les gagnants dépensent leurs sous dans la \"rue Principale\".Ça les sort de leur chambre », explique Éric Gagné , conseiller aux activités au centre d\u2019hébergement Yvon-Brunet.Le jour de notre passage par un mardi aprèsmidi enneigé de janvier, le couloi r de la « rue Principale » était bondé.Les gens y circulaient en fauteuils roulants et en déambulateur dans une joyeuse cacophonie.Dans une pièce isolée, des bénévoles tenaient, comme chaque mois, un « spa santé ».À l\u2019intérieur du local à la lumière tamisée, des résidantes se faisaient masser, maquiller ou profitaient d\u2019une manucure.Le coeur de la « rue P r i nc ipa l e » r e s te l e dépanneur, devant lequel sont installées plusieurs tables souvent occupées.Le jour de not re passage, l\u2019activité « taverne » avait lieu.Une quinzaine d\u2019hommes sirotaient gratuitement une bière en mangeant des saucisses entourées de pâte et en regardant la télévision.Trois femmes bavardaient en jouant une partie de YUM.Résidant, mais aussi bénévole, M.Sylvestre se promenait en offrant des chips.L\u2019homme, qui est incapable de parler, sait se faire comprendre par ses pairs.« Il aime s\u2019occuper du bar et servir.Il se rendre utile», note le responsable du service à la clientèle au centre d\u2019hébergement Yvon-Brunet, Benoît Martimbault.En plus des nombreux commerces de la « rue Principale », une garderie en milieu familial de six enfants loge au centre d \u2019hébergement Yvon- Brunet .« Les enfa nts mangent avec les aînés.Ils vont parfois leur chanter des chansons.Ça fait plaisir aux résidants de côtoyer des enfants, sans avoir à s\u2019en occuper », dit Daniel Chartrand, directeur de l\u2019hébergement du CSSS Verdun.Dans un coin de la « rue Principale », on trouve une dizaine de meubles anciens restaurés par un résidant.À son arrivée au centre d\u2019hébergement, cet homme s\u2019isolait.On lui a aménagé un atelier et confié des mandats de restauration de meubles.Depuis, le résidant est totalement épanoui.Il a relancé ses affaires et vend quelques meubles aux famil les des résidants.C\u2019est le centre Yvon- Brunet qui a créé, en 19 81 , l e c oncept de « milieu de vie », qui a amené les centres d\u2019hébergement du Québec à cesser de ressembler à des hôpitaux.Depuis, cet établissement fait figure de pionnier dans le domaine.Tout y est possible.«La vieillesse n\u2019est pas une maladie.On a tout fait pour développer un établissement comme à la maison.Il n\u2019y a pas de poste d\u2019infirmières.Pas d\u2019uniformes.On essaie tous les jours de repousser les limites de l\u2019institution », dit M.Chartrand.«Dans le fond, il faut se dire qu\u2019on est locataire sici.Ce sont les résidants qui sont chez eux», résume M.Martimbault.La «rue Principale » située au sous-sol du centre d\u2019hébergement Yvon-Brunet à Montréal est toujours grouillante de vie.Devant le dépanneur, les résidants se retrouvent pour discuter ou prendre un verre.M.Sylvestre est un résidant du centre d\u2019hébergement Yvon-Brunet qui tient bénévolement le bar de la «rue Principale » et en tire une immense gratification.3.Les p\u2019tites maisons SAINT-EUGÈNE \u2014 Dans le mil ieu de l \u2019hébergement pour aînés au Québec, tout le monde a déjà entendu parler des «petites maisons de Montmagny ».Ce centre d\u2019hébergement nouveau genre a ouvert ses portes en 2008 et fait aujourd\u2019hui l\u2019envie de la province entière, voire d\u2019autres pays.Quand est venu le temps de rénover deux cent res d\u2019hébergement sur son territoire, le centre de santé et de services sociaux (CSSS) de Montmagny-L\u2019Islet a décidé de faire les choses autrement.Au lieu de reconstruire des établissements de style hospitalier, il s\u2019est inspiré des pays scandinaves pour créer des centres à dimension humaine.Résultat : quatre petites maisons pouvant héberger chacune seize résidants ont vu le jour dans les villages de Saint-Eugène et de Sainte-Perpétue.Chacun de ces bâtiments est divisé en deux unités de huit résidants, qui donnent l\u2019impression d\u2019être « à la maison ».Lors de notre passage au centre d\u2019hébergement de Saint-Eugène, la tranquillité des lieux était palpable.Dans un salon à l\u2019ambiance feutrée, une dame lourdement atteinte d\u2019alzheimer tenait tendrement une peluche en rega rdant le foyer, une douce musique de Noël jouant en trame de fond.Une intervenante est passée et lui a caressé les cheveux.La dame a fermé les yeux, l\u2019air serein.Dans la salle à manger, deux résidantes discutaient dans un langage incompréhensible.Atteintes de troubles cognitifs, ces dames se sont liées d\u2019amitié depuis leur arrivée.Elles sont les seules à se comprendre, explique une préposée.Ce jour-là, elles s\u2019adonnaient à une activité particulière.Pendant que l\u2019une d\u2019elles défaisait une pelote de laine, l\u2019autre la refaisait, sous le regard attendri de l\u2019employée.Un seul préposé aux bénéficiaires s\u2019occupe de huit résidants au centre d\u2019hébergement de Saint-Eugène.Ce petit ratio permet l\u2019adoption d\u2019horaires f lexibles.« On va en fonction des besoins des résidants.Si quelqu\u2019un préfère prendre sa douche le soir, on fait ça.Il n\u2019y a pas de déjeuner à 7h30.Les gens mangent quand ils se réveillent», explique Mireille Gaudreault, agente de communicat ion au CSSS de Montmagny-L\u2019Islet.Personnel multitâche Pour permettre ces services adaptés, le personnel a dû accepter des changements de tâches majeurs.Par exemple, un préposé aux bénéficiaires peut être appelé à préparer un repas ou à faire du ménage.Des tâches qu\u2019ils ne réalisent pas en institution.«Ces changements n\u2019ont pas été faciles à faire passer.Les préposés ne sont pas formés à l\u2019école pour travailler dans des milieux comme ici.Mais ils se sont bien adaptés et plusieurs savourent maintenant leur autonomie», explique Ninon Bourque, conseillère en milieu de vie au CSSS.En plus d\u2019offrir des soins personnalisés, les petites maisons sont conçues pour offrir un milieu de vie agréable.Il y a de vastes fenêtres partout.Dans les chambres des patients plus autonomes, une porte vitrée donne directement accès à l\u2019extérieur.L\u2019établissement a été construit de plain-pied.Il n\u2019y a pas d\u2019escalier.Pas d\u2019ascenseur.«Il y a moins de perte de temps pour le personnel.Pour les mesures d\u2019urgence comme les évacuations, c\u2019est un avantage majeur », note la coordonnatrice des maisons Saint- Eugène et Sainte-Perpétue, Valérie Dion.Ce mode de conception a été économique : la construction des 64 lits a coûté 8,6 millions en 2008 alors que les coûts projetés pour un établissement conventionnel étaient de 12 millions.Les cuisines sont au coeur de chacune des maisons.Le jour de notre visite, une employée préparait un «pouding grandmère » derrière un comptoir devant lequel les résidants peuvent s\u2019asseoir pour la regarder travailler.Un chat est aussi présent en permanence dans les maisons.Tous ces détails permettent aux petites maisons d\u2019offrir un environnement paisible aux résidants, ce qui a des effets positifs notoires, selon Mme Bourque.«Ils sont plus calmes.Il y a beaucoup moins de gestion de comportements à faire.Les gens sont sereins», dit-elle.«On a tout fait pour développer un établissement comme à la maison.Il n\u2019y a pas de poste d\u2019infirmières.Pas d\u2019uniformes.» llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 2 8 J A N V I E R 2 0 1 2 E N J E U X 7 ZOOMLfAUTRE HISTOIRE DERRIERE LE CLICHE Kodak: nom commun.1.Appareil photographique.Le fait qufil soit ou non de la marque Kodak importe peu.áSi on avait eu un Kodak on aurait pris des photos, comme des touristes.â (Rejean Ducharme, Lfhiver de force, Gallimard, 1973.) 2.Dans le milieu televisuel et cinematographique, le mot ákodakâ designe la camera.áJfetais surtout impressionne par les moyens dont disposait la production.Ils ont pris une journee entiere juste pour placer le kodak!â (entrevue avec lfacteur Roy Dupuis, publiee dans La Presse du 28 juillet 2010) KODAK NOMCOMMUN La firme Kodak sfest placee sous la protection de la loi americaine sur les faillites.Ce nfest pas un simple fabricant de materiel photographique qui est menace dfextinction; cfest aussi une expression de la culture populaire quebecoise.Les Quebecois ne sont pas les seuls a transformer des marques de commerce en noms communs, mais ils semblent les seuls a avoir adopte le nom ákodakâ aussi largement.áMais dans quelques annees, gkodakh fera aussi partie du folklore linguistiqueâ, predit Claude Poirier, directeur du Dictionnaire historique du francais quebecois.Regards sur 131 ans dfexistence.TEXTES: JUDITH LACHAPELLE Kid-kodak: nom commun.1.Surnom a la fois affectueux et ironique donne a une personne qui aime prendre des photos.Beaucoup de photos.Tout le temps.Tellement que, grace a cet archiviste familial, les membres du clan en ont pour des generations a se gausser des coupes-de-cheveux-Nathalie-Simard, de mononcle-Gerard-pis-son-verre-de-gin, ou de lafois- ou-Frank-a-essaye-de-faire-le-tour-du-lac-enpedalo- perce.De par son role, le kid-kodak figure rarement lui-meme sur des photos et, en general, ca fait son affaire.¨ Temoignages áSuis-je un kid-kodak?Ma femme dit que oui : nous arrivons dfun voyage de 25 jours en Inde et jfai pris environ 7000 photos et 425 videoclips, que jfessaie actuellement de monter sur 7 DVD.â .Marcel Rodrigue áUne fois, je suis meme parti en voyage une semaine avant ma femme a Cayo Largo pour pouvoir tout prendre en photo sans lfimportuner.Mais cette foisla, je nfen ai pas pris tant que ca, seulement 2000.â .Jacques Turcotte, Saint-Bruno-de-Montarville áLorsque les gens savent que je serai la, plusieurs nfapportent meme pas leur appareil.Et bien que quelques-uns ralent pour la forme, les gens se plaignent quand ca nfarrive pas assez vite dans Facebook.â .Carmen Figueroa Sotelo, Montreal 2.Se dit dfune personne qui se jette .ou semble toujours se jeter .devant les flashs des ákodaks â pour etre certaine dfetre vue.Le mot se veut tendre quand il sfagit de la petite princesse de la famille avec son sourire de cinema.Mais il devient fielleux lorsqufil est accole a une personnalite publique.Denis Coderre, depute liberal federal, est qualifie de kidkodak depuis plus de 10 ans.Ce surnom lfagace-t-il?áPas vraiment â, a-t-il repondu a un journaliste du Droit en 2007.áJe suis un gars qui va toujours sforganiser pour faire passer son message et ses idees.Et je nfai pas peur des moyens de communication pour mfassurer de bien faire mon travail.Jfai cette facilite de communiquer.Certains aiment ca, dfautres aiment moins ca, mais jfai un role a jouer et ce role ne se limite pas a lfinterieur du parlement.Jfai du fun a aller ou sont les gens.Et, quelque part, je ne fais que repondre a une demande.Il y a des medias qui mfappellent ! â Kodac, kodack, kodaque.áDans les annees de la litterature joualisante, on a cherche a legitimer certains mots de la langue populaire.Cfetait une espece dfaffirmation identitaire, comme pour dire : ces mots que vous nfaimez pas, on se les approprie et on va les ecrire a notre facon!â .Claude Poirier, professeur associe au departement des langues de lfUniversite Laval.áMilienne prenait des photos avec le vieux kodaqueâ (Victor-Levy Beaulieu, Les grands-peres, Editions du Jour, 1971.) á[.] des petits vieux [.], lesquels avec leur accoutrement de pelerins Greyhound, leurs mappes, leurs lorgnettes, leurs lunettes, leurs kodacks [.].â (Jacques Ferron, Les roses sauvages : petit roman suivi dfune lettre dfamour soigneusement presentee, Editions du Jour, 1971) áJe te prie de croire que les kodaks qui font le voyage nfont pas le temps de chomer.Que de \"snap-shots\", nom dfun petit bonhomme!â .La Presse, 13 juillet 1900 áNous arretames pour que notre conducteur emboitat dans son kodak le souvenir incomparable de cette minute.â .Le Devoir, 13 aout 1929 áIl y a [.] a la Surete un kodak de grand prix qui a ete enleve a un pretendu voleur, il y a une couple de jours.â .La Presse, 10 juillet 1930 áLe dimanche de Paques qui sfen vient, la, la Fete-Dieu, avec la procession.Y a toujours quelqufun qui a un kodak.â .Robert Choquette, Le cure du village: scenes de vie canadiennne (radio-roman) 1936.áJfai mon kodak pare pour.â .Ovila Legare, Nazaire et Barnabe, diffuse a la station CKAC, 1945 áLes voisins, les connaissances, les \"vus pour la premiere fois\", se fixaient dans notre esprit comme dans lfoeil dfun kodak; pour ma part, je les voulais invariables comme la chute ou lfusine.â .Felix Leclerc, Pieds nus dans lfaube, 1946.áCfest curieux, ca: tu pretendais, il y a cinq minutes, que jfavais une memoire de kodak.â áQufcfest beau dfvous voir a Sainte-Agathe afec vos varices pis votfkodak jouer aux tourisses dans toutf les magasins dfla placeâ .Plume Latraverse, Strip-tease, 1983.áTu peux pas dire gCfest pas ma fautehc No!! Parce qufifnfnfa toujours un autre Qui avait un kodak!!â .Francois Perusse, Album du peuple tome 8, 2011.áVous appuyez sur le bouton, nous nous chargeons du resteâ Cfest en 1888 que George Eastman a mis entre les mains des consommateurs le premier appareil photo facile a utiliser .une veritable democratisation de lfimage.Au Quebec, le succes du Kodak sfest repandu plus rapidement que le terme áappareil photographiqueâ.áKodak avait lfavantage dfetre plus facile a dire qufâappareil photographique â, qufon pouvait entendre aussi au debut du XXe siecle, et on voyait souvent ce nom de marque dans les annonces de journauxâ.Claude Poirier llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 8 E N J E U X L A P R E S S E M O N T R E A L S A M E D I 2 8 J A N V I E R 2 0 1 2 "]
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