Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
P. Enjeux
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (15)

Références

La presse, 2012-03-31, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
[" ENJEUX ZOOM 11000 MÈTRES SOUSLES MERS PAGE 8 PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE NPD UNECOURSE ÀLADIRECTION.ÀRABAIS! VINCENT MARISSAL PAGES 6 ET 7 PLUS DE 1800 PERSONNES ONT PERDU LEUR TRAVAIL LORS DE LA FERMETURE SANS PRÉAVIS D\u2019AVEOS.LA NOUVELLE A SEMÉ LA CONSTERNATION.COMMENT LE PRINCIPAL SOUS-TRAITANT DE RÉVISION ET D\u2019ENTRETIEN DE LA FLOTTE D\u2019AIR CANADA POUVAIT-IL METTRE LA CLÉ SOUS LA PORTE?DEPUIS DIX JOURS, LES TRAVAILLEURS D\u2019AVEOS ONT LUTTÉ POUR SAUVER LEURS EMPLOIS.LA PRESSE LES A SUIVIS PAS À PAS.VOICI LEURS VISAGES ET LEURS HISTOIRES.NOTRE DOSSIER À LIRE EN PAGES 2 À 5 AVEOS DANS L\u2019OEIL DU CYCLONE MONTRÉAL SAMEDI 31 MARS 2012 1 888 858-5258 MAGASINEZ EN LIGNE PARTOUT AU QUÉBEC 9À5OU 5À7 VESTONS SPORT À PARTIR 149,98$ DE La naissance dfAveos, dans la foulee de la restructuration dfAir Canada, a toujours inquiete les representants syndicaux de ses 2300 employes canadiens.A plusieurs reprises, le syndicat a tente dfalerter Quebec et Ottawa sur les risques de demantelement des anciens centres de maintenance et de revision dfAir Canada a Montreal, Winnipeg et Toronto.Le scenario catastrophe sfest finalement realise il y a deux semaines, quand Aveos a annonce sa faillite et sa liquidation.La Presse a suivi les travailleurs et leur syndicat a Montreal, Quebec, Ottawa, et Chicoutimi, sur les routes de leur mobilisation.Voici leur histoire.JOURNAL DE BORD DfUNEMOBILISATION JEUDI 22 MARS La Jeep est garee depuis plusieurs heures en plein soleil, boulevard Cote-Vertu.Cfest une journee exceptionnellement chaude.Lunettes noires vissees sur le nez, bras a la fenetre, Alain et Yves* observent, de leur voiture, la scene qui se joue sous leurs yeux.Face a eux, des dizaines de syndiques qui viennent de perdre leur travail.Dos a eux, leur áclientâ: Aveos.Entre les deux: des policiers.Alain et Yves sont gardiens de securite pour Garda.Les conflits de travail et fermetures dfusine sont leur specialite.Ils ont lfhabitude de voir defiler des travailleurs, des policiers, des cadres qui rasent les murs et meme des politiciens ásortis des boules a mitesâ.Ce matin-la, les troupes ont recu la visite des deputes Denis Coderre, Justin Trudeau (PLC), Eve Peclet (NPD) et Maria Mourani (Bloc).áAnyway, on sfattend pas a rester longtemps ici.Quand cfest une liquidation, ca va viteâ, explique Alain.Son coequipier, machant de la gomme, le regrette.áCfest des bons syndiques.â.¡¡¡ Apres sa faillite en 2004, Air Canada sfest divisee en plusieurs entites.Ses services techniques ont ete acquis en 2007 par des investisseurs prives.Aveos est nee en 2008.Les deux entites sont distinctes, mais unies par des liens etroits.Air Canada etait le principal client dfAveos.Lfentree des bureaux dfAveos, boulevard Cote-Vertu, est dfailleurs decoree de feuilles dferable.áDans les faits, Aveos, cfest Air Canada.Une compagnie qui a 90% de ses activites avec un seul client, ce nfest pas une vraie compagnieâ, a lance Francois Legault, chef de la CAQ, et ancien president dfAir Transat, a lfissue de sa rencontre a Quebec avec le syndicat dfAveos.Selon lui, Aveos nfest qufune ácoquille videâ.Cfest aussi lfavis des travailleurs dfAveos qui, dans leur ecrasante majorite, ont ete mutes, contre leur gre, des services techniques dfAir Canada a Aveos, il y a moins dfun an.Un deplacement que le syndicat a tente dfempecher.Sans succes.En depit de ses craintes, jamais le syndicat nfaurait imagine un tel krach chez Aveos.Les cadres intermediaires de lfentreprise non plus.áOn nfa eu aucun signe precurseur â, explique lfun dfentre eux, qui souhaite garder lfanonymat.Quand Aveos est nee, son president, Chahram Bolouri, a presente un plan dfaffaires a moyen terme.Chose que nfavait pas encore faite son successeur, Joe Kolshak, un ancien de United Airlines, en poste depuis moins dfun an.Deux departements dfAveos se portaient bien, dit cet ancien cadre : celui des moteurs, et celui des composantes.Lfan dernier, Aveos a investi 50 millions dans le batiment du departement des composantes.áRien de drastique ne laissait prevoir le chaosâ, soupire notre interlocuteur.Il croit qufune partie des emplois et des activites dfAveos aurait pu etre sauvee.áCfest tres frustrant.Si on avait eu des signes avant-coureurs de difficultes financieres, on aurait pu faire quelque chose, passer en mode gestion serree.Maintenant, on est places devant le fait accompli.â.¡¡¡ ANABELLE NICOUD MERCREDI 21 MARS Le nerf de la guerre, cfest la loi Air Canada.áCette loi-la, je la connais sur le bout des doigts â, dit Jean Poirier.Depuis t rois ans , Jean Poirier, charismatique president general de la section 140 de la region de lfest de lfAssociation internationale des machinistes et des travailleurs de lfaerospatiale (AIMTA), epluche au parlement les archives des discussions entourant le passage de la loi, en 1988.Les discussions qui ont entoure la privatisation dfAir Canada sont claires: la revision et la maintenance de ses appareils doivent etre effectuees dans ses centres, au Canada.Dans son bureau, un epais classeur contient plusieurs centaines de pages, lfessentiel de sa documentation.Pour lui, lfequation est simple: Air Canada trahit la loi.Les gouvernements doivent rappeler le transporteur a lfordre.A Quebec, cfest justement des pressions sur Ottawa et Air Canada que les travailleurs sont venus chercher, en ce mercredi matin ensoleille.Quatre autocars ont depose des dizaines de manifestants devant le parlement.Mais cfest dans les antichambres de l fAssemblee que les leaders negocient leurs appuis : ils sont recus dfabord par le ministre du Developpement economique, Sam Hamad.Puis par le PQ, et la CAQ.Leur sort est aussi au coeur de la periode des questions, ce matin-la.Ils quittent le salon Bleu forts dfune motion votee a lfunanimite, engageant le gouvernement a envisager des recours contre Air Canada.Dans la voiture qui les ramene a Montreal, les dirigeants restent prudents.Rien nfest gagne.áMaintenant, il faut que les bottines suivent les babines â, illustre sagement Marcel St-Jean, president de la section locale 1751 de lfAIMTA.Une semaine plus tard, le bureau syndical refera le voyage a Quebec pour áeclaircir â les choses.Qui doit mettre en branle des recours judiciaires contre Air Canada?Le gouvernement et le syndicat se renvoient la balle.La question est toujours en suspens.¡¡¡ .Francois Legault, chef de la CAQ, et ancien president dfAir Transat áDans les faits, Aveos, cfest Air Canada.Une compagnie qui a 90%de ses activites avec un seul client, ce nfest pas une vraie compagnie.â áMaintenant, il faut que les bottines suivent les babines.â PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE Au premier plan, Jean Poirier, porte-parole des syndiques.AVEOS DANS LfOEIL DU CYCLONE .Marcel St-Jean, president de la section locale 1751 de lfAIMTA.PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE PHOTO LA PRESSE CANADIENNE llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 2 E N J E U X L A P R E S S E M O N T R E A L S A M E D I 3 1 M A R S 2 0 1 2 VENDREDI 23 MARS Il est a peine 4h du matin.Pres de la ábaseâ (le bureau de la section locale), une quinzaine de travailleurs sfengouffrent dans un autocar.Le syndicat a tenu jusqufau dernier moment leur destination secrete.Ce sera Chicoutimi, ou le ministre des Transports, Denis Lebel, participe a une conference de presse.Apres plusieurs jours de silence, Denis Lebel a joint, la veille, Jean Poirier.Il lfinvite a Ottawa la semaine suivante.Jean Poirier espere plutot lui presenter une nouvelle idee : un plan de sauvetage du centre de revision et de maintenance, a lfimage de celui consenti a General Motors.Sur la route, le moral revient.A Toronto, Montreal et Halifax, les bagagistes dfAir Canada ont spontanement entame une greve, pour protester contre la suspension de trois dfentre eux.Un monstre vient de se reveiller, croit-on : le syndicalisme canadien.A Chicoutimi toutefois, cfest la deception.Surpris, Denis Lebel a glisse quelques mots aux travailleurs qui lfont accueilli avec trompettes et sifflets.Mais il nfa pas laisse le temps a Jean Poirier de lui expliquer ce plan: il a fui des qufil a entendu les lettres áGMâ.Filme par les televisions locales, le face a face a dure moins dfune minute.á Il sfest sauve pas a peu presâ, observe Lyne Ste-Marie.Le car repart peu apres.Les anciens dfAveos auront avale pres de 13 heures de route ce jour-la.Denis Lebel recoit les syndicats a Ottawa, trois jours plus tard: la reunion dure a peine 40 minutes.¡¡¡ áCfest sur, le gouvernement sfen calisse qufon garde nos jobs ou pas.â áJe fais plus dfheures depuis que je nfai plus dfemploi.â MARDI 27 MARS Il est 8h du matin, sur le stationnement de la á base â.George Kuehln veille au depart des travailleurs vers Ottawa: 10 ca rs ont ete prepares.á Je fa is plus dfheures depuis que je nfai plus dfemploi â, constate-t-il.Les anciens dfAveos esperent que leur deplacement en grand nombre fera flechir le gouvernement conservateur, qui attend encore des avis juridiques pour se prononcer sur le dossier.Sur la colline parlementaire, des deputes du NPD, du Bloc et du PLC se relaient aux cotes des manifestants.Aveos a entame sa liquidation depuis une semaine, et le temps presse, repete le syndicat.La manifestation sfetire jusqufa la fin de la periode des questions.Le gouvernement campe sur ses positions: il attend des avis juridiques avant de decider si il doit sevir contre Air Canada.Les travailleurs repartent la mine basse.Parmi eux, on rit jaune.áCfest le moment ou on se met en boule dans le garde-robe pour pleurer â, dit Daniel.Sur la route vers Montreal, le moral flanche.á Cfest sur, le gouvernement sfen calisse qufon garde nos jobs ou pasâ, soupire un passager.Malgre tout, le syndicat croit encore que les choses peuvent bouger.La strategie syndicale, cfest comme un jeu dfechecs, explique un repesentant : un joueur habile doit trouver le meilleur moment pour son coup.¡¡¡ JEUDI 29 MARS Lfhiver a repris ses droits, et, sur le boulevard Cote-Vertu, la circulation automobile aussi.Des gardiens de securite sont encore postes aux entrees dfAveos.Quelques manifestants continuent a venir tot le matin.Mais lfespoir est mince.Pres de leurs voitures, trois hommes discutent .I ls ne savent plus quoi faire.áMon coeur est ici, mais il faut bien que je trouve un travail â, explique Andrew.Au meme momen t , a Ottawa, le gouvernement ferme definitivement la porte a des recours contre Air Canada.A la ábaseâ, le bureau syndical planche sur la suite des choses.Sa porte reste close.En fin de journee, Jean Poirier nous rappelle.Il a ete le visage et la voix des travailleurs dfAveos dans les medias.Ce role revient maintenant a Gilles Brosseau, de la FTQ.La retrogradation interne de Jean Poirier fait grincer des dents a la section locale 1751.On doute du pouvoir de persuasion du nouveau porteparole.áCfest comme passer dfune Ferrari a une Lada â, nous dit-on.áSi je suis optimiste ?Je ne peux pas le dire â, dit, au telephone, M.Brosseau, vice-president de la FTQ, coordonnateur au Quebec de lfAIMTA.Mais la FTQ nfa pas jete le dossier, assure-t-il.áOn ne croit pas qufAveos puisse repartir comme telle.Mais il peut il y avoir des investissements.Quand on a 1100 membres qui ne travaillent pas, on ne jette pas le dossier.â Avant de raccrocher, il nous demande si le comite des Transports se reunit toujours mardi prochain, a Ottawa.áJe vous dis ca, parce que sur leur site, leur lien ne fonctionne plus.â * les prenoms ont ete modifies AVEOS DANS LfOEIL DU CYCLONE PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R E A L S A M E D I 3 1 M A R S 2 0 1 2 E N J E U X 3 AVEOS DANS LfOEIL DU CYCLONE QUAND IL A QUITTE la shop pour le week-end, il y a deux semaines, Benoit Lefebvre ne se doutait pas qufil venait de vivre sa derniere journee chez Aveos.Ce controleur dfatelier a la certification finale du service des moteurs a pourtant recu un appel lui demandant, dimanche soir, de ne pas se presenter au travail le lendemain.On lui a promis de reprendre tres vite contact avec lui.Son employeur ne lfa jamais rappele.Quarante-huit heures plus tard, Aveos a entame sa liquidation.Depuis, Benoit nage en plein desarroi.áEn 30 ans, jfai paye un demi-million de dollars dfimpots, et la, tout ce qufon me dit, cfest:\"Mange de la marde, retourne a lfusine\"â, dit-il.Jfai toujours ete en haut de la chaine alimentaire, et la, je viens de me faire egorger.â A 50 ans, il se demande quel emploi il va bien pouvoir trouver.áOui, je suis enrage solide.Je ne me sens pas bien, ca va pas.On se fait voler par nos gouvernements.Et on nfa rien.â Ses yeux balaient le sol.áOn espere une vie meilleure que celle de nos parents.On est alles a lfecole.On a fait des etudes.Mais on dirait que ca change rien.â Il semble inconsolable.¡¡¡ POUR SES EMPLOYES, la faillite brutale dfAveos, principal fournisseur de services de maintenance et de reparation dfAir Canada, est une veritable trahison.Jusqufen juillet dernier, les 1800 employes syndiques etaient eux-memes des employes dfAir Canada.Leur caisse de retraite y est toujours.Les plus anciens ont entame leur carriere pendant les beaux jours du transporteur aerien.Ils se sont devoues pour une entreprise qui, en retour, leur offrait les meilleures conditions de travail du secteur.Les parents encourageaient leurs enfants a y faire carriere.Des couples sfy sont formes.Des amities sfy sont baties.La faillite dfAir Canada a sonne le glas de cette epoque.Depuis 10 ans, les syndiques ont accepte une deterioration de leurs conditions de travail.Dans la foulee de sa restructuration, Air Canada sfest separee de ses services de maintenance et dfentretien.Ainsi est nee Aveos.Mais les employes ne digerent pas la rupture.Signe qui ne trompe pas, ils etaient des dizaines a porter leur ancien uniforme dfAir Canada pour protester contre la fermeture dfAveos.Luciano Colangelo ne comprend pas la tournure des evenements.áAir Canada, cfest le symbole de notre pays.Ce qui se passe nous regarde tousâ, estime cet ancien magasinier.Aux cotes de sa femme, Isabel Daponte, il est de toutes les manifestations depuis la fermeture dfAveos.Le couple, qui partage le meme employeur, espere retourner chez Air Canada.á On veut montrer a Air Canada qufils ont fait une erreur.Ils nfauraient jamais du diviser leurs activites.On aurait tous pu sfunir, trouver des solutions pour que ca aille mieuxâ, croit-il.Le calcul du couple est simple : Air Canada a besoin de faire reparer ses avions au Canada.Des centaines de travailleurs qualifies et formes nfattendent justement que ca.Luciano et Isabel ne comprennent pas pourquoi leurs emplois devraient partir au Salvador, ou Aveos a une filiale.áPourquoi on irait donner notre travail aux Salvadoriens, alors qufeux ne nous donnent rien?â, sfinterroge Luciano.¡¡¡ LE SECTEUR de lfaviation connaissait ses hauts et ses bas.Mais chez Aveos, la fermeture a pris tout le monde de court.La ácellule de criseâ formee dans les premiers jours de la faillite par le syndicat a rapidement ete inondee dfappels.áDe la detresse, il y en aâ, indique un dirigeant syndical.Devant les grilles dfAveos, la tristesse sfexprime avec franchise pendant les jours qui suivent la fermeture.áJe me leve avec une biere, je me couche avec une biereâ, resume un technicien.Son physique est imposant, mais son regard est las.Il prefere taire son nom, pour ne pas inquieter sa famille.¡¡¡ Plus de 1800 Montrealais ont perdu leur emploi dans la liquidation dfAveos.Depuis pres de deux semaines, ils se sont fait entendre a Montreal, Chicoutimi, Quebec ou Ottawa, devant le siege social dfAir Canada et devant les parlements.Leur unique revendication : retrouver leur travail.Ils sont le visage dfune fermeture aussi brutale qufinattendue.TEXTES DfANABELLE NICOUD PHOTOS DE MARCO CAMPANOZZI Robert Lussier et sa conjointe Lyne Martineau PHOTOS MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE áJe ne sais pas ou je serai dans trois mois ou dans six mois, ni ou ma famille sera.â DELASHOP ALARUE LES VISAGES DfUNE LIQUIDATION llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 4 E N J E U X L A P R E S S E M O N T R E A L S A M E D I 3 1 M A R S 2 0 1 2 DEPUIS QUfIL A APPRIS la fermeture dfAveos, Robert Lussier, 48 ans, passe ses journees couche.Ce mecanicien est habite par des pensees suicidaires.Apres 13 ans de service chez Air Canada, sa vie a commence a se deglinguer.Il est tombe malade, et a subi une greffe du foie.Il y a eu des complications, et il a passe plusieurs mois en reeducation.Son arret de travail, entame a lfete 2010, sfest prolonge.Sa sante ne lui a jamais permis de retourner travailler.Aujourdfhui, ce sont ses reins qui ne fonctionnent plus.Il attend une nouvelle greffe.Pendant ce temps, son fils de 16 ans est devenu diabetique.Pour Robert, ce licenciement soudain, et la perte, tout aussi inattendue, de ses assurances maladie et medicaments, ont ete le coup de grace, raconte sa conjointe, Lyne Martineau.Aujourdfhui, elle a du mal a se projeter dans lfavenir.áJfai appris depuis les deux dernieres annees que cfest difficile de prevoir les choses.Il faut vivre au jour le jourâ, dit-elle.Le couple vient de mettre sa maison en vente.áJe ne sais pas ou je serai dans trois mois ou dans six mois, ni ou ma famille sera.Je mfetais fait un plan de vie.Mais il a bien change.â ¡¡¡ MEMBRE DU COMITE de negociation du syndicat dfAveos, Benoit Lanctot partage les sorties de ses anciens collegues depuis la fermeture.Il ne sfexplique pas comment un geant comme Aveos a pu mettre la cle sous la porte en une nuit.Pas plus tard que lfan dernier, Chuck Frosst, directeur des ressources humaines dfAveos, avait meme promis dfinstaller une nouvelle culture du travail.Quand il evoque ce souvenir, ses collegues, autour de lui, eclatent de rire.áCfest la culture de la fermeture, oui!â, pouffent-ils.Benoit acquiesce.áOn voit ou ca nous a menes.â Il reprend: áDans ma categorie, je suis sixieme en anciennete.Je me disais qufavant qufils me touchent, moi, ils allaient mettre la cle sous la porte.Et cfest exactement ca qui est arrive: ils ont mis la cle sous la porte.â Il lui a fallu plusieurs jours pour realiser qufil est maintenant sans emploi.Ce constat lfa ebranle.áJfai refait mon C.V., jfai fait mes demarches.Je prepare le coup.Si, dans les prochains jours, on me dit : tu rentres, O.K.Mais sinon, je ne vais pas rester a la maison a attendre que le telephone sonne.â Frederic Charlier PHOTOS MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE áEn sept ans, jfai eu dix mises a piedâ AVEOS DANS LfOEIL DU CYCLONE áLes gars veulent se replacer, ils sfenvoient des emails, se disent: gIci, ils embauchent, mais ne le dis pas.h Tout le monde veut sauver sa peau, puis les autres, apresâ, croit-il.Parmi les anciens dfAveos, plusieurs ont tente leur chance chez Bombardier ou Bell.Mais les places sont rares.Benoit, qui avait decroche son poste avec Air Canada simplement en frappant a la porte de la societe il y a 20 ans, se sent quelque peu deboussole par la nouvelle facon de postuler un emploi.Autour de lui, on rale contre les annonces átout en anglaisâ de Bombardier.Benoit se verrait bien retourner a son premier metier: entrepreneur dans les renovations.áJfaurais un seul patron, un seul charge des relations travail, un seul employe: moi.â ¡¡¡ AVEC SES LUNETTES de soleil, ses tatouages et sa veste de cuir, Frederic Charlier, 25 ans, est le genre de jeune homme qufon sfattend plus a rencontrer dans une salle de concert de Montreal que parmi des employes syndiques de lfaerospatiale.Et pourtant.Il a ete de toutes les mobilisations pendant les jours qui ont suivi la fermeture dfAveos, il a meme dormi a lfoccasion dans sa voiture sur le boulevard Cote-Vertu, apres une soiree a Montreal, pour participer a lfaurore a une manifestation devant le siege social dfAir Canada.Musicien, Frederic est aussi mecanicien depuis sept ans.Il a atterri dans lfaviation un peu par hasard et a commence chez Avianor et Bombardier.Les hoquets de lfindustrie aerienne, il connait.áEn sept ans, jfai eu dix mises a pied â, compte-t-il, dans un sourire.Au fil des jours suivant la fermeture, Frederic a toutefois commence a sfinquieter.Cfest un jeune homme doux.Il explique sa situation: une relation amoureuse qui a mal tourne lfa laisse avec une maison a assumer, seul, en plus de ses trois voitures et de son studio de musique.Il y a trois jours, mercredi, il a finalement decroche un nouvel emploi, chez Premier Aviation, a Trois-Rivieres.I l a commence des le lendemain.Cfest un nouveau depart.llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R E A L S A M E D I 3 1 M A R S 2 0 1 2 E N J E U X 5 ENJEUX COURSE À LA DIRECTION DU NPD La course à la direction du NPD, qui s\u2019est conclue par l\u2019élection de Thomas Mulcair, ne passera pas à l\u2019histoire comme l\u2019une des plus excitantes au Canada, mais elle trône certainement en tête des moins coûteuses.Faute de moyens, les candidats à la succession de Jack Layton ont dû adopter le principe de la simplicité volontaire.Budgets faméliques, dépenses minimales et dettes personnelles, retour sur une campagne minceur.LA POLITIQUE DE LA SIMPLICITÉ VOLONTAIRE VINCENT MARISSAL En tourisme, le concept «dormir chez l\u2019habitant» existe depuis longtemps.Nécessité oblige, l\u2019ex-candidat à la direction du NPD Brian Topp a expérimenté un nouveau concept en politique : «dormir chez le militant ».« Tout au début de ma campagne, il y a sept mois, je suis allé rencontrer Bill Blaikie (NDLR : personnalité politique marquante du Manitoba et ancien doyen des députés néo-démocrates aux Communes) pour lui demander des conseils, et il m\u2019a suggéré de coucher chez les gens, chez des militants, plutôt que de m\u2019ennuyer tout seul le soir dans des hôtels anonymes, raconte M.Topp.J\u2019ai suivi ce conseil et cela m\u2019a permis de rencontrer des gens merveilleux partout au pays et de discuter avec eux.» Judicieux conseil que de rencontrer des gens, certes, mais le recours à la simplicité volontaire de Brian Topp a d\u2019abord et avant tout été dicté par pure nécessité financière.Tout comme les longs voyages seul en avion à travers le pays, coincé avec les gens ordinaires en classe économique, les repas chez Tim Hortons ou les soirées pizza.Quant aux sondages, aux publicités, aux gadgets promotionnels de campagne, aux équipes de pointeurs à pied d\u2019oeuvre sept jours sur sept, aux conseillers et aux relationnistes payés dans chaque province, aux chauffeurs, oubliez ça ! Quand on doit faire campagne pendant sept mois dans un pays aussi grand avec à peine 400 000$, la frugalité n\u2019est pas un choix philosophique, c\u2019est une nécessité.M.Topp, comme ses rivaux, a dû faire appel à des bénévoles pour se déplacer, pour organiser des rencontres avec les militants et les médias, pour tenir les listes à jour, pour préparer les discours, bref, pour tout.« On doit accomplir des miracles et faire preuve de beaucoup d\u2019imagination pour mener une si longue campagne avec si peu de moyens», a dit Brian Topp à La Presse quelques jours avant la fin de la course.Tout est calculé au dollar près dans une campagne aussi modeste.Au moment où le Parti conservateur dépensait des centaines de milliers de dollars en publicité «préventives » contre le chef libéral Bob Rae, les candidats à la direction du NPD devaient choisir minutieusement le meilleur moment, le seul moment, pour envoyer aux militants un bon vieux dépliant par la poste! Et encore, avec un budget de près de 400 000$, M.Topp (comme Thomas Mulcair, qui a recueilli autour de 350 000$, selon ses organisateurs) roulait sur l\u2019or comparativement aux autres candidats.En fait, l\u2019expression «rouler sur l\u2019or» est largement exagérée, ici, puisque Brian Topp a dû contracter sur sa maison à Toronto une nouvelle hypothèque de 100 000$, soit environ le quart du budget total de sa campagne, pour couvrir les frais.Il devra évidemment rembourser cette somme à la banque.À votre bon coeur\u2026 Après avoir publié, lundi, son communiqué de fin de campagne, l\u2019équipe Topp a ajouté cette note sur son site internet : « Si vous voulez démontrer votre appréciation des idées que Brian a amenées dans cette campagne, SVP pensez à donner généreusement.Votre don de 100 $, 200$ ou 400$ \u2013 ou un autre montant selon vos moyens \u2013 aidera à rembourser la dette que Brian a contractée pendant cette campagne.» Le vainqueur de la course, Thomas Mulcair, s\u2019en tirera mieux, selon ses organisateurs, notamment parce qu\u2019il récoltait entre 35 000$ et 40 000$ par semaine en fin de campagne.Cela dit, la campagne Mulcair a dû recourir à une marge de crédit et terminera vraisemblablement avec une dette de quelques dizaines de milliers de dollars, selon Raoul Gébert, organisateur en chef du nouveau chef néo-démocrate.«Nous avons dû être très conservateurs dans nos choix durant la campagne.Dans le sens de prudent, je veux dire!», explique M.Gébert.Contra i rement à Brian Topp, M.Mulcair dormait à l\u2019hôtel pendant ses déplacements, mais il voyageait lui aussi seul, parfois avec une personne, et en classe économique.Une nouvelle époque À une époque où les liens entre l\u2019argent et la politique soulèvent régulièrement des questions éthiques, le NPD a réinventé, par la force des choses, le modèle de la campagne à la direction.Les grosses machines ont fait place à la brigade légère.Ensemble, les sept candidats ont reçu et dépensé moins de 1,5 million de dollars (les derniers chiffres n\u2019ont pas encore été remis à Élections Canada) : MM.Mulcair et Topp, de 350 000 à 400 000$; Paul Dewar et Peggy Nash, autour de 150 000$; Nathan Cullen, autour de 100 000$; des miettes pour Martin Singh (environ 50 000 $) et Niki Ashton (autour de 30 000$).Imaginez : 400 000 $ (au mieux!) pour 30 semaines de campagne, soit 13 000 $ par semaine.De plus, les candidats devaient remettre 15% de leurs dons au parti, qui a aussi grand besoin d\u2019argent.Encore étonnant que sept des neuf candidats aient continué jusqu\u2019au bout, dont le Néo-Écossais Martin Singh, qui a contracté un emprunt de 170 000$ pour faire campagne (il s\u2019est retiré après le premier tour au congrès avec 5,8% des voix).Romeo Saganash, lui , a abandonné la course après près de cinq mois.Au congrès de Toronto, il avait lui aussi un bureau de campagne au même étage que les candidats toujours en lice.Ce n\u2019était toutefois pas pour attirer des votes, mais plutôt afin d\u2019amasser des dons pour éponger ses dettes, qu\u2019il estime à environ 25 000 $.Les bénévoles de M.Saganash ont notamment organisé un encan silencieux d\u2019oeuvres d\u2019art autochtones dans le but de renflouer les coffres de la campagne.Un plafond\u2026 bas Les autor ités du NPD avaient fixé à 500 000$ le plafond des dépenses dans cette course, une somme plutôt modeste pour une campagne si longue dans un pays aussi grand.Aucun candidat n\u2019a atteint ce plafond.Tout un contraste avec les dernières courses à la direction sur la scène fédérale, que ce soit au Parti libéral ou au Parti conservateur.En 2006, lors de la dernière course au PLC, les 10 candidats ont amassé 14 millions de dollars, et trois d\u2019entre eux (Stéphane Dion, Bob Rae et Michael Ignatieff) ont dépensé 3 millions, soit près du plafond autorisé, qui était de 3,4 millions.Même d\u2019obscurs candidats qui n\u2019avaient aucune chance de victoire, comme Gera rd Kennedy (1,8 million) et Maurizio Bevilacqua (1 million) ont amassé de trois à cinq fois plus d\u2019argent que les plus riches aspirants à la direction du NPD.La plupart des candidats libéraux de 2006 ont toutefois terminé cette course avec de PHOTO PAWEL DWULIT, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE Ensemble, les sept candidats à la direction du NPD ont reçu et dépensé moins de 1,5 million de dollars.«Nous avons dû être très conservateurs dans nos choix durant la campagne.Dans le sens de prudent, je veux dire!» \u2014 Raoul Gébert, organisateur en chef de Thomas Mulcair llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 6 E N J E U X L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 3 1 M A R S 2 0 1 2 ENJEUX COURSE À LA DIRECTION DU NPD Paul Martin (PLC, 2003)* Récolté: 12 millions Plafond de dépenses autorisé : 4 millions Stephen Harper (PCC, 2004)* Récolté: 2,7 millions Plafond de dépenses autorisé : 3 millions Parti libéral 2006 Récolté: Stéphane Dion: 3 millions Michael Ignatieff : 3 millions Bob Rae: 3 millions Gerard Kennedy: 1,8 million Maurizio Bevilacqua: 1 million Joe Volpe: 900000$ Scott Brison: 800000$ Ken Dryden: 700000$ Martha Hall-Finlay : 466000$ Hedy Fry : 135 000$ Plafond de dépenses autorisé : 3,4 millions NPD2012** Récolté (prêts compris) : n.d.Thomas Mulcair : environ 350000$ Brian Topp: environ 350000$ (dont un supplément hypothécaire de 100000$) Martin Singh: environ 230000$ (dont 170000$ en prêt) Paul Dewar : environ 150000$ Peggy Nash : environ 150000$ Nathan Cullen: environ 100000$ Niki Ashton: environ 30 000-35 000$ Plafond de dépenses autorisé : 500 000$ * En 2003 et 2004, les dons des entreprises étaient toujours permis.La nouvelle loi interdit les dons de sociétés et limite les dons des individus à 1200$ par année.**Les différents candidats n\u2019ont pas encore remis leur rapport définitif à Élections Canada.BUDGETS DE COURSES À LA DIRECTION PHOTO GEOFF ROBINS, ARCHIVES AFP Le vainqueur de la course, Thomas Mulcair, dormait à l\u2019hôtel pendant ses déplacements, mais il voyageait seul, parfois avec une personne, et en classe économique.lourdes dettes, et au moins un d\u2019entre eux, Ken Dryden, n\u2019a toujours pas fini de rembourser, plus de cinq ans plus tard.Selon les données d\u2019Élections Canada, M.Dryden devait toujours 135 000$ au 31 décembre dernier.Bob Rae a rapidement réglé ses dettes de campagne, mais les autres, y compris Stéphane Dion et Michael Ignatieff, ont mis quelques années avant d\u2019effacer l\u2019ardoise à force de soirées de financement et de collectes de fonds auprès des militants.Élections Canada exige des comptes des anciens candidats, qui doivent lui fournir des rapports financiers régulièrement.Il n\u2019est pas permis, notamment, de se faire soi-même un prêt sans le rembourser (ce qu\u2019on avait appelé à la blague la clause «Belinda » à l\u2019époque où la richissime Mme Stronach tentait de se faire élire à la tête du PC).Par ailleurs, un ancien candidat qui ne peut respecter les délais de remboursement fixés par la loi doit demander une prolongation à un juge, ce qui rend l\u2019après-campagne encore un peu plus pénible.Paul Martin, par contre, n\u2019a pas eu ce problème en 2003, lui qui avait recueilli au moins 12 millions pour succéder à Jean Chrétien dans une course dont l\u2019issue était connue d\u2019avance ! M.Martin avait amassé tellement d\u2019argent que, une fois élu, il avait donné 3 millions excédentaires à son parti.En 2004, Stephen Harper avait pour sa part amassé des dons totaux de 2,7 millions pour la campagne (contre Belinda Stronach et Tony Clement) qui allait le faire élire chef du nouveau Parti conservateur.Mais les règles de financement ont changé après 2004: les dons des entreprises aux partis et aux candidats à la direction sont interdits, et ceux des individus sont plafonnés.Il est révolu le temps où n\u2019importe quel candidat à la direction d\u2019un parti pouvait réunir quelques généreux avocats, ingénieurs ou entrepreneurs dans une petite salle privée et en ressortir avec quelques dizaines de milliers de dollars en dons.En vertu des nouvelles lois, seuls les individus peuvent contribuer à la caisse d\u2019un candidat à la direction d\u2019un parti et ils ne peuvent donner plus de 1200$.De plus en plus difficile Le financement des campagnes électorales (internes ou nationales) deviendra encore plus difficile dans les prochaines années avec l\u2019abolition du financement public aux partis politiques promise par Stephen Harper.Privés de financement public, les partis vont devoir solliciter encore davantage leurs militants pour les élections générales ou partielles, pour la campagne annuelle, pour leur député local et pour les courses à la direction.Les collecteurs de fonds des partis politiques risquent d\u2019entendre souvent l\u2019expression «J\u2019ai déjà donné»\u2026 Les sept candidats à la direction du NPD ont prouvé qu\u2019on peut faire campagne avec peu de moyens, mais il y a des limites aux économies.On ne peut tout de même pas demander à un aspirant à la direction d\u2019un parti de sillonner le Canada en auto-stop et de dormir sous les ponts\u2026 Les partis devront élargir leur base militante et créer des mouvements, notamment en utilisant mieux les réseaux sociaux, ce que le NPD n\u2019a pas su faire dans cette course : après une campagne de sept mois pour la direction d\u2019un parti de 135 000 membres (le deuxième en importance après le Parti conservateur), Thomas Mulcair et Brian Topp ne comptaient respectivement que 8700 et 8000 abonnés Twitter.S Pour joindre notre chroniqueur : vincent.marissal@ lapresse.ca PHOTO ARCHIVES REUTERS Avec à peine 400000$ pour une campagne de sept mois, Brian Topp, comme ses rivaux, a dû faire appel à des bénévoles pour se déplacer, pour organiser des rencontres avec les militants et les médias, pour tenir les listes à jour, pour préparer les discours, bref, pour tout.llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 3 1 M A R S 2 0 1 2 E N J E U X 7 James Cameron a touché le fond.Et ça n\u2019a rien à voir avec la qualité de ses dernières productions cinématographiques.James Cameron ne pouvait pas descendre plus bas, littéralement.En atteignant dimanche dernier le Challenger Deep, à 11 km de profondeur dans la fosse des Mariannes, le réalisateur de Titanic et Avatar a remporté son pari.Même si des pépins techniques l\u2019ont obligé à écourter sa mission et l\u2019ont empêché de recueillir des spécimens grouillants, la prouesse scientifique reste admirable.Comme l\u2019a souligné le journaliste scientifique britannique Michael Hanlon: «Environ 3000 grimpeurs ont atteint le sommet de l\u2019Everest, 550 astronautes ont voyagé dans l\u2019espace et 12 hommes ont marché sur la Lune.Mais seulement trois personnes ont visité le point le plus profond de la surface de la Terre.» \u2013 Textes Judith Lachapelle ONZE MILLE MÈTRES SOUS LES MERS ZOOMQUAND LES EXPLORATEURS TOUCHENT LE FOND À la conquête du fond Le véritable exploit du cinéaste-explorateur James Cameron est assurément «de réintéresser les gens à l\u2019exploration de leur propre planète», estime le professeur en écologie benthique à l\u2019Université du Québec à Rimouski, Philippe Archambault.«On a énormément de moyens pour aller dans l\u2019espace, mais pas pour des grandes fosses marines.» Pourtant, les fonds marins regorgent non seulement de ressources fossiles et minières, mais aussi d\u2019espèces animales inconnues.Si James Cameron acceptait de lui prêter les clés de son engin, Philippe Archambault irait faire un tour au fond de l\u2019Arctique pour découvrir cet écosystème qui vit sous des mètres de glace et qui risque de disparaître avec le réchauffement climatique.Le battage médiatique autour de l\u2019expédition constitue une belle publicité pour les chercheurs en quête de financement, dit M.Archambault.Signe que l\u2019opération se déroule en conditions extrêmes, James Cameron fera un maximum de cinq plongées pour tourner son documentaire à Challenger Deep, alors qu\u2019il prévoyait y plonger une douzaine de fois.D\u2019autres explorateurs sont sur les rangs pour visiter Challenger Deep, dont le richissime et excentrique président de l\u2019entreprise de télécommunications Virgin, Richard Branson.La fosse des Mariannes À la frontière des plaques tectoniques des Philippines et du Pacifique, la fosse des Mariannes fait 2550 km de long, soit cinq fois plus que le Grand Canyon.Son point le plus profond a été baptisé The Challenger Deep, en l\u2019honneur du navire d\u2019exploration britannique HMS Challenger II qui en a mesuré la profondeur en 1951.Il serait à environ 11 000 mètres de profondeur - des équipes de chercheurs ont, au fil des ans, obtenu des résultats différents sur sa profondeur exacte.En janvier 2009, le président américain George W.Bush a désigné la fosse, située à proximité du territoire sous contrôle américain de Guam, «monument national marin».En vertu de ce décret, les travaux scientifiques y sont permis tandis que l\u2019extraction de ressources et la pêche sont interdits.Un paysage lunaire Qu\u2019y a-t-il à voir à 11 km au fond des mers?Pendant longtemps, les scientifiques n\u2019ont pas cru que la vie pouvait exister au delà de 1000 mètres de profondeur, là où parviennent les derniers rayons du soleil.Mais l\u2019exploration scientifique a démontré que la vie s\u2019était adaptée à ces conditions extrêmes.Piccard et Walsh, en 1960, ont même rapporté avoir vu des crevettes et des poissons au fond de la fosse des Mariannes.James Cameron, lui, a diffusé jusqu\u2019ici très peu d\u2019images de son séjour dans les bas-fonds \u2013 on se doute qu\u2019il gardera les meilleures prises pour son documentaire en 3D qui sera produit avec National Geographic.En conférence de presse, après sa plongée, Cameron a décrit avoir vu un «endroit très lunaire, très désert, très isolé».«On aime tous imaginer qu\u2019il y a des pieuvres géantes et d\u2019autres monstres marins là-bas », a dit l\u2019explorateur Cameron.Mais il n\u2019y a rien vu de plus gros que quelques amphipodes, «rien de plus de trois centimètres».Le submersible Sa mission prévoyait qu\u2019il allait passer six heures dans les abysses, mais c\u2019était sans compter les avaries techniques.Finalement, après une descente de 2h36, James Cameron a passé trois heures au Challenger Deep.La remontée s\u2019est faite en 1h10.À cause de l\u2019extraordinaire pression atmosphérique au fond de l\u2019eau (1000 fois plus forte qu\u2019au niveau de la mer), les systèmes hydrauliques ont connu des pannes et l\u2019ont empêché de recueillir autant de sédiments, d\u2019échantillons d\u2019eau et de cailloux qu\u2019il l\u2019aurait souhaité.En 1960, le Suisse Jacques Piccard et l\u2019Américain Don Walsh ont été les premiers à atteindre Challenger Deep.Le bathyscaphe Trieste a mis cinq heures à atteindre son but.Le hublot d\u2019observation en plexiglas ayant fissuré pendant la descente, les chercheurs ne sont restés que 20 minutes avant d\u2019amorcer la remontée, en trois heures.La fosse des Mariannes Enveloppe: Faite de mousse syntactique, un polymère injecté de microbilles de verre et qui rend le matériau à la fois léger et résistant Batteries: 1000 cellules de lithium-ion Projecteurs: un panneau de 2 millions d\u2019ampoules LED, capable d\u2019illuminer jusqu\u2019à 30 mètres Propulseurs : pour les déplacements verticaux et horizontaux Perches: avec projecteurs et caméras 3D Bras mécanique: pour la collecte d\u2019échantillons Sphère de pilotage: Large d\u2019un mètre, épaisse de 6 cm, elle est conçue pour résister à une pression 1000 fois plus élevée qu\u2019à la surface Lest: Plaques de 500 kg dont le submersible s\u2019est délesté pour remonter à la surface Niveau de la mer 1000 m Derniers rayons de soleil qui percent de la surface 2000 m 3000 m Profondeur maximale atteinte par le cachalot 3784 m Épave du Titanic 4000 m 5000 m 8000 m 9000 m 10000 m 11000 m 10911 m Profondeur du Challenger Deep, le point le plus profond jamais mesuré dans les océans.5450 m Bassin eurasien - point le plus profond de l\u2019océan Arctique 6000 m Profondeur maximale atteinte par les sousmarins russes Mir 7000 m Profondeur maximale où a été filmé un poisson vivant 7725 m Fosse de Java - point le plus profond de l\u2019océan Indien 8648 m Fosse de Porto Rico - point le plus profond de l\u2019océan Atlantique 8848 m Hauteur de l\u2019Everest 4267 m Profondeur moyenne de l\u2019océan Sources : National Geographic, New York Times, Marianas Trench Marine National Monument 0m llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 8 E N J E U X L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 3 1 M A R S 2 0 1 2 "]
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.