La presse, 22 septembre 2012, P. Enjeux
[" ZOOM MONDES MUSULMANS PAGE 8 ENJEUX SYRIE COMPRENDRE LE CONFLIT PAGES 6 ET 7 ILLUSTRATION FRANCIS LÉVEILLÉE, LA PRESSE La Presse a passé deux semaines au coeur de la clinique sociojuridique de l\u2019hôpital Sainte-Justine, qui accueille les enfants qu\u2019on croit avoir été victimes de maltraitance.Un accès privilégié qui a permis de rendre compte des drames familiaux qui naissent après les coups, mais aussi de toute l\u2019expertise médicale déployée pour dépister les cas de sévices physiques.À lire en pages 2 à 5 ENFANTS BATTUS LARMES, SCIENCE ET ESPOIR MONTRÉAL SAMEDI 22 SEPTEMBRE 2012 SALLES DE MONTRE LAVAL 1601, A-Laval (440) H7L 3W3 514-335-2050 LUN-VEN : 10h - 16h30, SAM : 10h - 15 h ST-LAURENT 4940, Ch.du Bois-Franc H4S 1A7 514-335-2050 LUN-VEN : 10h - 16h30, SAM : 10h - 15 h LONGUEUIL 600, Jean-Neveu J4G 1P1 514-335-2050 LUN-VEN : 10h - 16h30, SAM : 10h - 15 h QUÉBEC 5237, Wilfrid-Hamel O.G2E 2H2 418-877-1888 / 1-800-665-9505 LUN-VEN : 9h-12h, 13h-17h, SAM : 10h-13h GATINEAU / OTTAWA Sur rendez-vous : 1-800-361-9232 www.panovision.ca VENTE PROLONGEZ votre été! MODÈLE ILLUSTRÉ : VISION 10\u2019x 18\u2019 INCLUANT LA BASE 2 pieux vissés, contreplaqué 5/8 et solives selon les normes MODÈLE ILLUSTRÉ : VISTA 10\u2019x 19\u2019 VISTA 10\u2019x 12\u2019 4 SAISONS INCLUS : Verre double,trempé teinté 1 porte patio 2 fenêtres à battant Stores au toit Plan pour permis Taxes et installation INCLUANT LA BASE** ** 2 pieux vissés, contreplaqué 5/8, isolant et solives selon les normes VISTA 10\u2019x 12\u2019 3 SAISONS INCLUS : Verre trempé teinté 1 porte patio 1 fenêtre à battant Plan pour permis Taxes et installation INCLUANT LA BASE* * 2 pieux vissés, contreplaqué 5/8 R.B.Q.1983-2179-28 et solives selon les normes SERIE ENFANTS BATTUS DAPHNE CAMERON Au mil ieu de la chambre dfhopital, Roxanne*, 9 mois, sfagrippe aux longs barreaux metalliques de son petit lit et les secoue vigoureusement.Le Dr Alain Sirard penetre dans la chambre et sfapproche de la couchette.La petite le regarde.Une large ecchymose lui barre le crane, de lforeille gauche a lfarriere de la tete.Elle sourit, son oeil tumefie se plisse.La blondinette est agitee.Elle se leve, sfassoit, se releve, se rassoit sans arret.Roxanne est une escaladeuse, álance sa mere, assise en face, en pyjama.Je vois qufelle pratique le sport extreme de bassinette ! â, repond le pediatre.Il est 11 h.Il fait chaud.Dans un coin, un ventilateur rend lfhumidite plus tolerable.Kevin, le pere de la petite, sfavance pour expliquer comment, la veille, elle a escalade sa couchette pour tenter dfen sortir.Le jeune homme raconte dfabord que, attire par des bruits, il sfest rendu a sa chambre et lfa vue se tenir en equilibre sur la barriere.Le Dr Sirard lui demande de mimer la scene.Le pere sfapproche de la couchette et montre comment il a saisi sa fille en plein vol, comme un joueur de football qui attrape un ballon.Malgre cela, il nfa pu amortir la chute.Elle sfest fracasse la tete sur le sol.Le Dr Sirard demande au pere de dessiner un croquis de la chambre.Kevin lui repete la meme histoire en barbouillant sur une feuille.Le pediatre examine la petite.Il remarque un bleu important sur sa fesse gauche, une marque dans son cou et une autre sur son front.Il constate qufil y a des bleus derriere le pavillon de chaque oreille.Or, le pere raconte qufil nfy a eu qufun seul impact, du cote gauche.á Je suis specialiste en maltraitance, dit le Dr Sirard.Selon moi, beaucoup dfelements de votre histoire ne sont pas compatibles avec les lesions.Jfai de la difficulte a expliquer tous les bleus.Je ne pense pas qufil sfagisse dfun accident.Je pense que cfest un geste de perte de controle.â Le pere tente dfinterrompre le medecin.La mere se retourne et fusille son conjoint du regard.áJfai ete parent et je sais ce que cfest, un bebe casse-cou, reprend le medecin.Mais a son stade de developpement, elle est incapable de se hisser hors de sa couchette, encore moins de se tenir en equilibre sur la barriere.Cfest ce que je vais ecrire dans mon rapport.â Le medecin sort de la chambre en coup de vent.Alors qufil sfeloigne a toute vitesse dans le couloir, la mere crie.Mais, rapidement, sa voix se noie a travers le va-et-vient du personnel de lfunite dfhospitalisation pediatrique.¡¡¡ Midi et demi.Une intervenante de la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) entre dans le bureau des cinq medecins de la clinique sociojuridique de lfhopital Sainte- Justine, dont fait partie le Dr Sirard.Le local ressemble a nfimporte quel bureau de medecin, mais jour apres jour, ses murs sont temoins des pires histoires dfhorreur.Cfest la que sont vus les enfants de moins de 12 ans que lfon croit avoir ete victimes de mauvais traitements ou de sevices sexuels et leurs parents.Lfequipe evalue en moyenne 450 cas par annee, les plus graves de la province.Lfintervenante, une rousse au visage constelle de taches de rousseur, fait partie de lfequipe dfurgence de la DPJ deployee dans les 24 heures qui suivent un signalement.Elle depose sur le bureau une pile de photos de la chambre de lfenfant et de son petit lit.Ces photos viennent renforcer les soupcons du Dr Sirard.áJfai mesure le bebe du talon au creux axillaire.A la hauteur des barreaux que je vois la, il me parait impossible qufil ait pu enjamber sa couchette â, explique-t-il a lfintervenante.Tous les enfants sont photographies avec une regle a cote de leurs lesions et un temoin de couleur pour enregistrer avec precision la couleur de lfecchymose.á Regardez, dit le pediatre en montant une photo de Roxanne.Il y a des lignes plus foncees qui traversent lfecchymose sur sa tete.Ce sont des traces dfentre-doigts.Lorsqufon frappe avec le poing, ca fait un bleu.Lorsqufon gifle, avec la main ouverte, ca fait des lignes.â ¡¡¡ La pediatrie de la maltraitance est une veritable science.Chaque enfant vu a Sainte-Justine doit passer une serie de tests revises par un petit nombre de medecins specialistes qui sont devenus, avec le temps, experts en maltraitance.Une á serie squelettique â .des rayons X du corps en entier .est realisee pour deceler des fractures.Les radiologistes sont a lfaffut de cals osseux, indices dfanciennes fractures qui revelent des episodes anterieurs de maltraitance.On fait aussi un examen de tomodensitometrie (scan) du cerveau pour determiner sfil y a des hemorragies, puis un examen ophtalmologique pour depister des hemorragies retiniennes, lfun des symptomes du traumatisme cranien non accidentel, qui englobe le syndrome du bebe secoue.¡¡¡ Vers le milieu de lfapres-midi, les resultats des tests de Roxanne arrivent.Il nfy a ni fracture ni hemorragie cerebrale ou retinienne.Kevin entre seul dans le bureau de la clinique sociojuridique pour recevoir les resultats.Le jeune pere a lui-meme lfair dfun enfant.Il flotte dans son pantalon de sport.Il sfinstalle en face de lfintervenante de la DPJ et du Dr Sirard.áIl nfy aura pas de consequences physiques sur Roxanne.Les bleus vont guerir.Mais lorsqufon perd patience et que des gestes sont commis, ca peut se repeter.La prochaine fois, il y aura peut-etre des sequelles.â Le pere prend sa tete entre ses mains, les yeux caches par sa casquette.áSe peut-il que vous ayez perdu patience et que les claques soient parties?Et que la, vous ayez invente une histoire pour tenter de vous en sortir?â Un silence glacial traverse la piece.Les pieds de Kevin se mettent a trembler.áCe que je dis est vrai, nfest-ce pas?rencherit le Dr Sirard.Apeu pres, laisse finalement tomber le jeune homme.Jfai panique.â Le pere essuie les larmes qui ruissellent sur ses joues.áQuand je lfai pognee, jfai ete vraiment trop fort.Je lui ai donne une tape aux fesses et je lfai serree.Cfest ca qui est arrive.Mais on sait que ce nfest pas ca qui a cause les traces dfentre-doigts sur sa tete.Lorsqufon serre, ca donne un bleu.â Kevin leve alors les yeux pour la premiere fois.á Elle etait dans sa bassinette.Ce qui mfecoeure, cfest que cfest sa deuxieme bassinette parce qufelle a brise lfautre en fessant dessus.La nouvelle est plus cheap.Quand je suis entre dans la chambre, elle etait encore en train de la peter.Jfai panique.Quand je lfai pognee, elle a eu peur.Elle a hurle.Je lfai prise par la jambe.Elle etait a lfenvers.Je lui ai donne une petite claque derriere la tete.Pis la, sa tete a revole sur le poteau.â Kevin refoule des sanglots.áIl va falloir que tu le dises a ta blonde, dit le medecin apres une petite pause.Anyways, je ne suis plus sur de vouloir continuer.Je sais qufavec ce qui est arrive tantot, moi pis ma blonde, cfest fini.On se separe.Je vais sortir du portrait.Je comprends ta reaction, mais elle est impulsive.Le geste que tu as fait, tu lfas fait.La, il va y avoir des mesures immediates et a moyen terme.Mais il faut que tu regardes pourquoi tu as fait ca.Il y a des gens qui peuvent tfaider, ajoute lfintervenante sociale.Je connais un bon groupe dfaide auquel tu pourrais te joindre.â Avant de quitter lfhopital, Kevin consent a faire une therapie de groupe et a aller vivre chez des amis pendant quelques jours.Il devra se presenter au tribunal de la jeunesse dans les 48 heures.Un juge decidera de quelle facon il pourra voir sa fille dans les prochains mois.La police poursuit son enquete criminelle.¡¡¡ Le Dr Alain Sirard est un bel homme.Grand, 52 ans, toujours bien habille, bronze, lunettes a la mode, ce pere de quatre enfants est specialise en maltraitance depuis 1995.áOn entre dans la piece pour aider lfequipe sociale a prendre les bonnes decisions dforientation et de protection, expliquera-t-il plus tard.Ce qufon cherche, ce sont des elements de lfhistoire qui peuvent expliquer les lesions.Tres souvent aussi, on arrete les impressions de maltraitance et les mesures sociales qui en decoulent.â áAu-dela du parent agresseur, nous sommes temoins de veritables drames humains â, ajoute Patsy Villeneuve, travailleuse sociale a la clinique.áLorsqufun pere qui a fracture la jambe de son bebe dit finalement a la mere : gEcoute, ce nfest pas accidentelh, cfest la terre qui arrete de tourner.â ¡¡¡ Le lendemain, en fin de journee, le Dr Sirard passe la porte de la meme chambre dfhopital.Une jeune mere, Karine, berce Morgane, sa fille de 6 mois.Elle consulte pour des pleurs incessants et parce que les yeux de son enfant ávirent a lfenvers â.Quelques jours plus tot, elle sfest aussi rendue a lfhopital pour une bosse a la tete.Karine est deja connue de la DPJ.Son intervenante lfaccompagne a lfexamen medical, car un signalement vient dfetre ajoute a son dossier.Avant dfentrer dans la piece, le Dr Sirard savait deja que la serie squelettique, le test ophtalmologique et le á scanâ cerebral etaient negatifs.Il demande comment Morgane sfest blessee a la tete.áJe suis ecoeuree de le dire! Ca fait 10 fois que je raconte mon histoire! â, hurle-t-elle.Apres quelques protestations, elle poursuit, agressivement.áElle etait assise sur le plancher pendant que je lavais les biberons.Elle sfest mise a chialer, pis jfai entendu \"bang!\".Elle sfest cogne la tete sur le plancher de carreaux.Elle est tombee sur le cote.A ce momentla, il nfy avait pas de bosse.Cfest dans la nuit qufelle a commence a grossir.Le lendemain, elle a crie durant des heures.â Karine pose Morgane dans la couchette.Un prepose entre et fait des prises de sang a la petite fille.Quelques minutes plus tard, un autre prepose apporte le repas.áYark! Ca pue! On dirait de la bouffe a chat ! .Que sfest-il produit avant lfaccident?demande le Dr Sirard.Ca nfa pas rapport, ce qui sfest passe avant ! lache-t-elle, visiblement excedee.Pouvez-vous mfexpliquer ce qufil sfest passe ensuite?.Le lendemain, elle etait plus pale LA SCIENCE AU SECOURS DES ENFA MALTRAITES á AU-DELA DU PARENT AGRESSEUR, NOUS SOMMES TEMOINS DE VERITABLES DRAMES HUMAINS.LORSQUfUN PERE QUI A FRACTURE LA JAMBE DE SON BEBE DIT FINALEMENT A LA MERE : \"ECOUTE, CE NfEST PAS ACCIDENTEL\", CfEST LA TERRE QUI ARRETE DE TOURNER.â .Patsy Villeneuve, travailleuse sociale llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 2 E N J E U X L A P R E S S E M O N T R E A L S A M E D I 2 2 S E P T E M B R E 2 0 1 2 SERIE ENFANTS BATTUS ANTS et elle etait chialeuse.Le deuxieme soir, elle sfest levee une fois par heure et nfa pas fait sa sieste.Le lendemain, elle a pleure toute la journee.A-t-elle fait de la fievre?Est-ce que son nez a coule?.Non.Et vous ?Comment vous sentez-vous?.Cfest lfenfer ! Jfai mal aux muscles des cuisses comme si jfavais des couteaux plantes dedans.Je ne suis pas capable de lever mes bras, cfest comme si je pesais 58 000 livres! .Depuis quand?.Depuis le soir ou elle a pleure toute la nuit.â Le Dr Sirard fait une pause pour reflechir.áTout cela a du sens, madame.Je pense que vous faites une myosite, un virus contagieux qui circule en ce moment et qui cause une inflammation des muscles.Vous avez du lfattraper de votre bebe.Cfest pour cela qufelle a pleure toute la nuit.Elle avait mal partout.Hey, jfai-tu assez de marde dans ma vie pour avoir pogne de quoi en plus!â Quelques minutes plus tard, une residente en medecine revient avec les resultats des analyses sanguines de Morgane.Le taux de creatinekinase, un enzyme du muscle, est trois fois plus eleve que la normale.Les symptomes sfexpliquent.La chute survenue quelques jours plus tot nfavait rien a voir.Pour en etre certain, le medecin demande aussi des examens sanguins pour Karine.Sur le plan medical, la piste de la maltraitance est exclue, comme dans 40% des cas hospitalises vus par lfequipe sociojuridique.La pediatrie de la maltraitance est un metier difficile.Mais les medecins de la clinique sociojuridique acceptent de faire face a lfhorreur pour proteger leurs patients.Avant de rentrer chez lui, le Dr Sirard confie que sa motivation principale est de permettre a lfenfant de retourner dans son environnement, aupres des gens qui lfaiment.á Mais ca, ca survient juste quand on sait qui a commis lfabus.Si on ne sait pas qui lfa fait ou si on nfest pas capables de conclure a une cause accidentelle, lfenfant quitte sa famille.â ¡¡¡ La clinique sociojuridique de lfhopital Sainte-Justine existe depuis 1990.Elle a ete creee au moment ou la litterature scientifique sur la maltraitance a veritablement pris son essor.áAujourdfhui, il y a toute une communaute scientifique qui sfoccupe de la maltraitance.Cfest devenu une surspecialite medicale â, explique la Dre Claire Allard-Dansereau, responsable de la clinique.Les medecins sont appuyes par une infirmiere, un psychologue et deux travailleuses sociales.Il faut bien connaitre la pediatrie en general pour pratiquer en maltraitance, explique la pediatre de 62 ans.áLes sevices, cfest complexe, car il faut toujours se demander si quelque chose dfautre aurait pu causer les symptomes ou les lesions.On ne veut pas dire que cfest un abus quand ce nfen est pas, ni lfinverse, parce qufon veut que les enfants soient proteges.â Lfan der n ier, 105 enfa nts soupconnes dfavoir ete victime de sevices ont ete hospitalises a Sainte-Justine.Environ 60 autres cas ont ete evalues en consultation externe a la demande de la DPJ.Lfappareil judiciaire recourt souvent a lfexpertise medicale.Lfan dernier, les medecins se sont rendus au tribunal a 48 reprises pour temoigner.Les policiers des quatre coins de la province font aussi appel a la clinique sociojuridique pour obtenir un avis medical.Il nfest pas rare de les y voir.Lorsqufun enfant est victime dfune agression physique ou sexuelle grave, une entente multisectorielle est declenchee et permet le partage de certains renseignements confidentiels pertinents a lfenquete entre les corps policiers, les medecins, la DPJ et les ecoles.¡¡¡ Un matin, lors de notre passage, le Dr Sirard avait rendez-vous avec un enqueteur pour discuter du cas dfun enfant gravement blesse, examine recemment a la clinique sociojuridique.En questionnant lfenfant et ses proches, le Dr Sirard a commence a soupconner la gardienne.Fait troublant : au fil de son enquete, le medecin a appris que, plusieurs annees auparavant, un enfant etait mort pemdant qufil etait confie a la meme gardienne.Sa mort nfa jamais ete expliquee, et les policiers ont classe lfaffaire.Le detective, grand homme mince dans la quarantaine, entre dans la piece.Le policier et le medecin examinent les photos du cadavre.Durant pres dfune heure, ils scrutent le rapport dfautopsie realise a lfepoque.On y lit que les ambulanciers, puis les medecins des urgences, ont remarque que lfenfant etait en rigidite cadaverique jusqufaux extremites de son corps.Or, la rigidite musculaire sfinstalle normalement dans la machoire au bout de 30 minutes puis sfetend graduellement, apres plusieurs heures, au reste du corps.áCa veut dire que, lorsqufelle a appele le 911, lfenfant etait deja mort depuis plusieurs heures, affirme le Dr Sirard.Quel genre de gardienne ne jette pas un coup dfoeil sur un jeune enfant durant des heures?â Il lit que la temperature du corps, a lfhopital, etait de 34\u2039C.áSon corps etait froid, lfenfant etait mort depuis longtempsâ, ajoute le medecin.Le Dr Sirard etudie avec attention les blessures des deux enfants.Les deux histoires se ressemblent.Trop.áIl y a plein dfelements ici pour faire capoter nfimporte quel docteur en maltraitance.Jfen ai la chair de poule, dit le medecin.Moi aussi, repond le policier.Je pense, monsieur lfenqueteur, que nous sommes peut-etre devant un cas dfhomicide et un de tentative de meurtre.â Un silence de mort sfinstalle dans la piece.Lfenqueteur promet de donner des nouvelles au Dr Sirard.Abasourdis, les deux hommes quittent la piece.*Tous les noms des patients et de leurs parents ont ete changes.ILLUSTRATION FRANCIS LEVEILLEE, LA PRESSE á AUJOURDfHUI, IL Y A TOUTE UNE COMMUNAUTE SCIENTIFIQUE QUI SfOCCUPE DE LA MALTRAITANCE.CfEST DEVENU UNE SURSPECIALITE MEDICALE.â .La Dre Claire Allard-Dansereau, pediatre llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R E A L S A M E D I 2 2 S E P T E M B R E 2 0 1 2 E N J E U X 3 SÉRIE ENFANTS BATTUS DAPHNÉ CAMERON « Ma mère m\u2019a élevé avec la ceinture et je me suis toujours dit que jamais je ne lèverais la main sur mon enfant.» Un soir, l\u2019enfance de Frédérick* a fini par le rattraper.Il a perdu patience.Il a frappé son bébé.La scène s\u2019est produite dans une belle maison d\u2019un quartier cossu.«Ça a duré quelques secondes, une étincelle.» La veille, le jeune père n\u2019avait pas dormi de la nuit : après un quart de travail de 12 heures, il avait passé la nuit à consoler son fils, Alexis, 3 mois, qui pleurait sans arrêt.Une nuit qui ressemblait à toutes les autres depuis deux mois.«J\u2019étais dans un état de fatigue extrême, une fatigue que je n\u2019avais jamais ressentie de ma vie.» Le matin du drame, Alexis avait reçu des vaccins.«Il pleurait sans arrêt.Chaque fois que je réussissais à l\u2019endormir, je le déposais dans son lit et il recommençait à pleurer, encore pire que la fois d\u2019avant », confie-t-il plusieurs mois après les événements.«Je n\u2019étais plus capable de savoir s\u2019il avait peur, s\u2019il avait froid, s\u2019il était fatigué ou s\u2019il avait faim.J\u2019avais beau essayer n\u2019importe quoi, absolument rien ne fonctionnait.La sixième fois que je l\u2019ai déposé dans son lit, il s\u2019est mis à pleurer, pleurer et pleurer comme jamais.J\u2019étais rendu au stade \u201cO.K., je veux avoir la paix, je ne suis PLUS capable\u201d.» Frédérick décrit la suite comme un trou noir.«J\u2019ai pété un plomb.Je pense que ç\u2019a été un réflexe par rapport à mon enfance.Lorsque ma mère en avait assez et que c\u2019était le temps de nous faire comprendre qu\u2019il fallait se la fermer, elle utilisait sa ceinture, ses mains, tout ce qui lui tombait sous la main.C\u2019est ce réflexe-là qui est ressorti.» Frédérick a giflé son bébé.«Je ne peux même pas dire la force que j\u2019ai utilisée.Je sais que je n\u2019ai pas utilisé une force excessive, car même si je n\u2019étais \"pas là\", je savais que c\u2019était un bébé que j\u2019avais devant moi et je ne voulais pas le blesser à vie.» Le visage du poupon s\u2019est mis à enfler.Le geste a laissé une large ecchymose striée de lignes bleues plus foncées \u2013 la trace de ses entre-doigts.«Il hurlait.Je l\u2019ai pris dans mes bras et j\u2019ai marché dans la maison.Je pense que j\u2019ai dû faire de la salle à manger à sa chambre 200 fois en 30 minutes.Juste pour essayer de le calmer.Je lui ai donné du Tempra pour apaiser la douleur.» Mensonges La mère d\u2019Alexis est rentrée à la maison trois quarts d\u2019heure plus tard.«Je lui ai raconté ce à quoi j\u2019ai pensé sur le moment.J\u2019ai dit qu\u2019il s\u2019était coincé le bras dans sa table à langer alors que j\u2019étais sorti de la pièce quelques minutes.J\u2019ai raconté qu\u2019en tentant de se décoincer, il s\u2019était débattu et frappé le visage.» La petite famille s\u2019est rendue à l\u2019hôpital Sainte-Justine.Frédérick a répété l\u2019histoire aux médecins.«J\u2019ai essayé de détourner la vérité le plus possible, autant à ma conjointe qu\u2019à l\u2019hôpital.» C\u2019est le Dr Alain Sirard, pédiatre en maltraitance, qui a examiné son enfant.«À un moment donné, il m\u2019a dit : \u201cTu vois, là : je vois les traces de doigts.\u201d À cet instant, je l\u2019ai détesté.Je le voyais entrer dans la pièce et j\u2019avais envie de lui lancer toutes les injures possibles au monde.» Plusieurs spécialistes de l\u2019hôpital ont été mobilisés pour évaluer le cas.«À un moment donné, je me suis rendu compte que je commençais à déranger énormément de personnes qui auraient dû apporter des soins à d\u2019autres enfants.Après 48 heures, j\u2019ai compris que les choses n\u2019iraient pas en s\u2019améliorant.Le Dr Sirard est venu me voir et là, j\u2019ai commencé à parler.» Aveux Comme 6889 parents québécois cette année, Frédérick a fait l\u2019objet d\u2019un signalement pour mauvais traitements à la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ).Une enquête multisectorielle \u2013 qui permet le partage d\u2019information entre la DPJ, la police et le corps médical \u2013 a été ouverte.Les policiers ont interrogé les parents séparément au poste de police.« J\u2019ai avoué ce que j\u2019avais fait à l\u2019intervenante de la DPJ et à la police avant de le dire à ma blonde.J\u2019avais très peur de sa réaction.C\u2019est ce dont j\u2019avais le plus peur.Le reste ne m\u2019importait plus.J\u2019avais quasiment un sentiment de nonchalance par rapport à tout ce qui se déroulait.» « Je n\u2019ai jamais voulu faire de mal à mon enfant, poursuit-il.Mais un soir, tu te retrouves au poste de police assis devant les enquêteurs, tu te fais traiter comme un criminel.Au début, tu ne comprends pas, jusqu\u2019à ce que tu prennes du recul et que tu réalises que oui, tu es un criminel.Oui, j\u2019ai frappé quelqu\u2019un, oui, le geste que j\u2019ai fait a blessé quelqu\u2019un, mais en plus, c\u2019est mon sang, c\u2019est ma famille, c\u2019est le prolongement de mon corps, ce que j\u2019ai de plus précieux.» Il a été accusé de voies de fait graves.L\u2019affaire est toujours pendante.Rédemption Une intervenante de la DPJ a été affectée au dossier.Fédérick a dû se soumettre à une évaluation psychologique.Un spécialiste l\u2019a rencontré trois fois pour évaluer ses capacités parentales.La famille a collaboré avec la DPJ et n\u2019a donc pas eu à se rendre devant un juge du tribunal de la jeunesse.Une entente volontaire a été signée pour empêcher le père de se retrouver seul avec son fils pour une période de six mois.Sa conjointe, qu\u2019il connaît depuis près de 10 ans, a accepté qu\u2019il reste à la maison.Aujourd\u2019hui, il a le droit être seul avec son fils.La DPJ a conclu qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019un acte isolé, que le père avait les capacités de s\u2019occuper de son bébé et qu\u2019il avait acquis, en thérapie, des outils pour gérer sa colère.Elle a aussi tenu compte du fait que la mère prend très bien soin de son enfant.«Si je n\u2019avais pas été forcé à faire énormément de travail sur moimême, j\u2019aurais probablement eu un autre geste d\u2019impatience envers mon fils», dit-il aujourd\u2019hui.Avec le recul, il dit qu\u2019il aurait dû déposer son enfant dans sa couchette, quitter la pièce et même sortir de la maison lorsqu\u2019il a commencé à bouillir de l\u2019intérieur.«Probablement qu\u2019un jour, mon fils va faire quelque chose qui va me faire disjoncter encore plus que j\u2019ai disjoncté cette journée-là.C\u2019est quelque chose que j\u2019appréhende.Mais ce jour-là, je vais garder le contrôle parce que je ne veux pas que mon fils soit éduqué dans la peur que j\u2019ai eue quand j\u2019étais enfant.Mon grandpère a levé la main sur ma mère.C\u2019est une chaîne que je veux briser.Briser la chaîne de la violence, c\u2019est un combat de tous les jours.» *Tous les noms ont été changés «J\u2019AI FRAPPÉ MON BÉBÉ» «OUI, J\u2019AI FRAPPÉ QUELQU\u2019UN, OUI, LE GESTE QUE J\u2019AI FAIT A BLESSÉ QUELQU\u2019UN, MAIS EN PLUS, C\u2019EST MON SANG, C\u2019EST MA FAMILLE, C\u2019EST LE PROLONGEMENT DE MON CORPS, CE QUE J\u2019AI DE PLUS PRÉCIEUX.» llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 4 E N J E U X L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 2 2 S E P T E M B R E 2 0 1 2 SERIE ENFANTS BATTUS DAPHNE CAMERON Natalia tient amoureusement son fils Mathieu dans ses bras.Elle lui fredonne doucement des comptines en le bercant dans une chambre dfun duplex du quartier Hochelaga- Maisonneuve.Une couchette est adossee au mur et des jouets jonchent le sol.Mais il ne sfagit pas de la chambre de Mathieu ni meme dfune vraie maison.La residence appartient au centre jeunesse de Montreal.On y evalue les capacites des parents montrealais qui ont fait lfobjet dfun signalement pour mauvais traitements a la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ).Durant quelques heures, cet apres-midi-la, une psychoeducatrice, Diane Germain, observe attentivement tous les gestes de Natalia et de son fils.Natalia a volontairement cede la garde de son enfant a ses beauxparents quelques jours apres sa naissance.Mais elle ne se souvient pas de lui avoir fait mal.á Je me suis souvent demande : \" mais qufest-ce que tu as fait ?As-tu fait quelque chose de vraiment mal?As-tu secoue ton enfant pour de vrai ?Je ne pourrais pas vous le dire\" â.Natalia a recu un diagnostic de trouble de la personnalite limite et de trouble de la personnalite schizotypique.Elle est suivie en psychologie et en psychiatrie depuis pres de 20 ans.Elle a eu 10 psychologues au cours de sa vie.Les medecins specialises en maltraitance et les intervenants de la DPJ tracent un lien entre les problemes de sante mentale et la hausse des signalements dfenfants battus a la DPJ.Depuis un an, le nombre de signalements de mauvais traitements retenus a bondi de 10% au Quebec.A Montreal, pas moins de 1209 signalements ont ete retenus cette annee sur le territoire, un record historique.Ce sont donc 1209 parents qui, comme Natalia, ont passe la porte du Centre dfevaluation des capacites parentales dans la derniere annee.Peur de rester seule Cinq jours apres lfaccouchement de Natalia, son mari est retourne au travail.Elle sfest retrouvee seule avec son fils.áChaque fois qufil avait les yeux fermes, ca mfenervait, ca mfagressait.A un moment donne, il etait vraiment sage et je me suis sentie jalouse de lui, tellement jalouse que je ne le sentais plus en securite dans mes mains.Je lfai mis dans son lit et je suis sortie de la piece.Jfai pris le premier objet que jfai pu trouver dans mes mains et je lfai lance a travers la piece.A ce moment-la, jfai pense: gil y a quelque chose qui ne marche pas, mais quoi?hâ áJfetais enormement fatiguee, se rememore-t-elle.Jfavais du mal a mfadapter au changement.Des que je suis rentree chez nous, je suis devenue anxieuse.Je me suis dit : gHein?Je vais etre toute seule a la maison avec un bebe?hâ Une nuit, son fils sfest mis a pleurer pour etre allaite.áMon mari mfa reveillee.Jfetais carrement surprise, sous le choc.Je suis dit : gJfai un bebe, moi?h Je suis sortie de la chambre, jfai pris une chaise et je lfai balancee jusqufa la casser.Puis je suis allee dans la cuisine casser une porte dfarmoire et je me suis effondree en larmes.Mon mari ne comprenait rien.La voisine est venue frapper a la porte.Elle mfa aidee a me calmer pour que je puisse donner a boire au bebe.Cfest comme si jfavais completement oublie la fonctionnalite dfun enfant, comment le mettre au sein.Et ce nfest pas parce que je ne savais pas comment.Jfavais suivi des cours dfallaitement.â Quelques jours plus tard, Natalia raconte cette histoire a une infirmiere en visite post-partum.áJfai ete vraiment transparente, je lui ai raconte que jfavais peur dfetre seule avec Mathieu.â Lfinfirmiere a fait un signalement a la DPJ.áQuand lfintervenante de la DPJ sfest presentee chez moi, jfavais mon manteau sur le dos.Elle pensait que je sortais et que je laissais le petit tout seul parce qufil etait dans sa poussette en petite camisole, les jambes a lfair.Je nfavais pas pense lui mettre son habit dfhiver.â Lfintervenante a examine lfenfant et a note des marques et des bleus sur son petit corps.áJe me suis dit : gDfou est-ce que ca sort ?hâ Lfintervenante a mis le bebe dans le siege dfauto de sa voiture.Natalia et son mari lfont suivie jusqufa lfhopital Sainte-Justine.á Arrives a lfhopital , on se demandait : gQufest-ce qui se passe ?h On nfavait pas beaucoup dfinformation.On etait bouscules dfun bord et de lfautre.Le medecin et les infirmieres examinaient Mathieu et ils parlaient tout bas.Ils chuchotaient : gBebe secoue, bebe secoue.h â Les examens medicaux ont revele la presence de sang dans une bosse sur la tete du bebe.á Ils ont fait une batterie de tests pour voir si les organes internes avaient ete trop serres â, raconte-t-elle.A sa sortie de lfhopital, Mathieu a ete confie a ses grands-parents.Natalia peut voir son fils sous la supervision de sa belle-mere ou dfune intervenante du centre jeunesse.Dans certaines situations exceptionnelles, elle peut le voir seule avec son mari.Avec le temps, les dispositions de la garde pourraient etre modifiees.Natalia repense souvent a cet episode.á Dfavoir des trous de memoire, cfest sur que ca me fait peur.â Elle a craint encore de se retrouver seule avec son fils.áIl aurait pu arriver une situation grave et ca, je ne me lfenleve pas de la tete.â ¡¡¡ Cfest la fin de la troisieme rencontre au Centre dfevaluation des capacites parentales.Diane Germain decide de donner a Natalia les resultats de son evaluation.Le test du developpement a ete tres positif.Lfenfant nfa pas jusqufa present de retard de developpement.Il obtient la note de 86% pour son developpement cognitivo-langagier, 92% pour ses capacites motrices et 100% pour son developpement socioaffectif.áCa, Natalia, ca veut dire que la situation, jusqufici, nfa pas eu dfeffet grave sur son developpement.Cfest quelque chose de positif a travers cette situation dramatique â, explique Diane Germain.Natalia se met a pleurer.á Je suis contente.Ca fait vraiment du bien dfentendre ca.â á Quand je suis arrivee avec Natalia, jfai vu qufelle etait envahie par ses emotions, qufelle se sentait tres coupable de ce qui aurait pu arriver, explique lfintervenante.On ne sait pas si cfest arrive ou pas, car il y a des trous de memoire.En meme temps, il fallait assurer la securite du bebe.Natalia comprenait ca et le comprend encore.Lfarrivee de la DPJ est difficile a accepter, mais le premier but cfest de travailler avec les parents pour que ca aille mieux avec leurs enfants â, explique Diane Germain.áNatalia, tu as de belles forces comme maman, ajoute-t-elle a la fin de lfevaluation.Tu es stimulante et, lorsque tu es calme et bien reposee, tu es capable de bien repondre aux besoins de base du bebe.Mais je suis fragile, repond Natalia.Et quand ca devient plus difficile, je pleure et jfai besoin dfaide parce que cfest moi qui deviens le bebe.â áQUAND CA DEVIENT DIFFICILE, JE PLEURE ET CfESTMOI QUI DEVIENS LE BEBE.â á CHAQUE FOIS QUfIL AVAIT LES YEUX FERMES, CA MfENERVAIT, CA MfAGRESSAIT.A UN MOMENT DONNE, IL ETAIT VRAIMENT SAGE ET JE ME SUIS SENTIE JALOUSE DE LUI, TELLEMENT JALOUSE QUE JE NE LE SENTAIS PLUS EN SECURITE DANS MES MAINS.â Des impacts lourds pour le systeme de sante Le nombre total de visites a la clinique sociojuridique de lfhopital Sainte-Justine est stable depuis 10 ans mais, depuis 4 ans, les demandes de consultation pour sevices sexuels ont diminue alors qufelles ont augmente pour les sevices physiques.Lfaugmentation des cas dfenfants battus alourdit le fardeau du systeme de sante.La Dre Claire Allard-Dansereau, responsable de la clinique, affirme qufil nfest pas rare de consacrer de 15 a 30 heures a lfevaluation dfun seul cas grave, comme un traumatisme cranien non accidentel.Les impacts de la maltraitance pesent aussi sur le systeme de sante a plus long terme.Une etude celebre publiee en 1998 dans lfAmerican Journal of Preventive Medicine a demontre qufune personne qui a vecu des experiences traumatisantes dans son enfance (violence physique, psychologique, agression sexuelle, violence conjugale, parent avec un probleme de toxicomanie ou de sante mentale, parent qui a fait de la prison) est plus susceptible de souffrir de problemes de sante a lfage adulte.Et plus lfenfant est expose a des experiences traumatisantes, plus la frequence est elevee.Un enfant qui a vecu des experiences traumatisantes risque trois fois plus de se suicider qufun enfant qui a grandi dans un foyer normal.Sfil a vecu 4 types de traumatisme, il risque 12 fois plus de se suicider, 10 fois plus dfutiliser des drogues injectables, 7 fois plus de devenir alcoolique.Plus frappant encore, un enfant qui a vecu quatre types de traumatismes dans son enfance risque deux fois plus de souffrir dfune maladie cardiaque, deux fois plus de souffrir dfun cancer, deux fois plus de faire une crise cardiaque et quatre fois plus de souffrir de bronchite chronique ou dfemphyseme.Des consequences qui font peur, au moment ou la Direction de la protection du Quebec vient dfenregistrer au cours de la derniere annee 6889 signalements de sevices, un record historique.Daphne Cameron ILLUSTRATIONS FRANCIS LEVEILLEE, LA PRESSE protecllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R E A L S A M E D I 2 2 S E P T E M B R E 2 0 1 2 E N J E U X 5 SYRIE COMPRENDRE LE CONFLIT M e r M é d i t e r r a n é e CHYPRE C is j o rd a n i e TURQUIE TURQUIE JORDANIE JORDANIE IRAK LIBAN I SRAËL Beyrouth Tel-Aviv Nicosi Larnaca Amman JÉRUSALEM LE POUVOIR Les alliés de Bachar al-Assad Le jeune frère du président, Maher, dirige la Garde républicaine.Son cousin, Rami Makhlouf, tient les rênes de l\u2019économie du pays.Les militaires, qui sont surtout issus de la minorité alaouite, détiennent les postes-clés de la sécurité intérieure.Les Alaouites, qui comptent pour environ 13%de la population dans ce pays largement sunnite, sont convaincus que la Syrie est victime d\u2019une conspiration internationale pour chasser le président.Après 18 mois de révoltes, Bachar al-Assad tient le coup et dit compter sur l\u2019appui de l\u2019Iran, du Hezbollah libanais, des Palestiniens du Hamas et du Jihad islamique qui forment, selon lui, «l\u2019axe de résistance» contre Israël.L\u2019appui de la Chine et de la Russie, quant à lui, n\u2019a pas fléchi.HAMA ALEP 2507 morts HOMS 5360 morts DAMAS 5993 morts 3 1 2 80 177 NOMBRE DE RÉFUGIÉS PAR PAYS TURQUIE LIBAN IRAK 51 962 JORDANIE 51 665 25 508 S Y R L\u2019OPPOSITION Faible et fragmentée Ils souhaitent tous des réformes, mais sont incapables de parler d\u2019une même voix.Le Conseil national syrien (CNS), qui regroupe sept mouvements d\u2019opposition établis à l\u2019extérieur de la Syrie, n\u2019a pas encore réussi à obtenir la légitimité dont a rapidement bénéficié le Conseil national libyen en2011.Il compte notamment dans ses rangs des militants pour la démocratie, les Frères musulmans et des factions kurdes.Un nouveau président et un comité exécutif de 10 membres est élu tous les trois mois\u2014le président actuel, Abdel Basset Sayda, est un kurde syrien émigré en Suède.Le Conseil a surtout prôné une lutte pacifique contre le régime, et a du mal à coordonner ses actions avec celles de l\u2019Armée syrienne libre, l\u2019organisation des rebelles qui se trouvent sur la ligne de feu.Pendant ce temps dans la capitale, le seul mouvement d\u2019opposition reconnu par le régime, le Comité de coordination pour le changement national et démocratique, prône le dialogue, rejette toute intervention militaire étrangère, réclame la libération des prisonniers politiques et la fin des attaques contre les manifestants pacifiques.Et il se méfie du CNS, qu\u2019il qualifie de « club de Washington», et de l\u2019influence d\u2019islamistes au sein de cette organisation.«Nous sommes dans une bataille régionale et mondiale.Il faudra du temps pour la remporter », a dit le président Bachar al-Assad à la télévision syrienne.Son régime compte sur les loyautés cultivées en 40 ans de pouvoir.L\u2019opposition, fragmentée en plusieurs factions armées, gagne du terrain dans le nord du pays.Elle résiste à Alep et dans les banlieues de Damas.Et se radicalise.Aucun camp ne semble prêt à rendre les armes.La communauté internationale est paralysée, encore et toujours.Dix-huit mois après le début de la révolte, le conflit s\u2019est transformé en guerre civile dévastatrice, dont le bilan vient de franchir le cap des 29 000 morts.Pire, la Syrie semble s\u2019engager dans une longue guerre dont personne n\u2019ose prédire l\u2019issue.LALONGUE GUERRE RÉFUGIÉS Depuis 18 mois, 260 000 Syriens ont fui en Turquie, au Liban, en Jordanie et en Irak.DJIHADISTES Des combattants islamistes sont entrés en Syrie pour mener le « djihad» contre le régime.Capitales Zones de combats L É G E N D E B 1 H 2 H 3 H ISABELLE HACHEY ET JUDITH LACHAPELLE LES RÉFUGIÉS L\u2019été meurtrier Signe de la violence des combats qui font rage, les Syriens n\u2019ont jamais été aussi nombreux à fuir leur pays.Dans le seul mois d\u2019août, plus de 100 000 Syriens se sont réfugiés dans les camps érigés aux frontières des pays voisins.C\u2019est presque autant que depuis le début de la révolte, en mars 2011, selon les Nations unies.Il faut dire que lemois d\u2019août a probablement été le plus violent du conflit.Plus de 5000 personnes, en grande majorité des civils, ont perdu la vie, selon l\u2019Observatoire syrien des droits de l\u2019homme.Terrorisées, les familles se bousculent aux frontières.Et les chiffres explosent.Chaque jour, 5000Syriens passent en Turquie, alors qu\u2019ils étaient de 400 à 500 il y a quelques semaines.Un millier d\u2019autres passent quotidiennement en Jordanie.Là-bas, le camp Zaatari a été mis sur pied à la fin juillet pour accueillir 500 réfugiés.Ils sont maintenant plus de 26 000.Les réfugiés affluent aussi au Liban et en Irak.Et plus de 35 000 Irakiens ont pris le chemin du retour, après avoir trouvé refuge en Syrie pendant de longues années, fuyant une autre guerre.llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 6 E N J E U X L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 2 2 S E P T E M B R E 2 0 1 2 SYRIE COMPRENDRE LE CONFLIT TURQUIE IRAK IRAK LES DJIHADISTES La menace islamiste C\u2019est une révolte laïque contre la dictature de Bachar al-Assad qui a allumé le conflit syrien, en mars 2011.Mais alors que le conflit s\u2019enlise, les islamistes radicaux soufflent de plus en plus fort sur les braises de l\u2019opposition.Un rapport d\u2019enquête de la Commission des Nations unies sur les droits de l\u2019homme en Syrie faisait état cette semaine de la «présence croissante et alarmante d\u2019éléments islamistes étrangers».Djihadistes locaux ou venus de l\u2019étranger, ils sont surtout actifs dans le nord de la Syrie, contrôlé en partie par les rebelles.En juillet, des combattants liés à Al-Qaïda ont été vus passant la frontière turque.Alors que l\u2019opposition se radicalise, le président Assad utilise la menace islamiste pour consolider ses appuis auprès des communautés chrétienne et alaouite, souligne l\u2019Institut pour l\u2019étude de la guerre, de Washington, dans un récent rapport sur le phénomène.De son côté, le gouvernement américain a limité son soutien aux forces de l\u2019opposition sous prétexte que l\u2019argent pouvait tomber entre les mains des extrémistes.Le résultat pervers de cette décision est que ce sont les salafistes qui reçoivent désormais le plus de financement de l\u2019étranger, note le rapport.Des musulmans modérés se joindraient d\u2019ailleurs à des groupes radicaux afin d\u2019obtenir armes et argent.MORTS 29 000 DÉTENUS 30 238 Mois de conflit 18 RÉFUGIÉS 260 000 Déplacés en Syrie 1,5MILLION Syriens ayant besoin d\u2019aide humanitaire 2,5MILLIONS I E QUE FAIT LE MONDE?Les sanctions économiques et diplomatiques anti-Assad appliquées durant l\u2019été laissent la Chine (1) et la Russie (2) de glace.Cette dernière préfère pousser le Conseil de sécurité de l\u2019ONU à accepter l\u2019accord signé en juin sur les principes d\u2019une transition politique en Syrie.Washington (4) ne dit pas non, même si l\u2019accord ne contient aucun appel au président Assad à renoncer au pouvoir, se limitant à demander que des sanctions soient appliquées si le régime syrien refuse la transition.En août, la France (3) a invité l\u2019opposition syrienne à s\u2019unir pour former un véritable «gouvernement provisoire de la nouvelle Syrie » qu\u2019elle pourra reconnaître.Les voisins arabes ne s\u2019entendent pas sur la tactique à adopter pour mettre fin au conflit.Pendant que la Turquie (6) parle de la « fin inévitable » du régime, l\u2019Iran (5) souligne « l\u2019appui illimité » de Téhéran aux « efforts pris par le gouvernement syrien pour ramener la sécurité et la stabilité ».5 ÉTATS-UNIS FRANCE SYRIE IRAN CHINE RUSSIE TURQUIE 2 3 4 Sources : Observatoire syrien des droits de l\u2019homme, Foreign Affairs, BBC, The Economist, Center for Documentation of Violations in Syria, Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, Agence France-Presse 4 H 5 H 6 H PHOTOS ASSOCIATED PRESS, REUTERS, AGENCE FRANCE-PRESSE INFOGRAPHIE ET GRAPHISME JACQUES-OLIVIER BRAS , LA PRESSE 1 1.L\u2019opposition gagne du terrain dans le nord du pays.Et elle se radicalise.Des djihadistes étrangers se sont introduits en Syrie pour combattre le régime.2.Le président Bachar al-Assad tient bon.En Syrie, il compte sur les minorités (alaouite, chrétienne et druze) qu\u2019il a promis de protéger contre la majorité sunnite.3.Plus de 260 000 Syriens ont fui leur pays depuis le début du conflit.4.Le diplomate algérien Lakhdar Brahimi a remplacé Kofi Annan comme médiateur.Sa tâche est titanesque.5.Les rebelles de l\u2019Armée syrienne libre résistent toujours.6.Après 18 mois de révolte, le conflit s\u2019envenime et s\u2019enfonce dans une violence de plus en plus meurtrière.Le bilan a passé le cap des 29 000 morts cette semaine.4 L\u2019AVENIR DE LA SYRIE Mission presque impossible Cet te semaine, le Conseil national syrien a dit souhaiter que les pays arabes approuvent une intervention internationale en Syrie similai re à celle menée en Libye l\u2019an dernier.L\u2019Occident, jusqu\u2019ici, n\u2019a pas été très favorable à l\u2019idée à cause du risque qu\u2019elle pose dans une région déjà tendue.La Chine et la Russie ont, quant à elles, fait usage de leur droit de veto au Conseil de sécurité de l\u2019ONU, s\u2019opposant à toute intervention extérieure.Les espoirs se tournent maintenant vers Lakhdar Brahimi, ce diplomate algérien qui a remplacé Kofi Annan dans la tâche \u2013 titanesque \u2013 de négocier un terrain d\u2019entente entre les deux camps.Ce vieux routier de la paix en a vu d\u2019autres.Mais de son propre aveu, la mission est «presque impossible».Pourtant, M.Brahimi rejette l\u2019analyse, de plus en plus répandue, voulant que la Syrie soit engagée dans une bataille existentielle, les deux camps ne jurant plus que par la victoire ou la mort.«J\u2019ai visité la Syrie pendant 50 ans et j\u2019ai vu une mosaïque de communautés qui tenaient d\u2019abord à leur identité syrienne, a-t-il dit à la BBC.Je refuse de croire que les Syriens l\u2019oublieront et trouveront indispensable de tuer leurs voisins.» 5 6 llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 2 2 S E P T E M B R E 2 0 1 2 E N J E U X 7 ZOOM La planete compte 1,6 milliard de musulmans.Mais ce ámonde musulmanâ est loin dfetre monolithique.Des etudes du Pew Research Center, lforganisme de recherche non partisan etabli a Washington, ont recemment dresse un portrait detaille des adeptes de lfislam.Il en ressort notamment que les musulmans africains affichent plus de ferveur religieuse que ceux du Moyen-Orient ou que les musulmans chiites ne sont pas toujours consideres comme de á vrais musulmans â par les sunnites.Regard sur une culture religieuse coloree et diversifiee.JUDITH LACHAPELLE Mondes musulmans NOMBRE DE MUSULMANS DANS LE MONDE 2010 2020 2030 1,6 MILLIARD 23,4% de la population mondiale 1,9 MILLIARD 24,9% de la population mondiale 2,2 MILLIARDS 26,4% de la population mondiale 2010 INDONESIE, plus grand pays musulman (205 millions de fideles) 2030 PAKISTAN, plus grand pays musulman (256 millions de fideles) PHOTO REUTERS Albanie Kosovo Ouzbekistan Liban Turquie Irak Afghanistan Pakistan Indonesie Thailande Bangladesh Russie Ethiopie Mali Liberia Ghana Cameroun Senegal Maroc Tunisie Egypte QUELQUES-UNS DES 39 PAYS SONDES PAR LE PEW RESEARCH CENTER PROPORTION DE REPONDANTS POUR QUI LA RELIGION EST á TRES IMPORTANTE â DANS LEUR VIE Albanie Ouzbekistan Kosovo Russie Liban Turquie Etats-Unis Irak Ethiopie Afghanistan Indonesie Mali Thailande Senegal 15% 30% 44% 44% 59% 67% 69% 82% 87% 92% 93% 94% 95% 98% 0 20 40 60 80 šššššš 18-34 ans : 11 % .Plus de 35 ans : 19 % 18-34 ans : 48 % .Plus de 35 ans : 41 % 18-34 ans : 42 % .Plus de 35 ans : 71 % 18-34 ans : 79 % .Plus de 35 ans : 87 % Pourcentage de repondants musulmans qui considerent la religion comme átres importanteâ LIBAN RUSSIE Nfont pas frequente lfecole secondaire 68% Ont frequente lfecole secondaire 41% Nfont pas frequente lfecole secondaire 66% Ont frequente lfecole secondaire 41% FAITES-VOUS LES CINQ PRIERES PAR JOUR?GHANA 91% SENEGAL 85% THAILANDE 75% EGYPTE 53% PAKISTAN 42% TURQUIE 27% FREQUENTEZ-VOUS LA MOSQUEE AU MOINS UNE FOIS PAR SEMAINE?LIBERIA 94% CAMEROUN 84% INDONESIE 72% PAKISTAN 59% LIBAN 35% ALBANIE 5% Est-il acceptable de rendre grace a Dieu en dansant ?Turquie : 72 % Pakistan : 6 % LE PARADIS AVANT LfENFER Au Moyen-Orient et en Afrique du Nord 97 % croient au paradis 90 % croient a lfenfer Est-il acceptable de rendre grace a Dieu en recitant de la poesie ?Irak : 74 % Tunisie : 38 % 9 Tunisiens sur 10 croient a la sorcellerie, comparativement a 1 Bangladais sur 10 PHOTO SAYYID AZIM, AP SUNNITES, CHIITES Pres de 9 musulmans sur 10 dans le monde sont sunnites.Les chiites, concentres en Iran, en Irak, en Syrie (alaouites) et au Liban, se distinguent des sunnites notamment par leur devotion au prophete Ali.Si la majorite des musulmans dans le monde font peu de cas de la branche a laquelle ils appartiennent, les relations entre sunnites et chiites sont particulierement tendues au Moyen-Orient et au Maghreb.Pluse de la moitie des repondants egyptiens et marocains ne considerent pas les chiites comme des vrais musulmans.Sources : The Worldfs Muslims : Unity and Diversity, publie par le Pew Research Center, aout 2012.Quelque 38 000 musulmans de 39 pays ont participe a lfetude.The Future of the global Muslim Population, publie par le Pew Research Center, janvier 2011.llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 8 E N J E U X L A P R E S S E M O N T R E A L S A M E D I 2 2 S E P T E M B R E 2 0 1 2 "]
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