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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
P. Enjeux
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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La presse, 2012-11-03, Collections de BAnQ.

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[" M O N T R É A L S A M E D I 3 N OV E M B R E 2012 ENJEUX OBAMA 2012 PRÉSIDENTIELLE BARACK O n parlait de lui comme d'un héros, il y a quatre ans presque jour pour jour, lorsqu'il est devenu le premier président noir de l'histoire des États-Unis.Aujourd'hui, certains continuent d'idolâtrer Barack Obama.Mais d'autres l'ont en horreur.C'est ce que nos journalistes ont constaté au Vermont, où l'on adore le président, et en Oklahoma, où l'on veut se débarrasser de lui au plus vite.À trois jours du scrutin, ils dressent aussi une liste d'objets qu'on associe à Barack Obama et font le bilan de sa présidence à travers le regard des femmes.PHOTOMONTAGE LA PRESSE LES MERCURIADES 2013 V I S E Z H AU T Faites comme Moment Factory, Cascades, Ubisoft Montréal, la STM, SHAN et les 550 autres entreprises lauréates aux Mercuriades depuis 33 ans.Soumettez votre candidature, vous aussi pourriez faire partie des grands ! Un concours organisé depuis 1981 par la FÉDÉRATION DES CHAMBRES DE COMMERCE DU QUÉBEC mercuriades.ca \f 2 ENJEUX LA PRESSE MONTRÉAL SAMEDI 3 NOVEMBRE 2012 llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll PRÉSIDENTIELLE 2012 PHOTOMONTAGE LA PRESSE \f LA PRESSE MONTRÉAL SAMEDI 3 NOVEMBRE 2012 ENJEUX llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 3 Barack, ils l'adorent Ni démocrates ni républicains, les Vermontois se disent surtout indépendants et fiers de l'être.Mais Barack Obama suscite ici un enthousiasme passionné qui lui a valu, en 2008, le plus fort appui populaire du pays après celui d'Hawaii, État natal du président.Quatre ans plus tard, Barack Obama établira-t-il encore des records au pied des Green Mountains ?comme une psychologue.C'est tout ce que je pouvais faire, je n'avais rien pour eux.C'était terrible.» En 2009, le plan de sauvetage de 787 milliards adopté par Washington a sauvé JAM I nc .du nau f rage, ma r tèle M me Morrissey.L'entrepreneure a ainsi pu installer des panneaux solaires, bâtir des centres de santé et des logements abordables un peu partout au Vermont.Un travail d'équipe, précise l'ingénieure, parce que le succès du plan ne dépendait pas seulement du président, mais surtout des élus locaux et de la communauté.« Le changement ne vient pas de Washington.Ce qui vient de la capitale, c'est l'occasion de changer, dit-elle.Et sans ça, je ne sais pas comment on aurait fait.» Obama est-il toujours aussi populaire au Vermont ?Sans aucun doute.Quatre ans de pouvoir ont à peine émoussé l'enthousiasme des Vermontois pour le politicien démocrate.En 2008, 68% des électeurs de l'État ont voté pour lui.Parmi les autres États, seuls les électeurs d'Hawaii (72%), où est né et a grandi le président, ont été plus nombreux à voter pour lui.Mais les Vermontois ne sont pas férocement démocrates pour autant.Ce n'est qu'en 1963, l'année où le nombre d'habitants a supplanté le nombre de vaches (!), que le Vermont a eu son premier gouverneur démocrate.L'alternance entre gouverneurs républicains et démocrates perdure: le gouverneur démocrate Peter Schumlin a remplacé le républicain Jim Douglas en 2010.Au fédéra l , le sénateu r Bernard Sanders, ancien maire de Burlington, est l'un des deux seuls membres indépendants du Sénat.Les Vermontois ont voté pour les républicains Richard Nixon (1972), Gerald Ford (1976), Ronald Reagan (1980 et 1984) et George Bush père (1988).Depuis 1992, ils n'ont voté que pour les candidats démocrates : Bill Clinton (1992 et 1996), Al Gore (2000), John Kerry (2004) et Barack Obama (2008).Le «fond républicain» n'est donc pas bien loin dans l'État le plus rural du pays (625 000 personnes et quelque 150 000 vaches), et le second des ÉtatsUnis pour la proportion d'habitants blancs.Et les Vermontois, bien qu'ils se disent écolos à saveur socioprogressiste, ne renient pas certaines valeurs plus conservatrices, surtout sur le plan fiscal.E n fa it , résu me Jea n ne Morrissey, « ce n'est pas nous qui avons changé, ce sont les républicains!» se définit pas comme démocrate, mais plutôt comme «progressiste à mort»! Doug Dows salue la réforme « magistrale » du système de santé et, même s'il souhaiterait voir son candidat pousser davantage ses innovations sociales, il estime qu'il est difficile de faire mieux.« Je sais reconnaître la réalité politique de Washington, dit M.Dows.Mais les présidents peuvent davantage se permettre d'être eux-mêmes dans le deuxième mandat.» Si Romney est élu, selon lui, ce sera «un désastre».Le Vermont Burlington JUDITH LACHAPELLE Morrissey était au volant lorsque le téléphone a sonné, un mardi de mars dernier.C'était trois jours avant une visite du président Barack Obama à Burlington.Une dame du Parti démocrate voulait savoir comment son entreprise de construction s'en sortait malgré la crise.Pas trop mal, a expliqué la Vermontoise, surprise et ravie que sa petite entreprise attire l'attention en haut lieu.« Obama parlera peut-être de nous dans son discours ! », s'était-elle réjouie après la conversation.En fait, il allait faire beaucoup mieux.« Dites-moi, lui a proposé la femme, quelques heures plus tard, accepteriezvous de présenter le président avant son discours?» C'était il y a six mois, mais Jeanne Morrissey en parle encore avec les yeux d'une adolescente qui vient de danser son premier slow.Pourtant, cette ingénieure de formation, à la tête de la vingtaine d'employés de JA M Inc., à Williston, au Vermont, n'a rien de ces militants fiévreux qui ont le nom de leur idole politique tatoué sur le coeur.Jeanne Morrissey dirige ses ouvriers baraqués avec un franc-parler réputé dans la région.Elle se définit comme « indépendante», et non démocrate.Mais quand il s'agit de sa rencontre avec Barack Obama.« C 'était.complètement surréel.», raconte-t-elle pourtant en secouant encore la tête d'incrédulité.« Je n'aurais jamais pensé que ça puisse m'arriver.Et pourtant, j'ai beaucoup d'imagination ! » Elle éclate de rire.«C'était une chance pour nous de lui dire que, grâce à son plan de sauvetage, nous n'avons pas eu à faire de mises à pied.Il a été critiqué pour ce programme, alors qu'aujourd'hui, nous recommençons à travailler avec des fonds privés et dépendons peu du public.Ce plan de sauvetage, ce \"pont\", a permis de nourrir plusieurs familles ici, et pas seulement nos employés.» De la banlieue de Burlington, Jeanne Morrissey a vu en quatre ans l'économie du pays s'effondrer avant de remonter péniblement la côte.Elle a craint de devoir mettre à pied des employés lorsque le nombre de chantiers est devenu famélique.Elle a reçu dans son bureau nombre d'ouvriers de la région venus lui demander du travail.« Je les ai écoutés, B U R L I N G TO N - J e a n n e Population : 625 741 habitants Taux de chômage : 5,4 % (en septembre 2012) Élection de 2008 : John McCain.30 % Barack Obama.68 % Groupes ethniques : Blancs .94,3 % Latinos.1,5 % Noirs .0,9 % Ville la plus importante : Burlington, 42 417 habitants «Intelligence extraordinaire» Elle loue « l'intelligence extraordinaire » du président.« Je n'ai jamais eu d'étiquette politique, dit-elle.Je serais républicaine si George Aiken était encore sénateur [NDLR sénateur du Vermont de 1941 à 1975, républicain et progressiste, si populaire auprès de ses électeurs qu'il n'aurait eu à dépenser que 17,09$ lors de sa dernière campagne électorale, en 1968].Être républicain, à l'époque, c'était être travailleur et indépendant du gouvernement, prendre soin de soimême et de ses voisins.C'était avoir de la compassion pour sa communauté.» « Ils sont devenus fous ! », s'exclame pour sa part Mark Archambault, dans un snackba r près de St .A lba ns .L'homme votera Obama all the way.«Je suis libertaire», dit-il.Il appuie le retrait des troupes militaires américaines d'Irak et d'Afghanistan, «la seule bonne chose à faire », tout comme le mariage entre conjoints du même sexe.Même s'il n'est pas d'accord avec toutes les mesures sociales prônées par Obama, le candidat démocrate reste le seul choix valable à ses yeux.« La première fois que j'ai entendu parler Obama, je me suis dit que cet homme-là n'était pas comme les autres», s e r a p p e l l e D o u g D ow s , retraité, rencontré dans un café de Burlington.Lui non plus ne Trish Siplon aussi votera Obama.Mais l'enthousiasme est retombé depuis quatre ans.«S'il n'en tenait qu'à moi, je voterais pour le Parti vert.Mais com me l'élection d'Oba ma n'est pas certaine, je vais voter pour lui.» P rofesseu re de sc iences politiques au collège Saint Michael, à Colchester, au nord de Burlington, elle ne cache pas sa déception à l'égard du président, qui avait tant promis il y a quatre ans.«Je suis de gauche.Je trouve que la gauche ne critique pas Obama autant qu'elle le devrait pour sa politique des droits de la personne.» Sa mollesse vis-àvis d'Israël, l'utilisation de drones, la fermeture retardée de Guantánamo.«Même Bush a fait mieux dans la lutte contre le sida!», se désole M me Siplon.«C'est probablement du côté des pacifistes qu'Obama perdra des votes au Vermont, croit aussi Doug Dows.Au Vermont, il y a environ 30% de républicains convaincus qui voteraient même pour une plante verte.Les autres voteront surtout démocrate.» « Si Rom ney est élu , on déménage au Canada!», lance spontanément une productrice agricole devant son étal de légumes près de Swanton, dans ce Vermont rural où les républicains devraient marquer des points.Mais ici encore, rien à faire.C'est Obama ou rien.Da ns la verte ca mpagne vermontoise, aucun candidat à la Maison-Blanche n'a pris la peine de poser des pancartes.Obama peut compter sur l'appui du Green State.Mais pour le reste du pays.Les Vermontois restent optimistes.« La mauvaise performance d 'Oba ma lors du prem ier débat est peut-être la meilleure chose qui ait pu lui arriver, dit Jeanne Morrissey.Si on est partisan d'Obama et qu'on pense qu'il va gagner, on n'ira peut-être pas voter.Mais si, tout à coup, la possibilité d'avoir Mitt Romney comme président devient réelle, alors on se débrouillera pour aller voter!» Mitt, son chien, et ses concitoyens JUDITH LACHAPELLE BURLINGTON, Vermont - Pardessus tout, ce que Doug Dows aime de Barack Obama, ce sont ses qualités humaines, son empathie.Alors que Mitt Romney lui inspire exactement le contraire.« Je vais vous raconter une anecdote », commence Doug Dows.Ça s'est passé l'été dernier.M.Dows avait confié son chien à une amie le temps d'un voyage.Par une journée chaude, l'amie avait emmené le chien se baigner dans un lac où il a attrapé une infection qui l'a rendu très malade, au point d'en mourir quelques jours plus tard.« J'étais à peine revenu au Vermont que la police m'a appelé su r mon téléphone cellulaire pour me demander si j'étais au courant de ce qui était arrivé à mon chien, dit M.Dows.Elle voulait savoir si je voulais porter plainte pour mauvais traitements contre celle qui l'avait gardé.» On ne badine pas avec la protection des animaux, au Ver mont .L' É t at , rappel le M.Dows, a les lois les plus sévères du pays en la matière.« Et c'est très bien comme ça.Parce que je crois profondément qu'un homme qui maltraite un animal risque fort de maltraiter un être humain.» Et c'est pourquoi l'épisode épique du voyage du chien de la famille Romney en 1983 le dégoûte autant.Cet été-là , la fa mille de celui qui allait devenir candidat républicain à la MaisonBlanche s'est entassée dans une Chevrolet pour prendre la route des vacances.Seamus, le chien de la famille, a été juché dans une caisse de transport sur le toit de la voiture et y est resté pendant 12 heures, alors qu'il souffrait de diarrhée.L'épisode, révélé en 2007, a soulevé l'indignation.Le jugement de Mitt Romney, âgé de 36 ans à l'époque, a été mis en doute aussi par les autres candidats à l'investiture républicaine.Doug Dows, qui a pardonné son amie pour la mort de son chien, n'a cependant pas l'intention d'oublier comment Romney a traité le sien.«Comment faire confiance à quelqu'un qui a fait ça à son chien?s'exclame-t-il.Pour moi, cette histoire en dit beaucoup sur Mitt Romney.Beaucoup trop.» \f llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 4 ENJEUX LA PRESSE MONTRÉAL SAMEDI 3 NOVEMBRE 2012 PRÉSIDENTIELLE 2012 PHOTOMONTAGE LA PRESSE \f LA PRESSE MONTRÉAL SAMEDI 3 NOVEMBRE 2012 ENJEUX llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 5 Abominable Obama ALEXANDRE SIROIS Fuson a le visage renfrogné d'un enfant à qui on a refusé un second dessert.Un peu plus et il grimacerait.L'objet de son malaise, c'est le sujet de notre entrevue : Ba rack Obama.Arme à feu à la ceinture, trapu comme un joueur de r ugby, ce rouqu i n répond pourtant avec une extrême courtoisie à nos questions.Son ton est posé.Mais son discours est apocalyptique.« Je ne sais pas si nous pouvons survivre quatre ans de plus à cette administration », dit-il au sujet du président américain et de son équipe.Nous som mes au 2 A Shooting Center, centre de tir dont Eric F uson est le gérant, à Tulsa.À 2450 km de Montréal, à 1973 km de la Maison-Blanche, on a l'impression étrange d'avoir posé le pied sur une autre planète.« L'Oklahoma est l'un des États les plus conservateurs.Su r le pla n socia l.Su r le plan économique.Et j'en suis fier ! », poursuit Eric Fuson.À preuve : son lieu de travail est un monument élevé à la gloire des armes à feu.Le visiteur est accueilli par une énorme pancarte, placardée au-dessus de la porte, où est inscrit le deuxième amendement de la Constitution américaine.Celui qui garantit aux citoyens le droit de porter une arme.Les murs sont couverts d'affiches de films de Hollywood sur lesquelles les acteurs sont armés.Et si vous cherchez les toilettes, pas de souci.Sur une autre affiche, une main appuie s u r la détente d 'u n f u si l pointé.en direction de l'endroit où l'on peut se soulager.On croirait qu'Eric Fuson craint par-dessus tout d'éventuelles mesures de contrôle des armes à feu.Mais ce qui le choque le plus, chez Barack Obama, ce sont « ses politiques sociales et économiques ».« Si nous ne les changeons pas, ce pays, sous sa forme actuelle, n'existera plus dans 10 ans », lance-t-il.I l acc u se son président « d'encourager les gens à ne pas travailler ».Notamment grâce à la réforme du système de santé et aux autres mesures visant à donner un coup de pouce aux plus pauvres.« Quand les gens vont réaliser qu'ils peuvent voter pour des politiciens qui vont tout leur donner gratuitement, tout va s'effondrer », prédit-il.TUL SA , OKL AHOMA - Eric trois fois moins grand.Coincé entre les plaines du Midwest et les déserts du sud du pays, il se transforme en fournaise l'été.Et, vous vous en doutez, il est semé d'églises.C'est l'État où le rival de Barack Obama, John McCain, a connu sa meilleure performance en 2008, avec 65,6 % des voix.C'est aussi le seul État où, cette année-là, le candidat républicain à la présidence a obtenu la majorité des voix dans toutes les circonscriptions (77).Tulsa, avec près de 400 000 habitants, est la deuxième ville de l'Oklahoma.C'est u n c h â t e a u fo r t r é pu bl i cain depuis les années 50.À 170 km au sud se trouve Oklahoma City, la capitale et la ville la plus importante de l'État, avec 580 000 habitants.C'est aussi un fief républicain.Dans cette métropole, tristement célèbre depuis l'attentat meurtrier commis contre un édifice fédéral en 1995, on ne semble pas avoir plus d'atomes crochus avec Barack Obama qu'avec le dictateu r nordcoréen Kim Jong-un.Ici, on parle du président américain comme s'il s'agissait d'une créature diabolique, dotée de pouvoirs maléfiques.Ainsi, Al Gerhart, cofondateur du Sooner Tea Party, groupe lié au populaire mouvement de contestation né il y a quelques années en sol américain, trouve que son État est trop progressiste.Et que le président américain est un « socialiste ».« Il fait peur à beaucoup de monde.C'est un mondialiste.On a le sentiment qu'il n'a pas à coeur les intérêts de l'Amérique », dit ce militant rencontré dans son atelier, en bordure de l'une des autoroutes qui mènent au Texas.Al Gerhart, comme la plupa r t des membres du Tea Pa rty, n'est pas un politicien.Ce menuisier au crâne dégarni, vêtu de jeans et d'un vieux t-shirt rouge, se spécialise dans la rénovation de cuisines.Dans le domaine, il semble avoir du talent et des anecdotes à revendre.I l nou s en raconte u ne en s'ouvrant un D r Pepper.L'histoire d'une cliente qui avait mené toutes les démarches nécessaires à la construction d'une nouvelle cuisine.À la toute dernière minute, elle lui a téléphoné pour annuler la commande.« Son mari préférait utiliser l'argent pour construire un bunker dans sa cour arrière », dit-il.« Il y a des millions d'Américains qui pensent que le pays est au bord du chaos.» Et qui, comme ce mari inquiet, se préparent à y faire face.On les surnomme les « preppers », explique le militant.Ne suggérez toutefois pas aux habitants de l'Oklahoma de se tourner vers Dieu pour être rassurés quant à leur président.Bon nombre de pasteurs L'Oklahoma Oklahoma City Population : 3 751 351 habitants Taux de chômage : 5,2 % (en septembre 2012) Élection de 2008 : John McCain.66 % Barack Obama.34 % Groupes ethniques : Blancs .68,7 % Latinos.8,9 % Noirs .7,3 % Ville la plus importante : Oklahoma City, 579 999 habitants de voir que son président s'efforce de légitimer les relations entre deux personnes de même sexe.Tout com me il en rage à l'idée qu'Obama est pour le droit à l'avortement et estime que l'État peut venir en aide aux citoyens dans le besoin.Parce que « c'est aux églises de faire ça ».Sinon, ça ne peut que créer « une dépendance envers l'État ».Ainsi, Steve Kern votera pour Mitt Romney le 6 novembre.Et il encou ragera ses fidèles à en faire autant dans ses sermons, même si une loi fédérale interdit aux pasteurs de faire de la politique partisane dans leurs églises.« Il est temps de se faire entendre », lance-t-il, défiant.L'influence de la religion sur la politique, en Oklahoma, est indéniable, explique David Blatt, directeur de l'Oklahoma Policy Institute.Et elle n'est pas étrangère aux problèmes de Barack Obama et des démocrates en général.« Les républicains sont très efficaces.Ils arrivent à faire de Dieu, des armes à feu et des gais (God, guns and gays) l'enjeu des élections.Et ils estiment que les démocrates ont tort dans les trois cas », affirme l'expert, un Montréalais qui s'est établi à Tulsa il y a plusieurs années.Ku rt Hochenauer, enseignant à l'University of Central Oklahoma, pense qu'il ne faut pas non plus sous-estimer le rôle que jouent « l'ignorance » et la piètre performance du système d'éducation de l'Oklahoma.L'État est, à ce chapitre, l'un des pires au pays.« Ça se traduit par le fait que les gens vont voter de façon viscérale, estime-t-il, en se basant surtout sur leurs croyances.Contre les droits des gais, contre l'avortement.Même si ça signifie rejeter le progrès et la modernité.» Les nouvelles ne sont donc pas bonnes pour Barack Obama en Oklahoma.Si ça se trouve, il récoltera encore moins de votes cette année qu'en 2008.Du moins si on se fie aux chiffres de Pat McFerron, président du groupe Cole Hargrave Snodgrass & Associates, qui fait régulièrement des sondages politiques.« E n j u i l le t 2 011 , o n a atteint un creux historique en Oklahoma.Seulement 5 % des habitants de l'État estimaient que le pays allait dans la bonne direction.Ça s'est un peu amélioré, mais pas de façon significative.On est aujourd'hui à 12 %.» Quelques heures plus tard, à l'aéroport d'Oklahoma City, avant de monter dans un avion en direction de Montréa l, on repense à ce qu'a dit Al Gerhart, la veille, lorsqu'on a quitté son atelier.Sourire aux lèvres, le militant du Tea Party avait lancé : « Lorsque tu rentreras au Canada, n'oublie pas d'emmener Barack Obama ! » Voter avec ses tripes Créature diabolique L'Oklahoma, au nord du Texas, compte un peu moins de 4 millions d'habitants, soit à peu près autant que l'Alberta, mais sur un territoire Dieu n'aime pas Obama de l' État décriaient Barack Obama même avant son arrivée au pouvoir.Aujourd'hui, ils sont irrités par la direction qu'a prise le pays depuis l'élection du président démocrate.L'un d'eux s'appelle Steve Kern.Ce grand gaillard aux fins cheveu x bla ncs est le pasteu r de l'église Olivet, à proximité du centre-ville d'Oklahoma City.Le bâtiment, en brique rouge, ressemble à une école primaire plus qu'à une église.L'usure trahit son âge vénérable.« Barack Obama est un produit du système d'éducation libéral.Lorsqu'il était enfant, il n'a pas eu de base judéochrétienne », déplore-t-il.Ce qui expliquerait pourquoi, selon lui, le président déplaît tant en Oklahoma.Peu après le début de l'entrevue, le pasteur se lève.D'un air presque solennel, il soulève un livre posé sur le coin de son bureau, où règne un tel désordre qu'on dirait qu'il vient d'être cambriolé.L'ouvrage est intitulé La lapidation de Sally Kern.Il a été rédigé par sa femme, qui s'est retrouvée au coeur d'une controverse après avoir affirmé que les homosexuels représentent une menace plus dangereuse que les terroristes.Steve Kern nous offre le livre et prend immédiatement la défense de sa femme, dont on aurait mal compris la déclaration.« Elle voulait plutôt dire que les revendications homosexuelles sont une menace plus grande que le terrorisme », rectifie-t-il.Il pense lui aussi que l'homosexualité « menace le tissu social américain ».Et il enrage Et le racisme dans tout ça?ALEXANDRE SIROIS OKL AHOMA CITY - « Ça n'a certainement rien à voir avec la question de la race.» Pat McFerron est catégorique.Il n'a même pas attendu qu'on lui pose l'incontournable question de la possible influence de la couleur de la peau de Barack Obama sur son impopularité en Oklahoma.Il a lui-même abordé le sujet au beau milieu de notre entrevue.Spécialiste des sondages pour la firme de consultants politiques la plus renommée en Oklahoma, Cole Hargrave Snodg ra ss & A ssoc iates , il explique que 70 % des habitants de son État se disent conservateurs.Il n'est que normal, selon lui, qu'ils ne votent pas pour Barack Obama.Pat McFerron affirme aussi que le succès de J.C.Watts en politique prouve qu'être noir n'est pas un problème en Ok la homa .Cet A f ro A méricain, après avoir été joueu r étoi le au footba l l , a représenté un district de l'Oklahoma à la Chambre des représentants, de 1995 à 2003.Plusieurs autres personnes rencont rées en Ok la homa au cours de ce reportage ont toutefois affirmé, tout aussi catégoriquement, que la couleur de la peau du président démo c rate est u n sér ieu x désavantage en Oklahoma.Consta nce Joh nson , elle aussi a fro-a méricaine, qui siège au Sénat de l'Oklahoma depuis 2005, ne mâche pas ses mots : « Nous sommes un État raciste qui a été fondé sur le racisme.» Elle fait référence à la loi ségrégationniste adoptée par le Sénat de l'Oklahoma en 1907, l'année où l'Oklahoma est devenu un État.Elle cite aussi les émeutes raciales de Tulsa, en 1921, déclenchées da ns le but de « remett re les Noirs à leur place » : les h a bit a n t s de l 'O k l a ho m a t r ou va ie n t q u e le s A f r o A mér ica i ns en mena ient encore trop large, explique la politicienne.P at Mu r phy, démo c r ate de long ue date rencont ré au 2 A Shooting Center de T u lsa , est du même avis : « O ba m a ne p ou r r a it pa s gagner en Oklahoma à cause d e l a q u e s t i o n r a c i a l e », dit ce sexagénaire aux airs d'Ernest Hemingway.Selon lui, « plusieurs personnes, en Oklahoma, ont des préjugés basés sur la race » qui ont nui à Obama.\f 6 ENJEUX LA PRESSE MONTRÉAL SAMEDI 3 NOVEMBRE 2012 llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll PRÉSIDENTIELLE 2012 PHOTO REUTERS \f LA PRESSE MONTRÉAL SAMEDI 3 NOVEMBRE 2012 ENJEUX llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 7 Maison-Blanche : boys' club ?Durant l'élection présidentielle de 2008, les femmes ont occupé une place de premier plan.De Michelle Obama à Hillary Clinton en passant par Sarah Palin.Quatre ans plus tard, où sont-elles ?Le président a-t-il fait une place aux femmes dans son administration, a-t-il intégré leurs préoccupations dans ses projets ?La chroniqueuse MarieClaude Lortie s'est posé la question.il fait parfois la sourde oreille quand vient le temps de parler aux femmes ou de parler des femmes.» « C'est clair que je vais voter pour lui parce que la solution de rechange est absolument terrifiante », ajoute Jessica Valenti, auteure féministe américaine, qui vient de publier Why Have Kids, un ouvrage portant notamment sur les lacunes de la société américaine dans le soutien des familles.« Mais il n'est pas aussi féministe que je l'aurais souhaité.» Parmi les moments « féministes » des quatre a nnées du mandat d'Obama, il y a eu, évidemment, la défense du plan fédéral piloté par le département de la Santé pour assurer que les régimes d'assurance maladie des travailleurs américains remboursent les contraceptifs.Le dossier a fait couler beaucoup d'encre, notamment parce que les républicains voyaient dans cette décision une incursion dans les libertés religieuses, certains programmes d'assurance maladie étant gérés par des groupes opposés à la contraception.Mais le gouvernement a tenu bon.Il y a eu aussi la prise de position du président à la suite des déclarations controversées d'un républicain de l'État du Missouri, qui a affirmé à la télévision que lorsque les femmes se font « vraiment » violer, leur système reproducteur se bloque.Todd A kin , ca ndidat au Sénat, s'est attiré une riposte personnelle du président, qui a tenu à exprimer son point de vue sur la question lors d'une conférence de presse impromptue.« La différence entre ObamaBiden et les républicains, c'est qu'ils comprennent vraiment les dossiers des fem mes », explique M me Valenti, qui parle plutôt d'« ignorance fondamentale » du côté des républicains.Dans son livre The Obamas, la journaliste du New York Times Jodi Kantor décrit cependant une Maison-Blanche plutôt masculine, où même si les femmes sont présentes dans certains postes-clés, la culture dominante est plutôt branchée sur les postes de sport ainsi que sur le basket et le golf avec les copains le week-end.La journaliste raconte que, lorsque le Times a publié un article sur cette administration très boys' club démocrate, le président a invité pour la première fois une femme, Melody Barnes (conseillère principale pour les questions de politiques intérieures) à venir jouer au golf avec lui.A près la publication de l'article, le président a convoqué une réunion avec toutes les femmes importantes de la West Wing, dont il s'avère que peu étaient en contact direct avec lui au travail.Selon la journaliste, même la femme du président, Michelle, n'était pas en désaccord avec le constat du Times.Jessica Valenti constate elle aussi que, malgré ses prises de position politique, le président peut avoir un côté paternaliste.« Quand il a invoqué le fait qu'il était père de deux filles pour justifier l'interdiction de vendre des contraceptifs d'urgence aux jeunes femmes, je l'ai trouvé très condescendant, note-t-elle.Mais le bilan final, c'est quand même qu'il a fait beaucoup pour les femmes.» MARIE-CLAUDE LORTIE Lorsque Barack Obama a été finalement élu à l'investiture démocrate, en 2008, a pris fin du même coup la campagne de l'unique adversaire qui avait réussi à lui tenir tête jusqu'à la fin : Hillary Clinton.Jamais une femme ne s'était rendue aussi loi n da ns le processus électoral pour faire éclater l'ultime plafond de verre, celui de la présidence.Son échec fut douloureux pour tous ceux qui militent pour la percée des femmes en politique, qui croyaient qu'enfin elles seraient représentées au plus haut niveau de pouvoir américain.Dès lors, les regards se sont toutefois tournés vers le nouveau candidat, plus tard élu président, pour voir quel type de place il laisserait aux femmes dans son administration, quels dossiers chers aux électrices il serait prêt à défendre et quelles relations il aurait avec ces millions de démocrates, dont bien des femmes, qui avaient d'abord appuyé M me Clinton.Quatre ans plus tard, ce bilan est mitigé.« Personnellement, je pense que, du point de vue idéologique et législatif, Barack Obama est généralement du bon côté des dossiers liés aux femmes », dit la journaliste Rebecca Traister, auteure de Big Girls Don't Cry, qui porte sur le rôle des femmes durant la campagne de 2008.« Mais « La différence entre Obama-Biden et les républicains, c'est qu'ils comprennent vraiment les dossiers des femmes.» - Jessica Valenti «Ce point de vue est offensant, a alors déclaré Barack Obama.Un viol est un viol.Et l'idée d'analyser, de qualifier et de différencier le type de viol dont on parle n'a pas de sens aux yeux du peuple américain, et certainement pas à mes yeux.Ce que ces commentaires montrent bien, selon moi, c'est la raison pour laquelle un groupe de politiques, en majorité des hommes, ne devraient pas prendre des décisions de santé au nom des femmes.» Jessica Valenti rappelle aussi que dès son arrivée au pouvoir le président a aboli certaines mesures conservatrices républicaines, notamment celle qui empêchait le financement d'organismes de développement international qui offrent des services d'avortement ou de l'aide pour y avoir accès.Et c'est sans parler de la première loi signée par le président, la Lilly Ledbetter Fair Pay Act of 2009, destinée à faciliter les poursuites en matière d'équité salariale.Les femmes du président Stanley Ann Dunham Sa mère Le président a souvent présenté sa mère comme une « Blanche du Kansas », par opposition à son père, noir et natif du Kenya.Mais la réalité, comme on peut le lire dans l'excellente biographie signée par la journaliste Janny Scott, est que sa mère, Ann Dunham, n'avait rien d'une femme traditionnelle de l'Amérique profonde blanche de la fin des années 50.Séduite par un Africain alors que les mariages interraciaux étaient encore très rares aux ÉtatsUnis, mère de deux enfants issus de deux mariages interraciaux et deux fois divorcée, chercheuse en anthropologie ­ elle avait un doctorat ­ en Indonésie, elle a brisé les conventions toute sa vie et élevé ses enfants dans des cadres éclatés, envoya nt même son fils à Hawaii, loin d'elle, chez ses parents, pour parfaire son éducation.Elle est morte en 1995, à l'âge de 53 ans.Michelle (Robinson) Obama Son épouse Avocate de formation, Michelle Obama occupait l'un des postes de vice-président des hôpitaux de l' Université de Chicago quand elle a dû abandonner sa carrière pour suivre son mari vers la Maison-Blanche.Elle a obtenu un diplôme de premier cycle à Princeton puis a fait ses études de droit à Harvard.Régulièrement, les sondages indiquent qu'elle est plus populaire que son mari.Durant la campagne à l'investiture, en 2008, elle a vécu des moments d'impopularité ­ notamment lorsqu'elle a dit qu'elle était fière de son pays pour la première fois, ce que ses adversaires ont dénoncé comme des propos non patriotiques.Mais depuis, sa lune de miel avec le public n'a jamais vraiment cessé.Dans le livre The Obamas, la journaliste Jodi Kantor décrit toutefois les premières années de Michelle à la Maison-Blanche comme difficiles.On raconte qu'un jour, alors qu'elle visitait une école, une petite fille lui a dit qu'elle voulait devenir « première dame», elle aussi, quand elle serait grande.Ce à quoi Michelle Obama a répondu : « Ça ne paie pas beaucoup.» Ses grandes causes : l'alimentation saine et bio, l'appui aux familles des militaires.Elle est reconnue comme une icône de la mode, notamment par ses choix de designers américains, et se retrouve régulièrement dans les listes des femmes les mieux habillées ou.les plus influentes.Ses filles Malia et Sasha Obama Les deux filles du président ont aujourd'hui 14 et 11 ans et fréquentent toutes les deux une école très sélect de Washington, la Sidwell Friends School.Le président parle d'elles en public régulièrement, notamment de Malia, qui est devenue, selon la journaliste Jodi Kantor, auteure de The Obamas, un personnageclé de son discours politique, parce qu'elle est une sorte de symbole de la connaissance qu'a le président de la réalité des parents américains.Obama a notamment invoqué sa paternité, en décembre dernier, quand son administration a décidé, contrairement à la recommandation de la Food and Drugs Administration, de ne pas permettre en pharmacie la vente de pilules du lendemain aux jeunes adolescentes.« À titre de père de deux filles, je crois qu'il importe de nous assurer qu'on gère avec bon sens les règles concernant la vente libre de médicaments », avait-il alors déclaré.L'observation n'a cependant pas été parfaitement reçue de tous, certaines féministes estimant que le président faisait preuve d'un paternalisme exagéré.Sa grand-mère Madelyn Lee Payne Dunham Hillary Rodham Clinton Sa secrétaire d'État Femme de l'ancien président américain Bill Clinton, sénatrice, avocate, Hillary Clinton a été l'adversaire de Barack Obama à l'investiture présidentielle démocrate en 2008.Dès après son élection, Obama l'a nommée secrétaire d'État, lui donnant ainsi visibilité et marge de manoeuvre.Dans un article récent, le magazine français L'Express a noté que, depuis son arrivée à ce poste, elle a visité 100 pays et parcouru plus de 2 millions de kilomètres, façonnant en chemin une approche diplomatique plutôt efficace, dotée d'une certaine souplesse, en rupture avec la dureté des années Bush.Aujourd'hui, la grande question est de savoir si M me Clinton se lancera de nouveau dans la course à la MaisonBlanche en 2016.Originaire du Ka nsas, vice-présidente d'une banque, ayant travaillé à construire des avions durant la Seconde Guerre mondiale, la grand-mère de Barack Obama a joué un rôle crucial dans sa vie.C'est elle qui a pris la relève de son éducation quand la mère du jeune Barack, alors âgé de 10 ans, a jugé qu'il valait mieux qu'il quitte l'Indonésie pour retourner étudier aux États-Unis.Madelyn, que son petitfils appelait Toot, est morte deux jours avant son élection à la présidence.Elle n'a eu qu'un enfant, Stanley Ann, la mère du président.Obama a toujours dit qu'elle avait la tête dure et qu'il tenait cela d'elle.\f 8 ENJEUX LA PRESSE MONTRÉAL SAMEDI 3 NOVEMBRE 2012 llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll PRÉSIDENTIELLE 2012 Articles présidentiels Il y a ceux qui ne le quittent jamais et ceux dont il voudrait bien se passer.Il y a ceux qui témoignent d'une histoire plus grande que lui et d'autres qui tombent dans l'oubli quand la mode est passée.Barack Obama se raconte aussi en sept objets moins un, celui dont il dit ne plus avoir besoin.JUDITH LACHAPELLE ET ALEXANDRE SIROIS « C'est là que je me suis fait mes amis blancs les plus proches, sur un terrain où le fait d'être noir ne pouvait être un désavantage », a écrit Barack Obama au sujet du terrain de basket-ball.Terrain sur lequel il a sué et fait l'expérience de la vie dès sa jeunesse hawaiienne.Et terrain sur lequel son père l'a poussé.C'est lui qui, de passage à Hawaii une ultime fois pour voir son fils, a offert à Barack Obama un ballon de basket-ball.Le politicien démocrate n'a jamais cessé de pratiquer ce sport avec passion.À son arrivée à la MaisonBlanche, il a même joué à plusieurs reprises le rôle d'entraîneur de l'équipe de basket-ball de ses deux filles, pour qui la passion a été contagieuse.Ballon de basket-ball Buste de Martin Luther King Il a remplacé dans le bureau Ovale celui de Winston Churchill, qui avait été prêté par la Grande-Bretagne.L'oeuvre du sculpteur afro-américain Charles Alston, acquise par le musée national Smithsonian en 1974, a d'abord été exposée dans la bibliothèque de la Maison-Blanche sous Bill Clinton, en 2000.C'était la première fois qu'une représentation d'un AfroAméricain était exposée dans un espace public de la Maison-Blanche ! Le buste de MLK, défenseur des droits civiques des Noirs, côtoie actuellement le buste d'un autre personnage célèbre: le président abolitionniste Abraham Lincoln.Barack Obama en lit et en écrit beaucoup.À son entrée à la Maison-Blanche, le président a expressément demandé, pour ne pas perdre le contact avec ses citoyens, qu'on sélectionne quotidiennement pour lui 10 lettres parmi les quelques milliers qui lui sont expédiées.Il répond personnellement à plusieurs de ces missives.Les lettres signées par Barack Obama valent leur pesant d'or.Les médias américains ont rapporté que certains citoyens, qui avaient reçu une de ces lettres et tiraient le diable par la queue, ont su tirer profit de cette correspondance.Ils ont vendu les lettres au plus offrant.Lettres Plus de 2000 chansons sont stockées dans l'iPod du président.Des classiques, comme Stevie Wonder, Bob Dylan, Miles Davis, John Coltrane et les Rolling Stones, mais aussi des stars contemporaines, comme Nas et Lil Wayne.Ses filles, paraît-il, se chargent de rafraîchir ses oreilles avec des tubes à la mode.iPod Bien sûr, Barack Obama est un formidable orateur.Mais il ne prononce (presque) jamais un discours sans son télésouffleur.C'est même devenu un sujet de caricature pour les républicains, qui ont dépeint Obama comme une marionnette qui sait très bien réciter un texte qui défile sous ses yeux.L'objet est même devenu honni par certains politiciens républicains radicaux, qui n'osent plus l'utiliser de peur d'être associé à l'ennemi.Le recours au télésouffleur devrait être « interdit », a déclaré l'ancien sénateur Rick Santorum, « parce que tout ce qu'on fait, avec le télésouffleur, est de lire aux gens les mots de quelqu'un d'autre ».Indispensable, le télésouffleur ?Peutêtre que oui, après tout, ont blagué des démocrates pour expliquer la performance médiocre du président au premier débat : il n'avait pas de télésouffleur devant les yeux.Télésouffleur Cigarettes C'est l'objet qu'il n'a plus.Officiellement, du moins.L'an dernier, le médecin du président a solennellement confirmé que Barack Obama avait cessé de fumer.Le président avait promis quatre ans auparavant à sa femme Michelle de laisser tomber les blondes ­ les Marlboro étaient ses préférées.Écraser lui a demandé du temps et beaucoup de volonté.«En tant qu'ancien fumeur, je bataille sans cesse, avait-il dit en 2009.Ai-je fait des écarts parfois?Oui.Suis-je un fumeur au quotidien?Non.Je ne fume pas devant mes enfants, je ne fume pas devant ma famille.» Ç'aura été la première victoire de sa présidence en janvier 2009 : Barack Obama a gagné le droit de garder son téléphone intelligent BlackBerry.Lors de sa nomination, des inquiétudes sur la sécurité des échanges avec l'appareil avaient menacé de priver le président de son précieux outil de communication.Malgré les déboires du fabricant Research in Motion, il semble que le président et son entourage préfèrent toujours le BlackBerry à d'autres appareils, dont les fameux iPhone d'Apple.Selon les autorités, trois raisons expliquent que le président utilise toujours son BlackBerry : les communications sont sûres, l'équipe informatique sait comment réparer l'appareil, et RIM a consenti un avantageux forfait à long terme pour s'assurer la fidélité de son plus célèbre client.BlackBerry ­ Sources: AP, ABC, The Washington Post PHOTOMONTAGE LA PRESSE \f "]
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