La presse, 8 novembre 2012, Q. Portfolio
[" LA PRESSE MONTRÉAL JEUDI 8 NOVEMBRE 2012 llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 1 GÉNIE ET ÉTHIQUE UN SUJET CHAUD PAGE 2 MARCHÉ DU TRAVAIL DES DIPLÔMÉS RECHERCHÉS PAGE 6 PORTFOLIO INGÉNIEURS PLEIN EMPLOI STÉPHANE CHAMPAGNE COLL ABOR ATION SPÉCIALE POUR LA PROFESSION U n taux de chômage d'à peine 3 % pour l'ensemble de la profession .Une major ité d'ét udiants assurés d'un emploi avant même d'avoir obtenu leur diplôme.Des milliers de places de stage qui demeurent vacantes faute de candidats.Le secteur du génie québécois est en ébullition comme il ne l'a sans doute jamais été.Et rien ne laisse présager une accalmie à court terme.Bref, les perspectives d'avenir y sont excellentes.«La mauvaise nouvelle, c'est qu'il n'y a pas assez d'étudiants pour pourvoir les postes.Il y a pénurie de candidats dans tous les programmes.Les entreprises se font la lutte entre elles pour être capables d'attirer les meilleurs.Juste ici au Québec, des projets comme le CHUM, le pont Champlain et l'échangeur Turcot vont mobiliser le secteur du génie de la construction pour les 10 prochaines années», explique Pierre Rivet, directeur au Service de l'enseignement coopératif à l'École de technologie supérieure (ÉTS) de Montréal.Il cite également en exemple le cas du génie logiciel et des technologies de l'information, un domaine en pleine croissance, notamment grâce à l'internet, aux nombreuses plateformes de communication et à la production de jeux vidéo.L'an dernier, au Québec seulement, les 450 étudiants du secteur inscrits à l'ÉTS avaient le choix parmi 1600 stages.Et pour les 120 finissants, 600 postes étaient offerts.En génie électrique et en génie mécanique, le ratio stages/étudiants était de trois pour un.« Le génie a un très grand avenir devant lui, ne serait-ce que par les besoins du Québec et du Canada.Les volets transports et infrastructures vont continuer à croître.En aéronautique, Montréal est la troisième ville d'importance dans le monde, derrière Toulouse et Seattle.La demande y est très forte.C'est sans parler des besoins du secteur de la santé dans un contexte de société vieillissante.Mais il y aussi de l'avenir ailleurs, car l'expertise canadienne est reconnue partout dans le monde», explique Christophe Guy, directeur général de Polytechnique Montréal.Voir PLEIN EMPLOI en page 2 GRAPHISME DANIEL RIOPEL, LA PRESSE .UN RÉSEAU QUI ENRICHIT LA QUALITÉ DE VIE DES INGÉNIEURS Depuis 10 ans déjà, le Réseau des ingénieurs du Québec vous permet de bénéficier d'une vaste gamme de services et d'avantages bâtis sur mesure pour répondre à vos besoins : outils de gestion de carrière, programmes de formation, babillard d'emploi, privilèges et bien plus.\f 2 LA PRESSE MONTRÉAL JEUDI 8 NOVEMBRE 2012 llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll PORTFOLIO INGÉNIEURS Génie et éthique, un sujet chaud Les pressions auxquelles les ingénieurs sont soumis sont nombreuses.Mais comment savoir quand la frontière éthique est franchie ?Et surtout, comment réagir ?MARTIN BEAUSÉJOUR COLL ABOR ATION SPÉCIALE Perquisitions da ns des bureaux d'ingénieurs, allégations de conflits d'intérêts ou tentatives de corruption, manque d'équité, danger pour la santé et la sécurité des travailleurs ou du public : certains ingénieurs se retrouvent devant des situations où l'éthique entourant leur profession est mise en doute.Qua nd considère-t-on que la barrière est franchie ?Daniel Lebel, président de l'Ordre professionnel des ingénieurs du Québec, suggère de répondre à trois questions.Si ma décision est rendue publique, est-ce que je serais à l'aise?Mon choix, ou mon action, pourrait-il servir d'exemple pour l'ensemble de la profession?Si je subissais les conséquences de ma décision, est-ce que je serais heureux?« Généralement, si les trois réponses sont positives, c'est que l'ingénieur a pris une décision qui respecte le code de déontologie de la profession », souligne-t-il.Daniel Lebel est président de l'Ordre professionnel des ingénieurs du Québec.PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE Le guide de pratique professionnelle, que l'on peut trouver sur le site de l'Ordre, est aussi un outil auquel l'ingénieur peut se référer en tout temps.Ce code touche cinq domaines: le travail et l'ingénieur, le développement professionnel, les documents d'ingénierie, la loi et l'encadrement de la profession, ainsi que le professionnalisme, l'éthique et la déontologie.Les scandales qui ont éclaboussé la profession au cours des der n ières a n nées ont amené les différents intervenants à revoir les outils offerts aux ingénieurs.Sujet de l'heure C'est ici que le voyage commence En vous joignant à MDA, un leader dans la conception et la fabrication de systèmes satellitaires de renommée mondiale, vous entreprendrez un voyage vers la découverte.Nos efforts novateurs se traduisent par des applications que nous tenons pour acquises tous les jours : depuis les cellulaires et Internet jusqu'à la télédiffusion directe, par exemple.Poursuivez votre carrière avec l'équipe qui veille à ce que les Canadiens et le monde entier soient bien connectés.Depuis le printemps dernier, les membres doivent s u iv re u n nouve au c ou r s obligatoire sur le professionnalisme.« Cette formation i nterac tive est of fer te su r l'internet et elle se termine par un examen », précise Daniel Lebel.Rappelons que tous les ingénieurs doivent faire partie de l'Ordre professionnel pour pratiquer leur métier.C et te for m a t ion a p ou r objectif d'amener les membres de l'Ordre à amorcer une réflexion sur le professionna lisme.L'Ord re sou ha ite également donner des outils à ses membres a fin qu'ils saisissent mieux l'importance des aspects éthiques et déontologiques entourant leur rôle professionnel.R a p p elo n s q u 'e n 2 010 , l'Ord re et le bu reau du sy nd ic ont la ncé la l ig ne 1- 8 7 7- É T H IQU E pou r les membres et le public.Bien plus qu'une ligne « de dénonciation », ce service regroupe des enquêteu rs, des ingénieu rs, des avocats et des recherchistes, qui répondent aussi bien aux questions du public qu'à celles des membres qu i c roient avoi r été témoins d'une mauvaise pratique de la part d'un ingénieur.Selon le site de l'Ordre, ces mesures s'intègrent dans le Plan stratégique 2010-2015, qui vise à rétablir la confiance du public et à suivre l'évolution de la profession.Avec ses mesures, « c'est 1,3 million de plus que l'Ordre investit chaque année pour s'attaquer aux problèmes éthiques ».Selon Ber na rd L apier re, chargé de cours et coordonnateur de l'unité d'éthique à Polytechnique Montréal, le problème est plus profond.« C'est la performance à tout prix qui compte maintenant.C'est un mal de société qui ne touche pas seulement les ingénieurs », souligne-t-il.M.Lapierre donne aux étudiants de premier cycle un cours obligatoire sur l'éthique appliquée à l'ingénierie.La formation couvre plusieurs aspects, L'éthique à l'université Les scandales qui ont éclaboussé la profession au cours des dernières années ont amené les différents intervenants à revoir les outils offerts aux ingénieurs.comme le statut de l'ingénieur et les valeurs liées à la profession, les lois et les règlements entourant le métier d'ingénieur, ainsi que l'éthique et la déontologie.L'étudiant est aussi appelé à lire et à commenter plusieurs études de cas.L'École Polytechnique est un des seuls établissements au Canada à imposer un cours d'éthique à l'ensemble de ses étudiants.Comment savoir quand l'ingénieur franchit la frontière éthique ?« Quand il arrête de réfléchir », conclut Bernard Lapierre.www.mdacorporation.com Sainte-Anne-de-Bellevue, Montréal careersmtl@mdacorporation.com Plein emploi pour la profession suite de la page 1 PLEIN EMPLOI Le déplacement de la fabrication vers l'Asie ou d'autres régions de la pla nète touche-t-il certains secteurs du génie ?« Cela fait tout simplement en sorte que l'innovation est un incontournable au Québec.Si on veut faire la différence dans le marché, il faut une certaine avance technologique.C'est pourquoi même les plus petites entreprises embauchent des ingénieurs et se tournent vers l'innovation », dit-il.Ensemble, Polytechnique et l'ÉTS comptent près de 14 000 étudiants, du baccalauréat au doctorat.Leurs programmes de génie touchent les secteurs m i n ier, géologique, c iv i l , mécanique, aérospatial, biomédical, la production automatisée et d'autres opérations logistiques.Autrement dit, il y a du génie dans à peu près tous les secteurs d'activité.Et l'offre, rappelons-le, dépasse largement la demande.Malgré le contexte actuel de plein emploi et un avenir qui s'annonce prometteur, le génie Innovation québécois ne peut s'asseoir sur ses lauriers.À l'instar de notre population, les ingénieu rs vieillissent.« Près de 34 % de nos 62 000 membres ont plus de 50 ans.Et la moyenne d'âge dans la profession est de 42,6 ans.On peut donc considérer que dans 10 ans, il va y avoir un trou à combler.Il faut donc gérer la demande actuelle, mais en plus, on doit se préoccuper de la relève », indique Daniel Lebel, président de l'Ordre des ingénieurs du Québec.L'Ordre dit être « très actif » dans la promotion du génie.I l fait d'ailleurs f lèche de tout bois par l'entremise de partenariats dans les écoles secondaires et les cégeps.À la télévision, il est le principal commanditaire de l'émission scientifique Génial à TéléQuébec et diffuse depuis quelques années des publicités dans lesquelles on démystifie le métier d'ingénieur.Enfin, Daniel Lebel et son équipe travaillent à faciliter la vie des ingénieurs diplômés à l'étranger, mais aussi à mieux les préparer à la réalité québécoise.Ces derniers représentent actuellement 10 % des membres de l'Ordre.\f LA PRESSE MONTRÉAL JEUDI 8 NOVEMBRE 2012 llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 3 PORTFOLIO INGÉNIEURS Génie et entrepreneuriat font bon ménage STÉPHANE CHAMPAGNE COLL ABOR ATION SPÉCIALE Le Québec est un des endroits en Amérique du Nord où il se crée le moins d'entreprises.La bonne nouvelle, c'est que les choses seraient en train de changer grâce à différentes initiatives.Polytechnique Montréal et l'École de technologie supérieure (ETS), par exemple, ne ménagent aucun effort pour que les finissants en génie mettent sur pied de nouvelles entreprises.Une bonne idée peut-elle donner naissance à une entreprise ?Absolument.« L'entrepreneu riat, c 'est une priorité pour nous.On considère que les étudiants en génie constituent un bassin exceptionnel pour créer des entreprises », explique Gilles Savard, directeur de la recherche et de l'innovation à Polytechnique Montréal.L a Poly s 'i ntéresse à la création d'entreprises depuis plusieurs années.En fait foi une kyrielle de services et de programmes.L'école de génie offre des formations scolaires, nota m ment des séries de cours de 15 crédits sur le démarrage d'entreprises, la gestion de l'innovation, les façons de commercialiser une idée, etc.accueille les équipes R & D de certaines entreprises qui ont, en revanche, l'obligation de trava iller avec les chercheurs et les étudiants de l'École.D'un point de vue scolaire, l' E T S of f re des cou rs su r l'entrepreneuriat, tant au baccalauréat, à la maîtrise, qu'au doctorat.Aventure entrepreneuriale G eneviève Dutil et Alessandro Del Mistro sont la preuve que le gén ie et l'entrepreneuriat font très bon ménage.Tous deux ingénieurs m é c a n iq u e s d i plô m é s d e l'Université Laval, ils forment un couple dans la vie comme au travail et sont à la tête de L X Simulation.La spécialité de l'entreprise: prendre des objets en 3D et les soumettre aux nombreux phénomènes de la physique.Alessandro Del Mistro et Geneviève Dutil, de la PME LX Simulation, posent derrière un vélo sur lequel ils ont travaillé.PHOTO STÉPHANE CHAMPAGNE, COLLABORATION SPÉCIALE En utilisant des logiciels que la maj or ité des PM E n'aurait pas les moyens de s 'of f r i r, i ls te stent , ent re autres choses, la solidité ou l 'aér o dy n a m i s me de pr o duits qui n'existent que sur écran.Autrement dit, ceux q u i fo n t a p p e l a u x c i nq employés de L X Simulation n'ont plus besoin de créer un prototype pour ensuite le soumettre à une batterie de tests.Depuis sa création en 2009, la PME compte déjà une cinquantaine de clients, dont Louis Garneau, Argon 18, le Cirque du Soleil et Campagna Motors.« C'est l'avenir dans le développement de produits.Il n'y a aucune limite dans ce que l'on peut faire », explique Geneviève Dutil, 39 ans.Le couple d'entrepreneurs se voit comme des missionnaires.Chaque semaine, il va à la rencontre d'entrepreneurs qui, bien souvent, ignorent tout de la simulation.« Ils nous disent : on peut faire ça ?J'aurais dû faire votre connaissance il y a longtemps », lance à la blague Alessandro Del Mistro, 43 ans.L'aventure entrepreneuriale du couple a exigé quelques sacrifices.Malgré une brillante carrière d'ingénieurs dans les circuits de courses automobiles aux États-Unis, Geneviève Dutil et Alessandro Del Mistro ont dû vendre leur maison pour financer la création de LX Simulation.Mais ils sont à nouveau propriétaires et coulent des jours heureux à Bromont avec leurs deux jeunes enfants.De manière plus concrète, le Centre d'entrepreneurship HEC-Poly-UdeM accompagne les étudiants qui, sur une base volontaire (donc « non créditable »), désirent se lancer en affaires.Sensibilisation, mentorat, soutien, montage de plans d'affaires y sont entre autres offerts.Une quarantaine d'entreprises, en grande majorité de la Poly, en sont issues, dont Odotech, un fabricant de « nez électroniques » présent aux quatre coins du monde.Accompagnement et mentorat « Nous croyons qu'au Québec, il faut créer des entreprises technologiques si on veut créer de la richesse collective.C'est pour cela que l'entrepreneuriat, on y croit énormément.» - Robert Dumontet, directeur du CENTECH Univalor, une des quatre sociétés de valorisation des technologies universitaires au Québec, est également là pour guider les futurs entrepreneurs.On y retrouve surtout des étudiants des 2 e et 3e cycles dont les inventions offrent un potentiel de commercialisation.Finalement, l' Université de Montréal et Polytechnique Montréal se pa rtagent les locau x d'u n incubateur d'entreprises dans le pavillon J.-A.-Bombardier.Plusieurs dizaines d'essaimages (spin-off ) y ont pris naissance depuis 2004.À l' E T S , on s 'i ntéresse également à l'entrepreneuriat depuis plus de 15 ans.Créé en 2007, le Centre d'entrepreneurship technologique (CENTECH) a permis de lancer 102 entreprises, dont 60 sont encore en vie.Parmi celles-ci : CVT et sa transmission variable qui permet l'économie d'énergie dans les génératrices, de même que Kinova et ses bras articulés pour les personnes en perte d'autonomie.L'endroit compte actuellement 25 projets en incubation.L'argent étant le nerf de la guerre dans le démarrage de nouvel le s ent re pr i s e s , un fonds a été mis sur pied l'an dernier par l'ETS.Des bourses de 150 000 $ y sont a i nsi of fer tes , pri ncipa lement pour la construction de prototypes.«Nous croyons qu'au Québec, il faut créer des entreprises technologiques si on veut créer de la richesse collective.C'est pour cela que l'entrepreneuriat, on y croit énormément», explique Robert Dumontet, directeur du CENTECH.Depuis l'an dernier, l'ETS est l'hôte du Carrefour innova t io n I N G O .C e « lo f t » Nerf de la guerre \f 4 LA PRESSE MONTRÉAL JEUDI 8 NOVEMBRE 2012 llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll PORTFOLIO INGÉNIEURS INSCRIPTIONS UNIVERSITAIRES Le génie minier trouve le bon filon GUY PAQUIN COLL ABOR ATION SPÉCIALE Le nombre d'étudiants inscrits dans les programmes de génie minier au Québec s'accroît spectaculairement depuis les 10 dernières années.Il n'y a pas si longtemps, le génie minier était boudé par les aspirants ingénieurs.Et les départements de génie minier peinaient à recruter des professeurs.Aujourd'hui, on se bouscule pour entrer à la mine.« En 2002, le programme de premier cycle en génie des mines de Polytechnique comptait en tout et pour tout 10 étudiants, se souvient Louise Millette, directrice du département de génies civil, géologique et minier.Dix étudiants pour les quatre niveaux de premier cycle.Aujourd'hui, il y en a 98!» Même regain d'intérêt à la Faculté d'ingénierie de McGill.« Il y avait à peine 32 inscrits en génie des mines en 2002, constate Hani Mitri, professeur au département de génie minier.Nous en avons 140 cette année pour les 4 niveaux du premier cycle.» Selon Roussos Dimitrakopoulos, titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur la ressource minérale renouvelable à McGill, on compte 40 nouveaux inscrits cette année.« L e ryth me des cinq dernières années se maintient.Et ça vient de partout.Nous avons des étudiants américains qui obtiennent de solides diplômes pour une fraction du prix qu'il leur en coûterait aux ÉtatsUnis.Nous avons des jeunes gens du Pakistan, du Sri Lanka, d'Indonésie, etc.Ça n'atteint pas le niveau des inscrits en génie électrique et électronique [120 cette année] mais nous sommes en pleine croissance.» Et pourquoi diable cet engouement subit pour les profondeurs telluriques?Des ingénieurs miniers regardent un plan de travail lors d'une visite de la mine de Goldex à Val-d'Or.PHOTO OLIVIER PONTBRIAND, LA PRESSE Le rythme se maintient « La réponse est évidente, répond Louise Millette.La relance mondiale du secteur des métaux fait que des tas de mines anciennes redémarrent parce que le prix du minerai est à la hausse et que ça vaut à nouveau le coût d'extraire.Et, on le voit au Québec, les gisements déjà identifiés passent massivement à la phase exploitation.Il faut des ingénieurs.» Mais, selon M me Millette, il y a une autre raison qui mène les jeunes au génie minier ces dernières années.« Il y a cinq ou six ans, les compagnies minières et leurs associations professionnelles se plaignaient d'une pénurie de jeunes ingénieurs spécialisés.Elles se demandaient pourquoi les taux d'inscription stagnaient.Nous, les universitaires, leur avons fourni une réponse.» Cette réponse est que, pour les jeunes, les mines projetaient une image semblable à celle que l'on retrouve dans le roman Germinal, d'Émile Zola.« Des lieux sales et dangereux, du travail de bras, bref rien pour attirer nos jeunes matheux », explique-t-elle.L'industrie a donc mis des moyens en oeuvre (publicités, visites à l'université, salons des mines dans les grandes villes) pour faire connaître le secteur minier aux jeunes scientifiques.On voit aujourd'hui le résultat.Depuis quatre ans, l'Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue ( UQAT ) of f re la prem ière a n née de gén ie m i n ier.Ces cou rs sont donnés conjointement avec l' École Polytechnique de Montréal.« Nous attirons des jeunes de la région qui ont obtenu leur DEC en Première année à Rouyn technologie minière, explique Bruno Bussière, responsable du programme à l'UQAT.Ils ont un emploi, ils aiment le milieu et se disent qu'eux aussi peuvent devenir ingénieurs et se voir confier des mandats encore plus stimulants.Notre programme sert de passerelle entre leur DEC et leur seconde année de bac à Poly.» Cette année, deux personnes sont inscrites à cette première année de baccalauréat en génie minier.De plus, 15 étudiants sont actuellement en train de faire leur maîtrise en génie minéral ou leur doctorat en sciences environnementales à l'UQAT.Il s'agit, là encore, d'un programme conjoint avec Polytechnique Montréal.« Mais dans notre planification à moyen terme, nous prévoyons développer et offrir notre propre programme de deuxième cycle d'ici cinq ou sept ans », précise Bruno Bussière.GÉNIE APPLIQUÉ PARCE QUE LA PROFESSION ÉVOLUE L'ÉTS propose une structure souple convenant tant aux chercheurs qu'aux professionnels en exercice.Les crédits obtenus à l'issue d'un programme court peuvent être emboîtés dans un DESS, et les crédits de celui-ci peuvent à leur tour être inclus dans un programme de maîtrise.Doctorat : deux profils (90 crédits) Recherche appliquée Innovation industrielle Maîtrises avec mémoire (45 crédits) Un volet scolarité allégé Un volet recherche renforcé Maîtrises sans mémoire (45 crédits) Cours techniques et cours de gestion + un projet Diplômes d'études supérieures spécialisées (30 crédits) De 5 à 8 cours + un projet Programmes courts (15 crédits) 5 cours sur un thème donné Pour connaître nos programmes et leurs caractéristiques, visitez le www.etsmtl.ca/cyclessuperieurs Une nouvelle chaire de recherche pour Polytechnique MARTIN PRIMEAU COLL ABOR ATION SPÉCIALE L'École Polytechnique de Montréal greffe une nouvelle chaire de recherche à ses locaux.Reposant sur un budget de 5,35 millions sur cinq ans, elle devient la deuxième chaire en importance au pays.La Chaire industrielle multisectorielle en revêtements et en ingénierie des surfaces c'est son nom mettra au point des procédés et de nouveaux matériaux qui permettront d'améliorer les propriétés physiques de surface d'autres matériaux.Des exemples ?La couche antibuée ou anti-éraflure à la surface des verres de lunettes, le vitrage éco-énergétique des édifices, tout comme le revêtement glaciophobe sur les fils à haute tension ou les pales de moteurs d'avion sont au nombre des applications générées par des recherches dans ce secteur.« L es matér iau x sont sy nt hétisés atome pa r atome ou molécule pa r molécule pa r leur interaction avec une surface, explique Ludvik Martinu, professeur au département de génie physique de Polytechnique et titulaire de la chaire.On accumule ces atomes et ces molécules pour obtenir une microstructure faite sur mesure.» Ainsi, en ajoutant une mince couche à un matériau, on peut transformer ses propriétés optiques, électriques ou mécaniques, mais aussi augmenter sa stabilité par rapport à l'usure ou à la corrosion, précise-t-il.L'astuce existe depuis des dizaines d'années, mais Ludvik Martinu compte améliorer son utilisation en mettant au point des procédés et des matériaux moins nuisibles à l'environnement.« Depuis des a nnées, on utilise des techniques ou des matériaux qui sont nocifs ou polluants, dit-il.Par la technique sous vide que nous avons conçue, on peut traiter les surfaces à l'aide d'un plasma créé par une décharge électrique, un peu comme dans une ampoule [ N DL R : lampe plasma].» « La technique sous vide permet de remplacer les anciennes techniques polluantes, continue-t-il, et nous permet d'utiliser de nouveaux procédés et matériaux pour remplacer ceux qui étaient nocifs comme le chrome, le cadmium ou le mercure.» La chaire pilotée par l'ingénieur d'origine tchèque comptera sur une équipe d'une vingtaine d'étudiants de 2 e et de 3 e cycle à laquelle se grefferont des assistants de recherc he e t u ne p oig né e d 'é t u d i a n t s postdoctoraux.Il partagera une partie de la tâche avec la collaboratrice principale de la chaire, Jolanta Sapieha, professeure au département de génie physique de l'École Polytechnique.« La chaire est un pont qui aide le milieu industriel à lier la partie recherche avec la partie application, indique Ludvik Martinu.On forme des étudiants à faire de la recherche et du développement, mais on les forme aussi pour qu'ils puissent travailler dans l'industrie, dans le domaine des applications visées par les technologies des couches minces, le traitement de surface, etc.» La chaire sera d'ailleurs financée à la fois par le CRSNG, un organisme fédéral qui finance la recherche, et par sept entreprises ayant déjà collaboré avec l'équipe de Ludvik Martinu.Ces dernières concevront, en collaboration avec la chaire, des réponses aux problèmes qui se posent à elles.« Pendant longtemps, c'était surtout les chercheurs qui poussaient pour faire augmenter la visibilité de la nanoscience dans les technologies, explique Ludvik Ma rtinu.M a i ntena nt , avec nos l ien s avec l'industrie, on a créé un pôle d'attraction, un \"push-pull\" où l'industrie crée une demande qui fait accélérer le développement.» Au nombre de ces entreprises, on compte Essilor, Guardian Industries, Velan, JDS Uniphase, l'Agence spatiale canadienne, ainsi que Pratt & Whitney et Hydro-Québec.Ces dernières voient toutes deux, par cette association, une occasion d'augmenter la durée de vie de leurs équipements.« On a déjà travaillé individuellement avec plusieurs pa rtenaires industriels au cours des dernières décennies, indique Ludvik Martinu.Ce qu'on fait maintenant, c'est de jumeler tous les projets et partenaires individuels sous le même chapeau.Ça apporte une grande richesse et ça permet aussi aux partenaires industriels de se pa rler pour créer des synergies.» Un pont avec l'industrie Technique sous vide \f LA PRESSE MONTRÉAL JEUDI 8 NOVEMBRE 2012 llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 5 PORTFOLIO INGÉNIEURS LE GÉNIE AU FÉMININ Lentement, mais sûrement NATHALIE CÔTÉ COLL ABOR ATION SPÉCIALE T raditionnellement masculine, la profession d'ingénieur accueille de plus en plus de femmes.En 2002, elles représentaient à peine 10 % des effectifs, selon l'Ordre des ingénieurs du Québec.Aujourd'hui, ce taux est grimpé à 13%.La progression devrait se poursuivre puisque 16 % des étudiants au baccalauréat en génie en 2012 étaient des femmes, selon Ingénieurs Canada.« L'Ordre s'associe à plusieurs organisations et événements qui font la promotion des sciences appliquées auprès des jeu nes filles, i nd ique Aline Vandermeer, conseillère en communications à l'Ordre des ingénieurs du Québec.Cette a nnée, nous avons aussi organisé un événement pour présenter des parcours de femmes qui se démarquent da n s le monde du gén ie .L'objectif était de valoriser l'apport des femmes à la profession et de proposer des modèles inspirants à la relève.» Cela dit, certaines disciplines sont plus populaires que d'autres auprès de la gent féminine.Ainsi, le quart des ingénieurs biomédicaux est constitué de femmes et il y en a presque autant en génie chimique.D 'a i l le u r s , à l ' É c ole Polytechnique, les hommes sont aujourd'hui minoritaires dans le programme de génie biomédical, soit 56 sur 129 étudiants.En génie chimique, il y a presque parité.Caroline Boudoux, ingénieure junior.Elle n'a pas encore passé l'examen de l'Ordre.Elle est aussi professeure en génie biomédical à l'École Polytechnique.PHOTO FOURNIE PAR L'ÉCOLE POLYTECHNIQUE Des disciplines populaires « Il y a un élément circonstanciel en génie biomédical, remarque Caroline Boudoux, chercheuse et professeure en génie biomédical à l' École P oly tec h n ique.C 'est l'u n de s deu x s eu l s prog r a m mes contingentés à l' École Polytechnique.Comme les filles ont tendance à avoir de meilleures notes, elles sont plus nombreuses.Mais c'est aussi une question d'intérêt.On ne constate pas ce phénomène dans l'aérospatial, l'autre programme contingenté.» Les disciplines dans lesquelles on retrouve le moins de femmes sont le génie mécanique (8%) et le génie électrique (9%).D 'a i l le u r s , bie n d e s employeurs ont été surpris de découvrir qu'une femme PROPORTION DE FEMMES SELON LA DISCIPLINE Génie biomédical : 25 % Génie chimique : 24 % Génie géologique : 17 % Génie civil : 16 % Génie industriel : 16 % se cachait derrière le nom de l'ingénieure électricienne Dominique Jobin.« Même à mes remises de diplômes, on m'a toujours appelée M.Jobin», raconte-t-elle en riant.C'est à l'école secondaire (pour filles !) que M me Jobin s'est découvert une passion pour Génie informatique : 13 % Génie électrique : 9 % Génie mécanique : 8 % (Source : Ordre des ingénieurs du Québec) les sciences.Après une technique en génie électrique où elle était la seule femme parmi 120 étudiants, elle a poursuivi ses études à l'École de technologie supérieure (ETS).Actuellement employée c hez Vidéot ron , elle compte 83 collègues, tous masculins.Elle assure n'avoir pas réellement souffert de la situation.Un milieu de gars « J'ai eu un prof misogyne, mais j'ai obtenu une révision de notes.Quant aux étudiants, ils se conduisaient avec moi com me des gra nds f rères, assure-t-elle.En fait, il y avait même un préjugé positif à mon égard, car les filles ont la réputation d'être plus travaillantes.» N'empêche qu'on lui a déjà refusé un stage sur un plateau de forage sous prétexte qu'il n'y avait pas de toilettes pour femmes.Mais elle dit n'avoir jamais senti de discrimination de la part des employeurs.Caroline Boudoux, elle, a hésité entre la médecine et l'ingénierie.Elle a finalement étudié en génie physique avant de faire un doctorat combinant médecine et génie nucléaire dans un programme spécial du Massachusetts Institute of Technology et de l'Université Harvard.Or, la physique attire une c l ie ntèle m aj or it a i re me nt masculine.« Je n'ai jamais vraiment réalisé que j'étais une femme dans un milieu d'hommes jusqu'à ce que je devienne professeure et qu'on me p o s e c on s t a m me nt la question, assure-t-elle.Nous étions tellement stressés par nos études qui étaient très compliquées que nous nous entraidions sans égard pour les différences.» Dès la fin de sa formation, elle a été embauchée comme professeure.Toutes les deux adorent la profession et n'hésitent pas à en faire la promotion auprès de la relève.« Il faut continuer à intéresser les jeunes au génie, note M me Boudoux.I ls doivent réaliser, peu importe leur sexe, leur culture ou leur milieu économique, à quel point la formation d'ingénieur est importante pour l'avenir du Québec.Il faut attirer les meilleurs talents.Le génie, c'est le futur.» DÉCOUVREZ LA DIFFÉRENCE FÉRIQUE POUR MIEUX GÉRER ET PRENDRE EN MAIN VOS PLACEMENTS FINANCIERS.www.ferique.com/video.Offerts aux ingénieurs et diplômés en génie, à leurs familles et à leurs entreprises.Les Fonds FÉRIQUE : il y a un peu de génie là-dedans.1-800-291-0337 Note : un placement dans un organisme de placement collectif peut donner lieu à des courtages, des commissions de suivi, des frais de gestion et d'autres frais.Les ratios de frais de gestion varient d'une année à l'autre.Veuillez lire le prospectus avant d'effectuer un placement.Les organismes de placement collectif ne sont pas garantis, leur valeur fluctue souvent et leur rendement passé n'est pas indicatif de leur rendement futur.Les Fonds FÉRIQUE sont distribués par Placements Banque Nationale inc, à titre de Placeur principal, et par Services d'investissement FÉRIQUE.\f 6 LA PRESSE MONTRÉAL JEUDI 8 NOVEMBRE 2012 llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll PORTFOLIO INGÉNIEURS Des diplômés recherchés NATHALIE CÔTÉ COLL ABOR ATION SPÉCIALE LES BACCALAURÉATS EN GÉNIEAU QUÉBEC École Polytechnique de Montréal > Génie aérospatial > Génie biomédical > Génie chimique > Génie civil > Génie électrique > Génie géologique > Génie industriel > Génie informatique > Génie logiciel > Génie des matériaux > Génie mécanique > Génie des mines > Génie physique Après une diminution du nombre d'étudiants entre 2007 et 2010, les différents programmes d'ingénierie ont vu les inscriptions remonter de 7 % en 2011 puis de 5 % en 2012, selon le Réseau des ingénieurs du Québec.«Il y a des pénuries dans toutes les disciplines, lance d'emblée Éric Germain, responsable du bureau de la promotion des programmes académiques à l'École de technologie supérieure (ETS).En moyenne, chaque finissant reçoit cinq offres d'emploi.Dans certains domaines, les besoins sont toutefois plus criants.En génie logiciel, par exemple, c'est 20 offres d'emploi par étudiant.» Or, le nombre de finissants québécois dans ce domaine a chuté de 7% cette année.Du côté de l' École Polytechnique, on constate que les finissants en génie minier sont recherchés.« La dema nde a beaucoup augmenté ces dernières années.C 'est u ne conséquence du Plan Nord, mais le mouvement s'était amorcé avant », souligne Pierre Lafleur, directeur des affaires académiques et internationales.Les appels pour recruter davantage en génie civil et en génie de la construction ont été entendus.On a noté une augmentation de 21 % du nombre de diplômés dans ces disciplines au Québec.« Nous sommes proches de l'équilibre entre l'offre et la demande actuellement.Mais des besoins s'en viennent.Il suffit de penser aux différents chantiers qui vont démarrer à Montréal au cours des prochaines années », fait valoir M.Germain.École de technologie supérieure > Génie de la construction > Génie électrique > Génie logiciel > Génie mécanique > Génie de la production automatisée > Génie des opérations et de la logistique > Génie des technologies de l'information PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE Éric Germain est responsable du Centre Institutionnel de transfert des études à l'École de technologie supérieure.en génie, selon le Réseau des ingénieurs du Québec.Les disciplines les plus populaires sont le génie mécanique (854), le génie civil et de la construction (746), le génie électrique (466) et le génie informatique et logiciel (348).Enfin, 732 diplômés sont dispersés infrastructures urbaines.Nous aurons donc une nouvelle maîtrise à ce sujet dès le mois de janvier», illustre M.Germain.Certaines spécialités ne sont toutefois pas offertes ici.L'École Polytechnique envoie notam- À l'étranger « Il y a des pénuries dans toutes les disciplines.En moyenne, chaque finissant reçoit cinq offres d'emploi.Dans certains domaines, les besoins sont toutefois plus criants.» - Éric Germain, de l'École de technologie supérieure dans des formations très variées allant de la chimie à l'aérospatial en passant par les mines.De plus, les u n iversités demeurent à l'affût des besoins dans les différentes industries.« Nous faisons une veille des problématiques mal couvertes.Par exemple, les municipalités ont exprimé des besoins en personnel formé en gestion des ment certains étudiants en France pour achever leur baccalauréat.«Ils peuvent s'y rendre durant leur dernière année de formation.Il y a trois spécialisations, soit en génie automobile, ferroviaire et agroalimentaire.Comme le nombre d'étudiants est peu élevé, ce serait trop lourd de gérer ces programmes ici», explique M.Lafleur.Des formations variées Au cou rs de la dernière a n née, 314 6 étudia nts ont décroché leur baccalauréat Les programmes offerts au Québec sont généralement conçus pour les ingénieurs qui veulent exercer au Canada.Il y a néanmoins des possibilités de travailler à l'étranger.« Nous offrons notamment depuis deux ans une maîtrise en projets internationaux et ingénierie globale.Elle prépare les étudiants à tout ce qui concerne la gestion de projets et le développement dans un contexte transnational.Cela touche le travail à l'étranger, mais aussi les projets au Québec qui ont une portée i nter nationa le », ex pl ique M.Germain.M.Lafleur souligne pour sa part que certains de ses étudiants, particulièrement en génie logiciel, sont courtisés par de grandes entreprises comme Apple ou Microsoft pour travailler aux États-Unis.«Il y a une pénurie de main-d'oeuvre spécialisée là-bas et les grandes firmes informatiques sont à la recherche d'ingénieurs.» > Génie de la construction > Génie civil > Génie informatique > Génie électrique > Génie industriel > Génie mécanique > Génie logiciel > Génie chimique > Génie civil > Génie informatique > Génie électrique > Génie mécanique > Génie minier > Génie des matériaux Université Concordia Université McGill > Génie microélectronique > Génie logiciel Université du Québec à Montréal Université du Québec à Trois-Rivières > Génie chimique > Génie électrique > Génie industriel > Génie mécanique Université du Québec à Rimouski > Génie des systèmes électromécaniques > Génie électrique > Génie mécanique Les études supérieures avant le marché du travail MARTIN PRIMEAU COLL ABOR ATION SPÉCIALE Les étudiants en génie ont quatre années d'étude, parfois cinq, avant de pouvoir parer leur auriculaire de l'anneau de fer martelé qui symbolise leu r engagement envers la profession d'ingénieur.Mais pour une partie d'entre eux, le marché du travail attendra : ce sont vers les études supérieures qu'ils se tourneront.À l' École Polytech nique de Montréal, ils sont de 20 à 25 % à poursuivre leurs études après le baccalauréat, dans la majorité des cas en se dirigeant vers un programme de maîtrise.Bon an mal an, on retrouve ainsi dans l'institution montréalaise près de 1200 étudiants inscrits à la maîtrise et plus de 700 au doctorat.« Contrairement au baccalauréat qui permet d'obtenir un titre, les études supérieures permettent de se spécialiser, explique Guylaine Dubreuil, c on s ei l lè re pr i nc ipa le e n gestion de carrière à l'École Polytechnique.C'est là qu'est la grande nuance.» Ainsi, au sortir de leur formation, les maîtres et docteurs en ingénierie deviennent des spécialistes de leur domaine.Un atout qu i leu r per met de décrocher la plupart du temps un emploi central dans la grande entreprise, selon Guylaine Dubreuil.« Ils vont souvent avoir le titre d'expert ou de gestionnaire de projets, explique-telle.Ils joueront un rôle-clé dans une équipe ou une organisation, ce qui fait souvent en sorte qu'ils occupent un poste unique.» Cette description est vraie pour les titulaires d'un doctorat, mais aussi pour ceux qui ont décroché une maîtrise.parapublic ou deviennent tout simplement des consultants.» Attirer les étudiants aux cycles supérieurs représente un défi pour les institutions d 'en seig nement en gén ie, selon G eorges AbdulNou r, directeu r de l' École d'i ngén ierie et professeu r au dé pa r te me nt de gén ie i ndu st r iel de l' Un iver sité Un intérêt variable pour les études supérieures « Lorsque les étudiants qui terminent leur baccalauréat ont un emploi à 50 000 ou 55 000 $ qui les attend, c'est difficile de les retenir à la maîtrise en les payant 7000 ou 8000 $ : ils savent calculer.» - Georges AbdulNour, directeur de l'École d'ingénierie à l'UQTR Environ 70 % de ces derniers se retourneront ensuite vers l'industrie, selon Jean Dansereau, directeur adjoint des affaires académiques et internationales et directeur de s ét ude s s u pér ieu re s à Polytechnique Montréal.Avec un doctorat en poche, la proportion diffère toutefois.« La moitié de nos diplômés au doctorat va se retrouver dans le milieu universitaire, explique Jean Dansereau.Environ 20 % se tournent vers l'industrie, et les autres se dirigent entre autres vers le secteur du Québec à Trois-Rivières (UQT R).« Lorsque les étudiants qui terminent leur baccalauréat ont un emploi à 50 000 ou 55 000 $ qui les attend, c'est difficile de les retenir à la maîtrise en les payant 7000 ou 8000 $ : ils savent calculer », raconte-t-il à la blague.Mais lorsque les temps sont incertains, le resserrement de l'emploi da ns cer ta i ns secteurs du génie amène son lot d'étudiants soudainement i ntére s s é s pa r le s ét ude s supérieures, particulièrement de 2 e cycle.« On remarque souvent que lorsqu'il y a une récession économique, on va avoir une augmentation du nombre d'étudiants aux cycles supérieurs, et l'inverse est vrai aussi », décrit Jean Dansereau.Pour d'autres étudiants, ce sera là l'occasion de suivre une formation complémentaire.« Certains vont terminer leur génie puis faire un MBA, observe Georges Abdul-Nour.Ce qu'on leur met dans la tête, c'est qu'ils vont travailler 5 ou 10 a ns com me ingénieur, puis qu'ils deviendront administrateurs.» Sans égard pour la situation économique, un constat demeu re toutefois.Que ce soit à T rois-R ivières ou à Montréal, les études supérieures attirent d'abord les étudiants étrangers.Qu'ils soient seulement de passage au pays, aient leur statut de résident permanent ou soient de nouveaux résidents canadiens, les étudiants étrangers sont majoritaires dans bien des écoles de génie, indique Georges Abdul-Nour.Pour l'École Polytechnique, Jea n Da nsereau ose même avancer un chiffre.« Si on regarde tous les étudiants qui ne sont pas d'origine canadienne, ça peut atteindre 50 % dans certains cas.» Selon Guylaine Dubreuil, les étudiants étrangers voient dans les études supérieures un moyen de se distinguer par rapport aux autres diplômés.« C'est une façon pour eux d'intégrer le marché du travail plus facilement, ex pliquet-elle.Ce n'est pas la seule ra ison , ma is c 'en est u ne importante.» > Génie civil > Génie électrique > Génie géologique > Génie informatique > Génie mécanique Université du Québec à Chicoutimi > Génie électromécanique > Génie minier* > Génie géologique* > Génie mécanique Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue *Première année seulement.La formation doit être poursuivie à l'Université du Québec à Chicoutimi > Génie agroenvironnemental > Génie alimentaire > Génie chimique > Génie civil > Génie des eaux > Génie des matériaux et de la métallurgie > Génie des mines et de la minéralurgie > Génie du bois > Génie électrique > Génie géologique > Génie géomatique > Génie industriel > Génie informatique > Génie logiciel > Génie mécanique > Génie physique > Génie biotechnologique > Génie chimique > Génie civil > Génie électrique > Génie informatique > Génie mécanique Université Laval Université de Sherbrooke Université du Québec en Outaouais > Génie informatique Sources : sites internet des universités \f LA PRESSE MONTRÉAL JEUDI 8 NOVEMBRE 2012 llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 7 PORTFOLIO INGÉNIEURS Georges Abdul-Nour, professeur au département de génie industriel de l'UQTR, propose de transformer Gentilly-2 en un centre d'expertise en fiabilité, essais et maintenance.PHOTO ARCHIVES LA PRESSE GENTILLY-2 La fermeture aura un impact sur certains programmes de génie MARTIN PRIMEAU COLL ABOR ATION SPÉCIALE La fermeture prochaine de la centrale nucléaire Gentilly-2 forcera non seulement une poignée d'ingénieurs à réorienter leur carrière, mais annonce aussi une réorganisation des programmes d'enseignement de génie dans les universités québécoises.Le premier touché pourrait bien être le programme de génie nucléaire de l'École Polytechnique.S'adressant à des étudiants de 2e et de 3e cycle, son existence est étroitement liée à la présence d'une centrale nucléaire sur le sol québécois.«Il va certainement y avoir un impact sur notre programme de formation, confirme Guy Marleau, professeur de physique nucléaire et directeur de l'Institut de génie nucléaire à l'École Polytechnique.Ça va être plus difficile de recruter de nouveaux professeurs, et de convaincre l'École de l'importance du programme si on ne les remplace pas.» Son diagnostic est sombre : « Le programme pourrait donc mourir à plus ou moins long terme », ajoute-t-il.Avec les a nnées, l'institution a acqu is t rois ex per tises en gén ie nucléa i re.Une prem ière da ns la conception de logiciels qui permettent de simuler et d'analyser les réacteurs nucléaires, une deuxième en composantes thermohydroliques des réacteurs nucléaires, et finalement, une expertise rattachée à un réacteur nucléaire, le Slowpoke, qui loge au sein même de l'École.Ces expertises attirent bon nombre d'étudiants étrangers.Environ 70 % de tous les étudiants de 2e et de 3e cycles du progra m me viend raient même de l'extérieur du Québec, selon Guy Marleau.« On attire des étudiants qui veulent travailler avec des gens bien reconnus à l'international », explique-t-il.Pour les étudiants qui voudront faire carrière au Québec, les possibilités d'emploi risquent de s'amenuiser, prévoit le professeur affilié à l'École Polytechnique.Il parle même au passé des entreprises comme SNC-Lavalin, Génivar et Dessau, qui comportent toutes une division en génie nucléaire au Québec.« Pour cinq ou six des étudiants au doctorat qui sont Québécois, disons que ça leur fait mal, indique Guy Marleau.Ils pensaient avoir l'occasion de travailler au Québec, soit comme professeur dans une université, soit comme chercheur chez Hydro-Québec ou à Énergie atomique du Canada.Ils avaient la vision qu'un jour, ils pourraient revenir au Québec après avoir fait des études doctorales.Maintenant, ils sont beaucoup moins rassurés à ce propos.» Présage peut-être de ce qui allait être annoncé à l'automne, le département avait perdu en juin dernier une chaire d'Hydro-Québec en génie nucléaire.Avec elle disparaissaient 150 000 $.« Cet argent servait d'aide financière aux étudiants à la maîtrise et au doctorat », explique Guy Marleau.Selon lui, ce sont maintenant sept étudiants du programme en génie nucléaire qui ne reçoivent plus d'appui financier pour cette raison.l'Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) va également ressentir la fermeture annoncée de Gentilly-2.« Je ne pense pas que ça va mener à la fermeture de programmes, mais ça va avoir un impact », assure Georges Abdul-Nour, professeur au département de génie industriel de l'UQTR.Selon lui, plusieurs programmes profitaient de la présence de Gentilly non loin de l'institution universitaire, notamment ceux de génie électrique et de génie mécanique.Aucun n'en profitait toutefois autant que celui de génie industriel.« On avait un projet de coopération avec le département de fiabilité de Gentilly depuis 1992 ou 93, expliquet-il.On a formé plusieurs étudiants en fiabilité là-bas.Plusieurs sont restés à la centrale et d'autres ont été transférés à Montréal chez Hydro-Québec.» « Pour nous, Gentilly était vraiment une pépinière pour former de bons étudiants », ajoute-t-il.Question d'éviter la perte de cette expertise mise en place à Gentilly-2, le professeu r de l' UQ T R suggère d'ailleurs de maintenir une partie de l'équipe actuelle en place.Elle pourra former un centre de consultation et de soutien pour la division Hydro-Québec production et transport.« Hydro-Québec pourrait transformer la centrale en un centre d'expertise en fiabilité, essais et maintenance, décrit-il.Ça deviendrait un gros plus pour Hydro-Québec et pour la région.L'équipe est déjà là, et il ne faudrait pas perdre cette expertise.» Centre de consultation D'autres programmes aussi Même si elle n'offre pas de programme spécialisé en génie nucléaire, CHANGEMENTS CLIMATIQUES Évaluer la vulnérabilité de nos infrastructures JEAN-LUC LORRY COLL ABOR ATION SPÉCIALE L'ouragan Sandy, qui a frappé récemment la côte est américaine, a démontré la vulnérabilité des infrastructures devant l'intensité croissante des phénomènes climatiques.Cette tempête dévastatrice a laissé sur son passage des dégâts matériels considérables qui pourraient atteindre 50 milliards de dollars et un bilan humain frôlant les 100 morts.Au mois de mai dernier, une tempête avait grandement endommagé le système de drainage de Montréal, provoquant des refoulements d'eaux sanitaires et des inondations dans l'ensemble de l'île.Une autre colère du ciel qui avait touché autoroutes, rues et stations de métro.Le niveau maximal de résistance d'une infrastructure, pourtant prévu pour résister aux situations climatiques inhabituelles, est de plus en plus souvent dépassé, observe Chee F.Chan, analyste au département des études économiques et sociales chez AECOM Consultants à Montréal, firme internationale de génie conseil.« L'intensité de certains phénomènes climatiques excède souvent la marge de sécurité calculée initialement par l'ingénierie», dit-il.Ainsi, lors de la crise du verglas en 1998, près de 1000 pylônes d'acier n'avaient pas résisté au poids de la glace et s'étaient effondrés, privant ainsi d'électricité jusqu'à 1,4 million de Québécois.En 2005, Ingénieurs Canada, organisme national chargé de réglementer l'exercice du génie au pays, s'est penché sur l'impact des changements climatiques sur les infrastructures publiques et a créé avec d'autres partenaires le Comité sur la vulnérabilité de l'ingénierie des infrastructures publiques.Cette initiative avait permis d'élaborer un protocole d'ingénierie, une procédure servant à évaluer la vulnérabilité de quatre catégories d'infrastructures : bâtiments, routes et structures connexes, réseaux d'eaux pluviales et d'eaux usées ainsi que les ressources en eau.« Cet outil est également destiné à aider les propriétaires d'infrastructures à élaborer des solutions en fonction de critères socio-économiques et environnementaux», indique Chee F.Chan.Spécialisé dans les domaines de l'aménagement du territoire, des transports et des infrastructures, M.Chan a participé activement à la réalisation de ce protocole.E n plus des propriéta i res Un protocole préventif d'infrastructures que sont les trois ordres de gouvernement, le protocole prévoit la participation des ingénieurs et des experts en climat en vue d'aboutir à une réflexion sur la vulnérabilité des infrastructures publiques.« Au Canada, l'effet graduel du gel suivi d'une période de dégel a un impact sur le béton et fragilise nos infrastructures, précise M .Cha n.Notre objectif est d'inciter les autorités publiques à réagir devant des changements climatiques plus fréquents et parfois plus intenses en privilégiant la prévention, comme l'entretien et les mesures d'inspection.» Il a présenté les grandes lignes du protocole lors du Congrès mondial de la Fédération internationale des ingénieurs-conseils (FIDIC), qui s'est tenu en septembre à Séoul, en Corée du Sud.« L'utilisation du protocole est actuellement optionnelle au Canada.Par contre, certains pays d'Amérique latine commencent à l'utiliser pour évaluer leurs infrastructures », souligne avec optimisme Chee F.Chan.À titre comparatif, les autorités gouvernementales du Royaume-Uni exigent que certains ministères évaluent les impacts climatiques sur les structures publiques.Même si chaque infrastructure a ses propres faiblesses, certaines doivent être prioritairement étudiées et adaptées aux changements climatiques.« Selon moi, il faut concentrer les efforts sur la sécurité et la santé publique, croit Chee F.Chan.Sur le plan des infrastructures, cela relève de l'eau potable, de l'électricité et des eaux usées.Il faut protéger les endroits côtiers ou ceux situés à proximité de cours d'eau.» Les gaz à effet de serre (GES) sont en partie responsables de l'évolution du climat et accélèrent la fréquence des phénomènes météorologiques tout en intensifiant leurs impacts.« Plus les phénomènes climatiques s'intensifieront, plus nous devrons nous adapter, poursuit-il.Nous l'avons vu récemment lors de l'évacuation de la ville de New York avant le passage de l'ouragan Sandy.Nous devons considérer les changements météorologiques et ne pas garder la tête dans le sable.» Chee F.Chan voit un avenir prometteur pour le protocole d'ingénierie.Jusqu'à maintenant, plusieurs infrastructures au Canada ont été évaluées, dont récemment l'aéroport international Lester-B.-Pearson de Toronto et le système de distribution d'électricité torontois.rd Partagez votre talent avec nous! L'ingénierie chez Roche est au coeur d'une entreprise riche en opportunités! 1er Prix Grande Entreprise Bâtiment Construction Conception lumière Énergie Environnement Évaluation foncière et immobilière Foresterie Immobilier Industriel Infrastructures urbaines International Mines et traitement du minerai Transport Urbanisme, architecture de paysage et économie on gère de près roche.ca/carrieres 1 800 463-2839 \f 8 LA PRESSE MONTRÉAL JEUDI 8 NOVEMBRE 2012 llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll PORTFOLIO INGÉNIEURS TRANSPORTS Les ingénieurs se penchent sur la mobilité durable ANNE GAIGNAIRE « Nous som mes i nter pelés pa r l'enjeu que représente le pétrole, dont on dit qu'il pourrait manquer dès 2020 ou 2030 », affirme Étienne Couture, président du Réseau des ingénieurs du Québec.fonctionnant à l'électricité, le recours aux biocarburants, etc.Autant de pistes sur lesquelles la recherche et les ingénieurs se penchent déjà.Mais « le virage doit s'accentuer », estime Étienne Couture, qui appelle le gouvernement provincial à mettre en place un « Tant qu'elles seront en terrain incertain, les entreprises n'investiront pas dans la recherche et la mise au point de nouveaux moyens » - Étienne Couture Et pour cause : les ingénieurs seraient les premiers auxquels on demanderait de mettre au point des solutions de rechange au pétrole afin de promouvoir la « mobilité durable ».Ce concept recouvre divers moyens comme les transports en commun et les automobiles plan avec des objectifs concrets et précis (par exemple, atteindre 50 % de transport collectif électrique à une certaine date).C'est le seul moyen, selon lui, d'inciter les entreprises à s'engager dans la mobilité durable.«Tant qu'elles seront en terrain incertain, les entreprises n 'i nvesti ront pa s da n s la recherche et la mise au point de nouveaux moyens », croit le président du Réseau des ingénieurs.Cette voie permettrait au Québec, déjà leader dans la production d'énergie propre et renouvelable, de devenir un pôle dans la conception et la fabrication de moyens et d'outils au service de la mobilité durable.« Aujourd'hui, les dépenses en achat de voitures importées et de pétrole représentent 20 milliards par an au Québec et déséquilibrent notre balance commerciale», constate Étienne Couture.Pourquoi ne pas inverser la tendance et exporter les inventions de nos ingénieurs?Ce serait également u ne façon de trouver des débouchés pour les futurs ingén ieu rs da ns des c réneau x d'avenir et respectés.Le président du Réseau des ingénieurs du Québec, Étienne Couture, souligne l'importante contribution que les ingénieurs peuvent apporter à la société, notamment sur le plan du développement durable.PHOTO FOURNIE PAR LE RÉSEAU DES INGÉNIEURS DU QUÉBEC Le génie civil, une discipline en pleine croissance Malgré les nombreux scandales et l'arrivée de nouvelles disciplines, le génie civil est toujours aussi populaire auprès des jeunes.MARTIN BEAUSÉJOUR COLL ABOR ATION SPÉCIALE Le génie civil, l'une des plus a n c ie n n e s s p é c i a l it é s d u domaine, a toujours la cote auprès des jeunes, malgré la création, au cours des dernières années, de nouvelles spécialités plus technologiques comme le génie biomédical ou aérospatial.« Au cours des deux dernières années, on note une aug mentation de 3 0 % du nombre de diplômés en génie civil.La moyenne se situe autour de 12 % pour les autres disciplines », affirme Étienne Couture, président du Réseau des ingénieurs du Québec.Même son de cloche du côté des universités.« Nous avons atteint un sommet historique cette année, avec quatre étudiants de plus que l'an passé.Les chiffres officiels de l'automne dernier font état de 999 étudiants inscrits au baccalauréat en génie civil », souligne Louise Millette, directrice du département des génies civil, géologique et des mines de Polytechnique Montréal.Selon M me Millette, le véritable creux dans la profession s'est plutôt fait sentir au tournant des années 2000.« À mon arrivée, en 2002, il n'y avait que 144 étudiants inscrits en génie civil », précise-t-elle.« À cette époque, les étudiants privilégiaient effectivement les nouvelles disciplines plus technologiques, ajoutet-elle.Mais comme il n'y a jamais qu'une seule cause à un problème, je crois aussi qu'on avait un peu oublié de faire la promotion du génie civil et d'informer les jeunes sur l'importance de la profession.» Jean Proulx, directeur du département de génie civil et professeur titulaire à l'Université de Sherbrooke, souligne que la discipline a aussi changé.«Le génie civil a beau être une, sinon la plus vieille discipline de la profession, elle s'est quand même modernisée avec le temps.Le génie civil, c'est bien plus que l'asphalte et les trottoirs, même si on n'entend parler que de ça en ce moment.Plusieurs aspects de la profession sont maintenant très technologiques.» De 200 à 300 jeunes ont entrepris cette année des études en génie civil à l'Université de Sherbrooke, un programme contingenté.Questionnée à propos des récents scandales qui ont éclaboussé la discipline, Louise M illette souligne qu'il est encore trop tôt pour évaluer l'impact qu'auront ces événements sur les inscriptions.« M a is lors de la jou r née d'accueil, plusieurs nouveaux Selon Louise Millette, directrice du département des génies civil, géologique et des mines de Polytechnique Montréal, 999 étudiants sont inscrits au baccalauréat en génie civil cette année.PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE étudiants avaient des questions sur le sujet.On sent que ça les préoccupe beaucoup », admet-elle.Proulx, directeur du département de génie civil et professeur titulaire à l'Université de Sherbrooke « Mais je crois que les futurs étudiants savent faire la part des choses », nua nce Jea n Proulx.« On parle des agissements d'une poignée d'ingénieurs, pas de l'ensemble de la profession.» « Le génie civil, c'est bien plus que l'asphalte et les trottoirs, même si on n'entend parler que de ça en ce moment.» - Jean La demande pour des ingénieurs civils est aussi en progression.«Avec tous les travaux en cours et toutes les infrastructures qu'il faudra refaire dans les prochaines années, la demande pou r les ingénieu rs civils devrait continuer à augmenter pendant quelques années», observe Etienne Couture.« Il y aussi beaucoup de départs à la retraite », constate M.Proulx.Comme la discipline est l'une des plus vieilles, les premières générations d'ingénieurs quittent le marché du travail ou s'apprêtent à le faire.D'après Statistique Canada, le profil d'âge des ingénieurs civils est plus élevé que celui de la moyenne de l'ensemble des ingénieurs.L'organisme gouvernemental évalue aussi que le génie civil est la discipline présentant le taux de remplacement le plus élevé.E XPERTISE.VISION.INNOVATION.Chez BBA, nous mobilisons nos forces depuis plus de 30 ans pour transformer les problèmes les plus complexes en solutions pratiques, avantgardistes et durables.Notre réputation s'établit sur nos connaissances de pointe, notre expertise terrain de haut niveau et la qualité de notre travail.Grâce à notre réseau pancanadien de bureaux, nous offrons une vaste gamme de services spécialisés en génie-conseil et en gestion de projet à nos clients à travers le pays.Suivez-nous sur LinkedIn.GRAND PRIX DU GÉNIE-CONSEIL QUÉBÉCOIS Une invention d'Exp s'attaque aux gaz polluants ANNE GAIGNAIRE L a f i l i a le q u é b é c oi s e d u groupe ontarien de génie-conseil Exp a inventé un nouveau procédé d'oxydation par photocatalyse qui détruit des gaz polluants, sans dégager de gaz à effet de serre.Cette invention a permis à l'équipe de remporter le Grand Prix du génie-conseil québécois dans la catégorie « visionna i re », au mois de ma rs , ainsi que le prestigieux prix du génie canadien Schreyer Award, le mois dernier.L'ingéniosité du nouveau procédé, mis au point par Exp, réside dans le fait que les gaz sont captés par absorption dans l'eau et complètement détruits.Il est installé depuis 2010 dans deux usines en Caroline-du-Nord.Cette tech nologie sucite l'intérêt car l'ancienne méthode d'élimination des gaz polluants consiste à les brûler, Station de traitement d'Exp.PHOTO FOURNIE PAR SERVICES EXP Traitement écologique généralement dans des incinérateurs.«Cela demande beaucoup d'énergie, notamment du gaz naturel dont les prix risquent fort d'augmenter à l'avenir.Notre technologie est plus écologique», précise Bernard Blier, ingénieur mécanique chez Exp.L'aven i r com merc ia l du procédé est prometteur, car le secteur visé celui de la fibre de bois est vaste.Les panneaux de fibre de bois entrent dans la composition de plusieurs produits dans le domaine de la construction.Aujourd'hui, « on a plus de 30 offres de service pour différents clients, dont 27 au x États-Unis et 5 en E u r o p e » , s o u l i g n e Y ve s Charest, chimiste et directeur principal bâtiment, industries et R & D chez Exp.M a i s le s sig n a t u r e s de contrats se font au comptegouttes, car les obstacles sont nombreu x.« L e succès du procédé dépend des normes en vigueur dans les différents pays du globe », poursuit Yves Charest.Si bien que l'avenir commercial de cette innovation est situé principalement aux États-Unis et en Europe.« Au Canada, les normes sont moins strictes, ce qui n'incite pas les entreprises à avoir recou rs à notre procédé », explique Stéphane Chabot, ingénieur chimiste chez Exp.\f "]
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.