La presse, 26 novembre 2012, Q. Portfolio
[" www.lapresse.ca/portfolio M O N T R É A L LU N D I 26 N OV E M B R E 2012 PAGE 4 TRANSFORMATION DES QUAIS DU PORT BAIE-COMEAU PROTECTION DE L'ENVIRONNEMENT PAGE 7 AU-DELÀ DES BONNES INTENTIONS DÉVELOPPEMENT DU NORD GISEMENTS D'URANIUM NORD Retrouvez notre dossier au www.lapresse.ca/nord PORTFOLIO PAGE 2 ON ATTEND L'ÉTUDE DU BAPE RD.NO LE SUR AP C S OU RT OU P MARC TISON Le gouvernement Marois ne perd pas le nord.Il a toutefois changé de boussole.On ne parle plus de Plan Nord, mais de Nord pour tous.Survol de ce nouveau paysage.D epu is les épinettes jusqu'aux lichens.Le territoire demeure le même, couvrant tout le nord du 49e parallèle.Dès lors, quelle est la différence entre le Plan Nord et le Nord pour tous, annoncé pa r le gouvernement Marois le 31 octobre ?« Toute la vision du développement du Nord, répond la ministre des Ressources naturelles, Martine Ouellet.Notre vision, c'est que le Nord soit développé premièrement au bénéfice de l'ensemble de la collectivité québécoise et dans un souci de meilleure protection de l'environnement, mais toujours en association avec les collectivités locales.» E l l e c i t e c o m m e e xe m p l e l'entente renégociée avec L es Diamants Stornoway pour parachever la route 167 vers les monts Otish.« Ça a permis une économie de 125 millions pour l'ensemble de la société québécoise.» Le budget Marceau a énoncé la règle : les infrastructures liées à un projet minier seront à la charge de l'entreprise.« Lorsque c'est une seule mine qui nécessite l'infrastructure, ce sera une infrastructure publique pour permettre une accessibilité équitable au territoire, mais avec un financement des utilisateurs », décrit Martine Ouellet.Le gouvernement veut également inciter les minières à accroître la transformation des matières premières au Québec.Le nouveau fonds Capital Mines Hydrocarbures prévoit une enveloppe de 750 millions, dont 500 millions seront dévolus aux investissements dans des entreprises « qui exploitent des substances minérales situées sur le territoire nordique ».« On est cependant réalistes, ce n'est pas 100 % du minerai extrait du Québec qui sera transformé, précise Mme Ouellet.Il faudra trouver les niches où il y a le plus d'intérêts économiques.» L e p o i n t le plu s s e n s i ble demeure l'accroissement des droits miniers.Le Parti Québécois avait proposé une redevance minimale obligatoire de 5 % sur la valeur brute de production, plus une taxation de 30 % sur les profits supérieurs à 8 %.« Nous pensons qu'un volet hybride permet d'avoir les avantages des deux systèmes sans avoir les inconvénients », exprime la ministre.Une consultation sur cette question sera convoquée avec les minières, consultants, universitaires et autres intervenants.« L'objectif est ferme : nous voulons plus de redevances pour l'ensemble de la collectivité, dit-elle.Sur les moyens, il y a discussion.» Des discussions, il y en aura.Voir NORD en page 2 GRAPHISME DANIEL RIOPEL, LA PRESSE Le développement économique et le développement social vont de pair.L'avenir du Territoire de la Baie James dépend de ce partenariat.\f 2 LA PRESSE MONTRÉAL LUNDI 26 NOVEMBRE 2012 XXXXXXXX DÉVELOPPEMENT DU NORD PORTFOLIO GISEMENTS D'URANIUM llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll Les travaux arrêtés en attendant l'étude du BAPE GUY PAQUIN COLL ABOR ATION SPÉCIALE Le ministre de l'Environnement du Québec, Daniel Breton, a indiqué, le 18 octobre dernier, qu'il allait demander au Bureau d'audiences publiques sur l'environnement du Québec (BAPE) d'étudier la question de l'exploration et de l'exploitation de l'uranium au Québec.D u coup, le m i n i st re a stoppé net les travaux d'exploration de la minière Strateco dans les monts Otish.Cette situation ne plaît pas à l'Association d'exploration minière du Québec (AEMQ).Sa directrice générale, Valérie Fillion, s'inquiète d'un possible moratoire sur l'exploration d'uranium, comme ce fut le cas pour le gaz de schiste.« Va-t-on se retrouver avec un BAPE générique sur tout l'uranium?demande-t-elle.Ça revient à un moratoire virtuel sur toute la filière.Et je dois dire que la procédure actuelle du ministre est très inhabituelle.» C'est que d'ordinaire, le B A P E n ' i n t e r v ie n t q u 'au moment du dépôt de la demande de bail minier.Or, Strateco, dans le projet Matoush, n'en est encore qu'au stade de l'exploration.«Cette intervention hâtive, précoce, a jeté une inquiétude sur l'ensemble des explorateurs miniers, pas seulement ceux qui cherchent de l'uranium », ajoute M me Fillion.Strateco est restée muette devant nos questions.« Nous sommes en attente d'une décision du Ministère», a dit Guy Hébert, président de l'entreprise.Mais d'autres sont beaucoup moins surpris du coup de frein du ministre Breton.René Branchaud est un de ceux-là.L'avocat, associé inquiétudes exprimées ne sont pas fondées.Pour les minières, c'est désagréable, mais à long terme, ça peut être bon pour l'industrie.» Certains trouvent inutile l 'idé e d 'aud ie nc e s publ iques da ns le ca s du pro j e t M a tou sh de S t r a t e c o .No c ha ne Rou sseau , a sso c ié , s e c te u r m i n ie r, c he z PricewaterhouseCoopers, est un de ceux-là.«Il y a déjà eu des consultations publiques sur le projet, ditil.Pour que la CCSN accorde son O.K., c'est obligatoire.Elles ont déjà eu lieu et se sont conclues en juin 2011.Et la Commission a jugé que rien dans ces consultations publiques n'empêchait Strateco d'aller de l'avant.Je suis surpris de ce que le ministre Breton veuille recommencer l'exercice.» C'est moins surprenant si on se rappelle que les Cris de Mistissini se sont opposés au projet Matoush et l'ont exprimé au cours des consultations et dans le rapport du Comex déposé en juillet 2011.Le Comex est un comité permanent créé en 1975 lors des accords sur la Baie-James.Il comprend trois membres nommés par le gouvernement du Québec et deux nommés par l'Autorité régionale crie.Il se penche sur tout projet de développement pour en mesurer les impacts environnementaux et sociaux.Le rapport du Comex rappelle que le conseil de bande cri de Mistissini recommande le refus du projet Matoush, faute d'avoir suffisamment confiance dans ce projet à cette étape-ci.Le rapport donne son aval au projet, mais seulement si un accord écrit intervient entre le promoteur et le conseil de bande.Audiences publiques Les travaux de l'entreprise Strateco, sur le site Matoush aux monts Otish, sont au point mort, ce que déplore l'Association d'exploration minière du Québec (AEMQ).PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, ARCHIVES LA PRESSE et responsable du Plan Nord chez Lavery de Billy, croit que c'est le stade d'exploration auquel arrive Strateco qui motive le holà environnemental.« Strateco n'en est plus à extraire quelques carottes de roche en surface, précise-t-il.Pourtant, Strateco a reçu l'aval de l'autorité fédérale pour aller de l'avant le 18 octobre dernier.La Commission canadienne de sûreté nucléaire (CCSN) a approuvé son échantillonnage en vrac par exploration souterraine.C'est la toute première fois dans l'histoire québécoise de l'exploration minière de l'uranium qu'un projet se rend à un stade de développement aussi avancé.On en est à l'échantillonnage en vrac.On parle de creuser une galerie de 300 mètres et d'extraire non des kilos, mais bien des tonnes de minerai potentiellement radioactif.» C'est la toute première fois dans l'histoire québécoise de l'exploration minière de l'uranium qu'un projet se rend à ce stade de développement.Ce qui déçoit l'Association Stade d'exploration de l'exploration minière du Québec, qui parle de non-respect des règles par le gouvernement du Québec.« Le projet est conforme aux lois, insiste Valérie Fillion.L'exploration de l'uranium est régie par la CCSN.Quand cette agence donne son O.K., ce devrait être final.Le BAPE n'a pas à intervenir à cette étape.» Pou r M e Bra nchaud, pa r contre, l'intervention du ministre et celle du BAPE sont absolument légitimes.«En droit, le gouvernement peut parfaitement faire intervenir le BAPE à toute étape des travaux d'une minière.Un BAPE peut même avoir un effet rassurant sur les populations concernées en démontrant publiquement que les Cap sur le Nord.pour tous NORD suite de la page 1 Su r le régi me de d roits miniers, l'opinion de Guillaume Caud ron , d i rec teu r chez SECOR et coauteur d'une étude sur les retombées économiques du Plan Nord, est sans appel: «Il ne faut pas y toucher.» « Le régime sur les profits tels qu'il est appliqué actuellement est le bon système pour le Québec, affirme-t-il.On ne peut pas taxer sur la valeur du minerai parce que sinon, avec les coûts d'exploitation plus élevés, il est sûr que les investisseurs iront ailleurs.» Sans surprise, l'Association minière du Québec (A MQ) partage entièrement ce point de vue.« Avec ce régime, on vit en équilibre, soutient sa présidente-directrice générale Josée Méthot.Quand on nous dit qu'il va y avoir des changements, on sait qu'on va devoir tout recommencer les analyses financières de chaque projet, pour évaluer l'impact que ça va avoir sur les activités minières au Québec.» Quelle que soit son étiquette Plan Nord, Nord pour tous, Nordiques du Québec. un programme de développement des ressources nordiques était nécessa i re, esti me M ichel Jébrak, titulaire de la chaire UQAT-UQAM en entrepreneuriat minier.«Si on ne le fait pas, d'autres vont le faire à notre place.Pas de plan, ça devient le plan des autres.» Tout est question de manières.Car rien ne provoque plus d'émoi dans l'univers des ressources minérales que l'innocent mot « incertitude ».La veille de la présentation du budget Marceau, l'annonce par Cliff Natural Resources de l'interruption des travaux de la phase 2 de la mine du Lac Bloom, « en raison de la volatilité des prix du fer et de l'instabilité des marchés », est arrivée à point nommé pour rappeler la mince marge entre une mine rentable et une autre qui creuse sa tombe.Le prix du minerai de fer, qui se maintenait encore à 177 $ la tonne en septembre 2011, avait chuté sous le seuil des 100 $ un an plus tard.« C'est la preuve que c'est une industrie cyclique, énonce Valérie Filion, directrice générale de l'Association de l'exploration minière du Québec.C'est la réalité de cette industrie.» Avec un pied sur un terrain aussi mouva nt, l'industrie minière souhaite que son autre pied soit campé sur un sol gouvernemental bien ferme.«Lorsqu'on fait de l'exploration, on a besoin de règles transparentes, stables et prévisibles, indique-t-elle.Si on a ça, on va réussir à avoir du succès dans nos projets.» Pour Michel Jébrak, il manquait au Plan Nord il manque toujours un plan «savoir».« On ne l'a fait que sur le plan économique, et il manque un segment, exprime-t-il.L'exemple le plus typique, c'est que ça reste une région où il n'y a aucun collège.Ça ressemble à une situation néocoloniale.» Quel que soit son nom, le développement du Nord offre au Québec la chance de prospecter un autre riche filon, celui des compétences et de l'innovation nordiques.«Un savoir-faire dans le Nord a été développé, dit-il: les relations avec les gens, la manière de gérer le territoire, l'observation des changements climatiques.» Il propose déjà le moyen : un Institut du Nord du Québec.le Nord: une mine de compétences \f Développement du Territoire d'Eeyou Istchee/Baie-James Une déclaration du grand chef : Je suis heureux de déclarer, au nom de la Nation crie, que nous continuons d'être favorables au développement responsable du Territoire d'Eeyou Istchee/Baie-James.Le développement du Territoire doit s'effectuer en partenariat entre le Québec et la Nation crie, tel que prévu dans la Paix des braves en 2002.Le développement responsable renforce la croissance économique de notre région et, par conséquent, de tout le Québec.Ce développement s'effectuera maintenant dans le nouveau cadre démocratique de gouvernance pour le Territoire convenu entre le Québec et les Cris le 24 juillet 2012.Cette Entente sur la gouvernance dans le Territoire d'Eeyou Istchee Baie-James s'appuie sur la Convention de la Baie James et du Nord québécois et la Paix des braves pour créer un nouveau partenariat entre les Cris, nos voisins les Jamésiens et le Québec dans la gouvernance du Territoire.Elle prévoit un nouveau Gouvernement régional publique sur les terres de la catégorie III, avec une représentation égale des Cris et des Jamésiens.Ce Gouvernement régional exercera des pouvoirs en vertu des lois du Québec sur des questions régionales et municipales, le développement économique et l'aménagement du territoire.Les Cris et les Jamésiens participeront également conjointement à d'autres mécanismes pour le développement et l'organisation du Territoire.Avec la Paix des braves et la nouvelle Entente sur la gouvernance, le Québec et les Cris continuent de démontrer au monde comment les peuples autochtones peuvent prendre une place importante dans le tissu économique, politique, social et culturel de leurs territoires traditionnels.Ce faisant, ils donnent vie à certains principes clés de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones.Le développement du Territoire de la BaieJames s'accomplira par la concertation des communautés cries et jamésiennes dans le Territoire.Nous savons que, pour réussir, tous les types d'infrastructures et de développements économiques et administratifs devront être inclusifs.Avec cette approche inclusive, nous espérons aller chercher la coopération des Jamésiens et de tous les Québécois dans le développement du Territoire pour notre bénéfice commun.Guidé par les principes de la Paix des braves de 2002, du développement durable et du partenariat, nous allons créer des possibilités de développement pour tous, tout en protégeant le caractère naturel du Territoire et notre mode de vie traditionnel cri.L'inclusion des Cris dans la définition du développement durable est essentielle à son application aux diverses ressources naturelles et culturelles du Territoire.En travaillant en partenariat, nous acquérons tous l'expertise pour mettre en place l'infrastructure institutionnelle et territoriale nécessaire à la construction de notre avenir commun.Tout comme dans la construction des projets Eastmain 1 et Eastmain 1A, les Cris et les Jamésiens continueront à partager des occasions de traduire le développement dans le Territoire en développement pour les communautés qui y vivent.La Nation crie tend la main du partenariat à nos voisins, les communautés jamésiennes dans le Territoire.Le développement économique et le développement social vont de pair.L'avenir du Territoire de la Baie-James dépend des progrès que les communautés cries et jamésiennes continuent d'accomplir en travaillant ensemble au Québec.Grand Chef Dr Matthew Coon Come GRAND CONSEIL DES CRIS 2 rue Lakeshore, Nemaska, Québec JOY 3BO Tél.: 819.673.2600 Téléc.: 819.673.2606 www.gcc.ca \f 4 LA PRESSE MONTRÉAL LUNDI 26 NOVEMBRE 2012 llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll PORTFOLIO DÉVELOPPEMENT DU NORD CHIBOUGAMAU dit-elle.Les structures de notre usine de traitement des eaux et du centre de ski sont en bois.» C'est une promesse extrêmement importante pour l'avenir de Chibougamau.Chantiers Chibougamau est actuellement le plus important employeur en ville.« Ce n'est pas compliqué, le quart de la population travaille dans notre usine, estime Frédéric Verreault, président de l'entreprise.C'est 600 personnes à temps plein.» Pour lui, le prolongement de la route 167 vers les monts Otish pourrait être une occasion d'affaires en raison du nombre de ponts de bois à construire.«Mais au-delà de cela, j'y vois surtout un outil extraordinaire de développement pour toute la région», dit-il.L a ma i resse c roit qu'u n encouragement tangible de la part du gouvernement vers l'industrie du bois d'oeuvre se traduirait par des retombées immédiates.«À l'heure actuelle, Chantiers Chibougamau représente des retombées économiques directes de 50 millions de dollars annuellement chez nous, dit-elle.La moitié provient des salaires versés et l'autre en achats locaux de biens et services.» Ce coup de pouce de Québec viendrait à point nommé pour M.Verreault.«Nous avons vu une belle augmentation de la demande pour certains types de produits l'an dernier.Le lamellé-collé, par exemple.Mais cette année, on plafonne.» L'entrepreneur se dit prêt à faire face à la musique si la demande reprenait en force.« Je dispose d'un bon noyau de travailleurs fidèles et efficaces, indique-t-il.La seule chose que j'appréhende, c'est le moment où on sera au coeur du boom minier.Pourrais-je concurrencer les salaires versés par les minières ?» La route de la prospérité GUY PAQUIN COLL ABOR ATION SPÉCIALE Bois d'oeuvre À Chibougamau, c'est avec soulagement qu'on a accueilli, le 16 novembre, l'a nnonce d'un accord entre le gouvernement du Québec et Diamants S t o r noway c o n c e r n a n t l a construction de la route 167.La ville est en plein essor, tant du côté industriel que résidentiel.La suspension des travaux de la route aurait été catastrophique.« C'est en effet une belle nouvelle, se réjouit la mairesse de Chibougamau, Manon Cyr.Pas de route, pas de développement.Nous allons disposer sur une distance de 142 kilomètres, vers le nord, d'une vraie route à double voie avec toutes les normes du ministère des Transports.C'est excellent pour le secteur minier intéressé à toutes les richesses des monts Otish.Mais nous pensons à d'autres aspects aussi.» Il y a l'appétit de certains v isiteu rs pou r les g ra nd s espaces nordiques du Québec.Un petit saut en avion vers Chibougamau, puis en voiture, et on accède au nouveau parc national québécois Albanel-Témiscamie-Otish.« Nous avons là un attrait touristique d'un genre à peu près inédit, estime M me Cyr.La mairesse de Chibougamau, Manon Cyr.PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, LA PRESSE Nous offrons la nature nordique, somptueuse, et une porte ouverte sur la vie autochtone.» Dans un genre nordique plus classique, la mairesse suit de très près le développement de la minière BlackRock, mine de fer située à 65 kilomètres au sud-est de sa municipalité.«Ils en sont à déposer les études de faisabilité, dit-elle.Ça va bon train.Ils ne sont qu'à une heure d'avion de chez nous.Leurs employés pourraient vivre ici.» Du monde, Chibougamau en attend.La ville se prépare depuis 20 09 à recevoir de Projets en gestation nouveaux citoyens.«Au début de l'an prochain, nous serons prêts à livrer les infrastructures, rues, lampadaires, conduites d'eau et égouts correspondant à 48 terrains d'habitation dans le secteur ouest, estime la mairesse.Dans ce secteur, c'est au total 150 terrains que nous offrirons pour établir de nouveaux domiciles.« Puis, sur les 35 terrains à préparer dans le secteur du golf, nous en avons déjà cédé 20.Et nous préparons 30 autres terrains dans le secteur au nord du chemin Merrill pour des blocs d'appartements.» Du côté industriel, C h i b o u g a m a u s 'a t t e n d à recevoir la nébuleuse d'entreprises accompagnant généralement le développement minier.On pense à une usine de transformation de minerai et aussi aux sociétés de transport, de location d'équipements lourds, etc.On est actuellement à l'étape des études sur huit terrains destinés au secteur industriel lourd.Quant au volet forestier, M me Cyr rappelle la promesse faite par la ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale, Agnès Maltais, de favoriser les nouvelles techniques du bois en construction.«Nous-mêmes, ici, nous donnons l'exemple, Une transformation des quais du port de Baie-Comeau est dans les plans GUY PAQUIN COLL ABOR ATION SPÉCIALE L e 14 nove m br e de r n ie r, Transports Canada a annoncé son intention de céder la gestion de ses quais du port de Baie-Comeau à une corporation mixte, faite d'administrateurs publics et privés locaux.Cette corporation s'est donné pour but de transformer le port de Baie-Comeau afin que l'on puisse y accueillir des porte-conteneurs et des vaisseaux minéraliers.« Les négociations avancent très bien, confirme Christine Brisson, mairesse de BaieComeau .Nous avons déjà l'approbation du provincial.Au début de 2013, nous serons prêts à déposer à Transports Canada l'étude de rentabilité et de viabilité.Ensuite, nous établirons le cahier de charge qui énumère précisément les investissements que nécessitent les travaux que nous souhaitons faire.Le cahier doit être prêt l'an prochain.Nous sommes dans un processus très accéléré.» La Corporation de gestion du port de Baie-Comeau veille au franchissement de ces étapes.Créée en octobre 2012, elle est composée du directeur général de la Ville, d'un représentant du centre local de développement (C L D), de Marc Lefebvre, président de C I T E C , or ga n i s me de recherche en développement durable, et de Marcel Furlong, évaluateur attitré.La cession du port s'inscrit dans la stratégie régionale répondant au boom minier du Nord.« En plus des mines arrivées à l'étape de l'exploitation, nous avons une pléthore de projets en exploration », indique Guy Simard, directeur du développement industriel chez Innovation et Développement Manicouagan, CLD régional.« Juste dans le graphite, il y a trois entreprises : Mason Graphite, Galaxy Graphite et Focus Metals.Nous devons être prêts à exporter les minerais issus de tous les projets miniers du Nord.» La première étape qui permett ra à B a ie - Comeau de devenir la porte de sortie privilégiée du minerai québécois est la transformation des quatre quais de Transports Canada.« Nous devons les adapter pour recevoir des porte-conteneurs, poursuit M.Simard.Les quais doivent être modifiés, ainsi que leurs abords.» Mais on ne s'arrêtera pas là si la totalité du projet portuaire voit le jour.« Nous pensons à un port minéralier tout neuf, ajoute-t-il.Au sein du port actuel, le tirant d'eau est de neuf mètres.Notre projet prévoit un nouveau port de 26 mètres de profondeur à marée basse.» Son emplacement serait sur la baie des Anglais.Il pourrait accueillir des navires de 300 000 tonnes et plus.Pour le réaliser, il faudra lui adjoindre une vaste cour de manutention de 225 hectares.Un projet de 225 millions de dollars, payé par les entreprises utilisatrices, dit M.Simard.Port minéralier Le C L D a aussi da ns sa ligne de mire un tout nouveau parc pour industries lourdes.« Nous a llons ajouter 5 0 0 hectares au parc Jean-Noël Tessier, annonce Guy Simard.Et nous disposons d'autres espaces pour le développement industriel, dont le plus petit fait 200 000 mètres carrés ! Des entreprises intéressées à la transformation primaire du minerai se sont manifestées.La présence du port est évidemment un atout.» Mais il n'y a pas que le m i nera i.L a ma i resse de Baie-Comeau songe aussi aux produits forestiers.« Nous voulons la relance d'Almassa B a ie -T r i n it é .L' u s i n e e s t actuellement fermée.Nous p e n s o n s q u 'el le p ou r r a it trouver un nouveau marché dans la transformation de la fibre en billettes.Au cours des pro c ha i nes sema i nes , je rencontrerai la ministre des Ressou rces natu relles, Martine Ouellet, pour lui présenter ce projet de relance.» Parc industriel L a m a i r e s s e e t le C L D tiennent aussi mordicus au prolongement du pipeli ne gazier de Gaz Métropolitain jusque da ns leur cour.En ce sens, Baie-Comeau, PortCartier et Sept-Îles annonceront la for mation d'u ne c o a l i t io n plu s t a r d c e t t e semaine.Relance du programme de technologie forestière Le Cégep de Baie-Comeau rela nce son progra m me de te c h nolo g ie fo r e s t iè r e e t s 'a d a p t e à l a r e p r i s e nordique.« Bien que nous n'ayons pa s a c c uei l l i d 'élève s au c ou r s de s q u a t re de r n iè res années, la reprise i m m i nente de l 'i ndu st r ie forestière nous encou rage, c on f i r me M ic hel L a nd r y, directeur général par intérim de l'institution.Ainsi, nous mettons actuellement en place un important plan de rec rutement qui vise à recevoi r des élèves dès l'automne 2013.Nous avons la ferme intention de redémarrer ce programme, même si peu d'élèves s'y inscrivent en première année.Il y aura p é n u r i e d 'e m pl o i s a va n t longtemps, et nous devons agir en partenariat avec les acteu rs de ce secteu r de l'activité économique.» feo (tsX-V) feoVf (otcQX) site www.oceaniciRonoRe.com couRRiel info@ocenicionoRe.com téléphone 604 566 9080 RessouRces de feR à foRt tonnage suR les côtes du Québec \f LA PRESSE MONTRÉAL LUNDI 26 NOVEMBRE 2012 llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 5 PORTFOLIO DÉVELOPPEMENT DU NORD OÙ CREUSE-T-ON AU QUÉBEC?MINES AU NORD DU 49e PARALLÈLE Mine : Casa Berardi Société : Mines Aurizon Substance : Or Région : 100 kilomètres au nord de La Sarre Mine : Langlois Société : Nyrstar Substance : Zinc Région : Lebel-sur-Quévillon Mine : Persévérance Société : Xstrata Substance : Zinc Région : Matagami Note : Fermeture prévue au printemps 2013 Mine : Mont-Wright Société : ArcelorMittal Substance : Fer Région : Fermont Note : Mont-Wright exploite aussi la mine satellite de Fire Lake.ArcelorMittal est dans un processus d'expansion de 1,2 milliard.Mine : Lac Bloom Société : Cliffs Natural Resources Substance : Fer Région : Fermont Note : Cliffs vient de suspendre la deuxième phase d'expansion de la mine en raison de la volatilité des prix du fer.Mine : Lac Tio Société : Rio Tinto Fer et titane Substance : Fer et titane Région : Havre-Saint-Pierre Note : L'entreprise investit 200 millions sur cinq ans pour une expansion de la mine.Mine : Raglan Société : Xstrata Substance : Nickel Région : Extrême nord du Québec Note : Expansion de 530 millions US annoncée en 2011.PROJETS MINIERS AU NORD DU 49e PARALLÈLE Projet : Eléonore Société : Goldcorp Substance : Or Région : Baie-James Statut : En construction, démarrage en 2014 Investissement : 1,4 milliard Projet : Rose Société : Critical Elements Corporation Substance : Lithium et tantale Région : Baie-James Statut : Faisabilité Investissement prévu (novembre 2011) : 269 millions Projet : James Bay Société : Galaxy Resources Substance : Lithium Région : Baie-James Statut : Faisabilité Investissement prévu : N/A Projet : Whabouchi Société : Nemaska Lithium Substance : Lithium Région : Baie-James Statut : Étude de faisabilité terminée Investissement prévu : environ 86 millions (total de 454 millions en incluant l'usine de transformation prévue à Salaberry-de-Valleyfield) Projet : Bracemac-McLeod Société : Xstrata (65 %), Donner Metals (35 %) Substance : Zinc Région : Matagami Statut : En construction, démarrage début 2013 Investissement : 159 millions Projet : PD1 Société : Xstrata (50 %) et Donner Metals (50 %) Substance : Zinc Région : Matagami Statut : Faisabilité Investissement : N/A Projet : Vezza Société : North American Palladium Substance : Or Région : Matagami Statut : Préparation à la production (démarrage prévu en 2013) Investissement : Plus de 50 millions depuis 2010.L'entreprise cherche actuellement à se départir de Vezza.Projet : Iron Hills Société : Barlow Mines (capital fermé) Substance : Fer Région : Matagami Statut : Préfaisabilité Investissement prévu : 2,5 milliards Projet : Lac Bachelor Société : Ressoures Métanor Substance : Or Région : Lebel-sur-Quévillon (100 kilomètres au nord-est) Statut : Développement souterrain.Démarrage prévu au deuxième trimestre 2013 Investissement : 47 millions Projet : Fire Lake North Société : Champion Iron Mines Substance : Fer Région : Fermont Statut : Faisabilité Investissement prévu (novembre 2011) : 1,4 milliard Mine : DSO Société : Tata Steel (80 %) et New Millennium (20 %) Substance : Fer Région : Schefferville Statut : Le projet est à cheval entre le Québec et le Labrador.L'extraction a débuté en septembre au Labrador, tandis que la construction de l'usine se poursuit.L'extraction du côté québécois de la frontière est prévue en 2015.Investissement prévu : 560 millions Projet : KéMag Société : Tata Steel et New Millennium Substance : Fer Région : Schefferville Statut : Faisabilité Investissement prévu : 4,5 milliards (2009) Projet : Lac Otelnuk Société : L'aciériste chinois WISCO (60 %) et Adriana Resources (40 %) Substance : Fer Région : Schefferville Statut : Faisabilité Investissement prévu: 12,9 milliards (avril 2011) Projet : Strange Lake Société : Quest Rare Minerals Substance : Terres rares Région : Schefferville (220 kilomètres au nord-est) Statut : Préfaisabilité Investissement prévu : 563 millions (septembre 2010) Projet : Blackrock Société : Métaux Blackrock (capital fermé) Substance : Fer et vanadium Région : Chibougamau Statut : Faisabilité Investissement prévu : 600 millions Projet : Lac La Blache Société : Argex Titane Substance : Fer et titane Région : Manicouagan Statut : Faisabilité Investissement prévu : 801 millions (octobre 2011) Projet : Crevier Société : MDN (72,5 %) et Iamgold (27,5 %) Substance : Niobium et tantale Région : Lac-Saint-Jean Statut : Faisabilité Investissement prévu : 316 millions (2009) Projet : Arnaud Société : Investissement Québec (62 %) et la société norvégienne Yara International (38 %) Substance : Apatite (phosphate) Région : Sept-Îles Statut : Faisabilité, audiences publiques et évaluation environnementale Investissement prévu : 750 millions Projet : Lac-à-Paul Société : Ressources d'Arianne Substance : Apatite (phosphate) Région : SaguenayLac-Saint-Jean Statut : Faisabilité Investissement prévu : 814 millions (2011) Projet : Eldor Société : Commerce Resources Substance : Terres rares Région : Ungava Statut : Préfaisabilité Investissement prévu : 763 millions (juillet 2012) Projet : Nunavik Nickel Société : Canadian Royalties, filiale de Jilin Jien Nickel Substance : Nickel et cuivre Région : Extrême nord du Québec Statut : Construction.Démarrage en décembre 2012 Investissement : 735 millions Projet : Hopes Advance Bay Société : Oceanic Iron Ore Substance : Fer Région : Ungava Statut : Faisabilité Investissement prévu : 2,9 milliards Projet : Lavoie Société : Ressources Abitex, Areva et SOQUEM Substance : Uranium Région : Monts Otish Statut : Exploration, évaluation économique préliminaire terminée Investissement prévu : 110 millions (février 2012) Projet : Matoush Société : Ressources Strateco Substance : Uranium Région : Monts Otish Statut : Attente d'autorisation pour exploration souterraine.Évaluation économique préliminaire terminée.Investissement prévu : 342 millions (février 2010) Projet : Renard Société : Stornoway Diamond Substance : Diamant Région : Monts Otish Statut : Financement Investissement prévu : 800 millions Projet : Lac Knife Société : Focus Graphite Substance : Graphite Région : Fermont Statut : Évaluation économique préliminaire terminée Investissement prévu : 154 millions NOTE 1 : Pour l'état d'avancement des projets, il faut savoir que l'étude d'un projet se fait en plusieurs étapes : d'abord, l'évaluation économique préliminaire, ensuite, l'étude de préfaisabilité (parfois omise) et enfin, l'étude de faisabilité, nécessaire pour obtenir du financement bancaire pour la construction.NOTE 2 : Cette liste de projets est tirée de la carte Projets miniers de mise en valeur et de développement du ministère des Ressources naturelles, mise à jour en octobre 2012.Pour figurer sur cette liste, un projet doit avoir franchi l'étape de l'évaluation économique préliminaire.Recherche : Hugo Fontaine et Emilie Laperrière Sources : ministère des Ressources naturelles, sociétés portsi.com \f 6 LA PRESSE MONTRÉAL LUNDI 26 NOVEMBRE 2012 llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll PORTFOLIO DÉVELOPPEMENT DU NORD Pas de bateau de croisière pour loger les travailleurs du Nord FLORENCE TISON COLL ABOR ATION SPÉCIALE L'augmentation du nombre de travailleurs temporaires pose un sérieux problème d'hébergement à Sept-Îles.Le printemps prochain, les chantiers de la mine Arnaud et de la troisième phase de l'aluminerie Alouette doivent amener de 80 0 à 120 0 travailleurs de plus.Où les loger, alors que la ville est déjà remplie à capacité ?Luc Généreux, propriétaire d 'u n motel à R iv ière - duLoup, pensait avoir trouvé la solution idéale pour caser les travailleurs : un bateau de croisière.M.Généreux avait repéré un candidat, l'Ocean Pearl, alors au mouillage sur les côtes de l'Angleterre.Le projet de Luc Généreux était basé sur l'attribution du contrat de construction du quai de Sept-Îles.Le contrat de 220 millions devait selon lui amener 1000 travailleurs.Mais seuls 150 travailleurs ont été embauchés pour les travaux du quai de Sept-Îles.La ville a pu tous les loger.L e bateau de croisière n'a jamais été dans les plans de Pomerleau, l'entreprise qui a obtenu le contrat.« Ça ne nous intéresse pas ! », a tranché le vice-président de Pomerleau, Alain Roy.Luc G énéreu x ava it bon espoir qu'avec les futurs chantiers dans le secteur, d'autres entrepreneurs seraient intéressés à son idée de bateau de croisière.Après un an et demi de travail, le promoteur a dû s'avouer vaincu.Ni les entreprises en construction ni la ville de Sept-Îles n'ont retenu l'idée.L'Ocean Pearl a depuis été vendu à des intérêts chinois et transformé en hôtel et casino de luxe.compétition directe et inacceptable pour les commerçants de Sept-Îles.S'il s'agit d'une entente entre l'entrepreneur et le promoteur, là ça va.» Sa ns fer mer la porte au bateau de croisière, Luc Dion préfère l'idée du camp de travailleurs.Plutôt que d'installer un coûteux camp de roulottes que l'on devrait démanteler au départ des employés, on conserverait les installations.« On transformerait le camp en habitations permanentes à coût modique, explique M.Dion.À Fermont, ils ont construit des maisonnettes pour huit travailleurs qu'ils modifient ensuite pour ajouter une cuisine et un salon.» Les maisonnettes auraient l'avantage de régler le problème de logement à Sept-Îles.Luc Généreux ne perd toutefois pas espoir quant à son projet de bateau de croisière.Il a même paru à l'émission Dans l'oeil du dragon de RadioCanada, où les participants soumettent des idées à des entrepreneurs.Il est reparti les mains vides.« Bonne chance, il y a quand même du potentiel là-dedans, » lui a dit l'ancien président de la SAQ et de Loto-Québec, Gaétan Frigon.M.Généreux a un nouveau navire en vue, l'Ocean Star Pacific, qui appartient à une ligne de croisière mexicaine.« Mais trouver le navire n'est pas le problème, souligne le promoteur.C'est trouver le client qui aurait besoin d'hébergement, et présentement, il n'y en a pas.» Un promoteur tenace Le problème du logement persiste toutefois à Sept-Îles.La ville peut difficilement accueillir plus de résidents qu'elle n'en a déjà.« Il y a une disponibilité des logements autour de 0 %, évalue le président de Développement économique Sept-Îles, Luc Dion.En ce moment, les gens louent leur maison ou organisent leur sous-sol pour le rendre disponible.» L e bateau de c roisière est u ne idée qu i pou r ra it être intéressante, reconnaît M .Dion.Elle per mettra it Le problème du logement à Sept-Îles Luc Généreux, un promoteur qui a imaginé un lieu de résidence temporaire pour des centaines de travailleurs sur un bateau de croisière.PHOTO FOURNIE PAR LUC GÉNÉREUX d'empêcher l'inondation du marché de l'immobilier et son déséquilibre au départ des travailleurs.Le projet dépendrait toutefois des conditions climatiques et des travailleurs eux-mêmes, qui n'ont pas tous le pied marin.« Il faudrait que le bateau soit amarré à quai, et je ne suis pas sûr que ce soit possible continuellement.Et ce n'est pas tous les travailleurs qui diraient : \" Yes, on emba rque da n s u n bateau ! \" », illustre-t-il.Luc Dion craint également que les commodités du bateau de croisière ne nuisent aux commerçants de la ville.« On est contre l'idée d'un hôtel flottant, qui constituerait une ÉVOLUTION DU PRIX MOYEN DES MAISONS À SEPT-ÎLES 2005 : 113 300 $ 2008 : 165 600 $ 2011 : 228 700 $ 2006 : 132 600 $ 2009 : 179 500 $ 2007 : 141 200 $ 2010 : 203 000 $ À Sept-Îles, le prix des maisons a doublé en six ans Ville la plus peuplée de la CôteNord, Sept-Îles a vu son coût de la vie augmenter ces dernières années, alors que le prix des maisons a doublé de 2005 à 2011.Source : Développement économique Sept-Îles Le Plan Nord fait naître d'immenses opportunités dans le secteur minier.Moi, je vais en profiter ! IRIS GAGNON-PAR ADIS COLL ABOR ATION SPÉCIALE 9 Forage et dynamitage Forage au diamant Extraction de minerai Mécanique d'engins de chantier Conduite de machinerie lourde en voirie forestière Électromécanique de systèmes automatisés « Depuis 2005, les prix des maisons et des loyers sont en hausse constante à Sept-Îles », constate Russel Tremblay de Développement économique SeptÎ les.En effet, le prix moyen des maisons a doublé en six ans, passant de 113 000 $ en 2005 à 228 300 $ en 2011, un prix qui se compare à ceux en vigueur à Québec.Plusieurs raisons expliquent cette hausse: une situation de plein emploi, l'arrivée de nouveaux travailleurs, mais aussi la rareté des nouvelles constructions.Il y a d'abord eu un projet de développement résidentiel de 1000 terrains, abandonné deux ans après le début des constructions, en 2010, alors qu'on s'aperçoit qu'une veine d'eau profonde provoque l'affaissement des terrains.Une quarantaine de maisons a dû être déplacée.Si la situation est en train de se résorber 76 nouveaux terrains se sont ajoutés cet été et un projet comprenant 400 terrains devrait se mettre en branle l'été prochain , cela a causé l'explosion du coût des maisons.«C'est comme si on avait perdu deux ans de développement immobilier, cela a donc eu un impact significatif sur le prix des maisons», explique M.Tremblay.Le coût de construction est de 30 % et 50 % plus onéreux que la moyenne à Sept-Î les, u ne situation que la Ville est en train d'examiner.Selon M.Tremblay, le tout s'explique partiellement par le manque de main-d'oeuvre et la perte d'expertise, puisqu'il n'y a eu aucune construction résidentielle pendant plus de 25 ans à Sept-Îles.Les logements ne sont pas en reste : le taux d'inoccupation frôle le 0,3 %.PHOTO ARCHIVES LA PRESSE Taux d'inoccupation de 0,3 % La ville compte environ 2400 appartements, dont environ 200 constructions neuves, qui ont poussé depuis deux ans.Ce sont elles qui se louent à gros prix, soit de 1100 $ à 1500 $ par mois pour un quatre et demie, selon M.Tremblay.Quant aux appartements moins récents, ils sont offerts à un prix beaucoup plus abordable, aux alentours de 500 $ ou 600 $.lorsqu'on peut mettre le grappin dessus, évidemment.Préoccupée par « l'après-boom », la Ville travaille à un concept de quartier évolutif avec Avi Friedman, directeur du programme de logements abordables de l'École d'architecture de l'Université McGill.Logeant d'abord les travailleurs des mines, le quartier pourrait éventuellement accueillir la population locale.« Contrairement à des villes comme Fermont ou PortCartier, qui ont des camps de travailleurs dans la ville composés de maisons mobiles, ces constructions seraient habitables à long terme », explique M.Tremblay.François Vermette, directeur général du Réseau québécois des OBSL d'habitation (RHOH), n'est pas tout à fait convaincu que ce projet permettra aux familles à faibles revenus de se trouver du logement à prix abordable.«Le programme Accès Logis, qui a été reconduit dans le dernier budget provincial, permet de construire des logements à prix abordables.Ce serait intéressant de l'utiliser dans les endroits comme Sept-Îles, où ces projets sont rares.Mais il faut une volonté de la municipalité», conclut-il.CENTRE MINIER NORDIQUE Mécanique industrielle de construction et d'entretien Soudage-Montage Conduite de machines de traitement de minerai Chef de file à la Baie-James Redevance sur Éléonore : gisement d'or de classe mondialeale TSX - VGQ (418) 694-9832 - www.virginia.qc.c CFPBJ.CA www.minesvirginia.com (800) 476-1853 TSX - VGQ \f LA PRESSE MONTRÉAL LUNDI 26 NOVEMBRE 2012 llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 7 La fiabilité d'une marque à votre service La force d'une équipe équipement lourd Baie-Comeau · Baie-D'Urfé · Candiac · Chicoutimi · Fermont Hull · La Romaine · Laval · Malartic Mercier · Montréal-Est · Napierville · Pierrefonds Pointe-Claire · Québec · Rougemont · Saint-Laurent Sainte-Madeleine · Sept-Îles · Sherbrooke · Saint-Élie Trois-Rivières · Val-d'Or · Wabush camion énergie pièces et service MAC35-12F manutention agricole location hewitt www.locationhewitt.ca www.hewitt.ca PORTFOLIO DÉVELOPPEMENT DU NORD COMMUNAUTÉS AUTOCHTONES Le développement passera par la coopération et l'inclusion SOPHIE BERNARD COLL ABOR ATION SPÉCIALE Qu'en est-il des retombées du développement au nord du 49e parallèle pour les communautés autochtones ?Les interrogations et les craintes sont nombreuses.Le 19 novembre dernier, Matthew Coon Come, grand chef du Grand Conseil des Cris, et la première ministre Pauline Marois se sont rencontrés pour amorcer la mise en oeuvre de l'Entente sur la gouvernance dans le territoire d'Eeyou Istchee-Baie-James, un accord-cadre conclu sous le gouver nement de Jea n Cha rest da ns la foulée du Plan Nord.« Les Cris avaient accepté de participer avec le gouvernement précédent, rappelle Matthew Coon Come.Avant tout développement d a n s l'ex ploitation des ressou rces natu relles, il faut travailler en coopération et en coexistence.« Les Cris doivent être des participants réels et pour cela il faut une politique d'inclusion, ajoute-t-il.La nomination de Martine Tremblay à titre de négociatrice principale est un geste dans la bonne direction.Nous ne sommes pas contre le développement, nous avons déjà signé des ententes avec G oldcor p et Stoneway, par exemple.» Annoncé en grande pompe, l'accord de coopération unique avec la Nation des Cris de Wemindji, le Grand Conseil des Cris et l'administration régionale crie dans le Norddu- Québec avec la société minière Goldcorp, est considéré comme exemplaire.« La première chose à savoir est que nous avions entamé les discussions avec la Nation des Cris un an avant, raconte Me John Paul Murdoch, associé au cabinet Morin Murdoch A rcha mbault Avocats.Dès que la minière a fait part de son intérêt, le chef Rodney Mark a tout de suite affirmé qu'il ne voulait pas jouer à la victime.Le chef Mark voulait un projet qui ait des retombées pou r sa com mu nauté dans 10 ans, 20 ans.» Accord de coopération Les compensations versées au début d 'u n projet au x com munautés sont rapidement dé pen s é e s p ou r le s besoins les plus pressants de celles-ci.Lorsque la société minière plie bagage, il ne reste plus gra nd- chose de l'a rgent versé, une ou des décennies plus tôt.Pour M e Murdoch, signer une entente n'est que la première étape d'un long processus.La situation s'avère plus complexe qu'il n'y pa raît.Si les C ris ont sig né la Convention de la Baie-James et du Nord québécois, les Innus, de leur côté, n'ont signé aucun traité.P ou r M i ke Mc Ken z ie, vice-chef de la communauté I n nu e T a k u a i k a n U a s h a t Des enjeux différents m a k M a n i- utena m , ava nt même de parler d'exploration et encore plus d'exploitation des ressources, un consensus de toute la communauté est nécessaire.« Nous travaillons actuellement sur notre propre plan d'aménagement du territoire, raconte Mike McKenzie.Actuellement, 28 sociétés font de l'exploration sur le territoire que nous revendiquons, sans que nous n'ayons jamais été consultés.» Plus largement, pour les Innus, il en va de la conservation du territoire et de la préser vation des es pè ces , mais aussi de la migration des outardes et de la contamination de l'eau.« Il ne s'agit pas d'une question d'argent, affirme Mike McKenzie.Nous voulons discuter de nation à nation.» PROTECTION DE L'ENVIRONNEMENT Au-delà des bonnes intentions MARIE-PIER DUPLESSIS COLL ABOR ATION SPÉCIALE L'ancien gouvernement Charest est-il allé trop vite en annonçant qu'il souhaitait protéger 50 % du territoire du Plan Nord d'ici 2035 ?Du côté des défenseurs de l'environnement comme de l'industrie, on a parfois l'impression qu'il a fait les choses à l'envers.Comment protéger un territoire dont on ne connaît que très peu les caractéristiques?« On parle de créer 20 % d'aires protégées d'ici 2020.Mais il ne faudrait pas que ce soit des aires protégées \"touski\", c 'est-à-dire qu'on protège \"touski reste\" », lance Christian Simard, directeur général de Nature Québec.L'avocat Charles Kazaz, qui représente plusieurs clients de s s e c teu r s c om mer c ia l , i ndu st r iel et m i n ier c hez Blakes, à Montréal, abonde dans le même sens.Ses intérêts ne sont toutefois pas les mêmes.« Je ne sais pas comment ce chiffre-là a été établi.De se donner 50 % comme cible, c'est un peu travailler à l'envers.On travaille en fonction d'un objectif sans regarder la question de nécessité de protection », considère le juriste.Le projet de loi 65, déposé en avril et mort au feuilleton, déterminait les grandes lignes du cadre législatif pour la protection de l'environnement.On promettait alors que la moitié des 1,2 million de km 2 du territoire du Plan Nord allait être protégé dans un horizon de 23 ans.« Et permettez-moi d'être clair, disait alors le ministre du Développement durable, Pierre Arcand.Cela d'épicerie de projets réalisés un par un, sans vision d'ensemble.On s'est bousculé pour rendre réalisable un boom minier le plus rapidement possible en se disant qu'on réglera les problèmes environnementaux et sociaux au fur et à mesure.» Pour les clients de Me Kazaz, le problème se pose différemment.On veut bien protéger, mais pas les yeux fermés.«Il faut premièrement définir ce Mieux définir les besoins donné une cible, ça m'oblige à faire un détour de 100 km et ça augmente le coût de mon projet», illustre l'avocat.L'arrivée du Parti québécois (PQ) au pouvoir est venue changer la donne, promettant de nouvelles orientations au développement nordique et essayant tant bien que mal de se départir de la dénomination du Plan Nord.Or, plusieurs observateurs et groupes de pression se plaignent de ne pas encore avoir eu droit à une vision claire de la part du nouveau gouvernement.C'est le cas de Me Jean Baril, du Centre québécois du droit de l'environnement.« Pour le moment, on est encore dans l'inconnu.C'est le même traitement au nord, au sud, à l'est et à l'ouest.Le Plan Nord, ou plutôt le « Il faut premièrement définir ce qui a une valeur écologique et ce qui mérite d'être protégé, sans nécessairement dire qu'il faut atteindre 50 % du territoire.» - Me Charles Kazaz, de la firme Blakes veut dire : pas de mines, pas d'hydroélectricité, pas d'industrie forestière et pas même d'énergie éolien ne.» T rop beau pour être vrai, selon les environnementalistes ?« Le développement durable, ce n'est pas des aires protégées entourées de sites dévastés, estime M.Simard.Il faudrait inverser la matrice : conserver d'abord, exploiter ensuite.Le Plan Nord, c'est plus une liste qui a une valeur écologique et ce qui mérite d'être protégé, sans nécessairement dire qu'il faut atteindre 50% du territoire.Sinon, il risque d'y avoir un impact financier sur le développement.Par exemple, si j'ai besoin de construire une ligne de transmission, un chemin de fer ou une route pour arriver à mon site d'exploitation, mais que je dois contourner une aire protégée parce qu'on s'était Nord pour tous, ça reste un terme plus marketing qu'autre chose.Tant et aussi longtemps qu'aucune règle ne sera insérée dans un texte de loi ou un règlement, ça vaut la parole de celui qui l'a dit.» Bien qu'il se réjouisse que le gouvernement ait choisi de «serrer la vis» en diminuant de 124 millions sa contribution à la construction de la route 167 menant aux monts Otish, Ugo Lapointe, de la Coalition Pour que le Québec ait meilleure mine, demeure inquiet quant à l'avenir.«Ce n'est pas clair, la vision du PQ avec le Plan Nord.On nous dit que ça va être mieux que le gouvernement libéral, mais c'est quoi le plan?Ce n'est pas concret.» Au ministère du Développement du rable et au cabinet de la ministre des Ressources naturelles, on n'a pas été en mesure de fournir les orientations précises du nouveau gouvernement.Le site internet du Plan Nord, qui n'a pas été mis à jour depuis juillet, fait toujours état des cibles de 20 % et 50 % d'aires protégées d'ici 2020 et 2035.L e m i n istère de l' E nv ironnement nous a toutefois fa it pa r ven i r u n c ou r r iel qui répond som mairement à nos question s .« À t rès court terme, le gouvernement entend atteindre, en 2015, 1 2 % d'a i res protégées en milieu aquatique d'eau douce et terrestre et 10 % d'aires protégées en milieu marin et estuarien.Ces orientations s'appliquent à l'échelle de tout le Québec et seront modulées selon les différentes zones géographiques.» À titre d'exemple, la cible est d'au moins 12 % dans la zone nord du Québec, tout comme elle l'est dans la zone centrale, qui inclut la forêt boréale.Au moins 10 000 km 2 seront consacrés au maintien d'espèces menacées ou vulnérables, tel le caribou forestier.\f 8 LA PRESSE MONTRÉAL LUNDI 26 NOVEMBRE 2012 llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll Le plus récent fournisseur de minerai de fer dans la Fosse du Labrador Minerai de fer à enfournement direct: Projet DSO TSX: NML www.NMLiron.com Projet Taconite Nouvelles cibles d'exploration PORTFOLIO DÉVELOPPEMENT DU NORD EMPLOIS Le Nord va-t-il vider le Sud ?GUY PAQUIN COLL ABOR ATION SPÉCIALE Les besoins éventuels pour combler les emplois dans le Nord auront-ils un impact sur les entreprises du sud?Les salaires industriels payés au sud pourront-ils concurrencer ceux, très alléchants, payés au nord?L a Com m ission de la constr uc tion du Québec (CCQ) estime que l'emploi dans l'industrie de la construction passerait, dans les régions du Nord, de 23 000 postes en 2011 à 33 000 en 2015.Les régions ciblées sont le Saguenay-Lac-Saint-Jean, la Côte-Nord, l'Abitibi-Témiscamingue et la Baie-James.Six corps de métiers seront pr i nc ipa lement cou r t isé s , selon Louis Delagrave, économiste et directeur de la recherche économique à la CCQ.Les besoins en chaudronniers connaîtront une croissance d'environ 90%, alors que pour les monteurs de structures d'acier, ce sera de 75%.Les serruriers, ferrailleurs, soudeurs et grutiers verront aussi la demande pour leur service augmenter de 62 % à 72 %.pour l'ensemble du Québec, avec un besoin à combler de 21 000 travailleurs en 2020.Or, la croissance moyenne pour l'ensemble des métiers et occupations de la construction au Nord sera de 45 %.Selon Jean-Philippe Cliche, économiste à l'ACQ, il faudra recruter ces travailleurs hors du secteur de la construction.Les entreprises devront donc entrer en compétition avec le secteur industriel et c'est là que le Nord pourrait avoir un avantage sérieux, avec ses salaires supérieurs.Les intervenants du milieu sont déjà au travail pour trouver une façon de pallier la demande éventuelle.« La première réponse c'est de renforcer la formation professionnelle dans les quatre régions du nord mentionnées précédemment, dit Louis Delagrave.On visera prioritairement les six métiers où la pression devrait être la plus forte.« Ensuite, la main-d'oeuvre autochtone pourrait être davantage mise à contribution.Elle constitue aujourd'hui une faible minorité du contingent de travailleurs de la construction au nord, soit à peine 3 % du total.La formation devra être adaptée aux bases scolaires des travailleurs autochtones.» Au final M.Delagrave ne prévoit pas de pénurie grave au sud dans les prochaines années.Que faire ?La croissance moyenne des métiers de la construction au Nord sera de 45 %, dans les prochaines années.PHOTO FRANÇOIS ROY, ARCHIVES LA PRESSE « L a de m a nde p ou r c e s travailleu rs pratiqua nt ces m é t ie r s a u g m e n t e r a d 'a u moi n s 6 0 % ent re 2 01 2 e t 2 01 5 d a n s l e s q u a t r e régions du Nord », esti me M.Delagrave.E n 2 011, déjà 3 0 % des t rava i l leu rs des c ha ntiers de ces régions provenaient d'ailleu rs.« Da ns les prochaines a nnées, cette prop or t ion p ou r r a it g r i m per à 5 0 % de trava illeu rs provenant du Sud », reconnaît M.Delagrave.D'après une estimation de l'Association de la construction du Québec (ACQ), il pourrait de plus y avoir une pénurie de travailleurs de la construction HAUSSE DU COÛT DE LA VIE La faute au boom IRIS GAGNON-PAR ADIS COLL ABOR ATION SPÉCIALE L'arrivée massive de travailleurs dans les villes touchées par un boom minier cause une pénurie de logements qui engendre, elle, une hausse du coût de la vie.Depuis plusieurs années, Gérard Duhaime, sociologue et professeur à l'Université Laval, s'intéresse de près à la hausse du coût de la vie dans certaines zones du Nord québécois.«La hausse du coût de la vie n'est pas répartie également dans tout le territoire du développement du Nord, affirme-t-il.Dans les villes et villages où il y a une activité intense reliée au boom minier, il y a des hausses de prix causées par des pénuries et par la concurrence», observe-t-il.Selon lui, le Plan Nord n'a rien à voir avec cette situation.« Le boom minier est arrivé avant cette propagande politique qu'est le Plan Nord.Mais aujourd'hui, il y a une confusion qui s'est installée, alors qu'on prend l'effet pour la cause.» En 2011 seulement, l'industrie minière a fracassé les records en investissant 3,9 milliards de dollars au Québec.Une hausse de 35 % pa r rapport à 2 010 , selon l'Institut de la statistique du Québec.Parmi ces investissements, la Côte-Nord en a recueilli 36,2 % et le Nord-duQuébec, 33,5 %.coûts de la main-d'oeuvre et de l'accès à l'habitation ont eu un effet d'inflation.C'est une roue qui tourne».À la Baie-James, le maire de la ville de Matagami, René Dubé, constate également une hausse du prix des maisons qui se vendent de 90 000 $ à 100 000 $ à l'heure actuelle.Mais, assure qu'il n'y a pas eu « d'exagération », même si la ville profite d'une pleine occupation de ses espaces d'habitation.« Nous avons été dans un creux de vague les dernières 25 années, après la fermeture de la mine Noranda.Le développement de nouvelles mines dont une mine d'or qui devrait entrer en exploitation en 2013 a eu un effet cer ta i n su r la dema nde », relate-t-il.Autrement, le coût de la vie n'a pas augmenté, selon M.Dubé.Il n'y a que l'essence qui se détaille trois cents plus cher qu'à Amos, située à 182 km.À Ba ie- Comeau , qui est moins touchée par le boom minier, le coût des maisons et de la vie sont restés stables, tandis qu'on n'enregistre pas de pénurie de logements et de main-d'oeuvre, nous assuret- o n à D évelo pp e me n t e t Innovation Manicouagan.Ce boom, s'il fait augmenter les prix et ajoute de la pression sur la construction résidentielle souvent assurée par les sociétés minières el le s - même s , com me à la Baie-James, où la compagnie Xstrata a fait construire récemment huit maisons a aussi un Des salaires plus élevés bon côté pour les travailleurs : l'augmentation des salaires dans plusieurs secteurs de l'économie.À Sept-Îles, la pénurie de main-d'oeuvre fait en sorte que « le salaire minimum n'existe presque plus », affirme Russel Tremblay, de Développement économ ique Sept-Î les .Au McDonald's, par exemple, le salaire commence à 12,50 $ l'heure.Même constat à la Baie-James et à Havre-SaintPierre, où le manque de maind'oeuvre dans le secteur des services se fait sentir, alors que plusieurs se voient offrir des emplois alléchants dans le secteur minier.L'AVENIR EST EN CHACUN DE NOUS.ENSEMBLE, NOUS CONTRIBUONS À LA CROISSANCE Cliffs Natural Resources est une société d'exploitation minière et de ressources naturelles internationale, un important producteur mondial de minerai de fer et un important producteur de charbon métallurgique.La stratégie de Cliffs consiste à accroître continuellement son expansion et sa diversification dans le secteur minier, et ce, en concentrant ses activités sur les marchés de l'acier, qui connaissent actuellement un essor fulgurant.Axés sur des valeurs fondamentales d'ordre social et environnemental, et de gestion saine des actifs, tous les collaborateurs de Cliffs à l'échelle internationale assurent la transparence envers l'ensemble des parties prenantes.Si les effets de ce boom sont bien visibles à Sept-Îles (voir autre texte en page 6), ils se font aussi sentir d'Havre-StPierre à la Baie-James.En Minganie, des projets miniers comme TIO 2050 de Rio Tinto et le projet hydroélectrique de la rivière Romaine ont créé une pénurie de logements et de main-d'oeuvre.«Le marché de l'habitation est très affecté par une croissance démographie rapide, constate Jonathan Turbis, analyste financier pour le CL D de Minganie.Cette pression conduit inévitablement à une augmentation importante des coûts.L'effet de la hausse des D'Havre-Saint-Pierre à la Baie-James cliffsnaturalresources.com \f "]
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