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Titre :
Le bulletin des agriculteurs /
Revue qui traite principalement de l'actualité et de l'évolution des marchés et des techniques agricoles. [...]
Publié à Montréal dès février 1916 sous le nom de Bulletin de la Société coopérative agricole des fromagers du Québec, Le Bulletin des agriculteurs est d'abord un hebdomadaire, puis un mensuel à partir de l'automne 1938. Lancée par la Société pour informer les producteurs des prix de leurs produits sur les marchés, la publication se vouera toujours à l'amélioration des techniques agricoles et de la qualité des produits.

Le Bulletin des agriculteurs prend un nouvel élan en 1921 alors que son directeur, Auguste Trudel, y attire l'agronome Joseph-Noé Ponton, des Fermiers-Unis du Québec, qui élargit la couverture de la revue pour atteindre un plus grand nombre de producteurs agricoles qui se mobilisent. La Coopérative fédérée et l'Union catholique des cultivateurs sont mises sur pied à cette époque.

Le Bulletin traite essentiellement de questions agricoles jusqu'en 1935, année où il devient un magazine familial en allouant un espace considérable aux pages féminines et aux loisirs. Les réclames publicitaires et les illustrations y sont de plus en plus nombreuses; la publicité occupera jusqu'à 56 % de l'espace rédactionnel dans les années 1960. La machinerie agricole compte pour une grande part de l'espace publicitaire, qu'elle partage avec d'autres produits, dont la motoneige.

Les pages principales du périodique sont consacrées à la présentation de l'évolution des techniques propres aux différents élevages et cultures. Comme couverture de l'environnement économique, la revue propose des profils industriels et diffuse les prix en gros en vigueur sur le marché de Montréal. Des articles sur la médecine vétérinaire, une chronique juridique et des pronostics climatiques peuvent aussi agrémenter ses pages. De 1940 à 1945, Gabrielle Roy y publie ses premiers reportages alors qu'elle sillonne les différentes régions du Québec.

L'économie domestique fait son entrée au Bulletin en 1938 avec l'arrivée de la journaliste Jeanne Grisé-Allard (pseudonyme : Alice Ber), qui sera responsable des pages féminines pendant plusieurs décennies. Elle aura le souci de teinter de modernité les articles voués à la gestion ménagère en ajoutant les dernières tendances et les innovations technologiques à la transmission du savoir-faire traditionnel canadien-français. Les femmes y trouvent des articles sur la mode et la couture ainsi que sur l'aménagement de la maison, ainsi que des recettes de cuisine accordées aux saisons. La revue présente des patrons de couture qui peuvent être commandés par la poste.

Le Bulletin des agriculteurs publie des textes de fiction de nombreux collaborateurs, dont Yves Thériault et Claude-Henri Grignon. On y trouve aussi régulièrement des bandes dessinées. Albert Chartier, auteur d'Onésime (1943-2002) et de Séraphin (1951-1970), y laisse sa marque pendant plusieurs décennies.

Le Bulletin des agriculteurs est toujours aujourd'hui un magazine à l'affût de l'actualité agricole, alors que le combat politique est plutôt mené par le journal La Terre de chez nous, organe de l'Union des producteurs agricoles.

Le tirage de la revue est passé de 2000 en 1916 à 8000 en 1918, à 13 000 en 1929, à 63 000 en 1939, à 145 000 en 1948, à 124 000 en 1975, puis à 12 000 en 2012.

BEAULIEU, André, et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1982, tome V, p. 170-174.

LANTEIGNE, Josette, « Le Bulletin des agriculteurs - Les deux visages du Bulletin des agriculteurs », L'Agora, vol. 8, no 4, septembre-octobre 2001, p. 28.

MATHIEU, Jocelyne, « Le Bulletin des agriculteurs » - pour vous mesdames - l'empreinte d'Alice Ber (1938-1979) », Les Cahiers des dix, no 60, 2006, p. 277-292.

Éditeur :
  • Montréal :la Société [puis] la Compagnie de publicité rurale [puis] Compagnie de publication rurale,1918-
Contenu spécifique :
vendredi 31 décembre 1920
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Bulletin de la Société coopérative agricole des fromagers de Québec
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Références

Le bulletin des agriculteurs /, 1920-12, Collections de BAnQ.

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EI a a B ¦ D ¦ D ?¦ D B B B ¦ ¦ B ¦ a a b u B H B B nam n ¦ ¦ ¦ ¦ a ?:i :.i : v\ :; B a I C * QL ] Souhaite à tous ses clients un joyeux Noël et prospérité pour Tannée 1921 B B B B B S TNE bonne résolution à prendre pour l'année 1921 serait d'acheter un Séparateur dont vous n'avez pas à ^ compter les tours pour ne pas perdre de crème si vous ne tournez pas à la vitesse spécifiée.Rappelez-vous que le "Séparateur Sharpies" écréme proprement à différentes vitesses sans changer l'épaisseur de la crème et le huilage ne se fait qu'une fois par mois et pas de petits plats à laver.Le "Séparateur Sharpies" est le premier séparateur qui ait été fabriqué sur le Continent Américain et notre garantie est assurée par un capital d'au-dessus d'un million.Nous avons besoin de bons agents sur des territoires où nous ne sommes pas encore représentés et nous serions bien contents si vous nous écriviez pour nous demander notre catalogue.B B B B Lïù S SEP.ompany 3U, rue Notre-Dame Ouest, MONTREAL, Que.Burenu Chef: TORONTO, Ont.Succursale: REGINA, Sask.orn Comte ENVOYEZ-NOUS VOTRE CATALOGUE Bureau de Poste Province.BBBBBBBBBBBBBBaBBBBBBBBBBB HBBBBBBBBB 31 DECEMBRE 1920 LE BULLETIN DES AGRICULTEURS Messieurs les Cultivateurs! Pourquoi ne profi-teriez-vous pas d'une partie de l'espace que le "Bulletin" consacre à l'annonce ?Les maisons de commerce, même de petite envergure, n'hésitent pas à débourser des sommes assez rondes pour faire connaître leurs produits par le moyen de la publicité.Nous vous engageons donc à essayer au moins nos petites annonces pour vous convaincre de l'efficacité de la publicité par le BULLETIN DES AGRICULTEURS Vuufl avez tout Intérêt à faire venir vos fournitures1 de bureuu de chez Joseph Fortier, Limitée FABRICANTS-PAPETIERS ET NEGOCIANTS Atelier de relieure, typoitraphie, gaufrage et relief.Papeterie mercantile.Exportation et Importation.Livre de comptabilité à feuillets mobiles.Agents du célèbre appareil "Mitucocjaphc." Un esaai vous convaincra—Ecrivez ou vener à 210, rue Notre-Dame Ouest, coin St-Picrre Téléphone Main 444 et 445, MONTREAL VIENT DE PARAITRE Crochet - Dentelle EN FRANÇAIS 3Dmc cl -iwne Album Patrons d'empiècement (yoke) Dentelle, Bonnet de Boudoir, etc., facile à copier 20 c[s chaque Album par la poste "GORCY" 386 Stc-Catherinc Est Dept.D MONTREAL.Si les cultivateur! progressifs Braiment digna de ce nom tendent tous leurs produit! en coopération, cat qu'ils obtiennent, par ce procédé, le maximum de ce que ces produit! lonl susceptible! de leur rapporter.Qu'attendent donc les autres culticaleurs pour en faire autant ?Le Bulletin des Agriculteurs ¦ Journal hebdomadaire publié par la COOPERATIVE CENTRALE DES AGRICULTEURS DE QUEBEC Direction et administration : 63 RUE WILLIAM, - MONTREAL.Rédacteur: J.N.PONTON, B.A.B.S.A.TELEPHONE : MAIN 2G51.ABONNEMENT Canada, excepte Montréal : Montréal et pays étrangers : $2.00 par année ; $3.00 " " Abonnement payable d'avance.TARIF DES ANNONCES Petites annonces : 25 mots, 50 cents pour chaque insertion : 2 cents par mot additionnel.Minimum, 50 cents par annonce.Grandes annonces: Demandez conditions au gérant de publicité.Toute annonce est sujette à l'approbation du Directeur.La copie doit être fournie au moins 10 jours avant la date de publication.Ce journal est imprimé par l'Af.enee Canadienne de Puhticiti Limitée au Xo i'S4 Ouest rue Lagauchttitrg, à Monttéal.COOPERATIVE CENTRALE des AGRICULTEURS de QUEBEC Autrefois La Société Coopérative Agricole des FromnKers de Québec La plus ancienne et la plus puissante des coopératives agricoles de la province Représente ses membres sur les grands marchés de production et de consommation; S'efforce de supprimer les intermédiaires inutiles dans le commerce des produits de la ferme et des articles nécessaires a la production agricole, par l'achat et la vente directement effectués.NOMBRE DE MEMBRES: 9000 Chiffre d'affaires depuis sa fondation, en 1910, - S30.000.000.00 Chiffre d'affaires en 1919:.$8,250,000.00 Capital souscrit et réserve:- .$250,000.00 Succursales Centres de production Centres de consommation Princcvillc, comté d'Arthabaska; St-Valier, comté de Bcllechassc; Hvbcrivillc, comté Lac St-Jcan; Bcuuccrillc, Comté de I3eauce; Montréal, 57-63 rue William; Québec.30-34 Place Marché Champlain; Trois-Rivières, 29 rue du Platon; Prac'uits Spécialités .Divers (Deuil et Groi) Commerce local et d'exportation, Beurre, I ventes aux enchères au " Board fromage of Trade" de Montréal, les hindi et mercredi.Oeufs — Commerce de gros et de détail.d.ASerie f Montrcal Stock Yard8' Pointc St-vivants 1 Charles, Montréal.Févcs et pois, sirop et sucre d'érable, saindoux, lard salé, veaux de lait, volailles abattues' et vivantes, laine et peaux.AUG.TRUDEL, gérant-général.BUREAUX ET ENTREPOTS: 57-63 RUE WILLIAM, MONTREAL, QUE.m- IfTi INTERNATIONAL, STOCK TONIC jf ration* pour un $ou Vos chevaux, vos vk'cïic» ou voa ¦SOchoni rit» «onlTriront un» d'etro •L-tablci du mummer d'c-ercicc, «1 \;iu» lc« nourrisses avec ce, fumeux idltpent.Sonna digestion, pureté du anni?cl t'nntô df l'ortïantaraa tntït i\ en, ¦cro.it.1 ti consequence.Si vou> m/ex du bétail en mtiiivn.ta état «•> «f> w «s« «s» v«« v«> «s» «S» «S> «s« *•> 17» jg» vri i?£ I?i & iîi Si Si- Si- Si Si- Si Si v.3* M< M> Mi w M< M« Mi Mi M« Mi M« M< M» Mi M< M« M< M» M< M< *H M< M< M< m m» m< m* m< m< m< m< m« m» Mi H> M* > Mt M< M< M* # M< Mi M* M< M< M« M« M« M< M» M« M» »yi >W M« .M» M« M< Mi , , ' ««¦» w w w >î> Coopérateurs, D SOYONS DE CHEZ NOUS! nun E même que la coopération a pour but de protéger les intérêts de la classe agricole, de même l'industrie nationale a pour but de sauvegarder les intérêts de notre pays V 7— «HP Il appartient surtout aux coopérateurs d'être de chez nous, c'est-à-dire de ne jamais acheter des produits de l'étranger quanJ ces mêmes produits se trouvent chez nous au même prix et avec la même qualité.En exportant volontairement notre grande force, le capital, nous affaiblissons nos propres foyers.Il est donc dans votre intérêt de préférer les produits de "La Machine Agricole Nationale, Limitée, de Montmagny, à tous les produits du dehors.Spécialités: Tous les instruments aratoires, les outils d'exploitation forestière, les moteurs à gazoline, fonte grise et fonte malléable, acier, cuivre et aluminium, acier laminé en barres, angles et sections etc., etc.emandez tout de suite les instruments suivants portent la MARQUE NATIONALE : qui LES CHARRUES, LES HERSES, LES ROULEAUX, LES SEMOIRS, LES FAUCHEUSES, LES RATEAUX A CHEVAL, LES FOURCHES A FOIN, LES ARRACHE-PATATES, LES MACHINES A BATTRE, LES MOTEURS A GAZOLINE, LES BANCS DE SCIE, LES HACHES, HERMINETTES, PIQUES, "CANT HOOKS" ET AUTRES OUTILS A MAIN.Voyez notre agent, dans votre paroisse, ou écrivez-nous.La Machine Agricole Nationale, LïïUÉ MONTMAGNY, QUE.Vue partielle des usines de La Machine Agricole Nationale, Limitée.m m m m «M m if m >M M* m *® )tre vie qui se gaspille ainsi dans cet •e des ruraux.Il est donc temps de énergiquement.I.'équilibre est rompu Après environ trois siècles dc victoires, les ruraux qui, depuis quarante ans, augmentent plus lentement, subissent en 1915 leur première défaite.Qui pourra prédire toutes les conséquences graves que cette défaite aura sur l'avenir de notre pays ?Rappelons-nous que nous sommes par vocation un peuple agricole et que notre force dc résistance et d'expansion a été et sera toujours dans le développement dc la colonisation et de l'agriculture.La déroute dans les rangs des défenseurs du sol devient de plus en plus générale.Jeunes campagnards et vieilles familles de terriens se précipitent vers les grandes et petites villes, fascinés par les appâts trompeurs des gros salaires, de la vie facile et des amusements modernes.Dans le seul comté de Portncuf, 250 terres sont à vendre.Ailleurs, la situation n'est guère plus rassurante.Un vent de folie passe sur nos campagnes qui, pourtant, depuis quelques années, jouissent d'une prospérité vraiment merveilleuse.Cultivateurs, songez-y, l'équilibre est rompu; la plus grande anxiété règne dans les centres populeux; le cl ômage s'annonce partout, demain l'ouvrier sera aux prises avec la famine; la misère noire visitera des milliers dc foyers.Un sage et patriotique conseil: Ne venez pas accentuer la crise.Restez chez-vous! C'est ainsi que vous sauverez dc nouveau le pays.Trop de consommateurs D'après une récente statistique, il y aurait dans notre province 60 p.c.de consommateurs et 40 p.c.dc producteurs.Ces deux chiffres indiquent la cause du mal dont nous souffrons.Avec nos prétendus progrès, nous bouleversons I ordre naturel établi par le Créateur.Si l'on avait voulu préparer de grandes et profondes perturbations sociales et économiques, organiser la famine et jeter notre peuple dans la mi- sère noire, il aurait été difficile de procéder autrement qu'on procède depuis quelques années.Tout a été mis a contribution, surtout la presse, pour augmenter le nombre des consommateurs des villes et ruiner la production du sol en enlevant systématiquement la main-d'œuvre nécessaire.Pour des fins de spéculation, l'intérêt national a été sacrifié aux intérêts des exploiteurs qui n'ont pas autre chose en vue que de faire fortune promptement.Cultivateurs qui avez la bonne fortune d'être dans les rangs des producteurs, vous qui êtes les dispensateurs des biens et des richesses du sol, ne désirez donc pas passer dans le camp de ces pauvres consommateurs dont la vie dépend de vos mains laborieuses.Ne venez pas dans les villes courir après la misère, la famine et les dettes.Manque dc producteurs Dans un pays bien gouverné, il ne devrait pas être permis, par exemple, aux industries de s'organiser et dc se développer aux dépens de la main-d'œuvre agricole.Iïn ces dernières années surtout, des milliers et des milliers dc producteurs ont déserté le sol et sont venus augmenter le nombre des consommateurs dans les grandes et petites villes.Il y a une grande distinction à faire entre les producteurs des choses nécessaires il la vie et d'intérêt public et ceux qui produisent des cl oses inutiles, des objets de luxe et de mode, des bagatelles.Dans nos villes, un trop grand nombre d'industries n'ont ainsi travaillé qu'à faire hausser le coût de la vie et à aggraver la pénible situation actuelle.Il est facile de comprendre que si l'on enlève systématiquement des bras aptes à la production des fruits de la terre pour les employer à produire et à vulgariser des objets dc luxe, le coût des choses nécessaires a la vie ne pourra guère qu'augmenter et augmenter toujours et considérablement.Et c'est ce qui s'est produit chez nous comme ailleurs.En général, on comprend parfaitement (pie les prétendus progrès et développements industriels et modernes, s'ils ne sont pas mieux ordonnés et disciplinés, conduiront le monde à la famine, mais, en pratique, on ne fait rien de sérieux pour faire disparaître la vraie cause du mal, on se contente dc chercher des palliatifs et des expédients pour amuser et endormir le peuple.C'est à ce tournant que nous sommes arrivés aujourd'hui.La solution Elle est très simple: provoquer une réaction, remettre la colonisation et l'agriculture à la mode.Entraver l'embauchage de la main-d'œuvre agricole.Exposer clairement a nos agriculteurs les illusions et la réalité de la vie des villes et leur faire comprendre qu'il est dc leur intérêt, dc leur devoir, de leur avenir, de rester fidèles a leur vocation agricole.En toute justice pour notre Gouvernement provincial, disons qu'il a été un des premiers à réagir, du moins partiellement, en se mettant à l'œuvre pour organiser fortement notre agriculture.Quant à notre colonisation, elle vera dc nouveau, croyons-nous, dc beaux jours.Tout le monde est appelé à faire sa part pour arracher notre pays à la grande crise qui le menace.Ceux qui savent cultiver la terre peuvent faire beaucoup.Qu'ils restent courageusement et fièrement à leur poste.Que ceux qui ont déserté s'empressent dc retourner à leur noble et fécond métier.Anciens laboureurs! Anciens semeurs! Anciens moissonneurs! vous ne pouvez pas sans émotion entendre l'appel de la terre désertée, vous ne pouvez pas voir d'un œil sec ces chers instruments aratoires abandonnés qui attendent vos bras1 La Ligue vous tend la main pour faire dc nouveau de vous un homme libre, utile et heureux.Le WADE Fait l'ouvrage de 10 hommes à un scieur Vous pouvez économiser dc l'argent et "en faire" au moyen de votre godandart "WADE", lequel scie dea billots de toute dimemion.Il débite de 25 & 40 cordes par jour, a un prix de revient dc 4 & fl sous la corde; il te déplace comme une brouette et peut être manipulé par une femme ou un garçonnet.11 comporte un moteur de A H.P.solide et sûr, et pas de pièces compliquées.Sciez votre bois et celui de vos amis et vous aurez tot fait de gagner le prix de votre "WADE".Cet instrument possède un grand nombre de caractéristiques exclusives, notamment un système de débrayage automatique de sûreté, une douille détachable pour la scie, un réservoir qui prévient tout surchauffage d'eau, un tuyau d'échappement où l'eau ne Vous poUTez transporter votre gèle pas et un huilrge nutomotioue.Il repose sur une Wade jusqu'à vos billots, corn- seule roue, ce qui en facilite le déplacement, mo tous le feriez d'une brouette.IL NE VOUS COUTE ABSOLUMENT RIEN de demander notre fascicule illustré nui vous renseignera parfaitement sur le "Wade" et vous indiquera comment épargner et faire de l'argent avec cette machine.Adressez-nous une carte aujourd'hui même.Vous vous devez de savoir tout ce qui se rapporte au ** Wade " à un scieur.Waller F.Tyler* de Preaton.Ont., écrit: " Nous a-vons eu te Wade 3 ans et ne saurions nous en dispenser pour le double de sa valeur." Pièces de rechange en stock 55 ANNEES DE RËPLTA1IGN RECOWMANLUN't Lb "WADE" en tout temps.Les cultivateurs les plus réputés dc cette province utilisent et recomman-dent les petites annonces du " BULLETIN DES AGRICULTEURS".Les petites annonces du "BULLE~ TIN DES AGRICULTEURS" rapportent cent fois plus quelles ne coûtent.Comité de Surveillance des Etalons Liste des endroits où les inspecteurs du Ministère iront du 12 au 28 janvier 1921 pour inspecter les étalons destinés à faire la monte en 1921.Date Endroit Hôtel Janvier 12—Chicoutimi.Hôtel Chicoutimi " 12—Jonquièrc." Jonquiôre 13—Hébertville Sta." Station " 14— Chambord Jet.Jusqu'au départ du train pour Robcrval, P.Q." 14—St-Félicien.Hôtel St-Félicicn M—Robcrval." Robcrval." 1S— Maricvillc." Bessette " 18—Granby." Granby ".1S—St-Césairc." Robidoux " 19—Sherbrooke.Magog House 19— Coaticook.Hôtel Coaticook " 20— Stanstcad.Stanstead Inn 20—Ayer's Cliff.NurCliff House " 21— East Angus.Hôtel Grand Central " 21— Magog." " " 22— ICnowlton.Lakcvicw Hotel 22— Waterloo.Canada Motel 25—St-Ours, Richelieu.Hôtel Mogé " 25—Sorel." Balmoral " 26— St-Victoirc.Hôtel " 26—St-Aimé.Hôtel " 27—St-Jcan, Iberville.Place du Marché " 28— Valcourt, SlicfTord.Valcourt Hotel " 2S— Windsor-Mills.Chateau Windsor Dc Heures 9 à 10 a.m.2 à 3 p.m.10 à 12 a.m.10 h 1 à 3à 9à 1 à 3à 9 a 1 a 10 à 2 à 9 à 3.30 à 4.10 à 2 à 9 à 2 à 9 à 2 à 2à 9à 2à rs.a.m.2 p.m.4 p.m.10 a.m.£ p.m-4 p.m.10 a.m.2 p.m.11 a.m.3 p.m.10 a.m.30 p.m.11 a.m.3 p.m.10 a.m.3 p.m.10 a.m.3 p.m.3 p.m.10 a.m.3 p.m.Veuillez faire connaître cet itinéraire à tous les propriétaires ou possesseurs d'étalons dans votre localité.Décembre 1920.OSCAR LESSARD, Secrétaire du Comité de Surveillance des étalons.Veuillez, s'il vous plaît, mentionner le "Bulletin des Agriculteurs" en cous adressant à nos annonceurs. 31 DECEMBRE 1920 LE BULLETIN DES AGRICULTEURS '.QE 7 LE BULLETIN DES AGRICUL DIRECTION ET ADMINISTRATION : 63, RUE WILLIAM MONTREAL LE JOURNAL INDISPENSABLE A TOUS LES FOYERS Le trait d'union entre le producteur et le consommateur TELEPHONE MAIN 2 6 5 1 VOLUME 5 MONTREAL, LE 31 DECEMBRE 1920 ! NUMERO 52 L'état d'esprit de la Coopérative C des Agriculteurs de Québec LE jour de l'an coïncide, cette année, avec une campagne de publicité sur la coopération comme il ne s'en est jamais encore vu dans la province de Québec.La nouvelle souscription au capital de la Coopérative Centrale des Agriculteurs de Québec a déclanché cette campagne de publicité.Un grand nombre de journaux disent beaucoup de bien de notre société; par contre un certain groupe manifeste des craintes et exprime des opinions qui, tout en étant sincères, nous voulons le croire, ne sont pas de nature à aider le mouvement coopératif.Il est donc, dans notre opinion, opportun de fixer l'esprit des cultivateurs et des journalistes sur nos dispositions afin d'éviter les pertes de temps et d'énergie qu'occasionnent toujours les erreurs de conception.L'on me permettra ici un léger reproche à certains critiques publics: celui de paraître méconnaître la valeur du travail honnêtement et loyalement accompli qui pourrait pourtant être avantageusement utilisé dans l'édification d'un organisme plus parfait.L'on a reproché à la Coopérative Centrale des Agriculteurs de Québec d'agir à la manière d'une compagnie commerciale au lieu d'une société coopérative.Ce reproche trop général, accompagné d'aucune suggestion, est-il vraiment de nature à aider la coopération ?A-t-on oublié que les causes mêmes qui ont donné lieu à la naissance de la Coopérative l'ont forcée à développer, en premier lieu, cet aspect de la coopération ?Voudrait-on soutenir que la Coopérative Centrale des Agriculteurs de Québec serait devenue aujourd'hui l'organisme puissant qu'elle est, si ses fondateurs et ses directeurs ne s'étaient pas appliqués à en assurer l'existence financière ?Quel est le censeur qui peut aujour-f "*Iiui s'excuser de n'avoir pas apporté son concours aux ouvriers de la 'première heure ou de n'avoir pas suggéré, en temps opportun, les modifications et l'application des principes qu'il pose maintenant.La Coopérative Centrale des Agriculteurs de Québec sait qu'elle n'est pas parfaite; mais entre son imperfection relative et ce que semblent en penser certains hommes publics il y a, croyons-nous, une grande marge.Dire que la Coopérative Centrale des Agriculteurs de Québec n'est pas une coopérative, c'est dire qu'elle a travaillé exclusivement pour elle à l'cncontre de tout principe coopératif, à l'encontre des intérêts de la classe agricole.Cette accusation que l'on porte à la fois contre toutes les organisations coopératives de la Province, contre le Comptoir Coopératif, contre la Confédération des Coopératives et contre tout ce qui a nom Coopérative Centrale, est aussi injuste qu'inopportune, attendu que ceux qui la profèrent ont jusqu'ici failli aux devoirs qu'ils s'imposaient à eux-mêmes de suggérer et de soumettre des plans pratiques pour donner à ces sociétés la constitution et les règlements qui, clans leur opinion, en feraient de véritables sociétés coopératives.En coopération comme en toute chose, il faut être praliquV pas exiger d'une société un travail qui requiert les efforts de tout le p La Coopérative Centrale des Agriculteurs de Québec a !< mè.d'avoir, dès longtemps, attiré l'attention du public sur la néc.certaines réformes qu'elle n'a cependant pas pu effectuer faute de ci ration de la part d'un nombre suffisant d'hommes d'esprit public < : coopératives existantes.Que l'on me permette de rappeler ici que la Coopérative Centrale depuis, longtemps exprimé l'opinion que la compétition en coopérait était désastreuse, que la répartition des profits devraie"*;,se faire " Pro rata " du chiffre d'affaires des sociétaires; que le.'neniL-.sociétés devraient prendre les risques et les chances de profits toutes les transactions qu'ils font faire par leur société.Sait-on le simple énoncé de ce dernier principe a failli créer toute une révolte lors de l'assemblée de la Société de l'Industrie Laitière, à Ste-Scholas-tique, durant la première semaine de décembre.A peine descendu de la tribune, les plus vieux de l'assemblée sont immédiatement venus nous dire que si nous appliquions ce principe, qui est pourtant un principe fondamental de coopération, nous compromettrions l'existence même de la Société.Sait-on que les efforts de la Coopérative Centrale pour effectuer le rapprochement des grandes coopératives de la Province ont suscité des colères et des reproches amères de la part de certaines sociétés ?Nous somrhes fiers de pouvoir affirmer que bien que Indirection de la Coopérative Centrale n'a pas pu apporter à la coopération dans la Province le perfectionnement qu'elle lui souhaite, bien peu nombreux sont ceux qui, après avoir compris les faiblesses de ce système, ont déployé de plus grands efforts pour le transformer.; déjà dit, la coopération est encore à son enfan-Québec; l'esprit public est-il prêt à accepter Comme nous l'avons l._ ce, dans la province de Québec; l'esprit pul toutes les réformes qui s'imposent?Nous en doutons; mais nous sommes convaincus qu'il serait facile de la préparer si ceux qui le commandent s'y donnaient avec ensemble.Nous désirons donc faire connaître clairement l'esprit qui anime la Coopérative Centrale des Agriculteurs de Québec et dire, sans arrière-pensée, qu'elle veut se conformer en tout aux principes fondamentaux de la coopération, qu'elle est prête à accepter toute réforme acceptable par le peuple ayant pour objet son perfectionnement.De plus, elle invite tous les " constructeurs " à lui prêter leurs précieux concours, car le travail isolé ou la critique seule ne pourraient vaincre les difficultés qui se présentent et conférer aux organisations coopératives de la province de Québec le degré de perfection que nous lui souhaitons.AUG.TRUDEL.SOMMAIRE Pages La Désertion du Sol.•! L'étnl d'esprit de la Coopérative Centrale des Agriculteurs de Québec.5 Le Bulletin a ses lecteurs.—Notre d i scours- prograinme.—Mise au point.6 Paces Coopération versus Exode rural.7-8 Avantages des magasins coopératifs.9 L'Unité dans la coopération.10-11-12 Les Caisses Desjardins.13 La vente coopérative des fruits.;.14-15 La coopération en Europe depuis un siècle.16 La coopération à travers l'Histoire.17 Corvées canadiennes.,.17 Le crédit agricole.____ 18 Organisations agraires des provinces de L'Ouest.Finance et Assurance.Sociétés coopératives de la province du Manitoba.La coopération en Ontario.Une chose a imiter dans la province de Québec.La compagnie coopérative de laiterie d'Ontario.Pages Pasea 19 26-27-28 20-2! , .27-28 Coopération chez les planteurs tic tabac.29 22 Nos magasins coopératifs.30 22 L'élevage du renard noir arsénié.32 Le marché.34 23 - 37 23 PAGE 4 / _/.' LE BULLETIN DES AGRICULTEURS 31 DECEMBRE 1920 ' ocxjooooooooooooooo/ —- OOOOOOOOOOOOOOOOOfi / ENTRE NOUS oooooooooooooooooo oooooooooooooooooo , LE BULLETIN A SES LECTEURS „ Le ?ulletin des Agriculteurs a voulu, à 1 occasion de sa visite du Jour de l'An, faire une toilette spéciale.Si ses trésors eussent été aussi grands que son coeur, il se serait montré plus généreux; niais à défaut de riches étrennes, qui peuvent du reste toujours s'acheter avec de l'or, V apporte à ses bienveillants lecteurs ses voeux sincères de bonheur, de santé, de prospérité et de longue vie.Il renouvelle son engagement de se consacrer entièrement à "l'avancement de la coopération et de l'agriculture." Comme toujours, il se laissera inspirer et guider par l'idéal qui dilate les yeux du corps et de '¦'ntclligence, élargit les horizons, fait couler s les veines la sève de l'énergie et de ">n féconde en produisant l'cnthousias-'-jmme toujours, il se tiendra un peu • &çf ses propres opinions afin de libre accès aux lumières émanant a as les sources extérieures.En tout p.out, comme toujours, il cultivera les 1 • de la sincérité, de la franchise et de yauté.Invariablement, il placera "la se avant l'homme" et le bien général ^n';'Celui de l'individu.W;s sont les sentiments qui l'animent et Jvoeux qu'il formule en venant donner à / àcun de ses lecteurs la chaude poignée de ain du Jour de l'An.(i .¦'¦ ic NOTR.~ DISCOURS-PROGRAMME Il nous plaît de reconnaître les progrès agricoles des dernières années.Cependant, l'agriculture n'a pas encore atteint son apogée.Une immense partie de ses vastes et fertiles domaines reste inexploitée ou imparfaitement cultivée.Il existe dans l'esprit du cultivateur un malaise apparent auquel les conditions économiques anormales de notre époque ne sont pas étrangères.L'agriculture étant la base de notre édifice national, elle doit être l'objet des soins attentifs de tous ceux qui pensent, de tous ceux qui enseignent, de tous ceux qui travaillent, de tous ceux qui commandent.Ceux qui pensent.Bien que l'agriculture dans ses sciences appliquées repose exclusivement sur l'analyse, elle n'exclut pas, dans son économie, la synthèse.Les penseurs lui doivent donc des réflexions et des veilles, car c'est à eux qu'incombe le devoir d'en étudier les côtés moraux et sociaux et d'indiquer sa place et ses fonctions dans la Société.Ceux qui enseignent.Les champs de l'agriculture sont illimités: les horizons de l'enseignement agricole doivent s'étendre aussi loin.Le perfectionnement de notre enseignement s'impose dans toutes ses sphères, mais plus particulièrement dans celle des sciences pures, de l'organisation agricole et de l'agriculture industrielle et commerciale.Les sciences agricoles sont constamment en enfantement: Une nation agricole qui s'immobiliserait dans le STATU QUO de la pratique courante, même la plus parfaite, serait vite distancée par celles qui ne se lassent pas d'étudier et de fouiller tous les mystères de la nature pour en dégager des lois nouvelles." Quant à l'organisation agricole, dans le sens qu'on lui donne ailleurs, c'est-à-dire basée sur un Secrétariat qui, à l'exemple de celui de la Société des paysans suisses établi, il y a déjà longtemps par l'école polytechnique de Zurich, poursuivrait les travaux de recherches, de compilation de statistiques précises et d'étude de la politique agricole nécessaires à l'orientation de l'agriculture, nous n'en avons pratiquement pas.Aussi, trop souvent, voyons-nous surgir des clans, sommes-nous en butte à des divergences d'opinion qui nullificnt les efforts et conséquemment retardent notre avancement.Ce manque de données précises, qui nous condamne à procéder par tâtonnement, est la cause principale des maux dont nous souffrons.' N'est-il pas à la base de jxode de la population raralc et de l'invasion de la campagne par les industries étrangères?Nous sommes un peuple d'agriculteurs habitant un pays essentiellement agricole.Jusqu'ici, nous avons extrait les produits du sol sans nous préoccuper de leur transformation.Cette transformation, qui nécessiterait l'industrialisation de l'agriculture ne nous permettrait-elle pas, cependant, de garder chez nous nos travailleurs et d'augmenter les revenus de nos fermes?L'Allemagne, entre autres, donne un exemple frappant des possibilités de l'agriculture industrielle.De pair avec l'enseignement de l'agriculture industrielle devrait marcher l'enseignement du commerce agricole.La science du commerce agricole est sans contredit celle qui a été la plus négligée dans toutes les institutions du pays.Ce n'est que récemment que nos maisons d'enseignement se sont portées à l'attaque du problème de l'écoulement des produits: jusqu'ici elles s'étaient occupées presque exclusivement d'enseigner à produire, laissant à des initiatives privées le soin de trouver des débouchés pour les produits.Le développement de cet article de nos programmes d'enseignement ne devrait plus subir de retard.Ceux qui travaillent.L'expérience de tous les jours nous met sous les yeux certains faits desquels, comme travailleurs, nous pouvons tirer parti.Le travailleur qui se laisse guider par ses instincts, qui ne raisonne pas son travail, qui ne consulte pas le passé ou méprise les renseignements extérieurs se place clans des conditions désavantageuses.La somme de travail qu'il donne n'est pas l'unique mesure de ses revenus: son talent administratif vaut autant et peut-être plus que sa force physique.Ainsi nous tenons pour certain que le drainage au moins superficiel et le travail du sol, c'est-à-dire l'émiettement, la pulvérisation de la terre en vue de dé-torscr de la réchauffer, de l'aérer et de faciliter la circulation de l'eau dans sa masse, sont essentielles à la production de récoltes abondantes; l'on sait que la sélection, le nettoyage des semences augmente considérablement le rendement et la valeur des récoltes; l'on n'ignore pas que le bétail de qualité inférieure ruine un propriétaire, que l'amélioration des troupeaux nécessite l'emploi de bons reproducteurs et l'exercice d'un contrôle parfait de la production; l'on admet que l'hygiène des étables, le choix de récoltes appropriées pour les besoins du cheptel, la comptabilité, la distribution du travail durant l'année, le soin et le choix des machines, l'amélioration des conditions de vie de la famille, l'association aux organisations paroissiales, l'utilisation des sociétés coopéra- tives, la lecture et l'instruction sont autant de facteurs de prospérité et de bonheur.Cependant, il se trouve encore des travailleurs qui s'isolent et qui s'étiolent à l'ombre de leurs préjugés et de leurs opinions préconçues sans utiliser ces connaissances qu'ils possèdent déjà.Et enfin, ceux qui commandent.Les gouvernements doivent des attentions toutes particulières à l'agriculture.Leur raison d'être est la protection et la direction du peuple.Ils doivent, en tout premier lieu, travailler à assurer sa subsistance.L'agriculture nourrit le monde.Le peuple vivra bien si l'agriculture est prospère.Pour rendre l'agriculture prospère, il faut savoir prévoir ses besoins afin de pouvoir y répondre en temps opportun.La prévision implique, la nécessité de la connaissance de la chose à prévoir; les gouvernements doivent donc compter parmi leurs membres des hommes de métier qui puissent les diriger sûrement dans l'élaboration de leur politique agricole.La haute administration de toutes les institutions agricoles appartient aux gouvernements.Aujourd'hui plus que jamais, ils devront se montrer généreux, travailleurs et soigneux, parce que l'agriculture souffre dans presque tous ses membres et parce que de sa santé dépend celle du peuple.Tels sont, en résumé, les différents articles du programme que le Bulletin des Agriculteurs étudiera durant l'exercice 1920-1921.Il compte, pour ce travail, sur le concours et la bienveillance de tous les intéressés et particulièrement de ses fidèles lecteurs.COOPERATION Nous désirons remercier tous nos collaborateurs à notre numéro spécial sur la coopération et en particulier MM.Létourneau et Bertrand qui nous ont permis de publier les conférences qu'ils ont données à Montréal, le 21 décembre.Nous désirons aussi attirer l'attention de nos lecteurs sur le plan que nous devons aux talents et au dévouement de M.Bertrand, d'un organisme coopératif pour la province de Québec.Ce plan constituera pour ceux qui s'occupent d'organisation sociale un magnifique sujet d'étude.MISE AU POINT Le Québec Agricole du 15 déc, commet une grave erreur en disant que l'article publié par la Rente a été inspiré par la Coopérative Centrale.Nous ne nous attarderons pas à relever tous ses avancés gratuits.Nous voulons nous en tenir à l'habitude dont nous ne nous sommes jamais départis d'opposer aux menées des détracteurs le silence et le travail.Du reste, nos amis du dehors se chargent de notre défense comme la chose est arrivée dans le cas de la circulaire injurieuse lancée contre nous, la semaine dernière.Nous remercions ceux-ci et pardonnons ceux-là.J.N.PONTON 31 DECEMBRE 1920 \ LE BULLETIN DES AGRICULTEURS _ "\GE 7 Coopération versus Exode Rural par FI RM IN LETOURNEAU, B.S.A., professeur à l'Institut Agricole d'Oka Conférence donnée à la salle St-Sulpice, Montréal, le 21 dêc.Si j'annonce le sujet de cette conférence: COOPERATION versus EXODE RURAL, dans la forme usitée au Palais pour distinguer un demandeur d'un défendeur, n'allez pas croire que je veuille usurper le titre d'avocat pour étaler avec plus de liberté devant vous les innombrables bienfaits de ma cliente: la COOPERATION, cette grande vertu économique des temps modernes, et faire ressortir le sombre tableau des perspectives de plus en plus alarmantes que l'EXODE RURAL dessine un peu partout dans sa course vagabonde à travers - la province.En cette circonstance surtout, ce serait peine inutile, puisque, parfaitement renseigné sur le mérite de l'une et le démérite de l'autre, le tribunal auquel j'ai l'honneur de m'adresser ne siège ici, ce soir, que pour aviser aux moyens les plus propres à enrayer le courant d'émigration vers les villes, qui dépeuple nos campagnes, décime la population agricole, épuise la principale force de la nation.En proposant l'esprit d'association, de coopération, comme antidote à l'exode rural, je veux simplement entrer dans l'idée de l'Iion.ministre de l'Agriculture qui, à l'Exposition de Sherbrooke, l'automne dernier, disait " qu'il était urgent " de faire promptement quelque chose pour • " résoudre le problème de la main-d'œvre " agricole, et surtout, pour garder notre " jeunesse à l'œuvre par excellence de " l'agriculture." Le travail que je viens vous offrir est asurément bien peu de chose; il ne peut guère témoigner que de ma bonne volonté.C'est, à vrai dire, une simple entrée en matière, l'exposé d'une question que de plus expérimentés que moi peuvent seuls traiter avec maîtrise.Sans autre préambule, je pose les trois questions suivantes: 1—A quelles causes faut-il attribuer l'exode rural ?2 — L'esprit d'association, de coopération est-il propre à raviver l'attachement au sol ?3 — Quels sont nos moyens actuels d'association et de coopération ?A quelles causes faut-il attribuer l'exode rural ?Messieurs, je me rends bien compte que j'attaque ici une des questions économiques les plus complexes, un de ces problèmes dont la solution dépend de mille et une circonstances qu'il serait trop long d'énumérer, mais dont je voudrais cependant donner une idée générale, en me basant sur des auteurs comme J ouzicr et Warren, dont l'autorité sur cette matière est incontestable.L'accroissement des villes aux dépens des campagnes est un fait très général et tout particulièrement marqué à notre époque.Le déplorer est sans doute à l'ordre du jour; mais il importe bien autrement d'en rechercher les causes dont la connaissance est de nature à nous éclairer sur les conséquences économiques du mouvement et peut-être sur ses tendances possibles à se ralentir ou à s'accentuer.Pour plus de clarté, nousdistinguerons deux sortes de causes: 1.Les causes normales ou naturelles; 2.Les causes accidentelles.Causes normales: D'après J ouzier, une des causes normales de l'émigration des campagnes vers les villes est le progrès.Le progrès entraîne le développement de l'industrie manufacturière, du commerce, du mouvement intellectuel, auxquels l'agglomération des habitants est favorable.Comme l'industrie manufacturière s'organise plus avantageusement dans les villes que dans les campagnes, il en résulte tout naturellement un appel de celles-ci vers celles-là.Le progrès, dans un sens analogue, s'est également produit en agriculture, c'est-à-dire que la substitution des machines agricoles à la main-d'œuvre a éliminé une M.F.LETOURNEA U, B.S.A., Professeur à l'Institut Agricole d'Oka.forte partie des travailleurs ruraux, qui ont dû chercher ailleurs d'autres moyens d'existence.Ce sont des causes naturelles permanentes dont on ne saurait vraiment éviter les conséquences, qui d'ailleurs ne peuvent brusquement rompre l'équilibre nécessaire entre la population des campagnes et celle des villes.Causes accidentelles: Mais, sous l'influence de causes accidentelles, le mouvement d'émigration peut se précipiter et l'équilibre se trouver rompu.Ces causes sont nombreuses.Mentionnons les principales.Le développement phénoménal qu'a pris la grande industrie dans la dernière partie du 19e siècle est assurément la plus importante de ces causes." En moins de 50 ans, écrit J ulcs Mé-lincs, elle a grandi comme un arbre géant qui absorbe toute la sève du sol et elle a attiré à elle toutes les forces vives, toutes les intelligences et toutes les énergies." C'est à cette même cause que la " Rente " faisait allusion lorsqu'elle écrivait, il y a quelques mois: " Quelque rémunératrice que soit l'agriculture, il est bien clair qu'elle n'aura pas d'attraits pour la jeunesse si celle-ci f>cut gagner autant ailleurs en travaillant a moitié moins." Et l'on peut se demander comment l'industrie peut payer deux fois plus que l'agriculture, et ce malgré un travail moitié moindre?La cause ne la trouvons-nous pas dans le fait que les produits de l'industrie sont généralement sur-estimés et leur valeur surfaite.La marge entre le coût et la matière première et le prix de vente des produits qui en découlent est considérable, ce qui permet aux industriels de payer des salaires plus élevés pour un travail moins long que le travail agricole.Et puis les banques, les capitalistes soutiennent de préférence les industriels, tout en leur chargeant 8, 10 pour cent et même plus quand ils ne partagent pas dans les profits.Tout ceci est libre sans doute, mais l'agriculture en souffre." Cette cause, écrit encore la " Rente," la législation tend à l'aggraver qui ne tient pas compte de ce que l'agriculture est elle aussi une industrie, et à l'heure actuelle la plus essentielle, la plus vitale de toutes nos industries.Pour la faire disparaître, ce ne serait pas trop d'un grand mouvement d'opinion agraire qui exercerait son action sur toute législation d'ordre économique: douanière, bancaire, etc." Les causes les plus actives après celle-là sont le manque de récréation à la campagne et l'instruction mal comprise.Le caractère de l'enseignement primaire rural a été, à venir jusqu'à ces dernières années, aussi mal compris que possible.On aurait voulu dégoûter l'enfant de l'agriculture en fatiguant son petit cerveau de notions arides autant qu'indigestes qu'on n'aurait pas procédé autrement.Soyons reconnaissants à Mgr Ross d'avoir jeté le cri d'alarme, d'avoir remanié le programme de nos écoles primaires, d'avoir créé l'école complémentaire, qui ne doit pas être régionale, mais paroissiale, où l'enseignement de l'agriculture occupe une large place.N'allons pas, cependant, nous borner à la propagation pratique des meilleures méthodes de culture." La science agronomique, écrit M.Jules Mélincs, ancien ministre de l'Agriculture, en France, est en perpétuel enfantement et le progrès d'aujourd'hui peut être détrôné par le progrès de demain.Une nation qui s'immobiliserait dans le statu quo de la pratique courante même la plus parfaite serait vite distancée par celles qui ne se lassent pas de fouiller tous les mystères de la nature pour en dégager des lois nouvelles." " L'agriculture, écrit de son côté, le professeur H.-M.Nagant, d'Oka, tout en étant en elle-même la plus grande industrie du monde, est celle qui a le moins dé cohésion.Son enseignement comme la sève ou le sang dans un organisme doit pouvoir atteindre chacun des innombrables chefs d'exploitation éparpillés par tout le pays comme les cellules dans l'organisme.Il doit donc partir d'un organe central comme le sang du cretir, puis, par une série de modifications et d'adaptations en cours de route, être diffusé à travers les masses profondes des exploitants du sol, par tout le réseau des canalisations secondaires, qui en mettra les principes à la portée de tous.- tel organe central, c'est l'enseignement supérieur de l'agriculture, source des progrès agricoles d'un pays." Enfin, si l'on veut enrayer l'exode rural, organisons notre agriculture.J'appuierai un peu plus sut ce point essentiel de l'organisât in • puisque c'est particulièrement à sou suji i que nous sommes réunis ce soir.Je pose donc la deux ème question: L'esprit d'association et de "onpérntio.est-il propre à raviver l'ntti 'ici> 'j-''/ & la culture du sol ?1 Poser la question, c'est la résoudre .!a'j*/ l'affirmative.Il est bien certain nu'{// vue du résultat en perspective, ce ne sci/ pas assez, ce serait presque du ti m, perdu, de travailler à l'éducation i .fessionnelle de nos agriculteurs, et de l faire voir les avantages précieux s Çl méthodes de culture améliorée, si nous m-'* leur procurons pas les moyens pratiques 1 les plus sûrs, les plus à leur portée pour, appliquer ces méthodes.De plus, il ne s'agit pas seulement de produire; api et, avoir produit, il faut pouvoir transformer Ayant de vendre, et il faut vendre dans les conditions les plus avantageuses du marché Suit local, soit étranger.Est-ce l'individualisme étroit, excluait, toute expansion, qui va faire face à une situation aussi complexe, aussi délicate?L'expérience de tous les pays établit que l'agriculteur isolé, abandonné à lui-même, est incapable, surtout s'il ne dispose pas de grands'capitaux, de diriger, à lui seul, les multiples opérations difficiles et compliquées que nécessite l'écoulement avantageux de ses produits.L'agriculture, vient de nous dire Monsieur Nagant, est la plus grande industrie du monde; il faut donc qu'elle s'organise industriellement.L'organisation, ici, c'est l'association, l'association sous sa forme la plus ample, la plus féconde: la coopération, qui peut, par la fusion de toutes les forces, permettre au cultivateur de tirer de sa terre, avec le maximum de produits, le maximum de bénéfices.On ne peut le nier, le grand mouvement industriel moderne, basé sur le progrès de la science et l'adaptation de celle-ci aux besoins humains, a fait naître la nécessité de l'association, de la coopération, dont l'agriculture, plus encore que toutes les autres industries, a besoin pour atteindre sa fin qui est de nourrir le genre humain.J e trouve dans Mélincs un exemple qui en dira plus que tous les commentaires que je pourrais faire à ce sujet: vous me permettrez de le résumer.U s'agit d'un petit peuple qui est devenu, grâce à son esprit d'union et à l'application la plus complète qui existe du principe de la mutualité, un très grand pays agricole.Ce pays, c'est le Danemark.Son histoire est bien curieuse et très suggestive.L'ogre allemand lui ayant interdit de se faire industriel en l'écrasant de sa supériorité économique, ce petit peuple se vit réduit à vivre de sa terre qui, pendant longtemps, lui assura, malgré une culture peu variée, une prospérité et un bonheur conforme à ses vœux.Avec la production des céréales qu'il avait presque exclusivement développée et dont il avait fait son principal article d'exportation, il pouvait vivre largement et acheter du dehors tous les produits industriels dont il avait besoin.Il vivait ainsi dans l'aisance quand, aux environs de 1880, il fut réveillé par un coup de tonnerre: l'entrée en scène sur les {Suite à la page 8) PAGE 8 LE BULLETIN DES AGRICULTEURS 31 DECEMBRE 1920 3r # ^ Coopération versus Exode Rural •§£ •§£ ^ marches d'Europe des blés d'Amérique qui, par leur abondance et leur ;>ri.\ modique, rendaient toute lutte impossible.quintal de blé américain se vendait 83.00 à Copenhague quand il coûtait S4.00 aux producteurs danois.Les grands agriculteurs cY.nois, obligés .d'exporter, en prirent aussitôt leur parti et décidèrent, sans hésiter, de remplacer les céréales d'exportation par les fourrages, le bétail sur pied et tous les produits qui en dérivent: beurre et fromage, auxquels ils ajoutèrent la production en grand de la volaille.¦ i ¦Sur ce terrain nouveau ils arrivèrent promptement à des résultats qui tiennent du prodige pour un pays dont la surface ne dépasse guère celle de la Gaspésic.On peut s'en faire une idée par quelques chiffres seulement: les animaux de l'espèce bovine dont lc£>iombrc était au plus de 1,120,000 en 1880, s'élevaient déjà en 1909 à 2,253,000 têtes.Pour les porcs,.le troupeau passait dans le même temps de 304,000 têtes à 1,467,000.Mais il né_au(Usait pas de constituer un I "1 JjÉ!i]te; il fallait l'exploiter en B L^unt avec avantage ses principaux prolits: beurre et fromage, sur les marchés n rangers.• cC'est ici que les chefs de l'agriculture w fiioise firent preuve d'une grande clair-ivancc.Ils comprirent tout de suite que tiHir faire prime sur les marchés étrange a;-s et en déloger leurs concurrents, il nt l'Hait y,envoyer des produits de qualité \fb supérieure et les vendre moins cher que 'sp les autres pays.Comment atteindre un S pareil objectif qui semble un véritable défi au bon sens: vendre moins cher un produit de qualité supérieure qu'un produit do qualité inférieure?Les agriculteurs dn'iuis trouvèrent cependant la solution.Conscients des prodiges accomplis par leurs sociétés coopérati-it\vcs.de consommation qui économisaient ! .'annuellement à leurs 180,000 membres coût près d'un million de dollars, et convaincus de l'efficacité de l'effort, ils arrivèrent à la conclusion que pour assurer la supériorité de la qualité de leurs produits et réduire en même temps le prix de revient, il fallait également avoir recours à la coopération; le groupement et la vente en commun de leurs produits leur apparut ensuite comme l'unique moyen de commander l'attention des grands marchés.En un clin d'oeil, le Danemark se couvrit d'une multitude de cellules coopératives pour la fabrication et la vente sur les marchés étrangers du beurre et du fromage; si bien, qu'aujourd'hui, les quatre cinquièmes des agriculteurs danois sont embrigadés dans les sociétés coopératives.Les résultats obtenus par le Danemark, grâce à cette puissante organisation, ont été merveilleux.L'exportation des beurres danois qui, en 1SS0, ne dépassait pas 85,000,000, s'élevait avant la guerre à S53,000,000j l'exportation des œufs de S33O.O00 qu'elle était en 1S80 s'élevait en 1913, à au delà de 87,000,000.Et comme conséquence, l'augmentation de sa population agricole dans des proportions notables lui a permis d'échapper à la crise décourageante de la désertion des campagnes.Le nombre des agriculteurs danois, pendant cette période de 20 ans à peu près, s'est accru de plus d'un demi-million, et il n'a fait qu'augmenter depuis.Celte augmentation de population agricole, de production, de revenus a eu sa répercussion inévitable sur la valeur des terres elles-mêmes, ainsi que le constatent les statistiques danoises.Ce que l'association, la coopération ont fait au Danemark, pourquoi ne le feraient-elles pas ici et pour nous qui sommes en quelque sorte par destinée un peuple d'agriculteurs?Et croyez-vous tpie le jour où mieux éclairée et devenue capable de comprendre ce que l'une et l'autre valent pour l'essor de l'industrie de l'agriculture, la population agricole restera indifférente à leur attrait et continuera à donner ses préférences aux travaux de l'usine?Cette population, Dieu merci, est intelligente et généreuse; si, dans son avidité du bien-être, elle re-herche ce qui peut lui donner une jouis- sance actuelle plus grande, c'est évidemment parce qu'elle ne trouve pas où se fixer d'une manière permanente avec un équivalent de compensations qui lui seraient offertes.L'histoire du Danemark est suggestive et c'est précisément pour cela que j'ai appuyé un peu longuement sur ces détails.J ai l'assurance que l'on pourra écrire de nous une histoire encore plus belle, si, résolument, nous nous mettons à l'œuvre, si nous unissons nos forces, si nous nous laissons guider par l'esprit d'association et de coopération qui seul peut raviver l'attachement à la culture du sol.Je devrais peut-être terminer ici cette conférence déjà trop longue; mais, je m'en voudrais si, en prenant congé de votre bienveillante attention, j'allais ne pas faire briller à vos yeux ce faisceau de lumineuses-espérances qui émergent de l'action coopératrice canadienne dont le crédit déjà acquis présage les succès de l'avenir.Ce ne sera qu'une projection; car, il appartient à notre ami, Monsieur l'ingénieur Bertrand, ce pionnier de la coopération agricole chez nous, ce semeur d'idées toujours frappées au coin du plus ardent patriotisme, de jeter les bases, de tracer les plans d'un édifice coopératif, intensifié, agrandi, qui soit pour l'économie agricole ce que le cœur est pour l'économie humaine, un organe central qui fournisse aux diverses ramifications du corps coopératif la sève, l'énergie nécessaires pour atteindre son parfait développement et produire tout le bien qu'on en attend.Je ne veux pas, d'ailleurs, laisser sans réponse la troisième question que j'ai posée: III Quels sont nos moyens actuels d'association et de coopération?Cette question me met en mémoire un épisode, qui ne manque pas d'opportunité.Un jour — c'était durant l'expédition de Crimée,— une célébrité anglaise, Miss Nightingale, sur le point d'installer ses diaconesses, une quarantaine de dames et de filles de distinction, aux ambassades anglaises, désirait prendre connaissance de l'œuvre des filles de la Charité, à Paris; elle s'adressa à l'abbé Etienne qui en était le supérieur général.L'abbé Etienne ne fit aucune difficulté de la renseigner sur tout le fonctionnement intérieur et extérieur de l'Institut de ses filles.Lui-même la conduisit à la maison mère, où elle put lire la règle, assister aux offices, etc.; puis, les jours suivants, il la conduisit à l'hôpital Necker, à l'orphelinat de la rue Oudinot, à la maison de la rue Neuilly, et, partout, il lui fut donné de tout voir.Après ces visites, assurée du succès de son entreprise, elle s'en fut joyeuse remercier le supérieur général.Celui-ci ne put s'empêcher de sourire: c'était trop de confiance, lui dit-il.Miss Nightingale s'en étonna.Et le supérieur de lui dire: — Il est vrai, Madame, que vous connaissez à fond tout notre mécanisme, ses rouages, ses ressorts, avec la manière de vous en servir.Et, cependant, je dois en conscience vous prévenir, Madame, que vous aurez beau faire: cela ne marchera pas.— Pourquoi donc, Monsieur?— C'est qu'à la vérité vous avez la machine: c'est bien, mais il vous manque la vapeur.La vapeur qui met en branle toutes les œuvres: c'est la charité.^ En fait de coopération, Messieurs, je puis dire que si nous n'avons pas la vraie machine, nous avons toutes les pièces nécessaires pour la constituer.Ces pièces, ce sont: nos Cercles agricoles, nos Cercles de fermières, nos sociétés d'Agriculture, nos Caisses populaires, nos syndicats, nos Sociétés coopératives locales, la Société coopérative des producteurs de grains de semence, la Coopérative Centrale des Agriculteurs de Québec, le Comptoir Coopératif et la Confédération des Sociétés coopératives locales de Québec.Cette simple nomenclature met en évidence les puissantes sociétés que nous possédons déjà, et auxquelles il ne manque que de la cohésion, de l'unité pour en faire une machine capable de rivaliser avantageusement, soit avec la Coopérative Nationale du Danemark, soit avec la ligue des Paysans, le " Boercnbond," de la Belgique.L'occasion de ce perfectionnement est peut-être arrivée.Il me serait agréable de passer en revue chacune des diverses Sociétés que je viens de nommer; mais cette matière est trop vaste; je n'appuierai que sur celles dont l'importance me frappe davantage, je veux dire: La Société Coopéiative Centrale des agriculteurs de Québec, Le Comptoir Coopératif, et La Confédération des Sociétés Coopératives locales de Québec.C'est la Société d'Industrie laitière qui fut la mère de la coopération agricole dans Québec."A toutes les réunions de la Société d'Industrie laitière depuis quelques an-anées," écrivait feu Monsieur G.-A.Gigault, en 1910, alors sous-ministre de l'agriculture, "des plaintes étaient formulées contre le système suivi pour la vente du fromage, surtout parce que l'on payait généralement un prix moyen pour les lots de fromage offerts par le vendeur.Ce système était décourageant pour les meilleurs fabricants et de nature à détruire toute émulation." Monsieur Gigault résolut d'y apporter un remède énergique, et, dès 1902, s'occupa de préparer une loi autorisant la fondation de Sociétés Coopératives dans la province.Cette loi fut sanctionnée en 1908.L'idée de la coopération était lancée; mais contrairement à ce qui arrive généralement à l'apparition des choses nouvelles, la mise en pratique de la loi fut plutôt lente, et ce ne fut qu'en 1910 que se forma la première association coopérative dans la province, sous le nom de " L'Union Expérimentale des Agriculteurs de Québec." Vous me permettrez bien de reproduire textuellement l'exposé du but de l'Union que je trouve dans le rapport du Ministre de l'Agriculture de 1910: a) Instruction mutuelle de ses membres, sous une direction compétente.Cette instruction s'acquerrait au moyen de conférences et d'expériences locales.b) Paire bénéficier tous les membres, au moyen de la publicité, des observations et expériences que chaque individu ou chaque groupe aurait pu faire isolément.c) Développer chez nos concitoyens agriculteurs l'esprit d'association et de coopération, et mettre cet esprit en pratique dans toutes les branches de l'agriculture.d) Aider les cultivateurs à s'associer, à former des sociétés coopératives et d'instruction mutuelle dans le but d'exploiter d'une façon plus rémunératrice nos ressources agricoles, et aussi pour favoriser la vente de leurs produits et l'achat du matériel de la ferme à des conditions moins onéreuses.e) Favoriser le développement des industries agricoles déjà existantes et en créer de nouvelles afin d'attacher au sol le plus grand nombre de citoyens possible.f) Démontrer que les intérêts de la population urbaine cl ceux de la population rurale sont communs, et que le progrès et le bien-être de l'une signifient le progrès et le bien-être de l'autre.g) Toujours faire progresser notre agriculture aussi rapidement que celle des provinces sœurs, en procurant à nos agriculteurs le savoir technique qui leur permettra de produire, à un prix de revient minimum, des denrées de qualité telle qu'elles puissent obtenir les plus hauts prix sur tous les marchés ouverts à nos produits.h) Répandre l'instruction agricole dans nos campagnes; organiser l'enseignement de l'agriculture dans toutes les écoles primaires, dans les institutions d'enseignements secondaires et même d'enseignement supérieur.i) Diriger les efforts de chacun vers un môme but: le bien commun.Pour atteindre ce but s'appliquer à répandre partout autour de nous cette motion très simple et très vraie que la vie rurale procure le véritable bien-ôtre.N'est-ce pas l'âme coopérative qui parle dans cette circulaire qui fut alors répandue à profusion dans la province.Cependant, comme cette Société a transmis ses pouvoirs à d'autres Sociétés orga- nisées par la suite, nous n'en parlerons pas davantage.Dans le cours de la même année, en 1910, la Société d'Industrie laitière fonda: " La Société des Fromagers de Québec." Voici ce que disait alors feu M.Gigault dans son rapport à l'honorable Ministre de l'agriculture: "A la réunion annuelle de la Société d'Industrie laitière, tenue à Rigaud, il a été proposé de former une société coopérative des fromagers de Québec.Vous avez décidé d'encourager le mouvement en accordant des primes aux trente premiers fabricants qui deviendraient membres de cette association.Vous avez, de plus, employé MM.Bourbeau et Trudci à recruter des sociétaires.Ce dernier a été nommé gérant.Grâce à l'habileté et à l'honnêteté de ces messieurs, ajoute le sous-ministre, les opérations de la Société ont été couronnées d'un plein succès." »La Société des Fromagers de Québec, qui célébrait, au printemps dernier, son dixième anniversaire, est devenue la Coopérative Centrale des Agriculteurs de Québec.Par son système de centralisation, de classification et de vente, écrivait M.Thcrricn, dans l'annuaire statistique de 1919, elle a réussi à placer le Québec, à la tête des autres provinces pour la qualité du beurre et du fromage.De plus, le chiffre d'affaires de chacune des autres lignes de commerce que cette Société a adoptées successivement a augmenté d'année en année.Il était, l'an dernier, de neuf millions de piastres environ." II n'est que juste de mentionner l'importante décision qu'elle a prise récemment d'exporter directement notre fromage en Angleterre et de le faire admettre sur le marché anglais sous son vrai nom de " Fromage de Québec," et sans intermédiaire.On ne donnait ce nom dans ' le passé qu'au fromage de qualité inférieur.C'était une injustice.Elle l'a fait disparaître.Elle fait répartir en catégories distinctes, par des experts classificatcurs, tous les produits qu'elle reçoit et les vend à des prix proportionnés à leur qualité.Le fabricant soigneux reçoit ainsi la récompense financière de son travail intelligent et la reconnaissance publique de son utilité._ * Ces améliorations, elle les a aussi apportées dans la vente des œufs, de la volaille et des animaux vivants.Tout cela est à noter.Le 8 mars 1912, feu Monsieur G.-A.Gigault, sous-ministre de l'Agriculture, convoqua, à l'Université Laval de Montréal, une assemblée de quelques représentants de' trois sociétés agricoles provinciales, à savoir: l'Union Expérimentale des Agriculteurs de Québec, la Société Provinciale de Pomologie et l'Association des Maraîchers de Montréal.On remarquait, parmi les personnes présentes: feu Monsieur O.-E.Dalaire, alors directeur de l'Ecole de Laiterie provinciale; le Dr I.-J .-A.Marsan, directeur scientifique de l'Institut agricole d'Oka; M.J .-T.Bertrand, ingénieur civil, directeur, dans le temps, de la société coopérative de 1 'Isle Verte qu'il venait de fonder; le Révérend Père Bellemare, S.J., Collège Ste-Marie, Montréal, organisateur de la société coopérative de St-Bruno, comté de Chambly; le professeur YV.-S.Blair, du Collège Mac-donald; le Révérend Frère Liguori et M.Bruno Wilson, secrétaire de l'Union Expérimentale.Cette assemblée, présidée par M.Gigault, décida la fondation d'une société sous le nom de " Comptoir Coopératif de Montréal, lequel fut définitivement organisé le 27 janvier 1913 sous les auspices du Révérend Père Bellemare.L'Union Expérimentale prêta tout son concours à cette fondation, et son secrétaire, le Révérend Frère Liguori, pouvait dire en 1913, " qu'elle s'était efforcée, dans la mesure de ses ressources, de favoriser le mouvement coopératif.Une partie des fonds de l'Union a été consacrée à la fondation de nouvelles sociétés coopératives, et à l'organisation d'un comptoir coopératif, à Montréal." Les premiers efforts du comptoir ont été dirigés surtout dans le sens éducation-ncl et vers l'établissement de coopératives paroissiales avec l'intention de les fédérer plus tard.L'on sait quel zèle et quel ardeur le premier président, M.Anatole Vanier, a déployé dans la poursuite de ces fins.En même temps, M.Horace Délo- (Suite â la page 9) 31 DECEMBRE 1920 LE BULLETIN DES AGRICULTEURS PAGE 9 Avantages des magasins coopératifs pour le consommateur.par M.HOWARD S.ROSS, Avocat, Montréal.i m il Coopération versus Exode Rural (.Suite de la page S) ge, le premier gérant, s'occupait de développer la coopération dans les achats.Le chiffre d'affaires du Comptoir, en 1918, dépassait le demi-million.Il a depuis agrandi son programme, et dernièrement, il entreprenait la vente des animaux vivants.La Confédération des Sociétés coopératives locales de Québec, dont l'objectif est de faire des achats pour le compte de ses membres et de créer une mentalité coopérative, groupe une centaine de coopératives locales ,et a été définitivement organisée, en 1917, par M.l'abbé Allaire, de St-Hyacinthe.Messieurs, je vous ai indiqué les principales pièces de la machine coopérative.Il s'agit de les agencer, et Monsieur Bertrand va nous suggérer le moyen d'arriver à cette fin.Sans la mise en commun des efforts, sans la coopération des sociétés divergentes, pouvons-nous espérer atteindre le but poursuivi par l'idée coopérative?Si les sociétés coopératives paraissent s'isoler, comment pourrons-nous prêcher l'entente, l'union, la coopération au cultivateur?Permettez-moi de dire que quiconque contribuera à simplifier, à unifier, à synthétiser le mécanisme de notre machine coopérative, de manière à écarter toute perte de forces vives, fera sûrement œuvre utile et aura bien mérité de la nation.Seule l'union peut produire la vapeur dont parle l'abbé Etienne, et activera la grande machine coopérative, systématiquement organisée.Que Dieu le veuille! Que de temps perdu! Que de situations entamées! Que de positions à reprendre, écrivait récemment le directeur du " Devoir." " Si l'on faisait le bilan des richesses morales et intellectuelles perdues, des forces sociales gaspillées, au cours des longues années " de luttes stériles, on serait épouvanté du résultat.Mais oublions le passé, sauf pour ne pas le recommencer, et tournons-nous vers l'avenir." La bonne fermière La revue d'économie domestique de sociologie féminine et de littérature a-gricolc que les Cercles de Fermières ont fondée il y a un an, entre dans sa deuxième année, plus belle, plus intéressante, et plus chargée que jamais d'utiles et agréables choses.Il suffi', d'en consulter le sommaire pour en avoir une idée.Lcx numéro de janvier 1921 contient, outre' plusieurs poésies, légendes et gravures à l'occasion des fêtes de Noël et du jour de l'an, les articles suivants: Paix, Santé et Succès, par Yolande; Les Fermières de Belgique, par Rosette Bailly; "Bon sang ne ment," par Mme A.-V.Ouellct; Laines et toiles, par Alice Du val; La femme du cultivateur; 11, par Eveline Leblanc; A l'école du bonheur, par Mme l.ajoie-Vaillancourt; Pour nos petits, par Tante Christine; Recettes â la canadienne, par Cordon Bleu; Gros chagrin (poésie des fêtes), par Francine; Nos lainages canadiens, par A.Desilets, B.S.A.; Au pays des laines, par Lydia Maltais; Le lavage de la laine, par Hélène Durand; .Les-deux fleurs, par Laurc Gau-drcault; Sacs à ouvrage, par Germaine Môisa.n; chronique des.Cercles, avis officiels et" bibliographie.' Le prix de l'abonnement est resté à 50 sous.pour l'année 1921.On est prié d'envoyer sa contribution par mandat de poste ou ,par chèque à l'administrateur: M.Joseph •nMfinïi, '~4Pf rue" Racine, à QUEBEC.Les avantages que les consommateurs sont susceptibles de tirer des magasins coopératifs peuvent à peu près se résumer comme suit: 1.L'entraînement aux affaires; la pourvoyance personnelle; voilà l'idéal comme on l'a dit, un gouvernement autonome est préférable a tout autre gouvernement, quel que bon qu'il soit.2.Par eux le consommateur peut se procurer exactement la qualité de marchandise désirée.Ce système n'invite ni la substitution, ni la falsification, ni l'inexactitude des pesées.Ceci n'implique pas cependant que ce défaut soit commun.Comme exemple de coopératives de consommation l'on peut citer les magasins coopératifs anglais.Environ douze millions d'habitants de la Grande Bretagne achètent aux magasins coopératifs.La " Cooperative Wholesale Society " d'Angleterre est la fédération de toutes les coopératives.Les représentants de la Société, par le moyen d'assemblées trimestrielles, exercent leur contrôle sur elles.Comme dans toutes les sociétés coopératives, les profits sont éliminés: les surplus qui restent du commerce sont distribués sous forme de dividende sur les achats.En 1919, ses ventes s'élevèrent à S147,.145,000.; sur ce chiffre, les propres produits de la Société représentaient une valeur de $129,191,165.Les transactions annuelles totales de sa banque se chiffrent :\ environ S3,000,000,000.Cette Société possède les plus grandes minoteries et les plus grandes manufactures de chaussures d'Angleterre; c'est elle qui fait les plus grandes importations de thé et de fruits secs.Après le gouvernement, elle fait le plus gros commerce de matériaux de construction.Ses activités dans la production s'appliquent encore aux articles suivants: savon, industrie textile, imprimerie, jambon, cocoa, poisson, margarine, tabac, peinture, etc.Elle a également fait l'acquisition de 47,636 acres de terre cultivable et d'une mine de charbon.Elle possède 10,000 acres de terre a blé au Canada, 18,548 acres de plantations de thé et de caoutchouc dans l'île de Ceylan de même que des propriétés pour la production de l'huile de palme dans l'Ouest Africain.Le nombre de membres de cette coopérative augmente continuellement.Le système Rochdale semble maintenant accepté par la plupart de la population mondiale comme système préférable.D'après ce plan, la valeur en actions dans une société coopérative est limitée à environ $500.00.La valeur de ces actions varie entre S5.et S25.; dans quelques cas, elle s'élève jusqu'à $50.00.D'après les règlements, chaque membre n'a qu'un vote: c'est là un point important.Sous les lois des compagnies ordinaires, l'actionnaire n'a qu'une valeur fictive, par suite de la possibilité de contrôle qu'elles permettent.Lorsque les membres savent qu'aucun groupe ne peut pas acquérir le contrôle de la société, ils prennent une attitude toute différente vis-à-vis d'elle.Les ventes se font aux prix ordinaires des marchés; lorsque les dépenses sont couvertes et qu'un montant raisonnable est mis de côté comme intérêt de l'argent placé, le surplus est attribué en partie à un fonds de propagande, tel que les membres peuvent le décider, et en partie entre les consommateurs proportionnellement au montant de leurs achats: de sorte que les plus grands acheteurs reçoivent les plus gros dividendes.L'on rapporte que la gourmandise d'une certaine famille lui a valu une maison, c'est-à-dire que ses transactions avec la Coopérative furent si considérables que les dividendes qu'elle retira égalèrent le prix d'achat d'une propriété dont elle fit l'acquisition.D'une manière générale, les magasins coopératifs n'ont pas eu de succès dans les grandes villes du Canada bien que, en Angleterre et en beaucoup d'autres endroits de l'Europe, les coopératives de consommation aient été organisées et aient fonctionné avec grand succès.A plusieurs reprises, on a tenté de créer de ces magasins, mais sans grand succès jusqu'à présent.On croit que, dans bien des cas, les gens préfèrent acheter dans des magasins départementaux ou grands magasins où l'on est susceptible de trouver plus de variété que dans un magasin coopératif.On prétend aussi, d'autre part, que dans les grandes villes, les gens travaillent dans de telles conditions de rapidité, qu'il ne leur reste ni assez de temps, ni assez d'énergie pour donner l'attention voulue aux assemblées des directeurs de sociétés coopératives, comme ce serait le cas dans une petite ville où les gens ne sont pas aussi surmenés.Un magasin coopératif vient d'être ouvert à St-IIcnri de Montréal et nous croyons qu'il devrait réussir.Ce quartier est très populeux et comprend, en majeure partie, des gens qui y demeurent depuis longtemps et qui semblent disposés à y faire un séjour prolongé.La société aura comme membre un bon nombre de gens qui font partie du club ouvrier de St-IIenri, lequel se compose d'individus qui travaillent ensemble depuis assez longtemps.Il y a, dans la partie est delà ville, quelques magasins coopératifs qui semblent se comportera d'une façon satisfaisante.On signale également qu'à Valleyfield, une société coopérative d'environ 158 membres fonctionne depuis un certain nombre d'années.Considérant leur capital réduit, ils font passablement d'affaires et paient des dividendes chaque année.Ils ont joui d'une bonne administration durant ces dernières années, sans quoi il leur eut été pratiquement impossible de réussir comme ils l'ont fait jusqu'à présent.s Les coopératives de consommation ont régulù renient augmenté en nombre par tout le Canada.Dans l'Ontario de nouvelles sociétés sont organisées, à peu près chaque mois.Dans l'Ouest, il y a un assez grand nombre de coopératives tie consommation, lesquelles sont administrées par des associations de cultivateurs.Ces coopératives fonctionnent toutes à la perfection.Dans la Colombie Britannique, il y a un certain nombre ïh coopératives de consommation qui obtiennent des résultats marqués.On ne doit pas perdn le \ ne, lorsque l'on considère les coopératives de consommation que, oulii Is avantages qu'elles procurent et que nous -y s mentionnés, elles ont poi stabiliser les prix partout oïl cil ¦ établies.""tf/ ' if / Une des coopératives les plus m' pères du Canada est le mag.ratif de Sydney Mines.Les met bn de cette société sont des mineurs et des ouvriers de l'aciérie à l'emploi d " w "Nova Scotia Steel Co." Cette coopé-: rative fait un chiffre considérai ,.d'affaires et paie des dividendes lout en accumulant un fonds de réserve considérable et en allouant une grossi somme pour fins éducatives.En plus de ce magasin, elle a une boulanger! et une boutique de tailleurs pc.hommes.ICI le a maintenant plusieurs,1 succursales disséminées dans les environs de cette ville.Il y a aussi, au Cap Breton, des magasins coopératifs qui semblent être en très bonne voie.Les United Farmers du Nouveau Brunswick font passablement de progrès avec leurs magasins.Ils ont un bureau principal à Woodstock et le gérant du Bureau central travaille conjointement avec les bureaux locaux.Jusqu'à présent, ces magasins ont fait des progrès appréciables et tout indique que, dans un avenir rapproché, il y aura une coopérative de consommation dans la plupart des villes cl villages de celte province.Avis aux actionnaires Les actionnaires de In COOPERATIVE CENTRALE DES AGRICULTEURS DE QUEBEC qui détiennent actuellement des certificats d'actions complètement payés, voudront bien les envoyer immédiatement nu Bureau de la Société, au No.03 rue William, Montréal, afin d'obtenir en retour un nouveau certificat portant le nom actuel de la Coopérative Centrale des- Agriculteurs de Québec autrefois la Société.Coopérative.Agricole des' Fromagers de Québec.L'on est prié d'envoyer ce certificat le plus tôt possible afin que tous ces changements puissent être opérés avant l'année nou-velle.y.— ."' par ordre: PAGE 10 LE BULLETIN DES AGRICULTEURS 31 DECEMBRE 1920 L'unité dans la coopération par J.T.BERTRAND, ingénieur civil, Isle Verte, Que.On admet d'emblée que la nécessité est la mère de l'invention.Il est encore vrai de dire: " La nécessité est la mère de la coopération." Mais la coopération trop souvent n'est enfantée que dans la souffrance, la bonne souffrance et le sacrifice, le sacrifice qui fuit le surhomme suivant le monde, et, suivant l'Eglise, tout simplement le catholique d'action, et dont Dieu lui-même a donné le suprême exemple.Messieurs: — La Coopération, c'est une collectivité d'ind,^idus ou d'associations qui, d'un commun accord, s'engagent librement et mutuellement à certain ssacri-fices, à certaines restrictions individuelles afin de mieux protéger et assurer leur économique dans une mobilisation g I ' " ''.forces et d'action qui, en retour, ¦f- 'à tous les facteurs constituant l'cn-11 r.e coopératif la meilleure garantie ((Sauvegarder toujours tous leurs droits ~¦¦¦ privilèges et de leur obtenir la plus y.-jrtc rémunération proportionnée tou-3É jouis à l'effort, au travail de chacun, sans qr^aul'rc considération pour le capital souscrit que l'intérêt légal.Pour nous, messieurs, il s'agit d'un problème national, d'une question de conservation de notre force économique et de notre Ame nationale.Aussi les ji intérêts particuliers, quels qu'ils soient, V.^doivent céder le pas h l'intérêt social et .uifional; et, s'ils ne sont pas sacrifiés 1 rolontairemcnt, de bon gré, qu'au besoin l'opinion publique saine et juste, la poussée de l'élite des classes dirigeantes les contraignent à ce sacrifice, tout en respectant les mérites acquis et en ne commettant pas d'injustices.C'est pour cela, si je le comprends bien, Messieurs, que nous sommes convoqués ici.La vie économique, c'est l'ordre dans toutes les activités de la vie.L'ordre mène a Dieu, dit-on! Sans ordre où irons-nous ?Or la vie économique, comme l'expression même le dit, est la loi de l'existence bien ordonnée; elle est à la base même de la vie physique, sociale, morale, et je dirai même, religieuse d'un peuple! Sir Robert Peel, après avoir proposé une mesure pour assurer le pain aux pauvres, conclut ainsi son fameux effort oratoire: " Je ne vous demande pas de " donner votre consentement a cette " mesure à l'étroit point de vue que son " principe soit associé à l'accumulation " de la richesse; je vous demande votre " consentement en raison des preuves qui " vous sont fournies que l'abondance et " le bon marché amènent la diminution " des crimes et un accroissement de " moralité! " Pour assurer la conservation et le développement normal de notre vie sociale, morale et économique, il faut bien se persuader qu'il est de toute nécessité que la plante humaine fleurisse sur les cimes, si l'on veut qu'elle ne s'étiole pas dans les bas-fonds.Il faut que l'élite des classes supérieures guide le peuple, l'élève et lui ouvre des horizons, tout en coopérant à obtenir le pain quotidien pour tous et pour chacun.M.J.T.BERTRAND, ingénieur civil.Ici, il est très important de se bien rendre compte qu'aucun de nous individuellement, ou même officiellement, peut dire sans se rendre ridicule: " La coopérative, c'est moi! " Cependant, a voir un peu ce qui se passe autour de nous, on serait porté A croire que plus d'un coopératcur en est arrivé» par différents chemins, à cette conclusion et agit en conséquence.Messieurs, devons-nous aller au peuple ou devons-nous l'asservir?Faut-il prêcher par l'exemple comme pat la parole ou faut-il détruire par le mauvais exemple les prédications qui, dès lors, deviendraient pharisaïques.On juge l'arbre à ses fruits et non par ses feuilles et ses (leurs.Devons-nous forcer les intérêts particuliers à s'effacer devant l'intérêt général, les vanités mesquines à s'évanouir, et l'envie avec son cortège de médisances et de calomnies à cesser de vouloir édifier son piédestal sur les ruines d'au-trui ?Au commencement, personne ne voulait être vu dans la compagnie, dans l'intimité de la Coopérative " jouvencelle, encore toute fluette et timide." Les politiciens, les hommes d'Etat même s'en défendaient; l'élite des classes dirigeantes la regardait avec méfiance et n'osait l'encourager quand elle ne la combattait pas.Le cultivateur lui-même voyait anguille sous roche; et les plus beaux sourires, les manières les plus engageantes de la Coopérative étaient payées de froideur et d'indifférence quand ce n'était pas do rebuffades.Aujourd'hui, on se l'arrache, on la morcelle et on l'éiouffc par un amour désordonné des faveurs que l'on veut, non lui donner, mais bien lui extorquer.Lorsque, poussé par l'idéal coopératif, Mgr Dauth, feu M.J.-A.Gigault, sous-ministre de l'Agriculture, les pères Jésuites, les pères de la Trappe d'Oka et quelques autres ecclésiastiques et laïques se réunissaient pour fonder le Comptoir Coopératif de Montréal, leur but était d'intéresser et d'instruire.Le gérant, M.Dcslogcs, devait intéresser et capter la confiance des coopérateurs, et les promoteurs, ouvriers de la première heure, instruire, créer la mentalité, donner une sage et unique direction Le double but reste le même, aujourd'hui que les coopératives grandes et petites se sont multipliées un peu à l'aventure sans que les coopérateurs de la première heure, étonnés de l'expansion extraordinaire de la poussée coopérative, n'aient pu contrôler ou même suivre le mouvement.Il faut réunir en faisceaux les forces et les courants provenant de diverses sources et en former un tout homogène, et cela sans révolution, sans bruit, mais plutôt par persuasion, par évolution, suivant un plan d'ensemble préparé avec jugement et prévoyance afin de répondre aux besoins présents et futurs.Ce plan d'ensemble à base de liberté d'action et d'autonomie permettra graduellement à l'idée coopérative provinciale de se concrétiser sûrement et sagement, et de devenir un tout qui offrira un front solide et inattaquable aux forces d'en dehors.Cela, espérons-nous, empêchera l'anarchie de ruiner le travail fait a date.Dans le commerce, fonction très importante du développement économique, trois choses parlent haut et ferme: la solvabilité, la permanence et la force, la force dans l'union et la coopération de tous! Avec ces trois facteurs à notre service, ceux qui s'opposent auront vite capitulé et les fournisseurs cesseront de se tenir sur la réserve et de nous marchander leurs faveurs! Quand nous aurons comme clientèle bien assurée toute une Province bien unie et payant rubis sur l'ongle, les fournisseurs sauront qu'ils doivent non seulement nous garantir tous leurs services et leurs plus forts escomptes, mais ne jamais pécher sous le rapport de lu qualité et de la quantité! C'est pour cela qu'une coopérative tout en étant une association économique et surtout commerciale puisqu'elle permet aux industries de se développer et aux exploitations de nos ressources naturelles, surtout de l'agriculture, la première de ces ressources, de s'indus-traliscr, embrasse toutes nos activités.Afin de vous faciliter l'étude que je vous propose, je me suis permis de préparer un plan donnant un exposé graphique de cette union coopérative telle qu'elle peut être conçue dans ses grandes lignes.Je crois qu'ainsi, vous pourrez, d'un coup d'oeil, saisir l'ensemble du problème.Je me suis d'abord demandé": Que faut-il pour que l'ordre règne dans une société, sinon que chacun soit à sa place! Telle est sa condition d'existence.Autrement le lien qui en unit les membres se dissout; ils deviennent epars, et la division amène la ruine et l'anéantissement.Il faut de l'ordre et la subordination.Ainsi que je l'ai déjà mentionné, la coopération, règle générale, naît et se développe dans le peuple par la nécessité.Chez nous, elle est venue d'en haut, d'une élite, des classes dirigeantes qui ont procédé par synthèse et ont créé les coopératives centrales avant que la mentalité ne fut créée.Les coopératives sans subordination suffisante se sont depuis multipliées au delà de ce que l'on avait eu lieu d'espérer.Cela, à tel point, qu'aujourd'hui le monde coopératif semble être un chaos dans lequel il faut mettre de la subordination: il faut que la lumière se fasse et que l'ordre s'établisse.Dans un développement économique, surtout, lorsqu'il peut y avoir lutte, cette subordination parfaite dans l'union et l'unité d'action s'impose, et plus particulièrement s'il s'agit d'un grand mouvement coopératif où tous les intérêts d'une classe ou plutôt d'un peuple, de tous les nôtres, à la ville comme à la campagne, sont en jeu; d'un grand mouvement dont dépend notre avenir national; d'un mouvement qui décidera si nous voulons réellement durer, nous conserver et remplir la mission de la Providence.Autant il est désirable d'avoir une seule âme et une seule tête, autant il n'est pas à craindre, mais désirable aussi en coopération d'ajouter les facteurs, de cumuler, de réunir (Suite à la page 1J) 31 DECEMBRE 1920 TE BIITXETIN DES AGTUCTTT-TETTTtS PAGE 11 COOPERA TIVESDEL PROVINCE DE QUEBEC _ORGANISME PROVINCIAL DES COOPERA TIVES—.BUREAU DE HAUTE DIRECTION SUPERIEUR o o o o ôlb o o o o o o c§b o o o o OtRECTCURS CLUS /=•/?& l £s soc/lt t 41res OIRL~CrCUR5 NOMMCSPJff L£S COLLCù£S o'/igriculture' les gouvernements et le: haut clepdc O/PCCTEl/PS.CLUS PAR LCS SOC/CTA i R£S PAGE 12 LE BULLETIN DES AGRICULTEURS 31 DECEMBRE 1920 L'unité dans la cooperation (Suite'Jc la page 11) en faisceaux tous les efforts, d'éviter toute compétition, en un mot, de coopérer de toute manière et sur toutr; la ligne.Autant cette condensation' ou cette fusion des forces est à craindre dans les organisations où le capital est tout, et l'ouvrier, le travail, quantités négligeables, autant l'addition, la coopération centralisée, est désirable et doit être recherchée graduellement mais absolument quand c'est l'ouvrier et le travail en commun qui sont la raison d'être d'un organisme qui le constituent, le dirigent, sans avoir à craindre l'influence de l'argent ou l'ingérence du capital, lui donnent la vie et en partagent au pro rata de l'cfTort les profits, ne laissant au capital que l'intérêt légal, ce ;\ quoi, seulement en définitive, il a droit.Dans l'effort, le travail en commun, je ne comprends pas seulement l'effort des bras, le travail manuel, mais aussi l'effort intellectuel, le travail des organisa-tE'jrSy des pcn^ejirs "t des gérants.Trois écoles se sont disputé le champ coopératif: celle qui a prétendu que toute la coopération f,c résume a faire du commerce, a réaliser des profits et h déclarer de gros dividendes; celle qui a prétendu que la coopération est question religieuse et spirituelle, et enfin, celle du juste milieu'qui considère que, pour :.ous Ç~'.~ iMens-Français, tous nos inté-T^cr'f/*Viqucs et nationaux, au point /matériel, social et religieux ne il /'s notrc poussée économique, il y .f.Acc pour chacun, dès que chacun se aura sa place, l.a coopération ne doit îlldétruirc, mais édifier; elle ne doit pas Àfychcr a accaparer ou à amoindrir, ^•mincr l'effort'!'.! ,-oisin, mais à l'addi-'» .dCsoi.effort à soi, de l'effort de • '.r en faire un faisceau dont l'union _ iait la force.La coopération n'est pas, ne peut pas être une révolution, mais bien une évolution qui doit prémunir contre et empêcher tous les bouleversements anti-sociaux en maintenant dans toute leur intégrité les bases mêmes de l'édifice social; je dirai " Moni soit qui mal y pense " à celui qui veut insinuer que cette école du juste milieu, a, dans ce cas-ci, autre chose en vue., ,.Dans tout organisme bien constitué, il faut d'abord une âme, une tête unique, pour diriger avec ordre et méthode tout l'organisme quelque compliqué que ce dernier puisse être.L'Ame de l'organisme coopératif provincial sera le haut bureau de direction, composé, disons de dix-huit membres, dont six, ou le tiers, nommés par le haut clergé, les universités le gouvernement et les écoles d'agriculture, et les deux tiers élus par tous les coopé ratcurs.La tête sera le gérant général choisi par le bureau de direction.Les facultés mises en action seront d'abord le Secrétariat Central, relevant directement du haut bureau de direction chargé de la partie éducationnelle, de former la véritable mentalité coopérative; en deuxième lieu, l'épargne ou l'esprit d'économie et de finance représentée par la caisse coopérative centrale; en troisième lieu, la coopérative de production qui s'occupera de vendre les produits de l'industrie de la ferme, ce dont s'est surtout occupé la Coopérative Centrale, de la rue Williams; en quatrième lieu, la coopérative de consommation ou des achats qui devra remplir les commandes de ses membres, ce dont s'est surtout occupé le Comptoir Coopératif de la.rue rlu Port: en cinquième lieu, la caisse centrale, tête de la Fédération des caisses, populaires Desjardins; et, enfin l'assurance, .mutuelle; centrale, contre les accidents;—et"" les pertes qui peuvent mettre le désarroi dans l'exploitation ou la.vie de .chacun des membres.De même qu'un corps- sans membres est une monstruosité, de même un corps sans ft me cesse d'être un organisme vivant et 'd'action ^rTTl'^Tn,ar^inranTîPTc^' ment à la désintégration, ft la décomposition.De tous les temps, dans toutes les organisations, dans tous les gouvernements, chez-tous ,les'peuples, l'on trouve l'uéropage, le conseil supérieur des docteurs et des sages, qui étudie, éclaire, guide, ordonne et au besoin exécute.L'organisme coopératif provincial ne peut se soustraire ù celte loi et les classes dirigeantes failliraient à leur devoir en nc_ continuant pas à étudier, éclairer, guider, ordonner, coordonner, enfin faire vivre et agir avec justice et permanence le mouvement coopératif qu'elles ont fait naître.La tête, le corps, les membres et l'organisme tout entier ont individuellement et collectivement, un besoin absolu de l'âme; ils ne peuvent exister ou mieux co-exister sans elle! La tête doit être d'abord le choix du Haut Bureau de direction, Flic ne doit pas être choisie â l'aventure, jiar caprice, par faveur, par esprit de parti ou de patronage, il faut un corps constitué permanent et parfaitement indépendant dont la sagesse et l'impartialité, l'esprit de justice et de pur dévouement; ne puissent aucunement être mis en doute pour qu'il n'y ait pas d'interrègne et que l'on puisse toujours dire le gérant est mort, vive le gérant.^ Il faut que celle tête ou plutôt ces têtes, car chaque activité de l'organisme central aura sa tête ou son gérant, jouissent de toute l'autorité cl de la confiance absolue de tous — ceci est nécessaire au bon exercice de leurs fonctions et â la bonne administration de leur département.Seul !e Contrôle du Haut Bureau de 1 (irection peut les leur garantir.Il est évident que l'organisme coopératif ne peut être la chose d'un seul homme où d'un groupe qui d'un moment a l'autre peut errer, se tromper ou disparaître.Il faut que le gérant et tous les officiers puissent se remplacer pour ainsi dire automatiquement sans heurt, sans révolution et sans exposer le bon fonctionnement, la vie même de l'organisme à l'emprise d'un groupe, d'une faction ou du capital; sans cela plus d'autorité stable et continue pour les têtes et plus de confiance et de loyauté chez les membres.Tous et chacun des départements de l'organisme central doit être inspiré, guidé et protégé par une âme saine, forte et d'une sagesse qui ne peut être mise en doute.C'est une nécessité pour le secrétariat qui doit créer la mentalité, faire l'éducation et élever les remparts contre la malhonnêteté, les idées anti-sociales, bolché-vistes OU autres; en un mot, être l'expression de l'âme nationale, catholique, française qui nous a fait ce rpie nous sommes et qui seule saura nous faire durer et nous développer d'trne manière homogène et sans jamais nous départir de notre idéal dans le grand développement économique vers lequel nous marchons.Si le Haut Bureau de direction est nécessaire pour donner à la tête sa permanence et lui assurer toute son autorité et toute sa liberté d'action, sans cependant permettre la licence, si l'âme coopérative paroissiale est nécessaire pour attacher à l'organisme central et aux gérants des divers départements, tous les membres, tous les coopératcurs, afin que tous accordent à l'organisme central toute leur confiance, le plus grand esprit d'entraide, de dévouement, de sacrifice même et • de bon travail coopératif, il "est" aussi nécessaire pour empêcher les têtes de l'organisme central d'abuser de cette confiance,.rie pressurer, d'exploiter ou de traiter, avec injustice et partialité'tous et chacun des membres.Voilà pourquoi le Haut Bureau de direc-• non sera à la fois une assemblée délibérante, un sénat et un exécutif.Voilà pourquoi les pouvoirs civils et religieux et ceux qui sont chargés spécialement de former et de protéger les producteurs, devront choisir et nommer les membres du sénat tandis que les diverses coopératives rparoisj>i.Tles feront passer ft quatre reprises au crible "séparateur l'élite (les choix successifs, des délégués qui seront appelés à élire, tous les ans, quatre directeurs, de sorte que, en trois ans les douze directeurs élus par les coopératcurs seront renouvelés, s'il y a lieu.Et voilà pourquoi et comment le Haut Bureau de direction, qui de son ombre tutélaire couvre tout l'organisme dont il émane, représente ft la fois les classes dirigeantes et le peuple, puisqu'il est tiré de la chair, agtl3lJ* 31 DECEMBRE 1920 LE BULLETIN DES AGRICULTEURS PAGE 13 Les Caisses Desjardins par ALBERT GOSSELIN, B.S.A.Il y a quelques semaines, nous apprenions avec regret la mort d'un de nos compatriotes qui avait consacre le meilleur de lui-même à l'amélioration de la condition sociale de la classe agricole et ouvrière.Ce patriote sincère, c'était le Commandeur Alphonse Desjardins, le fondateur des caisses populaires.Reconnu chez nous comme un pionnier de la coopération, il fut aussi un des citoyens les plus dévoués à sa race et à sa religion.Les journaux signalèrent à l'attention publique le deuil qui venait de frapper la race par la disparition d'un de ses artisans les plus persévérants et les mieux doués.Cependant, la conscience populaire (peut-être serait-il plus juste de dire la conscience publique) ne fut pas assez vivement émue.Le peuple est parfois lent à saisir la portée des œuvres économiques et sociales naissantes, il tarde à apprécier, à leur origine, les œuvres durables et permanentes qui sont élaborées dans le recueillement et dans la solitude d'un cabinet de travail.Il est plus attentif et plus sensible au bruit effectué par les tribuns tapageurs qui ne laissent trop souvent derrière eux que des ruines politiques.Qu'importe! l'œuvre solide du commandeur Desjardins est vivante et elle comptera bientôt de plus nombreux adhérents parce qu'elle comble une lacune profonde clans notre système économique.Organisme des Caisses Populaires En fondant ses caisses populaires, le Commandeur Desjardins s'inspira du système de Caisses établi en 1S4S, par les deux économistes allemands Schultzc et Raiffeisen; il fit donc reposer son système principalement sur l'esprit d'épargne et sur l'honnêteté, comprenant que le gage matériel n'est que très secondaire et ne peut, en aucun cas, suppléer à la bonne réputation notoire.C'est, pour ainsi dire, l'idéal réalisé, car, dit-il, "les classes laborieuses peuvent toujours offrir facilement ces garanties morales de premier ordre, tandis que c'est le contraire pour les garanties réelles." Il sut faire subir au système allemand les modifications nécessitées par les exigences de notre milieu." Nous avons tout d'abord, dit-il, adopté la limitation des activités sociales d'une Caisse Populaire et le recrutement de ses membres à une seule unité territoriale très petite, et qui, par sa nature même, est peu susceptible de subites ou de fréquentes variations, présentant aussi, condition essentielle de succès — des contacts intimes et nombreux par lesquels les intéressés peuvent se mieux connaître, s'apprécier réciproquement avec plus de justice, tant au point de vue moral qu'économique.L unité paroissiale nous a paru réunir toutes ces qualités à un si haut degré qu'elle est pour nous la cellule économique idéale, le cadre parfait où doit fonctionner une telle Caisse.En effet, à quelque point de vue qu'on examine un tel choix, il nous semble impossible d'y trouver a redire, et qu'aucun autre ne pouvait offrir les mêmes avantages et les mêmes facilités dans une mesure aussi complète." Qui peut devenir mcrab'C t'e la Ca'sse?Le premier élément d'une Caisse est le personnel qui se compose de toute la famille, hommes, jeunes gens et enfants, , à la condition essentielle, toutefois, que tous jouissent d'une réputation irréprochable d'honnêteté, de sobriété et de parfaite honorabilité.Fonds de la Cuisse Le second élément d'une Caisse est la formation d'un fonds social.Deux sources l'alimentent: les parties souscrites par les sociétaires et les économies qu'ils confient temporairement à leur Caisse.Les parts sont ordinairement de cinq piastres chacune.Elles sont payables par petits versements et peuvent être retirées a volonté, même si elles ne sont pas complètement payées.Ce sont ni plus ni moins des épargnes faites en vue d'un besoin éloigné.Ces parts sont donc à l'entière disposition des sociétaires.Cependant, un avis de sauvegarde peut être exigé, dans le cas où l'on voudrait retirer de forts montants.La forme du capital variable a été adoptée, de préférence au capital fixe non remboursable aux porteurs des actions, parce que le personnel des caisses populaires se recrute surtout parmi les classes du peuple travailleur qui ne peuvent pas immobiliser leur petit capital résultant de leurs seules épargnes.C'est la un des mérites et des avantages prêtés à la Caisse Populaire.Seuls ics sociétaires d'une Caisse peuvent lui prêter de l'argent et emprunter d'elle.L'ADMINISTRATION DE LA CAISSE La Caisse est administrée par des officiers choisis par l'assemblée générale des sociétaires qui n'ont tous qu'un seul vote, quelque soit le nombre d'actions qu'ils possèdent.Les officiers chargés de l'administration n'ont pas l'autorité absolue."Au contraire, c'est toujours l'assemblée générale composée de tous les sociétaires qui reste maîtresse et les officiers ne sont que ses serviteurs sujets ù un contrôle constant et direct.Leurs pouvoirs sont très limités et s'ils les outrepassent, ils le font ù leur risque et péril, c'est-à-dire qu'ils sont alors pcrsonncllmccnt responsables de toute violation de leur mandat." Ces officiers se divisent en trois commissions ou comités: le Conseil d'Administration, composé d'au moins cinq membres, mais le plus souvent de neuf; la Commission de Crédit de trois membres au moins, ordinairement de quatre et le Conseil de Surveillance de trois membres.Le Conseil d'Administration.— Le Conseil d'Administration a les pouvoirs nécessaires a la direction générale de la société et c'est lui qui est chargé de la fonction très importante de choisir les sociétaires, d'admettre les personnes qui sont jugées dignes de l'être et de rejeter ou d'exclure celles qui ne le sont pas ou qui ne le sont plus.11 doit voir à la bonne marche des affaires et prendre les mesures nécessaires pour assurer la prospérité de la Caisse.11 agit comme tribunal d'arbitrage aux cas de conflit et d'appel prévus par les règlements.La Commission de Crédit.— Elle a pour mission d'examiner, d'admettre ou de rejeter les prêts demandés par les sociétaires et de surveiller les remboursements des prêts.La Caisse populaire ne doit pas prêter pour une dépense improductive ou inutile.L'emprunteur doit donc justifier sa démarche.I.c remboursement doit se faire a la date fixée et si l'emprunteur est clans l'impossibilité de le faire, il doit demander un sursis.La Caisse ne doit jamais traiter personne avec rudesse et sévérité du moment qu'on aura de bons motifs à faire valoir.Les membres de la Commission de Crédit n'ont pas le droit d'emprunter delà Caisse soit directement, soit indirectement, c'esst-a-dire par l'entremise d'un tiers.C'est une garantie pour la sécurité des fonds.Le Conseil de Surveillance — C'est le corps administratif le plus important clans une Caisse; ce comité examine les comptes, les vérifie, s'assure de la valeur des prêts et des garanties exigées.Il doit aussi voir à ce que chaque commission et chaque officier fasse son devoir sans accorder de valeur ;\ personne.Il faut donc Ctrc très prudent clans le choix des membres de ce Conseil.Le Gérant.— La gestion de la Caisse est confiée a un fonctionnaire appelé gérant; il est nommé par le Conseil d'administration.C'est le seul officier qui fient être rémunéré.C'est lui qui reçoit es demandes d'emprunts et les soumet à la Commission du Crédit.Tous les officiers sont tenus de résider dans la paroisse ou la ville où la Caisse est fondée.Fonds de Réserve, de Prévoynnce et de Surplus.— Les Profits nets servent ù constituer ces fonds.Pour former les deux premiers, l'on prélève un percentage déterminé sur les bénéfices et le reste est distribué sous forme de boni ou dividende en proportion du montant des parts payées de chacun et du temps pendant lequel elles ont été acquittées.Une Caisse Populaire est tenue, par la loi, de mettre de côté chaque année au moins 10 pour cent de ses profits nets.Ces montants doivent s'accumuler d'année en année jusqu'à ce que le total égale au moins le maximum du passif représenté en quelque temps que ce soit par les parts sociales et les épargnes des sociétaires.Dans le cas de dissolution d'une Caisse, la loi prévoit que la balance de l'actif, y compris la réserve, n'ira pas aux sociétaires présents alors, mais sera distribuée a des œuvres d'utilité générale, clans la circonscription sociale, selon l'avis du Lieutenant Gouverneur en Conseil.C'est une mesure de prudence pour assurer l'existence de la Caisse; tant que la Caisse subsiste, ce patrimoine constitue une garantie pour le retrait facultatif des parts.Les actionnaires reçoivent un intérêt annuel variant de 3}i a 7% pour les actions et les déposants reçoivent 3% à 4% d'intérêt sur leurs dépôts.Voila, en résumé, la constitution de l'organisme des Caisses Desjardins qui sont destinées a rendre, de si précieux services ù la classe ouvrière et agricole.Résultats obtenus Après 20 ans d'un labeur ardu, après avoir reçu l'approbation des plus hautes autorités ecclésiastiques et économiques, après avoir longuement éprouvé son système avec succès dans la pratique, le Commandeur Desjardins ne méritait-il pas des adhésions plus nombreuses a son œuvre?Ce n'est pas seulement 175 Caisses qu'il faudrait maintenant compter dans la Province, mais bien 1,000.Pas une seule paroisse n'est excusable de se priver d'un système d'épargne et de crédit aussi simple et aussi efficace.Le fondateur des Caisses Populaires avait choisi comme champ d'action le cadre paroissial parce que, dit-il, "Par ses relations répétées et constantes de la vie religieuse et municipale comme par celles des activités d'ordre matériel ou de voisinage, la paroisse offre un champ d'action admirable pour un organe économique dont les opérations sont surtout basées sur la confiance mutuelle, reposant elle-même sur un ensemble de reconnaissances certaines de ce que vaut chacun des membres de l'association par ses qualités morales et intellectuelles, par sa compétence, sa droiture consciencieuse, ses aptitudes, son honnêteté, son amour du travail, sa prévoyance, et la sûreté de son jugement.Outre ces précieux avantages dans l'ordre d'idée cpii nous occupe, on ne saurait nier qu'une pareille organisation économique greffée sur l'unité paroissiale ne peut manquer de fortifier l'attachement de nos compatriotes pour leur clocher natal, le leur rendre plus cher puisqu'il symbolisera alors non seulement leurs aspirations les plus élevées mais aussi celles de l'ordre matériel, qui ne sont pas a dédaigner après tout.Paire de la paroisse un foyer solidement coopératisé de toutes les activités tendant au bien-être matériel ne peut nuire au but surnaturel qui en a inspiré la création.Cette alliance intime de tous les intérêts ne saurait produire que des fruits savoureux par l'appui mutuel qu'ils se donnent, rendant ainsi leurs activités plus efficaces." Cet organisme ne fait-il pas l'admiration des économistes étrangers?Une douzaine d'Etats américains l'ont déjà sanctionné par des lois spéciales et l'on dit que le gouvernement de Washington est à la veille d'adopter une loi en rapport avec la Caisse Populaire aux Etats-Unis.Un de nos voisins d'Ontario, M.Ed.Ruthwcn, faisait récemment l'analyse de ce système d'épargne et de crédit et il en proposait l'adoption à ses compatriotes après qu'on lui aurait fait subir les modifications requises.M.Ruthwcn considère le Commandeur Desjardins comme un véritable pl ilanthropc.Cependant, bon nombre de nos paroisses ne possèdent pas encore ces banques d'épargnes et de prêt qui font |>our-tant l'envie de nos voisins.Et quelles sont donc les causes de cette abstention?L'opportunité de cette œuvre ne se fait elle pas sentir?Les cultivateurs en particulier expliquent souvent leur retard ;\ améliorer leur exploitation par le manque de capital.Pourquoi, alors, ne pas se gratifier d'un système qui leur permettrait d'obtenir à bon compte ce capital ?Quels crvices ini alculablcs ces Caisses ne pourraient-elles pas rendre aussi dans les cantons de colonisation?Les colons, gens le plus souvent dépourvus dé capital, ne se trouvent-ils pas l,> plupart Avr-temps en face d'un le .de terrults passe leur est impossible-d'exploiter fcts d'usage, capital de roulement! Le mcilIcuiéprCscntcr de f avoriser la colonisation ne ont, cette pas de fournir au colon non pas deteur, lui gratuits, mais des ressources qui ic la récolte rendre son existence sociale mç et faute niblc?Ouvrons-lui des chemins, iuc rtoi^ sons-lui une chapelle et une école, • :-rr blissons dans le canton une Cais c Po\ laire qui pourra lui fournir le api, nécessaire au défrichement de sa te>4 et le problème de la colonisation se beaucoup simplifié.Quant au sontieill des Caisses Populaires dans les canton-! 'de colonisation, on y parviendra moyen de la fédération des Caisses.Est-ce que, par hasard, nous m?¦ ¦ d'hommes capables de faire foiic.j 1,1 un organisme aussi simple?Com\ j'I dans une province cpti se réclame, droit, d'un excellent système d'éducation, l'on ne saurait trouver 10 hommes de bonne volonté ayant l'instruction suffisante et le sens social assez développé pour organiser des Caisses?Je ne veux pas admettre cette hypoth-'se; l'explication de la lenteur de la plupart des paroisses à entrer dans le mouvement doit se trouver ailleurs.Cependant, il faut reprendre le temps perdu.Toutes les activités sociales doivent se rendre bien compte du rôle qu'elles doivent jouer dans l'expansion de cette oeuvre réellement nationale.Rôle du Clergé.—Le champ d'action d'une Caisse Populaire étant la paroisse, ses chefs attitrés doivent animer le mouvement.Le curé ou le vicaire doivent souvent prendre une part active dans la fondation d'une Caisse.Sans doute, le ministère du prêtre est déjà bien chargé; mais le pasteur ferait œuvre éminemment patriotique en se surchargeant de la propagation de cette œuvre sociale qui peut améliorer la condition matérielle et morale de ses paroissiens."La pratique habituelle de la vertu suppose une somme relative de bien-être." (St.-Tliomas).N'est-ce pas une des gloires du catholicisme d'avoir régénéré le monde par sa doctrine sociale qui se préoccupe non seulement du bonheur spirituel mais aussi du bien-être matériel de ses adeptes ?Le noble rôle joué par le clergé dans ce domaine, au cours de notre histoire, est une garantie pour l'avenir en même temps qu'un enseignement pour le présent.D'ailleurs, la plupart des Caisses Populaires fondées chez nous, ne l'ont-ciles pas été sous l'initiative féconde et grâce au dévouement c e zélés, pasteurs ?Rôle du Peuple — Le peuple a-t-il suffisamment compris l'importance économique et sociale de l'œuvre du Commandeur Desjardins?Je crois pouvoir répondre que son adhésion n'a pas été assez unanime et assez spontanée.Quand des organisations ont reçu l'appn bation (Suite à la page 24) PAGE 14 LE BULLETIN DES AGRICULTEURS 31 DECEMBRE 1920 La vente coopérative des fruits par le R.P.LEOPOLD, o.c.r.Directeur à l'Institut Agricole d'Ofa- I.EMBALLAGE COOPERATIF Il y a quelques mois à peine, la Société de Pomo-logic et de culture fruitière de la province de Québec, par l'entremise des membres de son bureau de régie, décidait enfin que les membres de la Société pourraient vendre leurs fruits en commun.M.Auguste Trudel, le gérant de la Coopérative Centrale de Montréal, a bien voulu nous aider, en fournissant un bureau pour notre «émut de ventes M.R.Reid, U.S.A., et nous voilà avec cette première expérience de la saison qui vient de finir.Est-ce que le mouvement a etc" un succès t Nous sommes contents de ce qui s'est fait; mais le seul obstacle qui, actuellement, nous empêche de vendre nos produits avec entière satisfaction, c'est l'absence de moyens pour rendre nos emballages uni.'ormes.Quand noua aurons résolu cette difficulté, nous aurons fait le pas le plus difficile, car les marchés se trouveront alors sans peine.Jl ne sert à rien, en effet, d'expédier des barils et des boîtes de pommes à la Coopératvc Centrale de Montréal, si les fruits n'ont pas été emballés sous la surveillance immédiate du mémo surintendant dans une région fruitière- La porte de salut r^.-^\tcjdor£ en l'établissement et l'organisation de ***Trois éfro°^'rat'v^1^3:m')a''nKe ^nns 'cs s'x ou coopératif: lc'P:iux centra fruitiers de la province de la coopérât Rougeinontj St-llilairc, Abbotsford, commerce l111, Chfttcauguay et St-Josepb du Lac.rcr dcgrO&rcs fl'c|nuallage dépendraient du gérant tendu qUC$cs vcntcs a Montréal, qui recevrait à son religieuse {'is 'cs uar''3 ct toutCS les boites emballées du iuste^ saurait les distribuer sur le marché cana-UUS O oU ^tranKer* ''cs I,imi'cll'lcurs devraient W** d$8c sorKamscr ïnîmèxlîatcmcnt, (ne pas attendre 1 récolte de 1921), et former des coopératives punîmes d'emballage.Il suffirait pour cela 'line bâtisse as.«ez simple, bien ventilée- et éclairée, û tous les membres de la région pourraient emmener leurs pommes et les faire emballer uniformément par des experts.Point n'est nécessaire, pour d'avoir un entrepot frigorifique, caries pommes 'dédiées au fur et à mesure de l'emballage à , mineri , ._, , , ._ .dr'** *"nua' a Montreal.Dans ces bâtisses, ' ' r t cependant bon de réserver une cave ordi-Jri pour y déposer les boites de pommes dés 'leur transport du verger à la salle d'emballage, en attendant leur classification.Ceci permettrait aux pommes de refroidir un peu avant leur mise en barils ou en boites.Quand tous les pomicultcurs d'une région portent leurs pommes au rnénie endroit, il est facile alors de les trier uniformément pour la couleur, la qualité et la grosseur.L'emballage étant exécuté par des gens qui ne sont pas intéressés personnellement, est mieux fait et les ventes sont plus faciles ct plus régulières, l-es cultivateurs eux-mêmes sont trop portés a mettre toutes leurs pommes au nombre des fruits de première qualité.Reste le côté financier des salles coopératives à régler.Voici ce que je propose ct ce qui se fait ailleurs avec succès: L'entreprise doit être menée d'après le vrai sy-lème coopératif, à proprement parler.Il n'y a pas d'actions ou d'obligations à EOliscrirc.11 BUfttt île compter le- nombre des membres d'une, même région fruitière, comme a Rougcmont, ct soit dit en passant, il faut être assez sévère pour l'admission, car tous doivent livrer leurs fruits à la salle d'emballage, sans en vendre aux marchands d'occasion.Nous supposons qu'Us sont 20 membres.Chaque membre doit faire un billet collatéral du montant de $.«>(>, sans distinction, sans savoir même le montant d'affaires qui) fera personnellement, montant qui est à prélever sur la récolte de l'aimée.Cela fait aussitôt $6,000, qui permettront de construire une bonne bâtisse, d'y installer une trieuse mécanique, et d'organiser tout ce qu'il faut pour emballer en boites ou en barils.On apporte ces billets à une banque qui se fera un devoir d'avancer l'argent sur cette garantie de la récolte.Il n'y a pas un cultivateur de fruits qui ne fait pas plus de $300.00 par année sur ses pommes.En une seule année, on a donc résolu la question du local des salles-communes d'emballage.Et l'intérêt de cette somme due à la banque, et le salaire des experts qui feront IVmballage.où trouver cet argent ?I.a question est vile résolue aussi.On prélève quelques tous par baril ct par holtc sur le prix de vente.Tout naturellement un membre qui fait des affaires avec la salle d'emballage au montant de $1,000 aura plus à payer que celui qui n'en fera (pie pour $500, et c'est tout juste puisque le premier aura plus profité que le second des avantages fournis par cette vente coopérative, etc.A la fin de la saison, le surintendant va payer le moulant dû à la banque ct retire les billets collatéraux, puis remet fidèlement à chacun les profits «3> ¦3r Rev.P.LEOPOLD, Directeur de VInstitut Agricole d'Oka.qui lui revient, moins les dépenses de salaires des emballeurs, etc.Pour que cette coopérative commune puisse bien fonctionner, il faut avoir un peu d'esprit de corps et d'union: ce qui manqué souvent chez nos cultivateurs, qui ne pensent qu'a leurs propres affaires.Il faut de plus suivre certains principes.Nous les énumérons rapidement: Pi 1.Cueillette.— Toutes les pommes sont cueillies a la main, avec précaution ct déposées, tout comme des ecufs, dans des paniers.Les meilleurs sont avec fond à coulisse, comme dans la gravure ci-jointe.- Une fois remplis, les paniers sont vidés dans des boîtes spéciales, (fig.ci-jointe) servant uniquement au transport des pommes du verger a la salle d'emballage.Ces boites sont construites de façon a pouvoir être pilées les unes sur les autres sans meurtrir les fruits.II faut aussi se servir dc^voitures a ressort pour le transport des pommes.et lui donne immédiatement une quittance.Les pommes sont alors triées mécaniquement en lots différents.On donne crédit à chaque membre pour le nombre de barils ou de boites emballés.La classification pour la qualité, No 1 .No 2, Domestique et No 3 se fait a la main, il mesure que les pommes sont livrées à la machine a trier, car celle-ci ne fait que les mettre ensuite en grosseur uniforme, sans s'occuper de la couleur, etc.Nous avons une de ces machines ù.l'Institut Agricole d'Oka et nous mettons les pommes défectueuses d'un côté ct les bonnes del'autre: ce qui se fait facilement.Pour l'emballage en boites, on arrange les séparations de la trieuse de façon a pouvoir faire sept grosseurs différentes environ: 125-138-150-163-188-200 pommes à la boite.Un peu de pratique et de patience viennent facilement à bout de toute difficulté.Les pommes emballées en boîtes doiven être Paniers et récipients pour la cueillette des pommes.2.Triage Mécanique.— Le surintendant de la salle d'emballage prend fidèlement note de la quantités de pommes qu'apporte chaque cultivateur enveloppées avec du papier qui peut porter la marque de fabrique du propriétaire ou de la société.Nous donnons comme exemple notre marque de fabrique sur le papier en usage à l'Institut.Même les barils doivent être emballés uniformément, le marché donnant le plus haut prix pour cela.Il suffit de mettre dans un même baril les pommes qui ont la même dimension dans la trieuse mécanique.11 serait bon de marquer le diamètre des pommes sur le baril, comme 2H" ou 2s^".Tous les colis, boites ou barils doivent porter l'étiquette des Membres de la Société pomologiquc de Québec, dont nous reproduisons ici une copie.Dans le coin du bas de l'étiquette se trouve le numéro du propriétaire.Us sont ensuite expédiés a la Coopérative Centrale de Montréal.III.VENTE COOPERATIVE La production ct la vente des fruits sont deux choses différentes.L'une ct l'autre exigent, pour être bien faites, une aptitude spéciale.Presque tous les magasins se divisent par rayons, lesquels ne peuvent prospérer que s'ils sont gérés chacun par quelqu'un à la fois compétent et capable de concentrer ses efforts sur sa partie.Toute maison de commerce importante a un employé chargé des achats et autre chargé des ventes.II devrait en être ainsi, selon moi, dans l'industrie fruitière.Je puis affirmer, sans craindre d'être contredit, que la culture fruitière est une Industrie et que la vente des fruits est un commerce.A toutes deux, il faut un chef et des opérations séparées.Je suis persuadé que tout producteur de fruits qui a un grand ou un petit verger, rapportant divers produits, est d'avis que la ferme, dans l'un ou l'autre cas, lui demande tout son temps.Un gérant ne peut vendre avantageusement ses fruits s'il ne se met tous les jours au courant de la condition de chacun des marchés auxquels il vend, ou se propose de vendre.Il lui importe de bien savoir quelles variétés il faut dans telles villes et, de plus, qu'il sache, au jour le jour, de quels districts chacun des marchés est alimenté, aussi quels districts font les premiers envois, la quantité de produits expédiés et la fin de la saison.II est nécessaire d'être au courant de tout cela.Cette expression au courant a ici un sens plutôt large.Elle signifie qu'il faut connaître l'état financier de l'entreprise et ses moyens de payer.La popularité de tel commerce a aussi sa valeur, tout comme l'outillage du commerce.La chose la plus importante est.par-dessU9 tout, une intime connaissance qui permette de constater l'état des fruits ct, au besoin, d'en refuser certains chargements Il faut, pour réussir dans la vente des fruits, une grande somme de connaissances que le temps ni l'argent ne permettent a la plupart des producteurs de fruits d'acquérir parfaitement.Le fait me parait assez probant pour convaincre de la nécessité des associations, même les esprits les plus prévenus contre elles.Comme appui a mon argument, j'appelle votre attention sur les méthodes suivies par des particuliers, on qui sont en vogue dans les districts privés d'associations; je terminerai par une comparaison dont vous tirerez les conclusions.Le producteur de fruits doit adopter l'un des deux moyens de disposer de ses fruits; ou II lui faut vendre en consignation, c'cst-à-dirc à l'aventure, ou bien les vendre à un marchand d'occasion ou autre, sans être convenablement au courant des prix* CoriséiiuiMuuient, il y a peu de possibilité d'obtenir les résultats qu'obtient une association bien renseignée et bien dirigée.Il existe un autre aléa, relativement aux profits qu'il doit recevoir, indépendamment des expéditions renvoyées.Une autre fâcheuse condition survient souvent quand il n'y a pas d'association.Ainsi, un marchand avisé achète habilement une première fois d'un producteur inexpérimenté ou accommodant.A un prix inférieur à celui du marché.Ce bas prix établi, il s'en sert comme d'exemple pour influencer les autres producteurs de fruits.On sait combien il est difficile de vendre un dollar ce qui se vend ailleurs pour quatre-vingt-dix sous.Comme conclusion il ces remarques sur la nécessité des associations, permetez-moi de vous dire que mon argument ne repose pas sur la théorie, mais qu'il est déduit de faits, fondé sur les opérations des grandes associations de culture fruitière du Canada.Si mes observations ct mes déductions sont bonnes, je croîs sincèrement que l'on comprendra la nécessité de l'association, moyen sûr permettant au producteur de retirer de bons prix de ses fruits.Je comprends que le marchand d'occasion a droit a des égards.Je ne veux pas que vous en concluiez que les marchands détailleurs sont une menace pour l'industrie fruitière.J'admets qu'il existe des endroits où une association ferait bien {Suite à la page 15) 31 DECEMBRE 1920 LE BULLETIN DES AGRICULTEURS PAGE 15 La vente coopérative des fruits (Suite de la page 14) de payer les prix que payent les marchands.11 est juste de dire que la concurrence est la vie de l'industrie, dans les districts où se trouvent une association et un marchand local, cette situation ayant pour effet de stimuler l'ardeur des deux antagonistes, qui conduisent leurs affaires de manière à vendre leurs fruits plus chert tout en les achetant aussi plus cher des producteurs.La concurrence relatifs à la bonne organisation des sociétés coopérative a.En premier lieu, il eat conforme au sens des affaires de rendre les associations aussi fortes que possible.Le bon choix des membres du bureau de régie est une garantie de bonne administration.Les directeurs, choisis parmi les producteurs de fruits remarquables* doivent être des hommes habiles dans les affaires, populaires et reconnus par tout le monde pour être parfaitement honnêtes.De plus, il faut les choisir de façon qu'ils représentent les différentes parties du district.Toutes les associations doivent être organisées sur un plan coopératif.Les producteurs reçoivent le prix de leurs fruits d'après la variété, la qualité et le prix de vente.Ainsi, chacun d'eux reçoit le Patron de ta marque déposée du papier d'emballage de VI.A.0.ne peut que provoquer le zèle du gérant, les comparaisons défavorables étant odieuses.Consé-quemment, je considère cette combinaison comme étant à la fois un stimulant et une protection.Là où les deux systèmes fonctionnent légitimement et loyalement, ils se protègent mutuellement et encouragent le producteur.Mais, si l'on n'en peut protéger qu'un, que ce soit l'association.Le premier but du commerce, c'est, ordinairement, de retirer autant d'argent que possible du capital affecté à ce sujet.Toute maison de commerce, ou corporation, qui n'est pas mutuelle, se propose, d'atteindre ce but, légitime, d'ailleurs.L'association des producteurs de fruit», bien organisée, ressemble en deux points à une maison de commerce.Elle vend au prix le plus avantageux possible et elle conduit les affaires aussi économiquement que possible.En d'autres termes, elle fait autant d'argent que possible, maïs seulement pour ses sociétaires.C'est un cela qu'elles diffèrent essentiellement.Bien conduites et bien gérés, les dépenses et les bénéfices devraient être sensiblement les mêmes.La maison de commercé paye ce qu'elle reçoit, moins la dépense et le profit qu'elle retire; l'association paye tout ce qu'elle reçoit, moins la dépense seulement.L'association peut acheter en gros des barils, des caisses, tout le matériel d'arrosage, du papier d'emballage et tout l'outillage nécessaire pour un verger.Le producteur se procure tout cela au prix du gros, plus le coût du transport.Or, il fait ainsi une épargne qui n'est pas négligeable.Enfin, relativement aux profits, j'appelle l'attention sur les avantages que procure aux producteurs de' fruits le bureau d'une association qui agit à la manière d'un véritable bureau de renseignement, en ce qui concerne le développement de la culture fruitière et des méthodes qui s'y rapportant.Les producteurs de fruits sont toujours bien reçus au bureau de la société.On leur expédie tous les bulletins de la station expérimentale dans lesquels se trouvent toutes les conférences importantes sur la vente des fruits.Les membres du bureau sont des hommes capables et expérimentés.L'on est chargé de donner les formules propres à chaque pulvérisation ou d'étudier l'efficacité de toute solution d'arrosage.L'on doit aussi faciliter la vente des fruits et indiquer quelles sont les meilleures variétés a produire, au point de vue commercial.Tout nouveau venu doit y trouver les renseignements désirés.Les employés du bureau doivent être a même d'indiquer quel est l'outillage que l'on considère généralement comme le meilleur dans tel cas, comment se le procurer et A quel prix.De plus, ce bureau doit s'occuper de la publicité, car on répond promptement et complètement a toutes les demandes de renseignements.Tels sont quelques-uns des avantages qui résultent d'une association bien administrée.Ils sont bien de nature -\ faire comprendre l'efficacité d'une organisation et ce que doit être une association.Pour l'avantage de ceux qui se proposent d'établir des coopératives fruitières, comme peur le progrèi des associations actuelles de notre province, j'appelle l'attention sur quelques principes prix exact de vente, déduction faîte des dépenses.C'est le seul principe de justice que devrait adopter toute association fruitière.Tout le capital devrait, autant que possible, être souscrit par les producteurs.L'expérience a démontré la grande nécessité de ce principe, qu'en aucun cas on ne doit négliger, dans l'organisation d'une coopérative fruitière, à savoir le contrat nécessaire obligeant tout producteur â livrer a l'association la récolte de chaque année, ou de coopérer de manière a ce que les sociétaires, d'après les contrats, prennent la récolte.Je préfère un contrat.Sans cela l'association ne peut tarder à disparaître.Sans contrat, une association ne sait jamais dans quelle situation elle se trouvera demain.Sans contrat on ne peut faire de ventes sérieuses.En effet, on n'a réellement rien a offrir en vente et, conséquem-ment, on ne peut faire d'affaires.Evidemment, il est possible de faire des affaires pendant quelques années, sans avoir de contrat, mais quand le temps vient où une association a tout acheté de ses sociétaires la récolte d'une variété de fruits et que les prix augmentent, on peut être BÛr que certains producteurs, avides de prix élevés, oublieront leur devoir envers l'association et feront faux bond.Le kuîiliAi Cat l'une des bases les plus importantes de l'association.11 lui tient lieu de pierre angulaire, de clef de voûte.Il ne faut donc jamais s'en dispenser.Chaque année, il faut faire signer les contrats d'avance, sans tolérer que cette signa-turc se fasse après la date fixée.Le gérant doit traiter tous les producteurs loyalement et franchement, sans leur faire ni torts ni faveurs.L'habileté, l'expérience, la diplomatie, la fermeté, la connaissance des fruits et des marchés sont des qualités essentielles.Finalement, avec une bonne association par district, on peut organiser une grande société composée des gérants des associations de districts et former ainsi un système harmonieux de nature a procurer, non seulement le bien de tous, mais qui soit aussi une force pour le pays.L'une des plus grandes finalités d'une association, c'est le contrôle de l'expédition des fruits de tous les producteurs.Ainsi donc, lorsque des pommes sont expédiées avec la marque de l'association, on peut être assuré que, au centre du baril ou de la caisse, eles sont tout aussi bonnes que celles du fond ou du dessus.II faut pouvoir présenter des pommes dont la qualité soit garantie.C'est en offrant des fruits de bonne qualité et de belle apparence qu'on peut en favoriser la consommation.Le marchand et le producteur savent cela.11 faut exiger que ce dernier agisse en conséquence.Le producteur et le marchand devraient avoir pour devise: " La qualité d'abord, la qualité ensuite; la qualité enfin." Lorsque la demande est forte, les prix avantageux, il y a naturellement une tendance à expédier tous les fruits, bons, médiocres ou mauvais.Mais, avec la congestion des marchés, outre qu'il en coûte autant pour expédier des mauvaises pommes que des bonnes, on s'expose, dans le premier cas, à des poursuites, au lieu que les expéditions de bons fruits rapportent de grands bénéfices.Il est facile de comprendre la nécessité de n'expédier que de bonnes pommes.Cette manière de procéder leur donne de la vogue et, incidemment, réduit la quantité à expédier, puisque celles de qualité inférieur servent à faire du cidre, des conserves ou des fruits secs.La bonne qualité des fruits ne tardera pas a augmenter fortement la demande et, par suite, à faire progresser l'industrie fruitière.Dès qu'il est possible d'apprécier la récolte que l'on attend, il est bon d'estimer celle que donneront les diverses régions.On peut ainsi avoir les meilleurs renseignements à ce sujet, non seulement sur la production probable, mais encore sur l'époque de la maturité des fruits.Des rapports ind quent ce qu'il en a été dans le passé.Certaines saisons étant en avance ou en retard de plusieurs jours* dans les conditions normales, on peut estimer l'époque où les grands centres comme Montréal devront recevoir de fortC6 quantités de fruits; ainsi, on peut devancer ces expéditions, si la chose est possible.La récolte et les conditions du marché déterminées et les expéditions commencées, il faut encore vise j répartition des pommes sur les différents marchés qui paraissent devoir en donner les plus hauts prix.C'est ici qu'on voit l'avantage d'une association centrale et sa nécessité pour trouver la meilleure solution de la question de la vente.Notre société pomologiquc a, depuis cette année, un gérant qui vend les fruits des membres, et qui a son siège d'affaires a la Coopérative Centrale des Agriculteurs, à Montréal.II est actuellement impossible de faire une distribution systématique importante, à moins d'avoir à disposer d'une énorme quantité de fruits, par l'entremise d'une agence centrale.Tant que des particuliers feront des expéditions importantes, la répartition des fruits sera plus ou moins aléatoire.Tout expéditeur, indépendant ou non, aura de la difficulté à trouver les meilleurs marchés.D'autre part, ignorer oû se rendent les fruité des autres est toujours un obstacle à une bonne répartition.Lorsque les expéditions se font individuellement, les marchés sont fréquemment encombrés et il s'ensuit des pertes inévitables tandis que d'autres marchés n'ont pas suffisamment de fruits, ou que le prix en est trop élevé.II n'est pas a craindre que l'organisation centrale ait un monopole de nature à compromettre les intérêts des producteurs.II n'y aura jamais rien de semblable dans l'industrie fruitière.La plupart des fruits se vendent aux enchères.Ces enchères sont ouvertes à tout le monde; les grands diicteur est libre de vendre ses fruits f.o.b.ou de les expédier pour être vendus aux plus offrants.Exi>édier f.o.b.signifie, par exemple, que des pommes, vendues a Montréal sont déposées, aux frais de l'expéditeur, à la gare voisine ou au bateau qui doit les transporter à destination.Le payement des produits expédiés f.o.b.se fait généralement par le moyen d'une traite a vue, jointe â la feuille d'expédition.Cette pièce donne au desti-nalaitc l'avantage de recevoir les fruits dès leur arrivée, et avant deles payer, ce qui lui donne une pleine hécuritê.11 n'y a pas que le producteur de fruits qui craigne le monopole d'une organisation centrale.Lorsque se fonda la " California Central Organisation of Fruit Distribution," les marchands de pommes ne furent pas d'abord favorables a l'idée, vu qu'elle apportait un changement a leur situation expérimentale, relativement au commerce des fruits, peu favorable .m\ changements.On craignait qu'une organisation quelconque ayant le control^; d'une si grande entreprise fut trop exigeante, trop arrogante dans *es procédés et qu'elle n'cssayflt de soutenir les marchands indépendants, l'ix aussi traignirent un monopole et n'eurent qu'à moitié confiance dans une organisation.L'entreprise ic fit; depuis iors, plusieurs années d'expérience lui ont peimis de se fortifier Aujourd'hui, aucun marchand de fruits de Californie tw voudrait revenir a l'ancien système.Un antre point sur lequel je désire attirer l'attention, c'est que le producteur -t le marchand doivent s'unir plus étroitement que par le passi.Plus leur unior.sera intime, plus \U retireront de profits.Plus d'amitié ?t de franchise entre les producteurs et les marchands est ué' Ijfe-Tts, mais c'est aussi là que la coopéra-semble avoir eu le moins de succès, ifiwès 1831, Buchey.,ùn sociologue français, «afjvait de société.'- ouvrières possédant des .tfiWiianufactures.D'autres théoriciens, tels ïlHKiuè Saint-Simon, Fourier, Owen, etc., jlKpaginaient dis.systèmes du même genre.^Ivchïl d'entre eus n'a vu la réalisation de j'Tiii.-ûves.Pltis tard en France, en Angle-1 .di en* Allemagne des ouvriers organ i-E7 ,,rldes associations ou coopératives de ipJ fetion, mais jamais les succès n'ont è'té brillants.Charles Antoine explique ces résultats comme suit: " lo la situation des ouvriers dans ces sociétés est pénible à l'origine; c'est à force d'efforts et de privations qu'ils parviennent à traverser la phase de l'établissement; 2o la direction, si nécessaire à l'industrie, est difficile à constituer; celles qui ont réussi ont été dominées par quelque gérant énergique qui a rétabli en fait le patronnât; 3o le capital, élément indispensable a toute entreprise, est difficile à trouver pour des ouvriers qui ne possèdent ordinairement que de maigres avances et n'ont pas de crédit." II.Coopération agricole La coopération agricole comprend les coopératives de crédit, d'achat, de production et de vente.(a) Crédit coopératif C'est à l'Allemagne (pie revient l'honneur d'avoir jeté les bases du crédit coopératif moderne.M.Maurice Dufourman-telle écrivait en 1908: " L'Allemagne est sans contredit la terre classique du crédit coopératif; elle en fut le berceau; elle en est aujourd'hui le centre d'épanouissement le plus riche." Deux hommes ont spécialement contribué à ce succès: Herman Sclnilzc Delitzach et F.W.Kaif-feisen.Schulzc-Delitzsch (180S-18S3), avocat, député et économiste, résolut, après plusieurs années d'études et d'observations dans les pays étrangers, de fournir aux petits artisans et aux petits commerçants de son pays les facilités de crédit nécessaires a leurs opérations.Il va sans dire que les institutions financières existantes dédaignaient la clientèle de ces petits bourgeois.A cette fin Schulze organisa des caisses ou banques destinées a recevoir des dépôts d'épargne et des dépôts spéciaux puis à prêter et a escompter des lettres de change.Un capital devait être constitué au moyen d'actions assez élevées et les profits {levaient aller, partie à la réserve, partie aux actionnaires.La première caisse fut établie en 1852.En 1883, suivant M.Henry WollT, on comptait en Allemagne plus de 4,000 M.CHAULES GAGNE, B.S.A., professai- à l'Ecole d'Agriculture de Sic-Anne de m Pocatière caisses de crédit.Schulze ne poursuivait aucun idéal philanthropique et ne songeait nullement à la régénération morale de l'humanité.11 ne croyait qu'à ce principe: "Aide-toi toi-même " et il voulait permettre aux classes moyennes de travailler elles-mêmes à leur affranchissement.11 était très hostile à toute intervention de l'Etat.Cette altitude lui attira des ennuis.Ses idées libérales, son courage, son éloquence eurent le don de déplaire it Bismarck qui essaya de tous les moyens pour ruiner l'œuvre de Schulze.Tout fut vain, les idées de Schulze triomphaient partout.Schulze publia de nombreux ouvrages qui aidèrent puissamment à propager les idées de la coopération par toute l'Europe.Bien que fondées pour les villes les "associations de crédit" se sont introduites dans les campagnes et aujourd'hui on estime à un tiers du total le nombre des membres qui appartiennent à la classe agricole.Raiffeiscn (1818-1888) était bourgmestre près de Coblentz lorsque la crise de ISIS le mit à même de connaître la misère du peuple qui l'entourait.Les usuriers exploitaient les paysans à tel point que Railïeisen en fut révolté et qu il résolut de secourir ces pauvres gens.II organisa une première société cle prêt.Pes membres de la nouvelle association n'étaient pas les paysans eux-mêmes mais de riches philanthropes qui, entraînés par les exhortations éloquentes de Raiffciscn, voulaient bien venir à l'aide des petits cultivateurs.Le résultat ne fut pas encourageant: les paysans ne s'intéressaient nullement a l'avenir de la société et les riches ne donnaient que sous le coup d'un enthousiasme passager.En 1864, une nouvelle association était organisée à Anhauscn.Cette fois les membres étaient les paysans eux-mêmes.La caisse Raiffeiscn avait enfin trouvé sa forme définitive.En 1883, l'Allemagne possédait au delà de 500 caisses Raiffeiscn, en 191S clic en avait 18,200.De l'Allemagne les caisses Raiffciscn ont été transplantées dans toute l'Europe.Comme celle de Schulze les caisses Raiffciscn reçoivent les dépôts du public et ensuite accordent des prêts, ouvrent des comptes courants et aident aux transmutations de propriétés.Comme Raiffeiscn vivait dans un milieu beaucoup plus pauvre que celui de Schulze, l'organisation des caisses du premier est peu dispendieuse.D'abord, en principe, la caisse Raiffeiscn n'a pas de capital.Ses membres sont solidairement responsables de tous leurs biens et les profits servent uniquement a constituer la réserve ou patrimoine de la caisse.Pour emprunter de la caisse Raiffciscn, le paysan doit faire connaître l'objet de son emprunt et four- nir la preuve d'une conduite privée irréprochable tandis qu'avec la société tic Schulze, il suffit d'avoir une bonne réputation.L'idéal de Raiffciscn était très élevé, il " travaillait pour Dieu," suivant sa propre expression.A ses yeux, le crédit n'était qu'un moyen de rétablir le niveau moral des paysans en inspirant à ceux-ci le goût de l'épargne et en les forçant à mieux vivre.Raiffciscn ne retirait aucun bénéfice du fonctionnement de ses caisses et il tenait ;\ ce (pie le service eu fût gratuit autant que possible.Telle est l'histoire abrégée du mouvement lancé par ces deux homines de génie.Jusqu'à présent aucun autre système n'a pu être imaginé qui répondit mieux aux besoins des agriculteurs.Le crédit coopératif est répandu aujourd'hui par tout le monde.Naturellement Pieuvre a d'abord été introduite dans les pays voisins de l'Allemagne tels que l'Autriche, l'Italie, la Belgique, la France et la Suisse.Deux économistes célèbres, Luigi Luz-atli et Lione Wollcnborg ont adapté les systèmes de Schulze et de Raiffcniscn aux besoins des populations italiennes.Luzatti, disciple île Schulze, fondait à Milan, en 1866,1a première banque populaire d'Italie avec un capital initial de Si 10.00.Cette banque populaire, en 1909, avait un capital de 81,923,910.00 et une réserve de $961,955.00; les dépôts s'élevaient à $32,729,874.00 et le total des transactions a $535,693,455.00.Le profit réalisé était de $306,235.00, ce qui permettait la distribution d'un dividende de 7.20 pour 100 sur chaque action de de S10.00.L'Italie avait, en 1908, 735 banques populaires du genre de celle de Milan.Les dépôls faits à ces banques atteignaient $200,000,000.00 et la circulation dépassait S320,000,000.00.Sur ce dernier chiffre plus de $100,000,000.00 représentaient (les prêts consentis aux agriculteurs.Les modifications apportées par Luzatti au système de Schulze sont la souscription d'actions beaucoup moins élevées et le travail gratuit de la plupart des employés.Le capital des banques populaires sert plutôt de garantie que de fonds circulant.Il n'existe pas de fédération des banques populaires malgré les tentatives d'union réitérées faites par Luzatti.Certaines banques populaires, comme celles de Milan et de Crémone, servent de banques centrales pour les associations environnantes.En 1883, Wollcnborg fondait à Loreggio sa première caisse rurale.Les caisses rurales italiennes se rapprochent beaucoup des caisses Raiffciscn: dans les deux systèmes on trouve la responsabilité illimitée de tous les membres et l'absence de capital-actions.Comme Raiffciscn, Wollcnborg voulait soustraire les paysans de son village à l'emprise des usuriers, mais là se bornait son ambition.Les résultats moraux obtenus à Loreggio furent tout de même considérables si l'on en croit le prêtre du village qui disait: les membres " vont maintenant moins souvent dans les tavernes et ils travaillent plus fort et plus longtemps." Les caisses Wollcnborg ont été propagées surtout par les catholiques, l'abbé Ccrutti ayant été l'un des premiers à comprendre toute l'utilité de ces institutions.En 1906, la proportion des caisses à caractère confessionnel par rapport aux caisses neutres était de 7 à 1.Les caisses catholiques de crédit agricole sont presque toutes groupées en unions diocésaines lesquelles sont à leur tour unies par la Fédération des sociétés catholiques de crédit rural organisée en 1909.Cette fédération recevait de Pie X la bénédiction apostolique le 25 janvier 1910.Les prêts des caisses rurales peuvent avoir une durée maxima de deux années ou bien être consentis pour un terme de dix ans.Dans le premier cas ces prêts sont renouvelables à tous les trois mois, dans le second ils s'amortissent par acomptes et les intérêts sont payables à l'échéance.Le taux de l'intérêt varie entre 5}.-j et 7 pour 100.Les prêts répondent à tous les besoins des classes rurales.La Belgique a connu le crédit coopératif urbain en 1861 et le crédit rural en 1S92.L'abbé Millacrts a imprimé à celui-ci, dès l'origine, un caractère strictement confessionnel.En 1905 on comptait dans les campagnes belges -131 caisses de crédit du type Raiffeiscn.Ces caisses locales étaient affiliées à des caisses cen-1 raies — celles-ci au nombre de six,— dont la principale faisait partie du Boercnbond.Le crédit coopératif s'est développe tardivement en France.11 est aujourd'hui représenté par le Crédit agricole mutuel fondé en 1 SOI, par le t'entre Fédé-ratif du Crédit Populaire établi en 1S89 et par l'Union des Caisses rurales et ouvrières organisée en 1893.L'Union des caisses rurales et ouvri'res n'est pas la moins intéressante des manifestations de la coopération française.Son fondateur, Louis Durand (1859-1917) élait un disciple ardent et convaincu de Raiffciscn, aussi la caisse rurale française est-elle une reproduction fidèle de l'oeuvre entreprise par le grand économiste d'outre-Kliin.En Suisse la coopération de crédit ne date que de 1900 alors qu'un bon curé fonda la première caisse Raiffeiscn.La Suisse possédait en 1909, 139 caisses rurales affiliées à l'Union suisse des Caisses Raiffeiscn.Au Danemark le crédit coopératif est relativement peu avancé parce (pie dans ce pays les capitalistes et les institutions de crédit hypothécaire ont longtemps satisfait les besoins des agriculteurs.Le crédit coopératif n'est pas inconnu dans les autres pays européens, loin de là.Plusieurs de ces pays, entre autres la Russie, ont déjà obtenu des résultats merveilleux.Qu'il nous suffise de nous rappeler qu'en règle générale les systèmes de Schulze et de Raiffeiscn ont servi de modèles dans tous les pays européens.(b) Achat coopératif La coopération d'achat, comme celle du crédit, est la conséquence directe du développement des sciences agronomiques.L'emploi des machines et des engrais chimiques, l'alimentation plus intensive des animaux ont eu pour effet immédiat de forcer les petits cultivateurs à s'associer d'abord dans le but de contrôler les intermédiaires puis finalement de remplacer ces derniers.(Suite à la page 20) N 31 DECEMBRE 1920 LE BULLETIN DES AGRICULTEURS PAGE 17 La coopération à travers l'Histoire par F.Marrie Corvées Canadiennes par L.G.BELZ1LE, cultivateur, Amqul, Que.Il y a longtemps, il y a " des siècles et des siècles" que l'homme a senti qu'il lui était indispensable de s'unir à d'autres hommes pour assurer son existence, c'est-à-dire de " coopérer " avec ses semblables pour faciliter la subsistance commune et donner a son existence, qui lui était cl ère a plus d'un titre, un caractère suffisant de sécurité.Cette coopération primitive trouva d'amples applications lorsqu'il fallut se défendre contre les éléments déchaînés ou faire face à la fureur des bêtes sauvages.Dès l'époque la plus reculée, en effet, on a compris que "l'union faisait la force;" c'est de cette expression concrétisée qu'est née, sans aucun doute, la coopération parmi les humains.Aussi loin que nous pouvons remonter dans l'Histoire, nous constatons que les individus ont uni leurs efforts dans un but quelconque soit pour édifier, soit pour détruire, Le moyen-âge, par exemple, nous offre ses associations de constructeurs qui remplirent l'Europe d'admirables édifices religieux dont la plupart sont encore demeurés, dans l'esprit de nos experts modernes, de parfaits chefs-d'œuvres d'architecture et des modèles de patiente élaboration.Dans tous les temps, par contre, on a vu les homines constituer des armées et consommer d'abominables destructions.On le voit, dès le début de l'humanité, on a " coopère," tant pour le bien que pour le mal.Parlerons-nous brièvement des " corporations " d'artisans de cette même époque, ainsi que de ces associations politiques de bourgeois appelées "communes?" l.cs unes et les autres avaient un but identique: la concentration d'énergies, jusqu'alors éparses et conséquent ment ineffectives, destinée à sauvegarder, voire même à accroître certaines prérogatives économiques et politiques presque toujours cl èroment acquises.Ces mouvements coopératifs divers se multiplièrent, par la suite, dans toutes les branches de l'activité humaine et ne tardèrent pas, activés sans doute par des besoins impérieux, a envahir les centres commerciaux et industriels.C'est ainsi que, graduellement, les compagnies de navigation ont pris naissance, se sont développées et ont atteint l'ampleur que nous leur connaissons aujourd'hui.Cette coopération commerciale reçut un essor formidable quand les puissantes nations européennes, il y a quelques siècles, inaugurèrent cette période de conquêtes de colonies destinées à servir de "réservoirs surnuméraires" au trop-plein de la population et fie la production de certaines contrées alors probablement congestionnées et surproductives.Il va de soi que le goût des aventures et la cupidité des négociants jouèrent aussi leur rôle dans ces expéditions à la fois hasardeuses et profitables pour ceux qui curent l'audace de les envisager et de les mettre à exécution.Les anglais aux Indes et dans l'Afrique du Sud, les Portugais dans les Indes orientales et dans l'Amérique du Sud, les français dans l'Afrique équatorialc l'Afrique du nord et le sud de l'Asie, les Espagnols dans l'Amérique du Sud, dans l'Amérique Centrale et au Mexique, tous tentèrent au loin la fortune et les dangers.Inutile d'ajouter qu'ils trouvrècnt en abondance et l'une et les autres.D'étape en étape, ces manifestations coopératives prospérèrent et, la science moderne aidant, de multiples inventions contribuèrent à en perfectionner les rouages.Nous en voyons aujourd'hui les nombreux résultats.I.cs "trusts" fuiissants, qui font l'orgueuil des uns et a rage des autres, ne sont que la résultante, non encore définitive, de la coopération commerciale et industrielle à laquelle, pourtant, les autorités gouvernementales de divers pays ont cru utile de mettre un frein salutaire pour faire échec à des procédés abusifs qui n'ont pas peu contribué, avouons-le franchement, à susciter, en certains endroits, cette " lutte des classes dont nous avons encore tant à nous plaindre.Parallèlement a cette coopération à outrance, qui unit les "gros bonnets" de la finance mondiale, est née et s'est développée la coopération du prolétariat ou coopération ouvrière.Les salariés ou, tout au moins, un certain nombre d'entre eux, en .face de l'exploitation dont ils étaient ou croyaient être les objets de la part des "patrons coalisés,' se sont " unis " pour faire entendre leurs revendications et travailler plus sûrement a l'amélioration matérielle de leur sort.De là ces " syndicats " ou " unions " de métiers qui ont pris, de nos jours, des proportions considérables et qui sont devenus, après un demi-siècle d'efforts tenaces, des forces avec lesquelles les employeurs devront désormais compter.Nous pouvons, à la rigueur, ranger cans cette catégorie les professionnels : notaires, avocats, médecins et pharmaciens, que la coopération a également englobés et cpii ont constitué des syndicats professionnels munis de sous-titres distinctifs: chambre de notaires, barreau, collège de médecins et de pharmaciens, etc.Ajoutons encore les hommes de lettres, les artistes lyriques et dramatiques, les membres des corps enseignants, et nous aurons "à peu près" complété le cycle des groupements d'individus qui, mus par ce noble sentiment de la coopération, ont coordonné leurs efforts pour réaliser leurs aspirations multiples.De toutes les classes dont se compose la société où nous vivons, la classe agricole semble avoir été la dernière à se ranger sous la bannière de la coopération et a réaliser, par conséquent, les bénéfices nombreux qui lui sont inhérents.Cela tient, peut-être, au fait que l'agriculteur, pouvant presque se suffire à lui-même, se trouve être, par le fait même, dans une situation relativement indépendante de ses voisins de la ville.Dans la pratique, cependant, et devant les nombreux exemples qu'il avait sous les yeux, le cultivateur a fini par se rendre compte qu'il lui fallait, lui aussi, faire de la coopération pour tirer le meilleur parti possible de son travail.Il a constaté les bienfaits de cette branche de l'économie sociale dans les autres groupements d'hommes et il ne fut pas long à en déduire qu'il pourrait largement en bénéficier lui-môme.C'est alors qu'il "entra dans la carrière," guidé par des hommes sages et prévoyants, éclairés et prudents, compétents et d'esprit pratique, et qui, secondés par une multiple de " bonnes volontés" eurent tot fait de répandre parmi nos populations rurales ce culte profane mais éminemment louable de " l'entente cordiale coopérative." Grâce à la coopération, nos cultivateurs ont vu accroître à vue d'oeil leur bien-Otrc matériel.Ils ont pu, par l'intei» niédiairc de leurs coopératives, classer leurs produits et vendre ces derniers à meilleur compte.Et c'est ainsi que l'agriculture, stimulée par les effluves bienfaisantes d'une coopération rationnelle, est devenue une industrie qui est appelée, dans un avenir qui est plus proche de nous qu'il parait l'être, à "faire vivre grassement son homme," ce qui nous semble être une alléchante perspective pour tout individu qui entend vivre complètement sa vie.Le Bulletin des Agriculteurs offre à son bienveillant et dévoué collaborateur.Monsieur J.Amédce Filion, agronome a Plessisville, ses voeux sincères de bonheur et de longue vie à l'occasion de s:i récente entrée dans la vie matrimoniale.LE GERME DE NOTRE ESPRIT COOPERATIF Nos compatriotes des autres provinces s'étonnent souvent des succès de la coopération dans la province de Québec.Il y a à peine dix ans, en effet, que le gouvernement provincial a reconnu l'existence légale des sociétés coopératives^ cependant, notre système coopératif, bien que n'ayant pas encore acquis un parfait épanouissement, a pris une extension et un développement tels que nos compatriotes des autres provinces sont parfois tentés de faire remonter son origine à plusieurs décades.L'article que nous publions ci-dessous renferme l'explication souvent sollicitée, car il démontre que la coopération dans la province de Québec est aussi vieille que nos premiers travaux de colonisation et que l'esprit d'entente qui se manifeste maintenant par les grandes organisations qui font l'I onneur de notre population tirent leur origine des traditions caractéristiques de la population canadienne-française.CORVEES CANADIENNES Monsieur le Rédacteur: Vous me demandez de vous faire assister a ces réunions de cultivateurs de la vallée de la Matapédia, que nous appelons ici corvées et que vous qualifiez justement de manifestations coopératives.Je voudrais avoir l'habileté d un Gérin-Lajoie ou d'un Rivard pour vous faire goûter les parfums qui se dégagent de ces fêtes à la fois si utiles et si joyeuses.A défaut de leurs talents, je nie bornerai à esquisser brièvement leur sens économique et social.La vallée tie la Matapédia reçoit cl aque année des groupes nouveaux fie colons qui s'attaquent à la forêt pour la convertir en plaine et y établir leurs foyers.Les premiers travaux tie défrichement exigent une somme énorme fie travail.Parmi ces travaux il s'en trouve qui acquièrent le concours tic bras multiples, tels le déboisement, la construction, etc.Ce sont ces travail qui donnent l'eu aux réunions que nous appelons "corvées." Même flans les vieilles campagnes où la très forte majorité tient encore en honneur les traditions ancestrales la corvée constitue un appoint précieux pour l'exécution fies besognes pénible telles qui l'arrachage fies souches, le rasage fies taillis, la coupe flu bois de chauffage, le lavage des granges, répierrement, etc., etc.Comme vous le savez, sans doute, une corvée appelle une corvée.Le travail que l'on prête à son voisin est toujours remis, car c'est ;\ tour île rôle que l'on 'entr'aide et que l'on se fête.A la date fixée, jeunes et vieux se hâtent vers le théâtre fie leurs exploits: les corvées constituent vraiment une excellente occasion d'exhiber sa force physique, son habileté et son intrépidité.On travaille ferme aux corvées; aussi il n'est pas exceptionnel tie voir accomplir en un jour, par " la jeunesse " du rang, ainsi réunie, des travaux qui requierrent le labeur constant d'un homme qui se donnerait sans relâche au même travail pendant des semaines.A notre époque surtout où le cultivateur des régions éloignées se trouve dans la quasi impossibilité de se procurer tie la main-d'œuvre, les corvées jouent un rôle économique très précieux.C'est à elles, en effet, que l'on doit, dans maints cas, la conquête aux champs de blé, aux cultivateurs et à ln province, des forêts qui ombragent encore nos terres.Comment le colon, s'il était laissé à lui-même pourrait-il, après avroir détrôné les géants de la forêt, extraire du sol leurs racines qui s'y cramponnent ?Comment pourrait-il construire les granges qui recevront plus tard son abondante moisson et son bétail, si les bras bienveillants de ses preux voisins ne s'offraient géné-rcusemen à son assistance ?La corvée, du point de vue immédiatement pratique, rend donc d'immenses services; tel n'est pas cependant l'unique rôle de la corvée.Les rassemblements auxquels elle donne lieu développent l'esprit d'union et de fraternité et entretiennent la bonne entente, secret du succès et du bonheur des heureuses populations qui sont restées fidèles à cette précieuse tradition.Qui a jamais assisté aux agapes amicales qui couronnent ces ffites de travail et où se resserrent les liens de l'amitié et tie xchaiilé qui les engendrent connaît déjà la bienfaisante influence sociale qu'elles exercent.Jusqu'ici c'était la coopération entre les 1 oinmes; maintenant arrive le moment de la coopération tic toute la famille.Le souper soigneusement préparé par bi maîtresse tic la maison et auquel assistent tons les travailleurs accompagnés oui de leurs épouses, qui tic-leurs dulcinées, scia servi par les voisines et la " vaisselle " sera lavée en commun Il est à noter que i.ménagère exerce du reste une grande influence sur ln réussite fie la corvée; car si elle est connue comme " bon cordon bli u," les travailleurs se feront plus nombreux et la gaieté à la réunion du soir plus vive, Chansons nouvelles et anciennes, jeux tic cartes, historiettes, déclamations, etc., sont autant d'attraits ri ni garantissent le nombre de l'assistance de l'assemblée a la prochaine réunion qui sera peut-être tenue chez le voisin la semaine suivante.Monsieur h Rédacteur, je connais plus d'une ferme, aujourd'hui, entièrement défrichée, plus d'un jeune cultivateur jouissant d'une aisance enviable, plus d'une paroisse où règne la paix et une unie fraternelle qui doivent tes fions préi :i> aux effets immédiats et éloignés rji corvée, et je forme, en terminant, le \, tic la voir vivre longtemps dans nos mo-ii car, comme vous le constatez vous-mên elle ouvre la voie toute large à rcij forme fie coopération plus élaboré s'appelle la coopération agricole.On achète du bétail canari j.i pour enrichir le lait des Hols.' Ce n'est pas sans raison que nous réclamons une loi renflant obligatoire le paiement du lait suivant sa richesse au lieu tie suivant son poids comme actuellement.Qu'on en juge par le fait suivant que raconte M.J.-P.Brodeur, de St-Césaire, que nous publions ci-après et qui se passe de commentaires.J.-A.COUTURE, Secrétaire de la société des Eleveurs de Bétail Canadien.St-Césaire, 24 novembre 1920.M.Dr.J .A.Couture, Cher Monsieur, Ci-joint votre questionnaire.J'aime à, vous faire rapport tic la vente de trois vaches canadiennes et d'une taure de deux ans étant pour mettre bas en février prochain.Ces quatre vaches ont été achetées par M.H.G.de Maricvillc, un grand éleveur tic bétail Holstein, pour enrichir le lait de ses vaches Holstcins.M, G.envoie son lait aux grandes compagnies de Montréal.II y a cinq ans, son lait fut trouve trop pauvre, il a acheté six vaches canadiennes, trois de moi, et depuis tout allait bien.Cet automne, son lait fut refusé parce qu'il était trop maigre.M.G.n'ayant pas élevé de bétail canadien, il ne lui restait seulement qu'une vache canadienne dans son troupeau.U a recouru de nouveau à la vache canadienne et avec le désir de faire de l'élevage de race pure.C'est un grand pas pour notre vache canadienne.Je crois que cela vous intéressera ainsi que tous ceux qui font l'élevage de notre bonne vache canadienne.Bien à vous, J.-P.BRODEUR. PAGE 18 LE BULLETIN DES AGRICULTEURS 31 DECEMBRE 1920 HHHH Le Crédit Agricole par AIME GAGNON, B.S.A., Professeur à l'Institut Agricole a"Oka.mmmm L'Agriculture est la base de la plupart de nos industries; c'est de la terre que nous viennent la nourriture, les vOtemcnts, nombre de matériaux de construction et une foule d'autres objets de première nécessité, de simple confort ou de luxe-C'est des mains des agriculteurs que nos industriels reçoivent la matière première qu'ils transforment pour leur profit et le bien de l'humanité.La vie tient donc A la terre.Que fait-on pour que cette source soit toujours en état de donner aux peuples leur nécessaire?Depuis un certain nombre d'années, on semble s'intéresser davantage A l'agriculture Aussi, s'cst-cllc engagée dans la voie du progrès.On lui a donné des instru-^ ments et la production est devenue plus Î/abondante et plùb-économique; la science IJ a été mise à son service, et la qualité des ^produits a été améliorée, -elle des sols re-.'cfaitc ou maintenue.Mais il est une èjchose dont l'agriculture n'a pas jouit: le •Crédit.du , .' I as' 'a science montre ce qu il faut faire, ••¦•^'fc-ultivatcurs ne sont pas toujours en '/lire de suivre ses données, faute de Sital.Il faut de l'argent pour acquérir /science, il en faut pour opérer les ïftnsformntions des méthodes de proration.L'outillage est indispensable, f&s il cofite cher, l.a main-d'œuvre est ' .d
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