Le bulletin des agriculteurs /, 1 juin 1929, jeudi 6 juin 1929
Rédaction et Administration 3, RUE NO RE-DAME EST, Montreal.Téléphone: HArbour 2830 Abonnement: 1 an, ,?1.00; 3 ans, $2.50.Montreal et pays étrangers, $0.50 de plus par année.Le sol est notre plus grande force JOURNAL HEBDOMADAIRE public par la Cie DE PUBLICITE RURALE Liée AGRICULTEURS DIRECTEUR: J.-N.Ponton REDACTEUR: Firmin Létourncau Tirage Certifié par l'A.B.C MONTREAL, 6 JUIN 1929 CINQ SOUS LE NUMERO VOLUME 14 — No T.i Un malheureux déraciné - Comment l'appellera-l-on ?—Un chercheur d'à ventures ou une victime de l'ancien regime agricole — Histoire vraie la Nouvelle-Zélande, voila ce que le gouvernement devrait faire immédiatement.Le fera-l-ilV Oui, si les députés de la province de Québec l'exigent.Les cultivateurs suivront ces derniers.Correction à taire dans l'article de M.Gosselin Je n'oublierai jamais la bonne humeur et la jovialité empreintes sur la figure et dans les paroles de ce courageux, solide et patriote agriculteur canadien-français — dans la soixantaine i à ce moment — fidèle conservateur des traditions anccstralcs, lorsqu'il m'invitait à diner à sa table à l'occasion de ma visile dans sa paroisse, en 1924, où j'étais allé inviter les agriculteurs à s'organiser pour envoyer une délégation qui se joindrait à celles des autres de la province en un grand congrès agricole où nous, considérerions nos problèmes et aussi la possibilité de fonder] une.association professionnelle agricole.L'assemblée avait eu lieu après la messe.Tout avait bien été, l'on tombait d'accord sur la nécessité d'une si vaste entre-; prise, même sans l'appui du gouvernement, même en subissant une opposition effrénée surtout de la part du Ministre de l'Agriculture et de la part de ses organes, surtout le "Soleil" et Ici "Rulletin de la Ferme".Et le bon sexagénaire se réjouissait de voir la détermination de ses co-pnroissieus à s'organiser dans leur intérêt et celui de toute la population.11 était visiblement heureux.Je n'aurais pas pu songer] nlors que mon ami eût jamais été dans l'obligation de venir à mon bureau, solliciter le service dons je vous parlerai plus bas.* * * Mon vieil ami n'est certes pas un "chercheur d'aventures", comme appelaient naguère certains protagonistes de l'ex-ministre.ceux qui devaient quitter leur terre.Appelleriez-vous, en effet, "chercheur d'aventures" un homme qui après avoir vécu plus de GO ans dans la même paroisse, s'y être établi sans le sou, y avoir acquis une excellente ferme de 100 arpents de.la meilleure terre québecquoisc et qui après l'avoir eu payée se portait acquéreur de la voisine également d'une superficie de 100 arpents pour établir ses fils qui grandissent?Pour acheter la seconde propriété, il lui fallut hypothéquer la première.En quelques années, la deuxième avail mangé la première.Eb ! ne me dites pas que mon ami csl un paresseux ou un "sans talent".Voyez plutôt: il a réussi à payer annuellement «les intérêts de plus de $700 sur son capital; il avait en main un stock valant plus de !?8,000.00; il payait plus de $150 de taxes municipales et scolaires et plus de $90.00 de dime, de banc et de répartition d'église.11 éleva cinq filles et quatre fils.A l'automne il avait 9.000 livres de tabac à vendre: il ne pouvait en obtenir plus de .07c la livre alors qu'il lui en coulait pratiquement le double pour le produire.Un jour vint quand l'un des créanciers exigea le remboursement de ce qui lui était dû, ses autres créanciers se jetèrent alors tous ensemble sur lui.Et voici la continuation de cette histoire vraie.x * * T Un matin de l'autre semaine ce vieil ami se présente ù mon bureau.Après les salutations à la canadienne-française, je m'informe de l'état de sa ferme et de ses affaires en général.Je vais êlre bien franc avec vous, M.Ponton: je suis venu maintes fois au bureau pour discourir avec le personnel du "Rulletin" des questions agricoles.Rien ne me faisait plus plaisir que de travailler à la prospérité de votre excellent journal.Aujourd'hui je viens dans un autre but: j*ai confiance que vous pourrez encore m'être utile.Cette fois je voudrais savoir si vous ne pourriez pas m'indiquer une maison où je pourrais obtenir une position.J'habite maintenant Montréal puisque j'ai dû céder lotis mes biens.Je ne pouvais aller ailleurs.11 faut que je travaille.Si vous voulez bien m'aider à trouver de l'emploi, veuillez vous rappeler mon âge, en me donnant votre concours.Je lui promis que je ferais l'impossible pour l'aider.Comme < moi-même, à ce moment, il ne put retenir son émoi ion.Que le politicen le plus égoïste, le plus abâtardi, ose qualifier d'aventurier cet homme, sa femme et ses enfants! Quelle est la véritable cause de celle tragédie qui esl loin d être unique en son genre chez nous?C'est l'insanité de la politique du ministère qui dirigeait la politique agricole durant ces dernières années.Le "Rulletin" et tous ceux qui comprennent le problème agricole ont proposé dès longtemps des mesures sûres pour alléger le fardeau qui accable les travailleurs des champs.Si mon ami avait pu obtenir plus de protection par l'intermédiaire d'un tarif douanier adapté à ses besoins et à ceux.des autres producteurs de Québec, s'il n'avait pas été privé des marchés locaux, s'il avail pu obtenir du capital à un taux proportionné à son rendement, il aurait résisté.L'on comprendra sans chercher longtemps, qu'on n'a pas le droit d'appeler cet homme: "chercheur d'aventures", mais que l'on a plutôt toutes les raisons du monde de l'appeler: victime de l'cx-rêgime agricole.J.-N.PONTON Il N'est «lissé une erreur de chiffres dans l'article de M.Gosselin de la semaine dernière.Au bas de la première colonne, il faut lire 37,591,951 livres (production du fromage dans la province» au lieu de 3,759,195 livres.Tribu ne libre A propos d'o\lrois à ru.c.c, c.Le tarif — Ce que dit VActualité économique On lit, dans la dernière livraison de Y Actualité économique, un article sur le tarif américain.L'auteur étudié les changements que nos voisins ont fait subir à leur tarif douanier et il conclut comme suit: "Nous ne pouvons pas rétorquer par une hausse générale de notre tarif.Reste cependant a voir si, i.ur certains produits agricoles, un remaniement à la hausse des droits ne serait pas une bonne occasion.Nos cultivateurs ressentent vivement la concurrence des producteurs américains, qui encombrent notre propre marché avant que nos produits puissent être offerts à la consommation.Nos voisins pourraient-ils se plaindre si nous nous protégions contre eux dans la mesure même où ils se protègent contre nous?Pourquoi, par exemple, n'établirions-nous pas, sur certains produits agricoles cultivés chez nous, comme les légumes, un tarif saisonnier qui fermerait l'entrée .du pays aux primeurs américaines Le fait que les Etals-Unis sont au sud du Canada n'est pas sans importance.Dès le printemps et le début «le l'été les légumes américains envahissent nos marchés urbains.Si bien que lorsque nos maraîchers sont prêts à offrir les leurs, le public est déjà rassasié et les prix sont tombés.Une barrière douanière suffisamment élevée empêcherait cette invasion, en tout cas maintiendrait les prix à un niveau rémunérateur.Les primeurs ne se classent pas parmi les'articles de première nécessité, dont il faut maintenir le prix aussi bas que possible.Notre consommateur se les procurerait trois semaines ou un mois plus tard.Pour avoir attendu un peu, son plaisir n'en serait que plus grandi L'agriculteur, de son côté, y trouverait une protection qui ne lui ferait certes pas de tort.D'ailleurs, nous avons dit tarif saisonnier, donc qu'on ne maintient que le temps qu'il faut." L'Actualité Economique pense donc comme les horticulteurs canadiens qui demandent depuis longtemps un tel tarif saisonnier.Fermer l'entrée du pays aux primeurs américaines et au beurre de Henry ville, le 1er juin, 1929.M.lu Rédacteur, Des personnes bien intentionnées se scandalisent d'un article paru sous votre signature dans le Bulle-Un, OÙ vous avez écrit que l'U.C.C, étant une association indépendante, ne doit pas recevoir d'octrois du gouvernement.Ces personnes se demandent pourquoi l'U.C.('.ne pourrait pas quémander et obtenir des octrois du ministère de l'Agriculture au même titre que le Soleil, le Bulletin de la Ferme, les éditeurs du Journal d'Agriculture, la Coopérative Fédérée, les cercles agricoles, les sociétés d'agricultures, les pages agricoles de nos grands quotidiens, etc., et.C'est que f'U.C.C.n'a pas été fondée pour cela mais pour étudier les maux dont souffre l'agriculture et proposer les remèdes à ces maux.Les fondateurs de l'Union n'avaient pas besoin de subsides et pendant deux ans l'Union a démontré qu'elle pouvait prospérer et s'acquitter de sa tâche sans émarger au budget du ministère de l'Agriculture.Il est vrai que depuis deux ans l'on a prétendu donner à l'Union une orientation nouvelle.Au dernier congrès, une demande fut faite d'autoriser l'Union fi s'organiser pour faire le commerce.Cette demande fut rei>oussée à l'unanimité.Le seul amendement aux statuts qui fut adopté par une légère majorité fut une permission d'augmenter le taux de contribution des membres et de faire imprimer une feuille hebdomadaire pour distribution gratuite aux membres afin de les renseigner sur les activités de l'Association.Mais, si pour conserver son indépendance et poursuivre le but que se proposaient ses fondateurs, l'Union ne doit pas accepter d'octrois du gouvernement, il n'en est pas de même pour les oeuvres que l'Union pourrait susciter.Ainsi, par exemple, pour remédier aux maux dont souffre l'agriculture si l'Union prenait l'initiative de fonder dans chaque paroisse rurale une caisse populaire, il n'y aurait pas d'inçon-vénenls à ce que ces caisses reçoivent du gouvernement la papeterie qu'il accorde ordinairement ces corporations.Si.pour les mêmes raisons.l'Union décidait qu'il est urgent d'établir en divers endroits île la province des maisons de refuge pour les cultivateurs ruinés personne, je suppose, ne s'oppo^-rail à ce que les corporations qui dirigeraient ces maisons ne reçoivent leur part des fonds votés pour l'assistance publique.Dans une paroisse particulièrement éprouvée du Lac Si-Jean que les autorités locales, de concert avec les cultivateurs, avaient, parait-il, décidé d'abandonner en bloc en secouant la "poussière de leurs pieds", une association de philanthropes vient d'offrir des secours.Ces propositions de secours qui furent lues en chaire au mois d'avril consistent à offrir gratuitement aux cultivateurs qui décideraient dé rester ou qui sont pauvres pour s'en aller des grains de semence, des vaches a lait el à leur garantir un prix moyen de .?2.2â pour leur lait à la fabrique.Si l'Union, par la publicité qu'elle pourrait donner dans son journal à cet acte éminemment méritoire, suscitait des dévouements du même Heure dans d'autres parties de la province, personne ne s'objecterait à ce que le gouvernement ne fournisse le concours rie ses techniciens pour mettre ces plans de secours à exécution.Ainsi donc, rien pour l'Union qui n'en a pas besoin; tout pour les oeuvres qu'elle pourrait faire surgir.Voire bien dévoué et respectueux, Joseph COME'ÂU d'occuper ses employés à faire vendre nos produits plus chers plu-lot que d'enseigner à en faire produire beaucoup plus pour pas plus de bénéfices.Si M.Caron s'était entré dans la tête (pic c'était le prix de vente, mais non pas le seul prix île revient qui comptait chez le producteur, je pense que le cultivateur s'en serait trouvé mieux et de même pour toutes les autres classes.Car vous savez comme nous que qaund le cultivateur n'a pas d'argent, toutes les autres classes s'en ressentent.Donnez-nous .50 et (»0c.pour la livre de beurre et .25 el 27c.pour la livre de fromage et le reste de nos produits en équivalent, et vous verrez que nous n'aurons pas besoin de nous faire dire comment s'y prendre pour faire produire ¦1,00(1 lbs de lait et davantage à une t vache qui n'en produit en moyenne que 2,000 par année.Nous n'aurons pas besoin de radio pour nous dire j comment écouler nos produits et I faire doubler nos revenus.| M.Caron devait sans doute sa-j voir que ça ne coûte pas à nu cul-; tivaleur qui fait de l'argent, com-! nie nous disons, d'aller chez le mar-j chand acheter des chaussures et les | payer $1.00 et $1.50 de plus que le : prix ordinaire, d'aller chez l'agent d'inslriminls aratoires et d'acheter ce qu'il n'achète pas quand son produit ne se vend pas el ainsi de suite.Ca lui coûtera moins de payer un engagé $2.00 el §3.00 par jour s'il fait un revenu de 8600.00 à $700.00 que de payer ce même homme $1.00 et $1.50 avec la moitié inoins de revenu.On dirait que nous avons été créés pour toujours travailler à faire vivre les consommateurs et si nous voulons dire notre idée, sur notre position, à nos gouvernants, nous nous faisons ton! de suite frapper sur les doigts.Nous sommes contents de renier-I cîer l'hon.M.Caron pour ses bons services el nous espérons que l'a-' venir se fera meilleur: car je crois qu'avec la sortie de M.Caron cl l'entrée de notre nouveau, M.Perron, nous avons passé du "décourl au croissant", et qu'avec le secours de noire journal, l'ami des cultivateurs qu'esl le Bulletin îles Agriculteurs, nous, pourrons "loffer".Vous remerciant d'avance de votre hospitalité, je suis votre humble serviteur et abonné.L.-P.ROLDUC.avons ce droit nous aussi de nous I protéger.II faut que justice se fasse partout.Il faut que notre hase na- , tionale, qui esl l'agriculture soil j protégée.On dit que le pays est | prospère el riche.Je ne comprends j pas celle richesse quand on sait , qu'on achète de l'étranger pour un billion de produits étrangers.Nous avons acheté des Etats-Unis pour $500,000,000.Il est inutile de dire qu'on vit dans un pays riche et prospère si on vil de produits étrangers.Un pays est prospère quand il vend et garde son argent.C'est le système américain.C'est pour cela que la population américaine a augmenté si rapidement.On est un peu toutes sortes de choses: américain, un peu anglais, un peu , hollandais, un peu chinois, mais ; canadien bien peu.Il faut être bon.I mais non pas bonnassc.Votre hein dévoue.1.-1).ST-ONGE, cultivateur.DISCOURS DE M.BOULANGER SUR L'IMMIGRATION Pour venir en aide aux colons canadiens — La meilleure manière de garder nos gens sur la terre O] union d'un Saint-Marc ouvrier des Carrières, >('» mai 1020.Comme ça s'impose de l'opposilion Sle-Gencviève de Bntiscan, , , .2 mai.1020.AI.le Directeur.Celui qui, depuis dix ans, pour se dérider et s'amuser, a suivi l'organe des $250,000.00 de graisse, qua chaque année, votre argent, le mien, l'argent de tout le monde, lui fournit, celui-là.dis-je.se pose une question devant les dernières émanations stomacales du valet repu.Mille fois, avant ces derniers jours, il vous a crucifié.Vous le méritiez aussi, car.simple contribuable, vous osiez insinuer que l'agriculture avait besoin d'être moins ignorée, négligée, abandonnée.Vous, directeur d'aucune compagnie, pas ministre, pas député rouge tout court ! Oui, mais voici qu'en grosses lignes, avec force portraits, le même astre, le même, absolument le même, nous persuade que l'agriculture a un tel besoin, en celte province, oui, absolument la même, un tel besoin d'être relevée, sortie du marasme, respectée, que l'on a préposé à sa guérison, un nouveau ministre.11 le faut, clame ce dernier, il le faut.Notre province doit devenir la province par excellence de l'agri-culturc.Nous y mellrons l'argent nécessaire! Nous nous en occuperons.Tiens, tiens, étions-nous, oui ou non.dans quelques besoins?L'on nous apprenait si régulièrement que tout était, en agriculture insur-passablc, modèle, inaméliorable, indiscutable, inattaquable! Malheur ' aux braillards qui disaient le contraire ! Qui est-ce qui braille?Comme ça s'impose, de l'opposition ! Comme c'est nécessaire, au bon peuple, de l'opposition! Si au moins Baptiste L'Empli pouvait corapren-que c'est l'opposition qui le protège, qui lutte pour lui, jusqu'à faire avouer par le gouvernement qu'ENFIN, les dieux vont donner un peu de leur si précieuse attention, au sol.an peuple de chez nous, au noble agriculteur., ! Bien à vous.A.-.I.O.BERGERON ('."est le prix de vente qui compte Bcauccvillc Ouest, 2-1 mai, 1020.Le Bulletin des Agriculteurs Monsieur le Directeur.,1e viens solliciter un petit espace en votre Tribune Libre pour dire ce que je pense de la pauvre classe des cultivateurs, .le lisais sur un journal rouge, hier, un discours de l'hon.M.Caron, ancien ministre de l'agriculture, prononcé réeem ment lors de la manifestation de ses partisans à l'occasion de sa retraite comme ministre de l'agriculture.Au cours de son discours.M.Caron fit remarquer que lors de sa rentrée au gouvernement le personnel de l'agriculture comptait 42 cm.ployés et qu'aujourd'hui il se chiffre n au-delà de 500.,1e crois qu'il aurait été mieux pour notre ministre, qui se félicite d'avoir fait quelque chose pour les cultivateurs: Le taril' — Suivons-nous l'exemple des Américains?Windsor.Québec, 21 mai, 1020.M.le Directeur, Depuis quelques jours les journaux nous parlent du nouveau tarif américain qui a été relevé d'une manière considérable.Son effet va se faire sentir pouf le cultivateur canadien, surtout dans l'est du pays et surtout pour les produits laitiers.Mais nous ne devons pas leur en vouloir.Us veulent protéger leurs cultivateurs.C'est leur affaire, c'est leur droit.Us font bien.Us savent que l'agriculture est l'industrie la plus importante dans un pays et la force d'une nation.Mais je suis à me demander si de telles barrières de la part de nos voisins va amener notre gouvernement canadien à relever lui aussi les barrières afin de protéger noire agriculture dans ce pays.Nous /.c Bulletin des agriculteurs, Monsieur le directeur.Voulez-vous me prêter un peu d'espace dans les colonnes d< voire bienveillant journal pour exposer les raisons qu'ont les ouvriers de traverser la ligne 45èmc avec leurs familles?Ceux qui se plaignent de l'ouvrier, de son manque de patriotisme, et le reste de la litanie donl je n'ennuierai pas vos lecteurs, font ils quelques suggestions pratiques pour remédier à cel état de choses?J'en doute.Je n'en ni jamais entendu parler.Pourquoi?exception faite de celui qui souffre et à de rares exceptions dont je I vous félicite d'être du nombre, il est à la mode aujourd'hui de ne (lire que la vérité fardée; avec ce principe, le pauvre et le faible ont toujours tort.Cultivateurs, ouvriers de la terre, je vous lis et je vois (pic vous en savez quelque chose.Limai qui vous force à quitter notre pays est le même et fait le même effet chez l'ouvrier, .le veux parler de l'encombrement des marchés par des produits étrangers, faits à l'étranger el l'émigration sans cou trôle.ni limite de la lliaill-d'oouvre ouvrière.L'on dira peut-être que l'ouvrage ne manque pas; non.il \ en a beaucoup d'ouvrage depuis quelque temps, mais n'oublions pas que le capital étranger domine.Que ce soit un Anglais, un Juif ou un Américain qui soit le maître, une chose certaine, c'est (pie ce sera un homme de leur nationalité qui aura la meilleure place cl celle qui sera le mieux rétribuée.Ensuite, quand il y aura une porte d'ouverte le Canadien y passera le premier.Aussi il ne faut pas s'étonne;' si dans bien des cas nous sommes forcés par les circonstances d'aller travailler à l'étranger, aux Etats-Unis.L'Américain, qui est avant tout un homme d'affaires, a su attirer son homme cl le garder chez lui.Voici comme il procède.D'abord.il nous force à avoir des passeports el pour cela il faut faire des dépenses assez considérables, avoir de bonnes références, ensuite il lui fan' de l'argent pour être admis chez lui.mais si l'ouvrier revient et résich dans sa famille plus de six mois, i lui faudra recommencer à faire di nouvelles démarches.Taudis que si j'émigre avec ma famille, je puis travailler indifféremment aux Etats Unis el au Canada et traverser les lignes sans payer.Donc l'ouvrier canadien n'a de l'ouvrage que dans son pays, où l'émigré a bien souvent la préférence.Ne trouvez-vous pas.messieurs les cultivateurs, que nos cas ont des traits de ressemblance.' Pour résumer: main-d'oeuvre étrangère quand cela fait leur affaire et sans aucune restriction, de plus aucun droit à payer pour venir profiler du travail canadien.Par conséquent il fait bon de laisser sa famille à l'étranger, de venir faire l'ouvrage el emporter l'argent canadien.Si cet étal de choses csl préjudiciable à l'ouvrier, ne fait-il pas également tort au cultivateur canadien?Ne le prive-l-on pas du marché rémunérateur?Que don nent les familles qui résident dam le voisinage de l'industrie qui emploie leur chef?Un pensionnaire laisse moins d'argent, n'est-ce pas?Un remède me semble bon pour remédier à ce mal.Ce serait d'amender nos lois de façon à imposer à l'Américain les mêmes obligations qu'il nous impose, les mêmes droits et les mêmes tarifs de douane à subir.Probablement si nos gouvernements avaient eu le courage d'appliquer une semblable politique cela aurait donné à réfléchir à nos voisins du sud, el d'un autre coté le peuple aurait été mieux protégé.De plus, je demanderais à nos gouvernements d'avoir au moins autan) de sympathie, de faire autant de sacrifices pour le Canadien français pour le garder au pays que pour l'immigrant, le nouveau venu.Aurons-nous bientôt celle chance?L'ouvrier le désire, l'habitant le réclame.Soyons donc.Canadiens, avant de travailler pour l'étranger; et le peuple encouragé et secondé trouvera le bonheur qu'il cherche tout en servant les meilleurs intérêts de notre beau pays.Je termine en vous remerciant à l'avance de votre bienveillante hospitalité.Uugène CRETE, tailleur de pierre.Les représentants du peuple à la Chambre des Communes ont discuté, la semaine dernière.la politique d'immigration du gouvernement.M.J.-O.Boulanger, député de Belle-chasse, a prononcé, à cette occasion, un discours (pie nous reproduisons ci-après intégralement et (pie nos lecteurs liront certainement avec plaisir.Les bonnes idées tout leur chemin.Mlles seraient cc-pcndanl adoptées beaucoup plus j vite par le gouvernement si les Moi*, j langer étaient plus nombreux à la Chambre.Voici le discours du dé-pirié (le Uellei-bas.se : Je crois avoir trouvé lissez ii redire à la politique d'immigration en vigueur pour avoir le droit de signaler un progrès qui a été réalise Il s'agit du crédit de 81,300,000 que le ministre de l'Immigration (| de la Clonisat'on a demandé au l'arlenien! .le lui accorder el qu'on trouve à la page 22 du cahier des crédits comme suit : 55.Dépenses casuelles pour l'immigration et dépenses générales, y compris les subventions aux sociétés d'immigration, aux hôtelleries de femmes, aux provinces, el prêts pour achat d'animaux et de matériel pour les jeunes Canadiens, suivant l'autorisation du gouverneur général en conseil.Je souhaite voir dans ce crédit la consécration par le Gouvernement du principe que, en matière de colonisation, in Canada, les citoyens du Canada ont le droit de profiter I des mêmes avantages qu'on offre j aux immigrants.C'est là un geste qui contribuera grandement à satisfaire l'opinion publique.Elle verra qu'on inaugure une nouvelle; politique nationale de colonisation ! pour le bien du Canada avant tout,; et non pas pour le bien d'un autre pays ou au profit de .sujets d'un .antre pays.Le ministre de l'Immigration et de la Colonisation ne nous a pas encore indiqué comment il emploiera ce crédit de $1,300,000 t m vue de stimuler la colonisation de nos terres inoccupées par les Canadiens, ce qui est grandement conforme au sentiment exprimé à I la Chambre.J'imagine qu'il s'exécutera quand nous attaquerons l'étude ! de ses crédits.Un attendant, puis-jc suggérer qu'il élabore, afin de venir en aide aux colons canadiens, quelques-uns des projets qui ont été mis en oeuvre pour aider à l'établissement des immigrants d'outremer sur nos terres.Ces projets sont assez nombreux el l'on peut les résumer ainsi «ju'il suit : I.Accord quant à une subvention de traversée cotre les gouvernements du Royaume-Uni et du Canada, en vertu duquel les membres des ramilles d'agriculteurs de la Grande-Bretagne âgés de plus de lllX-ncuf ans ainsi que les domestiques ages de plus de dix-sept ans.i traversée d'Angleterre au i aux prix ci-dessous énuiné- font Canacl rés : Halifax.Saint-Jean .Montréal.Toronto .Winnipeg.Iléginn.Moose.Jaw-Calgary ou Edmonton \ a licou ver .La différence entre passage acquittés par grants et les prix de guliers en troisième c louis sterling, actuellement exigi Par les compagnies transat lanti (pics, est payée moitiéc par le gou vei iieiiienl canadien el moitié le gouvernement impérial.Passages gratuits pour lev icunes gens âgés de quatorze à dix-neuf ans.qui viennent gagner leui vie sur le sol canadien.L intégral du passage est m Québec £2.0s.3.0 • .3.10 • ;.4.10 Saskatoon ô.ll .5.10 .8.0 les prix de 'les iinini-passage rélasse de 10 par : moitié iiada prix acquitté par !e gouvernement du C.la et moitié par le gouvernement du Hoyaume-Uni.3, — Passages gratuits pour les jeunes filles âgées de quatorze à dix-sept ans.quj viennent au Canada comme domestiques .sous auspices du gouvernement dieu ou d'une société lion approuvée.Le prix es cana-l'immigra-ntégra! de passage est acquitté par les gouvernements respectifs du Canada el de la Grande-Bretagne.4.— Le projet dit de la réunion des faniiilles, assurant une réduction des prix de traversée pour la reunion des familles autres que celles de.s agriculteurs.Selon ce projet, une épouse eligible à en bénéficier, paye 3 livres sterling pour la traversée tandis (pie ses enfants ages de moins de dix-sept ans, ne payent pas un seul sou de passage.Les gouvernements du Royaumc-1 ni et du Canada acquittent !c reliquat ou payent entièrement la traversée aux prix réguliers suivant le cas.La fixation à 10 livres sterling du prix de la traversée océanique par les compagnies transatlantiques, à la demande des deux gouvernements (anglais et canadiens) et dont bénéficient tous les immigrants des I'les Britanniques, qui n'appartiennent pas aux catégories ci-dessus énumérées.6.— Les fermes d'une brochure jque publie le gouvernement anglais et qui a pour titre: "Rapport Wu comité de colonisation d'outre.Jrner pour l'année close le 31 dé-; acembre 1928", je lis ce qui suit: ; Le projet d'établissement impé-ïrial vise à répartir, de ta façon la [plus utile.la population blanche ylu commonwealth britannique entre ses diverses parties.Mais, étant .«donné la situation de l'heure dans (certaines parties de ce pays-ci.un [¦fort courant d'opinions existe en 'faveur de n'avoir recours à ce ré-iSiliie.autant que faire se pourra, ;larif douanier est revisé, pourrait bien y gagner peu de chose, l.a Bourse a été tranquille, soumise qu'elle était à l'action dé- ; primante du taux élevé de l'argent; j par suite, les cours ont eu tendance ( à fléchir PRANCE Le résultai des elections municipales, qui ont eu lieu dans toute la France, indique peu de changement I el passe généralement pour favorable à la forme actuelle d'administration, Ces élections ont une certaine influence sur celles du Sénat.Le budget de 1930 doit être prêt avant la fin du mois.En général, le budget n'est discuté qu'à la fin de l'année, el celle dérogation indique une amélioration évidente de l'organisation financière du pays.L'activité industrielle, après un certain recul en février, a repris et s'est traduite par une avance des charge- .menls ferroviaires qui, en mars, ont ' dépassé de -LOOK wagons par jour les chiffres de février.Les opérations de la Bourse ont été virtuellement arrêtées par suite, en partie, d'influences extérieures el de l'Incertitude concernant les Réparations.Les renies demeurent fermes el parfois même nccuSCIll une a vance.MEXIQUE Ce Thé Vert possède un goût fin tout particulier Tout frais des plantations lllière classe ou a imposé un droit de KHI pesos par tête.Le commerce de gros el de détail reste tranquille.il.n Manque ilr Montréal).L.Les importations hindoues de l'année budgétaire terminée le .'Il mars I02.S foui voir une augmentation de plus (le 18 crorcs de roupies sur l'année précédente ou.en monnaie canadienne, de plus de SGO.000,1.ce qui est regardé comme 1res satisfaisant.Les importations totales de l'année ont représenté une valeur de 2.449,-001.710 Us., comparativement a 2,-.'112,208.17(1 en 1027.et à 2,261,777,-061 en 1020.du est d'avis qu'en de la plus-value des le commerce hindou aticint les chiffres colon, le iule, les céréales, les légumineuses et la farine, le thé el le?semences, mais aussi, à un moindre degré, du cuir, des métaux et des minerais, des peaux brutes, de la laque e| de la laine (brille el manu-l'nclurée 1 • Peu M.A.-J.Gouin Les Trois-liiviéres.:t ID.N'.C.I — M.Alfred -L Gouin, ancien échevin des Trois-ltivières et représentant de la Cumula Steamships Lines Co depuis une quarantaine d'années.es| décédé à l'âge de 69 ans el deux mois.tenant compte marchandises a maintenant d'avant-guerre.Les exportations ont accuse également une augmentai ion satisfaisante sur 1927.quoique pas aussi considérable que les importations.Les ex porlalions totales de l'aimée terminée en mars 1928 se sonl élevées! à 3,191,128.062 Its., comparativement à 5.014,358,284 en 1027.el à 3,748,421,200 en 1020.Quoique 1928 se solde par une avance sur l'année précédente, elle fut bien au-dessous de 1926.Si l'on ajoute maintenant les importations cl les expor-' lotions des trois années on remarquera que l'Inde a eu une balance Commerciale favorable de 288 croies de roupies, ou plus de $1,000,-000,000 pour celle période.Durant l'année sous revue l'Inde a élé favorisée d'une abondante mousson.Pour lui permettre d'achc-ler les marchandises dont elle a besoin en quantités aussi considérables, l'Inde dépend des produits suivants qui forment ensemble 011 pour cent de ses exportai ions : le Province rln Qtl^ticr Dlatrlct de Montre*! No F-S3241 Cour Supérieure De, Millie Cohen, do In cite et flu Di,«-trlcl 'i'' Montrent, épouse en communauté di' biens de Isnnc Kynnskl.allas Cohen, marchand «le la même place et dûment autorisé a ester en Justice en vertu d'un Jugement rendu par l'Hon.J.Coderrc.le 20 mal 1929.Plaignante — Vu — I.saac Kyanskl, allas Cohen, marchand rie la même place.Défendeur Une action eu séparation l«'- Au lecoudc nv.il : enclumes, foreuses îuuS" s.mff.rls et autres rnacJiluM de toute» ,.I,.,„¦¦.irrs rédui'*.!¦• »¦ l'.rsnis „n.i Suns'i.i.i., co-f.r.„- McGill.Montreal.TERRE "00 acres a vendre ou louer, en p:.rtlc défricher.Bonne maison.Krnnce neuve combla français, hangar, établa a pores, A VENDRE Taureaux canadiens etc a et, 1 nn.eligible! nu livre d'élite.Veaux maies, tour, provenants de Conrad Bonn, fils de Nelly qui a produit «."42 livres de lait et 3G8 livres de gras en 173 Jours, et frères de PI nette, championne qui a produit 10.750 livres de beurre, uetejàea sujets Yorkshire de 4 mois S'adresser a: La Ferme Belle-vue.Plodden, comté Richmond, p.q.21-22-23 No 1., No 2.0.18)4' .0.17H CHEVAUX A VENDRE Nouvelle importation arrivée i chevaux percherons.Belges.Ciydcs- eau abondante.Roulant eo:::plet.chevaux .dales.Standard bred, Hackney et Cana-•.nelies.moutons.Conditions nvuntHgcu- | dices, étalons et Juments.S'adresser ù -es.station, église 2' • milles.Adresse: I Kermès Arno'.Uwold.Grcnvlllc.Que.Oustave Ruhattel.Ste-Florenee, Vallée Ma- 1 10-20-21-22-23-24 tapédla, Que.21-22-2.1 i A VENDRE Bestiaux Ayrshire.; Cochons Yorkshires.Un veau mflle de 15 mois et 5 de l'année, île vaches au livre d'Or et Ills de Mnedo- i.aid Kenower dont la mire Maedonald Dorothy a fait un record de 18.550 lbs de lait et 77!» Ihs de «ras à 4 ana — 25 cochons Yorkshires dont les ancêtres ont pris le championnat, a Indianapolis.Ormslown.etc.S'adresser a RomuaM riianeuf.St-Antolnc.comté Verchércs.TERRES Désire entrer en relation avec propriétaires de terres.Prix comptant.Détails fournis.S'adresser à D.P, Bush, Mlnncn-: Oils, Minn.E U.ANIMAUX ENREGISTRES A VENDRE 1 étalon canadien.1 ans.I taureau canadien l an: trois veaux nulles Ayrshire do l'année; trots femelles Ayrshire d'un ni-8'ndroascr a Edmond Perrlor, Lnpralrte OU*.17-18-10-20-21 A VENDRE Pâtisserie équipée tout un complet.Commerce étalill depuis 5 ans.Clientèle choisie.Commerce au comptant, S600 à $800 par .semaine de revenu.Cause de santé.Prix très raisonnable pour prompt acqué-reur.Le vendeur s'engage a fournir à l'acquéreur tous les renseignements né-ees air.'H a son arrivée.S'adresser a E.Ciougcon.4509 St-Jacques.Montréal.West-mount 2301.20-21-22 FROMAGE BLANC la Une .o.wk No2.0.17H\ OEUFS la .i.i.-.' Frais Extras.0.32 J.raix Premiers.0 °S Poulettes .!*.".".Frais Seconda.! Q.24 POULES VIVANTES le llTrc 1 Chou, r> lb« et plu.».n sn Bonne 414 !b?ct plus.0'»S Moyenne.•! Ibs ct plus.' ' 0 "'I , Passable, 3 lbs et plus., 0.22 POULES ABATTUES .'a livre Choix, a lbs et plus.0 32 Bonne.4 lj lbs et plus.0 °'l Moyenne.1 lbs et plus.n 27 Passable, 3 lbs et plus____.0.24 POULETS VIVANTS Chois:.4ii lbs et plu,.o.OoT »on,Ji.{|hsctpliis.o.OO Moyen 3 lhsçt plus.,,.00 1 Bssabte, 2)4 Ibs et plus.o.OO POULETS ABATTUS ~.,,T"' t.hoi.x, ô lbs et plus____ 0 -{•( lion.41-.Ibs et p|lw.[n:,| Moyen, 4 lbs et plus____ 028 Passable, 3 Ibs et plus.0 25 Récipients de (30 lbs).'' defSlbs).de (2}A lbs).MIEL AMBRE Récipients (30 lbs).( B Ibs).(23-.0.08 1-'-' P"nux de taurenux.0.06 Peaux de veaux de lait.0.00 :\ 0, ÎÇ Peaux de veaux (chacune).000 à 1 .26 Peaux d'agneaux (la peau).0.75 il 1.50 Peaux de cheveaux (.la peau) .0.00 A 3.00 LAINE Lavée No 1.Lavée No 2.Non lavée No I.Non lavée No 2.Non lavée No 3.I* livre .00 \ .30 .29 ft .10 à .00 à .IS à .00 .20 .00 .00 NOUS VOUS INVITONS A NOUS ENVOYER VOTRE CREME Vous serez payés de hauts prix Nous savons que lorsqu'un patron est satisfait, il nous recommande Vous aurez satisfaction Veuillez nous écrire pour nos conditions >
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