Le bulletin des agriculteurs /, 1 avril 1940, lundi 1 avril 1940
UN COEUR TROP FIDELE ROMAN COMPLET Le Bulletin des Agriculteur Avril 194u i a SYSTEME FERGUSON LE MOINS CHER DES TRACTEURS-2 SOCS COMPLÈTEMENT ÉQUIPÉS* Le prix modéré du nouveau tracteur Ford à système Ferguson (livré ;i l'acheteur) comprend une liste— longue comme le bras!—d'importants articles d'équipement.Rappelons notamment les pneus de caoutchouc, .standard sur toutes les quatre roues .Panto-démarreur .la prise de force .l'on s'attend d'habitude à payer un supplément pour de tels item.Ce n'est là qu'une des surprises que vous apporte ce merveilleux nouveau tracteur Ford.En voici d'autres: ( 1 ) il remorque deux socs de 11", mais exige moins de carburant que d'autres tractcurs-2 socs; (2) il laboure sur une largeur de 2î>", et cependant, il ne lasse pas la terre; (3) les pierres cachées ne constituent plus un obstacle—quand la remorque frappe une racine ou un roc, la ligne de tirage du tracteur Ford à système Ferguson agit comme son propre dispositif de sécurité.Demandez au dépositaire Ford de vous en expliquer le fonctionnement.NOUVEAU PRINCIPE HYDRAULIQUE Co n'est pas seulement pour lever et baisser les remorques, mais pour les maintenir, dans les terrains ordinaires, à une profondeur déterminée que le mécanisme hydraulique Ferguson a été incorporé au tracteur Ford.Les remorques, y compris les cultivateurs, sont attachées et détachées en moins d'uno minute.FORD MOTOR COMPANY OF CANADA, LIMITED Automobiles V-8 Ford, Mercury, Lincoln-Zéphyr.Camions et commerciales V-8 Ford.CETTE ANNÉE.SOXEZ ECONOME- ACHETEZ PRUDEMMENT i I V I i F i | I Cette Année DIMINUEZ LES FRAIS DE FONCTIONNEMENT DE VOTRE RADIO Vos besoins d'argent serontsi nombreux cette année qu'ilest très important que toutes les choses que vous achetez valent 100% du prix que vous les payer! Assurez-vous que les batteries pour radios que vous achetez vous donnent le maximum d'heures de service pour la somme que vous dépensez.Les gens économes ont prouvé, par milliers, quo la véritable économie réside toujours dans l'achat do batteries "B" "Super-Layerbilt" "Eveready." Il y a là, en couches plaies suporposcos, uno matièro produisant lo maximum cTénorgio— sans elements cylindriques occasionnant uno porto d'espace.Lo résultat—uno plus pct'rto batterio ?yant uno LONGUE duréol Peut être employee sur tous los radios à battorio.Uno aftairo mervcillnuso pour lo prix —collo batterio *'B" compacta, construite on couchos platos ol superposées.Sa vento largamant accruo prouvo son ôconomto—-ci sa popularité.Spccialomont rocomman-déo pour los nouvoaux apparoils do 1.4 volt—compagno parfaito do la battorio "A" "Air Coll'* A-1300 "Evcroady" ($2.95).r-JVEgE^y Canadian Narionol CarbonCo.Llmltad Halifax MONTREAL Winnipeg Toronto Vancovvtr IUJK 1F-1D EVEKtADY MARQUE.DÉPOSÉE' er Layerbïlt MARQUE.DEPOSEE M- DATTtDicr«v l'estomac car il agit plutôt dans le gros intestin et ne forme pas d'ac-cout muante., 5.IE MARI: Ça me parait assez essayons-le ! LA FEMME: Si c'est sûr! Il n'y a aucune drogue âpre dans Castoria.Il est aussi pur (pie possible et réellement suit! 6.LE MARI: Parfait, mais son goAt?C'est i'i cause de ça que nous nous querellons.LA FEMME: Castoria a un goût exquîstlonl les enfants ruITolcnt.Regarde comme il l'avale! On n'a jamais besoin de forcer un enfant à le prendre.it CASTORIA Le laxatif moderne—SÛR—préparé spécialement et SEULEMENT pour les enfants Mme Frimousette qui a une petite fille de trois ans, vient d'acheter un gros bull de fort belle race.Or, l'autre matin, elle surprit l'un et l'autre face à face, la fillette tirant la langue et fronçant le nez au bull, qui lu considère placidement: —Pourquoi, Janine, fais-tu des grimaces à Jack?demande alors Mme Frimousette.Janine alors montre la gueule bourrue du bull : —M'man, c'est lui qui a commencé! * ?* L'excellent professeur Pâmoison est un peu distrait.Il a notamment égaré trois ou quatre fois son parapluie.Aussi, ce jour-là, est-il tout surpris de ne l'avoir pas perdu et de revenir avec à la maison.Et il est tout fier de le faire remarquer à son épouse.Mais celle-ci pousse les hauts cris: —Qu'as-tu fait Alexandre .justement tu n'avais pas pris de parapluie aujourd'hui en sortant .* * * Le fils à Marius a lu beaucoup de romans d'aventures.Et comme son père lui demandait dernièrement ce qu'il voudrait faire quanti il sera grand, le petit répondit avec dignité: —Je veux être naufragé! + + * Jean-Jacques rentre chez lui, le bras en écharpe, un bandeau sur le front, sa bécane en moi* .-eaux.Sa mère, toute émue, s'écrie: —Oh! Que t'est-il arrivé, mon pauvre chéri?—Je suis rentré dans un autobus, petite mère! réplique alors Jean-Jacques.—Eh bien! Tu es dans un joli état, constate la maman.f'e n'est pas grave, au moins.Alors Jean-Jacques, redressant la.tête avec un petit air vainqueur; —Oh?moi ce n'est rien, mais si tu voyais l'autobus .* * * Il est deux heures du matin et chez M.et Mme Pamplemousse le téléphone se met soudain à sonner.Mme Pamplemousse se lève cl prend l'appareil.C'est sa fille qui est au bout du fil.Dans son amour maternel, Mme Pamplemousse craint déjà un accident ou une maladie subite.—Qu'y it-t-il donc, ma chérie?.demàndc-t-ellc.Je suis affolée .A cette heure! .—Calme-toi .petite mère.Rien de terrible.Un conseil seulement.Le docteur a ordonné pour mon mari, une potion à prendre toutes les deux heures.C'est le moment .et il dort profondément .A ton avis, maman faut-il le réveiller.—lieu! .lieu .réplique Mme Pamplemousse embarrassée, et de quoi souffrait-il?— D'insomnie ! * * * Au bord de l'eau, trois pêcheurs vantent l'excellence de la place qu'ils ont choisie.—Moi, dit l'un deux, chaque fois que je jette ma ligne, ça mord.—Moi, dit le second, que je me mette n'importe où, chaque fois que je lève ma ligne, un poisson est pris.-—Vous voilà bien fiers, dit le troisième.Moi, à la plitce où je me mets d'habitude, je dois repousser les poissons de côté quand je veux remplir d'eau ma bouteille.» * * Robert voit pour la première fois la nier.La plage l'enchante, il barbote et fitit sans arrêt des pâtés de sable.Soudain, il s'interrompt, scrute l'horizon, suit des yeux un grand navire enveloppé des volutes de sa fumée: —Oli! maman! s'écria-t-il enthousiasmé .Regarde! Une locomotive qui prend un bain ! * * * Mme Bergamote fait remarquer à Julie qui vient d'apporter le potage: —Oh! Julie, cela devient impossible .Il y a encore un cheveu dans le potage.Mais Julie regarde placidement sa patronne et elle remarque: —C'est curieux.Il en était tombé bien davantage, mais je croyais 1er-avoir tous retirés.—Comment! c'eut vous, ce filleul qui m'écrive: de si jolies choses.' Avril J 940 LA DEFENSE DU CULTIVATEUR Le Bulletin des Agriculteurs Un couteau à deux tranchants par Isidore Le revenu supplémentaire mais problématique que pourrait apporter aux cultivateurs une majoration du prix du lait à la consommation serait inférieur à la perte de volume qu'elle entraînerait CERTAINS problèmes sont toujours d'actualité.Nés de situations com-pliquées ou complexes, ils ont éveillé pour un temps l'opinion publique qui s'a l ensuite endormie sur un palliatif éphémère.Un angle particulier avait pu échapper à l'attention et une circonstance imprévue les ramène à la lumière avec autant plus de violence qu'une longue attente contenue n'avait qu'assoupi les griefs.Un de ces grands problèmes auxquels on n'a jamais trouvé une solution parfaite ou complète revit avec plus d'acuité que jamais: c'est le pro-1,1, me du lait.L'industrie laitière qui rapporte plus à la province tie Qué-bec que toutes les autres industries a soulevé d'angoissants problèmes d'or-dre pratique.Les intérêts en jeu sont trop nombreux pour faciliter une so-lution équitable.Il faudra tout de même un jour ou l'autre en venir à dis mesures qui auront du moins le mérite de protéger les droits des cultivateurs sans opposer à ceux-ci la classe des consommateurs.Iles représentations ont été faites récemment à Ottawa devant le comité ;,1 d'enquête sur les prix des ap-provisonnements agricoles durant la guerre.Le but de ces démarches était ,1e protéger l'industrie laitière contre tout ajustement qui pourrait lui être fatal.On a fait observer aux enquêteurs que si l'on veut que les prix du lait restent bas il faudra nécessairement que les cultivateurs ne paient pns trop cher ce qu'il leur faut pour nourrir leur bétail .A cet objectif pratique se greffent plusieurs considérations {l'importance vitale.On cherche à empêcher qu'à la uito de diverses circonstances les profits déjà minces de nos producteurs laitiers fondent comme la neige au printemps.Tout le monde souhaite qu'il existe un écart légitime entre le prix que reçoit le cultivateur et le coût de la production.De l'espoir à la réalisation il n'y a peut-être qu'un pas mais certaines fois il faut des hottes de sept lieues pour le franchir.Aussi faut-il tout prévenir.Advenant une envolée des prix des fourrages et des grains alimentaires, il est évident que le coût de' la production laitière augmenterait parallèlement.Qui sera alors appelé à subir ce nouveau contre-coup?Le cultivateur pour sa part n'en peut mais.L'industrie laitière s'inquiète à son droit de toute hausse qui pourrait se refléter dans les prix du lait pour la consommation.Car, si le cultivateur réclame et obtient un meilleur prix des laiteries, ces dernières se servi- ront de cette excuse pour majorer le prix du lait à la consommation.C'est peut-être pour plusieurs une perspective agréable que de voir que les consommateurs paieront le lait plus cher.L'expérience a cependant démontré que la consommation diminue avec la même rapidité que les prix montent.Voici quelques considérations du magazine "Fortune" dans une étude sur le commerce du lait.Les magnats de l'industrie laitière doutent que la consommation du lait puisse augmenter sensiblement avec une baisse des prix.On en a cependant la preuve.Une chaîne de magasins, la First National, vendit du lait dans ses succursales de Boston à deux cents de moins que le prix du lait livré dans les maisons.Son commerce augmentait rapidement quand une nouvelle loi arrêta son élan.A la suite de cette nouvelle loi, la consommation du lait dans Boston baissa de 100,000 pintes par jour.Il est intéressant de noter eu outre que la consommation du lait dans les familles varie suivant leurs revenus.Des statistiques nous apprennent que les familles dont le revenu ne dépasse lias .$20 par semaine ne consomment qu'un peu moins de 2',i pintes par membre par semaine.Par contre, les familles dont les revenus dépassent $•10 consomment par membre au moins .'l'.j pintes de lait par semaine.L'importance du lait dans l'alimentation humaine est telle qu'il est recommandé par les plus grandes autorités médicales.Le peuple ne boit pas assez de lait.Les médecins préconisent que les enfants absorbent au moins une pinte de lait par jour et les adultes au moins une chopine.Quand il arrive cependant qu'une famille i>e peut se payer le luxe d'avoir le nécessaire d'un gallon à cinq pintes de lait par jour car le prix de cette denrée agricole est trop élevé, les enfants en souffrent d'abord, les cultivateurs ensuite.Il est évident qu'une plus forte consommation de lait dans la province et dans le pays aurait un effet salutaire sur les revenus des producteurs.Il est inutile de songer à augmen-teurs et les cultivateurs sont déjà ter le prix du lait aux consomma-loi.rdement grevés.Qui pourra alors prendre à sa charge ces nouveaux frais?Les laiteries seraient-elles en si mauvaise posture si elles en donnaient un peu plus aux cultivateurs sans rien exiger des consommateurs en retour?Durant l'hiver les laiteries 'donnent aux producteurs $2.15 les cent livres de lait.Elles revendent ce lait entre $4.25 et $-1.75 les cent livres aux consommateurs.En été, le prix aux producteurs baisse à $1.G5 les cent livres mais les consommateurs paient de $3.45 à $.'L80 les cent livres.Tout le monde comprend que les frais de production sont moins élevés en été.Pourquoi les laiteries semblent-elles favorisées?Si les circonstances créent une augmentation des frais aux producteurs on devra voir à les protéger ou à les compenser.Us ne peuvent plus subir les contre-coups.La production laitière n'a pas été assez payante pour exiger des cultivateurs d'autres sacrifices.Les laiteries ne pourraient-elles pas absorber cette augmentation des frais?Les laiteries donnent à leurs clients un service de livraison à la maison qui coûte passablement cher à cause de la concurrence qu'elles se livrent.Puique les intérêts des différentes laiteries sont intimement liés, n'y aurait-il pas moyen qu'une coopération s'établisse afin de restreindre cette concurrence que les consommateurs liaient en définitive.Les prix des grains alimentaires et des fourrages menacent d'augmenter; ce qui entraîne une hausse du coût de la production laitière.Les cultivateurs ne peuvent en supporter le fardeau.Il reste les consommateurs et les laiteries.La majoration des prix du lait à la consommation est un couteau à deux tranchants pour les producteurs.C'est une menace à toute l'industrie laitière.Car le revenu supplémentaire mais problématique que pourrait apporter une majoration des prix à la consommation ne serait-il pas anéanti par la perte de volume de la consommation.Le profit du producteur laitier est pour ainsi dire limité à l'avance par le prix que les laiteries lui donnent.La consommation ne peut donner plus qu'à l'heure actuelle sans de graves inconvénients.Les laiteries ne pourraient-elles faire le geste généreux de mieux répartir ses services pour être en mesure de mieux rémunérer les producteurs sans ennuyer les consommateurs et sans troubler son organisation financière?Le jeu n'en vaut-il pas la chandelle?UNE PONDEUSE PROFITABLE Et ce poussin a raison car il faut une bonne moulée de début pour le jeune sujet—une moulée de croissance appropriée et une moulée de ponte complete.Les moulées "CHAMPLAIN" sont fabriquées des meilleurs ingrédients par des manufacturiers de confiance possédant un outillage moderne.Les moulées balancées •'CHAMPLAIN" portent le sceau d'approbation du "Iodine Educational Bu.reau".Exigez toujours if.-m null-/ l.i à votre marchand local ou écrive* pour prix et circulaire à H.DESROSIERS & FILS Grain, farine, encrait, sucre, tel, foin ei paille 4*04, rue Young Montréal Enrayez les pertes et faites plus d'argent L'clcrcusc électrique Jameswdy (illustrée ci-dessus) avec le principe de la climatisation et de la chaleur rjftffe, permet d'nhicnir de* poussins plus vigoureux et mieux cmpl unies, tout en réduisant le» pertes au minimum.Un circulateur d'aii y.Kile ta 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me pardonnes point mon mariage.Je le sens.Que veux-tu?Ton père m'a quittée encore jeune et, bien que son souvenir ne se soit pas effacé de ma mémoire, ton éducation achevée.Lucien s'est présenté: il a su me plaire.J'ai le coeur faible., Que te dire de plus?—Au moins êtes-vous heureuse, maman?La réponse ne sortit pas sans un certain effort.—Oui.Lucien est très empressé, très aimant.encore.Je serais même tout à fait heureuse si mon fils daignait se souvenir qu'il a une mère et que cette mère l'aime! —Pouvez-vous penser que je doute de votre amour, maman?—Mon fils, le coeur d'une mère est assez grand pour contenir l'amour de son enfant et une autre affection.Mais je crains fort que celui d'un homme n'ait une capacité moindre.Parfois je me demande si, avec mon mariage, il n'y a pas autre chose qui t'a écarté de moi.l'amour d'une femme! —Il n'est pas une femme qui puisse me faire oublier ma mère.—Oublier, non! mais négliger, oui! L'amour est plein d'exigence.Il n'a pas trop de tout le temps à consacrer à son objet: c'est naturel.Cet amour est sans doute grand et fort.Je crois bien te connaître.Tu as le coeur trop haut placé pour l'abaisser jusqu'à quelqu'un qui ne te vaudrait pas.Edmond, mon petit, dis-moi tout.Une mère devine beaucoup de choses.Tu aimes.Presque à voix basse, le jeune homme répondit: —Oui.—Qui aimes-tu?—Une femme que j'ai connue à Paris-Plage, l'été dernier, dans une maison où l'on me présenta.Du premier coup, elle me prit le coeur.Mais je ne lui ai pas encore fait l'aveu de mon amour.—A tes assiduités n'a-t-elle pas laissé paraître qu'elle a vu clair dans ton coeur?Les femmes sont très fines, tu sais.—Je ne le pense point, maman.Je me suis tenu à son égard dans les bornes de la plus absolue réserve.—Pauvre petit! Comme ton coeur aimant doit souffrir de cette contrainte! Mais, enfin, ton attitude, ta retenue, ton silence ont un motif.Tu es jeune, instruit, de bonne éducation, pas trop mal tourné; ton nom est honorable.Serait-elle de cette aristocratie qui est restée entichée de noblesse?"Alors, pourquoi lîésites-tu?Ses parents seraient-ils exigeants sur la vocation d'un époux?Tu débutes dans la vie.Tu peux te faire un nom comme un autre et ton goût du travail, de l'étude, ne saurait être pour eux qu'un sûr garant de l'avenir.—Ce n'est point à ce sujet, maman, que j'hésite à parler, que je ne parlerai peut-être jamais.—Alors?.Mon fils, confie-toi à mon coeur de maman.Tu me donneras la plus grande preuve de ton amour et, qui sait?peut-être serais-je capable de lever l'obstacle qui se dresse entre elle et toi.- (/t>e la suite à la paye 42) Quelques secondes plus tard elle était auprès de lui Avril 1940 Le Bulletin des Agriculteurs 9 Fctnçbodïiôttéfiut !ou{ de me sortir victorieuse des assis 'd'un¦ .gelant xoufak i-sqîj:; (lu'cohimencc- im-ni «l^ivaUdUaifs In.paisible région iastres par année.tiel à l'économie de la production.Le cultivateur qui peut le faire devrait aménager une chambre chaude dans sa porcherie pour la naissance des portées d'hiver.Toutes les futures constructions devraient, à notre point de vue, être pourvues de cette commodité, car la production porcine est, et promet d'être encore longtemps, une de nos principales sources de revenus.Des plans de porcherie avec devis complets ont été préparés après une étude approfondie par les officiers du service de la Production Animale.Tout cultivateur qui désire construire une porcherie peut se procurer un de ces plans à la section des constructions rurales, service du Génie Rural, Québec, sans oublier de mentionner le nombre de truies qu'il se propose de ga rder.Comment régulariser notre production La mauvaise répartition de nos ventes au cours de l'année est un véritable obstacle au progrès de notre industrie porcine.La plupart des expéditions se font à l'automne, alors que durant certains mois de l'été le marché reçoit à peine assez de porcs pour le besoin domestique.Il s'en suit (pie durant la période d'abondance les prix baissent et, lorsque ces derniers sont à leur plus haut niveau, nos exportateurs n'ont pas assez de bacon pour répondre à la demande do leurs clients.Le commerce d'exportation se prête mal à des écarts aussi considérables dans les expéditions; on peut même affirmer que chaque fois que nous ne satisfaisons pas la demande d'un client d'outre-mer, ce client est perdu pour nous.Une augmentation subite de nos exportations exige la recherche de nouveaux clients.Autant (pie possible il faut s'efforcer d'éliminer les frais d'entreposage en régularisant les expéditions au cours de l'année.Tant qu'il ne sera pas possible de faire naître un certain nombre de portées pour alimenter le marché du- rant les mois d'été, notre commerce d'exportation en souffrira et nous ne retirerons pas de ce commerce tous les bénéfices que nous pourrions en obtenir Comment réduire le coût de l'alimentât ion Le producteur s'efforcera d'utiliser de la façon la plus économique possible les aliments dont il dispose.Ceci ne veut pas dire qu'il doit éviter tout achat à l'extérier.C'est un fait maintes fois constaté que les grains de ferme (orge, avoine, blé) doivent être complétés par d'autres aliments d'origine animale: lait écrémé, farine de viande, do poisson, ou mieux encore, un bon supplément pro-téique complet.Grâce à l'usage de ces aliments, il est possible de réduire au minimum la quantité de moulée nécessaire pour produire cent livres d'augmentation de poids.Ainsi, on a réussi, en complétant les grains de ferme par un supplément, à produire cent livres de porc avec moins de 350 livres de moulée.Au contraire, si ces grains sont employés seuls, il en faut au moins 500 livres pour produire la même augmentation.Cela signifie une dépense supplémentaire d'environ $3.00 par cochon.Il y a dans le commerce plusieurs suppléments consciencieusement préparée.Voici cependant, à titre d'exemple, un supplément simple et très recommandable pour ceux qui désirent acheter les ingrédients et le préparer eux-mêmes.Farine de viande .50 lbs.Farine de poisson .15 " Tourteau de lin .25 " Farine d'os ou carbonate de chaux .5 " Sel .5 " Lorsqu'on ne sert pas de lait écrémé, ce supplément s'emploie à raison de 15 livres pour cent livres de grain durant la première période de croissance, soit du sevrage au poids d'environ 110 livres.A partir de ce poids, il suffira d'employer 0 livres de supplément par 100 livres de grains.Celui qui dispose d'une certaine quantité de La photographie ci-dessus nous montre une porcherie modèle.lait écrémé pourrait se contenter d'employer la moitié de la quantité du supplément recommandé, et même le supprimer tout à fait.A remarquer que l'usage des suppléments n'augmente que de quelques sous le prix de revient du cent livres de moulée, étant donné la faible proportion employée.Le lait écrémé ou le lait de beurre s'emploient à raison de trois livres de lait pour chaque livre de grain au moment du sevrage.On réduit graduellement cette quantité à mesure que les porcs grandissent.Autrement dit: la pâtée d'engraissement doit être plus épaisse.Le petit lait a seulement la moitié de la valeur nutritive des deux autres.Il faut donc le compléter par une moulée comportant un supplément.Il reste à mentionner les fourra-g'es succulents et les substances minérales.Lorsque les porcs sont nourris en réclusion, il est bon de leur donner de petites quantités d'herbe tendre, de trèfle vert, de luzerne, de navette, etc.Les matières minérales sont aussi nécessaires, surtout si les porcs n'ont pas accès à la terre.Les suppléments du commerce incluent généralement les substances minérales, sinon l'éleveur devra les ajouter.Pour la production intensive du bacon de haute qualité, on recommande généralement que l'engraissement des porcs se fasse prosque entièrement sous abri.Parfois cependant, il peut y avoir avantage à laisser les animaux sur un bon pacage jusqu'à ce qu'ils aient trois ou quatre mois, mais il faut toujours leur donner du grain sur ce pacage.s Après que les porcs ont atteint l'âge de quatre mois, ils sont prêts à recevoir une nourriture plus riche, et cet engraissement se fait mieux dans un bâtiment où l'exercice est restreint.On augmente la quantité de nourriture et on donne un mélange plus engraissant que pendant les premières phases de la croissance.Le développement des porcs à bacon doit être réglé de façon à ce qu'ils soient prêts pour le marché à l'âge de six mois et même avant, si c'est possible.A cette époque, ils devraient peser entre 190 et 230 livres sur la ferme.Ce sont là les porcs "selects", de la catégorie A, pour laquelle une prime est payée si les carcasses sont de la qualité voulue.Résumé et conclusion Nous avons exposé aussi brièvement que possible la situation actuelle de notre production porcine dans ses relations avec les autres productions.Nous croyons qu'il est urgent que chaque cultivateur prenne les moyens nécessaires pour augmenter ses revenus.Nous avons un marché assuré pour les porcs que nous produisons.En dépit des progrès réalisés, la production du Québec n'est pas suffisante comparée à celle des autres provinces.Nous devons l'augmenter pour maintenir notre marché d'exportation, sans cependant négliger la qualité.11 nous faudrait aussi régulariser notre production et nourrir les porcs d'une façon plus rationnelle afin d'en réduire le coût de production.Que chaque cultivateur se pose maintenant la question suivante: "Pour retirer plus de revenus de ma ferme, dois-je garder plus de vaches afin de produire plus de beurre ou plus de fromage, ou dois-je intensifier et améliorer l'élevage du porc?" Pour nous la réponse est claire.Votre agronome est l'homme tout désigné pour discuter cette importante question avec vous.Pourquoi ne pas lui exposer franchement vos problèmes d'élevage et d'alimentation?.(il/.Adrien Morin est le directeur des services du ministère de l'Agriculture et M.X.-N.Rodrigue est le chef de la section des porcs et des montons.) Le Bulletin des Agriculteurs Avril 1940 ETES-VOUS PROTEGE 0k LES ATTAQUES ||l DES ÉLÉMENTS?La Toiture COUNCIL STANDARD protège contre f eu.intemp ér ies.foudre.détérioration Même en temps de paix, vos batistes doivent affronter une guerre continuelle.Chaque année, le feu, la pourriture, les tempêtes et le soleil unissent leurs forces et causent à la propriété des dommages se chiffrant à des millions de dollars.Avec les toitures et revêtements "Council Standard" vous pourrez blinder vos bâtisses contre leurs attaques.A un coût relativement modéré, vous jouirez ainsi d'une protection durable contre la foudre et l'incendie et vous serez libéré du fardeau des frais de réparation.Les produits "Council Standard" sont fabriqués par une firme de vieille réputation qui a recours à des épreuves constantes pour maintenir leur haute qualité.Chaque feuille est uniformément recouverte d'une épaisse couche de galvanisation supplémentaire, tandis que tous les accessoires sont galvanisés à chaud après formation afin d'assurer un recouvrement impeccable.Recouvrez maintenant en métal — avec la "Council Standard" durable Elle est garantie résister à toutes les conditions atmosphériques naturelles, sauf les gaz, pendant 25 ans.lit' mm RBAT ¦i'L [Il m?BP" I.; 1 Bâtirez-vous une porcherie?par Bruno Chartier 1940 sera une année rémunératrice pour les éleveurs de porcs — Rôle important d'une bonne porcherie — Indications et conseils pratiques W ES cultivateurs qui gardent pin-** sieurs truies d'élevage et qui se trouvent dans l'obligation de construire une porcherie devront en premier lieu se procurer un bon plan, adapté aux exigences de notre climat.Nous croyons que cette mise en garde est nécessaire parce que trop souvent l'on construit des bâtisses en se basant sur des plans et spécifications faits conformément à des données ne convenant qu'à un climat moins rigoureux que le nôtre.Ainsi l'on recommandera la construction des murs en béton, ce qui est un non-sens dans notre province.Emplacement Comme toutes les constructions do la ferme, la porcherie sera bâtie sur un terrain sec et bien drainé.Il faut aussi voir à l'établissement de parcs autour de la bâtisse, qui permettront aux porcs de pâturer ou simplement de prendre de l'exercice.Orientation La porcherie sera orientée nord-sud, afin que le soleil y pénètre le plus longtemps possible.Les principes qui nous ont guidés dans la préparation des plans que nous allons décrire brièvement s'appliquent à la construction de porcheries de diverses dimensions.La porcherie rccommandable dans notre province est divisée en deux parties: (a) Une partie chauffée; (b) Une partie non chauffée.(a) La partie chauffée Cette partie comprend la chambre d'alimentation et une ou plusieurs loges destinées aux truies portières.Elle doit être construite aussi chaude que possible.Le plaford est en planches embou-vetées et recouvert d'un papier et de 10 à 12 pouces de copeaux de raboteuse (ripes de planeur).Elle est pourvue d'un système de ventilation.(b) La partie non chauffée.Cette partie est réservée aux porcs destinés à l'engraissement.Le plafond est en planches einbouvetées, et recouvert de 10 pouces de copeaux de raboteuse (ripes de planeur).Dans cette partie, en plus du système de ventilation, on devra poser sur le faite des fausses cheminées afin de bien ventiler le grenier.Description Les fondations sont en béton d'un mélange de 1, 2, 5.La base a 12 pouces d'épaisseur et repose sur un lit de pierres.Ce lit de pierre s'é-gouttera dans le fossé le plus proche.Les fondations s'élèvent à 24 pouces au-dessus du niveau du sol.Lorsque le terrain est bien sec, il n'est pas nécessaire que les fondations s'enfoncent plus qu'à 15 ou 20 pouces dans le sol.Le plancher est en béton de 4 pouces d'épaisseur fait d'un mélange de 1, 2, 4.Il doit être isolé du sol par une couche de pierres d'au moins G pouces d'épaisseur.Ce plancher est pourvu d'un rigole d'un pied de largeur et de 4 pouces de profondeur.Les planchers situés de chaque côté de la rigole ont une pente d'un pouce vers celle-ci.La sablière du bas est en 4" x 4" et doit être boulonnée à la fondation.La charpente des murs est en 3" x 4" ou en 2" x G", x 24 pouces de centre en centre.Les solives sont en 2" x 6" et s'appuient au centre de la bâtisse, sur 2 poutres de G" x G".Les colonnes soutenant les poutres sont en 4" x 4".Les chevrons sont en 2" x 5" ou G", maintenus par des guettes en forme de croix de St-André, d'une épaisseur de 1 pouce par G pouces.Les murs peuvent être construits de deux manières.Si la charpente est en 2" x 4", il faudra poser trois rangs de planche, un rang extérieur, un rang intérieur; ce dernier rang sera recouvert d'un papier maintenu par des triangles d'un pouce qui serviront à recevoir le 3ième rang; de planche.L'espace entre les colombages doit être rempli de copeaux de raboteuse (ripes de planeur).L'on peut encore faire un mur plus chaud que celui décrit ci-haut tout en ne posant que deux rangs de planche, l'un à l'extérieur et l'autre à l'intérieur des poteaux si ceux-ci sont eu 2" x G", un papier doit être posé sur le rang; intérieur et l'intervalle entre les poteaux sera nécessairement rempli de copeaux de raboteuse (ripes de planeur).La planche embouvetée servant à la confection des murs doit être bien sèche.Les fenêtres.Nous recommandons les doubles fenêtres bien ajustées.Quel que soit le genre de fenêtres adoptées, elles doivent être pourvues de charnières permettant de les ouvrir facilement lorsque l'on veut intensifier la ventilation.Les loges d'une porcherie de 30 pieds de largeur sont disposées en deux rangées le long des murs.Leurs dimensions sont de 10' x 12'.La séparation entre les lojres a une hauteur de 3G pouces à 40 pouces et surmonte un petit mur en béton de 10 pouces de haut par G pouces de large.Le panneau formant la devanture des loges peut être à bascule ou fixe.S'il est fixe, il s'ajustera à sa base de façon à laisser dépasser une partie de l'auge du côté de l'allée d'alimentation, afin de pouvoir y introduire les aliments.Les loges réservées aux truies ont une dimension de 8 pieds par lu pieds.Elles sont munies d'une garde de fer ou de bois fixée au mur à 8 ou 10 pouces du plancher.Cette garde a pour but d'empêcher la truie d'écraser ses petits.Les loges d'une porcherie de plus que 30 pieds de largeur, ce qui se voit dans les grandes exploitations seulement, ont leurs allées de nettoyage le long des murs.Voir plan No 19G4.Ce plan n'est pas rccommandable dans les régions de notre province la ou la température en hiver se maintient plusieurs jours en bas de 20 sous zéro.Dans ces réprions si l'on adapte quand même le plan No 19G4, l'on pourra combattre les écarts de température et l'humidité en chauffant la bâtisse.Les auges peuvent être en fer ou en béton.Elles ont G pouces de profondeur.Leur largeur est de 20 pouces.Le front est en forme de gorge; ceci facilite aux porcs la préhension de leur nourriture. Avril 1940 Le Bulletin des Agriculteurs 17 PLAM * PORCHlPIE v-t— "'l'A- Km + ^964 «ni », d^,.,.T^., QtKtU y.i système de ventilation comprend des prises d'air et des cheminées d'ap- pel Les prises d'air en forme de U placées à 2 pieds et demi du pave.A l'intérieur, une petite porte • u règle le débit.Deux cheminées d'appel sont ins-tiillées au-dessus de l'allée d'alimentation, une dans la partie chauffée, l'autre dans la partie froide de la porcherie.Ces dimensions varieront dans le cas de porcheries plus grandes.Une autre cheminée sera installée à même le couvercle de la bouilloire afin d'en chasser les vapeurs à l'extérieur.Ces cheminées sont faites à deux rangs de planches avec espace d'air d'un pouce et un papier entre les rangs.Habituellement, on alloue îl pouces de prises d'air par porc et G pouces pour la cheminée d'appel; mais dans aucun cas les cheminées auront moins que 16" x 1G", sauf la cheminée servant à évacuer la vapeur de la bouilloire qui a 7" x 7" au moins.Ces cheminées doivent avoir à leur base une clef pour en contrôler le débit.ne production secondaire payante ÏJ A production des bons veaux de lait "™ prend de plus en plus d'importance dans le Québec.Les perspectives du marché sont bonnes et nos cultivateurs pourraient, s'ils le voulaient, retirer un joli magot do ce sous-produit de l'industrie laitière.Voici ce qu'écrivait récemment M.Adrien Morin, chef des services au ministère de l'Agriculture: ".Pratiquée rationnellement, la production des bons veaux de lait se classerait rapidement au rang des productions secondaires des plus importantes sur nos fermes québécoises.A ce propos, citons quelques chiffres intéressants: Québec compte environ 1,000,000 de vaches laitières susceptibles de donner 1 veau chacune.En supposant qu'environ un tiers des veaux naissants doivent être élevés pour fins de remplacement, cela en laisse approximativement 700,000.Enlevons 100,000 veaux pour faire la part des décès et autres contingences, et nous restons avec 000,000 qui pourraient être engraissés avantageusement.En évaluant chaque unité au prix minimum de $10.00 chacune, nous M/r£ WÊÊmiÊÊ Le Nouveau Centrifuge Massey-Harris No 9 est une des plus grandes valeurs jamais offertes.Il est d'un prix très bas, quoiqu'il possède entièrement la qualité Massey-Harris.Vous obtenez un cercmage parfait avec la fameuse méthode Massey-Harris de distribution par Couches Minces au moyen de Six Ouvertures.11 vous épargne réellement de l'argent au nouveau bas prix.NOUVEAU BAS PRIX—DES TERMES FACILES PEUVENT ETRE OBTENUS.Pour dépliant et plus amples informations voyez votre revendeur local Massey-Harris ou écrire;.LA COMPAGNIE mflSSeV - HARRIS LIMITÉE ¦ TORONTO .MONTREAL.moncton .WINNIPEG .BRANDON .regiNa .SWIFT CURRENT • SASKATOON .VORKTON .CALGARY .EDMONTON .VANCOUVER premier pour la fabrication dc salopettes superrésistantes.merec étampé à l'envers dc merec estampe à l'envers de chaque verge.Il n'y a qu'un seul "KINGCOT" c'est le fameux tissu super-résistant pour salopettes, fait au Canada.Il est tisse pour résister à tout, durer plus longtemps, et cela tout en gardant sa bonne apparence.Soyez prudent et n'achetez que la salopette faite du véritable tissu "KINGCOT".Fini régulier ou sanforisé, irrétrécissable.Le cultivateur prévoyant par Ulric Jean Où il est surtout question d'égouttement et des nombreux avantages qu'il comporte Wf OICI le printemps.Bientôt il fuu-¦* dm songer aux semences.C'est avec beaucoup d'anxiété et un peu à reculons que certains cultivateurs se préparent à recommencer ce qui, depuis tant d'années, ne leur a apporté que de maigres résultats.Il faut pourtant s'y résoudre car c'est sur et seulement sur la récolte future qu'il faut compter pour nour-nir la famille.Les animaux eux, au contraire, ont bien hâte de voir apparaître les premiers brins d'herbe, car ils ne sont lias gras.Il a fallu, comme d'ailleurs depuis nombre d'années, étirer le fourrage pour pouvoir rejoindre les deux bouts.La culture réellement ce n'est pas très payant .Si seulement l'année pouvait être bonne; mais après avoir tant peiné, verront-ils le fruit de leur travail frustré par une saison trop pluvieuse ou trop sèche?La terre n'est pas partout bonne et elle est souvent mal égouttée.Elle ne produit encore trop de fourrages de maigre qualité, remplis dc mauvaises herbes que les animaux mangent avec répugnance; et cette terre, comment l'engraisser avec le peu et la mauvaise qualité des fumiers dont ils peuvent disposer .Et c'est ainsi, d'années en années .Pour d'autres, c'est tout le contraire.C'est avec un plaisir toujours nouveau qu'ils voient arriver cette belle saison, car ils sont assurés que le succès couronnera leurs efforts.Ils voient à l'avance les beaux épis chargés de grains qui fourniront le pain à leurs familles, et les prairies produire un fourrage abondant, plus que suffisant pour bien hiverner leurs troupeaux.Ce sont ces derniers qu'il faut s'efforcer d'imiter.Qu'ont-ils fait pour être si bien partagés?Est-ce la chance qui les a favorisés; je ne le pense pas.Travaillent-ils beaucoup plus fort que les premiers?Peut-être que oui, mais dans la plupart des cas, non.A mon avis, la meilleure réponse à donner c'est qu'ils ont été prévoyants.Les animaux sont logés dans des bâtiments qui, sans être dispendieux, sont sains et hygiéniques.Les fumiers sont conservés dans dos hangars à fond et à couverture imperméables, pour les empêcher d'être lavés par les pluies et aussi empêcher les urines qui ont, au préalable, été absorbées par une bonne litière, de s'écouler dans les fossés, et souventes fois avant d'y arriver, transformer les cours des bâtiments en véritables bourbiers.Les instruments aratoires ont été remisés, nettoyés, graissés, dc sorte qu'ils sont prêts à servir.Les semences ont été bien sélectionnées et, au besoin, désinfectées.La terre, a été bien engraissée, bien ameublie, mais par-dessus tout bien égouttée.Les fossés ont été creusés l'automne dernier, les levées étendues sur les planches, lesquelles dans bien des cas ont été arrondies pour faciliter l'égouttement vers les raies et les rigoles, qui elles aussi ont été bien nettoyées, de sorte qu'au printemps le terrain sera vite préparé pour recevoir la semence.Avez-vous déjà songé sérieusement aux conséquences de ce dernier travail ?Il est regrettable de voir le labeur de toute une année compromis par un mauvais égouttement.Plusieurs s'imaginent que pour bien égoutter il suffit d'enlever l'eau de surface.Oui, c'est un peu cela, mais ce n'est pas assez.Il faut de plus abaisser suffisamment la nappe d'eau dans le sol, pour que les racines n'aient pas à souffrir.Je vous dirai de plus qu'un bon égouttement peut aussi empêcher les plantes de souffrir de la sécheresse, et au cas où quelqu'un en douterait, voici une explication qui, je crois, les convaincra.Au printemps l'humidité est toujours en assez grande quantité dans le sol, pour permettre la formation des racines.Ces dernières se développent soit en surface, soit en profondeur, suivant que le terrain est plus ou moins bien égoutté.Prenons comme exemple une terre mal égouttée, la nappe d'eau étant haute, les racines qui se forment, surtout au printemps, se développent en surface, la plante pousse assez bien jusqu'aux premières sécheresses qui arrivent généralement quand l'épi est en formation.C'est alors que le terrain se dessèche à une plus ou moins grande profondeur et ne peut plus fournir l'humidité nécessaire aux racines, puisque celles-ci sont en surface.La plante se dessèche et jaunit avant maturité.Si au contraire le terrain est bien égoutté, les racines qui se sont développées en profondeur continueront de recevoir suffisamment d'humidité pour leur permettre de mûrir leurs grains convenablement.C'est pour cela que plusieurs cultivateurs, en plus d'avoir creusé de bons fossés bien évasés, et d'ave ir abaissé les levées, ont recours aux planches larges et arrondies, et même dans plusieurs cas au drainage souterrain, qui n'a que le désavantage d'être un peu dispendieux, niais qui est incontestablement le modèle du parfait égouttement.En plus des avantages cités plus haut, nous pourrions ajouter les suivants: Un bon égouttement: Réchauffe et ameublit le sol, en permettant à l'air d'aller remplacer Par contre un terrain mal égoutté signifia misère, perte de temps, d'engrais et mauvaise récolte.Cajuulla/j Cottons Mmtffr/ «ONt»[»i .tOPONTO .hamiuOn .wiNNirec.vancOuve» Avril 1940 L c Bulletin de s Agriculteurs 21 On cultive avec plaisir et pins à bonne heure dans un champ bien égoutté.l'eau :i mesure que celle-ci est éva-.Par conséquent, la terre se prépare plus vite nu printemps, et l'on peut semer plus à bonne heure, ce qui a une influence considérable sur la quantité et la qualité des récoltes; Empêche les racines de se briser, parée que les terrains bien ép;outtés ne «èlent pas, ou très peu.Les gros-gelées soulèvent le sol et le fendillent en tous sens, entraînant la rupture des racines.Les plantes qui ont le plus à souffrir sont les légumineuses à racines longues telles que le trèfle et la luzerne; Empêche les champs de séjourner l'eau, et les engrais d'être lavés "ii entraînés dans les fossés; Permet à ces engrais d'être mieux assimilés par les plantes.Ces plantes • tant plus fortes, elles ont beaucoup plus de chance de résister aux mala- ¦ (pli, d'ailleurs, se développent sur-tout dans les endroits humides; Diminue le coût de la main-d'oeu-vre.La terre débarrassée de son surplus d'eau devient beaucoup plus légère et plus meuble, par conséquent plus facile à travailler; Ménage les chevaux et les instruments aratoires qui ont un travail beaucoup moins dur à faire; Agrandit le terrain en culture, en faisant disparaître les bas-fonds, qu'il faut souvent contourner, et les mares qui sont des lieux de prédilection pour la multiplication des maringouins qui, en plus d'irriter les animaux, font rager tant de monde; Les bâtiments dont les cours sont bien égouttées sont plus salubres et plus attrayants, ils ont moins à souffrir des gelées qui causent parfois des dommages considérables.Dans ce cas, le drainage souterrain est presque indispensable car c'est le seul moyen à notre disposition pour égout-ter profondément afin d'empêcher les gelées de briser les fondations des bâtiments, et à l'eau de s'accumuler dans les caves et venir causer chaque printemps des dommages incalculables.Enfin sur un terrain bien égoutté, que la saison soit pluvieuse ou sèche, on est à peu près assuré d'une bonne récolte, avec un coût de production beaucoup plus bas que sur un terrain mal égoutté.t., "ENTREPRISE connue sous le nom £l de "Angora of Abercorn" commence sa quatrième année dans l'élevage du lapin angora et déjà de notables progrès ont été réalisés.Outre d'élever des lapins à laine très épaisse • i d'une texture très fine on y tisse des pièces de drap pour robes, jupes et habits de toutes sortes.Ces pièces se composent d'angora et d'autres laines.11 va sans dire que la laine y • t préparée et filée et que les vêtements y sont tricotés à la main.Cependant, faute de trouver toute In laine brute qu'elle désirait dans la province «le Québec, l'entreprise dut importer pour remplir les commandes au Canada.Une grande partie des irais d'importation aurait pu prendre la direction des fermes du Québec si on y avait produit plus de laine brute.L'angora se développe très bien dans un climat froid et sec.La femelle peut donner naissance à vingt petits par année.Le lapin vit généralement de cinq à sept ans et dans bien e i -i \ ai est Indiscutablement la meilleure nu monde et ne peut être etfnléo pour son travail par» fuit et rapide, pour son action exclualvemciit! uniforme, oi rytii- tniqur, pour sa commodité d'opération et ROM ¦ .in ! i : i-1'i m- nltaiiea parfaites.Mlle noaoedo de nombrcuaci et nouvelle* oa-raetéristinues.Voyez votre représentant IV l*nvnl noatei! !.¦ eoupou nu bureau le plui "npprorhé.La Clo Do Laval Liée, Dept., 41-9 IVtcrborouuli u i;.ii Veuille! (n'envoyer sans i J i] i,:.i u 'ii de ma part des reu-ictfttiemciita compléta mit: Nom .11.de V.Nombre de racbea Montréal Vancouver /ncrémeuae Q jTroyettso ?| ludiques laquelle mIih deux Pour obtenir les plus hauts prix du marche — expédiez-nous vos oeufs, volailles vivantes et abattues, porcs, veaux et agneaux abattus.Ecrivez pour liste de prix.Adresse, a ^ JJEAUCHAMP 423 rue St.Paul E.— MONTREAL 22 Le Bulletin des Agriculteurs Avril 1940 L'ennemi no 1 de la coopération par R.Ferron Les coopératives ne doivent pas être des institutions de crédit — Des générations de coopérateurs ont connu le succès grâce à la vente au comptant Dans le secteur administratif ¦p NTRE une ferme qui laisse crever *° son homme et une autre qui lui permet de vivre, comme entre une coopérative qui montre des résultats et une autre dont la marche est boiteuse, il n'y a souvent qu'une question d'administration.Pas plus que les entreprises privées, les coopératives ne sauraient prospérer sans ordonner leurs opérations ni faire rendre au maximum les valeurs engagées.Cette nécessité de l'ordre et du rendement peut devenir plus rigoureuse par suite de certaines conditions locales, mais elle s'impose toujours.Par expérience, on sait avec quelle facilité peut se monter une entreprise privée ou une organisation coopérative.Mais ce qui compte en définitive, c'est que l'une et l'autre vivent et que le résultat final justifie leur existence.Or, le résultat final de la coopération économique en agriculture doit s'établir par une augmentation du revenu net de la ferme et partant par une meilleure rémunération du travail de son exploitant.Et seule la pratique d'une saine administration peut assurer le plein rendement de l'entreprise coopérative et sa permanence.Il ne faudrait pas conclure qu'une bonne direction des affaires peut posséder le mystérieux pouvoir de faire tenir debout des échafaudages quelconques baptisés du nom de coopératives.Tout au plus pourrait-elle reculer l'heure de la faillite, les principes de la bonne administration ne s'appliquant de façon efficace que dans le cas d'organisations nées viables.L'ennemi no 1 Logiquement, il faudrait donc analyser la structure économique de l'entreprise coopérative avant d'aborder les questions d'administration proprement dites.Mais il nous semble plus urgent de dénoncer immédiatement une pratique reconnue dangereuse et qu'on pourrait appeler l'ennemi No 1 de la coopération.Notons que le crédit, car c'est de lui qu'il s'agit, ne se présente pas comme tel, mais comme une aide précieuse à l'individu et un excellent moyen de propagande.Dans l'économie moderne, le crédit joue un rôle de tout premier plan.Cependant, à côté des magnifiques réalisations qu'il a permises, on lui attribue en grande partie.les perturbations économiques qui caractérisent notre siècle.Dans le domaine coopératif, l'introduction du système des ventes à crédit n'a pas toujours donné les résultats attendus.On peut sans doute trouver des coopératives prospères qui ont fait du crédit, mais il est douteux qu'une seule doive sa prospérité au crédit.Par ailleurs, des générations successives de coopérateurs ont connu le succès grâce à la méthode de vente au comptant."Voulez-vous quelque chose ?Vous pouvez entrer.Mais le Diable a emporté le crédit, de sorte que vous devez montrer du comptant, donner de la bonne monnaie pour avoir de bonnes marchandises." C'est ainsi que parlait Miles Ash-worth dans la nuit du 21 décembre 1844 à l'ouverture du premier magasin coopératif des pionniers de Roch-dale dans le vieil entrepôt de la rue Toad.Quatre-vingt-quinze ans d'ox-mérience n'ont rien enlevé à l'actualité de ses paroles, car si le diable a emporté le crédit, il faut bien admettre qu'il est revenu assez souvent à la charge pour faire des victimes."En Angleterre, symptôme grave, le principe de coopération, posé par les pionniers de Rochdale: pas de crédit à la consommation, a dû être abandonné et avec lui, comme l'a dit un auteur, disparaît une grande part de l'idéalisme coopératif." La remarque est de Louis Baudin, dans les "Illusions du Crédit." Les inconvénients du crédit Chez nous, comme ailleurs, l'abandon de ce même principe a donné lieu à des expériences assez coûteuses.De l'usage à l'abus, le chemin est court et le terrain glissant.Que le crédit soit nécessaire à l'agriculture, on ne saurait le nier.Mais les coopératives n'étant pas des institutions de crédit ne peuvent fournir ce service avec efficacité et sans danger.Elles ne possèdent pas le capital nécessaire pour remplir la fonction des organismes spécialisés comme le sont les caisses populaires et les banques.Le capital souscrit dépasse rarement le minimum nécessaire et dès que la cuisse le permet — au risque de la mettre à sec — on s'empresse de se payer une ristourne.Si les coopérateurs consentaient à mettre plus d'argent dans leurs sociétés ou au moins à laisser s'accumuler les ristournes gagnées, on pourrait après quelques années trouver le moyen de faire accidentellement des avances en marchandises d'utilité professionnelle.Il reste qu'on ne doit pas demander, même à la plus prospère des coopératives, de faire l'office des "Caisses Populaires ou des Banques" et encore moins l'office d'une St-Vincent de Paul.Puisqu'on considère comme un symptôme grave pour l'avenir de la coopération anglaise le fait d'avoir abandonné le principe de la vente au comptant, c'est que les ventes à crédit en elles-mêmes comportent do sérieux inconvénients pour les opérations et le développement des coopératives.Inutile de dire que le crédit renferme un élément de spéculation dangereux.On spécule en effet sur la solvabilité du client et comme il n'existe aucune chance de gain mais plutôt de grands risques de perte, cette spéculation devient mauvaise.Le plus qu'on puisse exiger, c'est de recou- vrer les sommes avancées.Par contre, il y a des chances que le remboursement se fusse en retard ou partiellement ou encore qu'il ne se fasse pas du tout.Vous objecterez que si la méthode était aussi dangereuse, le commerce ne trouverait pas davantage à la pratiquer.L'objection vaut ce qu'elle vaut.L'homme de commerce averti sait que le risque n'est pas seulement probable mais certain.D'un autre côté, il doit faire face à la compétition.Si le crédit n'est pas considéré comme dangereux, pourquoi un escompte spécial il qui paie comptant?Les avances consenties au membre peuvent l'encourager à faire des achats dont il pourrait se passer ou encore lui permettre de se procurer des marchandises utiles, mais qu'il ne devrait pas acheter, parce que son pouvoir d'achat est insuffisant.Même faite à l'enseigne de la coopération, une telle transaction reste mauvaise.Le crédit ne donne pas le pouvoir d'achat, il n'est qu'une "avance à charge de remboursement." C'est probablement l'oubli de cette vérité qui lui a valu sa popularité et qui nous vaut à nous bien des misères.Une extension trop libérale du crédit a pour résultat de "geler" le capital ou de l'immobilise]-.Quand une société coopérative porte des comptes recevables qui absorbent toutes ses disponibilités et même davantage, elle doit ou acheter à crédit ou contracter des emprunts mais toujours payer des intérêts.Il devient impossible de bénéficier des escomptes au comptant et des opportunités qui peuvent se présenter.Dans de telles conditions, le paiement des ristournes ne peut pratique» ment s'effectuer.L'argent manque ou bien il faut faire des réserves pour couvrir les pertes éventuelles.Sans compter que le système de vente à crédit ne donne pas satisfaction aux bons coopérateurs qui font leurs affaires au comptant, parce qu'ils sont appelés a se sacrifier pour les autres.Les profits auxquels ils pourraient avoir droit sont absorbés pour permettre des avances, payer les intérêts et parfois couvrir les pertes.11 faudrait voir aussi ce que l'éducation et l'esprit coopératifs ont gagné par l'usage du crédit.De nouveaux membres ont pour cette raison adhéré aux coopératives.Reste à voir, s'ils constituent un actif pour le mouvement.Histoire vécue Pour ceux qui seraient tentés de croire ù une exagérution, faisons l'histoire du crédit dans certaines de nos sociétés.Lors de l'organisation, on est dans les meilleures dispositions possibles.Tout le monde admet qu'il ne faut pas faire d'avances ou qu'il faut les limiter d'une façon stricte.Malheureusement, on a vite trouvé des excuses, si non des raisons, pour étendre le crédit aux membres parfois bien au-delà des limites raisonnables et sûres.Le printemps et l'été, on avance en se fiant sur la récolte de l'automne.Les patates, les volailles, les porcs devront servir pour payer.Et voici qu'à l'automne, la récolte est manquée ou les prix sont tellement bas qu'il devient impossible de rembourser les avances consenties par la société.On essaie bien de faire de la collection, mais comme il s'agit d'un "bon diable" qui a eu des malchances, ce qui (levait arriver arrive: on ferme les livres avec parfois quelques milliers de dollars en comptes recevables.Puis vient l'hiver.La récolte ayant été manquée, l'argent se fait rare, mais le besoin de faire des achats pour la ferme est plus grand que jamais.Et les comptes montent.Après trois ou quatre ans de cette pratique, les affaires sont paralysées.La coopérative ne peut plus acheter, parce que personne ne veut lui avancer.Il ne reste pas d'autre alternative que de fermer les portes ou de revenir nu système de vente au comptant et de collecter les bons comptes pour payer les créanciers.Le réveil est brutal.On assemble les directeurs- et on repasse les comptes un à un.A la grande surprise de tout le monde, on constate que plusieurs ne valent plus rien.Un tel .-i eu des malheurs, un autre a dû céder ses biens, un troisième a vendu ses propriétés et quitté la place et que sais-je encore.Constatation finale et douloureuse, c'est qu'il faut enregistrer les pertes.Une partie de l'avoir des membres est ainsi engloutie et les bénéfices de la coopération largement diminués.Pour ce qui est des autres comptes, leur valeur reste bonne, mais la société devra attendre, parce qu'il apparaît inhumain de prendre les coopérateurs à la gorge pour les forcer de rendre les $150 ou $200 dont ils n'ont pu effectuer le paiement an cours des trois ou quatre années précédentes.Evidemment, l'on prend tout de suite la décision de diminuer ces comptes dans la mesure du possible.Mais en même temps le membre se montera un autre compte à la société ou bien il lui tournera le dos pour aller s'approvisionner ailleurs.Là, il devra peut-être payer comptant, parce qu'il était de la coopérative.Le résultat est évident: on a compromis l'avenir de l'organisation coopérative et perdu tous les avantages qu'elle pouvait donner.Du même coup, on a créé des ennemis à la coopération.Les responsables ne sont autres que les officiers qui, par manque de prévoyance ou par intérêt personnel, ont consenti un crédit trop généreux et trop débonnaire.Ce tableau un peu réaliste ne repose pas sur de simples suppositions.Il s'agit d'une histoire vécue, surtout entre 1920 et 1930, et que certaines sociétés actuelles sont à répéter.L'expérience a coûté assez cher au mouve- (Urc la suite à la page 27) Entrepôt de la Coopérative de Stc-Elizabcth, comté de Jolictte, Que. Avril 1940 Le Bulletin des Agriculteurs 23 L'année agricole commence par J.-R.Proulx Soin de la poulinière et de son poulain — Sélection et alimentation des génisses d'élevage — Développement des agneaux et des porcelets PURANT ce mois une grande activité règne à là ferme.Nos bâtiments que le soleil égayé de ses rayons printaniers se sont enrichis de plusieurs nouvelles recrues.Tous ces petits êtres, qui ont bonne envie de vivre, jettent une note gaie qui contraste avec la monotonie habituelle de la période hivernale.Donnons-leur la chance de bien débuter dans la vie.A l'écurie Chaque année il se perd des poulain-; et même des juments par manque de précautions à l'époque de la mise bas.Ces pertes sont regrettables, Him seulement pour le propriétaire qui les subit, mais aussi pour l'élevage du cheval dans notre province.La jument porte son poulain pendant 345 jours ou environ 11 mois.Cependant, comme la durée de la gestation varie beaucoup chez l'espèce chevaline, il est bon de surveiller la bête dès le dixième mois de gestation.Durant la belle saison, il n'y a pas de meilleur endroit pour la mise bas que le pâturage.Cependant, à cette époque de l'année, la jument doit pou-t l'écurie.Quelques jours d'avan-placez-la dans une loge bien propre: lavez les murs et la mangeoire avec un bon désinfectant, répandez de la chaux éteinte sur le pavé et couviez ce dernier de paille sèche et propre.II faut renouveler la litière au besoin.Quelques jours avant la parturition, le pis est gonflé, mais les trayons ne deviennent dilatés et remplis jusqu'au bout que deux jours avant la naissance du poulnin.Une matière cireuse apparaît au bout des iiayons environ douze heures avant l'accouchement.Parfois le poulain ::ait.sans qu'aucun de ces signes soit apparu.Lorsque ces indices sont ob- rvés, la ration doit être légère et inclure une pâtée de son.Dès que le travail est commencé, il est bon de surveiller la bête, mais autant que possible à son insu.Dans le cas de parturition normale, votre présence retarde inutile- nl la délivrance.Cependant, si après un laps de temps raisonnable, il devient évident que la mise bas ne peut se faire sans assistance, il y a ieu d'intervenir.La personne char- '¦ de cette lâche doit avoir les mains 'Mes et même désinfectées.Il faut abord s'assurer que la position du poulain est normale: présentation des pattes de devant, la tête et le cou appuyés sur celles-ci.La mise bas est ¦ ncore possible dans la présentation ostérieurè: membres postérieurs allongés vers la sortie, la queue repliée ¦us le ventre.Les tractions exercées in' le poulain doivent accompagner es efforts de la jument.L'interven- ii doit être prompte, car les enve-loppcs se rompent plus tôt que chez ii vache.Le poulain détaché de sa le sera vite étouffé s'il ne peut respirer.Si l'expulsion du poulain se •ait trop attendre ou dans le cas de présentation anormale, appelez un médecin-vétérinaire et ne risquez pas de^ laisser affaiblir la jument.Dès qu'elle commence à s'intéresser à son poulain, offrez-lui une demi-chaudière d'eau dégourdie et blanchie par une pinte d'avoine finement moulue.Evitez les courants d'air et recouvrez-la, si la température de l'écurie est plutôt fraîche.C'est une excellente pratique de désinfecter la vulve et l'arrière train de la jument après la parturition (solution de créoline à 2%).ombilical du poulin le lier et le traiter à la teinture d'iode jusqu'à dessica-tion.Il est essentiel que le poulain absorbe le colostrum ou premier lait de sa mère.Si les intestins ne fonctionnent pas au bout d'une quinzaine d'heures lui faire prendre une once d'huile de ricin et lui donner un lavement à l'eau savonneuse.Normalement le délivre est expulsé environ une heure après la naissance du poulain.Si cette expulsion n'est pas complétée, au bout d'une vingtaine d'heures, il y a lieu de requérir les services d'un vétérinaire, car la décomposition des enveloppes dans le corps de la jument peut amener une intoxication grave de conséquences pour la santé de la bête.A la vacherie Seules les génisses issues de fortes laitières et d'un taureau bien qualifié sont avantageuses à garder pour remplacer les vaches qu'il faut éliminer chaque année.Le coût de l'élevage d'une génisse est le même, qu'elle soit commune ou de qualité.Avez-vous songé à faire un choix judicieux des génisses que vous garderez?Connaissez-vous les meilleures laitières de votre troupeau ?Le contrôle laitier est le vrai moyen de découvrir et les bonnes et les mauvaises.Ce service vous est offert gratuitement par le ministère provincial de l'Agriculture.Si vous désirez bénéficier de tous les avantages qu'il offre, hâtez-vous de faire votre demande à votre agronome, car pour connaître avec exactitude le rendement annuel d'une vache, il faut tenir compte du lait et du gras produit durant tous les mois de lactation.Sélectionner les génisses d'élevage n'est pas tout.Il faut les bien développer pour en faire des vaches de bonne taille et résistantes.L'élevage des veaux ne présente pas de réelles difficultés.Il suffit d'observer les lois de l'hygiène et de suivre certaines directives élémentaires qu'on trouvera dans diverses brochures ou manuels d'agriculture.Résumons: essuyez le veau immédiatement après la naissance et placez-le sur une litière propre, dans une case individuelle.Traitez le nombril avec de la teinture d'iode pour prévenir l'infection ombilicale.Faites prendre au nouveau-né le premier lait de sa mère, soit à la chaudière, soit à la mamelle.Surtout durant les premiers jours, ne lui m faites pas boire plus qu'un dixième de son poids par jour.Nourrissez-le au lait entier pendant au moins trois semaines.Opérez graduellement la transition du lait entier au lait écréme.Que tous les ustensiles qui servent à son alimentation soient toujours d'une scrupuleuse propreté.Servez le lait à des heures régulières et toujours à la même température.Evitez de placer les cases dans les courants d'air.Que le pavé et la litière ne soient jamais humides.Ces quelques précautions élémentaires vous permettront d'élever des veaux qui se développeront régulièrement et normalement.Dans l'élevage des veaux comme en toute autre chose "Mieux vaut prévenir que guérir." A la bergerie Quels bénéfices retirerez-vous de la vente de vos agneaux l'automne prochain?Cette question peut paraître prématurée.Cependant, la vente de bons agneaux à l'automne se prépare dès le printemps.Notre marché souffre de la mauvaise répartition de nos expéditions d'agneaux.Il serait désirable qu'un tiers neviron atteignent le marché durant les mois d'août et septembre afin d'empêcher l'encombrement durant les mois suivants.Les bons soins accordés aux brebis qui allaitent auront pour effet de stimuler la croissance des agneaux et de hâter l'époque de la vente.Voici une bonne ration journalière pour une brebis qui nourrit: 3 à 4 livres de foin de trèfle 3 à 4 livres de racines 1 30 20 5 C'est uvunt le sevrage que les porcelets profitent le plus rapidement et le plus économiquement.livre de grain mélangé comme suit: livres d'avoine, livres de son, livres de pain de lin.Certains producteurs, non les moins avisés, ont pour habitude de réserver un coin de la bergerie où seuls les agneaux peuvent pénétrer.On leur sert du bon grain mélangé au son.Le peu qu'ils consomment stimule leur croissance d'une façon surprenante, et cela permet à leur propriétaire d'arriver sur le marché avant la baisse d'automne.Il n'y a pas d'erreur en adoptant cette pratique cette année.Voici un mélange convenable pour les jeunes agneaux: 20 lbs blé d'Inde concassé 20 lbs avoine roulée 10 lbs son 10 lbs pain de lin Avril est le mois de la tonte.La laine est en grande demande.Efforçons-nous de ne pas détériorer les toisons par une mauvaise façon de procéder.Grâce à la tondeuse mécanique, la tonte des moutons est un travail moins long qu'autrefois.Surtout, qu'on évite les reprises, car ces petits bouts de laines diminuent considérablement la valeur des toisons.Lorsque celles-ci doivent être expédiées à la Coopérative des Producteurs de Laine, à Lonnoxville, elles sont pliées sans mêler la laine des diverses parties du corps.Il faut prendre bien soin d'enlever les "crottins".Les toisons doivent être ficelées avec des cordes de papier et non avec de la "corde à lieuse", encore moins avec de la "broche à presse".Voulez-vous gagner $15.00 à $25.00 de l'heure?Employez une petite demi-journée pour châtrer et écourter vos agneaux.Savez-vous que sur 110,-849 agneaux que la province a expédiés sur nos marchés en 1030, il y en avait 20,337 qui n'étaient pas châtrés?Cela représente plus d'un quart des agneaux que nous vendons.Pour avoir négligé une opération tout à fait simple et qui n'exige aucune dépense d'argent, les producteurs ont perdu $1.00 à $2.00 sur chaque 100 lbs d'agneaux vendus.Ce n'est pas à l'automne qu'il faut penser à l'écourtage et à la castra-(lirc la suite à la page 28) 24 Le Bulletin des Agriculteurs Avril 1940 Un service des marchés est nécessaire par L.Arsenault Les profits des ventes directes au consommateur payent-ils toujours le temps et les trais de déplacement du cultivateur?— Nous fournissons légèrement plus que le quart de la valeur des fruits et légumes reçus sur le marché de Montréal — Ce nouveau service devrait non seulement faciliter, mais augmenter notre commerce sur les grands marchés E LA réorganisation du ministère " de l'Agriculture -sont nés deux nouveaux services: celui du génie rural et celui des marchés.Laissons à d'autres le soin de se prononcer sur la portée technique du premier et voyons un peu l'importance du deuxième.Tout le monde admet que, depuis trop longtemps, la distribution de nos produits agricoles ne se fait pas d'une façon ordonnée.Il y a manque de contact non seulement entre cultivateurs et consommateurs, mais aussi entre acheteurs en pros et cultivateurs.Ces derniers ne se fient pas trop—et parfois avec raison—à des marchands dont ils n'ont jamais vu la binette et qui font affaires au loin dans les grandes villes.Voilà pourquoi plusieurs iront vendre eux-mêmes leurs produits sur les marchés publics, sans trop se rendre compte que ces déplacements leur coûtent cher et, en définitive, ne leur rapportent guère «le profits.En effet, pendant que le cultivateur est au marché, il n'est pas à la ferme, et cela souvent pour une journée, une journée et demie et même deux jours par semaine.En certains temps de l'année, il lui faudra trouver un remplaçant pour s'occuper des travaux à la ferme ou bien ceux-ci en souffriront.D'une façon ou d'une autre, il lui en coûtera des sous.Tant mieux si son voyage à la ville fait plus que couvrir ces déboursés occasionnés par son absence! C'est ce qui arrive parfois, mais pas toujours.Une comptabilité bien tenue ferait peut-être ouvrir les yeux à bien des gens sur ce sujet.Evidemment, nous ne voulons pas condamner ici la vente directe au consommateur.Mais cette méthode est-elle toujours payante?Certains producteurs n'auraient-ils pas plutôt intérêt à grouper leurs expéditions et à s'aboucher avec un acheteur en gros dont la commission serait peut-être moins onéreuse que la .valeur du temps et les frais de déplacement des cultivateurs qui se rendent eux-mêmes sur le marché publie?Mais encore, dil'CZ-vous, faut-il connaître des acheteurs honnêtes en ville et savoir ce qu'ils veulent de nous.C'est ici qu'un service des marchés bien organisé pourra rendre de grands services.Non seulement il devra faciliter le commerce des produit» agri- coles, mais il devra aussi l'augmenter en nous taillant une plus large place sur les grands marchés.Et Dieu sait qu'il y en a tie la place, si l'on veut se décider à faire quelque chose! Pour le prouver, examinons quelques faits.Les ministères fédéral et provincial de l'Agriculture ont fait, en 1937, une enquête en vue de découvrir la provenance des fruits et légumes vendus dans la métropole canadienne.On a public en janvier dernier—ce n'est pas trop tôt—un rapport préliminaire des résultats obtenus.(1) Voici, en gros, les constatations faites: En 1937, les différentes agences de vente à Montréal ont reçu environ .'!89,000 tonnes de fruits et légumes, soit une valeur globale de $16,631,000.Sur ce, le Québec a fourni environ 54'» de la quantité totale et 287o de la valeur.Cette disproportion vient sans doute du fait que les fruits et légumes du Québec étaient plutôt volumineux et d'un prix plutôt bas par unité.Une autre explication est que nous alimentons généralement nos marchés à une époque où l'offre élevée cause une baisse momentanée ries prix; nous gagnons en quantité ce que nous perdons en valeur.Mais l'important est de retenir que sur un total de $16.6 millions de fruits et légumes vendus à Montréal, il ne nous en revient que $1.7 millions, dont une valeur d'à peu près !>.'! millions vendus sur les grands marchés publics.Cela veut dire que la grande majorité de nos fruits et légumes furent vendus directement au consommateur.Par contre, les produits du Québec ne représentaient que 5% de la valeur totale des fruits et légumes achetés par les marchands de gros et demi-gros (jobbers) qui manipulent à eux seuls 75% des valeurs totales vendues à Montréal.Quant aux magasins à chaînes, ils ont acheté des fruits et légumes frais pour une valeur d'environ deux millions et demi; nous avons fourni à peu près 10% do ce total.Les trois principaux légumes fournis par les producteurs du Québec étaient les carottes, la laitue et les tomates.Les quelques légumes dont nous fournissons à peu près 100'.'.de la valeur sont le blé d'Inde, les navets, les betteraves, les champignons, les panais, la rhubarbe et les choux de Bruxelles.Ceux dans lesquels nous sommes plus déficitaires sont les suivants: les tomates dont la valeur fournie par le Québec représente 19.8'.seulement; les melons, 14.4%; le céleri, 30.2%; les asperges, 32.7' '• ; la laitue, 33.5%; les épinards, 42.3'.; les pois, 46.6%; les fèves, 48.4%; les échalottes, 56.6% ; les choux, 60.8' - ; les oignons et les carottes, 63.2% ; les concombres, 78.'l'.''.: du Québec; les fraises, 30.9'.; ; les bleuets, 08.8% ; les framboises, 90.7'.
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