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Titre :
Le bulletin des agriculteurs /
Revue qui traite principalement de l'actualité et de l'évolution des marchés et des techniques agricoles. [...]
Publié à Montréal dès février 1916 sous le nom de Bulletin de la Société coopérative agricole des fromagers du Québec, Le Bulletin des agriculteurs est d'abord un hebdomadaire, puis un mensuel à partir de l'automne 1938. Lancée par la Société pour informer les producteurs des prix de leurs produits sur les marchés, la publication se vouera toujours à l'amélioration des techniques agricoles et de la qualité des produits.

Le Bulletin des agriculteurs prend un nouvel élan en 1921 alors que son directeur, Auguste Trudel, y attire l'agronome Joseph-Noé Ponton, des Fermiers-Unis du Québec, qui élargit la couverture de la revue pour atteindre un plus grand nombre de producteurs agricoles qui se mobilisent. La Coopérative fédérée et l'Union catholique des cultivateurs sont mises sur pied à cette époque.

Le Bulletin traite essentiellement de questions agricoles jusqu'en 1935, année où il devient un magazine familial en allouant un espace considérable aux pages féminines et aux loisirs. Les réclames publicitaires et les illustrations y sont de plus en plus nombreuses; la publicité occupera jusqu'à 56 % de l'espace rédactionnel dans les années 1960. La machinerie agricole compte pour une grande part de l'espace publicitaire, qu'elle partage avec d'autres produits, dont la motoneige.

Les pages principales du périodique sont consacrées à la présentation de l'évolution des techniques propres aux différents élevages et cultures. Comme couverture de l'environnement économique, la revue propose des profils industriels et diffuse les prix en gros en vigueur sur le marché de Montréal. Des articles sur la médecine vétérinaire, une chronique juridique et des pronostics climatiques peuvent aussi agrémenter ses pages. De 1940 à 1945, Gabrielle Roy y publie ses premiers reportages alors qu'elle sillonne les différentes régions du Québec.

L'économie domestique fait son entrée au Bulletin en 1938 avec l'arrivée de la journaliste Jeanne Grisé-Allard (pseudonyme : Alice Ber), qui sera responsable des pages féminines pendant plusieurs décennies. Elle aura le souci de teinter de modernité les articles voués à la gestion ménagère en ajoutant les dernières tendances et les innovations technologiques à la transmission du savoir-faire traditionnel canadien-français. Les femmes y trouvent des articles sur la mode et la couture ainsi que sur l'aménagement de la maison, ainsi que des recettes de cuisine accordées aux saisons. La revue présente des patrons de couture qui peuvent être commandés par la poste.

Le Bulletin des agriculteurs publie des textes de fiction de nombreux collaborateurs, dont Yves Thériault et Claude-Henri Grignon. On y trouve aussi régulièrement des bandes dessinées. Albert Chartier, auteur d'Onésime (1943-2002) et de Séraphin (1951-1970), y laisse sa marque pendant plusieurs décennies.

Le Bulletin des agriculteurs est toujours aujourd'hui un magazine à l'affût de l'actualité agricole, alors que le combat politique est plutôt mené par le journal La Terre de chez nous, organe de l'Union des producteurs agricoles.

Le tirage de la revue est passé de 2000 en 1916 à 8000 en 1918, à 13 000 en 1929, à 63 000 en 1939, à 145 000 en 1948, à 124 000 en 1975, puis à 12 000 en 2012.

BEAULIEU, André, et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1982, tome V, p. 170-174.

LANTEIGNE, Josette, « Le Bulletin des agriculteurs - Les deux visages du Bulletin des agriculteurs », L'Agora, vol. 8, no 4, septembre-octobre 2001, p. 28.

MATHIEU, Jocelyne, « Le Bulletin des agriculteurs » - pour vous mesdames - l'empreinte d'Alice Ber (1938-1979) », Les Cahiers des dix, no 60, 2006, p. 277-292.

Éditeur :
  • Montréal :la Société [puis] la Compagnie de publicité rurale [puis] Compagnie de publication rurale,1918-
Contenu spécifique :
mardi 1 février 1944
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Bulletin de la Société coopérative agricole des fromagers de Québec
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Références

Le bulletin des agriculteurs /, 1944-02, Collections de BAnQ.

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MONTR EA L—FEVRIER 1914 ' " ~: ""' ~ "¦"~- ¦ 3 LES SECRETS DE LA COUTURE.Par YVONNE CLOUTIER Le Bulletin des Agriculteurs FARMALL et HARVESTER S'ENGAGENT À SERVIR La Famille Agricole .il en est ainsi des représentants Internationaux Harvester à l'occas'on du 20ième ANNIVERSAIRE FARMALL T A FAMILLE AGRICOLE jouit d'une ne heureuse, I yChaque coin du logis, chaque détour d'allée, chaque accident de terrain fait partie du cœur et de l'âme de la famille.L'auteur de ce message Harvester a grandi sur la ferme.Sa mère a près de 80 ans et a laissé la ferme pour habiter un cottage à la ville, mais son cœur est resté à la ferme.Cette ferme est son foyer et le sera toujours.Son plus jeune fils administre le patrimoine, maintenant.Il le cultive seul —avec son tracteur Farmall.En septembre, il remplit son silo, seul — un dur travail, mais il parvient à l'accomplir.A la maison il y a Gladys, sa femme et sa petite fille, Janet.Il y aura un nouveau bébé au printemps."Peut-être sera-ce un garçon" disent-ils.\" est-ce pas que la même histoire se répète sur des milliers de fermes aujourd'hui?Le cas s'applique peut-être à voire propre ferme.Partout où vous allez, l'énergie FARMALL et le contrôle hydraulique des instruments font toute la différence.Le véritable tracteur à toutes fins qui peut faire tellement pour un homme, est une vraie bénédiction à l'époque actuelle.La nourriture combat pour la liberté — et les Farmalls, avec leurs nombreuses machines, que l'on peut y fixer soit directement, soit par la traction ou au moyen de courroies, combattent sur le front alimentaire.C'est le 20ième anniversaire Farmall — le tracteur dont Yorvnne remonte aux premiers instruments l'énergie dédiée à la prospérité de la famille agricole.Lorsque nos hommes reviendront, LE SYSTEME FARMALL ouvrira la route de l'avenir! Lorsque la guerre s'abattit sur notre peuple, une armée Farmall avec un nombre infini d'instruments se lança dans la bataille.La crise alimentaire se montrait à l'entrée de chaque fermo — mais le SYSTEME FARMALL était prêt.INTERNATIONAL HARVESTER COMPANY HAMILTON OF CANADA.LTD ONTARIO ACHETE/.DES CERTIFICATS D'EPARGNE DE GUERRE — POUR LES AVOIR ET LES GARDER 20iême anniversaire FARMALL Février 1944 Le Bulletin des Agriculteurs CE MOIS-CI • Février 1944 Vol.XL No 2 ROMANS ET NOUVELLES LE PERE BOUGONNEUX .CLAUDE-HENRI GRIGNON 5 CHANSONS .RENE JURANÇON 6 D'une aventure normalement sans lendemain, Françoise est transportée dans le monde des amusements où, en dépit de sa réserve, clic obtient un succès éclatant.Elle n'arrive pas au faite de la gloire sans intrigues cependant, et quelles intrigues.ERMITES.PIERRE DAVIAULT 10 ARTICLES QUELQUES PRECISIONS .J.B.ROY 4 Sixième article sur la nouvelle loi des sociétés d'agriculture fédérées qui intéresse tous les cultivateurs progressistes.LE PAYS DU SAGUENAY: SON AME ET SON VISAGE GABRIELLE ROY 8 Sous la rubrique "Horizons du Québec", Gabricllc Roy traite, dans le deuxième article de sa série, des gens de la région du Lac St-Jcan et de leur façon de vivre.A TOI, MON CHER HABITANT .ABBE ARTHUR MAHEUX 11 PLAN DE L'ETABLISSEMENT RURAL DES SOLDATS .J.B.ROY 13 PRODUIRE DES OEUFS DE QUALITE .J.B.ROY 15 L'ELEVAGE DES POUSSINS .J.R.PROULX 17 LES OEUFS EN POUDRE .PELLERIN LAGLOIRE 19 L'ELECTRICITE EN AVICULTURE .ANDRE ROY 20 A NOS COLONS .24 PRIX DU MARCHE .26 VOTRE DOMAINE, MADAME LE RESPECT DES CHOSES .ALICE BER 45 PRIS AU PIEGE .DR ADRIEN PLOUFFE 46 PATRONS.47 NAPPERON SUR TOILE DU PAYS .SIMONE D'ALENCON 48 TISSAGE D'UNE NAPPE .CLAUDE PAYSAN 49 LES SECRETS DE LA COUTURE .YVONNE CLOUTIER 50 MITAINES POUR HOMMES.LISE PRINTEMPS 51 PREPARATION DES ABATS .BERTHE MIREPOIX 52 POUR LES JEUNES .54 ONESIME .55 LE COURRIER D'ALICE BER .56 DEMANDES DE NOS ABONNES .58 LE MOIS PROCH Madame Reine Malouin, membre de la Société des Ecrivains Canadiens, directrice de la Société des Poètes du Canada, gagnante d'un grand prix d'Académie, offert par l'Académie de la Ballade française et des Poèmes à forme fixe de Paris, présentera la nouvelle "La tâche obscure" qui lui a valu le prix "Raymond Casgrain" de l'Université Laval, en 1941.Tous les ruraux seront vivement intéressés à ce récit plein de force et d'amour de la terre.•*-¦>»-* Nous commencerons la publication du grand roman de Pierre Lavaur, "Le don de son coeur".Ce roman exquis, où l'aventure ajoute à l'intensité de l'émotion, a pour cadres les paysages enchanteurs de la Méditerranée.* * * .Dans sa tournée de la province de Québec, Gabricllc Roy s'arrêtera avec vous à la charmante Ile aux Coudres, dans le pays de Charlevoix.+¦ * Dans un reportage illustré, monsieur J.B.Roy fera avec vous et pour vous, la visite de la ferme de monsieur J.N.Frappier, de Plaisance dans le comté de Papineau.Cette exploitation qui a valu à son propriétaire la cinquième médaille d'or au dernier concours du Mérite Agricole a une production diversifiée dont le troupeau laitier est le centre des activités.Comment, en l'espace de dix ans, monsieur Frappier a-t-il réussi la formation économique d'un bon troupeau laitier?Voilà ce que nos lecteurs apprendront en lisant le reportage de monsieur J.B.Roy.UVBASE A T\ Son fiancé est marin et, elle, elle fabrique des boulons de corvette .l'ASPIRIN est son vade-mecum! Brave petite patriote, et vous.les millions d'autres comme elle, qui, assises à votre machine-outil, travaillez en songeant au frère, à l'ami qui affronte les périls de la mer! Le rhume et le mal de gorge ne doivent pas ralentir vos labeurs .vous savez qu'un gargarisme d'ASPIRIN calmera ces malaises presque immédiatement I Contre 1rs maux de tête et de eoree, contre la courbature qui accompagne le rhume, ayez touiours de l'ASPIRIN sous la main."Aspirin" est la marque de commerce de la Cie Bayer, Ltéc.Sans la "croix" Bayer sur chaque comprimé, ce n'est pas de I'Aspirin.Fabrication canadienne.POURQUOI L'ASPIRIN AGIT-ELLE SI VITE?Jetez un comprime d'Aspirin dans un verre d'eau.Il commencera à se désagréger presque tout de suite.En 2 secondes, il est prêt à agir.Le même phénomène se produit, dans l'estomac .soulagement presque INSTANTANE! ÂSPIBW Moins de le le comprimé dans le flacon économique LE BULLETIN DES AGRICULTEURS Fondé en 1918 UN MAGAZINE MENSUEL publié pour les familles rurales.La Compagnie de Publication Rurale Inc.détient des droits réservés sur le Bulletin des Agriculteurs.Ces droits réservés interdisent, a moins d'autorisation spéciale, toute reproduction totale ou partielle de ce qui y est publié.R, SOULARD G.MOISAN Chef de la rédaction Gérant de In publicité ABONNEMENT: Canada et Grande-Bretapnc.10 cents ln copie.$1.00 pour un an.$1.50 pour 2 ans, $2.00 pour 3 nns, payables d'avance.Ile de Montréal et pays étranp;ers, $1.25 pour un nn, $2.00 pour 2 ans, $2.75 pour 3 ans, payables d'avance.Les renouvellements doivent être signés du nom et des mêmes initiales apparaissant sur la bande d'adresse, afin de prévenir ln duplication.Les abonnés, en donnant leur changement d'adresse, devront aussi mentionner leur adresse précédente et l'adresse du nouveau burenu do poste.LA COMPAGNIE DE PUBLICATION RURALE INCORPOREE 1117 ouest, rue Ste-Ca Hier inc.Montréal 4 Le Bulletin des Agricul teu rs Février 19+4 1.Cost ce que je dis à mon mari hier soir en arrivant A la maison.Vraiment, j'étais A bout de patience .encore une fois, je surprenais Jacques et son père au beau milieu d'une de ces scenes A propos de laxatif.Jacques pleurait et refusait de prendre co "remède répugnant".Mon mari insistait, répétant que si l'enfant n'obéissait pas— 1 2.il irait se tenir debout dans le coin do la pièce jusqu'à ce qu'il ait cédé! "Jean", dis-je A mon mari, "si Jacques déteste tellement ce remède, c'est qu'il doit y avoir quelque chose.Je vais téléphoner A Marie-Claire .elle est garde-malade et peut-être saura-t-elle nous donner une suggestion".3.Marie-Claire n'hésita pas un seul instant et fut très explicite dans sa recommandation.Je revins A mon mari et lui répétai notre conversation: "Il ne faut pas forcer un enfant A prendre un remède qui lui répugne .elle conseille d'employer le Castoria, un laxatif fait spécialement pour les enfante.4."Le Castoria est le laxatif par excellence pour les petits.Il ne contient aucune drogue drastique, est bénin mais efficace.11 ne dérange pas non plus l'estomac délicat des enfants.C'est pour cette raison qu'il est indiqué depuis la première enfance jusqu'à l'âge de 10 ans".5.D'autre part, notre pharmacien m'a aussi donné un conseil : il dit qu'à cette saison où les rhumes sont très fréquents, les enfants peuvent avoir plus grand besoin d'un bon laxatif.Et il m'a suggéré de me procurer le Castoria dans la grosse bouteille de famille économique.6.Et cela marqua la fin de nos ennuis domestiques au sujet du laxatif pour notre Jaçqùot.Non seulement celui-ci prit-il son Castoria sans regimber, mais il déclara même en aimer le goût.Quand A mon mari .eh bien, il dit, que la découverte du Castoria lui a fait autant de bien qu'A l'enfant.CASTORIA laxatif SUR fabriqué exclusivement pour les enfants.Commo le reconnaît la profession médicale, lo séné, le principal ingrédient dans le Castoria, jouit d'une excellente réputation dans la littérature médicale.L'expérience a démontré que le séné produit surtout son effet dans le gros intestin et qu'il dérange rarement l'appétit, ou la digestion.Bien dosé, il facilite l'élimination et ne cause pratiquement jamais de coliques ou d'irritation.DES SOCIETES D'AGRICULTURE FORMEES DE CERCLES AGRICOLES (Sixième article) Quelques précisions Par J.B.ROY V ELUI qui n'est pas familier avec le.projet de fédération craint que la nouvelle loi n'entraîne la disparition du cercle agricole ou, tout au moins, ne lui fasse perdre son autonomie.C'est l'objection qui surgit immédiatement A l'esprit de celui qui prête pour la première fois l'oreille aux propagandistes du projet.Est-il besoin de dire que ces craintes sont sans fondement?D'ailleurs, celui qui les partage s'en départit bien vite après un moment de réflexion.On sait, en effet, que la société d'agriculture formée sous la nouvelle loi se compose des cercles agricoles organisés dans son territoire et que son bureau de direction est formé du président et du secrétaire-trésorier de chacun des cercles.Si ces derniers disparaissaient, il ne pourrait donc y avoir de sociétés d'agriculture.Loin de supprimer le cercle paroissial, la nouvelle législation consacre le principe de son existence et favorise son organisation.Elle en respecte l'autonomie.En un mot, elle conserve le noyau paroissial.La société fédérée d'agriculture favorise la formation de cercles agricoles dans les paroisses de son territoire où il n'en existe pas.Au fait, les cultivateurs de ces localités désirent-ils faire partie de la société d'agriculture?Il leur faut devenir d'abord membres d'un cercle.Et cela, sans qu'il leur en coûte plus cher car une seule souscription de deux dollars est requise comme droits d'entrée dans les deux associations agricoles.L'expérience démontre déjA que plusieurs jeunes cercles agricoles doivent leur formation A l'organisation de la société; d'agriculture de comté sous la nouvelle loi.Beaucoup de cultivateurs, enthousiasmés par le projet de fédération, se demandent s'il ne serait pas possible de fédérer non seulement cercles agricoles et sociétés d'agriculture, mais aussi toutes les associations agricoles paroissiales, professionnelles ou coopératives.Cela est impossible parce que ces divers groupements ne poursuivent pas le même but.Ne travaillant pas à des fins identiques, elles ne peuvent recevoir une direction générale.En outre, certaines associations ont pour principe de ne pas toucher d'octrois du gouvernement alors que les cercles agricoles et les sociétés d'agriculture sont subventionnés par l'Etat.Le projet de fédération qui nous occupe présentement ne peut donc englober que les deux groupements déterminés par la loi.N'empêche cependant que d'autres associations paroissiales peuvent se développer à coté d'eux et travailler dans la sphère d'activités qui leur est propre.Aux cultivateurs de faire partie de chacune d'elle s'ils y trouvent leur intérêt.On nous demande souvent: Le secrétaire d'un cercle agricole peut-il être secrétaire d'une société d'agriculture organisée sous la nouvelle loi?Non, car la loi dit expressément: "Le secrétaire est choisi en dehors du bureau de direction et n'a pas voix deliberative".Or, dans les sociétés d'agriculture formées de cercles agrico-es, le bureau de direction est composé des présidents et des secrétaires des cercles.Celui qui a charge du secrétariat dans un cercle est donc directeur de la société fédérée d'agriculture.Il ne neut par consequent cumu- ler les deux fonctions de secrétaire.Il lui faudrait en abandonner une pour remplir l'autre.Il arrive souvent qu'une société d'agriculture organisée sous l'ancienne loi a comme président une personne qui n'a pas la présidence du cercle agricole de sa paroisse.Si les cercles agricoles du comté décident de se fédérer, le président de la société ne peut donc être maintenu dans ses fonctions puisqu'il ne fait pas partie du bureau de direction de la société réorganisée.Toutefois, cela ne peut être une objection sérieuse au projet de fédération.En effet, si l'ex-président est un homme de réelle valeur auquel les cultivateurs tienent beaucoup à confier les destinées de la société d'agriculture réorganisée, ses co-paroissiens ne manqueront pas de faciliter son élection à la présidence du cercle agricole de sa localité, l'investissant par le fait même du titre de directeur de la société.Comme tel il est qualifié pour en devenir président.Si par contre, il s'agit d'un homme sous la direction duquel la société a vivoté dans le passé et qui n'a manifesté son habileté que pour se faire réélire à son poste, eh bien! les cultivateurs ont une belle occasion de le mettre de côté.C'est un cas qui peut se présenter.Il y a quelques sociétés d'agricultu-rj — ce sont des exceptions — qui ont le même bureau de direction depuis 10 ou 15 ans et davantage.Elles ne progressent pas.Elles ne prennent aucune initiative.Elles marchent dans les sentiers battus.Leur programme d'activités n'est approuvé par les autorités qu'après modifications.Si on recherche les causes du mal, on trouve parmi les directeurs, des vieillards, des villageois, des rentiers, qui à force d'intrigues empêchent les voix autorisées de s'y faire entendre.La société est devenue une affaire de clan, leur affaire à eux, et non celle de chacun de ses membres.Ce sont naturellement les plus grands adversaires du projet de fédération.Cultivateurs! si votre société d'agriculture est dans cette situation, la nouvelle loi vous fournit l'occasion de la placer sur la voie du progrès en y infusant du sang nouveau.A vous d'en profiter.Donnons maintenant une autre précision.Le vice-président d'un cercle agricole peut-il remplacer le président dans le bureau de direction d'une société d'agriculture organisée d'après la législation de 1942?Non, parce qu'il n'est pas directeur de la société.Si un président de cercle ne peut assister A une assemblée du bureau de direction de la société, il ne peut déléguer le vice-président pour occuper son fauteuil.S'il prévoit ne pouvoir se rendre régulièrement aux réunions, il est de son devoir de résigner ses fonctions.Il en est de même du secrétaire.Le bon fonctionnement de la société exige que tous les cercles soient, représentés aux assemblées.De ce qui précède, on peut conclure que l'organisation de sociétés d'agriculture avec les cercles agricoles ne comporte pas d'objections sérieuses.Elle oblige tout au plus A des précisions.Vous direz peut-être que l'auteur de ces lignes n'a pas traité de la répartition des octrois, question d'intérêt général pour tous les membres.Eh bien! nous en causerons le mois prochain. Février 1944 Le Bulletin des Agriculteurs 5 cfe'ie- BOOGOMEH Par CLAUDE-HENRI GRIGNON J ' VOUS passe un papier qui a rien au monde «le plus doucereux, de plus plaisant que d'écrire connue j'fais-là au ras l'poêlc qui ronronne mieux qu'une chatte d'Espagne pendant qui fait frette dehors, «iue la neige criche pis que la fumée monte dret-te comme des colonnes dans le bleu du ciel.Astheure, tout fin seul dans l'inonde, pus d'enfants à recevoir au temps îles fêtes, j'fêtc les fêtes à nia façon: in venant jaser avec vous autres.J'vcux continuer d'affilée comme mie fileuse file sa laine en chantant -a complainte, j'veux vous finir l'histoire du père Manchotte pis de son garçon Rosaire, r'vcnu du Klondike plus pauvre qu'avant mais qui avait la sainte manie de checher de l'or pis d'en voir partout.C'est connue ça qui a dit au père: — l'as besoin d'aller si loin pour trouver d'I'or quand i en a sus votre terre icitte.— Dis-moi pas, Rosaire que sus ma terre?.— D'abord que j'vous dis, l'père.l'sus jias fou.C'est d'valcur pareil que.— - J'vas dire comme toi, mon p'tit Rosaire, c'est d'valeur que j'aye vendu la terre.Si t'avais pas voulu partir non plus ça serait pas arrivé.J'aurais gardé la terre, la terre pis l'or qui a d'dans.Pis le vieux se promenait «le long en large «lans la cuisine, i se grattait la tête comme un notable d'ia place qui se demande si i va être nommé mar-guillier.I jonglait, le père Manchotte comme jamais i avait jonglé dans sa vie.— Ecoutez don, son père, dit comme va, Rosaire, j'ai une idée.Pourquoi c'est faire i 34 H mi 15 janvier 34 JÎ 33ji 22 janvier 35JÏ 31 ii :a>i 29 janvier 35'f 31H 33 Ji la livre la livre la livre PRIX DU FROMAGE nu cours des périodes hebdomadaires closes respectivement lo 8 janvier l.r> janvier 22 janvier lllanc no 1.20 2n 20 Blanc no 2.191-S 1sï Choix., Bons.Moyens.Communs.BOUVTLLONS (au dessus fie 1050 lbs) Choix.Fions.Moyens.Communs.TAURES Choix.Donnes.Moyennes.Communes.VACHES lionnes.Moyennes.Communes.Très communes.TAUREAUX lions.Communs.VEAUX Choix et lions.Moyens et communs.D'herbe.AGNEAUX Hoir; Lourds.Communs____ Non-chaires.MOUTONS Lourds, f Communs.PORCS Classes abattues' Catégorie H Categoric janvier 13 janvier 20 janvier 27 janvier les 100 llrs 12.15 les 100 llw 11.35 1 i .'50 1 i .35 11.35 les 100 lbs 10.25 10.25 10.25 10.25 les 100 lbs IZ 65 les 100 llw 12.1F.12 25 12.25 12.25 les 100 lbs 11.35 11.50 11.35 11.35 les 100 |bs 10.25 10.25 10.25 10.25 les 100 ll>s les 100 llis 11.25 11.25 les 100 Ibi 10.50 10.50 îo !'sr.10.85 les 100 lbs 9.50 9.50 9.75 9.75 les 100 lbs 9 00 8.35 8.50 8.50 les 100 lbs 8.00 7.75 7.65 7.65 les 100 lbs 6.75 6.75 6.70 6.70 les 100 lbs 5.00 5.50 5.50 5.50 1rs 100 lbs 8.75 8.75 9.25 9.25 les 100 Ib; 7.75 7.75 8.25 8.25 les 100 lbs 15.25 15.25 15.25 15.25 par tête 14.00 1 1 00 11.35 11.35 par tête 8.25 8.35 8.75 8.75.par iClc Il .50 11.25 11.50 11.50 par If le par tfte 9.50 9.75 10.50 10.80 par tête 9.50 9.75 10.50 10.50 par tetc 6.50 6 50 6 25 6 25 par tfte 4.00 4.00 0.25 6.25 par tête 17.in 17.1 A.Prix des H-l les 100 Ib, plus prime de $1.00 par tfte 112.Prix des H-l les 100 lbs moins coupe de S0.50 par tële B3.17.15 17.15 17.15 17.15 Cl.Prix des 111 les 100 lbs moins coupe de SI.00 par tfte C2.Prix des 111 les 100 lbs moins coupe île $1.00 par tête CI.Prix des 111 les 100 lbs moins coupe de $2.00 par tfte I-cRcrs.|>rjx r|,.H Q) |,.s |oo |hs moins coupe de $2.00 par tfle Lourds.Prix des III les 100 llis moins coupe de $3.00 par ICtc Truies no 1.13.00 13.00 13.00 13 00 Truies no 2.13.00 13.00 12.75 12 75 les 100 lbs les 100 ll« les 100 lbs les 100 Ib* Février 1944 B llctin des Agriculteurs 27 PRIX DES FARINES ET CONCENTRÉS au cours des périodes hebdomadaires closes respectivement la FAKlNE DE PAIN Première patente.I deuxième patente.Forte à boulanger.FARINE A ENGRAIS Qualité inférieure.SOUS PRODUITS DU BLE 7 janvier M janvier 21 janvier Son.Cru rouKC.( Iru blanc.GRAIN Or» d'alimentation tie l'ouest no2.Hlétio-I nortliern.Crtblure moulue (rare).Moulée d'avoine.TOlKTEAuT.Tourteaux de lin.Drèchc de brasserie très rare.DIVERS ( iruau d'avoine gros ou lin Ecailles d'Huitrcs (rare).; SKI.Gros sel.Sel en pierre, bloc blanc.Sel en pierre, bloc iodé.Sel lin, sac en twpier.2.45 2.20 2.10 2.10 30.00 :ti oo 34.00 2.00 2.05 I i;o 2.25 13.00 2K.0O 3.40 1.10 .10 .45 .50 .80 2.45 2.20 2.10 2.10 30.00 31 .on 34.00 2.00 2.05 l.BO 2.25 «.00 2H.00 :t io 1.10 1 .10 .45 .50 .80 2.45 2.20 2.10 2.10 30.0!) 31.IX) 34.00 2.00 2.05 1,60 2.25 43.(X) 28.(X) 3.40 1.10 1.10 .45 50 .80 28 janvier 2.45 2.20 2.10 .10 30.00 31.00 31.00 2 0!) 2 05 1.G0 2.25 les 98 llw les 98 llis les 98 lbs les 98lbs la tonne la tonne la tonne les 100 lbs leslOOIbs les 100 lbs les 100 lbs 43.00 la tonne 28.(X) la tonne 3.40 1.10 1.10 .45 .50 .80 les 80lbs les 100 Ibs les 100 ibs les 50 Ibs les 50 Ibs les 100 11» Il faut déduire de la liste de prix ci-dessus l'octroi fédéral de $4.50 la tonne ou de 'S.Vi cents les cent livres sur l'onte, l'avoine, le son, le khi blanc, le i;rll rOUgO et le ble.Kl] outre, sur le blé le Kouvernelllent accorde un octroi supplémentaire de l.'tj.j cents les cent livres.PRIX DES ENGRAIS CHIMIQUES (Province de Uuébec) Engrais simples Cyanamide.Muriate rie potasse.Nitrate de sourie.Sulfate d'ammoniaque.Superphosphate.21% .50% ____16% .20CÔ .20% Acide PI o phorique II 12 8 12 5 18 Acide rbospln:ri(|ur 10 8 Engrais composés Potasse 7 •I 8 6 5 t) Huerais à tabac Potasse En sacs de 100 livres 100 livres 1(X) livres 100 livres 100 llVTCd 100 livres 100 livre) 100 livres 100 livres lOO livres 100 h vi es 100 livres 100 livres Prix (ai S48.35 49.?'¦'¦ 52.50 44.0) 23.25 $27.25 S26.50 5-29.75 S31.50 s:i::.;,i S29.00 S 30 25 fjti.2a Celte liste indique les prix des encrais chimiques livrés en sacs île banier.ni K.A.H.les entrenftts d"s expéditeurs Octroi sur les engrais chimiques L'Administrateur des engrais clii-miques, M.(!.S.Peart, dit que l'objet de l'arrêté en conseil P.C.8-98G8 est île maintenir, dans les différentes parties du pays, les engrais chimiques à un prix approximativement uniforme.Afin d'atteindre ce but tous les fiais de transport excédant $1.00 par tonne seront octroyés.Pour 10*14 le montant total requis pour l'exécution de ce programme est estimé ù $750,000.soit environ le même montant qui a été octroyé en 1943 pour les engrais chimiques utilisés sur les récoltes fourragères.Cependant, la politique en vigueur l'an passé est évidemment abolie.Ce changement a été jugé nécessaire parce que certaines récoltes sont devenues aussi indispensables à l'effort de guerre que les récoltes fourragères et, par conséquent, les mêmes avantages ont dû leur être accordés en ce qui concerne les octrois sur les engrais chimiques.En octroyant les frais de transport excédant $1.00 par tonne, les cultivateurs obtiendront les engrais chimiques pratiquement au même coût, quelle que soit la distance qui les sépare de la manufacture.Une telle uniformité dans le coût des engrais chimiques devrait encourager tous les cultivateurs à produire les diverses espèces de récoltes où qu'ils soient.Pour SG.00.J'enverrai secrets pour ntlirer, capturer les renards; avec préparations île il< ii k ilroRucs.André Gaitnon, Disraeli, P.jt"' ensemble Comprenant H morceau* de verre I-1 RI: KING pouvant aller au four, VOtH MTI donne absolument BMfil pour l-i venio facile de ftcillement 70 paquets de graines de jardin à .10 le paquet.AumI gratis; set de toilette, coffret en cèdre, set de plinue-fotltaîna et crayon, article* de toilem* etc.Commission de 30',I ît ceux qui l.i désirent.RIEN A DEBOURSER Ecrivez-nous de suite pour nous demander "O paquets Je graines et notre nouveau catalogue de beaux cadra uv gratis.Adressez bien s os lettres à: PRIMES DE LUXE ENRG.Neuville, Dept.B.P.Q.GRATIS HUILE DE CHARME Voulez-von s po—é*ûtt tin puissant nttrait?fan-finer, liquide oriental, pnrfum exquis f rrê*is-tlbte* A titrr d*e»*ni for* mat $1.00 pour 25c.$2.nn pour 50c (bon pnNtal) pour couvrir frai- il'tiii ha Ma Ecrire a: Casier 222, Dept.B., Haute-Ville Québec, Que.Voi,.«ho., a«»l 150 CELLES PRIMES.Co- CHOIX dilion r( ,r Vt - ¦ , «Oi • .¦ .i d« itidini 1 w .30 v*;-.,', pour ¦«•¦)._ _ ou ricin c«l*lofw* 1,'UMION Du .oolMIERSiKB DEF l< KUE VICTORIA •IV LKVIS, uni;.L'HUILE ÉCLECTRIQUE du DR.THOMAS Février 1944 AU PAYS DU SAGUENAY (lire ici h suite de la page 9) de l'ouest de Montréal— avec ses nom-breuscs Institutions bien en relief sur l'escarpement qui la domine, Cliicouti-,ni donne l'impression d'une hiérarchie nettement établie, d'une ville solidement assise dans son destin et qui commande tous les moyens de commu-! khi et d'expansion.Qui la verrait, sereine le jour, magnifique le soir avec ses feux qui se reflètent dans le Saguenay, croirait qu'elle n'a pas un souci.Mais elle est ravagée par les soucis et l'inquiétude.Son port qui a coûté icurs millions attend toujours le -rami commerce des temps futurs.Il est déserté au profit de Port-Alfred où s'effectuent le commerce du bois .i le débarquement de matières premières nécessaires à l'industrie de l'aluminium.Toujours Chicoutimi a levé d'attirer plus loin dans l'intérieur, à son havre, une part de ce commerce, De grands travaux ont été entrepris en ce sens.Mais le port allié aux entreprises particulières prévaut sur le port du commerce libre.Ce n'est pas là la seule épine enfoncée dans le coeur de la ville.Elle est dans un noeud d'intrigues puissantes.La richesse extrême du pays s'y exprime, mais aussi une profonde insécurité économique.Le seul commerce de la ville, s'il lui suffisait avant le développement intensif de la région, ne lui permettrait plus maintenant de suivre son train de vie actuel.Aucune ville de la région n'a autant be-soin de sécurité matérielle et ne possède si peu de moyens de l'assurer.1 'est la rançon d'une richesse acquise trop rapidement.La rançon aussi de la liberté industrielle telle que pratiquée au pays et qui est basée sur la défense de privilèges plutôt que sur une véritable souplesse de l'économie.Ainsi appelée à traduire la vérité profonde du pays, Chicoutimi rend un son d'angoisse, de fierté profondément humaine.L'amertume lui conseille parfois de se défendre par des revendications raciales plutôt qu'économiques.Pourtant, ce ne sera jamais une grande victoire que d'amener une compagnie anglaise ou américaine à employer un personnel uniquement canadien-français, à se donner une façade canadienne-française.Une entreprise avisée, perspicace, agit de façon analogue dans n'importe quel pays où elle s'installe quand il y va de son intérêt.La victoire de Chicoutimi, de 'nit le pays du Saguenay, ne viendra (pie, lorsqu'aux armes de la finance, il saura opposer les armes de la finance.Elle ne viendra que par une économie plus souple, plus variée, plus humaine et une concurrence mieux établie.On ne peut pas blâmer les entreprises particulières d'avoir réussi dans le pays; on ne peut que blâmer le pays—ou le féliciter selon le cas— de leur avoir laissé prendre chez lui une telle force et un tel prestige.?« * Après Chicoutimi, les monts décidément s'abaissent Et presque aussitôt se révèle le pays agricole des bords du lac Saint-Jean, ouvert par la voie traditionnelle du défrichement.Pays monotone, beau dans sa monotonie, niais que n'anime plus le choc des idées, des intérêts dont Chicoutimi s'enrichit.Au pays du lac Saint-Jean, on a pris l'habitude de dire que tout était difficile.Sans doute que les premières années de cette région furent ravagées par les soucis.On ne s'en aperçoit plus guère.En vérité, rien ne , sert Le Bulletin des Agriculteurs 37 mieux à détruire l'envoûtement poétique entretenu par le souvenir de Maria Chapdelaine qu'une visite à ce pays de riches plaines, de grande industrie laitière et de florissantes coopératives.De ces jours marqués par la souffrance et la rêverie, il ne reste qu'une impression diffuse, lointaine, se retrouvant parfois, un bref instant, dans le vent sauvage qui sévit sur les bords du lac.Mais il reste du combat des anciens un avantage partout visible: une grande indépendance économique.Si la vie au lac Saint-Jean traduit un trait du peuple canadien-français, c'est bien leur habileté de conquérir leur place au soleil par le défrichement plutôt (pie par le commerce.Toute existence fleurit au bord du lac et des rivières qui s'y jettent.Ainsi il se trouve que le lac en mire sans cesse les richesses particulières: troupeaux, pentes ensemencées, douces maisons établies dans le silence avec, tout autour d'elles, les biens de la terre.Le lac Saint-Jean, c'est le miroir d'une tranquille stabilité, de nombreuses églises — par un temps exceptionnellement clair, vingt-et-un clochers, dit-on, se distingue à l'horizon du lac — c'est le miroir de villages prospères, c'est le miroir radieux et clair de l'âme canadienne-française.Des horizons partout largement ouverts donnent au pays un caractère grave, monotone, mais accueillant aux efforts de l'homme, mais lié à leur douce ambition de posséder les biens de la terre et de s'en faire comme un rempart contre toute atteinte à leur liberté.Cet accent nostalgique du pays éveille aussi chez les hommes l'instinct de l'union.Ils se sont groupés ici comme nulle part ailleurs.Le pays du lac Saint-Jean, c'est vraiment le pays des coopératives.Presque chaque village en compte une, deux, parfois davantage.Leur formule cependant se montre plus économique qu'éducative.Organisées dans un pays d'intense capitalisme, pour en déjouer l'emprise, on conçoit aisément qu'elles tendent surtout à se justifier, chacune d'elles, par des gains immédiats et importants.Ainsi elles paraissent ériger les villages les uns contre les autres plutôt que d'augmenter leur solidarité.Si la coopération se borne à rendre un village plus riche, plus indépendant que le village voisin, elle s'éloigne pourtant de son but qui est d'élargir sans cesse la vision des hommes, de stimuler l'entr'aide plutôt que la concurrence.C'est déjà beau de grouper les énergies, les intérêts, les espoirs d'un village; mais cela ne marque qu'une étape.Il en est du système coopératif comme de tout système qui tend à améliorer la condition humaine; il ne peut longtemps se pratiquer en petit; pour maintenir son élan, il doit sans cesse agrandir son champ d'action; surtout, il doit sans cesse, par son caractère éducatif, renseigner les hommes sur leur tragique besoin les uns des autres.Au pays du lac Saint-Jeàn, un très beau mouvement est entrepris; vivifié par des rapports humains, plus larges, il arrivera à exprimer le souci du bien commun.La nature partout ici se montre docile à l'égard des hommes.Et sans cesse son amie.Jusque dans les savanes désolées, elle sème ses bienfaits.Les bleutières sauvages, ces grands espaces sablonneux de brotissaille et d'ennui, représentent soudain un revenu important.Des familles, parties ensemble à la cueillette de bluets ont réalisé en quelques semaines des gains de deux, trois, quatre mille dollars.La petite industrie du pays est en train de devenir une remarquable industrie.Elle a rapporté cette année au delà d'un million et demi de dollars.Et probablement qu'un autre million et demi de dollars a été perdu faute de main d'oeuvre pour récolter une abondante moisson.La monotonie même du pays en souligne la richesse.En répétant sans cesse ce patron de petites fermes avenantes, de pâturages, de troupeaux de villages semblables avec leur clocher, leur coopérative, en renouvelant toujours cette vision paisible au bord du lac, des rivières, elle finit par créer l'impression d'une existence partout semblable, partout paisible et privilégiée.Puis on arrive à Roberval, le chef-lieu du canton, et voici résumée encore plus fortement toute l'aisance terrienne du pays.La région industrielle du centre a donné des villes actives, changeantes, inquiètes, animées, où se lisent les traces de travaux hâtivement accomplis, de peines, de déboires, et où se mêle et s'entremêle le jeu visible des intérêts.La grande paix au pays du lac Saint-Jean donne à cette petite ville de Roberval, toute en blancheur, en verdure, silencieuse, propre et calme, cette petite ville qui semble riche sans effort.C'est la ville de fermiers retirés, de marchands prospères, de rentes assurées, du repos, de l'éducation, de belles demeures dont l'extérieur moderne cause quelque étenne-ment.Roberval exprime la lente mais sûre conquête d'un pays par les voies qui ont toujours réussi aux Canadiens français: l'occupation du sol et une saine industrie familiale et villageoise.Cependant la paisible vie agricole du pays du lac Saint-Jean apporte aux problèmes de la zone industrialisée un contraste plutôt qu'une solution.Le véritable élan du pays, non seulement son clan matériel, mais son élan vital, se produit au centre.Assez étrangement, l'emprise économique qu'y exercent les entreprises particulières provoque une liberté d'esprit de plus en plus grande.Cette liberté d'esprit, si elle vient à être soutenue par un sentiment d'émulation plutôt qu'un malaise racial, orientera le pays vers un meilleur destin.La sécurité ne peut lui venir que par une économie mieux équilibrée, moins isolée, plus contrôlée sans doute.L'intense liberté commerciale qui a attiré le grand capital au pays demande à être restreinte.La sauvegarde de la liberté exige le sacrifice de certaines libertés.Quant à la grandeur du pays, elle dépend nettement d'une plus parfaite entente entre les deux civilisations qui l'ont marqué de leurs réussites particulières.Sous la domination économique actuelle, le pays n'atteindra jamais son plein épanouissement de justice sociale; mais sans la présence de ces entreprises particulières, canadiennes-anglaises ou américaines, il n'aurait pas cette claire vision de lui-même, de ses richesses, de son avenir.Il ne serait peut-être pas plus développé que d'autres régions également riches, mais à peu près désertes.Et il serait bien trop tôt alors pour parler de progrès social.GABRIELLE ROY 1 Le mois prochain, l'auteur s'arrêtera à l'Ile aux Coudrcs, île mystérieuse, charmante, ancienne et difficile où le même drame inexorable se joue chaque hiver.Il peut être difficile ou impossible de remplacer un appareil défectueux — les pièces de rechange sont rares et les matériaux de l'outillage neuf sont requis pour la guerre.Vous voudrez donc prendre un grand soin de votre appareil.Voici, à titre d'exemple, six causes de détraquement: .' Voyez h r '.enroule ni.'u* le cnr,i„ tiroir.p" au'uur du h,"n "« _ u "«uion du iASSS*" '« co,don dc *¦ Qua 6.Si occu- ,;~r -Mr,','.' RÉGULATEUR Tè^H POUR ANIMAUX rrSJ^ Célébra depuis 70 ans comme aïeul d'accroissement de profils sur les troupeaux.Contient maintenant lis "Éléments Basiques" qui manquaient dans les nourritures par suite de l'épuisement do sol.„ mn food co.of ciiuâ ltd.tL'!7M • ON1AIIO COMMUEZ CHEZ VOTRE MARCKftRO.P8JTT.tOCIL ce soir une ou deux ROBOL pour la RESULTAT .DEMAIN A\ATIN 25 f! la boite 38 Le Bulletin des Agriculteurs Février 1944 CHANSONS m (lire ici la suite de la page 1) t'empêche, une fois ton stock écoulé, ou les pires mois d'hiver passés, de revenir ici.Mais, ajouta-t-il en regardant fixement Richard, croyez-vous qu'en cette saison, ce magasin soit intéressé?Généralement, c'est au printemps que ces choses se font.— J'en fais mon affaire .En tout cas, ça ne coûte rien d'essayer.— Et si ça ne marche pas, je serai là, trancha Henri.— Evidemment, passer l'hiver ici.— Dans ce trou, approuva Richard.Moi j'en mourrais d'ennui.Vous n'êtes pas faite pour rester ici! Il semballait, prenant Henri à témoin: — Hein! tournée comme elle est, vous ne croyez pas quelle fera un hit?Voyez-vous ça d'ici, avec un fond de scène approprié, ou un arrangement spécial?, Il décrivait avec des grands gestes l'agencement qu'il prévoyait: — C'est mon métier, je suis étalagiste et je my connais.Henri regarda l'heure et se leva: Excusez-moi, il faut que je vous quitte.— Repars-tu tout de suite pour Montréal?— Si tu veux ton journal lundi matin.Allons, au revoir .Il s'éloignait à regret, cela se sentait.Tu m'écriras ce que tu as décidé, cria-t-il à l'adresse de Françoise.Puis lorsqu'Henri fut assez éloigné pour ne pas comprendre ses paroles, Richard s'informa: — Il est journaliste?— Oui, à la Liberté.— C'est un petit journal de rien! Mon copain Jean est le fils de l'éditeur du Patriote.Je lui donnerai un coup de main pour y entrer, s'il le désire.— Je ne crois pas qu'il veuille changer.C'est un garçon très capable, très fier.Je le connais depuis plus de cinq ans et je sais qu'il n'aime pas être l'obligé de qui que ce soit.— C'est un drôle de type .— Pardonnez-moi de vous dire cela, mais c'est mon meilleur ami et je ne voudrais pas qu'il y ait quoi que ce soit entre vous.— C'est O.K.pour moi.Ce que j'en dis.Alors, entre vous, pas d'amour?— Indiscret! Non.Richard quitta sa place et vint s'asseoir à côté de Françoise.Ils se sourirent et quelque chose courut de l'un à l'autre comme un frisson électrique.La lune se montrait derrière un écran de nuages.— Il faut vous en aller, monsieur Richard.Si on nous voyait, cela pourrait faire jaser.Richard rit bruyamment: Petite fille, qui craint et redoute tout! Que faisons-nous de mal, lie sommes-nous pas dehors?Nous ne nous cachons pas, parce que nous ne faisons rien de reprehensible.Quelle ingénue! Goûtez donc la douceur du soir et ne vous en faites pas! L'amour, qu'est-ce que c'est?Un passe-temps pour tromper l'ennui .mais qui trompe l'ennui?Ce sont les poètes qui ont inventé l'amour parce que les poètes n'ont d'autre but que d'aveugler l'humanité .— Peut-être pour lui en cacher ses laideurs?—¦ En tous cas, je ne serai, moi, pas dupe de leurs illusions.— A quoi croyez-vous donc?— Aux choses positives.J'essaie de tirer de la vie le maximum de joies et de plaisirs possible.— Matérialiste! Au moins vous no cachez pas vos sentiments.— Ils ne sont pas très nobles, mais Js sont comme ça.A tout prendre, ne aient Ub pas mieux que beaucoup de boniments débités avec une sincérité de commande?Tenez par exemple: combien, jolie comme vous l'êtes, seraient ce soir à vos genoux, jurant un amour éternel, faisant des serments pathétiques avec trémolos et qui, lorsqu'ils vous auront quittée, se féliciteront de la bonne comédie qu'ils vous auront jouée, quitte à recommencer ailleurs, avec les variantes qu'il convient! — Ce que vous dites est affreux! .Je ne suis pas de votre nvis, et quand même, je crois que je préférerais encore être dupe, plutôt que d'être dépourvue de toute sensibilité.— Affaire de tempérament.— Un jour, vous rencontrerez quelqu'un qui vous fera changer d'avis.Dieu merci, je connais des êtres qui ont d'autres espérances et d'autres conceptions et qui croient encore en autre chose que ce qu'ils voient.N'est-ce pas Rostand qui a écrit: "C'est pendant la nuit qu'il est beau de croire à la lumière".— Voyez .c'était un poète! — Vous êtes insupportable! Mais je ne crois pas tout ce que vous m'avez conté.Ce n'est qu'un masque qui peut-être, par un soir comme celui-ci, tombera.— S'il devait tomber, il le serait présentement.En tous cas, j'ai promis que je vous tirerais de ce trou, et je le ferai, parce (pie je vous trouve gentille, pas compliquée, et que la vie vous a joué un sale tour.N'e me remerciez pas.Je suis sûr que la combine de vous amener au magasin est une bonne affaire.Là-dessus, bonsoir! Demain, je viendrai vous dire au revoir.Sur ce, il partit d'un pas délibéré.Françoise ne prenait pas au sérieux ses paroles de tout à l'heure.Il n'était pas si matérialiste qu'il voulait le croire.A certains moments, ne s'était-il pas montré tendre?Et pourquoi voulait-il la tirer d'embarras si elle ne l'intéressait pas?De mon côté, songeait-elle, suis-je bien sûre de tenir à lui tant que ça 1 Mais la solitude me pèse.me faudrait quelqu'un pour s'occuper de moi.Ah! pouvoir être aimée de celui qu'on aime.pouvoir dire chaque soir: cette nuit je mourrais sans regret.ma vie est pleine, je fus heureuse tout le jour.Une brume légère couvrait le jardin, les perles fondues du clair de lune se suspendaient à chaque feuille, les arbres ne gardaient que des contours imprécis.Le fleuve, ouaté de vapeurs, semblait aussi irréel que le reste des choses.Françoise rentra, fit sa prière, puis recroquevillée dans son lit froid, rêva à ce que serait sa vie si la proposition de Richard était acceptée.» * * Une lettre annonça que mademoiselle Meunier pouvait venir si les conditions stipulées d'autre part lui con- venaient.Depuis huit jours, la jeune fille hésitait.Tant que les choses ne furent qu'à l'état de projet, cela parut facile; maintenant, elle tergiversait: Montréal n'était lias le bout du monde.la raison commandait d'accepter.Assise devant son métier, Françoise s'est remise machinalement au travail.Dehors, le vent souffle, fonce et va s'aplatir sur le mur en "chuintant" sa complainte.Sous ses doigts se forment des fleurs, ses gestes sont précis et rares.D'un coup d'oeil étonnant, elle choisit et place la teinte qu'il faut à l'endroit qui convient.Ainsi naissaient dans la paix de l'humble demeure, des oeuvres que les amateurs contempleront émerveillés, mais qu'ils n'achèteront qu'à bas prix.Onze heures sonnent.Françoise se lève.Cest l'heure d'aller au lit Pres-qu'aussitôt, on frappe et l'on crie: Françoise, Françoise! Cest moi, Richard.Et lorsque la porte fut ouverte, Richard, bruyant et sans façons, s'écria: — Nous avons vu de la lumière .J'ai dit: Raymonde, je parie qu'elle travaille encore.Se tournant vers sa soeur qui l'accompagnait, il ajouta: — Tu vois, je ne m'étais pas trompé .Tu parles d'une existence.Il va falloir changer ça, mademoiselle .Bourru et taquin, il la menaçait du doigt.Encore tout éberluée, Françoise le laissait faire en souriant.— N'avez-vous pas reçu une lettre du magasin?— Oui, mais .— Tu vois, elle n'ose pas venir.Un peu à l'écart, Raymonde détaillait les cheveux fins, un peu fous, la bouche enfantine, le corps souple.Incontestablement, la gamine a de la personnalité, pensait Raymonde au moment où elle disait aimablement: Nous venons vous chercher.— Demain on vous enlève, précisa le jeune homme.La conscience de Françoise tenait d'habitude de deux mouvements complémentaires, l'un de repliement, l'autre d'expansion.Elle ne se livrait pas encore, ne les connaissant que depuis peu.De nos jours il faut être prudent, et, Raymonde avec son genre particulier l'inquiétait un peu.Sans être jolie, cette dernière possédait beaucoup de chic; sa taille harmonieuse l'aidant à mettre en valeur ce qu'elle portait, elle présentait les modes pour les meilleures maisons de Montréal et, parfois même servait de modèle aux artistes.Un maquillage savant et agressif remédiait à l'irrégularité des traits.Familière, elle tutoyait sans façons au bout de quelques instants.Très brune, encore plus que son frère, elle se montrait moins bruyante, mais c'était idle qui, plus 'Chaque fois qu'elle vient au magasin elle crée un problème de .main d'oeuvre." âgée, plus autoritaire aussi, lui imposait ses volontés.— Tu comprends, lorsqu'on a su que tu n'avais pas répondu, j'ai proposé que l'on vienne voir ce que tu décidais.Puis Richard avait l'air d'y tenir .Alors on a emprunté un ba-zou, et nous voilà! — Vous êtes bien gentils .— Maintenant que vous savez que nous sommes là finis les soucis, hein! Bonsoir, Françoise, donnez bien.Et ils partirent dans un tourbillon, bruyants et fraternels.* » * La décision prise, Françoise s'affaira, courut de la cave au grenier, empaqueta, fit poser des chassis, ferma les portes des armoires.Au fur et à mesure, la maison s'attristait comme si de nouveau la mort eut passé.Les prestigieux tapis emballés, expédiés, allègrement Françoise fit sa valise, ayant hâte de quitter la demeure assombrie, hâte de revoir Montréal, de retrouver Henri et davantage Richard.Elle n'était point repartie avec eux le lendemain, puisqu'il lui avait fallu prendre certaines dispositions.Mais tout cela ayant été bâclé, elle voyait de son compartiment, défiler la plaine découpée en champs d'herbe, en chaume, en bois, que l'automne parait de fastueuses couleurs.Le fleuve ample et profond s'en allait à l'opposé, en traînant avec lui des reflets comme on emporte des souvenirs.En ville, ma chère, tu auras les multiples distractions qui font trouver la vie courte.Tournée comme tu l'es, je te garantis que tu feras un "hit", hein, Richard?Tu la vois arrivant parmi les copains de la petite bande.— On l'amènera au Café Bleu, chez Léon, il lui fera une permanente.— Et le soir, nous irons danser au Domino.Françoise souriait de ces réminiscences: elle allait faire son "hit" dans la petite bande .A la gare, parmi la cohue, Françoise aperçut tout à coup un couple qui lui faisait signe.Richard la débarrassa de ses valises pendant que Raymonde s'emparait de son bras: — Comment vns-tu?As-tu soupe?Es-tu bien fatiguée?Raymonde posait trois questions, n'écoutant pas une réponse.Dehors une pluie fine tombait, morne et régulière, l'asphalte luisait sous les lumières, les portières claquaient et, processionnant, les taxis où s'engouffraient les passagers, suivaient d'autres taxis le long d'interminables rues.Françoise se laissait conduire docilement sans demander où on l'emmenait.Heureuse de se sentir entourée, elle se détendait en écoutant leur verbiage.— On t'a trouvé une pension: c'est r.deux minutes de chez nous.— Demain matin, je viendrai vous chercher pour vous présenter au chef du personnel.— Puis tu sais, il ne faut pas te laisser intimider .— Et si quelqu'un vous embête, prévenez-moi.Ils l'avaient laissée enfin, un peu étourdie, dans une pièce triste donnant sur une cour.Françoise ouvrit sa malle, en tira quelques objets qu'elle rangea sur la commode et dans un placard humide.Il lui semblait qu'elle venait de perdre sa personnalité.Que serait-elle maintenant, dans cette existence nouvelle?, Lorsqu'elle eut terminé sa toilette, elle se résigna à descendre à la salle à manger où elle éprouva lu même sensation désagréable que dans sa chambre.On lui servit de la soupe qui n'était même pas fumante; en vain essayn-t-eile sans le moindre appétit, d'en absorber quelques cuillerées.D'autres pensionnaires entraient Février 1944 Le Bulletin des Agriculteurs 39 et s'installaient; gencc, Françoise no lova lias le nez de sur son assiette.Avant de remonter dans la chambre hostile, elle éprouva le besoin d'appeler Henri, autant pour entendre une voix amie que pour être sûre de l'atteindre en cas de besoin.Le lendemain, on la présenta, on l'installa et une vie nouvelle commença.La petite bande l'accueillit avec cordialité, mais dans ce milieu, elle parut simplette, un peu naïve, parmi ces gens délurés.Richard lui-même s'en aperçut, il ne lui trouvait plus le même charme, maintenant qu'elle n'avait plus le cadre de la vieille maison et du jar-ilin avec ses roses trémières.Il espaça ses invitations et de moins en moins la pria de se joindre à eux.La petite bande, Françoise n'y tenait pas, mais elle rêvait de sortir seule avec lui, trouvant les autres trop moqueurs et un brin cyniques.Pour ne pas le perdre, elle consentait cependant à le suivre avec ses amis chaque fois qu'il le lui demanda, quitte à se faire des reproches, également chaque fois que ces sorties l'entraînaient dans des boites de nuit.Ce soir, ses remords s'atténuaient de ce qu'elle avait perçu dans le regard de son ami une expression nouvelle, pendant qu'elle chantait, pour lui, les mélodies qui lui avaient valu tant de succès.* * » En effet, à partir de cette soirée, les façons de Richard se modifièrent radicalement: pas un jour ne se passait sans une invitation! Il lui faisait maintenant une cour discrète.S'ingéniant à lui plaire et sachant que Françoise ne prisait pas beaucoup les membres de son groupe, il les évinça.Désormais, ce fut Henri Dumont qui accompagna sa soeur lorsqu'ils sortirent ensemble.Poursuivant un but connu de lui seul, Richard se montrait également empressé auprès d'Henri.Ayant aussi réussi à faire accepter une de ses invitations par Jean Dumontier, le fils de l'éditeur du Patriote, il organisa une soi-n ' qu'il voulait à tout prix très gaie.On devait se rencontrer chez lui.Françoise heureuse, courut au rendez-vous la première, tant cette soirée lui promettait de plaisir.Par hasard, elle trouva la porte de l'appartement entr'ouverte et pour faire une surprise, entra sans s'annoncer.Aussitôt, elle en eût du regret.Les éclats dune vive discussion la figèrent d'étonnement: — Vas-tu continuer à m'imposer cette petite tripoteuse de tapis?à l'exhiber en public avec cette petite oie?Crois-tu que tu ne pourrais pas en trouver d'autres qui t'aideraient mieux à faire ton chemin! Quel est ton but?— J'ai mon idée, laisse-moi.Richard parlait sans s'émouvoir, comme d'une chose banale.Raymondc hargneuse, reprenait: — Je t'ai laissé faire, tant que j'ai cru qu'il ne s'agissait que d'un béguin de vacances.Maintenant que tu semblés t'éprendre sérieusement, je te crie casse-cou ! Penses-tu que tu pourras mener le même train de vie une fois marié?Avec ça qu'elle te donnera une ribambelle d'enfants, gourde comme elle est.— T'occupe jias, Raymondc, tu sais.—.Que je suis plus âgée que loi, Richard, et plus rusée que tu peux l'être.Tu vas te faire rouler par cette fausse ingénue.Occupe-toi donc de Suzanne Dumontier plutôt.Ça au moins c'est un parti .— Je m'en occuperai lorsque le temps sera venu.Françoise sentait ses jambes trembler sous elle et volontiers serait partie sans bruit si elle en avait eu la force.Son coeur tapait à grands coups pendant que les phrases tran- chantes comme des poignards détruisaient ses dernières illusions.Richard reprenait: — Ecoule, puisque tu es trop bête pour deviner .Cette gamine-là vaut une fortune .Tu l'as entendue chanter l'autre soir?Après son départ, j'ai bavardé avec*Marinolli, le propriétaire du restaurant.Il suffit de la lancer; celui qui l'aura dans la main aura une belle boule à jouer.— Ah! fit Raymondc étonnée.tu crois?— Et comment-! 11 n'est pas question de l'épouser, sauf en cas de besoin, mais de la tenir serré si elle devient une véritable star, comme cela promet.Françoise possédait l'orgueil des timides.De se voir ainsi l'objet d'une combine, selon le mot de Richard, la fit sortir de sa réserve.Délibérément, elle pénétra dans la pièce.— Hello! dit Raymondc qui ne manquait pas d'aplomb.— Y a-t-il longtemps (pic vous êtes là?s'enquit Richard.— Assez longtemps pour avoir appris malgré moi des choses que je ne soupçonnais jias.Et se tournant vers Ray monde: — Ne craignez plus pour votre frère.Il pourra utiliser ailleurs ses merveilleux talents d'hypocrite.Il trouvera sans peine d'autres fausses ingénues pour ses combines .Vous êtes tous les deux aussi méprisables l'un que l'autre ! .Là-dessus, clic se retourna et se buta sur Henri qui entrait: — Viens, nous n'avons plus rien à faire ici.Henri rebroussa chemin sans mot dire, suivant Françoise dont les talons battaient rageusement le plancher, le long du couloir.— As-tu entendu ce (pie je viens de leur dire?— Non.— Je te le raconterai! Dans le taxi, Françoise que sa colère abandonnait, pleura contre l'épaule d'Henri.* * * Richard ne se tint pas pour battu.Il fit des excuses, forgea des explications, joua le désespoir: tout fut vain.Françoise ne se laissa pas duper par ces simagrées.Désormais, elle lui vouait une haine solide que l'autre lui rendit lorsqu'il comprit que rien ne la lui ramènerait.Au magasin il lui créa des embêtements et, non satisfait, tourna également sa rage contre Henri qui désormais faisait bonne garde.Peu habitué à un tel échec, il s'exaspérait • et sa fureur l'entraîna à des excès.Avec quelques amis de la petite bande, il épia leurs allées et venues, puis pensant qu'en intimidant le long et sec Henri, il l'obligerait à lui laisser le champ libre, il lui téléphona.Au cours de ce monologue, il l'enjoignit d'avoir à cesser de s'occuper de Françoise.Henri écouta l'injonction et les menaces tant que l'autre voulut bien parler, puis raccrocha sans prononcer un seul mot.Richard perplexe se demandait si celui-ci ne s'était pas amusé à l'écouter jusqu'à ce qu'il en eut perdu le souffle.Henri ne dit mot de la communication, niais il fit tout pour éviter Richard et ses amis.L'imbécile se montrait jaloux .Peut-être le devenait-il réellement maintenant qu'on le dédaignait.En tous cas, une bagarre n'arrangerait rien.Quoi qu'il en soit, ce coup de téléphone l'obligea à modifier ses habitudes.Françoise connaissait trop bien celles d'Henri pour ne pas leur trouver quelque chose d'anormal et elle en fut certaine, à la minute où elle sentit le bras du pacifique Henri se raidir soudain à la vue'de Richard.A ce moment, ils s'en allaient au petit restaurant qu'ils fréquentaient d'habitude en sortant du cinéma.Il n'était pas tout à fait minuit.Françoise remarqua que son compagnon ralentissait l'allure et machinalement elle regarda dans la direction où les yeux d'Henri étaient braqués.Elle vit Richard qui les épiait avec une expression de rage qu'un sourire moqueur ne parvenait pas à dissimuler.Deux copains l'accompagnaient.Redoutant un traquenard, elle se tourna vers Henri d'un air alarmé.Celui-ci ne perdait pas de vue le petit groupe qui feignait de s'intéresser aux passants.— Si tu veux, nous changerons de restaurant ce soir .Françoise perçut l'émotion de son compagnon à l'altération de sa voix.— Hier soir, je n'ai pas trouvé les sundaes épatants .C'est une nouvelle serveuse qui les prépare .Elle n'est pas experte! Pourquoi éprouvait-il le besoin de s'excuser?Avait-il peur?Voulait-il simplement éviter le désagrément d'une telle rencontre?— Alors on traverse?demanda-t-il encore d'une voix blanche.Si Françoise n'avait connu Henri depuis si longtemps, elle se fut offusquée de son apparente couardise, mais elle devinait trop les motifs inavoués de son compagnon pour le blâmer.Le front barré, les sourcils froncés, Henri surveillait les signaux lumineux.Il s'apprêtait à traverser lorsque regardant par-dessus son épaule, il vit à l'autre coin le groupe qui l'attendait pour en faire autant.Hésitant, il la retint par le bras.Là-bas.Richard fit le même geste, puis avec sa troupe s'en vint délibérément à leur rencontre.Il ne restait que la fuite.Non! tout de même pas ça.Françoise cherchait des mots pour faire comprendre à Henri qu'elle connaissait son embarras: — Ne t'inquiète pas pour moi.Laisse-les donc faire leurs "frais".— Mais .— Laisse-les venir .je n'en ai pas peur.Elle le retint doucement par la manche et sentit de nouveau le bras de son compagnon se durcir.Comme si elle eut voulu juger de sa puissance, ses doigts se portèrent plus haut; là, elle toucha un faisceau de muscles longs et souples.Ce n'étaient pas les biceps noueux de Richard qui en faisait volontiers étalage, mais elle savait (pic ces bras nerveux pouvaient également agir vite et frapper sec: au tennis ses "drives" poussaient des biillcs irrésistibles.Il se tourna vers Françoise; sa figure était fort pâle.Depuis le début de l'affaire, il ne l'avait pas regardée.Il s'interrogeait: s'il devait y avoir bataille, autant que ce fut tout de suite; d'autre part, se livrer à un pugilat devant les yeux de celle qu'il aimait lui répugnait.Il transigea.L'avenir de Françoise méritait une blessure d'amour-propre; il ne tiendrait compte ni des sacarmes ni des injures, seulement des gestes .Richard arrivé à leur hauteur s'arrêta, les contempla, cligna de l'oeil puis cachant ses lèvres du revers de la main, fit une remarque à ses copains.— Tiens, tiens, si ce n'est pas le berger de la bergère! .le gardien de la petite oie.Henri serra Ici pâlit davantage et cèrent comme s'il ses paroles.Richard se planta juste en face d'eux, leur barrant le chemin.Ils s'arrêtèrent.Richard prit Françoise par le bras: — Viens, ma petite, ce qu'il te faut, ce n'est pas une poule mouillée.Françoise poussa un cri de surprise.En même temps, elle lui appliquait une maîtresse gifle.poings, sa figure ses lèvres se pin-eut voulu retenir On a besoin de dix millions de cordes de bois pour chauffer les foyers canadiens chaque année.Ne permettez pas que les mauvaises scies ralentissent le travail de la coupe du bois d'hiver.Avec les limes à scies Block Diamond vous pouvez garder vos scies pour le bois de chauffage et pour le bois de pulpe en cxccllcnrc condition.Ces limes qui ont du mordant et une longue durée facilitent l'aiguisage des dents de scies.Le modèle Diamond vous fournit quatre angles de limage.Procurez-vous ces limes à scies Black Diamond chez votre quincaillier ou chez votre marchand d'instruments aratoires.Aussi les limes pointues pour egohincs; limes de moulin pour scies à couper en travers.Demandez notre feuille d'instructions GRATUITE sur le limage des scies à bois de chauffage.NICHOLSON FILE COMPANY, Port Hope, Ontario.LIMES BLACK 'mm POUR TOUS LES BESOINS TONIQUE POUR PORCS Tonifiez tos pires el accroissez ios profits sut le tacc.i en serrant régulièrement le Tonique Prall pour Porcs, tes sous dépensés maintanaat toos rapporlerool des dollars en sorcroil de prolits.FSATT FOOD CO.OF CAUDA LTD.', commandez chez votre marchand.pr att." local Malaise général dû à la constipation.Soulagé par le TONIQUE: LAXATIF & AMERS Pas d'appétit?Maux do létc, bilieux, indigestion?Si causé par constipation, nycx confiance, prenez les Hcrl>c3 intltKÔncs de Bliss.Tonique: LAXATIF ET AMERS.Huit Ingrédient» d'origine végétale assurent ses 4 ACTIONS— ( 1 ) favorise l'élimination des reins, des intestins, (2) tonifie: appétit, estomac.(3) stimule: flux biliaire, aide A la digestion, (4) nide a éviter le Bas, $1.00, 50c.Pharmacies.(Boite de 25c reviendra après la guerre).(TABLETTES) HERBES INDIGENES DE BLISS 37 40 Le Bulletin des Agriculteurs Février 1944 Souriez "de toutes vos dents"! — si elles ont gardé leur éclat, grâce a la méthode du Dr LYON .de ]a poudre et de l'eau! 11 n'y n pas île charme vrai sans un l»ran htmrin*! Kl r*c-t «1er la (tondre (de la poudre Lyou sur une brosse humide) qui préservera le brillant el la propreté de voire denture.Essaye/.-la.Suivez 1 exemple des millions de personnes qui onl constaté qu'aucun dentifrice ne peut nctto} cr Icâdcnisplusculcacenicntqu une combinaison bien simple: de ht poudre et il*' Veau.C'est un dentiste, praticien renommé, qui a dressé la formule de la pondre dentifrice du l)r Lyon.Ni acides ut pierre ponce.¦ ¦ elle ne se composenue de poudre ri nettoie iiih'fimlmivnt, Rieu qui puisse abîmer la dentine* Néanmoins, son effet est tel qircllc ravive l'éclat des dents dès !»• premier brossage et en préserve la beauté uussi longtemps que vous vous en servez.I )e plus, elle rafraîchiI la bouche— et elle esl économique* A égalité de prix, elleduredetix f plus longtemps qu'une pu te dentifrice.Demandez au plu-proche pharmaeirii de la poudre dentifrice du })r Lyon—la poudre dentifrice la plus populaire du Dominion* ras de tube vide à troquer.Propreté et; éclat de la denture .*v.grâce à LA POUDRE DENTIFRICE du DR LYON .sur une brossé humide uonservez le trayon en f-ardan' au conduit laitier sa forme naturelle, en l'adoucissant et en faisant disparaître les obstructions.Ces diiateurs doux comme l'ivoire, flexibles, s.mt façonnes sur les contours normaux des con luiis laitiers, il> "{3»X\ ne se dissoudront pas, ne !*55Ss\ ne se dissoudront pas, no •JKlS»" Q e briseront pas et ne W JT glisseront pas.Ils ne Ci peuvent absorber le pus >*W/7{ ni léser les tisMis tendres.^¦Jp'V Les eûtes cann.-U'-s por- por- tent un onguent adoucissant et cicatrisant.Lc3 diiateurs stérili:*'s empaquetés dans un onçuen antiseptique,7ôc.Chez le.marrhands ou expédié; poste payée.DILATEURS BAG BALM Hairy Association Co Keck Island Queue En trente secondes, ce fut terminé.Elle ne se ressouvint que plus tard comment Henri s'étant fait place, avait agrippé Richard par l'épaule et l'avait- obligé à lui l'aire face.Parant de la gauche, il lui décocha de la droite un coup tel que l'autre, la lèvre fendue, s'étendit sur le trottoir.Un instant après, secouant la tête, lo vaincu sortit son mouchoir épongeant le sang qui coulait.Henri toujours en garde attendait.Les deux copains aidèrent Richard à se relever.D'un geste brusque il les repoussa, se leva, d'un revers de main épousseta son veston souillé.Ses yeux luisaient de haine.Frémissante, Françoise s'empara du bras d'Henri et nul ne s'opposa à leur passage.Elle comprenait que désormais il en serait ainsi.Le fantasque Richard n'impressionnerait plus personne, pas même ses amis.* • • Trois jours après, une note informait mademoiselle Meunier que le magasin Morgeaton n'avait plus besoin de ses services.Richard n'avait même pas attenlu que sa rancune fut refroidie.* * * Ainsi les faits confirmèrent les craintes d'Henri.Etre mise à lit porte! Piquée au vif, elle rassembla le reste de ses tapis et cachant son désarroi, se cantonna dans sa pension.Entre ses murs tristes elle se morfondit pendant des jours entiers, se demandant ce que l'avenir lui réserverait.Henri se démenait pour lui trouver quelqu'emploi.Quant à lui, ses affaires s'amélioraient: maintenant, il tenait au Patriote, une rubrique importante sur la politique fédérale.Françoise, risqua-t-il un jour, où elle était plus découragée que jamais.Françoise, voudrais-tu'.'.Vous savez que je n'ai pas changé.Si vous vouliez devenir ma femme .Désormais, je peux vous assurer un train de vie convenable.Pas la fortune, non ! mais vous ne manqueriez de rien.Comme il n'obtenait pas de réponse, il insista: — Je t'ai toujours aimée.je sais que je n'aimerai jamais d'autre personne que toi.— Je le sais.Je te remercie.Je t'aime aussi beaucoup .Mon pauvre ami, j'en suis désolée, crois-moi, mais nous nous connaissons depuis trop longtemps .Françoise parlait avec une sincérité et une tristesse évidentes.La scène se passait dans le salon de la pension où des portraits de gens inconnus les regardaient de leurs yeux inexpressifs.Le papier-tenture se décollait par places.Sur le piano fermé, un recueil de valses du siècle dernier restait en permanence.Seule la tache d'or de l'abat-jour jauni mettait une note de vie dans cette pièce déprimante où se mélangeaient des odeurs de cuisine, de moisi et de tabac.— C'est au contraire une raison pour laquelle nous devrions nous marier.Nous avons les mêmes goûts, nous nous comprenons, nous venons de la même place et sommes du même milieu .— Je sais, cela me peine Henri, plus que tu ne penses.Mais tu es trop mon ami, mon frère, pour qu'il y ait autre chose entre nous.Si je t'épousais, je ne pourrais te rendre heureux.— Je vois, répondit Henri.Cette fois il comprit qu'il était vain d'entretenir une espérance.— Tu ne m'en veux pas?demanda Françoise avec inquiétude.— Non, non .Puis après un moment: Tu sais, tu pourras toujours compter sur moi.Le lendemain, dans l'après-midi, on frappe à la porte de sa chambre.— Mademoiselle Meunier, il y a en as un monsieur qui vous demande.Monsieur Marinolli, dans un costu- me vert, se tenait debout, gourmé, à côté du piano.Son vêtement boudinait un peu, faisant pointer un ventre rondelet, qu'accentuaient des bras courts se terminant par des mains grasse toujours en mouvement Il avait des cheveux «noirs faufilés de blanc et ses yeux étonnaient par la dureté et l'acuité de leur regard.Il accueillit la jeune fille avec une courbette et un sourire.—Enfin, vous voici, petite fille.Vous ne me connaissez pas?Je suis Léoni Marinolli .Vous n'avez jamais entendu parler de moi peut-être?Bon! ça ne fait rien.Je suis le propriétaire du café où vous avez chanté l'autre soir.Françoise manifesta son embarras par une rougeur subite: — Oui, monsieur.Que désirez-vous?— L'homme biaisa: C'est une place tranquille ici.une bonne pension .C'est là que vous fabriquez vos tapis?— Mes tapis?Non.— Sans vous offenser .Cela vous paie-t-il beaucoup?Je ne le pense pas! N'on, hein?.Si je vous dis ça, c'est parce que je vous ai entendue chanter et depuis, je sais que vous perdez votre temps.Le bonhomme parlait avec abondance; ses mains voltigeaient devant sa figure comme s'il eut voulu sculpter ses mots.Françoise l'écoutait, intriguée.— Tenez, mademoiselle.Je vous offre de venir chez moi, chanter chaque soir trois de vos petites chansons.— Mais.— Je vous offre trente dollars.trente dollars par semaine.— Trente dollars?.Pour .Mais c'est ridicule ! .— O.K., O.K., je ne veux pas marchander avec une artiste comme vous.Disons .cinquante.— Non, non .Je veux dire ce n'est pas le montant.Je ne suis pas une chanteuse.L'autre soir, c'était- par hasard, pour faire plaisir à des amis.— So! vous ferez plaisir à tous mes clients; les clients de Marinolli sont tous des amis.— Mais je ne veux pas! et je ne le pourrais pas, même si je le voulais.— Vous connaissez d'autres chansons, n'est-ce pas?— Ça ne fait pas de différence.— Vous êtes une toute jeune fille et je ne suis qu'un petit homme trop gras, avec beaucoup d'expérience .beaucoup .Je sais d'un coup d'oeil découvrir le talent quand il y en a.Non, non, ne protestez pas.Mon établissement est toujours comble.Pourquoi?Croyez-vous que les gens viennent me voir?moi, non.Ils viennent pour entendre mes artistes parce qu'ils sont bons.— J'apprécie l'offre que vous me faites, mais je ne suis pas le genre dont vous avez besoin.— Si, si.— N'importe qui peut chanter Marianne s'en va-t'au moulin.— Ma chère demoiselle, je ne suis pas un homme à jeter l'argent par les fenêtres.Si j'avais pu me passer de vous, je ne vous offrirais pas cinquante dollars.L'idée «le faire entendre des chansons rustiques, naïves, dans une boîte de nuit est tin truc auquel je n'aurais pas pensé, mais que j'aurais utilisé sans scrupule et sans payer les droits d'auteur si je l'avais pu.Voyez, je suis franc.Ce ne sont pas seulement les chansons, mais aussi les gestes, la voix, et surtout votre personnalité qui fondus ensemble font un tout unique.Voilà le secret! Et quand Marinolli reconnaît le fait, il n'essaie plus de ruser, i! paie, et il paie bien.— Si j'acceptais, vous seriez déçu .— Tom Perkins est de mon avis: Quand une gamine dégèle tout une salle, qu'elle la met sur pied avec deux chansons, m'a-t-il dit, c'est quelqu'un.— Venez demain après-midi, venez faire un tour.La salle serti vide.Tom vous attendra.Vous chanterez deux chansons, une, ce que vous voudrez.Vous serez étonnée de voir que ça ira tout seul.• * * Ce fut un rude combat.Cinquante dollars par semaine pour une jeune fille qui en éprouvait- le besoin.quelle aubaine! L'indépendance, le succès, peut-être la gloire d'être une étoile, et pourtant.Ce fut le souvenir de la conversation surprise entre Raymonde et son frère qui la décida.— J'essaierai.Si j'obtiens du succès, Richard regrettera sa muflerie.L'orgueil de Françoise ne se contentait pas de l'humiliation qu'Henri lui avait infligée.• « » Le restaurant du club Marinolli ne commençait ses activités que vers sept heures.Tom utilisait la salle pour ses répétitions, entre trois et cinq heures chaque après-midi.Très intimidée, Françoise se présenta et ce fut pire qu'elle se l'imaginait.D'abord ces chaises vides donnaient l'impression de la fuite générale d'un public déçu et découragé.Le morceau débutait.Fuis trois ou quatre petits coups secs fauchaient le "blue" que l'on reprenait, reprenait, mettant- bout à bout des tronçons, des phrases musicales.On — "Vous etes chanceux d'avoir eu un accident aujourd'hui cor c'est notro dernière bouteille de médicaments jusqu'à la semaine prochaine." Février 1944 Le Bulletin des Agriculteurs 41 eut dit des écoliers à la mémoire re-belle qui vingt fois rendaient une leçon.Perkins était un vrai musicien, cordial, simple et qui mettait ses gens à l'nise.Habile, sensitif, il tirait le maximum our les pommes de terre, prévoit que les frais d'entrepôt peuvent être ajoutés aux prix maxima dans chaque zone, à partir du 10 janvier 1944.La somme totale des frais d'entrepôt qui peut être ajoutée pour la période comprise entre le 7 février et le 5 mars est de 10c par sac de 75 livres et 15c par sac de 100 livres.TOUS LES CULTIVATEURS CONSIDERES COMME PRODUCTEURS DE VIANDE DOIVENT S'ENREGISTRER Pour le bon fonctionnement du système de rationnement, il est indispensable que les services administratifs du rationnement connaissent parfaitement toutes les sources d'approvisionnement.Pour que cela soit possible, dans le cas de la viande, tout cultivateur considéré comme producteur de viande et qui ne s'est pas encore enregistré comme Ici, devra remplir la formule suivante et l'adresser au bureau régional du Rationnement le plus tôt possible.LA COMMISSION DES PRIX ET DU COMMERCE EN TEMPS DE GUERRE Je suis producteur de viande NOM-.-S,-.- A D RE S SE.•-.-—.-.-.-.- Nombre de personnes résidont habituellement sur ma ferme .J'ai Je n'ai pas l'intention de vendre de la viande aux autres cultivateurs.(Biffez les mots qui ne vous concernent pas) Notai—I.ck cultivateur! ortc unerommandede $.'i.Of)nu plus.Il tft donne en plu» de la prime ordinaire.Commandez aujourd'hui une valeur d'au moins S'.lAti de fameuses graine* de -emenecs MGoM Medal" et de cartes île T-ique*».Elles « vendent romrne des petits nains chaud*.I.or.-qitc vous les avez toutes vendues vous envoyez l'.r.¦ : et vous dites quelle prime vous dé»ire«.Kile von* >era adre-»êe immédiatement Gratuitement et l*ort Pn>£.Comme TOW vi.yes c'est bien sirut-le.Voui recevez le Catalogue de primes Illustré eu même temps que la marchandise.Ecrivez aujourd'hui.NVnvoyez pas d'arcent.N'ous avons ron fiance en vous !)épl.A-l Lcfl Cenv I.i M4-tI.iill.- .l'Or lii" ouest, rue Ste-Catlurine, Montréal JOUEZ DE LA GUITARE Al'r II I M / A JOUER I* Guitare Hawaïenne par correspondance.Cours complet, méthode très facile.Examens, diplôme, etc.Superbe (rultaro hawaïenne fournie GRATIS avee la première leçon.Termes de paiements faciles.13 annuel d'expérience.Des milliers d'élevés diplômes recommandent cotre coure.LU CONHKRVATOIRF.DE MUSIQUE HAWAÏENNE ENR.122-D Hhtl «Jbarear, Québec toile du apperonâ sur lotte du payé flan SuiwtM jd'ÛI&nçûn OICI un modèle de napperon sur toile du pnys.Nous conseillons île broder six ou huit napperons de douze pouces de lare/cur par douze pouces de longueur et un napperon central de seize pouces de larpreur par trente-deux pouces de longueur.Il convient de commencer le travail en faisant un ourlet d'un pouce de largeur avec fils tirés, tel qu'illsutré dans la présente page.Nous répétons les indications déjà publiées pour ce genre de travail: lo Paire bouillir la toile (huant une heure dans une faible solution de soda à laver et de savon.2o Alors tpie la toile csl encore humide, la repasser avec un fer bien chaud.3o Tracer le modèle sur papier de soie, le faufiler sur la toile, broder et enlever le papier.Les ta représentent loi points lancés avec fil orange.Les V représentent les points lancés avec fil vert brillant.Les c représentent les points lancés avec fil brun.H B Y 1 y n ¦V fi a Y a Y V • Y ¦ • • 1 V 7, u • a i K B y Y • v V g s V V Y Y SI E ta Y S If V a V V El Y 1 I Y B p V B V 3 y a v i! 2)emanclez-ieur cette carte Les agents qui recueillent des abonnements au nrm du Bulletin des Agriculteur.-, sont tous porteurs d'une carte de créance valable seulement pour le mois courant.Assurez-vous, en demandant aux sollicileurs de vous présenter cette carte de créance, qu'ils sont réellement nos représentants et non pas des imposteurs.Voici un fac-similé de cette carte de créance qui est imitation de bois pour le mois de février 1944.Le Bulletin des Agriculteurs CETTE LETTRE DE CREANCE AUTORISE dont la tignature parait ci-dessous, i solliciter des abonnements pour LE BULLETIN DES AGRICULTEURS v,lll'lc *'"'>""' moi% de février 194-I /\ V I S «eulcinent Le porteur de cette lettre de créance n'.i nticune autorité pour solliciter ou accepter del abonnements pour une publication autre que celle mentionnée plus haut.Si une telle tentative en était faite, cctt* publication .Min que vos autorites locales devraient en être avisées sur le champ.Il ou elle n'est autorisé ni à encaisser des chèques ni à transiger au nom de la Compagnie, sauf pour le recrutement d'ihonnfme.it».Signature du représentant- Directeur de 11 Circulation.VALABLE PENDANT LE MOIS DE FEVRIER 1944 SEULEMENT "Tout comme un beurre de juin!" • Si vous désirez fabriquer du beurre dînant toute l'année et lui donner cette teinte naturelle de juin, usez du Colorant à Beurre marque Dandelion.Ajoutez-en un peu à la crème suivant les instructions.Les gens aiment cette riche couleur jaune or.Ils choisiront votre beurre de préférence si vous employez du Colorant à Beurre Dandelion.Chr.Hansen's Laboratory, 833 King St.West, Toronto.COLORANT À BEURRE MARQUE DANDELION Fabrique- iu ( Hiuli — Conforme « tonic* Ir* toi* rrcitivtni l.i piirclr «lr* jlin>ctll»_ Souffrez-vous de MAUX DE TÊTE?ask.; Lrs minx Ac tf te ne *ont pas toujours enusfs par la o.tiMip;inon — m.-ni plusieurs peuvent !*««•! Si votre langue est blanche, si vous ft en bilieux, ni vou*£t)'K niai A l'aise — vos initstins fonition-wnt'its birnî Des millicn obtiennent un v6hliihlc soulagement des "maux de tete dûs A la constipation"M prenant Ex-Lax.Ce fameux laxatif va directement n la cause du mal.Son action est complète et douce! Pas d'efforts ni malaises.Pas d'efTctn affaiblissant».De plu-t Kx-Lax a bon roAi—comme le chocolat.Dam toutes les pharmacies a \i>t ou 35£.FY I AY Lc laxat" LA-LHA original au chocolat AS v I SOULAGEZ L* TOME APO-CRESOLENE • SI VOUI nvoK In riT.pliiilinn pvnihli' .ni vniin do ml Cl mnl .r*«iiiyrx Vnpo-Crc»o.lënel Hiniimmo depall pl< 0 o Y o a X J y ri y X o c X X y, X 0 o ois o o X] y X] X 0 0 o X x Y- IX y 0 ATTACHAGE 0 o 0 ù o à ù 0 H 3 3 1 Ros: Seize peus au pouce Deux fils en peu.Chaine: Coton beige ou naturel 2/16 ¦ Coton rouge 2/lé - o Passer en lames dans l'ordre indiqué et finir avec les cinquante premiers fils.Trame: Lin naturel et lin rouge.Tisser suivant l'ordre des couleurs de l'ourdissage.MARC HURE 16G0ULEURS DIAMOND des travaux d'art domestique h; v' Les créatrices de beaux travaux d'artisanat sont d'accord à reconnaître que la réelle beauté de leurs dessins dépend largement de la teinture employée.Aucune teinture, affirment nombre d'entrés elle, ne vaut les charmantes et solides couleurs Diamond.Fiez-vous au jugement de leur expérience.Faites votre choix dans les seize couleurs Diamond et teignez vos tissus.Les plus satisfaisants résultats sont assurés. 50 Le Bulletin des Agriculteurs Février 1944 ôecretô de le a cou mm y \s Olt'I quelques règles générales que vous pourrez suivre si vous voulez mettre tout à profit.lo,—Sans aucun frais, il faudrait vous réserver une pièce destinée à la couture, ou au moins un coin spécial, si vous ne pouvez disposer d'une chambre complète.Quelques unes préfèrent utiliser la cuisine ou la salle à manger qui sont très grandes.D'autres se servent de la chambre d'un enfant allé en pension.Car chez vous la majeure partie de la couture se fait durant l'année scolaire.Dans ce coin bien à vous en tous cas, il est très important que l'éclairage soit bon.Il doit venir de gauche pré-férablement ou de droite, niais jamais en face surtout.Car la lumière qui frappe les yeux, nuit toujours à la bonne vision et fatigue très vite.Donc vous aurez soin de vous asseoir, la fenêtre ou la lampe à gauche de votre table de couture ou de la machine â coudre.11 n'est pas nécessaire de posséder un outillage multiple pour faire de la belle et bonne couture.Un minimum d'objets indispensables doivent être à votre disposition pour faciliter votre tâche.Nous en énumérons aujourd'hui- quelques-uns.2o.—La table à tailler.La table de cuisine bien propre peu servir.Celle de la salle à manger qu'on protégera par un panneau de bois pressé ou de ffljOA.yjuowvL ÇloudtWi.carton de I à 7 pieds de longueur par \'\ à de pouce d'épaisseur.On peut encore se servir d'une petite table que l'on recouvre de l'un des deux panneaux.:jo.—Commode.Une commode, une petite armoire ou quelques tiroirs où t l'on dépose le linge à coudre, le garde de la poussière et de tout ce qui pourrait le souiller ou froisser entre les heures de confection.•lo.—.Machine à coudre.La machine même si elle n'est pas du dernier modèle, rend les plus grands services.Il suffit de bien l'entretenvr en suivant les indications de la srochurc qui l'accompagne quand vous l'achetez.La tenir bien propre et huilée.L'été dernier, je donnais des cours de couture à cinq cercles de fermières différents.Ce fut pour moi, un très grand plaisir, car l'attention de chacune alors, me prouvait l'interte que suscitait les travaux dont je m'occupais auprès d'elles.Cette attitude de vos campagnes m'a inspiré l'idée de venir faire votre connaissance à toutes, afin d'élargir ainsi notre champ d'action.— On dit que "les écrits restent".C'est donc à loisir que vous pourrez revenir aux cours que je donnerai dans cette page.De plus, n'y a-t-il pas une grande joie à sentir que l'on travaille ensemble, que l'on dirige ses efforts dans le sens du mieux, mais toutes à la fois?Certes, je ne vous apprendrai peut-être pas à coudre; car pour les plus âgées d'entre vous surtout, vous l'avez appris de vos mères.Mais je vous enseignerai à travailler avec méthode.Cela sauve du temps et développe davantage le goût.Car il ne faut pas oublier qu'il y a un art de savoir coudre tout comme il y en a un de savoir peindre, jouer du piano.L'art c'est encore l'expression d'une idée.Hors par le style, la confection île vos robes, oil vous reconnaîtra.Elles seront bien vous-mêmes parce qu'elles seront de vous .que vous aurez eu le soin de faire tremper à l'eau froide avant de vous en servir la première fois, afin d'enlever l'amidon.7o.—Pour tailler ces couvertures de planches, placez le coton en biais sur la planche même et coupez en suivant sa forme.Laissez toutefois excéder également tout le tour, quelques pouces de coton qui vous permettront de faire à même la couverture une ga-lonnière d'environ 1 pouce, dans laquelle vous passerez un lacet.Vous ajusterez la couverture bien tendue sur la planche et vous attacherez le lacet très solidement.Quand, au besoin, vous devrez laver ces couvertures (et faites-le souvent), cela sera très pratique puisqu'elles seront prêtes à servir de nouveau.8o.Le coussinet pour repasser les coutures de la tête de manche.Vous pouvez le confectionner avec de la 5o.—La planche ou table à repasser.Elle est sur un pied ou simple.Si elle est sur pied, on l'ouvre en la faisant tenir sur le pied fixé à des crans selon la hauteur que l'on désire.Quand à la planche simple, on peut la faire tenir sur deux chaises à dossier droit.On peut encore ouvrir un tiroir d'armoire et introduire une partie de la planche dans l'ouverture du tiroir.Elle tiendra naturellement en place et sera très aplomb pour le repassage.Oo.—La Jeannette est fort utile pour repasser les manches et les corsages de robe et les vêtements de bébés.Elle se compose de deux planches dont l'une est étroite et l'autre large.La partie la plus étroite, celle réservée aux manches, sera d'environ 22 pouces de longueur par 2% de lar- ouate et recouvrir d'un coton.Il peut avoir la forme d'un triangle 10 x 10 et de 2 Mi pouces d'épaisseur.Vous l'épinglerez sur la partie étroite de la Jeannette.7o.— Un linge à presser est indispensable.Un sac à sucre de pros 3 3E zsz geur à la partie effilée et de 5 pouces à l'autre bout.Elle sera unie à la partie large par un support au milieu, mesurant environ :; pouces de largeur sur -1 pouces de longueur.Quant à la partie large, elle peut être également de 22 par 5 pouces à la partie étroite et de 8 à l'autre bout.La planche à repasser ainsi que la Jeannette devront être recouvertes de molleton, d'une flanelle, ou encore de vieilles couvertures sans coutures ni reprises formant saillies.Vous recouvrirez le tout d'un gros coton blanc coton blanc est l'article tout désigné pour cet usage.8o.—Une flanelle est un excellent moyen de protéger vos étoffes.Elle sera placée entre le vêtement et le linge à presser.(Nous y reviendrons plus tard).9o.—Un fer à repasser est très utile pour aplatir les coutures dès qu'elle.; sont assemblées.II faut prendre soin de l'essuyer avant de s'en servir, si c'est un fer chauffé sur le poêle.lOo.— Une règle qui servira à faire les tracés pour les longues coutures et aussi à mesurer la longueur des robes et des manteaux.Les marqueurs automatiques servant aussi :i ce dernier usage, marquent le bord de la jupe.Mais ils sont plus coûteux et moins à la portée de toutes que la règle.llo.—Aiguilles d'acier.Choisissez les longueurs d'aiguilles d'usage courant; c'est-à-dire grandeur G à 10 suivant le tissu que vous emploierez.Plus le numéro de l'aiguille est élevé, plus elle est fine.Les numéros 10 par exemple, permettront de passer entre les brins de tissu et de bien dissimuler les points.12o.—Des épingles d'acier bien pointues ne marquent pas les tissus.a cpin-retircr Ayez un coussinet ou une boîte gles desquels vous puissiez les facilement.13o.—Le dé.L'ajuster au majeur de la main droite.Portez un dé afin d'évi- ter les affreux panaris dont souffrent souvent celles qui s'en liassent.Voyez à ce qu'il soit bien piqueté afin de retenir l'aiguille.l() minutes.Les cuire 120 minutes à l'eau bouillante salée.Enlevez la peau épaisse qui recouvre les ris.Les couper en morceaux, passer ces morceaux dans un oeuf battu, puis dans de la chapelure et faites dorer dans du beurre chaud.Quand les ris ont pris une belle couleur y ajouter de In crème, du sel, du poivre.Evitez de faire bouillir quand la crème est ajoutée.Servir sur des croûtons ou encore sur tie la pâte brisée.(Pâte à tarte).ft3 Pas besoin de IB@ en dedans ou en dehors.Brioches au fromage 'MAGIC I EXCELLENTES PAR ELLES-MEMES 11taise farine 6 c.à soupe /towage râpé 2 c.à thé Poudre à Pâle 'Magic' -/\ tasse lait \i c.à thé sel l c.à soupe shortening (Lorsqu'à moitié cuite, place: un carré lie /routage sur la brioche pour plus tic saveur) Tamisez ensemble les ingrédients secs et incorporez le shortening en mélangeant bien.Mélangez-y légèrement le fromage, puis ajoutez le lait peu à peu, suffisamment pour que la pâte se tienne.Abaissez sur planche enfarinée à environ Vi pouce d'épaisseur.Découpez, avec petit emporte-pièce à brioches.Cuisez à four chaud (¦f 75 "F.) de 12 à 15 minutes.Donne 12 brioches.„^ .- IA rareté du beurre ne doit pas vous > empêcher de faire de délicieuses brioches, car avec la 'Magic' vous pouvez cuire des brioches au fromage qui fondent dans la bouche—et ne requièrent pas une parcelle de beurre! Le grand avantage de la 'Magic', c'est que l'on peut toujours s'y fier.Elle vous assure invariablement des pâtisseries parfaitement réussies—à mie fine et savoureuse.Employez-la plus que jamais aujourd'hui pour éviter le gaspillage de vos précieux ingrédients.La 'Magic' coûte moins de le par cuisson ordinaire.Achetez-en aujourd'hui et essayez ces brioches "sans beurre".FABRICATION CANADIENNE 54 Le Bulletin des Agriculteurs Février 1944 Son triple effet calme miraculeusement LE DE TÊTE I Si le mol do tête vous guette, prenez un ou deux comprimes d'Insrontino et vous comprendrez lo pleine significotion du mot "soulagement"! En ctfct, préparée comme s'il s'agissait d'une ordonnance, l'instontine contient trois ingrédients actifs — le premier colmc la douleur en un tournemoin; le second prolonge la durée de ce soulagement, et le troisième, en neutralisant la dépression, vous permet de revenir plus vite à la normale.L'instontine a le même ctfct sur nombre d'autres indispositions — douleurs du rhumatisme ou de la névrite, névralgie, malaises causés par le rhume, etc.Vous en trouverez chez le pharmacien.La "croix" Bayer, li favorablement connue, figure sur choqua paquet.Instantine 12 comprimés: 25c seulement m Pour la vente de quelques bouteilles de parfum.de 5'X30< \ L RIEN A DEBOURSER NATIONAL PREMIUM CO.1227 Ut, iw DwcJul» - MONTREAL COUPON MCrHAIM DE VfNTI FOURNI CRATIS t Nom .Adresse.D jf^oUr le.jsuneô LETTRE DE MARRAINE Mes filleuls bien chers, Recevoir vos belles petites lettres est un plaisir toujours nouveau.Il nie semble connaître véritablement les petits garçons et les petites filles qui viennent me raconter leurs secrets d'enfants, leurs ambitions à l'école et me parler de leurs progrès avec preuves à l'appui, dans des lettres bien écrites, qui sentent l'application et la propreté.Il n'est pas besoin de dire à des enfants bien élevés qu'il faut d'abord se laver les mains avant de se mettre en train d'écrire, choisir un coin particulièrement propre sur la table do famille ou le pupitre, après avoir placé l'encrier de façon à ce qu'il n'arrive aucun accident.On choisit une feuille bien fraîche, quand ce ne serait qu'une paire de son cahier d'écolier.Tous les enfants no peuvent avoir à leur disposition un cartable rempli, ou une papeterie de luxe.Le bonheur, en cela comme en toute chose, est de savoir se contenter de ce que l'on a.La plupart des lettres que je reçois de mes filleuls, sont charmantes et prouvent qu'elles viennent d'enfants propres.Mais, il se glisse parfois dans les piles de lettres, quelques chiffons qui me font honte et me peinent.Dans le tuyau de l'oreille, je voudrais pouvoir dire à ces petits garçons et petites filles que c'est une bien vilaine habitude dont ils auront peine à sortir, car les enfants grandissent comme les pousse le vent de leur jeunesse, tout comme les arbres qui tomberont du côté où ils penchent.Profitez donc bien de cette occasion qui vous est donnée, mes chers filleuls.Un bon nombre n'ont peut-être personne d'autre à écrire que leur Marraine du Bulletin.J'ouvre tout grands mes bras et mon coeur aux anciens comme aux nouveaux et j'invite tous les enfants à prendre part aux concours de chaque mois.Il y a ordinairement deux prix, mais l'effort que l'on fait pour trouver les réponses et les écrire compte, tout comme un devoir d'écolier qui n'est jamais peine perdue.Ma lettre est longue aujourd'hui.Les petits conseils qu'elle vous apporte sont utiles.Au revoir, mes chers filleuls.Venez tous, venez bientôt.Marraine CONCOURS DU MOIS Petits garçons et petites filles, si vous héritiez tout à coup d'une maison, lo Où désireriez-vous qu'elle soit située?2o Qu'en feriez-vous?Répondez le plus tôt possible, de votre plus belle écriture, signez bien vos noms, âges et adresses, et faites parvenir à: Marraine, le Bulletin des Agriculteurs, Edifice Drummond, 1117 ouest, rue Sainte-Catherine, Montréal, P.Q.T./ BL EA U D1IONNE UR ¦ Voici les noms des gagnants pour le concours du mois: Dolorès Pelletier, Luceville.cté Rimouski et Pauline Gravel.Château-Richcr, cté Montmorency.Félicitations de Marraine.Compliments aux filleuls dont les noms suivent pour leur application et leurs bonnes réponses: Monique Duphily.Lucienne Leclcrc.Gertrude Tremblay, Denise Manningham, Ré-jeanno Veilleux, Edwin Perron, Jeanne d'Arc Gauthier, Jean-Charles Per-reault, Lucille Grenier, Solange Hardy, G.Dramis, Jean-Paul Rouillard, Roger Lauzon, Thérèse Tremblay, Yvette Ilamelin, Joseph Boucher, Gemma Tawcl, Thérèse Gagné, Normande Asselin, Gertrude Gilbert Reine Hélène Gilbert, Gaby Villeneuve, Germaine St-Cyr, .Simon Beaudoin, Au-rélie Chieoinc, Amélie Grand'Maison, Reinette Beauparlant, Victoire Lan-dreville, Paula St-Onge, Mariellc Va-deboncoeur, Gertrude Dalpé, Madeleine Samson, Lucienne Bcauvilliers, Monique Lambert, Sardoinc Meunier, Antonia Després, Mireille Duchesne, Toincttc Landry.Marie Gadbois, Cécile Dumont.Lucille Meunier, Lisette Phaneuf, Gilbcrte Lambert, Lucia Desbois, Jeanne-Marie Beaupré, Lucienne Héneault, Marguerite Loiselle, Olive Hautbois, Germaine Lalande, Jean Dubois, Hélène Allard, Thérèse Asselin, Manon Landry, Louisette Du-clos, Adélard Sansfaçon, André Tru-dcl, Mariette Baril, Monique Au-clair, Hénédinc Laj>rairie, Théodore Lespérance, Eliettc Trudeau, Jeanni-ne Lapré, Espérance St-Aubin, Léon Courtemanche, Léonie Courtemanche, Gisèle Lalondc, Blanchc-Eva Dupéré, Roseline Avard, Marianne Francoenr, Rosaire Laverdure, Germaine Meunier, Aimée Chaput, Marion Chapde-laine, Bruno Lebrun, Louise Verdot, Eveline André, Hermann Hébert, Louise Sauvagcau, Desncigcs Lavio-lcttc, Alice Deslandes, Hcrvcttc Lapré, Monique Dcsbicns, Hélène Sa- lois.Elie Samson, Suzanne Lupicn, Reine St-Amours, Louis Dubois.Maurice Comtois.Louis Harber, Manda Dcslauricrs, Simonne Aubin, Gabriel-le Lauzon, Andréa Lasalle, Annette Beaudoin, Gisèle Sansoucy, Hermine Bonenfant, Blandine Descôteaux, Hélène Aubry, Brigitte L'Espérance, A-line Hubert, Elisabeth Lafontaine, Ju-non Bcaudry, Juliette Malo, Ninon Juneau, Jules D'Artois Marisc Olier, Olivette Perron, Laure Marin, Monique Thibeault, Louise Dion, Violette Meunier Germaine Phaneuf.Marguerite Dosbiens, Marina Duvernay, Estelle Loiselle, Maria Bélanger, Amélie Dufresnc, Joscphtc Chieoinc, Mauri-ectte Larivièrc, Joséphine Pigeon, Jacques Dufour, Imelda Brochu, Marguerite Gervais, Philomènc Desgranges, Thérèse Beausoleil, Jacqueline Tremblay, Béatrice Richard, Julia Dumont, Gaétane Lacoursière, Thérésa Lcclerc, Julienne Aumont, Lucienne Malchelosse, Cécile Huard, Louisa La-Ireillc, Jules Nadeau, Yvette Leclcrc, Blanche Chouinard, Elisa Garceau, Germaine Nadon, Bernadette Valois, Simonne Corbeil, Gcrvaise Alain, Louis Gareau, Jacqueline Brouillcttc, Bernadette Garon, Lucie Chènevert, Adèle Gobeil, Laiirettc Berger, Aline Blanchard, Thérèse Gilbert, Rose Bouchard, Germaine Villemaire, Fleurette Jalbert, Robert Hudon, Simonne Cho-quette, Rosette Soulières, Huberte La-montagne, Paulette Morin, Apolline Cardinal, Thérèse Leroux, Marguerite-Marie Morissctte, Françoise Bouchard, Rolande Dumont, Elise Ver-don, Madeleine Dupré, Pauline Lomay, Juliette Paquettc, Olivia Ferland, Mi-saël Mayrand, Noëlla Viens, Marie-Louise Bonin, Blanche Lafcrté, Luce Robidoux, Clémentine Lafcrrière, Cécile Chabot, Lucienne Chabot, Claudette Lanoix, Julot Lcmaire, Marie Julien, Rosemarie Mircault, Janine Authior, Florence Papineau, Victoria Bédard, Fernande Briscbois, Berthe Montet, Gabriellc Beaumont, VOUSETERNUEZ?ENRAYEZ j CE RHUME! Obtenez un f«niilu»:cnicnl rapide et efficace avec les comprimés de («rove cont re le rhume.Ils contiennent HUIT INGREDIENTS ACTIFS sol intensément melanges m un médicament multiple et efficace — c'est un traitement interné «.ni va à In source du mal.Ces huit agents actifs contraient un rhnir.i rapidement et définitivement parce qu'ils ntrissent de QUATRE FAÇONS IMPORTANTES : I.Ils agissent comme laxatif lexer.2.Un combattent lea germes de rhumr dans volrc système.1.Soulagent U* mnl fit* tête et le malaise causes par In grippe.4.Ils agissent comme tonique sur votre système.Ce quadruple soulagement contrôle un rhume presque Immédiatement.Procurez-vous les comprimés de Grove corn re le rhume aujourd'hui nu*nie.Les comprimés authentiques se vendent dans une boite hlaurtic Pour plu* JVcornP.^. je m'en vais, là - n'oublies pas de faire ce que je t'ai demandé tantôt ,C Q/P) s*> ç-~> T^BR-R-R! POURVOIR.SI ZÉ-zÉZENOÏDE N'AURAIT PAS PU A-ATTENORE QU'IL FASSE MOINS F-FROID POUR M'ENVOYER C-C-CHERCHER jgggk DU BOIS pA M-m AYOYE i le tu-tu le tuyau du p-polle à c't'meure.'-je de'-dé je d-demissionne,' ^ouf/ en tous l-les cas.- - du bois, TU COMPRENDS TOUJOURS DE TRAVERS j / -je t'avais dis d'aller CHEZ DUBOIS, f / POUR L AMOUR DU CIEL, ONESIME / 56 Le Bulletin des Agriculteurs Février 19+4 VOICI POURQUOI LES MAIMS GERCEES SE CICATRISENT PLUS VITE Ce ouimer avec la NOXZEMA Médicatnentêe Les mains rC-ch«, routes et très fiercees {OBI une forme d'irritation curante.Des petites croasses douloureuses apparaissent—spécialement aux jointures.LES HOMMES EN SERVICE DEMANDENT NOXZEMA — Ils j'en servent contre 1rs gerçure» de» main», du visage et de» lèvres — contre les irritation*, coup» de soleil, haie, pieds brûlants et fatigues — et spécialement pour une bjrbe fraîche et adoucis-santé! Rend la barbe plu» facile à faire, même à l'eau froide! Elle e*t fameuse pour se ra»er sans blaireau iant eau! SI vous a vox les mn inn rotifrc*< rUffUCUSOS, gCrcém — tenter, ect-."3 te expérience.Faites une application dé Noxscma plusieurs fois tin runt If jour et la soirée.Remarques radoucissement qu'elle procure.Le jour suivant .rrmnnitirz comme vm mains pa-missent mieux — et comme elles sont mieux ! Noxiema est efficace parce nue ce n'est pas seulement une crème cosmétique.C'est une formule médicamentec, qui non seulement adoucit la douloureuse impression de brûlure et de piqûre, — mais qui aille à cuértr les gerçures de In penu — elle aide à adoucir Pépldorme sec et rugueux et rend it la main mi douceur normale et sa blancheur.Ii- enquêtes démontrent que des container rie professionnels comprenant nombre de carder-malades (qui «ont sujet* â ces innuis parce qu'ils doivent se laver les mains souvrnl1 utilisent et recommandent Nox/cma.Noxzema est blanc de ncÏKC, non graisseuse et ne colla i>as.Aux pharmacies i-i maeaalns à rayons, S9c Me, $1.2$ 3 BONNES La plupart des jeunes mamans se servent de cette méthode pour soulager leurs enfants des souffrances du mimi Grâce à son action pcuctratitc-sti-fntdante (comme dans la gravure), le VapoRub, qui a fait ses preuves, aide à soulager rapidement les spasmes de la toux, les douleurs ou la constriction, la congestion et l'irritation des bronches.Dès que vous frictionnez la gorge, la poitrine et le dos, au coucher, avec du VapoRub, qui dég'agc ses vapeurs calmantes, il commence à agir—et il continue à agir pendant des heures, en amenant un sommeil reposant.Souvent, au réveil, le pire du rhume est passé! Essayez-en.Vous comprendrez, alors, pourquoi on peut avoir pleine confiance en ce remède des familles, qui a fait ses preuves, pour soulager les enfant^ des souffrances des rhumes .A/ICKS ' w VapoRub L'AMITIÉ EST UNE PORTE OUVERTE Q.—Je suis bien découragée mais j'espère que vous allez me comprendre.Je suis une jeune fille de 2G ans, ma soeur aînée est mariée.L'n jeune homme bon, sobre, travaillant, veut me courtiser et m'épuu-ser, mais comme je ne l'aime pas assez, je préférerais être courtisée sans engager mon avenir.Je suis d'une sensibilité si grande que quand je pense qu'il me faudra quitter, pour le suivre, ma famille, le toit paternel à l'ombre duquel j'ai grandi, entourée de la tendresse des miens, avant toujours fait mes quatre volontés, la chambre où j'ai vu mourir ma mère, toutes ces choses familières, vrniment, il me semble que je ne pourrais me résoudre à cela.Comme je suis sincère et que lui est sérieux, je ne sais que faire.Sans doute, j'aurais besoin de consolations, car j'ai peur de l'avenir.Je voudrais conserver l'amitié qu'a pour moi ce jeune homme, mais croyez-vous que je finirai par l'aimer?Dans cette situation, peut-il espérer en moi et s'attendre à ce qu'un jour je devienne sa femme comme il en rêve depuis longtemps?Merci de votre bonté.Malheureuse Colette |{.— Vous ne me dites pas s'il y a longtemps que vous connaissez ce jeune homme .Etes-vous certaine que vous ne l'aimerez jamais?Si vous avez fait des efforts en ce sens et que vos caractères et vos goûts se heurtent, si au lieu d'une sympathie franche, d'une grande estime qui vous mèneraient insensiblement à l'amour, vous ressentez une antipathie qui vous cause un certain malaise, le cas est désespéré; mieux vaudrait alors expliquer franchement à cet honnête garçon que vous ne pouvez répondre à ses rêves.Mais, vous parle/, d'amitié, c'est une porte ouverte sur les jardins de sentiments plus tendres.Il arrive bien souvent que l'amour prenne ainsi lentement, par degrés, possession d'un coeur et s'y installe de façon définitive.Il vaut mieux ne pas engager votre avenir avant que votre coeur ne soit fixé car le ma-riage sans amour reste tout ce qu'il y a de plus triste.Demandez donc un délai, c'est votre droit et votre devoir.Quant à votre sensibilité exacérée, elle a quelque chose de nerveux que vous finirez par dompter en reprenant votre équilibre physique.Sans doute, ces déchirements entrevus sont toujours pénibles et creusent des regrets dans les coeurs bien nés.mais ce départ, cette séparation des lieux de notre enfance est dans l'ordre des choses.Il faut aimer assez pour avoir le courage de cet éloignement qui devient facile quand il s'agit de suivre l'élu, celui qui par la volonté de Dieu deviendra un BCigneur aimé, un doux maître.L'heure n'est pas venue pour vous, car vous sentiriez tout cela, chère amie.Vous avez peut-être trop fait vos quatre volontés comme vous dites .et vous n'avez pas eu l'occasion de vous forger un de ces caractères devant lesquels cèdent les obstacles.Il ne faut pas avoir peur de l'avenir, il faut plutôt lui faire confiance, aller vers lui avec joie.C'est peut-être une façon de se le concilier .Vivre avec joie, c'est vivre deux fois et rendre beaucoup plus facile le devoir présent.Que faites-vous de l'espérance m'amie?Ayez une explication franche avec votre prétendant, dites-lui que vous ne pouvez pas, et que vous ne voulez pas prendre une décision aussi grave sans y réfléchir mûrement.Durant le délai accordé, ne faites pas pression sur votre coeur, mais cherchez tout simplement à découvrir les mérites de votre ami, à vous attacher par les liens d'une belle et grande amitié.N'ayez pas de souci, mais laissez-vous porter sur les ailes de la confiance.Q.—J'ai 16 ans.Je suis orpheline de mère depuis l'âge «l'un an et demi.Mon père nie plaça chez des gens de la ville sans enfants.Je donnais le nom de père et mère à ces cens-là qui ne m'ont jamais aimée.Ils étaient toujours de mauvaise humeur du matin au soir; dès que j'eus atteint l'âge de huit ans, ils prirent d'autres enfants orphelins comme moi.Mon grand désir aurait été de continuer à fréquenter l'école et ils me refusèrent cetto faveur bien que mon éducation ne leur coûtait pas un sou.Après maintes discussions entre les deux époux, ils finirent par me jeter dehors l'hiver dernier.Aie voyez-vous, enfant de 15 ans, toute seule, ne sachant où aller?Mon désarroi était bien grand.Une âme compatissante daigna nie prendre chez elle en attendant que je trouve un emploi.Par une grâce du bon Dieu, un de mes frères que je ne connaissais pas, apprit ma situation et vint m'en tirer.7o voulus m'engnger pour ne pas rester trop longtemps à sa charge.Je travaillais dans un couvent.Je ne puis trouver sur cette terre une âme qui m'aimerait un peu.Je me sens bien seule et je pleure, j'aurais tant besoin d'affection.On dirait (pie tout le monde se met d'accord pour m'accabler.Je liais la vie et je voudrais que le bon Dieu m'eut enlevée de ce monde au lieu de ma chère maman.Je ne sais comment vous expliquer tout ce que je ressens.Je ne sais si c'est mon caractère qui me fait détester de tout le monde niais les jeunes filles de mon âge m'accablent d'injures et me délaissent.Je suis affectueuse et ne trouve personne â qui me confier.J'es- saie de lire pour me distraire mais je tombe aussitôt dans la rêverie.De grâce, donnez-moi quelques mots d'encouragement et les conseils dont j'ai besoin.Orpheline R.—Votre père se désintéresse-t-il tellement de vous, ma pauvre enfant, qu'après vous avoir placée dans cette maison il ne s'est pas soucié de savoir si vous étiez bien traitée?Quelle enfance malheureuse vous avez eue! Mais vous êtes presque une jeune fille maintenant, un oiseau qui bat de ses propres ailes.C'est vous qui faites votre vie, tâchez de ne pas la gâcher.Chassez de votre coeur et de votre tête cette hantise d'être détestée de tout le monde.Vous avez été privée d'affection mais il y a encore des gens qui ont du coeur, à preuve, cette personne qui vous a recueillie chez elle quand vous vous êtes trouvée sans toit.Votre frère s'est aussi montré bon et dévoué.11 y a des companies de votre âge qui sont sans pitié, probablement parce qu'elles n'ont pas souffert, niais vous trouverez bien quelques amies compatissantes qui deviendront des soeurs par la tendresse, et avec lesquelles vous pourrez échanger vos idées, faire des petits travaux de couture ou de broderie, vous récréer.Il n'y a qu'à être simple, franche, gentille, gaie.C'est de gaieté que vous devez manquer surtout.Ne ressassez )ias continuellement le souvenir de vos malheurs, regardez l'avenir avec confiance et beaucoup d'espoir.C'est mal de reprocher au Ciel de ne pas vous avoir prise au berceau, la vie est un grand bienfait, appréciez-le et ren- Février 1944 dcz-le agréable.Dans votre situation actuelle, au couvent, vous êtes entourée de bonnes religieuses qui ne manqueront pas de vous comprendre et de vous consoler si vous leur ouvrez votre coeur; elles connaissent certainement des jeunes filles avec lesquelles elles peuvent vous mettre en relations.Lisez «les livres gais, chantez quand vous en avez le loisir, forgez-vous un caractère joyeux, coûte que coûte, et vous trouverez votre récompense dans un avenir lumineux.Courage donc, ma petite amie.^ ^ Q.—.l'ai 10 ans; depuis près de deux uns je suis courtisée par un jeune homme (le 22 ans.J'étais jeune encore quand je fis sa connaissance.Nous noua entendions bien tous les deux, niais un jour, après une dispute, il me quitta et fréquenta plusieurs de mes amies.J'ai essayé de l'oublier en quittant la place.Plusieurs années après, je suis revenue après m'être créé une belle situation.Je le rencontrai de nouveau et nous sommes redevenus amis.Il prend avec moi des libertés qu'il n'avait pas autrefois car c'est un bon parçon, il prétond que c'est parce qu'il m'aime trop.Nous ne pouvons pas nous marier avant plusieurs mois.J'ai peur qu'il m'aime maintenant à cause tic ma situation.Lui-même est de famille à l'aise.Je l'aime mais je nie reproche de lui avoir permis tant de caresses.Il se fâhe maintenant quand je lui refuse un seul baiser.Conseillez-moi sagement.Jacqueline désespérée R,—Vous vous apercevez à temps du danger de la pente où vous êtes, vous la force et l'honnêteté de résis-ter i l'entraînement.C'est justement l'occasion île juger si ce jeune homme tient a vous, s'il vous aime vraiment II peu) bien ne pas être intéressé uniquement par votre belle situation si lui-même vit dans des conditions de fortune assez faciles, ce n'est donc pas le point important.Soyez digne vis-à-vis de vous-même, cette fierté porte en elle-même sa récompense.Et quand viendra pour vous l'heure de fonder un foyer, vous vous en féliciterez.Pose/, .lime tout de suite vos conditions, terme et ne vous laissez pas at-' tendrir, ces cajoleries ne sont pas îles marques d'amour et si ce jeune homme honnête, il vous admirera d'avoir réfléchi la première et ne vous en estimera que davantage.Dès que vous rez vous unir par les liens sacrés iln mariage, faites-le si vous vous aimez vraiment.• » *
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