Le bulletin des agriculteurs /, 1 octobre 1993, octobre
PORC La peur des truies maigres serait injustifiée Il n'y aurait pas de lien entre le gras dorsal de la mere et le nombre de porcelets.La course à la maigreur fait peur aux éleveurs de pur-sang.Pourtant, une étude semble démontrer qu'il n'y a pas de danger.par Aubert Tremblay On s'entend généralement pour dire qu'une truie trop maigre à la mise bas risque de manquer de réserves pour supporter l'allaitement.En sélectionnant nos animaux pour leur enlever le plus de graisse possible, ne court-on pas devant les problèmes?Risquons-nous de nous retrouver avec des chutes de production?Des mères incapables d'avoir des portées normales?C'est une des préoccupations de l'heure, semble-t- Aubert Tremblay est journaliste.il.Elle inquiète, du moins, leséleveurs de porcs pur-sang.«C'est le premier dossier qu 'on m'a confié quand je suis arrivée au Centre de développement du porc», se souvient la généticienne Nicole Dion.«Les producteurs se disent qu'il faudrait bien que les truies arrêtent de maigrira un moment donné», continue Johanne D'Aragon, qui travaille à sonder les animaux pour le Programme d'analyse des troupeaux porcins du Québec (PATPQ), et qui visite, par conséquent, beaucoup de producteurs.«On en est rendus à se demander si on ne fait pas des truies trop maigres», résume Nick Coudé, du Centre d'insémination porcine du Québec.Pourtant, la recherche ne semble pas confirmer les craintes des producteurs.Il y a peu d'études encore, malheureusement, mais l'une d'entre elles, réalisée demièremenl en Ontario, est assez rassurante.Elle démontre que, statistiquement parlant, il n'y a pas de lien évident entre le gras dorsal des truies et le nombre de porcelets qu'elles mettent bas.Il n'y en aurait pas non plus entre l'âge des truies à 100 kilos et la taille de leurs portées.Les chercheurs B.W.Kennedy et M.Quinton, de l'Université de Guelph.ont analysé les résultats de 4732 truies Yorkshire, Landrace, Duroc et Hampshire.En comparant les chiffres, ils en sont arrivés à la conclusion qu'il y avait une légère corrélation négative entre le gras dorsal et le nombre de porcelets.En français, cela veut dire que les truies plus maigres avaient tendance (mais très légèrement) à avoir des portées plus grosses.Autant en nombre de porcelets nés qu'en nombre de vivants et en nombre de LE BULLETIN DES AGRICULTEURS / OCTOBRE 1993 18-1 sevrés.Sauf que le lien était très faible.Impossible, donc, de tirer de grandes conclusions.Quant à l'âge des truies à 100 kilos, les chercheurs l'ont analysé aussi parce que c'était le deuxième critère utilisé actuellement pour la sélection génétique, même s'il n'apas de rapport direct avec le gras dorsal.«Rien ne prouve que la sélection en faveur d'une augmentation de la teneuren maigre et du taux de croissance nuira à la taille des portées», affirment-ils en conclusion.Il leur reste toutefois d'autres facteurs à analyser, comme l'âge de la truie à la mise bas et l'intervalle entre les mises bas.qui peuvent évidemment influencer les résultats.Cela fera l'objet d'un futur rapport, promet-on dans le bulletin du Conseil consultatif canadien de l'amélioration des porcs.La recherche sur le sujet est encore très embryonnaire.Il faut dire que le problème lui-même est embryonnaire! «On se casse la tête trop tôt, opine André Fortin, un producteur de pur-sang du Lac-Saint-Jean.On a pas mal d'autres problèmes à régler avant ça!» «Les producteurs qui m'en parlent n'ont pas de chiffres», continue Denis Labonté.ancien directeur général de la Société des éleveurs de porcs de race, aujourd'hui consultant privé.Là-dessus, les spécialistes sont unanimes: ils ne récoltent que des impressions, pas de preuves.«Bien sûr, il n'y a pas de fumée sans feu, opine pour sa part Nicole Dion.Mais ce ne sont pas tous les éleveurs qui sont inquiets.Ceux que ça risque d'affecter sont peut-être ceux qui sélectionnent des truies très maigres sans tenir compte de la conformation.» Le danger menace peut-être aussi ceux qui ne soignent pas assez l'alimentation de leurs animaux.«Un éleveur qui en viendrait à avoir des truies très maigres, mais qui continuerait de les alimenter de la même façon qu'avant, je suis sûr qu'il aurait des problèmes, continue l'agronome Denis Labonté.Il faut apprendre à manipuler des animaux plus fragiles.» Un point de vue partagé par André Fortin.«C'est sûr qu'il ne faut pas que les truies soient trop maigres, dit-il, mais en autant que l'alimentation soit équilibrée.» «Un bout à la maigreur» André Fortin, en tout cas, n'a vraiment pas peur de la maigreur des truies.Il en a vu d'autres.Son père et un groupe d'autres éleveurs sont allés en Suède, au milieu des années 70, pour y chercher des animaux très maigres, histoire d'améliorer leurs troupeaux.«Les porcs étaient tellement longs et maigres qu'ils avaient l'air déformés», se souvient-il.Ça n'a pas empêché leurs descendants d'avoir de très belles portées.«C'est sûr qu'il y a un bout à la maigreur, admet André Fortin, mais je ne peux pas dire où est la fin.» A son avis, les porcs québécois sont encore très loin de la maigreur de leurs collègues danois et suédois.Alors, on a encore le temps de voir venir.D'autant plus que la sélection génétique est en train de rajuster quelque peu son tir.«On va commencer à tenir compte de la productivité des truies et de leur conformation dans l'indice, affirme-t-il, ça risque de diminuer la pression sur le gras.» C'est-à-dire qu'en tenant compte de ces autres facteurs, le gras prendra, proportionnellement, moins d'importance que maintenant.L'opinion est partagée par Nicole Dion: de génération en génération, les porcs devraient maigrir moins vite.De toute façon, il y a effectivement «un bout à la maigreur»: c'est la qualité de la viande! Sans gras, votre côtelette de porc manquerait nettement de saveur et de tendreté.D'après Denis Labonté, les Danois sont déjà en train de s'attaquer à ce problème: ils seraient en train de mettre en place un indice de sélection qui tiendrait compte du gras contenu dans le muscle (pas seulement le gras dorsal).Ils cherchent, en fait, à établir un taux idéal, qui permettrait à la viande d'être à son meilleur.Au Canada, on expérimente actuellement des sondes qui permettent de calculer le gras intramusculaire sur des porcs vivants.La distribution du gras dans l'animal On tente aussi, d'une manière plus générale, de trouver d'autres indices que le gras dorsal, pour évaluer le taux de graisse des porcs.«Il s'agit de voir si le gras dorsal n'a pas migré ailleurs dans l'animal», explique Nicole Dion.On peut donc espérer qu'en raffinant nos connaissances sur la distribution du gras dans l'animal, on sera mieux à même de l'empêcher de perdre trop de réserves.Enfin, dernier détail, il semble inutile de suralimenter ses truies pendant la gestation pour éviter que leur maigreur ne nuisent à l'allaitement.D'après une autre étude, faite au Québec en 1990, les truies engraissées surtout pendant la gestation perdent plus de gras à l'allaitement que les autres.Dans le document publié par le Conseil des productions animales du Québec (Colloque sur la production porcine, le 14 novembre 1990), on lit: «La période de gestation en soi ne devrait donc pas se définir comme un période de "profit" afin de permettre à la truie de reprendre ses réserves perdues durant la lactation.» ¦ MICRO-AID UN NOUVEAU CONCEPT EN NUTRITION SERVANT À PURIFIER L'AIR LES TROIS PETITS COCHONS CONSTRUIRAIENT-ILS LEUR MAISON AU-DESSUS D'UNE FOSSE SEPTIQUE À CIEL OUVERT?Dans l'élevage intensif du bétail, on a démontré que les gaz irritants comme l'ammoniac nuisent à la fois aux animaux et aux travailleurs.Il est reconnu que l'ammoniac, même à de faibles niveaux, diminue la performance et affecte la santé, souvent avant que le nez de l'homme puisse en déceler la présence.Micro-Aid est le seul additif alimentaire qui s'est révélé efficace pour abaisser les teneurs en ammoniac.Pour de plus amples renseignements, communiquez avec votre marchand d'aliments du bétail le plus proche ou avec: Distributors Processing, Inc.Au Canada, composez le 1-800-888-5688 Mlcro-Ald* est la marque déposée d'un extrait de Yucca schidigera.18-2 LE BULLETIN DES AGRICULTEURS / OCTOBRE 1993 LA PUISSANCE D'IteuîfâS EST DANS LE SAC! (ivermectin) y Profitez de tous les avantages du Prémélange IVOMEC • Un traitement pratique pour la maîtrise des mites de la gale, des poux et des vers chez les porcs en croissance • Moins de manipulation, moins de travail, moins de stress • Un seul traitement pour la maîtrise des parasites internes et externes • L'efficacité reconnue dWOMEC Demandez à votre vétérinaire, à votre marchand de moulée ou à votre fournisseur de prémélange sur ordonnance du vétérinaire d'incorporer le prémélange IVOMEC dans la moulée que vous achetez pour les porcs en croissance.ÇWp Prémélange pe d'agriculture dans les haines sphères du monde agricole, il est peu probable que le mouvement progresse de façon significative, selon les gens de l'UPA.Tout au plus voira ton se confirmer I écart entre ces productions et celles des magnais de l'agriculture, le lait, le porc et la \ olaille, Da\ id et Goliath seront désormais \ oisins.¦ Colloque sur la production porcine Le Comité sur la production porcine du CPAQ vous invite à son 14e colloque sur la production porcine.Pour vous inscrire, veuillez envoyer vos nom et adresse avec un chèque de 50 $ (avec repas) ou de 30 $ (sans repas) fait à l'ordre du ministre des Finances du Québec.«LA QUALITÉ, FACTEUR DE RENTABILITÉ» Auberge Universel, Drummondville Le 3 novembre 1993 Avant-midi: • Insémination porcine au Québec et traitement de la semence • Insémination artificielle: facteur de réussite en élevage • Insémination porcine en Hollande • Le sevrage précoce mèdicamente modifié au Québec: de la théorie à la pratique Bloc recherche: • Histoires porcines de la station de recherche de Lennoxville • Récents sujets d'études en cours dans le domaine du porc au Campus Macdonald • Recherches en production porcine à la F.S.A.A.de l'Université Laval • Quoi de neuf en recherche porcine à la Faculté de médecine vétérinaire Après-midi: • Impact de la restructuration mondiale sur notre economie • L'alimentation des primipares en lactation • Integration de la nutrition et de la regie pour maximiser vos profits en engraissement • Une entreprise de 24 000 truies avec une productivité de 24 porcelets par truie en inventaire par année, un nouveau défi relevé au tournant du siècle Pour de plus amples renseignements: (418) 643-2673 Conseil des productions animales du Québec CPAQ Symposium sur les bovins laitiers Le Comité bovins laitiers du CPAQ vous invite à son 17" symposium sur les bovins laitiers.Pour vous inscrire, veuillez envoyer vos nom et adresse avec un chèque de 45 $ (avec repas) ou de 30 $ (sans repas) fait à l'ordre du ministre des Finances du Québec.«ATTEINDRE L'ÉQUILIBRE» Auberge des Seigneurs, Saint-Hyacinthe Le 28 octobre 1993 Avant-midi: • L'élevage des génisses: la modération a bien meilleur coût • Approche «ration-NELLE de la fertilité du troupeau laitier • Les pâturages, une question de logique et de profit $ • La 36" façon de regarder votre entreprise: celle que vous utilisez, l'approche globale en gestion Après-midi: • La mise en marche du lait au Québec: une longue histoire de conquête des marchés • Nutrition de la vache laitière et composition du lait • Le maïs ensilage en France et son intérêt économique • Partage des ressources en production laitière Pour de plus amples renseignements: (418) 643-2673 LE BULLETIN DES AGRICULTEURS / OCTOBRE 1993 17 COURRIER GESTIONNAIRE ssssssssssssssss$ss$sssssss$ss$$sssss$s$sssss$s$s$$ssss$$ Le véritable seuil critique d'endettement On doit prendre ce critère d'analyse financière avec un grain de sel.Trop de facteurs le font varier d'une entreprise à l'autre.par Gaétan Villeneuve et Sylvie Bouchard SEUIL CRITIQUE_ Q.: Je suis conseiller en financement agricole dans une institution de crédit depuis plusieurs années.Je ne suis pas d'accord avec plusieurs seuils critiques d'endettement donnés dans l'article paru en août dernier (Avez-vous atteint votre seuil critique d'endettement?).Qu'en pensez-vous?R.: Dans l'article cité, les modèles de l'assurance-stabilisation du revenu ont servi à établir les seuils critiques d'endettement.Certains de ces seuils nous semblent discutables.Selon nous, ces calculs théoriques ne tiennent pas assez compte de ce qui se passe réellement dans le champ.Dans l'analyse financière, on dissocie les emprunts à moyen et long terme des emprunts à court terme.Le seuil critique d'endettement à moyen et long terme (prêts sur immobilisations) est un critère d'analyse financière qu'on doit prendre avec un grain de Seuil critique d'emprunt par unité de production Production Unité de Seuil critique d'emprunt production MIT.C.T.Lait hl de lait 100 à 120$ 8$ Truie truie 1000 à 1200$ 150$ Porc a l'engrais téte vendue 50 à 60 $ 65 à 80 $/porc en inventaire Maïs-grain ha 1000 à 2000 $ 500 $ Céréales ha 1000 à 1200 $ 350$ Soya ha 1500 à 1800$ 350$ Vache de boucherie vache 900 à 1100$ 350$ Bouvillon tête vendue 600 à 700 $ 900 $ Veau de grain téte vendue 200 à 250 $ 300 $/veau en inventaire Veau de lait tête vendue 200 à 250 $ 300 $/veau en inventaire sel.En pratique, il existe des écarts importants dans le niveau d'endettement qu ' une entreprise peut soutenir.Cette capacité d'endettement est influencée par les rendements techniques, les conditions de financement, l'équilibre de l'entreprise, le coût de production, l'expérience et la formation, etc.Le coût de vie, critère utilisé dans l'article en question, n'est qu'un seul de ces facteurs, et probablement pas le plus important.Malgré les innombrables facteurs qui font varier le seuil critique d'endettement à moyen et long terme de chaque entreprise, on peut quand même déterminer des balises (voir le tableau).Ces sonnettes d'alarme vont avertir le producteur qu'il est temps de.faire analyser sa situation financière.Le seuil critique d'endettement à court terme (marge de crédit, comptes fournisseurs.) est, quant à lui, beaucoup plus déterminant dans un analyse financière.Et il varie très peu d'une entreprise à l'autre.Quand on a atteint ce seuil, il est difficile de négocier des emprunts additionnels à court terme sans avoir à fournir des garanties supplémentaires, habituellement sur les immobilisations.ÉLEVAGE DU VEAU DE GRAIN Q.Ü Je suis propriétaire d'une ferme laitière et je veux m'associer avec mon frère qui, lui, est intéressé par l'élevage du veau de grain.On songe à construire une bâtisse pour élever 600 veaux par année.Notre projet peut-il être rentable?R.: Un projet de ce genre peut coûter 200 000 $ rien qu'en immobilisations.La rentabilité est, bien sûr, un facteur à analyser mais ce n'est pas le seul.Il faut aussi tenircompte du risque d'entreprise, des possibilités de financement et de la valeur ajoutée à la ferme.D'abord, il faut dire que, dans le contexte actuel, la rentabilité d'un tel projet risque fort d'être négative.En effet, l'épidémie de BVD, incontrôlée pour l'instant, attaque les troupeaux depuis quelques mois.De plus, depuis environ un an, les veaux de qualité, catégorie «choix et bon», se font rares.Leur prix a augmenté pour atteindre jusqu'à 250 $ par veau de 60 kilos.Vous ne devez pas négliger non plus le risque d'entreprise.Les coûts d'aménagement réels d'une construction sont souvent plus élevés que les coûts estimés.Attention aux mauvaises surprises.Par ailleurs, une nouvelle association risque de créer des tensions et des difficultés d'adaptation.En ce qui concerne le financement, vous risquez de vous buter à un mur.Votre projet sera difficile à financer.Les créanciers vont exiger une injection importante d'argent dans le fonds de roulement (autour de 50 000 $).De plus, ils vous réclameront des garanties équivalant au double du prêt.La ferme laitière sera donc prise en garantie additionnelle.Si le projet fonctionne mal, toute la ferme y passera.Enfin, le marché démontre que la valeur ajoutée d'un tel projet à la valeur totale de la ferme est bien en deçà du coût total des aménagements.On peut parler au mieux de 50 à 60 % du coût total.Autrement dit, si vous vendiez l'entreprise, vous perdriez 80 000 à 100 000$ d'avoir net.Il faut dire que cette production a connu de meilleures années.Le veau de grain traverse une période difficile.Dans quelques mois, les perspectives peuvent être plus séduisantes.¦ Gaétan Villeneuve, agronome et économiste, est consultant privé en économie agricole, à Saint-Hyacinthe.COURRIER DU GESTIONNAIRE Le Bulletin des agriculteurs 75, rue de Port-Royal Est, bureau 200 Montréal (Québec) H3L 3T1 Mil.: 382-4350 Extérieur: 1-800-361-3877 18 LE BULLETIN DES AGRICULTEURS / OCTOBRE 1993 LAIT Paul Labrie, un champion de la protéine Pour augmenter le taux de protéine du lait, il teste des rations spéciales.par Aubert Tremblay Paul Labrie est un scientifique dans l'âme.Dans sa ferme de Saint-Alexandre, près de Ri-vière-du-Loup, il fait des recherches.Ce qu'il veut trouver, c'est un moyen d'augmenter le taux de protéine de son lait grâce à l'alimentation des vaches.Ses Ayrshire se font servir ce qu'il appelle ses «mélanges diaboliques»: des suppléments additionnés d'acides aminés, ou sans gras, ou avec des levures.Certains ont fonctionné, comme les levures.D'autres non.Il y en a même un (celui sans gras) qui a fait chuter la production et le taux de protéine du lait! Mais Paul Labrie ne baisse pas pavillon.Il continue à faire ses mélanges, avec chaque fois un peu plus d'assurance.et de prudence.Un champion de la protéine C'est en France que Paul Labrie a commencé à s'intéresser au lien alimentation-protéine.Il s'est mis à lire de nombreux articles sur le sujet (dans la revue PLM, principalement).«Pour les Français, c'est presque une obsession, affirme-t-il.Ils ne parlent que de TB (taux butyreux) et de TP (taux protéique).» Et Paul Labrie savait que l'alimentation des vaches pouvait influencer le taux de gras du lait.Pourquoi pas la protéine?«Par exemple, fait-il remarquer, le taux de gras diminue quand on envoie les vaches au pâturage en juin.» Ah, si on avait tenu compte de la protéine, dans le temps.Paul Labrie serait plus avancé dans ses recherches.Car son intérêt pour la protéine ne date pas d'hier.C'est tout de même sa vache Wilma qui a produit le plus haut taux de protéine de toutes les Ayrshire de la province, en 1992! Elle faisait cl_'ailleurs d'une pierre deux coups, Aubert Tremblay est journaliste.Céline Dumont, Caroline et Paul Labrie.Une famille, deux fermes.cette année-là, en se hissant au sommet de la pyramide canadienne des MCR combinées.Paul Labrie n'est donc pas seulement un champion de la protéine, c'est aussi un éleveur de classe.Et cet ancien président de l'Association des éleveurs Ayrshire du Canada se rend très bien compte que la course au gras a dépassé le fil d'arrivée.Elle ne fait plus que continuer sur son élan.«Quand j'ai commencé à faire de l'insémination, il y a vingt ans, dit-il.la première chose que je regardais c'était le gras.Aujourd'hui, il est là, le gras.» Ce qu'il faut augmenter, c'est le taux de protéine.Le moyen: l'alimentation Mais pas n'importe comment.Question génétique, Paul Labrie croit que ce serait un peu suicidaire d'orienter sa sélection uniquement sur la protéine, au détriment de la quantité totale de lait par vache et du gras, comme le suggérait l'agronome Jean-Yves Godbout dans le Bulletin d'août dernier.«Je ne suis pas prêt à m'embar-querlà-dedans, dit-il.» «C'est sûrqu'on devrait dévaluer davantage le gras et donner plus d'importance à la pro- téine», continue son épouse Céline Dumont.Mais, dans «la vraie vie», l'important reste la paye de lait.Or, le volume total et le gras continuent à être rémunérés.L'autre problème, c'est que le taux de gras est étroitement lié à la protéine: l'un augmentant généralement avec l'autre.«On ne peut pas faire de "U turn", résume notre producteur-chercheur.Il faut contrôler la progression du taux de gras tout en maximisant le taux de protéine.» Donc laisser le gras continuer sur son élan.Et le premier critère de sélection, à son avis, reste encore le volume de lait.Et il ne faut pas oublier que la génétique, c'est une affaire de longue haleine.«Il faut faire aussi un travail là-dessus, dit Paul Labrie, mais c'est pour avoir des résultats dans trois ou quatre ans.» Les centres d'insémination commencent, de toute façon, à regarder du côté des taureaux «négatifs en gras».Paul Labrie n'a donc pas l'intention de s'engager dans une croisade pour modifier le mode de paiement du lait et le choix des taureaux.Pour l'heure, il s'occupe de l'alimentation des vaches.Au moins, sur ce levier-là, on peut agir comme on LE BULLETIN DES AGRICULTEURS / OCTOBRE 1993 18.1 l'entend.du moment que l'on respecte la santé des animaux.«Si j'enlève tout ce qui a permis d'augmenter le taux de gras, fait remarquer Paul Labrie, le gras va sûrement diminuer, mais mes vaches risquent d'avoir des problèmes!» Quelques essais infructueux Dans sa quête de la protéine, il a commencé par tester les suppléments d'acides aminés.Il avait lu un article français vantant les mérites de la lysine et de la méthionine, et il savait que certains centres de recherche avaient démontré le lien entre l'absorption d'acides aminés et la protéine.Il a donc demandé aux responsables de la Coop Fédérée de lui concocter le mélange approprié, et il l'a testé quatre mois.Résultat: zéro! Aucune amélioration.«Je m'attendais à avoir une réponse en dedans de deux mois, explique-t-il.En France, on avait vu une réponse tout de suite.Mais la recherche montrait que les résultats variaient, qu'il y avait d'autres facteurs qu'on ne connaissait pas.Ma ration manquait peut-être d'énergie.» Retour à la case départ.Le deuxième essai concernait le gras (celui qu'on ajoute à la ration).Un conseiller avait dit à Paul Labrie que les vaches pouvaient s'en passer.Paul Labrie ne le croyait pas, au début.«Je me disais: c'est travailler à l'en- Un couple d Vous en avez peut-être entendu parler: Céline Dumont, l'épouse de Paul Labrie, est cette femme énergique qui eu l'idée originale d'acheter sa propre ferme, même si elle en possédait déjà une avec son mari.Cette transaction a mis le couple à la tête de deux entreprises indépendantes, distantes de dix kilomètres, mais assez semblables: l'une de 80 hectares en culture (celle de Céline), l'autre de 100 (celle du couple); la première a 40 vaches, l'autre 54.Dans les deux cas.ce sont des fermes familiales.Paul a acheté la sienne de son père et Céline, de son frère, qui abandonnait la production.La plus grande différence, c'est que le troupeau Labrie-Dumont est composé exclu-sivement de vaches Ayrshire tandis vers!» N'empêche: deuxième coup de téléphone aux responsables à la Fédérée pour obtenir un supplément sans gras.«Ils doivent me trouver fatigant là-bas», avoue Paul Labrie.Mais cette fois, le résultat a été moins drôle.«Ça a commencé à mal aller, se souvient Paul Labrie.Mon taux de protéine a baissé de presque deux dixièmes.J'ai eu moins de lait, aussi, et quelques problèmes de chaleurs.» D'autres producteurs, à lamême période, avaient aussi remarqué des baisses chez eux, mais Paul Labrie est quand même revenu prudemment à ses anciennes amours.Dès qu'il a remis du gras dans la ration, le volume de lait a remonté.Mais, au moment de la visite du Bulletin, il ne connaissait pas encore son nouveau taux de protéine.Bref, pas de résultats concluants pour l'instant.Paul Labrie peut tout de même tirer trois conclusions de ses aventures.La première: il faudrait faire plus de recherche et tester en profondeur les suppléments d'acides aminés.La seconde: pour être chercheur, il faut être patient.La troisième: pour être producteur-chercheur, il faut, en plus, être prudent! Paul Labrie voudrait bien, parexem-ple, essayer d'ôter les alcalis de ses rations.Mais il n'ose pas.«Je sais que personne ne va me conseiller de le faire, avance-t-il.Si j'avais un troupeau plus commercial, je crois que je l'essaierais.» Mais il tient trop à ses avant-garde que celui de Céline comprend aussi des Canadienne et des Holstein.Les deux fermes font bon ménage, partageant temps et machinerie.La moyenne du troupeau Labrie-Dumont est de 8332 kilos, à 4,02 % de gras et 3,46% de protéine.Question culture, les Labrie-Dumont ont l'originalité de semer un mélange de luzerne et de lotier, sans graminée.Le lotier permet de couvrir les espaces que la luzerne aurait délaissés.Ils comblent leurs besoins avec de l'ensilage de maïs et font très peu de céréales.«Du grain, ça s'achète», dit Paul Labrie.La moitié de leurs terres sont drainées, les autres sont assez sablonneuses pour se drainer seules.«Ce sont nos plus beaux champs de luzerne», affirme Paul Labrie.¦ vaches.Ce ne l'empêchera toutefois pas de continuer à faire des expériences.«J'ai commencé à faire mes moulées en 1968 et j'ai toujours essayé des ingrédients spéciaux», affirme-t-il.Sauf qu'à cette époque, il choisissait ceux qui faisaient augmenter le taux de gras.Finalement, derrière tout ce débat sur la protéine, Paul Labrie voit un autre problème: on n'a pas encore assez valorisé le gras du lait autrement que dans le beurre.«On n'a jamais eu à se casser les pieds à chercher des sous-produits au gras du lait, déplore -t-il.Dans notre système, le gras, on le mangeait.» Ailleurs, d'après lui, on a beaucoup moins lésiné.«J'ai déjà lu un article sur la Nouvelle-Zélande, se souvient-il: j'ai été impressionné de voir tout ce qu'on faisait, là-bas, avec le lait.» ¦ LE LAIT D'AILLEURS Les balles françaises dans la ronde des normes La France est une grande productrice de «labels», c'est bien connu.Ça cause maintenant des maux de tête aux fabricants de films plastiques pour emballer les balles rondes.Ce type d'ensilage est de plus en plus apprécié des éleveurs français, paraît-il.Il y aurait actuellement 2000 enrubanneuses dans l'Hexagone et les vendeurs parlent d'un marché potentiel de 40 000 machines.Le hic, c'est qu'on ne s'entend pas sur les normes de qualité que les fabricants de plastique devront respecter! Un organisme national a proposé son propre cahier des charges, mais les fabricants le trouvent trop restrictif.Il irait jusqu'à leur imposer des visites d'usines, ce qui pose de légers problèmes aux vendeurs australiens, par exemple.Déjà que le coût de l'homologation des films tournerait autour des 40 000 dollars.Certains ont proposé de créer un «label européen de l'enrubannage».Qui dit mieux?18b LE BULLETIN DES AGRICULTEURS/OCTOBRE 1993 PORTRAIT Une petite ferme qui veut survivre au GATT À cause de la situation incertaine, un producteur de lait de la Colombie-Britannique est prêt à doubler sa production.par Hugh Maynard Roger et Shirley Tarves pourraient facilement être confondus avec une famille exploitant une ferme laitière n'importe où au Québec.De fait, ils possèdent une ferme laitière de 37 vaches Holstein pur sang.Jusque-là, rien de bien particulier.Sauf que Roger Tarves utilise une étable à logettes avec trois unités pour la traite.«Les étables à attaches sont de l'histoire ancienne dans cette partie du pays», déclare-t-il.En effet, le climat doux favorise l'utilisation d'éta-bles à logettes qui ne sont pas isolées et sont ventilées naturellement.Mais le principal avantage d'utiliser ce système est que, advenant des circonstances économiques spéciales, la ferme produirait plus de lait et pourrait contenir 70 bêtes sans agrandissement.«La politique fait de la production du lait une activité plutôt incertaine.J'ai donc fait des plans pour pouvoir doubler ma production, si nécessaire», dit Roger Tarves, en réfléchissant sur les incertitudes présentées par le GATT, les réformes constitutionnelles et le magasinage outre-frontière.«Le système de quota n'est pas l'idéal, mais le système américain me fait beaucoup plus peur!» Efficacité du travail La ferme des Tarves est située à Black Creek sur l'île de Vancouver et ne comprend que 36 hectares (90 acres) de terre cultivable.Séparés en de petites vallées par des hauteurs bordées d'épinettes, les champs sont utilisés pour la culture du fourrage et le pâturage.Quatre coupes bien dirigées débutent au début de mai et donnent un rendement de 11 tonnes à l'hectare Mugli Maynard est rédacteur en chef du magazine Quebec Farmers' Advocate.La production de la ferme de Shirley et Roger Tarves peut être doublée sans qu'il soit nécessaire d'agrandir les bâtiments.(5 t/a) sur des endroits secs d'après Roger Tarves.La majeure partie du fourrage est mise en sacs, ensilée en balles rondes.«Nous utilisons beaucoup d'équipement de fourrage européen, car la terre et le climat sont semblables.La température est très variable et quelquefois la récolte complète de l'année (lors des années humides) est ensilée», explique-t-il.En outre, il projette de remplacer le système de mise en sacs avec une emballeuse à balles rondes afin de réduire la manutention et le travail requis durant l'été.Minimiser le travail est une priorité pour Roger Tarves.C'est d'ailleurs une raison majeure pour laquelle il ne récolte pas d'ensilage de maïs, communément utilisé par les fermes laitières de cette province.Comme suppléments, il ajoute de l'orge en provenance de l'Alberta.Du reste, si les protéines du fourrage ne sont pas suffisantes, il ajoutera aussi des pelures de betteraves et de la luzerne.Roger Tarves a aussi réduit la quantité de travail nécessaire pour gérer le troupeau en installant une station informatisée pour servir le grain.En plus d'augmenter la productivité, cette station donne un rapport sur la con- sommation de grains pour chaque animal.En comparant la nourriture consommée avec les registres de la production de lait, M.Tarves peut plus facilement prévoir et prévenir les problèmes de santé qui pourraient affecter le troupeau.Les génisses jugées aptes à la reproduction sont aussi envoyées hors de la ferme comme mesure d'économie de coûts et de travail.RogerTarves les envoie par camion sur le continent où elles sont mises dans des parcs d'engraissement jusqu'à ce qu'elles atteignent entre 12 et 24 mois d'âge.«Même à 1,50 $ par jour, dit-il, il est plus économique pour nous d'agir ainsi que de les garder sur la ferme.C'est un souci de moins.» Roger Tarves sélectionne ses futures productrices avant que les génisses retournent à la ferme; sur trois génisses envoyées au pâturage, deux finiront à l'abattoir.11 aime ce système, car il lui permet de sélectionner les meilleures génisses de son troupeau sans avoir à en subir le coût et l'effort de les élever lui-même.«Il en coûte 1000 $ pour élever une génisse (bâtiments, travail, etc.), et si vous ne la gardez pas, vous ne pouvez la vendre que 600 $», remarque-t-il.¦ LE BULLETIN DES AGRICULTEURS / OCTOBRE 1993 18c Rien ne vaut (ivermectin) Injection et solution à verser A MERCK AGVET Merck Frosst Canada Inc., Kirkland, Québec ® Marque déposée de Merck & Co., Inc., Rahway, N.J., É.-U./ Merck Frosst Canada Inc., D.I.IVMO-P3-6005-JA-F ICCPP VACHE-VEAU Une rentabilité difficile à atteindre Dans l'élevage de veaux d'embouche, la rentabilité, sans programme d'aide comme I assurance-stabilisation, n'est pas encore au rendez-vous.par Georges O'Shaughnessy ADes Ruisseaux, près de Mont-Laurier, Huguette et Robert Desjardins élèvent des veaux d'embouche.La ferme Annaka est une des nombreuses exploitations bovines de la région, mais la taille de son troupeau est toutefois plus imposante que la moyenne.Les Desjardins ont fait de grands pas au cours des dernières années, en terme d'efficacité, mais sans assurance-stabilisation, il leur serait impossible de survivre, estiment-ils.Avec la remise en question de ces programmes au GATT, ils s'inquiètent un peu pour le futur de leur production.«Il faudra trouver d'autres solutions, soutient Robert Desjardins, sans quoi nous ne pourrons continuer.» Les Desjardins sont évidemment inscrits à l'assurance-stabilisation, volet vache-veau, mais aussi au volet céréales car ils cultivent le grain sur une superficie de 26 hectares.L'entreprise compte aujourd'hui 142 hectares en culture et 185 en boisé.On loue également quelque 10 hectares dans la région.Une note positive: les Desjardins n'ont pas à aller bien loin pour trouver des terres à louer, la disponibilité étant excellente avec la diminution de la vocation laitière du coin.Quant au troupeau, on y comptait cet été 186 têtes réparties comme suit: 84 vaches, 83 veaux, 15 taures de remplacement, 3 bouvillons en engraissement et 1 taureau.Avec ce nombre pour le moins restreint de représentants de la gent masculine bovine, il va sans dire qu'on a recours à l'insémination artificielle pour une bonne partie des saillies.Clients réguliers du CI AQ depuis leur établissement, leur taux d'utilisation dej'insémination artificielle au cours Georges O'Shaughnessy, agronome, est journaliste.Huguette et Robert Desjardins ont fait de grands pas au cours des dernières années, en terme d'efficacité.Mais ils s'inquiètent un peu pour le futur de leur production.des dernières années tourne autour de 80 %, ce qui n'est pas commun en production bovine.Les Desjardins utilisent surtout le Programme d'épreuve de progéniture (PEP Boeuf).A titre d'exemple, il suffit de mentionner qu'en 1992, 64 des 80 inséminations effectuées allaient avec le PEP.Les Desjardins sont aussi inscrits au Programme d'évaluation génétique (PEG) pour lequel ils compilent les données usuelles servant à l'évaluation des taureaux.«C'est beaucoup de travail, reconnaît Huguette, mais ça nous profite et ça profite à l'ensemble des éleveurs par la suite.Si on veut que la génétique progresse, il faut bien faire quelque chose.» Quoique ce travail de compilation de données demande du temps et de la minutie, Huguette Desjardins s'est arrangée pour se faciliter un peu les choses.Grâce aux cours d'informatique qu'elle a suivis ces dernières années, elle compile depuis trois ans, dans un chiffrier électronique, toutes les données du troupeau.Les trois der- nières années sont ainsi en mémoire dans l'ordinateur.Les deux propriétaires de l'entreprise peuvent donc suivre aisément les performances du troupeau et savoir, par exemple, quelles femelles sont les moins rentables et devraient être réformées.Un départ en douceur Le démarrage des Desjardins en production bovine s'est fait tranquillement, au début des années 1970.Alors travailleur forestier, Robert achète deux lots de terre de la ferme familiale après le décès de son père.Puis, en 1974, à l'époque des manifestations dans le lait, les Desjardins achètent quelques veaux laitiers et hybrides à rabais, de 5 à 10 $ pièce, dans le but de les engraisser.Une aubaine, quoi ! Ayant pris goût à cet élevage, ils continuent et font l'acquisition de quelques sujets Blonde d'Aquitaine.Graduellement, cette race sera remplacée par des sujets Simmental, Charoláis et quelques Hereford qui composent le troupeau actuel.Au dé- LE BULLETIN DES AGRICULTEURS / OCTOBRE 1993 19 part, ne possédant aucun bâtiment d'élevage, ils gardent leurs animaux dans une grange louée pour l'hiver.En 1979, avec déjà quelques années en production à leur actif, les Desjardins s'établissent finalement et font l'achat d'un fonds de terre incluant bâtiment et machinerie.Malheureusement pour eux, l'étable n'est pas fonctionnelle pour l'élevage bovin et la machinerie n'est pas bien adaptée à leurs besoins.Ils construisent donc une étable froide avec cour d'exercice, l'année suivante, et ils adoptent un programme accéléré de renouvellement de la machinerie.Les Desjardins effectuent une surveillance très serrée des vêlages: ils savent que leurs revenus en dépendent directement.Presque aucune vache ne vêle sans surveillance, expliquent-ils.Cela leur occasionne plusieurs nuits écourtées et oblige une présence constante à la ferme durant cette période, sept jours sur sept.Les résultats sont cependant encourageants: en 1993, on a marqué une perte de 5 à 6 % seulement au vêlage.«Une de nos meilleures années», confie Robert.Côté gestion, les Desjardins aiment bien pouvoir se comparer avec d'autres entreprises bovines pour voir comment ils peuvent encore améliorer leur efficacité et, du même coup, leur rentabilité.Ils ont bien été quatre ans membres d'un syndicat de gestion, mais comme ils étaient les seuls producteurs bovins du groupe, ils avaient de la difficulté à avoir des comparatifs.L'expérience étant peu motivante, on a laissé tomber le syndicat, sans pour autant abandonner le suivi de la gestion.Ils font maintenant partie de quelques réseaux d'essai en production bovine, dont un réseau du MAPAQ en gestion des troupeaux bovins.Pour CABINES LAURIN Une cabine Laurin avec ses deux portes, essuie-glace, pantographe avant, chaufferette, air pressurisé, vous gardera au chaud l'hiver et à l'abri de la poussière l'été.Voyez le concessionnaire le plus près de chez vous.MURIN MACHINERIE LAURIN INC.LAVAL, QUE.CANADA ce réseau, ils doivent fournir des chiffres sur les opérations de l'entreprise pour la création d'une banque de données économiques sur la production bovine.Plusieurs des interventions annuelles à la ferme et certains des investissements sont faits pour assurer le maximum de qualité aux fourrages que le troupeau consomme.C'est ainsi qu'on a récemment construit deux abris à foin sec de 9 mètres sur 29 dans le but de mieux conserver cet aliment.Comme on fait annuellement quelque 700 balles rondes de foin sec, le faible coût de cet investissement en valait vraiment la peine.Il faut mentionner que les deux abris ont été érigés avec des matériaux usagés récupérés de granges en démolition des environs, ce qui a permis de réaliser des économies substantielles.Quant à l'ensilage, on en fait annuellement 400 balles rondes.À ce chapitre, la ferme possède une presse et une enrobeuse en syndicat de machinerie avec deux frères de Robert.La Ferme bovine Annaka en est toutefois le principal utilisateur.Pour ce qui est du foin sec, la ferme est propriétaire de sa propre presse.Du côté des champs, on réserve autant que possible les terres les plus plates aux prairies.Dans les années les plus sèches, quand les pâturages rendent moins bien, on envoie les animaux paître dans les prairies après la deuxième coupe.Les pâturages sont gérés en rotation et les animaux restent de deux à cinq jours sur chaque parcelle, selon ses dimensions et l'état de la végétation.Les pâturages sont régulièrement réensemencés en mil et en trèfle blanc pour leur conserver le maximum de productivité.La progression de la génétique Le taureau de service est gardé de deux à trois ans à la ferme, après quoi on le remplace.On utilise tantôt un Simmental, tantôt un Charolais, qu'on achète à la Station d'épreuve de Quyon.Le taureau entre au pâturage avec les vaches vers le 15 juin pour s'occuper de leurs retours de chaleurs.Quand ils font le choix d'un taureau, Robert et Huguette essaient de sélectionner en fonction de la facilité au vêlage.Les mâles du PEP servent pour saillir les vaches adultes ou les taures ayant une bonne charpente.Bien que leur troupeau comporte quelques vaches de race pure, la majorité est constituée de sujets mélangés, exception faite de quelques Shorthorn pures achetées l'automne dernier pour croiser avec du Simmental.Les génisses qu'ils élèvent sont surtout à prédominance Simmental.Ils ne visent toutefois pas à s'en aller en élevage de race pure, puisqu'en croisant, ils améliorent le poids au sevrage de leurs veaux, ce qu'ils recherchent pour la production de viande.Chaque année, à la lueur des données des veaux de l'année, ils conservent les 15 meilleures génisses qui deviendront les taures de remplacement.On procède de la sorte, tout comme on limite autant que possible les achats extérieurs, afin d'éviter l'entrée de maladies.La progression du gain de poids des veaux au sevrage depuis les dix dernières années a été tout simplement phénoménale.C'est ainsi qu'en 1983, le poids moyen des veaux au sevrage était de 226 kilos.En 1987, ce chiffre était passé à 295 kilos et, en 1992, à 344 kilos.Il faut dire cependant que les veaux sont sevrés plus vieux, que les vêlages sont plus groupés, ce qui donne des veaux plus uniformes pour les encans, et qu'il y a eu beaucoup d'amélioration au plan de la génétique du troupeau.¦ 20 LE BULLETIN DES AGRICULTEURS / OCTOBRE 1993 Les Tracteurs Landini ENDURANCE, SIMPLICITE, NOMBREUX TALENTS, PERFORMANCE ANNÉES SUR ANNÉES LE MODELE ETROIT Spécial pour vignobles, vergers, bleuets, etc.Modèles surbaissés disponibles pour récoltes sous les arbres et les abris pare-soleil.LE MODELE STANDARD Disponible avec capot standard ou capot grande vision tel que présenté ci-dessus.¦ Chez Landini Tractors, nous cultivons la qualité.Un siècle d'innovations dans le domaine du tracteur standard ou spécialisé aboutit à de robustes performances et à une endurance mariées à une meilleure économie de fonctionnement et une simplicité d'entretien.Landini offre une gamme de tracteurs de 42àT25 cv, à2ou4 roues motrices, tous propulsés par les fameux moteurs Diesel Perkins, champions en performance et économie de carburant.La recherche de Landini dans le domaine du train moteur a conduit à des transmissions qui absorbent moins d'énergie et réduisent la consommation de carburant tout en offrant 12 ou 24 vitesses avant et 12 arrière.Landini a tenu compte de l'essentiel comme de l'extra pour procurer au chauffeur un maximum de confort et de sécurité : meilleure insonorisation, leviers de contrôle plus à la main, filrration de l'air à l'intérieur de la cabine, système d'air climatisé poussé et surpuissant.Landini a adopté le système anti-corrosion le meilleur et le plus récent pour que métal et peinture gardent leur éclat original pendant des années.Le souci de Landini de fournir aux clients un produit spécialisé et de qualité qui répond à leurs besoins particuliers a permis de garder le niveau des réclamations de garantie bien en dessous des normes de l'industrie.La gamme complète des tracteurs robustes Landini est protégée par une garantie de deux ans avec des options standard ou uniques qui visent un grand choix de besoins spécifiques.MODELE HAUT Spécial pour maraîchers CHENILLE Spécial pour compaction minime sur sols délicats et stabilité dans les pentes ¦ Nous invitons les concessionnaires dans le domaine du matériel agricole, intéressés à grossir leurs commerces, à communiquer avec nous.Les personnes qualifiées seront rapidement contactées.S.V.P.Ecrire, téléphoner ou télécopier.ïhnrmTtifThfi Conception d'avenir Landini Tractors, Inc.499 N.W.70th.Ave./Suite 101-H Plantation, FL 33317 USA (305) 321-9711 • Fax (305) 321-9708 ©1993 LANDINI 0O1R2C0293 GESTION Quelques stratégies pour réduire ses dépenses Dans toutes les productions, les entreprises gagnantes seront celles qui identifieront clairement les causes de leur inefficacité.par René Roy Pou de chefs d'entreprise ont I ' impression de dépenser plus qu'il ne le faut pour réaliser leur production: «On fait ce qu'il faut, pas plus».Pourtant, les faits démontrent souvent le contraire.Le rapport annuel 1992 d'Agritel (la banque de données de la Fédération des syndicats de gestion agricole du Québec) renferme une très intéressante analyse des écarts de productivité réalisée à partir d'un échantillon de 124 fermes laitières de taille comparable.On y constate un écart de 29 % dans les charges directes d'exploitation entre le groupe de tête et celui de queue.Un tel pourcentage, traduit en dollars, représente une différence de plus de 30 000 $ dans le bénéfice d'exploitation.On comprend facilement pourquoi toutes les entreprises ne voient pas l'avenir avec le même optimisme.Etre plus productif, c'est faire plus avec moins.Autrement dit, c'est mieux utiliser ses ressources.Dans une ferme, il y a une foule de travaux que l'on n'a pas le choix de faire: les animaux doivent être soignés, les plantes semées et récoltées, etc.Il ne s'agit pas d'abandonner des tâches mais bien de choisir la façon la plus efficace de s'en acquitter.Un outil indispensable La première chose à faire afin de mieux contrôler ses dépenses, c'est de bien en connaître la nature.La comptabilité est l'outil indispensable à ce travail.Le système comptable retenu par le producteur doit cependant répondre à quelques exigences de base.Un système en «partie double» indique à la fois la provenance et l'utilisa-René Roy.agronome, est conseiller en gestion au Syndicat de gestion agricole de La Pocaticrc.La meilleure façon de détecter les faiblesses de son entreprise, c'est de comparer ses résultats avec ceux obtenus par des exploitations similaires.tion des fonds.La vérification de la comptabilité en utilisant le relevé bancaire de l'entreprise augmentera la fiabilité des résultats.D'autre part, en compilant les revenus et les dépenses au moment où ils sont réalisés (comptabilité d'exercice) plutôt qu'au moment où ils sont encaissés ou payés (comptabilité de caisse), on obtient une image plus juste de la réalité.Cette méthode évite de présenter des résultats financiers annuels qui ressemblent à des montagnes russes lorsqu'on les compare à ceux des années précédentes.Finalement, chaque poste de revenu ou de dépense doit être bien distingué.Il ne suffit pas de savoir si la dépense de moulée est trop élevée mais plutôt de déterminer si ce sont les vaches ou les truies, les adultes ou les jeunes qui coûtent trop cher à alimenter.En compilant aussi les kilogrammes de semence achetés, les caisses de brocoli livrées ou encore les têtes ven- dues, on peut vérifier si ce sont les volumes ou les prix unitaires qui font défaut.Une fois tous les résultats de l'entreprise compilés, on procède à leur analyse.Bien sûr, on peut prendre chacun des postes de dépense et se questionner sur la performance obtenue.On peut aussi se demander si cette dépense est bien nécessaire ou si on ne pourrait pas procéder autrement et à meilleur coût.L'exercice, en plus d'être fastidieux, risque peu de conduire à de gros changements.Le problème, c'est que pour juger d'une chose, il faut la comparer à une autre: un jugement est toujours relatif.Alors, la meilleure façon de détecter les faiblesses de son entreprise, c'est de comparer ses propres résultats avec ceux obtenus par des exploitations similaires durant la même période.C'est exactement là le rôle de l'analyse de groupe.Qu'elle provienne 22 LE BULLETIN DES AGRICULTEURS / OCTOBRE 1993 d'un syndicat de gestion agricole, du M APAQ ou d'ailleurs, une bonne analyse de groupe vous servira de boussole pour arriver directement aux points recherchés.A défaut de comparaison de groupe, on peut toujours se rabattre sur les normes du secteur.Les guides du Comité des références économiques en agriculture du Québec, publiés par le groupe GEAGRI, pourraient fournir les renseignements désirés.Toutefois, leur mise à jour se fait avec un certain retard et les chiffres utilisés ne s'appliquent pas parfaitement à toutes les tailles d'entreprise.L'étape cruciale: le diagnostic Maintenant que les postes de dépense fautifs sont identifiés, il faut poser un diagnostic.On doit comprendre pourquoi ça coûte plus cher chez soi qu'ailleurs.C'est l'étape cruciale.Une bonne recherche peut aller jusqu'à remettre en cause certaines méthodes de régie.Mais ce questionnement est difficile et les réponses rarement évidentes.Il ne faut pas hésiter à consulter des spécialistes ou des confrères ayant du succès dans le domaine.L'avis de gens étrangers à l'entreprise peut être salutaire.On remarque que les fermes les plus productives ne sont pas nécessairement celles qui réussissent des performances techniques record.L'équilibre dans l'ensemble des activités de l'exploitation ressort comme la clé du succès.Il faut donc recherchercet équilibre dans ses dépenses.Tenir compte de ses limites amène des choix plus judicieux.Par exemple, pourquoi faudrait-il maintenir un contrôle laitier officiel pour un troupeau présentant des performances plutôt ordinaires?Un bon contrôle régulier ne rencontrerait-il pas tous les besoins de l'entreprise à un prix moindre?Améliorer son efficacité implique des changements dans sa façon de voir les choses.Posséder un semoir à céréales qui ne sert que 12 heures par année, ça semble bien loin de la productivité.Si c'est un instrument d'une certaine valeur, on sous-exploite son capital.Si, par contre, l'outil ne vaut plus grand chose, il est probable que son travail soit déficient et que l'on subisse des pertes de rendement importantes.Le travail à forfait, la location ou l'achat en groupe, même si cela ne fait pas encore partie des mœurs, représentent habituellement des solutions performantes.Mieux utiliser ses ressources, ça veut dire bien exploiter ce qui est présent sur l'entreprise avant d'aller chercher ailleurs.Y a-t-il des sous-produits qui pourraient être mis en valeur?Tire-t-on le maximum des fumiers et des lisiers produits par le troupeau?Maintenant que la cause du problème est identifiée et que différentes solutions ont été avancées, il reste à faire un choix et à réaliser les changements.Un certain nombre d'options envisagées seront éliminées à cause de leur incompatibilité avec les objectifs des exploitants ou l'impossibilité de les réaliser dans le contexte actuel de l'entreprise.Celles qui demeureront seront départagées à l'aide d'un budget partiel: la plus rentable sera retenue.Enfin, il ne restera plus qu'à appliquer la solution choisie et à bien vérifier si l'amélioration escomptée est au rendez-vous.Certaines personnes ne prennent pas la peine d'aller au fond des choses.Elles cherchent plutôt à solutionner le problème de leur entreprise en diminuant leur salaire ou en embauchant moins.Dans les rares cas où les salaires de la famille sont exagérés, cela peut constituer une solution à long terme.Comme la plupart du temps, la famille de l'agriculteur ne retire qu'une somme très raisonnable de la ferme, il sera difficile de maintenir une coupure salariale très longtemps sans que cela n'affecte la qualité de vie des propriétaires.II en va de même avec la main-d'œuvre extérieure: il ne faudrait pas que la vie de famille ait trop à en souffrir.Un agriculteur qui n'a plus le temps ou les moyens de vivre et de prendre du recul vis-à-vis son entreprise perd rapidement ses qualités de gestionnaire.Ainsi le remède peut se révéler pire que le mal.En bout de ligne, les entreprises gagnantes seront celles qui identifieront clairement les causes de leur inefficacité.De leur côté, les agriculteurs perdants chercheront plus à excuser leurs frais de production élevés qu'à trouver les lacunes de leur système.Fatigués de constater année après année de faibles performances et prétendant vouloir réaliser des économies, ils abandonneront leurs outils de contrôle, persuadés que «ce que l'on ne sait pas ne fait pas mal».Combien de temps survivra cette illusion?¦ Llonsered Avec tout achaf d'un modèle Jonsered 2045' -2050' ou 2054" obtenez gratuitement un étui, une chaîne, une casquette et une cannette d'huile Duramax d'une valeur de 80$.2045 = 45cc / '2050 = 50cc / "2054 = 54cc Chez les détallants participants du 1er août au 30 novembre 1993 Pour de plus amples Information Contactez votre dépositaire Jonsered ou CORPORATION LTD/LTÉE 200 rue Hamford, Lachute (Québec) J8H 4L2 Tel,: (514) 562-8872 Fax: (514) 562-6067 LE BULLETIN DES AGRICULTEURS / OCTOBRE 1993 23 CHEVAL L'avoine, ce n'est pas la fin du monde Il convient de prévoir une alimentation en fonction des besoins du cheval et de la valeur énergétique du concentré de remplacement, sans se baser sur l'avoine pour déterminer les quantités à servir.Pour un cheval fournissant un travail intense et ayant des besoins énergétiques élevés, l'avoine constitue un handicap.par Dany Cinq-Mars L'avoine est un aliment appétissant et relativement sécuritaire pour les chevaux.Toutefois, sa faible valeur énergétique la rend peu compétitive comparativement à d'autres sources de concentrés.Rien ne s'oppose à la substitution de l'avoine par des grains utilisés chez d'autres espèces animales.Au contraire, sur le plan nutritionnel, on y voit plutôt des avantages, surtout pour les chevaux ayant des besoins énergétiques élevés.Toutefois, il faut prendre certaines précautions, car les autres sources énergétiques sont généralement plus denses que l'avoine.Il convient donc de prévoir une alimentation en fonction de la valeurénergétiquedu nouvel aliment et des besoins de l'animal.Les caractéristiques de l'avoine comprennent un contenu élevé en fibres, une faible concentration en amidon, comparativement à d'autres grains, et une teneur en protéines brutes comparable à celle de l'orge (voir le tableau).Toutefois, l'énergie digestible de l'avoine ne représente seulement qu'environ 87 % de celle de l'orge.De plus, l'avoine coûte généralement plus cher à l'achat que l'orge ou le maïs.Peu d'avantages semblent donc militeren faveurde l'avoine pour le cheval.Pourquoi alors est-elle encore si populaire?Tout d'abord, il y a la tradition.Puis viennent les avantages plus concrets, dont l'appétence.En effet, les chevaux adorent l'avoine et la consomment avidement.Le peu d'énergie qu'elle contient, sa haute teneur en libres et sa légèreté lui valent la réputation de concentré très «sécuritaire» Dany Cinq-Mars, agronome, travaille à titre de nutritionniste à la Direction des productions animales au MAPAQ de Québec.en alimentation.Comparativement aux autres grains, l'avoine occasionne moins de troubles digestifs majeurs conduisant à des désordres physiologiques, comme la fourbure.De plus, l'avoine contient peu d'amidon et ce dernier se digère très rapidement dans le petit intestin.Ainsi, on n'en retrouve presque pas dans le cœcum et le côlon.Cette situation avantage donc l'avoine, comparativement à d'autres grains dont l'amidon se digère moins rapidement.En effet, de fortes quantités d'amidon non digéré dans le caecum et le côlon provoquent des troubles digestifs chez le cheval.Les adeptes de l'avoine soutiennent qu'elle «réchauffe» le cheval.Ceci serait probablement attribuable à sa haute teneur en fibres qui, en se digérant, produisent des quantités importantes d'«extra-chaleur», comparativement à d'autres grains.Quelques inconvénients Les avantages de l'avoine s'arrêtent ici.Pour un cheval fournissant un travail intense et ayant des besoins énergétiques très élevés, ce grain constitue plutôt un handicap.En effet, pour combler de tels besoins avec un concentré à base d'avoine, il faudrait un régime composé de plus de 70 à 75 % de ce concentré et de 25 à 30 % de foin.Dans ce cas, il n'y aurait pas suffisamment de fourrage dans le régime alimentaire de l'animal.Et même si l'avoine contient beaucoup de fibres, 24 LE BULLETIN OES AGRICULTEURS / OCTOBRE 1993 ces dernières sont trop courtes pour jouer le même rôle, dans l'intestin, que les fibres longues des fourrages.Ainsi, un tel régime alimentaire deviendrait risqué pour la santé du cheval.Dans une telle situation, il vaudrait mieux, pour le système digestif du cheval, se tourner vers des possibilités qui permettent d'accroître l'apport de fourrages tout en comblant les besoins énergétiques de l'animal au travail.Il existe plusieurs possibilités pour remplacer l'avoine.Toutefois, elles doivent s'accompagner du raffinement Principales composantes de certains ingrédients utilisés dans l'alimentation des chevaux Composantes, % de matière sèche Ingrédients Protéines Lysine Amidon ADF1 Matière ED brutes grasse Avoine 13,3 0,44 42,0 15,9 4,3 3,20 Blé 14,4 0,45 67,5 4,8 1,9 3,86 Maïs 9,6 0,28 73,5 3,8 4,1 3,84 Orge 13,2 0,45 57,0 7,6 1,3 3,68 Pulpe de betterave 9,8 0,60 1,1 23,0 0,6 3,39 ) ADF: Fibres détergentes acides ) ED: Énergie digestible exprimée en Mcal/kg de matière sèche de l'alimentation.En effet, l'utilisation d'autres grains dans l'élaboration d'un aliment concentré produit généralement un aliment plus dense et plus énergétique, pour un même poids.Il ne faut donc pas servir le même volume de ce nouvel aliment.Pas question non plus de substituer poids pour poids.On servira plutôt une quantité de ce nouveau concentré établie en fonction des besoins de l'animal et de la valeur énergétique de l'aliment.Reprenons le même exemple que précédemment.Cette fois, substituons l'avoine par un concentré contenant une valeur énergétique voisine de celle du maïs.Il devient ainsi possible de combler les besoins énergétiques d'un cheval au travail avec un régime composé de 50 % de ce nouveau concentré et de 50 % de fourrages, au lieu de 25 à 30 %.Cette situation devient beaucoup plus acceptable pour le système digestif du cheval.Par ailleurs, les grains comme le maïs, l'orge ou le blé doivent préférablement recevoir un traitement à la chaleur avant d'être incorporés dans les aliments pour chevaux.Cette cuisson permet à l'amidon de se digérer rapidement et plus efficacement dans le petit intestin.Il est possible également de substituer l'avoine par d'autres produits, comme la pulpe de betterave, qui ne contient pratiquement pas d'amidon (voir le tableau).De ce fait, elle ne risque pas de causer ou d'envenimer des problèmes de coliques provoqués par de l'amidon mal digéré.Parallèlement, la fibre de ce produit demeure très digestible.Ceci lui confère une valeur énergétique égale ou même supérieure à celle de l'avoine, si on se fie aux plus récentes publications sur le sujet.On observe également l'apparition sur le marché de nouvelles variétés d'avoine.Certaines d'entre elles sont appelées «avoine nue» car elles n'ont pratiquement pas d'écale.L'utilisation de l'«avoine nue» requiert les mêmes précautions que celles prises avec le maïs.¦ Cesi pas pour rien pue le Honda est plus léger que ses concurrents.Plus léger, mais certainement pas un poids plume.En vérité, la technologie Honda permet au FOURTRAX 300 4 X 4 d'avoir un avantage de poids de plus de 75 lb et le meilleur ratio poids/puissance de sa catégorie.Avec toute la puissance nécessaire pour les dures journées de travail, et l'agilité et la maniabilité pour s'amuser le week-end.Ajoutez à cela la fiabilité légendaire de Honda, et le nouveau FOURTRAX MO vous donnera plusieurs ^HOMDA kilomètres d'avance.Je pars avec toi. Il n'y a que deux sortes d'exploitations de poulets de gril Celles qui ont l'entérite nécrotique.et celles qui l'auront BMD la prévient efficacement.L'entérite nécrotique peut mettre en péril votre exploitation en causant de la mortalité et en réduisant les gains en poids ainsi que l'efficacité de consommation.Cette maladie menace sans cesse d'exploser car les agents qui la causent, les clostridies, sont toujours présents dans l'intestin de vos sujets de gril.Même une infection subclinique, qui peut arriver sans produire de signes manifestes de la maladie, peut compromettre les gains en poids et l'efficacité de consommation.BMD a été homologué pour prévenir l'entérite nécrotique chez les sujets de gril.Son action est spécifique contre les clostridies et il contribue à prévenir les infections.Vous pouvez servir BMD de façon continue et vous n'avez pas de période de retrait à respecter.La protection s'exerce donc jusqu'au jour même de l'abattage.BMD améliore aussi la croissance.Gains plus rapides, meilleur efficacité de consommation et performance soutenue sont autant d'autres raisons pour lesquelles on sert BMD à des millions de sujets de gril et de dindons en Amérique du Nord.Vos dossiers vous prouveront vite que BMD peut vraiment hausser fortement la rentabilité de votre exploitation — à chaque jour que vous le servez.Pour vous renseigner davantage sur BMD, communiquez bientôt avec votre représentant de Ai.Laboratories, Inc.A.L.Laboratories, Inc.2430 Meadowplnes Blvd.Unit 100 Mississauga, Ontario L5N 6S2 •\» A.L.LABORATORIES, INC.BMD est un méthylène-disalicytate de bacitradne.© 1993 A.L Laboratories, Inc. AVICULTURE L'alimentation au secours des environnementalistes On peut réduire la quantité d'azote contenue dans les fumiers sans pénaliser la performance des oiseaux.par Michel Duval Lorsqu'on étend du fumier en trop grande quantité, l'azote et le phosphore qu'il contient vont trouver leur voie jusqu'à la nappe phréatique ou encore jusqu'au cours d'eau le plus proche.Aussi des précautions doivent-elles être prises lors de l'entreposage, la manutention et l'épandage des fumiers afin de minimiser les risques de pollution.Une des façons de réduire le potentiel de pollution des élevages de volailles est la réduction de la quantité d'azote et de phosphore retrouvée dans les fumiers.La recherche se penche depuis plusieurs années sur la manipulation de composantes de l'alimentation des volailles pour abaisser ces quantités.En prenant soin d'amener le contenu nutritif des moulées plus près des besoins des volailles, il est possible de réduire la quantité d'azote contenue dans le fumier sans pénaliser la performance de nos élevages.Mais il est préférable d'envisager cette démarche avec l'aide d'un nutritionniste avisé.Au reste, vous vous réjouirez sans doute d'un effet secondaire de la baisse du contenu en azote des fumiers, soit la réduction des odeurs causées par les dégagements d'ammoniac des fumiers et des litières.Par ailleurs, le contenu en phosphore des fumiers peut être réduit de 30 à 40 % en ajoutant aux rations un enzyme appelé phytase.La phytase devrait permettre à l'industrie de l'alimentation animale de contribuer aux efforts de l'industrie avicole en vue de réduire les impacts négatifs des fumiers sur l'environnement sans nuire à la performance des élevages.Michel Duval, agronome, est direcleur technique Quebec, Prcmix BASF, BASF Canada inc.Le contenu en phosphore des fumiers peut être réduit de 30 à 40 % en ajoutant aux rations un enzyme appelé phytase.La protéine contenue dans les moulées pour volailles contient en moyenne 16 % d'azote.Or cela est nettement au-dessus des besoins de l'animal.De fait, un peu moins de 25 % de l'azote ingéré sous forme de protéines est utilisé pour couvrir les besoins physiologiques de l'animal: l'entretien, la croissance, la reproduction, etc.Le résidu de la digestion de la protéine alimentaire se retrouve donc dans le fumier et la litière sous diverses for- mes d'azote (acide urique et protéines non digérées).Dans le passé, nous étions surtout intéressés à obtenir une performance maximale de nos oiseaux d'élevage.Ce qui voulait dire une consommation élevée de nutriments pour assurer la production maximale.Plusieurs nutriments étaient alors consommés en excès par rapport aux besoins des oiseaux et se retrouvaient dans le fumier.Mais cette époque est I.Performance des pondeuses selon le niveau de protéines de 36 à 56 semaines d'âge Protéine Production Moulée oiseau Poids des Poids des Production alimentaire moyenne (g/jour) oeufs oiseaux (%) (%) (%) (g) (6 à 56 sem.) 56e sem.19 83,7 117 61,7 1,923 68,6 17 81,4 115 62,3 1.949 73,2 15 80,0 115 60,7 1,912 72,7 13 86,4 115 60,5 1.855 80,1 11 86.6 119 58,0 1,714 82,1 9 63,2 101 55,0 1,324 49,2 Source: Summers 1992.LE BULLETIN DES AGRICULTEURS / OCTOBRE 1993 27 II.Phosphore alimentaire par rapport au phosphore dans le fumier Phosphore Phosphore Phosphore fécal Phosphore du fumier alimentaire ingéré par oiseau par oiseau (% du P ingéré) (%) (g'i) (g/i) 0,57 0,59 0,47 79,7 0,37 0,38 0,28 73,6 I ! I révolue.Les préoccupations environnementales et les coûts associés à I élimination des fumiers ont contribué au développement d'une approche visant à optimiser la production plutôt Des microorganismes mortels et responsables de maladies réussissent à développer une résistance même aux germicide's les plus puissants.Dans une batterie de tests simulant de nombreux mois d'exposition, deux détergents germicides compatibles-l'un à base acide et l'autre à base alcaline-ont été utilisés en rotation.Aucune résistance n'est apparue.La rotation au hasard de produits n'est pas la solution car tous les produits ne sont pxs compatibles entre eux.La rotation de deux produits compatibles améliorera davantage votre programme de désinfection: I-STROKE l S\ll
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