Le bulletin des agriculteurs /, 1 juin 2003, juin
rme des Pionniers lyre sa dixième çdmériation le 300 ans d'histoire.es agriculteurs Nous cultivons la même oassion (www.lebulletin.com) Nous cultivons la même passion (www.lebulletin.com) »> EN COUVERTURE «< 12 DE GÉNÉRATION EN GÉNÉRATION, LA FERME CONTINUE La Ferme des Pionniers fait vivre sa dixième génération.Plus de 300 ans d'histoire.DOSSIER 85e ANNIVERSAIRE 17 DEMAIN LEUR APPARTIENT De par les régions du Québec, Lionel Levac a visité huit entreprises, invitant leurs gestionnaires à partager leurs visions de l'avenir, leurs craintes et leurs espoirs.23 DE LA COURSE AUX HERBICIDES AU « SANS INTRANTS CHIMIQUES » 25 L'INTRONISATION DE LA LUZERNE 27 UNE FERME AU SERVICE DE LA FILIÈRE PORCINE 29 À LA POURSUITE DE LA QUALITÉ 31 L'IRRIGATION, C'EST RENTABLE 33 DU BŒUF « NATURE » 36 AUTRE ÉPOQUE, AUTRES MŒURS Nous avons fouillé nos archives pour vous offrir des pubs qui vous feront sourire ou vous rappeleront de bons souvenirs.CULTURES 49 MA STRATÉGIE, J'Y CROIS Des grains à vendre ?Trois producteurs nous dévoilent leurs tactiques de mise en marché.52 DAME NATURE, QUE NOUS RÉSERVES TU ?Nul ne peut affirmer que le réchauffement planétaire profitera à l'agriculture québécoise.ÉLEVAGE 57 SOUS LE VENT Tenté par la ventilation tunnel ?Voici ce qu'il faut savoir pour tirer le meilleur parti de ce système.61 TOUT EST BON, POUR LE COCHON?Selon leur région ou leur pays, les porcs mangent maïs, soya, blé, pois, seigle, avoine, manioc, pulpe de betterave.FRUITS ET LÉGUMES 66 FINES HERBES À DESTINATION DE MILAN, NEW YORK ET MONTRÉAL Comment en produire à l’année et les exporter partout dans le monde ?Une entreprise montérégienne en cultive en République dominicaine.VIE RURALE 68 SAUVONS LES VIEILLES RACES À Sainte-Croix-de-Lotbinière, un groupe travaille à la sauvegarde de la vache Canadienne et de la poule Chanteclerc.MACHINERIE 70 IL TIRE, IL TIRE, LE PNEU! Entre le R-2, le R-l W et le R-1, lequel choisir ?Tout dépend des conditions de sol qui vous attendent.CHRONIQUES 10 Agenda 8 Billet 10 Billet 77 C'est nouveau 76 Coup d'œil 81 Cuisine 4 De bouche à oreille 72 Les Delaville 82 Météo PHOTO DE LA PAGE COUVERTURE : MARTIN LAPRISE OROGERS Envoi Poste-publication - Convention 40070230-PAP - N" d'enregistrement 08866.Nous reconnaissons l’aide financière accordée par le gouvernement du Canada pour nos coûts d’envoi postal et nos coûts rédactionnels par l’entremise du Programme d’aide aux publications et du Fonds du Canada pour les magazines.Postes Canada : envoyer les changements d’adresse à Le Bulletin des agriculteurs 4380, rue Garand, Saint-Laurent (Québec) H4R 2A3.Periodicals Postage Rates are paid at Lewinston, NY 14092.USPS #012-612.U.S.Post-Master : Send address changes to Le Bulletin des agriculteurs P.O.Box 4541, Buffalo, NY 14240.LE BULLETIN DES AGRICULTEURS JUIN 2003 www.lebulletin.com SOMMAIRE Un blé trop pressé oublie sa qualité en chemin Le changement climatique aura-t-il des effets bénéfiques sur la production céréalière ?Des chercheurs de l'INRA se sont penchés sur un scénario probable de doublement de la teneur en CO2 actuelle.Ils ont pu démontrer qu'un réchauffement moyen de 2 degrés raccourcirait le cycle du blé d'environ trois semaines dans le Sud-Est delà France.« Bonne nouvelle», diront plusieurs.Or, une médaille a toujours deux côtés ! Ce raccourcissement serait sans impact sur le rendement, mais il entraînerait une baisse de la teneur protéique du blé.Cette perte de qualité serait imputable à la dilution de l'azote nécessaire à la synthèse des protéines.La plante au cycle raccourci absorbe moins d'azote, mais elle produit la même biomasse.Du coup, sa concentration en azote et en protéines se trouve diminuée.Bétail cloné au menu japonais Le Japon pourrait devenir le premier pays à permettre la commercialisation de produits d'animaux clonés.Son gouvernement a en effet annoncé que la viande et les produits laitiers de bétail cloné étaient sécuritaires pour les humains.Le ministère japonais de la Santé a dit qu'aucune anomalie n'avait été trouvée dans la viande ou le lait provenant de la technique de clonage.Cette conclusion, qui émane d'un rapport portant sur trois ans, recommande cependant la création d'un mécanisme de réglementation.« Comme il s'agit d'une nouvelle technologie, nous estimons qu'il faut tenir compte de considérations spéciales », mentionne le rapport.Les bactériocines pourraient s'ajouter bientôt à la gamme des outils dont les éleveurs disposent pour maximiser l'efficacité ruminale.Présentes naturellement dans le rumen, les bactériocines sont des antibiotiques produits par certaines souches bactériennes qui peuplent le rumen.Elles leur servent à exclure d'autres bactéries qui leur font concurrence.Le Centre de recherche d'Agriculture et Agroalimentaire Canada de Lethbridge (Alberta) cherche comment tirer parti des caractéristiques des bactériocines et en ajouter à la ration des bovins.Par leur mécanisme, les bactériocines se comparent aux ionophores, des additifs alimentaires utilisés pour modifier la population microbienne et les produits de fermentation du rumen.Tout en améliorant l'efficacité de la production laitière, les bactériocines réduisent la synthèse de méthane (un gaz à effet de serre), diminuent la teneur en matières grasses du lait et en améliorent la composition lipidique.Elles offrent certains avantages comparativement aux ionophores, car elles posent moins de risques de résistance.Leur nature protéique les rend entièrement digestibles, ce qui évite l'accumulation de résidus.Enfin,elles ont souvent une action plus ciblée que les ionophores.Plusieurs centaines de souches bactériennes produisant autant de bactériocines différentes sont déjà connues.Les chercheurs du Centre de Lethbridge ont choisi de s'attarder à trois bactériocines qui leur semblent particulièrement prometteuses.Après avoir examiné leurs composantes génétiques et moléculaires, ils cherchent maintenant une méthode qui permette de les synthétiser à volonté et de les fournir aux bovins.4 LE BULLETIN DES AGRICULTEURS JUIN 2003 PHOTO: PIERRESAURIOL Manger frais en orbite Jean-Pierre Émond, professeur au Département des sols et de génie agroalimentaire de l'Université Laval.se rendra au Kennedy Space Center (Floride) pour y proposer un nouveau programme de recherche axé sur la Station spatiale internationale.Une des idées proposées consistera à développer des unités d'entreposage de fruits et légumes frais qui permettront, par des moyens physiques et non chimiques, de conserver ces aliments de façon prolongée.Or, ces fruits et légumes consomment de l'oxygène et rejettent du CO2.Ce gaz pourrait cependant être réutilisé par la production de fruits qui poussent sur des arbres ou par d'autres plantes comme le blé, la laitue et les fraises, qui pourront être cultivés en serre à bord.Jean-Pierre Émond souligne que « le moral de l'équipage de la Station repose en grande partie sur la possibilité de manger des produits frais, et non des aliments déshydratés ou préparés ».LE BULLETIN DES AGRICULTEURS JUIN 2003 5 Et si on diminuait la fertilisation ?Devant un prix de l'azote à la hausse, il peut être avantageux de moins fertiliser.En fait, il n'a jamais semblé aussi sage de recommander de fertiliser les champs selon leur rendement potentiel.Ce geste peut faire la différence entre le maintien de la rentabilité et le gaspillage.Une étude menée entre 1995 et 1998 par deux chercheurs de l'Université du Missouri a permis d'établir un taux de fertilisation optimal selon le rendement et le coût ponctuel de l'azote.À partir de 30 champs à l'étude, ils ont établi qu'un taux d'environ 160 kg/ha d'azote procurait le meilleur rendement du capital investi.Par contre, si le prix de l'azote était deux fois plus élevé, le taux de fertilisation optimal chutait à 135 kg/ha.Le lavage est plus ou moins efficace Des chercheurs de la North Carolina State University ont démontré que le lavage des carcasses de poulet ou le lavage avec deux produits spécifiques avait une efficacité relative contre les populations de campylobacter touchant le poulet cru.La bactérie campylobacter, que l'on retrouve sur les produits de volaille, pose un sérieux problème en transformation alimentaire.Le lavage des carcasses avec de l'eau additionnée de 25 à 35 ppm de chlore total avait permis de faire passer la population de cette bactérie de 68 000 à 21 000 par millilitre.Or, l'incorporation de phosphate trisodique ou de chlorure de sodium acidifié avait permis d'atteindre un taux de 3300 bactéries par millilitre.Selon le microbiologiste Richard Hogue de l'Institut de recherche et de développement en agroenvironnement (IRDA),on parle d'efficacité importante quand la population est de 100 à 1000 fois inférieure à sa valeur initiale. PHOTO : SIMON M.GUERT1N fumier sont les plus fréquents .98 % des producteurs en utilisent un.C'est aussi dans cette province que le système d'entreposage sous forme de lisier est le plus fréquent avec 42 %, presque nez à nez avec l'entreposage sous forme solide, 43 %.Les producteurs de la Saskatchewan et ceux de l'Alberta sont de leur côté moins portés vers les systèmes d'entreposage solide, liquide ou les deux .21% pour la première province citée et 20 % pour la seconde.Ces résultats sont tirés de l'Étude sur la sensibilisation au changement climatique et aux gaz à effet de serre récemment publiée par Agriculture et Agroalimentaire Canada.L’outil de sélection d’herbicides se distingue Lors du Gala des Prix d'excellence des Éditions Rogers Media 2002, tenu en mai dernier, l'outil de sélection d'herbicides du Bulletin des agriculteurs a remporté le prix du « Meilleur outil interactif ».Cet outil, développé par Luc Gagnon de Cyber-Création, permet aux visiteurs d'identifier les herbicides correspondant à leurs critères.En répondant à quatre questions portant sur le groupe, le temps d'application, les variétés tolérantes et les mauvaises herbes à contrôler, l'utilisateur obtiendra une liste des produits ainsi que leur cote d'efficacité.Le visiteur peut également faire une recherche par nom de produit.www.lebulletin.com/herbicides/selection Luc Gagnon Un prix pour Martine Giguère La journaliste et agronome Martine Giguère a toutes les raisons d'être fière.En effet, lors du Gala des Prix d'excellence des Éditions Rogers Media, elle a remporté le prix de la catégorie « Articles spécialisés ».L'article primé, Le retour de la haie brise-vent, a été publié dans Le Bulletin des agriculteurs de mars 2002.Toutes nos félicitations à notre collègue.TEXTES DE : Luc Gagnon, Nancy Malenfant, Marie-Josée Parent, André Piette et Pierre Sauriol COMMENTAIRES OU SUGGESTIONS : 1 800 361-3877 ou info@lebulletin.com LE BULLETIN DES AGRICULTEURS JUIN 2003 'MARCHÉ DES GRAINS par Dominic Grégoire Depuis décembre 2002 et jusqu'à l'écriture de ces lignes à la mi-mai, le prix du maïs ne cesse de descendre, pour toutes sortes de raisons et malgré nos appréhensions.Voyons ce qui se passe aujourd'hui sur notre marché.Depuis plusieurs mois, le dollar canadien grimpe tranquillement face au dollar américain,tandis que le marché boursier de Chicago poursuit sa lente descente.En conséquence, le maïs américain devient de plus en plus attrayant pour les consommateurs québécois.D'un autre côté, nos producteurs sont déçus de la tournure du marché, moins payant qu'ils l'auraient souhaité.Résultat ?Les prix baissent, les producteurs ne vendent pas, et les consommateurs achètent du maïs américain.Désolant ! Et ce n'est pas fini.Car, un jour ou l'autre, il faudra bien les vider, ces silos ! Nous avons beau retenir nos ventes, le jour où les producteurs décideront de vendre, l'offre atteindra des sommets tristement élevés.Il en résultera encore une fois une baisse de la prime, donc moins d'argent dans nos poches.Y a-t-il une solution ?Sûrement, mais nulle n'est magique.Une meilleure répartition des livraisons semble à première vue à privilégier.On parle bien, ici, de « livraison » et non de « vente », car on peut livrer sans vendre au même moment.Pensez-y! Dominic Grégoire est journaliste et producteur de grandes cultures (dgnap@sympatico.caj. A r •' ' ; P' , ,¦' ‘ ' ' ' ' ¦ î: ' -:- FAUCHEUSES-CONDITIONNEUSES DISCBINE™ SÉRIE 1400 : O Angle d'inclinaison de la table de 0 à 10 ° (3,5 à 1,25 po du sol) pour faciliter le ramassage dans les conditions difficiles.O Disques trempés pour plus de force, de résistance et de longévité.O Bouclier de protection contre les pierres fabriqué fonte traitée et non en tôle.O Joint double sécuritaire vous permettant de travailler avec la faucheuse refermée à l'arrière du tracteur.PRESSES À BALLES RONDES 740 : O Dispositif exclusif Bale-SliceMC qui produit des balles plus faciles à distribuer au bétail et plus faciles à digérer.o Système exclusif CropCutter1^ produisant des balles plus denses et plus lourdes et assurant une meilleure fermentation pour l'ensilage.EXCLUSIF! 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Dans Le Bulletin de février 1920, pour soigner une grippe, le médecin de famille conseillait de surveiller ses intestins et d’éviter les foules et les rassemblements.Aujourd’hui, on recommande de boire beaucoup de liquide.et d’éviter les foules et les aéroports.Les virus restent des virus, et on n’a pas encore trouvé le remède miracle pour les éradiquer tous.Si les virus n’ont pas changé, les relations amoureuses ont bien changé, elles.En 1940, dans son courrier du cœur, Alice Ber conseillait à une jeune fille de 16 ans « d’être bien obéissante et bien sage si vous voulez mériter d’être heureuse plus tard ».J’imagine la réaction de mon ado s’il fallait que je lui fasse ce genre de remarque ! Un peu plus tard, Mme Ber recommandait ce qui suit à une femme de 30 ans malheureuse en ménage à cause d’un mari violent et alcoolique : « Chassez cette idée de quitter votre foyer : ce ne serait qu’une solution pitoyable.Vous vous déclasseriez et seriez plus malheureuse encore.» Le bon vieux temps, dites-vous ?Et que dire de cette perle tout droit tirée d’un texte intitulé Hommage à la vache, publié dans la toute première publication du Bulletin en février 1918 ?On y claironne vraiment la vérité suivante : « Une bonne vache à lait pour une Sylvie Bouchard, agronome, est rédactrice en chef du Bulletin des agriculteurs, (514) 843-2511 ou sbouchard@lebulletin.com.famille ne le cède en importance qu’à la femme.» On peut déplorer que le temps nous fasse aujourd’hui défaut, qu’il est difficile de concilier travail et famille, que l’agriculture traverse actuellement une période difficile, n’empêche.Avouez que vous ne retourneriez pas en arrière.Heureusement que certaines choses ont changé ! Pour fêter le 85e anniversaire du Bulletin, nous vous présentons d’abord une ferme qui compte plus de 300 ans d’histoire.Vous constaterez, avec un sourire, que nos ancêtres mettaient de « drôles » de conditions quand venait le temps de céder leur ferme à un de leurs enfants.Mais vous verrez surtout que, au cours du dernier siècle, l’agriculture a bien changé : technologie et spécialisation font partie du langage quotidien.Le Bulletin suit la tendance.Et si l’on regardait vers l’avant ?Pour clore notre dossier d’anniversaire, nous avons voulu savoir comment les productrices et les producteurs entrevoient l’avenir de leurs productions respectives.De par les régions du Québec, Lionel Levac a visité huit entreprises, invitant leurs gestionnaires à partager leurs visions de l’avenir, leurs craintes, ainsi que leurs espoirs.Enfin, je me joins à l’équipe pour vous remercier, chers lecteurs, d’être restés fidèles au Bulletin durant toutes ces années, k leBulletin des agriculteurs agi JUIN 2003, VOL.86, N- 7 1001, boul.De Maisonneuve Ouest Montréal (Québec) H3A 3E1 info@lebulletin.corn Directeur Simon-M.Guertin, M B A.simon@lebulletin.corn Tél.: (514) 845-5141 Fax : (514) 845-6261 Rédactrice en chef Sylvie Bouchard, agronome sbouchard@lebulletin.corn Journalistes Nancy Malenfant, agronome nmalenfant@lebulletin.corn Marie-Josée Parent, agronome mjparent@lebulletin.com Rédactrice-réviseure Marie-Carole Daigle Directrice artistique Sylvie Lévesque Coordonnatrice Johanne Bazinet Collaborateurs AMVPQ, Patrice Beaudry, Patrick Breton, Dominic Grégoire, Léon Guertin, Martin Laprise, André Piette, Ghislaine Roch, Pierre Sauriol Bureau de Montréal Tél.: (514) 845-5141 Fax : (514) 845-6261 Directeur du marketing Thierry-Michel Racicot tmracicot@lebulletin.corn Représentant Claude Larochelle clarochelle@lebulletin.corn Bureau de Toronto Tél.: (905) 838-2826 Fax : (905) 838-3169 Représentante Lillie Ann Morris lamorris@attcanada.ca Coordonnateur de la production Claude Larochelle Rédacteur publicitaire Charles Campbell Tous droits réservés 1991 Dépôt légal : Bibliothèque nationale du Québec ISSN 0007-4446 Indexé dans Repère Le Bulletin des agriculteurs, fondé en 1918, est publié par Rogers Media et imprimé par Quebecor World.Éditions Rogers Media L'actualité, Châtelaine, Le Bulletin des agriculteurs, 1001, boul.De Maisonneuve O., Montréal (Québec) H3A 3E1 Président : Marc Blondeau Services administratifs et financiers : Suzanne Lamouche, c.a., vice-présidente Marie-Claude Caron, c.a., gestionnaire de l'information financière Rogers Media Président et chef de la direction : Anthony P.Viner Président, Rogers Media Publishing : Brian Sega! Vice-présidente, planification opérationnelle : Immee Chee Wah Vice-président senior : Michael J.Fox Éditeur-conseil : Jean Paré OROGERS 8 LE BULLETIN DES AGRICULTEURS JUIN 2003 lu 5» Depuis 1918, le Bulletin des agriculteurs offre aux agricultrices et aux agriculteurs du Québec une information riche et variée qui concerne tout autant les aspects techniques de leur travail que les activités de la vie rurale.Avec ses reportages, ses dossiers spécialisés et ses articles de vulgarisation, le Bulletin constitue un outil inestimable qui aide les producteurs à prendre des décisions justes et éclairées pour la croissance de leur entreprise agricole.Plus encore, le magazine participe à faire valoir les mérites de celles et ceux qui exercent un métier essentiel pour la vitalité et le développement du Québec.À titre de nouvelle ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de 1 ‘Alimentation, je suis fière de souligner le 85e anniversaire du Bulletin des agriculteurs.Occupant une place privilégiée au sein du monde agricole, ce dernier témoigne des petits et grands changements qui ont marqué l’agriculture et la société québécoises au fil des ans.Je tiens à féliciter toutes les personnes qui, depuis sa fondation, ont contribué à la renommée et au prestige de ce magazine.La ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation, 9 FRANÇOISE GAUTHIER Agriculture, Pêcheries et Alimentation Québec “a le BILLET par L par Lionel Levac L'APRÈS BARE Peut-on parler de surprises dans le déroulement des audiences publiques du BAPE, ces derniers mois ?Pas vraiment ! En fait, peut-être n’y a-t-il pas eu assez de surprises.Et il s’en trouve pour dire que les surprises viendront au moment du dépôt du rapport de la Commission.Pourtant, tellement de choses semblent déjà prévisibles ! Et c’est ce qui rend d’autant plus surprenant le conservatisme de certaines positions exposées au BAPE.Peut-être des groupes comme l’UPA ont-ils voulu se garder un « potentiel de réaction » au moment où le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement recommandera des resserrements réglementaires, une aide financière plus intéressante à ceux qui utiliseront des méthodes d'élevage plus douces pour l’environnement ou des systèmes de traitement qui allégeront la charge polluante, ou encore qui accepteront de placer leurs élevages dans des endroits où les impacts sont moindres.Il ne sera pas facile pour les commissaires de proposer une formule qui, d’une part, accepte les mécanismes de consultation proposés par le monde agricole et qui, d'autre part, assure que les citoyens ne se sentent pas lésés.Surtout s’il faut que tout cela garantisse aux municipalités qu’elles retrouveront certains pouvoirs sur le développement global de leur territoire.et que les agriculteurs ne seront pas systématiquement perdants sous le poids des citoyens et des conseils municipaux ! Lionel Levac est journaliste.Les agriculteurs voudraient que l'on s'en tienne à ce qui est amorcé et prévu.Mais tout indique que ça ne sera pas suffisant.Par ailleurs, les contraintes techniques seront assurément plus importantes, non seulement dans les recommandations du BAPE mais aussi, très certainement, dans les règlements qui s’en inspireront.À ce sujet, rien ne changera vraiment.Tout sera question de temps et d’argent.Il ne faut cependant pas s’attendre à une forte augmentation des subventions.On va peut-être plutôt élargir la variété du matériel admissible à l’aide de l’État.Ainsi, ce sont ceux qui sont en meilleure situation financière qui pourront, avec le moins d’impacts négatifs sur leurs entreprises, effectuer les mises à niveau rendues nécessaires par de nouvelles contraintes.Et ceux qui ont le plus de « capacité financière » sont en général de gros producteurs ou des entreprises intégrées.Celles-ci, devant le BAPE, ont plaidé pour le maintien du soutien financier uniforme basé sur le volume de production.Or, le mandat de la Commission du BAPE est très large.Elle pourrait fort bien s’avancer sur le terrain du mode de gestion et de la taille des entreprises.Les plus petits producteurs seraient peut-être avantagés par une proposition de réforme du soutien financier.Toutefois, l’industrie dans son ensemble le serait-elle ?A-t-on oublié que certains spécialistes ont dit au BAPE que quelques grosses porcheries ont moins d’impact qu’une multitude de petites ?Et c'est parce que des citoyens ont crié fort que le BAPE a reçu mandat de faire cette enquête ! k 'AGENDA1_______________________________ ¦ 6 et 7 juin Congrès de l'Ordre des agronomes du Québec « Production des aliments.objectif qualité » Hôtel des Seigneurs, Saint-Hyacinthe 1 800 361-3833 ¦ 12 juin Assemblée générale annuelle du Club Export Agroalimentaire du Québec et Colloque Agro-Export Restaurant Fourquet Fourchette,Chambly 1 800 563-9767, poste 204 ¦ 16 et 17 juin Congrès et Assemblée générale annuelle de l'Association québécoise des industries de nutrition animale et céréalière (AQINAC) Manoir Richelieu, Pointe-au-Pic (450) 799-2440 ¦ 19 et 20 juin World Pork Congress International Convention Centre, Birmingham, Grande-Bretagne www.worldporkcongress.com/francais/ about.htm ¦ 19 et 20 juin Ontario Pork Congress Stratford Fair Grounds, Stratford (Ontario) www.porkcongress.on.ca ¦ 12 et 13 juillet Pique-nique Holstein Québec Ferme Maskita, ITA de Saint-Hyacinthe (450) 549-5230 SERVICES AUX LECTEURS SI VOUS DÉSIREZ • vous abonner, vous réabonner ou offrir un abonnement-cadeau; • nous signaler un changement d'adresse (veuillez préciser l’ancienne adresse); ¦ suspendre temporairement votre abonnement; • nous aviser d'un problème de livraison; • que votre nom ne soit pas divulgué à des entreprises ou organismes sélectionnés, COMMUNIQUEZ AVEC NOUS: Téléphone (de 9 h à 17 h, heure de l'Est) Montréal :(514) 333-9145 De l'extérieur de Montréal, sans frais : 1800665-5372 Télécopieur :(514) 333-9795 Site interactif: www.lebulletin.com/abonnement 1001, boul.De Maisonneuve Ouest Montréal (Québec) H3A 3E1 TARIF D'ABONNEMENT (12 NUMÉROS) Canada (taxes incluses) :45,96 $ International: 64$ Tarif en vigueur jusqu'au 30 juin 2003 Protection des renseignements personnels A l'occasion, nous partageons nos listes d'abonnés avec des sociétés ou des organismes sélectionnés, dont les produits ou services pourraient vous intéresser.Toutefois, si vous préférez que ces données (votre adresse postale ou électronique) ne soient pas partagées et souhaitez que votre nom soit retiré de ces listes, vous pouvez le faire facilement en nous appelant aux numéros de téléphone précisés plus haut ou en nous écrivant à l'adresse électronique suivante ¦.info@tebulietin.com.10 LE BULLETIN DES AGRICULTEURS JUIN 2003 .Urt cfyfftireS Bienvenue jeunes agriculteurs d'élite ' JOURNEES DE CHAMPS PROVINCIALES ME #/## %%%% A A DE GENERATION EN GENERATION, .FERME CONTINUE La Ferme des Pionniers fait vivre sa dixième génération.Plus de 300 ans d'histoire ! « 3 septembre 1759 : Les troupes anglaises du général Wolfe saccagent et brûlent la maison de Charles Rouleau.La famille s’était réfugiée à Beauport depuis la mi-juin.Les Habits rouges tentèrent aussi d’incendier la récolte, mais ils ne le purent parce que le blé était encore trop vert.» Extrait tiré de Historique de la ferme ancestrale des Rouleau, par René Rouleau Nancy Malenfant, agronome, est journaliste fnmalenfant@lebullecin.com).PAR NANCY MALENFANT Voici un pan de l’histoire de la ferme ancestrale des Rouleau, qui a débuté en 1687 à Saint-Laurent, sur l’île d’Orléans.Depuis, 10 générations de Rouleau se sont succédé à la tête de l’exploitation qui a changé plusieurs fois de visage.En 1989, Gaétan Rouleau et Lise Blouin prennent la relève de la ferme familiale, maintenant spécialisée en production d’oignon et de pomme de terre.Lorsqu’ils achètent les terres de Jean-Marie Rouleau, elles sont partagées entre les cultures de pomme de terre et de fraise.C’est l’arrière-grand-père de Gaétan, Napoléon Rouleau, qui commence la production de fraises aux environs de 1900.Celle-ci se perpétue ensuite dans la famille durant plus de 100 ans.Le couple Blouin-Rouleau décide de délaisser cette culture en 2002.« Il a fallu faire un choix, rappelle Gaétan.Comme les fraises et les pommes de terre sont deux 8 plantes touchées par la verticilliose, il deve- | nait difficile de les cultiver en rotation.La I fraise se montrait particulièrement sensible Jean-Marie Rouleau a opéré à la maladie en conditions extrêmes comme 1 entrePnse pendant près de 30 , , , , .^ En 1989, il a passé le flambeau une grande secheresse ou une humidité son fj|s Gaétan abondante.Une année, nous avons même perdu 80 % des nouveaux plants.» >> ans.à rr2 LE BULLETIN DES AGRICULTEURS JUIN 2003 Trois générations de Rouleau : Gaétan, Lise Blouin, Jean-Marie, Myriam, Annette Dupuis et Charles.LE BULLETIN DES AGRICULTEURS JUIN 2003 13 « Il devenait aussi de plus en plus difficile de trouver la main-d’œuvre au moment de la récolte, ajoute sa femme.L’adoption de la modification de la Loi sur les normes du travail a confirmé la justesse de notre choix.Il nous aurait été impossible de verser le salaire minimum à tous nos meilleurs.» Les Rouleau consacrent donc maintenant près de la moitié de leurs champs, soit 40 hectares sur 85, à la bonne vieille pomme de terre, seule culture à avoir survécu au-delà des générations.La pomme de terre destinée aux fabricants de croustilles représente une part importante de la production, le reste étant destiné au marché de la table.« Dans le cas de la pomme de terre pour croustilles, nous avons conclu des contrats avec diverses compagnies, r Kverneland La spécialité KVERNELAND: le traitement de l'acier à chaud Pour des pièces à la fois très dures dans les zones de friction.et flexibles aux points d'ancrage (pour éviter le cisaillement) voilà le raffinement de la métallurgie Kverneland! Et c'est à la flèche -f* bien incrustée dans le métal que vous reconnaîtrez la signature Kverneland, qui vous permettra de distancer les besoins de remplacement, et aussi de minimiser vos frais d'opération.Oui, la durabilité est économique! kverneland group 1200 Rocheleau, Drummondville, (Qc) J2C 5Y3, tél.: (819) 477-2055 X explique le producteur.La pomme de terre de table, quant à elle, est acheminée dans des centres d’emballage.On réserve une petite superficie à des variétés exotiques, comme la pomme de terre à chair bleue et la German Finger.On les récolte manuellement avant de les emballer sur Le passé, l’avenir et le présent de la Ferme des Pionniers :Jean-Marie, Charles et Gaétan.place.Par l’intermédiaire de grossistes, elles se retrouvent sur le marché de la restauration.» L’emballage des oignons s’effectue http://www.kvernelandgroup.corn 14 LE BULLETIN DES AGRICULTEURS JUIN 2003 aussi à la ferme.Les Blouin-Rouleau cultivent des oignons à mariner, des rouges et des jaunes sur six hectares.La responsabilité de la vente des oignons à mariner incombe à la mère de Gaétan, Annette Dupuis.Malgré son âge respectable, cette dernière gère de main de maître son kiosque au Marché du Vieux-Port.AVANT, C’ÉTAIT DIFFÉRENT ! Jusqu’au début du XX' siècle, les six générations de Rouleau qui se succèdent à la tête de l’exploitation pratiquent une agriculture diversifiée.On élève quelques poules, cochons, vaches et moutons, en plus de cultiver céréales et foin pour nourrir la famille et le bétail.Plus tard, la ferme amorce sa spécialisation.Délaissant l’agriculture de subsistance, les Rouleau commencent à commercialiser leur production et finissent par abandonner complètement la production animale.Né en 1922, le père de Gaétan, Jean-Marie, se souvient de quelques événements marquants : « Mon propre père, Raoul, cultivait un demi-hectare de fraises et un hectare de pommes de terre.Les Blouin-Rouleau cultivent six hectares d’oignons jaunes, rouges et à mariner.Pour vendre notre production à Québec, il fallait la livrer jusqu’au village de Sainte-Pétronille et la faire traverser par bateau.Quand la construction du pont a été terminée en 1935, un de nos voisins qui avait un camion s’est occupé du transport.Il nous a fallu attendre 1948 pour nous rendre au marché avec notre propre véhicule.» En 1961, Jean-Marie et sa femme Annette prennent possession de l’entreprise.Tous deux s’engagent alors à s’occuper du père de Jean-Marie jusqu’à son décès.À l’époque, la ferme ne compte plus que quelques vaches laitières et un ou deux chevaux destinés aux travaux en forêt.Les propriétaires abandonnent la production laitière au début des années 1970, lorsqu’ils doivent remplacer le système de bidons par un lactoduc.La spécialisation continue de se faire au profit de la pomme de terre, à laquelle on consacre des superficies toujours plus grandes.En 1981, comme Gaétan se met à travailler à temps plein à la ferme, les Rouleau construisent un entrepôt.« L’augmentation croissante de notre production de pommes de terre nous a amenés à nous doter d’une structure d’entreposage », mentionne le fils Rouleau.PAUVRE ANTOINE î Nos ancêtres obligeaient parfois leur descendance à remplir de drôles de conditions pour hériter de leur bien.Voilà les obligations auxquelles Antoine Rouleau a dû s’astreindre à faire face lorsqu’il a reçu la ferme de son père Charles, en 1791.« Obligations à Antoine : • Entretenir Ambroise Rouleau, son frère, un demeuré, jusqu’à son décès.• Donner à chacun de ses frères et soeurs [ils étaient 14 !] la somme de 150 chelins* de la Province, une vache, un mouton, un lit garni, un coffre et un buffet; aussi à chacune des filles un rouet à filer et à chacun des garçons, un fusil.• Héberger, nourrir et blanchir ses père et mère jusqu’à leur décès, et ses frères et sœurs jusqu’à leur majorité.» Et comme si ce n’était pas assez, une nouvelle clause s’ajoute à l’acte de donation, en 1798 : « Celui-ci [Antoine] sera roi et maître des produits et revenu du travail effectué par tous les membres de la famille durant le jour; mais le produit et revenu de travail effectué par tous durant la veillée et la nuit sera divisé moitié-moitié entre Antoine et les autres membres de la famille.» ^Shillings Extrait tiré de Historique de la ferme ancestrale des Rouleau, par René Rouleau >> LE BULLETIN DES AGRICULTEURS JUIN 2003 lil UNE IV GENERATION EN ROUTE ?Les trois enfants du couple Rouleau-Blouin, Myriam (14 ans), Gabriel (13 ans) et Charles (11 ans), ne mtÊÊtmm savent pas encore s’ils S veulent perpétuer la tra- g dition agricole familiale.En attendant, les jeunes ne semblent pas trop se faire prier pour participer activement aux travaux.Ils donnent un sérieux coup de main à leurs parents et à leur tante Nicole, sœur de Gaétan, qui est salariée de l’entreprise.Les enfants aident à la récolte et à l’emballage â Charles et Gabriel participent à la récolte.Les pommes de terre exotiques sont récoltées à la main alors que celles destinées à la table et à la fabrication de croustilles le sont mécaniquement.des oignons et des Myriam et ses frères, tous maniaques pommes de terre exo- de l’ordinateur, s’empressent de répondre tiques, ainsi qu’au sar- aux interrogations « informatiques » de clage manuel de ces leur père.De plus, l’aînée assiste sa grand- deux cultures.mère au kiosque du Marché, te La d'un gros tracteur mais la A^ZZ/yf^/ L'd'un «sous-compact»! Conçu pour exécuter de gros travaux, le tracteur GC2300 offre cependant maniabilité et versatilité dues à sa taille réduite.Il est doté de caractéristiques impressionnantes normalement associées à des tracteurs de plus grande taille et plus dispendieux : • moteur diesel 22,5 HP et 3 cylindres; • PDF arrière de 19 HP et PDF ventrale; • transmission hydrostatique à 2 vitesses; • attelage à 3 points de catégorie 1; • conduite hydrostatique.Le GC2300 est donc un outil de premier choix pour les travaux agricoles, paysagers, résidentiels et commerciaux.QUOI SE MASSEY FERGUSON LE BULLETIN DES AGRICULTEURS JUIN 2003 DEMAIN LEUR APPARTIENT.MICHEL BROUILLARD, MAURICIE À Saint-Guillaume, sur 300 hectares, dont 70 de location, Michel Brouillard cultive haricots, maïs, soya et blé de consommation humaine.« Comme nos récoltes se vendent à bas prix, il faut du volume.Et pour avoir du volume, il faut des terres.» Michel Brouillard a donc, comme bon nombre de producteurs de grandes cultures, acquis de nouvelles parcelles, cette année.« Ma dette baissait, mais je me suis rembarqué.Il m’en faut plus grand pour arriver.» « A mon avis, il est impossible de joindre les deux bouts à moins de disposer de 170 à 200 hectares.De toute façon, ma femme a un emploi à l’extérieur.>> « Il n’y a plus rien de facile en grandes cultures, mais il n’est pas question que je me décourage.J’aime ce travail et je veux poursuivre ce que mon père a commencé.» Même s’il faut de plus en plus de superficies et de travail pour en tirer un revenu décent, Michel Brouillard espère qu’il pourra un jour laisser la ferme à l’un de ses fils.Le Bulletin a voulu savoir comment les productrices et producteurs qu’il accompagne entrevoient l’avenir de leurs productions respectives.De par les régions du Québec, Lionel Levac a visité huit entreprises, invitant leurs gestionnaires à partager leurs visions de l’avenir, leurs craintes, ainsi que leurs espoirs.PAR LIONEL LEVAC KATYET STÉPHANE RONDEAU, BOIS-FRANCS Bel exemple de transfert réussi, la passation des pouvoirs de Marcel à son fils Stéphane s’est faite en douceur.Stéphane n’a pas simplement pris les rênes de l’exploitation.Son père lui a légué quelque chose que l’on peut difficilement évaluer à sa juste valeur : l’apprentissage du travail bien fait, l’amour de la terre et des animaux, de même que la recherche de la qualité.On le voit d’ailleurs au premier coup d’œil.Le troupeau de 100 têtes ne compte que de belles bêtes : en fait, 8 Excellente et 25 Très bonne.Et de bonnes productrices.Stéphane a l’art de simplifier les choses.« Il faut de belles bêtes, de belles conformations, des laitières qui donnent beaucoup et longtemps.» Comme son père avant lui, il compte continuer de collectionner prix et décorations.Pour lui, le défi des prochaines années consiste à réduire encore ses coûts d’exploitation.« Les investissements à faire restent considérables : il faut donc rationaliser et être de plus en plus productif.» Un piège à éviter, selon Stéphane, est l’isolement.Marcel l’accompagne, le conseille encore et contribue aux travaux.Mais la réussite exige un cercle plus large encore.« Il faut vraiment être en groupe pour affronter les grands défis qui nous sont lancés, par exemple du côté des négociations commerciales internationales.Tout seul, on ne peut rien faire.» Il voit cependant certains paradoxes dans l’attitude à adopter face à l’avenir.« Il faut se tenir collectivement, mais aussi suivre le mouvement vers la performance.» Stéphane Rondeau, sa conjointe Katy et la petite Heidi, qui n’a que quelques jours au moment de la rencontre à leur ferme laitière Ayrshire.LE BULLETIN DES AGRICULTEURS JUIN 2003 17 Et moi, je fais de l’arrosage à forfait.Le seul revenu des cultures ne nous permettrait pas de survivre.» Bien sûr, Michel Brouillard espère que les choses s’améliorent.« Quand j’ai pris la relève il y a plusieurs années, mon père m’a aidé.Est-ce que je pourrai faire la même chose pour mon fils, dans 20 ans ?Si rien ne change, seul un gros producteur pourra m’offrir un prix qui me permette une retraite acceptable.» Déterminé sinon carrément entêté, Michel Brouillard ajoute : « Je veux continuer là-dedans.Même ça devient plus difficile, je vais persévérer.J’aime ce métier.» JEROME LEMAYET ISABELLE GAUD ET, LOTBINIÈRE Julien Rivard produit de la pomme de terre, essentiellement de semence.Il entrevoit avec confiance l’avenir de sa ferme de Saint-Ambroise.JULIEN RIVARD, SAGUENAY « Je suis privilégié de faire de la pomme de terre de semence », reconnaît candidement Julien Rivard.Ce n’est pas que le domaine soit de tout repos.Il nécessite un travail soigné et le respect strict de normes élevées.Il entraîne aussi de gros investissements.Cependant, comparativement au marché de la pomme de terre de table, celui de la semence est très stable.Si privilégié qu’il se sente, Julien Rivard affiche une grande solidarité à l’endroit de tous les producteurs de pommes de terre.« Ces dernières années, on a fait beaucoup, collectivement, pour améliorer le sort des producteurs.» L’avenir s’annonce bien, ajoute-t-il.« Mon frère Denis et moi avons un peu plus de 200 hectares de pommes de terre et environ 160 de céréales et trèfle consacrés aux rotations et à l’engrais vert.Nous avons triplé nos superficies en 15 ans.» « En pomme de terre de semence, il faut suivre de près les tendances du détail.Actuellement, elles favorisent les pommes de terre longues.» Et les perspectives sont bonnes, « parce que les gens vont continuer à manger des pommes de terre », dit Julien Rivard en riant.De plus, les débouchés sont tout de même diversifiés : « Nos marchés se situent à 75 % au Québec, l’Ontario, le Nouveau-Brunswick et les États-Unis constituant le reste.» Julien Rivard ne craint pas outre mesure la concurrence d’autres régions productrices.« Le Saguenay-Lac-Saint-Jean est encore à l’abri de bien des insectes, des virus et des maladies.Le statut sanitaire de nos productions de tubercules est donc très élevé, ce qui nous garantit une bonne demande.» LE BULLETIN DES AGRICULTEURS JUIN 2003 L’avenir s’annonce difficile, mais il faut réagir et avoir confiance.On pourrait résumer ainsi la vision de l’avenir d’Isabelle etjérôme.Chez ces jeunes qui commencent leur vie d’exploitants agricoles, on sent à la fois l’inquiétude, le souci de bien faire, la détermination, mais également le besoin de resserrer les rangs avec l’ensemble des agriculteurs pour faire face à des défis qu’ils ne peuvent affronter seuls.Isabelle Gaudet est originaire de Saint-Barnabé-Sud, où les terres se vendent maintenant plus de 15 000 $, voire 17 000 $ l’hectare.Dans cette région, l’achat d’une terre signifie donc un endettement très important auquel le producteur laitier doit ajouter l’acquisition de quota.Isabelle en a long à dire sur ce qui la préoccupe.« Il faut vraiment s’endetter.On se demande si le prix du quota va baisser.Va-t-on devoir posséder 150 vaches, comme aux États-Unis, pour tirer le même revenu qu’actuellement ?» Jérôme, un fils de Lotbinière, en ajoute.« La demande en terre d’épandage fait grimper les prix.L’orge se vendait 150 $ la tonne il y a 15 ans, tout comme aujourd’hui.Le prix des intrants a cependant doublé ou triplé.On travaille deux fois plus pour obtenir le même revenu.Je me demande où vont nous mener les négociations de l’OMC et si les gouverne-À Saint-Édouard, Jérôme Lemay et Isabelle Gaudet prennent progressivement en charge la ferme laitière familiale.Ils estiment urgent « que les choses changent », car Ils disent constater que les agriculteurs sont de plus en plus laissés à eux-mêmes.ments vont nous laisser tomber.» La ferme dont ils s’occupent, dont le transfert pourrait être complété d’ici quatre ou cinq ans, compte 82 têtes, dont 42 vaches en lactation.C’est presque un élevage fermé.Le dernier achat de vache remonte aux années 1960.>> OFFRE EXCEPTIONNELLE DU JAMAIS VU ! 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DOMINIQUE BRISSON, BAS-SAINT-LAURENT Le développement des régions ne se fait pas que d’agriculture, mais celle-ci doit constituer un élément majeur de leur économie.Il faut donc que les productions primaires soient traitées et transformées en région en plus d’être soutenues par les services nécessaires.Dominique Brisson ne voit pas d’avenir à la production ovine sans la présence et le développement de l’abattoir de Luceville.« Il y a place pour encore beaucoup de producteurs dans la région, mais il est impensable de se limiter à l’élevage.La production est intéressante si les outils de mise en marché sont à proximité.» Dominique Brisson ne cherche pas ses mots.Elle sait que l’agriculture en région peut et doit se développer dans une perspective globale : « Il faut donc des conseillers, des meuniers, des transporteurs.Le monde rural ne survivra que s’il offre du travail et un milieu de vie intéressants.» Dominique Brisson a trois associés : Bertin Lavoie, son conjoint; Lise Banville, sa belle-mère; et Aubert Lavoie, son beau-frère.Les trois entreprises que le groupe détient comptent en tout 2800 brebis.Chaque année, elles mettent en marché quelque 3300 agneaux.Les Québécois découvrent enfin l’agneau.Or, les élevages d’ici ne répondent qu’à 25 ou 27 % de la demande.Malgré son envergure, l’élevage de nos interlocuteurs demeure une entreprise familiale.Pour Dominique Brisson, cette distinction est importante.« Nous voulons stabiliser l’entreprise à son niveau actuel.Ensuite, nous y intégrerons nos filles, qui étudieront à l’ITA.Peut-être que, avec elles, nous diversifierons davantage l’entreprise.Déjà, nous avons un engraissement porcin.» Dominique Brisson, de Saint-Narcisse-de-Rimouski, estime que la production ovine poursuivra son expansion dans la mesure où les régions en profiteront.« Les retombées de l’élevage, de l’abattage, de la coupe et de la distribution doivent profiter d’abord aux régions.» 2003 RENE GAGNON, BAS-SAINT-LAURENT Ce n’est pas compliqué.Si vous voulez un condensé de tout ce qui mécontente les agriculteurs en matière d’environnement et de perceptions de la part des non-agriculteurs, adressez-vous à René Gagnon.Il ne mâche pas ses mots.« J’en ai assez que l’on m’attaque tous les jours ! » Et ne sous-entendez surtout pas que les agriculteurs se traînent les pieds : « Tous les agriculteurs sont prêts à avancer, mais on ne peut pas tout faire et surtout tout payer en même temps.» Donc, pourquoi les agriculteurs comme René Gagnon sont-ils en colère ?« La première chose, c’est au niveau du consommateur.Il faut que les gens cessent de critiquer.Ils veulent tout : du frais, de la qualité, pas de pollution et des prix ridicules.En fait, ils voudraient que l’on produise sur une autre planète et que l’on ramène le tout sur les tablettes.Ben, on n’en est pas capable ! Ce qui va arriver, c’est que la production québécoise va tomber et que les produits vont nous arriver plus massivement de L’élevage du bovin de boucherie est promis à un bel avenir.René Gagnon, de Bic, fait particulièrement confiance au Charolais, dont il a fait sa spécialité depuis 25 ans.Les choses se gâtent, cependant, lorsqu’il est question d’environnement et de relations avec les non-agriculteurs.L’élevage Suisse Brune et la Fromagerie fermière Lehmann, d’Hébertville, garderont autant que possible leur taille actuelle.Par choix, la famille Lehmann souhaite simplement tirer de la production de quoi faire vivre décemment ses cinq actionnaires.Et surtout, pas question d’exportation ! FAMILLE LEHMANN, LAC-SAINT-JEAN L’avenir de la Fromagerie Lehmann ne mise pas sur des visées expansionnistes.En fait, on ne pense même pas à augmenter la production.Pour la famille Lehmann, la production de fromage vise simplement à donner une plus-value à la production de son troupeau de Suisse Brune, question d’assurer un revenu suffisant à tous ses membres. I Léa, la fromagère, et Jacob, son principal assistant, sont catégoriques : « Si nous maintenons la qualité de nos fromages, la demande sera suffisante.Nous ne voulons pas grossir, mais nous concentrer sur la qualité de notre production.» En industrie laitière québécoise, on cherche généralement à accroître la productivité.Les Lehmann, eux, ont plutôt réduit leur production moyenne par vache, la faisant passer de 7000 à 6000 kilos.« Pour nous, la qualité du lait est inversement proportionnelle à sa quantité.» Les Lehmann produisent deux fromages fermiers au lait cru, le Kénogami (pâte molle) et le Valbert (pâte semi-ferme).Les Lehmann sont contre l’exportation de produits laitiers.« Tout produit qui traverse une frontière vient perturber l’activité des producteurs locaux.La solution est logiquement que chaque pays diversifie sa propre production et réponde ainsi aux besoins et à la demande.» Les Lehmann ont leur idée de modèle agricole souhaitable.Il faudrait planifier la production en fonction des besoins internes de chaque ferme et compter sur la qualité et la diversification pour assurer à ses propriétaires des revenus adéquats.l’extérieur.Ensuite, les citoyens constateront que leurs aliments offrent » encore moins de fraîcheur et de qualité.» Et ce n’est pas tout, loin de là.Au tour des gouvernements, maintenant.« Le Canada laisse entrer tous les produits de l’étranger.C’est un véritable scandale public.Mais nous, nous ne pouvons même plus exporter ! Où mèneront les négociations de l’OMC ?On dit que le PAEF sera bientôt chose du passé.La gestion liquide des déjections, aussi.Il faut ralentir un peu les changements : ça va trop vite ! » L’avenir est plutôt sombre, estime René Gagnon.Pourtant, il aime l’élevage du Charolais, une race docile, dit-il, pour laquelle la demande est bonne aussi bien chez les éleveurs que chez les consommateurs.L’atelier vache-veaux de René Gagnon compte une centaine de têtes, dont 70 « vaches vêlantes ».Sa ferme est autosuffisante en céréales et fourrages.Selon Jeanne Couture, productrice de porcs de Saint-EIzéar, en Beauce, les exploitations familiales se trouvent dans une véritable impasse.Le déséquilibre est trop grand entre les petits agriculteurs, les grandes entreprises et le reste de la société.Jeanne Couture et son mari André Labbé se demandent si leur fils pourra prendre la relève.JEANNE COUTURE, BEAUCE Jeanne Couture estime que son exploitation familiale a toujours agi de façon exemplaire en matière d’environnement, de bien-être des animaux et de relations avec le voisinage.Elle constate néanmoins aujourd’hui que les décisions gouvernementales sont aveugles et ne tiennent aucunement compte des particularités d’une entreprise.« Nous avons fait tout ce qu’il était possible de faire.Nous avons construit les installations exigées par l’environnement.Nous n’épan-dons qu’en début de semaine et le plus rapidement possible.Notre fils a fait beaucoup de travaux de recherche pour améliorer encore les méthodes d’élevage et de réduction des charges polluantes.» Jeanne Couture a même acquis des terres supplémentaires, au cas où les ententes d’épandage avec des voisins ne seraient pas renouvelées.« Actuellement, le moratoire bloque nos projets de réaménagement de la production qui étaient prêts avant le “temps d’arrêt” et qui, de plus, n’ajoutent aucune unité animale à la production.» Dans ce contexte, Jeanne Couture craint fort que son fils, malgré tout son intérêt, sa bonne volonté et sa participation jusqu’à maintenant, ne se décourage et cherche du travail ailleurs.« Notre cas n’est pas unique, mais il démontre un déséquilibre flagrant entre ce que réclame la société et ce que vivent les producteurs.Sans un certain équilibre, l’avenir de la classe agricole s’annonce sombre.» La Ferme André Labbé et Jeanne Couture compte actuellement 90 truies, une pouponnière de 2000 places à forfait, un engraissement de 400 porcs et un autre de 325 dans un second emplacement, fe LE BULLETIN DES AGRICULTEURS JUIN 2003 21 La formule gagnante en matière de biosécurité DISVAP MEC La mise en oeuvre d’un programme de biosécurité efficace repose sur la qualité des éléments qui le composent.Vous visez un rendement optimal.Nous vous en donnons les moyens 2000, chemin Georges, Lavaltrie (Québec) Canada JOK 1H0 1-800-363-1700 www.vetoquinol.ca — — —- - —.— —• - AUX HERBICIDES au « SANS INTRANTS CHIMIQUES » Juste retour du balanciez'' ?Il est de plus en plus « tendance » de tourna le dos aux intiunts chimiques.PAR NANCY MALENFANT LE UULLETIN DES AGRICULTEURS JUIN 2003 23 culture sans engrais minéraux depuis déjà quelque temps.L’adoption de nouvelles pratiques n’est pas toujours couronnée d'un succès immédiat.Parfois, il faut procéder par essais-erreurs.Ainsi, le producteur a découvert que, compte tenu des sols de son entreprise, un passage de sarcleur lourd constituait la meilleure méthode de désherbage.« Le sarcleur léger ne donnait pas de bons résultats en argile lourde, raconte-t-il.Je devais immanquablement louer un sarcleur lourd et recommencer le travail.On apprend avec l’expérience.L’année dernière, je me suis enfin procuré un sarcleur lourd équipé de couteaux de 25 pouces.» En culture céréalière, le producteur a recours de façon limitée aux produits phvtosaniraires.«Je visite d'abord mes champs pour identifier La roue tourne et finit par revenir à son point de départ.L’utilisation des pesticides s’est à ce point généralisée depuis leur arrivée sur le marché que plusieurs ont acquis la conviction qu’il était impossible de s’en passer.André Viens n’est pas de ceux-là.Il produit du soya sans intrants chimiques depuis 1998 et ne se souvient même plus de la dernière fois où il a appliqué un herbicide dans ses champs de petites céréales.D’ailleurs, il emprunte tranquillement la même voie en culture du maïs.Pour plusieurs raisons, principalement d’ordre pratique, M.Viens a adopté progressivement la culture du soya sans herbicides.Déjà, il semait son soya aux 30 pouces; le remplacement des herbicides par le sarclage n’a donc pas nécessité de modification de l’espacement entre les rangs.De plus, il faisait cette Extrait du Bulletin des agriculteurs de mai 1960 « Au cours des dernières années, la popularité des herbicides a considérablement augmenté dans la province.Bien employées, ces substances chimiques peuvent faire des merveilles.» R.-D.Cartier Ncimy Miilenfiint, agronome, est journaliste fnmalenfant^lchulIviin.conV. les mauvaises herbes présentes et évaluer leur abondance.J’évite d’arroser inutilement.D’ailleurs, la dernière fois que j’ai eu à traiter un champ de céréales remonte à quelques années.Selon moi, quand le semis est bien fait, les mauvaises herbes ne devraient pas causer de problème.Si le semis est uniforme, la culture devient vite assez dense pour les étouffer.» L’agriculteur se donne comme prochain défi la culture de maïs sans herbicides.Ses quelques essais passés n’ont pas encore mené à une recette miracle.La herse-peigne détruit les petits plants de maïs, et le sarcleur léger ne donne que de piètres résultats.Cette année, M.Viens envisage d’essayer la houe rotative et un coup de sarcleur lourd, suivis d’un buttage.UN GRAIN DE SANTÉ L’an dernier, l’association Cultures sans herbicides, dont André Viens est président depuis mars 2001, rassemblait 59 membres cultivant un peu plus de 1700 hectares profitant de la certification « Un grain de santé ».Dans les champs certifiés, non seulement les producteurs n’appliquent aucun produit phytosanitaire, mais ils n’utilisent aucun intrant chimique, pas même d’engrais minéraux ni de traitements de semences.Bien sûr, il n’est pas question d’utiliser des cultures transgéniques.Fondée en 1995, l’Association regroupait à l’origine sept producteurs.« Tout a commencé quand j’ai lancé en 1993 un concours de maïs sans herbicides, relate l’agronome du MAPAQ, Pierre Lachance.À cette époque, les gens riaient un peu de nous, car une telle production leur sem-g blait à toutes fins utiles impossible.» § Non seulement l’expérience a bien | g fonctionné, mais la production annuelle ï de grains certifiés ne suffit pas à la demande.La situation ne devrait pas changer, compte tenu de l’attrait grandissant des minotiers envers le blé panifiable Un grain de santé.Celui-ci serait fort prisé de plusieurs boulangeries artisanales de Montréal.Pour l’instant, la quasi-totalité de la production, en majorité du soya, est exportée.La certification exige la renonciation aux intrants chimiques pour l’année en cours, mais des produits chimiques peuvent avoir été utilisés sur la culture précédente.« Ainsi, une rotation “soya sans intrants et maïs avec intrants” peut être acceptée », explique M.Lachance.« De plus, l’agriculteur n’a aucune obligation, soutient André Viens.S’il a épuisé les autres moyens de désherbage existants et que rien ne fonctionne, il peut toujours appliquer un herbicide.Sa culture n’obtiendra pas la certification, mais il n’aura rien perdu et il aura appris.Il pourra toujours essayer de nouveau l'année suivante.» Avant de pou- Pour que ses champs voir porter la dénomination Un grain de santé, une culture fait l’objet de diverses inspections, du semis jusqu’à l’entreposage.L’inspecteur, provenant souvent obtiennent la certification « Un grain de santé », le producteur ne doit pas utiliser de produits phyto-sanitaires, de traitements de semences, d’engrais minéraux ni de plantes transgéniques.d’un club agroenvironnemental ou du MAPAQ, doit être accrédité par l’Association.Pour ce faire, il suit la formation donnée par cette dernière.Reconnue pour son dynamisme, l’Association accompagne ses membres dans leurs démarches en leur offrant un soutien technique et des journées d’information et de visites à la ferme.Bien qu’ayant continué leur transition vers le biologique, certains producteurs demeurent membres pour continuer de profiter des activités et de l’échange d’information.Chacun peut partager ses trucs ou les résultats qu’il a obtenus en essayant telle ou telle autre technique de désherbage.En échangeant de la sorte, les producteurs s’améliorent plus rapidement.« La culture sans intrants permet de “s’agrandir de l’intérieur”, estime André Viens.Comme on réduit les coûts, il reste plus d’argent à la fin.» De plus, la certification Un grain de santé permet d’obtenir une prime intéressante en plus du prix de base.L’an dernier, elle représentait 30 $/tonne d’orge et de maïs et variait entre 60 et 120 $/tonne de soya.La prime accordée au blé panifiable oscille entre 80 et 110 $/tonne, selon sa teneur en protéines, k ANDRÉ VIENS, président de l’association Cultures sans herbicide, reçoit dans ses champs un acheteur japonais qui s’intéresse à la récolte Un grain de santé.M.Viens produit du soya intrants chimiques S'A'N'T L'INTRONISATION de la LUZERNE ./ v', // /%»///- i t n t • Ç./"oi L’Opération Luzerne a sous doute été l’un des événements marquants de l’histoire des grandes cultures au Québec.PAR ANDRÉ PIETTE LE BULLETIN DES AGRICULTEURS JUIN 2003 25 retrouve Paul Gervais (Université Laval), Maurice Hardy (Engrais chimiques du Québec), Jean Genest (alors à la Station de recherches fédérale de Lennoxville), Lionel Lachance (ministère de l’Agriculture du Québec) et, bien sûr, le journaliste Moïse Cossette, du Bulletin.Le dossier souligne que, « pour faire du lait économiquement, il faut du foin de haute qualité et en grand volume, avantages que cumule la luzerne, alors qu’avec le trèfle rouge, par exemple, on est limité par le rendement ».Il rappelle aussi que les frais variables sont les mêmes, qu'il s’agisse de produire un champ de luzerne ou un même champ de trèfle ou de mil.En fait, l’intérêt que porte Le Bulletin à la luzerne est né bien avant l’Opération Luzerne.Des tournées au Wisconsin au début des années 1970 avaient convaincu Moïse Rarement a-t-on vu autant d’organisations s’allier pour promouvoir le développement d’une culture.En 1973, l’Université Laval, les stations de recherches fédérales au Québec, les Engrais chimiques du Québec et d’autres organisations du secteur para-agricole se joignent au ministère de l’Agriculture du Québec pour convaincre les agriculteurs de toutes les régions d’adopter celle que l’on a baptisé « la reine des plantes fourragères ».L’opération poursuit un objectif ambitieux : faire augmenter la superficie québécoise en luzerne à 1 000 000 d’acres (400 000 ha) en cinq ans.Au moment où l’Opération Luzerne démarre, elle n'est que de 333 000 acres (135 000 ha).Le Bulletin des apiculteurs s’associe André Piette, agronome, est journaliste agricole fapiecte@apexcommunications.orgï.au projet.À son lancement, il publie un dossier de sept pages sur cette plante fourragère.Plusieurs des collaborateurs du dossier deviendront d'ailleurs d’importants acteurs de l’opération.Parmi ceux-ci, on Extrait du Bulletin des apiculteurs de mars 1972 « On pourraitfacilement, avec ht luzerne, récolter 5 à 7 tonnes à l’acre et même davantage de foin de haute valeur nutritive si on savait le cultiver.On doublemitet même triplerait son rendement actuel » Moïse Cossette, agronome Cossette et Maurice Hardy, un collaborateur du magazine, du potentiel de cette culture.Dès 1972, le magazine avait fait sien un objectif proposé par le Dr Ger-vais, soit « 2 000 000 d’acres de luzerne en 1985 ».« L’objectif est raisonnable et logique, pouvait-on lire.Un objectif réalisable.quand on aura décidé de “donner le coup de collier” qui s’impose.» Un coup de collier qui tarde à venir, au goût de Moïse Cossette.« Ce qu’il faudrait, écrit-il alors, c’est peut-être une bonne grosse sécheresse pour détruire tout ce qu’on cultive de trèfle chez nous.Alors, on verrait que la luzerne est la seule plante qui fait fi de la sécheresse; alors, tout le monde se donnerait peut-être la main pour faire ce qui est à faire, à l’initiative de ceux qui se sont donné comme mission d’améliorer le sort des agriculteurs : le ministère de l’Agriculture et ses agronomes; alors, on lancerait une campagne en faveur de la luzerne.On a connu l’Opération 55, l’Opération Parapluies.On connaîtrait l’Opération Luzerne.» L’appel du journaliste semble avoir été entendu.TOUJOURS REINE ?Un quart de siècle après l'Opération Luzerne, cette plante mérite-t-elle encore le titre de « reine des plantes fourragères » ?Surpasse-t-elle toujours les autres en dépit d'une longévité qui semble rétrécir ?«Tout à fait,en rendement comme en qualité ! répond l'agronome Guy Allard d'un ton catégorique.Le problème de longévité provient d'un manque de neige qui fait diminuer la température au sol au point où la luzerne ne peut plus survivre, explique le professeur en plantes fourragères de l'Université Laval.Ça arrive régulièrement dans les régions les plus chaudes, par exemple dans la plaine de Montréal.Mais dans les régions de Québec,du Bas-Saint-Laurent,de Portneuf.du Lac-Saint-Jean, il n'y a pas de problème.Soit dit en passant, quand la couverture de neige est insuffisante, toutes les légumineuses en souffrent.Aucune légumineuse ne peut vraiment remplacer la luzerne.» Pourtant, avec le temps, les généticiens ont amélioré la rusticité de la luzerne.« Dans les années 1970, les variétés comme Saranac provenaient des États-Unis », explique l'enseignant.Celles qui ont été développées ici parla suite,comme Apica et Caribou,du Dr Michaud, sont nettement plus rustiques.» Peut-on compter sur une amélioration majeure de la rusticité dans l'avenir, grâce au génie génétique, par exemple ?Le Dr Allard en doute : « Je ne pense pas qu'on arrivera à développer, même à moyen terme, des luzernes qui survivent en absence de neige.» Le spécialiste rappelle que certaines pratiques culturales compensent au moins partiellement un manque de neige : • aménagement de brise-vent pour retenir la neige; • élimination de la coupe d'automne là où l'accumulation de neige est moindre; e à l'automne encore, création d'une lisière non fauchée aux quatre lisières, si les lisières de fauche sont perpendiculaires aux vents dominants; • à l'automne toujours, réglage de la barre de coupe à une plus grande hauteur.Mais au fait, cette coupe automnale, en avez-vous vraiment besoin ?Quand l’Opération Luzerne s’achève, en 1978, la superficie québécoise en luzerne avoisine les 400 000 acres (160 000 ha).On est loin du million visé.Ce que les promoteurs ignorent alors, c’est que leur objectif reposait sur des statistiques erronées.« Ces statistiques fédérales surestimaient largement les superficies en foin, explique le Dr Gervais.À un moment donné, elles ont été réajustées, et on a perdu 700 000 ou 800 000 acres de foin d’un coup ! » Si l’objectif avait été manqué, les années subséquentes allaient démontrer que l’opération avait tout de même atteint son but premier, qui était de faire prendre un essor à la luzerne.En effet, la superficie en luzerne n’a pas cessé d’augmenter depuis ! Mil neuf cent quatre-vingt-six a marqué un tournant.Cette année-là, pour la première fois, il s’est vendu au Québec davantage de semence de luzerne que de semence de trèfle rouge.La luzerne avait enfin le dessus sur son vieil ennemi ! te Aucune légumineuse ne peut vraiment remplacer la luzerne.ES AGRICULTEURS JUIN 2003.'< V une FERME AU SERVICE DELA FILIÈRE PORCINE La Station d’évaluation des porcs de Deschambault, gérée par le Centre de développement du porc du Québec (CDPQ), est unique en son genre au Québec.PARMARIE-JOSÉE PARENT Depuis neuf ans, la Station d’évaluation des porcs de Deschambault évalue les porcs commerciaux, ce qui lui permet d’aider la filière porcine à mieux cibler ses stratégies.Pour mieux répondre aux besoins de l’industrie, les tests entrepris au fil des ans ont évolué.Depuis peu, la Station vise une plus grande diffusion des résultats obtenus.« C’est la seule station au Québec.et même au Canada, fait remarquer le responsable génétique du CDPQ, Luc Pelletier.Il existe d’autres stations, mais pas comme celle-ci.» Précision : certaines organisations ont des stations de recherche et d’épreuves, mais leurs objectifs diffèrent.À la Station, on procède d’un côté à l’évaluation des lignées terminales de porcs Marie-Josée Parent, agronome, est journaliste ( m j pa rcnr0lcbullccin.com/ commerciaux et de l’autre, on valide les outils d’amélioration génétique.LES ÉPREUVES Une quinzaine d’épreuves ont déjà été menées depuis l’inauguration de Extrait du Bulletin des agriculteurs d'avril 1940 « Les truies que Von conserve pour la reproduction doivent être du type à bacon, saines, d'un tempémment calme et avoir au moins dix tétines bien placées et bien - développées.» Adrien Morin et X.-N.Rodrigue la Station, en août 1994.Elles ont été modifiées avec les années.Par exemple, les trois premières reprenaient des tests déjà effectués à la station de Beaumont, qui a fermé depuis.On se contentait alors de valuer les porcs commerciaux.Ces tests ont toutefois démontré leur efficacité.« Les épreuves de Beau-mont ont mené à la disparition du Hampshire au Québec, raconte Luc Pelletier.La qualité de la viande et les performances de cette race ne sont pas aussi bonnes que celles de la race Duroc.» Depuis l’épreuve 4 de Deschambault, on vise des objectifs précis.Chaque évaluation est reprise pour diminuer l’effet de la saison : une première a lieu à l’automne et l’autre, au printemps.Les tests 4 et 5 ont permis de valider les indices de sélection de la race Duroc.« On a pu démontrer que les valeurs LE BULLETIN DES AGRICULTEURS JUIN 2003 27 Dans la salle d’engraissement, les porcs ont accès à un système d’alimentation individuelle.Celui-ci mesure avec précision la quantité de moulée consommée par chaque porc.devraient également prendre de plus en plus de place.« C’est pour cela que les épreuves 14 et 15 sont plus exhaustives », conclut Luc Pelletier.UNE PORCHERIE DE 350 PLACES La Station d’évaluation des porcs de Deschambault, c’est une porcherie de 350 places.D’un côté, la pouponnière accueille les porcelets de diverses provenances.Le protocole d’entrée et de suivi précédant l’entrée est strict, puisque les porcelets proviennent de différents troupeaux.L’autre partie de l’élevage accueille les porcs en engraissement.La bâtisse est en tout plein-tout vide, et tout est contrôlé pour éviter que des paramètres externes interfèrent dans les tests.« Les vétérinaires ont mis au point un protocole de santé très efficace.Il n’est pas nécessairement applicable dans une ferme commerciale, mais il fonctionne bien ici », souligne le responsable de la Station, Richard Mailhot.Le système d’alimentation individuel permet de connaître la quantité consommée par chacun des porcs.Une foule de données sont notées, comme la mesure du gras dorsal sur l’animal vivant et la surface de l’œil de longe, te génétiques se transmettent aux descendants, explique Luc Pelletier.Ces porcs issus de parents génétiquement meilleurs croissaient plus vite et étaient plus payants à l’abattoir.» Les épreuves de 6 à 9 ont servi à dresser des portraits des races pures.Les résultats des quatre épreuves suivantes portant sur les verrats de lignées terminales étaient très intéressants.Cependant, puisque plusieurs compagnies différentes y participaient, il n’y a pas eu de comparaison.Tel que convenu, les résultats des diverses compagnies ne pouvaient être comparés entre eux.Les dernières épreuves (14 et 15) ont été traitées différemment, et leurs résultats seront publics.Les derniers porcs ont été abattus en décembre, mais des tests de goût et des analyses de données sont toujours en cours.Ces dernières épreuves visent à évaluer les effets de la vitesse de croissance et du poids d’abattage sur la qualité de la viande.Deux étudiants à la maîtrise et un autre au doctorat ont bâti leur thèse autour de ces épreuves.La prochaine épreuve débutera cet automne et évaluera les verrats terminaux; ses données seront publiques.« Ici, les compagnies n’acceptent pas toutes que les données soient publiques.En France, tout est publié — données de lignées publiques comme privées », dit Luc Pelletier pour expliquer le faible nombre de verrats terminaux qui seront évalués.Comme un F grand nombre d’ani- Le responsable génétique du CDPQ, LUC PELLETIER, et le responsable de la Station d’évaluation des porcs de Deschambault, RICHARD MAILHOT.maux issus de chacun des verrats sont testés à la même épreuve, il n’y a pas lieu de la répéter.C’est le conseil d’administration du CDPQ qui a décidé de rendre publics les résultats de tous les tests à venir.« Nous voulons nous assurer que notre produit réponde à la demande », avance Luc Pelletier.Les résultats sont comparés au Porc référence québécois (voir l’encadré).Les épreuves touchant la qualité de la viande LE PORC RÉFÉRENCE QUÉBÉCOIS En 1998, une enquête auprès des principaux intervenants de la Filière porcine québécoise des secteurs de l'abattage, de la transformation et de la distribution a permis de connaître leurs exigences.Il en a résulté ce qui est connu dans le milieu comme le Porc référence québécois.Chacune des coupes principales (cuisse, longe, picnic, soc et flanc) y est définie, de même que certaines données concernant la carcasse entière et le porc vivant.La responsable des communications du CDPQ, Élise Gauthier, affirme que ces données seront bientôt mises à jour.Pour chaque test, un nombre impressionnant de données est récolté, tant à la ferme qu’à l’abattoir.Sur la photo, un technicien accorde une cote visuelle au taux de persillage du muscle de la longe.28 LE BULLETIN DES AGRICULTEURS JUIN 2003 À LA POURSUITE DELA QUALITE Vous croyez que l’arrivée du poulet tout végétal est le fruit d’unegmnde innovation ?La Ferme des Voltigeurs en produit et en commercialise depuis 18 ans.Portmit d’unefeime avant-gardiste.PAR MARIE-JOSÉE PARENT Récemment, d’importants intervenants de l’industrie avicole se sont mis à produire du poulet tout végétal.Or, bien avant cet engouement récent, des entreprises avaient choisi cette avenue.Idles avaient décidé d’ofl rir un produit sain et distinctif à leur clientèle.La I èrme des Voltigeurs, de Saint-Charles-de-I )rummond,dans la région ('entre-du-Qttébec, est un bel exemple de réussite en ce sens.Dès 1985, la l ’erme des Voltigeurs taisait le saut vers le poulet tout vegetal.« Nous voulions associer une valeur ajoutée à notre produit, rappelle Dominique Martel, directeur général de Vent reprise.De faisant, nous comptions nous démarquer.» Denise, mère de Dominique, a lancé le commerce en 1958 en ouvrant un comptoir au marché public de Drummondville.À l'époque, elle faisait la tournée des cultivateurs pour y ramasser poulets et autres denrées qu’elle transformait et revendait au marché, l in 1965, son mari, Georges, quit tait son métier de ferblantier, et la famille Martel s’établissait sur ce qui allait devenir la ferme des Voltigeurs.Dominique a été le premier enfant de 1 )enise et Georges à travailler à temps plein sur la ferme.Aujourd’hui, leurs quatre enfants voient à son fonctionnement.S'ajoutant à Dominique, Bernard est directeur de la production; Nathalie est responsable des ressources humaines et de la cuisine, en plus dette représentante; et Georges Junior s’occupe des ventes au détail Extrait du Bulletin des agriculteurs de janvier 1964 « Un marché, quel que soit le niveau où il se situe — local, régional, provincial, national — se conquiert toujours avec les mêmes instruments : qualité, prix et service.(.) Savez-vous ce qui fait la différence entre un bon aviculteur et un mauvais aviculteur ?Dans quatre-vingt-dix pour cent des cas, c’est le souci des détails.» Louis-Philippe Dufour A/.iivi’ Iohy IUiviiI, iigiviioine, eat ioitrn.ilislc (mil'.iix-nK'i'li'l'ulliMin.vom).LE BULLimN DES AGRICULTEURS JUIN 2003 29 (plus précisément le comptoir du marché public de Drummondville) et de la production à l’abattoir.Avec les années, l’entreprise a acquis une réputation enviable auprès d’une clientèle fidèle.En 1985, le saut vers le poulet tout végétal a entraîné une importante croissance.L’abattoir actuel, construit en 1974, a été agrandi à plusieurs reprises.Le bâtiment regroupe un atelier de coupe et une cuisine où l’on apprête divers mets.Depuis 1986, une salle réfrigérée assure le refroidissement à l’air des carcasses.Les huit poulaillers ont été construits un à un, au fil de la demande.Des ententes d’achat de volailles auprès d’éleveurs suivant la même technique d’élevage assurent l’approvisionnement de la clientèle.L’entreprise commercialise 10 000 poulets par semaine, dont 800 à 900 poulets de Cornouailles (poids vivant de 900 g) et 800 gros coqs (poids vivant de 4,5 kg), le reste se partageant entre le poulet barbecue (poids vivant de 2,5 kg) et le poulet ordinaire (poids vivant de 3 kg).On produit aussi 1700 dindes par année, aux Fêtes.En tout, 20 % des poulets sont vendus directement au détail, soit à la ferme ou au marché public de Drummondville.« Nous n’avons jamais délaissé le marché public depuis 1958, raconte Dominique.A cette époque, une personne suffisait à notre comptoir de 2,5 mètres.Maintenant, il y a huit ou neuf vendeurs derrière un comptoir de 9 mètres de longueur.» Le reste de la production est vendu un peu partout dans la province par des distributeurs.Ceux-ci alimentent principalement des boucheries spécialisées et des épiceries.On retrouve par exemple le poulet de la Ferme des Voltigeurs dans trois boucheries du marché Atwater à Montréal.La viande est vendue sous différentes formes : poulets et dindes entiers ou en morceaux, poulet haché, abats, sauce à spaghetti, pâtés, cretons, saucisses, bouillon, poulet rôti, ailes de poulet précuites, galettes de poulet pour hamburgers, poulet mariné et même dindon en conserve.Les produits transformés sont vendus directement aux consommateurs; les distributeurs se concentrent plutôt aux produits entiers et en morceaux.UN POULET MAIGRE Malgré l’arrivée récente des géants de l’industrie sur le marché du poulet végétal, Dominique est convaincu que son produit se démarque.« Au début, ça nous inquiétait, mais notre demande a continué d’augmenter, explique-t-il.Les grosses compagnies sont allées dans le tout végétal pour satisfaire la chaîne de rôtisseries St-Hubert, mais puisque ce client ne retient qu’un poulet sur cinq, ils en ont à vendre en épicerie.» Les recettes de moulée, c’est Bernard qui s’en occupe, tout comme de l’élevage en général.Le maïs-grain et le tourteau de soya occupent 96 % de la ration.Le reste est composé de vitamines et de minéraux.Aucune farine animale, aucun gras animal, ni même de sous-produits animaux ne sont ajoutés à cette ration.« Notre ration est moins riche en énergie et plus riche en protéines, d’où un poulet moins gras », précise Bernard.La Ferme des Voltigeurs produit elle-même sa moulée, soit 2000 tonnes métriques par an.L’entreprise a aussi son cahier des charges.Elle est actuellement en voie de certification pour faire reconnaître officiellement son type de production tout végétal.Son obtention devrait lui attirer encore plus de clients, croit Dominique.Une autre carte dans leur manche, selon Bernard, est le fait qu’ils produisent les poulets qu’ils commercialisent.Ils voient donc à l’abattoir même les 1-BERNARD ET DOMINIQUE MARTEL acceptent que leurs poulaillers fournissent moins de poulets par année afin d’avoir un produit plus maigre et de fournir diverses grosseurs de poulets.2-3 L’entreprise produit elle-même sa moulée et possède son propre abattoir.résultats de leurs pratiques d’élevage.Ainsi, lorsque leur vétérinaire les a convaincus de modifier le protocole de nettoyage et de désinfection, ils ont tout de suite vu un effet positif sur le diamètre des bourses de Fabricius, un indice de l’état de santé des volatiles.Aussi, depuis que l’équipe d’expédition prend les poulets par les deux pattes, le nombre de portions condamnées a diminué de 40 à 50 %.Cette façon de faire prend plus de temps que la manipulation à une patte, courante dans l’industrie.Or, les poulets ainsi traités risquent moins de souffrir.En cette époque où l’on se soucie de plus en plus du bien-être des animaux, cette précaution est appréciée de l’acheteur.« Il nous faut deux fois plus de temps, mais ça vaut la peine », explique Bernard.Comme les gouttes d’eau qui font la rivière, tous ces petits facteurs expliquent pourquoi l’entreprise parvient incontestablement à se démarquer, te 30 LE BULLETIN DES AGRICULTEURS JUIN 2003 L'IRRIGATION, C'EST RENTABLE nique De plus en plus d’entreprises horticolesfont appel à l’irrigation.Rentable, la pratique est devenue incontournable.PAR PIERRE SAURIOL À bien des moments de la saison, l’irrigation est incontournable.En période de grande sécheresse, sa rentabilité est si évidente que nul ne peut en douter.\lais il y a plus.Lorsqu'il s’agit d’assurer la reprise des plan rules mises en terre dans un sol sec.la quantité d’eau fournie par le planteur ne saurait assurer une reprise rapide.Par grands vents desséchants, l’absence d'irrigation se traduit souvent par la mort des plants.Lorsque le sol est trop sec.plusieurs horticulteurs irriguent légèrement le sol nu avant de semer ou planter.L’irrigation permet alors d’assurer une régularité des plantations ou des semis et de planifier avec précision la date de la récolte.L'irrigation d’un champ assure Picnv SjkiïoL tigmnome, est consultant priiv ?n faitzm/taiv fp.sauriol@sympacico.caJ.sa croissance soutenue.Un apport d’eau régulier permet l’assimilation adéquate des fertilisants après la plantation et assure la disponibilité des éléments mineurs.Comme chaque jour de croissance est utilisé au maximum et que les fertilisants sont assimilables dans la solution du sol.les rendements sont accrus.Ces rendements accrus sont accompagnés de qualité supérieure.En fait, un apport d'eau régulier réduit la plupart des carences minérales liées au stress hydrique : moins de pourriture apicalc sur poivrons et Extrait du Bulletin des agriculteurs de février 1920 « L ’année qui vient de s ’écouler aura apporté à ceux qui se sont faits les champions de la culture par l'irrigation dans I'Alberta et la Saskatchewan, un éclatant témoignage à l'appui de leur propagande en faveur de ce mode d'arrosage, dans les districts où les pluies sont insuffisantes pour donner' au sol le degré d’humidité nécessaire.La grande sécheresse qui a pratiquement détruit la récolte de certaines pairies de ces provinces n 'a pu ajfecter celle des terrains brigués; au contraire, le rendement d'un grand nombre de ces ferries a été supérieur à celui des années passées.» V Albert Gosselin LE BULLETIN DES AGRICULTEURS JUIN 2003 31 tomates; pas de brûlure de pointe sur laitues, choux-fleurs et autres légumes en feuilles; pas de pommes de terre au cœur creux.Enfin, une irrigation régulière favorise une arrivée à maturité égale dans tout le champ, d’où une réduction des frais de récolte grâce à une diminution du nombre de passages.Une telle maturation permet aussi une récolte au stade optimal de qualité.CHOISISSEZ LE BON SYSTÈME Chaque système d’irrigation a ses avantages et ses inconvénients.Lequel choisir ?Lequel est le mieux adapté à votre situation ?Du système dont le mini-asperseur débite 18 L/h à une pression de 10 psi au canon géant qui offre un débit de 3400 L/h à 100 psi, la gamme est vaste.©Le système le plus répandu est encore celui avec tuyaux d’aluminium portatifs et asperseurs.Il coûte cher en main-d’œuvre.Pour couvrir 10 hectares, il faut un préposé six heures par jour.Efficace contre la gelée, ce système assure une bonne germination.S’il est bien géré, il ne fait pas trop de lessivage.L’uniformité de l’irrigation obtenue est fonction du vent et de la distance des tuyaux et des gicleurs.© Le mini-canon crée un système par aspersion qui permet de couvrir de grandes surfaces.En effet, deux minicanons peuvent fonctionner en même temps.Cependant, ce système ne peut contrer la gelée efficacement.Il couvre de plus grandes surfaces que le système précédent.Il nécessite peu d’entretien, et ses besoins en main-d’œuvre sont deux fois moindres que ceux du système précédent.Il faut un canon aux 50 mètres, environ, mais l’uniformité de l’irrigation est plus difficile à atteindre.Le système d’enrouleur avec canon exige peu de main-d’œuvre.Il projette cependant de grosses gouttelettes Le système goutte-à-goutte consomme peu d’eau mais nécessite l’achat annuel de tubulures.INVESTISSEMENT INITIAL REQUIS POUR IRRIGUER 10 HECTARES Système1,1 Investissement (S) par 10 ha Aluminium portatif__________________________18 300_____________ Aluminium portatif avec mini-canon__________20 300_____________ Aluminium semi-permanent avec asperseurs 64 720________________ Enrouleur avec canon________________________37 940_____________ Enrouleur avec rampe d'aspersion____________44000______________ Goutte-à-goutte 10 500 avec achat annuel de tuyaux 6 mil_____________4730______________ La valeur résiduelle de ces systèmes est encore importan te après 10 ans.Source : Dubois et fils Itée, PlastiTech inc., Les Industries Harnois inc.Le système avec canon exige Utilisé au soleil ou par grands vents, le système par peu de main-d’œuvre.aspersion est moins efficace.et il entraîne un coût énergétique plus élevé que les systèmes précédents.©L’enrouleur avec rampe d’aspersion convient aux grandes superficies.Il peut irriguer jusqu’à 35 hectares par semaine si on le fait fonctionner 15 heures par jour.Il est peu énergivore et projette de fines gouttelettes.Il a un gros débit.Assez coûteux à l’achat, il nécessite moins de main-d’œuvre à l’usage que les systèmes précédents.Tous les systèmes par aspersion consomment beaucoup d’eau.De plus, lorsqu’ils sont utilisés au soleil ou par grands vents, on note une évapotranspiration élevée qui en fait des systèmes moins efficaces.© Enfin, le système goutte-à-goutte nécessite l’achat annuel de tubulures.Cependant, il consomme peu d’eau.Il convient spécialement aux cultures sous paillis, mais beaucoup d’horticulteurs l’utilisent sans paillis.Sa mise en place en début de saison en fait un système qu’on peut utiliser à volonté : pas besoin d’attendre la disponibilité de la main-d’œuvre pour le mettre en marche.En production fruitière (pommes, bleuets, vignobles), une installation permanente durera de nombreuses années.Ce système, non efficace pour contrer le gel, utilise une eau filtrée.CAUSONS FINANCES Combien coûte un système d’irrigation ?Il n’est pas facile de comparer les systèmes (voir le tableau).Le coût varie selon la proximité de la source d’eau, ainsi que de la conduite et du design retenus.Ainsi, un dérouleur est plutôt conçu pour de grandes superficies alors que le goutte-à-goutte s’adapte bien à de petites superficies.Les coûts donnés ici le sont donc à titre comparatif.À l’achat s’ajoute la dépense en carburant, proportionnelle à la capacité des pompes.Les coûts en main-d’œuvre varient aussi grandement d’un système à l’autre.Vient ensuite le coût d’approvisionnement en eau : forage d’un puits, certificat d’autorisation, étude hydrogéologique et étang fermier.^3 32 LE BULLETIN DES AGRICULTEURS JUIN 2003 ''*5 % J ZY?3 r du BŒUF NATURE Des producteurs de bœuf et une chaîne de supermarchés du Bas-Saint-Laurent se sont associés pour produire et vendre le Natur'BŒUF, une viande propre à la région.PAR MARIE-JOSÉE PARENT Le Bas Saint Laurent possède une immense richesse : des pâturages d’excellente qualité.Si cette région herbagère convient mal à la production de maïs, elle est bien positionnée pour celle de l’orge.De plus, sa terre peu chère se prête à la production bovine.Celui qui voudrait engraisser du bœuf dans cette région doit tenir compte de toutes ces particularités, et plus.Pour rentabiliser l’opération, il est en effet préférable de dénicher un marché de créneau, de proposer un produit qui se distingue.C’est exactement ce qu’ont fait un groupe de producteurs et une chaîne de supermarchés de la région, aidés du MAPAQ.Le Natur’BŒUF a été officielle- Mitric-Josve l’itmit, jgfoiwmc, est jounuliste (mjparenty'k-Lxillmn.com).ment lancé l’automne dernier.Plus de six mois plus tard, le produit est non seulement toujours en vente, mais on commence à le distribuer plus loin dans le territoire, soit dans les magasins de la chaîne d’alimentation has-laurenrienne de la région de Québec.On vise engraisser près de 2500 bouvillons par année d’ici cinq ans.Le projet a mijoté plusieurs années avant de prendre forme.Dès 1991, on parlait d'un abattoir local et de transformation de viande régionale, rappelle l’agronome du MAPAQ, Christian Pelletier, qui a participe à 1 elaboration du concept et qui en assure le suivi.Durant 10 ans, producteurs et intervenants se sont informés, ont vu à la rédaction d'un cahier des charges et ont effectué des essais.> > > Extrait du Bulletin des apiculteurs d’octobre 1969 « Pour être réaliste, il faut bien admettre qu 'il se consomme actuellement unefois et demie plus de viande provenant de nos bovins laitiers que de nos bovins de boucbei'ie.C'est le produit des vaches dont on se débarrasse, ou des veaux de lait, ou des bouvdlons laitiers auxquels on s'intéresse déplus en plus.» Gaspard Lalande, agronome LE BULLETIN DES AGRICULTEURS JUIN 2003 33 PHOTOS : MARIE-JOSÉE PARENT ours » 110 % mtiiulle el sins tonnent Us croissance ’ iOO qualité connolêe ______ 110 - EP AÜ/ Ayant participé à l’élaboration du projet, l’agronome du MAPAQ CHRISTIAN PELLETIER assure actuellement le suivi concernant la certification.Pour les Supermarchés GP, le Natur’BŒUF est d’abord un outil de développement régional, explique PIERRE DU FOUR, acheteur-superviseur du secteur Viandes, charcuterie et fromages de la chaîne d’alimentation.vraiment différente des autres par son goût et sa qualité », avance Pierre Dufour.La viande n’est toutefois pas biologique.On la dit « naturelle ».« Notre calcul des coûts de production nous confirme qu’ils sont plus élevés qu’en production ordinaire », explique Christian Pelletier.Ce bœuf coûte 11 % plus cher à produire.Une prime de 250 $ par carcasse est donc accordée.Le processus de certification est en « Ça n’a pas fonctionné tout de suite, faute de promoteur et de marché », précise Pierre Dufour, acheteur-superviseur du secteur Viandes, charcuterie et fromages des Supermarchés G P.En 2001, les représentants de GP et ceux de l’UPA et du MAPAQ se sont rencontrés; le projet fut aussitôt lancé.Un test de marché concluant a eu lieu en novembre 2001 dans un supermarché de la région de Québec.Les premiers sujets ont été vendus dès juin 2002, et les tests se sont déroulés durant l’été afin de déterminer le rendement, la conformité, la couleur de la viande et le prix de la marque.Son lancement officiel a eu lieu le 13 novembre dernier.UNE VIANDE DISTINCTE Le Natur’BŒUF est un pur produit du Bas-Saint-Laurent.Il répond à un cahier des charges strict.La plupart des veaux d’embouche (80 %) sont nés dans la région et ils en seront bientôt tous originaires.Leur alimentation, faite en majorité de foin et d’ensilage d’herbe, provient de la région.Aucun mais ou ensilage de maïs n’entre dans la composition de la RTM.On utilise surtout l’orge locale.Aucun implant n’est injecté.Faite à titre curatif uniquement, l’utilisation d’antibiotiques est suivie d’une longue période de retrait.Les bouvillons sont engraissés et abattus dans la région.Le cahier des charges prévoit même la période de maturation et la traçabilité.Des 10 à 12 jours qu’elle dure habituellement, la période de maturation a été portée à 16.En conséquence, les promoteurs affirment que leur viande diffère de ce qui est offert sur le marché.Un numéro de lot sur l’emballage permettra bientôt au consommateur d’obtenir, par un système à établir, de l’information sur la ferme où a été élevé le bouvillon duquel a été tiré son morceau de viande.« Nous voulons offrir une viande Le président de la Coopérative des producteurs Natur’BŒUF Bas-Saint-Laurent, GILLES ST-LAURENT, est enchanté du déroulement du projet et de la collaboration des Supermarchés GP.34 LE BULLETIN DES AGRICULTEURS JUIN 2003 place.Son suivi a jusqu’à présent été effectué par le MAPAQ, mais un organisme de certification devrait bientôt prendre la relève.POUR LE DÉVELOPPEMENT RÉGIONAL Un tel projet sert de moteur à l’économie régionale.Les bouvillons sont nés et élevés dans le Bas-Saint-Laurent; l’abattage a lieu à l’abattoir de Luceville; la coupe se fait à Saint-Cyprien, et la viande est vendue dans les sept supermarchés GP du Bas-Saint-Laurent, une entreprise dont le siège social est à Mont-Joli.La chaîne possède également sept supermarchés associés au géant Métro dans la région de Québec, appelés « Métro GP ».« Notre objectif est d’en faire un outil de développement de la région », explique Gilles St-Laurent, président de la Coopérative des producteurs Natur’BŒUF Bas-Saint-Laurent.On estime les retombées régionales des cinq premières années à plus de 18 millions de dollars, dont 12 millions iront au volet « production ».Producteurs et vendeur espèrent que la dizaine de carcasses abattue actuellement par semaine passera à 50 dans cinq ans.Egalement propriétaire de la ferme Boval de Sainte-Irène, Gilles St-Laurent n’a que de bons mots pour la chaîne de supermarchés qui est partie prenante du projet.« J’ai participé à beaucoup de projets régionaux, et c’est la première fois que nous avons de vrais partenaires — je les appelle ainsi — de développement régional, reconnaît-il.Je suis enchanté.» La Coopérative des producteurs Natur’BŒUF Bas-Saint-Laurent regroupe cinq producteurs, dont deux qui font aussi l’élevage vache-veau.La marque de commerce Natur’BŒUF est propriété des Supermarchés GP.« Elle leur appartient à condition qu’ils voient à son développement », précise Gilles St-Laurent.Il s’agit vraiment d’un partenariat à 50-50 entre les producteurs et la chaîne d’alimentation.Le partenariat a d’ailleurs mené à la formation d’un comité bipartite où siègent trois représentants de chacune des deux parties.Le montant de la prime a été fixé afin de garder les producteurs intéressés.« Nous avons expliqué à la Au moins la moitié de la ration des bouvillons est composée de foin et d’ensilage produits localement.chaîne GP qu’elle devait offrir des avantages si elle voulait fidéliser les producteurs », raconte Gilles St-Laurent.Cette dernière a bien compris.Elle espère en outre pouvoir bientôt protéger le produit par l’obtention d’une appellation d’origine contrôlée.« Actuellement, nous obtenons 80 % des résultats escomptés, résume Pierre Dufour.Les 20 % qui restent relèvent essentiellement de la diffusion de l’information auprès des consommateurs.» Dans ce but, deux journées de démonstration ont lieu chaque semaine dans deux supermarchés ciblés.A l’heure actuelle, le projet n’est pas encore payant pour qui que ce soit.Chaque partie a plutôt investi une bonne somme qu’il reste à rentabiliser.On croit néanmoins que les retombées potentielles, grandement nécessaires dans la région, valent la peine.« Le développement ne nous viendra pas de l’extérieur : c’est à nous autres de nous y mettre », raisonne Gilles St-Laurent.te LE BULLETIN DES AGRICULTEURS JUIN 2003 35 Votre JEunE fils PEUT FAIRE FORCTIORRER UR TRACTEUR FORD FEUTRE .tel est le ROULEMENT de la FORD! La bière de chez nous AUTRE EPOQUE, AUTRES MŒURS Au cours des années, Le Bulletin des agriculteurs fut témoin de révolution de l'agriculture mais aussi de l'apparition (et de la disparition ) de plusieurs produits de consommation s y adressant.On dit souvent que la publicité est le reflet de la société.Nous avons donc consulté nos archives pour vous offrir une série d'annonces publicitaires parues au cours des 60 dernières années.Certaines d'entre elles seraient considérées « politiquement incorrectes » (voire interdites) aujourd'hui.Cela prouve qu 'il n 'y a pas que l'agriculture qui a évolué.Nous espérons vous faire sourire ou vous rappeler de bons souvenirs en parcourant ces annonces.36 LE BULLET INDES AGRICULTEURS JUIN 2003 ,M0°S Voici la raison d'acheter une Ski Whiz MAINTENANT! les “offres spéciales” d’avant-saison Voire vendeur Masaey-Fergueon vous accordera un prix avantageux •I un modo de paiement Incite.PLAN À ACOMPTE SPÉCIAL 0 AVANT-SAISON .Son prix et ses frais d’emploi sont une économie définitive.POUR ÉCONOMISER, MODERNISEZ! 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