Le bulletin des agriculteurs /, 1 juin 2005, juin
JUIN 2005 IHC 3ZH 30 1V3W1N0W noH m sizz 30 no 31VNQI1VN 3(10301011818 1V331 i0d3Q/S3n0ia0I03d ‘d33 S/iSt !0ZIi00Zt3 09C9S00Z 08 SIZtxx Ae quoi se t une marque tout FIER, ÉPEIXIC id Derrière chaque écusson de marque Massey Fergusonmd vous trouvez une technologie à la fine pointe de l’industrie, une fiabilité éprouvée et des options d’équipements qui vous rendent plus productif et plus profitable.Qui plus est, vous allez retrouver cet écusson sur une des gammes d’équipements agricoles parmi les plus complètes de l’industrie.Depuis plus de 157 ans, Massey Ferguson dessine, conçoit et construit des équipements sur lesquels vous pouvez compter et vous fier, génération après génération.Notre engagement à vous satisfaire demeure notre but premier par l'intermédiaire d’un financement flexible, de pièces de qualité et d’un concessionnaire Massey Ferguson toujours à vos côtés, prêt à vous servir.Le tout confirme Massey Ferguson dans son rôle de meneur et en fait, de toutes les marques, celle qui compte le plus de tracteurs au travail dans le monde.À la ferme, sur le chantier ou sur votre propre terrain, vous trouverez un équipement Massey Ferguson et un concessionnaire attentionné pour vous aider à accomplir votre travail plus facilement et plus rapidement, toute la journee., jour apes jour.Massey Ferguson : À quoi se fier, quand tout dépend de vous.Tracteurs sous compacts, GC 2300 Les tracteurs de la série 1500 Les tracteurs semi-moyen de la série 3400 Les tracteurs utilitaires et surbaissés de la série 400 Les tracteurs utilitaires moyens de la série 5400 Les tracteurs moyens des séries 6400 et 7400 es tracteurs grande puissance de la série 8400 Les équipements pour la fenaison es moissonneuses batteuses à séparation rotative es andaineuses auto-propulsées Les chargeurs, accessoires & équipements ison.com • MFI37F04V02 MASS MA Bien arrimer le chargement.FINISSEZ VOTRE TRAVAIL AVANT LE LUNCH LE DODGE RAM HEAVY DUTY 2005.QU’IL SOIT EQUIPE DU PUISSANT ET LEGENDAIRE MOTEUR V8 HEMI™ DE 5,7 LITRES OU DU MOTEUR TURBO-DIESEL CUMMINS™ 6-1 DE 5,9 L PRODUISANT LE COUPLE LE PLUS ÉLEVÉ DE SA CATÉGORIE*, RIEN NE TIRE COMME CETTE BÊTE.Encore plus de preuves qui démontrent pourquoi le Dodge Ram est le camion le plus rapide, le plus solide, le plus puissant, le plus performant et le plus spacieux.C’est la gamme de camions la plus polyvalente au monde.Prenez le volant et mettez-le à l’épreuve.Visitez ou téléphonez au Selon les données disponibles sur les modèles 2005 de la compétition au moment de l’impression. PHOTO DE LA PAGE COUVERTURE : MARTIN LAPRISE sommaire volume 88 n° 7 www.lebulletin.com DOSSIER ¦ FRUITS ET LEGUMES ION ANIM.¦ 14 19 24 ¦ 33 ¦ 28 38 ¦ 41 45 EN COUVERTURE L’ART D’UNE BONNE ALIMENTATION Claude Forest porte une attention particulière à l'alimentation de ses animaux.Il nous livre ses secrets.OMÉGA QUOI ?Depuis quelques années, nous connaissons les œufs oméga-3.Maintenant, nous avons le lait et les fromages oméga-3.VOLAILLES NOUVELLES POUR CONSOMMATEUR EXIGEANT Les producteurs doivent offrir aux consommateurs les différents produits qu'ils recherchent.UN GUIDE À CONSERVER UN GUIDE PRATIQUE POUR IDENTIFIER LA ROUILLE DU SOYA Avec photos couleur et une charte pour déterminer les stades de croissance du soya CULTURES PEUT-ON CHAULER SANS INCORPORER ?Oui, mais on ne devrait pas excéder trois tonnes par hectare.DE LA BIÈRE AU GOÛT D’ICI Un projet qui risque fort d’accentuer le nouvel élan qu’a connu la production locale d’orge brassicole.ÉLEVAGE UN QUAI BIEN CONÇU Pour une manipulation facile des porcs LES VACHES TRIENT LEUR RATION, Un comportement qui peut entraîner l'acidose 48 ¦ 52 m Canada o ROGERS NEMATODES ET VERTICILLIOSE : Deux ennemis communs de la fraise et la pomme de terre VIE RURALE LA VITICULTURE QUÉBÉCOISE.Jeune et prometteuse CHRONIQUES 12 Agenda 10 Billet — Marie-Josée Parent 12 Billet — Lionel Levac 62 C'est nouveau 64 Coup d'œil 65 Cuisine 6 De bouche à oreille 66 Météo juillet 56 Portrait de femme 51 Vie rurale Envoi Poste-publication - Convention 40070230-PAP - No d’enregistrement R 08866.Nous reconnaissons l’aide financière accordée par le gouvernement du Canada pour nos coûts d’envoi postal et nos coûts rédactionnels par l'entremise du Programme d’aide aux publications et du Fonds du Canada pour les magazines.Postes Canada : retourner toute correspondance ne pouvant être livrée au Canada au Bulletin des agriculteurs 4380, Garanti, Saint-Laurent (Québec) H4R 2A3.Courriel : abon_agriculteurs@ postexperts.com.Periodicals Postage Rates are paid at Lewinston, NY 14092.USPS #012-612.U.S.Post-Master : send address changes to Le Bulletin des agriculteurs RO.Box 4541, Buffalo, NY 14240.LE BULLETIN DES AGRICULTEURS de bouche DU MAIS à oreille QUALITÉ DES EAUX ET REDEVANCE SUR LES ENGRAIS HUMIDE POUR LES BOVINS Une recherche, menée au US Meat Animal Research Center, Nebraska, par Shawn L.Archibeque et al., a démontré que le maïs-grain humide, comparativement au maïs-grain sec, réduisait significativement les odeurs produites par le fumier des bovins.Les scientifiques n’ont pas mesuré les odeurs, mais ils ont étudié les composés qui les causent.La fécule qui n’est pas digérée produit beaucoup de composés causant des odeurs dans le fumier.Or, la fécule retrouvée dans le maïs-grain sec n’est pas autant digérée que celle retrouvée dans le maïs-grain humide.Résultat : les bovins nourris avec du maïs-grain humide sont moins susceptibles de produire des odeurs désagréables.Le maïs-grain humide est normalement plus économique dans les élevages qui cultivent leur mais.Mais pour ceux qui l’achètent, il peut coûter trop cher.Source : Agricultural Research Service DES JOURNÉES DE CONGÉ PAYÉES Qui vous remplace sur la ferme quand vous êtes malade ou que vous désirez prendre des vacances ?En France, les agriculteurs ont, depuis plus de 30 ans, ce qu’ils appellent la Fédération nationale des services de remplacement (FNSR).Le service permet à des agriculteurs d'être remplacés en cas de coup dur ou encore pour des congés.Les producteurs paient une cotisation pour faire partie du service.Par la suite, une partie des coûts de remplacement est subventionnée en cas de maladie, accident, maternité ou paternité.Mais jusqu’à tout récemment, ce n’était pas le cas pour les congés.Le premier minitre français, Jean-Marie Raffarin, annonçait, lors du congrès de la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles la mise en place d’une aide financière pour les agriculteurs qui se font remplacer lorsqu’ils partent en congé.« Dans la société moderne, il n’est plus acceptable que les éleveurs bouclent 35 heures en trois jours sans prendre de journée de congé et ce, souvent durant l’année », a dit M.Raffarin.En France, chaque année, 480 000 journées de remplacement, dont 80 000 pour congés, sont ainsi réalisées par 9000 salariés.Au total, 64 000 chefs d’exploitations adhèrent aux services de remplacement.La France compte 600 000 agriculteurs.Sources : Agrisalon.com et Ministère des Affaires étrangères g 5 a Les producteurs agricoles français l’ont échappé belle.Un projet de redevance sur les engrais a été écarté.En fait, le ministre de l’Environnement français mettait en doute l’efficacité économique et surtout l’efficacité écologique d’une redevance.Les Français vont plutôt miser sur la conditionnaiité des aides.Ainsi, en respectant des normes précises, les producteurs agricoles vont toucher de l’aide financière.Par exemple, avec la directive sur les nitrates, les agriculteurs doivent se conformer à sept critères concernant les périodes d’épandages, la couverture du sol en hiver, ou le respect de la dose maximale de 170 kg à l’hectare d’azote organique par an.Ce type de réglementation devrait aider à améliorer la qualité des eaux jugée « pas encore satisfaisante » par le ministre.On estime que 80 % des cours d’eau français et 57 % des eaux souterraines contiennent des résidus, notamment de pesticides.Source : Terre-net 6 LE BULLETIN DES AGRICULTEURS ù Il est reconnu depuis peu qu’une courte période d'exposition à la lumière durant le tarissement augmente la production laitière de la prochaine lactation.Une expérience effectuée par un groupe de chercheurs des universités du Vermont et de l’Illinois nous aide à mieux comprendre ce phénomène.Dans cette expérience, 46 vaches ont été séparées également en deux groupes.Chacun des groupes recevait une photopériode longue (16 heures de lumière, 8 heures de noirceur) ou courte (8 heures de lumière, 16 heures de noirceur) durant le tarissement.Les vaches exposées à une courte période d’éclairage durant le tarissement ont produit plus de lait dans les 16 premières semaines de lactation.Une courte photopériode lors du tarissement rend les futures cellules sécrétrices du pis plus sensibles à la prolactine, hormone responsable de leur développement fonctionnel.Ce traitement permet donc d’accroître le nombre de cellules sécrétrices de lait en début de lactation et ainsi induire une plus forte production de lait.Source : J.Dairy Sci.88:121-127 LE SOYA N'AIME PAS L'ETROIT Réduire l’espacement entre les rangs de soya est-il vraiment un moyen efficace pour atteindre de meilleurs rendements ?Il semblerait que non.En passant d’un espacement de 30 à 20 pouces (75 à 50 cm), les augmentations de rendement peuvent être significatives.Cependant, cet avantage s’atténue à mesure que l’on réduit l’espace entre les rangs et devient nul lorsque l’on passe de 15 à 7 pouces (38 à 18 cm).C’est ce qu’a révélé une étude conduite par le ministère de l’Agriculture de l’Ontario.Plusieurs facteurs mènent à la tendance inverse, soit l’élargissement de l’entre-rang : • coût élevé des semences de soya tolérant au glyphosate; • besoin d’un seul équipement pour semer le soya et le maïs; • meilleure émergence; • diminution de l’incidence des maladies.Source : OMAFRA LE TAUREAU, DE L'ARÈNE À L'ASSIETTE Après le combat dans l’arène, le taureau finit généralement son parcours de façon bien plus anonyme, dans l’assiette d’un gourmet.Lors de la traditionnelle féria de Pentecôte à Nîmes (France), qui rassemble en cinq jours un million de personnes, on dévore environ 200 bêtes à cornes — près de 20 tonnes de viande — sous forme de saucisses, de steaks, de côtes grillées ou encore de ragoûts.Les taureaux de corrida, tués sur le sable, ne représentent toutefois qu’une cinquantaine d’animaux dans ce festin.Selon certains, la viande de ces taureaux se compare à celle du gibier : « fibreuse et un peu sauvage ».La viande des taureaux de combat, souvent réservée à l’avance, n’est pas facile à se procurer et les restaurants ne proposent que rarement sur leur menu ce plat très prisé par les touristes.Source : AFP LE BULLETIN DES AGRICULTEURS 7 S00Z Ninl PHOTO : WON THÉRIEN sooz Him Textes de : Alain Fournier, Martine Giguère, Nancy Malenfant, Marie-Josée Parent et Yvon Thérien rCI 1 n S PAR DOMINIC GRÉGOIRE, producteur de grandes cultures LA TOMATE,UN FRUIT TOXIQUE ?NOUS AVONS SOUVENT INSISTÉ sur l’importance de la prime.Cependant, aujourd’hui la prime est plutôt déprimante ! Car on ne peut plus parler de prime mais d’escompte.Allons-y tout d’abord d’un bref rappel sur la prime.La prime est l’une des deux parties du prix du grain (l’autre étant le CBOT).Elle est constituée de l’offre et de la demande locale, des coûts de transport et du taux de change.Voici donc la situation actuelle : l’offre de mars est très grande et le dollar canadien est plus fort que par le passé.Ces deux éléments font que la prime a fondu comme neige au soleil.Voici comment la prime est devenue escompte.En appliquant le taux de change sur le contrat en cours du CBOT, on obtient un prix à la tonne supérieur au marché local.Exemple : le 25 avril dernier, le contrat de juillet était à 2,17 $.Donc 2,17 $ divisé par 0,81 $, le tout multiplié par 39,368 pour obtenir le prix à la tonne, cela donne 105,47 $ la tonne.Or, cette journée-là, le maïs se vendait à environ 100 $ la tonne.On pouvait donc dire que le prix était escompté de 5,47 $ la tonne.Alors, on parle de prime ou de.déprime ?dgnap@sympatico.ca La tomate a été longtemps considérée comme un fruit toxique et impropre à la consommation.Nos grands-parents la faisaient cuire durant trois heures avant de la consommer pour la rendre comestible.Dans les années 1600, un physicien anglais et herboriste reconnu, John Gerard, écrit dans un mémoire que la tomate ne doit être consommée sous aucune forme.Pour ces raisons, la tomate n’a été durant plusieurs années qu’une plante ornementale dans les jardins.La réputation qu’avait la tomate à cette époque n’était pas complètement sans fondement.Les feuilles et les tiges de la tomate contiennent un alcaloïde, la solanine, qui est impropre à la consommation.Heureusement, certaines personnes croyaient aux qualités de la tomate et tentèrent de la valoriser.L’exemple le plus spectaculaire est celui de l’Américain Robert G.Johnson.Contre l’avis des médecins, il mangea devant 2000 personnes un kilo de tomates.Et il survécut ! Source : L’Agral, février 2005 UNE COURSE DE COCHONS Des chercheurs du Prairie Swine Centre, en Saskatchewan, démontrent que l’amélioration de la manipulation lors du transport des porcs peut réduire de façon importante le stress et les pertes associées à ce stress.Ces chercheurs ont comparé des groupes de porcs circulant dans un trajet de 300 à 400 mètres.Un groupe marchait lentement et était traité avec douceur, alors que l’autre groupe circulait plus rapidement et était traité d’une façon agressive.Certains porcs étaient même soumis à des chocs électriques.« Il y a une différence énorme, dit le Dr Harold Gonyou.Dans le groupe traité avec douceur, un seul porc sur 50 a démontré un signe de stress durant la manipulation.Dans le groupe agressé, 45 % des porcs ont démontré .des signes évidents de réaction au stress.I^K Parmi ceux qui étaient manipulés agressive- ment mais sans bâton, nous avons obtenu J 15 % de porcs démontrant du stress.» Si les f éleveurs de porcs réduisaient le stress causé aux animaux, la mortalité à l’abattoir pourrait également diminuer.Source : Farmscape.ca LE BULLETIN DES AGRICULTEURS PHOTO : MARIE-JOSÉE PARENT OFFRE EXCEPTIONNELLE ! DEUX ABONNEMENTS POUR LE PRIX D’UN OFFRE EXCEPTIONNELLE ! DEUX ABONNEMENTS POUR LE PRIX D’UN ! Se de santé en un temps, un mouvement Ces porcelets ont reçu une première injection defer.Un seul - celui à qui l’on a administré Ferroforte® - n ’aura pas besoin d'une deuxième dose.Ferroforte®, un complexe macromoléculaire de fer facilement assimilable, permet d’administrer l’équivalent de deux doses de fer « ordinaire » en une seule iiyection.Pourquoi exposer vos porcelets à un stress inutile alors qu’il est possible de maintenir un niveau optimal d'hémoglobine tout en réduisant de moitié votre charge de travail?Demandez à votre vétérinaire comment prévenir et traiter les carences en fer chez les porcelets à l’aide de Ferroforte®.et faites d’un fer, deux coups.Vétoquinol 2000, chemin Georges, CP 27 Lavaltrie (Québec) Canada J5T4A9 1 800 363-1700 www.vetoquinol.ca FerroForte Sferile Iron Ocxtran , ¦or Injection 200 mg/mi Injection slerik de fer deitnn 200 mg/mL Uug< vtttnnàK ‘-'Wtoqiiinol r JUIN 2005 leBulletin des agriculteurs JUIN 2005 | VOL.88 | N"7 1200, avenue McGill College, bureau 800 Montréal (Québec) H3B 4G7 info@lebulletin.rogers.com 10 LE VERDICT EST CLAIR : CANCER GENERALISE.Un neuroblastome ronge les organes internes de mon neveu Louis, le fils de ma sœur.Il faut agir vite.Opération pour retirer les organes attaqués, une partie du foie et des glandes surrénales.S’ensuit une chimiothérapie intensive pendant plusieurs mois avec tout ce que ça représente en termes de complications et en voyagements à l'Hôpital Sainte-Justine, parce que Louis et sa famille habitent Saint-Georges-de-Beauce.Trois ans plus tard, l’impensable arrive : une récidive.Heureusement, la tumeur est bénigne et peut être retirée.Entouré d’amour et avec un petit frère, Hubert-Mathieu, Louis est un enfant comme les autres.Presque.Les effets de la chimiothérapie demeurent.Louis a plus de difficultés que ses compagnons à l’école.Trois étés du secondaire, il les passe à suivre des cours de rattrapage.À l’adolescence, Louis doit prendre des hormones pour l’aider à grandir.Mais Louis est un battant.Rien ne le décourage.Aucune épreuve n’est au-dessus de ses forces.Sans doute en connaissez-vous des gens qui, comme Louis, semblent avoir une ressource inépuisable, qui sont source d’inspiration par leur façon d’affronter l’épreuve.Un terme en psychologie définit cette aptitude : la résilience.« Le mot résilience signifie la capacité à réussir, à vivre et à se développer positivement, de manière socialement acceptable, en dépit du stress ou d'une adversité qui comportent normalement le risque grave d’une issue négative.» Cette citation provient de S.Vanistendael et est tirée du livre Un merveilleux malheur, de Boris Cyrulnik.Aujourd’hui, Louis est doublement guéri.Il est bien sûr sorti de sa maladie, et il s’est servi de ce qui lui est arrivé pour en ressortir plus fort.Avec beaucoup de détermination, Louis a obtenu son diplôme de 5e secondaire.Le visionnement d’un reportage présenté à La Semaine verte sur une formation professionnelle en émondage le convainc : « Travailler dehors, c’est ça que je veux faire.» Il est accepté en formation.Il est en voie de la terminer.À 20 ans, la vie sourit à Louis.Il est en amour avec sa copine.Il commence même à accumuler des meubles et de la vaisselle pour son futur appartement.Merci Louis.Merci aussi à tous ceux d’entre vous qui, malgré l’épreuve, relevez vos manches et lancez un clin d’œil à la vie.mariejoseeparent@videotron.ca LE BULLETIN DES AGRICULTEURS Directeur Simon-M.Guertin, M.B.A.simon.guertin@lebulletin.rogers.com RÉDACTION Tél.: (514) 845-5141 Télécopieur : (514) 843-2180 Rédacteur en chef Yvon Thérien, agronome yvon.thenen@lebulletin.rogers.corn Journalistes Emmanuelle Ares, agronome emmanuelle.ares@lebulletin.rogers.corn Martine Giguère, agronome martine.giguere@lebulletin.rogers.corn Marie-Josée Parent, agronome mariejoseeparent@videotron.ca Rédactrice-reviseure Sylvie Bouchard Directrice artistique Sylvie Lévesque Coordonnatrice Johanne Bazinet Collaborateurs Pierrette Desrosiers, Dominic Grégoire, Martin Laprise, Lionel Levac, Nancy Malenfant PUBLICITE Bureau de Montréal Tél.: (514) 845-5141 Télécopieur : (514) 843-2180 Directeur Thierry-Michel Racicot du marketing tm.racicot@lebulletin.rogers.com (514)843-2117 Représentante Anne-Marie Guertin annemarie.guertin@lebulletin.rogers.corn (514) 758-5648 Bureau de Toronto Tél.: (905) 838-2826 Télécopieur : (905) 838-3169 Représentante Lillie Ann Morris lamorris@allstream.net Coordonnatrice de Julie Auger la production Rédacteur publicitaire Charles Campbell Tous droits réservés 1991 Dépôt légal : Bibliothèque nationale du Québec ISSN 0007-4446 Indexé dans Repère Le Bulletin des agriculteurs, fondé en 1918, est publié par Rogers Media et imprimé par Quebecor World.Éditions Rogers Media L'actualité, Châtelaine, Le Bulletin des agriculteurs 1200, avenue McGill College, bureau 800 Montréal (Québec) H3B 4G7 Président Marc Blondeau Vice-présidente, Suzanne Lamouche, c.a.administration Gestionnaire Marie-Claude Caron, c.a.des opérations ROGERS MEDIA Président et chef Anthony P.Viner de la direction Président, Brian Segal Les Éditions Rogers Itée Premier vice-président, Marc Blondeau édition grand public Premiers vice-présidents Harvey Botting, Mitch Dent, Michael J.Fox, John Milne Vice-présidente, Immee Chee Wah planification opérationnelle O ROGERS PAR MARIE-JOSÉE PARENT, agronome UN CLIN D'ŒIL À LA VIE À un an d'âge, branché de partout dans son petit lit d'hôpital, Louis nous lance un clin d'œil, comme s'il nous disait : « Faites-vous en pas, je vais bien.» LIVRE LA MARCHANDISE.ford.ca Pour tout gros travail, le F-150 est le camion qu’il vous faut.Avec sa charpente extrêmement robuste et son puissant moteur V8 Triton", il est capable d’en prendre.Et il vous en donne plus avec sa transmission à 4 roues motrices, sa boîte automatique et sa grande capacité de remorquage.Sans contredit, le F-150 fait le poids face à la machinerie lourde.LE F-150, LE CAMION RÉINVENTÉ UN DUR DE DUR PAR LIONEL LE VAC, journaliste agenda MATCH CANADA-ETATS-UNIS Les échanges commerciaux entre le Canada et les États-Unis, c'est un peu comme une partie de hockey.Sauf que les règles ne sont pas les mêmes pour les deux équipes.D'UN CÔTÉ COMME DE L'AUTRE, on cherche à pénétrer dans le territoire adverse pour aller y compter des buts, y marquer des points.On peut longtemps argumenter à savoir s’il est préférable de donner priorité à l’attaque ou à la défense.Chose certaine, il faut à un moment ou un autre pouvoir passer la ligne et lancer au but.Du côté américain, l’attaque est constante, bien appuyée.L’équipe semble parfaite parce qu’en plus, la défense est impénétrable et le but tout à fait inatteignable.Si on ajoute à cela le recours automatique aux mesures d’intimidation, aux coups bas et aux protêts, il devient impossible pour l’équipe adverse, en l’occurrence le Canada, de penser gagner la partie.Et pour cause.la défense du Canada est poreuse et mal entraînée.L’attaque est à toutes fins utiles inexistante et, de toute façon, elle non plus n’est pas entraînée.Et au filet, le champ est libre, c’est comme si l’entraîneur avait retiré le gardien dès le début de la partie.Mais le Canada est bon sportif.Le personnel derrière le banc a appris par cœur les règles du jeu et les respecte.Par exemple, il est interdit de verser quelque soutien financier que ce soit à un joueur qui veut traverser « la frontière ».Il est louable de montrer un tel esprit.Mais comment expliquer qu’on ne soit pas capable de contrôler le jeu dans son propre territoire et que jamais on ne proteste contre les manœuvres de l’équipe américaine, nettement à l’encontre du règlement.Bien sûr, il est interdit de faire trébucher un joueur.Sauf peut-être si vous êtes en territoire américain.Et les arbitres ?Ils ne sont pas sur la glace.ils ne jugent les plaintes qu’a posteriori.Mais il y a pire encore, il apparaît que ce sont les propriétaires de l’équipe canadienne qui initient le laisser-aller.Ceux-ci ferment les yeux, laissant le champ libre à toutes les attaques adverses.Pourtant, il suffirait de passer le mot pour que l’on bloque « la ligne bleue », en fait, pour que l’on utilise exactement la même stratégie que les Américains.On pourrait aussi verser un certain pécule aux joueurs qui veulent pénétrer en zone américaine, même si ce « soutien » n’atteint pas le niveau de celui versé aux membres de l’équipe états-unienne.Au rythme où vont les choses, le Canada va se faire voler la partie et bientôt il n’y aura plus de « hockey » au Canada.P.-S.- Changer le mot hockey par.gestion de l’offre.¦ 2 juin Tournée provinciale 2005 du CEPOQ Centre d’expertise en production ovine du Québec Chaudière-Appalaches/Québec Information : (418) 856-1200 ¦ 4 juin Tournée provinciale 2005 du CEPOQ Centre d’expertise en production ovine du Québec Abitibi-Témiscamingue Information : (418) 856-1200 ¦ 9 et 10 juin UPA - AGA - Porcs Information : (450) 679-0530 ¦ 9 et 10 juin Symposium SPPQ Société de protection des plantes du Québec Hôtel Best Western Cartier, Hull/Gatineau Information : (418) 657-7985 poste 220 ¦ 14 au 16 juin 19° Congrès de l’AQSSS Association québécoise des spécialistes en sciences du sol Saint-lgnace de Stanbridge Information : www.sbf.ulaval.ca/aqsss.htm ¦ 17 et 18 juin 68’ Congrès de l’Ordre des agronomes du Québec Hôtel Clarion de Sainte-Foy Information : (514) 596-3833 SERVICES AUX LECTEURS SI VOUS DÉSIREZ • vous abonner, vous réabonner ou offrir un abonnement-cadeau; • nous signaler un changement d'adresse (veuillez préciser l'ancienne adresse); • suspendre temporairement votre abonnement; • nous aviser d'un problème de livraison; • que votre nom ne soit pas divulgué à des entreprises ou organismes sélectionnés, COMMUNIQUEZ AVEC NOUS: Téléphone (de 9 h à 17 h, heure de l'Est) Montréal : (514) 333-9145 De l’extérieur de Montréal, sans frais : 1 800 665-5372 Télécopieur : (514) 333-9795 Site interactif : www.lebulletin.com/abonnement 1200, avenue McGill College, bureau 800 Montréal (Québec) H3B 4G7 TARIF D'ABONNEMENT (12 NUMÉROS) Canada (taxes incluses) : 59,81 $ International : 75 $ Tarif en vigueur jusqu'au 31 décembre 2005 Protection des renseignements personnels À l'occasion, nous partageons nos listes d'abonnés avec des sociétés ou des organismes sélectionnés, dont les produits ou services pourraient vous intéresser.Toutefois, si vous préférez que ces données (votre adresse postale ou électronique) ne soient pas transmises et souhaitez que votre nom soit retiré de ces listes, vous pouvez le faire facilement en nous appelant aux numéros de téléphone précisés plus haut ou en nous écrivant à l'adresse électronique suivante : info@lebulletin.rogers.com.Le Bulletin des agriculteurs reçoit, de temps à autre, des commentaires et des documents (y compris des lettres à l'éditeur) non sollicités.Le Bulletin des agriculteurs, ses sociétés affiliées et cessionnaires peuvent utiliser, reproduire, publier, rééditer, distribuer, garder et archiver ces soumissions, en tout ou en partie, sous quelque forme ou sur quelque support que ce soit, sans aucune rémunération de quelque nature.LE BULLETIN DES AGRICULTEURS Remontant haute performante -*U Electrolytes Plus Maladie, manipulation, changement d'environnement ou de température.Ces situations stressantes peuvent entraîner une diminution de l'appétit chez les porcs.Déficiences vitaminiques et déshydratation risquent de s'ensuivre.Procurez à vos porcs un soutien nutritionnel de haute qualité en ajoutant à leur eau d'abreuvement Electrolytes Plus, une poudre hautement soluble aromatisée et sans sucre qui : ?rétablit l'équilibre électrolytique; ?comble les déficiences vitaminiques; ?stimule l'appétit; ?favorise une consommation accrue d'eau.Electrolyte» Plus Aidez vos porcs à tenir le coup.Offrez-leur Electrolytes Plus! 0Vétoquinol 2000, chemin Georges Lavaltrie (Québec) Canada J5T 3S5 1 800 363-1700 www.vetoquinol.ca y ' dossier alimentation animale Un troupeau d’élite, de l’herbe et du foin de qualité, de belles installations, et surtout une bonne compagne, Louiselle Brûlé.Voilà les éléments du bonheur, selon l’éleveur Claude Forest.En 1979, Claude Forest achète une ancienne ferme laitière et y installe un troupeau de 20 vaches pur sang Hereford de qualité moyenne.Depuis, il n’a jamais cessé d’en améliorer la génétique.! ffl LE BULLETIN DES AGRICULTEURS TEXTE : MARIE-JOSÉE PARENT, agronome PHOTOS : MARTIN LAPRISE Depuis plusieurs années, Claude Forest est reconnu pour la qualité génétique de son troupeau.Ce que les gens savent moins, c'est qu'il porte la même attention à l'alimentation de ses animaux.D’UNE BONNE ALIMENTATION LA FERME CLAUDE FOREST, de Saint-Damien, dans Lanaudière, compte un troupeau qui fait la fierté de son propriétaire.Depuis l'achat de la ferme, en 1979, Claude Forest a toujours élevé des vaches Hereford pur sang.Dans les expositions et en stations d’épreuves, ses sujets ont remporté les honneurs.Mais pour faire un bon troupeau, il faut une alimentation de qualité.De ce côté, Claude Forest a la bonne recette.« J’essaie de produire un foin de qualité », résume simplement l'éle-veur.Puisque ses terres suffisent tout juste pour produire tout le foin dont il a besoin pour son troupeau de 65 vaches, Claude Forest cherche à opti- miser la production selon ce que lui offre Mère Nature.Ses prairies renferment trois mélanges : mil-trèfle sur 19 hectares, mil-dactyle sur 13 hectares et mil-luzerne sur 12 hectares.Des prairies impeccables Au printemps, les champs sont fertilisés par le fumier et avec du nitrate (34-0-0) à raison de 106 kg à l'hectare (80 livres à l’arpent).Les sols contiennent suffisamment de phosphore et de potassium.Jusqu’en 1987, Claude Forest était également producteur de poulets.Le fumier épandu alors a grandement enrichi les sols, un effet qui dure longtemps.Des analyses de sols sont effectuées à tous les deux ans.On évalue azote, phosphore, potassium et pH.« Le pH se maintient toujours entre 6,8 et 7, précise Claude Forest.J’ajoute de la chaux à tous les deux ans, avec du magnésium, parce que j’ai déjà eu des problèmes de déficience en magnésium.» Le sol près des bâtiments et de la maison est argileux, mais il devient plus loameux en s’éloignant.« La température est plus froide ici qu’à d’autres endroits au Québec, précise Claude Forest.On parle de 2200 unités thermiques.» Ce qui explique les deux coupes.La première débute autour du 18 juin et dure une semaine, selon la température.Les graminées sont alors épiées à environ LE BULLETIN DES AGRICULTEURS m dossier alimentation animale La température locale permet deux coupes par année, entreposées sous forme de foin sec pour la première coupe et sous enrobage pour la deuxième.En raison de la saison difficile de l’année dernière, une partie du foin de première coupe a été enrobée.DE FENAISON de tout pout tous de Monsanto Canada « L’utilisation de transplants s’est aussi avérée peu efficace », ajoute l’agronome.« Dans la pomme de terre, conclut Jean Coulombe, la rotation avec le millet perlé a un effet positif sur la réduction de l’incidence de la verticilliose et des populations de nématodes.L’apport de fumier augmente les rendements et contribue à améliorer la structure du sol.» Dans la fraise, les essais de rotations doivent se poursuivre ce printemps afin de valider exactement quelles cultures de rotation permettent de réduire l’incidence des deux ravageurs, fe martine.giguere@lebulletin.rogers.com Cet projet fut réalisé grâce au soutien financier du Conseil pour le développement de l’agriculture du Québec (CDAQ), du ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec (MAPAQ), d'Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC), de l’Institut de recherche et développement en agroenvironnement (IRDA) et des producteurs du Réseau de lutte intégrée Orléans (RLIO).50 LE BULLETIN DES AGRICULTEURS PAR PIERRETTE DESROSIERS QUAND L'ENVIE NOUS RONGE « Lorsqu'un de mes amis réussit, quelque chose en moi s'éteint.» Gore Vidal « POURQUOI MON FRERE AGIT-IL DE LA SORTE ?Pourquoi me ridicu-lise-t-il devant les autres ?Pourquoi ment-il à mon propos et m’abaisse-t-il face à mon père ?Comment se fait-il qu’il ne puisse jamais admettre un de mes bons coups ?Se pourrait-il qu’il m’envie ?» me demande Sylvain.Et oui, il se peut fort bien que ton frère t’envie.On peut convoiter l’argent, le statut, le pouvoir, la reconnaissance, la réussite ou l’entreprise.Ce sentiment désagréable suscite différentes formes d’émotions telles la colère, la frustration, la pitié pour soi-même, la méchanceté ou la revendication.De multiples stratégies sont mises en œuvre pour se défendre de l’envie : médire, se venger, rabaisser l’autre, l’idéaliser ou souhaiter le dépasser.Cependant, l’envie peut avoir un aspect positif.Elle peut stimuler notre désir d’accomplissement tout en nous laissant conscients des limites de nos capacités et de nos ressources réelles.L’envie est un sentiment honteux qui nous habite tous à l’occasion, une émotion difficile à identifier.Moi envieux ?Jamais de la vie ! Déjà, dans les écrits bibliques on disait : « Tu ne convoiteras rien de ce qui appartient à ton prochain, ni sa femme, ni sa maison, ni son champ, ni son serviteur, ni sa servante, ni son bœuf, ni son âne.» Et si on ajoutait ni son tracteur, ni son quota, ni ses pur-sang ?L’envie de ce que le voisin possède peut coûter beaucoup à certains producteurs.Elle entraîne des excès et certains en paient le prix.Pourquoi envie-t-on ?On envie chez l’autre certains éléments qu’on croit nécessaire à notre bonheur.Paradoxalement, plus on se concentre sur les possessions d’autrui, plus notre malheur s’accroît.Tout simplement parce qu’en enviant l’autre, on ne réalise plus ce qu’on a.On n’arrive plus à juger sa vie de façon favorable.La capacité d’être conscient de ce qu’on possède et de l’apprécier s’avère déterminante pour le bonheur.Tel un poison mortel, plus l’envie nous Tel un poison mortel, plus l'envie nous habite, plus elle nous intoxique, car il y aura toujours quelque part quelqu'un de plus beau, plus riche, plus intelligent, plus populaire, qui réussit mieux que nous.habite, plus elle nous intoxique, car il y aura toujours quelque part quelqu'un de plus beau, plus riche, plus intelligent, plus populaire, qui réussit mieux que nous ou qui possède une entreprise plus prospère.Pour être heureux, il faut cesser de désirer des choses irréalistes ou qui coûtent trop cher pour nous.Il s’agit de ramener notre idéal à ce qui nous est accessible et, surtout, de se souvenir que l'autre est rarement plus satisfait parce qu'il en a plus que nous.Sachez qu’il lui arrive souvent, lui aussi, d’envier quelqu’un d’autre.À ceux qui suscitent de la convoitise à cause de leur réussite en couple, en famille ou en affaires, ou tout simplement parce qu’ils sont heureux dans la vie, rappelez-vous que le succès ressemble à un fromage Oka : un mets savoureux pour celui qui le déguste, mais qui peut empester les autres.Alors, êtes-vous de ceux qui savourent leur fromage ou de ceux qui reniflent celui du voisin ?Pierrette Desrosiers, Mps, CRHA, est copropriétaire d’une ferme laitière et psychologue du travail.pierretted@lincsat.com www.pierrettedesrosiers.com LE BULLETIN DES AGRICULTEURS 51 JUILN 2005 Cette jeune activité en est à une période critique de son développement et connaît une grande effervescence.PAR LIONEL LEVAC.journaliste Iture de chez nous LE BULLETIN DES AGRICULTEURS e Québec ne compte que 150 hectares de vignes répartis dans une quarantaine de vignobles.Malgré cette taille encore sobre, on retrouve une grande diversité de cépages, des tendances diverses et une gamme très large de produits.Les vignerons du Québec sont de diverses écoles, tantôt traditionnelle, tantôt innovatrice ou avant-gardiste.Dans un clan comme dans l'autre, il y a, et ils sont majoritaires, ceux que l’on qualifie de puristes.Ceux-ci ne veulent produire, élever et commercialiser que des produits tirés directement du raisin de leur vignoble ou de propriétés où la régie de culture sera semblable à la leur.Ce n’est qu'à cette condition que l’on édifiera une industrie vinicole digne de ce nom et que l'on pourra au fil des ans définir vraiment les terroirs viticoles du Québec.Pour le moment ce sont l’expertise, le service conseil et le suivi technique qui font défaut au plan cultural.Ceci prive les viticulteurs de bons volumes de fruits, si ce n’est parfois carrément de raisins de qualité.Dans les ateliers, du pressage à la mise en bouteille, on sent encore beaucoup d’hésitations chez nombre de vignerons.Ceux-ci s’en tiennent à des recettes ou des pratiques d’ailleurs, au moins jusqu’à ce qu’ils cernent eux-mêmes la façon juste de tirer le meilleur de leurs raisins.Ils sont peu nombreux à pouvoir les conseiller.Officiellement, le MAPAQ n’a qu'un agronome conseiller en viticulture.Il s’agit de Richard Lauzier de Bedford.Du côté d'Agriculture et Agroalimentaire Canada, on mène divers travaux de recherche, selon la formule du partage des coûts avec le secteur.Les travaux sont encore très limités compte tenu de la forte demande et du vaste champ qu’il faudra couvrir pour bien desservir cette production émergente.Peu à peu les résultats de travaux arrivent.L’an dernier, par exemple, après cinq ans de relevés systématiques on a pu définir que 90 % des insectes que l’on retrouve dans nos vignobles ne nuisent pas à la culture.On peut donc maintenant mieux cibler les interventions sur les véritables ravageurs.Quelques consultants privés offrent également leurs services.Certains, comme David Cottineau et Jean-Paul Martin, ont apporté leur bagage de France.D’autres sont techniciens ou agronomes et veulent se spécialiser.Le secteur vinicole québécois souffre par ailleurs depuis ses tout débuts de problèmes d’image et de commercialisation.Plusieurs vignerons reconnaissent que les premiers vins québécois n’étaient pas à la hauteur des attentes.Mais ils n’admettent pas que leurs pourfendeurs s’en tiennent encore à un discours fermé pour cataloguer tous les vins québécois de piquettes.En effet, de grands noms de la restauration québécoise n’hésitent pas à proposer des vins d’ici.Et au fur et à mesure que d’autres vins vont atteindre les qualités requises, ces chefs sont prêts à les offrir avec leurs plats.Les vignerons québécois ont montré, à leur dernière assemblée générale annuelle, une grande détermination à viser toujours davantage la qualité.Même si les conditions ne satisfont pas tous les vignerons, leur association pourrait bientôt adhérer au programme canadien de reconnaissance V.Q.A.(Vintage Quality Alliance).Les vins québécois seront dès Le paysage agricole québécois s’est enrichi d’une nouvelle 4 culture, celle de la vigne.Une production difficile pour | laquelle l’expertise et le soutien technique font encore S défaut.LE BULLETIN DES AGRICULTEURS JUIN 2005 < Le propriétaire du Domaine de l’île Ronde, Jocelyn Lafortune, évalue sa dernière récolte.Certains vins seront assemblés en cuves, d’autres vieilliront en fûts de chêne.A Carole Laverdière et Roger Dulude implantent actuellement leur vignoble des Côtes du Gavet, à Warwick.Comme tant d’autres, ils y mettent beaucoup de passion et, jusqu’à ce qu’ils aient beaucoup appris, ils cherchent conseil chez d’autres vignerons et auprès de conseillers.Les propriétaires du Vignoble Les Trois Clochers de Dunham, Nadège Marion, biologiste, et Robert Brise-bois, géologue, donnent priorité au travail dans le vignoble.« Sans une viticulture efficace et soigneuse, les vignerons sont privés de raisins de qualité et peuvent difficilement faire de bons vins.» Pour eux, le travail « agricole » prime.lors classifiés et considérés sur des bases semblables à celles des grandes régions viticoles canadiennes que l’on retrouve en Ontario et en Colombie-Britannique.Également, dans un monde où chacun apprend souvent de ses propres expériences, sept vignerons et autres intéressés ont créé l’École de viticulture et de vinification du Québec.L’un d’eux, Alain Brault, du vignoble AMY de Brigham et aussi producteur de plants, croit qu’un minimum de connaissance est nécessaire pour se lancer dans la viticulture et la production de vin.Pour ce qui est de la commercialisation, les vignerons ont maintenant de meilleures relations avec la Société des alcools.Certains souhaiteraient pouvoir choisir eux-mêmes les points de vente de leurs produits, mais, d’un autre côté, la SAQ leur permet de certifier la qualité des produits qui lui sont livrés.A Le Domaine des Côtes d Ardoise de Dunham est le plus vieux vignoble au Québec.Jacques Papillon l’a acquis en 1983 et souhaite comme plusieurs un soutien gouvernemental.
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