Le Pays, 27 novembre 1868, vendredi 27 novembre 1868
MONTRÉAL, VENDREDI 27 NOVEMBRE 1868.No.3 Vol.XVII, LE PAYS EDITION HEBDOMADAIRE.et de' fougère deux énormes cétacés qu’il montra méchamment à Claude pour le narguer.—Eh ! ma mignonne, demanda Marthe à Catherine, nous diras-tu, si ce n’est du ciel, d’où nous arrivent ces richesses ?—C’est monsieur Roger qui nous les envoie, répliqua la petite vierge montrant la lettre qu’elle tenait encore à sa main : je vous Payais bien dit, ajouta-t-elle, que c’était un fils de roi.—Qu’il soit béni ! s’écria Marthe avec effusion.—Oui, oui, qu’il soit béni, répéta le marguillier ; car c’est grâce à lui ajouta-t il dans sa pensée, q pauvres écus l’ont échappé belli une fois.On pense bien que durant le reste de la soirée il ne fut question que de Roger : Claude fut le seul qui ne chanta pas les louanges du jeune étranger.Il avait pâli en l’entendant nommer, et son nez,naturellement en trompette, s’était recourbé en.replis tortueux.Il se tint d'abord silencieux et taciturne ; puis, voyant qu’il n’était pour lien dans les préoccupations de Catherine qu’absorbait tout entière l’image de l’absent, il se leva d’un air sombre et se retira, après avoir mis tristement dans sa poche son ablette et ses deux goujons.ré de Saint-Sylvain, tant de bonnes et charmantes choses, que je suis tout honteux et confus de la modicité de l’offrande que vous avez daifcné accep ter.Je pense à la soutane de monsieur votre oncle, au surplis de son vicaire, à la réception de Monseigneur, et je me demande comment, avec une si faible somme, vous pourrez subvenir à tant de dépenses et parer à de si grands embarras.Permettez-moi donc, mademoiselle, do mettre à votre disposition quelques objets qui ne vous seront peut-être pas tout à fait inutiles dans la solennité qui se prépare.En ne me refusant point, vous m’associerez, pour ainsi dire, à vos bonnes œuvres; et c’est moi, mademoiselle, qui resterai votre obligé.FEUILLETON.* CATHERINE.IV en NOUVEAUX EMBARRAS.Harcelé, enveloppé de toutes le marguillier paraissait près rendre, et peut-être allait-il lâcher quelques pièces, lorsqu’on entendit tout d’un coup le pas d'un cheval qui s'arrêta devant la porte de la cure.Catherine courut à une fenêtre ouverte, et, avançant sa brune et jolie tète, elle aperçut un paysan qui se tenait debout près d’un bidet chargé de sacoches.La petite vierge ne fit qu’un bond de la «âtiê à la porte du presliylvre.—Est-ce vous, demanda le paysan, qu’on appelle mademoiselle Catherine, et qui êtes la nièce du curé de Saint-8} 1 vain ?—Oui, mon ami, dit la belle enfant déjà rouge d emotion et- de plaisir; qu’y a t-il pour votre service ?—Voici ce qu’on m’a chargé do vous remettre, répondit le paysan en déposant à terre les énormes sacs qui pendaient sur les flancs de la bête ; puis, il tirade sa poche une lettre que Catherine prit d’une main tremblante.—C’est de la part de M.Roger, ajouta-t-il, et, sans plus attendre, il enfourcha le bidet qui partit au trot, avant que Catherine eût le temps d’adresser une question et d’exprimer un remercî-ment.C’était la première lettre que recevait à son adresse la petite Vierge.Elle resta quelques instants1 à la tourner entre ses doigts, à considérer le cachet armorié, à examiner, d’un regard curieux et acharné, la souscription tracée en caractères élégants sur un papier fin et satiné.Bref, elle se décida à déchirer l’enveloppe, et tout d’abord il s’en échappa un doux parfum dont Catherine se sentit aussitôt pénétrée.Elle déplia lentement le double feuillet et lut les lignes que rts, e se ue mes e encore “Roger.Debout sur le pas de sa porte, Catherine se préparait à relire pour la quatrième fois cette lettre, lorsqu’elle fut tirée brusquement du charme qui l’enveloppait, par les exclamations d’une joie bruyante et sauvage.Elle se retourna et vit Marthe, Claude et son père occupés, dans la salle, à vider les deux sacs que le messager avait déposés sur le seuil.La figure de Marthe rayonnait,celle du marguillier resplendissait ; Claude dansait autour des deux sacs, comme un cannibale autour des victimes qu'il se prépare à dévorer.—Une oie ! deux oies ! trois oies ! criait Marthe en tirant en effet du sac où elle plongeait son bras jusqu’au coude, trois belles oies, Manches comme des cygnes.—Deux services de toile damassée ! criait de son côté Le marguillier en train de fouiller l'autre sac.—Bonté divine 1 un quartier de chevreuil ! disait Marthe, près de se trouver niai., ' ; ,* —Justice céleste ! disait.maître Noirci, deùk boites d’argenterie ! —Du vin cacheté,'*! ajoutait Marthe en déposant une à une sur le carreau Vingt bouteilles au goulot enduit de cire.petite vierge veilla bien avant dans la nuit, seule avec Marthe, et ne se lassant point de l’entretenir de Roger, tandis que celle-ci plumait ses oies et s’occupait des,apprêts de la fête.Enfin, sur le coup dg minuit, sa nourrice exigea qu’elle s'allât coucher, lu .faisant observer qu’elle aurait à so lever au point du jour, et qu’il lui restait à peine quelques heures d> sommeil et de repos.La jolie fille obéit, mais elle ne dormit guère, et l’aube la trouva éveillée, vive, alerte comme une pochéede souris.LA SAINT-SYLVAIN.La V.Enfin il se leva ce grand jour, cause innocente, nous l'avons déjà ùit, de tant de trouble et de perturbation.A quatre heures et quelques minutes, le disque enflammé du soleil monta lentement dans l’azur du del, et l’unique cloche de l’église rùstiquê sonna à toutes volées en l’honneur de saint Sylvain.François Paty, qui, chant rien de ce qui s’était passé la —Un pâté ! s’écria le maître d’école en tombant en arrêt devant une citadelle de croûte dorée d'où s’exhalait un fumet enivrant de hachis de lièvre et de perdrix.—Du café ! dit Marthe, du sucre ! voici : «Mademoiselle, «Depuis que j’ai eu l’honneur de vous rencontrer dans le parc du châ- des liqueurs ! -sijrieô teau de Bigny, il m'est revenu, autant —Deux carpes ! s’écria Noirel en sur votre compte que sur celui du eu- dégageant de leur linceuil de mousse- ne sa- Vcl.XVII LE PAYS.34 deux pauvres créatures ne sont pas même en état de donner une petite collation à Monseigneur et aux desservants qui seront ici dans une heure.Je dois même vous avouer, qu’en dépit de ma soutane neuve et de votre magnifique surplis, je reste dans un assez vif embarras.Pour parler net.je ne sais véritablement pas comment nous allons nous tirer d’affaire.Un repas de trente couverts, quand nous n’avons même pas la nappe et les serviettes ! J’avais compté hier sur la pêche de Claude ; ce malheureux n’a " que deux goujons et une ablette.L’éclat de votre surplis et le luxe de ma soutane ne feront que mieux ressortir l’indigence de notre table.Vous savez le proverbe, mon ami : culotte de velours et ventre de son.Je crains bien que Monseigneur ne se le rappelle aujourd’hui.Ainsi parlant, le bon curé marchait dans la chambre et s’arrêtait de temps temps devant quelques pieuses images qui tapissaient çà et là les murailles blanchies à la chaux.Il était occupé depuis quelques instants à contempler une sainte Catherine qui semblait lui sourire, quand le vicaire, qui se tenait dans l’embrasure d’une fenêtre, jeta tout d’un coup un grand vous m’étouffez ; ne me serrez pas de la sorte.—Ah ! monsieur le curé, quelle surprise ! s’écria le vicaire en le serrant plus fort.Quelle reconnaissance ne vous dois-je pas ! C’est plus nue la vie que vous me sauver, c’est l’honneur.—Mon bon ami, dit doucement François Paty, lâchez-moi, si vous ne voulez que je meure.Voyons, ajouta-t-il après être enfin parvenu à s’arracher aux enlacements d’une gratitude effré-née,qu’avez-vous à parler de surprise de reconnaissance ?En fait de surprise, je doute que la vôtre soit égale à la mienne.—Ah ! monsieur le curé, vous m’avez comblé ! s’écria le digne s’efforçant de porter à ses lèvres la main du pasteur qui s’en défendait.—Comblé de quoi ?demanda celui-ci.De grâce, mon bon ami, expliquez vous plus clairement; car il m’est impossible jusqu’à présent de rien comprendre à vos discours.—C’est pourtant assez clair comme Cela, répondit le vicaire en s’examinant complaisamment des pieds à la tête, et en tournant sur lui-même avec l’innocente coquetterie d’une jeune fille qui essaye devant sa mère sa première robe de bal.—Grand Dieu ! s’écria tout d’un —Qu’y a-t-il encore ?demanda coup François Paty dont ce petit François Paty.manège avait fini par attirer et fixer Et, se retournant vivement, il aper-l’attention distraite : que vois-je ?un çut son vicaire debout, immobile, les surplis neuf ! Tu quoque, mi ftli ! mains jointes, dans une attitude exta- —Vous le voyez, monsieur le curé, tique, complètement absorbé par ce reprit le vicaire en l’embrassant de qui se passait au dehors.Il s’appro-nouveau, mais en y mettant cette fois cha.de la fenêtre qui ouvrait sur la moins de chaleur et d’emportement, terrasse de la cure, et, s étant penché vous le voyez, je me suis paré de vos pour voir ce qui fixait à ce point rat-dons pour venir vous en remercier.tention du jeune lévite, à son tour il -^-vest, ma foi, bien un surplis neuf, poussa un grand cri, puis il resta dans répéta le vieux curé en se promenant une muette extase devant le specta-autour de son vicaire.Ah ça, mais il de qui s’offrait à ses yeux, en pleut donc des surplis, des aubes C’est que c’était bien en effet le spec-et des soutanes ! c’est donc comme la tacle le plus merveilleux auquel Fran-manne dans le désert ! Tenez, ajouta- cois Paty pût en ce moment souhaiter t-il en montrant les objets étalés sur d’assister.Il aurait vu le bon saint son lit, voici ce que je viens de trou- Sylvain lui-même apparaître dans la ver ici en rentrant.Je vous assure, cour du presbytère, qu’il n’en eût mon bon ami, que vous ne me devez été ni plus étonné, ni plus ravi, ni plus aucun remerciaient et que je suis joyeux.Qu’on se figure, sous le dô-étourdi autant que vous d’une si me des grands marronniers dont la étrange aventure.terrasse était plantée, une longue ta- —Comment, monsieur le curé 1 ce ble formée, à vrai dire, des planches n’est pas vous.étayées par des tréteaux et par des bar- —Non, mon ami, ie puis vous l’affir- riques, mais le tout recouvert et earner, et je croirais a un double mira- ché par une belle nappe damassée de, si nous n’étions, vous trop jeune dont les plis tombaient jusqu'à terre, encore et moi trop indigne, pour qu’il An milieu, se prélassait majestueuse-nous soit permis de supposer que ment un pâté colossal, flanqué de deux Dieu ait daigné faire des miracles en carpes au bleu dont les écailles relui-notre faveur ; à moins pourtant que salent comme une cuirasse d’azur, le bon saint Sylvain, touché de notre L’argenterie étincelait à côté de cha-peine, n’ait bien vivement intercédé que assiette, et çà et là, au milieu des pour nous, ajouta-t-il en hochant la fleurs dont la table était chargée, s’é-tête.levaient comme de petites pyramides, —Ne serais-ce pas plutôt la bonne des flacons au col allongé.En même Marthe et mademoiselle Catherine ?temps, un parfum inusité montait de —Vous oubliez, mon ami, que les la cuisine de Marthe et se mêlait agré- veille au soir, n’avait guère mieux dormi motif s’habilla à la hâte, et, selon sa coutume, sortit du presbytère pour aller lire son bréviaire en se promenant à travers champs, car il pensait que le cœur de l’homme s’élève plus aisément vers le Créateur, au milieu des splendeurs et des merveilles de la création.L’air frais du matin le calma ; le spectacle toujours jeune et toujours nouveau des éternelles beautés de la nature lui fit oublier pour quelques instants les préoccupations qui l’obsédaient.Il allait le long des blés, lisant, tantôt fermant son livre, et s’arrêtant pour méditer cet autre grand bréviaire que Dieu a lui-même écrit avec tout ce oui fleurit et verdoie, avec tout ce qui chante et respire.Il allait, contemplant avec un sentiment de reconnaissance exaltée ces bois, ces près, ce vallon, ces coteaux, et il remerciait Dieu qui lui permettait core une fois de l’admirer et de le bénir dans son œuvre.que sa nièce, mais pour un différent, offrit son âme à Dieu, et rai tantôt en en en- Ce moment d’ivresse religieuse fut court ; les paysans des environs, qui se rendaient à Saint-Sylvain, ramenèrent bientôt le bon pasteur au senti ment de la réalité.En les voyant tous, jeunes et vieux, filles et garçons, g très de leurs habits de fête, François aty ne peut s’empêcher de faire un triste retour sur lui-même, et il s’en revint soucieux, songeant avec effroi à la collation de «Monseigneur, et regardant d’un air contrit ses gros souliers ferrés, ses bas de coton noir blanchis par les années, et sa malheureuse soutane déchiquetée par la faulx du temps.De retour à la cure, il gagna sa chambre aussitôt ; mais à rine y fut-il entré qu’il faillit tomber la renverse, en apercevant, étalés sur son lit, une paire de bas de filoselle jouant la soie à s’y méprendre, des souliers à boucles d’argent, une aubre resplendissante, enfin une soutane neuve taillée dans un du pays, qu’avec un peu volonté on aurait pu prendre aisément pour du Louviers ou de l’Elbeuf.Le bon curé demanda d’abord si ce n’était un rêve, puis, après s’être assuré qu’il était bien éveillé, il toucha tous ces objets l’un après l’autre pour se convaincre qu’il n’était pas le jouet d’un mirage.Il tenait encore l’aube entre ses mains, et il ne se lassait point d’en admirer les riches broderies, quand tout d’un coup la porte s’ouvrit pour donner passage au vicaire, qui se précipita comme une trombe dans l’appartement et se jeta sur François Paty qu’il enlaça de deux bras de cri.i petit drap de bonne pas fer.—Mon ami, qu’y a-t-il?qu’avez-vous, mon bon ami ?demanda le curé tout effaré en essayant de se dégager des étreintes de son vicaire.Mon cher ami > — -U e.— Vol.XVII LE PAYS.35 blement aux émanations embaumées d’une fraîche matinée de printemps.Après plusieurs minutes silencieuses, le curé elle vicaire, par un mouvement simultané, tombèrent dans les bras l’un de l’autre et se tinrent longtemps embrassés.En cet instant, Catherine entra, souriante et parée, dans la chambre de son oncle.—Viens, chère fille, viens dans mes bras, s’écria François Paty en l’attirant doucement sur son cœur ; car c’est toi, je le jurerais, c’est loi, aimable enfant, qui nous vaux ces surprises et ces enchantements.Alors la petite vierge, qui pleurait de joie en voyant la joie de son oncle, se prit à raconter, avec un charme toujours nouveau, comment ayant appris le retour du comte des Songères, elle était allée au château de Bigny, et de quelle façon elle avait été rencontrée dans le parc par un jeune homme beau comme un ange et qui devait être un fils de roi.—Je savais bien, chère fille, dit le curé, que tu étais allée quêter au château de Bigny, mais j’ignorais que le comte fût de retour.Le comte des Songères ! ajouta-t-il d’un air rêveur comme se parlant à lui-même, il y a eu vingt ans cet hiver.cruel anni- versaire et fatal souvenir! —Vous connaissez M.des Songères, mon oncle?demanda la petite fée.—A peine, mon enfant : j’arrivais au pays comme il était près d’en partir.Mais, ma Catherine, ee beau jeune homme que tu as pris pour un fils do roi, ne serait-il pas tout simplement fils du comte des Songères ?—Il se nomme Roger, dit Catherine.—C’est bien lui, c’est bien son fils, ajouta le vieux pasteur en retombant dans sa rêverie.—Vous le connaissez, mon oncle ?—Je ne l’ai vu qu’une fois et ce n’était alors qu’un enfant.Ainsi, ma fille, c’est ce jeune Roger qui nous est venu en aide ! Sa belle et noble mère me l’avait bien dit, quelle lui laisserait, en s’en allant, son âme et sa vie tout entière.—Vous avez connu sa mère oncle ?—Oui, ma fille, répondit François Patv dont les yeux se mouillèrent à quelque triste souvenance ; ce fut une martyre sur la terre, et c’est depuis vingt ans un ange dans le ciel.—Mon oncle, est-ce que c’est vrai ce qu’on dit ?est-il vrai que le comte ait tué sa femme, ou qu’il l’ait fait mourir de chagrin?—Ma fille, répliqua tristement le pasteur, il est ici-bas bien des douleurs et bien des misères, ce n’est pas sans raison que cette terre s’appelle la vallée des larmes.La conversation en était là, et la petite vierge, qui sentait sa curiosité sin- gulièrement éveillée, ne demandait qu’à la continuer, lorsqu’on vit s’ab-battre dans la cour du presbytère une nuée de robes noires C’étaient les desservants des paroisses tes, qui, partis tous ensemble d’un même point où ils s’étaient donné rendez-vous, arrivaient en même à la cure de Saint-Sylvain.Paty s’empressa d’aller les et de leur faire servir à chacun bon verre de cidre, tandis que Catherine retournait à l’église pour achever de parer l’autel.En traversant la place, elle fut admirée par tousles paysans qui ne l’avaient jamais vue si jolie, si vive ni si avenante.Le fait est qu’elle était charmante avec sa robe de percale blanche, sa ceinture bleue à bouts flottants, ses grands yeux noirs qui étincelaient sous leurs longs cils, et ses cheveux nattés sous le poids desquels son cou mince semblait plier comme une tige surchargée de fleurs.Elle trouva Claude qui l’attendait à la porte de l’église tuiles moussues.—Que te voilà belle, Catherine! s’écria le pauvre garçon en la contemplant d’un air inquiet et d’un regard jaloux, —C’est toi qui es beau, dit la jolie fille en souriant, —Tu trouves ?demanda Claude.—Oui, tu es très-bien ainsi, répliq la petite fée en rabattant le col em qui lui montait jusqu’aux oreilles ; seulement, ajouta-t-elle, tu feras bien de dire à ton père qu’il t’achète veste neuve, car celle-ci est trop courte depuis deux ans.-j-C’est vrai, dit Claude, essayant, .d’allonger les manches de sa veste, et regardant avec confusion ses larges mains rouges et ses poignets osseux.—Ton pantalon aussi est trop court, ajouta Catherine.—C’est vrai, dit Claude, regardant avec tristesse les pieds cyclopéens et les chevilles formidables que son pantalon laissait à découvert.Oui, ajouta-t-il avec des larmes dans les yeux, je suis laid, mais je t’aime et je suis dévoué.J’ai de grands pieds et de longues jambes, mais je m’en sers pour te suivre derrière les haies, uand tu t’en vas seule sur Annette._ ai de larges mains, mais une fois elles ont servi^à te défendre.—Eh bien ! dit Catherine avec un ton de doux reproche, est-ce que je ne t’aime pas, moi aussi ?Depuis quelq temps je te trouve un air tout étrange.Allons, viens m’aider à effeuiller des roses sur les marches de l’autel, et tâche surtout de te distinguer au lutrin.messe venait de sonner, et la foule, qui stationnait depuis le matin sur la place, commençait à s'écouler lentement dans la maison du Dieu.Le père environnai!- Noirel allumait les cierges.Le vicaire allait, venait, et ne se lassait point de faire admirer son surplis neuf dont temps l’assistance paraissait en elïèt tout François émerveillée.Le petit Jean éclatait recevoir de joie sous sa calotte rouge et dans un sa robe neuve d’enfant de chœur que lui avait achetée Catherine.Claude se tenait au lutrin où il assurait le timbre de sa voix.Agenouillée au milieu des pauvres du village, la petite vierge, tout en priant avec ferveur, examinait s’il ne manquait rien à l’ordonnance de la fête.Mgr.de Limoges avait fait savoir, par son grand vicaire, qu’il arriverait à l’heure du service divin et qu’il descendrait à la porte de l’église.A dix heures donc, au dernier coup de la messe, tout le monde était à son poste.L’enceinte sacrée regorgeait de fidèles, sous l’auvent de Les gros bonnets de l’endroit avaient envahi le banc de la fabrique.On ne voyait qu’un banc vide, mais il l’était depuis plus de vingt ans : c’était celui des seigneurs du pays.Le chœur l’autel étaient encore désert: François Paty, son vicaire, tous les desservants et jusqu’au petit Jean, l’encensoir à la main, rangés autour d’un dais cham-ua pêtre, attendaient sous l’auvent l’arrivée du prélat.Il faisait au dehors une de ces journées de printemps qui ajoutent tant d’éclat et tant de parfums une à la poésie des solennités religieuses.Les mousses et les lichens crépitaient sur les toits de chaume ; les chèvrefeuilles et les sureaux exhalaient, leurs plus douces senteurs ; le soleil embrasait les vitraux ; le ciel souriait à la terre, et les hirondelles joyeuses traçaient de grands cercles autour du clocher.lise fit tout d’un coup dans rassemblée un mouvement aussitôt comprimé ; tous les regards se tournèrent vers la porte, tousles cœurs battirent à la fois.Une voiture attelée de deux chevaux venait de s’arrêter devant le porche : Monseigneur de Limoges en descendit, suivi de ses deux vicaires généraux.François Paty s’avança de quelques pas, et s’étant placé entre le dais et le prélat ; —Monseigneur, dit-il avec une touchante bonhomie, en daignant visiter notre pauvre bien que vous sentant du Dieu adorable qui choisit une crèche pour bcrçeaù.Entrez, monseigneur, dans cette humble église ; vous y verrez, agenouillés sur votre passage, de braves gens, laborieux, patients, résignes, aimant leur prochain, s’aidant les uns les autres, servant Dieu dans la simplicité de leur cœur, et qui garderont, toute leur vie, un pieux souvenir de la grâce de votre présence.La Saint-Sylvain sera dé- et et le mais en vain son coeur mon J paroisse, vous prouvez êtes sur terre le repré- ue A ces mots, ils entrèrent tous deux avec recueillement dans le temple rustique que le soleil illuminait à pleins rayon.Cependant le premier coup de la Ÿ t Vol.XVII LE PAYS.36 d’un coup le regard de ce jeune homme qui se tenait dans le banc qu’occupait autrefois sa famille, et le malheureux s’était senti fasciné, comme le rossignol par l’œil du basilic.Telle était l’origine du canard dont on parla longtemps dans le pays.En effet, peu d’instants après 17/ttroïf, on avait vu un beau jeune homme, grand, mince, élancé, élégamment et simplement vêtu, traverser gravement la nef et gagner le banc seigneurial.C’était Roger, qui ne fut pas peu surpris, en se retournant aux détonations de la voix du jeune Noirel, de reconnaître le rusé compère qui, quelques jours auparavant, l’avait renvoyé de Saint-Sylvain à la Hachère.Quoique l’assistance fût d’ordinaire très-pieuse et très-recueillie, nous devons convenir qu’elle se montra cette fois passablement distraite, d’abord à cause de la présence de Monseigneur, dont la soutane violette, le camail violet, les gants violets et les bas violets excitaient presque autant de curiosité que de respect ; puis, grâce à Roger, que nul ne connaissait et qui ne tarda pas à attirer sur lui l’attention générale.Catherine était la seule qui ne l’eût point encore remarqué, quand la petite Pâquerette la tira doucement par sa robe et lui dit à voix basse : « Mademoiselle, mademoiselle, regardez donc l'à-bas ce joli monsieur ; c’est lui qui m’a donné, l’autre jour, trois pièces blanches.» La petite vierge leva les veux et rougit comme une rose de Provins, en apercevant Roger.Éclairé en cet instant par un flot de soleil qui tombait d'aplomb sur sa blonde tète, Ro- ger avait l’air radieux d’un archange.a the ri ne resta quelques secondes à le contempler ; puis, le sein ému, elle abaissa les yeux sur son livre de mes- sormais pour ce hameau une double Jean ne manœuvrait pas trop mala-fête ; car, à partir de ce jour, monsei- droitement et ne s’empêtrait pas trop neur.vous prendrez place dans nos souvent dans l'ampleur de sa robe mes à côté du saint que nous véné neuve.Pour Claude, il se couvrait de gloire.On pensait généralement dans l’assisatnce qu’il n’avait jamais chanté d’une façon si remarquable ; au Kyrie eleison, il trouva le moyen de se surpasser.On eût dit qu’au lieu d’un lutrin et de deux chantres, il y avait dans l’église une batterie de canons chargés à mitraille.Tantôt sa voix pleine et majestueuse grondait comme tonnerre sous les charpentes de la voûte ; tantôt terrible et profonde, elle mugissait comme un torrent dans un abîme; d autres fois, elle partait sais ce que vous comme une bombe et menaçait d enlever la toiture.Il vint un instant où rit un tel déve- rons.Telle fut la harangue de François Paty, Si nous n’en connaissons point de meilleures, c’est que nous n’en savons pas de plus courtes.—Monsieur le curé, répondit l ève- Sue avec, bonté, il est de mon devoir e visiter les paroisses de mon diocèse ; ce devoir est cher à mon cœur : je le remplis avec amour.Cependant je veux que vous sachiez, François Paty, que c'est à vous seul que revient le neu d’honneur qui doive en revenir.Voilà longtemps que je valez, et, puisque vous avez constamment refusé les hommes que je vous ai offerts, j’ai voulu, en venant vous voir fond de ces campagnes, vous donner un éclatant témoignage de l’estime que je fais de vos vertus et de vos travaux.—Monseigneur, dit le bon pasteur qui fondait en larmes, je suis récompensé bien au-delà ae mes faibles mérites.Il me semble que je viens d’entendre le voix du bon Dieu, qui m’a dit : François, Paty, je suis content de toi.—Oui, François Paty, oui, mon digne ami, le bon Dieu est content de vous, ajouta l'évêque en lui donnant son anneau à baiser.Après cette petite scène qui avait singulièrement ému les assistants! Monseigneurs passa sous le dais et s’avança processionnellement entre deux haies de mains jointes et de fronts prosternés, précédé du vicaire qui portait la croix, du père Radigois qui tenait la bannière de Saint-Sylvain, et du petit Jean qui marchait de reculons en encensant avec beaucoup de grâce.Au lieu de cette horrible colophane qu’on brûle, en guise d’encens, dans toutes les églises et même dans les cathédrales,Catherine avait eu la poétique.idée de mettredes fleurs des champs dans l’encensoir, si bien qu’à chaque coup que donnait le petit Jean, il tombait sur les pas de l’évêque un bluet, un coquelicot quelques brins de véronique et de germandrée.Quand le cortège eut gagné le chœur, Monseigneur alla s’asseoir, à la gauche de l’autel, dans un fauteuille au-dessus duquel on venait d’attacher le dais, puis le service divin commença.Que la tâche du romancier s’arrête au pied des autels ! Nous craindrions, en y touchant, de profaner les sacrés mystères.Toutefois, en notre qualité d’historien fidèle, nous devons raconter un petit incident qui faillit troubler la célébration de la sain ie r 'V- un cette voix magique loppement, que tous les yeux se tournèrent vers le jeune Noirel, et qu'on se mit à le regarder avec ce sentiment d’admiration mêlée de terreur qu’on éprouverait à voir un équilibriste dansant sur une corde, au-dessus d’un gouffre ouvert sous ses pieds.Mais lui.le brave et digne Claude, se laisser intimider nar les V au ! sans ¦¦¦¦¦ ¦ regards de l'assemblée, jaloux de mériter les suffrages de Catherine, il redoublait de force et d’énergie, sa voix montait toujours, et l’honnête garçon touchait au plus beau triomphe* qu’ait jamais pu rêver un chantre de paroisse, quand tout à coup.Oh ! amère dérison du sort ! oh ! vicissitudes du lutrin! oh! fatalité sans exemple! Il touchait,disons-nous,au plus haut point dé son ambition, il allait poser les colonnes d’Hercule de la voix hnmaine, quand tout d’un coup il lui échappa ce qu’on est convenu d’appeler un canard.Hélas ce ne fut pas un de ces légers canards qui se dissimulent aisément entre les roseaux du rivage ; ce fut un de ces canards monstrueux qui suffisent à ruiner l’avenir de la réputation d’un homme.Ou vit Claude pâlir, son front s’emperla d’une sueur glacée, et le père fut obligé d’achever l’hymne qu’avait commencée le fils.Quoi donc ?que s’était-il passé ?un génie malfaisant, aux doigts crochus et aux ongles d’acier, venait-il traîtreusement de serrer la gorge de ce chantre in se.Pâle, muet, immobile, le front baissé, mais le nez en l’air, car, quelque position et quelque attitude que Claude, il était dans la destinée nez en trompette de regarder toujours le ciel, le fils du marguillier dévorait en silence sa honte et ses humiliations.Que devint-il, grand Dieu ! lorsqu'il vit Catherine se lever, sa bourse de quêteuse à la main ! Quand la petite vierge quêtait, le dimanche, à la messe, il entrait d»ns les attributions de Claude de la pré céder, en criant à chaque station: Ppur les réparations de l’église! et plus souvent : Pour les pauvres de la paroisse, s’il vous plaît ! Jusqu’à ce il avait considéré cette tâche prit de ce ou trépide, qui jusqu’alors n’avait ; faibli ?Une mouche étourdie, jamais en s'introduisant dans ce gosier sonore, y avait-elle déterminé un funeste chatouillement ?Dieu,qui a posé les limites de toutes choses, avait-il dit à la voix de Claude, comme aux flots de la mer : Tu n'iras pas plus loin ?ou tout simplement, Claude, qui n’avait rien mangé depuis la veille, avait-il succombé sous une de ces subites défaillances auxquelles sont exposées, à jeun, les organisations les mieux trempées et les plus robustes natures ?Rien de tout cela.Claude, qui croyait Roger bien loin, avait rencontré tout comme un plaisir et comme un honneur ; cette fois, en présence de Roger, sous les yeux de cet élégant et beau jeune homme, le pa comprit vaguement qu’il allait jouer le role d’un niais.Il fallait bien pourtant s’exécuter.Sur un signe de Catherine, Claude se leva,* plus rouge livre garçon messe.Tout allait pour le mieux.Les cierges ne coulaient pas trop ; la sonnette n’était prs trop fêlée ; le petit ¦ 37 LE PAYS.Vol.XVII de poissons les filets des apôtres, et ltiplier les pains pour nourrir lu foule au désert.Monseigneur sourit, lampa un de vin de Bordeaux, eut 1 air de qu’une pivoine, et se prit à marcher dons ; votre présence y sera un bien-devant la petite vierge, écartant la fait de plus, foule et criant de loin en loin, mais A ces mots, il entraîna Roger qui d’une voix éteinte et voilée : Pour les se laissa conduire sans opposer beau-pauvres de la paroisse, s’il vous plaît ! coup de résistance, En le voyant, La Arrivé au banc de Roger, il eût vou- thenne sentit battre doucement son lu pouvoir s'abîmer à cent pieds sous cœur, et Claude, qui avait la eons-terre.La belle enfant tendit sa bourse douce de ses méfaits, alla se cacher avec un sourire, et le gentilhomme y tout penaud derrière son pere.Roger laissa tomber une pièce d’or.eut le bon goût de le saluer avec po- wm Faty,; .- .v, .grand déplaisir de Claude, qui se vit —Voilà longtemps, dit-il, que ja "elé„ué bout de la table, entre le entendu parler de cette aimable et yicafre et le marguiUier.pieuse enfant ; je sais que nous êtes, repas fut animé par une douce ma chère fille, 1 ange béni de ces cam- (.ue ne g£na point la présence pagnes.Continuez, ajouta-t il on don- prélat.Il est à remarquer que, en liant sur ses joues purpurines deux général, rien n’est plus gai ni plus petits coups d une main blanche et cjjannant que ces réunions de curés potelée, continuez d édifier votre pro- (j0 cani,)ag,le.Les cœurs purs et chain par vos bons exemples, cai lien rejus les esprits joyeux et congest plus agréable à Dieu que la t(?nt presque toujours* il se cache grâce et la jeunesse sanctifiées parla sous ’ce£ robes austères beaucoup de piété et la vertu.grâce et d’agrément qu’on ne soup- pense quelle jolie révérence tira "onne pas d’abord et qu’on est tout la jolie fille a Monseigneur.surpris de.découvrir.Monseigneur Cependant, après avoir fait un tour mangea de grand appétit et fit bonde promenade dans le village, le neur aux vins du château de Bigny, jeune vicomte se préparait à remonter sans s’inquiéter de savoir comment 1 son cheval qu’il avait attaché, près pauvre Francois Paly, avec ses huit du porche de l’église, à un anneau de cents francs d’appointements, avait pu fer scellé dans le mur, lorsqu'il vit s’y prendre pour lui offrir un gala si accourir François Paty qui avait somptueux.En ceci, tous les supé-réussi à s’échapper un instant, en rieurs sont les mêmes, les grands ne apprenant par Catherine que le fils du se doutent jamais de l’embarras qu’ils comte des Songères avait assisté au causent aux petits lorsqu’ils leur font service divin et qu'il devait être en- l'honneur de s’asseoir à leur table, et core dans le hameau.il ne leur viendrait pas à Vidée de se —Monsieur.lui dit le bon pasteur; dire que le vin qui rougit leur verre mais, s’interrompant aussitôt, il resta et la tranche de pâté quils ont sut muet à le contempler, et ses yeux se leur assiette ont coûté des mois de remplirent de larmes qui roulèrent privations, des journées d angoisses, silencieusement le long de ses joues, peut-être des nuits sans sommeil.—Pardonnez-moi, reprit-il enfin —Eh bien, messieurs, n ous le avec émotion; j’étais venu pour vous voyez, disait le prélat en ôtant avec Dieu ! est-ce donc vous que j’ai tenu vir, quelques-uns d en tie vous se plai-tout petit enfant entre mes bras?Oui, gnent de la modicité de leur traite-c’est bien vous, mon Dieu ! car vous ment ; voila pourtant le cure de Saint- êtesle portrait vivant de votre noble Sylvain qui, avec ses hurts cents mxvp 1 francs par an, trouve le moyen d en- richir les pauvres et de nous donner un royal festin.—Monseigneur, répondit le vieux pasteur en souriant, c’est que le Dieu que nous adorons est toujours le Dieu des miracles, le Dieu bon et tout puissant, qui sait, quand il daigne le vouloir, changer l’eau en vin, charger mu verre comprendre et ne comprit pas.desservants, qui avaient gagné un vil appétit en venant à pied de leurs euros respectives à celle de Saint-Sylvain, jouaient de la fourchette à qui mieux mieux.Le marguiUier dévorait, c’est le mot.De son côté, le vicaire n allait pas trop mal.Claude seul ne mangeait pas.Il regardait d’un œil triste et jaloux Catherine et Roger, qui causaient gentiment entre eux, il souffrait de les voir si beaux l'un et l’autre, et il avait envie do pleurer.Son pere avait beau dire, en lui donnant un coup de pied sous la table *.« Mange donc, fainéant, puisque ça ne coûte rien.,' Claude secouait la tête, soupirait et ne mangeait pas.La collation se prolongea jusqu au premier coup de vêpres.Monseigneur se leva de table pour se rendre à l’église, où il confirma tout le monde.Cela fait, le prélat monta dans sa voiture et s’éloigna au pas de ses chevaux, après avoir embrassé François Paty, pincé la joue de Catherine, et béni en masse toute la commune agenouillée sur son passage.Une heure après, Roger s’éloignait, lui aussi, au trot de son cheval, heureux de sa journée et se promettant bien de revenir dans cette cure où il venait pour la première fois de connaître les joies du cœur et d’entendre parler de sa mère.—Nous nous reverrons, lui dit le bon pasteur qui l’avait accompagné jusqu’au bout du village, nous nous reverrons souvent.C’est le vœu de mon cœur, ajouta-t-il en lui prenant la main ; sachez que c’est aussi la volonté de votre sainte mère qui est dans je ciel.À dix heures du soir, tout reposait à Saint-Sylvain.Catherine et Claude veillaient seuls.La petite vierge rê-vait, accoudée sur l’appui de sa fe nêtre ouverte.Claude baignait chevet de pleurs.—O mon Dieu ! disait-il avec un morne désespoir ; Dieu, qui les avez faits si beaux, pourquoi m’avez-vous fait si laid ?.Pendant ce temps, Roger suivait lentement le chemin qui mène de Saint-Sylvain au château de Bigny.Il faisait une douce nuit.Les étoiles brillaient au firmament ; la lune blanchissait le sentier, et Roger écoutait chanter en même temps les rossignols dans les haies, l’amour et la liberté dans son âme.Les se- On e sur sou —Vous avez connu ma mère Y s’écria le jeune homme à son tour ému.—Elle était belle et bonne comme vous, répondit François Paty en lui prenant les deux mains dans les siennes.Mais, monsieur, vous ne pouvez pas nous quitter ainsi.Venez vous asseoir à notre table chargée de vos VI.BABIL, AMOUR ET VENGEANCE.Saint-Sylvain avaient repris leur train de vie accou tumé.Chacun était retourné à ses dv et le presbytère r 88 LE PAYS.Vol.XV 1 yoirs et à ses travaux, François Pat y qui se plaignaient en lui ; les gloires à ses ouailles, Claude à sa classe où de ce monde ne préoccupaient guère depuis quelque temps il suppléait son ce cœur blessé, agité d’autres soins, père, Catherine à ses broderies, la Depuis qu’il avait aperçu pour la pre-Ljnue Marthe aux soins du ménage, miere fois, à la grille du parc de Bi-Le vicaire avait serré son magnifique gny, Roger tenant dans sa main le surplis ; le curé en avait fait autant petit pied de Catherine pour l’aider à (le sa soutane neuve, de ses bas de sauter sur Annette, Claude avait per-tiloselle et de ses souliers à boucles du le repos de son âme ; à partir du d’argent; grâce au petit Jean, les jour de la Saint-Sylvain, ce sourd ma-chandeliers de cuivre qui décoraient laise, qui’l éprouvait déjà, s’était chan-l’autel étaient rentrés dans leur étui gé en une maladie qui, pour n’ê-üe serge verte ; pieds nus, ses cheveux tre pas définie n’en était pas en broussailles, sa gaule à la main, et moins douloureuse.C’était comme sa robe à mi-jambe, la petite Paqiie- une flèche invisible qu'il avait au rette promenait, comme devant, ses flanc: plus il se démenait pour s’en pourceaux le long des chemins.En débarrasser, plus le trait pénétrait apparence, rien n’était changé ; mais avant dans la blessure.De quelque en y regardant d’un peu près, ou au- côté qu’il se tournât, partout et tou-rait pu s’assurer aisément que ce grand jours il voyait l’image du jeune et jour, que nous ayons vu briller sur beau Roger souriant à Catherine, et Saint-Sylvain, avait laissé dans deux le pauvre garçon se débattait avec décœurs de notre reconnaissance des sespoirsous le sentiment qu’il avait traces vives et profondes.Sans parler de sa propre laideur.L’idée que ce ici de Roger, et pour nous en tenir au jeune homme avait désormais scs en-village, on a compris déjà qu'il s’agit liées à la cure, qu’il pouvait y revenir de la petite vierge et du fils du mar- et qu’il y reviendrait à ses heures, cet-guillier.le idée ne lui donnait ni paix ni trêve, Claude ne s’était pas relevé de l’hor- et ce qu’il souffrait ne saurait s’expri-nble canard qui l’avait si fatalement mer ; car ce n’était pas de l’amour qu’il interrompu au plus beau moment de avait pour Catherine, c’était de l’ado-ses triomphes.Il savait qu’on en par- ration, une adoration naïve et, disons lait dans le pays, et ne se dissimulait le mot, religieuse.D’un geste, la pe-pas que sa carrière de chantre au lu- tite vierge l’eût envoyé au bout du trin s’en ressentirait, en supposant monde ; ce n’est point une exagération quelle n’en restât point entravée, d’avancer qu’au besoin, et même sans Claude avait des envieux; son éduca- besoin, il se serait bien fait hacher tion,sa position sociale, les écus pré- pour elle; nous ne sommes pas bien sumés de son père, la familiarité dont sûr qu’il n’ait jamais baisé l’emprein-îl jouissait auprès de la petite vierge, te de ses pas.Il l’aimait comme on 1 opinion très-accréditée qu’il devait aime lorsqu’on sait aimer : à son insu, 1 épouser un jour et que c’était exprès sans y rien comprendre, sans le lui pour lui qu’achevait de se développer dire à elle, sans se l’avouer à lui ; seu-et de s’épanouir cette fleur de grâce, lement, elle était sa vie, et de même d innocence et de gentillesse; tout que, par un temps d’orage, nous su-cela faisait que Claude comptait plus bissons les influences de l’atmosphère d un ennemi dans la jeunesse de la sans songer, pour la plupart, à nous commune, et qu en général ou ne le rendre compte du phénomène de la revoyait pas d’un bon œil.Pour la réfaction de l’air, de même Claude, malveillance qui jusqu’alors avait depuis que Roger lui était apparu, cherché vainement sur quoi s’exer- souffrait et s’agitait sans trop chercher on juge quelle proie ce dut être à s’expliquer pourquoi.On croira sans que cet affreux canard échappé du go- peine que la façon dont il faisait sa sier de Claude ! Les jeunes gars, qui classe se ressentait quelque pendes le jalousaient, n hésitèrent pas à dé- dispositions de son esprit.S’il lui clarer qu’il s’était couvert de honte ; riva, en ces jours de trouble, de pren-les jeunes filles, qui lui en voulaient dre les A pour les B, qn’il lui soit secrètement de les négliger pour rôder beaucoup pardonné, parce qu’il a beau-autour de la petite fée, ne pouvaient coup aimé 1 Tantôt il tombait dans s empêcher de reconnaître que, depuis une sombre rêverie dont ses élèves pro-quelque temps, Claude avait singuliè- filaient pour lui tirer la langue et lui ment baissé.Nous-même, hélas ! faire les cornes ; tantôt, l’oreille au nous sommes obligé de convenir que, vent, l’œil aux aguets, s’il entendait le dimanche suivant, intimidé par le le pas d’un cheval, s’il voyait passer à souvenir d un si grand désastre, il travers la vitre une vague silhouette, chanta les vêpres de façon à réjouir il se précipitait hors de l’école, et le les méchants, et qu’on fut en droit de plus souvent, en rentrant, il trouvait se demander, dans la partie désinté- la salle vide, les petits drôles s’étant ressée de l’assistance, ce qu’était de- hâtés de décamper et combien les venue cette voix qui, durant deux ans préoccupations de l’amour sont incom-et plus, n’avait point connu de riva- patibles avec les devoirs du professorat, c’est que, devenus grands, tous ces petits polissons se firent remarquer par une ignorance crasse, et qu’il est a Saint-Sylvain, grâce aux distractions du jeune Noirel, toute une génération hors d’état de lire aucune des belles choses qui s’impriment aujourd’hui : tous braves gens, d’ailleurs, et ne parlant jamais de Claude qu’avec reconnaissance et respect.(A continuer.) E*s Hommes jugés par les Femmes.AMOUR DE LA GLOIRE.Rien de plus égoïste que l’homme passionné pour la gloire, c’est-à-dire que l’homme possédé de la passion de se faire une éclatante renommée.Pour y réussir, il bouleversera le monde, s’il le faut et s’il le peut; il comptera pour rien le malheur d’un million de créatures innocentes.C’est l’amour de la gloire qui a fait tous les conquérants, c’est-à-dire les p grands fléaux de l’humanité.C l’amour de la gloire oui forma ces prétendus héros, ces hommes sanguinaires qui ont ravagé le monde, et dont les talents funestes n’ont produit que la mort et la désolatin.De toutes les passions, c’est l’amour de la gloire qui a fait commettre le plus de crimes, et les crimes les plus atroces.Alexandre, surnommé le Grand par les grands amateurs de la gloire, cet Alexandre a fait verser plus de pleurs, a répandu plus de sang, commis plus d’injustices, plus de meurtres, plus de forfaits, que n’en peuvent commettre en plusieurs siècles les scélérats que nous appelons brigands, et que les lois condamnent justement aux derniers supplices.(Madame de Genlis.) - dus ’est > On serait épouvanté, si l’on voyait à découvert le fond du cœur des hommes dominés par l’amour de la gloire.Si l’on avait pénétré toutes les pensées secrètes d’Alexandre, de Jules César, de Charles XII, roi de Suède, ils raient fait horreur.Genlis.) cer au- (Madame de ar- AMOUR-PROPRE.L’amour-propre est le talon d’Achille, chez presque tous les hommes.(Madame Necker.) Ce qui plaît surtout aux hommes, c’est d’être aimés pour leurs défauts et vantés sur toutes les qualités qui leur manquent; avec la faculté de les supposer tels qu’ils voudraient être leur donne une si grande joie d’amour-propre, qu’ils n’en demandent pas d’autre.(Madame Sophie Gay.) attachement.Il faut convenir que les femmes sont plus délicates que les hommes en fait d’attachement.Il n’appartient qu’à elles de faire sentir par un seul ou les.Ce n'était ni l’orgueil ni la vanité SME-, Vol.XVII LE PAYS.39 mot, par un seul regard, tout un sentiment.(Madame de Lambert.) M, de Chateaubriand, dans sa jeunesse, avait la plus charmante tête que l'en pût voir.Sans exagérer le moins du monde, on peut dire que le génie brillait dans ses yeux, dont l’expression avait quelque chose de magique.Son sourire était ravissant; il en a conservé le charme jusqu’à ses derniers jours, ce qui l’a aidé bien souvent a répondre autrement que par des mots au torrent d’éloges admi-ratifs qui l’attendaient dans tous les salons de l’Europe, où beaucoup de ceux qui le voyaient fréquemment n’ont connu de lui que ses chefs-d’œuvre et son sourire.On a souvent reproché à M.de Chateaubriand d’être atteint de cette faiblesse que M.Saint-Marc de Girardin, dans un article sur J.-J.Rousseau, appelle la préoccupation maladive du tnoi, et de se nommer trop souvent lorsqu’il écrit.Toute l’admiration qu’inspire l’auteur du Génie du Christianisme ne peut empêcher que l’on n’accorde à ses critiques et à ses en nemis un fait aussi regrettable.Plût au ciel que l’auteur des Martyrs n’eût jamais voulu devenir un homme d’État ! Sa carrière politique n’a rien ajouté à sa renommée, et, seule, elle a pu lui faire connaître le sentiment de la haine et lui créer des ennemis.Si M.de Chateaubriand se fût contenté de sa gloire littéraire, cette gloire était encore trop radieuse pour ne point répandre du charme sur sa vieillesse.Peut-être alors son regret de n’être plus jeune eût-il été moins profond, moins amer, et ne l’eût-il pas conduit si tristement au tombeau.(Madame de Bawr.) CICÉRON.Cicéron était l’unique poltron capable de grandes choses (La reine Christine de Suède.) Les hommes qui contredisent le plus sont ceux qui savent le moins pporter la contradiction.(Madame de Verzure.) su Les hommes froids et égoïstes trouvent un plaisir particulier à se moquer des attachements passionnés, et voudraient faire passer pour factice tout qu’ils n’éprouvent pas.(Madame Stakl.) Les hommes contredisants se contredisent souvent eux-mêmes.(Madame de Verzurk.) ce DE CONVICTIONS.BIZARRERIE.Les hommes sont bizarres ; ils ne savent rien refuser à une femme qui leur est étrangère, et celle qui mérite plus leurs égards semble toujours lie qui en obtient le moins.(Mada- On isole trop par habitude le caractère d'un homme de ses convictions politiques.Ces deux choses sont inhérentes comme le bras et la main.(Madame C.Bachi.) le ce me de Salm.) COQUETTE.Les hommes appellent coquette la femme qui leur plaît, s’ils ne peuvent réussir à lui plaire.(Madame F.de Pussy.) BLAME.Les hommes blâment les gens qui sont en faveur, des mêmes choses qu’ils feraient s’ils y étaient.(La reine Christine de Suède.) BONTE.COQUETTERIE.Les hommes admirent la vertu ; mais c’est la coquetterie qui les subjugue.(Madame d’Arconville.) courage.Un homme 11e devrait jamais se vanter de son courage, ni une femme de sa vertu, de peur qu’en agissant ainsi, ils ne fussent cause qu’on mit leur existence en question.(Lady Blessington.) Ne cherchez pas à être grand, mais à être bon ; ne cherchez pas à être célèbre, mais à être utile.La plus grande gloire qui rayonne à mille lieues de nous ne vaut pas le sourire de contentement et d’amitié sur le visage d’un de nos voisins.(Madame de Lamartine mère.) bravoure.Ce n’est point le courage qui fait courir un jeune homme de quinze ans à l’armée.Il ne saura s’il en a, qu’au retour de la campagne.(Madame de Puisieux.) courtisans.Le bonheur n’a jamais habité dans le palais des rois, les courtisans en conviennent ; on peut bien les croire.(Madame Cam pan.) CARACTÈRE.Un des plus sûrs moyens de pénétrer le caractère des hommes, c’est de suivre leur conversation.(Mademoiselle de Sommbry.) Les deux principales choses nécessaires à un courtisan sont une conscience flexible et une inflexible politesse.(Lady Blessington.) Un homme de cour ressemble à certaine colonne de marbre ; il est dur, poli et bigarré comme elle.(La reine Christine de Suède.) CATON.Caton, tout admirable qu’il paraissait, était une espèce de pédant de la liberté et de l’honneur.(La reine Christine de Suède.) célibataire.C’est la vanité des jeunes célibataires qui cloue tant de maris au pilori du ridicule ; que d’Orgons futurs il y a cependant dans ces Paolos d’aujourd’hui ! (Madame C.Bachi.) CHATEAUBRIAND.M.de Chateaubriand, même dans sa jeunesse, était d’une taciturnité peu commune, au point que je pensais souvent qu’il aimait mieux, et non sans raison, s’entretenir avec lui-même qu’avec tout autre.Si la conversation ne se portait point sur un su jet qui frappât son imagination, ou seulement si dans le cercle il se trouvait une personne qui ne lui fût pas agréable, il gardait un profond silence, en sorte que, parmi tant de gens avides de le connaître, beaucoup ont pu se trouver avec lui pendant plusieurs heures sans entendre le son de sa voix.COEUR.Il y a bien de la bizarrerie dans le cœur des hommes : souvent ils méprisent ce que la nature a formé de plus aimable, pour s’attacher, comme des forcenés, à des créatures sans mérite et sans conduite.Madame de Puissieux.) Qu’est-ce que les courtisans ?Des glorieux qui font des bassesses, ou des mercenaires qui se font payer.(Madame de Lambert.) Les courtisans nous crient : “ Donnez-nous sans compter ! ” Et le peuple : “ Comptez ce que nous vous donnons 1 " (Marie Leckzinska.) La tête d’une femme est toujours sous l’influence de son cœur ; mais le cœur d’un homme subit ordinairement l’influence de sa tête.Lady Blessington.CONTRADICTIONS DE L’HOMME.De tout temps, les hommes n’ont pas été d’accord avec eux-mêmes ; tels ils ont été, tels ils seront toujours.(Madame de Puisieux.) Une des choses que les hommes pardonnent le moins, c’est la contradiction directe de leurs opinions.(Madame Neck er.) Les Femmes Jugées par les Méchantes Langues.abaissement.N’abaissez point sans nécessité une femme orgueilleuse.«La haine d’une femme est féroce quand la honte l’aiguillonne.» (Juvenal.) Les femmes ne savent pas tomber.H en est peu qui restent grandes dans l’abaissement.En revanche, elles s’é- •! ' v Vol.XVII LE PAYS.40 les prennent ne sonique pour cela, et l'on n’ëh voit point de si (1ère qui ne s’applaudisse en son cœur des conquêtes que font ses yeux.(Molière.) AME.Tl parait que les femmes n’ont pas toujours eu une âme.Aristophane, un "païen il est vrai, affirme qu’après cette vie la femme n’en vivra pas une deuxième.Saint Augustin lui-même, qui n’est pas un païen, est loin d’etre complètement édifié sur ce point délicat.«C’est une question, dit-il, de savoir si les femmes ressusciteront en leur sexe.Il serait à craindre qu’elles ne nous induisissent en tentation à la face de Dieu même, tes ont soutenu, vers le XVIle siècle, que « le Christ n’était point mort pour les femmes.» Dans une grande partie de l’Afrique et de l’Asie, on borne la vie de nos compagnes à la vie terrestre et on ose prétendre que l’âme leur manque absolument.Les Persans, d’après Chardin seraient moins affirmatifs, ils se contentent d’exclure les femmes du paradis des hommes, et leur en accordent un petit, mais spécial et d’ordre inférieur.Mahomet est plus Db rai ; il promet le paradis à celles qui auront cru et fait Quant à Manou, il veut bien reconnaître une âme à quelques femmes ; mais c’est une concession évidemment insuffisante, puisque d’après, lui, toute femme qui aurait trompé son mari ne pourrait plus revivre que dans le corps d’un chacal.(P.-J.Stahl.) AMÉRICAINES.Les Américaines vivent en contemplation d’elles-mêmes, dédaignent les hommes et adorent la monnaie.(A.Bkllbgarrigue.) lèvent à merveille, et les plus humbles sont bientôt égales aux fortunes les L’affection est entre l’amour et plus inattendues.(P.-J.Stahl.) rattachement.C’est ce qui reste de action l’ameur, un peu plus que (le l’amitié, un peu moins que du sentiment.Une Si les discours plaisent aux femmes, femme a de l’affection pour un homme les actions seules ont la vertu de lus qu’elle n’aime plus, mais qui lui plait convaincre.(Ovide.) j encore.(P.-J.Stahl.) AFFLICTION.AFFECTION.ACAIUATRETÉ.Le cœur d'une femme n’est jamais Une femme acariâtre, un iils bon- ., Jeur un billet à priver, un autre si remplis d affection qu il u y reste qu’on ne peut se faire paver, celui que quelque coin pour la flatterie et pour le debiteur lajfs-* protester,ou dont l'amour.(Marivaux.) -un escompte vous rogne le quart ; un i enfant pleureur, un cliien hargneux, %i est pius difficile de consoler une un cheval favori qui s’estropie tout à femme affligée qu'une femme déses-coup au moment où vous allez vous pérée.(P.-J.Stahl.) en servir ; une riche douairière qui, mis, et—j’allais ajouter les femmes— hommes.(Le 1.du Bosc.) mais non.(Byron.) age., Passé quarante ans, une vieille adulation.femme devient un grimoire indéchif- On peut tout risquer avec les fem- frablé, et il n’y a plus qu’une* vieille mes quand il s’agit d'adulation ; on femme capable de deviner une vieille les trouve toujours, en pareil cas, femme.(De Balzac.) d'une crédulité si sotte, qu’il y a peu d’honneur à les tromper.(Schulze.) Des casuis- AGACERIES.de bonnes œuvres.I Quelques personnes comptent l’âge des femmes par leurs soleils ou leurs Une femme d’esprit peut aimer à années ; je crois que la lune serait être louée ; une sotte seule peut s up- plus convenable pour ces chères créatures.—Et pourquoi?Parce qu’elle est inconstante et chaste : je n’eu sais pas d’autre raison.(Byron.) porter qu’on l'adule.(P.-J.Stahl.) adultère; La loi de Moïse condamnait à mort la femme adultère ; chez les Egvp- qUestion la plus barbare qu’on tiens, on lui coupait le nez ; par la loi pu|sse adresser à une femme, c’est de quand une femme est surprise en flagrant délit, on se moque de son mari.(Chamfort.) AMI.O femmes ! votre ami véritable n’est pas l'homme que votre beauté entraîne, mais celui que vos défauts attendrissent.(Lemontey.) AGITATION.Diriger des femmes, c’est perdre le repos.(Publies Syrus.) AFFAIRES.L’agitation d’une femme a un but, Dans les affaires d intérêt, les fem- alors même qu’elle l’ignore, car elle a mes ont, en général, moins de justice, toujours une cause.(P.-J.Stahl.) mais plus de loyauté que les hommes ; agréable.elles reservent la mauvaise foi pour des affaires d'un autre genre Lévis.) L’ami le plus intime d’une femme est moins aimé que le confident de son amour.(Meilhan.) Les jeunes femmes ont un malheur qui leur est commun avec les rois, celui de n’avoir point d’amis ; mais heureusement elles ne sentent point ce malheur plus que les rois eux-mêmes.La grandeur des uns et la vanité des autres leur en dérobe le sentiment.(Chamfort.) Une femme agréable est une femme qui n’est ni jeune, ni jolie, ni spiri-., „ , tuelle et qui peut s’en passer.(P.-J.Quand on est aime d une belle gTAHL-) femme, on se tire toujours d’affaire dans le monde.(Voltaire.) AGRÉMENTS.Quand on a perdu la jeunesse, c’est affectation.une folie de croire qu’on en puisse Défauts pour défauts, ceux qui sont retenir les agréments.(Saint-Évre naturels sont beaucoup plus suppor- mont.) tables que les qualités qui sont allée- j amabilité.tées.Une femme affectée et pré ten- Il y a beaucoup de femmes qui se- tieuse n’est jamais jolie.(Saint-Évbe- raient fort aimables, si elles pouvaient mont.) • oublier un peu qu’elles le sont (Ma- rivaux.) Mère» qui avez des en-fftnU difficile* nervez-voua du Trésor des N ourrteei du Dr.Pl-oault.C’est le seul re- ft élever 7]?.1 ,1; môde approuve et ne voua laissez lias Imposer par le* aimouee* pompeuses fuite* dans les gazettes.— PICAÜLT a FILS, coin de» Rue» Notre-Dame et Que la femme que vous épouserez n’ait point un langage affecté.Il faut Su’un mari puisse faire impunément evant elle un solécisme.(Jevénal j AMBITION.Quoi qu’on en puisse dire, la grande ambition des femmes est d’inspi- Bonseoours, Montreal.rer de l’amour, lous les soins qu el- J y jumet m.«* M LE PAYS 41 Vol.XVII de difficultés beaucoup plus grandes et plus graves que celles par la vue desquelles l’imagination de M.H owe s'efforce de décourager les esprits et de détruire l’espoir du peuple de la Nouvelle-Ecosse." Qu’était-ce qu’un léger droit de timbre ou l’impôt sur le thé, lorsqu’on le compare avec la complète destruction de tous les droits constitutionnels de cette loyale Province livrée pieds ut poings lies à la tyrannie du Canada ?Les vieilles colonies n’étaient qu’une poignée d’hommes.D’un côté, les colonies fidèles les combattaient, de l’autre, les sauvages leur donnaient la chasse, tandis que l’armée et la Hotte de la Grande-Bretagne les attaquaient en face.« Leur situation paraissait désespérée, car elles se trouvaient réduites à leurs seules forces; et cependant c’est à ce moment que, déterminées, elles prirent la résolution de résister à l’oppression du roi et du parlement d’Angleterre, et qu’elles réussirent, ainsi que l’observe M.Howe, à devenir une grande confédération.« Les colons eurent à combattre l’hostilité personnelle d’un monarque opiniâtre tourné contre eux, l’opinion du peuple anglais, violemment et .ne tout entier opposé à leur projet; ils n’avaient point de marine et se trouvaient sans finances pour payer et maintenir une armée, et malgré ces désavantages, ils présentèrent un visa ge courageux et tranquille à ces dangers, à ces difficultés, à ces embarras ; ils triomphèrent des canons et des hayon nettes de la métropole et sortirent de cette lutte inégale, non-seulement sans défaite, mais comme des conquérants glorieux et triomphants.« Notre position pour atteindre le meilleur résultat est mille fois plus favorable que ne fut la leur durant les cinq premières années après le commencement de leur lutte.Nous n’avons pas la moindre raison de craindre que l’Angleterre demeure sourde à nos réclamations et nous réduise à recourir à un appel aux armes et à l’effusion du sang.« Nous savons que les dispositions de notre Souveraine envers nous sont, comparées à celles qu’avait George III pour les anciennes colonies, tout à fait angéliques.« Si jamais le peuple de la Nouvelle-Ecosse pouvait être amené, par la folio de l’Angleterre et la tyrannie des ministres canadiens, à se dégager de son serment d'allégeance à la couronne, ou bien s’il concevait le désir de s’annexer à la grande république voisine, nous sommes convaincus qu’il n’y a pas de pouvoir au monde qui put empêcher l’accomplissement de ce projet.« Qu’avons nous donc à craindre ?Notre cause est une cause sacrée et I puisse connaître, sans leur consentement,, dans quel sens ils l’ont voulu donner ; si, de plus, tous les votes MONTRÉAL, 20 NOVEMBRE 18G8 devaient être déposés en une seule et ! môme journée, quel intérêt pourrait „ ., ,, ,, avoir le peuple, c’est-à-dire le plus Les émeutes dans les élections.grand nombre, à risquer de perdre ses __ ; .,votes eu fournissant à l’autorité un Nous voyons par les derniers lolé- , prétexte quelconque de suspendre et grammes d’Europe que des émeutes S’empêcher l'élection?graves ont eu lieu a Manchester et La votation en une seule et même Birmingham, pendant les premiers journée rend impossible l'organisa-jours de 1 élection generale qui se ^on de ces partis armés (de bâtons ou tait actuellement.de billets de banqu ) qui vont, comme Il est d habitude chez les journa- nous pavons vu listes conservateurs de saisir la plus le Canada, d une légère occasion de critiquer les insti- ercer la corruption ou l’intimidation, tutions républicaines, et rien n exiute Le vote au scrutin peut seul pennet-eur verve et leur indignation comme tre aux timides, aux faibles comme le récit de quelque rixe électorale aux citoyens seulement paisibles de chez nos voisins.faire peser dans l’état leur opinion Les Etats-Unis viennent de traverser reIlécfie et indépendante.une des crises les plus mémorables de ____,____, -________ leur histoire, car sur l’élection présM Qu’avons nous à craindre ?dentielle qui vient de se faire rou- - laient pour ainsi dire les destinées de j] vaut mieux parfois céder la pa-l’Union.Pourtant, excepté dans vole aux intéressés que de plaider leur quelques Etats du Sud qui n’accep- cause.C’est ce que nous jugeons content ni les faits accomplis, ni les déci- venable de faire aujourd’hui au sujet «ions suprêmes du Congrès, ni les de la Nouvelle-Ecosse.Nous don-conséquences pourtant si bénignes n0ns, ci-dessous, la traduction d’un d’une guerre qu’ils ont suscitée, l’or- article éditorial publié dans le Morn-dre n’a point été troublé.ing Chronicle d’Halifax, organe de M.Les votes pour les candidats à la Annand, un des chefs du mouvement présidence ont été déposés partout sans du rappel, ministre dans le gouverne-bruit, sans combats, sans recours a la ment local, et gendre-de M.H owe.force publique, et le seul grondement Mieux que tous nos commentaires, la de canons chargés à poudre a procla- lecture de cet article établira aux yeux mé paisiblement le triomphe ne l'élu des moins clairvoyants la disposition peuple dont le mandat ne portera des esprits dans la Nouvelle-Ecosse, nulle trace sanglante.l’intensité du mouvement ainsi que Quelle est la raison d’un tel phéno- [es espérances qu’on entretient sur le mène ?Les hommes de la jeune Amé- succès ; en un mol, c’est le diapason rique sont-ils meilleurs, plus sages, du sentiment public.Nous cédons la plus dévoués, plus vertueux que ceux parole à notre confrère : de la vieille Europe ?Hélas! cela est « Qn peut considérer la défection peu probable ; mais les institutions de M Howe comme le dernier effort républicaines, ayant pour objet la pro- lcnté les Canadiens lection des intérêts du plus grand échouer le rappel de l’acte nombre, s appuient davantage sur la nous pouvons amener le chef du raison et sur la justice.Nul n a d m- mouvemeni anti-unioniste à accepter téret a favoriser la corruption ou la de choses actuel, la cause du violence, parce que ces armes pcmenl vap,^j recevra un tel coup qu’elle ne toujours se tourner un jour contre s’en relèvera plus : c'est ainsi qu’ont ceux qui en favorisent 1 usage.probablement raisonné MM.McDonald La cause évidente de la manière et Cartier.Ils sauront bientôt ccpen-réellement paisible dont se font les dant -iIs se sout Pompés, et que M.élections aux Etats-Unis s explique jdüwe nj un autre homme, pas plus sans aucun doute par le scrutin „ue mille personnes, ne peuvent cau-secret et par la limite tlu temps de la ger U11 préjudice réel à la cause du votation qui se fait en un seul jour rappCj dans les dispositions où se dans toute l’étendue de là république.Souvent en ce moment le peuple, la En effet, que nous dit le telegra- législature et le gouvernement de la phe ?Nouvelle-Ecosse.“ Des émeutes ont eu lieu ù Birmingam.Des t; Nous n’examinerons pas en dé- a été remise à un autre jour par suite de ces dé- u 11 nous sunna de due que les au-•sordres.Les troupes occupent la ville.” demies colonies de ce continent, dont Supposons un instant que les gens la cause n’atteignait pas, comme droit, qui ont excité le désordre ou qui y ont la moitié de la valeur de la nôtre, pris une part active aient pu déposer ont réussi à obtenir leur indépen-leur vote sans que personne au monde dance et cela au milieu d’une foule LE PAYS presque partout dans localité à l’autre ex- du ur faire union.Si JR h Vol.XVII LE PAYS.42 charité : je n’avais jamais pensé qu’il y 1ht admis par charité plus que moi-même : nous y avions été invités de la môme manière.Je ne suis donc pas l'auteur de cô rapport inexact ; je l'ai prouve en cessant dès l’instant d'être l’agent du Protecteur Canadien.Mon respecta Me confrère, délégué pour St.Albans, n'a, co.ume moi, été pour rien en cette alFaire.Je termine, M.le Rédacteur, en vous priant de me croire le véritable ami du l’Union et non de la Division.par cette division que le gouvernement de M.J.S.MacDonald peut compter sur une majorité de 10 voix.A'ouvelles importantes.Tous ceux qui lisent attentivement les dépêches télégraphiques remarquent avec une surprise qui 11e cesse jamais, que les ministres sont plus souvent soit chez eux, soit à Montréal, soit à Ottawa qu’à Québec, où ils devraient demeurer presque toujours, s’ils sont de quelque utilité dans leurs bureaux respectifs.Presque tous les jours nous voyons une dépêche annon rant que M.Archambault ou M.Oui met vient d’arriver à la capitale.Sur la foi de ces nouvelles, de malheureux solliciteurs se hâtent de s’y rendre et y trouvent un télégramme plus frais qui leur apprend que les honorables messieurs sont repartis.On s’est plaint longtemps d’avoir des capitales ambulantes, mais aujourd’hui qu’elles se sont fixées, ce sont les ministres qui pérégrinent.Une statistique fort intéressante sera celle des frais de voyage de ces messieurs.Il est peu probable qu’ils sortent de leur gousset, de sorte qu’ils figureraient au budget n’était la ressource commode des fonds secrets.sainte entre toutes.Nous n’avons rien à appréhender, et si nous savons persévérer, il n’est rien sous le ciel qui puisse nous empêcher d’assurer notre indépendance.« Si nous continuons à rester unis et fermement attachés aux déterminations que nous avons prises pour la conquête de nos droits, nous réussirons inévitablement.« Lorsque un peuple de 400,000 habitants, situés comme nous le sommes, exprime, ainsi que nous l’avons fait, la volonté de jouir des droits dont il a été illégalement dépouillé, — et ceci nous l’avons démontré sans aucune équivoque,—son triomphe est certain et le succès devient seulement une question de temps.« Ce résultat est parfaitement prévu par les Canadiens, bien qu’ils aient ouvert avec M.H owe une correspondance dans l’espoir, espoir peu fondé, qu’ils pourront produire parmi nous une division susceptible de prévenir ce qu’ils regardent comme inévitable : la dissolution d’une confédération fatalement vouée à la mort.«< Ils découvriront bientôt la vanité de leurs espérances.La défection de M.H owe n’a gagné que bien peu de partisans à leur cause ; quant au nombre de ceux qu’elle en a séparés, nous ne sommes pas encore en mesure de le dire.’’ Votre obéissant serviteur, A.MOUSSE 1TB.St.Albans, 19 novembre 1868.FAITS DIVERS.accidknt katal.—Hier matin, vers sept heures, au moment où le train de fret du Haut-Canada arrivait à la Pointe St.Charles, un (,riiuui de du nom de James Dunlop allant sur le re lus s chars pour mettre les freins, tomba entl que chars et lut horriblement broyé.Aus-sitôu.ci le conducteur s’en aperçut, il arrêta le Irai ruu le pauvre malheureux fut trouvé dans les uin es du dernier char.Le défunt était à l'em1 i de la Compagnie du Grand-Tronc depuis 10 ans et bien aimé de tous.Il était âgé de 38 ans et laisse une femme et quatre enfants.Ghutr de TROIS étages.—Hier, vers trois heures de l'après-uiidi, un accident mortel attirait une foule nombreuse sur la petite rue St.Jacques.Un nommé Larivée, manoeuvre à l'emploi de M.Brunet, entrepreneur, venait de tomber du troisième au premier étage à l’intérieur d’une bâtisse en voie de construction.Le malheureux mourut presqu'instantanément.Lorsqu'on le releva, il respirait encore ; mais quelques minutes après il laissait échapper son dernier soupir.Le défunt était un jeune homme d’à peu près 25 ans, non marié.Progrès.—Parmi les améliorations utiles qui font avancer notre ville dans la voie du progrès.on peut mentionner l’érection d'un bain turc dans la partie ouest de la cité.C’est M.A.B.TaIX, architecte, qui surveille les travaux.Ce bain sera muni de toutes les commodités indispensables à la santé.Animaux errants.—La police a mis en fourrière, ces jours-ci, plusieurs chevaux, vaches, et chèvres qu’elle a trouvés errants dans les rues de cette ville.—Mlle Philoraène Fontaine, âgée de 25 ans, est partie de chez ces parents, demeurant en cette ville, il y a un mois.Elle portait un chapeau rond, une robe verte et un châle noir ; elle avait sous le bras un paquet contenant une robe lilas, une paire de bottines et quelques hardes non confectionnées.Une récompense généreuse sera donnée à la personne qui eu donnera des informations à son père Amable Fontaine en cette ville.—Gazelle de St.Hyacinthe.ÉGARÉ DANS LES bois.—Un veillard nommé Thomas Llowey, du township de Cranboum.Dorchester, partit il y a quelques semaines, des mines de la Chaudière, où il travaillait, pour retourner chez lui.Sur le chemin il avait à traverser un bois d'environ 12 milles de profondeur qu'il avait souvent franchi auparavant.Mais cette fois, on ne sait par quelle cause, il perdit son chemin, et on ne sut plus ce qu'il était devenu.Un certain nombre d’hommes s’organisèrent pour battre le pays et aller à sa recherche, ces jours derniers, ils trouvèrent le cadavre du malheureux, dans la forêt, à moitié enseveli dans la boue et dans la neige.Le paquet de hardes et de provisions qu’il avait avec lui était intact.D'après ce qu'on a pu augurer, le malheureux se serait égaré et devenant épuisé et saisi par le froid, il aurait succombé.—Canadien.CORRESPONDANCE.Monsieur le Rédacteur, Veuillez bien avoir la complaisance de publier dans votre journal la présente justification de certaines accusations portées contre moi.Le rapport présenté à la législature sur les prisons, les asiles et autres institutions du Haut-Canada constate qu’un grand nombre de personnes regardent la prison comme un hôtel général entretenu par le gouvernement, car beaucoup commettent des délits dans le but avoué de s’y faire admettre.L’inspecteur déplore dans le même document le nombre considérable de jeunes filles âgées de moins de 16 ans qui sont envoyées à la prison commune à défaut d’une loi qui les pourrait faire placer dans une maison de refuge.Vous trouverez étrange, sans doute, que l'agent général d'un journal étranger soit obligé de s’adresser à vous pour se défendre ; en voici la raison.Le Protecteur Canadien, dont j'étais l'agent et que je représentais à la Convention des Canadiens à Springfield, ayant été mal informé, je suppose, publia certaines erreurs au sujet de ce qui s'était passé à la dite Convention.Quelque temps après, un de mes amis me procura une copie du Pays du 30 octobre, contenant un article du Dr.Cadieux, dans lequel il me faisait l’honneur de me traiter de lâche, de faux rapporteur, etc., etc.Je crus de mon devoir, pour la satisfaction des membres de la Convention et pour mon propre honneur, de montrer immédiatement la fausseté des avancés contenus dans cette correspondance et j’écrivis, à ce sujet quelques remarques propres à me disculper et que je comptais faire insérer dans le Protecteur ; mais pour des raisons que j’ignore encore, l'on m'en a refusé la publication.Le Dr.Cadieux, et beaucoup d'autres sans doute, ont fait retomber sur moi la responsabilité des erreurs dont il s'agit, croyant qu'étant l’agent du Protecteur, je devais aussi en être le rapporteur.Je dois d'abord dire que je n'étais nullement le rapporteur du journal et que je ne suis retourné à St.Albans que plusieurs jours après la convention, m’étant occupé â prendre des souscripteurs.Je n’ai pas môme envoyé de e la Convention faire un rapport au Protec- Les dernières nouvelles d’Europe sont fort à la guerre.Le baron de Beust, premier ministre de l’Empereur d’Autriche, vient de prononcer un nouveau discours, qui fait croire que l’année ne finira point sans une déclaration de guerre.Cet homme d’Etat vient d’annoncer que ce n’était plus une armée de 6 à 8 cents mille, mais bien d’un million d’hommes qu’il lui faut pour “ tenir la Russie en échec.” Ce discours a été accepté par la cour prussienne comme l’aveu officiel d’une guerre prochaine.premier vote sur lequel les partis se sont mesûrés dans la législature d’Ontario fut celui qui repo mendement, proposé par M.M au bill du procureur-général sur l’in?dépendance du parlement.On vo - é nouvelles, pour la raison avait chargé son secrétaire officiel des leur Cancu Le Z procédés et de l’envoyer ien pour y être publié.Ce ne fut pas sans beaucoup de surprise qu'à mon retour ici je vis dans le journal que M.Lanctôt avait été admis au banquet par ussa l’a-cKellar Vol.XVII LE PAYS.43 L'ESCLAVAGE SOUS UNE AUTlllt FORME.—Un journal du Texas annonce l'arrivée à Galveston d'une cargaison de coolies, travailleurs chinois embarqués sous un connaissement comme de la marchandise.La feuille dit que le» consignataires se proposent de les vendre à l'encan pour payer le frit et autres dépenses.Le môme journal annonce que les deux tiers de la cargaison se composent de femmes parmi lesquelles il en est une de la plus grande beauté.La Tribune de New-York appelle avec raison l'attention des autorités américaines sur cette affaire.CHEMIN UE KEII INTERCOLONIAL.—Oil a OUVCrt «les bureaux à Ottawa, et à Himouski, où l’on a déposé des plans et spécifications pour la construction d’une partie de ce chemin.Ce sont les endroits commodes où l'on doit s'adresser.On se plaint avec beaucoup de raison de ce que Québec ou Montréal soient privés de cet avantage donné à la future ville de Rimous- MONTREAL, 23 NOVEMBRE 1808.qu'une telle atteinte portée par l'An* —y - .—¦ T*7 gleterre aux privilèges de ses officiers, Le Nouveau-Monde a bien voulu ne se produisait certainement point Le Nouveau-Monde a bien voulu honorer quelques-unes de nos lignes par hasard ou manque de prévoyance, d une réponse en trois colonnes.Pour mais prenait au contraire sa source mie premiere entrée en matière, on * ne pouvait certes mieux faire les choses, et nous savons gré à notre confrère et du fait et de l’intention.Nous dirons seulement au Nouveau-Monde que le dernier aliéna aurait, mieux que les premières lignes de l’article qu’il nous consacre, pleinement sufii à l'édification du public.Quoiqu’il en soit, le Nouveau-Monde est forcé de se rencontrer avec nous et d’adopter nos conclusions sur l’objet en cause.La rencontre n’est peut-être point des plus heureuses pour notre confrère, mais qu’il se rassure, elle n'éveille chez nous que le regret de différer si souvent d’opinion avec dans une idée préconçue, arrêtée d’avance et mûrement réfléchie.Voilà ce que nous avons dit ou voulu dire, rien de plus.Le Nouveau-Monde, qui a un double motif de s’attrister des suites de cette nouvelle, comprend parfaitement la partie du décret, et, conclut comme nous ; mais comme il lui répugne de s’accorder, ne fut-ce qu’une fois avec un adversaire, ne pouvant contester le principal, il discute l’incident, et insinue que nous nous frottons les mains en voyant tomber une à une les marques de distinction extérieure dont la métropole entoure ses représentants parmi nous.Le Nouveau Momie nous attribue une joie et un enthousiasme ques que nous n’avons po lis.Nul, au contraire, plus que nous, ne désirerait le gouvernement local entouré de prestige,d’influence et d’honneurs, car nous savons que sa vertu, sa véritable puissance en seraient mieux assurées et l’autonomie provinciale plus fortement sauvegardée.Malheureusement la Confédération, équilibrant les divers pouvoirs publics, n’a pas, suivant nous, donné à l’autonomie provinciale des garanties de durée et d’indépendance avons toujours cru que ce simulacre de gouvernement cachait une arrière pensée facile à pénétrer, et nous avons saisi l’occasion de la montrer en indiquant de quelle manière on commençait à démolir l’édifice, et à attaquer la pierre angulaire sur laquelle repose cette fragile construction.Notre sommation finale aux lecteurs de démêler si, en faisant cela, l’Angleterre obéit au mouvement démocratique, ou à une détermination prise, n’est là qu’un argument litté raire ; le Nouveau-Monde, moins que personne, ne s’y est trompé, car il termine en disant que c’est “ tout simplement une mesure de plus dirigée contre l’existence même des gouvernements locaux”.C’est aussi notre conviction, et nous pouvons, sans être prophètes prédire a notre confrère qu’il eu verra bien d’autres.ki, Le public comprendra, sans commentaire, les motifs de cette manière étrange d’accommoder les eutreprenuui-s canadiens.—Canadien.CRIME mysterieux.—Une femme remarquablement belle, vêtue avec élégance et paraissant âgée de 25 ans, a été trouvée dimanche, entre 3 et 5 heures du matin, agonisante sur la route* à quelques pas du bureau de poste itit village d’Accord.(New-York).Elle avait tète traversée de deux balles, dont l’une avait pénétré au-dessous de l’œil droit, l’autre au-dessous du gauche.Eu outre, le derrière de la tète était haché comme à coups de pierre.Cette malheureuse respirait encore ; elle a mémo ouvert un instant les yeux avant do mourir, mais sans dire un motet sans paraître avoir conscience de l étal où elle so trouvait.La découverte de ce crime horrible a excité dans la localité une émotion facile à comprendre.La victime a été photographiée, et des copies de son poitrail seront envoyées partout, pour arriver, s’il est |>ossiblo, à constater son identité.—C.des E.-U.lui D’ailleurs, une fois n’est pas coutume : le Nouveau-Monde peut donc se consoler.Reproduisant une nouvelle annoncée par VEvénement : l’arrivée d’une dépêche du bureau des Colonies, prescrivant, à partir de cette date, l’abolition des honneurs militaires accordés jusqu’ici aux Lieutenants-Gouverneurs, nous nous sommes attachés à faire ressortir la gravité d’une mesure, d’autant plus dangereuse qu’elle semble attaquer la forme extérieure, sans toucher à la nature du pouvoir.Afin de montrer l’importance de l’ordre de la métropole, sa ortée véritable, nous avons crû que les honneurs nu- iront int ressen il u E Nous fievre scarlatine.—On dit que plusieurs cas de cette maladie se sont déclarés en celte ville, et que quelques uns ont été mortels.monument.—Les orangistes viennent d'ériger, à Belleville, un monument à la mémoire de feu M.Benjamin, ci-devant grand maître de l’association, et ancien membre de l’Assemblée Législative du Canada.Les choses marchent a aylmer.—un avocat c.h.—Un de ces jours derniers M.Thomas J.Walsh, exerçant la profession de défenseur du la veuve et de l'orphelin dans le district d'Ottawa, commettait sur la personne de l'honorable Juge Lafontaine, un assaut qui n'est j>as justifiable d'après les dispositions du Code.Voici ce de quoi il s agissait : Un avocat de Aylmer faisait, chez le Juge Lafontaine, une demande pour un Writ (Tda-béas Corpus, auprès du même Juge ; M.Walsh assistait et résistait à l’application.Le mérite de la chose ayant été entendu, M.Walsh voulut faire de nouveau preuve de son éloquence conlnf celle demande, mais Son Honneur refti-sa de l'entendre une seconde fois.M.Walsh, indigné, se leva, et alla droit au juge lui appliquer, sur la figure, un argument ad hominem, cet argument incontestable : deux coups de poings ! ! ! M.Driscoll, Greffier de la couronne et député Protonotaire, ainsi que le géolier Murphy qui tous deux étaient présents, n'ont pu, qu’avec peine, réussir à apaiser ce désordre, vû le bon parti et la ferme décision de M.Walsh.Décidemment l’administration de la justice entre dans une phase nouvelle.Mais n oublions pas que M.Walsh représente le Ministère Public et qu’il est une des intéressantes nominations deM say U! S evoir rappeler litaires, l’uniforme, le titre, tout ce qui compose enfin le bagage officiel des représentants de la Souveraine n’est point chose indifférente chez une nation monarchique, comme l’Angleterre.Nous avons affirmé que le signe, symbole, emblème de la souveraineté se trouve intimement lié au fond ; c’est-à-dire que les marques honorifiques ou les insignes font chez tout peuple monarchique partie intégrante du pouvoir.Or, le Lieutenant-Gouverneur, délégué de la Souveraine dans la Province, représentant la plus haute autorité du gouvernement local, nous avons fait remarquer judicieusement, croyons-nous, que le retrait de certains honneurs toujours rendus jusqu’alors aux Lieutenants-Gouverneurs, ne pouvait avoir qu’un but: la destruction du prestige dont toute monarchie se plaît à entourer ses représentants.Le prestige disparu, le poste se trouve amoindri, le personnage diminué ; c’est un acheminement vers la suppression officielle d’une charge, ébranlée du iour où un décret abolissait d’abord le titre d’Excellence, puis les honneurs militaires.Nous avons averti nos compatriotes législature d'Ontario.M Pardee vient d’introduire dans l’assemblée de cette province un bill pour régler l’enregistrement des mariages, des naissances et des décès.Cet enregistrement qui désormais deviendra simplement un acte civil sera confié à des officiers nommés pour cela.Toute naissance devra être enregistrée sous 30 jours, les mariages ou les décès devront l’être sous 8 jours.Cartier.Pends-toi T.K.Ram- il u AMI DU BON ORDRE. Vol XVII LE PAYS.44 MWHI *** En attendant le rapport des confV oonl|)a»nie, à Saint-Jean, Ile d'Orléans, et une : raison et de bon sens.En préléiant rences qui ont été tenues à Ottawa sur à la' Baie Saint-Paul.Les cadets de nos : leur3 moissons de jaunes épis aux IBS Mm population vers la république \ oisint, ' inulile
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