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Titre :
Le journal de Françoise
Revue littéraire féminine qui contient des pages consacrées à la mode, aux arts ménagers, aux enfants et à l'étiquette (bienséance). [...]

Publié à Montréal de mars 1902 à avril 1909, ce « journal » littéraire bimensuel, qui a pour sous-titre Gazette canadienne de la famille, concrétise le rêve le plus cher de Robertine Barry, alias « Françoise », l'une des premières femmes canadiennes-françaises à faire activement du journalisme.

Pendant neuf ans, de 1891 à 1899, elle a en effet travaillé comme journaliste pour le quotidien La Patrie. En outre, elle a publié un recueil de nouvelles, Fleurs champêtres, ainsi que Chroniques du lundi, un choix d'articles parus dans La Patrie de 1891 à 1895. Les membres de l'École littéraire de Montréal la placent alors parmi les « principaux littérateurs canadiens ».

La fondation du Journal de Françoise représente un moment fort de sa trajectoire. Elle y consolide un capital social déjà considérable et y exerce une autorité absolue à titre de directrice, de rédactrice, de propriétaire et d'administratrice.

Ce bimensuel constitue un objet protéiforme donnant à lire un corpus de tonalités et de contenus variables, qui va du texte argumentatif sur des sujets d'actualité aux conseils pratiques pour la ménagère, en passant par les genres littéraires canoniques.

Dans son périodique, Françoise fait preuve d'une audace et d'une modernité absentes des oeuvres publiées sous forme de livres par les femmes au Canada français - des travaux qui sont caractérisés par leur conformité à la doxa. Son discours dissident se trouve dans les textes argumentatifs (éditoriaux, billets, comptes rendus d'ouvrages ou d'événements ponctuels) et les rubriques récurrentes (« À travers les livres », « Bibliographie », « Bloc-notes », « Le coin de Fanchette »); il surgit également là où on ne l'attend pas : phrases glissées dans des communiqués apparemment neutres de prime abord, ou dans de brèves présentations d'articles. Cette variété formelle rend difficile la quantification en pourcentage du discours de cette nature, mais elle lui donne une présence significative.

Françoise milite en faveur de l'émancipation des femmes et de leur droit à prendre une place entière dans la société. Cette position légitime l'autorité qu'elle s'accorde pour se prononcer dans les débats qui ont cours et tenter d'influencer l'opinion de ses contemporains. Elle affirme le droit à la liberté de pensée et d'expression, et appuie toutes les initiatives qui la favorisent. C'est en cela que son journal a laissé sa marque, malgré la relative brièveté de son existence. Ses prises de position, au demeurant, la mettent souvent en situation de conflit avec les autorités religieuses, en particulier avec l'archevêque de Montréal, Mgr Paul Bruchési.

Parmi ses collaborateurs, mentionnons Albert Lozeau, Paul Morin, Louis Fréchette, Émile Nelligan (à qui Françoise consacre un article élogieux dans le numéro du 2 avril 1904), Laure Conan et Jean de Canada.

Dans le numéro du 15 avril 1909, Robertine Barry remercie ses lecteurs et annonce la fin de son journal : elle n'a plus suffisamment de temps à y consacrer.

BEAUDOIN, Lise, « La parole dissidente de Françoise dans Le Journal de Françoise (1902-1909) », Recherches féministes, vol. 24, n° 1, 2011, p. 25-43.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1979, tome IV, p. 152-153.

Éditeur :
  • Montréal :[s.n.],1902-1909
Contenu spécifique :
samedi 3 décembre 1904
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
deux fois par mois
Notice détaillée :
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Références

Le journal de Françoise, 1904-12, Collections de BAnQ.

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Y Le numéro, io cts 3“ année—No 17 Samedi, 3 Décembre 1904 (GAZETTE CANADIENNE DE LA FAMILLE) Paraissant le 1er et le 3ieme samedi de chaque Directrice : R.BARRY moi» Dire vrai et faire bien ABONNEMENT : Un an - - î Six mois - Strictement payable d'avance A D'ETRANGER : Un nn - - Quinze franc Six mois - - 7 frs Strictement payable d’avance.; REDACTION et ADMINISTRATION 80, Rue Saint-Gabrlel, Montréal.Tel.Bell, Main 999 mmaire .Louis Frêch'étte .Françoise .Prince de Vaiêri .Fred.Gélinas .Louis Frêchette L'abbé G.Bourassa .François^ .Lady Etiquette Sonnet d’Adieu (poésie) .lu Memoriam .Petite Page d’Histoire ., Critique de Théâtre .Petit Courrier Littéraire.L’Ecolier chrétien (extrait) .Le Coin de Fanchette .Propos d’Etiquette.Conseils, et recettes utiles.Page des Enfants .Par le droit chemin (feuilleton) Tante Ninette .He mi À rdel M.lfAbbé GUSTAVE BOÜRASSA, LL.D Membre de la Société Royale du Canada, Curé de Saint Louis de France, etc.IMPRIME*!* À.p.PiawOH, 1545-1597 EUX OXrAEIO MADAME Elixir Mo-Cmlqw Tnlqie mtHttluiHt 4« lemix et o«Mix CONTRE Neurasthénie.anémie, rachitisme, Tliberculoee, faiblesse musculaire, débilité générale, etc Pour vos petits dîners fins, et vos banquets de famille, ayez de la viande de premier choix.Vous la trouverez chez Hormisdas A.Giguère 34, 30, 38, 40 Iflitrclié ItonNecour» MONTREAL Tél Bell.Main 247Q.' OMfge.—Chaque, cuillérée À soupe contient : o as centigramme» de glycerophosphate de sonde, o.o* centigramnne d'iode, combine A 0.15 centigrammes de Tannin.Mode d’emplel.—Adulte», une cutllérée à soupe aux repas; enfants, une à deux cuillerées à thé.5PHARMACIE QAŒ\ER Co,a dn ra“ “ U-D‘a* Librairie Beauchemin à responsabilité limitée, ’ ' 256 RUE ST-PAUL, MONTREAL LETTRES DU p.DIDON t\ Mademoiselle Th.V.27e édition.1 vol.in-12 .0.8S LETTRE DU P/DIDON ù un ami.1 vol.in-12 o.fcg L'EDUCATION PRESENTE.Dia:ours à la jeunesse par le P.Didon.c vol.in-12.0.88 INDISSOLUBILITE ET DIVORCE.Confé-.rencea de Saint-Philippe du Roule, parle P.Didon.1 vol.in-12 .0.88 LA FOI EN LA DIVINITE DE JESUS.Conférences prêchées il l’Eglise de la Madeleine.Carême de 1892, par le F.Didon.1 vol.i u ¦ 12 .o.83 EN TERRE SAINTE, par Mademoiselle Th.V (Thérèse Vinnzone».1 vol.in-12, illustré.0.B8 HENRI DIDON, par Jncl de Romano.1 v» Sur Cart « oetales.T.PFAFF, Neuchatbl, Suisse.J'échange avec tou» les collectionneurs du monde.J'envoie aussi *ur approbation, une série de 25 vues artistiques de la Suisse, peintes à la main Les Aines, les lacs, les asoentions, les chûtes, etc.Et timbrées séparément : ($1.10 cash avec orure).Addrc: sez : Mue MARGUERITE BOURGEOIS, , St-Hyacinthe, P.Q, Boîte «4 Pharmacien Chimiste Edifice du Monument National 216 RUE SAINT-LAURENT Téléphone Main.2628.Spécialité : Ordonnances des Médecins.yt&'M 5 Médecin et Opticien Su * V1NSTITUT ' a D’OPTIQUE Exameit(|n A TlC jMgHk desYenv^AIW 1824 S te Catherine Coxf» vî ve Hbtel-dc- Ville Montréal.Est le meilleur de Montréal comme fabriquant et ajusteur de DUNETTES, LORGNONS, YEUX ARTIFICIELS, etc., A ordre, garantie pour bien voir, de loin et de prés, et guérison d’Yeux.Le Terminal et les Chars Urbains arrêtent à la porte.A VIS.—Cette annonce rapportée vaut is cents par piastre pour tout achat en lunetterie._ .Pas d’agents, sur le chemin pour notre maison BLANDY FRERES.rs.^bir.- ._: .^ ' lAPORTC, MARTIN & CE.ÜI KRÏ RRhR ÜÜ JÜÜ — ' —¦ ¦¦ ¦ , i 1854 Rue Ste-Catherine, Montréal Librairie Beauchemin (à responsabilité limitée) 256 Rue St-Paut, Montréal.ED.LAFOND Vos amis, ayez toujours les Vins Porto 8c Madère Le Fleuriste des Theatres 1607 RUB STE .CATHERINE Tél.Bell Est 1949 Tout ouvrage exécuté i des prix modérés.Notre assortiment de nouveau-' ' tél eitmaintenant complet.TJne x visite à notreExpoeition vous ter# avantageuse.N.BEAUDRY & FILS V,„"_ _ BUoeticr* Opticien» 212 Eue St-Laurent, Montreal ¦ — :- Kusyet lt Pollueur CAN DO pour »r,ent«rie Demandez un échantillon.x-BULL, MA.UV 2106.Neurasthénie,Faiblesse générale Rachitisme, Scroeulose, Diabète .Consomption, RMENA6E tonesestifetp/iJsdmitsfiiwKS reméaa, t» lestiémajefàrftvrMtimhw&fom DENTISTES.No# der tieont d’une grande beau-té, natiretlee, Inusables incaasa-blc*, Fans traces d’antaeee, et donnant la plus grande satief*ction à tous.Plie# sont garanties.Or, x ciment, argent pour plombage.BeetrkilL ' * ^ bttttit Dwtifti Franco-lmertciln iniMlIBarlr Mwtnal TO.Ban B« ,1744 3** année—No 17 AAA I L journal Samedi, 3 Décembre 1904 t ?f t [ Trancoisc (GAZETTE CANADIENNE DE LA FAMILLE) Paraissant le 1er et le 3ienie samedi de chaque mois Dirkcthick : II.BARRY Dire vrai et faire bien ABONNEMENT : ÜN AN - - - $2.00 Six mois - - - - i.oo Strictement payable d'avance.REDACTION et ADMINISTRATION 80, Rue Saint-ûflbriet, Montréal.Tel.Bell.Main 909 A L’ETRANGER : Un an - - Quinze franc» Six mois - - - 7 frs Strictement payable «l'avance.* £ 06 A Son Excku.hnck Lady Mintô.Madame, vous avez passe dans notre Histoire Ainsi qu'un météore au lumineux sillon, Ou plutôt connue un vol vibrant de papillon Teintant ses ailes d'or d'un poudroiement de gloire.Et vous allez partir !.Mais, charmant médaillon, i Votre douce figure au fin profil d'ivoire A conquis pour toujours place en notre mémoire, Nimbée à lout jamais d'un immortel rayon Car, dans le tourbillon doré qui vous entraîne, Pour nous vous resterez longtemps la souveraine Que nos petits enfants apprendront à bénir.Vous régnerez absente au fond de nos pensées ; El plus tard, remontant vers les scènes passées, • • 1.' l : Nos cœurs tressailleront à votre souvenir.Louis Fréciiettéc. .562 lin flfoemotlant » • Nous manquerions à un devoir de gratitude et d’hommage sincères, si nous ne venions, à notre tour, saluer avec respect la disparition du prêtre distingué, de l'homme de lettres éminent et du patriote convaincu que lui AL, l’abbé Gustave Jiourassa.Celui qui repose aujourd’hui dans I in-pucc du tombeau, “ doux à la mort connue obéissant à la vie,” laissant derrière lui la traînée lumineuse de ses talents et de ses vertus, a marqué d’un sceau indélébile les années trop courtes qu’il a passées sur la terre et consacré à jamais le souvenir pieux de son séjour parmi nous.II a été particulièrement l’ami de ceux que leur vocation a appelés à la carrière des lettres.11 avait compris tout le bien intellectuel et moral qui peut résulter d’une plume sagement dirigée, et ce genre .l'apostolat offrait un attrait sensible à cet esprit largement éclairé que nourrissaient les saines doctrines et les généreuses aspirations.L’apport littéraire, de très forte valeur qu’il a fait lui-même à nos annales nationales, possède toutes les qualités de style, de forme et de fond qui resteront à l’honneur des lettres canadiennes.Jamais,—on peut bien le reconnaître—écrivain ou prédicateur n’a porté plus loin le souci supérieur de la-vérité, conséquence naturelle de la noblesse, de la droiture et de la loyauté de ses sentiments, et jamais aussi, parmi ceux qui ont 1 cçu la mission d’instruire et d’évangéliscr, ne fut poussé plus haut le désir sincère de servir Dieu et d’être utile à la patrie.11 semble que c’était trop tôt partir quand, en pleine possession de ses facultés, l’avenir ouvrait ses vastes espaces à son zèle apostolique, et, ceux qui 1 écoutaient encore, volontiers, auraient aimé lui dire, comme autrefois les disciples d’Emma iis : “Restez avec nous, car le jour baisse.”.Mais il avait déjà mérité de mourir, et, appelé par la volonté divine, il est allé recueillir IE JOURNAL DE FRANÇOISE la récompense' des mérites cjuc nous* lui connaissions, avec celle des sacrifices et des dévouements pratiqués dans le secret, que son âme délicate et fière cachait à tous.Il s’est endormi dans l'éternité, laissant pour diminuer la tristesse profonde que nous cause sa perte irréparable, ces mots de Jésus à Marthe: Celui nui croit 'cn'mji vivra.Sur ce front frappé de l'auguste majesté de la mort, brille mainte-tenant l’éternel rayon, et, dans le silence douloureux de la crypte sombre,—lui qui aimait tant la lumière! —où il dort son ultime sommeil, jetons sur sa tombe, en communion avec ceux qui Vont apprécié et vénéré, les fleurs impérissables des regrets indicibles.Françoise. $ mm * oüiE $ Au début du siècle dernier, quatre fe in in es se sont emparées de leur époque.L une, Mme de Krudcncr, eut presque toutes les vertus et les faiblesses de son sexe.Elle fut, tour à tour, mère admirable, épouse fidèle, femme passionnée et coquette, dévouée et oublieuse, intrigante et sincère, éloquente et banale ; elle n’atteignit pas le génie ; mais elle arriva, par des chemins détournés, à une piété qui, pour être mystique, n’en fut pas moins réelle.Pour se venger de Napoléon, qui n'ax ait pas voulu lire “ Valérie ”, elle força Alexandre à lire dans son cœur.Elle l’amena à Paris et à ses pieds.L’autre, Juliette Récamicr, fut le portrait de la mode parisienne, de la puissance, de l'engouement peint par Gérard.Mme Swctchine hérita du salon de Madame Récamicr et de ce qu’il y avait de vraiment vertueux dans Pâme mystique de Madame de Krudener.Sa vie, moins brillante, fut plus tranquille, son âme moins agitée, mais plus honnête.Elle eut du talent, de la bonté, des admira- teurs et des amis ; et sur des sommets moins élevés et plus paisibles, la plume de M.de Falloux lui a bâti un oratoire.Ce n’est pas la chapelle élevée par Chateaubriand â Juliette.C’est un ermitage en plein air, avec le soleil qui réchauffe les morts et les Heurs qui parfument leur souvenir.Des myosotis de son amie, il a fait des immortelles.Des quatre femmes dont nous avons parlé, Mme de Staël fut la plus complète, la plus vraiment femme.Elle seule, plus heureuse, plus achevée dans l’unité merveilleuse de sa vie, put dire â la postérité, comme Cornélie : ” Voici mes enfants!.” Cela vaut encore mieux que “ Corinne.” * * * Juliette Bernard naquit â Lyon, au confluent de deux fleuves, comme Chateaubriand, “ à la rencontre de deux siècles.” Elle avait quinze ans, l'âge d’Eve, lorsque Dieu la créa pour l’amour et les voluptés permises, l’âge de l’Aurore, lorsqu’elle jette les fleurs du matin sur le passage du soleil.Elle avait quinze ans, l’âge où le jeune fille n’a bu, au calice de la vie, que les pleurs de la rosée, où elle n’a connu des rafales de l’existence que les caresses du zéphir, et des rumeurs de la foule que son frémissement sur son pasage.A cette heure où tout ce qui sent, qui vit ou qui palpite, dans la nature, cherche â s’unir pour des baisers réciproques, Juliette Bernard épousa M.Récamicr.Il avait trois fois son âge.11 n’avait ni beauté, ni noblesse, ni génie ; il était riche et d’une excellente famille de commerçants en chapellerie.Il est de nobles excuses pour certains mariages disproportionnés.On comprend l’admiration, quand elle se fait la complice inconsciente du cœur.Une jeune fille rencontre un vieillard glorieux ; elle consent à épouser sa gloire ; plus tard et insensiblement, l’admiration deviendra de la tendresse.Que Juliette Bernard eût épousé un Colomb octogénaire, un Montmorency ou un Châ-tcaubriand, un pied dans la tombe de leurs aïeux : qui eût osé l’en blâmer?“Les hommes, a dit Pascal, prennent souvent leur imagination pour leur cœur.” En 1807, Juliette pensera comme nous, il sera trop tard.Mme Lenormand, sa fille adoptive, nous a fait de bien aimables révélations, au sujet de ce mariage— " Mme Récamier ne reçut de son mari que son nom.C'est peut-être étonnant, mais je ne suis pas chargée d expliquer ce secret/'Tout fut donc pour le mieux dans le meilleur des mondes.Juliette et le bonhomme Récamier mirent donc en commun, beauté, jeunesse, esprit, âge mur et richesse.Ils se marièrent sous le régime constitutionnel, avec deux Chambres.A Lyon, patrie de Juliette, il est un adage bien connu : “ Vivre pauvre pour mourir riche." Mme Récamier vécut pauvre selon les lois divines de l’amour: elle mourut riche d’adorateurs et d'hommages; et, comme la lille de jephté.elle ne demanda pas d’aller pleurer, deux mois, sa virginité dans les montagnes.* * * L'excellent M.Récamier put s’apercevoir tout de suite qu'il ne s'était pas trompé." La jeune et innocente enfant qui portait son nom, ” devint dès son apparition dans le monde parisien, la reine de la beauté.Sa majorité royale fut déclarée, séance tenante son règne dura un demi-siècle.Son premier salon fut envahi par tout ce qui portait un nom dans les lettres, dans les armes, dans l’aristocratie.Les Bonaparte, les Montmorency, les Mecklem-bourg, les Wurtemberg, les Moreau, les Bernadette y coudoyaient La Harpe, Bon tan es, Marmontel.Mme de Staël y occupait un trône.Le premier des " cinq cents amis” qui déclara sa flamme à Juliette fut Lucien Bonaparte.Lorsqu’il se fut bien convaincu qu’il perdait son temps et ses peines,il redemanda ses lettres.Juliette voulait les rendre et fermer sa porte à Lucien : M.Récamier s’y opposa ! Après Lucien ce furent les Montmorency ; trois générations de premiers barons chrétiens: Mathieu, Adrien et Henri.Ils donnèrent à la société que fréquentait Juliette, le ton de la haute courtoisie (t de la vraie politesse.Ces grands seigneurs dont l’affection pour Mme LE JOURNAL DE FRANÇOISE Récamier resta noble et sérieuse, enseignèrent à tous le respect du gentilhomme pour la femme aimée: " Sed maximum est in amicitia supe-riorum parem esse inferior!.” Ils n’en mouraient pas tous, mais tous ét aient [frappés.Jamais leur ancêtre Mathieu, n'entoura de plus d'égards sa femme Adélaïde de Savoie, veuve de Louis-le-Gros.Jamais Henri IV ne fut plus tendre, plus respectueux, plus dévoué envers leur grand'tantc Charlotte de Montmorency, Bassom-pierre voulait l’épouser.Le Béarnais fit venir son compagnon et lui dit:—“Si tu épouses Charlotte de Montmorency, et qu'elle t’auiic, je te haï ray.Si elle m’aimait, tu me h aï rays.” Ce n’est pas le bonhomme Récamier qu< aurait raisonné ainsi.Quoi qu’il en soit, si on pouvait dire que Juliette savait “sacrifier son cœur à son besoin d'hommages,” elle était aussi bonne que belle, et la duchesse de Devonshire définissait ainsi “la coquette angélique”;— “ d’abord elle est bonne, ensuite elle est spirituelle, et puis elle est belle.” A cet empire irrésistible, les femmes elles-mêmes n’échappaient pas; et c’est là qu'elle fut vraiment une conquérante.Ecoutons Mme de Staël.A un moment où M.Récamier avait été moins heureux dans scs spéculations, l’illustre auteur de “ Corinne ” écrit à Juliette:—“Beauté sans égale en Europe, réputation sans tache, caractère fier et généreux, quelle fortune encore de bonheur dans cette triste vie où l’on marche si dépouillé.Chère amie, que votre cœur soit calme au milieu de ces douleurs.Hélas! ni la mort ni l’indifférence de vos amis ne vous menacent, et voilà les blessures mortelles.Adieu, cher ange, j’embrasse avec respect votre visage charmant.” Joubcrt, le disciple et souvent le rival de Larochcfoucaud, Joubcrt pour qui Fontanes a écrit ces vers charmants : Mais si Joubert, ami fidèle Que depuis trente ans je chéris, Des cœurs vrais, le plus vrai modèle, Vers mes champs, accourt de Paris, Qu’on ouvre, j’aime sa présence.Joubcrt s’est dépeint et a dépeint 563 Juliette dans les lignes suivantes:— “Je resscml lu en beaucoup de choses au papLlon : comme lui j’aime la lumière; comme lui j’y brûle ma vie ; comme lui j'ai besoin pour déployer mes ailes, que dans la société il fasse beau autour de moi, et que mon esprit se sente pénétré d'une douce tem pé rat ure.” $ » $ A Coppet, en 1807, vile rencontra chez Mme de Staël, le prince Auguste de Prusse.Le neveu du vainqueur de ITohcn-Friedburg, de Lcuthen et de Lissa, était beau et magnanime; il devint amoureux de Juliette.Vaincu à léna par la France, il était battu une seconde fois à Coppet.O11 résiste difficilement à de parc lies victoires; Juliette songea au divorce.Le bonhomme Récamier ne l’entendit pas de cette oreille-là.Le prince de Crusse aima Juliette jusqu'à la fin, et voulut être enseveli avec une bague qu elle lui avait donnée.C’est chez Mme Récamier que son immortelle amie rencontra Mme Swetchi-11c.Comme la noble Slave hésitait à s’approcher d’elle.Mme de Staël lui dit: —Est-ce que vous ne voulez pas faire ma connaissance?—Madame, répondit Mme Swet-chine, c’est au roi à saluer le premier.Plus tard, toutes les trois: Corinne, Juliette et Mme Swetchinc, se trouveront réunies chez Mme de Krudencr, dans son hôtel de la rue du faubourg Saint-Honoré, tout près de l’Elysée.Le czar y avait préparé, avec son Egérie, le traité de la Sainte Alliance.Lorsque le soir venait, il s’agenouillait à côté de Mme de Krudencr, et passait sans s’eir douter, des pieds du crucifix aux pieds de cette femme étrange qui se trompait encore plus qu’elle ne trompait son mystique amant.Quand, fatiguée de quinze ans d’esclavage, la victoire divorça avec lui, le vainqueur de l’Europe dut regretter d’avoir passé à côté de cette belle guerrière “ sans sourire ni soupir.” Etrange destinée de Napoléon : Quatre femmes l’ont combattu et l’ont vaincu.Il repoussa Mme ce Staël et Mme de Krudencr, il fut repoussé par Mme Récamier: au second cm- 564 pire/ l'opposition napoléon nicn ne moins bruyante, mais 11011 moins active, se réunissait chez Mme Svvet-c h inc.* *r n La grande page de la vie de Juliette Bernard, celle 011 Juliette devint Mme Récamicr, a été écrite à rAbbaye-aux-Bois.Une petite cham-brette a rendu ce pauvre monastère à jamais illustre.Jadis, comme le fait observer Sainte-Beuve, à l'extrémité du faubourg Saint-Jacques, la marquise de Sablé se réfugia du monde dans la retraite.Le monde s’élança à sa poursuite, il rejoignit aussi Mme Récamicr.Le plus vieux fut le plus agile et arriva le premier.Mme Récamicr calomniée, critiquée avait rencontré la pierre de touche qui devait la révéler: le malheur.Elle le porta avec aisance; jamais plus humain et plus chrétien fardeau ne fut soutenu plus noblement par les plus jolies épaules de la création.Chateaubriand attiré à l’Abbaye-aux-Bois par la vanité y fut enchaîné par une véritable affection.Tel le Rhône impétueux, sauvage, s'élance du Saint-Ciothard vers le Sud ; si, au sortir de Lyon, il rencontre la Saône coquette, gracieuse, il l'épouse, et devenu plus calme, plus grand, plus majestueux à la fois, il se dirige avec elle vers la mer d'azur qui doit les absorber l'un et Vautre.Chateaubriand vint auprès d'elle se convaincre de cette vérité: “ Que si l’amitié est un capital qui s'accumule toujours; l'amour, au contraire, place à fonds perdus." Son amour pour Mme Récamicr fut ce que l'éloquent Lacordairc appelle: "Une convenance immatérielle entre deux âmes; und ressemblance mystérieuse de l’invisible beauté de l une et de Vautre." Juliette et René virent la fin approcher avec courage.—“ La vieillesse, avait dit Mme Swctchinc, est le Samedi-Saint de la vie, veille de la Pâques ou de la résurrection glorieuse." Chateaubriand est ému quand il parle d'elle; les cinq lignes qu’on va lire valent mieux que la toile de Gérard/ le ' marbre de Canova, le médaillon de Devéria.—“ Je l’ai suivie, la voyageuse, par le sentier qu’elle a foulé à peine.Je la devancerai bien- LE JOURNAL DE FRANÇOISE tôt clans une autre patrie.En se promenant au milieu de ces Mémoires, dans les détours d’une basilique que je me hâte d'achever, elle y ucuvera la chapelle qu'ici je lui ai dédiée ; il lui plaira peut-être de s'y reposer: j’y ai placé son image." Juliette survécut d'un an à l'homme illustre qui, comme Auguste de Prusse lui avait offert son nom.A la lin de ses jours, cette femme qui avait effeuillé tant de gloires, tant de joies, tant de tristesse, eut plus de cœur, plus de grandeur qu’aux heures de sa jeunesse.Il y a quelque chose de juvénile et d attendrissant dans l'isolement.de cette grande entourée.Ses yeux ne voyaient plus ; mais son âme devenue transparent , i fléchissait comme dans un miroir, les jeunes souvenirs et les vieilles ;• initiés.Au coucher du soleil, elle croyait voir la porte de sa vhambre s’entr'ouvrir, et Chateaubriand et llallanche entraient tour à tour.Elle chantait doucement: Combien j'ai douce souvenance Des jours heureux de mon enfance.llélas! la harpe d'or qui l'accompagnait jadis n'était plus là : elle avait mêlé ses vibrations aux vibrations éternelles.Au Couchant de sa vie Juliette avait repris les habits de l’Aurore.Ses langes allaient s’appeler bientôt le suaire.C était bien la preuve que la tombe est un berceau, berceau de la beauté, de la jeunesse, des épousailles immortelles.Prince de Yaleki.Nous accusons réception, avec reconnaissance,, d'un nouveau chant patriotique, intitulé: " Le Drapeau Fleurdelise de Carillon," dédié aux Canadicns-français et spécialement â VAssociation des Vétérans.Les paroles sont du major François La-pointe: Le voilà, Canadiens, le drapeau de nos pères, L’étendard où leur gloire a laissé son rayon Et qui flottait, nu vent, sur leurs tètes guerrières A Carillon.La musique est du professeur Alexis Contant.Le seul nom suffit pour en garantir l’harmonie et la beauté.A vendre au prix de 35 cts chez J.G.Yon, éditeur et importateur, T/32, rue Ste-Catherine.Critique de Cbéatre $ ?VWV ?WVW New-York, novembre 1904.E11 attendant qu’elle vienne charmer des auditoires montréalais, Madame Kéjane, au Lyric de New-York, remporte de nouveaux triomphes et moissonne à pleines gerbes les lauriers ruses du succès.Cette artiste, dont les commencements furent pénibles, car la petite Gabrielle Réju a connu l'âpre montée par où débutent souvent ceux qui s’en vont à la conquête de la renommée et de la gloire,a maintenant la satisfaction de se sevoir idolée du public parisien, qui admire en elle la verve, une excessive mobilité de physionomie et cette souplesse merveilleuse qui lui permet de passer brusquement du rire aux larmes, du comique au pathos.Elle est originale, personnelle, allant à l’extrême effet de fantaisie comique, mais jamais au-delà.Dans le monde des théâtres à Paris, elle est reine parmi trois ou quatre étoiles de seconde grandeur.Et je vous assure que c’est là une situation fort honorable et jalousement convoitée.11 faut savoir gré à Madame Ré-jane de s'être entourée d'une troupe d’élite, où les talents de tout premier ordre sont en nombre, et où l'on a la joie exquise d’entendre un acteur puissant et dans sa partie aussi fort que l'est Réjane dans la sienne.J'ai nommé Dumeny dont nous aurons à nous occuper plus spécialement au cours de l'étude que nous ferons ensemble des pièces jouées par la troupe du Lyric, dans la semaine du 14-19 novembre 1904.La Robe Rouge.Dans la demi-douzaine de jeunes auteurs à grand succès parmi lesquels figurent Lavedan, Donnay, C’apus, Hervieu, George de Porto-Riche, Brieux est venu prendre son rang et a conquis de haute lutte une situation que personne aujourd'hui ne songe à lui contester.Chose étrange, cet homme, qui fait du très beau théâtre, attache aux procédés du genre tout juste l’importance que peut avoir une pomme aux yeux LE JOURNAL DE FRANÇOISE 565 d un poisson, lit, chose encore plus Vous nie direz qu'un pareil baga- dons naturels, jeunes maîtres du étrange car, en somme, le dédain ge est beaucoup pour un seul boni- barreau qui voulez savoir comment ces ficelles est chose compréhensi- me, beaucoup même pour toute une 011 parle à des témoins quand 011 C,~CCt tllltcuL qui lait courir tout vie.Vous oubliez que Bricux, c'est veut à tout prix leur arracher un laiis, pi of esse pour la forme litté- l'apôtre, et qu'il a, comme tel, la.foi aveu de culpabilité, allez entendre raire une hautaine indifférence et un robuste qui transporte les monta- Dunicny.A11 demeurant, le fardeau indulgent mépi is.Ajoutez a ces gnes.de la pièce retombe tout entier, sur singularités que Bricux, eu ce Pour ^îl faire entendre de non-petit hôtel d’Autcuil où, Germaine sv séparent à jamais.L’amante sc vcait’ et applaudir par le public pa-étant chez des amis à la campagne, saci ific à la mère.Germaine épo.t- risicn elle a préparé un délicieux dîner.scra son fiancé.” Peu d'artistes ont reçu à Paris Horace résiste ; puis faiblit ; enfin CcUe él£ganlc piécette ne pouvait autant de témoignages de sympathie CC( C' .se terminer que par une jolie phrase.°* dc Jllste appréciation de leur ta- e pi enuei acte, \i et net , est | ^ voici dans sa douce mélancolie : ^cn^' Aux yeux de tous, elle occupe dune très bonne tenue.Le tableau “ Svlvie (à Germaine) : Prends- maintenant, dans son art, un rang qui vient ensuite ne but que le pro- •< moi dans tcs bras> ma Unllu tite élevé ct jouit d’un prestige incon- longcr.Dans le jardin de Sylvie a - Serre l'Hirondelle contre ton coeur, ^sté." Autel,il, les amants évoquent vurs “ C’est toi qui lui a cassé les ailes." Mlle Victoria Cartier, de retour pi emiei es ren cou tics.01,1 (e a Réjane et Dumcny ont in- d’un séjour de deux ans en Europe, lili mm iis® dontlesnotess'égrénentdanscetle conclacte.oùlavillacl'Auteuiinous p,ano,lorguy lepam-chantgre-nuit Vénitienne en gammes multi- ;lPI>ar:dt dans un éclat féerique.goncn (méthode de Solesmcs).chromatiques.A cette minute on a Et puis, il y a là, comme costu- Corn's et leqons par iculiercs Pour l'impression très nette que III iron- mes, des créations de je 11c sais quel renseignements s adresse, chez elle del le s’est muée en rossignol.Tout grand couturier de la rue de la Paix, lc matin dc 10 hrs a midl* à coup.Horace s'émeut parce qu’il a (je ne serais pas autrement surpris -——- cru entendre un sanglot.“Tu es d apprendre quelles sont signées “Les Contemporains,” revue heb-fou !” lui dit Sylvie.Pourtant, il Faquin), dont vous me direz des ciolliadairc illustrée de 16 pages inné s'était pas trompé.Ce sanglot, nouvelles, mesdames.C’est déli- Abonnement: Un an, 6 francs; c’était le cri de douleur de sa pauvre CICUX' le numéro o fr.10.—Specimen sur femme, cachée derrière un treillis, Le programme dc la semaine s’est demande.Biographies parues en et qui avait eu le torturant courage terminé par “ La Parisienne ’’, dc novembre 1904.Mgr Bern eux, vide suivre les coupables jusqu’à leur Bccquc.Ce feuilleton étant déjà cairc apostolique dc la Corée.Ba- retraitc d’Autcuil.trop long ct lc morceau en question beuf, révolutionnaire communiste.— Lucien, cependant, a été très ému extrêmement risqué, je me contente Guillaume IV, roi d’Angleterre.__________ du désespoir de sa belle-soeur.A de le mentionner en passant.Pour Glinka, compositeur russe.Biogra-son tour, il fait de la morale à Ho- ceux de vos lecteurs qui seraient dé- phies à paraître en décembre: Duc race.Horace l’envoie promener ; il sireux de connaître une excellente de Morny.Fox, orateur et homme ne songe plus qu’à divorcer : il a critique de la “Parisienne”, je me d’Etat anglais.—Maréchal Gouvion- gâché sa vie, il veut la refaire.Su- permets de rappeler que M.Jules Saint-Cyr.Delille, poète français.zanne, qui écoutait sans doute à la Lemaître, dans ses recueils de fcuil-porte, surgit tout-à-coup et rompt lc letons dramatiques, a écrit sur ce silence qu’elle s’était jusqu’alors sujet des pages définitives et qui Citrons essence Jules Bourbonniè-imposée à l’égard d’Horacc.Elle méritent d’être lues et retenues à re sc vend à $1.00 et $1.50 la livre LE JOURNAL DE FRANÇOISE 567 Petit Courrier Littéraire é I Sait-on qu une de nos compatriotes, une Canadienne de Québec, est en passe de se faire une belle réputation littéraire aux Etats-Unis ?C’est une personne de haute distinction, d’excellente famille, une demoiselle Molt, qui a épousé un de nos compatriotes anglais, dont elle est veuve—et qui a suivi aux Etats-Unis sa soeur aînée, veuve elle-même de l’amiral Boggs, de la marine américaine.Mme Bigncll s'est d’abord fait connaître par un délicieux petit volume intitulé : “Mr.Chupcs and Miss Jenny ”, l’histoire toute simple, mais singulièrement attrayante, de deux rouges-gorges, deux petits favoris pour lesquels elle a le don de nous faire partager son affection.Peu après, elle publiait un autre volume: “My woodland Inmates ”, une étude charmante du caractère et des mœurs des petits habitants des bois et des bosquets,—étude où abondent, parmi les descriptions les plus variées, mille fines observations, mille pensées délicates, délicieusement serties dans un style gracieux à l’extrême.Mais je veux dire un mot de son dernier ouvrage : ” A Quintette of Graycoats ”, dont je viens de lire tout d’une haleine les pag/s ravissantes.Mme Bigncll y fait de nouvelles variations sur son thème de prédilection ; mais cette fois, ce sont les faits et gestes de cinq écureuils à moitié apprivoisés que le prestigieux écrivain dramatise sous nos yeux avec un talent qui, j oserais dire, tient de la magic.Comment réussit-elle à intéresser scs lecteurs, que dis-je, à les captiver à ce point, par des récits qui, après tout, peuvent sembler puériles à ceux qui n’en ont point éprouve le charme?C’est le secret de son style d’abord, style souple et chatoyant.qui fait penser à quelque belle pièce de soiries teintée d’azur et frangée d'or.Mais c’est surtout le secret de son cœur.L'auUeur est une âme vibrante, ouverte à toutes les impressions délicates, éminemment sensible à tout ce que la nature peut donner de mystérieuses et subtiles sensations aux prévilégiés capables d'en jouir et de les apprécier ; une âme qui non seulement sait absorber ce que le milieu où elle vit offre d’éléments, de satisfactions intimes, mais qui sait se répandre elle-même à l’extérieur, en les résorbant en rayonnements sympathiques.Rien de charmeur et de caressant comme ces petits tableaux, où la grâce des détails le dispute à la vérité qui transparaît sous le réseau de la phrase.L’impression en persiste longtemps après que vous avez fermé le volume.Ajoutons à cela que, de même qu’on le remarque chez tous les grands écrivains anglais, ses connaissances de la langue française— Mme Bignell est une ancienne élève des ursulincs de Québec — donne â son style une précision, une clarté, qui ne constitue pas un des moindres attraits de ses ouvrages.Je suis heureux d’offrir mes chaleureuses félicitations à notre distinguée compatriote.II Articles et études, par l’abbé Elie J.Auclair, professeur de littérature au séminaire de Sherbrooke.— La Cic de publication de la “ Revue Canadienne ”.Voici un livre qui méritait mieux qu’une mention tardive comme celle que je suis forcé de lui consacrer, faute d’une occasion plus favorable.C’est un livre qui, pour être écrit sans prétention, au courant de la plume, et au hasard de l’inspiration passagère, n’en a pas moins une valeur littéraire considérable.Je ne me souviens plus quel critique disait d’un ouvrage récemment paru : “ C’est plus qu’un bon livre, c’est une bonne action.” Or le même compliment — et ce n’c.st pas peu dire — pourrait s'adresser avec autant de vérité au volume de M.l'abbé Auclair.Soit qu’on s’attache aux pages où l'auteur donne libre cours â son imagination prime-sautière, et laisse chevaucher sa plume “ la bride sur le cou ”, suivant une expression typique; soit qu’on le suive dans les essais plus sérieux où il aborde les hautes questions religieuses et sociales, toujours et partout perce quelque rayon lumineux vers le vrai, toujours et partout éclate quelque sincère aspiration vers le bien, même dans ce qu’il a de purement humain.Pourquoi pas ?L’amour du beau, même dans ce qu’il a de plus matériel, n’élève-t-il pas l’esprit et le cœur vers la perfection idéale ?Le patriotisme n’est-il pas une vertu ?Sous ce rapport, M.l’abbé Auclair est un militant ; il a la passion des choses justes et bonnes ; mais — il faut le constater avec plaisir — son zèle ne va jamais jusqu’à l’exclusivisme systématique.11 combat certes çn vaillant et en convaincu, mais il ne se laisse jamais guider “ auc-toris odio ”.Il a ses sympathies, naturellement, et même ses admirations quelque peu outrées peut-être ; mais sa sincérité ne s'égare jamais jusqu'à envelopper les gens dans une réprobation de coterie.J’ajouterai à sa louange qu’il sait aussi parler haut et ferme.Il ne croit pas qu’un bon conseil soit une injure pour ceux à qui il l’adresse.11 sait dire carrément à scs compatriotes, par exemple : “ Vous ne connaissez pas assez votre langue, il faut l’étudicr ! ” Et cela sans se préoccuper d’être accusé de vilipender sa race, par ceux à qui le bonnet convient le mieux.En somme, je le répètc> ce livre est plus qu’un bon livre, c’est une bonne action.Il respire la droiture, 563 LE JOURNAL DE FRANÇOISE les principes sains et les intentions le menu, mettant les faits en relief Noms de femmes, généreuses.On sent tout de suite, comme les noms en vedette, et com- n*cst pjus curieux ni plus même quand l'auteur se pose crâne- plétant ainsi par le détail l’œuvre de amusant quc dc connaître ’’ ce que ment sa barrette de jeune lévite sur nos;; historiens, forces d'embrasser.vèulcnt dirc »' lcs noms de femmes le bout de l’oreille, que I on a affaire de plus vastes horizons a la fois.]r ,a , t| ont unc sigÜi- icn qu'cn les appelant par leur veillant sur les levies.ou moms inexplorées, c était cnn- no iand ullcs se animent: 13éa- Ccst ainsi que jaune un écrivain, clnr nos bibliothèques, remplir une ^ice, Angélique, Constance et Auro- r.n parlant de Victor Hugo, son lacune dans nos écoles, et bien me- , ,, ., ., ., , , re, par exemple, l'oint n est besoin rival, Lamartine disait un jour a nier non seulement dc tous les es- ., .f ., x.1X J , d avoir fait des études très poussées Alexandre Dumas : in its studieux, mais encore de tous , .î- ., , .,, , .pour comprendre ce que ces voca- — L est un Lncclade ! c est un l'ro- les bons patriotes., er., , .r.4 , L ., ,, .blcs-la signihent.Il suflit egale- methee ! c est un I itan ! Cette mission.M.dc Kastncr s en ." , ., 9 .- .ment (1 être tant soit peu frotte de — L est plus que cela, repartit est acquitte iusqu ici avec une rare .r.« ,x ., grec pour savoir que Catherine veut Alexandre Dumas, c est un cœur ! habileté et une conscience d artiste.c, , .c., _ r .’xi vii' \ i* ,1 , , • - .• dire la Chaste, Sophie la Savante et Je ne terai pas a M.1 abbe Auclair 11 en est rendu a sa troisième serie lx ., r,._ M l’injure de le comparer à Victor de “ Héros,” et dans sa nouvelle bro- Hugo; mais fût-il un poète de grand clmre, il nous fait assister aux dé- .,, .r renum, m, maître ,h, stvlc et de la cm,vertes dt, Xord-( )uest, ces vastes ' W,rcu et dont la sigmlica- pensée, son ouvrage révélerait quel- régions conquises à la civilisation t,0n f* généralement que chose de mieux encore: le “ vir par le génie aventureux et l'hévoïs- mie: Anna signifie a Cherc Al,ne la bonus ” dont parle l’auteur latin.me de nos pères.11 nous fait suivre Majestueuse, Elisabeth celle qu.est Doris la Dieu Pourvue.Mais voici des noms féminins clé- chargé dc tracer la voie aux autres.|a grande patrie de là-bas.lcu connuc également, la significa- I|r Que de fatigues et de misères à tlon dcs «"'^s, dongme supporter ! que d’embûches à éviter ! Scr.namque : Albert,ne la Fameuse, Héros de la Nouvellc-France, par e d'cvncmis à fléjüUer ou à vain.Berthe la Lumineuse, Brigitte la Frédéric de Kastner.-Troisième cre, Qn (lirait les ^ripéties d’une Rayonnante, Emma 1 Am,e de la série.— Les La Vérendryc père et £pGp£c maison, Math il de 1 Heroine, Mina la fils, Dufrost de la Jemeraye, et la _ ., ., (îiacieuse, Gisèle la Compagne,lien ,, i xt i rx .Et tout cela raconte dans une lan- .T) ., découverte du Nord-Ouest., , , nette la Bonne maîtresse de maison.c , ., ., .gue impeccable — cela va sans dire.baillons les héros qui ont écrit la ^.- —- « it t » .; , M.de Kastner étant un linguiste, belle Légende de notre passe, ma,s ^ ^ d L’assassinat au théâtre.chapeau bas aussi devant les vail- n , , TT .r .lantsqui se chargent d’en immorta- »"H'KhSchooldeQuehec-et,lans Une piece de M.dAnnunzio: lise- le souvenir Anrés veux oui un st-vlc v ' ge StUtion, comldértibiem^it^e geiëntêe ; - ¦ r ' • Méthodes pour \cs principaux it ai aux de dames, , mpre^sions sur étoflea.—Marques du linge.Manière de relever et agrandir les patrons Tapés—rie.—TncoL—Crochet.—FÜct.—Dentelles.Macrcmé.-^-AugTnenlé de la Dentelle au fuseau/ Des renseignements très détaillés sur la manière de poindre sur toile gobe lin, sur satin, sur velours, sur drap ainsi que la Peinture au Verni» Martin, Venluminure, la Photominiature, etc: Orne de 500 figures et vignettee Prix du volume : Broché, Paris 3 fr.Département e> Etranger, 3 fr.73.Envoyer un mandat de poete à _______ M.R.Thiérv, 14.rue Drouot M§ESr/vt#rerff \Jv' ’ w \ i ’ • Fondée en /pat, Incorporée PzrA» GoudemtfnchrduConada, OtteiùC./« Octobre /foj.Siege Sociei et Bureau* d‘Ad ml* ietretl«jji eiiiebrello 61.tel.main *7*.¦ Vend au détail : DIAMANTS, BIJOUX et OEUVRES D’ART MONTREAL Toutes autres informations t données gratuitement; Cure Hllli il et Sd/g douleur des caj 11 * t/mensive et gsrsntie L E* VENTE PARTOUT francopar/aposfe sur y rtcepUon du prix 251.< ' \ AJ LAURENCE PMf C.*StelS-Qr.^*«W Le Tonique Français Ideal pour le Corps, les Nerfs, le Cerveau lüRDU! 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