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Titre :
Le journal de Françoise
Revue littéraire féminine qui contient des pages consacrées à la mode, aux arts ménagers, aux enfants et à l'étiquette (bienséance). [...]

Publié à Montréal de mars 1902 à avril 1909, ce « journal » littéraire bimensuel, qui a pour sous-titre Gazette canadienne de la famille, concrétise le rêve le plus cher de Robertine Barry, alias « Françoise », l'une des premières femmes canadiennes-françaises à faire activement du journalisme.

Pendant neuf ans, de 1891 à 1899, elle a en effet travaillé comme journaliste pour le quotidien La Patrie. En outre, elle a publié un recueil de nouvelles, Fleurs champêtres, ainsi que Chroniques du lundi, un choix d'articles parus dans La Patrie de 1891 à 1895. Les membres de l'École littéraire de Montréal la placent alors parmi les « principaux littérateurs canadiens ».

La fondation du Journal de Françoise représente un moment fort de sa trajectoire. Elle y consolide un capital social déjà considérable et y exerce une autorité absolue à titre de directrice, de rédactrice, de propriétaire et d'administratrice.

Ce bimensuel constitue un objet protéiforme donnant à lire un corpus de tonalités et de contenus variables, qui va du texte argumentatif sur des sujets d'actualité aux conseils pratiques pour la ménagère, en passant par les genres littéraires canoniques.

Dans son périodique, Françoise fait preuve d'une audace et d'une modernité absentes des oeuvres publiées sous forme de livres par les femmes au Canada français - des travaux qui sont caractérisés par leur conformité à la doxa. Son discours dissident se trouve dans les textes argumentatifs (éditoriaux, billets, comptes rendus d'ouvrages ou d'événements ponctuels) et les rubriques récurrentes (« À travers les livres », « Bibliographie », « Bloc-notes », « Le coin de Fanchette »); il surgit également là où on ne l'attend pas : phrases glissées dans des communiqués apparemment neutres de prime abord, ou dans de brèves présentations d'articles. Cette variété formelle rend difficile la quantification en pourcentage du discours de cette nature, mais elle lui donne une présence significative.

Françoise milite en faveur de l'émancipation des femmes et de leur droit à prendre une place entière dans la société. Cette position légitime l'autorité qu'elle s'accorde pour se prononcer dans les débats qui ont cours et tenter d'influencer l'opinion de ses contemporains. Elle affirme le droit à la liberté de pensée et d'expression, et appuie toutes les initiatives qui la favorisent. C'est en cela que son journal a laissé sa marque, malgré la relative brièveté de son existence. Ses prises de position, au demeurant, la mettent souvent en situation de conflit avec les autorités religieuses, en particulier avec l'archevêque de Montréal, Mgr Paul Bruchési.

Parmi ses collaborateurs, mentionnons Albert Lozeau, Paul Morin, Louis Fréchette, Émile Nelligan (à qui Françoise consacre un article élogieux dans le numéro du 2 avril 1904), Laure Conan et Jean de Canada.

Dans le numéro du 15 avril 1909, Robertine Barry remercie ses lecteurs et annonce la fin de son journal : elle n'a plus suffisamment de temps à y consacrer.

BEAUDOIN, Lise, « La parole dissidente de Françoise dans Le Journal de Françoise (1902-1909) », Recherches féministes, vol. 24, n° 1, 2011, p. 25-43.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1979, tome IV, p. 152-153.

Éditeur :
  • Montréal :[s.n.],1902-1909
Contenu spécifique :
samedi 18 mars 1905
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
deux fois par mois
Notice détaillée :
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Références

Le journal de Françoise, 1905-03, Collections de BAnQ.

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1 « • - 3MIÎ ANNÉE — No 24 .Le Numéro, 10 ers Samedi, 18 Mars 1905 L lournal françoisc (GAZETTE CANADIENNE DE LA FAMILLE) Paraissant le 1er et le 3 le me samedi de chaque mois Directrice : R.BARRY Dire vrai et faire bien .ABONNEMENT : ÜN AN - $2.00 Six mois - - - - i.oo Strictement payable d'avance.REDACTION et ADMINISTRATION 80, Rue Salnt-Gabriel, Montréal.Tel.Bell.Main 999 A 1/ ETRANGER : Un an - - Quinze franc.Six mois - - - 7 frs Strictement payable d'avance.66 Sous les Ormes’ (Inédit) A Madame L.1C.Panneton de Sherbrooke.Quand le p?in /onps sourit dans la naluic en fleurs Et dessine partout ses plus riantes formes, Il fait bon.tout à l'aise, épancher sa bonheurs En humant F air liés pur, à F ombre, ' ‘ sows to ormes!' ' Quand l'été, to// /v/ flamme, inonde de.soleil Les campagnes qu'il btûlc en des chaleurs énormes, Il fait bon reposer en un calme sommeil Que Von goûte tranquille, àVombre, 4 ‘ to ormes." Quand les feuillest F automne> ornent de rouge et a' or Aii loin les longs penchants des coteaux multiformes, .Pto de f oiseau qui chante et qui gazouille cncor, Il fait bon folâtrer, d f ombre, “ to ormes." Et même quand l'hiver couvre tout le gazon El la route et les champs de linceuls unifoi mes, Tandis que dans leur cœur la sève boni à foison Cest encore d'espoir que parlent "les grands ormes!" Toujours pour eux, toujours le printemps va venir, Ils espèrent toujours des nids aux mêmes formes, Ils ri aiment que la vie et.ne savent mourir Toi jours il J'ail bon vivre, à F ombre, "sous les ormes!" E.J.A Février 1905.(D Notiî.—I,a demeure de M.l’avocat I,.15.Panneton, C.R., est enjolivée par un bosquet il'ormes, fort beaux.— Mail.Panneton a dénommé son '• home" : Sons 1rs Ormes.— 15.J.A.Chanson d’Automne fl « « Sans tria/, sans couleur, sans parfum, vaines ombres, Sur mon chemin dis/rail passez, passez sans nombres Dans F embrun de mon rêve clic a mis sa beauté, Sa troublante beauté ! En mon ciel gris, traînant leurs heures indolentes, Les jours ternes suivaient les nuits froides et lentes : Dans F ennui de ma vie elle a mis sa gaîté, Son esp) it, sa gaîté ! F) uits et bleds sont tombés, mares et nids sont, vides ; Lé air a durci la glèbe, et d'un pas presque lourd Depuis longtemps j'allais seul en sentiers arides : Dans la soif de mon cœur elle a mis son amour ! Le vin de son amour / Fleurs tardives, donnez vos odeurs l o ramées, Sur lesquelles en cor l'oiseau vient se poser, Chantez à mille voix ! Vivez, choses aimées ! Sur F ardeur de ma lèvre elle a mis son baiser, Sa lèvre, son baiser ! (Ottawa).A CHILLK FrÉCHETTK. Sous les Ormes\(poèsié).E.J.A.Chanson d’Automne {poésie) Achille Frèchetie Légende Irlandaise.Françoise Amitié de Femme.Ernest Daudet j£S Violettes de l’histoire.Exposition International de Liège.Léon Huber Petit Courrier Littéraire.Louis Frèchetie Qu'est-ce que la femme.F.Doumergue "Recettes uti les, ConseilslutilesTetc77i'~.,~ LeCoin de Fanchette.Françoise Les Cloches'de Rome Eugène Demolder Page des Enfants.Tante Ninette Le Mal du Pays {feuilleton).M.Aigtieperse IMPRIMERIE a.p.PIOKON, I595-I597 RUE ONTARIO 3me année—No 24 Le numéro, io cts (GAZETTE CANADIENNE DE LA FAMILLE) Paraissant le 1er et le 3ieme samedi de chaque mois - Directrice : R.BARRY Dire vrai ctfaire bien.REDACTION et ADMINISTRATION 80, Rue Salnt-Qabrlel, Montréal.Tel.Bell» Main 009 ABONNEMENT : Un an $2.00 Six mois - - .- 1.00 Strictement payable d'avance.Samedi, 18 Mars 1905 A L’ETRANGER : Un an Quinze francs Six mois - - - 7 frs Strictement payable d'avance., " ' - V- ; MADAME Pour vos petits dîners fins, et vos toanqüets de famille, ayez de la viande de premier choix.Vous la trouverez chez Hormïfldas A.Giguère 84, se, 36, 40 Harché Beaieeean MONTREAL Tél Bell, Main 2479.Librairie Beauchemin à responsabilité limitée, 256 RUE ST-PAUL, MONTREAL LETTRES DU P.DIDON à Mademoiselle Th.V .27e' édition.1 vol.in-12 .0.88 LETTRE DU P.DIDON à un ami.1 vol.in-12 o.Sg L’EDUCATION PRESENTE.Discours à la jeunesse par le P.Didon.1 vol.in-12.0.88 INDISSOLUBILITE ET DIVORCE.Conférences de Saint-Philippc du Roule,' par le P.Didon.1 vol.in-12 °.88 LA FOI EN LA DIVINITE DE JESUS.Conférences prêchées à l'Eglise de la Madeleine.Carême de 1892, par le P.Didon.1 vol.in-u.O.S3 EN TERRE SAINTE, par Mademoiselle Th.V.(Thérèse Vianzonei.1 vol.in-12, illustré.0.88 HENRI DIDON, par Jaël de Romano.1 vr» in—13 ,.###.*.BEAU Ml ER Médecin et Opticien A l’Institut d’Optique exAMEN fifelig des Yeux UlelnÙ H)54 tue Hte-Catherine, Montréal Pbamatlt* Cbimstt Edifice du Monument National 216 RUE SAINT-LAURENT Téléphone Main 2628.Spécialité : Ordonnances des Médecins, Librairie Beauchemin (à responsabilité limitée! •356 Rue 8t-P«n1, Montréal.Paraissant le 1er et le 15 de chaque mois Rtçuea tous les jours chez En vente dans tons les dépôts.5 cents le numéro.Direction et Administration : 22a RUB EMERY .MONTREAL.Adresse: MONTREAL MODE, ’ Montréal, P.Q, Vos amis, ayez toujours les Vins Porto & Madère ED.LAFOND Le Fleuriste des Theatres 1607 RUB STB • CATHERINE Tél.Beil Set 1Q49 Tout ouvrage exécuté à de» prix modéré».BLANDYFRERES.Seule agents à Montréal ; IMPORTE, MARTIN & CIE Spécimen gratis sur demande.\ Notre assortiment de nouveau* tés est maintenant complet.Une visite à notreExposition voua sera avantageuse.N.BEAUDRY & FILS ' , Bijoutiers Optidéfll 212 Bue St-Laurent, Montreal - Essayes le Folifsèur CAN DO poar argenterie JW* Demandes un.échantillon.T*l.Bbll, Mai* sioô.VMHJEUR.SANTE.BEAUTE LONGÉVITÉ.voilV ce oue' DONNE] A TÜUô' • jjwïï>LAC H ANCE.PfllXrSOCENl^x >ÛWTlREAi |K§ OKneses*éf*eptvsamksini!rKS rtmàfaaumt |XI JKt les/KmiaéefètfetrrttoïkwséJhmfMoito YJratfsmèskMwmtojxanùMlcrtbts Ms ÇapsuMs toqti^fmiûMaçdæbitytbm t/tnUtfkaali font *» yr»* «wygtWfto» WfnüiL «ir«topK*rm*CK5.dug if s Marne bb nmm .fi-.t.jt.; 14/ *.;s-4Ve_ i'Uente sont d^megrande beaa-ssturetiee, innaablee, ineaæa* ¦*" ?ans trace*.d’amflôee;et; r "x mut 1* plue grande satisfaction ÉjaSv- Rlfee sont garanties.Or, tidteargent pour plombage.% gBHBSf.v ; ;M»v.dplilM Franco-ImerioitB Wwfclàe 8t Deofr Hwtreal 19 7029 674 LE JOURNAL DE FRANÇOISE $ LEGENDE IRLANDAISE $ Boyle de Boy high n'avait qu’une fille, la princesse Ailecn, dont la beauté était en grand renom et par terre et par mer.Sa mère étant morte quelques heures avant sa naissance, on confia la garde et 1 education de l'enfant au roi son père.De bonne heure, on lui avait appris à monter le coursier le plus rapide de l’Irlande, et rien n’était plus charmant que de voir la princesse dans une robe d’or et d’argent sur son pony richement caparaçonne, scs yeux bleus étincelants de santé et de plaisir, tandis que ses longs cheveux, d’un blond cendré, folâtraient sur son manteau à riantes couleurs.Toujours quelques rares spécimen de chiens chasseurs—l’orgueil de la maison de Boylagh—l'accompagnaient dans ses courses, les uns piquant de l’avant eu courant, les autres tirant de l’arrière comme pour provoquer les tendres paroles d’encouragement de leur maîtresse.Cependant la renommée de la princesse s’étendait de plus en plus loin ; de la cour du roi, son père, à toutes les différentes parties de son pays, le nom de la princesse Ailecn se répandait maintenant â tout le reste de l’Europe.Au point que, tous les mois au moins un riche prétendant avec sa suite, venait offrir scs hommages â la belle dame.Chacun chantait sa patrie, sa famille princicre et les faits de valeurs qu’il avait accomplis, mais la princesse ne les entendait même pas.Enfin, se présenta un jour à la Cour de Boyle de Boylagh, un ménestrel errant, de race celtique.C’était un jour de fête et de chansons, appelé la Saint-Patrice, en l’honneur du grand libérateur d’Erin.De tous côtés, beaux chevaliers et belles dames étaient accourus auprès de la princesse dont c’était le jour de l’anniversaire de la naissance—pour lui dire de tendres choses.Le ménestrel errant, perdu dans la foule, demanda qu’on lui permit d’accorder sa harpe et de faire entendre un chant de son pays en présence de la princesse et de ses hôtes.Le prince se prit de rire de ce rustre mal peigné qui avait l’audace de se joindre à l’assemblée joyeuse et d’entrer en lice avec des maîtres en poésie, tels que ceux qui avaient chanté avant lui.Mais la princesse intervenant: “ Les ménestrels étrangers chanteront-ils mes louanges, dit-elle, sans que nul fils d’Erin ne fasse entendre les accords de sa harpe ?Que ce barde celtique soit le dernier qui me rende honneur ” et elle appela le ménestrel de Gaël, qui, ployant le genou avec toute la grâce d’un prince devant cette reine de beauté, chanta ce poème: “ Pourquoi quitterais-tu le beau pays d’Erin pour t’en aller errer au loin?“ Pourquoi quitterais-tu le vallon verdoyant, si moelleux sous tes pieds, avec scs marguerites et ses boutons d’or qui n’ont de sourire que pour toi?“ Pourquoi quitterais-tu les ruisseaux gazouillants qui, les premiers, t’ont appris à chanter?Le bruit des fleuves étrangers feront gémir ton cccur au souvenir des ruisseaux de ton enfance.“ Pourquoi quitterais-tu la tombe encore fraîche de ta mère en la confiant à des soins étrangers?Peux-tu l’apporter avec toi par-delà les mers?Ah ! comme elle est lourde la main de l’étranger ! “ Pourquoi quitterais-tu les princes d’Erin qui se suspendent à tes lèvres et ne jurent que par ta chasteté, pour des étrangers qui ne recherchent que ta beauté?La beauté meurt, le squelette le dit partout.L’amour seul est durable.Ecoute bien ! Ton ménestrel veut te prévenir avant de te laisser.” Il y avait des larmes dans les yeux de la princesse et la tristesse remplissait son âme.Scs yeux rencontrèrent ceux du ménestrel.un éclair y brilla et l’un et l’autre se révélèrent en cet instant, les profondeurs de leur cœur.Le Prince Royal était irrité de ce qu’en un jour de fête comme celui-ci, 1111 ménestrel avait osé jeter une note triste, et ordonna qu’il fut immédiatement chassé de la cour.Peu de jours après, la princesse était devenue extrêmement morose et triste.Les plaisirs de la chasse et de la compagnie qui l’entourait ne lui disaient plus rien.Le prince s’en aperçut et, croyant que sa fille aimait le brave chevalier espagnol Bolivar, il voulut mettre un terme à ses chagrins en hâtant le jour du mariage.On commença à faire de grands préparatifs pour l’événement prochain, tandis que la princesse apportait à tout la plus profonde indifférence.Un soir, après avoir entendu de sa vieille nourrice le récit détaillé des Fées et de leurs danses éthérées, la princesse Ailecn, accompagnée d’une bonne fidèle, quitta vers minuit, le château de son père pour voir par elle-même ces tableaux fantastiques dont lui avait parlé sa nourrice, et, s’asseyant sous un arbre touffu, elle se mit à pleurer en songeant à son mariage prochain.Tout à coup on entendit des sons d’une musique lointaine, et bientôt une multitude de petits hommes et de petites femmes, vêtus de rouge et de bleu, s’élevèrent à travers l’herbe verte et commencèrent à danser en chantant une ronde joyeuse sur le gazon.La princesse, profondément effrayée, pressait sa suivante de revenir au château, mais le Roi des Fées, comme s’il eut deviné sa pensée, ordonna à scs chevaliers et ses dames de joindre les mains -t de former LB JOURNAL DE FRANÇOISE 675 un cercle autour de 1 arbre touffu, rent à cet appel et dès l’aube de la Aileen, qui, les bras étendus, implo- rendant impossible toute tentative Saint-Patrice la vallée se remplit de rait sa délivrance, d’evasion.Après quoi, le Roi sa- gentilshommes suivis de nobles (la- Il y eut un choc, puis un autre, vança vers la princesse en chantant: mes qui les poussaient de l'avant, mais en vain.Coursier après cour-Quand 1 amour est absent l'hymen Se détachant des rangs et le dernier sicr furent désarçonnés, est triste, épouse moi et sois bonne de tous, venait le prince O'Boy le Ce fut alors qu’un jeune homme fée à ton toui.décidé de ramener sa h lie ou de courut au-devant du cheval cnchan- A 1 instant, la suivante se signa mourir.té, se jeta en face et empoignant son mais comme la princesse, dans son A la pointe du jour, le son du cor col d'une main, introduisit de l’au-etonnement, axait oublié de le faire, sc fajt entendre, les chevaux se ca- tre un poignard jusqu'à la garde c \oi la toucha du bout de sa ba- brent et les cavaliers se penchent en dans la chair frémissante, guette magique.a\rant, préparés pour le choc qui doit Un cri sauvage retentit, puis on c ut alois que retentit un giand jcur perdre ou leur gagner une prin- vit un nuage de fumée et le cheval ruit e voix et de riics perlés, puis cesse.blanc, avec scs narines vomissant le vinrent les sons de trompettes et la Bientôt on vit venir un coursier feu, disparut.La princesse était princesse isparut dans un nuage tout bJanc allant plus vite quc lc dans les bras du prince Roderick aiicia rc.vent, vomissant le feu par les nari- O'Donncl, le ménestrel errant, celui 1 >C a!., ; .J(?Ur C.?.n~ nés et hennissant plus fort et avec cllli avait chanté: " Pourquoi quitte- ai petit a petit du ciel gris d h- (lcg song plug ^ ^ ycnt ^ rais-tu le beau pays de l’Irlande pour ar^c‘ , , , .- , - tempêtes sifflant dans le grand bois 1011 a^cr errer au loin." Perche, sur les gcuets dores, la • (Imité ,1e l'anglais.) grive redisait a sa compagne la chanson première qui lui avait gagné son ^ur 50,1 011 v°ya^ ^‘L princesse Françoise.cœur; lc merle à bec jaune accordait sa flûte d'artiste, tandis que plus haut encore l’alouette jetait WWWWWVWWWVWWWVWWWWVWWWWVWWWVWVWVWVWVWWWWWVWVVV1 dans l’espace sa prière matinale.Tout à coup la bonne s’éveille en ^ ., .sursaut.Où est sa jeune maîtres- % u/VlTllLlC Q6 il GIT1 l ll llG ^ sc?Est-ce un rêve?Plût au ciel que cela fût! Car la princesse s’en était allée, et pour toujours, xrcrs lc pays des fées.En parcourant lc sixème volume, juin 1877, c'est-à-dire en pleine crise Avec une malédiction sur les lè- récemment paru, des attachantes du Seize Mai, trois mois à peine vies pour le chevalier espagnol et études dans lesquelles M.Emile Ol- avant la mort de leur auteur.IV un soupir à l'adresse du ménestrel livier fait revivre avec un magistral avait alors quatre-vingts ans.Il ve-errant, la suivante sc leva à la hâte talent les épisodes les plus caracté- naît de perdre une amie dont l’af-pour aller donner l’alarme au châ- ristiques de l'histoire du second Em- fection, durant vingt années, avait tcau.pire, je suis tombé sur deux lettres été, de son aveu, lc charme et la joie Ce fut alors qu'une voix de fem- de Thiers, qui ont été pour moi, cic scs jours.Cette amie, M.Emile me murmura à son oreille: " Je suis comme elles le seront pour tous Ollivicr ne la nomme pas, et la mê- la bonne fée-reine; lc roi en aime ceux c, les auront lues, une vérita- mc discrétion m’est imposée.Ce que une autre ; il fait la cour à notre ble révélation.A la place qu'elles jc pCllx dire d’elle, c’est qu’elle por- princesse.Rompez lc charme.Lc occupent dans un ouvrage entière- tajt un nom illustre dont la gloire jour de la St-Patricc la princesse ment consacré à des événements remonte au règne du premier Napo-traversa lc Barnes Gap.Lc roi politiques, elles constituent un hors- \£on Ceux qui Vont connue en par-lui-même sera son coursier.Oui d'œuvre, mais un hors-d’œuvre déli- lcnt cncorc comme d’une créature pourra tenir les rênes et faire sortir ci eux.incomparable, douée de toutes les du bout de son poignard quelques Elles nous dévoilent dans Thiers ,itég de Vcsprit et du cœur.gouttes de sang, rompra lc charme un homme que nous ne soupçon- ., , , V magique et obtiendra la main de la nions pas, dont, à aucune époque de 11CIS u) avait ete Pr -.—-, " moins un moment, ce que nous soin f ., pour 1 hiers dans arrivée à Paris, lorsqu’il y débar- mes obligés d’en blâmer.C’est le les circonstances que je rappelle.Il quait avec Mignet.l’eseareelle vide privilège des femmes capables d’ins- est vcntablcmnt malheureux, vert- et les dents longues : durant les jour- pircr l’amitié et dc la ressentir, de tablcmcnt désespéré, ct les cris qui nées de juillet où il avait pris la parer les élus à qui elles accordent LE JOURNAL DE FRANÇOISE 677 la leur de je ne sais quoi de noble °Z-Z-X-XECECIEHZZZXXZXZXX-XaXXIX-XXZXZXXZZZZZX-XZXXZZXXZZXXXXO et de pur.Elles les grandissent en les violettes de l’histoire réparateur des maux de la vie et ôX-XXZXXXXXXXXXXZZIIIIÆM-ïtlïXXXXXXXXXXXXZ-XXXIIMXXXXXXXXi plus fort que la mort.Celles-là sont rares dont l'amitié Catherine Douglas visage et d’esprit orné, se groupent vaut qu’011 y attache du prix.Mais Les violettes de l’Histoire.Ainsi *a gaieté, la grâce, 1 élégance.plus rares encore sont les hommes pourraient s’appeler ces héroïnes Lorce ménestrels et jongleurs ont qui savent la comprendre, l’appré- obscures ou bien oubliées, dont la ule enrôles sous la direction d un cier, s'en contenter telle qu'elle s'est mémoire ne connaît point le grand cavalier, sir Alexandre, très versé offerte à eux, et ne pas la dénaturer soleil de la popularité.Et le par- (1:ms lc 'm sur lui d attirer, dans la Namur et ses environs.De nommes est de courir à la porte de la vallée si pittoresque de La i mise, ,)rcux c|,jteaux cn ruine rappellent salle.Thahison !.les barres des lc 11 °1 cl étrangers qui chaque année ]a puissance ct ja richesse des sei-verrous ont été enlevés !.Pourtant, visitent 1 Lu rope soit pour s amuser urs ^’autrefois et prépare l’arri-il faut gagner du temps pour cacher j)U sc distraire, soit pour vaquer a ^ à Hay, petite ville moderne où le roi.puisque c'est à lui seul qu’on lculjs Maires.l’industrie des papeteries a pris un en veut; tandis que toutes s’affolent Lu comlte rencontra, tout d abord, développement énorme, égalant cc-au milieu de ce cauchemar réel, C'a- "nc violente opposition, mais grace ()c pAl1g0ulème en France, ct où therinc Douglas,, calme ct résolue, a la persévérante énergie île ses ^ fabricant dc pulpc canadien trou-s'appuie contre la porte et passe son membres, il finit par triompher de vefa unc clicntèle qu’il lui sera aisé bras dans les anneaux vides du ver- impardonnable inertie des uns et ^'enlever à la Suisse, à la Norwègc rou.Ce frêle rempart vivant sera (*c coupable hostilité des autres.^ ^ ^ Russie.bientôt rompu.Mais quelques mi- L'n lS99, le comité provisoire se ^ {orUfiéc défendant la EE—.EÏ piss iiiii iimn sanglant jt de Manchester, laquelle ne craint fut découverte ; il périt, percé de Aujourd'hui que l’Exposition est pas dc voir eclipscr ses produits par seize coups d’épée et de poignard à 1:1 veille de s’ouvrir, tout annonce cc cluc lc 111011 dc industriel universel par ses implacables ennemis.11,1 succès sans précédent.Cc qui exhibera de plus merveilleux dans (Le foyer.) contribuera énormément à ce suc- enceinte de la glande Exposition ces est, qu'à part l’exhibition de pro- Alternation ale par laquelle la Belgi-* duits industriels merveilleux que (lue célébrera le ygiènie anniversaire LES CONTEMPORAINS l'Europe, ct cn particulier la Belgi- c^e 5011 indépendance.Revue hebdomadaire illustrée de cpie, offrira aux yeux étonnés dc Nous parlerons de cette prochai- 16 pages in S.Abonnement: U11 an, l’étranger, lc pays de Liège se prête nc fête internationale, placée au dé- fi francs ; le numéro, o fr.10.—Speci- admirablement à une exposition.but du siècle qu'en Belgique on inti-men sur demande.Biographies pa- Le site 011 se produira cette niani- tule déjà le siècle des travailleurs, à rues en février 1905: Pedro II, empe- festation de l'intelligence humaine laquelle les Belges convient spécia-reur du Brésil.—Baron 1 lue, servi- dans lc domaine artistique et indus- lenient les Canadiens et les Cana-teur de Louis XVI.—Fontanes, pre- triel, est un coin du monde 011 le diennes.micr Grand Maître de l'Université.— Créateur semble avoir réuni ce qu'il En attendant je pense que mes Giffard, inventeur.Biographies à pa- y a dc plus enchanteur dans son œu- aimables lectrices profiteront d'une raître cn mars 1905 : Mme la Duchés- vrc.Le visiteur canadien, revenant indiscrétion que je vais me permette de Bourse h—Bullet, homme d'E- de l’Exposition de Liège, se sou- tre en leur annonçant qu'à la suite tat.—Le général Hoche.— R.P.Co- viendra toujours de la pittoresque des suggestions faites par mon com-lin, fondateur des Maristcs.vallée de la Meuse.Entre autres patriote, M.l'avocat Herreboudt, dans une lettre parue dans Le Journal de Françoise, une Agence de voyages circulaires en Europe vient de se constituer à Montréal et prépare des carnets spéciaux pour visiter la Belgique et VExposition de Liège aux prix réduits que voici : Passage: aller et retour ; séjour en Belgique, 2 semaines ; logement, pension, libre parcours sur tout le réseau des chemins de fer belges, première classe, $200.00; deuxième classe, $150.00; troisième classe, $90.00.Billets mixtes (passage première, séjour deuxième), $65.00.Billets mixtes, (passage deuxième, séjour troisième), $115.00.Léon Hubert, Ingénieur des Mines de L’Université de Liège.Ingénieur électricien de l’Institut Mon te fi ore.« EN PASSANT Jamais, sous aucun prétexte, ne vaus mettez à table pour le second déjeuner sans être complètement habillée, c’est-à-dire sans être soigneusement coiffée, vêtue d’une robe d’intérieur coquette, ayez toujours le souci de votre toilette pour votre mari ; faites-vous belle pour lui plaire,qu’il voie bien que c’est spécialement pour lui que vous avez ce soin de votre personne.Que de querelles entre époux, que de mauvaise humeur de la part du mari, de dégoût de son intérieur ne sont venus qu’à cause de la négligence, de l’insouciance de la femme pour sa toilette chez elle.Puis encore un petit conseil en passant : si par hasard vous portez quelques postiches, quelques frisures, ne les laissez jamais traîner aux yeux de tout le monde ; ayez une petite boîte parfumée à cet usage dans laquelle vous les dissimulez adroitement.Personne n’a besoin d’être dans le secret des petits mystères du cabinet de toilette, pas plus que vos enfants (qui parlent souvent à tort et à travers), que vos domestiques, et à plus forte raison votre mari.Faites tout ce que vous pouvez pour être LB JOURNAL DE FRANÇOISE belle, pour dissimuler les quelques petits désavantages que la nature ou les années peuvent vous avoir donnés.C’est le devoir de toute femme de vouloir plaire à ceux qu’on aime et qui vous aiment.La coquetterie intelligente n’est plus un défaut; c’est une qualité et une preuve de bon goût.PETIT COURRIER LITTE-• RAIRE Les Ecclésiastiques et les Royalistes français réfugiés au Canada à l’époque de la révolution, par le Du N.E.Dionne.M.le docteur Dionne est un érudit et un laborieux: deux qualités maîtresses chez un historien.11 ne se passe guère d’année qu’il n’enrichisse notre bibliothèque de quelque ouvrage utile, savament élaboré, et plus ou moins précieux pour ceux que préoccupe l’histoire de notre pays.Cette fois, c’est un fort volume qu’il vient de présenter au public, un volume bien fait, bien charpenté, bien écrit, rempli de consciencieuses recherches, richement documenté, et dont le titre seul indique le caractère exceptionnellement intéressant.Je salue dans ce volume, une œuvre forte dont la valeur s’impose à l’attention des lecteurs sérieux.J’entends surtout au point de vue des faits purement chronologiques et particuliers que les ouvrages de ce genre ont pour but d’enregistrer; car au point de vue de l’histoire générale, l’écrivain ne me semble pas toujours envisager les choses d’assez haut pour bien mesurer la portée des événements, et juger du caractère de l’ensemble, dans la synthèse de son action.Pour l’historien épisodique, il est bien difficile de se défendre contre les exagérations que le zèle et les convictions sincères des intéressés font jaillir naturellement des sources où il puise.Ces réserves faites, j’applaudis de grand cœur à l’œuvre de mon distingué confrère de la Société Royale ; je le félicite d’avoir exhumé ces intéressants feuillets de nos annales, et lui souhaite le succès que méritent à tous égards et son amour du travail et la variété de ses connaissances techni- 679 ques, servis tous deux par une connaissance approfondie de la langue et un vigoureux talent d’écrivain.Louis Fréciiette, L’amour dans le cœur de la femme est le diamant dans le charbon.On y retrouve le feu, la mort et la lumière.Arsène Houssaye.* * * L’amour ne peut offrir que lui-même et qui en veut tirer autre chose n’est pas digne d’etre aimé.Th.Gautier.* * * C’est si bon de se souvenir, qu’on voudrait quelquefois habiller l’avenir avec les habits du passé.Gustave Droz.f Tout le monde a hâte d’aller à 1 exposition de chapeaux du salon de mode, Mille-Fleurs, 1554 rue Sainte-Catherine.Le Spécifique du Dr Mackay CONTRE L’ALCOOLISME.Employé avec un succès infaillible par le gouvernement de la Province de Québec pour la réforme des alcooliques.Les autorités municipales de Montréal ont reconnu les mérites de cette découverte merveilleuse.Dernièrement, la Commission des Finances a voté un crédit de *500 pour faire faire un dépôt de la médecine du Dr Mackay dans tons les postes de police, afin d'empê-clier, par une prompte application dans les cas urgents, les décès qui se produisent ai fréquemment dans les cellules.Pas besoin d’internement au Sanatorium : le traitement peut se donner à la maison.Pas besoin non plus de diète spéciale.Tout ce quil faut, c est la volonté du malade de ac guérir et de s’abstenir des spiritueux.Cette médecine est maintenant à la portée de tous, le prix en ayant été réduit.Les effets étonnants qu'elle a produits sur les ivrognes les plus invétérés cités en cour correctionnelle à Québecet à Montréal prouvent que l'alcoolisme est une maladie guérissable.Avec l’approbation du public et des gouvernements, et les résultats constatés, toute expérimentation nouvelle serait superflue.Correspondance strictement confidentielle.s’adresser a la Leeming Miles Co., Ltd.288 rue SWacques, Montréal Seuls Agents pour la vente du SPECIFIQUE du Dr MACKAY pour la guérison de IL, ALCOOLISME. 68o r i 1 Qu’est cc que la femme?| i______________________________________I 11 ya certaines femmes, à qui, surtout, il ne faut pas le demander.Et je ne parle pas des femmes qui semblent s’être donné la mission de déshonorer la Femme, de la rendre méprisable et détestable.Je parle de certaines femmes qui se sont donné la tâche de défendre la Femme, de la relever, de réclamer ses droits.Hier un de ces avocats féminins de la Femme s'indignait, et criait au hideux despotisme masculin, parce que le préfet de police avait réussi à empêcher l’exhibition, sur un théâtre de la banlieue, d'une de ces malheureuses qui comptait faire courir tout Paris par un scandale inédit.( )n ne l'a pas permis.Voilà l’impardonnable attentat à la dignité de la Femme !—où la dignité va-t-elle se nicher?* * * Les femmes, c’est naturel, ne sont pas toujours impartiales sur ce qui les concerne.Mais voici toute une série de philosophes qui sont femmes sur ce point.11 ne s’agirait de rien moins que de professeurs allemands qu'un féministe aurait consultés, et qui auraient fait des réponses 1111 peu étonnantes.Je n’ai malheureusement pas ces réponses sous les yeux.Mais un journal très grave assure que les professeurs allemands se sont montrés, vis-à-vis de la Femme, d'une férocité et d'une puérilité remarquables.Voici la preuve de leur férocité.Us veulent garder toutes les places de juristes et.de médecins pour les hommes et ne veulent pas ouvrir ces carrières à la concurrence des femmes.Si les professeurs allemands ont vraiment conçu cette périmée, ils sont féroces : c’est incontestable.Quant*và*leur puérilité, voici la preuve qu’ils en.ont donnée.La fréquentation des universités, des cours, risquerait, disent-ils,.' de faire perdre aux femmes'quelques-unes des qualités qui les distinguent.• Et le grave journal— le TaiipSjs'pQvx ,nc.pas le nommer,— raille .ces, professeurs et leurs craintes.Ce n’est-* pas une peu de poussière, échappéeJdes' .vieux .livres qui ternira les charntç$vcfc la* Femme! LB JOURNAL DE FRANÇOISE N’en déplaise au Temps, la puérilité^ia femme; même, que les hommes des professeurs allemands me paraîtraient plus sujets à l'idiotie que les un peu moins évidente que leur féro-|femmes.H y a quelque chose dans cité.Ils se sont dit: Si, à nous fré-j, a Qul 1 âge mûr, et la sénilité, derniers détails, le docteur Ellis n’est 11 on^ Pas apporté ce qu ils rêvaient, pas seulement un savant, pas seule- L enfant c est seulement le symbole ment un professeur: c’est encore un Srace> de la pureté et de la foi, avec, en plus, la promesse mystérieuse de toutes les intelligences.Ivien que ça.Je comprends que l’universalité des homme de bon sens.La chose devient si rare qu’il y a lieu de féliciter chaleureusement le docteur Ellis.Par sa science il a fait justice des ac- fcmmcs nc se contente pas de si peu.cusations physiologiques portées con- ^a's a mon humble avis, celles qui tre la femme.Si l'on mesure la capa- s’en contentent ne sont pas les moins cité de son crâne et le développement k‘cn dotées .En tous cas je ne se-dc son cerveau, la Femme représente rais pas étonné d'apprendre que c’est la moyenne de l’humanité.Inférieure Vol,lnion de leurs maris.aux hommes supérieurs des races supérieures, la Femme est supérieure aux hommes, partout ailleurs.Voilà donc.qui est entendu : la Femme est au moins notre égale, à nous.Mais comme le docteur Ellis, à sa science, ajoute le bon sens, il a pénétré infiniment plus avant dans la connaissance du caractère de la Femme.Il* a remarqué, en effet, que les hommes commettaient beaucoup plus de suicides, beaucoup plus de crimes que E.Doumergui;: g La Directrice du Journal de || I Françoise désire remercier tou- y _ tes les personnes qui ont, si lar- B gement, prodigué leurs sympathies à elle et à sa famille, à roccasion du deuil profond qui vient de les frapper. LE JOURNAL DE FRANÇOISE 681 RECETTES UTILES entremets se mange chaud ; on peut CONSEILS UTILES Les oranges B eignets Biscuits— lc F'^cr, ce qui le rend plus Contre le rhume de cerveau.-Un Confiture—Allume-Feux in" .sinapisme entre les deux épaules pen- Bischop.lusque j en suis aux oiangcs, je ^ant quinze minutes arrête un rhume Un entremets chaud est toujours x ol,s m( >quci ai a m.inivi e tout t[c cerveau à son début.Se frotter la le bienvenu dans un diner, sortant vous Pourre* ,cn t,rcr PllrU solt cn nuque avec de l’eau-de-vie est égale-tant soit peu du train-train familial, j^nhiurcs, soit comme boisson en inv||l excellent.Quand ou est cnrhu- On se donne souvent bien du mal )1SC lüP* nié, le potage à l'oignon est à pré- pou r en chercher un qui suit pvésen- .UU1 nîc^le ^cs oiangcs en con- f£rcr# table, alors qu’il est si facile de con- ^tuics, l] laut lcur clllcvvr lc zcste Contre l’insomnie.—Une tasse de fcctionncr dans ce but des beignets vL 1:1 l)ctitc l)cau 1)lauvllc (1U1 lcs cn" bouillon chaud, de cacao ou même ou des.biscuits d'oranges; cn hiver, lulllc; 1)U1S» vuus laUcs cuirc tIans un lait de poule en se couchant, sont les oranges se trouvent partout et 1 cau 1l‘s 01 anges entieics.Les oran- clcs rcinédcs contre l’insomnie, par- son t d'une ressource plus précieuse ^cs sullt asscz cuites quand vous C(J qUqis ollt ccssé l’excitation céré-qu’on ne croit généralement.pouvez en 1 oncer dedans un petit braie qui chasse lc sommeil.Rcspi- Mais qui dit beignets, dit pâte à 1Uulce Lavage des foulards de soie.— ccr par celle-ci : coupez les oi anges en quai tieis et Nettoyez-les d’abord en les passant Mettez dans une terrine de la mcttcz-lcs dans le siiop, laissez-les dans U11 savonnage à froid, puis rin-farinc, trois cuillerées d'huile, un cu*,c cncülc 1111 (lualt d heuie et ccz ct pressurez-les.Vous faites peu de sel, un demi-verre d'eau, mct-t-ez en pots.alors bouillir du son dans de l'eau, battez bien cette pâte avec une bischup dot ange est une ex- une poignée par foulard, vous filtrez cuillère de bois ; ajoutez encore ccllcnte boisson, peu îépandue, mais cc|qc décoction â travers un linge, de l'eau ou de la bière jusqu'à ce (llle 11 us lecti ices amont intéièt et j)Ujs vous y laissez temper quelque que la pâte coule facilement de la a&l(^llle1^ a confectionne! suivant la temps les foulards; ensuite on les cuillère, battez en neige deux blancs foi mule que je leui li\ie: Lllcs fe- presse, on les suspend et on les rc-d’œufs et incorporez-les légèrement ront fondre une demi-livre de sueie passe légèrement étant comme un dans la pâte.Elle doit être faite dans 1111 bti c de biit bouillant ; puis pCU humides.deux ou trois heures à l'avance, (luand ^ lait set a a peu piès îcfioi- Rien de plus fragile come le lustre pour la rendre plus légère par la di, clles^ y ajouteront du kirsch ou cju velours, rien de lamentable com-fermentation.de ^a cvcmc de vanille.Elles auront mc cette étoffe après qu’elle a perdu Cette pâte sert â toutes espèces disposé, d autre part, des oranges son éclat par un froissement ou par de beignets; si ce sont des beignets collPccs en ronds dans un saladier un frottement intempestif.On peut d’oranges que vous teniez à réaliser, ct verseront le bischop froid rendre au velours à peu près sa fraî- prenez de belles oranges, pelez-les, sur ^es oranges environ deux heures cheur première cn .le mouillant à coupez-les cn ronds et ôtez-en les ax an^ de set vir.^ 1 envers, puis cn 1 exposant ati-dcs- pépins; puis mettez-les à mariner Enfin, un conseil aux ménagères, sus d’un fer bien ch and, en évitant trois ou quatre heures dans de l’eau- a clu* Jc viens de recommander de soigneusement tout contact entre le de-vie ct du sucre; trempez-les dans dépioter tant d’oranges, a mettre en fcr ct l’étoffe.La chaleur vaporise votre pâte; faites frire de belle cou- beignets, en biscuits ou en coin- l'eau dont le velours est imprégné: leur; saupoudrez de sucre et servez.Potcs* # , cette vapeur traverse la trame, sé- Quant aux biscuits d’oranges, ils Conservez toutes les écorces d o- parc les fibres emmêlés, les redresse, ne "sont guère plus difficiles à réali- ran£cs cluc vous pourrez vous pro- et il suffit ensuite de laisser sécher.Choisissez six oranges bien curer; coupez-les en filets larges de scr : EBEE5EH SB EElrEE: tj£ mettez sur le feu; pendant que votre bleue intense, qui allume vivement casserole chauffe, faites une pâte de toutc espèce de combustible.w ***" crêpes assez légère, additionnez de Un secret confie ct entendu crée quelques gouttes de kirsch, de bon Guibollard et Calino parlent de entre deux âmes le plus étroit des rhum ou de cognac ; mettez alors le leur progéniture.liens.Dire un secret, c'est donner tout dans la casserole, retournez ; —Combien avez-vous d’enfants?un gage assuré d’affectueux aban- quand le mélange devient compacte —Je n’ai qu’un fils unique.Et don ct de fidélité; c’est établir un et commence à gonfler, retirez du vous ?sanctuaire fermé et comme un ren- feu, puis, avec un couteau découpez —Moi,- j’en* ai- deux.dcz-vous sacré entre deux cœurs, la pâte en menues bandelettes.Cet —Deux fils uniques ?X. 682 LE JOURNAL DE FRANÇOISE LE COIN DE FANCHETTE B risefcr.—L’emblème de chaque nation est celui-ci: Pour le Canada, la feuille d’érable.La France, le lis, d’abord, puis au temps des Bonaparte, la violette.L’Angleterre, la rose.L’Allemagne, la (leur de maïs.L'Irlande, le trèfle.L’Ecosse, le chardon.L’Espagne, la grenade.La Prusse, le tilleul.L’Egypte, le lotus.La Grèce, la violette.Bouche-en-cœur.—La salle à manger doit son origine à l'hôtel de Rambouillet.Avant cette époque, on avait l'habitude de dresser la table, ou de la faire transporter toute couverte de mets, dans une pièce quelconque de la maison où le hasard réunissait les hôtes et les invités.Clorinthe.— Les modes sont ennuyeuses à suivre, souvent peu avantageuses à certaines tailles.Ainsi ces manches gigot sont disgracieuses aux personnes déjà un peu fortes.Mais qu’y faire.Il faut se soumettre devant ces tyrans.Si nous pouvions revenir aux longues tuniques, aux chlamydes et aux péplum des dames romaines.C’est ça qui est gracieux et d’une dignité charmante.Claire-Fontaine.— Je trouve une mère de nombreuse famille, qui comprend bien ses devoirs et les accomplit de son mieux, plus méritoire, qu’une religieuse.Je puis avoir tort, mais vous me demandez mon sentiment à ce sujet, je vous l’écris comme je le pense, très sincèrement.Métilla.—C’est beau la jeunesse! Les années vous corrigeront assez vite de vos ardents enthousiasmes, de vos exhubéranccs bruyantes.Je vous souhaite le plus beau printemps joyeux et pur, clair et lumineux avec des rayons qui projetteront sur toute votre vie.Paulus.—Je vous remercie des excellentes choses que vous m’écrivez.Elles me sont d’autant plus agréables que je les sens sincères.Une femme se trompe, rarement sur le ton d’une lettre et il y a un proverbe aile- man cl qui affirme que les “ paroles écrites ” d’un homme valent mieux que ses “ paroles parlées.” Tosné.—Je me rappelle avoir lu quelque part,—je ne sais plus où,— que Jeanne d’Arc avait une chevelure rousse.On a remarqué que les chevelures rousses ont joué un grand rôle dans l'histoire ; Catherine de Russie, Elizabeth d’Angleterre, Anne d’Autriche, Lucrèce Borgia, Béatrice Ccnci, voire même Marie Stuart avaient les cheveux de cette couleur fauve que des poètes ont appelée “ blond à la Titien ’’ mais qu’un préjugé de temps immémorial a fait détester comme étant d’un très mauvais présage pour les personnes qui les portent.Pianola.—J’ai entendu dire que se frotter les mains avec du soufre végétal en poudre, empêchait la transpiration des mains, tout en n’étant nullement préjudiciable à la santé et à la peau.Vous feriez bien de consulter quelqu’un plus entendu que moi là-dessus.St-Laurent.—Racine avait un fils, qui est mort sans postérité.Deux filles de l’auteur d’“ Athalic ” ont fait souche d’une nombreuse lignée.Trésor.—Je trouve que votre poésie n’a pas le prix de votre pseudonyme.Il y a des fautes d’orthographe, puis les règles de la prosodie y sont traitées avec une désinvolture inexcusable.Il n’est pas permis de traiter avec cette familiarité des lois très respectables et qu’on ne connaît pas.Chéry, (Illinois).—Non, pas de bibliothèque publique à Montréal.Quel humiliant aveu, vous me forcez à vous le faire ! Pépito.—J’aime infiniment, dans La Samaritaine de Rostand, le chant de Photine, et puisque vous désirez le lire dans son entier, je suis heureuse de vous le donner ici : (Photine, tournant la roue de bois qui tire la corde au puits de Sichem ) Mon bien-aimé, je t’ai cherché de- [puis l’aurore, Sans te trouver, et je te trouve, et [c’est le soir; Mais quel bonheur! il ne fait pas tout [à fait noir : Mes yeux encore Pourront te voir.Ton nom répand toutes les huiles [principales, Ton souffle unit tous les parfums [essentiels, Tes moindres mots sont composés de [tous les miels, Et tes yeux pâles De tous les ciels.Mon cœur se fond comme un fruit [tendre sans écorce, Oh ! sur ce cœur mon bicn-aimé, qui [te cherchait ! Viens te poser avec douceur comme [un sachet.Puis avec force comme un cachet ! Zannelot.—Votre lettre m’a fort intéressée, en même temps qu’elle qu’elle m’a été très agréable.Je n’ai pas besoin d’ajouter que je serai toujours heureuse de votre souvenir.Justine.—J’ai lu votre journal— ces pages écrites avec le sang du cœur.Merci de votre confiance.J’essayerai de la mériter toujours.—Mes compliments à vos deux chats : Minette et Petit Tanne.Françoise.Aimeriez-vous à connaître le nom du parfum dont votre amie fait usage ?A la Pharmacie d’Hercule Barré vous trouverez tous les parfums des meilleures marques françaises.Les hommes ne se consolent pas du premier amour, ni les femmes du 1 * UCl lâivi , T.J.Weiss. LE JOURNAL DE FRANÇOISE 683 musette avait accompagné, sur des oss Assurance de la femme * Ces giocDes de Rome « I greves °11 sur lcs i)lae°s- ds rondes de l)ùchcurs ct dcs "res hâlés de fil- Il ' lettes en blanc bonnet.11 en était Tout d’un coup, les clochers de la (lui venaient du pays des vignes, des La part active que prend aujourd’hui terre s étaient tus, et les cloches s’é- oliviers et des pins parasols, d’autres la femme dans notre vie sociale a sentaient envolées.arrivaient d’où la neige rend l’hiver siblement accru la valeur matérielle de On 11 entendait plus tinter les An- candide et les clochers pareils à de son existence et sa mort est une perte gelus; les voix de bronze îvappelaient grands lys.il en était qui avaient cllli peut maintenant s’apprécier en plus les fidèles aux messes.Elles frissonné au choc des vieilles guerres, argent, tout connue celle du père étaient remplacées, au sommet de d’autres ne connaissaient que la paix de famille.Dans la plupart des cas il certaines tours, par des cors dont les du ciel.Elles étaient parties des est tout aussi nécessaire à la femme de veilleurs sonnaient à l’heure des of- monts ou des vallées, des plaines ou s assurer qu à 1 homme, lices; ailleurs, c’était des trompes, des étangs, des golfes ou des lacs, H est inutile que nous insistions sur dont le son mélancolique passait sur des palais ou des cours des miracles.cftte nécessité pour la mère de famille, la cime des arbres; aux pays voisins On en voyait de tristes et de gaies, ^eûtes les mères canadiennes savent de l’océan, on soufflait dans des con- de brunes et de vertes, de noires et *e v*(^e ^eur disparution laisserait ques marines.de dorées.Les unes à leur départ au foyer.Dans ces tristes circonstau- Mais toutes les cloches étaient par- avaient sonné pour les morts, les au- ces * époux est obligé de remplacer tics, ct elles se perdaient dans l’azur, très avaient tinté à des mâtines, pour des soins mercenaires ceux de la si haut, que les fleuves leur parais- des mariages de soie blanche, de frais c^re disparue.Que d enfants posaient des rubans d’argent clair épin- angélus d’avril ou des baptêmes lnaturémeut privés de leur mère ne glés, et les villes, de grands gâteaux duets.™it_on passouventlaisséssans édu- roses qui s’émiettaient au soleil.A Sans crainte des vautours, elles catlon> niai tenus, a an onii s a a droite, la nier se montrait, aux unes trimballaient à travers l’espace con- ° lant pu ique et que eur p re ar grise et dorée, aux autres bleue.naissant le chemin, car il leur avait T ^ f ^ Elles étaient toutes heureuses étéprescrit-'Quandvousverrez,au comme des Ailes aux jours de fête,et sortir de chaînes de montagnes, vê- éducation il ne leur manquait que des visages tues de blancs surplis, un beau pays, C0I_! orme a ^ur état.[rais et des yeux joyn.x, car Ces en ferme de b„«c, ct qm , Vais, à sa possédaient la païole.pointe, de jctci une île d oi a une bien à tous les besoins de l’assurance Le jeudi-saint, les sonneurs avaient grande mer bleue, vous descendrez sur la femme.Donnez-lui donc la détaché les cordes pour laisser aux vers une cité de cette patrie, dont les préférence, autant pour y trouver campanes toute la liberté.Elles sa- dômes sont innombrables, les chefs votre propre intérêt que pour eucou- valent ce que cela voulait dire, et des prêtres rouges, et qui s'étage sur %Jai^jI^ikex%n^u%àys^' comme si cet ordre du Dieu des en- sept collines, au milieu des campa- _, ^,____________ fants avait été coulé dans leur airain gnes nues où courent seuls de longs /\h ! sans doute, c’est par l’amour avec la date de leur fonte ou les ai- aqueducs.que l’éternité peut être comprise, il moi ries de leur évêque, elles étaient Et tandis qu’elles pclcrinaicnt ain- confond toutes les notions du temps, parties d un élan frémissant pour sj?promenant au ciel la voix du mon- il efface les idées de commencement Rome.de envolée, les anges, qui habitent et de fin ; on croit avoir toujours Hi! Hi ! Hi ! Iii! riaient les plus pjus haut encore, se disaient, en ca- aimé l’objet qu’on aime, tant il est petites, qu on prenait de loin pour ressaut les plumes blanches de leurs difficile de concevoir qu’on ait pu des hirondelles égarées.ailes, avec un très joli sourire: vivre sans lui.Lcs grandes étaient plus graves._Vo;ià les cloches! car c’est bien- Mus os STAËL.Elles avaient plus de mal à se tenir tôt ^âques-fleurie ! r- en équilibre au sommet des unes, et Et lcs enfants, sur terre, parmi les PI JNDF & BOFHM quelque très haute montagne, dont ^ ïüx buis tdôranto cîe^ jardins.23P®®Mo'lSTREAL^ le sommet de glace éblouissait les _ , .n —#-#-»— inun i rares passagers des Zeniths, dans la ncmvellcs ct {JUYgQOns verdis- description, C^iff^re^deTeintures region des aigles., pour cheveux, Shampoo, Manicure, Che- Il en venait de partout de cathé- san ’ se trouvaient bien heureux de Veux brûlés, Massage du scalp., , .9 , , .cette aubaine et de cette renaissance.Toutes commandes pour ouvrages en che- dralc SI Vieilles que leurs bemtiers # veux reçoivent nos soins particuliers de pierre s’usaient, de villages plus (Extrait de La Lutte, revue catho- ^ DESRAYES, Graphologue doux et plus anciens que Bethléem, «que.; J 13 rue Notre-Dame, Hochelaga, Certaines, en même temps que la Eugène Demolder.MONTREAL 684 LE JOURNAL DE FRANÇOISE * PAGE DES ENFANTS * ©au&epie La Grande Mademoiselle Un écrivain peu galant l'a surnommée la moins fortunée des filles de France.à marier : néanmoins elle a joué son rôle dans l'histoire, et nous pouvons aisément nous la figurer telle (pie les peintres aiment à la représenter, allumant la mèche du canon lors de la première guerre de la fronde, frondeuse elle l'était avant toutefois ses intrigues qui ne lui apportèrent guère de bonheur, et à la fin du chapitre nous la trouvons l’épouse d’un arrogant seigneur, (pii ne se fait pas scrupule de lui jeter cet ordre péremptoire “Anne de Bourbon, lances-moi mes bottes." Aucun biographe n’a réussi à la dépeindre, si bien qu'elle l’a fait elle-même, et nous trouvons dans les mémoires qu’elle a laissés, une peinture fidèle, et colorée, de son caractère individuel, et de la cour de la Régente Anne d'Autriche, puis de celle de son lils Louis XIV.Anne de Bourbon, Princesse d’Orléans et de Montpcnsicr, et fille de France, était l’enfant unique de Gaston d'Orléans (de son 1er mariage).Elle naquit vers 1635, sa mère qui 11’avait alors que 17 ans, mourut en lui donnant le jour.La grande Mademoiselle, avait une nature ambitieuse et indomptable—en somme très féminine d’une part, et très peu féminine de l’autre.Par exemple que doit-on penser de cette saillie, écrite dans son journal, lors de la maladie mystérieuse de “ Madame ’’ (Henriette, Duchesse d’Orléans, qui mourut, à 23 ans en 1669).“ Je n’ai pu fermer l’œil de la nuit, à force de songer, qui Monsieur épouserait en secondes noces.Me choisira-t-il peut-ctrc?Elc avait alors 34 ans! Pourtant durant tout l’espace de sa première jeunesse, elle jouit de la bonne fortune d'être le premier parti de France, aussi les offres de mariage ne manquèrent-ils pas, et plus d’une fuis elle eût pu poser sur ses blonds cheveux, une couronne de reine.Et Mademoiselle de Montpensier était indubitablement belle, avec sa taille svelte et élancée, ses boucles légères, et ses traits saillants, qui ne nuisaient en rien au charme de son extérieur.Souvenons-nous de la parole de son ancêtre, François 1er : “ Jamais long nez n’a gâté joli visage." Mais le même monarque spirituel a aussi dit: “Femme varie, et bien fol qui s'y lie," ce qui pourrait bien s’appliquer également à sa descendante, qui semble toujours guidée par le caprice du moment.En 1660, nous la voyons à la tête d'une faction rebelle, et puis quelques années plus tard reconciliée au roi et le suppliant à chaudes larmes de donner son consentement, au mariage de sa cousine, alors âgée de 40 ans, avec M.de Lauzon.D'abord il donne sa permission, puis il la retire, et nous assistons à une scène touchante entre Louis XIV et Mcllc de Montpensier qu’il trouve au lit toute éplorée.ils se jettent en pleurant dans les bras l'un de Vautre.Enfin le mariage se fait, mais peu après les époux se brouillent, et la grande Mademoiselle passe le reste de ses jours dans l'isolement et l'abandon.Christine de Linden.Ce 3our d'Yvonne C’est jeudi.11 est cinq heures.Mlle \ vomie reçoit ses poupées.C'est son jour.Le cercle est brillant, le cercle est animé.Les poupées, dites-vous, ne parlent pas.Le bon Génie qui leur donna le sourire leur refusa la parole.Il agit ainsi pour le bien du monde.Si les poupées parlaient, on n’entendraient qu’elles.Mlle Yvonne parle pour les visiteuses aussi bien que pour elle-même.Elle fait les demandes et les réponses : —Comment allez-vous, madame?—Très bien, madame.Je me suis cassé le bras hier matin en allant acheter des gâteaux, mais c'est guéri.—Ah ! tant mieux ! Vous prendrez bien une lasse de thé avec de la crème.—Avec du lait, si cela ne vous fait rien, parce que le lait, c’est naturel.Et la crème, les cuisinières la font dans un petit pot.Et elles y mettent des choses.—Et comment va votre petite?—Elle a la coqueluche.—Ah ! quel malheur ! Elle tousse ?—Non, c'est une coqueluche qui ne tousse pas.—Vous savez, ma chère, j’ai encore eu deux enfants cette semaine.—Vraiment ! cela fait quatre! —Quatre ou cinq, je ne sais plus.Quand on en a tant, 011 s’embrouille ! —Vous avez une bien jolie robe.—Oh ! ma chère, j’en ai de bien plus belles encore à la maison ! —Allez-vous au théâtre?•—Tous les soirs.J’étais hier à l’Opéra, mais Polichinelle 11’a pas joué, parce que le loup l’avait man- ge.—Moi, madame, je vais au bal tous les jours.—C’est bien amusant.—Oui, je mets une robe bleue et je danse avec des jeunes gens.Ils sont très polis, surtout les colonels.—Vous êtes jolie comme un cœur aujourd’hui, ma mignonne.—C'est le printemps.—Oui, mais quel dommage qu’il neige ! —Moi, j’aime la neige, parce qu’elle est blanche.—Il y a aussi de la neige noire.—Oui, mais c’est de la vilaine neige.—Vous savez que j’ai changé ma femme de chambre.C’est la deuxième depuis huit jours.On ne peut plus se faire servir ! Mlle Yvonne mène la conversation avec agilité.Mais clic cause trop longtemps avec la même visiteuse qui est jolie et qui a une belle robe.Elle ne s’occupe pas des autres, parce qu’elles sont mal habillées.’Anatole France. LE JOURNAL DE FRANÇOISE 685 f ^ te; on fait une noce à tout casser, et les inconvénients du manque de mé- | CC Soldat mystificateur | le soir, à la retraite, ou Imitera des moire.fia pour des ra.Les quarante francs — — ne firent pas loue feu.Un escalier de six mille marches! O» Cet argot, jours\près.notre tam- C'est bien le plus haut et le plus tout parisien, da e de la grande ai- ^ ^ ^ ,^g q„, inee.La ces le desesjxnr ^ ^ vraiment extraordinaire qui se trou- du consent; la joie, la consolation ^ ^ chine, sur la montagne sacrée du grognard.Ln jour 1 argent man- ^ / duTaï-Slian.qua,t a 1 appel et pas un consent a viens mc recommander à vous: vous Ce plus haut, puisque, de la pre- qu, tirer une carotte pour lu, taire ,^n vrai jière.e tie suis si mal- '"%rc à la dernière marche, on s'élè- payerlanocel Sapnsti, dit le tam- j.^rcuxl-Ouas-h, donc.Fliho- ve exactement de ,,8,0 mètres; le hour I hhochon, ça ne peut pas res- d,^,_^,a ^ morte, colo- 1»'"= l^ur le monter er comme ça.haut qt, je ,1, amuse.mon pauvre ami?- =" c"Hcr dévelojqiement, i, faut Une idée , si j allais tiouvu le colo- p ^ gj ])0nne f .parcourir une distance de vingt-six «e Ccst ça je men vais lu.dire aulant C|UC j.aime Jlrc kilomètres et demi! C'est dire qu’il une ciaque.ons }.drapeau! Elle vous aimait aussi, comPte (R‘ vastes et très nombreux “ Eh ljicn- Flibochon, dit le colo- mon colonel, car elle sc souvenait l,alicrs- nel,q ue veux-tu?—Oh! mon colonel, toujours de vos quarantes francs— A 11,1 kilomètre environ de la ville vous etes bien honnête; c'est que, Ne prions donc pas de ça' Quel de ^aïngan-Fu, se dresse une porte c’te mut, j a.reve que vous étiez ma- age avait-elle?—Dix-huit ans colo- manumciitale flanquée de deux pa-lade, si bien que ça m’a ému sensi- ]|cl) fraîche comme un bouton ,1e 8°dcs dSa|ement colossales.Cette blcmnt et que j’mc sms réveillé pieu- rose.et une éducation !.il n’y avait porto f,a,,chie- 011 commence, entre rant a chaudes larmes.—Pauvre gar- pas lin jeu (lc carU.s qipdlc nc con„ mie double rangée de temples et de çon, rassure-toi; lu vois que je me nûL Ellc ^citait par cœur tous les sanctuaires dédiés à Confucius, l’as-porte bien.—Oh ! je le vois, mon co- romans de M.Tronchon du Poiarail ccnsio" (hl fameux escalier de six loud J c’etait une blague de mon comme vous réciteriez votre théorie m,llc marches.Les Chinois y met-sommeil.C’est que, voyez-vous, co- Et vive! une vraie cartouche’—C’est tcnt |)arfois l,,1c semaine, s’arrêtant loncl, vous êtes le père du régi- bicn malheureux!—Le plus malheu- cn routc aux l)a.godes et aussi aux ment.et je vous vénère sensible- reux, c’est qu’il faut subséquemment hutclIcrivs dc la "’ontagne du Taï-ment à l’égal de moi-mêmc.-Eh quc jc ,a fassc cntcrrcr.-C’cst ter- Shan' bien! merci, mon ami ; je suis con- ,-iblc ! pauvre garçon.tiens voilà Ccla représente, cn effet, plus de tent de toi.N’as-tu rien à me de- cinquante francs.—Ah ! mon colonel ! tro,s ccnts étages dc nos maisons m and ci.Excuse.mais je n osais qUC jc vous remercie de toute la sen- nlodcl 11 cs, et ce 11 est pas une petite pas.—Va donc, parle.—Mon colo- %ibililé de mon individu.Pauvre affaîrc à 1110,1 tcr~ vtiu:\'e,T fllon'clnqîhmeil ’’ Ta femme est-elle jolie?—Mon colo- Sorti de chez le colonel cn s'es- B La Directrice du Journal diî ncl, comme qui dirait sensiblement suyant jcs yclIX) j, court retrouver $ Fkançoisk désire remercier tou- notre drapeau ?—Alors, marie-toi, et sa société.On l’acclame.11 est dé- g tes Ies Personnes qui ont, si lar-sois bon époux comme bon soldat.— claré Ic cclrotticr cn chef; et les cin-Vous pouvez t’être sans crainte.quantc francs (jc Ventcrrcmcnt.mé-Mais vous savez, quand on sc marie, fa morphosés en bouteilles jxnulrcu-subséqt,eminent qu’on a un tas dc scs à cachet jaune, s'en vont rctrou- _ petites dépenses, latoilctte, le repas, ver ]c cadeau de noces ! On s’amu- iLa faut festincr 1111 brin.—Assez, assez ; sc juscjtiïi la fin.- —- je comprends.Tiens, prend ces qua- Mais voici qu’un jour Flibochon nJ.r,JTT'C loustl™« '«veux et ran te francs.” r 1 i„ .a.s3'">patlne témoignée a geinent, prodigué leurs sympathies à elle et à sa famille, à 1 occasion du deuil profond qui vient de les frapper.i • / f 1111 , .J * «« » 'ti v 111 v IV111 Wl LI Jl(_ U cl avait laisse au tond de la bouteille sa Voccasion du malheur qui nous a Not com C|ll cntr ., , 1 r ' ,1 e • 1 , : • tous m ont offert leurs condoléances quon envoie chercher la fiancee: elle ma femme vient de me rendre pcrc.bien senties en cette douloureuse cir- arrive couverte d’une double pou s- et à cette occasion.”—T.c colonel constance et pour lesquelles je suis sicre et couronnée d’un cachet vert, qui avait fait les frais dc la noce et vivement touchée.J'espère que mes fiancée issue d’un mu id dc Beau ne, dc Vcn terre ment ne voulut pas faire neveVx et .n^ces» avec leur bonne Di- aimable, je suis sûre mais pure.ceux du baptême.T1 rit d'abord.P Amélie ^mon'pam're 'frère JC 11 en sais rien.On boit a la santé puis envoya a la salle dc police le ainsi que pour ceux qui le pleure audit colonel, qui a tapé dans la carot- malencontreux tambour réfléchir sur jourd’hui.Tant# Ninette. i - I > Le Mal du Pays < ^ » ¦¦ i (T I .VAU .I Ai.AIOUEPERSE.686 LE JOURNAL DE FRANÇOISE j i faisait tantôt des emplâtres étran- faisant jouer les articulations, cs- I FEUILLETON ¦ ges, tantôt des tisanes plus étranges say an t de comprendre l’emboitc-l|i ¦¦¦¦¦¦¦———1 encore.Le fourneau était vite trou- ment des os.et ne comprenant guè- vé : deux pierres; au milieu, quel- re, hélas ! Ou bien, lentement, iniques pommes de pin, ou des brin dit- nuticuscmcnt, il déchiquetait un oi-lcs de bois mort, et, en avant, les seau mort, et cherchait à le rétablir compositions médicales !.dans son état premier, comme d’ait- Absorbé par ses recherches, ses très enfants cherchent à rcconsti- VRliM 1ERE PARTIE mélanges, ses compresses, scs liga- tuer leur jeu de patiences.Et \ j turcs, petit Jacques oubliait l'uni- quand, à force de labeur, de rcchcr- ( Suite) vers entier.A l’école, il devenait ch es, il était parvenu à former le 6 distrait, au grand étonnement de squelette de l'oiseau, il restait tout Quelques taloches accompagne- 1 instituteur dont il était l'élève fa- pensif.Comment donner la vie à rent les grundcrics de la mère Or- Vori.Aux champs, Néra, Blanblanc, cette chose morte ?La faire voler?vanne.Miquette, auraient vagabonde à leur chanter?.—Un mouchoir tout neuf, qui aise, sans la vigilance de Lin a.A printemps vjn^ puis l’été qui avait coûté quatre sous !.Ou avait lu voir, toujours une bête malade ramena dans les stations thermales, fait une " fournée ”, il n’aurait pas entre les mains, ou faisant cuire, si nombreuses en Auvergne, des lé-de pain chaud, ni de galette, rien !.d'un air préoccupé, des plantes, sau- gjons d’étrangers.Sur la route du Lina aurait boité, belle affaire !.vages, les paysans finirent par se Puy„dc.Dômc, les paysans virent Taloches, gronder!es, pain chaud, dire entre eux: passer de nouveau les breaks d’ex- galelle étaient en ce moment choses —Le gars aux Orvanne est en cursions lcs bicyclettes, plus rare-indifférentes a 1 enfant.Anxieux, il liain de de\ enir soicici.ment les automobiles, qui n’osaient ne dormit pas de la nuit.Lina, cou- Comme les soicicis sont encoie gu^re affronter la raideur des pen-chée au pied de son lit, geignait en 1res recherches en Auvergne, une ^ comme celle du “grand tour-proie à la lièvre.Jacques l'avait espèce d aureole de respect et de Les chemins creux eurent peut-être autant qu’clle.Et, peu- crainte superstitieuse vint entourer ^^s; montagnes, des indan, neuf jours, il la soigna sans peu a peu le front du petit Jacques.et des botanistes.trêve, oubliant 1 étude, les échappées Lui, ne picnait pas game a 1 au- ., lointaines, tout, pour la cure entre- réolc ”, d’autant moins que scs ar une c îaudc après-midi de prise.rayons ne brillaient pas toujours septembre, en pleine bruyère, sur un — Le petit devient quasiment fou, d'im vif éclat, au contraire !.Lcs versant du Panou ’, Jacques s’en- disait le père Orvanne à sa femme, tisanes, les emplâtres, loin de pro- cn( 1 u" Jmn aPostloPhcr: Je n’aurais jamais cru qu’il avait duirc l’effet attendu, amenait parfois —Qu ecoutes-tu donc, petit?Un des nerfs de demoiselle.des résultats désastreux: empoison^ hevre s est-il caché par la?ou Non, Jacques n’avait pas “des ncment, enflure, bien d’autres cho- dois-je craindre une vipère?Ton nerfs de demoiselle ”, mais il éprou- ses encore.A la suite de la mort de Pa)'s cst Icur patrie, affirme-t-on.va it l’anxiété du médecin épiant le 1 rois de ses poules et d’un chat du Interdit d aboi d, 1 enfant, mainte- rcsultat d’une opération sur un ma- voisin, le père Orvanne, furieux, ad- nanL regardait 1 étranger.C était lade aimé.Et quand, un mois plus ministra a 1 enfant une correction.un domine de quarante-cinq ans en-tard, débarrassée de scs palettes et des plus rudes, avec menace de le x on> giand, maigre, aux yeux sin-de ses bandes, Lina put enfin suivre chasser s il persistait à fabriquer STlièicmcnt vifs ,aux lèvres fines son jeune maître, celui-ci n’eut plus "scs sales drogues”.cluc n ombrageaient ni barbe, ni qu’un désir : essayer son art sur de 11 crut à la menace, le pauvret ! uioustache.Sur son costume de nouveaux sujets.11 se mit à l'affût Mais il continua de panser les oi- drap fin rigoureusement noir ,se défi es chats cliques, des poules éclo- seaux tombés des nids ou meurtris tâchait la rosette de la Légion pécs.des oiseaux blessés ou tombés par la brutalité des gamins du vil- d'honneur ; un chapeau de paille, du nid, de toutes les bestioles souf- lage.Il continua surtout de s’étu- tr^s abritait son visage con- fiantes.Puis, les sujets manquant dier lui-même : c'était une obses- *rc ^cs rayons brûlants du soleil, de temps à autre, il se fit des entail- sion.—Eh bien, n’as-tu pas entendu?les avec son contenu, se meurtrit Pendant l’hiver, alors que les Non.aux cailloux du chemin, s’écorcha “ combles ” de neige empêchaient —Je te demande s'il n'y a par là aux ronces des haies, s’enrhuma “à toute sortie, que la tourmente ébran- lièvre ou vipère?plaisir ”, pour voir ce qui guérissait lait la chaumière avec des “ hou Jacques eut un brusque mouve- plus vite et mieux.Et, pour voir ce hou ” formidables, il restait des heu- ment d’épaules.qui guérissait plus vite et mieux, res entières, un livre devant lui, -Est-ce que je sais?il cherchait sur les montagnes, dans sans lire, les yeux fixés sur son bras —Alors, qu’écoutes-tu avec tant les ravins et les champs, sous les ou sa petite main, regardant courir d’attention ?buissons, herbes et fleurs, dont il le sang le long de scs veines bleues, Très rouge, le petit gars tortillait, sans répondre, un vieux béret entre scs doigts.—Tu ne veux rien me dire?J'ai donc l’air bien méchant ?—Un peu.L’étranger se mit à rire.—Mes élèves sont de ton avis.Ils changent même “ un peu ” en “ beaucoup ”.—Ah ! fit Jacques, après une courte hésitation, vous êtes maître d'école?—Oui, maître d’école de grands garçons de vingt ans et plus ; je leur apprends à soigner les malades, à couper les jambes et les bras, à disséquer les morts.Ce sont des leçons plus difficiles que les tiennes, n’est-ce pas?Il s’interrompit, étonné du brusque changement de physionomie du petit berger.Tête haute le sourire aux lèvres, une flamme dans les yeux, Jacques le regardait, l’écoutait, extasié.—Qu’a s-tu donc?—J’ai.vous êtes médecin ?—Oui, cela t’intéresse?Sans répondre à la question, Jacques répéta : —Médecin ! ! ! Puis, tout à coup : —Alors, je vais vous dire ce que je faisais quand vous m’avez rencontré.Je venais d’escalader le Pariou en courant bien fort exprès, et je me suis arrêté pour écouter mon cœur.Il allait plus vite, beaucoup plus vite que ce qui bat ici,— et il montrait son poignet nerveux, —de sorte que je ne comprends pas.Il me semble que tout devrait marcher ensemble.Un autre jour, je me suis fait une plaie,tenez,à cette main, j’ai mis dessus une petite herbe qui pousse dans les prés: la plaie a été guérie de suite.J’ai voulu boire une tisane de cette même herbe, et.je n’ai rien dit chez nous, mais j’ai cru mourir.Je ne comprends pas cela non plus, et tant d’autres choses !.Si vous voulez m’expliquer.Attentif, les yeux rivés sur le visage transfiguré de Jacques, l’inconnu écoutait.—Que fait ton père?demanda-t-il brusquement, voyant que le jeu- LE JOURNAL DE FRANÇOISE ne garçon gardait le silence.Il est vétérinaire, sans doute?—Non, laboureur.Voyez, droit devant vous, voilà notre chaumière, au milieu de ce bouquet d'arbres.— Tu seras laboureur aussi?Un soupir gonfla la poitrine de Jacques : —11 le faudra bien.—On dirait que ce n’est pas ton goût?—Non1, pour sûr.Moi, si j’étais riche, je voudrais être médecin comme vous.Ça, c’est beau ! On est savant, puis 011 guérit les autres.—Pas toujours.—Oh ! il faut bien qu’on meure, sans quoi le ciel et l’enfer ne serviraient à rien.Mais, dans votre métier, on sait des choses extraordinaires.Il y a, au village, le grand r rançois ; le médecin du régiment lui a recousu la peau, comme ma mère coud une pièce à mes *• brayes ”.Puis, on remet les membres en place.Ah! c'est rudement difficile ! —Tu a essayé?—Oui, à ma chienne ça a réussi, mais d’autres bêtes sont restées estropiées ou sont mortes.Pourtant.j’étudie tout seul.—Tu as des livres ?—Non.J'ai des ossements d'oiseaux, de poules, de chats, et je m’amuse à les emmancher.Le malheur est que je n’arrive pas à trouver la place de tout.Ainsi, voilà un chat.Il y a bien deux mois que je suis après, et je pleure de ne pas réussir.Voulez-vous me dire ce qui ne va pas?D’un sac de toile pendu à son dos, Jacques avait sorti une boite, et de la boîte un squelette étrange, dont les os très propres étaient liés avec des bouts de laine, de fil, de ficelle, même des brins de paille.La physionomie sérieuse du médecin s'éclaira d’un rapide sourire.—Il manque à ton chat la moitié de l'épine dorsale, la moitié du dos, si tu préfères.Jacques resta atterré.—Aussi, je le trouvais bien court.—Mais, je te félicite.Tout cela est assez bien ajusté.Tu as tué ce pauvre chat pour tes expériences?687 —Oh ! non, non ! Ce serait trop méchant de faire souffrir.—O11 fait bien souffrir les malades.—Pour les guérir.Ça, c’est autre chose.Et comme l’inconnu tirait sa montre, Jacques ajouta timidement: —Avant de partir, si vous vouliez m’expliquer.—Pas ce soir, petit, pas ce soir, fe dois me hâter de regagner ma • o o voiture si je veux arriver pour dîner.Brusqucmnt, il prit entre ses mains la tête du jeune garçon ; de son regard perçant, habitué à scruter les physionomies, il étudia celle de Jacques, surtout les grands yeux bleus qui le fixaient avec un mélange d'intelligence, de franchise et d’étonnement.—Tu es un bon petit gars, dit-il enfin.Comment t’appelles-tu ?—Jacques.—Ensuite?—Or van ne.—Tu habites à.—Orcincs.L’étranger inscrivit sur son carnet : “ Jacques Or van ne, à Orcincs.” Puis, donnant à l’enfant une tape amicale : —Au revoir.Avec toi j’ai oublié l’heure.Je vais descendre tout droit pour aller plus vite.—Faut-il vous montrer le chemin?—Non, merci, je m'oriente très bien.—Alors, adieu, monsieur.—Au revoir ! au revoir ! Longtemps immobile à la même place, Jacques le regarda s’éloigner au milieu de la bruyère toute rose et des arbrisseaux couverts d’airelles.Il se sentait triste, triste à pleurer.Pourquoi?Qu’avait-il espéré de cet inconnu rencontré inopinément sur la montagne?Des explications?Oui.Des livres?Peut-être.Or, le médecin l’avait écouté, avait souri devant le squelette du chat, souri d’un drôle de sourire, puis, demandant son nom et celui de son village, il était parti sans rien répondre à scs questions.S’il allait écrire leur rencontre au maître d’école, leur conversation au père Orvanne !. 688 LE JOURNAL DE FRANÇOISE Jacques haussa les épaules avec insouciance.Il serait grondé, battu, pour s’occuper encore de “ bricoles,” comme on disait chez lui.Le belle affaire! Seulement, il avait été bien bête de montrer son chat à ce médecin.VA, ne-s’occupant plus de l’étranger parvenu au bas de la montagne, l’enfant, après avoir regardé une minute le squelette informe qu’il tenait toujours à la main, le lança dans l’espace avec un mouvement de rage.— Puisqu'il est manqué, voilà ! grommela-t-il, les dents serrées.Mais je recommencerai et je réussirai.Un mois plus tard, Jacques Or-vanne, pâle de bonheur sous son bale, entrait au collège de Clermont.L’étranger rencontré sur la montagne se chargeait de payer tous les frais de l’instruction de l’enfant.Cet étranger, une des célébrités médicales de Paris, se nommait le docteur Roscob.Les années s'écoulèrent très vite, et pour le protecteur, et pour le protégé : pour le premier, dans des recherches passionnantes qui absorbaient ses très rares loisirs ; pour le second, dans un travail opiniâtre qui le mettait au premier rang de sa classe, sans altérer en rien sa constitution vigoureuse.Quand, ses études finies, Jacques arriva un matin, à Paris, chez le docteur Roscob, celui-ci jeta un regard étonné sur le grand garçon frais et robuste, dont le domestique venait de prononcer le nom.—Sais-tu, petit, que je ne t’aurais pas reconnu ?dit-il enfin de sa voix un peu brève; pourtant, je t’attendais depuis hier.Mais voilà six ans, si je ne me trompe, que nous ne nous sommes vus, et le bambin a joliment poussé.Quelle mine! quelle carrure ! Le baccalauréat t’a engraissé au lieu de te faire maigrir.Vraiment tu ne seras jamais un garçon comme un autre.Tes parents vont bien?Ton Auvergne est toujours aussi belle?Pour toute réponse, Jacques inclina affirmativement la tctc, s’effor- çant clc cacher les larmes qui montaient à scs yeux.—Ah! ça, vas-tu pleurer?Il fallait alors rester clans les jupes de ta mère, au milieu de tes montagnes.Va, mon gaillard comme tous tes pareils, tu n’aimeras que trop vite la capitale.Enfin, l'important est que tu fasses, sous ma direction, des études médicales sérieuses; le reste te regarde.Sais-tu que je suis très ennuyé au sujet de ton gîte?Chez moi, la place fait défaut, et l'étudiant qui devait te céder sa chambre, pas bien loin d'ici, se décide à rester encore quelques mois.11 m'a indiqué 1111e espèce de mansarde assez propre, mais au diable.Si tu ne crains pas la distance, tu peux prendre cela en attendant.11 est convenu que je paierai.D’un geste, Jacques Or vanne l’interrompit.Si, quelques minutes plus tard, le souvenir de ses parents et du pays natal lui avati enlevé le courage de répondre, sa voix était d’une indexible fermeté, clans son intonation respectueuse, quand il dit : —Docteur, pendant six ans, j’ai accepté vos bienfaits, j’en ai vécu, il est temps que je me suffise à moi-même.Vos leçons, vos conseils, votre appui, votre affection surtout.me seront choses précieuses, permettez-moi de refuser le reste.—Et tu crèveras de faim, de froid ?.—Non, si vous voulez bien me trouver un ou deux élèves.—Sais-tu que tu es fort orgueil leux?—Fier, ce qui n'est pas pareil.Actuellement, .je vous l’affirme, je me mépriserais, si je ne prenais rang parmi les lutteurs pour la vie, comme certains que je connais.Le docteur Roscob attacha son regard perçant sur le jeune homme.Ainsi avait-il étudié, quelques années plus tôt, Ventant rencontré au milieu des bruyères du Pari ou.—Soit, dit-il, après un court silence, en lui serrant la main.Mais, dans toute lutte, il y a forcément des vainqueurs et des vaincus.J’cs-père que tu prendras rang parmi les premiers.Sou viens-toi seule- ment, à la moindre souffrance physique ou morale, que tu as deux amis, moi d’abord, que tu connais de vieille date, puis la baronne Hcurtcl : une grande clame simple et bonne, à laquelle je te présenterai ce soir.Mieux que moi, elle te trouvera, ici ou là, des leçons à donner.(A suivre.) t£ TÜ-ANGE des MEILLEURS CAFÉ, comme le bon vin, s améliore avec V âge ; aussi n’entre-t-il que des cafés de maturité parfaite dans cette exquise combinaison, connue sous le nom de : CAFE de Madame H UOT En vente chez tous les bons épiciers.En canistres t lb.à 40c.; 2 lbs à 75c.EN
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